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 Le Doré de leurs Regards

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Kasuga Riyu

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MessageSujet: Le Doré de leurs Regards Sam 6 Juin - 3:25


Quelques mois étaient passés depuis que la nouvelle Taisho avait eu la folie de recueillir le monstre d'Hokori. Si en le voyant arriver, l'entourage de la guerrière disait qu'elle faisait un caprice et que ce sauvage ne serait jamais un Okaruto et encore moins digne de porter un katana, ses efforts et sa patience commençaient tout juste à porter leurs fruits.

En effet, Riyu avait vu de quelle manière cette créature s'était battue contre ses hommes, comment elle avait rompu la nuque d'un lancier accompli. Elle avait remarqué le regard que ce démon lui avait porté où se mêlait profonde détresse et fierté solide. Si humain et si noble. Ceux qu'elle avait poursuivi avaient été pour la plupart des lâches finis, mais pas lui, elle avait perçu autre chose qui l'avait prise aux tripes. Elle avait également remarqué qu'il voulait vivre.

Le tuer parce qu'il avait trouvé le courage de dresser ses poings contre une demie-division et s'était défendu de toute sa hargne aurait été un trop malheureux gâchi. Alors qu'il ne fut plus en état de se battre, le monstre avait été ramené à Kasu où il avait été soigné et où il avait pu reprendre des forces durant de longs mois. On était alors venu annoncer à Riyu que le prisonnier se portait comme un charme à présent et qu'il avait retrouvé force et vigueur depuis un moment maintenant. Peu après, elle décida de lui rendre visite.

Flanquée de deux samouraïs, des subalternes de confiance, la Dragonne suivit le goêlier qui la mena vers le prisonnier qui l'interessait et arrivée devant la grille de sa cellule, le salua à peine et ne se priva pas de le détailler, un peu comme l'on avise une bête de foire. De toutes façons, malgré ses restes martiaux, cet homme n'avait plus d'honneur, il ne s'agissait que d'un chien sans maître trouvé dans les bois. Alors, comme la sauvageonne qu'elle était véritablement, Riyu pouvait se permettre de le toiser à volonté. Ce qu'elle vit là lui plut tant qu'elle se mit à sourire malgré la morosité de ces derniers jours...

Le monstre était grand, grand comme elle n'aurait pu l'imaginer. Bien sûr, sa taille l'avait déjà frappée lorsque ses hommes l'avait abattu, mais à présent qu'elle se trouvait si proche de lui, elle pouvait reconnaître qu'il était véritablement impressionnant. En plus d'imposant et beau garçon, ce qu'elle nota et n'avait pu observer à cause de sa maigreur d'alors et de la crasse qui le recouvrait des pieds à la tête.

Le contempler ainsi avec un intérêt certain fut le seul affront que la jeune femme s'autorisa. Un petit signe de tête au geôlier et elle disparut à sa suite dans les ténèbres et le calme du couloir, tout comme les deux soldats qui l'accompagnaient. Une ou deux heures plus tard, on demanda la présence du prisonnier dans les locaux administratifs du camp.


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Daiyuki Raiken

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MessageSujet: Re: Le Doré de leurs Regards Dim 14 Juin - 10:07


Ses yeux s'ouvrirent à nouveau.

Cela faisait maintenant plusieurs mois que ce même plafond et ces murs étriquées étaient son univers la majeure partie du temps. Les images encore embrumées de son esprit lui rappelaient les raisons de sa présence au cœur de cette pièce et pourtant, il était particulièrement étonné de pouvoir contempler autre chose que les nimbes du Yomi ou les neuf enfers du Jigoku à chacun de ses réveils. Une petite femme ridicule en armure avait été son salut, le sortant des griffes de soldats qui étaient finalement parvenu à bout de lui grâce à leur surnombre et le fait non négligeable qu'il était affamé, pas même l'ombre de lui-même.

Pas même l'ombre de ce qu'il était redevenu. Il se redressa sur sa couche d'un seul élan et avisa ses deux poings redevenus les marteaux qu'il avait toujours entretenu. Il s'était demandé ce qu'il faisait toujours en vie, et pourquoi, malgré la piètre qualité de ce qu'on lui servait, il était nourrit convenablement et parfaitement suffisamment pour remplumer la carcasse vide qu'il était devenu dans sa fuite éperdue. Incapable de s'ôter la vie, incapable de laisser d'autre le faire pour lui, suppliant de ses yeux qu'on l'épargne et laissant cela se faire.

On l'a soigné, sustenté, nettoyé sans qu'il ne comprenne pourquoi, mais rapidement, il avait tiré un trait sur la logique et s'était laissé entretenir. Lorsqu'ils avaient le dos tournés et qu'il en avait l'espace, il reprenait ses exercices physiques. Il se leva de sa couche et positionna ses indexs, majeurs et pouces en triangle, les deux bras parallèles, puis il renversa l'ensemble de sa stature colossale sur ces six doigts. Plus d'une centaine de kilos de pressions lorsqu'il passa ses pieds au sommet, presque à hauteur du plafond de la cellule et il débuta doucement sa gymnastique matinale, descendant puis remontant son corps sur ses seules extrémités.

Souriant sans montrer un semblant d'effort pour ce qu'il débutait, il jugea que de se dédier ainsi uniquement à l’entraînement depuis qu'il était arrivé l'avait hissé à nouveau à son plein potentiel. Non. C'était plus encore que cela. Il se demanda pour quelle raison il faisait cela et jugea simplement que sa seule fierté en était la cause. Ce qui l'avait amené sur ces terres était occulté au plus profond de son esprit comme si cela n'était pas vraiment arrivé et quand bien même, il n'y pouvait absolument plus rien et il apparaissait qu'il était bien trop lâche pour mourir.

Alors il s'était juré de reconquérir sa dignité, de faire payer Kenshu pour ce que ce clan l'avait laissé devenir. Oui, tout était la faute du clan des disciples de Gekigami et il ferait tout pour que Geki brûle même sous les pluies tempétueuses parcourant son domaine. Basculant à nouveau sur ses pieds, il se mis en garde et frappa l'air, accélérant le rythme progressivement jusqu'à atteindre une vitesse de deux à trois coups par seconde. Oui. Ces gens l'avaient requinqués et lui rendait les armes dont il s'était dépossédé lui-même.

Il était curieux de savoir s'ils se rendaient compte de cela. Dans son état actuel, les lanciers qui l'avait terrassés n'aurait pas posé problème, il se sentait capable de faire front à une armée toute entière. Pour le reste, il s'était montré un captif des plus sage et des plus patient. Ils vinrent le chercher bientôt pour lui permettre de se nettoyer et un kimono simple d'un beige fatigué lui fut passé pour qu'il puisse couvrir son incroyable masse. Quelque chose se préparait à son sujet, bien qu'il ne sut pas déceler quoi, car on le choya plus que de mesure.

Il fut ainsi rasé et même peigné, comme un animal que l'on préparait à une foire. On lui ôta même les fers qui permettaient à des chaînes de le retenir, quoiqu'il n'ait jamais laissé à ses geôlier le plaisir de le contraindre ainsi, se montrant coopératif en tout, un prisonnier modèle sommes toute. Il n'avait pas proféré un seul mot depuis qu'il s'était réveillé la première fois entre les quatre murs de la pièce qu'on lui avait alloué et il était à peu prêt certain qu'ils le pensaient simple d'esprit, ce qui l'arrangeait totalement en vérité. Si il se montrait trop brillant, ils prendraient peur du fait de ce corps qu'il entretenait grâce à leurs soins.

Enfin, il compris à ce qu'il entendait qu'un Général venait à sa rencontre, un officier au surnom pompeux que les hommes présents appelait le Dragon de l'Est, rien de moins. Son cœur de budoka appelait une telle rencontre de ses vœux, imaginant le guerrier qui méritait un tel pseudonyme comme étant doué des talents martiaux les plus hauts de ce domaine. Le pourquoi d'une telle confrontation lui échappait cependant. Ainsi, on le reconduisit dans sa geôle, nettoyée de fond en comble elle aussi.

Il s'installa sur sa couche en position du lotus et fit le vide dans son esprit, le temps qu'arrive à lui celui qui voulait l'approcher. Lorsqu'il rouvrit les yeux pour faire face à son visiteur, il manqua de tomber de haut en constatant qu'il s'agissait d'une femme proprement ridicule à voir, mais son instinct le ramena rapidement à la réalité des choses. Malgré sa taille et une beauté indéniable, elle portait sur le visage un stigmate impressionnant. Il la reconnu très vite ensuite, celle qui, d'un seul hurlement avait ramenée au calme ceux qui avaient manqués d'en finir avec son existence.

La façon dont elle l'avisait de son œil mort et de l'autre valide, éblouissant d'un or vif, en disait long sur ce qui se passait derrière cet iris. Elle le dévorait d'un intérêt qu'il n'ignorait pas le moins du monde. Et après quoi elle prit congé, une expression de satisfaction sur le visage. Lorsqu'il fut enfin seul, il sourit à dents découvertes, cela faisait des mois qu'il était seul et que cette femme se présente à lui en le détaillant de la sorte avait réveillé en lui la flamme du désir charnel.

Être le jouet d'une si dame si sensuelle, probablement la plus enivrante qu'il eut jamais vu d'ailleurs, était une idée qui n'avait rien pour lui déplaire, sa virilité s'extasiant dors et déjà de tout les traitements qu'elle allait sans le moindre doute lui faire subir. Comme il s'y était attendu, une heure, peut être deux plus tard, on vint lui annoncer que sa présence était requise. Rien ne pouvait empêcher son visage d'afficher ce sourire carnassiers qui était né du regard qu'elle lui avait porté. Oh, il allait tout lui donner, sans concession.

Devenir ce genre d'animal pour une telle œuvre faite femme était véritablement bienvenu après tout ce temps d'abstinence. On le mena sous forte escorte, probablement plus pour protéger son entourage que lui-même, jusqu'à ce qui devait être les locaux administratifs du camp et à nouveau, il fut mis en présence du fameux Dragon. Elle le voyait comme une bête sans honneur, c'était évident et pourtant, un intérêt certain était toujours présent alors qu'elle le toisait derechef. Cette journée promettait d'être des plus intéressante.
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Kasuga Riyu

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MessageSujet: Re: Le Doré de leurs Regards Mer 17 Juin - 21:36

Le prisonnier semblait se porter comme un charme, du moins ce fut ce que raconta le responsable de la geôle à Riyu. Il vanta également son comportement; selon ses dires, la créature ne s'était jamais rebellée et n'avait prononcé aucun mot depuis son arrivée en ces lieux, il y avait quelques mois. Pourtant, la Dragonne savait que l'homme qu'elle avait recueilli était loin d'être aphone. Elle ne put s'empêcher de trouver cela bien étrange...Mais après tout, pourquoi pas puisqu'elle l'avait trouvé à la limite de la mort, complètement décharné. Il pouvait bien être reconnaissant et vouloir épargner du travail à ses gentils hôtes...Cependant, lorsqu'on le fit venir à elle selon ses ordres, le sourire surprenant qu'il leur rendait alors ne disait rien qui vaille et surtout pas qu'il s'était discipliné pendant son temps de captivité.

Personne n'osait sourire comme cela à un Taisho. Non, personne ne se permettait pareille mine devant le Dragon. L'un des samouraïs, frappé et indigne, allait lui souffler une mise en garde qu'elle tut d'un simple signe, attestant qu'elle gardait la situation en main et qu'elle était consciente de ce qu'il se tramait sous son regard. Le propriétaire du camp, quant à lui, paraissait paniquer mais se contenait du mieux qu'il le put alors.

