AccueilFAQRechercherMembresS'enregistrerConnexion

Partagez | .
 

 Que deviennent les amours déchues ? ... de funestes regrets

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Invité

avatar

Invité


MessageSujet: Que deviennent les amours déchues ? ... de funestes regrets Jeu 18 Juin - 17:05









Que deviennent les amours déchues ?

... de funestes regrets




☁ Prélude  












Sous les draps en soie rose de son futon Setsuko se prélassait lascivement depuis l’aube. Elle bailla et s’étirant d’un gémissement léger, un petit frisson d’éveil irisa son épiderme délicat. Tel deux papillons battant des ailes dans la brume d’un demi-sommeil, ses cils caressaient l’air lentement.  L’Oïran se redressa et s’assit en tailleur en prenant appui de ses deux mains sur le matelas.

Avec une cruelle malice, elle songeait à la nuit criminelle qu’elle venait de passer à l’extérieur du Karyukaï. Son appétit meurtrier l’avait une fois encore poussé à se repaître de la chair musquée d’un poivrot esseulé qui cuvait lamentablement près d'une rivière en périphérie de la petite citée. L’homicide avait été bien facile et même si le goût de cette viande humaine avinée était quelque peu amère, Setsuko ne s’était pas privé de prendre son temps pour en déguster le fumet si caractéristique. Cette collation nocturne lui laissait néanmoins une pépie matinale qui nécessitait la bienfaisante désaltération d’un thé vert à température idéale.

Nue comme au premier jour de son existence, la belle sortit enfin de son lit et enfila le voile translucide d’un Usumono carmin qui chuinta sur sa peau alors qu’elle fit quelques pas jusqu’à la fenêtre qui donnait sur le jardin privé de la maison close. La lumière encore blafarde de cette matinée qui s’annonçait radieuse découpait en ombres chinoises les formes harmonieuses de son corps de rêve. Setsuko soupira d’aisance face au spectacle du soleil naissant qui soulignait le galbe de sa plastique.

« Hamiko … Azami ! » se contenta-t-elle de dire d’une voix calme car elle savait que ses deux Kamuro attendaient patiemment agenouillées derrière la porte de la chambre de leur maîtresse.
Les deux jeunes filles ouvrirent le panneau coulissant et restèrent agenouillées avant de s’incliner respectueusement pour saluer leur Oïran.

« Ohayō gozaimasu Yamigawa-sama »

Toutes deux se redressèrent attendant que l’autorisation d’entrer leur soit donnée. Setsuko tourna le dos au jardin et leur adressa un signe de tête silencieux que les fillettes connaissaient parfaitement. Placé dans le couloir près d’elle, Hamiko saisit de ses deux petites mains le plateau laqué où reposaient une lourde théière fumante en fonte, une tasse de porcelaine fine et quelques pâtisseries multicolores dans une coupelle. Azami quant à elle se dirigea à petits pas vers le lit de sa maîtresse pour en étirer les draps avant de les border impeccablement.

Quand se fut fait, l’enfant se rendit à la coiffeuse où trônait un grand miroir aux pieds duquel étaient alignés de petits pots de nacre contenant le maquillage d’appoint de l’Oïran et des brosses à cheveux de différentes duretés ainsi que de longues épingles à cheveux d'ambre sculpté. Azami réajusta le positionnement des brosses qui avaient été légèrement déplacées puis elle passa le plat de sa main sur le bas de son petit kimono pour en lisser les plis avant de s’agenouiller à la place qui était la sienne. Pendant ce temps Hamiko était affairé à servir une tasse de thé à sa maîtresse. Bien qu’elle ait rempli cette tâche des dizaines de fois et que sa prise sur l’anse de la bouilloire était pleine d’assurance, elle ne pouvait empêcher sa main d’émettre un léger tremblement.  Elle avait encore le désagréable souvenir de la punition qui avait suivi le service désastreux dont elle fit preuves quelques jours auparavant et qui lui avait également valut une privation de petit déjeuner.

Du coin de l’œil, Setsuko observait la petite servante,  prête à lui reprocher son manque de délicatesse. Mais l’eau chaude ne se montra pas ingrate et accepta d’être correctement versée dans la tasse. Hamiko soupira de soulagement puis reposa la bouilloire sur le plateau et s’écarta de quelques pas avant de s’agenouiller pour signifier d’un salut courbé à l’Oïran que son petit déjeuner  était prêt. Setsuko esquissa un petit sourire pour rassurer l’enfant et prit place afin de prendre cette frugale collation matinale. Enlaçant  la tasse de ses doigts délicats elle s’apprêtait à porter la porcelaine à ses lèvres en fermant à demi ses yeux dans une attitude de recueillement délecté.

Mais alors que la vapeur d’eau chaude vint chatouiller son nez mutin, Setsuko entendit que l’on venait dans le couloir. Elle connaissait parfaitement cette démarche, sa cadence assurée, le chuintement des tabis sur le bois du parquet. Ma’Owashi, la propriétaire de la maison close, approchait. Setsuko n’aimait pas les visites trop matinales de cette vieille pie acariâtre. En générale cela n’annonçait que l’écourtement du moment de paix qu’elle partageait avec ses deux petites servantes.

Ma’Owashi se pointa à l’entrée de la chambre de Setsuko sans aucune forme de politesse particulière. Elle réservait ce genre de flagorneries pour les clients. Ses Yuujo, Setsuko comprise, la savait capable d’une muflerie considérable avec les employées de la « maison de thé ». La vieille femme observa la scène de l’Oïran concentrée à boire son thé quelques secondes avant de finalement prendre la parole.

« Setsuko ! dépèches-toi de finir de déjeuner et prépares toi, tu as une visite officielle ! »

Setsuko haussa un sourcil dubitatif en reposant sa tasse avant d’accorder un regard interrogateur à l’ancienne Geïsha et de lui répondre d’une voix lourde de désintérêt.

« Il est trop tôt pour que reçoive un client ! … dites lui de repasser en début d’après-midi. Je ne serai pas disposée avant l’heure du Mouton »

Ma’Owashi crispa une grimace d’agacement et se racla la gorge pour appuyer son propos sans laisser paraître l’excès de tabac qui lui enrouait la voix quand elle s’énervait.

« Et bien tu feras une exception aujourd’hui ! La personne qui veut te voir n’est pas un client de toute manière. C’est Kasuga Riyu-sama, l’honorable Taïsho qui demande à te rencontrer. Alors ne fait pas de caprice et rend-toi présentable pour la recevoir. Je ne tiens pas à mettre la clef sous la porte parce qu’elle aurait pris ombrage de l’accueil qui lui sera fait ici !! M’as-tu bien comprise ?!  »

Setsuko était fort intriguée par cette visite « officielle ». Elle se demandait ce que pouvait bien lui vouloir la Taisho. L’espace d’un instant elle supposa que ça avait peut être un rapport avec le meurtre de la nuit précédente. Mais elle ravisa cette supposition en considérant qu’une personnalité aussi haut placée que la Générale des armées du clan Okaruto n’allait certainement pas se rabaisser à s’occuper de mener des enquêtes pour homicide. Ce n’était primo pas dans ses attributions et secondo, surtout pour la disparition d’un type aussi peu considérable qu’un vieil ivrogne. Et tertio Setsuko avait bien prit soin de faire disparaître toutes traces du carnage en noyant les reliefs de son repas au fond de la rivière … Mais alors qu’est ce qui pouvait bien amené une ponte militaire dans le Karyukaï ? Il n’y avait qu’un seul moyen de le découvrir.

 « C’est bon, je vais la rencontrer !  … Inutile de s’énerver. Chargez-vous de la faire agréablement patienter pendant que je me prépare. »

L’Oïran soupira en reprenant en main sa tasse de thé pour en boire une gorgée. Derrière elle Azami esquissa un petit ricanement enfantin qui irrita Setsuko. Elle sentait que cet innocent gazouillis était causé par le ton que Ma’Owashi utilisait pour s’adresser à sa maîtresse. Celle-ci n’appréciant clairement pas qu’on se moque d’elle coupa court à cette moquerie.

« Tssst !! Azami ! Au lieu de glousser comme une petite dinde écervelée, prépare plutôt mon Tsukesage rouge et or. Hamiko quant à toi, range moi tout ça » Dit-elle en montrant négligemment du doigt le plateau de son déjeuner. «  Et fais moi couler une bassine d’eau chaude ! Allez oust ! Dépêchez-vous ! »

La vieille gérante s’éclipsa prestement pour rejoindre la visiteuse et les deux kamuros s’activèrent tandis que l’Oïran fumait avec désinvolte son kiseru de jade et d’argent ciselé.
Une demi-heure plus tard,  vêtue d’un splendide Kimono d’apparat et coiffée avec délicatesse, Setsuko se présenta fin prête dans le salon de réception où l’attendait déjà la Taïsho. S’agenouillant à l’entrée de la pièce, L’Oïran respecta l’étiquette en joignant ses mains à quelques centimètres de ses genoux et s’inclinant lentement avant de solliciter l’autorisation d’entrer.

« Ookini  Kasuga-sama ?»


Revenir en haut Aller en bas
Kasuga Riyu

avatar

Admin
Taisho

Messages : 5093
Date d'inscription : 24/04/2013
Age : 23

Feuille personnage
Age: 28 ans
Titre: Higashi no Ryuu
Liens:

MessageSujet: Re: Que deviennent les amours déchues ? ... de funestes regrets Ven 3 Juil - 2:40


Cela faisait malheureusement plusieurs jours que Hogara Homare Taisa ne s'était pas présenté à son poste et cela inquiétait Riyu d'autant plus qu'elle venait d'apprendre que sa fille avaient cessé de respirer dans son comas. S'il avait été un colonel lambda sujet aux déprimes, embêtant et peu sérieux, elle l'aurait impitoyablement remplacé. Mais il s'agissait là d'un vétéran, un guerrier extrêmement rigoureux à la caserne et en mission, un des piliers de son armée qui avait soudainement disparu. Une enquête de plus dont elle allait devoir s'acquitter malgré les documents qui s'accumulaient de jour en jour sur son bureau en attendant d'être traités. Un Taisho se préoccupait du sort de ses subalternes, un samouraï, de celui de ses compagnons. Elle était les deux à la fois, élevée dans le bushido sans le suivre véritablement, Riyu obéissait cependant aux préceptes qu'elle trouvait justes et ceux-ci lui dictaient de partir à la recherche de Hogara pour le ramener dans les rangs, sans quoi il n'aurait plus de raison de vivre et devrait se donner la mort.

