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 [PV] Le jeu du Destin

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Fukyuu Kanzen

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Taii

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MessageSujet: [PV] Le jeu du Destin Mar 17 Mai - 15:08

La nouvelle lui était parvenue dans toute la sobriété d'un simple pli. On ne lui avait détaché qu'une humble estafette pour la lui porter, le messager ignorant qu'il tenait en sa possession des mots influant sur la vie d'un homme à un point qu'il ne pouvait imaginer. Pourtant, aucune tristesse sinon une légère mélancolie ne vinrent troubler les traits de Kanzen à la lecture de ce qui lui avait été apporté.

Rien des relations houleuses entre les neiges et les foudres ne lui était apparu, tant il s'était focalisé sur la protection de son peuple d'accueil et de l'incarnation du Tigre Divin, ainsi que de son Temple. Pour autant que cela avait servi, sa dévotion n'ayant en rien freiné la fin de celle qui s'était avérée la voix muette du Kami des Orages.

Il maudissait ce dernier pour avoir si rapidement su tourner la page alors que lui-même souffrait toujours douloureusement face à cette perte et ne se sachant pas seul à éprouver cela, car Kenshu était en deuil de façon visible. La nouvelle élue n'avait cependant pas à être victime de la moindre rancœur, innocente du Destin qu'on avait choisi pour elle et lui ressemblant tant sur ce point qu'il aurait été malvenu de la voir en autre chose qu'une victime des circonstances.

Une seule chose était certaine à présent : Il était appelé à rentrer sur les terres qui l'avaient vu naître. Les années qu'il avait passé en serviteur de l'Ouest lui parurent si courte et si riche à la fois qu'il en était déchiré intérieurement entre la fugacité de ce temps et l'intensité de ce qu'il avait vécu jusque là. Sa vie avait toujours été déterminée par d'autres que lui et on l'avait façonné pour remplir des rôles plutôt que ce à quoi il avait aspiré, ses espérances ayant parfois abouti malgré les réticences qu'il avait pu rencontrer sur le trajet de leur aboutissement.

Il avait apprit la fin de son cousin et connaissait le nom de celui qui avait prit sa place, le même homme étant à l'origine de sa demande de retour. Si le nouveau Seigneur des Glaces en était à retirer le témoignage vivant de l'engagement de paix que le noble représentait, les tensions entre disciple de Gekigami et d'Itegami devaient être terribles et il ne souhaitait en aucun cas les accentuer d'un moindre caprice de sa part.

Ô, il regrettait déjà la gentillesse effacée de ce pauvre Taisa auquel on l'avait affecté pour le contenter dans son vœu insistant d'être considéré comme un bushi. Il aurait aimé mieux connaître la jeune kannushi dont on officiait encore l'intronisation alors que les cendres de la précédente s'avéraient toujours chaude. Sa peine était plus grande encore pour les servantes qu'on lui avait attachés et avec lesquelles il avait appris à vivre, à rire et même à aimer, parfois.

Mais la majeure partie de ses pensés allèrent vers l'onmyouji qui avait débuté sans le savoir, ou peut être l'eut elle su, de combler doucement le vide de son âme datant de son premier départ. Elle n'était venu que pour lui présenter une lame prestigieuse décédée et grâce à elle, il avait pu la faire renaître en un tout autre objet, bien moins tranchant et bien plus porteur d'espoir qu'il ne l'avait été auparavant.

Pour ce faire, ils avaient du s'apprivoiser mutuellement et rien de la personnalité de la prêtresse qu'elle lui partagea volontairement dans sa douce franchise ne pourrait être oublié. Le néant qu'elle avait ainsi commencé à remplir par sa présence s'effritait déjà en un nouveau gouffre.

Il était devenu artisan contre l'avis de sa mère, fait samouraï contre la volonté de ses origines et on lui en faisait chaque jour payer le prix en s'en prenant aux liens qu'il tentait de tisser, comme si sa vie ne devrait connaître qu'une profonde solitude pour les crimes qu'il eût commis en souhaitant agir indépendamment de la voie qu'on lui souhaitait voir prendre.

Il s'était vu arraché à son domaine enneigé, l'image merveilleuse d'une maiko gravée dans son esprit et il se voyait à présent à nouveau déraciné, le visage délicat d'une mystique qui lui avait tant apprit s'imposant à lui. L'évidence s'imposa à lui : on lui refusait simplement l'attachement que son âme appelait pourtant de tout ses vœux.

Mais si il existait une infime possibilité pour qu'il puisse remplir un rôle d’apaisement dans ces affres politiques dont il avait été écarté et dont il s'avérait pourtant un outil au vu des décisions qui furent prises, alors il ne rechignerait pas malgré le déchirement dont il était la proie. Kanzen ne fut pas long à rassembler le peu d'affaires qu'il voulait préserver, majoritairement ses outils.

L'organisation de son départ fut néanmoins plus longue de quelques jours, puisqu'il ne s'était pas attendu à pouvoir partir sans la moindre escorte. Il en fut finalement prêt à se dire qu'il ne valait même pas cela aux yeux de Kenshu lorsqu'un samouraï vint se présenter à sa porte, se désignant comme celui qui l'accompagnerait jusqu'à la frontière, un passe droit en main suivi du document attestant de son identité.

Ainsi prirent-ils la route tout deux à dos de montures entraînées , le noble laissant derrière lui un nouveau fragment de son cœur. Il orienta les yeux une dernière fois sur la voûte céleste saluant le domaine des disciples du Tonnerre et soupira en souriant, annonçant plus pour lui que pour son guide :

Un ciel dégagé et les bienfaits du regard de Dame Soleil sur mes traits… C'est ainsi que le chien blanc est rappelé à sa tanière ?

Son rire suivant n'eut rien de joyeux pour autant.
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Haiko Naraku

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Jônin

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MessageSujet: Re: [PV] Le jeu du Destin Ven 20 Mai - 1:24

L'impatience autant que l'excitation avaient réussi à faire vibrer le cœur de glace qui l'habitait d'ordinaire. Les aboutissements de son voyage si loin seraient assez forts pour satisfaire l'inéluctable attente à laquelle il avait dû faire face avant d'agir. Il avait su s'occuper, mais en cette matinée où régnait un soleil d'automne encore éblouissant, ses vœux allaient bientôt pouvoir s'exaucer.

*

Takeya Akifumi finissait lentement d'ajuster la tenue mandarine qui rehaussait si bien sa longue chevelure d'ébène et qui faisait sans aucun doute sa plus grande fierté. Ce simple uniforme ainsi que le daisho qui reposait à sa hanche suffisaient à imposer clairement son rang de samouraï et il pouvait à loisir se pavaner dans les rues sans jamais être inquiété de quoi que ce soit. Ce statut, c'était le rêve absolu ! De quoi s'acheter une vie tranquille alors qu'il avait à peu près réussi à esquiver les conflits jusqu'à maintenant.
D'ordinaire, il aurait pu simplement vaquer à ses occupations, vivre sa petite vie comme il l'entendait, maintenant que les attaques avaient cessé et que la ville du temple avait retrouvé son calme. Pourtant, une certaine mission l'attendait et quand le soleil atteint une hauteur précise, il quitta la maison pour se mettre sur le chemin de la petite troupe qui venait promptement exécuter les ordres reçus. Le message aurait pu être intercepté et il aurait pu se passer de cette fâcheuse rencontre, s'il n'avait pas tant désiré se calquer au plus proche de la réalité. De la finesse de sa stratégie allait découler l'ampleur de ses conséquences et il tenait à ce qu'elles soient terribles.

Le détachement n'était pas aussi grand qu'il aurait pu l'être, mais en ces temps troublés, on faisait comme on le pouvait et le sous-effectif était comme devenu d'une banale normalité, un gruyère dans lequel il lui devenait plus facile de s'insérer.
S'élançant dans leur direction avec un air affolé, il alla jusqu'à eux aussi vite que possible et l'air fort essoufflé, prit un léger instant pour calmer son agitation, tandis qu'on s'impatientait déjà de l'autre côté.

— Taii Garogai ! Vous n'allez pas me croire, s'écria-t-il d'un air affolé.
— Eh bien ! Exprimez-vous ! L'interrompit le gradé, mécontent.
— C'est Fukyuu… Fukyuu Kanzen ! Quand je l'ai vu sortir de chez lui, j'ai su que quelque chose n'allait pas. Il s'est enfui, il a laissé cette lettre ! Tenez !

Et sans un mot de plus, il lui tendit la lettre blanche, vide de toute écriture. Pour le maître des brumes, rien n'était plus facile que de laisser se dessiner sur ce simple bout de papier les propos qui sauraient convaincre le Taii et toute sa troupe de la véracité de ses mots. En un rien de temps, beaucoup plus efficace que de longues explications, ils avaient compris la gravité de la situation : l'otage ne voulait pas retourner dans son clan originel et avait décidé de s'enfuir.

— Je l'ai vu partir dans cette direction ! S'exclama-t-il en pointant du doigt un chemin qui menait dans une direction bien différente de celle qu'ils auraient dû prendre. Il est encore temps de le rattraper, il le faut ! C'est la paix de tout notre clan tout entier qui est en péril !

Si l'otage ne parvenait pas à franchir sain et sauf la frontière qui séparait Kenshu à Fukyuu, le clan des glaces se trouverait bien en droit de reprocher cet écart aux siens et qui pouvait dire si cette excuse, aussi légitime soit-elle, ne lui servirait pas à déclencher une nouvelle guerre ?

Sans prendre la peine de saluer l'humble samouraï qui avait si bien accompli sa mission, la troupe s'élança à la poursuite de son fantôme. Ce serait bien assez pour les éloigner de son objectif et ses sbires sauraient les occuper assez longtemps pour qu'il puisse espérer voir le résultat qu'il avait imaginé se réaliser.
Akifumi n'attendit pas plus, tournant les talons, il se dirigea jusqu'à la demeure de son précieux colis. Affichant cet air à peu près avenant, se voulant presque sympathique. Il frappa à la porte et lorsqu'on lui ouvrit, se présenta de manière platement conventionnelle.

— Ohayo, Fukyuu-sama. Je suis Takeya Akifumi, chargé de vous escorter jusqu'à la frontière où vous serez pris en charge par les samouraï de Fukyuu. Je vous prie de pardonner la décision qui a rendu votre escorte à l'état d'un unique homme, mais j'espère que vous comprendrez que ce sont les circonstances qui l'obligent et non un manque de respect envers votre éminente personne.

Tout en parlant, il s'était incliné et lui avait tendu les papiers confirmant ses paroles. Rien de très difficile en soi et cela sembla suffire à le convaincre.