Le visage de la jeune femme s'assombrit tandis qu'elle jugeait "son protégé", devint presque terrifiant lorsqu'elle joignit ses mains devant celui-ci. Alors, c'était ainsi ?... Elle fut obligée de reconnaître qu'elle avait eu tord de miser tant d'espoirs sur cet être misérable et d'avoir fait confiance à ses hommes. On n'était jamais mieux servi que par soi-même, elle l'avait toujours su. Admettre cela ne lui fit pas de bien. Le Dragon en elle bouillait déjà de rage. Il n'allait pas faire le malin longtemps. Il comprendrait en temps voulu qu'il se trouvait sur son territoire et qu'il avait intérêt à s'écraser, sinon, il trouverait la mort dans la seconde.

Malgré tout cela, dès lors qu'il parvint tout à fait devant elle, la mine obscure que rendait Riyu se changea en une froide politesse. Elle orna sa sévérité d'un petit sourire et salua de nouveau le prisonnier en hochant légèrement de la tête, puis prononça, d'une voix un petit peu acide:

"Bienvenue à toi, étranger. Je suis Kasuga Riyu, Taisho de ces terres, c'est moi qui aie insisté auprès de mon armée pour te garder en vie et c'est grâce à moi que tu peux te reposer sur le clan Okaruto à présent. Sache que mon acte est intéressé, mais tu as dû t'en rendre compte, n'est-ce pas ? Cependant, j'avoue que lorsque je remarque ton sourire, je me demande pour quelles raisons ai-je osé t'imposer aux miens..."


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MessageSujet: Re: Le Doré de leurs Regards Jeu 9 Juil - 14:15

Il s'était trompé. De façon pleine et totale. Non pas qu'il fut doué d'une grande empathie, préoccupé par ses propres pensés pour avoir à deviner celles des autres, mais il était tout à fait clair qu'il avait commis un impair catégorique. Malgré sa stature, malgré tout ce qu'il pouvait exsuder en intimidation par sa force visible et sa taille démesurée, il vit du coin de l’œil la réaction de l'un des suivants de la guerrière qui fut immédiatement stoppé d'un simple geste de cette dernière.

Par Gekigami, il se demanda ce qui lui était passé par la tête. Ce n'était pas une concubine qui s'était présentée à lui, c'était celle qui avait fait en sorte qu'il soit debout, encore à ce jour, au meilleur de sa forme. Tout spectateur qu'il fut à la transformation de l'expression de la jeune femme, il se dit qu'il aurait pu se montrer un peu plus reconnaissant que cela. Enfin, le mal était fait.

L’intérêt derrière la prunelle unique et ambrée de l'Ona-bugeisha avait muté en une désagréable déception dont elle ne tentait même pas de se cacher. Sa légère honte s'évanouit devant cette démonstration de mécontentement. Il se demandait ce qu'elle pouvait croire tandis qu'elle lui offrit ce sourire de façade et entreprit d'ouvrir le dialogue de façon acerbe. Taisho. Rien de moins que cela.

Goro Go était bien plus imposant que ça et ça n'avait pas empêché Raiken de le toiser à plus d'une reprise. Ce dernier annonçait qu'il allait bientôt choisir son successeur et l'héritier des Kujo était certain qu'il était parfait pour le rôle. Aussitôt cette idée fit-elle son bonhomme de chemin dans la psychée du budoka, aussitôt un enchaînement de souvenirs lui revinrent, le frappant de toute part, le diminuant plus bas que terre.

Il avait failli en tant que Taisa. Il avait failli en tant qu'époux. Il avait failli en tant que frère et il avait failli en tant que fils. Devant le wakizashi qui aurait pu le libérer de sa honte, il avait fuit jusqu'à son propre nom. Il n'était même plus un homme en réalité. Un éta aurait mieux valu que lui.

L'animal en lui se mis à gronder, le Tigre, offusqué que cette minuscule petite femme puisse lui avouer ainsi l'avoir pris en pitié et de lui mettre le propos de sa vie sur le tapis, comme si il lui devait quelque chose. Il n'avait rien demandé, elle avait fait son choix. Et maintenant qu'elle l'avait en face d'elle, elle osait le renvoyer à sa détresse et à sa médiocrité.

Il serra les poings à s'en faire blanchir les phalanges, jusqu'à ce que les muscles de ses bras ne craquent sous la pression qu'il exécutait sur lui-même pour ne pas sauter au cou de cette borgne pathétique. Lorsqu'elle eut fini sa diatribe, il lui fallut user de tout le semblant de maîtrise qu'il avait sur son esprit pour ne pas hurler sa réponse au visage du général des armées de l'Est. Il la feula presque, entre murmure saccadé et grondement exprimé, une première fois pour tout les auditeurs qu'il révélait ainsi sa voix :

Je ne vous ai rien demandé, Taisho de Okaruto. Vous avez fait votre choix, mais vous auriez mieux fait de m'achever tant que vous en aviez le pouvoir. Je suis un démon, rien de moins qu'un animal, une bête que l'on ne pourrait domestiquer, pour quelque usage que ce soit. Loin de vous cette armée qui m'a mise à terre alors que j'étais diminué à ma plus faible image. Aujourd'hui, je me sent plus fort que je ne l'étais lorsque la destiné me souriait. Et vous êtes si peu autour de moi.

Je vous suis reconnaissant d'avoir laissé ma pitoyable existence continuer et pour cela, je vais vous épargner, Riyu des Kasuga. Et tant que nous y sommes, allez y, dites moi ce que vous me réserviez et quel pourrait être l’intérêt de la digne Samuraï que vous êtes de garder en vie un fauve qui ne sait plus rien de l'honneur ? Cela m'amusera, j'en suis certain.


Non, cela ne l'amuserait pas. Cette petit femme cachait quelque chose qui lui taquinait l'instinct, comme si le Tigre en lui faisait face à un autre super-prédateur. Malgré toute la bravade dans ses mots, il se mis à trembler. Il croisa les bras devant lui pour masquer son état, mais ce n'était pas là de la peur. Il réagissait à une aura qu'il n'avait pas descellé lorsqu'elle s'était tenue devant lui tandis qu'il était derrière les barreaux de sa cellule. Cela faisait des années qu'il ne s'était pas senti aussi excité.
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MessageSujet: Re: Le Doré de leurs Regards Ven 10 Juil - 2:51

Calme comme l'eau qui dort, Riyu n'avait pas bougé d'un pouce derrière ses mains liées, mais sa mine s'était violemment assombrie. Tout comme son prisonnier, elle avait perdu son sourire et était devenue pâle, livide, blanche d'une colère qu'elle avait à présent du mal à contenir et qui virerait bientôt vers le rouge sang. L'homme qu'elle avait devant elle était complètement fou de la provoquer ainsi. De toutes évidences, il ne savait pas qui elle était. La hargne due à la surprise d'être traitée ainsi devant témoin par un moins-que-rien à qui elle donnait tout -quel ingrat !- l'empêchait de faire montre de bienveillance devant la tristesse évidente qu'il rendait. Non. Riyu avait plutôt envie de le détruire sur le champ. Heureux était-il de ne pas lui faire peur, elle n'aurait su se retenir alors.

Malgré tout cela, l'émail de ses dents fusa au milieu de l'obscurité de son visage et tout à coup, elle laissa sa colère s'exprimer à travers ce sourire, éclatant d'un rire féroce, presque un rugissement. Elle resta hilare une ou deux minutes devant son bureau, paralysant de stupéfactions ses vassaux puis essuya du tranchant de la main les larmes qui menaçaient de couler du coin de ses yeux. Voilà, elle avait étouffé la Fureur qui menaçait d'exploser et ainsi, les insultes avaient coulé sur elle comme de l'eau sans la blesser, du moins en surface.

"Et tu penses peut-être que je vais te laisser te balader bien gentiment sur mon domaine ?! Te rends tu véritablement compte de ce que tu es ? Je n'ai qu'à lever la main et tu es mort ! Je trouvais cela assez clair !"

Ces dernières phrases furent pleines d'une agressivité qu'elle n'avait pas souhaité. Elle se laissa tomber sur son coussin et soupira de lassitude. La Fureur existait encore et grandissait en elle comme la puissance d'un poison.

"Puisque tu le demandes si poliment, j'aurais besoin de combattants accomplis prêts à intégrer mon armée. Je ne pense pas que tu y sois enclin mais tu peux encore me prouver ta bonne volonté et accepter ton katana Okaruto."

Elle dut claquer des doigts pour inciter le domestique portant l'arme dans un tissus à s'avancer auprès du géant tant il ne savait pas qui il craignait le plus entre lui et l'officier.


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MessageSujet: Re: Le Doré de leurs Regards Dim 26 Juil - 23:26

Il en venait à douter que ce fut bien elle qu'il eut vu lorsqu'il n'était rien et qu'on avait manqué d'en finir avec lui tandis qu'il était réduit à un moins que rien. Un moins que rien capable de rivaliser avec des dizaines de lanciers dans la force du nombre et de la forme. Une pitoyable image de ce qu'il pouvait être tout à fait à même de tenir en échec des combattants armés, il en avait même blessé, peut être tué, certains.

La menace le heurta d'incompréhension lorsqu'elle la proféra, si bien qu'il ne fut plus sûr un instant que l’événement de cette rencontre eu bien lieu. Mais ce ne fut un doute qui ne dura qu'une fraction de seconde, il ne répondit pas face à l'agressivité de ce petit être général, sinon en retroussant lui-même les lèvres afin de montrer ses propres dents dans une expression de rancœur à peine contenue. Chacun de ses muscles se préparait à un massacre à venir.

Si elle voulait le tester en mettant en doute le fait qu'il n'était pas capable de mettre à bas toute son armée et elle en prime, il n'allait certainement pas la décevoir en lui prouvant que ses ridicules soldats ne pouvaient rien contre sa pleine puissance qu'ils avaient eux-mêmes concourus à remettre d'aplomb. Il décelait cependant un fait étrange qu'il n'avait jamais vu sur une proie auparavant. Elle ne le craignait pas le moins du monde.

Elle paraissait se hérisser comme un petit fauve voulant se faire plus grand qu'il n'était, sans la moindre peur sous-jacente au point qu'il en vint à penser qu'elle était soit folle, soit pleine de confiance. Jusqu'à ce jour, il n'avait jamais été défait dans un duel et en aucun cas ses adversaires n'étaient restés de marbre face à lui. Tous avaient eu dans le regard ce voile qu'il avait commencer à connaître, celui du doute face à l'image qu'il leur rendait.

Il jeta un coup d’œil de part et d'autre puis par dessus ses épaules pour constater le teint livide de la petite assemblée présente. Mais pour la première fois de sa vie, il se demandait si cette terreur était de son fait ou devant la colère qui excusait de la ridicule Taisho. Il eut un sourire en coin. Elle était bien incapable d'intimider qui que ce soit et il était évident que sa propre puissance écrasait ces pauvres ères sans qu'il eut à bouger d'un pouce.

Il releva ses iris ardent de défi sur la borgne tapageuse, réorientant son attention sur elle et très curieux de ce qu'elle allait bien pouvoir lui demander après son esbroufe précédente. Ce qu'elle prononça alors acheva de le convaincre de la folie qui régnait derrière cet œil semblable aux siens. Raiken en vint à penser qu'elle ne l'avait pas écouté un traître mot ou qu'elle ne le croyait tout simplement pas lorsqu'il disait être un démon.

Cette image lui allait pourtant parfaitement bien. Il n'était capable que de laisser derrière lui mort et destruction et en l'épargnant autrefois, en le nourrissant, lui rendant sa pleine force de capacité, elle avait dors et déjà laissé pénétrer dans son domaine la pire créature qu'elle puisse imaginer. Un porteur d'arme craintif vint lui apporter une arme qui n'avait jamais rien signifié d'autre pour lui que le symbole d'une caste.

