AccueilFAQRechercherMembresS'enregistrerConnexion

Partagez | .
 

 [PV - Terminé] Jeter un froid... A Setsu ?

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Invité

avatar

Invité


MessageSujet: [PV - Terminé] Jeter un froid... A Setsu ? Sam 1 Aoû - 18:43


Kazan, une ville que je ne connaissais pas beaucoup. Pas assez je dirais même. Takeshi et moi venions d’arriver depuis Boya en nous arrêtant le moins possible, depuis qu’on avait eu l’info avec cet informateur, on était pris d’une folle envie d’avancer rapidement, étonnant non ?
Le chemin avait été long, mine de rien et on n’était pas mécontents de pouvoir enfin poser nos fesses dans l’auberge. Notre arrivée avait été plutôt agitée d’ailleurs, difficile de ne pas voir deux samouraïs Eiichiro arriver en ville, ça jurait avec le quotidien Setsu d’une manière générale. Des marchands encore c’est commun, mais deux samouraïs…

Enfin, nous étions là, dans la bâtisse, attablés en train de souffler un peu sur le moment. J’en profitais pour dissimuler un peu mieux la gravure de mon katana, l’endroit aurait été mal choisi pour des questions sur le clan du Serpent, même si j’avais une histoire toute préparée pour ça. J’en profitais également pour rassembler les infos qu’on avait et celles que j’avais pu avoir pendant le voyage, en m’isolant légèrement de temps à autre lors de nos arrêts ou pendant le sommeil de Takeshi. Et ma foi c’était bien maigre comme dossier. Le plus raisonnable était de penser que le fameux « cousin » que nous cherchions était déjà passé du côté Kenshu. Mais dans le doute il fallait aussi que nous allions à la pêche aux infos ici. Avec de la chance quelqu’un l’aurait vu ou entendu parler. Avec encore plus de chance il serait encore en ville et on aurait nous serions fixés encore plus vite.

Nous profitions d’un repas bref mais copieux avant de reprendre l’éternelle discussion qui nous animait depuis déjà quelques jours.


« Je propose de commencer par faire le tour des points très fréquentés de la ville puis de voir si quelqu’un n’a pas aperçu le type que nous cherchons. Avec de la chance, il sera peut être encore en ville et pas encore parti pour Raimei… »

Je suis interrompue, non pas par Takeshi, mais par l’entrée de plusieurs gardes dans le bâtiment. Armés, ils sont menés par un Taii qui balaye la pièce du regard et s’arrête sur moi, puis sur Takeshi.  Leur réaction ne perd pas de temps, on se retrouve rapidement « encerclés » par la bande de… huit personnes ? Tant que ça juste pour nous deux, ça serait plutôt étonnant… Est-ce que Mononoke ne se serait pas foutue de nous finalement ?
La main posée sur mon arme, je regarde silencieusement les bushis qui nous dévisagent un moment, l’air fermé, strict, au pas. De vrais petits pantins sans âme a proprement parler.
Celui qui semble diriger la troupe s’arrête devant nous, sa tête me laisse penser qu’il doit avoir un problème particulier pour avoir l’air aussi pète-sec. Les mots qu’il emploie me font comprendre qu’en plus d’en avoir l’air, il a la chanson aussi.

« Par ordre du gouverneur de Kazan, veuillez nous suivre séance tenante. » Avait-il dit, d’un ton relativement sec et formel.

Mon regard se retourne sur Takeshi, l’interrogeant du regard alors que nous sommes l’objet de ce qui peut ressembler à une arrestation. Nous ne jouons pas les idiots pour autant, décidant de coopérer sagement en attendant de voir ce qui pouvait éventuellement nous être reproché. Nous avions des ennemis depuis que nous étions ici, entre Momo et les assassins qui devraient, a priori être hors d’état de nuire a présent et le potentiel meurtrier qui aurait pu être informé de notre présence, tentant de nous faire accuser d’un crime que nous n’aurions pas commis.

En nous relevant doucement, nos armes nous sont retirées par « mesure de précaution » j’imagine. Ca devait être la procédure classique de toute façon.  Nous suivons sans poser de questions sur le moment, même si je peux sentir la curiosité de Takeshi a des kilomètres a la ronde tout autant qu’il peut sentir ma méfiance au sujet de cette affaire, ce n’est pas normal, loin de là.
Nous sommes conduit au lieu de rencontre, visiblement, alors que le Taii-pète-sec nous fait attendre sans rien indiquer de particulier, je jette un simple regard vers Takeshi, puis plus furtivement vers le soldat qui tient mon arme, soucieuse l’espace d’un instant.

Qu’est-ce que ce fameux « gouverneur » nous veux, exactement ? J’imagine que ce n’est pas pour prendre le thé qu’on est venu nous chercher…
Revenir en haut Aller en bas
Amadotsu Kodan

avatar

Admin
Taisho

Messages : 1211
Date d'inscription : 06/05/2014

Feuille personnage
Age: 36
Titre: Kazan Chinsei-ka, le volcan apaisé.
Liens:

MessageSujet: Re: [PV - Terminé] Jeter un froid... A Setsu ? Mer 17 Fév - 8:38

L'état major du domaine le plus aride de Yokuni était un lieu paisible pour qui savait en profiter. La table stratégique ne servait guère à orienter les troupes sur des ennemis potentiel depuis longtemps, chaque fanion représentant plutôt une fraction de la légion du Volcan Apaisé, chacune dédiée à la protection d'une bourgade constituant le territoire. Cela était fait d'égale mesure, bien que la Capitale du Gouvernorat jouissait d'une cohorte plus importante, au vu des officiers y stationnant la plupart du temps.

Les Taii de la Légion s'étaient rassemblés dans l'un des coins gauche de la vaste pièce, laissant l'un d'eux à l’extrême opposé. En effet, la chaleur caractéristique des gens de Kazan n'accompagnait pas vraiment Jigake qui se tenait seul, debout et les bras croisés contre lui, les yeux fermés dans une expression qui l'était tout autant au point que l'atmosphère à proximité de lui était tendue. Ses pairs jouaient aux dès sans faire attention à lui, pariant des corvées que le perdant amassait, seule monnaie autorisée aux jeux de ce genre en ce domaine.

L'heure approchait où le coussin riche qui faisait front à la table ne supporte le séant du maître de ces lieux. Lorsque la porte s'ouvrit enfin sur ce dernier, c'était comme si le Taii rafraîchi ne représentait plus la moindre incidence dans la température ambiante. Le sourire omniprésent du Taisa des Volcans irradiait simplement sans qu'il n'y ait la moindre raison connue à cela. Kodan salua chacun de ses officiers subalternes par leur nom, demandant des nouvelles des femmes, des enfants et de la situation de chacun personnellement.

C'était un rite récent, au même titre que le rang dont il avait la responsabilité. Le gouverneur de Kazan n'était devenu Colonel que depuis un an, pourtant, aux yeux de ses guerriers, cela était rentré dans la normalité. Même le ténébreux Shinshiro Jigake s'adoucissait légèrement en la présence du vaste bushi à la colossale épée. Passées les accolades, ils s'installèrent autour de la table et dès lors, la réunion d'état major fut lancée.

Les estafettes couraient autour d'eux, réceptionnant les ordres qui étaient convenus et donnés à chacun des organes militaire du domaine. Un thé bouillant et des gâteaux particulièrement sucrés étaient servis pour toute collation. La journée ne dérogeait pas à la règle qui avait été la leur depuis des semaines, comme si une certaine stabilité était de mise ces derniers temps. Néanmoins, un événement fut porté au regard  des samouraïs du Phénix.

Depuis Boya en effet, on racontait que deux éléments Eiichiro, le voisin lointain de l'Est, se promenaient au gré des routes, qu'ils arrivaient rapidement dans les frontières de l'Ouest de Setsu sans passes-droits impériaux sinon un simple papier portant le sceau du territoire des Vents. La chose n'ayant aucune valeur au sein du domaine des flammes, le premier Amadotsu se montra inquiet des risques pris par ces deux voyageurs.

Si certains de ses hommes avaient pour parti de mettre aux arrêts les étrangers et tout conseillers qu'ils étaient le plus souvent pour lui, le gouverneur ne conclu pas un tel ordre. Avisant le plus silencieux de ses Taii, il lui transmis l'instruction d'aller à la rencontre de ces gens afin de les inviter directement à Shiro Kiyooki, le palais du Taisa. Jigake n'était pas le plus accueillant de ses hommes, mais son efficacité n'était plus à prouver aux yeux du seigneur des lieux.

Tandis que le lieutenant balafré sortait de la salle fort de ses nouvelles instructions, Kodan se frottait le menton soucieusement, assis devant sa carte. Les raisons qui pouvaient pousser deux membres affichés d'un clan étranger à pénétrer celui des Setsu sans les dispositions nécessaires à ce genre de voyage montrait un sentiment d'urgence qui l'intriguait tout particulièrement. Ils ne se rendaient pas non plus compte des risques politiques que cela pouvait avoir et devaient pourtant savoir que de tout les domaines, celui assujetti à Moegami était probablement le plus strict à ce sujet.

Le temps fut plus court qu'il ne s'y était attendu lorsqu'on lui annonça l'arrivée de ses invités. Sous sa direction, ses quelques serviteurs avaient préparé une pièce pour leur entretient. Cette dernière était à l'image de la région : chaleureuse, mais humble et austère. Les décorations étaient rares, les ornements absents. Au quatre coins de la salle, des estampes contaient les faits des ancêtres Kiyooki et de leur soutient à la famille dirigeante Setsu.

Une table avait été agencée au centre de l'espace, confiseries, thé et shoshu disposés pour accueillir confortablement les deux émissaires des souffles de l'Est. C'est assis sur un vaste coussin que le bushi, vêtu de sa tenue officielle, les reçu. Une coupe déjà vidée une première fois - ou peut être deux - d'alcool, c'est d'un franc sourire qu'il leva son bras libre pour accueillir le couple qu'il détaillait déjà du regard. Sa voix tonna alors comme l'explosion d'un volcan s'éveillant à la colère, mais contrairement à cette image, son ton était porteur d'une joie des plus sincère :

Yokoso, wagaya he ! Bienvenu dans mon humble demeure. Je vous en prie, installez vous, nous avons à nous parler vous et moi. Je suis Amadotsu Kodan, Gouverneur de Kazan, Taisa des Setsu, enchanté de faire votre connaissance ! Parlez moi donc de vous et des raisons qui vous obligent à passer au travers de la terre de mes ancêtres !


L-M-M-J-V-S-D

Kazan Chinsei-ka


Dernière édition par Amadotsu Kodan le Lun 12 Sep - 22:18, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Nakamura Takeshi

avatar

Hatamoto

Messages : 398
Date d'inscription : 28/06/2013
Age : 27

Feuille personnage
Age: 23 ans
Titre: Hatamoto
Liens:

MessageSujet: Re: [PV - Terminé] Jeter un froid... A Setsu ? Dim 20 Mar - 21:10

Nous nous dépêchons mais la route est longue. Il est dur d’attendre et de patienter jusqu’au bon point, au bon moment, lorsqu’on a une partie des indices qui nous mènera au but. Quelque chose me dit pourtant que nous sommes encore loin du compte. Imaginer que le coupable soit de Setsu est si facile et beaucoup trop évident. Je ne sais pourtant pas vraiment si je me voile la face ou si la possibilité de trouver l’assassin de Suzuka ici existe vraiment. Mais le simple fait d’avoir eu à collaborer avec une kunoichi me donne encore des frissons. Si cela a été possible, alors le reste le sera peut-être aussi. Malgré tout, l’espoir de le retrouver reste mince et c’est pensif que j’effectue, aux côtés de Midori, le trajet qui nous permettra d’en apprendre davantage.

Je reviens à moi, jusqu’ici mon regard noyé dans mon bol de soba. Mes yeux glissent sur la table et sur ma compagne de voyage, qui semble affairée à dissimuler quelque chose sur son katana. Je ne sais plus vraiment quoi penser... Lui poser des questions, être présent en faisant mine de ne rien voir. D’après elle, je ne suis pas encore à la « hauteur » pour me prétendre son égal. Mais je sens qu’elle me fait davantage confiance depuis quelques jours et laisse échapper quelques informations. Consciemment ou non, je ne le sais pas. Peut-être suis-je aussi plus observateur maintenant que mon esprit est dégagé de la tristesse. Malheureusement, il m’arrive encore chaque nuit de penser à ma bien-aimée disparue et de réaliser, au réveil, qu’elle ne reviendra plus. C’est encore trop fréquent. Je soupire de lassitude. Serai-je sans arrêt hanté par sa présence ? Condamné à l’aimer à jamais, comme je voulais lui promettre ?

