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 [PV] Fusion de l'esprit et de l'acier

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Fukyuu Kanzen

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Taii

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MessageSujet: [PV] Fusion de l'esprit et de l'acier Sam 23 Mai - 8:56

Rares étaient les éclaircies au cœur de la vallée des foudres autour de la cité cosmopolite de Raimei. Pourtant, Dame Soleil illuminait en ce jour les cieux et les terres de Gekigami de son œil avenant et réconfortant. C'était une journée sublime comme il en avait vécu rarement depuis qu'il vivait en citoyen de Kenshu, enfant de Fukyuu invité qu'il était depuis six ans déjà. Sur le perron donnant au jardin central de la demeure qu'on lui avait allouée pour l'accueillir, il était assis simplement, jambes croisées, les mains sur ses genoux, laissant les rayons d'Amaterasu le darder de leurs douceurs bienvenues.

Il s'accordait un instant de répit depuis quelques jours déjà et on avait accédé à ce repos sans difficulté. Depuis des jours déjà, il travaillait sur une lame honorable pour un officiel du clan. Une simple œuvre d'art, pas un… Kanzen… Comme il les appelait avec malice. Pour son Taisa, un jour, peut être… Ce grand garçon de Juubei le méritait peut être. Son visage triste attestait d'une destiné difficile de toute évidence, mais il ne se confiait pas. L'expatrié savait que son estimé Lieutenant ne devait guère apprécier de servir de chaperon à l'otage qu'il était lui-même.

Une amitié viendrait peut être avec le temps, seul ce dernier pourrait en attester. Il respira un grand coup et très longuement, un sourire bienheureux sur le visage. On s'affairait derrière lui. La petite Himiko, sa plus récente domestique attitrée, s'occupait à cet instant des sols sans se préoccuper de sa présence. À moins que ce ne soit le contraire ? L'idée n'était pas venue du néant, il savait parfaitement ce qu'il parvenait à évoquer à certains et certaines rien que par un sourire de sa part.

Il fit basculer sa tête en arrière et ouvrit brusquement les yeux pour voir sa gentille servante sursauter, prise sur le fait de passer les serpillières sans vraiment regarder son propre travail, mais le dos de son seigneur imposé. Elle était ravissante, mais cela n'irait jamais au-delà de ça aux yeux du bushi. Elle trouverait un gentil mari et ne se ferait pas cuisser par un vilain noble profiteur, il l'en préserverait. La jeune fille s'écrasa au sol, considérant ses agissements comme une insulte grave. Dans sa position saugrenue, Kanzen se mis à rire joyeusement :

Yare yare, Himiko-chan ! Ne vous en faites pas donc pour cela. Vous me flattez en appréciant l'image que je vous rend. Je ne serais dérangé d'aucun de vos regards, mais il serait mieux de ne pas repasser cent fois au même endroit… Cette partie du parquet est tellement lustrée que nous risquons tous de nous y emmêler les jambes en glissant dessus ! Ha ha ha ha ha ha ha ha !

Elle fut d'autant plus gênée, plus rouge qu'une pivoine, s'excusant derechef et disparaissant au détour du couloir. Oui, il aurait aimé mériter de partager la vie d'une si charmante personne. Mais ce n'était pas le cas. Il se redressa, un sourire mélancolique sur le visage et se pris à soupirer doucement. Puis il se mis à fouiller dans les pans de son kimono trop largement ouvert sur son torse et en tira son précieux cahier. S'éclairant à sa vu, il se jura d'en écrire une page aujourd'hui.

Ce qu'il s’apprêta à faire quand la doyenne de ses domestiques et régente de son petit domaine, Yoko, de cinq ans son aînée et possédant un charme mature indéniable, vint le chercher. Il ne l'entendit pas arriver en vérité. Elle était parfaitement douée pour ne pas déranger ses instants de détentes lorsqu'il s'en accordait et parfois, il lui arrivait d'être si surpris qu'il en avait un frisson lorsqu'elle tapotait sur le sol avec ses genoux, dans sa position de soumission et afin de l'avertir de sa présence.

Il se retourna pour elle, lui retournant la politesse d'un salue aimable de la tête et l'invita d'un simple geste de la main à lui délivrer le message qu'elle lui apportait. La voix à la fois douce et grave de cette femme était un chant qu'il lui plaisait à entendre, lui rappelant parfois l'Okiya Hateku de Ite et les papillons qui l'habitaient. Elle ne se fit pas attendre longtemps pour lui permettre de l'écouter à nouveau :

Kanzen-sama, un pli nous est parvenu ce matin à votre attention, signé de la main d'une estimée membre de la famille Abe No, Miwako-sama. Ce clan au sein du tigre fait partie des plus respectés et loués, leurs arts principalement orientés vers les domaines ésotérique et théologique… Et je sais que depuis votre rencontre avec la Voix muette du Tigre, ces deux sujets vous sont chers. Elle même est une Omnyouji réputée.

Il ouvrit des yeux ronds à cette annonce, bien intrigué par les raisons qui pourraient pousser une telle personne à lui adresser un courrier, si éloignés étaient leurs domaines respectifs de compétences. Il gémit pour toute réponse :

Ahiiiiiiii ! Mais je ne suis qu'un étudiant en la matière ! Que me veut cette femme des Abe No ? Demanda-t-il presque de façon plaintive.

Tchhh !
Le rabroua Yoko, forte de son expérience à ses côtés et permise à certaines remontrances qu'aucun ou aucune autre n'oserait proférer à son encontre.
Auriez vous omis d'entendre le respect dû à cette famille au sein du domaine des Foudres dans mes mots, Kanzen-sama ?

Elle le regarda sévèrement. Mais cette mimique faisait littéralement fondre le samuraï-forgeron qui l'avisa d'une manière si chaleureuse qu'elle détourna le regard, le rouge lui montant aux joues. Elle ne se désarma pas pour autant et remplit son devoir avec brio d'une voix dépourvue du moindre accroc :

Elle a fait savoir qu'elle aimerait un entretient privé avec vous…

Elle ne pu pas finir, ses yeux avait de nouveau glissés vers le samuraï qui la dévisageait à présent d'une manière parfaitement choquée. Il ne fallut pas longtemps à la régente pour comprendre ce que l'esprit de son Maître venait de conclure à cette annonce, elle fronça ses fins sourcils et le corrigea à nouveau :

Qu'est ce que votre tête est encore allée imaginer !? Elle parle d'un sabre dans son message.

La transformation fut instantanée, tout sourire disparaissant au profit d'une expression de sérieux absolu, cette dernière ne laissant pas indifférente son interlocutrice qui du à nouveau arracher son regard de celui de son seigneur pour ne pas subir ce qu'il ne désirait pas lui-même. Le sujet était sensible. La plaisanterie n'existait plus lorsqu'il s'agissait de l'Acier. Ses iris ambrés fixaient à présent Yoko comme des tisons ardents, dans l'attente muette mais plus impérative que l'ordre qu'il aurait pu lui donner de vive voix pour l'inviter à poursuivre, ainsi qu'une question qui n'avait pas franchie ses lèvres et n'aurait jamais besoin de le faire au vu de la connaissance de la femme pour le bushi qu'elle servait depuis son arrivée en Kenshu. Elle enchaina rapidement :

Elle est déjà en ville et doit attendre votre réponse, Kanzen-sama. Je suppose que vous l'accueillerez dès demain ?

Il se leva alors, sans gestes brusque, mais soudainement cependant, dominant des ses deux mètres son interlocutrice intimidée dorénavant. Il répondit de façon douce, mais pleine d'une urgence audible :

Je l'attends dans l'heure, si elle le souhaite.

Puis il fit demi-tour, achevant ainsi l'échange, pour se tenir debout sous les rayons du Soleil, les mains derrière le dos et la mine fermée.


Dernière édition par Fukyuu Kanzen le Mar 26 Mai - 12:22, édité 1 fois
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Kenshu Miwako

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Daimyo

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MessageSujet: Re: [PV] Fusion de l'esprit et de l'acier Lun 25 Mai - 1:23

Miwako et ses deux protecteurs arrivèrent en ville au milieu de matinée. Le voyage s'était déroulé sans encombre et la jeune femme avait pris soin d'envelopper l'arme dans un tissu, pour qu'elle ne soit pas visible. Elle ne voulait pas avoir de problème pour avoir porté une lame qui n'était pas faite pour les gens de sa caste, même si celle-ci était cassés. Rapidement, la demoiselle avait rédigé un courrier pour un Taii qui résidait dans les environs, Fukyuu Kanzen. Il y avait deux raisons pour lesquelles elle avait choisi cet homme, son second métier forgeron et ses origines, le clan Fukyuu.

L'onmyouji pour attendre la réponse du militaire s'était installée dans une de ces petites maisons de thé, qui parsemait le chemin et toujours ouvertes aux voyageurs dans les villes. Elle y avait commandé un thé et quelques dangos et s'était assise sur les bancs extérieurs. La demoiselle profitait des rayons de soleils, si chauds et bienfaisants. Cela donnait envie de paresser un peu, Hono et Onji s'étaient d'ailleurs lovés, comme pour dormir. Les trois complices ne dirent mot et profitaient simplement de ce temps de repos . Une jeune serveuse arriva avec sa commande et jeta un regard curieux au paquet de l'onmyouji, qui paraissait long et lourd.

"Vous êtes chargé, on dirait mad'selle." Ajouta la curieuse, ce qui fit sourire la religieuse.

"Probablement plus que vous ne le pensez." lui répondit Miwako, avec un sourire aussi amusée, que légèrement énigmatique.

Voyant qu'elle n'aurait pas plus de réponse, la servante repartie aussitôt.
Son regard se porta sur le paquet et plus précisément la lame, ce qui la ramena quelques jours plus tôt. Elle était alors sur les terres de glace du clan du boeuf, les étoiles l'avaient conduite jusque là-bas. L'onmyouji avait eu affaire à un massacre provoqué par un Tsukumogami, c'était ce sabre. Il était dans l'école Buishi, qui portait le nom de son fondateur, maître Buishi Tatsuhiro. L'onmyouji s'était retrouvée face à lui, son successeur, Hiroteru Yasunao et un Taisa de Fukyuu, Kuroda Taiki. Les négociations se déroulèrent de manières houleuses, entraînant la sortie du second de l'école. L'homme ne supporta pas ce qu'il considéra comme un déshonneur et alla chercher le Katana maudit. Miwako fut la première à le rejoindre, mais arriva trop tard, le samouraï dégaina et le yokai prit alors possession de lui.  L'onmyouji avait conscience qu'elle serait probablement morte si le taisa Kuroda n'était pas intervenu à cet instant, alors que le possédait se jetait sur elle avec une voie déformée par l'ayakashi.
Les deux hommes eurent un combat intense, mais le militaire parvint à vaincre le successeur. La religieuse avait employé quelques sutras pour ralentir et affaiblir l'homme possédé, qui se retrouvait surhumain, mais c'est la supériorité technique du Taisa qui fit la réelle différence. Il écouta même les directives de la jeune femme et ne coupa que le bras de son adversaire, ce qui mit fin à la possession et permit de sauver la vie d'Hiroteru Yasunao. L'onmyouji avait alors procédé au rituel de purification de l'arme, durant quelques instants, elle avait senti la vie de l'esprit, sa naissance, son histoire, sa corruption, son combat et ses souffrances. L'esprit avait choisi sa fin et brisé sa lame, alors qu'il aurait pu continuer à vivre et essayait de se repentir en vivant. C'était l'âme d'un sabre, avec les principes de bushido gravés dans le coeur, il avait préféré la voix du guerrier et réalisé une sorte de seppuku, à défaut de pouvoir en faire un véritable. Il l'avait remercié de lui permettre de mourir, dans un dernier soupir serein, mais douloureux. Miwako, quand à elle avait poursuivit la purification jusqu'au bout, car tel était son devoir. Elle avait accompli son devoir jusqu'au bout, malgré la présence des larmes sur ses joues.

La jeune femme eut un frisson face à ses images d'un souvenir encore trop vivant. Il lui faudrait encore du temps avant de l'affronter totalement sereinement. La demoiselle savait également que la journée qui se déroulait aujourd'hui pourrait également l'aider à tourner plus facilement la page. Cela dépendait toutefois de la réponse de taii Fukyuu, qui ne tarda d'ailleurs pas. Miwako fut soulagée, il acceptait de la recevoir rapidement. La jeune femme pour terminer son encas plus vite donna discrètement la fin de ses dangos à ses deux kirins, ravis de pouvoir manger un peu. Ils n'avaient pas besoin de manger, vu leur nature, mais ils pouvaient le faire par plaisir et cela arrivait parfois. Hono était plus gourmande qu'Onji. Ils la remercièrent tous les deux en ronronnant légèrement.  

L'onmyouji et ses acolytes se trouvèrent face à une demeure riche. Cet homme avait occupé une place importante dans son clan, bien qu'il soit un prisonnier au sein des tigres à présent. Kenshu était un clan qui traitait bien ses invités, aussi le propriétaire gardait les privilèges de sa classe. Elle fut accueillie par une servant d'un certaine âge, mais qui conservait une certaine beauté. Sa dignité et son maintien révélaient une certaine expérience dans son métier, ce devait être elle qui dirigeait les servants de la maison, quand le maître ne donnait pas d'indication particulière.
La dame la conduisit dans une pièce ouverte sur un magnifique jardin. Les deux kirins s'installèrent dans ce dernier, ravis de pouvoir garder aussi facilement un œil sur leur protégés. Miwako s'installa de nouveau au soleil, un sourire serein se traça sur ses lèvres. Les rayons d'Amaterasu pouvaient être si relaxants. Elle fut rapidement rejoint par le maître des lieux et Miwako se tourna vers lui, puis pencha légèrement comme l'exigeaient les politesses d'usages.

"Merci de me recevoir aussi promptement Fukyuu-dono."

La jeune femme fut surprise par la taille et le physique du chien blanc. Elle avait croisé le mois dernier le Taisa Shigeru, qui avait aussi une grande taille et un physique tout aussi particulier avec des cheveux blonds et des yeux violets. C'était à se demander si les gradés de l'armée du tigre ne devaient pas tous être grands et posséder des couleurs capillaire ou d'iris particulières. Il fallait cependant avouer que l'aspect de son interlocuteur bien que déroutant, n'était pas déplaisant. Comme son supérieur, bien que le charme du Taisa résidait dans la douceur, alors que Taii en face d'elle semblait plus mutin. La jeunesse de ce dernier était également plus dans les goût de la jeune femme.
De plus, elle sentait quelque chose d'étrange avec son interlocuteur. La demoiselle ne savait pas exactement ce que c'était. Il y avait un lien avec les yokais, bien que son interlocuteur ne semblait pas avoir du sang de yokai, du moins pas dans les ancêtres directes. il y avait cependant un lien entre cet individu et les yokais, peut-être même qu'il pouvait voir ces deux gardiens? Les deux kirins sentaient d'ailleurs cet étrange aura. La religieuse n'était cependant pas là pour ça. De plus, les familles ou les individus étaient toujours sensibles sur les liens possibles avec les yokais. Miwako savait se taire à ce sujet et ne révéla rien sur ses sensations étranges. L'onmyouji anticipa cependant une chose et expliqua calmement.

"Si vous pouvez voir les kirins dans le jardin, ne vous inquiétez pas. Ce sont mes gardiens, ils ne feront aucun mal et ne laisseront aucune trace."

Miwako posa simplement devant elle son précieux paquet pour le révéler doucement à son hôte. Bien que la lame soit brisée en deux, on pouvait voir la qualité exceptionnelle de cette dernière. Même un amateur dans le domaine comme elle, pouvait voir que ce sabre était une pièce exceptionnel, historique et riche.

"Comme expliqué dans ma missive, je viens vous raconter l'histoire de ce sabre, que vous avez reconnu je suppose."

La religieuse n'avait pas mis le nom du katana dans sa lettre, cette arme était toutefois célèbre dans le clan du boeuf et elle n'allait pas insulter la culture du forgeron en face d'elle. Les étudiants de l'école Buishi avaient reconnu la lame rien qu'au fourreau, dont les gravures étaient décrites dans les histoires de ses illustres propriétaires. Les connaissances du Taii en face d'elle devaient bien être supérieures à ces derniers.

"Zatoichi est une lame connue parmi les sabreurs et les forgerons de Fukyuu. C'est du moins ce que m'a dit Maître Buishi. Je pense donc que vous connaissez une partie de son histoire. Dites-moi ce que vous savez, je vous raconterais ce qui vous manque. Je ne vous demanderai qu'une chose en échange si vous l'acceptez, à la fin de mon histoire, pourriez-vous écouter une requête de ma part."

Elle supposa que l'homme devait connaître l'histoire jusqu'à l'enfer écarlate. Ce fut sur les champs de bataille que cette lame se perdit, il devait donc connaitre le début et elle la fin de l'histoire. Miwako ne lui demandait pas d'accepter tout de suite la requête. Ils ne se connaissaient pas d'une part, d'autre part, elle voulait savoir si l'homme serait sensible à l'histoire de ce sabre et du yokai. S'il l'était il accepterait sa requête, si par contre il y était insensible, il refuserait.



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Fukyuu Kanzen

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Taii

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MessageSujet: Re: [PV] Fusion de l'esprit et de l'acier Mar 26 Mai - 11:44

Seul dans sa chambre à présent, il s'était mis à méditer dans l'attente de la venue de la représentante des Abe no. Il s'en voulait quelque peu de s'être emporté au sujet de ce sabre et d'avoir ainsi accédé si rapidement à la requête de la prêtresse. Il était tout à fait possible, plus que probable même, qu'elle vienne à lui en pure perte de temps, une lame de moyenne facture en main. Depuis qu'il était tombé amoureux de l'acier, il n'avait eu cesse de se renseigner et d'apprendre à le manier, mais aussi à en connaître les plus belles prestations.

Katanas, wakizashis, tantos, aiguchi, no-dashi et naginata. Il avait fait le tour de ces sujets et sa connaissance des lames légendaires était encyclopédique malgré son jeune age. Ce n'était pas pour lui une fierté dont il se vantait, mais simplement une nécessité dans l'optique d'offrir au monde des œuvres bien supérieures encore. Ses recherches à ce sujet avaient laissées derrière elles sa marque et on le considérait de plus en plus ces derniers temps grâce à quelques prestations honorables, mais en rien aussi parfaites que son propre daisho et son petit couteau. Il avait bien une idée ou deux concernant les méritants légitimes de telles œuvres, mais sans plus.

Alors, lorsqu'on lui vantait les mérites d'une arme du commun, cela l'irritait profondément. De tout les sujets, l'art de la fabrication du sabre était le seul dont il ne riait pas ni ne pouvait plaisanter autour. Il le révérait tant qu'il n'autorisait personne traiter ce dernier avec légèreté et avait quitté plus d'une pièce avec un sourire poli tandis que des noblions de bas étages s'extasiaient devant des katanas achetés pour des sommes faramineuses, vantant leur beauté alors qu'il ne s'agissait que de morceaux de métaux sans la moindre valeur.

Mais si ce n'était pas le cas… Si cette Miwako des Abe no lui apportait quelque chose d’intérêt… Il ne voulais en aucun cas se fermer à la moindre possibilité et ce malgré toute sa crainte. Il soupira en rouvrant les yeux, son calme retrouvé, son sourire éternel se réinscrivant sur son visage. Cela coïncida avec la venue de Himiko qui frappa à sa porte pour le prévenir de l'arrivée de son invitée. Il décida de revêtir l'un de ses kimonos des grandes occasions, sans oublier les quelques marques martiales qu'il aimait joindre à sa toilette.

L'apparence était importante après tout… Il ne voulait guère décevoir sa visiteuse qui semblait plus en savoir sur lui que le contraire, et ainsi apprêté, il s'engagea dans ses couloirs afin de rejoindre la nouvelle venue sous son toit. Lorsqu'il parvint à elle, elle s'inclina poliment, le remerciant pour son accueil. Il en profita pour l'estimer et la détailler.

D'un premier coup d’œil, sa peau tannée, quoique son visage lui paru plus clair que le reste au vu de ses mains, annonçait quelque origine humble. Mais il mit cela sur le cas de journées de voyages nombreuses et non sur une ascendance misérable. De fait, ce très léger dégradé la rendit instantanément rare à ses yeux. Pourtant, ses longs cheveux noirs et ses yeux marrons auraient pu paraître anodins, communs à plus d'un titre, perdus au milieu de la masse Yokuni.

Mais dans l'expression étrange soulignée par les traits fins de la jeune fille, une franche détermination acheva de faire statuer Kanzen sur le fait qu'elle lui plaisait à plus d'un titre. Il garda cela dans un coin de son esprit et rendit la politesse à son hôte dans une révérence prononcée, enjolivée, mais pas exagérée pour un sou lorsqu'elle l’appela par son nom. Puis elle en vint à parler de créatures du domaine ésotérique. Il ouvrit des yeux ronds à l'annonce qu'elle lui fit et mécaniquement, avisa son jardin vide, dubitatif.

Néanmoins, alors qu'il s’apprêtait à douter de la santé mentale de sa ravissante interlocutrice, il fut pris d'un étrange sentiment. Comme s'il savait qu'elle disait vrai, quand bien même ses yeux ambrés ne distinguait rien de ce qu'elle décrivait. Ce moment permis à Miwako de poursuivre sans qu'il ne pu dire quoique ce soit. Il retourna son attention vers elle, mais ne pouvait s'empêcher d'être certain que son jardin n'était véritablement pas aussi vide que d'habitude par pure intuition.

Il oublia totalement ce fait tandis que la jeune fille déployait la raison de sa venue sous ses yeux. Son sourire s'effaça instantanément, laissant place à une bouche bée de surprise et à des yeux ronds. Il n'entendait plus la jolie voix de l'omnyouji, ses descriptions de l'arme brisée devant lui ne lui apprenait rien, sinon que le nom du sabre avait pu changer dans le temps. Le Chien Blanc approcha du sabre mort, s'installant cérémonieusement en face de ce dernier et de son interlocutrice en seiza.

Sa mine était grave tant le spectacle était d'une tristesse infinie à ses yeux. Une lame feuilletée de cette facture ne pouvait pas être réparée, même les dons des kamis n'y pourraient plus rien. Elle était morte et Kanzen se sentait réellement comme lors des funérailles d'un être cher. Il tendit un bras tremblant vers la tsuka de l'arme. Se rendant compte de son émoi, il ferma un instant les yeux pour les rouvrir, emprunt de respect et de détermination.

Il attrape délicatement le sabre. Ce dernier était brisé de la plus étrange des façons au niveau de la sori, la moitié littérale de la nagasa, la lame. Mais avant même qu'il ait pu comprendre quel drame avait pu conduire à une telle séparation, ses yeux se brouillèrent soudainement et des larmes coulèrent le long de son visage. Il alla passer son pouce gauche sous l'un de ses yeux afin d'en recueillir l'eau qui s'y trouvait pour l'aviser finalement, incrédule.

Que… Pourquoi ? Bredouilla-t-il.

Pourquoi suis-je si ému, Miwako-san ? Pourquoi ressens-je la peine d'un être cher irrémédiablement perdu ?

Il posa la moitié basse du katana là où il l'avait prise et s'essuya tant bien que mal les yeux tout en ajoutant, quelque peu déstabilisé par la situation, mais pas moins indigne pour autant :

Je ne connaissais pas ce sabre sous le nom que vous venez de lui donner. Mais il est centenaire, peut être plusieurs fois à dire vrai. Il est fort probable qu'il ait été rebaptisé plus d'une fois dans sa vie. Tatsuhiro-san ne vous a pas menti en vous disant que cette lame avait une certaine notoriété. On dit qu'elle a baignée dans le sang durant l'Enfer Écarlate et que c'est de là que viendrait sa teinte si particulière. J'avais entendu dire qu'elle serait offerte prochainement à mon cousin… J'imagine que cela est révolu.

Yoko, en servante prévenante, vint porter un linge au Taii afin qu'il puisse éponger les larmes qui couvraient son visage. Celui-ci la remercia d'un sourire complice et retourna à nouveau son regard vers la prêtresse.

