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 [Terminé] Le vent attiste le feu (PV Akayoru Midori et Nakamura Takeshi)

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Setsu Akane

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Jônin

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MessageSujet: [Terminé] Le vent attiste le feu (PV Akayoru Midori et Nakamura Takeshi) Jeu 27 Nov - 11:17

Il y avait bien longtemps que je n’avais pas flâné ainsi à Boya. Zakuro est resté à Fukyuu après ce drôle d’incident avec Mikan et je la surveille de près, maintenant. Autorisée uniquement à effectuer de petites missions sur nos terres, elle s’ennuie probablement beaucoup. Je suis moi-même frustrée de la laisser ainsi gâcher son talent avec des missions d’espionnage de premier niveau. Mais j’espère qu’elle comprend que j’ai peur pour elle... même si cela justifie totalement mon incompétence et mon manque de neutralité. Elle pourrait retomber sur un psychopathe comme Kazuo, prêt à tout pour assouvir sa soif de sang. Et Mikan est déjà suffisamment hantée par son passé pour qu’elle soit en plus traumatisée par ce type d’enfoiré.

À Boya, les gens connaissent Mononoké et c’est masquée que je sors, sans réelle frayeur. Certains craignent ce personnage, ayant entendu mille et un exploits réalisés dans la cité et alentours. Mais la plupart sont étonnamment rassurés de voir que, malgré les injustices parfois facilement détectables du Daimyo et de ses soldats, une inconnue veille à ce que les choses rentrent ensuite dans l’ordre. C’est complètement illégal et mon Gekido m’a plusieurs fois tirée les oreilles par rapport à mes interventions mais jamais aucune conséquence grave, suite à celles-ci. Comme une enfant, je continue donc de répandre ma justice dans le Clan et à l’extérieur, profitant de cette fragile liberté.

En parlant de liberté, c’est mon esprit qui la saisit alors que je marche tranquillement dans la rue. Je vagabonde sans but et ne remarque pas la personne que je percute assez brutalement. Je ne perds pas de temps à me retourner et à observer cet inconnu. Légèrement plus jeune que moi, il est facilement reconnaissable par ses vêtements et sa cicatrice bien visible au visage. Bien qu’il fut un personnage public très discret, les gens n’ont pas perdu de temps à parler de ses réussites au sein de son Clan et du dévouement inégalable envers sa Dame. Malgré nos deux positions importantes, il ne nous est jamais arrivé de nous côtoyer et lui ne semble d’ailleurs même pas reconnaitre Mononoké.

Le jeune homme me dévisage de longues secondes et je vois en premier lieu une lueur reconnaissable dans ses yeux : l’envie de tuer. Peut-être m’a-t-il alors confondue avec quelqu’un d’autre car il relâche finalement la tension dans son corps, bien que son attention soit toujours focalisée sur d’éventuelles ouvertures. La jeune femme qui l’accompagne ne me dit rien du tout. Elle pourrait autant être sa subordonnée que son amante du moment. Le doute se dissipe cependant sur sa fonction : elle aussi est Samouraï. Plutôt bien équipée, d’ailleurs. Je regarde rapidement autour de nous ; un affrontement ici serait très mal venu. Je m’approche d’un pas non menaçant vers les deux nouveaux venus et leur parle un peu sèchement au premier abord.

- Que font des Eiichiro à Setsu ? Les nouvelles vont vite, vous devriez éviter les ruelles sombres... Je ne donne pas cher de vos têtes, ainsi à découvert.

Un autre pas et le garçon pose sa main sur la garde de son katana. Il ne faut donc pas trop le chercher... L’origine de sa cicatrice n’est pas difficile à deviner ; seule une arme ninja peut infliger ce type de blessure. J’imagine donc que sa méfiance envers moi est tout à fait légitime, étant donné que je suis en tenue plutôt suggestive.

- J’ignore pourquoi vous êtes là mais commencer un combat ici n’est pas une très bonne idée. Vous avez moins de chance de vous en sortir que moi, si je puis me permettre.

Je lève légèrement les mains, comme pour montrer que je ne suis pas prête à les provoquer tout de suite. Je suis curieuse de connaître leur but.

- Je suis probablement la seule personne du Clan à ne pas vouloir vous torturer pour vous soutirer des informations, bien que je sois une kunoïchi. Je suis prête à vous donner quelques conseils si vous me promettez de rester calme. Croyez-moi, c’est dans votre intérêt... un grand évènement se prépare dans notre Clan. Il vaut mieux ne pas énerver le Daimyo.

Le guerrier semble hésiter et, à contrecœur, accepte de me suivre dans un coin moins fréquenté. Une fois à l’abri des regards, je m’incline devant eux et emploie un ton plus doux.

- C’est un honneur de faire la connaissance de Nakamura Takeshi, Hatamoto du Clan Eiichiro. Pardonnez-moi de vous avoir abordé ainsi mais les Setsu n’aiment pas les étrangers. Surtout dans les temps qui courent. Appelez-moi Mononoké. Je suis autant appréciée que détestée dans cette ville mais je la connais comme ma poche. Je pense pouvoir vous aider dans vos recherches. C’est bien dans ce but que vous êtes venus, n’est-ce pas ?

Je ravale ma gêne de me comporter de cette manière ; faire de la lèche n’a jamais été mon truc. Mais pour connaître leurs intentions et obtenir leur éventuelle collaboration, c’est quasiment un passage obligatoire. Je suis bonne menteuse. Qui sait ? Peut-être deviendront-ils des alliés pour le Clan ? Des alliés pour ma personne seraient déjà les bienvenus. Le Samouraï hésite à nouveau de longues secondes avant de finalement prendre la parole. Il avait la réputation de ne pas être très loquace, pourtant.

- Auriez-vous entendu des rumeurs venues d’Eiichiro ?
- Les nouvelles vont vite lorsqu’on connaît du monde... Mes condoléances pour votre Dame.

J’avoue avoir été attristée lorsque j’avais appris la nouvelle. La jeune femme ne demandait pas la mort si tôt alors qu’elle était pleine d’espoirs, à ce qu’on disait. Et surtout message de tolérance et d’amour.

- En réalité, nous cherchons quelqu’un... dit-il, semblant perdre patience.

J’en déduis qu’il est pressé... et peut-être que la Daimyo Eiichiro s’est faite assassiner ?! Les rumeurs n’étaient pas très claires et ça fait longtemps que je n’ai pas mis les pieds là-bas. A l’heure actuelle, on ne savait pas tellement ce qui avait provoqué cela. Le jeune homme prenait un risque : si cette information tombait dans les mains de n’importe qui, les conséquences pour son Clan seraient dramatiques. Un instant de faiblesse et c’est tout Eiichiro qui pourrait se retrouver à feu et à sang. Je me félicite intérieurement de les avoir entraînés ici car une envie irrépressible de les aider me vient alors. Et surtout une envie intense de ne jamais dire cela à mon frère qui, sans hésitation, sauterait sur l’occasion en profitant de la fragilité du Clan.

- Je n’ai rien entendu par-là. Les assassins sont discrets, par ici et il est facile de se cacher. Mais, comme je vous l’ai dit, je connais du monde. Peut-être que si vous me donniez plus de détails sur le mode d’intervention, je pourrai vous aider à repérer quel type de personne pourrait faire cela de cette manière.

Il est possible qu’un Setsu ait tenté le diable mais j’en doute fort. Qui, sans mes troupes, irait chambouler un pays tout entier pour son propre intérêt, avec un risque important de se faire prendre ? Je vois aussi mal Gekido envoyer Sakuya faire une chose aussi terrible alors qu’il est pris dans la préparation de son mariage, stratégiquement plus important que la gouvernance d’un Clan pacifique comme Eiichiro. Quelque chose de louche se cache sous cette affaire et j’ai bien envie de participer au dénouement de l’histoire. C’est maintenant la jeune femme qui semble vouloir prendre la parole. Je m’en frotte les mains d’avance.


L -M - M - J - V - S - D


Dernière édition par Setsu Akane le Sam 25 Juil - 18:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Terminé] Le vent attiste le feu (PV Akayoru Midori et Nakamura Takeshi) Jeu 27 Nov - 16:38

Boya, ville très touristique réputée pour ses sources chaudes et pourtant les habitants étaient plutôt a cran. Les voyageurs étaient moyennement bien accueillis par les gardes d'une manière générale mais là on atteignait un stade de mépris qui caractérisait un peu trop bien les Setsus.
Pourtant, je n prête pas attention à leurs regards et je suis rassurée de savoir que Takeshi avait eu la même idée, cela nous donnait un air sérieux et déterminé qui décourageait d'emblée les voleurs. Mais visiblement nous avions attiré l'attention de plus enquiquinant que de simples samouraïs. Nous étions suivis par des ninjas, au moins deux, qui nous suivaient en s'adonnant à des acrobaties de toits en toits pour nous suivre de leur hauteur, hors de notre champ de vision.
Mais le champ de vision n'était pas tout, l'ouïe était traître, encore plus lorsqu'on était aussi mauvais que ces deux là.

Mais soit, nous avancions l'air de rien, de toutes manières nous n'avions rien a nous reprocher, étant juste de passage, nous cherchions principalement l'endroit où nous serions le plus à même de trouver des renseignements fiables. Dans mon cas c'était tout trouvé mais je me voyais mal abandonner Takeshi pour aller chercher des informations et les sortir de nul part comme ça. Il me poserait des questions qui nous feraient perdre autant de temps qu'il serait inutile d'y répondre. Autant dire qu'on serait pas repartis de sitôt.
Alors que nous avançons, Takeshi semble percuter quelque chose... Où plutôt quelqu'un, c'était d'ailleurs ce quelqu'un qui l'avait percuté en fait.

Une femme, masquée, inutile d'être un génie ou un devin pour comprendre qu'il s'agissait d'une ninja. Je remarque que Takeshi la dévisage rapidement, avec ce regard particulier qui traduisait une promesse de mort. Je pose ma main sur le pommeau de l'arme que Takeshi avait déjà attrapé, sans la sortir de son fourreau, un réflexe de combat tout à fait légitime compte tenu de l'état dans lequel il avait fini après avoir rencontré la dernière kunoïchi. Elle annonce avec une certaine prétention que si un combat s'engageait, nous n'aurions pas spécialement l'avantage et pour le coup, elle avait raison. En plus des deux guignols sur les toits, il y avait un autre homme au coin de la rue, qui nous épiait avec peu de discrétion, assez pour un civil sans doute.
Tout en surveillant les pseudo-ninjas camouflés, j'écoutais la conversation en riant intérieurement. Finalement Takeshi semble disposé à la suivre dans un endroit un peu plus isolé mais je reste tout de même sur mes gardes en la suivant, pour être sure que ça n'est pas un simple piège. Comme je m'en doutais, les autres nous suivent également, peut être par précaution pour l'inconnue en face de nous, où juste par voyeurisme, qui sait.

