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 Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime

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Chizuru Saya

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Samouraï

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MessageSujet: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Dim 12 Juil - 15:21

C’est une simple mission de sécurité qui m’amène à ma ville natale, aujourd’hui. Les troupes ont été réparties dans tout Okaruto pour veiller au bon fonctionnement des villages et rassurer la population. Sous le commandement de Riyu-dono, j’exécute comme d’habitude ce qu’on me demande faire, sans vraiment réfléchir au sens de cela. Notre Clan est bien paisible, ces derniers temps et une surveillance accrue n’est pas forcément recommandée. Mais si les supérieurs le veulent, les supérieurs ordonnent. Voilà cinq ans que j’officie en tant que Samouraï et je me suis battue pour en arriver là. Les hommes ont fini par me respecter et par me traiter, tout comme la Taisa, comme une guerrière à part entière, tout à fait capable de mettre au tapis les ennemis... ainsi que les confrères un peu trop moqueurs.

Nous avions installé les baraquements pour le soir et attendions le retour de Riyu-dono depuis plusieurs heures, maintenant. Inquiète, je mets finalement le nez dehors pour tomber sur Junpei-san, discutant avec elle, justement. Il réceptionne son cheval et je reste à l’écart, soucieuse d’entendre ce que Riyu-dono peut bien dire à cet étranger. Il avait été rare dans ma vie que j’en croise, n’ayant presque jamais quitté le Clan. Je n’entends malheureusement presque rien de ce qu’ils se disent mais je remarque la carrure, la taille et le charme du nouveau venu. Charme qui ne me laisse étonnamment pas indifférente... Mes désirs de femme sont restés enfouis bien longtemps, ne m’empêchant pas de trouver certains de mes camarades attirants, sans jamais imaginer quoi que ce soit de supplémentaire, trop occupée par mon devoir et mon acharnement à me faire accepter. Je me demande donc pourquoi celui-ci me fait plus d’effet que les autres et pourquoi maintenant.

Alors qu’ils se dirigent tous les deux vers le bâtiment, je détourne le regard et entre avant eux, m’installant ensuite à table alors que le repas se sert déjà. Après s’être changée, la Taisa présente l’étranger à tout le monde, demandant ensuite les deux repas leur étant destinés. Ainsi s’appelait-il Amadotsu Kodan... et ainsi était-il Setsu. Alors que j’observe ce dernier, finalement mis à l’aise également, je réalise que les seules places qu’il reste sont celles en face de moi. Le guerrier ne fait cependant pas attention à ma personne dans l’imédiat, occupé à contempler Riyu-dono qui, je dois bien l’avouer, fait rougir plus d’un homme dans les rangs lorsqu’elle n’est pas équipée. La voix du dénommé Kodan me captive mais, pour éviter d’être impolie, je tente de me concentrer sur mon plat alors qu’on lui amène quelques collations et qu’on lui fait déguster le meilleur saké de la région.

Je réussis à saisir qu’il servait la magistrature impériale et je me demande ce qui a pu l’amener là-bas. J’entends toute la conversation, en réalité et en apprend davantage que la plupart des soldats, occupés seulement à manger après une journée à faire la ronde sans réel but. C’est en égarant mon regard sur le sourire de l’étranger qu’il trouve mes yeux, alors que Riyu s’apprête à lui répondre sur ce que l’on fait pendant un dîner Okaruto. Il me semble bien qu’il lui est difficile de retrouver le fil de la conversation après cela mais... probablement n’est-ce que mon imagination. Je me retiens d’échanger quelques mots avec lui sur Hiyori et sur notre façon d’être, puisque Riyu-dono le fait à merveille et me contente de le regarder de temps en temps, sans pour autant trop insister, légèrement gênée par quelques zieutages en ma direction.

Je vais finalement me coucher tôt, soucieuse d’être en forme pour demain. J’espère, sans trop savoir pourquoi, escorter moi aussi le Setsu à Kasu. Peut-être alors pourrons-nous faire connaissance, son exotisme étant tout aussi intrigant qu’intéressant à mes yeux.

***
Il est tôt, tout le monde est encore endormi et je m’entraine seule sur un peu de verdure à l’arrière des bâtiments, comme tous les jours. Mon maniement de la naginata est maintenant presque idéal mais je continue toujours de perfectionner les mouvements. J’ai l’ambition de pouvoir un jour la maîtriser aussi bien que je maîtrise mon nagamaki. J’ai toujours senti que cette arme était un réel prolongement de mon bras, un outil duquel je ne me séparerais jamais. J’ai beau le dégainer très rarement, son utilisation me revient instantanément, comme si je l’avais manié toujours.

La brume est très présente ce matin et il est difficile d’apercevoir à plus de quelques mètres devant soi, ce qui est plutôt rare en pleine ville. Dans un souci de perfection, je ferme les yeux et fait corps avec mon arme, jusqu’à percevoir une présence de laquelle je n’ai pas l’habitude. Sans armure, vêtue de vêtements amples sur les extrémités et serrés sur la taille, mes mouvements sont plus étendus et c’est en me retournant que je fais une surprise à l’invité d’hier soir dont la silhouette se dessine de plus en plus dans ma tête. La lame s’arrête à quelques centimètres de son visage et il me semble percevoir un mouvement de recul, instinctif. Je place alors le manche de ma lame au sol, laissant l’arme à la verticale à côté de moi, puis m’incline une première fois devant Amadotsu Kodan.

- Il est difficile de s’accoutumer à la brume, alors qu’on n’est pas d’ici. J’ai pu développer un don dans le but de voir avec, puisque je suis de Hiyori. Chizuru Saya, Samouraï Okaruto. Hajimemashite, Amadotsu-san.

Je souris et m’incline encore une fois, ayant perdu ma gêne d’hier soir. Sûrement reviendra-t-elle mais, pour le moment, la curiosité l’emporte sur mon envie de lui plaire. De peu, je dois dire...

- J’ai cru entendre que vous savez vous battre. Que diriez-vous d’un échauffement de bon matin ?


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Amadotsu Kodan

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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Jeu 16 Juil - 18:16

L'accueil Okaruto était réputé dans tout Yokuni comme le meilleur qui soit, de quelque contrée était-on originaire. La petite Taisa aux yeux d'or des brumes, malgré le fait qu'elle sache pertinemment d'où il venait lui-même, n'avait pas fait défaut à cette réputation et pendant l'instant qu'avait duré cette soirée, Kodan avait goûté réellement à une sensation étrange qui était celle d'être chez soit où on ne l'était pourtant pas.  

On avait bu avec lui comme s'il avait été un samuraï du mouton, il s'était tenu aux côtés d'un officier comme s'il avait été un invité d'honneur d'une fête improvisée et pourtant fort réussie… Et il aurait été aveugle de ne pas se rendre compte que certains lui portaient un intérêt tout particulier. Ce n'était pas dans ses habitudes pourtant. Son aspect brutal, forgé dans les flancs les plus arides des terres les plus inhospitalières du domaine Impérial et la conscience de posséder cette voix aux accents agressifs ne l'avait jamais réellement vu être le sujet d'attentions spontanées.

Il se savait assez sincère pour plaire d'une certaine façon, mais eut-il fallut qu'il adresse la parole aux intéressés. Ce qui n'était pas le cas. De façon épisodique, une ona-bugeisha qui lui faisait face captivait son regard et le lui rendait à merveille. Du coin de l’œil, tout à ses discussions et à ses réponses des curiosités que l'on lui adressait, il remarqua qu'elle ne perdait pas une miette de ses échanges.

Poussé par un étrange intérêt, il fit mine de se concentrer sur une coupole de saké astucieusement levée à hauteur de visage pour pouvoir aviser clairement en levant les yeux la jeune femme à la tablée qui lui faisait front. Il se perdit instantanément dans les iris azurés qu'elle lui offrit et les lignes douces qui caractérisait son expression. A plus d'un titre, il aurait presque douté qu'il puisse s'agir d'une combattante lors de ce simple coup d’œil.

La haut gradée des lieux possédait elle aussi une beauté enivrante, et le bushi en fut à se demander si ce n'était pas là un fait habituel au sein du territoire des enfants de Kasugami. Tout béat qu'il était, heureusement protégé par le petit contenant masquant partiellement son air stupide, il pu lire les traits acérés de la musculature de son admiratrice secrète sous ce que laissait deviner les vêtements qu'elle portait et il en conçu qu'elle n'usurpait pas sa position, tout comme l'héritière des Kasuga.

En un sens, il était heureux de ne pas être un samuraï de l'Est. Son penchant qu'il se savait avoir pour les femmes libérées des chaînes du destin et qui montraient leur capacité à être pareille, voire meilleure, que les guerriers les plus émérites l'aurait constamment mis dans une position d'inconfort total à servir dignement son Seigneur. Il ne manqua pas de suivre la douceur apparente que ses longs cheveux semblaient avoir et où la lumière ne paraissait avoir aucun pouvoir.

Elle était vêtu de façon des plus soignées, mais sans perdre en rien en efficacité, comme si elle accordait deux monde, celui de l'apparente beauté et celui, très différent et revêtant un aspect bien plus martial. Il se rendit néanmoins compte de s'être montré trop insistant lorsque sa merveilleuse vis à vis se mit à rougir et arracha son regard du sien, toute les apparences montrant sa gêne.

Il en fut sincèrement désolé et il vida sa coupelle le cœur emprunt d'un léger regret de sa propre attitude, mais il ne pu néanmoins s'empêcher de rechercher à nouveau la profondeur de ces yeux d'un bleu rare le reste de la soirée. Cette dernière fut réellement embellie lorsque l'ona-bugeisha dont il n'osait pas demander le nom à son interlocutrice principale réorienta ses iris sur lui à plusieurs reprise. Mais cela n'alla pas plus loin que ça cependant.

Il s'en retourna aux appartements que l'on lui avait prêté pour l'occasion et jouit d'un sommeil aussi agréable que ne l'avait été le diner.


Il se réveilla à l'aube, son rituel afin de prier les Kamis et d'honorer la mémoire de ses ancêtres et de ses parents à qui il pouvait à nouveau s'adresser depuis que le clan des Flammes l'avait invité à retrouver sa place au sein de ses armés. C'était une heure si matinale qu'il avait l'habitude d'être parmi les premiers éveillés où qu'il se trouvait. De son temps à Kazan, de celui à Birei, de ses pérégrinations en compagnie de Inari Mida, même ici, en Okaruto, cela n'avait pas d'importance.

Pourtant, derrière son paravent, il entendit le vent siffler, battu non loin de son ventail par l'expression d'une arme fouettant le vide. Curieux, il attacha son daisho au obi d'un kimono léger arborant les môns de la famille Kiyooki qu'il n'avait guère osé porter depuis plus de trois ans. Puis, pris d'un étrange pressentiment, il attrapa son immense lame cérémonielle, Tsuma yoji no Kamigami et la noua à son dos à l'aide d'une corde qu'il passa en travers de son torse.

Puis il alla, porté par le son d'une pointe filant dans la brume, à la rencontre du bretteur qui s'exerçait de si bon matin. Son cœur de bushi ne savait guère résister à l'appel de l'acier, que ce soit en spectateur ou en adversaire pour une amicale confrontation. Mais aussitôt était-il sorti de l'enceinte des baraquements qui l'avaient recueillis pour la nuit qu'il fut happé par un nuage compact rendant sa progression hasardeuse.

Fort heureusement, le sol n'était pas traître, aussi se fia t-il à son ouïe et son instinct pour rejoindre le guerrier à son entraînement d'aurore. Il devina la silhouette du sabreur… à moins que ce ne fut un lancier, pas bien grand qui plus était… par delà l'épaisseur de l'air et décida d'arrêter sa progression afin de ne pas déranger le manieur de lance à ses exercices. Soudainement, ce dernier balaie les brumes d'un geste transversal, amenant la pointe de son arme à exécuter un demi-cercle complet jusqu'à s'arrêter devant le nez du bushi des flammes.

Le manque d'agressivité du coup poussa Kodan au simple réflexe de lever les mains pour montrer son absence de volonté belliqueuse et c'est à cet instant qu'il reconnue sa ravissante vis à vis de la soirée. Elle ramena rapidement son arme à elle, une Naginata – Décidément – Pour finir par se présenter d'une voix qu'il assimila aussitôt comme la plus douce caresse qu'il eut entendu jusqu'alors et de terminer par l'inviter à l'exercice matinal.

Si l'attitude bravade de la jeune fille n'eut rien pour lui déplaire alors, il regrettait néanmoins la lueur d'attrait qu'elle avait eu la veille à son égard, un fait si rare qu'il l'avait réellement apprécié, mais ce disait en l'état actuel des choses l'avoir probablement imaginé. Il haussa les épaules intérieurement à cette idée et sourit radieusement à son interlocutrice, non sans s'incliner à son tour pour lui répondre de son ton semblable à la chute d'une multitude de rocailles le long d'un flanc escarpé :

O'Hayo gozaimasu, Chizuru-san. Enchanté de vous rencontrer de même. J'ai cru comprendre pour les brumes, oui. Mais si leur présence est grandement accentuée ici, ce n'est pas là un phénomène méconnu du reste du territoire de Yokuni, je vous rassure. Je m'en accommoderais à merveille, mais… Merci de l'avertissement. Pour ce qui est de savoir me battre… J'ose croire que c'est le cas en effet… Je n'ai rien contre une petite passe si cela vous plaît.

Bien loin de lui pourtant l’excitation propre à la possibilité d'un échange de fer. Dans son garde à vous, couverte de son ample vêtement, la douce guerrière n'éveillait aucunement les élans belliqueux du samurai, mais bien d'autres, et bien plus tendre étaient ceux là. Il détacha cependant la corde lui ceignant la poitrine de sa main gauche tout en allant chercher le manche du Cure dent des Dieux dans son dos.

La lame ainsi libérée, il lui fit exécuter un arc par dessus ses épaules et laissa retomber l'immense pointe de l'arme à son côté. Puis il alla se frotter le menton de sa main gauche et conclu :

Eh bien… Que proposez vous, Chizuru-san ?


L-M-M-J-V-S-D

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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Ven 17 Juil - 17:41

Maintenant que le son de sa voix n’est plus masqué par le brouhaha de la caserne, je réalise à quel point il est spécial. Je décèle également un accent particulier, qu’on ne retrouve pas par chez nous. Et alors que cette originalité pourrait me refroidir si mes critères se réduisaient à un premier contact, le sourire doux qui précède ses paroles semble dulcifier la rudesse de cette nouvelle mélodie. Le fait que l’étranger dise pouvoir s’accoutumer à la brume relève un peu plus mon air de défi. Jusqu’où y est-il habitué ? Il accepte ma proposition rapidement et mon prochain sourire montre mon excitation à défier un guerrier qui semble bien plus robuste que moi.

Cette hâte se calme légèrement lorsqu’il dégaine un zanbato. J’ai pu affronter des ennemis utilisant diverses armes mais jamais une aussi large et ravageuse. Je n’ai malheureusement pas mon nagamaki ; son immense lame n’aurait pas fait long feu. Je tente de fixer à mon esprit une idée de joute amicale bon enfant mais j’ignore pourquoi mon envie de lui prouver ma valeur au combat est si forte que je ne peux m’imaginer perdre. Je saisis ma naginata des deux mains, après l’avoir fait tourner sur le côté par un simple mouvement de poignet et ancre bien mes pieds au sol pour utiliser un maximum mon agilité. Je réalise alors, sans me laisser perturber malgré tout, que mon envie de plaire à cet homme se manifeste d’une bien étrange manière.

Dans l’optique de le surprendre, je fais un pas en arrière, passant ma jambe gauche derrière la droite et donne une impulsion afin d’effectuer un demi-cercle pour le toucher de ma lame derrière le genou. Mais malgré ma rapidité, Amadotsu-san réussit à le protéger d’un simple revers de lame. Je sais alors qu’il me faudra laisser un minimum de temps entre mes coups pour tenter de l’épuiser et de déceler une faille. Mais alors que j’essaye de lui donner un coup de garde dans le bras, il tente un coup de coude dans les côtes, qui me fait légèrement reculer pour l’éviter.

À peine lancée, j’enchaîne alors les attaques, essayant parfois de le tromper, parfois de le frapper (sans pour autant le blesser avec ma lame). Et malgré trois coups que je réussis à lui asséner, il perd tellement peu d’équilibre et d’énergie que je réalise à quel point son endurance est travaillée. Le simple fait de pouvoir porter une lame si lourde démontre que sa force est largement supérieure à la mienne. En véritable combat, c’est maintenant que je devrais réfléchir à un moyen d’utiliser la ruse pour le piéger à son propre jeu. Mais là, en face de lui, je me résigne à ne pas réfléchir et continue malgré tout, tête baissée, à m’acharner sans réellement trouver de solution.

Plantant finalement le manche de ma lance dans le sol, j’y prends appui pour saisir le zanbato entre mes pieds. Je réussis quelques secondes à le déstabiliser, accompagnant sa lame de côté, le guerrier devant alors se retourner légèrement pour me donner un nouveau coup. Je profite de l’occasion pour tirer ma naginata vers lui, orientant ma lame vers son cou, geste sensé déclarer ma victoire, puisqu’un mouvement de plus lui aurait tranché la gorge. Mais Amadotsu-san a le temps de pointer son arme vers moi, dégageant mon attention de ma cible. Je ne réalise que trop tard qu’il prend en réalité de l’élan pour m’asséner un coup puissant. Bien que le combat soit fictif, par pur instinct, j’esquive alors le poids qui s’abat en fait juste à côté de l’endroit où j’étais et me retrouve juste à côté de l’étranger.

Sans pour autant provoquer un tremblement de terre, une motte de terre se soulève, révélant la force incroyable de mon adversaire. Alors à peine sur mes appuis, je bascule en arrière, manquant de tomber. Alors que j’ai moi-même lâché ma naginata, Amadotsu-san n’a lâché la garde de sa sienne que d’une seule main pour me rattraper aisément par la taille et m’empêcher de trébucher. Ainsi proche de lui, essoufflée et légèrement embêtée par la défaite, je me laisse gentiment aller à le regarder en détail, posant même ma main sur le bras qui me maintient debout. Une fois redescendue sur terre et les pieds à nouveau posés correctement sur le sol, je me permets de sourire à nouveau.

- Je crois bien avoir perdu... dis-je, retrouvant alors une expression témoignant d’un autre intérêt que le combat.

J’espère alors secrètement pouvoir remporter une autre bataille et ignore encore que le destin nous permettra de faire plus ample connaissance.


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Amadotsu Kodan

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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Mer 29 Juil - 22:50

Il n'avait guère besoin d'une réponse orale à sa question, la jeune ona-bugeisha su parfaitement honorer la curiosité du bushi sans prononcer le moindre mot en faisant danser sa lance, pleine de défi, pour finir en garde. À cette vue, il ne put s'empêcher un sourire en coin, presque carnassier si ce dernier n'était pas tinté d'une certaine douceur par le charme qu'elle opérait déjà sur lui. Il l'en remercia intérieurement, car ce fait lui fit oublier de prendre son temps, comme à son habitude lorsqu'il prenait lui-même position dans un duel amical.

La guerrière ne lui laissa pas le temps de se visser au sol et de prendre un appui efficace, bondissant à son encontre après un court pas arrière et frappant en dessous de la ceinture afin de le faire chavirer. Le résultat du combat aurait été immédiatement entendu s'il n'avait pas fiché sa large-épée en travers du coup transversal qu'elle avait engagé. Elle jouissait d'une supériorité indéniable en souplesse et rapidité, quoiqu'il n'était pas dur de prendre de vitesse le Volcan apaisé en règle général.

Son seul répit résidant dans la distance afin de la voir arriver et d'agir en conséquence, il profita d'un coup de garde encore vibrant du choc précédent pour pénétrer le cercle intérieur de la position de son adversaire et lui asséner un coup peu conventionnel de coude sur les flancs de cette dernière, l'obligeant à s'écarter suffisamment pour qu'il puisse déployer sa lame dans son intégralité.

Néanmoins, la Naginata étant une arme d'hast des plus redoutables et sa manieuse paraissant loin d'être débutante dans son maniement furent tout autant de critères qui poussèrent Kodan à préférer camper sur ses positions plutôt que de tenter de harceler la jeune femme de l'estoc colossal de son arme. Elle était si vive, l'écrasant largement par la fluidité de ses mouvements qu'il fut obligé de laisser passer les assauts de manche qu'elle lui assénait, se limitant à parer ceux du fil d'acier, autrement plus dangereux, de sa lance.

Cependant, cela lui permis aussi de se rendre compte du manque d'agressivité dont elle faisait état et quand bien même il était sincèrement persuadé qu'elle ne le sous-estimait pas, il était incapable de comprendre ce qui lui faisait ainsi retenir ses coups. Quoiqu'il en était, à ce stade et de ce fait, elle ne prétendait déjà plus à la victoire. Il endura ainsi ses frappes sans broncher, sans puiser dans ses ressources, choisissant simplement de la laisser se briser sur lui comme les vagues sur une falaise.

Mais contrairement à cette dernière, il n'avait aucunement intention de se laisser éroder. Déjà certain de l'évidence du résultat de l'échange, il fut d'autant plus étonné de la voir s'acharner contre lui comme un tigre tentant de terrasser un mont à coup de griffes répétés et sans réelle stratégie d'attaque. Elle devenait par là, probablement sans le vouloir, le genre idéal d'adversaire contre lequel le Hagare-towaringu-jutsu avait été crée.

Il la laisserait paisiblement s'épuiser contre lui jusqu'à l'évidence du résultat de leur échange. Il regretta immédiatement cette pensé, car elle brisa alors toute les conventions du combat, se hissant sur son arme qu'elle avait fichée au sol, par la seule force de ses bras y prenant appui, elle claqua la plante de ses deux pieds de part et d'autre de la lame du vaste Tsuma yōji no kamigami, déviant drastiquement son acier, obligeant le bushi à jouer de son poids pour la repousser à nouveau.

Il tendit le bras gauche vers elle dans l'optique de l’agripper et de lui asséner une prise de jiujutsu afin de clore leur affrontement, mais ce fut tout juste s'il parvint à effleurer les pans de son kimono alors qu'elle lui échappait une énième fois. Il regrettait qu'elle sembla avoir quelque chose en tête la perturbant, sans quoi son plaisir aurait été immense à cet échange et sa fin, loin d'être prédestiné.