Les paroles de Midori me ramènent à la raison et au but de notre halte. J’ai à peine le temps de hocher la tête pour valider sa suggestion que huit Samouraï entrent dans l’auberge, menés par un Taii au faciès plutôt impressionnant. J’avais plusieurs fois pensé être défiguré mais mes cicatrices sont des égratignures face aux scarifications traversant le visage de celui-ci. Il m’est difficile de l’imaginer sourire, surtout lorsqu’il s’avance fermement vers nous pour nous parler directement. Bien que méfiant, je ne touche pas mon arme comme Midori le fait, attendant de savoir ce qu’ils nous veulent.

Le Gouverneur de Kazan veut nous voir... quelqu’un d’important, possédant des terres. Ma première idée est que s’il a déjà l’information, c’est que Mononoke est suffisamment maligne pour lui avoir transmis l’idée de nous intercepter. Reste à savoir si c’est dans le bon (nous donner des infos) ou le mauvais sens (nous réduire au silence). Elle m’a donné ses trois identités, je pourrais les révéler à chaque instant et, pourtant, aucune envie ne m’y pousse. Embêté de ressentir une once de respect pour une shinobi, je regarde Midori qui cherche une réponse que je ne peux lui donner. Nous nous levons lentement, sûrement pas de taille face à neuf hommes entraînés. Je donne à contrecœur mes armes aux forces de l’ordre et finit par les suivre tout en me questionnant sur la suite des évènements.

***
Une fois arrivés, l’écorché nous demande de patienter, d’un simple regard, laissant ses hommes continuer de tenir nos lames en otage et nous surveiller. J’observe à peine l’endroit, encore perdu dans mes pensées, à la fois pressé de rencontrer ce Gouverneur et soucieux que cette incartade nous coûte du temps... trop de temps. Puis on nous guide dans une autre pièce, que je prends le soin de détailler, cette fois, tant elle est différente de la précédente par son contenu. De la nourriture, du thé et un endroit confortable prêt à nous accueillir selon les convenances. Rien à voir avec la rencontre que Mononoke nous a offert, en pleine rue et ses mains tâchées de sang d’affronts précédents.

Loin d’aimer le grand luxe, je me sens pourtant beaucoup plus à l’aise en face de cet homme souriant, qui nous aborde avec respect et bonne humeur. Ainsi est-il Taisa, en plus d’être Gouverneur... il sera donc difficile pour moi de lui cacher la raison de notre présence ici, principalement à cause du rang qui est le sien. Je commence par m’installer, comme il le demande et par m’incliner franchement, tout comme le fait Midori.

- Hajimemashite, Amadotsu-san, dis-je alors dans l’ordre du respect. Je vous remercie pour votre accueil et espérais jusqu’ici que rien de grave ne vous amène à nous faire appeler. Je suis Nakamura Takeshi, Hatamoto Eiichiro. Et voici Akayoru Midori, amie et domestique de notre Dame, Eiichiro Suzuka.

Je me redresse et, mal à l’aise, je frotte ma tête sans réellement savoir par où commencer.

- Il m’est impossible de mentir à un Samouraï, encore moins à un supérieur... Raison pour laquelle je vais aller droit au but concernant le motif de notre visite en vos terres de feu. Ne vous offusquez pas de ma demande surtout... Mais j’aimerais que vous restiez le plus discret possible sur ce que je vais vous confier.

Je prends une inspiration qui me permet de rassembler le courage nécessaire et dévoiler encore une fois l’histoire qui nous lie Midori et moi. Je ne lui adresse pourtant aucun regard mais garde l’espoir qu’elle ne prendra pas mal mon initiative. Je veux faire avancer cette enquête.

- Suite à une mission ayant dérapé, notre Dame s’est retrouvée alitée, rongée par un mal que seuls des plantes se trouvant en Terres Neutres pouvaient guérir. Mes confrères et moi-même sommes allés les quérir mais, à notre retour, nous avons découvert que Eiichiro Suzuka avait été assassinée. Les gens présents et les shinobi n’ont rien pu faire pour empêcher cela et personne ne sait qui est l’auteur de cet acte impardonnable.

Je me surprends à conter cette histoire d’une façon neutre, sans sentir la haine, la révolte et la tristesse m’envahir comme précédemment. C’est d’ailleurs le même sérieux mais surtout la détermination de continuer qui me pousse à poursuivre.

- Nous avons fait connaissance après la cérémonie et avons décidé d’unir nos forces pour retrouver le coupable. Pour être franc, Setsu nous semblait plus évident... car il est le Clan le plus brutal et le plus opposé au notre dans sa façon d’être et de penser. Mais l’auteur de ce crime peut se trouver n’importe où à l’heure qu’il est. Nous cherchons frénétiquement des indices avec l’autorisation du gouvernement provisoire mis en place à Eiichiro car nous étions tous les deux très proches de notre Dame.

Une certaine Mononoke nous a permis de trouver qu’un cousin éloigné de l’assassin se dirigeait vers Kenshu. Cette personne pourrait en savoir plus mais peut-être est-ce également une fausse piste. Tout va vite mais lentement à la fois, nous risquons de nous égarer si nous nous précipitons sur les premières pistes venues. Ainsi, nous espérions trouver d’autres chemins et d’autres possibilités à Kazan. Mais notre idée n’est pas d’importuner Setsu ou de faire du mal. Nous respectons nos idéologies et la vengeance se mangera froide uniquement avec la personne concernée. Trop d’innocents sont morts dans cette affaire, déjà.


Je laisse alors Midori compléter mes propos et le Taisa attentif répliquer. Nous saurons bien vite s’il est de notre côté ou non.


[HRP : Je suis navrée, je n’ai aucune idée de si le post correspond à ce que nous nous étions dit avec Midori. J’espère que oui, je ne pourrai pas éditer avant un moment. Il a été très difficile pour moi de rejouer Takeshi après tout ce temps, ma façon d’écrire et de penser a changé. Mais j’espère que ce n’est pas trop différent de ce que vous avez précédemment été amenés à voir.
Petite chose qui me revient : il me semble que nous avions dit que Kodan répondrait à chacun de nos posts, afin que le RP avance et que l’action soit plus intéressante. Mais peut-être que je me trompe ? Je vous laisserai voir ensemble pendant mon absence. Smile]


L - M - M - J - V - S - D


Dernière édition par Nakamura Takeshi le Mer 4 Mai - 22:20, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité

avatar

Invité


MessageSujet: Re: [PV - Terminé] Jeter un froid... A Setsu ? Mer 4 Mai - 22:14


Le plus perturbant pour moi a cet instant précis, c’est de savoir mon katana loin de moi. Et encore, je reste optimiste en espérant que personne n’aurait la bonne idée de regarder ce que dissimule le tissu sur la garde. Nous suivions le groupe sans discuter, avec un peu d’angoisse dissimulée il fallait bien l’admettre.
Mon esprit cogitait a cent a l‘heure, j’avais beau me creuser l’esprit, il n’y avait aucune raisons pour qu’un gouverneur veuille nous voir. Nous n’avions certes pas vraiment fait quoi que ce soit de répréhensible, mais deux samouraïs au milieu de nulle part, ça reste suspect dans l’esprit de n’importe quel type un minimum sain d’esprit. Après la rencontre avec Mononoke, nous avions toutes nos chances de nous retrouver dans un pétrin pas possible, il aurait été simple pour n’importe qui de nous faire accuser de quelque chose ou de glisser un mot a notre égard aux oreilles d’un type influent. Que ce soit en bien comme en mal, je n’aimais pas trop cette histoire. En admettant que le gouverneur veuille nous aider, le simple fait de savoir quelqu’un d’autre au courant de notre ouvrage au sein de Setsu laissait une énorme porte ouverte avec des enjeux politiques importants.
Enjeux que, naturellement, Suzuka n’aurait pas voulus, pas de ce type là en tout cas.

Dans l’idéal il nous fallait garder tout cela secret, si nous étions en mesure d’avoir des informations, notre cible l’avait également. Nous ignorions tout de ses connaissances, ce qui par définition rendait problématique la possibilité de poser certaines questions. Tout ce dont nous étions surs c’est qu’il était suffisamment informé pour se glisser dans la chambre de notre Daimyo et de lui ôter la vie. Une faille de sécurité qui nous avait couté cher.
Je remarquais d’ailleurs que le trajet fut plus court que je n’imaginais, nous entrions bien vite dans une demeure plutôt somptueuse, ce qui en plus d’être fort peu étonnant était aussi peut être « un peu trop » selon mes propres critères. C’est sans un mot que je m’incline assez bas a l’attention du Gouverneur, étant moins « importante » dans la hiérarchie que Takeshi, c’est également ce qui me pousse à ne surtout pas prendre la parole ni même de donner l’impression que j’ai envie de le faire. Bien que l’envie de demander à Takeshi de la boucler lorsqu’il se décide a tout déballer comme ça, simplement. Sous un prétexte fumeux qu’il s’agit d’un supérieur, ce qui serait vrai s’il ne s’agissait pas d’un autre clan.
Tandis que je m’étalais la main sur le visage, mentalement mais l’idée était là, je gardais un calme impérial de façade, placée légèrement en retrait de Takeshi qui se voulait être mon supérieur théorique. Actuellement l’un des seuls points sur lesquels j’étais forcée de reconnaître qu’il m’était supérieur d’ailleurs.
Sa façon naturelle de me présenter comme une domestique allait sans doute éveiller les soupçons, je n’avais de manière évidente rien à faire là, armée d’un katana et encore moins si loin du château. J’osais presque espérer que tout ça n’irait pas soulever de questions gênantes, au même titre que mon katana, relique d’une époque révolue, pourrait soulever à lui seul.

Le fait que Takeshi m’invite implicitement dans la discussion ne me plait guère, déjà parce que je n’estimais pas nécessaire de venir répéter la même chose que lui, maintenant qu’il avait tout balancé, mais aussi parce que je préférais jauger notre interlocuteur tranquillement, sans avoir à mettre la main a la patte. M’enfin, il était peut être un tantinet trop tard maintenant que l’impétueux hatamoto avait tout dit ou presque.
Le seul bon point dans tout ça, c’est que je remarquais que Takeshi arrivait à énoncer cette histoire sans être submergé par ses émotions. Un grand pas en avant de réalisé, même si ce n’était que l’un des nombreux qu’il faudrait faire dans l’avenir.

Quoi qu’après mure réflexion, il n’y avait rien à ajouter, il en savait déjà bien assez, probablement trop même. Je fis simplement comprendre qu’il n’y avait rien à ajouter, la réaction du Taisa serait des plus intéressantes quoi qu’il arrive. A partir de là on avait le droit a tout comme a rien. Par chance, dans « le pire du pire » j’avais toujours sur moi l’éventail de Suzuka, qui n’était qu’un simple accessoire, d’apparence après tout. Il était nécessaire de le déplier pour comprendre qu’il avait été renforcé et étudié pour le combat, chose que les samouraïs n’avaient pas jugé utile de faire, ne prenant que les armes immédiatement visibles. Je crois que, de toutes manières, ils auraient du me passer sur le corps pour l’avoir.

D’une manière ou d’une autre, cet éventail avait presque autant de valeur à mes yeux que mon collier.

Revenir en haut Aller en bas
Amadotsu Kodan

avatar

Admin
Taisho

Messages : 1211
Date d'inscription : 06/05/2014

Feuille personnage
Age: 36
Titre: Kazan Chinsei-ka, le volcan apaisé.
Liens:

MessageSujet: Re: [PV - Terminé] Jeter un froid... A Setsu ? Mar 10 Mai - 12:55

Le bushi s'était avancée dans sa position en tailleur, ses coudes sur la vaste table et ses mains liées face à son visage. Ses traits se montraient toujours avenants, mais son regard trahissait d'un intérêt grandissant, déjà capté pleinement par la présentation que lui fit le samouraï des vents éternels. Il passait de l'un à l'autre de ses convives, ne perdant pas une once de leur propos et réactions à ces derniers, accusant sur son expression la gravité des termes qui lui étaient tenus et ne semblant pas s'offusquer le moins du monde des mots peu amènes que l'héritier des Nakamura eut au sujet des siens.