A peine arrivés dans la ruelle j'écoute silencieusement le faible échange entre Takeshi et Mononoke, visiblement au courant de la nouvelle. C'était pas super étonnant jusque là, des espions il y en avait partout et il ne fallait pas être spécialement doué pour pouvoir avoir une information aussi importante en Eiichiro. Jusque là je n'étais pas particulièrement impressionnée par la qualité de ses renseignements. Mais c'est le reste de son blabla inutile qui m'interpelle soudainement, je me permet alors de prendre la parole lorsque le silence se pose.


« J'ai quelques questions justement, la première c'est de savoir si c'est dans vos habitudes de percher deux guignols sur les toits et d'en placer un au coin de la rue lorsque vous discutez avec les gens. Surtout des genins, c'est plutôt moyen.» Déclarais-je en haussant la voix à l'intention des espions en herbe.

Je ne le vois pas mais je sens que son visage doit se décomposer même partiellement alors que ma voix tranche avec son petit air guilleret insupportable de tout à l'heure. Ma voix était toujours très tranchante avec les ninjas et elle n'y faisait pas exception. Même Takeshi n'avait pas eu le droit à ce genre de ton inquisiteur.


« D'ailleurs, c'est assez amusant de vous entendre dire que vous ne voulez pas nous soutirer d'informations alors que vous glissez subtilement la question à la phrase d'après. D'autre part, j'aimerais savoir pourquoi vous parlez d'un assassin, sauriez vous quelque chose que nous ignorons ? » Ajoutais-je avec une légère touche cinglante sur la fin.

Je vois nettement son corps changer d'attitude, elle l'a très sûrement mal pris, ou peut être qu'elle constate enfin qu'elle n'a pas qu'un simple hatamoto et une samouraï en face d'elle. Je n'y allais pas par quatre chemins, après tout elle ne l'avait pas vraiment fait non plus. Je préférais éviter d'aborder le sujet du mariage, même si ça me permettait de balancer une pique en plus sur le moment. Plus tard, peut être. Je fixe mon regard sur Mononoke, toujours dans la neutralité la plus déstabilisante. Je ne sais pas ce que Takeshi pense sur le moment, mais je pense que pour le moment, il devait se poser les mêmes questions que moi.
Aussi informée puisse t'elle être, nous n'avions jamais dit que nous traquions un meurtrier, juste que nous recherchions quelqu'un...
Pour ma part il y avait bien une personne que je cherchais ici.
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Nakamura Takeshi

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MessageSujet: Re: [Terminé] Le vent attiste le feu (PV Akayoru Midori et Nakamura Takeshi) Sam 6 Déc - 15:39

La matinée est silencieuse alors que nous nous levons de bonne heure pour arriver le plus tôt possible à Boya. Le trajet est agréable ; je sens les chevaux reposés, les loups aussi et Midori semble également avoir pu profiter de la nuit pour regagner sa forme. Arrivés dans la ville, nous déposons nos montures et continuons à pied, comme la première fois. Il est presque midi et la capitale des bains est en effervescence, prête à répondre à nos interrogations. Cependant, il est difficile de déterminer par où commencer lorsqu’on a aucune piste...

Alors que je suis en pleine réflexion, je relâche mon attention et percute quelqu’un. Revenant à moi, j’observe cette personne et mon cœur rate un battement : pendant un instant, je crois reconnaître mon agresseur d’il y a quelques mois en arrière.  Silhouette élancée, vêtue comme une ninja et l’attitude arrogante... Qui plus est masquée ! Seulement, je remarque à son air stoïque que cette femme ne me connaît pas. Ou si c’est le cas, elle joue bien son jeu. Elle nous observe de la tête aux pieds et regarde plusieurs fois autour d’elle, ceci avec une rapidité – et une précision à première vue – déconcertantes. L’inconnue s’approche alors d’un pas et, sans nous saluer, nous aborde de front avec un ton ferme mais pourtant pas le moins du monde agressifs.

- Que font des Eiichiro à Setsu ? Les nouvelles vont vite, vous devriez éviter les ruelles sombres... Je ne donne pas cher de vos têtes, ainsi à découvert.

Un autre pas je me prépare à dégainer. La méfiance est de mise avec de tels individus. Midori veut empêcher mon geste et pose sa main sur le pommeau, probablement consciente que je pourrai passer à l’acte sans hésitation à la moindre tentative de la peste.

- J’ignore pourquoi vous êtes là mais commencer un combat ici n’est pas une très bonne idée. Vous avez moins de chance de vous en sortir que moi, si je puis me permettre.

Elle marque un point mais je ne bouge pas d’un poil. Peu importe que nous soyons en sous-nombre, nous nous battrons s’il le faut.

- Je suis probablement la seule personne du Clan à ne pas vouloir vous torturer pour vous soutirer des informations, bien que je sois une kunoïchi. Je suis prête à vous donner quelques conseils si vous me promettez de rester calme. Croyez-moi, c’est dans votre intérêt... un grand évènement se prépare dans notre Clan. Il vaut mieux ne pas énerver le Daimyo.

Le chantage ne marche pas tellement avec moi d’habitude mais il est vrai que se mettre en difficulté maintenant serait le pire des scénarios ; en plus de nous mettre les Setsu à dos, nous éveillerons la colère du plus cruel Daimyo de Yokuni. Du moins, c’est ce qui me traverse l’esprit à l’instant, aux vues des rumeurs répandues un peu partout. Je finis par relâcher la garde de mon katana et par suivre prudemment l’inconnue.

- C’est un honneur de faire la connaissance de Nakamura Takeshi, Hatamoto du Clan Eiichiro. Pardonnez-moi de vous avoir abordé ainsi mais les Setsu n’aiment pas les étrangers. Surtout dans les temps qui courent. Appelez-moi Mononoké. Je suis autant appréciée que détestée dans cette ville mais je la connais comme ma poche. Je pense pouvoir vous aider dans vos recherches. C’est bien dans ce but que vous êtes venus, n’est-ce pas ?

Un genre de malaise s’installe. Je suis peu habitué à tant d’éloges, bien que mon statut me donne droit à une certaine reconnaissance. Il est rare que je fasse valoir mes droits de Hatamoto, préférant en général rester discret. Mais voilà que notre rencontre a l’œil affuté pour reconnaitre que nous sommes des Eiichiro et que je suis Hatamoto. Nous voilà dans un sacré pétrin si elle se retourne contre nous.

- Auriez-vous entendu des rumeurs venues d’Eiichiro ? dis-je finalement, le ton hésitant.
- Les nouvelles vont vite lorsqu’on connaît du monde... Mes condoléances pour votre Dame.

Ainsi donc les gens savent jusqu’à Boya. Probablement savent-ils encore plus loin, les yeux trainent partout. J’ignore encore le statut de cette personne et la place qu’elle a au sein des rangs ninjas mais, une chose est sûre, elle a bien dû fouiller.

- En réalité, nous cherchons quelqu’un...

Le peu d’informations que je laisse filer lui suffisent probablement à entamer un bon raisonnement puisque le silence s’installe pendant quelques secondes.

- Je n’ai rien entendu par-là. Les assassins sont discrets, par ici et il est facile de se cacher. Mais, comme je vous l’ai dit, je connais du monde. Peut-être que si vous me donniez plus de détails sur le mode d’intervention, je pourrai vous aider à repérer quel type de personne pourrait faire cela de cette manière.

Bingo. La déduction était facile à faire... Je m’apprête à répondre quelque chose mais Midori prend les devants et semble prête à changer la situation pour qu’elle se retourne en notre faveur. Elle questionne Mononoké avec un ton plutôt sec sur des ninjas qui nous suivent, que je n’avais absolument pas remarqués, d’ailleurs. Aucun son et aucune odeur accessibles à mes sens... pourtant, ils sont caractérisés comme débutants par Midori. Un peu confus, je regarde alentours, me doutant maintenant d’une éventuelle attaque. Mononoké se crispe au fur et à mesure des propos de Midori mais finit par retrouver sa nonchalance.

- Ça m’apprendra à sous-estimer les inconnus... dit-elle après un soupire.

Elle lâche un petit rire et claque des doigts. En position, je retrouve la garde de mon katana alors que les ninjas tombent du toit adjacent et que l’autre type nous rejoint. Sans aucune intention de nous attaquer, ils regardent les signes de leur supérieure – c’est bien ce qu’elle pense être, à présent – et finissent par repartir aussi vite qu’ils sont descendus.

- Voilà, ils sont allés faire quelques courses, annonce la femme en fixant uniquement Midori. J’avoue que ce n’était pas très malin de ma part mais les Genin doivent bien s’entrainer régulièrement pour faire du bon travail, comme toute recrue... n’est-ce pas ?

Le sous-entendu est léger mais tout de même présent. On dirait presque que les deux jeunes femmes se parlent en tant que responsable des armées. Mais Midori n’a pas pu être Taii, encore moins Taisa... Confus par la situation, je la laisse se décanter toute seule, puisque Mononoké a l’air disposée à répondre à toute question qu’on lui posera.

- Il est évident que je souhaite en savoir plus sur vos recherches. Vous amenez vos fesses pacifiques sur mon territoire, il est logique que je cherche à connaître la raison de votre visite. Les bains sont un bon prétexte mais tout de même. D’ailleurs, pardonnez ma politesse excessive, ce n’est pas tellement mon genre, d’habitude, même si j’ai conscience que la réputation de Nakamura-san le précède.

Encore un soupire. Elle semble longuement hésiter avant de mettre à exécution son geste. Mononoké finit par poser sa main sur son masque et par le laisser tomber en arrière pour nous dévoiler son visage. Bien qu’il ne me dise rien, je devine qu’elle cherche à gagner notre confiance pour un motif encore difficile à distinguer.

- Il est maintenant évident pour vous que j’ai une place importante à Setsu, puisque je commande des ninjas. Malgré cela, très peu d’entre eux connaissent ma véritable identité. Je ne vous révèlerai pas mon vrai nom et ne dévoilerai mon visage qu’en votre présence car je ne souhaite pas ébranler ma couverture d’une vie pour des inconnus prétentieux. Cependant, considérez ce geste comme un témoignage sincère de ma personne d’une envie de vous aider. Je tiens vraiment à vous protéger... ce Clan est folie et ne cesse d’y sombrer davantage. Vous risquez moins avec moi qu’avec le tanneur d’à côté. Je sais que les ninjas n’inspirent pas confiance et je ne peux que vous répéter de profiter de mes connaissances pendant votre séjour pour retrouver la personne que vous cherchez. Si vous ne voulez pas, tant pis...

