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 [FB - Terminé] Il était une première fois...

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Fukyuu Kanzen

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Taii

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MessageSujet: [FB - Terminé] Il était une première fois... Sam 23 Mai - 0:04


La nouvelle lui était tombée dessus tel un couperet. Il s'était attendu à tout, préparé à tout, mais pas à cela. Lorsqu'on l'avait rappelé à Ite, il avait d'abord pensé à une nouvelle affectation en tant que relais entre les ordres militaires et administratif où il devrait faire preuve de tact et de diplomatie comme il l'avait fait pour la légion de Miyuki. Dans un espoir fou, il se prit à imaginer que peut être, le Daimyo avait enfin considéré sa demande et allait le faire passer dans la noblesse des armes et faire de lui un samuraï.

Il s'était néanmoins refusé à tout optimisme mal placé. Il était un adulte accompli, presque trop agé même et il s'était attendu à tout moment à ce qu'on le marie enfin, que l'on lui trouve une épouse pour que perdure la lignée. Il avait toujours fait sa forte tête à ce sujet, profondément romantique, ridiculement à son sens même, mais il n'allait pas se refaire. Néanmoins, il ne pouvait repousser cette possibilité et il avait eu dans l'idée de satisfaire à cette demande, si le sujet retombait.

Mais arrivé à la capitale, rien de tout cela, non. Il avait beau chercher, il ne s'était jamais imaginé une telle chose. Otage. C'était ainsi que l'on résolvait nombre de souci politiques et il comprenait tout à fait que l'Empereur en demande pour s’assujettir définitivement les différents Seigneurs et Dames sous son gouvernement. Il avait déjà entendu parler de ce procédé entre les clans eux mêmes afin de souligner leur bonne entente. Le Kannushi même des brumes d'Okaruto ne vivait-il pas dans le même temple que celui du vent et sur les terres de Eiichiro afin de montrer la force de leur confiance dans leur alliance ?

On allait donc l'envoyer à Kenshu, entre les griffes et les crocs du Tigre de l'Ouest afin de rassurer ce dernier que le Bœuf ne concevait aucune velléité belliqueuse à son égard. Monnaie d'échange. Pion que l'on déplace sur le goban. Il avait reçu l'annonce avec humilité, en apparence du moins, prétendant que c'était un honneur de représenter les disciples d'Itegami sur les terres de la foudre. Il s'était menti à lui-même pour que sa famille garde la face, pour faire plaisir à son cousin qui ne lui avait pourtant jamais rien offert en retour pour ses devoirs rendus.

Déambulant de façon hasardeuse au travers des rues de la capitale rocheuse, perdu dans ses pensés mélancolique, mis en face de ce temps qu'il avait gâché, persuadé qu'il retrouverait sa sœur en temps voulu. Tout ceci deviendrait tellement plus compliqué dorénavant. Il leva les yeux aux cieux, admirant comme s'il les découvrait les nuages chargés des nouvelles neiges, prêtes à tomber et recouvrir de leur manteau la montagne et Ite dans son intégralité. Ceci allait lui être retiré.

Il s'arrêta devant un débit de boisson réputé où il était certain de n'avoir jamais mis les pieds. L'alcool ne serait qu'une fuite de plus et il ne voulait aucunement déshonorer les siens. Un autre endroit, chéri entre tous, où le repos des sens rimait avec les plus grands plaisirs fait à ses derniers, s'imposa à lui comme une évidence. Son sourire revint peu à peu tandis qu'il avançait dorénavant d'un pas plus ferme, plus enjoué. Oui, c'était le lieu où il voulait se trouver en cet instant de profonde détresse.

La devanture de la maison Hakeru lui parue plus belle encore que le premier jour où il en avait franchis le seuil afin de s'éveiller aux douceurs qu'elle renfermait. Il entendait déjà les biwas et les shamisens, revoyait le visage de la magnifique Rin dont le timbre de voix résonnait encore dans sa tête alors que sa précédente visite remontait à des éons. La gentillesse de l'Okasan, Yuuki, qui avait toujours su ce qu'il apprécierait alors qu'il l'ignorait lui-même à chacune de ses visites.

Son cœur serré se détendit immédiatement alors qu'il passa les portes de l'Okiya, les rumeurs des échanges polis et les odeurs sublimes des parfums des maïkos affairées au service et des geishas confirmés, papillonnants dans leurs atours aussi chatoyants qu'ils étaient travaillés. Il ferma les yeux, s’imprégnant de l'ambiance qui s'avérait être une œuvre d'art en soit. Mais la maison Hakeru était reconnue pour son efficacité et déjà, on venait à lui pour l'accueillir.

Kanzen-sama ? Demanda la jeune femme qui vint à sa rencontre, même s'il s'agissait moins d'une question qu'une surprise, s'il en jugeait sa ravissante expression parfaitement soulignée par un maquillage des plus élaboré.

Il sourit à sa belle interlocutrice, acquiesçant simplement à sa remarque et répondit d'une voix qui n'était presque qu'un souffle doucereux :

Hai… Akemi-chan. Cela fait trop longtemps que je n'étais venu. Un tord que je regrette à présent…

Évidement, aucun des noms de ces merveilles faites femmes ne lui était inconnu et il se refusait, même dans sa profonde mélancolie déguisée sous ses sourires, à oublier un seul de leur nom, même s'il ne s'agissait pas de celui que l'on leur avait donné à la naissance. Il avait même une chanson toute personnelle, jouant sur les mots et les prénoms de ces fleurs magnifiques. D'autres avait rejoint celle qui l'avait accueilli. Il était conscient de ce qu'il était, de ce de quoi la nature l'avait pourvu, mais jamais, par les Kamis, il n'en avait abusé.

Elles furent bientôt cinq de ses précieuses connaissances en ce lieu à venir prendre de ses nouvelles. Peut être était-ce là leur travail. Peut-être jouaient elles leur rôle à la perfection… Mais ce jour, il ne voulait bien croire que le rouge qui leur montait aux joues était pour lui… Qu'il allait manquer à quelqu'un dans le domaine des glaces. Oui, il avait parfaitement bien choisi l'endroit pour ses adieux à sa terre natale. Puis, pareille à un fleuve calme en plein été, la voix tiède de maîtresse Hateku se distingua de toutes celles de ses filles :

Konbawa, Kanzen-kun… Okaerinasai.

Il se sentit vaciller. Flancher. Ses yeux s'embuer sans qu'il n'y puisse rien. Mais il resta digne, campé sur ses appuis, ses dents à moitié révélée dans cette douceur qu'elles lui offraient et qu'il voulait leur rendre, au moins en partie.

Konbawa… Yuuki-sama… Répondit-il, préservant de justesse à sa voix les trémolos d'un sanglot qui menaçait de le submerger.

D'un geste, l'Okasan renvoya ses filles à leurs affaires, vers d'autres clients. Elles minaudèrent, apparemment déçues, peut être pour le spectacle à nouveau, mais il n'en avait que faire, il trouva cela touchant et il était prêt à croire à toute les attentions feintes qu'on lui ferait. La maîtresse des lieux le connaissait si bien et vint à sa hauteur, l'enroulant d'un bras apaisant malgré sa hauteur terrible pour un yokuni, l'embrassant comme une mère le ferait pour un fils, ce qu'il acceptait sans broncher.

Nous t'attendions depuis longtemps, Kanzen-kun… Notre promesse, tu as accepté, tu te souviens n'est ce pas ? Mais tu es là maintenant et tu as besoin de nous, c'est évident. Une de nos maïkos est prête, mon enfant, nous attendons l'offre la plus généreuse afin de la voir devenir l'une d'entre nous, pleinement. Dans ta fougueuse adolescence et tes premières fois à nos côtés, tu rêvais d'être le mentor d'une apprentie, de lui ouvrir la voie de son avenir. Nous serions honorées que ce serment le soit à son tour.

Oh, oui, il se souvenait. Il regrettait même. Il avait tant offert, tant donné, mécène de l'Okiya pour quelque chose dont il ne savait rien à l'époque. C'était un privilège réservé aux plus grands, aux plus puissants et il avait presque oublié ses propres mots de ce temps. Être l'associé d'un Mizuage, le danna ou peu importait le nom que cela avait. L'idée ne l'enchantait pas à cet instant. Il n'était pas venu pour cela, une femme et sa pureté n'étaient pas des objets que l'on marchandait…

Que cela lui fut ainsi présenté de la sorte alors qu'il ne s'était pas annoncé avant de venir tranchait à toute les coutumes. N'aurait-il pas du connaître celle avec laquelle il partagerait cet instant ? N'aurait-il pas du être exclusivement tourné vers ce jour lorsqu'il établissait ses dons à la Maison ? Ils avaient étés désintéressés, il s'agissait de remerciements sans imagination, car il n'avait jamais su comment remercier les rêves vécus en ces lieux autrement que par l'offrande d'une partie non négligeable de son patrimoine.

Il dévisageait Yuuki de ses iris ambrés, presque choqué, son sourire avait disparu purement et simplement. Mais cela ne dura qu'un instant fugace. Ce n'était pas chose à prendre à la légère et il comprenait qu'elle venait de lui remettre une destinée entre les mains. Il s'agissait probablement de ce dont il avait le plus besoin à cet instant : servir les intérêts de personnes qu'il aimait, s'occuper au mieux de ses capacités d'autrui, pour oublier, pour rêver encore, pour dire au revoir.

Kanzen soupira un long instant, s'avouant vaincu alors que le combat n'avait jamais eu lieu. Hateku-sama savait décidément le percer à jour dans ses moindres besoins. Ses lèvres se détendirent à nouveau dans son expression bienveillante, ses yeux plissés d'une joie triste.

Comment s'appelle t-elle ? Demanda t-il enfin avec tranquillité.

Elle ne lui répondit pas, se contentant de lui offrir un sourire radieux et de le prendre par la main pour le tirer au travers de l'Okiya comme si elle n'avait été qu'une enfant. Il montèrent ainsi d'un étage, les fragrances vivaces des feuilles de thé plongée dans les bols qui seraient battus ensuite vinrent chatouiller les sens du Kuge. Puis ils s'arrêtèrent devant une porte coulissante entre-ouverte.  L'Okasan fit un simple geste du menton, son visage était étrangement mutin.

Intrigué, il colla son œil doré dans l'ouverture afin de trouver un sens à tout ce petit manège. Un court instant, il ne trouva rien d'autres que des meubles à espionner. Puis il vit une mèche voler au vent, qu'il remonta de son seul œil glissé là jusqu'à la racines des cheveux noirs comme la nuit que sa propriétaire était en train de coiffer avec mille précautions. Une jeune fille d'une quinzaine d'années tout au plus se tenait là à prendre un soin infini d'une toison telle qu'il n'en avait jamais vu auparavant.

Elle était très petite, mais il ne se faisait aucun doute sur sa féminité au vu des formes masquées sous un kimono qui n'avait rien de ceux d'apparat habituels. Il la surprenait dans une tenue légère qui ne laissait que très peu de place à l'imagination en ce qui concernait les promesses cachées sous le tissu fin. Son visage, tout juste passé à l'age adulte, était d'une finesse plus rare encore que l'acier qui lui permettait à lui de forger ses lames. Si les beautés n'étaient pas rares dans la Maison Hakeru, celle était la plus pure définition du terme.

Il retourna son attention vers Yuuki, à la fois honteux et à moitié bouche bée. Elle le guida ensuite plus loin afin que leur échange ne soit pas entendu. Son expression inchangée, il souffla plus qu'il ne parla distinctement :

Je serais celui qui partagera cet instant avec elle.

Bien entendu, l'affaire n'était pas faite ainsi. Il se rapprocha de l'Okasan et glissa délicatement son offre à son oreille comme un amant aurait posé un baiser sur le cou de son âme sœur. La maîtresse de la Maison gloussa délicatement, à la fois chatouillée et impressionnée par ce qui venait de lui être promis.

Plus tard, alors qu'il patientait dans une pièce dressée pour le thé à écouter les cordes frottées d'un shamisen accompagné d'une douce mélopée, on vint lui annoncer que son don était accepté. Il aurait voulu se sentir mal, honteux, mais ce n'était pas du tout le cas. Bien au contraire même. Il était persuadé que de toute les perles qu'il avait vu dans sa vie, celle ci était la plus ravissantes qui soit. Il se rendit compte, même, que sa mélancolie s'était évanouie, qu'il se sentait léger et que même la triste perspective de son avenir loin de chez lui ne l'affectait guère à présent.

Il soupira à nouveau, les yeux clos, totalement apaisé, laissant le temps courir sur lui, porté par la suite des événements, un sourire définitivement imprimé sur son visage. On vint le chercher finalement afin qu'il soit mené auprès de la maïko sublime qu'il avait entrevu. Lorsqu'il parvint devant la pièce où elle devait se trouver, les ventaux s'ouvrirent sur un être parfait en tout point. Il l'avisa avec une profonde douceur et annonça simplement, sa voix pareille au vent tiède d'été balayant une plaine d'éternité :

Konbawa… Suzu-chan. Merci de m'avoir attendue. Je suis Fukyuu Kanzen, honoré de faire votre rencontre. Dites moi ? Quelle est votre chanson préférée ? Me la chanteriez vous ?


Dernière édition par Fukyuu Kanzen le Mar 10 Mai - 14:32, édité 3 fois
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Hateku Bara

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Geisha

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MessageSujet: Re: [FB - Terminé] Il était une première fois... Mar 26 Mai - 0:40

Ça y'est, Okâsan avait choisi de faire de la jeune maïko Suzu une geisha, c'était donc la dernière ligne droite pour terminer son apprentissage et commencer à gagner réellement sa vie en tant que geisha. Ses efforts avait été payants, elle s'en était montrée digne. On l'y avait préparée depuis environ un an maintenant ... Surtout Onêsan. En effet, Rin lui avait expliqué ce qu'il convenait de faire. Elle lui avait parlé de son propre mizuage, un sujet très confidentiel pour une geisha en général. Pas forcément en mal, mais pas vraiment non plus en bien ... Ça avait d'abord inquiété la jeune Suzu, mais elle avait décidé par la suite de ne pas trop s'en faire, et de faire confiance à Okâsan.

Ceci dit bien sur, elle ne pouvait s'empêcher de se poser des questions. Surtout ... Sur qui ça allait être, évidemment. Elle n'avait pas vraiment d'attentes étant donné qu'elle ne savait pas à quoi s'attendre réellement. Serait-ce une connaissance ? Depuis le nombre d'années que Suzu vivait à Ite, cela ne serait pas étonnant. D'un autre côté, elle vivait dans ce quartier des plaisirs depuis maintenant près de 10 ans. Si quelqu'un l'avait connu étant jeune, il ne la reconnaîtrait certainement pas ... C'est aussi pour cela que Suzu éprouvait une forme de hâte : enfin elle allait perdre son identité de petite fille. Oui, c'était sans doute égoïste envers ses parents d'éprouver cela, mais elle n'aspirait désormais qu'à faire une croix définitive sur son enfance encore douloureuse, et son prénom "Suzu" était probablement la dernière chose à l'y rattacher encore.

C'était ainsi plongée dans de profondes réflexions que Suzu se préparait. Ca serait probablement pour ce soir. Un vent d'appréhension l'emplit un moment mais elle se reprit très vite : il n'était pas temps de flancher ! Mine de rien, Suzu avait déjà reçu plusieurs offres intéressantes, d'après Rin. Okâsan ne voulait pas lui dire les chiffres exacts. Et à vrai dire, Suzu n'était même pas certaine de vouloir le savoir pour le moment. Des fois que cela ne dénature ce moment ... Ceci dit pour l'instant Okâsan n'avait pas encore désiré céder aux enchères déjà faites. Probablement qu'elle pensait que quelqu'un pourrait encore offrir plus ... Okâsan était loin de sous-estimer le potentiel de Suzu, et elle était très exigeante envers elle. Elle souhaitait que Suzu devienne réellement une perle rare, tout comme Rin. Oui, elle avait probablement des objectifs précis en tête, mais d'après Suzu-chan, peut être pas forcément seulement en termes d'argent ... Sans doute aussi en termes de personnalité de la personne qui serait choisie. "L'homme qui allait avoir le privilège d'accomplir cette première étape du mizuage ne devrait pas être n'importe qui.", c'est ce que Okâsan lui répétait toujours, comme pour la rassurer. Ainsi, Suzu savait qu'elle serait probablement très honorée de remplir cette tâche pourtant délicate pour une jeune fille ...

Elle était en train de peigner ses longs cheveux avec un peigne en ivoire, juste devant un petit miroir. Elle avait un peu de mal à se concentrer, son esprit était bien trop vagabond. Elle répétait donc les mêmes gestes machinalement. Ceci dit, tout en s'observant, elle se fit la réflexion qu'elle était satisfaite. Après une semaine intensive de soins divers et variés, ses cheveux n'avaient jamais été aussi beaux, et sa peau avait retrouvé une douceur et une pureté semblable à la peau fraîche et neuve des enfants. Elle était belle, ça c'était la seule certitude à laquelle elle pouvait s'accrocher comme à un dernier rempart. Il avait été convenu que cette étape se déroulait en effet sans artifices. Toutes les jeunes maïkos passant par cette étape à l'Okiya Hateku étaient présentées dans leurs plus simples atours et sans artifices. C'était la tradition des Hateku, la maison se forgeait une réputation là dessus. Cette manière de procéder était hautement symbolique : pas de maquillage, pas d'accessoires, pas de coiffure, pas de vêtements d'apparat. Cela signifiait pas de mensonge. L'honnêteté, pure, la franchise exprimée par une sorte de "simplicité" et sans pudeur.

C’est alors que Rin entra furtivement dans la salle. La pression monta jusque dans le coeur de Suzu. Alors, était-ce pour maintenant ?
“Ca y’est, Okâsan a trouvé quelqu’un … Tu es prête ?”, lui murmura-t-elle doucement à l’oreille tout en l’observant. Elle vérifiait chaque petit détail, comme elle le faisait avec Suzu depuis plusieurs années maintenant. Elle sortit simplement un éventail d’un blanc nacré de son propre kimono et lui tendit : il allait parfaitement avec sa tenue. C’était le détail qui finissait l’ensemble. Elle lui avait aussi apporté sa flûte traversière dans un étui.
“Rin … Tu es sûre que je saurais …” Suzu n’eut pas le temps de finir sa phrase que déjà Rin lui avait posé un doigt sur les lèvres pour la faire taire.
“Tu es une vraie splendeur ce soir Suzu … Ne t’en fais pas … Tu vas assurer. En plus … Ton client est quelqu’un de bien, tu vas voir.”
“Oh, dis moi …”, mais à nouveau, Rin la fit taire, cette fois d’un regard sévère. “Bon …”

Rin se retira par une porte de service. Elle bloqua le passage. La salle avait été aménagée pour la soirée, déjà… Normalement Suzu n’aurait plus besoin de rien.

C’est alors qu’il entra … En une fraction de seconde elle le dévisagea pour comprendre à qui elle avait à faire, comme Rin lui avait si bien apprit à le faire. C’était un homme jeune mais très grand, ce qui ne manqua pas d’intimider Suzu. Et déjà à son allure, à ses vêtements, à son physique, elle sut de qui il s’agissait. Combien de fois avait-elle entendu parler de lui ? Fukyuu Kanzen-sama, un client habitué, et un client apprécié voire … admiré par la gente féminine de l’Okiya. Cela s’annonçait pour le moins intéressant. Et cela la rassura un tout petit peu … Pour autant, le rose était monté à ses joues.
Bien sur alors qu’elle songeait à tout cela, elle salua très bas l’homme, comme le voulait la convenance. Elle le laissa entrer et il lui dit d’emblée :
“Konbawa… Suzu-chan. Merci de m'avoir attendue. Je suis Fukyuu Kanzen, honoré de faire votre rencontre. Dites-moi ? Quelle est votre chanson préférée ? Me la chanteriez vous ?”

Sans doute cherchait-il à la mettre à l’aise … Elle se redressa après un petit temps, dans le calme. Elle s'exerçait à respirer lentement et sereinement pour ne pas laisser le stress l’envahir, ce qui fonctionna plutôt bien. Plus détendue, elle répondit :

“Enchantée, et honorée Fukyuu Kanzen-sama. Permettez-moi, pour ce soir, de vous appeler par votre prénom si vous le voulez bien. Nous serons plus à l’aise …”

Elle osa croiser son regard ambré. Il avait du charme, c’était évident. Elle comprit maintenant toutes les rumeurs entendues auparavant. Mais elle ne se laissa pas submerger par ces souvenirs, elle devait rester concentrée, surtout en ce tout début de soirée.

“Je vous en prie, asseyez vous confortablement, mettez-vous à l’aise comme bon vous semblera pendant que j’accorde ma flûte.” Elle lui montra les nombreux coussins et tapis installés là pour l'occasion, lui lança un sourire qui se voulait le plus rassurant mais respectueux que possible, puis ouvrit l’écrin de son instrument, et se mit à l’accorder doucement pour faire chauffer le bois, afin que le son soit le plus pur possible.

Elle en profitait pour l’observer de loin. *Fais juste en sorte que cet homme reparte comblé*, se dit-elle

Puis elle entama son morceau préféré, “Printemps perdus”. Elle connaissait cette mélodie par cœur, aussi pouvait-elle se permettre d’improviser, d’améliorer le morceau, d’arranger l'ensemble comme il lui convenait. Elle alterna donc entre flûte et chant, en y mettant le plus de coeur possible. Après tout c'est ce qu'elle maîtrisait le plus, et sa musique pouvait calmer n'importe quel coeur en peine. Combien de fois avait-elle répété ce moment dans sa tête ? Des centaines, sans doute … Aussi elle ne fit aucune fausse note ...
Suzu-chan pour son Mizuage ...:
 


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Hateku Bara


Dernière édition par Hateku Bara le Mer 27 Mai - 8:15, édité 2 fois
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Fukyuu Kanzen

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Taii

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MessageSujet: Re: [FB - Terminé] Il était une première fois... Mer 27 Mai - 1:43

Quelle phrase stupide. Ce n'était pas lui rendre service que de l'empêcher de faire l'accueil, il n'était pas celui qui devait mettre l'autre à l'aise. Mais en aucun cas, face à cette jeune fille, il ne s'était senti dans la même situation que lors de ses autres passages à l'okiya des Hateku. Dès qu'il l'avait vu se coiffer, en vérité, il avait compris en son fort intérieur qu'elle n'était pas une simple perle au milieu des autres, formant un sublime collier. Il n'avait pas pu s'empêcher de la voir comme une pierre massive, attirant immédiatement le regard, laissant les autres pièces du bijoux comme simple accompagnement.

Et tandis qu'elle rétablissait l'ordre, reprenant le rôle d'hôte accueillante, le remettant poliment à sa place de client soigné, il la détailla d'un regard à nouveau. Ses cheveux cascadaient le longs de son dos, le sommet de sa coiffure ramenée en arrière et soutenue par des broches jumelles encadrant son visage. Une couronne rassemblait en bonne ordre les mèches qui auraient pu s'avérer rebelles dans une autre situation et laissant pourtant volontairement, il en était certain, quelques unes couler sur ses épaules, orientant fatalement le regard sur leur nudité et leur douceurs promises.

La robe qu'elle portait n'avait rien des kimonos élaborés des geishas dont il avait pu gouter la compagnie. Celle ci ne la couvrait que depuis le sommet de sa poitrine et à partir du bas de ses épaules. Des renforts, peut être en métaux précieux, il n'était pas certain, maintenait le tout sur une silhouette sans le moindre défaut. Les soieries composant son vêtement collaient presque à sa peau tout en préservant une couche translucide ondoyante, ajoutant une étrange évanescence et entretenant le mystère des détails des promesses qu'ils recouvraient.

