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 [FB - Terminé] Quand le destin s'en mêle et que les cœurs s'emmêlent

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Akogare Kitai

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Sohei

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MessageSujet: [FB - Terminé] Quand le destin s'en mêle et que les cœurs s'emmêlent Mer 22 Juil - 8:26


La lame fila, suivant le vent, l'accompagnant dans son souffle, passant sans heurter les bambous qui l'entourait. Un tour sur lui même, une nouvelle frappe, rien ne fut touché, aucune feuille ne vint à tomber, choquée par un coup inopportun à la base de la pousse qui la supportait. Entouré des végétaux à une distance plus courte encore que la longueur de la hampe de son arme, le sohei parvenait pourtant à faire passer cette dernière, ainsi que le fer tranchant de son extrémité, entre les plantes sans même les frôler.

Dorénavant, si on lui en laissait la hauteur, il était devenu capable d'user de son arme à un rythme effréné ainsi qu'une précision hors norme. Il était certain qu'il pouvait utiliser sa naginata dans n'importe quel lieu où il parviendrait à la faire passer d'une manière ou d'une autre. De ce talent acquis après quinze années d'apprentissage exclusivement orienté autour de son art, en avait découlé un nouvel enchaînement qu'il avait dédié à Seiko.

Il s'était plu à parfaire la première, la suivante et la troisième de ses danses, celle-ci, la quatrième était le plus vif et le plus épuisant du lot, mais il savait qu'il était particulièrement impressionnant à voir. Tout en s'essuyant le front d'un linge prévu à cet effet, satisfait, il se promis qu'il irait voir la miko afin de lui montrer ce résultat dont il était si fier. Il sorti de la bambouseraie en trombe afin de rallier le temple au plus vite et d'établir sa démonstration à son amie qui était bien plus que cela.

Depuis qu'il s'était plus ou moins déclaré à cette dernière, il avait veillé à rester discret sur le sujet afin de ne pas l'ennuyer. Il était parfaitement heureux de cette situation et ne voulait guère la presser à parler de ses sentiments. Juste être là pour elle, comme cela avait toujours été le cas depuis qu'elle avait emménagée à Gakushiki. Parfois, il se remémorait la douceur de ses lèvres et en appelait le retour dans ses rêves. Puis il riait de lui-même dès son réveil et trouvait toujours un moyen de passer à autre chose.

La prière, son entraînement et celui qu'il administrait aux côtés de Gashiri, tout était devenu une bonne excuse pour brimer son propre désir d'être plus qu'un ami pour elle. Elle ne l'y aidait pas pourtant. Dans les regards qu'elle lui lançait parfois, il voyait sans aucun mal la même lueur que ce soir là où ils s'étaient unis, ainsi que le combat qu'elle menait intérieurement et dont il ne comprenait que peu de chose, si ce n'était qu'elle devait le gagner.

Tout à ses pensés, il alla faire ses ablutions et s'habiller de ses atours habituels, il n'avait guère envie de faire la moindre démonstration tout ruisselant de sueur qu'il était. Son kimono à moitié rabattu autour de son ventre, laissant visible l'intégralité haute de sa personne totalement nue, était devenue monnaie courante à certaines heures de la journée, si bien qu'il constatait parfois un publique inattendu à son retour de ses exercices.

Certaines miko et servantes du Temple se montraient particulièrement attentionnées à son égards, il laissait certaines d'entre elles le coiffer alors, car c'était là une bien pénible tâche pour lui, au point qu'il en était venu parfois à se demander si il n'allait pas se couper les cheveux un jour. Mais ce qu'il cherchait en vérité dans les yeux de celles qui lui montrait de l'affection était le même reflet que celui que Seiko avait eu pour lui, une fois.

Il n'en profitait pas plus que cela, saluant chaleureusement celles qui menaçaient de vouloir accomplir quelque chose avec lui qu'il n'aurait su réserver à une autre qu'à son amie et dont il ignorait tout de toute façon. Apprêté, il se dirigea joyeusement vers l'aile réservée aux mikos, qu'il connaissait à peu prêt toute à présent et dont il salua celles qu'il croisa. Lorsqu'il parvint au niveau de la chambre de l'héritière des Shuzen, il fut surpris de voir la porte de cette dernière entrebâillée.

Un vieux souvenir refit surface alors, où s'exerçant à ses capacités issues des dons de Itegami, sa complice de toujours avait feint la mort, si bien qu'il était totalement tombé dans le panneau et les affres de la tristesse sur le moment. Il se dit alors qu'elle réitérait l'exploit, des années plus tard, tentant de lui faire là une farce de quelque genre que ce soit. Malicieusement, il se promit de jouer le jeu et poussa doucement la porte tout en se préparant à la voir étalée sur son futon, laissée pour mourante.

Mais ce ne fut pas du tout ce à quoi il assista. Il faisait parti des rares sohei à pouvoir pénétrer cette enceinte uniquement habitée par des dames, son abnégation et son apparent manque d’intérêt pour ces dernières ayant encouragé les Jushoku à lui confier la garde de ces lieux. Même sachant cela, il évitait de se montrer trop intrusif dans la vie de ces dernières, oubliant de ce fait qu'elle pouvait se dire qu'elles n'étaient entourées que de dames.

C'est ce qui avait du permettre à Seiko de penser que fermer sa porte n'était pas important ce matin là. Elle était là à resserrer ses bandages de poitrine, tout juste vêtu de ces derniers et d'un koshimaki court au niveau des hanches, préservant sa pudeur du regard malencontreux du prêtre-combattant. Cependant, il ne pouvait guère ignorer les longs cheveux de la jeune fille coulant le long d'un dos immaculé, la finesse et la grâce de ces bras et jambes qu'il découvrait pour la première fois.

L'expression concentrée du visage de la jeune fille était plus parfaite que toute autre aux yeux du garçon qui sentait le rouge lui monter aux joues sans qu'il ne puisse esquisser le moindre geste, ni même respirer. Ce qui fut bien le problème… Car il lui fallut reprendre son souffle d'urgence pour ne pas suffoquer, trahissant par là sa présence de façon audible. Il tendit son bras libre devant lui comme pour se masquer ce magnifique spectacle, terriblement désolé, il bafouilla :

- môshiwake arimasen, Sei-chan ! Je ne voulais pas… !
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Shuzen Seiko

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Kannushi

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MessageSujet: Re: [FB - Terminé] Quand le destin s'en mêle et que les cœurs s'emmêlent Mer 22 Juil - 12:34

Il est rare que je dorme mal ou peu. Depuis ma période de nuits courtes pendant lesquels j’apprenais sans relâche, il s’est passé quelques mois. J’ai utilisé ce temps pour du repos, beaucoup de repos. Car c’est comme si ce rêve que j’avais fait avec les différentes lueurs m’avait pompé mon énergie. D’habitude lente dans mes mouvements, je dois davantage ralentir pour ne pas me surmener, m’ont conseillé les médecins. Mais peu m’importe, finalement. Ici, pas besoin d’aller vite. Les Miko et les Prêtres sont compréhensifs et je peux sans cesse faire de mon mieux sans que « mon mieux » ne dépasse le minimum, si mon corps ne me le permet pas.

Ma tête, elle, est bien efficiente, malgré cette baisse d’énergie. Et j’ai beaucoup réfléchi aux derniers évènements. Kitai et moi sommes passés à une étape différente et, pourtant, rien n’a changé. Il est naturel, sourit toujours, continue de s’entrainer et à me montrer ses progrès. J’ai même pu participer à l’un de ses cours, une fois et ai été ravie de découvrir mon ami différemment. En réalité, il est sûrement plus que cela mais je m’interdis sans arrêt d’y penser. Obsédée par cet objectif que l’on m’a fixé, je me prive de toute distraction et mon devoir passe avant tout. Je ne peux pourtant pas m’empêcher de le regarder autrement alors qu’il me regarde aussi, maintenant que je sais ce qu’il ressent. Bien qu’il ne me l’ait pas directement avoué, il m’a confié vouloir rester à mes côtés. Et cette idée m’emplit d’un bonheur que je ne peux m’empêcher de partager avec lui.

En échangeant avec les Miko, je constate que Kitai a toujours beaucoup de succès. Il est admiré pour ses capacités et apprécié pour sa gentillesse, sa douceur et sa serviabilité. Certaines consœurs sont même venues m’interroger sur sa vie, ces dernières ayant remarqué que nous étions proches avant mon arrivée au Temple, déjà. Mal à l’aise, je ne fais alors que répondre vaguement à leur demande, ne voulant en tout cas pas révéler le passé de mon Sohei, passé qu’il a mis plus de dix ans à me dévoiler. Les plus insistantes Miko m’interrogent sur nos véritables rapports et sur la raison pour laquelle nous passons tant de temps ensemble. Également gênée, je ne fais qu’éluder la question et, bientôt, les rumeurs se propagent. Des rumeurs plus éphémères à chaque fois mais qui me valent un nouveau panel de question à chaque vague d’arrivée des nouvelles recrues.

J’apprécie alors de plus en plus le calme de ma chambre qui, bien que parfois habitée par des malades ou des blessés, me sert tout de même de refuge lorsque j’ai besoin de silence. D’ailleurs, on ne m’envoie quasiment plus personne à soigner, étant donné que je prends quatre fois plus de temps pour faire les choses. Bien que j’aie pris l’habitude depuis mes premiers temps à Gakushiki de m’habiller seule, le moindre voile ou bandage est infernal à mettre. Je perds mon souffle à chaque mouvement ample et certaines positions me compriment la poitrine, chose que je supporte moins bien depuis ce rêve, comme si l’air cherchait de la place dans mon corps frêle. Je ne me rends compte que tard que la porte est entrouverte et n’ai pas la force de me relever pour la fermer, trop occupée à revêtir mes premières couches de tissus.

Alors que je reprends mon souffle après avoir enfin fixé mon bandage correctement, j’entends quelqu’un s’étouffer et tourne la tête vers la porte. Je remarque alors Kitai, rouge comme jamais il ne l’a été, s’excusant d’avoir... je ne sais pas de quoi, en fait. Mais... depuis quand est-il ici ?! Je me relève rapidement – trop rapidement, glissant mes cheveux de mon dos à ma poitrine, maintenant maladroitement mon koshimaki pas assez serré d’une main. Je marche alors le plus vite possible vers la porte et m’en sers pour cacher mon corps peu vêtu, sentant mes joues rosir en même temps que je m’approche du Sohei.

- Ce... ce n’est rien, Ki-chan, je... j’aurais dû fermer..., dis-je alors, partagée entre le malaise et l’essoufflement.

Je détourne le regard un instant, mes yeux se perdant dans la chambre et sur le mannequin portant les autres couches de vêtements que je dois enfiler pour aujourd’hui. Confuse et gênée, je prends tout de même une grande inspiration afin de me ressaisir et de m’adresser le mieux possible.

- En fait, ça fait déjà une demi-heure que je suis là, toute seule, à essayer de m’habiller... Dans mon état, je ne peux plus faire grand-chose. J’aurais besoin d’un peu d’aide...

Pensant soudain qu’il pourrait aller chercher une ou deux Miko pour m’aider, je saisis sa manche, rougissant davantage.

- Mais les Miko me posent trop de questions et je suis fatiguée de leur répondre... alors tu... veux bien m’aider ? Sinon, je risque de me retrouver habillée ce soir et il sera déjà temps d’aller se coucher.

Je retrouve alors ses yeux et réalise que j’aimerais juste qu’il reste, peu m’importe dans quel état je suis.

- Et j’imagine que si tu es venu, c’est pour me raconter quelque chose ? dis-je alors en lui offrant un sourire sincère.


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Akogare Kitai

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Sohei

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MessageSujet: Re: [FB - Terminé] Quand le destin s'en mêle et que les cœurs s'emmêlent Dim 26 Juil - 23:31

C'était une découverte. Toute ces années ne les avaient jamais vu se montrer dans leur plus simple appareil. Non pas que le fait était choquant en soit, mais cela faisait plus de douze, peut être treize ans et les probabilités qu'un tel cas de figure se présente plus tôt n'étaient pas négligeables, surtout si l'on considérait qu'ils vivaient quasiment sous le même toit, bien que ce dernier soit particulièrement vaste. Kitai se sentait honteux de ne pas être capable de se dérober à cette vu, persuadé que ce qu'il faisait était mal, mais rien n'y faisait.

Vêtue d'un rien, ainsi, ses cheveux libres de toute coiffe complexe, se déroulant sur ses épaules nues comme pour en masquer encore quelque peu la finesse des lignes, elle apparaissait comme un ange. Seul un être reliant ainsi terre et ciel pouvait ainsi captiver le sohei. À moins que ce ne soit juste elle, tout simplement. Avant qu'il ne se fasse remarquer, il pu néanmoins voir la fatigue et le manque clair de vigueur de Seiko et au fond de lui, tandis que la majeure partie de son être s'extasiait d'une façon qu'il jugeait inavouable sur les doux traits qui personnifiait la jolie miko, il s'inquiétait pour elle.

Le fait d'être venu vivre au Temple ne l'avait pas renforcée pour autant et c'était là la seule et unique chose qui attristait le lancier au sujet de sa tendre amie. Il s'en voulu d'autant plus cruellement lorsque, consciente de sa présence, elle entrepris de faire un effort physique, mais inutile, pour préserver son corps du regard autant gêné qu'ébloui du moine combattant. Il en fut d'autant plus meurtri qu'il aurait du tourner les talons plus tôt, la laisser se vêtir sans craindre d'être ainsi épiée, mais il était trop préoccupé à présent par la fatigue visible qui émanait d'elle.

Dans cette situation terriblement ennuyeuse, il finit par se prendre en main et s’apprêta à s'excuser une énième fois et de tourner les talons, mais la petite prêtresse en vint à avouer le soutien dont elle avait besoin pour venir à bout d'une tâche si anodine et simpliste que celle de s'habiller, mais qui était une vraie épreuve pour elle. Ses pensés indécente furent immédiatement balayée et il ouvrit des grands yeux plein d'urgence. Il entreprit de faire demi tour rapidement pour partir en quête de l'une ou plusieurs des autres mikos afin de porter secours à la plus jeune des Shuzen.