Ainsi fut-il. Elle partit dans la semaine en compagnie de Raiken pour Noumu. Les dernières informations disaient que le colonel disparu y tombait en dépravation dans le plus beau quartier chaud Okaruto. Il avait apparement changé d'allure, s'était coupé et les cheveux et la barbe pour ne plus ressembler à celui qu'elle connaissait et qui avait été Taisa avant même qu'elle entre dans l'armée. Bien sûr, la guerrière avait dû mainte et mainte fois réfléchir à son relais sans le trouver- elle ne voyait tout simplement pas l'armée avancer sans lui. Il avait été une présence discrète mais essentielle.
En temps normal, l'armée n'aurait pas souffert de l'absence de son Taisho couplée à celle d'un Taisa pour si petite affaire. Cependant, Raiken insistait pour suivre Riyu toujours, partout. Si bien qu'elle avait fini par céder à présent qu'ils s'étaient déclarés. Très bien, le Dragon ne se départirait pas de son Ombre, et les voici donc en plein tour romantique des Seirôs ! Une bien étrange occupation. Heureusement, la fraîcheur du matin leur épargnait la rumeur et les fumets peu discrets des accouplements. Le monde des fleurs et des saules était tout simplement désert à cette heure-ci. Tant et si bien que Riyu n'avait pas besoin de se justifier pour y pénétrer sans devoir se travestir ou abuser de son autorité.

De maison en maison, ils ne récoltèrent que des dires bien trop maigres pour espérer porter le bout d'un doigt sur Hogara Homare. La paire, l'un immense, l'autre ridicule à côté de lui, vint enfin à la rencontre de Ma'Owashi en demandant une certaine Yamigawa. Lisant la surprise de la gérante et la gêne sur le sourire forcé qu'elle leur rendit, Riyu s'excusa humblement et poliment de son intrusion impromptue. Elle les fit s'installer, leur proposa un thé alcoolisé-spécialité de Noumu- avant d'aller chercher l'Oïran. Et comme celle-ci ne venait toujours pas et qu'elle craignait que ses invités improvisés et importants ne s'impatientent, elle s'excusa plusieurs fois pour le comportement de sa fille et demanda à voix haute s'il fallait qu'elle réveille quelques uns de ses employés pour s'occuper d'eux, ou plutôt et surtout de l'un d'entre eux.

La patience de Riyu fut mise à rude épreuve. Et pourtant, elle restait parfaitement calme, consciente qu'elle n'avait rien à faire dans l'enceinte du quartier chaud et qu'on pouvait à tout moment lui demander plus ou moins discrètement de s'éclipser d'un monde où les femmes étaient des fleurs que les hommes se plaisaient à butiner. En fait, Riyu mentirait si elle disait avoir autorisé son second à la suivre uniquement parce qu'elle l'aimait. Elle savait qu'il pourrait lui rapporter de précieuses informations et même l'homme qu'ils étaient venus chercher sans qu'elle n'ait à bouger le petit doigt à l'extérieur du quartier.

Finalement, alors que Riyu avait déjà brûlé cette Seirô sept fois en sirotant son thé sucré à l'Umeshu, une voix douce qui n'avait rien à voir avec celle des très jeunes filles réveillées à cette heure-là souffla derrière l'écran un "s'il-vous-plait".

"Je vous en prie, Yamigawa-san. Veuillez pardonner mon intrusion par si bon matin dans votre domaine, mais j'ai, en tant que Taisho, à vous parler de choses importantes."


L - M - M - J - V - S - D

Spoiler:
 

Revenir en haut Aller en bas
http://saigoseizon.forumgratuit.fr
Invité

avatar

Invité


MessageSujet: Re: Que deviennent les amours déchues ? ... de funestes regrets Mer 8 Juil - 23:02









Que deviennent les amours déchues ?

... de funestes regrets




☁ Rencontre  















« "Je vous en prie, Yamigawa-san. Veuillez pardonner mon intrusion par si bon matin dans votre domaine, mais j'ai, en tant que Taisho, à vous parler de choses importantes."  »

L'Oïran s'inclina une nouvelle fois avec la même délicatesse puis elle se releva et entra dans le salon avant d'en refermer la porte en s'étant agenouillée. L’indicible sensation d'être observée par une personne qu'elle n'avait de prime abord pas remarqué, s'imposa à elle. D'un petit regard en coin elle situa l'origine de cette sensation. La Taisho n'était pas seule dans ce salon de reception. Non loin d'elle, mais en retrait se tenait un homme d'une stature colossale et impressionnante. Depuis l'endroit où elle se tenait, Setsuko pivota vers cet homme et le salua comme elle l'avait fait pour la générale. la yuujo reconnu intérieurement qu'elle n'avait probablement jamais rencontré un homme avec une telle carrure. Puis d'un pas calme et léger, elle vint s'agenouiller près de la petite table basse où était posé un plateau contenant une tasse vierge qui semblait n'attendre que la Yuujo. Setsuko saisit la tasse à deux mains et l'approcha de l'endroit où elle s'était installée face à la haut-gradée militaire du clan du mouton.


* Que peuvent-ils bien me vouloir ces deux-là ? *


En dehors de la salle de réception, dans les couloirs et les chambres du seiro, commençait a poindre l'agitation quotidienne d'un début de journée. Setsuko percevait de façon feutrée et assourdie par les cloisons, la voix grinçante de Ma'Owashi qui dictait ses ordres au petit personnel de la maison close. Elle entendait également les éclats de rires enfantins des jeunes Kamuro qui remplissaient leurs tâches quotidiennes dans une évidente innocence joyeuse. Setsuko eut une pensée pour ses propres Kamuros qui devaient en ce moment même être affairées au rangement de la chambre de leur Oïran. Tout pendant qu'elle penchait la théière au dessus de sa tasse, Setsuko accorda un sourire simple à la générale borgne. Le gazouillis délicat de l'eau fumante qui s'écoulait souligna le timbre gracieux de la voix de l'Oïran:  

« Vous êtes et serez toujours la bienvenue dans cet honorable établissement Kasuga-Sama et si je puis vous être d'une quelconque aide, j'en serai honorée. »

Finissant de se servir le thé, Setsuko reposa la théière sur le plateau et réajusta la position du bas de son kimono sur ses genoux, plissa imperceptiblement les paupières dans un sourire mutin puis elle ajouta:

« Je suis toute ouïe. »




Revenir en haut Aller en bas
Kasuga Riyu

avatar

Admin
Taisho

Messages : 5093
Date d'inscription : 24/04/2013
Age : 23

Feuille personnage
Age: 28 ans
Titre: Higashi no Ryuu
Liens:

MessageSujet: Re: Que deviennent les amours déchues ? ... de funestes regrets Ven 17 Juil - 2:04

Spoiler:
 



Porté par des mains délicates, l'écran en papier peint de vives couleurs et de motifs lumineux glissa lentement, révélant immédiatement une beauté qui coupa le souffle à Riyu. Ce jour-ci, elle avait vu bon nombre de Yuujos et de Oïrans, mais celle-ci était sans aucun doute la plus belle de toutes. Son œil d'or aiguisé avait assez d'expérience pour repérer les petites imperfections qui rendaient ces poupées humaines, mais Yamigawa Setsuko avait un physique tout à fait magnétique si bien que l'objet d'arts et de désirs prenait complètement le pas sur la vie - que la guerrière pensait emplie de doutes-qui l'habitait.

C'était assez déconcertant. Riyu avait déjà éprouvé du désir pour certaines femmes sous son commandement, mais alors qu'elle était complètement hermétique à tout l'univers du quartier des fleurs puisque ce n'était tout simplement pas le sien, un dessein non avouable vint enserré son cœur et le piquer d'aiguilles.

Non. Elle baissa les yeux. La Dragonne, pour regagner sa volonté, la force de résister à ses pulsions absolument honteuses, baissa les yeux devant cette femme transformée en objet de plaisir. Riyu appartenait à Raiken à présent. Et en passant cela, elle n'avait jamais été permis de ressentir cela en public.  Le regard rivé sur les jambes couvertes de tissus de soie, Riyu put enfin reprendre ses esprits. Elle espérait que Raiken avait pu lui-même se défaire de ce vice ou bien, et cela était assez prétentieux, y être totalement hermétique. Elle espérait également qu'il ne se doutait pas de comment elle avait failli ployer.

Réprimant un soupire puis un frisson à l'écoute de la voix de l'Oïran Yamigawa, Riyu lui rendit un sourire plus sage et bien plus rigide que celui qu'elle lui offrait à l'instant. Elle but une gorgée de thé, puis lui répondit d'un ton très calme :  

"Je vous remercie pour cet accueil inespéré, Yamigawa-san. Je vous présente mon second, Daiyuki Raiken, le Taisa qui me remplacerait si par malheur je venais à tomber.
A présent, venons-en aux faits. Un de mes Taisas a regrettablement abandonné son poste pour raison personnel et je voudrais le réintégrer à Kasu. On m'a dit qu'il se promènerait depuis quelques jours dans les environs et aurait batifolé avec une ou deux Oïrans du quartier. J'ai là un portrait, peut-être vous dira-t-il quelque chose..."


La Taisho déposa alors un parchemin de papier de bambou noirci à l'encre de Chine devant la belle et se recula avant d'incliner la tête pour l'inciter à le prendre.


L - M - M - J - V - S - D

Spoiler:
 



Dernière édition par Kasuga Riyu le Dim 31 Jan - 0:35, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://saigoseizon.forumgratuit.fr
Daiyuki Raiken

avatar

Taisa

Messages : 159
Date d'inscription : 07/07/2014

Feuille personnage
Age: 28 ans
Titre: Second du Dragon de l'Est
Liens:

MessageSujet: Re: Que deviennent les amours déchues ? ... de funestes regrets Jeu 30 Juil - 9:50

L'annonce de la disparition d'une éminence telle qu'était Hogara fut un nouveau coup dur que l'armée se devait d'essuyer après le bref, mais néanmoins vif, regain de vigueur que cette dernière était parvenu à avoir après le réveil de son Taisho. Ce dernier événement s'avérant un renouveau aussi bien pour le clan tout entier que pour la révélation qui s'en suivit, plus subjectivement, pour le Taisa dont les foudres de la bête qui l'habitait s'en trouvait muselées sous une nappe de brume apaisante.

