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 [CLOS] Coup de foudre à Geki

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Denbee Eisei

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MessageSujet: [CLOS] Coup de foudre à Geki Lun 24 Juin - 5:29

Je n'avais pas eu le choix. Les événements s'étaient enchaînés trop vite pour mon petit esprit ralenti-den. Je ne pouvais rien faire d'autre que regarder les choses se passer, arriver sous mon nez et repartir sans que j'aie le temps de réagir, de les remarquer, des les différencier les unes des autres-den. J'étais quand même parvenu à en comprendre le schéma principal : a, rire tonitruant de Gorō Gō, puis je me prenais généralement une claque dans le dos, signe que, b, je devais avancer. Alors j'avançais, l’œil gros comme une orange-den. Voilà. J'étais apparemment devenu le nouveau Taisho du très jeune et dynamique clan Kenshu-den. C'était moi. Gorō-sama avait déposé sa renonciation et c'était moi le nouveau Général des armées excitées de Kenshu-den. Je n'avais plus du tout l'impression d'être moi, alors. Ce n'était pas possible-den ! Je ne pouvais pas être devenu commandant de l'orage ! Quel genre de jeu jouait le Kami-den ? Plus que jamais, je me sentais comme une marionnette du destin ; ma divine « chance » m'avait encore tendu une opportunité piégée et... ah... oui, j'avais accepté. Je n'avais pas vraiment eu le choix : Gorō avait presque signé pour moi-den.

Et il continuait à prendre ma vie en main en cet instant. Je n'étais de toute façon pas capable de le faire moi-même-den ; j'étais encore abasourdi par la nouvelle quand mon maître me cherchait déjà une compagne digne. Nous étions dans le hanamachi, quartier de fête et des geishas ; quartier de l'art, de la luxure, de la débauche et tout le toutim-den. Je n'y avais pas souvent mis les pieds auparavant. Il faut dire que dès que j'avais l'occasion de prendre du temps pour moi, j'essayais de le passer le plus loin possible de l'architecture scabreuse des avenues de la ville. Je courrais les jardins et les plans d'eau ; je cherchais les coins de verdure, petits paradis perdus dans ces décors durs-den. Et comme il m'était assez compliqué de les trouver avant que Gorō-sama ne me remette la main dessus, je m'exilais généralement dans ma boutique préférée, perdue entre deux échoppes d'un quartier sans animation. Rien à voir avec la rue dans laquelle nous nous déplacions maintenant. Toutes les maisons se paraient de couleurs toutes plus vives les unes que les autres (il y en avait même une du même violet que mon kimono-den). On aurait dit une guerre des teintes, la récompense allant à la bâtisse qui aurait osé porter la plus criarde. C'est d'ailleurs vers l'une d'elles que Gō me tira, excité comme un gamin le jour des yakitori maison-den. Je le regardais de mon œil unique, les cheveux en bataille et l'air livide. Je devais paraître malade-den. Mais c'était ma tête habituelle, une tête de gringalet face à ce gros bonhomme tout en muscles et en rides. Même lorsqu'il ne souriait pas, on pouvait lire la joie de vivre sur son visage dans les vaguelettes qui contournaient sa bouche et remontaient jusque sous ses yeux-den. On ne lisait sur mon visage que le stade avancé d'une dépression existentielle, un peu à l'image des nuages qui commençaient à se rassembler au-dessus de Geki. L'orage et la pluie habituels n'allaient pas tarder à entrer dans leur quart d'heure de gloire, et ils se fichaient bien que ce ne soit pas encore l'heure de donner leur spectacle. La fin d'après-midi venait à peine de pointer son nez-den. Un élément de plus qui participait de mon hébétude, puisque je me retrouvais à faire le tour des maisons de la ville fleur à la recherche d'une favorite à l'heure où les gamins prennent leurs goûters sur les marches des maisons.
« Tiens, regarde par-là Denbee ! Je sais exactement où tu vas trouver ton bonheur ! Ah ah ah ! Oh ! Oui, je suis certain qu'on va te trouver une charmante jeune fille ici, compétente et absolument divine, s'exclama Gō en me donnant un coup de coude dans le bras-den. Je tanguai sur le côté et manquai de perdre l'équilibre. Je ne marchais pas vraiment, j'étais un peu en mode automatique, à tel point qu'il suffisait d'un petit caillou mal placé sur ma trajectoire pour que je trébuche, alors un Gorō fébrile-den...  Il me rattrapa d'ailleurs et m'attira contre lui pour me passer son bras large autour des épaules. Je connais cette maison, petit. Tu peux me faire confiance quand je te dis qu'on va trouver ton bonheur ! J'y viens presque toutes les semaines depuis que j'ai intégré l'armée et... ah ! Ouais, je n'ai jamais été déçu ! Ah ah ! »

Il puait l'alcool puisqu'il avait profité de nos deux dernières visites pour s'en jeter une petite coupelle en travers de la gorge-den. Outre ce petit désagrément, sa façon de dire « on va trouver ton bonheur » me laissait quelque peu perplexe. « On » le désignait souvent lui tout seul-den. Quant à mon bonheur, il se résumait à un endroit très loin d'ici, dont l'acte de propriété m'avait été arraché des mains par le même gus qui se targuait maintenant de savoir ce qu'il me fallait pour être heureux.
Je le repoussai pour remettre un peu de distance entre nous et traînai des pieds à sa suite, plus lent que jamais-den. Après un moment qu'il passa à réfléchir entre deux des portes de la maison auréolée d'un panneau à l'écriture délicate qui présentait l'endroit sous le doux nom de « Natsuyuri », il se décida enfin à en choisir une pour m'y tirer à l'intérieur énergiquement. Je n'avais même pas eu le temps de finir d'admirer la devanture-den ! Je me retrouvai déjà installé dans un canapé très confortable, à côté d'un Gō étalé, bras et jambes écartés de tout leur long. Je me grattai la tête en changeant de position, pour donner à mon œil la possibilité de chasser chacun des détails de la pièce, quand la porte coulissante en face de nous se mit à frémir-den. Gorō avait ce sourire carnassier qui avait su faire de lui un Taisho respecté et moi... Moi, ah, j'avais finalement trouvé un dessin intéressant à regarder au plafond, aux formes particulièrement... mmh... ambiguës-den...