S'il avait choisi les poings pour vaincre, c'était par pur jeu, afin de s'octroyer un handicap certain contre des bretteurs qu'il était malgré tout certain de vaincre. Les lames n'étaient que des prolongements des membres, des artefacts dont on encombrait des incapables. Pourtant, l'homme était ainsi fait que ces objets d'aciers ne pouvaient qu'être retournés contre leur propriétaire. Le poing, lui, ne pouvait pas trahir son utilisateur.

Silencieusement, sans perdre des yeux la maîtresse des armées des brumes, il attrapa l'arme à la saya d'une main ferme. Aussitôt dans cette dernière, le katana paru ridiculement petit. Il le leva au niveau de son visage, ce dernier évoquant toute la rancune qu'il éprouvait pour l'objet et le symbole qu'il représentait. Une part de lui qui ne donnait de la voix que depuis peu lui disait qu'il en était indigne et qu'il ne méritait rien du traitement qu'on lui avait offert jusque là.

C'était bien trop de gloire que l'on offrait à une bête sans honneur comme lui. Ses yeux s'embrumèrent alors d'un léger voile humide qu'il refréna immédiatement en forçant la fermeture de ses paupières, faisant taire par la même occasion la voix légère et incongrue en son sein. Lorsqu'il les rouvrit, ce ne fut que pour révéler des iris auréolé d'un sang fou et courroucés. Il broya le fourreau de l'arme dans une main et jeta cette dernière derrière lui pour toute réponse à la folie de cette femme. Il n'attendit pas un instant de plus pour rugir alors :

Vous ne comprenez donc RIEN ! Vous ne pouvez pas faire cela, ni même oser me le demander. Quel est ce clan où l'on récompense un Oni fait homme en lui proposant l'anoblissement militaire ? Qui êtes vous pour pouvoir penser qu'une bête peur servir ? Un Démon n'obéit qu'à ses instincts les plus sauvages. Me rendre compte de ce que je suis ? Je suis le mieux placer pour le savoir ! Votre œil manquant vous aurait probablement permis de voir plus clair ma nature, folle des brumes !

Levez donc votre main, samuraï Okaruto, je montrerais par le menu l'étendu du cauchemar que je représente à votre iris valide ! Vous vous pensez en position de force en ce moment même et exigez de moi que je devienne l'un de vos chiens ? Ne vous a-t-on pas apprit la différence entre une vermine canine et un Tigre enragé ?


Les murs en avaient tremblés, littéralement. Il lâcha ses bras le long du corps, dans une feinte de nonchalance déguisant en réalité une garde prête à l'épanchement de son besoin immédiat de violence. Ses poils se hérissant sous le grondement de son fauve intérieur, prêt à être libéré.
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MessageSujet: Re: Le Doré de leurs Regards Jeu 30 Juil - 1:46


Alors qu'elle voyait le domestique s'approcher craintivement du géant et lui présenter l'arme, Riyu avait la désagréable impression que cela ne servirait à rien. Cet homme était bien loin de faire montre de l'excellent comportement dont elle avait eu vent et se révélait plutôt aussi rebelle que l'on pouvait l'être, têtu et borné. Quasiment insupportable. Il était trop tôt pour lui proposer l'adoption Okaruto. Il ne ferait que créer des problèmes au sein de l'armée qui s'en passerait bien. Et comme elle le craignait, il refusa le katana, se permit même d'en tordre la saya pour le jeter par-dessus lui sans considération pour ce que cela représentait. Le symbole de noblesse ainsi bafoué atterrit sur les tatamis, blessant par la même les espoirs de Riyu. Tant et si bien, que sinistre, elle se leva brusquement pour aller au devant de l'erreur aussi énorme que sa taille voulait bien le montrer. Elle s'était heurtée à un mur et il était gigantesque. Elle devait bien l'avouer.

Le voilà qui hurlait, maintenant. Qui la fustigeait pour ce qu'elle lui avait proposé. Elle en fut soufflée et sentit son corps mince, encore peu remis de la perte de Kakeru et des sévices de Kanata, vibrer aussi terriblement que les murs. Cependant, cela ne fut plus dès la fin de sa diatribe. Et le regard de la Dragonne s'ascéra de nouveau contre SON prisonnier. S'il n'était qu'une erreur, elle se chargerait elle-même de la nettoyer. Elle ne pourrait faire marche arrière. On accordait trop peu d'échecs à un Taisho, surtout de sa jeunesse, et elle avait déjà tant de fois failli... Elle se promit qu'il regreterait mille fois ce qu'il avait proféré à l'encontre des siens et de sa personne.
Son aplomb retrouvé, les lèvres de la jeune femme s'étirèrent en un sourire mauvais alors qu'elle se trouvait bien droite et les mains sur les hanches devant celui qui avait osé l'offensée, s'attirant les foudres de la Dragonne. Elle lança alors, à la rigolade :

"Hé bien ! Tu ne donnais pas autant de la voix lorsque nous t'avons ramassé. un Tigre Enragé, hein ? Beaucoup d’ego pour peu de courage. Ton tigre serait assurément sans croc ni griffe, à la hauteur de ton ridicule. Quant au démon, tu n'as que la taille, et je suis parfaitement placée pour savoir que cela ne veut rien dire. Non, le chien te correspondrait assez, à montrer tes crocs sans mordre, vermine. Pour le moment, tu n'es rien à mes yeux !

Cesse d'aboyer et frappe !"


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MessageSujet: Re: Le Doré de leurs Regards Lun 10 Aoû - 11:13


Alors qu'il s'était attendu à la voir bondir contre lui face à son affront, elle n'en fit rien, venant à lui, certes, mais pour finir par lui faire front, les mains sur les hanches et l'attitude bravade malgré l'horreur de la différence de carrure qui les opposaient. Trois comme elle n'y suffiraient pas pour l'égaler en taille et malgré cela, aucune peur ne se révélait sur ses traits.

Mais elle ne s'arrêta pas au simple affront d'oser se tenir ainsi devant lui, sa déclaration fut une suite d'insultes tournant au ridicule sa tentative de la prévenir de ce qu'il était. Il avait fui ses terres d'origines face au monstre qu'il était devenu, tout à fait conscient de l'emporter avec lui et voici qu'un bout de femme ignorante osait le trouver fanfaron.

L'habit ne faisait certes pas le moine, pour autant, il était persuadé qu'un simple coup d’œil sur ce qu'il était redevenu aurait mis la puce à l'oreille du moins sage des fous qui ne l'aurait pas ainsi affronté comme elle le faisait. Il se savait incapable de se donner la mort, trop lâche pour cela ou trop indigne, peu importait.

Tuer un Taisho et son entourage lui assurerait une fin violente avec certitude. Il ne fuirait plus ni ne tournerait les talons, mais il ne le ferait pas sans détruire tout ce qui se tiendrait face à lui à présent. Ce monde avait fait de lui ce qu'il était, son clan de naissance était l'unique coupable et c'était vers Kenshu que sa haine la plus totale était tourné.

Alors que les dernières chaînes de sa maîtrise sur lui se brisaient sous les mots du petit général des brumes, il sut qu'il ne se vengerait jamais sur le Tigre, mais n'en fut pas désolé pour autant, car en réalité et à ses yeux, Yokuni tout entier et son système était la source des horreurs qu'il avait commise.

Porté aux nues par les siens, trop haut et trop rapidement, il en avait perdu l'équilibre et sa chute avait été dramatique. Ce n'était pas sa faute finalement et cette petite femme était tout aussi responsable que les gens de ses terres natales de ce qu'il allait libérer. Il bouillonna, toute sa rancœur se focalisant sur la folle qui osait se tenir devant ce qu'il représentait.

Elle n'avait pas peur, c'était un fait. Mais il se promit à lui-même qu'avant qu'il ne réduise en charpie ce minois borgne, il verrait cette expression sur le visage de Kasuga Riyu. Elle lui avait donné comme un genre d'ordre et aussi insoumis qu'il était, il s'en trouva ravi de lui obéir. Armant aussi soudainement son bras droit que l'on aurait battu des paupières, il abattit ce marteau de chair sur elle sans que personne ne puisse exécuter le moindre geste autour de lui.

De toute la force dont les Kamis avaient investi son corps, il laissa tomber son poing qui s'écrasa dans un fracas assourdissant pareille à l'effondrement d'un mur de pierre immense. Il enfonça son coup jusqu'au poignet dans le sol qui vola en éclat et fut tout à fait certain d'avoir dors et déjà broyé sa pauvre victime démente.

Il regretta un fugace instant de s'être arraché la possibilité de voir la terreur s'imprimer sur les traits de cette dernière tandis qu'il retirait sa main du trou qu'il avait fait et jeta un regard vers les hommes de la Taisho rendus aussi livides que des cadavres par son acte. Il s’apprêtait d'ailleurs à retourner sa rage contre eux lorsqu'il se rendit compte que les seules gouttes de sang qu'il entrevit sur son poing libéré venaient d’éraflures qu'il s'était infligé à lui-même.

Elle ne se trouvait ni en morceaux, ni en bouillie, ni même là où il avait donné la pleine puissance de son coup. Elle s'était tout simplement évaporée. Lorsqu'il leva le regard face à lui, ce fut pour la retrouver intacte. Il serra les dents si fort que ses mâchoires craquèrent sous leur propre pression et déjà, ses cheveux subissaient les effets avants-coureurs de sa pleine ire, se levant sous les phénomènes électro-statiques que des éclairs crépitants provoquaient, roulant sur l'ensemble de sa personne.

Elle était rapide et il s'était laissé berner une fois. Mais il pouvait l'être beaucoup plus qu'elle ne le serait jamais, ni personne d'ailleurs.
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MessageSujet: Re: Le Doré de leurs Regards Sam 29 Aoû - 1:08


Ainsi provoqué, le géant n'attendit pas pour tenter d'abattre son poing sur elle. Bien sûr, Riyu s'en était doutée et les effets de cette attaque dévastatrice ne parvinrent pas à l'atteindre. Alors qu'elle s'était faite fumée, elle reprit sa forme intacte très peu après, sous les yeux dorés et haineux de son prisonnier se levant. Et à quelques pas de lui.

Ce fou avait enfoncé l’entièreté de son poing jusqu'au poignet dans le sol du camp de Kasu et avait brisé une partie de ce dernier en mille morceaux ! Cela ne semblait pas le gêner outre mesure, puisqu'il dardait son regard sur Riyu et sa main ne souffrait que de quelques égratignures. Il était véritablement surprenant qu'elle ne se soit pas broyée sous ce coup fulgurant de rage. Mais quel monstre était-il ?!

En plus de cela, une soudaine étincelle courut soudain sur son corps svelte mais massif, engendrant une myriade d'autres éclairs qui, grossissant et crépitant, roulaient à présent sur lui en faisant voleter ses cheveux sous leurs puissances. Un Kenshu ! Elle se demanda un quart de seconde ce qu'il avait fait pour fuir son clan et errer mal en point en domaine Okaruto...

Peu importait pour l'instant.

Riyu se mit en garde, ce fut tout ce qu'il obtint grâce à son action précédente. Le sabre de la jeune femme resta bien rangé dans son fourreau tandis qu'elle sondait son adversaire qui la voyait lui plutôt comme une ennemie. Il n'était pas question qu'elle tire son arme avant qu'il ne l'y oblige - s'il parviendrait à lui en faire ressentir le besoin immédiat.... Alors, la surprise qu'elle avait exprimé malgré elle disparut pour laisser place à un sourire de malice, une nouvelle fois. La Dragonne était ainsi.

"Ouuuh, quelle expression ! J'en aurais presque des frissons... Allez, arrête un peu de faire l'enfant et ramène toi dehors !"

Et elle s'élança immédiatement vers la fenêtre ouverte, passa sur le rebord pour chuter du premier étage et se réceptionner dans la cour, guettant ensuite l'arrivée du grand fou qui, à présent qu'il était bien échauffé, voulait sa peau.


