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 Une annonce, une visite, un cadeau... Une nouvelle, le temps passé, un coeur brisé (PV Amadotsu Kodan - Terminé)

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Chizuru Saya

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Samouraï

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MessageSujet: Une annonce, une visite, un cadeau... Une nouvelle, le temps passé, un coeur brisé (PV Amadotsu Kodan - Terminé) Ven 18 Déc - 17:33

Un moment d’absence. Je regarde par la porte ouverte et suis des yeux Kirito, en pleine forme, courir partout dans le jardin, poursuivi par Niji et Neji. Les récents évènements m’ont bouleversée et fait réaliser que la vie est courte. Pourtant, j’ai tué pour défendre l’honneur du Clan, j’ai tué pour défendre mes proches et mes camarades. J’ai pu prendre mille et une fois conscience que je pouvais à mon tour perdre la vie. Mais les récentes attaques Yokaï et cet étrange sort de sommeil tombé sur une certaine partie de la population m’ont fait prier davantage que d’habitude. J’ai adressé mes demandes à Kasugami et ai souhaité des dizaines de fois qu’il n’arrive rien à mon fils, à mes parents et à mon frère. Par chance, aucun n’a été touché, ni par les attaques, ni par le coma et j’ai encore prié pour remercier notre Kami protecteur d’avoir veillé sur ma famille.

Active pour défendre mon peuple jusque-là, c’est une période d’inquiétante accalmie qui m’est ensuite tombée dessus. Moins de tours de garde, moins d’aide aux citoyens. C’est aux dirigeants de veiller à calmer les Okaruto, à présent. Et tandis que j’ai eu beaucoup moins à penser à leur protection, le visage d’une personne s'est glissée sans arrêt dans mon esprit. Il hantait mes nuits et mes jours, comme si on cherchait à me montrer le chemin pour effacer mes doutes. J'ai alors rencontré Shin, ami précieux de mon défunt mari. Nos moments de complicité et notre échange charnel n'ont malheureusement pas apaisé mes craintes. J'aime toujours Amadotsu Kodan et les années n'ont rien changé. Je me suis alors dit que, s’il m’arrivait quelque chose, Kirito ne connaitrait pas son père et personne ne pourrait lui présenter car même mes parents n’en savent rien.

- Haha ? m’appelle Kirito, approchant sa frimousse innocente.
- Oui, mon chéri ? réponds-je en sortant de ma torpeur puis caressant sa joue.

Il me sourit et le bonheur que me procure cet instant me suffit finalement à me décider. Demain, j’irai voir Riyu-dono et lui expliquerai ce que je souhaite faire. En espérant que Kasugami sera encore une fois de mon côté.

***
Un moment d’absence. J’en oublie presque de guider mon cheval, que Neji rabat sur le chemin avec le sien.

- Attention, Saya-san, dit-il d’une voix douce. Le chemin est déjà long, inutile de le prolonger. Je tiens à retrouver Niji à Okaruto dans un délai raisonnable.
- Méchant, Neji, dit Kirito d’une voix ferme. Haha est fatiguée !

Gêné, le jeune homme de dix-sept ans rougit et s’incline légèrement, prenant ensuite une avance de quelques pas trottés sur nous. Assis devant moi, entouré de mes bras maintenant la bride, Kirito est plus déterminé que jamais. Pourtant, il ignore encore que le dénommé Amadotsu Kodan est son père. Les cinq premières années de sa vie ont été bercées par des contes inventés de toutes pièces par mes soins, faisant l’éloge d’un héros que j’avais rencontré avant sa naissance. Amadotsu Kodan est devenu une idole pour mon fils, quelqu’un qu’il a toujours rêvé d’imiter. En parallèle, je lui parlais de son père, un homme bon et droit, honorable et aimant. Jamais il ne m’a vraiment demandé où il était parti, faisant la déduction logique qu’il remplissait son devoir.

Le visage de Kirito se transforme petit à petit sur la route. Il n’est qu’un petit garçon mais connait déjà quel sera son rôle plus tard et la fonction qu’il occupera. Têtu mais réaliste, il sait que de longues années d’entrainement l’attendent pour devenir Samouraï mais il n’abandonnera pas. Son expression démontre une audace que le Kodan que j’ai connu il y a cinq ans aurait appréciée. J’ignore ce qu’il est devenu, je sais simplement qu’il est toujours le Gouverneur de Kazan car on m’a répondu qu’il acceptait de me recevoir dans cette ville. Je m’attends à tout et à rien à la fois. Il peut être aussi abîmé qu’heureux, il peut avoir un rang important ou être resté à sa place... et il peut penser à moi ou m’avoir oubliée. De mon côté, avec un enfant et mon devoir de Samouraï, les journées ont été bien remplies. Retrouver mes désirs de femme avec Shin m'a fait réaliser à quel point celui dont je suis tombée amoureuse au premier regard m'a manqué.

***
Un moment d’absence. Kirito me regarde, étonné de me voir si stressée. Il lâche ma main moite et se concentre sur la porte qui s’ouvrira d’un moment à l’autre. Une fois arrivés, on nous a demandé de patienter dans une salle fort luxueuse dont les détails occuperaient plus d’un impatient. Mais c’est un autre sentiment qui m’envahit, je manque presque de m’étouffer avec ma salive. La gorge, la poitrine, le cœur... tous mes organes semblent comprimés à l’idée de le revoir. C’était avec cette volonté de l’oublier que je l’avais laissé partir cinq ans plus tôt, une volonté de le voir avancer et continuer de remplir son devoir, malgré nos émotions. Mais mon moment d'égarement avec Shin a tout fait remonter à la surface...

Puis la porte coulisse. Mon cœur rate un battement et, alors que Kirito cesse de respirer, son regard se fixant sur le géant Setsu, la tension baisse. Le Volcan Apaisé n’a pas changé, bien qu’il semble fatigué. Une ou deux rides supplémentaires mais rien d’alarmant. Une attitude stable et chaleureuse, bien qu’il ne sourit pas encore. Je le regarde s’assoir en face de nous et s’incliner, détaillant chacun de ses gestes. M’inclinant à mon tour, Kirito également, je ne peux m’empêcher de trouver cette situation étrange, plus qu’angoissante. En face de moi, l’homme que j’ai aimé et que j’aime encore malgré moi... et à côté de moi, le fruit de cette passion d’un mois, une passion vieille de cinq ans. Alors que j’ai retrouvé mon calme et mon assurance habituelle, j’inspire et expire profondément mais silencieusement dans le but de parler le plus platement possible. Le moment n’est pas à des démonstrations déplacées.

- Je te remercie infiniment de nous accueillir pour notre premier voyage à Setsu, Ko-san. Il y a longtemps que je voulais t’annoncer quelque chose et longtemps que ce petit garçon attend de te rencontrer.

Sans volonté de mentir mais plutôt soumise à l’envie de faire les choses progressivement, je modifie le discours que j’avais prévu seule, avant d’arriver. Je garde un ton neutre, peu expressif, qui ne traduit pas ce que je ressens actuellement.

- Voilà Chizuru Kirito, mon fils. Tes exploits et ta bravoure ont guidé son enfance vers la volonté de devenir Samouraï. Aux vues des derniers évènements et les risques qu’ils comportent, je souhaitais qu’il rencontre son idole et modèle au moins une fois. J’espère que cette simple visite ne te dérange pas, Ko-san... si c’est le cas, sache que nous ne nous éterniserons pas.

Je vois alors Kirito tressaillir d’impatience, ne tenant plus sur ses genoux. Il veut le saluer mais a peur de lui adresser la parole. Une partie du travail est faite mais le plus dur reste à accomplir. Regardant Kodan dans les yeux, j’espère alors trouver le courage d’annoncer aux deux hommes qui comptent pour moi qu’ils sont liés par le sang. Neji me fixe intensément, lui aussi curieux du déroulement des évènements. La discussion m’apportera la manière de le faire. Du moins, je l’espère.


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Amadotsu Kodan

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MessageSujet: Re: Une annonce, une visite, un cadeau... Une nouvelle, le temps passé, un coeur brisé (PV Amadotsu Kodan - Terminé) Ven 19 Fév - 13:54


Il tenait la missive entre ses mains, sans pouvoir réellement détacher son regard de cette dernière. Pourtant, le ton y était formel, en bonne et due forme pour une annonce officielle de visite et une demande d'accueil au sein de Shiro Kiyooki. Cela faisait quelque minutes déjà, une dizaine peut être, qu'il avait relu pour la troisième fois cette dernière, mais plus que le contenu, c'était la signature sur laquelle le bushi s'attardait qui le coupait littéralement du temps.

Le nom située en bas du document était un écho du passé, un temps doucereux d'une insouciance dont il avait oublié la saveur aujourd'hui qu'il avait tant de responsabilités sur les épaules. Son à présent homologue des brumes avait autorisé ce voyage, une boucle se bouclait, car sa première rencontre avec le demandeur d'asile coïncidait avec celle du Dragon de l'Est. Un sourire nostalgique ne quittait plus son visage et pourtant, il ressentait une certaine tristesse.

Chizuru Saya avait été le centre de son univers le temps d'un mois et avait gravé sa marque dans le cœur du Volcan apaisé, si bien qu'il revivait parfois en rêve ces temps passés en sa compagnie, malgré les changements dans son existence. Il se prit à rire devant l'ironie de celle-ci, car la lancière refaisait parler d'elle au meilleur et au pire moment à la fois. Le tout récent Taisho des Setsu n'occupait son poste que depuis une poignée de semaines, son instant de grâce depuis la remise du cataclysme qui avait frappé Yokuni s’estompait petit à petit.

Il avait tout reçu si vite, mais une partie de ce qu'il avait récemment acquis lui était à présent arrachée. L'héritière des Zenmyo s'était arrachée à ses songes et offerte finalement à lui. Elle était sa réalité, celle avec qui un avenir était possible et son amour pour elle était sincère comme la femme qui brillait dans son regard lorsqu'elle le regardait.

Mais elle n'était guère sortie de son coma indemne et sa rémission était incroyablement lente, pire, les prêtresses et les médecins la voyait s'effondrer à nouveau, injustement atteinte par la maladie alors qu'elle s'était battue contre l'impossible d'un cauchemar qu'elle lui avait conté et dont il ne comprenait toujours pas l'ensemble.

Il remplissait sa tâche de Général des Armées avec honneur et était passé à Kazan pour régler les affaires urgentes de sa contré natale lorsqu'on lui avait remis le pli. En vérité, Kurogane, son intendant, pouvait parfaitement se charger du domaine tandis qu'il remplissait sa nouvelle tâche, mais il se sentait mieux en son palais.

Lorsqu'il retournait à la Capitale, il passait la majeure partie de son temps à son rang et le reste au chevet de Nadeshiko sans plus s'occuper de lui même, si bien qu'il fatiguait à vu d’œil. Kazan le rassérénait.

Deux ou trois jours sur place suffisant le requinquer ou presque. Le premier Amadotsu allait profiter de l'une de ces échappatoires pour recevoir son impossible, celle qu'il avait aimé sans espoir d'avenir commun, sa présence lui ferait probablement autant de bien que de mal, mais il avait besoin de parler un peu à quelqu'un de confiance, fut-ce l'un des êtres qui lui était le plus cher et qui tombait mal au vu de sa situation sentimentale.


Il fit un rêve du passé la veille de l'arrivé de l'onabugeisha des brumes. Si réaliste et si véritable qu'au réveil, il était certain que sa vie de Taisa, puis Taisho des flammes était le songe et qu'il se trouvait toujours à Kasu, insouciant, ouvrant les yeux face à un merveilleux visage endormi que sa mémoire lui laissait pour intact. Malgré sa douleur du moment, probablement soutenu et renforcé par son devoir, il avait reprit en carrure et en vigueur, renouant avec son surnom d'une manière qu'il aurait cru impossible un mois auparavant au vu de son état pitoyable.

Lorsqu'on lui annonça que l'objet occupant son sommeil se trouvait dans la salle d'accueil, Kodan était déjà apprêté d'atours plus simple que ce que son rang lui permettait. La Ji-samuraï n'avait jamais eu à souffrir de leur différence de statu, cela n'allait pas débuter avec ces retrouvailles. Son haori blanc aux nœuds carmin couvrait la même armure qu'il avait porté lors de leur rencontre, il ne transportait que son daisho, sa vaste épée laissée sur son pupitre dédiée, dans la salle des armes.

Alors qu'il était parvenue jusqu'à la porte de la pièce où elle se trouvait si rapidement, il s'arrêta net devant les panneaux de cette dernière, tentant de voir en leur travers, de la distinguer, ce qui était infaisable pourtant. La paix de son cœur l'étonnait. Il s'était attendue à devoir faire appel à sa maîtrise sur lui pour se confronter de nouveau à cette femme et à dominer sa propre chair. Mais la réalité était toute autre.

Il avait hâte. Une certaine fébrilité l'effleurait, mais rien qu'il ne pouvait laisser derrière un masque de contrôle absolu. Les battants glissèrent enfin et le virent passer le seuil sans frémir.

Il se trouva alors subjugué. La fidélité de ses pensés et souvenirs à propos de Saya l'effraya presque alors qu'il se rendit compte qu'il n'avait pas oublié le moindre centimètre de peau qui caractérisait son visage. Les rares différences qu'il nota était due aux années et n'avait fait qu'embellir un être qu'il avait cru au pinacle de la beauté.

Kodan en oublia d'offrir son éternel sourire tant elle l'obnubila, aussi s'installa t-il en silence face à elle, son cœur s'éveillant finalement à un rythme qu'il n'avait pas connu depuis… Cinq ans. Mais celui-ci rompit soudainement son battement lorsque le bushi s'éveilla à la présence d'un jeune garçon.

Dans son égoïsme, malgré sa situation, malgré les récents événements à Moe, une partie de son âme, clairvoyante ou aveugle, avait pensé à une possibilité si improbable qu'il en aurait rit si il n'avait pas été en état de choc en cet instant, celle qu'elle revenait pour lui, pour tenter de faire vivre un destin qui leur était proscrit.

Mais cinq années avaient passées, une femme aussi sublime n'aurait pu rester longtemps sans trouver sa voie maritale et concevoir une descendance. Car il ne doutait pas le moindre instant qu'il s'agisse du fils de cette dernière tant ses traits se raccordait à ceux de la jeune femme. Il en vint à se demander la raison de la visite de Saya. Elle n'était pas ce genre de personne à exposer ainsi un enfant tel un trophée, comme si elle souhaitait montrer ce qu'il aurait pu avoir si leurs vies s'étaient liées cinq années plus tôt.

La gorge du guerrier était nouée d'un chaos de sentiments et il fut reconnaissant à l'héritière des Chizuru d'ouvrir le dialogue en première. Il fut heureux que seuls ses serviteurs furent présent lorsqu'elle s'adressa à lui, car elle le tutoya d'entré et usa d'un surnom de part trop familier à son égard pour tout samuraï Setsu qui aurait assisté à la scène. Pourtant, malgré cela, elle se montrait fermé, solennel, comme son pli avant elle.

C'était un mélange paradoxal entre celle qu'elle fut dans le passé, et une toute autre onabugeisha qui lui était inconnu. Enfin, elle vint à parler du garçon qui l'accompagnait et ce fut sans surprise qu'elle annonça que l'enfant était d'elle. C'est pourtant avec un grand étonnement que le premier Amadotsu apprit qu'il était porté aux nues par le bambin. Elle n'avait pas la moindre rancune à son égard, aucune animosité dans ses mots.

Elle se forçait juste à se montrer polie, mais il doutait que cela masquait l'envie de lui cracher le moindre venin, au contraire même. Derrière les iris de la lancière, il distingua une expression bien différente de la platitude du ton qu'elle employait. C'est à cet instant que l'éternel sourire du Volcan réapparut. Porté par une étrange et douce humeur, il brisa tout les freins qui s'était emmêlés en lui pour laisser place à l'homme qu'il n'avait jamais cessé d'être tout au long de sa vie.

Sa vaste main gauche tomba sur le crâne de Kirito, aussi vivement que délicatement, puis il en frotta la tignasse chaleureusement et déclara :

Oy, Kirito-kun ! Il ne peut plus y avoir de triste époque si un garçon comme toi devient samuraï ! Okaruto compte donc la promesse d'un guerrier de renom dans ses rang ! Il va falloir que Setsu prenne garde à la brume dans l'avenir !

Puis son regard se tourna vers la guerrière, laissant une flamme surgie d'une passion passé s'exprimer un instant infime avant qu'il ne reprenne le dessus et ne poursuive pour elle d'un ton bienveillant :

C'est un beau fils, Saya, félicitations. Pour te répondre, il n'est pas de cas où ta présence puisse me gêner. Trop longue ces années furent et nous aurions du pallier à nous revoir avant cela. Mais je peux concevoir que tu as vécu ta propre vie comme j'ai vécu la mienne et que nous avons tout deux poursuivis nos voies dans l'honneur.

Une lueur mélancolique traversa ses yeux pour disparaître aussitôt lorsqu'il clotura ses termes plus bas qu'il ne l'aurait voulu :

Ton mari doit être comblé. Tu peux rester, toi et ton enfant, en ma demeure le temps que vous souhaitez bon. Vous êtes les bienvenus et mes invités d'honneur.


L-M-M-J-V-S-D

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Samouraï

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MessageSujet: Re: Une annonce, une visite, un cadeau... Une nouvelle, le temps passé, un coeur brisé (PV Amadotsu Kodan - Terminé) Ven 19 Fév - 17:22

Je le sens me scruter, m’analyser du regard à chaque mot que je peine à rendre inexpressif tant la carrure et la présence de Kodan m’obnubile. Je ne vois plus que lui et mes sentiments explosent à nouveau, tandis que ses lèvres se muent en sourire. Ce sourire si sincère et lumineux qui m’a fait craquer et l’aborder il y a cinq longues années. Ma salive semble être plus solide et je dois serrer mon poing sur ma jambe pour éviter de succomber à l’envie de le prendre tout simplement dans mes bras. Tout mon être se tend lorsqu’enfin il touche notre enfant, aussi naturellement qu’il l’aurait fait avec l’enfant d’une autre, faisant éloges sur les capacités qu’il aura en mettant sa motivation au service de ses dons.

Ma gorge se noue totalement et mon poing se crispe davantage. Le fardeau devient trop lourd, surtout lorsqu’il s’adresse à moi. Je pourrais jurer que les cinq années qui nous ont séparés ne se sont pas écoulées, à cet instant, bien que son regard soit bref et dissimulé ensuite par des propos amicaux. Comme « d’habitude », il dit que je ne le gêne pas, rajoutant que nous aurions dû nous revoir avant. Un instant, j’en viens à regretter mon manque d’audace, mon sens du devoir trop aiguisé, au point de ne pas avoir empêché son départ. Je regrette alors clairement mes choix lorsqu’il me dit que nous avons vécu chacun notre vie et que c’est ce qui nous a empêchés de nous revoir, un brin de mélancolie dans le regard.

J’ai alors envie de lui hurler que je n’ai rien vécu de plus intense que notre relation et le fait d’avoir mis au monde notre enfant mais je me tais lorsqu’il évoque un mari qui n’existe pas. Mon âme se décompose car il n’a alors pas compris que Kirito porte mon nom pour une raison. Je ne veux pas me faire d’idées ou penser qu’il m’aime encore car, probablement, a-t-il vécu des choses et s’est-il uni à une autre, raison pour laquelle il ne serait jamais revenu. Et pourtant, il me semble bien avoir vu dans ses yeux aussi sombres que son cœur est lumineux, quelque chose que j’ai connu dans le passé. Quelque chose qui m’a manqué jusqu’à maintenant.

Ma main crispée me fait souffrir et la torture de ne pas tout dévoiler me fait penser que je suis peut-être venue pour rien. Puis mon fils, de la lumière héritée de son père, finit par m’agripper le bras d’une main, l’autre étant enfouie dans ses cheveux décoiffés.

- Haha, haha ! Il a touché ma tête, tu as vu ? dit-il sans retenir sa joie, les yeux plein d’étoiles. C’est un héros, Amadotsu-san, et il m’a touché la tête ! Il a dit que je serai un graaaand Samouraï et qu’il faudra me craiiiindre !

Surprise par tant d’entrain, je reste figée quelques instants, les yeux rivés sur mon fils en proie à l’excitation.

- Merci, merci, Amadotsu-san ! dit-il en s’inclinant, basculant sa tête à ras du sol. Je serai un grand guerrier comme vous et...
- Calme-toi, Kirito, tu l’embêtes... dit Neji, saisissant l’enfant par la taille pour le calmer.
- Mais je suis content, Onii-chan ! Trop trop content !

D’abord gênée, les tensions en moi se relâchent et je finis par rire, légèrement mais spontanément, comme si la fraîcheur m’avait regagnée. Kirito sourit alors de plus belle, heureux de me voir heureux et Neji lâche du lest sur son sens strict des comportements d’usage.

- Oui, mon chéri, tu seras un grand guerrier comme il le dit, lui dis-je en caressant sa tête à mon tour, mon amour pour lui ayant pris la place de l’angoisse.

Plus détendue, je regarde alors Kodan et, bien que mes paroles se teintent d’appréhensions, j’ai la conviction que lui dire la vérité n’a que des avantages. J’invite mon fils à se rassoir à côté de moi, sagement, et saisis sa main tandis que je m’adresse à son père.

- En réalité, ma venue est motivée par autre chose que ces présentations, dis-je d’un ton plus calme que je ne l’aurais pensé. Si tes gens me font suffisamment confiance et que Neji est d’accord d’oublier ses préjugés à ton égard, nous resterons alors seuls tous les trois et je vous confierai un secret qu’aucun de vous ne connait.

Un léger sourire cache mes doutes et mes craintes, tandis que Neji hoche la tête pour confirmer l’évidence. Un soupire me permet finalement de passer à la suite de la discussion.

- Je te remercie pour ta générosité et ton accueil. Kirito est ravi, c’est le plus joli cadeau que tu pouvais nous faire. Et toi, alors, comment as-tu évolué pendant ces cinq années ? N’as-tu pas eu d’enfants à qui léguer tout cela ? N’y a-t-il pas de femme ayant succombé à ton charme, puis devenue épouse à force d’avances de ta part ou de la sienne ?

J’ai, parce que je l’aime encore, le profond et vilain espoir qu’il dise que non à ma dernière question, comme il l’avait fait à l’époque. Mais en cinq ans, il a eu davantage d’occasions de changer que moi et autant d’occasions pour tomber à nouveau amoureux. Mon visage s’assombrit avant qu’il ne réponde et je finis par conclure :

- J’ai entendu que Setsu a été touchée sévèrement par les derniers évènements. J’espère qu’aucun de tes proches n’a été atteint par ce maudit sommeil ou par les attaques Yokaï...

Kirito se calme également et attend, sérieusement, les nouvelles de son idole, comme un Samouraï attendrait les ordres de son supérieur avant une précieuse mission.


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MessageSujet: Re: Une annonce, une visite, un cadeau... Une nouvelle, le temps passé, un coeur brisé (PV Amadotsu Kodan - Terminé) Ven 4 Mar - 20:21


Un lien vieux de cinq années qui ne fut jamais réellement oublié sinon rangé au tréfonds de son âme ressurgissait à mesure de la lecture des expressions se succédant sur les traits de la guerrière de l'Est. Le bushi se souvint à quel point il était capable de façon innée de déchiffrer le minois qui lui faisait face et il ne pouvait rester ignorant de la peine que ses mots apportaient à l'humeur de la jeune femme. C'était une souffrance, car en aucun cas il n'avait souhaité lui faire le moindre mal, que ce soit physiquement ou moralement.

L'enfant, dans sa réaction innocente au contact qu'il avait provoqué, fut porteur d'un vent apaisant qui s'afficha clairement sur le visage de l'héritière des Chizuru, permettant au vaste guerrier de souffler à son tour. Mais il ne put néanmoins oublier ce qu'il venait de voir et tout à la scène qui se déroulait sous ses yeux, son esprit de stratège remontait chaque propos qu'il venait de tenir, les pesant chacun à leur tour, se remémorant leur effet sur les lignes parfaites qui caractérisait le masque sublime de Saya.

L'affection qu'elle lui portait d'abord, comme celle qu'il tâchait de cacher à son égard, ne pouvait être muselée et il était à peu prêt certain que malgré toute la maîtrise qu'il pouvait avoir sur lui-même, elle finirait par voir au fond de son regard la réciprocité de ce fait, si ça n'était pas déjà le cas. Le regret ensuite et le sujet semblait évident. La séparation de leur voie s'était faite à contrecœur pour chacun d'entre eux.

Il revoyait la tristesse et la mélancolie lorsqu'ils avaient du reprendre le cours de leur existence respective, tenus par le devoir, fidèles à ces derniers plutôt qu'à leurs instincts, le sien ayant crié à l'horreur lors de ce départ pénible et si lointain pourtant. Le choc, enfin, alors qu'il l'avait félicitée sur son magnifique garçon, mais face à cette réaction il ne put rien envisager sinon une incompréhension totale, c'était comme si il l'avait insultée, blessée.

Cela n'avait pas duré, fort heureusement et la lumière se portait à nouveau sur la beauté qui la personnifiait. La libération totale de la nappe sombre qui s'était installée vint lorsqu'elle rit de cette expression cristalline qui provoqua à nouveau l’accélération des battements du cœur du général des flammes. La revoir et l'entendre était autant un bienfait des cieux qu'une terrible douleur, mais il parvint à ignorer la seconde afin de profiter de ce tour que le destin lui accordait.

Enfin, elle reprit la parole, lui confiant la nature secrète de sa venue et demandant la possibilité de se retrouver sous un sein plus discret qu'il ne l'était à cet instant pour en révéler la teneur. La chose manqua de faire rire le premier Amadotsu dont les mots étaient lois en ce domaine, d'autant plus lorsqu'il se trouvait dans ses murs et quand bien même n'en avait-il jamais abusé, que ses servants voient en Saya un danger ou non n'avait pas la moindre importance.

L'autre point relevé tint au fait que le suivant de la jeune femme pusse entretenir pour lui une certaine aversion. Il n'en expliquait pas la cause, hormis peut être avoir causé la peine de la jeune femme lorsqu'il fut convenu qu'il reviendrait en Setsu, cinq années plus tôt, mais de cela non plus, il n'en avait cure. Sans mot dire, il leva la main, invitant les rares témoins des lieux autres que la lancière et son enfant à quitter les lieux tandis qu'elle le questionnait sur les chemins qu'avait pris son existence.

Il fallut qu'il puise dans toute ses ressources afin d'accuser chacun des termes qu'elle employa, qui furent tout autant de coup de sabre portés à son âme et n'en rien laisser paraître. Il ne put voir les sous-entendu ni les espoirs secret qu'elle avait sous leur torture et prit la chose comme si elle n'avait que souhaité simplement combler le vide de l'ignorance qu'elle pouvait avoir à son sujet. Kodan aurait pu poser ces mêmes questions et il fut d'autant plus déçu de lui-même, persuadé qu'il aurait du entretenir avec celle avec qui il avait tant partagé une humble correspondance.

Cette stupidité de sa part l'effara et il fut d'autant plus étonné qu'elle ne paraissait pas lui en vouloir le moins du monde à ce propos. Alors, il fut certain que la meilleure manière d'exorciser la détresse qui était la sienne à cet instant serait de se montrer le plus sincère et de répondre à chacune des interrogations qui lui avait été posées sans affecter son interlocutrice.

Son sourire de façade avait tenu bon jusque là et il espéra qu'il continuerait à remplir son office dignement tandis qu'il prenait son souffle pour ne rien laisser voir de sa douleur. Sa voix sorti calmement, sans faillir elle non plus à la paix qu'il voulait montrer :

Mes gens n'ont pas à avoir confiance en toi ou non, Saya, seule la mienne à ton égard suffira à les rassurer pour qu'ils puissent prendre congé des lieux sans la moindre crainte. En ce qui concerne le chemin qui fut le mien jusque là… à bien y réfléchir, il fut teinté de gloire. De notre rencontre, je revins en samouraï gracié de ses erreurs passés, retrouva mes terres et rapidement mon rang en tant que Taii des armées du feu.