Dernière édition par Denbee Eisei le Sam 29 Juin - 17:29, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: [CLOS] Coup de foudre à Geki Lun 24 Juin - 6:52

« Okâsan ! Okâsan ! Ils sont arrivés ! Ils sont là ! »

Notre okiya était en action depuis les plus petites heures de la journée. Chaque Geiko tout comme chaque Maiko fut maquillée, habillée et coiffée. Cela prit des heures, comme tous les jours. Sauf qu'aujourd'hui, il n'y avait pas de place pour les erreurs. Gorõ Gõ, l'un de nos fidèles clients et ancien taisho avait prit sa retraite et par la même occasion choisit un héritier pour son ancien post. Il trouvait donc qu'il fallait a tout prix trouver une geisha digne du nouveau taisho. D'habitude ça ne se passait pas comme ça, mais Gorõ-sama avait ses façon bien à lui... On le connaissait déjà trop bien. En même temps – par la même occasion – il nous offrait un danna sur un plateau d'or. Toutes étaient prêtes à conquérir son cœur.

« Sortez le saké alors ! Qu'est ce que vous attendez ? Et faites un peu de musique ! C'est la fête bon sang ! »

Okâsan était dans la meilleure des humeurs, elle ne nous disait rien, mais on savait toutes qu'elle avait déjà tout un plan en tête. Plan qui allait très certainement terminer comme elle le voulait, un succès complet. Ce sont d'abord les maiko qui entrèrent dans la chambre, accompagnées d'un plateau de saké. S'agenouillant d'abord en face de leurs invitées, elles servirent ensuite le saké et se levèrent à nouveau pour se diriger vers les instruments. Même pas quelques minutes plus tard des geiko plus expérimentées entrèrent pour commencer une conversation avec Gorõ-sama.

« Okâsan ! Il manque toujours le nouveau Taisho ? On fait comment ? »

Je m'occupais encore de mon maquillage quand la plupart des geisha avaient déjà fait leur tour dans la chambre. Dès fois rien que pour une courte conversation, souvent pour une danse traditionnelle. Okâsan m'avait demandée de faire ma danse des éventails, vêtue de mon plus beau kimono rouge que j'avais soigneusement noué.

« Comment ca il n'est pas là ? C'est quoi ces sottises ! .... Rakurai, je vais aller voir ce qu'il se passe... Si je ne reviens pas dans 5 minutes c'est qu'il est présent. Entre alors a ton tour dans la salle et danse, rends-moi fière ! Rejoins-nous après seulement à la table. »

Les différents regards de mes sœurs s’arrêtèrent sur moi a ce moment-là. On venait de comprendre ce qu'okâsan mijotait. Pourquoi montrer toutes ses geiko quand elle avait déjà tout décidé ? Je finis par mes lèvres rouges sangs et admirai mon reflet dans le miroir en attendant que les 5 minutes passent. Je chipotais à mes éventails aussi, renouais au moins 5 fois chaque différente corde de mon kimono (et il y en a beaucoup), rajoutais un peu de poudre blanche sur les oreilles, tapais du pieds... J'étais nerveuse de voir le nouveau taisho. Certainement un grand homme, fort et charismatique. Qui avait cru que j'allais un jour avoir un danna pareil ?

Il était temps. Temps de me lever, remettre chaque cheveu à sa place et vérifier une dernière fois si mon tatouage ne dépassait pas de mon col blanc. J'étais parfaite... Comme toujours. Ouvrant la porte d'une main, je fis mon apparition dans la salle, fière. Et au lieu de me diriger d'abord vers les clients pour les saluer – comme le veut la tradition – je me rendis d'abord vers la 'piste de danse', comme okâsan me l'avait demandée. Je ne pus par contre retenir un coup d’œil vers la table, a la recherche du nouveau taisho. Que je ne trouvai pas tout de suite. Gorõ-sama était bien présent, mais il était où l'autre homme ? N'était-il vraiment pas là ? Durant toute la danse je ne pus m’empêcher de le chercher. Heureusement que je maîtrise la danse entièrement. Quelle honte si je rate un pas de danse ou que je laisse tomber mon éventail par manque de concentration !

La danse prit fin avec les dernières notes du shamisen et je pus enfin me rapprocher de la table, accompagnée d’applaudissement très bruyants de Gorõ-sama. Il faisait du bruit pour 20 personnes minimum. Arrivée à la table je m'assis sur mes genoux et inclina la tête. Ce n'est qu'en me remettant droite que j’aperçus pour la première fois une tache violette. J'avais un mauvais pré-sentiment quand a cette dernière ? Était-ce un homme ?

« Bienvenue Gorõ-sama ! J'espère que ma danse vous a plut. »

C'est a ce moment là que je reçu une pichenette (se voulant discrète) dans la cuisse de la part d'okâsan. Faisant de mon mieux de ne pas grimacer, je la regardai d'un air neutre. Celle-ci faisait de drôles de signes de la tête vers la tache violette. Quand je montai le regard vers mes soeurs, interrogative, celles-ci hochèrent la tête. C'était donc lui le nouveau taisho.... ?