Il n'avait appris la mort de la Dame du Haut Est que depuis peu en vérité, un fait qui avait fait vibrer l'état major des flammes, attisant son bellicisme qu'il avait contenu ne serait-ce que par respect envers une perte si grande qu'était celle d'un élu des Cieux. Sa voix était jeune dans le cercle d'officiers, mais ce qu'il était avait suffit à apaiser les braises prêtes à se consumer parmi ses homologues.

Il n'ignorait pas cependant que la véritable raison qui avait retenue l'épée du Phénix était l'alliance que les disciples de Kazegami entretenaient avec ceux des Brumes du Sud. De son propre point de vu, l'honneur ne pouvait les laisser profiter de cette vulnérabilité, tant le destin s'acharnait sur Eiichiro. La perte de Etzukatsu suivie de la trop jeune Suzuka était un couperet et un tel affront devait avoir ébranlé jusqu'au Kami Équin tant l'insulte était profonde.

Kodan rêvait d'une unicité que seule une guerre totale pouvait offrir pour que flottent un jour les sashimonos de Setsu, mais cela devait se dérouler selon les règles du bushido et non par abus de faiblesse. Le duo qui lui faisait face était la représentation de l'épée vengeresse du Cheval Divin et il parvenait à se mettre à la place de ce Hatamoto sans le moindre mal. Si tant est que lui-même serait venu en terre soupçonnée accompagné de la plus vaste armée qu'il aurait pu réunir pour réparer l'affront si le moindre soupçon s'était porté sur les terres voisines.

Le Gouverneur de Kazan comprenait néanmoins que cela ne pouvait être possible pour un porteur de la voix d'une Dame défunte, qui n'avait rien d'un officier et qu'il était en quête de preuves, laissant le bénéfice du doute aux enfants des Flammes. Mais finalement, tout porta à croire qu'aucune accusation n'était à la charge de son clan, celui-ci s'avérant uniquement sur le chemin d'une piste, précoce ou non, qui devait mener ces deux jeunes gens sur le domaine des Foudres.

De nombreux détails vinrent cependant assombrir le masque du guerrier des volcans, qu'il adressa immédiatement à la suivante de Takeshi en apprenant sa nature de servante. Il leva silencieusement un index et un majeur lié à l'attention de son Taii balafré qui n'avait guère quitté la pièce depuis qu'il avait escorté leur deux invités, s'étant simplement mis en retrait.

Il quitta la salle, laissant ainsi le Taisa s'exprimer en réponse à ce qui venait de lui être révélé. Le voile sombre qui était passé sur ses yeux avait déjà disparu et il leva son menton de sa position initiale, sa voix n'ayant rien perdu à sa sincérité :

Voilà une histoire qu'il m'est pénible à entendre, Nakamura-san. Vous m'honorez cependant par votre franchise et votre demande de discrétion me semble légitime, si vous vous trouvez à la poursuite de l'indigne qui a osé porter préjudice à une si jeune personne, élue des Dieux qui plus est. La grande honte de ce crime devra être punie de la plus sévère des manière lorsque vous tiendrez entre vos mains le meurtrier de votre Dame. Je suis désolé pour ma franchise cependant, mais vous traitez de la protection des… Shinobis… Si le Vent considère ces diables comme apte à la défense de son domaine… Alors je ne peux que comprendre le triste sort de la pauvre feu-Suzuka-dono.

Néanmoins, je ne saurais me montrer insultant envers l'échec de votre devoir de Hatamoto, puisque vous tentiez avec les vôtres de soigner Eiichiro-sama de son mal. La honte retorse de ce que vous décrivez laisse à penser que l'ensemble était prévu d'avance. Séparer les gardiens d'un Seigneur par quelque prétexte que ce soit pour le faire tomber par la suite… Diviser pour mieux régner, en quelque sorte.


Il marqua une pause dans ses propos, confiant dans le fait qu'il ne serait pas interrompu au regard de l'étiquette et du simple fait qu'il fut le maître de ces lieux, malgré la violence de ses termes. Le premier Amadotsu se redressa, croisant ses bras contre son torse caparaçonné, puis reprit la parole, son sourire n'ayant pas quitté son visage, mais révélant moins sa chaleur qu'une profonde expression inquisitrice :

L'Empire nous considère effectivement comme belliqueux, mais si le Vent est libre, le feu n'est il pas passionné ? La brutalité que vous nous prêtez et l'opposition que vous suggérez entre nos deux façons d'être me paraît erronée et tout juste digne d'un conte pour enfant. Les flammes, sans le souffle de l'air sur lui pour attiser ses braises, ne seraient pas même digne d'illuminer une petite lanterne.

Nous nous complétons plus que vous ne voulez le croire, Nakamura-san, la réalité est même que de tout les clans de Yokuni, vous êtes ceux qui s'apparenterait le plus à des alliés. Mais l’incandescence se nourrit aussi de votre élément, l'absorbant et le consumant pour mieux grandir, de fait, je comprends la crainte des vôtres à l'égard des miens. Enfin, puisque vos soupçons ne se portent pas sur nous, je ne devrais pas me formaliser sur votre appréciation comme je le fais.


C'est à cet instant que Jigake revint dans la salle, un linge de soie précieuse entourant ce qui avait l'air d'être un sabre dans son fourreau, au vu de la longueur et la forme du paquet. Il s'agenouilla aux côtés de son Taisa et lui tendit l'objet que le gouverneur entrepris de délivrer de son étui improvisé. Le sourire du Volcan s'était totalement estompé à la vue de l'arme qu'il prit pourtant cérémonieusement.

Il délivra le katana de sa saya, révélant sur la lame la gravure passée d'un kamon oublié, celui du clan du Serpent. Kodan passa ses iris sur l'épée avec gravité et les releva, véritable tisons de colère, sur ses hôtes. Sa voix sortie basse et grondante, comme si le Volcan s’apprêtait à entrer en irruption :

Nakamura-san. Vous n'êtes pas sans savoir qu'en Yokuni, le samouraï est le seul être digne de porter tel objet. Pourtant, vous me révélez que votre amie est… Domestique… à la cour de Kaze. J'ai beaucoup voyagé il y-a peu, afin de m'imprégner des cultures de nos voisins et frères des autres clans, ainsi que pour rendre hommage aux Voix des Kamis. Pourtant, je n'ai pas le souvenir que Eiichiro tolère pareil affront à la caste de la noblesse militaire.

Cette arme paraît des plus ancienne et je suppose qu'il s'agit là d'un don qui fut fait. Je ne serais pas l'outrecuidant qui retirera son héritage à une pauvre fille déjà affectée par la perte de sa Dame, mais je ne serais pas non plus le Gouverneur qui laissera passer sur ses terres une personne crachant ainsi sur une coutume et une loi si ancestrales que l'Empereur lui-même ne nous guidait pas dans sa Divine lumière lorsqu'elles avaient pourtant déjà cours
.


Il posa la lame devant lui, sur le linge qui l'avait transportée jusqu'ici et avec une précaution infinie, comme s'il respectait ce qu'elle représentait au plus haut point. Puis il posa ses mains sur ses genoux, la gravité de ses traits ne quittant plus son visage, il ajouta alors :

Votre quête est louable, Nakamura-san et je suis prêt à vous offrir un passe-droit vous autorisant en mon nom à parcourir Setsu pour le temps de vos investigations. Mais je suis au regret de vous faire savoir qu'avant ça, il vous faudra m'offrir une raison valable de vous laisser repartir avec votre amie. Vous pourchassez un crime en en acceptant un à vos côtés, Samouraï des Vents, j'attends de vous l'impossible : Donnez moi une seule bonne raison de vous laisser repartir après une telle révélation ? Vous m'honorez par votre franchise en ayant osé m'avouer pareil affront et c'est par respect pour cela que la tête de votre alliée tient toujours sur ses épaules à l'instant.

Le bushi incandescent tourna son attention vers la jeune femme et malgré ses mots, son expression trahissait de l'espoir qu'il entretenait de ne pas avoir à faire couler le moindre sang, il clôtura enfin à son attention :

Akayoru Midori. Je vous autorise à parler pour vous. Je ne souffrirais d'aucun compromis, j'attends de vous une raison qui me ferait passer outre mon devoir sans que mon honneur n'en soit affecté. Soyez concise et claire dans ce que vous pourriez dire et surtout, n'osez rien me cacher.

Ainsi il se tut, ses yeux brûlants et ses traits fermés, dans l'attente de ce qu'il demandait en échange du soutien qu'il avait énoncé.


L-M-M-J-V-S-D

Kazan Chinsei-ka


Dernière édition par Amadotsu Kodan le Lun 12 Sep - 22:18, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Nakamura Takeshi

avatar

Hatamoto

Messages : 398
Date d'inscription : 28/06/2013
Age : 27

Feuille personnage
Age: 23 ans
Titre: Hatamoto
Liens:

MessageSujet: Re: [PV - Terminé] Jeter un froid... A Setsu ? Mar 17 Mai - 17:49

L’attention du Gouverneur se pose sur nous sans pourtant nous laisser entrevoir sa réaction. Je suis conscient des risques que j’ai pris, de A à Z et je sais que Midori m’en voudra et me le fera payer en conséquence. Mais peut-être qu’en lieu et place de l’émotion, c’est maintenant l’urgence qui me submerge. J’avais pu, à Eiichiro, me reposer sur mes supérieurs à plusieurs reprises, bien que cela ne soit pas mon fort. Cependant, il était de leur devoir d’épauler les moins reconnus, de les pousser toujours plus loin sur la limite du possible, de les inciter à se lancer corps et âmes dans ce crédo qui nous lie tous, Samouraï. Le visage du Taisa s’assombrit un instant, lorsqu’il intime à son subordonné d’aller chercher quelque chose et je soupçonne d’ores et déjà ce qui peut poser problème.

Pourtant, je ne dis rien et ne bronche pas, préférant écouter sa réaction et ses arguments, peut-être même sa proposition d’aide. Un immense sentiment de soulagement m’envahit et un soupire discret s’en suit, lorsqu’il soutient mon idée d’éliminer le coupable. Je comprends qu’il ressent la même gêne, voire la même haine que moi envers les Shinobi, blâmant par la même occasion le destin qui a éloigné les trois Hatamoto de notre Dame. Je me sens alors proche de lui lorsque, souriant toujours, Amadotsu-san vante les mérites des Setsu et j’aurais souri aussi, réalisant que les on-dit sur le Clan du Feu sont aussi faciles à inventer que la plus honteuse des rumeurs. Mais je ne souris pas car le Taii de tout à l’heure revient chargé... de lourds indices qui changeront les choses à jamais.

L’expression du bushi des Flammes change radicalement alors qu’il frôle du regard la lame tranchante de Midori, gravée du symbole qu’elle cherchait à dissimuler. Mais à l’instant, je ne pense pas à fouiller dans ses origines ou à la mettre dans l’embarras ; je n’ose pas poser mes yeux sur ma compagne de voyage et tente simplement de garder mon calme face à cet homme qui peut, d’un seul geste, décider de ne jamais nous laisser rentrer. J’avale chacun des propos qu’il dicte avec calme mais sérieux et j’ai tout de même l’impression qu’il suffirait d’une goutte pour faire déborder le vase de générosité ou de colère qu’il peut être. Je comprends ce qu’il dit et me rappelle de ma réaction puis de mon ressenti lorsque la jeune femme était venue me trouver. Je me rappelle du choc qui m’avait gagné lorsqu’elle m’avait maîtrisé au sol alors qu’en apparence, elle semblait frêle et tout à fait disposée à tenir un foyer.

Mes propos se mettent en place dans ma tête, en même temps que la révolte prend naissance dans mes entrailles. Le peu de principes qui me reste et la lueur d’espoir qu’il me semble apercevoir sans le regard d’Amadotsu-san tarissent la bête qui veut bondir et défendre ce qui lui est cher. Je réussis donc à rester assis, serrant simplement mes poings sans laisser transparaitre ma propre colère. La menace est pourtant réelle car il me fait comprendre que, si j’avais en plus menti sur nos intentions, Midori serait déjà morte. Il s’adresse pourtant à elle et, faisant fi de l’avertissement précédent, je lui suis reconnaissant de nous laisser une chance de nous expliquer. Comme le veut l’étiquette, j’inspire profondément avant de prendre la parole, puisque le Taisa m’a invité à la saisir en premier pour expliquer mon mensonge.