Je n'ai eu dès lors à cœur que mon devoir envers les miens et mon Seigneur et il fut récompensé par une confiance qui me vit devenir Taisa durant l'hiver, il y-a pourtant moins d'une année…


Il se passa la main sur le visage, la chose qu'il allait annoncer était encore jeune et il n'en revenait toujours pas, malgré l'urgence qui avait motivé cette nomination, Setsu Gekido ne choisissait pas au hasard et Kodan dû faire appel à son flegme pour ne pas laisser paraître le vertige qui le prenait à l'évocation de ce qui allait suivre :

Mais la régence d'une légion ne semblait pas faite pour moi… Depuis les événements qui ont frappés le pays tout entier, mon Daimyo a fait de moi la main porteuse du Katana du clan des flammes. Je suis devenu l'homologue du Dragon de l'Est, le Taisho des terres de feu… Et c'est un fait auquel je ne m'habituerais probablement jamais tant il me semble fou.

Il attendit que la salle se vide des autres auditeurs potentiels et eut alors un rire nerveux qui ne portait en lui aucune joie, comme s'il se moquait de lui-même, puis il poursuivit, mais rien n'aurait pu empêcher la meurtrissure dont il était la victime de transparaître dans ses mots, plus soufflés que déclamés avec force :

Et… Non. Mon domaine, mes terres et mes gens ne possèdent toujours pas d'héritier et… Le Destin semble vouloir que ma lignée s'éteigne avec moi.

Il leva son regard vers Saya qui aurait pu représenter il y-a des années cet avenir, mais dont il avait aliéné toute possibilité en quittant les brumes pour revenir dans les terres des volcans qui étaient les sienne. S'il avait deviné, ces jours bénis, ce qu'il allait devenir plus tard, il l'aurait arrachée à son service en Okaruto et fait d'elle celle qui porterait son nom à présent. Cet enfant serait le sien et il ne vivrait pas le cauchemar dont il était la proie malgré les propos de gloire qu'il venait de tenir. Il reprit malgré la douleur, tentant l'impossible labeur de masquer cette dernière derrière un ton neutre :

J'ai rencontré une Dame. Héritière et veuve du Général Zenmyo Isamu. La lumière des cieux l'aura frappée, comme nombreux Yokuni avec elle, mais elle se libéra de la somnolence et se promis à moi. Un avenir paraissait se dessiner entre nous… Mais les Kamis semblent en avoir décider autrement, probablement pour me punir de ne pas lui avoir offert tout ce que mon coeur était capable… Elle se nomme Nadeshiko et son corps ne récupère pas du sommeil qui lui fut imposé. Elle se trouve à Moe, en sa demeure et malgré le concours des plus éminents médecins, elle se délite et se fane.

Son sourire n'avait plus la moindre chaleur et les larmes vinrent à couler le long de ses joues sans qu'il ne parusse en concevoir la moindre honte. Il soupira longuement et continua :

Lié par mes devoirs, je suis ici et non à son chevet et je ne peux qu'attendre l'estafette qui me portera la nouvelle de son trépas, car rien ne semble pouvoir mener à l'espoir d'une rémission.

Il s'essuya les yeux de ses doigts et lança d'une voix claire, comme si ses maux importaient peu et dans l'espoir que la voie qu'avait pris Saya fut plus lumineuse que la sienne et lui porte du baume au cœur :

Mais fi, tu es là et je t'assommes avec mes ennuyeuses histoires alors que tu as ce secret à nous révéler. Dis moi donc ce qu'est devenue la puissante guerrière des brumes que j'ai rencontré il y-a cinq années ? Et les hauts faits de Kirito-kun, par le menu, j'en serais honoré ! Ah… Il me semble qu'une bouteille de shoshu ou de saké aurait été la bienvenue pour fêter votre présence… Il aurait fallu que j'y pense avant de congédier mon personnel…

Mais ce trait d'humour ne lui apporta en vérité aucun réconfort.


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MessageSujet: Re: Une annonce, une visite, un cadeau... Une nouvelle, le temps passé, un coeur brisé (PV Amadotsu Kodan - Terminé) Ven 4 Mar - 23:32

Kodan sourit toujours mais mes yeux sont rivés sur lui, captivée par chacune de ses expressions, cherchant la faille ou la moindre expression de tristesse. Imaginer que ses proches souffrent ou aient pu souffrir m’affecte plus que je ne l’aurais pensé. Mais le début de son discours presque trop neutre commence par de simples convenances puis par son évolution militaire. Il parle du pardon que lui a accordé son Seigneur et j’en viens à sourire, naturellement, rassurée qu’il ait pu retrouver la place de Taii qu’il avait laissée en partant.

Puis c’est la surprise, dans son sens positif, qui me fait écarquiller légèrement les yeux sur sa promotion en tant que Taisa. Et ma bouche suit la béatitude de mes yeux lorsqu’enfin il m’annonce avoir accédé au rang de Taisho. Ainsi, l’homme que j’aime est, depuis peu, le général des armées Setsu. Mon regard se teinte d’admiration et de gêne de l’avoir traité si familièrement après tant de temps ; il est mon supérieur en tout, je ne devrais même pas lui parler sans en demander l’accord. Le grand soldat que j’avais décrit à Kirito toutes ces années était à la hauteur des éloges que j’en avais fait et mon garçon ne perd pas de temps à laisser sa fièreté s’exprimer d’admirer un homme comme Amadotsu Kodan.

Je m’apprête à m’incliner pour le féliciter et lui démontrer mon immense respect, au-delà de l’affection que je lui porte encore aujourd’hui. Mais la faille que j’attendais tout à l’heure fait son apparition et son sourire s’efface derrière un rire nerveux, introduisant sa réponse à ma deuxième question. Mon cœur rate un battement lorsqu’il me regarde en annonçant ne pas avoir eu d’enfant à qui léguer ses biens et sa suite. Je ne comprends qu’avec la suite de quel destin il parle.

Quelque chose raisonne en moi lorsqu’il dit avoir rencontré une Dame. Mes poings se serrent à nouveau sur mes genoux et mon âme se brise. Mais à quoi m’attendais-je ? Quelle naïve ai-je été d’avoir pensé une seule seconde que cet homme, en cinq ans, n’ait pensé qu’à moi comme j’ai pu le faire ? Puis les mots filent et mon souffle se coupe lorsque j’apprends qu’elle a été touchée par ce maudit sommeil... qu’elle s’en est sortie... puis qu’elle se meurt lentement, loin de celui à qui elle a offert sa vie. J’imagine sans peine alors que leur histoire est loin d’être une simple incartade comme je l’ai commise avec Shin, il n’y a pas si longtemps. Kodan parle de sa punition et, tandis que je le vois pleurer spontanément pour la première fois me semble-t-il, ma gorge nouée pousse elle aussi mes larmes vers le haut.

Je ne peux pas imaginer que les Kami soient contre le nouveau Taisho Setsu, il doit en être autrement. Le nom de l’être qui a conquis le cœur du soldat des flammes après moi me hante ; c’est un joli prénom, plus raffiné que le mien mais il pénètre en moi comme une lame dans la chair en plein combat. Un combat que, cette fois, je suis certaine de ne pas pouvoir remporter. Puis Kodan change de sujet, tentant l’humour pour me faire oublier et peut-être oublier à son tour que son être cher se meurt loin de lui. Je n’arrive pas à laisser transparaitre de l’insouciance, le sujet est sérieux et ne peut pas être esquivé.

D’un revers de main, j’essuie à mon tour mes joues, tentant de reprendre une attitude calme et posée. Mais je sais déjà que les regrets habillent mon visage comme la joie, un peu plus tôt, d’avoir revu celui qui a fait battre mon cœur il y a cinq ans, plus fort que jamais. Kirito n’ose rien dire ; il a traversé les mêmes paliers émotionnels que moi, sans en arriver aux larmes. Il ne comprend pas ce qu’est l’amour car il ne m’a jamais vue aimer quelqu’un d’autre que lui, Neji et Niji. Mon fils ne connait pas la femme que j’ai été et je lis brièvement l’incompréhension sur son visage, juste avant de m’apprêter à parler.

- Je sais que tu vas me dire que les formalités n’ont pas leur place ici mais...

Je m’incline bien bas, mon front touchant presque le sol.

- Je suis heureuse d’apprendre que le Daimyo de ces terres ait vu en toi un si incroyable soldat, chef de guerre et chef des armées. Je te prie d’accepter mon respect inconditionnel et mes félicitations... Je suis soulagée d’apprendre que ta carrière te permet de faire reconnaitre ce nom que tu n’as pas encore pu transmettre.

Je soupire, les lèvres tremblantes de ce que je m’apprête à dire ensuite et me relève lentement, retrouvant rapidement ses yeux sans plus les quitter.

- Avec tout le respect que je te dois, Ko-san... Je ne peux pas te laisser dire que les Kami te punissent. J’ai connu un homme qui, amoureux, ne laissait jamais blesser l’élue de son cœur par un concours de circonstances ou une farce du destin. Je suis convaincue que tu n’as laissé aucun mal toucher celle qui s’est offerte à toi et celle à qui tu voulais donner ton avenir. Ces Yokaï et ces phénomènes surnaturels qui ont envahi tout Yokuni nous dépassent tous et seuls les Kami nous aideront peut-être à trouver la réponse. Mais je crois fermement qu’ils ne peuvent pas punir Amadotsu Kodan... sincèrement...

Un sanglot m’échappe, une larme aussi et, contrairement au Volcan, je ne peux pas cacher ma honte de m’effondrer ainsi devant lui.

- Haha... murmure Kirito en me touchant le bras.

Je tente de me ressaisir au plus vite mais l’émotion me submerge et il me faut une bonne minute pour réussir à nettoyer encore ma frimousse humide, tout en retrouvant la mine maintenant inquiète de mon fils, qui ne m’a pas souvent vue dans cet état. Je caresse sa joue et l’invite, comme tout à l’heure, à se rassoire. Une seconde inspiration me permet enfin de parler, tandis que je regarde à nouveau celui qui fait toujours battre mon cœur, malgré ces horribles nouvelles.

- Il y a longtemps que nous ne nous sommes pas vus, Kodan, mais rappelle-toi que je suis ton soutien... Je le serai toujours. Je n’ai pas la prétention d’être au-dessus de qui que ce soit, encore moins des Kami, pour ramener celle que tu aimes à la vie. Mais je peux être celle qui te redonnera le sourire si tu l’as perdu. Je l’ai été, n’est-ce pas ? Et en gardant à l’esprit que je ne volerai pas ton cœur à nouveau, s’il-te-plaît, n’oublie pas le profond respect que j’ai pour toi et mon envie sincère de participer à ton bonheur.

Mon discours est ambigü, j’en ai conscience en même temps que je réalise que tout le monde est parti, qu’il ne reste plus que nous trois... et qu’il me reste un secret à révéler. Et bien que je trouve le moment totalement inadéquat pour le faire, je sais que si je ne le fais pas maintenant, alors jamais l’occasion ne se représentera. Ma voix tremble d’anxiété, mes mains deviennent moites et je saisis que Kirito est autant à l’affut de mes paroles que mon aimé perdu.

- Les années nous ont séparés, nos carrières et les évènements... Si tu veux savoir ce que je suis devenue, eh bien voilà : je suis restée la même. Une simple Samouraï, restée meurtrie de ton départ d’il y cinq ans. Je t’ai encouragé à retourner à Setsu et je le ferais probablement encore si nous revivions la même chose car tu as eu un bel avenir, ici. Mais tu es parti sans savoir... je ne savais pas non plus.

Une autre larme et je reprends, tout tremble et frémis en moi alors que les deux hommes de ma vie me regardent.

- Je croyais que la fatigue était due à ton départ, à des missions trop nombreuses ou à trop d’inquiétudes. Mais quand j’ai perdu connaissance lors d’une simple ronde et que le médecin m’a interrogée... j’ai compris. Et j’ai appris que tu m’avais laissé bien plus que ton absence. Un précieux cadeau.

Mon regard se pose sur l’air perplexe de Kirito, trop petit encore pour comprendre comment on fait les enfants. Je ne prends pas la peine de décrypter le regard ou l’expression de Kodan et poursuis, égoïstement, parce que c’est pour cette raison et cette annonce que j’étais venue. Que je reparte avec un cœur brisé n’y changera rien.

- Je me suis posé la question, torturée et j’ai réfléchi des dizaines de fois à t’annoncer la nouvelle, pendant ma grossesse. Mais c’était dur... de t’imaginer revenir pour l’enfant, d’imaginer une vie de couple et une vie de famille que nous avions tous les deux, d’un commun accord, sacrifiés pour notre devoir. Alors je ne t’ai rien dit, rien écrit et j’ai accouché seule, sans complications... Mes parents et même mon frère ne savent rien, ils ne savent pas d’où tu viens, ne connaissent pas ton nom. Ils connaissent simplement la merveille que tu m’as laissé comme l’être le plus adorable en Yokuni. Seule Riyu-dono, qui m’a donné la permission de venir, sait qui est le père de mon fils.

Je n’ai pas de mari, Kodan. Kirito s’appelle Chizuru pour une raison et je sais que je souille son avenir de Samouraï en disant, à qui pose la question, que le père de l’enfant est inconnu. Il devra se battre s’il veut poursuivre notre rêve de guerriers, il le sait et s’est déjà préparé alors même que je lui apprenais à lire et à écrire. Mais il est têtu, je crois en lui, comme j’ai cru en toi toutes ces années. Il a hérité de tes yeux, de ta lumière, de ton ambition et je sais qu’il ira au bout de ses pensées comme nous sommes, chacun, allés au bout des nôtres.


Le poids s’évapore et je me sens vaciller. Je manque presque de basculer en avant tant la tension qui s’était accumulée en moi s’estompe vite. Le secret n’en est plus un.

- Haha... dit doucement Kirito, que je regarde encore bouleversée. Tout ça... ça veut dire que... Amadotsu-san est mon papa de sang ?

Je suis surprise qu’il fasse la nuance et ait retenu ma leçon sur les différents pères qui peuvent exister en une vie. Les pères de sang, les pères d’honneur et les pères de cœur. Je hoche simplement la tête, précisant du regard que Kodan serait son père d’honneur et de cœur seulement s’il le désire. Kirito rougit de contentement et prends ma main, trop heureux pour contenir sa joie. Trop heureux de découvrir que son idole de toujours, qu’il vient à peine de rencontrer, est aussi son géniteur. Il le regarde à nouveau, emprunt à un nouveau sentiment, comme s’il se sentait enfin complet « pour de vrai », comme il le dirait.

- Je suis... dis-je doucement, ne quittant pas le Taisho du regard. Désolée de ne pas être venue avant. Je ne voulais rien briser. Je ne voulais rien t’imposer. Par les temps qui courent, j’ai juste pensé à Kirito, à l’horrible éventualité que tu puisses disparaitre et qu’il ne te connaisse jamais. J’ai été égoïste, j’en suis navrée. Mais aujourd’hui encore, je ne t’impose rien. Tu es libre de ne pas t’en préoccuper, de lui apprendre des choses ou de l’aimer. Je ne tiendrai rigueur d’aucun de tes actes.

Pardon, ai-je envie de dire. Mais j’ai trop parlé. La pression s’envole et je n’attends à présent que sa vive ou douce réaction... La nouvelle est énorme et je repense à la femme qu’il aime et qui l’aime, agonisant au fond d’un confortable futon. Je me sens alors coupable mais cette culpabilité s’envole elle aussi, aux premières expressions de Kodan, l’homme que j’ai aimé, que j’aime et que j’aimerai encore.


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MessageSujet: Re: Une annonce, une visite, un cadeau... Une nouvelle, le temps passé, un coeur brisé (PV Amadotsu Kodan - Terminé) Sam 5 Mar - 20:58

Lorsqu'il lui annonça sa position sociale, Kodan aurait pu rire si le poids de ses propres mots ne l'avaient pas assaillit face à la réaction de la guerrière des brumes qui se crispa comme si elle avait commis un impair. Pourtant, il restait depuis toujours le premier Amadotsu et il n'avait jamais pris l'ascendant sur qui que ce soit de façon ostentatoire.

Son respect des convenances et des traditions l'obligeait à maintenir une certaine distance avec ceux qui lui étaient inférieur de rang, mais ayant été un humble samuraï, un yojimbo, un Taii, puis déchu de ses terres et gracié par la suite pour redevenir ce qu'il avait été, poursuivre sa renaissance en tant que Taisa et finir à ce jour comme Seigneur des Armées des flammes, il ne pouvait concevoir d'écraser quiconque. La chose était d'autant plus vraie sous sein privé.

Ils n'étaient là que tout les trois et en face de Saya, il resterait à jamais l'homme libre qu'elle eut rencontré et guidé sur le chemin du retour vers son domaine, ainsi que les longs détours qu'ils avaient entrepris ensemble. Mais la légèreté de l'instant s’estompa aussitôt l'annonce de l'existence de la veuve des Zenmyo.

L'affection qu'il avait vu dans ses yeux clairs n'était pas illusion, ni feinte. Tout comme il était impossible qu'elle n'ait pu voir le chaos des émotions qui bataillait en son sein, elle ne pouvait guère masquer totalement celles qui la frappaient à chacun des mots qu'il prononçait. Une partie de lui voulait tendre le bras vers elle, porter sa main sur sa joue pour retrouver un contact qu'il n'avait jamais oublié depuis toute ces années et la rassurer sur la vérité de ses sentiments et le pourquoi de sa grande honte.

Mais l'autre, majoritaire, de son honneur et de sa foi dans la Destiné, l'en empêcha, ce qui ne fit que creuser d'avantage la plaie qui s'ouvrait sur son âme. Il la vit se déliter, interpréter ses propos d'une façon qu'il n'aurait souhaité pour rien au monde, elle n'avait pas compris la véritable raison de son trauma et ne soupçonnait peut être déjà plus l'importance, non… La nécessité de son existence aux yeux du bushi.

Lorsqu'elle parvint à répondre à ses propos, il n'entend que la peine qu'elle éprouve, étouffant les termes rassurants et pleins d'encouragements qu'elle tente de lui adresser. Il voulu bondir à elle, lui jurer qu'il regrettait son départ et que sa présence lui révélait le mensonge qu'avait pris le cours de sa vie lorsqu'il l'avait laissée aux terres des brumes.

Mais il n'en fit rien, désarmé face à la détresse dont elle exsudait derrière la façade de ses phrases, accusant sa douleur comme autant de flèche lui perçant la poitrine, manquant de lui couper le souffle à chaque fois. Il manqua tout simplement de défaillir alors qu'elle se présenta comme un amour passé, une étape révolue de la voie qu'il avait entreprit, mais elle poursuivit si rapidement et il en était si assommé qu'il fut incapable de la couper sinon de laisser place sur son visage à une expression de choc total.

Elle ne pouvait pas être plus éloigné de la vérité qu'elle ne se trouvait et pourtant, elle s'annonçait comme un soutien éternel et alors qu'elle marqua enfin une pause, il balaya en lui tout ses devoirs, toutes ses croyances. Sa fidélité au clan vola en éclat, ses impostures furent prises dans l'explosion et il ne voulut qu'être lui-même, l'homme sous l'armure. Elle devait entendre ce qu'elle était, ce qu'elle représentait à ses yeux et n'avait jamais cessé d'être depuis leur rencontre.

L'illusion qu'il était devenu l’écœurait et il se sentait prêt, maintenant qu'il la voyait en face de lui, à tout risquer, tout perdre, ne serait ce que pour qu'elle comprenne. Il voulu se lancer, mais elle reprit aussitôt, lui contant le détail de sa vie sans changement, relevant à nouveau la blessure qu'il lui avait infligé et par la même occasion, agrandir la sienne face à cette confession. Seul son respect pour elle parvenait à l'empêcher de la couper sur le champ malgré l'urgence qu'il ressentait.

Puis elle marqua une pause étrange à propos d'un fait qui aurait vraisemblablement pu tout changer si ils avaient été conscient de son existence. L'herbe lui fut soudain coupée sous le pied, il s'en trouva pris en suspension, pendu aux lèvres de la lancière, même si cela pouvait s'avérer trop tard, il voulu savoir plus que tout ce qui aurait pu faire en sorte que tout soit différent, au point d'en oublier de reprendre sa respiration.

Le temps perdit alors toute emprise sur le Taisho du feu, les mots de Saya prirent une éternité à se libérer du carcan de ses douces lèvres tandis que l'esprit du Volcan fonctionnait à plein régime, regroupant les faits, les triant, les analysant. Et alors même qu'elle prononça le cœur même du secret, il le devinait dans le même temps.

Sa maîtrise de lui et tout l'apprentissage martial qu'il avait subit toute sa vie ne lui furent d'aucun secours, ses yeux s'ouvrirent comme jamais, révélant un reflet aubrun sur ses iris que ses paupières n'avaient jamais laissées entrevoir auparavant.

Sa bouche ne parvint plus à se clore complètement et le filet d'air qui passait, bien trop léger pour un homme de sa stature, s'estompa totalement. Sa conscience criait au mensonge, à l'improbabilité qu'un tel fait soit possible, qu'il ne pouvait pas reconnaître ni se laisser avoir par une confidence de la sorte et que tout cela amenait inévitablement à un genre de chantage due à sa nouvelle position au sein des enfants de Moegami.

Mais en son cœur et aux tréfonds de son âme, celle pour qui il concevait le plus certain des amours ne pouvait mentir ni tenter de le manipuler de quelque manière que ce soit. L'évidence s'imposa à lui alors que ses pupilles tremblantes trouvèrent les traits du visage du bambin. Il avait la grâce de sa mère à plus d'un titre, les lignes fines de sa mâchoire attestaient du sang qu'il partageait avec elle.

Une flamme brillait cependant au fond de ses yeux teintés d'inquiétude et d'incompréhension face à ce qui se produisait face à lui. Ces prunelles, Kodan ne les avait vu qu'en deux expressions : Celle de Kiyooki Hayato, le Seigneur de son domaine avant lui et dans le reflet des plaques d'aciers devant lesquelles le gouverneur de Kazan passait parfois, s'y attardant tantôt pour épurer légèrement ses joues de la barbe qui y poussait.

Le moindre doute disparut ainsi, devant les preuves muettes que la nature laissait sur un enfant vis à vis de l'héritage physique de ses parents. Mais cela n'était rien comparé à ce que son instinct lui hurlait, fort de la vérité qu'on venait de lui imposer. Il n'entendait plus Saya qui lui présentait ses excuses, le monde n'avait plus la moindre emprise sur lui à l’exception de ce petit bout d'homme qu'il fixait intensément.

Il se leva brusquement, sa respiration enfin revenue se montrant sourde, presque haletante, puis il s'approcha comme si chaque pas était une épreuve que son corps parvenait à traverser avec la plus grande des difficultés, ses jambes menaçant de plier sous son propre poids pour le moindre centimètre parcouru. Puis il s'effondra à genou devant ce fils dont il avait ignoré l'existence, un flot intarissable lui ayant pris les yeux et roulant sur ses joues sans la moindre pudeur.

Le premier Amadotsu leva alors sa main droite vers Kirito pour le toucher une nouvelle fois et le contact qui s'ensuivit provoqua un déluge d'émotions contraires qui faillirent le voir tomber dans l'inconscience.

Injustice et colère se mêlèrent à la rancune et à la peine que Saya venait de lui infliger. Elle aurait pu tout changer. Ses excuses n'avaient aucune valeur face au mal qu'elle avait provoquée et elle ne mesurait pas du tout l'horreur de sa faute. Il la haït pour ça, Instantanément. Cinq années de simulacres contre lesquels elle avait possédé toute les armes. Un mot de sa part, bien avant cela et cet enfant aurait eu le père qui lui avait manqué jusqu'alors. Une lettre aurait suffit à le voir déserter pour la rejoindre.

Toute ces pensés se bousculèrent l'espace d'un battement de cils. Et ce fut tout ce que durèrent les noirs sentiments que conçu Kodan à l'égard de l'héritière des Chizuru. Face au regard innocent de la chair de sa chair, il vit les sacrifices et la véritable nature du feu que la jeune femme avait toujours entretenu à son sujet, les raisons qui l'avait poussée à agir de la sorte se montrèrent sans plus aucun mystère. Le monde s'ouvrait sous le guerrier, risquant de happer le guerrier sans ne plus rien laisser de sa psyché.

Alors il s'agrippa aux seules choses auxquelles il pouvait. Son bras droit s'enroula autour du garçon, l'attirant à lui. Le gauche alla chercher la lancière pour en faire tout autant et il s'autorisa enfin à s'abandonner, laissant libre cours à ses larmes et enserrant les deux seules ancres qui lui restait dorénavant dans sa réalité. Pour eux deux, il lâcha ces mots à plusieurs reprise, d'un ton entremêlé de sanglots et aux antipodes de la sérénité qui caractérisait le Volcan apaisé :

Môshiwake arimasen…

Et plus rien d'autre n'eut d'importance.


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MessageSujet: Re: Une annonce, une visite, un cadeau... Une nouvelle, le temps passé, un coeur brisé (PV Amadotsu Kodan - Terminé) Dim 6 Mar - 14:09

Tout mon être tremble lorsque je vois l’état de choc remplacer la lumière, lorsque je vois des yeux que je ne reconnais plus. J’entends le silence et je pourrais jurer à ce moment-là que mon cœur peut réellement bondir de ma poitrine, tant l’angoisse me cloue au sol. Je pensais le pire passé, l’annonce s’étant libérée de moi. Mais l’attente de sa réaction, les secondes qui passent tandis que je décrypte chaque mouvement de l’homme que j’aime en réponse à mes propos est insoutenable. La tension est si grande et le vide si présent que j’entends la respiration du Taisho s’arrêter ; ma gorge ne se noue même pas que de nouvelles larmes m’échappent, sans sanglot, comme si Kodan attirait ma peine à lui pour s’en saisir à l’instant.

Son regard horrifié se pose sur le visage de Kirito, dont il détaille chaque trait avec de plus en plus de sidération. Le petit s’étonne puis se tourne aussi vers son idole, une légère peur déformant son visage. Mes mains s’avancent instinctivement vers mon fils, mon instinct me hurlant premièrement de le protéger d’une riposte dont j’ignore tout. Mais l’expression de Kodan lorsqu’il se lève et s’effondre devant lui aussi nettement que ses larmes assaillent ses joues, me fige. Son souffle irrégulier accompagne un geste tendre et je réalise un fait indéniable à l’instant : le Volcan est le père d’honneur et de cœur de mon enfant à l’instant même du contact.

L’évidence est là et j’en pleure davantage, la culpabilité se mêlant à l’attente de ses paroles qui tardent terriblement à venir. Je m’en veux... infiniment et profondément. Je m’étais sentie coupable toutes ces années d’avoir privé Kirito de son père mais pensais avoir suffisamment comblé son esprit de belles images et de la représentation d’un homme fort pour qu’il grandisse sainement. Je me sens maintenant affreusement sale d’avoir privé ainsi son père de sa progéniture, qui lui, a perdu le temps qu’il aurait pu partager avec notre fils. J’avais imaginé des dizaines de fois Kodan enlacer notre enfant alors qu’il n’était qu’un bébé, jouer avec lui et lui apprendre mille et une choses. Mais je n’avais rien fait pour que cela arrive. Rien du tout...

Je veux me morfondre indéfiniment dans des excuses, implorer son pardon mais le Volcan ne m’en laisse pas le temps ; il étreint Kirito et m’agrippe moi aussi pour m’attirer contre lui. Le contact est brûlant, je l’ai souvent attendu et désiré, parfois même rêvé. Mais cette étreinte crée une nouvelle entité et un nouvel être qui prend naissance en cette rencontre : une famille. Les mots que répète Kodan sont aiguisés comme des couteaux et chaque fois qu’il les souffle, une blessure se crée en moi, une plaie béante sur tout ce que j’ai été et ai construit jusqu’à maintenant. D’abord hésitante et paralysée par son initiative, je finis par me laisser aller moi aussi dans le chagrin, la joie et l’instinct.

Je passe mon bras gauche derrière l’homme que j’aime pour l’étreindre à mon tour, aussi fort que je le peux, laissant mon visage se perdre dans son cou et ses cheveux, retrouvant par la même occasion une odeur que je voudrais sentir toujours. Mon bras droit se pose sur le sien, celui qui maintient notre enfant contre nous et je ferme le cercle sur notre vie, notre instant à trois jamais vécu jusqu’ici. Je veux qu’il dure toujours et encore plus fort lorsque je sens, à travers le membre protecteur du père, Kirito trembler et sangloter à son tour. Enfin il connait l’amour d’un père, enfin il sait qu’il existe et que l’accès au sens de l’honneur ne lui est pas totalement refusé car il en hérite ce jour.