Des motifs floraux venaient s'ajouter sans surcharger à la beauté de ces atours. À la fois d'une extrême simplicité tout en se montrant extrêmement complexe, Kanzen du faire montre d'une grande maîtrise sur lui pour ne pas se perdre dans les détails des tissus et de ce qu'ils masquaient. Remontant son attention à nouveau, il s'attarda sur le visage fin, encore porteur des traces de la jeunesse de la petite Suzu. Une pointe de maquillage avait tirée les lignes de son expression, donnant l'impression qu'elle était dors et déjà femme faite.

Ses bras, dont l'un agitait un éventail purement décoratif, attestaient du fait qu'elle avait quitté l'enfance depuis quelques mois déjà. L'ensemble de l'image qu'elle rendait était inédite et le kuge manqua de sourire à l'ironie de la situation. La signification de son patronyme l'avait toujours amusé. Mais cette fois ci, la perfection se tenait belle et bien en face de lui et non plus dans les traits qui façonnaient les kanjis de son prénom.

Il lui fallu se souvenir que les maïkos et les geishas étaient des œuvres d'art, non des femmes comme les autres. Il ne pouvait simplement pas s'autoriser à s'éprendre de la jeune fille dès le premier coup d’œil. C'était sa profession. Les regards qu'elle lui jetait n'étaient pas pour lui, mais pour ce qu'il représentait. Il était la porte de son passage à l'age adulte. De son accession au rang prestigieux de geishas accomplie.

Mais ce n'était pas une raison pour lui manquer du moindre respect. Aussi allait-il jouer le jeu. La marque qu'il laisserait derrière lui, sur les terres des glaces éternelles, ne serait pas celle d'un cuistre, mais bien l'image de la plus grande douceur qu'une telle fleur méritait. En y réfléchissant bien, il n'aurait aucun effort à fournir pour se montrer de la plus agréables des compagnies. La simple présence de Suzu le poussait à un sentiment qui lui était presque étranger et pour cette soirée et la nuit qui s'en suivrait, il se sentait tout à fait capable de l'aimer comme si il n'avait été rien d'autre que sien, en tout et pour tout et de la laisser le guider dans les premières étapes de leur rencontre. Le reste… Il tâcherait d'être un guide sans équivalent, si les kamis le lui permettraient.

Il accéda à sa demande silencieusement, s'installant en tailleur plutôt qu'en seiza, sans se départir du sourire sincère que provoquait l'image de l'apprentie sur son humeur. Il n'avait jamais été vraiment pudique sur ses sentiments, préférant les laisser apprécier par ses interlocuteurs. Et cette fois ci, il ne voulait surtout pas qu'elle perde une miette du confort qu'il ressentait à sa proximité. Il s'avéra néanmoins qu'en lieu et place d'un chant, elle allait lui faire une démonstration de ses talents instrumentaux.

De toutes les douceurs que l'Okiya pouvait lui être apportées, celle dont il ne souhaitait plus perdre la moindre miette s'avérait être Suzu. Et lorsqu'elle entama son morceau, il s'en voulu de sa volonté de ne pas fermer les yeux un seul instant afin de se laisser porter par la musique. Il ne regretta cependant pas son choix longtemps lorsque sous ses iris ébahis, elle se mise à alterner de la flûte et du chant, révélant un timbre de voix aussi parfait que l'enveloppe charnelle qui la contenait.

Depuis toujours, la philanthropie de Kanzen l'avait amené à cerner les gens rapidement, déceler le vrai du faux, la comédie à la sincérité. Il appelait ce talent son sixième sens, ou Kan', plus ironiquement, puisqu'il s'agissait du première caractère de son propre nom. Et devant lui, il n'avait pas une actrice jouant un rôle. Elle se plaisait à user de sa flûte et à chanter, tout particulièrement sur ce morceau. Devant tant de franchise et inondé par cette grâce, il se senti chuter.

Ses yeux s'embrumèrent, son sourire persistant révélait à présent la rangée haute de ses dents dans une expression de plénitude absolue. Ému aux larmes, il se refusait cependant de les essuyer, préférant laisser savourer à sa compagne d'un soir l'impacte qu'elle avait sur lui. Mais à toute chose vient une fin et lorsqu'elle advint, la joie laissa place à une courte mélancolie, comme si on venait de lui retirer le plus merveilleux des cadeaux alors qu'il s'apprêtait enfin à réellement en profiter.

Il choisi ce moment pour sortir de son obi son mouchoir en soie et entreprit de sécher son visage des stries que ses pleurs silencieux avaient laissés. Il joignit les mains une fois déchargé de la pièce de tissus, dans un applaudissement pudique et il tenta un première fois de parler… Pour retenir un instant l'émotion qui menaçait de jaillir de lui par un sanglot inopportun. Une fois certain qu'il contrôlait ses cordes vocales, il réitéra, avec succès cette fois ci :

Subarashī… Suzu-chan. Dit-il d'abord simplement. Puis il poursuivit, reprenant l'ascendant sur ses sens submergés par l'instant.

L'on dit des vôtres qu'elles sont l'incarnation de l'art faite femme… Mais comment cela peut se nommer lorsque l'une de ces œuvres se retrouve être la pièce maîtresse ? Je ne crois pas pouvoir concevoir un jour un nouveau moment comme celui-ci… C'est une bien triste malédiction que de se dire que l'on ne verra nul part ailleurs un tel éclat…

La douce accusation de Kanzen ne se voulait aucunement négative et son ton plaidait en sa faveur. En vérité, il s'agissait plus d'un remerciement masqué que d'une vraie blessure subite. Il inspira un long moment, comme s'il subsistait dans l'air les traces du morceau qui avait été joué, puis il expira calmement. Puis il frappa doucement son poing droit fermé dans sa main gauche ouverte, comme prit d'une riche idée, lorsqu'il parla enfin, sa voix était presque celle d'un enfant, d'une rare spontanéité :

Il nous faut du thé, Suzu-chan ! Oui ! Avec des gâteaux, ce serait parfait ! Et vous me parlerez un peu de vous, si vous le voulez bien. Et je vous parlerais un peu de moi, si cela ne vous ennuie pas, en retour.

Quelque chose paru le rattraper, comme une fatalité, comme si le temps qu'il lui restait sur ses terres natales, trop court, s'imprimait sur ses traits. Pourtant, ses lèvres ne quittait pas cette expression aimable en toute situation qui paraissait le caractériser, il conclu d'un ton pareil à celui de la caresse du dernier souffle de l'été avant que l'automne ne lui succède :

Je crois que c'est une chose dont j'ai besoin… échanger un peu. Si cela ne vous dérange pas… Bien entendu.
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Hateku Bara

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Geisha

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MessageSujet: Re: [FB - Terminé] Il était une première fois... Mer 27 Mai - 14:37

Lorsque Bara termina son morceau de musique, elle ne s’attendait pas à ce Kanzen-sama réagisse ainsi. D’habitude on l’applaudissait avec respect ou admiration, on la félicitait … Mais lui, il avait les yeux brouillés, et quelques larmes perlaient sur sa mâchoire d’homme mur. Cela signifiait donc qu’il avait été profondément ému par ce chant. Elle trouva cette image de lui à la fois belle, honnête, et saisissante … Surtout que Kanzen, maintenant installé au sol, était beaucoup moins impressionnant que debout, perché sur ses deux mètres de hauteur. Il lui fit des compliments ravissants et sincères, qu’elle accueillit avec beaucoup d’humilité, et une pointe de gêne. Lui aussi, il disait qu’elle était un joyau d’exception … Comme Okâsan. Mais venant de lui, bien sur, cela la toucha énormément. Bara ne pouvait que se féliciter, pourtant quelque chose continuait de l’inquiéter un peu … Par sa profonde empathie, elle sentit au plus profond de son cœur que le kuge avait apparemment besoin d’être grandement réconforté … Oui, elle ressentait un sentiment fugace de détresse en lui. C’était étrange, car on ne lui avait jamais parlé de lui en ces termes. On disait de Kanzen-sama qu’il était quelqu’un de toujours souriant, d’optimiste. Là, ce n’est pas qu’il n’était pas avenant, mais il semblait que son beau regard pétillant et profond se voilait quelques fois dans un tissu de mélancolie amère …
Elle décida qu’elle ferait réellement de son mieux pour arranger cet état de fait, au moins pour ce soir. Elle avait reprit son éventail et se couvrait la moitié du visage, pour cacher tant bien que mal le rouge de sa timidité qui lui était monté aux joues devant l’émotion de Kanzen et ses gracieux compliments à son égard. Elle profita d’un instant de silence respectueux pour l’observer plus intensément. Très vite de son côté, il s’était ressaisit. C’était un bel homme … Sa chevelure blanche comme la neige de Fuukyu avait quelque chose d’exotique, d’autant plus vu la longueur de celle-ci, peu courante chez un homme. Elle songea qu’elle devait créer une proximité avec lui. Ce sentiment fut renforcé par le fait qu’il lui demande d’échanger un peu ensemble. Elle avait donc bien cerné la situation …
Mais il avait également proposé de déguster du thé et des gâteaux, ce qui ne pouvait que ravir la jeune fille. Elle se dirigea vers un pan de la salle qui menait dans le couloir, l’ouvrit, y trouva une table basse carrée en osier vernis, assez légère, qu’elle amena aux devants de Kanzen, puis y retourna pour aller chercher un service à thé pour deux que Rin avait dû poser là par anticipation comme elle le faisait toujours. Il y avait également une sélection de thés tous les plus odorants les uns que les autres. Elle fit demander quelques biscuits à la cuisine en appelant une toute petite aspirante maïko qui passait dans ce même couloir. Cette toute jeune fille, enthousiaste qu’on lui demande autre chose que de faire le ménage, courra tout de suite pour aller en chercher, sans doute dans le secret espoir que la cuisinière lui donnerait un des biscuits pour la récompenser de sa course. Suzu ne put s’empêcher d’afficher un large sourire amusé en voyant cela, car ça lui rappelait ses premiers temps à l’Okiya … Une nostalgie douce l’envahit. Mais elle n’aurait pour rien au monde voulut délaisser trop longtemps Kanzen seul. Aussi elle se retourna, pour croiser à nouveau son regard, mais cette fois, elle laissa volontairement ses yeux se plonger dans les siens. Cette couleur d’ambre était à elle seule assez enivrante … Mais, bien décidée à ne pas se laisser décontenancer, elle annonça :
« Cela devrait arriver sous peu je pense, je vais commencer à faire chauffer l’eau en attendant. », ce qu’elle fit immédiatement, se rapprochant du coin où Kanzen-sama s’était installé, en plaçant une théière sur un petit chauffe-eau portatif qu’elle alluma avec prudence. Puis elle vint s’assoir délicatement à côté du jeune homme. Ce n’est vraiment qu’à ce moment là qu’elle se sentit ridiculement petite à côté de lui. En effet, l’homme avait beau être assis, il était deux fois plus imposant qu’elle en termes de carrure. Mais c’était aussi assez … rassurant, étrangement. C’était une proximité qu’elle n’aurait peut être pas installée aussi tôt dans la soirée avec un client habituel, mais là, elle sentait qu’elle pouvait se le permettre. Elle lui proposa un coffret contenant des petits pots : c’était les différentes sortes de thés.
« Je vous laisse choisir Kanzen-sama, mais à vrai dire ils sont tous bons ! », elle se permit un petit ricanement malicieux. Puis elle sourit en disposant le service sur la petite tablée. Elle prit l’ensemble de sa chevelure pour la placer sur un côté, les laissant glisser doucement sur son épaule gauche et laissant l’autre à nu par conséquent, comme elle avait souvent prit l’habitude de le faire.
« Alors, que désirez-vous ? … Que voulez-vous que je vous raconte ? », ajouta t-elle enfin d’une voix plus calme et sérieuse, mais à moitié dans un murmure des plus doux …


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Taii

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MessageSujet: Re: [FB - Terminé] Il était une première fois... Mer 27 Mai - 19:06

Il se fustigea à nouveau intérieurement. Comment pouvait il donner confiance à cette jeune fille en auréolant de mélancolie. Il n'était pas dupe sur les capacités de cette dernière à le ressentir et il ne voulait aucunement qu'elle en vienne à le plaindre ou avoir pitié de lui. Mais alors qu'il se redressait, plus digne et plus droit que l'instant d'avant, imprimant une certaine lumière sur ses traits, il se rendit compte que ce n'était pas du tout l'impression qu'il lui avait rendu.

Elle paru simplement inquiète un instant puis fit danser ses iris sur lui tout juste embusqués derrière son éventail. Il se demanda si elle appréciait ce qu'elle voyait, il espérait que oui en un sens, mais dans un autre, il n'était pas certain que ce droit là était accordé aux dames de son genre. Pourtant, fort de sa capacité à lire les gens, il avait pu voir dans des regards autrement plus adultes que les siens à quel point il pouvait parfois intriguer. Il ne s'en enorgueillissait pas le moins du monde. En l'état actuelle des choses, il le souhaitait uniquement car il trouvait injuste qu'il puisse profiter d'une merveille de ses yeux et que ce ne fut pas réciproque.

Puis elle se mise à réagir à sa demande. La façon dont elle le fit, papillonnante dans la pièce, passant de l'un de ses bords à un autre, il n'en perdit rien. Elle apprêtait petit à petit la pièce, sans que cela lui vienne à l'idée de ne pas accéder à la requête qu'il avait émise. Elle exécutait ces mouvements, les robes dont elle était couverte volant dans son sillage, la rendant presque irréelle. Kanzen s'était persuadé, quelque instant auparavant, de ne pas avoir vu plus beau spectacle lorsqu'elle chantait… Dans cette simplicité et dans cette spontanéité pourtant, il trouva la chose plus merveilleuse encore.

Elle ne le laissa néanmoins pas seul bien longtemps, s'affairant avec l'efficacité d'un maître d’œuvre et le rejoignant une minute plus tard, tout au plus. Ne l'ayant pas quitté une seconde du regard, il se fit surprendre lorsqu'elle se retourna, fichant littéralement ses yeux dans les siens. Mais elle ne montra aucune gêne à cela, insistant, comme si elle était capable de passer outre la frontière ambrée de ses iris afin de voir ses propres pensés. Elle rompit le contact visuel pour poursuivre la mise en place de ce qui avait été demandé, n'hésitant pas pour passer proche de lui.

Elle laissait derrière ses passages de fragrances exquises qu'en fin connaisseurs de la chose, Kanzen su décortiquer afin de trouver en leur centre la véritable exhalaison de la jeune fille. Celles ou ceux qui avait conçu le parfum qu'elle portait avait su profiter de l'effluence douce et naturelle de l'apprentie pour transcender les senteurs dans un chatoiement enivrant. Il avait perdu le fil de ses gestes et remarqua qu'elle s'était installée véritablement non loin de lui… Non, c'était plus proche encore… Il aurait pu détendre à peine sa main pour lui effleurer l'épaule.

Ce qu'il ne fit pas, à grand regret dans un sens. Elle n'était vraiment pas bien haute et il se sentait ridiculement grand. C'était peut être là une chose qu'il n’appréciait pas chez lui. Cela mettait trop souvent les gens dans l'inconfort et il se mis à prier Itegami que la jeune fille ne soit pas incommodée par cela. Mais rien dans les yeux de Suzu ne vint trahir une telle pensé, ce qui le fit immédiatement lui sourire avec gentillesse.

Au coffret qu'elle lui tendit alors, il ne su vraiment quoi sélectionner. Il lui aurait bien dit de choisir à sa place, mais au son de son petit rire mutin, il fut une fois encore charmé et trouva le jeu amusant. Il ne savait proprement rien du thé et de leur variété. En temps normal, on choisissait pour lui ou il se contentait de ce que l'on lui donnait. Au vu de son environnement, il avait rarement été déçu et savait apprécier cette boisson à toute heure et en toute occasion.

Choisir à l'odeur était un vrai défi et il avait confiance en l'adolescente lorsqu'elle lui avait dit qu'ils étaient tous bons. Dans une Okiya, c'était plutôt bienvenu… Les clients n'étaient pas là pour subir des farces. Dans un second temps, en humant les parfums des différentes feuilles, il en attesta par lui même. Cela sentait divinement bon. De son côté, l'apprentie geisha s'occupait en disposant le set qui permettrait la conception du breuvage et sa dégustation future. Il eut une expression enchanté et replongea dans sa sélection hasardeuse.

Il s'arrêta presque par hasard sur les feuilles d'un gyokuro asahi d'une facture exceptionnelle. Du moins l'aurait-il su s'il avait été un expert de la chose. Et tandis qu'il relevait son attention vers Suzu, aucun mot ne pu sortir de sa bouche lorsqu'il fut témoin de ses mouvements et qu'elle rassembla sa magnifique chevelure sur l'épaule opposée à l'endroit où il se trouvait. Rien n'aurait pu empêcher le rouge de venir teindre ses joues claires et il n'avait guère le moindre artefact pour en masquer le témoignage visuel. Aussi se frotta-t-il la tête en riant nerveusement, laissant passer l'instant comme une délicieuse confiserie.

En un temps, il aurait fondu sur elle pour embrasser ce cou qu'elle lui offrait, mais la question posée méritait réponse et il ne voulait rien précipiter. Une fois sa maîtrise sur lui-même retrouvée, il haussa un sourcil interrogateur, un sourire amusé pour toute mimique. La première partie de la demande avait été faite solennellement, mais il se demanda si elle mesurait la portée de ses mots. Ce qu'il désirait ? Elle le personnifiait actuellement et ne pouvait guère l'ignorer vu la pathétique capacité de Kanzen à masquer ses expressions.

Mais c'était là jouer sur les mots et il n'était pas certain qu'elle souhaite s'amuser à cela. Aussi fit-il mine de se concentrer sur la seconde partie de la question. Il leva les yeux au plafond et croisa les bras pour enfin lever sa main droite à son menton et en tapoter le bout, surjouant sa réflexion, des pointes de son index et de son majeur joints. Lorsqu'il sembla trouver ce qu'il cherchait dans les poutres de soutènements du sommet de la pièce, il retourna à nouveau son attention vers l'apprentie geisha, son sourire se révélant plus mutin cette fois ci, mais sa voix ne trahissant d'aucune malice :

Me diriez vous ce que vous aimez, Suzu-chan ? Ce que vous appréciez ? Que préférez vous en Ite ? Ou plus généralement, si vous avez pu le voir dans sa plus grande largeur, Fukyuu tout entier ? Que regretteriez vous si vous deviez partir, sans savoir si vous pourriez revenir ?

Son expression ne vacilla pas un seul instant malgré ce qu'évoquait son propre questionnement à son sujet. Il s'en étonna lui-même. Mais une réponse à ce fait s'imposa d'elle même alors qu'elle le dévisageait et qu'il plongea son regard dans le siens. Elle annihilait tout futur de sa simple existence et le cœur du kuge ne voyait plus ni passé, ni avenir, juste l'instant présent. À ce moment très précis, il ne s'était rarement senti autant apaisé…
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Geisha

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MessageSujet: Re: [FB - Terminé] Il était une première fois... Jeu 28 Mai - 1:25

Kanzen semblait captivé par elle, et pour tout avouer, elle en profita assez. Elle aimait qu'on la dévore ainsi du regard ... Tout comme elle aimait elle aussi observer quelqu'un comme cela, afin de s'imprégner de cette personne. Aussi, elle trouva que Kanzen, gêné par une épaule simplement découverte, n'aurait pas pu être plus adorable qu'à ce moment précis ... Un homme si grand, une force de la nature, une montagne parmi les collines, semblait décontenancé à présent par un simple geste féminin. Elle se rendit compte que ce beau jeune homme, malgré sa stature impressionnante, n'était pas du genre à s'imposer rudement aux autres. Au contraire, au fond d'une poitrine musclée se trouvait un coeur tendre, c'est ce qu'elle ressentait, malgré le peu de choses qu'elle savait encore de lui ... Mais elle fit mine de ne pas faire attention à cet état de fait pour le moment, car elle ne désirait pas encore lui montrer qu'elle était attirée par lui. Oui, c'était peut être égoïste, mais elle se plaisait à laisser encore pour un petit temps planer une certaine forme de mystère, pour voir s'il allait vraiment rester toujours aussi doux ... Bien qu'elle n'en doutait pas vraiment.

Elle aimait aussi ces jeux de regards. Les yeux sont comme des enfants qui se courent les uns après les autres, se chamaillent, rient ensemble ou se cherchent ... Ils représentent une énergie ayant presque une vie propre ... Elle appréciait cette petite timidité délicate : elle le regarde, il n'ose plus l'observer, quand elle détourne l’œil, il se remet à l'espionner mais si elle croise à nouveau ses yeux, ce seront les siens qui à leur tour seront fuyants ...

Elle s'amusa un instant à comparer sa propre épaule nue à celle qui était également dégagée chez Kanzen, car il portait toujours son kimono de la sorte d'après ce qu'elle avait cru comprendre. Le développement de ce muscle était parfait chez lui. Encore une fois elle songea que Kanzen pourrait très bien la briser en morceaux s'il n'était pas quelqu'un d'aussi doux ...

Il cherchait, sans doute parmi une foule de questions qui se ruaient à son esprit, quelque chose à lui faire raconter. Elle s'attendait à beaucoup de choses assez banales. C'est pourquoi la question que le Kuge lui posa la dérouta un peu :
"Me diriez vous ce que vous aimez, Suzu-chan ? Ce que vous appréciez ? Que préférez vous en Ite ? Ou plus généralement, si vous avez pu le voir dans sa plus grande largeur, Fukyuu tout entier ? Que regretteriez vous si vous deviez partir, sans savoir si vous pourriez revenir ?"

Pourquoi poser de telles questions sur un sujet comme celui là en particuliers ? Sans chercher à vraiment trouver par elle-même les réponses, elle ne put s'empêcher pourtant de se le demander.

"Eh bien ... Je répondrais d'abord par rapport à Ite. Je ne connais de notre clan que notre capitale malheureusement ... J'espère avoir un jour le privilège de pouvoir sortir de Ite pour découvrir les autres contrées de Fukyuu ... Ce que j'aime le plus à Ite bien sur, c'est le quartier des plaisirs, car j'y ai grandi, que je m'y suis fais plus que des amies. J'y ai trouvé une famille accueillante, aimante. J'aime aussi les places du marché, toujours pleines de vie. Le palais est aussi magnifique. Bref on peut dire que j'aime vraiment Ite."

Elle marqua un temps de pause. Son regard était un peu dans le vide, elle cherchait à mettre des mots sur les sentiments qu'elle avait pour la capitale, mais c'était difficile.
"Ce que je regretterais le plus ... Eh bien comme toute ma vie est ici, beaucoup de choses. Déjà, Rin, Onesan, Okasan, la maison en elle-même.Aussi, je regretterais de ne plus pouvoir me rendre sur la tombe de ma mère biologique ... J'y vais une fois par semaine."

Cette fois et sans doute depuis la première fois de la soirée, sa voix avait eu quelques défaillances à l'évocation de ce sujet ...
"Mais probablement aussi les clients que j'apprécie le plus, il ne faut pas les oublier ..."
Elle leva le regard jusqu'à lui un instant. Elle ne s'y attarda pas trop pourtant pour ne pas le gêner.

"Si je dois parler de ce que j'aime, Kanzen-sama, on va en avoir pour la nuit ! Ahah ! Je suis quelqu'un qui apprécie la vie et toutes les choses qui la constituent bien sur ! Il serait plus facile d’énumérer ce que je n'aime pas, à vrai dire ..."

