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 Visite impromptue

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Fukyuu Kanzen

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Taii

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MessageSujet: Re: Visite impromptue Ven 10 Mar - 23:51

Ryohei se révélait être le plus studieux et rayonnant public que Kanzen n'eut jamais eut. D'une certaine manière, il avait déjà croisé cette lueur dans les yeux d'un tiers, mais les circonstances n'avaient absolument rien à voir et la passion bien différente. Cependant, dans le cas cité, cela faisait parti du jeu, c'était le but recherché.

Dans celui de l'explication de son art à son interlocuteur, il se sentait bien trop l'impression d'être un professeur et cet ami naissant s'incarnait trop parfaitement en élève, ce qu'il ne désirait en aucun cas au vu de leur age similaire et leurs expériences dont il gageait qu'elles devaient être totalement différentes.

Ainsi, il avait beaucoup à apprendre de l'héritier des Maeda et lui jalousait quelque peu, un fugace instant seulement, cette situation où il enrichissait son expérience sans que le Fukyuu de sang ne puisse profiter immédiatement d'un juste retour des choses. Cela ne dura pas, sinon l'espace d'un battement de paupière. Plus rapidement qu'il ne l'eut cru d'ailleurs, car il en vint à trouver cette expression merveilleuse et se sentit tout à fait fier de parvenir à la faire naître sur les traits sublimes de l'érudit.

Il sentait toujours la barrière des usages entre eux, l'étiquette ancrée et respectée par son noble invité et il se jurai de la faire tomber un jour. Il avait le temps et la patience à sa disposition et il ne doutait pas une seconde d'échouer à libérer cet homme de la coquille de son corps et des restrictions qu'il s'imposait, mais il devait bien avouer que cette flamme qui irradiait de son hôte lui plaisait déjà énormément.

Tout à son ébauche d'un plan d'attaque pour mettre à bas ces défenses bien inutiles à son égard, souhaitant plus que tout que le calligraphe se sente au mieux, il reçu avec un sourire joyeux la déclaration pleine d'entrain de son homologue, sans parler de la curiosité qu'il entretenait pour tout le travail qui pouvait amener à la réalisation d'une œuvre, quel-qu’elle fut.

Il avait bien compris que son compagnon était d'une rareté sans égale et comme toute chose ou être précieux comme il l'était sans l'ombre d'un doute, sa beauté et sa radiance s'accompagnait d'une fragilité extrême que le forgeron ne saurait ignorer. Toutefois, il cherchait si tôt un moyen de le préserver sans ne rien lui refuser de ce qu'il voulait partager avec lui. Toute ces considérations disparurent, si légère, soufflées par la dernière proposition de son pair.

Ce fut comme de l'huile jetée sur le brasier de sa propre volonté, la demande illuminant son visage d'une euphorie certaine. Il prit délicatement les mains de son interlocuteur, vissant ses prunelles ambrées dans celles de ce dernier, un masque juvénile trahissant son engouement lorsqu'il prit la parole à son tour, un ton trop haut dénonçant sa joie dans ses mots :

Oh ! Ce serait un bonheur absolu, oui ! Il y-a de cela quelque jour, j'ai découvert qu'une jeune femme, non loin de ma demeure, possédait un talent indéniable pour éveiller le plaisir des gens de notre genre ! Ses mains… Ryohei-sama, ses mains sont une merveille que les Kamis eux mêmes doivent jalouser ! L'habileté qui réside au bout de ces doigts est infini et vos sens ne pourront qu'être submergés par son don incroyable.

De toute évidence excité comme un fou à l'évocation de la demoiselle, il ne tarda pas à en venir aux faits et à son vœu émergeant :

Allons lui rendre visite séant, Ryohei-san ! Revêtez vos atours, je vous promets que la marche ne sera pas longue, au contraire du ravissement qu'elle nous apportera et du souvenir qu'elle vous laissera, je l'espère de tout cœur !

Il disparu le temps de se préparer lui-même et revint très vite, son bras droit cherchant encore à entrer dans la manche de sa veste de kimono de sortie. Tout en nouant son obi prestement, il poursuivit sa description extatique de l'objet de leur sortie immédiate :

Oh, hâtez vous, Maeda-san ! Vous n'allez pas en croire vos yeux ! J'espère qu'elle nous laissera toucher… La perfection des formes à leur plus pure expression… La première fois, je n'ai plus pensé qu'à elle pendant des jours entiers, à la grâce de ses gestes, leur minutie… Par les Kamis… Et leurs effets… Vous n'en reviendrez pas ! Yaiko, prépares toi aussi, tu sais qu'elle aime que tu la regardes faire !

Il laissa le temps à son ami de se préparer sans se montrer plus clair sur son idée ni le genre de rencontre vers lequel il l’emmènerait, tout en ne cessant de narrer les prouesses dont cette connaissance était capable. Lorsque sa suivante fut prête, il la pressa d'offrir son concours au kuge pour terminer de s'apprêter et l'accompagner sur le chemin qui les mèneraient à la visite de cette étonnante personne décrite par Kanzen.

En aucun cas la servante du sang pur des Fukyuu ne se montra gênée un seul instant, guidant le calligraphe par le bras. De l'autre côté de ce dernier, le crin-blanc euphorique ne tarissait pas d'éloges, sans se rendre compte des regards qu'on jetait à ce duo que les avenues d'Ite n'avait jamais vu réuni jusqu'à ce jour.