Mais il ne pu rien faire de cela. Il sentit la main de son amie l'attraper par la manche pour le retenir, il tourna ses iris bichromes vers elle, interrogateur sur la signification de ce geste. La justification qu'elle lui donna alors lui sembla d'abord amusante, mais l'expression rougissante qu'elle lui offrait fut tout à fait différente cependant. À nouveau, il vit dans ces yeux merveilleux la dualité des sentiments et comprit qu'elle souhaitait juste passer un moment avec lui, en toute tranquillité.

Il lui sourit de cette expression innocente et chaleureuse uniquement tournée vers elle et son bien-être, prend délicatement le bras libre de la miko, le passant autour de ses propres épaules, puis ceignit la taille de cette dernière d'une douceur infinie. Il l'amena doucement vers le mannequin recouvert des kimonos de son amie alors qu'elle l'interroge sur l'origine de sa présence. Et tandis qu'il la fait asseoir et entreprend d'étendre les diverses couches de vêtements dont il voulait l'aider à se recouvrir, il déclama radieusement :

Ah ! Oui… Je ne suis pas venu t'épier, pour sûr, Sei-chan. Je suis parvenu à aboutir à une nouvelle danse pour toi. Elle est difficile, mais elle est jolie je suppose. Je voulais te la montrer… C'est tout.

Il tenait la sous-couche du kimono rituel dans ses bras et vint s'asseoir dans son dos. Il n'avait pas choisi cette position là parce qu'elle rendait l'aide à l'habillage plus facile, mais surtout parce qu'elle pouvait le soustraire à la vu de son amie afin qu'elle ne voit pas les regards trop plein de désir qu'il aurait inévitablement sur elle. Et il su avoir eu parfaitement raison lorsque le bleu disparate de ses iris se posa sur la chute de reins de Seiko. Il voulu remonter les yeux vers les épaules de la jeune fille, mais l'effet fut strictement identique.

Il n'y avait plus une parcelle de peau nue sur elle qu'il ne voulait pas couvrir d'un baiser ou sur laquelle passer une main délicate d'attention. Sachant être plus rouge encore qu'il ne l'avait été lorsqu'il l'avait surprise, quelques instants plus tôt, il recouvrit l'être chéri presque trop rapidement et parvint tout juste à ne pas se montrer trop brusque. Avisant le tissu qui cachait à présent l'objet de sa convoitise malvenue, il se cru à l’abri de son inconscient chaotique de sentiments.

Cela fut sans compter sur le fait qu'il ajusta une épaule du vêtement sur son amie et dû pour cela se surélever et permettre à sa vue un aperçu plongeant sur la poitrine bandée de la miko, annonçant le retour du cramoisi sur le visage du pauvre sohei. Il n'arrêta pas son geste pour autant, déterminé dans sa volonté d'aller jusqu'au bout de l'entreprise qu'il avait débuté. Il passa ses deux bras autour des épaules de son amie pour attraper les pans de la sous-couche et leur permettre de recouvrir honorablement la merveille de son corps. Kitai alla placer son visage à côté de celui de Seiko et murmura simplement, tout à sa gêne grandissante :

Désolé…

Mais il parvint malgré cela parfaitement à remplir son office et, à la fois satisfait et libéré de l'image sublime qu'il avait eut tout loisir d'admirer, il s'en retrouva bien plus calme et pu aller chercher le haut du kimono de sa complice pour l'en recouvrir à son tour. Chacun de ses mouvements se faisant avec mille et une précaution, il était plus serein à présent et changea même de position pour passer devant la miko et de lui sourire sans la moindre arrière pensé.

Pour autant, il n'oublierait pas ce qu'il avait vu et chérirait probablement ces images plus tard, mais il restait focalisé sur l'instant présent et son vœu de ne pas incommoder le petit univers qu'elle était devenue pour lui et dont chaque moment partagé avec elle était un trésor infini. Il fut pris d'une idée, qu'il cru riche au moment où il l'émit alors qu'il ajustait le col du vêtement sur le cou tout aussi désirable que le reste de son amie :

Ah ! Je pourrais t'aider à cela tout les jours jusqu'à ce que tu te portes mieux, Sei-chan ! Cela ne me dérangerais pas et t'épargnerais bien des tracas…

Il avait dit cela d'une telle manière qu'il était impossible de ne pas entendre le plaisir qu'il concevait d'une telle perspective. Et il était placé d'une telle façon que ses yeux ne pouvaient plus guère se dérober à ceux de sa camarade. À nouveau, il s'empourpra tout en avisant la dernière pièce de tissus qui restait à mettre sur elle et se refusant tout simplement d'y toucher. Il attrapa la brosse à cheveux de la table de chevet de Seiko et retourna honteux derrière elle tout en bredouillant :

… Pour le hakama… Je te laisserais le faire… Je ne veux pas t'ennuyer… Sauf si tu le veux… Ou que cela est difficile pour toi…

Il attrapa la crinière de l'héritière des Shuzen et entreprit de la coiffer. Il était loin d'être malhabile à cela, ayant lui-même les cheveux longs et c'est en enchaînant des mouvements experts et emprunt d'une affection profonde qu'il caressa et démêla la tignasse de la jeune femme. Il avait beau dire et paraître embarrassé… Il vivait là l'instant le plus intense et le plus merveilleux de son existence.
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Shuzen Seiko

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Kannushi

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MessageSujet: Re: [FB - Terminé] Quand le destin s'en mêle et que les cœurs s'emmêlent Lun 27 Juil - 21:19

Le sourire que Kitai m’offre en retour fait accélérer les battements de mon cœur et j’aimerais pouvoir les dissimuler alors qu’il saisit mon bras et ma taille pour me soutenir et m’aider à m’assoir. L’assurance dont fait preuve mon ami dans des situations délicates me fait davantage réaliser qu’il n’est plus le petit garçon que j’ai pu connaître et je vois alors toute la maturité qu’il a pu gagner avec les années, en devenant un homme. Je sens pourtant son regard hésiter, ne pas savoir où se poser et c’est alors qu’il s’installe dans mon dos que je réponds à ce qu’il m’a dit quelques secondes plus tôt.

- Comme d’habitude, je serai ravie de te voir danser, Ki-chan, dis-je doucement en souriant.

Je saisis mes longs cheveux, les passant vers l’avant lorsque le Sohei pose rapidement l’étoffe sur mes épaules. Je devine à ses gestes précis mais rapides qu’il n’est pas forcément à l’aise avec cela et je suis mitigée. En même temps heureuse que ce soit lui qui prenne soin de moi, je m’en veux de lui infliger telle proximité alors que j’ai repoussé ses avances. Je perds quelques instants mon sourire, alors que je le sens se pencher légèrement vers moi pour ajuster la sous-couche et la resserrer sur mon corps fragile. Ses excuses si proches de moi me font rougir et j’aimerais alors lui dire « c’est moi qui suis désolée ». Mais je ne veux pas qu’il me voit triste car c’est mon bonheur qui le rend heureux.

Il s’attèle finalement à la dernière partie de l’habillement, me regardant tendrement et souriant toujours aussi sincèrement, en passant devant moi. Tellement sincèrement que mes joues ne perdent pas leur couleur. Elles en gagnent même alors qu’il propose de venir tous les jours m’aider ainsi. Conscient que ses propos vont dans le sens d’un nouveau témoignage d’affection, il rougit et retourne derrière moi pour me coiffer. Appréciant malgré tout la douce attention et ses gestes encore une fois assurés, je tente maladroitement de répondre, refrénant mon envie de dire « oui » tout de suite.

- Je suis contente que tu sois là à m’aider, Ki-chan. Sûrement plus contente que toutes les autres Miko qui rêveraient de passer du temps avec toi. Mais je préfèrerais aller mieux et être capable de m’habiller... J’aime te savoir près de moi, à veiller à ma sécurité. Mais je préfère encore plus pouvoir profiter de ta présence d’égal à égal, partageant mes expériences, écoutant les tiennes, imaginant qu’un jour je puisse me battre à tes côtés.

J’attrape rapidement le hakama que Kitai a déposé à côté de moi et, habituée à m’habiller assise, je plie le tissu de façon à pouvoir le nouer facilement autour de ma taille. Ma tête de bouge pas et chaque mouvement de brosse, suivi par le glissement de la main du Sohei sur mes cheveux fins me fait frissonner de contentement. Alors que mon dernier vêtement est enfin installé, Kitai termine son ouvrage avec délicatesse et je me retourne rapidement avant qu’il ne dise quoi que ce soit. Je lui offre un sourire lumineux et me penche en avant pour déposer un baiser sur sa joue. Les miennes sont cette fois rosies de satisfaction et de bonheur.

- Alors... allons-nous dans le jardin pour que tu me montres cette nouvelle danse ? dis-je avec enthousiasme.

***
Les visites de Kitai me soignent. Quelques jours après sa vue, ma respiration s’est améliorée et j’ai pu recommencer à prier au même rythme qu’avant. J’ai pu aussi recevoir et soigner deux guerriers, dont l’un est encore dans ma pièce de soin, attendant que je trouve le bon remède pour guérir sa plaie infectée. C’est après avoir passé toute la matinée à la bibliothèque que je me déplace avec une pile de livres dans les bras. Je ne vois évidemment pas grand-chose et c’est avec inquiétude que j’écoute deux enfants faire les fous dans les couloirs.

Malgré ma vigilance, une petite fille me percute de plein fouet, me faisant plier un genou et lâcher mes livres. Aucun des deux enfants ne se retourne, pris dans leur jeu, mais quelqu’un me rattrape avec assurance et douceur, m’évitant une vilaine chute. Je me dégage rapidement, confuse et gênée d’avoir fait finir parterre quelqu’un du Temple, vaquant à ses occupations. Puis je réalise que je suis seule, dans ce petit couloir, avec Kitai. Tombé sur les fesses, il m’enveloppe encore avec ses bras et ses jambes, vérifiant que je n’ai rien. Je détourne la tête pour voir où ont atterri mes livres et c’est une seconde d’étourdissement qui me fait rapprocher mon visage du sien.

Je retrouve alors son regard inquiet mais aussi cette proximité qui nous a unis la première fois. Me redressant légèrement, je me perds dans ses yeux puis les miens s’attardent sur ses lèvres. Il me parle mais je n’écoute qu’évasivement, ne répondant pas à ses questions. Je ne pense que brièvement à cette promesse, ce but qui m’éloigne de lui mais n’en ai alors absolument rien à faire. Il est là, à quelques centimètres de moi, ses mains réconfortantes sur mes bras. Et je ne veux à cet instant qu’être auprès de lui. Je romps alors à mon tour cette distance qui nous sépare et pose délicatement mes lèvres sur les siennes, plaçant ma main droite sur son cœur.

Je ne pense pas à la suite, aux conséquences de mon geste et à l’influence de ce dernier sur Kitai. J’en ai juste envie à ce moment-là et je sens alors que je ne fais rien de mal en mettant mon devoir de côté quelques instants. Je sais pourtant qu’il me rappellera à l’ordre, par le biais du Sohei ou par une punition quelconque. Je profite d’autant plus de la douceur du moment, sans me poser plus de questions, attendant malgré tout avec une petite appréhension la réaction de mon ami.


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Akogare Kitai

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Sohei

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MessageSujet: Re: [FB - Terminé] Quand le destin s'en mêle et que les cœurs s'emmêlent Mar 28 Juil - 1:29

L'instant de gêne passa aussi vite qu'il était venu. Le moment d'exaltation perdurait cependant et le sohei ne manquait pas de déglutir quelque peu. Fort heureusement, la jeune Miko le rassurait, la douceur de l’événement. Elle avait été touchée par ses attentions. Il avait regretté son enthousiasme lorsqu'il avait indiqué pouvoir et vouloir l'aider chaque jour s'il le fallait. Il s'était même attendu à un refus poli et emprunt d'inconfort de la part de sa douce amie.

N'ayant pas le courage d'essuyer ce dernier, il s'était caché derrière elle, plus cramoisi qu'une tomate mûre. Ce qu'elle lui répondit balaya ses doutes en une fraction de seconde. Il n'avait que faire du regard des autres filles. Le seul qu'il cherchait et obtenait parfois était celui de celle dont il prenait soin actuellement et avec qui il s'entretenait. Même ainsi, dans son dos, il nourrissait une affection dévorante pour la jeune fille, mais il avait promis ne rien vouloir bousculer, malgré sa légère mélancolie de constater qu'elle était loin de ne rien éprouver pour lui en retour.

Parfois, il était parcouru d'une vaste incompréhension concernant leur situation mutuelle. Le but que cherchait Seiko, il se demandait si le fait qu'elle acceptait leur amour aurait pu peut être l'aider à l'atteindre, plutôt que de refuser leur union comme elle le faisait. Mais son sentiment pour elle était si fort qu'il était tout à fait prêt à ne pas poser la question, à lui laisser tout le temps qu'elle voulait pour atteindre ses objectifs étranges et secrets.

Elle ne lui opposa pas un refus stricte, elle voulait simplement voler de ses propres ailes. Pourtant, si cela le rassura quelque peu, son cœur fut blessé malgré tout. Sa proposition n'avait aucunement eu pour but de ramener la plus jeune des Shuzen à sa faiblesse physique. Mais elle ne pensait pas à mal. Elle voulait simplement se montrer courageuse. Du moins, c'est ce que se disait le lancier afin de faire passer le rejet de sa demande.

En proie à sa légère tristesse, il vit la Miko se retourner vers lui et lui offrir un sourire radieux, puis venir poser ses lèvres sur sa joue. Cela eut pour effet immédiat de souffler la moindre particule de peine qui s'était instillée en lui. Il refréna néanmoins le besoin quasi-irrépressible de la retenir de s'écarter de lui, de la prendre dans ses bras et de l'embrasser à son tour, mais certainement pas sur la joue.

Il se contenta simplement d’acquiescer joyeusement à sa demande de démonstration de sa nouvelle danse. Sautant presque du futon, il alla chercher sa Naginata et passa en courant à moitié le seuil de la porte de la chambre. Puis il passa à nouveau sa tête dans l'entrebaillement, la mine réjouie et ajouta radieusement :

Allez ! Il faut que je te montre cela ! Tu n'en reviendras pas !


