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 [Event - Terminé] Et si...

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Souteigai

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MessageSujet: [Event - Terminé] Et si... Mer 17 Déc - 1:09


La lumière est intense et vous irradie jusqu'au fond des rétines. Asagiri disparaît sous un halo tel que plus aucune couleur n'a d'attache en ce monde autre qu'un blanc immaculé. Poussée par ce fait, vous vous protégez la vu et votre œil valide unique, incapable de s'adapter à l'immensité de l'éclat. Votre bras vient en renfort et vous vous isolez dans l'ombre totale et artificielle apportée par vos paupières et vos propres mains. Agissant inconsciemment, ce n'est qu'après un long moment que vous vous rendez compte que vous êtes devenue aussi bien hermétique à la lumière... qu'aux sons.

Enfin frappé par ce fait, vous rouvrez les yeux dans l'urgence. Ce qui se découvre à votre regard n'a rien de la cité qui était en proie aux Nues l'instant d'avant. Le temps est radieux et la bourgade où vous vous trouvez n'est pas Asagiri, sans le moindre doute possible. Vous sentez l'herbe sous vos pieds, sa douceur vous fait sourire sans que vous n'ayez le moindre contrôle sur vos pensés. Mais votre logique implacable de Général des armées des brumes passe outre le sentiment de bien-être qui s'empare de vous. Si vous ressentez les choses ainsi, c'est que vous n'êtes plus sur la muraille de la ville, ni non plus chaussée...

à dire vrai, vous ne vous êtes pas sentie aussi légère depuis... Jamais, ou du moins, vous ne sauriez le dire. Puis vient une nausée. Elle vous assaille brièvement, vous poussant à poser un genoux à terre. Vous ne vomissez pas et vous tentez de comprendre ce qui vous arrive. Vos deux mains sont à plat au sol et vous les fixez un instant avant que tout de devienne clair, car ceci ne peut être vrai. Le souvenir est lointain, mais il revient vite, comme si c'était là le naturel des choses... Les perspectives, votre équilibre...

Vous avez vos deux yeux en parfait état de marche.

Un appel au loin. Pas de "Taisho", pas de "Dame Kasuga"... Juste un cri fort, une voix que vous n'êtes pas certaine de reconnaître qui vous appelle simplement par votre prénom. Le village se dessine à l'horizon et en son bout, un homme de haute stature et un jeune enfant, du moins, c'est ce que le Soleil vous laisse entrevoir. On vous attend au bout de ce chemin... L'homme est un lointain souvenir, un premier amour, l'enfant a ses traits... Et les vôtres aussi.

Un vent froid vous dérange derrière vous, et la lumière semble peiner à irradier par delà votre position, mais au devant, en direction de la ravissante cité, de l'amant et du chérubin, une chaleur à laquelle vous vous pensiez interdite vous accueille.


Dernière édition par Souteigai le Sam 11 Avr - 0:50, édité 1 fois
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Kasuga Riyu

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MessageSujet: Re: [Event - Terminé] Et si... Jeu 18 Déc - 1:05


La foule était en colère et Riyu ressentait son horrible pression sous le ciel gris et plein de nuages. Ses cheveux claquaient au vent comme une bannière tandis que les okarutos lui adressaient des regards haineux. La Dragonne avait froid. En vérité, elle était frigorifiée mais se gardait bien de le montrer. Elle avait peur de la foule, jouait de son charisme et de sa prestance comme elle le pouvait sur cette dernière, et celle-ci était tétanisée de ne pas avoir le choix. Si ce n'était celui de sa mort.

En effet, les habitants furieux d'Asagiri tentaient de choisir en ce moment s'ils attendaient que la maladie les détruisent à petits feux ici ou s'ils périraient par les armes de l'armée Okaruto. C'était malheureux, mais Riyu ne pouvaient se permettre de les laisser sortir de la ville car ils pourraient contaminer tous les domaines, si ce n'était pas déjà fait...

Elle attendait donc de voir pour communiquer ses ordres. Derrière elle, par delà la muraille et selon ceux-ci, des rangées de soldats se tenaient prêts à réceptionner les civils, mais si elle pouvait les contenir dans la ville en évitant de les blesser, elle en serait absolument ravie. Son honneur avait déjà pris trop de coups ces temps-ci. Elle n'avait certainement pas besoin de ça. Elle en avait des frissons, des sueurs froides.

Et soudainement, Riyu fut arrachée à la scène par une très vive lumière, la faisant lentement sombrer dans l'inconscience et dans la panique tandis que les Nues courraient sur les civils, que les flèches fusaient sur les créatures...

Elle sentit son épaule cogner subitement le sol dallé de la muraille sans pouvoir réagir, entendit les cris de paniques et de surprises mêlées des soldats et des civils. Tout lui parut si lointain et tout fila entre ses doigts.

Même son propre esprit.

***


Prise d'une légère et irraisonnée euphorie, Riyu courrait sur l'herbe grasse d'une Kasu éthérée. Son léger kimono immaculé ne la privait pas des rayons envoûtants et ravissants du soleil d'été et elle s'étalait de tout son long sur l'étendue la plus illuminée qu'elle trouva en riant. Elle était retournée en enfance, se contentait de peu pour sourire de toutes ses dents. Le Dragon en elle s'était assoupi. Le Dragon ?!

Cette prise de conscience subite la fit se relever de surprise et lui provoqua un affreux mal. Alors, elle s'agenouilla à demi, ployant sous la souffrance. Elle suait à grosses gouttes, celles-ci s'écrasaient sur une pierre, elle comprit. Ne put le croire, observa encore sa sueur, la perspective avec laquelle l'humidité coulait du bout de son nez, sa double image... Riyu avait recouvré la vue de son œil droit !

Son cœur se mit à battre à tout rompre. A absolument tout rompre. Elle était en proie à la panique. Où était-elle ? Que lui arrivait-elle ? Encore un cauchemars ? Mais celui-ci avait l'air si réel ! Elle savait qu'elle avait perdu son œil, elle en avait l'intense conviction ! De la main de son père, un coup de katana net et propre mais empli d'une rage profonde, lors de sa vingt-cinquième année. C'était évident, bon sang !

Elle grinça des dents et s'agenouilla tout à fait tandis que des larmes de panique montaient à ses yeux. Une voix forte mais étrange la héla, elle tourna immédiatement la tête vers la source de cet appel, son regard doré complètement hagard et si humain, si innocent maintenant...
Son cœur rata un battement.

"Kakeru..."

Il était là, devant elle, seulement distant de quelques mètres alors que la mort les avaient séparés plus tôt. Et avec lui, leur fils, celui-même dont elle avait rêvé pouvoir lui offrir avant qu'il ne passe de l'autre côté.

Non....
"Kakeru..."
Non !

S'entendre gémir si pitoyablement le nom de son aimé, mort mais vivant, était une torture de plus. Elle dégagea son regard lentement et avec grande peine de la silhouette et se prit la tête entre les mains. Un torrent de larmes inonda tout de suite son visage tandis que Riyu se berçait inconsciemment afin de se rassurer. Elle jetait sur le sol un regard fou. Elle ne savait plus. Elle n'était plus qu'un navire sous la tempête. Désespérée.

Pour se donner une contenance, comme un dernier espoir avant de sombrer, elle chercha sous le tissus la cicatrice sur son épaule droite, faite de la même balle qui avait transpercé la poitrine et pris la vie de Kakeru. Le coup avait été si puissant et le poids de son corps avait été si lourd, son sang si chaud et si difficile à nettoyer.

Cette cicatrice, à l'origine de toutes les autres, n'était pas là. Elle n'avait jamais existé.

Son corps tremblait violemment. Ses yeux lui disait qu'elle n'était pas le Dragon mais elle en était persuadée. Elle n'avait pas pu donner naissance, elle ne le ressentait pas en elle, Kanata était passée par là, avait évincé cette possibilité par le feu de Moegami et par ce même feu, elle l'avait tué !

Qui est Kanata déjà ?

C'en fut trop. Alors qu'elle se dirigeait vers son amant, bafouée, vaincue et béate, la Dragonne ne dut son salut qu'à une bourrasque de vent frais derrière elle qui la fit frisonner et se prendre dans ses bras. La seule façon de lui faire un mal physique pour qu'elle se réveille de ce paradis-enfer était là, c'était si faible mais elle en avait tant besoin !

Immédiatement, Riyu prit la fuite à contre vent, tournant le dos à Kakeru et à son fils, filant à en perdre haleine, aussi vite que ses grosses larmes coulaient sur son visage pour ne rien regretter.

Comme si le bonheur la terrifiait plus que tout.
Comme si elle avait toujours rêvé d'autre chose.


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Souteigai

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MessageSujet: Re: [Event - Terminé] Et si... Sam 20 Déc - 22:32


Rien de lumineux ne parait exister dans la direction que vous avez prise. Les plaines sont battues par ce même vent qui vous refroidissait l'échine tandis que vos yeux retrouvés contemplait pourtant une promesse radieuse que vous avez purement refusé. En votre fort intérieur, vous savez que le demi-tour est impossible. Kakeru ne sera plus là, la bourgade ensoleillée n'existera plus si vous faites volte-face. En face de vous, le noir d'une nuit soudaine dont des nuages épais empêchent la lueur des étoiles d'éclairer votre chemin.

Vous êtes perdue et vous sentez plus lourde. La douceur de votre kimono blanc devenant plus rêche alors qu'une armure de samuraï vous recouvre peu à peu à chaque pas. Une pluie se met à tomber, résonnant sur les plaques du treillis de votre revêtement guerrier. Le bruit sourd des clapotis se multiplie, devient plus grave et un faible rayon de lune éclaire vos alentours. Vous n'êtes pas seule. Des guerriers, vêtus à votre image courent de concert à vos côtés. Des sashimonos claquent dans le soir, mauves et frappés du môn des Okarutos.

Vous chargez à leur côtés, galvanisée par vos frères et sœurs d'armes, chargeant un ennemi que vous ne voyez pas encore. L'infanterie du clan des brumes est redoutable, la pire qui soit dans tout Yokuni pour quiconque se dresserait contre les enfants de Kasugami. Vous plaignez les pauvres ères qui vous font face alors que votre cri ne peut s'empêcher de se joindre à celui des samuraïs à vos côtés. Le cri de votre général fait écho dans la plaine pluvieuse que des torches issues de nulle part viennent enfin éclairer.

Kakeru.

Le Taisho Kakeru.

