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 Yukino Seishin [Terminé]

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Yukino Seishin

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Chûnin

Messages : 32
Date d'inscription : 18/05/2016

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MessageSujet: Yukino Seishin [Terminé] Mer 18 Mai - 8:15



YUKINO SEISHIN
☼ Nom : Ogawa, réincarné Yukino.
☼ Prénom : Masao, devenu Seishin.
☼ Surnom :

☼ Âge : Physiquement 27 ans, une éternité, quelque mois à peine.
☼ Sexe : Masculin.
☼ Statut : Chuunin. Officiellement Yojimbo de la sœur du Daimyo.
☼ Arme(s) : Un daisho autant qu'un cadeau : Kyūkyoku no maboroshino tsuki.




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POUVOIRS ET MAITRISES


  • Zekken, l'épée absolue.
  • Kikken, l'épée d'espoir.
  • Ishiken, l'épée consciente.



  • Tamashī no tate, Le bouclier de l'âme.
  • Tamashī no shisen, le regard de l'âme.



☼ Physique :


Un visage fin au regard carmin vous perce jusqu'au tréfonds de l'âme, du sommet de son chef coule une chevelure de nuit sans lune, liée ça et là afin d'éviter la gêne que pourrait causer une telle propension capillaire. Son cou descend sur des épaules solides, charpentes d'une haute taille trompant les apparences d'une force insoupçonnée et tout aussi diamétralement opposée à ce que sa plastique fluide le suggérerait de prime abord, une gestuelle saccadée, manquant de souplesse, comme si l'esprit et le corps n'étaient pas tout à fait unis.

Autrefois conscient d'une beauté rare, il en ignore aujourd'hui tout l'impact et bien involontaire sont ses sourires enjôleur qu'il souhaite pourtant simplement chaleureux. La teinte de sa peau le rend quasiment spectral, sa clarté rehaussée par le noir de sa tignasse. Auparavant, il n'apparaissait que lorsque la chose était nécessaire, couvrant son physique avantageux des vêtements de l'ombre, laissant à ses bras et ses jambes sans remparts ni obstacles de tissus et facilitant ses mouvements.

Depuis peu, celui que l'on connaissait sous le nom d'Ogawa Masao est plus souvent vu en kimono complet et ample aux couleurs du clan, un phénix doré visible sur le pan gauche de ce dernier et parfois rehaussé d'une cape azurée aux allures de cieux clairs. Sa toilette apparaît comme celle d'un samuraï de la noblesse et il est difficile de ne plus le distinguer à présent, allant à contre sens de sa fonction. Il ne subsiste plus rien de son attirail shinobi, seul ceint à son obi d'un blanc de neige, à l'image de son hakama, un katana sans wakizashi que l'encre la plus profonde ne saurait égalée en noirceur.

Mais moins souvent, celui qui se fait dorénavant appeler Seishin peut apparaître tout à fait différemment, révélant la réalité de sa nouvelle nature.


Dans une flamme d'ébène intense, sans chaleur ni effet visible sur ce qu'elle touche, apparaît l'esprit, incarnation d'un concept dont il paraît pourtant l'opposé. Ses cheveux se libèrent, se mariant aux feu nocturne l'environnant, plus hirsute, plus libre de ses mouvements. Un tiers de son corps se couvre de bandages solide, comparable à de l'os et possédant la souplesse d'un cuir épais à la fois. Des parties dénudés s'échappent les ombres fluctuantes donnant naissance au flamboiement obscur semblant ne faire qu'un avec lui, l'auréolant en un fin brasier absorbant toute lumière environnante.

Ses jambes sont enroulées d'un hakama n'ayant pas d'existence dans le plan des hommes et sur lequel aucun rayon de soleil ne paraît pouvoir s'attacher. L'esprit de l'Espoir absorbe tout l'accablement et la désolation qui l'entoure, faisant de ces dernières sa propre peau comme un fardeau assumé et dont il libère ceux qui se trouvent autour de lui au détriment de cette apparence de tourments infinis. Il serait présomptueux de penser qu'il puisse s'aider de cette dernière pour passer inaperçu, car c'est en réalité tout le contraire qui s'impose.

De la peine du monde, il est accompagné du cri, un sifflement strident pareil au hurlement d'un dragon soufflant son dernier soupir. Si noir se trouve-t-il, il n'en apparaît pas moins alors que les ténèbres l'environnent, comme s'il émanait de lui une lueur impossible et au cœur de la nuit, s'affiche l'image d'un spectre dont la mort ne semble pas vouloir.



☼ Caractère : Vous le connûtes sévère et le retrouvez clément. Sans la moindre compassion autrefois, la miséricorde semble accompagner ses pas lorsqu'il le juge nécessaire. À celles qui eurent Masao pour amant, ou celles qui furent les cibles de ses avances, l'homme paraît avoir tout simplement oublié les effets de sa plastique avantageuse et il ne fait plus grand cas du genre de son interlocuteur, se comportant souvent avec une douceur étrange et désinhibée.

De ses traits de caractère, seule sa loyauté extrême à Mononoke figure inchangée à la surface. Son regard vairons d'autrefois disparu, laissant place à deux pupilles jumelles brillantes d'un sang surnaturel a trouvé une chaleur qui lui faisait défaut auparavant. Rien ne pouvait étonner l'héritier des Ogawa du village caché de Honoo, tranchant de façon radicale avec l'émerveillement qui est le sien constamment à présent et devant toute chose ou presque.

Mais n'allez pas penser que le Loup est devenu une Brebis, car dans le cas d'un affront, aussi moindre soit-il à celle qu'il protège et vous retrouverez les traits redoutés du Chûnin des Setsu dans son expression. Sa peine s'écrira sur son joli minois lorsque son âme ressentira le désespoir autour de lui et il deviendra une priorité pour lui d'offrir cette force étrange et intangible qu'est l'espoir à son prochain dès qu'il le pourra.

De sa vivacité et de sa témérité ne subsiste plus rien depuis qu'il est devenu tempérance et patience incarnée. Les insultes glissent sur lui comme le courant sur la pierre en surface, à l’exception prêt que rien ne paraît pouvoir l'éroder. Cependant et à nouveau, l'ange deviendra un démon si vous vous en prenez à ce qui lui est le plus cher.

Enfin, et pour clore le propos, si l'impétuosité trompeuse de Masao lui permettait de passer outre ses craintes, Seishin est naturellement dépourvu de la moindre peur à l'exception d'une seule et unique : Ce qui pourrait faire souffrir sa protégée.


Convictions☼ Les clans:

Il fut un temps où Masao était aux aguets de la moindre information relatant des faits et gestes notables des personnalités les plus importantes de Yokuni, se constituant un véritable réseau tentaculaire d'espions dormants parmi les civils des clans voisins et plus lointain. Son regard ayant été majoritairement et naturellement porté sur Fukyuu pour des raisons autant politiques que personnelle.

L'enfer écarlate appartenait au passé selon lui et seul le présent et l'avenir jouaient de leur importance. Il agissait pour le bien des siens, quoiqu'en coûte les démarches qu'il pouvait entreprendre. Mais ses yeux bicolores ne quittaient pas les terres de feu pour autant, surveillant au mieux de ses capacités Kakita Sakuya dont la rivalité avec Setsu Akane était évidente à ses yeux malgré la discrétions que les deux kunoichi entretenaient à ce propos.

Parfaitement conscient d'être un outil remplaçable tout au long de sa vie, il fit tout pour devenir indispensable par son talent, sa pédagogie auprès des shinobis en devenir se montrant un formateur des plus exigeants, mais aussi parmi les plus efficaces, sinon le meilleur. Si sa méfiance allait naturellement en direction des glaces du centre de l'Empire, ce n'était pas uniquement mû par la logique de l'état de conflit latent qui sommeillait entre les disciples de Moegami et ceux d'Itegami, mais surtout par jalousie. Shuzen Zakuro, avant sa mort, a toujours été une source de peine et de rancœur du fait des attentions que la Jônin réservait au Taisa et dont lui même ne pourrait jamais jouir.

Mais depuis sa renaissance, Seishin n'est plus que l'ombre de ce regard et de ces sentiments extrêmes. Le monde ne se limite pas aux frontières claniques à ses yeux devenus sang, il attache une importance à tout le genre humain et à celui des yokaïs sans distinction et sans préférence. Son clan d'attache ne l'est que par la force des choses et il n'en respecte le credo que par sa fidélité héritée à son émergence pour la sœur du Daimyo des Setsu.

Pour autant, il ne se sent pas plus enfant des flammes qu'autre chose et son allégeance n'appartient dorénavant plus qu'à Akane, dont les seuls choix pourront faire pencher la balance de la loyauté de l'esprit incarné de l'Espoir. C'est dorénavant avec un point de vu contemplatif qu'il avise l'ensemble des clans, sans jamais plus s'encombrer de leur rivalités intrinsèques.

☼ Les Kamis:

En un temps, Masao était mû d'un pragmatisme excluant toute adoration aux Kamis, ne voyant tout juste en l'un d'eux, celui des flammes, que comme la source de ses dons ignés, ni plus ni moins. Sa seule religion était le nindô, sa seule foi allait dans son clan et son Jônin et le Temple de Moegami n'aura été  que rarement foulé par ses pas et certainement pas pour rendre ses hommages au kannushi ou au Divin protecteur des terres du Nord.

Les Yokaïs furent des cibles toute particulière de ses surveillances et plus souvent que de coutume, des attaques de ses escouades de contrôle. Jamais avant sa confrontation avec l'esprit d'Espoir il n'adressait réellement la parole à l'un d'entre eux, le seul langage l'ayant lié aux créatures spirituelles étant celui de l'acier.

Celui qui se fait maintenant appeler Yukino Seishin est aux antipodes de tout cela. Il n'a pas à croire dans les Kamis, puisqu'il fut en partie l'incarnation de leur propre espérances, il les connaît tous, sans la moindre exception, car aucun d'entre eux ne pu se passer de ce qu'il représente. De ce fait, si ses dons apparaissent comme liés aux prouesses des flammes, les siennes sont d'un noir d'encre et possèdent bien d'autres propriétés que l’anéantissement ou l'incandescence.

Malgré le statu de concept universel qui fut le sien, il révère les Kamis comme des entités largement supérieure au sien, car pourvu d'une individualité qu'il n'avait pas avant sa fusion et son renouveau. Malgré l'acquisition de ce manque passé, il n'en a guère changé son respect total pour les Divins gouvernants ce monde bien plus que le genre humain trop persuadé à son goût de sa légitime dominance sur Yokuni.

Concernant les Yokaïs et en étant un à plus d'un titre, il ne les distingues pas des hommes, même si sa méfiance à leur égard est parfois visible. Il les juges le plus souvent faibles face aux caprices des Kamis, l'Enfer Écarlate et les derniers événements en sont des preuves évidentes à ses yeux. Au contraire de nombre de représentants de l'humanité, les bakemonos auront fort à faire pour acquérir sa confiance, paradoxalement à sa propre nature.

☼ Le système féodal:

Là où l'héritier des Ogawa voyait une nécessité dans le bon ordre des choses à chaque castes et dans chacun de ses engrenages un rôle à jouer, Seishin fait montre d'une incompréhension des plus totales. Il ne peut s'expliquer qu'il puisse exister de tels clivages entre un être humain de sang et un autre et reste interloqué devant l'acceptation tacite des plus humbles face aux pouvoirs que s'autorisent les plus riches.