Il était bien trop absorbé pour remarquer avec quel déférence on les admira, leur cédant le passage comme s'ils avaient été le Seigneur de ces terres lui-même, rougissant, même, de honte d'oser ainsi les dévisager ou peut être même de partager le même ciel que ces deux êtres, à moins qu'aucune honte ne se cache derrière le cramoisi de ces joues appartenant à tout les genres.

Bientôt, ils arrivèrent à hauteur d'une humble masure, après une marche qui fut courte, comme il avait été promis. Yaiko laissa un instant leur noble hôte afin d'aller frapper à l'entrée de la demeure et il n'y eut guère à attendre bien longtemps avant de voir une vieille dame leur ouvrir, saluant bien bas la domestique lorsqu'elle l'eut reconnue, puis plus bas encore tandis qu'elle fit face aux deux jeunes hommes. Ils passèrent ainsi le seuil de la porte et se débarrassèrent de leur chausse pour qu'on leur offre de modestes waraji de paille dont le bretteur s’accommoda parfaitement.

Enfin, ils furent installés dans la salle de vie de la maisonnée qui ne devait pas compter plus d'une autre pièce et la vénérable dame leur proposa un thé en attendant que celle qu'ils étaient venu visiter arrive. Cette dernière ne se fit pas désirer de façon interminable et apparu alors. Il s'agissait bien d'une adolescente, aux portes de l'age adulte, mais aux traits encore bien juvénile, quoique laissant présager d'une beauté certaine.

Elle se faisait appeler Hōseki et elle avait fait un effort sur sa présentation qu'il était impossible d'ignorer, malgré le peu de moyen évident dont cette petite famille devait disposer. Ses joues rosies masquant difficilement l'émoi qui était le sien, à la vu de ceux qu'elle connaissait d'abord, mais d'autant plus lorsque ses jolis yeux se posèrent sur le nouvel arrivant. Bien vite, Kanzen l'encouragea à dévoiler son talent, une expression d'affection immense sur les traits, puis il alla plonger sa main droite dans le pan de son kimono avant d'en produire deux feuillets carré d'un papier de riz de très haute facture et de le poser sur le kotatsu, non loin des tasses de boisson chaude qui étaient disposées à leur attention. L'un était jaune et l'autre aussi blanc que les neiges du clan. Il annonça alors avec douceur :

Hōseki-chan ? Pourrais-tu offrir à mon ami un aperçu de ce que tu m'as déjà dévoilé ? C'est un homme très gentil, un ami précieux, peut-être le plus précieux de tous… Serais tu généreuse de lui offrir cela pour moi ? Je t'en serais mille fois gré…

Il n'en fallut pas plus pour la jeune fille qui s'attela à la tâche sans perdre de temps. Sous les regards de l'assistance improvisée, elle plia méthodiquement le papier sans poser la moindre marque, avançant étape par étape dans ce qui apparaissait au premier abord un drôle de fouillis d'angles et de superposition des feuillets.

Mais petit à petit naquit une forme de poisson pour que, finalement, sans que le flux du temps ne sembla pesant, les deux papiers donnèrent forme à un shachihoko époustouflant de réalisme. Kanzen leva alors le regard vers Ryohei dans l'attente de sa réaction, lui même trahissant son bouleversement aux légères larmes qui grossissaient aux coins de ses yeux, un inénarrable sourire sur le visage.
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Maeda Ryohei

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Kuge

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MessageSujet: Re: Visite impromptue Dim 30 Avr - 6:14

La réaction follement enjouée de son nouvel ami fut comme une bouffée de bonheur qu'il apportait avec lui, si légèrement, si naturellement, que le jeune homme en fut pendant un bref instant complètement surpris. Il ne comprenait pas ce qui emballait autant Kanzen quand il persistait à se penser de mauvaise compagnie, quand il savait bien que sa personne chétive et délicate pouvait ennuyer bien des hommes. Pourtant, à ses côtés, cela semblait être tout le contraire, comme s'il était exactement celui qu'il avait longuement attendu, comme s'il n'avait jamais eu l'occasion de rencontrer quelqu'un comme lui. Il aurait eu tendance à penser que ce n'était pas plus mal, mais comment pouvait-il le faire lorsqu'il voyait son regard étinceler d'une lueur qu'il n'avait encore jamais vue, lorsqu'il lui prenait les mains pour exprimer son ravissement, lorsqu'il pouvait sentir sa joie transparaître jusque dans sa voix ? En cet instant, Ryohei aurait aimé pouvoir pleurer de joie.
Il lui parla alors d'une jeune femme dont il avait fait la connaissance tout juste quelques jours plus tôt, visiblement très enthousiasmé par celle-ci, par quelque chose qu'il avait découvert chez elle. Il n'avait strictement aucune idée de ce dont il lui parlait, du sujet exact de ce talent qu'il énonçait, mais timide comme il était, il n'osa pas l'interrompre pour lui poser la question. Peut-être était-il censé déjà savoir de quoi il lui parlait ? Peut-être tenait-il à tout prix à lui garder la surprise ? Une chose était certaine, il n'avait pas la moindre envie de le contrarier.

