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 [Event - Terminé] Les murmures du Destin.

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Souteigai

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Maître du Jeu

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MessageSujet: [Event - Terminé] Les murmures du Destin. Sam 13 Déc - 21:25


Les esprits sont agités, les kamis mineurs inquiets, vous le ressentez au plus profond de votre âme. Votre proximité avec les êtres spirituels vous a tant apporté et pourtant, aujourd'hui, aucun n'est assez clair pour qu'une solution à votre quête ne soit décelable dans le brouillard du mystère des maux qui frappent à présent vos terres. Votre quête ne peut s'entreprendre que seule. Le clan de la foudre semble accaparé par sa consolidation après avoir vu la moitié de ses gens tomber dans un sommeil imposé dont rien ne semble pouvoir les sortir.

Afin d'aider votre prochain, vous souhaitez comprendre. Mais les yokaïs n'ont pas agis normalement ces derniers temps et les blessures qu'ils ont infligés dans tout l'Empire, selon les dires, ne vous paraissent pas naturels, si quelque chose peut être vu comme naturel dans tout ce chaos environnant. Les décisions des soldats et de l'administration des Kenshus ne vous concernent pas, vous avez bien d'autres but. Cependant, le chemin semble dors et déjà complexe et pavé d’embûches.

Vous ne savez que peu de choses, ni même à qui vous adresser. La plus évidente personne à même de vous renseigner, la Dame Muette, Kannushi du Tigre et coeur du Clan s'est perdue dans les songes que la lumière aveuglante à laissé derrière elle. Nadeshige Hitoko ne vous sera donc d'aucun secours. Mais les heimins parlent, surtout à une Omnyouji. En perdition, leurs âmes cherchent un sauveur et vous incarnez ce dernier. Vous n'osez cependant pas leur dire qu'aucune de vos divinations n'avait annoncé un seul instant les événements qui ont secoués Yokuni tout entier.

Dernièrement, vos prières ont été entendues. Ce fut faible, à la limite de la periphérie de votre perception spirituelle, mais une chose est claire… Les kamis vous ont soufflés ceci :

Vers l'Est, fuite.

Vers le Sud, sagesse.


Quoique cela vous évoque, il vous faudra faire un choix. Et vous êtes persuadée que celui ci sera déterminant.
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Kenshu Miwako

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Daimyo

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Titre: Abe no Miwako
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MessageSujet: Re: [Event - Terminé] Les murmures du Destin. Dim 14 Déc - 23:39

Miwako était chez elle lorsque toutes les catastrophes eurent lieu sur Yokuni. Comme tous les habitants du continent, elle fut surprise et choquée. À la stupeur et la tristesse, il s’ajoutait pour la famille Abe no un sentiment d’échec. Aucun d’eux n’avait vu venir une telle catastrophe. Les Onmyoujis, avec leurs prédictions étaient censés prévenir ce genre d’évènements, surtout avec les yokais. Ils avaient échoué en tant que protecteurs. Ce fut probablement ce sentiment d’échec et le sens du devoir familial qui permit aux membres des Abe no de ne pas sombrer dans la panique.
Leurs maisons, comme toutes celles de la capitale n’avaient pas été épargnées et la lumière avaient plongé plusieurs serviteurs dans cet étrange sommeil. Leur demeure était pourtant protégée par des talismans et de nombreuses barrières, afin que les yokais n’aient pas l’idée de s’attaquer directement à leur famille. Apparemment ces protections étaient inefficaces contre le nouveau mal qui s’était propagé sur leur terre.

Il y avait eu une réunion de crise au sein de la famille, puisque tous les onmyoujis étaient présents. Dans ce malheur, ils avaient eu la chance que Miwako soit là le soir même de l’annonce des différentes catastrophes, ce qui leur permit d’agir tout de suite. Ils prirent plusieurs décisions, Daiki resterait près de la cour et des nobles. Il avait ses entrées au palais et plusieurs hauts dignitaires du clan l’appelaient pour qu’il mette en place des protections ou autres. Hiroshi et Miwako quant à eux, devaient s’occuper de rassurer la population. Les habitants tremblaient devant le surnaturel et la famille Abe no était connue. Les citoyens étaient venus nombreux jusqu’à leur demeure pour demander talismans ou protection. Ils en avaient renvoyé certains vers les temples locaux les plus proches pour disperser un peu la masse et diminuer la panique. La famille avait décidé d’afficher des mines d’apparence calme, d’offrir sang froid et réconfort auprès de la population.

Les trois onmyouji envoyèrent des petits shinigamis pour communiquer avec des connaissances. Avec le pèlerinage forcé de la famille, ils avaient tous rencontré des religieux des quatre coins de yokunis. Les shinigamis, qui prenaient la forme d’oiseau, étaient les meilleurs messagers, car ils étaient les plus rapides. Étendues d’eau ou montagnes, leurs ailes leur permettaient de tracer des lignes droites et de battre tous les records de vitesses. Malheureusement, ils n’eurent aucune bonne nouvelle. Certains oiseaux n’eurent pas de réponse, car les collègues avaient été victimes de l’étrange malédiction du sommeil. Quant à ceux qui répondaient, ils décrivaient des scènes terribles de carnages. À chaque fois, des yokais en étaient responsables ou des êtres surnaturels, comme des gardiens.  L’attaque était faite par des ayakashis différents, mais le mode opératoire était similaire, comme la durée des attaques. Elles avaient toutes finies en même temps, avec l’apparition de la lumière. Miwako était persuadée qu’il y avait une cause à tout cela, quelque chose devait troubler les yokais. Leurs comportements n’étaient pas habituels et sur ce point, les trois onmyoujis étaient d’accord. Ils avaient suffisamment combattu ces créatures pour détecter les anomalies.
Ils consultèrent la vieille bibliothèque et ne trouvèrent rien au sujet de cette étrange lumières. De même, s’il y avait eu de nombreuses attaques de yokais durant la reconstruction, ils ne trouvaient nulles traces d’attaques coordonnées à l’échelle du continent. Quant au cas de gardiens devenus fous, attaquant leur propre population, c’étaient encore plus rares, bien que ce ne soit pas une première.

Les Abe no n’avaient que des interrogations et aucun élément de réponse, aucun indice. Il n’était pourtant pas question de l’annoncer à qui que ce soit. Le calme apparent de leur famille et l’espoir qu’il représentait, permettait de canaliser la foule. C’était une fine barrière pour protéger la capitale du chaos. La ville était une des plus calmes, la famille Abe no sentait bien qu’elle n’y était pas pour rien. Ce fut un étrange moment pour le père et la fille, qui se retrouvèrent dans cet instant de chaos général. La famille devait faire front, ensemble et s’unir. Les trois générations, le grand-père, le père et la fille ne parlaient plus que d’une seule voix. Ils rassuraient les gens et leur permettaient de faire les efforts demandés par le gouvernement, les Abe no ne laisseraient pas tomber les gens du clan Kenshu et ne s’avoueraient pas vaincus.

Des cernes commençaient toutefois à apparaître chez les trois chefs de la famille. Tous les soirs, en plus de l’aide fournie dans la journée, les onmyoujis cherchaient des réponses. Ils faisaient de la divination, fouillaient les archives, priaient les kamis.
Miwako ne s’était jamais sentie aussi agitée et perdue. La journée, la jeune femme tenait bien. Le fait de distribuer des conseils, de donner des talismans ou même simplement d’apporter du réconfort aux gens en leur parlant, lui permettait de garde son calme. Toutes ces tâches à faire l’empêchait tout simplement de s’inquiéter. Le soir, quand elle se retrouvait avec son père et son grand-père, face à ce terrible mystère sans réponse, elle sentait le désarroi et la panique revenir au galop.
La jeune femme se forçait à respirer en prenant toujours quelques instants pour méditer et prier un peu.  D’habitude, elle se sentait vibrer avec le monde surnaturel, qui lui semblait certes un soupçon mystérieux et dangereux, mais tellement familier et fascinant. Pour une fois, il la troublait avec ce voile opaque, cette brume oppressante, qui ne laissait place à aucune lueur d’espoir. C’était pour cette raison qu’elle méditait et priait tous les soirs, pour ne pas se laissait abattre. Ces sombres jours lui rappelait l’histoire du village sous la sécheresse, elle avait fini par le sauver avec la découverte de son second pouvoir. Ce souvenir lui apportait le courage nécessaire pour ne pas baisser les bras. Onji et Hono étaient aussi près d’elle. Ces deux gardiens l’encourageaient par des mots ou par des actes. Ce fut aussi grâce à eux, qu’elle resta sur ces deux jambes et que sa motivation resta intacte. Bien que la situation était catastrophique, jamais la jeune femme ne perdit courage et elle ne baissa pas un seul instant les bras.

Ce soir-là, ne différait en rien de celui des autres soirs. La jeune femme s’assit devant un des autels familiaux. Elle prit une grande inspiration pour commencer sa prière, méditation. La jeune femme ferma les yeux, commença à respirer lentement. Miwako obligea d’abord son esprit à se concentrer sur sa respiration, pour que celui-ci lâche prise sur le monde et tous les problèmes actuels. Petit à petit, son esprit se détacha de son point de concentration pour s’élargir. S’ouvrir à toutes les sensations que lui donnaient les cinq sens. Des sensations corporelles, physiques, pour évoluer ensuite vers d’autres impressions. L’onmyouji se tournait vers sa connexion au monde surnaturel, avec une multitude de perceptions nouvelles et inconnues de la plupart des humains. Il n’est pas possible de décrire avec exactitude ce que la demoiselle vivait à cet instant-là, car le vocabulaire est limité à notre monde.
C’est alors qu’elle entendit comme de légers sons. Des sortes de mots, qui ne l’étaient pas réellement, car ils ne s’écoutaient pas, ils se ressentaient à travers la peau, les corps, les muscles. Faibles échos, lointains murmures qui faisaient trembler avec peine l’épiderme de la demoiselle. L’onmyouji ressentit leur importance et força son intention sur ses sensations. Elle comprit ces vagues indices, qui la firent tellement tremblée d’excitation, que le contact si fragile se rompit aussitôt.

Miwako se maudit de ne pas avoir su garder plus de sang froid. Ces deux indices, même maigres la mirent cependant en émois. Après plusieurs jours infructueux, ils avaient enfin une piste. Elle fit appeler tout de suite son père et son grand-père, qui écoutèrent attentivement la demoiselle. Tout excitée, la demoiselle leur répéta

« J’ai entendu, vers l’Est la fuite, vers le Sud, sagesse. »

« Nous ne pouvons toutefois pas explorer les deux directions. »

La calma aussitôt son père. Son grand-père hocha la tête et ajouta de manière posée.

« En effet, Daiki doit rester ici pour la cour, quant à la population.… »

Hiroshi marqua une pause, comme pour réfléchir. Miwako enchaîna tout de suite, de manière précipité.

« Tu reste ici pour eux grand-père. Ils te connaissent depuis plus longtemps que moi et te font confiance depuis tant d’années. Il vaut mieux que ce soit moi qui y aille. »

Son grand-père lui fit un sourire malicieux, elle avait eu la délicatesse de ne pas évoquer le véritable problème.

« C’est gentil de ne pas évoquer mon grand âge, mais tu aurais pu. Je ne puis plus crapahuter partout. Les kamis t’ont adressé ce message qu’à toi. »

Les deux hommes la regardèrent. Elle était la seule à avoir perçu ce message, tous les trois savaient ce que cela signifiait.

« Père, grand-père, j’accomplirai mon devoir. Je trouverais la cause de cette lumière et de ce mal. Je trouverai les responsables de ces attaques et je lèverai le voile qui s’est abattu sur nos terres. »

Un sourire fier apparut sur le visage des aînés. Daiki se leva, il n’avait pas été d’accord pour former sa fille à devenir une onmyouji. Il devait cependant reconnaitre quelque chose aujourd’hui.

« Tu es devenu une grande onmyouji ma fille. »

Ce compliment fit monter du rouge aux joues de la demoiselle. Elle ne s’était pas préparée à cela et un sourire apparu sur son visage. Avec un peu d’humour et un léger manque d’assurance, elle lui répondit.

« Garde cela pour quand j’aurais réussi papa. »

Papa, elle ne l’avait plus appelé ainsi depuis bien longtemps et les deux se serrèrent dans les bras l’un de l’autre, sous l’œil ému d’Hiroshi. Il se leva à son tour, quand les deux se séparèrent. Lui aussi avait des choses à dire avant le départ de sa petite fille. Ce fut avec beaucoup de tendresse qu’il ajouta.