Prenant chacun leur monture, le début du voyage se déroula en silence, le samouraï n'ayant pas vraiment prévu de faire la conversation de lui-même et n'ayant aucun sujet en tête pour cela. Il était de toute façon longuement aguerri à son propre silence et s'en accommodait parfaitement. Mais lorsque son protégé entama une complainte qui devait sans doute libérer un peu son cœur, il effaça le sourire qu'il avait presque toujours arboré et tourna la tête dans sa direction.

— Alors vous n'êtes pas heureux de pouvoir rentrer chez vous après toutes ces années ? Demanda-t-il, semblant ne pas trop comprendre son état d'esprit.

Ses attaches à Kenshu étaient-elles devenues telles qu'il regrettait de retrouver les terres gelées d'un clan insensible ? C'était quelque chose qu'il pouvait comprendre, n'ayant lui-même pas particulièrement d'attrait pour ces gens au tempérament hivernal, mais il fallait alors avouer qu'il n'avait d'inclination pour presque rien ni personne.

— Ah ! Je n'imaginerais pas devoir partir comme vous avez dû le faire ! S'exclama-t-il, prenant tout à coup de l'intérêt dans les mots qu'il prononçait et sans franchement penser à son interlocuteur. J'ai ici une femme et un fils, haut comme ça ! Alors les abandonner, du jour au lendemain… Et voilà que vous devez vivre cela deux fois… c'est bien triste, ma foi…

Le consoler ? Si cela avait été son soucis à un quelconque instant, alors il n'était vraiment pas doué en la matière. Avec son absurde compagnie, le trajet avant d'atteindre la frontière allait être assez long, même s'ils se trouvaient dans la province la plus proche de Fukyuu.

— Allez, ne soyez pas trop triste, vous aurez sûrement l'occasion de revenir par ici, libéré de vos entraves d'otage, ajouta-t-il, cherchant sans doute à rattraper ses mots un peu trop légers et si peu compatissants.

Mais l'ironie qui se figeait dans sa tête et que Kanzen ne pouvait qu'ignorer était, elle, beaucoup plus drôle à son goût.



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Fukyuu Kanzen

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Taii

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MessageSujet: Re: [PV] Le jeu du Destin Mer 25 Mai - 8:08


Takeya Akifumi… Kanzen ne connaissait guère toute les lames du clan du Tonnerre, mais à la vue de l'homme, il se doutait qu'il aurait pu garder en mémoire bien longtemps l'étrange escorte. Pourvu d'un physique particulier, surtout si l'on s'attardait sur une étoffe couvrant une évidente absence de bras, le samouraï aurait pu marquer les esprits à plus d'un titre, mais sa voix monocorde, le peu de chaleur dans ses traits et sa démarche évanescente le laissait apparaître fantomatique, presque anodin.

Le paradoxe de la personne de ce mystérieux bushi était que son singulier le rendait particulièrement simple à oublier. À ces pensées parasites, l'héritier des Glaces sur le retour haussa les épaules, il accueillit même avec bienveillance le silence qui s'installait entre eux depuis leur départ. Il ne voulait plus s'attacher quiconque de plus en ces terres dont on l'arrachait, trop de visages se mêlaient en son fort intérieur, dont un de façon cruellement imposante, comme un écho du passé, lorsqu'il avait été mené en Kenshu, laissant derrière lui son premier véritable amour.

Sa question posée au Cieux n'ayant pas attendue de réponse de qui que ce soit, celle de son compagnon de route manqua de lui échapper totalement. Il fallut toute sa maîtrise de l'étiquette au noble pour parvenir à s’intéresser à cet ennuyeux personnage qu'on lui avait dépêché pour guide. La maladresse des propos de l'amputé aurait pu faire rire le pur sang des Fukyuu si son humeur n'eut pas été aussi maussade, si bien qu'il regretta quelque peu d'avoir prononcé à voix haute sa complainte, ouvrant la voie d'une discussion dont il se serait bien passé face à l'insipidité du garçon.

Sa tentative de le consoler aurait pu lui sembler appréciable, mais l'adjectif ne voulait définitivement pas s'accorder à cet accompagnateur pour qui la passion était aussi éloignée que le ciel vis à vis de la terre. C'était une première en vérité pour l'artisan qui du se concentrer sur une conversation pour donner le change sans ne rien laisser paraître de son ennui. Il répondit donc, porté uniquement par sa politesse et dessinant sur ses traits une émotion d’intérêt parfaitement authentique en apparence :

Eh bien… Je ne m'attendais pas à pouvoir savourer un trajet en compagnie d'un homme si ouvert que vous ne semblez l'être, Takeya-san. Vous leviez le sujet lors de votre arrivée au seuil de ma précédente demeure à propos de la qualité de votre équipage. Je ne tiens aucune rigueur à mon clan d'accueil, mieux que cela, je lui suis gré de me laisser simplement accompagné d'un unique homme. Une troupe de trop grande envergure m'aurait indisposée.

Ce n'était pas la stricte vérité, il était conscient de ce qu'il symbolisait et qu'un humble mutilé lui soit servi pour cortège lui apparaissait comme une grave insulte envers les glaces. Mais il n'avait pas pour optique de se plaindre de ce fait de toute façon. S'il fallait, il raconterait à qui voudrait bien l'entendre sur le territoire des disciples d'Itegami qu'on lui avait fait l'honneur de la plus belle des suites. C'était ainsi que son cœur le guidait dans sa volonté d'adoucir les relations des clans de l'Ouest. Il reprit alors, poursuivant de tenter de faire l'échange avec son curieux acolyte :

Je suis un fils des cieux, ma place est uniquement là où le regard de Dame Soleil se porte et je ne peux m'autoriser l'attache d'une seule étiquette. Les Monts enneigés de ma naissance m'ont étés arrachés il y-a six ans et je les ais regrettés durant des milliers de jours tout en tombant sous le charme des plaines foudroyées du Domaine protégé par Raijin. Je pleurerais certainement Raimei longtemps après notre échange.

J'honorerais la mémoire du Taisa qui veilla sur moi et que je considère pour ami, je prierais pour l'âme défunte de la voix-muette de Gekigami et pour que le courage n'abandonne pas celle qui lui succède à présent. Mes pensées iront vers Kuhoko-sama qui porte à lui seul un clan sur les épaules...


Il cessa là ses aveux ou du moins, les laissa en suspens. Plus ils progressaient en direction de l'Est, plus il sentait à nouveau un vide se créer en lui, comme cela s'était déjà produit lorsqu'il avait quitté son habitation de la Capitale d'Ite, une demie douzaine d'années plus tôt. Lorsqu'il conclut enfin, il s'adressait à lui-même derechef, tout juste plus haut qu'un murmure :

… Comme autrefois, je laisse derrière moi une part de ce que je suis sans espoir de retrouver l'ancienne… Ou la volonté de le faire. Et bientôt, le temps coulera assez que je n'en vienne à perdre définitivement ce fragment de mon âme, comme ce fut déjà le cas.

Sa vue se brouilla soudainement de larmes qui le surprirent et qu'il s'empressa d'essuyer du revers de la main. Puis il éclata d'un rire que lui seul aurait put reconnaître pour faux, excellant dans le talent de l'apparat. Enfin, il tourna son attention vers le diminué, un sourire franc sur le visage et s'obligea à un porter un certain intérêt à son guide :

Une femme et un fils dites vous. Puissiez vous ne pas avoir à les laisser derrière vous par devoir, Takeya-san. D'où venez vous donc, mon bon ? J'ose espérer que votre domaine aura été relativement épargné par les peines qui se sont abattues sur Yokuni ces derniers temps…

Cette fois ci, ce ne fut pas feint, il parvenait petit à petit à s'ouvrir à son accompagnateur afin de ne pas lui faire subir la maussaderie de son humeur.
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Haiko Naraku

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Jônin

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MessageSujet: Re: [PV] Le jeu du Destin Lun 30 Mai - 0:23


Deux personnes mises ainsi côte à côte pouvaient-elles être autant éloignées ? Même avec son costume endossé et sa personnalité de samouraï sans histoire, ils semblaient n'avoir rien d'autre en commun qu'une terre, un rang et un voyage. D'ordinaire, il se serait largement passé de faire la conversation, mais il n'était pas question de faire ce qui lui plaisait, il fallait avant tout être crédible. Il s'amusait donc à l'assommer de ses plates et insignifiantes paroles, qui n'auraient pas pu être pires, lui livrant là un beau samouraï sans le moindre caractère, mais propice à la discussion, quand bien même il n'avait rien à dire.
Sa maîtrise totale de son attitude, jusqu'aux mouvements les plus discrets, fut bien requise pour qu'il n'éclate pas de rire, qu'il ne laisse pas passer le moindre amusement lorsqu'il dut écouter ses longues réponses. Il aurait pu tout aussi bien bailler d'ennui à l'écoute de tels discours dont il n'était pas sûr d'être le véritable destinataire, tant ils penchaient vers le monologue. Cela serait certainement resté crédible avec le personnage, mais il se contenta d'afficher un léger sourire, tournant la tête dans sa direction pour écouter calmement ce qu'il avait à dire, comme s'il prenait un réel plaisir à cette conversation qui n'avait pas de sens.

Comme les nobles pouvaient être d'un ennui ! Il ne rêvait que de dégainer sa lame et de trancher à vif cet être d'ordinaire insignifiant, mais qui se révélait tout à fait utile aujourd'hui. Le faire taire n'aurait pas été de trop, mais il ne pouvait pas prendre le risque de se faire démasquer en plein milieu du territoire Kenshu. De plus, il avait toujours cette petite préférence pour les combats risqués, tant que cela restait dans les conditions de sa mission, un succès devant toujours rester un succès.

Le samouraï hocha doucement la tête, lui offrant un visage des plus amical.

— Vous êtes bien bon envers notre clan, je suis certain que Gekigami, comme tous ceux que vous avez fidèlement servi ne l'oublieront pas, répondit-il, visiblement reconnaissant de le voir aussi dévoué envers ce clan qu'il n'avait dû rejoindre que par manœuvre politique.

Il semblait comme attristé par ce destin qui l'emmenait d'un clan à l'autre sans jamais lui demander son avis, mais ni en colère, ni rancunier. Sa dévotion que ce soit envers un clan ou des Kami devait être bien forte pour qu'il se laisse dicter ses mouvements en les acceptant sans jamais rien dire. Lui n'avait jamais rien connu d'autre que la liberté, même entravé par les lois d'un maître puis d'un clan bien particulier, il avait toujours pu s'orienter comme il le souhaitait, développant d'abord son propre style pour ensuite dessiner lui-même le chemin de ses voyages. C'était un autre monde, complètement différent et toute la poésie qu'il pouvait jeter au ciel n'y changerait jamais rien.
Voilà même qu'il se mettait à pleurer ! Akifumi détourna aussitôt le regard, subtilement, comme s'il n'avait rien remarqué et qu'il se plaisait simplement à observer le paysage. Il n'allait pas lui tendre de mouchoir, n'allait pas non plus l'indisposer par une des remarques moqueuses qui lui effleurait les lèvres. Le samouraï qu'il incarnait n'avait peut-être rien de vraiment particulier, ni une vie notable, ni un comportement des plus exemplaires, mais il ne se serait pas permis de faire un pas de travers volontairement. Il cherchait simplement à être de bonne compagnie et à rire quand le moment venait, histoire de rendre le quotidien un peu moins désagréable, même s'il savait aussi se complaire dans une certaine routine.

