AccueilFAQRechercherMembresS'enregistrerConnexion

Partagez | .
 

 Les Akanames ne sont elles pas des créatures à plaindre, plutôt qu'à haïr? [Terminé]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Kenshu Miwako

avatar

Daimyo

Messages : 379
Date d'inscription : 10/11/2014

Feuille personnage
Age: 21 ans
Titre: Abe no Miwako
Liens:

MessageSujet: Les Akanames ne sont elles pas des créatures à plaindre, plutôt qu'à haïr? [Terminé] Lun 1 Juin - 20:27

La chaleur de cette été était impressionnante pour cette partie des terres du clans du tigre. Miwako regrettait de ne pas avoir un gardien lié à l'eau pour se rafraîchir un peu sur la route. Elle voyageait depuis quelques heures maintenant et venait de dépasser Raiu. Les étoiles l'avaient mené dans cette direction et elle était parvenue dans un village assez isolé. Il fallait être honnête, si l'onmyouji n'avait pas été guidé ici, jamais elle n'aurait trouvé cette petite bourgade, qui ne devaient être connue que des habitants et de quelques marchands itinérants. A première vu, c'était un village modeste, comme il y en avait beaucoup en yokuni, ce n'était pas le premier qu'elle croisait et probablement pas le dernier.

Les habitants furent surpris lorsqu'elle leur demanda si elle pouvait rester ici. Il y avait parfois des gens de Kenshu qui traversaient leur village, mais aucun ne voulait s'arrêter. Leur attitude changea quand la demoiselle se présenta: Une onmyouji du clan venait pour les aider. C'était une surprise autant qu'un soulagement car ils avaient bien des soucis. Plusieurs personnes au village étaient tombés malades. Les paysans auraient pu croire à une épidémie, s'ils n'avaient pas été les seuls touchés par cet étrange fléau. Quand la demoiselle leur demanda comment ils pouvaient savoir cette information, ils lui parlèrent d'un musicien errant passé par leur village quelques jours plus tôt, qui n'avait pas vu un nombre de malades anormalement élevé. Miwako comme les villageois ne douta pas des dires du musicien, de plus elle même était passée par la ville et d'autres villages et n'avait pas constaté de problème particulier. L'origine de leur problème devait donc être un yokai, certains amenaient malheureusement la maladie avec eux.

La religieuse fit consciencieusement le tour du village et repéra un bâtiment qui pouvait être l'origine du problème. Elle demanda au chef du village si la maison abandonnée l'était depuis longtemps. Il lui confirma que cette demeure était inhabitée depuis la naissance du clan Kenshu. La famille habitant cette dernière avait préféré tenter sa chance dans la ville de Raiu que de rester ici. Entre les symptômes du mal et ce qu'elle avait sous les yeux, l'onmyouji pensa qu'elle devait faire face à un Akaname.

Ce n'était pas des yokais forts, Miwako les trouvait même un peu pitoyable. ils étaient vraiment laids, avec leur ressemblance à des gobelins maigrichons, de couleurs variées mais toujours ternes et sales. Il pouvait avoir un oeil ou deux et le nombre de doigts pouvait passer d'un à cinq aussi bien pour les mains que les pieds. A cela il fallait ajouter une langue d'une longueur absurde, visqueuse et bavante. Ils étaient complètement chétifs, difformes, ce qui était peut-être à relier à leur nourriture. Ils se nourrissaient de vases, de moisissures, d'ordures, de cheveux et d'autres mets tout aussi raffinées. Il était presque difficile de savoir ce qui était le plus repoussant, leur menu ou leur apparence? Pour compléter ce bien triste portrait, il fallait faire part de leur intelligence inexistante. Ils avaient également en horreur la lumière et les maisons bien entretenues. Ils ne se déplaçaient que dans la nuit pour rentrer dans les pièces mal lavées des maisons les plus crades. Ils ne pouvaient que difficilement être surpris par les humains, car ils étaient effrayés par ces derniers. Il faut dire que ces créatures n'avaient aucun pouvoir particulier, ils étaient plus faibles que des guerriers ou même des paysans forts et biens nourris. Leur instinct de préservation marchant bien, ils se cachaient. Leur vie était bien triste en un sens et leur existence pouvait être considérés comme cruelle. C'était cependant un point de vue limité d'humain, qui ne connaissait que peu de choses par rapport monde qui l'entourait.
Miwako ne pourchassait que rarement ses créatures, toutefois lorsqu'une se trouvait sur son parcours, elle l'exorcisait. Il y avait une raison à cela, les conséquences de sa présence. Dire qu'ils n'avaient pas de pouvoir n'était pas totalement exacte, là où ils résidaient, les maladies se développaient. Ce n'était pas des maladies bénignes, non, c'était le genre de mal qui pouvait terrasser les gens.  Un Akaname n'était pas mauvais dans le sens où il n'y avait aucune volonté derrière, ce mal était juste une conséquence de leur présence. Un résultat cependant trop néfaste et incompatible avec la présence des humains, ce qui obligeait Miwako à les tuer, même si cela ne lui plaisait guère. La plupart de ses collègues les considéaientr comme une sorte de vermine à écraser, la demoiselle les voyait plutôt comme des créatures malchanceuses ou pénitentes, si c'était une réincarnation. L'onmyouji ne pouvait même cependant pas le laissait partir, car la créature s'installerait alors dans un autre village. Cela déplacerait seulement le problème, ce qui n'était pas le but recherché.

L'onmyouji voulu, par prudence, confirmer son intuition. Pour cela, elle décida de visiter les maisons des malades. Les demeures visitées n'étaient pas soignées, les occupants avaient peu de temps à consacrer aux tâches ménagères et n'avaient pas les moyens de payer quelqu'un pour s'en occuper. Miwako examina attentivement les sols des bâtisses et trouva sur le plancher des traces assez visqueuses. La jeune femme prit un morceau de tissus, pour prendre ce qui ressemblait à de la bave, c'était peu ragoûtant. La demoiselle pensait que c'était bien des traces laissées sur le sol par la langue de l'akaname alors que celui-ci devait se repaitre de saletés. Elle sortit avec son tissu de la maison, pour se diriger vers ses deux kirins.

"Qui se dévoue pour me sentir ça?"

Demanda la jeune femme avec un immense sourire taquin et amusé. Hono se redressa indignée.

"Tu plaisantes j'espère?! C'est probablement de la bave d'Akaname, la puanteur se sent d'ici. Je n'approcherais pas plus mon museau de cette horreur."

Comme à chaque fois que la protectrice des flammes jouait les divas, Miwako rigola.

"Au moins j'ai eu la confirmation que je voulais." Rajouta-t-elle joyeusement.

"Tu aurais pu simplement nous demander. Avec leur parfum unique, nous pouvons les repérer à de sacrées distances, il est caché dans la maison abandonnée. Il a dû finir par terminer ses réserves là bas pour commencer à s'aventurer dans les maisons."

Fit doucement Onji. Il faisait souvent un peu la leçon à sa protectrice, qui avait tardé à son goût pour employer leur compétence.

"Et il a rendu malade des personnes dans chaque maison visitée"

se contenta de répondre sa protégée avec un sourire fier de bonne élève ayant trouvée les réponses exactes. Ils avaient donc tous abouti à la même conclusion, ils allaient pouvoir faire le prochain mouvement.  

"Ces créatures ont peur de la lumière du jour, il est donc encore coincé dans la maison, sans possibilitée de sortir. Je suppose qu'elle ne comporte qu'une pièce?"

Demanda la demoiselle à un paysan, qui hocha la tête. Dans ces campagnes, rares étaient les habitants à pouvoir se payer une maison de plus d'une pièce. Si cela avait été le cas de cette famille, ils n'auraient pas abandonné leur demeure. Le yokai était faible, il était facile de s'en débarrasser, un rituel assez basique suffirait. c'était le genre de yokai idéal pour débutant et Miwa avait déjà quelques années d'expérience.
L'onmyouji interdit à quiconque de rentrer dans la maison. Une fois qu'elle fut certaine que ses ordres seraient respectés, elle entra simplement seule dans la pièce. elle n'avait pour le coup besoin d'aucune aide. Au bout de quelques minutes, les spectateurs à l'extérieur de la maison entendirent des hurlements torturés d'une créature qui n'était pas humaine. C'était effrayant et ils se demandaient ce qu'il pouvait bien se passer. Il ne s'était pourtant rien passer de particulier. Le rituel avait bien fonctionné et ils avaient entendu simplement les derniers cris d'une créature, qui ne voulait pas mourir. Miwako regarda l'endroit ou quelques secondes plus tôt se tenait sa victime. Respectueusement, elle se pencha légèrement.