Nous restons longtemps ainsi, tous les trois, perdus les uns dans les autres dans une communion et une unité que je ne veux pas perdre. Mes sanglots s’amenuisent ainsi dans les bras que mon corps a réclamé des années durant et ceux du Volcan – ma foi plus si apaisé – semblent se muer également en une respiration plus posée et maîtrisée. L’apaisement me permet d’entendre un son que je reconnais et d’interrompre lentement notre étreinte, emprunte d’une légère réticence tout même. Je regarde Kirito, encore maintenu par la preuve d’amour de Kodan mais profondément assoupi. Je saisis délicatement sa tête, me positionne correctement sur mes jambes et invite le Taisho à lâcher le petit garçon progressivement pour l’allonger partiellement sur moi. Un sourire se dessine sur mon visage alors que je le vois faire de jolis rêves d’aventures et de rencontres en caressant ses cheveux.

- Depuis toujours, il a pris l’habitude de s’endormir avec des contes parlant de son héros et, plus rarement, des histoires retraçant le parcours de son père, commence-je en parlant doucement, sans regarder Kodan. Le voyage a été long pour lui et l’excitation était grande de rencontrer son exemple. Et voilà qu’il s’endort, rassuré dans nos bras... Ce petit... tout petit trésor.

Je soupire pour éviter de pleurer à nouveau car j’estime que cela suffit. Puis j’ose lever la tête, dissimulant maladroitement la gêne qui m’habite concernant ce qu’il vient de se passer.

- Je pourrais m’excuser de toutes les façons car j’ai été une horrible personne. Te priver ainsi de sa présence n’a fait que du mal, j’en suis consciente. Mais ce qui est fait est fait. Je sais, parce qu’il est la chair de ma chair, que tu n’as manqué que physiquement à Kirito. Ton esprit l’a toujours accompagné, j’y ai veillé à n’en pas dormir la nuit, parfois. Lui n’a pas perdu ce temps avec toi. Pour cette raison, je ne pense pas qu’il soit trop tard. Alors, s’il-te-plaît, ne demande pas pardon ainsi.

Sans pouvoir m’en empêcher, j’attrape sa main et appuie le contact pour ressentir sa présence. Il n’est pas un rêve. Et même si ce n’est que pour quelques temps, nous sommes réunis ici et je veux mémoriser chacun des moments que nous aurons passé ensemble.

- Riyu-dono ne m’a donné que quelques jours de permission. Mais nous savons tous les deux que quelques jours peuvent changer des vies. Si notre présence te sied toujours, je vois là une occasion pour vous deux de tisser des liens indestructibles. Sois le père qu’il imagine, bienveillant et joueur, protecteur et sensible. Sois l’homme qu’il a admiré dès sa naissance, soldat exemplaire, honorable et sage de son expérience. Profite de chaque instant avant que nous ne repartions à Okaruto, afin que cette séparation ne soit pas un déchirement mais laisse en vos cœurs de merveilleux souvenirs. Et dans le mien... l’espoir d’un avenir meilleur pour notre enfant, un avenir serein et certain de ses racines.

Ma main toujours dans le sienne, je frotte mon visage de l’autre, chassant les traces de tristesse et d’émotions trop fortes.

- N’aie pas peur de le décevoir, tu ne le pourras pas. Si le doute t’assaille, alors viens me voir et je te présenterai cet enfant que j’ai élevé soigneusement pendant cinq ans. Je te raconterai à quel point il est joyeux et sérieux à la fois, à quel point il s’amuse de voir s’envoler les oiseaux et à quel point il aime s’entrainer avec Neji. Mais viens aussi me voir si la douleur est trop grande de penser à ta propre vie plutôt qu’à la sienne... Il en fait nouvellement partie mais tu attends des nouvelles de Zenmyo-san depuis fort longtemps. Je ne veux pas troubler cette attente. Cependant, si je peux t’aider à la traverser et à la vivre avec moins de douleur, je serai là.

Ma propre douleur s’est estompée pour laisser place à une femme solide et contenante. C’est la moindre des choses que je puisse lui offrir après lui avoir imposé pareille épreuve. Je finis par laisser sa main tranquille et par retomber un peu trop vite dans le pragmatisme.

- Y aurait-il un futon ou une chambre où Kirito pourrait se reposer ? Il a besoin de repos pour vivre ces prochains jours à tes côtés et mes genoux ne sont pas d’un très grand confort. Nous pourrons parler encore juste après.

Je n’arrive plus à soutenir son regard et, sans réellement savoir pourquoi, mes joues s’empourprent alors que j’imagine passer plusieurs jours à ses côtés également. Ces précieux jours en famille que je chérirai infiniment tant ils sont précieux.


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Amadotsu Kodan

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MessageSujet: Re: Une annonce, une visite, un cadeau... Une nouvelle, le temps passé, un coeur brisé (PV Amadotsu Kodan - Terminé) Mer 9 Mar - 9:40


Ce n'est pas la tristesse qui l'anéantissait, car en un souffle, toute les peines du monde venaient d'être évacuées. À sa droite, il ne doutait plus tenir le fruit même de ce qu'il était, d'abord par la confiance qu'il accordait à la samuraï des brumes et ensuite par pur instinct. Il le sentait et c'était tout ce dont il avait besoin. À sa gauche, son éternelle, son odeur enivrante le ramenant une demi-décade en arrière, au souvenir de jours qui lui semblait des rêves au vu de son trajet dans la vie, si peu et si intense à la fois qu'il était peu probable qu'ils fussent réalité.

Mais le Volcan tremblait des secousses de ses sanglots et sur ses joues burinés par le Soleil le plus dur de Yokuni coulait une eau si rare que sa peau marqua presque instantanément à son passage. Mais la peine n'était pour rien à cet état de fait. La réalité du bushi était rongée par le regret. À la vu du petit être qui, par un effet étrange de contagion, se trouvait à pleurer aussi, il ne pouvait pas s'empêcher de se demander ce qu'aurait été sa voie si il avait brisé les chaînes de son Destin.

La réponse vint rapidement, salvatrice d'une rancune qu'il aurait pu avoir contre Saya : ça n'aurait pas été une vie. Gracié, il aurait tourné le dos malgré cela à Setsu, laissé ses Terres sans héritier défini, été un poids pour l'enfant des Chizuru plus qu'un soutien. L'évidence le frappait si fort, mais en toute apparence, moins vite qu'il ne l'eut cru, car sorti de ses rêveries et de la fabrication de sa nouvelle fondation mentale, il avisa le garçon qui s'était endormi dans son bras jumelé de celui de sa mère.

Celle-ci, consciente de cette situation, provoqua leur légère séparation, une paix qu'il partageait sur ses traits graciles. Une fois Kirito à moitié étendu sur les genoux de la jeune femme, Kodan respira un nouvel air, épuré de tout les miasmes qui l'avait rendu si épais et si difficile à inhaler ces derniers mois. Ses iris humidifiés retenaient à présent leurs eaux et il fut certain d'avoir été libéré de quelque chose. Quant à savoir s'il s'agissait de honte, de remord ou d'amertume, il ne savait guère.

La douce mélopée de la pillarde qui avait subtilisé son cœur autrefois se fit entendre au travers cette toile paisible qui s'était créée d'elle-même. Le guerrier l'entendit exprimer et se perdre dans les mêmes affres de désespoir dont il venait à peine de sortir, elle fit grand cas de le rassurer sur l'image qu'il avait pu avoir, malgré la distance, aux yeux du bambin. Bercé par le son de ce chant, l'épéiste des flammes n'enregistrait qu'à moitié les mots prononcés, mais n'en perdait pas moins leur sens.

Il profitait juste de cette légèreté mystérieuse qui s'était emparée de lui, car il était certain au fond de lui qu'elle ne pouvait durer. Lorsqu'elle lui prit la main, il passa doucement son pouce sur la peau de la ravisseuse pour s'en rappeler la texture. La demande qu'elle émise était évidente, son offre alléchante et si c'était pour ressentir cette quiétude ne serait-ce que pour une poignée de jours, il lui parut indispensable d'accepter sans compromis ce qui lui était proposé.

Le nom du Dragon prononcé se révéla être une surprise. Cette dernière ignorait encore ce qu'il était devenu et le fait qu'elle fut dans la confidence et laisse l'une de ses lames le rejoindre, même pour quelques jours, prouvait qu'elle devait se sentir impliquée, de quelque manière que ce fut. Un doux sourire débute sa course sur les traits rugueux du bushi tandis qu'il voit la lancière émue par ses propres termes et ses inquiétudes et qu'elle poursuit le flot de ses paroles.

Il senti la lame froide que représente le nom des Zenmyo à présent, car il n'est plus que le synonyme de la perte certaine d'un être aimé, mais elle ne fait que l'effleurer. Ils se sentait heureux d'avoir partagé pourtant si peu avec Nadeshiko, de l'avoir entendu se déclarer à lui. Pourtant, il aurait du se sentir anéanti. Ses sombres yeux tombèrent sur le petit être qui somnolait sur les jambes de son interlocutrice et il su qu'il était responsable de cette incroyable tolérance à la douleur.

Celle-ci disparaîtrait avec leur départ, il en était certain, le Volcan s’effondrerait en son centre pour ne plus jamais s'éveiller à la chaleur. Mais à ce moment ci, c'était le total opposé, malgré les craintes exposées de l'héritière des Chizuru. Il redevint étonnamment attentif alors qu'elle décrivait la façon d'être de Kirito, ouvrant des prunelles passionnées par les images qu'elle dépeignait. Enfin, il manqua d'éclater d'un rire libérateur quand elle voulu changer d'expression, forcer le trait en laissant libre sa main tenue au préalable, se voulant digne et un peu plus directe.

Il laissa couler la question, le regard fuyant de la guerrière lui apparaissant comme ravissant, ce qui n'avait jamais cessé d'être le cas de toute façon. Kodan alla reprendre la main qui avait tenu la sienne, réunissant ces dernières à nouveau et l'enveloppa dans un premier temps de la seconde. Il allait avoir beaucoup à reprendre, car de toute évidence, la lancière était légèrement perdue par cette situation dont elle y était pour une forte partie, sinon pour tout.

Il ne subsistait ni mélancolie ni bafouillement peiné dans le ton du bushi. Une sérénité issue du Vide et pourtant si pareille à ce qu'il était l'auréolait, cela se répercutant dans sa voix lorsqu'elle sortie fluide, paisible et sans accrocs :

Domo arigato, Saya, de lui avoir conté ce héros, au moins en aura t-il pu y rattacher l'image de l'exemple qu'un père est censé donner et il semble avoir grandi dans une direction digne et honorable grâce à cela.

Il leva sa main droite, l'autre toujours enroulée autour de celle de son interlocutrice, vers la joue gauche de cette dernière et la posa délicatement, caressant du pouce la pommette rougie de la mère de son enfant et poursuivit de la même façon :

Il n'y a pas à s'excuser d'avoir fait les meilleurs choix possibles. Ni d'avoir su nous guider tout les trois par tes décisions. Je suis dorénavant au pinacle de la reconnaissance martiale du clan et pour y parvenir, l'ignorance de l'existence de mon fils aura été salvatrice. Je ne peux qu'être certain du fait que ma fidélité récompensée n'aurait pas été égale si j'eus su avoir une descendance au clan des brumes. J'irai même plus loin que cela…

Il se rapprocha tant que leur front s'interceptèrent et pour éviter toute sensation de gêne du à cette proximité qu'il venait d'imposer doucement, il ne marqua presque aucune pause :

… Si tu m'avais retenue auprès de toi il y-a cinq années, Kirito aurait eut pour père un moins que rien. Un fuyard, un déserteur qui aussi aimant aurait-il pu être n'aurait guère pu apporter le moindre soutien à sa famille. La famille Chizuru aurait subie la honte d'héberger un tel déchet en son sein et dans le pire des cas, ta propre noblesse militaire aurait pu t'être retirée. En sauvant le samuraï du feu, tu nous as tous sauvé.

Son sourire n'était dédié qu'à elle et si proche, il parvenait à distinguer la palette de couleurs des iris les plus beaux qu'il eut jamais connu. Il du faire appel à toute sa maîtrise pour ne pas se perdre dans ce regard et continua :

Il faudra que je me montre reconnaissant envers le Dragon des brumes pour ce geste, mais je crains qu'il ne soit que trop léger par rapport à ce que je désir à présent. Cinq jours, même deux ou trois de plus ne suffiront jamais à satisfaire mon besoin de connaître mon garçon ou même de remercier la femme qui l'aura porté et éduqué dans toute mon ignorance. Mais pour le moment, je saurais m'en satisfaire et te laisser réfléchir à la proposition que je vais te faire…

Cette fois ci, il marqua un temps certain sans pour autant détacher son front de celui de l'onabugeisha à qui les sombres braises ardentes du regard de Kodan étaient adressées :

Vous êtes à Shiro Kiyooki, le palais de mes ancêtres et le mien par filiation directe. Il n'y a pas qu'un simple futon qui attende mon fils pour que son repos soit total, je vais de ce pas demander à mes suivants de préparer une chambre d'honneur à son attention. Quant à toi, Saya…

Il osa alors ce dont il brûlait depuis qu'il avait revu ce visage, rapprochant le sien jusqu'à l'embrasser légèrement. Un contact succin de leur lèvres afin d'étayer son prochain argument et cette demande qui peinait à présent à sortir :

Cinq jours… Deux ou trois de plus… Je suis le Seigneur de mes terres et ne suis officiellement promis à aucune. Si la dame des Zenmyo sort de son mal et me rejoins, elle aura ma vie pour elle, dédiée jusqu'à mon trépas. Je ne serais l'homme marié que d'une seule femme, mais avant cela, personne ne nous jugera pour une semaine de vivre comme une famille à tout les égards. Aucun ne verront le mal à ce que Kazan Shinsei-ka puisse entretenir une concubine et son enfant. Et bientôt, aucun n'ignorera qui est cet enfant, du moins dans ce palais et dans la Cité qui l'avoisine.

Il marqua à nouveau une pause, afin qu'elle puisse deviner sans s'effaroucher de la direction que prenait son argumentaire, puis il reprit :

Tu es revenues vers moi soucieuse de l'avenir de notre fils et probablement porteuse d'un espoir. Je n'ai jamais cessé de t'appartenir, au moins en grande partie, ces dernières années. Verrais tu un quelconque mal à ce que nous partagions ce si court laps de temps comme si les choses avaient pu être différentes ? Prendrais tu ombrage et me trouverais tu monstrueux de parvenir à t'aimer alors qu'une autre m'est promise ? Nous laisseras tu la chance de ces prochains jours et me pardonneras tu de te proposer tout ceci si ton cœur juges cela indigne ?

Malgré le poids de ses paroles, il n'en paru guère affecté. Il auréolait d'une certitude et paraissait prêt à assumer le moindre de ses mots et de ses actes. Qu'elle le haïsse pour cela ou qu'elle ne se prête au jeu étrange qui lui proposait ne changerait rien, car à tout les égard, le Volcan s'était de nouveau apaisé et il n'était plus rien pour le faire chanceler, même si tout cela s'avérait éphémère.

Le plus étonnant fut qu'il n'attendit pas qu'elle lui réponde, il se détacha d'elle en une douce caresse sur le visage et se leva, la laissant toute à sa surprise et à la digestion de ses propos. Puis il lui adressa un sourire solaire et clôtura :

Je m'en vais prévenir les servants de la durée de votre séjour. La chambre de Kirito sera prête dans quelques minutes et sera située à côté de la mienne. Il existe une autre chambre jouxtant cette pièce, celle réservée aux gens à mon service immédiat du matin et du soir, tu peux choisir de prendre cette dernière. Mais depuis que j'ai quitté Kasu, il n'y a jamais eut de femme à partager ma couche autre que toi.

Cette place est à toi si tu y sied et si tu attaches autant d'importance à ces quelques jours que je ne m'apprête à le faire, car je compte les vivres intensément et c'est une excellente façon de te remercier pour la chance que tu m'offres en ce jour. J'attendrais ta réponse dans mon bureau, mes gens t'indiqueront où il se trouve lorsque ta décision sera prise… Soreja amata, Saya, à bientôt.


Puis il fit demi tour, ouvrit le battant de la porte et disparu derrière cette dernière, sa stature paraissant avoir doublée depuis le début de la conversation.


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MessageSujet: Re: Une annonce, une visite, un cadeau... Une nouvelle, le temps passé, un coeur brisé (PV Amadotsu Kodan - Terminé) Mer 9 Mar - 22:27

La confusion n’a déjà plus sa place au moment où il saisit ma main à son tour avec une douceur que je n’ai jamais oubliée. Son état d’esprit a changé, je le sais à l’instant-même où il ouvre la bouche pour parler. Ses excuses se sont muées en assurance, sans que je ne sache vraiment si c’est grâce à moi, à notre fils ou à d’autres pensées que je ne saurais deviner derrière son soulagement apparent. Ce sentiment m’habite finalement lorsque Kodan me remercie d’avoir tenté de conserver cette image de lui, d’avoir fait grandir sainement Kirito. Je m’apprête à sourire mais me laisse surprendre par son geste pas brusque pour un sou, qui fait rater tout simplement un battement à mon cœur.

Chacune de ses paroles raisonne en moi, j’en comprends le sens mais serais incapable d’y répondre, tant ses attentions représentent ce qu’il souhaite immédiatement au fil des secondes. Son souffle sur ma peau et cette nouvelle proximité, tandis que nos fronts se rencontrent, font remonter en moi tout un tas de sensations qui me semblaient appartenir au passé. Et lorsqu’il me réconforte et rationalise mes choix, alors mon cœur menace de sortir de ma poitrine et mes joues de s’enflammer, tant la reviviscence de mon amour pour cet homme refait surface. Son sourire finit de m’achever et je réalise que j’ai cessé de respirer sans m’en rendre compte.

Je saisis qu’il veut remercier Riyu-dono de m’avoir laissée venir, profiter de la présence de Kirito pendant ce temps si court qui ne suffira pas et lui faire préparer une chambre. Mon prénom entre ses lèvres me fait inspirer presque trop fort et son regard équivoque me rappelle à quel point la passion nous avait submergés pendant ce mois à Kasu. J’ose encore une fois me voiler la face et imaginer que ce que le Taisho me dit n’a aucun double sens, qu’il est juste heureux de la situation. Mais sa bouche rencontre la mienne, si brièvement que je crois rêver, accompagnant cette idée que sa proposition est aussi insensée que tentante.

Retenant mes larmes d’un émoi laissé longtemps de côté, et pourtant demandeuse d’un autre contact, chaque argument flanque parterre toutes mes pensées, tous les prétextes qui pourraient nous empêcher de nous unir pendant quelques jours encore. Ma raison me hurle de partir, de ne pas écouter ses sottises et de l’inviter à penser à celle qui se meurt allongée dans un lit loin de lui, dévorée par un mal qui la ronge et qui mettra peut-être fin à ses jours. Mais mon cœur et mon corps me crient tout aussi fort d’accepter, de laisser Kodan me posséder toute entière, comme il y a cinq ans, et de le découvrir sous un nouveau jour avec notre enfant.

Je pourrais répondre « oui » et « non » à chacune de ses questions car je suis soucieuse du sens moral que je tente de conserver depuis que je sais aligner deux mots. Ce sens moral si important que j’enseigne à mon fils depuis qu’il est à même d’en comprendre les tenants et aboutissants. Briser mes convictions en acceptant de partager ce court laps de temps comme si Zenmyo-san n’existait pas... Ne pas réagir alors qu’ils sont sensés se marier et ne pas en vouloir à Kodan de trahir ainsi une parole serait une faute sans nom. Ses arguments tiennent la route : personne ne nous reprochera une union d’une semaine, une vie de famille éphémère. Mais ma conscience me chuchote que le pas est dur à effectuer... Jusqu’à ce qu’il affirme encore une fois sa détermination qui m’a fait céder à chacune de ses demandes il y a cinq ans.

Je souhaite qu’il me caresse encore, qu’il me touche bien d’autres parties que le visage lorsqu’il s’éloigne en souriant, proposant sous des propos bien polis des actes bien précis et on ne peut plus explicites. Déconcertée par ce changement d’attitude, je ne trouve pas quoi répondre à la suite de ses propos et le laisse s’envoler, alors que le poids de ses paroles reste ainsi sur mes épaules. Fermant les yeux, d’autres larmes m’échappent en silence, Kirito toujours endormi sur mes genoux. Le fardeau de cette décision qu’il m’a laissé en sortant de la pièce écrase la magie et la joie de l’avoir retrouvé de cette charge de bonheur invasif d’avoir une permission de le toucher et l’aimer encore. C’est ce paradoxe qui me fait soulever mon fils du sol pour le prendre dans mes bras et l’emmener dans la chambre qui sera la sienne pour quelques jours.

***
Neji m’attend lorsque je sors de la pièce et me demande immédiatement comment je vais, préoccupé par mon état.

- Nous resterons les jours prévus, je pense que tu pourras partager la chambre avec Kirito, dis-je sans réelle intonation. Pourras-tu le surveiller pendant sa sieste ? Je dois rencontrer Kodan une nouvelle fois.
- Je veillerai sur Kirito mais... qui va veiller sur vous, Saya-san ?

J’écarquille les yeux, surprise par sa question.

- Hésitez-vous avant de me répondre ?
- Neji... risposte-je, agacée par sa remarque. Tu es peut-être devenu un homme mais tu restes le premier enfant que j’ai élevé. Il demeure des choses qui ne te regardent pas.
- Je ne fais que m’inquiéter pour vous... Ma rancœur envers les Setsu s’est estompée mais gare à celui qui vous fera du mal car vous êtes ma mère. Les Kami ne me laisseront pas en perdre une seconde.

Tenant Kirito d’un bras, j’allonge le second pour toucher de ma main la joue du garçon, plus obstiné encore que le plus têtu des Samouraï. Je lui dis merci du regard, il comprend et se tait à temps pour accueillir la servante qui nous guidera dans la pièce dédiée au petit. J’y laisse Kirito et son onii-chan puis on m’indique la chambre que Kodan m’a décrite et que j’interprète comme le refus à sa proposition. Puis, malgré la porte fermée, je devine où se trouve la couche dont il m’a parlé et mon ouïe puis ma vue se perdent dans les souvenirs qui furent les notre il y a longtemps, des mémoires agréables mais tempérées par la tiédeur de toutes les informations reçues il y a si peu de temps.

- Chizuru-san ? me dit-on timidement pour m’interpeler. Le bureau d’Amadotsu-san est de ce côté, il vous attend.
- Oui... je sais... réponds-je évasivement.

Je ne regarde pas la demeure, uniquement le sol et les pieds m’emmenant vers la porte entrouverte sur le gouverneur de Kazan, que j’entrevois perdu dans ses papiers. La personne s’incline et me laisse entrer doucement. Mon cœur semble se déplacer en en moi en même temps que le coulissement de la porte, que je referme si doucement que Kodan ne semble pas remarquer immédiatement ma présence. Je prends alors le temps de me calmer car je ne sais pas encore quoi répondre, la proximité de nos âmes s’annonçant me faisant frémir d’avance. La pièce est sobrement et légèrement meublée. Juste assez pour travailler en tant que gouverneur, j’imagine. Seuls les murs portent les bras d’aciers ayant permis, peut-être, de remporter des guerres. Le bureau et le siège sur lesquels officie le nouveau Taisho sont à son image : robustes, foncés mais solides d’un vécu et d’assises sur lesquels on aimerait prendre appui lorsqu’on va mal.

Je vais quelques pas, perdant mes yeux dans le vide puis retrouvant les siens qui se sont finalement perdus dans les miens. Sans rien exprimer de spécial, je songe d’abord à m’installer en face de lui, de l’autre côté du bois de jade mais la distance me semble trop importante. Je m’assieds alors à même le sol, juste à côté de lui, droite comme un piquet et tentant de trouver l’inspiration dans un respirer-souffler important. Je ne sais pas où mes mots nous guideront, si mes actes le refroidiront ou feront entrer le Volcan en fusion.

- Pardonne mes propos déconstruits, peut-être rustres et spontanés... Je ne peux pas garder mon calme en face de toi, encore moins après ce que tu m’as dit.

Le ton n’est pas froid mais presque, le stress de dire des âneries s’emparant de moi à chaque seconde passée si près de lui.

- Ces cinq années, Ko-san, ont été les plus longues de ma vie. Plus longues encore que lorsque j’ai dû m’habituer à l’absence de mon mari. Il m’a fallu quatre ans pour apprendre à vivre ma vie sans Katsuya.  Lorsque je t’ai vu à Okaruto, j’ai tout de suite su que l’amour m’avait reconquise. Et alors je me suis rappelé que j’ai été une femme, avec lui d’abord, je voulais en redevenir  une avec toi. Sais-tu seulement ce que j’ai fait lorsque nous nous sommes rencontrés, parlé puis flattés sur le chemin de la capitale ? J’ai demandé la permission à mon défunt amant d’aimer à nouveau. J’avais peur de l’oublier... peur qu’il me quitte. Quand tu m’as embrassée dans cette forêt, je n’ai plus pensé à lui. C’est là que j’ai compris la différence entre vous deux, entre mes deux histoires d’amour.

Nous avons vécu, j’étais heureuse puis le devoir nous a appelés. Et je suis contente que tu acceptes et pardonne mes choix. Mais je veux que tu saches qu’il m’a fallu autant de temps pour faire le deuil de ta présence que si tu avais été mort, Ko-san. J’ai passé des nuits à imaginer les pires scénarios, en voyant mon ventre s’arrondir du fantôme de ta présence. Penser à toi devenait insoutenable au point que Hayate a cessé de voyager un moment pour veiller sur moi, tant il se faisait du souci. Kirito m’a sauvé la vie, il m’a libérée de ton étreinte perdue, il m’a fait réaliser en se donnant naissance que le secret prendrait la place que tu avais dans mon cœur. Ce secret, je l’ai porté comme un enfant et il est devenu une malédiction.

Le temps a passé, Kirito a grandi, Niji et Neji aussi. J’ai fini par accepter que ma vie serait ainsi et qu’ils porteraient tous les trois l’héritage d’une mère sans passion, ne vivant que dans un but de servir un Clan. Les regrets, le secret, les contes que j’inventais pour notre fils... Je me suis dit que cela devait cesser. J’ai voulu me faire une raison et t’oublier, exorciser ces souvenirs. Et je me suis rappelé que j’avais réussi une première fois en rencontrant quelqu’un d’autre. C’était une simple idée, une graine dans mon esprit. J’ai repensé à Katsuya, à cette époque où tout était simple, après qu’il m’ait sauvé. Peut-être suffisait-il qu’on m’aide à oublier ?


Je me rends compte que je pleure. Tristesse encore, colère ensuite. Deux revers de main qui ne servent à rien pour sécher mes larmes et je continue, cette fois en plongeant mes yeux droit dans les siens.

- Ce mois comptait plus pour moi que tous les autres mois... Il a duré des années dans ma tête, tu sais ? Et pour l’oublier, je ne voyais pas d’autre issue que revenir dans le temps, repenser aux jolis jours des fleurs du jardin sur la table, d’une vie paisible, de coupelles de saké. Je ne l’ai pas connu avec toi, ou trop peu. La frustration a pris le dessus, je me suis retrouvée aigrie avant d’en avoir l’âge. Puis le passé m’a rattrapé lorsque je l’ai revu. Un ami, un précieux ami de Katsuya, son frère pourrait-on dire, devenu mon confident et partenaire dans ce deuil qui était le nôtre. Il m’a raconté tout ce qu’il a vécu, les voyages, les inquiétudes. Et je pensais... oui, j’ai pensé qu’en brisant notre amitié, je retrouverais ce que tu avais pu m’offrir.

La réalité m’a rattrapée et quand j’ai ouvert les yeux, allongée à côté de lui, je me suis sentie si sale d’avoir souillé une si gentille personne en ne pensant qu’à toi... tout du long. Sans jamais pouvoir te trouver en lui. Il ne m’en a pas tenu rigueur car il a dû connaitre toutes sortes de femmes désespérées sans pouvoir les consoler. Mais voilà ce que je deviens loin de toi... Ko-san. Je ne deviens rien.


Je le regarde en pleurant toujours, juste pour l’admirer devant moi, me rappelant que c’est de cela que j’ai rêvé ces cinq années. Je me redresse sur mes genoux et l’agrippe par le col avec la ferme intention de le réprimander... sans réelle chance d’y arriver et sans réel motif.