Et même s'il l'avait voulu, il n'aurait pas eu le temps de lui demander : Kanzen lui proposa brusquement de lui rendre visite et ne lui laissa pas non plus l'occasion de répondre, disparaissant tout aussi subitement. Bien qu'il était déboussolé par tant d'agitation soudaine, le jeune homme fut bien obligé d'aller chercher lui-même ce qu'il lui fallait pour sortir, trop désireux de ne pas décevoir son ami, angoissé à l'idée même de lui déplaire.
Vif comme il semblait toujours l'être, son ami l'avait rejoint alors qu'il avait tout juste commencé à enfiler l'une des couches qui lui permettaient de survivre au froid mordant de l'extérieur, impitoyable ennemi de sa santé si fragile. Il le hâtait encore et Ryohei se sentait presque honteux de devoir le faire attendre autant, si bien qu'il faillit presque lui dire qu'il était prêt. Seule la pensée de l'incommoder par une énième terrible maladie lui fit mettre bien vite de côté cette idée et, aidé d'un de ses propres domestiques, il essayait de se dépêcher plus que d'ordinaire.

En attendant, Kanzen ne tarit pas d'éloges au sujet de la demoiselle qu'il voulait lui présenter, avec un talent indéniable quand il s'agissait de garder le mystère sur la nature même de ses talents. Son enthousiasme était terriblement communicatif et le jeune homme si calme et tranquille qu'il était, aurait bien voulu pouvoir courir jusqu'à cette fabuleuse demeure.

« Veuillez me pardonner pour cette longue attente, je suis prêt. » Répondit-il enfin, ravi de pouvoir se laisser guider par son hôte, mais aussi de ne plus avoir à le faire attendre une seconde de plus.

Le trio s'aventura donc dans les ruelles d'Ite et le jeune kuge se laissa autant guider par le bras de Yaiko que par l'enthousiasme inépuisable de Kanzen. Si comme il l'avait promis, le chemin ne fut pas très long, il eut cependant un peu de peine à suivre le rythme trop rapide de ce grand homme en parfaite santé et il fut heureux d'arriver à destination, légèrement essoufflé par cet effort physique.
Une vieille dame les salua très poliment et les fit rentrer dans sa demeure. Jamais Ryohei n'avait vu logement pareil et il se demanda comment il était possible de vivre dans un espace aussi étroit. Il garda cependant toutes ces pensées pour lui-même et se contenta de sourire timidement, ravi de pouvoir s'asseoir à nouveau et ainsi masquer la faiblesse de son corps. Une fois le sol retrouvé, il était certain qu'il n'aurait pas à craindre des vertiges ou bien pire encore.

L'attente ne fut pas longue et une jeune demoiselle se présenta à eux, aussi élégante que ses maigres moyens semblaient le lui permettre et rougissant à leur vue, sans doute gênée que des hommes de leur rang vienne lui rendre visite jusque dans sa propre demeure. Embarrassé par cette situation qui avait tout pour lui du grand inconnu, il laissa son ami parler et le présenter. Juste avant cela, il avait posé deux feuilles carrées sur la petite table et Ryohei disposait enfin d'un indice sur le spectacle qu'on lui avait promis. Lorsqu'elle commença à s'exécuter, son intuition ne fit que se confirmer et un sourire vint enfin éclairer son visage timide pour le laisser rayonner d'une toute autre lumière. D'un simple coup d’œil, il put avoir une idée précise de la fascination qu'éprouvait Kanzen et la sienne n'en était pas tant éloignée, si ce n'était par sa réserve qui masquait sur les traits de son visage l'ampleur de son émotion.
Au cours de son éducation et pendant ces longues périodes où il avait été contraint de rester dans son futon, Ryohei avait pu découvrir et s'essayer à cet art, mais il s'était laissé happé par ses lectures et surtout par la maîtrise de la calligraphie, si bien qu'il ne le pratiquait plus que rarement, lorsque l'envie lui en prenait. Ses créations n'avaient rien à voir avec ce qui se dressait sous ses yeux et, tout comme il était capable de transcender une autre dimension un pinceau à la main, tout comme Kanzen pouvait élaborer des sabres comme il n'en avait jamais vus dans sa forge, cette jeune femme faisait miroiter autour d'elle son propre univers.

Il ne lui avait pas menti sur ce qu'il lui avait promis et, en tant qu'esthète, en tant que fervent amoureux des arts, il se sentait à la fois émerveillé et profondément touché de cette découverte si délicate. Il se demandait alors comment cette jeune femme pouvait se trouver là, dans cette demeure minuscule, avec si peu pour vivre quand elle aurait dû se présenter dans tous les lieux où son art aurait pu trouver les spectateurs à la hauteur de ses talents.

« C'est vraiment magnifique. » Murmura-t-il, brisant son silence pour la première fois et non sans avoir longuement observé le fruit de son travail méticuleux.

Aucun mauvais pli n'était venu entacher son œuvre, aucune maladresse n'avait déformé le shachihoko si merveilleusement représenté qu'il n'aurait pas été surpris de le voir se mouvoir et prendre vie subitement.

« Arigatō gozaimasu pour cet étonnant spectacle, Hōseki-san. J'étais certain que les rues d'Ite cachaient des splendeurs insoupçonnées, mais je n'aurais pu imaginer en découvrir d'aussi admirables. » Poursuivit-il  calmement et d'une voix douce, parvenant à faire taire sa réserve par l'importante différence qu'il y avait entre leurs rangs.