Elle rit doucement avant de marquer à nouveau une pause pour servir le thé qui était prêt. La jeune aspirante maïko de tout à l'heure frappa à la porte, déposa les biscuits, et referma le pan du couloir comme à la coutume. Suzu alla les chercher et les déposa sur la table, puis se rassit exactement au même endroit.

Voyant qu'elle arrivait au terme de ce qu'elle voulait répondre, et étant si pressée de faire la connaissance du jeune homme, elle s'empressa de retourner la question :
"Et vous, Kanzen-sama, qu'aimez-vous dans la vie ? J'imagine que notre jolie capitale vous est aussi chère que moi, voire même plus à vous qui portez le nom de notre clan ... Que regretteriez-vous ?"

Comme le thé était trop chaud et qu'elle n'osait plus regarder Kanzen-sama dans les yeux pour le moment, son regard se fixa sur la longue chevelure blanche dont il était doté. C'était un peu une lubie. En fait elle concevait vaguement que la chevelure de Kanzen était aussi longue que la sienne, mais de la couleur la plus strictement opposée.
Ceci dit comme ses pensées s'enchaînaient bizarrement, elle prit un air interrogateur lorsqu'elle ne put s’empêcher d'ajouter à ses précédentes questions :
"Mais ... Dites-moi, ce n'est pas étrange de se poser ce genre de questions ? Je n'avais jamais imaginé auparavant que je pourrais quitter Ite un jour ..."

Et c'était vrai, jamais elle n'avait songé qu'un jour peut-être elle serait au dessus encore de la vie qu'elle menait maintenant, et qu'elle verrait alors autre chose que Ite et ses beaux quartiers, avec de la chance. Elle qui se satisfaisait de si peu, dans la vie ... Pourtant elle était probablement loin de se douter ce que cette question impliquait réellement pour le Kuge en ce jour.


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Taii

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MessageSujet: Re: [FB - Terminé] Il était une première fois... Sam 30 Mai - 19:57


Toute à sa réponse qu'il accueillit avec sérénité et une profonde chaleur, il se rendit compte de ce que ses manières avaient provoquées. Elle croyait l'incommoder ou le gêner d'une manière ou d'une autre et n'osait à présent plus poser trop longtemps son regard sur lui. Ce n'avait pas été son souhait et il regrettait de s'être ainsi laissé submergé par l'image qu'elle lui rendait. La petite Suzu savait quelle impression elle laissait sur le kuge et tout à son souci de vouloir lui rendre le moment confortable… Non… Inoubliable… Elle ne souhaitait visiblement pas l'écraser ou l'oppresser dans la radiance qu'elle devait se douter d'avoir.

Il entreprit alors de ne plus faire fuir ses iris ambrés, car il avait d'abord pensé que le fait de la dévisager comme il l'avait fait aurait pu inverser la situation, provoquer la gêne de l'apprentie geisha. Mais cette dernière avait une pleine conscience de sa beauté et d'être une œuvre d'art incarnée. Le concept était totalement flou pour lui, mais avec un minimum d'imagination, il se dit qu'une estampe, si elle était douée de conscience, devait apprécier d'être vu, d'être détaillée et aimée pour ce qu'elle représentait.

Alors il posa ses yeux sur elle, se promettant de ne plus laisser son regard errer sur autre chose que sa personne. Il était à peu prêt certain qu'il ne l'ennuierait pas à présent et il appelait les deux pupilles de son interlocutrice à en faire autant. Un sentiment quelque peu puéril, mais qu'il accueillit avec plaisir pourtant, de vouloir qu'elle apprécie autant que lui ce qu'elle voyait en retour et ce dans le but que l'instant soit partagé et non unilatéral, l'envahit.

Ainsi, il pu suivre le chemin de ces doux yeux noisettes qui se perdait, notamment, dans sa propre chevelure. Cet état de fait le fit sourire de façon attendrie. Cette adolescente savait plus que quiconque ce qu'il était venu faire là et le traitait malgré tout sans la moindre retenue, sans le moindre embarras notable. Elle prenait grand soin à tâcher de répondre honnêtement et sincèrement à cette question qu'il lui avait posé, mais qui était plus adressée à lui-même qu'à elle. Il ferma les paupières un très court instant lorsqu'elle lui retourna cette dernière et se révéla curieuse du pourquoi d'une interrogation aussi curieuse.

Il pu trouver toute l'énergie nécessaire pour ne pas ployer sous le retour de bâton. Il l'avait cherché quelque part, aussi, s'il ne pu pas empêcher un voile de mélancolie de passer sur son visage, il resta digne et souriant, puisant son inspiration et son réconfort dans l'image que lui offrait la jeune fille. Il laissa un instant planer le silence tandis qu'elle préparait le thé et qu'une maïko vint leur apporté les biscuits demandé plus tôt. Puis il s'étendit quelque peu, faisant passer le poids de son torse sur ses bras en les plaçant derrière lui, tendus.

Kanzen avisa le plafond un moment, il aurait pourtant bien aimer qu'elle lui parle des choses qu'elle appréciait plus particulièrement. Cela le rendait triste, quelque part. Il se demanda si elle avait omit de lui répondre intentionnellement, préférant que ce soit lui qui vienne à discourir, ou si elle avait senti derrière la suite des interrogations du kuge la marque de l’événement qui l'avait frappé de plein fouet. Les deux auraient tout à fait pu être possible simultanément.

Il passa au dessus de cette considération. C'était tout à fait son droit de ne pas être exhaustive, ils ne se connaissaient pas et il était un client à satisfaire, supposait-il. Elle accomplissait sa tâche à merveille, parfaite dans ses attitudes, impeccable dans ses mouvements, et sublime, tout simplement. Il soupira un instant et considéra les questions qu'il lui furent retournées. Ses pensés errèrent sur ces terres qui l'avaient vu grandir, s'épanouir et se construire, faire de lui l'homme qu'il était devenu.

Il songea à ces gens qui avaient gravités autour de lui et autour desquels lui-même avait parfois tourné comme un petit astres autour du Soleil chaleureux qu'ils avaient représentés pour lui. Il ferma à nouveau ses paupières et revit ces instants et ces lieux traversés. Il y-avait tant à raconter… Si bien qu'il s'en fit un condensé puis laissa le soin à ses propres mots d'exprimer comme le flux d'une douce rivière ces pensés :

Je ne porte pas le nom des Fukyuu par choix… Mais je suppose que ce n'était pas ce que vous vouliez dire. Je suis né cousin de notre Daimyo, nous partageons le sang de celle qui fonda le clan, feu-Shizue-dono, ma défunte tante. C'est un honneur, bien entendu, mais cela n'a aucun rapport avec l'amour que j'ai pour Ite et pour la terre de mes ancêtres… Ite… L'avez vous admirée au plus fort de l'hiver alors que le temps est trop froid pour laisser un homme bien vêtu rester dehors plus d'une heure ?

Le manteau de neige, gelé, reflète le timide Soleil dans des rayons opposé d'un nacre azuré… Le flanc entier du Mont est alors un saphir d'une immensité sans pareil. Et Miyuki… Malgré la surveillance et le gros de nos guerriers basés en ces lieux du fait de la forte promiscuité de nos voisins du feu et de la foudre, vous verriez une cité pleine d'une vie que la glace ne pourrait pas même freiner. Si proche du conflit, vous seriez pourtant étonnée de savoir cela tant la paix est omniprésente.


Il tendit le bras droit en direction du toit, la main déployée comme s'il souhaitait attraper quelque chose et poursuivi, enthousiasmé :

Oh ! Et Yama ! Ses landes semblent anodines comparées à la magnificence de notre domaine-Capitale, mais promenez vous au sommet de ses monts, visitez ses écoles… Bushis, yamabushis, budokas… Voyez les apprendre leur art ! Admirez leur synchronisation et leur parfaite discipline, car il n'existe de tel spectacle dans aucun autre lieu hors de nos frontières.

Si l'occasion vous est offerte d'aller à Fuyu, n'hésitez pas à en découvrir les bibliothèques et archives du clan, infinies de sagesses datant de bien avant l'Enfer Écarlate ! Apprenez le pourquoi de nos us et ce qui permis à nos ancêtres de vivre de concert au sommet des plus terribles montagnes de nos Terres.


À nouveau et il ne sembla pas s'en rendre compte, un filet de larmes coula le long de son œil droit, tombant jusqu'à son oreille. Il poursuivit alors en riant :

Mashiro… Ah ! Mashiro ! Saviez vous que les glaces sont les expertes maritimes en Yokuni ? Peu importe où vous pourriez vous rendre sur le territoire Imperial, aucune flotte n'égale la notre, aucun port n'est aussi peuplé de navires tous aussi beaux les uns que les autres, des plus petites esquifs aux plus vastes vaisseaux amiraux…

Son rire s'atténua en un soupir rêveur, il s'allongea alors purement et simplement comme l'on s'étendrait dans l'herbe d'une douce plaine balayée par un zéphyr printanier, les mains derrière la tête, sans prendre garde à ce que les pans supérieurs de son kimono révélerait de sa plastique. C'était elle qui avait raison après tout… Il y-avait tant de choses qu'il aimait, au-delà de son propre pays et ce n'était ni le moment, ni le lieu pour traiter par élimination de ce qu'il n’appréciait pas.

Lui apporter toute la douceur que ce monde pouvait offrir, ou du moins, ce dont lui même était capable, était sa seule priorité. Oh, il y-avait bien quelque chose qu'il pouvait lui confier quand à ce qu'il estimait en l'état actuel des choses… Il pencha sa tête dans sa direction en souriant chaleureusement :

Nous sommes assez semblables je dirais. Je me perds dans ce que j'apprécie et il serait plus simple de vous lister ce que j’exècre… Pourtant, il y-a une chose que je chéris depuis peu, et c'est cet instant avec vous. Ah… Je le sais bien, cela ne fait qu'un petit moment que nous discutons… Mais voila qu'il s'agit déjà d'un souvenir particulier à mes yeux. Ha ha ha ha ha ha !

Une affection visible se peignit sur ses traits à l'égard de la jeune fille, puis il termina doucement :

Je ne sais pas si ces questions sont étranges et je ne voudrais vous incommoder pour rien au monde. Mais en ce qui concerne le fait d'imaginer quitter cette demeure, il y-a parfois des choses contre lesquelles nous ne pouvons guère lutter et que le devoir nous amène à accomplir, nous poussant à nous déraciner pour être replanter en un autre endroit. Il vaut probablement mieux être prêt à cela et poser ces interrogations avant que les réponses ne vous soient imposées par la destiné vous poussant à vous souvenir ce qui a été perdu dans la douleur.

Puis il se tut, tendant son bras gauche vers elle et lui effleurant l'épaule du bout de son index pour ramener à lui sa main et révélant la rangée supérieure de ses dents dans une attitude joueuse et mutine, bien plus proche de celui qu'il avait toujours été que de ce triste sire qui menaçait de prendre le pas sur sa psyché.
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Geisha

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MessageSujet: Re: [FB - Terminé] Il était une première fois... Dim 31 Mai - 14:46

Alors que jusqu’à maintenant, les rapports entre Kanzen et Suzu étaient restés assez cordiaux et simplement polis, le jeune Kuge commença à prendre un peu plus ses aises. Tout ce qui vint à l’esprit de Suzu c’est “enfin !” : eh oui, ça c’était le Kanzen qu’on lui avait parfois dépeint. Quelqu’un qui vivait pleinement, qui s’assumait complètement. Alors elle l’écouta avec plus d’attention et d’humilité encore.

Le jeune homme lui décrivait les différentes cités de Fukyuu, faisant naître dans l’imagination fertile de l’artiste une série d’images les plus somptueuses et les plus exquises, représentant les terres du clan des glaces et des neiges éternelles  … C’était captivant ! Elle qui n’était jamais sortie de Ite … Elle se sentit à ce moment là un peu misérable de ne pas avoir pu voir tout cela, mais très vite elle se fit une promesse : cette erreur serait réparée. Oui, un jour elle partirait pour voir toutes ces splendeurs. C’est vrai, Suzu adorait Ite. Pourtant maintenant que Kanzen évoquait toutes ces merveilles de Fukyuu, il devenait difficile de ne pas imaginer la capitale comme une sorte de prison dont, pour l’instant, elle était et resterait captive …

Il s’était appuyé sur ses bras tout d’abord, mais à présent, emporté par son discours passionné, il était couché au sol. C’était à la fois intimidant, et terriblement agréable de savoir qu’il se sentait désormais assez à l’aise pour le faire. Faire fi des convenances, quel meilleur moyen pour deux personnes afin de faire connaissance ?

Maintenant qu’elle osait pour sa part le regarder un peu plus, de son côté Kanzen-sama laissait également ses propres yeux dorés se plonger longuement dans les siens. Le rose monté sur les joues de Suzu ne semblait donc plus pouvoir repartir, mais elle décida de ne pas trop s’en soucier.

Mais alors qu’il continuait de lui décrire les majestés de leur clan, une larme coula à nouveau sur la joue du Kuge … Aussi il sembla à Suzu qu’il devait éprouver une forme quelconque de regret, pour une raison qu’elle ne pouvait pas comprendre. Et comme Suzu était douée d’une grande empathie, elle ressenti comme un vide à l’intérieur d’elle même à cette seconde précise, tout en continuant de le regarder. Pourtant, c’est à ce moment qu’il choisit de lui dire :

“Nous sommes assez semblables je dirais. Je me perds dans ce que j'apprécie et il serait plus simple de vous lister ce que j’exècre… Pourtant, il y-a une chose que je chéris depuis peu, et c'est cet instant avec vous. Ah… Je le sais bien, cela ne fait qu'un petit moment que nous discutons… Mais voila qu'il s'agit déjà d'un souvenir particulier à mes yeux. Ha ha ha ha ha ha !”

Alors, elle sembla perdre un peu la notion du temps et de l’espace quelques secondes. Quoi ? Ce moment avec elle était  si précieux pour lui, déjà ? Alors elle s'aperçut qu’elle n’avait été qu’à moitié honnête avec lui. Jusqu’à présent, il l’avait traitée comme une vraie perle rare, alors qu’elle l’avait traité comme un client, certes un peu spécial, mais un client quand même. Hors, cet homme était bien plus qu’un simple client. Elle commençait à apercevoir en lui un homme réellement bon, qui ne l’aurait pas choisie s’il ne l’avait pas voulue. Cette prise de conscience sur la personnalité du jeune homme ne pouvait pas la laisser indifférente. Elle reprit cependant ses esprits suffisamment tôt pour entendre ce qui semblait être une lueur d’explication à l’égard de son comportement qui semblait parfois triste :

“Je ne sais pas si ces questions sont étranges et je ne voudrais vous incommoder pour rien au monde. Mais en ce qui concerne le fait d'imaginer quitter cette demeure, il y-a parfois des choses contre lesquelles nous ne pouvons guère lutter et que le devoir nous amène à accomplir, nous poussant à nous déraciner pour être replanter en un autre endroit. Il vaut probablement mieux être prêt à cela et poser ces interrogations avant que les réponses ne vous soient imposées par la destiné vous poussant à vous souvenir ce qui a été perdu dans la douleur.”

*Des choses contre lesquelles nous ne pouvons guère lutter … nous poussant à nous déraciner … *
Mais oui, elle comprenait parfaitement cela … Elle même, elle avait vu sa propre vie basculer en l’espace de quelques années seulement. Kanzen-sama, de part ses responsabilités, devrait sans doute être amené à faire de même contre son gré. Pourquoi faire, elle ne pouvait pas le savoir. Néanmoins, elle décida de ne pas oser lui demander pour l’instant. Déjà car cela aurait été déplacé, et ensuite car elle ne désirait pas le laisser rester dans cette idée mélancolique …
Un profond respect pour Kanzen, bien qu’elle lui en portait déjà beaucoup, naquit en Suzu à cet instant.

Mais alors, il leva sa main pour venir effleurer doucement son épaule qu’elle avait découverte. C’était leur premier vrai contact physique, c’était un geste qui voulait dire beaucoup, mais qui était assez mystérieux aussi dans son message. Suzu prit son souffle profondément pour faire un peu évacuer le petit frisson de surprise, mais aussi d'appréhension qui venait de lui parcourir le corps.

“Kanzen-sama …” commença-t-elle, ses idées encombrées par ce geste auquel elle ne s’était pas attendue. Mais elle ne sut plus vraiment ce qu’elle voulait dire. Finalement, elle choisit d’ajouter la première chose qui lui vint à l’esprit :
“Hum … Moi aussi je passe un moment formidable avec vous, en ce début de soirée.”

Elle le regardait, il avait l’air de se sentir très bien. Alors elle se détendit à nouveau. Enfin, elle retrouva le fil de sa pensée :
“Vous semblez aimer le clan fukyuu plus que n’importe quelle personne que j’ai pu rencontrer jusqu’à aujourd’hui. Ahah ! Moi qui n’ai jamais pu voyager, vous m’avez transportée à travers vos descriptions des différentes cités de nos terres. Un jour, moi aussi j’irais à ces endroits, c’est ce que je souhaite à présent, grâce à vous hihi !” son regard était plein de malice et de gratitude à la fois.

“Vous savez … Vous me demandiez ce que j’aime … Moi, comme je n’ai jamais pu voyager, je n’ai pas vu grand chose pour ravir mes yeux. J’ai même parfois vu des horreurs que je ne veux jamais revoir, les kamis puissent-ils m’en préserver. Mais heureusement pour moi, mes yeux savent se contenter de peu. Par conséquent, c’est pour ça que je dis que j’aime beaucoup de choses. J’aime la beauté simple et sans pareille de la neige qui tombe, de la glace qui fond. J’aime les doux rayons du soleil, j’aime les couleurs vivifiantes des fleurs, ou encore le bruit d’une fontaine d’eau qui coule ... “

Elle s’appuya sur un bras elle aussi, se laissant aller à la décontraction.
“J’aime rencontrer des gens … Il a fallut longtemps pour que je refasse confiance aux hommes, suite à un problème familial ... Mais maintenant j’apprécie d’autant plus de rencontrer des hommes comme vous, des personnes douces et dotés de sensibilité.”

Elle souriait, mais honnêtement, spontanément, sans s’en rendre compte. Elle profita d’un court instant de silence pour se mettre à murmurer un tout début de mélodie que toutes ces images heureuses lui avaient inspirées. Puis elle se rappela des circonstances de ce rendez-vous. Elle se reprit un peu, puis commença à boire son thé doucement, comme pour se réveiller de ces émotions …


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MessageSujet: Re: [FB - Terminé] Il était une première fois... Mar 2 Juin - 21:47

La réaction de sa petite interlocutrice à son geste si simple et si familier à la fois le fit fondre littéralement. Elle avait été particulièrement digne, maîtresse de la situation jusque là et le simple fait d'avoir établi un premier contact succin de leur deux peaux l'avait désarçonnée un instant d'une telle façon qu'il lui trouva encore une nouvelle source de charme dans son attitude. Il s'en voulait cependant quelque peu d'avoir imposé cette confrontation, mais il ne regrettait pas tellement cela au vu de ce que cela avait produit.

Qui plus était, elle s'en sortait merveilleusement bien pour retomber sur ses pieds, rebondissant sur l'un de ses propos et lui retournant un compliment. Non seulement elle ne perdit pas la face, mais au contraire, elle en parue plus forte encore. Il s'accorda pour lui laisser la prochaine initiative cependant, il aimait le jeu, mais il ne souhaitait certainement pas incommoder la jeune fille. Tout le contraire, même. Il se voulait un invité confortable et facile à vivre et il fut comblé de l'entendre ricocher sur ses mots et de se mettre petit à petit à l'aise comme il l'avait fait.

Le tableau qu'était le visage de Suzu se fit changeant, sans qu'aucune des expressions qui viennent s'imprimer sur ses traits ne soit autre chose que sublime au regard du kuge. Il inclina poliment la tête lorsqu'elle vint à le remercier d'une certaine manière pour ses descriptions et qu'elle soulignait sa volonté de voir ces lieux de ses propres yeux. En y repensant, il se demanda s'il n'allait pas lui-même découvrir de nouveaux lieux en faveur des anciens une fois sur les terres de foudre.

Ceci ne rendait pas l'idée d'être ainsi envoyé comme trophée humain plus joyeuse, mais venait de lui apporter une patine bienvenue de curiosité. Cet enthousiasme qu'il avait transmis à la jeune fille sans faire attention et qu'elle lui avait rendu l'instant suivant dans un sourire mutin. Ce propos suivi par celui du témoignage de fais bien plus sombres desquels elle avait été le témoin choqua le noble vivement. Il aurait voulu savoir, connaître ces détails là pour mieux la comprendre, mais il s'y refusa purement et simplement.

L'instant était à la douceur et non à autre chose. Et la petite maîtresse d’œuvre qu'était Suzu, aussitôt le sujet amorcé glissa tout naturellement sur le véritable trait qu'elle voulait souligner. Celui d’apprécier chaque chose, même les plus simples. Durant le discours, le sourire de Kanzen s'estompa délicatement pour une expression attentive et passionnée. Ses yeux ne perdaient pas une miettes de chaque mouvements qu'elle produisait, même le plus anodin se teintant d'une étrange et hypnotique grâce.

Alors qu'elle l'imitait dans le fait de s'étendre à même le sol, le classant dans une petite case de son esprit parmi les gens appréciable, de son côté, il rangea l'information du passé de la jeune fille en son sein. Il ne devait pas oublier ce détail pour un jour futur, si les Kamis le voulaient bien, ou il pourrait lui en demander plus. Pour autant, la situation était totalement inédite. La raison de sa présence dans la pièce tout d'abord… Mais pour autant, ce n'était pas sa première fois à l'Okiya.

Non. Dès qu'il était de passage en Ite, il s'accordait toujours un instant de paix et de grâce en ce lieu des arts et des beautés. Il avait connu les plaisirs de la chairs avec une amie d'enfance, une servante de sa famille et très vite ensuite, il s'était ouvert aux plaisirs de l'ensemble des sens que prodiguait les maisons comme celle des Hateku, qui restait pour autant sa préférée. Oui, cela faisait près de sept années qu'il était un client de la demeure. Mais jamais cela ne s'était fait de cette manière.

Il ne regrettait pas les précédentes, il les avait appréciées à leur juste valeur. Mais celle ci était encore jeune et les surpassait déjà par l'innocence et la chaleur avec laquelle Suzu faisait tout son possible pour être agréable. Il sentait que même son cœur battait différemment pour elle que pour les autres dames de la maison. Bien entendu, il mis en partie cela sur le fait que la conclusion de cette dernière se ferait sur un sujet entendu par avance et qui le plaçait dans un certain inconfort. Mais pas uniquement de ça.

Cela allait bien au-delà du contrat qu'il avait passé avec l'Okasan. Cette fille était un vrai rayon de soleil dont il lui plaisait d'être sous les rayons bienveillants, comme s'il n'avait été qu'un arbre frêle auquel on aurait refusé trop longtemps la lumière et qui la voyait après une période infinie. Il fut si perdu dans ses pensés qu'elle termina son discours dans un sourire et qu'un temps passa sans qu'il ne le mesure, tant il était perdu dans les yeux de la jeune fille à se poser des questions sur ce qu'il ressentait.

Elle ne paru pas s'offusquer de son manque de réactivité, préférant chantonner sur le thème des voyages et des beautés que Fukyuu renfermait en son sein. Pour sa part, il était à peu près certain d'être au devant de la plus belle d'entre elles. Détacher ses iris ambrés de l'image de cette adolescente aurait été la pire des trahisons qu'il aurait pu envisager contre lui-même et il s'y refusa. L'instant aurait pu durer éternellement que cela lui aurait tout à fait convenu.