— Épargné ? Lança-t-il sur un ton légèrement surpris, redressant son dos et son visage, comme s'il s'était laissé emporté par quelque pensée et qu'il ne s'était pas attendu à une question aussi personnelle.

Surpris, comme s'il n'avait jamais pu concevoir qu'un noble d'un si haut rang s'intéresse ne serait-ce qu'un tout petit peu à sa modeste vie. Oh, il en avait parlé bien sûr, mais comme il le faisait toujours, ravi à chaque fois de mentionner encore et encore sa famille sans jamais se demander si cela pouvait bien intéresser qui que ce soit.
Il lui offrit alors un grand sourire, presque reconnaissant, comme si le simple fait que l'on puisse s'attacher un peu à lui semblait être plaisant.

— Oh oui, bien sûr, il n'est pas tout à fait proche de Raimei et tout est toujours calme là-bas. Je suis de Raiu et, à vrai dire, j'ai presque toujours vécu là-bas. Malheureusement, avec les attaques et comme mon domaine faisait partie des plus proches, j'ai dû comme tant d'autres venir défendre notre temple.

Il se tut un instant, revenant à ces périodes de combat, à tous ces moments qui avaient été terribles  où il avait fallu sans cesse jongler avec la mort et dont le clan se remettait tout juste. D'ici quelques mois, les choses seraient parfaitement revenues à la normale, mais les souvenirs resteraient gravés dans leurs esprits, comme autant de cicatrices.

— Oh ! Je ne veux pas dire que c'était une contrainte ! Se corrigea-t-il presque aussitôt, sortant brutalement de ses pensées. Bien au contraire, c'était un très grand honneur que de pouvoir participer à la défense de notre clan, surtout en des terres si sacrées. Je regrette que nous ayons dû faire face à ces attaques, évidemment, mais j'ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour cela et je suis resté jusqu'à aujourd'hui pour aider à la reconstruction. Je n'ai peut-être qu'un seul bras, mais je sais bien me battre, ajouta-t-il d'un ton plus dur, tranchant avec la jovialité à laquelle il l'avait habitué jusqu'à maintenant.

On sentait que ce n'était pas un fait incontestable et qu'il était obligé de le prouver à chaque fois qu'il avait affaire à de nouveaux samouraï, comme si un simple handicap prouvait immédiatement son infériorité. Il avait souffert un moment de ce jugement aussi hâtif que systématique, mais n'en faisait plus tant de cas aujourd'hui, se contentant de montrer le plus tôt possible sa valeur au combat, pour qu'on cesse toute forme d'injustice et de moquerie.
Il n'avait peut-être pas eu besoin de dire ça. Si on l'avait choisi aujourd'hui pour le guider, le protéger, c'était bien pour une bonne raison ! Mais il pouvait aussi penser que le clan avait si peu de respect pour lui qu'en plus de le priver d'une escorte digne de ce nom, on lui avait envoyé le premier estropié venu, et ça, ça lui était intolérable.

— J'espère que vous n'avez pas trop pâti de ces trop nombreux incidents qui ont frappé Kenshu en vivant à Raimei. Vous êtes avant tout un hôte de marque au sein de notre clan et il serait regrettable que vous ayez subi la moindre égratignure sous notre protection.

Plein d'humilité et de respect, il pensait clairement ses mots, tout en le regardant avec curiosité, désireux de savoir ce qu'il avait pu faire au cours des attaques. Il était sous l'ordre d'un Taisa, intégré à leur armée, l'avait-on fait évacuer ou avait-il lui-même pris part aux combats ?
Son regard se porta à nouveau devant eux, la route était presque déserte et ils avaient croisé bien peu de voyageurs, mais il restait constamment sur ses gardes, prêt à réagir à la vue du moindre bandit. La protection de l'otage passait avant tout.



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Fukyuu Kanzen

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Taii

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MessageSujet: Re: [PV] Le jeu du Destin Mer 1 Juin - 23:19


C'est alors que son attention fut toute tournée vers son interlocuteur qu'un froid glacial parcouru l'échine de l'ancien kuge rendu à ses terres. Quelque chose n'allait pas dans l'attitude de Akifumi qui fit se hérisser le poil à Kanzen. Le masque de son vis à vis n'était qu'une façade, ses propos sonnaient faux tandis qu'il le remerciait de l'attention qu'il portait à Kenshu. Tout ce que laissait voir ses expressions n'était pourtant pas dépourvu d'un fond de sincérité.

La surprise qui se dépeignit sur ses traits en était une véritable lorsque le crin-blanc l'interrogea sur la personne qu'il pensait avoir face à lui. Mais passé l'étonnement, plus rien ne semblait réel. Cela n'était qu'un pressentiment et à plus d'un titre, le pur sang des Fukyuu voulu mettre cela sur le manque évident de radiance qui émanait de compagnon de route. Mais quoiqu'il pouvait dire et malgré toute la franchise avec laquelle il déclamait son sujet, le fait apparaissait comme le texte apprit par cœur, construit pièce après pièce.

Les souvenirs de l'artisan s'affairèrent à s'accrocher aux éléments sur lesquels il pouvait greffer sa propre histoire. Il ne pouvait se gratifier d'une mémoire sans la moindre faille et la transparence du personnage qui lui servait de guide ne l'aidait pas à être certain de la chose, mais il fut à peu prêt sûr de n'avoir jamais croisé le prétendu héritier des Takeya au Temple Koumyou lorsqu'il s'était trouvé à le défendre en personne auprès des soheis et des mikos.

L'enfant des glaces dû faire montre de toute sa maîtrise sur lui-même pour ne rien laisser paraître de son doute, ce dernier glissant vers un intense sentiment d'inconfort. Il avait grandi parmi la noblesse, bercé de la compagnie des gens de la cour d'Ite, des faux-semblants et de l'apparat.

Les courtisans étaient légions à user de ces derniers, certains s'en trouvaient même immensément doués, mais au fur et à mesure que le temps était passé, il avait su distinguer le vrai du faux, trouvant le premier dans la joie de ses plus proches amis, dans les yeux d'un pair qu'il avait considéré comme un frère, dans ceux d'une femme-enfant qui avait été la première à obtenir tout son amour… Et pour ce qui concernait le mensonge, le Palais de la capitale des neiges éternelles en était un immense où tout n'était qu'image.

Il n'y avait pour ainsi dire jamais croisé un soupçon de vérité. Et Akifumi n'avait rien à envier aux meilleurs d'entre eux dans sa façon si parfaite de vivre ce qu'il décrivait. L'esprit de Kanzen tournait à plein régime, il s'était interloqué face à cette escorte si légère et amoindrie par un handicap subtilement masqué, mais indéniablement visible. On le désignait pour objet garant d'une certaine paix et si le Tigre avait voulu insulter plus encore le Bœuf, il ne s'y serait pas prit autrement.

Cela lui apparu plus absurde qu'au premier contact, couplé à ça le fait que son escorte s'avérait être un acteur certes talentueux, mais en rien indécelable. Qu'il fut possible que Kenshu déguise un handicapé en samouraï pour montrer à quel point il se désintéressait du sort du forgeron dorénavant sortait de l'imaginable. Les papiers qu'il lui avait tendu lui étaient pourtant apparus authentiques...

Mais il était tout à fait conscient d'être incapable de percevoir les artifices matériels aussi bien que la véracité des expressions et ne connaissait qu'une seule personne en ce monde pourvu du don de transmettre quelque chose de concret par les mots écrit dont il avait fait son art. À maintenir une attitude avenante et à l'écoute tout en subissant le chaos de ses propres réflexions, le noble fut proche du vertige.

Aussi se concentra t-il sur cet imposteur, ou quoi qu'il puisse être et tâcha de donner le change, au moins le temps qu'il lui faudrait pour comprendre la raison d'une telle mascarade. Il donna à sa voix tout les accents de la sincérité et gratifia son interlocuteur d'un sourire mélancolique en retour à son dernier propos :

Peu importait que je fusse blessé durant ces événements. Je n'ai jamais conçu Kenshu comme une patrie de geôliers, mais comme un pays d'accueil qui me fit l'honneur du plus doux de ces derniers. On m'a offert, contre tout les usages, la possibilité de porter le daisho au service d'un Daimyo qui n'était pas le mien, le premier élément de cette idée ayant toujours été mon souhait, la seconde partie n'était presque qu'un détail.

Je n'ai pas été éduqué dans les valeurs du bushido et ne suis pas né Samouraï, aussi ma conception de « servir » peut elle être erronée et il est fort probable que je puisse avoir des comptes à rendre une fois rentré auprès de ce nouveau Seigneur dont je ne sais rien.


Le plus jeune Fukyuu vivant de ce monde se demanda quelle raison pouvait bien le pousser à dévoiler un tel aspect de sa personne face à un être dont il était quasiment certain de l'avoir percé à jour. Mais cette pensée ne subsista guère longtemps, très vite remplacée par une nouvelle. La protection offerte d'un éclopé comme cet homme, ce bushi ou peu importe ce qu'il était, était d'un grotesque tel qu'il lui était impossible de ne pas imaginer la probabilité d'un traquenard à son attention.

Si des assassins devaient révéler leur visage, dont les raisons évidentes seraient d'alimenter, même légèrement au vu du peu que Kanzen représentait, le conflit dans l'Ouest pour un dessein qu'il ne parvenait à entrevoir, l'occasion semblait rêvée. Ses yeux ambrés allèrent se promener sur le long de la route en quête d'un signe annonciateur d'une embuscade ou d'un piège de ce genre. Il fut frustré d'être ainsi traité, soit par une flagrante insulte, soit par une malveillante volonté.

Sa colère naissante menaçait de percer son masque d'apparence à tout moment et il ne put s'empêcher une légère pique, afin d'aiguiller son compagnon de route sur le fait qu'il n'était plus dupe :

Raiu, vous dites ? Il est honorable de votre part d'avoir laissé derrière vous votre famille et vos domaines afin de servir Koumyou. Je m'y trouvais moi-même, chargé en ce temps là de la garde du temple et de feu la Voix muette des Foudres. Il est étonnant que nous ne nous soyons pas croisés, Takeya-san… Mais je suppose que vous me direz être d'un naturel discret.