- Je n’avais pas d’espoir quand je suis arrivée ici, juste une envie de tout te raconter, de te présenter le fruit de notre amour et de repartir pour montrer à Riyu-dono que je n’avais pas besoin d’autant de temps puisque tu appartenais au passé. Mais lorsque tu me dis, après cinq ans, que je n’ai jamais cessé de t’appartenir, je n’ai que l’envie de te demander pourquoi tu n’es jamais revenu, pourquoi tu n’as jamais écrit ? Je ne voulais pas d’un Taisho, d’un Taisa ou d’un Taii... un lâche m’aurait suffi, s’il s’appelait Amadotsu Kodan. Et en même temps, comment te reprocher de partir pour ce que je t’ai demandé d’accomplir ? Comment te reprocher quelque chose que j’ai encouragé ? Comment te reprocher d’avoir accepté la main d’une autre femme ?

Puis toi, tu m’annonces cela et tu me dis qu’elle est en train de mourir loin de toi. Tu pleures en t’excusant lorsque je t’apprends que tu m’as laissé Kirito... Puis les minutes filent et, requinqué, tu m’annonces que tu ne m’as pas oublié, qu’aucune autre femme n’a connu l’amour que tu m’as donné, la passion que nous avons partagés. Mais à quoi t’attends-tu, baka !


Sans m’occuper d’une quelconque réaction de sa part, mon poing ridiculement tremblant cogne sur sa poitrine. Une fois, deux fois puis j’abandonne, agrippant ses vêtements et baissant la tête comme pour ne pas couler dans les méandres de la confusion de mon esprit.

- Dans quel état je suis, franchement... Bien sûr, que c’est mal de m’aimer alors qu’elle t’attend et ne voudrait que toi à ses côtés ! Bien sûr que je te trouve monstrueux de faire subir cela à une pauvre femme qui n’a demandé que ton être comme j’ai pu le faire ! Je ne peux pas te pardonner d’avoir osé franchir cette limite parce que, malgré toutes les bonnes excuses que tu peux trouver, je ne peux pas accepter que tu ailles jusque-là pour moi après tout ce temps ! Mais... mais...

Je m’éloigne, le repoussant presque, pour sécher à nouveau mon visage probablement déformé par tout ce fouillis. Puis, après quelques respirations profondes, je prends possession de cette autre part de moi qui me hurle tout le contraire, finissant par me lever pour placer mes jambes de part et d’autre de lui, pour réduire ces cinq années à néant et saisir son visage délicatement, entre mes mains.

- Je ne peux pas te dire non. Parce que ces années n’ont pas calmé la fougue que j’ai ressentie au premier jour. Te redécouvrir ici n’a fait qu’attiser ce que je ressentais pour toi et ce que j’ai dû contenir toutes ces années. Je suis faible et amoureuse... Alors si tu me demandes en souriant quelle chambre je choisis, je dirais que cela m’est égal tant que tu t’y trouves... puisque quatre murs nous ont toujours suffis. Je veux bien oublier avec toi tout ce qui nous attend, comme nous l’avons déjà fait. Je veux bien entrevoir avec toi la possibilité de cette famille dont j’ai rêvé tout ce temps.

Si tu me redis que tu me veux et rien que moi, je veux bien oublier que c’est mal... je veux bien accepter le monstre... je veux bien te pardonner... Mais je ne peux pas décider de cela seule car il faut être deux pour ne faire qu’un.


Mes lèvres sont alors doucement attirées par les siennes, mes mains cherchant déjà à le débarrasser de ses vêtements. Mon baiser n’est pas aussi léger que le sien, s’apparentant plus à ce que nous avions pu concrétiser pendant nos moments charnels. J’ai honte et trouve mon attitude déplacée après tout ce que j’ai dit. J’ignore s’il voudra encore de moi après cela. Mais cette dualité et ce paradoxe de sentiments m’aura au moins permis d’exprimer tout ce qui a traversé mon esprit pendant cet échange.


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MessageSujet: Re: Une annonce, une visite, un cadeau... Une nouvelle, le temps passé, un coeur brisé (PV Amadotsu Kodan - Terminé) Ven 11 Mar - 11:31

Digérant pas à pas ces retrouvailles, Kodan s'isola où il avait indiqué se trouver lorsque Saya aurait mûrie sa décision. L'expression de cette dernière, tandis qu'il l'avait laissé ainsi à sa réflexion, s'était montrée éloquente quant à sa surprise, si bien qu'il n'était plus si sûr de sa propre certitude. D'une certaine manière, son point de vu était le plus légitime, mais d'un autre, il comprenait qu'il puisse être perçu comme indigne.

Pour autant, il avait ses raisons et il était tout à fait prêt à les défendre si elle ne les partageait pas et voyait en lui un monstre après tout cela. Il lui était cependant impossible de croire qu'elle ne soit venu uniquement pour ce merveilleux fils qu'elle lui avait présenté et non pas pour elle même, au moins en partie.

Son visage avait trahi de nombreux espoirs qu'il aurait été aveugle de ne pas voir et il lui était redevable d'une existence toute entière qui n'aurait pu être possible si elle n'avait pas prise cette décision, cinq ans auparavant. Dans l'idée de l'attendre, le Volcan s'affaira à ses nombreux devoirs de l'administration de son domaine et celle de l'Armée des Flammes toute entière qui représentait une attention faisant passer le premier pour un simple passe-temps.

Enfin, trop concentré dans son travail, il ne remarqua la présence de la lancière dans son bureau que bien après qu'elle fut rentrée, cette même femme pour qui chaque fibre de son corps paraissait dédiée tant la réaction à sa vue se faisait vive dès que son regard se posait sur elle. En la détaillant ainsi, il ne pouvait ignorer la confusion qui la malmenait et il n'était pas plus aveugle aux causes de cette dernière.

La proximité qu'elle créa directement et ce malgré une attitude dépourvue de chaleur, le rassura quelque peu, au moins n'allait-elle pas lui cracher au visage en s'installant de cette façon à ses côtés, mais sa neutralité l'intrigua et ses premiers mots lui permirent de se préparer au pire qu'elle pourrait lui dire en toute légitimité, elle aussi. La communication serait à cet instant la plus importante entre eux, car le pas vers leur destiné qu'ils s'apprêtaient à franchir scellerait à jamais leur relation à l'avenir.

Il voulait croire que le simple fait de pouvoir voir Kirito lui suffirait, mais c'était faux à tout point de vu. Saya possédait une emprise sur lui telle qu'il ne concevait pas de se l'aliéner à présent qu'il l'avait revu, et il se sentait prêt à se battre, même contre elle, pour préserver cette flamme qui le faisait se sentir si humain et si complet en la présence de l'héritière des Chizuru.

Le ton de celle-ci s'avéra plus froid qu'il ne l'aurait cru possible venant d'elle, mais à nouveau, il s'y était préparé, aussi attacha t-il plus d'importance à son propos qui s'avéra long et délicat à exprimer qu'à la tiédeur de sa voix. D'une foudroyante rapidité, elle établie une triste différence entre eux deux. L'oubli dont elle parlait, celui qu'elle avait recherché après son départ, avait toujours été exclu pour le Volcan.

Elle avait souhaité l'effacer de sa mémoire tandis qu'il en chérissait chaque instant passé en sa compagnie, avançant sur la voie de son destin fort de ce mois qui avait été le plus intense de sa vie. Elle en paraissait désolée, mais s'étendit sur le sujet. Elle aurait pu concrétiser la chose en indiquant son souhait que leur rencontre n'eut jamais lieu, mais cela aurait été au contraire de la vérité. Saya avait simplement tenté de vivre sans lui à sa manière et il ne pouvait lui en vouloir pour cela.

La chose n'en fut pas moins le trait d'un archer expert directement fiché en son cœur et il remercia les larmes qui embrumaient le regard de la belle, sans lesquelles elle aurait pu constater l'impact de ses propos sur lui et la douleur qu'occasionnait chacun d'eux, malgré le peu qu'il ne parvenait pas à retenir de s'afficher sur ses traits qu'il souhaitait compréhensif. Il manqua de s'effondrer injustement lorsqu'elle lui avoua en pleurs une aventure qu'elle avait eu.

Avant qu'elle ne revienne, il ne s'était pas fait d'illusion sur le sujet et avait tâché de ne pas penser à cette possibilité malgré tout, au risque de voir sa radiance habituelle se voiler. Mais dorénavant qu'elle l'avait regardé avec ses iris passionnés, preuve du sentiment brûlant qui l'animait à son égard, ces mots-flêches devinrent des lances.

Ce temps, il s'était voué corps et âme à l’entraînement, se dédiant à ses devoirs d'officiers et de guerrier des flammes et comme il l'avait sous-entendu lors de leur précédent échange, aucune n'avait connu sa passion depuis la guerrière des brumes. Elle avait voulu l'oublier, lui vivait grâce à sa mémoire, tout cela se résumait à ce simple fait.

Pourtant, malgré tout ces maux qu'elle lui infligeait, ce fut bien elle qui tendit vers lui la corde qui le sorti du précipice dans lequel elle l'avait jeté. Car elle avoua avec peine sa honte et l'impossibilité qui était sienne d'effacer la présence du bushi de ses pensés. Elle s'étiolait loin de lui selon ses termes alors que lui s'était littéralement envolé vers les plus hautes sphères possibles.

Le sourire qu'il n'avait jamais laissé s'estomper depuis qu'elle était arrivée dans son bureau s'en retrouva enfin sincère et porteur d'une immense douceur et non plus forcé, car il savait qu'il avait fait le bon choix en faisant de leur relation d'un simple mois la base même de sa vie depuis son retour et que la tentative d'effacer Saya de sa mémoire l'aurait irrémédiablement mené à sa perte comme cela avait faillit être le cas pour cette dernière, si Kirito n'avait jamais existé.

À cette idée d'ailleurs, il manqua de laisser s’échapper un rire à propos de ce qu'il devait déjà à son fils alors que ce dernier venait à peine de débuter son existence. Mais alors qu'il admire chacune des lignes du visage emprunt de tristesse de son interlocutrice, celle ci l'attrapa par le col, sans réel effet moteur au vu de la différence de gabarit entre eux deux.

Le geste eut cependant un impact fort sur la psyché du samuraï qui s'était persuadé que le pire était passé dans le discours de la jeune femme, mais dont cet acte inconsidéré prouvait qu'elle était loin d'en avoir fini. Une guerrière du rang des brumes venait d'attraper ainsi le Taisho du Feu. L'ironie de la situation et la mort certaine que ceci aurait pu occasionner sur Saya si un témoin avait été en présence manqua de pousser Kodan à arracher cette prise d'un revers de la main.

Il n'en fit pourtant rien, car il avait besoin d'elle libérée de ses démons et il les sentait toujours l'habiter à cet instant. Les évidentes réponses aux questions qu'elle pose étaient la preuve du chamboulement qui est le sien. Inondée par la peine, elle se perdait dans le cri que son âme poussait. Elle se leurrait au sujet de l'héritière des Zenmyo, car aucune main n'avait été promise.

Cela aurait pu advenir, cela aurait du se passer si cette dernière ne s'était pas effondrée à nouveau dans un coma qui n'avait plus rien de l'étrange mal qui avait frappé Yokuni, sinon celui d'une simple, mais terrible maladie. Pourtant, cela n'avait jamais eu lieu. Il la laissa néanmoins le croire, refusant purement et simplement de la couper dans son élan afin qu'elle puisse vider le poison qui la rongeait sur lui.

La douleur ne l'atteignait plus sans qu'il ne se montre hermétique à celle de la lancière. Au contraire même. Il la laissa le frapper, il la laissa passer sur lui comme une vague déchaînée sur une falaise millénaire. Il la laissa prendre de la distance sans perdre un instant l'expression qu'il avait pour elle, celle d'une certitude que si le Destin en avait choisi autrement, elle était et avait toujours été l'être que son cœur avait choisi.

Cela ne suffisait pas dans leur culture malheureusement, mais il sentait que cette semaine pourrait se glisser hors du temps et des usages et il était prêt à se battre pour cela, voir à encaisser comme c'était là le cas. Perdue, chamboulée par ses propres mots et ces concours de circonstances, elle lâchait prise sur sa cohérence et après cette rancœur, elle changea du tout au tout, se jetant presque sur lui après avoir créer une séparation, l'enroulant de ses jambes et prenant son visage au creux de ses mains.

Mais alors qu'elle reprit, il se rendit compte de son égarement. Ce n'était pas là ce qu'il avait souhaité, ni même ce qu'il avait dit. Elle annonçait être prête à vivre avec le monstre le temps qui leur était imparti et sans lui laisser le temps de la corriger ni de répliquer à tout cela, et c'était peu de le dire, elle força un baiser d'une intensité qui manqua de lui faire perdre pieds à son tour. Il fut lui-même à la limite d'accepter d'être l'indigne dépeint dans ses mots sous la passion de ce geste.

Pour autant, ce ne fut pas le cas. Il ne la renvoya pas à l'opposé de lui comme il l'aurait du, mais mis brusquement fin à cet embrassade corrompue dont il ne voulait pas. Il ne put se résoudre néanmoins à briser leur étreinte et s'en accommoderait pour ce qu'il allait devoir dire, le contact si proche de Saya, interdisant le passage même de l'air à passer entre eux, le renvoyant cinq années en arrière.

Au contraire, il la serra plus fort encore afin de révéler la nature de ses sentiments. Si proche, il ne fut pas obligé de donner de la voix et cette dernière sorti plus fluide que de coutume, moins râpeuse aussi, moins roulante, mais toujours aussi forte de sa chaleur :

Je prononcerais chacun de mes mots autant de fois que tu le souhaiteras, Saya. Je te veux pour cette vie et les suivantes, même si cela doit se concrétiser en une simple semaine. Mais détrompes toi sur un fait : Je ne te laisserais pas te perdre dans les bras d'un monstre. Il ne peut pas y avoir de doute entre nous. Je suis l'homme que tu aimes ou un être indigne, mais pas les deux et de ce choix, tu es la seule maîtresse.

Je ne compte néanmoins pas te laisser sans éclaircissement, car je ne me suis apparemment pas montré clair dans mes propos et pour parvenir à cette décision que je te demande de prendre, ils se doivent d'être les plus limpides possible. Laisses moi te parler de celui que je suis devenu durant ces années qui nous ont séparés…


Il leva les yeux au plafond, comme pour y trouver ses termes. Lorsque ses iris bruns retombèrent sur la lancière, ils irradièrent de convictions et son sourire était plus certain que jamais :

Ces cinqs années, Saya, ont étés les plus intenses de ma vie et ont commencées par ta rencontre et ce que tu m'as apporté en ce temps. Lorsque nous nous sommes rencontrés, je ne compris pas ce qui se produisait. Cela n'avait jamais eu lieu. Je n'ai jamais aimé une autre auparavant comme je t'ai aimé et ni plus depuis ce jour.

Je dois m'excuser pour cela, car contrairement à toi, je ne saurais jamais ce que la demande de pardon à un être défunt aimé puisse être, car je n'ai jamais eu autre que toi en ce cas. Mon cœur t'a appartenu sans mal, sans la moindre concession ni le moindre oublie à faire valoir
.


Il amena sa main droite au visage du tout qu'elle représentait à ses yeux et passa son pouce sur sa joue, chérissant la moindre parcelle de peau qu'il effleurait ainsi comme s'il la redécouvrait, puis il continua :

Tu es dans la contradiction, mon amour… Tu dis avoir demandé le pardon de Katsuya-san pour pouvoir vivre en ma compagnie, tu craignais de l'oublier et pourtant… En cela réside notre différence. Tu as tenté de m'oublier, moi alors que je m'accrochait à chaque minute passée auprès de toi. Je n'ai jamais été plus fort que depuis notre rencontre. Et seul ton souvenir a permis de me voir devenir ce que je suis devenu.

Je suis le Volcan apaisé, Seigneur des Armées Setsu, Bras droit du Phénix, gardien de Kazan… Mais sans Chizuru Saya à l'origine de cette ascension, de ce mois passé avec elle, de la passion qui nous anima comme une parenthèse dans nos existences, je ne serais rien de cela. Penser à toi m'alimentait, me remémorer tes sourires me firent aller de l'avant. Pour cela, je ne te serais jamais assez reconnaissant.


Il l'embrassa légèrement, un simple effleurement de ses lèvres pour souligner son propos, puis il poursuivit, ses yeux brûlants dans une effusion difficilement refrénée :

Parfois, je regrettais mon choix lors de mon départ de la terre de tes ancêtres. Mais ta détermination m'a toujours sauvé de cette spirale vers la mort de mon courage. Tu as toujours été mon moteur et…

Sa mine s'assombrit légèrement, sans réelle pause dans son discours cette fois ci :

Celle que tu dis m'attendre, qui entretiens probablement le sentiment que tu dépeint à mon sujet et dont l'existence se voile. Nous ne sommes promis à l'autre par aucun autre serment que celui de nos mots. Elle est un avenir que les gens considéreront comme normal pour un Général du feu et avant cela, un colonel. Elle est une Setsu et j'éprouve une affection pour elle toute particulière, mais qui ne peut être comparée en aucun cas à ce que je ressent pour toi.

Je n'ai pas quitté son chevet alors qu'elle se trouvait consciente, juste récemment, depuis que ses paupières voilent à nouveau son regard. Rien d'officiel ne nous lie, la société ne me jugera jamais pour ce que ton retour provoque en moi. Je n'ai jamais pu lui offrir autre chose qu'un simple baiser et ne l'ai jamais vu comme une possibilité à l'oublie de ta douceur et de ton parfum.


Il fronça les yeux, ferme dans ses convictions, son ton revenant plus vif et plus clair que l'instant d'avant :

Pour cela, je dois te demander pardon, car durant ces cinq ans, il n'y a jamais eu que Chizuru Saya, mon cœur et mon corps lui appartenant. Je t'ai fait défaut par ce baiser offert à une autre. Mais si tu me pardonnes cet écart poussé par l'idée que jamais je ne pourrais te tenir à nouveau dans mes bras et que la vie attendait de moi que je la reprenne en main, je ne saurais t'en vouloir de l'oublie dans lequel tu as tenté de te verser.

Pour ces jours que tu peux passer ici, je ne jouerais plus aucun rôle autre que l'homme que je suis et qui n'a cessé de t'être dévoué. Le seul monstre qui existe est celui qui s'est menti à lui-même. Je ne veux pas de concession, cet être ne te mérite pas et je ne te laisserais pas te fondre dans ses bras si tu ne vois que lui en moi.


Un léger tremblement l'accapara alors, comme l'écho d'une peur au tréfonds de son âme à ce qu'il allait dire alors, mais ses traits restèrent fermes et déterminés lorsqu'il demanda enfin :

C'est une effroyable erreur et une merveilleuse bénédiction que de concevoir vivre cette semaine comme nous pourrions le faire si tu le désires à ton tour pleinement. Mais il n'y a pas de honte à poursuivre notre amour, pas de mal que quelqu'un puisse regretter autour de nous par le moindre engagement officiel. Je te veux, mais pas si cela te parais mal. J'aime Saya droite, courageuse et intrépide, pas une lâche qui s'accrocherait à la moindre excuse.

De fait… Je te le redemandes une dernière fois qui ne changera en rien l'amour que j'éprouve déjà pour Kirito-kun… Restes avec moi ici même et réapprenons à nous connaître si tu comprends l'être que je suis et ne conçois plus la moindre honte à poursuivre quelques temps ce qui a commencé il y'a cinq ans. Ou sors. Laisses derrière toi l'indigne et préserve ta pureté, car je ne la salirais pas de mes mains si tu les juges monstrueuses. Prends cette décision sans la moindre hésitation, car il n'en est aucune à tolérer. Je resterais le père de ton enfant et ne vous oublierais en rien malgré tout ce qui pourra se passer dans les secondes qui suivent...


L-M-M-J-V-S-D

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MessageSujet: Re: Une annonce, une visite, un cadeau... Une nouvelle, le temps passé, un coeur brisé (PV Amadotsu Kodan - Terminé) Ven 11 Mar - 16:14

Tout s’arrête lorsque Kodan me repousse. Mes lèvres tremblent de ce langoureux contact et mes yeux cherchent une réponse, que je pense déjà connaitre. Mais il me surprend encore, me serrant contre lui, et je ressens alors tout l’amour qu’il me porte. Un amour vrai, que je pensais perdu mais qui se trouvait juste là, dans ses bras. Mon amant me dit d’abord ce que je veux entendre et ce qu’il pense sincèrement mais remets aussi les choses en place en évitant toute nuance. Je l’écoute alors parler de lui, de ce qu’il est devenu et plus rien ne semble exister, pas même la pièce dans laquelle nous nous trouvons. Il me dit encore qu’il m’a aimée, qu’il m’aime et qu’il m’aimera, peu importe le nombre qui nous reste à passer ensemble.

Je ferme brièvement les yeux lorsqu’il touche mon visage avec sa main et, en les rouvrant, je découvre cette même expression qui m’avait envoutée le jour de notre rencontre. J’ai l’impression d’être tout, que pour lui aussi plus rien d’autre n’existe. Puis lorsqu’il dit « mon amour », je me sens à nouveau conquise par la passion qui nous a unis et qui nous réunis maintenant. La reconnaissance apparaissant sur son visage, son sourire et ses mots aussi réconfortants que sincères finissent par anéantir mes précédents propos confus et terriblement cruels. Mes doutes s’envolent lorsque ses lèvres touchent encore les miennes, si brièvement que je saisis son envie de prolonger ce contact. Mais il veut encore parler, éclaircir sa pensée pour qu’aucun malentendu ne nous sépare encore.

Ses attentions précédentes envers moi contrastent avec son émotion apparente lorsqu’il parle de Zenmyo-san. Je saisis l’importance qu’elle a dans sa vie et devine qu’il sera évidemment triste de sa disparition, probablement anéanti. Car elle est son possible, celle qui le rattache à son Clan et à ce qu’il est de naissance. Et alors qu’il me rappelle encore une fois ne jamais m’avoir oubliée, je me sens affreusement coupable d’avoir dit accepter le monstre qu’il prétendait être en me posant sa question. Je réalise que nous avons probablement pensé la même chose, bien que la volonté ait été différente : pour moi, celle de l’oublier, pour lui, celle d’imaginer que nous ne nous reverrions pas. Et alors Shin et Zenmyo-san sont devenus nos choix, que le destin et nos ressentis se sont chargé d’évincer avec plus ou moins de douceur.

Puis il me demande pardon pour ce baiser et je manque de l’interrompre vivement pour lui rappeler de ne pas comparer l’incomparable. Là où j’ai cherché la fusion des chairs et du réconfort, lui a cherché une présence solide qui l’aiderait à rebondir. Mais je le laisse terminer et me faire miroiter sur l’homme qu’il pourra être ces prochains jours, maintenant que les choses sont claires pour tous les deux. Il ne veut pas que j’aime et accepte le menteur qu’il a été pour lui-même, il veut que je m’empare de celui qu’il est devenu et qu’il souhaite être à mes côtés. Mon aimé tremble légèrement, malgré la fermeté de son regard et je perçois toute l’essence et la nécessité d’une réponse significative de ma part.

Les derniers murs de honte qui m’empêchaient de l’aimer à nouveau pleinement s’effondrent lorsqu’il me décrit la façon dont il veut m’aimer. Moi non plus, je ne veux pas me voir comme une lâche car rien de ce que j’ai fait jusqu’ici ne justifie qu’on me traite ainsi. C’est cet homme, aux antipodes de l’hypocrisie, qui m’en a fait prendre conscience. Alors que le Taisho et sa carrure solide semblent se fragiliser sensiblement en attendant ma réaction, un soupir de soulagement fait taire la jeune femme incertaine en moi et l’enferme dans une cage de laquelle je cache la clé en déposant un nouveau baiser sur les lèvres de mon tout, une fois certaine qu’il eut terminé son argumentaire. Pas d’urgence, cette fois-ci, pas de désespoir, pas de nouvelles larmes.

- Tu as toujours été impitoyablement rayonnant, n’est-ce pas..? dis-je doucement après avoir simplement détaché ma bouche de la sienne, ne rompant presque pas le contact. Comment ce soleil, la lueur d’espoir de tout un peuple, pourrait avoir quelque chose à se faire pardonner ? Je ne peux pas t’excuser des erreurs que tu n’as pas commises. En homme droit, en homme d’honneur, comme il y a cinq ans, tu as fait des choix et as gravi les échelons qui t’ont mené au sommet du Volcan que tu incarnes. Alors au lieu de dire « je te pardonne », je te dirai simplement « merci ».

Un autre baiser, moins timide et plus difficile à terminer mais j’y parviens dans la volonté de clore cet échange.

- Merci d’avoir pensé à moi, de m’avoir chérie alors que nous étions loin l’un de l’autre. Merci de penser que c’est grâce à moi que tu es devenu plus fort. Merci de m’adresser toute cette reconnaissance, d’alléger ma conscience en m’attribuant une part de ton épanouissement.

Un sourire se dessine enfin, aussi léger qu’un trait de pinceau sur du papier de riz.

- Merci de tolérer mon écart... d’accepter que j’ai voulu, à un moment donné, t’oublier. J’en aurai honte encore un instant, jusqu’à ce que tu m’offres ce qu’il n’a pas pu m’offrir en étant lui-même. Mais tu sais, je crois qu’au fond, cette envie viscérale de ne plus penser à toi était comme une façon de penser à toi tout de même. Si j’avais accepté ton absence, la Saya que tu connais droite, courageuse et intrépide aurait cessé d’exister. Je me suis battue contre ton image, je me suis révoltée si fort... Et c’est grâce à cela que j’ai pu arriver à nouveau jusqu’à toi, j’en suis sûre maintenant que tu as dissipé mes doutes.

Mon regard et mon corps s’embrasent, je me serre contre lui à l’aide d’un bras, mon autre main passant derrière sa tête avec délicatesse pour l’aimer et l’embrasser encore. Après quelques secondes, je me retiens encore une fois, luttant contre mon envie, déterminée de finir de répondre à ses craintes.

- Je n’ai rien à te pardonner Ko-san. J’espère bien que tu n’auras pas à connaitre ce que j’ai connu avec Katsuya, lorsqu’il est parti. Et je ne veux plus que tu me demandes pardon d’avoir aimé Zenmyo-san, d’une façon ou d’une autre. Elle a été ton choix rationnel, suite à une pensée rationnelle. Tout comme j’ai décidé d’entrer dans l’armée, de garder le secret de Kirito ou de me donner à un autre. Et le temps s’arrête lorsque je suis en face de toi, je deviens ta seule décision, tout le reste ne compte plus... Je l’ai compris, maintenant. J’ai repris mes esprits.

Je suis désolée d’avoir osé proférer que ce que nous vivons est mal, d’avoir osé dire que tu pouvais être monstrueux. Tu as toujours su me ramener sur terre, voir le positif et me faire croire en l’avenir. Ces cadeaux font de toi quelqu’un de formidable, il n’y a pas de monstre ou de noirceur en toi. Tu es l’espoir, encore plus à présent que le temps a passé. Tout a débordé... Et je crois que j’avais besoin de ta capacité à me remettre sur le droit chemin pour ne plus penser à ce que nous aurions dû faire. Puis enfin laisser place à ce que nous voulons aujourd’hui.


Je dois mordre ma lèvre pour éviter de l’embrasser encore. Mon envie de mon besoin de lui sont on ne peut plus évidents et je ne tente de cacher cela qu’à moitié. Ma main passe sur sa joue, mes jambes l’enserrent davantage et je continue intensément, presque dans un murmure.

- Cette semaine ne sera pas une erreur. Il n’y aura pas de honte, nous serons ensemble, c’est tout. Et s’il n’y aura pas de regrets pour ceux qui nous entourent, pas de malentendus, il n’y en aura pas non plus pour nous et entre nous. Je ne veux pas déplorer à nouveau la séparation qui s’annonce, je veux faire comme toi et me rappeler avec délices et bonheur les moments que le destin nous aura encore une fois permis de partager.

Nos nez se touchent et nos lèvres se frôlent, je me retiens une dernière fois pour cette dernière phrase.

- Je ne vais pas sortir de cette pièce, watashi no moeru kazan. Pas avant que notre fils ne sorte de ses jolis rêves. Et pas avant que ma faim de toi ne soit rassasiée... complètement...

Cela reste impossible, il le sait très bien. Et s’il l’a oublié, mon désir physique et mental apparent ne fera que lui rappeler. J’attends qu’il comprenne que je vais mieux, on ne peut mieux grâce à lui et qu’il fasse cette fois le premier pas. Un baiser, puis un autre. Une étreinte. Et nous serons à nouveau réunis, comme il y a cinq ans et pour les cinq années à venir.


