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 Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime

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Amadotsu Kodan

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Taisho

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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Mer 11 Mai - 1:15

Elle l'épuisait autant qu'elle le revigorait, il ne s'était jamais offert ainsi et sans limite à aucune autre qu'elle et il lui semblait impossible de se lasser de ses sourires, des éclats de joie dans sa voix, de ses mots de douceurs et des lignes avec lesquelles la nature avait sculptée ses formes. Il la redécouvrait sans cesse, chacun des coups d’œils qu'il jetait et qui la comprenait dans son champ de vision était une nouvelle estampe mettant à bas les œuvres les plus poussées de l'histoire Yokuni qu'il ait pu étudier.

Qu'elle fut en train d'encourager Niji à la cuisine, qu'elle corrige le mouvement de Neji portant son bôken, qu'elle soigna sa chevelure en l'attachant dans un catogan pour se verser dans ses exercices ou qu'elle fusse simplement en train de leur préparer le thé, Saya était l'incarnation de tout ce qu'il avait recherché, sa sensualité émanant d'elle à chaque instant et enivrant le bushi. Trois jours passèrent sans qu'aucun d'entre eux ne pu compter de repos à son besoin d'être au plus près d'elle sans la moindre frontière de tissus venant les gêner.

Elle était l'air qu'il respirait comme l'eau qu'il buvait, le rassérénant autant qu'elle l'éprouvait dans cette faim qu'elle vivait en retour de la sienne. Il ne pouvait être aucune paix à leur passion. Alors qu'elle avisait le ciel depuis l'une de ses fenêtres et les cheveux libérés au vent, plongée dans un rêve tout à fait authentique, le bushi ému par cette image s'était glissé derrière elle, tant absorbée par les cieux qu'elle en avait ignoré son arrivée.

Il l'avait encerclé de ses bras massif autour de la taille et avait posé ses lèvres sur le cou libéré de la belle . Il leur fallut toute leur maîtrise d'eux-mêmes pour ne pas se consommer littéralement devant la lucarne donnant sur la vie de la Cité. Le lendemain, tandis qu'il tâchait de rentrer en méditation une fois ses ablutions accomplie dans la salle des bains privés de la maisonnée des Chizuru, il ne l'avait pas entendu à son tour approcher.

Elle s'installa, entièrement livrée à l'air libre, au creux des jambes croisées du bushi, la seule serviette de ce dernier pour dernier rempart à sa pudeur. Le tissu ne résista pas longtemps à la fougue de la lancière que le bushi n'aurait souhaité retenir en aucun cas. Ils monopolisèrent ainsi la pièce à eau durant une petite heure à se savourer à nouveau.

Le troisième jour ne fit pas exception, toute les excuses pour se retrouver étaient bonnes à prendre et les nuits n'y firent aucune différences, c'était même d'autant plus évident qu'ils étaient réunis seuls dans la même pièce et partageaient la même couche. S'adonner ainsi à tout ces plaisirs n'était pas uniquement mû de la pensé que le temps leur était précieux, car au regard du guerrier des flammes, si les circonstances avaient étés différentes et qu'il avait été un fils de la brume ou elle, une disciple du brasier, rien n'aurait été inégal à ce qu'ils vivaient.

Il l'aimait dans la simplicité de ses gestes, dans la lumière de ses expressions et dans l'odeur qui persistait après son passage. Ces pensés furent les mêmes lorsqu'il la redécouvrit à son réveil, tiré du lit par l'appelle au repas matinal d'une jeune voix et qu'il la recouvrit de tout son être pour l'enlacer et l'embrasser avant de se priver de toute intimité face aux enfants de la demeure.

Ce matin, ils se préparaient à leur première sortie, une visite programmée de la Capitale des brumes éclairée généreusement par Dame Soleil. Il s'était vêtu du plus anonyme de ses kimonos afin de ne pas piquer la curiosité du premier venu, mais il n'avait pas quitté son daisho pour autant, car ça aurait été rejeter sa nature, ce qu'il avait déjà du mal à préserver en repoussant le jour où il rejoindrait son domaine et ses obligations.

Il ne pu détacher ses iris de son âme sœur qui rayonnait à la lumière du jour dans un épanouissement soulignant la perfection de ses traits tandis qu'ils évoluaient entre les rues de Kasu. Néanmoins, le temps s'arrêta presque lorsque fut prononcé le nom de la famille de l'être chéri entre tous par des voix porteuses d'un mépris si grand que la main du samouraï du feu tomba instantanément et inconsciemment sur le pommeau de son katana.

Se rendant compte de son geste, il se fit violence pour se détendre et suivant son âme sœur qui ouvrait la voie de plus en plus brusquement, se tournant vers lui, désolée de se montrer ainsi à ses yeux. La colère du Volcan n'aurait su être plus grande que des malandrins ait pu pousser la plus précieuse chose qui lui ait accordée tant d'attentions dans un état comme elle eut alors.

Le long de l'échange, il resta en arrière, mettant des années d'apprentissage du contrôle de soit au service de la rétention de l'explosion de rage que les vauriens alimentaient en lui sans lui adresser un regard. La chose fut d'ailleurs la bienvenue, car il sentait le sang lui monter aux tempes et ses veines tambouriner à la surface de sa peau, ne devant ainsi donc pas rendre un spectacle des plus aimables à son entourage.

Le premier Amadotsu bouillonnant était prêt à bondir si un seul de ces piètres ères osait ne serait-ce que lever le ton contre l'héritière des Chizuru. Il n'eut cependant pas à agir, car la lancière parvint sans mal à gérer la situation, intimidant ces guerriers de bas étages rabaissés à frapper un homme à terre pour s'affirmer. La scène fut rapidement vidée des malotrus et le Kazanien laissa s'échapper la tension qu'il avait accumulé en un souffle.

Saya porta secours au violenté et invita le bushi du Phénix à rentrer dans le même mouvement. Le chemin du retour à la demeure de l'onabugeisha supportant le blessé claudiquant se fit sans mot dire et une fois arrivé à la demeure de la belle, le Setsu s'installa non loin de leur nouvel invité sans le quitter de ses prunelles de charbon. Son amante alla chercher de quoi soigner le pauvre garçon qui découvrit son visage dans l'intervalle de cette courte absence de la maîtresse des lieux.

Le choc de voir le masque si identique à celui qu'il aimait si intensément sur ce corps amoindri et masculin lui fit écarquiller les yeux et la suite de la scène surnaturelle qui s'ensuivit lui échappa totalement tant il fut abasourdi. Il ne revint à la réalité que lorsque la voix à laquelle il attachait le plus d'importance en ce domaine débuta les présentation d'usage. Leur ressemblance allait jusque dans le ton du jeune hôte sur lequel Kodan se concentra lorsqu'il le salua à son tour.

Leur lien du sang était plus que criant, il sortait du domaine du naturel. L'évidence de leur fraternité dépassait l'entendement. Il avait entendu parler de ce genre d'être sans jamais en avoir encore contemplé de ces yeux, des frères et des sœurs en tout points identiques ou presque, issus de la même grossesse, pointés du doigts par une société qui ne voyait dans leur existence que la frontière brisée de l'homme et de l'animal.

Les iris du bushi passait de l'une à l'autre nerveusement, son cœur démarrant un rythme essoufflant qui manqua de l'écraser sous la panique. Il ferma les paupières, se réfugiant un court instant dans la demeure de son esprit, maîtrisant sa respiration dans un premier temps, puis réduisant les battements qui l'oppressaient. Ses mains se décrispèrent de sur ses genoux et enfin, il rouvrit son regard au monde, sa voix s'échappant enfin des frontières de ses lèvres, sans le moindre accroc ni une once d'hésitation :

Hajimemashite, Hayate-san. Vous n'avez rien à vous faire pardonner des tords que le destin a pu dresser sur votre chemin. Et Saya-san n'a pas à s'excuser de veiller ainsi sur les siens, je lui suis même gré d'avoir agit avant que je ne le fasse. Car je n'aurais pas souffert un instant de plus que l'on ose déshonorer le nom des Chizuru en ma présence. Je ne suis pas prompt à la colère, mais il n'est aucun espoir de me voir magnanime lorsqu'elle est libérée. Le prénom que vos parents auront choisi à votre sœur fut baigné par la providence lorsqu'elle croisa mon chemin, car elle seule est capable de me museler.

Il se leva alors, vint se placer dans le dos de la lancière et posa sa main droite sur son épaule avant de s'autoriser un geste d'une profonde intimité à son égard en l'embrassant sur le crâne à la vue de tous et sans que la moindre gêne ne vienne l'affecter. Il reprit alors la parole, sur ses traits se peigna un sourire radieux adressé à la chaire jumelle de celle qui ne connaissait aucune égale à ses pupilles :

Heureux fut le hasard que nous tombions sur vous et votre situation peu enviable. Il serait de bon ton de ne plus vous masquer derrière le tracas de votre blessure. Saya-san ne peut guère apparaître à chaque fois que vous vous attirez les mauvais regards de… D'ailleurs, pour quelle stupide raison ces cloportes ont ils portés la main sur vous ? Quoique cela ne me regarde pas… Je ne suis ici qu'en qualité d'invité et je n'indisposerait pas le frère même de la femme que j'aime sous son propre toit. Gomenasai, Hayate-san, pour mon outrecuidance.

Il alla alors se réinstaller à sa place, acceptant le thé servit par Niji en lui offrant un visage lumineux, sans faire attention à ce que son aveu d'affection ait pu engendrer sur son auditoire.


L-M-M-J-V-S-D

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Dernière édition par Amadotsu Kodan le Mer 21 Sep - 23:30, édité 1 fois
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Samouraï

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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Jeu 19 Mai - 10:23

Quelques secondes, j’ai peur. Très peur que tous les instants que nous avons partagé avec le bushi s’envolent à cause des superstitions qui ont parfois gâché notre jeunesse. Ces superstitions qui nuisent encore, à certains moments de crise, à la réputation de notre famille. J’ai peur que Kodan bascule de l’autre côté, celui où l’on juge sans connaître, celui où l’on oublie l’affection pour utiliser l’infection et détruire les êtres qu’on estime ne pas autoriser à appartenir à Yokuni. Je crois pourtant au Samouraï et à l’homme qu’il est, à cette personne qu’il m’a montrée durant le temps que nous avons partagé, qu’il soit charnel, verbal ou émotionnel. Je crois en celui qui a su voir la femme en moi et la guerrière que j’ai su devenir avec les années.

Mon cœur s’emballe lorsqu’il ferme les yeux, et semble vouloir exploser lorsqu’enfin il rend la politesse à mon frère, naturellement. Kodan dit avoir voulu défendre notre nom et notre honneur et déclare ouvertement que je suis la seule personne à pouvoir retenir le déversement de sa colère. Surprise de tant de spontanéité en présence d’autres que nous deux, j’ai à peine le temps de jauger la réaction de Hayate que mon amant passe derrière moi et m’embrasse sans pudeur. L’acte est aussi réservé qu’intime car nous avons fait bien plus mais toujours à l’abri des regards. Jamais nous ne nous étions même touchés devant Niji et Neji qui découvrent, pour la première fois, ce qu’ils ont soupçonné tout ce temps sans oser m’en parler.

Mon jumeau écarquille les yeux, autant que les enfants montrent une discrète gêne et, pour la première fois depuis longtemps, je ne sais pas ce qu’il peut penser d’une telle union. Nous avions partagé beaucoup de choses ma moitié et moi mais nos relations amoureuses étaient toujours restées un genre de tabou. Il ne m’avait que rarement parlé des femmes qu’il avait connues et ne m’avait jamais questionnée sur mon bonheur avec Katsuya. Nous nous contentions jusqu’alors de nous consoler et nous soutenir si des pertes survenaient et de nous féliciter si le bonheur montrait le bout de son nez. Hayate écoute pourtant sagement ce que dit mon aimé, contenant un élan de je-ne-sais-trop-quoi et me laissant légèrement rougir à ce geste empli d’amour.

Il suit du regard le bushi du Feu lorsqu’il reprend place et accepte le thé que Niji lui offre en souriant. J’en profite pour imbiber d’alcool un tissu que je place sur la lèvre de mon aîné de quelques minutes, qui tique et repousse ma main instinctivement, me réprimandant d’un coup d’œil. Nous constatons tous les deux que Neji a de la peine à accepter ce que vient de faire Kodan et qu’il se fait violence pour ne pas sortir de table, comme il y a trois jours. Mon frère semble finalement pensif et se décide à répondre à Kodan, sobrement, regardant sa tasse puis le visage de celui qui s’est exposé comme étant mon compagnon. Les joues légèrement rosies, je me tourne en face de ce dernier et écoute attentivement ce que dit mon jumeau, pour le reprendre s’il va trop loin, sa franchise dépassant parfois la limite du tact lorsqu’il est contrarié.

- C’est un honneur de savoir qu’un Samouraï des Flammes veuille ainsi défendre les intérêts des Chizuru, dit-il en s’inclinant légèrement. Et je suis heureux d’apprendre qu’un autre homme que moi respecte Saya autant que je m’évertue à le faire. Il est difficile de passer après Katsuya-san, c’était un homme bon et ma sœur... Enfin, vous connaissez probablement cette histoire.

Je baisse la tête, tandis qu’il boit une gorgée de thé, pensant très sincèrement à l’homme qui m’avait sorti de conditions difficiles en voulant m’épouser.

- Il y a bien longtemps que je ne compte plus sur ma moitié pour me défendre, Amadotsu-san. J’avais d’ailleurs décidé de le faire en voulant suivre la voix qui est la vôtre et la sienne mais le destin en a décidé autrement. Aujourd’hui, je ne peux que marcher et développer le sens du commerce que nos parents nous ont transmis. Mais je n’ai pas arrêté de me battre pour autant. Isamu-dono a continué de m’instruire, bien qu’il ait pris ses distances. Et bien que je n’aie pas le droit de porter le katana, je sais faire taire les simples emmerdeurs irrespectueux comme ceux-là...
- Hayate ! ne puis-je m’empêcher de réagir à sa grossièreté.
- Ne fais pas l’innocente, coquine, tu étais la première à les traiter de...
- Chut !

Ma gêne n’est que passagère et est vite remplacée par l’amusement. Le sourire de mon frère m’est précieux, tout comme ses gestes d’affection à mon égard. Il saisit ma main, sans pudeur non plus, un air rassuré sur le visage.

- Vous ne m’indisposez pas le moins du monde lorsque vous me questionnez sur les intentions de ceux qui nous font du mal. Au contraire, il y a bien trop peu de monde qui cherche à nous comprendre, nous jumeaux... Et je ressens toute la tendresse que vous éprouvez pour ma sœur, au-delà même de vos propos évocateurs. Pour votre immense tolérance, laissez-moi vous remercier comme il se doit.

Il s’apprête à se lever pour aller chercher quelque chose mais je fais de même, l’invitant à se rassoir, un visage autoritaire mais taquin.

- Ce n’est pas le moment de faire des affaires... reste sage, veux-tu ?

Il rit, une main derrière la tête pour souligner son embarras. Je soupire et ris également, discrètement, le laissant continuer sur ses véritables remerciements.

- Pour répondre sérieusement à votre question, dit-il plus calmement, Saya et moi sommes embêtés depuis petits à cause de cette différence. Elle en parle peu... et moi aussi car il ne sert à rien d’argumenter sur quelque chose qui ne changera pas. Mais la vérité est que nous avons souvent été amenés à ce genre de situations, toute notre enfance. Et les rôles étaient inversés, à l’époque, puisque ma cadette s’est retrouvée à plusieurs reprises acculée de coups et moi de même en tentant de la défendre.

Tous ne possèdent pas l’intention que vous avez de nous connaitre et de nous aimer. Nous nous sommes fait insulter, cracher littéralement dessus, frapper et parfois même blesser sévèrement à cause de notre gémellité. Nos parents ont failli perdre leur affaire, une, deux, trois fois en lien aux rumeurs. Cependant, ils ne nous ont jamais rejetés et nous ont inculqué des valeurs solides sur lesquelles nous appuyer pour nous défendre. Ils se sont accrochés pour vendre leurs produits malgré les on-dit sur notre malédiction.

La beauté de Saya lui a ensuite servi, contre son gré, à développer une autre forme de commerce, la mienne m’a permis de continuer sur la lignée de mes parents en tant que marchand itinérant. Aujourd’hui, au contraire de ma sœur qui a toujours continué à se battre contre cette haine qui pourrait nous envahir, il m’arrive parfois de me laisser aller à la violence... en tant que victime mais aussi en tant que bourreau. Vous m’avez vu dans une piètre position mais si je n’avais pas été défendu par ma moitié, alors vous n’auriez pas porté sur moi le regard compatissant que vous avez aujourd’hui.

Je suis d’autant plus fier de la femme de laquelle je tiens la main. Elle est forte, juste et elle défend ses principes bien mieux que tout autre Samouraï à mon sens. Je peux tout accepter d’elle comme elle a tout accepté de moi, mes forces et mes faiblesses. Je suis vraiment content que Saya ait pu trouver quelqu’un comme vous. Nous nous connaissons encore bien mal mais je peux déjà saisir dans votre façon de parler de celle que vous aimez, que rien au monde ne saurait vous séparer. Pas même l’image dégradante qui nous colle à la peau.


Un large sourire s’étire sur sa bouche et je retiens fortement mes larmes de couler, tant son discours m’émeut. Je n’avais pas entendu mon frère parler ainsi depuis le départ de Katsuya, passer le relais à quelqu’un d’autre pour veiller sur moi et me chérir comme je le mérite à son sens. J’étreins sa main des deux miennes, le regardant d’abord et finissant par l’enlacer pour cacher ces larmes rebelles. Hayate me rend mon étreinte et finit par rire, de son ton mutin comme il en a l’habitude.

- Mais je dois dire que cette proximité peut porter à confusion ! Les demoiselles pensent parfois que je suis déjà amoureux et n’osent pas m’approcher. C’est embêtant... peut-être que je pourrais moi aussi aller voir du côté de Setsu...

Neji tique à ce propos mais fait l’effort de rester auprès de nous, tandis que Niji rigole en servant à nouveau du thé à tout le monde. Essuyant finalement mon visage en rigolant, je glisse sans me relever sur les tatamis pour rejoindre mon aimé, croisant mes doigts avec les siens, posant ma tête sur son épaule, laissant mon aîné contempler mon bonheur, lui souhaitant le même, encore et toujours.


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Amadotsu Kodan

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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Mar 24 Mai - 18:05

Dès les premiers mots qu'il prononça, Hayate fut le deuxième homme que Kodan catalogua dans le registre de ceux qui lui furent les plus détestables. Le premier avait été un homme d'une profonde indignité, un Taisa répondant au nom de Hurodo Mafubu. La différence entre eux deux était des plus évidente et par égard pour sa ressemblance avec celle qui possédait son cœur, ainsi que le fait qu'il ne pensait visiblement pas à mal, le Setsu ne conçu aucunement l'envie de lui passer son sabre au travers du torse comme cette idée lui était passée à l'époque de l'ignominieux officier.

Que ce soit volontairement ou non, le fait de parler d'un homme ayant été autrefois la cible des attentions de Saya, lorsque ce n'était pas elle-même qui traitait le sujet, frappait le bushi des flammes comme autant de coups de poing que l'on lui lançait au ventre, sous entendant qu'il ne serait jamais que le second aux yeux de la belle, fut elle la première de ce genre pour lui. Le nez dans sa tasse, il manqua d'avaler de travers le thé qui s'y trouvait lorsqu'il entendit le sobriquet dont il affubla sa sœur.

Appeler ainsi un être partageant le même sang - sa moitié, coquine - furent probablement la chose la plus incommodante qu'il lui eut été donné d'entendre. Les familiarités qu'ils s'autorisaient ainsi allait bien au-delà de toute les convenances. Que Saya ne le reprenne pas sur ces points fut pareil à un sceau d'eau glacé sur la flamme qu'il avait préservé l'instant d'avant par un baiser qui paraissait à présent pudique face à ce qui se déroulait sous ses yeux.

Le premier Amadotsu tentait de trouver toute les bonnes excuses du monde face à ce qui se produisait devant lui. Il aurait pu être frère, mais sa sœur était morte, emportant sa mère en couche par la même occasion, aussi ne connaissait-il pas ce sentiment qui semblait les unir. Mais il avait connu des fraternité et aucune ne se comportait ainsi. Chaque contact qu'ils s'autorisaient devant lui était une nouvelle lance qu'on lui fichait dans le torse.

Même le sourire de l’héritière des Chizuru fut une agression qui poursuivait d'encourager les mots et gestes qu'ils s'échangeaient. Un tremblement le prit lorsqu'il osa prendre la main de son élue comme si elle était sienne et qu'elle ne l'en empêcha en aucun cas. Il du poser son contenant sur la table pour ne pas le briser sous la pression de sa poigne ni laisser paraître le bouillonnement qui s'insinuait en lui.

Il n'entendait plus les compliments et les remerciements, ses pupilles ne suivaient plus les mouvements de cette famille dont il se sentait exclu, même par le cœur chéri de cette dernière. Le descendant des Kiyooki pouvait donner le change sur la forme que prenaient ses traits, les rendant simplement impassibles, mais il n'eut guère de pouvoir sur son teint, ceux ci devenant livide au fur et à mesure du monologue de l’honni.

Son amour des histoires aurait du l'apaiser à l'écoute du passé commun des deux êtres identiques, mais il n'entendait pas les détails, sinon une phrase que Hayate répétait en boucle :

- Tu n'étais pas là, j'ai vécu ceci avec elle. Nous étions ensemble si longtemps que tu ne pourrais guère soutenir la comparaison de son affection que nous nous portons.

Pourtant, son propos sembla émouvoir le centre de l'univers du guerrier du Nord, au point de faire poindre des larmes à ses yeux. Puis le couperet tomba sur la nuque du samouraï gracié des brasiers lorsqu'ils s'enlacèrent subitement. Le coup fut si lourd autant qu'il fut invisible, tel un pan de mur qui s'était abattu sur lui, le laissant pour sonné, son ouïe saturée par un acouphène le rendant sourd à tout ce qui suivit.

Le trait d'humour du frère fut totalement ignoré, tout comme on ignorait le manque de réaction du Volcan. Plongé dans un cauchemar bien trop réel, Kodan se voyait quitter séant les lieux, demandant pardon de s'être imposé, étouffé par cette proximité à laquelle les Chizuru s'adonnaient. Son champ de vision s'était amoindrit à la limite de la cécité, son ouïe ne transmettait que des écho lointain de ce qui évoluait autour de lui et ses tempes battaient un rythme insoutenable lui compressant le crâne.

Il s’apprêta à s'enfuir, à se lever en sursaut et courir à l’extérieur pour prendre l'air quand il sentit les doigts fins s’emmêlant aux siens. Telle une explosion soufflant tout les maux, le contact propagea une douce chaleur, repoussant les démons qui s'était emparés de lui au fur et à mesure du discours du frère de la gardienne de son âme. Sa respiration prit un cours normal alors qu'elle reposait sa tête sur son épaule, comme si il ne pouvait y avoir d'autre soutien pour cette dernière.

Sa vu se libéra doucement afin de pouvoir admirer celle qu'elle était malgré tout à la lumière de ses iris. Il s'était senti perdu encore un instant avant sa venu, mais à peine arrivée et posée à ses côtés, ce fut un véritable retour en arrière qui se produisit. Les mots qui lui avaient étés adressés furent entendus et compris, le concert de gestes malvenus fut mis sur le compte d'un usage dont il était ignorant, il tenta même de ne plus voir que le bonheur qui s'imprimait sur les traits de Saya.

Mais alors que sa perception était tout juste revenue, elle s'opacifia soudainement. Gêné, il plaça instinctivement son pouce et son index droit sur ses yeux pour y trouver une lourde pellicule humide. Il se sentit déborder intérieurement et tenta de cacher son visage derrière l'étendue de toute sa main, car il lui fut impossible de refréner plus longtemps la vague qui s'était accumulée derrière le masque inexpressif qu'il s'était imposé.

Un maelstrom se déchaînait en son sein, tentant de mettre à bas la confiance et l'amour qu'il portait à cette femme plus qu'en toute autre. Il refusait tout simplement de céder à son propre obscurantisme face à ces attitudes qui n'étaient probablement pas pensés comme il les entendait lui-même, il ne pourrait pas les voir comme anodines, ni les approuver, mais cela ne pouvait pas entacher la force de la flamme qui brûlait en lui pour elle.