Il en était presque à se demander pour quelle raison il jouait la comédie. Kanzen choisi alors d'ignorer son escorte pitoyable afin de se focaliser sur son environnement, les bords des voies, les bosquets, les hautes herbes, l'horizon lui-même, peu importait. Mais il n'allait pas perdre sa concentration sur ce pauvre homme diminué que tout le désignait comme une simple distraction.
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Jônin

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MessageSujet: Re: [PV] Le jeu du Destin Dim 12 Juin - 6:29


Et soudain tout vacilla.
Son regard était resté perdu au loin, alors que son compagnon lui répondait, tout entier convaincu qu'il pouvait véritablement arriver quelque chose de là-bas, quand il savait parfaitement qu'il n'y aurait rien et que la menace était terriblement plus proche. Il ne l'arrêterait pas.

Son protégé se montrait d'une sincérité désarmante à chacun de ses discours, tandis qu'il se demandait si c'était bien ça, la voie et la toute puissance du bushido, lui raconter des choses sans intérêt et se dévoiler à lui comme un livre ouvert. Il n'avait pas besoin de ses insipides discours pour en savoir assez sur lui, il aurait même très bien pu ne rien savoir qu'il s'en ficherait tout autant. Sa soif de sang formait en lui un appel tout particulier qui l'incitait à prendre toujours plus de risques et il désirait ardemment trancher tout comme constater ses propres plaies, à l'instar de ce fugace moment où il avait senti une douleur violente et s'était écrasé contre le sol, certain que la mort viendrait pour lui cette fois-ci.
Mais il s'était trompé et tout ça n'aurait pas lieu ni ici, ni maintenant. Sans avoir véritablement jaugé avec exactitude sa force, il savait. Il était plus fort, il manquait à l'autre quelque chose qui établissait sans conteste sa supériorité. Dommage. Akifumi espérait au moins que le combat soit appréciable et lui apporte quelques difficultés. Après s'être donné toute cette peine, il devait bien au moins mériter ça, n'est-ce pas ?

Bientôt toute cette belle comédie serait gâchée, il allait balayer son regret de partir et sa joie de retrouver sa terre natale, et il n'en éprouvait pas la moindre pitié. Son impatience même attisait en lui un feu qu'il connaissait bien et qu'il aurait bientôt de plus en plus de mal à maîtriser, à mesure qu'ils s'approchaient de la frontière. Ils n'en avaient plus pour longtemps maintenant, et Akifumi ne prendrait peut-être pas la peine de répondre à ses dialogues insensés. Il avait juste envie de rire bruyamment à toutes ces imbécillités, mais se retenait avec une parfaite tranquillité. Akifumi bientôt ne serait plus.

Pourtant, l'abusé parvint à attirer une dernière fois son attention et à accrocher sur lui un regard encore empli d'une banale normalité. Était-ce quelque chose dans l'air, dans l'atmosphère, était-ce ses mouvements qu'il avait perçus du coin de l’œil, était-ce sa voix légèrement changée qui attira son attention ? L'observateur glacial avait perçu quelque chose qui réveillait en lui la bête sauvage qui faisait parfois semblant de dormir, mais qui jamais ne disparaissait.
Un sourire avait lentement commencé à se dessiner sur ses lèvres. Alors, il avait compris ? Intéressant. Ce n'était pas son masque, sa manière si véritable de faire semblant, d'être tout simplement, mais bien lui qui avait su déceler la farce si subtile qui se jouait devant lui. Il était doué. Cela attisa autant son excitation que son plaisir, réveillé après une si longue attente. Les choses arrivaient un peu plus tôt que prévu, mais elles n'en étaient que meilleures, alors que l'otage attirait en lui une attention nouvelle, presque envoûtante. Allait-il être intéressant au cours de ce combat ?

Quand son sourire termina de se fixer, son masque tomba. Délaissant ce visage bienveillant pour un autre, froid et terrifiant à la fois, son regard n'était pas revenu à son vide habituel, mais était habité d'une lueur féroce et impitoyable. Un regard plein de vie, mais d'une vivacité qu'on n'avait pas envie de voir et dont on redoutait la confrontation. Son sourire semblait autant amusé que cruel et l'ensemble formait un tableau que bien des hommes avaient pu voir, mais dont aucun n'avait pu témoigner.

— La frontière n'est plus très loin maintenant, siffla-t-il alors qu'ils venaient d'arrêter leurs chevaux.

Sa voix n'avait plus aucune chaleur, elle était devenue acerbe et tranchante. L'assassin avait poignardé Akifumi et prit sa place, c'était sa première victime, mais non la dernière.

— Descendez, ajouta-t-il, menaçant de donner un coup qui l'aurait fait tomber et mis en mauvaise posture.

Allait-il tenter de fuir ? S'il était assez intelligent pour le démasquer, il devrait savoir que ce n'était pas la peine. Il s'était peut-être dit qu'un manchot ne serait qu'une piètre défense, que ce n'était qu'une moquerie de la part de Kenshu qui, non seulement ne l’affublait que d'un unique samouraï, mais qu'en plus il n'était même pas tout entier. Il allait bientôt être heureux de ne pas l'avoir connu avec ses deux bras, quand bien même son niveau n'avait pas diminué, il en restait sans doute moins impressionnant.

Lorsque l'homme mit pied à terre, Naraku sauta à son tour de sa monture et les chevaux s'éloignèrent, inquiétés par l'atmosphère mortelle qui s'installait dans l'air. Ils ne voulaient ni être pris dans ce piège, ni en être témoins, résolus à sauver leurs propres vies. La victime, elle, n'eut pas l'occasion de profiter de cette bonté et, sans attendre qu'il esquisse le moindre mouvement, il avait déjà fondu sur lui et ne dégaina qu'au moment de frapper, aussi vif et féroce que la foudre. Il avait délaissé le katana au profit du wakizashi, frère tant similaire à ses chers kodachi et dont il pouvait avoir la parfaite maîtrise.



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MessageSujet: Re: [PV] Le jeu du Destin Ven 17 Juin - 8:19


L'ambre de ses iris concentrés sur le lointain, seul la tonalité toute différente de son guide lui permit de comprendre avant qu'il ne le vit de lui-même où avait été sa première erreur. Ses pupilles se rétrécirent et tournèrent avant même que son cou n'amorce le mouvement lent qui le ferait dévisager ce nouveau personnage grotesque que le destin lui laissait découvrir à présent.

Les apparences tombèrent une à une et Kanzen fut à peu prêt certain que l'assassin qui se révélait à ses côtés avait pour habitude qu'on ne le considère pas comme tel au premier regard. Tomber si simplement dans le piège de la diminution dont son vis à vis était affublé fut la première blessure que l'enfant des glaces subit lors de ce combat dors et déjà débuté, avant même que l'acier ne soit visible ou le sang versé, son orgueil venait d'être frappé.

Puisque le temps n'était plus aux faux-semblants, la rancœur emmagasiné par l'artiste-bretteur émergea sur ses traits habituellement si doux, ses sourcils parfaitement taillés se froncèrent et le dédain qu'il afficha en réponse au sourire malsain qui lui était offert lui donnait l'air d'un loup acculé.

L'arrêt de leur monture signait que l'un d'eux n'irait pas plus loin dorénavant et l'ancien noble des Monts protégés d'Itegami comptait bien poursuivre son chemin, que ce dernier ne le mène à nouveau dans les terres qui l'avaient vu naître ou celle qui l'avaient accueillies. Il ne pouvait croire un seul instant que cette moitié d'homme ait pu être le glas sonné par le Tigre à son égard, cela allait à l'encontre de tout ce qu'il avait vécu jusque là et était bien loin de profiter aux Foudres, ni même aux Neiges éternelles.

Quelqu'un tentait d'appuyer sur la blessure des relations entre les deux domaines voisins et il ne comptait ni servir ses intérêts, ni laisser cette tentative impunie et il ne manquerait pas de mettre en œuvre ses facultés sociales pour le dénicher et le traîner au grand jour. Mais avant cela, sa seule préoccupation était de parvenir à prendre le dessus et de vaincre cet adversaire désigné, ce dernier subirait la chose la plus rare au sein de Yokuni selon l'artisan : sa propre colère.

L'autre ordonna alors ce que le géant aux crins blancs s’apprêtait déjà de faire. Mettant pied à terre, la main gauche serrée sur la saya de Ha no Tamashi, il ne décrochait plus son attention de celui qui s'était présenté comme Takeya Akifumi et il se refusait de se laisser à nouveau berner par les façades en mettant de côté son a-priori de l'handicape de son meurtrier en puissance.

Leurs destriers s'éloignèrent bien vite alors, les laissant face à face, probablement guidés par leur instincts que ce lieu n'allait plus accueillir le moindre sentiment de paix. Le silence et la rumeur lointaine du Tonnerre pour seul témoin, ils ne se dévisagèrent pourtant pas bien longtemps, car l'instant d'un battement de paupière, le diminué avait disparu de sa position initiale pour se retrouver à une vitesse folle sur le forgeron qui ne put dresser contre la lame de son wakizashi que le fourreau de son katana, levé dans l'urgence et porté par l'instinct.

Le coup fut brutal, faisant vibrer la moindre fibre musculaire de l'albinos qui conçu immédiatement leur différences physiques. Le prétendu samouraï de l'orage lui tenait tête en force malgré sa petite taille, mais pire que tout, sa rapidité d’exécution surclassait totalement le pur-sang des Fukyuu. La lame de l'honni enfoncée dans la saya de sa pièce maîtresse, Kanzen lança son pied dans un chassé que l'autre évita sans mal, libérant par la même occasion son sabre piégé.

Célérité et puissance n'était pas tout, l'adopté des éclairs dévoila le tranchant de l'âme et son immaculée blancheur tout se résolvant à tuer celui qui lui faisait front : Il avait l'allonge pour lui, et la différence était énorme si on la cumulait au fait que l'ennemi osait dresser contre sa longue épée un humble wakizashi.

Jetant le fourreau abîme au loin, il chargea dans le même temps le combattant qui se dressait face à lui, son arme tenue d'une unique main. Loin de lui l'envie d'équilibrer les forces en portant cette dernière ainsi, son seul souhait était de jouir au maximum de son avantage indéniable, l'envergure de ses attaques doublait littéralement celle de l'assassin. Son premier assaut, une pointe pareille à un flèche tirée en plein cœur, fut habilement paré par le belligérant.

Quoiqu'il n'appliqua aucune force à dévier l'acier, il s'en servit même comme contrepoids pour passer sur les flancs du guerrier-esthète et de lancer le fil de sa lame en un tranchant horizontal ciblant l'aine du géant.

