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 [PV] Dard et incisives

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Ryuuketsu Katame

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Jônin

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MessageSujet: [PV] Dard et incisives Lun 2 Mai - 19:07

Le jais et sang de son regard s'ouvrit soudainement sur le monde, comme si il surgissait d'un rêve pénible, ce qui avait été le cas, en vérité. Il se releva tout aussi subitement, la détestable impression de ne pas avoir contrôlé tout un pan de son existence durant son séjour dans les limbes. La vague qui explosa alors en lui manqua de lui tirer son premier cri de douleur depuis sa naissance tant elle le foudroya instantanément et ce ne fut qu'au prix d'une vie entière de maîtrise de soi qu'il parvint à en taire l'expression.

Il se recroquevilla par pur réflexe, ramenant ses genoux vers son ventre dans une position fœtal qui ne lui épargna aucun répit pour autant. Il serra ses dents tant et si bien qu'elles crissèrent avec violence, lui donnant l'impression qu'elles pourraient rompre à tout moment. Ce n'est qu'au bout d'une éternité qu'il pu enfin supporter le trauma physique, non pas qu'il se soit totalement atténué, cela lui paraissait impossible et il se préparait déjà à vivre avec jusqu'à sa fin qu'il n'était pas loin d’appeler, soit dit en passant.

Alors il put enfin se concentrer sur son environnement et sa propre situation. Un drap lui contraignait les jambes jusqu'au bassin et il s'avérait dénudé pour tout le haut de son corps. Le tissus de son masque ne lui apportait plus son réconfortant anonymat qui lui avait pourtant été laissé dans ses songes mouvementés, le fait fut évident lorsqu'il senti le contact de ses doigts sur la peau de sa joue.

Élargissant son champ de perception, il se rendit compte se trouver dans un futon, lui-même au sein d'une pièce dépourvue du moindre artifice inutile, dans le plus pur style usuel qu'il affectionnait personnellement, sans pour autant que ce fut sa propre chambre. La chose étant  inconcevable, au vu du fait qu'il ne possédait pas de telle lieu pour propriété. Auprès de son lit, une vasque d'eau et linge propre trempant dedans attestait d'un soin qu'on avait du lui apporter.

L'ombre parmi les ombres remonta le fil de ses pensées afin de resituer sa position lorsqu'il était tombé et le temps qui avait pu s'écouler depuis cet instant. Prit par surprise par l'éclat des cieux, c'était sous son alias de contrebandier qu'il avait été témoin de la fureur Divine qui l'avait emporté. Il ne put rater la présence de ses affaires dans un coin de la pièce, son kimono blanc et rouge se trouvait plié en compagnie de son hakama noir, mon'shi, son katana nacré, placé en équilibre précaire contre le mur.

Ce ne fut que bien trop tard à son goût qu'il se rendit compte que la salle ne comptait pas uniquement sa seule présence, car dans l'entrée se dessinait la silhouette d'une jeune femme, à moins que ce ne fusse une enfant, il n'en était pas bien sûr, le scrutant intensément. Sobrement vêtue de tissus aux nuances émeraude, jade et olive, elle n'en imposait ni par sa carrure, ni même par une quelconque aura. La seule chose dont il fut certain était qu'elle s'était occupé de lui   ou du moins, de Sansoku et que c'était donc à ce dernier qu'elle aurait affaire.

Il ferma les yeux un court moment pour les ouvrir à nouveau sur son personnage, laissa la douleur passer dans ses traits comme un nouveau masque et se recroquevilla derechef, comme si une nouvelle vague de martyre le prenait. Il laissa sa voix sortir enfin de ses lèvres, volontairement incontrôlée et saccadée :

Kusoooooo ! Chikushôôô ! La vache du foutre de son paternel putréfié, ça arrache !

Il tourna en tremblant son visage vers sa spectatrice et ajouta :

Z'êtes qui toi ? Vous voulez mon portrait peint sur votre tronche ou quoi ? Z'allez rester là à me mater combien de temps encore ? Z'en avez pas assez profité depuis que… Depuis que quoi d'abord ? Qu'est ce qui s'est passé ? J'voyais bien un moyen d'me faire des ronds facile avec tout ces gens qui se carapataient ça et là… Mais faut croire que c'machin m'a eut aussi. Ça fait combien d'temps que j'me traîne le cul dans ce pieux ?

Il n'aimait réellement pas cette situation, sa comédie était médiocre, mais qui pouvait bien faire le rapprochement entre le brigand qu'il était et le shinobi si peu connu, même des siens. Mais alors même que cette pensée effleura son esprit, la seule lanterne illuminant la pièce éclaira le visage de celle qui lui faisait face.

Celui ci, malgré ces traits anodins, quoiqu'en rien déplaisant, fit immédiatement écho aux tréfonds de sa mémoire, cette bibliothèque qu'il avait pour cœur de sa psyché. Un nom, celui d'une genin, s'imposa à son esprit. L'ironie d'avoir été sauvé par l'un des siens à qui il cachait son alter-égo aurait pu lui arracher un sourire, s'il avait été plus maître de la situation.

Mais à présent et au vu de la misère que lui faisait vivre son corps en éveil, il était clairement à la merci de Tsurushi Shura, la petite guêpe de Fuu.


Dernière édition par Ryuuketsu Katame le Mer 14 Sep - 10:31, édité 1 fois
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Tsuruchi Shura

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Genin

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MessageSujet: Re: [PV] Dard et incisives Mer 4 Mai - 1:40

Toutes sortes d'insultes lui vinrent en tête à ce moment-là et son regard devait se faire plus noir que jamais. Ça ne pouvait pas être vrai, ils ne pouvaient pas être sérieux ! Non, mais franchement, qu'avait-elle fait pour mériter ça ? Elle voyait cette nouvelle mission qu'on lui confiait comme une punition et l'appeler mission était déjà un bien grand mot pour ce qui était de la réalité. C'était… du foutage de gueule comme on ne le lui en avait encore jamais fait et seule sa discipline longuement travaillée lui permit de se contenir quand elle mourrait d'envie de protester et de crier à l'injustice !
Rester à Fuu, pour le clan, pour les shinobi, était certainement quelque chose qu'elle pouvait parfaitement concevoir, mais on l'avait reléguée au niveau de bonne à tout faire et c'était d'autant plus insupportable qu'elle voyait bien des gens de son âge partir sur le front. Elle aussi, elle voulait sauver le clan de ces attaques incessantes, elle voulait transpercer le corps de ces yokai de ses propres flèches et les repousser ! Mais c'était à croire qu'on la voyait si faible qu'elle ne pouvait même pas servir de chair à canon au milieu des premières lignes.

Recluse dans cette maison avec l'inconnu, elle avait versé des larmes de dépit et avait maudit un paquet de shinobis de Fuu pour l'avoir laissée dépérir ici. Son rôle était d'une simplicité à mourir : elle devait s'occuper d'un homme qui avait sombré dans l'inconscience, pire, dans un coma très profond, à tel point qu'on n'était même pas sûr qu'il puisse se relever un jour.
Shura ne connaissait pas cet homme. Pourquoi est-ce qu'ils l'avaient amené là ? Il n'aurait pas pu croupir ailleurs et être soigné par une autre fille ?! Une miko, par exemple, aurait très bien fait l'affaire ! Mais non, il avait fallu que ça tombe sur elle ! Pourtant, elle n'était pas dupe, il s'agissait à coup sûr d'un shinobi, elle ne l'avait juste encore jamais rencontré comme ça arrivait parfois, le monde des ombres étant des plus propices aux mystères en tous genres.

Les premiers jours qui avaient suivi s'étaient partagés entre sa rage féroce et l'espoir qu'il se réveille rapidement. Mais l'homme aux cheveux d'ivoire n'avait pas bougé d'un pouce, pas même cillé et elle avait dû se rendre à l'évidence que s'il se réveillait un jour, ce ne serait pas avant un sacré moment. Elle n'aimait pas les tâches qu'elle devait effectuer, si loin de ses habitudes martiales et qui lui prenaient un temps dévorant sur ses entraînements. Étant la seule à s'occuper de lui, elle devait même se livrer à une proximité qui la dérangeait fortement tant elle n'avait jamais connu les hommes de si près et elle priait chaque jour pour qu'il ne se réveille pas dans ces moments-là.
Sa haine envers ce parfait inconnu dont on ne lui avait même pas donné le nom s'était accrue quand elle avait compris que cette ignoble mission serait longue, très longue, interminable même. Sa présence obligatoire la clouait jours et nuits au village et elle n'avait même pas le plus petit espoir de pouvoir changer d'air. Ce fut seulement avec le temps que cette rage qui dévorait son cœur avait fini par s'adoucir, se transformant en habitude, alors qu'elle connaissait les traits de son visage par cœur et qu'il pouvait apparaître devant elle à n'importe quel instant.
Prise d'un peu de compassion, elle finit même par se sentir honteuse d'avoir souhaité sa mort rapide et commença à apporter un peu plus de délicatesse aux soins qu'elle lui apportait. Pourtant, l'espoir s'amincissait à mesure que son corps maigrissait de jour en jour, n'ayant pas les moyens de le nourrir correctement.

L'inconnu était finalement devenu ce familier compagnon de tous les jours pour lequel ses sentiments oscillaient entre l'indifférence, la pitié et la colère. Au moins n'était-il ni encombrant, ni bruyant, et cela rendait sa présence d'autant plus supportable.

*

Murée dans ce silence des plus habituels et ne portant qu'un regard distrait à l'homme, elle entra dans la pièce au cours de la soirée, à peu près à la même heure que tous les autres jours. Comme un objet resté à l'endroit où on l'avait laissé, il n'avait pas bougé, pas montré le moindre signe de réveil et Shura avait depuis bien longtemps cessé de songer à l'idée qu'il se réveillerait un jour. Pourtant, obéissant docilement aux ordres qu'on lui avait donnés, elle passa une éponge humide sur le visage et le haut de son corps, puis entreprit la fastidieuse tâche de le relever suffisamment pour le nourrir sans qu'il ne s'étouffe de ces quelques cuillerées d'une mixture qui se voulait être nutritive. Il fallait s'y atteler de nombreuses fois, chaque jour et cela avait bien vite fini par rendre ses visites d'une banale prévisibilité.

Mince. Elle n'en avait plus assez.
La jeune femme laissa la lanterne non loin de lui pour aller chercher une nouvelle bouteille et franchit à nouveau le pas de la porte, un instant plus tard.

Toute à ses pensées et ayant baissé sa garde, elle ne fit pas plus attention à l'inconnu que d'habitude, mais lorsqu'elle s'approcha une nouvelle fois de lui, un cri déchira le silence trop familier et la fit sursauter. Un fracas retentit. Dans sa frayeur, elle avait lâché la bouteille et celle-ci s'était brisée à ses pieds, versant sur le sol le breuvage qui ne lui serait plus jamais utile.
Shura n'y prit même pas garde, toute son attention était captée par l'homme recroquevillé sur lui-même et dont la douleur apparente ne l'empêchait visiblement pas d'avoir la force de prononcer une tirade aussi longue.

Elle s'était figée, stupéfaite, interdite, commençant tout juste à réaliser que l'inconnu venait de se réveiller. Il était vivant.

— Calmez-vous ! Furent ses premiers mots, alors qu'elle sortit de sa paralysie pour se précipiter à sa rencontre.

Posant ses mains sur ses épaules, elle tenta de le faire se rallonger, mais les retira presque aussitôt, réalisant que cet homme qu'elle avait touché chaque jour était maintenant bel et bien réceptif à ses contacts.

— Trois semaines, lâcha-t-elle en guise de réponse, sans même essayer d'y mettre des formes. Restez tranquille, si vous voulez espérer vous en sortir, vous avez été sacrément affaibli par ce long sommeil, poursuivit-elle d'une manière un peu plus sèche et autoritaire.

Il fallait qu'elle prévienne ses supérieurs de son réveil, mais elle ne pouvait clairement pas le laisser tout seul. À le voir agir, il allait certainement tenter de se lever à un moment ou un autre et elle n'allait pas le laisser crever par terre, maintenant qu'elle s'était tuée à le garder en vie. Son regard sombre le toisait d'ailleurs d'un air impitoyable.

— Allongez-vous, cela devrait calmer les étourdissements, les crampes et autres douleurs. Je vais chercher quelque chose que vous pourrez avaler, vous avez besoin de prendre des forces. Mais ne bougez pas !

Son ton était d'autant plus sévère qu'elle avait le pressentiment qu'il ne l'écouterait pas. C'était à peine croyable de la voir s'être transformée en véritable infirmière et elle ne revenait pas elle-même des mots qu'elle prononçait. Pourtant, un sourire se dessina doucement sur son visage, c'était la fin de son calvaire.
Sans attendre, elle partit en courant pour revenir presque immédiatement dans la pièce, avec dans les mains un pot contenant de la compote. C'était la première chose qu'elle avait trouvé et il devrait s'en contenter pour le moment. En se rapprochant, elle hésita un peu avant de lui tendre le récipient, ainsi qu'une cuillère.

— Vous pensez pouvoir vous débrouiller seul ? Demanda-t-elle, à demi sceptique.

Au moins pouvait-elle maintenant mettre une voix et un brin de caractère sur ce visage immobile. L'inconnu allait bientôt cesser d'être simplement un corps tiède dont il fallait s'occuper constamment.



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Ryuuketsu Katame

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Jônin

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MessageSujet: Re: [PV] Dard et incisives Mar 10 Mai - 0:49

Amoindrit au possible, perclu d'une douleur reléguée au rang d'information synaptique, mais non moins dérangeante, il se sentait l'ombre de lui-même. L'ironie de la chose aurait presque pu lui arracher un demi-sourire si il ne commençait pas à comprendre dans quel lieu il reposait. La guêpe s'agitant autour de lui après le sursaut qu'il lui avait provoqué dans son cri, mi-sincère, mi-surjoué. Il aurait pu se montrer reconnaissant, mais il ne voyait là qu'un gaspillage.

La petite genin tentait de calmer son personnage, le plaquant à son lit sans qu'il ne puisse résister, Sansoku en interlocuteur, Katame ouvrant l'intégralité de son outil mental et le poussant à une activité intensive. Qu'il parvinsse ainsi à penser si librement ne pouvait dire qu'une chose au vu de l'état de ses muscles : on l'avait soigné et nourrit à la perfection. Pourtant, alors qu'elle répondait à ses questions chaotiques, il ne pouvait pas s'empêcher de voir que ces bienfaits dont elle était la source évidente avait empêchés son déploiement à des fins bien plus utiles.

Personne n'était irremplaçable, pas même lui et quelqu'un avait pris là une décision qu'il regretterait lorsque le Maître des Ombres serait pleinement remis. Trois semaines donc. Trois semaines durant lesquelles Fuu n'était devenu qu'un serpent sans tête au vu des décisions prises et privé d'un éclaireur dont le nom et le surnom étaient parfois pensés par le Seigneur des Secrets. Pire… Il reconnaissait à présent l'endroit, tant choqué par cela que sa comédie de l’extérieur des murs de sa psyché faillit s'interrompre soudainement.

On l'avait mené au village même. Celui dont personne ne connaissait l'existence en dehors de ses propres shinobis. La nausée qui découla de ce cheminement mental était authentique. Celui qui en était la cause était donc l'un des rares élus à connaître le lien qui unissait le Chuunin Ryuuketsu et le bandit Sansoku. Une nouvelle erreur du Jônin que l'on lui jetait au visage. Ses méprises coûtaient particulièrement chère pourtant et il s'était juré de ne plus en commettre.

Un Daimyo et son Kannushi, puis une trop jeune Dame avaient trouvés la mort à cause de ces dernières. Il se demanda ce qu'allait lui prendre celle ci avec morosité et en fut presque à prier les Kamis pour le préserver de cela, chose qui ne lui était jamais passé par la tête depuis qu'on lui avait donné son nom et que ne s'était présenté le Rat qui l'habitait. Il laissa son alias se débattre légèrement, pester, mais plus le temps s'égrainait, plus il s'ennuyait d'une telle futilité.

Il laissa le brigand se calmer et obéir aux injonctions que lui intimait l'archère afin de mieux constater le gâchis qui s'étalait dans cette simple situation. Elle faisait montre d'une attention extrême et il ne pouvait être certain de cela, mais il pensait lire dans ces traits qui lui faisaient front une sorte de forme de soulagement face à son réveil, le sourire qu'elle eut en attestait. Qu'il lui fut adressé ou non, il ne pouvait le savoir et la première option lui paraissait des plus improbables.

Elle revint porteuse de quoi le sustenter et à en interroger son corps, il savait en avoir le plus grand besoin. Cela pouvait être n'importe quoi, il s'en moquait éperdument. À la question qu'elle lui posa alors, il ne répondit rien d'autre que de se redresser subitement et lui prendre le pot qu'il attaqua à main nue.

Ce fait collant à l'identité qu'il lui présentait tout en s'appliquant à l'abîme que constituait l'appétit du cendré nocturne.  Il lui jeta quelques coup d’œil de son iris sanguin durant un instant et manqua de s'étouffer sous le rythme que sa fringale lui imposait. Puis il décida, la bouche encore à moitié pleine, de laisser libre court à sa voix enraillée par sa fatigue musculaire :

Oy ! Bien sûr que j'peux faire ça… J'suis pas mort que j'sache…

Il laissa passer un léger temps mort, profitant de ce dernier pour prendre deux pelletées de compote, puis enchaîna d'un ton que Sansoku n'aurait jamais eut jusqu'à ce jour, ni Katame d'ailleurs :

Z'avez pas l'air d'une prêtresse. Encore moins d'une pécore. Pourquoi v'z'avez fait ça pour moi ? Vous auriez pu servir à aut'chose qu'à me torcher le cul… C'était le bordel là bas. C'est trop con. Z'avez l'air bien trop capable pour vous occuper d'un type comme moi.

Il leva sa main-cuillère vers elle, toute recouverte de nourriture et poursuivit :

Pas contre vous, hein… J'vous en doit une belle. Mais sauf si vous êtes cruche, c'que j'crois pas, vous avez pas choisie de m'tenir compagnie. Enfin… merci, hein ! J'oublierais pas ça.

Trois semaines. Il se demanda dans quel état seraient les choses depuis que son œil ne s'était plus posé dessus. Il n'allait pas avoir le temps de se remettre, très sûr du fait que la tâche ne pouvait plus souffrir du moindre délai. Le Maître des Ombres se senti profondément las, la persistance du manque de contrôle qu'il avait eu dans ses songes mêlée à la morosité qui le gagnait à l'idée de tout ces engrenages grippés qui constituaient sa caste.

En vérité, il se sentait sincèrement désolé pour cette enfant et un autre sentiment extrême l'envahissait, au point de lui couper toute faim. Il du faire montre une nouvelle fois de sa maîtrise sur lui pour ne pas laisser s'exprimer la sourde colère qui bouillonnait en son sein lorsqu'il ne prononça qu'à voix basse ces mots :

Allez… J'm'en sortirai, z'en faites pas…

Las. Il en avait assez. Sansoku disparu pour laisser place à Katame :

… Allez chercher celui qui est la cause de votre présence ici, Shura-san. Il est des choses que je ne saurais autoriser. Oh, et ordonnez lui de ma part, car je doute qu'il ignore celui que je suis, de m'apporter de quoi correspondre un peu mieux à la place que je dois reprendre. Dōzo, Je vous attends.

Assis, il avisa enfin ses poings dont l'un sali, fermés sur ses genoux couvert de son drap. Plus rien ne devant se produire jusqu'à ce que sa demande soit honorée.

Lorsque celui qu'il connaissait sous le nom de Yakunata Chima pénétra à la suite de la petite guêpe, le Jônin était déjà levé, les jambes tremblantes à tenter de répartir son poids en tenant compte de sa nouvelle faiblesse. Il n'y eut pas besoin de mot entre lui et son exécutant, ce dernier lui posant ce qui avait été demandé à ses pieds dans une attitude servile qui ne tira pas la moindre expression au visage impassible et concentré sur sa rémission à l'homme aux cheveux cendrés.

Puis il se baissa pour ramasser le kimono de combat, se chaussa et ajusta avec difficulté chacun des éléments de son humble attirail, qui restait pourtant de loin son préféré. Il ramassa alors le mempô à gueule d'oni et leva ses yeux dichromatiques vers celle qui avait veillée sur lui juste avant de le nouer autour de son visage et de masquer pour moitié ce dernier.

Lorsqu'il reprit la parole, ce fut de cette voix qu'on lui connaissait en ces lieux, celle qui se répercutait dans toute les directions, comme s'il ne prononçait pas lui même ses propres mots, sans la moindre intonation, aussi neutre que le souffle du vent :

Chima, partez séant rejoindre les notre à Kaze. Je veux savoir ce qui s'y passe.

Il ne reprit enfin que lorsque l'homme eut quitté la pièce :

Shura-san ? Pourriez vous m'aider encore une fois ? Je ne suis pas tout à fait capable de porter mon propre poids. Cet homme ne m'a pas vu comme vous m'avez vu et Fuu n'a pas à connaître l'état de faiblesse de Ryuuketsu Katame. Vous comprenez, n'est ce pas ? Aidez moi à sortir d'ici et résumez moi ce que vous savez de la situation du clan… Et avant que vous ne disiez quoique ce soit sur le sujet, je suis désolé d'avoir tenu le rôle que j'ai eus à mon réveil, il me fallait être certain de savoir où je me trouvais. Quoiqu'il en soit, honorable genin, répondez à ma demande et j'en ferais de même pour les vôtres, si vous en avez. Je vous dois bien cela.

Il termina son discours en levant le bras comme un appel muet au soutien dont il avait besoin.


Dernière édition par Ryuuketsu Katame le Mer 14 Sep - 10:30, édité 1 fois
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Tsuruchi Shura

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Genin

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MessageSujet: Re: [PV] Dard et incisives Jeu 12 Mai - 2:55

Une grimace de dégoût accueillit la sauvagerie dont elle était l'unique témoin. Était-il nécessaire de s'en prendre à ce bol et à ce contenu de manière aussi choquante, alors que la pauvre cuillère trônait encore fièrement dans sa main ? La réponse semblait être oui et les traits de l'indifférence revinrent aussitôt sur son visage, alors qu'elle posait l'objet sur la table de nuit, au cas où il en ait finalement l'utilité. Elle pouvait bien lui pardonner son comportement pour cette fois, il devait être plus que tout affamé et cette condition pouvait bien transformer l'homme le plus civilisé au monde en une brute épaisse. Heureusement, malgré ses énormes bouchées, il y avait quand même peu de chances pour qu'il s'étouffe avec un peu de compote.
Shura n'avait pas besoin de graver ces instants pitoyables dans sa tête, mieux valait encore qu'elle n'y assiste pas, aussi en profita-t-elle pour se détourner et se munir d'un balai histoire de nettoyer le désordre qu'elle avait mis dans toutes la pièce. Traquant les morceaux de verre de son œil aguerri, elle écoutait ses paroles tout en se demandant où il pouvait bien trouver autant d'énergie. C'était tout de même assez incroyable, après avoir passé trois semaines dans un profond coma, elle se serait plutôt attendue à retrouver un homme au bord de la mort dont il aurait fallu encore sans cesse s'occuper, tant il aurait été incapable du moindre effort.

Était-ce sa bonne condition physique d'avant son sommeil qui lui permettait de se remettre aussi bien de cette mauvaise épreuve ? À moins qu'il ne s'agisse d'un trait naturel. Mais elle se contenta simplement d'être étonnée, elle l'avait trop méprisé, trop haï pour se sentir impressionnée.

— C'est certain, lâcha-t-elle donc sèchement, pour lui répondre.

Elle était la première à penser qu'elle aurait eu mieux à faire que de jouer les nounous pour un homme qui aurait tout aussi bien pu ne jamais se réveiller. Mais cela faisait aussi assez de temps qu'elle jouait ce rôle pour que son esprit buté ait quand même réussi à en comprendre les raisons. Même en admettant qu'elle ne vaille pas grand-chose, on ne lui aurait jamais demandé de s'occuper de lui s'il s'était agi du premier shinobi venu, non, il devait être assez important pour qu'il en vaille la peine et c'était tout ce qui comptait pour elle.
Sa fidélité avait été bien assez forte pour la faire tenir, c'était même elle qui l'avait poussée à soigner davantage ses gestes. La décision avait peut-être été mauvaise, mais elle n'était pas assez qualifiée pour la contester ou y faire quoi que ce soit.

— C'est aussi certain que ce devait être important, ajouta-t-elle plus doucement cette fois, alors qu'elle se relevait pour le fixer à nouveau.