Il ne vous regarde pas, ne vous reconnait pas et pointe son katana vers l'armée qui vous fait front. Et comme écho à son geste, la foudre déchire les cieux dans un fracas tonitruant et un éclat de lumière surnaturel. L'ennemi est découvert. Des fanions Or et ocre, frappés par le symbole des fils du tonnerre.

Kenshu est là.

Agresseur ou agressé, vous ne sauriez le dire... Mais les guerriers du Tigre sont nombreux et malgré la distance, vous êtes incapable de ne pas voir le commandant adverse. Géant parmi les hommes, revêtu d'une armure de plaques d'acier qui auraient pu recouvrir un régiment d'ashigarus tout entiers, son kabuto évoquant un fauve colérique dont la haine semble uniquement dirigée vers vous. Aucune arme n'est visible entre les mains du colosse, mais il charge de front sans la moindre peur, accompagné par ses propres hommes.

Le Tonnerre retentit à nouveau sans pourtant ouvrir le ciel de sa lueur.

Ou bien ce n'est pas la foudre... Mais le cri du monstre Kenshu. Un cri trop familier, vous décelez sous le mempo ennemi des yeux d'or qui jamais ne vous ont avisés autrement qu'avec chaleur, mais qui ne révèlent à cet instant précis qu'une colère aussi insondable qu'une faille béante ouverte sur le plus profond des enfers.

Vous êtes en première ligne, le Kenshu arrive en face à vive allure, sans avoir besoin de la moindre monture pour en égaler la charge. Derrière vous, un courant d'air glacial parvient à vous hérisser le poil malgré votre attirail, aucun homme de la brume ne semble se trouver dans votre dos.
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Kasuga Riyu

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MessageSujet: Re: [Event - Terminé] Et si... Lun 22 Déc - 2:13


Son cœur s'était brisé en milles morceaux suintant de regrets.

Riyu avait fui devant ce tableau éblouissant et réjouissant, ne l'avait même pas caressé alors que sa main avait été si proche. Elle se disait qu'elle n'aurait pu souffrir de perdre une nouvelle fois son précieux amant, celui-là, le premier pour lequel elle avait tant lutté, auquel elle avait voué un amour profond et pur.

Et cet enfant à son côté...D'où venait-il ? Pourquoi n'en avait-elle aucun souvenir concret ? Pourtant, l'accouchement était plein de souffrances, sa mère avait même perdu sa vie pour la mettre au monde. Alors pourquoi ? Tout cela était trop louche pour qu'elle puisse y croire. Des promesses de miel pour un avenir de fiel. Elle en était certaine.

Tout cela ne lui correspondait tout simplement pas.

Elle avait frissonné, mais sa fuite, d'abord chaotique, ensuite plus calme, l'avait réchauffée. Le vent était parvenu à sécher ses larmes et son esprit a quitté ses sombres pensées pour se concentrer sur son nouvel environnement.  Cette fois-ci, tout était noir. Et elle n'entendait que sa respiration.

Elle ne savait pas depuis combien de temps elle courrait ainsi et  se reposer  aurait été bienvenu pour tenter de garder les idées claires. Cependant, Riyu craignait que s'arrêter là, dans le noir le plus complet et prendre le temps de réfléchir n'aurait eu pour finalité que la destruction de son esprit. Alors, elle continuait à courir. Chacun de ses pas se fit plus lourd que le précédent tandis qu'elle sentait sur elle les poids réconfortants des pièces de son armure. Du Kabuto aux Suneate, qui la protégeaient de la pluie, du vent, des lames et des flèches. Mais pas de son cœur, ni de ses états d'âmes.

Sans même avoir eu le temps de comprendre qu'elle allait se battre, elle empoignait sa naginata et se retrouvait sur le champ de bataille, en compagnie de milles compagnons, sous une pluie battante et un gros orage. Elle chargeait un ennemi invisible, de nouveau sous l'emprise d'une transe sans logique. Les cris comme des rugissements fusèrent, tous plus assourdissant les uns que les autres. Ils vibraient à leurs oreilles comme leurs sangs bouillonnaient dans leurs veines.

Derrière eux, avec un regard d'acier aiguisé et d'une élégance rare, le jeune Kakeru pointait froidement son sabre vers leur ennemi et hurlait ses ordres. L'orage lui fit écho. La foudre surgit, éclairant l'emblème du Tigre et l'armée Kenshu pour longtemps et bien que les forces Okarutos s'en approchaient dangereusement.

Le commandant adverse était quelqu'un que l'on ne voudrait pas affronter en duel. Il dépassait d'au moins deux têtes ses subalternes et se rua avec eux ,et même le premier, dans la bataille. Il était si impressionnant et imposant que face à lui, Kakeru paraissait d'une maigreur et d'une pâleur maladive, tout juste plus solide qu'une brindille. Pourtant désarmé, le colosse balayait tout sur son passage et on eut juré, sous cette armure, qu'il était habité par Raijin lui-même. Il était la force et la brutalité personnifiées.

La foudre rugit encore, sans éclaircir la scène cette fois. Alors, Riyu, égarée dans la contemplation de l'officier ennemi, ressentit un nouvel haut-le-coeur. La prise de conscience fut difficile mais immédiate. Elle écarquillait ses yeux ambrés vers son adversaire, saisissant toute la gravité de l'instant.

Ce n'était pas le tonnerre qui avait retentit, mais Raiken qui avait hurlé !
 
Son cœur s'affola douloureusement dans sa poitrine tandis que le géant se déplaçait à une vitesse fulgurante. Elle avait compris qu'il ne serait pas son allié pour cette fois-ci, que ce Raiken là, qui portait les couleurs Kenshu, n'avait jamais été son second, qu'il ne savait pas qui elle était à part une cible à abattre et qu'il n'en avait sans doute rien à faire. Riyu savait également qu'il n'était pas tendre avec ses ennemis.

Et malgré tout cela, elle ne put s'empêcher de le trouver magnifique. Ses beaux yeux d'or, qui l'avaient toujours soutenue, la toisait maintenant avec la détermination d'un prédateur prêt à fondre sur sa proie. Elle le fixait également, mais d'un tout autre regard; celui d'une toute petite fille impressionnée  et bientôt seule dans l'ombre d'un grand fauve.

En outre, elle était si terrifiée que lorsqu'il fut devant elle, elle ne trouva pas la volonté de bouger, si ce n'était ses doigts pour trembler. C'est alors qu'il se prépara à la briser d'un seul coup, qu'elle se volatilisa. Résolue, à peine eut-elle le temps de retrouver l’entièreté de son corps, qu'elle disparut du regard de son ennemi dans un champ de brume.

Raiken était un fonceur, il ne se posait pas de question idiote et se battait vite et bien. Bien que Riyu refusait de le montrer, elle avait d'ailleurs toujours craint son tempérament et surtout ses capacités. Au point d'être persuadée de ne pas faire le poids si un jour, il venait à se battre sérieusement contre elle.
Bien sûr, cette situation était sérieuse, mais elle la redoutait beaucoup moins que perdre une seconde fois Kakeru. Elle avait conclu, dès qu'il avait levé son poing, que son esprit était trop perturbé pour qu'elle puisse se battre efficacement et avait donc pris un peu follement et abruptement la décision de se rendre.

"Raiken !"

La jeune femme se délesta promptement de sa naginata puis de son Kabuto aux cornes torsadées et des Shikoro qui allèrent rencontrer plusieurs fois le sol avec fracas, l'acier teintant sous les très fins et fragiles rayons de lumière. Elle entreprit ensuite de mettre un genou à terre tandis que sa chevelure d'améthyste, libérée mais lourde sous la pluie, tombait sur son visage, laissant la courbe de sa nuque sans autre protection que le tissus blanc de son kimono. Ses mèches balayèrent le sol. Elle toucha la terre de son front et attendit qu'il se montre à elle.

"Je veux que tu saches que ce combat n'est pas le mien. Je ne me bats pas sans raison. Ici, je ne sais même pas si j'attaque ou je défends. Alors j'ai décidé de me rendre devant toi. Je ne me battrais pas, je ne me débattrais pas. Accepte seulement d'écouter mon histoire, puis fais ce que tu veux de moi. Je me rends."


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Souteigai

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MessageSujet: Re: [Event - Terminé] Et si... Mar 23 Déc - 22:19


Vous auriez pu fuir, mais ne l'avez pas fait. Vous auriez pu vous joindre au coeur du clan, peu important les raisons, mais vous avez préféré vous accrocher à une possibilité, si infime que le pari n'est pas fou, il est désespéré. Les guerriers de la brumes rencontrent ceux de la foudre dans un choc violent ou le fracas du métal et des corps ne vous a jamais paru aussi réel. N'avez vous même jamais vraiment participé à une bataille d'infanterie ? Ceux qui portent vos couleurs passent à vos côtés, fonçant à corps perdu sur l'ennemi qui vous voit à sont tour comme tel.

Peu importe les raisons, les enfants de Gekigami et ceux de Kasugami se déchirent mutuellement tandis que votre genou se pose au sol, appelant le guerrier par un prénom issu de votre réalité. Vous êtes bousculée à un moment, par un samuraï trop pressé de donner la mort, ou de la rejoindre, mais vous restez là dans un position de soumission que vous n'aviez jamais montré à celui à qui elle est adressée, jusqu'à ce jour.

Dans la fureur du combat et des lames qui s'entrechoquent, un son sourd parvient à se hisser au sommet de tout les autres. Il n'est pas plus fort pourtant, il ne devrait pas être audible dans le tumulte de la guerre des clans. Mais il y parvint malgré tout, comme issu d'une autre réalité. Les pas du géant d'acier, l'instant d'avant effrénés, tonnent à vos oreilles à un rythme qui se fait plus lent, plus régulier. Les armes émettent de moins en moins de bruit. Le métal n'est presque plus torturé. Jusqu'à ce que vous n'entendiez plus que le murmure du vent, épousant la marche lourde qui s'approche inexorablement de vous.

Jusqu'à cesser.

Sa respiration est rauque. Vous devinez qu'elle est à l'origine du grincement périodique qui vient soudain s'ajouter au silence récemment acquis et qu'il provient des plaques d'acier couvrant un être qui ne vous a jamais toisé auparavant. Et qui fut même, autrefois, à votre place, baignant dans son propre sang.

Sa voix est un écho se fondant à une réalité. Rien n'a jamais été différent de ce ton qu'il emploi alors, même couvert par un mempo, ce grondement qui a toujours été le sien, à la limite de l'infrason et issu d'une cage thoracique qu'aucun homme autre que lui ne possède :

Je t'entends, samuraï-ko dont je ne connais le nom, mais qui hurle le mien d'une façon qu'aucun n'a jamais crié. Je t'écoutes, femme anonyme qui parvient à arrêter Kujo Raiken dans sa course en lui faisant vibrer l'âme par son appel. Et je ferais ceci découvert, puisque tu te sépares de ton kabuto et m'offre ta vie, alors je la prendrai, mon visage à la vu de tous, mais non sans accéder à ta requête.