"Puisse tu avoir plus de chance dans ta prochaine réincarnation."

Son souhait était sincère. La demoiselle sortie pour rassurer la population et transmettre encore quelques instructions.

"Il vous faudra dorénavant soit régulièrement laver cette maison, soit la détruire, pour qu'elle n'abrite pas à nouveau un Akaname. Maintenant, il faut nettoyer les demeures des malades. Une fois cela fait, amenez-les à l'extérieur. Je vais utiliser un de mes pouvoirs pour les soulager un peu et les aider à guérir."

Les habitants obéirent aux ordres de celle qui venait de les débarrasser de leur fléau, avec rapidité et efficacité. Des villageois allèrent même chercher ceux travaillant encore dans les champs pour effectuer cette tâche. Cette journée fut l'une des rares où la terre ne fut pas travaillée par les villageois,  alors que le temps le permettait. Pendant que tout le monde s'agitait, l'onmyouji demanda:

"Quelqu'un pourrait-il m'accueillir? Le pouvoir octroyé par Gekigami-sama me plonge dans un profond sommeil pendant  une journée."

Le chef lui répondit qu'il y avait bien quelqu'un qui serait honoré de la recevoir. La jeune femme le remercia chaleureusement avec son délicat sourire. Quelques heures plus tard tout était terminé et la population du village était devant la jeune femme. Miwako ferma les yeux et appela les nuages. Quelques secondes plus tard, la pluie commença à tomber. Les habitants furent dans un premiers temps dubitatifs, mais très vite ils commencèrent à ressentir les effets. Leurs articulations furent moins douloureuses, les courbatures disparaissaient, les malades sentirent leur fièvre diminuer.  La petite foule devint joyeuse et un brouhaha heureux, parsemé de rire, se fit entendre.
La religieuse regarda la scène avec un sourire radieux. Le sentiment de ce groupe était tellement contagieux. La fatigue arriva cependant bien vite, interrompant les festivités pour Miwako. Elle but toute l'eau que les habitants avaient mise à sa disposition, puis se coucha dans le futon, prévu pour elle. Avant de dormir, elle leur promit de rester un peu après son réveil, pour le repas de fête. Alors que le lourd sommeil embarquait la demoiselle, ces deux kirins à l'extérieur se regardaient, avec un air mitigé.

"Elle en a encore trop fait, hein?" Pesta Hono pour le principe.

"C'est Miwa" Lui répondit laconiquement Onji, avec un sourire aux babines.



L M M J V S D


Dernière édition par Abe no Miwako le Lun 28 Sep - 1:30, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité

avatar

Invité


MessageSujet: Re: Les Akanames ne sont elles pas des créatures à plaindre, plutôt qu'à haïr? [Terminé] Mer 3 Juin - 0:35

Jinyu se souvient bien de cet été-là, après tout ce n'était que l'année dernière. Il devait être normalement au temple de Raijin afin de parfaire ses compétences au combat et d'endurcir sa foi, cependant, les maîtres moines lui avait dit qu'il en avait assez fait. Il prit congé, accorda son aide à quelques aspirants sohei puis il prit le chemin afin de rentrer chez lui pour donner des nouvelles à ses proches.

Cet été, où la chaleur était insupportable, avait marqué la venue dans cette bourgade d'une jeune femme, qui comme le montrait son hâbit, semblait importante aux yeux de tout les villageois. Pourtant ce qui intéressait Jinyu n'était pas tant son rang, mais cette « aura » étrange et inhabituelle qu'elle laissait apparaître. Lorsqu'elle s'annonça, en se disant « omnyouji », Jinyu fut surpris de ne pas l'avoir rencontrée plus tôt aux alentours du temple, mais il trouva une raison à cela lorsqu'il vit les bras de cette dernière, tannés par le soleil, et sans doute selon lui colorés par des mois et mois de marche voire des années.

Les villageois heureux de sa venue lui parlèrent de l'étrange fléau qui s'abattait sur le village, ils avaient tout d'abord pensé à une épidémie, mais cette théorie fut vite écartée par ce musicien qui n'avait été que de passage, stipulant que sur les quelques villages qu'il avait traversés, aucun n'était ravagé par la maladie.

Cette jeune femme dont il ignorait le nom fit alors le tour du village, et s'arrêta devant la seule maison abandonnée, et la plus sordide. Elle montrait à cette vieille bâtisse décrépite un intérêt tout particulier, Jinyu quant à lui avait suivi les villageois de près et n'arrêtait pas de regarder la jeune omnyouji, celle-ci l'intriguait.

Elle se rendit plus tard au chevet des malades, mais elle ne portait pas sa curiosité sur les corps affaiblis, mais bien aux habitations qui abritaient ces paysans. Lorsqu'elle fut ressortie de l'une de ces bicoques, Jinyu vit qu'elle parlait et plaisantait seule. Il se souvint dès lors qu'il avait eu vent d'une demoiselle qui parlait aux yokaï, ces petites créatures qui pouvaient être hideuses, mal-intentionnées, ou bien au contraire ferventes protectrices d'une personne ou d'un lieu. Il avait lu des choses sur ces êtres surnaturels, des histoires parfois effrayantes, mais jamais il n'en avait vu.

Jinyu l'observant toujours, la jeune femme eu confirmation qu'un yokaï rôdait bien dans le petit village qui avait vu naître le moine. Elle rentra simplement dans la maison, seule comme elle l'avait demandé, peu après des cris inhumains se firent entendre.

L'exorcisme terminé elle lança aux villageois :
« - Il vous faudra dorénavant soit régulièrement laver cette maison, soit la détruire, pour qu'elle n'abrite pas à nouveau un Akaname. Maintenant, il faut nettoyer les demeures des malades. Une fois cela fait, amenez-les à l'extérieur. Je vais utiliser un de mes pouvoirs pour les soulager un peu et les aider à guérir. »

Ils s'activèrent et en l'espace de quelques heures toute les maisons furent nettoyées selon ses dires, l'omnyouji ajouta que son pouvoir aller la plonger dans un profond sommeil. Elle demanda donc si quelqu'un pouvait l'accueillir.

Le père de Jinyu, s'attendant à une telle requête, leva la main tout en disant qu'il serait ravi de servir d'hôte à l'omnyouji.

Lorsque la cérémonie fut terminée, et que tout le monde fut soigné, le village se laissa submergé par le bonheur, la jeune femme souriante s'abandonna peu à peu au sommeil, et fut transportée dans la plus grande des délicatesses, vers la demeure des Fushiawase.

Il l'avait allongée dans la seule pièce de la maison, humble, mais illuminée et lui apportait toute l'aide que l'on aurait pu apporter à un malade - bien qu'elle ne le fut en aucun cas -, non pas par respect de son rang religieux ou tel qu'il soit mais par respect pour ce qu'elle avait apporté aujourd'hui aux villageois.

Akiko et Jinyu décidèrent de rester près de la jeune femme dans la journée qui suivit les événements, tout en guettant son réveil, Akiko s'activait par-ci par-là, aidant sa mère et son père, et parfois les gens du village, cependant, le sohei, lui restait agenouillé au chevet de la jeune omnyouji dont il ignorait tout, admirant cette « aura » qu'elle dégageait.

La journée avançait, tandis que tout le village s'activait. Entre temps les villageois venaient prendre nouvelle de la jeune femme, demandant si elle allait bien ou si elle était réveillée et certains laissaient quelquefois des paquets à son attention.