Enfin, elle paru se souvenir que son thé était là et entreprit de se redresser pour y tremper les lèvres. Ne souhaitant pas la laisser seule dans ce mouvement, il en fit de même. Il eut mieux valu pour lui qu'il occupe ses mains de toute façon. Car depuis quelques instants déjà, une part de lui même appelait à ce qu'il la prenne dans ses bras dans l'immédiat, de peur que cette merveille en Yokuni ne finisse par s'enfuir sous ses yeux.

Bien qu'il eut fait cela uniquement par imitation et non par envie, la gorgée de thé prise fut un délice en bouche, si bien qu'il se prit à aviser sa tasse, proprement surpris. Il ne put s'empêcher de briser le silence dans un soupire ravi et une appréciation orale :

Oishīdesu ! Je ne sais pas si les autres étaient à sa hauteur, mais je vous rejoins sur ce point que celui ci est exquis.

L'inutilité de ces mots lui permirent de rassembler ses esprits, mais il se rendait compte d'un fait qu'il n'avait pas prévu initialement. Leur entrevue était encore jeune, rien ne s'était réellement passé sinon un moment de profonde complicité, du moins, c'est ce qu'il avait cru entrevoir. Pourtant, il était venu à l'Okiya pour y laisser sa marque, le souvenir de celui qu'il était. L'inverse était en train de se produire pourtant. Il était en train de construire avec cette jeune fille un souvenir aussi doux que pénible, car au final, c'était bien l'Okiya et Suzu qui marquaient Kanzen à présent.

Et pourquoi pas ? Il haussa les épaules à ses propres pensés et posa la tasse de thé, un sourire satisfait et l'âme en paix avec lui-même. Vivre l'instant était une priorité, il verrouilla les considérations au passé et au futur dans des coins de sa psyché et repris d'un ton libéré de tout poids, mêlant la fraîcheur, la fluidité et la limpidité d'un ruisseau :

Vous me flattez en considérant que je puisse faire partie de ces personnes douces et sensibles que vous décrivez et je tâcherais d'en être digne. Je suis en l'état actuel des choses l'homme le plus heureux que ses pas l'aient portés jusqu'à cette demeure en ce jour. Sans quoi… Ma vie aurait été dépossédée d'un instant fabuleux et je n'en n'aurais probablement jamais été au courant.

Puis il fit monter sa main droite sous son menton, comme s'il était perdu dans ses pensés, ce qui était à moitié vrai d'ailleurs et renchérit :

Qu'en est-il de vos autres talents ? Vous chantez et jouez divinement bien et n'importe qui pourrait se satisfaire de l'un ou de l'autre de ces talents. Mais je suis curieux… La calligraphie ? Le Dessin ? Ou la danse peut être ? Quel domaine esthétique pourrait bien vous être inconnu ?

Il n'y avait aucune attente particulière derrière cette question, cela semblait être de la plus pure curiosité qu'une demande de démonstration. Car il était évident à la flamme qui brillait dans son regard dorénavant qu'elle aurait pu tout aussi bien être la femme la plus maladroite de tout Yokuni que son appréciation ne s'en retrouverait aucunement changée. Le petit sourire trônant sur son visage trahissait d'une affection toute particulière et qui lui serait probablement impossible à masquer, si il en avait eu la moindre envie, d'ailleurs.
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MessageSujet: Re: [FB - Terminé] Il était une première fois... Mer 3 Juin - 14:42


Suzu était contente que Kanzen-sama n’ait pas fait état des semblants de révélations qu’elle avait commencé à lui faire sur son propre passé. Ce n’était pas que cela l’aurait ennuyé d’en parler, car elle avait réussi à tourner la page depuis longtemps. Et surtout, elle ne voulait pas importuner le Kuge avec des considérations pareilles, sachant qu’il avait probablement d’autres problèmes bien plus importants en tête … Mais Kanzen-sama semblait profiter de cet instant de répit, et cela fit une nouvelle fois sourire la jeune fille. Elle était contente, parce qu’il avait l’air de se sentir bien … Et c’était ce qu’elle souhaitait. Cependant, elle ne le souhaitait pas parce qu’il s’agissait d’un client important … Elle le souhaitait sincèrement.

Il apprécia le thé que Suzu avait servi autant qu’elle l’appréciait elle même. Encore les plaisirs simples …Est-ce-que de tels plaisirs n’étaient pas les plus agréables, dans un sens …?

Mais alors, il se mit apparemment à réfléchir et évoqua l’idée qu’elle puisse s’exprimer à travers d’autres arts que la musique ...

*Hmmm … Il veut voir autre chose ?*

Suzu essayait de deviner ce qui lui ferait le plus plaisir. Bien sur en tant que geisha Hateku, elle avait pu aborder de nombreux domaines, qu’ils soient artistiques ou bien pour le loisir. Elles connaissait la musique, le chant, la danse, la poésie, la littérature, l’estampe, la calligraphie, la composition florale (hikebana), la cérémonie du thé, l’étiquette traditionnelle, le théâtre, les notions de symboliques, mais elle avait aussi abordé des sujets plus extravagants ou futiles grâce à ses rencontres, tels que la mode, ou les jeux, les légendes populaires, ou encore les interprétations des astres par exemple, même si elle était loin d’être experte …

Mais, comment savoir ce que Kanzen-sama aimait le plus, alors qu’ils venaient de se rencontrer ? Probablement accepterait-il n’importe laquelle de ses prestations, car le jeune homme semblait doté d’une profonde sensibilité, et aimait les choses de l’art. Alors elle décida qu’elle allait s’exercer dans un art où elle était un peu moins bonne qu’en musique … Oui, car qui disait client exceptionnel, disait forcément qu’il fallait tenter de se surpasser. Suzu voyait ça comme un défi personnelle qu’elle se lançait … Enfin à peu près.  

Bien qu’elle ne soit pas mauvaise en calligraphie et en estampe, elle n’était pas particulièrement douée, comme pouvaient l’être certaines des artistes qui étaient aussi de la maison Hateku. Mais, pour lui, elle était décidée à faire de nombreux efforts … Oui … Elle ne savait pas bien ce qui la poussait exactement à faire ça. Ce n’était pas de l’orgueil … Ce n’était pas un challenge égoïste qu’elle se lançait à elle seule juste pour montrer l’étendue de ses talents …

C’était pour tenter de lui plaire autrement que par ses meilleurs aspects. Sa beauté ou encore la douceur de sa musique … Ça c’est ce qu’elle offrait à chacun de ses clients. Mais, Kanzen-sama … Décidément, cet homme la poussait à voir la situation autrement. Elle n’était pas contrainte, elle n’était pas malheureuse de cette “mise à prix” finalement …Car elle était persuadée qu’il n’aurait pas payé pour n’importe qui désormais. Elle avait l’impression que le regard du Kuge lui envoyait des signes d’affection … C’était doux …Cela la remplissait d’une chaleur inhabituelle. Elle prit quelques pinceaux, quelques teintes de peintures qui traînaient par là, et quelques papiers. Elle tressa ses cheveux très rapidement et négligemment, puis plaça cette natte en arrière, pour ne pas que des mèches tombent malencontreusement dans les encres et ruinent son dessin. Puis, après avoir fini de se préparer, elle introduisit son sujet :

“Vous savez quel sera mon nom, Kanzen-sama ? Quand je serais devenue une geisha …”, même si bien sur il ne pouvait pas encore le savoir … “Yuuki-sama … Elle me l’a déjà dit.”

Suzu se mit à tracer les premières lignes de son dessin. Elle voulait faire quelque chose de simple, car elle savait que si elle s’attaquait à un dessin trop complexe, elle allait sans doute faire des erreurs. Cependant, elle voulait aussi que ce quelque chose lui ressemble. Elle rassembla toute sa sensibilité et ses émotions dans ses traits, pour pouvoir en faire quelque chose d’approchant le parfait. Elle devait aussi jouer dans les symbolismes, là elle était déjà plus douée.

Les premiers traits bien sur ne pouvaient pas le guider sur la réponse …Elle s’arrêta un tout petit instant pour croiser à nouveau le regard d’ambre du Kuge. Puis, en reprenant ses gestes de manière très académique, elle continua d’expliquer :
“Je vais changer de nom, comme toutes les geishas, j’aurais un nouveau prénom et c’est Okâsan qui va me le donner. Ce nom, elle me l’a dit, c’est une confidence que je vous fais car personne encore à part nous n’est au courant.”, elle ne put s’empêcher de lui lancer un sourire complice avant de se concentrer à nouveau, avant d’ajouter : “Ce nom, je le chéris comme s’il était déjà le mien”.

Petit à petit, les traits précis se formaient, et petit à petit, elle était convaincue que cette oeuvre était probablement l’une des plus jolies qu’elle avait fait … Si ce n’était la meilleure. Elle ajouta couleurs, ombrages.

A la fin, le dessin représentait une rose ouverte de centaines de pétales, ainsi qu’une autre rose, plus petite, en bouton. Les épines n’était pas représentées. Les sentiments sincères, la jeunesse, la maturité, le printemps, la douceur … Et elle-même … Voilà ce que représentait cette toute petite estampe. A la vue du résultat final, son coeur battait. Le kuge allait-il apprécier ce dessin si simple …? N’était-ce pas un peu trop simpliste, d’ailleurs ?

Elle ajouta en le calligraphiant le haïku suivant, qu’elle connaissait d’un auteur peu reconnu du clan :
“Le fleurs de Fukyuu
Jamais ne se faneront
Sous les glaces …”


Lorsqu’elle lâcha plus qu’elle ne posa son pinceau, ses joues étaient aussi rouges que la rose qu’elle venait de dessiner, et elle n’osait presque plus regarder Kanzen. Alors, elle inclina la tête et dit :
“Hmmm … Bara, ça sera mon nom … La rose …”, fournit-elle comme explication finale. “Je ... J’espère que vous aimez les roses Kanzen-sama.” , ne put-elle s’empêcher d’ajouter.

Mais … C’était un sujet très féminin pour une estampe. Elle n’était pas sure que Kanzen apprécierait … Soudain, prise d’un ultime doute, elle dit :
“Désolée … L’estampe n’est pas ma discipline maîtresse mais, j’ai apprécié faire ce dessin alors, si vous l’acceptiez pour cadeau, cela me ferait très plaisir.”


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Dernière édition par Hateku Bara le Dim 7 Juin - 9:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [FB - Terminé] Il était une première fois... Sam 6 Juin - 0:37


Comme attendue, la question la déstabilisa quelque peu. Ce n'était pas de l'inconfort, elle était juste prise de court et on pouvait distinguer derrière ses doux iris tout le travail qu'elle faisait afin de trouver ce qui pourrait bien répondre à la demande alambiquée qu'il avait émise. Toute à sa réflexion, elle le fixait si intensément sans s'en rendre compte que le sourire du Kuge s'élargit radieusement. Sans même évoquer le moindre mot, elle faisait preuve d'une sincérité touchante.

Puis dans un élan de spontanéité, elle se mise à voleter partout dans la pièce en quête des outils qui verrait sa nouvelle prestation naître, manquant au passage de faire rire joyeusement son spectateur exclusif tandis qu'elle papillonnait en tout sens, rassemblant pinceaux, papier et couleurs afin d'exprimer ce qui lui avait été indirectement demandé. Mais alors que Kanzen fut certain qu'il allait laisser éclater sa joie par mégarde, malgré toute sa rétention, elle brisa son élan d'euphorie pour en appeler un autre, pas moins heureux, mais bien plus doux.

Sans prendre garde à ce qu'elle fit subir à sa coiffure, dans cette impulsion qui l'avait prise, elle rassembla ses magnifiques cheveux dans une tresse hasardeuse, tirant sa tignasse en arrière afin de lui dégager le regard. Le fait éclaira d'autant plus son visage qu'elle se tint fixe un instant devant sa page, son dispositif à peinture prêt, pour présenter son projet. Son nom lorsqu'elle sera devenu geisha. Il était un partenaire à cela, mais une frontière aussi. Il en vint à se demander comment elle le voyait à cet instant parmi ces deux cas là.

Elle se plongea dans son dessin. Si bien que, curieux de voir la chose en pleine création, le Kuge se leva de sa position et vint se placer dans le dos de la jeune fille, en vu de la feuille qui perdrait de sa blancheur petit à petit sous les premiers traits qu’exécutait sur elle la petite artiste. Elle poursuivit son introduction tout en travaillant la page, traitant d'un sujet qu'il connaissait déjà par simple éducation, mais dont il n'imaginait pas l'importance que cela pouvait avoir pour celles qui vivaient cette situation de l'intérieur.

La confidence qu'elle s'apprêtait à lui faire alors l'ému au plus haut point. Qu'elle en vienne à se préparer à lui transmettre cela en disait long sur la dimension de la responsabilité qu'il avait envers elle. Il doutait pourtant qu'elle lui annonce cela dans ce sens. Elle se montrait confiante, installait une promiscuité avec des mots que sa propre caresse n'avait pas pu instaurer précédemment. Puis elle lui fit son aveu final.

Cela manqua de briser totalement le noble et il fut heureux d'être placer ainsi en retrait, hors de sa vue, afin qu'elle ne revoit pas ses yeux s'embrumer à nouveau. Elle plaçait tant d'espoir dans cet instant. Il se sentait si écrasé par cette destiné que l'on venait de pousser entre ses doigts. Il les avisa un court instant, puis il les serra en un poing solide. Tout en relevant la tête vers Suzu, il se jura qu'il lui donnerait tout, sans concessions, afin de l'aider à atteindre ce qui lui paraissait comme étant son rêve.

Ainsi, il ne regardait plus ses mains danser sur le feuillet. Ses iris étaient remontés plus haut, d'abord les bras, puis les épaules à nue, puis le sommet du dos à peine caché derrière la natte longue et improvisée par l'apprentie. Il la distinguait de tiers profil, concentrée à sa tâche, il se dit qu'elle n'avait même pas du se rendre compte qu'il avait changé de place afin de voir sa production, quoique ce n'était pas directement ce qu'il détaillait à ce moment.

Il reconnu très vite le motif floral ou du moins, ce qu'il représentait. C'était d'une grande simplicité et d'une grande beauté à la fois. Il attarda de nouveau son champ de vision sur l'estampe pour la voir complétée d'un haïku si pertinent dans leur situations respectives qu'il plaqua sa main gauche sur sa bouche pour s'empêcher un hoquet de surprise. Chaque geste qu'elle avait eu depuis leur rencontre et même avant cela alors qu'il l'avait surprise à se coiffer, avait été une braise nouvelle apportée à l'âtre de son cœur.

Il n'était pas de ceux s’émerveillant pour un rien, il le savait parfaitement. Mais cette fille le touchait à chaque mot, chaque mouvement et chaque acte qu'elle entreprenait. Il se demanda ce qu'il faisait pour elle mis à part être le simple témoin de cette beauté sans équivalent. Partagé entre une plénitude complète de vivre cet instant et la honte de n'être qu'un pitoyable observateur, il se rapprocha doucement d'elle afin de mieux apprécier l'ensemble de la toile, son auteur comprise.

Enfin, elle eu ce mouvement fébrile, laissant presque tomber l'outil de l'expression de son talent plutôt qu'à le poser doucement. Il ne pouvait manquer l'émoi qui se dépeignait sur le doux visage de la jeune adolescente. Elle tourna la tête vers lui, sans trop oser véritablement affronter son regard et lui délivra alors son secret, le nom qu'elle porterait après leur rencontre, la fête que les coutumes des Geishas prévoyaient ensuite pour leurs anciennes maïkos et son passage définitif à l'age adulte.

Kanzen la laissa terminer. Mais ne répondit aucun mot aux siens dans un premier temps. Il se contenta d'ouvrir ses bras et de les passer autour de la jeune fille, ses mains enserrant chacune une épaule. Ainsi dans son dos, il l'étreignit avec une douceur infinie. Enfin, il alla presque poser ses lèvres contre l'oreille de Suzu, alors ses mots ne furent qu'un long murmure chaleureux :

Bara… Ce sera sublime et approprié. J’apprécie beaucoup les roses, je ne savais juste pas jusqu'à présent qu'il s'agissait de mes plantes préférées. Ce sont des fleurs qui parviennent à atteindre les cinq sens à la fois. Leur beauté émeut le regard, leur fragrance émoustille l'odorat, leur douceur flatte le toucher… Pour l'ouïe, je ne pensais pas qu'une rose puisse ainsi l'émerveiller à ce point.

Il marqua une pause, libérant sa main droite et la passant sur la joue de l'apprentie tout en orientant le visage de cette dernière vers lui, plongeant son regard dans le sien et ajouta, la voix plus claire et brûlante d'un sentiment qui ne se simulait pas :

J'accepte votre don, Suzu-chan. De tout mon cœur. Je ne suis qu'un humble noble des glaces, un pion pour mon Daimyo de cousin, un romantique attiré par les faits les légendes du sabre, de sa conception à son maniement, je ne sais que vous offrir en retour autre que ce que je suis… C'est le seul talent que l'on m'a offert en ce monde.

Une nouvelle pause, puis il clôtura enfin :

Oh… Je parlais des cinq sens à l'instant… M'autoriserez vous à m'en faire une idée du goût qu'une rose peut avoir ? Onegaishimasu ?

Son sourire était mutin et nul trace dans son ton de la moindre injonction, ni dans son étreinte la moindre force contraignante. Elle était libre de tout.
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MessageSujet: Re: [FB - Terminé] Il était une première fois... Dim 7 Juin - 10:37

Les quelques centièmes de seconde qui séparèrent la réponse du Kuge à propos de l'oeuvre produite des questions que la jeune maïko lui avait posées furent comme mille supplices. Elle n'osait se tourner vers lui pour voir ses yeux, pour avoir un indice de ce qu'il pouvait bien penser. Pendant ces mille supplices, mille pensées lui traversèrent l'esprit :
*Peut-être me trouve-t-il stupide d'avoir fait un dessin aussi simple ... Ou peut-être cela le gêne-t-il de devoir accepter ce cadeau qui n'est qu'un bout de papier... Pourquoi n'ai-je pas misé sur une danse, je suis bien meilleure à ça ... Ah, j'aurais dû le savoir. Rin m'aurait corrigée, elle, elle aurait sut que ma prestation ne serait pas à la hauteur ...*

Et ainsi de suite. Mais, en fait de la terrible réponse à laquelle elle se préparait comme au dernier des châtiments, Kanzen qui s'était placé derrière elle la prit dans ses bras, se rapprochant indubitablement de son oreille, pour lui confier son sentiment sur ce sujet. Ce fut un soulagement extrême, mais comme elle ne s'y était pas attendue, ce fut aussi assez surprenant. Décidément ce Kuge ne ressemblait pas à n'importe quel homme de la noblesse. Kanzen-sama... Oui, cet homme était assez extravagant. Mais ce n'était pas pour déplaire à Suzu, qui commençait à comprendre l'intensité des sentiments de cet homme pour elle. Non, elle n'était pas une marchandise, et elle n'était pas un objet de plaisirs charnels uniquement, à ses yeux. Car il semblait qu'il prenait vraiment plaisir à simplement partager cette soirée avec elle. Et elle qui maintenant par deux fois s'était exprimée à travers ses arts pour lui, elle commençait à connaître un genre de passion folle et démesurée pour cet instant, justement.

Mais, profitant qu'il était proche de son oreille, il murmura des choses douces et rassurantes à la jeune fille, qui firent battre son cœur comme jamais. Car il ne parlait pas de la fleur, mais d'elle-même, et ces compliments qui paraissaient être les plus honnêtes du monde la mirent en émoi.

Alors installés dans cette proximité confortable, il entreprit de tourner son visage vers le sien. Elle qui le regardait depuis le début de la soirée, elle ne fut pourtant pas moins chamboulée à nouveau de voir ces yeux, ambrés comme les derniers rayons du soleil avant la nuit, se planter dans les siens.
Une nouvelle vague d'émotion vint l'emplir, si bien qu'elle rougit d'autant plus. Elle sentit que ses pommettes devaient être toutes roses. Elle était comme paralysée sous cette étreinte, mais apaisée également. Que cela était bon de se faire chérir ainsi à son tour ... Elle vint caresser cette main qui s'était déposée sur sa joue, comme pour remercier le jeune homme de tant de tendresse ...

Ainsi, lorsqu'il lui fit une demande plutôt détournée pour goûter à un tout premier baiser d'elle, elle ne fut qu'à moitié surprise en réalité. Elle baissa un peu le regard le temps de prendre sa décision, mais au fond d'elle-même elle savait de quoi elle avait envie.

Qu'un homme de cette stature lui fasse de fines avances, un peu dissimulées, et essaie de la conquérir petit à petit plutôt que de la forcer à subir un destin déjà conditionné et arrangé ... C'était d'une telle douceur ! Si, quelques heures plus tôt elle s'était attendue à cela, elle ne se serait pas autant rongé les os. Mais non, comment aurait-elle pu s'y attendre ? Kanzen-sama lui apparut d'un coup comme quelqu'un de tout à fait exceptionnel. Elle se dit d'ailleurs qu'elle ne le connaissait encore pas assez, ou du moins pas autant que ce qu'elle souhaiterait, mais pour l'instant elle devait répondre à une requête plus importante, d'après ce qu'il lui semblait. Pourtant d'un autre côté, cette situation subite et inattendue l'apeurait quelques peu. Elle se dit que si jusqu'à présent, malgré ses défauts, elle lui avait plût, elle ne pouvait pas faillir au devoir d'essayer de lui plaire encore par d'autres moyens, même par ceux qu'elle ne connaissait pas encore.

Mais, ce qu'elle fit ensuite, elle ne le fit pas vraiment par "devoir". Il y avait une petite pointe d'émotion quelque part en elle qui lui soufflait l'idée de le faire. Une pointe d'émotion qui appuyait de plus en plus sur son cœur, qui commençait même à devenir presque douloureuse tellement elle se faisait présente. Suzu ne pouvait donc rester comme ça éternellement.

Elle se tourna légèrement vers Kanzen, pour être un peu plus face à lui, et faire en sorte que cet instant soit des moins inconfortables. Ses mains vinrent sur les épaules de ce géant homme pour venir doucement s'y appuyer, ceci afin qu'elle puisse hisser son visage remplit d'une sensation forte jusqu'au sien. Elle ferma les yeux pour mieux profiter de cet instant, et le marquer dans sa mémoire, car elle était persuadée à présent qu'elle n'avait encore jamais vécu de moment plus intense, et donc plus important. Puis, elle déposa délicatement ses lèvres contre les siennes ... Cela ressembla pour elle à une réminiscence d'un geste qui lui parut d'un coup tout naturel, alors que c'était son tout premier baiser. C'était à la fois nouveau et si instinctif, c'était irréfléchi, mais c'était sincère. Elle l'avait fait sans dire un mot, mais ce n'était pas par dégoût de la chose, c'était simplement pour qu'il la découvre autrement. Elle songea que des mots auraient pu briser l'honnêteté d'un tel geste. Elle songea aussi que ça serait sans doute des mots qui viendraient mettre fin à ces quelques secondes de bonheur pur. Il lui parût que le silence était donc la musique la plus appropriée, pour une fois.

Ce geste simple, ce souvenir serait donc à la fois immortel, et si infime dans l'espace et le temps ...

Enfin, elle termina ce baiser comme l'on se réveille d'un rêve dont on ne veut pas sortir ... Cependant, curieuse de savoir si elle avait pu combler les attentes, une nouvelles fois, de l'homme qu'elle venait d'embrasser, elle leva un regard interrogateur mais très ému vers les doux yeux du Kuge. C'était un regard qui voulait dire tout simplement : "ai-je bien fait, Kanzen-sama ?".
Mais encore une fois elle voulut profiter de ce silence si subtil parmi cette symphonie de sentiments ...