Il se sentait terriblement différent, pensait plus clairement, s'exprimait, lors des rares fois où cela lui arrivait, plus distinctement et de façon confiante. Si bien qu'il n'avait guère réellement ressenti le manque que son homologue avait crée par son absence. Ce matin là, il s'était réveillé comme les derniers jours, à proximité d'un petit corps enroulé autour de lui. Ce n'était pas une nouveauté, le précédent avait déjà prit place bien avant qu'ils ne se déclarent la flamme qui les habitait.

Mais ses yeux tombant sur la chevelure en désordre matinal de son général et élue de son cœur – depuis qu'il la connaissait en vérité – était un spectacle auquel aucune habitude ne venait se glisser et s'avérait une découverte constante et une source de joie indescriptible. C'était là le nouveau sentiment qu'il muselait en son sein, en lieu et place de sa colère aujourd'hui révolue.

Il ne faisait pas cela par honte, ni par pudeur, mais simplement pour préserver l'image que impassible que l'on avait de lui et nourrir les forces internes qui barricadaient le démon affaibli, mais cependant toujours présent, qui se tapissait en lui. Riyu avait rapidement repris sa place et ses occupations avec force de convictions et d'efficacité au cœur de la noblesse martiale du clan et avait paru affectée par le manque que Homare-Taisa représentait.

Sans partager ce point de vu, il n'avait pas daigné la laisser enquêter seule sur le sujet. Ce n'était à nouveau pas là une inquiétude qui le poussait à s'imposer à elle, ni même son statu d'Ombre du Dragon, mais simplement le besoin qu'il éprouvait d'être toujours auprès d'elle, plus encore que lorsque sa loyauté en était l'unique cause.

Il ne lui en voulait pas à elle de ne pas sembler éprouver un besoin irrépressible de se trouver en sa compagnie, chacun avait sa façon d'exprimer sa dépendance à autrui, mais il la remerciait intérieurement de respecter la sienne en lui laissant l'accompagner sur cette nouvelle intrigue. Son état d'esprit ne l'empêcherait pas de se révéler efficace et sa nouvelle lucidité hérité de la libération de son aveu pourrait se trouver fort utile.

Il restait cet outil efficace, plus encore qu'avant en vérité et il souhaitait que l'héritière des Kasuga le considère comme tel. Pourtant fort peu habitué aux quartiers des fleurs et à ce que sous-entendaient ce genre de domaine, n'ayant jamais laissé ses pas l'y mener de son temps au domaine des Foudre, d'autant moins depuis que les Brumes l'avaient adopté, il ne fut pas incommodé par ses rues. De son point de vu, il s'agissait là d'endroits nécessaires, plus encore que ceux des jeux d'argent, afin d'apaiser les âmes indisciplinée par le budo comme la sienne.

C'était là une étrange pensé en vérité, étant donné son apaisement actuel qui ne venait certainement pas de la méditation dont il avait toujours été un fervent pratiquant jusqu'à présent. À la suite de la Dragonne, il se laissait porter, ses yeux d'or ne perdant rien des détails des lieux de sa hauteur, son expression inquisitrice et loin d'être feinte sur le visage.

Enfin et après avoir franchi le seuil de nombre de maisons closes, sans succès ni élément à rapporter au dossier qu'ils traitaient ensemble, ils parvinrent au sein de l'une d'entre elle où résidait une Oïran célèbre de ces rues et fréquentée par le Taisa disparu – élément qu'ils avaient acquis au gré de leur enquête encore jeune – et furent reçus par la tenancière des lieux.

On leur servit un thé alcoolisé qu'il ne toucha qu'à peine, se souhaitant l'esprit aussi aiguisé que possible, quoique l’entraînement passé du Dragon lui permettait à présent de tenir la boisson au point de vider les réserves d'une auberge entière, quoiqu'en cela, l'élève n'avait pas dépassé le maître. Leur attente fut longue et l'endroit se désignant clairement comme un lieu de plaisir ne cessait de lui faire tendre le regard vers la cascade de cheveux de son élue pour laquelle il nourrissait alors de bien chaleureuses pensés.

Il remercia le destin de le voir placé dans l'angle de l’œil blanc dépourvu de sensibilité de la Dragonne qui ne lui aurait certainement pas laissé passer de telle attention inexprimées – ou alors souhaitant les mettre en œuvre sur le champ, c'était selon, mais la conjoncture ne s'y prêtait guère – et se concentra sur l'arrivée annoncée d'une voix telle qu'il n'en eut jamais entendu de celle qu'ils avaient fait mander.

Détaché des choses de l'art et des concepts de l'esthétisme, il su instantanément qu'il ne jugerait pas à sa juste valeur l'ouvrage de perfection qui était connu sous le nom de Yamigawa. Pour autant et malgré l'évidence que cette idée eu dans son esprit, il ne vit simplement que ce qu'elle n'avait pas. Elle n'avait pas un sourire carnassier. Sous sa peau immaculée ne résidait pas les lignes d'une musculature rompue aux arts des armes et de la guerre.

Ses cheveux ne possédaient ni la liberté accordée à ceux dont on se contentait de les attacher pour éviter qu'ils ne viennent à gêner, ni les reflets mauve si étrange et si envoûtant qu'il chérissait. Les deux yeux curieux qui l'avaient dévisager un instant irradiaient bien de nombreuses promesses qui auraient pu en faire brûler plus d'un, et le Tigre en lui n'aurait pas manqué de répondre positivement à ces dernières s'il ne se trouvait pas aveuglé dorénavant par une nappe soyeuse de brume.

Il se contenta donc de hausser un sourcil à la vu d'une Déesse incarnée, son cœur et son âme ne lui appartenant plus et s'étant trouvés offerts à une autre, bien présente et qui paraissait autrement plus affectée qu'il ne l'était. Il ne jugea pas Riyu pour cela, détaillant à nouveau et plus par curiosité que par intérêt celle qui leur faisait face. Il avait connu le Dragon friand de plaisir et ne s'attendait pas a avoir sur elle une telle emprise qu'il pourrait balayer cet aspect passé de sa personnalité de sa simple présence.

L'attrait était légitime. Et il ne doutait pas qu'il aurait pu offrir la lune à cette Oïran en un autre temps, même si elle ne lui aurait accordée qu'un regard pour cela. Il du cependant avouer que ce déchaînement de pensés s'était déroulé sans que la yuujo ne fit quoique ce soit pour les aguicher. Elle n'avait rien fait d'autre que de les saluer successivement et de s'affairer sur la tasse de thé.

Mais ce fut là tout ce qu'il s'autorisa à lui concéder et déjà, tandis que le Taisho produisait enfin le portrait de Hogara Homare-taisa devant elle en lui expliquant la situation, son esprit tout entier se reporta à nouveau sur l'affaire qui les avait menés à Noumu. Il avait dors et déjà été présenté et n'avait rien à ajouter à ce qui venait d'être dit par l'héritière des Kasuga, aussi sa voix ne passa pas le seuil de ses lèvres et se contenta-t-il de se montrer simplement attentif à l'échange qui débutait.
Revenir en haut Aller en bas
Kasuga Riyu

avatar

Admin
Taisho

Messages : 5093
Date d'inscription : 24/04/2013
Age : 23

Feuille personnage
Age: 28 ans
Titre: Higashi no Ryuu
Liens:

MessageSujet: Re: Que deviennent les amours déchues ? ... de funestes regrets Dim 13 Mar - 21:52


Malheureusement, lorsque Riyu tendit le portrait vers Setsuko, celle-ci parut inquiète mais ne sut rien leur dire d'exploitable. Elle ignorait de toutes évidences ce que l'officier était devenu. Les deux acolytes n'eurent alors pas le coeur à déranger d'avantage ces gens et sortirent rapidement, conscients que si l'une d'entre eux était la bienvenue dans ces quartiers, ce n'était surtout pas définitif. Bien sûr, la Dragonne ne craignait rien, il n'existait personne d'assez qualifié pour la réprimander. Cependant, les rumeurs de ses déboires avaient trouvé assez d'oreilles pour la pousser à vouloir soigner son image auprès du peuple.

Le soleil du début d'après-midi tapa étrangement sur son front. Penser qu'il était si tard alors que ce quartier émergeait à peine lui parut franchement bizarre et Riyu se prit à pousser un soupire qui en disait long sur la fatigue des derniers jours. Et maintenant elle devait s'occuper d'une disparition dont l'enquête ne donnait rien. Son baillement se transforma en soupire. Que faire, à présent ?

Elle réfléchissait, droite et les mains sur les hanches, son regard dichromatique porté au loin. Raiken eut le réflexe de se placer juste derrière elle sans qu'elle ne sache pourquoi,cependant la Dragonne bascula la tête en arrière pour lui sourire avant de se diriger brusquement vers un lieu plus tranquille où elle serait moins offerte aux regards.

Sa présence ici en aurait fait jaser plus d'un et cela la mettait mal à l'aise. Or, elle s'éloignait des lieux de l'enquête avec un grand besoin de souffler, de penser à autre chose qu'à ces nouvelles qui n'avaient fait que l'alourdir de jour en jour. Okaruto changeait et elle ne se pensait pas prête à tant de bousculades. Alors, ses pas précipités la menèrent au bord d'une rivière, quelques mètres derrière un établissement. Sa course terminée, la jeune femme alla chercher les bras de Raiken, qui l'avait suivie, pour les poser sur ses épaules. Sa chaleur alors qu'elle appuyait son dos contre lui et qu'il la blottissait dans ses bras avec tendresse, et les doux mouvements de la rivière sous ses yeux l'apaisaient quelque peu.

"L'Oïran Yamigawa était jolie, non ?" souffla-t-elle au sortir de ses réflexions.