L'omnyouji ouvrit l'oeil en fin d'après-midi, elle eu pour premier contact, Jinyu, qui resta assis, mais ses yeux s'alignèrent à ceux de la jeune femme et d'une voix ferme accompagnée d'un léger sourire - ou d'un air amusé - que son impassible visage n'avait pas réussi à filtrer, il dit :
« - Bon retour chez les vivants. »
Revenir en haut Aller en bas
Kenshu Miwako

avatar

Daimyo

Messages : 379
Date d'inscription : 10/11/2014

Feuille personnage
Age: 21 ans
Titre: Abe no Miwako
Liens:

MessageSujet: Re: Les Akanames ne sont elles pas des créatures à plaindre, plutôt qu'à haïr? [Terminé] Jeu 4 Juin - 23:13

Les yeux de la jeune femme s'ouvrirent lentement et commencèrent par faire le tour de la pièce. Elle n'était pas chez elle et devait se resituer un peu. Un homme qu'elle ne connaissait pas l'interpella gentiment. Il avait des traits assez sévères, mais un sourire venait briser l'austérité de ce visage. Sa voix ferme et calme fit que Miwako ne sursauta pas.
Elle le regarda quelques secondes, le temps qu'elle  remettre ses idées en place. Cet homme avait dû veiller sur elle pendant son sommeil. Il était rare que cette tâche soit confiée à une personne du sexe opposé, mais il avait une tenue de sohei. L'onmyouji ne l'avait encore jamais croisé, elle l'aurait retenu avec la couleur si particulière de sa chevelure. La religieuse allait cependant rarement dans les temples, ce n'était donc pas surprenant. Elle lui répondit par un sourire

"J'espère alors que vous n'étiez pas venu pour mon office mortuaire."

Plaisanta-t-elle avant de se redresser doucement.  Elle s'assit face à son interlocuteur et ajouta plus sérieusement.

"Je vous remercie de m'avoir accueilli et d'avoir veillé sur mon sommeil."

Cette phrase s'adressa également à toutes les personnes présentes dans l'humble demeure et ils étaient loin de n'être que deux, puisqu'il y avait là toute une famille. La religieuse s'arrêta soudainement. Si elle s'était présentée au village et qu'ils devaient tous connaitre son nom, ce n'était pas son cas.

"Je m'excuse, mais comment vous appelez vous?"

Demanda simplement l'onmyouji. Connaitre les noms de ses hôtes était la moindre des politesses et c'était le minimum à savoir pour pouvoir engager une conversation. Une fois les présentations terminées la demoiselle ajouta assez rapidement.

"Je dois me rendre à l'extérieur pour rassurer mes gardiens, vous pouvez m'accompagner si cela vous dit, je ne pense pas que cela prendra beaucoup de temps."

Elle avait prononcé cette phrase en se levant. La jeune femme ne voulait pas exclure les gens qui l'avaient gentiment hébergée, mais elle voulait rassurer ses deux protecteurs le plus rapidement possible. La religieuse n'aimait pas les savoir inutilement inquiets. Le sohei fut la seule personne qui accepta de l'accompagner.
Alors qu'ils se dirigeaient vers l'extérieure, le regard de l'onmyouji fut attiré par quelques paniers. La maison était bien rangée et entretenue. Les aliments dans ces derniers n'avaient rien à faire là, sauf s'ils n'étaient pas destinés aux gens de la maisonnée. Miwako était intervenue dans suffisamment de village pour reconnaitre là le signe de gratitude des habitants. Elle ne ramenait que rarement de l'argent chez elle, mais beaucoup de cadeaux sous forme divers et variés.

"Vous pourriez me dire qui me les déposés, pour que j'aille convenablement les remercier de leurs présents?"

Rajouta-t-elle à l'adresse de Jinyu. La jeune femme trouvait toujours ses marques d'attention touchantes. Si certains dans leur caste trouvaient ce genre d'actes normaux, Miwako trouvait ceux-ci généreux, car la plupart des gens de ce genre de village était pauvre. Venir les remercier lui semblait donc un minimum.

A peine fit elle quelques pas à l'extérieur, que les deux kirins se ruèrent sur elle. La jeune femme leur fit de grandes caresses sur le visage, enfin pour être plus exacte, tentait de le faire. Les deux gardiens n'arrêtaient pas de les bouger, le reniflant de partout avant d'enfouir un peu plus leur museau contre elle. La jeune fille fut même légèrement déséquilibrée, à cause de leur trop grande démonstration d'enthousiasme. Miwako finit donc par légèrement s'agripper un peu à eux.

"Là là, je me suis bien réveillée."

Fit elle, avec un ton rassurant, mais tout en rigolant à la fois, car ils la chatouillaient un peu. Le ridicule de la situation l'amusait également. Il fallait cependant qu'ils se calment.

"Ils ont été gentils pendant mon sommeil?"

Adressa-t-elle à Jinyu sur le ton de l'humour, persuadée que ce dernier les voyait.

"On est toujours calme" Répliqua Onji .

"Parle pour toi." Compléta Hono, plus taquine.



L M M J V S D
Revenir en haut Aller en bas
Invité

avatar

Invité


MessageSujet: Re: Les Akanames ne sont elles pas des créatures à plaindre, plutôt qu'à haïr? [Terminé] Sam 6 Juin - 8:43

La demoiselle émergeait peu à peu, son visage était doux, si Jinyu en avait eu l'envie il aurait pu rester là à regarder cette étrange jeune femme se réveiller, mais il n'en fut pas ainsi. Avant qu'elle ait eu le temps de prononcer un mot Jinyu lui apporta de l'eau et du pain, puis il s'agenouilla de nouveau devant la jeune femme. Elle semblait troublée d'avoir trouvé un homme à son réveil, mais Jinyu imagina qu'elle fut rassurée par sa tenue de sohei. Tandis qu'un sourire se dessinait sur son visage elle lança la discution :
« - J'espère alors que vous n'étiez pas venu pour mon office mortuaire. »

Malgré son sérieux naturel, Jinyu souriait, pas comme la plupart des gens le ferait, mais il souriait, et ce n'était pas la première qu'il souriait dans la journée. Cependant, il ne répondit rien. Après s'être redressée et maintenant assise face à Jinyu elle ajouta :
« - Je vous remercie de m'avoir accueilli et d'avoir veillé sur mon sommeil. »

Le jeune moine voyait bien qu'elle ne s'adressait pas qu'à lui, il fit un signe de tête comme pour dire que ce n'était rien, et que bon nombre de gens du village l'aurait fait, mais ce fut Akiko qui répondit à la jeune omnyouji avec, et cela se sentait un léger brin d'humoir noir qui venait s'ajouter aux premiers mots de la jeune femme inconnue :
« - Comme l'a presque dit mon frère, tout le monde ici l'aurait fait, ravie que vous vous soyez réveillée. »

Elle s'était présentée au village peu avant de s'abandonner aux songes, cependant, Jinyu, trop occupé à l'observer, n'avait pas entendu son nom, il n'y avait même pas fait attention. Elle demanda alors comment les gens qui l'avaient accueillie s'appelaient :
« - Je m'excuse, mais comment vous appelez vous ? »

Ce fut Jinyu qui répondit à cette question, par une phrase longue, ce que Jinyu n'avait plus l'habitude de formuler, mais qui restait efficace :
« - Vous êtes chez les Fushiawase, voici ma soeur, Akiko, ma mère, Mikasa, mon père, Isamu, et moi-même, Jinyu. Et ne t'excuse pas pour ça, car moi non plus je n'ai pas entendu ton prénom lorsque tu t'es présentée au village. »

Akiko ne laissa le temps à personne dans la pièce pour répondre, et éclairer son jeune frère :
« - Abe no Miwako, voilà son nom, Jinyu. »

Les présentations terminées, la jeune femme devait aller rassurer ses gardiens, ce qui interpella toute la famille de Jinyu excepté ce dernier car personne n'avait fait office de garde rapprochée, et l'omnyouji, un visage maintenant connu et sur lequel le moine pouvait mettre un nom, semblait être apte à se défendre seule contre quelques bandits qui se cachent près des routes parcourant les terres Kenshu, comme toute les autres provinces. Ils se rendirent tout deux en dehors de la maison des Fushiawase.