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Fukyuu Kanzen

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Taii

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MessageSujet: Re: Visite impromptue Mer 17 Mai - 21:05

Tout absorbé avait il été par le grandiose du talent de la jeune fille dont il n'était pourtant pas ignorant, il regretta en constatant l'expression de son invité de n'avoir su se détacher du miracle de création qui s'était déroulé sous leur yeux afin d'admirer les traits qu'avaient pu révéler Ryohei durant le processus donnant naissance à l’œuvre finale. Pour autant, tout ému fut-il, il capta l'émotion de son pair, avant que celui-ci ne finisse par briser le silence sans le moindre heurt et de sa voie harmonieuse.

Ses propos d'une justesse impeccable assurèrent le Fukyuu de sang de leur ressemblance en matière de goûts, ou du moins, vinrent apporter une évidence à leur similitude. Il n'y avait rien qu'il n'eut à ajouter à cela, du moins, pas en présence de la petite famille et ainsi, ils passèrent une poignée d'heures en leur compagnie à boire du thé tout en se passant l’œuvre produite et certaines autres faites en leur absence, mais non moins pourvue d'un savoir-faire incroyable.

Ils prirent enfin congés tandis que la lumière débutait de faire défaut pour admirer comme il se devait les petites prouesses de papier dont Hōseki était capable. Sur le chemin du retour qui ne manqua pas d'être aussi paisible que celui de l'allée tout en déclenchant son lot de murmures sur leur passage, Kanzen prit la parole avec entrain, sa bouche étirée en un sourire conquis :

Comme vous l'avez dit, Maeda-san, Ite regorge de ce genre de talents. Nous sommes tout deux bénis des Kamis, les fortunes portant sur nous un regard aimable et nous permettant de nous adonner à nos maîtrises respectives. Pour ceux qui subsistent dans l'ombre comme cette enfant, j'ai pour idée qu'il est de notre devoir de les révéler au monde, de les guider et les mener à la connaissance de ceux qui seront sensible à ses exploits.

Le jour même où je l'ai rencontré, j'ai pris la décision de devenir son mécène et tant que je le pourrais, tant que ma naissance m’octroiera ce privilège, de dénicher ce genre de performance et de les diriger vers la lumière afin que la nuit ne soit pas seule à s'en nourrir et que viennent à faner ces dons.


Ce n'était pas là une question ou l'établissement d'une volonté de sa part pour laquelle il cherchait un concours de son ami, son aval ou son assentiment : c'était là un simple fait qu'il partageait à Ryohei, afin de lui donner autant qu'il lui donnerait au terme des deux mois qu'ils échangeraient ensemble. Car il lui était impossible de demander à son homologue de s'ouvrir pleinement à lui si lui-même ne le faisait pas en retour et quand bien même, cela n'avait aucun rapport au devoir, mais trouvait uniquement ses racines dans son envie. Kanzen ajouta néanmoins, ses traits révélant son amusement :

Nous parlerons de cela ce soir au diner, mon ami. Dès lors que vous souhaiterez vous aérer l'esprit comme ce jour, n'hésitez plus un instant, Maeda-san, il est tant de richesses en Ite que vous devez voir, de merveilles à découvrir et de plaisir à ressentir. Je sais déjà reconnaître en vous le même amour des belles choses et de la perfection du geste, quelque soit son essence. J'attendrai vos demandes et tant qu'elles ne viendront pas, je m'occuperai de votre commande avec honneur.

Radieux jusque sa propriété, Yaiko veillant sur Ryohei du coin de l’œil au cas où celui-ci viendrait à fatiguer, le sang-pur des Fukyuu ne pipa plus mot, affichant cependant une rangée de dents nacrées dans l'expression ravie qui était la sienne. Laissant son convive se réchauffer d'un thé très vite servi à son attention, il lui annonça qu'un bain chaud serait préparé afin de reposer ses membres et se purifier après cette courte escapade et la collation promise plus tôt.

Lorsqu'il revint enfin débarrassé de ses manteaux, une série de mets gravitaient déjà autour de la tasse de son invité et cela n'allait pas en diminuant, des friandises accompagnant la boisson étant bientôt rejoint par un menu plus propre à un véritable repas du soir. Le forgeron qui ne s'était guère départi de son humeur solaire s'installa aux côtés du calligraphe et picora sans se faire attendre parmi les quelques plats présenté. En bout de tablée, à l'opposé des deux kuge, la première servante et deux filles la secondant restaient disponibles tout en mangeant de leur côté. Entre deux bouchées proprement avalées, l'hôte reprit le cours de leur précédents échanges :

La sortie de ce jour vous était quelque peu imposée, je dois l'avouer… La faute étant portée à mon enthousiasme de partager ce que vous avez pu voir de vos yeux… Mais vous disiez ne pas bien connaître notre belle capitale… Il y-a peut être cependant des choses que l'on aurait portées à votre connaissance auxquelles vous aimeriez assister ? Là encore, n'hésitez pas un instant à m'en faire part… Il pourrait tout à fait s'agir de merveilles inconnues de moi même et nous pourrions les découvrir ensembles, qu'en dites vous ?