« Prépare-toi pour le départ et loue un cheval pour aller plus vite. »

Miwako l’enlaça en réponse, puis rajouta dans un doux murmure.

« Je vous promets de revenir avec une solution. »

« Revient nous en vit surtout. »

Lui répondit simplement son grand-père en la serrant un peu plus fort. La jeune fille sentit une boule se former dans sa gorge et elle ne put que hocher positivement la tête.

Une fois les aux revoirs terminés, Daiki et Hiroshi quittèrent la pièce. Miwako se dépêcha de se préparer pour ce périple et veilla à prendre le maximum d’affaires, pour faire face aux plus grands nombres de situations possibles.
Avec sa force, elle ne pouvait pas tout porter toute seule, aussi demanda-t-elle à ses gardiens de l’aider. Au vu de la panique actuelle, elle les força à rester invisibles et à baisser la tête pour que les sacs soient au niveau de ses mains. Il n’était pas question que les gens voient des choses étranges en ce moment. Le trajet fut délicat pour l’onmyouji et ses deux complices, heureusement que les chevaux n’étaient pas loin. Le palefrenier leur prêta la monture gratuitement, malgré les réquisitions de l’armée. Sa femme était endormie et si Miwako entreprenait son voyage pour lever cette malédiction, il ne pouvait que l’aider.

La jeune fille le remercia avant de lancer son destrier. Elle avait opté pour le sud comme direction. L’onmyouji supposait que le mot fuite correspondait à la direction de fuites des yokais qui avaient attaqué. La jeune femme était plus perplexe sur le mot sagesse, elle savait aussi qu’elle en avait grandement besoin pour résoudre cette affaire. Le sud lui semblait donc la direction la plus propice pour commencer.
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Souteigai

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MessageSujet: Re: [Event - Terminé] Les murmures du Destin. Sam 20 Déc - 21:18


Depuis vos terres, vous chevauchez, pressée par votre besoin de compréhension et la curiosité que le mot "sagesse" de vos divinations a déclenché. Votre monture file aux quatre vents sous un ciel chargé de nuages sévères, chose commune cependant au sein de Kenshu. Si l'Orage venait à poindre, ce serait même un bon présage, votre route saluée et surveillée par le Kami protecteur du clan... Mais la foudre ne vient pas, seule la grisaille se présente. Vous descendez le long des domaines du Tigre, vous arrêtant ça et là dans des auberges de passage afin de vous reposer et de vous sustenter.

Les enfants de Gekigami semblent affairés, doublant leurs efforts dans une volonté de faire vivre le clan malgré le manque de la moitié de la main d’œuvre, des forces armées, des administrations et de quoique ce soit d'humain vivant au cœur du domaine, ceux là frappés par la somnolence imposée depuis le flash aveuglant qui mit fin aux attaques des yokaïs dans tout Kenshu... Et plus probablement dans tout Yokuni. Mu d'un élan de patriotisme étrange, le peuple des terres de L'Ouest ne parait pas crouler sous l'effort et met du courage à l'ouvrage. Vous entendez ça et là, porté par des colporteurs de rumeurs que le Jonin dirige dorénavant les fils de la foudre. Le Daimyo, déjà peu présent, ne donnant plus de nouvelle, la kannushi muette endormie et le Taisho renégat ayant abandonné son poste, il semble que seule la main cachée des Kenshu soit à même de diriger à présent. Et tous suivent avec honneur ses préceptes.

Rassurée ou non, vous continuez sur la voie que vous impose votre destin. Puis vous passez les frontières de Raiu pour entrer enfin dans Kousen. Ce district du clan est connu pour être uniquement à moitié rattaché au pays, le reste de sa superficie est composé d'un archipels vaste d'îles et d'îlots, reliées par des ponts et des batelets de passages. La partie terrestre, souvent sujette aux inondations est reconnaissable entre toute à ses habitations haut perchées sur des pilotis afin de résister aux élans du niveau de l'eau et on y connaît la meilleure pêche du clan tout entier. Mais alors que vous vous souvenez de tout ces détails topographiques et culturels, vous êtes frappée par le silence ambiant. Seul le vent le bruit des vagues parvient à vos oreilles. Vous ne croisez pas d'hommes, vous n'entendez plus la faunes. Les oiseaux ne sont ni visibles, ni même audibles.

Le fait était déjà assez dérangeant en soit pour que vous soyez d'autant plus inquiète d'un autre silence...

Celui, apeuré, des esprits qui vous ont toujours accompagnés.

Au loin, sur un îlot à l'horizon, une foudre couleur sang frappe les terres dans un fracas assourdissant, brisant le silence éphémère suivi par une intuition, qui telle une boussole vous indique dorénavant l'Est, par delà le golfe qui sépare le clan du tonnerre de celui de la Glace et vous écartant de ce feu céleste comme pour vous en protéger. Mais la poursuite de votre chemin ne peut être guidé outre mesure et une décision de votre part s'impose...
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Kenshu Miwako

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MessageSujet: Re: [Event - Terminé] Les murmures du Destin. Mer 31 Déc - 18:35

Miwako poussa son cheval au galop dès qu’elle fut sortie de la capitale. Elle souhaitait parvenir le plus rapidement au sud. Le visage fermé, la demoiselle poussait sa bête, probablement plus que de raison. Elle fut d’ailleurs contrainte de ralentir le rythme après quelques heures. La jeune femme ne pouvait pas se permettre d’épuiser l’équidé, car elle ne pouvait pas en avoir d’autre en chemin. La demoiselle se trouvait à devoir ménager sa monture, comme le disait si bien le proverbe, ce qui lui causait une certaine frustration.  L’onmyouj limita alors de manière drastique son nombre de pauses. Le voyage était un peu éprouvant et la jeune femme ne se laissait guère de temps pour souffler ou se reposer.
Onji finit par intervenir, alors qu’elle s’apprêtait à ne dormir que trois petites heures à l’auberge avant de reprendre la route.  Le kirin de la terre argumenta avec la demoiselle pour qu’elle accepte de prolonger la durée de son repos. Miwako se rangea à l’avis de son gardien, elle avait même un peu honte de s’être emportée. Elle avait confondu vitesse et précipitation, ce qui pouvait être dangereux. La demoiselle sentait cependant ses entrailles se nouer. Elle devait se dépêcher, la jeune femme ne savait pas d‘où venait ce sentiment d’urgence, mais elle le ressentait. Honogosha essaya de trouver une explication en mettant ce sentiment sur le compte de la frustration, cet indice avait mis tant de temps à arriver que l’excitation devait lui donner cet impératif. La jeune femme hocha la tête en signe de négation : elle ne savait pas d’où venait ce signal, mais l’onmyouji devait se dépêcher.  Le protecteur de la terre n’avait cependant pas tort, elle était engagée dans une enquête. Miwako avait pris conscience qu’elle devait donc également se ménager. Si elle arrivait complètement épuisée, sans énergie et l’esprit embrouillé par des sentiments houleux, elle ne pourrait rien faire correctement. Elle décida donc de se laisser plus de temps dans cette auberge et d’y passer une vraie nuit
.
L’onmyouji descendit dans la partie taverne, plutôt que de prendre son repas dans sa chambre. Elle s’attabla au milieu des habitués, qui furent surpris de voir un voyageur en cette période troublée. La jeune femme fut soulagée de voir que le moral tenait bon. Ils levèrent tous leurs verres en l’honneur du Jonin qui ne laissait pas la situation pourrir. La rumeur s’était vite rependue grâce au colporteur et toute la population ne parlait que de ça. Un sourire se traça le visage de la jeune femme, si les habitants tenaient aussi bien le coup, c’était grâce au Jonin. Il était le seul qui avait accepté de prendre la situation en main.
Le clan Kenshu était le plus jeune des clans, il était constitué en partie d’anciens criminels, de vagabonds et autres déchets de la société et Gekigami leur avait donné une seconde place, une chance de retrouver une valeur, un honneur. Une partie des paysans actuels avaient vécu l’époque où le clan Kenshu n’existait pas et où les terres n’étaient que la proie des bandits, des guerres de petits groupuscules, qui ne se souciaient que du pillage et des armes. La création de ce clan avait aussi représenté une chance, celle d’un avenir meilleur où ils pouvaient enfin cultiver des champs, élever des animaux en paix. Certes tout n’était pas parfait, mais le clan avait globalement amélioré la vie de chacun de ces membres. Chaque homme, chaque femme du clan du tigre défendaient cette chance, cette place que le clan du tigre leur avait donnée et qu’ils ne laisseraient pour rien au monde. Aucun d’entre eux n’accepterait jamais de retourner à cette ancienne vie ou ne laisseraient ses enfants en arpenter le chemin. La force du clan Kenshu, elle venait de la force de caractère d’une population qui en avait beaucoup trop vu, d’une population en paix depuis trop peu de temps, pour la laissait partir à nouveau.
Quant au plus jeunes, comme Miwako, qui n’avait toujours connu que le clan, comment pourrait-il rester impassible ? Ils avaient grandi dans ce système imparfait, mais ne pouvaient pas laisser le chaos vaincre et emporter le monde qui les avait fait grandir.
Tout cela serait pourtant resté lettre morte si un homme n’avait pas su canaliser cette énergie. Miwako ressenti alors une certaine amertume envers leur daimyo, toujours invisible en cette période de crise. Elle se demanda même comment Gekigami pouvait juger ce lâche digne d’un tel poste. Si un Daimyo n’était pas utile dans un moment pareil, alors il était inutile.
La jeune femme tu son malaise et cette rancœur. Ce n’était pas le moment, ni même le lieu de l’évoquer. Les gens avaient besoin uniquement d’une force fédératrice, aussi leva-t-elle à nouveau son verre en l’honneur du Jonin et elle fut rejointe par bon nombre d’habitués de la taverne. Alors que les vivats retentissaient, la demoiselle sentait son cœur se serrer et sa détermination grandir encore et elle se refit le serment de ne pas les abandonner, de trouver la cause de ses malheurs et de les soigner.

L’onmyouji fit attention à ne pas trop tarder et alla se coucher tôt. Le courage et la ténacité des siens lui avaient fait du bien, aussi s’endormit-elle le cœur plus léger. Après un sommeil réparateur de six heures,  la jeune femme reprit la route, plus motivée que jamais. Les montagnes qui séparaient Raiu de Kousen la forcèrent à repasser au pas ou au trop, pour ne pas risquer de casser les pattes du cheval.  Des frissons parcoururent la jeune femme, qui se tassa un peu sur sa selle. Le vent était certes plus frais dans les montagnes, le ciel était couvert, mais il ne faisait pas froid. Son regard se porta vers le ciel, alors qu’elle se sentait mal à l’aise, sur un chemin qui ne lui était pourtant pas inconnu.
Pour contrer cette chair de poule inexplicable, Miwako se força à discuter avec ses deux gardiens. Elle se remémorait avec eux les souvenir agréable de Kousen. L’onmyouji aimait beaucoup l’architecture de cette ville sur pilotis, unique dans tout Yokuni. Les habitants, rudes marins, peu élégants mais amusants. La criée du matin, animée de mille hurlements et négociation dans une bonne humeur communicative, malgré l’heure matinale.
Le sentiment de gêne ne partait cependant pas et son impression d’urgence augmentait de nouveau.

Dès qu’elle put repasser au galop, la jeune femme poussa sa monture. Jamais Miwako ne fut aussi rapide pour franchir les derniers kilomètres qui la séparaient de la ville. Des kilomètres, qui ne faisaient qu’augmenter son inquiétude, elle aurait dû commencer à entendre le son de la ville, les bourdonnements des conversations, les cris des animaux, elle aurait dû croiser quelques marchands quittant ou entrant dans la cité, des colporteurs, ou des artistes. Rien, il n’y avait rien. Elle força l’animal à accélérer et c’est en trombe qu’elle entra dans la ville pour arrêter sèchement sa monture.
La jeune femme s’agrippa de toutes ses forces, alors que l’animal se cabrait pour stopper brutalement son élan. Des cadavres, il n’y avait que des corps pour l’accueillir. Miwako regardait la ville ahurie. Elle descendit de sa monture, fit quelques pas hésitant, avant de s’agenouiller près d’un des corps ensanglantés. L’onmyouji resta sur place quelques minutes, secouée par ce qu’elle voyait. Ce n’était pas la première fois qu’elle observait le corps d’un mort, mais il n’y en avait pas qu’un seul dans la cité.  Il y avait bien trop de cadavre de Bushi. Devant elle, il y avait une scène de bataille terrible en plein cœur de la cité, avec la défaite évidente des siens. Les larmes tracèrent un sillon sur ses joues alors qu’elle observait la scène.

