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 [ Terminé] L'incandescence du doute face au volcan

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Kakita Sakuya

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MessageSujet: [ Terminé] L'incandescence du doute face au volcan Lun 16 Mai - 14:56


Le trajet avait été un enfer silencieux pour moi. Et maintenant qu’on y était, ce n’était pas mieux, bien au contraire. L’importance de la tâche qui m’était déléguée me faisait peur et je m’efforçais de garder la tête froide comme je le pouvais. Cependant, on avait tous un point de rupture et je crois que le mien allait finir par arriver.
Le pavillon mis à disposition de Setsu était calme, mieux encore, il était presque désert. Birei était une ville que beaucoup voulaient visiter et apprendre à connaître tant il était rare d’y mettre les pieds. Pour ma part j’étais plutôt en train de me battre contre le pire adversaire qu’un combattant puisse avoir : Le doute.

Une partie de moi était sincèrement déterminée à mener tout cela a bien, consciente que si Gekido-sama me l’avait confié, c’est parce que j’étais a la hauteur de ce que l’on attendait de moi. Mais l’autre côté, le plus gros côté de mon esprit, avait peur de se planter. Je n’étais clairement pas la plus fine diplomate de l’entourage de mon seigneur. J’étais la meilleure dans bien des domaines, mais surement pas celui là et je n’y avais jamais vu l’utilité dans mon passé de Chûnin.
J’avais toujours été meilleure pour tuer que pour parlementer. Pourtant, mon expérience en tant que hatamoto m’avait appris à me servir plus souvent de ma capacité à m’exprimer pour obtenir ce que je voulais. Apprendre a contraster mes méthodes jusqu’ici plutôt sanglantes. Avec le recule c’était peut être ce qu’il me manquait a l’époque pour être Jônin, raison pour laquelle Akane m’avait coiffée au poteau.

Mais qu’importe, j’étais ici, a Birei, en proie a mes doutes sur mes capacités, chose qui était assez rare et exceptionnelle pour que ça soit inquiétant. Installée autour d’une table basse d’excellente facture et aux arabesques décoratifs riches, j’avais le regard qui pouvait sembler dans le vide, un visage parfaitement inexpressif. Ce n’est qu’après un moment que je me remettais de mes émotions, constatant que mes mains tremblaient un peu trop. Je serrais les poings, si tenté qu’on pouvait qualifier de « poings » mes mains fines, presque frêles, aux yeux d’un bushi. Je soupirais doucement, en silence, affligée par ma propre stupidité. Ce n’était pas le moment de flancher, pas maintenant que nous étions là. Le gros du rôle que je devrais remplir allait arriver en même temps que la délégation Kenshu, seule manquante a l’heure actuelle.
Je me demandais ce qu’il se passerait ensuite. Comment tout cela va s’orienter ? Est-ce que cette « réunion » était le prélude d’une unité au sein des clans ? Etait-ce le début de la fin des hostilités entre Setsu et Fukyuu ? Les questions étaient nombreuses et nous serions tous, à notre manière et sous la gouvernance de l’Empereur, des acteurs de ce devenir.  Peu importe notre rôle dans la société a cet instant, la délégation était le symbole de la bonne foi de notre clan, des gens qui vivent dans nos frontières et de la détermination de notre clan envers l’Empereur. En terrain impérial, nous n’étions bien peu de choses en comparaison à lui, ceci n’était que d’autant plus vrai pour les gens comme moi. Une simple kunoichi, partie de son maigre rang de Genin pour finir garde du corps de l’un des hommes les plus influents si ce n’est le plus influent de l’ouest de Yokuni, réduite à bien peu de choses dans l’enceinte de cette magnifique Cité. Mon seul « pouvoir » ici était celui de porter la parole de mon seigneur, en ce sens c’était peut être tout ce qui me démarquait du reste des gens dans cette pièce. Et ce n’était ma foi que bien peu de choses.

Après un instant, je me rendais compte que je tremblais encore un peu. Pathétique.
A quoi devais-je ressembler, vue de l’extérieur ? Un animal perdu ? Une pauvre fille en proie au doute, tremblante, perdue dans ses pensées ? Il fallait se faire a l’idée que, malgré mon rang au sein du clan et le passé pour lequel on pouvait me connaître, je n’en étais pas moins une jeune femme qui avait ses propres problèmes a gérer en plus des responsabilités qu’on avait bien voulu lui confier.
Et, à cet instant, je devais être la femme la plus angoissée du pavillon Setsu. Ce n’est qu’après coup, en tournant le regard, que j’apercevais enfin notre Taisho, pas si loin de moi et à la fois si lointain. Je n’avais même pas entendu son arrivée ou même fait attention à sa présence sur le moment. Ce type m’était jusqu'à présent parfaitement inconnu, le peu de choses que je savais de lui venait de sa réputation impeccable au sein du clan mais, de mémoire, je ne crois pas avoir entendu un jour qu’il était spécialiste en déplacement silencieux.

Moegami m’en soit témoin, je détestais perdre mes moyens comme ça. Prise au dépourvu, je ne pouvais anticiper une réaction correcte a son attention, j’avais baissé ma garde et, avec elle, ma capacité à réagir spontanément au contact humain.
Le plus ridicule dans mon cas, c'est que je savais que le pavillon n'était pas complètement désert. Pourtant je n'avais absolument pas fait attention.

J’étais vulnérable.
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Amadotsu Kodan

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MessageSujet: Re: [ Terminé] L'incandescence du doute face au volcan Sam 21 Mai - 12:40

Le Domaine Impériale, baigné de la lumière du regard d'Amaterasu, révélait aux iris onyx du Volcan un aperçu de Takama-no-hara lui-même, si bien qu'il s'attendait à tout instant de distinguer les Kamis immortels le saluer au loin de leur expressions bienveillantes. Les mains sur le muret du chemin de ronde de l'enceinte des enfants de Kagutsuchi, le Seigneur de Guerre des flammes ajoutait à sa très grande sérénité un renfort supplémentaire, inutile au vu de sa paix actuelle, mais bienvenu.

Il ferma les yeux et savoura les effluves que Fujin apportait sur ses traits à grand renfort d'inspirations. Ses paupières se rouvrirent alors sur l'homme nouveau qu'il était, un être complet et unique qui lui avait toujours échappé, un guerrier béni des Dieux à tout point de vu. Il se souvenait l'enfant de Kazan qu'il avait été, capricieux au point de se penser indigne du nom de ses illustres aïeux et de se baptiser lui-même lors de son passage à l'age adulte.

Les images de l'adolescent face à l'épée votive du Temple au pied du Mont de Feu, protecteur de la Cité-mère de son domaine. Il se rappelait le samouraï, protégeant de sa vie la noblesse indispensable du clan au rang de yojimbo. Il revoyait le bushi vaillant des lignes éparses d'infanterie incandescente, brisant la cavalerie légère des Foudres aux côtés de ses frères d'arme.