Raiken, qui l'enserrait doucement, la soulageait grandement de cette situation pour le moins stressante. Ainsi, elle se sentit coupée du monde comme dans un cocon et eut soudainement l'envie de s'endormir là tant la fatigue de son comas était encore présente. Elle ne s'était pas vraiment reposée depuis, elle n'en avait pas eu le temps et elle avait préféré contenter son compagnon plutôt que perdre son temps en sommeil, alors même qu'elle en avait tant besoin...

La Dragonne réprima un bâillement.

“Je suppose que cela doit être un élément important pour sa profession, oui. J’ai vu que vous l’aviez remarqué en effet.”

Riyu rougit d'un coup à l'allusion du trouble qui l'avait prise devant Setsuko. Les vibrations que lui communiquait la peau de son second avaient été agréables, mais une fois qu'elle eut trouvé un sens à ces phrases, elle sentit son propre coeur s'emballer. Elle voulut se retourner, terriblement embarrassée, mais Raiken avait enfoui son nez dans ses cheveux, ce qui rendit l'entreprise quasiment impossible.

"Euh...ça t'a gêné ? Je veux dire...Je suis désolée !"

Elle devint aussi gauche que la fillette qu'elle avait été à quinze ans, ignorant si Raiken allait se montrer jaloux ou non, cependant le sourire que lui adressa son compagnon alors qu'elle avait trouvé le moyen de lui faire face suffit à la rassurer.

Il la connaissait assez et ne se vexerait pas pour si peu, ce qu'elle apprécia tout de suite énormément chez son nouvel amour. Il l'enserra d'avantage, et alors assez près de l'une de ses oreilles, il répondit :

“Non. Aucunement. Nous sommes ce que nous sommes et avons vécu trois années totalement différentes de cet instant avant cela. Je ne vous mentirais pas en vous disant que nous sommes identique et je ne crois pas que ma situation soit idéale, car je ne vois plus la beauté d’autrui que comme une simple donnée. Seul votre éclat parviens à m’émouvoir. Que vous puissiez encore voir en un autre être que moi sa grâce fait de vous quelqu’un de bien plus saint et normal que je ne le suis. En vérité, ce serait plus à moi de vous demander votre pardon pour cela.”

Elle posa son menton sur l'une des épaules de Raiken et l'enlaça à son tour de ses jambes autant que de ses bras, elle se redressa toutefois, après avoir fermé les yeux quelques secondes.

"C'est normal, ça: tu es amoureux." fit-elle, critique. "Ça te surprend tant que cela ? Tu n'es pas moins humain que moi, c'est tout simplement que nous vivons les choses autrement. Je veux dire...Enfin, tu m'as comprise."

Qu'est-ce que c'était compliqué, les affaires de coeur ! En tout cas, trop compliqué pour elle, elle préférait encore réviser ses traités de stratégie et étudier l'art de la guerre que d'expliquer les choses de l'amour. Riyu quitta alors sa position et se rassit confortablement pour étudier le glissement de la rivière. Quelque chose flottait à sa surface. Une étoffe ?


L - M - M - J - V - S - D

Spoiler:
 

Revenir en haut Aller en bas
http://saigoseizon.forumgratuit.fr
Daiyuki Raiken

avatar

Taisa

Messages : 159
Date d'inscription : 07/07/2014

Feuille personnage
Age: 28 ans
Titre: Second du Dragon de l'Est
Liens:

MessageSujet: Re: Que deviennent les amours déchues ? ... de funestes regrets Mer 20 Avr - 16:44

À son grand désarroi, l'échange ne fut pas des plus fructueux, l'Oiran n'ayant été d'aucune autre aide que celle d'avouer avoir connu l'officier manquant. Une fois quitté les lieux, la fébrilité dans laquelle le Dragon s'était trouvé paraissait avoir totalement disparue et à sa suite, le Tigre se rendait bien compte qu'elle se trouvait frustrée de ne pas avoir pu assembler le moindre morceau de cette énigme, si bien qu'elle paraissait en oubliait presque leur environnement proche. Ce dernier ne lui correspondait terriblement pas.

Dans la beauté de sa silhouette ne se tenaient pas les artifices de la séduction. La mine renfrognée, les mains sur ses hanches, elle tenait une posture typiquement masculine, mais c'était bien là la seule chose qui ne collait pas avec son genre. Un sourire discret, mais chaleureux naquit à la commissure des lèvres du géant. La détaillant de pieds en cap, comme si c'était là la première fois qu'il la voyait, il comprenait tout à fait les raisons qui avaient fait que Yamigawa-san n'avait eu aucune emprise sur ses sens autre qu'une simple appréciation.

Il laissa s'échapper un soupire lorsque son imagination se rendit en des lieux plus secrets, où il pouvait imaginer son général découvert de ses atours et porteuse d'une toute autre expression. La pensé ne dura pas longtemps, mais suffit à lui donner des frissons dont il ne laissa rien paraître aux chalands qui passaient par là. Ces rues n'étaient pas faites pour une personne comme l'héritière des Kasuga et il surpris deux éméchés au loin oser poser leurs regards gourmands sur les lignes guerrières de son élue. Un simple pas pour se retrouver immédiatement dans le dos de la belle et se montrer aux malvenus, suivi d'un coup d’œil sévère des billes d'or qui lui tenaient pour Iris suffirent à les faire décamper séant. Puis le rationnel retomba sur lui comme un couperet. Ils n'étaient pas très avancés, c'était un fait.

Plus rapidement qu’il ne l’aurait cru, Riyu les firent quitter le centre du quartier des plaisirs, très certainement incommodée par ce lieux où les femmes qui n’y travaillaient pas n'y avaient guère leur place. Il se laissa guider ainsi sans rien dire, conscient que pour ces investigations, il n’avait pas été désiré en soit, ça avait été son souhait d’accompagner le Dragon et elle n’avait rien trouvé à redire à cela, mais il n’allait pas se montrer ennuyeux et la questionner sur ses motivations à tout va. Sa curiosité fut piquée néanmoins lorsqu’ils parvinrent aux abords d’une rivière où le Général invita son second à s’installer.

Le cadre de l’enquête avait très largement été dépassé et il était plus que probable que la lancière des brumes avait besoin de souffler. Ses vastes mains qu’elle alla chercher pour les mettre sur ses propres épaules n’y restèrent pas longtemps. Il enroula bientôt le cou de la belle, laissant tomber ses pattes à l’effleurement de la poitrine de cette dernière. La question qui lui fut posée avait tout d’une taquinerie, mais il n’était pas bien certain de cela, sa réponse fut simple et honnête, relevant par la même occasion que les pulsions de Riyu ne lui avaient pas échappées.

Une fois cela dit, il alla embusquer la moitié de son visage dans les cheveux qui coulait le long du cou de la Dragonne, doucement tranquillisé par la rivière et mis en confiance par l’attitude de son amante. L'héritière des Kasuga ne fut pas longue à réagir à sa remarque, s'empourprant d'une gêne qu'elle n'aurait jamais eu, quelques mois plus tôt, alors que tout était si différent entre eux. Cela l’amusa intérieurement et il su qu’un nouveau sourire apparaissait sur son visage du fait de cette situation.

Comme il s’était transformé petit à petit, plus solide, plus serein, mesuré et réfléchi depuis qu’ils s’étaient offerts l’un à l’autre, elle semblait parfois acquérir une certaine douceur maladroite à son contact. Cela lui donnait l’impression qu’il était dans quelque matière fragile qu’elle tentait de protéger précieusement. Ou bien ce n’était pas lui, mais ce qu’ils construisaient ensemble. En vérité, il s’en moquait. Peu importait la cause.

Il aimait le Dragon conquérant tout autant que ce nouveau Dragon protecteur. Enserrant sa prise sur elle, il lui répondit sans donner trop de voix, tant ses lèvres étaient proches d’une des oreilles de la guerrière, par des propos sincère pour lesquels il n'eut aucunement à réfléchir. Malgré son léger discours, rien dans son ton ni dans l’expression invisible qu’il avait au vu de sa position n’aurait pu trahir le moindre embarras. Loin était le Tigre offusqué de tout et impassible. Il était devenu un homme souriant et irradiant de bien-être dans ces situations.

Ce devait être normal, oui. Quelque chose d'enfoui au plus profond de lui, un souvenir si lointain qu’il lui semblait bien flou, lui rappela qu’il avait déjà ressenti quelque chose de similaire. Mais en ces temps reculés, il n’avait pas attendu de l’autre qu’elle lui retourne son sentiment. Ou bien était ce tout le contraire et l’avait-il espéré du plus profond de son être et n’avait pas choisi les bons actes pour le montrer. C’était trop ancien, un autre lui qui n’était plus depuis que la Taisho l'eut tué.

Tout ce qui importait en réalité était qu’il la comprenait elle, comme elle le supposait si bien. Il la sentait nerveuse, leur idylle n’était un fait habituel pour aucun d’entre eux et s’il se laissait simplement virer par delà la brume, il savait que ce n’était pas encore tout à fait le cas de la Dragonne. Cela viendrait, il l'espérait de tout cœur et il ferait tout pour y parvenir, attendant cela, il la laissait se réinstaller après sa courte explication dont il n’ignorait rien. Alors que la paix revenait délicatement sur eux, il la senti se crisper et il ne fallut pas longtemps pour que son regard ne trouve à la surface des eaux un tissu livré aux courants.

Le fait n’était pas si remarquable que cela en soit… Quelqu’un au lavage des linges avait pu le laisser s’échapper. Mais l’attention de l’œil unique de la belle avait été capté et il fallait démystifier le fait si il souhaitait retrouver ce petit instant de sérénité qu’ils venaient d’avoir. Aussi se détacha t-il délicatement de sa propre étreinte, laissant presque s’échapper un grognement de frustration, puis tendit le bras au bord de la rivière à la rencontre de l’étoffe inopportune et de la ramener vers lui pour la soulever à leurs yeux.