Puis elle se tourna à nouveau pour aller jeter les restes de la bouteille dans une poubelle non loin. Qu'y avait-il à dire de plus à ce sujet de toute façon ? Aucune parole n'allait changer le passé et puisqu'il s'était réveillé, il y avait encore moins de raisons d'en débattre.

Peu importait finalement, alors que la voix qui fit suite à ses derniers mots la figea. Plus que la prononciation devenue correcte et le changement de ton, elle faisait un tel contraste, une telle différence avec celle d'avant qu'elle pouvait presque croire qu'une autre personne s'était glissée dans la pièce sans qu'elle la remarque.
C'est seulement en lui faisant face, posant son regard sombre sur son visage, qu'elle fut certaine cette fois que ses oreilles ne s'étaient pas trompées. Mais elle fut étonné de voir qu'il connaissait son prénom, alors qu'elle était plus que sûre de ne l'avoir jamais prononcé en sa présence.

Shura se creusa la tête une nouvelle fois, comme elle l'avait fait maintes fois plus tôt, mais n'aboutit à rien de plus. Elle avait depuis longtemps conclu qu'elle ne connaissait pas cet homme, qu'ils ne s'étaient jamais croisés et qu'il devait être parti de Fuu depuis des années, à moins qu'il ne fasse jamais que de brefs passages. Visiblement, elle s'était bien trompée.

— Comme vous voudrez.

Elle pensait farouchement qu'il avait plus besoin de repos et de reprendre des forces que de se jeter déjà hors d'ici pour reprendre cette place qu'il avait été contraint d'abandonner, mais elle se tut. Elle n'allait pas aller à l'encontre des ordres de l'un de ses supérieurs et puis, ça l'arrangeait un peu aussi. La petite guêpe quitta donc la pièce sans faire de bruit et s'absenta de longues minutes, le temps nécessaire pour trouver Yakunata et de l'amener jusqu'ici.
Lorsqu'elle fut de retour, elle ne put s'empêcher de se fâcher, le jaugeant d'un regard aussi sévère que désapprobateur.

— Vous ne devriez pas être debout !

Était-il stupide ou bien complètement irresponsable ? Il n'avait en tout cas pas vraiment l'air de tenir à sa propre vie puisqu'il jouait encore avec, à peine avait-il fini de se débattre avec les démons qui l'avaient emporté dans les plus basses affres de l'inconscience. Mais elle baissa les yeux, ne cherchant pas plus longtemps à lui tenir tête et le laissant cacher cette nudité qui l'aurait volontiers faite rougir si elle en avait eu la prédisposition.
Yakunata, à peine convié dans la pièce en fut aussitôt congédié. Le punissait-il de cette décision que l'autre homme avait fortement désapprouvé ou n'y avait-il aucun arrière sens caché dans ses mots ? Elle n'en avait pas la moindre idée.

Et, quand elle osa à nouveau le regarder, la mémoire lui revint brutalement. Cette voix qui avait à nouveau changée accompagnait parfaitement ce visage à demi caché et tous deux semblaient émerger de ses propres souvenirs. Ils ne s'étaient jamais beaucoup croisés, ou du moins, elle n'avait jamais beaucoup connu sa présence. Rien d'étonnant à ce qu'elle ne l'ait pas démasqué une fois son visage découvert. Elle n'avait jamais étudié assez les traits du chûnin pour le reconnaître lorsqu'il ne ressemblait plus à lui-même.
Elle ne se serait d'ailleurs jamais permis de l'observer comme elle avait pu le faire, de le dévisager d'aussi près et c'était désormais une image qu'elle ne retrouverait plus que dans ses souvenirs, alors qu'elle se murait à nouveau derrière son habituel respect.

Sans le faire attendre et sans un mot, elle s'avança jusqu'à lui pour le prendre dans ses bras et soutenir son corps affaibli. Même si elle l'avait déjà fait à maintes reprises, elle ne pouvait s'empêcher de se dire que c'était complètement différent et gardait ses yeux rivés sur le sol, son visage tourné pour qu'il n'en remarque pas les sentiments traîtres qui en émergeaient inévitablement. Si elle pouvait se vanter d'ordinaire de maîtriser parfaitement ses émotions et de savoir garder son calme quand il le fallait, étant tout de même d'un tempérament plus orageux que tranquille, on dépassait là de loin le cadre de la normalité.
Troublée, elle se demandait même si cela n'allait pas se sentir dans ses mots, mais elle ne pouvait pas garder plus longtemps ce silence qui, pour une fois, lui convenait bien.

— Vous n'avez pas à vous excuser, Ryuuketsu-sama, répondit-elle simplement.

De quoi pouvait-il bien s'excuser d'ailleurs ? Il n'avait pas à le faire tout comme elle ne le ferait pas elle-même. Pour une fois, si rare, elle avait transgressé quelque peu les règles de sa loyauté de fer pour satisfaire sa propre fierté et elle s'en voudrait certainement plus tard, mais elle se sentait incapable de faire marche arrière.
Puis, profitant de son improbable supériorité en terme de force, elle parvint à le guider sans trop de mal hors de la pièce et de la maison. Heureusement pour elle, il faisait presque sa taille et avait perdu bien trop de poids, ce qui lui rendait la tâche un peu plus facile.

— Je ne pense pas être la mieux qualifié pour vous informer de la situation, commença-t-elle, réfléchissant à ce qu'elle pourrait bien lui dire.

Elle n'était qu'une genin, trop jeune pour qu'on lui accorde quoi que ce soit et par conséquent, elle était sans doute la dernière au courant de tout ce qui pouvait se passer autour d'elle. On ne lui avait pas confié le moindre secret et elle ne l'avancerait sûrement sur presque rien, mais il devait déjà savoir tout ça.

— Une bonne partie de la population a sombré dans un étrange sommeil, tout comme vous. Heureusement, c'est aussi à ce moment-là que les Tengu ont cessé leur attaque au temple et il n'y a pas eu trop de dommages, d'après ce qu'on m'a dit. Depuis, de nombreux endormis n'ont pas eu votre chance et ont trouvé la mort, quel que soit l'endroit où leur âme était captive. Mais vous pouvez être rassuré, Fuu s'en est plutôt bien tiré et aucune personnalité importante d'Eiichiro n'a été mise en danger, contrairement aux autres clans.

C'était là à peu près tout ce qu'elle savait, y avait-il besoin d'aller plus en avant dans les détails ? Il poserait bien des questions s'il le voulait, mais mieux valait encore qu'il s'informe auprès d'un autre chûnin.

— Où voulez-vous que je vous emmène ? Demanda-t-elle finalement.

Elle avait bien quelques autres questions qui trottaient dans sa tête, plus personnelles, mais jamais elle ne se le serait permis, quoi qu'il en dise.



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Ryuuketsu Katame

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Jônin

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MessageSujet: Re: [PV] Dard et incisives Mar 17 Mai - 12:55

Elle s'était montrée invective dans ses premiers propos dans un premier temps, se révélant proche de l'état de pensé du shinobi lorsqu'il voyait dans la présence de la jeune fille à ses côtés comme un gâchis de ses compétences. Puis le masque était tombé, ou plutôt, il l'avait reprit, changeant du tout au tout la façon d'être de la guêpe à son égard. Du léger mépris qu'il avait ressentit, elle se montrait respectueuse de ce personnage qu'il était, ou bien du rang qu'il laissait penser avoir aux yeux des siens.

Elle ne fut pas longue à venir lui porter secours dans sa faiblesse affichée sans la moindre honte. Il n'avait pas de temps pour jouer les fiers à bras et il considérait qu'il entretenait une dette envers elle qu'il ne souhaitait pas tarder à rembourser. Tandis qu'elle prit son bras en écharpe et le soutint, il ne la quittait pas du champ de vision de son œil gauche afin de lire au mieux ce qui pouvait se passer derrière ce jeune visage.

Cette volonté fut plus facile à dire qu'à suivre, car le trouble dans lequel les faits la mettaient poussait la genin à tenter de lui cacher ses traits. Des méandres de sa mémoire revinrent les premiers pas qu'elle avait fait au sein de Fuu, durant sa prime jeunesse et tandis qu'il accomplissait déjà ses devoirs de Maître des Ombres. Les petites escapades que l'enfant qu'elle était et auxquelles elle s'adonnait parfois pour donner libre cours à son talents avaient été suivis de près et officieusement autorisées.

Nombreux shinobi comme elle et doués du don de l’archerie ou excellant à celui du lancé étaient tout autant d'êtres précieux dans les rouages de l'utopie que représentait le village caché à ses yeux, lui même bien incapable de tirer précisément au yumi ou ne serait ce qu'aux shuriken au vu du handicap dont il souffrait.

Shura était ainsi passé de l'anonymat dû au nombre à la reconnaissance du Jonin très rapidement, ce qui ne faisait qu’accroître le sentiment de gaspillage que la mise à son chevet de la petite kunoichi occasionnait selon lui. Néanmoins, il ne pouvait nier que cette épreuve était capable de mesurer sa loyauté pour les siens, qui s'avérait sans faille. Elle le guida ainsi hors du bâtiment non sans répondre à sa demande avec une pointe d'humilité.

Il ne s'attendait pas à un compte-rendu étoffé et détaillé, étant donné qu'elle avait du passer son temps à ses côtés, aussi il n'avait jamais penser lui tenir rigueur du manque d'informations du récit qu'elle lui fit. Ce dernier n'était qu'une mise en bouche de la situation et pourtant, s'avérait crucial dans les calculs qu'il établissait déjà, si bien qu'il s'étonnait que la chute de la moitié de la population dans un sommeil qu'il avait partagé n'ai pas pu laisser plus de marque que cela.

Katame s'interrogeait sur le comment et le pourquoi, tout en sachant pertinemment qu'une telle catastrophe n'ait pu être le fait de l'Homme. Alors qu'elle en eut terminé de son rapport succin et qu'elle le questionnait déjà sur la direction à prendre, il retourna sa conscience en lui même dans le domaine où se tenait silencieusement l'entité qui l'habitait, lui faisant face en pensé :

Oy, petit être de mon esprit… Tu n'auras pas été bien bavard depuis que je suis tombé, maudit comme nombre des miens. Ton silence lors de mon séjour dans ce que je soupçonne être l'un de vos royaumes, si j'ai cru d'abord que tu étais incapable de t'exprimer, me semble refléter bien autre chose. Votre implication est claire et je serais enchanté si tu te montrais aussi efficace que ma subordonnée en répondant à ces interrogations que tu ne peux ignorer, puisque tu vis auprès d'elles en ce moment.

Le rat à l'épée démesurée ne lui répondit pas, se contentant de le fixer de ses petits yeux carmins et de lui sourire, comme si cela était possible, de la façon la plus énigmatique qui soit. Le shinobi rompit le contact, comme un volte-face spirituel, le temps qui s'écoulait ici n'ayant pas d'importance et passerait pour une légère absence dans sa réalité. Il n'avait rien attendu de cet échange et son hôte ne l'aura étonné en rien tandis qu'il revenait dans le monde des vivants auprès de la petite archère. L'unique question de cette dernière en cachait bien d'autre qu'elle ne lui poserait jamais. En temps normal, cela ne l'aurait pas ennuyé, mais il l'avait dit lui-même : il lui était redevable. Une partie de sa psyché réfléchissait à plein régime pour lui rendre la pareille et le chemin qu'il entrevoyait déjà lui paraissait honorable. Il répondit enfin d'une voix neutre à la seule interrogation qu'elle eut pour lui :

L'état major du village. Je veux voir les cartes, les notes de mes pairs, consulter les mots du J…

Il s'interrompit, parler du jonin revenait à mentir. Ce n'était ni nécessaire, ni digne du sacrifice qu'elle avait accompli pour le maintenir en vie. Car cela se résumait à cette simple information : Elle l'avait simplement sauvé de la mort, que ce fusse un ordre ou non qu'elle eut suivi, seul le résultat comptait. Grâce à elle, il pourrait continuer à accomplir son devoir et toute sa réflexion aboutissait à ce seul constat. Il reprit afin de ne pas laisser trop longtemps sa phrase en suspend :

Nous allons ensemble nous mettre au courant des faits, Shura-san. Bien que vous n'ayez agi que sur instructions, votre mérite n'en est pas moindre à mes yeux et il me faut un second dans l'immédiat, au vu de ma piètre condition. Ce qui va suivre n'est pas l'ordre d'un chuunin, mais la demande d'un humble shinobi, à laquelle vous pouvez tout à fait vous soustraire si le cœur vous en dit.

Ce qui était vrai : il n'était pas chuunin. Il laissa un nouveau silence pour tempérer son propos, puis poursuivit :

J'ai besoin de votre assistance, le temps pour moi de reprendre des forces. J'éviterais d'user de vous comme béquille : je vous veux mes yeux et mes oreilles durant ma réparation, ainsi que mon estafette pour transmettre mes décisions, mais aussi ma lame, s'il s'avère que le Destin se soit trompé en laissant pour vivants des êtres indignes de cela au sein du domaine de nos enfances. Eiichiro ne peut pas être intact et resté pur face au chamboulement qu'il vient de subir. Ainsi, avant de chercher le pourquoi de cette situation, il nous faut guérir les blessures de notre clan avant qu'elles ne s'infectent.

Il marqua une nouvelle pause, autant pour lui laisser reprendre un souffle qu'il lui manquait terriblement que pour permettre à son interlocutrice de prendre pleine conscience de sa demande, puis il conclut cette dernière :

Je ne souhaites pas vous contraindre, ni à vous arracher à votre indépendance. Je ne vous veux pas à mon service, mais comme mon alliée, si vous le voulez bien. Bien entendu, votre droit au refus est total, nous nous en tiendrons alors à ce que je suis et ce que vous êtes et vous serez déployée, comme je soupçonne que vous le désirez.

C'est ainsi qu'il termina ses propos, son regard rivé sur leur direction entreprise tout en analysant ses réactions comme il le pouvait dans sa vision périphérique. Si il avait autorisé ses traits à refléter ses expressions, ils n'auraient rien montrés d'autre qu'une grande curiosité, ce qui était une première en soit.


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Tsuruchi Shura

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Genin

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MessageSujet: Re: [PV] Dard et incisives Mer 18 Mai - 2:29

Face aux émotions qui cherchaient sans cesse à imprimer sur son visage les marques de ses propres pensées, le poids du chûnin n'avait absolument plus rien de dérangeant. Bien sûr, compte tenu de sa petite taille et de sa corpulence, elle n'était pas vraiment taillée pour ce genre de chose, mais son entraînement rigoureux sut combler cette lacune. Profitant d'un instant de silence pour mettre de l'ordre dans ses idées, son calme semblait peu à peu redevenir le maître de son âme et tant qu'elle ne pensait pas trop à ce contact des plus gênants, elle pouvait presque paraître normale.
Intérieurement, elle se maudissait pour ses faiblesses. Comment pouvait-elle réagir autant à fleur de peau, alors qu'elle s'usait depuis si longtemps à effectuer un parfait contrôle d'elle-même ? Mais c'était presque une utopie que de vouloir se montrer maître de ses mouvements, surtout les plus infimes, quand elle se trouvait dans une situation qui lui était si peu familière.

L'annonce de la direction fut comme une sorte de soulagement, alors qu'elle entrevoyait la fin de son étrange calvaire, mais il ne se révéla être qu'un trop bref répit. Son visage était resté rivé sur le sol, elle n'avait pas besoin de regarder devant elle pour trouver le chemin de l'état-major et elle fut heureuse de ne pas l'avoir bougé. Qu'entendait-il par « ensemble » ? Qu'entendait-il par le reste de ses mots ? Son cœur avait comme raté un battement et elle avait marqué inconsciemment un petit temps d'arrêt dans leur marche. La surprise devait se peindre comme une évidence sur son visage, malgré ses efforts impuissants à se calmer.
C'était donc cela, sa récompense après des semaines d'humiliation ? Shura avait terriblement envie de se pincer pour être sûre qu'elle n'était pas en train de rêver, qu'elle n'allait pas se réveiller au chevet du corps qu'elle n'avait pu maintenir en vie qu'avec l'acharnement de sa loyauté inébranlable. Elle n'en fit rien et se contenta de garder le silence, tandis qu'il continuait à vouloir l'étouffer sous le poids de ses propres émotions.

Jamais quelqu'un n'aurait pu lui faire un plus beau discours, lui offrir quelque chose qui lui aurait plus plu, tant la reconnaissance du chûnin était chère à son cœur. Elle avait l'impression d'avoir fait si peu pour obtenir tout cela qu'elle s'en sentait presque honteuse. Ce n'était sans doute rien que le fruit du hasard qui l'avait désignée pour s'occuper de lui et cela aurait pu revenir à n'importe qui d'autre. Dire qu'elle avait détesté tout cela, qu'elle l'avait haï pour un temps ! La jeune archère trouvait ses anciennes émotions bien ridicules, tandis qu'elle était si profondément émue par ce qu'il lui offrait aujourd'hui.
Heureusement, la nature ne la faisait ni pleurer, ni rougir et elle ne pouvait avoir honte que des émotions qui avaient traversé son visage comme s'il s'était agi d'un livre ouvert. Après la gêne et la surprise, le doute et l'incompréhension, voilà qu'elle ne pouvait plus s'empêcher de rayonner sous ce bonheur qui l'avait frappée si soudainement. Comment pouvait-il envisager ne serait-ce qu'une seule seconde l'éventualité même qu'elle puisse refuser ?

Aux ordres du chûnin, elle aurait probablement fait n'importe quoi pour lui prouver sa force et sa loyauté, mais c'était lui, aujourd'hui, qui l'élevait à une position qu'elle n'avait encore jamais pu ne serait-ce qu'effleurer du bout des doigts. Le réveil de l'un semblait avoir plongé l'autre en plein rêve.

Un sourire avait franchi ses lèvres, tandis que sa gorge s'était nouée si fort qu'aucun son ne pouvait plus en sortir. Elle dut attendre un instant qui lui sembla beaucoup trop long pour lui répondre, tentant de refréner cette joie beaucoup trop apparente et de calmer les battements de son cœur qui n'avaient fait que s'accélérer jusqu'à maintenant.
Quand enfin elle parvint à se reprendre assez, elle osa lever son visage à peu près calme jusqu'à lui, espérant qu'il n'était pas trop défait, après avoir été ravagé par autant d'émotions.

— C'est un immense honneur que vous me faites, alors que je ne suis qu'une simple genin, commença-t-elle sans réussir à masquer les tremblements de sa voix. Je vous promets de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour vous servir, quelles que soient vos requêtes.

C'était trop peu dire par rapport à ce qu'elle pensait au plus profond d'elle-même, mais elle tentait de garder une certaine retenue tout en cherchant à lui transmettre toute la gratitude qu'elle avait pour lui. Plus qu'une simple reconnaissance, il la traitait avec un respect auquel elle n'avait encore jamais goûté et ne savait quoi faire pour lui rembourser cette dette qu'il semblait avoir créée entre eux. Elle se serait volontiers jetée à terre si elle n'était pas déjà tout occupée à soutenir son être encore chancelant.
Sa faiblesse avait-elle troublée son esprit pour qu'il souhaite mettre à son service direct une genin des plus bas rangs ? Shura chassa cette idée aussitôt. Elle prierait sans doute pour qu'il ne lui retire pas cette faveur, mais en attendant, elle userait de toute sa rigueur et de toute sa détermination pour se montrer au meilleur d'elle-même et ne pas lui faire regretter son choix. L'opportunité était si grande qu'elle pourrait l'élever à une hauteur qu'elle n'avait encore jamais envisagée qu'en rêve et elle ne se permettrait pas de gâcher cette chance en faisant naître ne serait-ce qu'une seule seconde du mépris ou de la déception dans le regard du chûnin.

— Je ne pourrai jamais vous remercier assez pour vos bontés, Ryuuketsu-sama, et il n'y a rien qui ne me ferait plus plaisir que de rester à vos côtés, poursuivit-elle d'une voix bien plus sûre d'elle.

Rendue plus sérieuse par l'ampleur de leur conversation, son regard noir brillait d'une étincelle déterminée et son visage n'était plus aussi troublé. Elle avait pour la première fois plongé ses yeux dans les siens, cherchant à le convaincre définitivement de sa résolution. Elle ne faisait pas ça que pour lui ou pour sa fidélité envers les shinobi, elle le faisait aussi pour elle.

Un léger sourire éclaira son visage, alors qu'elle baissait à nouveau le regard, presque intimidée par ce contact d'un bref instant, où elle n'avait fait qu'effleurer la force qui émanait de cet homme. Dire qu'à peine quelques heures plus tôt, elle aurait donné tout pour se soustraire à sa présence, voilà maintenant qu'elle acceptait en toute conscience de s'attacher à lui pour plus longtemps encore, et même avec plaisir !
Elle espérait simplement que sa faiblesse physique ait assez fatigué son esprit pour qu'il ne soit pas aussi observateur qu'il devait l'être d'ordinaire, et qu'il n'ait pas assisté au spectacle complet de son manque de contrôle. Shura se le reprochait déjà, elle ne prenait ni son jeune âge, ni son ignorance pour excuses et se promit aussitôt de travailler cette faiblesse pour laquelle elle avait tant de honte maintenant.

Leur conversation ayant occupé le temps de leur trajet, arrivés à destination, elle fut plutôt soulagée de se détacher de cette innocente étreinte et en profita pour rétablir tout à fait son apparence ordinaire. C'était un air sérieux, avisé, presque tranchant qu'elle affichait désormais, son regard même n'était plus le témoin de quelque trouble et se montrait tout à fait attentif au moindre de ses mouvements.
Maintenant, il était temps de lui faire face et elle se demandait si cette nouvelle épreuve ne serait pas plus terrible. Mais cela n'entacha en rien sa détermination, l'accentua même, alors qu'il serait bientôt temps de passer à l'action.



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Ryuuketsu Katame

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Jônin

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MessageSujet: Re: [PV] Dard et incisives Mar 24 Mai - 1:54

Fuu avait toujours été à ses yeux l'incarnation d'un lac imperturbable, les visages qui en grossissaient les rangs ne faisaient que rarement exception à cette idée. La rétention d'information comme la quête de ces dernières étaient le lot de tout les plus purs produit du village et il était rare que le moindre enthousiasme ou que la spontanéité ne fut décelable sur chacun d'entre eux. Non pas que les shinobis du vents puissent se montrer sans cœur ou se priver de ce dernier, la loyauté au clan devant bien situer sa source quelque part.

Katame, tout en étant le pire exemple qui soit à ce sujet, ne pouvait que trouver cela dommage. La rareté de ces expressions dont il ne souhaitait pas que les siens se privent avait aiguisé de façon diamétralement opposée sa perception de leur prémices et effets. La Main cachée des Tempêtes surprit ainsi les réactions de ses propos sur les jeunes traits de son aide de camp tout récemment nommée.

Il aurait été même aveugle de ne pas le voir, puisque l'étonnement de la guêpe leur avait causé un très court temps d'arrêt dans leur progression, la trop grande ouverture soudaine de ses yeux avait terminée de convaincre le gardien des ombres de l'origine de son choc. Il n'avait jamais vu un masque s'éclairer petit à petit comme celui de Shura le faisait, même si une certaine pudeur vis à vis de cela persistait d'en occulter une grande partie de la sincérité.

L'hôte de la Lame Divine distingua ainsi le besoin de reconnaissance dont elle souffrait dans sa manière de lui répondre. Il s'autorisa un léger haussement de sourcil, la laissant accepter son offre dans une attitude si étrangement joyeuse pour le peu qu'elle en laissait voir qu'il aurait pu s'en trouver décontenancé. Il s'était attendu à tout et son contraire, ou presque, car si un refus ou un accord à sa demande étaient pressentis, que cela se puisse la mettre dans une telle joie refrénée l'intriguait.

Le Jônin en vint à se demander si elle se doutait de ce que son offre pouvait bien signifier, mais la question fut balayée immédiatement eut elle été émise intérieurement, cela en venait à insulter la vivacité d'esprit de l'archère, ce qui allait à contre-sens de son propre sentiment à son égard. Il ne se sentait pas forcément mériter une telle abnégation ni la démonstration du plaisir qu'il lui faisait en la pressentant à ses côtés pour le soutenir dans sa rémission.

Aucune bonté ne trouvait son origine dans sa proposition, malgré ce qu'elle pouvait en dire en annonçant son… plaisir… de rester à nouveau à ses côtés. N'était ce pas ce qu'elle avait fait durant trois semaine, l'usant progressivement comme cela l'avait usé lui-même ? Tout ceci aurait du lui apparaître comme  profondément stupide et inutile, ces étalages de gentillesses dont il avait été l’instigateur ne lui ressemblait pas.