Le lancier aux yeux bichromes avait évité le quartier des Miko durant quelques temps après ce drôle d’événement dans le but de ne pas raviver la flamme du désir qui avait brûlée en lui alors qu'il découvrait sa tendre amie dans son plus simple appareil. Cependant, il en allait du devoir de sa caste de protéger l'intégralité du temple, et un étrange paradoxe battait en lui. En effet, il ne voulait aucunement qu'un autre sohei puisse ainsi tomber sur les douceurs des lignes de celle qu'il aimait silencieusement.

C'était un sentiment étrange, très possessif et dont il avait une certaine honte, mais devant son insistance de reprendre les rondes dans l'aile réservée aux prêtresses et son sérieux naturel, Gashiri n'y avait vu aucun problème. De fait, il était de retour dans cette partie du temple à chantonner doucement sur son passage, plus pour s’apaiser qu'autre chose. Il était passé en rougissant devant la porte de Seiko qui s'était révélée close, fort heureusement. Si il avait souhaité se garder de cette ronde les jours passés, ce n'était certainement pas pour ne plus voir sa trop chère amie.

Il ne voulait pas l'éviter elle, mais les situations de gêne qui pourrait les surprendre tout deux. Il la verrait plus tard de toute façon. Lorsqu'il le pouvait, ils mangeaient ensemble et passaient leur temps libre, pour peu qu'ils en eurent, à parler des devoirs de la miko et dans des démonstrations d’enchaînements à la Naginata du lancier. Aussi ne regrettait-il pas cette porte close et, au contraire, poursuivit sa ronde l'esprit plus léger.

Deux jeunes pousses de Gakushiki passent en trombe à ses côtés, se poursuivant l'une-l'autre dans un jeu de poursuite qui manqua de les faire se prendre dans le manche de son arme. Il se mis à sourire en les voyant disparaître dans l'angle d'un couloir, amusé devant l'expression de cette jeunesse. Il n'avait guère vraiment connu cela, mais il retourna à ce que lui apporta Seiko autrefois.

Si ce genre de jeu leur avait été exclus, il chérissait néanmoins leurs longues discussions de l'époque où ils avaient eu le même age que les deux jeunes filles turbulentes qui venaient de manquer de lui rentrer dedans. Il tourna à son tour dans le même couloir qu'elles avaient empruntées et les vis foncer sur une miko affairée. Prit d'un mauvais pressentiment et quelque peu honteux de ne pas les avoir arrêtées plus tôt, il lâcha sa lance et se mis à courir dans leur direction.

Elle percutèrent malheureusement la pauvre Miko qu'il ne voyait que de dos tout en continuant leur chemin, les documents que la victime portait lui échappant. La pauvre prêtresse chu, et dans un sprint final et une courte glissade, Kitai rattrapa cette dernière in-extremis. Il s'était rendu compte qu'il s'agissait de Seiko alors que ses bras se tendait déjà vers elle, mais cet éclair de lucidité était passé au second plan dans un premier temps.

Elle voulu se dégager par réflexe de son étreinte, inconsciente de qui l'avait ainsi secourue ou trop préoccupée par sa pile de livres éparpillés au sol. Ainsi à quatre pattes, elle tourna sur son axe pour ramasser ses documents lorsqu’enfin, ses yeux se levèrent vers le sohei inquiet.

Tout va bien, Sei-chan ? Tu ne t'es pas fait mal ?

Lui demanda-t-il doucement en se rapprochant d'elle et posant doucement ses mains sur les bras de la jeune fille en signe d'apaisement. Elle ne lui répondit pas ou du moins, pas du tout de la manière qu'il aurait pu attendre ou deviner. Elle le dévisagea d'abord un instant, une étrange lueur au fond de ses ravissants iris noisette. Et devant son expression mystérieuse et envoûtante à la fois, il n'eut le temps que de murmurer :

Sei… chan ?

Elle rompit la distance séparant leur visages si soudainement qu'il ne compris pas réellement ce qui se produisait. Seiko appliqua ses lèvres sur les siennes et se rapprocha tant qu'elle prit appui sur le cœur du lancier de sa main droite. D'abord trop surpris, Kitai ne fit rien pour l'en empêcher. Mais au fur et à mesure que sa conscience reprenait le pas, il ne brisa en rien leur étreinte, quelque peu coupable d'aller à l'encontre des vœux de son amie, il ne la prit pas moi par la taille de son bras gauche pour la ramener plus proche encore qu'il n'était possible.

C'était un rêve qui se réalisait et pour rien au monde, malgré sa douce culpabilité, il n'aurait voulu y mettre un terme. Sa main gauche alla doucement caresser la joue de la prêtresse, glissant délicatement jusque derrière sa nuque, sous ses cheveux. Son cœur battait à la chamade et il sentait la réciproque au sein de la jeune fille. Au travers des tissus qui les couvraient, il n'était pas ignorant des douces lignes de la poitrine de son amie ainsi pressée contre lui.

Le souvenir de la presque nudité de l'héritière des Shuzen lorsqu'il l'avait surprise quelque jour plus tôt à essayer de se vêtir revint subitement. Le baiser, débuté délicatement, se fit plus profond, plus intense, comme un appel à une suite dont il ne connaissait pourtant rien. La seule chose dont il était certain était de vouloir sentir la peau de la belle contre la sienne. Son étreinte glissa délicatement sur les pans du kimono de la prêtresse et…

… Il mit doucement fin à leur baiser. Sans brusquerie, sans méchanceté, il la poussa délicatement afin de l'asseoir face à lui. Il lui attrapa alors les mains, pour que le contact ne se brise pas et qu'elle ne soit pas déçue d'un tel geste de sa part et lui sourit d'une telle façon que le Soleil lui-même aurait pu paraître terne à côté de son expression. Néanmoins, un soupçon de tristesse subsistait derrière les iris disparates du sohei lorsqu'il parla enfin :

Tu ne l'a pas encore atteint… Ton but… Sei-chan, n'est ce pas ? Merci pour ça. Beaucoup. Merci de ressentir la même chose que moi. Mais tu me l'as dis et je ne veux pas que tu t'en veuilles pour cela : Tu as quelque chose à accomplir avant de laisser une place à ce que nous allions faire. Ne m'en veux pas. C'est parfois difficile de ne pas me laisser aller à ce que nous venons d'échanger. De te supplier de me laisser être à tes côtés plus que nous le sommes déjà.

Mais tu dois aller jusqu'au bout de ton souhait et de ta volonté initiale. Je serais toujours là lorsque tu l'auras atteint. Pardonnes moi… Sei-chan.
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Kannushi

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MessageSujet: Re: [FB - Terminé] Quand le destin s'en mêle et que les cœurs s'emmêlent Mar 28 Juil - 13:15

Je m’attends, je ne sais pourquoi, à un rejet pur et simple. Mais pourquoi, alors qu’il m’a déclaré vouloir rester toujours à mes côtés, me repousserait-il ? Je me sens entièrement frémir lorsqu’il m’attire vers lui par la taille et qu’il caresse ma joue, laissant ses doigts se loger dans mon cou. Des frissons de plaisir me font rougir mais continuer malgré tout à l’embrasser alors que, pour la première fois, je n’entends aucune voix m’empêcher de le faire. J’y pense une seconde, me disant que c’est étrange. Si le but doit être atteint, alors aucun égarement n’est toléré, en théorie. Et là, personne ne me dit d’arrêter mon geste, personne ne me dit « pas maintenant »...

Notre échange n’est pas maladroit, ce dont j’ai toujours peur. Manquant d’expérience, je me demande sans arrêt si j’arriverai à transmettre cette envie que j’ai d’être avec lui par des gestes bien plus qu’amicaux. J’ai peur que, finalement, il soit déçu et aille chercher ailleurs ce que je ne peux lui donner à cause de ce que l’on m’a chuchoté. Mais alors que le baiser devient moins timide, je me dis que le plaisir doit être partagé. Jusqu’au moment où Kitai relâche son étreinte et met fin à notre moment de complicité. Il garde mes mains dans les siennes et, derrière son sourire, maintenant que je le connais presque par cœur, je devine un brin de tristesse.

Mon but... Aucun Kami n’a parlé parce qu’ils savaient. Ils savaient que Kitai était trop pur et qu’il me le rappellerait, mettant de côté l’envie qu’il m’a confiée l’autre nuit, il y a quelques temps. Alors que le Sohei en parle maintenant, la tristesse s’affiche sur mon visage. Non à cause de la fin du moment mais bien parce qu’il se justifie et me demande pardon. Immédiatement, le plaisir s’amenuise pour laisser place à un infini chagrin de le voir ainsi tiraillé entre sa promesse de m’aider à accomplir la mission qui m’a été confiée et ses sentiments pour moi. Malgré la lumière qu’il a dégagée un peu plus tôt, la magie du moment s’estompe, laissant ma gorge se nouer d’embarras. C’est la voix tremblante que je commence à répondre, m’efforçant de continuer à le regarder.

- Je t’en prie, Kitai, ne me demande pas pardon... Tu n’as rien à te faire pardonner. Tu es tellement patient, tellement gentil avec moi... tellement fidèle à une cause dont je ne connais pas réellement l’existence... C’est moi qui devrais te demander pardon... Te faire souffrir ainsi alors que...

Mes yeux s’embuent et je me tais alors. Je force un sourire, lâche ses mains nerveusement, pressée de m’enfuir. J’ai honte. Pas honte de l’instant que nous avons partagé. Honte de faire du mal... d’autant plus mal à celui qui ne m’en a jamais fait. Je mords ma lèvre inférieure pour m’interdire de pleurer et finit de rassembler mes livres en vitesse pour me relever tout aussi rapidement. Je mords si fort que ma lèvre en saigne ; la chaleur du baiser que Kitai m’a rendu s’estompe pour laisser la chaleur de douleur me rappeler les pulsations exagérées de mon cœur. Je finis par m’incliner et par détourner le regard, continuant ma route aussi vite que je le peux. Je ne veux pas le fuir mais il ne faut pas... il ne faut pas que cela se reproduise.

***
Deux ans et demi plus tard

Nos liens ne se sont pas estompés. Ils ont d’abord été fragilisés par ma fuite mais, petit à petit, nous nous sommes apprivoisés à nouveau. Nos regards d’abord fuyants se sont mués en timides « bonjour » pour finir en une sincère étreinte. Un simple câlin amical qui clôturait un terrible épisode... et qui raviva follement mon envie de ne jamais le quitter. J’ignore quelle est la force qui me fait lutter contre cet amour dont j’ai découvert la nature après tout cela. Les Kamis ? Sont-ils si vils qu’ils me feraient nuire à l’existence même de celui qui m’est cher ? Je ne les en croit pas capable. Encore moins depuis que j’ai rencontré Bankichi.

Ce petit être m’a dit être là pour veiller sur moi depuis ma naissance. Il ne m’a jamais empêchée d’être malade et n’a pas pu éviter la perte de ces êtres chers qui ont quitté ma vie. Il n’est donc pas vraiment un Kami mais, comme il le dit, un esprit protecteur, envoyé par Itegami et bien d’autres, pour veiller sur mon talent et ma personne au quotidien. Pour le moment, je vois plutôt en ce petit tanuki une personnalité coquine qui s’amuse à jongler avec ma naïveté. Bien qu’il se soit parfois amusé à me faire des croche-pieds, il a toujours fait en sorte de me rattraper ou de me faire tomber sur quelque chose, afin que je ne me blesse pas. Je le réprimande souvent mais il me laisse tranquille lorsqu’il voit que mon moral baisse sévèrement. Heureusement, cela n’arrive pas souvent.

Je cache sa présence à beaucoup de monde au Temple. Normalement, ce genre d’esprit ne veille que sur les Onmyouji et si sa venue veut dire que j’en suis une, je ne suis pas encore prête à assumer cette responsabilité. Loin de là. J’ai autre chose à faire, je le sais et Bankichi lui-même me l’a confirmé. Je cache donc sa présence mais... je ne veux pas la cacher à Kitai. Pendant le mois de la rencontre avec mon nouvel ami, j’ai tenté de gérer ses farces et ses déguisements et suis maintenant à même de détecter la moindre imposture. Plusieurs fois, le tanuki s’était essayé à l’art de prendre la forme de plusieurs de mes amis mais je n’ai pas mis longtemps à le démasquer, surtout lorsqu’il feintait d’être Kitai.

C’est alors que je l’appelle pour qu’il vienne à ma rencontre et que je me décide à aller voir Kitai pour faire les présentations. Mais... Bankichi ne vient pas. Je fais le tour des chambres vides, le tour du jardin autour du bâtiment des Miko et vais même un peu plus loin. C’est alors que j’aperçois mon si cher ami... en compagnie d’une jeune fille de ma taille... sa bouche sur la sienne. D’abord victime d’un fictif coup de couteau dans le cœur, je réalise que la jeune Miko est vêtue comme moi et porte mes accessoires de cheveux, alors introuvables ce matin. Je comprends encore une fois l’imposture et m’empresse tant bien que mal de m’avancer. Fâchée, je découvre alors un Kitai complètement perdu devant la confusion de la situation lorsqu’il voit une deuxième Seiko s’avancer vers lui.

- Ban ! dis-je fermement sans m’excuser auprès du Sohei dans un premier temps, pointant l’Esprit du doigt. Ce n’est pas parce que tu ne peux plus t’amuser avec moi qu’il faut t’amuser avec Kitai !
- Oh mais... je ne savais pas que c’était lui... dit-il innocemment, se transformant en nouveau en « chien des rivières ».
- Mon œil !

Je me tourne alors vers mon si cher ami et saisis sa main pour tenter de le ramener parmi nous.

- Je suis désolée, Ki-chan... je ne voulais pas que les présentations se passent ainsi. Bankichi ici présent s’est moqué de toi... j’espère qu’il ne t’a pas dit des choses... trop embarrassantes.

Mes joues en rosissent mais je souris tout de même.

- Je l’ai rencontré dans une forêt non loin d’ici, il y a un mois de cela. Il est devenu mon Esprit protecteur. Mais il ne faut le dire à personne... je veux rester ici encore quelques temps. Ban fait beaucoup de farces mais il m’aide souvent à porter des livres ou du matériel. Et comme tu le vois... il se déguise bien !

Un léger rire m’échappe, bien que la situation soit gênante pour Kitai. Je ne peux qu’espérer que le tanuki ne reproduise pas sa farce trop souvent.