Miwako - c'est ainsi que Jinyu allait l'appeler - fut attirée par les quelques paniers qui avaient été laissés là, ces derniers lui étaient d'ailleurs destinés, et avaient été déposés ici par des villageois à la fois heureux d'avoir de la visite, mais aussi heureux d'être débarassés de la créature qui leur avait causé tant de soucis. Le regard de Jinyu confirmant bien les pensées de la jeune femme, et lui dit :
« - Vous pourriez me dire qui me les déposés, pour que j'aille convenablement les remercier de leurs présents ? »

Jinyu était amusé par cette question, car elle ne savait pas qu'une grande partie du village, si ce n'est tout le village avait contribué à faire ces paquets, et qu'il pouvait très bien la suivre pendant que celle-ci remercierait les villageois, ou bien, qu'elle dise aux habitants de se regrouper pour qu'elle puisse les remercier un à un sans risque d'oublier qui que ce soit :
« - Libre à toi de vouloir remercier tout le village ou non. Si c'est ce que tu veux, je te suis. »

Jinyu ne fit aucun pas en arrière lorsqu'il vit la jeune omnyouji presque tomber au sol, tandis que celle-ci faisait des caresses à ce qui semblait être pour les quelques villageois alors présents du vide. Pourtant Jinyu, même s'il ne les voyaient pas, savait très bien ce que ces choses étaient, des yokaï, et ceux-ci semblaient très affectifs, et il avait eu l'occasion de leur adresser deux mots sans pour autant obtenir de réponse.
« - Ils ont été gentils pendant mon sommeil ? »

Miwako s'adressait directement à Jinyu, peut-être pensait-elle que le jeune sohei voyait ces créatures, il n'en fut pas le cas, il répondit :
« - J'imagine oui, je ne les vois pas vraiment, ils ne sont pour moi que de simples ombres, mais ils étaient souvent près de toi lorsque tu dormais et que je n'étais pas à ton chevet, de véritables amis. »

Adressant un dernier regard aux ombres difformes qui s'avéraient être les gardiens de la jeune omnyouji et sur lesquelles il ne pouvait mettre de noms, il proposa à cette dernière de se rendre à petit pas vers le centre du village, où ils pourraient discuter avant que la jeune femme ne reprenne la route.
Revenir en haut Aller en bas
Kenshu Miwako

avatar

Daimyo

Messages : 379
Date d'inscription : 10/11/2014

Feuille personnage
Age: 21 ans
Titre: Abe no Miwako
Liens:

MessageSujet: Re: Les Akanames ne sont elles pas des créatures à plaindre, plutôt qu'à haïr? [Terminé] Mar 9 Juin - 22:18

Un sourire amusé parcourut le visage de l'onmyouji à la réponse de la soeur. Dire que la fratrie était proche, c'était comme dire que les rayons du soleil chauffaient, c'était une évidence. La complicité entre les deux était palpable.  Se réveiller en dehors de chez soi pouvait parfois être difficile, même pour quelqu'un d'habituée comme Miwako. Elle n'avait pas toujours dormi dans des lieux accueillant et son réveil n'avait pas toujours été aussi joyeux. L'atmosphère de cette maison était sereine, c'était une famille soudée et elle irradiait de cette délicate joie de vivre. L'onmyouji se doutait bien qu'ils avaient des hauts et des bas, comme toute famille, à cet instant précis toutefois ce groupe était dans un instant de bonheur et la demoiselle comptait bien en profiter. Ce n'était pas chez elle qu'elle trouverait ce genre d'atmosphère tendre, cela faisait trop longtemps qu'elle avait des rapports tendus avec son père. Le sohei se chargea de présenter la famille.
Miwako leur fit un signe de tête poli à chacun, aussi bien pour leur dire bonjour, que pour leur montrer qu'elle retiendrait les prénoms de chacun. Le prénom de la soeur ramena les pensées de la religieuse à Geki. Akiko, comme sa propre petite soeur. il faudrait qu'elle pense à lui rendre visite, cela faisait bien plusieurs mois qu'elles ne s'étaient pas vu. Les yeux de la jeune fille pétillèrent lorsque l'aînée la présenta à son frère, qui avoua n'avoir pas été très attentif. La scène était aussi amusante qu'attendrissante. Avec ce genre de rencontre dès le réveil, Miwako savait qu'elle passerait forcément une bonne journée.

L'onmyouji fit un signe de tête pour montrer à Jinyu qu'elle avait compris pour les paniers. Elle allait lui répondre, mais ses deux gardiens s'étaient jetés sur elle avant. Miwako écarquilla légèrement les yeux lorsque Jinyu avoua qu'il ne les voyait pas. Elle secoua un peu la tête, légèrement exaspérée par sa propre maladresse. Si tous les onmyouji voyaient les yokais, ce n'était pas le cas de tous les religieux.

"Ce sont plus que des amis."

Lui répondit elle en regardant ses deux gardiens avec amour. Ils étaient pour elle une seconde famille. Ils étaient le cadeau que lui avait laissé son défunt frère.

"C'était drôle d'ailleurs. Il a essayé de nous parler une fois, mais il était à moitié à côté de la plaque."Se moqua la protectrice du feu.  

"Hono, ce n'est pas très gentille." Fit Miwako d'un ton peu convaincant, car un peu trop enjouée. Elle se tourna vers le moine.

"Elle profite d'être invisible et de ne pas être entendu pour raconter plein de méchanceté."

L'onmyouji se rapprocha du sohei pour lui glisser à l'oreille, en chuchotant.

"Mais il ne faut pas se vexer pour cela, c'est comme une enfant voyez-vous."

"Eh j'ai tout entendu figure-toi." Gronda la kirin des flammes, alors que la religieuse fit semblant de se cacher derrière le sohei.

"Oups, je l'ai vexée"

Termina la jeune femme, en faisant un clin d'oeil complice au jeune homme, qui ne devait pas comprendre tout ce qui se passait autour de lui.

Hono tira la langue, puis fit semblant de bouder. Miwako remarqua cependant que son interlocuteur avait l'air de vouloir discuter plus sérieusement. La demoiselle mit donc fin au jeu par un simple geste de la main. La jeune femme reprit son sérieux et Hono fut légèrement dépitée. La gardienne aurait bien joué encore un peu. Quant à Onji, il avait regardé toute la scène avec un oeil amusé et appréciait d'autant plus la fin, qu'Hono terminait contrariée.   Miwako suivit Jinyu jusqu'à un banc, sur lequel elle s'assit plus calmement.

"Nous passerons chez chacun des habitants plus tard pour les remercier de leurs cadeaux."

L'onmyouji les avaient déjà tous dérangés une journée, elle n'allait pas reproduire cela. Ils devaient travailler la terre, c'était leur important devoir et le sol avait ses propres contraintes. La religieuse ne pouvait pas plus gâcher ce temps précieux. Elle chargerait ceux qu'elle verrait de transmettre ses remerciements aux absents.

"Mais nous ferons tout cela après que vous ayez posé vos questions sur les yokais. C'est bien pour cela que vous m'avez amené ici, n'est ce pas."

Jinyu malgré un stoïcisme certain laissait paraître un peu de sa curiosité. De plus elle était onmyouji, le sujet de son intérêt n'était donc pas compliqué à comprendre.

"Je ne sais pas si je pourrais répondre à toutes vos interrogations, mais n'hésitez pas. Lancez-vous."

Termina doucement la jeune femme avec un sourire, pour encourager son interlocuteur à parler.



L M M J V S D
Revenir en haut Aller en bas
Invité

avatar

Invité


MessageSujet: Re: Les Akanames ne sont elles pas des créatures à plaindre, plutôt qu'à haïr? [Terminé] Jeu 11 Juin - 23:59

Jinyu ne voyait pas les drôles d'amis de Miwako et celle-ci semblait confuse quant au fait qu'elle pensait qu'il les voyait, cependant, Jinyu les ressentait. Il savait qu'ils étaient là, proches de lui, et encore plus proches de la jeune omnyouji, mais ces êtres ne le gênait absolument pas. Il trouvait même cette présence apaisante.

Il regardait de temps en temps le visage radieux de la jeune femme, elle semblait heureuse, et ce sentiment quelque soit le visage sur lequel il faisait office avait le don de rendre Jinyu heureux à son tour même lorsque ce dernier faisait face à tel ou tel problème.