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Taii

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MessageSujet: Re: [FB - Terminé] Il était une première fois... Mar 9 Juin - 15:55

L'attente ne fut pas longue pour qu'une réponse émerge à sa question détournée et imagée. Exécutant un léger demi-tour afin d'être face à lui et s'éviter une contorsion de son cou délicat qui aurait pu se montrer douloureuse. De son côté, le kuge laissa descendre ses bras le long des hanches de la jeune fille afin de ne pas rompre son étreinte, mais de laisser à cette dernière toute la liberté d'agir à sa guise, ce qu'elle fit sans attendre.

Elle l'attrapa par ses épaules, s'appuyant sans que cela ne fut réellement ressenti par le sang noble des Fukyuu tant elle était légère. Suzu le dévisagea un instant, mais ce n'était pas du doute qu'il lisait sur l'expression de la jeune fille. Elle s’imprégnait simplement de l'image qu'il rendait, alors il fit tout son possible pour la rendre la plus agréable qui soit, déposant toute la gentillesse du monde sur ses traits et l'arc que ses lèvres formaient.

La suite ne lui était pas inconnue, il la laissa cependant prendre l'initiative, fermer ses yeux magnifiques et venir à lui pour y déposer ce qui devait être son premier baiser. Un instant, il fut désolé de ne pas partager le sentiment de nouveauté, mais cela ne dura qu'une fraction de seconde en réalité. Un éclair passa au moment même où leurs peaux rentraient en contact, le parcourant de sa bouche et se développant dans l'intégralité de son être.

Contrairement à l'apprentie geisha, il ne put guère fermer ses paupières, tout surpris qu'il était d'une telle sensation. Tétanisé, il redécouvrait un acte qu'il connaissait pourtant bien trop à son goût. Il se sentait un jeune garçon épris dont la cible de ses attentions venait de répondre à ces dernières en part égale par un premier baiser partagé. Leur embrassade dura sans qu'il ne pu faire quoique ce soit sous la gouverne aventureuse de la jeune adolescente.

Pétrifié de l’extérieur, un chaos arythmique l'assaillait intérieurement. Jamais son cœur ne s'était comporté de la sorte et il cru qu'il vivait là ses derniers instants de vie tant il doutait que son organe puisse suivre une telle cadence longtemps, mais il tint bon et vaillamment. Puis elle se décolla de lui délicatement, rouvrant ses yeux et le regardant alors, le visage à moitié baissé, les iris levés comme si elle doutait d'avoir procédé de manière convaincante aux choses.

Il la dévisagea comme si elle venait de dire une ânerie, une stupidité ou quelque bêtise que ce soit. En réalité, la seule chose qu'elle n'avait pas fait comme il se devait était d'avoir fait prendre fin à cet instant. Kanzen l'enserra alors par la taille, la portant presque à lui et sa seule réponse fut de lui offrir la suite de ce qu'ils venaient de débuter. Elle venait de lui offrir la redécouverte d'un moment qu'il pensait ne plus jamais pouvoir vivre, car il n'existait normalement qu'une première fois à tout et pourtant… Sa réplique fut bien plus passionnée, forte d'une expérience qu'il avait presque honte d'avoir, mais dont il souhaita immédiatement tout dévoiler à sa compagne du soir.

Sa main droite remonta le dos de la jeune fille jusqu'à sa nuque et alla s’emmêler à la base de ses cheveux. Il avait plaisanté sur le goût que pouvait avoir les roses, mais alors qu'il en découvrait réellement la teneur, son corps décréta qu'il n'avait jamais auparavant savouré une telle sapidité. Ce baiser là fut à la fois une réponse à la question muette de Suzu, un renouveau et un remerciement. Ce fut uniquement pour qu'ils parviennent tout deux à reprendre efficacement leur souffle qu'il y mis fin, mais il s'accordait en son fort intérieur à se dire qu'il aurait très bien pu passer le reste de sa vie à ne faire ainsi plus qu'un avec sa douce partenaire.

Cependant, son sourire s'était évanouit, trop choqué par l'instant qu'il venait de vivre. Il regardait gravement la belle, comme si elle avait été responsable d'un crime contre lui. C'était vrai pourtant, il venait de vivre un instant unique entre tous, d'un genre si parfait qu'il était impossible de le revivre une nouvelle fois, du moins, était-ce qu'il pensait sincèrement. Le moment étant passé, il pleurait intérieurement de ne plus pouvoir ressentir à nouveau une telle intensité.

Mais la douceur revint bien rapidement, mêlée d'une reconnaissance infinie et de la prise de conscience qu'il venait d'être marqué alors qu'il avait souhaité marquer ses derniers jours sur ses terres natales. Le noble passa de la nuque à la joue de la jeune fille, caressant cette dernière de son revers à plusieurs reprise. Un temps passa sans que rien ne soit dit autrement que par leurs yeux qui se cherchaient mutuellement, l'expression du kuge démontrant à quel point il chérissait les minutes qui passèrent. Jugeant enfin qu'il était temps pour sa voix d'être entendue, il la laissa passer la frontière de ses lèvres encore délicieusement imprégnée du souvenir de ce qui s'était produit un peu avant. Le ton qu'il employa était presque inédit, d'une rare intensité et tout aussi doux à la fois :

mata yoroshiku onegaishimasu, Suzu-chan. Il s'agit probablement du plus beau cadeau que j'ai pu recevoir de ma vie… Et je ne parle pas uniquement de ce dessin…

A ces mots, il se mis à rire doucement à son propre trait d'humour et à ceci se mêlait l'évidence même de l'état de joie et de plaisir dans lequel il était. Cependant, il ne paraissait pas prêt à lâcher la jeune fille et dans son expression se décelait l'ennui qui le tiraillait, car il était bien conscient que si il ne la laissait pas libre de ses mouvements, la soirée allait vite tourner en rond, à moins que ce ne soit pour ce qu'ils savaient tout deux arriver. Mais il ne voulais rien précipiter.

Il voulait apprendre à la connaître, il voulait que cette nuit soit éternelle afin de tout savoir d'elle lorsque le moment serait venu. Kanzen savait pourtant que cela était impossible, quand bien même et à contrecœur, il desserra son bras afin de la laisser exprimer ce qu'elle voulait par autre chose que ses mots. Il poursuivit sans se départir d'un sourire bien plus qu'amical, au fond de son regard passait un voile de tristesse, mais il était fortement atténué par sa joie de vivre l'instant :

J'ai tant de questions… Mais si peu de temps. Mes sens sont enchantés et je suis si curieux de savoir pourquoi… Comment une si jeune personne peut-elle ainsi me toucher à ce point ? Est-ce inné chez vous ? Êtes-vous autant une femme qu'un kami pour toucher mon cœur à chacun de vos gestes et de vos mots ? Est-il possible que vous puissiez avoir appris à être ainsi ? Cela me paraît si inconcevable… Je devrais m'en vouloir de vous avoir ainsi demandé si bêtement ce baiser… Et je vous demande pardon pour la fougue de celui que je vous ai rendu en retour. Ce que vous avez éveillé en moi a parlé plus vite que la retenue ne le permettait.

Ses questions n'avaient pas vraiment pour souhait de trouver une réponse appropriée. De sa main cruellement libérée du contact fabuleux de la taille de la jeune fille, il alla se frotter l'arrière du crâne d'un air gêné pour ajouter :

Ah… Par ma faute, le thé refroidi… Et les gâteaux n'ont pas pu être dégustés…

Il rit derechef pour venir clôturer, réellement curieux cette fois là :

Je m'interrogeais… Vous avez joué et chanté pour moi… M'avez fait cette estampe, ce haiku et révélé le nom que vous aurez bientôt… Je sais bien que cela ne devrait pas se demander à une geisha, mais… Y-a-t-il quelque chose que je puisse faire pour vous, Suzu-chan ?

Elle pourrait tout lui demander en vérité, mais il ne l'ajouta pas, cela lui semblait trop puéril à prononcer. Et une partie de lui appelait à nouveau l'étreinte de la jeune fille et la tendresse de son baiser.
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MessageSujet: Re: [FB - Terminé] Il était une première fois... Mar 9 Juin - 21:24

Elle accusa le premier regard que le Kuge lui avait lancé comme un coup de poignard, avant de s’apercevoir que c’était son regard à elle qui était condamné comme étant quelque chose d’absurde. Elle le comprit lorsque Kanzen, plutôt que de relâcher la jeune fille, l’enserra doucement par la taille pour la garder prêt de lui … Et lui offrir un deuxième baiser bien plus passionné encore que le premier. Elle sentit un grand réconfort dans cette seconde étreinte, parce qu’elle voyait qu’il était prêt à renforcer leurs contacts par sa propre expérience de la chose … C’était lui son maître en la matière ! Elle pourrait donc se laisser guider sans la moindre peur de mal faire …

Mais elle frissonna d’autant plus lorsqu’il déplaça doucement sa main le long de son dos pour venir la mêler à ses cheveux dans son cou … Elle ressentit une profonde tendresse dans ce geste. Bien trop vite cet instant prit fin, mais Suzu savait aussi que ce n’était qu’un début …

Cependant, il y avait quelque chose de bizarre … On aurait dit que Kanzen avait un regard accusateur … Ou qu’il se passait un malheur … Suzu se sentit d’un coup infiniment triste, mais elle continuait d’observer le Kuge qui semblait être plongé dans une sorte de combat de sentiments intérieurs. Elle ne comprenait pas … Mais il sembla s’adoucir à nouveau, petit à petit. Il lui caressa la joue délicatement, et ils restèrent comme ça, à profiter de ce moment étrange, comme pour se remettre d’un vertige …

Puis, il se mit à évoquer l’idée que ces quelques secondes avaient été le plus beau cadeau qu’il n’ai jamais reçu. Comment aurait-il pu l’être ? Suzu savait que Kanzen était quelqu’un d’expérimenté dans les choses de l’amour, à ce qu’il lui semblait au premier abord … Mais pourtant il paraissait incroyablement sincère ... Suzu n’arrivait plus à fixer ses pensées, elle se sentait un peu perdue.

Mais il se mit à rire tout doucement, puis il parut partagé entre le fait de la garder contre lui, ou de relâcher son étreinte … Comme ils devaient donc fatalement se « séparer », elle choisit tout de même de se rapprocher de lui, de sorte qu’ils soient l’un à une proximité presque intime de l’autre.

Lorsque Kanzen-sama lui fit part du fond de sa pensée, Suzu pensa qu’il devait lire dans les siennes. Elle aussi, avait tant de questions …

Puis il s’excusa pour sa fougue, chose qui la choqua profondément, car elle ne voyait pas en quoi un tel baiser aurait bien pu être offensant. Mais, avant qu’elle n’aie le temps de répondre, il enchaîna -apres lui avoir fait des compliments qu'elle n'aurait jamais pu accépter- pour faire une demande assez particulière cette fois … « Y-a-t-il quelque chose que je puisse faire pour vous, Suzu-chan ? »

Elle n'eut pas trop de mal à trouver ce qu'elle devrait répondre. En effet, elle répondit ce que criait son cœur depuis quelques temps déjà :
« Si vous pouvez faire quelque chose pour moi ? Il est vrai que c’est plutôt à la geisha de demander ça à son invité en général ... Mais cette question me touche. J’aimerais tellement vous connaître mieux … Ce que je connais de vous, c’est ce qu’on m’a rapporté : des rumeurs tout au plus par conséquent … Et ce que vous m’avez montré de vous depuis ce début de soirée, mais j’avoue : je suis quelqu’un d’assez gourmand ahah ! Par conséquent … S’il y a une chose que j’aimerais que vous fassiez pour moi maintenant, c’est simplement me raconter qui vous êtes, quelles sont vos passions, faites moi part de tout ce qui vous plaira et je serais votre obligée … »

C’était une requête simple, mais c’est vraiment ce dont elle avait envie maintenant … Elle sourit au Kuge. Elle le dévorait du regard à présent, émerveillée de ces instants de partage privilégiés … Mais avant de le laisser se livrer un peu plus à elle, elle demanda d’une voix enjouée :
« Mais en échange, vous me direz ce que vous voulez que je fasse pour vous, Kanzen-sama ! »
Tout en disant cela, elle commencait à défaire la tresse précédemment faite, pour laisser ses longs cheveux reprendre leur liberté ...


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Taii

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MessageSujet: Re: [FB - Terminé] Il était une première fois... Mer 10 Juin - 21:58

Le balai des expressions de la belle ne manquait pas de faire fondre le noble. Elle s'inquiétait de chacun des mots et des regards qui émanaient de lui, s'accrochant à ce qu'ils véhiculaient à chaque fois, peut être un peu vite lorsqu'elle passait d'un profond désespoir en avisant une humeur passagère et en s'éclairant de joie lorsqu'il laissait finalement la sienne transparaître. Il était subjugué par sa spontanéité, sa franchise et sa sincérité ravissante.

Sa réaction à sa dernière question fut bien plus prompte cependant à ce qu'il avait cru deviner de prime abord. Elle le convainquait totalement de la réciprocité de l'importance du moment. Il se sentait chavirer au fur et à mesure pour cette petite adolescente qu'il ne connaissait pas quelques heures plus tôt. Si son destin avait été tout autre, si il avait choisir ce dernier, il aurait tiré un trait sur ses rêves de bretteur pour elle, il aurait acheté sa liberté à cette Okiya dont il était pourtant un client des plus fidèle et il l'aurait probablement épousé.

Mais sa naissance même lui refusait ces petits caprices. Quand bien même Yukimura lui aurait choisi un autre avenir que celui auquel on le réservait, cela n'aurait aucunement signifié qu'il eut pu choisir celle qu'il aimerait. Il revint vite à l'instant présent, charmé par l'attitude de Suzu qui ne s'était écarté de lui d'aucune manière depuis qu'il avait desserré son étreinte, préférant se tenir à très forte proximité du Kuge plutôt que de rétablir une distance honorable entre eux.

Son envie de tenir à nouveau cette douce enfant entre ses bras soufra quelque peu du peu de distance les séparant, mais déjà toute mélancolie disparaissait à l'écoute de la requête de la jeune fille. L'authenticité de sa demande, sans le moindre artifice, toucha profondément Kanzen. Une geisha aurait fait la conversation de la même façon, juste pour paraître agréable. Ce n'était pas ce qu'elle tentait de faire, il connaissait trop bien les émotions pour cela, elle pensait simplement et réellement tout ce qu'elle disait.

Néanmoins, la question était vague ou bien très large. Condenser sa propre existence sans être ennuyeux serait un exercice des plus difficile, mais il mit sa conscience en branle pour établir un cheminement de réponse adéquat. Il n'avait proprement rien à cacher à l'apprentie geisha, surtout depuis l'instant où leurs cœurs avaient battus à l'unisson. Permettre à quelqu'un d'être la mémoire de son passage en Fukyuu lui allait aussi idéalement, ce n'était pas là la marque qu'il avait imaginé dans un premier temps, mais il en fut ravi après tout.

Il ne put cependant guère trop se concentrer lorsqu'il capta le regard qu'elle lui offrit après cette revendication à l'atténuation de sa curiosité pour lui. Il se retrouva à lui sourire, fort d'un sentiment d'une tendresse absolue, ce qui permis à Suzu de lui retourner joyeusement la même proposition qu'il lui avait faite. Ce fut immédiat. La réponse s'imposa d'elle même à son esprit aussitôt qu'elle eut prononcé ces mots.

Cependant, il garda cette dernière en tête pour après, car il souhaitait avant tout honorer ce qui lui avait été demandé. Il vint à porter sa main droite sous son menton fin et y caresser l’absence totale de pilosité qui s'y trouvait, comme s'il pesait les éléments de son parcours digne de se trouver dans le récit qu'il préparait. Enfin, il retrouva les iris de sa jeune interlocutrice pour s'y plonger sans la moindre retenue, admirant au passage la chevelure qu'elle libérait à nouveau et débuta son discours d'une voix plus affectueuse que jamais depuis le début de cette rencontre :

Je n'y manquerais pas, Suzu-chan. Mais après avoir accédé à votre demande. Eh bien… Je suis Kanzen, du clan et de la famille Fukyuu dont le fondateur, feu-Shizue-dono était ma tante en droite lignée. J'ai pour ainsi dire vécu toute ma vie sur les terres que les cieux ont accordés à notre première Dame et par la volonté des Kamis, à son fils, Yukimura-dono, mon cousin, donc. Je n'ai jamais connu autre chose qu'une existence facile et aisée, entouré de serviteurs… Et de servantes… dont je n'ai jamais eu mal à me faire des amis, faisant fi du rang qui était le miens.

Né dans la noblesse, on me refusa l'apprentissage des armes au-delà du jitte afin de défaire un agresseur potentiel et de préserver ma vie, qui pourrait attirer, vous vous en doutez, au vu de ma proximité familiale avec les maîtres de notre territoire. Néanmoins, cela était sans compter la tête de mule que je suis toujours. J'ai eu le privilège de voir des bushi à l'apprentissage et durant ma plus tendre jeunesse, j'en singeait les gestes afin de rêver à devenir un samuraï, j'étais alors quelque peu puéril, m'accrochant à des contes glorieux des héros passés.

Néanmoins, je m'accroche toujours a cette idée, car du sabre, je suis devenu épris. De sa conception jusqu'à son maniement, je ne veux rien rater, tout apprendre. Je veux produire des lames pour que ceux qui en soient dignes puissent défendre leurs idéaux et ceux qui ne le peuvent. Vous me trouverez peut-être idéaliste ou utopiste, mais je n'en démord pas. Mon apprentissage clandestin a trouvé un maître en la personne d'un vrai guerrier, Hatakeyama Souzen-senseï.

Ha ha ha ha ha, vous prendriez peut-être peur à sa vu, il est intimidant et paraît aussi froid que les glaces du clan, mais au fond de lui, je ne connais guère de combattant plus loyal, honorable et honnête. Bref, il me fit son élève et son ami et il est à ce jour le plus cher qu'il m'est été donné d'avoir. En ce qui concerne mes fonctions… Je servais Fukyuu comme pont entre le monde politique et celui des armes, comprenant ces deux univers, j'ai toujours souhaité prouver qu'il était possible qu'ils communient pour le bien du peuple et jusque là… Je ne crois pas m'en être trop mal tiré.


Il fit alors une pause, détachant son regard aimant de la jeune fille, un fait se heurtant trop fort sur son âme, atténuant la radiance de son expression, sans annihiler pourtant son sourire, qui se transforma doucement en une douce mélancolie. Mais il ne s’arrêta pas définitivement à cet instant, reprenant plus bas, moins enjoué :

Ou peut-être pas si bien que ça, après tout. J'ai toujours été conscient que mon destin ne m'appartenait pas entièrement, mais j'avais bon espoir de le faire changer, devenir un guerrier afin de briser les liens du sang, protéger les terres que j'aime des prétentions belliqueuse de nos voisins du Nord pour ne citer qu'eux. Je savais que l'amour véritable, celui des romans, m'était exclu, alors… Alors je n'ai pas laissé mon cœur s'attacher. J'ai pourtant connu des demoiselles, dont le visage, le nom, leur odeur, le son de leur voix et leur sourire resteront chéris et gravés en moi à jamais. J'ai toujours cru que l'on me marierait pour préserver la lignée, que je devrais alors respecter celle que l'on choisirait pour moi, la rendre heureuse… Lui faire des enfants dignes d'elle…

Il porta la main à son visage, honteux de son aveux volage et mis face à ce qu'il s’apprêtait à rajouter, son sourire s'envolant avec les mots qu'il ajouta :

Mais même cela… Je n'y ai droit.

Il se mis à rire, mais il n'y avait aucune joie dans ce dernier, ses doigts fermaient ses paupières, derrière lesquelles une fine pellicule d'eau menaçait à nouveau de percer les frontières et il termina ainsi son histoire :

Je ne serais bientôt plus sur la terre de mes ancêtres. On m'a choisi pour représenter le Bœuf au milieu des Tigres de l'Ouest. Je suis une monnaie d'échange, rassurante dans le fait que Fukyuu ne souhaite pas affronter Kenshu à l'avenir. Symbole d'un pacte de non agression dont je ne savais absolument rien. Je suis venu dans la maison Hateku pour laisser un souvenir ici… Rendre hommage à l'une d'entre vous dans mon égoïsme pitoyable et qu'elle conte à toutes et à tous l'homme accompli que je pensais être, que l'on regrette mon départ, que l'on ne m'oublie pas. Mais le destin m'aura à nouveau jouer un tour en vous faisant intervenir… Suzu.

Il était parvenu à retenir les flots et les sanglots derrière une force qui paraissait l'avoir presque vidé totalement. Ses yeux, quelque peu rougis malgré tout, fixèrent à nouveau la jeune fille autant désolé qu'emprunt d'un sentiment passionné à son égard. Il conclu enfin après avoir retrouvé son calme et son apparente joie, sa voix pareille au courant d'une rivière tiède d'été d'une contrée éloignée et bien plus aimable dans son climat :

Je résume au possible… Je ne veux guère vous ennuyer avec cela. Et… Il leva le doigt, sa mine devenant taquine. Je crois avoir remplie ma part, si vous me l'accordez, du moins. En ce qui me concerne… Il alla chercher la main de l'apprentie geisha et même un inculte en la matière pouvait comprendre le sentiment qui se terrait derrière ces iris sanguin… J'aimerais… Oui, je souhaiterais, si vous me l'accordiez, que nous nous comportions comme deux amants, un mari et une femme à qui le destin aura permis de vivre leur amour sincère… Si vous en acceptez le pieux mensonge, évidement. Je n'ai que cela à vous demander… Onegaishimasu…
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MessageSujet: Re: [FB - Terminé] Il était une première fois... Jeu 11 Juin - 23:31

Suzu écouta avec attention le Kuge répondre à sa requête. Il lui expliqua un peu quels étaient ses rêves, ses attentes, sa vie … Son amour pour les arts de la forge étaient donc bien plus grand encore que ce qu’on avait pu lui raconter. Elle vit même à ce moment là de son récit une étincelle de génie traverser son regard. Cela la renvoya à sa propre condition d’artiste, elle appréciait de percevoir cela chez quelqu’un d’autre. Elle admirait aussi la volonté forte de cet homme, qui avait toujours sut avec détermination ce qu’il voulait apprendre, et qui avait dû ruser apparemment pour parvenir à ses fins. De plus, il lui sembla que le portrait de lui-même que Kanzen lui dépeignait lui permettait de mieux le comprendre. Un homme passionné qui se retrouve canalisé par des lois et des règles liées à un rang de noblesse tel que le sien … Cela était tout à la fois triste et démesurément compréhensible pour elle.

Elle perçut aussi dans ce discours une étrange sensation, comme si elle arrivait à se retrouver parfois dans ses paroles. Idéalisme ? Devoir ? Oui, elle se retrouvait un peu dans ces valeurs, bien que selon elle, ce soit des principes bien difficiles à suivre parfois. Mais d’ailleurs, elle apprit bien vite à quel point cela pouvait l’être pour Kanzen, à présent …

En effet, il lui apprit qu’il avait eu des rêves, peut être fous, peut être tout simplement trop optimistes, des rêves qui l’auraient porté là où son coeur voulait qu’il soit, et non forcément là où son nom l’appelait. Un destin qui ne nous appartient pas … Elle pouvait le comprendre, le destin était un concept bien mystérieux pour elle, qui avait vu sa famille partir en lambeaux du jour au lendemain … Puis qui avait reconstruit sa vie grâce à la proposition d’une honorable Mère.