Le premier Amadotsu se détacha des doigts mêlés de sa douce, s'excusant d'un simple geste, ramassa son daisho et se leva en silence pour quitter la pièce en direction de la première sortie qui le mènerait vers le jardinet de la demeure. Ce fut tout juste s'il s'autorisa à les saluer pour prendre congé.

Lorsqu'il fut enfin seul, il fit sortir au clair la lame de son katana qu'il dressa à ses côtés en garde hasso no kamae, son sabre tenu verticalement au côté droit, sa tsuba à hauteur de lèvres. Il n'y eut aucune suite à ce kata, car son combat se déroula derrière ses iris, contre un adversaire qui n'était autre que lui-même.


Trois jours passèrent, laissant apparaître le bushi comme un frêle reflet de celui qu'il avait été, se refusant à traiter du pourquoi de son état. Il multipliait les séances de méditations et les exercices, sa voix ne semblant plus vouloir passer le seuil de ses lèvres et son expression fermée sur une profonde colère dont il ne savait plus contre qui elle s'adressait, ce matin là tout particulièrement. Il avait laissé au sol son haut de kimono, son seul hakama noué de son obi pour vêtements, les pieds nus à même les herbes et la terre.

Il ne parvenait pas à énoncer les raisons qui le poussait à se renfrogner ainsi, tout comme il se sentait incapable d'assumer pouvoir se sentir si mal auprès de celle pour à qui chaque battement de son cœur paraissait dédié. La laisser malgré ce qu'il avait vu et l'avait répugné lui était la plus cruelle de toute ses pensées.

Il fendit l'air d'un coup d'estoc, priant les Kamis de parvenir cette fois à trancher le mal qui s'était insinué en lui. Mais aucun apaisement ne vint l'alléger de ses doutes, le rassurer, lui faire passer tout ce dont il avait été le témoin pour normal et chaleureux, que reprenne le rêve et cesse le cauchemar. Que sa haine pour un être qui ressemblait tant à un autre qu'il aimait plus que sa propre existence cesse une bonne fois pour toute.

Il frappa à nouveau le vide, espérant qu'il parviendrait à combler celui qui se creusait en son sein. Il trancha dans le vent… Implorant que quelqu'un puisse l'entendre dans son silence et ne le sorte du trou dans lequel il était égaré sans espoir d'en émerger.


L-M-M-J-V-S-D

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Dernière édition par Amadotsu Kodan le Mer 21 Sep - 23:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Mer 1 Juin - 18:44

Il est des choses qu’on ne saisit pas au premier coup d’œil, qu’on ne peut pas voir, alors absorbés par les histoires. Et ce n’est que lorsque mon jumeau affiche un air ébahit à l’intention de mon aimé que je comprends être passée à côté de quelque chose. Je lève mon regard sur celui de Kodan mais ne le trouve pas, découvrant une expression bouleversée et me semblant apercevoir une émotion bien différente de la fierté, de l’amour ou du confort. C’est les yeux écarquillés d’effroi que je le sens me quitter, physiquement et mentalement, pour se diriger vers l’arrière de la maison sans dire un mot. Hayate me regarde, mal à l’aise et désolé.

- Veux-tu que j’aille lui parler ? propose-t-il, sans savoir quoi proposer d’autre.
- Non, je... je le ferai...

Je tremble d’avoir pu provoquer une réaction aussi intense et parlante que celle-ci. Contente alors de lui présenter mon frère, j’en ai oublié l’homme qu’il était et les principes qu’il pouvait suivre. C’est les larmes aux yeux que je propose ensuite à Hayate de passer la nuit dans l’une des chambres de la maisonnée, le temps qu’il puisse se rétablir pour repartir le lendemain. Et les enfants, autant que le repas de ce même soir, sont silencieux, le guerrier du Feu ne répondant impassiblement que par de brèves phrases, mon jumeau se contentant désormais de me donner des nouvelles de nos parents.

***
Je ne me rappelais pas à quel point l’indifférence pouvait faire mal. À quel point être oubliée de celui qu’on aime pouvait faire saigner le cœur. Notre relation ne durait que depuis quelques jours mais pour moi, elle avait valeur d’années passées aux côtés d’Amadotsu Kodan. Depuis la mort de Katsuya, jamais je ne m’étais sentie si comblée que dans les bras de ce nouvel amour et j’avais réalisé qu’au-delà des attentions physiques, sa présence et sa voix me donnaient enfin l’impression d’exister. Mon mari m’avait sauvée d’une condition difficile et je l’avais aimé... mais rien d’aussi fort que l’amour éprouvé pour le Samouraï du Feu n’avait pu trouver une place dans mon cœur, évinçant même ce précédent émoi, le sens de ce mariage et de mon adhésion dans l’armée.

Plusieurs fois, pendant ces trois jours, je tentais d’engager le dialogue mais l’homme qui m’avait dit m’appartenir le temps de son séjour était parti, à cause d’une énorme erreur de ma part. Et bien que je sois prête à saisir et à juger l’ampleur et l’importance des gestes que j’avais échangés spontanément avec mon frère à présent reparti sur les routes, une terrible frustration venait compresser mon être à m’en faire me lever la nuit. Je regardais alors l’élu de mon cœur dans son sommeil, rêvant probablement de son départ, me rendant folle dans tous les sens du terme. Kodan me faisait, heure par heure, ressasser le passé facile et difficile à la fois dont j’avais été victime, le rejet et l’incompréhension face à quelque chose, encore une fois, que seul Hayate pouvait comprendre.

Mais ce matin, décidée à ne pas reproduire les mêmes erreurs et animée par l’affection infinie que je porte au bushi qui m’a fait fondre pour me glacer ensuite, je m’apprête en tenue d’entrainement avec une intention furieuse de le rejoindre. Nouant mes cheveux, je laisse mon nagamaki de côté – celui qui élimine la haine par la haine – et décide que je ferai justice avec ma naginata – celle qui rétablit l’équilibre. Je rejoins mon aimé à l’extérieur et le découvre torse nu, dévoilant pourtant une expression douloureuse, bien loin des contextes charnels qui nous unissaient jusqu’ici et de leurs passions.

Le manque de chaleur de sa part avait contraint mon cœur à se renfermer, suffisamment pour que je trouve le cran de me placer face à lui, parant de ma lame son coup destiné à l’air. Enfin Kodan semble réaliser que je suis là puisqu’il me regarde. Mais je ne peux pas saisir s’il est surpris ou fâché, frustré ou meurtri. Immédiatement, ma gorge se noue de lui faire face ainsi et je contiens un premier sanglot avant de contrôler ma respiration dans le but de lui parler le plus calmement possible.

- Gomene... Ko-san...

Je pensais pouvoir tenir mieux que cela mais les larmes montent déjà à mes yeux. Baissant la tête pour les cacher, je ne peux que parler à l’aide d’une voix tremblante, dépassée en tant que femme par le lot d’émotions que je souhaiterais voir déborder du Samouraï plutôt que de moi.

- Ne m’as-tu pas dit que le temps passé ici était précieux ? commence-je sur le ton du reproche. N’ai-je pas assez exprimé mes sentiments et ma crainte de te voir t’en aller ? Pourquoi rester ici si tu m’en veux tant, en m’imposant ce mur impassible, en oubliant même de me regarder alors que tu ne jurais que par moi ces premiers jours ? Pourquoi...

Non, je ne veux pas que cela tourne ainsi. Serrant le poing, je le cale sur mon front comme pour mieux réfléchir, sans pouvoir calmer le trop plein de tristesse.

- Je suis désolée, Kazan Chinsei-ka, d’avoir osé montrer à l’homme dont je suis tombée amoureuse la portée de mon affection pour mon frère. C’était déplacé, j’en prends conscience... Mais comprends, je t’en prie, qu’il est la chair de ma chair et l’a été de longues années. Mes parents sont tout pour moi, au même titre que Hayate l’a été et l’est encore. Et quand mon défunt mari a proposé de m’extirper de ma condition, je lui en ai presque voulu de m’arracher à eux, de me voir autrement. Ils sont tout... Chizuru n’est pas qu’un nom ou un honneur. Ils sont les seuls à m’avoir vu souffrir du rejet et de l’indifférence, blessure ancrée jusque dans mon corps. Alors pardon s’ils le connaissent par cœur, pardon...

J’essuie mes larmes par principe, sachant très bien que je ne pourrai pas les cacher. Cherchant le courage de la bushi qui est en moi, je saisis fermement ma lance et abat la lame sur la sienne ; le coup est paré avec aisance, évidemment, puisque mon but n’est pas de le blesser. Au moment où je m’avance vers lui, regardant ses yeux intensément car plus sûre de moi, je veux lui faire comprendre qui est la femme à qui il s’est offert.

- Ne te ferme pas ainsi à moi, Ko-san. Il y a des punitions que je mérite mais certainement pas celle-ci. La femme que je suis n’a qu’une parole et si je t’ai dit et montré tout ce que je pouvais être, dans les moindres détails, c’est que je t’estime bien plus que n’importe qui. Ça m’a surprise, ça m’a fait peur, oui. Mais j’ai voulu que tu me fasses croire au futur, à l’amour et au plaisir parce que tu es le premier, entends-moi bien, le premier à me faire cet effet. Tu es le premier à m’avoir traité ainsi, le premier à m’avoir touché de cette manière.

Et que Katsuya me punisse de dire cela alors que l’autel qui lui est adressé se trouve dans la pièce adjacente au jardin... Mais si je t’avais rencontré avant lui, avant toute chose, peut-être me serais-je enfuie avec toi au pays des flammes pour te laisser me consumer à ta guise. Ne te rends-tu pas compte à quel point tu es important ? À quel point tu as investi cette maison, mon corps et mon cœur ? Que j’enlace mon frère n’y change rien, ce n’est pas lui que j’aime d’amour mais toi.

Je ne sais pas comment fonctionne ton cœur mais le mien grandit au fil du temps. Je me pensais capable de n’aimer que ma famille, puis est arrivé l’amour de chair et du combat, qui n’a fait qu’enrichir le précédent. Et sont arrivés ces enfants qui m’ont aussi offert un autre type de bonheur. Je ne t’aime pas moins parce que j’aime Hayate. Au contraire, j’étais heureuse de te faire voir cette part de moi, tout comme j’étais comblée de voir que les enfants acceptaient ta présence.

Tu es mien et je suis tienne, telle est ma promesse, le temps que tu resteras. Mais si Amadotsu Kodan est un homme renfrogné qui répond par « oui » ou par « non », alors je ne peux pas accepter ça, je ne peux pas !


Un coup de lame part en largeur, que mon aimé pare également. Et je ne souhaite qu’une chose en cet instant : qu’il me touche avec ses mains, avec ses mots pour m’expliquer ce que je ne peux exprimer à sa place. Me rendra-t-il mes coups, je ne sais pas. Mais ce sont encore des larmes de colère, de tristesse et de solitude qui me font attendre sa réponse, le cœur battant, la prise sur le manche de ma lance prête à repousser toute forme d’attaque.


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Amadotsu Kodan

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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Jeu 2 Juin - 23:38

Elle se révéla alors face à lui, vêtue pour le combat et prête à ce dernier, aussi bien celui des armes, le prouvant en se glissant contre sa garde, joignant sa naginata au fer de son katana dont il avait destiné le tranchant à ses démons intérieurs contre qui il ne parvenait pas à avoir le dessus, tout autant qu'un autre duel, au jugé de son expression. Désemparé et désolé de la voir ainsi, s'étant habitué à de tout autres traits de sa part, cela ne suffit pas à déclencher en lui la chaleur qu'il lui avait réservée jusque là, son cœur toujours glacé par l'effroi subit trois jours auparavant.

La détermination de la lancière fut instantanément balayée par une profonde tristesse, mais elle n'abandonna pas là, contenant de façon visible ses émois une lueur de défi visible à la surface ses yeux merveilleux dans lesquels le bushi se retenait de s'abandonner si tôt les eut-il croisé. Elle resta là un moment avant qu'une demande de pardon ne franchisse ses lèvres, mal assurée, la faisant apparaître comme ne tenant qu'à un fil de s'effondrer à terre.

C'était son propre fait, sa terrible faute et il se fustigeait d'en être à l'origine, tant il eut souhaité ne laisser sur elle que la plus douce des sentences. Mais il resta là, certain qu'elle avait beaucoup à lui dire malgré la difficulté qu'elle eut à débuter de le faire. Le premier Amadotsu s'attendait à tout et son contraire à la fois, se demandant si elle n'allait pas le congédier pour son attitude pitoyable, si loin de ce qu'il aurait voulu lui transmettre ou de s'accaparer toute l'indignité de ce qui l'avait conduit à ce mutisme presque total et cette pénible introspection qu'il lui faisait subir.

Ses premiers mots furent pire que des coups qu'elle aurait pu lui porter de sa lance à même sa peau révélée au grand jour, leur justesse aussi précise qu'un trait tiré d'archer expert. Une partie de lui brûlait de rétorquer qu'il n'avait pas oublié ses propos, qu'il ne les nierait pour rien au monde ni ne reviendrait jamais dessus, mais cette part était étouffée sous une épaisse couche protectrice faite de mœurs et d'usages auxquels il ne parvenait pas à échapper.

Paralysé par sa querelle interne, il vit son élue se renforcer, passer du désespoir une colère mêlée d'une insondable détresse pour ne rien lui cacher de ses pensées ensuite. L'héritier des Kiyooki aurait pu prendre peur face à la lumière avec laquelle elle perça la cause de son état, en appelant à la comprendre, tenter de lui exposer la profondeur de ce lien qu'elle entretenait vis à vis des siens, de son frère, des raisons pour lesquelles, si évidentes pourtant, leur relation pouvait être imposante d'un point de vu externe.

Kodan ne put s'empêcher de se renfrogner à ce rappel, accusant un coup de lance qu'elle lui porta sans volonté, mais avec force. Il le para avec hargne, ignorant que son visage trahissait d'une hargne causée par la violente joute que se livraient sa compréhension et son égoïsme à cet instant. Bien vite cependant, elle entreprit un discours qu'elle n'aurait jamais dut avoir à lui tenir, car il n'était pas un mot qu'elle prononça avec lequel il n'était pas d'accord.

Elle ne méritait pas cette attitude, qu'il eut su ou non ne faisait aucune différence. Il savait ne pas pouvoir comprendre la nature de cette affection familiale, mais il se sentait terriblement coupable de ne pas concevoir à quel point celle qu'elle lui vouait était différente et si identique à ce qu'il ressentait de son côté pour elle.

Il se sentit le plus indigne des hommes lorsqu'elle désavoua son premier amour en sa faveur, au point de lui décrire un monde dans lequel il n'y aurait eut qu'eux deux, où les choses auraient pu être différente et où leur lien n'aurait pas eut à s'exprimer pour une période que le devoir finirait irrémédiablement par briser. Chaque terme que sa voix énonce est un écho des pensées du guerrier qu'il n'osait prononcer, chaque syllabes aurait pu être les siennes, sans une unique exceptions.

Elle était tout ce à quoi il avait pu aspirer d'aimer et il se comportait comme un pleutre doublé d'un traître à ce serment qu'ils s'étaient fait. Saya le bouscula si fort alors qu'il s'en retrouva projeté hors de son propre corps, se retrouvant plongé soixante-douze heures plus tôt, à cette table, face à cette démonstration d'un sentiment fraternel que Hayate et elle n'aurait jamais eu en publique. Face à cet acte de pure confiance, il avait choisi de n'y voir que l'entorse à l'étiquette, l'effacement de toute retenue et l'annihilation de la moindre réserve.

Le Volcan à peine comparable à une colline de ce moment s'était senti évincé par une adoration qui n'aurait jamais du pouvoir être comparé à ce qu'il partageait avec celle pour qui chaque battement de son cœur était dédié. Aurait-il pu être présent en deux fois à ce moment, cette partie de lui assistant à sa propre réaction se serait jetée sur la première pour la rouer de coups vengeur de la honte qu'il ressentait à cet instant.

Alors acheva-t-elle son pamphlet, invective, blessée, mais auréolée d'une droiture qu'elle n'avait jamais abandonné, contrairement à lui. Effritée, la gangue qu'il avait conçu autour de lui, pensant se protéger d'un mal qui n'existait pas, explosa sous la fureur que sa flamme ravivée imposait en son sein, comme si cette dernière avait attrapée le manche de la naginata de l'héritière des Chizuru qu'elle eut tendue pour la sortir des abîmes dans lesquelles il s'était jeté seul.

Sa haine s'inscrivit profondément sur ses traits, uniquement dirigée contre l’honni qui se tapissait en lui, il para un second coup de lance, ses dents si serrées qu'il les entendit crisser, sur le point de rompre les unes sur les autres. Et alors qu'il croisa à nouveau les prunelles de la jeune femme, constatant les insoutenables sentiments qu'elle éprouvait, il laissa s'échapper un kiai rageur qu'il accompagna d'un coup vertical, du bas vers le haut, arrachant avec force l'arme des mains de celle qui se tenait face à lui.

La naginata décrivit un demi cercle avant de se ficher à terre, son manche dressé en diagonale vers le ciel. D'un geste sec, il lança Gimu, son katana nommé devoir, rejoindre l'arme d'hast en la croisant et s'enfonçant pour moitié entre les courtes herbes du jardin. Kodan resta un temps à expirer bruyamment, ses pupilles avisant ses propres pieds avec férocité. Mais plus vite qu'il ne fallut pour le dire, il ferma les paupières et inspira si longuement que l'air de tout Yokuni aurait pu se trouver inhalé.

Il fini néanmoins par le relâcher, tout à fait différemment de ses exhalations bestiales précédentes. Lorsqu'il releva la tête, son expression portait en elle une triste mélancolie fusionnée d'une infinie douceur. Le samouraï perdu effaça la distance qui les séparait de deux pas vifs, l'encerclant dans une étreinte subite autant qu'un étau qui empêcherait la belle de s'échapper, car il ne lui ferait pas l'affront d'un simple oui ou d'un ignominieux non et il souhaitait qu'elle l'écoute à son tour, quand bien même n'avait-il pas autant à dire qu'elle ne l'avait fait.

Sa voix ne fut qu'un murmure que ses lèvres placées soigneusement au niveau de l'oreille gauche de la lancière effleuraient :

Je suis tien tant que tu voudras de moi… Même après cela. Tu n'as effectivement pas à accepter ce bushi perclus de traditions stupide, capable d'accepter des êtres reflets, mais par leur affection mutuelle. Je suis navré que tu aies pu avoir affaire à ce guerrier égoïste et possessif qui ne savait pas distinguer la différence de cet amour que tu lui porte et de celui que tu entretiens pour celui de ton sang.

Tu ne mérites en rien ce que je t'ai fais subir, aucune excuse ne peut pardonner ce que je t'ai infligé jusqu'ici. Je ne te demandes pas plus d'oublier cela, car ce démon est en moi, peut ressurgir n'importe quand. Mais j'ai espoir. Ta lance saura le faire reculer comme elle l'a fait, si tu t'en sent le courage. Le temps passé ici est plus précieux que tout ce que j'ai pu être amené à posséder… Et j'en suis déjà à le gaspiller en enfantillages.

Trois jours sont perdus et si j'en crois ton discours, alors tu ne sembles pas prête à abandonner la possibilité de rattraper ces heures que je t'ai volé. Je ne partirais donc pas, ni ne pourrais te tenir rigueur de quoique ce soit sinon de ton sublime naturel et de ta chaleur dont je ne saurais plus me priver. Ces minutes arrachées, je vais te les rendre, puis les faire paraître anodines à mesure de ce que je ferais pour mériter ton pardon.


Il glissa son visage de l'oreille aux lèvres de son aimée, fusionnant les siennes à ces dernières tout en les forçant délicatement pour s'y engouffrer intensément. Puis il desserra lentement la prison de ses bras, non sans remonter le gauche le long de l'échine de la belle, le droit déjà affairé à la libérer de son obi. Le disciple des brasiers n'avait rien perdu de la sublime apparence que sa guerrière possédait dans ses atours martiaux, celle-ci ayant mis à bas le mur qu'il avait dressé, seul rempart de résistance au désir qu'il éprouvait continuellement pour elle.

Les pans du kimono s'ouvrirent alors sur les secrets masqués, l'héritier des Kiyooki élimina le peu d'écart qui subsistait encore entre eux afin de mettre en contact leur deux peaux libérées de l'entrave de tout tissus. Le hakama devenu lâche tomba sans résistance tout en laissant la dernière égide de fibres protéger encore la pudeur de son élue. De sa main à présent libre de toute tâche, il entreprit d'infiltrer l'étoffe en éclaireur, d'en deviner l'entrée des trésors cachés et de s'insinuer à leur rencontre à la pointe de deux de ses index et majeurs liés.

Il se rendait bien compte de son outrecuidance, qu'elle pouvait le rejeter à tout instant, mais il osait le pari fou que si elle avait eu cette volonté de le confronter, c'était dans le besoin de retrouver ce qu'ils avaient débutés de concert depuis leur rencontre. Quand bien même, il n'avait pas le choix si il voulait tenir sa parole de lui rendre ce temps écoulé. Alors elle subirait sa passion et une fois celle ci aboutie, elle pourrait s'offusquer ou le congédier à jamais, il accepterait son jugement, quel qu'il puisse être.

Comme sa sœur déjà affairée plus bas, sa main gauche s’immisça sous les bandages maintenant la poitrine de celle qu'il ne voulait plus que pour amante à présent. Bientôt, ces derniers distendue par ses attentions lâchèrent naturellement, délivrant le buste embusqué et le membre du guerrier qui en flattait les promesses cachées. Le lieu n'était pas propice, même entouré des murs de la maisonnée, le jardin donnait sur les cieux et les Kamis auraient pu être témoins de ce qui s’apprêtait à se jouer sous leur regard.

Ce genre de considération aurait pu freiner les ardeurs de Kodan, mais l'urgence de rembourser sa dette infinie balaya tout soupçon de retenue qu'il aurait pu entretenir. Ainsi, il l'allongea à même le sol sans cesser de l'embrasser un seul instant, ni de désengager ses doigts de leur carcan de chair. De son seul membre auparavant aux soins de la poitrine de Saya, il se soulagea de son propre hakama, prouvant que sa propre vigueur ne désirait plus que ne faire qu'un à jamais avec l'enfant des brumes.

Satisfait de l'état dans lequel il laissait la chambre des plaisirs de l'héritière des Chizuru de par les seuls soins de sa main droite, il en soustrait les tissus la recouvrant. Enfin, se laissant encerclé des jambes de son Univers, le samouraï s'assembla à cette dernière pour ne plus former qu'un unique être. Il ne voulait plus que se trouver seul avec elle, pour toujours et ainsi, dans cet appétit qui les avait caractérisés depuis le premier instant, qu'on les vit ou les entendit, cela n'avait pas la moindre importance à présent.

Plus une seconde n'était à égarer.


L-M-M-J-V-S-D

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Dernière édition par Amadotsu Kodan le Mer 21 Sep - 23:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Dim 5 Juin - 21:08

Je m’attends à tout sauf à une riposte comme celle-ci. L’apparition du sentiment de haine sur son visage me coupe le souffle, au point que son cri balaie toute la confiance dont j’ai fait preuve jusqu’ici sur la suite de notre histoire. Je n’ai pourtant pas le temps d’entrer dans une profonde réflexion qu’il me désarme avec force. Toutes les images de ces longues séances d’entrainement avec le père Kasuga, puis de la continuité de cela par Katsuya, me reviennent à l’esprit tandis que je le vois jeter férocement son arme à terre. Les nombreux échecs qui avaient découlé de mes combats ne mirent jamais à terre ma motivation à entrer dans l’armée et c’est grâce à cela que je m’y trouve aujourd’hui, que j’ai pu rencontrer le Samouraï des Flammes.