Son air devint quelque peu mutin avant qu'il n'ajoute :

Si l'imagination vous manque à ce sujet, j'ai en tête un lieu que j'aimerai vous faire partager lorsque le cœur vous en dira !
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Maeda Ryohei

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MessageSujet: Re: Visite impromptue Mar 4 Juil - 0:08

Chaque instant en compagnie de son nouvel ami semblait être une éternelle découverte, un nouveau pas vers un monde plus grand, plus étendu, plus grandiose tout simplement. Sa présence resplendissante irradiait tout sur son passage et son goût autant que son érudition étaient tels qu'il avait dû hériter d'une fabuleuse capacité qui lui permettait de détecter des choses aussi merveilleuses que cette jeune femme. Il se sentait incapable de faire de même, pas avec autant de facilité, de finesse, de justesse. Ce qu'on venait de lui présenter là était bien au-delà de ce qu'il aurait pu imaginer lui-même dans les talents que pouvait compter Ite, alors comment aurait-il pu déceler une telle perle ?
La certitude que Kanzen allait tant lui apporter avait toujours été présente dans son esprit, mais elle commençait à se dessiner avec davantage de précision et le faible aperçu qu'il pouvait en avoir aujourd'hui n'avait de cesse de l'enthousiasmer. Oh comme il était impatient de connaître ce qu'ils feraient demain ! Oh comme il avait hâte d'apprendre et de découvrir encore et encore !

Tandis que les deux hommes quittaient la modeste demeure qui servait d'écrin à cet incroyable talent, le jeune Maeda arborait un sourire et une lumière qui formaient les prémices de ce qu'il serait plus tard et qu'on ne lui avait que trop rarement vu au cours de toutes ces années. Le simple fait d'avoir quitté cette maison où il avait passé toute sa vie, de profiter de la compagnie de quelqu'un qui avait son âge et avec qui il semblait s'entendre si naturellement avait déjà opéré un grand changement en lui.
Ryohei avait l'impression de respirer mieux, de voir les choses différemment et de s'ouvrir enfin à un monde qui lui était totalement inédit. Kanzen ne pouvait-il pas être le meilleur guide qui soit pour cela ? Il ne savait comment le remercier, se sentait terriblement incapable de trouver des mots assez forts pour lui exprimer toute sa reconnaissance. Existaient-ils vraiment ? Il était certain que non. Il y avait tant de choses dans son cœur qu'il ne pouvait communiquer...

La marche était bien fatigante pour le jeune homme chétif qu'il était, trop habitué à rester assis à longueur de journée, mais il n'y prit même pas garde, la trouvant au contraire très revigorante. Son cœur autant que son esprit s'emballaient, s'enflammaient sans pour autant oublier d'écouter la moindre parole venant de son ami.

« Vous faites si bien, Fukyuu-san ! » S'exclama-t-il avec enthousiasme. « Une fois de tels trésors révélés, il me semble inconvenable de ne pas leur offrir les moyens de se perfectionner et il serait bien dommage de les garder juste pour soi quand ils méritent tant d'attention ! Il me tarde de pouvoir suivre votre exemple. »

Tout sourire, il n'y avait pourtant pas besoin de cela pour deviner ses sentiments tant sa voix semblait les transmettre avec justesse. Puis, son ami semblant garder le silence, il n'osa pas le briser par de nouvelles questions, même si certaines brûlaient ses lèvres. D'un autre côté, il se satisfaisait lui aussi de ce mutisme, en profitant alors pour faire vagabonder son imagination librement et laissant cours à ses émotions. Ses yeux eux-mêmes ne trouvaient pas à s'ennuyer, parcourant avec attention tout ce qui arrivait à leur portée, cherchant à mémoriser autant de choses que possible, comme si c'était là aussi un autre précieux cadeau qu'il lui faisait, inconsciemment cette fois-ci.

Finalement, les portes de la demeure du Fukyuu furent toutes proches et il ne fut pas mécontent de retrouver la chaleur d'un intérieur et même heureux de pouvoir se débarrasser de quelques couches de vêtements, celles-ci finissant par former un poids qui lui semblait déjà bien lourd au vu de sa fragilité. Curieusement, Ryohei semblait avoir été un peu plus rapide que son hôte et il l'attendit donc devant une tasse de thé bien chaud dont l'odeur à elle seule suffisait à le ravir. À son arrivée, on avait déjà apporté de nombreux plats.
Aussitôt, il fut encore impressionné de son appétit tandis qu'il semblait manger deux fois moins que lui tout en se sentant déjà parfaitement repu. Mais son ami avait besoin de davantage de force que lui, bien plus qu'il ne pouvait l'imaginer sans doute. Il ne passait pas ses journées devant des livres ou à manier un pinceau. Il avait certainement les capacités de manier ces lames qui lui paraissaient toujours si lourdes, de parcourir la ville sans s'essouffler et sa passion pour la forge devait finir d'entretenir sa bonne santé. Ryohei ne s'en sentait pas du tout envieux pourtant, il avait même l'impression d'être privilégié, bénéficiant de la chance de pouvoir l'observer, l'admirer de si près sans que sa présence ne semble le gêner nullement.

« Ne vous sentez pas coupable à ce sujet, je vous en prie, Fukyuu-san, le choix de la visite était parfait et vous ne m'avez donné jusqu'à maintenant aucune raison de regretter de vous avoir suivi. » Répondit-il, enjoué. « Ah ! Je suis bien certain que ce ne sera jamais le cas, je ne voulais pas laisser entendre cela. » Se corrigea-t-il immédiatement, ayant soudain l'impression qu'il aurait pu le vexer.

Son visage prenant des teintes un peu plus colorées que d'ordinaire, il baissa la tête, légèrement gêné. Il avait beau travailler sa conversation, réfléchir longuement à ses phrases, il manquait encore d'expérience à ce sujet et la spontanéité à laquelle il devait faire face, encore plus présente avec une personne telle que Kanzen, lui posait affreusement problème. Comme écrire une lettre lui semblait plus facile ! Ridiculement facile par rapport à tout cela !