Mais au dernier instant, le métal se courba presque sous les yeux aux braises vivaces du sang-pur, comme si l'attaque toute entière était un mensonge et en lieu et place de parer la frappe comme sa technique le lui hurlait, il laissa son inconscient décider et fléchit la jambe droite tout en étendant la gauche afin de se tasser au plus bas, laissant passer au dessus de lui la botte qui avait ciblée en réalité son cou.

Se projetant loin du soit disant descendant des Takeya depuis son appui, Kanzen ne put que constater la longue mèche de cheveux blancs qu'il laissait derrière lui et riva son regard sur celui, étrangement surpris, de celui qui désirait devenir son tueur.

En son fort intérieur, la feinte qui avait manqué de mettre fin au duel de façon définitive et en sa défaveur avait été un véritable mensonge des gestes si parfait qu'il fut impossible de concevoir que son utilisateur lui-même fut conscient de ce qu'il faisait. Mais le sourire narquois qui lui fut offert en retour de cette pensée, comme si elle avait été entendue, prouvait le contraire.

Entre celui qui savait lire le cœur des gens dans leurs mots et mouvements et celui dont les gestes mêmes pouvaient s'avérer une imposture, d'aucun ne pouvait savoir qui obtiendrait le dessus et se tiendrait bientôt droit à aviser la dépouille de son adversaire.

C'était le jeu du Destin.
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Jônin

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MessageSujet: Re: [PV] Le jeu du Destin Dim 19 Juin - 22:53


La proie avait vacillé, mais n'avait pas cédé pour autant à son premier assaut. Immédiatement, un léger sourire avait traversé ses lèvres, ravi de voir que cet homme avait assez de force pour lui opposer ne serait-ce qu'une petite résistance. De loin, le tableau était presque grotesque. Comment cet homme de taille ordinaire osait-il s'opposer à pareil géant avec une lame aussi courte ? Il lui fallait franchir bien des défenses pour espérer ne serait-ce que l'effleurer et il était loin de paraître incompétent. Mais cela n'effrayait en rien Naraku, bien au contraire même, il aimait le déséquilibre, il aimait se trouver au cœur d'un danger insoutenable et risquer sa vie à chaque instant, manquer de tomber au moindre faux mouvement, à la moindre erreur. C'était là sa spécialité, s'alliant à son côté insaisissable et à sa manière si particulière de lancer des attaques ; il était comme l'eau, vivace et imprévisible à la fois, toujours capable de trouver son chemin.
Tandis qu'il dégainait, ils n'étaient distants que de quelques pas et quand bien même l'instant fut plus que bref, il n'avait attendu sa riposte avec aucune garde, semblable à un homme simplement arrêté. L'éclair de rage qu'il avait pu percevoir avait totalement disparu pour se fondre en un néant absolu, loin de tout esprit guerrier. Mais il ne demeura pas longtemps ainsi, son adversaire avait voulu se servir de l'allonge de son bras comme d'un avantage et Naraku s'en fit le chemin pour parvenir jusqu'à lui, glissant jusqu'à ses flancs pour frapper à nouveau, sans aucune pitié.

Jamais il n'avait cherché à le jauger, il ne le sous-estimait ni ne le sur-estimait, se contentant de donner le meilleur de lui-même et sa force irait croissante à mesure qu'il s'échaufferait, qu'il réveillerait le monstre qui dormait dans son corps. Tout n'était que réflexe et rapidité, Naraku ne prenait pas le temps de réfléchir à ses coups, ni celui d'analyser la situation, il agissait tout simplement, dans sa forme la plus pure et n'était ralenti par aucun trouble, aucune appréhension. À cela s'ajoutait son économie aussi précise que méticuleuse. Aucun mouvement n'était inutile, aucune n'était de trop. Son corps lui-même agissait particulièrement, il s'immobilisait et paraissait endormi pour brusquement s'éveiller et frapper comme le tonnerre, avec de retourner à cet état apathique, n'usant que les forces qui lui étaient véritablement nécessaires.
Pourtant, alors qu'il révélait déjà son imprévisibilité foudroyante qui avait eu raison de tant d'honorables guerriers, celui-ci la déjoua dès le premier coup. S'il n'avait pas été mort sur-le-champ, il aurait sans doute été terriblement blessé. Ses yeux s'étaient agrandis sous l'étonnement, alors que sa frappe manqua et chacun s'éloigna pour retrouver sa distance de sécurité.

En lui faisant face à nouveau, son visage n'exprimait déjà plus la moindre émotion, hormis ce sourire malicieux à donner froid dans le dos. En un éclair, cette simple exécution s'était transformée en un duel qu'il trouvait déjà passionnant et qui commençait à éveiller en lui des ressources qu'il n'utilisait que rarement. Son regard, pourtant, restait encore trop vide. L'homme n'avait pas encore réussi à y révéler la lueur qui le faisait démon.
Il ne s'usa que quelques secondes à ce petit jeu des regards avant de s'élancer à nouveau, exécutant des suites d'attaques qui auraient dû le mettre en haleine, mais qui ne semblaient jamais le fatiguer. Comme un serpent, il savait habilement tirer partie de la force du géant et glissait jusqu'à lui, brisant leurs distances avec une déconcertante facilité. Pourtant, aucun de ses coups ne parvenait à l'atteindre réellement et la seule chose que son sabre avait réussi à trancher n'était qu'une inutile mèche de cheveux.

Il se laissait parfois aller à un rire amusé, tandis qu'il assenait ses frappes foudroyantes, faisant vibrer autant l'arme que les bras qui la tenaient, le révélant comme un digne fils de l'orage. L'énergie et le nerf, ces frappes qui touchaient plus l'intérieur qu'elles ne voulaient véritablement couper formaient sa réelle maîtrise au combat. Il n'avait pas besoin de force pour que l'un de ses coups ne soit fatal et, à la première erreur, il aurait tôt fait de le réduire à un simple amas de chair.
Pourtant, il reculait. Indéniablement, le géant d'ivoire semblait avoir l'ascendant et le mettait en difficulté, frôlant à tel point son corps, qu'il en allait jusqu'à découper sa tenue. L'assassin l'esquivait de justesse, montrant certainement quelques faiblesses, quelques failles dans sa rapidité néanmoins hors du commun. Il semblait même stagner dans la puissance de ses attaques et la lecture extra lucide dont faisait preuve le samouraï ne lui laissait aucune chance pour parvenir à ses fins. Chaque ruse, chaque technique aussi compliquée soit-elle était déjouée par avance et annulait par là toute l'efficacité qu'il avait d'ordinaire, ne lui laissant rien d'autre que son génie en terme de technique et de maîtrise.

Sans paraître céder, ils ne faisaient que se fatiguer l'un l'autre et Naraku avait beau subir davantage que son adversaire, il ne se laissait ni frapper ni désarmer, lui offrant pour seule riposte son regard mort et désintéressé. S'il voulait l'abattre, il allait devoir faire l'usage de nouvelles ressources.



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MessageSujet: Re: [PV] Le jeu du Destin Dim 26 Juin - 8:14


Un serpent.

L'impression était si forte qu'elle se sur-imprimait au regard du kuge devenu bushi. Il avait pu contempler aux abords des chemins l'un de ces reptiles à l'affrontement contre un corbeau légèrement trop sûr de lui, si ce genre de sentiment existait chez les volatiles de cette espèce. L'ophidien se fendait en de nombreux assauts inutiles, faisant claquer ses mâchoires dans le vide au dessus et sur les côtés du corvidé qui ne s'inquiétait pas plus que cela, reculant ou s'écartant de juste ce qu'il fallait pour se trouver hors de portée des crocs de son opposant.

L'oiseau venu chercher une proie facile bondissait de façon svelte autour de sa proie, mais il était sauté aux yeux de Kanzen que cette dernière ne se comportait pas comme telle, bien au contraire. La fuite n'était en rien inscrite au programme du soit-disant agressé, qui glissait sur ses anneaux subtilement en direction du noir emplumé.

Soudain, l'acculé qui ne l'avait jamais été finalement se tendit à l'image d'un yari que l'on plantait dans un cœur, sa gueule se refermant sur le cou de son agresseur qui lança un croassement rauque de surprise tandis que, déjà, l'animal au sang froid s'enroulait autour de la véritable victime de cette joute. Le prédateur à écailles avait passé son temps à maîtriser l'espace par de vives attaques subites et feintes afin d'emmener son martyr qui s'ignorait exactement où il l'avait souhaité et de tout offrir dans une seule et unique authentique offensive.

Akifumi ne lui apparaissait plus qu'ainsi, à tenter avec un étrange sourire de guider Kanzen vers ce lieu souhaité ou la pointe de sa lame le percerait sans faillir en un coup. Mais des imprévisibles frappes adverses, le forgeron n'était pas dupe au contraire du nécrophage volant. Distinguant les feintes tentant d'encadrer ses mouvements plutôt qu'à véritablement l'atteindre de celles, mortelles, qui ne manquaient jamais de suivre peu de temps après, il ne voyait cependant aucune frustration face à ces échecs sur les traits de son ennemi.

Ce dernier s'enchantait presque de voir ses tentatives ainsi déjouées et il revenait à chaque fois avec plus de vigueur et toujours plus subitement. De l'état quasi-immobile, le combattant qui lui faisait face passait à celui d'une extrême tension, l'ensemble de ses muscles se tendant pour assaillir et dans l'instant suivant retomber dans une désarmante passivité. Cependant, il apparu aussi au noble de naissance que la rapidité d’exécution de son terrible adversaire allait en s’accélérant de plus en plus, sans que la limite de la chose ne lui fut dévoilée.

Ses parades intervenaient de plus en plus sur le fil du rasoir, son esprit ne parvenant plus à se faire totalement suivre de son corps. À bien y réfléchir, il s'agissait là du tout premier duel avéré du samouraï. Non pas qu'il n'eut jamais connu le combat et la promesse d'une mort certaine en cas d'échec, mais lors de ces précédents échanges contre pirates et brigands tentant de profiter de la faiblesse du clan des orages, il n'avait pas été la cible désignée d'un duelliste émérite comme l'était cet homme.

La concentration de ce dernier lui était exclusive, si bien que la terre aurait pu se déchirer autour d'eux sans qu'il ne le quitte de la précision de ses iris. Ainsi et malgré son avantage indéniable en portée, le sang-pur des neiges su que la bataille jouerait en sa défaveur si elle se poursuivait, car il ne semblait pas que le temps et l'intensité de la lutte eut la moindre emprise sur le prétendu héritier des Takeya.