L'honneur de son accession au titre de Lieutenant, provoqué par l'urgence de la perte de son estimé officier, effleura sa conscience comme une douce caresse, pourtant infime face à ce qui allait suivre. Il ressentit la morsure de la honte, dans le sacrifice de sa gloire afin de préserver son clan d'un ignominieux Taisa, du bannissement étrange qui avait suivi et l'ayant pour la première fois poussé au sein des murs de Birei, au service d'un être supérieur dont le souvenir était chéri et toujours intact ce jour même.

Puis il avait été rappelé des siens, trois années plus tard, fait la rencontre de son Destin sur le chemin qui avait vu son cœur dérobé et échangé contre celui de celle qui lui avait subtiliser dans la plus forte des douceurs. Le domaine du Feu fut le salut de sa survie face à cette séparation, il s'était reconstruit de la perte de son amour des brumes, passa près de cinq ans dans l'exemplarité la plus totale, forgeant sa légende et le respect de Setsu à son égard pour le voir accéder au rang émérite de Colonel.

Gouverneur du territoire de l'Ouest du clan, diplomate dépêché par l'Empereur en personne auprès des Disciples de Raijin, il ne perdait rien de la richesse de ses rencontres et des alliés qu'il s'était fait. Humblement et écrasé face à toutes ces faveurs que l'existence lui offrait, il s'était présenté pieusement aux Voix des Kamis à l'exception de celui du Tonnerre, son devoir nouveau le rattrapant en cours de route. Tout s'était alors accéléré.

L’inatteignable Seigneur élu de Moegami, Setsu Gekido, le manda pour un entretien personnel depuis un plan d'existence que Kodan n'avait jamais pu penser pouvoir atteindre, allant jusqu'à vénérer le Daimyo Igné plus que de simplement le respecter et le servir. On le reconnaissait alors jusqu'au Trône de Nikkou, mais pourtant, il était resté certain ne pas mériter de porter ouvertement son véritable nom, de se séparer de celui de Amadotsu afin de devenir pleinement l'héritier des Kiyooki.

Il avait fait alors la rencontre d'une femme dont il fut persuadé qu'elle incarnait le sillon que l'on lui avait choisi depuis les Cieux. Mais ceux ci se déchirèrent, emportant dans le sommeil des millions d'âmes, n'en rendant que certaines d'entre elles, parfois pour un temps limité. Cette saison d'été, probablement la plus maudite depuis l'Enfer Écarlate, l'eut vu choisi pour Bras Droit armé du Territoire des Fournaises, Commandeur Suprême du Brasier Éternel, Taisho des Forces Ardentes.

Convaincu d'avoir accompli sa Destiné, on lui en révéla une nouvelle, bien plus auguste, mais dont le prix à payer manqua de le défaire à jamais et de l'engloutir dans les tréfonds du Jigoku. Kabegami le secret, Dieu Félin des Murs, privé des étoiles du fait du Rat facétieux, le reconnu pour Élu et emporta en échange auprès de lui l'âme de celle dont le bushi avait été trop sûr qu'elle devienne son futur. Béni et maudit à la fois, déchiré entre l'honneur et la peine, il s'était vu péricliter jusqu'à ce que l'unique gardienne de son âme ne vienne lui porter secours au prix de tout les us et au renoncement de tout statut.

Mère d'un fils illégitime qu'il lui avait conçu, elle fut la source de toute ses inspirations et s'imposa alors comme la vérité du Chemin de sa vie. La mansuétude du Général des brumes le convainc définitivement de la justesse de sa Voie lorsqu'elle acceda à la demande de la main de celle qui portait le nom prédestiné de Saya.

La réalité revint, les souvenirs s'enfuirent, évanescents. L'égal de son Daimyo, il n'en concevait pas moins de fidélité pour autant. Il ne lui avouerait probablement jamais qu'il le distinguait comme un frère à présent, un pair dont il serait à jamais honoré de le servir. Kodan expira longuement, un sourire ancré sur les traits, plus résistant que le Diamant, fils du Feu et choisi de la Terre, le Volcan Véritable.

L'incarnation même de la lave fit alors demi-tour, décidée de s'imprégner des faveurs de la Cité Impériale en ce jour qui voyait les délégations présente patienter l'arrivée de celle des Orages éternels. Mais alors qu'il débutait de traverser le salon de leur antenne, il ne put ignorer la présence qui s'y trouvait. Kakita Sakuya, Voix du Maître des Flammes depuis déjà trois années, était une jeune femme de dix ans sa cadette dont le passé lui était totalement inconnu.

Son nom, lui avait été porté depuis les premiers jour de son service au titre de Hatamoto, comme tout Samouraï devait savoir qui était amené à représenter leur Seigneur comme il se doit. Sans compter ceci, elle lui était apparue pour la première fois lors des préparatifs de leur voyage, impassible et énigmatique, ce qui n'eut pas pour effet de leur permettre d'engager la discussions. Le premier Amadotsu ne pouvait néanmoins rester aveugle à l'état de détresse évident dont elle était la proie.

Pire, il était tout à fait emprunt de la capacité de la comprendre. Le visage scindé de son expression chaleureuse la plus sincère, il balaya les quelques mètres les séparant en quelques paisibles enjambées et la salua du chef avant de s'installer face à elle sans demander quoique ce soit. Il apostropha le premier domestique qui passa dans son champ de vision et demanda à ce qu'on leur apporte un thé bouillant et quelques friandises locales. Enfin, il s'en retourna vers la désemparée, les yeux plissés par la bonne humeur et entreprit de faire la conversation :

Oy, Kakita-san. Vous devriez vous couvrir quelque peu en ce murs, on ne peut guère dire que les températures locales soient à la hauteur de celles de la terre de nos ancêtres.

Mettant volontairement les tremblements qu'il avait décelé en elle sur le compte du froid, il espérait lui apporter un peu de réconfort afin de dégager son esprit des nuages noirs qui pouvait s'y trouver. Bien que son rôle à elle soit prépondérant, qu'elle puisse l'aborder dans la tranquillité lui semblait prioritaire. Il poursuivit alors, se frottant l'arrière du crâne, en apparence légèrement penaud :

J'espère ne pas vous indisposer en vous imposant ma présence et de m'être installé de la sorte sans votre consentement. Mais après le voyage que nous avons passé, il me semble qu'il est important que deux serviteurs dédiés à Gekido-sama apprennent à se connaître, n'est ce pas ?

Il s'installa plus confortablement, digne dans son attitude, droit dans son assise, ses traits porteur d'une profonde douceur sans se départir d'un léger solennel :

Nous avons tout deux entendu parler de l'autre, notre place en Setsu oblige à cela. Mais au-delà de ça, je ne sais rien de la magnifique jeune femme qui me fait face. La seule chose dont je sois certain, c'est que mon Seigneur vous aura choisi en toute confiance parmi ses trois plus proches serviteurs, cela n'est pas anodin et révèle votre nature précieuse entre toute. Qu'avez vous à ajouter à cela, Voix parmi les voix ? Que pourriez vous apporter comme détail au tableau impressionnant que vous représentez déjà à mes yeux ?