Pourtant, il porte là un regard de spectateur, bien loin de souhaiter créer le schisme dans la société des hommes. Il ne montre pas le moindre dégoût devant les situations les plus injustes que la civilisation Yokuni pourrait être capable de lui décrire, mais il ne restera pas impassible face au désespoir s'il le croise sans considération de qui en serait la victime.

Le bushido aura toujours été étranger à celui qu'il fut, ce qu'il fut et celui qu'il est devenu à présent. Masao en a lu les préceptes et ces derniers l'auront toujours fait rire, car selon ses propres dire, un seul terme de ces règles imposées aux Samouraïs peut les empêcher de mener toute mission à bien. Le regard de Seishin n'est pas très différent de celui qu'il était autrefois.

À l'exception près qu'il ne conçoit pas une quelconque aversion pour ce code ni ne le tourne au ridicule. Ce dernier peut être tout à fait respectable selon les situations et dans d'autre cas tout le contraire à ses yeux. Face à un bushi faisant l'aveugle devant les exactions d'un supérieur ou de son Daimyo, il aura bien du mal à préserver sa nouvelle sérénité.

☼ Les organisations:

Que ce fut-ce ceux de La Main ou Kara, Masao et nombreux de ses pairs surveillaient et tâchaient de préserver le domaine des Flammes contre ces groupuscules, l'un dans ses actes, l'autre pour ses idées. Les agents de la première étaient enfermés ou exécutés, ceux avérés de la seconde étaient souvent interrogés afin d'en comprendre la structure et de mettre un nom sur chaque échelon la composant.

Personnellement, le jeune Ogawa trouvait utopique la vision des membres de Kara, mais ne possédait aucun grief vis à vis de ces rêveurs. Il aura toujours fait attention de les traiter avec un minimum de heurt lorsqu'il aura eu à les chasser pour leurs idées subversives, quand bien même certains auront trouvés la mort par sa propre lame. Son point de vu subjectif concernant la Main est tout autre.

Si l'ensemble des contrats de cette organisation ne pouvaient forcément pas tous être descellés, il participa grandement à en percer à jour un grand nombre et à empêcher l'accomplissement de ceux-ci. Des agents que ses hommes et lui-même parvenaient à dénicher, il en soutirait le maximum d'informations avant de les empêcher de nuire à jamais.

Il organisa aussi l'infiltration de cette entité, mais cela ne fut jamais assez en profondeur pour en permettre l’anéantissement complet, sinon uniquement de cellules agissants directement au sein des frontières des flammes. À ses yeux, le meurtre est une forme de protection, non pas un métier dont on peut se faire rémunérer et sur ce point de vu précis, celui qu'il est devenu partage totalement la vision.

Depuis que Seishin existe, son regard se porte bien moins sur ces groupes opposés, mais si son opinion est devenue neutre concernant Kara, sa vindicte est bien plus agressive envers la Main. La torture et la recherche d'informations n'est plus dans ses priorités, il est devenu depuis un gardien qui n'éprouvera pas la moindre pitié à occire le plus petit maillon de cette chaîne s'il était confronté à l'un d'entre eux.

Il n'existe pas de place en ce monde déjà bien secoué pour des êtres faisant de la mort leur gagne pain et si l'un d'entre eux venait à se présenter face à lui, porteur des meilleurs intentions du monde, celles ci n’apparaîtraient à juste titre que comme des excuses et il n'obtiendrait de la part du revenant aucune mansuétude, ni même le temps de s'exprimer plus loin que la révélation de son identité.

☼ Les derniers événements:

Masao resta aux côtés de la Jônin afin de lui prêter main-forte durant les événements qui frappèrent Yokuni et plus particulièrement Kazan, Hibana et Moe.  Il aida de son mieux celle sensé être à la tête des armées des ombres dont les circonstances firent qu'elles durent se produire à la lumière du jour et parfois même aux côtés des samouraïs du clan des flammes. Il finit par donner sa vie pour elle lors d'une mission qui tourna au drame, un peu avant l'invitation Impériale à Birei, sans pour autant que le sacrifice soit total, comme on pourrait s'en douter.


Histoire

Les temps se troublent, les cieux se déchirent et les monstres peuplant nos rêves et nos fables investissent dorénavant jusque notre monde, y semant la division et la destruction. La moitié du peuple de Setsu s'est endormi, poussant l'autre moitié à se battre pour elle. Pour peu que je le sache, malgré mes fonctions, le cas s'est généralisé dans l'ensemble du domaine Impérial. C'est à se demander ce que fait notre très cher Empereur, d'ailleurs. Mais je ne couche pas mes mots mû d'un esprit rebelle. J'ai vécu vingt-sept années, presque trente ans de chance à éviter les ennuis ou à les affronter et les vaincre, cependant, je sens qu'elle tourne. Ou alors je me leurre et elle n'aura jamais été ma partenaire durant tout ce temps. Quoiqu'il en soit, je n'ai pas de descendant, ma seule famille auront été les shinobis de Honoo, le peuple du silence des flammes. Sauf que je veux laisser une trace.

Que l'on sache qui j'étais, ce que j'ai fais, que l'on comprenne et pas seulement que mes frères, sœurs et elle plus particulièrement, se contentent de se souvenir de moi. On ne chantera pas mon nom malgré tout, je le sais bien et je n'en demande pas tant. Pour autant, je suis décidé de décrire ici celui que je suis, sans faux semblants, sans mensonge ou omission. Ce ne sera pas exhaustif pour autant, ma mémoire n'a rien d'eidétique. À vous qui prendrez le temps de parcourir ces lignes, merci. Vous devenez mon héritage. J'en oublie le plus important et je regrette de ne pas pouvoir échanger avec vous le votre, mais je m'appelle Ogawa Masao et ceci est mon histoire :


Je suis né à Honoo, dans un village que je ne vous situerais pas, car mes propos n'ont pas pour vœux de briser l'histoire des gens de mon genre. J'ai donc vu le jour au cœur même de la nuit du clan élu de Moegami, au début de l'an treize après l'Enfer Écarlate. Mes parents étant des habitants des ombres eux-même à leur naissance. Car comme je le disais, ma famille est constituée uniquement des shinobis du feu. Nous somme la main cachée des Setsu, ceux qui se salissent les mains lorsque l'honneur des bushi risque d'être souillé, ceux qui sont les véritables yeux des maîtres de nos terres, ceux dont la loyauté pour notre Seigneur va bien au-delà de celle de quelque samouraï que ce soit, car notre identité lui est sacrifiée, nos actes sont mû uniquement dans le but d'atteindre l'objectif désigné par le Daimyo et ce au détriment de notre être, s'il le faut. Certains nous voient en légendes pour effrayer les enfants à l'heure du coucher, d'autres ne croient tout simplement pas en nous… Et personne ne nous connaît véritablement, ni ne peut se targuer de nous avoir réellement vu.

Les seuls témoins de nos actes sont nos victimes et ces dernières n'ont jamais plus la possibilité de s'exprimer après la révélation de nos existences à leurs yeux. Bref. C'est dans ce cadre charmant que je me suis éveillé au monde. Afin d'atteindre le niveau d'excellence demandé pour préserver le secret de nos vies, nous sommes entraînés aux plus bas ages, du moins, pour ceux nés au sein de nos murs. Car il arrive que des externes soient intégrés aux nôtres pour des raisons de capacités ou d'implications au cœur de la société du pays, sans parler de nos cellules dormantes. Mais je ne suis pas celui qui fera le détail de cela. J'ai donc, depuis que je sais marcher, été éduqué aux arts ninja, comme les ignorants nous appellent. Je me souviens de la difficulté de prime abord, de la disparition de certains de mes compagnons de ce temps, jugés inaptes, de leur mort à l’entraînement. Malgré ce contour qui pourrait vous laisser penser que nous sommes à plaindre, mais qui devrait au contraire vous faire comprendre notre investissement personnel si total qu'aucun ne pourrait nous être comparé en fidélité, j'étais tout à fait heureux.

On m'a choisi la destiné d'un combattant, d'un assassin de l'ombre, au contraire de certains de mes amis, dont on peaufinait l'éducation pour rentrer dans les cours des Seigneurs et devenir des meurtrier de la lumière. Ces derniers sont choisis pour leur capacités orales et leur physiques des plus avantageux. Je ne veux pas dire par là être laid comme une carne, je suis même certain que la nature m'a gâtée à plus d'un titre, mais mon regard déclenche naturellement la suspicion : mes yeux ne possèdent pas la même couleur. Je m'égare, ces détails n'ont aucun intérêt. Donc, j'ai grandi avec pour jeu celui du meurtre, sous ses formes les plus subtiles ou les plus sanglantes. J'ai appris à lire pour différencier les fioles de poisons, à écrire pour laisser un message aux survivants de nos attaques, pour les prévenir que nous reviendrions pour eux si les choses qui nous avaient appelées à prendre l'un des leurs ne changeaient pas dans le sens que nous jugions bon.

J'ai appris à parler pour mentir au mieux et à séduire pour attirer les regards sur moi pendant que l'un des miens accomplissait notre devoir. Et tout cela avant d'atteindre mes cinq ans. N'allez pas voir la de la prétention ou un signe de talents qui m'illustreraient par rapport aux nôtres. Nous sommes tous ainsi, éduqués de cette façon et ceux qui ne parviennent pas à satisfaire ces attentes… Eh bien… Leur testament seront beaucoup plus court que le miens.


Je fus très vite placé sous la tutelle de l'une de mes aînée, Hatsukoi. Une kunoichi des plus dévouée, qui fut plus une mère pour moi que ma propre génitrice, qui fut plus qu'une sœur et qui fut bien plus que tout cela finalement. Il est de coutume au sein de notre caste que nous soyons ainsi suivis, détaché du groupe pour nos premiers pas dans le monde de la nuit. Elle était mon aînée de sept ans et durant quelques temps, elle fut mon unique univers.

Cette fermeture autour de l'astre qu'elle était à mes yeux ne dura pas éternellement, mais j'y reviendrais plus tard. Elle fut d'une infinie patience à mon égard, aiguisant chaque talent dont elle me pensait investi, m’inculquant le respect dû à la vie, malgré celles que nous prenions. Son précepte était simple : nous devions honorer nos victimes, car sans elles, nous n'aurions aucune essence. Les années passèrent ainsi, d'une certaine manière paisiblement si l'on oublie les risques et le sang. J'écris cela sans vraiment en comprendre le sens, car il s'agit de ma façon de vivre, de ma norme. Mais à force d'observer le peuple du Feu, je compris très tôt que mon monde n'était pas celui de la surface. Il n'en reste pas moins son bouclier et son épée, plus encore que celles des disciples du bushido si on y réfléchi bien. Car par ma lame de jeune bambin tombèrent des êtres dont la capacité de menace allait bien au-delà des jolies batailles en plein jour de nos valeureux guerriers en armure.

Mes jeux et ceux des miens étouffaient, sans vraiment que nous ne nous en rendions compte, des conflits dont les proportions auraient pu briser le clan, voir l'Empire entier, avant même que leur idée ne viennent à poindre. Je le répète au risque de devenir redondant : Mon cas n'en est qu'un parmi tant d'autres. Je devins genin autour de l'age de treize ans. Ce fut tout autant un départ qu'une fin. Parvenu au rang de ma tutrice, nous sommes devenus frères d'armes et pairs, mais l'apprentissage ne prit pas fin pour autant, bien qu'il dévia vers un attachement que la société shinobi n'encourage pas réellement, sans pour autant l'interdire strictement. Elle affina mes capacités de séduction, mes compétences à captiver mon entourage et elle me dévoila les jeux du corps. Sur ce point, elle se montra des plus méticuleuse, je dois l'avouer. Aujourd'hui, avec le recul, je me rend bien compte que son propos d'aiguiser mes dons pour qu'ils servent au clan tenait plus d'une excuse que d'autre chose, car j'étais un guerrier, mon rôle n'était pas celui qu'elle illustrait lors de ces leçons toute particulières.