Quand Kanzen évoqua ses anciennes conquêtes, elle ne fut pas très surprise. Après tout, quelle femme pouvait ne pas tomber au moins un tout petit peu amoureuse de ce bourreau des coeurs ?
Quand il évoqua la possibilité d'un mariage arrangé, elle s'y attendait un peu aussi. Apres tout un homme de la cour de Fukyuu, descendant en ligne directe de la fondatrice du clan. Rien d'anormal à cela, si ce n'est qu'elle se rendit compte que le jeune homme devait s'être préparé toute sa vie à cette fatale éventualité ... Elle trouva cela très rude, alors qu'elle même toute sa vie n'avait été préparée qu'à l'éventualité de ne jamais être mariée, justement. Cette idée la toucha profondément, et son visage se referma quelque peu. Mais la phrase suivante que Kanzen prononça acheva de la plonger dans de sombres idées.

Même cela il n'y avait pas droit? Qu'est ce que cela pouvait bien signifier ? Elle sentit un Kanzen ému, elle aurait voulu tout de suite le réconforter, sentant percer une pointe de profonde douleur dans ses paroles. Mais il affichait toujours un sourire en façade, elle avait l'impression qu'il se donnait du mal pour rester fort et ne pas montrer ce léger instant de faiblesse ...

Mais il ne tarda pas a lui expliquer les raisons de cette interdiction stricte... Il devrait bientôt partir. Elle comprit qu'il allait devenir une sorte d'otage politique ... Et sa première réaction face a cette nouvelle fut un réel dégoût. On en était donc arrivés la ? Envoyer des hommes de cette stature dans un clan étranger, juste pour garantir la paix ? N'y avait-il pas de moyen moins absolu ? Elle songeait qu'on allait priver un homme réellement bon de rêves, d'ambitions, de vie en quelques sortes... Et elle ne trouvait pas cela juste du tout. Elle comprit clairement les raisons qui avaient bien pu poussé le Kuge à venir à l’okiya ce soir là, et elle sut qu’elle devait d’autant plus tout mettre en oeuvre pour qu’il reparte le coeur plus léger que lorsqu’il était entré. Mais cela allait être compliqué ...

Elle qui d'habitude était si calme, qui ne s'emportait jamais ; elle se sentait bouillir de l'intérieur, ses sentiments comme des soldats d'une rébellion se déchaînaient. Son cœur battait à tout rompre. Mais bien sur, elle faisait preuve d'une grande maîtrise d'elle-même, et la bataille qui se livrait en elle était tout à fait invisible en surface.

Cependant tout à coup, alors qu’elle ne s’y attendait pas et qu’elle était plongée dans ses pensées, Kanzen prit la main de la jeune fille, oui, il instaura à nouveau une intimité à la fois apaisante et intimidante.  Elle goutait chaque petite miette de ce met si délicat que l’on appelle la tendresse et cela la calma instantanément.
Puis suivit la demande de jeune homme. Et, à cette demande, Suze se sentit complètement submergée, et dépassée. Se comporter comme des amants ? … Ca, ce n’était pas le genre de choses que n’importe quel homme dirait, et elle était persuadée que Kanzen ne devait pas avoir dit ça à n’importe quelle femme de sa fréquentation …

Si elle s’était attendue à une telle demande ! Il lui sembla qu’elle fondait littéralement comme un flocon en plein soleil. Elle pria même pour que cela ne se voit pas trop, mais même ses pensées étaient gelées.

Sa main dans celle de Kanzen la ramena à la réalité. Elle sentit la chaleur de sa paume … Alors, elle serra un peu plus cette main rassurante, puis elle décida de ce qu’elle allait répondre, finalement …

”D’accord … Mais plutôt qu’un mensonge … Appelons cela un secret, si vous le voulez bien ? Je n’aime pas l’idée que l’on se mente …”

Elle dégagea alors sa main pour tendre son petit doigt comme pour demander à Kanzen de sceller une promesse. Pourtant, elle n’accordait pas vraiment une importance démesurée à ce geste, mais cela l’amusait, et elle avait eu cette idée un peu folle que cela serait comme un lien supplémentaire entre eux … Bien sur, au moment même où elle y repensa, elle trouva que ça devait ressembler à des enfantillages. Mais après tout, elle agissait sincèrement, ce n’était pas ses pensées qui parlaient pour elle mais bien son âme.

“Kimitsu ?” ajouta-t-elle avec un sourire amusé.


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Fukyuu Kanzen

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Taii

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MessageSujet: Re: [FB - Terminé] Il était une première fois... Sam 13 Juin - 22:05

Pris par la mélancolie de son propre récit à son propos, il regretta presque instantanément ses mots, cette demande puérile qui avait émergée des méandres de son esprit dans la peine qu'il ressentait et l'urgence du partage total qu'il voulait avoir avec cette jeune fille. Mais malgré toute sa connaissance du rôles et des talents des geishas, il en était là, à proférer de telles sornettes, à imposer son contact à cette enfant qui allait évidement et inévitablement rire de façon gênée à cette supplique stupide, éludant sa question par une proposition quelconque de démonstrations de ses arts dans lesquels elle excellait et briser ce moment de douceur qu'ils avaient délicatement installés ensemble.

L'effet de sa ridicule requête ne se fit pas attendre longtemps, la pauvre maïko se décomposant sous ses yeux, son visage entier passant de son teint clair à un pourpre général. Il aurait voulu revenir sur les termes, rattraper cette erreur afin de revenir au sentiment soyeux de l'instant d'avant, mais le mal était fait et la merveilleuse Suzu en payait le prix. Elle serrait déjà ses mains, probablement pour le préserver de ce qu'elle allait lui dire, lui indiquer que cela n'était pas possible, que l'attachement était interdit aux dames de sa caste.

Ou bien ce serait pire encore… Elle accepterait et jouerait ce rôle qu'il lui demandait de prendre, ce ne serait alors plus que pastiche et prestation d'actrice, évinçant toute sincérité de sa part, toute la spontanéité sublime dont elle avait fait preuve jusque là. Il était proprement certain d'avoir tout gâché lorsque les lèvres déjà chéries de l'adolescente s'ouvrirent et que sa voix s’apprêtait à assener sa juste sentence au Kuge. Il entendait déjà les mots qu'elle ne prononçait pas encore et la douleur qu'ils lui infligeraient inévitablement.

Il ne l'entendit pas immédiatement, trop certain de ce qu'elle lui adresserait. Mais cela ne colla pas. Les termes qu'il pensait entendre ne se calquèrent en rien sur ceux qu'elle exprima. Alors il oublia, réécoutant en esprit le chant que son ton offrait, mesurant ses propos, le sens profond de ces derniers. Une proposition juvénile et si… Adulte à la fois. Pas de celles que l'on osait étendre sans en comprendre le fondement ni le sens.

S'étant lui-même effondré par avance, il lui fallu un effort considérable pour lire les expressions délicieuses se dépeignant sur la toile parfaite des traits de la jeune fille. Rien n'avait changé. Elle était vraie dans la moindre de ses syllabes, fidèle à elle-même sans que l'ombre d'un mensonge ne vienne à poindre, elle ne se dérobait pas de son regard ou papillonnait des paupières pour masquer ses véritables pensés. Ses yeux ne quittaient pas ceux du noble alors qu'elle lui adressait ces mots. L'offre qu'elle lui fit allait bien au-delà de ce qu'il avait osé demander.

Ils avaient passés si peu de temps ensemble que cela paraissait impossible, mais il était évident que quelque chose d'une force qu'il ne mesurait pas était né malgré tout entre eux pour qu'elle en vienne à une telle annonce. À la frontière de l'age adulte, au sortir de l'enfance, elle mêla les deux univers par un geste final, après une telle annonce, qui aurait pu paraître à n'importe quel témoin comme infantile.

Mais alors qu'elle déliait ses mains de celle de Kanzen pour lui montrer son auriculaire dans l'attente à ce qu'il exécute le même geste en retour, une flamme naquit en son cœur, une chose qui était née lorsqu'il l'avait vu prendre soin de ses cheveux et dormait paisiblement depuis, incertaine de bien vouloir exister. De son expression amusée, elle brisa le doute, éclairant des rayons de son aura chatoyante ce qui se terrait au fond de l'âme du kuge.

Abasourdit, en proie à un chaos interne, il ne put immédiatement que singer le geste qu'elle fit, agrippant de son même doigt celui de sa partenaire, un sourire illuminant petit à petit son visage, aussi amusé que charmé. Il retomba presque en enfance, ses souvenirs le ramenant à son premier amour, débarrassé des brides des us sociaux, de l'étiquette et de ce qu'autorisait la bienséance entre deux adultes et jamais sa voix n'eut prit un tel ton qu'il lui offrit, au milieu du murmure et de la caresse d'un souffle langoureux :

Ki-mi-tsu…

Lui répondit-il simplement, ses iris ne souhaitant plus jamais être arrachés à ceux de sa complice qui se voulait plus encore que cela et dont il ne comptait pas la décevoir. Il laissa l'instant durer un moment, puis il eut un rire mutin et usant de la prise de son propre petit doigt, attira à lui Suzu sans se défaire de cette mince union. Il l'enlaça délicatement par la taille comme cela s'était déjà produit et lui vola un nouveau baiser, tellement différent pourtant.

Comme si c'était là une évidence entre eux, comme si la plus faible des distances qui pourrait se glisser là était une ignominie en soit et que la seule vérité possible qui puisse subsister pour ces deux là était la plus grande proximité. Il regretta quelque peu cette fougue aussitôt le geste produit, mais fit durer l'instant malgré tout, une séparation trop hâtive lui déchirant le cœur.

Puis il y mis fin, une de celle qui se promettait courte cependant, regardant celle qui venait de passer cet étrange contrat avec lui plein d'une affection telle qu'il était difficile de ne pas comprendre le sentiment embusqué derrière la prunelle de ses yeux. Il libéra son auriculaire de celui de Suzu et passa le dos de sa main sur la joue de cette dernière. Lorsqu'il parla enfin, son ton était celui du secret partagé et de la confidence affectueuse :

Oui… Je le veux bien… Ou non : Je le souhaites de tout mon cœur en vérité, puisque nous ne devons pas nous mentir.

Il se remis à rire doucement et ajouta avec un sourire malicieux :

Mais nous ne sommes pas égaux dans la connaissance de l'autre… Vous sav… Il se reprit, accentuant la chaleur de son expression… Tu sais beaucoup de choses à mon propos… Me parleras tu de toi comme je l'ai fait pour moi, Suzu-chan ? Onegaishimasu ?
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Geisha

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MessageSujet: Re: [FB - Terminé] Il était une première fois... Dim 14 Juin - 17:30

Ah ! Quelle joie simple ! Kanzen avait accepté de tenir cette petite promesse. Maintenant ils avaient un genre de secret pour les lier. Comme c’était étrange et excitant en même temps ! Ils se connaissaient tout juste, mais il lui sembla qu'ils étaient déjà intimes en même temps.

C’était comme dans un rêve, en quelques sortes, mais en beaucoup plus réaliste. Il se servit de ce petit contact, de ces doigts croisés, pour revenir à ses lèvres. Recréer ce contact. C’était aussi doux que les autres fois … C’était éphémère, comme la rosée du matin, ça la faisait rêver, ça lui rappelait les plus douces images de bien-être qu’elle conservait en mémoire. C’était simple … Et à la fois encore inconnu et mystérieux pour elle. Elle se sentait comme lorsque l’on se désillusionne à propos d’une chose petit à petit, mais pour apprendre quelque chose de nouveau à propos de cette même idée. Son visage affichait des traits profondément apaisés.
Ces douceurs l’inspiraient, son âme d’artiste était chamboulée par toutes ces belles images, des notes apparaissaient dans sa tête, c’était une sorte de consécration pour sa musicalité. Et c’était vraiment agréable … De douces mélodies entraient dans sa tête, des notes s’additionnaient pour former des phrases harmonieuses … Elle se perdit un peu dans tout cela, c’est vrai.

Mais il fallut que ça prenne fin, bien sur. Alors elle revint lentement de ces rêves sans sommeil. Les pupilles vivantes du kuge dans les siennes, le réveil fût ainsi moins douloureux. Il lui caressa gentiment la joue, c’était un instant très tendre, qu’il fit volontairement durer, ce qui fit directement s’afficher un sourire de joie pure sur le visage candide de la maïko.

Puis il lui demanda d’en connaître plus sur elle … C’est vrai, il lui avait raconté qui il était, mais il ne savait encore rien d’elle ou presque. Il devint un peu plus familier avec elle, mais ce n’était pas pour déplaire à la jeune fille, qui sentait qu’ils avaient désormais un peu plus d’emprise l’un sur l’autre, qu’ils commençaient à devenir plus proches, et qu’ils avaient désormais dépassé les simples barrières que mettaient en place strictement l’étiquette. Cela parut assez unique, encore une fois, à Suzu. Elle ne voulait pas parler de son passé … Pour elle ces souvenirs étaient encore aujourd’hui et malgré toutes ces années douloureux … Et elle ne voulait pas gâcher ces instants si joyeux. Mais, elle sentait qu’il devait savoir. Elle avait l’impression, non pas que c’était un dû, mais que c’était un moyen pour eux de mieux se comprendre et de mieux s’apprécier l’un l’autre …

Cela mettrait une vraie identité sur son visage et son nom. Cela ferait en sorte qu’elle ne serait plus une maïko parmi les autres Hateku. Le kuge pourrait repartir de Fukyuu avec un réel souvenir d’elle. C’était ce qu’elle souhaitait …
Elle sentit son sourire radieux la quitter, mais elle ne souhaitait pas se décontenancer. Il lui avait fait part de vérités cruelles sur lui sans paraître trop affecté, alors elle devrait essayer de faire pareil …

Alors, elle sourit à nouveau même si celui ci était un peu plus pincé, un peu moins sincère.

“Je … ne parle pas facilement de mon passé … Ma vie de future geisha me permet de l’oublier. Je n’ai pas vécu des choses simples de ma jeune enfance … Même si je m’en souviens mal, car j’étais très jeune à l’époque …”

Elle songea à cet instant qu’il ne devait rien comprendre à ses dires. Elle essaya de restituer tout ça de la manière la plus claire que possible :

“Vous connaissez mon futur nom, Hateku Bara, mais pas encore mon ancien nom. Autrefois, j’étais Shinju Suzu. Je suis la fille unique de cette famille de marchands et d’artisans, dont vous avez peut être entendu parler à cause des malheurs qui nous sont arrivés …”, elle lui lança un regard interrogateur, curieuse de savoir si la misérable réputation de sa famille étaient arrivée jusqu’aux hautes sphères de la société de Ite. Mais, n’étant pas sure finalement de vouloir connaître la triste réponse de cette question, elle poursuivit son récit.

“Je n’étais pas du tout destinée à devenir geisha, mais à reprendre les activités artisanales de ma mère … Enfin, je pense que c’est ce que j’aurais fais, si les choses avaient été autrement. Elle était tisserande et brodeuse. Elle créait de magnifiques kimonos, et mon père les vendait. C’était un bon marchand, mais, je ne sais pas pourquoi, il a fait faillite … Je pense qu’il a dû s’endetter, qu’il devait avoir quelques vices … Je ne sais pas … Les jeux … L’alcool … J’avais trois ans. De toutes manières, je n’étais pas très proche de mes parents car ils étaient très occupés.”

Elle marqua une pause, car elle anticipait en pensée ce qu’elle n’avait pas encore dit.

“Hum. Mon père devint violent, envers ma mère. Il supportait mal son échec, je pense … On m'a raconté qu'il buvait. Honnêtement, je ne suis pas fière de vous raconter tout le déshonneur qu'a connu ma famille ... Je ne me souviens pas de beaucoup, hormis … La souffrance … De voir ma mère désespérée. Ma préceptrice, Aya, a été renvoyée, mais elle continuait de venir s’occuper de moi … Heureusement d’ailleurs, sinon je n’aurais pas survécu à ça je pense.”

Son regard bleu-gris commençait à se voiler … Non ! Elle ne voulait pas pleurer … Pas devant lui. Elle osa croiser à nouveau son regard, ce qui lui donna un peu de force pour poursuivre. Elle serra ses mâchoires.

“Il est devenu violent avec moi, quand ma mère est tombée malade ... Je pense que la suite se devine un peu : ma mère est décédée. Ce que je regrette le plus, c’est de ne pas avoir pu passer plus de temps avec elle lorsqu’elle était encore bien portante, finalement. Yuuki-sama connaissait ma mère car elle lui achetait beaucoup de kimonos. Elle m’a fait la proposition de rejoindre sa maison de geisha … C’est comme ça que je suis devenue une aspirante maïko. C’est Aya-sama, ma préceptrice, qui m’a permit de me sortir de se cauchemard, qui s’est occupée des négociations, qui a convaincu, je ne sais comment, mon père. Et maintenant, grâce à l’okiya, je revis. Je peux exprimer toute ma sensibilité à travers mes arts, j’ai une carrière devant moi, j’ai un avenir, je vois la vie autrement … Je leur dois tout.”

Elle sourit à cette pensée … Aya-sama, Yuuki-sama, et Naomi, sa mère. C’était des femmes fortes. C’était autant d’exemples de la femme qu’elle voulait être, plus tard, lorsqu’elle aurait finit de jouir de sa beauté et de sa jeunesse.

“Rin a été choisie pour être ma Onêsan, Yuuki-sama a de grandes espérances pour moi ... Je suppose que c’est en partie ce qui me donne le grand honneur d’être en votre compagnie ce soir, Kanzen” ajouta-t-elle avec un petit rire malicieux. “Vous …”

Puis, elle se rappela de la promesse qu’ils venaient de se faire, et pensa qu’elle n’avait plus besoin d’être aussi formelle. Elle reprit, ses joues rosirent légèrement :
“Tu ! Ahah, ça me fait bizarre, pardon … Tu connais Rin non ? Elle n’est pas magnifique ? Je l’adore …”

Cela la fit se replonger dans des souvenirs très heureux d’elle et de sa soeur. A nouveau, elle se perdit dans ses pensées …


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MessageSujet: Re: [FB - Terminé] Il était une première fois... Mar 16 Juin - 13:03


Il lui aurait été impossible de deviner. Il n'aurait pas pu savoir. Sa question allait dans le sens du partage sans la moindre arrière pensé, il était véritablement intéressé de connaître le parcours de sa partenaire d'une vie qui se déroulerait en un soir uniquement. Mais rien ne pouvait le préparer à ces révélations. Un mauvais pressentiment l'avait assailli tandis qu'il avait vu l'effet de sa nouvelle question sur la petite Suzu. Pourtant certain qu'il ne pouvait pas prévoir les dommages occasionnés par la réminiscence des souvenirs de la jeune fille qu'il lui demandait de ressasser, il s'en voulu de cela.

Le voile qui passa sur le sourire de l'adolescente fut comme un coup de sabre qu'il s'était infligé à lui-même, se jugeant responsable de l'extinction de radiance de l'expression de cette dernière. Elle avait annoncé la pénibilité de ces aveux en premier lieu, mais cela ne l’arrêta pas pour autant. Courageuse ou désireuse de rendre à Kanzen ce qu'il avait lui-même déjà révélé, elle débuta son récit sur la note douce d'une projection future dont il serait en partie l'instigateur.

Elle lui confessa son nom d'antan, Shinju. Bien entendu, cette famille ne lui était pas inconnue. Issue de la petite bourgeoisie du clan, autrefois domiciliée à Ite si il ne se trompait pas, des commerçants en désuétude majoritairement réputés pour leurs kimonos… Il avait d'ailleurs possédé l'un d'entre eux qu'il avait pris directement chez eux, bien des années plus tôt. Il n'était pas ignorant non plus des causes de la faillite qu'avait subie cette lignée.

Shinju Shun avait été tourné en ridicule par son attitude et son penchant trop prononcé pour l'alcool et les jeux d'argents. Le kuge n'apprenait rien de ces faits lorsqu'ils franchirent le cap des douces lèvres de l'apprentie geisha. De savoir qu'elle fut la victime d'une situation qui avait fait rire la cours de Ite lui fendit le cœur. Il aurait voulu l'arrêter dans son histoire, la préserver de la douleur que cela engendrait. D'apprendre qu'elle fut battu par son géniteur le crispa, son cœur bouillonnant de colère à l'idée que l'on puisse toucher le visage magnifique qu'elle lui offrait, aussi mélancolique était-il devenu.

Il se sentit particulièrement redevable envers cette Aya dont Suzu parlait, car elle était l'essence de tout ce qui était devenu bon pour celle dont son cœur s'éprenait à mesure que la soirée se déroulait. Il l’espérait en vie. Il voulait faire quelque chose pour cette brave femme grâce à qui sa complice d'un soir avait pu s'épanouir en ces murs et par dessus tout, lui avait permis de la rencontrer. Elle s'éclaira quelque peu à nouveau en traitant de l'Okiya, soufflant délicatement les nuages de peines qui s'étaient accumulés au fur et à mesure du récit sur l'esprit du noble.

Un petit frisson le parcouru tandis qu'elle tenta à son tour de le tutoyer comme elle l'avait fait, réduisant à nouveau la distance entre eux, pourtant si faible déjà, mais aussi à l'évocation de Rin. Bien évidement, il connaissait chacune des fleurs les plus belles au sein de la maison des Hateku. Il avait été charmé par les danses de Akemi, transporté par la voix de la maîtresse des lieux, aussi bien en chant que lorsqu'elle s'adonnait à la poésie. Avec Rin, cela était allé plus loin.

Bien que cela ne soit pas dans les attributions des Geisha, il s'était montré entreprenant avec elle. Elle était très certainement la favorite de toutes et de tous dans la demeure, mais il s'était vu opposé le premier refus de son existence lorsqu'il avait tenté sa chance avec cette dernière. Il ne s'était pas laissé abattre et s'en suivi un balai entre eux deux, la belle ne manquant pas d'aguicher le jeune homme, se montrant tout sauf insensible aux charmes qu'il possédait lui-même en retour.

C'était devenu comme un jeu et ils s'y prêtèrent tout deux longuement. Finalement, elle avait accédée à ses attentes et il n'avait jamais vécu un instant comme celui qu'ils partagèrent alors. Lorsqu'il était entré ce soir dans l'Okiya, c'était dans l'espoir de revivre ce moment. Mais alors qu'il bascula à nouveau ses iris brûlant sur Suzu, il était proprement certain de ne pas regretter que le destin ai mis le bourgeon en plein éclosion qu'elle était sur son chemin.

Le sourire qui en découla devait être criant de ses pensés et il ne fit absolument rien pour en refréner la brillance. Enfin, elle s'amusa de leur tutoiement, ce qui ne fit qu'alimenter plus encore la flamme qui brûlait ardemment en lui à l'égard de l'adolescente et qui n'avait guère été plus qu'un simple étincelle, quelques temps plus tôt.

Plutôt que de lui répondre immédiatement, il se pris à se rapprocher d'autant plus d'elle et de la serrer délicatement contre lui, sa main gauche dans le dos de la jeune fille, la droite mêlée à ses cheveux, veillant à ce que le moins d'espace possible sépare leur deux visage pour le cas où l'un d'eux souhaiterait provoquer à nouveau l'union déjà consommée par trois fois. Vissant ses yeux dans ceux de sa partenaire, il entreprit le cheminement de sa propre réaction aux mots qu'elle lui avait tenus jusqu'alors :

Rin est magnifique en effet, une merveille parmi les merveilles si je puis dire… Elle est la fleur éclipsant toute les autres du bouquet formant celui des Hateku je dirais ou plus exactement, celle qui est embellie et mise en avant par ces dernières… Je n'ai jamais rencontré d'autre femme comme elle et il n'est pas de geisha de ma connaissance qui puisse être digne de ses talents et de sa luminescente beauté…

Goûter à sa compagnie est un avant-goût du domaine des Cieux, sa voix est une caresse faite à l'âme, il n'est guère d'art dont elle n'ait pas le secret. Un homme qui aurait l'honneur de partager un instant en sa compagnie ne pourrait plus réellement apprécier le monde après cela, puisqu'il aurait certainement vécu l'instant le plus intense de son existence...