Le niten que lui avait enseigné le guerrier des Hatakeyama était encore trop jeune, trop cru entre ses mains débutantes, la lame enchanteresse de Souzen ne lui ayant pas encore livré tout ses secrets. De fait, plutôt que de dégainer son wakizashi en seconde main, il préféra jouir de la faveur de ses deux bras pour une technique plus conventionnelle en empoignant la tsuka de son sabre immaculé de l'ensemble de ses dix doigts.

Aussitôt en prise, l'assaut suivant de son assassin fut brisé beaucoup plus tôt dans sa course sans que le crin-blanc ne frémisse. Sentant les rôles s'inverser soudainement, le descendant des Fukyuu fut bien décidé d'imposer sa propre cadence face à cet homme qui ne désirait visiblement que sa perte pour servir un dessein dont lui seul connaissait la vraie teneur. Aussitôt, il domina pleinement l'affrontement, soutirant ça et là estafilades et légère découpes de tissus dans le kimono de son agresseur.

À plus d'une reprise, le fil de son katana manqua de mordre la chair de ce dernier, dévié de justesse pour chacune de ses attaques, si bien que le cœur battant, prit dans cette euphorie mystérieuse qu'un tel engagement pouvait engendrer, oublieux du caractère mortel de la situation, un léger sourire vint éclairer les traits de l'adopté des Foudres. Allonge, équilibre et force furent simplement doublés par ce changement de posture et il apparu clairement que le vainqueur venait dors et déjà d'être désigné.

Pour autant, Akifumi ne manifesta aucune crainte ni conscience de cet état de fait, poursuivant de répondre coup pour coup sans que sa vitesse ne soit altérée malgré le statu défavorable que prenait la joute à son égard. Ils avaient quittés la route depuis un certain temps déjà, le géant forçant son opposant à reculer sous les astreintes qu'il lui faisait subir. Les lames tranchaient les quelques herbes hautes qu'elles rencontraient, projetant ça et là quelques pointes verdoyantes qui retombèrent comme une pluie éparse autour d'eux.

Kanzen ne vit néanmoins pas le vent tourner, la chose arrivant de façon si vive que même son esprit alerte en fut dépassé. Le serpent disparu purement et simplement de son champ de vision, les prunelles de l'artisan ayant tout juste le temps de s’écarquiller lorsqu'elles retrouvèrent leur objectif. Celui-ci était réapparu au sein même de la garde de l'héritier de l'expatrié et la balance qui avait d'apparence changée de favori rebascula instantanément dans l'autre sens.

Vivacité d'esprit et réflexes furent mis à genoux, le crin-blanc n'obtint son salut que de par son unique instinct. Il dressa son bras gauche face à la frappe d'estoc qu'il devina plus qu'il ne la vit, l'acier meurtrier rencontrant ce dernier dans un choc violent… Qui résonna comme du métal que l'on venait de percuter violemment.

Barré devant son visage à l'expression froide et déterminée, le membre de l'esthète fumait d'une terrible fraîcheur, la surface de sa peau cyanosée reflétait une patine gelée d'un bleu azuré aussi clair que celui du ciel. D'un mouvement sec, l'ancien kuge se dégagea du contact de l'arme ennemie et prit immédiatement un pas de distance, ses yeux ambrés avisant son bouclier improvisé puis son adversaire.

Dans ces derniers aux couleurs pourtant si chaleureuses, il ne subsistait plus à présent que les échos des glaces qui l'avaient vu naître. Sa vie venait d'être sauvée. Mais il était devenu incapable de préhension de sa main gauche dorénavant. Il avait peut être perdu un outil de force, mais avait gagné en retour un mur à dresser contre le wakizashi du soit-disant samouraï Kenshu.

Le combat était loin d'être terminé.
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Jônin

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MessageSujet: Re: [PV] Le jeu du Destin Dim 17 Juil - 4:01

Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas croisé un adversaire qui lui paraissait aussi prometteur. C'était presque dommage qu'ils se soient rencontrés si tôt, car l'habile guerrier sentait dans ses frappes une inexpérience, une jeunesse qui lui dévoilaient à chaque fois les lacunes qu'il avait encore çà et là. Pourtant, leurs âges ne semblaient pas si éloignés et il lui en voulait presque de ne pas avoir autant bataillé que lui. Qu'avait-il donc fait de sa vie pour être resté encore aujourd'hui aussi faible quand il aurait pu s'opposer à lui comme un ennemi de talent ? Cette différence qu'il sentait grandir entre eux avait déjà depuis longtemps déterminé l'issue du combat, mais seul l'un d'entre eux semblait l'avoir réalisé, quand l'autre croyait encore en sa fougue, sa carrure et en la suprématie qu'il avait bien voulu lui accorder.
Ce talent qu'il avait de deviner ses mouvements d'ordinaire imprévisibles était comme inestimable et il lui donnait envie de donner le meilleur de lui-même. Pourtant, une fois qu'il eut fini d'être véritablement échauffé, il ne fit que se retenir pour profiter encore un peu de ce combat si particulier, paraissant alors peu à peu peiner dans cet affrontement. Vu de l'extérieur, rien ne semblait être à son avantage et il se laissait guider là où l'on voulait bien le mener.

Tantôt souriant, tantôt plus sérieux, il l'étudiait avec une froideur glaciale, apprenant peu à peu à connaître sa manière d'agir, sa technique. Mais à chaque fois, il restait sur sa faim, constatant que rien n'avait été encore poussé à son extrême et qu'il lui faudrait encore du temps pour se transformer en véritable arme de guerre, pour l'égaler, le surpasser peut-être. Qui aurait pu en juger aujourd'hui, alors qu'il ne se montrait que comme un diamant qu'on n'avait pas fini de tailler ?
L'exaltation du début de leur combat s'effritait à mesure qu'il savait de plus en plus facilement comment bloquer, attaquer, repousser et que le chemin vers sa mort devenait à chaque passe un peu plus clair. Il aurait voulu en rester pour toujours à ces premiers instants, faire perpétuer encore ces sensations extrêmes qui l'agitaient, mais en matière d'affrontement, les choses n'allaient jamais ainsi et finissaient toujours par désigner un vainqueur.
Lassé finalement, il ne se contenta pas d'augmenter progressivement sa force et sa vitesse, mais il franchit brusquement un pallier, mêlant l'inconsistance de son anodine personne à l'imprévisibilité de ses gestes pour transcender encore plus sa rapidité. Surgissant soudainement pour frapper, abattant sur l'être de blancheur ce qui aurait dû être son dernier coup, sa victime lui offrit pourtant une belle découverte, bloquant purement et simplement sa frappe de son bras gauche.

Itegami semblait lui avoir accordé un pouvoir bien précieux puisque celui-ci prolongea sa vie de quelques instants supplémentaires. L'homme se recula alors, mettant une légère distance entre eux que Naraku interpréta comme une pause dans leur combat. Baissant son arme dans cette absence de garde qu'il s'amusait toujours à prendre, il ne le lâcha pas des yeux, se livrant avec amusement à ce duel de regards. C'était la froideur de la glace contre la noirceur des ténèbres, l'éclat tranchant contre le vide dévorant. Un léger rire faisait résonner sa voix dans l'air, vibrant d'un cynisme qui donnait tout le ton à leur combat.

— Intéressant… mais penses-tu que ce sera suffisant ? Cingla-t-il, montrant par là sa certitude quant à ses chances de s'en sortir.

Il ne lui offrit même pas le temps de lui répondre correctement, brisant leur face à face dans son nouvel assaut. Déjà il voulait retrouver cette sensation, le pousser encore un peu plus pour qu'il lui révèle davantage et lui offre peut-être un nouveau coup qui déjouerait ses intentions. Il le désirait ardemment, car cela ne ferait que prolonger ce moment de plaisir tout particulier et qu'il chérissait à chacune de leurs retrouvailles.
Tandis qu'ils se lançaient dans de nouveaux échanges, il n'avait en rien dégradé ce qu'il venait tout juste de lui montrer et imposait davantage leur écart de niveau. Le prétendu Kenshu avait perdu clairement son ascendant dans leur danse mortelle et il lui faudrait bien vite s'habituer à son rythme effréné, toujours aussi tranchant et impitoyable, s'il voulait gagner le droit de survivre.



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Fukyuu Kanzen

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Taii

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MessageSujet: Re: [PV] Le jeu du Destin Ven 5 Aoû - 10:50

La prise de distance n'avait servit à rien, celle-ci réduite à néant après la bravade que lui lança son opposant qui s'élança aussitôt à sa rencontre, menant tambour battant une joute que l'adopté des Foudres voyait échapper à son contrôle. Il était tant de chose à la fois, riche de savoirs dont il se montrait boulimique. Kuge par la naissance, bushi par la volonté, artisan par choix, il avait même reçu une forme d'éducation spirituelle auprès de la Voix muette à présent éteinte de l'Orage… Mais face à cet assassin, expert de son art et sur ce terrain qui était le sien, même le don de lire le mensonge dans ses mouvements n'y suffisait plus.

Son niten était trop jeune pour qu'il l'eut opposé à cet homme et il avait préféré le contrer d'une unique lame, il était trop lent et son bras, pareil à un bloc de glace compacte dorénavant, ne lui permettait plus la prise traditionnelle du kenjutsu sur sa tsuka qui lui avait donné la force nécessaire pour s'élever un temps au niveau de ce terrible adversaire. Maintenant qu'ils étaient mis sur un pied d'égalité avec son membre devenu inutile, l'ennemi jouait dans un autre plan de talent, le surclassant à tout les niveaux : Il était plus fort, plus rapide et il semblait imperméable à la moindre fatigue tandis que le crin-blanc sentait la brûlure de l'effort sur ses jambes.

Son allonge très largement supérieure n'y suffisait plus, sa garde se laissant pénétrée comme si elle n'existait même pas. Pourtant, le sang pur des Fukyuu ne perdait rien à la fluidité des gestes de Akifumi, il devinait jusqu'à la position qu'il aurait, des secondes infinies avant qu'il ne s'y trouve, il anticipait chacun de ses pas, chacun des angles véritables que ses assauts masquaient sous tant de faux semblants. Son esprit était terriblement décalé comparé à son corps et même au meilleur de sa forme, il savait que ce dernier ne pourrait jamais égaler sa vivacité.

Pour la première fois de sa vie, ce qu'il avait considéré comme son meilleur atout en société ne lui fut plus de la moindre utilité. Comme il aurait voulu être quelqu'un d'autre à cet instant ! Être Souzen ou s'incarner en Katsuya tout en préservant son outil empathique, capable de lire les expressions jusque dans les moindres actes. Avoir la puissance de Juubei n'aurait pas été malvenu non plus… Mais il était simplement Kanzen, un éphèbe géant, ridiculement pataud dont un être sans carrure ni la plus petite aura, un néant incarné même, apparaissait pouvoir l'engloutir à jamais, projetant son ombre grandissante sur la lumière qu'il avait toujours voulu émettre autour de lui.