« Je m'appele Rakurai, enchantée..... »
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Denbee Eisei

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MessageSujet: Re: [CLOS] Coup de foudre à Geki Mar 25 Juin - 0:31

La décoration de la salle était abondante. A peine repérais-je un détail dans un dessin qu'un deuxième me sautait à la figure, très vite suivi par son voisin et toutes une colonie de la sorte-den. Il m'était impossible de tout voir de mon seul œil, si bien qu'au bout de moment, quand j'avais éprouvé toutes les positions sur le canapé, j'étais obligé de me lever, sans flemme ni fatigue puisque les esquisses me paraissaient représenter Yokuni et ses coutumes (autant dire que mon intérêt s'était très vite fait prendre), et de suivre les chemins de l'opulence jusqu'au fond de la pièce. La représentation avait déjà commencé sur fond de musique aguichante-den ; les lieux étaient saturés de parfum, de filles et de mets plus raffinés les uns que les autres. Ici aussi-den. Comme dans toutes les autres maisons. C'était ennuyant-den.

Je m'étais facilement soustrait à l'attention de Gorō, en pleine extase devant les danses des geishas qu'il était. Il venait surtout pour son propre plaisir, voilà ce que je me disais tandis que l'okâsan nous offrait l'honneur de sa présence-den. Je ne connais pas vraiment le fonctionnement des maisons de geisha, mais je ne peux pas m'empêcher de croire que la mère des artistes ne se déplace qu'en de rares occasions. Je commençais à soupçonner Gō de leur avoir glissé quelques mots avant nôtre arrivée-den. Je le soupçonnais même de l'avoir fait avant ma promotion. Quel... den.

Et cet imbécile ne tarda pas à remarquer mon absence une fois la représentation finie. Lorsque la musique décrut, que l'agitation entours se calma, je pressentis la chose arriver-den. J'étais trop obnubilé par la décoration pour réagir quand il prononça les mots. J'en avais pourtant eu le temps-den...
« Denbee-san ? Où il est ? Il en a profité pour s'enfuir, encore une fois ! Où il est passé, ce fainéant ?! » C'était un véritable tonnerre qu'il avait dans la voix. Il n'était pas devenu Taisho pour rien-den. Ma bouche lui répondit nonchalamment, sans prendre conscience de ce qu'allait impliquer ce qu'elle dirait :
« Je suis toujours-là-den... espèce de kusojiji aveu-... » Je n'eus pas l'occasion de finir ma phrase, ni non plus de réaliser l'erreur que je venais de faire-den.


L'instant d'après, après un simple grésillement dans l'atmosphère, une montée en tension de l'air, je me retrouvai la tête prise dans la main gigantesque de mon maître. Celui-là avait d'ailleurs collé son nez contre le mien et me transperçait de ses deux yeux noirs remplis d'éclairs-den. Je lui offris un œil rond quand il me demanda de répéter ce que je venais de dire, chose qu'il m'était impossible de faire. Je connaissais trop bien la haine qu'il vouait à son age et à la vieillesse en général, et encore mieux sa façon de résoudre ce problème-den. Il avait banni de sa vie les mots « vieux », « age », « ride » et assimilés et là... Là-den... je venais de commettre l'erreur fatale. Heureusement pour moi, je finis ma trajectoire de vol dans le canapé, certes dans une position inconfortable, mais j'étais encore entier, capable de faire rappeler ma présence aux yeux des dames-den. D'ailleurs, à peine après que je me sois rassi convenablement et que j'aie réajusté mon kimono, la tête et les cheveux électrifiés pris dans une main douloureuse, une des geisha se présenta à moi. Je lui lançai un regard vide autant d'intérêt que d'intelligence dans un premier temps, pour leur préférer la malice ensuite. Je ne compris pas immédiatement ce qu'elle venait de me dire-den. Je lui demandai seulement de me passer le plat derrière elle, me grattant l'intérieur de l'oreille quand Gorō réapparut derrière moi, m'attrapant les épaules pour s'exclamer d'un grandiloquent :
« Bien ! Misaki-dono ! Maintenant que le héraut de la journée est là, pouvons-nous s'il-vous-plaît procéder à la sélection ? Montrez-nous vos meilleures filles ! Ah ah ! »
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MessageSujet: Re: [CLOS] Coup de foudre à Geki Mar 25 Juin - 20:21

« Bien ! Misaki-dono ! Maintenant que le héraut de la journée est là, pouvons-nous s'il-vous-plaît procéder à la sélection ? Montrez-nous vos meilleures filles ! Ah ah ! »

Il me fallait beaucoup de concentration pour ne pas jeter l'assiette qu'il venait de me demander dans sa figure. Il avait l'air tellement....Con ! Pas juste l'air... Je suis sur qu'il l'est carrément. Quand je déposai l'assiette sur la table elle claqua plus fortement que d'habitude. Okâsan se retint pour ne pas me fusiller du regard, je le savais, elle venait de crisper ses mains. Mais les autres ne remarquent rien. Magnifique sourire, quelques paroles, des mouvements gracieux... Tout allait bien. Ou pas. Je me relevai en dernière et pris place avec mes sœurs. Alignées, on passait les unes après les autres devant les deux taisho. Le nouveau et l'ancien. Je ne mis pas l'effort habituel dans mes mouvements. Pourquoi mettre toutes mes chances de mon côté quand ce n'était certainement pas le danna que je voulais !

On ressortit les éventails et commencèrent une de nos danses habituels. Alors qu'on était censées garder l'éventail juste sous les yeux je préférais me cacher le visage entier avec. Loin était la geisha parfaite que la maison connaissait si bien. Si bien que je m'étonnai moi même de mon comportement. Je ne faisais jamais d'erreurs aussi bêtes, mal-polies et disgracieuses. C'était plus fort que moi. Que la danse finisse vite, que je puisse rentrer dans ma chambre personnelle et oublier cette honte. Il ne m'avait même pas regardé ! Même pas une pointe de curiosité, pas du tout impressionné, raté ma danse, jamais dis son nom ou répondu a ma phrase. NON ! Il voulait l'assiette de nems ! He bien c'est des nems qu'il va avoir ! Hors de question que je devienne sa geisha ! Qu'il choisit Kimokawa, elle ressemble bien a un nem elle, ça devrait lui plaire !