Néanmoins, je fus pris au jeu et cela devint notre échappatoire, notre moyen de souffler, de se récompenser de nos succès. Tout cela nous amena donc à éprouver une certaine dévotion l'un pour l'autre. Notre fidélité basculait lentement vers nous-mêmes, plutôt que vers l'intérêt du plus grand nombre et plus précisément de Honoo et donc de Setsu. La rançon de cette erreur ne parvint que trois années après ce changement entre nous, je devais avoir dix-sept ans. Cela se produisit lors d'une banale mission d'exfiltration de l'un des nôtres, porteur d'informations cruciales autour des mouvements de nos homologues d'un autre domaine dont je tairais le nom ici, ce journal ne pouvant souffrir de trahir mon clan. Nous étions certains que l'agent était sur le point de se faire démasquer, ce qui avait motivé notre envoi en tant qu'escorte, mais il s'avérait en vérité que le mal était déjà fait, que l'identité de notre allié avait déjà été percée à jour.

Nous étions attendus sans être conscient de cela. En temps normal, il arrive que ce genre de situation n'empêche pas le déploiement d'une escouade, le savoir primant sur nos vie, mais au moins sommes nous prévenu de cela et nous préparons en conséquence. Le piège se referma sur nous alors que nous étions rentré en contact avec notre infiltré. Ce fut une illustration parfaite du fait de combattre le feu par le feu, car rapidement, nous fûmes cernés des ninjas du camp ennemi, ceux dont nous étions sensé connaître les déplacements bientôt. Si je suis toujours vivant pour parler de cette situation cauchemardesque, ce fut uniquement parce que Hatsukoi se dressa face à nos opposants, le fiasco de la mission fut total, car ils ne firent pas grand cas de la vie de notre informateur pendant qu'une partie des leurs se ruaient sur nous. Je ne pouvais pas attendre de ma partenaire qu'elle m'attaque ou du moins, qu'elle me charge au point de me faire traverser le blocus de shinobis, me séparant d'elle et de nos agresseurs d'une poignée de mètres.

Je me souviens avoir hésité à me jeter en pure perte à ses côtés pour y mourir, mais comme je le disais plus haut, l'information prime sur nos vie. Celle que je devais transmettre n'était pas à la hauteur de ce que nous étions venu chercher, mais avait le mérite d'exister : l'un de nous devait prévenir Honoo de ce qui s'était produit, l'ignorance étant une arme terrible que l'on pourrait dresser contre le village. J'ai donc profité de ma situation pour m'enfuir, laissant ma tutrice, ma sœur-d'arme et mon amante derrière moi. À ce point là, vous pourriez considérer qu'il ne puisse pas y avoir de rapport entre notre lien et l'erreur que je citais plus haut. Mais au dernier regard qu'elle me jeta lorsqu'elle me sauva la vie, je peux vous jurer que la mission n'avait plus eu la moindre importance à ses yeux. Elle n'avait pas fait cela pour que notre échec serve malgré tout. Elle n'avait pas fait cela par fidélité pour le Setsu.

Son agissement était allé à l'opposé de tout ce que nous avions appris. Qu'au final, cela m'ait permis de porter la connaissance de la situation aux miens n'avait aucune importance à mon sens. Je n'avais pas hésité à déguerpir, sans me retourner un seul instant. Ma rancune à son égard fut longue à s'apaiser, mais il fut d'autant plus long d'oublier qu'elle aurait pu se dresser entre l'informateur et nos ennemis plutôt que le geste qu'elle eut, si bien que je me promis de ne jamais plus partager un tel lien qui risquerait de mettre en péril ce pour quoi nous étions fait. Vous ne savez pas encore à quel point je me suis parjuré depuis, mais si vous lisez encore ces mots et que vous poursuivez, alors ce détail ne sera pas long à éclaircir. Quoiqu'il en soit, mon existence repris son cours, détaché de l'ombre de celle qui m'avait tout appris.


Je me suis mêlé aux miens et découverts un certain plaisir à cela. Une année passa ainsi, à parfaire mon savoir, à le partager à la nouvelle génération, à offrir une partie particulière des talents que j'avais acquis auprès de ma mentor à celles qui le désiraient ou qui en avaient le plus besoin.

C'était devenu comme un rite apaisant et on ne se refusait pas à ma compagnie, ni à mes traitements. Vous pourriez y voir une forme de perversion ou d'obsession, mais il s'agissait plus simplement d'exprimer notre humanité. Tout à changé durant ma dix-huitième année. Honoo venait de perdre son Jônin et son fils, souvent en déplacement, était tout désigné pour prendre sa suite. Byakuya n'était pas revenu seul de ses pérégrinations, tout rappelé qu'il était pour succéder à son géniteur. À sa suite, celle qui deviendrait Mononoke sous mes yeux se tenait, fraîchement Genin, une certaine mélancolie sur les traits. Parmi les miens, la question est un tabou et je ne m'ouvrirais pas plus sur le sujet de son identité réelle dans ces lignes, il est juste un fait pour vous de savoir qu'elle fracassa toute mes bonnes résolutions à partir du moment où je croisais son regard pour la première fois.

Elle arrivait à peine, brisant dans le silence et l'innocence mon vœu, de par sa simple présence, qui consistait à ne plus m'attacher à qui que ce soit pour accomplir mon rôle, privilégiant objectif plutôt qu'humain. Je la maudis pour cela, fit tout pour éviter de la croiser, priant mes Chuunin de m'octroyer une tâche à accomplir, le plus loin possible du village. Mais tout cela fut en pure perte. Nous nous rencontrions parfois et je ne pouvais concevoir d'être la source d'une peine, aussi mineure soit-elle, sur son visage. Elle paraissait troublée et je me trouva à faire tout le contraire de ce que je m'étais juré d'être. Aimable, chaleureux et bienveillant, c'était là la seule chose que je m'autorisa à devenir en sa présence, prévenant aussi. Elle ne fut pas hermétique à ces attentions, trouvant probablement en moi un ami, le premier qu'elle aurait au cœur des ombres. Je voyais bien cependant ne rien pouvoir espérer de plus que ça, ses iris en admirant un autre qui ne paraissait pas lui porter le même sentiment.

J'aurais pu m'en réjouir, mais il n'en fut pas question, car de ses sourires dépendait à présent ma propre humeur. Si je sentais mon dévouement basculer en sa faveur, celui qu'elle entretenait pour notre Jônin était si fort qu'elle le soutenait jusqu'au point de vivre sous le même toit que ce dernier. Je me souviens de ce temps d'une grande absence de joie en ce qui me concernait. Gardant la nature de mon affection pour elle secrète, je l'accompagnais le plus souvent possible et quand ce n'était pas le cas, je noyais mon manque dans les bras d'une autre. À ce jeu là, je me rendis compte ne plus être l'un des seuls. Depuis son retour et sa nomination, Byakuya jouait de son charisme indéniable et de son rang pour s’octroyer les douceurs des kunoichi. Pourtant, c'était de ce dernier dont mon élue était éprise. Ce triste constat débuta d'enfoncer en moi une lame chauffée à blanc. Mes serments du domaine de la nuit tombèrent l'un après l'autre, ma loyauté et ma fidélité se trouvant largement affectées par ma rancœur naissante.

L'existence même de celle qui deviendrait Mononoke m'apaisait, mais se révélait tout autant être un poison pour mon âme. Je ne parvenais plus, par la force des mots, à la faire émerger de la tristesse qui la prenait jour après jour, de la jalousie qui la rongeait de ne pas être plus que l'élève de notre Maître. Déjà en ce temps, je savais cet homme incapable de porter une telle passion exclusive. Son seul intérêt se dirigeant vers le contrôle sur autrui, non, cela allait bien au-delà de ça : La domination qu'il pouvait exercer sur Honoo et ses membres était son seul leitmotiv. Mon point de vu sur le Seigneur des ombres de ce temps ne pourrait être que trop subjectif à la lumière de la malédiction qui m'affectait, aussi je ne m'étendrais pas trop sur son sujet, car il est probable que ce dernier, homme de terrain à la base, devenu par la force des événements à remplir un rôle sédentaire, ne s'en trouva affecté. Il n'en est pas moins un fait que l'année suivante, comme un coup du destin, notre Jônin fut frappé d'un mal qui inquiéta tant les instances du village qu'on lui somma de nommer un successeur.

Mononoke paraissait toute indiquée, car elle se trouvait être son apprentie, le suivant comme le reflet d'un miroir le plus clair du temps. Un tel choix aurait été une effroyable erreur, il s'agissait d'une humble Genin, aux origines extérieure de Honoo, elle ne possédait aucun soutien autre que le mien, invalidé par mon aveuglement. Ce ne fut néanmoins pas celui qui retint Byakuya, il fut pire encore que cela. Une femme-enfant des conquêtes de ce dernier devrait prendre ainsi sa suite, mais cela ne fut jamais dévoilé. Je ne le su que parce que celle qui était devenu ma raison d'être voulu bien me l'avouer entre deux sanglots. Cet aveu ne vint pas seul, malheureusement. Nous sommes forgé dans l'idée de ne pas laisser libre cours à nos inclinaisons les plus extrêmes. En tant qu'enfant de la nuit de pure souche, j'ai toujours caressé l'espoir d'en être la parfaite représentation. Ce qui me fut révélé, des mois après que l'ignominie fut commise, manqua de mettre à bas une existence entière dédiée à la maîtrise sur soi.

Je ne la voyais pas différemment pour autant et je fus prêt à m'offrir corps et âme à elle dès cet instant, malgré la haine qui menaçait de me consumer contre celui qui l'avait prise contre son gré. Fière, mais brisée, elle se refusait à tout contact, acceptant tout juste ma présence. D'ami, je devins son confident, mais ceci ne pouvait guère satisfaire mon abnégation. Ce jour où elle me fit sa confession, je ne trouva rien d'autre qu'à lui jurer une allégeance totale, bien au-delà de celle que je devais à Honoo, bien supérieure à celle que j'entretenais envers Setsu. Je lui appartenais depuis son arrivé sur le trajet de ma Destinée, ces mots ne furent là que pour faire baisser ma propre pression interne, cette colère qui menaçait de faire rompre mon ascendant sur celui que j'étais et pour qu'elle l'entende enfin après tout ce temps. Deux faits s'avérèrent évident à partir de ce jour : Je n'avais pas été capable de la protéger et le Jônin ne partirait pas par les voies naturelles de sa maladie.

Qu'elle accueillit mon dévouement en bien ou en mal, elle n'en parti pas moins un temps hors des limites du village pour parfaire ses techniques sans que je ne fusse convié à la suivre. Il apparaît pourtant que ce séjour me permit d'améliorer mes propres talents, de les éveiller à ce but dont ma vie s'était investie. Façonné telle une arme, prenant des existences sans qu'un bruit ne soit audible, éduqué dans l'art de frapper au plus vite sans être découvert, promettre une mort rapide sans que le besoin se fasse sentir ou presque d'imaginer avoir à me défendre, mes techniques souffraient d'un lourd pendant. Depuis ce jour, je m'impliqua dans la maîtrise des lames les plus courtes aux plus longues avec pour unique vœux celui de barrer du fer de ces dernières tout les maux qui pourrait atteindre celle qui était mon essence.