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Amadotsu Kodan

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MessageSujet: Re: Une annonce, une visite, un cadeau... Une nouvelle, le temps passé, un coeur brisé (PV Amadotsu Kodan - Terminé) Sam 12 Mar - 20:23


L'évidente réunion de leurs esprits se fait sentir alors qu'il clôture son laïus, mais progressivement à mesure qu'il le laissait couler hors de lui comme une vérité unique. Elle revenait après ses erreurs en en ayant commise de son côtés, tout deux n'avaient pas pu imaginer qu'ils se reverraient et entretenaient toujours la même flamme l'un pour l'autre après cette séparation de prêt de deux mille jours.  

Ces égarements ne pouvaient plus avoir cours alors qu'ils se trouvaient ainsi liés par cette proximité et malgré toute la peine qu'il pouvait concevoir vis à vis de l'héritière des Zenmyo pour cela, ce n'était pas même comparable à un caillou lancé dans l'Océan face au bonheur de retrouver son éternelle et ce fils qu'elle lui avait présenté.

Le merveilleux visage de la guerrière des brumes ayant déjà attesté de cela, elle l'exprima néanmoins par des mots, sans oublier d'introduire son propos du contact de ses lèvres sur les siennes et d'en ponctuer quasiment chacune de ses phrases, de plus en plus intensément comme une vague qui s'emparait petit à petit d'elle.

La page de la tristesse venait d'être tournée par la sincérité et la sourde puissance de leur amour et elle affichait clairement sa nouvelle envie, jetant à chacun de ses baisers une nouvelle louche d'alcool dans le brasier qui brûlait pour elle au sein du bushi incandescent. Elle révélait à haute voix ce que Kodan avait toujours souhaité être à ses yeux, le fantasme réunissant la réalité de son identité au regard de cette dernière.

Il chérit chacun des termes qu'elle employa et la vit résister à la consomption qui menaçait de prendre son corps. Elle se faisait violence face à lui de ne pas tourner court sa déclaration de confiance et d'affection, muselant une faim à son égard qu'il n'avait jamais vu dans aucunes autres prunelles.

Tandis que ce désir difficilement refréné se montrait visible dans sa façon d'agir, le Volcan fut subjugué du masque enfiévré qu'elle lui offrit lorsqu'elle se mordit les lèvres, le détaillant comme si elle distinguait déjà au travers son kimono ce corps qu'il avait pourtant battit pour bien d'autres raisons que celles de plaire. Elle irradiait d'une beauté pareille à celle qui avait été la sienne lors de leur rencontre selon lui… Non… Bien supérieur à cela, en cet instant précis.

Le premier Amadotsu fut à son tour obligé de brider sa convoitise afin de lui permettre de clore son sujet. Il n'est plus aucune illusion possible au besoin de la lancière, si bien qu'elle en vient presque à l'exprimer ouvertement. Et la seule chose à laquelle le samouraï du feu parvient à penser limpidement est qu'il partage totalement ce dessein.

Elle mis fin au doux flux de ses mots, tous plus rassurants les uns que les autres, établissant ainsi d'une paix de l'âme dont l'héritier des Kiyooki n'avait plus goûté depuis trop longtemps. Sa psyché ainsi apaisée, il se laissa un moment de pause afin d'en savourer le goût retrouvé, fermant les yeux et expirant longuement avant de les rouvrir. Lorsque cela advint, ce fut brusquement.

Il n'y avait plus rien qu'il n'avait à dire, la fusion de leur consciences appelait dorénavant à une toute autre réunion, des retrouvailles qu'il n'avait eu qu'en rêve jusqu'à ce jour. Il se leva d'un trait, enserrant la belle dans ses bras, elle même l'aidant en cela en raffermissant la pression de ses cuisses autour de lui. D'un revers de la main droite, il balaya ce que sa table basse de travail pouvait comprendre, signalant par là que le Taisho devrait attendre que l'homme retrouve son aimée.

Il la posa délicatement sur la surface nettoyée de tout obstacle, la couchant sur le dos non sans une certaine douceur malgré l'urgence de ses gestes. Il força la barrière des lèvres de cette dernière sans mal de la pointe de sa langue, trouvant la chaleur de celle de son âme sœur bien rapidement et volontiers. Ses mains ne firent que peu de cas du joli obi dont elle s'était parée, le dénouant sans même le regarder puis séparant les pans du yukata dont elle s'était couverte afin d'en exhiber le contenu.

Trop affairé à l'embrasser fougueusement, ce fut du bout de ses doigts qu'il redécouvrit la fermeté et la délicatesse liées du torse de son amante. Celle-ci ne le laissant pas jouer seul à ce jeu là, ses propres bras s'étaient déjà débrouillés pour le débarrasser de ses atours d'apparat. Ils ne se gênèrent en rien dans cette fougue, se complétant si totalement dans chacun de leur geste qu'ils furent bientôt suffisamment dépouillés de leurs vêtements pour s'offrir l'un à l'autre.

Leur nudité n'était pas totale, mais l'attente aurait été trop longue pour savourer gentiment ce partage. Le temps qui leur était imparti était trop court de toute façon et leur appétit bien trop dévorant. Il fusionna avec elle, cette dernière l'enfermant de ses jambes et en son sein, sa main gauche glissant sous les bandages qui cachaient encore sa poitrine afin d'en flatter la surface avec délice, l'autre bras sous la nuque de son élue, affermissant sa prise sur elle pour que chaque battement de reins puisse offrir le meilleur de sa vigueur en plaisir retourné.

Chacun de leur mouvement était une évidence, cinq années n'auraient pu leur faire oublier comment ils savaient à quel point se compléter dans cette union, symbole de renouveau. Il ne brisa leur baiser que pour retrouver son souffle, la laisser s'exprimer et rire d'une joie qu'il pensait effacée depuis qu'il avait quitté Kasu. Ses yeux parcoururent avec ravissement ce que ses mains avaient déjà pu découvrir, ce qui fit grandir le foyer de son désir.

Kodan ne voulait plus que s’imprégner du parfum de Saya et après une poignée de seconde uniquement, il se jeta à nouveau sur elle, enfonçant son visage dans son cou, inspirant profondément l'odeur de cette dernière que l'effort, de douces essence et les émanation naturelle de son corps transcendaient. Il lui offrit le meilleur de la force qu'il avait acquit après le temps de leur séparation en entraînements.

Cinq années de perfectionnement dans l'art d'apporter la mort sur ses ennemis dont il usait avec elle pour l'aimer. Il n'y avait bientôt plus qu'elle et l'ivresse qu'elle lui offrait. Son rang ne comptait plus, Kazan n'avait plus d'importance, Setsu n'était qu'un mot perdu, rangé au fond de son esprit. Il ne vivait plus que pour elle et ce moment, son seul nom soufflé du bout de ses lèvres dans l'effort qui était le sien.

Le lieu ne se prêtant à aucune gymnastique qu'ils s'étaient permise lors de leur séjour chez l'héritière des Chizuru, il ne changèrent en rien leur position, mais cela suffisait à les nourrir l'un de l'autre. Aucune parcelle de peau de la guerrière ne fut exempt des embrassades du Volcan, d'autant moins de ses caresses.

Enfin, lorsque vint l'éclat de ce retour aux sources et que l'extase s'empara complètement de l'être du bushi du Nord, il l'étreignit aussi fort qu'un hurlement lui sommant de ne jamais plus disparaître, lui jurant qu'il serait sien à jamais, malgré les tours que le destin pourrait leur jouer puis il contraint leurs expression mutuelle de complétude dans un baiser exalté. Le geste fut autant un plaisir qu'un aveu de pudeur au vu de l'acte qu'ils venaient de réaliser.

Le Taisho des Setsu aurait été bien mal accueillit si il était su dans tout son palais qu'une invitée des brumes venait d'être prise de la sorte, dès son arrivée et sans que personne ne sache qui elle s'avérait être. Une fois la vague passée, il senti que son besoin d'elle ne serait contenté qu'un moment infime et le souvenir de leurs ébats passés lui affirmèrent que ce sentiment serait partagé.

Elle était devenue la seule, à tout les égards, à pouvoir contenter sa fougue et il espérait au plus fort de son être qu'elle partageait ce point de vu. À moitié étendu sur elle pour profiter du contact de ses chairs encore un moment, sans pour autant l'écraser sous sa masse, sa voix vint enfin à s'exprimer au creux de l'oreille de son amante essoufflée comme il l'était :

Comment ais-je pu survivre sans ta chaleur, Saya ? Comment ais-je pu penser que mes souvenirs suffiraient à me voir avancer ? Je pensais être revenu fort de mon séjour à tes côtés, mais voila que je me rend compte m'être leurré… Car en cet instant, je suis la réincarnation même de Bishamon-ten, la fortune de la guerre elle-même, tant tu me complètes. Une semaine n'y suffira jamais. Connaître son fils et aimer la femme qui lui a offert à la hauteur qu'elle le mérite… Une vie même n'y suffirait pas.

Il se redressa délicatement, sa vigueur retrouvant le nouvel élan redouté, enfermée par l'être de Saya, puis il ajouta avant de se taire pour l'aimer une nouvelle fois après un instant bien court de repos, tant sa faim paraissait inextinguible :

Toute les vies que m'accordera la roue des réincarnations te seront dédiées pour que ma dette envers toi ne se trouve remboursée… Plus encore si les Kamis me le permettent. Je suis à jamais ton éternel abonné, Chizuru Saya. Peu importe ce que le Destin veut que je sois, il ne pourra pas contraindre mon cœur et mon âme à ne pas être tiens.

Alors débuta un nouveau chapitre de leur union, bien plus tranquille, bien moins urgent, comme l'on savoure un met des plus fins, plein d'une infinie douceur.


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MessageSujet: Re: Une annonce, une visite, un cadeau... Une nouvelle, le temps passé, un coeur brisé (PV Amadotsu Kodan - Terminé) Dim 13 Mar - 22:36

Je m’attends à ce qu’il parle peut-être encore, après son long soupire et, une seconde, le doute me prend. Mais la seconde suivante, c’est mon amant qui se saisis de moi et m’enlace pour se relever sans mettre fin à notre étreinte. Je reste accrochée à lui, trop soucieuse de ne plus le quitter. Puis il balaye d’un revers de bras tout ce qui se trouve sur l’espace ce travail afin de m’y poser délicatement, comme un trésor qu’il chérit sans pouvoir en examiner le contenu, depuis bien trop longtemps. Sa langue déverrouille une première zone de plaisir, ne me laissant pas sourire de contentement face à cette initiative qui lui correspond bien. Rassurée par son attitude familière ainsi habité par son envie de moi, je lui rends son baiser, mes mains retrouvant chaque pan de ses vêtements pour l’en débarrasser.

Il fait de même avec mes tissus qui, comme lors de notre première fois, font pâle figure face à ses grandes mains aventureuses et brûlantes du moindre contact. Je comprends dès qu’il touche ma peau que Kodan est bien celui qui saura me rendre heureuse de toutes les façons. Car bien que le temps ait passé, je m’étonne à me sentir déjà comblée de ces attentions en surface qu’il donne à ma chair, là où il fallut à Shin des heures pour ne s’emparer que d’une mince proportion. Chacune de ses caresses, chacun de ses baisers m’emplissent de bonheur et, bientôt, nous sommes suffisamment nus pour nous donner complètement à l’autre. Il vient en moi naturellement, les terres ayant déjà été conquises, il lui suffit simplement d’y installer son être pour qu’elles lui appartiennent à nouveau.

Tandis qu’il redécouvre ma poitrine et commence à danser en moi, j’explore de mes mains chaque centimètre de sa peau du bout des doigts. L’homme et le guerrier qu’il est n’ont perdu aucune vigueur et le Taisho me démontre à plusieurs reprises qu’il en même gagné à force d’entrainement. Ses muscles et ses mouvements de l’époque m’ayant déjà fait atteindre un énième ciel il y a cinq ans, je ne doute pas une seconde en le gâtant de caresses moi aussi que nous irons facilement en découvrir un autre. Nos précédentes révélations auraient pu nous briser totalement mais l’évidence a apaisé nos souffrances au point que les questions aient disparu pour laisser place à ce que nous savions faire ensemble : nous aimer.

Nos bouches se séparent et mon aimé retrouve son souffle tandis que j’en profite pour retrouver le mien, souriant enfin et riant délicatement à cet instant de bonheur que je voudrais ne jamais voir se terminer. Il répond à ma joie par la lumière de son rire et me regarde avec appétit, désireux de me dévorer tout autant que je le suis de le faire presque disparaitre en moi, tant sa présence et sa personne m’ont manquées. Puis il revient plus proche de moi, laissant son visage se perdre sur ma peau et dans mes cheveux pour mieux s’imprégner de moi. Je l’enlace encore plus fort, couvrant son épaule et le haut de son thorax de baisers. Il m’aime, moi et rien que moi à cet instant puis mon prénom dans sa bouche, soufflé ainsi passionnément, finit de me faire atteindre une allégresse oubliée.

Nous atteignons ensemble le zénith du plaisir, sans artifices particuliers, trop contents de tout simplement nous retrouver. Je laisse une voix étouffée exprimer la jouissance charnelle et sentimentale qui m’habite pendant plusieurs secondes tandis que Kodan me serre fort contre lui. Je ne veux plus partir et lui me retiens, l’angoisse de cette urgence d’il y a cinq ans revient mais disparait aussitôt lorsqu’il m’offre un nouveau et un fervent baiser. Encore haletants, nous profitons chacun de ce contact que le guerrier maintient avec beaucoup d’envies et je me rappelle alors cet être infatigable qui fut mien. Ces moments qui, pratiquement chaque fois, prenaient fin à cause de ma fatigue et ma plénitude d’être à lui, là où le Samouraï de l’époque en demandait encore car insatiable de ma personne... La réviviscence de ces moments à deux me fait rougir de plaisir et un frisson parcourt mon échine lorsqu’il chuchote de belles paroles à mon oreille.

Il se redresse et me regarde, ses deux charbons me flattant de l’amour qu’il ressent pour moi et je manque de laisser une larme m’échapper, une simple larme de bonheur de le sentir ainsi si présent en mon corps et si proche de mon âme. Je l’attire doucement à moi après ses derniers mots pour cacher mes sanglots de bonheur mais aussi de tristesse de savoir que cet instant va se terminer. Nous recommençons à danser, plus lentement, profitant de chaque instant et lorsque ma gorge se libère de la contrainte, je trouve la force de parler pour répondre à ses propos, profitant de la tranquillité de ses gestes.

- Tu m’as manqué tout entier, mon Tout, mon Âme Sœur. Et s’il y a quelques mois, je pensais étouffer le feu que tu m’as laissé en partant, aujourd’hui je ne pense qu’à l’entretenir pour vivre notre passion plus intensément que jamais. Non, une semaine ne suffira pas à te montrer à quel point je t’aime, à quel point tu m’es essentiel et nécessaire. Mais une semaine est déjà mieux qu’une autre vie où, peut-être, nous n’aurions pas été réunis.

Nous sommes un puis trois jusqu’à ce que le destin nous sépare une nouvelle fois. Et crois-moi, je ne repartirai que le cœur rempli de ton besoin de moi et des souvenirs que nous créerons ensemble jusqu’à ce que nos Kami décident de notre sort. Jusque-là...


Je le pousse légèrement à se pencher en arrière, sans briser l’union de nos intimités et, délicatement, je glisse du meuble solide à ses jambes pour adopter une position verticale qu’il me sait affectionner particulièrement pour partager nos efforts.

- Jusque-là je suis tienne et rien que tienne. Qu’on me punisse pour ces propos... j’en oublierai presque mon devoir de servir pour vivre en boucle ce que nous vivons.

J’attrape délicatement sa lèvre inférieure avec me dents pour lui signifier que sa vigueur n’est pas la seule à être revenue et que je le veux encore plus que précédemment. Et alors mon bassin recommence à se mouvoir, quelqu’un frappe sur le rebord en bois de la porte de la pièce. Je me crispe, pas de plaisir cette fois-ci et attend que la personne s’annonce en faisant silence.

- Saya-san ? dit la voix que je reconnais comme étant celle de Neji.
- Oui ? dis-je instinctivement.

J’entends alors la porte coulisser très lentement et, ne pouvant me retourner complètement tout en réalisant mon erreur, je dis un peu trop brutalement.

- Non, n’entre pas !
- Oh... dit-il légèrement mal à l’aise en refermant la porte. Sumimasen... Je voulais juste vous dire que Kirito est réveillé. J'ai tenté de le calmer mais il vous réclame.
- Attends, je... j’arrive dans quelques minutes.
- Bien, je m’en vais lui dire.

Un soupir de soulagement lorsque je l’entends partir et je m’affaisse sur mon amant, sans réelle délicatesse, tentant de reprendre mes esprits et ma dignité, contente d’avoir pu éviter le pire.

- Gomen, Ko-san... J’aimerais profiter encore de celui qui m’enivre par sa simple présence mais notre fils aimerait sûrement profiter de ce père qu’il ne connait pas. Rhabillons-nous et allons le retrouver, veux-tu ? Nous pourrons reprendre notre fusion à bien d’autres moments, des moments où les enfants dorment plusieurs heures d’affilées...

Déçue par cette interruption soudaine, j’attends sa réponse en espérant qu’il n’en viendra pas à maudire ou en tout cas réprimer ce deuxième rôle dont il a juré vouloir remplir la fonction.


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Dernière édition par Chizuru Saya le Sam 23 Avr - 21:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une annonce, une visite, un cadeau... Une nouvelle, le temps passé, un coeur brisé (PV Amadotsu Kodan - Terminé) Mer 16 Mar - 10:02


Kodan fut propulsé presque soixante mois en arrière, oublieux de ce qu'il était devenu depuis. En ce temps, il aspirait à servir le clan au mieux de ses capacités et dorénavant qu'il portait le titre de la plus haute distinction de l'ordre militant des flammes et de la noblesse l'accompagnant, il n'avait plus que pour unique souhait celui de redevenir un humble samuraï et de partager ce moment avec celle qu'il aimait.

Tout juste cette pensée émergée des tréfonds de son esprit, il se fustigea intérieurement, car le guerrier du rang n'aurait rien pu faire, rien pu expliquer, ni prendre la moindre décision face à ce qui se produisait. Saya avait eu besoin de l'aval de Riyu, des Kasuga, afin de lui autoriser ce voyage jusqu'à Shiro Kiyooki. Il n'avait eu personne à tenir au courant de cette réception, c'était là un avantage certain du statu de Taisho.

Il faisait toute confiance à Mononoke pour avoir un œil sur les frontières du clan de toute façon et le Jônin ne devait pas ignorer la nature de la raison du voyage de l'enfant des brûmes qui s'était présentée à sa porte. Le Volcan revint à l'instant immédiat, se sentant pousser en arrière par une héritière des Chizuru demandeuse de contrôle sur leur retrouvailles physique.

Il se trouva bientôt assis dans le fouillis de leur vêtements défaits et à moitié retirés et tandis qu'elle lui tiens des propos qui ont allures de déclarations enflammées et aussi sincère qu'un rayon de Soleil d'été, il enroule ses bras autour de la taille de la jeune femme, s'assurant une prise et par la même occasion, de pouvoir embrasser la poitrine de son amante.

Cette dernière vint lui chercher les lèvres dont il usait pour ses doux châtiments et les lui tira légèrement de ses dents dans une attitude mutine, signalant par là que ses envies se mêlaient totalement à celles de l'épéiste des cendres. La paix de ce second round menaçait de se rompre tant elle apposait sur sa mèche grandissante l'étincelle suffisante à son incandescence.

Mais alors qu'il voulu augmenter la cadence et avancer son assaut en elle plus loin qu'il ne l'avait fait jusque là, les pans de son bureau furent frappées. Le fait était bien plus exceptionnel qu'il ne paraissait en réalité, car ainsi dans cette salle, personne n'avait autorisation pour cela, mis à part Kurogane pour les urgences.

Il avait choisi ce lieu pour entendre la réponse de Saya car il s'agissait de son sanctuaire et qu'ils ne soient dérangés en aucun cas, peu important la tournure des événements entres eux. Sa compagne se changea presque en statue, tout comme lui, mais si elle est surprise et inquiète de son côté, le premier Amadotsu s'en trouva choqué et alors qu'il entendit la voix de l'escorte de son élue, il sentit une sourde colère s'emparer de lui.

Kodan était un officier humble et bienveillant vis à vis de ses gens et de ses guerriers, cela et son origine lui avait valu son surnom de Volcan Apaisé et on pouvait parfois le taxer d'un certain laxisme, mais que l'on s'autorisa à briser l'étiquette de cette façon, dans sa propre demeure et contre l'intérêt de son âme-sœur et lui-même le révolta. L'opportun osa même tenter d'entrer dans la pièce, bienheureusement arrêté par l'urgence que l'enfant des brumes mis dans son ton.

Détournée de leur union, toute à sa peur et à sa stupéfaction, elle ne put voir à quel point le bushi était révolté. Si Neji avait osé faire le moindre pas dans cette pièce, sa vie n'aurait tenu que par l'égard que le guerrier avait pour la lancière, mais il n'aurait plus été autorisé de présence dans le domaine de Kazan tout entier.

La chose n'eut néanmoins pas de suite plus pénible que celle de faire cesser leur union et l'annonce du réveil de son fils fut un baume appliqué à la blessure qui venait d'être subite. Il rangea néanmoins l'information dans un coin de son esprit, car cela ne pourrait être pardonné, puis se radoucit entièrement face à la beauté rassurée de Saya par cette non-intrusion quand elle réorienta son attention sur lui.

Emboîtés de la sorte, se serrant mutuellement l'un contre l'autre, il se sentait merveilleusement bien. Coupé dans son élan et dans son désir par l'adopté de son aimée, il n'en resta cependant pas moins à profiter de leur étreinte alors qu'elle tournait la situation en un fait suffisant pour les ramener à la réalité. L'éblouissement dont il était la victime et cette femme la source était tel qu'il ne put lui donner de réponse immédiate, la détaillant dans un sourire radieux.

Puis il l'embrassa langoureusement, se releva en l'emportant avec lui sans qu'elle ne parut peser quoique ce soit et brisa le plus délicatement du monde l'union de leur intimités sans pour autant faire cesser son baiser. L'épéiste laissa l'onabugeisha poser ses pieds au sol et mit fin à leur embrassade dans le même temps. Puis il prit enfin la parole, son ton portait l'accent de l'évidence :

Tu n'as pas à t'excuser de cela, Saya, ni toi, ni Kirito. Je brûle de lui parler autant que celui de te posséder et j'aimerais aussi profiter de la présence de ce fils que je ne connais pas, tout comme tu le dis à son propos.

Il aida d'abord la lancière à se revêtir et à s'arranger, accompagnant son soutien de caresses et d'attentions, puis il passa à sa propre toilette, ce qui ne lui prit qu'un léger instant. Après quoi il passa derrière Saya alors qu'elle tentait de se recoiffer et l'enroula de ses bras, puis il flatta le cou de cette dernière avant de reprendre :

En ce qui concerne ce moment dont tu parles où les enfants dorment… Je crains que ce temps qui nous est alloué sera bien court pour que nous puissions nous autoriser le moindre sommeil dans ce cas.

Cela avait été dit sous le ton évident de l'humour, mais possédait un fond de vérité qui n'avait rien de triste cependant : le Taisho du Feu sous entendait simplement que son appétit d'elle profiterait de chaque instant disponible et qu'elle devrait soit se préparer à cela, soit refuser la concrétisation de cette obsession d'elle qu'il avait. Il la laissa mûrir ses mots et se dégagea d'elle afin de lui permettre de terminer son rhabillage, temps durant lequel il ne la quitta pas de ses yeux brûlants.

Lorsqu'elle eut enfin finie, il passa devant elle et ouvrit lui-même les portes coulissantes épaisses qui fermaient son bureau et n'accorda pas un seul regard à celui qui était venu les déranger, de peur que cela n'affecte son humeur. Kodan attendit simplement qu'elle prenne sa suite et se dirigeait déjà vers la chambre où la chair de sa chair venait apparemment d'émerger de ses songes.

Il tint à ouvrir lui-même les pans glissants et entra dans la pièce, une expression pleine d'une chaleur qu'il ne connaissait pas lui-même et qui lui était venue instinctivement dans la reconnaissance de ce que représentait le petit être qui se tenait à moitié allongé non loin de lui. Il laissa passer Saya et personne d'autre, puis s'adressa autant à ses serviteurs qu'au suivant de son aimée avant de refermer la cloison derrière elle :

Il me faut clarifier un point avant qu'une nouvelle erreur ne survienne et n'engendre de tristes conséquences : Lorsque je me trouve dans une salle en ma demeure, seul l'intendant, Dame Chizuru et Kirito-kun seront en droit d'y pénétrer. Aucune raison ne sera reçue, peu importe l'urgence de cette dernière. Si vous avez quoique ce soit à me transmettre, veillez à le faire passer par Benihito Kurogane-san.

Sur ces termes, il n'attendit pas de réponse. Il était le Seigneur de ces terres et il se trouvait déjà bien trop doux de se limiter à un simple sous entendu. Puis il retrouva de ses iris ceux de son fils et toutes les ombres qui naissaient en son cœur furent instantanément balayées. Kirito devenant ainsi la seconde personne avec sa mère à être possesseur de ce don. L'héritier des Kiyooki qui n'était plus tout à fait le dernier, du coup, s'approcha et s'installa en tailleur à côté de la couche du bambin, un sourire irradiant ses traits.  Il mit toute la douceur du monde dans sa voix, malgré son accent du Nord et sa voix rocailleuse, lorsqu'il s'adressa à son enfant :

Oy, Kirito-kun. Gomen, musuko… Je ne sais pas par où commencer… Tu parais me connaître alors que j'en sais si peu sur toi… Souhaites-tu quelque chose à manger ? À boire ? Je te ferais apporter cela pendant que tu me raconteras la légende de Chizuru Kirito. Ne trouves tu pas injuste que Amadotsu Kodan, celui dépeint dans les contes de ta maman, ne puisse pas lui aussi entendre de belles histoires à propos du jeune garçon qui vient de devenir son héros ?


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MessageSujet: Re: Une annonce, une visite, un cadeau... Une nouvelle, le temps passé, un coeur brisé (PV Amadotsu Kodan - Terminé) Mar 26 Avr - 18:45

L’étreinte dure encore quelques instants, sans que Kodan ne réponde à l’interruption immédiate de nos ébats autrement que par un sourire. Puis d’un baiser langoureux et d’un peu d’élan, il réussit à me soulever sans peine, continuant de me transmette sa passion par ses lèvres, mettant délicatement fin à notre union en me faisant regagner le sol. Je sens dans ses mots un léger regret de la façon dont notre échange s’est terminé mais la lumière revient lorsqu’il parle de Kirito. Je n’avais pas espéré qu’il l’aime tout de suite et le fait qu’il le dise si ouvertement me comble de bonheur. Il m’aide à me rhabiller puis s’habille lui-même, si vite et si bien que je suis surprise qu’il m’étreigne déjà lorsque je m’attache les cheveux.

À son invitation brûlante, je ne réponds, une fois retournée que d’un sourire évocateur en hochant la tête, pour approuver que nos nuits seront courtes et que ce n’est pas pour me déplaire. Il passe finalement devant moi, sortant de la pièce, sans rien exprimer et surtout sans regarder Neji, toujours devant la porte, qui s’incline à son passage. Je tapote son épaule car il semble inquiet... et il a des raisons de l’être lorsque nous arrivons finalement dans la chambre de Kirito. Kodan ouvre le porte, entre et sourit puis me laisse entrer. Avant d’arriver vers mon fils, je me retourne alors, surprise du ton autoritaire qu’il emploie à l’attention des personnes présentes. Avant qu’il ne ferme la porte, je vois Neji se déconfire et devenir plus blanc que jamais, conscient et honteux de son comportement.

Stupéfaite de découvrir l’homme que j’aime dans ce rôle nouveau pour moi, je l’observer retrouver la douceur dont il sait faire preuve alors qu’il se dirige vers la couche de notre enfant. Je m’agenouille également vers le petit et souris à mon tour avec tendresse lorsque je le vois se frotter les yeux, encore loin d’avoir émergé. Puis il se lève et vient se blottir contre moi, se retournant instinctivement vers son père pour écouter ce qu’il a à lui dire. Kirito met quelques secondes à s’imprégner des nombreuses questions qui lui sont adressées ; il me regarde et semble réaliser que ce n’est pas un rêve.

- Amadotsu Kodan... est Oto-san, dit-il simplement.
- Mh mh, dis-je en lui caressant la tête.
- Mais je n’ai pas faim... ni soif... merci, ajoute-t-il, encore tout embué.

Il place son doigt sur sa bouche, prenant son air penseur. Je devine alors qu’il cherche une histoire héroïque à conter à ce père, notion qui lui est encore bien abstraite, malgré les attentions du Taisho.