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MessageSujet: Re: Le Doré de leurs Regards Ven 12 Fév - 20:44


Fulminant d'une rage que seules mille morts pourraient rassasier, les yeux haineux du budoka vécurent mal l'affront de l'expression de malice que leur cible leur rendait. La petite générale des brumes paraissait s'amuser du spectacle qu'il lui offrait, l'humiliant et attisant la flamme de sa hargne à son paroxysme. Elle osa même proférer une raillerie teintée de bravade si tant qu'il se demanda si elle n'était pas simplement imbue d'elle-même ou tout simplement folle.

Que ce fusse l'une ou l'autre de ces options, il n'en n'eut cure, mais elle ne lui laissa pas immédiatement le temps de lui apprendre la fatalité de sa destiné. Elle disparut par la fenêtre, faisant écho à son invitation insensée. Il lui emboîta instantanément le pas dans un hurlement furieux d'une intensité tel que les murs en vibrèrent. L'embrasure par laquelle elle s'était évanouie était trop juste pour sa carrure, mais cela ne l'arrêta pas pour autant.

Se projetant de toute sa masse au travers cette dernière, ses épaules passèrent au travers des murs la soutenant en emportant d'importants morceaux de son encadrements. Cela ne le freina aucunement, comme si la matière avait perdu toute sa solidité à la rencontre de la chair noueuse du géant. Le vide fut bientôt sous lui, ne dépassant sa taille que de peu, sa réception fut bruyante et brutale, mais ne sembla pas l'affecter pour autant, car aussitôt à terre, il se releva et vira sa personne vers l'objet de toute sa furie immédiate.

Elle avait l'audace de le narguer, son sabre toujours à son fourreau, comme si il ne méritait pas d'en voir le clair. Lui n'aspirait plus qu'à trouver le coup gracile de son adversaire entre ses mains et goûtait déjà avec délice au craquement que produirait les cervicales de celle ci lorsqu'il les écraserait à coup sûr. Son faciès tiré par la rage s'étira en un sinistre sourire carnassier, ses pupilles dilatées.

Il ne prêtait pas attention aux guerriers du taisho qui se rassemblaient, attiré par les bruits violents qu'il avait provoqué et formant déjà un vaste cercle duquel toute échappatoire était exclue. Le piège était pour lui, mais il vaudrait aussi pour elle. Toutes les armes qu'ils tirèrent à son encontre la gêneraient autant que lui et s'il était bien certain d'une chose c'était que, de son côté, ces petites piques et lames ne l'arrêteraient pas.

Ils n'en vinrent pas à le charger pour autant, attendant certainement le mot d'ordre de leur officier suprême pour cela. Fort de leur nombre, ils osèrent néanmoins proférer menaces et défis à son encontre dont il n'écoutait pas un traître mot, mais dont le bruit le dérangeait visiblement. Son expression passa à un profond ennui et il écarta les bras avec emphase de façon à former une croix colossale de son propre corps, laissant s'intriguer l'auditoire face à son geste théâtral un instant, qui amenuisait déjà ses cris à la vu de l'étrangeté de la situation.

Puis il abattit son poing droit contre sa paume ouverte gauche, provocant un impact retentissant. L'éclat fut d'une telle importance qu'il laissa muet l'assistance, comme une promesse aussi criarde qu'elle n'était muette que le tour de chacun allait inexorablement venir. Son visage s'était peint des traits d'une assurance pleine du terrible présage d'un destin tout particulier qu'il adressait à la jeune femme. Il se mis enfin en garde, pour la première fois devant elle puisqu'elle l'y poussait.

Les marteaux qui se trouvaient au bout de ses bras l'un à la fil de l'autre, au niveau de son propre menton, avachi sur lui même, sa musculature tendue à l'extrême comme si l'ensemble de son être était devenu un arc prêt à décocher un trait infaillible. Lorsqu'il s'élança, il défia les lois de la physique d'un saut sans élan éliminant la distance entre lui et la guerrière, trop rapide et lointain pour sa masse visible, sans que cela parusse une gêne pour lui.

Dans son vol, il arma son poing fort derrière sa tête pour l'abattre en direct sur le minois borgne surpris qui lui faisait front, puis lança son coup de toute sa force. Mais il ne restait déjà plus rien d'elle lorsque la frappe atteignit sa position précédente. Vif, les yeux d'ors du budoka suivirent sa cible tandis qu'elle roula habillement hors de porté de ses mains, il enchaîna aussitôt un fouetté du tibia gauche qui avala l'intervalle entre eux si rapidement que l'impact aurait broyé le Dragon qu'elle se prétendait être si il eut jamais pu la toucher, ce qui ne fut pas le cas derechef.

Attisant une colère plus brûlante que le regard d'Amaterasu lui-même, elle rendit chaque assaut du titan aussi vain qu'une goutte au milieu du désert en disparaissant du passage des bras, mains, genou, coude qu'il avait pour but d'enfoncer dans chacun de ses points vitaux. Sa résistance manifeste et l'incapacité du colosse de venir à bout de la femme qu'elle était ne manquèrent pas de ragaillardir les hommes de cette dernière qui encouragèrent soudain leur leader dont l'apparence était parfaitement trompeuse.

Mais de cela, le goliath n'y attachait pas la moindre importance, concentré sur elle comme un rapace fondant sur quelque rongeur qui lui servirait bientôt de repas. Contrairement aux soldats des brumes, l'expression de la borgne ne lui échappait pas dans la proximité de leur duel. Chacune de ses attaques créait la surprise et une inquiétude palpable se lisait progressivement sur le minois de l'enfant de Kasugami à mesure que l'échange unilatéral s'éternisait.

Les dents de Raiken se découvrir peu à peu, conscient de l'inéluctable fin qui arriverait bientôt s'il imposait ainsi son propre rythme. Elle n'était en aucun cas une habituée du pugilat, comme bon nombre de samuraïs. Mais cela n'avait que trop duré au goût du mastodonte. Il était temps à ses yeux d'en finir avec ce combat inutile puisqu'elle ne lui opposait aucune résistance autre que celle de se substituer à sa mort certaine. Sous les cris de soutien des guerriers de l'Est à leur officier, il déclara de façon à ce que sa voix fusse audible de Riyu uniquement, d'une voix pleine de dédain :

Loin d'un Dragon vous vous trouvez, tout juste un lézard apeuré. Vous n'étancherez même pas ma soif défi, mais continuez, continuez à vous défiler ainsi. Car lancé, l'aigle ne manque pas la proie. Fondant du ciel, tombant des cieux vers votre trépas.

Sa licence tout juste clôturée, les arcs électriques naquirent à nouveau tandis qu'il poursuivait son harcèlement de coups sans le moindre répit. D'abords épars, ils devinrent omniprésent, l'enroulant d'une véritable cape d'énergie pure qu'il déchaînerait bientôt sur celle qui avait oser lui tenir tête.
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MessageSujet: Re: Le Doré de leurs Regards Mer 24 Fév - 4:46


Comme Riyu le concevait, son prisonnier trop enragé ne tarda pas à se lancer à sa poursuite. Hurlant d'une profonde fureur, il emporta puis brisa par la force de ses épaules jusqu'à l'encadrement de la fenêtre tandis qu'il ruait vers elle. Sa chute fut courte et son atterrissage brutale ébranla même la terre sous lui, pourtant il ne se laissa pas le temps de se redresser pour assaillir la Dragonne qui esquiva un coup dévastateur de peu.

Elle ne pouvait guère compter sur ses pouvoirs pour l'instant, à moins de le blesser au préalable. Cependant, la guerrière qu'elle demeurait ne se ferait pas l'affront de dégainer aussi vite. Elle était le maître et il était le serviteur, il fallait qu'il le comprenne. Elle continuerait d'éviter chacun de ses coups jusqu'à ce qu'il abandonne, épuisé et qu'elle en ressorte victorieuse, en sueur mais sans avoir échangé la moindre attaque.

Ce plan n'était rien qu'une extravagance de plus de sa part, cependant les compétences de son adversaire lui laissaient penser qu'elle avait été folle de l'envisager. Il fut clair qu'elle l'avait profondément sous-estimé. Pour avoir vu ce Tigre se battre alors qu'il gisait telle une bête affamée et craintive, elle savait qu'il était redoutable combattant...mais ce qu'elle voyait là était bien au-dessus de ses espérances et le serait bientôt de ses craintes s'il poursuivait ainsi. Elle frissonna alors qu'elle pouvait lire dans ses yeux et dans son sourire que ses pensées rejoignaient les siennes. Il avait remarqué qu'elle le craignait.

Le spectacle qu'il était en se battant ameuta un grand nombre de soldats qui, sans le toucher, se déchaînèrent sur lui en insultes et en menaces, et coupèrent idiotement et par la même énormément de possibilité de fuite à leur général. Le géant, semblant soudainement ennuyé par le vacarme qu'ils provoquaient tous, se redressa et laissa Riyu effleurer en même temps que sa garde l'idée de l'abattre à l'instant. Cependant, le geste qu'il fit calma l’assemblée mais raviva la colère enfouie de la Dragonne qui lâcha son arme. Elle devint tout à fait sérieuse après cela.

Pour qui se prenait-il ? Qui était-il pour faire preuve de tant d'orgueil devant les siens ? Quand bien même elle trépasserait sous ses coups -si cela était véritablement de l'ordre du possible- elle pariait qu'il ne dépasserait pas la dixième victime. Ce garçon avait besoin d'une bonne leçon qu'elle se ferait un plaisir de lui inculquer. Son sabre toujours rengainé, elle le vit se mettre en garde et il ne reçut de sa part qu'un regard on ne pouvait plus acéré. Alors, il s'élança. Riyu fut surprise de nouveau mais parvint à rouler, hors de portée, contente de constater que la mort récente de son œil ne la gênait quasiment plus. L'offensive d'ensuite fut aussi vaine que celui-ci et les suivantes aussi.

Cependant, à force d’assauts, le jeune Tigre avait piégé la Dragonne dans son rythme et celle-ci, loin d'être la guerrière la plus rapide du domaine Okaruto, se fatigua vite. Si vite que la distance entre elle et les coups du budoka s'amenuisait dangereusement à leurs propres vues. Essoufflée, épuisée, sa main allait régulièrement toucher la garde de son arme sans qu'elle ne se décide à la dégainer cependant.

Or, ce que Riyu vit après une bravade du géant acheva d'avorter son idée. Les coups de son adversaires qu'elle peinait à esquiver se parèrent d'étincelles puis de foudre. Elle ne savait pas de quoi il était capable et elle ne pouvait le laisser en faire la démonstration. Elle se méfiait des pouvoirs Kenshu autant que du feu Setsu. Si l'attaque qu'il s'apprêtait à décocher ne l'anéantissait pas, la puissance serait telle qu'elle irait sans aucune doute meurtrir un de ses subalternes et elle ne pouvait pas se le permettre. On ne ferait pas cela de sa propre bêtise !

Ces pensées fusèrent dans son esprit autant que les coups s'abattirent sur elle. Riyu serra les mâchoires, saisit fermement son katana et fit soudainement face. Le dernier poing éclaboussa sa joue du sang de la main de son adversaire et finit de le recouvrir d'une aura dangereuse. Cependant...

Il y eut un éclat. Froid et Sec.

On comprit qu'il ne s'agissait que du fil de la lame de Riyu et on crut qu'elle était passée à travers son ennemi. Celle-ci se redressa en inspirant, fit décrire à son croc souillé une boucle qui le nettoya avant de le rengainer. Puis se tourna vers son prisonnier en panique face à la mort.