L -M - M - J - V - S - D


Dernière édition par Shuzen Seiko le Ven 31 Juil - 22:41, édité 1 fois
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Akogare Kitai

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Sohei

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MessageSujet: Re: [FB - Terminé] Quand le destin s'en mêle et que les cœurs s'emmêlent Ven 31 Juil - 0:19


Il n'avait pas couru derrière elle ce jour là, ni tenté de la retenir en l'appelant. Il l'avait regardée partir, un sourire mélancolique sur le visage, mais loin d'être défaitiste. Le moindre doute quant à ce qu'elle pouvait ressentir à son égard n'avait plus besoin d'être éliminé d'une déclaration de vive voix. Le geste avait d'abord été celui de la miko, il n'avait fait qu'y répondre, son unique regret résidait dans le fait d'être celui qui y avait mis fin.

Il ne comprenait pas le but qu'elle avait à atteindre, mais n'en ressentait pas le besoin. Sa parole avait été donnée autrefois et il l'attendrait une vie entière pour la retrouver dans la suivante si cela était nécessaire pour les voir finalement réunit de façon définitive. Et pourtant…


Seiko n'était plus la miko d'autrefois. Elle s'épanouissait de plus en plus, même si cela signifiait parfois qu'elle paru lui cacher quelque chose qui, au vu des sourires qu'elle lui offrait, ne pouvait pas être mauvaise. Et le fait cultivait en son sein un espoir fou, celui de la voir aboutir avec succès à ce qui les avaient empêchés de se nourrir mutuellement de leur sentiments.

Pourtant, il s'était interdit, depuis l’événement hasardeux passé deux ans auparavant, de provoquer à nouveau une situation identique qui pourrait réimprimer sur le merveilleux visage de sa plus qu'amie l'expression de tristesse qui avait été la sienne lorsqu'ils mirent fin à leur baiser. Ne pouvant qu'attendre, il s'était fait le serment de ne plus agir de la sorte jusqu'à ce qu'elle lui annonce la fin de son dessein, de son accomplissement et qu'elle brise ce dernier par le silence que provoquerait à nouveau l'union de leurs lèvres jointes.

Il s'y était maladroitement pris au début, tentant d'éviter sa compagnie. Mais le fait était impossible à gérer, impossible à subir et il avait manqué de craquer purement et simplement sous la pression que l'absence de son âme sœur évidente lui infligeait. Ses rêves s'étaient mués en cauchemars et une fatigue grandissante s'emparait de lui. Si bien qu'il avait abandonné l'entreprise, tentant à nouveau de la revoir, puis de lui parler et enfin de la prendre dans ses bras.

Elle avait prit cela pour une étreinte amicale. Mais en son sein, le sohei s'était senti ravivé par ce contact physique. La sentir contre lui devenait une condition à sa bonne santé. Aussi prétextait-il cette amitié dès qu'il éprouvait le besoin de sa présence sans la moindre séparation. Il s'en voulait de ce pieux mensonge, mais cela ne paraissait pas affecter l'héritière des Shuzen, il n'en conçu ainsi pas de honte, du moins pas assez forte pour ne pas souhaiter ces instants le plus souvent possible.

Mais même ainsi, il se sentait se déliter. Ne pas pouvoir partager clairement son sentiment l'empêchait de dormir à nouveau malgré leur réconciliation. Ses rêves, lorsqu'ils étaient agréables, le renvoyait à ce jour où il l'avait surprise, presque nue, à tenter de s'habiller et l'emmenaient même un peu plus loin encore. Lorsqu'il se réveillait après ce genre de songes, il s'obligeait à une rude gymnastique matinale afin de s'aliéner le désir qui le prenait d'être beaucoup plus proche encore de la jeune fille.

Cependant, les chutes d'eau glaciales et la méditation avaient leur limite et il craignait souvent de briser son serment, le plongeant à nouveau dans une peine profonde et le voyant changer aux yeux des habitants du Temple, sauf devant Seiko. Pour cette dernière, il se poussait à paraître intact, fort, patient et radieux. Mais dès qu'elle poursuivait son chemin sans lui, il s'effaçait, se ternissait et préférait la solitude à la compagnie de ses frères d'armes ou des jeunes apprentis prêtre combattant de Gakushiki.

Ce matin là, rien n'y avait fait. Il n'avait trouvé la paix intérieure dans aucun de ses enchaînement, l'eau gelée tombant des rivières en surplomb et s'écrasant sur lui ne parvenait pas à atténuer son besoin d'elle. Il s'était juré de lui en parler, de lui avouer sa détresse et sa faiblesse ainsi que sa crainte de la pousser à cesser sa quête dont il ne comprenait pas les tenants et les aboutissants. Il n'avait pas mis longtemps à la trouver alors, dans les jardins de l'enceinte réservée aux Mikos.

Il s'était alors avancé à sa rencontre, se rendant compte qu'elle paraissait attendre quelqu'un. Lorsqu'elle tourna son regard vers lui, le sourire qu'elle eut lui assura que c'était lui pour qui elle patientait ainsi, mais d'un autre côté, un étrange pressentiment l'étreignait, comme si l'expression était nouvelle sur le visage aimé entre tous et que la lueur dans ses iris se révélait totalement inédite elle aussi. Elle fut si différente à ses yeux qu'il cessa simplement de marcher dans sa direction.

Ce fut elle qui entreprit alors de le rejoindre, sans se départir de traits mutins particulièrement étranger de ce qu'il lui connaissait. Puisqu'elle venait, il se convainquit de débuter ce pourquoi il était venu la voir et commença de cette façon :

Sei-chan, il faut que je te confies quelques chose que…

Il n'eut pas le temps de terminer son introduction qu'elle s'était déjà écrasée contre lui, corps contre le sien, lèvres fusionnant subitement avec les siennes, l'enserrant presque sauvagement comme cela n'avait jamais été le cas. Un instant, son cœur manqua de surgir de sa poitrine et une joie euphorique s'emparait de lui. Le signe était évident, elle était parvenue à atteindre son objectif obscur et les heures passées à l'attendre étaient dors et déjà derrière lui.

Mais cela ne dura qu'un bref instant. Car au contact de cette bouche, à la chaleur de sa poitrine contre son torse, par la façon qu'elle avait de l'étreindre de la sorte, une chose folle le frappa de plein fouet : Ce n'était pas Seiko. Il ouvrit les yeux brutalement, mais ceux ci ne lui rendaient que l'image de celle qu'il aimait plus que tout. Pour autant, l'inconfort le plus total le gagnait peu à peu. Il ne concevait aucun plaisir à l'échange, il brûlait de s'échapper, de se soustraire à ces bras qu'il ne reconnaissait plus et dans un autre sens, il n'acceptait pas de ressentir cette répulsion.

Finalement, elle du le sentir, car elle mit fin à leur baiser de façon abrupte. Un instant, il se prépara à se répandre en excuses pour son attitude, mais les traits de la miko n'avaient rien de ceux de la déception ou de la frustration : elle paru s'amuser de lui ou plutôt d'une personne derrière lui. Alors qu'il se retourna, incrédule, il se retrouva complètement affolé devant le nouvel arrivant. Seiko avançait vers eux en colère et Seiko minaudait à la fois d'un autre côté.

Sous le choc, ses yeux s’écarquillèrent, sa bouche entrouverte ne laissant pas passer le moindre son, ni le moindre souffle en vérité. Il allait de l'une à l'autre, perdu corps et biens durant un fugace moment. Avant même qu'elle n'invective sa copie, son âme reconnue celle qui lui était sœur et il s'accrocha à cette certitude inconsciente pour ne pas perdre totalement pied sur la réalité. La Seiko affriolante devint Tanuki après la remontrance et la jeune fille s'empressa de lui prendre la main et de démêler la situation irréelle dans laquelle il était tombé.

Sa tête tournait, il ne l'entendait qu'à peine lui expliquer les faits, lui parler de l'être trompeur et de sa rencontre avec l'héritière des Shuzen. Mais rien de tout ce qu'elle peut dire ne parvient à lui faire reprendre l'assise sur sa psyché. Et alors qu'il se sentait tout bonnement partir, défaillir, s'écraser sous le poids de la méprise qui fut la sienne malgré le cri de son cœur, il ne vit qu'une unique échappatoire et tandis qu'elle riait de ce rire cristallin qui lui était si cher, il lui demanda pardon mentalement pour le geste qu'il eut alors.

Il l'attira à elle par la prise qu'elle avait sur sa propre main, l'attrapant par la taille pour la ferrer et l'empêcher de le fuir et il l'embrassa. Il s'abandonna totalement dans ce baiser, comme si les lèvres de la miko se révélaient être un surplomb rocheux au dessus du vide auquel il s'accrochait pour ne pas sombrer définitivement. Sa peur et sa joie mêlée firent poindre des larmes au bord de ses yeux clos qui vinrent rouler sur ses joues, mais en rien ne le poussèrent à se détacher de cette fusion provoquée par lui-même. Il se raccrochait petit à petit à sa raison, sa fougue se transformant progressivement en une douce chaleur rassurée. Il libéra délicatement sa main de celle de la jeune fille et la fit glisser sur sa joue, emmêlant ses doigts dans les mèches qui parcouraient cette dernière.

Sans savoir comment cela se passait, il avait forcé la frontière des lèvres de son aimée et il goûtait à présent la douceur de sa langue. Kitai recouvrait petit à petit son calme et sa sérénité dans cet acte d'une exquise suavité. Revitalisé, rasséréné, il mit fin très lentement à ce nouvel instant d'intimité, certain cette fois ci qu'il ne s'était pas trompé de personne à qui adresser son amour.

Cependant, il resta le front collé à celui de Seiko, car après ce qu'il venait de provoquer, c'était de toute évidence à son tour de la rassurer. Il lui murmura plus qu'il ne parla, mais son souffle ne trahissait d'aucun doute, d'aucun regret ni d'aucune crainte :

Sei-chan… Je n'ai pas oublié ma promesse et ne l'ai pas brisée. Mais malgré tout, il me fallait cela. Il n'y a rien de plus important en ce monde pour moi que tu ne l'es. Ne m'en veux pas, mais les Kamis ne méritent pas que je les placent au dessus de ce que tu représente pour moi. Mon âme brûle à tes côtés, mais les hivers en nos terres ne pourraient être plus froids que cette dernière lorsque nous ne nous parlons pas ou nous évitons.

Je voulais te parler de ça… Ton… Ami… Aura quelque peu précipité ce que je souhaitais t'avouer. Je ne veux pas dire que j'ai agis par sa faute… Si tu m'en veux après ça, j'en suis le seul responsable. Mais au moins à présent, peut être comprends tu un peu mieux à quel point tu me manques alors que de simples murs nous séparent. Je devrais être désolé d'être ainsi… Mais comment puis-je l'être alors que je me sens si heureux à tes côtés et après cela ?


Il leva ses yeux, cherchant les siens malgré la proximité de leur visages et acheva dans un sourire innocent :

Tu m'en veux, Sei-chan ? Je te promets que j'éviterais de t'imposer à nouveau ça sans que tu ne le veuilles toi-même… J'espère juste que tu me comprends… Et puis… Toi et moi avons tout les deux eu nos petits secrets l'un vis à vis de l'autre il me semble… N'est ce pas mieux lorsque nous sommes sincères l'un envers l'autre ?
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Kannushi

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MessageSujet: Re: [FB - Terminé] Quand le destin s'en mêle et que les cœurs s'emmêlent Ven 31 Juil - 12:57

Les choses changent. C’est une réalité d’adulte... À l’âge que j’ai, en suis-je seulement une ? Je passe mon temps à renier la réalité et m’obstine à ne pas voir les sentiments du Sohei. À tel point que, lorsque la réalité me rattrape, mon cœur la supporte à peine et me rappelle mes propres ressentis. Ces derniers, toujours mêlés de culpabilité sont confus mais bien présents et je m’en rappelle à cet instant. Kitai n’écoute pas ce que je dis, je le remarque après avoir ri... seulement maintenant. Mon si cher ami ne va pas bien et je n’ai rien vu... faute à la stupidité, probablement. Et à l’ignorance.

Je m’apprête à lui demander ce qu’il se passe, oubliant Bankichi quelques instants. Mais c’est pour la première fois un geste précipité de Kitai qui me tire de mes rêves d’enfant. Il attrape ma main, m’attire vers lui et saisis ma taille dans le simple but de m’empêcher de partir. Et alors qu’il pose ses lèvres sur les miennes, je ne peux que constater le manque dont il est victime. Un manque qui le fait avoir tellement besoin de moi qu’il en oublie sa délicatesse et son respect. Il est pourtant doux, comme toujours et ne m'offense pas mais la carence est là. D’abord surprise par tant d’empressement, je ne peux m’empêcher de garder les yeux ouverts et constate tristement, malgré le flou de la proximité, des larmes couler sur les joues de Kitai.

Petit à petit, la douceur se démarque davantage, un certain contrôle mais teinté de ses sentiments sincères. Il passe ses doigts dans mes cheveux et je ferme finalement les yeux, suivant les caresses de sa bouche puis de sa langue, lui rendant son baiser. Il y met gentiment fin et garde son front contre le mien, commençant à parler. Ce qu’il me dit alors me met face à une réalité que je ne voulais pas voir jusqu’ici : Kitai a besoin de moi. Il avait eu besoin, enfant, de parler avec moi puis de me montrer ce qu’il apprenait au Temple. Petit à petit, il était venu me rendre visite lorsque j’étais alitée, puis m’a offert sa présence, en profitant de la mienne. Nous avions pris nos distances alors que les Shuzen essayaient de me marier mais quel genre de sentiments avait-il éprouvés, alors que je lui détaillais les multiples refus de mes prétendants ? Du soulagement ? Il m’avait alors dit m’aimer mais probablement n’avait-il pas conscience de la portée de ce mot.