Des claquements métalliques se font entendre pour celui, plus sourd, d'un objet qui tombe, non loin de votre visage, de votre position, vous voyez le masque de métal, fauve grimaçant, sans le regard doré.

Tu as une histoire à narrer, guerrière. Narres la. Rien dans ce monde tout entier ne bougera tant que tu ne l'aura pas fait.

Il n'est pas besoin de la moindre description à vous faire, lorsque vous levez enfin les yeux pour rencontrer les siens. Vous connaissez chaque trait, chaque ride, chaque mèche de ses cheveux mieux que personne. Mais dans le regard qu'il vous adresse, dans cette expression que vous ne lui avez jamais vu prendre, vous ne voyez qu'une seule personne :

Vous.
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Kasuga Riyu

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MessageSujet: Re: [Event - Terminé] Et si... Ven 26 Déc - 2:27


Il était difficile pour Riyu de ne pas bouger au milieu de tout ce tumulte, de garder sa position jusqu'à ce que Raiken la domine de toute sa hauteur. Elle aurait pu s'abandonner à la peur, se retrouver galvanisée par elle puis par les pertes qu'elle aurait subies et qu'elle aurait fait subir... Mais son poing droit sur le coeur, elle s'en empêchait pour ne pas faire le jeu de celui qui s'emparait d'elle et la prenait pour sa marionnette. Sous la soumission qu'elle donnait à voir, elle se rendait en fait maîtresse d'elle-même et de son parcours. Son esprit combattif, jusque là absent, avait laissé place à une volonté de vivre pure et dure.
Alors qu'elle s'était agenouillée et avait lancé sa requête, le vacarme de la bataille mourut en decrescendo. Comme si la rage irraisonnée des deux armées s'était enfin éloignée. Seule la singulière autorité des entrechocs de l'armure du géant résonna dans le soir. De plus en plus forte et finalement stridente avant le silence absolu. Dès lors qu'il cessa, leurs respirations se lièrent.

Riyu attendit sagement que Raiken prenne la parole et ne daigna pas lever son regard sur lui. Aussi, peu importait si la voix si familière du budoka aurait pu être terrible et sonné son glas. Le simple fait de l'entendre lui apportait réconfort et chaleur, un souffle chaud qui emportait les restes des larmes de son errance. Bien sûr, Riyu savait qu'elle risquait sa vie, mais son coeur était résolu et quelque chose lui disait qu'elle ne trouverait pas la mort ici, au bout des poings de son second qui ne l'était pas.

Il se défit de son mempo. A travers deux mèches humides, sous l'obscurité de sa chevelure, elle contempla la gueule du tigre dont il s'était paré rebondir une et deux fois sur le sol avant de se figer sous la pluie, mais ne releva pas les yeux vers l'officier pour conserver son état de soumission. Cependant, lorsqu'il l'invita à parler, elle prit de suite la parole.

"Milles mercis, guerrier. Et puissent les Kamis se souvenir de la mansuétude dont tu fis preuve ce soir envers un soldat ennemi. Je me nomme Kasuga Riyu et dans une autre réalité, je commande aux armées Okarutos."

Riyu attendit qu'il se fasse à cette idée pour poursuivre, d'une voix à la fois douce et forte, pleine de volonté mais pas le moins du monde aggressive. Cette voix avait beau s'adresser en premier au chef militaire qu'elle avait devant elle, elle parlait aussi au monde entier.

"A toi, Kujo-san, je peux raconter que dans ma réalité, on te nomme à présent Daiyuki et que tu vis en protégeant les miens qui t'ont adopté. Tu es devenu mon second et mon confident après avoir succombé à une folie meurtrière qui te fit perdre de tes poings surpuissants toute ta famille, à commencer par ta sœur."

Elle leva enfin la tête, alors qu'un demi-sourire sombre s'esquissa sur ses lèvres.

"Tu as le droit de penser que je suis folle et que tout les faits que je te narre ne sont que des délires, mais écoute-moi, peut-être pourras-tu éviter le pire puisque je ne serais pas là.

En effet, si tu me perds ici, je ne viendrais pas t'arracher à ta survie de bête sauvage, à ta fuite où tu tuais et te souillais pour des besoins primaires. Oui, si je meurs ici, qui te remarquera sous toute ta crasse ? Qui s'interposera de son cri aux devant des soldats Okarutos qui auraient été prêts à t'achever ? Qui ferait en sorte que la cellule d'un rônin soit assez confortable pour qu'il puisse s'y reposer et s'y rétablir ? Qui arrêterait son katana dans sa rage pour que le coup qui aurait pu tuer son prisonnier ne soit pas totalement porté ? Et qui enfin,  lui proposerait de rejoindre son armée pour qu'il puisse se reconstruire, ne croyant qu'au potentiel qu'il aurait vu dans ses yeux dorés ?

Raiken, pour t'avoir aperçu chaque jours pendant trois ans, pour avoir partagé des missions militaires et des soirées de beuveries avec toi, pour t'avoir confié tant de chose, pour m'avoir trouvée satisfaite tant de fois par ton comportement, pour m'avoir fournie de l'assurance d'un simple regard, pour avoir dormi auprès de toi ces dernières nuits, seulement bercée par les battements réguliers de ton cœur alors que j'étais terrifiée par ce qui m'était arrivée et ce qui pourrait m'arriver, et surtout pour m'avoir allégée du poids de la solitude, de ma folie et de mes responsabilités, je sais à qui je m'adresse en ce moment. Je sais que l'homme aux allures de géant que j'ai devant moi, malgré tous ses défauts et toutes ses fautes, possède une âme résolument noble et un cœur assez grand pour relever une pauvre femme brisée par les événements.

Tu le vois; je t'en prie. Viens moi en aide. Je suis coincée ici, dans une réalité illogique et je ne ...comprends rien."


Tout à coup, elle ressentit un énorme vide. Elle baissa la tête, un peu sonnée. Les mots se perdirent dans son esprit et les larmes coulèrent subitement sur ses joues. Sa voix ne fut alors qu'un triste murmure.

"Honnêtement, je ne peux pas me battre contre toi. Pas ici, pas maintenant, et surtout pas dans un combat à mort ! Je préfère me perdre moi-même que te perdre pour toujours.

Qu'arriverait-il si je me mesure à toi et que je te tue ici ? J'aurais la hantise de ne pas te retrouver lorsque je reviendrais dans ma réalité, si j'y parviens. Ce serait tout bonnement inconcevable. Le Dragon sans son Ombre ? C'est impossible. ... Tout comme l'Ombre sans son Dragon, n'est-ce pas ?

Alors, même si je tremble de mourir, fais ce qui te semble juste. Je m'en remets à toi."


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MessageSujet: Re: [Event - Terminé] Et si... Lun 5 Jan - 15:55


Vous parlez longuement. Rien ne vient briser votre élan et votre passion menace de s'emparer de vos yeux à plusieurs reprise, mais aucun hurlement outré, aucune menace de mort ou insulte de mensonge ne sont proférées. Seule la respiration de l'héritier des Kudo fait écho à votre récit. Son visage reste impassible, comme garant de sa propre promesse de vous écouter jusqu'au bout, quoique vous disiez. A le voir ainsi, il parait diamétralement opposé au géant que vous connaissez. Rien du démon tempêtueux des brumes ne transparaissait dans ce roc au milieu de l'ouragan qu'il paraissait dorénavant être.

Un îlot de stabilité au centre du chaos.

Ses bras croisés devant lui, faisant tantôt crisser les plaques de son armure, il ne pouvait pas faire autrement que vous regarder de haut de par sa taille, sans pour autant sembler vous juger. Du Daiyuki dont vous parlez, seuls les yeux demeurent les mêmes. Frontière de son expression, il ne s'anime que par l'intensité de son regard.

Au fur et à mesure de votre discours, le calme devient plus intense encore, votre voix seule est portée par les vents, vous n'avez plus conscience de la présence des Okaruto et des Kenshu, autre que la votre et celle du Général des Tigres. Vous vous rendez compte de leur disparition alors que vous tournez vivement la tête vers Kakeru, vous souvenant de sa présence soudainement. Celui ci disparaît en un nuage de brouillard, un sourire heureux sur le visage. Vous retournez votre attention vers le colosse qui se frotte le menton d'un air songeur.

Il n'y a plus que vous et lui, la plaine se dissipe, vous laissant dans un noir insondable laissant tout vos sens en émoi. Le haut et le bas n'existent plus, le Nord, le Sud, l'Est et l'Ouest se confondent dans une réalité défiant toute logique, votre seul ancrage est le fait que le Géant ne semble pas affecté par tout cela, comme l'aiguille d'une boussole. Il vous avise à nouveau de ses yeux d'or, son bras songeur rejoint l'autre, se croisant à nouveau. Il daigne enfin parler, sa voix est fluide et réfléchie à la fois :

Et si... je vous croyais ?

Il existerai donc cette réalité ou j'ai exécuté les miens et me retrouver épargné par vous dans ma fuite honteuse du crime commis et devenir votre second... Vous essayez de me prévenir de ce que vous pensez être mon avenir en ce monde précis. Il est néanmoins présomptueux de croire que vous vous trouvez dans le passé de ce Daiyuki. Ce dont vous m'avertissez est votre histoire à vous. En ce monde, je ne connais pas de Kasuga Riyu qui commande aux armées des brumes.

Je vous crois donc quant à l’existence de votre probabilité, mais pas sur le fait qu'elle puisse s'abattre sur la mienne. En cet instant, à mes yeux, vous n'êtes qu'un Taisa de Kakeru dont la renommé n'a pas dépassée les frontières de sa cité natale. Nos vies sont la sommes d’événements qui se produisent à des instants clés. De nos choix résultent un fait, puis une nouvelle probabilité. Je suis la sommes de choix et de probabilités qui furent fait, Daiyuki est celui d'une autre séquence. Ici, vous n'êtes pas celle que vous pensez être et rien ne laisse entendre que vous sortirez de ma réalité.