L-M-M-J-V-S-D

Kazan Chinsei-ka
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Kakita Sakuya

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MessageSujet: Re: [ Terminé] L'incandescence du doute face au volcan Ven 27 Mai - 14:29


Ma surprise fut rapidement masquée par ce qui me préoccupait précédemment, bien que la présence d’un être plutôt sympathique semble occulter une partie de mon angoisse sur le moment, l’occupation qu’il prenait dans mon esprit me permettait de penser à des choses plus joyeuses que le possible échec et les conséquences que mon incertitude grandissante pourrait provoquer.
Amadotsu Kodan, un homme que je connaissais de nom, rapidement de parcours aussi, il avait su se faire un nom avec brio lui aussi, une personne remarquable en Setsu au moins assez pour que Gekido-sama lui confie le poste de Taisho. Je ne le connaissais pas plus que ça, en terme purement professionnels comme personnels. Je savais qu’il était au moins d’une dizaine mon ainé et qu’il gouvernait Kazan de manière exemplaire. Ma foi c’est tout ce que j’avais besoin de savoir : Qu’il était fidèle et dévoué à mon seigneur.

Une personne visiblement chaleureuse et relativement extravertie, tout ce que je n’étais pas. Le paradoxe pour moi qui était née Setsu était d’être aussi froide que le plus haut mont des terres Fukyuu. Une image dont on m’avait gratifié a plusieurs reprises quand j’étais encore Chûnin, avec la réputation d’être un monstre impitoyable et fanatique. Maintenant que j’étais là, face à mes problèmes et mon devoir de hatamoto, j’envierai presque cette époque où tout ce que j’avais à faire était d’exécuter des ordres… Ou des gens. C’était au final plus simple et probablement ce que je faisais de mieux. La diplomatie n’était pas un domaine ou j’excellais, même si j’étais loin d’être la dernière de la classe, les rond de jambes hypocrites ne convenaient pas a mon attitude générale. Je ne respectais que très peu de gens a Setsu et avait une sainte horreur de laisser penser aux autres qu’ils étaient dignes de mon estime.

C’était peut être là le bon point pour Amadotsu Kodan. Je ne le connaissais pas mais n’avait entendu que du bien de lui. Il partait avec plus de points que les trois quarts des habitants de Yokuni par ce simple état de fait. Par son attitude que je ne saurai qualifier de sincère ou non sur le moment, je retiens cependant sa volonté de vouloir me mettre à l’aise pour la conversation, un autre bon point pour lui. Par son rôle et sa position, il n’était théoriquement pas obligé, en privé, d’être aussi formel à mon sens. J’estimais son rôle plus important que le mien a l’échelle du domaine, plus large, plus diversifiée. Plus compliquée sans doute aussi. Je ne saurai dire mais l’imaginais en comparant respectivement à la position d’Akane que j’avais longtemps enviée.
A l’heure actuelle je devais endosser le rôle de Gekido-sama en ces lieux et je supposais que c’était la raison pour laquelle il accentuait les formalités respectueuses. Contrairement  d’autres, je voyais en lui une volonté de bien faire plutôt qu’une volonté de se faire bien voir. Je ne saurai pourtant pas dire si c’est l’expression de ses traits, sa façon d’être ou tout a la fois. Mais il savait comment détendre l’atmosphère et je lui en étais reconnaissante intérieurement. Après un moment de silence pendant lequel il s’était installé convenablement, comprenant mon silence précédent comme un accord tacite pour prendre place, je me décidais à reprendre plusieurs points de ce qu’il avait énoncé.


« Je n’en sais pas plus à votre sujet que ce qui se raconte a votre sujet, Amadotsu-san. Je suis pourtant certaine que vous avez tout autant la confiance de Setsu-sama que moi. » Commençais-je simplement.

Cela me paraissait tout aussi logique qu’inutile de le souligner mais c’était fait, trop tard. C’était encore un peu mon malaise qui exprimait des nuances dans le choix de mes mots et influençait mes phrases, me faisant littéralement tourner autour du pot. Pourtant, je me sentais moins mal a présent qu’avant son arrivée, le fait d’avoir quelqu’un a qui parler permettait d’oublier beaucoup de tracas.


«  Je ne sais pas ce que j’ai pu faire pour mériter de telles éloges de votre part, mais sachez que j’en suis honorée. Bien que je ne me considère pas comme un être extraordinaire, loin de là. C’est la volonté de Setsu-sama qui a fait de moi ce que je suis actuellement et c’est également un honneur mais je n’en reste pas moins un être de chair et de sang comme n’importe quel citoyen de Setsu.
Je ne suis qu’une servante de la volonté du Maître du feu, Elu de Moegami. Sa confiance est la chose la plus précieuse que je possède en ce monde, Amadotsu-san. Il représente le feu de ma détermination et guide la cause pour laquelle je donnerai ma vie. Pourtant, en ces lieux, je suis en proie au doute. L’incandescence de mon cœur vacille. J’ai… Peur de ne pas être à la hauteur des attentes de Setsu-sama et de sa glorieuse destinée. »
Avouais-je naturellement, peut être même trop naturellement.

M’exprimer ainsi ne me ressemblait pas le moins du monde. Même sans me connaître en détails, Amadotsu Kodan avait sans doute entendu parler de mon aisance et mon assurance en tant que hatamoto. La scène que je représentais ici n’était pas à la hauteur de la réputation que l’on m’imputait. Le fait est, que quoi qu’il se dise aujourd’hui et dans l’avenir, je comprenais avec trop de retard toute la dimension qu’impliquait le rôle de hatamoto. Je n’avais jamais eu à faire cela auparavant, porter la voix du clan auprès d’une entité supérieure. Il m’était particulièrement difficile d’admettre que c’est cette épreuve à Birei qui allait me faire gagner une maturité que je pensais acquise depuis longtemps.
Je ravalais cette fierté mal placée que j’avais nourrie pendant trop longtemps. Un orgueil qui m’avait valu bien des problèmes.
Enfin, j’avais vingt-cinq ans, il était temps que je grandisse un peu plus et que j’arrête de me comporter comme une enfant. Pas seulement pour le bien de la tâche qui m’incombait, mais aussi pour moi et les gens que je côtoyais.
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Amadotsu Kodan

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MessageSujet: Re: [ Terminé] L'incandescence du doute face au volcan Mer 1 Juin - 17:48

Le Volcan fut ainsi ravi de voir que sa présence légèrement imposée ne reçue aucune remarque déplaisante ou ne provoque un départ impromptu de la part de sa nouvelle interlocutrice. Elle aurait pu tout à fait opérer de la sorte, au vu de l'importance de son rang, car si elle n'avait pas le pouvoir d'ordonner quoique ce soit à un Taisho, l'inverse n'était pas moins vrai. Elle apparu même comme légèrement soulagée par son intervention, ce qui occasionna un accroissement subtil du sourire du bushi.