Puis un premier baiser a métamorphosé nos rapports, transformant ma vision de l’homme qu’il était devenu. J’ai commencé à penser à lui nuit et jour mais ne lui en n’ai pas fait part, refoulant mes désirs et le même manque qu’il l’a fait franchir ce pas aujourd’hui. Finalement, j’avais perdu le contrôle une seule et unique fois et m’en étais voulu à tel point que j’avais fui. Et me voilà aujourd’hui devant un Kitai. Il a besoin de moi... ma présence ne lui suffit plus, il lui faut des contacts. Et en temps normal, j’aurais sauté dans ses bras, lui révélant que j’en rêve depuis longtemps et que plus rien ne nous retient. Je pense alors à ce devoir qu’on m’a imposé, dont je ne connais toujours pas les détails mais écoute attentivement ce que me dis le Sohei. Je ne réponds pas tout de suite à ses questions et tourne la tête vers Bankichi, que j’aurais juré voir rougir s’il n’avait pas de fourrure.

- Je vais m’effacer et le faire taire aujourd’hui... dit-il doucement. Il vous faut vous retrouver.

Puis il disparait. J’ignore de qui il parle mais peu m’importe à cet instant. Mes bras sur les bras de Kitai, je sépare nos fronts et tente, de ma voix tremblante et de ma gorge nouée, de répondre au mieux à ses attentes, yeux dans les yeux.

- Je comprends, Ki-chan. J’ai compris dès le moment où tu m’as tirée contre toi. Et tu sais, il y a deux ans et demi, j’ai craqué aussi en sortant de la bibliothèque... c’est bien que j’en avais envie. Alors, s’il te plaît, n’aie pas peur que je t’en veuille lorsque tu romps cette distance que j’ai créée car tu ne m’offense jamais. Jamais...

Je ne peux plus soutenir son regard sans que mes larmes ne se montrent. Alors je baisse la tête et glisse mes bras sous les siens, enserrant sa taille, pour l’étreindre tendrement. Du peu de force que j’ai, je réussis j’espère à lui faire comprendre que sa seule présence ne me suffit plus non plus.

- Je ne peux que te remercier de m’offrir ta sincérité de cette manière. Notre lien n’est pas celui que d’autres gens auraient pu tisser, il est spécial. Et même si je ne suis pas encore prête à abandonner le but qui m’a été chuchoté, je remercie chaque jour les Kami de m’avoir présentée à ce petit garçon, il y a tant d’année. Tu fais bien de ne pas être désolé, Ki-chan. Tu fais preuve d’une patience à toute épreuve, qu’aucun autre homme n’aurait et n’a eue à mon égard. Alors si briser cette patience de temps en temps te permet d’aller mieux, brise-la, je n’en ai cure. D’ailleurs, je serai sûrement là pour la briser avec toi. Tu m’es précieux Kitai... trop précieux pour que je te laisse souffrir seul.

Mes sentiments sont clairs mais je réserve les bons mots pour un autre moment. Nous restons ainsi de longues minutes, profitant de la chaleur de l’autre. J’offre finalement un dernier baiser à Kitai avant de retourner à mes occupations. Les murs ne sauront plus nous séparer, maintenant.

***
Début d’année 41 – hiver

Fujimoto-san est mort l’année passée mais les choses sont rentrées dans l’ordre. Les semaines suivantes, je m’étais beaucoup confiée à Kitai et lui avais détaillé à quel point ma santé s’était améliorée de jour en jour. Contente de le retrouver après une escorte de plusieurs jours à laquelle on l’avait assigné, j’avais même couru vers lui, dans ses bras, comme le premier jour de notre rencontre. Alors à peine essoufflée, j’avais pleuré et partagé ma joie avec lui de pouvoir me mouvoir ainsi et profiter enfin de mon corps pleinement. Je n’étais pas une sportive, loin de là mais ma chair n’était plus une prison au moment où je recevais ce don d’Itegami lui-même. C’est comme si, en me donnant le pouvoir de purifier les âmes, il avait purifié mon corps et m’avait donné la possibilité de respirer. Je l’ai remercié des semaines durant pour cela.

J’ai alors l’impression que mon but se dessine de plus en plus et que, bientôt, il ne m’empêchera plus de révéler à Kitai que je suis prête à devenir sienne. Je ne vois plus d’obscurité et bien que je regrette la perte d’un confrère, je sais que je pourrai éviter à beaucoup d’autres personnes d’être victimes du même sort. La fin de journée venue, c’est le sourire aux lèvres que je contemple la broche que Zakuro m’a envoyée pour mon anniversaire, malheureusement incapable de me rendre visite cette fois-ci. Je finis par me coiffer avec et ai juste le temps de me relever qu’on m’amène alors un blessé. Retrouvant mon sérieux et mes compétences, je regarde d’abord l’entaille sur le flanc de mon « patient » avant même de reconnaitre le Sohei qui se trouve allongé devant moi.

- Je ne pensais pas qu’on m’amènerait ici... dit-il en serrant les dents.

Je remonte mon regard sur son visage et reconnait alors Hiro-san, un confrère de deux ans mon aîné.

- Vous n’aurez pas mal et ça sera vite fait, dis-je simplement en souriant, commençant à appliquer ma glace protectrice sur la blessure.

Je me retiens de tiquer lorsque je ressens la douleur. La blessure n’est pas grave mais saigne beaucoup et a besoin d’être recousue. Hiro-san soupire, soulagé des picotements que je ressens à présent et respire mieux.

- L’entrainement peut parfois être pire que les combats réels... dit-il, embarrassé par la situation.

Je ris légèrement mais reste concentrée sur ma tâche. Les minutes passent, la glace agit. Après une désinfection plus complète, je m’atèle à recoudre la plaie et termine mon ouvrage en quelques minutes. Un pansement plus tard, le Sohei sourit et semble content du travail que j’ai fait.

- Merci, Seiko-san.

Il tente alors de se relever mais je me précipite en face de lui, l’invitant à se recoucher.

- Si vous bougez trop, les sutures pourraient céder... Il vous faut du repos, maintenant.
- Mais je peux retourner dans...
- Cet endroit est fait pour ça. Détendez-vous et guérissez, conclue-je finalement avec le sourire.

Je m’installe à la table un peu plus loin et me mets à préparer un thé, de l’eau chauffant déjà depuis longtemps, avec la petite flamme qui me sert pour mes soins. Je m’en sers une tasse et en prépare une pour Hiro-san, me rappelant son caractère et son comportement au sein du Temple. Toujours dévoué, il avait tout de même une réputation d’être têtu et légèrement indiscipliné. Beau garçon, il plaisait cependant aux Miko et s’attirait facilement leurs faveurs, bien qu’il ne semble pas en profiter la majorité du temps. Perdue dans mes pensées, je ne vois que trop tard qu’il s’est levé pour venir s’assoir à côté de moi.

- Hiro-san ! Retourner vous coucher, bon sang ! dis-je fermement, vérifiant si le pansement tient le coup.
- Je dois bien m’assoir pour boire le thé.
- Je serai venue vous l’apporter...
- Toujours aussi avenante... dit-il, sans me laisser finir.

Je ne comprends alors la situation que lorsqu’il se penche vers moi, passant sa main derrière ma tête et m’attirant vers lui pour m’embrasser. Bien que je le repousse avec mes bras, j’ai le temps de remarquer que son baiser est bien plus travaillés que ceux de Kitai. Il sait ce qu’il fait, n’hésite pas une seconde et son attitude demande même davantage. Il finit par arrêter alors que je réussis à détourner la tête, rougissant d’embarras et de confusion.

- Cela fait longtemps que je rêve de cette proximité, Seiko-san. Je vous...
- Non ! lâche-je sans réfléchir et l’air déterminé en retrouvant ses yeux.

Je ne fais que rougir encore plus, réalisant ce qui vient de se passer. C’est la première fois qu’un autre homme me déclare des sentiments, la première fois qu’un autre que Kitai me touche.

- Nous pouvons... prendre notre temps.
- Ce n’est pas ça, Hiro-san, je...

Il s’approche à nouveau, passant son bras derrière mes épaules, cette fois, pour m’offrir une étreinte. Embêtée, je ne le repousse pas tout de suite, réalisant qu’il n’est pas malintentionné.

- Je vous observe depuis votre arrivée et aucune femme jusqu’alors ne m’avait provoqué tant d’émois. Je vous aime depuis longtemps mais vous êtes toujours tellement occupée. Les Kami nous ont peut-être réunis aujourd’hui...

Je le pousse alors, de la même façon qu’avant et m’en veux légèrement d’agir aussi brutalement.

- Je suis déjà amoureuse de...
- Kirin ?

Je mets quelques secondes à réaliser que ce surnom désigne Kitai et me contente de détourner une nouvelle fois mon regard en guise de réponse.

- Vous vous connaissez depuis des années mais votre union n’a jamais été clairement exposée. Je me suis dit que vous n’étiez pas vraiment...

Me voilà bien embêtée, je ne sais quoi répondre. Rien n’est officiel, effectivement mais nos sentiments sont là.

- Hiro-san... dis-je, tremblante mais prenant mon courage à deux mains. Merci de... ressentir cela pour moi. Mais je ne peux pas vous rendre...
- Peut-être qu’avec les quelques conseils que je pourrai vous donner, Kitai serait plus heureux ? suggère-t-il, s’avançant encore et me saisissant par la taille, enfouissant sa tête dans mon cou.

Je réussis une ultime fois à me dégager et me lève cette fois, consciente que quelque chose de pire pourrait arriver si je reste ici.

- Je... vais vous chercher un autre médecin... dis-je simplement, serrant les poings et les dents.

Je sors dans la précipitation et réalise que la nuit est tombée. Je prends une grande bouffée d’air frais, encore paniquée par le confrère que je pensais connaitre un minimum. Tiraillée entre le fait d’être flattée et de plaire à quelqu’un « d’extérieur » et entre la gêne que je ressens face à son insistance, je me dirige instinctivement dans l’aile du bâtiment des Sohei pour trouver un guerrier voulant bien recadrer l’ambitieux. Mes yeux vont partout, malgré que j’aie la tête baissée et je sens les regards des rares confrères encore dans les couloirs se poser sur moi. Nourrissent-ils aussi les mêmes envies qu’Hiro-san à mon égard, sans me le dire ? Je me stoppe finalement nette devant la porte de la chambre de quelqu’un que je connais bien... et dont j’ai besoin du réconfort tout de suite.

Mettant de côté tous mes principes de politesse, je fais coulisser la porte et la referme derrière moi. Je n’aperçois un peu plus loin dans la pièce que les pieds nus de Kitai et m’empresse d’aller le rejoindre pour le prendre dans mes bras. Au bord des larmes, je retrouve sa chaleur et son odeur réconfortante et réussis en quelques secondes à calmer ma respiration. Retrouvant mes esprits, je réalise alors dans quelle situation je me trouve. Égarant mes yeux sur le côté, je vois le bras nu de Kitai me rendre mon étreinte mais souligne également du regard le côté de son buste, nu lui aussi. Aventurant mes yeux un peu plus bas, je devine alors la chute de reins du Sohei, descendant sur des fesses que je n’ose pas découvrir encore. Rougissant encore une fois, je place ma main sur mes yeux et me retourne, terminant l’étreinte aussi rapidement qu’elle a été donnée.

- Pardon Ki-chan, je... par les Kami... je suis désolée...

Mon cœur bat à tout rompre dans ma poitrine et je me surprends à presque vouloir me retourner pour le découvrir entièrement. J’en tousse tant je suis gênée par cette idée et cette envie soudaine de voir mon si cher Kitai complètement nu. Je ne sais par quel courage j’arrive alors à articuler quelque chose, restant de dos, concrétisant mon envie par une idée qui me traverse l’esprit.

- Je suis venue te chercher parce que... je voulais... te montrer quelque chose. Si tu veux bien t’habiller, je t’attends à l’extérieur.

J’entends à peine sa réponse que je suis déjà sortie. Tentant tant bien que mal de cacher l’embarras le plus important de ma vie aux autres passants du couloir, je sursaute lorsque Kitai ouvre la porte quelques minutes plus tard. Je fixe alors son visage, légèrement inquiet. Il se demande probablement ce qui m’a pris d’entrer comme ça, de le découvrir dans son plus simple appareil – duquel je n’ai pas découvert grand-chose dans la confusion mais tout de même. N’arrivant pas à lui offrir de sourire, je le prends par la main et l’entraine à l’extérieur. Je marche vite, plus vite que je n’aurais pu l’espérer dans mon enfance et c’est dans le silence que je le conduis dans un endroit isolé du Temple. Après quelques contournements, nous arrivons près de rochers, à peine recouverts de neige. Un léger filet d’eau descend en petite cascade chaude le long de la pierre et laisse découvrir à Kitai un petit bassin naturel en contrebas.

- Je me balade beaucoup maintenant que je peux mieux bouger. Et j’ai découvert cet endroit l’autre jour, alors que je discutais avec Ban. Je m’y suis baignée, c’est propre... Qu’en dis-tu ?

J’ignore si cette envie soudaine de me baigner dans une source vient de ma gêne et de l’enchainement de tous ces éléments embarrassants ou si je veux juste passer un moment avec lui. Alors que je m’avance vers le bassin, je me cache derrière l’un deux et retire mes vêtements rapidement pour me plonger tout aussi vite dans l’eau chaude. Quelques secondes plus tard, Kitai me rejoint et je force alors mes yeux à rester vers le bas, résistant à cette nouvelle envie de découvrir son intimité. Déboussolée par la réaction de mon corps alors qu’il entre dans l’eau et s’approche de moi, des flash de l’instant d’avant me reviennent et un sanglot m’empêche premièrement de parler, alors que je touche mes lèvres du bout des doigts. Après quelques hoquets, essoufflée par l’émotion, je réussi tout de même à me confier à lui.

- Ki-chan... Hiro-san m’a embrassée... avant que je ne vienne te voir.

Je rougis encore, pas à cause de la chaleur mais face à la gêne et la honte d’avoir laissé quelque chose comme cela se produire. Mes deux mains sont sur mon visage et c’est entre pleurs et malaise que je continue de parler.

- Il a dit qu’il m’aimait depuis longtemps et m’a fait comprendre qu’il voulait aller plus loin avec moi... Hiro-san a même dit que ses conseils te rendrait heureux... J’ai... tellement... j’ai tellement honte.

J’aimerais alors rentrer ma tête dans l’eau mais continue de parler. Je ne veux pas que Kitai pense qu’il y a quelqu’un d’autre. Je veux que les choses soient claires pour lui. Confuse, je tente alors de m’exprimer le plus clairement possible, retirant mes mains de mon visage et relevant petit à petit mes yeux vers les siens. Mon cœur bat d’autant plus fort lorsque je le découvre, debout devant moi, ne cherchant pas à interpréter son expression. C’est finalement avec une certains assurance que je détaille l’ancien moment et expose mon véritable ressenti à Kitai.