Alors, sans doute avec trop d'empathie, la jeune femme tira l'étoffe rouge à son cou et aussi froide que la glace cette fois-ci, le laissa tomber et s'imbiber de sang sous le regard vaincu, avant de scinder la foule calmement.
Les responsables de la prison dans l'assistance accoururent vers leur protégé sous les directives discrètes du Dragon alors que ce dernier partit à ses attributions, lâchant un "Quel gâchis..." déçu et exténué dans le vent.


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MessageSujet: Re: Le Doré de leurs Regards Lun 7 Mar - 18:35


Comme tous ceux avant elle, elle ne faisait pas le poids. Comme tout ceux qui s'étaient dressés face à lui au combat, elle ne lui arrivait pas à la cheville. Le prétendu Dragon fuyait devant la fureur du véritable Démon qu'il était et sur ce visage borgne dont il lui tardait de le couvrir de sang se lisait la compréhension de ce qu'il représentait. L'opportunité lui avait été donnée de le tuer, elle avait préféré l'entretenir pour des raisons futiles.

Intégrer Kujo Raiken à une armée de moins que rien incapables d'achever un mourant, l'idée l’écœurait. Elle ne méritait pas un instant qu'il en vienne aux extrémités qu'il s'apprêtait à invoquer, le Tigre Divin de l'Ouest n'avait pas de temps à perdre avec ces stupidités. Mais une démonstration claire, nette et concise impliquant de transformer ce minois à l’œil unique doré en un amas de chair et d'os mêlés lui parut indispensable.

Okaruto la nonchalante allait apprendre à ses dépends ce qu'il en coûtait d'ignorer l'identité de ses plus prestigieux prisonniers. Les énergies s'accumulèrent en roulant autour de ses bras, promesses d'un assaut qui jamais n'eut été contré ni brisé, pas même évité. Depuis sa naissance, les Dieux avaient fait de lui leur champion, de toute évidence. Aucun maître ne su jamais le vaincre, aucun art ne surpassait le sien, même lorsqu'il n'était qu'à ses balbutiement.

Cette petite femme de rien avait osée le pousser à relever les crocs alors qu'il était au pinacle de sa puissance et pour cela, elle allait mourir. Il était radieux, lumineux de force pure, géant parmi les hommes, ses traits immaculés de la plus misérable des marques. Elle était chétive, son œil mort et la cicatrice qui l'encadrait attestant de ses échecs. Une autre, subrepticement aperçue non loin de son épaule, sous son haori, soulignait cela de plus forte façon.

Il était la victoire incarnée, elle auréolait du fiasco de sa vie… Et elle ne serait plus rien bientôt. Le tonnerre gronda, précurseur au déchaînement libérateur, dans une explosion soudaine. Il eut envie de sourire, mais il ne le put. Il aurait du rire, mais cela lui fut impossible. Le hurlement de son coup ne parvint jamais à la frontière de ses lèvres. Ces faits le surprirent quelque peu, car il les avaient souhaités pourtant. Raiken venait de ressentir un froid glacial et brutal.

Mais il fallait qu'il se concentre sur son ennemie, aussi se focalisa sur un point vide face à lui. Vide en effet, car à l'endroit où s'était tenue Riyu des Kasuga, il ne subsistait rien. Plus loin cependant, l'assistance médusée de ses guerriers le dévisageaient comme si il avait été un fantôme. Le colosse se mis à penser que c'était probablement là l'expression la plus appropriée qu'il ait jamais vu à son égard.

Son autre réflexion alla à la température : il faisait à présent plus froid qu'en Fukyuu dans ce lieu maudit. Puis dans son dos il entendit le gémissement de l'acier d'une lame que l'on réincarcérait dans son fourreau. Il faisait si froid et son épaule gauche était inondée d'une pluie qu'aucun nuage n'annonçait. Il se prit à penser qu'il était particulièrement lourd aussi, il ne devait pas avoir aussi bien récupéré qu'il ne le croyait.

Le géant voulu se retourner, mais son corps massif fut totalement rebelle à sa volonté. Trop fatigué. Trop froid. Sa conscience le frappa d'un coup net tandis que ses jambes se dérobèrent sous lui. Il chût de biais, sa joue droite heurtant le sol dans un bruit sourd accompagnée par l'ensemble de ce côté de sa plastique. Le léger demi tour que le déséquilibre provoqua orienta ses yeux surpris vers cette femme qui se trouvait bien debout, elle le fixait d'un œil d'une déception glacée.

Les nerfs du budoka se réveillèrent, lui rappelèrent ce qu'il avait ignoré, la morsure du métal dans ses chairs, la vie qui s'échappait. Dans un réflexe hagard, sa main gauche se plaqua sur ce nouveau maelstrom de douleur. Il senti plus qu'il ne vit au bout de ses doigts les muscles de son cou séparé, la profusion tiède de sang qui s'en échappait. Ses yeux s’écarquillèrent alors, témoin de sa propre chute, de l'expression de cette adversaire qui le voyait comme jamais personne ne l'avait vu avant elle.

Il n'avait pas fait le poids. Il ne lui était pas arrivé à la cheville. Le Dragon se trouvait non loin de la dépouille du prétendu Démon dont le sang inondait le visage et la moitié du tronc à présent. C'était tout. Il avait de plus en plus de mal à fixer la cohérence de ses yeux, à la fixer elle. Sa force lui échappait et il tremblait de tout son être. C'était normal après tout, il faisait si froid. Il leva ses yeux d'or vers elle alors qu'elle détacha un large tissu et qu'elle laissa tomber sur lui, comme si elle en avait eu assez de voir les traits du guerrier.

Il la vit faire demi tour, puis s'écarter, à l'image d'un vainqueur oubliant déjà l'existence de celui qu'il a fait tomber. Alors c'était ainsi qu'il allait mourir. Oublié. Non. C'était bien pire que cela. Kujo Raiken, ce nom était celui d'un fuyard, d'un parricide, d'un déserteur, d'un criminel, d'un voleur. Elle ne se souviendrait même pas avoir éteint sa pitoyable lumière, le temps passant. Il ne serait jamais considéré comme un honorable budoka mort au combat contre un adversaire digne.

Juste un fou à qui une chance avait été offerte de servir à nouveau, d'être enfin jugé, de prouver sa valeur et non de vivre sur persuasion de l'acquisition de cette dernière. Il serra les dents au point de les faire crisser. Il ne voulait pas cela. Son bras gauche alla chercher le linge qu'il plaqua sur sa blessure béante, usant de ce qui lui restait de force pour comprimer l'ouverture. La joue toujours à même le sol, il orienta ses iris vers celle qui l'avait défait, sa voix parvenant enfin à passer sa gorge obstruée de son sang dans un gargouillis entremêlé de quinte de toux :

Att… Attendez… Je ne veux pas…

Il ne voulait pas. Il voulait. Et pourtant, il n'avait plus son mot à dire. Son orgueil venait de faire sa dernière victime et il s'agissait de lui-même. Les larmes montèrent à ses yeux, puis roulèrent sur ses joues et fusionnant avec le sang dont il était recouvert. Sa main droite, étrangement tendue vers le Dragon sur le départ, empoigna la poussière qui se trouvait sous elle, la honte submergeant le Géant. Il souffla plus qu'il ne pu prononcer ce dernier mot dont le destinataire était inconnu avant de tomber dans l'oubli :

Sumimasen
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MessageSujet: Re: Le Doré de leurs Regards Mer 23 Mar - 23:56


Des jours étaient passés avant que Riyu n’apprenne que le géant qu'elle avait failli décapiter avait finalement survécu. Elle ne sut véritablement comment prendre cette nouvelle, puisque cette blessure aurait dû le tuer, et elle se demandait bien ce qu'il lui donnait la force de se raccrocher ainsi à la vie. Mais d'un autre côté, elle considérait sa surprenante survie comme l'écho lointain du terrible regard qu'il lui avait lancé. Elle s'en rappellerait toute sa vie. Celui-ci avait immédiatement touché sa corde sensible et lui avait fait ressentir l'irrépressible besoin de le sauver. Et elle n'avait pas pu le finir non plus alors qu'il gisait dans son sang sans comprendre que sa vie fuyait par son cou. Au contraire, elle avait ordonné à ses sujets de tout faire pour le garder en vie. Par orgueil ? Par caprice ? Par détermination ? Non. Il s'agissait d'autre chose...de bien mystérieux.

Il fallait qu'elle tire tout cela au clair. Alors, elle laissa là son travail -elle n'en aurait pas pour longtemps- et se rendit aux geôles sans en avertir les responsables au préalable. Elle ne voulait pas laisser à son prisonnier la possibilité de se préparer à sa visite. Elle prit tout le monde de court, marcha d'un pas décidé vers la cellule de son objectif comme on parcourait une terre conquise et ignora les questions et les exclamations de ceux qui la suivirent. Il fallait dire qu'elle avait à peine pris le temps de saluer les surveillants du pénitencier. Le Dragon parvint enfin devant la grande grille qui la séparait du combattant et lui lança :

"Tu comptes rester croupir ici toute ta vie ?"

Les bras croisés, la mine sombre, elle contemplait celui qu'elle prenait pour un idiot d'un regard inquisiteur avant de s'adresser à l'un des gardes :

"Ouvrez cette porte ! J'ai à lui parler."

Son ton était sans appel.


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MessageSujet: Re: Le Doré de leurs Regards Ven 22 Avr - 20:42

Muet, fermé, allongé et immobile à l'exception de ses seules respirations, Raiken contemplait ce plafond inconnu qui avait pourtant été le sien depuis qu'il avait été recueilli dans les frontières des disciples de Kasugami. Le temps était passé sans qu'il puisse vraiment s'accrocher à la moindre réalité, affrontant la mort dans les yeux et lui refusant toute étreinte qu'elle aurait pu lui accorder depuis qu'il était tombé face à son premier vainqueur.

Il n'avait pas voulu concéder à quiconque sa fin alors qu'il l'avait appelée de ses vœux si longtemps durant sa fuite, incapable de se l'accorder lui-même. Il s'était réveillé un nombre incalculable de fois tandis qu'on le sauvait à nouveau d'une blessure qui aurait du lui être fatale, sans qu'il n'en comprenne le pourquoi, partagé entre réalité, douleur indescriptible et cauchemars. Le dernier des Kujo n'avait plus prononcé le moindre mot, entendant ceux qui prenaient soins de lui prétendre que cela venait de la morsure du Dragon.

Il sentait en être capable, mais n'en concevait en réalité aucun intérêt. Rien de ce qu'il pourrait dire n'effacerait la honte de ce qu'il était devenu. Le trajet entier de son existence était un échec qu'un puits sans fond n'aurait su représenter. Celle qui était allée au-delà de sa force de titan lui avait fait bien trop d'honneur en souillant sa lame de son sang et poursuivait dans cette voie, car il ne doutait pas qu'elle était à l'origine de sa survie, réitérant sa première erreur, laissant le géant incrédule.

Il ne méritait pas la moindre pitié et le fait qu'il puisse encore respirer, non sans une certaine gêne, était une insulte faite à la race humaine toute entière. Il plaqua sa main droite violemment sur son visage, couvrant son regard au monde. Mais la fin de toute lumière ne suffisait plus à présent pour lui faire oublier le monstre qu'il avait été. Il revoyait sa fulgurante ascension, sa supériorité évidente que les Kamis lui avait offerte et dont il n'avait conçu aucune humilité.

Le rôle qu'on lui attribua en terre de foudre et dont il était incapable d'en assumer réellement les exigences, se versant dans la simplicité de la violence qui l'avait toujours animé et qui l'avait mené sur les pires indignités qui soient. Sa respiration vint plus facilement, plus fortement à mesure que sa colère grandissait, les visages successifs de la plus douce des sœurs, de la plus fière des mères, du plus glorieux des pères passant devant ses yeux clos.