Elle ferma les yeux et ses oreilles ne perçurent que le son des vagues et du vent. Il n’y avait même pas un cri d’animal. Ni oiseaux, ni bœufs ou chevaux…comme sur les montagnes. Miwako ouvrit brutalement les yeux, c’était cela qui l’avait mis mal à l’aise, en dehors de son animal et de son groupe, elle n’avait entendu nul son d’être vivant. Non seulement c’était le lieu d’un massacre, mais ce qui l’avait provoqué avait fait fuir toute trace de vie animale. Elle était même obligée de tenir fermement les rênes de sa monture, qui voulait fuir la région au galop.

La jeune femme se tourna vers ses gardiens, pour trouver réconfort et conseil. Elle fut frappée par ce qu’elle vit. Les deux kirins tremblaient. L’onmyouji se rapprocha d’eux, tandis qu’elle sentait une chape de plomb couler dans son estomac : Jamais elle ne les avaient vu effrayé par quoique ce soit. C’étaient la première fois, Miwako fit quelques pas vers eux, la gorge nouée. Ne pouvant prononcer un mot, elle se déplaçait vers eux, pour les toucher, se rassurer et les apaiser simplement en les caressant.

Brusquement, le grondement du tonnerre la fit se retourner, juste à temps pour voir l’éclair sanglant zébrer le ciel. La jeune fille qui avait attendu le signe de Gekigami, eut la gorge sèche devant cet éclat macabre. Dans son ventre, elle ne sentait à présent plus qu’une envie, celle de partir. Les mots qu’elle avait prononcés, sa détermination, tout cela lui sembla soudainement vain et irréaliste. Ses jambes tremblèrent devant cette foudre de funeste présage.

« Allons à l’Est. »

Lança abruptement Honnagosha. Ses paroles cassèrent subitement le silence qui s’était instauré en maître depuis quelques minutes. Miwako se tourna pour lui faire face, surprise. Elle était étonnée que la gardienne des flammes lui propose la même direction que son instinct, l’est…. L’Est, la fuite.

« Non. »

Lui répondit fermement l’onmyouji. La jeune femme ne pouvait pas nier sa peur. Une force capable d’envoyer des yokais sur tout yokuni, de provoquer un tel vide de vie. Bien sûre qu’elle était effrayée. Elle ne savait pas si elle pouvait la battre ou pas. La demoiselle refusait cependant de laissait parler cette peur, elle ne voulait pas abandonner, pas après ce qu’elle avait dit à son père et à son grand-père, pas après ce qu’elle s’était promis à cette taverne. Ses promesses étaient peut être irréalistes, mais elle ne laisserait pas gagner par la panique.

La jeune femme se rapprocha de la protectrice des flammes tremblante. Sa gardienne ne voulait pas voir mourir une seconde fois un de ses protégés, elle ne le supporterait pas. Miwako serra la tête de la gardienne des flammes. C’était étrangement la frayeur de sa gardienne, qui permettait à la demoiselle de combattre la sienne à cet instant, qui venait de raffermir ses résolutions. Pour calmer ses gardiens, elle devait d’abord trouver une certaine sérénité.

« Je ne peux pas partir Hono, désolée. » Lui murmura-t-elle, tout en la caressant.

L’onmyouji avait cru que l’est désignait la direction de fuite des yokais, mais c’était peut-être la direction de fuite des gens de la cité. Son instinct de survie la pressait de prendre cette direction. Hono avait eu le même sentiment, d’autres gens l’avaient probablement ressenti.

« Nous devrions enquêter sur place avant de prendre une décision. »

Ajouta Onji, qui avait réussi à retrouver un peu de son calme. Il dirigeait la terre, il était le plus difficilement ébranlable. C’était celui qui reprenait le plus vite le contrôle de lui-même dans le trio.

« Tu as raison Onji. »

Le trio avançait serré, en silence. Ils s’approchèrent de plusieurs corps et arrivaient à chaque fois à la même conclusion, c’était des guerriers ou des sabreurs. Aucune femme, aucun enfant ou même civils n’étaient à compter parmi les morts. Miwako eut un soupire de soulagement, c’était une trace d’espoir, une petite bulle d’oxygène dans cette atmosphère oppressante et étouffante. Le silence lourd et pesant ajoutait de l’angoisse. Les corps et les traces de fuites paniquées des civils étaient aussi une rude épreuve pour les nerfs. Le sentiment de détresse qui la poussait à fuir et contre lequel elle devait lutter essayait d’éroder sa détermination.

Alors que le nombre de corps augmentait, la jeune femme aperçut un bain public du coin de l’œil. Une idée un peu étrange germa alors de son esprit.

« Hono, chauffe-moi un peu l’eau du bain. Les eaux ne sont pas consacrées, mais c’est la seule que j’ai à disposition pour me purifier. »

Les deux kirins la regardèrent sans vraiment comprendre ce qu’elle avait en tête.

« Je vais revêtir ma tenue de miko . Onji, veille à ce que ma monture reste là pendant ma purification...enfin ce n’en sera pas une faite parfaitement dans les formes, mais je n’ai que ça sous la main. Tiens moi le cheval au moins pendant une petite demi heure. »

Onji la regarda étrangement, il ne semblait pas approuver les actions de sa protégée.

« Miwa, ce n’est pas le moment. » Commença-t-il doucement.

« J’en ai besoin Onji. » Coupa la jeune femme demoiselle. Le kirin hocha la tête négativement et s’apprêta à ajouter quelque chose. La jeune femme ne lui laissa même pas le temps de dire un mot.

« J’en ai besoin Onji, alors je le ferais que ça te plaise ou non ! »

Sa voix était montée et un sentiment de colère était arrivé bien vite. Les lieux étaient usants pour les nefs. Elle avait besoin de faire une chose rassurante, plus normal et à sa portée. Le protecteur des terres ne rajouta rien et hocha doucement la tête, pour lui montrer qu’il avait compris. La demoiselle pris sa tenue de miko et se dirigea vers les bains.

La jeune femme n’était pas dans un temple, mais fit comme si elle l’était. La demoiselle commença par se décrasser, puis se plaça ensuite dans l’eau. Ces bains de purification s’accompagnaient toujours d’une séance de méditation. Le contact du liquide plus chaud détendit ses muscles. Elle respira profondément, pour forcer ses sentiments à se calmer, pour libérer son esprit. Ses pensées l’amenèrent à un vieux souvenir.
Son grand-père était face à eux et leur apprenait qu’un bon onmyouji savait toujours garder la tête froide. Il prit un pot qu’il remplit d’eau et leur expliqua que le pot représentait le cœur humain et l’eau les sentiments. Tout comme l’eau, les sentiments finissaient toujours par entrer dans un cœur, qu’il ne fallait pas en avoir peur. Il fallait aussi avoir conscience que tout cœur avait une limite, comme les pots, les gouttes de trop le faisaient déborder. Savoir garder la tête froide n’était pas se priver de sentiments, c’était savoir les contrôler. C’était se connaitre pour savoir vider son coeur, afin que les sentiments ne débordent pas et ne sèment pas la panique.
Les enfants l’avaient regardé surpris, sans vraiment comprendre. Curieux son frère avait demandé comment vider le pot. Le grand-père avait alors souri, saisi le récipient et avait tout simplement balancé une partie du contenu au visage du garçon. Le vieux eut un rire malicieux alors que son petit-fils se jetait sur lui, brandissant ses petits poings.
Un sourire amusé vint sur le visage de la demoiselle et un sentiment de gratitude gagna son cœur. Elle était seule, c’était le moment de vider son coeur. Miwako ouvrit la bouche et se força à crier. Les premiers sons qui sortirent furent assez étrange, indécis. Petit à petit, ils se transformèrent. Il n’y avait toujours pas de mots, mais la colère de la demoiselle commença par sortir, sa colère face à la situation, face à leur Daimyo et aux attaques. La frustration vint ensuite, celle de leur incapacité à voir les évènements, à l’échec de la famille, à son retard. Les larmes coulèrent, de peur, de tristesse face à tant de morts, de désarroi face à l’ampleur de sa tâche. Elle laissa la peur sortir, sa peur de ne pas être à la hauteur de sa tâche, la peur de ne pas revenir. Petite à petit, les hurlements cessèrent et les larmes s’arrêtèrent de couler progressivement, pour laissait la place à une certaine sérénité.
Cette étrange séance l’avait vidé d’une partie de son énergie, mais Miwako se sentait à présent plus calme, plus sereine face à ce qui l’attendait. Un sourire sincère vint même se traça sur son visage et une fois de plus, elle remercia son grand-père.

Pleine d’une nouvelle énergie, elle passa sa tenue de miko, en récitant des sutras spécifiques. A défaut d’un vrai bain de purification, elle pouvait au moins réciter les prières qui accompagnaient ce genre de cérémonie. Elle sortit pour rejoindre ses deux esprits gardiens, qui la regardaient avec une inquiétude certaine. L’onmyouji avait toutefois retrouvé son aplomb et la lueur de son regard montrait bien sa ténacité : elle ne se laisserait plus atteindre par l’horreur qu’était devenu la ville.
Se dirigeant vers la monture, elle demanda à ses esprits de lui amener de quoi faire un autel informel. En tant que religieuse, l’onmyouji pouvait faire une chose pour ces corps. La demoiselle ne pouvait pas leur faire un vrai service funèbre, toutefois, elle connaissait des prières pour apaiser ces âmes tourmentées, mortes dans la violence. C’était étrange d’ailleurs qu’avec autant gens morts violemment, il n’y ait aucun esprit. La jeune femme exécuta tout de même ce rituel d’apaisement et de soutient, en attendant mieux. Une fois ce rite terminé, elle se tourna toujours résolu vers ses deux esprits, pour leur expliquer ce qu’il ferait.

« Les cadavres ont l’air de plus en plus nombreux par là. Nous suivrons la route des corps jusqu’au bout et nous enquêterons sur place. Si nous trouvons des indices intéressants, nous aviserons. S’il n’y a rien de probant, alors nous nous dirigerons vers l’île à l’éclair rouge. Nous ne pouvons nous détourner d’un tel présage. »

Honogosha déglutit péniblement. Elle n’aimait pas la tournure des évènements, mais n’avait d’autres choix que de suivre les ordres. Onjidashu eut une sorte de sourire plus serein, il ne savait pas s’il pourrait protéger sa maîtresse de ce qui les attendait. Miwako avait pris sa décision en sachant cela, il respectait le courage de la jeune onmyouji. Les deux kirins, par des sentiments contradictoires aboutir pourtant à la même résolution, faire tout ce qui était en leur pouvoir pour protéger leur unique maîtresse.

« Si nous nous retrouvons à partir pour l’île, tu monteras sur mon dos. Il est hors de question que tu t’essaies à la navigation maintenant. »

Lui répondit calmement le gardien de la terre. Miwako ne savait pas naviguer ou même diriger ces petites embarcations. Un sourire se traça sur son visage.

« Pourquoi faut-il que tu m’acceptes sur ton dos que dans des situations de catastrophe ou de dernier recours. »

Répondit-elle d’un ton amusée. Malicieux, le kirin lui répondit alors

« Parce qu’il faut bien que ça reste un privilège pour garder toute sa saveur. »

Miwako rigola franchement de ce trait d’esprit douteux et la scène parvint même à arracher un bout de sourire à Honogosha. Ce souffle d’air ne dura pas longtemps, mais ils en eurent tous besoin pour la suite.

Les cadavres se firent de plus en plus nombreux au fur et à mesure qu’ils avançaient. Miwako constatait toujours avec soulagement que la population avait apparemment eu le temps de fuir. Ils continuèrent pour arriver à l’épicentre de l’horreur. Si le chemin ressemblait à un champ de bataille, ce centre était un charnier à ciel ouvert. De nouveau l’onmyouji resta muette devant la scène, aucun entraînement ne pouvait réellement préparer les gens à affronter un tel spectacle. Elle commença à réciter quelques prières pour les morts, alors que les kirins partaient à la recherche d’indices. La religieuse décida d’établir un second autel pour prier pour le repos des âmes et apaiser les esprits, avant de lancer son enquête dans cet épicentre. C’étaient les seules choses qu’elle pouvait faire pour eux à présent, prier et découvrir la vérité.