Son discours tient la route et ça m’agace au plus haut point. Faire confiance à une kunoïchi est la dernière chose dont j’ai envie actuellement... Mononoké hausse les épaules et retrouve un air plus tendu alors qu’elle s’adresse encore une fois uniquement à Midori.

- Pour revenir à votre question, mademoiselle, il n’est pas difficile de saisir l’envie de meurtre d’une personne lorsqu’un être cher lui a été enlevé. Eiichiro Suzuka est morte et son si cher Hatamoto cherche quelqu’un quelques semaines après sa disparition seulement. La haine se lit sur son visage, la méfiance et la rancœur également. J’en ai déduis qu’elle n’est pas simplement morte à cause de sa santé fragile. Mais peut-être ai-je tort ? Si c’est le cas, j’en suis désolée et je me retire.

Aussi vite que notre rencontre s’est déroulée, Mononoké remets son masque et passe à côté de nous pour réellement nous quitter. Sans perdre de temps, je la saisis cependant fermement par le bras pour la retenir.

- Sacrée poigne,  dit-elle avec son sourire invisible.
- On ne peut pas donner plus de détails car nous n’en avons pas plus que ce que disent les rumeurs,  dis-je, les dents serrées. On l’a tuée, c’est tout. Et ça pourrait tout autant être un voisin que quelqu’un d’ici.

Ma poigne se resserre et elle tente de se dégager sans succès. Ainsi donc ai-je déjà cet avantage sur Mononoké : la force. Elle pose finalement sa main sur la mienne, doucement, avant de reprendre la parole.

- Comme je l’ai dit, je n’ai rien entendu. Et croyez-moi ou non, je n’ai envoyé aucun ninja faire une chose aussi horrible. S’il y a bien un être qui ne méritait pas de rejoindre les kamis, c’est elle. Un idéal de paix aussi ancré à travers les générations ne demande qu’à perdurer et, aussi sauvage que je puisse être, je suis tout de même consciente qu’un équilibre doit exister. Sans Eiichiro Suzuka, cet équilibre est menacé et c’est pour cette raison que je pourrai vous servir de ressources. Utilisez-moi, je ne demanderai rien en retour.

Je retire sèchement ma main. Encore une qui pourrait m’embobiner rapidement... et pourtant, elle a bel et bien l’air sincère, aussi ninja soit-elle. Mononoké se masse le bras et nous regarde, attendant une réponse. Je laisse Midori décider et lui indique d’un regard : je ne suis pas apte à prendre cette décision, pas maintenant. L’inconnue lance finalement une dernière pique à Midori, pique qui éveille encore une fois un tas de questions en moi. Questions qui resteront sans réponse encore un bon moment.

- Si même une demoiselle à l’esprit affuté ne sait pas vraiment qui est l’auteur de ce crime, ne faut-il pas se résoudre à demander de l’aide lorsque l’opportunité se présente ?


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MessageSujet: Re: [Terminé] Le vent attiste le feu (PV Akayoru Midori et Nakamura Takeshi) Sam 27 Juin - 17:37


Pas si impressionnante finalement. Tout au plus une femme un peu trop sûre d’elle, l’avantage du terrain sans doutes.
Elle me parle comme une égale, un peu comme si nous étions sur un pied d’égalité lorsque nous parlons des troupes, il va falloir que je prenne plus de pincettes avec elle, ayant l’air de tout sauf d’une cruche, elle pourrait rapidement avoir des soupçons sur mon simple statut. Jusque là, je n’ai jamais eu à tuer pour protéger mon identité, j’espère que je n’aurais pas à faire une exception cette fois.
Je note cependant qu’elle se montre particulièrement docile et coopérative, même si elle cherche à glaner un maximum d’infos sur notre présence ici, elle répond aux questions les plus simples. Setsu est au courant du décès de Suzuka, mais visiblement ils en savent plus que ce qu’il n’y parait. La présence de Takeshi à beau être vu comme un signe, cela relève théoriquement plus de la pure coïncidence. Le décès de notre Dame n’entrave en rien les opérations en cours, théoriquement, en soi, même si Takeshi l’avait appris pendant sa mission ici, il aurait eu pour tâche, sauf ordre contraire, de mener a bien sa mission et de faire son rapport a notre futur Daimyo. Mais là, Mononoke interprète ça directement de but en blanc : Il est là pour venger Suzuka.
C’est presque embêtant de voir qu’elle interprète trop bien les choses.  Mononoke établit ses conclusions bien vite et avec une précision assez aberrante, si on couple au fait qu’elle dirige des ninjas, elle est au minimum Chûnin… Et encore, je me demande si les Chûnins sont aussi bien informés, à Setsu ?
 
J’analyse la scène en quelques secondes, une sale habitude que j’ai gardée au fil des siècles. Nous n’avons actuellement rien, si ce n’est le fait accompli que Suzuka a bel et bien été assassinée. Aucune piste vraiment sérieuse, aucunes infos viables… Mononoke s’avère être une potentielle source d’informations que nous aurons à prendre avec des pincettes mais au moins nous aurions peut être enfin des éléments de réponse. La kunoichi fait mine de partir et Takeshi, qui ne donnait pas de réponses claires pour répondre a sa proposition entreprend le geste le plus éloquent pour lui demander son aide : Il lui saisit le bras pour la retenir. Je constate que malgré sa haine grandissante et le rejet le plus total qu’i la des ninjas, il sait encore faire preuve de retenue. Il prend sur lui et inconsciemment, il vient de souligner a Mononoke qu’elle avait raison sur toute la ligne ou presque. Je ne dis rien, mes émotions masquées derrière ce visage impassible et froid qui me caractérise tant.
La suite de leur échange est relativement flou jusqu’au moment ou Mononoke semble afficher un semblant de motif qui la pousserai à nous aider : l’équilibre. A la façon dont elle s’exprime il me semble comprendre que Setsu serait hors de cause, mais les paroles d’un ninja sont bien peu de choses en ce monde.  Néanmoins il transpire une certaine sincérité dans ses propos… Seulement, j’aurai aimé qu’elle ne remette pas ce masque, pour m »assurer de son expression faciale au moment qu’elle prononçait ces paroles. Je reste persuadée qu’elle se fout de nous, malheureusement c’est une piste comme les autres à suivre.
Takeshi m’observe un court instant, je comprends très bien qu’il ne décidera de rien, et quelque part, ça m’emmerde prodigieusement.  Je ne suis plus Taisho depuis des années, ce qui ne m’avait pas déplu dans le sens où j’en avais fini de décider pour les autres. Et voila que Takeshi me replace sur cette position délicate et perturbante, pendant que Mononoke me balance une autre pique gratuitement.
 
* Fait gaffe… Il n’y a pas que mon esprit qui est affuté. * Pensais-je, agacée par la situation.
 
Mes yeux se ferment un court instant, laissant le reste de mes sens en éveil, notamment mon audition, je prends le temps de réfléchir et dans un soupire traduisant mon agacement, je finis par répondre.
 
« Demander de l’aide et collaborer sont deux choses différentes. Répondis-je simplement en rouvrant les yeux. Nous n’avons pas demandé votre aide, vous êtes venue a nous pour la proposer, il serait mal venu de ne pas prêter attention aux bonnes âmes qui souhaitent nous assister dans notre voyage. »
 
Je marque une pause, détaillant les deux personnes en face de moi avant de tourner le regard vers la direction opposée, j’ai cru y entendre un bruit. Mes yeux se plissent, les genins de Mononoke étaient bien tous partis et trop mauvais pour tromper mes sens, en revanche… J’avais un sérieux doute sur celui là. J’étais persuadée à quatre cent pourcents que ce n’était pas mon imagination, quelqu’un nous observait il y a quelques instants. La question est de savoir si Mononoke nous avait déjà fait un coup tordu, ou si nous étions suivis… Ou elle, peut être ?
Me retournant l’air de rien vers mes deux interlocuteurs, je profite d’être dos a notre espion pour indiquer via quelques signes classiques de l’armée que nous avions quelqu’un caché a l’angle de la ruelle derrière moi. Ne signalant rien de plus, je reprends la conversation  comme si de rien n’était.
 
« Allons discuter de tout ça dans un coin plus confortable, voulez vous ? » Ne cassant pas avec le ton de tout à l’heure.
 
Sans attendre de réponse, je passe entre Takeshi et Mononoke, prenant volontairement la direction d’une ruelle plus étroite, suivie par les deux personnages qui, sur le moment, doivent se poser mille et une questions. Je force le pas avant de faire un deuxième détour dans une autre ruelle. A peine avons-nous tourné que je m’arrête et me retourne pour me caler moi aussi a l’angle, immobile, alors que Mononoke et Takeshi semblent enfin comprendre ce que je m’apprête à faire. Je ferme de nouveau les yeux, laissant mon ouïe me guider, j’arrive enfin à percevoir des bruits de pas, un peu plus rapides, comme ceux de quelqu’un ayant perdu ses cibles.  Je serre le poing plusieurs fois, prête à l’alpaguer au moment opportun… Encore un peu… Encore un peu…
L’action se déroule en seulement trois secondes, émergeant de manière éclair de notre ruelle, j’agrippe fermement un homme surpris dans sa course avant de le plaquer contre le mur avec un certain manque de douceur plutôt palpable.
L’homme âgé d’une trentaine d’année tout au plus, se trouve être particulièrement peu paniqué pour un type qui vient de se faire agripper sauvagement dans une ruelle par une parfaite inconnue. Je me contente de le tenir fermement, voyant qu’il n’est pas ostensiblement armé.
 
« Je présume qu’on va commencer par là. » Conclus-je simplement, le regard fixé dans celui de notre espion d’origine inconnue.
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Setsu Akane

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Jônin

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MessageSujet: Re: [Terminé] Le vent attiste le feu (PV Akayoru Midori et Nakamura Takeshi) Ven 3 Juil - 21:32

Elle soupire mais répond tout de même à ma provocation, plutôt calmement. Une « bonne âme »... si elle veut me donner ce rôle, pourquoi pas ? Je n’ai pas le temps de réagir à son prétendu compliment que la jeune femme se retourne rapidement. Je croise furtivement le regard de Takeshi, qui ne semble pas avoir vu venir notre invité. Son amie nous indique alors à l’aide de mimiques que nous sommes suivis. Je fais confiance à l’inconnue, étant donné que c’est aussi une occasion pour moi d’évaluer ses capacités au combat et à la ruse. Elle nous amène alors volontairement dans une ruelle plus étroite et mon sourire se dessine un peu plus à chaque pas qui me fait la suivre.