Puis vinrent ses glorieux et honorables adversaires dont il n'avait jamais loués les noms, pire, dont son cruel esprit osait ne plus se souvenir, laissant anonyme leurs traits héroïques. Il expira, inspira, ne trouva plus d'air, puis reprit. Quelque chose menaçait de l'engloutir auquel il su qu'il ne pourrait rien. Raiken, disciple de Gekigami ne louant aucun Dieu pour ce qu'il était avait finalement volé les destins de ceux assez fous pour le côtoyer.

Des êtres aboutis, grandioses dont son ombre pitoyablement grande absorbait l'essence, jusqu'à pousser sa si petite sœur à se dresser face à lui pour protéger celle qu'elle aimait de son propre frère chéri et à finir sous ses coups. Jusqu'à envoyer son noble géniteur à qui il devait tout au tréfonds du désespoir, forçant ce dernier à lever son arme de laquelle il n'aurait pas du se défendre jusqu'au terrible dénouement que fut son meurtre, provoquant l'incendie qui prit celle qui lui avait donné la vie.

Et plutôt que de chercher le pardon de ces derniers dans le suicide rituel qu'il ne méritait pas non plus, d'accepter la conséquence de ses actes, il s'était dérobé comme le pire des sous-hommes. Puis vint alors le masque impitoyable de sa punition incarnée des plus beaux traits qui soit. Une mort de bête, promise d'un être privé de l'un de ses yeux d'or, une fin dont il n'était pas plus digne pourtant. Il s'y était refusé.

Du moins, celui qui survécu à ce coup, celui qui avait toujours été là, impuissant au départ, peut être trop faible, probablement trop pur pour faire front à l'animal dont la tête vola sous le tranchant de la lame de Riyu, des Kasuga, qui lui avait jeté ce tissus qu'il portait à présent autour du cou comme un signe de pénitence. L'ignominieuse créature s'était vu refuser son pardon d'un homme, terré au plus profond de lui et qui venait de trouver la force de surgir, au dernier instant, pour le soustraire à ce trépas bien trop doux, jugeant que la pire des souffrances ne suffirait plus à l'absoudre de ses péchés.

Cependant, il était déjà trop tard, le regret était bien trop grand et le titan recouvert de sa main se laissa fondre en sanglots devant toute l'horreur qu'il avait commise. Il ne put compter les minutes que cela dura, ou bien les heures. Mais comme tout, cela passa, le laissant à nouveau seul dans le silence de sa cellule et dans le noir de ses paupières closes.

Tout ceci fut brisé par les voix de ses geôliers, auxquelles il n'accorda aucune importance jusqu'au moment où une autre le héla, reconnaissable entre toutes et écrasante de cette force qui avait eut raison de lui. Il rouvrit ses yeux à la lumière, osant à nouveau poser son regard sur celle qui n'aurait pourtant pas du souffrir d'être ainsi vu par un monstre doublé un ingrat. Elle appela les siens pour qu'on lui ouvre les barreaux de cette cellule qui les séparaient, ce qui fut fait à contrecœur, mais non point discuté par ses guerriers.

Elle fit un pas dans la prison, son expression plus noire que la nuit illuminé de la flamme de son unique iris, si bien qu'il fut persuadé qu'elle venait chercher son du, cette tête qui se tenait toujours envers et contre tous sur son cou et qui lui appartenait irrémédiablement. Il s'assit d'abord sur sa couche, l'avisant avec approbation tout en la détaillant, impressionnante d'une beauté de puissance de caractère au point de l'émouvoir à nouveau, à présent qu'il parvenait à la voir ainsi.

Il se leva doucement, la surplombant tant que son crâne effleurait le plafond de sa geôle et effrayant les samouraïs du Dragon, mais non cette dernière. Puis il posa un genou à terre, soustrayant ses prunelles à celle dont il était persuadé ne pas mériter de croiser la sienne et fixant le sol dans une attitude de totale humilité, goûtant la saveur de ce sentiment pour la première et probablement dernière fois. Enfin, il répondit à la question prononcée de cette éblouissante voix plus tôt :

Dragon de l'Est, vous m'avez encore épargné, peut être pour une mort plus digne de moi que l'honneur trop grand que vous pourriez me faire en salissant à nouveau votre katana pour m'éteindre à jamais. Un éta serait même trop de gloire que vous m'accorderiez dans le souhait de m'entendre pousser mon dernier souffle. Mais je suis prêt à subir ce que vous jugerez nécessaire pour que votre vu soit soustraite de ma présence.

Je ne fuirais pas, ni ne me déroberai, je ne prononcerais plus un mot non plus après ceci, car le moindre d'entre eux est une insulte que je vous fais, Ô Général de la Brume. Quoique vous ayez à dire, puisque votre souhait semble de me parler, je ne trouverais rien à dresser à son encontre. Quoique vous puissiez me demander, considérez là comme acquise jusqu'à ce que le Jigoku m'accueille en son sein.


Puis il s'arrêta, ne l'invitant pas à poursuivre, car il n'avait aucune légitimité à lui dire de faire quoique ce soit et s'en trouvait honteux d'avoir ainsi suggéré tout cela déjà.
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MessageSujet: Re: Le Doré de leurs Regards Mar 10 Mai - 23:34


D'un pas décidé, Riyu entra dans la cellule qu'on lui avait ouverte, plantant la vue de son œil unique sur la grande silhouette allongée du géant qui s'assit sur sa couche et se leva doucement à son approche, la dominant de toute sa hauteur presque gênée par la taille de la prison. Les gardes restés à la porte reculèrent, mais le Dragon ne bougea pas d'un iota et continuait de le jauger, attendant avec une impatience non dissimulée la réponse à sa question. Nulle crainte n'enserrait son coeur et si le prisonnier avait été d'un comportement remarquable comme avant la première fois qu'ils s'étaient croisés, il semblait bien plus conscient de sa nouvelle position et ne serait donc plus jamais agressif devant elle.

Il s'agenouilla à demi, se réduisant ainsi presque à sa taille, mais là où elle portait un regard droit et sévère devant elle, lui baissa le sien plein de tristesse et de fatigue vers le sol dans une position de soumission qu'elle aurait souhaité voir avant de devoir presque le tuer. Il lui répondit enfin qu'il supposait qu'elle l'avait épargné pour une mort plus digne de sa condition et qu'il n'était rien, pas même un de ceux qui se salissent du sang et des carcasses des animaux. Finalement, qu'il était prêt à accepter ce qu'elle attendait de lui, qu'il ne discutera pas, ni plus jamais. Il faisait ainsi Vœux de Silence devant elle et attendait son destin.

Face à cet homme qui ployait l'échine devant elle, Riyu demeurait intransigeante mais son âme trouva par la même l'homme qu'elle avait sauvé de ses bêtes. Qu'avait-il pu traverser pour se fustiger ainsi ? Pour abandonner tout amour propre ? Elle se demandait s'il était véritablement prêt à porter le daisho mais elle avait reconnu dans sa façon de se battre les mouvements d'un grand guerrier qu'il lui serait trop dommage de perdre. Elle lui laisserait sa chance. Sa seconde chance. Quelque chose qu'elle n'avait pas l'habitude d'accorder.

"Dirige-toi à la caserne Okaruto et aux soldats, demande leur de t'autoriser le daisho. Je me porterai garante à ton entrée de sorte que rien ne puisse l'en empêcher. Je reviendrais peut-être vers toi alors ton nouveau nom parviendra à mes oreilles. Tant que je ne l'entendrais pas, je considérerai que je t'ai tué au moment où tu gisais dans ton sang par ma lame."

Et il en fut ainsi. Aussi simple que cela pouvait paraître, Riyu eut du mal à ne pas lui demander si cela lui convenait. Mais son regret partit pour ne plus revenir dans la seconde. Elle avait là atteint son objectif. Le sort du géant était entre ses propres mains dès à présent.


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MessageSujet: Re: Le Doré de leurs Regards Sam 14 Mai - 7:25

Aussitôt eut-elle fait part de ses instructions qu'il se déploya, surplombant tout être humain en ce monde par sa seule hauteur, mais ne paraissant pas moins ridiculement petit selon lui face au général des brumes. Il fit mine de la dépasser pour sortir de sa geôle, mais s'arrêta à son niveau, lui avisant la sortie, elle fixant le mur du fond de la cellule.

Ses prunelles ambrées descendirent sur le Taisho sans qu'il n'oriente son visage vers elle, sa voix refit alors surface, une neutralité respectueuse dans le ton, comme si il s'était défaits du moindre de ses sentiments, si ce n'était une gravité profonde que l'on retrouvait dorénavant gravée sur ses traits :

Vous avez défait et bel et bien tué Raiken, de la famille Kujo. Aussi je ne peux plus porter ce nom à présent et n'en ai aucun autre à vous fournir. Appelez moi Raiken ou comme votre cœur l'entend, Kasuga-sama, je répondrais à votre voix, peu importe la façon dont elle me désigne.

Sur ce quoi il la passa totalement, considérant que l'ordre qui venait de lui être donné ne pouvait souffrir d'aucun délai. Il sorti de la cellule et fit face aux gardiens qui le dévisagèrent, blêmes, face à la décision que leur général avait prise. Leur peur était tangible, ainsi qu'un soupçon de colère qui lui était dédiée. Le géant les toisa un court moment, car ils lui bloquaient le passage sans se rendre compte de cela. Puis il ferma les yeux, son expression inchangée à celle qu'il avait eu vis à vis de la Dragonne et annonça platement :

Domo arigato, Hitsuji-san, pour votre patience à mon sujet. Elle vous sera rendue.

Ce fut tout, il poussa délicatement l'un des deux hommes afin de pouvoir poursuivre son chemin. Sa progression était ferme, mais il évita de lui donner un rythme trop soutenu en intérieur, souhaitant éviter d'attiser une méfiance déjà énorme à son égard et parfaitement légitime. Sans se focaliser sur cela, il ne put néanmoins ignorer les regards qui le suivirent tout le long de son avancée et aucun de ces derniers n'était porteur de la moindre chaleur.

Peur, mépris, colère, incompréhension… Il n'avait jamais été doué pour lire les masques des hommes, trop focalisé sur sa propre image autrefois, pourtant, la capacité lui vint de façon innée à cet instant et de par trop précise. Raiken ne voulait pas leur demander son chemin, leur adresser la parole était une insulte qu'il ne voulait pas leur infliger.

Ces guerriers, ces prêtresses et ces serviteurs s'étaient occupés de lui, l'avaient reforgé et l'animal tapit en lui s'était gaussé de leur naïveté et avait tenté le pire : les soustraire de leur Seigneur de Guerre. Fort heureusement, la bête s'était montrée trop prétentieuse, incapable de blesser un tel être et elle avait été défait par la samouraï borgne des brumes.

Le budoka n'était pas certain de ce qui restait à présent et déambulait dans les couloirs du bâtiment à l'exception près de la conscience qui l'animait d'être redevable au plus haut point à ces gens. Il parvint à sortir enfin, retrouvant de ses iris la scène de sa première mort. Il ne restait plus la moindre trace de sa défaite, même le sable purificateur qu'on avait du jeter sur son sang s'était envolé à la faveur des vents. Instinctivement, le souvenir lui fit porter la main sur l'étoffe qu'il s'était enroulé autour du cou, il se sentait libéré, sans savoir encore tout à fait de quoi, mais quelque chose était bien mort ce jour là.

L'ancien héritier des Kujo chercha sa destination au jugé et finit par tomber sur la caserne désignée par la guerrière de l'Est. Les ashigerus et samouraïs présents ne le lâchèrent pas de leur attention, comme s'ils s'étaient attendu à ce qu'il se rue sur eux d'un moment à l'autre. Il détendit ses mains, laissant ses doigts s'étirer doucement, relevant le menton afin de présenter un visage le moins menaçant qu'il puisse avoir. La chose n'était pas aisée et ne changea strictement rien aux attitudes qu'on lui adressa, mais de cela, il n'était pas dupe ni naïf de penser qu'il pourrait les apaiser après la frasque dont il avait été l'acteur, des jours plus tôt.