Je n'ai jamais vraiment connu d'ambition autre que de servir les miens et mon clan, ma propre personne n'aura été en aucun cas un axe prioritaire de ma psyché et j'étais dédié à cette femme depuis qu'elle eut intervenue dans ma vie, jumeler à ce vœu un art au combat qui lui soit totalement consacré ne fut qu'une formalité. Je m'exerçais autant en théories à Honoo qu'en pratiques en mission. De cet égoïsme est né ma réputation de protecteur de mes pairs, mais la vérité était que si l'acier de mes armes permit bien de soustraire au trépas les frères et sœurs avec qui je fus envoyé, leur sauvegarde n'était à mes yeux qu'un moyen de me rendre compte de la progression du style dont je m'imprégnais. Je ne ressent aucune honte à cela, nous avons tous une chose si précieuse à nos yeux que sa sauvegarde nécessite un sacrifice, quelque soit ce dernier et en ce qui me concernait, ce mal agissait comme un bien. Et il ne s'agissait pas là du pire aveuglement dont je fus la proie, car le retour de celle qui se fait connaître sous le nom de Mononoke de ses pérégrinations en Keito devint le symbole de mon abnégation à son sujet.


Bien avant qu'elle ne m'en fasse l'aveu, je devinais qu'elle entretenait de noirs desseins concernant la tête de notre ordre. Il était évident pour des raisons déjà citées que je partageais grandement ceux-ci et que si elle m'en avait donné l'ordre à cette époque, ma lame aurait été ravie de se plonger dans la gorge de Byakuya sans qu'aucune autre raison ou excuse ne me soit offerte. Mais elle ne fut jamais résolue à faire de moi l'outil de sa vengeance ni ne traita à mes côtés directement de ses aspirations. Enfin, quoiqu'il en fut, dès l'instant où elle revint dans la demeure des ombres de Setsu, je ne la laissait plus seule autrement que lors de ses nuits où elle rejoignait contre toute mes attentes les murs qu'elle partageait avec notre Jônin et son tortionnaire. Il n'était pas un jour alors où je ne tente de la convaincre de quitter ces derniers, ce à quoi elle me jurait qu'il n'était plus en état de lui faire subir quoique ce soit.

Nous partîmes de nombreuses fois en mission ensemble où je pus discrètement affirmer ma technique, motivé d'en user sur l'objet même de la naissance de cette dernière. Ce fut aussi en ce temps que je lui offris son premier masque, sa véritable identité risquant de mettre en péril bien plus que sa propre personne si elle était découverte. Ce don, elle ne le quitta plus depuis ce jour, du moins pour la forme, car elle n'en porta pas qu'un seul, mais je ne fus pas sot au point d'y voir un espoir de partage d'un quelconque sentiment autre que le lien que nous avions déjà. Du reste, nous lui créions ensemble ce personnage qu'elle devint alors, silhouette aux traits de démon immaculé : Mononoke était née. Plus que les besognes dont le villages nous désignait comme exécutants, nous nous improvisions justiciers anonymes au cœur des cités des terres de Moegami. Ce genre de distraction m'aurait paru tout à fait inutile avant de la connaître et même en sa compagnie, je ne pouvais que penser que nous perdions là notre temps, mais me gardais bien d'en partager l'idée. À sa décharge, cela participa à sa légende et l'on débuta de prononcer son surnom à partir de ce moment.

L'hiver de ma vingtième année, je m'en souviens comme si c'était hier, un sombre pressentiment m'envahit lorsque je vis l'expression de son visage. Je ne crois pas avoir vu une telle détermination de toute mon existence avant cette fois là, ni depuis. Elle ne m'avait guère adressé la parole depuis quelques jours déjà et son humeur passait de la colère à la mélancolie sans qu'elle n'en explique les raisons. Mais quand mes yeux croisèrent les siens, l'évidence de ce qu'elle s’apprêtait à faire fut claire à mon esprit. Ainsi et par pure vénération, ma loyauté de shinobi de Honoo ne signifia plus rien, car j'ai possédé en mes mains les armes que j'aurai tout à fait pu lever pour protéger le Seigneur des secrets de ce temps. Et si la suite de mon récit vous donne l'impression que je puisse être pardonné de cela, détrompez vous et reprenez mon testament à son début, car vous n'avez pas saisi ce qu'être un membre de notre caste signifie.

Par le poison, un art dont je ne lui connaissais pas le talent, elle prit la vie de notre maître ce soir précis. Dans le feu d'une explosion, la demeure du Jônin partie en fûmée. Elle s'enfuit après son forfait, encore en ce temps détentrice des secrets qui la blanchirait plus tard. Mais je n'attendis pas cela pour appliquer à la lettre mon serment. Masquée ou non, des groupes de chasse la prirent pour cible une fois le calme revenu au village. Je vous ai dit avec pudeur que je n'étais pas différent des miens, que nous avons tous le même entraînement, que nous connaissons tous les mêmes épreuves. C'est en partie vrai. Car de ces quelques élites partis à la va-vite, autrefois mes frères et mes sœurs, je n'en fis pas de quartier. Leur départ s'était fait à la hâte, dans l'urgence et sans en aviser les autorités supérieures saturées du village. Ainsi aligné à l'un de ces groupes, j'en ai égorgé chacun d'entre eux dans le silence de la nuit, depuis la queue de notre compagnie jusqu'à sa tête. Puis je me suis dirigé vers la seconde escouade, leur curiosité et la précision de leur jugement en me voyant n'aura fait que les guider plus rapidement à leur fin. Comme je vous le disais, je vous ais menti sur un point : Mon sabre est l'un des meilleurs de la cité cachée dans les ombres du Feu, si ce n'est le seul qui vaille une telle appellation.

Gisei, Shi, Sounan, Higai, Hibaku, Zenmetsu, Horobi, Kaime, Bokume… Je n'oublierais jamais leur noms. Je me souviens des rires de Horobi et de la douceur de la peau de Shi alors que nos exercices se transformaient en d'autres jeux, parfois. Je me rappellerais toujours la grâce de Kaime et la faim incroyable de Gisei ! Par Kagutsuchi, personne ne connaissait de meilleures blagues que Zenmetsu et la précision de ses senbons était sans pareille. Higai faisait un thé merveilleux et Hibaku avait cette drole de manie de finir toute ses phrases ou presque par -atsu… Ce qui ne voulait strictement rien dire, mais qu'il considérait comme un trait de la haute noblesse. Bokume… Si les choses avaient été différentes, peut être me serais-je autorisé à vivre avec elle. Il lui arrivait de m'épier depuis les fourrés lorsque je m'adonnais à quelques échauffements et pensait que je n'étais pas conscient de cela. Pour ce fait et par respect pour elle, je ne l'ai jamais touchée. Sounan, par contre… Elle ne pouvait pas me voir en peinture…

Je suis encore heureux, tandis que j'écris ces mots, d'avoir pu ôter rapidement la vie de plus de la moitié d'entre eux, sans cri, ni bruit. L'autre partie… Je pense malgré mon don que la surprise aura jouée en leur défaveur à plus d'un titre, car leur nombre et leur talent ne m'aurait pas donné pour vainqueur en temps normal. Ais-je souffert de cette trahison ? Non, pas un fugace moment. Est ce le cas à ce jour ? Pas le moins du monde. J'ai fais ce que j'ai fais pour celle que j'aime en acceptant la malédiction de l'amour pleinement. Comprenez bien que mon crime prend sa source dans le fait que mis à part ce qu'il avait osé faire à cette femme, je ne connaissais en rien les atrocités que le Jônin avait pu commettre et dont la triste vérité ne doit pas alléger l'horreur de mon geste. Ce fait fut néanmoins mon salut, car pour vous dresser rapidement les faits, Byakuya fut celui qui se cacha derrière la mort de Setsu Ichigo-dono et s'apprêtait à faire de même pour son fils, Gekido-sama.

Ses raisons ne méritent pas d'être citées dans ce texte, d'autres testaments le feront à sa place. En lieu et place de cela, je vais vous écrire toute la portée de ma propre ignominie. Neuf corps à faire disparaître et leur mémoire à honorer depuis ce jour. Mon retour en Honoo pour brouiller les pistes des raisons de leur départ. Car de ces vengeurs loyaux partis à la poursuite de la criminelle, l'histoire ne retient d'eux que les noms de fuyards dont je suis seul à connaître les véritables intentions. Leur mémoire, je resterais jusqu'à ma mort l'unique à la porter en bien tandis que nos autres pairs interdisent aux générations future de se salir la langue en prononçant le patronyme de ces traîtres abandonnant les leurs lorsque Byakuya fut défait et leur prêtant même un rôle de complices aux méfaits qui furent révélés bien après son décès.

Quoiqu'il en fut, le chaos était tel que nous étions impossible de nommer un successeur à la tête du village. Nos chûnins se querellant à ce propos et la seule absente coupable toute indiquée malgré mes efforts pour étouffer la chose en interne et dont personne ne savait où elle pouvait se trouver, pas même moi. Des semaines passèrent avant qu'un beau jour, l'on nous informe que le Seigneur Phénix lui-même avait choisi pour ses shinobis celui qui serait à leur tête. Le Jônin qui se présenta à nous fort de cette annonce n'étant autre que Mononoke. Elle ne vint pas les mains vides, fort heureusement d'ailleurs, car son autorité n'aurait été acceptée par personne et même avec ce qu'elle produisit pour preuve, cela n'y suffit pas entièrement. Pourtant, elle amena une lumière sur l'ensemble des horreurs commises et à commettre de celui qu'elle avait défait au risque de seule la honte de son meurtre.

Laissant chacun à se décider d'accepter notre nouvelle Dame, je fus, comme vous vous en doutez déjà, le premier à m'agenouiller face à elle et la désigner comme la seule Maîtresse des ombres que nous étions. L'ironie de cela tenait dans le fait qu'en tant que pur produit de Honoo, je jouissais d'une certaine confiance de mes pairs et que mon geste attira bon nombre d'entre eux à lui jurer fidélité et le reste suivit par défaut, car à tout corps, une tête se doit de le guider. Je me souviens d'avoir été pris à part par celle pour qui j'aurais brûlé Setsu toute entière si elle m'en avait fait la demande. Je l'ai sermonnée des heures durant, lui avouant l'intégralité de ce qu'elle m'avait poussé à faire, que les choses auraient pu être bien différente si elle s'était montrée confiante en moi, que nous aurions pu faire autrement. Mais il fallait avouer que le résultat était là, ma colère ne dura en aucun cas et je lui jura que j'étais prêt à tout pour elle, une nouvelle fois.

Un instant alors, je cru que mon abnégation serait récompensée de la plus douce des façons à la lueur que je cru déceler dans le regard qu'elle me porta. Cela s'est produit il y-a des années, mais il n'est rien dans ma mémoire qui ne pourrait altérer cet instant. Pourtant, sur ses yeux passèrent un voile que je ne su interpréter et le charme se rompit… Elle se contenta d'enfermer une de mes main dans les siennes en me souriant, pour me remercier enfin de ma confiance et de mon dévouement. Ce jour fut celui qui me vit devenir pleinement son second et où je devins Chûnin, non pas pour avoir brillé dans l'exécution de mon devoir, ni exceller dans la protection de ma caste, mais pour avoir fait prendre conscience à la seule personne qui comptait pour moi la mesure de ma loyauté à son égard. Son autorité prévalait sur celle de l'Empereur. Ma vénération pour elle allait au-delà de celle que je pouvais avoir pour Moegami et le seul endroit que je considérais comme ma demeure se trouvait à ses côtés, les frontières de Setsu ne valant plus rien depuis ce jour à mes sens.