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Souteigai

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MessageSujet: Re: [Event - Terminé] Les murmures du Destin. Lun 12 Jan - 20:19


Poussée par votre devoir envers les hommes, par votre courage issu du profond besoin de savoir et de comprendre, ainsi que de votre loyauté filiale, vous évoluez vers le Sud, vous arrêtant lorsque votre coeur est trop remplie par la colère mêlée de tristesse et de peur que les corps des hommes et rares femmes en armes vous évoque. Vous leur rendez l'hommage que personne ne peut leur rendre, ces terres étant dorénavant désertes. Si le fait de savoir que femmes et enfants, peut être même les vieillards, furent épargnés vous soulage, Kousen est dorénavant vidé de toute sa force martiale. Non pas que cette région, à votre connaissance, fut des plus armées, bien au contraire... Mais sans guerrier à ses frontières et dans ses cités pour la protéger, le chaos du passé menacerait sans aucun doute l'avenir de ce territoire.

Il était bon de compter sur les actes du Maître des Ombres de Kenshu et ils transparaissaient déjà sur la populace. Au vu du chemin tapissé par la mort que vous empruntez, des réfugiés que cela provoquera inévitablement et du silence venu du Sud, vous êtes à peu prêt certaine que le Jonin ne tardera pas à se présenter bientôt dans ces terres, pour élucider ce mystère. Mais en attendant, vous êtes la seule à pouvoir prier pour l'âme de ceux qui ne sont plus, aussi, malgré les invectives de vos esprits compagnons, vous tardez. Vous Priez. Vous en appelez à la mansuétude des Kamis, au pardon pour les crimes des défunts et aux bienfaits que certains ont accomplit durant leur existence. Dans le silence, vous vous éloignez du monde mortel et embrassez le spirituel. Malgré les maux encourus ici, vous êtes apaisé, rien ne vient troubler vos prières et vous vous sentez presque en tête à tête avec Gekigami lui-même.

Le bruit sourd qui suit vous fait sursauter.

Quelque chose s'est effondré à l’extérieur, non loin de la porte de la bâtisse que vous avez choisi pour cette énième purification improvisée. Vos Kirins partent en éclaireur, dans leur volonté de vous préserver du moindre mal, mais reviennent, leurs yeux pleins d'urgence, mais dénués de la moindre peur. Elles vous annoncent qu'il y'a quelqu'un qui vit encore, dehors, mais que cela ne va pas durer si on ne lui prodigue pas rapidement des soins. Un blessé. Pas un mort pour une fois. Vous n'êtes plus la seule être de chaire à vivre actuellement en Kousen, c'est un fait.

Au devant même de la demeure choisie pour vos prières, une femme est au sol, sa respiration rauque. Elle n'est pas bien grande ce qui est d'autant plus visible dans la position fœtale qu'elle a emprunté, apparemment perclus de douleurs. Ses longs cheveux sont d'un noir d'encre et son visage est baigné d'un sang lui coulant par une plaie ouverte à l’œil droit, l'organe devant être fatalement perdu au vu de l'ampleur de la blessure. Elle porte un kimono aussi sombre que sa lisse toison, souligné par des flammes stylisé d'un pourpre sanglant, entre ouvert de façon aguicheuse au niveau du torse et démuni de manches. Du reste, elle semble vêtue pour le combat, d'un équipement dont vous ne connaissez l'origine. Mais vous n'avez pas le temps de la détailler outre mesure... Elle suffoque déjà, sa peau nue révèle autant de petites brûlures que d'estafilades dont son flux vitale s'échappe. Son œil valide est crispé dans son affliction, elle ne parait même pas avoir conscience de votre présence et pourtant, elle fait face à la porte de la demeure où vous priiez, comme si elle était venu d'elle-même chercher votre aide.

L'urgence est effectivement de mise...

Mais vous remarquez aussi les deux lames noires attachées à son obi. C'est indéniablement une guerrière. Et malgré l'atrocité de ses blessures, surtout au visage, elle vie, alors que tant d'autres sont morts.
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Kenshu Miwako

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MessageSujet: Re: [Event - Terminé] Les murmures du Destin. Jeu 15 Jan - 0:21

Miwako priait. Elle ne récitait que rarement les prières pour les morts, mais l’action était familière, rassurante. C’était un instant de calme apaisant, au milieu de ce calme oppressant qu’était devenue cette cité. Alors que la religieuse se laissait emporter par son office, rejoignant l’univers des yokais et des kamis pour lequel elle avait tant d’affection, un bruit la coupa brutalement de cette connexion. Son sursaut entraîna le retour rapide de ces deux gardiens. Onji joua les éclaireurs et alla voir ce qu’il se passait, tandis qu’Hono resta près de sa maîtresse, pour éviter toute mauvaise surprise.

Le gardien de la terre revint rapidement, pour dire d’une voix qui trahissait sa surprise.

« Une blessée, vite ! »

L’onmyouji était stupéfaite. Fébrilement, elle suivit son protecteur. C’était incroyable, il y avait donc une survivante à ce massacre. Le trio rejoignit rapidement la femme à terre. Miwako s’agenouilla à côté de la blessée en urgence. L’état de la demoiselle lui tira une grimace. Miwako n’était pas médecin, mais son état était grave et toutes ces blessures étaient horribles à voir. La jeune femme savait cependant qu’elle n’avait pas le temps de paniquer ou elle deviendrait réellement la dernière survivante. Miwako prit une grande inspiration pour reprendre son calme et ordonna posément.

« Hono va me chercher de l’eau et fait la bouillir pour que je puisse boire. »

La protectrice des flammes hocha la tête et partie immédiatement en chercher.

« Onji, va chercher des vêtements, les habitants ont dû en laisser. »

Le gardien de la terre était plus sceptique et commença à dire calmement.

« Je ne suis pas certain que l’utilisation de ton pouvoir soit une bonne idée. La fatigue. »

« Onji » Coupa la jeune femme « Vois-tu une autre solution pour la garder en vie. Son sang coule de tellement de plais, que je ne sais pas soigner autrement. »

L’onmyouji sentit que son gardien n’était toujours pas convaincu.

« Vous redoublerez de vigilance car la mienne sera divisée, mais je ne peux pas abandonner une survivante. On arrivera à trouver la solution et à réveiller tout le monde, même si je prends le temps de la soigner. Maintenant va et cesse de perdre du temps. »

Le protecteur du sol savait que sa maîtresse ne changerait pas d’avis, que cela lui plaise ou non. Il partit donc à la recherche de vêtements.

Miwako se pencha au-dessus de la guerrière. Elle approcha doucement les mains de la blessées et se mit à lui dire calmement.

« Je m’appelle Abe no Miwako, je suis onmyouji du clan Kenshu, originaire de Geki. Je vais vous soulager de vos blessures, il est probable que vous sentiez mes mains. Ce sont des mains alliées et amies, ne paniquez pas. »

Pendant qu’elle parlait, délicatement la jeune femme prit les armes de la guerrière. Les blessées pouvaient des réactions de paniques, surtout les militaires, il fallait donc éloigner les objets dangereux. Assise en tailleur, elle coinça la lame sous ses chevilles, la garde entre les deux pieds pour que la blessée ne puisse pas reprendre ces lames même dans un instant de panique. L’onmyouji la contraint délicatement à changer de position, pour que celle-ci s’allonge et ne soit plus en position fœtale. La demoiselle avait des gestes précis, lent, calme et ferme, tout en leur donnant une certaines tendresse. Il fallait être le plus rassurant possible.

La jeune femme commença à invoquer la pluie revigorante. Heureusement que son pouvoir mettait peu de temps à être invoqué. Miwako répéta sa phrase de présentation à la blessée, n’étant pas certain que celle-ci l’ait entendu la première fois. La pluie qui s’écrasait à présent sur les deux jeunes femmes faisait disparaitre les douleurs, Miwako était donc certaine d’être entendu cette seconde fois. Ses mains s’affairaient pour écarter le tissu et elle exposait les plaies à l’eau. Elle continua d’expliquer calmement.

« J’utilise un pouvoir que ma offert Gekigami. Cette pluie calme vos douleurs et vos blessures commencent à guérir. Je crains cependant que votre œil ne soit définitivement perdu. »

Son pouvoir était réparateur, il soignait les maux et les blessures, il ne faisait toutefois pas de miracle et ne pouvait restituer ce qui était perdu. Le résultat était d’ailleurs visible à l’œil nue, car les égratignures les plus fines étaient déjà réparées. Le sang avait cessé de couler des plaies et les brûlures commençaient à se résorber. Malheureusement, il resterait toujours des cicatrices. La demoiselle fit un sourire apaisant à la blessée.

« Laissez-vous soigner par la pluie. »

Miwako bailla et ses épaules se voutèrent légèrement. Le contrecoup commençait toujours avant la fin de la pluie. Elle tourna la tête à temps pour voir Hono arriver de l’eau en faisant la tête. En tant qu’esprit de feu, elle n’aimait pas l’eau. L’élément le lui rendait bien d’ailleurs car aucune goutte ne lui tombait dessus.  

« Tu peux boire tout de suite, je l’ai déjà fait bouillir. »

L’onmyouji lui fit un signe de tête pour la remercier, elle sentait déjà ses lèvres commencer à s’assécher. Elle prit le gobelet que la kirin avait posé dans le sceau. Hono avait amené bien trop d’eau, mais il valait mieux en avoir trop que pas assez. Elle but quelques gorgées, puis s’approcha de la blessée, elle passa la main sous la nuque de cette dernière pour soutenir la tête que cette dernière puisse boire si elle le souhaitait.

« Souhaitez-vous quelques gorgées ? »

Miwako reposa ensuite le verre puis se retourna vers la blessée.

« Maintenant dites-moi qui vous êtes et surtout que c’est il passé ici? »

Il était peut-être trop  tôt pour lui demander cela, mais l’onmyouji n’avait pas le choix, ni le luxe du temps. Elle avait une mission à accomplir. Le témoignage de cette survivante pouvait être un point important, aussi devait elle parler : il y avait probablement un lien le massacre ayant eu lieu ici, l’éclair rouge, la lumière qui endormait les gens et le comportement chaotique des yokais.



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Souteigai

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MessageSujet: Re: [Event - Terminé] Les murmures du Destin. Sam 7 Fév - 10:44


Le maître de la Foudre répond à votre supplique, le temps aidant à son écoute, un vrombissement d'éclairs roulant sur les nuages souligne son activité, dont vous devenez la dépositaire. Si vous n'êtes guère touchée par votre propre don, ou du moins, par sa précipitation curative, votre patiente improvisée, elle, est rapidement touchée par cette dernière. Nettoyant les plaies tout en leur apportant l'expression de votre altruisme et de votre besoin de guérir la jeune femme, vous découvrez peu à peu ses traits. Ses paupières sont closes à présent, l'une d'elle masquant probablement un trou béant ou un œil mort. Plus elle est recouverte d'eau, plus sa respiration semble se stabiliser, son visage se détendre, son corps se reposer. Elle est d'une beauté foudroyante, presque surnaturelle alors que vous la découvrez sous un nouveau jour.

Un tel visage aurait probablement pu s'attirer toute les faveurs de la cours si jamais elle n'avait pas choisi, comme ce qui semblait être le cas, le métier des armes. Et dorénavant qu'un organe avait été retiré à ce fasciés, cette possibilité était probablement devenue impossible. Vous lui parlez, vous tâchez de vous montrer communicative, si elle s'endort, vous ne savez pas si elle se réveillera un jour, alors vous discutez, qu'elle vous réponde ou non. Vous vous présentez, vous lui expliquez ce que vous faites. Elle ne réagit pas dans un premier temps, tandis que vous voyez les brûlures disparaître, les entailles se résorber, l'extrême finesse de ses traits se dévoiler. Son œil valide s'ouvre faiblement à vous, sa pupille tâchant de vous trouver du regard, de comprendre d'où provient la voix rassurante qui s'adresse à elle. Son iris, malgré le peu d'ouverture que ses paupières laissent passer, est d'un carmin vif.

Enfin, elle daigne vous adresser la parole. Sa voix, ténue, est encore marquée par la douleur. Votre don soignant les apparences, mais des blessures plus profondes existant probablement toujours, devront se passer de vos talents pour guérir. Au moins, elle est consciente et vous parle. Malgré la faiblesse de son ton, vous comprenez immédiatement que cette fille n'aurait jamais pu profiter de sa divine beauté en politique. Ou alors, aurait elle du travailler énormément son phrasé et son accent. Agressive, tranchante, une voix semblable à de l'acier frottant contre de l'acier. Malgré cela, elle ne vous parait pas dénuée d'une certaine chaleur :

Ai... Elle tousse et reprend : Benihime Ai... Vous... Domo... Domo arigato... Vous êtes...