Il fut même surpris de constater qu'il émanait d'elle une beauté froide qui ne l'aurait pas laissé indifférent si les circonstances s'étaient trouvées différentes, cela n'en rendit pas moins l'échange plus agréable encore. Sakuya s'avéra manquer de confiance, comme il s'y était attendu en la voyant ainsi esseulée et tremblante face à une tâche écrasante.

Le plus étonnant vint du fait qu'elle le lui délivra honnêtement, presque sans le moindre préambule, chose à laquelle il n'aurait pu se préparer lorsqu'il comparait cette femme lui faisant front à celle avec qui il avait voyagé jusqu'au domaine impériale. L'impassibilité dont elle avait fait preuve alors lui avait laissé entendre une préparation concentrée de ce vers quoi bateaux et chevaux les avaient menés.

Il s'était imaginé que la voix choisie par Gekido aurait été pareille à ce dernier : D'une flamboyante estime de soi, imposant le respect sur son passage. Mais tout aussi immédiate fut cette idée, une autre la remplaça dans l'instant : Le Phénix ne vivait pas dans l'ombre et n'autorisait à personne d'autre la capacité de présence dont il auréolait. Ainsi, ses hatamotos, plus proches serviteurs qui puissent être, ne pouvaient avoir été désignés pour leur don de se mettre en avant ou leur capacité à captiver leur auditoire.

D'un point de vu pessimiste, il conçu la possibilité qu'ils puissent être des outils d’intérêt, ni plus ni moins, aux yeux de l'élu de Kagutsuchi. Ses pensées vagabondèrent trop loin, détaillant sa ravissante vis à vis de pieds en cap, mais il s'interdit totalement d'oser croire qu'elle puisse se révéler une source de jeux de plaisirs pour être ensuite envoyée en pâture aux loups de la cour impériale.

Son physique athlétique évoquait de façon visible une propension martiale indéniable qu'un aveugle même aurait su voir et il sembla évident qu'elle devait être un combattant redoutable, car elle n'apparaissait pas comme une dame versée dans les usages politiques. Kodan s'accrocha alors à cette hypothèse, son amour propre de serviteur des flammes en dépendant.

L'autre fait notable de sa mésestime d'elle-même tint dans la modestie qu'elle affichait rapport à l'honneur d'être distinguée parmi la noblesse civile et militaire pour être l'expression en Birei du Maître des Brasiers. Lorsqu'elle lui fit son aveu de faiblesse dont il ne s'étonna que du fait qu'elle soit parvenu à le lui livrer si tôt, il soupira longuement sans se départir de ses traits éternellement chaleureux et entreprit de lui opposer son point de vu :

A l'heure actuelle, je ne suis pas à même de pouvoir donner les raisons qui poussèrent mon Seigneur à vous retenir pour son incarnation en ces lieux. Je serais bien prétentieux de tenter d'en deviner ces dernières, d'ailleurs, car à celui qui oserait prétendre connaître les intentions de Gekido-sama je ne répondrais que d'un rire cynique face à son outrecuidance. Votre statu de mortelle ne vous rend pas moins méritante de votre situation, mais je ne pense pas que vous puissiez vous désigner comme n'importe quel citoyen du Feu… Pensez vous un instant que l'élu de Moegami puisse nommer la première venue pour représentante attitrée ?

Il marqua une pause et haussa un sourcil à cette question, comme si il s'était attendu à une réponse immédiate, mais il reprit avant de laisser la parole à la jeune femme :

Accrochez vous à cette confiance dont vous me décrivez l'importance qu'elle a pour vous… Et si cela peut vous aider à comprendre que nous ne pouvons pas contrôler ce que nous sommes, lancés sur la voie du Destin par des forces qui nous dépassent, je peux représenter un excellent exemple, si je puis me permettre.

L'héritier des Kiyooki se redressa légèrement pour se mettre en valeur, mais fort étrangement, son récit ne colla pas à cette posture, ses premiers mots en attestant radicalement :

Amadotsu Kodan, Imposteur de son état. Je suis né à Kazan, héritier de ce domaine dont feu mon honorable père en avait la charge de la protection bien avant que Ichigo-dono ne fasse naître notre clan. J'ai refusé d'être comparé à mon estimé géniteur, persuadé de ne pas mériter jusqu'à son nom et m'en créant un de toute pièce sans pour autant renier mes obligations.

J'ai vu le jour parmi la noblesse militaire et il aurait été un comble que je ne puisse pas accéder au titre de samouraï du rang, cela aurait jeté la honte sur les miens, plus encore que mon caprice de changement de patronyme. Je suis devenu Gouverneur des terres les plus arides de Yokuni à la mort de mon père. Je suis parvenu au rang de Taii à la mort de Kumoro Oga sur les champs encore fumants de la bataille des Vents de l'Ouest.

Bien des années plus tard, on m'octroya le titre de Taisa, remplaçant le félon que j'avais moi-même montré comme tel, Hurodo Mafubu, qui croupit peut être toujours sa peine dans les donjons de Nikkou depuis neuf ans, ou que Gekido-sama aura fait exécuter dans le déshonneur, je l'espère. L'homme qui se tient devant vous était toujours au bon endroit, au bon moment, par un concours de circonstances effarant dont je ne tire aucun mérite.

J'étais en Moe pour des raisons égoïstes lorsque notre Seigneur m'apprit le décès de Shimada Tôshiro et me désigna pour successeur au grade suprême de Taisho. Je ne suis pas un héros aux mille batailles. Je n'ai pas la flamboyance de Zenmyo Isamu-taisho, dit Akai…


Malgré le caractère de son propos, il n'en parut pas s'affaisser pour autant, restant parfaitement droit dans sa position, puis il acheva son sujet sereinement :

Pourtant, telle est la place qui est la mienne. Nous n'avons pas à comprendre pourquoi nous sommes ce que nous sommes, Kakita-san. Nous avons simplement à remplir le rôle que l'on nous fait grâce de nous donner. En cela, je suis le Général Incandescent à la tête des armées ignées et je ne me déroberais pas face à la responsabilité qu'un tel titre m'incombe. La méritocratie est une affaire de perspectives et nous autres, humbles serviteurs, n'avons pas à penser ou non être digne du rôle que l'on nous accorde : notre seul devoir est de le devenir, rien de plus.