Tremblante et craintive de ce qu’il pourrait bien dire ou faire, je reste figée, mes yeux basculant légèrement sur nos lames et revenant sur la cible de mon affection profonde au moment où sa respiration sonne comme la pire des tempêtes. Une irrésistible envie de m’en aller saisis ma gorge nouée, rendant l’air irrespirable bientôt, comme empoisonné de ressentis étranges que je ne sais plus analyser. Lorsqu’enfin il me regarde, mon envie de fuir me fait reculer ma jambe car plus aucune volonté de l’affronter n’est présente en moi. La peur, le doute, la colère et le désespoir m’envahissent à une vitesse inimaginable, tant que même mes larmes cessent de couler pour laisser place à la stupeur.

Mais l’expression de Kodan change et, avant que je ne parte, il me prend dans ses bras, aussi fermement que la présence de mon désir d’aller au loin de tout cela. Le guerrier rappelle celle qui l’aime en moi, son murmure retenant plus d’attention que tous les bruits autour. Le bushi me donne raison et confirme mes propos, me rappelant à quel point il avait été injuste de m’ignorer ainsi, tout en laissant notre couple formé par principe. Je frémis de cette terreur qui me fait trembler lorsqu’il dit que je pourrais être amenée à revivre cela... et je souhaite plus que tout le repousser en lui hurlant un « plus jamais » aussi sauvage et incontrôlé que mes coups précédents. Mais je reste dans ses bras, retrouvant son odeur et sa présence, sa voix timide et son humilité.

Puis la détermination de l’homme qui sut allumer un feu unique en moi refait surface, tandis qu’il me promet de rattraper le temps perdu et de me faire oublier le caractère pénible de ces trois derniers jours. Toute la passion que Kodan a retrouvée m’est transmise par un baiser brûlant. Mais cette chaleur-ci ne me blesse pas, elle répare les torts qui n’ont été faits, panse les plaies béantes dans mon cœur et me fait oublier l’essence même de cette première dispute sur laquelle je souhaite passer l’éponge. Je lui rends les caresses de sa langue sur la mienne, sans lutter puisque je n’en ai plus envie. Il m’offre ce que j’attendais depuis tant d’heures : de l’attention, des excuses et cet amour que j’ai su retrouver grâce à ses étreintes.

Je le laisse lentement me déshabiller, profitant du haut de son corps dévêtu contre le mien et de ses délicieuses câlineries, dont il me semblait avoir pu profiter il y a une éternité, déjà. Ainsi à la vue de toute divinité, je le laisse m’investir de ses doigts pour me préparer à lui, signifiant à mon aimé, par mes soupirs et mes effleurements, que je déclare forfait pour cet affrontement-là. Nous finissons par nous allonger et par ne faire qu’un, ainsi étendus dans l’herbe d’un jardin dont nous troublons la tranquillité naturelle. Je gâte son cou et son torse de baisers, autant que sa bouche et ses mains, lorsqu’elles viennent effleurer mon visage.

Puis bientôt, je m’accroche à mon amant qui comprends que je souhaite qu’il me soulève contre lui. Il porte sans trop de peine mon corps tout entier afin de me déposer délicatement sur l’engawa de la maison, terrasse qui supportera nos ébats. Servant tantôt d’appui pour honorer d’autres positions, tantôt de couche pour de plus simples fusions, nous arrivons petit à petit au sommet du plaisir lorsque, mes jambes de part et d’autre de son corps, je me penche en arrière, prenant la main des allers et venues qui nous entrainent vers la pleine éruption du volcan que nous devenons ensemble, dans ce genre d’occasions. Je laisse un gémissement de contentement m’échapper, discret mais significatif, avant de m’installer sans cesser d’étreindre l’intimité de Kodan avec la mienne.

Après que les quelques instants pour reprendre mes esprits soient passés, mon oreille quitte les doux battements du cœur de mon aimé et c’est d’abord légèrement embarrassée que je dessine avec mes doigts sur son torse, toujours à cheval sur lui.

- Apparemment, il a fallu autre chose que ma lance pour faire taire ce terrible démon dont tu as parlé, celui qui fait partie de toi... Saches que je le chasserai autant de fois que nécessaire.

Je l’embrasse dans le cou, profitant de l’occasion pour cacher mes joues rosies par la situation.

- Ce jardin avait vu beaucoup de choses mais encore pas ce que nous venons de partager, murmure-je à son oreille.

Kodan finit par s’asseoir, m’aidant à me redresser aussi progressivement qu’il grandit à nouveau en moi. Le souvenir me revient qu’il est infatigable. Je souris en croisant ses yeux aimants, sentant à nouveau son désir me contaminer. Douce maladie qu’est l’amour... Plus tôt que le Samouraï ne puisse recommencer à m’investir pleinement, je l’invite avec toute la peine du monde à regagner la chambre, avant que les enfants ne rentrent avec les courses pour le repas du soir. Ce n’est donc que brièvement frustrés que nous ramassons nos vêtements et retrouvons l’intimité d’une chambre aux quatre murs.

***

Je croise le fer – ou plutôt le bois – tout aussi sérieusement mais avec un autre adversaire, deux jours plus tard. Je m’étais excusée auprès de Neji d’avoir négligé son entraînement. Le garçon me pardonna naturellement et m’avait fait promettre de m’y consacrer au moins une heure chaque matin, malgré la présence du « Setsu ». La relation qu’avait entretenu Kodan avec Niji avait été merveilleuse dès les premiers instants et cette dernière lui rendait bien en démontrant un respect incommensurable dans tous les gestes du quotidien que la petite exécute parfaitement. Mon rêve aurait été que les deux hommes du foyer puissent partager une complicité, le petit ayant pour uniques exemples des mâles non-guerriers.

Seulement, la relation s’avérait toujours dure à établir. Neji garde le silence à chaque repas et donne tout ce qu’il a à l’entrainement, ce qui me laisse penser que le garçon spolié a quelque chose à sortir de lui, probablement la haine. Il m’attaque férocement mais chacun de ses coups croise mon bokken en une parade bien peu fatigante pour moi. Je sais que l’aspirant Samouraï aura plus de force que moi car, malgré mes consignes, nous nous battons différemment. Malgré sa jeunesse, d’ailleurs, je remarque qu’il a peu l’esprit stratégique et mise tout sur ses coups bien pensés, au risque de se faire blesser par la fausse lame qui est la mienne. Je danse et esquive aisément ses coups également mais, quelques fois comme aujourd’hui, il manque de me ficher le bâton dans l’abdomen.

Je réussis à attraper le sabre de bois, à l’attirer contre moi et, saisissant fermement le garçon de douze ans sous l’épaule, à le mettre à terre à l’aide d’une prise souvent répétée. Neji frappe le sol et se relève, fronçant ses sourcils de mauvais perdant.

- C’est de la triche, Saya-san ! On n’attrape pas la lame de...
- Je t’ai déjà dit qu’en cas de nécessité, cette technique permet de contrer l’adversaire et de le surprendre. D’ailleurs, cela marche à chaque fois avec toi, fais attention.
- Oui, oui... rétorque-t-il simplement.

Le bokken ayant été lâché dans la foulée, il retourne le chercher et se retrouve figé lorsqu’il aperçoit le guerrier des Flammes, observant attentivement la scène qui vient de se dérouler. Gardant volontairement le silence, je regarde alternativement mon fils adoptif puis Amadotsu Kodan, cet homme que le premier déteste sans raison, sauf celle de la rancœur.


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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Mar 7 Juin - 13:46

En aucun cas elle ne se montra réticente face à ce changement soudain, inévitablement surprise, mais à l'opposée de la joie qu'elle exprimait se trouvait l'état dans lequel elle lui était apparue quelque instants plus tôt, encourageant le géant à se faire pardonner de la plus douce des manières. Revigoré par cet assentiment, Kodan s'en retrouva plus téméraire, la séparant de plus en plus de ses atours afin que ses baisers n'aient pas à rencontrer de barrière.

Bientôt, elle l'anima elle-même de ses caresses, son visage si triste et sombre balayé par la lumière d'une faim qu'elle avait dû terrer au fond d'elle à cause de lui et son attitude et dont elle en libérait toute l'intensité. C'était cela qu'il distingua au milieu des traits chéris rendus euphorique par les traitements qu'il lui infligeait avec douceur : du soulagement. Il la trouva d'autant plus belle alors dans cet espoir qui ne l'avait semble-t-il jamais abandonnée, rendant plus vigoureux le guerrier qui redoubla d'efforts pour honorer sa promesse.

La terre et l'herbe ne paraisse néanmoins pas satisfaire la flamme vivace de la lancière, qui parvint sans mot dire à inviter le Kazanite éperdu à la soulever pour poursuivre sur un sol plus civilisé. Il ne rompt pas une seconde leur lien tandis qu'il la soustrait du contact du sol pour l'emmener sur l'engawa et l'allonger pour moitié par dessus sans desserrer les jambes par lesquelles elle le ceignait avec force.

Le jeu se partage et devient commun, la belle guidant le rythme à son tour dont son désir le rendait effréné. Il ne fallut pas longtemps dans cette configuration pour aller les élever plus haut que le ciel, le samouraï s’engouffrant dans le cou de l'onabugeisha pour émettre son propre soupir de contentement tandis qu'elle laissa un gémissement difficilement contenu s'échapper vers le firmament.

Elle s'allongea sur lui sans briser leur union afin de reprendre ses esprits, mais au regard du premier Amadotsu, elle fut si merveilleuse dans son expression de bonheur que ce fut comme s'il ne l'eut pas dévoré du tout, sa faim laissée telle quelle par ce partage pourtant fiévreux. Les mots qu'elle lui adressa alors ne firent qu'attiser le brasier qu'il entretenait pour elle et la seule réponse qu'il eut alors fut de se redresser, toujours en elle, la flattant de baiser sur le haut de son buste afin de lui signaler qu'il en voulait plus encore que cela.

Il put lire la compréhension et le même appétit revenir dans l'azur profond de ses prunelles, mais elle lui fit comprendre que l'urgence n'excuse pas forcément que la nature assiste à leurs jeux. Bon gré mal gré, ils partirent en quête de leur vêtements sans les remettre pour autant et ils se dirigèrent vers la chambre laissée froide durant trois jours pour y implanter à nouveau l'incandescence qu'ils y avaient instaurée.

Sur le chemin de cette dernière, à plusieurs reprise, l'épéiste souffrit du désir de l'arrêter en pleine course, de l'allonger à même les lattes des couloirs et de la conquérir à nouveau. Seule l'idée que les jeunes gens vivants sous le même toit qu'eux pussent tomber sur une telle situation lui permit de parvenir jusqu'à la localisation souhaitée.

Lorsqu'il passa le séant de la pièce cependant, il en ferma immédiatement la porte et jeta ses affaires pour attraper la délicieuse fuyarde et la ramener à lui pour la faire basculer ensuite sur son futon. Il la recouvrit alors de toute sa vaste personne ne cessant pas de la dévorer du regard alors même qu'il renouait leur entrave de félicité non sans ardeur.

Soixante-douze heures de rétention s'exprimèrent alors, libérés de leur fardeau, leur consomption ne terminant de brûler que très tard le soir même, leur combat reprenant après le repas jusqu'à épuisement et cet insatiable rythme dura deux jours encore d'une passion sans limite. Saya n'eut plus à prouver quoique ce soit quant à l'importance que Kodan revêtait en son cœur et il ne lui fit plus l'affront d'en douter depuis ce jour.


Les bras croisés ce matin là, l'héritier des Kiyooki assistait à la séance d'entraînement de sa bien-aimée et de Neji d'un œil expert. Outre la joie de partager un nouvel instant charnel avec la maîtresse des lieux dès le réveil, la redécouvrant à chaque instant, il avait prit un excellent petit déjeuné et n'avait pas manqué de se trouver attendri des attentions que la petite Niji avait pour lui.

Elle lui avait servi le thé à plusieurs reprise, veillant à ce qu'il ne manque de rien à chaque instant tandis qu'il lui avait frotté le haut du crâne chaleureusement et félicité pour ses talents d'hôtesse et de cuisinière, ce qui n'avait fait qu'élargir le sourire de la jeune fille et encouragée à se révéler d'autant plus efficace qu'elle ne l'était déjà.

Mais si sa relation avec la petite s'était très largement améliorée depuis son arrivée, le cas du garçon était plus compliqué et bien qu'il en aurait fallut bien plus au guerrier des flammes pour entacher son humeur, il sentait la déception de sa mie grandir au fur et à mesure que son fils d'adoption se refusait à tout contact avec lui. Une épaule calée sur un pilier de bois, il voyait avec quelle hargne le jeune homme tentait de mettre à mal son professeur, sans succès.

Cette colère dans ses mouvements n'étaient dédiée qu'à Kodan et il n'en ignorait rien, ce qui l'étonnait le plus était la différence de technique avec laquelle les deux opposants s'affrontait, comme si le style de Saya eut muté entre les mains de Neji. Il lui fallut une grande concentration pour s'arracher à la merveilleuse grâce au sabre de son amante et d'appliquer son observation à l'ensemble de l'affrontement.

Sans grande surprise, le talent de son amour surclassa totalement celui de son élève colérique et bientôt, son bokken virevolta après une prise de la belle, peu orthodoxe selon le bushi, mais dont l'efficacité ne fut pas à prouver. L'épée en bois se trouvant dans sa direction, il pu deviner avant de la voir l'expression de l'apprenti samouraï se décomposer à sa vue sur le chemin.

Le premier Amadotsu fronça les sourcils, particulièrement irrité de cette attitude que l'adolescent avait à son égard. Il ouvrit le haut de son kimono, s'en découvrant et l'enroulant à son obi, puis il se saisi du sabre de bois laissé à terre et s'avança à porté de lame de l'adopté. Il ramena le sori du katana factice sur son épaule, le poing gauche fermé et posé sur sa hanche, il l'interpella alors :

Oy, Neji-kun ! Un bon gempukku se fait vers treize ans. C'est alors que l'enfant devient adulte et un samouraï par la même occasion. Mais devant moi, je ne vois qu'un bambin bien loin d'un tel honneur. Le sabre ne se manie pas par caprice, mais par devoir. Tu en uses sur Saya-san comme si tu souhaitais frapper sa patience plutôt qu'elle même. Ta petite hargne n'a pas sa place dans un combat et te verras défait au moindre opposant si tu ne sais pas la canaliser.

Ses traits changèrent alors, entendu et souriant lorsqu'il les tourna vers son élue afin qu'elle lui laisse prendre les rennes de l'échange, puis il fit retomber ses iris de cendre sur celui qu'il désignait comme adversaire et poursuivit :

Allez. Prends donc le bokken de Saya-san. Le tiens est souillé par ma main à présent. Il est évident que tu nourris contre moi de sombres émotions que mes simples mots lors de mon arrivé ici n'ont pas su éclairer. Alors viens, nous allons avoir une conversation toi et moi.

Il laissa un instant à Neji le soin de comprendre où il voulait en venir, puis d'attraper l'arme d'entraînement tendue par l'héritière des Chizuru avant de révéler une ligne de dents en un masque de défi. Puis il relança enfin, laissant tomber son bras droit le long de son corps, l'autre toujours contre sa hanche :

Si ma seule naissance est à l'origine de ta rancœur à mon égard, soit. Frappe, gaki. Ne retiens plus rien et laisse donc cette amertume s'exprimer.

Il n'en fallut pas plus au jeune garçon pour crier sa rage et ruer sur le volcan qui fut pareil à ce que son surnom laissait entendre en retour. Si Saya avait la grâce éthérée de la brume, roulant sous les coups portés, Kodan était un roc contre lequel on s'abattait. D'un mouvement sec et du seul bras porteur de son bokken, il para sans ciller le premier assaut latéral qui lui fut adressé.

Ses prunelles rivés sur son opposant, il ne changea pas de posture lorsque le second coup arriva, une pointe dédiée à son torse qu'il dévia brusquement en frappant violemment sur le sabre de son antagoniste, le laissant passer sur son flanc gauche. L'épéiste ne fit qu'un pas de côté afin de se retrouver à nouveau de front et ne daigna en aucun cas attraper à deux main la tsuka de sa lame de bois.

Les frappes suivirent et se ressemblèrent, l'avantage que Neji pouvait avoir quand à sa vitesse totalement annihilé par la quasi-absence de mouvements que le style étrange du dernier Kiyooki lui opposait. C'était une économie pure de déplacement, un style pragmatique sans une once de souplesse, direct en tout et pour tout. Le bushi ne donnait pas l'impression de bouger ou presque, répondant simplement à chaque attaque par une parade appropriée, pire, sa réserve évidente d'énergie n'était pas sollicité pour un sous.

Si bien qu'après cinq minutes d'un affrontement n'allant que dans un seul sens et face à un mur uniquement, l'apprenti posa son premier genou au sol tandis que le géant ne subissait pas même les prémisses d'un échauffement. Cela avait été comme si des vagues tempétueuses s'étaient heurtée à une falaise, mais que cette dernière ne semblait pas même leur faire la politesse d'être érodée sous leurs assauts répétés.

Ce fut ce moment là que choisi le samouraï des flammes pour frapper le katana factice de Neji d'une frappe descendante terrible, lui arrachant le bokken des mains et levant la pointe du sien contre sa gorge.

Oy, gaki, Je t'ai dis que tu pouvais me frapper. Ta colère est bien faible finalement si tu ne parviens pas même à m'effleurer. Tu n'as même pas fait honneur à Saya dans ta retranscription brutale de sa technique. Tu n'es pas fait pour cet art, du moins, pas totalement…

Je suis né à Setsu et c'est le crime dont tu m'accable. Mais je suis aussi capable, aux côtés de l'être que nous aimons tout deux, de t'ouvrir les voies de ton propre kenjutsu. Vois où tes illusions te mènent, laisses les s'échapper et imagine ce en quoi je peux t'être utile. Il s'agissait là d'un aperçu de la technique de l'acier virevoltant, mon hagane towaringu-jutsu. L'as tu vu virevolter ?


Il laissa sa question un instant en suspens et se tourna vers son amante après avoir ramassé le sabre dont il avait désarmé l'enfant et le rendit à sa propriétaire légitime. Puis il fit deux pas en arrière, s'inclina face à elle et se mis dans une toute autre garde que la position nonchalante qu'il avait entretenue le long de leur combat. Attrapant la tsuka de son épée factice de ses deux mains cette fois, il adopta une garde basse, ses appuis écartés en posture du cavalier. Ses traits lumineux, il demanda à son unique d'une voix joviale :

Saya, m'honorerais-tu de cette danse ? M'aideras tu à dévoiler à Neji le guerrier que je suis, bien au-delà de toute considération pour mon clan ? Je lui montrerais à mon tour quelle duelliste tu es en réalité et par dessus tout cela, ce que nous pouvons, de concert, lui offrir.


L-M-M-J-V-S-D

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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Ven 10 Juin - 16:32

Je découvre une nouvelle expression sur le visage de mon aimé, elle s’apparente à la colère et j’appréhende légèrement la réaction de Neji face à cela. Il me faut malgré tout contrôler mon envie de ne regarder que le bushi du feu qui retire nonchalamment le haut de son kimono en s’approchant, après avoir ramassé le bokken pour provoquer le gamin par un enseignement justifié. Je vois le garçon se crisper ; il voudrait bondir, mordre cet être infâme devant lui et l’anéantir d’un seul geste. Mais il sait que cela ne fonctionne pas comme ça, alors il écoute et passe parfois ses yeux sur moi, comme pour attendre que je le défende. Je n’en fais pourtant rien et laisse mon aimé apprendre à Neji ce qu’il souhaite lui transmettre, avec la force et la rigueur d’un homme.

Tendant le bout de bois à mon fils d’adoption, je hoche la tête pour l’encourager et recule de quelques pas, heureuse de découvrir le défi dans les yeux de Kodan, espérant que son attitude lumineuse pourra ramener sur la bonne voie cet enfant traumatisé. Ce dernier se heurte rapidement à un mur et c’est l’air attristé que je constate qu’il a oublié ce que je lui ai appris sur l’art du combat. Si la colère pouvait alors se matérialiser, Neji en serait l’incarnation. Ses coups sont imprécis et complètement inefficaces face au Volcan qui se dresse devant lui. Je me rappelle notre duel et me souvient la force dont peut faire preuve mon amant, particulièrement avec son arme imposante de prédilection. La technique est différente au bokken mais ses appuis sont toujours stables, inflexibles face aux assauts bourrus du débutant.

Je soupire en voyant que l’élève se fatigue en cinq petites minutes et me fais surprendre par une petite Niji toute émerveillée d’admirer les capacités de son ami. Un plateau de tasses en terre cuite dans les bras, elle souhaite nous proposer une pause en nous offrant du thé vert et des gourmandises. Je ne dis rien mais lui demande de patienter d’un signe de la main, le temps que le véritable affrontement se termine. À mon sens, il est davantage mental que physique, bien que le garçon se fasse désarmer si facilement que j’en suis vexée qu’il n’applique rien de ce que je lui ai enseigné. C’est la haine que je vois dans ses yeux, une haine qui transforme le peu d’innocence qu’il lui reste en réel traumatisme, tandis que le Samouraï lui fait une dernière leçon par les mots. L’arme d’entrainement dans mes mains, je souris à la proposition du bushi, me rappelant encore une fois notre premier affrontement et la tournure qu’il avait prise.

Je me place alors plus sérieusement face à lui, m’incline et arbore, moi aussi, une posture à deux mains. Beaucoup moins à l’aise avec un katana qu’avec ma lance ou mon nagamaki, je sais dès lors que l’affrontement va être instructif, autant pour nous que pour Neji. Il s’en va toujours fâché vers sa sœur d’adoption, ne lui adressant aucun regard alors qu’elle lui sourit en disant que ce n’est pas grave de perdre pour le consoler. Une grande inspiration et je pousse sur mes jambes pour fondre sur mon adversaire, toujours aussi statique. Au contraire du bambin, mes gestes sont contrôlés, empêchant la fatigue de survenir trop vite et, malgré les parades efficaces du Volcan solide, je manque plusieurs fois de faire glisser ma lame en bois sur son flanc, derrière ses genoux ou dans son cou, zones difficiles à protéger avec une simple lame.

Ne pouvant pourtant pas tenir mon sabre comme une lance, je suis moins à l’aise et manque moi aussi de me faire avoir par les rares attaques en hauteur que j’« oublie » de parer, faute d’avoir un manche long à faire tourner sur lui-même. Mes esquives cependant me permettent d’échapper à des coups puissants terminant dans la terre et créant des ouvertures sur lesquelles je me jette à coup de bokken ou de pieds. Il est impossible de déterminer qui a l’avantage, chacun ayant ses points forts et ses points faibles et je réalise que si un jour le combat nous réunit, notre complémentarité mettrait à terre de nombreux ennemis. Cette idée me fait sourire et nous terminons cet affrontement sur une égalité nette, mon bout de bois renversé sur sa nuque et le sien imitant un coup dans le dos. Nous nous sourions et nous inclinons après nous être remis en position puis je me retourne vers Niji, illuminée de surprise.

- Sugoiiiiii, Amadotsu-san ! C’est la première fois que je vous vois vous entrainer avec quelqu’un de si doué, Saya-san ! C’est incroyable, Neji, tu ne trouves pas ?

Le garçon a baissé la tête et je me sens, d’un coup, extrêmement contrariée par son attitude immature. Alors que je fais deux pas dans sa direction pour le reprendre, la jeune fille se penche dans l’espoir de voir le visage de son ami mais ce dernier, incontrôlable, tape sa main à plat sous le plateau, faisant rebondir le tout dans les airs. L’une des tasses frappe le dessous du menton de Niji qui, plus surprise qu’endolorie, place ses deux mains en lâchant un « aïe » soudain. Neji écarquille les yeux et tend la main vers elle, enfin conscient de son erreur alors qu’il aperçoit les autres récipients renversés sur le sol.

- Neji ! dis-je par réflexe.
- Go... gomen, Niji, je...

Un bruit fort retentit et j’en ai le souffle coupé d’assister à ce genre de scène dans ma propre maison. La petite, les larmes aux yeux et la main tremblante, choquée par la propre gifle qu’elle vient d’asséner à l’apprenti, sort à son tour toute sa colère.

- Tu es complètement insupportable ! Regarde où ta haine des Setsu te mène, tu deviens comme eux ! D’abord tu les détestes et ensuite quoi ? Tu iras brûler leurs villages aussi ? Amadotsu-san a raison, tu ne peux pas devenir Samouraï ! Les Samouraï ne détestent pas, ils servent avec honneur ! Et tout ce que tu sers à l’instant, c’est... ta propre... ce sont tes propres conneries !