- Pourquoi ne lui parlerais-tu pas du lézard géant ? je propose à l’instant, en souriant.
- Oh oui, le lézard ! Mais... est-ce que c’est assez... finit-il par chuchoter à mon oreille.
- Bien sûr, il va adorer, Kirito. Allez, raconte.

Je le pousse à se lever et à s’avancer vers Kodan. Un peu hésitant et timide, il finit par le regarder et je fais de même, toute ouïe, surtout observatrice des réactions de mon aimé face à ce petit être semblant minuscule face à la montagne qu’il est.

- Eh bien, tu sais Oto-san, une fois j’étais dans le jardin de la maison, avec Onee-chan et Onii-chan. Et puis, d’un coup, j’ai vu une énooooorme ombre sur le mur. J’ai crié d’étonnement et personne n’a cru qu’il y avait un monstre ! Alors je suis allé vérifier moi-même, comme mon... comme toi, en fait. Et tout au fond, dans un coin, j’ai vu un lézard géant !

Je ne peux m’empêcher de rire légèrement en voyant Kirito montrer la taille de l’énorme créature... de dix centimètres, tout au plus.

- Ne te moque pas, Haha ! J’ai dû appeler Neji pour m’aider à le faire fuir, c’est sérieux ! Et il est venu avec son katana d’entrainement, angoissé parce que j’avais pe... j’avais un plan. Pendant que Onii-chan faisait diversion avec des grimaces, j’ai attrapé le lézard géant par la queue ! Il a résisté longtemps puis, d’un coup, il est tombé ! Il y avait du sang partout, c’était un vrai champ de bataille. Onee-san a hurlé quand elle a vu que j’avais ramené le trophée à la maison. Malheureusement, Haha a dit qu’on ne pouvait pas le garder parce que la queue du monstre allait pourrir, alors... je l’ai dessiné pour le garder en souvenir. Et Haha a dit que, la prochaine fois que je tuerai un monstre, ça serait un Yokaï ! Mais j’ai encore besoin d’entrainement...
- N’est-il pas extraordinairement courageux ? dis-je à Kodan, tentant de garder mon sérieux.

Kirito rigole, finalement, sans vraiment comprendre la situation, juste heureux de pouvoir raconter cette histoire à quelqu’un qu’il admire et aime déjà.

- Dis, dis, Oto-san, dit-il en sautillant sur place. Est-ce que tu pourras m’aider à apprendre des techniques ? Haha m’apprend le kenjutsu mais elle préfère la lance et Onii-chan n’a pas encore le droit de se présenter en tant que Samouraï. Bientôt, il a dit qu’il pourrait et qu’il protégerait Onee-san de tout son cœur ! Oh et... Dis, dis, Oto-san. Est-ce que Neji a fait quelque chose de mal ? Je n’étais pas encore bien réveillé mais j’ai eu l’impression que tu le grondais...

Tu sais, il m’a dit qu’il a changé, qu’il veut devenir fort pour nous aider et aider Haha qui lui a tout apporté. Je ne crois pas qu’il mérite qu’on le gronde. Onii-chan ne veut jamais blesser les gens mais il en blessera si on nous fait du mal, c’est ce qu’il a dit. Est-ce que tu penses la même chose ? Neji raconte bien les histoires, je suis sûr qu’il adorerait t’en raconter d’autres et s’entrainer avec toi. Il ne parle pas beaucoup mais c’est un bon garçon, Haha le dit souvent.


Je n’ose pas l’arrêter car je n’ai jamais vu mon fils rayonner aussi fort. On dirait qu’il tente de rattraper ses cinq premières années, de toute partager avec son père. Et une semaine ne suffira pas. Auront-ils le droit de s’écrire ? Kirito voudra-t-il rester à Setsu ? Je tente de ne pas trop encombrer mon esprit avec de telles pensées et attend patiemment le retour du Taisho, curieuse de connaitre une autre facette de lui. Secrètement, j’espère alors être la seule à pouvoir la savourer.


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MessageSujet: Re: Une annonce, une visite, un cadeau... Une nouvelle, le temps passé, un coeur brisé (PV Amadotsu Kodan - Terminé) Jeu 28 Avr - 20:24


Tout est bien trop nouveau pour que le Volcan parvienne à savoir comment se comporter face à ce fils qu'on venait de lui révéler. Tandis qu'il émergeait lentement de sa somnolence, se levant enfin et rejoignant sa mère, le guerrier se sentait si ignorant du sujet de la parenté qu'il fut ravi que Saya le relance et l'encourage à répondre plus ou moins aux premières questions hasardeuses qu'il lui avait posé.

Né dans la noblesse martiale, il avait été éduqué depuis son plus jeune age à tout un éventail de compétences et d'arts divers. Lire et écrire, porter le katana, tirer à l'arc, monter à cheval, reconnaître les code qu'un tessen pouvait transmettre sur le champ de bataille… La liste pouvait encore s'étendre sur des parchemins entiers, noircis de l'en-tête au pied. Mais rien ne l'eut préparer à faire front à cela.

On ne lui avait jamais indiqué les secrets du savoir qu'un père devait avoir. Décontenancé, il pria l'esprit de son aïeul de le guider dans cette tache qui lui paraissait un abîme d'inconnu, lui demandant en pensée comment avait-il pu réussir à être l'homme, l'exemple et le modèle qu'il avait toujours été aux iris du bushi durant son enfance et jusqu'à ce que le Destin ne décide de le lui arracher.

Non, c'était faux, Kiyooki Hayato était resté, bien après son trépas, l'idéal que Kodan avait toujours espérer égaler. Ses prunelles sombres s’écarquillèrent soudain alors que la solution s'imposait d'elle-même à cette idée. Il n'y avait pas de moyen de s’entraîner à devenir un tel être, c'était un don que, dans son souvenir, son prédécesseur avait toujours eu.

Il supplia silencieusement les Kamis d'avoir pu hérité de cet instinct, son attention se rouvrant sur son enfant et l'héritière des Chizuru alors que le bambin débutait de narrer sa légende après s'être levé de sa position et lui faisant face à présent et qui manqua de le faire réagir de surprise. Le premier Amadotsu donna néanmoins le change, inclinant la tête légèrement sur le côté droit, un sourire attentif sur ses rudes traits de Kazanite.

La légende ainsi contée le fut à grand renfort de geste et d'adjectifs extravagant qui auraient tout à fait pu déclencher un fou-rire au vaste épéiste si le narrateur ne lui arrachait pas déjà tant d'affection. Il sourit cependant à pleine dent dans un premier temps et pour éviter que Kirito ne prenne cela pour de la moquerie, il força son expression sincère d’intérêt, ouvrant de grands yeux impressionnés et se mis à ponctuer chaque acte dépeint dans la fresque infantile à renfort d'onomatopées soulignés de gestes de fascination.

Oooh ! Dit-il en reculant sobrement.

Ah ! S'exclama t-il en faisant claquer ses paumes sur ses cuisses.

Il se pencha vers ce fils ignoré jusqu'à ce jour, mimant un intérêt pourtant sincère, mais dédié à tout autre chose en réalité que cette modeste épopée. Une étrange flamme brûlait en lui qu'il ne su pas tout de suite identifier, si ce n'était qu'il se senti à l'apogée de son bien-être, dépositaire d'une force qu'il ne se savait pas contenir. Le disciple de Moegami acquiesça avec ravissement à la question de son aimée dont il croisa le regard et fut charmé par l'expression qu'il découvrait sur son visage.

Derrière les pupilles de la lancière brillait un feu qui l'éclairait totalement, une émotion qu'il savait venir de ressentir sans toutefois pouvoir la nommer, quoiqu'elle lui rappelait bien quelque chose, mais cette dernière était bien moins intense. Rompant le cheminement de sa quête intérieure, le jeune garçon lui adressa à nouveau la parole et dès les premiers mots qu'il prononça, toute la concentration du Général Incandescent se focalisa sur lui.

Oto-san…

Son cœur rata un battement et il sentit ses yeux au bord des larmes qu'il ne pu contenir que grâce à des années d'apprentissage et de maîtrise de soi pour garder la face. Son écoute fut des plus totale dès lors. Neji et Niji, ces deux enfants qui avaient bien grandis depuis qu'il les avait rencontré cinq années plus tôt, étaient vu par Kirito comme un frère et une sœur. Un nœud se forma dans son ventre à cette idée, le regret de son absence et de son ignorance se faisant un instant plus poignant.

Ces jeunes gens avaient très certainement dû être les soutiens de Saya et était plus que probablement loin d'être innocent dans l'éducation de la propre chair de sa chair, là où lui en était parfaitement étranger. C'en fut trop. Il épargna la vu de ses prunelles soudainement inondées à son entourage, plaquant sa mains droite sur ses traits et tachant de refréner cette fuite incontrôlée dans les plus bref délais.

Il leva le bras gauche, sa paume dressée afin de rassurer les deux seuls témoins de ce débordement et parvint enfin à regagner sa paix intérieure, ressentant derechef cette chaleur qu'il avait éprouvé une fois le récit de son fils terminé. Il fut alors pris d'une révélation, son sentiment se dévoilant, trouvant un sens et une identité.

Kodan reparut irradiant de lumière dans l'un de ses sourires les plus francs et sa voix aux accents roulants répondit enfin aux attentes du bambin sans garder la moindre trace de son trauma précédent, avec force et conviction :

Je serais honoré d'avoir pour élève un héros comme toi, Kirito-kun et je suis redevable à Niji et Neji pour ce qu'ils ont fait pour toi.

Il posa sa main droite sur le crâne du garçon, recouvrant quasiment intégralement celui-ci et poursuivit en lui ébourriffant les cheveux :

Et non… Neji a juste été maladroit et dans le monde dans lequel nous vivons, il y-a des règles qu'un samuraï doit connaître et appliquer, vois-tu ? En tant que bushi confirmé, il est de mon devoir de lui montrer ses errances afin qu'il puisse les corriger et devenir un valeureux combattant digne de toi. Mais il a raison de penser que l'on ne peut laisser autrui porter la mains sur ceux que l'on aime, et...

Il s'arrêta, fronçant légèrement les sourcils et se leva subitement, se dirigeant vers la porte de la chambre et la faisant coulisser rapidement, il n'en passa cependant pas le pas, restant un instant silencieux face à celui dont il avait été sujet. De dos, il aurait été impossible pour Saya et l'enfant de voir son expression, mais sa voix n'avait plus rien de la fermeté avec laquelle il s'était exprimé envers le jeune homme avant de pénétrer la pièce :

Oy, Neji-kun. C'est ainsi que sont les Setsu n'est ce pas ? Prompt et direct. Mon propos de tout à l'heure tient toujours. Saya-san et moi avons beaucoup de choses à rattraper ensemble. Mais si mon fils est autorisé à rentrer dans la même pièce que moi…

Il se décala, libérant le passage, son attention toujours centré sur son interlocuteur et continua :

… Alors son frère en a le droit aussi. Viens à présent.

Kodan n'attendit pas que Neji eut fait le moindre pas pour obéir à sa demande, s'il en avait le cœur. Le Taisho du Nord posa sa main sur l'épaule de ce dernier et conclu son invitation d'un ton bas, bien loin de se trouver glacial :

Domo arigato, fils. Tu as été celui qui était là et a veillé sur ce qui m'est le plus cher à ce jour. Je te suis débiteur à un point que tu ne peux pas imaginer et veillerait à racheter cette dette, quel-qu’en pourrait être le prix. En attendant cela, il manque à cette réunion un membre de la famille, alors entres, ne nous fait pas attendre.

Il fit demi-tour, révélant les traits qu'il avait réservé à l'adolescent et le sourire qui y trônait, bienveillant. Il se souvenait à présent de ce sentiment qu'il venait à nouveau de ressentir.

Il s'agissait d'une insondable fierté.


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MessageSujet: Re: Une annonce, une visite, un cadeau... Une nouvelle, le temps passé, un coeur brisé (PV Amadotsu Kodan - Terminé) Dim 1 Mai - 13:52

Le récit semble captiver mon aimé, qui rend le change à notre enfant aussi naturellement que possible. J’ai rêvé de cette situation tant d’années et dès les premières minutes de vie de Kirito ; cette rencontre naturelle de deux êtres liés par le sang et par la lumière. J’ai toujours été certaine, d’ailleurs, que cela se passerait bien, aux vues des qualités du Samouraï que j’avais connu cinq années plus tôt et de la façon dont il avait accepté mes bambins d’adoption. Et bien que je fusse ravie à l’époque de leur acceptation par l’homme que j’aimais, cette affiliation-là m’apporte beaucoup plus car Kodan est le seul homme ayant été capable de faire naître la vie en moi. Entendre la chair de nos chairs l’appeler « père » pour la première fois me rend heureuse comme jamais.

Je vois l’expression du Taisho changer au fur et à mesure des paroles de Kirito. Il retient son émotion jusqu’à ne plus pouvoir le faire ; il cache son visage et, instinctivement, je me redresse sur mes genoux pour lui venir en aide. L’inquiétude gagne Kirito également, le temps qu’il nous rassure d’une main levée. Quelques secondes lui suffisent seulement pour se ressaisir et sourire à nouveau, comme si cette vague d’émotion lui avait appris quelque chose. Je me détends alors tandis qu’il recommence à parler, promettant son enseignement à notre fils et rappelant la reconnaissance pour Niji et Neji qu’il a conservée depuis tout ce temps, de veiller sur notre famille. Voir le Gouverneur de Kazan toucher Kirito éveille toujours en moi une chaleur que je n’ai retrouvée nulle part ailleurs et je ne peux m’empêcher de sourire à ce contact qu’il ose avec sincérité.

Que la leçon de l’honneur et du respect vienne de mon aimé ravive cette admiration que j’ai toujours eue pour lui, dès l’instant où il n’avait pas encore de statut et qu’il rentrait chez lui. Puis il se stoppe, fronçant les sourcils et se dirigeant finalement vers la porte, restant quelques secondes silencieux face à un jeune homme déconfit face à sa propre offense commise en présence de l’homme qu’il a au final finit par admirer aussi. La voix du Volcan démontre moins un changement d’avis qu’un déclic, une prise de conscience venue d’une remarque de sa descendance récemment découverte. Il rappelle la règle alors mais invite le frère de notre enfant à se joindre à nous, l’acceptant à nos côtés pour agrandir la famille.

Les yeux brillants après le sourire de Kodan, Neji finit par entrer, s’approchant de Kirito, complètement ébahit par cette transformation. Seul homme « adulte » de la maison, Neji avait toujours tenu à cacher ses sentiments, voulant assurer notre protection et déterminé à devenir le meilleur bushi d’Okaruto. Je souris de soulagement lorsque je vois une larme rouler sur sa joue, qu’il s’empresse d’essuyer d’un revers de main avant de retrouver le regard du Taisho. Il s’incline alors très bas et parle fort, dans une volonté de cacher sa voix tremblante et sa légère faiblesse.

- Dômo arigato gozaimasu, Amadotsu-san ! Je ne vous dérangerai plus, je le jure sur ma vie... Pardonnez-moi d’avoir ainsi brisé votre moment. Je suis encore maladroit avec les convenances mais j’apprends tous les jours un peu plus pour embrasser le même avenir militaire que vous. La route est encore longue mais vos compliments réchauffent mon cœur comme ils l’ont fait il y a cinq ans.

Il se redresse et prends une grande inspiration, souriant, libéré d’un poids et libre d’exprimer ce qu’il ressent à présent.

- Il n’y aucune dette à rembourser, je n’ai fait que mon devoir et continuerai de le remplir tant que Saya-san aura besoin de moi. Et le jour où on choisira mes services pour mes talents de guerrier, alors je jurerai protection et fidélité à Niji, à tout le Clan, ainsi qu’aux brumes qui m’ont vu naître car ils sont ce que j’ai de plus cher. Ah... en parlant d’elle...

Il sort de son kimono une enveloppe contenant un précieux trésor. Sur cette dernière, qu’il tient des deux mains, Niji a dessiné au détail près le môn que Kodan lui avait confié des années plus tôt.

- Niji aurait voulu venir mais elle voulait aussi garder la maison en notre absence. Elle a refusé que nous vous transmettions ses paroles et a tenu à vous écrire, en plus de vous montrer ses talents d’artiste, qu’elle peaufiné en plus de bien d’autres habilités.
- J’aimerais dessiner comme Onee-san, un jour !

L’engouement de l’instant me fait me relever et préciser ce que Neji peine à détailler.

- Jamais ils ne t’ont oublié. Ils ont contribué à la légende d’Amadotsu Kodan, ont partagé leur ressenti avec Kirito pour qu’il grandisse avec toi. Et Niji a prié longtemps pour que tu reviennes... mais surtout, surtout pour que tu sois heureux, Ko-san. Ils ont compris le sens du devoir, le temps qui passe et la préciosité du cadeau que tu as laissé aux Chizuru. Tu nous as suivi des années, donné de la motivation à Niji, du courage à Neji et des rêves à notre enfant. Pour cela... je m’en veux d’avoir voulu t’oublier. Mais je repartirai plus forte, moi aussi. Je ne faillirai plus. Ta place est là, en chacun de nous et rien ne pourra la remplacer.

Je plaque ma main sur mon cœur. Pour une fois, je ne pleure pas, tandis que je lui jure haut et fort ne plus jamais oser penser à le rayer de ma vie. Car j’ai alors la conviction profonde, plus encore que ma foi en Kasugami, que j’aimerai toujours cet homme.


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MessageSujet: Re: Une annonce, une visite, un cadeau... Une nouvelle, le temps passé, un coeur brisé (PV Amadotsu Kodan - Terminé) Mar 3 Mai - 23:59

Un sourire en coin illuminait le visage de Kodan, quelque peu attendri par la réaction du jeune homme qui tâchait de préserver une dignité dont il n'avait guère besoin en ces lieux lorsqu'il essuya une larme de sa joue que le discours enflammé du Gouverneur des Volcans avait provoqué. Il n'en fut cependant pas moins surpris quand vint la révélation de l'inspiration qu'il avait pu avoir sur Neji autrefois. C'était une étrange transformation qui s'opérait face à lui.

Le défiant garçon qu'avait été l'adopté de Saya autrefois était devenu un homme reconnaissant qu'il n'avait pas su voir alors qu'ils s'étaient présentés à lui, quelques heures plus tôt et avant d'interrompre… Les retrouvailles toute personnelles qu'ils avaient entrepris, l'héritière des Chizuru et lui-même. Celui qui se dressait face à lui était plein de couleurs qu'il ne lui aurait jamais cru capable d'offrir jusqu'à cet instant et il lui préférait mille fois cette facette là de sa personnalité.

Puis il interrompit ses louanges et ses promesses d'un glorieux avenir duquel le premier Amadotsu ne doutait pas pour passer sur le sujet de sa sœur adoptive, transmettant ses bons sentiments et le secret d'un courrier qui lui était adressé et qu'il récupéra délicatement, avisant le môn des Kiyooki représenté sur la surface du papier de riz. Les dents du Volcan apparurent alors, une expression solaire se dessinant sur ses traits, ses yeux sombres perdus dans les détails infinis qu'elle avait pu mettre dans les armoiries de sa famille et l'honneur duquel elle venait de l'inonder, probablement sans le savoir.

Enfin, le chant mélodieux de la voix de celle qu'il avait choisi contre toute les convenances sociales Yokuni autrefois s'éveilla pour lui détailler plus encore cette foi et cet amour dont il ignorait être la source depuis tant d'années. Il la dévisagea, le cœur déchiré par la fierté, le regret et la passion. À plus d'un titre, on lui racontait l'histoire d'une famille dont il ignorait tant et qui s'avérait pourtant être la sienne et ne l'avoir jamais oublié.

Le trop de larmes qui avait déjà coulé ce jour lui permis de ne pas sombrer dans la honte de se dévoiler à nouveau faible face à eux. En lieu et place de cela, il gonfla le torse de joie et c'est avec force qu'il se montra touché par les mots qu'elle lui adressait. Car il était le Seigneur de ces Terres, celui des Armées des Flammes, mais aussi le père de merveilleux enfants, par le sang ou par le cœur, ainsi que l'amant de la plus douce des mères et des femmes que Yokuni puisse compter.

Préserver cette apparence lui fut simple, mais dès lors qu'il voulu répondre à tout cela, il sentit sa voix mourir entre ses lèvres, incapables de contenir cet émoi qui bouillonnait en lui. Il déglutit, la coupure se faisant quelque peu longue, puis parvint tout de même à articuler d'une voix basse et néanmoins chaleureuse :

Là… Suffit. On ne mène pas aux pleurs le Taisho des Setsu, gens d'Okaruto…

C'était voulu sur le ton d'une plaisanterie, la suite fut plus claire à entendre, au fur et à mesure qu'il prenait le pas sur les merveilleuses émotions qui s'animaient en lui et qu'il posa à son tour la main sur son cœur en réponse au geste de sa bien-aimée :

Vous n'avez jamais quittés ma mémoire. Neji, Niji et toi, Saya. Je suis le résultat seul de jour passés à ne désirer que votre fierté, ainsi que celle de mes ancêtres. Mais je ne te tiendrais jamais pour coupable de ton besoin d'avancer, d'avoir souhaité l'oublie par rapport au souvenir, je le répéterais autant de fois que cela sera nécessaire pour que tu sois consciente de cela.

Il retourna à nouveau son attention vers le jeune homme et poursuivit :

Neji-kun, le temps que vous séjournerez ici, vous êtes sous ma protection et ma bénédiction, ta lame peut se reposer, entre mes murs, c'est à moi de veiller sur vous, sans exception. Nous mesurerons tes talents de guerriers cette semaine, mes hommes et moi, si le cœur t'en dit, mais je suis à peu prêt certain que tu ne feras pas défaut à l'estime que j'ai toujours eu à ton égard.

Enfin, il retourna auprès d'eux, posant sa main droite sur l'épaule du garçon, frottant de sa gauche la tignasse de Kirito, mais les braises vives de ses iris ne regardant plus que Saya, il conclut alors :

Neji-kun. Kirito-kun et toi allez faire la connaissance dans l'instant de Kurogane'ojiisan. Faites vous escorter par le premier serviteur que vous croiserez et demandez à ce que l'on vous guide à lui en mon nom pour qu'il puisse vous faire visiter votre demeure pour les jours à venir, spécialement le Dojo, insistez sur le sujet de ma part. Saya-san et moi avons un moment brisé à réparer.

Il alla lui-même ouvrir les pans coulissants des portes de la pièce pour laisser passer les deux garçons qui peinaient visiblement à sortir de façon disciplinée à l'idée de ce qui venait de leur être promis, laissant Neji oublieux de la pique qui lui avait été gentiment fait. Enfin, lorsqu'il fut certain que son fils et son frère d'adoption furent partis, il ferma l'issue et se dirigea vers l'héritière des Chizuru, ses traits pour le moins évocateurs, lui caressant délicatement la joue une fois parvenu à sa hauteur, sa main jouant dors et déjà avec le obi de la lancière :

Du moins, si tu le souhaites toujours, mon aimée. Nous les rejoindrons plus tard après le terme de ce projet que je nourris dans l'instant… Et en ce qui concerne ton droit de visiter le palais, j'ai dans le souvenir celle de ta demeure… Mon seul souhait est que nous ne nous y prenions pas différemment ici que ce ne fut le cas chez toi autrefois… Que chacune des pièces de Shiro Kiyooki puisse se souvenir de ton odeur et de ton rayonnement… nous ferons cela lorsque les mœurs sont à la nuit, si tu le veux bien.

Lorsqu'il eut fini de parler, la ceinture du kimono de son âme-sœur était déjà bien loin d'eux.


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MessageSujet: Re: Une annonce, une visite, un cadeau... Une nouvelle, le temps passé, un coeur brisé (PV Amadotsu Kodan - Terminé) Mar 10 Mai - 11:03

Mon homme prend une grande inspiration, apparemment décidé à nous répondre mais le silence se fait long. Une première phrase lui permet de rebondir sur la suite, comme pour contenir le trop plein d’émotion et je ne peux m’empêcher de trouver cela attendrissant. Je souris tandis que Kodan me pardonne encore mon écart, soulagée qu’il ne semble pas décidé à changer d’avis. Un sentiment de fierté m’habite lorsqu’il complimente Neji, naturellement, lui permettant de se « reposer » et de profiter du séjour. Le jeune homme qu’il est devenu est ravi et s’incline sobrement en souriant pour remercier celui qui est devenu son exemple au lieu de rester un éternel ennemi. Le Taisho flatte les garçons d’attentions et la braise de ses yeux charbons se pose sur moi.

Suffisamment adulte pour comprendre la situation mais encore ébranlé par l’instant, Neji rougit, légèrement mal à l’aise lorsque Kodan parle d’un moment brisé à réparer. Trop innocent il y a cinq ans pour comprendre cela, il a l’esprit suffisamment ouvert à présent pour saisir qu’il faut qu’il sorte, avec Kirito, retrouver cet homme à connaitre. Sans perdre de temps, il sort alors, avec son petit frère, s’inclinant une dernière fois pour nous remercier. Puis mon amant revient, bouillant comme juste avant cet entracte émouvant. Il s’apprête déjà à défaire mon obi, caressant ma joue et un frisson de bonheur ponctue le sourire que je lui rends, encore une fois reconnaissante de tout ce qu’il fait pour moi et pour cette famille particulière.

Je ne réponds pas de suite, me perdant dans mon désir de lui, mon envie de faire durer le moment. Mon kimono largement ouvert, je passe mes mains sous le sien, devinant ses muscles de l’une, utilisant l’autre pour défaire sa ceinture également. Je ne me lasse pas de voir son corps exprimer l’amour qu’il ressent pour moi et je lui offre quelques caresses avant de me blottir contre lui pour parler avant de me redonner à lui.

- « Ceci était mon serment d’allégeance au règne de votre personne sur la mienne. »... C’est ce que tu m’as dit après notre première fois. Mais c’est toi, le Seigneur de mon âme, le Seigneur de mon corps, mon amour. Je donnerais ma vie pour trois raisons de mon existence : mon Clan, ma famille et ta personne. Et que les Kami me maudissent de dire cela mais... si une guerre éclatait, alors je ne saurai pas faire de choix.

Okaruto et ma famille m’ont vu grandir, celle que j’ai pu fonder grâce à toi m’a vu me stabiliser. Mais rien ne pourra jamais remplacer ce que tu représentes à mes yeux, rien n’a su remplacer la chaleur que tu m’apportes à chaque contact, aucune autre flamme ne trouvera grâce à mes yeux, pas plus que les brumes de mes terres. Le destin se jouera de moi en t’offrant une autre femme mais qu’importe.


Murmurant un « je t’aime », je saisis sa tête entre mes mains et l’invite à se pencher pour attraper le baiser fougueux que je veux lui offrir. Cette pièce sera le début d’un marathon de sensualité, qui ne sera interrompu que par le repas du soir partagé avec nos enfants. Les discussions sont animées mais survolent des éléments sans gravité, comme si la vie pouvait juste se contenter d’être belle. Exténués, ces derniers vont se coucher tôt mais aucune fatigue n’empêche la Généreuse et le Volcan Apaisé de conquérir les murs, le sol et les hauteurs de ce magnifique château.

***
Le matin arrive trop tôt. À peine assoupis, on nous invite à prendre le petit-déjeuner royalement préparé. Neji s’est occupé de Kirito, l’a habillé et lavé comme il en a l’habitude. Je les embrasse tous les deux lorsque nous nous installons dans la pièce à manger.

- Tu es fatiguée, Haha ? demande Kirito, alors que je me frotte les yeux.

Neji se racle la gorge, comprenant encore une fois pourquoi je suis dans un état second.

- Moi j’ai bien dormi ! dit notre fils, plein d’entrain.

Je souris, heureuse de voir qu’ils vont bien tous les deux. Après quelques minutes, le premier repas de la journée est bien entamé lorsque vient la question que je n’attendais plus.

- Haha ? Est-ce qu’on pourrait rester ici pour toujours ?

Je ne suis pas surprise et pose sobrement mes baguettes pour lui répondre.

- Non, mon chéri, on ne peut pas.
- Pourquoi ?

Je soupire discrètement et évite de croiser le regard de mon aimé, voulant assumer la réponse à cette interrogation des plus légitimes.

- Ton père a fait une promesse à quelqu’un, il la tiendra. Mais nous ne pouvons pas l’aider et nous n’en avons pas la permission.
- Oto-san est amoureux de quelqu’un d’autre ? demande-t-il innocemment.