Honoo ne fut pas unie immédiatement après l'annonce de cette élection unilatérale. À plus d'un titre, j'en vins à représenter ma Dame, transmettant son mot auprès des nôtres, son commandement ne faisant pas l'unanimité à plus d'un titre. Né shinobi, ma voix était plus simple à suivre, mais là encore, cela ne fit qu'adoucir les angles un moment. L'acier de mon sabre se trempa une nouvelle fois du sang des miens lorsque nous convenions, aux côtés de Mononoke, de l'utilité et du degré de fidélité à Byakuya qu'un élément pouvait entretenir. Au bout de quelques mois, Honoo fut à l'image souhaitée sans que je ne souffre du transfert affectif de cette famille qui m'avait vu grandir à celle que certains voyaient comme une parvenue. Un temps, on me vit comme un shinigami ou une chose de ce genre, n'apparaissant que pour saluer le partage de ma loyauté ou pour prendre une existence avec qui j'avais grandi. De là vint une partie de ma réputation de sévérité et d'indifférence contre laquelle je ne fis rien, car mon image, depuis bien longtemps déjà, ne possédait plus aucune importance.


Malgré cela, il m'apparut nécessaire d'être digne de mon rang et tout en veillant sur ma protégée et Maîtresse, j'accueillais la nouvelle génération et lui inculquait nos arts, reprenant tranquillement le cours de nos violentes destinées petit à petit. C'est aussi à cette époque que je rencontrais Shinshiro Shuei dans des conditions très particulières. Ancien samouraï, l'homme vivait une retraite paisible dans un village excentré de Kazan où se terrait l'une des dernières mauvaises herbes dont mon Jônin m'avait chargé d'arracher les racines. Alors même que je me tenais face à la dépouille de mon ancien frère d'arme, essuyant ma lame à même ses tissus au fond d'une bâtisse délabrée à la limite de la bourgade, il apparut dans l'entrée de la demeure en boitant bruyamment. Acculé, je me préparais déjà à devoir l'affronter, bien ennuyé de ne pas savoir qui me faisait face à cet instant. Un shinobi est avant tout un serviteur du clan et il laissait voir ses kamôns, attestant de ses origines nobles auxquelles je ne connaissais rien.

Tuer, même pour se défendre, un témoin gênant ne peut pas se faire de façon hasardeuse. Ne sachant à qui j'avais affaire, la seule solution était de devoir m'enfuir et passer ce géant, car à n'en point douter, Shuei en est un, sans en finir avec lui. Nous nous sommes affrontés sans qu'il ne se montre affecté par la situation, sinon en m'avisant directement comme si je lui semblais un nouveau défi, mon meurtre étant très secondaire dans ses priorités. Par les Kamis, j'avais entendu parler de Kazan Chinsei-ka, le Volcan apaisé gouverneur de ce domaine et je cru lui faire face tant mes assauts ne trouvaient que l'acier du ono monstrueux qu'il utilisait contre moi en riant. Durant des minutes qui avaient tout d'heures entières de combat à sens unique, je m'usai face à cette montagne, sans pouvoir débarrasser sa masse immense du chemin qui me verrait m'échapper. Lorsqu'il fut évident que je ne parviendrais pas à mes fins, signant la mienne par la même occasion, il ne me frappa pas, se contentant de s'esclaffer alors que je me trouvais à genoux face à lui.

Non sans m'offrir une lampée d'un shōchū succulent, il m'annonça avoir été attiré par ce qu'il appelait le hamon'kyoukou… Des ondes qu'il savait sentir et interpréter et que mes desseins en ces lieux auraient provoquées, expliquant par là la raison de sa présence. N'ignorant pas ma nature, il m'assura être simplement venu en quête d'un petit dégourdissement et ne pas vouloir s'instiller dans les affaires des shinobis. Je manquais de m'étouffer lorsqu'il m'annonça être le propriétaire terrestre de la bourgade et ancien guerrier à la retraite coulant des jours trop tranquilles à son goût. Son nom ne me disait rien, mais selon ses propos et de ce que j'en appris plus tard moi-même, il avait été yojimbo toute son existence avant de subir la blessure de trop qui le rendait soit-disant inapte au devoir. Malgré ses remerciements pour ce digne combat, je n'avais vécu celui-ci que comme une humiliation tant la moindre de mes attaques fut brisée par ce mur.

Mais très vite, alors que nous échangions de cette façon si incongrue après cette rencontre qui l'était toute autant, je vis dans son talent la possibilité d'affermir le mien, de passer de bras armé de la Maîtresse des Ombres incandescentes à celui de bouclier de cette dernière. Le bougre avait alors changé totalement d'attitude, sa bonhomie déplacée laissant lieu à une indifférence totale, me répondant à ma supplique de faire de moi son élève le plus bref et le plus tranchant "non" que j'eus entendu de toute ma courte vie. Ma décision était prise et je ne daignais pas lui laisser le choix. Je l'ai suivi jusqu'à sa demeure et suis revenu chaque jour après notre rencontre pour lui poser la même question. Chaque fois, nous échangions ensemble autour d'une coupe d'alcool des bribes des histoires de notre vécu, comme je vous en fais en ce moment même l'écrit et à la fin de ces rendez vous devenus coutumiers, je réitérais ma demande comme un rituel et il opposait son refus aussi sec.

Mon devoir à Honoo m'obligeant à espacer nos retrouvailles, mon interrogation devenue traditionnelle n'était plus qu'une marque de reconnaissance entre nous et je n'attendais plus rien de lui quand, un an de ce jeu plus tard, il répondit positivement à ma requête. Tant habitué à recevoir la réplique opposée, je me souviens avoir débuté de partir en soupirant avant qu'il ne soit amené à me répéter son assentiment. Il me fit l'aveu d'un mal l'affectant dont il était conscient bien avant notre rencontre et de son souhait d'inculquer son savoir à son propre fils avant de le transmettre à d'autre. La chose semblait avoir été faite depuis, bien que je ne rencontra pas cet héritier avant bien longtemps, mais j'y reviendrais. Quoiqu'il en fut, il m'apprit dès ce jour à sentir et lire le hamon'kyoukou et ce fut là son seul enseignement. Pourtant, il s'agit là du plus précieux don qui m'ait été offert.

Je ne perdrais pas mon temps à vous délivrer le secret de ce dernier dans ces lignes, car je ne l'inculquerais à personne, ma position n'étant pas celle d'héritier de Shuei, je n'ai aucun droit de représenter son souvenir. La seule chose dont vous puissiez être conscient est la difficulté qu'il m'a fallut surmonter pour comprendre, lire, anticiper ces ondes, au point même qu'il fallut que Kagutsuchi lui-même me vienne en aide pour parfaire son apprentissage en m'octroyant l'une de ses faveurs. Il fut emporté par son mal sans que je ne le su, ne l'apprenant que des semaines après sa mort, obligé de rendre hommage à mon senseï devant sa plaque funéraire sans pouvoir le remercier de ce qu'il eut fait pour moi. Car son art cumulé à mon irrépressible besoin de protéger l'objet de mes pensées firent de ma personne ce à quoi j'avais toujours aspiré devenir pour Mononoke : l'inébranlable rempart dont elle-même ignorerait la présence et qui la préserverait tant que les Dieux m'autoriseraient à l'accompagner la voie de son Destin.


Dernière édition par Yukino Seishin le Mar 30 Aoû - 17:38, édité 1 fois
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Yukino Seishin

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MessageSujet: Re: Yukino Seishin [Terminé] Mar 30 Aoû - 9:40

Histoire


Et c'est ce que je fis dès lors. Barrant l'acier meurtrier de ceux ne voyant pas notre nouvelle maîtresse comme ce qu'elle était, étouffant dans l'ombre la plus petite braise détractrice, noyant dans leur sang ceux qui ne rejoignaient pas sa vision du village caché, la laissant dans l'ignorance de mes actes, exaltant mes frères et sœurs qui encourageaient la Jônin que j'avais élu bien avant sa nomination. De ceux qui osèrent orienter une lame dans la direction de Mononoke, il n'y eut qu'une exception notable qui survécut et vit toujours au moment où j'écris ces lignes. Un seul être à qui je laissais passer ma veille et ma garde, mais dont mon regard jamais ne quitta les moindres gestes depuis. Pour entretenir aiguisées les capacités martiale de la Gardienne des Secrets, moi-même me refusant à porter le plus petit coup sur celle-ci depuis longtemps déjà, Kakita Sakuya, une jeune genin ayant vécue sa vie hors de Honoo, parvenant à briller par ses compétences à mes yeux et ceux de mes pairs et hissée à nos côtés au rang de Chuunin se révéla à lever les yeux trop haut pour elle.

Le regard de la jeune fille se portait avec une envie que je ne pouvais ignorer sur la place détenue par mon élue, sa prétention la poussant à croire être d'un niveau suffisant pour remplir un rôle qui la dépassait totalement. De mon point de vu, elle n'avait rien d'une meneuse d'homme, centrée sur sa propre personne, même si ses talents martiaux restaient impressionnants, elle brillait bien moins qu'elle pensait au sein de la hiérarchie shinobi du Feu. Au contraire même, tout un chacun au village la jugeait comme un loup solitaire ou un électron libre dépassé par ses ambitions qui lui écraseraient les épaules si on venait à les satisfaire un jour. La lune de sang, comme nous l'appelions entre nous, n'avait en vérité pas grand-chose d'un assassin de l'ombre issu du moule dans lequel nous étions tous formés et s'avérait bien trop visible et démonstratrice lors de ses missions pour incarner notre âme à tous. Nous nous amusions à laisser penser à nos plus jeunes éléments qu'elle était maudite afin qu'ils ne prennent guère trop exemple sur elle et que son masque était possédé par quelque oni ennuyé par la vacuité de l'existence et trouvant dans cet objet une place toute désignée.

De cette jalousie évidente pour la Maîtresse de la nuit se constitua nombreux défis auxquels je faillis couper court brièvement. Plus que de coutume, les velléités de cette femme auraient pu se voir tranchées par mon fer avant même que leur idée furent émises. Je me suis trouvé de nombreuses fois à l'espionner dans son sommeil, ne sachant pas si je devais lui ôter la vie ou la laisser à ses pitoyables tentatives d'atteindre l'objet de ma dévotion. Mais le fait était que grâce à elle, la vigilance de ma Jônin s'en trouvait renforcée, son sabre ne s'émoussait pas, au contraire même. Sakuya incarnait ce que je ne pouvais être, se révélant ainsi indispensable malgré le danger qu'elle pouvait représenter. Je pris le risque, non sans le mesurer un nombre de fois incalculable, prêt à bondir sur cette dernière et la faire disparaître à jamais si je devais juger qu'elle était allé trop loin.