La danse prit fin et on restait en file indienne. Gorõ-sama donnait son avis sur chacune de nous. « Regarde celle-là, quand elle dansait son kimono bouge d'une façon complètement surnaturelle, crois-moi, elle a des gros gros seins ! » On savait toutes qu'il parlait de Makuwauri, connue pour ses melons. Les remarques dans le genre continuèrent. Je n'avais jamais eu autant l'impression d'être vendue comme des tomates au marché. Heureusement qu'okâsan finit par nous faire signer de quitter la salle. Seule les maiko restèrent, pour continuer de servir les clients et jouer de la musique.

« Quel drôle de taisho !! Il doit avoir des talents cachés pour en être devenu un ! »

« Tu parles... A mon avis Gorõ-sama devient vraiment vieux. Les rumeurs le disent ! Il commence à faire n'importe quoi ! » [simple rumeurs de gens jaloux]

Sorties de la chambre, toutes les geiko avaient commencé a chuchoté a propos de ce fameux taisho. Ca devait être un blague. D'où il sort ce type ? Je me donnai une gifle imaginaire. Ma prestation était une honte. Okâsan allait très certainement me gueuler dessus.
La porte de la chambre glissa sur le côté pour donner place a une maiko qui venait chercher de nouvelles bouteilles de saké. Je pus voir le taisho 5 secondes. Cinq secondes ou il se curait le nez comme un enfant de 8 ans, fasciné ensuite par la texture. Dégoûtant. Finalement je n'étais plus si triste que ca d'avoir raté ma danse et fait n'importe quoi. Tout pour ne pas avoir a passé du temps avec ce truc.IL NE M'AVAIT MÊME PAS TROUVE BELLE CE CON !

« Ca doit être une blague. Okâsan ne vient jamais chez les clients. Même pas chez Gorõ-sama... C'est rare. Ils mijotent quelque chose... »
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MessageSujet: Re: [CLOS] Coup de foudre à Geki Mer 26 Juin - 16:50

Je donnai tout mon intérêt au plat de nems que j'avais ramené sur mes jambes, installé comme un Daimyo dans son canapé favori. Il n'y avait aucune place dans ma vie pour ces dames, aussi séduisantes soient-elles-den. Je peinais trop à choisir lequel de ces mets déguster en premier pour regarder les demoiselles se succéder devant moi. J'avais déjà assisté à cette scène quatre fois dans l'après-midi-den. Les danses, visages et spécialités avaient beau être différents, le calvaire restait le même pour moi. En outre, les commentaires de Gorō étaient suffisamment explicites pour que je m'imagine bien chacun des atouts des geishas-den. Et quelque-chose me dérangeait. Je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus, pourtant je sentais la chose tourner en rond en sautillant dans ma tête pour attirer mon attention-den. Peine perdue, chaque fois que je pensais trouver de quoi il s'agissait, l'élément m'échappait. J'étais franchement distrait, quoique ça ne se lisait pas forcément sur mon visage-den. Je donnais seulement l'impression de... ben, ne pas m'intéresser à leurs œuvres, ce qui était certes malpoli au possible mais plus vrai encore.

C'est quand Gorō me prit des doigts le nem qui avait su trouver les meilleures grâces à mes yeux après un temps de réflexion crucial que j'osai enfin regarder ce qu'il se passait autour de moi. Mais il ne se passait déjà plus rien : il ne restait-là que des maiko-den. Assurément la compagnie la plus agréable puisqu'elles étaient les seules en ce lieu à veiller à mon confort et à ma tranquillité.

Je pris encore plus d'aise et sortis mon kiseru, alors, pensant déjà cette énième visite finie. Je me disais que l'ancien Taisho finirait bien par se rendre compte qu'il était inutile de me chercher une favorite et que, lorsqu'il se serait lassé de toutes ces parades, remettrait au néant de pareilles idées. Je sortais ma blague à tabac quand il revint s'asseoir à côté de moi, prenant à lui seul plus de place que ce que le canapé était capable de contenir-den.
« Je sais déjà laquelle il te faut, petit. Écoute moi, d'accord : il t'en faut une énergique, qui bouge et qui a de la maîtrise. Il t'en faut une avec du tempérament, qui te sautera dessus dès que la musique s'arrête. Une méchante, fiston. Une coquine. Tu vois ce que je veux dire, osoi-chan ? … »
Je ne lui répondis pas, trop concentré à balader mon index sur chacune des poches remplies de tabac de ma blague. Bon sang... Et il y avait encore cette chose dérangeante qui me tambourinait dans la tête-den. Ça commençait à me sortir par le nez, aussi le grattai-je sans gêne devant tout le monde. J'avais pris l'habitude de ne plus faire attention aux convenances considérant que les gens oubliaient ma présence dès qu'ils tournaient la tête-den.
« … des mains. Je t'assure que c'est ce qu'il te faut. Ce genre de filles sait te monter un homme en deux coups de poignets. Choisis le ginseng, petit. Parce que tu vois, même dans dix ou vingt ans, ce genre de filles te lâchera pas. Elles deviennent encore plus … » Il ne s'arrêtait jamais de parler.
J'étais en train de bourrer ma pipe quand il abordait le chapitre du rapport « argent – lubricité-den ». Il me désespérait de tout ; je n'avais qu'une seule envie : disparaître dans un mur à coup de tête.