Nous arrivons finalement dans la ruelle convoitée par la Eiichiro. C’est que la coquine nous prépare une surprise ! Plus précisément au type qui nous suit... et je pense qu’il ne va pas apprécier l’embuscade. Elle laisse le poursuivant s’approche suffisamment pour l’attraper mais je me pose tout de même la question de la raison de son geste. Fermer les yeux est quand même bien étrange quand on sait que l’ennemi est à quelques centimètres. La façon dont elle attrape l’intrus est aussi vivace et étonnante. La jeune femme aussi a bien plus de force que moi et n’a pas franchement l’air pleine de patience quand elle veut savoir quelque chose.

Sa phrase me fait doucement sourire et je m’avance alors vers l’espion. Dégageant sa tête de contre le mur en saisissant fermement son menton, je reconnais alors l’abruti qui se trouve en face de nous. Un mouvement de recul et quelques secondes de gêne plus tard, je finis par soupirer.

- Ça m’apprendra à laisser, parfois, des deuxièmes chances...

Takeshi me questionne du regard alors que son accompagnante semble maîtriser sans peine le malotru.

- C’est un traitre qui a été identifié il y a quelques semaines. Voyant qu’il avait une femme des deux enfants prêts à se jeter sous ma lame à sa place, j’ai essayé de le raisonner sur le dévouement qu’un père doit avoir pour sa famille et surtout son Clan... et... je l’ai laissé filer. Comme une bleue.

Takeshi dandine de la tête, comme s’il me reprochait mon acte. Ne tenant pas compte de sa muette morale, je m’approche à nouveau de notre espion et me penche vers son visage.

- La leçon que je t’ai donnée ne t’a pas suffi ? demande-je en faisant référence aux marques de lame visibles sur son cou.

Ce n’est pas parce que je l’ai laissé partir que je n’ai pas fait mon travail, en vérifiant qu’il s’agissait bien d’un débutant et qu’il ne détenait aucune information compromettante pour Setsu. C’est alors qu’il prend l’initiative de se dégager lui-même la face du mur pour préparer un crachat et me le projeter sur la figure. Je remercie mon pauvre masque d’avoir été là et soupire encore une fois et dégaine l’un de mes wakizashi. L’homme n’est plus si calme à présent mais la compagne de Takeshi le maintien fermement. Je saisis alors sa tignasse humide de sueur et place ma lame de façon précise sous sa gorge. Alors que mes muscles se tendent pour menacer de commettre l’irréparable, le valeureux traitre s’excite.

- NON ! Je... je... pardon, je... je vais tout dire... Je dirais tout !

Lâche...

Je laisse mes compagnons Eiichiro entamer l’interrogatoire, alors que je retire la lame, laissant un autre petit souvenir tranchant à la surface du cou de l’incapable. Je finis par rengainer et par attendre simplement la suite.


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MessageSujet: Re: [Terminé] Le vent attiste le feu (PV Akayoru Midori et Nakamura Takeshi) Jeu 16 Juil - 16:24


Une deuxième chance hein ?
Avais-je bien entendu ? Un ninja qui laisse une seconde chance ? Mononoke avait des pratiques pour le moins bizarres compte tenu son boulot au sein du clan Setsu. Bien que j’ignore encore l’intégralité de son rôle et que je sois toujours incapable de le définir avec précision, j’étais au moins sure d’une chose : Elle était marginale des autres ninjas avec de telles pratiques.
Nous étions tous les trois des membres de clans, des personnes connaissant l’importance qu’implique la protection de ce dernier. Laisser un traître vivant ou libre n’était pas le meilleur moyen de protéger son clan. Mais étrangement, voyant les premières réactions de la kunoichi, je ne suis qu’a moitié étonnée. Le fait qu’elle évoque la famille avant le clan, malgré la tournure de phrase me laisse penser qu’elle a simplement eu pitié pour l’épouse et ses éventuels bambins. Chose qu’elle confirme dans ses propos juste au moment ou la pensée d’aller vérifier effleure mon esprit.

Takeshi semble, l’espace d’un instant, vouloir reprocher ce comportement a la Setsu. Mais il ne dit rien, et je pense qu’il aurait pu être capable de faire la même chose dans d’autres circonstances, en l’occurrence plus maintenant que son cœur est piégé dans les ronces de la vengeance. De manière parfaitement objective, je ne pense pas que j’aurai pu pardonner un tel acte. Peut être dans une époque plus lointaines, j’aurai su faire preuve de cette même gentillesse mais pas maintenant que l’Enfer Ecarlate est passé. Mononoke souligne qu’elle lui a laissé une chance, peut être sera-t-elle décidée de passer par une méthode plus radical pour punir cet homme, mais pas dans l’immédiat. L’homme se débat, lui crache au visage, enfin il essaye et c’est finalement elle qui prend le relai, lame dégainée elle l’intimide, il a peur d’elle à un point qui dépasse cette simple situation du type avec une lame sous la gorge.
Il a peur d’elle pour d’autres raisons, le fait qu’elle lui soit supérieure en rang joue de manière évidente. Il devient tout de suite plus bavard lorsqu’elle fait mine de le mettre a mort, il parle même très vite, autant dire qu’il pourrait nous en apprendre beaucoup, peut être même trop pour que Mononoke décide de le laisser finir. C’est un risque et de notre côté, nous ne cherchions pas a connaître tous les secrets de Setsu, simplement a trouver notre meurtrier. Mononoke retire finalement sa lame, elle compte sérieusement nous laisser l’interroger ? C’est qu’elle a du s’assurer soit de ses connaissances avant, soit elle garde quelque chose sous la main pour le faire taire au milieu de l’interrogatoire. Mais peu importe, mes questions seraient un peu plus précises. Retournant l’homme avec une facilité plutôt déconcertante, je le plaque contre le mur, face a moi, le détaillant du regard a la recherche d’une arme quelconque, apparente. Aucune, peut être cachée mais il n’aurait pas le temps d’agir face a nous trois, il suffit alors de le garder a bonne distance. Je l’intime de s’assoir et, devant son refus, je décide de lui faucher les jambes. Ainsi a terre je l’entend lâcher un juron contre mes ancêtres, en théorie il mériterai la mort pour cela mais mes priorités sont différentes, je le redresse de force et le garde assis, il hésite un moment et finit par obtempérer, pour une raison qui m’est inconnue même si je soupçonne la peur de ce que je pourrais lui faire… Ou Mononoke.

Posant une main distraite sur le pommeau de mon arme, je commence simple et clair.


« Pourquoi tu nous a suivi ? »  D’un ton sec et tranchant, ce qui reflète relativement mon état d’esprit quand je n’ai pas la patience d’écouter des conneries.

Il semble songeur un moment, il me jauge du regard et se décide à s’essayer a la coopération, c’est mieux pour lui dans l’immédiat d toutes les façons. Bien que je ne prenne pas pour argent comptant tout ce qu’il me raconte, je préfère enchainer sur le sujet qui nous concerne, peut être qu’il aura entendu des choses… Ou pire.


« Que sais-tu au sujet de la mort d’Eiichiro Suzuka ? » Ajoutais-je en serrant la main sur la poignée de mon katana.

A cet instant, j’ai l’impression que le temps se fige et mille scénarios défilent devant moi, du plus décevant au plus sanglant, toutes les nuances de violences que j’ai pu connaître sont abordées par mon esprit à l’ instant où je nourris l’espoir qu’il me réponde d’un aveu type « C’est moi qui l’ai tuée ». Je serais sans doute plus rapide que Takeshi et plus que certainement trop proche pour qu’on m’empêche de le trancher en deux de bas en haut. Je sens mon cœur qui s’emballe, la fureur me gagner en secret et cette envie irrésistible de bafouer tous les enseignements que j’ai suivi pendant des siècles pour soulager la souffrance qui me ronge depuis les derniers évènements.

Alors qu’il commence à peine à répondre, mon esprit se perd dans un souvenir doux et apaisant.

--*--


J’étais dans les appartements de ma Dame, Suzuka était occupée à rédiger quelque chose alors que j’entrais en m’annonçant simplement pour lui apporter de quoi manger. Il devait être pas loin de midi et comme toujours, elle m’avait accueillie avec ce sourire qui la caractérisait tant. C’était le don de Suzuka, apaiser d’un simple sourire, avec ses mots, ses gestes… Elle était jeune et innocente, l’Espoir du clan.
Elle était déjà au courant pour mon secret et malgré ça elle m’avait toujours traité avec le même égard que n’importe qui d’autre. Elle était gentille et c’était à la fois sa grande force et sa grande faiblesse. Quelque chose qu’Etsukazu-dono avait bien compris avant de lui céder la gouvernance. Je me souviens que la fenêtre était ouverte, l’odeur des fleurs dans le grand jardin avait réussi à s’infiltrer sans la pièce. Suzuka m’avait invité à rester à ses côtés, elle voulait me parler, avoir quelqu’un qui accompagne ce repas et quelqu’un avec qui elle aimait converser.
Je ne me souviens pas de tous les sujets de discussions  ni même comment nous étions venus à parler de l’honneur, la justice et la vengeance mais je me souviens distinctement du regard avec lequel elle m’avait observée avant de simplement dire avec un ton sonnant comme une confidence :


« La vengeance n’est pas la solution Midori. Elle apaise ta douleur l’espace d’un instant, te permet de libérer la rage que tu as envers une personne. Mais la douleur est plus vicieuse que cela, elle torturera ton âme jusqu'à ce que tu acceptes que le motif de ta vengeance n’en valait pas la peine. Pour te libérer de cette douleur, il faut aller de l’avant et ne pas te retourner. »

Avec ces mots, elle fut l’une des rares personnes à me couper toute forme de rhétorique pendant plusieurs instants. Elle avait raison, je le savais à ce moment, derrière son jeune âge et ce frêle corps était un esprit plein de sagesse. Je me souviens avoir simplement baissé le regard face a elle sur cet instant, marquant le moment dans mon esprit comme celui où une enfant ayant a peine la vingtaine, venait de m’apprendre quelque chose de primordial.

--*--


Ce souvenir et les mots de mon amie et daimyo étaient gravées en moi et je m’évertuais à suivre la voie qu’elle m’avait montrée. Mais j’avais du mal et je pense que j’en aurai encore beaucoup avant d’avoir sous mes yeux le responsable de tout cela.
J’adresse un regard a Takeshi après avoir entendu la réponse du traître, essayant de lui faire comprendre que s’il avait quelque chose a dire il n’avait pas a hésiter, j’étais plus qu’heureuse de lui laisser la place dans l’immédiateté de la chose.
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MessageSujet: Re: [Terminé] Le vent attiste le feu (PV Akayoru Midori et Nakamura Takeshi) Dim 19 Juil - 13:36

Je regarde le traitre avec un regard sombre. Ainsi donc, nous sommes tombés sur une kunoïchi bien clémente... il ne manquait plus que ça ! Je ne me plains pas qu’elle soit coopérative et propose des solutions. Mon envie de trouver l’assassin de Suzuka est alors si intense que j’en oublierai le Bushido si Midori ne m’avait pas remis à ma place. Mais je m’attendais étonnamment à tomber sur une ninja compétente, capable de nous renseigner au mieux, comme les shinobis savent le faire. Seulement, elle avoue elle-même avoir laissé filer un traitre... et ce n’est pas un bon point pour elle, de mon point de vue.