Ceci n'arriva jamais pourtant, persuadée fut-elle de mériter le rang de celle qui avait toute ma foi toute acquise, sans voir qu'aucun d'entre nous ne la suivrait si cela devait advenir, si seule et si écartée de ce que nous étions était-elle. À ces affronts, Mononoke répondait à force égale, étouffant elle-même cet avarice dans des échauffourées qu'elle semblait tout à fait enjointe à alimenter elle-même parfois. Il me sembla alors que notre guide voyait en sa rivale une exutoire, un moyen de se défouler, de laisser libre cours à son propre besoin de compétition dans ces joutes qui pouvaient durer une journée entière. Tout ceci fut salutaire à ma jeune homologue et le manège se poursuivit durant trois ans, l'aveuglement de l'héritière du sang Kakita ne s'altérant en rien pendant tout ce temps et les talents au combat de celle-ci et de notre Dame de la nuit s'accroissant avec la multiplication de leurs provocations mutuelles, aboutissants souvent à quelques duels mémorables.

Il s'avéra un jour que notre Daimyo fut au courant de ces échanges et que le nom de celle qui s'opposait à notre souveraine qu'il avait désigné lui-même ne lui était pas inconnu. De fait, il l'appela à le rejoindre à ses côtés au titre de Hatamoto, une reconnaissance qu'aucun de nous n'aurait souhaité pour rien au monde tant elle allait à l'encontre même de ce que nous étions et représentions, mais qu'elle accepta à ravir pourtant, oubliant par la même occasion la rivalité qui l'unissait à notre Dame. S'il y eut bien une chose pour laquelle je fus reconnaissant à Sakuya, ce fut par l'exercice constant d'observation et de vigilance qu'elle incarna à mon égard en toute ignorance et dont je pu offrir les bienfaits de l'apprentissage à l'ensemble du village.


La disparition de Sakuya de l'ombre de mon élue et Seigneur apporta une tranquillité bienvenue à mes échanges avec cette dernière. Si bien que j'y vis une ouverture inespérée, multipliant les missions à ses côtés, silencieusement d'abord. Je me souviens avoir mesuré chaque pas que j'établissais dans sa direction, la flamme qui m'habitait et l'espoir que ce rapprochement m'apportait. Elle se montrait plus proche, me laissait avancer vers elle pas après pas. Une complicité qui prenait sa source dans ces années entières au services du clan que nous avions passés ensemble, me paru une porte qui s'ouvrait sur un monde qui m'avait été interdit jusque là. Nous riions parfois, nous énervions l'un contre l'autre aussi, mon supérieur me permettant d'être sincère et honnête avec elle comme jamais auparavant, sans jamais me punir pour mes audaces verbales.

Personne ne la connaissait aussi bien que moi, jusque dans l'identité secrète que je l'aidais à préserver et je tentais de l'aider à mieux me connaître en retour, car malgré ce temps passer conjointement, elle ne comprenait pas encore toute l'étendue de ma dévotion à son égard. Tantôt, j'avais l'impression de briller, parfois le contraire… L'attachement n'est pas encouragé en Honoo, celui-ci affectant les actes des intéressés, les rendant maladroits, leur faisant perdre en efficacité lorsque l'objet de l'affection gravite autour de l'affecté. Ce fut très largement mon cas : des combats que je n'aurais jamais du mettre tant de temps à terminer, des duels qui me virent en situation de faiblesse contre des adversaire bien moins talentueux… Mon esprit était accaparé par la santé de mon Jônin, son bien-être, au point que mon propre cas passait irrémédiablement au second plan.

Pourtant, je ne vis jamais en cela un défaut, nous finissions toujours par nous en sortir et par resserrer le lien qui nous unissait, au point que je jouais d'audace, non sans un certain culot, pour lui faire goûter le vrai plaisir que je pourrais lui apporter, mon vœux ayant été de balayer l'horreur qu'elle avait vécu, lui créant une vision des hommes dont j'étais intimement persuadé de ne pas faire partie. Un soir, alors que nous partagions la même tente lors d'une action discrète au cœur du territoire des Neiges Éternelles, elle se joua de mon aveuglement, après nombre d'avances peu discrètes que je lui fis alors, peut-être trop fougueusement… Me laissant croire à l'ouverture d'un baiser après un discours qu'elle eut à propos du fait de l'incompatibilité des sentiments et de notre caste, elle me fit subir la morsure de l'un de ses pouvoirs, manquant d'ébouillanter ma langue lorsque nos lèvres s'unirent.

Je dois bien reconnaître que je l'avais mérité ce jour là, les propos que je lui avais tenu avaient été des plus sots et le prix qu'elle m'en fit payer n'avait pas été si terrible… Mais dans mon cœur, cela eut tout d'une injustice après tout ce que j'avais fait pour elle. Une puérilité dont je ne me savais pas le possesseur changea ma façon d'être à ses flancs. Je devins plus incisif, provocateur, distant… Maintenant, avec le recul, je suis certain que ce choix fut le pire que je fis de mon existence entière, car ce qui se produisit des mois plus tard s'avéra la blessure la plus cruelle que le destin m'ait infligé, dont mon âme en porte encore la marque à ce jour et qui se révéla pire encore pour celle qui incarnait mon Univers. Je n'étais pas là le jour où il fit irruption dans sa vie, Mononoke retournant en Fukyuu pour tester un élément que nous destinions au remplacement de la jeune Kakita avec lequel elle ne revint jamais, ce dernier ayant été tué par celui qui parvint là où j'avais échoué durant près de dix ans.

Elle rencontra Zakuro, des Shuzen de Ite, lors de cet examen au destin funeste pour l'examiné qui fut tué par le Taisa des Glaces, de ce que j'ai pu comprendre du déroulement des événements qui se produisirent sur place, n'y étant pas moi même. La seule chose qui fut certaine alors, c'est qu'au retour en Setsu de la princesse des flammes, bien des semaines après son départ, son cœur venait de m'être définitivement ravit. Je ne fus mis en face de cette évidence que des mois plus tard, alors que celui dont j'abhorrais le nom dès que je l'eus vu. Je me souviens avoir répondu à mon Jônin que je n'étais pas jaloux de cet homme, ce fut probablement le plus ignominieux mensonge que je lui fis, bien entendu, car il n'est nulle colère, nulle rancœur ni nulle haine que j’éprouvai plus grande que ce jour où elle détruisit mes espoirs déjà bien effrités par la venu de l'officier des Neiges en nos terres. L'évidente dispute qui eut lieu entre nous se clôtura par les mots les plus pénibles qu'il me fut donné d'entendre de sa bouche et sellerai nos vies à jamais.

Elle m'annonça alors, forte de son sentiment pour le samouraï du centre, qu'il n'était nul amour qu'elle éprouverai jamais à mon égard, comme un fait impossible, quelle-qu’aurait pu être la configuration de nos destinés. À cette date, je su que je ne connaîtrai jamais le sentiment d'être aimer en retour de l'abnégation infinie que je lui vouais. Ce ne fut pourtant pas par égoïsme que je tenta par la suite de briser cette union contre nature qui allait à l'encontre de toute sagesse. Une kunoichi et un bushi, une Setsu, sœur du Daimyo et un illustre membre d'une famille de la noblesse militaire de notre clan rival… La chose était si grotesque et si dangereuse qu'elle prit le pas sur ma rancune, mon seul désir tourné vers la protection de celle qui m'était l'être le plus cher que je connaissais, quand bien même je ne devais attendre aucune réciproque à cela. Jamais il ne me vint à l'esprit de dénoncer leur idylle, je fus même le premier protecteur de celle-ci, quand bien même chaque regard que je surprenais entre eux deux était un coup de sabre planté dans mes entrailles.

Derrière une façade de plaisantin, multipliant les amantes, sans plus aucune considération pour ma propre intégrité lors des missions que je remplissais, je cachais un désarroi si grand que l'idée de mettre fin à mes propres jours fut considérée à plus d'une reprise, mais je n'eus ni la lâcheté de me soustraire à mon devoir, ni le courage de m'ôter la vie de mon propre fait. Je quêtais la mort sur les théâtres d'opérations qui m'étaient affectés, sans parvenir à la trouver finalement où m'y arrachant au dernier moment quand le destin ne s'en occupait pour moi dans sa cruelle ironie. Et dire que je pensais là avoir atteint les abîmes les plus profondes du désespoir à ces instants précis. Je tâchai de rester auprès d'elle, second, confident, bras droit dévoué, ne parvenant pas à lui masquer aussi bien que je l'aurai voulu ma peine et ma colère, mais au moins était-elle heureuse et forte de sa situation, rendue solide par le partage de son amour avec cet homme du Sud.


Rien n'aurait pu me faire me détacher de la proximité de la Maîtresse des Ombres, ironiquement à la révélation qu'elle m'eut faite pourtant. Je ne trouvais ma voie que dans le service que j'opérais auprès d'elle. Ainsi, je la secondais au mieux de mes capacités, me rendant indispensable puisque c'était là les seuls instants où je me sentais vivant. Lorsque les cieux se déchirèrent pour libérer la colère de l'Ômikami, prenant la moitié des notre dans un sommeil dont rien ne parvenait à les extirper, nous dûmes nous allier ouvertement aux samouraïs, un faits sans précédent qui s'avéra pourtant salutaire lorsque des créatures du yomi retournèrent les frères d'épées contre les leurs au cœur même de la Capitale du clan. La discipline et la droiture des bushis, guidés par la minutie du seul être que je reconnaissais comme Seigneur nous offrit autant la victoire que la reconnaissance des citoyens du brasier éternel.

Mononoke n'était pas un personnage public et le peu qui se racontait en plein jour à son propos n'avait rien de glorieux jusqu'à ce moment précis. Elle devint dès lors l'incarnation du bouclier unificateur de deux mondes irréconciliables entre ombre et lumière, sur ses épaules seules reposa la volonté d'un peuple tout entier alors que son frère et la voix de Moegami s'étaient éteint dans la nuit de la torpeur qui avait frappé le pays. Elle ne fut pas seule à agir et nombreux officiers des flammes s'illustrèrent aussi à tenir Setsu hors du gouffre dans lequel nous risquions tous de basculer, mais son nom… Ou plutôt cet alias, fut celui dont on entendit parler le plus souvent. Les temps apparurent soudain nous sourire à tous, car l'annonce du réveil de Gekido et Ame vint très tôt après ces événements. Notre Daimyo ayant besoin du plus grand repos, nommant rapidement un nouveau Seigneur de Guerre à la tête de ses armées, l'alliance shinobi et bushi poursuivit son office de régence en attendant la pleine rémission du Champion Igné.

Nous fumes alors obligé de nous séparer afin d'étendre nos efforts au maintiens de l'Ordre, me poussant à regagner le village sans mon Jônin dans le but d'y tenir son rôle le temps qu'elle se chargeait de guider les disciples de Kagutsuchi au cœur du plus haut lieu du territoire incandescent. Je n'appris cela que bien plus tard, mais durant cette période, elle choisit de se rendre au sein du domaine de nos voisins du Sud pour rendre un hommage déplacé au décès du Seigneur des Neiges, l'été quarante et un ayant été la saison la plus terrible qu'eut connu le pays, la mort ne faisant guère cas de la position sociale de ceux qu'elle emportait. Mais à mes yeux, le fait que la sœur de notre Souverain se soit déplacée elle même avait pour unique vœu de retrouver celui qui régnait sur son âme. Il fallut près d'un mois pour que je pusse à nouveau contempler le visage de celle qui gouvernait la mienne, pendante aux bras de celle qui fut autrefois sa rivale, sans expression sinon celle d'une errance comme je n'eus jamais pu en voir d'aussi désespérée.