L'okâsan dut s'en rendre compte puisqu'elle vint se joindre au monologue de ce vieux crétin-den. Elle en profita pour essayer d'échanger quelques mots avec moi, mais j'étais définitivement trop préoccupé par mes affaires internes. J'avais la chose sur le bout de la langue et il suffit d'une aspiration de tabac pour qu'elle me sorte par la bouche-den.
« Rakurai-den ? Lâchai-je à voix-haute pour moi-même. Ç'a eut pour effet de propulser les quatre yeux des deux comploteurs dans ma direction-den. Les visages qu'ils me renvoyaient à cet instant ne me rassuraient pas du tout. Il y en a bien une qui s'appelle comme ça-den ? » Les sourires qui s'étirèrent sur leurs deux figures me firent comprendre que oui-den. Je ne réalisai pas de suite que je venais (de part un chanceux hasard) répondre à la question « Alors, Denbee-taisho, l'une de nos filles vous convient-elle ? ». Je leur renvoyais un sourire en coin, trop fainéant pour prendre toute ma bouche-den.
« C'est marrant comme nom, ʻʻcoup de foudreʼʼ, considérant... le... temps... qui... où va-t-elle-den ? »
L'okâsan venait de se lever et de s'en repartir vers la porte. J'avisai Gorō, dont les sourcils jouaient de la corde-à-sauter dans ma direction-den. Jamais un bon présage...
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MessageSujet: Re: [CLOS] Coup de foudre à Geki Mer 26 Juin - 23:08

Notre petite discussion agitée entre geiko battait son plein quand soudain okâsan fit son apparition. Oubliant légèrement sa grâce légendaire, le visage qui rayonnait d'excitation, elle cherchait quelque chose du regard jusqu'au moment où ses yeux se posèrent sur moi.

« Rakurai ! Viens avec moi ! »

Jamais.
Je restai donc assise, à manger des fruits. Fruits qu'on était censé servir a Gorõ-sama et le nouveau taisho. Je ne savais pas pourquoi je me comportais comme ça. Comme une enfant gâtée. Je devrais sauter de joie qu'un taisho m'avait choisi, même moche. En plus désintéressé... Mais moi il m'aurait quand même remarqué ! Et pourtant... Mon corps avait décidé de faire la guerre froide et ca convenait très bien a mon cerveau.

« Non... »

Okâsan s'était déjà retournée. Prête a repartir dans la chambre, persuadée que j'allais la suivre, heureuse. Je n'osais pas lui regarder dans les yeux et analysait mon orange. Quelle texture... Fascinant. Mais pas assez fascinant pour ignorer les deux mains qui venaient de se poser sur mes épaules.

« Rakurai, mon enfant... »

Il ne fallait que ces trois mots pour savoir qu'on allait se prendre une tirade dans la maison Natsuyuri. Quand on avait mal nettoyer la terrasse, ou encore pas bien noué notre kimono. Ca commençait toujours avec notre nom de scène, suivit par 'mon enfant'. C'est alors qu'on savait qu'on allait se prendre la leçon de notre vie. J'étais fier de ne jamais avoir eu à l'entendre. Et la je dois dire que, l'entendre... N'était pas le bon mot. Elle m'avait prit avec, dans une pièce un peu abandonnée (histoire de ne pas perturber les clients) et avait gueulé si fort que j'avais l'impression qu'elle voulait me transpercer avec ses mots. Ou me rendre sourde... C'est aussi possible.


« Toutes mes excuses pour l'attente, je suis honorée que vous me trouviez à votre gout, Denbee-taisho ! »

A genoux, je venais a nouveau me présenter au taisho. Le visage nettement plus blanc que la tout a l'heure, pour masquer les rougeurs qu'un visage a après avoir pleuré et la jolie marque, de la magnifique gifle, que je venais de me prendre de la part d'okâsan. Heureusement que la poudre égalisait tout, comme une bonne peinture. M'inclinant comme il se doit, je n'oubliai pas de maudire toutes les personnes présentes dans la salle. Mais une fois la tête relevée je souris et commençai la discussion. Parler de tout et de rien. Ignorer le taisho sans que personne ne le remarque. Tout allait bien. Okâsan me tenait à l'oeil, je le voyais. Je le sentais plutôt. Son regard me transperait presque la tête. Elle avait les narines dilatées et n’arrêtait pas de secouer son bol de thé pour soi disant le mélanger.

Il lui avait fallu beaucoup d'énergie et d'arguments pour m'avoir dans cette chambre. Où plutôt beaucoup d'énergie et un argument. « Tu te casses de ma maison si tu ne peux même pas accepter ça. Tu fais honte à la maison ! » Et comme je n'avais nul-part où aller... J'ai remis mon arrogance dans une petite boite et redevins la geisha parfaite. Finalement nous ne sommes pas de princesses qui ont le droit d'être capricieuses. Et puis, même si il n'a franchement pas l'air intelligent... Il est quand même taisho, non ? Bon, je n'étais toujours pas persuadée, mais ma joue surchauffait tellement après cette gifle, que je ne voulais en aucun cas en ramassé une deuxième. Même en me repoudrant j'avais encore peur d'avoir un côté du visage plus gros que l'autre. Mes sœurs me disaient bien que non – et elles avaient raison – mais quand même, quelle idée de me toucher le visage ! C'est ma fierté ! Mon gagne-pain ! Vieille sorcière d'okâsan.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Coup de foudre à Geki Jeu 27 Juin - 17:37

Je restai idiot, l’œil dans le vide, l'expression figée dans un demi-sourire crispé, n'offrant pour seul signe de vie que les colonnes de fumées qui s'échappaient de ma pipe. Qu'est-ce que je venais de faire-den ? J'avais ouvert la bouche, je ne l'avais fait qu'une seule fois, qu'une seule et unique fois et je me retrouvais face à une geisha inexpressive, qui me semblait vouloir s'enfoncer dans le coussin sur lequel elle se tenait pour y disparaître à jamais. Je savais pertinemment ce que je venais de faire-den ; malgré mon air idiot et ma lenteur d'esprit compétitive, je savais que je venais de donner l'opportunité à Gorō d'atteindre son objectif malsain. Et il avait sauté sur l'occasion, comme toujours-den.

Par le fait, réalisant dans quelle position ma fortune légendaire venait une nouvelle fois de me mettre, je ne participais pas aux conversations entours. Mon esprit s'était court-circuité quand j'avais compris et mon regard s'était arrêté sur le chemin des courbes de la demoiselle-den. Il avait essayé d'en apprécier les formes, ne serait-ce que pour enregistrer avec qui j'avais désormais affaire, et s'était statufié sur sa poitrine quand mon imbécile de maître m'avait donné un coup dans l'épaule pour me féliciter de mon choix. C'est définitivement le mot « choix » qui m'avait fait sauter hors de la charrette des événements-den.  