La procédure que Riyu lui avait indiquée n'avait rien à voir avec la façon dont il avait obtenu son premier daisho. Il n'y avait rien de cérémoniel dans ce qu'elle avait décris, rien de solennel. Il se persuada qu'elle l'anoblissait de la façon la plus austère qui soit, une façon de lui montrer que son rang ne tiendrait d'aucun prestige. Pourtant, il n'en était pas moins vrai qu'elle aurait tout à fait pu l'intégrer à son infanterie au titre de simple soldat du clan.

Il n'en était rien, le katana unit du wakizashi le maintenait dans la noblesse militaire, fut-il redevenu simple bushi. Lorsqu'il se tint proche de l'intendant de la caserne, il n'aurait pu être plus dubitatif qu'il ne se trouvait à cet instant. Elle lui faisait encore trop d'honneur. Mais il avait juré que les mots du Dragon trouveraient écho dans ses propres actes et ce sans qu'elle puisse souffrir de tergiversations. Il adressa enfin la parole à celui face auquel il se tenait de pareille façon dont il s'était adressé à Riyu et ses gardiens après sa courte entrevue :

Je n'ai pas de nom à vous donner, disciple de Kasugami. Mon patronyme n'a plus lieu d'être. Sauf contre-indication du Dragon de l'Est, je suis Raiken, Hajimemashite. Je suis un samouraï errant qui a trouvé son maître, ce dernier m'ayant reconnu comme son serviteur et celui des brumes. Je réclame donc mon Daisho, au nom de Kasuga-sama et de l'Élu du Kami protecteur des Okaruto pour qui je donnerais ma vie à présent… Ainsi que pour vous tous.

Il joignit alors sa paume gauche ouverte sur son poing droit fermé, exécutant un salut peu conventionnel pour ponctuer sa phrase, mais non dépourvu d'un profond respect. Il n'eut pas à attendre longtemps après ça pour recevoir ce qui lui avait été autorisé de porter. Le géant avait toujours été distant de ce duo de lame, mais n'avait pas oublié comment l'attacher pour qu'il ne le gêne pas dans ses mouvements.

Une fois ajustés à son obi, il s'en retourna au lieu de sa première défaite, croisant ses jambes en tailleur à même l'endroit où il était tombé, puis il ferma les yeux, ses mains recouvrant ses genoux, le dos droit. Il respira lentement, goûtant le nouvel air qui l'entourait, pareil à celui d'une naissance, puis il entra en méditation, sachant que le Dragon ne serait pas longue à venir le trouver, puisqu'elle avait entendu son nom et était maîtresse de celui qu'il porterait à présent.
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MessageSujet: Re: Le Doré de leurs Regards Mar 21 Juin - 15:58

Ce fut dans cette cellule qu'il lui donna son prénom, quelque chose qui lui avait manqué alors qu'ils s'étaient battus l'un contre l'autre, mais leur affrontement n'avait rien eu d’honorable. Aussi ne lui en voulait-elle pas de l'avoir gardé pour lui. Dès que le Géant sortit de la prison qui l'avait accueillie durant plusieurs mois, elle se mit à le suivre du regard en se promettant de ne pas intervenir, pas avant qu'il lui revienne en subordonné véritable et capable. Elle n'avait pas pour habitude de protéger ses poulains du jugement des siens. S'y étant déjà frotté alors qu'elle était elle-même Okaruto, quoique femme et sauvageonne, Riyu savait que c'était là une étape nécessaire et inévitable à l'intégration de son armée, rien qu'un moyen de tester la détermination des futurs guerriers. Or, elle ne s'en faisait pas pour Raiken malgré toutes les promesses de dangers qu'il pouvait revêtir. Elle avait remarqué avec un sourire malicieux à quel point il intimidait des soldats de plus d'expérience. Aussi elle reprit le cour de son existence comme s'il ne s'était rien passé et qu'ils ne s'étaient jamais rencontrés.

*

Le soleil était à son zénith lorsqu'il lui revint en habit Okaruto et entouré d'une unité d'infanterie d'une mission de plusieurs jours. Cette image fit révéler à la Dragonne une rangée de crocs blancs et fit lever son bras pour porter son précieux Umeshu à ses lèvres. Il n'avait pas encore conscience qu'elle le scrutait de loin depuis qu'il portait le daisho et pourtant, de bonnes dizaines de missives avaient été envoyés, aux soldats, aux sous-officiers et aux officiers pour connaître son comportement. Chaque commentaire à propos de cet ancien prisonnier la conforta dans son choix. Bien sûr, certains, beaucoup même, étaient affreusement perplexes face au Géant privé de voix, mais cela ne lui causait aucun trouble ni regret, bien au contraire.

Le soir venu, alors que l'unité récemment arrivée prenait un repos bien mérité, elle alla retrouver Raiken au dôjo nord de la capitale, comme elle lui avait promis un peu plus tôt alors qu'elle feignait être occupée. Ses crocs immaculés luisaient dans la nuit d'une fierté contenue de le voir s'intégrer parmi son peuple et de ce que cette soirée allait bien pouvoir leur offrir.


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MessageSujet: Re: Le Doré de leurs Regards Ven 1 Juil - 19:53

Il n'avait jamais vraiment connu cela. Le fait d'être intégré au rang de samouraï au sein de l'armée avait été quelque chose de tout au plus que factuel dans son ancienne existence. Son statu avait été honorifique jusqu'au jour où on l'avait nommé à la tête d'une division au rang de Taii et en ces temps, il s'était persuadé né pour commander. Pourtant, il conçu un apaisement immense de se retrouver exécutant, bien que frustré sans le montrer que ce ne fut pas directement auprès de celle qui avait rendu cela possible.

Une nouvelle lucidité lui avait permis de digérer la chose sans aucun mal, car il lui était apparu évident qu'un Général n'avait pas de temps à perdre pour un unique subordonné et loin de lui était dorénavant l'image égoïste qu'il avait pu avoir autrefois de sa personne. Les premiers jours passé auprès de ses nouveaux frères et sœurs, il n'avait pas été ignorant des propos qu'ils tinrent à son sujet et avait même appris l'existence d'une unité d'ancien prisonniers, de quêteurs de mort, dans laquelle sa place aurait normalement dû échoir à leurs yeux.

Le géant ne s'était pas formalisé, lui-même, en ayant conscience de cela, se demandait pour quelle raison l'impénétrable Taisho ne l'avait pas destiné à un tel groupe qui lui aurait convenu à merveille. Mais à ses sens, il s'agissait d'un honneur qu'elle lui faisait, le symbole d'un renouveau total, d'une vie offerte contre une autre. Ainsi débuta sa vie de bushi des brumes. Son Taii, un homme d'un certain âge pour qui seul le résultat comptait, était un officier tout indiqué et s'il se contentait du stricte minimum de contact avec lui, Raiken se faisait un honneur d'accéder sans broncher à la moindre tâche qu'on lui affectait.

Ses débuts parmi les disciples de Kasugami furent ponctués ainsi de rondes anodines, de rangements de réserves et de messages à porter. Des gardes aussi bien nocturnes que diurnes, parfois même suivies les unes aux autres, n'intervinrent que des semaines après son enrôlement, mais il n'y avait rien qu'il ne soit pas prêt à faire, aucune hésitation à remplir une fonction et rien ne lui semblait une peine ou une corvée.

Il remplissait son devoir avec zèle, sa voix ne se libérant que pour accepter un ordre et uniquement pour cela. Bientôt, malgré sa hauteur, il fit parti du décor de son unité, même s'il persistait à se mettre à l'écart, se jugeant parfois indigne de cette chance qui lui était offert sans pour autant la refuser. Un mois passa pour qu'un sabreur répondant au nom de Gakuyû Nakama vint lui proposer une lampée de sa gourde personnelle.

Il n'avait alors jamais été habitué à boire durant le service actif, mais il ne lui avait pas échappé que tous portaient une outre de plus ou moins grande importance dont il avait cru qu'elles étaient remplie d'eau. Ne souhaitant pas imposer son écartement, ni copiner pour autant, il avait accepté la chose de façon neutre, mais il ouvrit sans le savoir une porte par laquelle chaque membre de son escouade vint s'engouffrer.

Découvrant qu'il avait une langue, quoique avare en mots, les disciples d'Izanami auxquels il avait été lié par le service actif firent de lui leur sujet de curiosité majeure. Il surprit ces derniers à avoir multiplié les paris à son sujet et tentaient d'obtenir les réponses aux questions comme ses origines, ses domaines de compétences, s'il avait une femme, les appréciaient ou non, quel alcool préférait-il entre les différentes variétés de saké.

À nombreuses d'entre elles, il ne répondait tout simplement pas, s'excusant d'un humble signe de tête. Ses omissions furent loin d'être mal interprétée, elles apparurent même ajouter de l'eau à la curiosité du moulin des guerriers et guerrières auprès de qui il vivait le plus clair de son temps à présent. Son détachement majoritairement affecté en Hokori bordait parfois les frontières Eiichiro et Setsu, si bien qu'un groupe de brigands pourchassés hors des terres de Feu fut son premier exercice aux armes aux côtés des combattants auxquels on l'avait dévoué.

Il ne manqua pas d'étonner ses nouveaux pairs tandis qu'il les suivis au combat sans libérer sa lame de sa saya, usant de ses poings et pieds contre les honnis qui pensèrent que les brumes seraient parfaites pour établir le nouveau siège de leur exactions. À ce premier combat où il ne fit aucun quartier, veillant à la santé de ceux qui brandissaient leurs armes pour le clan en faisant attention de ne pas leur porter ni honte ni discrédit à leur talent respectifs, il se dressa tel un rempart, un tigre dont on venait de percer les limites de son territoire.

Sa voix fut entendu uniquement par ses cris de batailles, seules expressions pourvues d'émotions qu'il offrit à ceux qu'il considérait comme les siens. La sauvagerie avec laquelle il affronta ceux qui avaient pensé jusqu'à leur fin que le brouillard serait plus accueillant que les flammes inquiéta ceux qui en furent les témoins. À tous, il leur déclama sans les regarder une phrase qui deviendrait son leitmotiv, ce qui le caractérisait à la perfection tandis qu'il se tenait dressé au dessus des morts, les mains souillées du sang de leurs ennemis :

Je ne demande ne vous demande pas de m'apprécier, gens d'Okaruto, sachez simplement que je ne vis que pour vous servir et vous remercier. Je ferais tout mon possible pour cet idéal, quoique cela puisse impliquer.

Bien des semaines après cela et de l'indubitable don de sa personne qu'il offrait au clan, ils furent rappelés à la Capitale pour inspection. Alors qu'il prenait congé des siens afin d'aller prendre repos dans une chambre austère qu'on lui avait aménagé, l'inespéré vint se présenter face à lui en la personne du Dragon de l'Est, l'invitant à le retrouver au dojo Nord de Kasu pour une entrevue personnelle.

Pour l'occasion, il avait prit soin de se vêtir d'un kimono neutre frappé des môn du clan, un vêtement humble qu'on avait pourtant du ajuster à sa taille toute particulière. Son daisho à sa ceinture, il avait ordonné ses cheveux en un catogan discipliné à l'arrière de son crâne, ce dernier ceint d'un bandeau renforcé de métal. Lorsqu'elle intervint enfin dans la vaste salle, il s'inclina au plus bas de ses capacités dans le silence patient de ce qui allait bien pouvoir suivre.
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MessageSujet: Re: Le Doré de leurs Regards Dim 28 Aoû - 22:37


Le voir aussi humble envers sa personne alors qu'elle avait encore en tête avec quelle hargne il s'était battue contre elle fut un choc certain pour Riyu. Elle devait reconnaître à ce qui lui était présenté que cette bête sauvage semblait avoir eu une excellente éducation. Bien sûr, elle avait surveillé Raiken de loin mais elle le connaissait encore bien mal et ses expériences lui dictaient de se méfier d'une soudaine et telle servilité. La dernière fois qu'elle avait bien voulu accorder sa confiance dans l'intimité d'une entrevue son corps, son esprit et son âme avaient fini en miettes.