Eh bien… Qu’avons nous là ?
Revenir en haut Aller en bas
Kasuga Riyu

avatar

Admin
Taisho

Messages : 5093
Date d'inscription : 24/04/2013
Age : 23

Feuille personnage
Age: 28 ans
Titre: Higashi no Ryuu
Liens:

MessageSujet: Re: Que deviennent les amours déchues ? ... de funestes regrets Mar 10 Mai - 19:13


Raiken ne dit rien, mais elle le sentit très attentif à ce qu'elle pouvait ressentir. Or, sa vue limitée avait perçu une pièce de tissus qui ressemblait fort au voile que Hogara portait presque quotidiennement à son cou et quasiment sur sa bouche. En effet, le vieux guerrier souffrait de problèmes respiratoires depuis quelques mois, du moins était-ce qu'elle avait entendu, et n'avait trouvé mieux pour se défaire de la brume parfois étouffante du domaine Okaruto.

Elle s'approcha sans hâte de Raiken et surtout du tissus, en évalua la taille alors même que trempé, il se déchargeait de sa couleur sur les doigts de son aimé et le déplia pour retrouver, oui, la coupelle et le riz qui formaient l'emblème de la lignée du Taisa disparu. Qu'est-ce que cela voulait-il dire ? Il était mort ? Son regard borgne alla évaluer tristement la réaction de Raiken. Il avait le mon sous les yeux et pourtant, il ne bougeait pas. A croire qu'il n'avait jamais vraiment pris la peine de détailler son collègue.

"Ça ne te dit rien ? C'est celui d'Hogara-sempai." déclara-t-elle."J'ignore pourquoi on retrouve son tour de cou ici et je préférerai ne pas le savoir s'il n'était pas si important pour l'armée. Il repose peut-être au fond de cette rivière..."

Un témoignage vide et maintenant cela, qui ne les avançaient pas d'avantage. On aurait dit que les Kami se riaient d'eux. Riyu perdait peu à peu tout espoir de revoir celui qui avait été là pour Kakeru puis pour elle et toute confiance en sa capacité d'enquête. Tout le monde savait que cette affaire était au-dessus de ses attributions pourtant, elle était restée sourde à son opinion et maintenant, tentait de démêler des nœuds d'un réseau dont elle ne connaissait rien. Même les suppositions hasardeuses de Raiken ne lui mettait plus de baume au coeur. Il lui disait que Hogara avait pu chuter et se noyer, que l'eau ne pouvait pas masquer toutes les traces d'un meurtre, que ce soit un accident ou un acte prémédité lui paraissait illogique quant au visionnage.

"Pourtant plusieurs témoignages nous disent l'avoir vu saoul dans les environs !" rétorqua-t-elle, un brin capricieuse. Elle savait bien qu'elle était en tort. Ces témoins n'avaient fait leurs observations qu'à travers un dessin maladroit de sa main et une description bien peu détaillée. "En tout cas, nous n'avons que ce foulard comme piste..."

Et encore, c'était une piste trop maigre pour en être réellement une. Ah, ce que cette situation pouvait l'agacer ! Bien sûr, elle ne voulait pas apprendre la fin de son vieux Taisa, mais tout portait à croire qu'il était bel et bien mort, certainement dans la honte d'un état d'ivresse, mais ils n'en savaient rien, ce détail même, ils n'en étaient pas sûrs, et son corps pouvait bien être autre-part encore. La jeune femme observa de nouveau le tissu qui perdait sa teinture indigo et remarqua une tâche brune d'un nouveau liquide. Sachant que son sempai était plutôt propre sur lui cela l'inquiéta.

"Il s'est battu ?"

Raiken lui fit remarquer qu'il n'avait rencontré qu'un seul véritable témoin oculaire capable de le reconnaître puisqu'elle le connaissait et il encourageait sa supérieure à revoir l'Oiran Yamigawa, mais Riyu n'était pas très motivée à l'idée d'importuner encore ces gens. Elle ne voyait pas pourquoi la belle leur aurait mentis. Aussi, elle ne dit rien, se contenta d'égoutter le foulard avec précaution avant de le plier et de le ranger discrètement. Si un malheur lui était véritablement arrivé et qu'ils ne retrouvaient pas le corps, sa famille serait heureuse d'avoir au moins ce tissu comme reste de son existence...Ce qui serait bien triste, tout de même.

Elle soupira, se maudit elle-même pour le temps qu'elle leur faisait perdre. Et se rendant compte de la patience qu'avait gagné Raiken à son égard, elle fit face à son Tigre et avec un sourire mutin, lui dit:

"Je trouve que tu as beaucoup évolué depuis quelques temps."


L - M - M - J - V - S - D

Spoiler:
 

Revenir en haut Aller en bas
http://saigoseizon.forumgratuit.fr
Daiyuki Raiken

avatar

Taisa

Messages : 159
Date d'inscription : 07/07/2014

Feuille personnage
Age: 28 ans
Titre: Second du Dragon de l'Est
Liens:

MessageSujet: Re: Que deviennent les amours déchues ? ... de funestes regrets Ven 13 Mai - 20:57

L’expression seule de Riyu pouvait aiguiller le budoka sur ce qu’il tenait alors. Un môn apposé sur l’étoffe paru intriguer la Dragonne, mais dans son mutisme elle ne pouvait rien transmettre de plus que son sentiment. Depuis qu’ils s’étaient unis pour la première fois, Raiken avait mis les bouchée double dans son apprentissage des us, coutumes et héraldiques du clan afin d’honorer son aimée et de la renforcer dans son choix lorsqu’elle voyait en lui son successeur, bien qu’il ne souhaitait en rien cela.

Malgré sa pugnacité, il n’avait guère mémorisé plus de la moitié des familles constituant le clan des brumes, et la coupelle de riz n’en faisait pas partie. Il l’interrogea du regard, son sérieux retrouvé et le deuil de ce court instant doucereux passé.

Lorsqu'elle lui fit la révélation de l'identité de propriétaire du tissu, il fut transi de honte face à son ignorance. Hogara était un Taisa, tout comme lui. Il l’avait croisé parfois autour de tables stratégique et dans les casernes de Kasu sans jamais faire attention à ses insignes. Mais aucun de ses pairs n’avait su déclencher en lui le moindre intérêt qui puisse l’arracher à celui qu’il vouait pour la Dragonne. Il mémorisa aussitôt la chose et la passa au second plan pour analyser l’hypothèse de son aimée. L’idée lui paraissait étrange, aussi émit il à haute voix le chemin de ses pensés :

Peut-être. Est-il possible que Hogara-san ait pu chuter dans la rivière sans que quiconque l'aperçoive ? Et si l’on avait attenter à sa vie sans que d’aucun ne soit au courant, l’eau n’a rien d’un lieu approprié pour masquer un tel forfait… Le fait que mon homologue n’ait plus donné de signe de vie depuis un certain temps me laisse penser au pire, mais de l’accident ou du geste prémédité, je ne saurais lequel choisir, car les deux me paraissent incongrus dans le voisinage…

Malgré ces suppositions, il ne pouvait pas ignorer l'idée de son Taisho et le fait que le Taisa fut battu ou ait put être blessé sans qu’il ne puisse faire quoique ce soit. Il était impossible de statuer sur la probable trace de sang qui trônait sur le tissu repêché. En soit, Raiken n’avait rien d’un enquêteur et se creuser les méninges de cette façon aurait pu l’agacer au plus au point si les investigations n’avaient pas étés tenues par Riyu elle-même.

Il eut un sourire en coin succinctement, il pourrait être à peu prêt tout pour elle sans que cela ne vienne tirer sur la corde de sa patience. Mais entre vouloir et pouvoir, le fossé était grand. La simple étoffe et le peu d’informations qu’ils avaient ne pourraient guère élucider quoique ce soit. Il croisa ses bras, laissant l’écharpe dans les mains de la Dragonne, puis se frotta le menton pensivement pour enfin déclarer :

Mmh… Le lieu pourrait s’y prêter. Mais nous ne connaissons qu’un seul témoin oculaire qui ait pu nous affirmer l’avoir vu. Nous aurions du insister auprès de l’Oiran Yamigawa, refaire son trajet pour savoir où il pourrait se trouver… ou être tombé. Depuis qu’il est sorti de chez lui ou de ses appartements jusqu’à sa disparition…Je suppose.

Il ne faisait qu’émettre ses idées. Ce n’était pas là son terrain et il faisait cela sans la certitude qui le caractérisait habituellement. Celle qui l’accompagnait dans la fureur du combat ou dans la fougue de ses ébats avec son interlocutrice.

Le ton changea alors. Une fois rangée l’étoffe découverte, le Général offrit au Taisa une expression qui pouvait balayer n’importe laquelle de ses pensés du moment. Fut un temps, il l’aurait sermonné et recentré sur l’affaire qui les avait menés dans les environs, mais il savait qu’elle n’oublierait pas de mener cette dernière à son terme. Aussi grave pouvait être le fait qu’un officier de l’armée puisse avoir été tué, si tel était le cas de toute façon, il n’y avait plus rien d’autre à faire.

Ce rôle était celui des magistrats du clans, pas celui de leur soldats les plus gradés. L'aparté était bienvenue de toute façon, aussi lui rendit il son sourire, comme si le temps n’avait plus d’emprise sur eux et parla tranquillement :

C’est ce que vous avez réveillé, Riyu-sama. Jusqu’à… ce jour où… Enfin… Vous savez… J’étais persuadé être à vos côtés. Je ne pouvais pas être plus loin de la réalité. Je ne faisais que vous suivre, comme une ombre alors que vous cherchiez un second. Dorénavant que les choses sont plus claires, être avec vous prend un autre sens et je ne peux me permettre de rester sans agir et devenir pour vous un soutien en tout et pour tout.