Stupéfaite, je vois Niji partir dans la maison, la main sur le petit hématome qui se forme sur sa mâchoire. Le garçon, encore la tête tournée sous l’impulsion du coup, sers les dents quelques secondes et s’en va aussi vite, traversant la demeure pour ne pas revenir de suite. Je soupire alors, me retourne vers Kodan et souris, gênée par l’attitude de ces deux jeunes gens qu’il me semble avoir élevés autrement.

***

Après quelques soins apportés à Niji, je propose de faire moi-même le repas du soir, sans partir à la recherche de l’adolescent. Je sais que la faim le ramènera à la maison et cela ne manque pas. Assis alors tous les quatre autour de la table, le silence devient pesant et, tandis que je m’apprête à reprendre ce qu’il s’est passé, Niji prend la parole.

- Saya-san, puis-je sortir de table ? Je me sens fatiguée...

Je hoche la tête, l’air inquiet et lui souhaitant une bonne nuit. Mon regard croise celui de Neji alors plus inquiet que moi, quasiment prêt à se lever pour rejoindre son amie mais sachant pertinemment qu’elle ne le laissera pas entrer. Fermant le poing sur la table, j’ai l’impression qu’il va encore exploser.

- Ça ne peut pas continuer comme ça...
- Saya-san... dit-il spontanément, avec tout de même de la peine. Je veux... depuis toujours je veux protéger les miens. D’abord c’était mon village et ensuite Niji... parce qu’elle était tout ce qu’il me restait. Et je sais que plus nous grandirons, plus j’aurai envie de la protéger et de protéger ma nouvelle mère. Je sais... je sais que la colère ne mène à rien mais j’ai vu mes parents brûler sous mes yeux, hurler pour que je les aide...

Des larmes pointent au coin de ses yeux et tout aussi attristée qu’heureuse de le voir se dévoiler ainsi, je fais le tour de la table pour l’enlacer depuis le côté. Mais il continue malgré tout de parler, relevant le regard vers mon aimé. Un regard que je saisis différemment aux vues de l’intonation pleine de détermination.

- Ama... dotsu-san. Ce n’est pas votre naissance qui me fait rager mais bien la haine que les votre ont amenés dans mon foyer. Et malgré vos excuses et votre attitude bienveillante, il est parfois difficile pour moi d’imaginer que vous êtes différents d’eux. Ils nous ont tout pris, tout... même nos souvenirs. J’ai vu Niji hurler, se réveiller la nuit après tout cela et appeler sa mère, son petit frère pour qu’ils reviennent à elle. C’est moi qui devait lui expliquer que ce n’était pas possible, c’est moi qui m’excusait de ne rien avoir pu faire. Tout ça me ronge, depuis quatre longues années alors...

Un sanglot lui échappe mais il essuie ses larmes d’un revers de manche. Il échappe à mon étreinte et va s’incliner juste en face du bushi du feu, plein d’humilité pour la première fois de sa vie.

- Alors demain, s’il vous plaît, apprenez-moi à vivre avec cela. En tant qu’ami, en tant que frère, en tant que fils... en tant qu’homme. Apprenez-moi à devenir Samouraï comme vous l’avez fait. Il n’y a qu’en vous affrontant que je pourrai grandir et enfin devenir plus fort.

La gorge nouée, je suis convaincue que mon aimé ne refusera pas cette demande. Mais voir ainsi les enfants s’ouvrir en sa présence me terrifie encore plus que cela me contente. Car je me rappelle dans des moments comme celui-là que Kodan finira par partir. Quelle sera leur réaction alors ?


L - M - M - J - V - S - D


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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Mar 14 Juin - 13:14

Son sourire trahissait son excitation, ne pouvant oublier leur premier échange, bien que ce dernier les avaient opposés comme porteurs d'armes maîtrisant tout deux les secrets bien au-delà de ce que les amants pourraient rendre de ces bokkens. Face au bushi, la lancière préparait avec discipline sa position, cette dernière promettant de façon muette de ne pas faire l'affront d'un pastiche de combat.

Son salut fut retourné de façon polie, mais non dépourvu de chaleur, car même dans le feu du duel préparant sa naissance, le guerrier ne pouvait oublier le sentiment qui bouillonnait à l'attention de cet adversaire désigné. Mais le samouraï focalisa son esprit, oublieux même des raisons qui poussèrent celui-ci à dresser son arme face à celle qui représente son tout et ignorant de l'attitude de l'effronté à qui cette démonstration était adressée.

le Volcan n'eut pas le temps de réfléchir outre mesure à cela, car la Généreuse s'offrait déjà à son égard dans un vif assaut que l'épéiste encaissa comme son style ordonnait, déjà poussé dans sa plus haute maîtrise de cet art autodidacte et contrant des deux mains la gracieuse attaque de sa vis à vis. Celle-ci jouait de sa vitesse contre ses capacités physiques de pure résistance bien loin cependant de révéler la moindre souplesse.

La belle domina immédiatement le rythme de l'échange, imposant sa danse à la défense pragmatique du duelliste des flammes. Ses frappes étaient contrôlées, ses coups d'estocs, de tailles et de pointes multipliés n'avaient rien de hasardeux ou de sauvage, l'onabugeisha usant d'un calme précis sur son aimé. Si bien qu'à plus d'une reprise, le bois de sa lame factice manqua tout juste d'effleurer le kimono du disciple de Moegami.

Ce dernier usait de patience et de modération ainsi que d'une terrible économie de mouvements, levant l'épée rencontrer sa jumelle au dernier instant, son esprit plus vif que ses gestes. Le premier Amadotsu comptait les séquences de sa moitié, un enchaînement s'avérant toujours ponctué d'un repos que l'héritier de Kazan comptait bien déceler au bout d'un temps qui arriva finalement.

La surprise de sa contre-attaque manqua de juste de faire tourner court l'affrontement, mais c'était sans compter le talent martial de la fille des brumes qui parvint à parer ses tentatives de façon créative et efficace, voir à user de déplacements dont le Setsu est incapable. Ondoyante, tournoyante, celle pour qui son cœur battait poussait celui-ci à l'illustration pleine de sa propre habilité, si bien que le sens même du nom de sa voie des armes décrivit sa pleine mesure sous les yeux du léger public présent.

La technique de l'acier virevoltant s'exprimait, dépourvue de son atout premier qu'était le vaste zanbato, mais non moins pertinente dans son aspect protecteur. Dans ces conditions de faible allonge, les contre-offensives du nordique furent rares et simples à éviter pour l'orientale dont les réflexes étaient trop acérés pour plier sous ces dernières. Leur prestation respective s'annulent et s'enrichissent dans un même temps, un astre gravitant autour d'un plus gros, ce dernier cherchant à atteindre le premier sans succès.

Bientôt, impossible s'avéra le fait de prendre ce duel pour ce que cela devait être, les deux amants ne pouvant prendre le dessus sur l'autre tant la complémentarité de leurs gestes fut criante. Mais le prolongement de ce combat ne pouvait voir qu'un seul vainqueur si ses acteurs poursuivaient son déroulement. Quel que pouvait être cette économie d'énergie à laquelle la lancière s'adonnait, les réserves du Volcan étaient inépuisables et la parfaite égalité que les amants illustraient risquait de finir brisée si les assauts continuaient.

Pieu mensonge fut l'imperceptible ouverture que l'homme laissa à celle pour qui aucun sacrifice n'était à exclure à ses prunelles, doux piège dans lequel son élue s'engouffra, défaite sans le savoir non pas par manque de talent, mais d'une expérience que le bushi avait acquise durant les quelques années de plus séparant ces derniers. Le sabre de la guerrière caressa son cou tandis que sa propre lame posa son fil sur le dos de la belle tout aussi délicatement, signant la fin de leur échange.

Les duellistes retournèrent à leur place initiale et saluèrent leur opposant non sans un brûlant échange de regard. L'émoi de la plus jeune spectatrice fut le seul à retentir et l'ignorance de sa question par le jeune étudiant à qui cette démonstration était adressée apparut froisser l'héritière des Chizuru au plus haut point qui ne perd pas de temps pour tâcher d'aller à sa rencontre.

Mais avant que celle-ci parvienne à rejoindre les enfants, le garçon eut un geste de colère malheureux qui fit voler le set à thé de la jeune fille dont l'une des tasses alla voler jusque sous son menton violemment. La petite gifla son ami avant que la tentative de ce dernier pour demander le pardon de cette dernière ne parvienne. Ce fut un claquement sonore, choquant pour les membres Okaruto de cette famille, même pour celle qui était à l'origine du coup qui n'arrêta néanmoins pas là sa remontrance.

Si le premier Amadotsu n'eut pas prévu que son exemple éveille cette dernière au lieu de son frère adoptif, le résultat apparaissait tout à fait identique à ses iris et c'est avec calme que le samouraï assista à la scène depuis sa position. Lorsque la femme des brumes revint à son aimé, désolée d'avoir laissé un tel spectacle dévoiler son déroulement sous ses yeux, l'homme rejoignit et étreignit son élue afin de signaler qu'aucun tord n'était à réparer.


C'est tout autant le spectateur qui resta apaisé face à la pièce dont les acteurs et disciples de Kasugami poursuivaient ce qui avait été débuté plus tôt. Niji quitta ainsi la tablée du soir, contrariant Neji qui manqua de peu de partir à sa suite, mais celui-ci fut retenu par la maîtresse des lieux quelque peu désappointée. Ce ne fut cependant pas uniquement à Saya que l'enfant adressa ses propos et Kodan posa ses coudes sur le meuble supportant les mets, enroulant ses mains ensemble et avançant son visage face à celles-ci dans une attitude d'écoute active prononcée.

L'attente de la fin de son discours ne fut pas longue à venir et le bushi n'en perdit pas la moindre miette, des mots aux expressions de son visage, rien n'aurait pu échapper à sa vigilance. Lorsque l'enfant vint directement montrer son humilité trouvée et osa faire sa demande qui n'avait rien d'anodine après tout ce qui avait déjà été dit bien avant ce jour, l'héritier des Kiyooki n'aurait pas pu plus sourire que cela.

Ainsi, sans remarquer l'inquiétude passant sur les traits de son aimée, le premier concerné laissa libre cours à sa voix rocailleuse, mais non point dépourvue de douceur :

Neji-kun, mon honneur ne pourrait être plus grand à présent que celui-ci a pu recevoir ton estime et la possibilité d'ouvrir à ton talent les portes de son avenir. Ma parole est tienne, Amadotsu Kodan saura instruire le vaillant jeune homme qui soutient son regard avec gloire dorénavant. Demain et les autres jours, jusqu'à mon départ, chaque matin verra nos sabres croisés dans l'effort de voir un guerrier naître derrière ces yeux qui semblent voir plus clair maintenant.

Setsu est ma patrie, ses gens sont bien miens, mais ceux qui ont frappés ton foyer ne font pas parti de la définition que ce terme a à mes yeux. Que Kagutsuchi ait pu permettre à certains de ses serviteurs de posséder ses faveurs ne veut pour autant pas dire que ma patrie natale est coupable de ce que ton passé terrible contient. Les miens, ceux qui sont à considérer comme tel, sont venus pourchasser ces indignes dont les actes porteront à jamais discrédit sur mon peuple.

Aucun conflit ne lie dans le sang Okaruto et Setsu à l'heure actuelle et si cela devait advenir, alors ma promesse est la suivante : seul le champ de bataille verra le sang des soldats et uniquement de ces derniers. En mon statu de Samouraï, ceci est ma promesse à ton attention, Neji-kun. Aucun enfant ne subira ce qui s'est abattu sur ton village par le passé si ma personne sera à proximité. Mon honneur n'acceptera pas d'être ternit par un tel outrage.

Tes actes jusqu'aujourd'hui sont dignes d'éloges sincères, poursuis sur cette voie et c'est avec certitude que le guerrier qui fait face à ton regard annonce que la transmission de son savoir n'aura pas à être longue par rapport à ce que le tien possède déjà.


Kodan termina ses propos tout en levant sa haute masse au dessus du bambin et posa une vaste main sur le sommet de son crane et ajouta en frottant ses cheveux :

Maintenant, vas rejoindre Niji et répéter l'exacte réplique de ce qui fut prononcé ici. Cela fera plaisir à ton amie et consolera sa tristesse qui fut témoin trop longtemps depuis mon arrivée de cette fermeture dressée par son frère de cœur à l'égard d'un invité de la maison des Chizuru. Présentes des excuses à cette jolie jeune fille plutôt qu'au simple homme qui fait face à tes yeux .

L’intéressé ne fit pas attendre longtemps avant d’exécuter ce qui avait été demandé, non sans offrir un hai sonore à son interlocuteur pour disparaître enfin dans les couloirs de la maisonnée, appelant le nom de celle qui partageait son éducation. Le premier Amadotsu retourna son attention sur sa bien-aimée, tout sourire et ajouta enfin tout en roulant des épaules :

Ma foi, c'est un bon garçon. Enfin… Peut-être qu'à présent, la maîtresse des lieu pourra accorder un peu de temps au guerrier perclus de courbatures après notre échange. La vivacité de ton art aura bien éprouvé mes bras.

Un nouveau pieu mensonge, car aucune douleur n'aurait pu ressortir d'un si léger affrontement, mais l'expression du guerrier apparu comme claire de ses intentions.


L-M-M-J-V-S-D

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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Dim 19 Juin - 13:13

Le Volcan Apaisé rassérène l’âme du petit, je le vois à mesure que les mots se libèrent en direction de Neji. Sa promesse d’être présent pour lui chaque jour jusqu’à son départ fait chavirer mon cœur dans la douceur, j’en oublie quelques instants que l’échéance sera bel et bien là dans quelques temps. Mon aimé se justifie une dernière fois, n’excusant pas les barbares partageant ses origines et rappelant qu’ils ont été punis une fois pour toute. Le Samouraï du Feu promet finalement qu’il ne laissera rien de tel se reproduire en sa présence et je vois que le phrasé du soldat percute de plein fouet mon fils d’adoption ; une promesse dont il se souviendra toute sa vie.

C’est après avoir reçu un tas d’éloges que je vois s’illuminer le regard du garçon, premier éclat de la sorte parvenu à ses yeux depuis que le bushi est présent en nos murs. Il lui avait fallu deux longues années pour sourire, après que je l’eus recueilli et tout s’était écroulé lorsque Kodan avait franchi le seuil de la porte. Mais le voilà à nouveau heureux et soulagé du poids qu’il définit comme toxique juste un peu plus tôt. Plus de haine, juste de l’entrain et une réelle motivation à prouver sa valeur lorsque mon amant pose sa main sur la tête de Neji. Presque content d’être décoiffé, l’apprenti répond vivement avant de rejoindre celle qui représente son univers.

Je souris sans m’en rendre compte en le regardant filer, calmée moi aussi par la droiture et l’authenticité des propos de mon tout. C’est presque surprise que constate, en posant mon regard sur ce dernier, qu’il me sourit en m’accordant alors toute son attention. Je lui adresse, en découvrant mes dents pour en pincer ma lèvre, toute la tendresse que je peux ressentir pour cet homme d’honneur, incarnation d’une droiture rarement atteinte dans les rangs que je connais. Je me relève et attrape délicatement les pans de son kimono, bouillonnant d’envie de lui retirer sur le champ mais désireuse de lui montrer quelque chose que nous n’avons pas encore vécu ensemble.

- Uso-tsuki... dis-je dans un murmure. Ne tente pas de me faire croire que je peux t’épuiser, j’ai vu que c’était impossible. À de nombreuses reprises et dans bien des situations.

Mon sourire s’étend davantage et ne s’efface pas lorsque je l’embrasse doucement.

- Mais j’ai eu des échos de rumeurs à Kasu, à Noumu et à Hiyori surtout. Une certaine Chizuru Saya sait faire les massages comme personne, des massages qui guérissent les surmenages du corps les plus terribles. La première séance est gratuite... Voulez-vous essayer, même si vous ne souffrez point, Serviteur des Flammes ?

Je ris lorsqu’il me soulève du sol par la taille pour m’entraîner dans la chambre, heureuse de pouvoir simplement enfouir mon visage dans son cou et profiter de sa présence à chaque seconde qui suit. Passés maîtres dans l’art de s’effeuiller rapidement, il nous faut tout aussi peu de temps pour nous unir encore une fois, complices comme jamais et embarqués dans un quotidien de gâteries que je chéris à l’infini. Chaque moment de fusion est une découverte, même lorsque nous nous contentons des bases. Car le simple fait d’être ensemble nous enrichit, nous donne une leçon du bonheur que nous avons cherchés sans le savoir, séparément, pendant si longtemps. C’est après notre première extase de la soirée que j’allume la lampe à huile qui me permettra d’exécuter au mieux ce nouvel art dont j’ai promis de lui offrir une démonstration.

Je sors de la commode une huile de ma confection que je n’ai plus utilisée sur d’autres que moi depuis bien longtemps. J’invite ensuite mon aimé à installer sa tête sur un coussin confortable pour la première partie du pétrissage de chaque centimètre de l’avant de son corps resté nu. Après l’avoir incité à fermer les yeux en posant ma main sur ses paupières et mes lèvres sur son sourire mutin, je commence sérieusement mon ouvrage, maîtresse des gestes et connaisseuse des zones à détendre les unes après les autres. Enduises du liquide onctueux, mes mains parcourent son buste avec méthode, tantôt comme une caresse, tantôt comme une palpation. Elles s’attardent particulièrement sur les zones de tension, là où l’énergie s’accumule en combat mais aussi lors de chocs émotionnels.

J’en fais de même avec ses bras, sur lesquels j’applique des pressions tout en longueur, remontant vers ses épaules et redescendant mes doigts le long du dessin de ses muscles pour recommencer ensuite. Après plusieurs minutes de travail sur chacun d’eux, je conclus par de petites attentions sur et sous ses mains, aussi entrainées pour le combat que pour me cajoler précautionneusement. Je m’attarde ensuite sur ses jambes que je gâte des mêmes mouvements, plus amples, afin d’en chasser les mauvais souvenirs qui finiront de sortir par ses pieds. Ces derniers ne sont pas en reste et ce sont des mouvements circulaires précis qui les feront s’alléger, lui donnant l’impression de flotter s’il se relève de suite mes attentions.

Il m’est évidemment difficile de rester de marbre face à sa vigueur qui, pour une fois en reste de mes attouchements, démontre une certaine envie d’autres compliments. Trop appliquée pour interrompre clairement mon massage en me donnant à lui, je me contente d’une petite pause après cette première demi-heure et laisse ma bouche s’aventurer sur l’extrémité de sa zone des plaisirs. Je savoure bientôt les pourtours de l’intimité de mon aimé de ma langue et comprend bientôt que Kodan aura du mal à se détendre vraiment si je continue. Souriant, je remonte vers son oreille et remarque qu’il a gardé les yeux clos pour profiter de mes palpations détournées.

- Retourne-toi, je n’ai pas fini...

Il s’exécute, légèrement à contrecœur, posant son menton sur le coussin. Peut-être aurait-il voulu me contempler lui aussi dans mon plus simple appareil ou me prendre, tout simplement, encore une fois. Mais je ne me laisse pas distraire et laisse glisser sa crinière sur le côté à l’aide mes doigts réchauffés, décidant de commencer par ses mollets et ses cuisses, là encore pendant plusieurs minutes, jusqu’à remonter vers ses fesses. Je me contente de les embrasser plutôt que les mordre afin de conserver cet espace de détente que j’ai malgré tout pu créer malgré mon désir sans fin pour le Samouraï. Je finis par m’installer sur lui, prenant place confortablement sur son séant afin de masser son dos massif, recouvert de petites écorchures de ma production. Je retiens un rire et prends soin de la zone, pressant tout du long de sa colonne vertébrale pour remonter à sa nuque que je me rappelle adorer agripper lorsqu’il me porte vers le septième ciel.

Je termine finalement, pour clore cette nouvelle demi-heure, par masser soigneusement ses trapèzes, légèrement tendus sous le poids du sort qui l’attend lorsqu’il rentrera, peut-être. Lentement enfin, je m’allonge entièrement sur lui, ma poitrine rencontrant son dos tiédis par mes mouvements. Je passe mes bras sous les siens pour loger mes mains sur l’avant de ses épaules et lui offrir une étreinte réconfortante, pleine d’amour et de chaleur.

- Te toucher, te voir, te sentir, te goûter et t’entendre... J’ai vraiment envie de croire que je serai assez forte pour me priver de tout cela quand viendra ton départ. En attendant, si je dois adresser une prière aux Kami, c’est celle-ci : faites que cela ne s’arrête pas. Faites qu’Amadotsu Kodan me prenne toute entière, en me regardant avec amour, en se perdant dans mes cheveux, en dévorant chaque parcelle de mon corps et en écoutant tout le bien qu’il me fait. Je ne veux pas que cela s’arrête. Laissez-le-moi un peu... encore un peu de temps...

Je retiens un sanglot, presque plus fort que moi. Mais je sais que mon amant me consolera et que l’instant présent et plus précieux encore que l’avenir. J’attends simplement son premier geste.


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Amadotsu Kodan

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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Mer 22 Juin - 23:49

La légende qui lui fut contée et les promesses qu'elle lui suggérait suffirent à le faire briller de la convoitise curieuse de connaître ces traitements, bien qu'une part de lui-même, cet animal muselé dont il avait promit de le tenir bien en laisse, grondait de jalousie qu'elle eut pu poser ses douces mains sur d'autres que lui. Il calma la bête d'un coup de sérénité, sachant que comme elle, il en avait connue d'autres.

Mais en son cœur, le début d'une peine naissait, car il savait ne plus jamais pouvoir éprouver ce qu'il vivait à l'avenir, s'il venait à tenir sa parole et de revenir auprès des siens. Sans que cela ne lui fut un véritable effort, il la souleva du sol, les images de sa guerrière dans la grâce du combat ayant aiguiser sa faim à son paroxysme et reléguant son envie de se trouver sous les doigts experts de la belle au second plan.

Sitôt parvenu dans la pièce maîtresse de l'expression de leur amour, il l'étendit sur son futon, remontant les pans du kimono depuis ses jambes à sa taille, sans prendre le temps d'en dénouer le obi. Le Volcan libéra la fleur qui se cachait sous une légère couche d'un doux tissus et entreprit avec gourmandise d'en explorer les limites de ce qui fut comparable à un baiser fougueux. Conquérant de ces frontières, sa langue en avant garde revint bientôt au camp, porteuse de la nouvelle que le territoire était plus que prêt à recevoir la lance qu'il lui réservait.

Stratège-né, il se porta sur ses genoux, tirant ceux de son opposante à lui et lança sa première attaque, s'infiltrant sans aucun mal dans le domaine de gloire de son adversaire qui ne lui opposait pas la moindre résistance. Le premier Amadotsu soutira la ceinture qui lui barrait encore la vue des délices infinies que le haut des atours de son unique lui masquait encore. Dans un geste guidé par l'avidité de tenir ces richesses entre ses mains, il écarta les deux bord du vêtement brusquement sous les encouragements mêlant rires et soupirs de sa bien-aimée.

Il l'attrapa par la taille à nouveau afin d'assurer sa prise et débuta ses nombreux assauts, les premiers furent lents, maîtrisés afin d'échauffer son tout dans un délicat harcèlement de sa province capitale. Puis il attaqua plus vivement, frappant le siège des décisions d'un baiser vigoureux sans perdre sa cadence, la dominant de toute sa taille et passant ses bras sous ses reins afin d'en soulever ces derniers légèrement, provoquant un nouvel angle à son estocade.

Le ton monte alors et elle tenta une contre-attaque, l'entourant de ses jambes dont elle était redevenue maîtresse et le débarrassant du sommet de sa propre tenue, puis enfonçant ses doigts dans la peau de ses omoplates, puis la pointe de ses ongles. Encerclé de toute part, prit dans le carcan de la passion de cette belligérante qui était loin d'avoir dit son dernier mot, le défi n'en paru que plus grand et le guerrier de Kazan répondit en conséquence, redoublant de vigueur et la poussant dans ses retranchements.

Mais au pinacle, tandis qu'il sentait la victoire au bout de sa prochaine attaque, il fut prit par surprise, ses retraites totalement coupées, il tomba auprès de son ennemi défaits dans une victoire mutuelle qui leur venait de leur échapper à tout deux.