Sur ces derniers termes, il se réinstalla sobrement puis, un coude sur la table, la main gauche supportant son menton et un air d'intérêt sur le visage, il conclu d'une voix aimable :

Et vous, Sakuya-san ? Me rendrez vous la politesse de m'exprimer ce qui a pu faire de vous ce que vous êtes ? Afin que nous puissions distinguer ensemble de votre valeur et de la légitimité de votre position ? Comprenez vous où je veux venir quand je vous dépeins mon petit trajet dans l'existence ?


L-M-M-J-V-S-D

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MessageSujet: Re: [ Terminé] L'incandescence du doute face au volcan Sam 2 Juil - 20:34

J’avais toujours été trop arrogante pour bien des choses. La conversation telle que celle-ci aurait très probablement été impossible a une époque pas si lointaine. C’est devant l’importance d’un tel rôle que l’on comprenait certainement a quel point l’humilité était quelque chose de bénéfique pour trouver la paix intérieure. Un exercice que je maîtrisais particulièrement mal encore et devant les paroles du samouraï, je me souvenais pourquoi cette voie n’était pas la mienne. Cette façon de résumer tout ce qui nous dépasse a « c’est comme ça et on y peut rien » n’était clairement pas ma tasse de thé, même si c’était également très véridique.
Je n’étais pas d’accord mais forcée d’admettre que c’était ce qui régissait un système méritocratique comme le notre, j’étais ici parce qu’on m’en jugeait digne et on attendait de moi que je ne fasse pas défaut a mon clan. Facile à dire.

L’exemple présenté par le Taisho des flammes était empreint de vérité mais également d’une modestie que je trouvais tristement dérangeante. Encore une fois les samouraïs avaient des façons de penser qui ne me correspondaient pas vraiment. Il pouvait être fier de son statut actuel et je ne doutais pas qu’il l’était. Mais je ne pense pas qu’il s’agisse d’un simple concours de circonstances tel qu’il le décrivait. Les kamis n’étaient pas du genre a tout laisser au hasard, j’étais persuadée que si nous étions là ou nous étions actuellement, c’était la volonté du destin. Une entité fort capricieuse qui pouvait se montrer aussi cruelle que bienveillante. Ainsi était le destin. Amadotsu Kodan semble avoir traversé ces épreuves et en tirer une leçon de vie qui m’échappait encore, il ne se posait pas plus de questions et pour le coup, il le vivait mieux que moi sur l’instant.

Au final peut être que je cherchais trop de réponse. C’était du moins ce qu’il fallait en déduire. Mais j’étais plus rationnelle que d’autres, il me fallait du concret, pas des phrases toutes faites que l’on enseignait aux recrues fraichement arrivées. J’aurai voulu une explication précise, un vœu assez égoïste qui ne se concrétisera jamais. Je m’étais frayée un chemin au travers de la hiérarchie dans le sang de mes frères et de tout obstacle se présentant devant moi. Ce simple fait ne me rendait pas aussi vertueuse que Kodan, qui avait par exemple démasqué un traître. Non, en comparaison, j’avais supprimé mes deux frères qui auraient pu être de bons éléments pour le clan, juste parce qu’ils me faisaient de l’ombre. Avec le recul je me rends compte a quel point j’avais été sotte et arrogante de réagir ainsi.

Enfin je butais plus sur la dernière réplique de sa part, aussi audacieuse fusse t’elle. Demander a un ninja de dévoiler son passé était idiot pour le commun des mortels, nous vivions dans le secret pour le bien de notre identité, en général. Mais pour le bien de cette conversation salvatrice, je pouvais au moins m’attarder sur les grandes lignes qui constituent ma famille et ma vie, pour le peu qu’elle fût intéressante pour quelqu’un.
Toujours dans cette inconfortable position pourtant tristement nécessaire pour que je puisse m’imprimer parfaitement du rôle qu’on attendait de moi, il me fut un temps pour avoir une réponse un tant soit peu construite.


« Je suis née dans une famille profondément ancrée dans les traditions ninjas. Elevée sous le regard inquisitorial d’un patriarche perfectionniste au possible avec mes deux frères ainés, les premières choses que j’eus apprises sont la discipline et l’absence d’état d’âme. J’ai été formée à tuer depuis que je suis toute petite. C’est la raison pour laquelle ma famille a toujours fourni d’excellents éléments aux forces shinobi du clan. A l’instar de mes frères et de mes parents, je n’ai toujours fait que ce qui était nécessaire pour le bien du clan. Cela a pu impliquer des choses parfois indescriptibles, effectuées dans l’ombre comme tant d’autres choses. A ce titre j’ai finit par gravir les échelons, me faisant probablement remarquer par mon travail sérieux et pourtant pas si différent de celui de chaque shinobi de Setsu. Je suis devenue Chûnin, une époque pendant laquelle je me suis énormément confrontée a une dénommée Mononoke. Vous en avez probablement déjà entendu parler tant certaines de nos « escarmouches » si j’ose dire furent bruyantes.
Par cette rivalité nous nous sommes efforcées à faire de notre mieux pour surpasser constamment l’autre. Au final Gekido-sama m’a choisie pour être l’un de ses hatamoto. Je n’ai jamais osé lui demander quels furent ses critères, la logique voulant qu’il l’ait fait vis-à-vis de mes compétences et de ma dévotion a son égard. »


Je marquais une pause, courte et précise à sa manière, mon histoire était des plus fidèles à ce qui s’était passé. Je reprenais une inspiration avant de faire de même avec la parole.

« Je suis consciente que nous sommes dirigés par des forces qui nous dépassent, ce n’est pas le cœur des questions que je me pose actuellement. Il y a une raison, quelle qu’elle soit qui a décidé notre seigneur à me désigner comme porteuse de sa voix ici. Néanmoins je reste, comme vous l’avez dit, une mortelle. Je sais être en proie au doute et au manque de confiance comme tout être humain. Cela ne me rend pas plus faible sur le long terme, au contraire. Il me faut simplement du temps pour… Accepter ce qui est. C’est une chose fort peu aisée lorsque l’on est détaché auprès d’un être aussi prestigieux que l’Empereur. Gekido-sama a toujours pleinement assuré son rôle, rares fussent les occasions où il se fit représenter par autrui, pour ne citer que la délégation diplomatique a Fukyuu où je fus envoyée escorter Setsu Akane-sama. Le fait est que je n’ai pas l’expérience que j’aurais aimé avoir pour le rôle qui m’incombe actuellement. C’est quelque chose de nouveau et bien que de nouvelles choses puissent être signe d’un meilleur devenir, cela n’en est pas moins une source d’inquiétude, au moins au début, vous ne pensez pas ? »

Cette question posée, je me disais que la réponse m’importerait probablement peu. Je savais le pourquoi j’étais si peu dégourdie a l’idée de cette mission. Je l’avais énoncée plus tôt, mon manque d’expérience. Avec l’apprentissage venait la confiance en ses capacités, aussi comment pouvais-je avoir confiance en quelque chose que je n’avais pas et devrais forger sur le tas, lors d’un sommet important ?
Malgré tout ce que j’avais, dit, ce fus toujours une certaine forme d’orgueil qui m’avait fait prendre la parole uniquement lorsque le domestique chargé de nous apporter les douceurs demandées par le Taisho n’était pas présent a nos côtés. Alors que j’avais en face de moi un thé chaud sur lequel j’avais déjà apposé mes paumes, constatant qu’il était bien froid a côté de certaines autres choses que j’avais pu connaître, que je posais finalement mon regard un court instant, dans un silence impérial, avant de reprendre la parole, un peu plus sereine grâce a la discussion.