Elle tousse de plus belle, de ses lèvres coule un mince filet de sang. Elle l'essuie d'un revers de la main et avise le résultat sur cette dernière, grimaçant à l'idée de son état. Elle porte enfin son membre vers son œil manquant et son expression est un lourd constat, froid et implacable, mais plein d'un regret sincère. Puis son regard valide retombe prestement sur vous, une profonde crainte tirant ses traits, elle reprend fébrilement :

Partez. Partez avec moi ! Aidez moi à quitter ce lieu... Elle tousse... Je ne veux plus de ce combat et cela ne peut pas être le votre ! L'Ombre va vous mettre en pièce pour m'avoir secourue et je suis incapable de vous en défendre pour vous remercier... Pour le moment. Par Yomigami, partons ! Je répondrais à vos questions plus tard, toute celles que vous voudrez même... Mais s'il vous plait... Quittons ces lieux maudits !

Elle vous empoigne par un pan de votre kimono, des larmes coulant d'un oeil, un filet de sang mêlé de ces dernières descendant depuis l'autre, meurtri. Son iris rouge est dorénavant grand ouvert, suppliant. Que ferez vous ? Cette jeune femme n'est pas en état de vous empêcher de poursuivre, mais ce à quoi elle semble avoir survécu ne vous laisserait probablement aucune chance. Vous êtes néanmoins maîtresse de votre destin. Votre choix vous précipitera-t-il vers la conclusion de ce dernier ?
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MessageSujet: Re: [Event - Terminé] Les murmures du Destin. Mer 11 Fév - 2:40

La pluie révélait la splendeur de la guerrière cachée jusque-là sous le masque de la peur, du sang et de la douleur. Miwa avait toujours trouvé de la beauté dans la plastique et les traits féminins, même si leurs charmes n’opéraient pas sur elle. La fille ainée des Abe no eut un léger sourire, elle aurait dû être aveugle ou sans cœur pour être totalement imperméable à une telle perfection. Un tel éclat, s’en était presque inhumain.
L’onmyouji fut soulagée quand l’œil de la demoiselle s’ouvrit, même péniblement. Ses soins fonctionnaient et c’étaient le plus important. L’iris rouge de sa patiente improvisée la surpris. D’habitude, elle sentait si son interlocuteur était humain ou yokai. En cas de doute, à cause de mélange de sangs par exemple, ses deux gardiens ne pouvaient pas être bernés. Ils ne l’avaient pourtant pas prévenu de cela. C’était donc soit une yokai qui avait trouvé le moyen de cacher sa nature même, à moins que les lieux aient un impact sur leur sens,  soit c’était une humaine dont les yeux avaient pris une teinte surnaturelle à cause d’un évènement. La jeune femme ne changea cependant pas son attitude, c’était toujours la seule survivante de ces lieux. Humaine ou yokai, cela n’avait pas d’importance, c’était un être vivant en souffrance et elle avait pour devoir de les soulager. De plus, elle restait son unique témoin du massacre qui avait été perpétré dans cette ville. L’onmyouji mit la main devant sa bouche pour masquer un bâillement. Des cernes commençaient déjà à apparaitre.
Sa déroutante interlocutrice continuait de la surprendre, avec une voix tout aussi étrange que la couleur de ses yeux. Un aspect métallique, complètement en décalage avec la féminité des traits de son visage. Il y avait toutefois un peu de chaleur dans ce timbre de métal, preuve que la demoiselle ne devait pas être complètement hermétique à  l’égard d’autrui. Pour compléter le mystère de la demoiselle, son nom était également une énigme, Benihime…Hime, seule des personnes d’un certain rang et d’une certaine noblesse portait un nom de famille avec Hime à l’intérieur.

L’onmyouji replongea le verre dans le sceau pour reprendre encore un verre d’eau. Elle avait encore soif. La jeune femme se demandait toujours pourquoi son sort lui donnait autant soif, à croire que Gekigami-sama se servait d’une partie de l’eau de son corps pour former cette pluie. Ainsi, la jeune femme n’avait pas entendu ce qu’elle avait dit.

« Je me nomme Abe no Miwako, onmyouji du clan Kenshu. »

Répondit la jeune femme avec un ton fatigué. Ses épaules se voutaient et les cernes devinrent vraiment foncés. A croire qu’elle venait de passer plusieurs jours sans dormir. La demoiselle passa une main sur son visage pour chasser un peu ces traces de son épuisement, en vain.
Elle but rapidement son second verre pour en prendre un troisième, mais la blessée la fit sursauter et une partie de son verre se déversa sur elle. L’onmyouji était déjà trempée par la pluie, un peu d’eau en plus ou en moins ne changeait pas grand-chose à l’affaire.

La gorge de Miwako se resserra devant les paroles et surtout les traits de terreur de la guerrière. Elle ne comprenait pas tout ce que son interlocutrice lui disait, mais cette femme devait être plus qu’un simple témoin du massacre présent. L’onmyouji posa son verre pour prendre un tissu propre et commença à essuyer délicatement les larmes de sang du visage de la princesse meurtrie. Onji revint à ce moment là avec des vêtements, qu’il posa près des deux femmes. Miwa le remercia d’un bref signe de tête et répondit doucement à son interlocutrice.

« Je déconseille l’Est. La population est partie dans cette direction et une partie de l’armée a dû les rejoindre. Avec la couleur de vos yeux, nous aurions des problèmes que vous n’êtes pas en état d’encaisser. »

Le mot qui l’avait guidé jusqu’ici n’était pas combat, mais sagesse. Cette femme avait les informations et les indices qui lui manquaient et Miwako ne se permettrait pas de les sacrifier. Foncer tête baissée dans un combat contre une force inconnue était prendre le risque de simplement mourir. C’était cette quête d’indices qui avait guidé ses pas jusque-là, elle n’allait pas l’abandonner maintenant. La jeune femme bougea les épaules et masqua un nouveau bâillement. Cette fatigue, c’était insupportable et l’envie de dormir venait grignoter sa conscience.

« Nous pourrions aller vers le Nord, il y a une chaîne de montagnes où nous pourrons trouver une grotte comme refuge. Les attaques de yokais ont cependant eu lieu sur tout yokuni, la malédiction du sommeil est tombée aussi sur toutes les terres de l’empereur, espérez-vous réellement pouvoir fuir? »

Le ton de l’onmyouji était calme et ses mains douces soutenaient à présent la guerrière. Il semblait impossible à Miwako de pouvoir échapper aux sombres évènements qui s’abattaient sur leur terre. L’onmyouji rappelait cette réalité à Benihime avec une certaine délicatesse et bienvaillance. Le timbre de sa voix était chaleureux pour la calmer, la rassurer, Miwa se refusait cependant à lui raconter n’importe quoi. Elle ressemblait un peu à une mère qui voulait ramener son enfant déraisonnable à la réalité.

« Je ne suis pas certaine qu’il soit sage de monter à cheval dans votre état. Onji, Hono allaient chercher de quoi faire un brancard de fortune. Si vos blessures internes vous paraissent trop importantes même pour un brancard, alors nous nous réfugierons à l’intérieur d’une maison de cette cité. »

Ils étaient dans une ville portuaire, les kirins trouveraient facilement deux grands et épais bâtons de bois et un tissu pour faire un brancard, avec de quoi rapidement coudre l’étoffe de chaque côté. La jeune femme savait pouvoir faire rapidement un ouvrage grossier de ce type-là. Le but était d’en faire un rapidement, avec quelques grosses coutures pour qu’il supporte la charge de la blessée, qui ne devait pas non plus faire une tonne.

« Pendant que nous vous changeons et qu’ils partent chercher le matériel, commencez donc à tout me dire. Je pense que vous avez beaucoup à raconter, qui sont les responsables des attaques sur tout yokuni par les yokais, du sommeil des habitants, du comportement anormal des yokais, de ce massacre et de votre état ? Et surtout comment s’y prennent-ils pour déclencher de telles catastrophes? »

Miwako, fatiguée s’emportait un peu. Elle savait qu’elle posait sans doute un peu trop de questions à la fois. La demoiselle secoua la tête. Avec autant de questions son interlocutrice se perdrait probablement. Miwa repassa sa main sur son visage et même sur le début de sa nuque, comme pour de nouveau chasser la fatigue, qui ne partirait pas.

« Excusez-moi. Raconter-moi simplement tout depuis les préparations des attaques des yokais sur tout yokuni, jusqu’à ce massacre. »

Ces évènements devaient être liés, son interlocutrice devait juste commençait son récit depuis le début, qu’elle puisse le comprendre. Elle pourrait alors mieux comprendre la terreur qu’elle voyait dans les traits de Benihime et elle aurait aussi plus de chance pour trouver le moyen de lever la malédiction ainsi que pourquoi pas, trouver les faiblesses du ce ou ces monstres, afin de pouvoir les battre.



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MessageSujet: Re: [Event - Terminé] Les murmures du Destin. Mar 24 Fév - 21:33

Tandis que vous la soignez, alors que vous tâchez de lui faire comprendre ce que vous souhaitez entreprendre et que vous nettoyez ses blessures, elle s'apaise, se calme et vous avise de son unique œil sanguin. L'expression dessinés sur ses traits ressemble fortement à une curiosité étrange, comme si vous veniez de devenir à son sens une exception. Elle vous écoutes affirmer, annoncer, ordonner à vos esprits et finir par la questionner avec une grande douceur, sans cligner une seul fois de ses paupières valide. Elle vous dévisage comme si le simple fait que l'on puisse lui faire détacher son regard de vous serait un coup de grâce.

Votre fatigue n'est pas vaine, vous pouvez voir les couleurs remonter doucement sur les joues de la jeune femme. Tandis que vous vous retournez un instant pour rincer un linge, elle s'assoit un tant soit peu afin de vous aider un minimum à agir sur elle. Son sentiment change progressivement. Une certaine inquiétude passe sur son iris si peu commun alors qu'elle vous vois vous affaiblir pour sa propre santé.

Elle vous écoute sans vous interrompre, son silence est d'or. Même lorsque vous la questionnez, elle fait montre de patience afin de vous laisser terminer votre interrogatoire. Lorsque vous achevez enfin, elle parait réflechir, son oeil levé au Ciel comme s'il pouvait lui apporter les réponses que vous attendiez. Puis elle focalise à nouveau son attention sur vous, de nouveau comme si elle haïrait quiconque oserait arracher votre image à sa vue. Sa voix est moins rauque, attestant de la justesse de vos gestes bienveillant à son égard.

Je... Je ne comprends pas tout ce que vous me demandez. Mais je vais essayer. Vous m'aidez. J'espère vous rendre la pareille.

Ses lèvres se pincent en quête des éléments qu'elle semble juger pouvoir apporter leur flot de lumière à vos étranges questions, puis elle débute enfin son récit :

Je crois que la Lune a fauté... Amoureuse du Soleil, qui ne partage pas ce sentiment. Je pense qu'elle a voulut posséder ce qui ne lui appartenait pas. Ou une partie du moins. Mais je ne suis pas certaine. Pour ma part, j'étais entourée par le silence et la paix, puis il y'a eu le bruit et le chaos. Depuis que je suis arrivée ici, vous êtes la première à faire écho au calme de mon passé.

Tout ceux que j'ai croisés jusqu'ici étaient... Tout votre contraire. Ils se pensent tous invincibles, tous ont leur propre existence en tête, briller, être vu par un plus puissant pour avancer, cette seule idée les taraude. Tout cela me souille, me change. Je ne veux pas changer. Je veux rester avec vous, dans le calme.


Elle a un hoquet, délicatement emportée vers un court sanglot auquel elle parvient à mettre fin avant même qu'il ne s'étende de trop. Elle vous sourit et poursuit :

Ici, les gens qui ont fuit ont eu la sagesse de comprendre que la témérité des soit disant défenseurs de ces terres et leur bruit incessant les emmèneraient tout droit vers une mort certaine. J'ai combattu, de toute mes forces, ceux qui ont fuit ont survécus, mais la peur les préservaient de tout danger de toute façon. La fierté des guerriers par contre, leur croyance stupide dans une invincibilité qu'ils ne possédaient pas les aura perdu.