Il s'agissait juste d'une obligation qu'ils avaient tous afin de remplir leur devoir de protection du clan. Cependant, bien qu'il mit la chose sur le compte de sa fatigue, il ne put s'empêcher de trouver le tout agréable et rassérénant. Son pragmatisme avait sa place en toute circonstances et s'était révélé son meilleur conseiller durant toute son existence, un juge qui ne lui avait jamais fait défaut jusqu'alors.

Mais en aucun cas il n'avait apporté un soupçon de chaleur dans son fort intérieur comme le suggérait l'instant. Sous son mempo, la commissure de ses lèvres débuta un léger sourire qui n'avait rien du narquois ou du calculateur que le fait signifiait habituellement pour le peu qu'il s'y livrait. Plus que par la force de ses bras, elle le portait par la détermination qu'il lui découvrait. De la veille qu'il avait exécuté sur elle depuis son plus jeune age, comme pour chacun des membres du villages, qu'il en fut originaire ou intégré plus tard, il n'avait pas eut l'occasion de lui découvrir ce trait.

Elle termina de lui répondre non sans le fixer pour la première fois, un défi dans la prunelle de ses yeux qui le perça aussi justement comme l'une de ses flèches qui ne manquaient jamais leur cibles. Affronter ainsi ses yeux dichromatiques était une première qui ne manqua pas de le surprendre derechef. Il ne put contrôler son instinct de lui rendre l'image impassible du guerrier qu'il avait toujours été, un effet défensif quasi naturel.

Ils rallièrent finalement leur destination, Katame plongé dans ses réflexions. À se montrer si distant des siens, il se demandait s'il n'était pas passé à côté de l'essentiel, toute l'ignorance qu'il ne supposait pas avoir au sujet de Shura l'attestant. Séparé du soutient qu'elle lui avait apporté jusque là, il fit mine de s'asseoir à même le sol en tailleur pour donner le change. Son propre état l'irritant au plus haut point l'arracha à toute la paix que ce court échange avait pu lui apporter. Il avisa ses mains un fugace instant, puis il releva les yeux vers sa nouvelle commise :

La misère de ma condition ne doit pas souffrir du moindre délai pour être résorbée. Je vais avoir besoin de plus qu'une simple compote pour revenir à mon état d'origine. Je vous disais que vous devriez être mes yeux et mes oreilles, je n'aurais pas pu si bien dire. Il est plus que probable que je m'astreigne un rythme de vie qui ne me verra que peu disponible pour les nôtres… Ce lieu va devenir ma demeure le temps de ma réparation.

Mon nom pourra vous permettre probablement d’accéder à quelques ressources utiles, mais il ne vous ouvrira pas non plus toute les portes. Il faudra que nous fassions avec… Je me donne une semaine, deux en étant pessimiste afin d'arborer un visage plus digne de mon statu. En attendant, je vous veux ma représentante et celle qui transmettrez mes mots si ils sont requis en quelque lieu que ce soit. D'ici deux jours, je vous prendrais pour partenaire de rééducation.

À l'heure actuelle, seul mon esprit peut être utile au clan, mes bras ne sont plus que des handicaps et je ne souffrirais pas de ce que cela dure plus longtemps. Nous ne perdrons pas de temps, puisque c'est convenu : Je veux connaître les situations de chaque visage représentant les organes du territoire.

Le Kannushi est-il toujours à la tête de ce dernier ? Quelles sont les derniers ordres en mesure du côté de l'armée ? Le jeune Yozakura, comment se porte-t-il ? Il n'y a rien que je ne souhaites ignorer, absolument rien, tout ce que vous pourrez glaner, même s'il vous paraît insignifiant, aura son utilité. Lorsque notre connaissance de l'état du Domaine des Vents me satisfera, nous débuterons de comprendre ce qui a provoqué ce chaos.

Est ce que tout ceci vous paraît limpide, Shura-san ?


Usé, las, son corps laissait paraître tout les signes du trauma qui l'accaparait. Mais au fond de son œil dépourvu d'iris, réfléchissant le peu de lumière existante en une réfraction écarlate, l'Ouragan de sa propre détermination hurlait au monde sa présence.


Dernière édition par Ryuuketsu Katame le Mer 14 Sep - 10:29, édité 1 fois
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Tsuruchi Shura

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Genin

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MessageSujet: Re: [PV] Dard et incisives Ven 27 Mai - 0:37

Le silence de réflexion dans lequel s'était plongé Ryuuketsu, qui n'avait pas eu besoin de répondre à ses mots, avait été comme quelque chose de rassurant dans cette relation dont le cadre avait été ébranlé. Libérée de sa proximité, elle s'était jetée dans son sérieux habituel et semblait déjà inatteignable, comme si au lieu des quelques pas qui les séparaient, elle avait mis d'autant plus de kilomètres. C'était sa véritable façon d'aborder les choses et même là où l'admiration pouvait illuminer autant son cœur que son regard, elle se sentait tout bonnement incapable de laisser à d'autres une quelconque emprise sur son état de pensée.
Il ne l'avait que trop surprise, dévoilant une faille ignorée dans son masque et s'y immisçant avec tant de facilité qu'elle aurait pu en rougir de honte ; elle voulait désormais lui montrer qu'il n'en serait plus rien. Elle peinait elle-même à réaliser à quel point elle s'était transformée, était sortie d'elle-même pour devenir cette personne aussi incontrôlable que révélatrice et cela l'avait plongée dans un grand inconfort. Cette face lui était inconnue et elle se livrait désormais à une analyse froide et méchante, tranchant en morceaux toutes ces images qui ne pouvaient que lui déplaire.

Calmement, elle s'assit en seiza en face de lui, parfaitement droite, dissipant toute émotion sur son visage et faisant preuve d'un contrôle comme il n'avait pas encore eu l'occasion de le voir aujourd'hui, mais qui lui était d'ordinaire habituel. Ses yeux arrivèrent jusqu'à lui, mais ne montèrent pas assez pour croiser les siens. Elle redoutait en partie que cela ne la trouble à nouveau, mais voulait avant tout jouer son rôle de subalterne et lui éviter toute impression de défi, ce qui aurait été fort déplacé.
Silencieuse et immobile, elle écouta chacun de ses mots, le laissant poursuivre son long discours sans jamais l'interrompre. Elle se sentait heureuse ainsi, prête à recevoir la mission qu'on allait lui confier, confiante en elle et cette fois-ci, comblée par la certitude qu'elle venait de gravir une marche, si ce n'est plus. Ça n'avait peut-être rien d'aussi palpitant qu'une mission à l'extérieur, que le combat et le danger, mais la satisfaction d'obéir aux ordres directs d'un Chûnin, et d'être en plus de cela la seule à le faire, compensait largement cet inconvénient. Et puis, cela faisait partie de son travail, de celui de tout shinobi, et contrairement à ceux qui se plaignaient sans cesse, elle s'y pliait toujours avec résolution. Tout ce dont elle avait besoin d'être sûre, c'était qu'elle œuvrait pour le village ou pour le clan. Pendant toutes ces semaines, on n'avait pas pris la peine de lui montrer l'importance de ses actes et cela l'avait bien évidemment irritée au plus haut point. Mais ici, il n'avait aucune justification à lui donner, sa motivation avait déjà atteint son sommet et elle n'avait besoin de rien d'autre que des ordres pour agir.

D'une manière parfaitement logique, Ryuuketsu voulait rattraper son retard et comme s'informer ne pouvait pas avoir de gros impacts avec sa faiblesse physique, c'était probablement le mieux à faire. Elle craignait simplement qu'il ne s'épuise à vouloir en faire trop, rallongeant par là son rétablissement. Mais elle n'en dit rien, ne s'inquiéta pas davantage, après tout, il était Chûnin et gérait bien les choses comme il l'entendait.

— Très bien, répondit-elle simplement, d'une voix neutre. C'était les deux seuls mots dont elle avait besoin et hormis cela, elle n'avait qu'une seule question. Il me faudrait simplement un objet qui me permettra de prouver que j'agis en votre nom.

Après qu'il lui confia son mempo, elle n'avait plus besoin de rien d'autre pour agir et se contenta donc de se lever, de le saluer et de sortir de la salle, sans un mot de plus. Il n'eut pas longtemps à attendre avant qu'on lui apporte un repas chaud. Dotée d'une toute nouvelle autorité, elle chercha en priorité quelques personnes pour s'occuper de lui en son absence et elle s'enquit de commencer à se renseigner sur chaque point qui aurait pu faire naître chez lui même le plus vague intérêt. La nuit était déjà bien avancée quand elle fut trop fatiguée pour arrêter de faire du zèle et qu'elle alla se reposer un peu. Cela ne l'empêcha pas de se lever à l'aube et elle put prendre le temps de tirer quelques flèches, craignant d'être un peu trop matinale pour le Chûnin, mais elle s'arrêta bien vite lorsqu'elle se rappela qu'il avait déjà bien trop dormi et qu'il pourrait se monter impatient.

Arrivée à nouveau en face de lui, elle lui narra les événements qui concernaient le clan, des éléments parfaitement rassurants, car personne n'avait été touché par le sommeil et il n'y avait aucun mort à déplorer. Ici, les autres Chûnin de Fuu avaient continué de faire fonctionner le village, tout comme les autres haut gradés l'avaient fait avec le clan. Ils s'en sortaient plutôt bien par rapport à d'autres qui avaient perdu parfois plus qu'une tête, mais elle ne fut pas capable de lui en dire beaucoup plus, s'étant principalement concentrée sur le plus important : Eiichiro. La jeune genin avait amené avec elle bon nombre de rapports concernant les régions et les activités qu'il y avait eu, principalement de source militaire, qui pourraient le renseigner avec précision et l'occuper pendant qu'elle repartait pour apprendre de nouvelles choses.

Pendant toute cette journée, et la suivante encore, elle oscilla entre des discussions avec les autres shinobi, la réception d'informations qui venaient d'arriver et les longs rapports qu'elle adressait au Chûnin. Elle n'avait probablement jamais autant parlé de sa vie et cela se ressentait certainement à son ton qui n'avait rien de très entraînant. Mais le fond était là et c'était l'essentiel, après tout. Les longues heures d'explications, mises bout à bout, ainsi que tout ce qu'il avait pu lire, constituaient un état précis de la situation de Yokuni.
Épuisée par ce travail laborieux, elle était heureuse de voir que le chaos ne s'était pas déclenché pendant son sommeil et qu'il ne s'était pas passé tant de choses que ça en trois semaines. Dans le cas contraire, il lui aurait fallu certainement deux fois plus que son temps de sommeil pour tout rassembler et tout dire. Heureusement, le clan ayant été peu touché en dehors des attaques avait gardé ses moyens de communication et ils n'avaient pas dû faire face à des crises qui les auraient plongés dans l'obscurité.

À la fin du deuxième jour, elle put donc se satisfaire d'être arrivée au bout de sa tâche, avec la rigueur et la précision dont elle avait toujours su faire preuve. Le seul manquement à son travail ne pouvait venir que de l'inexpérience et elle espérait n'avoir pas trop fait d'erreurs. Mais Ryuuketsu comme ses informateurs l'avaient guidée dans ses recherches et elle espérait que tous ensemble n'aient pas omis une idée qui auraient pu leur être fort utile.

— Je pense vous avoir tout dit, dit-elle pour achever le long discours qu'elle venait de prononcer, presque machinalement.

Son visage pourtant n'était marqué que d'une fatigue intellectuelle, ce qui n'était pas si important à ses yeux, quand elle se savait plus faite pour le terrain que dans un bureau, le nez derrière de nombreux parchemins. Elle affichait même un air serein, presque réjoui à l'idée qu'elle pourrait maintenant prendre le temps de s'entraîner, plus longuement qu'elle n'avait pu le faire en ces deux derniers jours.
Mais elle resta parfaitement immobile et disciplinée, attendant ses nouvelles directives avec une certaine patience. Une question effleurait ses lèvres : comment allait-il ? Mieux, c'était évident, mais à quel point ? Elle aurait été incapable de juger le temps de son rétablissement et espérait que ce soit au plus vite, pourvu que ce ne soit pas au profit d'une quelconque lacune que l'empressement aurait fait naître.



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Ryuuketsu Katame

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MessageSujet: Re: [PV] Dard et incisives Mar 31 Mai - 16:48

L'ombre parmi les ombres fut quelque peu déçue de voir la genin tenter de fuir l'entrain qui s'était emparé d'elle quelques instants plus tôt. Aussi, lorsqu'elle s'installa face à lui afin de prendre note de la mission qu'il lui confiait, il ne détacha pas son regard de ces traits de toute jeune femme qu'elle voulait impassible dorénavant.

Katame n'aurait guère pu lui en vouloir par rapport à cela, jouant à ce jeu depuis sa plus tendre enfance, le masque de ses expressions était aussi immobile que celui d'une statue à effigie d'une petite idole. Aussi passa t-il sur ce détail, mais après les rêves incohérents et la solitude de ces derniers, faire face à un reflet de ce qu'il était de fut pas aussi amusant que les réactions incontrôlées et si humaine du moment précédent.

Une fois qu'elle eut accepté la requête et dépossédé de son mempo pour toute preuve de la confiance qu'il lui faisait, il la laissa repartir sans frémir. Lorsqu'il fut bien certain d'être seul, il s'effondra en arrière, des crampes ayant décidées de le voir souffrir le martyre. Il soupira, laissant son cerveau traiter l'information de la douleur comme il le devait, ses yeux dichromatiques détaillants le plafond de poutrelles de la pièce.

Enfin, il s'endormit ainsi à même le sol, plus éreinté qu'il ne l'avait jamais été, paradoxalement au fait qu'il avait connu trois semaines d'un sommeil sans repos, l'ironie de la chose lui laissant un demi-sourire sur le visage. Il se réveilla bien plus tard, un repas froid non loin de lui dont il ne fit pas l'affront de l'ignorer.

Se levant et accueillant ce dernier comme un met de choix, il décida de se décharger totalement de toute ses pensés le temps que mettrai la petite guêpe à lui revenir chargée des informations qui serait la base de sa reprise des rennes de l'organe embusqué d'un clan qu'il soupçonnait d'avoir été laissé à l'abandon depuis sa chute personnelle. Le plat fut vite anéanti, laissant pourtant sa faim intacte, le terme s'avérant bien faible pour exprimer l’abîme qu'il ressentait au fond de lui.

Il fit ainsi la commande de victuailles simples à avaler comme des rations de voyages, viande salée ou bâtons de poisson séché ou fumé, puis il entreprit d'échauffer des muscles encore lancinant de l'inactivité qu'il leur avait fait subir sans le souhaiter. Le jonîn alla interroger la présence de ses dons en invoquant les vents pour les réunir dans le fil de cette lame qui ne le quittait jamais, fut-il désarmé.

Puis constatant le résultat positif, il la fit disparaître et délivra la lame du fourreau de son ninjato afin d’exécuter quelque passes jusqu'à ce que l'appel d'un entracte se fasse sentir. Shura reparut alors qu'il soufflait un peu pour établir son premier rapport. D'autres suivirent à des intervalles réguliers. Elle partait en quête du savoir qu'il lui avait demandé et revenait après avoir été aiguillée comme il se devait.

Les nouvelles apparurent comme loin d'être alarmante en ce qui concernait les Vents, les autres clans se révélant beaucoup plus affectés malgré le peu de données qui avaient pu passer les frontières. Le sentiment d'urgence du Maître de la Nuit s'estompa peu à peu à mesure des allées et venues de sa subalterne, si bien qu'au bout d'un moment, ce qu'elle lui rapportait ne l’intéressait plus le moins du monde.

Il poursuivit le jeu par simple curiosité, mesurant l'implication de ce jeune élément dont les preuves n'étaient pourtant plus à faire. De son côté, il avait passé le temps des absences de sa subordonnée à manger, dormir et s'exercer dans une étonnante libération du poids de ses obligations. De mémoire, il n'avait jamais su lâcher prise à ces dernières depuis qu'il fut en age de réfléchir de façon ordonnée et le concernant, cela était intervenu dès sa première année de vie en ce monde.

Cela accélérait un rétablissement dont il fut surprit d'en observer les effets dès le second jour de sa convalescence imposée par ses propres soins. Le transfert qu'il découvrit avoir fait inconsciemment sur la jeune fille fut tangible lorsqu'elle conclu être parvenue au terme de sa tâche. Les traits juvéniles dépourvus du moindre accroc de l'age étaient marqués à présent par une lassitude purement mentale.

Mais ce ne fut pas la seule chose que laissait transparaître l'expression de la genin. Malgré le soin qu'elle attachait à rester de marbre, son masque trahissait un soupçon de joie dont il fut ravi d'être parvenu à le déceler. Elle appréciait le travail bien fini, tant qu'il n'osa pas lui déclarer que cela avait été le cas depuis plus longtemps qu'elle ne le croyait. Trois semaines d'un immobilisme total l'avait convaincu au gré de ses songes qu'il n'avait été que trop seul depuis sa naissance et qu'un peu de présence ne lui faisait pas le moindre mal.

Alors il acquiesça et se leva du bureau où s'étaient étalés un nombre de parchemins impressionnants résumant à eux seuls une situation bien paisible par rapport à la gravité qu'avaient engendrés les événements célestes. Il attrapa une lamelle de viande séchée qu'il se colla entre les dents, la laissant dépasser pour moitié hors de sa bouche, puis il défit le haut de son kimono qu'il jeta sans ménagement dans un coin de la salle, resserrant après coup sa ceinture autour de son bas.

Il dévoila par la même occasion les marques et tatouages émeraudes dont il était parcouru, ainsi qu'une toile éparse tissée de fines cicatrices . Le Seigneur des Secrets s'en retourna vers sa nouvelle commise, étirant ses épaules en les faisant rouler sur leur axe à l'aide de la main opposée. Il s'accroupit enfin face à Shura, rivant ses yeux dans ceux de cette dernière et annonça sans préambule :

Deuxième jour. Rééducation. Je pourrais aussi voir de mes yeux ce que vous êtes devenue, il se pourrait que votre yumi soit bienvenu. Venez.

Aucune autre cérémonie, il se releva brusquement en poursuivant ses étirements tout en quittant la pièce puis le bâtiment. Son ton avait été plus sec qu'il ne l'avait souhaité, une rumeur invective dans la voix, mais en vérité, il était enthousiaste à l'idée de la voir à l’œuvre d'un point de vu nouveau : celui de cible. Il attendit dehors qu'elle apparaisse enfin à sa suite et l'interpella avant qu'elle ne pusse dire quoique ce soit tout en exécutant quelques flexions sur ses appuis :

Choisissez votre distance et soyez aimable de ne pas me surestimer en ces heures de faiblesses. Je n'aimerais pas à mourir à à peine plus de quarante-huit heures de mon réveil et de gâcher ces moments que vous avez passé à mes côtés. Faites moi ressentir ce que peuvent éprouver ceux qui se trouvent du mauvais côtés de vos flèches, tsuruchi no kaze. Nous portons tout deux des noms prédestinés et je n'hésiterais pas à vous faire entrevoir ce que ryuuketsu signifie...


Dernière édition par Ryuuketsu Katame le Mer 14 Sep - 10:26, édité 1 fois
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Tsuruchi Shura

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Genin

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MessageSujet: Re: [PV] Dard et incisives Lun 6 Juin - 1:59

En le voyant se lever avec une certaine vivacité, la jeune femme put se rassurer dans ses inquiétudes, en partie tout du moins, car elle ne lui faisait pas véritablement confiance en ce qui concernait le soin de sa propre personne. Restant sagement assise, elle continua de l'observer, attendant qu'il lui donne un nouvel ordre ou la congédie tout simplement. Maintenant qu'elle en avait fini avec cette harassante besogne, peut-être n'avait-il plus besoin d'elle. Elle ne l'espérait pas, se révoltait même contre cette idée, elle méritait mieux tout de même !
Il commença à manger de manière plutôt étrange, mais ce ne fut pas qui la choqua le plus quand elle aperçut qu'il ôtait le haut de son kimono. Mais que faisait-il ? Ses yeux s'agrandirent légèrement sous le coup de la surprise, avant de se plaquer sur le sol. Elle se demanda un instant si elle devait se retirer, mais n'osa finalement pas le faire, de peur de l'offusquer puisqu'il ne lui avait rien demandé. Ce n'était pas qu'elle ne connaissait pas ce corps, elle avait largement eu le temps d'en observer les tatouages qui le parcouraient et même d'en connaître le plus petit détail, chacune de ses cicatrices, ni qu'il ne soit particulièrement déplaisant. Non, elle était certaine que, malgré cette apparente maigreur qu'il s'efforçait de corriger, il devait être plaisant et que les femmes devaient bien y trouver leur compte… Mais là n'était pas la question ! Non, c'était gênant ! Pour elle en tout cas ! Ne s'était-il pas posé la question ? Non, visiblement ça ne le dérangeait pas le moins du monde.

Mais le pire fut certainement lorsqu'il s'approcha d'elle, s'accroupissant pour se mettre à son niveau, si proche que même sans tendre le bras elle aurait pu le toucher. Shura ne put lui adresser qu'un regard fort gêné, malgré un visage dénué d'émotions, elle ne pouvait décidément pas lui cacher ce qu'elle ressentait lorsqu'il faisait tout pour l'incommoder !
Ses mots semblèrent pourtant la rassurer de moitié, car elle ne savait pas très bien comment interpréter ce genre de comportement. Silencieusement, elle acquiesça et se leva pour le suivre, veillant toujours à garder une distance de quelques pas avec lui. Alors, doucement, son regard remonta jusqu'à son dos. Bon, autant essayer de s'y habituer tout de suite, surtout lorsqu'il ne pouvait pas la voir. Elle n'avait pas très envie de passer pour une gamine pudibonde, mais tout de même, elle ne comprenait pas en quoi le port d'un vêtement pouvait le gêner au point de l'ôter comme ça, en public ! Ce que les hommes pouvaient être agaçants parfois !

Lorsqu'ils arrivèrent à l'extérieur, il lui expliqua ce qu'il voulait qu'elle fasse et si elle ne dit rien, ni ne fit rien, elle n'en pensait pas moins. C'était bien ce qu'elle avait imaginé ! Il avait complètement perdu la tête ou quoi ? Cela faisait tout juste deux jours qu'il tenait à peine sur pieds et il voulait maintenant qu'elle lui tire dessus ? Bien évidemment qu'elle ne voulait pas lui faire le moindre mal, mais il y avait une limite dans l'absence d'offensivité de ses flèches et un faux mouvement, un manque de perception, le moindre malaise et elle se planterait quand même dans son corps ! Elle ne pourrait pas retenir le coup.
Fronçant les sourcils et lui adressant un regard réprobateur, elle s'apprêtait à protester à voix haute quand elle se rappela qu'il était inutile d'essayer de convaincre un entêté. Elle choisit donc de se taire. Au moins elle était fixée sur une chose : non, il n'allait pas encore bien du tout.

— Comme vous voudrez, se contenta-t-elle de répondre simplement.

De toute façon, il avait bien dû comprendre qu'elle n'était pas vraiment d'accord. Peut-être ne devrait-elle pas tant s'inquiéter pour lui, après tout, il s'agissait d'un chûnin, il était censé savoir prendre soin de lui-même, sinon il mourrait et serait remplacé. C'était une cruelle loi, mais une loi nécessaire et il en allait de même pour les genin. On ne jetait peut-être personne à une mort certaine, mais il fallait quand même savoir se montrer utile et constamment faire ses preuves. Était-ce pour cela qu'il voulait aussi vite reprendre les activités ou simplement parce qu'il ne supportait pas cette condition qui lui avait été imposée ?
Bon sang, c'était plus fort qu'elle, elle était bien obligée de s'inquiéter ! Après avoir pris soin de lui pendant si longtemps et maintenant qu'elle était toujours à ses côtés. Mais ça, il s'en fichait bien, lui !

Ruminant ses mauvaises pensées, elle se mit à bonne distance de son supérieur, largement ce qu'il fallait pour qu'il n'ait aucun problème pour voir ses flèches arriver et elle planta dans ses yeux un regard noir. Bien sûr, elle ne le sous-estimait pas en agissant ainsi, mais elle préférait démarrer tranquillement, le temps de pouvoir évaluer ses réflexes et surtout, pour ne prendre aucun risque. Elle ne voulait pas commettre d'erreur.
Puis, elle sortit son arc, y glissa une première flèche et le banda, attendant son signal pour être certaine qu'il soit prêt. Elle ignorait s'il allait éprouver la même chose que les ennemis sur lesquels elle faisait filer ses flèches, mais elle était certaine d'une chose : elle n'allait pas lui montrer ce dont elle était vraiment capable, étant donné son état, même à bonne distance, sa pluie de flèches serait certainement trop rapide et elle lui serait fatale.