Selon la jeune femme, les yokaï s'étaient moqués du sohei quelques minutes auparavant, il trouvait ça amusant, s'il avait pu, il aurait fait semblant de ne pas les voir, puis d'un seul coup, tenter quelque chose, pour les taquiner un peu, parce qu'il savait fermement au fond de lui que les compagnons de Miwako n'étaient pas mauvais.

La belle jeune femme avait repris son sérieux, peut-être à cause de ce que Jinyu laisse paraître constamment sur son visage, cet air rigide, qui ne laisse rien passer, sauf quand quelqu'un ou quelque chose attise sa curiosité...

Il continuèrent de marcher à travers le village, puis ils s'assirent sur un banc de bois usé par la pluie et le temps, mais placé sous un saule magnifique, peut-être centenaire ou plus, tandis que des enfants jouaient derrière les deux religieux.
« - Nous passerons chez chacun des habitants plus tard pour les remercier de leurs cadeaux.»

Jinyu savait que cette jeune femme avait bon coeur, même si celle-ci possédait un emploi du temps chargé, elle allait prendre le temps de remercier tout les villageois, mais surtout, d'accorder un petit peu de son temps au sohei :
« - Mais nous ferons tout cela après que vous ayez posé vos questions sur les yokaïs. C'est bien pour cela que vous m'avez amené ici, n'est ce pas ?»

Tandis que Jinyu orientait son regard vers la jeune omnyouji et qu'il sentait les deux petits êtres s'agiter légèrement autour de lui, il fixa les yeux de Miwako, tout en commençant à parler :
« - Il y a tellement de questions que j'aimerais te poser que cela risquerait de prendre une journée toute entière.»

La curiosité dont l'esprit de Jinyu était investi était telle que même ses yeux, normalement inexpressifs, brillaient à l'idée d'avoir rencontré une personne aussi étrange que Miwako. Sceptique, mais enjouée, la jeune femme lança au jeune homme :
« - Je ne sais pas si je pourrais répondre à toutes vos interrogations, mais n'hésitez pas. Lancez-vous.»

Elle ne savait pas que Jinyu avait été frappé il y a moins de dix ans par la foudre, - du moins c'est ce qu'il pensait mais il n'en était pas sûr, peut-être l'avait-elle ressenti - pourtant, lui savait que Miwako était investie par les pouvoirs de Raijin. Énormément de questions fusèrent dans la tête du sohei, mais afin de ne pas profiter de la gentillesse de la jeune omnyouji, il n'en garda que quelques-unes qu'il s'empressa de poser :
« - Je vais tâcher de faire vite afin de ne pas trop profiter de ta bonté. J'aimerais pouvoir mettre un nom sur le deuxième yokaï qui te suit, car je sais que celle à l'aura rouge s'appelle « Hono », ensuite, pourquoi ils te suivent, pourquoi es-tu si unique ? Je n'avais jamais vu d'êtres avec un halo aussi puissant, et enfin, j'aimerais que tu me promettes que quoi qu'il arrive, nous serons amené à nous revoir.»

Il regardait toujours la jeune femme avec une intensité telle que certaines personnes auraient tourné la tête, mais ce ne fut pas le cas de l'omnyouji. Et tandis que celle-ci allait commencer à répondre, Jinyu pivota complétement sur le banc, puis après s'être assis en tailleur, mis ses deux mains sur ses genoux, tout en laissant ses yeux droits dans ceux de son interlocutrice, pour lui faire comprendre qu'il n'avait rien de plus à lui demander.
Revenir en haut Aller en bas
Kenshu Miwako

avatar

Daimyo

Messages : 379
Date d'inscription : 10/11/2014

Feuille personnage
Age: 21 ans
Titre: Abe no Miwako
Liens:

MessageSujet: Re: Les Akanames ne sont elles pas des créatures à plaindre, plutôt qu'à haïr? [Terminé] Mar 16 Juin - 1:58

Un sourire tendre illumina le visage de Miwako aux questions de son interlocuteur, il y avait une naïveté touchante dans ces dernières. Toute l'attitude de Jinyu avait en vérité ce côté attendrissant, le sohei malgré son aspect sévère laissait transparaitre une certaine candeur.  

"Profitez-en, vous pouvez prendre tout votre temps. Pour tout vous avouer, je suis contente de rencontrer quelqu'un de curieux à ce sujet."

La jeune femme était sincère. Trop de gens se laissaient guider par la peur des yokais et ne voulait pas en savoir plus. Certaines personnes n'osaient même plus lui parler après un exorcisme, car ils se trouvaient intimidés, parfois même un peu effrayés. Si une jeune fille comme elle pouvait vaincre ces monstres, que pouvait-elle faire contre des humains ? Les onmyoujis pouvaient parfois être craints, leurs relations avec  les yokais pouvaient paraître ambiguë ? Et pour leurs pouvoirs, n'y avait il pas quelques magies dessous et ne pouvaient ils pas également l'employer contre les gens?  

"Et puis qu'elle genre de religieuse je serai, si je laissais repartir un homme en quête de savoir, sans l'écouter et lui répondre ?"

L'onyouji  faisait partie de la caste des religieux. Ecouter, répondre aux interrogations, guider les gens, cela faisait aussi partie de ses attributions. Elle passait seulement moins de temps sur cette partie, car elle n'en avait que peu l'occasion.

"Le second s'appelle Onji. Enfin, ce ne sont pas là leurs véritables noms, mais je ne vous les donnerais pas. Avoir le véritable nom d'un yokai, c'est prendre un ascendant considérable sur ce dernier."

Son interlocuteur n'avait pas l'air de savoir quoique ce soit sur l'onmyodo, vu les questions posées.

"Sachez que pour tous les sorts que nous employons, il y a toujours une sorte de rapport de force entre l'esprit du lanceur de sort et celui de sa victime. Les yokais sont généralement favorisés par rapport à nous, parce que ce sont des créatures spirituelles d'une part et d'autre part, ils sont en général beaucoup plus âgés que nous. Toutefois, un onmyouji qui récupère le véritable prénom de la créature renverse la tendance et prend l'avantage, car dans le monde spirituel, les noms sont des sources de pouvoirs."

C'était un élément déterminant et on apprenait cela à tout futur onmyouji dans les premiers jours de sa formation. L'espèce du yokai était aussi importante, car chaque espèce avait un éléments favori, une faiblesse, qui rendait l'utilisation de certains sorts possibles et d'autres impossibles. C'était un apprentissage long, de plusieurs années, qui demandait beaucoup de rigueur et une excellente mémoire, aussi bien dans l'apprentissage, que dans la pratique.
Miwako était calme et faisait attention à sa diction. Elle fixait son interlocuteur pour voir ses réactions, s'il comprenait ou à l'inverse était perdu. Jinyu avait l'air de suivre correctement et n'avait pas besoin qu'elle ralentisse. C'était un garçon intelligent, la curiosité s'associait souvent à cette première qualité.

"Ensuite, s'ils me suivent, c'est par ce qu'ils sont mes gardiens. Tous les onmyoujis ont un yokai gardien, enfin normalement. Ils sont chargés de nous aider, de nous protéger, de véritable yojimbo, mais version yokais. J'en ai deux, mais ça c'est une spécificité de ma famille, nous pouvons avoir beaucoup de gardiens. Mon ancêtre s'est retrouvé avec 12 gardiens."

Un sourire heureux traversa le visage de la demoiselle à cette pensée. 12 le nombre lui paraissait tellement énorme. Elle essaya d'imaginer l'ambiance autour d'Abe no Yuto. Il n'avait vraiment pas dû s'ennuyer.