- J’ai été flattée qu’un autre homme me déclare ses sentiments... Parce que ça ne m’était jamais arrivé. Mais j’ai eu l’impression, tout le long alors qu’il me parlait, de te trahir comme si c’était moi qui avait fait le premier pas. Puis je me suis rendu compte que ce n’était pas ça... Au moment où il m’a embrassée, je me suis rappelée de la douceur de tes baisers. Puis quand il m’a dit m’aimer, je me suis rappelée de tout ce que tu me dis, de tout ce que tu m’as promis depuis notre premier échange. Et lorsqu’il m’a pris dans ses bras... Je n’ai eu cesse de penser que j’aurais voulu que ce soit toi qui vienne m’étreindre.

Hiro-san n’est pas une mauvaise personne, il a de l’expérience et l’instant n’a pas été désagréable malgré la gêne que j’ai ressentie. Mais il n’est pas toi, Kitai. Et tout le long de cet échange, aussi étrange a-t-il été, c’est toi qui occupait mes pensées. Puis quand il m’a parlé de « conseils », de te rendre heureux alors je me suis sentie comme liquéfiée de l’intérieur, c’était terriblement embarrassant... Puis je viens te trouver pour du réconfort et je te trouve complètement nu... Ma tête... j’ai cru qu’elle allait exploser...

Maintenant, je ne peux plus faire comme si je n’avais rien ressenti, toutes les fois où nous nous sommes touchés. Je me suis voilée la face trop longtemps mais... je suis une femme. Une femme fidèle aux Kamis mais une femme tout court avant tout... avec des sentiments de femme, des envies de femme... Et il n’y a qu’un homme dont j’accepterai les faveurs et c’est celui qui se trouve devant moi.


Rouge comme une pivoine, ça doit être ma couleur. Pourtant, je n’ai pas quitté ses yeux pendant tout mon discours. Déterminée, j'ai prôné mon point de vue, ne laissant pas le Sohei s'exprimer sur la chose. Ce sont pourtant mes sentiments et par honnêteté et par respect envers Kitai, je devais les exprimer maintenant, dans ce bain chaud, avec lui.


[HRP : pavé César ! \ o /]


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Akogare Kitai

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Sohei

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MessageSujet: Re: [FB - Terminé] Quand le destin s'en mêle et que les cœurs s'emmêlent Mar 11 Aoû - 21:51

Si elle l'acceptait malgré sa fougue, tout n'était pas parfait. Il sentait l'avoir choquée tandis qu'elle lui répondait, rassurante dans ses propos, mais visiblement atteinte par l'instant et certainement pas de la façon la plus joyeuse qui soit. Lorsqu'elle détourna le regard, il cru l'avoir perdu, mais alors elle se glissa aussi proche de lui qu'il était possible et de le serrer aussi fort qu'elle le pouvait.

Elle manquait toujours de vigueur, mais rien de ce qu'elle ne voulu passer dans cette étreinte ne fut ignoré par le sohei qui lui rendit l'attention en enfermant autour d'elle ses propres bras. L'autorisation qu'elle lui donna de briser, parfois, le statu quo de leur relation par quelques douceurs l'ému aux larmes, il se sentit rasséréné, revigoré comme il ne l'avait pas été depuis bien des mois, peut être même une année.

Enfin et du fait de Seiko elle même, ils s'embrassèrent à nouveau. Un consentement, un instant plus partagé que celui qu'il avait plus ou moins imposé et cela se révéla autrement plus intense. Si bien que lorsqu'elle y mit fin, tout les maux semblaient s'être évaporés, pire, elle laissa le moine dans un état de profonde béatitude, un sourire bête sur le visage, lorsqu'elle s'échappa de leur union et de lui offrir de loin un petit salut de la main.

Une fois qu'elle eut disparue, c'est d'un pas maladroit que Kitai s'en retourna à sa lance et la ramassa, persuadé d'avoir gardé son expression stupide sur ses traits et de rougir tout aussi ridiculement. Pour autant, cela ne le dérangeait pas. En fermant sa main gauche sur la hampe de son arme, il su que quelque chose en lui avait changé ou plutôt, était revenu.

Il donna d'abord un coup dans l'air et fut enchanté de la précision que ce dernier eu. Ainsi, porté par une force perdue depuis un temps, il entama l'une de ses danse, tournoyant et battant l'air de la lame de sa naginata pour aucun autre publique que lui-même, rythmé par un rire presque enfantin.


Il n'avait pas eu besoin qu'elle le lui dise pour qu'il s'en rende compte. La miko gagnait en vigueur pour une raison qui lui échappait, mais contre laquelle il n'avait absolument rien, bien au contraire. Écho de leur passé, elle s'était même ruée sur lui sans faillir, le rouge aux joues d'un effort tout à fait normal. Le lancier n'avait jamais mesuré à quel point la faiblesse passé de la jeune fille la touchait, si bien qu'il fut abasourdi de constaté le changement et tout autant transporté de joie qu'elle tandis que les larmes coulaient sur le visage de sa plus qu'amie.

Malgré l'autorisation qu'elle lui avait donné de briser parfois le mur qui les empêchaient de se réunir totalement, il avait tenu bon sans en souffrir. Le simple fait de savoir pouvoir l'embrasser ou l'étreindre lorsqu'il se sentait mal l'avait propulsé au pinacle de sa forme et l'hiver battant pourtant son plein, il ne ressentait sa morsure que très légèrement, osant quelque fois braver les neiges couvert de son unique hakama pour ses gymnastiques matinales.

Un jour, lors d'un simple entraînement qu'il arbitrait, il ne put assister qu'impuissant au manque de contrôle de l'un de ses frères contre Hiro, un pair lui aussi, qui se résultat par une mauvaise entaille sur le flanc du second. Banme, le responsable du mauvais coup, se trouva horrifié de son propre geste et des conséquence, mais Kitai jugea que la blessure était bien loin de mettre en danger la victime dont il ordonna qu'on l'accompagne auprès des mikos afin qu'il soit soigné malgré tout afin d'éviter que cela n'empire.

Laissant le blessé se rendre à ses soins, il entreprit de calmer son confrère terrorisé. C'était une leçon positive, puisque l’irréparable ne s'était pas produit et le jeune garçon tâchait de trouver les mots justes pour rassurer son homologue sous le choc. Il passa le reste de l'après midi à se servir de l’événement pour inculquer la mesure aux apprentis du temple et de faire la démonstration d’enchaînement défensifs permettant de mettre hors combat un adversaire sans user du fil d'acier de leur arme, en ne se servant que de sa hampe pour désarmer et contrôler les mouvements de l'ennemi.

Après l'effort que cela avait occasionné, il fut des plus heureux de se décrasser avant le souper. Il se rendit dans sa chambre une fois récuré et entreprit de passer sur lui ses vêtements du soir. C'est alors qu'il fut dépourvu du moindre atour qu'il entendit le ventail de sa chambre s'ouvrir et se refermer, mais nu comme un ver qu'il était, il s'apprêta à invectiver l'opportun et à l'inviter vivement à attendre qu'il eut fini de se rendre présentable pour l'accueillir.

Ce ne furent là que des pensés, car il n'eut aucunement le temps de dire quoique ce soit que déjà, une jeune fille l'attrapait par la taille, le laissant coi et pantois un moment. Mais rapidement, à sa simple odeur et à la merveilleuse cascade des cheveux qu'il admirait, attachés dans une broche qu'il connaissait aussi à présent, il reconnu sa Seiko et entreprit de lui rendre son attention. Il était bien loin d'être gêné de la situation.

Se révéler ainsi à elle ne le dérangeait pas, au point qu'il en fut légèrement choqué de sa propre part. Il était sien depuis longtemps, aussi se moqua t-il intérieurement du fait et l’accueilli t-il contre lui comme si tout était normal. Le geste qu'il eut du avoir l'effet d'épines, du moins ce fut ce qu'il se dit lorsqu'elle s'arracha aussi vite qu'elle était venue de leur union. Mais l'expression qu'elle avait, secondé de son geste pudique de se masquer les yeux comme elle le fit le rassura sur le fait qu'elle se trouvait plus simplement honteuse du contexte.

Elle pivota sur son axe et se mise de dos pour s'excuser enfin, le laissant au bord d'une crise de fou rire qu'il eut grand mal à refréner. Mais il se rendit compte que la joie n'était pas au rendez vous et qu'elle n'était pas venu chercher de lui une simple complicité, mais une présence rassurante, bien qu'elle lui annonçait avoir quelque chose à lui montrer. Elle fut déjà dehors lorsqu'il lui répondit par la positive à sa demande et il en fut un peu déboussolé.

Une fois présentable, il sortit inquiet pour la retrouver, la découvrant particulièrement à fleur de peau alors qu'elle sursautait devant son apparition. Sans rien lui dire de plus, elle l'attrapa par la main et le tira de ses nouvelles forces derrière lui. Trop heureux de ce contact, il se contenta de la suivre, serrant ses doigts autour de ceux de la miko, jusque un lieu connu d'elle seule assez loin de l'enceinte du Temple.

Il se pris à penser qu'elle n'était décidément plus la même qu'autrefois, tandis qu'il se rendait compte qu'ils étaient en train de marcher en pleine nuit et en plein hiver des Terres de Fukyuu et qu'ils ne portaient sur eux que de simples kimonos. Non… Plus la même du tout. Il en fut certain lorsqu'elle lui décrivit succinctement l'endroit et dans le même temps, lui proposa une baignade dans les sources chaudes ainsi découvertes.

Sans même attendre sa réponse, elle disparaissait déjà derrière un promontoire rocheux pour se débarrasser de ses vêtements et ne réapparue que fugacement pour plonger entièrement nue dans dans le onsen, si bien qu'il n'eut guère le loisir de la décrire de ses yeux. Quand bien même aurait il pu y penser en vérité. Elle ne lui laissait que le temps de respirer et il se sentait totalement perdu. Trop peu de lumière se présentait pour lui laisser voir les merveilles que les eaux vaporeuses masquaient à présent et qu'il n'avait jamais pu admirer.

Il en avait rêvé, certes, mais c'était là des fantasmes de son esprit, par la réalité qui se trouvait en face de lui. Un moment, il se demanda si il ne s'agissait pas là d'un mauvais tour de Bankichi, mais le petit animal spirituel ne l'avait pas leurré la fois où il s'était joué de lui et son cœur lui disait qu'il s'agissait bien de l'héritière des Shuzen qui se trouvait face à ses yeux.

Il aurait aimé la questionner sur le pourquoi de ses agissements, sur la façon qu'elle a de se montrer si pressée ce soir… Mais la façon dont elle baissait les yeux sur la surface de l'eau l’inquiétait, le poussait à venir à sa rencontre pour connaître le fin mot de l'histoire.

Il se sépara de ses propres effets, la morsure du froid le poussant à imiter Seiko en se glissant promptement dans le bain, non loin d'elle. La différence de température manqua de le faire s'évanouir, son sang rougissant son visage aussitôt. Il voulu sourire à sa plus qu'amie, un peu gêné de se voir incommodé par la chaleur du bassin lorsqu'elle étouffa un sanglot. Il fut heurté par cette expression de tristesse, mais décela dans cette dernière la raison de tout ceci.

Il fallait qu'elle lui parle, qu'elle lui déballe ce qu'elle avait sur le cœur. Alors il tint silence, se redressant et adoptant une figure solide, vers laquelle elle pourrait se tourner si elle venait à manquer de courage dans l'entreprise qui était la sienne. Mais son annonce première le fit presque chanceler, un froid impossible lui tenaillant soudainement les tripes tandis qu'il se trouve pourtant dans une eau excessivement chaude, le pire semblant arriver, au vu de la façon dont la prêtresse poursuit son discours.

Il ferme les yeux alors qu'elle continua, touché par l'impression qu'il était en train de tomber dans le vide continuellement. Pourtant, au comble du désespoir qui l'envahissait, un sentiment de confiance lui offrit une échappatoire bienvenue. Les bribes de leur passé, les promesses faites alors, il fut instantanément certain qu'elle ne lui avait pas tourné le dos et qu'elle allait tout bêtement lui exprimer le fait.

Elle s'exécuta ainsi, un peu maladroitement, probablement à cause du chaos qui la submergeait. Il ne s'était jamais réellement senti jaloux des regards des hommes sur elle et rien ne changeait à présent qu'elle lui racontait cet événement. Il ne voyait qu'un seul fait qui fut important : Elle s'était refusée à Hiro, sans concession.

Il n'était pas question de rivalité et quand bien même eut elle la sincérité de lui avouer voir ce garçon plus expérimenté qu'il ne l'était lui-même dans ses attentions, il ne conçu que le fait qu'elle lui annonça dans ses derniers mots et l'importance qu'elle lui accordait à lui tout particulièrement. Il se mis à sourire au fur et à mesure de la délivrance orale de la miko.

Il s'approcha alors d'elle, ses yeux rivés sur les siens, oublieux de leur nudité et posa sa main gauche sur l'épaule de la jeune fille tandis que la droite vint caresser délicatement la joue de cette dernière. Elle avait beaucoup parlé et il n'en avait pas tant à dire en retour, mais il entreprit de lui répondre malgré tout. Sa voix ne trahissait d'aucun doute, d'aucune gêne, ni de la moindre mélancolie. Elle fut comme un vent doux passant sur une plaine en plein printemps :

Yare yare, Sei-chan… Faut-il qu'un garçon t'embrasse pour que tu m'invites ainsi à prendre un bain nocturne ? Y-a t-il quelque chose que je puisse avoir à te pardonner ? Je ne vois pas la moindre faute, sinon un concours du destin qui se sera montré un peu joueur avec toi, mais tu ne te seras pas laissée faire. Et qu'est ce qu'un simple baiser pourrait changer à ce que je ressens pour toi ? N’aie je pas moi-même été embrassé, devant toi qui plus est, par un tiers ?