- Je ne saurai suffisamment vous remercier, Amadotsu-san, de nous laisser cette chance d’être honnêtes, dis-je en m’inclinant bassement, me redressant ensuite, les poings toujours serrés. Et je le serai jusqu’au bout de mon discours, comme je l’ai été au départ. J’ai rencontré Akayoru Midori pour la première fois il y a peu de temps, sous son identité officielle de Domestique de notre Dame des Vents, puis j’ai découvert qu’elle était une précieuse amie de Eiichiro-sama. Mais à aucun moment, bien que des éléments restent encore inconnus à ma personne, je n’ai soupçonné cette demoiselle de mentir ou d’avoir agi contre notre Clan.

Le fait que Midori me cache délibérément des informations sur sa personne ne m’affecte pas. Et je suis conscient d’avoir fait du tort à toute personne en acceptant de voyager à ses côtés, pour les raisons que vous avez énoncées. Mais cette femme m’a sauvé la vie, à plusieurs reprises. Tout comme vous sauvez la mienne à l’instant et me permettez de m’exprimer, cette dame aux multiples talents a compris ce que j’étais : un homme perdu et déshonoré d’avoir perdu la Dame de son Clan et de son cœur. Et lorsque j’ai compris que Midori m’avait secouru pour Suzuka, pour libérer son âme et éclaircir cette affaire avec l’aide qu’était la mienne, la jeune femme qu’elle est n’a plus eu besoin de m’expliquer quoi que ce soit sur sa personne.

N’avez-vous jamais connu de femmes comme elle, Amadotsu-san ? Ces femmes qui respectent les principes des Samouraï, le bushido, alors que peut-être, elles n’en sont pas ferventes ? N’avez-vous pas connu de personnes si dévouées aux gens qu’elles aiment qu’elles en oublient les devoirs, et parfois aussi les convenances ? Mais parce qu’elles aiment, ces Déesses donnent tout pour ce qu’elles exécutent au quotidien, chaque heure même, quitte à briser les codes... temporairement. Juste le temps d’apaiser les consciences et les blessures. Ma mère, Nakamura Aoi, était comme cela, Eiichiro Suzuka aussi et, malgré mon jeune âge, j’ai côtoyé des soi-disant Samouraï qui ne servent qu’un soi-disant principe et cassent plus de promesses que ces personnes remarquables.

Celle qui m’a mis au monde, paix à son âme, a donné sa vie et sa gorge à un meurtrier pour permettre à la prochaine Daimyo d’être choisie. Et jamais je ne pourrai blâmer celle qui est assise à côté de moi aujourd’hui d’avoir voulu protéger ma vie pour continuer de faire croire au peuple qu’une justice existe. J’ai une dette infinie envers elle parce qu’elle a tenu l’engagement qu’elle a pris, en apprenant la mort de celle qui lui était chère. Pour ses actes, pour ses paroles, pour sa présence, Akayoru Midori compte pour moi. Et pour tout cela, à mon sens uniquement, elle mérite de porter le katana si elle sait s’en servir, autant qu’elle mérite d’être considérée comme une personne louable. Tout simplement parce qu’elle m’a fait retrouver le sens du mot honneur en révélant son existence à mes yeux.

Je sais que les coutumes et les lois ont construit Yokuni, que c’est grâce à cela que nous pouvons prétendre à être un peuple respectable. Mais nos coutumes et nos lois laissent aussi place à la guerre, à la haine et à l’incompréhension. Pourquoi alors ne pourrait-on pas laisser parfois l’amour, la joie et le bon sens permettre à des gens bien de faire le bien, si les Kamis leur permettent d’accéder à des capacités de protection ?


Je n’attends pas de réponse du Taisa, puisqu’il écoutera Midori parler avant de prendre sa décision. Et alors, pour la première fois depuis que nous sommes entrés dans cette pièce, je regarde la jeune femme, dans l’attente de sa propre réponse qui, certainement plus que la mienne, déterminera si elle reste en vie ou non.


L - M - M - J - V - S - D
Revenir en haut Aller en bas
Invité

avatar

Invité


MessageSujet: Re: [PV - Terminé] Jeter un froid... A Setsu ? Mar 17 Mai - 22:47

A l’ instant où j’avais entendu Takeshi, j’avais redouté le pire des dénouements. Fidèle a ses principes tout comme il devait visiblement l’être au bushido, Amadotsu Kodan avait posé la fameuse question. Pire encore, il avait mon katana entre les mains, puis posé devant lui, dévoilant à tous, même à Takeshi, le fameux symbole que j’avais réussi à dissimuler aussi longtemps.
C’était l’une des pires choses qui pouvait m’arriver, entre perdre mon collier et être découverte sous ma vraie forme au milieu des humains. J’avais des explications a fournir et je m’imaginais mal tout déballer comme ça a un parfait inconnu dont j’étais pourtant redevable de nous laisser une chance. Je savais déjà que je ne pourrais pas tout expliquer à l’exactitude et plus les mots du Taisa coulent dans notre direction, plus ma posture et mon air reprennent les traits de la posture d’un samouraï. C’était une réaction défensive que je ne contrôlais jamais, j’étais plus sur la défensive que je ne voulais bien l’admettre. C’est le visage inexpressif que je le laisse terminer, attendant que Takeshi donne son explication en premier, puisqu’il s’agissait de l’ordre logique établi. Je n’avais pas grand espoir de pouvoir convaincre un samouraï lambda avec mon histoire tissée au fil des ans sur des vérités déformées. Mais j’étais au moins capable de la raconter sans sourciller.

Cependant, la prise de parole de Takeshi a la fâcheuse tendance a m’étonner tout autant qu’elle me touche ou ne me laisse indifférente, a tel point qu’il parvient a me faire tourner le regard dans sa direction avec une expression étonnée sur le visage. Je me rends compte qu’i la appris plus que je ne l’imaginais malgré sa bourde plus tôt, il met de la bonne volonté à faire mon éloge, peut être en vain, mais l’intention est là. Je l’observe un moment palabrer en me demandant quel impact ses mots pourront avoir sur le Gouverneur de Kazan. Je continue d’écouter dans un silence parfait, chaque mot de Takeshi trouve une place dans mon esprit. Je sais que je n’ai pas été tendre avec lui, loin de là, il fallait dire que je l’étais avec peu de monde. Mais qu’il me considère ainsi me fait plaisir en un sens, il ne s’est pas arrêté a l’apparence et la première impression que je laissais souvent avec une certaine empreinte surnaturelle. Loin de la vérité cependant, Takeshi savait pourquoi j’agissais, au-delà de cette enquête nous menions.
Sa vision du bushido et des gens qu’il a pu rencontrer, ses expériences, ses connaissances se rapprochaient des miennes sur plusieurs points. Moi qui avait vécu auprès des humains par le bushido, par mon poste de Taisho notamment, avait pu voir a maintes reprises que les humains et ce code qu’ils suivaient a la lettre n’était pas une science exacte. J’avais vu des hommes droits dépérir et des hommes autrefois renégats regagner une place en même temps que leur honneur et leur dignité. Des cas rares, certes, mais des cas existants. Seulement, ces cas remontaient à trop loin pour que ma vie humaine ne soit une excuse pour les conter. Je continuais d’écouter dans ce mutisme adopté depuis la première seconde, laissant mon regard se perdre sur la lame que j’avais reçue il y a maintenant fort longtemps. Une lame historique, marquée par le sang d’innocents et par ma propre incapacité à suivre le mouvement de l’époque. Les horreurs de la guerre, la violence de l’être humain face a ses propres semblables, une chose que je connaissais depuis longtemps, mais jamais poussée a un point si exacerbé.

Je remarque un peu après que Takeshi ne parlait plus, mon regard passe de la lame au gouverneur puis vers Takeshi, un instant. Pour la première fois depuis que je ne connais, mon regard laisse comprendre que j’étais désolée, pour tout. Malgré cela, je ne pourrais me résoudre à la vérité totale aujourd’hui, c’était trop tôt et le lieu n’était pas approprié. J’allais faire ce que j’avais toujours fait avant de connaître Suzuka, j’allais raconter cette histoire que j’avais soigneusement préparée en cas où ce jour viendrait.

Je prenais une inspiration silencieuse, avant de me lancer.


« Avant toutes choses, Amadotsu-dono, sachez que Nakamura-sama ignorait et ignore encore beaucoup de choses a mon sujet. Cette arme en faisait partie. Les deux seules personnes au courant de mon histoire sont deux personnes que j’ai énormément estimé de leur vivant et que j’honore encore dans la mort, Eiichiro Etsukazu-sama et Eiichiro Suzuka-sama. Tous deux connaissaient mon passé et savaient que, malgré ma position, cette arme a beaucoup de valeur a mes yeux.
Je suis née deuxième d’une fratrie au sein d’une famille de samouraï trouvant ses origines avant la grande guerre. Comme beaucoup d’anciennes familles, il fut de coutume que les enfants soient instruits a être de futurs samouraïs, cela fut mon cas et, par la disparition de ma sœur ainée, je fus l’héritière de cette arme ancestrale. Vestige d’une époque révolue, témoin des horreurs dont nos ancêtres ont pu faire preuve au nom des doctrines de l’époque et d’un bushido qui s’est vu corrompu et détourné par l’avarice de chacun. Aussi ai-je promis à mon père sur son lit de mort de ne jamais dériver des valeurs propres au bushido et les sept vertus que vous connaissez sans doute vous aussi par cœur.
Ma famille, depuis la disparition du clan du serpent, a servi loyalement le clan Eiichiro. C’est une tâche qui m’incombe aussi à présent, au même titre que Nakamura Takeshi-sama ici présent. »


Je marque une pause très courte, animée par un sentiment indescriptible sur le moment.

« Cette lame ancestrale est donnée de génération en génération avec un serment qui l’accompagne, celui de ne la dégainer qu’a l’encontre d’une personne dont l’âme aurait été si noircie par ses actes qu’il ne serait pas tolérable de laisser cette infamie perdurer dans notre monde. Jusqu'à il y a peu, je n’avais pas de raisons de saisir cette lame et d’arpenter le monde en quête de justice aux côtés de Nakamura-sama. J’ai parfaitement conscience que ce serment antique est surement incompatible avec la façon d’agir et les lois de Yokuni actuellement, mais par ce serment, c’est l’honneur de ma famille et le profond respect que j’ai envers les traditions qui s’exprime. Cette lame est l’incarnation de ma sincérité, l’essence de ma volonté et une raison suffisante pour me risquer à être exécutée par irrespect du code en vigueur. »

Je marque une nouvelle pause, résolue au pire, je n’avais de toutes façons rien de plus a perdre si mon argumentaire ne convenait pas.

« Le samouraï se distingue par sa capacité à juger efficacement le moment présent par rapport a sa propre mort, c’est a ce titre que j’estime que, si ma mort est nécessaire pour que Nakamura-sama puisse continuer la mission pour laquelle nous sommes venus, alors ainsi soit-il. Si cela doit arriver, Amadotsu-dono, je n’aurai qu’une requête à formuler avant que vous ne fassiez votre devoir. »

Je n’avais bien évidemment pas envie d’en arriver là, mais à ce stade il n’y avait plus qu’une seule personne aux commandes. Tout dépendrait de nos réponses et, même si j’avais menti sur une partie, j’étais tout de même sincère sur plusieurs points et j’étais déterminée à garder cette ligne de conduite jusqu’au bout.