Sakuya fut celle qui m'apprit par le menu ce qui était advenu, m'annonçant le trépas de l'amant de mon élue et l'état dans lequel cette perte l'avait plongée. Je jures sur ce que j'ai de plus cher que mon sentiment fut contraire à toute joie, car de voir l'être le plus cher à mes sens ainsi dépourvue de la plus petite envie de vivre fut un coup plus pénible encore à supporter que celui qu'elle m'avait porté en m'annonçant qu'aucun amour ne pourrait la lier à moi. Si, depuis notre rencontre, j'avais pensé jusqu'à ce jour m'être entièrement consacré à elle, c'était sans considérer ce que je devins dès lors. Car il ne fut plus une petite seconde que je ne lui voua pas, il n'était plus question d'entraîner et de veiller sur nos recrues ou d'aller me perdre dans les bras d'une quelconque amante. Il n'était plus un instant que je passais loin d'elle, m'arrachant néanmoins à sa compagnie, que j'aurai voulue si rares  qu'elles auraient pu se compter sur les doigts d'une seule main, dans l'optique de remplir son rôle et de transmettre les ordres au village.

Je la poussa jusqu'à manger et dormir parfois, recluse dans sa demeure de Boya. Lui imposant ma présence constante ou lui attribuant un gardien lorsque je ne pouvais pas être à ses côtés où que le sommeil devenait mon tortionnaire. Je ne comptes pas les nuits de veilles, souvent d'affilés, dans lesquelles je ne la perdais jamais de vue, ni les insultes qu'elle me jeta au visage et le désespoir qu'elle exsudait de toute part. Mais sous ma garde, je la vis reprendre progressivement pied, bien qu'il m'apparut impossible de la guérir complètement. Elle n'était plus que l'ombre d'elle même et j'incarnais l'ombre de celle-ci. Aujourd'hui, alors que la saison d'automne débute son chant et que nos frontières brûlantes se rafraîchissent petit à petit, un mois après son retour, je la pousse à retrouver goût à la vie entre missions et jeux divers. Mais je doute que mes plaisanteries parviendront à nouveau à la faire sourire, cette expression sur son visage me semblant plus lointaine que jamais à présent, au point que j'en oublierai presque la lumière qui en irradiait alors.

Presque.

Nous voici à la conclusion de ce testament, pour le moment. Une mission d'infiltration comme elle les aimait autrefois nous attend, j'espère y retrouver cette lueur que je savais déceler lorsqu'elle investissait tout son être dans le combat… Mais je ne me leurrerai pas en pensant la chose certaine, sans pour autant abandonner l'espoir de la voir pleine de vie à nouveau. J'espère cependant que si ce récit doit s'interrompre définitivement ici, vous aurez compris quel genre d'homme j'étais, esclave volontaire de son sentiment et pour lequel je n'éprouve aucun regret. Car il n'est nul homme plus complet que celui qui aura trouver une cause à défendre, au détriment de toute récompense s'il le faut. Je n'ai compris cela que récemment et je suis heureux d'avoir acquit cette conviction après presque trente années d'existence en ce monde. S'il est une seule chose que je puis vous souhaiter, ce serait ceci… Depuis l’au-delà, je tâcherais de veiller sur le fait que votre inspiration propre ne s'avère pas une malédiction comme la mienne pourrait vous paraître être.

Allez, ganbatte kudasaï et sayonara !






Avant même que le Temps ne s'incarne, l'Espoir naquit. Dans le regard d'Isanami et Izanagi face à leur création et ce qu'elle deviendrait. Bien avant cela tandis que Amanominaka-nushi, Takami-musuhi et Kami-musuhi, puis Umashiashikabihigoji et Amenotokotachi tentèrent d'offrir l'ordre alors que les cieux et la terre n'étaient que Chaos. Il trouva sa place dans le cœur des Divins asexués tandis que naquirent Kuninotokotachi et Toyokumono, eux même donnant naissance à cinq fils et filles dont les premiers nommés, tout comme ils furent les précurseurs du concept même de mari et femme. Il élu domicile dans l'âme créatrice du frère et de la sœur autant qu'amants, assista au façonnage du monde, laissant tantôt la place à ses propres compagnes, la Joie et la Fierté. Parfois, il ouvrait la voie à d'autres de ces dernières, plus obscures et dont il était souvent coupable de l'émergence, Déception, Consternation et son amante, Crainte.

Fort au sein de certain, absent dans l'esprit d'autres, l'humanité vint à naître pour le voir grandir encore plus. Chaque âme faisant appelle à lui d'une façon ou d'une autre vint à faire grandir sa masse déjà colossale. Plus l'Ordre intervenait sur le monde et le Takama-ga-hara, plus il prenait consistance et puissance, sa main dans celle de son inséparable moitié dont les préférences étaient à trouver place dans les cœurs qui ne le louait pas lui-même. Oh, ils se défiaient parfois, arrachant les fragments que l'un laissait dans la conscience d'un être pour y trouver place, tentant de monopoliser la plus grande partie possible au détriment de l'autre avant que les rôles ne s'inversent de nouveau. Mais il apparaissait impossible que l'un puisse dominer l'autre, alors ils vécurent sans jamais se quitter, leurs yeux sur les plans de l'existence, se jouant des Kamis, des Yokaïs, des Hommes et de tout être capable de penser.

Il donna naissance à Confiance et Pugnacité, auquel sa mie lui opposa Pessimisme et Passivité. Il lui arrivait d'aller s'acoquiner avec l'Intérêt ou la Légitimité, tout jeune, mais ô combien ravissant concept auquel il adorait se mêler. Il poussait à l'absence de maîtrise que l'on pouvait avoir sur lui, se jouant de la Morale sans considération aucune. Si il se trouvait indissociable de son aimée, il cherchait aussi souvent que possible le contact de l'Ignorance, dans laquelle il puisait une force considérable. Il lui arrivait parfois de faiblir, laissant briller sa conjointe, puis inversement. Le théâtre de la vie des mortel était le plus passionnant à ce jeu qui l'opposait à sa paire, les laissant puiser chacun en même temps dans le ressenti de toute ces âmes les appelant sans le savoir pour les plus grandes et plus petites choses à la fois. Infime ponctuation de leur existence, l'Enfer Écarlate qui frappa ce petit pays des Hommes nommé Yokuni les bousculèrent néanmoins, prenant, donnant, redistribuant trop vite les énergies qui les constituaient, non pas seulement eux, mais l'ensemble même des concepts dont ils étaient parmi les plus illustres représentants.

Au bord de l'engloutir, sa tendre jumelle se trouva un fugace instant si dominante, si parfaitement puissante, qu'il se brisa en morceaux épars avant de se reformer aussi vite qu'il le pu pour ne pas tout simplement disparaître. Il ne lui en voulu guère, bien au contraire, rassemblant ses fragments et attendant que les rôles ne s'inversent, comme cela avait toujours été le cas. Mais une quarantaine d'années sur le plan mortel, selon leur calendrier, n'était qu'un souffle à peine tandis qu'une nouvelle vague de vitalité lui fut retirée pour être offert à sa compagne, alors qu'une pièce de sa constituante avait été laissée au bord du Chaos et fut happée, non sans d'autres morceaux de concepts tout aussi différents que variés parmi lesquels ceux loués par ce code balbutiant nommé Bushido. Ainsi chuta la miette d'Espoir incarnée, tirée par l'incommensurable colère d'Amaterasu qui ne prit garde en rien au traumatisme qu'elle engendra dans son vœu égoïste de sauver ses petites créations insignifiantes des volontés de son frère jaloux.

La particule tomba, hurlant sa peine de se voir écarter de son tout et de ses pairs, il fut prit dans les courants du temps, attrapé et malmené par la réalité à laquelle il ne pouvait opposer aucune consistance. D'immortel géant sans limites, il n'était devenue qu'une si infinitésimale parcelle, incapable de puiser dans la force qui l'eut vu exister autrefois, qu'il en oublia son identité, appelant sa sœur jumelle à laquelle tout l'opposait. Depuis les Cieux, il fila en quête de subsistance dans ce monde qui ne connaissait plus que la loi de son aimée. Perdu, mourant, l'Espoir désespéré ne savait plus où aller et déjà abandonnait-il toute son essence lorsqu'une lumière l'attira soudain. Venue depuis le plan mortel, de ce petit pays coupable de son état, au Nord de ce dernier, un porteur du don du petit Kagutsuchi se révéla un phare, lui ouvrant la porte au monde physique dans lequel il se prit à penser qu'il pourrait enfin s'alimenter. Il fusa, puisant dans ses dernières ressources pour rejoindre la lueur, celle d'une femme qu'il ne pu jamais rejoindre totalement. Les lois de ce plan s'imposèrent à lui, lui retirant une à une les prouesses dont il était capable, effaçant l'erreur qu'il matérialisait par sa simple présence.



Je n'ai pas de jambes, mais je fuis. Je n'ai pas de cœur, mais j'ai peur. Je suis là à errer sans pouvoir trouver un lieu où m'abriter de tout cela. Je n'ai rien demandé, je voulais juste me pencher un peu plus, je voulais juste aider. Je ne savais pas que je tomberais, que je perdrais l'équilibre. Les autres, pour la plupart, ont choisi de se retrouver là plutôt que chez nous. Mais pas moi… Ce monde ne me voit plus, plus beaucoup, pas assez, je risque de disparaître à leur contact. Non… Je risque de changer. Je ne veux pas changer, j'ai vu l'un des miens changer, c'était terrible, c'était horrible, je ne veux pas devenir ça. Mais je suis condamné maintenant. Je ressens partout autour de moi l'agression de cette transformation imminente. Je ne peux pas aider, je n'ai pas la force de faire partie de ce monde comme les miens, ceux qui ont choisis. J'ai peur. Je ne vois pas de refuge. Les lumières s'amenuisent, se tamisent, disparaisse.

L'une d'elle manque de m'attraper ! Qu'était-ce ? Une enfant des hommes ? Qui tente-t-elle de retrouver ? Son frère ? Non… Elle ne tente plus… Elle sait qu'elle ne le reverra jamais plus, que l'animal l'a attraper pour le dévorer et qu'il n'en restera rien. Elle a abandonné, elle m'a abandonné… Je ne peux rien faire pour elle, je n'en ai pas la force. Pitié… Aidez moi… Je ne veux pas me dissoudre pour devenir ce qu'elle appelle. Je m'échappe, je ne peux plus faire que cela. Ça ne durera pas, je sens mes faibles forces qui s'amenuisent. Mais non. Je ne succombe pas. Il existe toujours un moyen, n'importe lequel. Je me raffermi, puisque personne ne veut plus croire en moi, je serai mon propre véhicule, je ne peux pas croire un instant que je ne vais pas trouver un moyen. Alors je me garde. Je ne me perd pas. Je suis désolé pour les ombres, je ne pourrais pas les éclairer.

Pourquoi n'y a t-il pas de lumière, pourquoi ne crois t-on pas en moi ? Croyez en moi ! Pitié ! Je suis juste tombé ! Mais je suis toujours là ! Ne m'oubliez pas, n'abandonnez pas ! Ne m'abandonnez pas ! Je redouble d'effort, ainsi sans enveloppe, que l'on m'aide ou non, je suis fichu, il me faut trouver quelqu'un, trouver un refuge… Mais je ne veux pas voler la moindre parcelle de vie. Je ne veux pas briser ce que la Mère de toute les mères a crée, je ne suis pas ainsi. Je suis de ceux qui veillent, ceux qui protègent, en certains lieux, ma puissance est sans limite, en d'autre, je ne peux même pas regarder ces domaines sous peine d'altérer mon essence. Mais maintenant que je suis là, je peux regarder, je peux voir ce que je dois faire. Mais il me faut un abris pour ça… Je ne connais pas cet endroit, mais il y-a beaucoup d'ombre. Le cœur des gens est de nuit, sauf là. Là je trouve enfin mon soleil et au risque de m'y brûler, je fuse aussi vite que je le peux à sa rencontre.