Un coup d'estoc qu'il eut osé fut purement ignoré, passant par dessus le duelliste qui s'était effacé à son approche, violant à nouveau le cercle de la garde du samouraï. Les traits du noble de naissance se tirèrent en un masque de rancune aussi glaciale que les plus hauts sommets qui l'avaient vu s'éveiller à la vie, bien décidé à ne pas sombrer dans l'abandon malgré le fait de ne pas savoir, sinon pour lui-même, pour qui il se donnait tant de mal.

Cette question s'imposa alors à lui, retraçant le chemin d'une existence entière ballottée par les tempêtes du Destin. Source de tracas d'une famille, cadeau à sens unique d'un clan qui se jouait de lui en le rappelant par pure belligérance politique, pur produit de traditions lancé aux mains de gens qui ne les considéraient que peu, lui ouvrant les portes à ses désirs de franchir les frontières des castes. Mais non, il ne jouait pas son dernier souffle au nom du Tigre, ce même félin félon qui le renvoyait à son maître, comme le chien dont il s'était toujours attaché le sobriquet par ironie.

Alors supposa-t-il qu'il voyait dans cette fatalité le risque de voir s'entre-déchirer deux provinces, mais l'idée fut aussitôt balayée tout juste née, au vu du peu d'importance qu'il s'accordait, persuadé que la sagesse des décideurs de deux nations ne pouvait se résumer à une seule personne, fut-elle le plus petit symbole qui soit. Il écrivait toujours à cette sœur sans ne rien savoir de qui elle pouvait être ni même si elle existait toujours en ce monde.

Des rencontres multiples qu'il avait faite en avait résulté l'adulte qu'il était devenu et il ne regrettait aucune d'entre elles, mais il était tout aussi sûr de ne pas incarner quoique ce soit qui ne fusse pas délébile un jour ou l'autre pour chacune de ces dernières. Ce fut face à ce constat qu'il se heurta finalement, ses dents révélées par la colère disparurent sous une expression d'incrédulité totale, car s'il ne se battait pas pour lui, il fut incapable de définir la raison qui le poussait à aller de l'avant et de faire face avec tant de hargne à cet homme.

Ce doute ne dura qu'une fraction de seconde, car il fut soudain pris d'un éclair de lucidité. Tout était encore à faire, à obtenir, à marquer de son emprunte. Qu'il fut important pour quelqu'un n'entrait pas en considération, il comprit très clairement à ce moment précis qu'il voulait en savoir plus, bien plus sur tout ces visages qui maculaient ses souvenirs. Le dernier qui s'imposa à lui, mais non le moins indispensable d'entre eux, aurait besoin de toute l'aide possible pour surmonter ses obligations récemment acquise et il avait tant d'espérances à son égard qu'il y trouva son second souffle, se focalisant sur le présent, la source d'une nouvelle force acquise.

Non, il ne tomberait pas ici, sa radiance étouffée par l'obscurité. Non, il ne laisserait pas un anonyme le briser et l'arracher au concours qu'il pourrait offrir à tant de gens dont il ignorait encore les noms et même ce à quoi ils ressemblaient. Il suffisait qu'il se concentre, choisisse le moment parfait pour fondre et en finir avec ce combat, son esprit pouvait le suivre, c'était bien suffisant et…

… Akifumi n'était plus là. Seules les steppes et les hautes herbes balayées par les vents d'un orages lointain répondirent au regard ambré du bushi.
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Jônin

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MessageSujet: Re: [PV] Le jeu du Destin Mar 6 Sep - 23:48

Et puis la flamme s'éteignit.
C'était donc tout, tout ce qu'il avait réussi à lui donner, tout ce dont il était capable ? Encore une fin, encore une déception, encore un échec. Avec la même brutalité qu'il s'était envolé, la chute n'en était jamais que plus rude. C'était comme un coup de poing qui le déchirait à chaque fois, le transperçait pour arracher tout ce qui existait à l'intérieur de lui et ne laissait rien d'autre que du néant. Quand dans ses combats tour à tour il se révélait finalement comme un homme, empreint de gigantesques émotions, traversé, transcendé, tout finissait toujours par s'effondrer. Le vide, si cruel dans son indifférence refaisait brusquement surface, toujours, à chaque fois, et pendant un bref instant, tout dernier instant, il détestait son ennemi, le haïssait si fort.

Incapable, impertinent, insolent.
Pourquoi, pourquoi fallait-il toujours qu'il soit confronté à tant de faiblesse ? Même ceux qui l'avaient défait l'avaient toujours épargné, dévoilant là aussi une bien terrible fragilité qui détruisait méchamment toutes ses espérances.
Cet instant, avait-il était si bref, si fugace qu'il n'avait été capable de le saisir tout entier ? En avait-il profité pleinement, est-ce que tout cela n'avait pas été qu'un simple rêve, un oubli, une divagation ? Dans quelles chimères brumeuses s'était-il perdu ? Y avait-il bien eu cet éclat, son regard avait-il brillé, avait-il ri, avait-il eu le moindre plaisir au cours de ce combat ? Lui avait-il offert le moindre challenge, avait-il été cet ennemi digne contre lequel il avait été heureux à un moment, si court moment, de se battre ?

Tout s'effaçait. Son cœur devenait plus froid que le plus rude des hivers et même le feu le plus ardent ne serait plus capable de le réchauffer maintenant. S'était-il embrasé, si fort qu'il avait consumé instantanément cet ennemi qui se dressait devant lui ? Il avait l'impression d'avoir aimé ça, au moins juste un peu.
Tout s'effaçait. Son sourire s'était évanoui, sa voix s'était mue en un silence absolu. Il regrettait maintenant. Cette opportunité, avait-elle été si importante ? N'aurait-il pas mieux fait d'attendre, d'attendre encore un peu, pour le voir s'envoler et lui faire face dignement ? Il sentait encore qu'il avait quelque chose, quelque chose qui lui avait plu et qu'il ne trouverait chez personne d'autre.
Tout s'effaçait. Dans ses mouvements automatiques, il n'y avait plus d'ardeur. Son regard s'était éteint pour lui révéler l’entièreté de son âme et il n'y avait rien, rien que du néant, rien que du vide, l'angoisse de l'infini, terriblement immense, terriblement inatteignable, tout simplement vertigineux.

Quand il se réveilla, il était en train de parer un coup ou de lancer un attaque, il n'en savait rien finalement, déchaîné au maximum de sa vitesse, exécutant avec une maîtrise parfaite des mouvements qu'il avait fait des milliards de fois et qu'il adaptait juste à l'instinct, sans jamais rien réfléchir à ce qu'il ferait juste après. Il n'était qu'un nerf, réagissant au moindre stimuli, indifféremment, inconsciemment, fusionnant avec tout ce qui l'entourait comme s'il n'était qu'une partie de ce vaste univers et qu'il ne lui était pas permis de penser vraiment par lui-même.
Son regard mort ne lâchait jamais celui qu'il avait décidé de tailler en pièce et il ne se posait plus la moindre question, se fichait bien de la lueur qui brillait férocement dans ses prunelles, transmettant avec une force époustouflante ce désir brûlant qu'il avait de vivre, de lutter, de tout mettre en œuvre pour sa propre survie.

Mais c'était inutile, naïf, stupide. On est fort ou on ne l'est pas. Si tu es fort, tu vis ; si tu es faible, tu meurs. C'est la loi, la loi de la nature et rien ne pourra y changer. Il en était l'agent, le gardien et il s'assurait de détruire ce qui défaillait dans cet organisme qui ne devait souffrir d'aucun superflu. Il allait mourir tout simplement, parce qu'il n'avait pas eu la force, parce que toutes ces choses dans l'univers s'étaient agencées pour qu'il se retrouve aujourd'hui en face de lui à échanger des coups sans saveur jusqu'à ce que l'un d'entre eux finisse par tomber.

Il ne voulait pas vivre, n'était pas mu par autre chose qu'un vide insignifiant et, ridicule dans sa hauteur autant que dans sa présence, il n'était même pas digne de s'élever au rang des vivants, se contentant d'être l'ombre inconsistante qui précédait et suivait à la fois la lumière, incapable alors de s'en détacher entièrement.
Lui ne désirait que ça, faisait vibrer chacun de ses coups, chacune de ses tentatives par cette volonté inébranlable, aussi solide que les montagnes, il s'élevait plus haut que jamais pour toucher le ciel et étincelait d'une blancheur si pure qu'il aurait sans doute pu rivaliser avec bien des astres, étouffant les ténèbres par un rayonnement sans faille.

Et pourtant… il n'était tout simplement pas assez fort.

Il aurait dû se sentir en colère, le détester et le haïr pour cette faiblesse qu'il trouvait là si intense, se révolter contre son être qui se dévoilait aujourd'hui si inutile. Pourquoi n'avait-il pas été assez imposant pour le frapper de toute sa hauteur et le faire tomber définitivement ? Il aurait pu rejoindre ses ténèbres et lui rester à la lumière. Mais il n'avait là que de la volonté. Peut-être s'était-il posé cette question à chaque combat, peut-être pas.
Tout lui était égal. Il se fichait de cet homme tout comme il se fichait du monde entier. Plus rien ne pouvait l'émouvoir et son être était aussi immobile qu'une pierre. Il avait prolongé leurs échanges et ne savait même plus pourquoi maintenant. Il n'avait plus envie de bouger, il voulait tomber dans cette catalepsie qui annihilait tout son être. Quand il levait le regard vers lui, il ne voyait plus rien qu'une chose qui s'éteignait, n'était plus capable de saisir cette essence qui semblait l'avoir transporté dans un autre plan, un peu plus tôt.

Pourquoi se battaient-ils ? Ça n'avait plus de sens. S'il n'était pas capable de lui résister, alors il n'avait plus rien à faire en face de lui. C'était dommage. Il aurait bien voulu que tout ça lui importe un peu plus, qu'il lui apporte un peu de chaleur au milieu de ses ténèbres dans lesquelles il se noyait sans respirer, mais il ne pouvait même pas se sentir triste. Il voyait simplement la fin, froidement, sans rien vraiment se dire, sans penser à quoi que ce soit.
Dans cette neutralité infinie, tel le souffle du vent, il s'était si facilement dérobé à son regard qu'il avait bien dû se disperser dans l'univers. Pour l'être mort qu'il était, le temps lui semblait bien ralenti maintenant.