"Quant au fait que je sois unique... Et bien c'est simplement que tu n'as pas eu la chance de croiser d'autres onmyoujis. Si tu passes un jour par Geki, n'hésitez pas à passer à notre demeure familiale, je vous y recevrais avec plaisir, si je suis là. "

L'invitation de l'onmyouji était sincère. Miwako n'avait pas conscience du halo autours d'elle. Sa manière de distinguer le surnaturel ne passait pas forcement par la vue. Elle voyait, mais il y avait aussi un autre sens. La jeune femme ne saurait le décrire, une chose en elle sentait si son interlocuteur était humain, yokai ou avait des liens avec le monde spirituel. C'était au plus profond de ses tripes, de son corps, une vibration sur laquelle elle ne pouvait pas vraiment mettre de mot.
De plus, comme tous les onmyouji, elle était complètement aveugle à son propre destin ou même à ses propres origines. Ainsi, il existait une rumeur comme quoi le premier Abe no connu avait du sang de yokai. C'était peut être vrai, Miwako, comme toute la famille ne pourrait jamais prouver qu'ils étaient complètement humains, ou si un peu de sang yokai circulaient dans leur veine, ils ne pouvaient pas le voir ou le sentir sur eux même. Leur fonction d'onmyouji brouillait également ce sens chez leur collègue. C'était peut-être qu'un bruit lancé par des jaloux, voulant faire perdre du prestige à la famille et instillé une certaine méfiance à leur égard.
La demoiselle avait décidé de ne pas se laissait embêter par ces rumeurs. Vraies ou fausses, il n'y avait que des humains depuis tellement de générations dans leur famille que ce sang de yokai, si jamais il avait circulé dans leur veine, devait être complètement tari.

"Pour nous revoir, je n'ai pas l'habitude de faire des promesses en l'air. Comme je te l'ai déjà dit, si tu passes à Geki n'hésite pas à venir.  Je peux également passer par ton village, si jamais je suis amené à traverser la région ou que je me retrouve dans le coin, , pour augmenter les chances de nous  rencontrer à nouveau. Je ne pourrais pas le faire à chaque fois, mais de temps en temps."

C'était flou, mais Miwako ne pouvait pas vraiment promettre plus au sohei. Il n'y avait qu'un village qu'elle visitait absolument une fois par an, mais c'était lié à une promesse faite à tous les habitants. La religieuse faisait cela pour leur santé, car les villageois d'Ariake se trouvaient vraiment cassés, presque abandonnés.

"C'est pour cela que si tu as d'autres questions, posent les moi maintenant. Nous avons encore le temps."

Ajouta-t-elle souriante.



L M M J V S D
Revenir en haut Aller en bas
Invité

avatar

Invité


MessageSujet: Re: Les Akanames ne sont elles pas des créatures à plaindre, plutôt qu'à haïr? [Terminé] Ven 19 Juin - 17:33

Hono et Onji... maintenant Jinyu connaissait les surnoms des gardiens de la prêtresse, à cela venait s'ajouter quelques précisions de la part de Miwako quant à la nécessité de ces surnoms. Bon nombre de gens auraient voulu prendre possession des pouvoirs d'un yokaï, mais Jinyu ne voyait pas par quel moyen un simple être humain pouvait asservir une telle créature en ne sachant que son nom.

La jeune femme continuait de lui parler de sa fonction d'omnyouji, comment les pouvoirs de ceux-ci fonctionnaient vis à vis des yokaï. Pour ce qui est de l'âge possible de ces derniers, pouvant être centenaires voire plus, il l'avait lu, puis elle vint éclairer le fait que les noms étaient très importants dans le monde spirituel, ce que Jinyu n'avait pas compris jusque là.

Ils étaient toujours assis sous le saule, les villageois passaient, se saluaient si cela n'avait pas été encore fait, puis peu à peu ils rentraient chez eux, l'air se rafraîchissait, ce qui ravissait Jinyu. Il n'aimait pas vraiment la chaleur. Il regardait toujours la jeune femme, tout en restant calme, même si celle-ci attisait toujours autant sa curiosité.

Des gardiens spirituels... certains diraient que c'est étrange, d'autres que c'est répoussant, et peut-être quelques derniers pourraient en tirer un certains plaisirs. L'avis de Jinyu tenait plus de cette troisième solution que des deux premières. Il ne connaissait presque rien en matière de yokaï, hormis quelques-uns, comme le kitsune ou le bakeneko, et qu'ils pouvaient être bons ou mauvais, mais sa connaissance sur ces drôles d'êtres s'arrêtait là. Aux vues de ce que Miwako éprouvait vis à vis de ces gardiens et vice-versa, cela ne pouvait apporter que du bien.

Il n'avait jamais entendu parlé des Abe no, ou il n'y avait jamais fait attention, Jinyu se souvenait souvent des choses qu'on lui racontait, et s'il avait eu vent d'une personne, bien que décédée aujourd'hui, qui avait douze yokaï pour gardiens, il s'en serait souvenu. Pourtant ce chiffre ne semblait pas l'avoir choqué plus que ça.
« - Quant au fait que je sois unique... Et bien c'est simplement que tu n'as pas eu la chance de croiser d'autres onmyoujis. Si tu passes un jour par Geki, n'hésitez pas à passer à notre demeure familiale, je vous y recevrais avec plaisir, si je suis là.»

Il n'avait pas dit cela en l'air, et il allait souvent à Geki, très souvent même, et bien souvent il y restait, car son frère juré, Seigi, récemment devenu samouraï y été assigné, il revenait souvent dans son village natal, pour y voir sa soeur et ses parents, mais aussi Anzu qui avait décidé de rester, c'est pourquoi il lui expliqua :
« - J'ai dit unique, parce que, c'est réellement le cas, je suis sohei, et jamais je n'ai vu quelqu'un qui avaient des yokaï pour gardiens, ou qui avait une si grande prestance. Pour ce qui est de Geki, j'y suis très souvent, je n'y manquerai pas.»

« - Pour nous revoir, je n'ai pas l'habitude de faire des promesses en l'air. Comme je te l'ai déjà dit, si tu passes à Geki n'hésite pas à venir. Je peux également passer par ton village, si jamais je suis amené à traverser la région ou que je me retrouve dans le coin, pour augmenter les chances de nous rencontrer à nouveau. Je ne pourrais pas le faire à chaque fois, mais de temps en temps.»

«  - Il y a peu de chances que l'on se croise à nouveau ici, mais je tâcherai de passer chez les Abe no lorsque je serai à Geki, et si tu y es.»

« - C'est pour cela que si tu as d'autres questions, posent les moi maintenant. Nous avons encore le temps.», ajouta-t-elle.

Le Soleil commençait déjà à se coucher, et l'air se rafraîchissait de plus en plus, imaginant que l'omnyouji ne repartirait pas à cette heure, il l'invita là où elle s'était réveillée quelques heures plus tôt, afin qu'elle puisse, si elle le voulait, manger quelque chose :
« - Il se fait tard, si tu ne comptes pas partir de suite, suis-moi, mes parents seront ravis de t'accueillir une seconde fois, quant aux questions... hm... Comment Hono et Onji se sont-ils liés à toi ? Je veux dire depuis quand ils te suivent ?»
Revenir en haut Aller en bas
Kenshu Miwako

avatar

Daimyo

Messages : 379
Date d'inscription : 10/11/2014

Feuille personnage
Age: 21 ans
Titre: Abe no Miwako
Liens:

MessageSujet: Re: Les Akanames ne sont elles pas des créatures à plaindre, plutôt qu'à haïr? [Terminé] Lun 22 Juin - 0:31

Hono et Onji s'étaient positionnés légèrement en retrait, conscients que leur maîtresse avait besoin d'être tranquille avec le moine. Depuis le temps qu'ils accompagnaient des humains, ils avaient appris à avoir un peu de tact et à passer au second plan lorsque cela s'avérait nécessaire. L'onmyouji était une humaine après tout et pour pouvoir interagir avec le sien, elle avait besoin que les yokais prennent parfois un peu de distance. Ils n'étaient cependant jamais bien loin, toujours à veiller sur elle.

Un sourire un peu gênée s'affichait sur le visage de la jeune femme. Bien sûr, elle était unique, comme tout être vivant parcourant les terres de yokuni, elle ne pensait cependant pas un être exceptionnel. Elle fut ravie que Jinyu accepte l'invitation dans la demeure familiale. Il y croiserait sûrement d'autres onmyoujis et reverrait probablement une partie de son opinion à son sujet.

"Et bien soit, nous nous recroiserons à Geki."