Je n'ai besoin d'aucune histoire supplémentaire au sujet de Aka to kuronotsurugi, ou Zatoichi, ou peu importe son nom. Mais je vous dois bien plus qu'une simple écoute pour me l'avoir portée, même défunte. Domo arigato, Miwako-san. Je suis tout à fait prêt à accéder à votre requête. Quelle qu'elle soit.
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Kenshu Miwako

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Daimyo

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MessageSujet: Re: [PV] Fusion de l'esprit et de l'acier Ven 29 Mai - 22:56

La jeune femme, dans son humble tenue de voyage était face à un homme plus grand qu'elle, vêtu d'une tenue digne de son rang de noble et de guerrier.  Contre une logique ancrée dans la société, les larmes coulaient sur le visage de ce dernier et non sur les joues de la demoiselle. Cette situation était un peu déroutante, car Miwako ne s'était pas attendue à une telle réaction. Les hommes avaient plus l'habitude de cacher leur peine, en fermant leurs visages ou en l'exprimant sous la forme de la colère. Cette attitude simple et honnête était cependant touchante aux yeux de la religieuse. Kanzen n'était pas indigne de sa position sociale malgré les larmes, il restait droit et honorable.
Plusieurs personnes auraient probablement détourné le regard par respect envers le Taii, mais l'onmyouji ne le fit pas. Si la tristesse ou le deuil embarrassaient bien des gens, ce n'était pas le cas de Miwa. De par son travail, elle rencontrait souvent cette souffrance. Des personnes endeuillées à cause des yokais, elle en connaissait beaucoup et elle avait prêté ses petites, mais aux combien solides épaules, à ceux qui le désiraient. Dans cette pièce, la religieuse n'avait pas à détourner pudiquement le regard, son interlocuteur ne désirait pas cacher son émoi, au contraire même. Le guerrier semblait surpris par son trouble et lui demandait une forme d'aide. Il brisa au passage quelques règles basiques de politesse en l'appelant par son prénom, mais la demoiselle ne s'en offusqua pas, elle ne leur accordait pas beaucoup d'importance. Miwako n'allait pas se dérober, elle lui répondit doucement et simplement:

"C'est à cause de votre cœur de forgeron Kanzen-dono."

Aucun forgeron digne de ce nom ne serait resté de marbre face à la mort de ce sabre. L'homme qu'elle avait en face de lui devait vraiment bien connaître l'histoire de cette lame. Il avait dû la lire plusieurs fois, probablement en parler avec des collègues samouraïs ou artisans. Le Taii devait connaître aussi bien l'histoire de cette arme que celle de certains de ses amis. Peut être connaissait-il d'ailleurs mieux la vie de ce précieux objet? L'albinos avait sans doute eu envie de la voir un jour, pour la découvrir, la toucher, l'étudier. Il devait également la considérer comme un objectif, une sorte de comparatif et de rival. Comme beaucoup d'artisan, il devait rêver de réaliser sa propre grande œuvre, à l'image de celles existantes déjà, voir qui les surpasserait. C'était ses rêves, ses désirs qui s'étaient brisés en même temps que ce sabre. Fukyuu-dono en ce jour avait bien perdu un être cher, car ce Katana pouvait bien être considéré comme tel par son cœur de forgeron. Il n'y avait là ni lieu de se moquer, ni motif d'exagération dans les actes ou les paroles de Kanzen.
Miwako comprenait bien ces mots et leurs conséquences, elle s'y était même préparée, mais elle ne pouvait pas ressentir ces émotions, ce n'était pas une artisane. Elle avait une compassion sincère pour l'homme en face d'elle,  la jeune femme avait été un brin maladroite en présentant les faits de manière aussi brutale et franche. Elle aurait probablement dû être plus attentive, aussi garda t'elle cette pensée pour une prochaine fois. Les sentiments des artisans n'étaient pas à négliger et elle les avait trop relativisés.

L'onmyouji le laissa prendre l'arme, il n'y avait à présent plus aucun risque. La manière dont il la manipulait était des plus respectueuses et confortait l'onmyouji dans son choix. Avec la scène qui se passait sous ses yeux, Miwako était à présent persuadée d'avoir amené ce katana au bon endroit.

Son interlocuteur semblait connaitre aussi bien l'école de Buishi-dono, que le katana. Ce n'était pas surprenant, vu son clan d'origine et c'était bien une partie de ce savoir qu'elle avait recherchée chez cet homme. La jeune femme ne savait pas pour le nom du sabre et conserva cette anecdote dans sa mémoire. Elle acquiesça pour confirmer les dires du Taii. Il était clairement visible que ce sabre n'était plus un présent digne pour qui que ce soit.  Miwako lui rendit un sourire, tendre et légèrement amusé,  lors de ses dernières phrases. S'il lui était aussi reconnaissant pour lui avoir amené, comment allait-il réagir à la suite.

"Je vous en prie. Je pense que ce sabre sera bien mieux accueilli en votre demeure, que si elle était restée sur les terres du clan du Bœuf."

Ajouta sincèrement l'onmyouji. Ce n'était pas des flatteries, elle n'en avait nul besoin et n'était pas douée pour les faire. La jeune femme exprimait son ressenti et des faits.

" Buishi-sama ne savait que faire de cette arme qui a apporté le malheur dans son école et se préparait à l'enfermer dans une remise. Il voulait que ce maudit katana soit oublié de tous. Je le lui ai demandé comme une faveur, ce qu'il ne pouvait pas me refuser."

Un sourire illumina les traits de la demoiselle devant la tête de son interlocuteur.

"Vous m'avez bien compris je souhaite que vous conserviez ce sabre."

Miwako repris plus sérieusement et calmement.

" J'ai toutefois une condition à ajouter pour cela. Je sais que la lame ne peut pas être réparée et que Zatoishi est mort. Kanzen-dono, j'aimerais que vous donniez une seconde vie à cette lame en fondant le métal qui la compose et en forgeant une nouvelle œuvre d'art avec.  Zatoishi a assez souffert, c'était une victime également. Il ne méritait pas de finir ainsi et j'espère bien qu'il aura plus de chance dans son autre vie. "

Sa dernière remarque c'était accompagné d'un regard attristé envers la lame, mais protecteur et déterminé. Cette condition pouvait paraître étrange, peut-être un peu égoïste, surtout que le forgeron ne connaissait pas la fin de l'histoire du sabre. Sa déchéance, la corruption, tout cela il n'y en avait nulle trace. L'école de maître Buishi n'avait que la fin de l'histoire pour juger cette lame, ce qui provoquait leur erreur de jugement. Leur entêtement en était également responsable car même le maître avait refusé d'écouter l'onmyouji quand elle avait tenté de leur parler.  A présent, seule Miwako connaissait ce qui s'était passée et elle était prête à le partager avec Kanzen. Elle souhaitait même le faire, une part d'elle voyait cette transmission de savoir comme un devoir.  Les dernières actions du sabre, son remerciement étaient autant d'élément qui renforçaient cette conviction.



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Taii

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MessageSujet: Re: [PV] Fusion de l'esprit et de l'acier Mar 2 Juin - 17:23

Le sabre ne bougerait certes pas de sitôt. Une fois que la lame fut reposée, il jugea que la position cérémonielle du seiza n'était plus de mise. Non pas que son interlocutrice ne méritait pas le respect, au contraire même. Mais il ne pensait pas lui en faire un en était ainsi agenouillé. Tandis qu'elle parlait à nouveau, il changea son assise, lui préférant de loin les jambes croisée, favorable aux discussions dignes d’intérêt et particulièrement longue.

Que l'on lui apporte cette arme était un fait, mais il n'attendait pas un moindre prix à cela et c'était en l'état actuelle des choses ce qui attisait sa curiosité. Une autre venait du fait qu'une omnyouji s'en inquiète. Leur rôle au sein de l'Empire n'avait que peu de rapport avec la forge ou l'admiration des talents d'un artisan. Qu'elle fut amenée à en faire son passe temps était une possibilité, mais il doutait vraiment de cela.

Il devait y avoir une raison plus profonde derrière ses choix, pareillement le concernant. Il n'ignorait pas que son rang militaire était un bon moyen de le tenir à l’œil et en ce qui concernait son artisanat, il ne produisait que trop peu de lames pour être vraiment reconnu par les forgerons plus… Commerciaux qu'il n'était. Les katanas et autres produits de l'acier qui étaient sortis de ses fours n'étaient que des œuvres d’esthétisme et il gardait le secret de son véritable talent pour ceux qui le méritaient vraiment.

Non pas que ces derniers n'existaient pas encore, il avait quelques noms en son cœur pour qui il souhaitait produire le meilleur de lui-même, comme ce qui se trouvait dans les fourreaux de son daisho, ainsi que la lame courte glissée cérémonieusement dans son obi. Mais aux yeux du plus avertis des Yokunis, il n'était qu'un excentrique capable de belle prestation d'excellente facture, rien de plus. Enfin, tout cela était secondaire.

Il se focalisa sur la prêtresse, son humeur maussade passant à une autre plus joviale, qu'une si jolie fille soit venu lui rendre cette visite pour le sujet qui était le leur le dissipa quelque peu. Il savait qu'il n'aurait pas été si attentif si un seigneur débonnaire s'était présenté à lui pour la même histoire. Il l'aurait poussé à en venir aux faits. En d'autres circonstances, il se serait plu à être le plus charmant possible afin de ne pas déplaire à son invitée.

Mais il jugea qu'elle avait bien d'autres priorités que celle de compter fleurette chez un ancien noble des glaces devenu noble-armé de la foudre. Lorsqu'elle eut enfin terminé, il leva la main gauche comme pour signaler une pause, son habituel sourire bienveillant ayant repris place sur son expression, il amorça avec douceur :

Quel propos… Vous m'honorez par trop d'attentions et je fais un hôte pitoyable à ainsi me comporter face à votre cadeau…

Il tourna la tête derrière lui et appela d'un ton enjoué :

Yoko-chaaaaaan ? Pourrions nous accueillir cette dame des Abe no dignement s'il te plait ? Nous allons avoir besoin de forces pour la suite et le sujet risque d'être long à traiter ! Un thé et quelques gâteaux locaux seraient plus que bienvenus ! Domoooooooo !

Puis il se retourna vers la jeune femme, rayonnant :

Nous serons bien ainsi et vous pourrez me donner tout les détails nécessaire à ce que votre demande soit entendue, peu importe le temps que cela prendra. Tout d'abord, je vous remercie à nouveau de placer une si haute estime en un chien errant comme moi plutôt qu'en une école réputée et émérite du domaine d'Itegami. Je serai curieux d'apprendre ce que vous avez pu dire à Tatsuhiro-san pour qu'il conçoive comme une faveur le fait de vous remettre Aka to… mmh… Zatoichi.

Ensuite, vous traitez de votre souhait que j'en vienne à conserver cette arme… Mais vous me demandez par la suite de la faire renaître en un autre, faisant de moi celui qui achèvera son histoire à jamais. Nous ne nous connaissons pas encore et je n'ai aucune légende derrière moi qui pourrait vous avoir poussé à me choisir plus particulièrement qu'un autre artisan, plus reconnu que moi, ce qui ne serait pas difficile, j'imagine.


Il laissa le propos flotter un instant, son but étant plus de déstabiliser l'héritière des Miwako que de lui opposer quelque refus que ce soit, mais il ne lui laissa pas le temps de rétorquer et enchaîna rapidement, plus chaleureux encore que l'instant d'avant :

Mais j'y consent. Ne regardez plus cette lame comme ce qu'elle fut, vos yeux ne devraient pas pouvoir se teinter d'une telle tristesse et ils ne devraient concevoir que la beauté de ce monde, comme la renaissance que je suis prêt à vous offrir pour cette lame. Mais je dois statuer d'un fait auparavant… Vous êtes venue m'annoncer une condition, considérez là comme acquise.

J'ai cependant moi-même une demande à vous faire. Que cette arme reste ici ou que je ne décide de l'offrir à mon tour à quelqu'un ou de vous la rendre, purement et simplement, dans sa nouvelle identité, j'ai d'avance besoin de savoir à qui je m'adresse.


Il décrocha son katana de sa ceinture et le posa sur ses genoux cérémonieusement. Puis il glissa sa lame hors du fourreau et la posa devant lui avec précaution, révélant une teinte totalement opposée à celle de l'épée brisée. La nagasa ainsi découverte était pareille à une étendue enneigée et immaculée sur laquelle se reflétait la lueur du soleil. Kanzen la désigna de sa main droite ouverte, la faisant partir de la saya de l'arme jusqu'à la pointe.

Je vous présente Ha no Tamashi. L'expression de mon honneur. Ceci est ce que j'appelle ironiquement un Kanzen. Pour atteindre ce résultat, il a fallut que je puisse aller jusqu'à investir jusqu'à un concept entier dans son fil et que je ne vienne à connaître son propriétaire par cœur et dans les moindres détails. Vous comprendrez que dans le cas de cette dernière, ce fut simple étant donné qu'il s'agissait de ma propre personne.

Ses traits prirent alors une expression que l'on aurait pu attribuer à celle d'un Kitsune avisant un mortel le passionnant, à la fois mutine et intriguée. Puis il clôtura son propos, énigmatique :

Je ne crois pas pouvoir être le sujet d'une nouvelle prestation. Aussi, me laisseriez vous apprendre à vous connaître ? Je ne vois personne d'autre qui soit digne de cela… Malgré tout ce que cela implique, évidement.
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MessageSujet: Re: [PV] Fusion de l'esprit et de l'acier Jeu 4 Juin - 17:40

Un sourire amusé parcourut le visage de la jeune femme alors que son hôte demandait des gâteaux. Du coin de l'oeil, elle avait vu ses deux gardiens se redresser en entendant cette requête. La désinvolture de Kanzen permit à Miwa de prendre également une position plus confortable, ce qui était en contradiction avec le mot dignement employé par son hôte. A dire vrai, la demoiselle préférait être accueillie dignement ainsi, c'était plus chaleureux. La désinvolture et la bonne humeur de son interlocuteur avait quelque chose de contagieux et Miwako se laissait un peu allée avec plaisir.

Les sourcils de la religieuse se froncèrent légèrement alors que le Taii se déprécia. C'était étrange de voir un homme s'appeler lui-même un chien errant, surtout quand ce n'était pas le cas. Il était aussi surprenant de le voir se dévaloriser de la sorte sur son art. Il n'avait pas tout à fait tort sur sa réputation, elle n'était que naissante. Miwako avait cependant choisi Kanzen pour des raisons précises, la reconnaissance du forgeron n'avait simplement pas été le principal critère. Elle n'aurait pas confié cette tâche à un incapable notoire, mais l'homme aux cheveux blancs n'était pas dans cette catégorie. Elle allait posément expliquer les raisons de sa présence, car elles semblaient échapper à l'homme en face d'elle. Il ne lui laissa pas le temps de faire et il enchaîna sur un simple j'y consens.  L'onmyouji retint cependant les propos de ce dernier, il y avait apparemment quelque point à éclaircir.

Pendant quelques secondes, le visage de Miwako se figea. L'ancien kuge avait eu une formulation malheureuse, sans le vouloir. Des yeux pour ne concevoir que la beauté des choses? Pourquoi les hommes tenaient-ils à enfermer les femmes dans des cages fades? La beauté ne pouvait exister car il y avait des choses laides. Une femme portant les kimonos les plus délicats au quotidien finissait par les trouver normaux, alors que pour la femme ne les voyant que rarement, ils conservaient toutes leurs beautés et leurs charmes. La demoiselle était également sensible à cette formulation pour une autre raison, elle lui rappelait le combat que son grand-père, son frère et elle avaient mené, pour qu'elle devienne onmyouji.  Le fait qu'une femme soit faite pour ne voir que de belles choses, qu'elle soit trop sensible pour supporter l'horreur, son père les avait employés comme arguments, pour tenter de la maintenir au simple rôle de future épouse. Des horreurs, elle avait dû se battre pour avoir le droit de les regarder en face, un combat que peu de gens comprenaient et qu'encore moins de monde approuvait.
La jeune femme ferma cependant les yeux pour respirer un grand coup. Son interlocuteur avait une manière de pensée commune à bien des hommes, surtout des militaires. Les samouraïs vouaient bien leur vie à protéger les autres de l'horreur de la guerre. Elle n'allait pas commencer à combattre chaque mauvaise habitude de chaque guerrier...ou alors elle aurait besoin d'une bonne centaine de vie.

Ses pensées lui firent perdre un peu le fil de la conversation, mais la lame du forgeron la ramena vite à la réalité. Miwako fixait la lame stupéfaite. Abasourdie, elle s'approcha de cette véritable œuvre d'art. Une lame blanche, d'une pureté absolue. Le blanc, la couleur de la mort également, ce qui pouvait dans une certaine mesure correspondre à l'utilisation des armes, même si ce symbole n'avait ici clairement pas été employé. Fascinée, elle contemplait le coeur du forgeron, dans toute sa splendeur et toute l'habilité de ce dernier. L'onmyouji réalisa alors que la réputation de Kanzen était bien en dessous de la réalité. La religieuse n'avait pas besoin d'être plus convaincu, pourtant la vision de cette lame la conforter dans son choix. La volonté de la demoiselle de voir le forgeron Kanzen faire renaître Zatoishi se trouvait même multipliée alors qu'elle contemplait un des fameux Kanzen.

Un sourire taquin se traça sur les lèvres de la demoiselle à la dernière demande du Taii. Il était un peu culotté ce garçon, pensa-t-elle alors qu'un sourire taquin naissait sur ses lèvres. La jeune femme était aussi un peu joueuse.

"Apprendre à connaitre l'âme d'une femme. Il n'y a normalement qu'un homme autorisé à le faire et plus d'un échoue, malgré toute une vie dédiée à cette quête. Êtes-vous certain d'être prêt à assumer toutes les conséquences"

Plaisanta-t-elle alors que la servante arrivait avec les gâteaux et le thé. La vitesse de préparation des plats montrait toute la compétence de cette dernière. Pour mettre aussi peu de temps, elle avait dû anticiper le souhait de celui qu'elle servait.  Miwako s'approcha du plateau et la gourmandise brillait dans ses yeux, les gâteaux du coin étaient bons, elle le savait pour en avoir déjà goûté. Plus calmement, elle prit une tasse et la leva, comme si c'était une coupe de saké.

"À la naissance d'une nouvelle amitié"


Fit-elle en guise de réponse sérieuse à la demande du samouraï, avec un sourire joyeux.  La demoiselle aimait trop les rencontres et ne pouvait pas refuser une telle proposition d'amitié, surtout pas venant d'une personne aussi intéressante. Son doigt montra plusieurs gâteaux et elle demanda:

"Vous permettez?"


Miwako prit non pas un, mais trois des gâteaux présents. Elle fit signe au forgeron de la suivre pour qu'ils se retrouvent sur la terrasse. La religieuse s'assit et tendit deux gâteaux vers le jardin, un à chaque main.

"Pour profiter, ne les mangez pas en une bouchée."

Dit-elle doucement à Hono et Onji, qui s'étaient avancé en remuant la queue de plaisir. Ils étaient vraiment gâtés aujourd'hui. La demoiselle reprit plus sérieusement.

" Je ne sais cependant pas si vous pourrez réaliser une telle œuvre à partir de mon âme. Je suis probablement une personne plus simple que vous ne l'imaginez."

Répondit-elle en toute honnêteté, alors que Kanzen devait voir les gâteaux littéralement disparaitre de ses mains par petites bouchées. La demoiselle avait beau voyager, elle avait grandi entouré d'onmyouji et de gens qui avaient sous leurs yeux les mêmes paysages qu'elle, ce qui avait définitivement affecté son sens de la normalité. Pour Miwako rien d'extraordinaire ou de mystérieux ne se déroulait sous ses yeux, pour le militaire ce devait être plus perturbant.
La jeune femme avait du mal à intégrer la différence entre sa norme et celle de la société. Ses nombreux voyages lui avaient pourtant fait expérimenter plusieurs fois cet écart, mais les notions inscrites dès le plus jeune âge ne sont pas faciles à bouger. C'était d'autant plus difficile, pour elle qui voyait au quotidien ces choses hors normes. Elles restaient donc irrémédiablement banales à son regard.  L'onmyouji pencha légèrement la tête en réfléchissant.

"Que pourrais-je bien vous apprendre sur moi..."


Miwako repensa soudainement à ce que Kanzen avait dit  et qui l'avait légèrement froissé. C'était le bon moment pour parler à coeur ouvert.

"Ah si! Pour commencer, j'ai dû me battre pour devenir onmyouji et gagner le droit de voir aussi bien les horreurs et les bizarreries de notre monde, que sa beauté. Cela me permet aujourd'hui de savourer beaucoup de nuance et mes yeux peuvent se vanter d'avoir vu beaucoup de choses. Cela ne les rend ils pas plus intéressants que s'ils n'avaient contemplé que la beauté de la réalité?"

Miwako plongeait son regard franc et déterminé dans les yeux ambre du Taii en lui posant cette question. Un petit sourire s'afficha sur le visage de la demoiselle, alors qu'elle obtenait la réponse à sa question.  Les yeux de la demoiselle ne se détachèrent cependant pas tout de suite des prunelles du militaire, car il avait des yeux fascinants. Il y avait tant de nuance dans ces iris, du jaune au rouge, en passant par beaucoup de dégradé. La jeune femme sentait qu'elle aurait pu les contempler encore quelque temps, mais Hono lui mordilla la main en terminant son gâteau.
La religieuse sursauta à ce contact inattendu, mais parfaitement volontaire de la protectrice des flammes, qui lui fit un sourire moqueur. Miwako lui répondit par une grimace parfaitement classe: Elle lui tira tout simplement la langue.

"Ma gardienne m'a mordillé pour me taquiner."

Précisa la jeune femme au soldat, pour qu'il ne se sente pas complètement largué. Avec tout ça, elle allait perdre le fil de la conversation.

" Je ne pense pas pouvoir me mettre complètement à nu tout de suite."

Fit-elle pour taquiner, avant de compléter.

"Mais la journée est longue et c'est avec plaisir que je viendrai vous revoir, tout n'est donc pas perdu"

Termina-t-elle de manière toujours humoristique. Ses deux gardiens ayant terminé de manger, elle prit le troisième gâteau qu'elle avait mis sur ses genoux. Celui-là il était pour elle. L'homme à la chevelure blanche avait soulevé bien des points et des questions. L'onmyouji n'allait toutefois pas se lancer dans un monologue, elle prit donc le parti de commencer par la question qui lui semblait la plus délicate. Miwako ne voulait pas se montrer blessante envers les intentions de son hôte, elle devait cependant préciser un point.

"Pour la lame, prenez votre temps et pour la personne qui possèdera l'objet...et bien rien ne presse également. Je suis honoré que vous pensiez à moi, je ne refuserai jamais un tel cadeau. Il se peut cependant que plus tard, vous croisiez une personne plus adaptée pour votre futur œuvre, il serait alors dommage de ne pas pouvoir la lui remettre, à cause de ce premier engagement. Aussi, vous pourrez faire renaître cette lame quand vous le désirez, pour la personne que vous souhaitez. Il n'y a rien de pressé et nul besoin de se décider maintenant. À choisir dans la hâte du moment, vous pourriez le regretter et je serai peinée que cela arrive."

L'onmyouji avait toute confiance dans les promesses du forgeron, elle savait qu'il tiendrait paroles. Miwako serait vraiment ravie de recevoir un tel présent, mais pour l'instant elle semblait plus un choix par défaut. La jeune femme préférait que le Kanzen veuille réellement forger ce nouvel objet pour quelqu'un, quitte à ce qu'il conserve la lame quelque temps. Pour qu'un beau jour il se dise: cette renaissance est faite pour cette personne, comme si cela était une évidence depuis toujours. Une évidence qui l'appellerait impérieusement à la forge. Ce serait là un début d'histoire plus joli que de l'avoir forgé à cause d'une requête, pour une personne par défaut, car il n'y avait personne d'autre.

"La beauté de la renaissance, l'écriture d'un nouveau chapitre pour cette lame, ainsi que votre amour et votre talent pour la forge, méritent bien mieux qu'un choix imposé ou par défaut, vous ne pensez pas? "



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MessageSujet: Re: [PV] Fusion de l'esprit et de l'acier Lun 8 Juin - 16:07

Ainsi, ses yeux cheminèrent sur les réactions que ses phrasés provoquaient sur son interlocutrice. Il ne pu s'empêcher de la dévisager sans se départir de son expression espiègle alors qu'elle rebondissait sur son propos d'une manière étonnante. Bien évidement, sa propre phrase avait été tournée de façon provocatrice, mais jusqu'à présent, une seule femme avait laissé sur Kanzen sa marque d'importance au point qu'il ne souhaite produire une lame à son égard.

Les autres étaient bel et bien des hommes. Enfin, cela venait d'être fait sous le ton de la plaisanterie. Qu'elle puisse en rire était de sa propre faute, un sujet aussi sérieux n'aurait pas dû être l'optique de pitrerie de sa part. Il haussa intérieurement les épaules au mal qu'il avait lui-même proféré par pure goguenardise et laissa venir Yoko, thé et friandises en mains. Il attrapa la tasse qui lui faisait front une fois qu'elle fut remplie et la leva silencieusement en réponse au geste et à l'annonce de l'onmyouji.

Ensuite, il l'invita en tendant la main à procéder lorsqu'elle montra un intérêt pour les pâtisseries qui leur avaient été apportées. Ce qui suivi ne fut pas pour ajouter à la monotonie, bien au contraire même. Qu'elle attrape trois des gâteaux fut une chose qui manqua de le faire rire joyeusement, ce qu'elle fit ensuite bloqua toute rumeur du moindre éclat, effaçant le sourire éternel du samurai pour provoquer sa surprise la plus totale, ouvrant grand ses yeux sur un spectacle inattendu.