Son visage s'aggrave à mesure de son récit, puis une colère sourde se dépeint progressivement sur ses traits qui refusent presque l'enlaidissement provoqué par une telle expression. Son œil avise ses mains, comme si elles étaient devenues l'objet de sa rancœur. Quelques trémolos dans sa voix soulignent sa nervosité à l'évocation de ce qu'elle vous décrit ensuite :

Et l'Ombre est arrivée... Doucement d'abord. Elle s'est annoncée même. Elle n'était pas seule à être venue, accompagnée par ses suivants aussi déplorables que les combattants des villages. Mais elle... Elle, je ne savais pas comment la voir. Je me pensais capable de lui tenir tête, à elle et à ses immondes sbires. Mais elle en avait caché d'autres, j'ai été débordée, je n'ai rien pu faire.

Elle soupire enfin, refermant ses deux mains sur sa poitrine et sourit à nouveau, sincèrement.

Et je vous ai rencontré. Merci encore pour ce que vous faite. Je vous suivrais... Je ne comprends pas tout ce que vous dites, ni ce que vous entreprenez, mais je vous aiderais si je le peux.

Vous parliez du pourquoi du sommeil de certains et pas d'autres, à cela, je ne sais que répondre... Que les Yokaïs attaquent en masse n'est pas une première. Il y'a un précédent qui me vient à l'esprit, mais je ne me souviens pas qu'il y'ait eu des ensommeillés. Juste qu'il s'agissais d'une ère de bruit et de chaos... Il doit bien y avoir des archives quelque part qui en parle ?
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Kenshu Miwako

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MessageSujet: Re: [Event - Terminé] Les murmures du Destin. Lun 4 Mai - 0:49

Miwako avait constaté avec soulagement l'amélioration de santé de son interlocutrice, elle n'avait cependant pas saisi toutes les nuances dans le regard de sa patiente. La fatigue avait de nombreuses incidences sur le comportement d'un individu et la jeune femme ne faisait pas exception à la règle, elle était moins concentrée qu'à l'ordinaire. De même, Miwa n'avait pas pu contenir son enthousiasme et avait posé bien trop de questions. L'onmyouji se pinçait à présent légèrement les lèvres. Elle devait garder son calme malgré son épuisement et surtout cette soif, qui ne s'apaisait toujours pas. Une fois encore, elle prit verre et il en faudrait encore de nombreux autres avant que cela disparaisse.
Heureusement pour Miwako, Benihime resta calme et son silence eut un effet apaisant. cette attitude empêcha probablement la jeune femme de rougir de honte et de chercher un trou où se cacher. La demoiselle de Kenshu était confuse de s'être emportée de la sorte, de même elle sentait à présent que son sentiment de gêne était bien trop important. Elle sentait que la fatigue exacerbait ses différents sentiments alors qu'elle devait garder son calme. La jeune femme se força à respirer un grand coup, alors que son interlocutrice lui répondait. Miwa savait qu'elle ne devait pas perdre une miette des réponses de son interlocutrice.

Tandis que Benihime lui répondait, l'onmyouji l'aidait à mettre les vêtements ramenés par le gardien du sol. Miwako écoutait attentivement et mémorisait les paroles, avec plus ou moins de succès. Plusieurs fois, alors qu'elle l'aidait à revêtir les vêtements non tachés de sang, Miwa se passa la main sur la nuque, le front ou les yeux. IL était dur pour elle de lutter contre le sommeil. La jeune femme passa délicatement sa main sur les épaules de son interlocutrice lorsque celle-ci fut plus agitée. Une part de l'onmyouji était désolée de troubler ainsi une blessée, qui avait besoin de repos et sa marque de soutien était sincère, tout comme l'attention qu'elle lui portait. Miwako était réellement soulagée d'avoir trouvé une survivante et d'avoir pu la soigner.
L'empathie de Miwa ne l'empêchait pas de réfléchir au propos de son interlocutrice. La demoiselle aux yeux rouges lui proposait deux histoires différentes : la première concernait la lune et le soleil, devait être liée à l'état des dormeusr, la seconde l'Ombre et Benihime, concernait probablement l'état de cette ville. Il y avait un détail préoccupant, l'Ombre était un responsable du massacre autours d'elles et d'après les dire de Benihime, celle-ci était encore libre de tout mouvement.

Les dormeurs étaient préoccupants, mais le massacre sembla aux yeux de l'onmyouji prioritaire. Elle n'oubliait pas les espoirs de sa famille, mais le danger de l'Ombre était plus immédiat et destructeur. Rien ne garantissait qu'un tel massacre n'allait pas se produire ailleurs. A quoi bon lever la malédiction des dormeurs, s'ils étaient massacrés ou se réveillaient dans un monde où leurs familles avaient été massacré durant leur sommeil?
Le témoignage de Benihime paraissait cependant décousu aux oreilles de l'onmyouji et la fatigue ne l'aidait pas à comprendre. Miwako regarda autour d'elle, ses deux gardiens n'étaient pas encore revenus avec de quoi faire le brancard. La jeune femme prit un verre d'eau et se laissa le temps de réfléchir pour les questions suivantes. Il y en avait beaucoup, mais elle ne devait pas à nouveau la noyer sous un flot d'interrogations.  Miwa était cependant plus lente à la réflexion que d'habitude et ne remarqua pas qu'un blanc de plusieurs secondes s'était installé entre la fin de la réponse et sa question.

"Benihime-dono, excusez-moi pour la rudesse de la question, mais qu'êtes-vous? Un yokai? Un Kami? Une autre entité spirituelle? et l'Ombre ainsi que la Lune et le Soleil? "

L'onmyouji  ne comprenait pas à quelles entités elle faisait face et ce premier point lui semblait vital avant d'entreprendre quoique ce soit . C'était la seule question qu'elle poserait également sur la lune et le soleil, pour savoir s'il y avait un lien possible entre les deux histoires. La jeune femme poursuivit sur deux questions qui tardèrent à arriver. La somnolence pointait le bout de son nez. Personne ne pouvait lutter indéfiniment contre le sommeil.

"Quelle est votre histoire Benihime-dono? et pourriez-vous me raconter plus en détail ce qu'il s'est passé ici...par exemple pourquoi les défenseurs étaient en danger, alors que les civils ne le seraient pas?"



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MessageSujet: Re: [Event - Terminé] Les murmures du Destin. Lun 11 Mai - 12:34

Elle vous avise un instant, mesurant l'impact de son propre discours sur vous et des conseils qu'elle vous a prodigué, elle se laisse soigner tandis que vous passez vos mains sur ses épaules et l'aidez à revêtir de nouveaux vêtements, révélant au passage une plastique d'une pureté sublime sans la moindre honte, bien trop parfaite pour être réelle et pourtant, vos mains ne vous trompent pas. Tandis que vous posez vos nouvelles questions, mêlées de votre fatigue et de votre profond sens du détail, vous remarquez la transformation de son expression. Sa crainte et sa colère d'avant mutent de concert en un tout attendri. Puis elle se change à nouveau en une profonde lassitude.

Elle se masse les yeux, le blessé aussi, rouvrant la blessure de ce dernier et laissant couler à nouveau son propre sang sans que cela ne l'affecte visiblement. Sous vos yeux, il coagule presque instantanément, couvrant l'organe manquant à présent et devenant un bandana de tissu d'un noir de nuit lui barrant la plaie. Les estafilades que vous avez prit un soin infini à soigner se mettent à fumer, d'une nappe sombre qui recouvre les tissus de change dont vous l'avez couverte, les façonnant en un nouveau tout, identique au kimono de combat que vous aviez retiré l'instant d'avant.

Votre fatigue ne peut pas être la cause de ces illusions, elles sont trop réelles, répondant en partie à votre question sur la nature de la jeune femme. Elle se relève, indemne, sous votre regard interloqué. Fait jouer de ses articulations comme pour se décrasser. Puis elle se retourne vers vous, vous détaillant de son œil unique dont l'iris vous paraît à présent tinté de sang. Elle se rapproche de vous, s'agenouillant d'abord et collant presque son visage au votre, un sourire doux sur ses lèvres.

Vous sentez son souffle sur vous, incapable du moindre geste devant ce spectacle impossible. Elle cherche quelque chose de ses mains dans votre dos et recul enfin, satisfaite de sa trouvaille, ou plutôt ses. Dans ses mains, ses armes qu'elle avise un court moment avant de les glisser dans un obi lui ceignant la taille et qui n'existait pas l'instant d'avant. Puis elle se relève enfin, vous dominant de sa position, mais sans la moindre agressivité dans sa posture.

Abe no Miwako, onmyouji du clan Kenshu, tu n'as rien à te faire pardonner. Pas à moi en tout cas. Je n'ai plus la patience de te préserver de la réalité, malgré la chaleur que tu apportes à mon cœur par ta pureté. Alors je vais te répondre, prêtresse du Tigre. Je ne suis ni un Yokai ou du moins, pas selon ta définition de ce terme, ni un Kami ou plutôt, pas si l'on considère ton savoir à ce sujet. Je suis l'incarnation d'un concept. Il m'est difficile d'être claire avec cela et je voulais t'en préserver, mais tu ne me laisses pas le choix. Considères moi simplement comme une entité spirituelle, comme tu le dis, dont les pensés de l'humanité ont permis de prendre forme physique.

Elle marche alors, de long en large, sans que son œil ne vous quitte, son sourire chaleureux se change parfois en quelque chose de plus moqueur, mais sans méchanceté.

En ce qui concerne la Lune, tu la nomme Yumigami. Le Soleil est Amaterasu selon tes propres croyances. Ah... Je n'aimes pas ces noms... On ne nomme pas ce que l'on ne peut pas comprendre... Enfin...

Elle hausse les épaules et poursuit tout en se rapprochant à nouveau de vous, s'accroupissant à portée de bras, une nouvelle expression lasse sur le visage :

Témérité, impétuosité et Courage sont des termes puissants. Les guerriers de Kousen se pensaient impartie de ce dernier concept et ils furent punis pour cela... L'Ombre était couarde, elle... L'Ombre de Kenshu... Ce satané Jonin.

Elle grimace à l'évocation de ce dernier puis reprend à nouveau, souriante :

Toi... Tu m'as changée, m'a fait me souvenir de qui j'étais avant que les hommes ne me souillent. J'étais sincère lorsque je souhaitais t'aider en retour de ce que tu as fait pour moi et je le suis toujours. Mais tu ne sembles pas aussi simple à cerner que ce que je croyais. Tout cela est un peu flou pour moi, mais je vais faire en sorte de t'apporter les réponses que tu cherches avant que tu ne tombe de fatigue... Car cela va arriver, je le vois dans ton regard, tu as déjà du mal à suivre mes propos.

Elle passe une main sur votre joue, puis une seconde, votre visage entre ses doigts fins, son expression est étrangement reconnaissante et affectueuse.

Soit précise et concise, tu ne tiendras plus longtemps à ce rythme là. Je prendrais soin de toi alors comme tu l'as fait pour moi... Allez, je t'écoutes, Miwako-chan... Je te dois bien cela.
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MessageSujet: Re: [Event - Terminé] Les murmures du Destin. Sam 16 Mai - 3:10

Miwako voulut empêcher la blessée de se frotter les yeux, mais n’eut pas le temps de le faire. Sous ses yeux stupéfaits, le sang se changea en bandana, puis en vêtements. L’onmyouji resta muette de  stupeur, mais également de fascination. Les yokais et leur pouvoir l’attiraient depuis qu’elle était toute petite. Ces créatures étaient bien plus proches des kamis que ne le seraient aucun humain, exception faites des Kannushis. Ils étaient tellement loin de l’humanité, compréhensibles et pourtant insaisissables, bien plus fort que le plus puissant des guerriers et si vulnérables face aux sentiments des gens. Il y avait tant de paradoxe chez ces créatures, cela donnait le vertige. Plus Miwako en avait appris sur eux, plus les questions s’étaient faites nombreuses et sans réponse, plus elle était tombée sous leur charme.

Benihime-don s’approcha et la jeune femme se mit à rougir lorsque leurs visages furent proches. La prêtresse ne laissait que rarement des gens s’approchaient. Elle avait peur qu’en bougeant, elle ne brise cette magie, qui lui faisait même oublier sa fatigue. Un sourire doux se traça sur les lèvres de la religieuse en réponse à celui de son interlocutrice et elle lui laissa reprendre ses armes. Miwako savait que cette femme ne lui ferait pas de mal, elle la laissa donc les prendre sans crainte.