J'étais encore en train de prendre la mesure du futur qui m'attendait et de la distance de plus en plus grande qui me séparait de mes rêves fleuris quand  Gorō se leva et annonça qu'il avait des choses à faire, suivit de près par l'okâsan. Je repris sitôt conscience et allai pour me lever à mon tour, croyant qu'on en avait enfin fini ici. Je n'avais pas encore vu l'expression de l'ancien Taisho-den. Sa ride de lubricité lui tranchait la face de toute part autour de son sourire affamé. Sans me donner le temps de faire mes adieux à la geisha, il me renvoya d'un coup de main à ma place et me toisa de toute sa hauteur gigantesque-den.
« Oh, non, j'ai pas besoin de toi osoi-chan. Tu peux rester ici. Profite de ta soirée en cette charmante compagnie... Comme je lui offrai une tête de qui ne comprend pas les sous-entendus, il ajouta : discuter de tout et de rien, faire connaissance... échanger sur... vos préférences... vos couleurs préférées... ce genre de choses, petit. Je vais pas te faire un dessin ! Ah ah ! »
La dernière image que j'eus de lui avant qu'il ne parte, le bras de l'okâsan sous le sien et l'armée de maiko derrière eux, fut celle d'un clin d’œil qui a lui tout seul en disait long sur ce qu'il imaginait mettre dans ledit dessin si ç'avait été nécessaire. Ce vieil homme était décidément... mauvais-den.

Je reportai mon œil sur la geisha. Elle me semblait tout aussi dépitée que moi par la manœuvre des deux vieux, quoique je n'en suis pas certain puisque son visage n'offrait de visible que la tonne de poudre qui l'habillait-den. J'en souris quand même intérieurement : ça faisait déjà un point commun-den. Retirant ma pipe de ma bouche, que je vidai ensuite dans le plat de nems sans gêne, je lui demandai d'une voix lente et à peine audible si elle ne préférait pas venir s'asseoir à côté de moi. C'était non seulement plus confortable pour elle mais aussi plus pratique pour moi-den ; je n'avais pas à me pencher pour la regarder, ce qui m'évitait un effort musculaire que je n'avais de toute façon pas envie de fournir et ce peu importe les convenances. Comme je n'étais pas certain qu'elle m'ait entendu, je me raclai la gorge avant de rouvrir la bouche-den. Je me grattai l'oreille avant de la regarder.
« Alors... comme ça... tu t'appelles coup de foudre-den ? C'est un nom vraiment... particulier-den. » Je n'y connaissais strictement rien en matière de coutume geisha et encore moins en matière de femme. C'était bien les deux seuls thèmes sur lesquels je n'avais jamais osé m'informer davantage-den. Je ne savais pas s'il s'agissait de son vrai nom ou d'un surnom, je ne savais pas si on le lui avait donné ou si elle l'avait choisi toute seule. C'était l'occasion ou jamais de l'apprendre, aussi lui demandai-je dès que j'en eus l'occasion-den. La suite de la conversation me vint naturellement. Je lui demandai si elle était geisha depuis longtemps, depuis quel age, comment était-elle arrivée à en devenir une... Je me retrouvais soudain particulièrement intéressé par ce qu'elle racontait, le fait qu'aucun vieillard dégénéré ne soit dans les parages aidant beaucoup-den. Je la regardai en penchant la tête, l’œil brillant de curiosité. J'essayais mentalement de deviner son age, question que je ne tardai pas à poser de but-en-blanc sans lui laisser le temps de finir sa dernière réponse, sans me soucier plus que jamais  de l'impolitesse dont je faisais preuve-den.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Coup de foudre à Geki Ven 28 Juin - 12:59

« Oh, non, j'ai pas besoin de toi osoi-chan. Tu peux rester ici. Profite de ta soirée en cette charmante compagnie... Discuter de tout et de rien, faire connaissance... échanger sur... vos préférences... vos couleurs préférées... ce genre de choses, petit. Je vais pas te faire un dessin ! Ah ah ! » 

Ils s'étaient tous barrés. Me laissant seule avec ce taisho... C'est bien le comble ça. Qu'est ce que j'allais bien lui raconter si il ne s'intéresse qu'a la bouffe et au plafond ? Puis le visage d'okâsan. Elle avait clairement tout prévu. TOUT ! Comment pouvait-elle. N'étais-je pas sa favorite ? Apparemment pas assez, pour qu'elle me tourne le dos ainsi.

Je ne l'avais pas encore bien regardée. A part son attitude déplacée et son kimono à vous crevez les yeux, le reste ne m'avait pas encore intéressé. Pas que le kimono m'avait intéressé, mais on ne peut faire autrement que le voir. Comme ce rideau de très mauvais goût dans la chambre de Makuwauri. Ayant à peine entendu ce qu'il venait de demander, je m’exécutais quand même et m'installa à côté du taisho. Pas spécialement la place qui me plaisait, mais qu'avais-je à dire après tout. En plus, depuis cette place ci je ne pouvais même plus observer son bandage dégueulasse qui cachait sûrement quelque chose d'encore plus dégueulasse. Pourtant, il m'avait étonné en prenant la parole. Et encore plus quand il commençait à enchaîner avec des questions. Alors, ne sachant pas quoi faire de mieux, je lui répondis.