Elle le contempla donc un moment alors que son front touchait le sol, légèrement dubitative comme l'était tous les Okaruto qu'il avait pu croiser devant lui. Cependant, elle voulait croire en celui qu'elle avait trouvé en lambeaux et qu'elle avait reconstruit avec l'aide de son clan. Quand bien même l'avait-il attaquée, il n'avait véritablement rien à lui cacher à présent et ses efforts pour s'intégrer à l'armée Okaruto parlaient dans ce sens.

Alors, la Dragonne ferma les yeux un instant pour chasser les souvenirs des terribles expériences dont elle avait été la victime et lui intima d'une voix douce mais autoritaire :

"Redresse-toi. J'ai une surprise pour toi."

Elle alla chercher dans son dos une outre en grès gris et strié et pleine bien sûr, qu'elle lui tendit par une solide ficelle. Cette gourde ne faisait pas la taille de la sienne, mais était tout de même d'une taille peu habituelle.

"Du Nigorizake, appelé aussi Doburiku. L'alcool le plus doux de Yokuni et celui que l'on donne aux enfants et aux fragilisés par ici. Ne prend pas cela pour une insulte, je sais que tu as déjà dû boire, n'est-ce pas ?"

A cette remarque, elle eut une expression narquoise.

"Tiens. Sais-tu pourquoi l'alcool est tant important pour les Okaruto qu'ils en ont fait leur emblème ?"


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MessageSujet: Re: Le Doré de leurs Regards Ven 10 Mar - 10:08

Se soulevant avec souplesse et non sans une certaine lenteur, déployant toute sa hauteur en évitant un mouvement brusque qui aurait pu être interprété comme un défi, c'est avec une profonde déférence qu'il avisa le Dragon, d'aussi bas qu'elle pouvait se tenir à présent, aussi droit qu'il pouvait l'être. Il était passé maître dans cet exercice, car si le Taisho des brumes n'était pas forcément l'être humain le plus grand qu'il eut vu, ses horizon étaient dépourvu du moindre semblable, si bien que n'importe quel officier, tenant sa vie entre ses doigts du fait de sa position précaire, aurait pu le taxer d'un caractère hautain inapproprié à sa condition et tout ses efforts se seraient avérés vains.

Raiken n'aurait pu se sentir plus incertain que cela cependant, que l'officier maître des armées des brumes en vint à l'inviter seul dans ce dojo avait tout de quoi l'intriguer. Il était venu sans hésiter, n'ayant pas à le faire de toute façon, mais sa curiosité elle, brûlait sincèrement derrière son masque inexpressif. Passant derrière lui, il se retourna légèrement pour la voir attraper une gourde, objet bien connu jusque dans les emblèmes du clan et lorsqu'elle revint, ce fut pour lui en tendre la corde qui la retenait par son goulot.

Le contenant avait l'air bien grand serré par le lien dans la main de la femme des Kasuga et alors qu'il répondit à ce don en l'acceptant, l'objet apparut soudain plus petit qu'avant, les perspectives changeant de façon drastique. Tandis qu'elle lui indiquait ce qui remplissait l'objet il hissa celui-ci jusqu'à la hauteur de son regard. Si il n'était pas un fin connaisseur en la matière, il avait effectivement été un amateur de la boisson en terre de foudre.

Le goût du saké lui était revenu au fur et à mesure des jours passés en compagnie des frères et sœurs d'armes auxquels on l'avait confié. Le budoka avait poliment refusé au début, mais il n'était pas un soir, ou un repas où les Okaruto paraissaient savoir simplement boire de l'eau. Cela n'avait pas suffit néanmoins à parfaire sa connaissance des liqueurs et alcools, sujet ô combien sérieux et maîtrisés par les enfants de Kasugami et il apprenait le nom qu'elle lui indiqua alors.

Sans véritablement savoir si le cadeau qui lui était fait s'avérait un honneur ou une légère forme de mépris, il l'accepta comme si il s'agissait du premier cas et hocha la tête pour lui signaler qu'il ne prenait pas cela comme un affront. Il aurait pu accepter un couteau rouillé à la place du katana qui lui ceignait la taille à présent, de toute façon et il l'aurait fait avec fierté. Une seconde question suivit la première, probablement née de cette dernière, se dit-il, la gourde offerte tenue au niveau de sa poitrine sans plus bouger sinon respirer.

Cette deuxième interrogation lui fit ouvrir des yeux ronds de surprise, car la réalité était qu'il ne s'était jamais posé la question. Le môn des Kenshu symbolisait la tempête et les foudres de Raijin avec révérence… Mais si les trois récipients du territoire de l'Est pouvaient ressembler à une forme d'auto-dérision au premier abord, il fut convaincu que ce n'était en aucun cas la véritable histoire. Non qu'il fut grandement passionné par l’héraldique, il ne put s'empêcher de laisser germer l'envie de savoir cela dans sa voix :

J'ai effectivement eu plus que mon lot d'occasion de vider une coupe depuis que je sers le clan. Mais il ne me semble pas avoir pu boire autre chose qu'un saké de table, ou celui que vous autorisez à vos guerriers, Taisho-sama. Domo arigato, en ce cas, d'ouvrir mes horizons en matière de savoir à ce sujet… Et… Non. Je dois vous avouer ne pas avoir eu l'insigne honneur d'être éclairé sur ce point là, ô combien important pourtant. Au vu de la force de ses guerriers, je suppose qu'il ne s'agit pas là de montrer une volonté de se perdre ou d'oublier… J'oserai même émettre l'hypothèse qu'elles pourraient s’assimiler à une forme de défi ?

Mille idées se bousculaient dans sa tête qu'il n'osa guère exprimer sous peine de se montrer trop bavard ou pire, d'insulter sans le souhaiter le symbole rassemblant les combattants des brumes et de fait, au vu de son allégeance, de s'infliger à lui-même la honte qu'une grossière erreur pourrait abattre sur lui. Aussi se contenta-il d'ajouter :

Non. Je ne vois pas. Pourriez vous porter votre lumière sur ce détail précieux, Kasuga-sama ?

Il s'était légèrement incliné, comme un élève attendant qu'un cours lui soit prodigué par son maître.
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Kasuga Riyu

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MessageSujet: Re: Le Doré de leurs Regards Mar 28 Mar - 1:18

Son regard surpris fit réponse à celui de Raiken alors qu'il lui partageait ses hypothèses par rapport à l'emblème Okaruto. Une fois qu'il eut fini, la Dragonne pouffa et partit d'un grand rire.

"Tu réfléchis comme un Kenshu !"

Elle était véritablement hilare après cela tant la réponse de Raiken lui semblait complètement absurde. Il n'aurait pas pu autant se tromper. En effet, les trois gourdes ne représentaient pas un quelconque défi, ni aucune volonté belliqueuse, au grand contraire. Une ou deux bruyantes minutes passèrent ainsi. Riyu finit par se calmer enfin et déboucha sa propre outre, comme assoiffée par un effort impromptu. Après s'être désaltérée de quelques gorgées de sa boisson favorite, la jeune femme poussa un soupire de soulagement.

"Vous les occidentaux, vous avez tant peur de vos voisins que vous éprouvez le besoin constant de fanfaronner. Non, ce n'est pas un défis, non...Mais la représentation des trois gorgées de sake qui scellèrent l'amitié, le pacte d'alliance entre Eiichiro et Okaruto et surtout la naissance de notre clan."

Comme parallèle à ses paroles, le Taisho proposa alors sa bouteille toute personnelle et déjà débouchée à Raiken. Il s'agissait là d'un honneur, puisqu'elle ne tendait pas sa boisson à n'importe qui et détestait justement que son outre soit vide. Elle sourit de toutes ses dents :

"D'autres diraient que nous symbolisons là le fait que nos différents pouvoirs seront toujours solidaires, mais je préfère la première interprétation, les gourdes remplaçant les coupelles pour signifier que cela s'adresse à tous et pour longtemps. Alors, Raiken, maintenant que tu es au fait du secret de la genèse de notre clan, acceptes-tu au delà de servir l'armée, de devenir un véritable Okaruto ?"


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MessageSujet: Re: Le Doré de leurs Regards Sam 22 Juil - 13:21

D’abord dérouté par le comportement qu’elle eut, son sang se mit à bouillir lorsque le rire du Dragon fit écho à son ignorance et ce ne fut qu’au prix d’une pression intense de ses poings fermés qu’il parvint à dérouter sa vexation vers la sensation de douleur occasionnée, lui permettant de garder la face. Il ne comptait plus les mois passés à tenter d’oublier ce qu’il avait été, le clan dont il était issu, son nom même dont il était l’instigateur premier de l’annihilation.

Serrant la mâchoire, il fixa des deux braises de son regard celle qui se gaussait si tant de lui et de sa méconnaissance du sujet. Néanmoins, Raiken se senti progressivement gagné par la honte de ne pas connaître, justement. L’héraldique et le savoir relatif à la signification des môns était probablement une chose dont il aurait dû être informé de par sa naissance, des rangs qu’il avait pu occuper, de son statut actuel même.

Les mots suivants du Taisho n’eurent rien pour apaiser le chaos dangereux de sentiments qui se bousculaient en lui, sa ire mêlé à sa frustration n’allant pas en s’améliorant. En l’incluant à ce qu’il fuyait le plus au monde, elle lui passait un sabre au travers du corps pour chaque mot prononcé. Ce fut un miracle qu’il pu parvenir à maintenir un semblant de paix, puis la fureur passa, le Tigre muselé, trop conscient du fait qu’il était bien incapable de planter ses crocs dans la gorge de l’héritière des Kasuga, son cou encore brûlant du froid de la morsure de sa lame.

D’autant plus qu’elle vint à combler son manque de connaissance sur le sujet, lui rappelant l’histoire même d’un événement qui s’était pourtant déroulée de son vivant. Le sourire joyeux de Riyu acheva de dissiper totalement la sombre humeur qu’elle avait instaurée elle même au sein du budoka, qui accepta la gourde plus pour ne pas l’irriter elle que par goût pour son contenu, trouvant ce dernier bien trop sucré pour un alcool, le rendant traître à qui n’y ferait pas attention.

La seconde partie de la réponse de l’onna-bugeisha attisa la curiosité du dernier des Kujo et il s’alignait volontiers à l’avis de la jeune femme. La division des ordres symbolisé ne lui apparaissait pertinent en aucun cas, desservant même le clan au lieu de servir de message aux autres. Il était en train de boire une gorgée de la gourde de la guerrière lorsqu’elle termina de lui poser la question, manquant de juste de l’étrangler par la même occasion. Virant de nouveau ses yeux d’or sur elle, plein de surprise cette fois ci, il mit grand temps à répondre à cette question entre deux toux :

Une telle chose me serait un privilège auquel je n’espérai pas pouvoir prétendre… Ni avoir le droit de le penser. Néanmoins… Vous jetez des braises sur le foyer de ma soif de savoir… Comment voyez vous qu’un miracle de la sorte puisse être possible ?

Ce n’était pas là une façon de la défier, il était d’une sincérité évidente. Enfin, il avisa la gourde qu’elle lui avait tendue et en prit trois gorgées distinctes, lui rendant après ceci dans un demi sourire :

Je suppose qu’il ne suffit pas de faire cela en tout cas.
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