En se tenant derrière lui, il n'attendit même pas la plus petite seconde pour abattre son kodachi tout le long de son dos, entamant vivement cette chair encore si pure l'instant d'avant et qui nourrissait désormais son arme avide de récolter son âme. Pourtant, une vision arrêta un instant imperceptible son deuxième coup, comme une lueur au cœur de l'obscurité. Cet homme… il l'avait complètement, entièrement percé à jour… nul doute qu'il avait su à l'instant même précédant son coup la terrible blessure qu'il lui avait infligé…
Cette minuscule hésitation ne l'arrêta pas pourtant et il plongea là, dans son corps, pour la première et la dernière fois, son arme jusqu'à la garde.

— Sayônara, Fukyuu Kanzen… souffla-t-il d'un ton aussi froid que la morsure qui le glacerait bientôt.




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MessageSujet: Re: [PV] Le jeu du Destin Mar 14 Fév - 12:26

Ce fut une nouveauté à dire vrai. Ses dons l’avaient toujours préservés des brûlures de la forge et son statu, il s’en rendait compte à présent que le destin personnifié sous les traits invisible de l’être le plus froid qu’il eut vu à ce jour, l’avait écarté du moindre petit heurt. Certes, il avait trébuché parfois et il avait prit des coups du seul maître qu’il ait en aucun cas connu, Hatakeyama Souzen ne l’ayant jamais traité comme de la porcelaine lors de leurs entraînements mutuels. Mais cela était vraiment nouveau. Il n’y eut pas de douleur dans un premier temps, ce fut comme si de la glace lui caressait le dos en une strie parfaitement localisée. Pour autant qu’il n’ait eut à s’en souvenir, le gel n’avait jamais été son ennemi et ce fut avec une certaine curiosité qu’il l’accueillit. Le deuxième effet qu’il n’attendait pas fut une extrême lassitude l’envahissant, contre lequel aucune volonté ne put l’aider à s’en démêler.

Une seconde morsure survint presque aussitôt et son regard pu contempler l’excroissance d’acier qui venait de surgir depuis son propre ventre. Les branches auxquelles son esprit s’était raccroché n’existaient tout simplement plus, ses genoux ne parvenaient plus non plus à maintenir sa haute carrure si prêt du ciel comme à l’accoutumé. Ils frappèrent le sol de concert et dans le même temps, le forgeron se rendit compte avoir laissé s’échapper son arme, ses bras ballants le long de son torse. Soudain, il ne se trouvait plus dans cette enveloppe physique et était certain de pouvoir voir son propre corps depuis un point de vu inédit et extérieur. Lui qui n’avait jamais vraiment eut cure de son apparence, sauf pour la soigner à la cour afin de ne pas jeter le discrédit sur le nom qu’il portait, il se demanda alors si cette masse s’écroulant sous ses yeux plaisait ou déplaisait aux autres, si cette expression de surprise sur ces traits qui étaient les siens apparaîtrait comme risible ou le plaindrait-on en le distinguant ainsi.

Il se vit tenir encore un temps qui lui parut infini, ainsi perpendiculaire au sol qui semblait accroître sa gravité pour attirer cet ensemble à l’embrasser une bonne fois pour toute. Dans ces yeux rouge, aucune flamme ne subsistait plus, l’illusion s’était envolée, l’âme qui dormait au sein de ce vaisseau qui l’avait transportée jusque là ne se mentait plus dorénavant. Il s’écroula, face contre terre dans un bruit sourd, goûtant cette expérience tout en la subissant sans que le choix ne lui soit donné. Quelque chose en lui le préservait de la meurtrissure occasionnée par l’ouverture qu’il n’ignorait pourtant pas dans son dos, ainsi que par celle qui le perforait de part en part et de laquelle débutait de s’échapper toute chaleur. Ou bien le mal était il si fort qu’il était incapable de l’assimiler… Cela n’avait plus d’importance en vérité. Toute la lumière qu’il avait toujours pensé et voulu dégager venait de se faire engloutir par une éclipse si vaste et si dense qu’il en était même venu à douter d’avoir pu illuminer la voie de qui que ce soit.

Son front glissa sur la terre, offrant sa joue droite en lieu et place de celui-ci, laissant les hautes herbes seules pour unique spectacle au bushi artisan. On venait de lui apporter la réponse à ses questions existentielles en deux frappes, au moins ne ressentait-il pas de douleur, juste une fatigue immense, comme il n’en avait jamais subie et dans les bras de laquelle il n’avait plus que pour seule envie que de s’y glisser, telle une rassurante étreinte après cet enchaînement de désespoirs et d’espoirs se succédant inutilement. Cela ne changerait rien, le monde continuerait de tourner, Fukyuu Kanzen n’était qu’un nom, un être ayant fait irruption dans la vie d’autres qui continueraient leur route sans lui et sans que cela ne pèse dans leur destin. Finalement, il avait bien vécu et aimé. Il ne s’était jamais vraiment ennuyé non plus.

Tant qu’elle le lui avait permis, il avait mordu la vie à pleines dents et bien qu’il aurait aimé encore en savoir plus, il jugea qu’il s’agissait là d’un petit caprice de sa part, comme il en avait eut tant. Le forgeron débutait d’avoir cruellement froid, les couleurs s’estompaient, c’était, là encore, quelque chose de nouveau. Des enfants de Oyamatsumi, il n’avait jamais conçu le gel comme un ennemi ou un tortionnaire, mais il ne l’avait en aucun cas subit de si totale façon. Même le Soleil le dardant de ses rayons ne le réchaufferait plus maintenant. Tant pis. Il se remit à penser à ceux qui lui étaient les plus important. Les visages d’une maiko devenant geisha, d’un bushi au regard triste, d’une jeune femme dépourvue de visage qui était son sang et dont il ne verrait finalement pas les traits, une onmyoji parvenu au rang d’élue divine, qui, si elle avait connu ce qui lui arrivait à cet instant, lui aurait peut être offert plus que ce qu’elle lui avait donné… Il les voyait tous et bien d’autres encore. Il se mis à sourire du mieux qu’il le pouvait malgré son absence de contrôle et de force sur lui, ses yeux s’humidifiant peu à peu et se déchargeant dans le même moment sur la terre.

Ce ne fut pas une réponse aux derniers mots qu’il avait surprit, provenant de son adversaire et assassin, même si, étrangement, il leur fit écho tandis qu’il prononça dans un souffle, probablement le dernier qu’il eut à expirer, aussi délicatement et chaleureusement qu’il en avait toujours fait jusqu’à cette dernière seconde :

Ah… Sumimasen, minasan… Et… Sayônara.
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Jônin

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MessageSujet: Re: [PV] Le jeu du Destin Dim 23 Avr - 14:19

Impassible, il retira sa lame du corps de son ancien adversaire et le regarda tomber sans éprouver la moindre émotion à ce sujet. Son travail n'était pas encore terminé, il n'allait pas laisser l'otage se vider de son sang à deux pas de la frontière, là où on finirait par le trouver lorsqu'on se déciderait enfin à le chercher. Ce n'était pas ce qu'il avait prévu.
Ainsi, il délaissa le corps mourant pour aller chercher les chevaux qui avaient fui. Créatures dociles, elles n'étaient pas parties si loin et maintenant qu'aucun danger ne planait autour de lui, il n'eut aucun mal à ler attraper, ni à les mener jusqu'à l'emplacement de leur duel. Sa plus grande difficulté vint plutôt du fait de porter cette grande perche jusque sur le dos de sa monture et cela lui prit un certain temps pour y parvenir. Une fois cela fait, il se hissa à son tour sur la sienne, il ne restait plus qu'à restituer le précieux otage à son clan d'origine.

*

La petite escouade Kenshu avait suivi la piste qu'on leur avait indiquée et ils avaient fini par retrouver la trace de celui qu'ils traquaient. Foutu Kanzen. Foutu Fukyuu. N'aurait-il pas pu se contenter de jouer le rôle qu'on lui avait attribué ? Il l'avait jusqu'à maintenant très bien rempli, trop peut-être, s'intégrant à merveille chez le Tigre et voilà qu'il avait décidé de n'en faire qu'à sa tête, bravant toutes les conséquences que cela allait impliquer. Après tout, n'en avait-il pas toujours fait ainsi ? Mais était-il vraiment irresponsable à ce point ?
Si seulement ils parvenaient à le rattraper, certains pourraient bien lui dire sa façon de penser, mais son cheval était rapide et il ne montrait pas la moindre intention de se laisser faire. Ils ignoraient que celui qui se faisait passer pour lui ne faisait que leur faire perdre habilement du temps, serpentant sur cette route qui malgré les détours les mènerait inexorablement vers la frontière, là où tout se terminerait.

*

Ils étaient en retard. C'était ce que se disait l'escouade Fukyuu qui attendait à la frontière pour récupérer la seule personne qui pourrait s'exprimer auprès du daimyo au nom de Kenshu. On avait fermé tous les passages entre les deux clans et personne ici ne se risquerait à avancer sur un territoire qui serait peut-être bientôt celui d'un ennemi. Mais que faisaient-ils ? Se moquaient-ils d'eux encore une fois ? Il fallait dire que le clan du Tigre avait multiplié les bévues et qu'ils semblaient ne jamais vouloir s'arrêter en chemin. Y avait-il tant de différences entre leurs deux peuples pour que ceux-ci se révèlent incapables de se comprendre et de discuter ?
Soudain, ils n'en crurent pas leurs yeux. Il était là, galopant sur son cheval, mais pas tel qu'ils auraient pu l'imaginer. Affaissé dessus, incapable de se tenir correctement, il ne mentait pas sur son état. Le sang qui avait coulé sur la robe du cheval non plus. Et derrière lui ? C'était les samouraï Kenshu ! Ceux-là même censés le protéger, l'escorter, s'assurer que…

Ils n'eurent pas besoin de réfléchir davantage pour dégainer et se lancer à l'assaut de ceux qui avaient enfin révélé leur vrai visage : celui d'un méprisable ennemi. Seul l'un d'entre eux se chargea d'intercepter le cheval de Kanzen et de partir immédiatement vers le village le plus proche. Était-il mort ? Était-il encore en vie ? Et si oui, allait-il pouvoir survivre ? Il le fallait. Il le fallait vraiment.

Les samouraï du Bœuf furieux et légèrement supérieurs en nombre, reposés, prêts au combat s'étaient élancés contre ceux du Tigre qui avaient bien chevauché et qui, surpris, n'eurent que le temps de comprendre qu'ils s'étaient faits piéger. Le combat fut impitoyable et ils traquèrent chacun d'entre eux, révoltés d'avoir vu de leurs propres yeux un tel affront. La félonie de Kenshu ne s'arrêterait donc jamais ? Jusqu'où allaient-ils encore aller la prochaine fois ? Livrés à leurs instincts de guerrier, à ce code d'honneur qu'ils suivaient, ils ne leur accordèrent aucune pitié. Parmi les morts, on y trouva même le très ordinaire et sans histoire Akifumi.



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