Il marqua une pause volontaire, son expression se faisait mutine, puis repris, ses traits s'ouvrant à une sincérité éclatante mêlée d’espièglerie :

… Du moins… Cela est vrai pour peu de temps, oserais-je avancer. Du moins, concernant les geishas. Car si l'on inclus les maikos, alors mon sentiment est autre depuis peu. Je vis en ce moment un instant couvrant tout les autres avec une Rose en devenir que rien ne pourrait égaler en magnificence.

Il avait prononcé ces mots tout en approchant petit à petit ses lèvres de celles de Suzu, mais elle ne se rencontrèrent pas alors qu'il alla enfouir son visage dans le cou de l'adolescente, sa bouche au contact de l'oreille de l'apprentie geisha. Il poursuivit alors, son ton plus sucré que du miel et à la limite du murmure :

Je suis désolé… Désolé d'être heureux que tu puisses avoir vécu un si triste passé. Désolé de ressentir de la joie à la chute de celle que tu fus, à la détresse de Shinju Suzu… Désolé de paraître apprécier les malheurs qui s'abattirent sur toi… Mais comment cela pourrait être différent, car sans ça, sans ces pénibles instants que nous avons vécus toi et moi… Comment nous serions nous rencontrés ? Je maudis mon égoïsme. Je pleure ce qui fut brisé pour toi. Mais je ne peux pas m'empêcher de me sentir si bien en ce moment. Gomen nasai, Suzu-chan…

Il revint à sa position initiale, la dualité de ses propos se détaillant sur ses traits. Une larme perlait sur sa joue droite tandis qu'un sourire radieux auréolait son visage dans une étrange ambivalence.
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MessageSujet: Re: [FB - Terminé] Il était une première fois... Mar 16 Juin - 20:21

Le jeune noble avait été très attentif au récit de Bara sur sa propre vie. Peut être que cela l’avait choqué ? Elle espérait juste ne pas avoir attiré sa pitié, elle ne lui avait pas raconté tout cela pour ça. Elle voulait juste qu’il sache, qui elle était … De quoi elle s’était extraite.

A l’évocation du nom de Rin, elle sut dans son regard que cela devait réveiller quelques doux souvenirs à la mémoire de Kanzen, bien qu’elle n’en connaisse pas l’exacte nature. Elle se rappela juste Rin, le ton très doux et assuré qu’elle avait employé quelques heures plus tôt seulement … “Tu vas voir, ton client est quelqu’un de très bien”

Sur le coup elle ne devait pas avoir compris la portée de cette phrase dans la bouche de Onêsan, mais maintenant elle voyait ça d’un angle différent, et cela la fit sourire, amusée. Elle connaissait Rin par cœur. Elle l’observait à longueur de journées et de soirées, après tout. Elle commença même à imaginer quelle serait leur conversation après le mizuage. Elle savait exactement les questions qu’elle allait lui poser, sur quoi elle allait railler ...

Mais elle n’éloigna pas trop longtemps pourtant ses pensées du jeune homme qui commença à s’approcher d’elle, l’enlaçant délicatement, comme pour l’embrasser encore une fois, mais il vint simplement se tenir là juste à une minuscule distance. Son souffle si proche, ses mains chaudes, ses caresses, sa voix tendre, ses yeux semblant vouloir prendre possession d’elle en se plongeant dans les siens … Cela lui donnait chaud. Mais … Pas comme lorsque l’on étouffe en été sous un soleil de plomb. Cela lui donnait chaud de l’intérieur. Comme si la proximité de Kanzen venait éclairer tout son être. C’était tout de même la première fois qu’elle était dans une telle intimité avec un homme … Et pourtant, loin de la gêner réellement, cette situation avait quelque chose d’extrêmement réconfortant. Comme si cela venait combler un manque qui ne s’était jamais pourtant fait remarquer auparavant ...

Alors qu’il avançait des compliments si élogieux sur Rin qu’on aurait pu croire qu’il parlait d’une déesse, elle eut un léger pincement. Rin, Onêsan … Suzu savait à quel point elle était parfaite. Parfaite en tout. Suzu l’admirait tant ! C’était son modèle au quotidien, en tant que femme, en tant que sensei, en tant qu’artiste, en tant que dame de compagnie : bref en toutes choses  …
Mais du fait que Kanzen en parle aussi élogieusement, elle ressentait pour la première fois une sorte de petite jalousie naissante envers sa sœur. Ou du moins ça s’y apparentait. Elle n’était pas très sûre. Elle se prit quelques secondes à rêver d’être Rin ici même en cet instant pour pouvoir le séduire à sa guise ...

Puis, jouant avec les mots, il déclara que cela n’était vrai que si on ne l’incluait pas elle même dans la comparaison. Comment pouvait-il dire cela d’une manière si légère ? Décidément Kanzen était un charmeur. Suzu rougit intensément face à cette idée, qu’elle pouvait détrôner Rin dans les souvenirs du kuge … Elle pensait cela impossible … Elle fut même prise d’un doute sur l’honnêteté de ces propos. Elle se mit à croire que c’était peut être le genre de choses qu’il disait à toutes les filles qu’il voulait séduire, après tout. Certains avaient des “combines”, en quelques sortes. Mais les yeux ne mentent pas en général … Ils scintillaient de malice, ils brillaient d’émoi … “Une rose en devenir que rien ne pourrait égaler en magnificence” … Était-ce possible ?

Pourtant, c’est ce qui suivit qui fut “pire” pour elle, en réalité. Il lui fit croire à un nouveau baiser, se rapprochant de manière significative de ses lèvres, mais il fit plutôt glisser son visage à la hauteur de l’oreille de la demoiselle.

“Je suis désolé… Désolé d'être heureux que tu puisses avoir vécu un si triste passé. Désolé de ressentir de la joie à la chute de celle que tu fus, à la détresse de Shinju Suzu… Désolé de paraître apprécier les malheurs qui s'abattirent sur toi… Mais comment cela pourrait être différent, car sans ça, sans ces pénibles instants que nous avons vécus toi et moi… Comment nous serions nous rencontrés ? Je maudis mon égoïsme. Je pleure ce qui fut brisé pour toi. Mais je ne peux pas m'empêcher de me sentir si bien en ce moment. Gomen nasai, Suzu-chan…”

A ce moment là … Tout bêtement … Suzu restait bouche bée. Elle ne savait pas quoi penser, ni quoi dire … Elle était tout simplement émue que quelqu’un puisse avoir ce rapport là à sa propre histoire. Comment dire ? A la fois affecté par les souvenirs douloureux qu’elle avait évoqués, mais tout en mettant les choses en perspectives, Kanzen lui montrait à quel point il semblait juste heureux de leur toute récente rencontre et de ces moments partagés … *Go … Gomen nasai …?*

Sa gorge se serra.

Une larme s’échappait et se frayait un passage le long de la joue du bel homme … Ce qui brisa le barrage de la vague de larmes qu’elle-même avait réussi à contenir plus tôt. Cette fois elle ne pouvait plus, c’était clair … Ses yeux pleurèrent donc deux ou trois larmes, qui étaient brûlantes et acides comme les pluies d’été … Baissant le regard, elle vint machinalement plaquer une main contre sa bouche, pour étouffer une note de chagrin. Son cœur battait fort, mais pas très vite. On aurait même dit qu’il s’essoufflait. Le temps d’un battement de cils, la maïko inspira profondément et ravala cette fausse sensation de tristesse.

D’un revers de sa main elle vint essuyer cette preuve honteuse de sa trop forte sensibilité, puis son regard remontant vers le visage de l’homme qui détenait déjà visiblement une si forte emprise sur elle, elle tendit le bras pour venir sécher la larme qui avait provoqué les siennes. Son visage s’adoucit, comme elle se calmait. Même lorsque cette larme fut prise, elle laissa glisser sa main sur la joue du jeune homme. Elle ne réfléchissait plus vraiment à ce qu’elle faisait. Elle fit doucement descendre sa main le long de son cou, comme une caresse … Puis le long du col de son kimono. C’était en dehors de toute étiquette. C’est la seule chose que sa tête parvint à penser à cette instant. Mais elle ne répondit pas à cet ordre trop faiblement intimé. Elle n’en avait pas grand chose à faire à cet instant. Elle tira doucement sur le col du jeune homme pour l’attirer vers elle … Car une voix bien plus forte et plus distincte lui indiquait qu’elle avait ardemment besoin de son contact. Elle ferma les yeux et vint poser son front sur le sien. Elle rouvrit ses paupières et le fixa … Elle inspira profondément.

“Gomen nasai …?” répéta-t-elle encore une fois, mais cette fois de sa voix, bien que dans un murmure fugace. “Je n’ai pas à te pardonner quoi que ce soit … Puisque je ne t’en veux pas pour quoi que ce soit …”

Elle recula alors son visage du sien, remit un peu de distance … Mais sa main, toujours posée sur le col du kuge vint attraper une des longues mèches blanches de Kanzen. *Blancs comme la neige et doux comme la fourrure d’un jeune chiot ...*

Elle laissa simplement ses doigts jouer avec ces cheveux qui cette fois n’étaient pas les siens. C’était une manière pour elle de garder cette proximité nécessaire, et de plus en plus évidente … C’est à ce moment qu’elle retrouva complètement son calme sourire, emplie d’une certaine plénitude … Elle retrouvait petit à petit ses esprits. Ses yeux se teintèrent d’une certaine gaieté. Elle le regarda cette fois d’un air enjoué.

“Moi aussi, je crois que je ne pourrais que bénir ce passé infernal pour avoir fait partie de mon destin, et mon destin de m’avoir permit de te rencontrer ce soir … Tu sais, j’appréhendais vraiment cette soirée, au début … Mais tu es si attentionné envers moi. Vraiment … Merci.”


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MessageSujet: Re: [FB - Terminé] Il était une première fois... Lun 22 Juin - 13:12

Le résultat n'avait pas réellement été celui escompté. Voir ainsi le regard de l'apprentie geisha se voiler et les larmes venir rouler sur la finesse de ses traits avait de quoi le faire douter quelque peu sur le judicieux de ses propres propos. Il tentait de lire, derrière ces iris dans lesquels il se perdait trop facilement, ce qui pouvait bien se passer, ce qu'il avait bien pu toucher ainsi, que ce fusse en bien, ou en mal.

Pudique dans cette apparente tristesse, elle se cacha comme elle le pouvait du regard des deux yeux carmin du Kuge, puis elle vint passer le dos de sa main sur la perle humide et orpheline qu'il avait lui-même eut à propos de la mélancolie qu'il éprouvait précédemment, intrinsèquement mêlée à de la joie. Il se laissa ainsi caresser le visage, une expression de plénitude captivée sur ses traits.

Sans que la moindre force physique n'ait eu besoin d'être invoquée, elle l'attira à lui doucement, suite de son geste, sa main agrippant délicatement à l'un des pans ouverts du kimono du noble, laissant leur deux fronts se rencontrer sans le moindre heurt. Il n'opposa pas de résistance à cela ni ne couvrit ses pupilles de ses paupières, jouissant ainsi du panorama intégralement occupé par les traits de la jeune fille.

Elle le rassura alors d'un murmure, refusant ses excuses puisqu'il n'avait pas à en faire selon elle, puis elle se détacha de cette proximité, sans non plus se détacher totalement de lui, allant perdre ses doigts graciles dans la toison immaculée et désordonnée du sang-pur des Fukyuu. Enfin, elle fit l'écho des mots qu'il avait lui-même prononcés.

Leurs chemins respectifs dans la vie les avaient simplement amenés à se croiser et chacun appréciait l'instant que le destin leur avait laissé. Pourtant, une toile d'inquiétude passa sur l'humeur de l'homme. Il repensait à la raison de sa présence, mais se trouvait parfaitement heureux de la situation actuelle, presque platonique, qu'il vivait avec l'adolescente.

Quelque chose ne collait pas, il ne voulait rien brusquer, encore moins la perspective de s'unir à elle autrement que par le cœur et l'esprit, comme ils le faisaient. Un instinct profondément enfoui en lui appelait à cela, mais il était très facilement étouffé par le reste qu'il ne représentait qu'un murmure quasiment inaudible dans le lointain.

Il n'avait pas le moindre doute quant au fait qu'il la désirait ardemment, mais cela n'avait jamais pris cette forme là auparavant. Maudissant le destin qu'il venait de chérir l'instant d'avant, il fustigea les Kamis de ne pas leur avoir laissé l'opportunité de se connaître avant, ou dans des circonstances tout à fait différentes, leur permettant de construire ensemble, d'avancer de concert et de s'offrir cet instant d'intimité ultime sans que cela n'ait l'air d'un devoir ou d'une marchandise que l'on venait de négocier.

Il manqua de crouler sous la honte du geste qu'il avait eu avec l'Okasan, scellant d'un murmure le vol de l'innocence de Suzu d'un simple caprice. C'était ainsi que leur société était et sur le visage de la jeune fille, pourtant consciente de toute cela, n'y subsistait pas la moindre rancœur, pas même un infime dégoût Elle semblait juste heureuse.

Ce fut là son unique salut alors que s'effondrait en lui toute ses convictions et qu'il s’apprêtait à fuir à toute jambe des murs de l'Okiya. Il s'accrocha à l'image qu'elle lui rendait, nouant ses doigts aux cheveux de neige du Kuge. Il s'agrippa à ce qu'elle venait de lui dire, ces remerciements, de toute ses forces. Oui, elle avait eu peur de ce qui aurait pu se produire ce soir, mais elle ne semblait plus inquiète à présent.

Son humeur maussade et soudaine fut instantanément soufflée par une autre, bien plus joyeuse. Elle parvenait à lui faire oublier qu'il était un client, et quelque part en son âme, il souhaitait avec force qu'elle oubliait être elle-même une maïko dont on venait de vendre le plus précieux cadeau qu'elle aurait pu faire à un homme.

L'Empire était injuste avec les choses de l'amour, et toute les castes étaient touchées, que celui-ci puisse émerger si simplement en un tel moment était d'un romanesque si prononcé que l'idée s'ajouta à l’apaisement spirituel du noble. Que ce fut pour un soir ou pour une vie, cela n'avait pas la moindre importance ni la moindre différence pour Kanzen, mis à part l'intensité.

Ils n'avait tout simplement pas le temps. Vivre une vie en quelques heures seulement lui donna le vertige, mais rien ne pouvait plus le faire choir à présent qu'il verrouillait son équilibre mental dans les regards de la geisha en devenir. Alors il se mis à imiter son geste, attrapant délicatement une mèche de cheveux de son amante, mais le mouvement en appelant un autre, il se rapprocha et lui embrassa les lèvres comme un enfant l'aurait fait, un simple baiser apposé à la surface de la peau, une introduction simple et concise, le visage auréolant d'une expression complice et mutine à la fois.

Enfin, comme pour donner raison à cette mimique, il glissa son bras droit autour de la taille de l'adolescente et emmêla sa main droite derrière la nuque de cette dernière dans l'optique de lui éviter le moindre heurt, puis la fit doucement basculer sous lui par surprise dans un rire espiègle. Puis il la surplomba de côté, laissant la cascade de ses propres cheveux entourer le minois de sa douce amie d'un soir. C'est à ce moment qu'il parla enfin, taquin dans son ton :

Il-n-y-a-pas-de-quoi !

Dit-il, mais son expression passa rapidement à une autre, plus chaleureuse, plus douce et sérieuse à la fois, sans que son sourire ne se départisse de ses traits.

C'est à moi de te remercier, Suzu-chan… Je sais à présent où pourrait reposer mon cœur en Fukyuu. J'ai erré, ignorant du lieu où je le laisserais se reposer, ne pouvant guère l'emporter avec moi en des terres que je ne connais pas. C'est ici le domaine qui m'a vu naître et grandir. S'il te plaît, voudrais-tu être sa gardienne ?

Il fit descendre son visage si proche de celui de sa compagne que le seul mouvement d'une respiration aurait pu les amener à s'unir à nouveau. Et il ajouta dans un souffle :

Cela me paraît équitable, ne penses-tu pas ?

Il avait pensé à ce qu'il était venu prendre, évidement. Mais il n'engagea rien de plus, ouvrant simplement une voie qu'elle n'entreprendrait uniquement que si elle le souhaitait. Dans le cas contraire, ils pourraient rester ainsi à parler longuement, comme deux simples amants cherchant candidement le contact de l'autre.
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Geisha

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MessageSujet: Re: [FB - Terminé] Il était une première fois... Lun 22 Juin - 21:53

Le kuge avait l’air plongé dans d’intenses réflexions lui aussi, mais à la surface, il paraissait tout à fait apaisé de l’instant présent. Lorsqu’il vint déposer un nouveau baiser sur les lèvres de la maïko, elle ne fut pas très surprise, elle avait volontairement gardé de la proximité avec lui … Elle s'aperçut que loin d’être paralysée par cette situation, ses gestes étaient calculés. Mais, c’était étrange non !? Ils étaient calculés mais pas réfléchis …

Mais, alors qu’il l’embrassait, il vint l’étendre au sol juste sous son étreinte. Ça, elle ne s’y attendait pas par contre, et son cœur se mit d’un coup à battre, prêt à se rompre. Elle savait que le moment viendrait où ils ne feraient qu’un, elle continuait d’appréhender quelque peu, surtout à cause de son manque d’expérience qu’autre chose. Mais comme d’habitude, Kanzen dans son infinie patience ne brusqua rien, aussi elle essaya de se détendre car elle ne voulait en aucun cas paraître crispée. Elle se plongea à nouveau dans un instant contemplatif.

Les cheveux blancs comme neige de Kanzen formaient un rideau procurant une intimité propre à leurs deux visages. D’ailleurs ces deux derniers étaient très proches. Elle eut un léger pic de panique d’ailleurs, car en étant si proches, elle avait peur qu’il puisse sentir son cœur s’emballer comme il le faisait à présent. Ses joues étaient écarlates, elle était assez intimidée par la situation présente, mais d’un autre côté c’était très agréable et attendrissant … C’était une sensation qu’elle n’avait encore jamais ressentie de sa vie, et donc c’était assez intense.

Les pupilles de cet héritier du sang du clan étaient presque rouges vifs, d’autant plus vus sous cet angle … Ils avaient quelque chose d’unique et de mystérieux, comme des pierres précieuses … A nouveau elle se noya dans ces reflets qui commençaient à lui être familiers maintenant. La chaleur qui avait commencé à monter en elle se fit encore plus insistante, on aurait dit que des milliers de fourmi parcouraient ses veines.

Elle comprit qu’elle commençait à être attirée par lui, vraiment. Pourquoi ? Son naturel, son détachement … Sa sensibilité … Sa capacité d’écoute, de compréhension ?… Son sens de l’honneur, probablement. Et aussi son physique. Elle commençait déjà à pouvoir se rendre compte de tout cela. Bien qu’ils se connaissaient peu, elle avait la sensation de pouvoir lire au travers de lui, petit à petit, de comprendre en partie qui il était. C’est à cet instant là qu’elle sût que les compliments qu’il lui faisait depuis le début, en plus d’être sincères, ne sortaient probablement pas de sa bouche dès qu’il croisait une femme … Son regard était coquin, comme si il était un peu amusé de la scène, mais en même temps très tendre et très doux … Oui, on aurait dit que ces yeux eux mêmes n’avaient plus besoin de mots pour s’exprimer.

Alors, il lui parla de devenir la gardienne de son cœur, après son départ … Tout cela était si éphémère. Comme un papillon qui ne vit qu’une nuit. Il fallait profiter un maximum de ce riche cadeau.

Elle répondit donc simplement et sans hésiter : “Je serais cette gardienne si tu le désires … Et j’en serais même très honorée. Mais c’est à condition que tu gardes un souvenir impérissable de moi.”

C’était peut être une demande égoïste, mais elle savait au fond d’elle que Kanzen ne pourrait pas refuser … Il avait pensé à cette virginité qu’il avait dû négocier, probablement, en prononçant cette dernière phrase : “Cela me paraît équitable, ne penses-tu pas ?”
Était-il possible qu’il s’en veuille d’avoir “acheté” cette nuit d’amour … ? Cela fit totalement fondre de tendresse la jeune fille, qui ne savait plus quoi faire pour qu’il ne pense surtout pas à ça, mais bien à son propre plaisir, car c’était ce pourquoi il était venu, après tout. Désormais elle n’en avait plus rien à faire d’avoir été “achetée” en partie. Puisque c’était ce qui leur permettait d’être ensemble ce soir …

Elle tendit la main jusqu’à ce visage si proche, et vint poser sa main droite sur sa joue. Elle aurait voulu lui dire tout ce qu’elle pensait de lui, elle aurait voulu lui montrer sa gratitude, mais elle n’osait faire le moindre geste de trop, ou tenter une parole malhabile. Elle ne voulait pas engager les choses … Très égoïstement, elle souhaitait attendre qu’il fonde littéralement de désir pour elle. Aussi elle resta coite longtemps, avant de fermer ses paupières doucement …

C’était comme dans un rêve. Elle ne savait pas si elle devait se pincer pour se réveiller, ou profiter de ce souvenir enchanteur … Elle murmura un petit air de chanson, comme pour se donner de la force, bien que c’était plus pour le mettre dans une sorte de confidence … Le kuge semblait être quelqu'un qui aimait s’amuser. Elle voulut donc focaliser son attention sur autre chose de moins sérieux.

Elle prit la mèche de cheveux qu’elle avait déjà saisit tout à l’heure, puis celle que Kanzen avait lui même attrapée il y a quelques secondes parmi sa propre chevelure. Et elle les tressa ensemble cette fois, une mèche blanche sur une mèche noire, c’était très joli, mais elle ne put s’empêcher de rire un peu, son regard se voulait candide et provocateur en même temps. Ah ! Si seulement ces instants simples pouvaient durer toujours, la future geisha serait comblée jusqu’à sa mort, c’était sur …

Lorsqu’elle reprit son sérieux elle dit sur un ton léger :

“Alors, dans ce cas, Kanzen … Tu penses que nous aurions fait tout cela, dans d’autres circonstances ? Aurions-nous été si complices ? Nous serions nous fait des secrets, aurions-nous osé nous conduire comme nous le faisons ?”

Elle rit à nouveau. Ce n’était pas pour se moquer. C’était par pure joie, parce qu’elle pensait que non, ils n’auraient pas pu. Et elle remercia donc sa condition de geisha, encore une fois. Car ils ne se seraient probablement jamais rencontré sans le mizuage … Ou si oui, ils n’auraient pas pu être si proches. C’était un noble du clan, il portait le nom même de Fukyuu. Et elle une simple femme du peuple …Elle espérait au fond d’elle même qu’il pourrait comprendre son point de vue.

Mais alors, son regard se calma, et ce sont des yeux amusés mais aussi très passionnés qu’elle tourna vers les siens, dans le secret désir qu’il puisse lire sur son visage ce qu’elle ressentait à cet instant ...


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Taii

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MessageSujet: Re: [FB - Terminé] Il était une première fois... Jeu 25 Juin - 20:00

Elle ne lui épargna aucune de ses sensations, ses expressions aussi sincères que les mots qui avaient étés échangés jusque là. Bien entendu, elle avait été surprise et il avait senti lorsqu'il bousculait son centre de graviter les muscles de la jeune fille se crisper contre ce mouvement contre-nature, mais la résistance fut nulle, la confiance totale et il pouvait ainsi la contempler alors qu'elle le dévisageait de deux billes rondes de quelque émoi.