Néanmoins, il se serait menti à lui même s'il s'était laissé à penser ne pas éprouver un sentiment plaisant dans cette joute, bien que cela était bien écarté d'un point de vu martial. En vérité, il la trouvait fabuleuse dans ses mouvements, admirant les muscles à peine masqués sous les vêtements de la jeune femme, charmé par ce que l'effort opérait sur les traits de son visage. Elle lui rappelle cette lancière qu'il avait défié en Kenshu, mais Saya était bien plus expérimentée que cette dernière, bien plus imprévisible, mais étrangement déconcentrée.

Elle gravitait autour de lui comme une lune autour d'un astre bien plus massif et tenta un va-tout soudain, glissant son arme jusqu'à ce que sa lame vint presque effleurer son cou. Il ne pouvait nier ne pas être subjugué par la grâce de l'ona-bugeisha, ni ne pas être envoûté par l'enivrante beauté qu'elle dégageait en plein combat.

Mais ces pensés étaient tapie au fond de son esprit, le yarijutsu était l'art qui l'avait forgé et quand bien même la samuraï-ko des brumes s'avéraient être d'un talent impressionnant, malgré toute l'ingéniosité de ses passes, son jeu lui paraissait aussi limpide que de l'eau de roche. Il attira son attention d'un mouvement de son imposante épée, mettant fin au geste qui aurait pu la voir victorieuse, tira son arme en arrière et la lança sans la lâcher vers la guerrière.

C'était un coup pour tuer, ou du moins, qui aurait broyé n'importe qui dénué de l’expérience et du brio de l'héritière des Chizuru. L'épée décrivit un arc vertical, décuplant son inertie, poussée par la force du bras de son porteur et du poids grotesque qu'elle faisait. Mais comme il l'eut prévu, le Cure dent des Dieux ne trouva que le sol qu'il éparpilla de tout bord en s'enfonçant dans ce dernier. Réglé comme les feux d'artifices des festivals d'été de Setsu, son attaque déséquilibra Saya dont la chute semblait inévitable alors qu'elle eut lâché sa naginata par la même occasion.

Cependant, alors qu'il aurait simplement du la laisser ainsi tomber et se relever d'elle même, il propulsa son bras gauche à une vitesse qui était loin d'être son habitude,  poussé par un instinct incontrôlé et attrapa par la taille son adversaire vaincue de l'instant. Tout en la ramenant vers lui, il se battait en son sein, fustigé de honte de ne pas traiter dignement et comme un adversaire égal celle qu'il soutenait.

Le déshonneur dont il accablait la jeune femme allait probablement lui aliéner sa sympathie et il en eut le cœur brisé par avance devant sa propre stupidité. Mais avant que cela ne transparaisse sur son visage, avant qu'il ne se répande en excuses pitoyables pour son comportement, l'expression de la disciple de Kasugami se fit mystérieuse, le détaillant de pieds en cap et tandis qu'elle finissait par se dégager sans hargne de son étreinte, il fut persuadé avoir distingué une toute autre flamme que celle de la rancune dans les iris merveilleux dont elle était pourvue.

L'annonce qu'elle fit de sa défaite, portée par un ton dans lequel pas le moindre regret ne venait à poindre et souligné d'un regard brûlant vinrent tous assurer au combattant du Feu qu'elle n'avait vu aucun mal dans ses agissements et qu'elle lui témoignait une forme de respect tout autre que celle que l'on pouvait avoir pour l'être qui venait de vous vaincre. Non, ce n'était pas là les traits d'une perdante.

Ainsi légèrement décoiffée par l'échange, son kimono attestant de l'effort et laissant entrevoir de légère parcelles de peau nue, il la trouva instantanément attirante comme cela ne lui était jamais arrivé auparavant. Quelque peu honteux du désir qui se mis à brûler en lui devant la Déesse défaite qu'elle s'avérait être, il se baissa afin de ramasser la lance de cette dernière afin d'arracher son regard de la belle et éviter de l'incommoder par ce que son expression pourrait révéler.

Mais alors qu'il attrapait l'arme, les fins doigts de la samuraï-ko se refermèrent sur les siens, Saya ayant amorcée le même geste que lui. Surpris, il leva les yeux vers l'héritière des Chizuru qui s'en trouvait aussi prise au dépourvue que lui. Sans vraiment s'en rendre compte, ils en furent à soulever ensemble la naginata, se perdant totalement dans le regard de l'autre. Il fallut au premier Amadotsu toute sa maîtrise sur lui-même pour murmurer, se rendant compte que leur souffle se mêlait du fait de leur promiscuité :

C'était… Un beau combat. Je suis… Honoré de l'avoir partagé avec vous…

Il déglutit, incapable de masquer ce fait et poursuivit pour tenter de faire comme si il était totalement maître de ses actes :

… Je serais… Enchanté d'avoir d'autres échanges avec vous à l'avenir.

Il ne se rendit compte que bien trop tard de la portée de son propos et en devint littéralement plus rouge que les couleurs de son clan d'origine, lâcha alors l'arme et fit quelques pas en arrière pour enfin s'incliner maladroitement et clôturer :

Domo arigato, Saya-san, pour cette rencontre… Ce fut… Instructif.

Il quitta ainsi la belle guerrière, totalement embarrassé par sa propre bêtise et sans savoir qu'il la reverrait plus rapidement qu'il ne l'eut cru.


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Dernière édition par Amadotsu Kodan le Mer 21 Sep - 23:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Jeu 30 Juil - 0:15

Alors complètement dégagée des bras de mon « adversaire », je remarque qu’il a l’air assez... déboussolé. J’ai peur de l’avoir gêné par mon comportement et mes regards plus que subjectifs et loin de moi l’idée d’en arriver là. Moi-même embarrassée, je ramasse finalement mon arme afin de filer au plus vite mais ma main rencontre la sienne. La surprise se lit probablement sur mon visage, elle se lit clairement sur le sien, alors que nous relevons ma naginata dans un même geste, nous rapprochant l’un de l’autre sans le faire exprès. J’espère, alors que je me perds dans ses yeux, qu’il ne remarquera pas mes joues légèrement rosies par cette proximité.

La maladresse du guerrier aurait pu me faire sourire mais moi-même étant grandement perturbée par cet échange, je bois ses paroles et e remarque son malaise qu’après coup. Je n’avais été dans cet état que deux fois dans ma vie. La première, lorsqu’en présence de mon premier client, j’avais maladroitement fait tomber l’instrument de musique sur lui. La deuxième, quand Katsuya s’était déclaré et avait proposé de me racheter à l’Okiya, bien que je n’en ai pas montré les signes.

… Je serais… Enchanté d'avoir d'autres échanges avec vous à l'avenir.

Ses mots me font revenir à moi immédiatement. Mon souffle se coupe et, tandis que lui aussi rougit sans ménagement, mon cœur s’emballe et me fait m’empourprer davantage. J’ose imaginer qu’il ne voulait rien suggérer mais peut-être n’est-ce pas le cas. Ne connaissant pas assez Amadotsu-san pour le dire, je le regarde s’éloigner légèrement et s’incliner poliment. Sa dernière réflexion me laisse pantoise et je trouve même le dernier mot plutôt étrange, utilisé dans ce contexte.

J’ai à peine le temps de m’incliner aussi et de le remercier qu’il s’enfuit, sans pour autant m’offenser. Je ris alors légèrement, amusée par ma propre décrépitude face à un homme qui m’attire, bouleversée par mes simples désirs refaisant surface après cinq ans sans contact de ce type. Levant les yeux vers le ciel, j’ai une pensée affectueuse envers Katsuya et, secrètement, je lui demande la permission d’aller voir ailleurs, pour une fois. Fermant les yeux, je revois son sourire et, les joues toujours rosies par l’émotion, j’accepte avec plaisir son accord.

***
Un peu plus tard, retrouvant les confrères à la caserne, Riyu-dono m’informe qu’elle devait escorter Amadotsu-san jusqu’à Kasu mais que des troupes ont besoin d’elle ici pour une opération. Connaissant bien la ville, puisque j’y habite, la Taisa me promet quelques jours de permission sur les lieux, après cette mission, avant de retrouver les rangs ailleurs. Elle me demande finalement d’informer moi-même le Setsu de ce fait, étant apparemment pressée par le temps. Je la remercie et ai presque envie de lui dire que je suis ravie d’y aller moi-même mais me retiens... pour des raisons évidentes.

Je retourne près de mes affaires et les prépare soigneusement, empaquetant la majorité de mes vêtements et autres équipements. J’accroche mon nagamaki à mon dos et suis presque soulagée de le retrouver ; la route n’est pas longue mais je suis toujours rassurée de l’avoir sur moi. Je réalise surtout que je suis contente de regagner ma petite maison et son confort, bien que je n’aie pas grandi à la capitale. Avoir quelques jours me permettra de me reposer vraiment. Car il n’y a pas à dire, les hommes sont souvent agités et bruyants. Je prends tout de même le temps de faire un brin de toilette et de changer de vêtements, prenant le soin de garder le même genre de tissu, dans lequel je suis très à l’aise pour bouger et chevaucher.

Je fais pour finir le tour des endroits fréquentables, mes sacs sur le dos, et finit par trouver le guerrier près de l’écurie aménagée dans le campement. Alors qu’il ne dit mot, il semble « parler » à son cheval par le regard, plongeant ses yeux dans les siens. Je m’amuse alors à imaginer qu’il lui demande conseil mais je quitte vite cette idée, ne sachant pas vraiment quels conseils il pourrait demander... à un cheval... Les pensées confuses, je ne lui adresse premièrement pas la parole, pressée de me décharger sur ma jument, bien plus résistante que moi pour porter du lourd. Je l’emmène en dehors de son box et la prépare, pour finalement lui donner mes bagages. Elle gigote mais se laisse au final faire. Je soupire de soulagement et, remettant mes cheveux derrière mon épaule, je retourne alors vers Amadotsu-san, l’air décidé.

- Riyu-dono m’a informée qu’elle ne pourrait pas vous escorter, les troupes lui prennent trop de temps ici. Pour honorer sa promesse, elle m’a confié sa mission. Je vis à Kasu donc... je pourrai sans mal vous faire visiter si vous n’êtes pas trop pressé de rentrer. Si c’est le cas, je vous proposerai de bons guides pour traverser Hokori et rejoindre la frontière.

Je m’incline alors instinctivement et lui offre un sincère sourire.

- Je vois que votre cheval est prêt. Si votre matériel et vos affaires le sont aussi, nous pouvons nous mettre en route dès l’instant.

Je monte alors aisément sur mon cheval, la guidant pour qu’elle se retourne dans la bonne direction. Avant de la faire marcher, je regarde le Setsu attentivement et, après quelques secondes d’hésitation, je finis par lâcher quelques mots.

- Je... vous prie de m’excuser, Amadotsu-san. J’ai l’impression que mon attitude vous a offensé lors de notre échange, je ne voulais pas vous embarrasser. En tous les cas, si mon impression est correcte, je ferai en sorte de me racheter sur le trajet. Dites-moi ce que je peux faire et je le ferai sans concession.

J’aurais pu rougir ou me sentir gênée mais ce n’est pas le cas à ce moment. C’est le devoir et la peur de l’avoir vexé qui prennent le dessus, l’envie de satisfaire la personne que j’escorte. Et peut-être la curiosité de connaitre sa réaction face à des excuses, aussi. C'est donc avec une certaine assurance que je prononce ces mots et attend la suite.


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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Jeu 6 Aoû - 23:45

Il était bientôt temps de quitter les brumes pour retrouver le domaine du feu et le destin qu'il y avait. Son détour par Okaruto avait été un choix mesuré, préférant de loin visiter ces terres plutôt que de rentrer d'un seul trait sur les siennes en passant par la Mer Centrale et il ne regrettait en rien cela. En vérité, de son existence entière, il n'avait jamais vécu ainsi au gré du vent. Son congé lui avait été offert par la magistrature impériale dont il possédait un passe-droit et il n'était pas encore réintégré aux Armées Setsu.

Ainsi entre deux mondes, samuraï selon les lois, mais sans autre maître que l'Empereur et lui-même, il n'était pas non plus un rônin, mais autre chose encore et après ces années de service, se voir ainsi son propre seigneur était particulièrement étrange à vivre et le laissait même légèrement pantois. Il avait accepté la proposition de la jeune Taisa avec un plaisir non dissimulé, visiter Kasu était un honneur et un privilège dont il ne pensait pas vivre le jour où cela arriverait et pourtant.

Apprêtant ses affaires, serrant son zanbatô au flanc droit de son immense monture, il eut néanmoins une pensé légère emprunte d'un regret innocent de partir sans avoir pu échanger un peu plus avec la charmante adepte de la lance appartenant à la suite de Riyu. Il s'ébroua quelque peu à la pensé qu'il eut instantanément et se mis à sourire à sa bête tandis qu'il ajustait les licol autour de son museau. Il n'aurait pas eu ce genre de songe si il s'était agi d'un homme et cette dernière était une ona-bugeisha, une guerrière tout comme lui, la voir autrement n'était pas digne.

Il se mit à rire doucement, jugeant impossible de ne pas distinguer la femme magnifique derrière les armes et haussa les épaules, car de toute façon, elle ne serait bientôt qu'un souvenir qui s'effacerait avec le temps. Elle l'avait avisé comme rare l'avait faite avant lui et il n'ignorait pas ne pas incarner le canon masculin Yokuni. Il ne possédait ni la grâce, ni la fluidité appréciée à la cour par les dames de hauts rangs qu'il côtoyait de par le sien.

Sa carrière militaire était une chose, mais il était avant tout un Seigneur de Terre et c'était uniquement cela qui lui avait parfois accordé la faveur de jeunes héritières poussées par leur parents pour faire un bon mariage. Il plaignait ces pauvres filles et n'avait jamais donné suite à ces entrevues, tout en sachant être quelque peu romantique et idéaliste des choses de l'amour pour croire dans le fait qu'il pourrait un jour tomber sur celle pour qui son âme brûlerait, peu importe aurait été le titre qu'elle porterait, dans la limite de ce que sa caste lui autorisait.

De ce fait, il n'avait jamais abusé non plus des demoiselles du semi-peuple des heimin, sans ignorer que cela se faisait sans honte dans d'autre maison que la sienne. Mais il aurait été mentir si il n'avait pas jeté parfois son dévolu sur certaines femmes, précisément si elles trouvaient en lui un être appréciable. De ce fait, il avait connu quelques guerrières qui représentaient un paradoxe selon lui, dans ce monde et cette culture favorisant le genre masculin à plus d'un titre en brisant les chaînes de leur destiné, devenant l'égal des hommes ou les surpassant parfois.

Lui même étant prisonnier de ces entraves, il avait assisté avec émoi et passion à l'éveil de ces êtres et s'en trouvait invariablement attiré par ces derniers. C'était par l'exemplarité de sa croyance dans le bushido et ses talents martiaux qu'il s'était attiré les bonnes grâces de ces dames ne cherchant de sa compagnie rien d'autre qu'une âme sœur d'un soir, un plus qu'ami qui vivrait sans honte le simple désir mutuel sans tenter de voir au-delà.

En découlait des relations ponctuelles, mais d'intensités brûlantes et de doux souvenirs qu'il chérissait plus que toute richesse. L'expression qui s'était trouvée dans les iris de la samuraï Okaruto avait parfaitement décrit cela et il aurait offert beaucoup pour lui montrer ce qu'il avait ressenti lui-même à sa vu et à son contact. Mais sans être pleinement réintégré, il n'en demeurait pas moins un bushi des Setsu et de toute façon, il était certain qu'il n'aurait plus la chance de la revoir un jour aussi libre qu'il était à présent.

Une légère mélancolie teintée de regret s'installa au sein du sourire qu'il offrait à son cheval, son regard se perdant dans les yeux de l'animal qui ne devait pas faire grand cas de l'état mental de son maître. Il se sentait malhonnête avec lui-même, Saya avait éveillé en lui bien plus qu'aucune autre femme jusqu'à présent. Talentueuse, gracieuse et merveilleusement belle, il lui semblait que les ona-bugeisha du clan des brumes étaient toutes ainsi faites, ses seules références étant la Taisa impressionnante des Kasuga et la sublime héritière des Chizuru.

La première ne lui avait montré qu'un intérêt poli, mais la seconde… Il ne pouvait plus oublier la façon dont elle l'avait dévoré lorsqu'ils avaient conclu leur duel amical et son cœur brûlait de la revoir pour un tout autre combat que celui des armes, dont il était bien moins certain qu'il serait sorti victorieux, si cela lui avait été permis. Il soupira et flatta le chanfrein de la bête tout en se ruminant à lui-même que ce n'était pas sa destiné lorsqu'il se rendit compte de ne plus être seul au sein de l'écurie du campement.

Retournant son attention vers le nouveau venu, son cœur manqua un battement de voir venir non loin de lui celle vers qui ses pensés étaient tournées, comme si elle eut répondu à son appel muet. Mais l'émoi qu'il ressenti passa bien vite, remplacé par un froid glacial tandis qu'elle ne l'avisait en aucun cas, se dirigeant vers une monture plus légère que la sienne sans même le voir, ou ne le souhaitant tout simplement pas et se déchargeant de lourdes affaires de voyages sur cette dernière.

Un instant, il la crue rancunière de sa défaite et fut persuadé avoir imaginé la douceur de ses traits lorsqu'elle avait posé les yeux sur lui à la conclusion de leur échange. Le moment de gêne qui en résultat ne demeura pas bien longtemps heureusement. Elle vira vers lui et annonça sans ambages la raison de sa présence, excusant par la même occasion sa supérieure pour ce changement de programme imprévu.

Le rythme qui battait dans le corps du guerrier doubla en vitesse, au point qu'il en eut les yeux écarquillé. Quelque chose accédait à son vœu de l'instant de revoir la lancière et il du faire appelle à des années de maîtrises sur lui pour ne presque rien en laisser paraître, tout superstitieux qu'il était. Mais il ne retrouva pas la flamme qu'elle avait eu dans les iris de son interlocutrice, malgré le sourire qu'elle lui offrait.

Il lui rendit son salue simplement et l'imita en grimpant à son tour sur son immense shire, se jugeant stupide d'avoir pu penser déclencher autre chose dans la guerrière que le respect du combattant. Suivant silencieusement sa nouvelle guide dont il avait été si heureux qu'elle le soit l'instant d'avant, il s'en trouvait plus las qu'il ne l'aurait souhaité et n'osait pas lui adresser la parole, de peur de déclarer quelque chose de stupide et de déshonorant.

Ce fut de Saya que vint la libération lorsqu'elle entrepris de lui présenter ses étranges excuses. Il se sentait d'autant plus idiot par sa propre attitude qui avait succédé leur combat et qu'elle avait prise d'une toute autre façon que ce que la réalité revêtait qu'il fit rejoindre à son vaste cheval celui de la jeune femme d'un léger coup de ses talons sur les flancs de l'animal pour arriver à sa hauteur et de l'aviser avec toute la chaleur et la sincérité dont il était capable avant d'amorcer les éclaircissements et les aveux qu'il tenait absolument à lui faire, et tant pis si cela le desservirait au regard merveilleux de la belle :

Ne pas vous excuser, dans un premier temps, Chizuru-san, serait déjà une bonne chose que vous pourriez faire pour moi. Car il n'est en aucun cas de raison à cela. Il n'est rien dans ce que vous croyez avoir fait qui n'ai pu m'offenser ou m'embarrasser, aussi bien lors du banquet que lorsque notre entraînement matinal prit fin. Les mots justes seraient plutôt : flatté, honoré et impressionné. Votre seul tort, si cela peut être jugé comme tel, serait d'avoir ému le guerrier en moi…

Sa phrase semblait toucher à sa fin, mais il ajouta sobrement, ses yeux perdu vers l'horizon afin de garder une certaine force dans ses propos sans flancher en annonçant la suite de ces derniers :

… Et l'homme que je suis.

Il se passa l'index gauche sous le nez en souriant radieusement et en poursuivant sa tirade :

Vous n'avez rien à racheter, Saya-san. Car je ne vendrais pour rien au monde le souvenir de votre rencontre et de l'accueil qui fut celui que les vôtres m'ont fait en Okaruto. On targue dans tout l'Empire l'amabilité des gens des brumes… Mais on oublie de mentionner les guerriers talentueux qui s'y tapissent… Et les beautés qui s'y cachent.

C'est à moi de vous prier de m'excuser… Car ce que vous avez pris pour de l'offense n'était en réalité que ma propre maladresse et mon incapacité à vous annoncer l'impression que vous me fîtes alors. Et sans vouloir vous manquer d'une once de respect, cette dernière fut la plus intense d'une vie.


Malgré la teneur de ses propos, il s'en retrouva plus léger et réorienta son attention vers son guide comme si ce qu'il avait dit était la chose la plus naturelle du monde à ses yeux puis clôtura aimablement :

Ainsi, pour répondre à votre demande… Je ne vois rien d'autre à vous dire que de faire selon votre envie, car du peu que nous nous connaissons, il n'est rien que j'ai à regretter à notre rencontre… Aussi, faites donc à votre envie, Chizuru-san, car je ne conçois rien que vous puissiez faire pour vous montrer plus agréable que vous ne l'êtes déjà à mon égard.


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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Dim 9 Aoû - 12:58

C’est à mon tour d’écarquiller les yeux, au premier son de sa voix. Alors que sa monture le ramène près de la mienne, je bois ses mots comme si je n’avais pas pu m’en abreuver depuis des mois. Un frisson parcourt mon échine lorsqu’il me dit que je l’ai ému, autant en tant que guerrier qu’en tant qu’homme. Contrairement à lui, je ne le quitte pas du regard, continuant d’écouter ses compliments bien moins dissimulés que la dernière fois. Alors qu’il prononce le mot « intense », je m’empêche de hocher la tête pour approuver et repense légèrement à Katsuya, ainsi qu’à l’accord que je lui ai demandé.