Invité d'un simple geste à la suivre, brisant le peu de chose qui restait à l'étiquette entre eux-deux, ils s'installèrent à l'orée du jardin intérieur de sa demeure. Si un étrange instinct l'avait prévenu, alors qu'ils venaient de se rencontrer, de la véracité des dires de la jeune femme au sujet des présences invisibles l'accompagnant, de voir ainsi disparaître les confiseries dans le vide avait de quoi laisser pantois l'artisan-épéiste.

Il plissa les yeux sur le néant de son jardin, tentant de voir ce qu'il lui était interdit pourtant. Puis son regard glissa à nouveau sur son invitée, qu'il trouva étonnamment ravissante dans ce geste pour des créatures qui lui paraissait le dépasser de beaucoup. Miwako lui permis cependant de remettre les pieds sur terre en rouvrant le sujet de la refonte de l'arme et de la proposition qu'il lui avait faite. Depuis toujours, il avait su lire à la surface des expressions, comprendre le cœur des gens grâce à un sixième sens d'une rare efficacité.

Elle se trompait. Si elle aurait pu se mêler à une foule et y disparaître sans que personne ne s'en aperçoive, elle possédait une beauté candide qui la rendait unique à qui savait s'attarder sur les détails infimes qui faisaient d'elle un être différent du commun. Kanzen savait être de ceux là et décelait sans mal qu'elle était bien à l'opposé de la simplicité dont elle se pensait investie. À cet instant, le cheminement de ses pensés allait vers le moyen le plus évident qu'il connaissait pour faire comprendre à cette femme l'être exceptionnel qu'elle était.

Mais alors qu'il faisait mûrir délicatement la promesse d'un tel moment dans son propre esprit, le ton qu'employa la prêtresse et le regard qu'elle lui lança en rétorquant sur le souhait qu'il avait émis qu'elle se préserve de la laideur du monde lui fit l'effet d'une véritable douche froide et manqua de réveiller le stoïcisme et l'insensibilité Fukyuu qui dormait en lui. Bon sang ne saurait mentir, il laissa passer la question à travers lui sans que cela ne vienne à l'affecter finalement. Il avait heurté l'amour propre de la jeune femme sur un quiproquo, car ce qu'elle synthétisa était bien éloigné de ce qu'il avait voulu dire lorsqu'il avait émis son vœu. C'était clairement sa faute cependant et il s'en voulu d'être apparu ainsi aux yeux de l'héritière des Abe no.

Yare yare… Je n'ai jamais voulu dire cela, Miwako-san. Dit-il en se frottant l'arrière du crâne. Je suis navré d'apprendre que vous ayez du établir des sacrifices pour être là où vous êtes aujourd'hui. Nous sommes tous l'addition de nos expériences et je comprends que vous vous offusquiez du désir d'autrui de vous prévenir de toute laideur. Pardonnez donc le pauvre ère que je suis d'avoir entaché votre fierté, car tel n'était pas mon but, sinon de tenter de me montrer agréable en votre exquise compagnie.

Il termina ainsi d'une révérence polie, révélant la moitié de ses dents dans un sourire radieux. Elle le dévisageait en retour, d'abord forte d'une profonde détermination, celle là même qui avait provoqué ce battement de cœur qu'il avait ressenti et l'intime conviction d'être en présence d'un être hors du commun. Puis elle se perdit quelque peu à le fixer intensément, si bien qu'il pu détailler en retour le visage de son invité dont il ne s'était pas tenu aussi près depuis le début de leur rencontre.

Il était rare qu'un tel tableau d'expression lui ait été offert jusque là. Miwako avait une façon d'utiliser ses traits comme le moteur de ce que son cœur véhiculait qui était tout à fait à son goût. Ce court moment fut à nouveau un instant d'errance voluptueuse dans l'esprit du bushi, imaginant la douceur des lignes du faciès de la jeune femme aux prises avec les attentions les plus satinées qu'il aurait partagé avec elle avec un plaisir non déguisé.

Et alors que leurs regards se croisaient mutuellement sans se lâcher, elle sursauta soudainement, arrachant son attention à celle de Kanzen pour se tourner vers le vide du jardin et à lui tirer la langue. L'ancien Kuge fut heureux de l'éclaircissement rapide de l'omnyouji quant à l'attitude de ce qu'elle appelait sa gardienne. Néanmoins, il imagina qu'il devait être une exception à la règle. Il avait senti quelque chose, sans trop savoir quoi, cela lui avait suffit pour faire confiance à son interlocutrice lorsqu'elle parlait des présences, la disparition magique des gâteaux avait ajoutée sa pierre à l'édifice.

D'autres avait du mener la vie dure à cette fille. Doutant d'elle lorsqu'elle traitait de ses compagnons invisibles. Ce qu'elle ajouta ensuite fit presque monter le rouge aux joues du forgeron qui eut soudain l'impression que ses pensés précédentes avaient étés exprimées d'une manière qu'il ignorait. Mais le sujet glissant lentement mais sûrement à nouveau vers l'épée brisée lui permis de retrouver sa dignité de manière évidente.

Elle illustrait sans le vouloir toute la pertinence de la spontanéité de l'offre qu'il lui avait faite. C'était à ce genre de personne qu'il souhaitait dédier son art. Il la laissa ainsi terminer son propos en l'avisant d'une infinie chaleur. Puis il alla chercher son katana qu'il avait laissé au clair précédemment. Tout en rengainant son fer et en attachant de nouveau l'arme à sa ceinture, il revint au bord du jardin, la mine égayée par les derniers mots qu'elle avait prononcés et par la question laissée en suspens à laquelle il s’apprêtait à répondre :

Oh… Miwako-san… Il n'existe pas de choix par défaut et vous ne m'imposez rien. Je partage votre point de vu à plus d'un titre et ma proposition n'était aucunement irréfléchie, même si cela vous paraît prompt. Cependant, je vais respecter votre idée. Je ne pourrais de toute façon me mettre à l'ouvrage que lorsque je serais certain de ce que je souhaite produire et cela nécessite, comme je le disais auparavant, un niveau de connaissance proche de l'intimité. Pour parvenir à cela, les voies sont nombreuses.

Nous pourrions passer des heures à discourir par exemple, ou nous affronter dans un duel, le combat étant un échange en soit. Il y-a d'autres terrains qui me viennent à l'esprit, mais ce genre de choses ne se provoquent pas dans le seul souhait de se connaître. Une fois cela acquis, je pourrais alors me mettre à l'ouvrage. J'aimerais que vous soyez là alors. Si vous ne pensez pas être méritante d'un tel cadeau, vous ne pouvez pas me refuser d'assister à cette renaissance.

Cela ne se fera pas en un jour cependant. Une semaine me suffirait à produire un sabre de belle facture. Mais vous et moi ne souhaitons pas ce niveau là pour héritage de ce que fut cette lame. Nous parlons là d'un objet centenaire et je compte bien lui rendre l'honneur qui lui est dû.


Il avait dit cela presque nonchalamment, comme si le sujet était entendu et d'une simplicité enfantine, sans que le poids de ses mots ne paraissent établir de la moindre charge sur ses épaules et pourtant, au fond de ses iris brûlait le désir de s'appliquer dans l'instant à l'exercice. Il fit demi-tour à nouveau, retournant vers l'arme défunte et la surplombant en l'avisant d'une profonde douceur, comme un père son enfant. Puis il retourna son visage vers l'héritière des Abe no, radieux dans son sourire alors qu'il ajouta :

Tout part de la base d'un concept. Retenue. Honneur. Espoir. Ce sont là les traits que j'ai déjà exploité. À ceux là, je rêve d'instiller Courage et Droiture dans deux nouvelles œuvres. Mais en ce qui concerne ce que je pense faire de feu Zatoichi dont le passé est teinté de sang, je pense que Humilité serait parfait. Dites moi donc ce que vous en pensez… Et si vous vouliez bien me parler de ce combat que vous illustriez il y-a un instant et qui vous permet d’apprécier la beauté par delà la laideur, vous feriez de moi un hôte comblé.
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MessageSujet: Re: [PV] Fusion de l'esprit et de l'acier Ven 12 Juin - 0:49

Me montrer agréable en votre exquise compagnie, dans d'autres bouches à d'autres moments, ces mots auraient pu énerver l'onmyouji. Ils étaient malheureusement trop souvent dénaturés par des séducteurs les employant sur bien des femmes. La religieuse ne s'était pas mise en colère contre l'homme aux cheveux blancs,  parce que son interlocuteur était sincère. Il avait cette petite lueur typique dans les yeux, qui trahissaient les pensées non-avouables de l'artisan. La religieuse n'était pas complètement ignorante pour les jeux de l'amour, même si son nombre d'amants se comptait encore sur les doigts d'une main. Si l'éducation reçue par Miwako avait totalement réussi, elle aurait eu honte de ces quelques histoires avec des gens de condition inférieurer, ce n'était pas le cas. La demoiselle n'en parlait pas, car ce qui se passait sur les routes restait sur les chemins, mais elle gardait chacune de ces découvertes sensuelles précieusement en mémoire.
Chacune lui avait apporté une expérience, chacune l'avait fait grandir et elles les chérissaient pour cela. La jeune femme avait acquis suffisamment de connaissance pour reconnaitre cet indice évident. Etrangement, beaucoup d'hommes ignoraient l'existence de ce petit signe, loin d'être discret, mais qui ne pouvait pas être vraiment contrôlé. Une personne pouvait toujours empêcher son front de se plisser ou bloquer ses lèvres, mais qui pouvait bien empêcher ses yeux de briller ?

Et puis ces paroles l'avaient amusée, car elle avait peu l'habitude de les recevoir et que ces tournures alambiquées avaient un côté un peu ridicule. Du moins, c'est ainsi que la jeune femme les prit pour cacher son trouble. La religieuse concevait que sa compagnie, pouvait être agréable, mais exquise. Ce mot lui sembla bien trop fort, destiné à d'autres femmes plus dignes, plus jolies et distinguée. Des femmes couvertes d'un magnifique maquillage, habillées de kimonos délicats et manipulant le pinceau aussi bien que la poésie et les instruments. Si la religieuse avait reçu une bonne éducation dans la matière, elle était loin d'incarner cet idéal dépeint dans bien des chants et des parchemins.

Pour cacher son embarras, elle n'avait alors pas pu s'empêcher de taquiner le samouraï, en jouant sur les sous-entendus et la nudité. Miwako était devenue bien moins pudique que bon nombre des personnes de sa caste, probablement grâce à ces quelques amants. La religieuse avait eu peu d'aventure, mais uniquement des amours de voyage. Si les romances des nobles prenaient leurs temps et se perdaient dans des circonvolutions raffinées, celles des voyageurs étaient à l'opposé. Sans parler de la différence des castes, quand un des deux protagonistes devait se lever aux aurores le lendemain pour repartir, le jeu de la séduction se passait bien plus rapidement. Ces ébats d'une nuit étaient probablement moins délicats que les romances poétiques dans des draps satinés. La demoiselle pouvait donc parler plus facilement de ce genre de sujet, même s'il n'y avait pas d'attention de séduction.
Dans sa phrase, la jeune femme évoquait la nudité de l'âme, puisque son interlocuteur voulait tout connaitre d'elle. Le sous-entendu sur la nudité du corps était volontaire, mais elle n'avait pas pensé que l'ancien Kuge ne verrait que cette dernière. La réaction de l'homme aurait fait rire la demoiselle, si le gâteau dans sa bouche ne l'en avait pas empêché.  Un tel quiproquo était assez comique. Kanzen faisait preuve ici d'un gêne tout à son honneur. Un respect et une timidité qui montrait que ce bel homme, aux compliments facile, n'avait pourtant pas dû avoir tant d'amantes que cela.

La religieuse changea délibérément de sujet, pour laissait son hôte respirer. Elle ne souhaitait pas laissait Kanzen dans l'embarras. A le voir ainsi gêné, elle était allée trop loin, ce qui la désola un peu, car cela n'avait pas été son attention. Miwako revint alors plus sérieusement au vrai sujet, la raison de sa présence ici.
La jeune femme rendit un sourire sincère au regard chaleureux de son hôte. Elle trouvait que cette lueur lui convenait mieux, quoiqu'elle l'avait trouvé touchant lorsqu'il avait été destabilisé. Un rire amusé résonna lorsque son interlocuteur évoqua le duel. L'onmyouji ne doutait pas un instant des mots du Taii, un duel était un dialogue à cœur ouvert. Elle s'était juste imaginée avec un katana et n'avait pu se retenir de se moquer d'elle-même.

"Je ne doute pas des dialogues des bretteurs, mais vu mon niveau, nous ne pourrons pas converser par ce biais."

Au vu de sa maladresse, il n'y aurait pas de dialogue possible dans un duel contre elle. Il y aurait juste un entraînement pour qu'elle puisse au moins tenir cette arme correctement. Le sous-entendu plus intime de Kanzen n'échappa pas à la religieuse et le sourire de cette dernière se fit plus mystérieux. Ils ne semblaient pas avoir tout à fait le même point de vue sur cette affaire-là. Le point de vu de l'homme était même plus sérieux, tendre et attaché que celui de la demoiselle. La jeune femme n'ajouta donc rien sur ce thème, pour ne pas risquer une nouvelle maladresse.
Le Taii avait poursuivi sur un sujet bien plus important, mais surtout bien plus honorant. Il ne lui laissa cependant pas le temps de répondre à son invitation, qu'il enchaîna sur les notions cœurs des œuvres d'art qu'il avait forgé.

"Vous avez travaillé de beaux concepts et l'arme que vous m'avez montrée se révèle à la hauteur de l'ambition de votre coeur."

Elle était sincèrement étonnée et surtout admirative que le forgeron est réussi à faire au moins une lame aussi belle sur des idées aussi complexes. Les yeux de Miwa se posèrent sur le sabre brisé, toujours avec cette lueur douce et protectrice.

" Quant à l'humilité, c'est une belle vertu et une ironie au vu de son histoire. Un concept fort avec un soupçon d'humour, c'est de bon augure pour une nouvelle vie."

Lui répondit la demoiselle avec un doux sourire, ce concept lui plaisait particulièrement. Le regard de la jeune femme avait dévié de la lame jusqu'à l'homme. La demoiselle trouva cet instant intime, en la mêlant ainsi à la création de cette seconde vie, ils en partageaient la filiation. Ils devenaient comme un père et une mère pour le futur objet, pouvait-il y avoir de lien plus profond ou plus fort ?

Le visage de l'onmyouji se voila d'une légère tristesse à la pensée de son combat. Elle l'avait gagné puisqu'elle était  à cette place. Cette victoire avait pourtant toujours un goût amère et blessant. Miwako n'en parlait d'ailleurs jamais. Après ce qui venait de se passer, elle ne pouvait pas refuser la requête de Kanzen. Cela aurait été comme renier le lien que le forgeron avait tissé à travers sa question et l'onmyouji ne voulait pas le briser.

"Je te raconterai ce combat et cette victoire, bien qu'elle ne soit ni épique, ni glorieuse."

fit elle d'une voix plus sourde. La religieuse était passée au tutoiement pour montrer à Kanzen qu'elle lui permettait de s'approcher d'avantage, qu'il pouvait rentrer dans un cercle plus intime, celui des gens en qui elle avait vraiment confiance. Ceux à qui elle pouvait raconter ce genre d'histoire.  Hono sentant la douleur de sa maîtresse, écho de la sienne, plaça sa tête sur les genoux de la religieuse. Miwako la gratta doucement et affectueusement, un triste et timide sourire se traça sur son visage. Elle se pencha délicatement pour embrasse la gardienne des flammes sur le front. Miwako se redressa pour s'adresser à Kansen

"Mais laisse-moi d'abord répondre à ton invitation."

Miwako avait été sincèrement touché par la requête du forgeron et lui répondit en toute sincérité

"Je serai là avec joie pour assister à sa renaissance."

Il était visible qu'elle considérait cela comme un grand honneur. La demoiselle n'était pas une grande passionnée des arts, mais elle considérait cette occasion comme une chance rare. Voir la naissance d'un chef-d'œuvre, cela ne pouvait être qu'une expérience riche et fantastique. Miwa ne pouvait toutefois pas succomber à son enthousiasme.

"Et je resterais ici le temps nécessaire, enfin à une condition."

Elle avait envie de dire qu'elle pourrait assister à toutes les étapes, mais l'onmyouji ne pouvait pas se permettre d'être aussi égoïste. Le Taii ne connaissait pas la mission de la demoiselle, aussi Miwako entreprit de tout lui expliquer par le début.

" En tant qu'onmyouji, je lis les étoiles, elles m'indiquent des directions où les gens ont besoin de mon aide. Il faut un certain attirail pour faire ça et tout le nécessaire est dans ma demeure familiale. Je pars et je reviens toujours là-bas au final, mais je dois bien passer la plupart de mon temps sur les routes, pour sauver ceux que je peux."

C'était son devoir. La religieuse avait choisi elle-même ce destin. Ce fait renforçait sa volonté de suivre cette voie coûte que coûte.

"Ce n'est pas que je n'ai pas envie d'assister à sa renaissance au complet, mais je ne peux pas abandonner ma fonction pour plusieurs semaines ou mois. Comment pourrais-je regarder les gens dont les enfants ou les parents seront morts parce que j'aurais écouté mon désir égoïste, au lieu d'accomplir mon devoir en les protégeant ?"

La religieuse savait qu'elle ne pourrait plus se regarder dans une glace si cela arrivait et elle était certaine que Kanzen comprenait parfaitement son sentiment. La religieuse ne pouvait pas mettre en équilibre la vie de plusieurs personnes et d'une œuvre d'art, même si elle devait être la mère de cette dernière. Il semblait aussi pour Miwako que de tels sacrifices ne seraient pas un bon signe pour la renaissance d'une nouvelle vie, qui devait éloigner Zaitoshi du sang et de la mort. Il y avait peut-être un moyen d'aménager les deux contraintes et l'onmyouji poursuivit.

"Alors si ça te convient, j'installerai quelques affaires chez toi durant cette période. J'irai assister ces personnes lorsque les cieux me l'indiqueront et je reviendrai aussi vite que possible pour assister à la renaissance de Zatoishi."

La main qui caressait machinalement la tête de la protectrice, se leva, pour venir gratter le bas de la nuque de la jeune femme. Elle était un peu gênée de faire une telle requête, alors qu'il lui avait offert une opportunité unique. Contrite, elle ajouta plus timidement

"Enfin, si cela est possible bien sûr. Je comprendrais aussi que la naissance d'un tel chef d'œuvre, qui demande une attention permanente, ne puisse pas s'accommoder d'aller-retours de ma part, ni d'un changement de lieu trop radical..."



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MessageSujet: Re: [PV] Fusion de l'esprit et de l'acier Sam 20 Juin - 9:35

Au vu des expressions laissées sur le visage de son interlocutrice, très différentes du regard qu'elle lui avait jeté quelques instants avant seulement, il fut tout à fait certain que son attitude avait aiguillé la jeune fille sur une opinion tragique à son égard. Sa philanthropie alliée à sa capacité de déceler la beauté en chacun et son extravagance poussait parfois à cela. Il fut honteux de lui-même. Indisposer son invitée qui lui faisait pourtant l'honneur d'un tel présent qu'était la lame brisée et un autre encore plus grand que de le voir en un artisan capable de lui rendre un hommage par la renaissance.

Trop insister sur les allusions charnelles était indigne. Elle lui plaisait, c'était un fait, mais elle n'avait pas à subir des avances inconfortables comme celles ci. La prêtresse n'était pas venu pour cela, mais heureusement, elle ne se braquait pas, jouant même là-dessus de part ses propos. Il ne pouvait guère lui en vouloir, aussi sourit-il de manière entendue et passa simplement sur le sujet comme si il ne l'avait jamais mis sur la table.

Évidement, il avait douté des talents martiaux de l'omnyouji dès qu'il l'avait vu, mais cela n'était pas dans les attributions des gens liés aux Kamis, exception faite des soheis de toute façon. Elle le lui confirma par ses mots, qu'il accueilli en inclinant simplement la tête. Plus touché qu'il ne laissait paraître par le malentendu qu'il était persuadé d'avoir engendré, il fut néanmoins heureux d'entendre les compliments d'une néophyte aux arts de l'acier qui lui tenaient tant à cœur.

Kanzen surpris aussi le regard jeté à l'épée fragmentée, la commissure de ses lèvres se relevant, attendri par une telle démonstration chaleureuse à l'égard de l'acier. Oui, elle lui plaisait définitivement et il ne la décevrait pas dans cette résurrection à laquelle il allait s'employer. Il était certain qu'elle ne jugeait pas, dans ses quelques louanges, son talent à faire prendre forme au métal, mais qu'elle saluait la démarche spirituelle de l'acte, ce qui lui paraissait plus logique que la première idée au vu de sa fonction.

Il lui était impossible de lire ce qui se passait dans l'esprit de sa convive, mais elle avait compris plus ou moins directement le pourquoi du choix de l'ancien kuge vis à vis du concept qu'il souhaitait investir dans la réincarnation du sabre. L'expression dont elle irradia alors qu'elle émettait son avis quand à ce fait sublima ses traits. C'était une personne profondément attendrissante et le Taii s'en voulait pour cela, mais il ne voyait rien d'autre à ressentir qu'une affection grandissante pour elle, le fait qu'elle fut une femme aiguillant ce sentiment, il le savait, si Miwako avait été un homme, Kanzen lui aurait offert une profonde amitié.

Qu'il puisse penser à lui céder autre chose en plus que cela le révoltait quelque peu contre lui-même. Mais du chaos étrange qui l'habitait, il ne laissa rien paraître. Elle l'aida en cela lorsqu'elle passa de cette chaleur à une courte mélancolie lorsqu'il traita de son passé osant lui poser la question de la nature de son combat pour la permettre d’accéder à cette position qu'elle avait aujourd'hui. Il comprenait pourquoi elle lui plaisait alors qu'il ne savait rien de ce qui avait fait d'elle ce qu'elle était.

Elle auréolait d'une force de convictions et d'une émancipation qu'il n'aurait probablement jamais et il ne pouvait nier le fait d'éprouver une attirance quasi-magnétique pour les femmes fortes et indépendantes. L'héritière des Abe no lui exprima sa promesse de lui compter son histoire plus tard, passant un voile d'humilité dessus, mais ce qui ne manqua pas de surprendre le sang-pur des Fukyuu fut l'arrivé soudaine du tutoiement dans la conversation.

Il ne s'était à ce jour autorisé à tutoyer qu'une poignée de personnes et toutes avaient un point commun très particulier dont il avait souhaité épargner son invité. Déconcerté, mais pas embarrassé pour autant, il la laissa réduire la distance par ce simple changement, le message qu'elle faisait passer par là était tout à fait clair et il ne voyait aucune raison de ne pas la laisser s'exprimer ainsi. Il était un noble, un samuraï de rang honorable qui plus était, mais chez lui, il n'avait aucun mal à s'ouvrir et à laisser les gens gravitant autour de lui en faire autant.

L'étiquette était à jamais flouée dans sa partie narrative, mais il accueilli cela d'un sourire d'une douceur infinie. Enfin, elle accepta sa demande d'assister à la restauration du katana mort, exprimant néanmoins quelques réserve sur sa présence quotidienne, au vu de sa fonction. Bien évidement, il n'en était pas arrivé à lui supplier d'être présente à chaque instant. C'était une invitation d'honneur, pas indispensable.

Qu'elle en vienne à l'accepter, jusqu'à proposer de s'installer en ses propres murs, même momentanément et par épisodes, réchauffa le cœur et l'âme du bushi. Ses servantes mise à part, il n'y avait personne avec qui passer des moments chez lui. Il lui était impossible de ne pas se montrer ravi à cette réponse, quand bien même aurait-il pu, il ne souhaitait pas le cacher. Son esprit se projeta dans cet avenir proche où il travaillerait sur la renaissance de la lame, Miwako dans son dos à ne perdre en rien une étape de cette conception.

Puis dans les instants de vie simple qu'ils pourraient être amenés à partager. Il s'égara quelque peu, retrouvant néanmoins rapidement son chemin. Il eu un geste rassurant de la main droite pour montrer que la condition de l'omnyouji était tout à fait compréhensible, son expression se fit réconfortante alors qu'il répondit à son tour :

Vous… Cela lui avait échappé, il repensa soudainement à tout ce qu'avait impliqué le tutoiement dans son existence. Il haussa les épaules en pensant que, pour une fois, il pouvait faire une exception.

Tu m'honores, Miwako-chan. Puisqu'il en était là, autant y aller jusqu'au bout. La particule plus enfantine lui permettait souvent de désacraliser le moment, et cela allait bien à son invité à son goût.

Évidement, mon invitation ne sous-entendait pas la nécessité que tu puisses te trouver à rester en ces murs à chaque étape du processus de création. Il s'agit juste que tu assistes à cette renaissance, non que tu puisses renier un temps celle que tu es. Je ne peux pas me permettre de mettre un oiseau en cage, surtout si l'on considère l'ironie que je puisse en être un moi-même, que j'en vois les barreaux ou non.