Il ne faut qu'une minute ou deux au bushi des flammes pour recouvrer ses envies expansionnistes, il attaquait déjà de ses lèvres les extrémités de la poitrine de Saya lorsqu'elle se substitua à ses attentions en riant, comptant bien sur le fait de lui faire vivre ce qu'elle avait décrit plus tôt. Entièrement nue, elle s'affaire, frustrant et intrigant à la fois le samouraï qui se languissait déjà de pouvoir reprendre en mains les trésors qu'elle ne cachait plus le moins du monde.

Il se trouva bien gêné, son intimité dévoilée ne masquant rien des pensées qui battaient en son sein, lorsqu'il se leva afin d'obéir à la requête de la disciples des brumes. Comme il lui fut demandé malgré ses désirs, il se coucha sur le dos, fermant ses paupières et se laissa prendre en main par celle en qui il avait une confiance aveugle.

Les premiers attouchements furent merveilleux de sensations, l'expertise de sa compagne dépassant celle des maîtresses en la matière ayant déjà précédées de la sorte sur lui auparavant. Ce fut sans aucune gêne qu'il répondait à chaque pression par un soupir de contentement sincère. Mais alors qu'il s'apaisait enfin, son esprit détourné de la réalité de la perfection faite femme qui se trouvait pourtant derrière les rideaux charnels recouvrant son regard, cette dernière s'appliqua à un traitement bien différent du massage débuté.

Prenant soin de son épée de chair de la plus délicieuses des façons, elle releva le bouillonnement dont il était en proie en sa compagnie au sommet de la sensualité et déjà, il s'imaginait chevauché après qu'elle terminerait les soins que sa bouche lui prodiguait. En vérité, cette simple attention menaça de l'envoyer aux portes de l'extase, mais pressentant probablement arriver cette dernière, celle qui devenait son unique à chaque jour passé en sa compagnie vint l'inviter à se retourner.

Une nouvelle et légère frustration à la perte de tout ces délices fut rapidement balayée par les méticuleuses prévenances qu'elle usait sur lui du bout de ses doigts habiles, le replongeant dans un nuage cotonneux de paix. Chacun de ses muscles reprenait vie entre ces mains et aucun d'entre eux ne fut lésé. Il la senti le surplomber alors et fut légèrement déçu de ne pouvoir l'accueillir de front tant il brûlait de la volonté de la reprendre sur le champ, plus passionnément que la première fois de cette soirée.

Pourtant, il fut si détendu au bout d'un temps qu'il manqua de s'effondrer dans un sommeil bienheureux, mais elle se rappela toute entière à lui en s'allongeant sur son dos, si bien qu'il en fut capable de se dessiner en tête chaque parcelle de son corps plaquée sur le sien et que ne se réveilla à nouveau sa vigueur qui se languissait de connaître à nouveau la félicité d'une nouvelle union. Pour autant, les mots qu'elle lui tint et ce malgré toute la chaleur dont son être était investit, s'avérèrent plonger dans une mélancolie dont il s'était lui-même refusé de penser.

Elle devait pourtant se rendre compte de la réciprocité de ce qu'elle disait et de la douleur que cette réalité dont elle traitait lui infligeait à lui aussi. Il rouvrit les yeux, la sentant trembler sous la rétention de son émoi et se retourna doucement, la faisant glisser sur son côté avant de l'encercler de ses bras, passant une jambe par dessus les hanche de son aimée et collant son front au sien avant de répondre au cri de son cœur :

Il n'est pas un mot que tu viens de prononcer que je ne pense pas. Le temps passe et le Setsu s'envole petit à petit, bien moins certain de souhaiter vivre loin de la brume qui l'enflamme pourtant mieux encore que le clan igné dont il est originaire. À la fin de ce mois, je ne sais pas si l'homme digne qui te fait face sera toujours là… Je ne suis plus sûr de rien en vérité à l'exception d'une seule chose : Il n'est aucune autre qui pourra obtenir de moi ce que tu possèdes à présent.

Pour ce temps qu'il nous reste, je ne le compte pas. Chaque jour à tes côtés est le dernier de mon existence et si je dois aller au devant de ma destinée malgré tout, alors je ne serais plus qu'une ombre, mon âme ancrée à jamais au sein d'Okaruto, auprès de celle qu'elle aime et qui fait d'elle un tout. Oh, Saya, il ne fait aucun doute que je passerais mes jours ici à prendre de toi le moindre centimètre de ta personne, que je ne pourrais te voir autrement que porté par le doux sentiment que tu désignes et que je me noierais dans ta toison.

Ma prière est la même que la tienne, que mon Kami me pardonne, mais je ne souhaite pas que cela s'arrête. Mais je ne veux pas y penser non plus avant d'y être pleinement confronté. Ne répond pas à cette question immédiatement, mon amour, mais peux tu me laisser jusqu'à ce jour ? Peux tu vivre ce temps le plus intensément, comme si la terre devait s'ouvrir sous nos pas dès demain et que plus rien n'aurait la moindre importance dès lors ? La seule chose à laquelle je veux penser à présent est la manière dont j'honorerais chaque partie de ce qui fait de toi une femme. Après, uniquement après, tu pourras me répondre si tu le souhaites.


Libérant son bras gauche, il guida sa lance d'extase par la porte prête depuis longtemps à le recevoir et ficha son arme de ravissement au plus profond de celle pour qui il savourait chaque respiration. Tout en l'embrassant, ouvrant la voie de ses lèvres pour créer un second lien les rattachant l'un l'autre, il débuta avec douceur ses allées et venues langoureuses.

Son bras droit la pressant contre lui et lui offrant la prise nécessaire à rendre le meilleur du jeu de son bassin, il ne fut pas long à exprimer cette faim dévorante qu'un homme n'aurait jamais pu avoir pour plusieurs élues. Ses messages étaient ceux que ses déhanchements énonçaient, son ton furent ses caresses.

Il se déplaça légèrement, se retrouvant à la surplomber sans ne rien perdre à ses suaves invasions de l'être de l'héritière des Chizuru. Il désunit leurs bouches, glissant ses lèvres le long de sa joue droite jusqu'à son cou sans cesser sa danse, puis murmura comme elle l'avait fait plus tôt à son oreille :

Retournes-toi, je n'ai pas fini…

Rompant ainsi leur lien, il se trouva bientôt à admirer le dos de la lancière, et se lança à son tour dans un massage largement inspiré de celui qu'elle venait de lui offrir quelque temps plus tôt. Mais alors que sa main droite exécutait de délicate pressions sur son omoplate, sa gauche ouvrait une nouvelle fois la porte des plaisirs dans laquelle il s'infiltra de la pointe effilée de sa vigueur insatiable.

Bientôt, il prit appui sur les trapèze de la belle, prodiguant son propre pétrissage des muscles s'y trouvant tout en se donnant entier au séant de l'onabugeisha, lentement d'abord, puis augmentant progressivement la cadence sans aller jusqu'à la marteler avec violence. Il ne cessa rien du rythme qu'il avait acquit alors lorsqu'il s'étendit de son long sur son amante, son bras droit glissant sous elle pour flatter la perle de joie de cette dernière, puis il lui susurra alors, avant de se perdre dans son cou :

Je recommencerais cela jusqu'à ce que tu t'en lasses. Je t'épuiserais de mon amour à ton égard, je te dévorerais à chaque heure si tu t'en sens prête à recevoir mes ardeurs. Une vie sans toi n'en est pas une et je sais être en train de vivre mes derniers instants dorénavant. Car loin de toi, cela ne pourra plus être nommé ainsi. Alors mes dernières volontés sont les suivantes : il n'est pas une partie de ton corps que je n'honorerai pas et pas un moment de mon séjour ici où je ne penserai pas à la façon de parvenir à cette fin.

Il apparu qu'après ça, le Volcan apaisé devint infatigable, probablement aidé par le massage dont il avait été l'objet, ses muscles revigorés au plus au point et sa flamme attisée par les merveilles découvertes mille fois de Saya. Kodan se délia d'elle à plusieurs reprise afin de reposer le saint des saints, le soignant des bienfaits de baisers passionnés pour le réinvestir à nouveau.

Ce ne fut que lorsqu'il fut certain qu'elle fut la femme la plus heureuse de Yokuni après maints cieux qu'elle avait pu atteindre qu'il se livra à son tour à la félicité. Pourtant, bien après que les lampes à huiles ne furent éteintes et que ne vint poindre la lueur du jour, il l'enserrait comme le plus précieux des trésors auquel il ne souhaitait en aucun cas être arraché.


L-M-M-J-V-S-D

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Dernière édition par Amadotsu Kodan le Mer 21 Sep - 23:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Ven 1 Juil - 23:32

Mon aimé se retourne délicatement et me serre contre lui, en réponse à ma tristesse que je sais passagère. Jusque-là silencieux en phrases et non en expressions de contentement, ses premiers mots me réconfortent au moment-même où ils parviennent à mon oreille. Ainsi proche de lui, le monde peut bien s’effondrer qu’il me semble que je n’entendrais rien. Quelque chose, pourtant, me fait peur. Kodan m’avoue laisser petit à petit le Setsu s’enfuir, se cacher derrière ce qu’il ressent pour moi, alors que sa mission et son devoir sont ceux de rentrer chez lui. Je veux que l’homme reste mais je sais qu’il ne le pourra pas, comme il le dit, en restant un guerrier digne. Celui que je définis comme mon élu me promet qu’il en est de même pour lui et qu’aucune autre ne recevra les faveurs dont il m’a gâtée jusqu’à maintenant.

Je ne veux pas que la lumière de mon aimé le quitte une fois notre séparation arrivée. À cette affirmation, j’étouffe un sanglot. Imaginer son cœur se serrer de penser à moi, l’entrevoir malheureux de ne pouvoir me toucher ou me parler... c’est une perspective insupportable. Je rêve ensuite éveillée et je prie autre chose que Kasugami, pour une fois. Je n’ai que l’envie de croire ce que le Samouraï Enflammé dit, que le temps ne doit pas être compté et que nous devons en profiter pour nous appartenir. Je veux répondre à son invitation mais n’ai pas le temps de hocher la tête timidement qu’il me demande de lui laisser jusqu’au jour de son départ. Cette fuite nous sera-t-elle salvatrice ou sera-t-il encore plus difficile pour nous d’affronter le jugement du destin ?

Chizuru Saya, celle que je pensais connaître depuis bien longtemps, aurait pu se révolter et lui hurler un « non » dont le Volcan Apaisé se serait souvenu. Mais La Généreuse profite de l’étreinte de son homme, une étreinte permettant encore une fois de la combler de sa chair. Je lui rends son baiser, me laissant d’abord entraîner par ses gestes décidés, ces derniers démontrant que j’appartiens au mâle désirant me posséder. Kodan revient sur moi et je le laisse me chérir, ses lèvres sur ma joue puis dans mon cou pour finalement articuler la même phrase que la mienne dans un autre contexte, celui d’une douce vengeance. Je souris en me retournant, passant des larmes discrètes au rire coquin. Son massage m’inspire autant de choses que nous avons déjà faites, que de nouvelles découvertes. Tout appliqué à ses soins et moi-même savourant ses attentions, je frémis tandis que mon amant s’insinue une nouvelle fois en moi, aussi tendrement que passionnément.

Ses lents allés et venus gagnent en intensité, égalant ma dévotion pour celui qui sut gagner mon cœur en quelques minutes. Je ne reviens toujours pas à quel point chacune de ses paroles, chacun de ses gestes a pu m’engourdir de la sorte, me faire tout autant vibrer que jouir, tant de l’essence de la vie que des plaisirs de cette dernière. Le sentir en moi puis contre moi me procure un bien-être infini, très éloigné du plaisir de combattre ou de celui des petites choses de la vie. Les caresses de Kodan sont aussi précises et addictives que l’amour que qu’il m’apporte chaque jour, chaque heure, chaque minute. Je m’en veux un instant d’oser ainsi me morfondre, par moments, alors que mon aimé me donne à chaque instant ce qu’au fond, j’ai attendu longtemps. Je m’en veux mais le Setsu parle et, encore plus que ses caresses, ses mots me font le sentir plus proche, presque en chaque parcelle de mon corps.

Je m’imprègne de lui à chaque son, chaque effleurement dont il me gratifie. J’en soupire de satisfaction et ferme les yeux pour l’écouter mieux, pour me rappeler de tous ses engagements, tout en sachant bien que je ne les laisserai pas les tenir indéfiniment. Alors, tandis qu’il me confie ses dernières volontés, ma voix m’échappe et ma main s’attarde sur la sienne, bien occupée à flatter ma féminité de concert avec sa propre preuve de genre. Une fois ses promesses scellées en moi de toutes ses façons, je me redresse vers l’arrière, plaçant mes jambes de part et d’autres des siennes au final tendues. Mon amant reste assis et gâte mon dos et mon cou de baisers, tandis que ses mains se baladent sur ma fleur, mes bras, mon ventre et mes seins, de la plus délicate des façons.

Débutent alors mes propres efforts pour ne pas me laisser aller de suite à l’abandon de mes forces, tant je me sens enveloppée par le guerrier des Flammes. Chaque contact est un embrasement, aussi brutal que plaisant. Et il me semble que, toutes les fois où il atteint la profondeur de mon être, je mords ma lèvre inférieure un peu plus fort, dans une sincère volonté de ne pas craquer sous le poids de ses faveurs. Mais je perds... une fois, puis deux et finalement trois, pliant devant les assauts répétés de sa langue, de sa bouche, de sa peau contre la mienne et de nos deux souffles qui s’entremêlent autant que nos âmes. Jusqu’à ce qu’enfin nous atteignons l’apogée du plaisir ensemble. C’est blottie contre ma raison de vivre, sereine et totalement rassurée que je finis par m’endormir, bercée par la chaleur de son corps, la douceur de son étreinte et le rythme régulier de son cœur. Je souris enfin, osant penser que les palpitations ponctuelles venant troubler cette mélodie, pourraient être provoquées par la lancière qui vint embrumer le cœur du Volcan.

***

Pour la première fois, je me réveille avant Kodan. Je suis d’abord surprise, à le voir ainsi assoupi, moment que je n’imaginais pas pouvoir vivre aux vues de son endurance légendaire. Ainsi, mon amant a aussi besoin de sommeil ? Je manque de rire mais me contente de faire glisser légèrement les mèches désordonnées de ses cheveux vers l’arrière pour en dégager son visage innocent et profiter quelques secondes de ce spectacle aussi unique qu’exceptionnel. Puis discrètement, après un brin de toilette et un rhabillage en silence, je quitte la chambre. Les enfants prennent déjà leur premier repas de la journée et je vois Neji déjà prêt et motivé pour son entrainement, légèrement déçu de ne pas voir arriver de suite son nouveau mentor. Niji me dit que la part de Kodan est encore au chaud et qu’elle ne demande qu’à être servie.

Tandis que les petits vont profiter du jardin lumineux en attendant l’arrivée du Samouraï aussi impatiemment que la mienne précédemment, je m’attèle à l’écriture dans la salle à manger, pendant une bonne demi-heure. Il y avait longtemps que je n’avais pas donné de nouvelles à mes parents et j’en ressens maintenant le besoin. Je leur narrais des exploits peu reluisants, parfois, mais entrais dans cette démarche épistolaire plutôt dans les cas de mélancolie avancée. Or mon humeur n’a rien d’égal à ce que j’avais pu ressentir la dernière fois que j’avais saisi le pinceau et le papier de riz pour « discuter » avec les origines de ma vie. Je viens de terminer mes quelques lignes lorsque mon aimé fait coulisser la porte de la pièce de nos ébats et mon visage s’illumine sans attendre.

- Ohayo, mon Volcan, dis-je en me levant pour aller l’accueillir.

Ayant dans l’idée de lui dire bonjour en un baiser rapide, ce n’est qu’après quelques secondes que je réalise que j’ai trop insisté de mes lèvres sur les siennes. Je serais pourtant bien restée là toute la journée...

- Niji a laissé nos parts de côté, je vais les chercher.

Le repas est silencieux mais aucunement pénible. Tous les regards que nous échangeons sont teintés de sincérité, d’amour et d’un brin d’envies, rapidement réfrénées par les enfants revenant à l’intérieur. J’invite d’un geste de tête les deux hommes à aller s’entraîner. Ce n’est qu’après avoir retrouvé le vrai Neji et son sérieux en combat que nous laissons Niji admirer son ami pour retrouver la pièce commune tous les deux. Apparemment réconciliés, la nouvelle proximité que je devine entre les deux enfants me remplit de joie et c’est ce sentiment que tout va bien, qui me fait enfin répondre aux questions du Samouraï.

- Je vais te laisser jusqu’à ce jour, Ko-san. Ce jour où tu partiras. C’est ce qui va arriver, inévitablement. Les hommes d’honneur tiennent leurs promesses. Tu en es un et celles que tu as faites aux tiens étaient là avant celles que tu m’as faites cette nuit et les précédentes. Ces vœux t’aideront à tenir le cap et à vivre ta vie sans moi, à faire devenir ce calvaire une existence auprès d’autres gens. Alors si... tu doutes, ce jour-là, je serai là pour te rappeler le sens du devoir et l’importance que tu as eue, que tu as et que tu auras pour Setsu.

Mon air sérieux disparait avec un sourire, moins moqueur que mutin.

- Mais aucun besoin que la terre ne tremble pour que je me donne entièrement à toi, d’ici-là. Je ne pleurerai plus, sinon de joie, à partir d’aujourd’hui. Parce que c’est ce que tu apportes à la femme que je suis. Je ne peux pas me lasser de tes attentions car elles sont toutes plus délicieuses les unes que les autres...

Mes joues rosissent mais je continue tout de même.

- Et je suis convaincue qu’aucun autre ne saura m’honorer aussi souvent et aussi talentueusement qu’Amadotsu Kodan.

La lettre rédigée ce matin se balade dans mes mains, presque aussi précipitamment que les sentiments dans ma tête. Je n'ai pas été si heureuse depuis longtemps... ou peut-être ne l'ai-je jamais été si fort.


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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Mar 5 Juil - 7:39

Un mince filet de lumière échu sur les traits du bushi, qui ainsi salué par Dame Soleil, émergea doucement de sa torpeur, tendant le bras en quête de la douceur de son aimé qu'il ne sentait pas contre lui, comme c'était devenu la coutume. Bredouille de sa recherche, il ouvrit les paupières, légèrement déçu de ne pas pouvoir profiter de la présence de Saya aux premières lueurs matinales. Se redressant sur le futon, il se rendit compte des bienfaits que son repos avait pu produire sur lui, se sentant pourvu d'une nouvelle énergie.

Après tout, il avait laissé la nuit passer sans dormir, le soir précédent et jusqu'au matin à admirer son aimée. Immédiatement cette idée faite dans son esprit, un sourire mutin et nerveux s'imprima sur ses traits. L'héritière des Chizuru avait bien fait de le laisser seul dans la chambre, dans le cas contraire, une demie-journée n'aurait pas suffit à débuter d'user la forme qu'il venait de retrouver.

Une fois débarbouillé et décemment couvert, il se produisit enfin dans la salle principale où la rumeur d'un repas se laissait sentir. Il surprit sa bien-aimé sur la fin d'un écrit, celle-ci n'ignorant pas longtemps sa présence et l'accueillant de la plus délicate des façons. À ses yeux, ce fut comme si la voyait pour la première fois, la blancheur de sa peau rehaussée par les rayons du jour, ses longs cheveux cascadant derrière ses épaules dans une discipline impossible.

Il dû se faire une violence extrême pour mettre fin au baiser qu'elle lui offrit alors qu'il l'étreignit en lui laissant savourer l'effet immédiat sur sa personne que la simple pression de leur corps rapprochés provoquait. La faim qui le tenaillait fut néanmoins une excuse valable à la laisser s’éclipser un instant, les bras chargés de mets préparés plus tôt par la jeune intendante de la maison.

Tout en faisant honneur à ceux-ci, il ne pouvait se détacher de sa contemplation de la lancière, retombant amoureux d'elle comme à chaque jour où il la redécouvrait et cherchant une excuse à offrir pour s’éclipser à ses côtés afin de nourrir les envies claires et mutuelles qu'ils échangèrent silencieusement par la seule voix de leur prunelles se croisant.

Mais finalement, c'est un autre regard pressant qu'il ne put ignorer alors qu'il se rend compte que le jeune garçon de la maison ne le perdit pas une seconde de vu lorsqu'il réapparaît depuis les jardins, accompagné de sa sœur d'adoption. Sa part terminée et l'invitation à procéder que sa radieuse amante lui offrit, il se leva et alla frotter le chef du pré-adolescent pour honorer sa promesse de la veille.

Du jour au lendemain, Neji était devenu un étudiant appliqué et silencieux, ne perdant rien des mouvements classique de kenjutsu que le bushi lui inculqua. À plus d'un titre, ce dernier trouva son élève improvisé prometteur et parti pour posséder un équilibre entre vivacité physique et intuition que lui-même n'avait pas, son esprit souple se montrant souvent plus rapide que son corps massif à répondre.

Les premières heures de la journée s'écoulèrent paisiblement jusqu'à ce que le samouraï laissa l'étudiant avide sur un dernier exercice dont le but était l'étirement des muscles après l'effort. Il rejoignit celle que son cœur appelait depuis son éveil et tomba une nouvelle fois sous son charme lorsqu'il la vit. Si sa volonté première fut de l'enserrer derechef dans ses bras, elle arrêta cette dernière sans le savoir dès les premiers mots qu'elle lui adressa.

Il n'y eut rien dans ce qu'elle lui dit alors qu'il aurait souhaité entendre, une vasque d'eau gelée jetée au visage lui aurait fait le même effet. Mais il comprit l'honneur, la fierté et l'amour qu'elle lui vouait par là, inconditionnel et prête au sacrifice certain que cela amènerait dans leur existence, sans pour autant couper court à ce morceau de vie qu'ils partageaient. Il su dès qu'elle eut prononcé ces propos à quel point ils seraient vrais.

Chaque instant de doute, chaque moment de peine se verrait s'emmurer dans les souvenirs qu'il construisait là. Une peine incongrue s'immisça en lui alors : il plaignait celle qui accompagnerait un jour sa vie, choisie pour son sang et la filiation qu'elle pourrait apporter, car cette femme ne pourrait guère obtenir mieux que du respect du bushi des flammes, son amour déjà volé et perdu dans les brumes du Sud-Est.

Il manqua de juste de sombrer dans la mélancolie à cette simple idée, mais Saya n'avait pas terminé et ses traits s'auréolèrent d'une espièglerie qu'elle illustra bientôt de termes traitants de sa dévotion et qui migrèrent de façon légère vers un autre sujet. Même l'évocation qu'elle puisse appartenir à un autre à l'avenir lui passa dessus sans douleur, tant il souhaitait à présent ne plus vivre cette courte vie avec elle que de la façon la plus intense qu'il puisse.

Profitant de l'absence des enfants, il réduisit à néant la distance les séparant, fermant ses lèvres sur celles qui venaient de lui faire un hommage cuisant. Point besoin n'était qu'il partage par sa voix ce qu'il ressentait ou ne rétorque quoique ce soit à ce qui venait d'être dit. Son mutisme et l'ardeur de son baiser trahissaient de la seule réponse qu'il pouvait concevoir au discours qui venait de lui être fait et aux attentes qu'ils avaient eu dès que leurs yeux s'étaient croisés quelques heures plus tôt.

Il l’entraîna sans rompre la fusion de leur bouche, à tâtons, jusqu'à leur lieu d'expression dédié afin de laisser libre court à ce qu'ils avaient appelés depuis leur repas. Et alors même que qu'il l'eut étendu sur le futon et débarrassée en parti de ses vêtements matinaux, il lui murmura à l'oreille avec malice :

Ma réputation auprès du cœur de mon aimée est en jeu et je ne saurais m'y soustraire, puisqu'elle voit en moi un talent et une fréquence que d'aucun ne sauraient atteindre, je tacherais d'être digne d'une telle appréciation…


Le Soleil fut sur le couchant lorsqu'ils réémergèrent enfin dans le salon, ensemble et inséparable, l'onabugeisha accrochée au bras de l'épéiste et se dévisageant mutuellement avec une affection sans limites. Il fallut à  Niji un raclement certain de gorge sous le regard gêné de son frère d'adoption pour attirer les regards des deux amants éperdus sur autre chose qu'eux deux. Lorsqu'elle fut sûre d'avoir leur attention intriguée, elle leur montra avec fierté le yukata dont elle était couverte.