Je me rappelle de notre rencontre, de chaque battement de mon cœur pour ce garçon que je ne connaissais qu’à peine et qui, quelques temps plus tard, me demandait ma main. Il m’avait fait oublier mon devoir de Geisha à l’époque, celui d’être fidèle à l’Okiya et de séduire les clients, uniquement les clients. Mais petit à petit, il n’était plus que le client de mon âme et je ne voulais plus que séduire un seul homme. Pendant les deux ans de notre relation, je me suis entièrement donnée à Katsuya et il m’est arrivé, depuis sa disparition, de me rappeler du désir que j’avais de rester toujours à ses côtés. Le destin m’a retiré ma source de bonheur et j’ignore pourquoi aujourd’hui, le bonheur se représente à moi, à travers Amadotsu-san.

Son regard retrouve finalement le mien et, tandis que le Setsu me donne un genre de feu vert pour aller plus avant dans mes avances, je sens mes joues s’empourprer pour la première fois depuis bien longtemps, décontenancée par sa sincérité et ses propres excuses. Pourtant loin d’être gênée par ses paroles mais plutôt flattée, comme il l’a été, je finis par sourire sincèrement et par laisser un rire léger m’échapper. Loin de la moquerie, il témoigne un certain soulagement de découvrir un tel caractère. Ainsi pourrai-je être moi-même qu’il ne me trouvera pas désagréable... Je suis moi-même dans le combat et aime servir mais voilà cinq ans que la femme en moi s’est éteinte.

- Vous me flattez, m’honorez et m’impressionnez aussi, Amadotsu-san, commence-je, regardant dans notre prochaine direction. Veuillez m’excuser de détourner ainsi mes yeux des vôtres mais l’état dans lequel vous m’apercevez à l’instant est plutôt inhabituel. Je ne suis pas vraiment timide et facile à émouvoir, mon devoir me permettant de suivre une certaine ligne directrice. J’imagine que vous aussi, vous me touchez plus que je ne l’aurais pensé... Non pas qu’on me fasse peu de compliments mais peu d’entre eux sont tintés de tant de sincérité et de respect que les vôtres. Je vous remercie pour tout cela.

Je le regarde alors à nouveau, plus rouge qu’avant mais toujours moins gênée à son contact. Mon envie est plutôt claire, à présent : je veux profiter du temps qui nous mènera à Kasu pour le connaitre et échanger avec lui. Pourquoi lui et pas un autre ? Pourquoi cinq ans après la disparition de l’homme de ma vie ? Pourquoi maintenant, alors qu’il ne vient pas d’ici et devra irrémédiablement partir ? Quelques questions se bousculent dans ma tête mais lorsque je la balance de droite à gauche, soupirant, je lui souris. Contente de pouvoir rester près de lui ne serait-ce que quelques heures, alors victime d’un coup de foudre inattendu, je lui offre un sourire ravi.

- Si je dois faire selon mon envie, alors je l’écouterai, dis-je avec enthousiasme. Et à l’instant, mon envie me dicte de vous conduire à Kasu et de profiter du trajet pour en apprendre davantage sur vous. Regarder le guerrier que vous êtes me donne envie de savoir ce qui vous a amené à quitter Setsu pour l’Empire, ce qui a motivé votre retour aussi. Je suis curieuse de connaitre le rang que vous occupiez avant ce voyage. Puis... Regarder l’homme que vous êtes me donne envie de savoir quelle vie vous avez pu mener au sein de votre Clan. J’ai envie de savoir comment vous avez grandi, les raisons de votre engagement dans l’armée. J’ai aussi envie de savoir quels autres lieux et villes vous avez visité, dans quel but, et les rencontres que vous y avez faites. Si vous avez des frères et sœurs, si vous avez fait des conquêtes ou épousé quelqu’un... Peut-être même avez-vous des enfants ?

Je ne peux pas me contenter de lui demander de tout me dire et un instant je me pose la question de nos limites. Nous venons de deux Clans différents... ai-je vraiment le droit de lui poser ce genre de questions, sachant que, même si c’est improbable pour le moment, nos deux Clans pourraient s’affronter ? Une once d’inquiétude me submerge, puis à nouveau une certaine gêne, comme si je trahissais une parole, une promesse. Je perds quelques instants mon sourire puis lui fait un signe de tête afin qu’il me suive à l’allure du pas de nos montures. Qui sait où cette ballade nous mènera ?


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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Mar 8 Déc - 8:49

Une douce rumeur passa sur le guerrier comme il commençait à prendre l'habitude d'en ressentir en ces terres. Tout ce passait si simplement depuis qu'il avait quitté les frontières du palais Impérial et pénétré celles du domaine des brumes. Le poids et la pression que des années de servitudes et de loyauté avaient fait peser sur ses épaules s'envolait peu à peu au fur et à mesure des jours qu'il passait au cœur du royaume de Kasugami.

Son guide avait grandement participé à cela et il ne pouvait s'empêcher de l'écouter avec une expression que son visage lui connaissait depuis longtemps pourtant, mais qui n'était pas provoquée par sa patience et sa contenance habituelle. La paix et la chaleur qu'il exprimait à présent trouvait son origine dans une sérénité jamais ressentie auparavant, si bien qu'il eut souhaité que cela dure toute une vie.

Se laissant mener par le pas de sa monture et le flot merveilleusement apaisant de la voix de son interlocutrice, il ferma les yeux afin de s'en laisser bercer. Elle ne cessait plus de le questionner ou plutôt, d'exprimer sa curiosité, comme si la moindre barrière n'existait plus, comme si l'étiquette n'avait plus rigueur ici, au milieu de rien, sur la voie qui les menaient à la Capitale des disciples du brouillard.

Sans que le moindre témoin vienne les ennuyer dans cet échange, elle se livrait ou du moins, révélait une soif de tout savoir au sujet du bushi qu'il aurait trouvé, venant de tout autre, quelque peu gênant, mais qui, en ces circonstances étranges, ne le mettait en rien mal à l'aise, au contraire. Tout dans les mots qu'elle lui adresse lui confirme son intérêt pour lui tandis que lui-même éprouve la même sensation et dont elle doit s'être très largement rendu compte, ne serait ce que par les termes qu'il avait employé directement.

Le fait que cela ne tarissait en rien leur échange lui imprima un sourire à la limite de la béatitude sur ses traits durs de Nordique buriné par le Soleil intransigeant des Setsu. Sa propre fierté, malgré quelques épisodes honteux de son existence, l'aurait poussé quoiqu'il en soit à conter ses pérégrinations avec plus ou moins de détails, mais à l'entente de l'édiction de l'avidité d'informations de la lancière pour lui, il était certain qu'il pourrait lui détailler les voies de sa destiné accomplie sans la moindre hésitation, voir avec honneur.

Puis elle se détourna, visiblement frappée par sa propre outrecuidance pourtant bienvenue, rougissante et tout à fait désirable dans sa beauté malaisée. Un moment, il laissa planer un silence qui pour lui ne fit qu'ajouter à son confort de la situation, mais dont il savait qu'il pourrait rendre quelque peu honteuse la pauvre ona'bugeisha. Ce n'était pas son souhait qu'elle fusse embarrassée, c'était même aux antipodes de son envie. Il brisa ainsi son mutisme sans rien changer à ses traits sur lesquels une plénitude absolue s'était installée, sa voix de rocaille adoucie par la tiédeur de son humeur :

Je suis parfaitement curieux à votre propos moi de même, Saya-san. Mais je ne vous ferais pas l'affront de débuter la satisfaction de nos réponses respectives, puisque vous avez émise avant moi vos interrogations.

Il prit un instant, arrachant ses yeux sombre de la silhouette parfaite de la guerrière, se grattant le menton à la recherche d'un point de départ à sa propre histoire, puis satisfait de ce qu'il avait trouvé, il consola ses iris en retrouvant les lignes du visage de l'héritière des Chizuru et reprit :

J'ai été Taii du feu, samurai serviteur de Setsu Ichigo-dono et, plus récemment, de son fils, Gekido-dono. J'ai été le gouverneur par filiation de Kazan, où Amaterasu darde ses rayons comme sur aucun autre domaine en tout Yokuni. J'ai été un guerrier sur plus d'un front pour défendre l'honneur des miens. Malgré la perte de mes modèles très tôt, j'ai été éduqué dans la grandeur de mes ancêtres et j'ai porté leur lourd héritage toute mon existence en priant chaque jour pour ne pas insulter leur mémoire.

Mais plus d'une fois, j'ai été capricieux. J'ai renié mon nom et en a choisi un autre, trop certain de ne pas encore mériter la grandeur du premier. J'ai fait prétentieusement concevoir une arme issue d'une idole divine et pensé pouvoir créer un art personnel à son maniement. J'ai été à l'encontre de ma hiérarchie et manqué de devoir offrir ma vie pour réparer cet affront, mon Seigneur, dans son immense générosité, m'aura simplement dépêché auprès de la magistrature impériale.

Et me voilà devant vous à présent, conforté dans le fait que je n'ai fais que suivre la voie de mon Destin et rassuré par sa grandeur, car bientôt, tout ce qui m'aura été retiré me sera rendu. Mais en ce moment, je ne suis qu'un samurai délivré de toute obligation. Pas un rônin, non, mon honneur ne le supporterait pas, mais juste un humble bushi sans autre ordre à suivre que celui de revenir en mes terres sans qu'un délai ne me soit imposé.

Ainsi temporairement Daimyo de mon être, j'ai choisi de passer par la plus longue voie, sans compter les détours et je retrouverais un jour la terre de mes aïeuls, mais cela ne presse en aucun cas.


Il n'avait pas répondu dans les détails, c'était là une simple introduction et il ne voulait pas monopoliser l'échange de toute façon. Il poussa sa monture à se rendre aux côtés de celle de son guide et adressa un regard ardent à cette dernière avant de poursuivre un instant :

J'aimerais vous conter tout par le menu, mais trente années d'une vie ne sont pas si simple à présenter, je suppose que nous trouverons le temps pour que je puisse tout vous narrer. Enfin, pour terminer ce prologue, sachez simplement que je suis l'unique descendant de ma lignée en ce monde et mis à part mes gens, aucune compagne à m'attendre en mes terres.

Ceci répondait parfaitement à la dernière question de la guerrière. Il n'avait ni parent vivant, ni descendance à l'heure actuelle. Il était seul et pour étrange que cela était, n'en ressentait aucune peine. Sans se détacher de son expression irradiante, il mena son cheval si près de celui de Saya que leurs cuisses se frôlèrent et sans même révéler la moindre gêne à ce geste. Un contact fugace dont l'objet était de révéler silencieusement son intérêt grandissant  à l'égard de la lancière.

Il conclu alors, la confidence dans son ton, derrière ses noirs iris le tison d'un désir qu'il ne souhaitait plus masquer :

Et pour vous ? Pourriez vous me parler de Chizuru Saya-san, de ses origines et du pourquoi de son don rare à la lance ? Il n'y a rien de cette personne que je souhaiterai ignorer… Si cela se peut.


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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Mar 8 Déc - 10:47

Le silence s’installe et est couvert par les battements de mon cœur que je jurerais être sur le point d’exploser tant il cogne fort dans ma poitrine. J’attends sa réponse, qui ne tarde pourtant pas à venir mais qui me semble prendre une éternité à sortir de sa bouche. J’avais oublié l’intensité de ce sentiment, à quel point le corps exprime ce qu’il souhaite obtenir. Aucun homme jusqu’ici n’avait provoqué en moi l’envie irrésistible de tout connaitre de lui, de découvrir une personnalité entière. Et pourtant ce sentiment est différent de celui que j’avais éprouvé pour Katsuya, bien qu’il soit semblable. Il s’agit bien d’une attirance, je suis tombée sous le charme alors que nos échanges ne se prêtaient pas à des réactions amoureuses. Mais les deux hommes sont bien différents et je le ressens rapidement. Paradoxalement, alors qu’il recommence à parler, ma gêne fond après chacun de ses mots.

Mon désir grandit tandis que sa façon particulière de parler conduit toutes ses phrases. Désir de le découvrir à chaque seconde, désir de me rapprocher de lui. Je suis heureuse de constater qu’il en est de même pour Amadotsu-san mais qu’il répondra d’abord à mes questions... trop nombreuses questions. Il se décrit exactement comme je l’imaginais : un Samouraï important mais surtout honorable jusque dans son rang et dans son sang. Je ne vois pas en ses « caprices » quelque chose d’irréfléchi. Je suis presque étonnée que Setsu-sama ait envoyé son soldat à la cité impériale plutôt qu’ordonné son exécution. Des rumeurs que l’on entend, il est un monstre qu’on se passerait de côtoyer. Mais le Samouraï semble s’en accommoder et être honoré de le servir, tout comme je le suis envers notre Dame.

Égoïstement, je suis rassurée d’apprendre qu’aucun délai ne lui est imposé pour retourner en ses terres. C’est peut-être d’une éternité dont nous aurions besoin pour s’apprivoiser encore... Du moins, c’est ce que je pense jusqu’à ce qu’il approche sa monture, me lançant un regard des plus suggestifs. En réalité, nous nous sommes déjà habitués à la présence de l’autre. Ne reste qu’à trouver un endroit abrité des regards pour en profiter, puisqu’aucune épouse de l’attend. J’aurais pu être honteuse de penser si franchement. Mais j’aime à croire que si Kasugami m’a donné la possibilité de « sentir à travers la brume », il me donne également sa bénédiction pour une union temporaire. Car c’est malheureusement tout ce qu’elle sera, étant données les circonstances.

Je ne le sens pas attristé de n’être attendu par personne d’autre que ses gens. Nombre de Samouraï sont bien heureux de ne pas avoir de famille à rejoindre, ainsi ils peuvent se concentrer sur leur devoir. De mon côté, ayant connu la joie de vouloir un foyer, je me suis plusieurs fois posé la question si épouser un noble guerrier à nouveau ne me serait pas plus favorable. Mais ma soif de combat, ma soif de justice et de protection m’en a empêchée. Je ne m’imaginais pas non plus devenir la femme d’un inconnu que je n’aimerais pas juste pour avoir des enfants.

Le contact de sa cuisse sur la mienne, bien qu’il soit court, me réveille de mes divagantes pensées. Je retrouve ses yeux, son regard de braise et son désir grandissant. Son intérêt pour moi est apparent et j’en suis si ravie que je lui rends un sourire très suggestif également, sans pour autant tomber dans la vulgarité ou la provocation.

- Il n’y a rien que je ne souhaite vous cacher, pour le moment... Alors je ne vous ferai pas attendre non plus les réponses à vos questions.

Une bouffée d’air et je commence ma narration, plus détaillée que la sienne me semble-t-il.

- Je suis née à Hiyori, une nuit de pleine lune, de parents artisans. Naissait quelques minutes avant moi mon jumeau Hayate. Bien que mes parents ne fussent pas des guerriers, ils nous ont toujours montré que nous aurions à nous battre et à travailler de façon acharnée. Leur art était reconnu mais ils ont traversé, avec deux enfants du même âge, beaucoup de périodes difficiles qui ont failli mettre leur commerce en échec.

Hayate et moi étions normalement destinés à reprendre le commerce de nos parents mais, rapidement, mon frère s’est trouvé attiré par le Bushido et voulut devenir Samouraï. Kasugami n’a pas été clément avec lui et, suite à un accident, il se retrouva dans l’incapacité de combattre. La boutique ne produisait alors plus de bénéfices à cause des soins nécessaires au rétablissement d’Hayate. Mes parents m’ont donc vendue à une Okiya tandis que j’avais huit ans. Remarquant mon envie de défendre mon prochain, Isamu-Sensei devint mon Maître et nous débutâmes à cette époque mon entrainement, dans le plus grand secret.


Je réalise petit à petit que je raconte mon histoire à la lettre, comme si quelqu’un d’autre s’en occupait à ma place, comme s’il ne s’agissait pas de mon parcours. Je décide alors de parler davantage de mon ressenti, en espérant qu’Amadotsu-san ne s’ennuie pas.

- Je n’en ai pas voulu à mes parents et me suis pliée aux règles de l’Okiya. Cependant, je ne me sentais bien que lorsque je m’entraînais avec Isamu-Sensei. La naginata devint une évidence mais le nagamaki mon destin. Je faisais corps avec cette arme, comme si j’étais venue au monde avec la garde en main. Je décidais malgré tout de l’utiliser le moins possible et de perfectionner mon maniement de la première lance. L’effet de surprise devint ma manière de fonctionner, à défaut d’avoir une grande force.

À ce moment, je cachais mes bleus et autre écorchures et séduisais les clients sans jamais donner mon corps, jusqu’à mes quinze ans. Ma réputation fit le tour du Clan et, lorsqu’enfin je pris mon nom de scène – Eri – sans pourtant perdre ma virginité, aucun Danna ne voulut m’entretenir, au grand damne de la Mère. Je me faisais du souci pour la dette de mes parents et continuais de pratiquer en tant que Geisha dans l’espoir qu’un jour, ils puissent remonter la pente.


Je m’arrête quelques secondes avant de parler de Katsuya. Je détourne le regard puis retrouve les yeux foncés d’Amadotsu-san. Le premier homme a disparu, le deuxième est ici aujourd’hui. Ma brève réflexion sur le ressassement du passé ne fait que passer et je continue mon récit, tentant d’y mettre moins de détails.

- Deux ans plus tard, un jeune homme prénommé Katsuya vint faire connaissance avec moi. Il ne désirait pas la Geisha et la simple compagnie que je pouvais lui apporter. Il me déclara rapidement ses sentiments et, venant d’une famille très aisée de Samouraï, décida de venir me voir le plus souvent possible, proposant même de m’entrainer avec lui, toujours dans le secret. Le commerce des Chizuru regagna petit à petit sa réputation et ses clients, grâce à la publicité qu’en faisait le jeune homme.

Très éprise de lui, j’acceptais sa demande en mariage sans hésitation lorsqu’il me demanda ma main. Encore Geisha à l’époque, il décida alors de rembourser la dette de mes parents en m’achetant complètement à l’Okiya et en faisant de moi sa femme. Je pensais qu’il changerait, me demanderait de rester à la maison mais nous continuâmes les entrainements. Incapable de lui donner des enfants après deux ans de relation, me présenter dans l’armée devint ma raison de vivre et j’étais convaincue d’y arriver avec son soutien.


Un soupire ponctue ma phrase, je lève les yeux au ciel quelques secondes et retrouve encore le regard d’Amadotsu-san, fixé sur moi, accroché à mes lèvres comme s’il attendait la suite.

- Katsuya a donné sa vie au combat il y a de cela cinq ans. J’ai décidé de poursuivre mon rêve, celui de me battre et de servir, pour honorer sa mémoire et toute l’aide qu’il m’a apportée. Grâce à Isamu-Sensei, qui est en réalité le père de Riyu-dono, j’ai changé de maison et me je me suis présentée au Taii de l’époque qui se trouvait être cette jeune femme incroyable. Après un combat acharné pour prouver ma valeur, il a finalement été accepté que je devienne Samouraï à mon tour. Je sers Kasugami et notre Dame depuis ces temps-ci.

J’offre un léger sourire à mon compagnon de route dont j’ignore la prochaine réaction. Un rayon de soleil m’aveugle à travers la densité de la forêt que nous avons parcouru plus vite que je ne l’aurais imaginé. Je stoppe mon cheval et regarde le chemin qui nous mènera vers la capitale avec une once de regrets.

- Pardonnez-moi, je me suis étendue en détails sur mon histoire alors que vous souhaitez prendre le temps de faire connaissance...

Le silence ne peut pas s’installer que je cherche à nouveau son regard, avec plus de sérieux, cette fois.

- Katsuya m’a appris beaucoup de choses mais s’il en est une à retenir, c’est que la vie est courte. Demain, on pourrait nous trancher la gorge dans notre sommeil. Demain, une guerre pourrait éclater, un deuxième Enfer Écarlate, peut-être. Demain, vous pourriez repartir sans que je ne sache ce que vous avez vécu et ressenti pendant vos trente années. Alors...

Je descends de mon cheval et détache finalement mes yeux des siens, versant dans un récipient l’eau fraîche de l’outre transportée par ma jument. Je lui mets sous le museau afin qu’elle s’en abreuve.

- Alors faisons une pause sur la suite de notre voyage pour que vous me les racontiez. Ainsi, nous n’aurons alors plus qu’un seul regret si nous mourrons tout à l’heure. Si Moegami et Kasugami nous en donnent la permission, et seulement si c’est le cas, alors ce regret s’effacera lorsque nous arriverons à la capitale. Voulez-vous bien répondre à mon caprice, Kodan-san ?

Nous n’en sommes plus aux prémices d’une relation. À première vue, l’on pourrait penser que nous nous connaissons depuis toujours, mais il n’en est rien. J’ignore encore si notre envie partagée de construire un « nous » ne serait-ce que pour quelques minutes nous mènera ailleurs. C’est le présent qui compte, tout de suite. Et j’espère profondément qu’il peut comprendre cela, en tant que Samouraï.


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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Jeu 11 Fév - 20:56

Par pudeur, ou simple besoin de ne pas s'éterniser, il avait fait en sorte d'offrir un récit concis de son parcours à son auditrice de l'instant. L'expression qu'elle avait eu alors qu'il l'invitait à faire de même et que leur jambes se frôlaient en disait long sur les attentes de la jeune femme et il n'aurait pas déplu au bushi qu'ils ne s'écartent des sentiers battus pour se découvrir mutuellement d'une manière bien différente que de celle de l'échange verbal.

Mais il su taire ce bas instinct d'une rebuffade mentale à son esprit. Elle s'apprêtait à lui conter sa propre histoire à son tour et il ne pouvait être question qu'elle le voit comme un malotru alors que tout se passer délicieusement bien entre eux jusqu'à présent. La surprise s'empara du Volcan à l'écoute d'une description détaillée presque à l'extrême du trajet de la lancière dans l’existence, cette dernière ne tarissant pas d'éléments, même sentimentaux, à ajouter à sa présentation.

Au fond de lui, une partie traditionaliste frémit à la mention de son statu de jumelle et d'apprendre par la suite que son frère était vivant malgré le côté bestial que l'on prêtait à ce genre d'enfantement. Mais il n'en perdit rien à son sourire enchanté, fort de la certitude que si une si belle créature pouvait être issue d'une telle fratrie, les coutumes pouvait bien souffrir de quelques exceptions si la nature offrait cela au monde. Il compris aussi qu'elle était d'extraction différente de la sienne.