Doucement, elle envoya la première, puis une deuxième, un peu plus rapide, et ainsi de suite affinant le nombre de pas entre eux, ainsi que la vélocité et la précision de ses tirs au fur et à mesure de l'entraînement. S'il ne lui fallut que quelques tirs pour s'ajuster à peu près correctement, elle en passa de nombreux autres à augmenter de manière extrêmement précise le danger que Ryuuketsu devait affronter, tout en s'imposant une limite à ne pas dépasser, une marge de sécurité.
C'était un exercice qui se révéla assez difficile finalement, mais qui lui semblait intéressant et qui lui offrait la chance de travailler sa précision, d'évaluer ce qui devenait meurtrier et ce qui ne l'était pas. Avec le temps, peut-être même qu'il lui permettrait d'économiser ses forces en faisant des tirs beaucoup plus justes.

Ni son regard, ni ses mouvements n'étaient doux désormais, elle était emplie par un calme serein, une concentration à un niveau qu'elle ne pouvait atteindre qu'avec un arc en main. C'était une situation qui la transformait tout à fait et, même si elle n'avait pas ce regard perçant, voué à tuer, et que ses gestes n'atteignaient pas leur habituelle excellence, elle ne faisait plus qu'un avec son arme et affichait une solide détermination. Sans perdre des yeux son objectif, rééduquer son supérieur, elle se livrait elle-même à son propre entraînement, rude et impitoyable, alors qu'elle analysait froidement, presque cruellement chacun de ses gestes, chacune de ses erreurs et s'efforçait de les corriger avec une incroyable et harassante minutie.



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Jônin

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MessageSujet: Re: [PV] Dard et incisives Lun 13 Juin - 15:13

C'était une première, quand il y pensait tout de même, alors qu'il venait de la défier et qu'elle s'apprêtait à suivre ses instruction. Katame repensait à l'évident trouble qu'il avait engendré sur sa nouvelle assistante. Désinhibé, il s'était soustrait de son haut, conscient que le moindre superflu de poids le gênerait dans ses mouvements en l'état actuel des choses, il avait même hésité à retirer son hakame et ce n'était pas par pudeur qu'il n'avait pas procédé, mais simplement par crainte de se trouver trop vulnérable au vent des steppes de Fuu.

Elle l'avait soigné durant des semaines, vu dans son plus simple appareil et pourtant, il décelait pour la première fois le fait qu'elle était une jeune fille. Mais bien loin de l'air embarrassé était celui qu'elle eut lorsqu'il lui somma de tirer ses traits sur lui. Il apparu évident au Jônin qu'elle le sous estimait grandement, vingt jours d'inaction totale dans une vie d'entraînement n'allaient pas le réduire à un moins que rien et quelque chose de différent naquit en lui soudain.

Un fait nouveau, comme il n'en avait jamais goûté le sentiment : Il était emballé par cette volonté de s'illustrer, de lui montrer son tord et de vivre cet instant comme un jeu mortel. Sans rien en laisser paraître si ce n'est un léger haussement du sourcil droit, il mit cela sur le compte de son voyage dans cet étrange rêve qu'il avait fait tout ce temps et qui lui avait apprit  au moins une chose : Il fallait parfois lâcher prise.

De coutume, il aurait mit instantanément fin à cet exercice et à leur proximité provoquée par les événements en décelant le manque cuisant de confiance qu'il distingua dans ses expressions, mais quelque chose en lui, d'enfantin, d'inédit, le poussa à poursuivre malgré ce revers et de se prouver comme à elle qu'il était toujours la tempête meurtrière sous le souffle de Kazugami. Il dû réprimer un fou rire tandis qu'il la vit prendre ses distances et lui jeter un regard des plus sombres.

Immédiatement, il s'en retourna en son fort intérieur, dans la pièce de son esprit laissée à l'égard de la Divinité logeant en son sein. Furibond, sa voix mentale fut telle une tornade qu'il lança sur le Kami de la Lame, ce rat qui s'évertuait à garder le silence depuis son passage dans le Yomi :

Que les tréfonds du Jigoku t'avalent, petit être terré ! Qu'as tu fais ? Que M'AS tu fais ? Quels sont ces états dont je suis la victime et sur lesquels j'ai toujours su garder une emprise jusqu'aujourd'hui ? À quel point ais-je été changé par la mascarade des tiens ?

Tachigami le dévisageait et sur son museau, il fut certain de remarquer un sourire se dessiner en lieu et place de toute réponse. Cela le fit exploser à l'intérieur de lui-même :

Maudis-sois tu, stupide créature. Si j'en avais la capacité, j'arracherais ces incisives de cette gueule goguenarde !

Alors enfin, il entendit cette voix qui l'avait accompagnée depuis qu'elle s'était révélée à lui durant son adolescence, bien après qu'il avait su qu'elle était là pourtant :

Oh, mais cette capacité dont tu parles, Katame-kun, Sansoku-kun ou peu importe le nom que tu te donneras… Tu ne l'as pas. Je te connais depuis longtemps et effectivement, pour que tu en sois à me menacer ainsi si inutilement, je constate un changement qui n'est pas pour me déplaire.

Puis ce fut tout, le propriétaire du corps fut congédié de l'intérieur même de sa psyché par le parasite divin qui s'y trouvait et ramené à la réalité face à une archère émérite qui s'apprêtait à le frapper de son premier tir. Veillant à ne rien afficher de la colère qui était la sienne face à cet échange qu'il venait d'avoir avec une part de sa propre personne, il se focalisa sur la pointe de la flèche qui lui était adressée.

L’excitation qui en découla fut la bienvenue, mais il veilla à garder un visage fermé face à cette promesse de mort si il s'était surévalué. Le dard fusa alors, il en dessina la trajectoire et son subconscient l'avait déjà évité depuis bien longtemps quand il fit le pas unique et nécessaire pour préserver son intégrité. C'était un test, elle le mesurait à sa manière et il était à des années lumières de pouvoir se trouver blesser d'une si piètre attaque.

Le maître des ombres ne lui en tint aucune rigueur malgré tout, déjà prêt pour la suite du déluge qu'il attendait et appelait de ses vœux. La seconde fut plus vive, comme attendue, sans pour autant venir puiser dans les maigres ressources dont il se savait disposer. Ce ne fut qu'après quelques coups de plus en plus vif et précis que le bras caché d'Eiichiro s'échauffa réellement. Ajouté à l'état de son chaos interne, le shinobi ne pouvait qu'avouer trouver l'exercice grisant et laissa par mégarde ses lèvres s'arquer légèrement dans cette manifestation exceptionnelle de joie.

Il dû néanmoins s'avouer le plaisir de ces deux sensations, non sans se déconcentrer de sa partenaire d'entraînement. Du fait de la configuration particulière de ses iris, il ne parvenait pas bien à jauger les distance et ce depuis tout petit, cela l'ayant rendu incapable de l'usage des armes de jets et projections. Il contrebalançait ce désavantage en courte portée, son cercle de sécurité n'était pas plus grand que sa propre allonge, mais ses réflexes alliés à sa vivacité d'esprit lui permettaient en un moindre effort de laisser continuer leur route à chacun des traits qui lui était destiné.

L'éveil de ses muscles à l'effort, la légère douleur qui s'étendit en lui du fait de cette résurrection du souvenir de la tension des fibres constituant son corps furent autant d'émotions lui assurant qu'il était bel et bien vivant et dont il s'émerveilla, ses yeux s'ouvrant d’allégresse en réponse à ce signal. L'exercice en était un autant pour lui qu'il n'apparaissait l'être pour l'archère dont il distinguait toute l'attention qu'elle apportait à faire monter crescendo la difficulté pour son supérieur.

Katame n'était pas ignorant du fait qu'elle ne se donnait pas au mieux de ses capacités et il ne lui en tint aucune rigueur, car elle lui en offrait bien assez pour qu'il puisse estimer son talent depuis cette nouvelle perspective. Prit par l'enjouement, il décida de se mettre lui-même en situation de danger, sa compagne de jeu s'étant posée quelques barrières, il ne souhaitait plus que les forcer à présent. Ainsi, il quitta le sol d'un svelte saut, laissant passer un dard sous lui.

Shura s'avéra d'une mortelle efficacité en encochant une nouvelle flèche tandis qu'il n'avait pas encore retrouvé le sol de ses pieds. Dans cette situation impossible, son tir le toucherait ou le frôlerait, selon la précision qu'elle accorderait à celui-ci. Le Jônin n'attendit pas de s'en rendre compte en permettant à la pointe de se ficher en lui. Il était plus que temps de voir si le Yomi lui avait laissé ses capacités offertes par Fujin.

À peine eut-il posé le pouce du pied droit au sol qu'il ne fut plus là. Une explosion sonore se fit entendre alors qu'il reparu, trois pas plus loin de sa position initiale, laissant le projectile se planter où il se trouvait plus tôt. Le guerrier de la nuit n'avait pas disparu durant ce déplacement, mais ce dernier avait été si vif que ses contours en était apparu comme flou, impossible à définir ou à suivre.

Un pressentiment lui interdit alors de se reposer sur ce coup d'éclat, se focalisant sur la réaction de la genin. Ses yeux s'écarquillèrent de surprise lorsqu'il la vit orienter une nouvelle pique dans sa direction, ne trahissant sur les lignes de son visages d'aucune stupéfaction face à la prouesse dont il avait fait étal. À ce dernier feu qui lui fut adressé, il répondit d'un rire qu'il ne voulait plus retenir de s'échapper, démonstration du plaisir qu'il éprouvait et qui masquait à merveille un autre fait  inédit.

Car si les flèches de Shura ne l'atteignirent pas, l'expression de détermination mêlée de cette concentration dont elle faisait preuve lui transperça le cœur d'une impression qui n'aurait pas pu être plus éloignée de la douleur. Il vrilla sur lui-même, son corps parallèle au sol tandis qu'une nouvelle flèche lui passait au dessous, puis il se rattrapa dans sa position allongée sans que son torse ne touche terre pour autant, maintenu par la pointe de ses pieds écartés et de son bras gauche plié sous lui dans la réception de son atterrissage, le droit derrière son dos.

Il déplia ce dernier à l'attention de la petite Tsuruchi, paume ouverte en signe d'apaisement et pour signal de fin de jeu. Lorsqu'il fut bien certain qu'elle eut compris qu'il souhaitait en arrêter là, il se laissa tomber sans aucune autre forme de procès. Il était ruisselant de sueur et son souffle dénotait son état de fatigue, mais pourtant, face contre terre, on ne pouvait plus qu'entendre le léger rire entrecoupant ses bruyantes expirations. Au prix d'un certain effort, il se retourna sur le dos et dirigea son regard vers sa subalterne avant d'annoncer :

Ah ! Subarashī ! Décidément, les temps comme les œufs sont durs pour que je sois ainsi usé de la sorte. Si cela ne vous dérange pas, cessons ici, je ne voudrais pas voir vos efforts pour me maintenir en vie réduit à néant par mes petits caprices. Nous reprendrons demain ce petit jeu. Je veux vous voir à vos limites pour repousser les miennes. Ne partez cependant pas trop loin à présent, le temps de reprendre un peu mon souffle et j'irai me nettoyer quelque peu. J'apprécierais que nous puissions discuter après cela. Apprendre à vous connaître et surtout, déterminer par vos propres mots ce qui vous fait avancer.

Ce qui fut certain à la suite de ces mots, il sombra dans un sommeil qui n'eut rien de surnaturel aussi soudainement qu'il eut terminé de parler.


Dernière édition par Ryuuketsu Katame le Mer 14 Sep - 10:25, édité 1 fois
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Genin

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MessageSujet: Re: [PV] Dard et incisives Dim 19 Juin - 6:53

Il n'avait même pas fallu une minute pour que la petite archère trouve de quoi s'entraîner dans cet exercice tout particulier et, tout à fait naturellement, elle s'était aussitôt plongée dans cette concentration extrême qui la rendait plus efficace que bien des archers, lui interdisant toute distraction autre que ce qui concernait véritablement chacune de ses actions. L'observation de son adversaire était un élément important de son travail et Shura ne pouvait qu'être ravie d'avoir l'occasion de voir son chûnin à l’œuvre, quand bien même il se trouvait diminué par l'épreuve dont il sortait tout juste.
Sa prudence et ses précautions n'étaient dues qu'à sa crainte de mal faire et elle se trouva immédiatement impressionnée par chacun des mouvements qu'il exécutait. Si rapidement, il lui montra en quelques gestes ce qui les différenciait, elle et lui, ce qui faisait qu'il était chûnin et elle simplement genin.

Dans ce regard sombre vibrant d'une féroce détermination, il devait bien aussi briller une fabuleuse étincelle, témoin autant de sa joie que de son admiration. En cet instant, elle pouvait éprouver toute la force de sa chance, quand elle n'avait encore jamais eu l'occasion de s'entraîner avec un si haut supérieur. Mais plus que tout, c'était sur lui qu'elle était ravie de tirer. Après tant de jours d'inaction, de rage, de dégoût, de tristesse même, elle avait enfin l'occasion de libérer tous ses sentiments pour en faire quelque chose de meilleur.
De ses propres yeux, elle pouvait constater qu'elle n'avait pas fait tout cela pour rien et ses traits n'étaient pas la juste vengeance à laquelle elle avait pu vouloir à un instant se livrer, c'était simplement la continuité de son travail. Dans cet exercice, elle était enfin capable de retrouver la paix et l'harmonie qui lui avaient tant manqué. Privée de son arc, elle s'était laissée aller à bien des débordements, bien des sentiments extrêmes, alors que maintenant, encochant tour à tour une nouvelle flèche pour la faire filer au gré du vent, elle se sentait parfaitement calme, sereine, presque en méditation.

Les mouvements maîtrisés reposaient son cœur, lui donnaient une confiance qu'elle n'avait pas toujours, certainement en partie à cause de son jeune âge. Ici, elle maîtrisait la situation et avait face à elle l'un des plus grands, l'un des meilleurs du village. Elle ne rêvait maintenant plus que de son rétablissement, elle avait envie de l'affronter avec sa pleine force et qu'elle puisse donner le meilleur d'elle-même. Elle voulait le connaître davantage, étudier au fil de ses flèches chacun de ses gestes pour en connaître l'étendue et savoir où, quand, comment tirer. Alors, peut-être qu'au cours d'un affrontement, elle pourrait se montrer d'une redoutable efficacité, car elle ne risquerait jamais de le blesser.
Mais tout cela n'était qu'un rêve. Elle devait en profiter un maximum avant qu'il ne soit redevenu lui-même, cet homme froid et absent, avant qu'il ne se désintéresse totalement d'elle. Elle espérait simplement qu'au moment où il serait parvenu à son paroxysme, elle puisse encore avoir la chance de lui montrer son talent et qu'elle ne fasse aucune erreur, rien qui ne puisse le décevoir.

Son intense concentration ne l'empêchait pas d'éprouver du plaisir à ce duel qu'ils commençaient tout juste, mais contrairement à lui, ce n'était ni en souriant, ni en riant qu'elle l'exprimait. Son visage restait parfaitement fermé, neutre, ne montrant qu'une seule chose : sa détermination, sa dévotion tout entière dans ce qu'elle faisait. C'était son regard qui s'illuminait. Il n'était plus aussi sombre que dans ses colères ou dans sa meurtrière froideur, aujourd'hui et ici même, c'était une flamme intense qui l'avait embrasé.
Et ce feu était bien loin de cesser car, lassé de sa trop grande prudence, il commença à repousser les limites qu'elle avait voulu leur imposer en prenant davantage de risques et en se mettant dans des situations impossibles. Comme emportée par son élan, la jeune archère se laissa prendre à son jeu et ne lui offrit alors aucun répit. À la moindre erreur, elle risquait de l'effleurer d'une de ses flèches et, comme s'il lui avait arraché une partie de sa retenue, ça lui était presque égal. Elle voulait aller encore plus loin, rien que pour observer de son regard perçant cet homme user de tous ses moyens pour l'esquiver. Elle voulait, par ses flèches mortelles, réussir à dévoiler toute l'ampleur de son talent, rien que le découvrir de ses propres yeux.

Toute entière dévouée à sa tâche, l'utilisation de son pouvoir ne l'étonna même pas, tout comme elle aurait pu utiliser le sien s'il avait élevé une fois de plus une barrière qui l'amenait à chaque fois un peu plus proche de ses propres limites. Elle ne prit même pas le temps de réaliser ce qu'il s'était passé et se fia entièrement à son intuition et à son regard pour décocher une nouvelle flèche, sans lui laisser le moindre répit.
Ce nouveau défi le poussa peu à peu à toutes sortes d'acrobaties et il finit presque allongé au sol, dans une position où il était certainement encore en mesure de se relever ou de bondir, mais il préféra en arrêter là, alors qu'il se laissait tomber au sol.

Légèrement déçue de voir leur entraînement se terminer si vite, elle n'en laissa pourtant rien paraître et, parfaitement disciplinée, elle abaissa son arme à l'instant même où il lui en donna l'ordre, d'un simple signe de la main. Elle eut tôt fait de ranger sa flèche dans son carquois et d'attacher à nouveau son arc dans son dos, accourant pour arriver à une distance respectable de Ryuuketsu.
Elle acquiesça à sa proposition, cette fois beaucoup plus satisfaite de cette décision qui lui prouvait que le chûnin n'avait pas perdu de sa lucidité et qu'il n'allait pas mettre bêtement sa vie en danger. Et elle était d'autant plus ravi qu'il lui propose de renouveler cet entraînement dès le lendemain. Elle en avait déjà appris suffisamment sur lui pour se montrer plus efficace et, peut-être aurait-elle l'occasion de tirer à nouveau quelques flèches dans la soirée pour travailler et réfléchir sur tout ce qui avait eu lieu aujourd'hui.
La jeune femme fut pourtant surprise par sa dernière requête. Il voulait… apprendre à la connaître ? Déterminer ce qui la faisait avancer ? Elle avait du mal à croire qu'il s'intéressait à ce genre de chose et encore moins à comprendre pourquoi. Était-ce uniquement par reconnaissance pour ce qu'elle avait fait pour lui ? Il devait bien savoir pourtant qu'elle n'avait fait qu'agir sous les ordres et que cela n'avait finalement pas grand-chose à voir avec elle. Bien sûr, elle se gardait de lui faire la confidence de tout ce qu'elle avait pu penser, mais elle était bien incapable de réaliser tout ce qui pouvait lui arriver si soudainement.

— Très bien, Ryuuketsu-sama, répondit-elle aussitôt.

Mais elle n'eut pas le temps de se réjouir davantage que déjà l'inquiétude parcourait les traits de son visage. Il s'était soudainement figé et avait fermé les yeux, faisait-il un malaise à cause de l'effort intense ? Portée par ses anciennes responsabilités dont elle ne se sentait pas tout à fait libérée, elle s'agenouilla et plaqua ses doigts sur son cou pour en évaluer le pouls. Bien qu'encore agité, il semblait plutôt régulier et son souffle lui laissa comprendre qu'il s'était simplement endormi. Tout allait bien.
Shura se leva et partit en courant chercher de l'aide, elle refusait de le laisser ainsi étalé dans l'herbe et n'avait pas non plus la force de le ramener jusqu'à chez lui sans en souffrir ou mettre une éternité. Elle revint bien vite avec deux braves gaillards qui l'installèrent jusque dans son futon et elle les congédia aussitôt. Puis elle alla chercher un seau qu'elle remplit d'eau, une éponge et une serviette et s'installa à ses côtés pour passer un coup sur son visage. Elle n'allait pas nettoyer tout son corps, mais il était trempé de sueur et elle refusait catégoriquement de le laisser dans cet état ! La jeune femme s'attela ainsi à redonner un état décent au haut de son corps et le sécha pour qu'il ne prenne pas froid, puis elle ramena la couverture jusqu'à son cou.

Sa tâche terminée, elle retourna sur le lieu de leur entraînement pour ramasser toutes ses flèches, remettant dans son carquois celles qui n'avaient pas été abîmées et récupérant celles qu'elle pourrait encore réparer. Ensuite, elle rentra chez elle pour se laver et se changer, revêtant un kimono vert pâle bordé de quelques motifs qu'elle entoura d'une obi d'un jaune assorti avec les autres tissus. Bien sûr, elle gardait son arme avec elle, toujours prête à se défendre en cas de problème, mais ce n'était pas vraiment une tenue d'entraînement.
Comme elle ne savait pas quand le chûnin allait se réveiller et qu'elle ne voulait pas le faire attendre, elle retourna chez lui et vérifia une nouvelle fois son état. Il dormait toujours. Shura s'installa donc en seiza et ferma les yeux, se concentrant sur leur entraînement et entrant petit à petit en méditation. Focalisée sur cette pensée unique, elle perdit rapidement le fil du temps et n'était plus tout à fait sensible à ce qui l'entourait.



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Ryuuketsu Katame

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MessageSujet: Re: [PV] Dard et incisives Mer 22 Juin - 19:34

Une nouvelle fois, ce plafond bien connu. Il débutait d'être las d'en retrouver sans arrêt l'aspect sans se souvenir de la façon dont il avait atterri dans ce lit. Katame se redressa alors, laissant glisser sur lui la couverture dont on l'avait bordé, il attesta par la même occasion du fait qu'on l'avait rincé de ses efforts précédent il y-avait de cela… Il ne savait pas. Combien de temps ce corps lui avait-il prit sans qu'il ne puisse en contrôler le cycle ? C'était exaspérant.

Avant l'éclat dans les cieux, il avait choisi avec minutie chacun de ses sommeils, en durée comme en lieu. Les mécanismes qu'il avait crées de toute pièces afin de contenter sa physiologie et de rester alerte en toute situation tombaient un à un depuis son séjour dans le yomi. Il se ferait un devoir de recouvrer son efficacité dans les plus bref délai. Afin de se rendre compte de son retour progressif, il sorti du lit et ne fut pas surprit de trouver sa commise non loin de lui.

Il lui fut tout aussi clair qu'elle était responsable des soins qu'on lui avait apporté, sa prévenance à son égard parvenant à lui faire hausser un sourcil de curiosité, l'hôte de la Lame Divine s'interrogea même sur les motivations qui étaient celles de la jeune fille. Il se demandait si elle attendait quelque chose de plus de sa part qu'il ne puisse pas voir et si elle se satisferait de la réponse qu'il pensait avoir à cette question : son épanouissement afin d'aiguiser son efficacité, d'en faire un outil d'élite entre ses mains.

Il vint auprès d'elle dans un silence absolu, ravi de voir qu'il reprenait la main sur ses déplacements expert et inaudible, sans même faire frémir l'air qui l'entourait, puis il s'accroupit tout aussi silencieusement afin de la discerner du plus prêt qu'il l'eut pu et de détailler cet élément qui poursuivait de l'intriguer à mesure du temps qu'il passait en sa compagnie.

Il tendit alors la main jusqu'à son front pour lui faire part de sa présence d'une légère pichenette, mais n'alla pas au bout de son geste. C'était une jolie fille à n'en point douter, du moins, à ses yeux qui ne s’intéressaient en rien aux canons de beautés. Même dans son attitude méditative, ses traits portaient en eux une profonde détermination qui les durcissaient, lui apportant les premiers éléments de la question qu'il s'était posé quelques instants plus tôt.

Cette genin cherchait la reconnaissance, qu'on la sorte du lot des autres lames de l'ombre, que son nom ne se mêle pas à la masse des guerriers de Fuu, enfin était-ce là la première chose qu'il supposait pour comprendre cette infinie patience qu'elle avait à son sujet. Malgré toute sa terrible logique, il se savait incapable de lire dans l'esprit d'autrui.

Sa lecture des gestes et des intentions que ces derniers suggéraient était impeccable, mais celle qu'il pouvait avoir des pensées d'un être ou de ses émotions manquait cruellement de précision et… D'humanité. Il haussa les épaules à ces idées, aucune importance ne se situait dans le fait de deviner ce à quoi elle aspirait, car il était tout à fait certain qu'elle lui donnerait d'elle même les éléments qui le mèneraient à sa compréhension.

Passant rapidement à autre chose, il exécuta une demie-roulade arrière lente et d'une totale discrétion, se redressant sur ses bras plutôt que ses jambes, testant autant la gestion de sa balance que sa force. Depuis son poirier, il osa le retrait de l'un de ses bras dans un premier temps, sentant l'effort croître, mais aussi le fait que son poids léger ne lui faisait subir qu'une légère pression. De la paume de sa main directrice, il passa sur ses cinq doigts, puis à trois.