Il la serra contre lui et passa lui caressa la tête gentiment pour la rassurer. Et si près de son oreille, il lui murmura doucement :

Je n'ai pas besoin qu'une autre que toi ne me montre de l’intérêt pour que mes pensés te soient entièrement dédiées. Je me moque d'ailleurs que quelqu'un d'autre que toi ne m’apprécie. D'autres lèvres que les tiennes n'ont pas besoin de se heurter aux miennes pour me rappeler ton goût et la flamme qui m'anime lorsque je le sent, capable de faire paraître celles de Moegami comme de ridicules flammèches.

Il recula alors, ses deux mains sur les épaules de Seiko, son expression plus radieuse qu'un Soleil d'été monté à son zénith et ajouta plus clairement :

Et pour ce qui est de me trouver nu… C'est un peu comme le baiser… Je dirais que j'ai moi-même été dans cette situation avec toi, à quelques bandes de tissus près ! Égalité ! Je suis tout à fait pour un match nul entre nous à ce sujet. La suite de la partie se jouera simplement entre nous quand il sera temps de le faire, sans le moindre tiers pour nous déranger. Et puis tu es partie si vite ! Je ne peux pas considéré que tu m’aie vu n…

La réalité de leur position revint à lui soudainement et le laissa comme figé dans sa posture. Ses iris glissèrent sans qu'il puisse les contrôler vers la surface de l'eau, la Lune éclairant cette dernière et lui laissant plus que deviner les lignes qui caractérisaient les formes du corps de la prêtresse. Sa teinte vira à nouveau à la pivoine, mais la température de l'eau n'y était dorénavant pour rien. Les légères vapeurs s'échappant du bassin auraient tout aussi bien pu venir de lui tant il se sentait irradier.

Il plongea les mains dans la source pour masquer son intimité qui se mettait à échapper à son contrôle, le poussant presque à se recroqueviller, ne laissant que trois quart de son crâne hors de l'onsen. Il avait fermé ses yeux dans le même temps, trop honteux de lui-même pour oser dévisager l'héritière des Shuzen. Après un moment, il se décida de les rouvrir légèrement et se rendit compte qu'il se trouvait dangereusement près de la poitrine de son amie qu'il avait presque frôlé lorsqu'il s'était avachi.

Il voulu s'excuser, mais ne pu que laisser s'échapper des bulles de sa bouche à l'attention de Seiko. Il vivait un rêve et un cauchemar à la fois, la limite entre les deux lui paraissant totalement abstraite dans sa situation et priait pour qu'on lui vienne en aide, incapable de bouger ou de prendre la moindre décision.
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Kannushi

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MessageSujet: Re: [FB - Terminé] Quand le destin s'en mêle et que les cœurs s'emmêlent Dim 16 Aoû - 12:17

La douceur de son sourire ne fait pas pâlir mes joues et je le laisse s’approcher de moi une fois mon discours terminé. Le contact de sa main sur mon épaule me rappelle que nous sommes tous les deux dans notre plus simple appareil, seuls, alors que je viens de lui révéler qu’il était l’unique homme auquel je souhaitais offrir mon corps. Les paroles auraient pu être lancées en l’air il y a de cela quelques années mais ma réflexion est maintenant bien trop poussée pour que j’imagine être séparée de lui, même physiquement. Il caresse ma joue, me regardant comme d’habitude avec une si grande affection que je me sens fondre dans l’eau, fondre dans son regard.

Il n’hésite pas et se conduit naturellement avec moi, comme si nous connaissions déjà tout de l’autre, comme si mon idée de m’offrir à lui avait déjà été concrétisée. Kitai est toujours si spontané qu’il pourrait faire exploser mon cœur d’amour... et je ne lui en voudrai pas le moins du monde. Il me serre alors contre lui puis me caresse la tête et ce contact peau à peau me rassure autant qu’il m’émoustille. Le papillon revient dans mon bas ventre et je bois ses paroles réconfortantes, ne réussissant pas à contrôler mon rougissement. Un frisson traverse tout mon corps lorsqu’il me déclare ouvertement ses sentiments à l’oreille et bien que l’émotion devienne incontrôlable, l’embarras disparait et mes joues s’éclaircissent tandis qu’il se sépare de moi.

Et alors que je m’imagine le prendre à nouveau dans mes bras une fois sa déclaration terminée, il s’arrête de parler et semble malgré lui profiter de la lueur de la lune pour découvrir ma poitrine. Je me sens à nouveau rougir mais suis davantage surprise par son comportement. Rougissant à son tour, il rompt le contact pour cacher son entre-jambe et plonger sa tête dans l’eau, gêné de perdre ainsi le contrôle et son assurance. Il ferme rapidement les yeux puis les rouvre mais se trouve alors face à l’objet de sa gêne. Je ne comprends pas ses paroles mais devine qu’il aurait aimé agir autrement. Je sens alors quelque chose changer en moi. Suite à ma déclaration puis la sienne, je sens alors que cette nuit nous appartient et je ne veux surtout passer à côté de rien.

J’oublie tout et lui offre un sourire attendri. Mes paroles précédentes me guident alors vers lui, encore plus près, et je me baisse à sa hauteur, sortant mes mains de l’eau. Je saisis son visage entre celles-ci et le découvrir sa tête, détaillant chaque partie de sa frimousse. Mon sourire s’élargit, tandis que je le trouve terriblement mignon mais aussi terriblement attirant. Jamais je ne l’avais vu de cette manière ; Kitai ayant toujours été à mes côtés, il était comme un gardien, comme une partie de moi et un ami très précieux. Mais nous avons grandi et voilà qu’un homme se tient devant moi, désirant la femme que je suis. Et bien qu'il soit gêné par l’expression de son corps, je n’ai moi-même plus aucun doute sur ce que ma propre anatomie me demande.

- Je voulais te proposer de venir ici dès l’instant où j’ai trouvé cet endroit. Le fait que Hiro-san m’ait embrassée n’a rien précipité... mais peut-être que cela m’a éclaircie sur les raisons précises qui m’ont fait vouloir t’emmener dans cette source.

Mes mains quittent son visage pour trouver ses avant-bras. Je les pousse doucement sur le côté, l’incitant à découvrir son intimité. Bien que mon regard ait suivi mon mouvement, les rayons de lune ne me permettent pas de la distinguer mais je la découvre par le toucher en brisant la distance qui nous sépare. Ajustant tout mon corps au sien, me pressant contre lui pour sentir à nouveau sa peau contre la mienne, je sens son cœur battre aussi fort que le mien . Seule ma tête reste en arrière, pour le regarder encore tandis que je continue de lui parler.

- Moi non plus je n’ai pas besoin des autres pour penser à toi. Petite, je pensais au petit garçon, à celui qui viendrait parler avec moi parce que son regard et sa voix étaient un réconfort pour l’être fragile que j’étais. Et par ses gestes tendres, ce petit garçon est devenu un ami précieux pour la Seiko d’autrefois. Mais j’ai su rapidement que tu devenais un homme, en te voyant grandir, en te sentant près de moi comme aucun homme n’a voulu l’être lorsqu’on a essayé de me marier. J’ai découvert que mon anatomie me permettrait d’être mère avant d’être une femme mais tu as retiré la confusion que ce fait a engendrée en moi. Tu m’as dit que j’étais belle et parfaite à tes yeux. Et quand j’ai découvert une nuit que c’était tout ce qui comptait pour moi, alors nous étions au Temple et plus proches que jamais.

Cette proximité m’a rassurée mais encore plus le fait que tu semblais ne pas faire attention aux autres Miko. Parce que je voulais que tu ne voies que moi... J’ai longtemps pensé que ce sentiment n’était pas normal, que notre amitié était plus précieuse. Mais j’ai commencé à penser que, peut-être, il n’y avait jamais eu d’amitié entre nous. C’est un lien plus fort encore qui nous a unit toujours. Et le baiser de Hiro-san m’a fait accepter cela. Tu es celui que je veux à mes côtés, celui qui me fera oublier mon devoir et mes croyances, le seul et l’unique que je désire et avec lequel je ne veux faire qu’un.


Je passe ma main sur sa joue et mes lèvres tremblantes se posent sur les siennes pour lui offrir un baiser bien suggestif. Je tiens à lui dire encore quelques mots et mets fin au baiser quelques secondes après ; un léger regret que j’espère vite effacer.

- N’aie pas honte de ce que tes sentiments font dire à ton corps. Si j’étais un homme, tu pourrais aussi voir ce qui se bouscule dans ma tête et dans mon cœur, Kitai.

Je glisse ma main sur son bras et invite sa main à se poser sur mon sein droit. Ma timidité s’est envolée, comme la peur et la gêne de cette proximité. Je la désire autant que lui et je veux que cette nuit soit la nôtre. Je le regarde encore dans les yeux, maintenant convaincue que je suis prête à tout découvrir avec lui.

- La suite de la partie... ne veux-tu pas la terminer maintenant ? Rien ni personne ne nous dérangera... pas même le but que je dois poursuivre... pas ce soir, pas maintenant. Ni mes sanglots, ni mes craintes... je n’en ai plus, maintenant, avec toi. Je ne veux que toi, à présent que nous sommes à égalité.

Je rapproche mon visage du sien une dernière fois, mon cœur bouillonnant du prochain contact, sans savoir vraiment ce qui pourrait se passer. J’ai changé et peut-être que ce changement va déplaire à Kitai. Mais toujours nous nous sommes promis d’être honnêtes l’un envers l’autre. Alors même s’il me rejette, je l’accepterai car il l’aura fait avec sincérité. Alors que je murmure son nom, je ne demande que sa bouche mais le laisse pourtant prendre l’initiative du contact qui changera à jamais notre relation.


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Akogare Kitai

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Sohei

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MessageSujet: Re: [FB - Terminé] Quand le destin s'en mêle et que les cœurs s'emmêlent Mer 3 Fév - 10:20

Cela en avait toujours été ainsi entre eux deux. Lorsque l'un chavirait ou se perdait, l'autre le retrouvait sans mal et lui tirait la tête hors des flots. Même dans cette situation toute particulière, au bord d'un dangereux précipice pourtant porteur de douces promesses, aucune exception n'était permise. Il était allé de l'avant jusque là, jusqu'à ce que son corps lui échappe, trop subjugué par celui de celle qui avait toujours été son âme sœur, mais à cet instant, ce fut au tour de la jeune fille de se porter au secours du moine éperdu.

Seiko vint à lui, rompant gêne et distance, le rassurant sur ses convictions, l'invitant à passer définitivement au-delà de cette frontière qui les séparait encore de l'état d'adulte accompli. Devant cette certitude et cette assurance poussée par son choix, le sohei se désinhiba totalement, laissant sa compagne montrer le chemin à l'une de ses mains de l'un des attraits jumeaux et objet de désir trônant sur sa poitrine. Pour autant, les yeux du lancier ne s'attardèrent pas longuement sur ce dernier, préférant de loin se mêler aux iris automnaux de la miko.

Elle l'embrassait, rompait le baiser pour le rassurer oralement, lui montrait sa détermination, fusionnait à nouveau leurs lèvres, dissipant la moindre once de confusion et alors qu'elle clôturait son discours par des aveux brûlant, alimentant une faim que Kitai ne se savait pas avoir, il n'eut rien à lui dire en retour. Aucun mot n'aurait pu sortir de façon cohérente, aucun propos n'aurait eu de sens. Il se pressa simplement contre elle, l'enroulant par la taille de son bras libre, pressant l'autre avec douceur, bien occupé ce dernier et lia son visage à celui de son aimée éternelle.

La main du sein remonta cependant à la joue de la jeune femme pour glisser et s’emmêler à la chevelure humide de cette dernière, assurer une prise certaine et intensifier la flamme de leur baiser. Il avait toujours pensé que la simple présence de Seiko non loin de lui le rassasierait pour l'éternité, mais se découvrait soudainement un appétit insatiable de bien plus que cela. Malgré leur contact général, il ne se sentait pas son besoin s'assouvir. À la recherche de ce qui pourrait combler son manque étrange, il intensifia ses gestes délicatement, sans violence, il les rendit plus profond, fiévreux.

Elle dansait avec lui dans ce duo de proximité et si une certaine maladresse venait se mêler à cela, ils s'accompagnèrent et se complétèrent avec brio. Il l'attira plus à lui et dut faire montre de la même conviction que sa belle pour ne pas défaillir au contact de la fleur de cette dernière contre sa propre intimité à l'instant où, bloqués par leurs genoux, elle eut décidé de grimper par dessus ces derniers pour diminuer encore le peu qui parvenait à les séparer.

Le frisson qui le prit subitement à partir de son bas-ventre remonta comme une flèche jusqu'au centre nerveux du garçon, liant son instinct à ce qu'il avait pu apprendre sur le sujet de l'amour des corps, trop souvent par métaphores stupides d'ailleurs. Aussi vite qu'un battement de cœur, tout lui paru plus clair sur la marche à suivre, quand bien même cela lui donnait le vertige. Il dut briser l'étreinte qu'il avait sur l'arrière du crâne de la miko pour parvenir à fusionner leur trésor respectif et de se les unir l'un à l'autre.

Ainsi aveuglé par le désir, leur baiser immuable et leur ignorance concrète des choses de l'association des corps, cela ne fut pas des plus simples et il dut s'y reprendre à plusieurs reprises avant de parvenir aux fins qu'ils souhaitaient plus que tout tout deux. La patience, la compréhension et bien plus encore, le feu qui s'emparait des amants les virent finalement ne faire qu'un. Un moment d'inquiétude passa néanmoins lorsque le lancier sentit son aimée se crisper un instant à la suite de leur union.

Il ouvrit les yeux pour découvrir une expression succincte de douleur qui manqua de l'horrifier et de cesser immédiatement ce qu'ils avaient entrepris. Mais le visage de la prêtresse se détendit doucement et se couvrit de tout autre traits qui ne pouvait être interprété autrement qu'un épanouissement profond. Rassuré derechef par son âme sœur, Kitai se pressa à nouveau contre elle, l'enserrant aussi fort qu'il pouvait, à la limite de la douleur.

Une nouvelle danse anima le duo sans que mot ne fusse échangé, ce qui n'aurait guère pu se produire puisque leur souffle seul s'échangeait entre eux lorsqu'ils ne liaient pas leur lèvres aussitôt. À l'écoute de la respiration Seiko, il su que leur position l'éprouvait bien plus que lui-même, mais il lui était devenu impossible d'imaginer cesser leur chorégraphie. Mû d'une pure inspiration, il poussa délicatement celle qui était tout pour lui à s'allonger à moitié dans l'eau, le dos reposant contre le rebord de la source chaude.