« A présent, il ne tient qu’a vous de juger si la lignée dont je suis la dernière représentante doit s’éteindre dans la honte par ma faute ou s’il reste une étincelle d’espoir pour que, dans ma quête de justice, vous estimez qu’il reste une chance pour moi de prouver au monde que malgré mon rôle au sein de la cour Eiichiro, je saurai me montrer digne des enseignements du Bushido. » Terminais-je finalement de manière formelle et posée, tout en m'inclinant respectueusement, dans l'attendre d'un verdict, quel qu'il soit.
Revenir en haut Aller en bas
Amadotsu Kodan

avatar

Admin
Taisho

Messages : 1211
Date d'inscription : 06/05/2014

Feuille personnage
Age: 36
Titre: Kazan Chinsei-ka, le volcan apaisé.
Liens:

MessageSujet: Re: [PV - Terminé] Jeter un froid... A Setsu ? Lun 23 Mai - 13:54

Rien ne fut ignoré du trauma que ses propos avaient eut sur ses deux invités tant ils se déconfirent face à lui. Il ne fut pas plus ignorant à la tension qu'il venait de créer malgré sa volonté de ne pas leur ôter tout espoirs en leur offrant la possibilité de s'exprimer sur le crime fait à la caste de la noblesse militaire. Eiichiro était considéré comme un domaine plus libéré des contraintes des us et coutumes que ne l'étaient Setsu ou Fukyuu, mais rien dans les souvenirs du bushi ne lui rappelait que les enfants de Fujin puisse ainsi aller à l'encontre d'un tel fondamental.

Le Taisa était persuadé que le Hatamoto des Vents avait commis une faute d'inattention dans son récit et s'attendait à le voir la rectifier lorsqu'il débuta de lui répondre. À son grand regret, ce ne fut pas le cas le moins du monde. Cependant, en lieu et place du regret d'avoir à accomplir son devoir, il fut assailli par une surprise totale qui se dépeignit sur ses traits à mesure du récit de l'héritier des Nakamura.

L'impassible Jigake lui-même ouvrit de plus en plus grand des yeux pleins d'incompréhension face à la réponse du bretteur de l'Est. Si le discours de Takeshi avait été introduit de façon à captiver son auditoire, sous entendant que sa compagne de route cachait quelque chose au sujet de sa véritable identité, il se perdit par la suite totalement en conjecture et appréciations toutes personnelles. Plus le samouraï parlait, plus il révélait le caractère romanesque, idéaliste et… Profondément naïf de sa vision de la société.

À plus d'un titre, elle se révélait d'une douceur appréciable au regard du Volcan Apaisé et certains des arguments eurent pour effet de le toucher au plus fort de son âme sans qu'il n'en laisse rien paraître. L'image de la seule gardienne de son cœur s'imposait à lui même éveillé qu'il ne ressentait aucunement le besoin qu'on la lui rappelle en décrivant son alliée comme il aurait décrit la femme qu'il aimait et que le destin lui refusait pourtant.

C'était en cela que le bât blessait, le guerrier qui lui faisait face ne se rendait pas compte de la portée de ses comparaisons. Si bien que lorsqu'il conclu, les explications demandées n'eurent absolument pas l'air d'en être. Le fils des Tempêtes avait trouvé toute les excuses du monde pour autoriser une loi édicte depuis des générations à un être qui lui était cher et c'était bien là tout ce que son oratoire illustrait. Kodan le comprenait pour grande partie et se savait partager sa vision de l'honneur.

Néanmoins, il était hors de question de bafouer les lois de la sorte et aucune des raisons requises à la mansuétude du Maître de Kazan n'avait passée les lèvres de son interlocuteur. Pire, dans sa volonté irresponsable de protéger son amie, il osait prétendre avoir le droit de juger du mérite d'un tiers quant à la possibilité qu'il puisse ou non porter le sabre. Croyant s'ouvrir avec honnêteté, il ne faisait en réalité que de s'épancher dans un aveuglement qui le desservirait fatalement un jour.

Du coin de ses sombres iris, le Gouverneur voyait toute la retenue pénible qu'un fervent défenseur du bushido et traditionaliste comme Shinshiro Jigake devait exercer sur lui-même pour ne pas faire taire l'outrecuidance du jeune garçon. Les mains du combattant couturé se fermaient sur ses genoux au point de s'en faire blanchir les phalanges, l'étiquette de ne pas agir sans le consentement de son maître pour seul frein. Ce ne fut pas sans laisser s'échapper un profond soupir que le gardien de Kazan tourna son attention sur l'incriminée lorsque son pair fidèle de Kazugami eut clôt son laïus.

Au vu de l'assemblée présente, sa voix n'avait logiquement pas le moindre impact, mais il nourrissait sincèrement l'espoir qu'elle puisse porter une lumière nouvelle à cette situation et viendrait étayer le plaidoyer de son partenaire. Une nouvelle fois, l'héritier des Kiyooki ne put ignorer le panel des expressions passant sur le visage de la jeune femme, jusqu'aux regards qu'elle jetait à Takeshi, au sabre qui lui avait été retiré et étendu face au Kazanite puis à lui-même.

Tout comme son allié, elle su parfaitement introduire sa réponse, les noms des précédents élus des Kamis aidant probablement à cela et le fait sous-entendu qu'elle en avait été leur confidente. Si ses mots n'avaient eut ne serait-ce qu'un soupçon de vérité en eux, le simple fait de lui produire son arbre généalogique aurait suffit à dissiper tout malentendu. Mais le premier Amadotsu ne pouvait que se demander pourquoi une descendante de la noblesse militaire ait pu troquer son rang pour celui d'humble domestique, même auprès des Seigneurs de l'Est.

Il avait appris l'héraldique dès son plus jeune age et en tant qu'officier, il avait mis un point d'honneur à apprendre chaque nom et chaque kamôn des familles importantes de Yokuni, les Akayoru ne lui rappelait rien qui fut lié de près ou de loin à cela. Mais lui-même n'était pas un exemple à ce sujet et elle aurait tout à fait pu choisir de porter cet anonymat pour les mêmes raisons qui lui avait fait préférer son propre patronyme plutôt que celui de ses illustres ancêtres.

Au fur et à mesure qu'elle s'exprimait, le cœur du samouraï s'apaisa. De toute évidence, que ce soit dans ses manières, sa façon de parler et de traiter le sujet, elle répondait bien mieux que Takeshi aux interrogations qui lui avaient été soumises. Il remarqua le doute qui passa dans yeux noirs et froids de son subalterne, lui-même paraissant reconnaître un pair dans l'histoire qui leur était contée. Accorder trop de crédit à cette dernière aurait été une erreur, mais d'en nier la possibilité de la véracité aurait été une cuisante insulte à laquelle Kodan ne souhaitait aucunement être responsable.

Il ferma les yeux, ses mains sur ses cuisses et prit une profonde inspiration avant de laisser lentement s'échapper l'air emprisonné. Le Taisa des Flammes révéla à nouveau ses prunelles de pierre à son entourage, les traits graves, mais étrangement serein. Il prit alors la parole, son ton rappelant l'éboulement de lourdes rocailles à flanc de montagne lorsqu'il débuta :

Ma mère, Kiyooki Akumi, fut autrefois originaire de vos domaines, enfants des Vents. Sa lignée remonte à bien avant la pénible ère de l'Enfer Écarlate et vécut la chute du clan du Serpent, dont ils firent partie intégrante avant de devenir de fidèles disciple de Fujin et de Eiichiro. Le mariage dont je suis l'unique et heureuse descendance fut tout autant celui d'un rapprochement politique que celui d'un amour dont vous pensez pouvoir me faire la leçon, Takeshi-san.

Ne croyez pas pas m'apprendre les valeurs du don de soi. Je ne vous demandais pas de m'exprimer votre attachement pour votre amie, ni même de m'indiquer à quel point vous lui êtes redevable. Encore moins que de me questionnez sur le fait que je puisse connaître ou non quelqu'un de la trempe de celle que vous me décrivez par vos propos.

Mon seul souhait en ce monde est que nous puissions tous pouvoir peindre comme vous le fait une telle estampe et vous seriez surpris des détails que je pourrais apporter à cette dernière en établissant le propre dessin d'un être de mon passé. N'ayez pas l'impudence de douter un seul instant de l'ignorance que je pourrais avoir face à tout ce que vous avez pu énoncer jusque là…


Il s'arrêta, mais ce ne fut clairement pas pour laisser quiconque lui prendre la parole. Son expression changea en un masque de colère péniblement contenue, le Volcan en tout point prêt à laisser cette dernière exploser et la retenant avec grand peine. Son grondement transparut dans sa voix lorsqu'il reprit :

Vous traitez le sujet de la loi avec une légèreté irresponsable. Votre comparaison de notre histoire n'a absolument pas un traître rapport avec la situation que nous examinons ensemble en cet instant. Le katana est l'âme du Samouraï, le wakizashi est son honneur. Je porte ces symboles en connaissance de cause et du devoir qu'ils imposent. Que vous puissiez oser prétendre savoir qui peut porter la Lame est une insulte faite à tout mes ancêtres, autant qu'aux vôtres, Nakamura-san.

Si l'épée pouvait réellement être mise en main de tout ceux qui étaient capable de s'en servir, alors les guerres, la haine et l'incompréhension dont vous traitez avec tant d'audace et de naïveté serait notre lot à tous jusqu'à la fin du dernier d'entre nous. Les exceptions que vous proposez seraient autant de graines d'un chaos dont je prie les Kamis de nous préserver. Fort heureusement pour vous et votre ignorance, il semblerait que votre amie vous ait caché une expérience et une ascendance qu'il aurait été souhaitable que vous en ayez été averti.


Le gouverneur de Kazan se leva, non sans prendre le sabre au serpent et sa saya dans chacune de ses mains. La prise qu'il avait autour de la tsuka de l'arme ne laissant rien présager de bon. Il quitta sa place et se dirigea vers Midori d'un pas vif jusqu'à se trouver très largement à hauteur de frappe, mais il n'amorça jamais le mouvement meurtrier, se contentant de l'aviser de toute sa hauteur, ses yeux brûlants d'une détermination écrasante. Il s'adressa alors à elle, son ton emprunt d'une douceur tranchant radicalement avec sa position :

Vous énoncez des noms prestigieux Akayoru-san et votre histoire porte en elle l'accent de la vérité. Vous me parlez du passé d'une héritière de la caste dont je suis issue… Alors pourquoi ce secret ? Pourquoi se faire passer pour une humble servante en lieu et place de l'honneur de porter votre nom et de servir votre Seigneur, comme l'atteste la signification du terme Samouraï ? Vous tentez de me faire la leçon des sept vertus sans savoir que le titre se transmet d'abord et avant tout par le sang ?

Une famille de bushi ne donne naissance qu'à des bushi et vous ignoreriez que le fait d'être la seconde d'une fratrie ne vous exempt pas de cette responsabilité ? Les temps de votre naissance devaient être bien pénible pour que vous en soyez à croire que je puisse défaire un pair de son statu, quand bien même n'en aurait-il pas connaissance. Vous êtes plus sage, mais vous êtes aussi naïve que Nakamura-san si vous pensez qu'un serment n'a plus lieu d'être à notre époque.

À moins d'avoir été répudiée et anéantie des archives de votre clan, à moins d'avoir été déshonorée, votre famille et la mienne sont de la même extraction et il n'est aucune infamie ici justifiant que nous soyons mis en présence du sori de cette arme.


Cérémonieusement, il plaça la saya du katana de Midori à sa ceinture et tendit son bras droit perpendiculairement à son propre corps, la lame de l'épée en prolongement de son propre membre. Puis il la rengaina avec respect, la leva horizontalement face à lui, défit sa sageo et la noua dans sa tsuba. Enfin, il tendit le sabre en direction d'un Jigake parfaitement calme qui s'était glissé dans le dos de son Seigneur et mis à genou afin de recevoir humblement l'objet et de lui rendre le respect qui lui était dû. Le Taii sorti enfin de la salle, Kodan reprenant à nouveau la parole dans le même instant :

Il va s'en dire que ma confiance ne vous est pas acquise, mais qu'un tel discours puisse avoir été prononcé ainsi sans frémir atteste de la noblesse de votre sang, sois-je maudit par mes ancêtres si je me leurre en vous rendant cette épée par erreur lorsque vous quitterez mes murs.

Le dernier Kiyooki fit volte face et s'en retourna à sa place, s'installant autrement plus confortablement que la première fois, lorsque son visage reparu, son expression avait tout de la première qu'il leur avait jetée pour les accueillir, de la douce chaleur d'un volcan endormi. Il conclu alors enfin :

Si je décidai d'accéder à votre requête en vous supprimant tout en laissant Nakamura-san poursuivre votre quête, je l'enverrais très probablement vers une mort certaine tant ses horizons me paraissent bien troublés par sa vision de notre monde. Cela n'a rien de personnel, Fils des Vents, mais vous avez bien plus besoin de Akayoru-san que vous ne le pensez de prime abord.