Ce fut là sa limite, il ne tint la posture qu'une poignée de seconde seulement avant de devoir reposer son second bras en renfort du premier. Ainsi, il n'était plus capable en l'état actuelle des choses de tenir sur un unique index. L'information fut enregistrée et cataloguée, puis il se remit en toute souplesse sur ses pieds sans perturber la tranquillité de l'instant.

Enfin, il alla chercher le haut de son kimono laissé là depuis qu'il l'avait quitté et le revêtit avant de l'entourer de son obi dont il fit claquer intentionnellement le tissus épais lorsqu'il ferma son nœud serrant la ceinture autour de sa taille. Passant son mempo de démon sur son visage, il laissa sa voix se libérer à l'attention de celle qui ne devait plus être ignorante à présent de son réveil, son ton était neutre et il ne la regardait pas, mais il ne lui fit pas l'affront de se montrer ingrat :

Shura-san. Domo pour ce que vous faites pour moi. Votre aide m'est précieuse et il viendra le jour où je saurais comment vous remercier. En attendant ce dernier, il est temps que nous rattrapions les heures que je nous ai fait perdre par ma trop haute estime dans mes capacités.

Ce n'était bien évidemment pas le cas. Il connaissait ses limites normale mieux que personne, mais amoindri comme il l'était, quoique les choses s'annonçaient sous de meilleures auspices, il ne pouvait que tester ces dernières afin de les retrouver, si cela était possible, à leur meilleure et unique niveau toléré. Une fois apprêté, il vint se poser face à l'endroit même où elle s'était trouvée et croisa ses jambes sous lui afin de s'installer confortablement.

La tête légèrement en biais et les bras croisés, il reprit la parole, son sourcil barré de sa cicatrice froncé, l'autre haussé :

Vous le savez déjà, mon nom est Ryuuketsu Katame. Pourtant, je suis né anonyme. Cet appellation par laquelle on me connaît ne me vient d'aucun parent, si ce n'est tout ceux qui accompagnèrent ma croissance dans le village, elle est le symbole de ce que je suis aux yeux de tous. Depuis ma naissance, j'ai connu deux jônin dont celui qui nous guide actuellement, j'ai protégé et servi le fondateur du clan et la voix du Kami de ce dernier plus encore.

Utsuhin-dono fut pour moi un mentor dont je n'oublierais jamais l'existence. Mais je les ais perdu tout les deux, mes talents et ceux des nôtres ne s’avérant pas suffisants pour protéger le premier de son triste destin et le second contre lui-même. Cette peine est bien connue en Eiichiro, car le malheur nous a frappé une seconde fois et le Maître des Ombres ne se pardonne pas la mort de la trop jeune Suzuka.

Mon seul souhait à ce jour est de prévenir ces soit-disant fatalités et il est évident que je n'y parviendrais pas seul. Je me suis aliéné les volontés des miens, jugeant que mon esprit suffirait à trouver les réponses à mes trop nombreuses questions. Lors de mon… sommeil imposé… De nombreuses choses se sont révélées.

Je vous ais invité à devenir mon alliée le temps de ma rémission, mais il est temps que je me rende compte du besoin de ne plus que compter sur mon unique psychée. Dans un premier temps, une plus longue période à mon service serait-elle une demande trop importante à vous faire ? Je ne suis certain de rien et comme je vous le disais : J'apprécierais de mieux vous connaître. Dans un second temps, je veux comprendre ce qui vous motive à me montrer tant de déférence.

Un chuunin ne justifie pas qu'un genin soit si obligeant à son égard. Vous en savez à présent plus que quiconque à Fuu à mon sujet. J'attends de vous au moins la même honnêteté. Je veux savoir si je peux aspirer à autre chose en ce qui vous concerne. Satisferez vous ma curiosité, Shura-san ?


Ses bras croisés avaient migré, ses coudes posés sur ses cuisses et ses mains s'étaient jointes face à son visage à moitié couvert. Le reflet sanguin de son œil scarifié brillant dans l'ombre qu'il venait de créer sur ses traits, comme si son unique iris restant était capable de deviner les réponses qui pourraient lui être faites avant même qu'elles ne fussent prononcées.


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Tsuruchi Shura

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Genin

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MessageSujet: Re: [PV] Dard et incisives Dim 17 Juil - 6:05

Tandis que ses flèches tranchaient l'air dans une maîtrise presque parfaite, chacun de ses mouvements était étudié, décortiqué. Ce bras n'avait pas été correctement placé, cette respiration avait légèrement dévié la flèche, la corde n'avait pas été relâchée au bon moment. Tant de défauts et d'imprécisions se révélaient brusquement à elle, lui montrant sèchement l'ampleur de son incompétence. Mais elle avait franchi depuis longtemps le cap de la douleur, cessé d'avoir honte, de s'en vouloir ou tout simplement de se sentir incapable. Méticuleuse, elle enregistrait ces informations pour les corriger la prochaine fois et lorsqu'elle butait sur une erreur ou qu'elle trouvait une nouvelle idée, un autre axe, elle utilisait alors ce temps de réflexion pour progresser sur son propre terrain.
Pourtant, aujourd'hui son attention dériva rapidement pour arriver jusqu'au chûnin. Elle n'aurait pas été capable d'exprimer ses sentiments quant à cette chance qu'il lui avait offerte de s'entraîner avec lui, quand bien même il s'agissait surtout de lui faire retrouver la forme. Elle voulait étudier chacun de ses mouvements comme elle le faisait tous les jours avec les siens, les apprendre, déceler en eux l'essence qui formait entre eux un si grand écart de force. C'était bien plus difficile. Moins aguerrie à son style de combat, à sa carrure et se trouvant totalement dans la situation de l'observateur, elle ne pouvait s'appuyer que sur des impressions et non les réelles sensations qu'il avait eues.

Son esprit ne lui semblait plus alors aussi clair, aussi précis et elle s'efforçait de repasser les séquences un nombre incalculable de fois dans sa tête, jusqu'à être capable de se laisser totalement guider par les mouvements qu'il avait adoptés. Plongée dans une intense concentration, sa conscience avait perdu toute emprise sur le temps et celui-ci défilait à une vitesse qui lui était tout à fait inconnue. Elle ne s'en souciait même pas, désireuse d'aller au plus loin dans son introspection. C'était un exercice qui lui était indispensable et auquel elle accordait une immense valeur, ainsi que le poids de nombre de ses progrès. C'était cette capacité qui lui avait permis d'en dépasser certains, quand ses longues heures d'entraînement ne suffisaient plus à augmenter sa maîtrise.
Alors qu'elle tentait de percer les secrets d'un mouvement en particulier, un claquement sec l'éveilla à la réalité. Elle ne sursauta pas, son inconscient étant tout à fait certain d'être en sécurité ici, mais ouvrit simplement les yeux, doucement, prenant le temps de s'habituer à la lumière de la pièce. Combien de temps s'était écoulé ? Mais surtout, depuis combien de temps s'était-il éveillé ?

Toujours immobile, elle tourna juste la tête pour lever son regard jusqu'à Ryuuketsu, à nouveau habillé, le visage recouvert par son mempo, lui retirant par là toute possibilité de deviner ses émotions. Elle n'était pas particulièrement douée pour déceler des choses au son de la voix et aux mouvements du corps, ne s'y était jamais vraiment entraînée, même un visage pouvait lui paraître obscur, quand celui-ci était déterminé à ne rien laisser paraître. Masque ou non, était-il possible de deviner quoi que ce soit de lui, de toute façon ? Elle lui faisait confiance et c'était bien là tout ce qui importait aujourd'hui. Nul besoin pour elle de savoir, elle n'aurait qu'à suivre ses ordres.
En le regardant, Shura se sentit rassurée et esquissa un léger sourire. Il allait bien. Même si son corps n'avait pas encore retrouvé toute sa maîtrise, il reprenait déjà des forces et sa vigueur prouvait bien que sa vie n'était plus du tout en danger. C'était l'essentiel. Finalement, malgré ses premières réticences, elle n'avait pas trop mal fait son travail, peut-être pourrait-elle se pardonner de l'avoir détesté au premier abord.

La jeune femme baissa pourtant rapidement la tête lorsqu'il leva la voix, gênée par ses paroles. Elle n'avait fait que son devoir et peut-être un peu plus pour compenser tous ces moments où elle avait souhaité qu'il mette fin à sa corvée. Si seulement, seulement elle avait su. En repensant à tout cela, les larmes lui venaient presque aux yeux. Elle pensait avoir fauté, tandis qu'il estimait son dévouement bien au-delà de ce qu'il avait été en réalité. Ses mots la rendaient heureuse, mais ils plantaient aussi un pic glacial dans son cœur. Elle se sentait coupable, elle l'était, mais d'un autre côté, aurait-elle dû faire tout ce pour quoi elle était prête aujourd'hui avec lui envers un simple inconnu ? Ce n'était pas vraiment dans ses principes et pourtant, elle regrettait, elle aurait voulu savoir la vérité, elle aurait voulu maudire ses supérieurs pour ça, sans jamais en être vraiment capable. À quel point Ryuuketsu serait-il allé mieux dès le début si elle avait su ? Sa mâchoire en même temps que ses poings se serrèrent.

Sincère, elle s'apprêtait à s'excuser pendant qu'il se taisait, mais son silence fut trop bref et ses paroles suivantes la frappèrent à nouveau, mais d'étonnement cette fois. Elle leva la tête pour plonger son regard dans le sien, s'efforçant de garder une certaine contenance tout en étant incapable de dissimuler son trouble.
Pourquoi ? C'était son histoire qu'il lui racontait et le connaissant, de réputation tout du moins, elle savait que ce n'était pas rien. Ce n'était pas le genre d'homme à parler de lui, à donner des informations pour le simple plaisir de discuter et elle ne comprenait pas vraiment pourquoi il faisait tout cela avec elle. Était-ce sa façon de la remercier ? Ne pensait-il pas l'avoir déjà assez fait en lui permettant de rester à ses côtés, en lui donnant une place bien plus haute qu'elle n'en avait jamais eue jusqu'à maintenant ?

Ses mots trouvèrent rapidement leur explication. Il n'avait pas su protéger ceux sur lesquels il devait veiller, avait tenté de le faire seul, en vain. Aujourd'hui, il lui tendait la main simplement parce qu'il avait besoin d'aide pour cette tâche. Shura pouvait s'imaginer la douleur qu'avaient pu être ces échecs quand maintenant, elle avait véritablement quelqu'un à défendre.
Lorsque ce fut à son tour de parler, elle prit d'abord le temps de s'incliner, posant son front contre le sol, entre ses mains.

— Arigatô, Ryuuketsu-sama, ce serait un honneur de continuer à vous servir, aussi longtemps que vous voudrez bien de moi.

Puis, elle se releva une nouvelle fois pour lui faire face, mais lorsque leurs yeux se rencontrèrent à nouveau, elle ne parvint pas à soutenir son regard.

— Gomen nasai, je ne suis pas aussi dévouée que vous le pensez, je ne l'ai été qu'à l'instant où j'ai su qui vous étiez… commença-t-elle, incapable de se contenir plus longtemps, elle aurait eu alors l'impression de lui mentir, quand la sincérité, l'honnêteté étaient pour elle des valeurs si importantes. M'occuper de vous, pendant votre sommeil, ça n'avait jamais été qu'une corvée dont je voulais me défaire. Je l'ai fait, car je suis attachée à mon travail et à ma réussite, mais… j'aurais aimé savoir alors que vous étiez mon chûnin, car je ne suis capable d'un tel dévouement qu'avec ceux qui me sont supérieurs, j'aurais alors été… meilleure, conclut-elle.

Pensait-il la même chose ? La comprenait-il ? Elle se sentait à la fois soulagée de lui en avoir parlé et terriblement mal à l'aise. Quels qu'en soient les issues, elle savait au fond d'elle qu'elle avait mal agi, et bien qu'elle n'en avait pas eu la maîtrise ou qu'il n'en aurait pas pu être autrement, les faits aujourd'hui restaient les mêmes, froidement inchangés, même si elle était retournée dans le passé.

— Je n'ai pas de famille, j'ai tout oublié de mes premières années et je me souviens surtout de la douleur tant morale que physique, tandis que j'étais cachée dans un meuble, à regarder le sang de mes parents couler. Ils étaient de Fuu et Tsubaki-san qui m'a amenée ici, elle aussi. Je crois en avoir développé une aversion pour les lames, car j'ai toujours refusé d'y toucher et je ne m'y suis jamais intéressée. C'est sans doute pour cette raison que j'ai appris le kyujutsu. J'ai toujours aspiré à être la meilleure et j'ai donc concentré tous mes efforts dans cette voie, pour briller plus que les autres. Jusqu'à maintenant, j'ai plus souvent préféré être seule, je ne connais pas très bien les shinobi de Fuu, même ceux de mon âge et je ne me suis jamais intéressée qu'à ceux qui se trouvaient au-dessus de moi et qui pourraient me guider dans mes progrès, quels que soient leurs compétences.

Je passe de toute façon beaucoup de temps à m'entraîner, plus que la plupart d'entre nous. Cela me donne une raison d'exister. Je n'ai pas de famille, pas vraiment d'amis, ainsi, Fuu et mon clan sont mes seules attaches. J'ai toujours eu envie de les servir par mes talents, même s'ils sont sans doute bien ridicules par rapport aux vôtres. Mais… c'est tout ce que j'ai. C'est pour Fuu que je voudrais toujours combattre et les chûnin sont les plus hautes instances que je puisse connaître, alors… un genin n'a peut-être pas besoin d'être ainsi envers ses chûnin, mais c'est important pour moi.
Si vous pensez que je peux vous aider dans votre tâche, alors je donnerai tout ce que j'ai en mon pouvoir pour le faire. De par votre position, je vous fais entièrement confiance et même si je dois vous suivre à l'aveugle pour cela, je n'hésiterai jamais à le faire.

C'est tout ce que j'ai. Ne devrait-on pas chérir ce que l'on a ? Il n'est plus temps de le faire lorsqu'on l'a perdu.

Au fil de ses mots, elle n'avait plus été aussi tendue, relâchant ses doigts pour les poser à plat contre ses cuisses, desserrant ses dents et adoucissant l'expression de son visage. Son regard n'avait jamais perdu son éclat déterminé, mais sa voix s'était faite plutôt neutre, ne sachant pas tellement quel ton il fallait adopter, quand avec son tempérament calme, elle n'était pas particulièrement fervente des discours enflammés.
C'était peut-être la première fois qu'elle réfléchissait à ce qu'avait été sa vie, ce qu'étaient ses convictions et elle n'était pas certaine de les avoir exprimés correctement, mais ce n'était pas très grave, elle n'avait jamais été douée pour les discours de toute façon. Elle était restée fidèle à elle-même, sincère, résolue, et c'était tout ce qui comptait. Doucement, elle osa lui adresser un sourire.



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Ryuuketsu Katame

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Jônin

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MessageSujet: Re: [PV] Dard et incisives Lun 1 Aoû - 18:27

Sur ce masque qu'il avait vu discret et taciturne lorsqu'elle s'isolait autrefois des autres jeunes apprentis de son âge pour parfaire sa maîtrise à sa façon – une chose que Katame ne comprenait que trop bien – il voyait à présent se succéder une myriade d'expressions, allant de la surprise à un certain plaisir en passant par une timide reconnaissance ou bien de la joie. La démonstration de respect qu'elle lui fit à la fin de son propre discours lui sembla disproportionnée au vu de ce qu'il tâchait d'instaurer entre eux.

Mais c'était là la manière d'être de la genin et son respect pour elle, sans compter sa dette, était tel qu'il ne s'en formalisa aucunement, tâchant de s'ouvrir au chemin de l'écoute de sa réponse. Il n'était pas dérangé qu'elle ne parvienne pas à maintenir ses prunelles rivées aux siennes, c'était même quelque chose qu'il cherchait dans son relationnel avec les siens, que sa présence fantomatique, de si prêt, devienne difficile à supporter.

C'était cependant ainsi qu'il avait fonctionné depuis une quinzaine d'années et au vu des fruits portés, il n'était plus aussi certain que cette réaction était toujours celle qu'il voulait obtenir, surtout pas avec elle, en vérité. L'aveu qu'elle lui fit ensuite ne lui avait pas échappé, c'était même tout à fait évident et il n'avait aucune raison de remettre en doute son jugement pour cela, peu importait la définition du dévouement qu'elle pouvait bien avoir.

Car quoi qu'elle pouvait en dire et dans sa façon péjorative de présenter la chose, elle avait obéit aux ordres, tant et si bien qu'il était là pour l'entendre et que les heures suffisaient à lui faire recouvrir petit à petit les forces perdues dans le sommeil surnaturel qui l'avait prit. Il ne voyait dans sa description qu'une divergence d'appréciation, mais dans les faits, il doutait que les soins qu'elle lui avait apporté dans l'ignorance de son rang auraient étés distincts de ceux qu'elle lui avait prodigué.

Néanmoins, bien loin de lui l'idée de lui gâcher cette impression, car elle donnerait le meilleur de ce dont elle était capable pour se faire pardonner cet état et il ne souhaitait rien obtenir d'autre d'elle que cela. L'encourageant en silence à poursuivre, elle se lança dans le détail de sa voie dans l'existence jusqu'à ce jour ou presque et pu combler quelques lacunes dans l'estampe que le Jônin se faisait de la petite guêpe depuis qu'il avait posé son regard sur cette dernière.

Il la vit se détendre petit à petit, lui livrer son cœur plutôt qu'un laïus prémâché et si elle ne parvenait pas à le fixer dans les yeux, elle possédait cette flamme rare, cette hardiesse et cette foi qu'il lui avait deviné au premier croisement de leurs iris. C'était bien là la chose qu'il voulait entretenir, alimenter et voir grandir encore, ci cela était possible, car elle deviendrait alors une alliée plus qu'un outil sur laquelle il pourrait véritablement compter, ce qui n'était, en l'état actuel des choses, le cas d'aucun des agents de l'Ombre sous sa régence.

Tout du long, il se garda bien de montrer le moindre affect, jusqu'à la fin de son propos et l'interrogation qu'elle émit, probablement sans en attendre la réponse, il se contenta de river ses pupilles sur elle, limitant au maximum le battement de ses paupières pour ne manquer aucune manifestation des sentiments qui était ceux de la petite kunoichi. Enfin, lorsqu'il fut bien certain qu'elle eut terminé, il recula légèrement et acquiesça silencieusement avant de reprendre le flambeau de cet échange de sa voix impartiale :

C'est bien là tout ce que nous avons tous en effet et il n'est rien d'autre qu'un homme devrait avoir besoin de protéger qu'un but clair et défini comme celui qui est le notre. Nous sommes chanceux, en vérité, de ne pas être affectés par des besoins vénaux que l'on retrouve bien trop parmi ceux qui se pensent plus dignes et nobles que nous. Le respect et la confiance est notre récompense et si vous entretenez cette dernière à mon égard, alors la mienne vous est acquise et il n'est pas de trahison que je saurais autoriser, ni même de ma propre part, qui pourrait violer ce lien qui nous unit, Shura-san.

De ce fait, je ne pense pas simplement que vous puissiez m'aider dans ma tâche, j'en suis intimement convaincu. Il est néanmoins étrange qu'un rang puisse être une justification à privilégier ce genre de chose. Je sais de source sûre que le Jônin voit en chacun de nous un mécanisme indispensable au fonctionnement idéal de la machine que nous formons. Chacun peut être remplacé si il se trouve défectueux ou être positionné différemment pour donner une plus grande efficacité.

En cela, nous nous complétons à merveille, quoique je puisse entretenir comme vous, ou du moins l'ais-je fais jusque là, un attrait certain à la solitude. Je n'ignore pas mon incapacité et ma faiblesse de ce en quoi vous excellez et inversement, aussi je salue la providence pour qu'elle vous ait choisi comme celle qui me fut adjointe alors même que j'étais inconscient. Et si je n'aime guère m'en remettre au destin, il me faut parfois admettre et accepter lorsque celui-ci joue en notre faveur.

Pour ma part, je ne peux pas me contenter de regarder plus haut dans la chaîne de commandement du village caché, notre guide se trouverait alors le seul que je pourrais décrire comme vous le faite pour moi. Alors je focalise mon attention sur ceux qui sont à la base de notre entité et je chéris chacun d'entre eux comme l'unique famille qui mérite d'être appelée ainsi.


Le maître secret de ces derniers se releva alors doucement, prenant appui sur ses genoux et s'étirant légèrement le dos avant de faire tomber son regard sur sa subordonnée et de poursuivre :

Ainsi, aussi longtemps que vous souhaiterez vous trouver à mon service et incarner cette alliée que j'ai définie plus tôt, il n'est pas d'homme plus honoré que je ne le suis. Du reste, vous traitiez de ce que vous avez accompli pour moi comme d'une corvée dont vous vouliez vous échapper et pourtant… Ceci n'a pas été fait et…

Il fit jouer avec agilité son épaule droite sur son axe avant d'ajouter :

… vous avez fait des prouesses qui resteront longtemps une dette dont je saurais trouver le moyen de vous la rembourser. Car ordre ou pas, vous avez tenu ma vie entre vos mains et je considère qu'elle fut sauvée par ces dernières, non par celles de ceux qui vous enjoignirent à le faire et qui se sont contentés de déléguer cette charge, que leurs raisons furent bonnes ou non. Pour me permettre de réparer ce que j'ai laissé se briser depuis si longtemps, arigato.

Tout le long de son discours, il ne s'était pas détaché de ce ton neutre qui le caractérisait et pourtant, ce dernier mot avait été prononcé d'une façon toute différente et plein d'une reconnaissance parfaitement audible. Il se détourna alors, son attention rivée vers la sortie :

J'ai ouïe dire, durant votre introspection, que l'une de nos escouade d'informations ayant rempli son rôle à merveille tardait à revenir au village… Si le fait est déjà en soit inquiétant, il l'est d'autant plus depuis qu'un groupe de veilleurs ont retrouvé l'un des membres de cette unité, sans vie, aux abords de notre rassemblement temporaire. Il est plus que temps pour moi de montrer que je suis remis et j'aimerais prendre personnellement la charge de cette enquête…

à nouveau, il avisa la genin, ses iris disparates mystérieusement enjoués malgré les sombres nouvelles qu'il apportait et conclu enfin :

… Me suivrez vous pour apporter les éclaircissement nécessaires à cette situation, Shura-san ?


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MessageSujet: Re: [PV] Dard et incisives Lun 22 Aoû - 8:44

Au fil de ses mots, elle avait osé petit à petit faire remonter son regard, s'attardant d'abord sur son corps sans vraiment le détailler, puis sur son visage, même s'il lui était toujours impossible de garder bien longtemps ses yeux au contact des siens. Il était de marbre et il lui aurait certainement fallu plus que du talent pour réussir à y déceler le moindre signe. À sa manière, mais avec un art qu'elle ne connaissait pas encore, il ne livrait rien de lui-même, se focalisant dans une indifférence neutre qui formait alors une barrière entre eux. Si d'autres auraient pu s'en vexer ou se trouver mal à l'aise, elle y trouvait une assurance et un plaisir certain. Des trois chûnin qui composaient leur village, elle avait dirigé une attention particulière vers lui, bien avant qu'il ne se préoccupe d'elle, bien avant qu'elle n'ait à le sauver d'une mort dans l'oubli. Elle aimait sa manière de contrôler les choses tout autant que celle de n'exprimer rien d'autre que ce qu'il voulait. Sa présence lui paraissait imposante, déstabilisante et il y avait en lui une force qui brisait toutes ses tentatives de neutralité.
En le voyant ainsi, elle savait qu'il adoptait exactement ce vers quoi elle voulait tendre, qu'il maîtrisait chaque partie de lui-même, chacune des émotions qu'il voulait dévoiler ou non, un domaine où il lui restait encore tant de choses à apprendre. Il était le modèle qu'elle avait toujours voulu suivre et il lui offrait aujourd'hui l'opportunité de rester à ses côtés. Son bonheur pouvait-il être plus haut qu'à cet instant-là ? Elle appréciait chaque minute passée en sa compagnie, chaque instant semblait bien plus intense, bien plus instructif que tout ce qu'elle avait toujours pu connaître. Elle ne regrettait pas ses moments de solitude, ni tous les autres genin chez qui elle n'avait jamais su trouver un maître. Alors ici, assise en face de lui, tandis qu'elle parlait avec l'unique préoccupation de lui apporter la vérité dans toute son entièreté, elle profitait de ce calme qui l'habitait, tentant de se l'approprier à son tour.