Peut-être est-ce la fatigue mais le peu de solidité qui m’habitait alors s’effondre. J’ai promis à Kodan de profiter du moment présent mais, parfois, le futur nous rattrape et j’ai maintenant peur que la famille que nous construisons ne tienne pas sur la longueur. Je n’ose d’ailleurs pas l’espérer car ce serait souhaiter la mort de la femme qu’il a choisie.

- Excusez-moi, je reviens, dis-je la voix tremblante après m’être inclinée.

Le petit veut rejoindre sa mère, il a peur de l’avoir blessée mais Neji le retient par le bras.

- Ne t’en fais pas, Kirito. Haha va bien, dit-il calmement.

Il regarde alors Kodan, sans savoir vraiment quoi dire. Après quelques secondes, il trouve les mots.

- Personne n’est à votre place, Amadotsu-san. J’ai juré de détruire tout ce qui pourrait faire du mal à ma mère d’adoption mais... à votre place, je ne sais pas quel choix j’aurais fait. Il est impossible de vous en vouloir et tout aussi impossible de ne pas vous aimer. Je me rappelle l’avoir entendue pleurer en prononçant votre nom, des nuits durant après votre départ. Et le lendemain, elle venait nous parler de vous comme l’être le plus merveilleux de tout Yokuni. Le devoir... c’est ce qui l’a fait lâcher prise. Et elle est fière de vous avoir retrouvé Taisho, plus fière que vous ne le pensez.

Mais Saya-san est ainsi : elle ne peut pas simplement vivre l’instant présent, du moins pas tout le temps. Toute notre enfance, elle nous a rappelé que nous devions choisir un avenir, que nous devions nous y tenir, quel qu’en soit le prix. Elle ne nous a pas confié ses craintes mais nous a encouragés à devenir plus forts, à faire valoir ce que nous sommes et ce que nous savons faire. Jamais elle ne m’a confié ce qu’elle souhaitait faire de sa vie... Elle a atteint son but d’entrer dans l’armée et dit depuis notre adoption, peut-être depuis plus longtemps encore, qu’elle en est heureuse.

Mais j’ai l’impression qu’elle a toujours souhaité autre chose de plus, quelque chose qu’elle a osé imaginer à vos côtés. À chaque fois, cette envie lui est retirée, par le devoir ou par le destin. Des choix qu’elle ne fait pas mais qu’elle suit parce qu’elle sait que c’est ce qu’elle doit faire. Cependant... Saya-san n’est qu’humaine. Je le sais maintenant que j’ai grandi. Et en tant qu’humaine, il lui est parfois difficile d’oublier ses sentiments contradictoires. Il lui faut du temps et elle reviendra vers vous... elle reviendra toujours vers vous.


Kirito a écouté chaque mot de Neji mais n’en a pas compris la moitié. Il saisit juste que sa maman est formidable et que son grand frère est un homme, comme l’est son père. Curieux, il veut entendre la réponse ou la réaction de ce dernier, Saya s’étant isolée à l’extérieur pour un petit moment. Les hommes ne changent pas la face du monde... mais peut-être ces trois-là peuvent-ils espérer lui rendre le sourire ?


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MessageSujet: Re: Une annonce, une visite, un cadeau... Une nouvelle, le temps passé, un coeur brisé (PV Amadotsu Kodan - Terminé) Ven 13 Mai - 23:24

Ce fut une nuit sans sommeil et pourtant, elle n'affecta en rien le bushi lorsqu'on vint les prévenir de l'établissement du premier repas de la journée, chose dont il semblait avoir plus besoin que de dormir, en tout état de cause et à la sensation qui était la sienne au creux de son estomac. Il l'avait vu s'assoupir, radieuse dans son épuisement et merveilleusement heureuse dans l'expression qu'elle lui rendit, le renvoyant dans le souvenir maintenu intact après ces années de séparation.

À plusieurs reprise, il avait dégagé son visage des mèches qui coulaient sur ce dernier afin d'en admirer les traits jusqu'à ce que Dame Soleil se substitue à Seigneur Lune pour les illuminer. La seule présence de la lancière suffisait à l'alimenter d'une énergie qu'il jugeait sans limite au vu de l'absence total de fatigue qu'il ressentait.

Kodan accueillit l'ouverture difficile des paupières de Saya d'un délicat baiser et dû se faire violence pour ne pas l'entraîner dans une nouvelle étreinte, retenu uniquement par l'usure tangible dont elle était victime par son propre fait, bien qu'elle ne semblait pas en éprouver le moindre regret, et son envie égale de retrouver son fils au plus vite. Il ne put s'empêcher de jouer avec son aimée lorsqu'elle tenta de se vêtir, son âme n'ayant plus connu une telle légèreté depuis… Depuis qu'il l'avait quitté cinq années plus tôt.

Elle finie néanmoins par terminer de s'habiller, qu'il l'attira à lui par la ceinture et l'enlaça pour lui murmurer l'écho de ce qu'elle lui avait énoncé dans la chambre dédiée à Kirito, l'après midi de la veille. Arrivant enfin à la tablée où tout ses invités, sa famille, se tenait déjà, il était rayonnant et salua Neji avec chaleur, le reste de son attention se focalisant sur la chair de sa chair, plein d'une affection naissante et déjà si intense qu'il n'imaginait pas à quoi cela pourrait ressembler le lendemain.

Mais alors qu'il laissait libre cours à sa faim, la voix pleine d'innocence de son enfant le tira dans une réalité brutale qu'il était parvenu à reléguer au second plan, à oublier même. Son appétit s'envola aussitôt la question posée. Sa honte ne lui permit pas non plus de se retourner vers celle que son Destin interdisait à son cœur et qui répondit rationnellement à l'interrogation juvénile, probablement sans savoir que ses mots furent tout autant de sabre que l'on enfonça dans l'esprit du bushi.

La curiosité du bambin ne semblait pas satisfaite et ses demandes étaient bien trop pertinentes pour un si jeune age, frappant dans le mille à chaque fois, l'héritière des Chizuru tâchant d'y répondre avec honnêteté en des termes pareils à des volées de flèches qui s’abattirent sans répit sur le premier Amadotsu qu'une peine menaçait de faire écrouler.

Peut être fut elle consciente de cela, ou peut être était-elle elle-même en proie à la cette douleur et au risque d'effondrement mental qui manquait de l’anéantir dans l'instant lui aussi, elle ne put cependant pas poursuivre cet échange avec sa propre progéniture et prit congé, arrachant au passage la force insensée qu'elle apportait au Taisho en sa présence lorsqu'elle quitta la pièce.

Durant tout ce temps qu'il avait trouvé infiniment long, celui d'une vie d'être de misère pour ainsi dire, il avait crispé ses mains sur ses genoux à s'en faire blanchir les phalanges sans que la moindre douleur que cela lui provoqua ne puisse le sortir de ce cauchemar si véritable. Son seul salut vint du message de celui qu'il ne voyait plus autrement que comme un fils de cœur à présent, d'autant plus une fois qu'il eut terminé sa tirade.

Il l'écouta tout du long, patiemment, passionné, comme un élève aurait entendu la leçon d'un professeur admirable. Nombreux de ses propos ne lui était pas inconnu et son amour pour cette femme venait surtout de son esprit franc et sincère, de sa loyauté et de son honneur et pas uniquement pour les jeux charnels qui étaient les leurs. Mais de se les entendre répéter ainsi de la voix d'un autre que lui cimenta sa conviction.

Une idée naissante dans son esprit, folle, à l'opposée de toute sagesse, mais dont il jugea que cette femme plus que toute autre le méritait. Kodan se leva alors, ses sourcils froncés de certitude et alla se placer face à Neji, puis lui mettant une main sur l'épaule tandis que l'autre s'était posée sur le crâne de Kirito. Il annonça alors au premier d'une voix qui ne trahissait pas le moindre doute :

Tu es bien plus grand qu'à mon souvenir, fils. Tu parles de sa fierté à mon égard et de votre amour pour moi malgré ce mal que j'incarne pour elle, mais tu n'imagines pas l'honneur que vous me faites d'être les miens, même si cela vous paraît éphémère. Il n'est pas de mot pour exprimer ma fierté de vous tous et malgré le fait qu'il m'arrive de me maudire pour ces sentiments incontrôlés que j'ai pour elle.

Nous avons, elle et moi, empruntés une voie glorieuse dont nos ancêtres seront fier, mais qui nous détruira certainement. En ce moment même, cette voie me paraît pitoyable et je ne désire plus que la quitter, jeter ce maudit Destin aux chiens et toute sa pathétique gloriole pour ne plus vivre que pour vous… Ne plus vivre que pour elle.


Il se retourna vers son garçon et lui déclara à son tour, de la même façon dont il s'était exprimé jusque là :

Kirito-kun, tu attends une réponse à ta question et la voici : Il n'est personne d'autre en ce monde qui puisse aimer ta maman plus que moi… Sauf toi, peut être, mais la chose n'est pas gagnée, je te préviens. Il n'existe que deux… Non, trois autres êtres à pouvoir prétendre à une partie de ce sentiment et deux d'entre elles sont ici, l'autre se trouve toujours en Okaruto et il me tarde de la revoir un jour. Mais Oto-san ne peux pas aimer plus de personnes que ça, pas de cette manière.

Ce que j'éprouve pour… Haha… Il n'est personne d'autre qui puisse en bénéficier… Pas même toi qui fait ma fierté ou du moins, ce n'est pas du tout comparable. Je sais bien que tout cela doit te sembler nébuleux, mais un jour, que les Kamis le permettent, tu comprendras. Peut être grâce à Neji-kun. Peut être grâce à Saya, mais tu le comprendras.


Il se redressa et poursuivit son propos en direction des deux garçons, sans perdre de la force qui s'accumulait à nouveau en lui :

Je suis l'esclave de mon Destin, mais je ne sais pas ce que ce dernier me réserve. Aussi, la réponse de votre mère était de part trop hâtive et je ne veux pas croire un instant à la fatalité qui résidait en cette dernière. Je tiendrais ma promesse, mais cela ne veux pas dire que vous ne pouvez pas m'aider. Vous avez la permission de croire en elle, cela suffira à mon soutien.

Je ne sais pas si ce château retrouvera vos sourires dans cette vie où dans une autre non plus. Mais je ne m'engagerais pas sur le fait que vous ne puissiez plus y résider à jamais. Ce petit séjour ne sera pas le dernier que nous passerons ensemble, que le prochain se déroule dans trois semaines ou dans tout autant de siècles, nous nous retrouverons tous.


Enfin, il clôtura :

Neji-kun, tu disais qu'il lui faudrait du temps pour revenir vers moi, mais qu'elle reviendra toujours ? Il est plus que temps que ce cycle ne se rompe et que j'aille enfin à elle lorsqu'elle en a le besoin. Et en cet instant, elle n'a certainement pas besoin de perdre son temps seule.

Kodan n'attendit pas de retour à ses mots, il fit demi-tour immédiatement à pas vifs jusqu'aux jardins, non sans l'aide de quelques serviteurs lui indiquant par où la dame était partie, il finit par la rejoindre tandis qu'elle était effondrée. Il l'étreignit sans prévenir, l'incarcérant délicatement entre ses bras depuis son dos pour qu'elle ne puisse pas fuir ce qu'il s'apprêtait à dire, son visage au niveau de l'oreille de la lancière :

Je sais ce que tu vas me répondre. Mais il n'est qu'un mot de ta part qui soit nécessaire, qu'une seule demande et le temps nous appartiendra. Si ces jours que nous pouvons passer côtes à côtes ne parviennent qu'à te dévoiler un avenir sans espoir, alors valent-ils vraiment la peine que tu les vives ?

Il la fit se retourner afin de pouvoir plonger les sombres braises de son regard dans l'azur de celui de son élue, puis lui dit simplement :

Cinq jours, six tout au plus. Les vivrons nous dans l'esprit de leur fin ou les vivrons nous comme si chacun d'entre eux était le dernier que ce monde nous autorise à avoir sur sa surface ? En ce qui me concerne… Je n'ai aucune certitude. Je me souviens de celui que j'étais autrefois, et cet homme n'a pas changé d'une once depuis…

« Ne regrettons rien, si vous le permettez. Je vous suis dédié en tout jusqu'à ce que mon devoir ne m'appelle expressément. Si cela peut durer des jours, je louerais les Kamis de m'avoir permis votre rencontre… Et si je devais tomber dans les mois qui viennent, je saurais n'avoir rien raté pour autant… »


Il glissa une main sur la joue du centre de son univers, focalisant encore son attention sur elle pour changer le cours de ces mots qu'il avait eu autrefois en une question égale :

Répondras tu à ce caprice ? Le partages-tu, sans qu'aucune limite ne puisse s'instiller ? Car depuis ton arrivée et tant que tu te trouveras dans le domaine du feu, je t'appartiendrais.


L-M-M-J-V-S-D

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MessageSujet: Re: Une annonce, une visite, un cadeau... Une nouvelle, le temps passé, un coeur brisé (PV Amadotsu Kodan - Terminé) Mer 25 Mai - 17:44

Neji écarquille les yeux aux propos de Kodan, plus choquants qu’il ne l’aurait pensé. Alors que le cœur du garçon ne frétille que pour une seule personne, celui du Taisho Setsu semble tiraillé entre le devoir, le destin et son amour pour sa mère adoptive. Le frère de Kirito est bouleversé par les propos de celui qu’il admire, tant par ceux concernant Saya que par ceux concernant ses bambins. Et lorsque son père d’adoption parle au petit dernier, la gorge du garçon se noue ; il doit user de ses premières forces de la journée pour lutter contre un débordement d’émotions dont il ne saisit pas toutes les nuances.

L’enfant écoute et avale tous les propos, en espérant que le jour où il comprendra viendra vite, très vite, car il n’aime pas voir Haha pleurer. Neji espère de tout cœur que le jour viendra où ils se retrouveront, peut-être pour se battre ensemble mais certainement pas pour se battre l’un contre l’autre. Puis ils sourient, tous les deux, lorsque le Volcan Apaisé affirme son intention d’aller consoler celle qui leur a tout offert. Le grand s’incline et se dirige vers le coin de la pièce pour distraire son cadet avec un jeu d’origami, en attendant que les deux amants reviennent.


J’entends des pas mais je ne veux pas me retourner. Je ne veux pas que Ko-san me voie pleurer comme une faible. Je me sentais capable d’affronter tout cela, de le laisser être l’homme qu’il est, droit et juste. Mais toutes ces questions m’ont fait réaliser que la situation ne l’était pas. Je ne peux pas imaginer qu’il se trompe, je ne veux que son bonheur... et le mien avec le sien. Une semaine... qu’est-ce dans une vie ? Et la vie de Zenmyo-san a-t-elle moins de valeur que mon envie d’une existence sereine ?

Je reconnais les bras massifs de mon amant, bien qu’il ne prévienne pas, cette fois. Sa voix et son accent particulier sont comme des lames sur la peau, ses premiers mots tranchants me donnant envie de me boucher les oreilles pour ne pas être confrontée à l’homme que j’aimerai toujours, sans pouvoir le toucher ou partager des moments comme ceux-ci à l’avenir. J’ai envie de tout flanquer en l’air, de l’envoyer balader et de retrouver la douceur de la brume, plutôt que le fouet des flammes brûlantes et douloureuses. Mais lorsqu’il me tourne avec facilité face à sa personne, je n’ai pas le courage de fermer les yeux.

Alors je les plonge dans la nuit des siens et je l’écoute, sans pouvoir stopper mes sanglots et empêcher mes larmes de couler. Je baisse la tête, honteuse de mon débordement, lorsque le Taisho se cite, jeune Samouraï sans maître qu’il fut il y a cinq ans. Et je revois, les yeux clos, sa détermination et sa faim de moi après notre premier baiser, ce baiser qui m’a enchaînée au Volcan. Sa main sur ma joue me fait frissonner et je ne lutte qu’à peine avant de rencontrer à nouveau Ko-san, tombant à nouveau dans le piège. Un si doux piège...

Il est trop dur de répondre à sa question. D’abord, je me contente de l’enlacer, mes bras dans son dos, mon visage dans son cou. Chaque inspiration m’emplit de lui, de son odeur qui me rappelle qu’aucun homme n’a pu me faire cet effet, pas même mon mari. Oh oui, je l’ai aimé mais jamais autant que celui auquel je me cramponne pour l’empêcher de fuir vers ce qu’il appelle son Destin. Égoïstement, je veux être le sien, je veux être son tout et cette frustration qui m’habite lorsque j’imagine que cela n’arrivera pas m’enfonce dans une colère que je n’ai jamais ressentie jusqu’alors. C’est après quelques minutes, peut-être, que j’arrive à articuler quelques mots pour enfin répondre à ce que mon aimé me dit. Mais je reste blottie contre lui, meurtrie et la voix tremblant encore.

- L’espoir... Je l’ai vu disparaitre de ton regard, Ko-san, quand tu m’as crue mariée à un autre. Je ne sais pas à quoi tu pensais à ce moment mais cette lueur perdue, cette seconde pendant laquelle j’ai saisis le néant... C’est ce que je ressens à présent.

Je me décide à desserrer mon étreinte pour le regarder, gênée qu’il me voit dans un si piteux état. Je passe pourtant ma main sur son visage, l’admirant comme une entité divine à laquelle je peux accéder temporairement. Si momentanément que j’ai de la peine à croire qu’elle est là. Le front, les sourcils, la tempe, la joue, la mâchoire, tout y passe avant que je ne laisse ma main tomber sur son torse solide et rassurant. Et je soupire avant de continuer.

- Je sais qu’il me faut profiter de ce que tu es, de ce que je suis à tes côtés et je l’ai fait jusqu’à maintenant. Je le sais... mais parfois... j’ai trop mal... trop mal pour... t’imaginer partir encore. Et te voir te soustraire à mes bras, me rappeler ton départ il y a cinq ans ne me fait que projeter mon départ imminent. Je n’y pense pas... le moins possible, en tout cas. Et la chair de nos chairs me le jette en plein visage. L’innocence même me rappelle la réalité... alors... où va le monde, watashi no moeru kazan ?

Je retiens mes larmes en fermant les yeux, respirant profondément pour ne plus faillir.

- Si Zenmyo Nadeshiko est ton Destin, alors il me faudra du temps pour renoncer au mien car je n’en ai pas connu d’autre qu’Amadotsu Kodan. Je sais déjà qu’il ne me suffira pas d’avoir été ta compagne un mois et une semaine. Mais si, pour que tu sois à ta place, il me faut laisser tomber mon bonheur, je le ferai... Peut-être ne mesures-tu pas l’importance que tu as pour moi, trop assommé par ce qui te tombe sur la tête ?

Mais je te le redis, Ko-san, maintenant et à jamais si tu le souhaites. Dans mon esprit, dans mon corps, tu seras toujours mien. Voilà pourquoi je dois lutter contre les images d’une femme qui aura survécu et qui aura davantage de baisers que moi, davantage d’étreintes, davantage ta présence... Elle est le Feu, toi aussi et je ne peux que me fondre dans la brume pour ne pas vous déranger les années qui viendront.


Encore un soupire et je pose mes lèvres sur les siennes, éprouvant toutes les peines du monde à les séparer ensuite.

- Je me hais, là, tout de suite. D’oser la jalousie alors que je n’ai pas de raisons de l’être. Mais jamais, si j’avais pu refaire le passé, je ne me serais privée de cette rencontre avec le Taisho Setsu. Il a fait battre mon cœur de femme, mon cœur de guerrière, mon cœur de mère plus fort qu’aucun autre homme de Yokuni. Il a été le premier pour beaucoup de choses.

Ainsi... Si Ko-san me demande de répondre à ses caprices, alors j’y répondrai. Si Ko-san me demande de renoncer à mes limites, alors je les briserai. Si Ko-san me demande de lui appartenir cinq jours, six jours tout au plus... je serai sienne à chaque seconde, chaque fois qu’il me le demandera. Prends-moi tant que cela fait battre ton cœur, aimes-moi jusqu’à en rêver quand je ne serai plus là. Fais-moi... encore... oublier que je dois partir. S’il-te-plaît... je t'en prie...


Une larme coule encore tandis que je l’embrasse, tremblante. Mon bonheur n’existe plus sans lui car je serai incomplète, malgré tous les petites joies qu’il a semées dans mon existence. Je le veux, aujourd’hui, demain et à jamais.


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MessageSujet: Re: Une annonce, une visite, un cadeau... Une nouvelle, le temps passé, un coeur brisé (PV Amadotsu Kodan - Terminé) Lun 30 Mai - 18:54

La femme qu'il trouva et à qui il fit aveu et promesse était dévastée, plongée dans une insondable tristesse qui fut tel un coup de bâton qu'on lui ficha en plein plexus. Même ses mots ne parurent guère pouvoir la sortir de sa peine, laissant passer sur le visage chérit entre tous des émotions des sombres panels de la douleur et de la colère. Le fait qu'elle se cramponna à lui alors qu'il pensait se délivrer d'une vérité et d'un serment lui assurant que ces sentiments difficiles ne lui étaient pas adresser.

Pourtant, cela n'eut en aucun cas l'effet de le rassurer, au contraire même, car aussitôt les vit-ils passer sur les merveilleux traits de cette femme qui lui avait tant donné que Kodan comprit qu'elle était la cible de ses propres rancunes. De toute son existence, le bushi des flammes avait forgé son corps au combat, l'avait dédié à la défense de son clan, au point d'être devenu capable d'arrêter de sa vaste épée un cheval lancé contre lui en plein galop.

Sa zanbato était tout autant une arme qu'un bouclier et il n'avait jamais fait défaut à quiconque se situait dans le rayon d'acier de son arme unique et du style qui avait découlé de son maniement. Mais il était incapable de protéger la lancière contre elle-même. La seule chose qu'il parvint à faire fut de la laisser se consumer dans ses bras tandis qu'il sentait sa détermination personnelle s'effriter peu à peu.

Le temps qu'elle mit à réagir aux propos qu'il avait tenu lui apparut comme infini, celui d'une vie entière passant aussi instantanément qu'elle le vidait de ses forces. Et lorsqu'elle prit enfin la parole, sa voix attendue plus que tout le plaça en face d'un fait qu'il eut cru invisible, ayant tenté de l'effacer pour ne pas l’incommoder au su de leur situation à eux deux. Le Volcan avait grandement sous-estimé les capacités d'observation de la Généreuse, si bien qu'elle se servit pour exemple de l'abîme de désespoir dans lequel il s'était plongé afin d'illustrer l'état dans lequel elle se trouvait.

Elle se délitait, tentait de faire autant de concessions que possible tout en accédant aux requêtes et caprices trop nombreux dont il avait été la source. Il n'y avait rien différent de ce qu'elle déclarait ressentir pour lui par rapport à ce qu'il éprouvait pour elle. Les mots de l'Onabugeisha des brumes étaient ceux du Samouraï des brasiers sans la moindre exception. Du moins, cela dura jusqu'à ce qu'elle prononce de la pureté de son ton ce qui apparaissait de plus en plus comme un ignominieux mensonge.

Bien évidement, elle en fut inconsciente, mais de l'entendre parler à son tour du destin potentiel que représentait la veuve des Zenmyo comme si elle était prête à accepter cela poursuivit de briser les fondations des certitudes du gouverneur de Kazan. Devant ses yeux de cendre se tenait le seul être à faire brûler son âme, la seule femme en compagnie de laquelle il se perdait corps et biens. Il avait interprété le destin comme un ennemi de leur union, lui, Guerrier du Nord et elle, Fille de l'Est, cinq ans auparavant alors qu'il était déjà le maître d'une famille.

Il avait cru à un signe le guidant vers elle ce chat étrange l'ayant promené en Moe jusqu'à la demeure de Nadeshiko et y avait vu son avenir. Son existence avait été pavée d'épreuves contre lesquelles il s'était dressé vaillamment, au péril de son propre honneur et de son rang. La mort ne l'avait pourtant pas accueillie alors, comme si on attendait bien autre chose de lui. Sur le chemin du retour, Saya avait croisé sa voie, échangeant son cœur contre le sien.

Ils avaient entretenu une vie rêvée, d'un amour qu'ils avaient jugés impossible tout deux… Un fils était né de ce dernier qu'elle avait eu finalement le courage de venir lui présenter malgré le déchirement que cela devait être pour elle. Le premier Amadotsu avait juré ne l'avoir jamais oublié, mais il se demanda qui avait véritablement souhaité abandonner ses souvenirs de l'autre entre celle qui s'était offerte à un homme le temps d'une nuit pour se rendre compte de son erreur, ou bien celui qui assurait se rappeler tout en promettant son futur à une autre.

Toute l'horreur de la réponse qu'il se fit trouva l'écho dans cette prétendue haine que l'héritière des Chizuru annonçait entretenir contre elle-même. La dévotion dont elle faisait preuve allait au-delà de l'entendement, la rendant prête à accéder à chacun des plans qu'il avait construit de toute pièce afin de laisser cours à la soit-disant destinée qu'il accomplissait. Mais ce chemin dont il avait posé pavé après pavé se révélait à chaque instant passé auprès d'elle comme la définition la plus opposée qui soit au Destin.

Près de deux milles jours de sa vie s'étaient déroulés à la façon dont il l'avait planifié de son propre chef ou presque, attribuant à la chose dont il s'affirmait l'esclave sa propre interprétation des événements. Et alors même qu'elle l'embrassa tremblante, son esprit fusait en tout sens afin de déceler la vérité du mensonge de son histoire. Il s'arracha soudainement à ce baiser, effaré de ce qu'il parvint à tirer de ses conclusions, ses iris rivés dans ceux roulants de larmes de la lancière… Non… De sa lancière.

Il aurait du s'effondrer à son tour, lui demander pardon sans croire un seul instant qu'il puisse le mériter, pleurer comme un enfant et tomber à genoux face à elle. Mais il ne fit rien de tout cela, se contentant de raffermir sa prise sur elle sans la quitter d'un regard s'enflammant de seconde en seconde à la mesure de sa prise de conscience.

Sa voix ne lui fut traîtresse en aucun cas, s'échappant alors aussi fermement que s'était soudainement ancrée sa nouvelle résolution, balayant des mois entiers qu'il avait dédiés à ce qu'il pensait être le choix des Kamis pour lui, mais dont la prétention derrière cette croyance lui donnait à présent le vertige :

Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai prononcé ces mots en ta présence, Saya… no hateshinai… Môshiwake arimasen. Je reviens sur mes propos, il n'est aucun caprice auquel tu aies à te plier. Je ne te demande pas de m'appartenir pour quelques jours à peine, je te l'ai déjà dis et je fus moi-même sourd à mes propres mots : Je te veux pour une vie. Je ne souhaites pas rêver de toi ni te faire oublier ce qui n'a pas lieu d'être.

Ses mots étaient chaotiques, s'emmêlaient sous la fureur des sentiments qui se battaient en son sein, pour autant, il poursuivit, enserrant la fille des brumes si fort que l'air ne put se permettre d'oser se glisser entre eux :

Il ne peut être question que l'Espoir te quitte à nouveau. Tu n'as pas à t'infliger pareille peine alors que tu n'es pour rien dans les choix terrible et tragique que celui que tu dis aimer a pu faire. Je ne me réveille que maintenant, au risque de voir partir tout ce à quoi j'aspire en fumée tant cette illumination me vient tard, mais je ne peux pas rester aveugle face à mes erreurs dont tu viens à l'instant de me faire comprendre l'ampleur.

Je vais partir et toi aussi, Saya. Je me rendrais à Moe pour rester au chevet de l'héritière des Zenmyo jusqu'à sa rémission, je me tiendrais à ses côtés en ami veillant à ce qu'elle ne souffre d'aucun manque. Tu rentreras chez les Chizuru, mon aimée, dans la demeure qui t'a vu grandir, en compagnie de notre fils et de Neji.


Il coupa son discours pour prendre une grande inspiration, ses traits n'avaient jamais connu une telle détermination lorsqu'il reprit la parole :

Enfin, lorsque Nadeshiko sera tirée de ses maux, je lui annoncerais sans plus jamais me cacher l'erreur que j'ai commise, cette porte que je lui ai ouverte était ma faiblesse, comme celle que tu auras eu en accueillant les douceurs d'un autre que moi. Je tâcherais d'assumer ma grande faute auprès d'elle, quitte à en subir son courroux, mais au moins ne lui ferais je pas l'affront de cela tandis qu'elle lutte contre la mort. Quant à toi, tu me reviendras, tes affaires faites et tes adieux aux tiens établis, Mes fils et ma fille à tes côtés. Il ne se passera pas à nouveau cinq ans, je ne me soustrairais plus jamais à tes bras.