« J’ai toujours été quelqu’un de très pointilleux sur l’environnement. J’ai besoin de prendre mes marques avant d’être à l’aise dans un lieu qui m’est inconnu. Et rares sont les lieux aussi imposants que celui-ci, n’est-ce pas ? »

Portant doucement le breuvage a mes lèvres, je devais admettre également que la présence du Taisho avait su être d’un certain réconfort. Parler de mes « problèmes » à quelqu’un avait tout de même allégé le doute qui m’avait saisie. Tout ce temps j’avais été trop solitaire pour comprendre qu’il pouvait être agréable d’avoir des contacts avec les autres. Quelque chose que mes parents n’avaient pas su m’inculquer convenablement de toute évidence. Tant que cela ne remplissait pas l’usage premier de l’outil que j’étais, cela n’avait pas beaucoup d’intérêt pour eux. J’avais été façonnée pour être une arme capable de séduire et d’abuser des faiblesses des autres si besoin, mais avant tout d’être l’instrument qui éliminerait dans l’ombre les ennemis de mon seigneur. Malgré mon âge, je savais que j’avais toujours des choses à apprendre. La sociabilité en faisait partie, par exemple.

Par chance, Amadotsu Kodan avait un certain talent pour ce qui était des prises de contact et sa façon de s’exprimer faisait qu’il était plaisant à écouter. Parmi les samouraïs de Setsu que je pouvais connaître, rares étaient ceux comme lui, ou comme Akimi que je n’avais revue depuis des lustres.


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MessageSujet: Re: [ Terminé] L'incandescence du doute face au volcan Jeu 7 Juil - 13:18

En un temps, une telle révélation n'aurait pu empêcher une grimace de dégoût de se peindre sur ses traits. Shinobi. Ninja. Kagimono-hiki ou kusa… Tant d'appellations pointant du doigts des êtres que l'on était pas sensé pouvoir désigner. Pourtant, autour de celles-ci, un noyau commun que l'on utilisait à l'image des créatures de la nuit pour faire peur aux enfants turbulents. Assassins et espions dont les besognes répugnantes trouvaient leur raisons chez ceux qui ne pouvaient se satisfaire pleinement du bushido.

De sa vie entière et jusqu'à récemment, le premier Amadotsu n'avait vu en eux que des êtres à peine digne de la caste des étas qu'il en avait été horrifié de constater que son propre Daimyo avait pu user d'eux durant son règne. C'est en serviteur loyal qu'il s'était persuadé que Gekido et son père avaient leur justifications dans l'emploi de ces bêtes de l'ombre et qu'il n'avait certainement pas son mot à dire à cela. Ce qui n'avait pas changé la donne pour autant.

Il avait fallut une situation exceptionnelle, un fait si extravagant et impossible pour qu'il puisse concevoir leur nécessité. Toutes les lames avaient étés nécessaires et l'étaient encore afin de se remettre des assauts yokais et de la léthargie imposée par les cieux déchirés par la lumière. À Moe, son second, si prompt à leur faire confiance, s'était trouvé auprès de l'intouchable Jônin dont le surnom venait de transpirer dans le récit de son interlocutrice.

Jigake était un pragmatique affermit et malgré son statu indéniable d'honorable bushi, tout les moyens lui paraissaient bons pour parvenir à une fin décidée. C'était une des raisons qui avaient motivées le choix d'en faire devenir son bras droit avant qu'il ne le désigne pour un autre rôle. L'héritier des Shinshiro et lui étaient de la même extraction, mais il arrivait plutôt deux fois qu'une qu'ils se trouvent diamétralement opposés.

Il l'avait complété depuis que le maître des Kiyooki était devenu un officier des forces armées du Feu. Et les résultats avaient étés là. Contre toutes les attentes, Samouraïs et Shinobis avaient joints leurs efforts pour protéger la Capitale, cœur même du clan et cela avait payé. Il se sentait avoir changé quelque peu à présent, sans pour autant leur un crédit total, mais suffisamment pour ne pas faire la moue sinon laisser transparaître sa surprise face à la révélation que la jeune Sakuya lui fit comme s'il s'agissait d'un fait connu et acceptable en toute simplicité.

Kodan dû néanmoins se faire violence de comprendre par là que l'un des Hatamotos, les Voix et messagers de son Seigneur, élites de l'entourage de celui-ci, se dénonçait d'appartenir à ces guerriers-espions jusqu'au-boutistes. La sincérité curieuse dont elle fit preuve participa à nourrir cette mystérieuse tolérance qu'il se découvrait au sujet de cette engeance dont elle avait fait partie. Mais le monde qu'elle lui décrivit le laissa cependant campé sur ses positions.

Si le titre de Chûnin ne lui évoquait rien, il supposait à l'allusion du fait qu'elle eut gravit les échelons des siens que le mot devait désigner un rang supérieur au simple exécutant, mais ne pensa pas un seul instant à faire le parallèle avec la caste dont il était la composante suprême. Du reste, elle lui apparu plus humaine qu'il ne se serait attendu d'un produit des origines dont elle se prétendait issue.

Elle possédait les doutes dont il l'avait deviné accaparée, ces derniers trouvant leur source là où quiconque d'un tant soit peu sensé aurait éprouvé les mêmes appréhensions. Il souleva aussi la tendance singulière qu'elle avait à se montrer sur la défensive, comme s'il avait lui même prononcé à voix haute sa propre perplexité quant à la voir tributaire des responsabilités qui lui incombaient.

Au final et en dépit de ce dont elle se disait être un membre, la jeune femme lui sembla une personne tout à fait normale et il devait bien avouer être d'accord avec elle lorsqu'elle aborda succinctement le propos de la nouveauté et de son effet déstabilisant. Il se convainc alors d'accueillir la fin de son discours avec un franc sourire, se redressant par la même occasion et ne la laissant guère attendre qu'il reprenne la parole à son tour.

A l'exception de Nikkou, je n'ai rien vu d'aussi grandiose, en effet. Du reste, si je conviens du fait que le changement puisse être inquiétant, il n'en est pas moins inéluctable et il n'est rien face auquel un brasier ne saurait s'adapter. Je ne doute pas un instant de votre légitimité à tout les niveaux, Sakuya-san, que ce soit au rang de Hatamoto ou celui de fière citoyenne du clan, aussi je ne m'inquiètes pas de votre capacité à faire front et nous honorer lors de ce conclave.