Il se détourne et semble contempler le vide totale, puis il tourne la tête vers vous et semble vous sourire chaleureusement, il en revient au vide, tend les bras et claque ses mains en ce qui aurait pu tout à fait être l'éclat du tonnerre lui même. Tout est soudain aveuglant et vous mettez un temps avant de vous adapter à cette nouvelle lumière. La voix de Raiken reprend, mais sa position exacte est indéterminée :

Reprenons depuis le début, chaque nœud de votre existence va se révéler. à vous dorénavant de voir quelle est la réalité que vous souhaitez. Je resterais présent à vos côtés pour que vous jugiez de l'état de votre réalité. Enfin... Nous passerons sur l'enfance, ces choix là sont trop humble et de moindre mesure pour être exploités par un avenir quelconque.

Vous vous sentez plus jeune, plus fluette, votre corps est celui de l'adolescente d'une quinzaine d'années tout au plus que vous étiez autrefois. à vos côtés, le géant est lui aussi bien différent de celui que vous connaissez. Ses cheveux sont plus court, son port plus altier, irradiant de confiance. Mais il est déjà colossale, vêtu d'un kimono or et ocre, frappé du môn des Kenshu. Vous avisez le lointain et reconnaissez Kasu. Puis soudain, on vous bouscule, on vous accable. Vous n’êtes pas digne d'être samuraï, d'être sous les bannières du clan. Votre mission était un échec cuisant et on vous accuse d'en être la cause, injustement.


  • à votre droite, le jeune Kujo Raiken avise la scène avec colère, cherchant dans votre regard votre accord pour son soutien.

  • à votre gauche, le jeune Taisa Fugaku Kakeru attend, de la même manière que le Kenshu.

  • mais vous êtes l'adulte dans le corps de l'enfant, les choses pourraient être encore différentes.

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MessageSujet: Re: [Event - Terminé] Et si... Sam 24 Jan - 19:49


Ses yeux pleins de larmes rivés sur le sol, Riyu ne put se rendre compte de l'impassibilité dont faisait preuve Raiken en écoutant les inepties qu'elle proférait. Craignant la mort, la guerrière pour une fois soumise, désirait se donner de l'importance en citant les actes du combattant qu'elle pensait connaître, espérant par là qu'on la prenne pour un oracle et qu'on se fasse plus clément encore. Et lorsqu'elle eut enfin terminé, elle attendit dans le silence que son sort vienne la prendre.

Mais son cœur battait de terreur. Quel serait son avenir à présent ? Le trépas ? Son retour sur Yokuni ? Un autre "cauchemar" ? Alors qu'elle patientait, s'efforçant de dissimuler son trouble, tout s'était fait silence. Alors que la violence et la colère envahissaient son environnement, il n'y eut plus ni cri de guerre, ni affrontements, ni râle. Riyu sortit de sa crainte et se redressa prestement avant de se tourner vers son défunt amour, qui disparaissait une fois de plus, en volutes de fumée portées par les vents. Elle n'eut pas le temps de courir vers lui qu'il esquissait un sourire radieux et rassurant, avant de se disperser pour de bon. Il n'y eut bientôt plus rien aux alentours du très jeune champ de bataille où ils évoluaient quelques secondes auparavant, juste un énorme vide. Et Kujo Raiken devant elle alors qu'elle n'avait plus de repère que lui.

Apeurée devant le Géant de foudre, Riyu ne cilla pas, ne bougea pas non plus et retenait son souffle. Cela faisait longtemps qu'elle ne saisissait plus rien et se contentait de s'adapter à l'environnement qu'on lui créait dans l'attente de sa libération, qui ne viendrait peut-être pas. L'idée qu'elle pourrait à jamais être condamnée à voyager entre les dimensions, plus qu'autre chose, la perturbait de toutes parts et commençait à ronger sa perception du temps et de l'espace. Il lui semblait qu'elle nageait en plein délire, qu'elle ne vivait plus, qu'elle n'était plus certaine d'avoir vécu véritablement un jour.

Peut-être était-elle aux portes de la mort ? Peut-être était-elle en Enfer et purgeait-elle sa peine pour avoir jugé tant de monde ?  Peut-être était-elle victime d'un puissant maléfice ? Peut-être était-ce là sa vie entière ? Qui savait...
Comment pouvait-elle sortir d'ici…
Comment ?

Riyu plongea son regard retrouvé et choqué dans celui de Raiken. Il avait dans ses yeux la promesse qu’elle puisse rejoindre Yokuni, son empire de Yokuni, et il parla enfin. Elle l'écouta sans chercher à faire autre chose, docile et surtout, complètement égarée. La jeune femme était tant en perte de repère qu'elle ne fut pas surprise qu'il puisse la croire et se trouva désolée de son maigre et pitoyable stratagème pour avoir tenté de sauver sa peau.

Lui, semblait plus au courant qu'elle sur beaucoup de choses. Mais comment était-ce possible ? Peut-être était-il à l'origine de tout ceci... Cette pensée la mit soudainement dans une colère froide et terrible, qui retomba aussi brusquement; il n'y avait aucune logique dans ces visions et le Raiken qu’elle avait devant elle, si différent de l’originale, pouvait n'être rien de plus qu'une marionnette, un simple leurre pour l’amadouer et communiquer avec elle.
Riyu n’en savait rien. Elle ne savait plus rien.

Le géant finit par se détourner vers le noir éternel et sans fond qui attendait d'être empli d'un nouveau contexte, puis fit calmement volte-face, tout sourire avant de claquer subitement des mains. A leurs rencontres, celles-ci grondèrent et provoquèrent une intense lumière qui avala la jeune femme, jusqu'à faiblir assez pour révéler Kasu au loin. Riyu fut donc de nouveau sur le domaine Okaruto, tous les sens en éveil bien qu’ils fatiguaient, tandis que la voix de Raiken la renseignait sur les événements à venir. Elle allait revivre, faire de nouveaux choix, comparer la Riyu d'autrefois à celle d'aujourd'hui, une égarée contre une autre égarée.

A quoi bon ?

Ses sens avaient été trop mis à l'épreuve pour trouver cela intéressant. Dans d’autres configurations, elle aurait affiché un sourire carnassier devant cette mise au défit, ou bien aurait protesté. Cependant, la guerrière meurtrie et en plein désapprentissage n'avait de toutes façons plus la force nécessaire pour juger quoique ce fut. Elle s'était résignée à aller jusqu'au bout de cet enfer et en verrait la fin.
Du moins, elle l’espérait de ses dernières forces.

Or, quelque chose dans son corps faisait écho à sa fatigue et à sa résignation. Riyu se sentit plus frêle, plus maladroite, moins solide et surtout moins fraîche. Un rapide coup d’œil sur ses mains lui indiqua qu'elle était crasseuse de sueur, de poussière et sûrement de sang. Elle portait ses gantelets de combat et en dessous, des plaies assez récentes avaient creusé ses doigts et ses paumes, comme celles qui la blessaient, adolescente, alors qu'elle apprenait encore à manier ses armes et en perfectionnait la maîtrise tous les soirs.

Alors en pleine contemplation, cherchant à comprendre ce qui lui arrivait encore, elle sentit un vif contact dans son dos et perdit brutalement l'équilibre avant de s’étaler de tout son petit long dans la poussière. Sentant la colère s'immiscer comme une piqûre en elle, Riyu aux sourcils froncés, jura et chercha à se relever pour faire volte-face, cependant les coups qu'elle reçut dans les cotes la firent plutôt se recroqueviller. Alors que la jeune fille souffrait, elle entendit qu'on la tenait pour responsable de l'échec de la mission et que, comme elle était faible et impulsive comme toutes les autres femmes, l’armée ne voudrait jamais d’elle.

Quelque chose se brisa.

Ni une, ni deux, Riyu en rage bondit pour accabler de coups le soldat le plus proche. Peu importait si elle se trompait de cible, elle voulait juste évacuer la colère et l’incompréhension qu’elle avait emmagasiné pendant elle ne savait combien de temps.

Ses petits poings d’apparence délicats et inoffensifs se firent aussi dangereux que des lames, faisant gicler le sang sans aucune compassion. On criait, on tentait de l'extraire de l'emprise qu'elle faisait subir à sa victime. Mais rien ne pût l'empêcher de le ruer de la plus pure violence qui soit. Cependant, alors qu'elle n'était plus maîtresse d'elle-même, son corps et surtout son dos rencontra douloureusement le sol, lui arrachant une expression de douleur.
 
On traita Riyu de sauvage, on hurlait à l’assassin, qu'elle avait tué son frère d'arme. Finalement qu'elle n'avait fait que l'assommer, mais qu'elle avait prouvé qu’elle n’était pas digne de suivre le bushido. Une chaîne à son cou la maintenait à terre en l’y éclatant dés qu'elle commençait à bouger. Finalement, alors que la peur s'était dispersée, on décida de lui faire apprendre la leçon. Le seppuku était pour les bushi, le jigai pour leurs femmes, ne restait que le dressage aux bêtes féroces.

Elle sentit la souffrance après une pluie de coups vengeresse puis le poids de deux soldats sur ses bras fins mais ensanglantés. Enfin une lame froide à travers les bandages qui maintenaient sa poitrine et les brumes des chocs.

Des bribes de souvenirs lui revinrent soudain, elle reprit conscience.

Riyu n'avait aucune idée de ce qu'elle avait fait mais elle savait que  Raiken et de Kakeru étaient à ses côtés. Alors, une pulsion de panique la fit hurler jusqu’à prendre une voix presque inhumaine, tandis qu'elle se débattait de toutes ses forces, ses mains cherchant à se libérer du carcan sur son cou.

"Arrêtez ! A l'aide ! A L'AIDE !! KAKERU !!!"


L - M - M - J - V - S - D

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MessageSujet: Re: [Event - Terminé] Et si... Dim 8 Fév - 12:51

Kakeru.

Vos souvenirs concordent alors soudainement avec ce monde. Sa réalité se fait plus familière sans être douce pour autant. Vous revivez chaque instant, oubliez que cela fut déjà vécu, refaites ainsi vos erreurs passés. Dans ce monde de possibles, vous suivez une ligne pré-établie par votre propre histoire. Kakeru ne vécu pas longtemps après cela. Oui, il s'est bien jeté à votre secours, comme un chevalier servant.

Vous avez souhaité lui offrir ce que vous aviez de plus cher, plus tard, alors qu'il était un homme marié. Votre cadeau fut néanmoins accepté lorsqu'il perdit sa femme. Mais le père de cette dernière ne vit pas votre relation d'un bon œil et un coup de tonnerre bien lointain des cieux et tout à fait artificiel signa la fin du Taisa devenu Taisho entre temps, vous ayant dans son sillage.