« Rakurai, oui... C'est le nom de scène que m'a été donné par okâsan. »

Il était évident que c'était un débutant. Ce n'est pas le genre de questions qu'on pose a une geiko. Et du coup je n'étais pas satisfaite de ma réponse. Devais-je expliquer pourquoi 'coup de foudre' ? Est-ce que j'avais bien fais de dire que ce n'étais qu'un nom de scène ? Pourquoi l'avait-il demandé ? Il était censé savoir ce genre de choses avant de venir ici !
Ensuite il y avait ses 'den' insupportables qui n'en finissaient pas. Ça voulait dire quoi ? Était-ce honorifique, ou une insulte à la fin de chaque phrase ? Finalement j'ai décidé d'arrêter de faire attention a ce que je disais. Il n'allait clairement pas me juger pour, vu qu'il en savait rien.

« J'ai commencé ma formation à l'age de six ans. Plus précisément à six ans, six mois et six jours. Information complètement inutile, mais j'étais d'humeur de raconter. C'était un honneur de pouvoir commencer dans une maison réputée. Mes parents m'ont offert la possibilité de devenir une véritable artiste disons. Étant donné qu'il en savait si peu, autant embellir la chose. Et puis... »

Et puis vint la question à laquelle je ne comptais certainement pas répondre. Où en tout cas pas tout de suite. J'étais encore jeune, et finalement pas aussi expérimentée que j'aimais faire croire. Et puis, on ne posait ce genre de questions qu'aux maiko !

« Quel age me donneriez-vous, Denbee-taisho ? »

Je crois bien que je lui souris pour la première fois depuis qu'il était là. Non pas parce qu'il commençait à me plaire. Évidement que non, quelle drôle d'idée. Mais je savais bien qu'il n'allait jamais jamais trouvé mon age. Rien qu'avec l'inhabituelle couche de poudre, c'était impossible. Il n'y avait que mes joues qui pouvaient me trahir. Et là encore, fallait être un pro. Chose qu'il n'était pas du tout, lui !

« Que signifie -den à la fin de vos phrases ? Ça me perturbe... »

Seul les kami savent à quel point j'ai tout simplement envi de lui hurler à la figure d'arrêter de le dire. Mais je n'ai pas subis 12 ans d’entraînement pour faire une tel faute. Finalement c'était plus facile de lui parler que prévu. Peut-être parce que les plats étaient presque vides ? Et qu'il n'avait rien d'autre à faire que parler maintenant. Ne lui laissant pas le temps de répondre j’enchaînai donc.

« Excusez-moi, Denbee-taisho, je vous sers encore un peu de saké ? Et aimeriez vous que j'apporte les fruits et nos gâteaux ? »
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Denbee Eisei

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MessageSujet: Re: [CLOS] Coup de foudre à Geki Ven 28 Juin - 23:13

Tout avait pourtant si bien commencé entre nous. Je lui avais posé des questions, elle avait sagement répondu, l'entente était parfaite-den... jusqu'au moment où elle s'est mis en tête de me renvoyer ma propre interrogation et de me lancer sur le jeu des devinettes. J'ai horreur de ça-den. Je déteste que l'on me pose des questions, bien évidemment parce que j'ai généralement la flemme de chercher les réponses par moi-même, surtout quand celles-ci sont de mon premier ressort. Je ne lui avais pas demandé son âge sans raison et pourtant... pourtant-den.... pourquoi s'était-elle sentie obligée de me renvoyer la balle sans répondre ? Bon Kami-den. Je baissai la tête de dépit, désabusé. Mon œil s'était terni d'un coup et je la regardai d'un air qui demandait si elle se moquait de moi, sans lui offrir de réponse-den. Elle me sembla bien vite éluder le sujet et enchaîna sans plus de manière sur la fameuse question que tout le monde vient à me poser un jour où l'autre, à savoir : « qu'est-ce que c'est que ce ʻʻ-denʼʼ ? ». J'étais encore en train de digérer son incartade en éprouvant l'intérieur de mon oreille libre quand j'ouvris la bouche pour répondre-den. Mais j'étais définitivement trop lent et elle avait déjà proposé de nous ravitailler en boisson et nourritures. Encore une fois, la seule réaction que j'offris en retour fut un regard vide de tout-den. Comme elle ne me sembla pas vouloir poursuivre sa course à la parole après quelques longues secondes de silence, je lui dis enfin d'une voix très caractéristique puisque très lente, qui laissait par ailleurs transpirer tout l'ennui dont j'étais fourbu :
« Un thé-den. Il me faudra bien ça pour supporter cette soirée-den... »

Je soupirai, définitivement fatigué, las et tous les autres substituts du même acabit-den. Je repensais aux manigances de mon imbécile de maître. Il avait définitivement tout prévu, que ce soit mon élection, le fait que j'accepte (l'avais-je seulement fait?), l'après-midi passée à chercher une geisha émérite-den... Tout... avait-il aussi prévu que je la choisirai elle ? L'avais-je seulement vraiment fait-den ?
Je repris ma pipe en chassant toutes ces idées d'une pichenette, en même temps que la crasse que j'avais sur l'index et qui résultait de mon tripatouillage d'oreille. Il ne m'avait rien dit-den. De toute façon, il ne disait jamais rien. Gorō Gō n'était pas homme qui parle, c'était un homme d'action-den. Et avec ses actions, je ne savais toujours pas quel âge avait cette pauvre fille. N'importe comment, je ne pouvais pas rester sans savoir-den. Même si j'étais un avorton novice dans ce sujet, je ne pouvais pas m'empêcher de croire que l'âge avait une importance capitale, surtout lorsque... enfin... ladite fille en question devait se soumettre à quelques obligations-den... Enfin, je ne sais pas, je n'y connais rien. Il faudrait décidément que je m'informe à ce sujet avant de me lancer dans une affaire aussi sérieuse-den. En attendant de le faire, je rejetai mon œil sur Rakurai qui s'affairait un peu plus loin dans la pièce. Impossible de deviner combien de printemps elle avait passé enfermée ici avec autant de couche de poudre sur la figure-den... Oh... mais... Si ! C'était facile, je n'avais connu qu'une seule personne à abuser autant sur le maquillage-den. Non sans un sourire de fierté, et terminant de bourrer mon kiseru avec un léger entrain très intérieur, je lui lançai d'une voix à peine plus puissante :
« Concernant ton âge, Raku, je pense que tu as au moins quarante-six ans-den. Ta façon de te maquiller me rappelle celle de la vieille qui m'a éduqué-den. C'était incontestablement (ce mot parut interminable dans ma bouche) pour cacher son âge qu'elle mettait autant de poudre-den. Je n'ai jamais compris cette manie-den. Quand on est vieux, on est vieux, tout le monde s'en fiche, non-den ? » J'eus l'impression de percevoir une légère crispation chez la geisha, aussi m'empressai-je (très relativement) d'ajouter sans noter mes familiarités : « Ça va, Raku-den ? ».