Il était né samuraï, elle l'était devenue. On appelait ceux qui passait outre leur condition et devenaient des guerriers les Ji-samuraï. Mais cette nuance n'avait pas la moindre importance négative à ses yeux, au contraire même, il louait le courage de certains d'aller briser les chaînes de leur Destin. Il en était purement incapable et dans son cas, il serait plus que probable qu'il aurait simplement hérité de l'affaire familiale qu'elle décrivait.

Intarissable, elle poursuivit, narrant son passé de geisha, son apprentissage secret et alla même jusqu'à lui relater ses premières expériences sentimentales, ce qui ne manqua pas de provoquer l’écarquillement de ses yeux de surprise. Il ne releva pas cependant, tout absorbé qu'il était sur le mouvement des lèvres de son interlocutrice et captivé par le son de sa voix. Sur ses traits sublimes se dépeignaient une succession d'expressions accentuant son charme déjà conséquent.

Toute à la franchise qu'elle adoptait vis à vis de lui, elle n'en était pas moins gênée par certains détails et pourtant, il n'avait guère demandé tant d'informations. C'était là une attitude que l'on prêtait aux gens d'Okaruto qu'il ne s'était pas attendu à voir si tôt, lui prêtant un caractère exagéré et il fut bien étonné de son tord. Aussitôt, il espéra avoir eu raison et qu'elle fut ainsi uniquement pour lui, que n'importe qui ne pouvait profiter de ce qu'elle lui offrait.

C'était une vision égoïste de la chose, mais il ne s'en voulu guère, car il était certain de pouvoir se montrer aussi pointilleux qu'elle afin de lui narrer les étapes de son propre chemin sur la voie de l'existence. Reléguant cette pensé au second plan, profitant simplement d'entendre le chant mélodieux et si varié de la narration de sa compagne de route, il en perdit le fil du temps et s'en trouva rêveur à l'admirer ainsi, la laissant simplement poursuivre aussi longtemps qu'elle l'aurait souhaité, pour toute une vie peut être.

Le Volcan fut sorti de ses songes subitement alors qu'elle faisait stopper leur marche, son discours prenant le ton d'une conclusion. Cette dernière fut admirablement bien tournée, une invitation glissée entre les lignes, une simple proposition à vivre, parfaitement consciente de la flamme qui était née en lui à son égard en un temps si court et de celle qu'elle partageait pour lui pour des raisons qu'elle seule connaissait ou pensait connaître.

La vacuité de toute compréhension face à cet étrange phénomène entre eux était évidente au guerrier et tandis qu'elle mettait pieds à terre et à affranchir sa monture, qu'il ne pouvait plus détacher ses iris de sa présence, il fut pris par un grondement interne et rythmé, sourd, puissant et lent à la fois. L'héritier des Kiyooki imita celle des Chizuru et descendit sa haute stature de son propre cheval, lui tenant la bride à moitié.

La bête massive, fort heureusement placide, ne profita pas de la main lâche de son cavalier pour lui mener la vie dure, ni même lorsque celle ci disparu des rennes alors que Saya ponctuait sa tirade d'une question qui se grava au fond du cœur du samouraï.  Il vit les espoirs qui le concernaient au fond des billes merveilleuses formant le regard de la jeune femme, sentit même l'appel de son cœur qui faisait écho au sien, si bien qu'il n'eut aucun mot à lui retourner pour exprimer la réponse désirée à sa demande.

Abandonnant la bienséance et l'étiquette du rang, mettant à bas leur statu respectif, il réduit la distance qui les séparait pour que rien de cette dernière ne subsiste, entoura sa taille de son bras gauche pour glisser sa main droite au bord de la joue de la guerrière, au point que ses doigts se mêlèrent à ses cheveux dont la douceur n'était égalée que par celle de sa peau. Sa répartie fut muette, mais portée par une douce force enflammée alors qu'il provoqua la fusion de leur lèvres, les joignant dans un baiser paradoxalement fougueux et délicat.

Il ne s'éternisa que le temps que la surprise de son propre geste ne fut digérée pour s'écarter si peu que leur nez se frôlèrent toujours et sa voix fut audible uniquement pour elle, un murmure pareil au vent s'infiltrant entre les failles d'une terre déchirée, mais porteur de douces promesses :

Alors ne regrettons rien, si vous le permettez. Je vous suis dédié en tout, jusqu'à ce que mon devoir ne m'appelle expressément. Si cela peut durer des jours, je louerais les Kamis de m'avoir permis votre rencontre et si je devais tomber dans les mois qui viennent, je saurais n'avoir rien raté pour autant. Je répondrais à votre caprice puisque nous le partageons, sans qu'aucune limite ne puisse s'instiller car dès cet instant et tant que je serais dans le domaine de la brume, je vous appartiens.

Il resta alors à sourire très franchement, à l'image d'un enfant ayant commis quelque incartade sans éprouver la moindre honte et dans l'attente de l'assentiment ou du couperet qui mettrait fin à cet instant de flottement, pour le meilleur ou pour le pire.


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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Ven 12 Fév - 9:57

Bien que ma proposition soit on ne peut plus concrète, je ne m’attends pas à ce qu’il me regarde ainsi. C’est alors comme si mon monde s’apprête à s’écrouler ; un monde plein de convictions, de règles et de conduites inébranlables dictées par un code tout fait qu’est le Bushido. Je n’ai vu que cela pendant cinq ans, au point que j’en rêve la nuit, pensant aux missions et aux combats que je pourrais mener les jours suivants. Mais mon combat de femme, celui que je pensais pouvoir mener à terme avec Katsuya, a été abandonné au moment-même où j’ai servi notre Dame. Et Amadotsu-san m’est tombé dessus comme un rocher, faisant s’effondrer tout ce que je croyais solide jusqu’ici. J’en oublie que le devoir me lie à mes terres et je me sens capable de le suivre n’importe où, cet homme sorti de nulle part, duquel je bois les paroles et les regards comme il y a cinq ans.

J’imaginais qu’il veuille s’enfuir, appelé par ses obligations ou choqué par mes initiatives. Certes, son intérêt pour moi est flagrant mais lui faire ainsi des avances aurait pu être perçu comme un manque de respect. Je n’ai d’ailleurs pas tenu compte de convenances particulières et n’ai pas montré de déférence accrue lorsqu’il m’a dit avoir été Taii. J’imaginais qu’il puisse aussi simplement me dire « d’accord », sans chercher le contact et juste attendre d’arriver à la capitale pour tenter quelque chose. Bien qu’intense, la relation que Katsuya et moi avions entretenue était toujours restée discrète et posée, particulièrement après notre mariage. Je n’ai donc pas tenu à sortir des traditions, même totalement sous le charme d’Amadotsu-san. Tout aurait pu être différent...

Mais il descend de son cheval, me quittant à peine des yeux, laissant aller la bride sans crainte et sans mots pour annoncer ses intentions. Je m’apprête à lui adresser de plates excuses pour mon comportement déplacé mais il ne me laisse le temps que de lâcher la coupelle à moitié vide tandis qu’il m’attrape par la taille. Mes joues s’empourprent à l’instant même où il caresse ma joue et mes yeux expriment la surprise pendant que mes mains s’élèvent légèrement pour trouver piètre appuis sur son torse. Puis nos lèvres se rencontrent, doucement mais passionnément et je sens toute la force qui nous unit dans la pression de son corps sur le mien. Au départ toujours grands ouverts, mes yeux s’entreferment pour laisser place au plaisir de rencontrer une nouvelle bouche... sa bouche.

Mais le plaisir est trop court car il désunit nos lèvres, sans pourtant relâcher son étreinte et sans imposer de réelle distance. Tout mon être s’enflamme lorsqu’il murmure, mon cœur manquant d’exploser m’empêchant presque de l’entendre. Son souffle se mêle au mien tant il est près et, alors qu’il sourit franchement, je sens mon âme entière devenir fumée au contact de la ferveur et de la sincérité d’Amadotsu-san. Je me force à quitter sa bouche des yeux, les miens retrouvant les siens, aussi noirs que la suie. Je sais alors que je ne veux que lui, rien que lui et j’ai la sensation que ce sentiment durera toujours. Je n’arrive pas à lui sourire en retour, partagée entre la gêne d’avoir reçu ses faveurs et l’envie ardente d’en vouloir encore plus. Ma respiration irrégulière me permet à peine de glisse mon bras le long de son torse pour échouer ma main tremblante de désir sur son visage, aventurant mon pouce sur ses lèvres que je m’interdis de rencontrer une nouvelle fois pour l’instant.

- Je ne comprends pas ce qui m’arrive...  dis-je doucement à mon tour, les joues aussi rouges que le feu qui me hurle de déborder. Peut-être deviens-je folle mais je veux bien le rester si c’est la folie qui m’amène à vous désirer autant. Votre appel a été plus fort que tout ce que j’ai connu jusqu’ici, dès que j’ai posé mes yeux sur l’étranger que vous étiez. Je n’en sais que trop peu sur vous pour dire que nous nous appartenons et pourtant, tout mon être me crie de vous retenir et de vous chercher si vous disparaissez demain. Vous raisonnez en moi comme si vous m’aviez manqué toute une vie, Kodan-san. Alors oui, soyez mien le temps qui nous sera donné et je serai votre des heures, des jours durant, s’ils nous sont offerts. Désirer ainsi l’inaccessible, oublier que je suis une combattante avant d’être une femme, frémir au contact de toute votre personne... Je ne comprends pas ce qui m’arrive... mais je sais que je vous veux.

L’émoi m’en fait presque pleurer et, sans comprendre encore une fois, je passe ma main dans ses cheveux ébouriffés pour attirer son visage au mien et l’embrasser à nouveau. Mon autre main rencontre sa joue tandis que je me presse encore contre lui, tout mon corps réclamant le sien. J’ignore ce que deviendra cet échange. Qu’il devienne souvenir le temps de nous rendre à la capitale ou qu’il donne lieu et place au bonheur, je serai heureuse d’avoir pu partager cela avec lui. C’est un lien fort, que seuls les Kami pourraient expliquer. Un lien qui semblait être là bien avant notre rencontre et qui perdurera bien après.


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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Lun 15 Fév - 16:13

Elle l'accepta et l'écouta, fébrile, incontrôlée. Rien ne vient dans l'attente d'un refus, tout l'être de Saya rentrant en conflit avec ce qui avait fait d'elle une onabugeisha. Elle se livrait à lui, ses défenses brisées par un souffle de sa part, Kodan sentait qu'elle aurait pu tout accepter de lui, dès l'instant qu'il en aurait prononcé la demande ou esquisser les premiers gestes. Cette étrange et soudaine vulnérabilité fit tomber le mur de la guerrière, laissant une jeune femme apparaître, sulfureuse et affamée d'un contact qu'elle semblait effectivement avoir cherché depuis toujours.

Ainsi à sa merci, elle n'en fut pas moins désirable et il ne put répondre que positivement au nouveau contact qu'elle imposa à leur lèvres, le geste ravivant le foyer de son attirance à son égard et celui, plus exponentiel en cet instant, de sa soif des promesses de châtiments doucereux dont elle était porteuse. Ainsi encouragé par le nouveau baiser qu'elle avait provoqué, il l'enserra de plus belle, le déséquilibre de leur stature mutuelles provocant un léger mouvement qui fut stoppé par le premier tronc qui se dressa sur leur chemin involontaire.

La combattante n'avait plus la moindre échappatoire et n'en souhaitait pas, de toute évidence, elle s'était rendue et laissait à son conquérant le soin de décider de son sort. L'héritier de Kazan sentait son âme chavirer à l'odeur seule de son guide au travers des brumes et brûlait de libérer plus totalement sa fragrance. Sa main gauche cherchait frénétiquement ce qui pourrait mettre à bas la frontière de tissu qui recouvrait l'héritière des Chizuru, tandis que l'autre s'emmêlait toujours plus loin dans ses cheveux, instillant le chaos dans la coiffure qu'elle avait élaborée pour le voyage.

Elle n'était pas en reste non plus, accentuant la pression de leur deux visages l'un contre l'autre à l'aide de ses propres doigts encadrant le chef du bushi des flammes, probablement à cause de ce qu'il tentait d'entreprendre d'ailleurs. Quelque chose de sauvage s'emparait d'eux, auquel ni l'un ni l'autre n'avait jamais goûté, laissant derrière eux les conventions, les usages ou ne serait-ce qu'un soupçon de pudeur.

Son bras parti en éclaireur trouva le obi noué autour de la taille de l'objet de tout ses vœux en cet instant, attisant leur envie comme on pouvait jeter une lampée d'alcool dans un feu pour le voir soudainement exploser. Malhabile dans sa cécité résultante de la fusion de sa bouche avec celle de sa douce victime, il eut bien de la peine à parvenir de détacher le nœud protecteur de la ceinture de Saya.

Mais chacun de ses faux gestes, chaque tentative manquée ne venait que jeter du souffre dans le foyer incandescent de leur attirance, au point qu'il manqua de céder au besoin irrépressible d'arracher les vêtements de la lancière, plutôt que de l'effeuiller délicatement. Le kimono de cette dernière fut bientôt lâche de l'absence du lien qui le maintenait à la taille de sa propriétaire et s'ouvrit sur une nudité partielle que même sans la voir, Kodan sentit de la pointe de ses doigts libres.

Le contact fut tel un choc électrique, comme si la foudre le parcourait sans douleur, son appétit grandissant décuplant sa vigueur et sa main exploratrice glissant sous le tissu pour se transformer en instrument de multiples caresses. Une brise vint alors lui souffler dans le dos, rappel naturel de leur exposition au monde. Il rouvrit les yeux sur la lumière du jour, redécouvrant la beauté des traits de la guerrière des Okaruto, ainsi qu'une chose qu'il avait presque oublié tant il avait été obnubilé par le feu de son désir : Son respect pour elle.

Non pas qu'il s'était montré brusque ou violent, ni même trop entreprenant, puisque la porte lui avait été montrée par celle avec qui il voulait tant partager en cet instant. Mais cela ne lui ressemblait pas et il était à peu prêt certain que c'était réciproque. Le premier Amadotsu ralenti le rythme de ses effleurement, sans pouvoir ou vouloir totalement les cesser puis fit glisser sa main droite des cheveux de l'onabugeisha à sa joue, mettant un terme à leur baiser enflammé.

À nouveau, il laissa son visage au plus proche de celui de son guide, afin de la rassurer sur sa certitude sentimental puis il annonça doucement, de ce murmure qu'il avait adopté pour communiquer avec elle plus tôt déjà :

Sumimasen. Vous m'émouvez si pleinement que je ne suis plus maître de mes actes. Je brûle de me lier à vous totalement, mais avec tout l'honneur que vous méritez. Nous sommes des hommes et non des bêtes, quatre murs me suffiront à faire la différence. Je vous demandes pardon pour cela.

Alors il se mis à refermer de lui même le kimono de Saya, resserrant délicatement son obi autour de sa taille, puis il la prit dans ses bras et ajouta :

Vous avez dit me vouloir et comme je l'ai dis, je vous appartiens. Faisons juste en sorte que cela se fasse dans des conditions qui ne verront rien nous empêcher de nous envoler au firmament si nous le souhaitons. Ici… J'ai crainte que le confort ne soit pas des plus idéal, ni que la voie restera éternellement déserte d'affluence.

Il se mit à rire franchement, mêlant sa chaleur naturelle à la libération de ce qu'avait accumulé leur instant embrasé. Puis il colla à nouveau ses lèvres sur les siennes dans un langoureux et rassurant baiser, pour finir par clôturer enfin :

Ne prenez pas ombrage, je vous en prie, je ne vous rejettes en rien. Je vous veux de la moindre fibre qui fait de moi ce que je suis. Guidez moi où vous souhaiterez qui possède une pièce fermée, que cela reste un don de l'un à l'autre privé. Où vous voulez. Je vous promets ne rien perdre de mon envie d'ici là, si vous le voulez bien.

Son bras droit enserrant toujours la belle, le gauche alla se frotter la crinière et il fut à attendre la réaction de Saya quelque peu penaud, un sourire gêné sur le visage.


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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Ven 19 Fév - 15:49

Un léger déséquilibre, freiné par un arbre. Une main aventureuse, la deuxième qui décoiffe mes cheveux et chamboule tout mon être. Un empressement à se dévorer, le tissu qui se détend pour lui laisser l’accès à mes lignes de femme. Le contact de ses doigts sur ma peau me fait bondir intérieurement. Oui, c’est cela qui me manquait pour que je sois pleinement moi. Une guerrière dévouée mais aussi une dame, désireuse qu’on l’aime et qu’on la chérisse. Mais pas n’importe qui. Il fallait que ce soit lui, il fallait que ce soit Amadotsu Kodan qui se montre et prenne possession de ma personne pour qu’enfin je m’épanouisse à nouveau. Orientant mes mains sur les attaches de son armure pour les délier et le gâter d’autres caresses à mon tour, les siennes s’apaisent et sa main droite posé sur ma joue lui permet de terminer doucement notre échange incontrôlé.

Sans pourtant aller trop loin, confirmant encore une fois qu’il me désire aussi, il m’explique les raisons de cet arrêt pourtant progressif mais trop rapide à mon goût. Quatre murs, c’est donc ce qu’il manquait à cette forêt pour que notre union se concrétise. Mes joues rosissent à nouveau, gênée effectivement par ma fougue et mon manque de retenue démontrant un besoin pour l’instant déplacé et peu délicat. Mes bras cessent de l’enlacer passionnément, sans vraiment vouloir le lâcher mais cela lui permet de remettre mon obi en place, tout à fait comme il l’était avant ce moment d’égarement. Son étreinte, plus tempérée alors, me rappelle que le désir n’est pas venu de nulle part et qu’il est une personne avant d’être un objet de plaisir.

Son rire me fait entendre une mélodie si agréable que je souhaiterais m’endormir avec, un apaisement – malgré le léger malaise qui peut s’en dégager – que je n’avais pas connu depuis longtemps. Son baiser, avant ses ultimes paroles, me montrent pourtant qu’il aurait volontiers continué si l’endroit avait été abandonné. C’est accompagnée par son double discours que je finis par retrouver ses yeux foncés, contrastant avec la lumière qu’il dégage. Comprenant finalement d’où vient ce sentiment qui m’a habitée dès le premier regard, je le laisse terminer et finit par sourire sincèrement et tendrement. Le visage encore tiède de gêne, je dessine de mes doigts les différentes décorations de son armure mais ne quitte pas son regard embarrassé.

- Je ne pourrai jamais blâmer un Samouraï de respecter ses convictions et les miennes avec honneur. Si ce dernier est si chéri qu’il vous permet même de mettre de côté vos propres désirs, vous méritez tous les titres de noblesse. Vous m’avez rappelé que les Hommes sont victimes de leurs pulsions mais que seuls les vrais Hommes savent les dompter pour les faire devenir plus généreuses ensuite. Ne vous excusez pas, votre attitude est aussi exemplaire qu’admirable.

Je saisis délicatement sa main droite, encore perdue dans sa crinière désorganisée jusqu'alors, et emmêle doucement nos doigts. Je ne peux m’empêcher de saisir ma lèvre inférieure de mes dents, sentant une nouvelle vague d’envies me submerger à ce nouveau contact.

- S’il faut quatre murs pour contenir nos émois, alors je vous guiderai encore. Infiniment s’il le faut.

Un autre sourire illumine mon visage puis je délie nos mains, glissant sur le côté pour briser temporairement cette proximité chaleureuse qui nous a unis quelques instants. Je ramasse l’écuelle vide sur le sol et réalise que nos montures nous ont sagement attendus pendant nos câlins. Un rire m’échappe, aussi peu contrôlé que nos échanges. Le premier si sincère depuis longtemps également.

- Nous ne saurons pas s’ils auraient monté la garde ou auraient pris la fuite... dis-je simplement, suggérant qu’avoir le fin mot de l’histoire m’aurait tout de même plu.

Je finis par monter à nouveau ma jument, Kodan fait de même avec son compagnon équin et nous reprenons notre route vers Kasu, plus radieux l’un que l’autre.

***
Notre chemin a été guidé par le chant des oiseaux et un climat agréable, guidé aussi par les battements de nos cœurs, peut-être, accordés sur la fréquence de notre amour respectif. Cette idée me fait plusieurs fois rougir d’embarras et détourner le regard de l’homme qui en est la cible. Il ne s’agit pas seulement d’une attirance inexplicable. Ayant déjà aimé, je sais que ce sentiment est de retour, plus fort que jamais. Et pourtant, je connais si mal le Samouraï Setsu. Puis son sourire et sa joie du moment retire un poids de ma conscience : quelle honte y a-t-il à aimer, là et tout de suite, le regard qu’il porte sur moi ? Mes doutes se dissipent et je me plais à penser que tout est possible, comme une jeune fille innocente et inconsciente de la réalité.

La soirée bien avancée nous dévoile les lumières nocturnes de la capitale et ses rues quasi désertes. Nous approchons petit à petit de ma demeure, une écurie nous séparant de la maisonnée. Me rappelant soudain que Niji et Neji s’y trouvent à cette heure-ci, je stoppe le pas décidé de ma jument pour l’inviter à se tourner vers Kodan.

- J’habite un peu plus loin mais... Les murs risquent de ne pas suffire à nous cacher des curieux. J’ai recueilli deux enfants, il y a quelques temps maintenant. Je pense qu’ils se poseraient trop de question si j’entrais sans les saluer...

Mes propos directs insinuent que la flamme n’a pas perdu de vigueur sur le trajet et, qu’à partir du moment où nous serions seuls, il ne faudrait que quelques secondes pour que mon envie de lui me rendent à nouveau incontrôlable.

- Je connais bien cette auberge. Le patron est discret et nous confiera l’une de ses chambres sans trop poser de questions.

Je ris à nouveau, un brin de malice dans la voix. Puis je me ressaisis, réalisant encore une fois que mes propos ne sont pas adéquats. Je descends des hauteurs de mon cheval, le guerrier du feu fait de même et je lui souffle quelques mots après m’être rapprochée de lui.

- Appartenons-nous cette nuit. Et si nous en avons le temps, le cœur et l’envie, nous nous présenterons demain, avec un peu plus de formes. Qu'en dites-vous, Kodan-san ?