Mais elle était loin de pouvoir l'égaler et, lorsque ce fut son tour de lui répondre, elle savait déjà très bien qu'elle ne saurait se montrer indifférente à ses mots. Elle ne s'en voulait pas, car il était tout aussi important pour elle qu'il puisse connaître chacune de ses facettes. En l'accompagnant, elle voulait se montrer digne de sa confiance et qu'il en sache assez sur elle pour prédire chacun de ses mouvements, tout comme elle avait déjà imprimé dans son esprit tout ce qu'il avait pu lui montrer et qui formait déjà des fragments de sa personne.
Alors elle l'écoutait avec une attention exceptionnelle et son esprit n'aurait su divaguer en sa présence. Chacun de ses mots, chacun de ses gestes ou même leur absence semblaient être quelque chose d'important. Elle l'écoutait, ravie d'entendre que leurs convictions pouvaient être sur certains points si semblables, ravie qu'il partage avec elle toutes ces choses quand elle avait toujours cru être si insignifiante parmi les shinobi de Fuu.

Ses yeux tombèrent à terre au premier de ses compliments et elle se sentit à la fois gênée et flattée d'entendre toutes ces choses. Jamais personne n'avait tenu envers elle un si aimable discours et les larmes n'étaient plus très loin de couler de ses yeux tant elle était heureuse. Il trouvait qu'ils se complétaient à merveille, il saluait la providence, il l'enjoignait à rester à ses côtés. Pouvait-elle en accepter plus de lui ? Elle se demandait presque si tout ceci n'était pas un rêve ou une illusion, car il disait là tout ce qu'elle n'avait jamais osé espérer.
Ses mots s'étaient alors transformés comme des flèches qui traversaient son corps, ils étaient comme des chocs qu'elle n'avait pu prévoir, mais pourtant, sans la moindre douleur, sans la moindre petite chose négative.

Finalement, une larme descendit brutalement de sa joue lorsqu'il la remercia, quittant ce ton monotone pour dévoiler le véritable sentiment qu'il n'avait cette fois-ci pas souhaité cacher. Elle se retint du mieux qu'elle put, presque honteuse d'exprimer avec autant d'émotions tout ce qui s'agitait au fond d'elle-même. Mais pouvait-elle le faire autrement ? Il n'existait pas de mots pour cela. Serrant ses mains posées sur ses genoux, baissant encore plus la tête pour la river vers le sol, elle avait fermé les yeux pour retenir autant que possible les larmes qui voulaient s'en échapper, souriant comme elle le faisait si rarement.
Elle n'était pas assez fière pour se sentir tout à fait digne de ses mots et elle aurait voulu nier tout ce qu'il lui disait, mais ç'aurait été comme l'insulter quand elle lui faisait déjà aveuglément confiance. Tout ce qu'elle devait faire, c'était se montrer digne de tout ce qu'il venait de lui dire, en toutes circonstances, quoi qu'il arrive.

Elle l'avait admiré depuis toujours, elle avait toujours suivi ses pas du regard lorsqu'il était au village, elle avait toujours voulu s'inspirer de son talent, le comprendre, se l'approprier, le maîtriser. Aujourd'hui, elle pouvait affirmer dans une sincérité totale qu'elle donnerait sa vie pour lui.
Prenant conscience de cette décision, elle se sentit soudainement sereine. C'était ce qu'elle avait toujours voulu, veiller sur quelqu'un, suivre sa trace et espérer un jour pouvoir se tenir fièrement à ses côtés. Elle travaillerait plus dur encore, donnerait à chaque instant le meilleur d'elle-même pour accomplir ce que le destin lui laissait maintenant entrevoir.

A… arigatô gozaimasu, Ryuuketsu-sama, souffla-t-elle simplement, sa voix chargée d'une émotion dont elle n'aurait su évaluer la force.

Rien de plus ne sortit de sa bouche. Elle ne savait comment exprimer ce qu'elle ressentait, ne voyait finalement pas le besoin de le faire.
Il enchaîna ensuite sur une nouvelle proposition qui ne pouvait que la ravir davantage et, alors qu'elle reprenait peu à peu une certaine maîtrise sur ses émotions et son corps, elle releva la tête, lui adressant un nouveau sourire.

Hai ! Répondit-elle avec engouement.

Elle avait aimé tous ces moments passés à ses côtés, notamment leur entraînement, mais la perspective de pouvoir l'accompagner et l'aider au cours d'une mission ne pouvait être que plus merveilleuse encore.
Peut-être cesserait-il alors de la mettre si injustement mal à l'aise et de la jeter dans des émotions dont elle avait ignoré jusqu'à aujourd'hui l'étonnante puissance. Elle voulait lui montrer la facette exigeante, déterminée et efficace d'elle-même, celle dont elle avait déjà fait l'ébauche, l'arc à la main.

Sans attendre davantage, la jeune femme se leva et attacha son arc et son carquois qu'elle avait posés non loin d'elle dans son dos.

— Je vous suis.

C'était là l'occasion parfaite pour elle de montrer le meilleur d'elle-même. Elle ne faillirait pas à cette tâche.



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Ryuuketsu Katame

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Jônin

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MessageSujet: Re: [PV] Dard et incisives Mer 14 Sep - 10:24

Tout au long de son discours, il aurait été aveugle de ne pas voir l'effet que ses mots eurent sur sa jeune interlocutrice. Une telle attitude à son égard était bel et bien une première, ce respect et cette attention exacerbée ne connaissant aucun précédent. Il se demanda s'il devait se sentir heureux de ce fait, ou bien si cela allait à l'encontre même de ce personnage crée depuis sa naissance qu'était Ryuuketsu Katame, dont le nom même n'avait rien d'un titre usurpé, encore moins aimable.

Que cela puisse affecter cette genin en particulier dont il avait surpris autrefois la mise à l'écart volontaire qu'elle s'infligeait pour étudier à sa façon, ne trahissant aucunement les espoirs qui l'avait vu devenir une kunoichi accomplie, avait de quoi l'intriguer. Parallèlement à cela cependant, il s'en trouva heureux, car c'était là un chemin nouveau, une mécanique dont il n'avait jamais tenté de l'ajouter à l'engrenage complexe du monde qu'il tâchait de construire pour remplir au mieux sa fonction.

Ce n'était pas un jeu auquel il se prêterai, son geste serait sincère, mais il ne pouvait pas s'empêcher de le trouver utile par la même occasion, si l'affectif et la révérence pouvait aider à éviter les drames qui s'étaient d'ores et déjà abattus sur le clan, alors il en userai comme il avait fait jusque là en incarnant cette figure inaccessible, même en tant que cet alias de Chûnin.

Elle en pleura finalement. Une démonstration de ce genre aurait pu paraître celle d'une faiblesse que leur monde s'interdisait, mais en lieu et place de cela, il y vit celle du système qu'il avait partiellement crée et entretenu. Il aurait renié jusqu'à ses dons prêtés par Fujin pour n'en posséder qu'un seul alors, celui de lire dans l'esprit d'un être pensant, si cela se pouvait, se refusant à souligner oralement l'étrangeté que l'état de la petite guêpe revêtait à ses yeux.

Il s'était demandé si une main sur l'épaule de cette dernière lui serait d'un quelconque secours, ou si la chose serait perçue comme une la preuve qu'il eut décelé et considéré comme une déficience ces émotions qui avaient percées la surface des expressions de la jeune fille, aussi préféra-t-il, dans le doute, se détourner lorsqu'il débuta de traiter de l'affaire des éclaireurs perdus. Il manqua de laisser s'échapper un sourire tandis qu'il se retourna vers elle quand elle affirma radieusement un accord évident, comme si le choix lui avait véritablement été donné.

Mais aussitôt eut il pensé cela, il se demanda si celui-ci n'avait pas véritablement été effectif. Quelque chose en elle brilla de détermination sans qu'il puisse dire quoi, sinon que l'idée de l'impliquer dans une affaire commune semblait réellement lui plaire là où d'autre aurait probablement prit pour punition d'être accompagné du froid Katame. Elle fut ainsi rapidement à sa suite, enjouée comme personne avant elle, tandis qu'ils quittèrent cette chambre où il s'était assez reconstruit pour le moment.

Dans une tente éloignée du cœur du vaste campement, ils furent mis en présence de la dépouille du malheureux qui avait été de toute évidence traîné aux abords du village bien après sa mort. Exsangue, ce dernier portait la marque d'un égorgement net, mais plus que les causes de son trépas, le symbole que revêtait cet assassinat était aussi fort qu'inquiétant.

En effet, il était plus qu'envisageable que le reste de son unité partagea déjà son sort, mais plus grave encore que cela : le ou les auteurs du meurtre connaissaient la localisation présente du regroupement des shinobis Eiichiro, un savoir que personne d’extérieur aux guerriers des ombres du vent n'avait eu en sa possession à l'exception de Utsuhin.

Cela, le Jônin n'avait aucun besoin de l'émettre à voix haute, sachant pertinemment que tous en viendraient à cette conclusion précise, tant le message était flagrant. Aucun sentiment n'apparut sur les traits de ce dernier tandis qu'un de ses combattants présent sous la toile avec eux se montrait légitimement inquiet.

L'un des secrets les mieux gardés de Yokuni venait d'être percé, même temporairement, il y-avait de quoi se montrer anxieux jusqu'à la fragmentation prochaine, peut être précipitée par cet événement, de Fuu. Un a un, la Main cachée incarnée des disciples du souffle divin avisa le cadavre et ceux qui composaient l'assistance, puis il arracha son regard inquisiteur à tout ceci, fit volte-face et lança à la volée :

Shura-san… Venez.

Il ne parti pas bien loin cependant, s'éloignant d'une dizaine de mètres tout au plus du lieu où était entreposé le défunt, s'écartant d'autant plus du village, des ruines rénovées et des yourtes le composant. Enfin, il s'accroupit à même les plaines, dans les hautes herbes qui vinrent à le masquer pour moitié ses iris jetés en direction de son nouveau bras droit désigné, sa main gauche supportant son menton recouvert de la gueule d'oni qu'il affectionnait. De son ton monocorde, profitant presque du vent pour pouvoir parvenir aux oreilles de son interlocutrice tant il ne donna guère de voix tout en restant parfaitement audible, il annonça alors :

Ōmono Nushi, Kuni Tsukuri, Ashihara Shiko, Yachi Hoko, Utsushi Kunitama…  Nous pouvons d'ores et déjà penser que l'escouade Ōkuninushi n'existe plus et que son rôle devra être réattribué… Depuis six ans déjà, Tama, à qui nous venons de faire nos adieux et ses pairs incarnaient les gardiens du choix de l'emplacement de notre réunion annuelle et les principaux messagers séparés le reste du temps à la transmissions des informations et des messages des différentes cellules éparpillées de Fuu. Frapper les Grands Maîtres de la Terre, c'est tronquer aux nôtres l'usage de la parole tout comme le rendre aveugle d'un œil. Impressionnant, mais inutile si on nous laisse notre logique et nos autres sens.

Il tourna son visage tout entier vers sa récente seconde avant de demander d'un souffle égal à d'habitude :

Notre existence et nos identités réelles, en tant que guerriers de l'Ombre, n'est connue que de si peu de gens étranger à notre nature que nous pourrions les énumérer là. Pour le reste du clan, nous sommes une légende dont on se sert pour effrayer les enfants indiscipliné avant le coucher. Je ne vous insulterai pas en décrivant par le menu ce que la proximité de la trouvaille de ce corps et ce qu'il était durant sa vie indiquent comme message. Quelqu'un aura trouvé nos vigies et tenterait à présent de plonger la main dans notre tanière, ses intentions restant un mystère… En temps normal, le Jônin préférerait déménager notre village plutôt que de confronter le problème, mais le doute de l'étendue de la connaissance de l'ennemi à notre propos est tel qu'il aimerait débusquer ce dernier à son tour, pour comprendre, remonter à la source… Puis la tarir. Qu'en pensez vous, Shura-san ?
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Genin

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MessageSujet: Re: [PV] Dard et incisives Dim 9 Oct - 21:11

L'atmosphère s'était faite sombre au moment même où ils avaient franchi l'entrée de la tente. Ici siégeait le corps sans âme d'un de leurs congénères, entouré par plusieurs d'entre eux, sans doute déjà occupés à enquêter au plus vite. Sa connaissance du village n'avait jamais dépassé celle de ses camarades dont elle partageait l'âge et le rang et si ces derniers jours lui avaient révélé bien des choses, elle n'aurait pu se targuer d'en avoir un savoir aussi parfait que celui qui se trouvait à ses côtés. Pourtant, elle s'était toujours efforcée de retenir le visage des siens, par simple mesure d'utilité sans aucun doute. Aussi n'eut-elle pas de mal à le reconnaître.
Elle ne le connaissait pas plus que cela et même si cela avait été le cas, elle n'était pas sûre qu'elle s'en serait trouvée plus émue. Sur ce visage froid, dans ces prunelles sombres, il n'y avait aucune marque de tristesse. D'autres étaient morts avant, d'autres mourraient après, ce n'était rien d'autre que leur fatidique destin, comme celui de tous les hommes, à la simple différence que le leur arrivait généralement plus tôt que celui des paisibles civils. Mais ce n'était pas la première fois qu'elle était confrontée à ce genre de chose, elle l'y avait été bien trop tôt sans doute et, pour survivre à sa manière, elle s'en était défait avec froideur, se rappelant toujours de regarder vers l'avenir, sans jamais se retourner vers le passé.

Immobile, son regard tranchant seul tentait de déceler dans ce corps les dernières paroles qu'il pourrait leur donner, alors qu'il accomplissait là la dernière de ses missions. Il était mort depuis longtemps, et pourtant, c'était bien trop près du village qu'on l'avait retrouvé. Comment les gardiens de leur invisible muraille avaient-ils pu laisser se jouer un tel affront sous leurs yeux ? À quel point avaient-ils pu manquer de vigilance pour se laisser berner ainsi ? Son cœur vibrait d'une sourde colère. Plus que la mort d'un des leurs, elle y voyait une faille terrible dans leur organisation, dans leur sécurité.
Quelqu'un avait réussi l'exploit de localiser le village et pire encore, il les narguait avec désinvolture. Était-ce un traître qui respirait tranquillement sous leur nez sans aucun crainte ? L'un des shinobi de l'escouade avait-il parlé ? Rien dans sa contemplation méticuleuse ne lui apportait la moindre réponse à ses interrogations et elle ne pouvait qu'interpréter.

C'était dans ce genre de moment qu'elle ne savait pas si elle aimait ou détestait les enquêtes. Face à ce vide peuplé de questions obscures, il était certainement plus facile de viser une cible que l'on voyait parfaitement, mais cela avivait son esprit et elle finissait bien souvent par s'y jeter toute entière. La perspective d'une mission aussi cruciale avait quelque chose de vertigineux et d'effrayant à la fois, mais elle ne tremblait ni ne reculait. Après tout, elle n'avait jamais fui l'adversité, ce n'était pas maintenant qu'elle allait le faire.

Entendre son nom sembla pourtant sonner de manière étrange à ses oreilles. Mais ce n'était là que l'écho à toute cette nouvelle existence qui se dessinait devant elle. Maintenant, elle n'allait plus pleurer ou s'émouvoir d'une quelconque manière, elle ne voulait ni être faible, ni se trouver inutile, alors elle le suivit simplement, dans ce silence qui lui était si ordinaire.
Il n'alla pas très loin finalement et elle s'arrêta à son niveau, son regard se perdant dans les vastes horizons. Elle l'écouta sans jamais l'interrompre, tout ce qu'il disait était parfaitement logique et il paraissait évident qu'ils ne pouvaient laisser cette affaire sans suite. C'était comme si, plus que les menacer, on voulait les tester. Qu'allaient-ils faire face à cela ? Prendraient-ils la fuite ou allaient-ils  rester ici le temps de régler cette affaire ? Mais pouvaient-ils partir quand ils n'étaient en rien certains qu'ils ne seraient pas retrouvés à nouveau ? Le danger qui planait sur eux était si vaste qu'elle ne savait pas vraiment comment y réagir.

— Cela ne fait pas partie des choses que nous pouvons ignorer, en effet, répondit-elle simplement, songeuse. Mais cette découverte nous offre plus d'interrogations et d'inquiétudes que de réels indices. J'aimerais aller là où les nôtres ont trouvé le corps, peut-être reste-t-il encore la piste de celui qui l'a amené jusqu'à nos portes. Rechercher les membres de l'escouade pourrait aussi nous apporter quelques indices supplémentaires.

Elle se tut un bref instant, bien consciente qu'elle ne voyait pour le moment aucune méthode miracle qui leur aurait permis de résoudre le problème rapidement. Si personne n'avait rien vu, c'était encore plus ennuyeux que jamais.

— Même en admettant que l'un d'entre eux ait révélé notre emplacement, j'ai du mal à croire que cette attaque nous soit totalement extérieure, avoua-t-elle finalement.



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Ryuuketsu Katame

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Jônin

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MessageSujet: Re: [PV] Dard et incisives Lun 17 Avr - 14:47

À ses yeux, il était impossible que le sextet de l'Ōkuninushi puisse être encore de ce monde ou bien maître de ses mouvements, si survivants il y-avait, ce qui était peu concevable en soit. Ses méninges fonctionnaient à deux vitesses et une partie de ses ressources désignaient déjà ceux qui les remplaceraient dans cette tâche au mieux de leurs capacités, réorganisant ainsi tout le village instantanément étant donné qu'en glissant ces personnes à cette position.

Ils laisseraient inévitablement leur propre poste vide qu'il fallait combler par aussi capable qu'eux et ainsi de suite jusqu'à piocher dans les réserves des genin anonymes ou sans talents évidents du clan. Katame n'avait néanmoins pas tout les engrenages en mains pour que le moulin tournent idéalement. Sa disparition ponctuelle avait provoqué le déclenchement de ceux de secours et le visage des shinobis de Fuu avait dû changer en son absence.

Prenant la décision de réunir ses Chunins pour remédier à cela, il laissa en suspens cette interrogation interne et se focalisa sur celle, plus immédiate, des événements en cours. Levant les prunelles vers la petite guêpe tout en retournant en tout sens les propos qu'elle avait tenu, il ne put s'empêcher de trouver amusant que celle qu'il avait désigné comme seconde si peu de temps auparavant en soit déjà à remettre en cause ses propres jugements, quand bien même elle ignorait le faire en l'état actuelle des choses.

Le fruit qu'était Fuu était le résultat d'un tri drastique qui remontait aux environs de la naissance de Shura elle-même. Les erreurs que le Jônin pouvait parfois commettre faisaient parti intégrante de son plan d'ensemble, chacune était connue, considérée, isolée et une solution s'imbriquait aussitôt la faute démontrée. l'Ōkuninushi était une zone sensible parmi les organes de leur caste, la mesure qu'il avait pu prévoir dans le cas où un ver se serait glissé dans le panier était donc à remettre à plus tard…

Se levant alors doucement, il s’épousseta les cuisses et s'écarta de la tente mortuaire d'autant plus, prenant une direction qui aurait pu apparaître totalement arbitraire. Tout en marchant tranquillement, il reprit à la suite de la kunoichi dans le souffle neutre de sa voix :

La perfection n'existe pas, Shura-san, j'en suis le premier conscient. Mais trahiriez vous Fuu et les vôtres pour une raison ou une autre ? Pensez vous qu'il puisse subsister parmi nous un être de ce genre, que les biens matériel ou les promesses qu'un Kami lui ferait pourrait détourner de l'ombre et des secrets que la protection de Eiichiro nécessite ?

Je fais parti de ces gens qui aiment à réfléchir à toutes les possibilités, mais je reste sûr qu'à l'heure où nous nous parlons, il ne peut y avoir le plus petit doute quant à l'intégrité de cette famille que nous formons. Même nos dissidents ne nous donnent pas, quand bien même savent-ils que la chasse leur sera donnée et que leur fin aura été signée dès que leur décision aura été prise de quitter nos rangs.


Glissant parmi les hautes herbes, il resta imperturbable dans son discours, poursuivant ce dernier malgré la difficulté que représentait de plus en plus le terrain qui les couvraient sur plus de leur moitié à chacun :

Aussi, je repose ma question, Shura-san… Trahiriez vous Fuu, consciente de ce que nous sommes, de notre taille, du terrain qui joue en notre faveur, en connaissance de ceux qui seraient à vos trousses ? Pensez vous que l'un de nous puisse être assez fou pour risquer cela tout en sachant que lui et tout ceux avec qui il se serait entretenu, ainsi que la famille de ceux-ci puis celle de ces derniers seraient condamnés par ce geste ?

Il s'arrêta et se retourna, avisant la petite guêpe de ses iris dichromatiques ne laissant paraître aucune autre expression qu'une sincère interrogation, puis il se détourna, comme n'attendant pas immédiatement la réponses à ses déjà nombreuses questions pour poursuivre son laïus et leur progression :

Nous apprécions tout deux les faits, j'en suis certain et les hypothèses sont pour nous d'un inconfort cuisant, n'est ce pas ? Pourtant, j'oserais émettre l'une d'elle, du peu que nous sachions à cet instant : Un coup de chance. Un hasard fortuit. Quelqu'un est certain d'avoir mit la main sur quelque chose qu'il peut manipuler, sans déceler le monstre tapi dans l'ombre vers lequel il dirige sans le savoir ses doigts avides.

Au cœur du village, nous sommes chacun dépendant des autres et aucun de nos cellules, fut-elle la plus éloignée, ne peut se permettre de rester indéfiniment loin du cœur que nous formons. Pourtant, pouvez vous énumérer chacune d'entre elles ? Sous quel visage se trouve ceux qui s'occupent de nos armements ? Sous les traits de qui nos infrastructures se déplacent ? Qui même nous guide ?


Les hautes herbes s'écartèrent progressivement pour laisser place à une colline moins généreuses de végétaux. Il s'arrêta enfin avant de parvenir à son sommet, s'accroupissant derechef parmi des foins brisés et poursuivit sa généreuse allocution, qu'on ne lui aurait pas prêté de prime abord :

Nous ne rencontrons que ceux avec qui il est bon que nous nous trouvions… Et dans tout ceci, un parasite aurait émergé ? Il se serait même cru capable de peser ou d'agir, de gré ou de force, sur ceux qui l'ont vu grandir ou qui l'ont accueillit ? l'Ōkuninushi était isolé. Six shinobis aguerris ne sont pas invincibles.

Bien qu'imprévisibles étaient leurs déplacements, n'ayant ni itinéraire, ni horaire pour mener à bien leur mission, je suis plus certain que quelqu'un avec assez de pouvoir leur soit tombé dessus. Si je ne nie pas qu'il est probable, même certain, que l'un des Grands Maîtres de la Terre soit vivant… Peut être même plusieurs d'entre eux… Je pense qu'ils se sont arrangés eux même pour que notre ennemi nous trouve…


Il se releva et se retourna définitivement vers sa petite suivante avant de clore son propos, croisant les bras devant lui et inclinant légèrement la tête sur le côté :

Nous voila sur le théâtre qui a vu la dépouille de Tama nous être gentiment restituée. Voilà ce que je pense, dans les faits et par ma connaissance de notre clan : Il y-a bien un survivant de l'Ōkuninushi et celui ci pousse notre nouvel ami dans la grotte où nous nous cachons, laissant penser à ce dernier qu'il contrôle la situation. Quelqu'un en Eiichiro croit pouvoir nous atteindre. Et si nous débutions de lui démontrer l'erreur qu'il a commise, Shura-san ? Que voient donc vos yeux en ces lieux qui puisse nous permettre de faire un pas dans la direction de cette personne qui souhaite nous rencontrer ?
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Genin

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MessageSujet: Re: [PV] Dard et incisives Dim 7 Mai - 23:42

Son regard s'était laissé happer par la présence magnétique qui se dégageait de son chûnin. Inexorablement, si elle l'avait voulu, elle n'aurait pu le quitter des yeux, perdre un fragment de sa concentration pour qu'il s'envole ailleurs. Comme c'était étrange de ressentir cela. Sa ferveur pour ses supérieurs n'avait jamais diminué, elle avait même très certainement grandi au fil des années, au fur et à mesure que sa compréhension s'étendait, qu'elle se trouvait capable de saisir plus justement le monde, mais elle n'avait jamais fait l'expérience d'un tel sentiment. Ce n'était pas étonnant, car elle n'avait jamais non plus eu l'occasion de se trouver si proche de l'une des têtes du village, jamais elle n'avait été en mesure de discuter d'une telle manière avec l'un d'entre eux et encore moins d'avoir la joie, l'honneur infini de participer à l'une de leurs missions. Tout cela n'avait rien à voir avec les broutilles qu'on l'avait envoyée faire jusqu'à maintenant et même si elle ne dédaignait pas ses tâches, finissant toujours par se persuader qu'il y avait là un motif précis, des raisons, une importance qui formaient un plus grand dessein, elle ne pouvait nier que cette nouvelle perspective était exaltante.
Il semblait comme l'aspirer, l'attirer avec lui dans un autre univers et une part d'elle craignait qu'elle ne le retarde, qu'elle l'handicape de ses faiblesses, de son inexpérience. Non... Il l'avait choisie, elle ne pouvait penser cela sans que cela n'entache sa confiance, sa foi, son admiration envers lui et c'était encore plus inadmissible.