« Je... j'aimerais beaucoup faire de même. Malheureusement, je ne connais pas bien la ville, j'ignore si je pourrais vous faire découvrir quoi que ce soit. » Ajouta-t-il un peu déçu, mais préférant rester honnête. « Je... je serais néanmoins très heureux de voir tout ce que vous aurez envie de me montrer ! »

Déjà un peu tremblant, il se trouva soudain incapable de tenir ses baguettes entre ses doigts et celles-ci retombèrent sur la table. L'épuisement qui s'était peu à peu abattu sur ses épaules n'aidait pas le jeune homme à contrôler ses gestes ou ses paroles et, ayant de plus en plus l'impression d'être un mauvais compagnon, il se leva alors brusquement et s'inclina poliment.

« Je vous prie de m'excuser, je me sens un peu fatigué, je vais me retirer. »

Et à peine eut-il dit cela qu'il disparut dans les couloirs de cette maison qu'il commençait déjà à connaître un peu. Il ne fut capable de retrouver de l'apaisement qu'une fois son corps plongé dans l'eau chaude du bain qu'on lui avait promis un peu plus tôt. Il se confortait là dans sa solitude habituelle – la présence de domestiques ne le gênant guère. Il s'en voulait pourtant, persuadé qu'il ne pouvait apporter autant à son hôte que celui-ci le faisait pour lui, convaincu qu'il n'était pas à la hauteur d'une telle relation. Que pouvait-il faire pour qu'il lui pardonne son comportement ? Ryohei aurait bien aimé pouvoir agir de manière naturelle, mais il finissait toujours par se sentir terriblement nerveux, bien loin de son calme habituel.
Il ne s'attarda pas dans la salle d'eau et une fois rhabillé, il regagna sa chambre où il devinait bien qu'on l'avait accueilli avec largement plus de confort qu'il ne le méritait réellement, même avec son statut, même avec le nom des Maeda. Doucement, dans son cœur vivait cette braise qui le poussait à s'élever plus haut, pour que tout cela, toute cette gentillesse, toute cette amitié soient enfin des choses qu'il pourrait se montrer véritablement digne.

Son regard vint se poser sur la table dont il se servait pour faire ses calligraphies et, le sommeil l'ayant étrangement quitté, il s'y assit et saisit avec assurance l'un de ses pinceaux. Il déroula une première feuille, trempa son outil dans l'encre et commença à tracer ses premiers traits. Dans ces instants, les notions d'espace et de temps disparaissaient de son esprit. C'était avec une rapidité déconcertante qu'il se trouvait entièrement concentré dans ce qu'il créait, oubliant parfois même la présence de l'un de ses professeurs et ignorant tout de ses paroles. Il y avait dans son art une sorte de solitude, mais elle n'était ici ni douloureuse, ni dérangeante. Peut-être cela rendait-il son talent moins appréciable pour ceux qui en avaient été témoins, mais il se trouvait bien incapable de considérer toutes ces choses-là.
Il lui fallut bien des tentatives et de nombreuses réflexions pour parvenir à ce qu'il voulait vraiment au fond de lui, mais lorsqu'il eut enfin fini de tracer les deux caractères qui formaient Kanzen sans plus y voir le moindre défaut, il laissa son œuvre sécher et mis de côté tous ses brouillons avant de s'écrouler de sommeil dans son futon. La moitié de la nuit devait bien s'être écoulée et pour une rare fois, il ne se leva pas à l'aube, ne s'éveilla même pas.



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MessageSujet: Re: Visite impromptue Jeu 13 Juil - 17:07

Bienheureux était-il malgré la coutume qu’étaient devenus ces délicieux repas. Impossible pour le crin-blanc de se lasser des soins apportés à la cuisine, toujours en quête de nouveauté, de Yaiko et des autres suivantes de sa maisonnée. Les trois plats principaux étaient dressés, le riz plus blanc que la neige la plus pure et dans la soupe flottait ça et la de frais légumes et champignons juteux. L’appétit de Kanzen venait en mangeant et plus il picorait ça et là, plus il en voulait.

Il se rendit néanmoins compte que la faim de son convive était loin d’être à sa mesure et se demanda si cela ne participait pas à cet état de faiblesse qu’il constatait chaque jour en sa compagnie un peu plus. Cependant et il fallait le dire, la sortie n’avait pas eu l’air de porter sur le calligraphe la moindre atteinte, malgré ce à quoi il s’était préparé en laissant sa favorite aux côtés de son ami, bien au contraire même.

Le sourire de Ryohei était un Soleil et sa peau apparaissait pleine de couleurs le rendant plus vivant que jamais, ne retirant rien au trésor qu’il incarnait sans mal. Le pur sang des Fukyuu fut enchanté de cela, pensant voir s’effectuer une transformation sous ses yeux, une merveilleuse chenille mutant en papillon. Il le trouvait ravissant alors même qu’il se corrigea lui-même, très certain d’avoir commis un léger impair en sous-entendant que le kuge puisse regretter de suivre son pair et guide de la capitale.

Véritablement, il n’était nul autre homme aussi aimable que ne l’était l’héritier des Maeda et c’était là la plus grande richesse que cette demeure avait pu accueillir jusque là. L’artisan se perdit dans l’expression de gêne qu’eut son interlocuteur, en oubliant jusqu’à poursuivre son repas tout à sa contemplation, un sourire s’élargissant sur ses traits à mesure que le pauvre historien se perdait dans ses propres termes.