Son bras gauche était allé lui frotter l’arrière de la tête, presque gêné par cet aveu. Il clôtura en marmonnant à moitié, presque timidement :

Alors oui… J’ai évolué…

Quelle image pouvait il bien rendre à présent, sinon celui d'un géant penaud et rougissant parfaitement ridicule ? Elle ne l'avait pas quitté de son iris doré et il était parfaitement certain qu'elle le voyait dans son hésitation tel un pauvre ingénu. Il se fit aussitôt bougon, croisa les bras devant lui et leva le menton pour contempler le ciel et soustraire sa pauvre expression dérisoire à la vue de celle pour qui il ne voulait apparaître que comme une Force sur laquelle elle pourrait se reposer et compter. Il s'empressa de changer de sujet qu'il considérait comme une pente savonneuse révélant une faiblesse au regard du Dragon de l'Est :

Hum… Que faisons nous en ce qui concerne cela ? Retournons nous voir l'oiran pour en apprendre plus ? Ou bien remontrons nous le cours de l'eau pour trouver des éléments, si cela est possible, ou des témoins, afin de nous orienter sur le sort de cet homme ?
Revenir en haut Aller en bas
Kasuga Riyu

avatar

Admin
Taisho

Messages : 5093
Date d'inscription : 24/04/2013
Age : 23

Feuille personnage
Age: 28 ans
Titre: Higashi no Ryuu
Liens:

MessageSujet: Re: Que deviennent les amours déchues ? ... de funestes regrets Lun 20 Juin - 18:26


Les configurations étaient différentes à présent. Elle s'était attendue à ce que Raiken la recentre sèchement sur l'affaire qu'elle souhaitait mener et pour laquelle ils perdaient un temps précieux, il n’aurait en tout cas pas manqué de la fustiger quelques mois auparavant tant et si bien qu’elle n'aurait même pas osé quitter quelques jours son armée pour cela. Mais l’attitude et la réponse de son Tigre des Brumes étaient claires et elle avait conscience qu'elle abusait de tout. De sa position à l'image qu’il avait d’elle, incapable de lui avouer qu’ils avaient trop de responsabilités pour gâcher leurs jours ainsi, surtout lorsque La Dragonne revenait tout juste d’un sommeil mystérieux ou presque.

Pourtant, son sourire ne la quitta pas et de malice, il se teinta de culpabilité. Elle prit les grandes mains de son second ou plutôt de son aimé en tournant la tête lentement de gauche à droite, puis de droite à gauche.

“Rentrons. Nous avons beaucoup de travail à rattraper. Tu n’avais pas à me suivre dans cette dernière bêtise dont j’étais la seule coupable.”

Elle le lâcha, presque irritée par sa propre naïveté. Irritation qu’elle dissimulait mal sous un sourire de façade. Dire que l’on parlait d’elle en générale compétente par de là même son domaine natal ! Cela l'amusait beaucoup habituellement, cependant son sourire n'était qu’un masque nerveux qu’elle posait sur ses angoisses. Riyu avait été ravie de savoir que Kakeru lui faisait confiance. Dans ses heures sombres, cela avait été une de ses étincelles. On lui avait rendu un immense honneur que tous semblait bien vouloir lui concéder à présent mais elle se demandait encore, après quatre années de métier, si la confiance n'avait pas été la seule motivation de son feu amour. Lui qui l’avait connue mieux que quiconque, n’avait-il pas remarqué la faiblesse de ses épaules ? La puérilité de son esprit capricieux ? Avec quelle hargne elle doutait d’elle parfois ? Riyu s'était considérée simplement beaucoup trop chanceuse, pour son propre bien en tout cas.

Elle ne savait pas si elle en voulait à Raiken de l’avoir suivie aussi aveuglement et de ne pas lui avoir dit tout de suite qu’elle fonçait en fait droit dans le mur, mais si elle lui avait reconnu une certaine évolution, elle savait maintenant que tout changement avait son revers. La jeune femme n’avait en tout cas aucune envie de lui adresser des reproches, considérant que la faute était entièrement sienne et qu’elle n’avait pas tant de gravité, en réalité. D’ailleurs, elle se demandait bien pourquoi son esprit la grondait autant.

“Nous demanderons au réseau shinobi de s'intéresser à cette disparition. lls en sauront déjà plus que nous. Et...Peut-être pourrions nous profiter que nous sommes à Noumu pour ne pas repartir les mains vides, hum ? J’ai bien envie de refaire mon stock d’Umeshu !”

Sa gourde qui ne la quittait jamais était encore pleine, cependant cette délicieuse perspective suffit à arracher un sourire radieux à son visage jusque là tiré par le soucis.


L - M - M - J - V - S - D

Spoiler:
 

Revenir en haut Aller en bas
http://saigoseizon.forumgratuit.fr
Daiyuki Raiken

avatar

Taisa

Messages : 159
Date d'inscription : 07/07/2014

Feuille personnage
Age: 28 ans
Titre: Second du Dragon de l'Est
Liens:

MessageSujet: Re: Que deviennent les amours déchues ? ... de funestes regrets Lun 27 Juin - 20:57

Le moins que l'on pouvait dire fut que la réponse de son élue ne manqua pas de l'intriguer. C'était là un abandon pur et simple à d'autre, une délégation soudaine alors que les rênes étaient prisent en main, malgré l'absence de qualifications de chacun d'entre eux au sujet de l'art de l'investigation. Deux combattants, guerriers, stratèges et machines à tuer s'étant impliqués dans la recherche d'un pair perdu.

Il y-avait pourtant de quoi légitimer leur geste, ou plutôt ceux du Dragon de l'Est de qui venait l'initiative. Leur seule erreur à ses yeux tenait dans le fait d'être venus seuls, sans l'assistance de gens possédant les compétences requises à une enquête. Un magistrat et ses yorikis auraient étés tout indiqués et qu'elle en vienne à invoquer les shinobis dans cette entreprise montrait que le clan changeait tout entier.

Un samouraï se reposant sur les gens de l'ombre, cela n'aurait jamais été pensé avant qu'il en amorce le rapprochement lui-même, peu concerné par le phénomène des castes et en cela, il se demandait s'il avait agit en corrupteur ou en bienfaiteur. Qu'elle se jette la pierre de la moindre erreur lui fit écarquiller les yeux, elle lui apparaissait comme se pensant fautive de cette perte, la mélancolie qu'il parvint à desceller l'orientant vers cette conclusion avant qu'une autre ne s'impose.

Par bêtise, elle ne traitait probablement pas de leur incapacité immédiate à lier les morceaux du puzzle entre eux, mais du fait que sa simple présence en ces temps difficiles soustrayait aux disciples de Kasugami un officier supplémentaire. Il était son Ombre, il l'avait dit plus tôt et même plus que cela, ceci n'avait pas évolué ou presque depuis trois ans, mais pourtant pas assez pour la préserver de terribles maux dont elle avait été la victime.

Raiken ne s'identifiait pas en protecteur ou en bouclier, mais telle une arme dont elle était la seule maîtresse à pouvoir le manier. Lorsqu'elle partait seule, même sa avec sa terrible naginata pour alliée, il n'était pas tranquille et le passé de l'onabugeisha parlait en son sens. Quand elle le laissait l'accompagner, leurs forces réunies avaient déjà prouvées que rien n'avait la capacité de se dresser contre eux. Imaginer qu'elle puisse s'en vouloir pour cela l'inquiéta.

En un temps, il aurait pesté sur-le-champ face à un comportement de ce genre, mais le sourire rendu radieux par la perspective d'une petite virée commerciale en quête de l'un des pêchés mignon du Taisho creva dans l’œuf la gronde qui sommeillait en lui. Il n'en fut néanmoins aucunement honteux. Qu'elle ait pu faire taire la colère qui l'avait animé depuis tant d'années était une prouesse dont il lui serait à jamais reconnaissant et il refusait d'y voir une faiblesse. C'est dans cet état d'esprit qu'il débuta de rétorquer, sa voix n'ayant rien perdu à sa tranquillité précédente :

Faisons cela dans un premier temps. Mais les gens de Noumu ont tout autant le droit de savoir que la Dame des Armées des brumes veille sur eux. Je ne vois ici nulle fadaise de votre fait que vous puissiez vous prétendre la coupable. La seule chose qui s'impose à moi est le Général, soucieuse du devenir de l'un de ses cinq plus proche subordonnés.

J'apprécie que vous pensiez aux gardiens des ombres pour porter la lumière sur ces événements qui ont provoqués la disparition de Hogara-san, mais j'oserais vous conseiller la visibilité d'un investigateur plus conventionnel aux yeux du publique. L'un des magistrat du clan fera l'affaire et le fait d'avoir vu votre visage dans la cité montrera que l'on ne mord pas impunément le corps d'armée sans que sa tête se tourne vers son membre blessé.


Il se mis à marcher sur le chemin bifurquant vers les marchés afin de satisfaire à l'idée de sa mie et conclu alors, une note amusée dans le ton :

Il y-a bien ce daiginjô que j'aimerais bien trouver pour ma part. On raconte qu'il s'agit d'une véritable œuvre d'art et je suis curieux de savoir comment l'on peut interpréter une telle chose par le goût. Du reste, faisons en sorte de ramener cette étoffe au gouverneur local, invitons un enquêteur à procéder à son devoir et, sous le couvert du silence, nos alliés de kumo de l'aider à percer ce mystère.

Nous nous occuperons du travail laissé en retard et une fois celui-ci avancé, nous reprendrons des nouvelles, car j'aime à savoir que vous n'abandonneriez pas une affaire telle que la perte d'un Taisa sans que raison ne soit trouvée et que votre seule fatigue est responsable des mots qui furent les votre à cet instant.
Revenir en haut Aller en bas
Kasuga Riyu

avatar

Admin
Taisho

Messages : 5093
Date d'inscription : 24/04/2013
Age : 23

Feuille personnage
Age: 28 ans
Titre: Higashi no Ryuu
Liens:

MessageSujet: Re: Que deviennent les amours déchues ? ... de funestes regrets Dim 28 Aoû - 2:04


Ils prirent le chemin des marchés donc, Riyu sur les talons de Raiken. Celle-ci ne put que se sentir soulagée de quitter le demi-monde, un univers où les femmes -si elles n'appartenaient pas corps et âmes au lieu- n'avaient pas leurs places et n'étaient pas admises. Raiken pouvait tout dire, elle fuyait tout simplement cette situation inconfortable qui n'aurait rien entraîné de bon, pour y réfléchir et prendre ses décisions dans un milieu plus propice. Pour autant, ses suggestions étaient bonnes et elle avait bien décelé la surprise et la pointe de déception que ses entreprises avaient faites naître en lui, sans prendre la peine d'y répondre d'avantage qu'un vague hochement de tête.
Ils quittèrent ce monde, donc. Des promesses en tête quant à la mystérieuse disparition d'Hogara Homare. Ils savaient comment procéder mais ils n'avaient pas les qualifications requises pour mener à bien cette enquête, alors ils la laisseraient à d'autres, avec un pincement au coeur, bien sûr, mais sans regret.