Les révélations de Benihime l’étonnèrent. L’onmyouji avaient déjà vu dans les palais de petits yokais, qui n’avaient même pas de nom car trop peu puissant, issues de ressentiment des humains. Elle avait croisé des objets devenus entités spirituelles après avoir vécu suffisamment longtemps...Mais un concept ?! L’être en face d’elle paraissait si puissant.
Miwako ne doutait pas de la véracité des propos de son interlocutrice. Les concepts étaient liés à des sentiments forts, ils pouvaient même rassembler des masses. Ce n’était donc pas impossible que des idées donnent naissance à des yokais, ou une entité spirituelle. Si cette dernière ne voulait pas être associée aux yokais, l’onmyouji n’allait pas la contrarier.

La fatigue, effacée quelques secondes par la stupeur, ne tarda pas à revenir. Miwako bailla et ses épaules se voutèrent alors que son interlocutrice confirmait ses soupçons. L’entité lui parlait bien de leurs Kamis, c’était leur conflit qui causait un impact sur leur terre. Yumigami, Amaterasu, yokuni. Le lapin voulait s’approprier ce que la louve blanche avait, le sommeil des hommes. La prêtresse porta la main à ses lèvres de surprise, n’osant finir totalement le fil de sa logique. Il n’y avait pourtant pas d’autre problème pouvant impliquer ces deux divinités et leur terre : Yumigami voulait yokuni, gouverné à l’heure actuelle par Amaterasu.

Si cette première information fut difficile à avaler, Miwako n’eut pas beaucoup de temps pour la digérer. Les mots s’enchaînaient dans la bouche de son interlocutrice et firent mal à l’onmyouji. Si l’ombre désignait le Jonin qui protégeait la population...alors elle, elle avait sauvé l’entité qui avait perpétré le massacre dans cette ville. Qui n’aurait pas été blessé par cette information ? Pendant que Benihime lui disait qu’elle l’avait purifié avec le sourire, les larmes montèrent aux yeux de la demoiselle. Pourquoi était-elle arrivée si tard.
L’onmyouji n’avait pas peur de la femme à l’œil rouge sang en face d’elle. Une entité, non agressive envers les humains, pouvait devenir meurtrière si elle était corrompue. Ce qui était terrible dans ces cas-là, c’était qu’elle n’était alors pas responsable de ses actes. La corruption forçait les créatures à agir, même contre leur nature première et le plus doux des gardiens se transformait en terrible meurtrier à cause de cette dernière. Tant de mort aurait pu être évité, si elle avait pu empêcher Benihime-dono d’être corrompue.

Miwako sursauta au contact de la main de l’entité, un sursaut de surprise avec un peu de peur. L’onmyouji lu pourtant l’affection que lui portait la créature. La jeune fille lui prit alors la main en signe d’excuse et lui rendit un sourire triste et tendre. Elle ne pouvait pas se laissait abattre par ces révélations, elle devait montrer à Benihime–dono qu’elle avait bien fait de tout lui dire. Malgré la fatigue et les cernes, le regard de la religieuse avait retrouvé leur détermination, sa volonté de protéger tout le monde était intacte.
Onji et Hono arrivèrent à ce moment-là. Ils ne furent pas surpris de voir l’entité en parfaite santé. Ils firent la tronche d’avoir perdu du temps à chercher des objets pour rien. Le gardien de la terre fut plus inquiet lorsqu’il vit le visage de sa protégée. Il ne savait pas ce qui avait failli la faire pleurer, mais cela n’annonçait rien de bon.

« Benihime-dono votre réveil est dû à la tentative de yumigami de prendre yokuni ? »

Onjidashu sembla mécontent. Le protecteur de la terre n’aimait pas manquer les révélations importantes. Honogosha regarda son collègue surprise. La gardienne des flammes n’arrivait as à croire qu’ils aient ratée quelque chose d’aussi énorme.
Miwako lâcha calmement la main de l’autre femme et se leva pour se diriger vers sa monture. Les onmyoujis pour protéger les humains, protégeaient aussi les yokais et les kamis. Lorsqu’ils parlaient de purifier une entité, ils ne la tuaient pas forcément. Dans certains cas, ils leur faisaient simplement retrouver leur nature première. La souillure pouvait toucher toutes les entités spirituelles, les purifier faisait partie des devoir de la caste des religieux, de l’apprenti du temple, jusqu’aux kannushis en personne. Beaucoup de temple avait au moins une cérémonie pour cela et les religieux connaissaient de nombreux rites et formules pour protéger leurs kamis ou des yokais gardiens.  

« C’est vous qui avez perpétré ce massacre, n’est ce pas ?»

La jeune femme commença à fouiller dans le baluchon, pour trouver des talismans de protections. Elle tira la liasse de talisman alors que ces deux gardiens grognèrent de manière plus agressive. Miwako se précipita sur eux, pour les caresser afin de les apaiser.

« Hono, Onji surtout pas. Elle ne l’a pas fait volontairement, pas sous sa forme actuelle en tout cas. Elle était corrompue par la violence alors s’il vous plaît, calmez-vous. N’offrez pas un autre chemin à cette dernière. »

Les deux gardiens comprirent les paroles de leur maîtresse et changèrent de postures. Ils étaient toujours inquiets, ce sentiment était dû à leur amour pour l’onmyouji et leur volonté de la protéger. La religieuse leur posa un léger baiser sur le museau, pour les rassurer et continua à les caresser. Ils  firent alors l’effort de calmer leur crainte, par respect envers Miwako. En tant que gardiens, ils devaient se fier au jugement de leur maîtresse. Elle se tourna ensuite vers l’entité, qui ne pouvait pas deviner ses pensées.

« J’aimerais que ce qui s’est produit ici ne se reproduise plus Benihime-dono. Je veux protéger les gens autant que les yokais, alors je ferais tout pour que vous ne soyez pas souillée à nouveau, qu’autant de sang ne soit plus versé par vos mains. J’irai chercher une solution à l’impact de ce conflit divin sur nos terres et j’aimerai bien que vous m’aidiez dans cette quête.»

Le discours était décousu et la fatigue n’aidait pas Miwako à rester cohérente. Elle parlait sincèrement, à coeur ouvert, en espérant que ses sentiments atteignent son interlocutrice.

« Les Kamis m’ont guidé jusqu’ici avec un mot en indice : sagesse. C’est à l’opposé de la vengeance aveugle. Je suis certaine que notre rencontre nous permettra de trouver une solution. Dites mois où avait vous ouvert les yeux précisément ? De quel concept êtes-vous issue ? »

L’onmyouji avait encore bien d’autres questions. Benihime avait toutefois raison, sa fatigue allait bientôt avoir raison d’elle. La jeune femme voulait à tout prix avoir les réponses à ses questions. Elle espérait trouver dans ces dernières des indices pour agir à présent qu’elle comprenait les origines du problème.

Miwako savait qu’elle pouvait également faire une dernière chose avant de s’écrouler. Les talismans toujours dans la main, la jeune femme récita deux fois une formule et deux des talismans se transformèrent en des sortes de poupées. La religieuse fit une grimace, elle aurait voulu transformer les 13 talismans dans sa main, mais elle n’avait plus assez d’énergie. Elle devait se contenter de cela pour l’instant. La religieuse se dirigea alors vers l’entité, alors que cette dernière répondait à ses questions. La demoiselle enregistrait les dernières informations pour pouvoir agir à son réveil et posa délicatement les poupées dans les mains de Benihime en récitant une dernière prière.

« Je compte sur vous pour veiller sur mon sommeil et gardez ceci pour vous protéger. »

Murmura la jeune femme avant de s’écrouler sur la demoiselle à l’œil couleur sang, la fatigue l’avait emporté avec ce dernier sort. Onji ne put s’empêcher de soupirer, alors qu’Hono inquiète eut un léger glapissement.

« Si elle ne vous explique pas comment ils marchent, ils ne seront pas très efficaces. »

Le gardien hochait la tête en signe de négation, mais il la regardait avec un œil tendre. Il se demandait jusqu’où allaient la confiance et la tendresse de sa maîtresse. C’était cette volonté de protection absolue qui l’avait séduit et décidé à devenir son gardien, c’était pourtant cette même volonté absolue qui lui donnait le plus de boulot et d’inquiétude. Le kirin de la terre ne bougea pas en respect à la dernière consigne de l’onmyouji. Cela lui faisait mal de l’admettre, mais elle avait demandé à Benihime de veiller sur son sommeil pas à eux. Honogosha ne pouvait pas respecter un tel souhait aussi elle arriva aux côtés des deux demoiselles. Onjidashu rajouta calmement à l’attention de Benihime

« Les talismans qu’elle vous a donnés protègent les yokais et les kamis. Ils demandent cependant d’avoir des idées claires sur son identité. Si vous considérez quelque chose comme impure alors cela sera aspiré par la poupée au lieu d’envahir votre corps, mais ce sera seulement ce que vous considérez comme de la souillure. Si jamais vous placez mal votre barrière mentale, alors vous permettrez à la corruption d’entrer. Ce sort sera donc plus ou moins efficace selon votre force. Il y a aussi une limite, les poupées ne se remplissent pas à l’infini. De plus, Le sort se lance normalement avec 13 poupées et elle n’a pu en faire que deux, il est donc moins puissa... »

« Onji, il faut d’abord la mettre à l’abri ! Elle risque de tomber malade à dormir ainsi ! »

L’interrompit brutalement la gardienne des flammes, plus préoccupée par la santé de l’onmyouji que par l’état de Yokuni ou les actions de sa maîtresse.

« Il faut la mettre  l’abri et il faudra la placer contre moi, mes flammes la réchaufferont. »

Les paroles de la gardienne de feu étaient des impératifs et ne souffraient d’aucune contestation ou même de retards. Onjidashu rajouta plus calmement.

« Faisons comme cela et je vous propose de continuer la discussion à son réveil. Miwa est grognon quand elle loupe des informations importantes. »

Termina-t-il sur un ton plus moqueur.



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MessageSujet: Re: [Event - Terminé] Les murmures du Destin. Lun 25 Mai - 18:18


Vos réactions l'étonnent, c'est évident. Au fur et à mesure que vous acceptez et mesurez ses propos, elle se rapproche de vous, toujours plus chaleureuse, dans son œil ne brille plus qu'un sentiment unique, une certitude et autre chose qui ne vous est pas familier. Vous lui prenez les mains comme pour la rassurer, elle sert les siennes autour des votre, comme si elle eut peur un instant que vous ne disparaissiez. Elle attend vos questions avec une patience infinie et ne semble pas affectée un seule instant lorsque vous faites cas de sa responsabilité dans le massacre des guerriers de Kousen.  Elle s'installe devant vous, sans vous quitter de son regard unique, une expression de gêne face à quelque chose qu'elle ne comprend pas elle-même à son propre sujet, mais qui ne l'empêche guère d'accéder à votre curiosité, comme elle l'avait promis.

J'ai simplement vu l'opportunité dans l'ouverture sur votre monde. Le lapin ne nous contrôle pas, moi et mes pairs, j'ai fais ce choix par défi et par envie, je ne voulais pas non plus rejoindre ses esclaves dans leur pitoyable volonté de destruction.

Elle vous laisse vous relever, préparer ce que vous tentez péniblement de faire, sans vous quitter de son unique iris ni ne se départir de son expression à votre égard. Ce qui est d'autant plus étrange lorsqu'elle accède à votre seconde interrogation, car elle ne montre pas le soupçon d'un regret :

Hai, c'est bien moi. Je n'ai pas contrôlée ma chute et il n'y eut pas la moindre tentative de savoir ce que j'étais, quand bien même aurait-il pu comprendre quoique ce soit, de toute façon. J'ai lu dans leurs yeux ce qu'ils pensaient être du courage et j'ai conçu là leur faiblesse. Tous autant qu'ils étaient dénaturaient mon âme, le sang tapisse à présent le sol de leur ancêtres pour avoir osé cela.

Elle ne paru pas le moins du monde inquiète des attitudes de vos deux protecteurs, comme si un souffle de sa part aurait pu les anéantir dans l'instant. Préférant à cela le simple fait de rester assise, curieuse de ce que vous vous apprêtez à faire, sans vraiment comprendre où vous voulez en venir. Elle poursuit alors le cheminement de ses réponses, se penchant vers votre direction comme une amante éperdue attendant le retour de son doux et tendre.