Il ne pouvait ignorer son souffle, ses respirations s'étant accélérées soudainement. Il soupçonnait le cœur de l'apprentie geisha de battre à tout rompre, ce qui était normal, logique même, leur position le plaçait en dominance et l'instinct de l'adolescente d'être ainsi livrée au bon vouloir du kuge se rebellait inévitablement. Mais c'était pourtant tout l'inverse qu'il exprimait et elle n'en était pas ignorante le moins du monde.

Se laissant ainsi faire et lui la surplombant, le message muet échangé était aussi limpide que l'eau de source perlant des hauts monts du clan. Il n'abuserait jamais d'une telle situation et elle ne résisterait pas en retour. C'était un abandon mutuel, une conviction profonde que même ainsi, elle restait maîtresse de son destin vis à vis du noble. Il admira les changements s'opérant sur la toile de son visage, la confusion laissant progressivement place à une chaleur visible et un assentiment qui l'était tout autant.

Dans la confidence du rideau de cheveux qu'il laissait tomber sur elle, il visualisait ses traits tout à fait différemment du début de leur entretien. Probablement atteint par la nouvelle de son destin tracé, peut être affaibli et malgré le fait qu'ils se rencontraient à peine, son univers seul aurait pu totalement être l’espace exiguë que sa toison leur délimitait sans qu'il n'en soit malheureux une seule seconde.

Leur passé et leur avenir tout juste dévoilé n'aurait pas du suffire à cela et pourtant, il était un fait qu'elle était devenu bien plus pour lui en si peu de temps que toutes celles qu'il eut connu jusqu'alors. Cela allait même bien plus loin que cela car, perdu dans son regard, il ne se souvenait même plus des visages de celles avec qui il avait tant partagé, elle les supplantait toutes sans qu'il ne se soit pas passé plus de deux heures depuis qu'ils échangeaient.

Cela aurait pu être une forme de politesse, n'importe quelle geisha aurait pu prononcer les mots qu'elle répondit à sa demande de détention de son cœur, mais il était certain que ceux de Suzu étaient issus d'une véritable acceptation. Sa demande en retour était une évidence cruelle. Ils auraient pu tout aussi bien se quitter dans cette situation, le mal était dors et déjà accompli, car le souvenir de leur rencontre resterait si profondément gravé dans son âme qu'il émettait un doute certain quand à la possibilité de revivre cette sensation pour une autre qu'elle.

Pour appuyer cela, elle vint glisser sa main sur la joue du noble qui chérit ce contact supplémentaire malgré leur promiscuité. Ils étaient pourtant presque mêlés que cela aurait pu paraître dérisoire, mais ce ne fut pas le cas, bien au contraire. Derrière le mur de ces lèvres adorées s'embusquaient nombreuses confidences qu'elle ne sut prononcer, mais dont ses iris étaient porteuse et bien qu'il ne les entendit pas, il en décela toute la tendresse.

Aussi, dans ce dialogue muet de leurs pupilles, il lui répondit qu'il l'aimait, qu'il en était persuadé à présent, qu'il n'expliquait pas cela, ni le pourquoi, ni le comment, mais que c'était un fait et une certitude avec laquelle il vivrait dorénavant. Kanzen se jugea un peu lâche de ne pas prononcer ces mots et se promis de le faire… Le quand n'avait pas d'importance, cela arriverait et c'était tout. Aucune logique ne suivait leurs mouvements, ils profitaient simplement de l'instant présent.

On aurait pu trouver folle la maiko de se mettre ainsi à fredonner une mélodie, mais au lieu de cela, le Kuge voulu l'aimer encore plus fort, la serrer contre lui sans les frontières futiles des tissus les recouvrants, ne faire plus qu'un avec elle dès à présent. Il s'en contient néanmoins. Le désir qu'elle attisait par ses gestes spontanés allait bien plus loin que l'ordre du physique. Il se sentait perdu à l'idée simple de devoir arracher son regard de la jeune fille, fondant à mesure que les minutes passaient.

Il se brisa totalement lorsqu'elle eut ce geste sincère et étrangement infantile de lier leurs mèches de cheveux l'une à l'autre, risquant pour chacun d'eux une douleur si ils venaient à s'écarter de trop, ce qu'il ne comptait pas faire, le monde s'effondrerait-il sous eux immédiatement, il l'enserrerait alors jusqu'à ce que les entrailles de ce dernier ne les avalent entièrement. Coi, muet, incapable d'émettre le moindre son face à ce trop plein d'idéal qu'il ne savait pourtant pas avoir eu auparavant, il la laissa s'amuser, forçant ses paupières à ne pas battre, ne voulant briser en aucun cas sa contemplation de l'être fait perfection qui s'étendait sous lui.

Lorsqu'elle lui posa ses dernières questions, pourtant soulignées d'un éclat de joie vivace qui ne pouvait guère le laisser de marbre, accélérant à son tour le rythme de son cœur qui semblait vouloir s'échapper de son corps tant il battait avec insistance, c'est avec un sérieux infini qu'il étudia les réponses qu'il pourrait lui apporter tandis qu'elle lui offrait la plus merveilleuse expression qu'il eut vu de sa vie.

Lorsqu'il fut convaincu de ce qu'il voulu dire, il se rapprocha à nouveau d'elle, glissant ses lèvres à proximité de cette même oreille qui avait déjà reçu ses confidences et lui avoua cela d'un ton qui ne laissait plus aucun doute sur ce qu'il ressentait à ce moment pour cette fille qu'il rencontrait pourtant pour la première fois :

Je ne penses pas, non : J'en suis certain. Il n'est pas un monde sans que Kanzen ne puisse désirer le contact de Suzu et de Bara. Aurais-je été d'extraction humble, j'aurais travaillé une vie entière afin de m'offrir un instant de ta compagnie. Aurais-je été libre Seigneur en Fukyuu, j'aurais fait de toi mon unique concubine, ou mieux encore, ma promise. Il n'est aucune règle de filiation ou de mariage ordonné que j'aurais pu laisser m'écarter de la promesse de tes regards et de tes attentions.

Kami, j'aurais choisi d'être mortel pour vivre une vie d'homme à tes côtés, et mourir de la même façon. Tout cela serait arrivé, sans le moindre doute, si dans les autres circonstances que tu cites, on m'aurait laissé te rencontrer comme aujourd'hui. Et si cela n'était pas arrivé, alors j'aurais à jamais eut ce vide en mon cœur, sans pourtant en connaître l'existence.

Oh… Il ne m'aurait pas gêné, puisque je ne me serais pas rendu compte de ne pas être un être complet. Mais à présent que ce vide est comblé, puisque nous sommes ainsi réunis et liés, séparés d'un rien, j'en conçois l’insondable profondeur et le fait qu'une vie n'aurait pas valut d'être vécue si l'on m'avait privé de ta présence.


Et c'était vrai. Il n'avait exagéré aucun de ses propos. Mais il en concevait l'intensité. Et ainsi porté par cela, il glissa ses lèvres le long du cou de l'apprentie geisha pour en embrasser sa surface délicatement et enserrer son corps dans une étreinte qui révélerait à la jeune fille le rythme fou que son cœur avait pris. Sa main gauche alla simplement caresser la joue droite, en aveugle, tandis que son bras libre ne l'était plus, glissant le long des atours de l'adolescente jusqu'à sa cuisse encore couverte de l’évanescent tissu l'habillant.

Il s'agissait là de simples attentions exprimées physiquement, car malgré le bouillonnement qui s'emparait progressivement de lui, il était toujours maître de ses gestes. C'était un appel clair, mais aucune obligation d'y répondre ne s'y trouvait, il ne la contraignit en rien, car cela aurait été à l'opposé de ce qu'il voulait transmettre à sa complice. À ses gentillesses, il se demandait comment il pouvait ainsi souhaiter être encore plus proche et plus lié à elle qu'ils ne l'étaient déjà.

La réponse était évidente, mais il la trouvait étrangement dérangeante, comme si une autre alternative était possible. Il n'en fit cependant pas grand cas, poursuivant ses mouvements, guettant la moindre réaction de sa compagne.
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Geisha

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MessageSujet: Re: [FB - Terminé] Il était une première fois... Dim 28 Juin - 22:46


A sa question, Kanzen répondit tout autre chose que ce que à quoi elle avait pu s’attendre … Il exprima le fait qu’elle était devenue une force à part entière de lui, en quelque sorte, venue combler un vide dont il ne soupçonnait pas la présence. Il évoqua plusieurs façons dont ils auraient pu continuer de s’aimer, dans d’autres circonstances. S’aimer, oui, elle accepta pour la première fois cette définition de la situation, car elle ne pouvait plus croire que ce n’était pas le cas. Elle ne pouvait plus se réfugier devant de fausses accusations qu’elle avait porté contre lui de n’être pas tout à fait honnête envers elle, car c’était pure invention. Il était honnête. Il était brillant de sincérité, même, en tous cas c’est ce qu’elle lisait dans son regard.

Oui, il sembla à Suzu que Kanzen lui avouait clairement qu’il avait déjà de l’attachement pour elle, au point que si ça avait été possible, il aurait probablement fait d’elle son unique compagne … Cela allait bien plus loin que de ce simple secret qu’ils partageaient.

La jeune fille fut évidemment très touchée par ces paroles, mais elles lui brisèrent un peu le cœur à la douleur de penser que cela, dans la situation actuelle, leur était à tous les deux formellement défendu … Des images de pur bonheur lui apparurent soudain en tête, d’elle et de lui, vivant simplement côte à côte dans une contrée enneigée de Fukyuu, elle artiste et artisane, lui à la forge … Ça aurait pu être possible, peut-être … Dans d’autres temps, en d’autres mondes même, peut-être ? Elle ne pouvait pas le savoir. La question qui lui vint ensuite en tête fut la suivante : comment pouvait-elle ne serait-ce que “songer” à cela … ? Elle eut un peu honte l’espace d’une seconde. Kanzen était son client …

Attendez … Non, c’était bien plus que son client maintenant. Elle avait fait de lui un confident, un ami, un amant … Et ceci en si peu de temps … En y repensant, elle n’avait même jamais raconté son histoire passée à personne avant. Même pas à Rin, pas entièrement. C’était une sorte de tabou pour elle … Lui, il savait maintenant. Est-ce-que ça n’allait pas bien au delà d’être un amant d’un soir qui paie pour profiter de la pureté d’une jeune fille … ?

Suzu eut l’impression que ses yeux allaient s’échapper de leurs orbites tellement ils voulaient pleurer. De joie, de tristesse. Les deux à la fois, sans doute. Mais comment une jeune maïko digne de ce titre pourrait-elle se permettre de verser des larmes si facilement devant de si douces déclarations d’affection ?

Elle avala sa salive maladroitement, comme pour faire descendre la pression qui s’était accumulée. Cela fonctionna plutôt bien. Elle souffla, mais cela ressembla plus à un soupir que ce qu’elle n’aurait voulu.

Mais Kanzen s’étant rapproché d’elle, elle eut une nouvelle preuve claire de ce qu’il avançait, et de l’effet qu’elle provoquait chez lui. Elle sentait maintenant distinctement sa poitrine contre la sienne, écrin d’un coeur qui semblait battre au moins aussi vite que le sien maintenant. Coeur dont elle était devenue la gardienne d’ailleurs, depuis peu. Elle se sentit rougir à cette étreinte. Elle entra dans une sorte de transe éveillée, une sensation qu’elle ne connaissait pas encore étant en train de s'immiscer en elle. Sentir le coeur du kuge battre, ses baisers délicats qu’il déposait à l’instant le long de son cou, sa main chaude contre sa joue, l’autre remontant doucement le long de sa cuisse … Elle n’avait jamais été dans une telle proximité avec quelqu’un. La chaleur intérieure qu’elle avait ressentie plus tôt revint lui faire une petite visite improvisée, elle sentit même une impression étrange, une sorte de panique contrôlée s’emparer d’elle.

C’était … A la fois agréable et étrangement gênant …Elle eut l’impression que le monde pourrait bien s’écrouler autour d’eux, qu’elle ne bougerait pas d’un pouce. Ou bien encore, qu’elle pourrait mourir ici et maintenant. Ou … Que le temps pouvait s’arrêter à jamais, à cet instant précis … Elle lança un des regards les plus tendres et affectueux qu’elle n’avait jamais fait à Kanzen. Elle n’osait rien dire. Elle avait peur de ruiner toutes ces sensations nouvelles par des paroles maladroites. Et puis, ce silence était aussi apaisant et se faisait le complice de cette scène d’amour simple, sincère et innocent.

Elle vint caresser la main de Kanzen qui tenait sa joue depuis quelques secondes. Elle cherchait à capter le regard du kuge, ces deux rubis qu’elle chérissait tant. Elle entoura le visage fin du jeune homme de ses propres mains pour le regarder un instant de plus. Elle savait que jamais elle ne pourrait se lasser de cela. Les traits harmonieux du noble la rassuraient, ils avaient quelque chose … Elle ne savait pas dire quoi. Ces mèches de cheveux blanches qui entouraient son visage sauvagement, sa peau claire d’albinos, et ses iris portant cette couleur presque surnaturelle … Cette étincelle constante d’amusement et de défi dans son regard la charmait tout à fait. Elle ne put donc s’empêcher de ramener les douces lèvres de Kanzen aux siennes, profitant de cela pour prolonger cette étreinte. Elle ne voulait plus jamais partir … C’est à cet instant qu’elle se rendit compte de la douleur qu’allait provoquer son départ, au bout de cette nuit … A la fin de se baiser irréaliste de naturel et d’affection, elle décida donc de poser une ultime question.

“Si tu pouvais m’emmener avec toi, le ferais-tu alors ?” glissa-t-elle dans un murmure qui se voulait intime, sur le ton du secret. Bien sur que cela ne pourrait pas se passer ainsi. Ce n’était pas si simple. Elle n’avait aucune illusion à ce sujet. Cette fois il s’agissait par conséquent d’un vrai questionnement de fond. Elle voulait savoir, elle voulait qu’il lui répète, encore une fois, jusqu’à quel point il pensait l’apprécier, tout simplement. Encore une fois qu’elle réaction égoïste ! C'était en effet un genre de caprice non ? Suzu ne l’avait encore jamais été à ce point, songea-t-elle. Mais elle savait que pour elle, et probablement pour lui, ce type de question allait devenir de plus en plus une forme de supplice, probablement. Aussi se promit-elle que ce serait la dernière pour ce soir ... Car le reste de la nuit devait être placé sous le signe de la joie et du plaisir, et non sous celui de la tristesse ou de la douleur ...


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MessageSujet: Re: [FB - Terminé] Il était une première fois... Ven 3 Juil - 1:17


Plongé au contact même de la soie la plus douce qu'il eut jamais connu et qui se révélait être la peau  même de la jeune fille, enivré des fragrances mêlés des parfums élaborés et de la douce rumeur naturelle qui émanait d'elle, le kuge sentait le désir s'enflammer en lui. Le plaisir des mots qu'ils avaient échangés avait alimenté en lui une chose qu'il n'avait pas le moins du monde pensé trouver à l'Okiya pour cet au revoir qu'il ne désirait plus à présent.

Laisser sa marque avait été une idée puérile dès le début, malgré toute la douceur que revêtait l'image qu'il avait eu en tête. Tout à ses chaleureuses attentions à l'égard de la maïko dont il avait entreprit de l'emmener avec lui dans une danse sensuelle, il regrettait presque son choix. Ce n'était pas une marque, mais une nouvelle source de regret qu'il était en train de créer à cet instant, en cette soirée, et peut être même la pire de toute les blessures qu'il emmènerait avec lui chez le clan du Tigre.

Mais aussitôt cette idée émergente en lui, elle fut balayée par ce qui suivit. L'eut-elle voulut que le moment n'aurait pas été le mieux choisi, car elle vint solliciter qu'il cesse ses douces prévenances pour en quérir une autre plus intense. De ses deux mains, elle ramena le regard du noble dans le sien paraissant l'admirer dans une expression qui éliminait tout du jeu d'actrice, si cette possibilité avait pu encore exister entre eux deux. Ce fut elle qui vint à nouveau ordonner à leur bouche de s'unir.

Ce n'était plus une première fois entre eux, mais rien ne changeait pourtant. Il crispa sa main droite sur la cuisse de l'adolescente, trop pris par ce baiser pour pouvoir faire plusieurs choses en même temps. Il trouvait cela si simple et si agréable d'aimer Suzu, de lui offrir tout ce qu'il possédait d'émotion alors qu'ils ne se connaissaient que depuis à peine un dixième de jour.

Que cela put être réciproque le faisait croire au contes romantiques qu'il avait lu, plus jeune, tandis que l'on lui annonçait déjà qu'il ne verrai sa future femme que lorsque un mariage aurait été décidé et que toute les autres ne seraient que des amusements passager. Par le contact de leurs lèvres, elle n'avait émis rien d'autre que l'envie de renouer avec ce qui avait déjà été offert, néanmoins, après la crispation, Kanzen compris à tord l'invitation et l'acceptation qu'elle venait de lui faire.

Alors que leurs visages fusionnaient, il parvint à reprendre l'assise sur ses propres gestes et décida que sa main allait pouvoir rentrer en contact plus direct avec la jambe de sa complice. Mais avant qu'il eut pu remonter un pouce de la tenue de cette dernière, elle mis fin à leur embrassade et riva des yeux magnifiques, mais au demeurant teintés d'une profonde mélancolie, dans les siens. Il cru qu'il s'agissait là d'un refus, n'ayant pourtant rien opéré de ses pensés pourtant.

Elle clarifia très vite la raison de cette cessation d'un moment qu'il aurait voulu bien plus long que cela. La question qu'elle lui posa alors et de cette façon si particulière le laissa abasourdie un moment. Il ouvrit grand ses yeux de surprise alors que son esprit analysait déjà la suite de mot qu'elle venait de lui murmurer comme une confidente l'aurait fait, comme une confession d'une femme éprise à son amant.

Si il avait pu l'emmener avec elle, l'aurait-il fait ? C'était une évidence, ou alors n'avait-il pas encore été assez franc pour qu'elle n'ait pas à s'interroger sur le sujet. Mais en réalité, ses pensés furent totalement différentes. Il ne répondit pas à l'apprentie geisha sur le coup, réunifiant leurs lèvres un instant. Puis il se redressa délicatement afin que la natte de leurs mèches liées ne les torture pas et se défasse naturellement, puis il la surplomba de la moitié de sa taille dans l'instant et lui offrant une expression radieuse afin de lui assurer qu'il n'était pas prêt à la laisser ainsi, aussi bien sans réponse qu'étendue à même le sol.

Il passa ses bras sous les épaules et les jambes de la jeune fille et la souleva du sol comme si elle ne pesait rien. Depuis le début de leur entretient, il avait remarqué au coin de la pièces les doucereux coussins et les riches tissus qui s'y trouvaient, masquant un futon dont la présence n'était pas anodine. Il avait trouvé cela dérangeant au départ, l'aspect final de leur entretient lui étant jeté ainsi au visage aurait pu être une source de déplaisir si dès les premières secondes, Suzu ne lui avait pas accaparé les sens.

Mais alors qu'il l'y menait dorénavant, c'était dans un tout autre état d'esprit qu'il se trouvait. Sans mot dire, il la reposa parmi les confortables tissus et se glissa à ses côtés avant de lui caresser délicatement la joue. Il colla son front au sien et lui annonça d'un ton égal à celui qu'elle avait eu lors de sa question :

On ne ressent pas ce que je ressens pour toi si instantanément normalement. Cela prend nécessairement du temps. J'ai un ascendant total et au risque de livrer ma famille à la honte, si mon Seigneur ne m'avait pas offert à un autre, j'aurais tout  à fait pu acheter ton départ. Mais ce n'est pas l'usage… Et tu n’apprécierais pas d'être une simple marchandise que l'on s'échange, quand bien même mes sentiments seraient sincères derrière mon geste.

Je ne serais à présent sincère avec moi-même qu'en étant heureux que tu te trouves ici, à l'Okiya des Hateku, jouissant d'une paix dont peu peuvent se targuer. Ta sécurité ici est garantie et si je devais te prendre avec moi, cela serait soit pour l'inconnu du Tigre, soit pour la fuite éternelle face à la ire d'un pays tout entier. Mais pour répondre plus simplement à ta question…


Il se colla à nouveau d'elle, du moins, autant qu'il le pouvait tant ils étaient déjà proche, reprenant ce qu'il avait doucement entrepris à même le sol, quelques instants plus tôt et souffla la fin de sa réponse sur l'épaule nue de l'apprentie geisha :

… Oui, sans la moindre hésitation.

Cette fois ci et bien qu'il conçu une douce honte à cela, il alla chercher bien plus bas que la cuisse de Suzu pour y poser sa main droite à même la peau de ses chevilles et remonta par dessous le tissus jusqu'à la position qu'il avait eu précédemment tout en froissant légèrement la magnifique robe dont elle était couverte.

Il réalisait petit à petit à quel point il était moins expérimenté qu'il ne l'avait laissé entendre plus tôt, car de toutes les femmes qui avaient partagée ses attentions, il était désolé pour elles, mais il ne s'était jamais autant senti envahit d'un désir si puissant, au point que les caresses n'y suffiraient pas, au point où les mots étaient eux aussi d'une importances capitale et sans oublier les pensés.

Beaucoup de ses convictions s'étaient vue soufflées ce soir là, et une nouvelle le fut à l'instant : persuadé venir prendre ici le don d'une première fois à une jeune fille, il se rendit compte que cela en était une aussi pour son propre cas. Si il avait toujours éprouvé beaucoup d'affection pour ces belles dont il avait partagé des instants intimes, cela ne pouvait être comparé à ce qu'il éprouvait à l'instant. Il avait pourtant compris cela dès qu'il l'avait vu se coiffer et d'accepter l'offre de la maîtresse des Hateku.

L'échange qu'ils avaient entretenu depuis ne lui avait permis que d'être certain de cela. Nombreux étaient persuadés ne rencontrer leur âme jumelle qu'après l'avoir cherché le temps d'une vie ou de plusieurs. D'autres pensait l'avoir acquise. Mais on ne pouvait pas avoir ce genre de chose. Cela arrivait ou n'arrivait pas, seule la certitude demeurait.

Il se trouva enfin chanceux, car son petit univers se tenait presque à sa merci, si il avait été d'un quelconque danger pour elle, presque sous lui, à subir ses délicates faveurs. Car certains n'aurait jamais même la chance de vivre cet instant, aussi court soit-il, avec l'être qui les complétaient. Alors non, il ne pouvait plus être malheureux de rien, même à la perspective que sa vie n'aie plus la moindre saveur après cela. Il était affamé d'y goûter de toute façon.

Puis soudain, il arrêta ses doux attouchements et se redressa de moitié sans manquer d'aviser sa compagne d'une expression aussi mutine qu'embarrassée. Il passa ses mains dans les manches de son kimono, les joignis comme en prière devant sa poitrine puis brassa délicatement l'air de ses bras, les ramenant à sa taille tout en se défaisant instantanément du sommet de ses atours.

Dans le vœux de lui offrir tout ce qu'il pouvait posséder, alors il commencerait lui laisser découvrir par elle même si cela lui plaisait ou non. Le torse ainsi mis à nu, il ne sembla pourtant plus gêné le moins du monde, patient dans l'attente chaleureuse du refus ou de l'acceptation du cadeau qu'il s'apprêtait à lui faire.
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