Il s'agissait d'un léger kimono aubergine aux motifs de bambou et serré dans un obi fauve parfaitement assorti. Elle avait ramené ses cheveux en un chignon soigné et deux mèches où quelques fines broches argentées se voyaient attachées soulignaient ses traits juvéniles. Ceux-ci n'étaient pas moins embellis par une très légère, mais néanmoins présente, couche de maquillage, ses lèvres étaient rehaussées d'un rouge subtil et ses yeux allongés par un fin trait lui donnant l'air d'une adolescente franchissant le pas de l'age adulte… Voir d'une jeune femme à part entière.

Face à ce minois et cette apparence travaillée, Kodan compris que Saya et lui-même n'étaient pas la source du rougissement des joues du jeune garçon de la maison et répondit à cela d'un sourire entendu. Une fois interrogée sur les raisons d'un tel soin, la jeune fille leur révéla qu'un Matsuri allait bientôt avoir lieu au sein de la capitale et qu'elle souhaitait s'y rendre absolument, de préférence accompagnée de chaque membre de la maisonnée, leur illustre invité compris.

La chose présentée ainsi fut une douce curiosité à laquelle le premier Amadotsu répondit de façon enjouée et qu'il allait de ce pas se préparer au moins aussi dignement que l'instigatrice de cette charmante idée. Tirant par la main sa bien-aimée afin qu'elle se choisisse elle-même ses atours, ils se retrouvèrent à nouveau dans le lieu de leurs ébats, leur chaleur toujours présente dans la pièce et se firent violence pour ne pas laisser leurs desseins s'accomplir à nouveau.

Le bushi produisit un sobre kimono d'apparat d'un sombre kaki sur lequel les kâmons de la famille Kiyooki étaient seuls présents. Son obi était une ceinture souple de soie où se suivaient parallèles une bande de la plus sombre des encre et l'autre plus immaculée que la neige. Il délaissa son wakizashi afin de montrer son statu de samouraï hors du service, ne glissant à sa taille que son katana.

Ainsi paré, il rejoignit les enfants à l'entrée non sans récupérer l'uchiwa de feu son ancien seigneur et magistrat, Inari Mida, dont il avait hérité. Alors qu'il complimentait Niji sur sa grande beauté, Saya apparue dans leur dos vêtue à son tour pour la soirée. Lorsque Kodan se retourna pour l'accueillir, son sourire fondit immédiatement et ses paupières ne lui firent plus l'affront de battre au risque de le couper à cette vue.

Les seuls mots qu'il parvint à dire alors furent les suivants, tout juste prononcés dans un souffle :

Chaque jour, mon cœur m'est arraché par l'être le plus précieux qui soit en ce monde… Je m'étais habitué à cela. Mais est-il possible de tomber deux fois, dans le même jour, amoureux d'un seul être ?

Devant l'incongruité du propos, les deux bambins s'éclipsèrent en rougissants, mais le Volcan, lui, paraissait parfaitement sérieux, même longtemps après avoir prononcés ces propos.


L-M-M-J-V-S-D

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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Dim 24 Juil - 22:23

Il a suffi de quelques secondes pour que son regard perfore mon cœur, ce jour-là. Et dès lors, j’ai voulu le bonheur à ses côtés, sans que je n’ose encore me l’avouer à cet instant. C’était cette envie dévorante qui m’avait prise de court, un désir bien plus grand que celui que j’avais eu pour Katsuya. La passion accompagne depuis chacun de nos gestes, de nos paroles, de nos échanges. Je sens en Kodan la vie qu’il peut m’apporter, le vide qu’il a comblé par sa simple existence et celle qu’il veut bien partager avec moi jusqu’à ce que le devoir nous sépare. Le secret de notre « union libre » sera conservé et nous unira encore longtemps. Je le sais lorsque le Samouraï Brûlant me regarde et se rapproche après mes tristes paroles, pour finalement m’embrasser sans retenue.

Je n’avais plus autant souri et ri depuis l’enfance. La malice mais surtout le besoin d’être heureuse, avec lui, sont devenus vitaux à chaque seconde. Arriver à la chambre avec quelques peines me fait frémir tout en me donnant la force de le déshabiller avec ferveur car j’en meurs d’envie depuis de longues heures. Je glousse à ses propos et, pour toute réplique, j’entame de dévêtir le guerrier. Comme souvent, nous n’attendons pas que l’ouvrage soit complètement terminé avant de nous donner à chacun, appréciant tous les délices que nous pouvons nous offrir mutuellement. Le soleil suit la cadence de notre danse du plaisir, lente mais langoureuse, qui nous permet d’arriver sur une fin d’après-midi teintée d’une satisfaction totale.

***

Mon attention recentrée sur un autre essentiel, je remarque enfin Niji, qui nous interpelle et qui s’est donné une énorme peine pour s’apprêter.

- J’ai suivi vos conseils, Saya-san et vous ai observée d’autres fois. Est-ce que tout est en ordre ? dit-elle en souriante, connaissant pour moitié la réponse.
- Évidemment, tu es magnifique ! dis-je en saisissant, par les détails mis en avant, toute l’application dont elle avait fait preuve. Mais que nous vaut l’honneur ?

L’embarras de Neji se voit nettement mais la jeune fille ne semble pas y prêter attention pour le moment, apparemment soucieuse de nous transmettre une information après ma question. Elle me rappelle alors la fête qui se tiendra ce soir dans toute la ville, évènement duquel j’ai quelques merveilleux souvenirs et que je me réjouis de partager avec eux tous. Mon aimé semble enjoué à cette nouvelle également et c’est guilleret qu’il répond vouloir se préparer pour y participer.

Il me faut beaucoup de retenue et de regards détournés pour éviter de m’abandonner à mon homme, une fois encore seule avec lui dans le lieu qui nous vit nous perdre dans les bras l’un de l’autre quelques instants plus tôt. Volontairement, je fais trainer mon habillage et le laisse sortir de la pièce afin de me donner autant de peine qu’une enfant en quête de reconnaissance pour me changer. Surprendre Kodan et voir cette expression, celle qui dit « je ne partirai jamais », me fait après coup accélérer mais je prends tous les soins du monde pour que mon vêtement tienne en place. Ainsi, après les bandages et mes sous-vêtements, je revêts une première couche de tissu blanc et ressors de ma garde-robe un kimono rouge que ma mère m’avait donné lorsque j’avais quitté la maison.

Les manches aux extrémités dessinées de fleurs de cerisier s’ajustent le long de mon corps tandis que j’applique précautionneusement le obi sombre souligné de traits d’or représentant des pétales de camélia. Je brosse mes cheveux et laisse ma frange accentuer l’océan de mes yeux, ne les attachant que d’un tissu sobre et blanc, plus bas qu’à l’accoutumée puisque leur lâcheté ne me gênera pas pour cette soirée. Ce n’est que lorsque j’enfile mes zori noires que je réalise qu’aucun katana ne pendra à ma ceinture ce soir... il n’y en a pas la place. Aussi émue qu’amusée, j’hésite pourtant quelques secondes à me raviser. Mais ai-je envie d’être autre chose qu’une femme et une mère ce soir ? C’est en souriant que je réponds à ma question et saisit une petite sacoche que j’attache sommairement à mon poignet, me rappelant ces longues soirées à séduire des clients en tant que Geisha. Cette fois, la différence et que je ne veux plaire qu’à celui qui a volé mon cœur.

Et c’est ce regard-là, celui qu’il me lance alors qu’il se retourne sur moi sans plus fermer les yeux, sans plus même sourire... c’est celui-là même que je voulais voir et qui fait rosir mes joues. Mais je souris, comblée de voir que rien ne change, que son attachement pour moi ne fait que grandir et va bien au-delà de nos aventures dans les draps. C’est cet attachement qui me fait ne vouloir que lui et rien d’autre. Et tandis qu’il libère ses mots puis que les enfants prennent de l’avance sur nous, je ris légèrement, à la hauteur de la douceur du moment, tout en m’avançant vers la source de mon bonheur. Arrivée vers lui, je pose mon oreille sur son cœur et tente quelques secondes de reprendre mes esprits, encore touchée par sa réaction et son air déboussolé.

- Mon souhait n’est pas de t’arracher le cœur, Ko-san mais d’en prendre grand soin. J’espère pouvoir réparer cette blessure d’amour, si c’en est une... Car pour rien au monde je ne souhaite te le rendre, puisque je t’ai offert le mien en retour. Je pense qu’il est possible de tomber amoureux deux fois en un jour, oui. Cela m’arrive à chaque fois que je pose mes yeux sur toi...

Sans froisser son vêtement, j’attire son visage vers le mien pour déposer un doux baiser sur ses lèvres, juste assez court pour éviter l’égarement.

- ... et ma bouche, finis-je par conclure en souriant. Ikou, mon amour. Je veux encore voir des étoiles dans tes yeux.

Puis je l’entraine par la main en dehors de la maison.

***

Les stands sont presque tous installés lorsque nous arrivons dans la principale avenue marchande de la Capitale. Nous sommes entourés d’étals de nourriture, au premier abord et les commerçants arrivés nous proposent déjà diverses spécialités en nous interpelant bruyamment. Malgré l’appel de ces délices pour le palais, nous continuons d’avancer vers certains stands d’artisans pour profiter d’une ambiance plus détendue et typique de Kasu. Tous ont le sourire, certains reconnaissent Niji et Neji, qu’ils ont vu passer plusieurs fois pour le marché. D’autres m’interpellent pour me complimenter sur mon kimono, surpris de me découvrir ainsi, débarrassée de ma tunique de garde ou de mon armure.

Marcher aux côtés du Samouraï des Flammes sans contact physique me fait réaliser qu’il n’en a pas été ainsi souvent. Dès notre rencontre, nous nous étions rapprochés, l’appel du corps ayant été plus fort que tout, presque plus fort d’ailleurs que nos principes. Ce sont pourtant les miens qui m’empêchent de lui tenir le bras ou de lier nos mains. Il avait toujours été question, depuis que je fus sortie de ma condition de Geisha, de prouver qu’une femme pouvait faire preuve d’autant de volonté qu’un homme dans les rangs. J’avais alors tout mis en place pour ne pas passer pour une fille facile, cette distance avec la gente masculine ayant finalement réveillé l’intérêt de certains plutôt que de le tarir.

Pourtant, je ne suis pas triste tandis que Kodan pose son regard sur moi et lui souris de la plus douce des façons. Partager ce genre de moment me conforte dans cette confiance que j’ai eue en lui dès les premiers instants, dès notre première fois. Mes dernières craintes s’envolent d’ailleurs alors que je vois les enfants rire en s’adonnant à des jeux de leur âge, retrouvant une part d’innocence. Nous les laissons s’installer un peu plus loin au moment d’une démonstration de feux d’artifices et nous installons simplement sur l’herbe, une fois la nuit plus avancée et le ciel bien sombre. Les lanternes s’éteignent petit à petit et les lumières explosives s’élèvent, d’autres lueurs naissant dans les yeux de mon aimé. Le sentiment d’être enfin comblée me fait attraper doucement sa main et mêler nos doigts ; je laisse ce matsuri inoubliable prendre une place bien à lui dans mon cœur. Une place que je ne laisserai jamais à la tristesse.


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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Mer 17 Aoû - 22:03

Benzaiten aurait pu rougir de honte, effacée ainsi face à la splendeur que l'onabugeisha des brumes exprimait à l'instant où elle apparaissait devant le bushi désarmé. Le sourire qu'elle eut montra bien qu'elle eut atteint un objectif et il en fut d'autant plus honoré qu'elle lui ait dédiée une telle splendeur. Son amour pour elle aurait difficilement pu être plus grand lorsqu'il la laissa venir à lui et installer son visage sur son buste afin d'écouter le moteur de son corps s'exprimer à tout rompre et attestant de l'effet immédiat qu'elle déclenchait en lui si parfaitement apprêtée.

Il n'y eut rien qu'il ne put répondre aux mots qu'elle lui offrit alors, quand bien même lui aurait elle laissé le temps avant d'appliquer le satin de ses lèvres sur les siennes, très légèrement, mais sans le moindre doute, afin de ne pas mettre le feu aux poudres d'un désir déjà fortement alimenté par sa simple présence en temps normal. Elle lui prit alors la main, espiègle et c'est de retour à l'adolescence et à ses premiers amours que le guerrier des flammes retomba en compagnie de l'enfant d'Izanami qui le tirait joyeusement vers l’extérieur.


Kasu se révélait littéralement sous un nouveau jour durant les festivals qu'elle pouvait accueillir en son sein, ses allées principales bordées de stands aussi divers que variés où la joie de vivre des Okaruto et leur sens de l'accueil ne pouvait pas mieux s'incarner. Le bon vivant des Setsu s'attarda du regard sur bon nombre d'établis et d'échoppes dressées servant mets aussi nombreux que variés et dont le coeur commun apparaissait être l'alcool.

De son existence entière, Kodan n'aurait jamais cru qu'autant de préparations culinaires puissent trouver leur base dans le saké, le shoshu, l'umeshu et bien d'autres liqueurs bigarrées. À plus d'une reprise, il se laissa tenter par certaines d'entre elles, échappant à la proximité de sa mie secrète et revenant avec une brochette ou des takoyakis parfumés dont il faisait attention d'en proposer systématiquement une partie ou une sœur à son amante.

Alors qu'il revint auprès de celle-ci une fois s'être offert une petite bouteille d'un kijôshu épais et sucré qu'il avait attachée à son obi par une cordelette prévue à cet effet, il embrassa de ses prunelles sombres l'héritière des Chizuru et les deux adoptés qu'elle avait prise sous son aile. Une fois à ses côtés, il lui fut impossible de ne pas se sentir au sein d'une chose qui lui eut manqué depuis toujours et auquel rien n'avait semblé vouloir s'apparenter dans sa vie.

Sans se toucher en public, préservant une distance d'un pas et demi, voir un peu moins, il ne s'en affichait pas moins leur lien étroit à la façon dont ils s'adressaient la parole et aux œillades qu'ils se lançaient. Il put constater l'envie et la pointe de jalousie que provoquait sa proximité avec la lancière dans les yeux de certains hommes, mais si le fait ne l'enorgueillissait pas ni ne le rendit jaloux le moins du monde,  cette perception que d'autres avaient le renvoya à ce qu'il eut désiré depuis des années déjà.

Car dès ses aventures passagères initiales, bien avant de connaître Saya, la chose qu'il avait cherché sans jamais trouver et qui lui était offert à cet instant précis était une famille. La sienne plus particulièrement. L'orphelin qu'il était devenu à la perte de son père ne se souvenait pas moins de l'amour de ce dernier et de l'expression dans ses iris lorsqu'il parlait de sa mère dont le visage s'estompait chaque jour un peu plus depuis la disparition, emportant avec elle un frère qu'il ne put jamais chérir.

Cela faisait maintenant vingt ans que la figure familiale qui lui restait était son tuteur, intendant et sensei, Kurogane. Et de se retrouvé ainsi aux flancs d'une merveilleuse femme et de deux enfants le projetait dans un possible étranger dont il se rendit compte qu'il l'eut recherché depuis longtemps. Il s'arrêta net au milieu de l'allée principale, laissant les trois êtres avancer sans lui pour mieux les avoir tout les trois dans son champ de vision, tant et si bien que ce dernier s'embruma légèrement sans le contraindre pour autant.

Il se mit à sourire et ne laissa pas le temps à son amour de s'inquiéter, prétextant son arrêt à un stand de masques où il prit un tanuki pour Neji et un kitsune pour Niji et retrouvant ce cercle non sans un sourire radieux qu'il leur adressa à tous. Il lui fut cependant assez dur de ne pas briser cette distance imposée par les usages, de ne pas nouer ses doigts à ceux de celle que son cœur appelait sans cesse et c'était là la raison de ses vagabondage parmi les échoppes.

À un jeu de pêche à la carpe néanmoins, ils furent à batailler de leur épuisette pour attraper un fier représentant de l'espèce aquatique, si bien que leur pièges fragiles s’entremêlèrent et qu'ils se pressèrent l'un contre l'autre en riant, non sans complicité, le poisson bien loin d'être inquiété par ces tourtereaux très occupés à se lancer des regards entendus et suggestifs. Les heures filèrent ainsi jusqu'au cœur de la nuit et bientôt, des feux de joies furent annoncés.

La chose étant une spécialité de son clan d'origine, il fut prit par la curiosité de voir la poudre s’exprimer sous le savoir faire des brumes, un soupçon d'orgueil lui murmurant que cela n'irait pas concurrencer ceux que l'on pouvait voir en Moe, encore moins en Hibana. Il se laissa tout de même guider par cette femme pour qui il aurait tout abandonné si elle le lui avait demandé de vive voix parmi les herbes tandis que les lanternes s'éteignaient afin de transcender la magie des feux d'artifices qui débutèrent rapidement une fois qu'ils se furent installés.

Les enfants plus en aval de leur position, il senti que la discrétion apportée par l'absence de lumière avoisinante autre que celles qui s'élevaient dans les cieux aux couleurs chamarrés permis à son tout personnifier de briser timidement la coutume, mêlant ses doigts aux siens avec douceur. Ainsi, le premier Amadotsu ne put être l’appréciateur des talents d'artificier des disciples de Kasugami, car alors qu'il tourna son attention vers elle du fait de l'union de leur mains, subjugué par sa beauté magnifiée par les feux au loin, il se rapprocha à son tour et fit rencontrer leur lèvres, l'embrassant simplement et aussi longuement que les cieux furent embrasés de lumières.


Ils revinrent ainsi à la demeure des Chizuru, les enfants encore émerveillés ne cessant de vanter la majesté à laquelle ils venaient d'être les spectateurs ravis, chacun préférant une couleur tandis que l'autre défendait la supériorité de celle qu'il estimait la plus jolie. Bien loin de se trouver déçu d'avoir manqué ce qu'ils décrivaient, le dernier des Kiyooki se noyait dans l'océan azuré des prunelles de son aimée, si bien qu'il lui fut considérablement difficile de s'arracher à celles-ci pour saluer les deux bambins pour la nuit de sommeil qui allait être la leur.

Lorsqu'ils eurent disparus chacun dans leur chambre, les lanternes de la maison éteintes, le guerrier retrouva la combattante avec gourmandise, l'enserrant par la taille comme il n'avait pas pu le faire depuis bien trop longtemps à ses sens. Il la décrivit de pieds en cap avant de venir quérir la douceur du cou de cette dernière en le flattant de mille attentions. Lorsqu'il écarta son visage à nouveau, ce ne fut que pour lui lancer une œillade évidente trahissant de son bouillonnement interne.

Non sans une pointe d’espièglerie, il la tira derrière lui afin de retrouver la cage de leurs expressions privées. Une fois retrouvé ce cocon et la porte close, il retrouva sa moitié et la plaqua doucement contre le mur porteur de la chambre, se perdant à nouveau sous la mâchoire de la belle. Sa main soulevait déjà les tissus recouvrant les jambes de l'onabugeisha devenue œuvre d'art, laissant apparaître sa peau lisse dont gratifia la surface de caresses remontant plus haut encore jusqu'à parvenir à la frontière des tissus protégeant l'intimité de son élue.

Mais avant d'aller au bout de son geste, il fit marche arrière, sa fougue première freinée sans peine, son expression d'une infinie tendresse lorsqu'il recula ses traits pour être vu par Saya. Ses mots furent prononcés de façon aussi soyeuse qu'il était possible à son accent râpeux :

Non… En cette nuit, la femme que j'aime s'avère être une Déesse que je ne saurais souiller de mon impétueuse faim et qui sera louée comme elle le mérite. Mon offrande sera ma dévotion la plus complète et je jure qu'elle retrouvera sa demeure plus d'une fois avant que je l'y rejoigne à mon tour après ce qui va suivre.

Il n'était pas une promesse à laquelle il avait fait défaut jusqu'à ce jour et celle-ci ne brisa en aucun cas sa parole donnée. Car une fois séparée de ses merveilleux atours que le bushi retira couche après couche avec délectation et patience, non sans gâter la plus petite parcelle de peau qu'il trouva sur son chemin en procédant, il l'étendit sur leur couche et offrit à son aimée une entrée en matière qui ne délaissa aucun centre de bien-être qu'il eut connu de son amante.

Ses mains furent des instruments de langoureuses caresses tout comme leur aboutissement nourrirent le feu interne de la lancière jusqu'à ce que ses lèvres prennent le relais, expertes étaient elles devenues de ce territoire où il savait pertinemment à présent sur quel lieu s'attarder afin de propulser sa partenaire à l'étreinte doucereuse de l'abandon. Ce ne fut que lorsqu'elle fut encore tremblante de félicité qu'il s'unit à elle avec tranquillité une fois découvert intégralement de ses propres tissus, enroulant ses bras autour de sa taille et de son cou et de goûter la saveur de sa bouche pour un baiser qui ne devrait rencontrer aucune fin.

Leur dialogue passa ainsi par tout les tons, si il commença dans une délicate fusion charnelle, il se poursuivit en une danse effrénée menée par une passion dévorante qui les virent s'éteindre dans un épuisement total tout deux, au pinacle de l'allégresse et du contentement mutuel,  la guerrière laissant son amant tout lui donner sans effort d'abord dans un esprit de préservation avant de le suivre dans cette joute de laquelle toute douleur était exclue et ce jusqu'au matin.


L-M-M-J-V-S-D

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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Dim 21 Aoû - 18:33

Katsuya et moi étions tombés amoureux l’un de l’autre au premier regard. Je m’en rappelais bien certains soirs ou matins, alors que je ramenais à la maison des offrandes pour l’autel qui lui était dédié en ce lieu. Mais depuis l’arrivée du bushi des Flammes et sans ce portrait peint par l’un des plus grands artistes de la Capitale des Brumes, la certitude était née en moi que j’aurais oublié jusqu’à son visage. Les cinq années que j’avais passées loin de mon époux m’avaient éloignée de la chaleur des hommes et je pensais pendant longtemps que c’était cela qu’il me manquait. Cependant, cette rencontre déterminante nous ayant assommés, les jours passant et cette soirée festive terminée, je réalise que c’est une place à part entière que le Setsu a prise dans mon cœur, au-delà de ce que j’ai pu ressentir jusqu’ici.

Le regard couleur charbon de Kodan plongé dans le mien n’émet aucune envie de remonter à la surface pour reprendre de l’air, comme si j’étais moi-même son oxygène. Et ce sentiment est si réciproque que j’en oublie mes devoirs de mère un instant, souhaitant finalement bonne nuit à Neji et Niji, éteignant les lanternes de la maison puis laissant mon amant débuter une délicate dégustation sans trop attendre que la nuit ne soit trop avancée. Blottie contre lui, ses lèvres sur mon cou, je sens le frisson qui m’avait tenue toute la soirée en haleine enfin s’étendre sur mon corps tout entier et je laisse m’échapper un léger rire silencieux, me nourrissant de son expression gourmande d’après ses attentions.

Taquin, il m’attire finalement dans la chambre et je me laisse porter par ses charmes, ceux qui m’avaient fait captive dès nos premiers regards. Je m’abandonne à l’enveloppement de son être, chaque contact embrasant mes sens et ainsi pressée contre le mur, je l’enlace alors qu’il effeuille ma cuisse, flattant encore ma peau de baisers. Mon corps réclame le sien plus fort que jamais mais c’est au pinacle du désir, alors je me saisis de mes dents ma lèvre inférieure tremblant d’impatience, que le Volcan s’apaise pour m’admirer encore de ses yeux loin d’être éteints. Entendre ainsi sa voix me déclarer cet amour, entendre ainsi cette promesse que nous atteindrons les cieux ensemble manque de retirer toute force à mes jambes.