La clarté de votre rang, mademoiselle, mérite néanmoins d'être éclairci au risque de tomber sur une autre autorité que la mienne et bien moins indulgente par la même occasion. Du reste, détendez vous à présent, mon verdict est rendu et ne souffrira d'aucune autre tergiversation. Mangez, prenez des forces, Shiro Kiyooki vous accueillera le temps de préparer la suite de votre voyage.

Vous me parlerez de vos familles respectives et me conterez vos faits d'armes. Ce domaine connaît les Eiichiro plus que vous ne pouvez le penser et il ne me viendrait à l'idée de faire défaut à l'origine même de mon sang en vous refusant le confort des lieux.


L-M-M-J-V-S-D

Kazan Chinsei-ka


Dernière édition par Amadotsu Kodan le Lun 12 Sep - 22:19, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Nakamura Takeshi

avatar

Hatamoto

Messages : 398
Date d'inscription : 28/06/2013
Age : 27

Feuille personnage
Age: 23 ans
Titre: Hatamoto
Liens:

MessageSujet: Re: [PV - Terminé] Jeter un froid... A Setsu ? Mar 31 Mai - 15:33

Le regard désolé de Midori me fait presque réagir de surprise. C’est une nouvelle facette que je découvre de ma compagne de voyage, quelque chose que je n’avais pas hâte de voir sur son visage. Mais tout comme je l’ai fait, la jeune femme ne me laisse pas le temps de réagir puisqu’elle doit répondre à notre hôte du moment... en espérant qu’il ne soit pas le dernier. Il me semble que, la dernière fois où j’ai aussi bien tendu l’oreille, Suzuka respirait encore et je veillais alors à contenir ma rage pour pouvoir obéir à ses ordres. Et lorsque je réalise que je vais apprendre une partie du passé de l’être qui en savait autant que moi sur mon aimée, j’imagine que cette rencontre aura changé ma vie dans un certain sens.

Je saisis qu’elle a grandi bercée par le Bushido et ses principes et je la vois parler de sa sœur disparue d’une façon plus froide que je n’aurais pu le penser. C’est une éducation profonde qui a forgé Midori et je perçois davantage d’émotion lorsqu’elle énonce la promesse faite à son père sur son lit de mort. La guerrière reste cependant très calme et posée, contant son histoire comme s’il s’agissait de celle de quelqu’un d’autre, relatant les faits davantage que son implication émotionnelle. Les choses me semblent plus claires et son attitude aussi lorsqu’elle évoque le but de cette lame à la garde particulière et au message symbolique tout aussi important.

Je serre instinctivement le poing lorsque la jeune femme dit sans broncher être prête à mourir pour que je puisse continuer ce voyage. Ce principe est le contraire même que ce qu’a pu nous « enseigner » Suzuka avec sa conduite idéaliste, son envie de vivre et sa détermination à construire un monde meilleur. Il est également le contraire de ce que Midori m’a enseigné lors de notre première rencontre. Concentré à la fin de ses arguments, je me focalise maintenant sur la réaction du Taisa qui, au premier abord n’exprime rien d’autre que la sévérité dont il a fait preuve jusqu’ici. Et bien que de la surprise ait fait son apparition sur les traits du Gouverneur lorsque je me justifiais en défendant mon amie, je n’en vois plus la couleur à présent.

Mon cœur s’emballe tandis qu’il commence à parler après avoir soupiré, sans montrer une quelconque décision ou une once de verdict par son attitude. De par les origines d’Amadotsu Kodan, je m’égare à penser qu’il pourrait comprendre un instant mes arguments mais je réalise rapidement que nous n’avons pas pris le même chemin. Je comprends vite et avec l’intensité d’une baffe sur ma joue que je me suis aventuré sur un terrain dangereux, avec mon discours romantique sur ma famille et le sens de l’amitié... Je le saisis avec la première remise en place du Gouverneur de Kazan, qui me fait bien entendre que je n’ai rien à lui professer.

Il est logique que mon aîné d’âge et de rang réagisse ainsi, tandis qu’il demandait des raisons formelles et concrètes à l’attitude de Midori et à notre mensonge. En faisant son éloge, je n’ai pas répondu à la question du Taisa et lui ai même fait perdre un temps précieux. Je ne réagis qu’à peine à ses propos pourtant, alors que chacune de ses paroles est un coup dans mon égo de jeune Samouraï. J’ai la désagréable impression qu’il me prend de haut, comme si je n’avais rien vécu et comme si je prenais à la légère le rôle qui m’incombe alors que c’est tout le contraire. Froncer les sourcils et serrer les dents, c’est tout ce que je peux faire, juste avant qu’il ne se lève pour se diriger, menaçant, vers Midori.

D’instinct, je lève un genou pour bondir sur l’intimidant personnage, au péril de ma vie s’il le faut. Mais malgré sa position, son discours impose un respect et une indulgence à notre égard que, personnellement, j’aurais regretté d’avoir dégagé. À présent tendu, je bois pourtant les gestes et les paroles de ce supérieur d’un autre Clan, de celui qui a droit de vie et de mort sur nous en cet instant. Et en même temps qu’il rengaine la lame, le Volcan semble remballer sa colère. Puis, je regarde son subordonné ramener le katana du Serpent en des lieux secrets à notre connaissance. Soupirant de soulagement, je reprends une position normale, jaugeant la réaction de Midori en cherchant si elle s’était réellement résolue à la mort ou non.

Tandis qu’Amadotsu-san retrouve son calme, je retrouve le mien et attend la suite, espérant à présent que cette ouverture et la maîtrise du loup qui est en moi nous permette enfin de trouver des indices sur le meurtrier d’un être aimé. Je m’incline à la dernière pique que le Gouverneur lance à mon intention, expliquant assez clairement que je ne pourrais pas m’en sortir sans ma partenaire. Habité par une nouvelle définition du mot « humilité », j’accepte la critique car je ne peux pas lui donner tort et prend la frappe comme une leçon.

Je me contente alors de m’incliner lorsqu’il nous invite à prendre nos aises, sans pour autant me détendre complètement. Cette fois, je ne dirai mot et Midori sera la seule qui pourra questionner notre hôte... jusqu’à ce que je montre à ce dernier que je ne suis pas l’enfant naïf auquel il pense faire face.


L - M - M - J - V - S - D
Revenir en haut Aller en bas
Invité

avatar

Invité


MessageSujet: Re: [PV - Terminé] Jeter un froid... A Setsu ? Dim 3 Juil - 0:12


Il avait juste, et c’est bien la raison qui me poussait dans le mutisme sur le moment. Je ne pouvais le contredire même si j’en avais envie. Oui, le titre passait avant tout par le sang, c’est bien un point sur lequel je ne pouvais être d’accord. Je ne le serais probablement jamais par ailleurs. Naître fils d’un homme prestigieux ne devrait pas octroyer aveuglément le même mérite que son aïeul, c’était stupide et il fut prouvé bien des fois que certains descendants de « héros » n’étaient bons qu’a soigneusement ravagé leur prestigieux héritage. C’était ainsi qu’on perdait une famille complète, par le sang. Au sens propre, comme au sens figuré.
Cependant il m’était très compliqué de l’exprimer sans risquer d’offusquer les forces en présence. Je ne cherchais pas l’affrontement et, bien que les paroles du Taisa étaient teintées de vérité, une triste réalité e la société actuelle dirais-je même, elles étaient dans l’absolu partiellement faussées. Non par lui, mais pas l’interprétation faite par le commun des mortels. La société humaine, aussi imparfaite soit-elle, fonctionnait particulièrement bien pour des raisons que je n’expliquais parfois pas. Mais bon, tant que ça fonctionne, laissons couler, n’est-ce pas ?

Je ne cille pas le moins du monde, résolue a ce qu’il prenne son devoir en main en m’ôtant la vie comme il devrait le faire. Cependant il n’en fait rien, malgré la posture agressive en place et le geste qui ne demande qu’à être amorcé. Non, au contraire il me tient une morale à laquelle je n’adhère qu’à moitié.
Il n’avait absolument pas tort partout, mais nos points de vue ne pouvaient que diverger sur des choses évidentes, notamment celle que je ne pouvais lui partager. C’était dommage, car un homme tel que lui mériterai de savoir. Chose que bien peu de gens sauraient se montrer digne jusqu'à présent.
Outre le fait qu’il soit indulgent envers ma situation, il est également lucide sur le fait qu’il ne peut pas m’accorder son entière confiance. Encore un bon point pour lui, il aurait été fou de le faire dans tous les cas malgré le fait que j’ai toujours la même prestance qu’a cette époque ou je portais fièrement les couleurs de mon clan. A défaut de pouvoir lui confier mon secret, je m’assurerai a ne pas lui faire défaut, puisqu’il énonce le fait qu’il était disposé à nous laisser ressortir d’ici plus tard.

Étrangement je ne fus pas plus surprise devoir de nouveau les expressions passer sur son visage aussi simplement que la brise d’été sur les plaines verdoyantes de la terre natale de Takeshi. Il était tout de même impressionnant en ce sens également, cet homme avait l’étoffe d’un chef et j’avais la sensation d’avoir un sentiment de déjà vu quand je le voyais, en me remémorant les traits de mon prédécesseur du clan du serpent de l’époque. Tous deux avaient un charisme et un panel d’expressions particuliers qui forçaient l’admiration.
Takeshi de son côté, avait bougé instinctivement, nul besoin de me demander pourquoi, il aurait voulu intervenir si le taisa avait mit sa menace a exécution. A la place, il nous offrait le gîte et le couvert, le temps que nous reprenions notre voyage. Un dénouement plutôt inattendu qui marqua un temps d’incertitude sur mon visage que je pris soin d’effacer en m’inclinant respectueusement devant le maître des lieux.

Si ma définition de la noblesse était différente de celle enseignée, mon respect de l’étiquette était intact. Sitôt qu’il nous fûmes invité à nous installer également, je m’exécutais tout comme Takeshi, avec cette même méfiance dissimulée. Il y avait de quoi ne pas être tout à fait serein malgré l’apparente détente qui venait de prendre place entre nous.

Constatant que Takeshi se contente du silence, j’en conclus qu’il est mon tour de reprendre parole, aussi décidais-je de commencer par l’une des questions qui pour moi, ne pouvais pas rester en suspend.


« Amadotsu-dono, vous m’avez demandé plus tôt, pourquoi un tel secret. Je pense qu’il n’est plus nécessaire à présent de m’en cacher. Comme je l’ai mentionné plus tôt, j’ai eu l’extrême honneur de pouvoir entretenir des relations très proches avec Etsukazu-sama et Suzuka-sama par le passé. Tous deux pensaient à juste titre que leur idéologie politique serait perçue comme une menace pour certains. Aussi Etsukazu-sama m’avait demandé à l’époque de prendre place à ses côtés. Cependant devant les traditions en vigueur, un seigneur possède trois hatamotos triés sur le volet pour remplir ce prestigieux rôle. Devant le fait accompli qu’il possédait déjà trois personnes triées sur le volet dans ce but précis, il songea à quelque chose de différent. J’eus la chance d’avoir la confiance absolue de mon seigneur et, à ce titre, il me demanda de dissimuler ma personne au sein du personnel du château. Etsukazu-sama était un homme pacifique mais soucieux du devenir du clan Eiichiro, il pensait alors que la menace vers l’idéal qu’il souhaitait pourrait plus facilement venir de l’intérieur que de l’extérieur. J’ai accepté de faire ce sacrifice pour le bien du clan, pour être la menace que ses détracteurs ne soupçonneraient pas le moins du monde. La pensée qu’il avait a l’esprit était qu’un assassin prendrait la peine d’éviter un samouraï contre lequel un combat serait compliqué voir impossible, mais un domestique représentait une cible sans défense, quelqu’un dont on ne se méfie pas. »

Je marquais une courte pause, tellement courte qu’elle ne laissa le temps à personne de moufeter.