Vous êtes son lieutenant et son amante, mais vous ne pouvez rien lorsque la balle lui traverse le torse tandis qu'il se dresse entre vous et le coup de feu. Au comble du désespoir de cette perte, votre œil est arraché par votre propre père dans un accès de rage et dans la trajectoire rectiligne et experte d'un coup de sabre qu'aucun père ne devrait donner à sa fille. Mais vous le savez, les Kasuga sont une famille rigide, votre père est un éminent représentant. Et vous l'avez déshonoré.

Comment ? Dit une voix forte et douce à la fois.

Comment avez vous pu vous relever après ça et devenir le Dragon de l'Est ? Demande à nouveau la voix.

Qui est ce déjà ? Elle vous est familière, mais tant d'années passées à revivre ce que vous avez déjà vécu a manqué de vous le faire oublier. Vous savez que la réponse est évidente et qu'elle vous sera donnée bientôt, car votre vie poursuit, selon votre propre choix, son cours normal. Dans ce monde de promesses et de possibilités où vous êtes seule maîtresse, vous avez décidé d'être l'esclave de votre passé.

Pourquoi ? Demande la voix, tandis que vous êtes enlevée et souillée par Kanata. Vous jetez sa tête en place publique, vous êtes le Dragon, on ne s'attaque pas à vous comme cela, on le paie au prix fort. Pourquoi ? Dès le premier nœud de votre existence, vous vous choisissez de dépendre plutôt que d'entreprendre ?

Vous êtes le Dragon de l'Est, dans votre bureau, la porte s'ouvre alors sur un serviteur, les bras chargés de rapports. Vous levez l’œil vers ce dernier et n'êtes pas choquée un instant de le voir sans visage. Sa peau est un trou noir dans l'infini, les étoiles se distinguent sur ce qui devrait être sa silhouette. Il vous tend les papiers. Sur chacun d'entre eux, un instant de votre existence y est inscrit. Votre naissance, héritière des Kasuga. Votre enfance, éduquée dignement par la famille, aux connaissances, aux savoirs, aux arts et au sabre. Votre adolescence, brimée par vos camarades. Jaloux, misogynes. Votre amour pour Kakeru... Tout. Le moindre détail y est consigné.

Il nous faut votre signature en bas, Taisho-sama. Annonce l'être d'infinité d'une voix qui pourrait être celle de tout les êtres vivants de Yokuni à la fois. Sur chaque document, s'il vous plait. Finit-il pour finalement s'incliner poliment et quitter la pièce, sans refermer la porte derrière lui.
Votre vie tient intégralement dans si peu de feuillets que cela en est effrayant. Mais on ne vous laisse pas le temps de vous inquieter de ce que vous pouvez faire de toute cette paperasse. L'entrée est passée une première fois, puis une deuxième et encore une autre...

Bientôt, la pièce qui ne paraissait pas être bien grande parvient à contenir une centaine de personnes. à leur tête : Kakeru, Isamu, Kanata, Daiki, Katsuya, Kasumi, Kodan, Haruya. Tant de visages différents jugeant à présent ce que vous allez entreprendre. Au sommet de la pile, un rapport étrange, très différent des précédents. Un fait qui ne semble pas concerner un nœud de votre existence. La demande d'un village situé en Hokori, d'agir contre une bête aux allure d'homme qui sévit dans ses frontières.
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MessageSujet: Re: [Event - Terminé] Et si... Dim 8 Mar - 19:44

Le présent se superposa au passé.

Si tôt Riyu avait appelé à l'aide, si tôt avait-elle essuyé un poing dévastateur qui la fit taire et l'acheva. Sans pouvoir bouger d'un pouce, la Dragonne, alors fille de quinze ans inexpérimentée vit sa poitrine encore naissante dévoilée à la vue du groupe de soldats dans l'indifférence générale. Mais ne se rendit compte ni de cela, ni du tanto que l'on dégainait sous ses yeux pour la punir. Les guerriers, hommes d'honneur ne violaient pas mais se permettaient de marquer leurs ennemies. Bien des petites combattantes avaient ravalé leur insolence lorsqu'on les privèrent de chevelures et ce n'était que la moindre humiliation. A celle qui avait frappé l'un des leurs par pure sauvagerie, ils lui entailleront la chaire à vie. Nul doute que cela suffirait à l’écarter de tout mariage, à l’exclure et enfin, à la pousser au suicide pour débarrasser le clan d'un poids.

Alors qu'un des samouraïs appliquait le tranchant froid de la lame entre les seins, prêt à entamer la peau avec l’aval des siens, il lâcha l'arme, surpris par l’arrivée du jeune Taisa Fugaku Kakeru qui les considéra avec un mépris mêlé de dégoût. Il était en colère, mais il ne criait pas. Il ne se mettait jamais à crier. Ses avertissements plein de fureurs et d'autorité étaient toujours communiqués à voix basse. Néanmoins, ceci ne l’empêchait pas de fulminer et de gronder ses hommes avant de convoquer chacun d'entre eux à la prochaine session de conseils de discipline. Alors, honteux, ils libérèrent Riyu de ses chaînes en maugréant qu'il était un salaud de chien de fils à papa. Contrit de devoir défendre leur honneur pour si peu. Riyu eut peur un instant de l’expression de haine qu’elle devinait sur le visage de son colonel. Il avait toujours été d’un calme qui forçait le respect. Mais pas aujourd’hui. Aujourd’hui, Kakeru était blessé, comme tous les protagonistes de cette histoire. Avoir un père Taisho attirait beaucoup de jalousie et sans doute l'officier se sentait-il profondément et personnellement déçu du comportement et de la cohésion bancale de ses soldats...

En se retournant à peine, Kakeru jeta un regard perçant et glacial à Riyu qui, choquée, rajustait distraitement son kimono, le regard dans le vide. D'une voix sans appel, il la gronda à son tour, lui assurant qu'elle n'aurait plus rien à faire à l'armée dès le lendemain. Et puis, il partit, la tête portée haute, comme un prince pour ne rien regretter. Pourtant, comme dans ses souvenirs, il vint le soir même à la demeure de la jeune fille demander sa main à son père. Et la jeune guerrière finit par trouver le courage nécessaire pour faire ses marques parmi les soldats Okarutos.

Les journées qui passèrent durant neuf ans se suivirent mais ne se ressemblèrent pas. A seize ans, Riyu devint Taii et à vingt ans, Taisa. Accumulant les missions accomplies avec bravoure et assurance, se défendant comme elle le pouvait de ceux qui tentaient de la rabaisser, elle avait compris la leçon et gagné le respect tout relatif de ses pairs, mais cela lui suffisait. Aussi, observait-elle depuis l’incident le Taisa Fugaku Kakeru -qui l’avait laissée s’intégrer à l’armée et semblait même l’encourager à aller aussi loin qu’elle le pouvait. Ce dernier devint Taisho à la mort de son père et s’unit à la fille d’un de ses plus valeureux vassaux. Cependant, lors de la vingt-quatrième année de vie de Riyu, un incendie survenu dans une demeure Okaruto arracha la vie de sa compagne à Kakeru. Il trouva refuge dans les bras de celle qu’il ferait devenir la Dragonne en la nommant Taisho.

Une offre timide alors qu'elle s'attendait à un refus, mais ce fut quelques mois ensuite qu'elle se donna à lui sans compter. Alors qu'elle n'étais pas certaine de ses sentiments à son égard, alors qu'il n'avait jamais ouvert la bouche pour lui dire ces trois mots qui font une vie. Ils s'étaient pourtant blottis l'un contre l'autre et elle se sentait renaître. Cela faisait mal, peut-être, mais elle se sentait vivante et puissante et le voir ainsi était la plus belle des récompense pour l'audace dont elle fit preuve. Il était peiné d'avoir perdu sa femme, mais elle se promit qu'il allait l'oublier. Pour toujours. Elle la remplacerait, le servant bien mieux. Tellement mieux. Alors qu'il caressait doucement ses cheveux, elle avait fait un serment avec soi-même
.
Mais enfermé dans son désespoir, savait-il que Riyu avait décidé de lui léguer ce qu’elle avait de plus précieux et qu’elle se déshonorait ? Se rendait-il compte qu’elle s’était laissée consommée et qu’elle risquait ensuite bien des déboires ?

Elle s’entêtait à savourer sa petite victoire.
Et à oublier qu’elle appartenait à une autre dimension.
Des mois après, ils filaient la parfaite idylle.

Ils avaient pris l’habitude de laisser libre cours à leur passion à l’abri des regards, mais des rumeurs que Kasuga Isamu ne voulait pas connaître flottaient déjà dans l’air Okaruto. Un après-midi, ils profitèrent d’un exercice de tirs et de la concentration de leurs hommes pour s’embrasser langoureusement. Ils n’entendirent pas le coup de feu retardataire qui les meurtrit tout deux. Kakeru s’affaissa seulement dans les bras de Riyu tandis qu’elle ne ressentait qu’une vive brûlure à l’épaule. Leurs sangs s’échappaient à l’unisson à leurs pieds et le Taisho était mort. Riyu avait perdu connaissance.

Ainsi débuta sa descente en enfer.
Ainsi commença une véritable transformation.

Excédé par l’attitude de sa fille qui ne sortait plus de ses quartiers ni de son lit par dépit depuis la mort du jeune chef d’armée, Kasuga Isamu fut forcé de croire aux rumeurs qui s'amplifiaient alors pour devenir des évidences. Il avait obtenu un fils de sa deuxième femme et il avait à présent tout ce qu’il avait pu convoiter. Que sa fille vienne entacher son bonheur pour l’obliger à se confronter à la réalité le mit hors de lui. Mais c’est avec une certaine patience qu’il vint la retrouver et lui sommer de se relever. Cependant, comme celle-ci ne trouvait pas la force de le faire, il lui donna quelques minutes pour être présentable et quitta la pièce. Un peu plus tard, il trouva une Riyu terrorisée et faiblarde devant lui. Elle avait revêtu un keikogi et un hakama, et s’était coiffée d’une simple queue de cheval, mais elle paraissait plus fatiguée que jamais. Les cernes sous ses yeux donnaient l’impression qu’elle n’avait pas dormi depuis des lustres alors qu’il s’agissait de l’exact contraire. La voir dans cet état donna envie à l’homme sauvage qu’était Isamu de laisser libre cours à sa colère, mais il se refréna et au lieu de cela, il la provoqua en duel.