Rien de ce qu’il aurait pu dire ne semblait pouvoir être insultant, contrevenant ou dérangeant. Contrit vis à vis de son manque de savoir autour de la vie régnante en Ite n’avait rien pour attrister le forgeron qui se fit un devoir de lui ouvrir les portes de la cité même où ils vivaient tout deux. Mais la douceur de l’instant s’évapora alors qu’il décela bien vite et à son grand dam le teint de son compagnon virer au pâle, se levant presque aussitôt à la suite de celui qui devenait son frère de cœur à mesure que les jours passaient, les traits alarmés et une main tendue par réflexe vers ce dernier.

Il ne laissa aucunement le temps au maître de maison de dire quoique ce soit, disparaissant déjà dans les couloirs et la stupeur des jeunes commises à la suite de leur seigneur. Kanzen manqua de partir brusquement à sa suite, mais il compris rapidement que ce n’était pas uniquement une question de santé, soupçonnant une fierté légèrement bafouée. Aussi tendit il le bras vers le bas en signe d’apaisement et sourit-il à ses servantes, un soupçon de mélancolie dans le ton :

Eh bien… Venez donc m’accompagner… Vous savez comme je n’aime guère dîner seul.

Au petit matin d’une douce nuit, il se leva avec précaution afin de ne pas éveiller son amie et parti pour ses échauffements matinaux et les ablutions nécessaire qui suivirent. Ses muscles et sa peau décrassés, il attendit un moment en délivrant l’acier d’un des sabres de sa collection pour le soigner du silencieux tampon enduit de magnésie, fut rejoint par sa partenaire de jeu et les autres suivantes de la demeure, déjeuna frugalement à leur côtés et ce ne fut que lorsque Amaterasu fut au plus haut de sa course qu’il s’inquiéta de ne pas voir venir son ami.

Le cœur compressé d’inquiétude, se fustigeant de ne pas avoir veillé à la santé de ce dernier plus tôt, il dévala les couloirs à la vitesse du vent jusqu’à la chambre apprêtée pour l’héritier des Maeda à la porte de laquelle il ne frappa pas, la faisant doucement coulisser pour y jeter immédiatement l’une de ses prunelles ambrées.

Une étude rapide du soulèvement du kimono de nuit sous la respiration de son invité le rassura instantanément, mais il souhaita pousser un pas plus loin son investigation en allant examiner de plus prêt son visage assoupi, non sans recouvrir le malavisé qui s’était endormi net, de toute évidence, sans penser à s’enrouler chaudement dans ses draps.

Rendu curieux sur les raisons qui avait pu le pousser à tomber ainsi de fatigue, Kanzen fit brièvement le tour de la pièce de son regard avant de tomber sur les feuillets ordonnés l’un d’eux à sécher au centre même du bureau disposé dans la salle. Il compris aussitôt ses yeux posés sur la calligraphie ce qui s’y trouvait et son souffle en fut coupé.

Dans sa prime jeunesse, il avait appris avant toute chose à écrire son propre nom et dès lorsqu’il s’agissait de signer ces deux caractères qu’il trouvait parfois terriblement prétentieux, mais dont il avait fini par s’habituer et même à en plaisanter, il y parvenait avec un brio tel qu’on l’avait cru doué du même talent dont se targuait Ryohei.

Mais quand ses iris suivirent la justesse de chaque traits, tantôt offensif, tantôt souple qui formait son propre patronyme, ce nom fort, trop fort parfois, il su instantanément qu’il avait devant lui la seule et unique façon d’écrire ce mot. Perfection, achèvement… C’était là ce que signifiait l’union de ces idéogrammes simples, mais évocateurs.

Et quelqu’un, cet homme qu’il connaissait depuis longtemps pour l’avoir croisé auparavant, mais dont il ne faisait qu’apprendre à mieux le connaître chaque jour depuis qu’il eut fait irruption chez lui pour lui faire sa commande… Lui seul était parvenu à véritablement rendre l’absolu rendu que ce prénom, ce mot devait avoir.

Ému, les eaux prirent bientôt possession de ses prunelles, troublant l’œuvre et le sentiment qu’il y avait découvert, mais même ainsi, rien n’aurait pu l’arracher à sa contemplation. Se tournant doucement vers son invité inconscient, il se dirigea vers lui et s’installa aux côtés de son futon, dans un seiza impeccable, puis il s’inclina plus bas que terre, son front frappant par trois fois les tatamis avant de se relever définitivement, radieux et les larmes roulants sur ses joues. Alors il annonça simplement, comme si son interlocuteur se trouvait vraiment à l’écouter :

Domo arigatô gozaimashita, Maeda Ryohei-sama. C’est là une œuvre que je ne saurais oublier avoir vu… Et je soupçonne un hommage, mais je n’oserai croire être méritant d’un tel prodige. Et par cela, vous me mettez dans l’embarras mon ami… Comment vais bien pouvoir vous rendre une telle prouesse ?