« Etsukazu-sama disait souvent que pour tromper son ennemi, il fallait savoir tromper ses amis. Par chance, il ne fut pas inquiété par ce genre de menaces. Il confia ce secret a Dame Suzuka, dont le jeune âge la rapprochait bien plus du mien, le contact avec la nouvelle Dame fut plus franc plus… Plus sincère, moins formel dirais-je même. Nakamura-san pourra sans doute vous confirmer que Suzuka-sama était quelqu’un débordant d’énergie, elle préférait les choses claires aux longues phrases alambiquées. De ce fait le rôle que je tenais a ses côté se mua en ce que je pourrais nommer sans peine d’amitié. Une amitié sincère et un profond respect mutuel. Malheureusement nous connaissons tous ici ce qu’il est arrivé. Quelqu’un a su profiter de l’anarchie provoquée par sa santé fragile. Son meurtrier a frappé au pire moment, personne n’a pu l’empêcher de commettre son méfait. »

Je finissais mon explication en baissant sensiblement le regard, intérieurement dégoûtée de ne pas avoir pu être là quand Suzuka en avait eu le plus besoin. Ce qui se fit probablement sentir dans mon léger tressaillement en fin d’explication, venant appuyer la peine qui affligeait chaque personne ayant pu connaître la Dame a l’éventail.

« Le temps que j’ai passé dans le rôle d’une domestique n’aura en rien ébréché ma volonté de servir mon clan en tant que samouraï. Ce même temps aura fait qu’aux yeux des habitants du château Suzu, je n’ai toujours été que la servante de notre seigneur, au même titre que beaucoup d’autres visages présents dans les lieux. »

Mon regard est posé que le gouverneur de Kazan, démontrant la même volonté que précédemment, tout autant que lui savait faire comprendre par ses expressions, la sincérité de ses propos.

« Par ailleurs, je tiens à vous présenter mes excuses si mon récit sur les vertus a pu paraître pour une leçon. Il n’en était rien et je ne vous ferais pas l’impudence de prétendre savoir mieux que mon aîné ce qui est et doit être. Aussi n’ai-je pas été très précise vis-à-vis de ma filiation. Je suis Akayoru Midori, fille d’Akayoru Sosûke, petite fille d’Akayoru Midori, feu Taisho du clan du Serpent. Je fus nommé comme mon illustre ancêtre, ma sœur fut nommée en l’honneur du prédécesseur de cette dernière : Shiro, pour Takahashi Shiro. Deux figures emblématiques d’un clan aujourd’hui disparu dans les affres de la guerre. »

Je n’avais pas décroché mon regard du bushi, cherchant à capter la moindre de ses expressions a mon tour. Je terminais cependant cette longue explication par une conclusion prononcée avec les égards qu’il convenait vis-à-vis du Taisa qui, restait malgré tout un supérieur hiérarchique.

« Je me devais de vous révéler tout cela, par égard pour votre patience et la chance que vous nous avez laissé d’éclaircir cette histoire alors que rien ne vous y contraignait. »

Finalement je dirige mon regard vers Takeshi qui représentait lui aussi un supérieur hiérarchique, à mon égard.

« Je tiens également à présenter mes excuses. Je n’aurai pas du taire quelque chose d’aussi important a mon égard. Mais je préférais ne pas influencer la décision qui fut prise en me présentant sous une identité aussi formelle. Je m’en remettrai au jugement qui sera nécessaire pour vous avoir trompé de manière aussi éhontée, Nakamura-sama. »

Je m’inclinais de nouveau pour Takeshi, de manière tout aussi sincère, je pensais que, de toute façon, il aurait l’occasion de me poser des questions plus tard.
Revenir en haut Aller en bas
Amadotsu Kodan

avatar

Admin
Taisho

Messages : 1211
Date d'inscription : 06/05/2014

Feuille personnage
Age: 36
Titre: Kazan Chinsei-ka, le volcan apaisé.
Liens:

MessageSujet: Re: [PV - Terminé] Jeter un froid... A Setsu ? Ven 8 Juil - 13:59

Il ne s'était pas vraiment attendu à les voir passer immédiatement à la sérénité après les propos qu'il leur avait tenu et c'était bien normal après tout, car il tenait leur vies entre ses mains. En un sens, malgré tout ce qui lui avait été révélé, celle de Midori n'avait de valeur que selon ses propres critères, mais il doutait que le clan des vents serait vraiment rancunier à sa perte. Takeshi était un Hatamoto sans Dame, mais le rang restait d'une importance telle qu'une agression, fut elle bien établie et justifiée, ne pourrait rester sans conséquences.

Enfin, ces considérations n'avaient plus lieu d'être, car même alors que l'héritier des Nakamura avait commis son erreur, Kodan rechignait à se montrer à cheval sur les lois les plus dures de l'Empire et il se trouvait bienheureux d'obtenir l'excuse qu'il avait souhaité auprès de la principale intéressée. Il allait falloir faire passer la douche froide qu'il leur avait fait subir s'il voulait que l'atmosphère se détende quelque peu, quand bien même ne regrettait-il en rien son geste.

Le premier Amadotsu ne fut pas étonné de voir se renfrogner la Voix de la Dame défunte de Eiichiro, poursuivant de se comporter comme un enfant dans son attitude naïve et boudeuse puis de constater que sa suivante était plus prompte à s'exprimer à sa place, contrairement à ce que leurs rangs suggéraient. Il n'avait pas attendu tant d'honnêteté et d'aveux de la part de celle-ci et ne voyait pas l'honneur ni la chance que le secret pouvait apporter en écoutant la jeune femme.

À ses yeux, il n'était aucune gloire possible à ce qui était dissimulé, on ne cachait pas ce dont on était fier. Mais c'était là un point de vu personnel et il ne voulu pas freiner l'élan de sincérité qui prenait son interlocutrice en lui imposant ses états d'âmes. Un Seigneur avait tout les droits, y compris de déroger à cette règle désuet des trois hatamoto s'il le souhaitait s'il jugeait digne un élément donné.

Il ne s'agissait là que de coutume qu'aucune loi ne venait contraindre et il fut étonné que cette dernière ne fut pas brisée par les fringants disciples de Fujin et leur besoin de liberté. Le dernier des Kiyooki ressentait bien qu'elle tentait de lui partager la nécessité du rôle qu'elle avait tenu, mais il n'était rien qu'elle puisse faire pour embellir l'image du sacrifice de la reconnaissance du statu de Samouraï.

Les pratiques qu'elle décrivait étaient issues de pensées retorses qui ne correspondait en rien aux sept préceptes du bushido. Qu'elle en conçu un de l'honneur ternissait le respect qu'elle avait gagné auprès du Volcan, mais il se senti cependant redevable qu'elle se livre ainsi à lui sans rétention, sans qu'il eut demandé quoique ce soit au demeurant. Il n'avait de toute façon aucune autorité pour juger ce qu'ils pouvaient bien faire au sein des plaines sous la protection de Kazegami, son seul devoir était de veiller à la protection de ses terres et des frontières du clan des flammes.

Plus elle parlait de son Daimyo fondateur, moins il parvenait à vouer un quelconque égard pour ce dernier, contrairement à sa malheureuse successeur, la franchise que Midori lui dépeignit ayant plus foi en son cœur. Le Taisa fut néanmoins affecté par la mélancolie manifeste que le rappel de la mort de leur Dame faisait subir à sa vis à vis, mais il lui fut impossible de la plaindre, car elle apportait sans le savoir une pierre supplémentaire aux convictions du bushi et à sa haine pour le secret.

Il garda cela pour plus tard et accueillit avec une grande estime les excuses qu'elle lui offrit alors. Malgré l'opinion qu'elle pouvait entretenir à propos du rôle qu'elle eut au sein de Suzu, elle possédait indubitablement les manières que l'on pouvait attendre d'une digne onabugeisha et il plaisait plus au gouverneur de Kazan de se montrer réceptif à cela, saluant chacune de ses phrases avec la déférence qu'elles méritaient.

Lorsqu'elle attacha un prénom au descendants dont elle était originaire, le nom des Akayoru lui apparu plus clairement, comme arraché à ses souvenirs lointain. L'époque d'alors avait été remuée par le chaos et de nombreuses lignées avaient étés oubliées, mais au moins s'en souvenait-il à présent et se sentit-il comblé de recevoir en ses murs une représentante de cette arbre généalogique prestigieux.

Il s'inclina en remerciement pour ces révélations et la laissa silencieusement demander son pardon à son compagnon de route. Malgré ses agissement et ces vérités, le hatamoto n'en restait pas moins le supérieur de sa compagne de route et il n'était pas du droit de l'officier du feu d'interférer dans les décisions de l'héritier des Nakamura au sujet de celle-ci. Il attendit un court laps de temps pour prendre la parole, sa voix désormais pleine de cette amabilité qu'on lui connaissait :

Domo, Akayoru-san, pour tout ceci. Vous m'honorez par votre droiture et votre sincérité, ainsi que de me rappeler à juste titre les prestigieux noms que votre lignée comptait. Louable est votre dévouement, quand bien même les voies que vous empruntâtes ne pouvaient vous permettre de veiller sur votre estimée protégée… Que les Kamis veillent sur son âme.

Je vous souhaite à tout deux à présent de mesurer le poids que le secret peut avoir sur la Destiné, vos expériences passés et présentes n'ont pas besoin qu'un tiers comme moi vous les fasse remarquer pour que vous puissiez éviter des erreurs similaires à se reproduire. Comme je le disais, vous êtes les invités de Kazan à présent… Si je puis vous être d'une quelconque utilité, n'hésitez pas à me faire part de vos doléances.


Il faillit se relever, mais un détail lui revint en mémoire, l'arrêtant dans son mouvement. Il inclina légèrement la tête sur le côté avant de poser la question qui lui brûlait les lèvres :

Mais… Dites moi, Nakamura-san ? Lorsque vous me faisiez part des détails vous ayant mené jusqu'à mon domaine, vous parliez d'un cousin éloigné de l'assassin de votre Dame… Serait-il possible que vous sûtes qui est l'honni qui osa frapper une élue des Cieux ? Vous traitiez de pistes que vous pourriez trouver au sein de mes frontières… Nommez donc l'individu responsable de cette ignominie, afin que je puisse faire ma part dans votre entreprise.

Son sourire s'était estompé pour une expression des plus sérieuses. Un tel crime avait été commis en Setsu autre fois et si il existait quelque chose de froid au cœur du brasier des disciples de Kagutsuchi, il s'agissait de la vengeance, celle qu'ils firent subir alors parlait d'elle même, bien des années après qu'elle eut été établie.


L-M-M-J-V-S-D

Kazan Chinsei-ka


Dernière édition par Amadotsu Kodan le Lun 12 Sep - 22:19, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Nakamura Takeshi

avatar

Hatamoto

Messages : 398
Date d'inscription : 28/06/2013
Age : 27

Feuille personnage
Age: 23 ans
Titre: Hatamoto
Liens:

MessageSujet: Re: [PV - Terminé] Jeter un froid... A Setsu ? Dim 31 Juil - 12:34

Je devine dans les premiers mots de Midori un élan de confiance pour le Taisa des Flammes. Elle semble prompte à lui dévoiler encore quelques pans de son histoire et je l’écoute attentivement, aussi curieux et conscient que nous ferions un bon bout de chemin ensemble. Ne pas la connaître comporte un risque à chaque seconde, surtout si nous venons à nous séparer. Nous avons réussi jusqu’ici à nous accorder sur nos réponses, nos actes communs vers la justice au nom de Suzuka. Mais il suffira d’une seule incohérence et tout pourrait basculer, notamment avec des gradés moins intransigeants qu’Amadotsu Kodan.

Ainsi, je découvre que Midori fut au service du précédent Seigneur, de la même façon qu’elle le fut auprès de Suzuka. Une logique implacable derrière un comportement que l’on ne trouve normalement pas chez les Samouraï... Je me trouve encore une fois devant une totale déception de n’avoir que peu conversé avec la Dame qu’était mon aimée, pour en saisir la finesse et dégager les différentes étapes par lesquelles doivent passer nos dirigeants. Non pas que je les aie sous-estimées en nombre et en importance mais je n’en prends réellement conscience qu’à cet instant. C’est un sentiment de culpabilité immense qui m’envahit, comme au premier jour de cette annonce, sentiment renforcé par le rappel que provoquent les faits énoncés par Midori.