Mais avant même d'avoir une réponse, la porte coulissante s'ouvrit sur la figure rayonnante de Gorō-den. Je m'enfonçai aussitôt la pipe dans la bouche, me dépêchant de profiter de ce plaisir tant que j'avais encore des dents. Je crus sur le moment que l’enchaînement d'expression sur la vieillesse l'avait attiré ici et qu'il allait se lancer dans une révolution ensanglantée-den. Mais j'étais bien loin du compte ; l'okâsan ne traînait pas loin derrière lui et me paraissait aux anges. Je fronçai mon unique sourcil et reculai la tête, fumant sans conviction-den. Je ne tardai pas à savoir ce que ces deux-là prévoyaient puisque mon maître s'en revint derrière moi, mielleux. Je suivis son cheminement de l’œil jusqu'à ce qu'il parvienne à son but pour m'alourdir une nouvelle fois les épaules de ses deux grosses pattes-den. Un autre mauvais présage ; je le soupçonnai sitôt de prévenir mon éventuelle fuite.
« Les enfants... Misaki-dono et moi sommes convenus de quelque-chose de formidable ! Vous allez être contents ! C'est vraiment merveilleux !! AH AH AH !!! » J'ouvrai un œil énorme quand il m'enfonça ses doigts dans l'os et m'appuya fermement sur le dossier, exactement de la même manière que lorsqu'il avait annoncé à l'assemblée (et à moi-même par la même occasion) que je serai son successeur-den. Exactement la même manière.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Coup de foudre à Geki Sam 29 Juin - 17:23

« Je vous propose alors notre meilleur saké. Bien plus avisé pour de tels situations... »

Je m'étais levée et me dirigeai vers les bouteilles. Je n'avais pas parlé fort et s'était plutôt une remarque pour moi même. Du thé, quelle drôle d'idée. Même un moine aurait demandé quelque chose de plus... solide. Surtout dans une situation pareil. Alors que je m'affairai à mon aise, pas pressée de revenir prêt du taisho, je l'entendis reprendre la parole. Finalement il n'avait pas oublié de répondre. J'avais espéré qu'il allait laisser tomber toute cette histoire sur l'âge. Et encore plus quand j'entendis ce qu'il venait de dire. Mes bouteilles étaient presque tombées de mes mains. AU MOINS quarante-six ans.... Den.... J'allais vraiment l'étrangler. Au suivant den il se ramasse le saké dans son œil. QUA-RANTE-SIX-ANS... Il me donne 30 ans de plus ? Je pris le verre de saké et le vidai d'un trait – toujours dos-tourner vers lui – pour ensuite réaliser que ça ne servait à rien de boire, car ça ne me fait plus aucun effet, malheureusement.

« Ça va, Raku-den ? »

Oui, tellement bien que j'étais prête d'oublier tout ce que j'avais appris depuis mes six ans pour lui bondir dessus. Je m'étais retournée, le plateau de saké dans les mains, le regard assassin et un sourire bien trop crispé. C'est alors qu’entrèrent Gorõ-sama et okâsan. Mauvais timing. J'avais les mains qui tremblaient et le visage toujours aussi crispé. Non seulement il me trouvait inintéressante, mais en plus il pensait que j'étais vieille. Je ne pu m’empêcher de toucher mon visage. Ce matin je n'avais pas de rides quand même. J'ai contrôlé !

« En effet. On a longuement discuté et même si ce n'est pas habituel... On a convenu que ce serait plus que merveilleux et fortement intéressant d'organisé la cérémonie, demain ! Je sais... C'est génial, magique ! L'union entre un danna et sa favorite... Il n'y a pas plus beau moment dans une vie ! Et croyez-moi... »

Elle était tellement excitée. Tellement contente. Elle n'arrêtait pas de dire a quel point c'était merveilleux. J'aurais aimé la croire, et j'ai toujours rêvé d'avoir un danna. Mais pas un danna comme ça ! Un danna qui me traite de vieille peau ! Et je n'étais pas la seule choquée... Même si lui n'était pas resté bloqué dans un sourire crispé – qui d'ailleurs commençait a me donner des crampes aux joues – il était tout aussi confus. En même temps... Il avait eu l'air confus dès qu'il était rentré ici.

« BON, puisque c'est reglé, il est temps pour nous de partir ! AH AH AH !! A très bientôt, Misaki-dono, Rakurai-san ! »

Je n'avais pas remarqué qu'okâsan avait fini son discours et voila que Gorõ-sama prit le taisho par la taille et le jeta pardessus son épaule, accompagné d'un clin d’œil bien gras en ma direction. C'est quoi ces gens ? Non seulement il avait failli le laisser tomber en le jetant, mais il avait oublié de s'abaisser pour sortir de la chambre et Denbee-taisho se prit la bordure de la porte contre la tête. Bien fait pour lui ! Hehe.
J'avais à peine eu le temps de relâcher mes joues du sourire crispé qu'okâsan m'attrapa les deux mains. Je n'aimai pas du tout son regard.

« Il est temps Rakurai... On doit te préparer ! »

Et zut... J'étais partie pour 8 heures minimum de torture pour... ce taisho. Voici l'un des moments où quelqu'un aimerait se suicider ou disparaître de ce monde.
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