Mais ses mains sur ma chair me redonnent la force nécessaire de l’embrasser aussi langoureusement qu’il me déshabille, de le dévêtir aussi passionnément qu’il m’enlace pour m’allonger dans nos draps. Sa bouche et ses doigts deviennent outil de travail, tant ils lui servent à goûter assidûment chaque centimètre de mon corps. Mes soupirs encouragent sa dégustation, mes mains se perdent tantôt sur sa tête, tantôt sur le haut de son corps, que je gâte sans réellement le vouloir de pressions, conséquence d’un plaisir infini, toujours nouveau et bien loin de cette solitude que je pensais devoir affronter il y a peu. En quelques temps, Kodan avait su prendre possession de toute ma personne et, chaque fois qu’il m’emmène là-haut, je trouve la force de continuer tout ce que j’entreprends, y compris le faire mien sans limite aucune.

Encore tremblante mais puisant dans son baiser l’énergie de l’accueillir en moi comme il se doit, je laisse dans un premier temps mon aimé me montrer à quel point il m’adore. Puis une fois toutes mes forces retrouvées, je le renverse sur le côté pour lui exprimer à mon tour combien je tiens à lui. Ce sont d’abord de tendres mouvements de bassin qui nous font frémir mais l’ébullition devient bientôt trop soutenue et mon rythme s’ajuste à nos plaisirs. Je finis alors sur lui, faisant corps avec la selle de plaisir du Kazan Chinsei-ka, souvent au galop mais en exprimant silencieusement ma joie d’être ainsi liée à la personne que j’aime.

Puis lorsque je le sens proche de rejoindre ce monde évoqué un peu plus tôt, je ralentis la cadence jusqu’à parfois cesser complètement mes massages intimes, afin de rapprocher mes avantages des siens et lui prodiguer d’autres types de caresses. Ses lèvres, son cou, son torse et son ventre peuvent sentir à travers mes propres parts à quelle hauteur cet amant me rend folle de lui. Provoquant ainsi l’attente et une sorte de frustration, je saisis quelques instants ce pouvoir que Kodan me donne, cette emprise que j’ai sur son corps à travers le mien, jusqu’à laisser ce Seigneur qu’il est devenu pour moi reprendre le dessus et atteindre la félicité à son tour. Ainsi, plusieurs fois et pendant plusieurs heures, sa promesse est respectée et nos caprices exaucés, au-delà de tous les liens et contrats officiels pouvant unir deux êtres aux destins peu liés. Les nôtres n’ayant eu besoin que de cette signature pour engager ce lien indestructible.

***

Le matin est là et c’est en souriant que j’ouvre les yeux sur mon tout, peu sûre d’avoir réussi à m’assoupir, tant notre fusion fut intense et permanente mais pourtant reposée comme jamais. J’ignore aussi si j’ai rêvé ou imaginé m’unir à Kodan comme je l’avais fait avec Katsuya, promettant devant les Kami que je ne quitterai plus cet homme qui m’enlace en souriant aussi, celui-là même qui me transmets son amour pour moi de toutes les façons. Confrontée au fait que ce ne soit pas possible, je resserre notre étreinte sans pourtant céder à la tristesse, juste dans le souci de profiter de cette peau et de cette odeur desquelles je serai séparée un jour où l’autre.

Nous ne luttons pas contre une intarissable envie de nous unir encore, moi-même prenant l’initiative de capturer sa bouche avec la mienne, son séant avec mes mains et sa lance de chair avec ma chaleur enfouie. Nous nous partageons la tâche de nous adonner ensemble au plaisir ainsi emboîtés, moins d’une heure mais pas moins intensément que durant la nuit, la matinée étant déjà bien avancée. Puis, avec difficulté toujours, nous nous rhabillons et rejoignons les bambins, impatients chacun à leur manière, de nous retrouver pour cette journée. Elle commence par l’entraînement des hommes tandis que j’aide Niji à s’occuper de la demeure. Je me sens redevenir une parfaite femme à marier, tant les gestes que j’ai appris à la jeune fille s’exécutent sans que je n’y réfléchisse vraiment.

Puis, désireuse de m’entraîner à mon tour, je m’en vais revêtir une tenue de travail pendant que Kodan savoure un thé au jasmin pour récupérer de ses efforts. Le kimono est cintré et court, permettant une grande amplitude de mouvements de jambes, de bras et des déplacements rapides. Le tissu n’en est pas moins fleuri et printanier, féminin, et je recouvre mes jambes de bas foncés pour préserver un minimum de décence et rappeler mon envie de me battre. Je n’ai pas ressenti le besoin de croiser le fer depuis un bon moment. Et bien que nos échanges soient physiques avec Kodan, ils ne sont en rien comparables aux joutes que j’ai connues et qui font de moi également ce que je suis devenue.

C’est donc après avoir noué mes cheveux en une broche d’argent et empoigné fermement mon nagamaki que je rejoins Neji et mon Setsu, assis sur l’engawa, en pleine discussion. Je descends de façon fluide mais sans grandes manières, comme transformée en guerrière par la simple volonté d’une tenue et de la garde de mon arme de prédilection dans mes mains. L’être de désir retrouvé laisse place à un air de défi, adressé directement à mon aimé, auquel je fais face depuis le bas de la plateforme surélevée.

- J’ai la sensation que cela fait des années que nous vivons ainsi, tous ensemble. La mère et la femme que je suis s’en contentent et en profitent. Mais la guerrière appelle à nouveau l’adversaire à sa taille. D’ailleurs, elle trouve que ce dernier a été bien clément lors de leurs deux précédents affrontements... Acceptes-tu ce duel, Samouraï du Feu, en compagnie de nos armes de prédilection ? À moins que tu préfères me défier à la naginata ?

J’attends sa réponse avec impatience, un sourire carnassier sur le visage, d’une toute autre faim que celle des plaisirs charnels.

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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Mer 21 Sep - 23:29

Ces matinées devenaient une habitude, mais en rien une rengaine ennuyeuse, alors qu'il s'éveillait aux douces attentions de sa moitié, incertain d'avoir fait une véritable pause tant la nuit qui précédait la vue qui s'offrit à lui lui apparu familière. Mais à chaque fois, il vivait un renouveau et celle ci ne fit pas défaut, tandis qu'il distinguait dans le regard de la lancière des brumes ce feu qu'il n'avait jamais vu dans les prunelles d'aucune autre et qu'il savait lui offrir la même intensité en retour.

Ainsi et plus vite qu'il ne leur fallut pour y penser vraiment, les aimables caresses se succédèrent en un partage charnel, une promesse sans mots et l'atteinte d'un paradis qui leur serait exclu si cela se déroulait en compagnie d'un autre, de cela du moins, il en était certain pour son cas. Conscient qu'ils seraient attendus par les jeunes de la maison, il s'employa à une dévorante affection, démontrant qu'il était bel et bien remis de la joute nocturne précédent le sommeil court, mais néanmoins réparateur qui avait suivit leur folies de la veille.

Si elle en avait amorcé l'ouverture, s'offrant dans toute son intégrale splendeur, il prit les rennes de leur danse intime avec fougue, donnant à la généreuse ce que le volcan avait de meilleur en lui et comblant ces désirs qu'elle n'émettait d'aucun terme intelligible et qu'il avait fini par comprendre, tout comme elle le cernait et connaissait ses exquises faiblesses, il exploitait les siennes dans ce combat perdu d'avance pour chacun d'eux, tout autant qu'une victoire implacable qu'ils se délivraient mutuellement.

Toute atteinte fut leur félicitée, il fut des plus difficile pour le guerrier de ne pas passer à un potentiel deuxième affrontement, tandis qu'elle revêtait non sans lui jeter des œillades entendues, recouvrant ses trésors qu'il se voyait déjà retrouver en la rejoignant, embrassant son cou jusqu'à ses épaules de part et d'autre et empêchant les tissus de lui masquer cette peau qu'il goûtait à chaque baiser.

La revanche de la guerrière fut tout aussi mutine, alors qu'elle plongeait les mains dans les pans d'un kimono que le bushi ne parvenait, de fait, plus à fermer convenablement. Seul l'appel au repas matinal de la petite Niji mit en attente la suite de ces événements, les recentrant tout deux vers une toute autre faim que celle de leur envies communes, mais en rien capable de leur faire oublier ces dernières.

Une fois le délicieux déjeuné terminé, ils se séparèrent en deux groupes des genres dans une vision traditionnelle de famille qui ne manqua pas de faire fondre le guerrier, quelque peu rendu absent dans l'accompagnement à l’entraînement de son élève attentionné quand il croisait les yeux de sa mie, affairée à la tenue de sa propre demeure en compagnie de la jeune fille qu'elle eut adoptée.

Ces faits se terminant en légère brimade de l'apprenti, bien motivé à finir par mettre en défaut la défense impassible du titan qui finit par trouver un grand amusement de ces tentatives répétées et cependant de plus en plus précise. Mais aussi doué que Neji se montrait, surclasser un combattant dont l'art de la défense avait été façonné par plus d'une vingtaine d'années d'exercices assidus était un fait proche de l'illusoire absolu, quand bien même celui-ci jetait ça et là quelques coup d’œil afin de retomber sur l'idole de ces lieux pour qui il se savait pouvoir mourir.

Malgré cela, il ne la revit plus avant un temps qu'il trouva horriblement long jusqu'à la fin de l’entraînement qu'il faisait subir au jeune garçon. Pas pour un sous fatigué, il fut reconnaissant du thé qui lui fut offert par la petite intendante de la demeure et son si joli sourire, mais toujours aussi désireux de revoir celle dont il ne pouvait plus se passer depuis leur rencontre.

Lorsqu'elle fit enfin réapparition, la boisson qui lui avait été servit manqua de couler le long de sa bouche alors qu'il en oublia de la fermer, totalement abasourdie par la beauté martiale dont elle irradiait. Resplendissante et enivrante qu'elle était, le premier Amadotsu parvint avec grande difficulté à entendre et mettre en cohérence les propos qu'elle lui tint, son image d'onabugeisha exacerbée, le défi dans ses iris ne laissant aucune place à l'indifférence aux ambitions sensuelles qu'il projeta immédiatement.

Il n'en oublia pas longtemps son âme de bretteur ni l'appel qui venait de lui être fait, reposant sa tasse tout en rendant un mélange du sourire carnassier qu'elle lui avait donné et de l'intense appétence difficilement masquée derrière ses prunelles. Sa voix gronda d'un plaisir qu'il ne bouda pour rien au monde alors qu'il répliqua à la provocation aimante de son élue :

J'accepte ce duel, Samouraï-ko des brumes. Au sabre ou Tsumayoji no Kabigami en mains, à la lance ou… Dans un tout autre combat dans lequel il ne fait pas de doute que je te mènerai après avoir résolu ce différent que tu m'opposes. La naginata me sied à ravir, car si l'homme que je suis ne pourrait imaginer effleurer la femme qui se tient dignement face à lui, le bushi dont la famille s'est fait une spécialité des armes d'hast rêve d'opposer son style au tient depuis qu'il l'eut vu en exécution. Du style implacable des Kiyooki ou de la danse de l'héritière des Chizuru, lequel prendra le dessus sur l'autre ?

À sa question posée, il n'attendait nulle réponse autre que cette joute à laquelle ils s'adonneraient, sa rétorque attirant rapidement les deux autres habitants de la maisonnée, l'un passionné à l'idée de ce qui allait suivre, l'autre quelque peu effrayée. Le géant se leva, glissant ses bras hors de son kimono et le nouant à sa taille et débutant de faire jouer de ses épaules pour un échauffement face à un adversaire d'un tout autre niveau que l'adolescent précédent.

Il raccourci la chute de ses cheveux, les nouant pour moitié en un chignon, puis accepta l'arme qui lui fut tendu par celle qui incarnait son univers et ne démordait pas de son air batailleur qu'il n'en trouvait pas moins parmi les plus séduisants qu'il ait pu lui donner de distinguer sur ses traits. Ils se séparèrent alors, se laissant pour distance celle de la longueur de leurs armes pointées vers l'autre, un détail qui ne manquait pas, d'ailleurs, de rendre Kodan nerveux, car si il ne s'agissait là que d'un jeu, son affection pour son amante brisait la frontière qui lui permettait de différencier la femme de la guerrière, bien qu'il tâcha de ne pas le montrer.

Pour lui, ces deux aspects n'en était qu'un et quelque jours avaient suffit pour qu'il ne puisse reproduire ce qui les avaient divisés quelques jours auparavant. Pour autant, il choisi une garde défensive qui fut l'appel au combat attendu par sa partenaire, dont l'assaut était la source du savoir faire. Ainsi, une montagne se mit à parer les piques vives de la mise en bouche de la lancière, dont l'attente d'un instant comme celui ci avait été longue.

Petit à petit, les barrières d'inquiétudes du combattant tombèrent, attiré par le plaisir visible de sa conjointe et dans lequel il se perdait si facilement. Il lui rendit coup pour coup, ou du moins, assuma et para plus qu'il ne rétorqua vraiment, son Hagane Towaringu contre ce qu'il ignorait être le style Kasuga entre les mains d'une experte en la matière. Le premier brisant les attaques répétées de la seconde, mais incapable de mettre en danger la fluidité et la grâce des esquives de celle-ci.

À tout point de vu, Saya était telle les vagues d'un océan s'écrasant vague après vague sur une falaise, l'érodant peu à peu, quand bien même apparaissait-il plus vaste et plus solide que les agressions répétées ne semblaient pouvoir l'atteindre. Là où le Volcan n'était que pure économie de mouvements, stoïque et inflexible, Saya se jouait des distances, entrant et sortant de son cercle comme une danseuse dans un rythme suggérant un immense effort qui ne lui laissait pourtant pas la moindre marque de fatigue.

Le temps n'eut plus d'incidence et il sembla à l'héritier des Kiyooki que dans un certain sens, ce duel était un écho de bien d'autres joutes auxquelles ils s'adonnaient, tant ils se complétèrent et se défièrent dans ce combat.


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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Lun 2 Jan - 17:04

Mon sourire s’étend en même temps que la flamme dans les yeux de mon aimé grandit. Cette chaleur, je sais que je ne la trouverais nulle part ailleurs, puisqu’elle m’a enveloppée dès l’instant-même où j’ai croisé son regard de Samouraï. Il m’a éveillée à tant de plaisirs, tant de bonheur que, paradoxalement, je sais qu’en son départ ne se trouvera aucune insatisfaction. Du moins, c’est quelque chose que je tente de conserver, cet esprit positif qu’il a tenté de me communiquer à coup de moments intimes et de regards incandescents. Je ne pense plus au manque, aux nuits froides que cet homme laissera indéniablement en retournant à Setsu, je me contente de me nourrir de cette vie qu’il insuffle en moi de toutes ses tendres façons.

Et ma joie en ce jour commence par le fait qu’il accepte de me combattre encore une fois, amicalement comme toujours mais avec ferveur certainement. Découvrir par ces moments des pans entiers de sa vie me ravit et me permet de sourire encore. Répondant par un regard à sa question, je contiens décemment le frémissement entier de mon être en apprenant que sa famille se perfectionnât dans les armes d’hast. Les réminiscences de cet engouement de me confronter à une autre école me font manquer de sauter d’enthousiasme mais la présence des enfants rationnalise ma position de mère et de guerrière reconnue. Reculant pour laisser mon aimé se mettre en position, je respire profondément pour me calmer et gagner en concentration avant de débuter cet affrontement.

Il m’est au départ difficile de me focaliser sur l’arme de fer de ce grand guerrier devant moi, tant l’appel de sa peau m’est familier et presque irrépressible au moment où il la découvre pour ensuite nouer ses cheveux. Malgré cela, je me rappelle de cette volonté profonde que je nourris depuis quelques jours déjà de combattre un jour à ses côtés et non contre son Clan ou ses proches. Cette idée me rassérène et me recentre sur mes rêves de guerrière, conservant dans un écrin de patience mes désirs de femme pour un affrontement plus tardif mais non moins intense. Solennellement et sérieusement, je lui tends ma fidèle naginata et me sépare de lui, non sans me rappeler amoureusement de notre premier contact, lorsqu’il avait voulu m’aider à ramasser mon arme.

À l’instant alors, nos lames créent cette distance que nous ne désirions pas. Elles créent aussi ce risque d’évincer cette nouvelle envie et je me retrouve confrontée au fait que combattre côte à côte sera probablement impossible. Mais je ne montre rien de ce brin de mélancolie, arborant un regard sûr et ferme, ramenée au « vivre le présent » des enseignements de Kodan. L’entraînement commence alors différemment que les précédents, car nous sommes tous les deux emplis d’une détermination certaine, éradiquant nos pensées obscures pour se diriger vers un avenir lumineux malgré ce qui nous attendra.

Axé sur une défense implacable, le Volcan reste apaisé tout en rugissant son envie d’exploser tandis que la Généreuse donne ce que ses tripes veulent exprimer, cherchant une faille qui n’existe pas et dont elle n’a pas envie de profiter. Comme lors de nos derniers affrontements, nos styles sont si complémentaires que nous nous engageons dans un échange sans fin que je n’ai aucune envie d’interrompre. Détournant le regard une fraction de seconde, j’entrevois les enfants assis sur l’engawa, Neji retirant tous les enseignements possibles de l’affrontement sans prendre parti, alors que Niji cache son visage après deux coups de lame, priant pour que nous ne nous blessions pas.

***

Cet instant s’étirant à l’infini, je ne remarque qu’à la fin de notre joute que les enfants sont partis en laissant un simple mot dont les kanji sont raffinés : « Nous sommes sortis faire des courses. Le bain est prêt. ». Je souris, encore essoufflée de cet entraînement intensif et tend le papier de riz à mon aimé. À son expression, je devine alors que nous partageons la même idée. Malgré cela, je prends le temps de proposer un thé vert à mon partenaire afin de récupérer d’un rythme effréné dont nous avons l’habitude en d’autres circonstances.

Tout aussi silencieux l’un que l’autre, nous dégustons le breuvage en nous lançant des œillades entendues. Je finis par inviter du regard mon amant, qui me suit sans me quitter du sien jusqu’à la salle de bain. La pièce – à un niveau légèrement inférieur que le reste de la maison – est grande car séparée par un rebord en bois ; d’un côté se trouvent le savon et les bassines d’eau recueillies par la personne souhaitant se laver, de l’autre se trouve la baignoire, en bois également, portée par une plaque chauffante de pierre et d’acier. Bien isolé de l’extérieur, l’endroit est intime et surtout embué par la chaleur dégagée par le feu maintenant l’eau de la bassine à une température idéale. Le Samouraï avait déjà pu s’en servir, évidemment mais c’est la première fois que je lui propose tacitement de partager ce moment.

- Je crois que c’est cette pièce qui m’a fait choisir cette maison. Bien sûr, elle ne vaut pas les sources chaudes à proximité ni, probablement, les bains de Boya ou de Kazan... Mais j’adorerais y avoir quelques souvenirs avec toi. Penses-tu que ce soit indécent ?

La chaleur ou la gêne me font légèrement rougir et je n’attends pas son accord pour m’éloigner de quelques pas puis commencer une toilette rapide mais minutieuse après m’être dévêtue. Sans m’attarder davantage et pour éviter de prendre froid, je plonge alors dans la baignoire, suffisamment et exceptionnellement grande pour accueillir deux personnes. Une fois mon Volcan entré, je glisse d’un seul mouvement derrière lui, positionnant mes mains sur son torse que je rêvais de toucher depuis l’instant où il l’avait découvert pour le combat. Légèrement moins recroquevillée que mon aimé, je place ma joue entre ses deux omoplates, encore légèrement tendues par l’effort mais tout aussi réconfortantes que la chaleur émise par la salle et son ambiance.

- C’est ainsi que je me sens moi-même, dis-je en un murmure. Chaque jour passé à tes côtés, je découvre que la vie peut être belle et rassurante. Si je dois faire un souhait, c’est celui de m’en rappeler toujours. Me rappeler de ces moments passés avec Ko-san... et vivre ceux qui nous sont encore donnés. Penses-tu que ce soit indécent ?

Un léger soupire de bien-être conclut ma phrase, puis mes doigts parcourent son ventre, passant sur chaque détail de ses abdominaux sans oser descendre sur son siège des plaisirs. Cet embarras est nouveau et j’ignore d’où il peut venir. Peut-être de la crainte de le voir partir bientôt ? Mais je ne partage pas cela avec le guerrier des Flammes et me contente d’apprécier ce doux contact.


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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Dim 23 Avr - 0:10

Le temps était passé sans qu'il ne le voit filer, tant il s'était éprit de cet affrontement sans colère, de la conscience pleine que les coups seraient retenus toujours à temps s'ils venaient à percer la garde de l'autre, il s'était ainsi laissé prendre à ce jeu amusant. Le style employé par Saya était pareil à cette dernière et son cœur avait frappé son adoration pour chaque coup qu'elle avait tenté de lui porter, visant plutôt sa lame que lui-même au final, mais ceci n'avait pas la moindre importance.

Lorsque vint la fin du jour et de leur échange virulent, son souffle ne s'était accéléré que de moitié et il était parfaitement conscient qu'il aurait tout à fait pu poursuivre encore une éternité le combat et qu'un terme plus long aurait irrémédiablement fait pencher la balance. Ainsi, il ne regretta aucunement que la fin de celui-ci fut annoncé sans mots dire, par un simple échange de regards, le souhait de passer à tout autre chose se faisant de plus en plus cuisant.

Reposant son immense épée, il suivit la maitresse des lieux vers le thé revigorant qui lui était assuré, mais elle lui apprit d'un papier laissé là par Niji que les enfants s'en était allés quérir quelques denrées et avaient eut la décence de leur préparer un bain qui détendrait leur muscles tirés par l'effort. Ce fut pourtant une toute autre idée qui émergea dans l'esprit devenu bien dissolu du bushi depuis qu'il avait fait irruption en terre de brumes et il ne fut pas moins ravi lorsqu'il décela dans les prunelles de son désir incarné le même écho.

La boisson chaude fut néanmoins prioritaire, proposée à voix haute par l'héritière des Chizuru, mais ils ne manquèrent pas de se réunir dans un ébat intense imaginé de chacun par les coups d’œil qu'ils se jetèrent, se déshabillant mutuellement de leurs yeux, le simple fait de se dévisager ainsi provocant d’irrépressible rire entendus.

L'infusion terminée, la lancière s'empressa d'inviter le guerrier à sa suite dans une pièce qu'il connaissait déjà bien pour s'y être nettoyé à maintes reprise depuis le début de son séjour en ce lieu, mais la première résidait dans le fait qu'ils allaient y partager un moment et qu'elle lui en fit l'histoire, ventant que la salle d'eau avait défini son choix de vivre en cette demeure. L'indécence dont elle fit état n'avait plus rien à faire entre eux deux, tant le dialogue de leur corps s'emmêlant et l'envie de s'adonner à ces jeux étaient devenu normal à ses sens.

Si bien qu'elle n'eut qu'à s'écarter de lui quelque peu et débuter de se dévêtir pour que sa vigueur manifeste d'homme ne s'engorge d'énergie, éveillée par le merveilleux spectacle qu'elle incarnait dans sa nudité peu à peu dévoilée. Résistant à l'envie de la couper dans ses mouvement et de l'investir de tout son amour sans considération de son état de propreté, il l'imita sagement, se découvrant à son tour et débutant de se récurer tranquillement, sans jamais quitter la sublime silhouette de cette femme de ses iris.

Enfin, il entra dans le yubune où Saya se rinçait déjà et à peine fut-il totalement immergé ou presque qu'elle glissa jusqu'à se retrouver dans son dos, se privant à sa vue, mais s'ouvrant à un léger jeu de caresses dont elle semblait en avoir eu le désir depuis longtemps à l'écoute de son souffle et à la sensation des pression qu'elle exécutait sur son être. L'aveu qu'elle lui fit fut à nouveau conclu de cette étrange question à propos de la décence.

Le premier Amadotsu ne comprenait réellement pas ce que celle-ci voulait dire, tant ce mot lui apparaissait étranger à leur situation. Il ne trouvait aucune inconvenance à partager cela avec elle, sinon dans l'absence d'avenir que cela représentait. Mais ils était des samouraïs, on leur trouverait à chacun un parti auquel les marier pour faire perdurer leur nom… Ce qui se passait là n'était en rien obscène ou incongru, c'était là un long jeu d'adulte dont les cœurs battaient le même rythme et qui ne souhaitait qu'en profiter quelque peu avant que le rêve ne se dissipe pour laisser place à la réalité.