Pourtant, elle sait imposer son autorité et je remarque, probablement comme Midori, le fait qu’elle connaisse sûrement mieux notre actuel otage qu’elle veut le faire penser. L’inconnu est d’ailleurs terrorisé, non pas par l’idée de mourir ici mais par l’idée de subir autre chose. Je suis cependant surpris qu’elle nous laisse l’interroger, n’ayant apparemment pas peur qu’il nous révèle d’autres choses que les réponses à nos questions. Je ne lui cache pas mon agacement et ma suspicion alors qu’elle recule et me met alors à observer à nouveau Midori, comme d’habitude bien trop forte par rapport à sa constitution légère. Me méfier d’elle n’est pourtant pas mon intention mais plus le temps passe, plus je me pose des questions sur ses origines. Et ces doutes ne sont pas bons pour le travail d’équipe que nous serons amenés à effectuer dans un but commun.

Après une légère lutte pour faire assoir notre victime du moment, elle commence à lui poser des questions mais ne s’occupe pas des réponses superficielles. Midori va droit au but et c’est ainsi que je l’imagine tout à fait se conduire avec tout un chacun qu’elle pourrait croiser. Y compris moi-même. Occupé à observer la jeune femme avec un discret sourire, je n’écoute pas non plus la première réponse de l’espion mais suis attentif à la deuxième. Je place, comme elle, ma main sur mon wakizashi, prêt à dégainer à la moindre réponse qui pourrait me déplaire... c’est-à-dire à peu près toutes.

- Je l’ai appris il y a quelques jours, par la même source qui m’avait fait attraper la dernière fois... C’est un malheureux incident mais une bien belle ouverture pour Setsu-sama. Le Clan Eiichiro est vulnérable maintenant... Et...

Je vois que Midori se retourne vers moi. Je ne lui laisse pas le temps de me laisser la place et passe devant elle, soulevant l’arrogant du sol par le col, évitant ainsi quelques secondes à ses pieds de toucher terre.

- Ne t’avise pas d’insulter Eiichiro, sale chien... dis-je en serrant les dents. Tu ne faisais pas le malin, il y a quelques minutes.
- Et c’est parce que je suis menacé par deux Samouraï et Mononoke que je ne peux pas m’amuser ? Je vais mourir de toute façon.
- Alors fais un bon geste et donne-nous quelques informations... histoire de laisser un peu d’honneur à ta famille.

Il rit, se moquant probablement du sens des derniers mots mais, alors que je relâche la pression, il finit par collaborer.

- Je ne sais pas ce qu’il s’est passé ni comment. Mais un type de Keito m’a dit avoir des sources, la dernière fois... Tout ce que je peux vous dire, c’est que ce n’est apparemment pas un Setsu le coupable. La Jônin veille trop au grain ici, elle n’aurait pas eu l’utilité de faire ça...
- Quel autre Clan aurait eu cette motivation, alors ?
- Je ne sais pas... mais Ayumu le sait... c’est cer...

Je ferme les yeux, voulant éviter la giclée de sang se propageant sur mon visage. Sans délicatesse, je lâche le corps du traitre qui vient de perdre la vie. Surpris, je me retourne vers Mononoke, puis vers sa victime, remarquant un kunai planté dans sa gorge de façon précise. Mon regard interrogateur croise celui de Midori alors que j’essuie mes yeux d’un revers de bras.

- Pas de troisième chance, se justifie notre « camarade ». Il a dit ce qu’il faut savoir. Connaissant personnellement le fameux Ayumu, je vous propose d’aller à sa rencontre. Il est bien plus sympathique que celui-ci et bien plus utile au Clan.

Mononoke récupère son kunaï d’un geste sec, laissant l’artère du mort se vider davantage. Elle se dirige ensuite à la sortie de la rue dans laquelle nous nous trouvons et laisse échapper une dernière phrase à mon intention.

- Gardez votre honneur et fuyez la vengeance, Samouraï. Je serai votre lame et m’occuperai du sale boulot. Votre énergie pourra alors être conservée pour le principal intéressé. Jusque-là, contentez-vous de cette manière de procéder, j’en ai l’habitude.


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MessageSujet: Re: [Terminé] Le vent attiste le feu (PV Akayoru Midori et Nakamura Takeshi) Dim 19 Juil - 20:20

Ce n’est pas lui, ma main se décrispe naturellement même si je n’apprécie que moyennement la deuxième partie de sa première phrase. Takeshi prend le relai, il me rend bien service parce que j’avais une très nette envie de lui faire cracher ses dents maintenant. Mais le traître évoque sa source et mon intérêt reste plus centré sur cette dernière que sur une quelconque envie de meurtre. Il ne serait pourtant pas compliqué de lui arracher la gorge, sans même me saisir de ma lame, mais je n’étais pas seule et je ne voulais pas avoir à m’expliquer. Je restais un monstre aux yeux de la population, même si ma forme n’avait rien de très menaçante, tout au plus, j’aurai pu ressembler à une grosse peluche pour enfant.

C’est là que je remarque que Takeshi est assez remonté pour décrocher notre prisonnier du sol, en l’intimant à sa façon d’être plus subtil sur le choix de ses mots. Sur le moment, je suis presque persuadée que Mononoke a un sourire en banane derrière son masque. C’est vrai que pour elle, la scène est probablement plus amusante qu’autre chose. Et la réponse de l’homme a Takeshi est plutôt surprenante, j’avais encore une fois un parfait exemple de l’arrogance humaine. Il sait sa fin proche, jouera t’il pour autant la provocation jusqu’au bout ?
A priori, non. Je ne sais pas si c’est l’évocation de sa famille ou le fait d’avoir peur de la torture qui le pousse a parler en évitant toute formes de sévices mais il parle et pas qu’un peu.
Je relève Keito, une source et une Jônin qui veille au grain… Trop, selon lui.

Mon regard s’est dirigé vers Mononoke à cet instant, elle a légèrement rehaussé le regard, peut être pour rouler des yeux, par surprise ou pas étonnement… ? Je n’en sais rien, mais sa réaction pourrait me laisser penser qu’elle connait le Jônin, ou qu’elle l’est elle-même. Plus j’y pense, plus ma réflexion prend du sens, c’est une femme de pouvoir, elle a clairement imposé le respect près d’un traitre et malgré sa forme de rébellion, il a fait attention a ses mots. Et il sait qu’il va mourir, quitte a mettre son clan dans la merde, il pourrait le faire.
Finalement, c’est aussi probable qu’improbable. Peu de ninjas sont au courant de l’identité de leur Jônin et je ne pense pas que ce traitre la connaisse, il aurait été tué il y a longtemps sinon.
Néanmoins, les moyens que Mononoke semble mettre en place implique qu’elle possède un rang plus qu’appréciable dans la hiérarchie Ninja de Setsu. Laquelle exactement alors ?

Je loge ces informations dans un coin de ma tête pour le moment, entendant un nom et un gargouillis ignoble d’une jugulaire qui se vide. « Pas de troisième chance » avait-elle dit. Elle n’avait pas tort pourtant il n’avait pas tout dit. L’avait-elle fait parce qu’elle n’avait pas besoin de plus ou parce qu’elle ne voulait pas qu’il nous en dise plus ? Le contrôle de l’information était une arme comme une autre, je ne le savais que trop bien. Mon regard croise celui de Takeshi l’espace d’un instant et j’attends finalement qu’elle ait tourné au coin de la rue pour m’approcher du samouraï et chuchoter a son attention.


« Suivons la pour le moment, mais garde les yeux ouverts, j’ai un mauvais pressentiment. »

Je n’en dis pas plus et n’attend pas de réponses, mes vieilles habitudes faisaient que j’avais rarement eu de réponses de mes soldats par le passé. Je rejoins Mononoke et emboîte le pas derrière elle, en direction de ce dénommé Ayumu. Il me semble qu’on a traversé une certaine portion de la ville lorsque soudainement, Mononoke nous indique où il est. Je peux le voir distinctement, il est repérable a la coupe de cheveux, le jeune homme qui nous intéressait était un adepte de la teinture et le blond pâlichon vomitif qu’il avait choisi lui avait fixé une grosse cible au dessus du crâne. Nous avancions dans sa direction, sans prendre trop de risques, un indic’ n’était généralement pas un grand danger de toutes façons.
Je ne sais pas si c’est notre présence ou celle de Mononoke qui l’a rendu craintif, mais il se met à détaler en nous voyant.

Je lâche un soupir non mesuré qui traduisait tout mon agacement de la situation.


« Pourquoi les types dans son genre ne se laissent jamais attraper gentiment ? » Avais-je lâché avec un certain dédain avant de me lancer en sprint à sa poursuite.

La course poursuite fut plutôt courte, je courrais beaucoup plus vite et n’avais pas vraiment d’armure autre que mes gantelets. Mon corps y était entrainé, aussi bien en forme humaine que Yokai. Mais il semble être aussi emmerdant a attraper qu’un serpent, cette comparaison me fait rire autant qu’elle m’affecte et je dégaine mon arme pour lui mettre un petit coup à l’arrière du mollet, une frappe superficielle dont la douleur a généralement un impact très négatif sur la course a pied. Suivie d’assez prêt par Mononoke et Takeshi qui m’ont vue agir, j’agite ma lame sèchement sur le côté pour écarter le liquide écarlate du bout de ma lame avant de l’essuyer d’un revers de ma manche et finalement rengainer. Ayumu à terre, se tenait le mollet droit en geignant, j’imagine qu’avec les Setsu il avait droit a moins brutal comme forme d’arrêt, mais je suppose sans trop de peine qu’il devait se faire salement passer à tabac s’il essayait.
Mononoke avait dit qu’il était inutile de nous salir les mains, mais je n’en avais cure. Si j’avais envie de malmener un type pour le faire parler, il faudrait plus qu’un ninja masqué pour m’en empêcher. J’avais déjà tué, probablement plus de personnes a moi toute seule qu’a eux deux réunis. Mes mains étaient tâchées de sang depuis longtemps, rien n’y changerait quoi que ce soit.

Sensiblement essoufflée, je me contente d’attraper le contact par le col pour le redresser de force et le pousser sans ménagement entre moi et mes deux comparses, il semblait assez évident que j’en avais déjà marre de tout ça.


« A vous l’honneur. » Dis-je simplement en direction de Mononoke.