Comme elle, il débuta alors de faire un sort au thé qui leur fut servit. Il en prit une gorgée pleine et fit mine d'en reprendre une autre lorsqu'il arrêta son geste en chemin, sa tasse portée en main gauche masquant ses lèvres tandis qu'il poursuivit :

Je vous remercie pour votre franchise et m'avoir ainsi dévoilé ces détails sur vos origines. Je suppose que notre Daimyo se doit d'avoir à ses côtés une élite représentant chaque aspect de ce qui fait de son domaine un territoire riche de savoir-faire. Je n'étais pas au fait de ces confrontations avec celle qui fut, si je ne me trompe pas, autrefois votre supérieure, puisque je sais de source sûre que celle que vous nommez « Mononoke » est l'ombre qui est sensée être régente des autres ombres. Pardonnez mon ignorance à ce sujet cependant, puisque vous semblez penser que ces faits sont reconnus en Setsu… Il faut croire que Kazan doit se trouver bien éloignée de cela…

Son expression mua en une autre, énigmatique sans pour autant s'assombrir, ce qui apparaissait impossible sur ce visage où la bonhomie régnait en maîtresse, alors qu'il continua :

Quoiqu'il en soit, je suis heureux que vous soyez aussi honnête avec vous-même que vous l'êtes avec moi et bien loin de moi l'idée de vous penser faible en quoique ce soit. Vous et moi sommes des gens d'armes dont les jeux de la cour laissent perplexes, comme s'il s'agissait d'un autre langage que le notre. Mais l'adaptation immédiate est notre credo et notre force. Nous n'avons pas le temps pour accepter ce qui advient de nous : nous sommes malléables et inébranlables à la fois.

Que ce soit face au Fils des Cieux ou le plus humble de ses serviteurs n'est ni plus simple, ni plus aisé, la seule chose qui importe est qu'il faille être prêt à faire front en toute circonstances. Et en ce qui concerne l’expérience dont vous parlez… Personne ne l'a véritablement, car cela voudrait dire se trouver auprès de l'Empereur plus souvent que de coutume. Aussi, ne vous formalisez pas de cela, car la salle qui accueillera ce conclave sera pleine d'êtres qui, comme vous et moi, vivront leur première interaction avec le Régent Céleste.


Il reposa sa tasse une fois l'avoir vidée nette de son contenue. Ses traits n'offrant alors qu'une indéfinissable amabilité.


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MessageSujet: Re: [ Terminé] L'incandescence du doute face au volcan Jeu 7 Juil - 16:17


Il semblerait que nous étions d’accord sur plusieurs points. Ce genre de situation aurait d’ordinaire du être marquée d’une pierre blanche car les cas où je m’accordais à penser de la même manière qu’un samouraï se révélaient bien rares. Probablement parce que je n’étais tombée jusqu'à présent que sur des petits soldats avec un balai profondément fixé dans le fondement et non sur de véritables êtres humains capables de tenir une conversation sans se sentir obligés d’aligner le mot bushido huit fois par phrases. Bien que je ne doute pas que le Taisho des flammes soit lui-même fidèle à ce code de conduite, il se voyait pourvu d’une qualité de conversation plus agréable que beaucoup de ses pairs.
Compte tenu du fait que je n’ai pu déceler sur l’instant la moindre réaction particulière de sa part, j’en déduisais qu’il devait faire également partie des rares samouraïs qui ne méprisaient pas ouvertement les shinobis ou qui était assez distingué pour ne pas le faire savoir en tout cas.

Le contexte de notre discussion devait également jouer, nous n’étions en pas en train de débattre sur la légitimité des shinobis dans le monde après tout. Puisque la discussion se voulait de base plaisante il aurait été inutile de jeter de l’huile sur le feu, cela n’aurait rien donné de bon en l’instant ni dans l’avenir de toutes manières. J’aimais penser que les problèmes que nous avons traversés avec ces attaques de yokai aient plus rapproché les divers agents de Setsu, qu’importe leur filiation originelle et leurs accrochages passés. Je ne voyais pas spécialement les samouraïs d’un mauvais œil, je n’appréciais simplement pas le côté pédant que certains s’octroyaient sous ce seul prétexte. Les boutades pouvaient se poser dans un contexte gentillet, ce n’était plus le cas quand elles étaient mélangées au mépris cependant. Setsu n’avait pas besoin de telles dissensions en son sein, un clan uni était plus performant sur bien des points. Quoi qu’après coup, peut être que cette différence  entre les branches armées nous permettait, par notre méfiance partagée, de repérer plus facilement les traîtres dans nos rangs.

Quoi qu’il en soit, j’étais plutôt heureuse de voir qu’Amadotsu Kodan ne semblait pas tenir rigueur de ma provenance, même si j’étais persuadée que cela ne devait pas le laisser sans appréhensions ou pensée particulière a mon égard. J’aurais payé cher pour savoir ce qu’il en pensait sur le moment alors qu’il prenait la parole avec un sourire plutôt franc.
Qu’il dise ne pas douter de ma légitimité me rassurait quelque peu, j’espérais simplement que je ne ferais pas défaut a ce semblant de confiance qu’il m’accordait.
Je continue de l’écouter attentivement tout en portant le breuvage à mes lèvres également pour en prendre une gorgée salvatrice. Le taisho me remerciait pour ma franchise, rares étaient les fois où l’on avait pu entendre des paroles empreintes de sincérité. Je n’avais pas pour habitude de dire tout ce que je pensais, notamment pour ne pas froisser mes interlocuteurs ou tout simplement parce que ce n’était pas là ce que l’on attendait de moi. A Setsu, peu de personnes pouvaient se targuer d’avoir pu converser a armes égales avec moi, tout aussi rares étaient ceux qui pouvaient d’ailleurs le savoir.
C’est par la suite de sa phrase que je me remémore les séances d’échanges avec Akane, dont beaucoup avaient fait du remue-ménage à Honoo. La connaissance de ces petites disputes avaient porté jusqu'à Moe, mais visiblement pas Kazan. Ce n’était pas plus mal, en y repensant. Finalement, il avance là un argument des plus louables, je n’étais effectivement pas la seule à me retrouver dans la situation qui causait en moi ce sentiment de perdition. Combien de personnes présentes au sommet pourraient se vanter de venir à Birei pour la deuxième fois  au final ? Probablement seraient-ils dans le même état que moi, y penser me permettait de penser que je ne serai pas si désavantagée que cela, au final. Il me fallait simplement garder la tête froide et prendre la parole lorsque cela serait nécessaire. Pas une fois je ne m’étais imaginée que nous serions a armes égales, le fait étant que les daimyos sont plus habitués a tout ce qui touche a la politique que je ne le serais probablement jamais. Leur aptitude à prendre la parole serait un plus, mais face a une entité aussi impressionnante qu’était l’Empereur, ce serait probablement une autre histoire.
Je prenais le temps d’assimiler cet aspect que je n’avais pas envisagé plus tôt, venant rejoindre un coin de ma tête ou flottaient déjà toutes les pensées me permettant de rester un minimum sereine malgré tout.
Prenant une nouvelle gorgée de thé, je finissais par reprendre la parole calmement, sans expression particulière sur l’instant.