Suspendue à ses lèvres, elle ne perdait pas un mot de son discours, s'attelait déjà à réfléchir, à analyser chaque chose, chaque fait tandis que dans son regard sombre bouillait d'une sorte de rage et qu'elle serrait les dents.

Non ! Non ! Bien sûr que non ! Jamais ! Jamais je ne trahirais le village ! C'était ce qu'elle brûlait de lui répondre, mais qu'elle n'osait faire, incapable de l'interrompre. Non... Il n'est peut-être pas si facile de trahir le village, pas si évident, pas si avantageux, mais... l'improbable existe, l'impossible peut arriver. J'aimerais pouvoir affirmer avec certitude que personne ne viendrait à nous trahir, mais... mais n'est-ce pas déjà arrivé ? Fumiko... concernant Fumiko, que trouvez-vous à dire ?

Une rancœur, une souffrance persistait au fond d'elle. Sa tante avait été le seul élément auquel elle avait pu s'accrocher lorsqu'elle était arrivée ici, traumatisée, défaite, encore enfant, déjà devenue adulte ; le sang avait entaché son existence et elle s'était jetée avec plus de force que tout autre dans ce rôle de shinobi pour lequel elle avait toujours été destiné. Froide, taciturne, réservée, elle n'avait peut-être pas su lui montrer beaucoup d'attachement, mais elle avait été une ancre pour elle et sa perte l'avait faite vaciller. Elle s'était efforcée d'en montrer le moins possible, de se concentrer dans sa progression, de parfaire ses talents, mais lorsqu'elle avait finalement appris qu'elle était vivante... N'avait-elle pas trahi le village ? N'avait-elle pas fui ? N'avait-elle pas...
En écoutant ses mots, elle avait presque envie de pleurer ou de hurler. Est-ce que sa disparition avait été à dessein ? Est-ce que lui ou un autre chûnin en avait décidé, avait utilisé cela ? Pourquoi avait-il fallu qu'on lui dise qu'elle était morte si elle suivait une mission, quelle importance ? Son cœur était douloureusement agité et elle ne savait pas contre qui retourner ses émotions si vives, sa plus grande colère. Non... Si c'était l'un de ses faits, elle ne pouvait définitivement pas lui en vouloir.

Est-ce qu'il n'existe pas en ce monde des gens capables de nous trahir ? Capable de nous détruire ? Nous ne sommes pas invulnérable et il restera toujours des épines sous nos pieds. Des traîtres, il peut y en avoir partout, rien de ce que l'on entreprend ne pourrait permettre de s'en débarrasser définitivement, à tout jamais ! Je me trompe peut-être, mais il y a une chose dont je suis certaine... moi... Shura... jamais je ne trahirais, jamais de ma vie, pour rien au monde, non, rien de tout ce qui existe dans le continent ne pourrait me faire plier, car c'est dans tout l'univers la seule, l'unique chose que j'ai. Et vous non plus, jamais je ne serais capable de vous trahir, de vous tourner le dos. Et vous...

Tandis qu'ils marchaient et qu'elle tâchait d'ordonner le chaos de ses pensées, de trouver un aboutissement à cette lutte qui se livrait si férocement dans son âme, tandis qu'elle pensait brusquement si fort à lui et à son abnégation pour lui, il choisit de se retourner pour capter son regard, comme s'il avait perçu une part de ses pensées.
Gênée comme jamais, elle baissa immédiatement la tête, fuyant son regard pour le plaquer au sol. Puis une horrible idée lui vint, celle qu'il put mal interpréter tout cela et considérer qu'elle pensait à le trahir, que cela puisse être possible. Alors elle releva les yeux pour l'affronter, aussi terrifiant qu'il pouvait lui paraître parfois, simplement pour lui montrer qu'elle lui était des plus fidèles, à lui et au village, si jamais il était capable de comprendre quoi que ce soit dans ses yeux.

Heureusement, peut-être, rien ne se passa et il poursuivit son discours, son analyse si précise qu'elle en oublia subitement toute sa confusion pour éprouver dans la seconde qui suivit une admiration sans égal. Sa clairvoyance lui semblait presque irréelle, il n'y avait rien dans ce qu'il disait qui ne lui paraisse désormais évident. Tout s'agençait si bien, tout s'expliquait à merveille si l'on suivait son interprétation des choses... Elle se sentait stupide et naïve à ses côtés, mais ça ne la dérangeait presque pas, elle s'en fichait tant qu'elle pouvait rester encore avec lui, juste un peu, juste un tout petit peu. L'écouter devenait comme quelque chose de merveilleux, de vital. Comment faisait-il ? Il devait bien y avoir une part de kami en lui pour qu'il soit ainsi, comme s'il était capable d'agencer lui-même le monde selon ses propos, pour que tout concorde, pour que tout se plie à sa fascinante volonté. Est-ce que c'était ça, être chûnin ?
Non. Une part d'elle n'y croyait pas. Malgré la très haute estime qu'elle avait de ses plus hauts supérieurs, ce qu'il lui montrait là semblait ne rien avoir à voir avec un rang. C'était Ryuuketsu, tout simplement. La solitude dont il s'entourait habituellement estompait certainement une grande part de son intelligence, de ses capacités.

Comment être étonnée alors de le trouver si hypnotisant ? Elle aurait simplement désiré connaître ce sentiment plus tôt, que tout ça arrive bien plus vite, que... Elle s'égarait dans ses pensées, elle s'accrochait à ses mots dont aucune intonation, aucune syllabe ne lui échappait. C'était si étrange, elle avait l'impression de s'être dédoublée, d'avoir séparé son attention sans que chaque côté ne soit affecté par l'autre. Comment pouvait-elle se trouver si agitée et terriblement calme à la fois ? Son âme semblait bouillonner et son corps était devenu terriblement froid. Son regard ne le lâchait plus, avide encore et toujours d'en savoir plus.
Kazegami avait été bien attentionné envers elle pour mener son chemin jusqu'à lui, pour que, à la suite de toutes ces circonstances fâcheuses, étranges, elle puisse finalement se trouver là, juste en face de lui.

Ils étaient arrivés jusqu'au lieu où l'on avait retrouvé le shinobi et Ryuuketsu termina ses propos par de nouvelles questions à son intention. Elle n'avait encore répondu à aucunes d'entre elles et, figée, elle resta un court, un simple instant là, à le regarder, saisissant peut-être pour la première fois une partie de lui qu'elle était incapable de discerner par son seul regard.

« Je... Non, bien sûr que non, soyez-en assuré, jamais je ne pourrais vous trahir, ni vous, ni le village, ni le clan. Jamais. » Répondit-elle enfin, d'une voix étrangement calme, tandis que son visage exprimait une certaine émotion, un trouble d'où l'on pouvait avant tout distinguer sa fascination. « Je ne peux parler au nom des autres et je vous fais entièrement confiance à ce sujet, mais plus que tout, je veux que vous sachiez que je ne ferai jamais rien qui irait à votre encontre. » Quelle que soient les conséquences. Avant même de penser au village ou au clan. Cette pensée lui paraissait en partie effrayante, de part ses éventuelles conséquences, mais elle lui procurait aussi une étrange sérénité, comme un soulagement.

Son regard, pendant un court instant, ne quitta pas le sien et elle en vint presque à se demander pourquoi elle avait tant besoin de lui dire tout ça. Ne lui faisait-il déjà pas suffisamment confiance pour qu'elle n'ait pas à s'exprimer à ce sujet ? Après tout, ça avait été plus une question rhétorique qu'autre chose et elle n'avait rien à se reprocher, rien à justifier. Inexplicablement, elle aurait été incapable de rester muette à ce sujet.
Finalement, elle parvint à s'arracher à son regard dichromatique pour fixer ses yeux sur la scène qui se présentait devant eux. Son esprit vacillait. À quoi bon ? D'autres étaient déjà venus enquêter par ici, des meilleurs qu'elle sans doute, que pouvaient-ils avoir raté qu'elle soit capable de discerner ? Elle se sentait presque ridicule, insignifiante, inutile, écrasée par le soleil qu'il représentait.

Non.
Jamais.
Même pas en rêve.

Est-ce qu'elle allait laisser tomber ? Elle valait bien mieux que cela ! Elle allait se hisser jusqu'à lui, jusqu'à ce qu'elle soit capable de se trouver à ses côtés, mais sur un pied d'égalité cette fois ! Elle allait tout faire pour y arriver. Elle ne pouvait peut-être pas encore le regarder intensément sans se brûler, mais elle allait changer les choses. C'était son modèle, quelque part, il l'avait toujours été et elle n'avait qu'à le suivre, qu'à faire du mieux qu'elle le pouvait, qu'à faire mieux que ça encore ! Sa motivation était semblable à un immense brasier, son ambition – son objectif, ses espérances – se trouvait juste en face d'elle.

Comme il l'avait dit, les membres de l'Ōkuninushi avaient certainement attiré leur ennemi jusqu'au village même et ils ne pouvaient pas deviner quand ils passeraient à l'attaque, pas maintenant, pas encore, mais elle n'avait pas envie qu'ils aient à l'attendre.

« Matte kudasai. »

Calmement, tâchant de faire taire immédiatement ses pensées galopantes, se promettant d'en faire l'étroite analyse plus tard, elle reprit le contrôle de son esprit et s'installa en seiza dans l'herbe. La jeune femme ferma les yeux, ramena ses mains sur ses genoux et sembla se confondre avec une statue. Elle se concentrait, elle se focalisait, elle s'abandonnait à sa perception. Doucement, lentement, tandis qu'elle entrait dans sa méditation, elle quittait son corps pour rejoindre l'air, devenir une partie de ce vent paisible qui flottait tout autour d'eux, mais dont l'emprise s'étendait si loin...

Dès lors, tout bascula.
Elle n'aurait pu être capable de le protéger si une attaque était survenue, elle n'aurait pu être à même de se défendre non plus. Plus rien d'autre n'existait que cette étrange perception qui s'étirait, s'étirait... Le silence s'évanouit dans le bruissement des feuillages, les déplacements des animaux attiraient son attention quand bien même ils voulaient se faire oublier et puis là-bas... des voix faibles, presque imperceptibles, de simples murmures, mais rien qui ne puisse échapper au vent. Le froissement de leurs vêtements était un son qu'ils ne pouvaient dissimuler, leur présence se faisait de plus en plus vive, de plus en plus proche...
Elle voulait arriver jusqu'à eux, avancer encore un peu, juste un petit peu. Aveugle, insensible, elle passait à travers tout, glissait, comme le vent, elle s'éloignait, elle disparaissait, dépassait ceux qu'elle était venue chercher.
Comme le vent, qui s'enfuit, qui s'en va...

Mais...
Quelque chose clochait. Ce n'était pas ce qu'elle était. Quelque chose la rappelait. Là-bas, si loin, d'où elle était partie, d'où... Brusquement, elle respira. Son cœur battait si fort. Elle voulut se lever, mais elle se rattrapa sur le sol, comprenant qu'elle en avait fait un peu trop, que...

« Là-bas. » Affirma-t-elle en pointant du doigt. Étrangement... Non... Naturellement sa présence lui redonnait la force de surpasser ses faiblesses, ses erreurs. « Inutile de les attendre, je les ai trouvés. »



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Jônin

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MessageSujet: Re: [PV] Dard et incisives Lun 12 Juin - 22:01

Bien loin de savoir lire autrui comme il l'espérait, regrettant que Kazegami, dans sa grande bonté, ne l'eut pas pourvu du talent de lire le souffle des esprits plutôt que de lui offrir des capacités martiales ou de déplacement au sein des vents. Mais il aurait été insulter son sens de l'observation que de penser que l'émoi, bien qu'étouffé par la maîtrise qu'avait Shura sur elle même, puisse lui échapper à chacun de ses propos.

Il aurait presque souri à cela, une telle réaction tout à fait logique, non, légitime à son discours et questionnement verbal ne faisant qu'attester d'une intelligence pour laquelle il trouvait un intérêt croissant. Tandis même que le cadre de cette enquête inopinée s'avérait être un test idéal, le shinobi en était déjà à imaginer des centaines d'autres situations où la précision de la petite guêpe ne serait pas jugée uniquement sur celle de ses justes traits.

Ce ne fut qu'une fois à l'arrêt qu'elle osa enfin répondre à ses si nombreux propos. Elle ne répondit pas exactement à ses intrigues bien trop nombreuses, tachant d'énoncer un fait dont il n'ignorait déjà plus l'évidence et tandis qu'elle exprima ne pouvoir traiter en faveur ou contre les autres organes de Fuu, il lui en fut reconnaissant, car c'était là sa propre pierre, son rôle et sa mission. De penser pouvoir faire autant qu'il ne le faisait, jugeant un millier d'existences aussi vite que la pensée était parfois si éreintant et si futile au vu des résultat que cela engendrait qu'il ne souhaitait ça pour personne.

Une force comme celle du village, si elle ne se composait que de membre indépendant, avec le pouvoir que le destin leur avait offert et malgré la fin mortelle et presque assurée qui leur était réservée, tout ceci s'avérerait un cauchemar pour la souveraineté du clan. Non, il n'avait clairement pas eut besoin d'entendre cette déclaration de fidélité, il l'avait vécu mieux que quiconque alors même qu'elle ignorait qui il pouvait bien être.

Le maître des secrets du vent aurait pu faire écho à cela, lui indiquer qu'il était déjà convaincu de ce fait, mais c'était aussi clair que de l'eau de roche. Il n'avait pas façonné la main caché de Eiichiro depuis près de quinze années pour laisser penser que la sédition était possible, mais il fallait toujours laisser le bénéfice au doute et sa petite suivante nouvellement choisie par un concours de circonstance remplirait parfaitement ce rôle à l'avenir, puisque dans son flegme stoïque, il n'en était pas capable.

Tout ceci ne subsista qu'un instant, très vite, le genin se mit à l’œuvre, furetant sur la scène déjà visitée par les leurs, dont certains bien plus capable qu'eux sur le sujet. Alors même qu'elle était toute à ses réflexions, l'intimant même de patienter alors qu'il aurait pu attendre plusieurs nuits d'affilées qu'elle ne parvienne à la résultante même de ses propres observations, il manqua de sourire.

Les yeux de la guêpe étaient une richesse que le clan devait s'estimer heureux d'avoir… Et dont lui même devait s'estimer heureux de posséder le dévouement. Elle s'immobilisa néanmoins, attestant du fait que ce ne serait pas à l'aide de ses irremplaçables prunelles qu'elle finirait par répondre à la problématique qui se décrivait autour d'eux, terminant même par s'installer au sol pour finir par rentrer dans ce qui lui sembla être une forme de méditation étrange.

S'il était une chose qui passionnait Katame, c'était le fait de le prendre par surprise, de lui présenter l'inattendu et c'était bien là ce que Shura s'employait à faire sans le savoir. Il la savait saine d'esprit, assez pour savoir qu'elle n'était pas simplement en train de se moquer de lui et il ne fallut pas longtemps au gardien des ombres pour émettre la possibilité qu'elle fut en train d'user d'une prouesse accordée par Fujin dont l'archère devait être la dépositaire.

Au mieux de ses capacités, il avait répertorié celle de ses guerriers afin de mieux les agencer, mais le mystère auréolait toujours une grande partie de ces pouvoirs que les kamis leur offraient, d'autant plus qu'il préférait placer les engrenages de la machine dont il surveillait la mécanique du fait des dons qu'ils s'étaient chacun forgés par eux même et non du fait d'une entité Divine. Découvrir l'une de ses subordonnées à l'usage de ses prouesses l'intriguait au plus haut point, celle ci s'étant déjà révélée essentielle, il se demandait déjà quel serait la profondeur du talent dont elle faisait acte.

Et jamais dans sa réflexion il ne considéra autre chose que cela, quand bien même rien alentour ne lui aurait permis de mettre sa main au feu qu'elle n'était pas simplement à lui faire perdre son temps. Patiemment et sans un bruit, il attendit qu'elle n'émerge de nouveau, lui fasse un signe, n'importe lequel, qu'il puisse comprendre et s'extasier sur cette compétence dont il allait bientôt connaître les tenants et les aboutissants.

L'enquête elle même passa au second plan, si passionné fut il par ce qu'il n'avait su prévoir. Lorsqu'elle revint à elle, la jeune fille de toute évidence éreintée, attestant de ce qu'il avait fini par deviner et il manqua de lui porter assistance, mais elle n'était pas une petite chose fragile qu'il fallait choyer. Bien que la chose lui apparu comme bien trop simple à son goût, il se leva, faisant écho à ce qu'elle lui annonça succinctement, orientant son regard dans la direction désignée.

À son tour, il resta un instant là à fixer vers le lointain, sans bouger et dressé comme un chien de prairie ou quelque prédateur humant la piste d'une proie. Sans crier plus gare que cela, il parti alors, sans même que le vent ne sembla plus le rencontrer pour obstacle, sans que le moindre murmure n'émane plus de lui, le monde n'ayant plus sur lui le plus petit effet.

Il ne fut bientôt plus qu'une image disparaissant parmi les hautes herbes sans un son n'attestant de son existence. Le temps s'étira de longues minutes qui devinrent une heure pleine avant qu'il ne reparaisse soudain, retournant auprès de sa suivante et s'accroupissant à ses côtés avant d'annoncer d'une voix neutre :

Eh bien, nous n'aurons pas eu à attendre bien longtemps, Shura-san. Notre ami se révèle à nous au moment même où j'exprime mon souhait de le déceler. J'avoue être légèrement désappointé de ce tour de simplicité et de la bêtise manifeste de celui qui a envoyé ses hommes nous présenter ses respects. Ainsi donc, Hanto Zokushin, originaire de notre estimée province, kuge notoire et un diplomate respecté de nos affaires nous liant aux Okaruto aurait eu vent de notre position, notre existence n'étant pas un secret pour tout le clan, il aurait souhaité ainsi nous montrer son savoir et promettrait de préserver l'ombre sur nous en échange de quelques menus services…

Alors qu'il prononçait ces propos, la partie découverte de ses traits n'auraient pas pu paraître plus lasse et désintéressée que cela. Pourtant, les couleurs lui revinrent alors qu'il fixa son interlocutrice, une lueur manifeste au fond de ses iris dichromatiques et dans le ton de sa voix :

Nous verrons ceci une fois que vous serez plus apte à vous remettre debout… Et que vous ne m'ayez parlé un peu plus de ce que vous venez de faire face à moi…
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Genin

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MessageSujet: Re: [PV] Dard et incisives Dim 9 Juil - 23:57

Ses propos terriblement évasifs avaient-ils vraiment suffi à le convaincre ? Son regard peinait à s'accrocher à lui tandis qu'il fixait l'endroit qu'elle lui avait indiqué. Elle aurait bien voulu pouvoir lui donner davantage d'explications, mais les forces lui manquaient, sa vision elle-même se troublait, l'empêchant d'agir à sa guise, lui disant clairement qu'elle en avait trop fait. Ainsi, lorsqu'elle se rendit compte qu'il partait dans la direction de ceux qu'elle avait repérés, elle voulut se lever, le suivre, mais s'en trouva totalement incapable. La jeune femme eut tout juste la force de se laisser tomber sur le côté droit avant de perdre conscience.
Lorsque ses yeux s'ouvrirent et qu'elle revint peu à peu à elle-même, elle fut bien incapable de dire combien de temps s'était écoulé exactement, pas trop longtemps en tout cas, car le soleil n'avait pas fait tant de chemin que ça. Ryuuketsu ne semblait pas être revenu, à moins qu'il n'ait décidé de l'abandonner ici, décidant finalement qu'elle ne lui serait d'aucune utilité. À cette pensée, son cœur se serra et une étouffante angoisse chercha à s'emparer d'elle, mais elle la balaya bien vite.

Elle se devait de lui faire confiance. Elle pouvait bien attendre un peu et voir ce qu'il allait se passer. Encore un peu étourdie, elle se remit en seiza et ferma à nouveau les yeux. Ce n'était pas pour utiliser son pouvoir cette fois-ci, mais simplement pour laisser tous les bruits environnants parvenir jusqu'à elle, pour sentir le souffle du vent sur sa peau, pour ne faire qu'un avec le monde qui l'entourait et être entièrement sensible à tout ce qui pouvait se passer autour d'elle.
Plongée dans cet état, elle se sentait relaxée, oubliait chacune de ses pensées, de ses émotions pour se laisser imprégner du monde si vaste et calme, comme si elle devenait l'eau au fond d'un lac, immuable. L'attente n'en était plus une, il n'y avait rien de pesant sur ses épaules et elle retrouvait peu à peu l'énergie qui lui avait fait défaut.

Au bout d'un moment, elle perçut des bruits de pas qui venaient dans sa direction et une fois qu'ils furent suffisamment proches, elle ouvrit les yeux, tourna la tête vers celui qui arrivait. Dans le rythme, dans la manière, elle n'avait pas senti d'intention belliqueuse, ni celle de dissimuler sa présence, il ne lui restait donc plus qu'à confirmer à l'aide de ses yeux la volonté de celui qui parvenait jusqu'à elle, tout en restant prête à la moindre attaque, comme elle l'était toujours, quelle que soit l'heure du jour ou de la nuit.
Ce fut son sourire qui vint accueillir la vision de Ryuuketsu. Ainsi il était revenu. Pourquoi ne l'aurait-il pas fait de toute façon ? N'avait-il pas répondu jusqu'à maintenant à chacune de ses espérances ? Avait-il la moindre raison de l'abandonner alors qu'elle n'avait même pas fini de lui montrer tout ce dont elle était capable ?

Lorsqu'il vint s'accroupir en face d'elle, elle écouta avec attention ses propos. Elle ne s'était pas trompée, elle n'en avait pas douté une seule seconde, mais elle était rassurée de savoir qu'il avait pu les rattraper, les contraindre à lui donner des explications concernant leurs agissements. C'était donc... un kuge ? Cela l'étonna un peu. Comment un homme qui n'avait rien de martial pouvait-il oser s'en prendre à eux, avoir l'arrogance, non, la prétention de pouvoir les attaquer et leur demander des faveurs ?
À cette information, ses prunelles s'étaient muées en deux poignards, avides de trancher la langue de cet insolent, de le faire taire à jamais, de le bannir de ce monde. Comment pouvait-il être idiot au point de tuer des shinobi et d'ensuite venir leur clamer son nom ? Était-il vraiment si sûr de lui ou à ce point simple d'esprit ? Elle ne pouvait répondre à cette question pour le moment, mais cela ne changerait rien à son sort.

« Nous ne sommes pas des mercenaires dont on peut se payer les services et encore moins des êtres que l'on peut contraindre par la force ou par la crainte. Ce kuge mérite d'être un exemple pour tous ceux qui se font une telle idée de notre organisation. » Déclara-t-elle froidement, suivant son habituelle sincérité.

Puis son regard vint croiser celui de son supérieur et elle resta un bref instant à en contempler la singularité.

« Bien sûr, ce n'est là que mon humble avis, je m'en remettrai toujours à vos décisions, Ryuuketsu-sama, quelle que soit la situation. » Ajouta-t-elle sur un ton plus doux, lui offrant alors un léger sourire, sans que son visage ne perde de son sérieux.

Comme elle restait soucieuse de répondre à sa question, même si elle n'avait pu s'empêcher de lui donner le fond de sa pensée, elle se releva.

« Ha ! Dai... daijobu desu, Ryuuketsu-sama ! J'ai voulu en faire un peu trop, mais cela ne se reproduira plus, je vous le promets. Il s'agissait de mon deuxième pouvoir, il me permet de suivre le vent, d'être le vent. Son plus grand désavantage est qu'il me force à quitter mon corps et à le laisser livré au monde extérieur sans que le moindre coup soit capable de me ramener à lui. En votre présence, j'ai jugé qu'il était suffisamment en sécurité. Je deviens alors aveugle, muette, moins mon ouïe est décuplée et il n'est pas une feuille qui tombe, pas une fourmi qui marche sur la terre dont je puis ignorer la présence. C'est ainsi que j'ai détecté leurs voix puis leur position sans qu'ils ne puissent s'apercevoir une seule seconde de ma venue. C'est un don très précieux en matière d'espionnage, mais le handicap auquel je suis soumise autant que sa découverte encore récente ne m'ont pas permis de l'aiguiser au même point que mes autres capacités. » Expliqua-t-elle du mieux qu'elle le pouvait, essayant simplement de lui apporter une analyse aussi rigoureuse que possible du don de Kazegami.