Confirma-t-elle avec joie.  Miwako aimait ce genre de rencontre donnant la possibilité d'ouvrir des liens plus construit qu'un simple et fugace rencontre,  comme celui qui semblait naître sous ce saule.
Le regard de la jeune femme se posa alors sur le soleil couchant. Il était déjà si tard ! C'était probablement un effet secondaire un peu embêtant de son don, elle se levait à  n'importe quelle heure et cela la décalait complètement. Elle aurait pourtant bien prolongé un peu cette discussion sur ce banc, sous cet arbre. L'atmosphère était apaisante et leur discussion reposante, sur un sujet qu'elle adorait toujours autant. Miwako ne se lassait pas des yokais, bien qu'ils soient devenus le centre de sa vie. La nuit allait cependant vite arriver, chassant la lumière et les obligeant à rentrer pour se protéger.

"Voyager de nuit n'est jamais une bonne idée. Je me vois donc dans l'obligation de profiter une fois de plus de votre hospitalité."

Rajouta la demoiselle avec un sourire ravi à Jinyu. L'idée de passer une nuit avec la famille du sohei n'était pas pour lui déplaire, même si elle aurait probablement du mal à trouver le sommeil.

"Je peux éclairer ton chemin sinon Miwa, ce ne sera pas un problème."

Ajouta le kirin des flammes,  Onji ne semblait pas être d'accord avec cette idée.

"Cela reste dangereux, la lumière attire les bandits et tu sais bien que l'activité des yokais est plus importante la nuit."

"Nous l'avons déjà fait pourtant." fit la gardienne de feux, plus boudeuse.

"Oui, mais les rares fois où cela est arrivé, c'était dans l'urgence, ce qui n'est pas le cas en ce moment"

Compléta calmement et fermement Miwako pour mettre fin à la discussion. La jeune femme avait tourné le dos au religieu lorsqu'elle avait prononcé ces mots, le jeune homme n'en était donc clairement pas le destinataire. La religieuse se retourna vers lui.

"Désolée pour ça. Ce n'est pas vraiment agréable d'être sorti de la conversation de la sorte."

La demoiselle se demanda pourquoi sa gardienne était si pressée de rentrer. Elle lui demanderait plus tard.

"Pourrions-nous simplement remercier les paysans pour le panier. Je souhaiterais le faire avant d'oublier."

Fit Miwako en se levant du banc avec son sourire chaleureux. La jeune femme savait qu'elle pouvait être tête en l'air et préférait prendre ses précautions. Elle n'avait aussi pas oublié les questions du jeune homme et continua alors qu'ils se mettaient en route pour faire le tour du village.

"Hono et Onji ont accepté de servir un  de mes ancêtres et ce sont lié d'abord à lui, puis à la famille. Lorsque mon apprentissage fut terminé, j'ai réalisé une cérémonie pour obtenir mon gardien et ainsi obtenir le titre d'onmyouji. Ce sont les ayakashis liés à notre famille qui choisissent qui ils protègent. Ils sont venus tous les deux à moi et cela fait maintenant cinq ans que nous sommes liés et que nous voyageons ensemble."

L'onmyouji posa un regard tendre sur ses compagnons de route, qui lui renvoyaient le même amour. Cinq ans déjà, cela paraissait si long et si cours aux yeux de l'humaine. Onji et Hono étaient plus inquiets: cinq années déjà et le temps était passé si vite. Bientôt leur protégée deviendrait âgée, pour mourir de vieillesse bien trop rapidement. Le plus gros fardeau des gardiens résidait probablement en ce point, ils aimaient profondément des maîtres bien trop fragiles et à la vie si courte.  Les deux protecteurs se rapprochèrent d'elle pour réclamer des caresses, pour profiter de cet instant présent condamné à disparaître.
Miwako fut un peu surprise de leur réaction, mais la demoiselle les serra contre elle.

"Désolée de ne pas pouvoir être plus précise Fushiawase-san, mais pour les cérémonies en elles-mêmes, je ne peux rien révéler. Nous n'enseignons cela qu'aux membres de notre famille et encore si vous êtes de la branche principale ou secondaire, les cérémonies seront différentes."

Seuls les Abe no de la branche principale avait plusieurs gardiens. Les chefs de famille veillaient à ce que la tradition soit respectée, pour que le nombre de gardiens ne devienne pas impossible à gérer. L'Oncle paternel de Miwa avait plusieurs gardiens puisqu'il était le fils du chef précédent, mais ses cousins, considérés dans une branche secondaire, ne pourraient jamais en avoir plus d'un. Ces règles étaient drastiques, injustes dans leur critère mais, obligatoires. Trop de gardiens sous un même toit pouvaient entraîner des complications et les impactes d'une dispute entre entités spirituelles étaient généralement supérieurs à ceux entre humains.

L'onmyouji s'arrêta quelques secondes pour être certaine de ne pas raconter de bêtise et fouiller dans sa mémoire. Une fois qu'elle fut certaine d'avoir vu des ouvrages faisant référence à certaines pratiques de l'onmyodo elle ajouta.

" Il doit exister divers moyens de se lier à un yokai et d'obtenir un gardien, ils doivent dépendre des familles, des traditions et des courants qui vous enseignent l'onmyodo. Vous pouvez cependant trouver des écrits sur ces pratiques dans certains temples. Il est difficile de les mettre en pratique sans maître, mais ce n'est pas ce qui vous intéresse. Ils pourraient satisfaire en partie votre soif de curiosité à ce sujet"



L M M J V S D
Revenir en haut Aller en bas
Invité

avatar

Invité


MessageSujet: Re: Les Akanames ne sont elles pas des créatures à plaindre, plutôt qu'à haïr? [Terminé] Sam 11 Juil - 3:12

« - Désolée pour ça. Ce n'est pas vraiment agréable d'être sorti de la conversation de la sorte.», lança-t-elle à Jinyu après s'être disputé, même si Jinyu savait que celle-ci n'en était pas vraiment une, avec les deux yokaï.

Jinyu ne répondit pas. Miwako continua cependant :

« - Pourrions-nous simplement remercier les paysans pour le panier. Je souhaiterais le faire avant d'oublier.» fit la jeune femme en se levant du banc.

« - Bien sûr, il suffit de passer par le centre du village, allons-y, mais ne tardons pas.», les deux religieux commencèrent donc à rejoindre le centre du village.

La jeune femme que Jinyu appréciait de plus en plus répondit à ses questions sur la route, ces deux yokaï avaient été gardiens d'un de ses ancêtres, ce n'était l'humain qui choisissait ses gardiens durant la cérémonie, mais bien l'inverse. C'est ainsi qu'elle était devenue omnyouji et ce il y a cinq années. Elle semblait regarder tendrement ses compagnons, et elle enlaça ce que Jinyu perçevait comme des ombres.

« - Désolée de ne pas pouvoir être plus précise Fushiawase-san, mais pour les cérémonies en elles-mêmes, je ne peux rien révéler. Nous n'enseignons cela qu'aux membres de notre famille et encore si vous êtes de la branche principale ou secondaire, les cérémonies seront différentes.»

Cela faisait deux fois qu'elle s'excusait, et Jinyu avait cette habitude de dire aux gens de ne s'excuser que s'ils avaient fait quelque chose de grave.

« - Ne t'excuse pas pour ça Miwako, c'est un règle bien plus âgée que toi, j'aurais peut-être un jour l'occasion d'en savoir plus là-dessus, sait-on jamais.»

Jinyu aussi s'excusait rarement, voire jamais, les erreurs étaient rares, mais plus jeune, ou même enfant, il en avait faite, après tout, qui pouvait en dire le contraire ? Depuis tout petit, il nourrissait un profond respect pour les humains, ou la nature, mais jamais il ne s'excusait lorsqu'il ne pouvait pas répondre à une question. En quoi ne pas savoir quelque chose était de sa faute ? Il était comme ça, et ses proches savaient bien cela.

Ils étaient arrivés entre temps au centre du village et la jeune femme commençait à remercier les villageois un à un, ou famille par famille, tandis que la nuit était déjà bien avancée.

« - Il doit exister divers moyens de se lier à un yokai et d'obtenir un gardien, ils doivent dépendre des familles, des traditions et des courants qui vous enseignent l'onmyodo. Vous pouvez cependant trouver des écrits sur ces pratiques dans certains temples. Il est difficile de les mettre en pratique sans maître, mais ce n'est pas ce qui vous intéresse. Ils pourraient satisfaire en partie votre soif de curiosité à ce sujet.»