Finalement et malgré toute l'incandescence qui était la sienne, la suie de ses prunelles s'embruma de larmes fines qui glissèrent le longs de ses traits rugueux, mais son ton ne s'altéra en aucun cas tandis que ses propos apparurent ne plus posséder de fin :

Mon seul Destin se tient contre moi et sa lumière m'aura donc aveuglé pour que je ne le comprenne que maintenant. Aucune ne pourra jamais prétendre à mes baisers, à mes étreintes ou à ma présence autre que toi dorénavant, si tu le veux toujours. Je comprendrais néanmoins que tu t'y refuses après tout ce que j'ose dire.

En ce cas, je ne concevrais plus qu'une solitude éternelle pour m'absoudre de mes pêchés. Ta haine à ton égard n'a pas lieu d'être et je ne vois que moi qui puisse en être la cible à présent. Car par le passé, l'humble bushi déjà aurait pu faire un choix, mais il aura préféré la simplicité lâche à la voie de la sincérité de ses propres sentiments.


Kodan leva sa main droite contre la joue de la jeune femme, ses paupières n'avaient pas battues depuis le début de son pamphlet et ne semblaient pas vouloir le faire sous peine de finir en cendre sous la chaleur du brasier brûlant au cœur du guerrier, sa voix fut plus douce, mais dénuée de toute faiblesse, son ton tombant doucement à celui d'un murmure tandis qu'il conclu enfin :

Je te demande de renoncer à tes limites, puisque tu ne peux pas me demander d'en faire autant. Je te demande de m'appartenir cinq jours et ceux qui suivront, ces mêmes qui feront des semaines et muteront en mois, puis en années… Jusqu'à ce que les Kamis nous rappellent auprès d'eux et que nous nous retrouvions dans la vie qui suivra à celle ci.

Je te demande d'être mienne à chaque seconde d'ici là. Je ne souffrirais pas de tergiversation : Refuses ou acceptes pendant qu'il en est encore temps, Saya, avant que ne s'effrite cette force passagère qui est la mienne en cet instant où je fais face comme le bushi que j'ai toujours voulu être
.


Le Volcan apaisé se tut alors, le doute semblant l'avoir abandonné à jamais.


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MessageSujet: Re: Une annonce, une visite, un cadeau... Une nouvelle, le temps passé, un coeur brisé (PV Amadotsu Kodan - Terminé) Jeu 2 Juin - 21:29

Je n’ose plus respirer lorsqu’il met fin à mon dernier baiser, d’abord terrorisée d’avoir dit une bêtise comme lors de notre premier échange. Et plus il serre mes bras, plus je me dis que tout est fichu. Mais je retrouve l’étincelle qui fait battre mon cœur, comme au premier jour, cette flamme qui m’a séduite et hypnotisée dans son regard. Alors je sais qu’il s’apprête à me dire quelque chose qui changera encore une fois mon opinion. Cette fois pour de bon... Je peux tout accepter de lui, tout. Il est ma plus grande faiblesse, mon plus grand traumatisme et mon amour infini pour lui finira par me perdre un jour, probablement. Mais aux premiers sons de sa voix, je ressens intensément que je ne veux plus jamais partir.

Ma vision change, oui, lorsqu’il dit qu’il revient sur ses propos. J’écarquille mes yeux de surprises tandis que l’homme que j’aime me dit encore une fois qu’il me veut pour toujours, même la vie qui suivra la nôtre. Puis il me prend dans ses bras et je ferme les yeux, laissant échapper plus de larmes encore que j’en ai laissé fuir pendant son absence. Mais chacun de ses mots résonne en moi, comme le son des plus gros tambours. Jamais je n’aurais pensé que mon Taisho me donnerait raison, j’étais prête à céder à tout ce qu’il me demanderait. Des dizaines de scénarios défilaient dans ma tête, où je rencontrais jusqu’à cette épouse, lui présentant nos enfants, ravalant une gêne et une honte toute particulière...

Mais mon aimé me dit qu’il a tort, qu’il s’est fourvoyé longtemps. Et lorsque sa voix rocailleuse affirme que nous repartirons sur nos routes, je sais que cette fois, les choses seront différentes, avant même qu’il prononce la nouvelle histoire qu’il a reconstruite pendant que je lui parlais. Je m’accroche alors furieusement à lui lorsque l’homme que j’aime, déterminé, m’annonce qu’il reviendra sur ses propos au réveil de sa promise, pour que les choses soient claires et qu’enfin nous soyons réunis. Je ne pense qu’une fraction de seconde que le fait de ramener mes affaires et mes enfants à Setsu signifie quitter définitivement les brumes et mes proches... Je peux tout accepter de lui, tout.

Ses mots me font du bien. Entendre que je serai près de lui, avec cette famille que je souhaite construire et vivre avec l’homme de ma vie me fait soupirer de bonheur et pleurer à nouveau, de soulagement cette fois. Je veux immédiatement le reprendre alors que j’entends l’hypothèse de mon refus. Mais je n’ai pas le temps de protester et m’efforce de l’écouter encore et encore, jusqu’à frissonner du contact de sa main sur ma joue, ce contact que je désire ne jamais briser. Je retrouve ses yeux et des larmes qui ont vite fait de sécher, tandis que ma main agrippe toujours son vêtement pour l’empêcher de partir. Mais il vient de me dire qu’il ne le fera pas...

La promesse que Kodan me fait par sa demande, l’autorisation que mon amant me donne de rester à ses côtés à jamais une fois ce calvaire de sommeil destructeur terminé... Je veux encore l’entendre. Sa voix s’éteint mais pas sa détermination, je le vois et j’en tremble. Le Taisho m’a fait autant souffrir que guérir et je m’en suis voulu de l’aimer si fort. Mais maintenant, c’est la première fois qu’il me dit que nous resterons ensemble, que je suis son destin et qu’il souhaite la même existence que la mienne. Je mets quelques secondes à réaliser que je ne rêve pas, car j’en ai rêvé souvent. Cependant, le sentir si près de moi, l’entendre respirer, le sentir me toucher... Enfin, le bonheur. Je relâche ma prise sur le tissu et la tristesse se mue en libération tandis que je touche une nouvelle fois son visage, du bout des doigts.

- Ne t’excuse plus, mon amour... Seuls les Kami peuvent se vanter de ne jamais faire de faute. Ce que tu as dit ou choisi n’en est d’ailleurs pas une à mon sens, tu as entrepris ce qui te semblait juste, ce que te dictaient les évènements et le temps qui passe dont nous avons été victimes. Jamais je ne pourrai t’en vouloir pour tout cela, jamais... Tu es celui que je dis aimer et oui, je t’aime, pour toute une vie. Et il restera de l’amour pour l’existence suivante, celle dans laquelle je te suivrai sans hésitation.

M’imaginer à tes côtés, ici ou ailleurs, à m’enlacer ainsi, à m’aimer comme cela, protégeant nos valeurs communes, aimant nos enfants autant que tu m’adores... Je l’ai rêvé tellement de fois. Ne te punis pas en restant seul, je te veux aussi fort et aussi intensément que tu me regardes maintenant, ces cinq années n’ont rien altéré. Je ne vais rien refuser, Ko-san, au contraire. Je veux tout accepter de toi, toutes tes demandes, qu’elles soient caprices ou non. Et si mes réponses me rendent heureuse en retour alors... je ne peux que céder et te les donner pour que tu t’épanouisses à ton tour. Oublions les choix qui auraient dû être faits et vivons, comme nous l’avons fait toujours, le présent qui s’offre à nous. Mon Volcan...


Je ne peux pas m’empêcher de provoquer une nouvelle rencontre de nos lèvres, brève mais incandescente, avant de pincer ma lèvre inférieure de mes dents. Le négatif et la peur s’envolent définitivement pour laisser place au confort et à la sérénité.

- Je repartirai, comme tu le demandes et j’attendrai ton appel, Taisho de mon âme. Je penserai à toi chaque seconde, me débarrassant de ma convoitise pour t’offrir un soutien, lorsque tu veilleras Zenmyo-san avec autant de dévotion que j’aimerai ma famille... notre famille. J’adresserai mes premières prières à Moegami pour qu’elle vive afin que tu puisses lui faire part de ta décision. Le choix que tu fais aujourd’hui est dû à cette force dont tu parles, oui. Mais cette puissance ne te quittera pas car tu l’incarnes toi-même.

Si tu n’étais pas le bushi que tu veux être en tout temps, alors la flamme qui brûle en moi pour l’homme que je vois, que j’admire et que j’aime aurait faibli. Mais c’est cette force que tu m’as transmise qui nous a permis d’être ici aujourd’hui. C’est celle-là même qui rassurera nos enfants sur la solidité de notre amour, sur la concrétisation de cette filiation de cœur et de sang que tu proposes d’assumer à l’instant.


Je souris et mords encore ma lèvre, réalisant que j’ai répondu à chacun de ses mots et que ses derniers ont dissipé aisément - peut-être trop ? - toutes mes craintes. Je passe alors mes bras derrière sa tête, frôlant son oreille de mes lèvres pour lui murmurer mon contentement.

- Et peut-être, si tu le veux toujours toi aussi, est-ce cette force qui te permettra de me porter vers la prochaine pièce qui accueillera nos passions ? Ces passions desquelles je rêverai en attendant la lettre qui me demandera de revenir auprès de celui qui a dissipé le brouillard dans mon cœur avec sa propre lumière. Amadotsu Kodan.


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MessageSujet: Re: Une annonce, une visite, un cadeau... Une nouvelle, le temps passé, un coeur brisé (PV Amadotsu Kodan - Terminé) Lun 6 Juin - 9:33

Il n'avait pu ignorer les transformations progressives que ses propos eurent sur celle qui venait d'obtenir selon lui sa juste place dans le cours de son existence. C'était un choix mu par l'effet d'avoir vu cet être aimé par dessus tous et dévastée par un avenir qu'ils s'étaient choisis pour impossible. Si cette option avait trouvée d'abord sa lumière dans le besoin de ne plus la voir souffrir, la découvrir ainsi muter doucement vers une joie qu'elle refrénait à grand peine le convainc définitivement.

En vérité, elle aurait eu tout le temps qu'il leur était accordé pour prendre sa décision malgré l'urgence qu'il avait invoqué en clôturant son discours, sa détermination n'avait ni rien de passager, ni n'aurait pu s'effriter comme il l'avait dit. Qu'elle y eut cru ou non ne changea rien, puisqu'elle s'infiltra dans la brèche qu'il avait laissé ouverte avec un enthousiasme certain.

Elle ne manifestait pas cela par des sourires ou un rire, mais il savait lire derrière ces prunelles sans que plus aucun doute ne lui fut permis et la lumière qu'il y trouva lui laissa deviner chaque termes qu'elle employa alors avant même qu'elle ne les prononces. Ses crispations précédentes devinrent des étreintes tandis qu'elle tâchait de le rassurer sur les voies qu'il avait annoncé comme erronées de son passé.

S'accrochant avec grande probabilité aux promesses qu'il venait de lui faire, tout lui semblait plus simple à accepter, même s'il savait qu'elle était parfaitement sincère malgré tout, qu'elle lui aurait dit ce qu'elle lui disait d'une autre manière si il s'était obligé à poursuivre le chemin déjà entreprit. La découvrir si éprise alimentait le feu de l'amour qu'il avait pour elle pour toute les concessions qu'elle se déclarait capable de prendre, elle s'enflammait sous ses yeux si bien qu'il eut l'impression de lui avoir retirer un poids immense sur les épaules.

Kodan fut ravi d'être récompensé d'un baiser dont il entrevoyait déjà la suite, puis quelque peu déçu qu'elle le rompe pour prendre à nouveau la parole, mais il ne pouvait plus s'empêcher de lui sourire en réaction des mots qu'elle avait. Elle s'embrasait à mesure qu'elle parlait, animant de ses expressions et du flot laissé libre de sa voix les désirs du géant des volcans.

De distinguer Saya se projeter sur cet avenir commun qu'il ne pourrait plus jamais lui refuser le poussa à l'enserrer plus intensément encore afin qu'elle puisse sentir la plus infime parcelle de peau sous son kimono au travers de ce dernier et inversement. Il aurait pu fermer les yeux et se laisser bercer par les battements effrénés du cœur de son élue invariable dorénavant, mais sa propre vigueur et les dernières phrases de l'héritière des Chizuru n'apparaissaient pas le laisser tendre vers l'apaisement, bien au contraire.

Dès lors qu'elle eut terminée, il la souleva du sol sans prononcer quoique ce soit, sinon offrir son expression radieuse et entendue à sa choisie, attirant son visage contre le sien afin d'en appeler à l'union de leur lèvres qui en annonçait une toute autre. Le bushi n'eut aucun mal à porter la belle et tout à leur retour au palais, il finit par lui déclarer à la limite du murmure, leur promiscuité ne l'obligeant en rien à donner de la voix :

Comme il y-a cinq ans, je suis à la base d'une perte de temps incommensurable entre nous. Ces jours qui nous restent seront un avant propos de ce que je souhaite t'offrir pour cette vie, Chizuru Saya. Je ne saurais jamais assez te remercier pour être venu me révéler ce fils encore assez jeune pour avoir un père et en plus de cela m'apporter une famille dans son ensemble.

La vie que nous aurions du avoir depuis si longtemps débutera réellement à ton retour des brumes aux côtés de nos enfants que j'adopterais un par un sous mon nom. Il ne se passera pas un moment sans que je ne tâche de te rendre ces jours que je nous ai volé par ma méprise pour que nous puissions enfin reprendre le cour de notre existence mutuelle, pour que ce mois d'antan s'ajoute soixante que je nous dois. Et ceci débute en ce jour.


Ils passèrent les portes du palais, des domestiques s'écartant sur le passage, gênés face à cette démonstration d'affection que leur maître avait envers cette invité, mais ne pouvant guère dire quoique ce soit à ce sujet. Le premier Amadotsu ne semblant pas en tenir la moindre rigueur, il ajouta tout en poursuivant sa progression dans sa propre demeure, vers un lieu connu de lui seul alors :

Tu ne peux plus connaître la convoitise de m'avoir, puisque je te suis acquis pour toujours, la chose est décidée. Seul mon respect pour la dame des Zenmyo et la honte d'avoir laissé mon désespoir de te retrouver un jour accepter la possibilité de vivre ma vie avec une autre que toi me retiendra auprès d'elle le temps de sa rémission. C'est une femme forte et belle comme il y-en a peu, elle fera d'un autre homme l'être le plus riche de ce monde, comme tu le fais pour moi à m'accorder ainsi ton cœur et ton âme.

Ils bifurquèrent avant de parvenir au centre même du château, passant une lourde porte à gonds s'ouvrant sur un couloir descendant et plus frais que le reste du bâtiment. La lueur des lieux vint bientôt à ne plus être qu'artificiellement due à des lampes à huile disposées tout les trois mètres environs. Les murs étaient de pierre et la température tombait à mesure de leur avancer jusqu'à atteindre une fraîcheur incomparable à l’aridité du domaine de Kazan.

Le silence était tel que les échos des pas du maître des lieux apparurent comme se répondre à eux même. Il s'agissait sans possibilité de se tromper des fondations de Kyuden Kiyooki, ces dernières se trouvant creusées de myriades de pièces servant autant de réserves, de grenier, de débarrât et d'armurerie. Le vaste guerrier du brasier leur fit passer un nouveau seuil donnant sur une salle légèrement humide et douce et referma derrière eux du pied le battant qui claqua sourdement.

Un léger filet de lumière provenant d'une fine embrasure au coin du sommet de la salle pour seule source de lueur, il allongea la belle sur ce qui apparut comme des piles de tissus pliés et de diverses factures et matières, l'embrassa délicatement et se prononça enfin, sa voix sortant clairement, amplifiée par la proximité des murs, attestant du fait qu'ils ne seraient entendus que d'eux même pour la suite :

Lorsque j'étais plus jeune, cette remise isolée me permit de me substituer aux enseignements de Kurogane-san tandis que j'étais rêveur des limites du monde et qu'il tentait de m'inculquer des matières que je trouvais rébarbatives autrefois. Lorsque je revins du domaine des brumes, bien plus tard, encore et plein de ton odeur, ce lieu est devenu ma retraite méditative tant son atmosphère me faisait penser à Okaruto. Si un jour Kazan se montre trop dur avec toi, mon aimée, retient ces pièces, il y fait toujours bien plus doux. Mais pour le moment, tachons ensemble d'équilibrer le climat des lieux avec celui de l’extérieur, si tu le veux bien.

L'annonce ainsi faite, il la surplombait à présent, ses yeux brillants de tendresse et de cet appétit qui n'apparaissait jamais pouvoir quitter son regard lorsqu'il la dévorait de ce dernier. Lui laissant se charger de ses propres atours, il entreprit de la décharger des vêtements dont elle était recouverte, la séparant de la ceinture qui ceignait sa taille et ouvrant avec cérémonie les pans de son kimono sur les enchantements qui s'y camouflaient.

Sa main gauche n'attendit pas que les douces portes de la joie de Saya ne soient totalement découvertes pour se glisser en leur centre chaleureux et d'en attiser le cœur. Son bras droit sous la nuque de son élue, il passait de ses langoureux baisers à quelques flatteries que ses lèvres offrirent aux pointes saillantes de la poitrine mise à nue de son Unique.

Lorsqu'il l'investit enfin après un soin intransigeant apporté à chaque parcelle du corps de l'héritière des Chizuru, ce fut porté par cette nouvelle perspective qu'elle ne lui serait plus dérobée qu'une seule et dernière fois, au terme de ces quelques jours, pour revenir enfin à lui pour l'éternité. L'atmosphère de la pièce le propulsa des années en arrière lorsqu'il ferma les yeux, encerclé des jambes de sa promise, tandis qu'affamés, ils s'offraient l'un à l'autre pour la première fois.

Le maître des Kiyooki qui n'était plus le dernier d'entre eux à présent fut emprunt de la même fougue, mené par cette redécouverte unique qu'il invita bientôt son âme sœur à se retourner complètement afin de lui offrir son dos qu'il n'avait finalement que si peu vu. Tout en la maintenant allongée sur les doux tissus locaux, il la chevaucha, se perdant dans l'admiration de ses épaules, des muscles finement ciselés entourant ses omoplates et longeant son épine dorsale jusqu'à sa chute de reins qui donna le vertige au bushi pourtant devenu coutumier des faveurs de sa compagne.

Il s'emprisonna à nouveau en elle non sans porter sa bouche dans le cou de la lancière, s’enivrant de son odeur qui réalimentait à chaque seconde son insatiable passion. Le brasier de leur gourmandise poursuivit de s'étendre alors qu'ils se redressèrent sans pour autant changer leur sens, l'épéiste toujours derrière la guerrière, cette dernière emmêlant ses doigts dans les cheveux du gouverneur des volcans.

Elle manqua de se laisser vaincre par la force de l'amour du samouraï, tombant les deux mains vers l'avant sur une impulsion affamée de ce dernier dont les flammes furent à nouveau attisée par ce nouveau point de vu. Mais il ne se satisfit pas longtemps de la voir ainsi à sa merci et revint la chercher pour la redresser derechef contre lui, son bras gauche lui sécurisant l'abdomen comme le plus large des obi, le droit allant masser soigneusement le buste de l'onabugeisha en de nombreuses caresses.

Le temps n'avait plus prises sur eux et leur infatigable désir que les rôles finirent par changer doucement, car de leur position redressée, Kodan s'en retrouva sur les épaules, d'abord son aimée contre lui, puis le dominant prestement. D'abord lui faisant dos, elle n'eut aucun mal à se retourner avec souplesse et grâce, ses mains plaquée sur le torse du Kazanite, l'avisant avec convoitise. Il ne put alors s'empêcher de lui murmurer, boulimique d'elle et amusé :

Je suis à votre merci, soldat des brumes. Faites de moi ce qui vous semblera bon.

Ce qui se produisit inévitablement.


L-M-M-J-V-S-D

Kazan Chinsei-ka
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MessageSujet: Re: Une annonce, une visite, un cadeau... Une nouvelle, le temps passé, un coeur brisé (PV Amadotsu Kodan - Terminé) Ven 10 Juin - 12:06

Encore une étreinte et je suis définitivement à lui. Je veux rire de joie, une joie que je n’ai ressentie auprès de personne d’autre. Et je le fais légèrement lorsque Kodan me soulève du sol sans difficultés, lui rendant son baiser intensément, le laissant m’entraîner vers notre prochain lieu d’amour. Son expression me fait oublier la douleur précédente, comme s’il n’avait jamais rien dit de contraire à mon bonheur, comme si maintenant la possibilité de notre histoire montrait son visage. Et c’est délicieux... si délicieux. Différent de la crainte de le perdre, différent de la frustration de devoir quitter celui qui m’a redonné vie.

Je ne fais pas attention aux gens du Taisho que j’aperçois pourtant nous dévisager du coin de l’œil. Je ne fais qu’écouter ce que Kodan me dit, passionnément et avec conviction. La guerrière, la femme et la mère en moi se plonge sous une douche de compliments tous aussi plaisants les uns que les autres, me confortant dans mes choix et mes décisions qui m’ont jusqu’alors toujours semblés défectueux en un sens. La jauge de ma confiance se remplit quand il annonce vouloir adopter nos enfants, leur donner son nom ; j’en frissonne d’imaginer mon fils de sang porter tout l’honneur que son père aura pu lui transmettre, mon autre fils propager et enseigner aux plus jeunes le savoir qu’il aura acquis aux côtés du soldat des flammes et ma fille se vanter de pouvoir bénéficier de sa protection réconfortante.

Son sérieux me fait presque oublier que le bushi me porte toujours, tandis qu’il me confirme que sa résignation justifia son engagement auprès de la noble Setsu. Je suis allée plus loin que lui, me perdant dans les bras d’un autre mais comprenant sans peine son sentiment de vouloir la veiller. Si Shin requérait une attention particulière, l’affection et l’erreur que j’ai commise m’auraient tout autant retenue de rester aux côtés de l’homme que j’aime. Car c’est ainsi que nous sommes : nous tenons nos promesses et poursuivons nos buts. Alors je me plais à croire que si je suis le nouvel objectif de Kodan, il tentera tout pour l’atteindre après avoir honoré ses volontés, ainsi que nos enfants. C’est pleine de nouveaux espoirs que je tourne la tête pour découvrir une allée plus sombre du château, à peine éclairée et aux températures bien plus fraîches que jusqu’ici.

Mon aimé m’entraîne finalement dans une pièce qu’il me décrit comme spéciale pour lui, calme et sereine. Et en même temps que ses mots le décrivent, je ressens en ce lieux l’âme des brumes et le froid des jours où ma capacité permettait de ressentir les corps sous l’épais brouillard de l’aube. Je me rappelle alors de ce premier matin où Kodan et moi avions croisé le fer, une matinée frisquette mais tout à fait agréable car tempérée par les regards brûlants que nous nous étions lancés la veille, lors du repas commun. Et je souris, émue, tandis que mon amant m’offre ce refuge, confirmant une fois encore que je reverrai ce château et que je pourrai l’explorer à ma guise. J’ai presque envie de pleurer mais le Général ne veut pas attendre avant d’ambiancer la pièce de nos ébats. Amusée, je le laisse me déshabiller alors et découvre moi-même son corps de ses vêtements, chair qui n’a plus de secrets pour moi mais que je me régale de découvrir sous toutes les lumières du jour et de la nuit.

Kodan m’embrase de ses caresses, de ses baisers et je retrouve, tout comme lui j’en suis certaine, la passion qui nous animât cette première fois à Kasu. Plus rapidement que pour nos autres échanges charnels, je manifeste par des soupirs et des gémissements mon contentement de le sentir en moi, de le sentir avec moi... Le plaisir d’imaginer que cet homme soit mon homme me propulse vers un désir de lui on ne peut plus immodéré. Je manque déjà d’exploser lorsque mon amour m’invite à me retourner, m’investissant à nouveau avec ferveur. J’en attrape les doux tissus entreposés dans la douce pièce de mes dents afin d’étouffer un cri de gaité. Soucieux de se sentir encore plus proches, nous nous redressons finalement et, tandis que ses mains flattent le haut de mon corps, me passe mes mains sur l’arrière de sa tête pour l’inviter dans mon cou et gagner en stabilité pour mieux l’accueillir en moi.

Sa fougue me comble, tant que j’en oublie d’user de mes propres muscles, basculant soudainement en avant. Mais il me ramène à lui et je fais de même en attrapant sommairement son séant pour l’attirer en mon sein, pendant qu’il flatte ma poitrine. Puis mon amant s’allonge, me laissant le chevaucher comme il eut osé le faire précédemment. Désireuse de le contempler et de faire durer notre plaisir, je me retourne sans rompre notre union et l’admire, gourmande, alors qu’il déclare être à ma merci. M’étendant lentement sur lui, je glisse ma bouche sur ses pectoraux, titillant en souriant leur extrémité pour finalement remonter dans son cou jusqu’au lobe de son oreille, que j’enveloppe de mes lèvres.

- Ne seriez-vous pas capable de résister à mes assauts, guerrier des flammes ? dis-je dans un souffle. J’ai eu ouïe dire que votre endurance était légendaire... Ne laissez pas vos armes tomber, sortez-les pour vous défendre et nous verrons qui gagnera.

Je couvre alors sa mâchoire de petits baisers, remontant sur son menton et retrouvant ses lèvres enfin, outrepassant cette frontière de ma langue, encore plus sensuellement que précédemment. Puis je commence mes vas-et-viens, l’enserrant de mon intérieur et profitant de cette position horizontale pour le sentir d’autant plus, profitant d’une main libre pour le toucher encore et toujours, sans rompre notre baiser. Puis quand je sens mes forces me le permettre, je me redresse. Toujours allongé, je vois alors mon amant apprécier d’une autre façon mes mouvements de bassin, tantôt aidé de mes jambes pour des gestes plus amples, tantôt aidé de mon abdomen entrainé pour des mouvements plus profonds.

Mais c’est tandis qu’il se redresse à son tour pour me serrer contre lui, suivant mes attentions en amplifiant leur intensité, que nous trouvons l’extase une première fois. Je m’accroche à sa peau en soufflant un « Ko-san » incontrôlé et, malgré le bien-être immédiatement ressenti dans mon corps tremblant, je tente de ne pas m’arrêter. C’est une nouveauté imposée par mon besoin du Taisho, par ses propos qui me font goûter à ce que pourrait être notre quotidien à mon retour. Alors, je ne veux pas que cela s’arrête et je surpasse mes possibilités physiques pour être à la hauteur des siennes dans cette immédiateté, afin de jouir avec mon aimé une seconde fois, sans espace de repos ou presque. Je m’attends à ressentir une seconde fois la même chose mais tout semble différent, bien que la férocité des spasmes de mon intimité soit tout aussi virulente.

Plus faible encore, je m’allonge mais lui fait comprendre que je ne tiens pas à cesser de l’accueillir en moi, d’un simple regard, suivi d’un « Encore » évocateur. Restant à genoux sur les douces étoffes réchauffant nos corps éprouvés d’une émotion inégalable, Kodan m’investit une nouvelle fois, soulevant mon bassin vers le haut pour rejoindre le sien sous un nouvel angle. Ce n’est seulement qu’après cette troisième montée vers les cieux, plus difficile à atteindre, que je me blottis simplement contre le bouillant Setsu, à nouveau sur lui mais sans aucune force aucune, pas même celle de le soulager de mon poids. Ce n’est qu’une fois mes esprits et mon souffle récupérés que je parle doucement.

- Aucun temps n’est perdu, watashi no moeru kazan. Il est là, ce temps du passé, celui du présent et celui de l’avenir. Nous l’avons saisi et le saisiront encore, à chaque occasion. Entendre ton nom accolé aux prénoms de nos enfants m’emplira de bonheur mais simplement le prononcer, dès que le moment sera propice me convient tout à fait aussi. Tu insuffles tant de vie en moi... je me réjouis de vivre les jours qui restent de cette semaine et ceux qui sont à venir.

Je me presse contre lui un peu plus fort et dépose un baiser sur sa peau avant de fermer les yeux puis de m’assoupir au son réconfortant de son cœur résonnant dans ma tête.


L -M - M - J - V - S - D
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MessageSujet: Re: Une annonce, une visite, un cadeau... Une nouvelle, le temps passé, un coeur brisé (PV Amadotsu Kodan - Terminé)

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Une annonce, une visite, un cadeau... Une nouvelle, le temps passé, un coeur brisé (PV Amadotsu Kodan - Terminé)

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