Leurs pas décidés passèrent l'immense Torii du Karyukai de Noumu, quittant par la même le plus beau quartier chaud de Yokuni. Cependant, les rues qui s'offraient à leurs vues n'étaient pas tant occupées que cela, le village ne faisant qu'émergé d'un lourd et trop court sommeil. Les installations des étals du marché étaient encore fraîches, le fuit du labeur des paysans du domaine encore intacts et les lieux seulement animés par quelques marchands, porteurs et par de rares ivrognes. En bref, l'ambiance était bien éloignée de celle, grandiose et extravagante, qui colorait les nuits de ce village de dépravation.

Une ruelle puante jouxtant le chemin des deux officiers leur laissa deviner la rumeur d'une complainte entrecoupée de sanglots terribles juste avant qu'une ombre irruption devant eux, jusqu'à hérisser les poils de la Dragonne qui dut faire preuve de courage pour ne pas dégainer immédiatement. Cette personne ne semblait pas vouloir arrêter de prononcer "Kasuga-sama, Kasuga-sama" et avait le visage dissimulé dans la pénombre du tissus. Une étoffe sale et sans distinction dont elle était intégralement couverte. Elle dévoila enfin la figure d'une femme qui devait être jeune mais dont on ne distinguait rien tant elle était couturée de cicatrices !

Riyu fit deux pas en arrière de dégoût. Pourtant, l'autre ne la lâchait pas, la fixait de ses yeux presque aveugles et baignés de larmes, et elle sentait ainsi qu'elle devait rester à l'écoute, quand bien même un Eta la côtoyait de beaucoup trop près. Par un signe discret, elle intima à Raiken de ne pas faire de mal, ni rejeter cette entité que la vulnérabilité avait rendu méconnaissable.

"Kasuga-sama ! Kasuga-sama ! Hogara-sama...Je sais...ce qu'il lui est arrivé."

Ce personnage porta sa main à ses lèvres gercées dans une expression mêlant réflexion et détresse.  Il n'était pas aisé de la comprendre tant elle n'articulait pas et son ton était si plaintif qu'il en devenait insupportable.

"Sakuran'bo...Baba...Je sais ce qu'elle a fait. J'étais Tayuu, au Sakuran'bo. J'ai vu alors ils m'ont enfermée et je me suis enfuie..."

"Qu'est-ce que vous avez vu et qui est Baba ?"

"Baba...la Yarite Baba...celle qui punit les clients...infidèle ou violent...Elle a..."

Et elle s'affala de tout son poids sur Riyu, qui la dégagea légèrement sur le côté pour voir par-dessus son épaule que l'on lui avait planté une aiguille dans la nuque. Les poisons du genre étaient plutôt lents à faire effet, cependant, la faiblesse de l'ancienne Tayuu devait avoir suffi à l'achever. Riyu n'eut le temps que de s'apercevoir de ceci avant de ressentir une vive piqûre à son tour.

Si elle avait été troisième ou deuxième, elle n'en savait rien. Cependant, ce n'était pas quelque chose de si maigre qui arrêterait le Tigre et la Dragonne et elle était déjà en train d'épier de son mieux les environs et les hauteurs pour identifier la menace.

Mais tout ne fut que silence et immobilité.


L - M - M - J - V - S - D

Spoiler:
 

Revenir en haut Aller en bas
http://saigoseizon.forumgratuit.fr
Daiyuki Raiken

avatar

Taisa

Messages : 159
Date d'inscription : 07/07/2014

Feuille personnage
Age: 28 ans
Titre: Second du Dragon de l'Est
Liens:

MessageSujet: Re: Que deviennent les amours déchues ? ... de funestes regrets Ven 3 Mar - 22:39


Il avait eut beau dire, le soulagement sur les traits tant aimé de son général avait été aussi lisible qu'un parchemin écrit de main de maître. Bien décidé de faire changer un tant soit peu les esprits de son amante et malgré le peu qu'il connaissait vraiment de la cité de Noumu, il progressa d'un pas décidé vers les marchés, tout à l'attention du rythme des pas de son officier derrière lui. La carrure de Raiken facilita grandement leur progression, sa réputation à Okaruto l'avait précédée et il avait entendu plus d'une fois que là où le Géant des brumes passait, le Dragon n'était guère loin aux alentours.

Ce n'était pas vraiment autour de lui que les légendes se créaient et non seulement il n'en ressentait aucune honte, mais au contraire, cela le gonflait de fierté. Aussi, si le fait d'être Samouraï aidait grandement, on s'écartait d'autant plus rapidement de sa voie, sachant qu'il pouvait tout à fait l'ouvrir pour la Guerrière suprême du brouillard à l’œil d'or vigilant. Les voies passantes n'étaient néanmoins pas bondées en ces heures matinales, cette ville en particulier vivant une grande partie de la nuit.

Et au détour d'une ruelle miteuse, il fut aisé au Tigre d'entendre les gémissement sortir des ombres, tout comme il fut prêt à gronder et briser l'opportune non-être qui osait prononcer bien trop souvent le nom de la famille de son aimée et avec autant d'insistance. Seul le signal infime, mais ô combien suffisant entre eux deux, de son Taisho permit à la hinin de poursuivre sa pitoyable existence. En un sens, le premier Daiyuki la plaignit, découvrant son triste visage dont il n'était pas certain qu'elle fut plus âgé qu'eux, mais qui s'avérait déformé par des blessures cicatrisées dont il ne souhaitait pas connaître l'origine, trahissant de sévices qu'il préférait ignorer.

Il fallait aussi dire que l'annonce était alléchante, car l'éta apparut savoir immédiatement la raison de leur présence et connaître la destiné, ou au moins un morceau de cette dernière, de celui qu'ils recherchaient. La chose sembla aussitôt trop belle aux yeux du Taisa qui redoubla d'effort pour obéir à l'injonction silencieuse de Riyu et ne pas réduire à néant cette interlocutrice qui outrepassait très largement les usages, le simple fait qu'elle se tienne ainsi face à eux relevant d'un crime de la pire espèce, quelque soit le territoire de l'Empire dans lequel elle aurait agit de la sorte.

Il ne comprenait pas non plus un traître mot de ce qui suivit, des noms grotesques prononcés, tout ceci étant entrecoupé de lamentations ridicules. Riyu s'avérant capable de déchiffrer les propos et même d'échanger avec elle, il se tint tranquille un moment. Les derniers termes que celle qui s'annonçait tayuu, pur produit du quartier qu'ils avaient quittés plus tôt, lui furent parfaitement clair pourtant et bien qu'elle ne pu jamais terminer sa phrase, il en compris tout le sens.

Pour autant, son esprit ne se focalisa pas sur ce revirement de son discernement. Il fut d'abord sur le point de feuler sa rage quand la non-être chût sur son univers incarné, la souillant de son contact, ce sentiment de colère s'accroissant alors qu'il devina le très court senbon planté dans la nuque de la pauvresse. Sa ire atteignit des proportions ahurissantes lorsqu'un projectile pareil au premier se ficha dans la peau hâlé de l'objet de tout son amour, si bien qu'il ne sentit pas celui qui vint se planter à même son bras gauche.

De ses prunelles jaillissaient déjà les énergies surnaturelles annonciatrices de son foudroyant courroux tandis qu'il les dirigea, lèvres retroussées, dans la direction d'origine des aiguilles. Mais tout ceci fut en vain, sa frustration le gagnant tandis que rien ne se laissa surprendre. Découvrant qu'il avait lui aussi été la cible d'un tir, il attrapa l'objet imbibé d'un poison quelconque, le jeta au sol et l'écrasa furieusement.

Il ne savait plus quoi penser après cela, son souffle soulevant son torse massif à mesure qu'il recouvrait un calme apparent. Ses pupilles restant à guetter au loin d'où le ou les tireurs auraient du se trouver, il feula pour moitié ses propos, sa fureur toujours présente dans son ton tandis qu'il annonça :

Comment le Destin peut-il nous sourire ainsi, mettant sur notre chemin l'improbable témoin porteur du savoir des raisons de notre présence ? Et face à cette simplicité suspecte, la voilà défunte sa pauvre vie volée sous nos yeux, comme si cela allait étayer son propos, le rendant réel. On se joue de nous. Quelqu'un s'amuse du Dragon de l'Est et de son ombre, quelqu'un d'assez fou pour tenter de leur faire subir le même sort. Que cela soit une mise en scène ou non, d'avoir osé penser pouvoir vous frapper… Par les Kamis…

Il serra alors tant les poings que ses gants craquèrent, leur cuir soumit à une pression implacable avant d'ajouter plus posément :

Je ne sais pas qui est cette Baba, ni si elle se trouve véritablement derrière la disparition de Hogara-san… Ni même si on ne cherche pas à l'atteindre par notre biais par un jeu auquel on a eut tord de nous mêler. Mais elle ne reste pas moins la seule chose que nous ayons. Renseignons nous sur sa localité, Riyu-sama et allons la confronter. Noumu devra encore accepter ma présence jusqu'à ce qu'une lumière, si ténue soit elle, ne vienne à éclairer cette infâme histoire.
Revenir en haut Aller en bas
Kasuga Riyu

avatar

Admin
Taisho

Messages : 5093
Date d'inscription : 24/04/2013
Age : 23

Feuille personnage
Age: 28 ans
Titre: Higashi no Ryuu
Liens:

MessageSujet: Re: Que deviennent les amours déchues ? ... de funestes regrets Dim 26 Mar - 20:12


Surprise, puis franchement dégoûtée, Riyu dut lutter pour ne pas pousser sans ménagement la burakumin sans vie. Elle souleva au contraire ce corps pour le placer contre un mur, puis récita une prière aux Kami afin d'apaiser l'âme de la morte et de dresser une quelconque et insuffisante barrière entre la souillure et elle. Aussi, l'affaire dans laquelle on les avait si brusquement plongé ne semblait pas tant l'émouvoir que cela puisque dès qu'elle termina son petit rituel, elle ne fit que soupirer froidement, comme lassée d'avoir un autre soucis à rajouter à une liste déjà conséquente.