Mon regard croisa celui de Takeshi un instant de plus, il semblait… Choqué ? Interloqué ? Surpris ? Je ne saurai dire. Mais mon air dur s’adoucissait sensiblement quand je le regardais, je n’étais pas énervée contre lui après tout.
Remettant une mèche en place, je me posais dans un coin en écoutant silencieusement la discussion qui allait s’entamer entre la kunoichi et le blondinet, impatiente de savoir ce qu’il serait capable de nous apprendre.
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MessageSujet: Re: [Terminé] Le vent attiste le feu (PV Akayoru Midori et Nakamura Takeshi) Lun 20 Juil - 21:56

Les regards insistants des deux Samouraï ne m’échappent pas mais je ne réagis pas à leurs reproches. C’est bien parce que nous sommes humains que nous commettons des erreurs. Heureusement, j’apprends des miennes et me tiens prête à réagir si le traitre commet le moindre faux pas. Il n’aura en fait pas besoin d’en commettre un, je compte bien ne pas lui laisser d’autre chance. J’attends alors que le type lâche l’information pour lui lancer précisément un kunaï dans la gorge. Ayumu tentera lui aussi de fuir mais je le connais. Il donnera l’information qu’il détient à Mononoke.

Amusée par l’attitude de la jeune femme, j’essaye de jouer à son propre jeu et fais exprès de relever la tête au moment où la Jônin est citée. Mettre le doute me fait sourire mais est également risqué. Elle est maligne, probablement plus que Takeshi et laisser trop d’informations filer pourrait compromettre ma position. Je leur ai déjà montré mon visage... il suffirait qu’ils sachent que Mononoke est Jônin pour connaitre mes trois identités. Je soupire une fois sur le trajet, embêtée par mon propre comportement puis leur indique la position du blond décoloré. Quel abruti...

Ni Takeshi ni moi n’avons le temps de réagir. La guerrière prend de la vitesse pour rattraper l’indicateur et lui entaille le mollet, suffisamment pour ensuite l’immobiliser. Nous courrons vers elle, sans pour autant nous épuiser et constatons avec dépit que notre source est une chiffe molle. Ne jamais combattre et envoyer les autres à sa place n’a pas du tout arrangé le comportement de ce pauvre garçon... Je me dis d’ailleurs que cette blessure n’était pas nécessaire, nous aurions mis à mal son endurance plus vite que la jeune femme semble le penser. Elle le redresse finalement aisément et le « lance » entre nous trois, me laissant cette fois le soin de poser les questions. Faisant mine de ne pas avoir remarqué l’expression de la jolie Samouraï changer lorsqu’elle croise le regard neutre de Takeshi, je m’avance alors vers Ayumu et tente de parler plus amicalement qu’à l’autre traitre.

- On nous a dit que tu connaissais les raisons du déclin du Vent...

Il semble surpris et oublie même sa douleur quelques instants.

- Ce sont des Eiichiro ?

Je réagis vite et agrippe son bras. Je n’exerce qu’une seule pression, pas bien forte, mais Ayumu sait qu’un seul geste peut le projeter à terre. Ou pire.

- Ne t’avise pas de répandre la rumeur. Une seule suffit.
- C’est lui qui a informé les Setsu de..? réagit au quart de tour Takeshi.
- Il y a contribué mais n’a pas déclenché le drame... Pas besoin de violence, avec lui, il parle facilement. N’est-ce pas ?

Un sourire tendu se dessine sur le visage de l’indicateur et, bientôt, une larme de sueur coule le long de sa tempe alors qu’il ne me lâche pas du regard.

- J’ai entendu la rumeur à Keito mais... J’ai cru comprendre que l’information venait d’ailleurs. Il me semble que l’autre indicateur vient de Boya. Il aurait rencontré un cousin éloigné de l’assassin.

Je vois immédiatement le Samouraï se tendre, prêt à saisir toute information utile à la suite de notre investigation.

- Un cousin de quel coin ?
- S’il n’est pas proche de la frontière, il se trouve à Kenshu à l’heure qu’il est.
- Et ce cousin... sait qui a fait ça ?
- Peut-être. Mais si ce n’est pas le cas, je pense qu’il pourra vous donner des informations plus précises...

Je relâche ma prise et Ayumu semble soulagé. Comprenant que je ne suis pas entièrement satisfaite, alors que je passe ma main dans ma frange, il a tout de même le réflexe d’attraper une petite bourse que je lui lance.

- Va soigner cette blessure. Et tâche de me faire parvenir toutes les informations que tu entendras à ce sujet. Toutes sans exceptions.
- Entendu...

Il regarde les yeux grands ouverts Takeshi puis Midori et file en boitant vers une petite maison où se trouve un discret soigneur. Je me tourne alors vers mes camarades et m’approche d’eux, parlant le plus bas possible pour éviter toute estafilade.

- Je vous propose de vous diriger directement à Boya puis à Kazan pour passer la frontière. Je peux vous accompagner dans toutes les villes, j’y ai des connaissances partout. Mais je ne pourrai pas me rendre à Kenshu... pour des raisons que vous connaissez sûrement.

Légère pause, je continue pour finaliser mon idée.

- Je peux vous offrir l’hospitalité à Boya, j’y ai mes appartements. Je ne vous propose par contre pas d’y loger mais je peux vous obtenir des chambres gratuites, le temps de recueillir vos informations. Passer ensuite par Kazan vous permettra de ne pas être vus à trop d’endroits. Comme vous le voyez, les rumeurs se répandent vite. Mieux vaut être discret à Setsu. Même les pacifistes Eiichiro sont malvenus.

Je me tais finalement, attendant une réponse.


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MessageSujet: Re: [Terminé] Le vent attiste le feu (PV Akayoru Midori et Nakamura Takeshi) Mar 21 Juil - 4:17


C’était une vaste blague.
Enfin, c’est la sensation que j’avais. La façon dont l’informateur se triturait la jambe me laissait penser qu’il était bien plus pitoyable que je ne l’avais cru au premier coup d’œil. C’était aussi affligeant qu’amusant. Mononoke prend les devants pour l’interroger comme je l’y avais invité, visiblement elle préfère gérer la situation cette fois-ci. Pourquoi particulièrement maintenant ? Est-ce que le dénommé Ayumu avait des informations si importantes pour que ça l’intéresse elle-même ? Peu probable ou alors elle voulait faire en sorte qu’il ne dise rien de trop.
Les premiers mots qui sortent de la bouche du jeune homme sont assez absurdes et je ne peux m’empêcher de lâcher un soupire las.


*C’est une flèche celui là…* Pensais-je de manière sarcastique en roulant des yeux au ciel, le dos tourné a Mononoke et Ayumu, mais visible pour Takeshi.

J’entends un mouvement, probablement Mononoke qui attrape le jeune homme. Pourquoi faire ? Le tuer ? Non. Le secouer un peu ? Peut être… Le menacer je dirais plutôt. Ma réflexion était presque correcte, elle ne le menaçait qu’à demi-mots mais il y avait un soupçon malgré tout. Takeshi réagit sur l’instant, visiblement un peu… A cran ? Vu le contexte qui nous conduisait ici et le lieu en question… Il y avait de quoi. Je n’étais pas spécialement ravie de trainer sur le territoire Setsu, premier des cinq émergeants d’une des époques les plus sombres de ma vie.
Le dénommé Ayumu est a priori du genre loquace, ou peut être que Mononoke le souligne comme une promesse de mort s’il le refuse, peu m’importe. Cet abruti n’était aucunement important a mes yeux et je peine a penser qu’il manquerait a du monde ici. Il parle alors, un bon moment avant que finalement des informations intéressantes se mettent à filtrer entre ses dents jaunies par le tabac bon marché et l’alcool de comptoir.

Je l’ai clairement entendu : Cousin éloigné. Assassin. Ces mots attirent toute mon attention. A tel point que je me retourne soudainement pour fixer l’informateur avec grande méfiance. Il venait de toucher une corde très sensible, que ce soit pour moi comme pour Takeshi. Et le fait qu’il sache qu’il y avait un assassin dans l’affaire m’enquiquinait pas mal. La rumeur était visiblement déjà bien en avance sur nous et ça craignait pas mal tout ça. Le motif de notre présence ici était plutôt évident a cause de ça, deux Eiichiro dont un hatamoto a la recherche de quelqu’un… Qui d’autre que l’assassin de la Dame ? La logique humaine était stupide mais terriblement précise quand il s’agissait de pourrir le semblant de surprise dans quelque chose.
La conversation continue jusqu’au moment ou Mononoke offre une bourse au blondinet, je me retiens de souligner que partir en courant quand quelqu’un voulait le voir était a un bon degré de débilité et il disparait dans demander son reste, voyant qu’il avait sa liberté pour lui. Mononoke s’approche donc de nous en chuchotant, je ne peine pas a comprendre pourquoi, et je me demandais si elle s’était elle aussi rendue compte que nous étions suivis depuis le début par deux autres personnes.

Contre toute attente, elle nous propose le gîte grâce à ses contacts multiples. Plutôt sympathique de sa part il fallait le reconnaitre.  Mon regard se perd un court instant en direction des toits avant que je ne réponde volontairement a voix haute.


« Nous devons nous rendre à Moe le plus vite possible, malheureusement. »  Avais-je simplement répondu an marquant volontairement une pause.

Devant le regard que m’adressait Takeshi, je me contentais de rester mystérieuse et ne dirait rien de plus pour le moment, il le savait. Je l’avais trouvé stupide a notre première rencontre, il l’avait été c’est un fait, mais il n’était pas complètement crétin pour autant. Je ne me comportais pas comme ça d’ordinaire et je pense qu’il comprenait que quelque chose n’était pas normal, je pensais a quelque chose que je ne pouvais évoquer en la présence de Mononoke.


« Nous passerons la nuit a Boya pour repartir au plus tôt demain, nous avons fort a faire dans la Capitale.»  Ajoutais-je en direction de la kunoichi pour finir par lui confier un mot au creux de la main.

Je tournais les talons en adressant un furtif regard au coin des rues et vers mes deux comparses avant d’entamer le retour a l’auberge en silence, escortés par Mononoke. Je remarquais vite qu’elle était plus que connue ici, les gens adressaient des regards a son attention, certains transpiraient de peur, d’autre de respect. Elle était une vraie célébrité par ici, elle devait effectivement avoir le bras long.
La nuit tombait et je me retrouvais seule avec Takeshi, dans une chambre aux lits séparés, la « meilleure auberge de Boya » à en croire notre guide masquée. Alors que nous étions plutôt détendus de notre journée, je m’approchais de la petite fenêtre, faisant signe a Takeshi d’approcher en restant a couvert de l’angle de vue de cette dernière.