Il se mis à rire doucement à cela, réellement amusé. Cela faisait déjà quelques années à présent qu'il était un invité de la foudre, au point d'en rejoindre les rangs armés, quoiqu'il fut certain que cela était fait pour le garder à l’œil d'un certain côté. Il repris sa tasse de thé qui avait eu le temps de refroidir quelque peu et en vida de moitié le contenu. Elle ne cessait de parler de chef-d’œuvre, attestant en cela de ce qu'évoquait pour elle le talent de l’artisan guerrier.

Il aurait pu se sentir intimidé par ce fait, mais au contraire, il était sincèrement convaincu que cela pourrait tout à fait être le cas de l'héritière de l'épée. Cela dépendrait de Miwako, évidement, mais rien ne montrait que le sujet serait complexe. Il suffirait à Kanzen de suivre simplement son instinct, comme il l'avait toujours fait jusque là. Alors qu'il errait quelque peu dans ses pensés, il fut choqué de ne pas avoir prêté attention aux gestes de la jeune femme. Elle gratifiait probablement l'un de ses gardiens, mais à ses yeux, elle promenait simplement ses mains dans le vide le plus total. Il ne mettait pas en doute l'Omnyouji, sa confiance en elle étant acquise, mais il se demanda alors…

… Miwako-chan ? Tu n'as pas montré l'ombre d'une discrétion à mon égard vis à vis de tes… Gardiens… Combien étaient-ils ? Elle ne le lui avait pas dit. Il espérait juste ne pas avoir un troupeau d'esprit dans sa maisonnée et se sentit tout d'un coup un peu moins tranquille… Je n'ai rien contre cela et je ne serai pas le fou qui te feras le déshonneur de mettre en doute leur existence… Mais tu ne viens pas de n'importe quelle famille et je suppose que tu n'agis pas toujours ainsi en ce qui concerne ces esprits qui t'accompagnent. Il doit t'arriver de cacher leur existence, ou du moins, de ne pas les révéler, non ? Alors pourquoi m'avoir indiqué leur présence ? Ceci ne pourrait-il pas t'attirer des ennuis parfois ?

Il avait ouvert des yeux ronds d'inquiétude. Sincèrement affecté par l'idée qu'on puisse tourner la jeune femme en ridicule ou pire, lui faire le moindre mal.
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MessageSujet: Re: [PV] Fusion de l'esprit et de l'acier Mar 23 Juin - 1:14

Miwako-chan, cette appellation surprit la jeune femme. Il n'y avait plus que son grand-père pour parfois employer ce suffixe et le vieil homme ne l'utilisait que lorsqu'ils se retrouvaient seuls tous les deux. Un sourire parcouru le visage de la religieuse, car il la ramenait à une époque où les complicités se formaient, sans barrière de statue et d'apriori des fonctions, une époque d'insouciance et de rêve. Elle était heureuse que le Taii n'ait pas seulement accepté le tutoiement, mais qu'il ait également fait un pas en avant.

L'onmyouji ne s'était pas trompée et l'homme à la chevelure blanche la comprenait. La demoiselle se sentit soulagée, mais elle hocha la tête.

"Je ne suis pas d'accord Kanzen-kun, à mes yeux tu n'es pas plus un oiseau en cage qu'un chien errant"

Son regard franc planté dans celui du bushi, il était visible que les mots ne lui avaient pas plus. Le ton de Miwako était resté calme, mais sa voix s'était fait un peu plus ferme, car elle trouvait ces mots insultants pour l'artisan en face d'elle. C'était peut-être devenu l'opinion de son hôte, ce qui inquiétait un peu la jeune femme. Si l'homme en face d'elle se dévalorisait lui-même, comment pourrait-il se protéger ? Le suffixe Kun était arrivé en réponse naturellement face au chan. Ils rendaient probablement cette conversation plus facile, car ce léger retour en arrière permettait de retrouver un peu de cette honnêteté candide, dont seuls les enfants étaient capables.  

La religieuse se reprit un peu et se tourna face au ciel. Son regard se perdit légèrement alors qu'elle cherchait les mots pour exprimer son opinion. La demoiselle ne voulait pas non plus avoir l'air de lui asséner une morale, mais elle sentait qu'elle devait expliquer son point de vu.

"Des devoirs, des obligations, nous en avons tous. Surveillés, nous le sommes par les gens autour de nous prompts à donner leur sentence si nous contrevenons aux règles établies. Ils sont rapides pour rappeler à l'ordre et nous avons intérêt à avoir les bonnes réponses pour échapper à l'ire. "

Miwako pouvait en témoigner, elle dont la normalité était différente. Cette différence pouvait être pardonnée, uniquement grâce à sa fonction d'onmyouji. N'ayant toutefois pas le titre gravé sur le front, il lui était arrivé quelques déboires.

"Nous pouvons en effet voir cela comme une cage. Moi, je vois cela plutôt comme les branches d'un nid ou d'un arbre. Quand nous sommes fatigués ou perdus, nous n'avons qu'à suivre ces règles pour nous reposer, nous retrouver. Ce sont nos guides, pour nous guider vers nos nids pas toujours très confortables, mais nos nids tout de même. Un oiseaux n'est pas fait pour voler tout le temps, s'il ne peut pas faire de pause, alors il mourra. Il faut cependant les quitter ces branches pour s'épanouir, un oiseau n'est pas non plus fait pour rester tout le temps dans son arbre, il est aussi fait pour s'envoler. Nous sommes comme les oiseaux de ton jardin, il faut savoir quand on peut voler et quand on doit être dans le nid. Et puis si un nid ne nous convient pas, il faut s'en trouver un autre, une autre place, un autre arbre avec les règles qui nous plaît. "

Un sourire illumina son visage, la jeune femme ne savait pas si sa métaphore était compréhensible, elle devait toutefois la terminer.

" Kanzen-kun, quand je vois ton art, je me dis que tu es un oiseau qui a su voler bien plus loin que la plupart d'entre nous. Tu ne peux donc pas être en cage."

La voix de la jeune femme était redevenue douce, protectrice et tendre. La demoiselle parlait à cœur ouvert de son ressenti, certaine de ne pas se tromper et il serait de bien difficile de la faire bouger sur le sujet. Une part d'elle espérait même réussir à faire réfléchir le samouraï sur le sujet, voir pour la partie la plus optimiste à le convaincre.

"Ah! Et avant que j'oublie pour les gens qui te traitent de chien errant, ils ne voient pas plus loin que leur nez. Ils oublient que nous n'appartenons pas seulement à un clan. Nous sommes aussi des membres d'une société bien plus grande, d'une ambition plus importante, insufflée par Amaterasu elle-même : nous sommes tous des yokunis, des habitants de l'empire de la déesse du soleil. Avec tes deux demeures, tu es bien plus proche de ce concept ambitieux qu'ils ne le seront jamais, alors ne leur donne pas raison, d'accord ? "

Elle avait même fini par faire un sourire de connivence à son interlocuteur. Miwako espérait ne pas être la seule à ne pas penser uniquement en terme de clan, mais également en terme d'empire. Sa volonté de voir ce qui unifier ces populations s'était trouvée renforcé avec sa rencontre avec Zatoishi. Le katana lui avait montré la folie et l'horreur liées à la division et la religieuse ne voyait qu'un moyen de contrer cela, rendre plus visible ce qui unissait ces hommes.

La question sur ses gardiens la surprit, pour la bonne et simple raison que Miwako ne les avaient jamais caché.  La jeune femme passa le doigt de sa main sur son nez et eut un sourire désabusé.

"eh bien si, je ne sais pas bien mentir et pour tout de dire, je n'ai jamais songé à cacher mes gardiens."

Elle se leva pour allait chercher sa tasse de thé, avant que cette dernière ne soit complètement froide. Ce mouvement lui permit de cacher son léger embarras.

"Et puis, en fait..j'ai senti que tu avais un lien avec le monde spirituel et les yokais. "

La jeune femme ne laissa pas de silence s'installer et ajouta très rapidement pour rassurer son interlocuteur

"Je ne saurais pas de dire la nature exacte de ce dernier, ce n'est pas du sang de yokai qui coule dans tes veines, cela est certain. Enfin bref, avec ce que j'ai ressenti, j'ai pensé que tu pouvais les voir, c'est pour ça que je te les ais présentés dès le début"

Miwako revint s'asseoir à sa place, la tasse à la main et prit une petite gorgée. Hono en profita pour reposer sa têtes afin de poursuivre la séance de caresses. C'est qu'elle trouvait cela agréable et reposant et c'était probablement la raison pour laquelle elle n'avait pas parlé. Quant à Onji, il s'était allongé dans l'herbe et suivait la conversation d'une oreille, l'autre étant occupé à surveiller les alentours.

"Pour être franche, ça n'aurait pas changé grand chose. Je ne les présentes que rarement, mais comme nous interagissons ensemble, ils m'embêtent, je les caresse ou autre..eh bien les gens comprennent toujours que je ne suis pas seule. La population est moins craintive quand je suis en tenue de miko, que lorsque j'ai ma tenue de voyageuse. Revêtu de cette dernière, il m'est arrivé quelques déboires en effet, les paysans son craintifs et méfiants "

Le regard de la jeune femme s'était fait plus lointain à l'évocation de ces mauvais souvenirs, qui firent grogner la protectrice de feu. Elle fit un sourire à l'homme et tapota doucement sa gardienne la plus passionnée.

"Je suis encore vivante, c'est le principal. La situation se calme toujours lorsqu'ils apprennent que je suis une onmyouji. Le fait que les onmyoujis soient accompagnés de gardien, c'est connu, admis et heureusement pour nous"

Miwako fit alors signe à Onji de s'approcher et le gardien s'exécuta sentant bien le souhait de sa maîtresse. Arrivé à son niveau, il baissa la tête et elle embrassa Onji sur le front, puis fit de même à Hono.

"Et puis, je n'échangerais aucun de ces mauvais souvenirs, aucune de ces mésaventures contre le secret. Faire semblant qu'ils n'existent pas, je ne pourrais pas le faire, ce serait comme me demander de renier une partie de mon âme. Nous sommes sur les routes depuis 6 ans maintenant et il est hors de question de couper les liens qui nous unissent, pour s'éviter quelques problèmes avec des gens qui ne sont que de passage."

Compléta l'onmyouji avec un regard tendre envers les deux protecteurs, qui lui léchèrent les mains

"Là, ils sont plutôt calmes et se sont mis en retrait, c'est pour ça que tu ne me vois pas trop gigoter dans tous les sens. Ils leur arrivent donc d'être plus discrets également. S'ils se cachent, c'est de leur propre fait, jamais je ne leur imposerais cela."

Ajouta-t-elle en riant et en revoyant quelques souvenirs. Certains interlocuteurs avaient dû être plus d'une fois perdu ou surpris. Ce ne devait pas être toujours évident de mener une conversation avec elle. Une idée vint alors dans l'esprit de la demoiselle.

"Onji, Hono, vous pourriez prendre votre forme physique s'il vous plaît."

Les deux Kirins se regardèrent surpris, mais s'exécutèrent. Hono apparut allongée, le visage sur les genoux de la religieuse, pendant qu'Onji était assis droit. Ils étaient à présents visibles, tangibles et le soldat pouvait aussi bien les voir et les entendre que Miwako.

"C'est bien la première fois que tu nous révèles comme cela." Lui fit remarquer le protecteur des sols.

"Cela ne fait-il pas dû bien justement d'être montré dans un autre but que celui d'effrayer une personne." Demanda doucement Miwako.

"C'est plus plaisant, cela est certain." Répondit Onji, alors qu'Hono se redressa un peu paresseusement. Le regards de la gardienne se posa sur le Taii et d'une voix goguenarde elle ajouta

"La question est de savoir si notre hôte sera voir les sublimes créatures que nous sommes."

Ajouta la fière créature de feu.  Miwako se tourna vers Kanzen, à moitié amusée, à moitié pour s'excuser de l'attitude de la yokai: personne ne pourrait changer son caractère hautain de toute façon.

"Moi, je serai plutôt curieux de savoir si Fukyuu-dono cachent-ils des chose et quelles sont t'elles?"

La religieuse fut plus surprise pas la question d'Onji et ses yeux ronds comme des billes le prouvaient. Le gardien de la terre n'avait pas apprécié que le jeune homme propose que l'on cache son existence et il le faisait savoir, bien que le ton de sa question ne fut ni glacial, ni ferme. Le gardien avait opté pour un ton plus joueur, convenant mieux au genre de créature qu'il était.



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Taii

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MessageSujet: Re: [PV] Fusion de l'esprit et de l'acier Jeu 2 Juil - 17:39

Qu'elle puisse émettre un jugement sur le fait qu'il eut raison ou non, et qu'elle n'était pas du même avis que lui vis à vis de sa condition, la comparant à celle de tout un chacun, manqua de briser instantanément l'image qu'elle était parvenue à avoir jusque là. Mais ce ne fut pas le cas, car même si il avait sa propre vision de la chose et qu'il n'allait certainement pas se laisser dicter un point de vu, même si ce n'était pas la volonté de son interlocutrice, elle déroula une suite d'arguments des plus convaincants.

Qu'elle ne le voie pas comme ce qu'il avait dit être et ce qu'il était de toute façon lui réchauffa néanmoins le cœur, bien qu'ils ne se connaissaient que depuis peu de temps, elle montrait franchise et sincérité dans ses propos, l'avisant différemment de ce qu'il avait dit être. Bien entendu, il avait dit cela avec une certaine ironie et un cynisme prononcé, il ne se sentait pas mis en cage par ses hôtes, qui lui avaient même fait l'honneur d’accéder à la requête que même le Daimyo des Glaces n'avait guère daignée accorder à l'ancien kuge.

Tout aussi évidement, il savait que la concession faite à son caprice était une manière de la garder à l’œil. Il n'était pas de ceux, pourtant, qui gardaient leur langue dans leur poche et si il connaissait les règles de l'étiquette jusqu'au bout des ongles, il aimait à flirter à la limite de ce que leur société tolérait. Cela lui avait valu une réputation d’excentrique, mais on ne se refusait apparemment pas sa compagnie pour autant.

Malgré tout cela, l'image dépeinte par Miwako lui fit perdre son sourire. Non pas par colère ou parce qu'il était choqué par ses propos, car il était en vérité totalement absorbé, découvrant son interlocutrice sous un jour nouveau et particulièrement lumineux. Elle avait une telle vision des choses qu'il ne voyait rien de mal à l'adopter quelque peu ou plus simplement de s'en émerveiller. Son parallèle à sa propre condition et le compliment qui s'en suivi le toucha bien plus qu'il ne le laissait voir, lui manquant de le laisser bouche bée.

Son argument final concordait tant avec sa propre vision des choses qu'il laissa revenir l'expression d'amabilité chaleureuse sur ses traits. Il se rendit compte que le sabre brisé devenait plus une excuse qu'autre chose et s'en voulu un peu pour penser cela, mais il voulait connaître cette femme et elle lui avait prêté le meilleur alibi pour cela via l'arme défunte. Malgré l'apparente célébrité des Abe no, dans le registre spirituel du moins, elle n'avait pas cette arrogance propre à ces familles d'élites, quelque caste que ce soit.

Elle était aussi simple qu'elle ne pouvait être complète. Plus rien d'anodin ne se reflétait sur les traits de la jeune femme à présent, que Kanzen trouvait tout bonnement radieuse à mesure que leur entretient se poursuivait. Aussi s'autorisa t-il à l'exprimer d'un simple regard brûlant et d'un visage aimable en réponse au sourire de connivence qu'elle lui offrit à la fin de son discours. Il sentit néanmoins que sa question sur les esprits gardiens de l'Onmyouji avait été mal interprétée.

Naturellement soucieux de la bonne santé des gens, surtout lorsque ceux ci lui plaisait, il n'avait demandé cela sans aucune arrière pensé négative liée à quelque fourberie que ce soit, sinon le simple bien-être de son hôte. De son point de vu, l'omission n'était pas un mensonge en soit. Mais il se sentait honoré qu'elle eut la sincérité de lui parler de ces esprits, même si cela n'était pas un signe de confiance, mais plutôt de ce qu'elle avait pressenti en lui.

Il s'était posé la question parfois. Ce qu'il était parvenu à investir dans ses meilleures prestations, dont il portait la plupart sur lui, allait au-delà d'un simple talent. Lorsqu'il travaillait le métal, il parvenait à lui faire obtenir forme et couleur, l'investissant de ses plus profonds sentiments. Si il avait pu entendre parler de nombreuses lames assez anciennes pour s'éveiller, aucun de ces essors n'était artificiel, sinon spirituel, ce qui était pourtant le cas des armes qu'il façonnait, du moins, ses pièces maîtresse.

Qui plus était, il s'amusait à se représenter ces yokais qui accompagnait son interlocutrice lorsqu'elle les gâtait de caresses et d'attention. Ils paraissaient assez massifs en vérité au vu des gestes qu'elle opérait. Puis il se demanda alors si ces créatures la laissait parfois à ses moments les plus personnels où s'ils étaient… Systématiquement présent. Cette idée le projeta vers une autre et il manqua de rire joyeusement à celle là.

Mais il compris aussi les soucis que cela avait pu lui apporter lorsque des personnes moins ouvertes que lui-même entendaient la jeune femme leur parler de ses gardiens ou de tout autre yokais. Ils avaient tout deux brisés les barrières volontairement des usages sociaux et il mourrait d'envie de les briser à nouveau pour la prendre dans ses bras à la vu de l'expression mélancolique des souvenirs qu'elle évoquait où les choses ne s'étaient pas passé aussi idéalement qu'elle l’espérait.

Mais il n'en fit rien. Elle n'était pas une fragile petite chose et elle ne cessait de le montrer, ou de vouloir le faire. Aussi resta-t-il sagement à l'écouter, ses traits dépeignant l'écoute pleine et totale qu'il lui accordait. Le déroulement des explications de Miwako prirent alors une tournure fabuleuse lorsqu'elle demanda à ses compagnons de routes d'apparaître purement et simplement. Il nota alors chacune des paroles qu'ils prononcèrent avec attention, découvrant un paradoxe colossale dans la situation de ce petit groupe.

Une autre partie de son esprit fut surpris de ce qu'il voyait. Des kirins. Il n'en avait jamais vu et ne pu s'empêcher de redevenir un enfant au regard plein d'étoiles à l'apparition de ces créatures fabuleuses. Il se leva presque tremblant, non de peur, mais d’excitation, ce qui pouvait cependant être interprété à tord comme la première option.

Il n'entendit pas ou peu la question que la seconde bête – Hono ? - lui avait posé et ne fit pas attention à la remarque un tant soit peu narcissique de la première – Probablement Onji - . Il se leva donc et vint s'approcher, pantois, de celle qui s'était montrée la plus curieuse à son égard. Il vira son attention sur l'Onmyouji, l'avisant avec un visage émerveillé.

Par les Kamis ! Souffla t-il d'abord. Sublimes, oui, à n'en point douter !

Il tendit une main hagarde vers l'esprit, mais ne poursuivit pas son geste. Ce n'était pas là des bêtes que l'on caressait à l'envie, mais des êtres doués de conscience à qui il devait un certain respect. Néanmoins, cela se faisait dans les deux sens et il sentait bien que les alliés de son invité souffraient d'un complexe de supériorité vis à vis du genre humain, mis à part Miwako-elle même, avec laquelle ils avaient vraisemblablement une profonde amitié.

Cette façon d'être à l'égard du Kuge lui permis de reprendre toute sa dignité, ne comptant pas leur laisser un centimètre de terrain supplémentaire sur son honneur. Il resta face aux créatures sans broncher d'abord, sans montrer la moindre peur, sinon sa continuelle contemplation. Puis il avisa la créature curieuse à son sujet et annonça alors d'une voix franche :

Yare yare yare ! N'y a-t-il pas là quelque chose qui ne va pas dans votre volonté de ne rien cacher ? Votre franchise à vous tous est louable, mais n'est-elle pas tintée de secret, puisque vous n'apparaissez pas immédiatement à tout un chacun ? De plus, je doutes qu'à la vu de tels compagnons, quiconque te poserait le moindre souci, Miwako-chan. Bien entendu, cela n'empêcherait pas les témoins de se montrer suspicieux, mais cela est un moindre mal que ceux que tu sembles avoir déjà traversé.

Il sentait bien avoir froissé le gardien malgré son ton amusé, mais tout le paradoxe de leur condition n'allait pas dans leur sens. Il décida néanmoins de donner suite à l'interrogation, tant elle lui paru absurde :

Fi. La seule chose que je cache est mon corps par mes vêtements, car cela et d'usage et que je ne comptes pas révéler mon plus simple appareil à tout Yokuni au moindre de mes déplacements et mes domestiques ne seraient probablement pas très heureuses de la chose, je supposes. Vous êtes ici mes invités et vos libertés en mes murs seront aussi vastes qu'il me sera permis. Néanmoins, veillez à ne pas mettre en doute ma propre sincérité quand vous vous sentez obligés d'attendre l'aval de votre merveilleuse amie pour apparaître enfin.

Il plaça ici un instant de silence, défiant du regard Hono sans se départir de son expression avenante, comme s'il s'adressait à un égal, ni plus, ni moins. Il n'était pas agacé, ni même froissé, il s'agissait là d'une simple clarification. Il ne leur laissa pas non plus le temps de rétorquer à sa bravade, poursuivant d'une voix beaucoup plus douce tout en s'inclinant, reconnaissant :

Cependant… Domo arigato. Vous me faites un grand honneur en vous montrant devant moi. Et comme je le disais plus tôt, ma demeure est la votre. Je veillerais à vous permettre d'y vaquer sans contrainte et nous vous présenterons à mes suivantes afin que nous n'entendions pas un matin un hurlement strident de surprise de l'une d'elles tombant nez à truffe avec l'une de vos fabuleuses présence.

Il se releva, le visage radieux et clôtura sa part :

Eh bien, bienvenu à vous tous en ma demeure !

Puis soudain, piqué par un instant de lucidité, il ouvrit grand les yeux, dévisageant les créatures et leur amie. Puis il ajouta, totalement intrigué :

Mais… En hôte convenable… Je me dois de parvenir à vos besoin dignement et… Quels sont-ils ? Vous ne vous nourrissez pas exclusivement de gâteaux, n'est ce pas ?
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MessageSujet: Re: [PV] Fusion de l'esprit et de l'acier Mar 6 Oct - 21:44

Miwako sourit devant l'air émerveillé de Kanzen, sa réaction lui faisait réellement plaisir. Ses gardiens se montraient rarement, à chaque fois, ils provoquaient plus de peur que d'émerveillement. C'est probablement pour cette raison qu'elle ne montrait pas ses gardiens ou seulement pour faire peur, c'était moins blessant. Bien qu'une forme de rejet restât toujours un peu douloureuse, surtout pour une personne qui refusait de monter des barrières comme la religieuse. La situation actuelle lui montrait toutefois que cela valait le coup.  Elle était d'autant plus heureuse à cet instant de ne pas  construire de mur et d'oser s'ouvrir aux gens: Pour connaitre la joie  d'être accepté, il fallait bien garder le risque de se montrer.

"N'est-ce pas."

Dit-elle radieuse et fière de ses compagnons.

Les trois restèrent muets lorsque l'homme mettait en évidence le paradoxe même de leur situation. Un sourire se traça sur les babines d'Hono amusée d'abord par la réplique. Onji restait plus concentré et neutre, comme à son habitude. La jeune femme ne rajouta pas un mot, car le Taii avait parfaitement raison sur ce paradoxe. Elle secoua cependant la tête quand il parla sur les gardiens devant être visibles. La demoiselle fut un peu surprise par cette dernière et que le militaire n'en vit pas le point faible.

"Ne parle pas de ce que tu ne sais pas humain !"

Grogna la protectrice des flammes, qui s'était levée sous le coup de la colère.  Onji s'était contenté de retrousser les babines pour montrer son mécontentement. Ils n'appréciaient pas que quelqu'un mette en doute leurs efficacités dans leur fonction de gardien. Miwako posa la main sur la tête de sa gardienne pour l'appeler au calme et répondit doucement.

"Ce n'est pas possible Kanzen-kun. Je ne pourrais pas accomplir correctement mon devoir si mes deux gardiens étaient visibles en permanence. C'est vrai qu'il y a une différence entre ce que je souhaiterais et ce qu'il se passe en réalité. Entre la théorie et la pratique, il y a toujours un écart."

Conclu t'elle en caressant la tête d'Hono.  Elle avait dû prendre cette remarque comme une insulte sur ses capacités en tant que gardienne. Entre son histoire et son orgueil, la gardienne de feux ne passerait pas facilement l'éponge sur cette remarque. Le comique de la réponse de Kanzen réussi à arraché un sourire amusée à Miwako, qui imagina la scène ridicule entre le militaire se promenant dans son plus simple appareil et la réactions des passants. Elle aurait pu rigoler, mais son inquiétude pour sa gardienne l'en empêcha. Le retour de l'homme vers les politesses de base fit également plaisir à la demoiselle. C'était la première fois que la religieuse voyait quelqu'un se comporter face à ses gardiens, comme il le faisait face à leur semblable. Miwako trouvait cette intention touchante. Hono ne s'était pas apaisée malgré le contact doux de sa maîtresse et la politesse de son hôte . Onji avait repris une posture plus attentive.