De l'issue de cette confrontation que Riyu fut obligée de livrer, chacun est témoin. Ce que l’on sait moins fut que les deux adversaires entrèrent en fureur et que Isamu, de peur, n’avait pu contrôler sa lame qui blessa l’oeil droit de sa fille et le priva de sa fonction. Alors, elle s'était agenouillée, secouée de sanglots et d’un sentiment de trahison incontrôlables. Puis, voyant que la silhouette trouble et rouge de son père s'approchait, paniqué, elle avait levé sa tête et son regard ensanglantés vers lui,plein d'une incompréhension formidable et d'un profond sentiment d'injustice sous leur voile rouge qui leur donnait une allure monstrueuse, puis avait tout simplement fui.

Dans les rues de Kasu, la jeune femme courut tout droit et méconnaissable. Les gens fuyaient à sa vue pleine de sang, les gardes la surveillait distraitement sans vouloir la sauver. Et après avoir bousculé un, deux, trois passants, elle s'était arrêtée pour s’asseoir et attendre on ne savait quoi, complètement choquée. Le calme était revenu et avec lui, peut-être une main qui viendrait la relever et l'aider. Ce fut ce jour que Hisaka Kahei Kanata l'avait remarquée, et ne l’avait plus quittée.

Il avait bandé ses yeux pour qu’elle lui soit totalement dépendante et Riyu se laissait faire, croyant en lui comme on croit au miracle. Taisho depuis peu alors qu’elle n’avait pas mis un pied dans son nouveau bureau, elle se cloîtra dans sa nouvelle demeure avec ce salaud roux qui la rassurait et resserrait petit à petit son emprise sur elle.

Un soir, il l’emmena à une soirée alors qu’elle avait encore les yeux cerclés de plusieurs épaisseurs de tissus. L’oeil gauche n’avait rien, mais il avait du le paralyser pour qu’il n’entrave pas la guérison de l’autre, du moins, c’était ce qu’il disait. L’autre ne verrait plus jamais, elle le savait, elle s’en lamentait à qui voulait bien l’entendre. Mais lui l’appréciait et ne voulait pas qu’elle s’emmure dans son malheur. Sur la terrasse, dans l’eau d’une fontaine, Riyu fit pour la première fois connaissance avec son nouveau visage et le soir même,se donna à Kahei pour le remercier et parce qu’elle l’aimait. Elle espérait à présent devenir une Taisho exemplaire à ses côtés et c’est ainsi qu’elle refusa de passer sa vie avec lui, car il lui avait avoué sur l’oreiller être à la tête d’un réseau esclavagiste.

Ils s’évitèrent plusieurs jours. Riyu avait même été contrainte de lancer des troupes à sa recherche. Cependant, il reparut plus tard, accompagné de deux sous-fifres, et rien ne l’empêcha de la capturer. Son objectif: mettre Okaruto à sa merci pour étendre son réseau qu’il voulait tentaculaire. La bannière d’un clan pour dissimuler une organisation criminelle était une opportunité rêvée et il avait entendu dire que la nouvelle Taisho Okaruto était une jeune femme sans aucune force et totalement perdue, une aubaine pour lui. Il avait déjà sévi à Setsu, le clan dont il était originaire, avant de se trouver contraint de prendre le large. Les volailles, comme il les avait nommés, étaient plus malins qu’il ne l’eut pensé et leurs shinobis étaient futés et puissants. Ses pas l’avaient donc mené en Okaruto où il avait capturé Riyu et se rendit ainsi témoin de l’incroyable résistance dont faisait preuve la jeune femme aux drogues et aux autres altérations. Pourtant, il l’aimait, ce qui le força à la garder non loin de lui et à ne pas la vendre aux barbares. Avec tout ceci, il s’était également rendu dépendante d’elle, dans une moindre mesure, mais tout de même. Il avait besoin de son corps, il avait besoin de sa voix, même s’il ne faisait que l’entendre hurler sa douleur et sa colère et son désespoir, cela était mieux que rien. Il la torturait pour obtenir l’armée Okaruto, qu’il ne dirigerait pas lui-même, il n’était pas fou, et lorsqu’elle se révélait plus audacieuse que prévu, il faisait chauffer ses mains et la brûlait dans leurs étreintes. Une fois, elle l’obligea à causer une déflagration en son sein, elle hurla tant et si bien qu’il fut pris d’une envie de l’abattre mais ne fit que l’isoler un moment dans l’étage le plus bas et le plus désert de ses quartiers. Malgré tout ceci, Riyu ne signa jamais la lettre qu’il avait préparé pour lui céder les forces Okaruto. Au lieu de cela, il trouva sa fin lorsqu’elle esquiva au dernier moment son corps sur la litière de pailles où il avait l’habitude de la violenter, il allait la punir comme jamais, il l’avait terrorisée et la couche prit soudainement feu. Rassemblant ses dernières forces, elle le maintint dans son supplice. Il mourut de son pouvoir sous l’oeil doré de la jeune femme qui s’effondra une nouvelle fois avant de se rouler en boule dans un coin de sa cage.

Des heures plus tard, un homme se figea devant sa cellule, puis un autre et encore un autre. Bientôt, les suivants de Kanata furent tous là devant elle, devant le cadavre de leur chef, abasourdis par sa mort, par l’assassinat d’une femme si jeune et si détruite. Ce curieux évènement mit à mal tout ce qu’ils avaient vécu. Le débat éclata, l’émeute ensuite. Et ceux qui crurent encore aux idéaux de l’immondice, une poignée en réalité, furent impitoyablement balayés par les autres, qui libérèrent tous les prisonniers un par un. Ils émergèrent des sous-sols de Kasu dans la fumée tandis que certains perdaient la vie. Là-dedans, on vit la silhouette d’un dragon qui avait été délivré un peu plus tôt, il dégagea la fumée, fila pour s’éloigner dans le ciel en décrivant des mouvements circulaires, si vite, qu’on eut guère le temps de voir qu’il faisait peine à voir et enfin, Riyu apparut, debout, les cheveux courts -ils avaient brûlés- couverte par une simple veste de coton tâchée de sang, suivie par une centaine d’hommes et de yokaïs aussi sales et amochés, qui ne tarderaient pas à rejoindre l’armée Okaruto et à obéir à ses ordres. La jeune femme, terriblement meurtrie, jeta la tête de Kanata sur la place avant de trouver le repos dans les bras fort de son père qui la mena avec douceur chez elle.

L’histoire raconte que Riyu était restée introuvable durant une longue semaine. Mais revint d’un gigantesque incendie, complètement nue et couverte de sang pour déposer la tête du bandit sur la place publique Okaruto et se couper les cheveux, renonçant à la jeune écervelée qu‘elle était. Cette légende fut traînée de domaines en domaines et fut répétée, exploitée, exagérée, jusqu’à ce que la jeune femme se confonde en un dragon. Les flammes, ni aucune blessure ne l’ayant atteinte bien qu‘elle fut inoffensive au départ.

Ainsi naquirent ses deux titres: « Dokugan Ryuu » et Higashi no Ryuu ».
Ainsi sa légende fut écrite en lettre de sang.

*


Oui, la dragonne avait vécu bien des choses, mais ses souvenirs étaient consignés en une demi-douzaine de feuillets à peine. Aussi, un sentiment lourd s’était installé dans son coeur il y avait peu, il teintait chaque chose de son existence et la rendait incertaine, comme si elle vivait dans un rêve. Le Taisho considérait avec un sérieux mêlé de consternation les papiers qu’on lui avait rapporté; elle avait la sensation d’avoir raté quelque chose qui ne l’avait pourtant jamais lâchée. Jamais. De cela, Riyu en était sûre.

Après avoir longuement soupiré, mécontente de perdre du temps pour si peu, elle signa chacune des feuilles jusqu’à ce que son oeil se perde dans la lecture de l’une d’entre elle. L’évenement inscrit là ne lui disait rien. Elle ne l’avait pas vécu, sinon elle s’en serait rappelée. Peut-être était-il la clé de son existence. Alors, elle leva les yeux pour contempler chacune des personnes présentes dans son bureau et réfléchir comme elle le pouvait. Ces spectres qui la jugeaient, elle avait l’habitude de les voir ainsi la dévisager. Elle se demandait souvent comment ils auraient agi dans une telle ou une telle situation.

Enfin, Riyu se leva de son bureau avec l’idée de partir pour Hokori dans la soirée. Scindant la foule, elle trouva la porte et préparée, partit de la caserne, loin de se douter qu’elle venait en fait de revivre son passé.


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MessageSujet: Re: [Event - Terminé] Et si... Mer 11 Mar - 21:59

Derrière vous, vos cavaliers et vos hommes en armes vous suivent. Ceux dont vous avez acquis la loyauté au prix de tant de sacrifices dans votre vie. Votre légion avance glorieusement jusqu'à Hokori, votre bannière claquant dans le vent. Le môn des Kasuga n'a jamais été aussi glorieux qu'à présent, mais votre cœur est vide de ces considérations. Vous avez un rôle à tenir, un travail à accomplir.

La traversée depuis Kasu s'effectue plus vite que le temps d'un battement de cœur, vous ne voyez pas le temps ni les distances défiler. Vous étiez à la caserne et vous voilà déjà à pourchasser la bête dont les paysans vous rabâche sans cesse la dangerosité. On vous dit que dans un premier temps, elle s'est mise à piller le poisson qui séchait au bord des palisses des cahutes des villages.

Excédée, la populace a tentée de se faire justice seule en organisant une battu de leur membres les mieux battis et les plus vaillants. Sur une dizaine d'hommes, trois sont revenus seulement, des fuyards paraissait-il. D'autres furent retrouvés blessés, deux furent disparus corps et biens et un dernier fut déniché, mort, le thorax broyé par des chocs multiples, adossé à un arbre brisé en deux. Deux de vos trappeurs sont partis afin de poursuivre le monstre, sa piste n'étant pas dure à suivre tant le chemin qu'il laissait derrière lui était pavé d'arbrisseaux aplatis et d'herbes couchées.

Vos éclaireurs ne sont pas fous et plutôt talentueux et rapidement, ils trouvèrent la localisation de la bête et revinrent à votre rencontre vous la détailler par le menu. Aussi grande que deux hommes, large comme trois, ils vous décrivirent un être qui n'avait que l'apparence d'humanoïde, un véritable Oni. Pendant un court instant, vous jugez que vous n'avez pas eu tord d'emmener avec vous une demie-légion. Les yokaïs de ce type ayant la réputation d'être meurtrier et sans pitié.

Le Soleil est à son crépuscule lorsque vous finissez par acculer le monstre hors des forêts de résineux de bord de mer, sur un chemin poussiéreux reliant deux villages de pêcheurs entre eux. Vos lanciers encerclent déjà la bête, la harcelant de leurs armes. Au sommet de votre monture, vous parvenez à la détailler de votre propre œil.