« Je n’ai rien précisé tout à l’heure mais tu vas vite comprendre pourquoi j’ai fait exprès de contredire Mononoke sur la prochaine ville que nous visiterons. Commençais-je, dos a la fenêtre pour qu’on ne puisse lire sur mes lèvres. Tu vois le recoin de la ruelle, avec les deux tonneaux et le panier abîmé ? Il y a au moins une personne qui s’y cache, ils sont deux et nous suivent depuis notre départ de l’auberge de Momo. »

J’adressais un regard en coin à Takeshi alors qu’il observait a couvert le coin désigné. Il semblait perplexe sur le moment.

« Ce ne sont pas des experts en espionnage, mais ils savent suivre sans faire de bruit, t’en connais beaucoup des types louches comme ça ? Ce n’est pas impossible que ta copine ait toujours une dent contre moi, si ce n’est pas elle c’est son père, et c’est peut être plus dirigé contre toi dans ce cas. Soit ils nous surveillent, soit ils projettent de nous assassiner dans notre sommeil. »

Mon regard se tourne vers Takeshi et je laisse un sourire filtrer sur mon visage, visible de profil pour nos deux énergumènes. S’ils étaient envoyés par Momo, ils venaient pour moi, s’ils étaient envoyés par le père, ils venaient pour Takeshi ou nous deux, peu importe. C’était facile a vérifier, Momo était amoureuse de Takeshi, c’était moi la cible, alors le moindre geste un tant soi peu déplacé envers l’humain serait interprété comme une provocation. Je me remets dos a la fenêtre, tenant la fine lumière devant moi, la flamme vacillante de la chandelle avait un sens particulier ce soir.

« Dans tous les cas, on va pouvoir dormir sur nos deux oreilles si Mononoke se soucie un minimum de l’ordre dans sa chère Boya. Le message que je lui ai donné lui indiquait que nous étions suivis de deux personnes et qu’ils nous suivaient probablement pour un contrat quelconque. Dans tous les cas ils représentent un danger pour Setsu en tant que criminels, et pour nous en tant que « touristes ». »

Un geste de la main suffit pour faucher la fine flamme de sa mèche, à peine une fraction de seconde plus tard, un corps tombait de l’angle de la ruelle, suivi d’un deuxième.

« Et les ninjas de Setsu n’aiment pas la concurrence. Surtout pas par des amateurs. » Finissais-je en tournant de nouveau le regard vers Takeshi, un sourire léger sur le visage.

J’avais appris beaucoup de choses au sujet de Setsu avec le temps, la technique favorite de leurs troupes et le sport local chez les ninjas était la traque et l’attaque sournoise. Comme beaucoup de ninjas en mission, mais pour ça, Setsu avait un cran d’avance sur tout le monde. Peut être parce qu’ils avaient ce même sport en politique ?
Il y avait des avantages à vivre depuis quasi trois siècles, les humains n’avaient plus de secrets pour moi. Ou très peu. Je rallumais la petite chandelle pour tourner simplement la tête vers la rue ou se tenait maintenant trois personnes dont une que nous connaissions, la kunoichi de Setsu. Elle regardait dans ma direction et si elle ne portait pas son masque, je pense que j’aurai pu voir son sourire sur le moment. La sensation du retour d’ascenseur qui la pousserait peut être à nous aider encore un peu plus. C’était donnant-donnant maintenant, je venais de lui offrir de quoi se faire un peu mousser par ses supérieurs si tentait qu’elle en avait d’autres avant le Seigneur.


« Désolée de ne pas te l’avoir dit plus tôt, j’avais peur que la conversation soit entendue et je savais qu’ils ne bougeraient pas tant qu’on ne se sentirait pas à l’abri. Ils voulaient une ouverture dans notre garde, voila ce que ça leur a couté de jouer avec le feu, sans mauvais jeu de mots. Concluais-je sans le moindre sourire, le visage parfaitement neutre malgré le jeu de mots. J'ai d'ailleurs mentionné Moe volontairement, s'ils ont des complices, ils se seront rendus là bas en s'attendant à ce que les deux guignols dehors nous suivent. On aura une longueur d'avance si c'est le cas et... Dans le cas contraire, les citoyens de Moe ne craignent rien de toutes façons. Mononoke a surement envoyé des hommes sur place dans tous les cas, par précaution. C'est ce que j'aurai fait a sa place en tous cas.» Terminais-je calmement.

Les ninjas se dispersaient et Mononoke allait sans doute rentrer se reposer, nous devions faire de même et nous courrions plus le moindre danger. J’avais prévenu le père de Momo de ce qu’il arriverait si la fleur hérissait de nouveau ses épines, maintenant il devra assumer les conséquences si les deux hommes portent vraiment le tatouage ciblé. Mononoke me le dira en temps voulu et elle obtiendra ses informations si mon instinct s’avère encore une fois juste.
D’autre part, je me souviens que Takeshi avait voulu me connaître, je l’avais brutalement envoyé bouler au moment, mais il pouvait voir ce soir, comment je gérais les forces inconnues qui nous menaçaient. Je savais être froide et calculatrice autant que je pouvais être chaleureuse et aimable. Le hatamoto m’avait plus vu sous le premier angle, et ce soir il pouvait voir la manipulatrice que j’étais devenue avec le temps. C’était aussi cet aspect de moi qui m’avait permise d’échapper à pas mal d’embrouilles au fil des âges. Employer les forces de Setsu pour nous mettre à l’abri n’était qu’un vague exemple de ce que j’étais capable d’employer pour nous protéger au cours de ce voyage. Néanmoins, Takeshi avait sans doute compris que j’avais fait ça pour nous protéger, pas juste moi, lui aussi et qu’en définitive, j’étais prête a beaucoup de choses pour que notre mission soit le moins compliqué possible. Exploiter tout ce que je savais pour que nous puissions avancer ne serait pas une option par moments, j’en avais conscience. Je l’avais déjà fait lorsque Suzuka était malade et malgré mon échec, je continuerai d’essayer au moins pour obtenir vengeance face à son meurtre.
--*--

Finalement, nous allions nous coucher, trouver le sommeil n’était pas compliqué, le garder intact toute la nuit était beaucoup plus compliqué. Les terres de Setsu avaient été le théâtre de trop d’atrocités pour moi et même malgré mon grand âge, il m’était difficile d’admettre cela. A peine trois heures et j’étais extirpée de mon sommeil agité par un mauvais rêve. Me relevant doucement je me redirigeais vers la fenêtre. La lune était haute et éclairait mon visage animé au souffle que j’avais perdu et tentais de récupérer.
Me passant un peu d’eau fraîche, récupérée dans la bassine non loin, sur le visage, je soupirais un moment avant de comprendre qu’une larme coulait de mon œil gauche, sachant pertinemment que le droit n’allait pas tarder non plus. Mes parents étaient morts ici, mes amis aussi, j’avais perdu plus de personnes en ces terres que n’importe qui au cours du siècle dernier.

C’est en chassant les larmes de mon visage alors humidifié que j’entendais le bois craquer doucement, tournant mon regard vers sa source, je remarquais que Takeshi n’étais pas endormi, ou qu’il ne l’était plus, peu importe. Sur le moment, j’étais plus sur la défensive qu’autre chose, c’est la première fois qu’il me voit si vulnérable ou, tout du moins, si désarçonnée. Maladroitement je lui adresse alors quelques mots.


« Désolée si je… T’ai réveillé. » Dis-je simplement en tournant le regard vers la lune, évitant son regard sur le moment.

Je n’étais pas en colère, ni même agacée, j’étais juste… Nostalgique ? Et j’avais mal. Une blessure que mon âme porterait a jamais, tout comme Takeshi vis-à-vis de son passé.
Je me demande de quoi j'avais l'air de son point de vue, avec mes cheveux un peu en bataille et les signes presque apparents que j'étais en train de pleurer. L'avait-il remarqué ? Ou avais-je réussi a le masquer grâce a l'eau utilisé plus tôt ?


HRP : ... 4h17 du matin, vous m'excuserez les quelques petites fautes, qu'il peut rester, je revérifierai demain. x)
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MessageSujet: Re: [Terminé] Le vent attiste le feu (PV Akayoru Midori et Nakamura Takeshi) Mar 21 Juil - 17:44

J’ai presque envie de sourire lorsque Midori roule ses yeux alors que l’informateur devine nos origines. Mais mon énervement dépasse ma sympathie pour elle alors que j’apprends que le type est à l’origine de la propagation de la nouvelle de la mort de Suzuka. Je ne peux d’ailleurs pas retenir mes mots mais Mononoke freine ma révolte et continue d’interroger le marginal. Ce dernier lâche finalement les informations que nous voulions, des informations précieuses qui nous permettront de cibler nos prochaines destinations. Étonnement, Midori m’a l’air plus attentive que moi, davantage perturbée par les propos de l’informateur. Je réalise pourquoi lorsqu’il parle de Kenshu... Nous avons du retard, beaucoup de retard sur la nouvelle et cela risque de mettre en péril le Clan tout entier.

Juste avant que le blond s’en aille, le vent chaud de Setsu m’apporte la nouvelle d’une fraiche odeur de sueur. Et bien que je distingue qu’elle est éloignée, cette personne semble accompagnée. Mononoke chuchote, plus par souci de discrétion que par le fait d’avoir remarqué cela. Elle nous propose un logement gratuit et un accompagnement dans toutes les villes de Setsu que nous pourrions avoir à « visiter ». Je devine à la réponse claire de Midori qu’elle souhaite signaler quelque chose à la Kunoïchi et, silencieux comme d’habitude, je la laisse rendre attentive notre hôte de ce que nous risquons. J’adresse un regard que semble ne pas saisir ma camarade mais ne me fais pas de souci, nous pourrons de toute façon parler plus tard. Elle donne alors finalement un mot à Mononoke, continuant de parler pour distraire nos poursuivants.

La nuit tombe alors que notre escorte nous montre où nous passerons la nuit. Après avoir déposé nos affaires et fait un brin de toilettes, nous nous retrouvons dans la chambre que nous partagerons. Les futons ont été déposés à trente centimètres l’un de l’autre ; suffisamment éloignés pour qu’on devine que ce n’était pas un couple qui partageait la chambre. Mais un peu trop proches à mon goût. Avant que je ne puisse investir le mien et me détendre, Midori m’appelle près de la fenêtre et j’observe plus son comportement que les deux personnes dissimulées un peu plus bas. La jeune femme semble satisfaite par ce qu’elle a réussi à mettre en place et, dans un sens, je le suis aussi. J’aurais moyennement apprécié me battre ici, d’autant plus contre des ninjas.