Un autre sourire ponctue mes propos et je le laisse décider de notre entrée ou non dans le lieu, ce lieu qui scellera nos corps et nos personnes – sans que nous ne le sachions – pour de nombreuses années.


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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Lun 29 Fév - 17:18

L'évidence même éclate, flagrante dans sa sincérité alors que la lancière répond aux curiosités craintives du vaste bushi. En son fort intérieur, ce dernier sait qu'il n'y a nul besoin qu'ils se livrent à un ébat sauvage pour se prouver que sans même réellement se connaître, ils en viennent à s'appartenir mutuellement. Il avait souhaité la conforter dans son besoin d'elle, quasi-irrépressible, de la rassurer sur le fait que lorsque les conditions seraient réunies, il n'hésiterait plus ni ne tirerait la bride haute à ses ardeurs.

Mais la réalité était toute autre. Ses propres mots l'avaient terrorisé et c'était lui-même qu'il tentait de rassurer. Elle aurait pu se sentir honteuse de la situation, voir victime d'un rejet de la part du guerrier, si contraire pouvait être le vrai fond de sa pensée. Ce ne fut pas le cas. Elle ne s'arracha pas à son étreinte, dans son regard brûlait toujours le même désir… Non… Il s'en était même trouvé transcendé pour une raison qu'il ignorait, mais dont l'expression qu'elle eut alors attisa à nouveau un feu en lui qui ne cessait de grandir sans paraître concevoir la moindre fin à sa croissance.

L'instant aurait pu durer une vie, les deux combattants à se tenir simplement par la taille au bord de ce bosquet, l'une jouant avec les doigts de l'autre, emmêlant ces derniers dans les cheveux du guerrier des volcans. Il se perdait dans ce minois contre lequel il ne pouvait aucunement mesurer l'attraction qu'il exerçait sur lui. Leur insouciance partagée lui rappelait celle d'adolescents, perdu l'un dans l'autre, oublieux de ce qu'ils étaient et si la perspective lointaine que cela ne pourrait pas durer aurait du lui faire cesser cet échange sur le champ, il n'en fit rien.

Ils s'accordaient tant sans que rien ne soit dit que la déchirure de leur séparation future serait une plaie béante au cœur de son âme. Pour autant, elle l'avait dit elle même, face à l'impossibilité, il ne voulait rien regretter lui non plus. Le doute ne fut là qu'un moment fugace, le temps d'un clignement de paupière, évincé par un sentiment qu'ils n'avaient pas nommé, mais partageaient tout deux sans la moindre raison, comme si Gekigami était venu les lier sans qu'ils ne purent faire quoique ce soit sinon vivre pleinement l'instant.

Lorsqu'elle provoque leur séparation physique, il n'y éprouve aucune cruauté, sentant que son être tout entier est toujours lié à elle et qu'elle ressent la même chose à son sujet. Il ne pouvait néanmoins pas arracher son regard de sa personne, même face au comique de la situation des équins peu revêches ne les ayants pas abandonnés sur le chemin.

Et lorsqu'elle rit du plus sincère des rire face à ce drôle de comportement, Kodan n'a qu'une envie que celle de s'imposer face à elle et de lui déclarer ce qu'il ressent, qu'un seul mot qu'elle pourrait prononcer ferait en sorte qu'il ne conçoive plus d'autre Seigneur qu'elle-même. Tout cela sans que leur corps ne ce soient unis. Mais à nouveau, il laissa ses pensées aller plus loin que ses actes et finit par imiter Saya en montant à son tour sur son destrier massif.


Plus rapidement qu'il ne l'eut cru, sa mélancolie face à sa lâcheté de ne pas avoir été au bout de son envie de révéler à l'héritière des Chizuru ce qui se tapissait en son cœur s'échappa au gré du chemin. Il n'était pas parvenu à poser ses yeux sur autre chose que la jeune femme depuis des heures et aucun ennui ne venait pourtant poindre, ni aucun sentiment de répétition. Il découvrait la femme lumineuse qu'elle était, reflet de ce qu'il avait toujours aspiré à être.

Les iris de l'onabugeisha le cherchaient parfois, puis prenaient fuite devant l'intensité des siens, à moins que ce ne soit tout à fait autre chose, car ils revenaient sans cesse à la charge. Il ne put s'empêcher d'éclairer son visage d'un sourire attendri et rêveur à la fois alors que ses pupilles suivaient les lignes du profil de la lancière dont les traits ne cessaient pas de l’émerveiller. Ainsi, le voyage se déroula jusqu'à la nuit tombée et les faubourgs de la cité déjà bien emprunté.

Ce fut comme si du pays, Kodan en avait perdu une partie toute entière, obnubilé par son seul guide et perdant de vu la contemplation dont il était pourtant friand des panoramas, les seuls dont ses yeux l'autorisaient à présent ne pouvant qu'inclure Saya en leur sein. Le voyage aurait pu avoir duré des jours qu'il ne s'en serait pas rendu compte et lorsque la voix de la belle repris enfin, ce fut presque comme si elle donnait suite aux propos qu'elle avait tenu dans le bosquet, bien plus tôt dans la journée.

Elle jeta de la poudre dans le foyer animant le bushi par ses mots, réveillant son désir qui n'avait pas été réellement assoupi à dire vrai. Elle guide toujours leur pas, annonçant l'existence d'un cocon capable de les voir enfin assouvir leur dessein mutuel. Aucun mot ne parvint à franchir la barrière de ses propres lèvres tandis qu'elle mit pieds à terre une ultime fois, l'invitant à en faire de même et à réduire l'espace entre eux jusqu'à ce que plus aucun vide ne subsiste.

Il la détailla, plongeant dans son regard et s'y perdant tandis qu'elle lui posait une dernière question qu'il n'écouta qu'à moitié, assourdi par le battement de ses tempes et de son propre cœur. La main de cette dernière dans la sienne, il rompt leur étreinte sans la lâcher, la guidant derrière lui une fois passées les portes de l'auberge. Il n'adresse pas un mot au tenancier, posant simplement sur le comptoir un sachet bien trop rempli pour une simple nuit, ou même un mois de ces dernières.

Seule la chance parvient à faire en sorte que la chambre qu'ils pénétrèrent brusquement en s'entre dévorant s'en trouve bienheureusement vide. D'un bras maladroit dont les vœux étaient tout autre que ceux de manipuler un pan de porte coulissante, le bushi parvient malgré tout à fermer cette dernière. Une fois certain que rien ne pouvait plus les déranger, la fin de l'attente interminable de cette union promise arriva enfin, lâchant la bride au volcan.

Elle l'aidait et lui-même en retour à briser toute les frontières de métaux et de tissus osant encore s'opposer à leur volonté de s'offrir sans ménagement ni secret à l'autre. L'armure tomba avec fracas, les daishos ne furent pas mieux traités non plus, les kimonos menacèrent d'être tout simplement arrachés s'ils opposait la moindre résistance face à la faim qui consumait leur propriétaires.

Ce n'est que lorsque le guerrier se rendit compte qu'il surplombait une Saya dont les pans de vêtements étaient ouvert sur le sol, révélant les secrets qu'ils embusquaient qu'il parvint à reprendre le contrôle de lui-même, trop subjugué par les merveilles ainsi livrées. La pause provoquée leur permis à tout deux de se découvrir sans diminuer en rien leur ardeur et en cela, le premier Amadotsu ne put rien en cacher.

Il se rapprocha alors de l'héritière des Chizuru, l'enserrant en provoquant le contact de leur peau sur l'intégralité de la surface nue de cette dernière. Mêlant son souffle à celui de la jeune femme, il alla lui couvrir le cou de baisers, jusqu'à ce ses lèvres parviennent à la hauteur de son oreille, puis il lui murmura de façon incongrue :

Nous verrons demain… Ou le jour qui suivra… Pour se présenter aux vôtres, Saya… Je n'ai pas la prétention de savoir exactement combien de temps je désir vous conquérir en cet instant. Je vous appartiens pour cette nuit et la suivante si nous ne sommes pas rassasiés de cette première rencontre. Plus encore si il le faut.

Il avait prononcé ces derniers mots, sa main droite descendant le long de la poitrine, de l'abdomen puis se glissant dans les linges légers encore présent masquant l'intimité de celle qui s'offrait à lui. Et tout en ramenant son visage sur celui de la lancière afin d'unir leur bouche une nouvelle fois, il débuta de flatter le saint des saints de cette dernière par les attentions les plus délicates de la pointe de ses doigts. Son autre main supportant sans le moindre mal la nuque de celle pour qui il était à présent entièrement dédié.


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Samouraï

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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Lun 29 Fév - 22:39

Je le vois avec délices détailler chaque centimètre de mon visage et, voyant qu’il ne répond pas, je soupçonne mon partenaire de ne pas avoir écouté ce que j’ai dit. Hypnotisé, il l’est et cette concentration qu’il applique à me voir, me regarder, me fait réaliser un peu tard qu’il a saisi ma main. À cet instant, je comprends que seuls quatre murs suffisent à réveiller la flamme en lui, la faim et la soif de moi, tandis qu’il m’entraine à l’intérieur, pressé d’œuvrer en toute intimité. Il paie une fortune au propriétaire qui me lance un regard surpris et je n’ai que le temps d’utiliser mon autre main pour lui dire que tout va bien avant que le guerrier en ébullition ne m’entraine dans le secret.

Je le retiens avec force et on pourrait penser que je vais le réprimander mais je ne fais que l’attirer vers moi pour l’embrasser déjà, avant que nous atteignions une chambre. Nous tâtonnons les murs, aveuglés chacun par la passion de l’autre, jusqu’à trouver une ouverture, une pièce vide – et heureusement inoccupée – pour accueillir nos ébats. Kodan tente tant bien que mal de fermer la porte tandis que je commence à détacher son armure, comme j’ai tant voulu le faire en pleine nature. Nous ne nous soucions pas du bruit et nous touchons sans retenue, nous séparant sans réfléchir de nos vêtements, réalisant que nous sommes enfin seuls, perdus dans les méandres du désir.

Si perdus que je ne réalise qu’après coup, encore, me retrouver couchée sur le sol, Kodan au-dessus de moi, détaillant à nouveau chaque parcelle de mon corps. Je ne peux que constater à quel point sa propre chair veut me posséder aussi, tant que j’en rougis, d’autant plus hantée par l’envie de le sentir près de moi toujours. Et tandis qu’il touche ma peau avec la sienne, m’enlaçant tendrement et passionnément, je ne peux que me rappeler à quel point il m’a manqué d’être aimée pendant ces cinq longues années. Je ferme les yeux lorsqu’il m’embrasse dans le cou, contenant sa propre fougue, pour me répondre.

Chacun de ses mots provoque un frisson brûlant, chacun de ses gestes une décharge d’appétits plus féroces les uns que les autres et mon prénom dans sa bouche catalyse toutes mes envies. Je retrouve tout ce qui fait de moi une femme lorsqu’il me caresse, chérissant du bout des doigts chaque morce de féminité qu’il souhaiterait probablement goûter. Il attarde sa bouche sur la mienne et ses doigts là où personne n’avait pu montrer d’attentions depuis bien longtemps. Je ne l’embrasse que plus passionnément, laissant mes jambes s’ouvrir davantage sur cette gourmandise, l’une de mes mains caressant la sienne pour lui demander de continuer, l’autre se perdant sur son torse et son buste.

Frôlant du bout des doigts son intimité, mon souffle incontrôlé traduisant une envie d’aller plus loin, je finis par me redresser doucement jusqu’à me mettre à genoux, face à lui. Je remonte lentement mes deux mains sur son visage puis derrière sa nuque, ne me lassant plus de ses baisers et ses effleurements. Puis mes attentions se perdent dans son dos et sur le bas de ses reins et je l’attire doucement à moi, demandeuse d’amour et de tendresse. Mais bientôt, la tendresse ne suffit plus. Je le veux en moi pour que nos âmes se touchent et que jamais elles ne se séparent.

Il n’est pas encore parti mais il me manque déjà. Je le touche, presque avec tristesse, d’imaginer que dans quelques jours, peut-être, je ne pourrai plus le faire. Réalisant que je ne peux m'empêcher de penser à cela, ma gorge se noue et, alors que nos yeux se croisent à nouveau, je mords à nouveau ma lèvre, cette fois pour contenir un sanglot d’angoisse et chasser l’idée de ma tête qu’il pourrait disparaitre. Je me lève complètement, laissant la proximité s’effacer quelques millièmes de secondes. Juste le temps de l’étreindre à nouveau, pressant sa tête contre moi, d’autres sentiments égalant sur mon envie de fusion et de lui.

Une fois que je me sens de parler sans laisser ma voix trembler, je finis par chuchoter :

- Je ne peux rien faire contre cela... j’ai peur que le temps nous rattrape. Peur que demain n’existe pas. Nous sommes là, à nous chérir et je ne veux que ça. Vous m’appartenez pour une nuit, puis deux, puis trois s’il le faut, vous l’avez dit. Était-ce une promesse ? On dit souvent que les mots s’envolent...

Le sanglot m’échappe, une petite larme fuit sur ma joue, sans savoir pourquoi maintenant et pour quelle raison précisément. Puis, alors qu’il se redresse aussi, mes yeux le contemplent à nouveau dans son intégralité, le désir revient en force et combat mes craintes jusqu’à les effacer.

- Je t'en prie... Montre-moi... Fais-moi croire à nouveau à demain.

Il s’agit d’espoir, de désespoir, de promesses et de déceptions. Mais surtout, maintenant, il s’agit de lui et moi. Je le touche à nouveau, ma bouche réclamant la sienne, mon corps réclamant le sien. Pour toutes les nuits et les jours à venir.


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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Mer 2 Mar - 19:28

Elle se prêtait au jeu, avare de chacune des attentions qu'il était capable de lui offrir et cela n'était pourtant rien de ce qu'il souhaitait partager avec elle. Les Kiyooki n'étaient pas connus que pour leur fidélité au Nord, mais aussi pour une certaine passion de la production et même de la consommation d'alcool n'égalant pas en goût ceux du Sud Est, les surpassant néanmoins en force, à plus d'un titre.

Kazan était devenu de fait un vivier de personnes tout à fait capable de tenir et d’apprécier les boissons les plus dures de Yokuni et seuls les amateurs de ces breuvages en Okaruto pouvaient prétendre leur tenir tête dans une joute de beuverie. Héritier de ces terres et parfait exemple en la matière, Kodan n'en était pourtant pas moins enivré à l'instant présent alors qu'il n'avait fait qu'effleurer la coupe de délice que Saya pouvait lui offrir.

Le monde n'existait pour ainsi dire plus tandis qu'il voyait se découvrir cette femme et qu'elle lui rendait sa fougue en lui présentant la sienne en retour. La conversation oral n'avait plus lieu d'être et elle se poursuivait sur un tout autre terrain où ils s'avéraient tout deux l'interlocuteur idéal de l'autre. Sa main droite fut quelque peu frustrée néanmoins d'être ainsi arrachée aux chairs secrète de la lancière lorsqu'elle se redressa pour mieux s'écraser contre lui.

Face à cette sincérité, le bushi s'apprêtait à répondre de pareille manière sinon décuplée lorsqu'il constata un changement certain dans l'expression de sa compagne de jeux d'adultes. Alors qu'elle flattait chaque parcelle de son corps, glissant ses bras sous son kimono grand ouvert, cherchant son dos en de douces caresses, il la senti ralentir progressivement ses mouvements intenses et son minois se para de traits tout à fait étranger à la situation.

Puis elle craqua à un moment comme celui ci  n'aurait pas du le permettre. Elle se délita, sans rompre pour autant leur proximité, l’agrippant comme s'il s’apprêtait à disparaître déjà, malgré les mots qu'il eut tenu quelques minutes plus tôt. Les mots qu'elle lui opposa alors sont emprunt d'une profonde inquiétude et mettent en doute ceux qu'il eut émis plus tôt. Il était bien incapable de lui en vouloir pour cela, comprenant totalement cet émoi et le partageant en son fort intérieur, mais trop pudique, trop orgueilleux pour le prononcer comme elle le fit, presque à voix haute.

Il l'écouta simplement, rivant ses sombres iris sur la clarté des siens et il la sent se faire violence pour reprendre le chemin de leurs ébats, comme si elle l'avait rien dit. Son bras droit ayant glissé autour de la taille de la jeune femme, sa main gauche se rendit sur la joue de cette dernière pour placer un instant de pause, tant il souhaitait clarifier sa position.

Dans ses yeux se trouvait une fournaise qu'aucun volcan ne pouvait égaler, mais en surface, ses traits n'étaient que douceurs et même si sa voix possédait cet accent d'acier acéré et roulant sur la pierre des gens de son domaine, il tenta d'y apporter l'étrange sentiment de dépendance totale qu'il éprouvait pour elle, si peu la connaissait-il encore :

Il n'y a pas de promesses qui franchissent mes lèvres que je ne suis pas capable de tenir. Mes engagements tiennent et c'est ce qui fait de moi l'homme que je pense être. Pour une nuit ou pour une vie, je suis votre, Saya.

Mon clan et mes devoirs m'attendent et m'attendront jusqu'à ce que vous puissiez comprendre cela. Le samuraï s'endort et laisse place à l'être qui vous fait face à présent. En d'autres circonstances, je me serais montré moins hâtif, moins pressant du besoin qui m'anime de m'unir à vous. Vous méritez une cour digne d'une Dame de la plus haute caste et nos origines seules sont la cause de cette urgence entre nous et que je vous impose…

Sumimasen… Je ne veux pas passer à côté de cela. Vous seule avez pu déclencher cela en moi et je ne veux rien regretter. Mon honneur devrait me dire de cesser ce que nous entreprenons, car nos destins me paraissent opposés, mais alors qu'ils se croisent, puis je me permettre de ne pas en saisir la chance apportée ? Non. Je n'oserais pas vous faire cet affront.

Vous ne méritez pas un vulgaire ronin à vos côtés pour une existence entière, alors je resterais ce guerrier Setsu que les Kamis auront frappé d'amour à votre égard sans qu'il ne puisse expliquer le pourquoi et qui tombera sur le champ de bataille, ou dans son palais si le destin se montre clément, en emportant le souvenir d'un sentiment qu'il n'eut jamais ressenti ni ne ressentira plus par la suite.

Je m'apprête à vous aimer comme aucune, onabugeisha des Okaruto et cela durera jusqu'à ce que la réalité nous rattrape, mais même après cela, je ne perdrais jamais en mémoire ce que vous êtes et ce que nous allons partager. Vous êtes dans le vrai, les mots s'envolent… Je vais donc cesser mon discours et vous montrer cela, dès maintenant que nos cœurs se mêlent à l'image des voies de nos vies.


Il ponctua ses propos en la poussant délicatement, mais fermement à même le sol, fermant ses lèvres sur les siennes pour l'empêcher toute possibilité de réponse. Lorsqu'il fut certain qu'elle se trouva installée confortablement, il fit glisser sa bouche le long de la joue, puis dans le cou. Il flatta ce dernier un moment, ses doigts jouant de caresses multiples pendant ce temps.

Il poursuivit cependant sa descente, embrassa à nouveau la poitrine de la belle, aiguisant la sensibilité de leur pointe de très légère pression de ses dents, mais il n'arrêta pas en si bon chemin. Chaque centimètres de l'abdomen de la guerrière eut le droit à son attention toute particulière et tandis qu'il poursuivait sa chute, il libéra de la seule protection de tissu qui lui restait au domaine des douceurs s'embrasant doucement de la jeune femme.

Sans la moindre gène, il alla au plus bas, engageant son visage entre les cuisses pour qui il était prêt à tout afin de lui offrir une vie de plaisir en une unique nuit s'il le fallait. Le traitement qu'il fit subir à la fleur qu'il découvrait fut à la mesure de la passion qu'il éprouvait pour elle, désinhibé de sa condition de noble et entièrement serviteur de désir qu'elle pouvait manifester. Le baiser qu'il offrit fut long et intense, ne se satisfaisant que lorsqu'il provoqua l'expression de satisfaction attendu avec patience et abnégation.

Et alors qu'elle se remettait avec difficulté du doux trauma dans lequel il l'avait plongée, il remonta vers son visage, pressant son corps contre le sien, retrouva son cou et dans un mouvement simultané, le gratifia du contact de ses lèvres tout en guidant sa lame de chair au sein de celles de Saya et alimenté d'une vigueur comme il n'était pas certain d'en avoir connue de telle jusqu'à présent.

Préparée par son office précédent, l'accueil fut des plus velouté et ce fut comme si le tout s'ajustait à la perfection, sans heurt et dans une totale harmonie. Découvrant ainsi toute la chaleur de l'être de la lancière, il en fut subjugué et ne put tenir plus longtemps la bride à la faim dévorante qui l'animait. La paix s'écroula doucement à mesure qu'il prenait un rythme de plus en plus soutenu, sa main droite glissée sous la nuque de son unie, l'autre sous la cuisse gauche dans une prise solide et délicate à la fois.

Pour autant que cela dura, il ne sentait pas sa soif d'elle diminuer d'un pouce, c'était même pire que cela, car même ainsi, il avait l'impression de ne pas encore se trouver assez proche, ni n'était satisfait du contact qu'il voulait avoir intégral avec elle. Il fit passer sa main gauche sous les hanche de celle qui venait de devenir son seul univers autorisé et la redressa sans rompre le lien mêlé qui les unissait, les poussant à une position verticale où son étreinte s'en trouva renforcée et où il sentait enfin l'entièreté du corps tant désiré contre le sien.

Une telle posture aurait du nécessiter d'elle une certaine force, mais il n'en fut rien, car le premier Amadotsu consumait l'héritière des Chizuru sans qu'elle eut à agir de son fait, provoquant l'élan porteur de plaisir de la simple force de ses propres reins. Tant qu'il le pouvait et que les expressions de Saya vis à vis de ce qu'il lui infligeait avec ardeur ne l'empêchait pas de le faire, il provoquait la fusion de leur visage, se sentant mû par une flamme si forte qu'elle aurait pu carboniser un sabre à son contact.

Le duel était à sens unique ou presque à cet instant, mais le bushi du feu sentait que son adversaire et amante ne se laisserait ainsi pas mener bien longtemps et au cœur de l'action, il lui adressa un sourire de défi non sans un regard plus brûlant qu'un Soleil d'été au dessus du ciel de Kazan.