Ce fut à peine si elle était énervée et elle porta sa main à la piqûre pour en arracher l'aiguille et la garder précieusement. D'après la vitesse à laquelle elle avait été projetée, cette précieuse senbon leur dirait avec quelle arme et il pourrait en identifier le porteur...peut-être ? Cette réflexion était bien bancale et destinée à être étoffée, mais ils n'avaient que cela et le témoignage de la pauvre eta maltraitée jusqu'à la fin. C'était déjà mieux que rien.

Elle acquiesça à l'idée de Raiken, quand bien même cela ne la réjouissait guère de retourner au quartier chaud, ils n'avaient de toutes façons guère le choix s'ils voulaient trouver des réponses.

"Allons au Sakuran'bo, donc. C'est sans doute le nom d'une maison close, puisque notre pauvre victime était une Tayuu."

Riyu se mordit le pouce, en proie à une intense réflexion. Non, ils n'avaient guère le choix.

"Si c'est bien cette Yarite Baba qui nous a agressés, elle sera sans doute surprise de nous voir encore debout. Quoique si elle n'a rien à voir avec cette histoire, elle le sera tout autant. Restons sur nos gardes. On a eu tort de venir nous chercher des crasses, on le regrettera amèrement tôt ou tard."

Malheureusement, Riyu n'avait guère l'habitude de mener ce genre d'affaire et cela l'angoissait. Si la disparition de son suivant l'avait touchée au point de la ramener ici, elle avait toujours l'impression de perdre son temps en ces lieux et que cela siérait mieux à d'autres. Cependant, ils ne pouvaient de toutes façons compter que sur eux-mêmes si on venait les harceler. Aussi, ils ne perdirent pas de temps et la Dragonne se rangea inconsciemment derrière son second dès qu'ils eurent atteint le quartier chaud qui la mettait toujours très mal à l'aise.

Puisqu'ils avaient déjà exploré le quartier, ils savaient exactement où se trouvait les différentes maisons de Yuujo. Ils eurent juste à identifier le Sakuran'bo et on les mena jusqu'à la responsable du lieu; la Yarite Baba elle-même. Cependant, celle-ci paraissait bien jeune par rapport aux autres responsables. Et tout cela semblait encore beaucoup trop simple.

"Que puis-je pour vous, Taisho-sama, Taisa-sama ? Votre enquête avance-t-elle ?" prononça-t-elle d'une voix posée après s'être profondément inclinée. Elle ne paraissait absolument pas vraiment surprise de les revoir.


L - M - M - J - V - S - D

Spoiler:
 

Revenir en haut Aller en bas
http://saigoseizon.forumgratuit.fr
Daiyuki Raiken

avatar

Taisa

Messages : 159
Date d'inscription : 07/07/2014

Feuille personnage
Age: 28 ans
Titre: Second du Dragon de l'Est
Liens:

MessageSujet: Re: Que deviennent les amours déchues ? ... de funestes regrets Lun 8 Mai - 18:52

Décrivant du regard son Taisho, le titan resta muet dans sa rage et son accord complet à ce qu'elle annonça à voix haute, faisant écho à ses propres propos et montre d'un flegme dont il était incapable. Tant mieux. Il arrivait qu'en de rare fois, ce fut au Dragon de tempérer le Tigre et non l'inverse lorsque celle-ci était en proie à la fureur ou à l'orée de cette dernière. Aussi, les poings crispés, il laissa Riyu à ses pensées jusqu'au moment de retourner dans l'avenue des plaisirs de Noumu ou il prit le guide de leur pas, sachant pertinemment entre les brumes de sa colère à peine contenue que la première née des Kasuga n'était pas là dans son monde et que ces rues étaient loin d'être digne de son pas.

Ce simple fait vint apporter plus de combustible au feu qui le consumait intérieurement et quelqu'un allait devoir bientôt encaisser, car il ne se laisserait pas brûler de l'intérieur infiniment. Plus aucune autre considération ne trouvait sa place dans l'esprit en fusion de Raiken, ses pupilles même rétrécies par la furie qu'il contenait à grand peine, tremblant sous sa propre frénésie tandis qu'ils progressaient dans cette même rues qu'ils avaient quittés, pas bien longtemps plus tôt.

Bien avisés furent les badauds qui s'écartèrent à la vue du Fauve furibond masquant de son entièreté l'avancée du Général Okaruto, si bien qu'ils furent très vite rendu au Sakuran'bo. Une fois menés face à la fameuse Yarite Baba, les yeux d'or aux iris hypertrophiés du titan, ne laissant au noir de ceux ci qu'un infime cercle dans lequel s'exprimer s'apposèrent sur la silhouette qui venait de s'incliner avec politesse face à eux.

Dans un crépitement de foudre naissante, le premier Daiyuki projeta son bras à l'image d'un harpon lancé sur quelque proie marine et ferma sa poigne sur le cou de leur hôte avant d'en soulever la masse du sol comme si elle ne pesait rien. D'aucun n'aurait pu agir à l'exception seule de Riyu, sans que cela n'aurait été vu comme une insulte passible de mort immédiate et c'est bien sur ce fait que Raiken comptait pour exutoire, le premier contrevenant se verrait immédiatement réduit à l'état de pulpe sanguinolente si d'aventure on osait tenter quoique ce soit à son encontre.

Il vissa ses prunelles injectées sur celles au bord de l'étouffement de l'impudente tenancière avant de lui cracher ses mots au visage, réduisant l'espace entre celui-ci et le sien à peau de chagrin :

Ce que vous pouvez pour nous, soit vous le savez et allez nous l'annoncer séant, soit ce n'est pas le cas et le malheur d'une injustice semble vous avoir désignée pour victime. Notre enquête avancera avec ou sans votre concours, onna. Nous cherchons donc un frère d'arme que vous connaissez, si vous voulez encore apprécier la vie quelques instants de plus, appartenant à la famille des Hogara.

Sa disparition et le simple fait qu'on en vienne à tenter de nuire à Higashi no Ryuu et son Ombre en pleine rue et en plein jour souligne à quelle point les affaires qu'il avait en ces lieux furent gênantes pour certains. Comprenez bien, Baba, que je brûlerais cette cité et vous avec si j'en viens à penser qu'en procédant de la sorte, les coupables seraient prit dans mon feu.

Ce n'est pas à votre pitié pour le peuple de Noumu que j'en appelle, abazure, mais à votre unique égoïsme, car je n'aurai aucun mal à briser votre nuque dans l'instant où je le déciderai et aucun allié que vous puissiez avoir pourrait vous délier de destin promit.


Il ne desserra sa poigne que subtilement dans le seul but de lui laisser un léger filet d'air afin de s'exprimer avant de lui hurler dessus à nouveau :

PARLEZ ! Je veux un nom, un aveu, peu m'importe tant que cela me mène vers celui ou celle qui a eut l'audace de penser pouvoir blesser le bras armé d'Okaruto en personne et ce devant les yeux de celui qui la suivrait jusque dans le Jigoku s'il le fallait !

Même après cela, le grondement de Raiken était audible tandis qu'il respirait et en aucun cas il ne s'était écarté des traits suffoquant de Yarite Baba.
Revenir en haut Aller en bas
Kasuga Riyu

avatar

Admin
Taisho

Messages : 5093
Date d'inscription : 24/04/2013
Age : 23

Feuille personnage
Age: 28 ans
Titre: Higashi no Ryuu
Liens:

MessageSujet: Re: Que deviennent les amours déchues ? ... de funestes regrets Ven 11 Aoû - 3:03


En proie à une vive anxiété, Riyu se triturait les mains comme une adolescente, cherchant à calmer autant qu'à dissimuler les craintes qui naissaient en son sein alors que Raiken et elle cherchaient à rejoindre le Sakuran'bo. La fureur qui grondait en son second et menaçait d'éclater n'arrangeait guère le malaise qu'elle ressentait alors. En effet, Raiken était tant sombre à ce moment que la colère qu'il retenait pourtant, écartait les rares passants et occultait tout à fait la présence de Riyu, le dressant tel un rocher salvateur contre les vagues qui pourraient s'abattre sur elle.

L'image se serait révélée rassurante, si elle ne voyait pas son aimé rendu, à la merci de ses émotions comme un tigre que l'on aurait enragé par intérêt. Aussi, La Dragonne aperçut la Yarite Baba blêmir et perdre toute contenance lorsqu'il la saisit sans pitié. Tous, y compris Riyu furent choqués par le comportement du Taisa et les gardes qui n'avaient malheureusement rien pour calmer le fauve furent contraints de ronger leurs freins : il n'y avait bien que le Taisho pour désamorcer pareille situation. Mais le Taisho avait d'autres choses à gérer.

"Qu'est-ce que...?!"

On ne lui laissa pas le temps de d'ordonner à Raiken de reculer, ni même de l'alerter de ceux qui se présentaient à elle. Alors qu'elle faisait volte-face et que le pauvre appât pointait son index en direction de la scène surréaliste, une vague vaporeuse surplomba la Dragonne et l'engloutit dans une épaisse nappe de brume, sinon dans le néant !

Au plus proche de sa disparition, deux silhouettes sortirent du brouillard : un homme, Hogara Homare debout, bel et bien vivant et même pimpant, appelant aux questions par un discret sourire et une ombre à la fois à son côté et en retrait, toute de brun vêtue et dont seuls apparaissaient les yeux noirs, sans doute le lanceur de sort car essoufflé et affalé sur lui-même, il paraissait des plus affectés d'un quelconque désagrément dû à l'usage de pouvoirs divins.

Sans doute étaient-ils tout deux trop fous pour vivre. Ou bien brillamment préparer pour affronter les assauts du Tigre d'Izanami.


L - M - M - J - V - S - D

Spoiler:
 

Revenir en haut Aller en bas
http://saigoseizon.forumgratuit.fr
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Que deviennent les amours déchues ? ... de funestes regrets

Revenir en haut Aller en bas
 

Que deviennent les amours déchues ? ... de funestes regrets

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Mes z'amours
» Au diable les enfers, Au paradis des amours, Je suis libre.
» les amours de Napoléon
» Kenneth Swanson | Mes amis, mes amours, mes emmerdes.
» Hailey Reeves ~ Mes amis, mes amours, mes emmerdes • |


Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
-
..
.Abyndal.
...
...
..
..
...
.
.....Ewilan RPG..
....La Sérénissime..