« Mononoke et moi sommes des rivales de toujours et de cette rivalité est né un respect mutuel des capacités de l’autre. Chacun possède sa propre vision du monde, c’est cela qui contribue à nous rendre unique. Mononoke avait beau être ma supérieure, elle ne m’en tenait pas rigueur outre mesure et nos désaccord ne m’empêchaient pas de faire ce qui m’était demandé. Peut être est-ce là un exemple de cette malléabilité et de ce caractère inébranlable qui nous anime. Quoi qu’il en soit, je vous remercie de me l’avoir rappelé.
Je me posais trop de questions pour si peu de réponses pourtant évidentes. Vos paroles m’ont permise de réaliser que j’avais perdu de vue l’essentiel. »


Un léger sourire naissait sur mon visage, un sourire réel et emprunt de douceur.

« Je saurai me montrer digne de ce que Gekido-sama attend de moi lors de cette réunion. Si l’Empereur nous a demandé en ces lieux, c’est qu’il doit s’agit de quelque chose d’important, difficile ne pas se laisser piéger par la complexité apparente de la situation. Encore fus-je chanceuse d’avoir eu cette conversation avec vous, un regard extérieur permet souvent d’éclaircir bien des choses. Je vous remercie également pour cela. »

Et c’était sincère aussi. Il était appréciable de constater que, parmi les nombreux gens de Setsu, il en existait capable de faire preuve de clairvoyance et enclins a le dispenser a ceux qui s’écartaient du chemin de la réalité. Les derniers mois n’avaient été simples pour personne, il aurait été facile de m’ignorer dans ma détresse, le fait est qu’il ne l’avait pas fait, par altruisme ? Par curiosité ? Peut être les deux, peu m’importait dans le fond, il l’avait fait, et je ne l’oublierai pas.


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MessageSujet: Re: [ Terminé] L'incandescence du doute face au volcan Mer 27 Juil - 20:32


Transformé. C'était ainsi qu'il se sentait en faisant face, sans dégoût criant, à quelqu'un osant se targuer d'une étiquette à laquelle tout l'opposait à l'exception de celui qu'ils servaient. Les choses avaient changées dans le grand Nord, il le reconnaissait. Que le Phénix l'eut décelé avant lui apparu comme normal. Il verrait plus tard à rencontrer la tête de l'Ombre du brasier des Setsu afin de se conforter dans cette nouvelle image que dépeignait son esprit sur l'estampe des démons sans honneur que représentait la caste de non-droit des shinobis.

Il faillit rire au souvenir de ce qu'il était devenu et ce que ce fait le poussait à commettre contre son Seigneur. Pour autant, il était certain de faire cela par loyauté, tout comme la lumière ne pouvait accueillir les actes des agents du secret qu'étaient ceux qui avaient du voir grandir son interlocutrice. Il laissa ainsi cette dernière aller plus avant sur le propos du prétendu leader des combattants de la nuit, même si cela fut léger.

Le Volcan salua aimablement la jeune hatamoto au remerciement qu'elle lui fit et à l'illumination de son joli minois d'un sourire plus serein que l'expression qu'elle eut lorsqu'il l'avait découverte plus tôt à cette table. La suite de son sujet mettait en lumière ce que tout un chacun d'un tant soit peu logique ressentirait à l'idée de se tenir face à l'Empereur en personne. Le fait était d'une exceptionnelle rareté, si bien qu'en trois ans de service auprès de la magistrature Impériale, le premier Amadotsu n'avait jamais pu approcher le Fils des cieux consciemment.

Mida, son maître en ce temps, lui avait avoué un jour en Birei, sur un ton espiègle, que leur Seigneur à tous avait déjà rencontré Kodan, qu'il se cachait parmi la foule sans mal et ne se révélait à quiconque, exception faite de ses servants les plus intimes. Le fait avait rendu le bushi paranoïaque des semaines durant, tant et si bien qu'il s'était montré protocolaire jusque dans sa façon de marcher, prit d'un zèle qui ne retomba que lorsqu'ils partirent tout deux pour l'une des visites à Kenshu qui suivi et dont le fonctionnaire avait la charge d'inspection.

Des années avaient passées depuis, il n'était plus du tout le même homme à présent. Le yoriki dépossédé de son rang de Taii était devenu le katana et l'armure incarné du clan du Feu, mais aussi le choisi d'Iha-Naga. Une étrange sérénité le prenait lorsqu'il se souvenait de ces faits et bien loin de lui le moindre doute de sa légitimité en ces lieux.

Il n'éprouvait aucune crainte face à la promesse de se trouver en face de la chair d'Amaterasu, tout ceci lui apparaissant même d'une logique aussi limpide que l'eau la plus pure. Le maître des Kiyooki opina du chef en réponse à la gratitude renouvelée de la jeune Sakuya puis se redressa légèrement avant de répondre enfin d'un ton enjoué :

Eh bien ! Vous m'en voyez ravi de l'entendre ! Il m’apparaît évident que notre bien-aimé Empereur ne convie pas face à lui un conclave de représentants des cinq grands clans pour des broutilles… Et aucun besoin d'être onmyouji pour lire les signes du destin et deviner que la raison de cette réunions traite de la situation complexe s'abattant sur Son vaste domaine.

Cela faisait écho au courrier qu'il avait reçu, signé de la main de son homologue des foudres qu'il pensait fou de croire un seul instant à l'implication si énorme des Kamis qu'il décrivait dans son pli. Il n'avait ainsi pas donné suite à ce message, s'inquiétant pour ses voisins pour qui il avait une certaine affection, la route du tonnerre ayant plus d'une fois croisée son propre chemin dans l'existence. Le Général gageait que l'assemblée à venir démêlerait le vrai du faux et il était heureux de voir que la choisie de Gekido pour exprimer sa voix à la cour impériale semblait rassérénée à présent. Il se leva de son siège et la salua poliment avant d'ajouter :

C'est à moi de vous remercier pour le rôle que vous remplirez bientôt. Considérez moi comme votre soutien lorsque le temps sera venu de faire face au Fils des Cieux. Mais laissez moi vous ôter d'un nouveau doute : Il n'y a rien de complexe à notre situation, nous serons face à l'Empereur et notre seul devoir sera d'écouter et d'obéir à ce qui nous sera transmis.

Son sourire éclaira une dernière fois ses traits avant qu'il ne s'incline à nouveau et prit congé non sans avoir posé une main rassurante sur l'épaule de son interlocutrice de l'instant.

RP Terminé


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