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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Mer 2 Mar - 22:26

Mes yeux se noient dans la pénombre de ses yeux et son toucher jusqu’alors ardent se fait plus doux, plus rassurant. Il écoute chacun de mes mots et je suis convaincue, alors qu’en réalité je n’en sais rien, qu’il me dira ce que j’ai envie d’entendre. Et le guerrier puis l’homme qu’il est ne perd pas de temps à me confier, plus sincèrement que jamais, ce qu’il a sur le cœur. Je le sens se rapprocher de moi – pas physiquement car il m’enlace déjà mais bien par ses paroles – et ses gestes autant que sa voix scellent en moi des paroles qui ne s’envoleront jamais, je le sais également. Ainsi, tiendra-t-il sa promesse autant que faire se peut, car il est un homme de parole.

Ses mots seuls suffisent à me rassurer, tant par la façon dont je le sens insister sur notre étreinte que sur ses convictions. J’ai envie de l’interrompre lorsque mon amant me dit qu’il m’impose cette urgence ; je veux lui dire qu’il n’impose rien, que c’est le destin qui fait que nos deux Clans soient éloignés mais aussi le destin qui fait que nous sommes réunis aujourd’hui. Mais je ne lui coupe pas la parole et le laisse faire raisonner doucement sa voix, dans la pièce et en mon être. Je le laisse m’avouer que le devoir attendra le temps qu’il faudra. Ici, dans cette pièce, personne ne partira ou ne mourra car il se donne à moi et à personne d’autre.

Une autre larme m’échappe lorsqu’il parle de tomber au combat ou en sa demeure en pensant à moi, tout simplement car je ne réalise que maintenant la portée de nos sentiments. Ce ressenti si fort qui nous est tombé dessus violemment et que Kodan n’a, contrairement à moi, aucune peine à gérer ce soir. Je reconnais ce regard que Katsuya avait aussi, cette nuance qui différencie mon coup de foudre de ces autres hommes dont l’intérêt ne se pose sur moi que pour mon physique ou mon passé de dame de compagnie. Il ne veut pas que me prendre, il veut m’aimer toute entière et tout le temps qu’il faudra. Un soupir de soulagement m’échappe tandis qu’il souffle ses derniers mots et je me sens libérée du poids qui m'empêchait d'avancer à ses côtés.

Bien que surprise par le geste mais ne sachant que répondre, je le laisse me pousser au sol et m’embrasser encore. Je lui fais comprendre que je ne souhaite que ses attentions à présent en me laissant emporter par le feu de ses baisers sur ma joue puis mon cou et les aventures que vivent ses mains sur mon corps. Mes propres mains lui rendent la pareille alors que je ferme les yeux, laissant simplement ma peau ressentir la douceur de la sienne. Sa chair est aussi bouillante qu’un thé bien trop chaud mais la brûlure restante ne laisse que des marques indélébiles d’un amour pleinement vécu dans l’instant.

Je retiens une exclamation spontanée en mordant une fois de plus ma lèvre, lorsqu’il taquine de ses dents les saillants de ma poitrine. Puis mon souffle devient plus profond à mesure qu’il gâte mon ventre de baisers plus maîtrisés les uns que les autres, dénudant finalement le jardin qui nous mènera au plaisir. Tandis qu’il engage son visage et ses baisers le plus bas possible, mes doigts s’aventurent dans ses cheveux et ma volonté de résister au vertige s’évapore au contact de ses lippes et de sa langue aussi passionnées qu’il l’est à mon égard. Ma voix, silencieuse jusqu’ici, finit par s’exprimer naturellement, bien qu’encore loin du cri, apparemment suffisamment pour le faire remonter jusqu’à moi.

Bouleversée de ressentir tant d’émois à nouveau, mes mains suivent ses mouvements. Elles glissent sur sa nuque, puis pour plus de confort et de tendresse, passent derrière lui pour l’attirer contre moi encore et toujours. Puis sans résistance et sans gêne, je l’accueille en moi, l’enlaçant premièrement de mes jambes puis le laissant devenir plus franc en relâchant mon étreinte, non sans en ressentir plus de désir. La façon dont Kodan m’aime me rend tout aussi affamée que ses gestes le montrent et je ne retiens plus mes expressions de plaisir, montant en volume tout autant qu’en intensité à chacun de ses sentiments.

Je sens dans sa faim de moi qu’il souhaite plus et le guerrier d’un tout autre genre ne perd pas de temps à me soulever par les hanches, d'une main, pour me ramener contre lui, logeant son intimité au plus profond de la mienne. J’en ai le souffle coupé tant la sensation est intense et oubliée, si ce n’est jamais ressentie. Puis la nouvelle fusion de nos bouches me donne des ailes et, entre deux contacts, mes gémissements s’intensifient jusqu’à en oublier ma discrétion naturelle. Je ne veux que lui montrer ma joie d’être ainsi si proche de lui, ma joie de le sentir brûler en moi comme je brûle de l’envelopper jusqu’au lever du jour. Mon homme mène la danse de ses mouvements de hanches frénétiques tant il me veut encore, intensément et mon envie de lui fait s’envoler toute ma retenue.

Je lui rends son sourire gentiment provoquant, lui rappelant que j’ai effectivement perdu notre premier affrontement armé mais que je ne perdrai pas celui-ci. Quelques secondes me sont nécessaires pour prendre correctement appui sur mes jambes et le pousser à mon tour pour qu’il s’allonge en arrière et me laisse prendre le dessus de cette bataille plus qu’agréable. Notre union manque de cesser mais nous nous retrouvons bien vite, moi au-dessus de lui, ouverte à son amour, lui offrant le mien pleinement par mes propres initiatives et mes propres mouvements de bassin, tout aussi maîtrisés que les siens malgré le temps passé.

D’abord penchée en avant pour rencontrer ses lèvres et son cou à mon tour, cherchant le contact avec chaque parcelle de mon corps, je me relève lentement, modifiant et adaptant mes vas-et-viens aux différents angles que peuvent prendre nos démonstrations d’affection. Je laisse mon amour me toucher et me chérir comme j’en rêvais durant notre trajet et termine d’alimenter nos foyers en me cambrant en arrière, laissant mon intérieur le câliner tantôt passionnément, tantôt tendrement, pour que nos limites se touchent et que le plaisir nous embrase réellement.

Nos envies dévorantes et nos gestes hors du temps manquent à plusieurs reprises de me faire atteindre l’extase mais je la manque toujours, comme si courir après Kodan et le bonheur qu’il peut m’apporter devenait, à l’instant, ma raison d’être. Mais je garde foi en nos sentiments, en ses paroles rassurantes et ses attentions entièrement dédiées à ma personne, là, maintenant, tout de suite.


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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Lun 7 Mar - 14:52

De guide au travers du domaine des brumes, elle le devint pour leur danse, reprenant les rennes des initiatives afin de soigner de ses attentions le bushi qui venait d'en faire autant. Elle apparut comme l’Impératrice des sens du guerrier alors qu'elle le surplombait après l'avoir couché à son tour, offrant à la vu de ses iris de nuit l'intégralité du spectacle de son corps et des délices y prenant place.

Toute à ses efforts, elle l'invitait à faire de ces derniers ce que bon lui semblait, ce dont il ne se priva guère  de ses mains, puis se redressant, ne pouvant finalement pas céder à la passivité, du bout de ses lèvres sur chaque millimètre de peau accessible à celles-ci qui personnifiait sa partenaire. Il n'avait de mémoire jamais rien goûté d'aussi exquis et doutait retrouver une telle saveur sur une autre qu'elle.

Enivré par le déhanchement qu'elle opérait sur lui, il décida d'épouser son rythme pour en intensifier chaque impact, l'aidant à se soulever pour la presser contre lui l'instant suivant. Mais ceci ne fut bientôt plus suffisant et il accéléra la cadence, sentant pourtant qu'il atteindrait par cela le point de rupture de sa propre félicité.

Sa faim d'elle devenant insoutenable, il offrit toute les ressources dont il disposait à ce grand final où plus la moindre once d'air ne pouvait passer entre eux, tant il l'enserrait dans le carcan de ses vastes bras. C'était là un pari risqué et Kodan savait qu'il était probable qu'il ne vienne à manquer le pinacle de l'extase de sa compagne. Mais soumise à la fréquence qu'il imposait, il l'entendit exprimer les douces conséquences sur elle qu'avait le traitement et les ongles de la lancière s'enfonçant dans son dos sous la pression de ses doigts.

Lui-même devait se faire violence pour ne pas trop fermer son étreinte sur elle, de crainte de la blesser. Dans un dernier élan qui le propulsa à la cime du monde de ses sens, il enfonça son visage dans le cou de Saya et prit d'un instinct sauvage qu'il refréna à l'ultime moment, il manqua de planter ses dents dans ce dernier.

Le premier Amadotsu du rendre hommage au contrôle sur elle-même qu'avait la onabugeisha qui parvint à fermer la voie de ses lèvres face l'expression de plaisir qu'elle eut, la transformant en un gémissement qui ne fut entendu que d'eux seuls alors qu'elle même plongeait son visage dans les cheveux en bataille du guerrier.

Dans un instant de tension totale, vivant la fusion au zénith de leur délice, l'héritier des Kiyooki se jeta sur la bouche de celle des Chizuru pour donner naissance à un nouveau genre de baiser entre eux, dont les conditions à réunir pour en égaler l'intensité étaient dorénavant connues. Puis vint le relâchement auquel le bushi ne s'abandonna pas immédiatement afin d'accompagner la chute de son aimée et de l'allonger sur le futon qui avait accueillit leur embrasement.

Une fois chose faite, il s'autorisa à son tour à s'allonger dans son dos et à refermer ses bras autour de ses épaules et de sa poitrine, enroulant les jambes de la belle des siennes, leur visage collés joues à joues dans la reprise de leur souffle mutuel. Il ne vit plus le temps passer et ce fut comme si ce dernier n'avait plus d'emprise sur eux, tout à la plénitude qu'il ressentait.

Lorsqu'il eut enfin recouvrer ses esprits, il se mit à rire de surprise ou de cette façon dont on extériorisait la confusion et l’allégresse provoquées par un fait grandiose et inespéré, un panorama incroyable ou la magnificence d'une œuvre d'art. Cet état fut bientôt accompagné de mots brûlants d'une chaleur que la fin de leur union ne semblait pas avoir tarie pour autant et prononcée par une voix à la frontière du murmure que le samouraï glissa au creux de l'oreille de son amante :

Gensoteki… Saya. Le monde peut décider de brûler à présent que ma vie est comblée. Si la terre voulait s'ouvrir dès maintenant, sous notre étreinte, je n'en serais pas affecté et partirait pour le domaine des esprits en votre compagnie, complet dans l'existence que j'ai vécue…

L'odeur qu'elle dégageait, le bruit de sa respiration haletante qu'il partageait dans leur récupération de l'effort fourni, la douceur de sa peau sous ses mains, tout ceci poursuivait à enivrer l'enfant de Kazan. Son bras gauche enroulé sur la poitrine de la belle, comme un rempart pudique face à un hypothétique témoin de la scène, les doigts de sa main droite glissait le long de l'abdomen en de délicates caresses, il se ressourçait à son contact, la sentait le compléter comme jamais personne avant elle.

Il se savait maladroit dans ces bavardages après un tel acte, mais il ne pouvait guère laisser sous silence les pensées qu'il entretenaient, aussi ajouta-t-il, dans son ton se trouvaient une flamme de dépendance et la trace évidente d'un sentiment qu'il avait déjà exprimé par bien plus éloquent que de simples mots :

Ceci était mon serment d’allégeance au règne de votre personne sur la mienne. Il n'y en eut nulle autre que vous pour qui ais-je pu nourrir ce que je ressens à votre égard en cette nuit et je doute que je puisse découvrir quelque chose de plus grand, même dans une autre vie. Je veux partager vos jours, Saya, qu'ils soient peu ou nombreux, peu m'importe. Je veux vous voir exister et discerner l'être que vous incarnez…

Il sentait ses propos ridiculement hasardeux, ne sachant réellement de quels termes user pour transmettre le bouillonnement qui était le sien. Aussi choisit-il de flatter le cou de la jeune femme d'une nouvelle série de baiser. Mais alors faisait-il subir ces nouvelles attentions à son élue qu'il sentit sa faim revenir. Sa vigueur pourtant usée quelque temps plus tôt se manifesta comme si ils n'avaient jamais consommé leur première union.

Avant qu'il ne s'en rende compte, ses mouvements redevenaient langoureux, tâchant d'attiser les envies de sa partenaire afin qu'elles concordent derechef avec son propre appétit, son bras protecteur devenant baladeur, massant délicatement et fermement les objets qu'il recouvrait l'instant d'avant. Sa main droite retrouvait déjà le chemin dorénavant familier vers la porte secrète des plaisirs de la lancière, s'affairant à lui faire partager à nouveau le désir qui animait le Volcan.

Le dos de la jeune femme contre lequel il était serré se révéla tout aussi sensuel que le point de vu qu'il avait savouré de front. De la base de sa nuque en suivant la ligne bien définie de sa colonne en passant par ses omoplates et jusqu'à sa chute de reins, il n'était pas une partie du corps de Saya que Kodan ne pouvait pas admirer ni aimer.

Fort de ce sentiment et de cette certitude, il s'infiltra dans la brèche échaudée de ses soins, préservant leur position de cuillères collées l'une à l'autre et se nourrit à nouveau de l'essence de l'enfant des brumes dont il ne paraîtrait jamais pouvoir se rassasier totalement. Néanmoins, avant de reprendre une danse effrénée qui les empêcherait de prononcer le moindre mot, il soupira dans un mélange de ravissement teinté de malice :

Gomene, Saya… Je ne suis pas certain que demain sera le jour qui me verra présenter aux vôtres… Tout le temps que j'ai perdu avant notre rencontre et que je puisse goûter à vos délices demande à être rattrapé… Vous m'en voyez navré…

La réalité était bien différente néanmoins des dernières paroles qu'il partagea, car il ne semblait pas désolé de quoique ce soit.


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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Mar 8 Mar - 22:07

Mon amant ne peut pas rester passif, tout comme je n’ai pas su le rester. Ses lèvres épousent mes formes et ses mains en dessinent les contours, tandis qu’il s’adapte à mon rythme pour finalement en suggérer un nouveau, plus intense encore. Son intimité grandit encore en moi et alors que je pourrais être déçue que l’instant se termine déjà, mon corps en redemande et l’extase tant attendue arrive moins timidement que précédemment. Pressée contre lui, je refuse qu’il s’éloigne ne serait-ce que d’un seul millimètre, au point d’enfoncer mes ongles dans son dos afin d’assurer ma prise. Kodan manque de me mordre tandis qu’il laisse son désir se libérer en moi et que mon propre paroxysme est atteint.

Je réussis à contenir mon plaisir en moi, entre nous, en empêchant ma voix de s’échapper et en me rapprochant encore de la peau du Samouraï, plus brûlante encore que tout à l’heure. Le baiser qu’il m’offre ensuite me fait bouillir d’envie puis, petit à petit, la soif se tarit et je me laisse allonger encore, cette fois pour que nous reprenions nos souffles après ces délicieuses épreuves. J’aimerais admirer le visage du Volcan après l’amour mais il ne m’en laisse pas l’occasion, glissant dans mon dos, tout contre moi, et m’enlaçant avec tendresse. Sa joue contre la mienne, je le sens encore en moi et apprécie ce contact, atteinte d’une envie que ce moment dure toujours.

Détendue et apaisée d’avoir succombé à mes appétits avec lui, je ferme les yeux, au risque de m’endormir ainsi cajolée par mon amant passionné. Mais il rit et mes yeux se rouvrent puis une idée germe dans mon esprit, celle d’avoir été ridicule ou d’avoir fait quelque chose de déplacé. Mon cœur palpite d’un tout autre échaudement mais ses murmures sensuels me ramènent à la vérité. Je ris, doucement, chatouillée par ses compliments et la satisfaction qu’il a pris autant de plaisir que moi lors de cet échange charnel. Ce dernier ne s’arrête pas et Kodan me caresse, voluptueusement, jusqu’à provoquer des frissons de gaîté au sommet de mon chef.

Ses mots suivants me font soupirer de bonheur et me confortent encore dans l’idée provisoire que le temps n’est pas contre nous. Il est là et ne partira pas, du moins, pas dans les minutes qui viennent. Ses nouveaux baisers et cette proximité physique intarissables me font réaliser qu’il me veut encore et que la jouissance que nous avons atteinte ensemble n’a suffi à le contenter qu’une poignée de minutes. Mon partenaire recommence alors à flatter ma poitrine et son autre main retrouve le chemin de l’antre de toutes sortes de gourmandises. Je ne fais qu’encourager ses gestes, répondant par de nouveaux soupirs de bien-être et guidant ses doigts là où le sensible décuple ce que j’ai ressenti quelques instants plus tôt.

Le Samouraï finit par m’investir encore, un discret gémissement de joie m’échappe et j’épouse à mon tour toutes les formes de son corps dans cette nouvelle position, qui nous fait nous découvrir autrement. Ses excuses étendent un sourire sur mes lèvres et c’est encore haletante que je tiens à lui répondre.

- Oui, rattrapons-le ce temps qui nous a empêchés de nous rencontrer plus tôt.

Je fais glisser mes jambes de part et d’autre de lui, toujours de dos, afin de l’accueillir davantage en moi, déplaçant mes bras jusque dans son dos, laissant déraper mes doigts sur son séant grâce à une souplesse dont je ne soupçonnais qu’à peine l’existence.

- Ne me laissez pas régner entièrement sur vous. Laissons le temps nous faire gouverner ensemble sur ces vies qui sont les nôtres, ces désirs qui nous submergent et ces gestes qui nous ferons obtenir mille fois ce que nous venons d’atteindre.

Mon bassin guide le sien tandis que je me relève, lui à l’intérieur de moi et à genou, moi penchant finalement le haut de mon corps en avant, découvrant ma nuque de mes cheveux et saisissant ses mains pour qu’il me touche encore partout.

- Ne serai-je pas trop impolie de te tutoyer encore, Ko-san ? J’aimerais oublier les convenances car ainsi mis à nus, les marques de politesse instaurent de la distance... Trop de distance...

Je me penche en arrière, mon dos retrouvant son torse et ma tête un appui sur son épaule, tandis qu’il se baisse pour éviter de rompre notre nouvelle fusion.

- Existons ensemble, des minutes, des heures, des jours... Je ne veux pas que cela s’arrête...

Un premier mouvement de bassin et nous repartons dans une danse encore plus sensuelle, plus intense que précédemment, nos sensations étant décuplées par le sommet du plaisir déjà gravi. Et nous l’atteignons encore, une deuxième fois puis une troisième, comme si le Volcan ne pouvait cesser son éruption jusqu’à faire pâlir sa propre existence pour se muer en simple mont. Intarissable, impossible à faire taire, notre envie de l’autre se transforme en besoin et seule mon endurance inférieure à la sienne finit par mettre fin à nos ébats érotiques que la gêne a oublié de fréquenté. Petit à petit, la fatigue du voyage me rattrape, ce voyage d’une ville à l’autre qui aura changé à jamais ma façon de penser en modifiant jusqu’à mon propre code de conduite.

***
Il doit être l’après-midi suivant lorsque j’ouvre les yeux sur la lumière traversant la fenêtre. Le rayon est faible ; le crépuscule accueillerait-il doucement mon réveil après toutes ces aventures ? Je me rappelle m’être assoupie un moment sur mon amant, alors qu’il se donnait encore à moi, puis ses bras rassurants m’ont étreinte et posée sur le côté tandis que je sombrais dans le sommeil, exténuée par nos innombrables cimes d’extase en chuchotant des mots incompréhensibles. Je tourne la tête de l’autre côté et rencontre ses yeux billes noires, aussi expressives que les yeux les plus clairs, transpirant le bonheur. Voir le jour ainsi à ses côté m’emplit d’une sensation que je n’avais pas connue depuis cinq ans : un mélange de sécurité, de bien-être et d’amour que j’avais pensé perdus à jamais.

- N’es-tu donc jamais fatigué ? dis-je sur un ton plaisantin, encore dans les vapes.

Je frôle son dos, alors accessible puisqu’il est couché sur le ventre, du bout de chacun de mes doigts et réalise que le plaisir fut trop intense pour éviter d’autres blessures. Ma paume les « soigne », griffures après griffures, les recouvrant doucement l’une après l’autre. Puis je retrouve ses yeux, les miens pleins de sérénité et d’attachement pour cet homme qui a rappelé la femme en moi.

- Pardon, je me suis endormie, murmure-je, le rose me montant aux joues. C’est un genre d'exercice auxquels je ne suis pas habituée de m’entrainer. Je vais devoir travailler mon endurance.

Un léger rire m’échappe, spontané et terriblement bienfaisant. Puis ma main s’attarde sur sa joue et ma peine refait légèrement surface, comme juste avant notre union. Je réussis à la contenir suffisamment pour ne plus penser au temps qui passe mais simplement aux deux êtres qui m’attendent, probablement inquiets.

- Je dois aller voir si tout va bien à la maison, juste à côté... Les enfants que j’ai adoptés n’ont pas l’habitude que je ne donne pas de nouvelles et doivent se faire du souci. Mais une fois ceci fait, nous pourrons nous perdre dans mes draps si tu le souhaites, dans la rue ou que sais-je... Je ne veux pas perdre une minute avec toi... Je dois malgré tout leur accorder un peu de temps.

J’espère qu’il comprendra et ne m’en tiendra pas rigueur. Et j’espère surtout que Niji et Neji ne réagiront pas mal à la présence d’un Setsu dans la maisonnée. Car je suis loin du drame, ainsi si proche de l’homme que je sais aimer, à présent, pour le temps qui nous sera laissé.


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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Lun 14 Mar - 14:01

Le champ de bataille de la chambrée prise à la hâte et d'un complet hasard était aussi semblable que différent de ceux où les armes s'entrechoquaient. De son expérience au front, le bushi avait apprit à gérer les nuits sans sommeil où le risque des embuscades n'était pas négligeable malgré les traités militaires Impériaux interdisant le combat sous règne nocturne.