Qu'est ce que cela ? Il se bat, pas à un moment il ne pense qu'il va échouer ! Ah ! Lui ! Mais… Je ne peux pas… Si je m'instille en lui, il me repoussera ou je le tuerais, m'annihilant par la même occasion… Mais il est magnifique. Je ne peux plus me détourner de lui, comme l'insecte de la flamme. Il se bat, il aide, il protège, je veux qu'il détruise la noirceur qui l'environne. Sa flamme tend vers… Vers une femme. Oh ! Il l'aime ! C'est merveilleux ! Il n'a jamais perdu la foi en moi alors qu'elle ne partage pas ses sentiments ? Du moins, pas comme il le souhaiterait. Ah ! Attention ! Non !!! Il ne prend pas garde ! Tout s’enchaîne sans que je ne puisse faire quoique ce soit. Le lieu est embrasé, l'habitation menace de s'écrouler, sortez ! Non ! Mais sortez ! La fumée ne me fait rien, mais elle les blesse, eux. Il étouffe, mais il croit toujours en moi.

Ils se battent alors que le bâtiment ne tient plus, un tel lieu n'est pas ma place et pourtant, il ne m'abandonne pas. Mais il n'a pas foi en moi pour lui-même, il me soutien uniquement pour cette femme. Non… Tout va se finir ici… Je n'ai pas choisi le bon lieu… Je dois fuir ailleurs… Ou bien tout aussi faible que je suis je… Ah ! Je suis là, il croit en moi, je ne peux pas l'abandonner à mon tour, je dois l'aider ! Je m'impose en lui, je l'envahis, je lui donne le peu de force que j'ai pour qu'il s'enfuie, tant pis si je suis dissout, je ne peux pas totalement disparaître puisqu'il ne capitule pas. Oui, fuis ! Que… Non ! Il se rend compte de ce peu de puissance que je lui offre, mais il ne l'utilise pas pour lui. Il attrape la femme par la taille, il la jette hors de l'incendie, la fait passer à travers un mur, elle disparaît, sauvée des flammes… Mais pas nous. Oh non… Sa lumière s'éteint… Il est certain que c'est terminé.

La fumée est déjà si présente dans ses poumons, je ne peux pas lui donner tord. Mais… Il croit toujours en moi. Pourquoi ? Il ne s'en sortira pas et pourtant, il est heureux. Il ne succombe pas à ma Némésis, à mon propre Amour, car il ne me cherche pas moi-même. Tout ce qu'il souhaite va a elle. Sa conscience perd prise, il va disparaître. Je le retiens, me révélant par la même occasion, j'attrape son âme et la maintient dans son corps, c'est la seule chose que je peux faire pour le moment, mais je veux l'aider, je peux l'aider, s'il veut bien. Tandis que son corps se meurt, privé d'air pour respirer, nous nous retrouvons dans la demeure de son esprit. Cela ressemble à un dojo. Je ne sais pas ce qu'est un dojo, mais au sein de sa psyché et de ses souvenirs, le mot prend clairement essence en moi. Il est assis en position du lotus, cela aussi, j'ignorais ce que ça signifiait avant d'arriver ici. Il me regarde, dépourvu du masque qui lui couvre actuellement le visage dans le monde où son décès est inévitable. Les poutres du dojos sont fissurées, elles menacent de s'effondrer à leur tour. Je m'installe comme lui, face à lui. Je n'ai pas de visage, mais je souris.

Merci. Débute-t-il. Merci pour elle. Annonce-t-il doucement, me montrant ainsi qu'il est conscient de ce que j'ai fais pour lui. Je suis heureux de ces remerciements, car cela veut dire que j'ai aidé. Il continu :

Je vais mourir, n'est ce pas ? C'est ici que ma voie s'arrête. Tu ne peux plus rien faire pour moi je suppose ?

Même ici, même ainsi, il croit en moi. Je n'ai pas de voix, pas de lèvres, mais je lui réponds :

Je suis dans le même cas que toi. Mon être se consume, je t'ai donné la majeure partie du peu de force que j'avais et tu l'as utilisée pour quelqu'un d'autre. Je ne t'en veux pas pour cela, pour mes derniers instants, tu as fais vibrer ma réalité. Merci. Cependant, nous ne sommes pas fini. Je suis là porteur d'un avenir possible pour nous deux. Tu as raison de penser que je peux faire quelque chose. Merci de croire en moi.

Je n'ai pas de corps, mais je m'incline, il me laisse reprendre sans me presser :

Nous sommes trop faibles toi et moi en l'état actuel des choses. Seuls, nous sommes défaits. Ensemble, nous avons une chance.

Je vois bien qu'il est intrigué par ce que je dis. J'ai pourtant peur de lui proposer ce que je suis venu lui offrir. Car dans un certain sens, nous sommes réellement morts, lui et moi. Il ne peut plus rien y avoir pour cet homme et mon essence en ce monde. Nous sommes trop fragiles. Mes pensés me trahissent, nous sommes dans la demeure de sa conscience, il m'entend réfléchir et comprend sans que je n'ai à lui communiquer de ma voix illusoire. Je clarifie néanmoins :

Nous pouvons ne faire plus qu'un. Nos deux consciences en une seule réunies. Ni toi ni moi ne subsisterons, sinon ce que nous fûtes. Ce que nous créerons se souviendra. Ce corps qui est le tient deviendra le notre, changera en conséquence, mais nous pourrons continuer notre chemin.

Il a du mal a accepter, même à comprendre tout ce que je lui dis. Cela me paraît simple, mais pas à lui. Il veut avoir confiance en moi, mais il apparaît comme en étant incapable. Je ne lui en veux pas et… Il me fixe, il n'a plus rien à perdre de toute façon, c'est ce que je lis dans ses yeux bicolores. Quelque chose que j'aime beaucoup en émerge alors. Il a du mal à encaisser tout ceci, pourtant, il veut y croire. Il s'y accroche, me revitalisant par la même occasion. Le dojo se démantèle autour de nous et pourtant, je me sens plus fort. Je me sens tout à fait capable d'accomplir ce que je lui annonce, de nous donner une chance, ou du moins… De faire émerger de notre mort un être nouveau. Il se lève, je n'ai pas de jambes, mais j'en fais autant. Il s'approche et je l'imite. Nous nous faisons face, il est amusant à croire que cela va aider à notre sauvegarde et… Oh… Zut… Il m'entend penser, j'avais oublié cela.

Désolé… Dis je.

Est-ce vraiment le moment de plaisanter ? Me reproche t-il non sans un sourire.

Je ne vais donc pas mourir. Rajoutes-je, rassuré.

Je vais pouvoir la revoir alors… Dit-il en soupirant, apaisé. Au fait… Je suis Ogawa Masao. Ajoute-t-il, se prêtant à la politesse à un moment si peu approprié.

Ah… Je suis l'Espoir. Annonce-je pour lui rendre la politesse.

Il lève ses deux yeux curieux vers le plafond qui se morcelle, annonçant une fin à laquelle nous venons de décider d'échapper. Il ajoute alors tout en se rapprochant de moi :

Que deviendront Masao et Espoir ?

Je le rejoins, réduisant à néant la distance entre nous et nous nous fondons l'un à l'autre avant même que je ne puisse donner suite à cette question dont ma seule conscience n'aurait pu trouver la réponse. Puis cela me vient d'un coup d'un seul. Oui, c'est parfaitement approprié !

Que dirais-tu de ...


Le bâtiment s'effondre sur lui-même tel un château de cartes, propulsant le feu qui l'habitait vers les cieux en une boule immense, refusant toute possibilité à ce que contenait ses murs une petite chance de survie. La Jonin hurle seule au pied des décombres enflammés, les derniers vestiges de sentiments l'habitant se scellant en elle. Comme pour accueillir les larmes qui coulent le long de son visage masqué, les nuages noircis par les hautes fumées de l'incendie se mettent à déverser leur propre flots, les trombes n’apaisant pourtant rien à l'âtre titanesque.

Un craquement se distingue au sein du bûcher, puis un second. Et alors que l'on attendrait sans trop de surprise à un énième, une explosion verticale accompagnée d'un flamboiement de bouquets ardents d'un noir plus profond que le néant s'élève vers les cieux. La langue de feu nocturne éparpille les nuages dans son onde de choc accompagnée en cela d'un grondement en tout point comparable à celui de la foudre amplifiée des dizaines de fois.

Au milieu de ce désordre, une naissance mêlée de renaissance, deux êtres n'en faisant plus qu'un dans un impossible tout, soufflant purement et simplement l'incendie autour de lui, éparpillant les débris dans l'explosion de sa création. Et tandis que le parcourait encore le feu d'encre et que le silence s'invitait après la lourde présence d'un chaos omniprésent, une voix qui fut celle de Masao tout en étant totalement différente prononça :

… Yūkino Seishin...


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☼ Pourquoi ce clan ? Pour quelqu'un, aucun mystère de ce côté là.
☼ Si vous venez à partir, imaginez la fin et/ou l'accomplissement de votre personnage: La blague. J’enterrerais chacun des héros de ce monde avant de partir moi-même.
☼ Comment avez-vous trouvé/connu Saigo Seizon ? D'un ami qui ne fait malheureusement plus parti de ce forum.
☼ Donnez nous votre avis sur le forum (design, histoire…) : Je n'ai rien trouvé de mieux à ce jour et qui corresponde à l'idéal que j'ai de ce genre d'univers.
☼ Plutôt tarte aux fruits ou gâteau chocolat ? Tarte aux fruits, s'il vous plaît !


Dernière édition par Yukino Seishin le Mar 30 Aoû - 17:46, édité 1 fois
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Yukino Seishin

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Chûnin

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MessageSujet: Re: Yukino Seishin [Terminé] Mar 30 Aoû - 17:38

Hop. Pardon pour le triple post !

Voila une bonne chose de faite ! J'attends vos éclairages sur mes errances, messieurs-dames des jurés ♥

Je souhaites présenter mes excuses à Hibana et Kô qui m'auront souhaités chacun à leur façon la bienvenue, mais dont j'ai malheureusement été contraint de faire retirer les messages d'accueil afin de pouvoir poster la seconde partie de ma fiche... Navré, vraiment.
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Maeda Ryohei

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MessageSujet: Re: Yukino Seishin [Terminé] Mer 31 Aoû - 23:53

Hey ^_^

En ce qui concerne ma correction :
Olala !
Elle est où la suite ? D8

J'ai été transportée par ton récit, comme pour un voyage. Merci bien pour cette jolie lecture. *-* Hormis les (si rares) remarques que je t'ai faites et qui ne nécessitent pas vraiment correction, je n'ai rien à redire.

Je laisse super Riyu s'occuper de toi. Au plaisir (très certain) de te lire en jeu. =D



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MessageSujet: Re: Yukino Seishin [Terminé] Ven 2 Sep - 13:49

J'ignore si ce sont les nerfs, mais j'ai presque pleuré o/
Je te valide Very Happy


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MessageSujet: Re: Yukino Seishin [Terminé]

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Yukino Seishin [Terminé]

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