Elle ne voulait pas lui en cacher le moindre détail, pas lui mentir sur son niveau ni sur l'ampleur de sa connaissance. La prétention pouvait mener à l'erreur ou pire, à l'échec. Elle préférait lui causer tord parce qu'elle n'était pas capable de s'élever à son niveau plutôt qu'en lui prétendant le contraire. Si elle voulait l'accompagner, être son soutien, il fallait qu'il sache exactement sur quoi s'appuyer, en toute confiance.

« Il n'y a rien que je veuille vous cacher, Ryuuketsu-sama, ainsi si vous avez d'autres interrogations à mon sujet, j'y répondrai avec honnêteté. » Ajouta-t-elle d'une voix neutre, cherchant dans son regard quelque chose auquel s'accrocher.



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Ryuuketsu Katame

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Jônin

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MessageSujet: Re: [PV] Dard et incisives Mar 11 Juil - 11:28

Le shinobi ne pouvait être on ne peut plus d'accord avec sa suivante lorsqu'elle siffla sa colère vis à vis de l'audace de leur nouvel ami déclaré, quand bien même tissait-il déjà bien d'autres plans que celui d'en faire un exemple. Elle apparu lire dans son esprit à ce moment, se reprenant bien vite de ses audacieux propos, pareille à cette kunoichi pleine d'abnégation qu'elle semblait toujours être en sa présence.

Il en vint vite à se demander si ça n'était pas là une seconde prouesse dont l'avait affublé Kazegami, après ce don qu'elle venait de lui révéler. Après tout, le raisonnement était loin d'être stupide si l'on considérait avec quelle précision elle parvenait à combler chaque attente qu'il avait à son égard. Mais de ce petit doute, il ne montra rien, la laissant enfin répondre à la seule question qu'il lui eut posé de façon implicite, mais parfaitement claire.

Le fait qu'elle traita directement d'une seconde capacité le rendit aussi curieux au sujet de celle-ci que de la première dont elle sous entendait l'existence, d'autant plus alors qu'il venait de s'interroger sur le possible talent de déceler les pensées qu'il avait à peine soupçonné, les coïncidences existant bel et bien. Et c'était d'autant plus vrai lorsqu'il tenait compte de la loyauté indéfectible qu'elle montrait à chaque instants.

Par la suite, il fut plus attentif que jamais, enregistrant le plus petit détail qu'elle lui partagea en lui décrivant la teneur de son aptitude divine. Lui-même s'incarnait dans le vent, tant pour se mouvoir que pour en devenir la colère, mais loin de ressembler à ce qu'elle lui dépeignit et qu'il trouva aussitôt d'une utilité magistrale, jurant de l'intégrer pleinement à l'ensemble de ses plans à venir, si une situation privilégiait ce genre d'approche.

C'était presque trop parfait en vérité, qu'une guerrière des ombres soit pourvue d'une telle disposition ressemblait littéralement à une bénédiction de Fujin lui-même. Katame possédait un panel de facultés indéniables, mais terriblement bruyantes et visibles, ironiquement opposées à ce qu'il incarnait, mais dont il avait bien fallut qu'il s’accommode pourtant. En expédition solitaire, il comprenait qu'elle puisse considérer le pendant de son incroyable compétence, cette dernière trouvant toute son importance en escouade ou bien en duo.

Rien n'aurait pu l'empêcher d'ouvrir les yeux en grand de l'intérêt que la chose avait pour lui, notamment au vu de leur situation et de la décision qu'il avait prise au sujet de la petite guêpe d'en faire sa plus proche adjointe. Tout à sa réflexion et à l'ajout de ces informations qu'il répertoria soigneusement afin de pouvoir les réutiliser à sa guise quand l'occasion se présenterait, il ne vit pas immédiatement le léger état de détresse qui fut celui de la genin alors qu'elle s'empressait de lui donner un maximum d'éléments, voir même de l'inviter à lui poser lui-même les questions relatives au détail de ses capacités.

À terme, il n'y avait rien qu'on pouvait réellement lui cacher qu'il ne veuille découvrir, si tant était qu'il eut pensé à le vouloir. Le simple fait qu'elle émette la chose fit paraître cette dernière comme indispensable à sa collection de savoirs, aussi dirigea-t-il vers elle le brasier de tout son intérêt qu'exprimèrent sans équivoques ses prunelles tout en reprenant la parole à son tour dans ce souffle monocorde qu'on lui connaissait :

Subarashi… Au vu du fait que nous ne nous quittions plus, Shura-san, ce cadeau du Vent Divin m’apparaît une grâce si bienvenue que j'en viendrai à me demander comment n'ai je pu être mis au courant de son existence plus tôt, mais je vous remercie de m'en dépeindre ainsi l'estampe… à un détail près… Jusqu'où le souffle de Kazegami peut-il porter cette conscience extracorporelle ? Et… Vous parlez là de votre seconde capacité… Qu'en est-il de la première ? Vous pointez là un grand manque de vigilance de ma part… Bien que j'imagine que le Jonin puisse être au courant de nos dons, pour ceux qui en possède, afin de mieux agencer nos efforts selon nos capacités respectives… Je suis moi-même curieux de ces détails…

Il se frotta le menton un instant avant de poursuivre, sans que sa voix ne trahisse du moindre tressautement, comme s'il récitait une leçon apprise par cœur :

Kaze Nakami, Kekai Soyokaze et Tsumujikaze sont les dons que j'ai moi-même entretenu à comprendre, à améliorer et à nommer puérilement afin de mieux les distinguer. Puisque vous accompagnez dorénavant mes pas, connaissez les autant que je les connais. Ainsi, je suis capable de faire naitre du néant la lame même des vents d'une longueur variable, celle-ci, plus courte se trouve-t-elle, moins existe-t-il quoique ce soit pouvant lui résister. Ma seconde prouesse repose sur l'accord des faveurs de Fujin, m'emportant sur des longueurs variables selon une méditation allant d'une simple pensée, vous en connaissez déjà les effets, celle là même qui me permet de me propulser légèrement… Jusqu'au fait et si je m'en accorde le temps de voler, purement et simplement. Enfin, le dernier don que m'a offert notre Kami tutélaire incarne sa colère et la mienne réunis. Tout comme vous, je fusionne avec notre élément… Mais corps et esprit me concernant. Et ce qui en découle n'a rien d'un don d'espionnage, il n'offre la possibilité que d'un massacre total qui m'aura valu le nom de Ryuuketsu.

Il prit son inspiration avant de hausser un sourcil et d'ajouter :

Il me serait difficile d'être plus détaillé que cela sans vous ennuyer. À vous cependant… Dites moi donc la manière dont notre protecteur à tous vous aura-t-il remercié de votre dévotion ? Après cela et quand vous serez reposée, nous prendrons la route afin de porter les respects de Fuu à Hanto-dono. Et d'aventure, à l'avenir, si vous sentez devoir me partager quelque chose, n'hésitez plus et n'attendez guère que l'occasion se présente… Il serait peut être trop tard à ce moment et ni vous, ni moi ne souhaitons cela.
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MessageSujet: Re: [PV] Dard et incisives Dim 16 Juil - 0:07

La flamme qu'elle vit dans ses yeux eut sur elle un effet si étonnant qu'il vint la percuter de plein fouet. De quelle manière avait-elle pu provoquer un intérêt si soudain à ses yeux ? Plus le temps avançait et plus elle avait l'impression d'aller de découvertes en découvertes. Cela faisait longtemps qu'elle avait compris que le côté humain, l'analyse des siens autant que leur compréhension n'était pas vraiment son fort, tout comme elle savait qu'elle ne disposait pas d'une grande éloquence et qu'elle misait tout dans sa franchise. Pourtant, face à cet homme pour qui elle avait tant d'admiration, elle avait cette terrible impression qu'à chaque fois qu'elle pensait le comprendre un peu mieux, il échappait soudainement totalement à son entendement.
C'était… à la fois très intéressant, merveilleux et atrocement déstabilisant. Comment pouvait-elle faire pour lui plaire, pour se montrer à la hauteur, pour le satisfaire en tous points si elle était absolument incapable de deviner quoi que ce soit en lui ? Non… Elle voulait simplement aller trop vite. Après tout, cela faisait tout juste quelques jours qu'elle était à ses côtés – depuis qu'il était conscient tout du moins – elle ne pouvait pas espérer que les choses aillent aussi facilement.  Dans le cas contraire, il n'aurait peut-être pas eu la prétention de devenir chûnin, n'est-ce pas ? Et puis, la plupart des siens, dans leur art de déguiser les choses, de mentir, d'être et de paraître, restaient pour elle un grand mystère. Il allait falloir qu'elle s'y fasse, qu'elle se base uniquement sur ce dont elle était certaine pour avancer, comme elle l'avait toujours fait.

Terriblement embarrassée par tous ses compliments, elle fut une nouvelle fois contrainte de baisser les yeux, le visage même pour le cacher derrière les courtes mèches de sa chevelure brune. Il en faisait trop ! S'il cherchait à la rendre heureuse, à émouvoir totalement son cœur ou à ébranler son âme, alors il y réussissait merveilleusement bien ! Avec un tel naturel et une déconcertante facilité !
Bien sûr, elle était quelqu'un de plutôt simple et avec les bons éléments, il n'était pas bien difficile de la satisfaire, mais… y arriver si bien ? Qui était donc cet homme, si ce n'était la perfection incarnée ?
Shura se mordit légèrement la lèvre, devenue plus réservée que jamais. D'habitude, elle n'avait juste pas envie de parler, mais là, il la laissait sans voix et elle avait si peur de dire dans l'instant d'après quelque chose qui pourrait le décevoir… D'un autre côté, elle brûlait de répondre à ses questions, de lui expliquer avec tous les détails du monde la limite de son second pouvoir ainsi que tout ce qui pouvait concerner le premier don que Kazegami lui avait fait.

Et puis comme toujours, elle ne voulait en rien l'interrompre. C'était même tout le au contraire, elle préférait l'entendre parler, l'écouter pendant des heures et rester simplement là, juste pour lui tenir compagnie. Son adoration devenait telle qu'elle se sentait bien capable de faire tout ce qu'il lui demandait, même s'il ne s'agissait pas d'ordres, même s'il lui laissait le choix.
Et là, elle aurait eu bien besoin de s'asseoir, car la suite de son discours l'ébranla encore plus qu'il ne l'avait déjà fait, lui prouvant par là même que c'était bel et bien possible. Pourquoi… pourquoi était-il en train de lui faire la description de ses propres pouvoirs ? Pourquoi lui en disait-il autant sur lui ? Certes, il lui avait bien expliqué qu'il voulait qu'elle le seconde, qu'ils restent ensemble, qu'elle soit avec lui chaque jour et que leurs capacités puissent se compléter, mais… mais elle avait toujours imaginé cela que dans un seul sens. Un sens où elle lui aurait révélé tout d'elle, lui permettant d'user d'elle au mieux, comme un outil, comme une arme, pas que tout cela serait réciproque. Elle comptait en apprendre davantage sur lui, parvenir à mieux le comprendre avec ses propres observations, pas qu'il lui livre lui-même l'analyse de ses capacités.

Ses mains tremblaient, le sol qu'elle fixait intensément n'était plus suffisant pour l'aider à garder la maîtrise d'elle-même et elle se sentait à nouveau au bord des larmes, non pas qu'elle se sente triste, mais parce qu'elle était transie d'émotions si fortes qu'elle devait bien les manifester d'une quelconque manière. Mais elle ne voulait pas faire ça. Bordel ! Il fallait qu'elle se maîtrise un peu mieux que ça ! De toutes ses forces, elle essayait de limiter ses sentiments, de les empêcher de dépasser les portes de son esprit et cela usait bien facilement de toute sa concentration, de toutes ses capacités intellectuelles.
C'était à la fois tellement grisant d'être à ses côtés et tellement difficile aussi ! Elle ne comprenait pas comment elle allait faire, comment elle allait arriver à ne pas le décevoir, alors qu'il persistait en partie à faire d'elle une chose émotive et tremblante, mais… elle ne devait pas en faire quelque chose d'inefficace. Non, bien au contraire, elle devait en puiser une nouvelle force, encore plus intense, encore meilleure. S'accrochant à sa volonté, elle parvint en partie à retrouver ses moyens lorsqu'il lui posa à nouveau sa question.

« V-v-vous-vous ne m'ennuyez absolument pas Ryu-Ryuuketsu-sama ! » Répondit-elle très vite  en bredouillant de sa petite voix. Ha ! Respire Shura ! Respire un grand coup ! Ça va aller, tu peux y arriver, tu peux lui répondre ! « C'est-c'est même tout le contraire, je suis tellement ravie que vous m'expliquiez cela et vous pourriez le faire pendant des heures que ça ne me gênerait nullement ! Ah-ah-ah… Haa ! »

Elle fit un pas de recul, se sentant tellement ridicule. Ses propres pensées dépassaient ses mots, venaient former des phrases avant même qu'elle ne donne son approbation et si elle ne souhaitait en rien lui mentir ni lui cacher quoi que ce soit, elle voulait tout de même y mettre les formes et là, ça n'allait pas du tout, absolument pas du tout !
Son cœur ne voulait pas cesser de s'emballer, pire encore, il se mettait à battre encore plus vite. Il fallait qu'elle retrouve son calme, rien qu'un peu, rien qu'un tout petit peu. Elle avait tellement horreur d'elle en cet instant, elle ne voulait tellement pas lui montrer ce visage ! Alors elle se mit à respirer un coup, lentement, puis un autre fois.

Merde ! Ça ne suffisait pas ! Il aurait juste fallu qu'elle s'enfuie, mais elle ne pouvait s'y résoudre. Il aurait juste fallu qu'elle crie, mais elle se sentait déjà assez folle pour ne pas en faire encore plus l'étalage. Brusquement, elle eut l'impression de parvenir à saisir cette boule d'émotions, de nervosité, d'elle ne savait trop quoi entre ses mains et de pouvoir la retourner à son avantage, comme de la colère peut-être. Avec une rapidité déconcertante, elle saisit son arc, y encocha une flèche et elle détendit la corde pour lui rendre sa liberté. Dans le même instant, une bourrasque sifflante se leva, mais contrairement à ce que l'on aurait pu penser, elle n'était pas étendue, elle n'avait rien de la tempête qu'elle semblait vouloir annoncer, non, elle fine et précise, elle vint détourner la trajectoire de la flèche pour lui faire prendre une toute autre direction, mais aussi une rapidité phénoménale, la propulsant bien plus loin qu'elle n'aurait dû aller. Malgré la distance, elle vint se ficher dans le minuscule oiseau qui ne formait qu'un point mais que son regard si précis avait su déceler dans le ciel et celui-ci tomba net, comme s'il n'avait jamais eu la moindre chance.

La rafale autant que son trait semblaient avoir emporté une grande partie de sa fureur dans le lointain. Ses mains, si fidèles à son art du kyūjutsu, avaient su retrouver en cette fraction de seconde toute leur maîtrise. Son corps tout entier semblait pourtant à nouveau vibrer, mais elle allait mieux, elle était prête à lui répondre maintenant.

« Une démonstration était certainement plus éloquente que tous les discours que j'aurais pu former. Je n'ai pas de talent quand il s'agit de m'exprimer, mais Kazegami-sama m'a doté de la capacité de guider mes flèches vers leur juste cible, non… plus que tout, en usant de ce don, mes flèches connaissent la Voie, elles viennent se planter là où elles doivent aller, guidées par la volonté de notre Kami.
J'ai énormément travaillé cette capacité, car même si je ne veux pas tenir d'un pouvoir tout mon talent pour le kyūjutsu, il est des instants où l'on ne peut être confronté à l'erreur ou à l'échec. Plus j'en use et plus je suis fatiguée, plus je demande des prouesses et plus vite je tomberai, mais j'en connais assez les subtilités pour savoir le doser en fonction des ennemis que je dois affronter. Bien sûr, cela ne me rend pas invulnérable.

Quant à mon deuxième pouvoir, je… je vous demande pardon Ryuuketsu-sama, vous en connaissez déjà mes extrêmes limites, actuelles tout du moins. Je… j'ai voulu en faire trop, le vent a bien failli m'emporter. Comme je vous l'ai dit, il est assez récent et je n'en connais pas encore très bien tous les détails, j'en comprends dès aujourd'hui un nouveau pan des plus grands dangers qu'il incarne, mais… ! Mais maintenant que vous êtes là, je pense que je pourrais m'y entraîner plus souvent, sans vouloir aller trop loin, sans vouloir trop me forcer ou en faire trop, afin d'en connaître la juste mesure, afin de l'étendre aussi loin que possible ! »

Sans qu'elle ne s'en rende compte, son ton neutre et franc avait laissé place à de l'embarras et puis au fil de ses mots, une grande joie était soudainement venue l'envahir, illuminant son visage, dessinant un sourire sur ses lèvres. Lorsqu'elle s'en rendit enfin compte, elle se reprit.

« Hum. Je… je ne sais pas s'il y a d'autres choses que je pourrais vous dire, enfin… bien sûr que si, il y a certainement un tas de choses à dire ! Enfin… je veux juste dire que là, pour l'instant, rien ne me vient en tête. » Essayait-elle d'expliquer très maladroitement. « Je ! Je vais aller me reposer maintenant, ne perdons pas plus de temps, enfin, je vous ralentis déjà tellement… ! À quelle heure devons-nous nous retrouver, je serai là, même si je ne dois me reposer qu'une heure, je vous le promets ! » Avança-t-elle, pleine d'espoir et de détermination.



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Ryuuketsu Katame

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Jônin

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MessageSujet: Re: [PV] Dard et incisives Dim 16 Juil - 22:40

Loin de s’attendre à ce que ses propos eurent un quelconque effet autre que les réponses qu’il cherchait à obtenir, il n’en resta pas aveugle pour autant, scrutant dans cette gêne étrange, cette timidité, l’inclinaison même du visage de Shura afin d’éviter son regard. Il avait bien compris qu’elle se trouvait être un élément d’une loyauté admirable et il s’interdisait ne serait ce même que de penser flouer ou se jouer de celle-ci, mais c’était autre chose, plus encore que ce besoin de reconnaissance qu’il avait percé si tôt en elle.

C’était amusant en vérité, déconcertant. Cette spontanéité, il ne l’avait vu que de loin, dans le regard d’enfants, jamais dans le feu qui brillait derrière les prunelles de l’un de ses subordonné. Et quand elle ne fit pas cela, ce fut seulement pour ne plus perdre quoique ce soit de ce qu’il disait, élève attentionnée… Non… Scrupuleuse et déférente. A tous ces genins pour qui il n’avait offert que ces éternels traits sans expression, il lui offrit un sourire sincère sous son masque, sans savoir quel fragment de sa psyché opérait.

Un léger relâchement dans la maîtrise totale qu’il pouvait avoir sur lui-même et qui lui fut mystérieusement confortable. Même alors qu’il lui révélait dans les grandes lignes les dons que lui avait offert Fujin, tout en étant pertinemment conscient qu’aucune d’entre elle ne pourrait le desservir, qu’on la connaisse ou non, il ne s’en sentit pas moins serein… Ce jeu de la vérité sincère qu’elle ne lui avait pourtant pas demandé le libérait de quelque chose, révélant en lui un acteur qu’il ignorait jusque là, un homme trop heureux de partager tout ce qui avait trait à ce qu’il était.

Du coin de l’oeil, il constata les tremblements de sa subalterne, victime d’un chaos de sentiment dont il ne comprenait pas l’ampleur, mais qui le passionnait. Son impression était de la nourrir de mets inconnus qu’elle trouvait instantanément comme les meilleurs qui soit, dépassée même par leur saveur. Bientôt, ce ne fut plus qu’un jeu et il failli en oublier la raison même de toute ces révélations, le pourquoi de sa présence ici, à elle aussi, le drame qui s’était déroulé dans ces plaines et la juste punition qui s’en suivrait.

Quand fut venu pour elle le temps de reprendre la parole, il en devina l’hésitation avant qu’elle ne prononce ses premiers mots. Il avait intimidé beaucoup des siens, de ses ennemis, mais déstabiliser de la sorte quelqu’un tenait de la nouveauté absolue. Arquant un sourcil intrigué face à sa perte totale de moyens, il se tut, resta de marbre afin de la laisser se rasserener du mieux qu’elle le pouvait.

Ce n’était pas normal, ni logique et finalement, de moins en moins plaisant de voir une arme si précise et maîtresse d’elle même en venir à batailler pour un ou deux mots gratifiants. S’il comprenait que la reconnaissance était un moteur pour elle, il ne pouvait ignorer qu’elle agissait aussi comme une drogue, ses effets devenant de plus en plus indésirables à mesure qu’elle perdait progressivement pieds en sa compagnie.

Katame en vint même à douter avoir fait le bon choix en s’octroyant sa proximité, en la sortant du village même du silence des vents pour la mettre à son seule service. Il se demanda s’il ne l’avait pas dénaturée, émoussée cette merveilleuse lame et pria son Kami tutélaire de se tromper, de ne pas avoir gâché pareil talent. Alors et à la surprise du Jonin, la jeune fille se leva malgré l’état de fatigue manifeste qui avait été le sien jusqu’alors et depuis l’usage de sa prouesse, puis dans un mouvement qu’il jura comme unique, attrapa son arc et en tira un trait d’une absolue justesse et impossible au vu du virage entrepris par celui-ci sur une cible que ses propres yeux ne parvinrent guère à déceler.

Et lorsqu’elle revint à son attention, elle était redevenu ce sabre à la lame éclatante, au fil le plus aiguisé qu’il eut connu. Le maître des secrets avait compris dans l’instant qui s’en était suivit, retenant un sourire triomphal d’apparaître sur son visage, bien que masqué. C’était juste la quantité qui avait été trop importante, mais Shura avait besoin des vérités qu’il pouvait penser d’elle, qu’il s’ouvre à elle, lui partage à quel point il la trouvait efficace, mais avec parcimonie, simplement de quoi l’alimenter, petit à petit et non d’un coup unique, comme il avait fait avec un peu trop d’enthousiasme.

Cette révélation lui avait néanmoins empêché de voir la volonté derrière le tir auquel la petite guêpe venait de procéder. Le shinobi aurait pu se trouver déçu que l'entraînement intensif qui était celui qu’elle avait accompli durant toute sa jeune existence ne fut pas l’unique source de son talent. Mais s’il était un regard que l’on ne trompait pas, c’était bien celui d’un Kami, du moins le pensait-il encore un peu, malgré son statut d’hôte du plus pénible d’entre eux.

Encore une fois, il ne pouvait cependant que se dire que Kazegami avait été bien généreux avec cette petite, lui octroyant des dons bien pratique au vu de sa conditions de kunoichi. Mais le destin était ainsi fait et il n’était pas de ceux à se sentir lésé. D’ailleurs et dans ce cas précis, il n’aurait pas pu être mieux lotis que cela, une arme comme Shura en sa possession.

Prenant un léger recul sur tout ceci, il la laissa poursuivre, se montrer pointilleuse sur les détails et les limites de ses capacités surnaturelles, puis acquiesça silencieusement lorsqu’elle en vint à indiquer pouvoir performer son exploit extracorporel dorénavant qu’elle marchait dans ses pas. Lorsqu’elle eut conclus après une nouvelle difficulté, il se releva en s’époussetant négligemment, son sourire embusqué derrière son mempo était revenu et dans le timbre neutre de sa voix, il n’était pas difficile d’entendre l’accent d’un certain plaisir :

Comme je le disais, nous irons quand vous serez reposée. Ce cher Hanto-dono nous attendra bien une poignée d’heures de plus ou même des jours. Dormez même s’il le faut. Vous ne me ralentirez en aucun cas ce faisant. Au contraire, ce serait dépourvue d’une partie de vos moyens que vous ne seriez plus qu’un poids pour moi et jusqu’à ce jour, cela ne s’est pas produit.

Je suis même prêt à parier que cela ne le pourrait pas et je compte bien là dessus. Vos étonnantes capacités nous seront plus utiles que les miennes à l’avenir et oui, je concède sans hésitation à vous servir d’ancre et à aiguiser celui de votre… Envolée spirituelle. Allez vous reposer, maintenant, si ça ne doit pas être ici. Je serai là à votre retour.


Sur ce quoi il s’accroupit de nouveau et se tint silencieux à la dévisager, arquant l’un de ses fins sourcils et attendant qu’elle procéda comme elle le souhaitait.
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[PV] Dard et incisives

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