La description de vos trappeurs n'est pas aussi exagérée que ce à quoi vous vous attendiez. Le monstre est bel et bien de taille surnaturelle. Couvert de braies, de longs bras relativement maigres parent les coups de lances tant bien que mal. Ses cheveux, à moins que ce ne soit son pelage, son crasseux et descendent jusqu'au long de ses épaules, aussi larges que celle d'un bœuf. Une barbe sale lui tombe jusqu'à la poitrine. Ce qui semble être ses vêtements vous parait être parodie d'un kimono qui aurait pu être autrefois celui d'une noblesse étrangère à celle du clan des brumes, sans que cela ne vous en dise beaucoup plus.

Vos guerriers ne peuvent pas être plus de sept ou huit à frapper la parodie d'homme gargantuesque et malgré son aspect sauvage, vous décelez dans les parades et les esquives de ce dernier un talent exceptionnel au combat à mains nues. Un instant, vous distinguez ses pupilles. Des yeux dorés, sauvages, félins. Tout d'un Oni en effet, si l'on oubliait la tristesse que vous entrevoyez un moment fugace alors qu'il évite in-extremis la pointe d'une arme tendue vers sa joue droite.

La bête se fatigue, elle se met à grogner. Vos hommes s'en rendent compte et se succèdent les uns aux autres afin que les premiers se reposent. Leur discipline et leur stratégie est bonne, vous pouvez être fière. Le fait est qu'ils commencent à s'en amuser, leur victoire semblant inéluctable. Mais vous savez ce que l'on dit, c'est au pied du mur que le fauve est le plus sauvage.

Une lance est de nouveau esquivée, mais cette fois ci, le monstre attrape le bois de ses deux mains, attire soudainement son propriétaire à lui, le faisant s'écraser à ses pieds puis, d'un coup du plat de son immense paume, brise la nuque du malheureux. Vos hommes sont sous le choc et comprennent leur erreur. Ils se concentrent, ne rient plus.

Cela ne suffit pas, à bout de force pourtant, la créature parvient à rentrer sous la garde d'un guerrier et à le propulser sur ses frères de bataille d'un direct fulgurant. Elle finit néanmoins par chanceler sous la violence de son propre coup, ses ressources définitivement réduite à néant. Vous sentez que c'est la fin. L'un de vos combattant parvient enfin à frapper le monstre à la cuisse, achevant sa chute.

Sa mort est imminente. Il mord la poussière en hurlant toute sa colère à vos soldats et ses bourreaux. La haine de vos guerriers face à la mort de l'un des leurs est grande, leur volonté de vengeance est palpable et ils souhaitent visiblement faire souffrir l'oni. Ce dernier lève les billes sauvages qui lui servent de regard, vers vous, ou bien est-ce un hasard. Mais la tristesse insondable est toujours là.
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MessageSujet: Re: [Event - Terminé] Et si... Sam 21 Mar - 20:25


Jamais Kasu et Hokori ne furent liées aussi facilement. Une demie-légion fut déplacée pour cette occasion, et encore de jeunes recrues, portée par l'échos de l'aura de Riyu se joignirent à la mission. Ainsi, les Okarutos en nombre firent leur camp aux abords de la ville et un notable vint récupérer Riyu ainsi que deux de ses hommes pour pénétrer dans Hokori.

Tandis qu'elle était confortablement assise sur un coussin dans une maison excellemment tenue et qu'on lui servait le meilleur sake des terres Okarutos, on parla à la nouvelle Taisho d'une créature énorme et hostile qui s'attaquait à la nourriture des habitants, plus large que longue, et dont la puissance des coups étaient ahurissantes et avait déjà tué un homme. Le rapport qu'on lui avait fait de la situation contenait à peu près les mêmes points qu'on lui rabâchait alors. Mais il lui semblait plutôt qu'on lui décrivait là une quelconque bête affamée qui comptait maintenant sur les bénéfices du village pour la nourrir, faisant ainsi preuve d'une certaine intelligence. Pleine d'assurance et peu impressionnée par ce qu'on lui racontait, Riyu sourit au civil en lui déclarant qu'elle allait exécuter ce monstre fissa pour qu'il ne puisse plus terrifier les habitants. Pourtant, l'arrogance dont elle faisait preuve alors se vit diminuée lorsque ses éclaireurs, de fiers et braves guerriers, lui revinrent en tremblant et aussi pâles que s'ils avaient vu un fantôme.  Ils étaient absolument certains qu'il s'agirait d'un Oni et elle se prit à s'inquiéter pour ses hommes alors qu'il fallait coûte que coûte débarrasser les terres Okarutos de cette nouvelle menace.

Ensemble, ils ne tardèrent pas à la retrouver alors qu'elle s'accordait un somme dans une forêts de pins en bord de mer tandis que les premiers rayons du soleil étaient encore bien minces. Il aurait été facile de la tuer ainsi, une ou deux flèches bien senties, et on en parlait plus. Mais c'était mal connaître la demie-légion d'Okarutos. Elle ne pouvait être véritablement discrète, ainsi la créature bondit sur ses pieds et détala, lançant les soldats à sa poursuite. Ce moment troubla l'esprit de Riyu, ce monstre avait eu l'air trop humain lorsqu'il s'était jeté dans sa fuite, comme désespéré et en détresse. Elle ne pouvait pas croire qu'il, car c'était un mâle, effrayaient tant les habitants. Ces derniers étaient-ils aveugles pour ne pas se rendre compte que cet être était égaré ?  Il avait peur de mourir, il savait déjà ce qui l'attendait. Pourtant, elle laissa ses soldats courir après lui alors qu'elle s'enfonçait dans ses songes sur sa monture.

Lorsqu'elle les rejoignit enfin, il était acculé et essoufflé. Il ne se contentait plus que de parer et d'esquiver les coups qu'on lui portait, avec brio toutefois. Et malgré son inattendue vaillance, il semblait bien faible, maigre, sale et décharné. Vraiment, il faisait peine à voir, et pourtant, Okarutos s'en donnaient à cœur joie. Quelques minutes plus tard, il serait mort.

Mais il se mit à grogner, et, vif comme l'éclair, s'empara d'une lance pour attirer son propriétaire et lui briser la nuque. Il y eut des exclamations de surprise puis des insultes, les coups Okarutos se firent bien plus brutaux et sournois. Riyu était soufflée par tant de puissance au combat à mains nues. La créature était éreintée, cela se voyait comme le nez au milieu de la figure et pourtant, elle fondit sous la garde d'un lancier pour lui porter un coup dans le torse qui le fit s'écraser contre quelques camarades de bataille. Une demie-division avait été beaucoup trop pour ce type de mission s'était alors dit Riyu qui continuait de douter entre homme et démon.

Celui-ci perdit son équilibre sous la fatigue et on l'entama avec cruauté. Les Okarutos avaient été comme des chiens attendant que l'alpha morde dans le bout de viande pour se le disputer, bientôt la bataille se transforma en mêlée pour submerger le géant qui, subitement, fit éclater sa colère et son désespoir en hurlant après les hommes qui le consumaient à une vitesse folle.
Subitement, les yeux dorés de la bête vinrent trouver les siens en un quart de seconde. Riyu fut prise d'un étrange haut le cœur. Dans le doute, elle mit ceci au compte de sa pitié qui lui dictait de réagir dans la seconde puisqu'elle en avait le pouvoir...

"CESSEZ !" hurla-t-elle alors, juchée sur Koubei. "Reculez ! Immédiatement !"

Doucement, ils se défirent les uns après les autres de leur victime pour dévoiler son corps finalement sans force aux yeux de la Dragonne. Jamais elle n'avait vu scène si triste et si désolante. Cet homme avait dû être un combattant surpuissant et il gisait maintenant aux sabots de son cheval et aux pieds de ses hommes. Que lui était-il arrivé pour connaître pareil destin ? Avait-il été trop lâche pour se donner la mort alors qu'il avait connu le déshonneur ? Riyu aurait dû le laisser mourir selon le bushido. Cependant, le bushido avait trouvé ses limites lors de l'Enfer Écarlate et chacun était à présent en droit de l'enfreindre à condition que ses raisons soient justes. Attristée sans savoir pourquoi, elle se trouvait profondément indignée par la sauvagerie de ses hommes, celle-là même qu'elle essayait de contenir en son propre sein. Et pourtant, il semblait bien que celle-ci régissait tout ce qu'elle avait connu. Certains guerriers avaient d'ailleurs retenu d'autres battre leurs proies à mort et ceux-ci se révoltaient, coincés dans leurs bras.

"Je vous interdis d'attaquer ce malheureux à partir de maintenant. Il vient avec nous. C'est un homme, un des miens, et je ne laisserais personne gâcher son incroyable potentiel, c'est clair ? Maintenant, procurez lui les premiers soins et menez le au camp. Ce soir, nous retournerons à Kasu."

Ces mots prononcés, elle fit en sorte que sa monture, calme sous la gravité de l'instant, se retourne et se dirigea calmement vers les abords de Hokori. Mais la Dragonne ne souriait pas. Elle avait pris un coup au cœur.

Le jour se levait.


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MessageSujet: Re: [Event - Terminé] Et si... Lun 23 Mar - 11:45


Le jour se levait.

Mais aucune lumière ne vous environnait plus à présent. Montée sur votre destrier, vous avancez malgré tout sans qu'aucun repère ne vous guide plus. à vos côtés, le monstre dépenaillé marche sans liens, calmement, il regarde le point lointain et indéfini que vous fixez de votre seul œil. Votre progression est silencieuse et aucun mot ne vient la déranger. Puis au loin, vous avisez un petit éclat, une lueur au préalable fugace dont de léger arcs électriques semblent s'échapper. La foudre crépite et se distord, s'élargissant progressivement au fur et à mesure que vous réduisez la distance qui vous sépare d'elle. Le tonnerre s'abat sur elle à de trop nombreuses reprise, l'élargissant, son centre devenant aveuglant, elle prend forme. Humanoïde et floue, une explosion d'énergie la prend et vient la définir pleinement.