"Ne soit pas trop arrogant et ne le prend pas personnellement. Nous sommes apparus uniquement parce que Miwa nous l' a demandé comme une faveur et que nous l'aimons."

Cracha la kirin du feu, toujours en colère.

"Du calme Hono."  

Fit Miwako avec un mélande de douceur et de fermeté. La jeune femme ne voulait pas définitivement la braquer. Onji hocha la tête, réprobateur et répondit à son compère.

"Tu nous fais honte. Il ne sait pas, ne prend pas ses remarques trop à cœur." dit-il d'un ton plus tranchant que sa maîtresse

"Son ignorance n'est pas une excuse pour son insulte envers nous." lui répondit la yokai de feux.

"Son insulte comme tu dis ne devrait pas t'atteindre, car il n'est pas capable de porter un jugement ayant de la valeur." Rajouta catégoriquement le gardien de la terre

L'argument sembla atteindre Hono qui grinça légèrement de dents avant de s'asseoir, boudeuse. L'onmyouji avait assisté à la scène, sans savoir où se mettre. Ses deux gardiens parlaient d'une personne devant elle, comme s'il ne pouvait pas les voir et les entendre, or c'était le cas. Onji n'avait cependant pas oublié Kanzen.

"Vous êtes ignorant à notre sujet et vous avez commis une maladresse. Vous êtes cependant honnête, sincère et avec de bonnes intentions. Vous ne méritez aucunement son ire"

Lui lança le gardien de la terre en guise de réponse. Le ton n'était pas méchant, c'était simplement la conclusion à laquelle il était parvenu. Il rajouta à l'intention du militaire.

"Excusez son attitude, mais comprenez qu'elle ait du mal avec vos remarques sur comment nous devons nous y prendre pour veiller sur Miwa. Nous protégeons des onmyoujis depuis des siècles et Hono est à l'image de son élément, passionnée et orgueilleuse."

Hono tourna la tête en se drapant dans sa fierté.

"Je reconnais simplement ma valeur, même un être aussi inculte que celui-ci voit ma superbe."

Miwako explosa de rire devant la répartie de la gardienne. Elle n'ajoutait pas son grain de sel, il était si rare qu'Onji discute avec quelqu'un d'autre.

"Quant à la nourriture, merci de votre proposition, mais nous n'en avons pas besoin. Faites juste venir du saké, ça vous aidera à gagner les faveurs de ma collègue."

"Qui n'est pas sourde !"cria Hono, toujours entrain de bouder dans son coin.

"Tu n'en veux pas alors ?" dit Miwako pour la taquiner et la dérider un peu.

"Je n'ai pas dis cela." répondit la kirin des flammes, qui semblait disposée à l'achat de son pardon.


"Pour vos servantes ne vous donnez pas cette peine. En fait, notre véritable nature est d'être invisible et nous devons faire un effort spécifique afin de nous révéler. Comprenez que nous iront et viendront en toute liberté, comme vous nous l'avez généreusement proposé, mais nous le ferons à notre aise. Elles ne nous verront donc jamais, du moins seul."

Ce n'était pas un grand bavard de nature, il était cependant poli. Kanzen lui avait parlé, c'était donc à lui de répondre, en apportant les précisions nécessaires. Miwako restait tout de même étonnée qu'onji est entamé spontanément la conversation, ce n'était pas dans sa nature. Un éclair de compréhension vint la percuter et elle ajouta en partie outrée, en partie encore sous l'effet de l'étonnement.

"Tu le testais ?!?"

Onji tourna la tête vers sa maîtresse en faisant un petit grimace. Elle avait trouvé la raison plus rapidement qu'il ne le pensait.

"Rien de mieux que l'outrage pour en découvrir un peu plus sur quelqu'un. Note l'effort de ma part : Je ne suis pas allé jusqu'à la colère."

La réponse scotcha littéralement la demoiselle, qui rajouta un peu  irritée et gênée.

"Tu crois pas que tu vas un peu trop loin ?!"

"Non puisque tu accordes trop facilement ta confiance."

La réponse était sans appel, prononcé calmement fermement et d'une seule traite. Vaincue, Miwako fit une grimace sous le regard amusé d'Hono. La demoiselle ne pouvait pas contrôler le côté sur protecteur d'Onji, elle ne le savait que trop bien. L'onmyouji poussa un soupir et ses joues étaient devenues rouge de honte.

"Je te prie d'excuser son comportement kanzen-kun, je n'avais vraiment pas prévu que la situation prenne cette tournure."



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MessageSujet: Re: [PV] Fusion de l'esprit et de l'acier Lun 15 Fév - 18:43

L'effet de son émerveillement premier face aux créatures spirituelles révélées par Miwako sur cette dernière fut à la hauteur des attentes de l'artisan, pour son plus grand plaisir, mais la réaction des esprits fut, quant à elle, loin de tout ce à quoi il s'était attendu. Il ne connaissait strictement rien à ce monde là, comme on le lui rappelait sans besoin de le faire et il ne s'en cachait pas. Mais en retour, il fut effaré que l'animal fantastique au tempérament de feu soit complètement passé à côté de son propos, prenant des mots qu'il n'avait guère prononcés pour insultes, et faisant fi totale du moindre sens de l'étiquette.

Les choses devenaient plus claire vis à vis des soucis que l'héritière des Abe No rencontraient sur son chemin si la mésinterprétation était systématique et si ils n'accordaient aucun crédit aux règles des hommes. Mais en rien le bretteur ne montra la moindre expression négative, laissant planer sur son visage celles de l'incompréhension, puisque c'était le rôle que l'on voulait qu'il joue et que tout cela le rendait parfaitement curieux.

En vérité, la joie qui s'était imprimée sur les traits de la Onmyouji alors qu'il avait sincèrement affiché son intérêt pour les deux yokais sans montrer la moindre crainte suffisait à son plaisir. Si bien qu'il n'avait qu'à moitié entendu l'échange qui avait suivi, fort heureusement si on y réfléchissait bien. Il s'autorisa un sourire compréhensif à l'explication de la jeune fille à propos de la situation paradoxale qu'elle vivait autour de leur apparition ou non.

Elle lui paraissait tantôt innocente, parfois souveraine, maladroite et magistrale à la fois. Cette dualité qui débutait de la caractériser à ses yeux fit définitivement disparaître la moindre naissance de colère qu'il aurait pu concevoir à se voir ainsi traiter dans sa propre demeure par les êtres quelque peu hautain qu'étaient les Kirin. Cependant, cela embruma l’intérêt qu'il avait eu pour elles, qu'il préféra dédier uniquement à la prêtresse, bien plus sage que ses partenaires de route.

La mascarade dura un temps, effarant la maîtresse au fur et à mesure des propos de ses alliés, sans que Kanzen ne fusse visiblement touché par autre chose que la radiance qui émanait d'elle. Si l'attitude de l'animal de feu n'avait pas parue jouée un seul instant, il fut révélé que pour une histoire de confiance, celle de sol s'était échinée à le pousser à bout, sans succès d'ailleurs. C'était si invraisemblable que le Fukyuu s'en trouva interloqué.

Ils étaient chez lui, venu pour lui demander quelque chose et c'était à eux de ne pas accorder leur confiance facilement, selon ce qu'annonçait la Gardienne des Terres. La logique des Yokais lui échappait si totalement qu'il manqua simplement d'éclater d'un franc fou rire. Le forgeron ne put retenir ce dernier que pour deux choses.

La première venait du fait que, contrairement aux créatures spirituelles, Miwako ne jouait pas leur jeu. La seconde vint avec ses excuses. Il répondit d'abord d'une franche et chaleureuse expression, puis il leva la main, se détourna de ses interlocuteurs et héla joyeusement :

Oooooy ! Il nous faut du saké par ici ! Le maître des lieux aurait été inconvenant avec l'un de nos hôtes et ceci ne saurait rester sans plates et alcoolisées excuses !

Il retourna son attention vers l'assemblée, son visage rappelant étrangement celui de quelque kitsune calculateur et ajouta :

Car de mots à ce sujet je n'aurais pas. Il faudra vous satisfaire de la boisson.

Enfin, il redevint l'enflammé seigneur des lieux et s'inclina poliment pour poursuivre de façon enjouée :

Il n'est rien à se faire pardonner, Miwako-chan. Il n'y a pas non plus de situation prenant une tournure inattendue. Juste un esprit gardien tâchant de faire son travail au mieux vis à vis de l'être qu'il protège. Deux impressionnantes incarnations avec leur caractère bien trempé. Et tout ceci apporte lumière à mes interrogations mieux que les réponses édictes ! Tout le monde y voit son compte je suppose.

À nouveau sémillant, il dirigea son attention vers la kirin terrestre et déclara :

Je préviendrais donc mes gens. Mais je tiens à vous prévenir qu'en ce lieu, qui se trouve être mon domaine, je me comporterais en toute liberté de la même manière que je le ferais en temps normal. Je vous serais donc gré d'être d'une absolue discrétion lorsque vous vous promènerez sans être vu, Onji-san… Si je ne me trompe pas de nom.

J'ai beaucoup à apprendre de votre Dame et pour parvenir aux fins qu'elle est venu chercher en ce lieu, je ne souffrirais d'aucun de vos caprices lorsque je m’intéresse à son sujet, puisque je dois parvenir à la connaître au moins comme vous la connaissez vous même, sinon bien plus que cela.


Yoko vint à ce moment précis pour porter ce qui avait été demandé plus tôt, sans exactement savoir si c'était ce qui était attendu, elle servit quatre coupelle d'alcool et se retira poliment. Le crin-blanc attendit qu'elle fut loin pour terminer enfin, tout en étendant à moitié les bras de part et d'autre de sa personne, ses yeux d'ambres rivés sur l'Onmyouji :

Est-ce entendu comme cela pour chacun d'entre nous ? Si cela est le cas, alors j'ai une nouvelle interrogation… Miwako-chan, de la résurrection du sabre défunt, qu'attends tu voir naître ? Je suis un artisan en lame, mais vaste est mon domaine de prédilection. Dis moi donc en quoi tu souhaiterais voir Zatoichi revenir, ceci pourrait être plus révélateur qu'une longue discussion.

Il termina ainsi, les mains sous son menton, les coudes sur ses genoux, sans accorder un seul intérêt au saké qu'il avait fait mander.
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MessageSujet: Re: [PV] Fusion de l'esprit et de l'acier Ven 13 Mai - 9:24

Hono fit claquer sa langue de satisfaction lorsqu’elle entendit les ordres de Kanzen

« La boisson est suffisante humain, même si tu n’en pas conscience, c’est une forme d’offrande que tu me fais là. C’est suffisamment rare pour que j’en profite. »

Rajouta la kirin des flammes, qui remuait la queue. Le gardien du sol n’ajouta rien, il lui fallait plus qu’une boisson pour l’acheter. La situation présente montrait bien la différence entre les deux gardiens. La kirin des flammes ignorait les hommes, elle les considérait comme inférieurs et impuissant. Sa hantise, c’était les autres yokais, les responsables de la mort de son dernier maître. C’étaient les yokai qui étaient à l’origine de son seul échec.
Onji se méfiait presque plus des hommes que de ses congénères. Les humains créatures étaient douées pour s’entretuer et se faire du mal, volontairement ou non. C’était bien la femme de son premier maitre Abe no Yuto qui avait conduit celui-ci à la mort. Elle n’avait été qu’un rouage de son tragique destin, mais elle aurait pu faire tourner ce dernier dans l’autre sens. Jamais le gardien de la terre ne l’oublierait, les humains étaient tout aussi dangereux que les yokais. Les êtres aimés pouvaient conduire à la mort aussi sûrement que les détestés.

Miwako eut un soupir de soulagement face à la réponse de l’otage des glaces, suivit d’un sourire. La réaction du loup blanc était surprenante, mais plaisante. Il s’était insulté, mais il avait trouvé quelque chose de positif à tirer de cette expérience. Yokuni serait tellement plus paisible si tout le monde pouvait agir de la sorte.

« Merci. »


Lui répondit simplement la religieuse avec gratitude. Hono appréciait d’être qualifiée de superbe créature avec du caractère. Onji quant à lui conservait un air plus neutre et imperturbable.

Le kirin de la terre hocha la tête pour confirmer au Taii qu’il ne s’était pas trompé. Ainsi son hôte souhaitait protéger ceux qui travaillaient pour sa maisonnée. Il était donc protecteur, ça faisait un bon point en plus.

« Ne vous en faites pas Fukyuu-dono, vos gens ne sauront rien sur nous. Il n’y aura nulle frayeur ou inquiétude sur votre demeure à notre propos. Il n’y aura aucune raison pour changer vos manières et habitudes. »

Les paroles du gardien étaient solennelles, mais Hono grogna légèrement irrité. Elle n’avait jamais eu l’intention de se dévoiler aux servants de la demeure, mais la manière de faire d’onji l’agaçait. La kirin n’aimait pas qu’on l’inclut ainsi dans une promesse, sans lui demander son avis. Acte qu’Onji avait tendance à faire aisément, comme si c’était lui le chef. Le pire était qu’elle ne pouvait même pas râler, car ils allaient faire ce que disait l’autre gardien.
La religieuse la caressa alors doucement sa gardienne. Elle connaissait suffisamment cette dernière pour savoir l’origine de son trouble. L’orgueilleuse créature se calma sous l’effet des caresses de sa protégée. Pour cette dernière, pour son affection, elle supporterait encore pour quelques années l’outrecuidance d’Onji. Un autre élément tempéra sa mauvaise humeur, la déclaration de leur hôte. Un rire franc envahit l’espace, cet homme ne manquait ni de courage, ni de culot pour penser qu’un jour, il connaîtrait mieux sa maîtresse et sa protégée.

« Bonne chance pour ce défi. » Rajouta la créature, avec un ton un brin moqueur.

Miwa souriait face à l’envolée de Kanzen, qui ne manquait pas d’un certain panache et faisait sa petite impression. Elle était grisante. L’onmyouji était cependant plus inquiète des réactions de son second gardien, vers lequel elle tourna la tête.
Le kirin de la terre allait répondre quand la servante s’annonça. Les deux créatures disparurent en un instant alors que Miwako se redressa. La servante parue perdu entre le nombre d’invités et le nombre de coupes.
Leur hôte reprit la parole,  comme pour clore cette parenthèse et passer à la suite. Onji ne semblait cependant pas vouloir lâcher l’affaire aussi facilement. Si le forgeron avait posé les limites qu’il tolèrerait, il devait poser les siennes. Il réapparut alors même que Miwako réfléchissait pour répondre convenablement à l’artisan et n’avait donc pas encore ouvert la bouche.

« Pas tout à fait Fukyuu-dono. Nous vous laisserons le loisir de faire comme bon vous semble dans une certaine limite.  Il n’y a qu’une ligne à ne pas franchir : Blessez-la d’une quelconque manière et vous affronterez notre courroux. Ternissez son éclat d’une quelconque façon et même les kamis ne sauraient vous protéger de notre ire. »

C’était une mise en garde très franche. Le kirin faisait honneur à l’honnêteté du samouraï, Miwako trouva cependant qu’il dépassait bien trop les limites.

« Onji retire ça tout de suite ! » Ordonna sèchement la religieuse.

« Non. » Répondit simplement le Kirin des terres. La jeune femme se figea. Son gardien lui signalait lorsqu’il n’était pas d’accord, c’était la première fois qu’il désobéissait à un ordre.  La religieuse resta interdite et tendue.

« Pourquoi ? »
ajouta la demoiselle, pour sortir de cette situation aberrante.

« Parce que c’est vrai. Tout aussi vrai qu’il finira par en savoir plus sur toi que nous, car il est un humain et que vous allez tous les deux vers cet objectif. Qu’il deviendra ainsi la source de certain de tes plus grands moments de joie, comme de tes plus grands malheurs. Ils faut qu'il soit conscient et vigilant pour ce dernier point.»

Répondit le gardien de la terre toujours aussi calme, malgré le regard abasourdit et réprobateur de sa collègue. La réponse n’était cependant pas suffisante aux yeux de la religieuse, qui ajouta

« Il est vrai que le malheur et le bonheur ne peuvent être séparé, mais ce n’est pas une raison pour le menacer Onji. »

La colère était encore perceptible dans le ton qu’employait la jeune femme.  La kirin hocha alors la tête en signe de négation devant l’erreur d’interprétation de sa protégée.

« Ce n’est pas une menace et j’espère bien que Fukyuu-dono ne le prend pas ainsi. C’est une promesse pour qu’il n’oublie pas la responsabilité qu’il prend en faisant son projet. »

Il prononça ces mots autant pour elle, que pour le militaire. Il ne voulait pas être mal compris sur ce point. Le regard de la religieuse se fit plus perdu, plus perplexe. Un doux sourire se traça sur babine du protecteur attendri par les réactions de la religieuse.

« Petite fille, tu ne t’en rends vraiment pas compte ? C’est parce que tu es aussi naïve que je devais te protéger. C’est parce que tu lui ressembles beaucoup que je devais t’éviter son funeste destin. »


Un sourire se traça sur les lèvres de Miwako. Elle était adulte, mais que pouvait bien peser 21 petites années face aux siècles d’Onji. Il la verrait toujours ainsi, comme une enfant naïve et cette image ne l’offensait pas, elle l’attendrissait. Cette image était le paradoxe de leur relation, ils devaient lui obéir, elle était leur maîtresse, mais elle devait les écouter, elle était leur inexpérimentée protégée. Cette phrase apportait aussi un petit pincement au cœur de la religieuse, car onji évoquait une fois de plus ce il mystérieux. Un maître dont elle n’avait le droit de rien connaitre, son ancêtre Abe no Yuto auprès duquel il avait juré de ne rien dévoiler à ses descendants.

« Alors explique-moi. Partage ta sagesse s’il te plaît, mais ne soit plus aussi menaçant dans ton attitude.»
prononça Miwako en posant son front contre celui de son gardien. Tendrement, Onji avait baissé la tête pour qu’elle puisse faire cela, alors qu’il était assis.

« Il veut te connaitre complètement Miwa. Il prendra ainsi une part importante dans ta vie, cela veut aussi dire qu’il t’influencera et à sa manière te changera. Ce n’est pas une question de volonté, c’est une réalité. Toute notre vie, nous somme transformés et plus les gens sont proches, plus les changements qu’ils apportent sont importants et irrémédiables. Tu ne le connais pas et pourtant, tu lui donnes la place qui peut le plus te détruire ou te déformer.»

La jeune femme passait ses mains délicatement sur le pelage de son gardien. Le kirin avait parlé pour être entendu des deux humains. Il s’agissait là, non seulement d’être compris par Miwa, mais également par le Taii.

« Je sais tout cela Onji, mais je le fais. Je le fais pour reforger Zatoishi. Je le fais, car si je laisse la peur m’enfermer alors je ne pourrais plus servir yokuni à manière. Je ne pourrais jamais devenir le pont pour l’entente entre les yokais et les humains si je monte trop de barrières.»


Miwako redressa la tête et se tourna vers le loup blanc. Elle n’avait pas oublié sa présence et la demoiselle lui adressa un franc sourire.

« Et je le fais, car je sens au fond de moi qu’avec Kanzen-kun je peux emprunter cette voie en sûreté. Que de notre rencontre, j’en ressortirais grandie et non blessée. »

Un soupir se fit entendre de la part du protecteur. Yuto aurait été fier de sa descendante, elle lui ressemblait tellement sur ce point. C’était d’ailleurs un trait de caractère qui ressortait avec plus ou moins de régularité dans les générations. Un naïf, un rêveur qu’Onji se chargeait toujours de protéger, comme il l’avait fait pour le premier des Abe no.

« Je ne connais que trop bien tes arguments Miwa, c’est pour cela que je suis ton protecteur. Pour mettre les barrières que tu refuses de poser et c’est pourquoi je ne retirerais pas ce que j’ai dit.  Il n’y a d’ailleurs aucun problème pour que Fukyuu-dono face un serment sur le sujet, puisque ses intentions sont dignes. »


L’onmyouji hocha doucement la tête, elle n’était pas d’accord avec son gardien

« Mais c’est insultant envers lui. »

« Ce serment n’est pas spécifique à sa personne, mais à sa demande. D’ailleurs, cette promesse est bien la preuve que je lui accorde un minimum de crédit et que j’écoute ton instinct. Si je le jugeais simplement néfaste nous n’aurions pas cette discussion et tu ne serais plus là. Ma confiance s’arrête cependant là, au présent. Le serment n’est pas pour la certitude d’aujourd’hui, il est pour l’incertain de demain. Nul ne sait de quoi et fait le futur, le cœur de l’homme est changeant. Bien des gens honorables sont devenus des parjures et bien des bandits se sont mis  à chercher la rédemption. Face à l’imprévu, ce serment immuable est ta garantie. Si un jour les intentions de Fukyuu-dono changeaient, alors  la peur du châtiment à venir deviendrait ta seule protection. »

La religieuse comprenait les arguments de son gardien. Elle sentait toute sa bienveillance à l’origine de sa demande, mais la situation était tout de même délicate. Miwako se tourna alors vers le forgeron embarrassé, les joues légèrement rouges, elle ne pourrait pas le faire changer d’avis. La demoiselle cherchait pourtant des arguments pour défendre un peu plus l’otage des glaces, pour pouvoir faire bouger d’une patte les positions de son têtu de protecteur.



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MessageSujet: Re: [PV] Fusion de l'esprit et de l'acier Jeu 19 Mai - 10:34

L'échange qui se déroula alors sous ses yeux était surnaturel. Ces créatures ne comprenaient guère la notion des us et coutumes des hommes ou bien elles n'y attachaient aucun intérêt. Le crin-blanc misa sur la seconde option, mais ne se formalisa pas, tâchant de se montrer extrêmement attentif à chacun des propos qui lui était adressé autant que la conversation qui avait lieu entre le trio de ses invités.

Il ne fut pas blessé le moins du monde par les atteintes violente à l'étiquette qu'il subissait, bien qu'il fut déjà difficile de l'atteindre sur ce sujet. Le noble aurait pu se laisser impressionner par les créatures spirituelles lui faisant face, se montrer intimidé par leur présence, lui qui n'avait jamais vu de si proche une seule entité de ce genre… Le voila qu'il se trouvait en face de deux jumelles, à portée de ses bras et qu'il avait même osé les braver par plus d'une fois.

En temps normal, il ne se serait jamais senti si sûr de lui dans pareil cas. Ses iris ambrés s'orientèrent vers l'endroit où il était certain de puiser ce courage qu'il s'était ignoré jusque là. La franchise et la douceur mêlée de l'onmyouji la transcendait, son honnêteté et sa gentillesse l'auréolait d'une lumière qui ne lui était plus apparue depuis bien longtemps. Instantanément, il se demanda où étaient passés les traits communs qu'il lui avait trouvé lors de leur premier contact qui ne remontait pourtant pas à loin.

Elle s'imposait à présent à lui non plus comme un quelqu'un rare, mais comme un être unique à part entière. L'impression du statu humble qu'il lui avait d'abord prêté s'effaça pour laisser place à une richesse incroyable. Son expertise lors de leur premier contact, ses estimations et les détails qu'il avait cru lui déceler disparurent pour un point de vu nouveau en tout et pour tout. Il se frappa intérieurement de subir une telle évolution de perspective alors qu'il ne s'agissait que du premier jour d'une longue période à passer à proximité l'un de l'autre.

Kanzen fut tant ému par ce qu'elle disait que son sourire s’estompait pour une expression de stupeur qu'il ne parvint à dissimuler que partiellement malgré sa maîtrise habituelle sur ses traits. Il se rendit alors compte que plus rien d'autre n'avait d’intérêt, ni le sabre, ni les gardiens, ni son environnement immédiat. Il entendait toujours la discussion et le débat animé qui se poursuivait à son sujet, mais son regard ne captait plus que l'image de la prêtresse itinérante, comme si elle l'eut piégé d'une manière ou d'une autre.

La seule chose dont il fut persuadé tint dans le fait que cela ne le dérangeait en aucun cas. Du simple remerciement qu'elle lui fit à ses tentatives d'apaiser ses Kirins, il se plu à se perdre dans le plus léger de ses gestes. Qu'elle tente de le défendre auprès de ses alliés de toujours alors qu'elle venait de faire sa rencontre le toucha au plus haut point, laissant l’outrecuidance des propos des bêtes fantastiques, plus particulièrement le garant terrestre, lui passer au travers sans en subir la moindre agression.