Celui qu'il menait avec Saya s'avéra aussi long, les assauts se répétant sans jamais se ressembler dans l'expression d'une imagination, d'une curiosité et d'une passion qu'il n'avait encore jamais ressenti. Dès ce premier soir, à la légère lumière lunaire que laissait passer un ventail entrouvert, il ne voulait plus rien ignorer du moindre centimètre caractérisant la jeune femme. Il en honora chacun d'eux de ses attentions et elle se défendit admirablement bien.

Aucune des courtisanes de Birei ou même des guerrières avec qui il avait partagé sa couche par le passé ne lui avait offert pareilles fusion et résistance. Malgré tout le respect qu'il leur devait, l'héritière des Chizuru les évinçaient sans le moindre mal et de sa simple présence. Il n'était même pas la peine de comparer sa force durant cet ébat.

Mais elle fut rattrapée par la fatigue malgré tout alors que le Volcan la surplombait dans son dos en l'alimentant de ses traitements doucereux et qu'elle se trouvait couchée sur le ventre. La prise de conscience de l'état exténuée de son amante ne le renfrogna en aucun cas. Il s'installa à ses côtés et la détailla ainsi, plein d'admiration et de bien autre chose, un fait nouveau dont il ne connaissait rien.

Son affection était tout naturellement allée vers cette dernière, comme bien d'autres avant elle, mais cela allait bien plus loin alors qu'il la parcourait de son regard. Elle lui paraissait la plus rare des richesses, si bien qu'il en était presque honteux qu'un rustre comme lui ait pu ainsi poser ses mains sur l’œuvre naturelle qu'elle était. La fatigue et la léthargie n'avaient plus leur place alors qu'il se délectait de voir la lumière changeante de la nuit sur la surface de la belle.

Tantôt, il ramenait une des mèches de l'assoupie derrière l'une de ses oreilles afin d'en libérer les traits, et lorsqu'elle roulait sur elle-même , lui présentant son dos et se découvrant par la même occasion de leur drap commun, il rabattait ce dernier sur ses épaules, sans rien perdre à la cascade de ses cheveux de la plus pure des encres. Bientôt, la lumière devint de plus en plus généreuse à mesure de la passion qui animait le guerrier des flammes.

Celle ci n'était pas uniquement faite de désir, mais aussi du besoin simple qu'on ne lui arrache jamais l'image de cette femme merveilleuse. Son sourire avait laissé place à une expression d'humilité face à la Saya endormie et à mesure que les minutes passaient doucement, elle prenait possession de son cœur aussi bien qu'elle l'avait fait de son temps d'éveil en s'offrant si pleinement à lui. Le temps passa sans qu'il ne puisse le suivre, tout absorbé et pensif qu'il avait été jusqu'alors.

Ses traits reprirent leur habitudes chaleureuse quand les paupière de la Samouraï s'ouvrirent sur ses prunelles. Les lignes du visages de cette dernière sont éclatant d'une révélation étrange. Elle le regardait sans la moindre honte, pleine d'une affection toute particulière. Elle s'autorisa un trait d'humour dont il fut heureux qu'elle le prenne ainsi, car échaudé par la plastique généreuse de sa compagne de jeux d'adultes, il avait craint après coup qu'elle ne le prenne pour un simple débauché.

Il ne peut s'empêcher de rire à ses remarques pareils à de drôles de compliments au vu des flatteries qu'elle exerçait de la pointe de ses doigts. Il devinait sous le draps les formes de la jeune femme auquel le Soleil qui avait déjà franchi son zénith donnait une nouvelle identité et que l'épéiste brûlait de découvrir sous ce jour nouveau. Mais une triste pensée fugace passa derrière les iris azurés et le premier Amadotsu craignait d'en connaître la nature.

Elle détourna cela en direction de sa famille, mais il n'était pas dupe sur le propos. Il glissa alors vers elle, l'enroulant de ses bras et réduisant à rien l'espace les séparant, provocant le contact de leur peau et un nouvel élan de désir qu'il laissa de côté pour parer au plus urgent. Il parla d'un ton serein, le roulement de son accent atténué par le peu de voix qu'il mettait dans le flux de ses mots, dû principalement à leur promiscuité et par l'intimité qu'il concevait pour elle :

Notre instant débute tout juste, Saya, que ton esprit s'égare déjà vers l'aboutissement de ce dernier. Jusqu'à la dernière minute, comme un rêve éveillé, je me refuse pour ma part de laisser l'idée d'une fin s'immiscer entre nous. Je veux vivre chaque moment avec toi comme si ma vie ne devait durer plus que ce temps côtes à côtes et qu'une fois séparés, je rejoindrais mes ancêtres dans la demeure de leurs esprits. Mais pour parvenir à cela, pour ne pas en venir à m'imaginer que ceci puisse se terminer, j'ai besoin que tu puisses en arriver à la même pensée et que nos âmes puissent s'accorder comme nos corps l'ont fait cette nuit…

Ces derniers mots ne purent l'empêcher de sourire et de laisser un petit rire s'échapper. Il passa sa main derrière son propre crâne pour se frotter la tête, l'air un peu gêné et il ajouta, plus distinctement :

Je ne veux pas t'ennuyer… Ni m'imposer dans ton existence et je serai impardonnable de séparer ces enfants de ta personne.

Son regard se rouvrit et ses pupilles s'égarèrent légèrement sur le menton, puis le cou délicat de la lancière. Et puis sous les draps, contre lui, il pu distinguer sous la nouvelle lumière du jour la poitrine de l'héritière des Chizuru. Aucune maîtrise qu'il eut acquise jusqu'à cet instant ne lui permit de l'empêcher de déglutir ni s’attarder ses yeux sur cette nouvelle perspective qui s'offrait à lui.

Lorsqu'il parvint à arracher ces derniers des lignes caractérisant le corps de la belle et qu'il la regarda en face à nouveau, ses propos n'étaient plus aussi assurés et sa vigueur, plus bas, trahissait totalement son état par un éveil trop flagrant :

Ah… Mais, ces enfants, ils ne peuvent pas déjà savoir que tu es de retour, non ? Les aurais-tu prévenus de l'heure de ton arrivée, prévoyant que tu t'offrirais à un guerrier éperdu ? Une minute de plus… De moins… Hum…

Aucune innocence ne pouvait se glisser derrière ces paroles déguisées et il en fut particulièrement honteux comme l'affichait son visage.


Il traînait légèrement la patte derrière elle à présent. Revêtu de ses atours, recoiffé et débarbouillé, le bushi n'en avait pas moins l'air penaud. L'après midi naissante s'était très largement avancée vers le début de soirée à cause de lui. La vision du physique de la guerrière révélé par le grand jour avait eut un impact trop fort, cette redécouverte l'ayant poussée à imposer l'inversion de l'agenda décrit par Saya qui avait bien du concéder au caprice du Setsu au vu du désir qu'il avait affiché et qu'une partie de sa personne avait exprimée de façon particulièrement sensible.

Pour autant, elle n'avait pas eu l'air de lui en vouloir, bien au contraire, ce qui eut pour effet de rassurer l'épéiste sur le chemin qui les menèrent à la demeure de sa compagne. Néanmoins, une autre faim que celle des promesses affectueuses de son amante se rappelait à lui déjà depuis un certain temps. Ils n'avaient pas mangé depuis longtemps déjà… Et si le sommeil était une chose qu'il maîtrisait malgré les efforts les plus intenses, la fringale du Volcan était un fait que personne ne pouvait ignorer, quoiqu'il puisse faire, à l'entente des grondements qui émanaient de lui.


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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Ven 22 Avr - 16:36

Jamais je n’ai connu pareil rire, qui transmet la joie et la lumière, chassant les doutes et les peines. Avant de me répondre, il glisse vers moi pour m’enlacer et j’ai, quelques instants, peur qu’il pense que je le fuis ou que je ne veux plus de lui. Mais il n’en est rien, il me rassure simplement, m’orientant à nouveau vers le début de notre histoire et non vers la fin.

Profitant de son étreinte et de ses mots doux, je comprends son malaise d’avoir tant envie de moi encore qu’il en oublie mes responsabilités. Mais il a bien raison : Niji et Neji ne savent pas que je suis sensée rentrer ce jour, encore moins à quel moment de la journée. Sa gêne me fait sourire, puis rire légèrement, alors que je le sens prêt à tout m’offrir encore une fois. Le regard emplit de tendresse, je me retourne sur lui, couvrant son torse de baisers, souriant et remerciant les Kami de m’avoir fait rencontrer un tel homme. Et je m’autorise, en rencontrant une centième fois ses lèvres, à m’abandonner encore à lui pour profiter du temps présent.

***
C’est presque avec regret que nous nous sommes rhabillés et avec gêne que j’ai croisé le regard de l’aubergiste, me rappelant avec quel empressement mon amant m’avait entrainée dans le bâtiment pour laisser son désir prendre possession de nous deux. Puis finalement, c’est avec le sourire que j’emmène Kodan dans ma demeure, heureuse qu’il découvre où je passe mes jours mais aussi heureuse qu’il rencontre ceux qui partagent ma vie. Je tapote sur la bordure de la porte et souris encore lorsque j’entends le vendre du Géant de Feu gargouiller. Il est vrai qu’il fait faim. J’entre sans pudeur, puisque le code est annoncé et personne ne nous accueille dans l’entrée dans un premier temps, après mon timide « Tadaima ». Surprise, je retire mes chaussures et invite Kodan à faire de même pour entrer puis Niji nous coupe la route, apparemment pressée.

- Ah ! dit-elle, stupéfaite puis s’inclinant. Okaeri, Saya-san !

Je frotte sa tête pour la saluer et lui sourit, contente de la retrouver après plusieurs semaines d’absence.

- La maison est propre, tu as bien travaillé.
- Neji m’a beaucoup aidée, vous savez ? Et j’allais préparer...

La jeune fille se fige lorsqu’elle aperçoit notre invité du soir et, pour la première fois depuis que je l’ai recueillie avec Neji, je vois de la peur dans ses yeux. Une peur viscérale, qui lui fait oublier ses bonnes manières.

- Où est-il d’ailleurs, Neji ? dis-je pour faire passer le traumatisme et la faire penser à autre chose.
- Dans le... dans le jardin, je crois.
- Okaeriiiii, Saya-saaaan ! entend-on soudain, en même temps que des pas qui courent vers nous.

Le garçon a traversé la maison avec hâte, content que je sois rentré. C’est d’abord la même expression que son visage démontre lorsqu’il s’arrête net devant Kodan. Puis la colère prend le dessus et il ne perd pas de temps à donner de l’élan à son bras pour attaquer le Samouraï, aidé de son jô d’entrainement. Mes réflexes et son manque d’expérience me permettent d’attraper l’arme et de lui retirer des mains, le poussant de ma paume en arrière.

- C’est un Setsu ! hurle-t-il, sans me laisser le temps d’expliquer.
- C’est un invité, dis-je fermement.
- Non, Saya-san ! Il faut que... on ne peut pas...
- Il suffit !

Il respire mal et oublie tout ce que je lui ai appris dans l’art de la maîtrise de soi. Niji aussi, toujours paralysée, attend la suite de mes paroles.

- Cet homme est l’invité de la famille Chizuru. Aucun écart de conduite ne sera toléré. Vous n’avez pas à offenser ceux qui viennent ici, Setsu ou pas Setsu. Est-ce que c’est compris ?

Niji se ressaisit et s’incline très légèrement pour s’excuser, sans pouvoir parler pourtant. Neji a plus de peine et son regard passe du mien à celui du Samouraï, jusqu’à ce que je demande la suite.

- Niji, pourrais-tu préparer le repas pour tout le monde ? Nous irons faire des courses pour demain si nécessaire.
- Il... il y en a assez. J’y vais ! dit-elle, investie de sa mission.
- Neji, vas t’installer à côté, nous arrivons de suite. Et... prépare tes excuses.

Il fronce les sourcils, contrarié de ne pas pouvoir dire le contraire. Je soupire, lassée de constater qu’ils ont eu exactement la réaction que j’imaginais. Me retournant vers Kodan, le visage attristé, je lui adresse quelques mots sans trop lui en dire pour le moment.

- Je suis désolée, il ne t’attaquera plus. Si tu veux bien commencer par un thé puis par le repas, je t’expliquerai pourquoi ils réagissent comme cela. Et j’espère que tu pourras leur pardonner, ils sont de merveilleux enfants. Je suis certaine qu’ils t’apprécieront. Je le souhaite, en tout cas.

Il me semble que le temps s’arrête lorsque nous nous installons à la table carrée de la pièce à manger et que Niji, pour commencer, nous sert du thé, encore tremblante d’émotions. C’est un silence insoutenable qui nous fait du mal et je veux lever ce malaise dès que possible car je ne souhaite pas que Kodan fuie cette maison. Je prends une inspiration, après avoir mangé à ma faim et avoir laissé le Samouraï faire de même.

- Ko-san, je te présente Niji et Neji. Ils sont amis, viennent du même village et n’ont pas de nom de famille. Je les ai rebaptisés lorsque je les ai accueillis ici, environ un an après la mort de Katsuya. Leur village a été détruit, entièrement incendié par des Setsu. Ces derniers ont été anéantis, en partie par Okaruto, en partie par ton Clan pour que justice soit rendue. Ils sont les seuls survivants de ce drame... et portent les séquelles de cette attaque, autant dans leurs souvenirs que sur leurs jeunes corps.
- Sa... Saya-san... dit Neji, les poings serrés sous la table. J’aimerais partir... puis-je sortir de table ?
- Non, tu ne peux pas, réponds-je simplement.

Tout son corps se tend, scandalisé que je raconte ainsi son histoire à quelqu’un, qui plus est à celui qu’il considère comme la personnification d’un Clan ennemi. Je le sais grandement affecté par la situation mais j'aimerais enfin qu'il comprenne que tous les Setsu ne sont pas comme il le pense afin d'adopter enfin une philosophie pacifiste, comme le veut notre Dame.

- Après les avoir réconfortés, continue-je, Niji m’a demandé d’apprendre à tenir la maison et Neji a voulu apprendre à la défendre. Après leur avoir enseigné la lecture et l’écriture, je leur ai donc enseigné ces deux arts. Et ils s’occupent de la demeure lorsque je ne suis pas là, depuis l’année passée, sans l’aide d’aucun servant. Je suis très fière d’eux. Et je te prie d’excuser leur comportement. Ils ne te connaissent pas et ont oublié que le Feu peut être la lumière, avant d'être la destruction.

Je m’incline plutôt bas pour des excuses sincères mais surtout pour montrer aux enfants qu’ils nous ont tous mis dans l’embarras. Du coin de l’œil, je vois Niji, les larmes aux yeux, s’incliner à son tour. Neji, en proie à la révolte, fait un petit effort, voyant que je fais, moi aussi, preuve d’humilité. J’attends alors finalement la réaction de Kodan, auquel je n’ai pas laissé beaucoup de place et qui, j’espère, comprendra la situation. Si c’est le cas, alors, il ne descendra pas du piédestal sur lequel je l’ai placé depuis le début de notre aventure.


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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Mer 27 Avr - 11:12

Au premier abord, la maisonnée paru vide, l'annonce de leur arrivée par Saya n'ayant provoqué aucune venue à leur rencontre. Le bushi ne put cependant pas s'attarder à visiter les lieux du regard qu'une jeune fille fit irruption de nulle part, manquant de peu de percuter son guide dans son empressement. Leur retrouvailles furent chaleureuses à la vue attendrie du guerrier des flammes qui se changea en surprise à l'expression qu'il ne pu manquer sur le visage de la jeune fille lorsqu'elle le distingua enfin.

Le sentiment qui se dégagea des prunelles de cette dernière ne lui était pas inconnu, mais il ne l'avait jamais vu dans d'autres yeux que ceux qui avaient contemplé sa rage dans bien d'autres domaines qu'une demeure de ce genre. Non, cela allait au-delà même de la peur face à la mort. Il se souvint de l'expression de l'un de ses gens, un jour lointain où on avait fait témoigner devant lui un paysan terrorisé au plus haut point et prétendant que sa ferme était hanté du yorei de son ancêtre.

Être ainsi décris par des iris semblant si pur le choqua profondément et il n'en fut soustrait que par les gestes et les mots de Saya. Pourtant, rien dans ces derniers n'expliquaient ce qui venait de se produire, laissant le samouraï interloqué et inquiet. Puis on entendit l'accueil et la venue d'un jeune garçon, d'abord heureux de retrouver l'onabugeisha, puis prit de la même indicible crainte qu'avait montré sa consœur, déstabilisant à nouveau le Volcan, prit d'une incompréhension totale.

Néanmoins, ce dernier n'en resta pas là, son épouvante laissant place à une hire qui lui fit commettre un geste fou en attaquant l'épéiste d'un jô qu'il avait entre les mains. L'assaut, aussi plein de hargne qu'il était, n'alla pas chatouiller les instincts défensifs du bretteur qui s'apprêta simplement à attraper l'arme à main nue, le rapport de force ridiculement en sa faveur.

Mais ce geste ne lui appartint fort heureusement pas, Saya ayant prit les devants et jouissant de meilleures réflexes qu'il n'avait lui-même, désarmant l'agresseur et le repoussant dans un enchaînement étrangement gracieux, mais d'une efficacité impressionnante. L'héritier des Kiyooki se mis en retrait de l'échange qui s'en suivit, plus tout à fait certain d'être le bienvenu chez celle avec qui il voulait encore tant partager pourtant.

De ce qu'il pu comprendre, le problème venait de sa loyauté au clan des flammes, dont il ne portait que de rares indices d'appartenance. Le môn des Setsu était absent de ses vêtements de voyage, préférant rester aussi anonyme que possible pour ne pas éveiller les vieilles rancunes claniques. Seuls ses armes brillaient des décorations et des couleurs propres à celle des disciples de Moegami. Que le dénommé Neji et la petite aient pu les distinguer si vite démontrait un certain talent d'observation… Ou un traumatisme terrible.

À cette pensée, il perdit le fil de la dispute qui lui faisait front, l'héritière des Chizuru outrée du comportement des siens vis à vis du guerrier. Ce ne fut que lorsqu'elle les envoya prendre congé et se retourna, désolée pour présenter ses excuses au nom des deux enfants qu'il revint à la conscience de son environnement. Heurté dans son amour propre, il ne répondit qu'en opinant du chef à l'invitation de celle qui représentait tant à ses yeux, ainsi que de sa proposition à éclaircir cette situation pénible.

Il avait parfaitement vu ne rien avoir à pardonner à ce garçon et à cette fille dans leurs regards, quand bien même était il fier de  ses origines et aurait il pu sentir son honneur bafoué face à ces agissements. Kodan souhaita rassurer son interlocutrice, qu'il n'y avait pas de mal et qu'il ne tiendrait aucun grief au bambin, mais ses mots moururent dans sa gorge, plus affecté par ce qui venait de se produire qu'il ne voulait bien le croire.

La vérité tenait dans le fait qu'il se sentait sali, que cette colère et cette peur aurait pu entacher le reflet qu'il voyait de sa personne dans les prunelles de la lancière. Et le silence dans lequel ils finissent par se retrouver alors qu'ils s'attablèrent ne parvint en rien à lui faire changer ses esprits. L'ambiance de plomb qui fut sur le repas parvint même à freiner les appétits légendaires du bushi, qui fut tout juste capable de donner le change à son entourage.

Il bénit enfin Saya lorsqu'elle brisa le mur invisible qui les écrasait tous de sa voix, débutant de lui présenter les siens et fut très rapidement choqué derechef lorsqu'il apprit leur origine, ignorant qu'un précédent avait eu lieu entre Okaruto et son clan, provocant la perte du village des deux orphelins. Le fait que ce furent des actes dissidents ne l'aidant en rien à digérer la nouvelle.

La présentation eut beau se poursuivre sur des faits bien plus légers qui ne firent qu'embellir l'aura de la guerrière aux yeux du Nordique, il n'en fut pas moins affecté pour autant, laissant une poignée de minutes se passer une fois les excuses demandées à nouveau avant de prendre enfin la parole, non sans s'être massé d'abord la jonction de son front et de son nez :

Je me nomme Amadotsu Kodan, héritier des Kiyooki de Kazan, humble serviteur de Setsu Gekido-sama et de son père avant lui. Je suis honoré de faire votre connaissance, Niji-chan, Neji-kun et vous présente dans un temps premier mes remerciements de veiller sur Saya-san, dont l'existence m'est plus cher que ma propre vie. Dans un second temps, au nom de Setsu, c'est à moi de vous présenter mes plus sincères excuses.

Il ponctua ses mots, posant ses mains sur ses genoux et s'inclinant avec une profonde humilité avant de poursuivre solennellement :

Sumimasen, Niji-chan, Neji-kun… Les miens n'auront pas su parvenir à temps pour éliminer notre propre lie et vous épargner votre destiné. La honte est sur mon clan d'avoir compté dans ses frontières de tels êtres et le fait de les avoir retiré du monde, à l'aide des valeureux guerriers des brumes, n'est qu'une maigre consolation et je peux comprendre que cela ne puisse suffire à vos yeux.

Kodan se releva alors, le visage brûlant de conviction lorsqu'il continua, fixant du plus profond de ses prunelles sombres les iris des deux jeunes gens :

J’accepte votre colère, mais il n'est nulle crainte que vous puissiez avoir à mon propos. Neji-kun, m'attaquer tout à l'heure ainsi, me tuer ne pourra jamais me permettre de réparer les tords du passé. Vous êtes la famille d'un être qui symbolise à l'heure actuelle mon unique raison d'être, je ne peux vous voir autrement que comme au moins aussi important et à ce jour, je ne peux que vous promettre que je gagnerais votre pardon et ne serais jamais une menace pour vous.

Son sourire illumina alors ses traits :

Allons, vous n'avez pas à vous faire pardonner quoique ce soit à mon égard, seulement d'avoir pu incommoder celle qui vous a recueillie, ce que vous regrettez déjà bien assez, j'en suis certain. Neji-kun, ton coup était habile et je comprends la fierté de Saya-san à ton égard, je te serais gré de poursuivre ton apprentissage afin de pouvoir protéger cette femme précieuse entre toute à mon coeur, lorsque je serai amené à rentrer dans mes terres.