Il la laissa un instant se repaître de la surface de son propre corps, d'en parcourir la surface de la pointe de ses doigts sans ne rien répondre à cette interrogation, puis il se détacha délicatement de ses mains avant de lui offrir une expression évocatrice alors qu'il se retournait pour se glisser à son tour dans le dos de son élue. À l'exception de cette dernière, ses gestes ne furent d'aucune sagesse, son bras droit s'affairant déjà au massage intense et minutieux de la poitrine de l'onabugeisha, l'autre investissant cette dernière de deux des extrémités de sa mains gauche tandis qu'il commençait déjà d'arpenter de ses lèvres les épaules de son amante, jusqu'à ses oreilles. Il veilla bien à enflammer son aimée avant de lui murmurer ces mots :

Non… Je ne vois rien d'indécent à cela, Chizuru-san…

Sitôt le souffle de son propos évanouit, il passa ses bras sous les cuisses de la guerrière pour la soulever légèrement, aidé en cela par l'eau du bain, bien qu'il n'aurait pas eu besoin d'elle pour procéder de la sorte et fit redescendre la maîtresse des lieux tout en faisant correspondre leur deux intimités, s’enserrant en elle avec un soupir de ravissement d'en arriver enfin à cet instant.

Il commença alors son jeu de hanche, ne perturbant à ce moment que peu la surface de l'eau dans laquelle ils se trouvaient, ses doigts reprenant leur travail de soutien aux perception sensuelles de Saya. Mais le volcan était bien loin de se contenter d'un rythme si soyeux bien longtemps et savait pertinemment qu'il en était de même pour celle pour qui il donnerait tout de sa personne à la fin de l'épanouir totalement dans un extase absolu.

Reconsidérant la force de ses à-coups et la profondeur de ses assauts, les remous provoqués amorçaient de faire déborder la cuve, l'eau chaude se rependant déjà dans la salle, bien que cela sortait totalement de leurs considérations. Affamé d'elle, rien ne lui suffisait plus au bout d'un temps et il la porta pour moitié hors du bassin, toujours dos à lui, laissant uniquement la jeune femme les jambes dans l'eau, à moitié allongée sur la poitrine, à l’extérieur.

Il se prit un instant d'admiration pour sa chute de reins et les demies-lunes surmontant ses cuisses, puis s'y engouffra, embrassant de siège même des plaisirs de la samouraï-ko, celui la même qu'il avait honoré juste avant. Enfin, il se redressa, hissant sa lance de chair hors de l'eau, il s'unit à nouveau à elle, enroulant dans le même geste son torse de ses bras et reprenant le doux châtiment qu'il infligeait à sa partenaire un peu plus tôt, sans plus être autant freiné par la masse aquatique cette fois ci.

Ils avaient prévu ce moment depuis qu'ils avaient échangés le premier coup de leur armes cet après midi là et bien que ce nouveau duel venait de s'amorcer en large faveur du volcan, il ne doutait pas que la généreuse ne tarderait pas à lancer une contre-attaque sévère à cette bataille et qu'il attendait non sans une impatience certaine.


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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Dim 28 Mai - 18:33

N’entendre et ne sentir que l’eau se mouvoir dans le récipient m’apaise. Il y a quelques jours, la lame de la peur pointait au-dessus de ma tête, menaçant de mettre un terme à celle que j’étais avant l’arrivée de ce Samouraï envoutant. Il était incroyable malgré lui, si naturel et proche des convenances, si superstitieux et passionné, si dévoué et sincère. J’étais tétanisée de le laisser partir, jusqu’à ce qu’il m’apprenne que cela n’avait pas de sens. Alors je n’ai pas peur de sa réponse puisque, depuis qu’il est ici et vit avec moi, l’évidence est présente. Il n’est pas de raison de la remettre en question.

Le sourire aux lèvres à dévorer le sien des yeux tandis qu’il se retourne, je savoure ses caresses bien plus directes que les miennes mais non moins délicieuses, alors qu’il passe derrière moi. Son exploration de surface puis plus intime me fait frémir sans plus attendre, tant que je bois sa réplique aussi vite qu’un soupire de contentement m’échappe. Je n’ai pas le temps d’en être gênée que mon amant me soulève juste assez pour finaliser notre union... ou plutôt la commencer réellement avec le plus grand soin.

D’abord lents, ses vas-et-viens me font désirer plus, comme si une gourmande insatiable désirait déguster les meilleurs mets de Yokuni sans aucune limite. J’en rougis davantage mais n’en soupire pas moins pour autant. Je m’empourpre encore plus, de ravissement cette fois, lorsque Kodan me montre plus franchement à quel point il souhaite m’investir de tout son être. Chacun de ses à-coups me fait aimer cet homme, si fort qu’en lieu et place d’être surprise par sa sortie soudaine de l’eau et notre brève désunion, je m’accroche au bord du bassin en laissant davantage s’exprimer mon contentement que lors de nos précédents échanges.

Ma force est mise à rude épreuve car je manque en premier lieu de déborder autant que le liquide de la baignoire, tant la vigueur du baiser du Volcan est importante. Pourtant aucune douleur ne vient gâcher cet instant, au contraire même. J’en perds la fermeté de ma prise tant le plaisir grandit à la récidive fulgurante de mon aimé et décide de me rabattre sur son bras, y insérant mes ongles sans trop réfléchir au mal que lui pourrait ressentir si j’appuyais trop fort.

Juste avant de réellement défaillir, je romps notre rythme, sans pour autant briser notre union et délie son bras de mon buste. L’utilisant comme appui, tout comme le bord de la cuve, je tourne alors mon bassin de façon à me retrouver face à celui qui fait bondir mon cœur. Mes mains en uniques porteuses de mon corps, je glisse une jambe jusqu’à hauteur de la tête de mon brûlant partenaire, puis l’autre l’y rejoint du côté opposé. Ainsi suspendue au-dessus de l’eau, Kodan toujours debout, je recommence notre danse en bousculant son bassin et en l’invitant à pousser le mien à son tour, de toute l’énergie dont il dispose pour cela.

Puis vient l’instant où, après plusieurs minutes de balais effréné, mes bras ne me permettent plus un tel effort. Alors j’attire les hanches de mon tout près des miennes, saisissant sa nuque de mes deux bras et laissant mon séant reposer sur le rebord de notre espace de plaisir. Investissant sa bouche de ma langue, délicatement mais intensément, je ne cesse pourtant pas mes mouvements, tantôt aidée de mes mollets cajolant ses fermes collines, tantôt de mouvements circulaires de reins, compressant sa virilité pour nous amener au plus proche du septième ciel.

Lorsque nous l’atteignons ensemble, j’enfouis ma tête au creux de son cou pour étouffer l’expression de ma gratitude, mes doigts massant les muscles de son dos vigoureusement et un frisson parcourant mon échine de l’entendre lui aussi formuler dans un souffle la manière dont il tient à moi. Je ne comprends qu’en me cramponnant ainsi que mon amant m’a soulevée d’une main sous ma cuisse, me pressant contre lui à l’aide de son second bras, s’aventurant finalement sur mes omoplates en de délicates caresses. Je reste liée à lui tandis qu’il me ramène dans l’eau, bercée par l’intensité de l’instant et la détente qui en découle.

Nous n’en restons là que quelques instants, évidemment. Le temps de nous soigner mutuellement et de recommencer, quelques minutes plus tard, des folies que le mois entier n’aura pas suffi à contenir.

***

La nuit précédant son départ, je me suis réveillée brusquement, en sueur. Aucun don de vision ne m’avait été donné par Kasugami mais je me retrouve tétanisée et angoissée, en pleine nuit et comme au début de nos échanges, par l’éventualité qu’il s’en aille. Secoué par mon sursaut, Kodan m’a étreinte d’abord doucement, puis bien plus passionnément, pour me rassurer comme il sait bien le faire. Mais aussi intense avait été cet échange-là, il n’a pas empêché que je me retrouve sur le pas de la porte de la pièce à vivre, les yeux écarquillés de surprise lorsque je surprends ma raison de vivre à lire un document... le papier lui étant adressé.

À l’instant, j’ignore si c’est lui qui l’a écrit pour prévenir Setsu de son imminent retour ou si ce sont eux qui l’appellent à retrouver ses fonctions. Il m’avait tout dit sur son parcours, sur cette obligation à rentrer. Et j’avais appris à l’accepter en profitant de chaque seconde que les Kami nous avaient données à vivre ensemble. Mais malgré cela, c’est le cœur serré et le ventre noué que je m’avance vers lui, m’asseyant au sol, vers le côté de la table perpendiculaire au sien, posant le plateau de thé en tremblant. Les enfants sont encore sortis, nous sommes seuls et mon cœur rate un battement lorsqu’enfin ses deux charbons rencontrent mes billes d’azur.

- Nous y sommes, alors... dis-je, la voix déformée par un sanglot refreiné. Quand... quand dois-tu partir ?

Je n’ai pas envie de le savoir. Mais il le faut. Et puisque ma promesse sera de l’encourager à remplir son devoir, il me faut préparer mon caractère fort et solide... qui semble disparaître derrière mes projections d’un futur définitif sans lui.


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Amadotsu Kodan

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Taisho

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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Sam 22 Juil - 20:27

Chaque jour était une redécouverte, le goût d’un fruit aux saveurs infinies et dont il était impossible de se lasser. Outre la douceur des étreintes passionnées qu’ils partageaient, il y trouvait là une vie qu’il n’avait jamais goûté jusqu’à ce jour, à laquelle il s’était refusé, dévoué au sabre et à son seigneur, peu confiant dans le fait de mériter le nom de cette famille qui l’avait vu naître. Le bushi s’était habitué à sortir dans les rues de la capitale des brumes en compagnie de Saya, participant à la vie animée et joyeuse au sein de Okaruto.

L’humeur bonhomme qui régnait en ces contrées lui seyait à ravir. C’était une vie d’insouciance et de félicité, lorsqu’ils n’étaient pas à battre le fer ou à visiter les voies pavées de Kasu, ils se perdaient facilement et très volontiers dans les bras l’un de l’autre. Cette intensité nouvelle, qu’il n’avait jamais ressenti auparavant, puisque le temps ne s’était jamais incarné en un ennemi de sa relation, avait brisé quelque chose en lui, changé cette interdiction qu’il s’était faite à lui-même.

Jusqu’à ce jour, ses quelques romances fugaces s’étaient faite de façon succincte, parfois même n’avaient elles incarnées qu’un instant passionnel purement physique. Il s’était refusé d’imaginer un lendemain avec ces amantes pour lesquelles il avait eu le plus grand respect et n’aurait voulu les mettre dans cette cage dorée qu’était le mariage. Ainsi malgré le fait qu’il su que sa flamme en compagnie de l’héritière des Chizuru était temporaire, il n’en avait jamais vécu de si longue.

Parfois, alors qu’il se réveillait aux premières lueur de l’aube, la trouvant étendue sur lui, la douceur de sa poitrine contre son torse et l’expression apaisée, il se jurait de poser les armes, quitter son nom et tout ce qu’il avait pour rester ici. Mais aussitôt, la signification de ce geste et ses implications le rattrapaient, le ramenant vers une réalité qu’il n’aurait osé traitée d’injuste, car cela n’avait guère sa place dans sa considération de l’existence.

Tout était écrit, ce moment aussi, sa fin de même. Il ne s’étonna pas, près d’un mois suivant son arrivée sur les terres des disciples d’Izanami, de voir cette estafette frappée des môns du feu se présenter à la porte même de celle chez qui il vivait depuis des semaines. Si la chose venait à s’ébruiter plus qu’elle ne l’était déjà, la situation de Saya deviendrait difficile et cela lui était inconcevable.

Ce matin là n’avait pas été différent des autres, son amante avait fini par s’éveiller en sursaut, pleine d’inquiétude quand à l’évidence même de son départ. C’était devenu une coutume alors, il séchait ses larmes, lui promettait que le temps qui leur était imparti serait à l’image d’un dévorant brasier et lui en faisait immédiatement goûter la définition. Chaque jour, il sentait cette fatalité approcher et il était bien certain qu’elle aussi.

De fait, il donnait chaque fois un peu plus de sa personne dans ces étreintes matinales et cette fois là avait été la plus intense de toute, exténuant tant et si bien la belle qu’elle fut parti d’un second sommeil. Puis il avait quitté la chaleur de la couche pour s’isoler dans l’air frais de l’aube passant dans la salle principale de la demeure et prit réception du pli. Ainsi le dernier des Kiyooki avait lu maintes fois la demande officielle de rapatriement, la seconde en fait, celle ci se montrant plus pressente néanmoins.

La missive était étalée face à lui lorsque son aimée apparu enfin remise, mais malgré son incroyable beauté, il ne parvint pas à s’éclairer à son arrivée, les traits graves comme on ne devait l’avoir jamais vu en ces murs. Elle n’avait pas besoin de lire à son tour le courrier pour comprendre, de part le môn qui s’y trouvait puis l’attitude du guerrier et vint s’installer auprès de lui, libérant ses mains d’un plateau chargés.

Lorsqu’il osa croiser son regard à nouveau, plongeant ses sombres prunelles dans le saphir des siennes, il y vit la conscience de ce que cela signifiait et parvenir par miracle à laisser s’échapper quelques mots étranglés. À cette image, il pensait s’être préparé, s’être solidement engoncé dans ses convictions, dans les mots qu’ils avaient échangés parfois, au sujet de ce rêve qu’ils vivaient, de cette ellipse dans leurs vies.

Comme dans ses pensées, celles qu’il avait de ce moment, il prit la main droite de Saya dans l’immensité des siennes et s’apprêta à lui répondre avec certitude. Mais sa bouche resta ouverte sans que mot ne parvienne à en sortir. Sa gorge s’était obstruée instantanément au moment où il s’apprêtait à lui rétorquer ce qu’ils savaient déjà tout les deux.

Étranglé ainsi, le bloc d’assurance et de confiance qu’il avait conçu s’effondra en gravas friable, cette vérité à laquelle il croyait devenant la pire chose qu’il aurait pu prononcer, sa foi dans tout ce qui avait été dit, bien des jours avant, soufflé par la seule chose qu’il désirait à présent. Les bases mêmes de son existence s’évincèrent et il vit alors une lumière se dessiner, un possible futur, difficile, mais au combien préférable à celui qu’il s’était apprêter à infliger à cette femme qui était devenu tout pour lui. Kodan y puisa les forces nécessaires , trouva dans cet espoir fou l’essence qui lui permit enfin de répliquer :

Séant… Mais rien ne m’y oblige. Que puis je obtenir là bas que je n’eus trouver ici ? Partir ? Jamais… Je m’y refuse à présent. Le phénix m’a banni, envoyé apatride chez l’Empereur pour des services d’intérêt généraux auprès d’un homme que je ne pourrais jamais oublier. Et maintenant que j’eus trouvé la femme que mon cœur accepte de chérir sans limite et à n’importe quel prix, je me refuse à répondre à l’appel impérieux de Setsu.

Je… Je pourrais retourner en Birei ! Demander à être affecté à vie au rang qui était le miens, auprès d’un autre magistrat ! Ou bien je prêterai allégeance aux brumes ! Ou nous pourrions partir, Saya, nous pourrions nous échapper et vivre de nous et nous seuls uniquement ! Je…


Ces mots qu’il prononça furent les plus creux et fous qu’il entendit de tout son trajet depuis sa naissance. Tant qu’il rompit le flux de ses paroles dans l’étranglement d’un sanglot désespéré, le volcan s’affaissant à genou face à la généreuse et se laissant aller comme jamais auparavant dans un sanglot qu’il aurait été impossible de deviner venir d’un tel homme, la tête sur les cuisses du seiza de son amante, les mains crispées sur les pans du kimono de cette dernière.


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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime Dim 30 Juil - 22:56

Je veux entendre cette réponse, forte et solide comme lui. Le Samouraï des Flammes m’y avait préparée des années durant, c’est le sentiment que j’avais eu toutes ces fois où il me rappelait à l’ordre en disant qu’il nous fallait vivre le moment présent. Mais la montagne est friable, maintenant qu’elle affronte la tempête de mes émotions. Le brasier n’est plus, l’étincelle éclairant ses sombres iris a disparu et, malgré la tendresse de son premier geste, je peux voir qu’il lui sera difficile de répondre à cet appel du Feu... Mais comment faire, alors ?

J’avais vécu ce moment tellement de fois en rêve. Et c’était moi qui le retenait, pleurant à chaude larme de le voir partir et retourner là où il était né. C’était moi qui lui arrachait ses vêtements, qui devenait folle après son départ ou qui tuais pour me venger de cette injustice impossible à avaler malgré la passion. Mais comment faire, alors, si c’est lui qui flanche ? Un instant, j’ai un doute. Peut-être ne veut-il pas me blesser, peut-être voudrait-il faire cela de la façon la plus conventionnelle possible. Pourtant, rien ne me laisse penser ce fait. Mon aimé se décompose, ne trouve pas ses mots.

Et tandis qu’il les trouve enfin, tout s’écroule autour de moi. Tout ce que j’avais construit pendant ce mois éternel, toutes ces résolutions que j’avais réussi à bâtir autour de moi avec son aide pour résister à ce choc insurmontable. Tout s’effondre car il veut rester... et qu’il répond à mon désir le plus intense de femme et de mère. Quelle Dame ne voudrait pas un tel guerrier à ses côtés ? Quelle Dame ne voudrait pas entendre un Samouraï lui offrir son cœur et une vie commune, telle que nous l’avons vécue tous les deux ? Quelle Dame ne voudrait pas d’un père pour ses adoptés, d’une famille, tout simplement ?

Mais toutes ses propositions s’envolent au moment où il les fait. Pour chacune d’entre elles, j’ai une réponse, que j’ai envie de lui cracher à la figure, aussi attrayantes soient-elles. Je manque de souffle pour lui répondre et heureusement car ce que je vois ensuite me fais réellement taire. Il faillit, juste devant moi et je remercie Kasugami de le faire baisser la tête car je me décompose autant que lui. Je pensais devoir être forte et solide pour digérer son départ... mais jamais je n’aurais pensé devoir être un roc pour deux. C’est pourtant ce que je vais devoir faire, je le sais à l’instant où une larme coule sur ma joue puis une seconde sur le deuxième versant de mon visage.

Lentement, je glisse mes mains sur les siennes, tremblantes et froissant mon vêtement. Je les imprègne de ma chaleur, quelques secondes, peut-être quelques minutes. Et je remonte mes doigts sur ses larges épaules, pourtant incapables de porter ce choix décisif à l’instant. De toute ma force, je redresse ce corps pour me confronter à cette face que je ne connais pas, que je ne veux pas connaître et que j’occulte le temps d’une gifle bien sentie. Elle est partie seule, machinalement, comme une évidence. Il faut qu’il revienne, cet homme que j’ai connu pendant ce merveilleux mois. Mes lèvres en tremblent, tout mon corps ce temps après ce geste que je regrette immédiatement. Et je pleure en même temps que je parle, trop pressée de lui exprimer ce que je ressens.

- Baka ! dis-je en premier lieu, sans quitter des yeux ses billes couleur charbon. Si les choses étaient si faciles, serions-nous de si bons Samouraï ? Si tu restes, que deviennent ces mots, ces leçons que tu m’as faites sur le fait de profiter de nos moments ? De vieilles promesses ? Ou pire, de la comédie ? Que devient ton histoire et ton parcours, si tu ne reprends pas la place que l’on te rend ? N’éprouves-tu donc aucune fierté d’être reconnu par les tiens, de pouvoir rentrer et brandir la bannière du Phoenix ? Si tu restes, que penserons tes ancêtres, ces modèles que tu évoquais et qui t’ont quitté trop tôt ?

Et ce détour, sur ta route, qu’est-ce qu’il devient, si tu restes ? Tu proposes de répondre à mon plus grand caprice, à mes plus grandes envies de femme mais as-tu seulement une seule idée de ce que cela impliquerait ? « Ne regrettons rien » disais-tu en m’embrassant pour la première fois. Ne serait-ce pas un regret que de rester ici, pour le Bushi qui s’est présenté à moi il y a de cela une lune ? Ce Samouraï, droit et impliqué, ce n’est pas celui que mes yeux pleins de larmes veulent voir.

Je n’étais qu’une veuve guerrière avant que tu n’arrives. Et je ne croyais qu’au combat, une bataille qui n’était même pas la mienne, une fois mon but d’entrer dans l’armée atteint. Tu m’as fait croire à demain, croire à un possible, croire au bonheur à nouveau. « Il n'y a pas de promesses qui franchissent mes lèvres que je ne suis pas capable de tenir. Mes engagements tiennent et c'est ce qui fait de moi l'homme que je pense être. » m’as-tu dit en me promettant de m’aimer comme aucune. Mais ce Samouraï ne peut pas rester indéfiniment caché derrière ce que tu veux, c’est toi qui me l’a rappelé !


C’est finalement moi qui suis accrochée à ses deux manches, paradoxalement à le retenir là pour qu’il m’écoute, alors qu’il n’a aucune intention de partir. Mes larmes coulent distinctement mais ma voix porte sans que je ne lui crie dessus, la violence de mon coup restera suffisante pour ce moment plein de douleurs.

- Là-bas, à Setsu, tu pourras retrouver ta place, celle que l’on te rend. Tu as purgé ta peine par la servitude mais tu dois retourner à une vie désirée et si honorable que n’importe quel rônin pourrait t’envier. C’est une chance... mieux, ton Destin qui te rappelle, ce Destin que tu poursuivais avant de me rencontrer. Moegami te rappelle à lui, Setsu Gekido-sama aussi et aller à Birei n’y changera rien. Vivre ici... oh ce que j’aimerais cela, tu le sais... Mais prêter allégeance à Okaruto, quelle idée ? Cela, c’est mon rôle et ce que j’ai toujours voulu et tu ne remplaceras aucun de mes camarades.

Et fuir... as-tu seulement perdu la tête, Ko-san ? Je me suis battue toute mon enfance, j’ai affronté le regard des autres, j’ai perdu mon époux pour pouvoir arriver où j’en suis à présent. Et c’est ce que tu as fait, toi aussi ! Avec acharnement, obstination et maîtrise. On vous rappelle, Amadotsu Kodan, il n’y a pas de fuite à envisager. Aucune. Tu n’es vraiment qu’un imbécile...


Ma poigne est moins brutale et ma voix plus douce. Je recule finalement, juste le haut de mon corps, mes yeux se perdant sur les traits des tatamis du salon. Mes joues sont humides mais je ne prends pas la peine de les sécher, il y déjà vu toutes mes faiblesses.

- Je suis la dernière à vouloir que ta chaleur me quitte mais... il doit en être ainsi. Nous avons partagé ce que nos Kami nous ont permis de nous donner, pendant le temps qui nous était imparti. Maintenant que tu as réussi à me le faire accepter, reste droit et fidèle à tes convictions, je t’en prie... C’est déjà tellement dur... Je ne t’oublierai pas... jamais, de cela j’en suis certaine. Je continuerai à parler de ce grand Serviteur Incandescent qui a embrasé bien plus qu’une nation. Cet homme qui a fait naître en moi l’envie de vivre qui m’avait quittée lorsque mon premier amour m’a laissée. Neji et Niji retiendront ce que tu leur auras enseigné, de cela aussi j’en suis certaine. Tu ne vivras plus ici mais tu vivras en moi, aussi fort que tu as habité ces murs. C’est une promesse... et une inspiration pour la Samouraï que j’aurais retrouvée grâce à toi.

Un énorme soupire et mon visage retrouve le sien en un baiser long mais léger, transpirant la culpabilité de toute cette morale et de mon geste de violence précédent.

- Gomen de t’avoir frappé... murmure-je. Pour me faire pardonner et comme le voulait ma mission, je t’accompagnerai jusqu’à la frontière. Et comme le veut mon cœur, je volerai un morceau du tien en te tournant le dos ou en te regardant disparaître dans la brume. Tel sera mon dernier acte d’amour avant que tu ne retrouves tes véritables armes.

Puis le silence déchirant est brisé par un nouveau sanglot, le mien, dont la fuite est trop difficile à empêcher. La voix déchirée par les pleurs, mes derniers mots concluent enfin ma tirade et confirment la disparition prochaine de mon organe de vie.

- Il est temps de partir, Kazan Chinsei-ka...


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MessageSujet: Re: Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime

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Mon âme devient fumée lorsqu'elle perçoit, si près, le feu qui t'anime

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