Le fait que l'on ose douter de lui dans sa propre maison aurait du le faire sortir de ses gonds, mais là encore, elle se mise en colère à sa place, le protégeant de ce noir sentiment et lui permettant de goûter pleinement à l'émotion qu'elle provoquait en lui. Que les raisons de Miwako tiennent avant tout de son propre intérêt qu'il devienne l'outil de la reconstruction de l'épée défunte ne l'affectait en aucun cas, car il doutait qu'elle puisse mentir à ses compagnons lorsqu'elle fit l'aveu de la confiance instantanée qu'elle lui portait.

Malgré cela, Onji, puisque c'était son nom, la poussa dans ses retranchements et elle baissa les bras face à l'entêtement de ce dernier. Il trouva cependant sur le visage de cette dernière le fait qu'elle n'était pas du tout de l'avis de son ami et y glana une force dont il ne se savait pas pourvu lorsqu'il entreprit de répondre à l'appel au secours des prunelles de son invitée. Elle ne pouvait savoir quel était le trauma dans lequel elle venait de le mettre en un instant si infime et il ne souhaitait pas non plus lui imposer ce dernier si tôt… Peut être même jamais.

Se redressant de sa position pour adopter un port bien plus digne et ses mains tombant sur ses genoux dans un premier temps, il débuta de répondre à son tour, la voix animée par cette sensation qu'il n'osait pas nommer, naissante et pourtant véritable, à l'attention de son hôte :

Vous ne me connaissez pas pour juger de cela, Onji-sama, ni ne pouvez statuer de la nature changeante de mon cœur, bien qu'elle soit avérée et je le ressent en ce moment même. Je comprends néanmoins vos appréhensions et elle sont légitimes lorsque l'on regarde ce que l'homme a déjà fait à ce monde.

Mais ne peut-on pas en dire autant des vôtres ? N'avons donc pas nous tous à porter les pêchés de nos pairs ? Je vous laisse le bénéfice du doute et ne vous mettrais guère dans le même lot que ceux qui ont autrefois rendu à l'esclavage les miens. J'attends de vous un juste retour de mon respect et de ma confiance.


Kanzen se leva alors, géant parmi les hommes, sa taille n'ayant rien à envier à celle des deux gardiens, ses mains sur les hanches pour toute attitude et poursuivit sans rien avoir perdu de son éclat initial :

Je vous remercie de m'accorder au moins le présent et je ne vais pas user ma salive pour vous jurer que l'avenir n'aura rien à envier à celui-ci, vous devrez vous fier à la seule certitude exprimée par mes traits en ce moment. Vous avez raison sur un autre point : Je n'ai pas ressenti la moindre menace à votre propos, quoique vous puissiez me faire ou ne pas faire à mon égard.

L'esthète se rapprocha du trio, plus particulièrement de la jeune femme et s'installa en seiza face à elle, révélant la dévotion qui naissait à son sujet, il continua alors sur le ton du serment, la détermination ancrée sur son faciès, sans détourner un seul instant ses pupilles de celles de l'onmyouji :

Votre limite ne sert à rien, Gardien. Votre courroux ne m'atteindra pas. Je préférerais m’ôter la vie plutôt que de perpétrer le moindre acte qui puisse atteindre votre protégée qui devient la mienne, sous mon toit. Je n'ai que faire de votre ire, gardez là en vous et ne m'en parlez plus, car la moindre indignité que je pourrais faire subir à Miwako me serait une punition à laquelle je ne survivrais pas, dusse-je être mon propre bourreau.

Si vous voulez avoir le dernier mot vis à vis de mes certitudes et de tout ceci, allez y, Onji-sama, mais vous ne trouverez plus nul auditoire pour vous écouter à ce sujet en ce qui me concerne. Gardez donc vos propos et dégustez ce saké que je vous donne de bonne grâce, car il s'agit bel et bien là d'une offrande respectueuse que je vous fait.


L'artisan s'inclina respectueusement face à elle alors et face contre terre, il s'adressa directement à l’intéressée :

Je ne saurais jamais te remercier de t'être présenter à moi, de m'avoir désigné pour ressusciter Zatoichi et offert le privilège de l'admirer à mon tour, mais par dessus ça, la faveur de m'avoir permis ta rencontre, Miwako-chan. Tes Gardiens sont avisés et sages, leurs inquiétudes sont compréhensibles.

Je n'ai rien à leur prouver malgré cela, mais à toi, je jure de ne jamais ternir ton éclat ni de trahir la moindre de tes attentes à mon égard. Je répondrais à chacune d'entre elles, qu'elles fussent exprimées ou non et je ne t'imposerais en rien les miennes en échange de cela. Le seul malheur dont je pourrais être la source en ton cœur ne pourra être de mon fait immédiat, d'autant moins de ma volonté, aussi, si cela advient, je te supplie de me le pardonner.


Le pur-sang des Fukyuu se redressa enfin, son éternel sourire revenu sur ses lèvres, ses yeux s'étirant en de fines lignes amusées lorsqu'il conclut enfin :

Si tout le monde est d'accord, j'aimerais passer à autre chose et éviter de poursuivre ce débat qui n'a pas lieu d'être ici pour que nous puissions reprendre sur une note plus harmonieuse. Pour commencer, il y-a une question dont je n'ai pas encore obtenue la réponse, Miwako-chan, quant à la nature de ce que tu souhaiterais que je puisses faire renaître des flammes de la forge depuis le corps sans vie de cette arme que tu m'as apporté.

Il eut voulu tendre la main pour effleurer la joue de son interlocutrice, mais ce ne resta là que la première chose qu'il retint vis à vis de ses aspirations. Il se contenta donc de sourire aimablement dans l'attente des réactions de cette dernière, puisque depuis quelques minutes déjà, elle ne s'adressait plus à lui directement à cause des deux Kirins, ce qui débutait de l'ennuyer au plus haut point.
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MessageSujet: Re: [PV] Fusion de l'esprit et de l'acier Jeu 2 Juin - 16:15

Onji avait des traits insondables alors que le guerrier se défendait. Hono regardait la scène intriguée, se demandant bien comme cela allait se terminer. Miwako retenait son souffle, espérant que son gardien allait se montrer plus raisonnable. Elle ne souhaitait pas forcer le kirin de la terre à rester, elle ne voulait pas non plus quitter son hôte et mettre fin à sa mission à cause de son caprice.

Le militaire s’approcha et commença son serment. Onji ne semblait pas totalement satisfait. L’onmyouji ne faisait plus attention à ses gardiens, son regard était uniquement captivé par les yeux ambre de son interlocuteur. Les mots prononcés lui firent mal. Un mort, elle avait déjà un mort à porter, elle ne pourrait pas supporter le poids d’une seconde âme perdu. Tristesse et peur répondirent à cette noble et sincère aspiration.  La jeune femme aurait aimé pouvoir montrer d’autre sentiment face à un serment aussi fort, mais son histoire et sa personnalité ne lui permettaient pas.

Alors que le samouraï continuait sur sa lancée et s’inclinait, le gardien de la terre choisit se moment pour quitter ce jardin. Il fit un signe à Hono pour qu’elle le suive, c’est deux-là avaient besoin d’être seul à seul. Il avait suffisamment mis sa maîtresse dans l’embarras et il ne la forcerait pas à faire un choix, qu’elle semblait peinée de prendre. Il l’aimait trop pour la forcer à prendre une décision contre son cœur.

« C’est quoi ce numéro que tu nous as fait ? »
Fit Hono alors qu’ils changeaient de jardin.

« C’est à cause de leurs regards. »
Fit simplement le kirin des terres.

« Ils se plaisent, c’est voyant. Mais tu connais Miwa, puisqu’elle doit rester avec lui quelque temps, elle ne franchira pas cette ligne. » Répondit tranquillement la kirin des flammes.

« L’amour ne lui est pas autorisé, elle le sait. Les sentiments ne peuvent se réfréner toute une vie Hono, ils pourraient s’attirer des malheurs et se détruire, en souhaitant l’inverse. »
Le kirin n’exprimait que rarement ses inquiétudes, mais sa collègue méritait bien quelques explications.

« Depuis quand es-tu inquiet à l’idée de devoir travailler encore plus ? »
Taquina la protectrice de feu. Elle comprenait les inquiétudes de son partenaire, ils ne resteraient plus qu’à veiller sur cette relation.

« Et puis rien n’est encore fait. Cette passion n’est peut-être que passagère et ça se trouve après quelques jours ensemble, ils vont vouloir se taper dessus. »
 Complète la Kirin des flammes avec un ton plus léger, ce qui fit rire Onji.

« J’en doute fortement. » Termina le kirin, en prenant une lampé de sake. Il n’allait pas laisser Hono siffler la bouteille seule.

Miwako était touché par les mots de Kanzen et un doux sourire se traça sur le visage de la demoiselle.

« Ne crains rien Kanzen-kun, tu es déjà pardonné. »


Lors d’une relation sincère, il y avait toujours des hauts et des bas. Seules les relations plates et superficielles étaient en permanence au beau fixe et ne comportaient aucun orage. Alors que l’homme se relevait, la demoiselle se rapprocha de lui.

« Et je promets de ne pas t’écraser sous mes attentes et mes demandes.  Les seules auxquelles je tiens réellement, je vais te les dire maintenant. »


Son regard refléta de nouveau la douleur passé de la perte.

« Ne tourne jamais ta lame contre toi pour moi et ne meurt pas pour moi. C’est la plus profonde des blessures  et la plus grande des souffrances, que tu ne pourrais jamais m’imposer. La seule que tu ne pourras jamais effacer, à laquelle il n’existe aucun remède. »

La mort était définitive, une cicatrice avec un poids à porter à vie pour l’entourage. On apprenait à vivre avec, à l’oublier, mais périodiquement, elle trouvait toujours le moyen de revenir vous faire mal pendant un temps. La demoiselle posa sa main sur le cœur du Bushi. La jeune femme ferma les yeux pour mieux sentir les battements de cœur de l’homme.

« Et je veux que tu sois sincère envers moi, honnête envers toi-même et que ton cœur s’ouvre au mien, comme je le ferais pour toi.  Que mes désirs n’effacent pas les tiens, que ma personne n’écrase pas la tienne, que nous ressortions tout deux grandis de cette expérience, côte à côte.»


Son regard se rouvrit pour fixer les yeux du Taii, c’était là son seul souhait, que leur relation soit à cœur ouvert.

« Pense-tu cela possible Kanzen-kun ? »

Une fois rassurée, la demoiselle reprit une distance plus convenable. La question du forgeron méritait une attention particulière. Miwako ne désirait pas satisfaire son désir en priorité, mais respecter une partie des souhaits du sabre. Il méritait de devenir l’objet qu’il aurait souhaité être.

« Zatoishi ne désirait que protéger les siens. Il est devenu néfaste à cause de la corruption de l’enfer écarlate et c’est parce qu’il n’a pas supporté le poids de cela, qu’il a décidé de se détruire. »

Les yeux de la jeune femme cherchèrent de nouveau la lame brisée par son histoire et ses sentiments.  

« Pour retrouver son honneur et ne plus risquer de devenir nouveau un objet de mort. »

Elle se dirigea vers l’objet et ses doigts effleurèrent la garde, à la recherche des volontés de l’âme de ce sabre. Des sentiments de l’entité, qu’elle n’avait pu apercevoir que quelques minutes.  Ces minutes la poursuivraient cependant encore quelque temps face à tant de tristesse et de tragédies.

« Pour protéger et combattre, sans risquer de blesser quelqu'un, on pourrait en faire un objet religieux, plutôt que militaire. »

La religieuse raisonnait à voix haute, pour que l’artisan puisse tout entendre.

« Dans ce sens, je ne vois que les kagura suzu, en objet métallique. Crois-tu pouvoir changer cette lame en ce genre d’objet ? »


Il existait plusieurs types de métaux, elle ne savait pas ce qui composait une lame de sabre, et ce que comportait les clochettes. Elle était totalement ignorante dans ce domaine, heureusement Kanzen allait vite pouvoir lui dire ce qu’il était possible de faire ou non.



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Dernière édition par Kenshu Miwako le Sam 18 Juin - 3:01, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [PV] Fusion de l'esprit et de l'acier Lun 6 Juin - 12:03

Sans trembler ni craindre quoique ce soit, il irradiait simplement de toute la lumière que son interlocutrice engendrait petit à petit en lui, son expression n'évoquant que le début d'une tendresse qu'il n'avait plus ressenti depuis bien longtemps. Les Gardiens les avaient laissés face à face sans qu'il ne s'en aperçu, concentré sur les traits émus de la jeune femme en réaction à ses propos précédents.

Quelque chose venait de changer ou d'évoluer plus vite qu'il ne l'aurait cru possible entre eux lorsqu'il se focalisa sur les réponses de l'héritière des Abe No. Couplé à cela le tutoiement qu'elle avait instauré et tout cela ressemblait à s'y méprendre à l'ouverture d'une sorte d'attachement subit. Oh, il lui avait trouvé un charme indéniable dès les premiers instants et elle l'intriguait au plus haut point, il savait lui-même avoir été très vite dans sa façon de s'exprimer vis à vis d'elle, comme si tout cela lui était naturellement venu.

En temps normal, il se serait alarmé, aurait exprimé un certain détachement afin de calmer les mœurs, mais bien loin de lui cette idée tandis qu'elle réagissait à son serment. Au contraire, à l'instant même où le un voile sombre passa sur le regard de l'onmyouji qui lui interdisait de mourir pour elle, attestant par là l'importance qu'il avait déjà pour elle, acquise en si peu de temps pourtant, il aurait voulu lui prendre la main et lui jurer que sa vie a elle lui était bien plus importante que la sienne.

N'était-il pas un humble otage que l'on gratifiait de rang de noblesse militaire pour l'assagir et le maintenir fidèle aux foudres ? Elle était bien plus précieuse que lui, cela ne lui laissait aucun doute. Mais renchérir sur ce fait n'aurait que provoqué une plus grande tristesse, ce dont il avait promis l'en préserver. Aussi se tut-t-il et retint-il son geste. Il écarquilla les yeux lorsqu'elle osa le geste si intime de venir poser sa main sur le cœur de l'ancien Kuge des glaces tout en fermant ses paupières pour mieux le ressentir.

Ce fut le premier mensonge qu'il lui fit alors, car elle lui annonça qu'il lui fallait être honnête et sincère à son égard et ce qui suivit fut d'autant plus fort encore. Il brûlait de lui prendre cette main, de briser totalement cette si légère distance et de lui offrir un instant ses lèvres afin qu'elle situe bien les désirs qu'il entretenait au moment où elle lui invitait à les exprimer.

Elle rouvrit les yeux qu'il trouva soudain plus beaux que la veille et dans lesquels il se serait plongé avec ravissement, mais en son fort intérieur, toutes ces pensées et cette faim qui apparaissaient en lui ne pouvait pas lui être révélées. Tout sa maîtrise sur ses propres expressions suffirait à donner le change d'un homme contenu et chaleureux, car il ne souhaitait en aucun cas faire fuir la belle en lui annonçant la teneur des aspirations dont elle le nourrissait sans le savoir. Il répondit ainsi à sa question, d'une voix dépourvue des accrocs de l'hésitation et pleine de douceur :

Soit, je ferais au mieux de mes capacités pour répondre à tes attentes, Miwako-chan.

Satisfaite, elle se sépara de son contact, occasionnant par là une légère déception qui ne marqua pas les traits du crin-blanc, ce dernier loin de se faire la moindre illusion sur la différence d'intensité de leurs sentiments respectifs. Le sujet dériva alors sur le centre des raisons qui avaient provoqués la venu de la prêtresse en ces murs, ramenant quelque peu le forgeron sur terre, bien que son esprit restait en grande partie focalisé sur elle plus que sur l'arme défunte.

Une partie de son être s'amusa à cela, car en un temps, une telle lame aurait évincée n'importe qu'elle femme au centre de ses priorités, mais depuis la première seconde de leur rencontre, le sang pur des Fukyuu avait bien compris qu'elle était bien loin de toute celles qu'il avait pu croiser en Kenshu. Il écouta sa vis à vis avec passion, bercé par la musique de son ton plus que par le sens de ses mots, mais il n'en ignora pas un seul malgré tout.

À la différence de Kanzen, l'attention de la jeune femme s'était bel et bien focalisée sur la lame brisée dont elle effleurait la saya. Elle s'ouvrit alors à voix haute sur son souhait de voir Zatoishi devenir autre chose que ce qu'il fut. À nouveau, les prunelles de l'épéiste s'ouvrirent en grand de surprise lorsque lui fut révélée la nature du souhait de la disciple du tonnerre, si tant qu'il en oublia presque instantanément son envie d'être au plus prêt d'elle.

Il s'assit en tailleur soudainement et plaqua sa main sur son visage, les iris concentré sur une image que son esprit lui projetait, déjà en train d'assembler les morceaux de métal entre eux pour donner naissance à ce qui lui était demandé. Tout comme elle l'avait fait à son égard, il se mis à penser tout haut à son tour :

Un Kagura suzu… Je n'ai jamais imaginé forger un tel objet de ma vie… D'autant moins depuis les restes d'un sabre de maître. Il faudra que je fasse subir un oroshigane bien différent de mes habitudes… Le tsumikawashi est-il semblable ? Je suppose que le processus sera identique jusqu'au shita gitae… Il me faudra une grande quantité de satetsu si je veux…

Il leva les yeux vers Miwako, persuadé qu'il devait l'indisposer en usant de ses termes barbares. Ce devait être pareil à ce qu'elle ferait sur lui en parlant des différentes étapes de la purification d'un lieu maudit. Mais alors même qu'il imagina cela et manqua d'en rire, il fut frappé d'un éclair de lucidité qu'il partagea immédiatement :

… Purifier ! N'est ce pas là ta spécialité, Miwako-chan ? Par les kamis… Bien entendu que cette lame pourrait devenir ce que tu me demande. Sa conception m'est inconnue pour le moment, il me faut un kagura suzu pour comprendre sa fabrication. Je ferais quelques essais. Il me faudra plus de sate… De sable de fer fin et de gravier de cette même matière que d'habitude. J'irais en Ariake quelques jours, le temps que tu t'installes ici, pour trouver ce qui viendra compléter le substrat issu de la fonte de cette épée défunte.

Il reparu se plonger dans les tréfonds de son esprit, marmonnant plus qu'il ne prononça réellement :

Tu pourrais intervenir lors de l'oroshigane… Lorsque je préparerais l'acier, que je le purifierais afin d'obtenir le bon niveau de résistance… Cela m’apparaît comme le moment propice, c'est là que l'esprit de l'objet prend forme et naît avant que je ne lui offre le corps désiré.

Porté par l’excitation de sa création mentale, il se leva, porta ses mains sous le visage de la prêtresse et lui embrassa le front en riant. Il se détourna alors, l'ambre de son regard au plafond, ses dents révélées par sa passion génératrice. Mais Kanzen prit soudainement conscience du geste qu'il venait d'avoir sans arrière pensés pourtant, fit volte face, désolé :

Ah ! Sumimasen ! Je me suis laissé emporter ! C'était un acte malheureux et je ne voulais pas t'indisposer !

Il aurait voulu lui promettre que cela ne se reproduirait plus, qu'il ferait attention désormais. Mais il savait qu'il s'agirait là d'un mensonge et il trouvait lui en avoir bien assez fait. Son seul regret à cet instant tenait sur le fait qu'il eut goûté la peau de la jeune femme dans sa fougue d'artisan… Et de ne pas se souvenir de ce goût, trop porté par l'ardeur constructrice. L'enfant d'Itegami se frotta l'arrière du crâne, légèrement gêné, puis il reprit son aplomb, posant ses poings sur ses hanches avant d'ajouter, son sourire illuminant ses traits :

Bien… Je partirais demain matin pour Ariake, comme je le disais. Souhaites tu faire le tour de cette demeure qui sera tienne pour les prochaines semaines, Miwako-chan ?
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MessageSujet: Re: [PV] Fusion de l'esprit et de l'acier Lun 20 Juin - 2:22

Un grand et tendre sourire éclaira le visage de la demoiselle, lorsque l’otage des foudres lui promit de faire au mieux. Miwako n’était définitivement pas assez aguerrit pour voir au travers du masque que s’imposait l’ancien kuges des glaces.  La jeune femme n’était cependant pas totalement innocente. Elle avait repris plus de la distance, pour couper court à une envie malvenue, celle de vouloir poser ses lèvres sur celles de l’homme en face. Elle ne pouvait laisser cet attrait la guider et lui faire commettre un acte irréparable, le katana lui offrit une excellente porte de sortie. Un élément pour capter son intention et sa concentration, afin de faire passer au second plan un désir qu’elle s’interdirait de satisfaire.

Son complice de la reconstruction de zatoishi paru d’abord surpris par sa proposition, puis entra dans ses pensées. Miwako fut un peu perdu devant tous les termes employés par le forgeron. Elle ne comprenait pas la moitié des mots qu’il utilisait. La religieuse supposa devant tant d’enthousiasme que la réponse à sa question devait être un oui. Il devait pouvoir le faire, puisque Kanzen était déjà mentalement en train de se préparer. Un sourire naquit devant l’artisan qui se laissait gagner par sa passion.

L’onmyouji aurait voulu rectifier sur la purification, mais le chien blanc ne lui en laissa pas le temps. La demoiselle ne s’en formalisa pas. Elle pourrait lui expliquer les choses de manière plus précise plus tard. La jeune femme ne voulait pas casser l’élan de son interlocuteur, elle le trouvait mignon à s’animer de la sorte. Elle se dirigea alors vers le thé auquel il n’avait pas réellement touché. Heureusement que la théière  en fonte l’avait conservé chaud.
Elle allait la saisir lorsque le bushi se leva pour se diriger vers elle. Intriguée, elle suspendit son geste, avant de se retrouver totalement figée. Miwako ne comprit pas tout de suite ce qu’il s’était passé. Le geste du kuge avait été tellement surprenant et rapide, que le cerveau de la demoiselle laissa l’espace d’un instant un petit blanc. Les paupières de la jeune femme se fermèrent à plusieurs reprises, alors que la religieuse percutait la scène, sans savoir comment réagir.
Heureusement, le Taii des tigres sembla s’apercevoir de son erreur. L’onmyouji ne put s’empêcher de rire devant la mine déconfite de son camarade. C’était étrange, elle ne le connaissait que depuis quelques minutes, mais devant une telle expression, elle ne pouvait penser qu’à une phrase : c’est Kanzen-kun tout craché. Elle ne pouvait pas être en colère contre lui, ni lui en vouloir. Il s’était laissé embarquer par ses sentiments, sa joie de vivre et son empathie. Trois qualités qu’elle aimait chez lui.

Une fois son plan de bataille préparé, il lui proposa un tour.

« Volontiers, mais je compte bien profiter du thé que tu m’as offert avant de faire un tour. Ce serait dommage de le gâcher et qu’il refroidisse. »


Lui répondit la demoiselle en souriant. Elle l’invita d’un geste de la main à prendre place en face d’elle et le guerrier s’installa volontiers. Heureusement que les servantes n’avaient pas remplis les tasses, l’onmyouji saisit la théière pour remplir la tasse de son hôte.  Ce fut à ce moment-là que deux ivrognes décidèrent d’en venir aux mains, à force de grands cris. Miwako sursauta sous la surprise de ces sons violents et inattendus, le récipient contenant le liquide chaud en profita pour lui échapper des mains et se déverser sur le bushi.
L’onmyouji parvint à ressaisir l’objet pour le poser sur la table et cria à l’adresse des servantes

« De l’eau froide et du tissu, vite ! »

Elle se précipita vers l’ancien kuge, pour écarter les pans de vêtement imbibés de la peau. Il ne fallait pas que ces tissus aggravent les brûlures.  En écartant ainsi le kimono, la jeune femme déshabillait Kanzen, qui se trouvait à présent quasiment torse nu. Ce n’était d’ailleurs pas une vision désagréable, mais cette information passa au second plan dans l’esprit de la demoiselle. Elle cherchait les différentes zones qui avaient été brûlées.

« Où as-tu mal kanzen-kun ? »

Lui demanda-t-elle, tout en continuant son analyse. La jeune femme ne souhaitait pas poursuivre ses investigations plus bas. Elle préférait demander, ils étaient déjà dans une position suffisamment ambiguë. La demoiselle se retrouvait tout de même penchée sur un homme quasiment à demi nu et cette situation pouvait prêter à bien des spéculations. Elle trouva plusieurs zones rougis par la boisson. Il fallait appliquer quelques choses de frais à ces endroits.
Les servantes arrivèrent dans la salle et furent plus qu’étonnées de retrouver leur maître dans une telle position avec l’héritière des Abe no.  Elles hésitèrent même à sortir, mais la voix de l’onmyouji les stoppa net.

« Mettez les linges dans l’eau que je les applique sur ses brûlures. »

Face à l’ordre clair et explicite de l’invitée, les arrivantes s’exécutèrent rapidement. Elles ne comprenaient pas toute la situation, mais étaient certaine à présent de ne pas être arrivé à un moment inopportun. Une des deux ne put s’empêcher de rougir tout de même, devant cette scène équivoque et face à la nudité partielle de son maître. Kanzen était un sujet de conversation récurant parmi les jeunes femmes de la maisonnée, ravie de servir quelqu’un d’aussi beau.