Suzuka s’était retrouvée seule, complètement seule, alitée et incapable de se défendre. Je baisse moi aussi la tête en découvrant l’émotion toute fraîche de la jeune femme, profondément affectée de cette perte, bien plus que la majorité des domestiques du Château. La description du caractère de son amie me projette dans le souvenir alors réconfortant qu’était l’élue de mon cœur, seule femme que je n’aie jamais aimée. Je me ressaisis avec un soupir, pourtant, me recentrant sur ce but que Midori a su me montrer pour remonter la pente et posant mes yeux sur elles comme sur un guide, possédant tout mon respect et ma confiance. Sa réflexion sur son rôle de domestique me fait sourire intérieurement car, effectivement, je ne l’avais que sommairement remarquée tandis qu’elle remplissait cette fonction, alors que je vivais au Château.

Puis je découvre ses origines, en même temps que le Gouverneur de Kazan, apprenant le prénom de sa sœur, qui me semble étrangement familier. Je prends conscience aussi que les conflits avec mon père m’ont permis de poursuivre un chemin obstiné vers l’action mais que la filiation a ce caractère sacré que j’ai trop peu chéri jusqu’ici. Je connais l’origine des Nakamura par cœur et les noms de chacun de mes aïeuls. Mais maintenant que j’en suis le dernier représentant, je suis traditionnellement affublé de l’image que je donne de ma famille, de mon nom, en toutes les terres. Jusqu’à présent, je n’en ai fait qu’à ma tête, principalement avec ce désir de partir venger mon aimée... Était-ce la bonne décision ? Je n’en sais rien encore. Mais tout comme l’a dit ce supérieur du Feu, j’ai beaucoup à apprendre. Encore beaucoup.

Je sursaute presque tandis que Midori se retourne vers moi, s’excusant à mon attention, cette fois, pour son attitude et ses cachotteries. Si peu proche des convenances que j’étais (en dehors du respect alloué à mes supérieurs), j’en écarquille les yeux de surprise, contenant ensuite un éclat de rire encore une fois intérieur. Par ses mots sincères, s’excuse-t-elle aussi de m’avoir plaqué au sol et sermonné, traité indirectement de gamin irresponsable et pathétique ? Je n’en sais rien et ne veux pas le savoir pour l’instant, me contentant d’une simple phrase prononcée sur un ton bien bas et sans expression d’affection particulière.

- Nous verrons plus tard...

La colère du Volcan semble s’être tarie, à présent qu’il reprend la parole et je le laisse terminer ses remerciements ainsi que son ultime leçon sur le secret avant de me détendre un peu plus. C’est probablement pour cela que je me laisse surprendre par sa question, alors que je le pensais prêt à se relever. Je me décide à lui répondre après un instant de réflexion, sans trop le faire durer puisque la réponse est malheureusement évidente.

- Je vous ai donné la seule information dont nous disposons actuellement. Nous ne connaissons pas son patronyme ni celui de l’assassin, les informateurs nous ayant relayé l’information étant plutôt... réticents à nous la transmettre, ou tout simplement peu au courant à cause des déformations du discours par le bouche à oreille. Mononoke continuera de recueillir des informations mais elle nous a déjà certifié que Setsu n’y était probablement pour rien, puisqu’elle semble faire justice à sa façon en punissant les traîtres.

Je suis le premier à trouver ses méthodes douteuses et peu conventionnelles, éloignées de nos façons de faire mais... Elle-même ne voyait aucune raison d’envoyer des meurtriers attaquer la douce Eiichiro Suzuka, aux vues des tendances pacifiques de notre Clan. Ainsi, je l’ai sentie de notre côté et cette femme nous a prouvé par ses actes qu’elle tenterait tout pour nous aider. Je ne peux m’empêcher de vous faire d’ores et déjà savoir que, le jour où je retrouve ce criminel, personne d’autre n’aura le temps d’entendre son nom.

Je tiens à vous demander pardon pour mon attitude et à vous remercier pour ces égards que vous portez à Midori. Je parais souvent ne rien connaître de la dureté de la vie mais je l’ai bien connue, mon visage en est resté marqué et ce sacrifice d’une époque lointaine s’en est retrouvé piétiné par mon incompétence. J’agis souvent sans réfléchir et c’est peut-être pour cela que ma Dame est décédée seule face à la haine d’un assassin de bas étage, plutôt qu’à tenir ma main et à guérir. Sachez que je vous suis dès lors infiniment reconnaissant de vouloir nous aider.


Une légère pause et je reprends, m’appuyant sur les propos du Taisa.

- Malgré les relations de Mononoke, je pense que vous êtes le seul que nous avons rencontré à pouvoir récupérer le registre administré et mis à jour aux frontières. Si quelque chose peut nous aider, c’est cela. La liste des noms de marchands itinérants, par exemple. Il s’agit d’une identité facile à présenter, avec des marchandises volées, pour passer de territoire en territoire. J’imagine que pour le « cousin » d’un assassin, le déguisement est le talent essentiel à travailler pour passer inaperçu et envoyer des messages.

Le nom ne doit malgré tout pas se contenter d’être anecdotique et doit être reconnu pour être valable. Je me dis que si le bougre a en tête l’idée de rejoindre le meurtrier, il utilisera son réseau pour le retrouver. Et si nous avons comme élément concret une liste de noms d’hommes se dirigeant vers Kenshu, alors nos recherches seront hautement simplifiées. Dans le cas de négociations musclées, pour ne citer que cela...


Je n’ai plus qu’une idée qui peut se fondre avec des sentiments, à l’instant : l’espoir qu’Amadotsu Kodan accèdera à notre requête et que cette dernière puisse réellement nous apporter une piste plus sérieuse. Le reste de mes réflexions se tourne vers mon but bien peu reluisant : éliminer celui ayant fait disparaitre à jamais ma raison de vivre.


L - M - M - J - V - S - D
Revenir en haut Aller en bas
Amadotsu Kodan

avatar

Admin
Taisho

Messages : 1211
Date d'inscription : 06/05/2014

Feuille personnage
Age: 36
Titre: Kazan Chinsei-ka, le volcan apaisé.
Liens:

MessageSujet: Re: [PV - Terminé] Jeter un froid... A Setsu ? Lun 12 Sep - 21:50

Le samouraï des vents s'éveilla à nouveau à la parole tandis qu'il offrit une réponse à sa compagne de route, qui fut plus éloquente dans le regard qu'il lui offrit que dans les mots qu'il choisit, selon le bushi du feu. Après un instant de réflexion, le hatamoto Eiichiro entreprit de révéler les tenants et aboutissant de l'affaire qu'il menait aux côtés de la soit-disant servante de Kyuden Kaze.

Malheureusement, les informations dont étaient détenteurs les vengeurs autoproclamés de la pauvre jeune Dame des disciples de Fujin s'avérèrent bien plus maigres que ce qu'il avait cru comprendre lorsqu'un lien familial avait été évoqué entre l'assassin présumé et l'informateur avait été évoqué. L'implication dans des recherches potentielle de la tête des tueurs de l'ombres se nichant au cœur même du clan des flammes manqua de faire se renfrogner le Volcan dont la nature même de la personne derrière le masque de Mononoke l'écœurait au plus haut point.

Qu'elle fut citée pour appuyer le fait de l'incongruité du meurtre d'une élue des Kamis ne lui fit guère obtenir un semblant de légitimité au simple fait de respirer, selon le gouverneur de Kazan et il trouva à nouveau son interlocuteur bien naïf de ne pas concevoir l'intérêt qu'une telle ignominie pouvait trouver dans les cœurs des êtres les plus malavisés de Yokuni. Néanmoins, il se garda bien de toute remarque à ce propos, l'honneur de ce garçon ayant déjà été bien malmené et par ce qui s'était produit dans les terres de l'Ouest et par ce qu'il lui avait infligé lui-même à raison.

Il se souvenait encore qu'à la perte du Seigneur Setsu Ichigo, un hatamoto et un nombre élevés de ses officiers s'étaient donnés la mort par le seppuku rituel, leur honte de n'avoir pu prévenir un tel drame surclassant leur hauts faits passés, certains de ces officiers ayant même participé à la reconstruction et à la création du clan à ses côtés.

Du reste, Kodan salua les excuses de son vis à vis non sans un sourire aimable persistant sur ses traits, s'empêchant à nouveau d'appuyer sur la candeur de l'héritier des Nakamura lorsqu'il pensa le convaincre par les marques de son visage de sa connaissance des difficultés de l'existence. Il ne pouvait pas retirer à celui-ci les peines dont sa voie avait bien pu être pavée, mais il ne serait pas autorisé lui-même à penser savoir quelle vie pouvait être décrite comme pénible et quelle autre pas.

Cependant, il laissa le jeune homme s'exprimer à sa si singulière façon, quand bien même il s'amusa à l'idée des réactions que son lieutenant aurait pu avoir en entendant ce genre de chose s'il avait été toujours présent à cet instant. Il ne niait pas être touché par la sincérité, si infantile pouvait-elle bien être, de Takeshi et ce fut à cet instant précis qu'il fut bien décidé à ne pas lui mettre de bâtons dans les roues, voir même à soutenir ouvertement cette chasse à l'homme, mesurant autant la motivation de son cœur que la faveur qui était faite.

À sa bienveillance naissante fut opposée la soudaine allusion que le samouraï aurait pu faire appel à des moyens détournés pour obtenir les registres des frontières de Kazan, ce dernier étant sous la seule et unique juridiction de son gouverneur. Ce détail là manquant de juste de fermer définitivement le Taisa à cet entretient, il se fit violence pour concéder au fait que la chose, si envisagée aurait put-elle être, n'avait pas eu lieu et que le crime n'avait pas été commis.

En cela, seule la perspective du service rendue qui pourrait lui être retourné un jour parvint à lui faire préserver sa volonté de soutien. Néanmoins, ce débat interne le coupa des éléments, pertinents ou non, que le serviteur des bourrasques développa pour étayer son sujet. Ces faits n'entraient pas en considérations de toute manière, que l'entreprise de ce duo fut un succès ou un échec, les retombées pour sa province ne changeraient que peu et ne pourraient que tourner en sa faveur.

Lorsque le jeune hatamoto termina enfin son discours, le dernier des Kiyooki battit deux fois des mains, statuant sur le fait que sa décision était prise et malgré les quelques accroches des mots qui lui avaient été tenus, il ne laissa rien paraître de ce fait là lorsqu'il déclara d'une voix chaleureuse :

C'est entendu. Vous obtiendrez ces registres de façon honorable et de la part de son propriétaire par devoir. Trouvez y ce que vous êtes venu y chercher et usez du nom du gouverneur de ces terres plutôt que celui, sans valeur ici, d'un amateur des ombres et des secrets. Vous avez mon appui, Nakamura-san, Akayoru-san, pour votre quête, fut-elle amenée à son aboutissement favorable, la tête de l'assassin de l'élu de Kazegami sur un yari et le fin mot de cette histoire révélée.

Prenez donc repos, mangez, mettez vous à votre aise dans le palais de ma famille, partez lorsque vous le jugerez  bon, mon autorisation en main à l'accès au document que vous quêtez, ainsi qu'au passage sur le domaine que mes ancêtres m'ont confiés. Je prierai le dernier fils d'Izanami pour qu'il vous prête sa force et bénisse le triomphe de votre mission.

Et si cela doit être votre destin, lorsque vous rentrerez victorieux et votre honneur retrouvé dans les provinces sous la tutelle de Fujin, j'aimerai à croire que nous pourrions nous considérer comme des amis et que Eiichiro n'oubliera pas la participation de Amadotsu Kiyooki Kodan à ce succès. Vos armes vous seront rendues dès lors que vous le souhaiterez bon, ainsi et je le répètes, dorénavant que les choses sont entendues…


Il ouvrit les bras très largement et annonça avec joie :

Yokoso, wagaya he, Takeshi-san, Midori-san !

[RP - Terminé !]


L-M-M-J-V-S-D

Kazan Chinsei-ka
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: [PV - Terminé] Jeter un froid... A Setsu ?

Revenir en haut Aller en bas
 

[PV - Terminé] Jeter un froid... A Setsu ?

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Sans famille, seul au monde, on tremble dans le froid ✖ ( terminé )
» Monture sang-froid et homme lézard
» [Terminé] Un bon petit film [Emma]
» .~oO Cloud D. Cross | The Ashbringer Oo~. [ Retouches terminées]
» Hermione Granger ( terminée)


Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
-
..
.Abyndal.
...
...
..
..
...
.
.... .Ewilan RPG..
....La Sérénissime..