Si l'action eut pour premier effet de briser leur étreinte, elle leur permis cependant de se découvrir comme jamais auparavant. Glissant ses mains afin d'assurer une douce prise sur les cuisses de son amante, il s'employa petit à petit à reprendre le rythme, tâchant de contenter l'objet de son amour sans qu'elle ne s'épuise en retour. Le spectacle de la miko ainsi dévoilée alimentait le foyer ardent qui brûlait au sein du moine-guerrier, le faisant succinctement craindre qu'il allait tout simplement le dévorer. Mais au pinacle du désir, la pensé s'évapora aussitôt était-elle apparue.

Brûlant de retrouver le contact de la bouche de la prêtresse contre la sienne, il lia à nouveau ses lèvres à cette dernière en fermant les yeux. À cet instant, le monde aurait pu s'effondrer sur lui-même que rien n'aurait pu être retiré à ce moment, tel un diamant brut que nul événement ne pouvait briser.
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Kannushi

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MessageSujet: Re: [FB - Terminé] Quand le destin s'en mêle et que les cœurs s'emmêlent Ven 5 Fév - 11:27

Kitai ne dit rien et une pression vient se loger en mon plexus, rendant ma respiration irrégulière. J’ai peur d’être allée trop loin, peur de l’avoir froissé et peur qu’il me laisse seule ici. Mes doutes s’étaient envolés mais ils reviennent quelques secondes car je viens finalement de briser une amitié de plusieurs années, un lien que nous nous sommes donné beaucoup de peine à conserver. Puis le doute s’échappe, la pression s’amenuise à mesure que les centimètres se réduisent entre nous. Il glisse sa main libre dans mon dos et tandis que ses lèvres retrouvent les miennes, je sais que je n’aurai plus aucun regret. Nous avons perdu une amitié mais nous avons gagné bien plus, un lien que rien ne saura altérer désormais.

Son autre main quitte mon sein pour se loger derrière ma tête ; le baiser de Kitai devient plus profond et plus intense. Lui non plus ne veut plus revenir en arrière. Je m’accroche alors à lui, mes bras et mes mains passant dans son dos pour le tirer contre moi et sentir notre envie de fusion nous conquérir petit à petit. Je ne sais pas quoi faire ensuite mais je le veux et je tiens à lui montrer de toutes les façons. Certaines hésitations rendent nos gestes malhabiles mais aucune moquerie n’aura sa place ici, ni aucune gêne. Nous nous ajustons comme si nous avions toujours été si proches et, bientôt, la maladresse fera place à l’évidence.

Mère ne parlait jamais de la façon dont nous étions venus au monde et les travaux qu’il avait fallu entreprendre avec Père pour que cela arrive. Seuls mes échanges avec Kaguya m’avaient permis d’entrevoir ce qu’était l’amour au sens physique du terme. Mais les conversations étaient brèves car bien qu’elle soit une jeune fille passionnée, Kaguya était l’amante de mon frère... et il ne me plaisait guère d’entendre et d’imaginer certains détails le concernant. J’avais pourtant pu apprendre qu’au moment de la fusion des corps, chaque intimité devait se retrouver et s’emboiter pour ne faire une seule et même entité, cette dernière permettant alors d’accéder au plaisir.

Kitai prend les devants et nous nous guidons mutuellement, avec le peu que nous connaissons, le désir nous permettant finalement de trouver le chemin tandis que mes jambes s’ouvrent naturellement pour lui laisser un accès particulier. Je tique et me crispe légèrement car je ne m’attends pas à cette forte brûlure, douleur marquant la rupture d’une chair représentative de mon innocence de jeune fille. Kitai s’en inquiète et stoppe tout mouvement quelques secondes, préoccupé par mon état. Mais alors que je retrouve son regard bicolore, la douleur s’amenuise jusqu’à me faire réaliser que l’homme que j’aime est bel et bien en moi. Je me détends et la brûlure laisse la place à une sensation confortable de chaleur, ferveur que je sens grandir en mon bas ventre, me donnant l’envie irrépressible de continuer.

Je lui souris, tout mon corps se teintant d’amour et je passe mes bras derrière la tête de Kitai pour que chaque millimètres nos peaux se touche. Il me serre contre lui, si fort que j’ai la sensation qu’il veut fusionner jusqu’à nos âmes. Nos respirations s’intensifient, notre désir et notre amour aussi, tant que j’en suis essoufflée. Mes jambes alors crispées par l’émotion se délient légèrement de son corps et je le laisse m’inviter à m’allonger, mon dos prenant appui sur le rebord de la source. La lune me permet, tandis qu’il se repositionne et me regarde aussi, de dessiner du regard chaque muscle de son corps, chaque geste plus assuré à mesure que le temps passe. Je retrouve la délicatesse de Kitai, celui que j’ai toujours aimé, lors qu’il saisit doucement mes cuisses et je découvre une soif de moi dans ses yeux. Je m’empresse de l’étancher en l’attirant plus encore en moi.

Ses vas-et-viens d’amour sont ponctués par un nouveau baiser. Nos langues se caressent avec plus d’assurance et nos corps ne font qu’un comme s’ils y avaient toujours été destinés. Mes mains ne tiennent pas en place. Tantôt, elles glissent derrière sa nuque ou dans son dos, s’égarant parfois sur son torse ou son ventre pour les gâter d’attentions. Tantôt, elles s’aventurent plus bas, épousant son séant pour l’inviter plus intensément à se perdre en mon corps. Je sens alors toute la force de son corps d’homme, toute la force de sa passion qu’il a contenue pendant tant d’années. Ses mouvements, couplés à mon bonheur et ma joie d’avoir enfin pu partager tout mon être avec lui, me font vivre cette passion. Mon souffle se teinte alors de voix et de légers gémissements m’échappent. Ils sont premièrement embarrassants mais ensuite naturels lorsque je sens Kitai vivre davantage en mon sein.

Tout tremble en moi et le plaisir devient bientôt trop intense pour que je le laisse tout faire. Par de petits mouvements, je l’invite à se redresser, faisant de même, utilisant la légèreté que nous offre l’eau pour glisser à l’aide de mes bras et du rebord contre la grande paroi rocheuse montant vers le ciel. Tandis que nous sommes toujours un, je l’invite à s’appuyer à son tour contre le mur de pierre et à fléchir légèrement les genoux, suffisamment pour qu’il soit à l’aise. Mes jambes me servent ainsi d’appui pour m’essayer à des vas-et-viens d’un autre genre. La sensation est différente, mon intérieur se retrouvant alors plus étroit et son bouton jamais éclos y trouve également un lot de caresses.

Je laisse les mains libres de Kitai explorer mon corps à sa guise, pendant que mon bassin s’active lentement. Nos bouches se rencontrent encore et il ne faut pas longtemps pour que le plaisir monte à son paroxysme. Soufflant son prénom à plusieurs reprises, je ne peux bientôt plus contenir la jouissance que cet échange nous procure. Mon corps entier se tend tandis que mon amant me renverse une dernière fois contre le rebord de la source et je ne peux retenir un son plus fort, ponctuant l’atteinte du plaisir ultime. Le Sohei semble l’avoir trouvé avec moi car je sens son intimité grandir encore en moi, tandis qu’il m’étreint davantage.

Tous les deux essoufflés, nous restons ainsi quelques secondes l’un contre l’autre, profitant des bribes de l’instant qui s’évaporent petit à petit avec l’eau de la source chaude. Le cœur de Kitai raisonne avec le mien et nos regards finissent par se retrouver. Les joues rosies, je lui offre un sourire et de petits larmes s’invitent au coin de mes yeux, accompagnant mes brèves paroles.

- Je t’aime, Kitai. Je t'aime si fort...

Et je l’étreins à nouveau.


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Akogare Kitai

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Sohei

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MessageSujet: Re: [FB - Terminé] Quand le destin s'en mêle et que les cœurs s'emmêlent Dim 28 Fév - 23:14


Au clair de lune, la lumière seule de l'astre nocturne suffit amplement à éclairer la scène de leur danse intime. Assoiffées par le contact du corps de la miko, les mains du sohei le parcourent d'une frénésie paradoxalement emprunte de douceur et celles de sa compagne semblent tout aussi inextinguible de parcourir la moindre ligne caractérisant la plastique du moine combattant.

Quant à leur visage, seul les respirations profondes et les expressions de félicité parviennent tantôt à rompre fugacement l'union de leur langue respectives. Il ne peut s'échanger le moindre mot tant leur conversation se joue sur un plan tout à fait différent, mais pour autant que ce fusse leur première fois à tenter ce langage, nulle incompréhension ne vint s'immiscer et ce fut comme s'ils n'avaient jamais entretenu d'autre manière de communiquer l'un vis à vis de l'autre.

Si la discussion s'était d'abord arrangée de voir le lancier en prendre quasiment toute la charge, le dialogue s'inversa doucement sous la mesure gracile de la prêtresse. Il n'y eut aucun battement dans le changement des rôles, aucune anicroche. Il intervint de manière logique, dans une demande muette partagée. Guidée ainsi par la jeune fille, leur danse n'en perdit rien de sa fougue délicatesse, leur inexpérience effacée par leur commune intuition.

De sa nouvelle position, Kitai se trouva coi face aux formes délicates de son amante la surplombant, les rayons du disque céleste les révélant à nouveau sous un nouvel aspect. Il lui apparut comme urgent d'en parcourir les surfaces, flattant la plus petite partie de peau de l'effleurement de ses doigts. Mais comme elle n'avait pu rester passive longtemps, il ne pu résister au besoin de l'attirer à lui et de couvrir sa poitrine de baisers, s'attardant sur leur pointes éveillées au désir et les gratifiants des plus douces attentions que sa bouche puisse offrir.

Jusque là silencieux à l'exception de l'eau chaude battue par leurs mouvements, le souffle intense du moine et les légers éclats de voix irrépressibles de sa compagne en vinrent à briser la tranquillité de la nuit. L'effort montait crescendo dans la chorégraphie d'un combat sublime que le garçon n'aurait guère eut de honte à perdre, sentant que sa fougue était encouragée et sachant que son amie d'autrefois devenue bien plus se trouvait galvanisée en retour, ils donnèrent chacun plus de force, cette dernière récompensée par la découverte d'une nouvelle sensation de plaisir.

Dans une demie-conscience embrumée de plénitude, il senti monter en lui une vague dont la lame le balayerait sans qu'il puisse lui résister, les gémissements de son élue se transformant progressivement en cris, il su qu'elle était elle-même au même point. Il lui parut soudain que cela serait leur élan final avant une explosion dont ils ignoraient tout et dans le besoin de ressentir la chose le plus intensément que cela fut possible, il la renversa en arrière, reprenant ponctuellement la main que Seiko ne semblait de toute façon plus en capacité d'assumer.

Elle lui apparu comme ce qu'elle avait toujours été, la Déesse régissant sa destinée, mais magnifiée par son expression de perte totale de contrôle,  l'appelant par son nom d'une voix sans la moindre détresse. Il fut alors prit dans la confusion la plus totale, puisant dans les dernières ressources de sa vigueur pour tenter d'offrir la même sensation de paradis qu'il ressentait et devint trop intense, lui faisant perdre le contrôle et le poussant à son tour à un donner de la voix.

Sa tension fut si grande qu'il devint une statue de nerf habillé des sens les plus sublimes qui soit et l'instant suivant, ses muscles l'abandonnèrent soudainement, le laissant choir sur la miko tremblante de son activité interne semblable. Ils restèrent ainsi un instant, lui perdu dans le cou de son amour, elle-même cherchant l'air par dessus l'épaule du sien. Leur énergie revenant peu à peu, il la sentit l'étreindre, ce à quoi il répondit instantanément de la même attention fermement, ne souhaitant à cet instant plus jamais quitter la douceur de la peau de l'héritière des Shuzen contre la sienne.

Puis leur yeux se rencontrèrent à nouveau, pour laisser la prêtresse lui déclarer sa flamme. Muet devant la beauté qu'elle expose alors, il ne peut que l'enserrer et l'embrasser, mu d'une chaleur inédite, comme la preuve d'une frontière définitivement franchie et que chaque baiser qui suivrait celui-ci se montrerait plus brûlant que le précédent.

Ils restent ainsi une éternité, le confort de la source chaude et de leur quasi-fusion si confortable qu'il est impossible pour l'un d'eux de rompre le contact. Enfin, Kitai se perdit dans le regard de Seiko un nouveau moment s'étirant à l'infini. Puis il alla s'enfoncer dans le cou de cette dernière où son odeur était la plus douce et lui murmura au creux de l'oreille :

Je ne peux plus concevoir un instant loin de toi, Sei-chan… Jamais. Je suis tiens depuis l'instant où tu m'as adressé la parole la première fois au domaine des Shuzen. Tu es l'étoile qui illumine le chemin de mon existence et sans laquelle je serais perdu dans l'obscurité la plus totale. Le temps n'aura pas été si long et pourtant, j'ai l'impression d'avoir patienté l'infini pour que ces mots s'expriment par ta voix. Mon amour à ton égard ne pourrait être contenu dans les plus vastes océans et mon seul but à présent dans la vie sera de te montrer ce que cela signifie.

Il cessa là les mots, l'embrassa à nouveau et, ses forces retrouvées, quitta l'eau tout en la tirant à lui dans sa nudité. Il l'aida à la recouvrir le plus rapidement, avant que le froid ne la prenne et s'habilla sommairement par la suite.

Lorsqu'ils parvinrent entre les enceintes des dortoirs des moines et ceux, à l'opposé, des prêtresses, le lancier ne poursuivit pas son chemin jusqu'à sa cellule, tirant par la main sa douce jusqu'à la chambre de cette dernière, une expression espiègle et mutine sur son visage marqué. Ensemble, ils disparurent dans la pièce de repos de la Miko, cachés aux yeux du monde et s'enserrèrent jusque dans leur sommeil et jusqu'au matin.

[RP terminé !]
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MessageSujet: Re: [FB - Terminé] Quand le destin s'en mêle et que les cœurs s'emmêlent

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[FB - Terminé] Quand le destin s'en mêle et que les cœurs s'emmêlent

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