« Allez préparer une autre tenue, qu’il puisse se changer. »

Aussitôt dit, aussitôt exécuté.  L’otage de Kenshu pouvait être fier de leur promptitude d’exécution.  
Miwako pris le linge pour l’appliquer doucement sur une des zones partiellement brûlée. Elle soupira de soulagement, il n’y avait là rien de grave. Elle passa doucement et avec attention ce linge, pour soulager le guerrier. Le sentiment d’urgence passé, la jeune femme commençait à se rendre compte de la perfection du corps de son interlocuteur. L’ancien kuge avait beau être particulièrement grand, il était loin d’être fin. La forge, ainsi que ses exercices aux sabres avaient sculpté son torse.
La religieuse s’aperçut qu’elle notait à présent ces détails A quoi pouvait-elle bien penser, alors qu’elle l’avait blessé ! Miwako se sermonna intérieurement, elle devrait avoir honte d’elle, pour avoir si peu de maîtrise. La demoiselle leva le nez vers le visage de son interlocuteur, pour s’empêcher de divaguer. Elle avait aussi des excuses à présenter pour sa gaffe.

« Je suis désolée Kanzen-kun. »

Dit-elle sincèrement, se sentant gourde pour l’incident et ses conséquences. Elle se détourna pour replonger ses mains dans le baquet d’eau, afin refroidir le linge. La jeune femme le posa délicatement sur une seconde brûlure, plus haute sur le torse du bushi.  Elle le fixa à nouveau, sans tenir compte de la proximité de leurs visages, décidée à ne se concentrer que sur le bien-être de son patient provisoire.

« Ça te soulage ? Veux-tu que je passe le linge à un autre endroit ? »



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MessageSujet: Re: [PV] Fusion de l'esprit et de l'acier Ven 1 Juil - 10:54

Il ne s'était pas emporté uniquement dans ses actes, mais aussi dans ses mots. Utiliser un vocabulaire propre et cru à son art face à elle était aussi incongru que le fait qu'elle puisse vouloir lui décrire un rituel sans lui expliquer la signification des mots et des gestes qu'elle emploierait. Même ainsi, il doutait que cela pourrait suffire, ils étaient tout deux des experts dans des matières si éloignées l'une de l'autre qu'aucun point de comparaison n'était possible pour faciliter la compréhension qu'ils pourraient avoir du savoir-faire de leur interlocuteur.

Néanmoins, il n'était pas désespéré le moins du monde de pouvoir lui exprimer chaque étape en des termes plus aisés, elle lui apparaissait d'une vivacité d'esprit qui rendrait la chose parfaitement confortable et quelque part en lui, cette idée l'enchantait outre mesure. Le rire qu'elle lui opposa alors qu'il s'était confondu en excuses après son embrassade malheureuse fut tel un souffle clair et frais qu'elle passa sur ses inquiétudes, non pas qu'elle lui montra par là un désir de jouer à un jeu plus sérieux que cela, mais simplement qu'elle acceptait sa façon d'être, qu'il savait parfois exubérante.

Kanzen acquiesça dans un sourire enfantin la volonté que Miwako exprima de déguster le thé qu'il lui avait fait porter et dont ils avaient tout deux déjà fait un sort à une première tasse. Il se réinstalla face à elle, obéissant joyeusement à l'invitation qui lui était faite, jambes croisées pour éviter de la surplomber de haut en seiza, sa taille ne se prêtant pas à cette position. L'artisan s'amusa de la voir prendre les devants de ses propres servante, non pas que ce fut là son rôle en tant qu'invité, en entreprenant de les servir tout deux.

L'étiquette était une chose certes importante, mais que l'héritière des Abe No la brise dans sa propre demeure ne l'offusqua en rien, bien au contraire. La familiarité qui se créait délicatement et subitement à la fois entre eux n'avait véritablement rien pour lui déplaire. C'est alors que, bien au-delà des murs de la propriété, les rues de Raimei s'animèrent des joies incontrôlées de deux éméchées braillards se jetant des noms d'oiseaux au visage en vociférant soudainement.

Habitué des humeurs de la cité touristique, le crin-blanc ne s'en formalisa pas et il en aurait fallu bien plus pour que ses prunelles ambrées ne se détachent des traits de plus en plus appréciés de sa convive. Cette dernière néanmoins, eut un sursaut de stupeur à l'entente de ces expressions si immédiates qu'elle en eu la maladresse de laisser s'échapper le contenant fumant du breuvage dont elle s'était apprêtée de remplir un bol à son intention.

L'intégralité du liquide bouillant s'étala sur lui dans l'instant suivant, la surprise et la douleur brutale ressenti lui coupant tant le souffle qu'aucun cri ne passa ses lèvres entrouvertes. Il eut voulu se recroqueviller sur lui-même pour étouffer ce mal, mais la prêtresse, appelant déjà à l'aide, s'était jetée sur lui pour lui porter secours. La promptitude de ses mouvements et ce qu'elle fit anesthésia automatiquement le kuge qui ne voyait plus que la distance inexistante qui subsistait entre eux.

Elle s'agitait, le libérant du haut de sa tenue imbibé de boisson brûlante, le contact précipité des doigts de la jeune femme sur son torse dans une première étude de ses blessures participant à atténuer définitivement toute trace de martyre. Elle le chevauchait presque à présente, bien évidement désintéressée, mais il n'était plus possible pour le bretteur d'ignorer cette proximité imposée.

En vérité, pour rien au monde le sang pur des neiges n'aurait souhaité répondre à la question qu'elle lui posa quant aux lieux de ses blessures, si il lui avait été possible de le faire dans l'état de félicité dans lequel il se trouvait. Elle prenait la chose très au sérieux, ne laissant rien aux suivantes de la maison dont cela aurait à nouveau été le rôle.

L'onmyouji s'était appropriée le bushi sans que cela ne gêne personne, mis à part cette dernière qui faisait passer son inconfort vis à vis de sa position évocatrice au second plan, la rendant d'autant plus attirante dans cette inquiétude qui transparaissait sur les lignes de son faciès, au regard du maître de maison.

Toutes papillonnaient autour de lui, suivant les instructions de la religieuse itinérante, de jolies demoiselles dont le clan du Tigre avait offert les services à l'otage accueilli comme un seigneur dans son domaine. Mais il n'était plus qu'une seule fleur que ce jardin lui exposait sur laquelle il posait ses iris. Malgré tout ce qu'il avait pu dire, elle exerçait sur lui un attrait inexpliqué ou du moins, qu'il n'avait pas ressenti depuis des années.

La douceur qu'elle révélait par les soins qu'elle appliquait avec précision et efficacité ne manqua pas de s'ajouter au tableau déjà sublime qu'elle représentait et lui dévoilait peu à peu. De si près, il goûtait silencieusement au délice de se perdre dans la profondeur obscure des prunelles de son hôte, de l'éclat de sa peau trahissant des jours de marche à la lueur de Dame Soleil et qui ne faisait que la rendre plus précieuse encore à ses yeux.

Il devinait la finesse de son corps souligné par les vêtements de voyage, plus léger et plus pratique qu'un kimono pour les longues distances. Philanthrope et empathique, il ne manqua pas le moindre geste ni expression qu'elle eut, lorsqu'elle appliquait les linges mouillés d'eau froide afin de le soulager de choses qu'il ne sentait même plus, tant elle l'obnubilait. Tout comme elle le captivait, elle cacha mal l'intérêt qu'elle porta à la plastique du samouraï.

Il s'oublia dans le son d'une voix qu'il avait entendu sans se formaliser jusque là lorsqu'elle s'excusa pour l'incident, ne lui répondant alors que par un sourire des plus évocateurs. Il aurait été aveugle de ne pas voir qu'il lui plaisait malgré toute la concentration qu'elle tentait d'avoir dans son entreprise de réparation de sa maladresse. Le fait était parfaitement réciproque, peut être même plus, car jusque là, il n'avait rien caché ou presque de l'émoi qu'il ressentait à son égard.

Elle lui avait demandé d'être sincère avec elle après tout… Et leur désir lui apparurent concorder au moment même où elle lui posa son ultime question. Que les choses aient pu se passer aussi vite ne l'étonnèrent en rien, ce n'était pas la première fois qu'il vibrait si instantanément face à un être, le précédant remontant à la fin de sa vie en Fukyuu. Et puisque cela semblait partagé, rien ne retint sa main de répondre à la place de sa voix à l'interrogation de l'onmyouji, tandis qu'elle alla se poser sur la joue de cette dernière. Que ses domestiques assistent à cela ne lui importait aucunement.

Il apposa ses lèvres sur celles, si proche alors, de son interlocutrice, goûtant enfin à ce met qu'il avait tant désiré dès l'instant où elle était apparue face à lui. Tout en l'embrassant, il l'attrapa doucement par l'épaule de sa main libre et se redressa en attirant la prêtresse contre lui. Dès ce contact établi, il fut certain qu'elle fut en phase d'incarner un tout auquel il avait aspiré toute sa vie et qu'aucun événement ne pourrait lui arracher cette fois ci.
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MessageSujet: Re: [PV] Fusion de l'esprit et de l'acier Sam 16 Juil - 16:08

Miwako fut surprise par le contact de la main de Kanzen-kun. Un geste étonnant, mais chaleureux, doux. La jeune femme ne bougea pas alors que son cœur s’accélérait, devinant le prochain mouvement, mais n’acceptant pas complètement d’y croire.  Comment un tel homme pourrait s’intéressé à une femme comme elle ?
Délicatement, les lèvres du bushi se posèrent sur les siennes. La religieuse aurait dû s’y soustraire, son cerveau le lui hurlait probablement, mais il était court-circuité par les sentiments, plus rapides et forts. Elle n’avait pas envie de se soustraire à cette étreinte et ses promesses. La demoiselle se laissa allé contre le torse du sang pur des glaces, le désir la dirigeant alors bien plus que la pensé. Le tendre baiser se prolongeait pour le plus grand plaisir des deux protagonistes.

Une voix vint tout briser, une annonce qui ramena la raison sur le devant de la scène. Les servantes s’annonçaient pour rentrer. Aussitôt, les membres de Miwako se crispèrent et elle prit appui sur l’homme, pour se détacher de son étreinte. Que faisait-elle !

La religieuse troublée n’osa même pas regarder Kanzen. Elle sortit rapidement de la salle d’une démarche raide, les yeux rivés sur les tatamis.  Les deux servantes qui avaient ouvert la porte se regardèrent gênées. Elles avaient bien interrompu quelque chose cette fois-ci. Il n’y avait plus guère de doute et elles se retrouvèrent paralysées à l’entrée, ne sachant que faire. C’est alors que Yoko arriva et leur ordonna de laisser les affaires pour que le jeune maître puisse se changer et de fermer la porte, pour qu’il puisse avoir l’intimité nécessaire.
La bienséance aurait voulu que l’artisan quitte la pièce pour se changer, mais son invitée était déjà sortie. En vérité, elle n’était pas allée bien loin, puisque Miwako était assise dans le couloir, dos à la salle où se tenait le renard venu des neiges. La religieuse n’était pas chez elle et une fois le pied en dehors, elle n’avait su où aller. La dirigeante des gens de la maison, une fois les cloisons closes, proposa à la futur chef des Abe no de gagner une autre salle pour attendre.  Une invitation que la religieuse refusa à la surprise de Yoko. La dame laissa alors l’invitée seule dans le couloir, hochant la tête lorsqu’elle fut hors de portée de la noblesse. Qu’avait fait leur garnement de maître ?

La jeune femme assise était légèrement recroquevillée sur elle-même. Elle se sermonnait pour s’être allait ainsi. Ce n’était pas la première fois que la religieuse laissait le désir la commander, mais elle ne pouvait pas se permettre une telle chose maintenant. Ils se seraient rencontrés sur les routes, l’onmyouji aurait pu céder une nuit, pour ne plus le revoir après. Ce n’était pas possible dans leur situation présente. Ils devaient travailler ensemble, la demoiselle devrait vivre avec lui pendant des semaines, des mois si cela s’avérait nécessaire. Le danger était là, car l’homme avait bien des qualités pour transporter les cœurs. Chaleureux, doux, souriant, attentif, empathique, charismatique, en quelques heures de discussions, Miwako pouvait énumérer bien des qualités pour Kanzen-kun. Des charmes qui avaient opéré assez vite sur la gardienne des Kirins. Des vertus qui pouvaient la faire tomber amoureuse et ce d’autant plus facilement s’ils écoutaient leur penchant sensuel.  Miwako ne devait pas succomber à un tel sentiment.
L’amour lui était interdit car il compliquerait sensiblement son devoir. L’onmyouji avait des responsabilités vis-à-vis des siens et en tant que femme, celui du mariage et d’enfanter. En tant que chef, il était d’autant plus important qu’elle perpétue leur nom et ceux sans la moindre trace de doute. Il ne fallait pas qu’elle complique la tâche avec ses sentiments, secondaire face aux besoins de sa famille.

La religieuse redressa les épaules, ferma les yeux et prit une grande inspiration pour se calmer. Elle connaissait la ligne rouge à ne pas franchir. Le cœur était encore confus, battait encore la chamade lorsqu’elle repensait aux lèvres du bushi sur les siennes. L’onmyouji ne doutait pas que cette image la bouleverserait encore quelque temps, mais ça lui apprendrait à être plus attentive.  Plus vigilante sur ses désirs, pour ne plus les laissaient s’exprimer et prendre le risque de tous casser.

« Je suis désolée Kanzen-kun. »


Désolée pour son attitude peut être ambiguë, pour ne pas l’avoir arrêté plus tôt, pour avoir interrompu cet instant. Dans la voix douce de la demoiselle, il y avait une pointe de tristesse au milieu du doute et des contradictions entre la raison et le coeur. Elle parlait assez fort, pour être certaine d’être entendu par l’homme derrière le mur de papier.

« Mais nous ne devons pas. »


Pas recommencer, pas aller plus loin ou je devrais disparaitre. Mais ça elle ne parvint pas à prononcer ces mots, car l’image lui faisait mal. L’onmyouji ne voulait pas de cette fin. C’était cependant ce qui arriverait si jamais un tel incident devait se reproduire, il n’y avait aucun doute à avoir là-dessus.



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Taii

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MessageSujet: Re: [PV] Fusion de l'esprit et de l'acier Lun 1 Aoû - 15:45

Il fut un instant où tout parut simple, à l'image de cette rencontre et des événements qui avaient conduits à ce moment où ils se goûtaient l'un l'autre. Passée la surprise qu'elle avait du ressentir face à son audace, elle se laissait aller à lui, si bien qu'encouragé, il resserra son étreinte sur elle, curieux de cette flamme qui s'était mise à briller en lui si vite, quand bien même n'en était-elle qu'à son éveille.

À respirer son odeur, si proche, se perdant dans cette douceur que lui rendaient les lèvres de celle qui avait pourtant fait irruption dans son existence une poignée d'heures plus tôt, il ne s'imaginaient plus aucun doute possible quant aux deux mois qui suivraient, très certain qu'ils venaient de trouver ensemble la meilleure façon de se connaître.

Puis tout se brisa, plus vite encore que cela avait été crée alors que, prise d'un soudain élan, l'héritière des Abe no rompit leur échange, s'écartant de lui violemment en s'arrachant à l'étau délicat des bras du bushi. Écarquillant ses yeux de stupeur, persuadé qu'il eut mal procédé et qu'elle n'eut pas apprécié comme lui ce qui venait de se produire.

Elle s'échappa littéralement, le visage contrit d'un sentiment indéfinissable sans même croiser son regard, le laissant coi et terrifié, il se leva subitement pour partir à sa poursuite et en quête de compréhension, prêt à se répandre en excuses si la faute était sienne, ce dont il était certain de toute façon, puisque jusqu'à cette initiative malheureuse, tout s'était merveilleusement déroulé entre eux. Le crin-blanc ne fut arrêté dans son entreprise que parce que sa suivante fit irruption, un change lui étant dédié entre les bras.

Bientôt laissé seul bien contre son gré, sa frustration grandit en colère dont il fut l'unique cible, se changeant plus mécaniquement que consciencieusement, ses traits tirés où le choc avait laissé place à une mine contrite. D'un couloir adjacent à la sortie par laquelle était passée la fuyarde, Yoko revint auprès de son seigneur, prête à la fustiger pour le comportement qui avait fatalement du être le sien et conduit à cette situation.

Mais sitôt le vit elle, les poings serrés à s'en faire blanchir les phalanges, interdite face au masque impossible pour l'homme qu'il était et qu'il arborait pourtant qu'elle stoppa nette sa venue, barrant sa bouche ouverte d'une main protectrice dans un geste presque infantile. Car si la chaleur émanant du guerrier-forgeron ne pouvait guère laisser indifférent même le plus froid des individus, l'expression diamétralement opposée à ce que son visage montrait habituellement et qui s'était peinte sur ce dernier rappelait de façon criante ses origines et celles de son sang tiré des plus hauts sommets de Yama.

L'ambivalence extrême du bonheur de l'infime union partagée et de la rancœur d'avoir vu celui-ci brisé bouillonnait en lui de telle façon qu'il lui était insurmontable de choisir une marche à suivre, une attitude à adopter. Son salut vint ironiquement des excuses à travers le mur les séparant, lorsque la voix défaite, mais à jamais mélodieuse à ses sens, de Miwako émergea enfin. Il se concentra sur cette courte phrase, porteuse de cet étrange surnom affectif qu'elle lui avait donné, lui assurant de façon muette qu'elle ne s'aliénait pas à lui.

Le forgeron philanthrope disséqua les intonations portées par les quelques mots qu'elle venait de prononcer, décelant chacune des nuances ou presque que la prêtresse laissait s'échapper. L'interdiction fut donnée, comme si l'erreur incombait aux deux parties, mais l'artisan ne se sentit pas concerné par ce fait, ne regrettant en aucun cas son acte, il n'en comprenait pas moins pourtant les sentiments de la jeune femme.

Alors fit-il coulisser le panneau donnant sur la voie où elle se cachait de lui et se campa t-il face à elle, la surplombant de toute sa taille alors qu'elle se trouvait encore assise au sol. Il ne lui laissa pas le temps de se relever, s'accroupissant à sa hauteur, ses mains nonchalamment posées sur ses genoux dans un premier temps, avançant de façon espiègle ses traits vers ceux de celle qu'il ne regarderait plus jamais de la même façon, son sourire revenu sur ceux-ci.

Acculée ainsi, elle ne pourrait se dérober à aucune attention, aussi leva-t-il son bras droit vers elle, passant la pointe de ses doigts sur la joue opposée de l'onmyouji. Enfin, il répondit, son propre accent n'apparaissant pas affecté le moins du monde par la situation, son timbre plus doux encore que l'instant précédent l'accident qui avait eu lieu :

Soit, Miwako-chan. Si tu le dis. Ne sois cependant pas désolée, car je ne le suis pas. Mais je prendrais garde à ne pas succomber à ce que mon cœur m'ordonne, sans pour autant tarir sa flamme naissante. Pourrais-tu te relever et sourire, si cela se peut encore ? Je n'aimerais pas donner une bonne raison à tes gardiens de leur laisser penser que j'ai d'ores et déjà brisé ma promesse de ne pas porter sur toi peine et malheur.

Je n'aurais pas dû, je l'avais dis pourtant, t'imposer une de mes attentes à ton égard, cet accident ne se répétera plus. Soit assurée, enfant des Abe no, que celui des Fukyuu ne se montrera plus aussi entreprenant que ce jour.


Il se releva, la douceur de ses lignes simplement dévouées à son interlocutrice. Puis, ses antérieurs sur les hanches, il ajouta joyeusement :

Passons ce cap, veux-tu ? Ne prend pas ombrage et j'en ferais autant. N'allons pas débuter une cohabitation de plus de soixante jours au moins sous de tristes auspices tout de même ! Prends tes quartiers, mets toi à ton aise, cette demeure est tienne à présent.

Mon voyage pour Ariake durera probablement une petite semaine, tu pourras ainsi prendre tes marques à ta guise et faire la connaissance de mon personnel dont je sais qu'il sera aussi bienveillant à ton égard qu'au mien. En attendant, nous nous retrouverons pour le dîner, je m'en vais ranger mon atelier et le préparer pour l'expression qui sera la mienne dès mon retour.


Sur ces mots, il fit demi-tour et disparu parmi les couloirs de sa maisonnée, remettant toute réponse et remarque au repas dont il venait de parler. Bien plus loin, isolé derrière la porte à battant de sa forge, son masque tomba tandis qu'il réorganisa par pur caprice ses outils, ses mouvements de plus en plus frénétiques. Sa main se ferma sur un tisonnier alors qu'il se trouva au pinacle de son sentiment véritable, si bien qu'il le jeta contre le mur opposé, voyant en ce dernier son propre visage.
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MessageSujet: Re: [PV] Fusion de l'esprit et de l'acier Mar 24 Jan - 0:11

Miwako tentait encore de se calmer. Ses quelques paroles ne l’avaient pas réellement aidé à retrouver son calme, ni à mettre les choses à plat entre son cœur et sa raison. Le visage, encore cramoisi de la demoiselle révélait d’ailleurs toujours son trouble, alors que son interlocuteur ouvrit la porte.  Le noble Fukyuu ne lui laissa pas même le temps de se lever, ni même de se sauver.  Kanzen-kun se mit à sa hauteur et approcha son visage, avec une mine espiègle. Comment pouvait-il être si calme alors qu’elle avait du mal à présent à le regarder dans les yeux ? Pourquoi un air si joueur, était-ce pour lui de simple frivolité ?
Lorsque les doigts de l’homme la frôlèrent, le rouge des joues monta jusqu’aux oreilles et l’onmyouji se crispa davantage.  Le baiser était encore trop fait, le désir trop présent pour qu’elle baisse sa garde face à ce tendre geste. Si elle ne faisait pas attention, elle pouvait se retrouver bien vite dans une situation aussi gênante que précédemment. Non malgré le visage malicieux, le samouraï face à elle ne prenait pas la situation à la légère.  Ce simple et doux geste l’avait amené à poser ses yeux dans ceux de son interlocuteur. Elle ne pouvait plus fuir son regard, ce qu’il avait à dire était trop important. Il avait peut-être agi de cette façon pour être certain d’être bien compris et d’avoir toute son attention.

La tension présente dans les muscles de la demoiselle se dissipa alors que le forgeron lui promettait de ne plus recommencer. Miwako croyait les mots du bushi, aucun militaire ne se permettait de faire des promesses en l’air. Ne pas croire aux mots d’un guerrier était même une insulte envers ces derniers, mais plus que la raison sociale, la demoiselle faisait confiance en Kanzen. Elle était elle-même surprise de la vitesse à laquelle il l’avait gagné.
Elle nota également les sentiments du descendant des montagnes : une flamme naissante. Une part de son cœur semblait trouver quelques joies à une telle annonce, un soulagement de voir des sentiments plus sérieux mais la jeune femme enferma bien vite ces potentiels troubles. Ils n’avaient pas leurs places dans leur relation et elle ne devait jamais oublier la sienne.
Miwako en tant que personne ne valait rien face à sa famille, face aux devoirs des Abe no et aux obligations qui accompagneraient sa prise en fonction. Elle ne devait jamais oublier qu’elle n’était pas importante, il n’y avait que sa fonction qui l’était.  Kanzen-kun serait un allié pour reforger une nouvelle âme. Elle savait qu’il deviendrait un ami précieux et irremplaçable. Il n’y avait pas d’autre possibilité, il n’y avait pas d’autre place que celle-là et elle ne pouvait offrir une autre forme d’affection que de l’amitié. Tout cela, toutes ces possibilités, elle ne voulait pas les gâcher.

Le fils des neiges ne lui laissa pas la parole, puisqu’il finit sur un ton plus léger avant qu’ils ne se séparent brutalement. Elle ne s’était toujours pas relevée. Il avait probablement raison, pour passer cet incident, pour avancer dans la bonne direction, il faudrait passer outre. La religieuse se mordit les lèvres. Elle devrait retrouver son calme d’ici ce soir, ne plus être autant affecté par son interlocuteur. Cela allait être difficile dans un premier temps, Kanzen-kun avait une telle prestance, mais elle devait avoir confiance en elle, en sa détermination pour garde le cap. Et s’il y avait bien une ressource dont elle semblait disposer tout particulièrement, c’était bien cette dernière.

Yoko arriva peu de temps après le départ du maître des lieux pour annoncer que la chambre était prête. La futur chef des Abe no la suivit jusqu’à la chambre assez spacieuse et qui donnait directement vers l’extérieur.  La religieuse fut surprise que la dirigeante des servantes ait pensé à ce détail spécifique. Pour pratiquer son art, Miwako avait besoin de pouvoir voir les étoiles et ce besoin n’était pas forcement connu de tous. Le Daimyo avait fourni à son otage une femme avec une compétence certaine, pour qu’elle puisse connaitre des détails aussi importants sur les invités de marque de son hôte. Elle venait à l’instant de porter un tel préjudice à la notoriété de sa famille avec son comportement. La demoiselle cacha son visage sous ses mains, elle avait honte.  Les Abe no était réputé dans tous le clan de la foudre, avec leur tradition séculaire, ils avaient même une petite réputation au sein de tous les clans via leur pèlerinage et leurs contacts. Comment avait-elle pu les trahir ainsi.