Le géant Kenshu, vêtu de son armure parcourue d'arcs et de son mempo grimaçant, vous fait dorénavant face. Ses yeux d'or sont plein d'une haine étrangère et le familier qu'il vous avait fait ressentir la première fois n'existe tout simplement plus. Les plaques de son vêtement d'acier sont pareilles à de la chitine, comme s'il s'agissait de sa propre peau. Il n'existe plus de visage sous son kabuto, devenu son véritable faciès. Sa colère bat à mesure des éclairs qui l'environnent et malgré cela, vous avancez à lui, accompagnée d'un colosse décharné qui, comme vous, juge l'immonde créature qui vous fait front. Cette dernière hurle, tempête, de façon incompréhensible de prime abord, puis de façon intelligible ensuite. Rien de sa voix n'est semblable à ce qu'elle fut lorsque tout ceci eut commencé... En un temps qui vous parait si ancien que seuls des bribes de souvenirs vous reviennent :

TOI ! Tout ici t'était permis et tu le refuses ? Tu aurais pu devenir une Reine ! Une Déesse ! Maîtresse de ton destin, tu persistes à refaire les mêmes erreurs ? Je vais exposer tes tripes à l'air et me délecter de la moelle de tes os ! Mais tout ceci après avoir souillé chaque parcelle de ton corps comme jamais tu ne l'as vécu !

La forme mute, évolue, change, sa chair se boursouflant, sa chitine craquant, elle diminue en envergure pour devenir une femme sublime, comme aucune que vous n'avez vu jusque là et pourtant...

Petite en taille, ses longs cheveux aux reflets mauves cascadent sur ses épaules dénudées. Son Kimono, jais et violacé, tout juste fermé par un obi d'une soie parfaite d'argent, révèle des lignes sublimes. Ses deux yeux dorés sont brûlant de puissance et de confiance en elle. Deux lames entre ses mains luisent d'une lueur qu'aucun soleil ne vient pourtant éclairer. Des volutes de brumes s'enroulent autour de sa silhouette et s'élèvent au dessus d'elle pour former un nuage à la forme évocatrice d'une gueule de dragon.

VOIS ! cri la femme sans que cela n'altère sa magnificence.

VOIS ce que tu aurais pu être ici, ce que tu aurais pu choisir de devenir alors que tout t'était offert ! Admires ce que tu n'auras plus jamais le loisir d'être, pitoyable morceau de viande avariée par tes erreurs !

La femme-créature se met à avancer vers vous, auréolant de toute sa puissance, son dragon-brume vous avisant avec rage. Votre compagnon amaigri avance alors un peu plus vite, dépassant votre monture et se plaçant entre vous et la guerrière aux deux épées. Tandis qu'il progresse et réduit la distance qui vous sépare de votre reflet impossible, les braies qui le couvraient chutent à terre morceau par morceau. Ses épaules sont bien plus fortes que ne laissait entendre sa carrure et ses cheveux coulent sur son dos de manière soignée. La pièce de vêtement décolorée lui couvrant le dos tombe enfin, révélant une musculature parfaitement nourrie. Ses bras sont de véritables troncs noueux, ses poings gantés sont des marteaux de forgeron et ses jambes, couvertes d'un fin pantalon ne laissant que peu de place à l'imagination pour deviner ce qu'il cache, sont plus solides et pleine de solides chairs dont elles étaient privées, quelque instants plus tôt. Il murmure alors et sa voix vous est parfaitement connue :

Tu ne vois pas qu'elle a déjà gagnée ? Prends toute les formes que tu souhaites comme je m'amuse à le faire, cela ne te seras plus d'aucune aide à présent. Elle est si fermement ancrée dans sa réalité que tes promesses n'ont finalement montrées qu'elle était prête à assumer chacun des actes de sa vie. Elle ne tourne pas le dos et fait face. Tu ne fais pas partie de son destin et elle ne se salira pas à ton contact.

Sa phrase se ponctue alors d'un assaut, un bond expert réduisant totalement la distance entre la femme et lui. Ses jambes n'ont pas encore touchées le sol qu'il arme déjà son bras tandis que son ennemie hurle sa rage en préparant ses sabres à le recevoir. Ces derniers ne sont d'aucune aide, le direct qui part de ce poing préparé ne pourrait être arrêté par quoique ce soit. Le métal des katanas se brise sur ses phalanges qui poursuivent leur chemin vers le visage de l'apparition sublime.

L'impact survient alors, déformant irrémédiablement le minois, arrachant sa mâchoire au passage et écrasant son nez si profondément dans une explosion d’hémoglobine qui se vaporise à peine révélée.

Lorsque les pieds du géant touchent enfin le sol, le corps de la créature est projeté sur une effarante distance et semble avalé par l'horizon. Un instant, il lève la main devant son visage que vous ne voyez pas et joue de ses doigts, les décrispant après sa frappe titanesque. Il se retourne partiellement vers vous, son seul œil droit vous étant visible. Il sourit.

Son corps est frappé par la foudre sans que cela ne semble lui provoquer aucune douleur et à son tour, il change dans la violence de la lumière provoquée par le feu céleste.

Bientôt, en lieu et place de Daiyuki Raiken se tient un colosse qui ferait passer ce dernier pour un nain. Ses cheveux sont noirs comme la nuit, une barbe descend, soignée, jusqu'à son ventre. Il est couvert d'un kimono sang et cendre. Son crâne culminant à ... Vous ne savez pas... C'est bien trop haut... Enfin, deux cornes s'échappent de part et d'autre de ses tempes. Un Tetsubo colossale lui barre le dos. Il s'agenouille pour se mettre à votre hauteur et vous sourit. D'une expression franche et chaleureuse, il vous adresse la parole. Sa voix est l'explosion d'un volcan, un tremblement de terre et un cyclone à la fois, mais elle ne vous sature pas, ne vous assourdie pas.

Ah ! Petite Kasuga ! Tu auras mis le temps pour me trouver ! Mais te voilà à présent. Souviens toi maintenant. Et prépares toi à retrouver les tiens. Je consent à répondre à tes questions si tu en es porteuse, dans le cas contraire, vas-t-en ! Ha ha ha ha ha ha ha ha !

Il saisi son arme grotesque et frappe le sol à sa droite dans un grondement de fin de monde. La fissure créée par le coup s'écarte et devient une large faille lumineuse au sol. Au travers de cette dernière, vous voyez une cité délabrée se dessiner, un hôpital de fortune dans un ancien entrepôt à grains et un géant qui veille, les poings joints en prière.
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MessageSujet: Re: [Event - Terminé] Et si... Ven 10 Avr - 0:21

L'aube perdit ses couleurs et se rafraîchit peu à peu tandis que Hokori avait recouvré sa tranquillité. Comme les soldats Okaruto ,qui disparurent les uns après les autres, le géant pris pour un démon et défait quelques minutes plus tôt, marchait calmement aux côtés de la Dragonne à l’œil unique. Avançant sans frémir malgré l'obscurité, celle-ci contemplait l'horizon sur Koubei sans mot dire. Quant bien même un nouvel obstacle se dressait sur sa route, elle continuait son chemin. La foudre frappa à quelques mètres devant eux alors qu'ils poursuivaient leur avancée. Elle parut s'abattre sur un point précis et de seconde en seconde, gagnait en puissance comme animée une colère grandissante. Finalement, elle s'anima en une silhouette, une créature, un géant finalement. Très semblable à l'un d'entre eux, mais dont le corps était recouvert de chitine et la tête d'un casque de fauve furieux et imposant, trop animé pour n'être qu'une oeuvre d'art. Ses yeux vides posèrent un regard haineux sur Riyu qui ne cessaient de s'approcher, bien droite sur sa monture, se riant presque de ce qu'il pouvait bien penser.

Rien ne la choquait à présent. Tout juste prenait-elle cette apparition pour l'incarnation d'une jeune et fragile folie inoffensive, comme un soulard incapable de se mettre sur ses jambes et qui insulterait tous les passants ayant le malheur de croiser sa route. Mais le mépris de la jeune femme cessa dès lors qu'il prononça des mots intelligibles, et elle frémit, resserant sa poigne sur sa fidèle Naginata. Elle ne comprenait pas pourquoi Kujo Raiken fustigeait ainsi après elle, mais s'il désirait la détruire, qu'il approche !

Mais alors qu'elle se préparait au combat, d'apparence arrogante pendant qu'elle serrait les mâchoires sous ses lèvres, Riyu fit face à son propre reflet. Ce n'était pas elle, mais une version d'elle sans éraflure, ni fêlure, parfaite. Et si l'originale paraissait parfois avoir quinze ans dans ses moments de fragilité, celle-ci portait clairement son âge. Tout chez elle transpirait la fierté et la confiance en soi, auréolée d'un charisme quasiment magnétique. En clair, elle avait sous les yeux la femme qu'elle avait rêvé devenir et qu'elle imitait parfois sans même parvenir à l'effleurer.

Cependant, elle avait deux yeux dorés et brillants de mille feux d'espoirs. Rien que cela lui faisait comprendre qu'il était trop tard pour espérer lui ressembler un jour. Alors, la Dragonne qui sentit son coeur se serrer ne dit rien. Elle parvint néanmoins à esquisser les prémices d'un sourire carnassier lorsqu'elle se rendit compte du dragon de brume qui l'avisait de la plus dure des colère. Il la faisait bien rire.

ELLE était la Dragonne. Elle en avait un bien plus sauvage qui vivait en elle et qu'elle domptait de jour en jour, qui n'avait rien à voir avec ce joujou que son reflet doré semblait supporter. Ce fut ainsi que Riyu laissa la créature venir à elle et qu'elle contempla, immobile comme si elle trouvait cela naturel son compagnon d'Hokori la dépasser, s'éloigner et se changer peu à peu, mais à remarquable vitesse, en un homme plus fort, plus grand et plus digne pour faire face à l'autre. En splendide combattant, il parla et s'élança pour asséner un coup destructeur à son ennemie qui parvint à briser tour à tour ses lames et le danger qu'elle promettait.

Raiken...

Le coeur de Riyu manqua un battement et tous ses souvenirs les plus plausibles lui revinrent si subitement qu'elle eut l'impression qu'elle allait s'écrouler derrière la silhouette de son second. De sa naissance...aux attaques Yokaïs à Asagiri. Cependant, elle souriait, contente et satisfaite que même cet univers sans aucun sens, son second se trouvait prêt d'elle à la protéger. Elle l'avait vu brisé quelques années plus tôt et c'était maintenant à lui de l'aider à se reconstruire. Il se débrouillait si bien à la rassurer et à la renforcer qu'elle s'était peu à peu éprise de lui.

Cependant, alors qu'elle luttait contre son étourdissement, elle le vit changer de forme de nouveau, grandir et trouver une autre identité. Aussi immense que les cieux, Enma-o, seigneur et gardien des enfers la contemplait et riait, mais sa voix était déjà loin. Riyu se sentait libérée mais trop exténuée pour trouver de questions à poser. Elle n'eut que le temps d'apercevoir son second qui priait avant de glisser vers la réalité...


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