Alors les Abe no n'étaient pas les seuls à pouvoir se lier à des yokaï, pourtant, ce n'était pas ce qui intéressait Jinyu, s'il devait cotoyer les yokaï, il ne voudrait pas que ceux-ci soient liés à lui, par principe. Il excècre tout type de domination, qu'elle soit voulue ou non, la liberté pour lui est le bien le plus précieux qui soient.

« - Très bien, j'y jetterai un oeil alors, merci Miwako.», ajouta Jinyu en s'arrêtant près de Miwako qui remerciait alors la dernière famille du village.

Les deux jeunes adultes se dirigèrent vers la maison des Fushiawase, où les parents ainsi que la soeur de Jinyu les attendaient probablement. Le sohei et l'omnyouji discutèrent encore un peu sur le chemin, Miwako lui en disait un peu plus sur sa vie et ses deux gardiens, tandis que Jinyu lui, parlait de ce qu'il avait vécu, quelques années auparavant et pourquoi il avait voulu devenir guerrier de la foi.

Jinyu prépara une couche pour Miwako dans l'unique pièce qui formait sa maison, peu après ils mangèrent, et avant d'aller se coucher, Jinyu remercia une fois de plus Miwako, pour l'aide qu'elle avait apporté au village mais aussi pour ce qu'elle lui avait enseigné.

« - Passe une bonne nuit, Miwako.»
Revenir en haut Aller en bas
Kenshu Miwako

avatar

Daimyo

Messages : 379
Date d'inscription : 10/11/2014

Feuille personnage
Age: 21 ans
Titre: Abe no Miwako
Liens:

MessageSujet: Re: Les Akanames ne sont elles pas des créatures à plaindre, plutôt qu'à haïr? [Terminé] Lun 28 Sep - 1:30

Miwako répondit par un sourire au sohei: elle ne doutait pas que le jeune homme pouvait obtenir les informations s'il le désirait réellement. La religieuse commença à remercier les gens pour leurs présents, ils la remercièrent de nouveau pour ses actions envers le village. La jeune femme savait qu' elle serait toujours le bienvenu dans cette bourgade après ses actions, elle ne savait cependant pas si ses pas la ramèneraient un jour ici.

Ses pensées n'allèrent cependant pas jusque-là, tout son être n'était concentré que sur cet instant présent, sur la chaleur des habitants de ce village, sur la douceur et la joie de leurs gestes. Un sourire plus radieux que jamais éclairait le visage de la religieuse. Cette gaieté, ce bonheur, c'était son moteur, la raison de son voyage perpétuel. C'était l'origine de son courage inébranlable et de sa conviction qui la faisait résolument avancer.  Miwako réalisait sa mission, certes, mais sa mission lui apportait ces quelques instants de plénitude absolue. Peu de gens pouvaient se vanter d'avoir trouvé leur place avec autant de certitude que la jeune femme dans ces moments là. Un enfant s'approcha d'elle pour lui donner des fleurs, la demoiselle avait apparemment sauvé son frère. Miwako lui passa tendrement la main dans les cheveux, avec des yeux brillants. Un instant de paix de quelques minutes, quelques heures tout au plus, mais qui justifiait toute son existence, sa survie, son parcours avec ce qu'il comportait de douleur persistante.

Jinyu l'accompagnait toujours. Le moine avait eu la discrétion de se mettre un peu en retrait pendant que la jeune femme parlait aux différents villageois. Ils reprirent leur conversation une fois qu'elle eut terminée avec ces derniers. Encore sur un petit nuage, Miwako était plus bavarde que d'habitude. Le sohei lui raconta aussi son expérience extraordinaire, peu de gens avait rencontré la foi de manière si percutante. L'ambiance dans la demeure de ce dernier prolongea cette sensation de bien-être, qui ne s'acheva que lorsque les gens de la maisonnée allèrent dormir.  Ils se couchaient tôt, car ils se levaient aux aurores.

"Bonne nuit"

La religieuse se retrouva dans le noir, à limiter ses mouvements. Elle n'avait pas sommeil, elle avait déjà beaucoup dormi et venait de se réveiller il y a peu de temps. C'était le défaut secondaire de son don, à s'endormir n'importe quand, elle se retrouvait décalée. La jeune femme patienta, elle attendit que toutes les personnes présentent soient bien endormis. Dès que les souffles réguliers des dormeurs dominèrent les sons de la pièce, la jeune femme sortit sur la pointe des pieds.

"Des yokais risquent facilement de revenir dans ce genre de petits villages."

L'averti Onji, pas surprit de la voir sortir aussi discrètement de la maison de ses hôtes.

"Tu penses que je devrais ériger une légère barrière."

Le kirin lié à la terre hocha négativement la tête.

"Ils seront curieux de voir ce qui est protégé de la sorte, tu risques d'en attirer plus dans la région, pour rien au final et de mettre en danger les villages voisins."

L'onmyouji laissa ses yeux dériver sur le paysage nocturne, la lune ne procurait qu'un faible éclairage. La jeune femme était quasiment aveugle, mais n'en ressentait pas d'angoisse. Les flammes d'Hono visibles à des kilomètres y étaient probablement pour quelque chose, avec ces deux gardiens présents pour elle, il fallait plus pour l'inquiéter.

"Je reviendrai si cela est nécessaire alors."

Répondit simplement l'onmyouji qui continua à regarder autour d'elle. Ses yeux s'habituant à l'obscurité, les contours des différents objets se firent un peu plus précis et elle marcha un peu. Elle progressait doucement, pour ne pas tomber avec cette visibilité réduite. Hono les rejoignit alors que Miwako se rasseyait sur le même banc que tout à l'heure. La vue, l'impression, tout étaient tellement différent.

"Les quelques yokais qui traînent dans le coin sont complètement inoffensifs. Tu pourras partir demain."

L'onmyouji fit un sourire et caressa sa gardienne pour la remercier. Miwako n'avait même pas eu besoin de lui demander, c'était un des avantage à travailler ensemble depuis si longtemps.

"Alors nous repartirons demain tôt."

"Et tu devrais essayer de dormir alors, plutôt que jouer les ombres dans la nuit." Rajouta Onji.

Un sourire amusé se traça sur les lèvres de la jeune femme alors que le vent jouait avec ses cheveux, exceptionnellement défait.

"Laisse-moi encore un peu profiter du vent joueur et du calme de cette nuit, il est bien rare que je puisse profiter de la sérénité qu'offre la lune."

Lui répondit doucement la jeune femme. Il lui était arrivé plus d'une fois de travailler sous le regard de la lune et elle connaissait plus les nuits agitées que calmes. Lorsqu'elles étaient tranquilles, la jeune femme était comme la pluparts des habitants de yokuni, dans son lit à dormir. L'onmyouji resta quelques instants à deviner les contours des silhouettes, les mouvements et les sons des animaux qui lui parvenaient. La nuit, si effrayante et dangereuse pour l'homme, était le royaume de biens des créatures. Miwako laissa son esprit dérivé sur le sujet, laissant sa main jouer avec une mèche de cheveux, qui se balançait sous le vent. Ce fut Hono qui finit par la tirer de ses pensées pour la faire regagner le lit. La jeune femme s'endormit facilement en fin de compte et reparti aux premières lueurs de l'aube, après des adieux chaleureux auprès des villageois, déjà levés pour la majorité, car les travaux des champs n'attendaient pas.



L M M J V S D
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Les Akanames ne sont elles pas des créatures à plaindre, plutôt qu'à haïr? [Terminé]

Revenir en haut Aller en bas
 

Les Akanames ne sont elles pas des créatures à plaindre, plutôt qu'à haïr? [Terminé]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Pourquoi les pommes sont-elles rondes ? (PV - Kallo Hone)
» Pourquoi les femmes sont elles plus attirantes que les hommes
» Pourquoi les femmes sont elles absentes à ce forum?
» Sont-elles toutes des courtisanes ? [18+] [Terminé]
» Pétion –Ville ; mairesse Ludie Parent ap danse kompas !


Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
-
..
.Abyndal.
...
...
..
..
...
.
.... .Ewilan RPG..
....La Sérénissime..