Je n’avais réalisé leur présence que récemment et ai encore envie de m’excuser de lui causer des ennuis à cause de mon aventure d’un soir... ou deux. Mais je m’abstiens pour le moment, la laissant m’expliquer ce qu’elle a prévu, le sourire aux lèvres. Il m’est encore difficile de lui rendre mais je hoche la tête pour lui manifester un « bien joué » dissimulé, alors qu’elle relève la bougie à vue d’une éventuelle personne extérieure. J’aperçois alors, pendant la suite de son explication, les deux corps tomber, signe d’un travail bien fait chez les ennemis ayant mis fin à la vie de mes parents. Je dois bien avouer que j’apprécie pour une fois le geste, autant celui de Mononoke que celui de Midori, bien que je trouve cela particulièrement sale. Mais il nous évitera bien des problèmes, notamment une éventuelle visite de Momo.

Alors que Midori se dirige vers son futon et s’excuse de ne pas tout m’avoir dit, je reste quelques instants vers la fenêtre, le temps de voir Mononoke et un autre homme transporter les corps autre part. Je me perds alors dans mes pensées, sûrement plus fatigué que je ne le pensais. Je me rends compte que la jeune femme, en plus d’être jolie et douée au combat, est une fine stratège. Il maintenant quasiment certain que la demoiselle est loin d’être une simple servante et qu’elle a un passé plus chargé que je ne l’avais imaginé. Sa couverture servait probablement à protéger Suzuka de plus près mais pour quelle raison, je ne le sais pas vraiment. Mais je comprends pourquoi elle a été aussi révoltée que moi, alors qu’elle était si proche de la Dame, de n’avoir rien pu faire de plus. C’est des idées plein la tête que je finis par me coucher, comme ma camarade.

***
Le sommeil léger, je suis réveillé d’abord par le premier sursaut et l’essoufflement de Midori. Dos à elle, je fais mine de dormir encore mais perçois ses pas se diriger vers la fenêtre puis l’emmener vers la bassine d’eau où la lueur de la lune me la montre entrain de rincer son visage. Je finis par suivre son mouvement et me retourne alors qu’elle revient vers son futon. La jeune femme voit alors que je me suis réveillé et s’excuse, ce qui a pour conséquence de me faire asseoir et me frotter la tête, encore à moitié étourdi. Alors qu’elle détourne la tête, je me lève doucement et m’approche de Midori décelant au premier coup d’œil que quelque chose ne va pas. Contrairement au reste du jour, je garde mon calme, prenant cependant le risque de dépasser certaines limites.

Alors que je suis à moins d’une longueur de bras de la jeune femme, je tends ma main vers elle et accompagne doucement son visage en direction du mien, poussant délicatement de mes doigts son menton en diagonale. La lumière de la lune me permet d’apercevoir des yeux légèrement gonflés et humides... Midori pleure. Aussi discrètement qu’elle cache ses secrets mais elle pleure. Avant de me prendre une baffe, je romps le contact et la dévisage quelques instants, sans trop savoir quoi dire. La voix enrouée, je finis par laisser quelques mots m’échapper. Des mots sincères, sans ton moralisateur. Pour la consoler de je-ne-sais quel mal, sans pourtant la regarder droit dans les yeux.

- Je me rappelle mes premières nuits, après l’agression qui m’a enlevé mes parents et m’a laissé mes cicatrices. En plus de la douleur et de la peur de perdre mon œil, je faisais des cauchemars. C’étaient des images pires que la réalité. J’imaginais mon père coupé en deux, alors qu’il n’a été que transpercé plusieurs fois. Et je voyais la tête de ma mère tranchée, alors qu’elle n’a été que lentement égorgée. Et je me rappelais aussi le regard de Suzuka, la terreur dans ses yeux... c’était probablement le pire dans tout ça. Pire que le sang, pire que la mort.

Quand je suis retourné à la maison, ce n’était pas Suzuka que je voyais mais absolument tout le monde. Je me suis rappelé du retour de mon père après chaque mission, du sourire de ma mère quand elle servait le thé. Je revoyais même la mère de Suzuka, discutant avec la mienne. Et elle qui m’appelait, comme si elle avait disparu. Ce n’était pas le pire qui restait dans cette maison mais le meilleur. La joie, les moments de complicité que j’avais partagée avec ces gens. Et c’est le meilleur qui fait souffrir... parce qu’une fois qu’il est parti, on ne peut plus le revivre qu’en rêve.

Zeshin-sensei m’a dit une fois de garder précieusement ces moments dans mon cœur et d’y penser quand je me bats. Mais il est parfois difficile de penser à ceux qu’on aime lorsqu’on ôte une vie pour la première, la deuxième et la troisième fois. On ne veut pas penser à eux... on ne veut pas imaginer qu’il leur arrive la même chose. Et quand c’est fait... alors le meilleur revient et nous fait cauchemarder. Mais Zeshin-sensei m’a dit aussi que quand on est seul, le pire se mêle au meilleur et on peut sombrer. Je l’ai vu aussi ces dernières semaines et je le constate encore maintenant.


Instinctivement, ma main recherche encore le contact de Midori mais je l’arrête juste avant de saisir la sienne. Tout en laissant mon bras retrouver sa place le long de mon corps, je redirige mes yeux vers les siens, toujours sérieux mais tentant de paraitre le plus compatissant possible.

- Je n’ai été qu’un poids jusqu’à maintenant mais permets-moi d’être un support pour toi, quand ça va mal. Il y a quelques temps, je t’ai dit que je savais écouter... Je ne suis pas toujours loquace ou souriant mais je me soucie de toi.

J’ai envie de rajouter que je me soucie d’elle parce que Midori m’as sorti du désespoir. Mais je me contente de cela :

- Ne cache pas tes larmes et pleure si c’est trop dur pour toi d’être ici. Je ne te jugerai pas. Et... n'oublie pas que tu n'es pas toute seule... tant que je suis là.


L -M - M - J - V - S - D
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MessageSujet: Re: [Terminé] Le vent attiste le feu (PV Akayoru Midori et Nakamura Takeshi) Mar 21 Juil - 23:22

Le meilleur, hein ?
Takeshi se trouvait étonnamment réconfortant quand il le voulait, même si ses mots ne m’atteignaient qu’à moitié, pour rester gentille. Je sais qu’il voulait me faire comprendre que quoi que j’aie vécu, il fallait garder la tête haute et vivre avec le meilleur. C’était assez facile a dire en réalité, bien plus compliqué de le surmonter. Takeshi ignorait ce que j’avais vécu sur ces terres par le passé et cette ignorance fait qu’il est a côté de la plaque encore une fois, mais cette fois, c’est ma faute. Lui ne faisait que l’effort d’essayer de me réconforter, c’était louable et j’en tiendrais rigueur, c’est notamment pour cela que je ne l’ai pas directement giflé.
Mon regard s’accroche au sien comme il s’était accroché à celui de Suzuka lors de nos interminables discussions et je comprenais qu’elle avait elle-même eu un impact considérable sur Takeshi, au même titre que Zeshin et tout ce qu’il avait vécu avant.


« J’ai vécu un sacré bout de temps sur le territoire Setsu. J’y ai vu toutes les personnes que j’aimais mourir, les unes après les autres. Ma famille toute entière, il ne restait que moi à la toute fin. Ma sœur a eu la chance de ne pas être présente au moment des faits, elle me pense probablement morte maintenant. Commençais-je doucement. Setsu a été le lieu des pires atrocités de ma vie. Ce que j’ai vécu à Kaze est une série d’évènements qui me rappelle que je ne serais jamais heureuse dans ce monde. Je me bats depuis assez longtemps pour comprendre que j’ai baissé ma garde et voila ce qu’il est arrivé. » Finissais-je avec un air sombre.

D’un revers de manche, je chassais les larmes qui se formaient a la base de mes yeux je rompais le regard avec Takeshi, réalisant que je devais faire grandement attention aux choix de mes mots. Ce que je disais était vrai, ce qu’il s’imaginera le serait moins mais ce n’était pas faux.


« Si j’avais été avec Fumiko cette nuit là, Suzuka serait toujours en vie et sauve aujourd’hui. J’ai fait l’erreur de penser que personne n’oserait profiter de sa maladie pour lui faire du mal. Je devrais vivre avec cette erreur, je le ferais en gardant le meilleur au fond de mon cœur. Malheureusement pour les terres Setsu… C’est une autre histoire, le simple fait d’être ici met à cran. J’ai l’impression de devenir folle. »

Mon regard se fixe de nouveau sur la lune, haute dans le ciel, je sais que ce qui me rend anxieuse ici sont des souvenirs d’un monde révolu. L’image que j’étais sur le point d’employer avant de me raviser aurait été lourde de sens, peut être un peu trop. Je prends une profonde aspiration avant de revenir sur le regard du hatamoto, l’air un peu plus serein.

« J’ai décidé de vivre pour ceux qui n’ont pas eu cette chance. Pour ma famille, pour Etsukazu-dono et Suzuka-sama. Pour ceux qui n’ont pas eu la chance de voir la beauté du monde de leurs propres yeux à cause de la cruauté et l’avarice des autres. Annonçais-je calmement. Mais parfois, même la plus tranchante des lames finit par s’émousser. Je tiendrais bon jusqu'à ce qu’on sorte de ces terres de malheur, ne t’en fais pas pour moi. »

J’adressais un fin sourire a mon compagnon de route, le temps faisait son effet, il semblait reprendre du poil de la bête et plus on avançait, plus je comprenais pourquoi Suzuka m’avait tant vanté les mérites de Takeshi. Et je comprenais que j’avais peut être trop sévèrement jugé l’humain. Je devais lui faire confiance, chose qui m’était très difficile depuis peu, bien que je ne l’aie jamais distinctement montré, la mort de Suzuka m’avait renfermée sur moi-même. J’étais revenu l’animal sauvage de l’après guerre.
Posant simplement ma main sur l’épaule de Takeshi, je lui adressais quelques mots avant de m’en retourner à mon futon.


« Merci de te soucier de moi Takeshi. Bonne nuit. » Avais-je simplement dit.

La gentillesse de Takeshi était tout à son honneur, mais je me rends compte que je n’étais pas prête à m’ouvrir aussi simplement aux autres, plus maintenant, pas tant qu’on n’aura pas eu plus de réponses a ces questions interminables. J’avais moi aussi besoin de temps pour faire confiance, et bien que Takeshi semblait la mériter, j’avais encore du mal à espérer, je n’avais plus que la vengeance à l’esprit et le souvenir des êtes qui m’étaient chers.
Il fallait que je dorme encore un peu, notre séjour en Setsu n'était pas terminé... Malheureusement.


RP terminé ici ! o/
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MessageSujet: Re: [Terminé] Le vent attiste le feu (PV Akayoru Midori et Nakamura Takeshi)

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[Terminé] Le vent attiste le feu (PV Akayoru Midori et Nakamura Takeshi)

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