Il pris un carré de tissu marqué du môn de sa famille, tiré de son obi et le tendit à la petite tout en ajoutant :

Niji-chan, je suis navré de t'avoir fait peur. Prend ceci et retires ces larmes de ton doux visage. Une cuisinière de ton talent devrait être fière de ce merveilleux repas. L'hôte que je suis est honoré pour ces mets délicieux dont tu es l’artisan.

Enfin, il se dressa sur ses appuis sans se lever, mais ne paraissant pas moins grand pour autant, englobant la compagnie de la flamme de son regard pour terminer enfin :

J'espère que nous saurons passer cela ensemble. Car voyez vous, je suis prêt à tout pour que Saya-san m'accepte à ses côtés le temps que nous jugerons nécessaire à… Nous connaître. Je prie les Kamis qu'elle me voit comme je la voit, mais si cela est le cas, je ne veux pas l'obliger à nous faire quitter cette maison pour que nous puissions vivre ce que nous souhaitons vivre ensemble.

Je ne pourrais pas être plus affecté que je ne le suis par ce qui vous est arrivé et tout ce que vous pourriez faire à présent serait de la blesser, elle, non moi. Et de ce fait, je suis certain que nous sommes tous d'accord pour dire que nous n'en voulons rien. La chose est-elle entendue ?


Pour dernière expression, il leva un sourcil interrogateur, son sourire ayant retrouvé sa place sur ses traits dans un masque de connivence.


L-M-M-J-V-S-D

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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Sam 30 Avr - 15:44

Mon souffle se coupe lorsque mon coup de foudre parle enfin et c’est dans ce nouveau contexte que je découvre une part de l’homme qu’il est. Bien que resté calme, je le sens affecté par la réaction violente des enfants et je perçois dans ses excuses la profonde humilité dont il fait preuve en face des deux bambins traumatisés par les siens. Niji et Neji l’écoutent attentivement, non sans craintes et plutôt surpris qu’un Setsu ne soit pas seulement violent et incendiaire. Mon garçon écarquille les yeux lorsque le Samouraï du Feu s’excuse platement des agissements de son Clan, tandis que son amie continue de verser silencieusement de chaudes larmes de soulagement.

Puis c’est à moi d’être émue alors qu’il raisonne Neji des mêmes propos que j’avais utilisés des années durant sans réussir à soigner la plaie béante de son cœur. Le Volcan Apaisé, sans pudeur, partage le lien qui m’unit à lui et tout l’amour qu’il ressent à mon égard, acceptant les enfants et leur promettant de gagner son pardon. Le sourire du Setsu, surprend Niji, qui place sa main sur sa bouche pour contenir timidement sa trop grande émotion. Le garçon ne se contente que de ne pas réagir quand Kodan lui intime de s’entraîner encore pour protéger notre famille. Tremblante, la jeune fille saisis le morceau de tissu, reniflant pour tenter, comme demandé, de contenir ses larmes.

Se redressant, il n’en finit pas alors de clamer sur un ton rassurant toute l’affection que nous nous portons et que nous souhaitons nous apporter, au sein même de ce foyer. J’ai envie de sourire, de chérir ses compliments et cette déclaration publique, à mon sens. Mais voyant que Niji s’apprête à parler, je n’exprime rien, curieuse et inquiète de ce qu’elle pourrait dire. Cependant, Neji lui coupe presque la parole ; embarrassé et gêné, il est encore habité par la colère et je me prépare à le reprendre encore s’il va trop loin.

- Je n’ai pas besoin qu’on me dise de continuer à travailler pour le faire. Saya-san nous a sauvés, la protéger n’est pas une option pour moi, c’est un devoir. J’ai une dette éternelle envers elle ainsi qu’envers Katsuya-san, qui m’a laissé la place d’homme dans cette nouvelle maison. Et... je ne suis pas prêt de...
- Neji... dis-je sur un ton évocateur.

Il pose alors bruyamment sa main sur la table et se redresse, s’inclinant, sans cette fois demander la permission de partir. Je ne tente pas de le retenir mais soupire de lassitude face à une attitude si bornée. Puis, étonnée que Niji s’avance vers nous plutôt que rejoindre son ami dans le jardin, je lui laisse la place de s’installer en face de Kodan. Elle s’incline bassement et se redresse, retrouvant un sourire discret mais sincère.

- Vous avez raison, Amadotsu-san. Vous tuer ou imaginer de le faire ne changera rien et ne nous ramènera pas nos familles respectives. Puis ce n’est pas vous qui avez commandé l’attaque ou qui y avez participé. Ainsi, vous n’avez rien à vous faire pardonner non plus.

Elle caresse un instant le symbole Setsu du bout des doigts, soupirant de soulagement, puis recommence à parler.

- Il faudra du temps à Neji pour vous pardonner mais je suis certaine qu’il le fera... Car si vous aimez Saya-san, notre précieuse mère d’adoption, et que vous la rendez heureuse, alors il ne peut pas nous être fait de plus beau cadeau. Son sourire a été le plus beau geste de tendresse qu’elle a su nous donner, il a guéri nos blessures.

L’émotion est trop forte et je ne peux me retenir de prendre la petite dans mes bras. Ces enfants m’ont toujours rendu l’amour que je leurs donnais mais jamais Niji n’avait fait preuve d’une si belle ouverture et d’un si grand partage de sentiments. Je la serre, probablement trop fort contre moi, mais elle rit en me rendant mon étreinte. Alors que nous nous délions, elle se lève, emplie d’une nouvelle source d’inspiration pour son travail et pour la suite de la journée.

- Hajimemashite, Amadotsu Kodan et bienvenue dans la famille Chizuru. Je continuerai de vous faire à manger, des choses si délicieuses que vous ne voudrez plus partir ! Mais si malheureusement vous devez le faire... alors je placerai ce symbole près de l’autel de Katsuya-san pour me rappeler de vous et vous adresser mes prières. Car vous êtes la troisième personne en Yokuni qui a su guérir mon âme.

Elle rougit, sourit à pleines dents et finit par rejoindre Neji dans la cour derrière la maison. La joie sur mon visage, je regarde alors mon aimé avec toute la tendresse du monde. Et sans dire un mot, je passe mes bras derrière sa tête pour l’étreindre à son tour.

- Kansha shiteimasu, Ko-san.

Je voudrais dire encore tant de choses mais tout est chamboulé en moi et je n’ai qu’une seule envie, celle que j’accomplis sans attendre.

- Que dirais-tu de visiter la maison ? dis-je doucement après avoir déposé un doux baiser sur ses lèvres. Je pense que certaines pièces aimeraient connaitre ta chaleur...

J’ignore si c’est le bouleversement ou simplement mon désir de lui qui me fait le vouloir autant, alors que tout n’a pas été facile dans cet échange avec les enfants. Mais il a su en apaiser un sur deux et le temps fera son effet sur le deuxième. Caressant finalement sa joue et l’invitant à se relever en attrapant ses mains, j’attends sa réponse avec impatience.


[HRP : je te laisse venir me voir si tu as des questions sur la maison en elle-même. Smile]


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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Mar 3 Mai - 20:53

Il ne s'était pas attendu à un consentement immédiat ou une entente cordiale instantanée. Ces jeunes gens avaient subit des choses terribles et ses simples mots ne pourraient rien y changer. Cependant, sa seule promesse était de vivre l'instant avec celle que son cœur venait de choisir contre toute logique et tant qu'on leur en laisserait l'opportunité, il ne souffrirait d'aucune concession. Il aurait été illusoire de penser qu'il pourrait les compter à sa cause après ce premier échange.

Saya fut l'arbitre qui jugea qu'il allait incessamment dépasser les bornes dans la tournure de ses propos, Kodan l'en remerciant silencieusement, car le geste le confortait dans le fait qu'ils pensaient tout deux la même chose et que leur relation ne pouvait souffrir d'aucune interférence au vu du temps qu'on leur accordait. La réaction du garçon ne fut pas une surprise et ne provoqua qu'un léger recul de lassitude de la part du bushi des Volcans.

Cependant, celle de Niji en fut une particulièrement surprenante, presque consolée, rassurée, ses mots n'allèrent que dans le sens de ceux qu'il avait lui-même prononcés. Cela aurait du le mettre en joie, le remplir d'espoir, mais en réalité, il fut choqué par sa manière de discourir, sa façon de se tenir et la maturité dont elle faisait preuve. Ce n'était pas là les attitudes et les termes qu'une si jeune personne pouvait employer.

Elle avait le droit d'avoir peur de lui, de le craindre pour ce qu'il était et de se montrer perdue comme Neji avant elle, rebelle. La lancière parut touchée, réchauffée par l'intervention de la jeune fille et par respect pour cette dernière, le samouraï des flammes fit tout pour ne rien laisser paraître de son trauma. L'étreinte que son aimée offrit soudainement à la petite fut l'élément salvateur qui le sorti de ses noires pensées, l'atmosphère s'était réchauffée et le rire sincère qu'elle eut entre les bras de l'héritière des Chizuru concordait pleinement avec ce qu'elle était : Une enfant.

Il fut sincèrement touché par l'annonce de bienvenue qu'elle lui fit enfin et de l'honneur qu'elle lui ferait en faisant de son brocard le souvenir de son passage en ces murs. Lorsqu'elle s'enfuit auprès de son frère d'adoption non sans lui avouer ce qu'il était parvenu à faire pour elle, il manqua de s'effondrer subitement, ses forces lui échappant face à l'émotion qui le gagnait.

À nouveau, Saya lui vint en renfort, brisant la distance affective et physique qui les séparait en présence des deux bambins, son expression évocatrice de sa reconnaissance pour ce qu'il venait d'accomplir à ses yeux et d'un brasier signifiant tout autre chose. Les derniers vestiges d'inconfort qu'il aurait pu entretenir suite à cette conversations tombèrent de façon immédiate. Peu importe le lieu où il pouvait se trouver, il se sentait chez lui auprès d'elle et c'était tout ce qui lui importa alors lorsqu'il passa ses bras autour de sa taille et que le guerrier laissa place à l'homme aimant.

L'invitation qui suivit n'avait rien d'innocent, même les images qu'elle utilisa allèrent à l'encontre de toute bienséance, mais la chose était parfaitement inutile entre eux et il se sentait tout à fait prêt à lui offrir ce qu'elle désirait derrière le prétexte d'une simple visite.

Néanmoins, alors qu'il se leva, aidé en cela par celle qui prenait de plus en plus de place en son cœur et qu'il l'enserra contre lui et l'embrassant à nouveau pour attiser le feu qui l'habitait déjà, il ne put s'empêcher de revenir sur ce qui venait de ce produire, persuadé qu'elle ne pouvait souffrir d'ignorer la moindre de ces pensées. Il plaqua son front sur celui de la guerrière des Okaruto et ses mots furent prononcés doucement pour qu'elle seule puisse en profiter :

Je suis désolé pour eux, Saya-san… Il n'est nulle chose que je pourrais retirer à ce que j'ai dis à l'instant à ces derniers. Je ne pensais pas les acquérir à mes propos malgré tout et en un sens, la réaction de Neji m'a semblée la plus normale et je ferais tout mon possible pour qu'il ne souffre pas de ma présence et que nous puissions ensemble vivre ce que nous désirons tout deux. Niji… Dans le corps de cette fille blessée s'est éveillée bien trop tôt une adulte… Et je trouve injuste qu'elle n'ait pas pu jouir de son statu infantile à cause de renégats que mon clan n'aura pas su juguler.

Il retomba un court moment dans la mélancolie de ce que termes amenaient, mais il se reprit à sourire radieusement lorsqu'il poursuivit :

J'étais déjà persuadé d'avoir rencontré une femme exceptionnelle avant d'entendre les mots de cette petite et ceux de ce garçon. Je le suis d'autant plus à présent alors que mes oreilles bourdonnent encore de leur reconnaissance à ton égard et du rire de cette enfant. Le cadeau dont elle parlait… Je prie de parvenir à leur offrir. Il ne fait aucun doute que je remplis la première partie de celui-ci tant mon âme est claire à ce sujet, quant à la seconde... Je ne peux m'en remettre qu'à ton unique jugement.

Si proche, il ne pouvait rater la profondeur du regard de sa vis à vis et lui indiqua par ses propres traits qu'il était tout à fait amené à entrer dans son jeu à présent et il en vint par conclure d'une voix pleine de douceur et d'une certaine espièglerie :

Enfin, je serais enchanté d'explorer ta demeure, bien entendu, pour y apporter toute la chaleur que tu jugeras nécessaire.

Son accord donné, elle ne fut pas longue à le sortir du salon ayant accueillit leur repas, mais de la visite, Kodan n'en vit que très peu, car dès le séant de la pièce franchi, il tira la lancière contre lui, fusionnant ses lèvres aux siennes dans un fougueux baiser, rendant difficile leur progression au sein de la demeure que Saya devait connaître par cœur pour leur éviter d'échouer contre un mur ou bousculés par un meuble.

Leur avancée était ponctuée du retrait d'un élément de leur parure, si bien que le bushi fut plus concentrer sur la ceinture de la belle que de la disposition de sa cuisine, de l'aider à le faire se séparer de son haut de kimono et de redécouvrir les merveilles embusquées sous celui de l'héritière des Chizuru. Elle les mena entre quatre murs dont il ne savait rien lorsqu'ils glissèrent maladroitement sur les tatamis, s'emmêlant les jambes.

Une fois au sol, leur rire de concert attesta du choix que le destin avait fait pour eux, le premier Amadotsu se laissant rouler sur le dos puis surmonter de sa compagne entièrement dévêtue dont il prit prise sur ses reins tandis qu'elle provoquait déjà la réunion de leur être.

Et dans l'ignorance totale de la nature de la salle dans laquelle il pouvait bien se trouver, subjugué et entêté par la beauté et l'odeur de son amour des brumes, il l'accompagna dans une nouvelle danse dont il savait devoir rester discret pour ne pas intriguer ceux qui partageaient le même toit. Cela n'entacha en rien son enthousiasme, laissant les expressions de plaisir remplacés par des souffles qui l'étaient tout autant finalement.

Chaque instant passé avec elle, depuis leur rencontre, au travers leurs ébats, lors de cette réunion auprès des siens, autour de cette table, jetait de plus en plus de combustible nourrissant la flamme qu'il éprouvait pour elle, de telle façon qu'il la sentait déjà vertigineuse et sentant de la même manière qu'elle pouvait encore croître pour l'éternité. Et c'est mû par ce sentiment qu'il s'engouffra de nouveau avec elle dans les affres de leur passion dévorante et paradoxalement cette fois ci, particulièrement silencieuse, ce qui ne fit qu'accroître encore une faim qui lui paru alors insatiable.


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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Lun 9 Mai - 21:45

Mon amant calme mes ardeurs mais je ne peux qu’apprécier le genre d’échange qu’il m’offre de suite après ce bouleversement. Il a fait tellement pour eux en si peu de phrases... et je le sens perturbé par la maturité dont Niji a fait preuve. J’écoute toute sa motivation et son envie de parvenir à leur offrir plus encore, le temps qu’il sera là et me délecte de cette joie assez nouvelle pour moi, dans ce contexte familial. Heureuse, mon sourire suit le sien et, plus vite que je ne le pensais, il entre dans le jeu dont j’ai lancé la partie il y a quelques minutes.

Bien que je l’entraine en dehors de la pièce pour lui faire découvrir ma demeure, je suis profondément convaincue que la visite des murs passera après la visite de nos corps. Et c’est ce qui arrive, puisque Kodan m’attire contre lui pour m’embrasser fougueusement. Ravie, je tente de nous guider vers ma chambre après être passée dans toutes les pièces sans vraiment le faire exprès, trop occupée par nos déshabillages en plusieurs étapes. Répandant nos vêtements partout dans la maison, nous finissons quasiment nus arrivés dans la pièce à rêves. Une chute sans douleur, un rire plein de bonheur et je m’unis à lui, comme toutes les autres fois, sans hésitation.

C’est dans un intime silence que nous prenons encore une fois plaisir à nous découvrir, connaissant chacun un peu plus de la personnalité de l’autre. Rien ne calme nos ardeurs et notre faim, tant qu’une bonne partie du soir s’écoule. Je me blottis contre mon aimé pour entamer la nuit lorsque nous entendons une petite voix gênée.

- Pardon de vous déranger, Saya-san. J’ai trouvé des effets un peu partout dans la maison... Je les rassemble devant votre porte pour que vous puissiez en disposer demain matin, si besoin. Je préparerai le petit-déjeuner pour votre réveil. Oyasuminasai.

La légèreté des pas de Niji ne permet pas d’entendre si elle a filé, seule la lueur des lanternes éclaire le papier de riz de la porte. Je ris légèrement, gênée à mon tour qu’elle ait retrouvé tout cela. Mais contente que la situation devienne plus concrète. Le temps n’a pas d’importance. Kodan aura compté pour moi, il aura compté pour les enfants. Et il comptera peut-être sûrement pour quelqu’un d’autre.

***
Trois jours passent ainsi et chaque seconde est précieuse. Celles où nous nous réveillons d’une courte nuit mais à la sortie de laquelle un magnifique repas nous attend. Niji, tient sa promesse et se surpasse vraiment, au point de me faire goûter des choses qu’elle n’avait jamais préparées encore. Les secondes aussi où nous regardons Neji s’entrainer à l’extérieur, ardemment, et où je me permets de le corriger pour qu’il maîtrise mieux son arme. La maisonnée prend vie, le regard du jeune garçon également et il tolère petit à petit un peu mieux la présence du Samouraï du Feu, bien que ce ne soit pas encore le grand amour. Mais probablement finiront-ils par s’apprivoiser.

J’y pense avec le sourire alors que nous inaugurons, avec Kodan, la première sortie en Kasu. Prétextant d’aller chercher quelques vivres pour le repas du soir, cette balade a surtout pour but de faire découvrir Okaruto à mon hôte. Je l’emmène donc dans l’une des ruelles les plus animées en cette période de l’année, une allée marchande très fréquentée et représentative des lieux que j’ai pu fréquenter avec mes parents, enfant, dans ma ville natale. Il me semble alors que rien ne peut m’enlever mon sourire, tandis que je pointe du doigt un étal de sake ou une exposition de toiles aux poèmes raffinés. Je ne me vois pas dans une autre vie que celle-ci... pourtant...

- Chizuru, tu dis ? C’est ça, oui... et moi je suis le cousin de l’Empereur ? s’en suit un rire gras et des bruits de pots cassés.

Personne ne répond à cette provocation mais je devine rapidement quel est le problème lorsque je m’approche de la foule commençant à s’agglutiner autour du spectacle d’humiliation qui se prépare. Poussant les gens sans réelle gêne, m’excusant du regard auprès de mon accompagnant décontenancé, je m’avance alors vers l’homme à terre aux cheveux longs cachant son visage marqué de contusions.

- V’là la demoiselle qui vient à la rescousse ? Ahah ! Quel abru...
- Un problème ? dis-je alors fermement à ceux qui, en apparence, ressemblent à des Samouraï.

Je reconnais les vêtements et l’allure de l’agressé, à moitié appuyé sur son genoux valide mais ne l’aide pas de suite.

- Le problème, c’est qu’il est incapable de se défendre, m’dam Eri, dit le premier avec assurance.

Instinctivement, je place ma main sur la garde de mon nagamaki, accroché dans mon dos. Réalisant que je suis loin de plaisanter avec ce qu’ils font et avec ce surnom, ils ont tous les deux un mouvement de recul. Ils s’inclinent finalement et s’en vont, comme deux mauviettes. J’aide alors le malheureux à se relever, lui redonnant sa canne ; il baisse toujours la tête et je le comprends. Je place son deuxième bras autour de ma nuque pour l’assister afin de marcher jusqu’à la maison.

- Pardon, rentrons... dis-je à mon amant, sur un ton peu rassurant.

Le trajet n’est pas long et silencieux et la rencontre l’est tout autant lorsque nous arrivons à la maison. J’installe le visible inconnu dans la pièce à vivre et vais chercher de quoi le soigner après avoir invité Kodan à s’asseoir également. Lorsque je reviens, l’agressé a penché sa tête en arrière, révélant son visage, apparemment intrigué de voir un homme chez moi. Sans faire encore attention à l’ambiance étrange, je m’assieds à côté du blessé et ouvre le haut de son kimono, sans pudeur et sans retenue.

- Montre-moi, dis-je doucement.
- C’est bon, ils ne m’ont pas poignardé...
- Montre, je te dis...
- Saya !

Surprise qu’il utilise mon prénom si fermement, devant un inconnu pour lui, je m’arrête d’abord et mon air déterminé laisse place à l’inquiétude lorsque je vois la coupure sur sa lèvre inférieure.

- Ce n’est rien de grave, calme-toi, dit-il en caressant ma joue.
- Pourquoi tu ne t’es pas défendu ?
- Allons bon... fais au moins les présentations. Je ne me rappelais pas que tu étais si impolie.

Fronçant les sourcils car je le soupçonne d’éviter le sujet, je soupire finalement et introduis cette partie de moi que le Samouraï Setsu ne connait pas encore.

- Pardon, Ko-san... Je te présente Chizuru Hayate, mon frère. Je t’en ai parlé sur le trajet. Et les ennuis de ce genre sont assez récurrents. Il évite de se défendre, prétextant qu’il a mal au genou mais...
- Et qui est donc cet invité dont tu n’es pas décidé à me dire le nom ? dit-il en refermant sa tunique.

Tandis que je lui présente Amadotsu Kodan, Hayate s’assied face à lui en tailleur d’une seule jambe, l’autre restée tendue légèrement sur le côté.

- Hajimemashite, Amadotsu-san. Je vous prie de pardonner ma position mais mon genou a souffert par le passé, il est resté un peu rigide... Excusez aussi ma petite sœur, elle ne répond plus d’elle-même lorsqu’on touche à sa famille, particulièrement à mon corps de...
- Pas de plaisanteries ! dis-je fermement, tout de même contente de le revoir après de longs mois d’absence.

Après un rire franc de ce dernier, les enfants viennent saluer mon frère et proposent de préparer le thé ensemble pour l’accueillir, ce que j’accepte. Et pendant que je désinfecte les plaies de mon aîné de quelques minutes, je laisse alors Kodan réagir à l’arrivée pressée de cette nouvelle connaissance. Peut-être aura-t-il des questions... ou peut-être aura-t-il peur lorsqu’il se rappellera que nous sommes jumeaux.


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