Il s’essuya le visage d’un revers de sa manche longue et de façon infantile puis reprit, la mine déterminée et pleine d’une sincère affection :

Je trouverai bien quelque chose. En attendant, puissiez vous vous réveiller… Nous avons tant de choses à nous dire et à faire… Une vie n’y suffirait probablement pas, Ryohei…
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Maeda Ryohei

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MessageSujet: Re: Visite impromptue Lun 14 Aoû - 2:17

Ce ne fut tout d'abord qu'une désagréable sensation, une gêne, un manque qui venait assaillir lentement, mais sûrement son corps. Comme toujours, le mal se faisait imperceptible, s'insinuant avec tant de subtilité que seule sa prudence à la fois habituelle et rigoureuse lui permettait de se battre au mieux contre lui. Et pourtant… La patience de ce qui l'habitait, de ce qui faisait sa faiblesse devait être bénie d'une fortune, car elle savait toujours attendre son heure, ne se relâchait jamais, ne perdait jamais de vue son but profond. Infatigable, acharnée, prête à tout, le moindre relâchement ouvrait les portes à toutes les malédictions qui vivaient sur cette terre. Ce n'était qu'un combat inégal, complètement perdu d'avance contre lequel il luttait comme un fou. Même au mieux de ses forces, même avec une parfaite vigilance, il n'avait pas les moyens de lui résister éternellement.
Ce ne fut qu'un premier frisson qui l'agita dans son sommeil de plomb, innocent, anodin pour la plupart des hommes, mais pas pour lui. Un second ne tarda pas. La fatigue qui avait accablé son corps, le paralysant littéralement dans une lourde inconscience ne pouvait lui permettre de réaliser ce qui se tramait, lui ôtant tout moyen de se battre, alors même qu'il aurait pu le faire si simplement.

Hiver comme été, il fallait toujours que ça arrive. On pouvait allumer tous les brasiers, déposer toutes les couvertures que cela ne suffisait pas toujours. Ici, il avait été simplement insouciant, encore trop jeune et trop naïf, encore trop plein de cet espoir qui subsistait dans son cœur et dans celui de tous ceux qui l'aimaient. Les choses allaient s'arranger en grandissant, n'est-ce pas ? Il allait devenir plus fort, il saurait mieux résister, tout finirait par se résoudre, n'est-ce pas ?
Et pourtant, qui était là pour le mettre en garde, qui était là pour le protéger lorsqu'il s'oubliait lui-même ? La prétention sait causer bien des tords, mais ceux des autres peuvent paraître bien insignifiants lorsqu'on sait jusqu'où les siens peuvent aller, le portant presque jusqu'aux rives d'un autre monde.

Dans ses rêves insensés, une brise glaciale semblait avoir tout emporté avec elle, dévastant avec tant de facilité ses si fragiles et maigres défenses. Il s'agitait, commençait à comprendre et à résister. Son corps n'aimait pas ça, roulait comme si cela allait l'aider. Il tentait de le prévenir, de le sortir de cette torpeur qui l'avait englouti, mais l'activité physique de cette journée avait été trop éprouvante, son esprit s'était trop agité et son éveil avait été si long, bien plus que d'ordinaire, qu'il avait perdu toute capacité. Ce n'était que trois fois rien pour la plupart des hommes, mais c'était déjà largement trop pour lui.

De plus en plus glacé, il s'était regroupé sur lui-même, tentant de trouver en lui une chaleur qui ne pouvait exister. Son esprit non plus n'était pas capable de trouver un véritable repos, déjà occupé à lutter contre cette chose qui voulait le mettre jour après jour à genoux, non, pire que ça, le clouer dans une affreuse paralysie. Son sommeil relevait déjà de la léthargie et la sournoiserie du mal qui l'habitait ne comptait pas s'arrêter en si bon chemin.
Les heures défilaient sans qu'il ne puisse véritablement faire quoi que ce soit à tout cela, frissonnant, subissant de plein fouet son imprudence. Sa peau était certainement devenue aussi froide et aussi blanche que la neige. Les premiers rayons du soleil ne surent pas l'alerter cette fois-ci, tant il était encore fatigué et amoindri. Son repas interrompu n'avait su lui donner les forces suffisantes et il semblait flotter dans une obscurité atroce.

Au bout d'un temps infini, ce fut une voix qui parvint à le ramener des tréfonds où il avait sombré sans plus être capable de le réaliser ni de le faire par lui-même. Terriblement engourdi, il se sentit incapable de bouger, revenant peu à peu à une réalité qui lui paraissait si déformée et pesante qu'il se demanda un instant s'il n'était pas toujours en train de rêver. Il ne parvenait pas véritablement à comprendre ce qu'il disait, mais il savait reconnaître cette voix qu'il aimait déjà tant, celle de son cher ami.
Très difficilement, il parvint à ouvrir les yeux pour se sentir agresser par une violente lumière sans parvenir à discerner quoi que ce soit. Son corps, à défaut d'être glacé était devenu brûlant et il se sentait légèrement tremblant. Était-ce bien la réalité ? Il peinait à s'y retrouver vraiment. Lentement, il se tourna dans la direction d'où il avait entendu sa voix, le cherchant du regard. Il se sentait si faible qu'il n'avait clairement pas la force de se lever.

« Fu… Fukyuu-san… » Parvint-il à articuler d'une voix atone.

Tantôt le froid revenait lui arracher un frisson, tantôt une étouffante chaleur cherchait à l'étouffer. Le jeune homme avait encore suffisamment de conscience pour se sentir honteux de son état, de ce qu'il n'aurait jamais voulu montrer à son nouvel ami, mais dans un même temps, il se sentait déjà trop perdu, bien trop loin pour ne pas vouloir chercher son secours.



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