Je te l'ais dis, Miwako l'omnyouji, je veux t'aider. Mais ce que tu sembles chercher est bien au-delà de nos capacités, à toi comme à moi-même. La faille est ouverte, si tu souhaites faire cesser cela, il te faudra trouver un moyen de la fermer je suppose, si cela est possible, car je ne vois pas comment une mortelle, même soutenue par un concept incarné, pourrait un instant espérer contrer le pouvoir d'un Kami de la trempe de Yumigami. La seule fois où ses plans ont étés contrecarrés, ses frères et soeurs étaient de la partie. Sans eux... Je ne sais pas ce que serait devenu votre monde aujourd'hui... Certainement moins intéressant en tout cas.

Elle vous avise alors, presque inquiète de votre état, s’aggravant sous ses yeux. Fait mine de se relever à plusieurs reprises, juste au cas où vous vous écrouleriez devant elle, mais vous tenez bon, ravivant la flamme derrière son iris. Elle se mord délicatement la lèvre inférieure tout en souriant en vous voyant ainsi vous démener.

Comme je le disais, j'ai passé le portail et je suis tombée ici. Ce qui correspond le plus à ce que je suis...

Elle se prit le menton dans une main, levant son œil au ciel comme pour y trouver la réponse idéale.

Vous avez une série de lois. Ou d'idées. Celles que vos guerriers pensent suivre avec ferveur, mais que si peu d'entre eux comprennent vraiment. Les tiens appellent cela le Bushido. Je suis née de ce qui correspond le plus à ... ... Le Courage. J'ai une compréhension limitée de ma nature, mais si je devais la considérée par un seul terme, ce serait celui ci. Cependant, je constate depuis des siècles et ce bien avant ma prise de conscience d'être, que ce qui m'a fait naître est aujourd'hui bien différent. Impulsivité, Témérité, Impétuosité ont remplacés et dominent le cœur des hommes à présent. Je suis là pour écraser ceux qui écrasent. Dominer ceux qui dominent. Et être le miroir de cette idée qu'ils ont souillée.

Elle vous détaille alors que vous revenez vers elle, acceptant vos talisman dans ses mains dans un sourire révélant une rangée mutine de dents. Vous réceptionne parfaitement alors que vous sombrez dans l'inconscience et vous sert contre elle comme si vous étiez le plus fabuleux des cadeaux tandis que vous vous assoupissez. La dernière chose dont vous vous souvenez alors est le contact de sa main dans vos cheveux et le regard qu'elle vous adresse. Elle s'appelle Ai. Aussi simplement que l'amour que vous portez à tout les Yokaïs, elle vous en voue un exclusif et unique, sans la moindre ironie que ce prénom aurait pu avoir.

***

Lorsque vous vous réveillez enfin, vous êtes alitée et parfaitement soignée, vos deux gardiens trop heureux de vous revoir émerger. à votre chevet, le deux poupées offertes à Ai sont là. Mais il ne subsiste aucune trace de cette dernière, si ce n'est sa propre odeur sur vous-même. Vos deux compagnons se montrent pudiques en ce qui concerne ce qui s'est produit depuis votre chute dans l'inconscience.

Mais ils vous annoncent qu'elle est partie afin de chercher ses propres réponses et qu'elle reviendra vite vers vous, ne pouvant pas concevoir d'être séparée de votre présence trop longtemps. Ses derniers mots, selon vos kirins, étaient pour vous à nouveau. Vous suppliant de lui pardonner son départ, et de vous rendre grognonne. Lorsqu'elle reviendra, elle fera tout pour vous rendre heureuse.

[Fin de l'Event ici. Suite à ce message, tu as un tour optionnel pour réagir. Le personnage de Ai sera bientôt présenté dans les PNJ du forum et je m'en garde le secret de ses pensés. Tu pourras la considérer comme un lien pour ton personnage dès lors. Félicitations en tout cas !]
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MessageSujet: Re: [Event - Terminé] Les murmures du Destin. Dim 31 Mai - 19:38

L'onmyouji était trop fatiguée pour réagir en conséquence des réponses de son interlocutrice, toute sa concentration et son énergie étaient uniquement occupées à faire ce qu'elle devait faire dans cette situation. L'entité face à elle confirma bien ses propos, Miwako avait fait les bonnes déductions. Il y avait cependant des nuances et des précisions qu'elle lui apportait et Miwa devait retenir avant de s'effondrer. La religieuse tomba dans les bras de Benihime. Miwa sentit toute la tendresse de la créature et même l'amour qu'Aï semblait avoir développé. Elle dormit paisiblement et longtemps, la jeune femme avait des heures de sommeil à rattraper au vu de son rythme de ces derniers temps. Elle se reposa mieux que toutes les nuits de ces derniers jours.

A son réveil, Hono et Onji se levèrent immédiatement et vinrent coller leur museau sur le visage de la demoiselle. Miwako les caressa pour les rassurer. Chaque fois qu'elle employait ce don, ils avaient la même inquiétude et lui faisaient le même accueil joyeux et soulagé, comme s'ils avaient peur que ses yeux ne s'ouvrent plus. La jeune femme chercha du regard Aï et fronça ses sourcils quand elle ne la vit pas dans la pièce. Ces gardiens furent étrangement muets à ce sujet, ils se contentaient de transmettre les messages du concept incarné. Miwako se leva et prit doucement une poupée.

"Elle aurait pu au moins en conserver une..."

Murmura-t-elle alors que ses doigts glissaient délicatement sur l'objet. La demoiselle sentait son estomac se contracter. Dans les réponses d'Aï il y avait pourtant des éléments rassurants, comme le fait qu'elle soit le concept du courage, que ses actions étaient réellement liées à une souillure. Il y avait pourtant un mais, un petit mot qui laissait entrer tant d'inquiétude. Benihime avait aussi affirmé qu'elle serait un miroir et ne ressentait clairement aucun regret. Il n'était pas improbable qu'elle en face d'autres morts. Si des gens l'attaquaient, elle riposterait. Ce n'était cependant pas le point le plus angoissant. Miwako craignait qu'un autre massacre comme celui de Kousen se perpétue. La demoiselle savait qu'en cas de récidive, elle n'aurait pas le choix: elle devrait sceller Aï Benihime. La religieuse ne se faisait pas trop d'illusion, cette entité était très puissante, le comportement de ses gardiens le révélait assez. L'onmyouji se doutait qu'elle n'aurait pas la puissance nécessaire pour purifier ou bannir la femme issue du courage. Il était plus facile de sceller les entité trop puissante, c'était aussi une spécialité des gens de sa profession.

"Remarque elles ne lui étaient probablement pas utiles."

Rajouta-t-elle avec un soupir déçu, les doigts s'étaient crispés sur les poupées. Elle pensait que sa dernière action avait été importante, alors qu'en réalité non. C'était un peu vexant et décevant, mais pas plus que la tournure de ses pensées. La jeune femme ferma les yeux et remua la tête. Cette manière de penser n'était pas digne des choix qu'elle avait faits. Elle avait décidé de faire confiance, de garde le courage nécessaire pour cela. Aï, incarnation même de ce concepte,  méritait plus que quiconque que l'onmyouji lui accorde cette dernière. Benihime pouvait tuer certes, mais elle lui avait aussi montré qu'elle pouvait aimer. C'est à ses derniers gestes qu'elle devait se fier et ses derniers mots. Elle lui avait promis de la rendre heureuse. La tournure de la phrase amusa Miwa et un sourire éclaira enfin son visage. La religieuse que les mots transmit par ses gardiens n'étaient pas des paroles en l'air et Ai savait qu'elle ne pourrait pas rendre l'onmyouji heureuse, si elle perpétrait un autre massacre. Cette raison semblait fragile et fine, mais Miwako décida de croire en cette dernière.

Les gestes de la jeune femme étaient devenus plus doux, son visage avait retrouvé sa sérénité habituelle. Un sourire s'afficha sur le visage de la demoiselle, alors qu'elle posa la poupée bien en évidence sur un bureau. Elle avait pris sa résolution et retrouvé son calme, elle se tourna vers les deux kirins.

"J'espère qu'elle trouvera les réponses à ses questions."

Honogosha eut un sourire presque arrogant.

"Bien sûr qu'elle les aura, c'est une entité supérieure aux humains."

Sa réponse fit rire l'onmyouji et la gardienne des flammes en fut heureuse. La Kirin de feu avait obtenu la réaction qu'elle voulait. Onji plus calme rectifia légèrement le tir.

"Hono a partiellement raison."

Miwako se leva pour caresser ses deux protecteurs. La jeune femme avait tellement de chance de les avoir pour gardien, en duo comme cela ils étaient amusants et touchants.. Heureuse elle ajouta

"Merci tous les deux...et puis merci de m'avoir ramené à la maison. Je ne sais pas comment vous vous y êtes pris tous les trois, mais vous avez réussi à ne pas me réveiller."

Onji et Hono prirent un air un peu mystérieux, l'onmyouji sut qu'elle n'aurait pas le rapport complet de son voyage de retour.

"Vous avez fait attention à être discret un minimum au moins? Les gens sont suffisamment troublés en cette époque."

Hono s'esclaffa, apparemment une au moins s'était amusée durant le périple. Onji semblait un peu plus dépité, il n'aimait pas échouer. Miwako déduisit qu'ils avaient essayé d'être discrets, mais qu'ils avaient dû être vus d'une manière ou d'une autre. La religieuse poussa un soupir avec un sourire. Elle était un peu exaspérée et un peu amusée de la situation, toutefois elle ne voulait pas en savoir plus.

"Nous avons fini le chemin dans la capitale seuls, il était plus prudent qu'Aï n'approche pas trop la demeure familiale"

Miwako approuva d'un signe de la tête. La famille Abe no était sur le pied de guerre en ce moment et vu le passif d'Aï, ce n'était pas le bon moment pour la présenter à la famille. Il était préférable que l'onmyouji leur raconte toute l'histoire avant qu'ils ne se rencontrent. Les traits de la jeune femme se firent soudainement plus préoccupés.

"Combien de temps ai-je dormi?"

"Plus longtemps que d'habitude, c'était inquiétant. Ton père et ton-grand père voudront probablement entendre ton rapport sur la situation ce soir, tu devrais cependant leur envoyé un messager pour leur ton réveil. Ils s'inquiétaient pour toi. "

La jeune femme hocha la tête puis appela des serviteurs de la maison. Ils furent soulagés de voir la jeune demoiselle réveillée, ils avaient été tellement inquiets quand ils l'avaient amené endormie dans sa chambre. Miwako leur fit son sourire le plus rassurant. La plupart des serviteurs de la maison la connaissait depuis qu'elle était toute petite et la majorité l'appréciait. Elle leur demanda d'envoyer des gens prévenir son père et son grand-père, de préparer un bain et une tenue de rechange et également de lui amener de quoi écrire. Ils lui confirmèrent qu'ils avaient vidé son sac de voyage sous l'ordre d'un de ses oncles, car normalement ils avaient interdiction de toucher aux affaires des onmyouji quand celles-ci étaient liées à leur profession. C'était une simple question de sécurité.  Miwako secoua la tête alors qu'ils partaient exécuter ses ordres.

"J'ai dormi bien trop de temps, alors que la situation presse."

Il y avait quelques temples isolés dans les montagnes près de Kousen et l'onmyouji leur adressa un message avec le matériel qui arriva bien vite dans sa chambre. Elle leur fit part de la situation de la ville de Kousen et qu'ils devaient venir dans la cité en urgence pour s'occuper des morts. Elle leur affirma, sur son nom et son honneur d'onmyouji, que l'entité responsable était à présent hors de la ville et que tous pouvaient y revenir en paix et sans crainte. Elle les informa également que l'Ombre de Kenshu, le Jonin était peut être encore dans les parages, ainsi que des réfugiés. Elle leur demanda d'envoyer au moins un messager à leur recherche pour les trouver,  les informer de ce qu'elle disait dans la lettre et qu'enfin les habitants puissent regagner leurs demeures.  Miwako avait retrouvé son énergie, aussi put elle leur envoyer ces messages sous la forme de shinigamis. Les destinataires étaient des religieux, elle savait qu'il y aurait parmi eux des gens capables de réceptionner ce genre de message un peu particulier. C'était dommage que ces derniers ne soient utilisables qu'entre gens initiés, presque du gâchis.

Une fois les shinigami parties, elle se dirigea vers son bain et passa une tenue propre. Elle se dirigea vers la réserve pour remplir son carnet avec les derniers évènements. Elle discuterait ce soir des actions que pouvait entreprendre la famille Abe no, il était temps à présent de bouger.



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