« La chambre est parfaite. Pendant l’absence de Kanzen-kun j’irais cependant chercher quelques affaires dont je vais avoir besoin pour le temps que je vais passer ici. »

Fit doucement la demoiselle à l’adresse de la servante en relevant les yeux sur la chambre à l’ambiance douce, aux couleurs tendres et chaleureuses.

« Mon père m’obligera à prendre un servant probablement, ne serait-ce que pour me garder à l’œil. Je le mettrais sous vos ordres dès son arrivé. »

Car une jeune femme ne pouvait loger pendant plusieurs mois chez un homme sans une sorte de chaperon, pour assurer à tous que l’honneur était bien sauf.  Un sourire amusé apparu sur le visage de la demoiselle à cette pensée, puisqu’il était déjà trop tard. Enfin les routes étaient des cas particuliers et peut être qu’elle traînait trop sur les chemins et prenait de mauvaises habitudes. Son père lui avait d’ailleurs fait remarquer qu’elle avait davantage de mauvaises manières depuis qu’elle opérait en onmyouji presque errant et qu’elle était en train de ruiner en partie une éducation qui lui avait coûté cher.

« Pourriez-vous m’indiquer les bains et m’acheter de quoi me vêtir correctement pour ce soir. Je ne peux décemment pas accepter une telle invitation dans cet état et cette tenue.»

Pria la religieuse à la servante, qui passa devant pour la guider dans la bonne pièce. La demoiselle sentait qu’un bain un peu froid lui permettrait de retrouver définitivement son calme. Elle pourrait ainsi faire face sereinement à Kanzen-kun pour pouvoir reprendre leur discussion là où il l’avait laissé. Miwako se mit à chercher l’argent pour le donner à Yoko avant de se dévêtir. Elle allait chercher elle-même les vêtements de la demoiselle, tandis que d’autres servantes s’occupaient de l’onmyouji et de son bain.  La religieuse fit la grimace devant ses faibles fonds, elle espérait que la femme expérimentée trouverait quelque chose à la hauteur de son convive, car elle n’avait que sur elle sa tenue de voyage. La religieuse n’avait même pas prévue sa tenue de miko, car elle avait eu l’attention de faire un rapide aller-retour. Peut-être devrait-elle demander de l’aide à Sora, même si cette dernière était plus chétive qu’elle ?  La jeune femme se sentait toutefois gênée de la déranger pour une chose aussi triviale. La demoiselle prit le parti de faire avec ce que Yoko trouverait. La femme avait prouvé sa compétence jusqu’à maintenant.



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Taii

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MessageSujet: Re: [PV] Fusion de l'esprit et de l'acier Mar 25 Avr - 13:08

Depuis derrière le mur de la chambre qui avait été laissée à l'usage de leur invitée, Kanzen écoutait silencieusement les propos tenus, les traits fermés. En un sens, il était rassuré que l'impacte de son outrage n'ait pas été allé plus loin que cela, mais il avait craint qu'elle ne s'oblige à rester pour aboutir à ses fins et qu'il puisse concevoir ce qu'elle était venu lui demander. À bien y réfléchir, c'était là chose inévitable, son baiser n'avait été qu'un précurseur, hâtif, mais inéluctable.

Cela se serait passé, quoiqu'il en soit et plus les jours auraient défilés, moins l'onmyôji n'aurait su se montrer si détachée face à ce qu'elle avait, tout comme lui, ressenti. On ne le duperait pas sur cela, les sentiments étaient sa plus grande spécialité et il les lisaient mieux que quiconque. Yoko sorti sur ces pensés et fut surprise de trouver le sang pur à l'attendre. Celui-ci l'avisa avec une malice à nouveau retrouvée et la somma de le suivre d'un simple geste et sans mots dire.

Il ne pouvait que se trouver heureux que Miwako en soit encore à trouver une invitation à dîner en tête à tête si importante qu'elle devrait obtenir des atours pour l'occasion et s'amusa même à déceler ce clivage en elle. Une partie de la jeune femme avait mis un terme à une situation qui aurait pu, d'une certaine manière, accélérer ou favoriser le processus créatif du forgeron, tandis que l'autre voulait être appréciable à ses yeux et lui faire honneur malgré ce qui s'était produit.

Étirant ses lèvres en un sourire transis, il ne trouvait dans cette ambivalence qu'une profonde gentillesse qui participait à nourrir la flamme qui naissait progressivement à l'égard de cette héritière inopinée des Abe No. Ainsi, il se substitua à sa propre servante dans le but de trouver à sa convive de quoi se revêtir pour ce repas qu'ils partageraient ou du moins parti-t-il avec Yoko afin d'éviter l'embarras que cette dernière pourrait ressentir si la moniale venait à tomber sur elle au détour d'un couloir de la propriété, si l'envie lui était venue de visiter cette dernière.  

Malgré l'erreur commise, il se sentait étrangement léger et cela se voyait sur son passage, le noble flottant plus qu'il ne marchait sur la voie pavée de la grande citée de Raimei où sa silhouette était à présent connue depuis près de six ans, mais ce qui n'empêchait pas les badauds de se retourner sur son passage, comme des tournesols suivant la route du Soleil incarné. Le fait était d'autant plus vrai alors qu'il souriait, brillant de mille feux, trop heureux d'avoir fait cette rencontre du jour de laquelle il ne pouvait y voir qu'une merveilleuse destinée.

On aurait pu croire que sa suivante fut habituée à cette proximité, mais c'était loin d'être le cas et elle n'échappait pas au rougissements qu'il provoquait par sa simple présence, tant sur les hommes que les dames qui croisaient son regard ou le passage de sa personne. Il parvint ainsi sans mal à l'échoppe du maître Shouken Meishu, un vieil homme dont les doigts étaient plus habiles au métier à tisser que ceux des plus expertes geishas à celui des arts.

Ses soies étaient directement importées des fabriques de Kasami en Eiichiro et il comptait parmi les amis du sang pur des Kenshu, qu'il avait d'abord prit en pitié, l'année de son arrivée dans la cité avant de le voir s'y épanouir enfin et se laisser adopter par le clan du Tigre. Ses prestations allaient des prêts à portés aux kimonos sur mesure les plus travaillés, mais la plus humble d'entre elle dépassait de bien loin les maigres fonds prêtés par la noble prêtresse.

Pourtant, le fils des glaces choisi une merveilleuse tenue qu'il jugea à la taille de son invitée, son œil ne pouvant être floué à ce sujet, faite de soies du carmin de la protection spirituelle ainsi que du nacré de la pureté et de la foi. Une robe choisie pour le rappel aux vêtements votifs, mais aussi pour sa douceur et le soutient qu'il offrirait aux lignes de sa charmante amie. Ce ne fut cependant pas tout, car il fit aussi commande d'une seconde étoffe, annonçant au centimètre juste les mensurations de l'héritière.

La demande quant à la deuxième œuvre fut bien plus complexe et demanderait probablement des semaines de travail, peut être plus, mais la générosité avec laquelle Kanzen régla son ordre encouragea le maître à donner le meilleur de lui-même sur cet ouvrage. Bien heureux de tout cela et allégé d'une grande fortune, il laissa Yoko partir bien au devant de lui afin de porter le kimono à celle pour qui il était destiné, flânant dans la ville pour donner le change.

Lorsqu'il rentra enfin, il tenta de passer le plus discrètement possible jusqu'à ses propres appartements où il entreprit d'y choisir une tenue adéquat à son tour. Il prit ainsi un kimono intégralement maculé d'une ton de topaze impériale, couleur emblématique des disciples de Raijin et symbole de souplesse autant d'esprit que de mouvements, sur la surface de l'habit se dessinait une fresque subtile de végétaux ballottés par les vents d'une tempête foudroyante.

Il décida par la même occasion de s'attacher une majorité de ses cheveux en un long catogan noué d'un peigne d'or. Enfin apprêté, il fit son entré dans la salle principale où était dressée une tablée basse couverte de mets rares dont il avait laissé à ses suivantes le choix afin qu'il en ait lui-même la surprise.

S'asseyant face à une tasse de thé fumante qu'il choisit de déguster en attendant la jeune femme, il se faisait d'ores et déjà le chemin de ce qu'il lui dirait, lui présentant à nouveau ses excuses pour son comportement tout en lui répétant cependant qu'il ne regrettait en rien ce dernier, ne daignant mentir à son cœur en aucun cas et de lui promettre qu'il n'avait ressenti cela qu'une unique fois dans sa vie et s'était persuadé que le fait n'arriverait certainement plus jamais.

Il lui répéterait aussi comment il s’exécutait dans son procédé créatif et que de toute façon, un rapprochement ne pouvait être exclu si elle souhaitait le meilleur de ce qu'il était capable de faire. Il la rassurerait ensuite, le fait n'obligeant en aucun cas à ce qu'il se montre pressant, ni même à la toucher. Mais il ajouterait alors que l'amour qui naissait en lui pour elle était une chose qu'il entretiendrait, car favorable, il en était certain, à l'apogée de son art.

Le pan de la porte s'écarta enfin sur sa convive et il se leva et se retourna pour l'accueillir. Mais dès lors que ses yeux écarlates se posèrent sur elle, tout ce qu'il s'était préparé à lui déclarer s'envola, le laissant coi d'une admiration contemplative. Kanzen ne s'autorisa néanmoins pas à permettre à un silence gênant de s'installer trop longtemps et vint à la rencontre de la belle à qui il adressa une révérence infiniment respectueuse avant de la guider vers les coussins sur lesquels elle pourrait s'installer à la faveur de ce repas.

Ses mots furent presque murmurés, tant il ne voulut les réserver qu'à elle et elle seule et il n'eurent aucun semblant de rapport avec ce qu'il avait cru pouvoir lui dire quelques instants plus tôt :

Konbawa, Miwako-chan… Tu m'honores de nouveau en ce jour en te présentant ainsi à moi. Je ne suis plus bien certain du sujet qui était le notre avant… ça n'a pas d'importance.

Il la laissa s'installer alors avant de reprendre sans jamais oser la quitter du regard ni même cligner les yeux plus qu'il ne le fallait :

Après ceci, si tu n'as pu le faire de toi même, nous ferons le tour de cette demeure qui, comme je le disais plus tôt, sera la tienne si tu en conviens, durant les dix prochaines semaines. Tu y seras comme chez toi lorsque tu daigneras t'y reposer et me faire l'honneur de ta présence, entre deux de tes itinérances. Il n'est pas un jour que les kamis feront où tu trouveras ici et où je ne me montrerais pas disponible, ainsi, n'hésites pas à faire appel à moi, pour quoi que ce soit, quand bien même la chose te paraîtrai futile, j'y répondrai comme mon plus précieux devoir…

Le forgeron ne cessait d'admirer l'onmyoji et les mots qui conclure sa parole furent au ton de la question, mais tandis qu'il les acheva, il ne faisait aucun doute qu'il ne les eut pas contrôlés comme il avait su le faire jusqu'à cet instant précis :

Miwako-chan… Tu as dis que nous ne pouvions pas… Pourquoi ? Racontes moi l'histoire de cette femme des Abe No, sa légende et le fait qu'elle ne pouvait se laisser aller aux attentions d'un fils des glaces épris ?
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Kenshu Miwako

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Daimyo

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MessageSujet: Re: [PV] Fusion de l'esprit et de l'acier Mar 16 Mai - 21:05

Il était inutile de prendre un bain tant qu’elle n’avait pas de vêtements propres à revêtir. Miwako ouvrit les portes coulissantes donnant sur le jardin pour appeler ses gardiens, ravis de pouvoir retrouver leur protégée. Après quelques caresses à ses gardiens, la religieuse décida de mettre ce temps t’attente à profit et de méditer un peu. La jeune femme s’installa au milieu de la pièce, pour voir l’ensemble du jardin d’un regard. Hono et Onji connaissaient bien les habitudes de leur maîtresse et commencèrent à jouer entre eux pour ne pas la déranger dans son exercice. Un sourire se traça sur le visage de la demoiselle, avec une scène aussi coutumière devant les yeux, elle se sentait déjà dans un environnement familier. La voyageuse s’acclimatait facilement à nombre d’endroits, dans un environnement aussi hospitalier le processus était encore plus rapide qu’à l’accoutumé. L’onmyouji sentait que ce séjour serait dès plus agréable, malgré l’incident. Sur cette note positive, la brune ferma les yeux pour se concentrer sur sa respiration et faire le vide dans son esprit.

Une servante s’annonça pour obtenir l’autorisation de rentrer, faisant revenir l’esprit de l’onmyouji au temps présent et dans la pièce où elle se trouvait. Miwako prit quelques secondes pour se raccrocher définitivement dans le temps et l’espace, avant de lui donner la permission de pénétrer dans la sale. Le bain était prêt, les vêtements achetés et son interlocutrice était là pour la guider. La demoiselle se leva donc pour la suivre jusqu’à la pièce d’eau. La religieuse ne fit pas chauffer l’eau. Une petite grimace passa sur son visage alors que son orteil rentrait en contact avec le liquide. Ce n’était pas la première fois qu’elle prenait un bain à une température aussi basse, elle retint donc légèrement sa respiration et se laissa glisser d’une traite. Pendant quelques secondes, la morsure du froid fut plus brutale, puis devint supportable. La demoiselle plongea la tête sous l’eau. Ce n’était pas particulièrement agréable, mais c’était le but recherché. Si les vertus d’un bain chaud n’était pas ignoré part Miwako, l’eau froide avait également des bienfaits. A ce moment précis, il semblait à l’onmyouji que la vigueur d’un bain froid lui était plus nécessaire que la détente d’un bain chaud. La brune ne resta toutefois pas trop longtemps dans ce dernier.

Les étoffes qu’on lui apporta étonnèrent la religieuse, qui passa délicatement les mains sur ces kimonos doux. Elle n’avait pas l’habitude de porter des tenues aussi couteuse. Miwako portait bien les vêtements de sa caste, mais les religieux se contraignaient à une certaine sobriété dans les tissus. La demoiselle n’avait pas non plus une idée réelle du prix de telles pièces, car elle s’occupait en réalité peu de son armoire, ayant délégué ce travail à sa mère et ses servantes. La jeune femme avait toutefois un doute, il lui semblait peu probable que la somme donnée couvre la dépense. Si son pressentiment était correct, alors le seul pouvant pallié une telle différence était son hôte. C’était une intention délicate de sa part qui fit naître un doux sourire sur le visage de la brune. Elle prit un soin plus important qu’à son habitude pour se vêtir, tâche à laquelle les demoiselles de la maisonnée l’aidèrent avec efficacité. Elles lui présentèrent un miroir et pour une fois, Miwako se demande si un peu de maquillage n’aurait pas été mieux. Elle qui n’en avait quasiment jamais mis, elle se demandait si sa tenue seule conviendrait au fils des monts enneigés. Il était descendant d’une si noble lignée, il devait avoir l’habitude de voir de bien plus charmantes demoiselles et des biens mieux apprêtés.
Alors que la scène du baiser lui revint au visage, la demoiselle secoua la tête. Ce n’était pas ça, elle s’inquiétait seulement de représenter correctement les siens. Elle était la future chef de famille des Abe no, une importante famille de religieux du clan Kenshu. Son hôte était un Fukyuu, un être dont le sang avait une noblesse que peu de gens pouvait égaler. Il était normal qu’elle ne veuille pas commettre d’impaire de représentation devant lui. Il était en plus l’homme qui acceptait sa requête et l’auteur du présent qu’elle portait. Il était légitime qu’elle se soucie de lui rendre honneur de la meilleure façon possible. Mal portée sa tenue serait une insulte envers sa charmante intention. Ses pensées étaient donc parfaitement logiques et rationnelles, il n’y avait donc aucune raison pour ses joues de devenir légèrement rouge.

Ainsi rassurée, Miwako se rendit au salon où le guerrier l’attendait. Alors que Kanzen-kun se leva pour l’accueillir, la religieuse nota le changement de tenue de son hôte. Quel que soit le vêtement porté par cet homme, il était d’une beauté qui rivalisait uniquement avec les kamis. Le jaune semblait renforcer son aura solaire. Cette couleur avait beau être celui des Kenshus, aucun n’arrivait à la sublimer comme le sang pur de glace en face d’elle.  Les joues de nouveau légèrement pourpre, la demoiselle des Abe no répondu par une révérence à son hôte. Bien que l’éducation reçu lui permît d’en faire une correcte, sa timidité l’a rendit un brin rigide. Les lueurs du regard dans le regard du chien blanc ne trompaient pas et cette passion semblait toujours improbable aux yeux de l’humble religieuse.

« C’est moi qui suis honorée pas toutes tes attentions Kanzen-kun et j’espère un jour, pouvoir te remercier correctement pour les faveurs que tu m’accordes. »

Répondit sincèrement la religieuse avec un sourire, tandis qu’elle s’installait à table. La conversation prit rapidement une tournure inattendue. Miwako ne se demanda pas comment en si peu de phrases son interlocuteur était passé du programme à cette question plus surprenante. La jeune femme était étonnée, car les raisons de son refus lui semblaient évidentes.

« Parce que je ne donne pas ce qui ne m’appartient pas.»

Répondit la demoiselle, sans une trace de tristesse ou de regret dans sa voie. L’onmyouji s’était déjà posé ces questions et jusque-là, sa ligne de conduite avait été dictée par les réponses qu’elle avait trouvées.

« Je ne suis pas une légende, je suis même encore petite à côté de mon nom de famille. J’appartiens aux Abe no et jamais je ne tournerai le dos au mien. Miwako n’existe pas sans être une Abe no, ce ne serait qu’une femme ombre d’elle-même, ayant perdu le sens de son existence. »

Un air presque peiné s’afficha sur le visage de l’attentionnée demoiselle.

« Si ta flamme ne s’avère pas éphémère et que je nourrisse le même désir à votre égard, inévitablement cela conduira à nous blesser. Nous vivrions sans doute d’heureux un moment, mais tout prendrait fin lorsque mes obligations viendraient à moi. Ils ne resteraient alors qu’un dilemme douloureux, sans bon choix car quelques soit les décisions, nous y perdrions une partie de notre âme. »

Miwako regardait le kuge dans les yeux pendant qu’elle ouvrait grand les portes de son cœur. Sa main vint se poser sur le visage de l’homme à la question si candide.

« Je refuse de te faire vivre un tel tourment. »



Absente jusque fin aout


Dernière édition par Kenshu Miwako le Mar 18 Juil - 23:23, édité 1 fois
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Fukyuu Kanzen

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Taii

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MessageSujet: Re: [PV] Fusion de l'esprit et de l'acier Mar 11 Juil - 21:18

Quand bien même se trouvait-il amoureux des belles choses, bien loin de lui l'idée de se revêtir de vêtements élaborés lorsqu'il était seul, sauf peut être d'inviter ses ravissantes suivantes à le faire pour leur propre plaisir et du coup, le sien. Non, c'était bien l'occasion qui le lui permettait, voir même une excuse toute trouvée pour pousser son invitée à le gratifier de cet égard, puisqu'il procédait à cela lui-même vis à vis de l'onmyoji.

Et il n'aurait pu en regretter quoique ce soit pour rien au monde. Il ne su réellement si la gêne qu'il surprit sans mal sur les délicats traits de la jeune femme était dû à sa propre toilette ou bien au regard embrasé qu'il espérait pourtant avoir su masquer, au moins une fois le choc du premier contact visuel avec la grâce qui émanait d'elle. Même la pointe d'incertitude dans la façon qu'elle eut de s'incliner posséda un charme indéniable qui faillit arracher les mots à l'éternelle bavard qu'il pouvait être.

Mais alors qu'elle s'installa non loin de lui et une fois qu'elle eut entendu la description d'un programme rapidement dressé et qui lui apparu des plus simple à suivre, elle répondit à ces questions qui lui avaient brûlées les lèvres et plus que cela, le cœur. Pour autant, des réponses qu'il reçu, il en refusa la totalité des mots, en fut même choqué pour ainsi dire, tant ils s'éloignaient de la seule réalité à laquelle il s'accrochait.

Si cela avait été toute autre qu'elle et que la douceur de sa main ne se trouvait pas sur sa joue, les propos qu'elle lui tenait étaient autant d'insultes qu'on lui jetait au visage, si bien qu'il se demanda si elle voyait et comprenait bien à qui elle s'adressait. Impossible pour le crin-blanc d'imaginer qu'elle puisse lui vouloir du mal, malgré le certitude flouée qu'il lisait sur le masque de ses expressions.

Il chercha dans les prunelles au centre desquelles il se serait noyé un instant plus tôt si elle concevait la portée de ce qu'elle choisissait de lui déclarer et fit un effort titanesque pour empêcher la violence du coup qu'elle n'avait pu lui porter qu'en méconnaissance de cause d'apparaître dans la flamme soufflée de ses iris. Himiko choisit parfaitement son moment pour apporter les premiers mets, une parfaite introduction à un ichijū sansai sans profusion d'assiettes et de gaspillage.

Un bol de riz d'une blancheur éclatante, choisi au grain prêt, une soupe de miso fumante et préparée avec toute l'expertise de Yoko sur le sujet et un choix dans les trois plats soignant le style yūsoku à la lettre, les servantes s'étant accordées de toute évidence sur le fait d'un menu saluant la noblesse tant de l'hôte que de sa convive.

Mais aveugle aurait-elle été de ne pas voir le désintérêt total qu'il porta sur tout ceci, tant il restait focalisé sur elle, malgré le travail qu'il faisait sur lui même pour ne guère montrer à quel point cela l'affectait. Il assura néanmoins son seiza face à la tablée joignit les mains face à lui avant de remercier d'un ton plus terne qu'on lui connaissait celles qui s'étaient échinées à la préparation des mets disposés.

Son itadakimasu parvint avec difficulté à briser la frontière de ses lèvres et sitôt fait, prit son bol de riz dans sa paume gauche et le porta prêt de sa bouche avant d'en prendre deux bouchées pour reposer finalement le bol et river ses pupilles dans celles de l'héritière des Abe no, visiblement dépassé par le tumulte qui se brouillait en lui vis à vis de ce qu'elle lui avait dit.

Tout autre qu'elle n'aurait reçu qu'un immense mépris de sa part, mais il était proprement certain qu'elle ne l'avait pas inclus dans sa description la concernant, persuadé qu'elle ne devait pas savoir pour sa condition, du moins, pas totalement. Son sourire revint avant qu'il ne réponde enfin à son tour et sa voix, quoique tinté d'une certaine mélancolie, ne fut pas moins maîtrisée, compréhensive et sereine lorsqu'elle retentit doucement, tâchant d'apporter une forme d'harmonie à ce moment qu'il ne désirait guère briser ou guider dans les abîmes de l'abattement ou du reproche :

Que devrai-je dire à tout ça ? Je me le demande. À qui puis-je bien appartenir à présent, puisque je ne peux pas même me prétendre dignitaire du nom que je porte, comme tu le fais ? Si je pensais comme tu le fais, devrai-je attendre du Tigre qu'il me donne l'autorisation d'aimer ? Ou bien le Bœuf ? Ma flamme est ce qu'elle est et tu n'as pas besoin de partager cette dernière pour parvenir à ce que tu dis…

Et malgré tout, il en était arrivé à faire une telle remarque. Il porta sa main droite au front et se massa les tempes, les yeux clos et les traits fermés à sa propre stupidité avant de reprendre :

Ah… Sumimasen… Je crois comprendre ce que tu veux dire et je ne cherche guère à t'accabler de quoique ce soit. C'est juste qu'en ce qui me concerne, il ne me reste plus guère autre chose que ce qui se tient face à toi en ce moment à offrir. Aussi, d'apprendre que même cela t'es refusé me chagrine, Miwako-chan.

Il n'est cependant pas imaginable que quelque chose d'éphémère puisse m'animer de la sorte, aussi, je n'insisterai pas plus sur le propos, puisque celui-ci s'avère une gêne pour toi… Du restes, nous verrons ce qui concerne tes remerciements à l'égard des faveurs dont tu parles plus tard… Je n'en demande aucune, mais je sais déjà que tu ne me laisseras pas m'en sortir à si bon compte.


Il s'interrompit et soupira avant de sourire plus franchement et de poursuivre, la radiance reparaissant sur ses traits progressivement :

Parles moi donc de ce monde auquel tu te dis appartenir, des Abe no dont je ne connais que peu de chose, méconnaissant de beaucoup la noblesse spirituelle… Cela sera un nouveau pas dans la conception de ce que tu es venue chercher ici, si tu le veux bien, évidement.

Tout en lui laissant le luxe de répondre à cela, il reprit ses baguettes et entama avec plus de cœur le menu qui leur avait été servit.
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[PV] Fusion de l'esprit et de l'acier

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