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 Loin des yeux, mais toujours proche du cœur.

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Kenshu Miwako

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Daimyo

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MessageSujet: Loin des yeux, mais toujours proche du cœur. Jeu 19 Mai - 1:20

Les Abe no recevaient tous les visiteurs qui le désiraient en ce début de la lune du dragon. Comme chaque membre de la famille, Miwako passait la majorité du temps de sa journée dans cette pièce, à prodiguer aide, conseil et réconfort. Son cousin vint signaler à la jeune femme qu’il prenait sa place. Aussitôt, la religieuse se dirigea vers sa chambre. Dans l’urgence de ces derniers jours,  elle n’avait pas pu envoyer de lettre à deux personnes chères à son cœur, pourtant leur sort était loin de lui être indifférent. Elle était inquiète et estimait qu’il était temps qu’elle s’en occupe.  La jeune femme s’installa sur une sorte de bureau saisi alors son pinceau et commença la première lettre.

Kanzen-kun,

J’aurais aimé me rendre à Raimei pour te voir plutôt que d’envoyer cette lettre pour avoir de tes nouvelles. Beaucoup de gens viennent cependant nous voir paniqués. Nous nous efforçons d’apporter soutien et réconfort aux gens implorant notre aide, à défaut de pouvoir amener une réelle protection ou des réponses à leurs questions. Je ne peux pas tourner le dos à une telle détresse, pas même pour soulager un peu mon tourment.

Entre la malédiction du sommeil qui nous frappe et l’attaque des Kitsunes sur la ville que tu protèges, je m’inquiète de ta santé et de ton moral. Comment te portes-tu Kanzen-kun ? Es-tu blessé, tombé dans le sommeil ?  Si tu es victime de la malédiction, c’est Onji qui me préviendra en me ramenant cette lettre que je lui ai confiée. Il acceptera sans râler de jouer le rôle de facteur pour toi et Sora, car il sait que cela pourra calmer un peu mon inquiétude. Mais je t’en prie soit honnête avec moi, comme nous l’avons toujours été l’un envers l’autre.  

Comme je sais que tu voudras avoir quelques informations de ton côté, je te les livres maintenant, pour te faire grâce des délais. De mon côté, je dors peu en ce moment, ce qui est normal au vu des évènements qui touchent notre clan. Je suis comme tout le monde un peu perdue et déboussolée. Je tiens cependant le coup et garde la tête froide. Pour cela, je suis aidé par mon grand-père et, oh grande surprise, par mon père. Il aura fallu une catastrophe de cette ampleur, pour que pendant un moment, nous arrivions à regarder dans la même direction pendant quelques instants.  La famille ne comprend pas ce qui se passe, même chez nous certains sont tombés dans le sommeil, malgré nos charmes et nos protections. Nous sommes cependant unis et décidés à enquêter pour trouver une solution, c’est ce qui fait notre force. C’est cette force qui, je pense, me permet de ne pas céder à la panique et au final nous permet d’aider les autres. Je suis cependant en colère contre moi-même et c’est un sentiment partagé par les miens. Nous avons honte de notre échec, nous aurions dû voir les signes de cette catastrophe et nous les avons ratés. Nous ne comptons cependant pas nous complaire dans le regret, nous utilisons au contraire cette énergie, pour donner encore plus. Ce raté me donne aussi plus de conviction, nous avons échoué une fois, nous ne laisserons pas passer une seconde fois, au nom des Abe no.

L’aide que nous apportons me donne étrangement autant d’énergie qu’elle me fatigue. Elle me donne aussi autant de réconfort qu’elle me frustre. Chaque sourire ou visage plus serein est une victoire gratifiante, chaque visage fermé, un douloureux échec. Toutefois, lorsque je me retrouve seule Kanzen-kun, je ne pense qu’une chose : je n’en fais pas assez.  Nous les rassurons certes, mais nous ne les protégeons pas, nous n’avons encore aucun élément de réponse et encore moins une piste pour qu’ils se réveillent. Je ne peux que rassurer les gens. Aussi quand vient les heures de la nuit, je pars prier les kamis et méditer pour les contacter. Je fouille nos réserves en quête d’indice. J’enquête comme je le peux  et je ne suis pas la seule. Les cernes sur tous les visages des membres de la famille le soulignent bien. C’est la première fois que je vois une telle effervescence dans notre demeure. Elle est étonnamment silencieuse, nous ne paniquons pas, nous nous dévouons tous corps et âmes à cette enquête, le nez plongé dans les récits anciens ou en méditation.  Aussi bien que nous soyons nombreux, les pages tournées, les prières à voix basses et quelques débats chuchotés sont les seuls sons. Je me demande parfois si ce n’est pas cela qui rassure plus les gens que notre calme. Peut-être perçoivent-ils notre détermination à les sortir de là et notre certitude quant à la réussite de notre objectif. Car après tout nous ne pouvons pas échouer.
J’espère de tout cœur que tu te portes bien et attends avec impatience de tes nouvelles

Miwako-chan


Un sourire se traça sur le visage de Miwako alors qu’elle signait avec ce surnom, qu’il était le seul à employer.  Elle posa ce premier papier d’un côté, pour que l’encre sèche. La jeune femme devait encore faire celle de Sora et une fois onji envoyé, elle pourrait repartir à ses recherches.



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Fukyuu Kanzen

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Taii

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MessageSujet: Re: Loin des yeux, mais toujours proche du cœur. Mer 25 Mai - 6:16

Malgré les relations houleuses qui pouvaient exister entre la Kirin et le noble-bretteur, le pli passa de gueule en main souligné d'un salut silencieux et d'un sourire respectueux. Deux protecteurs se reconnurent alors, leur âme bercée du seule souhait de garder celle dont les mots sont couchés sur le papiers au plus loin du danger. Le fils des glace dont le cœur allait à la foudre chaque jours un peu plus passa devant un vaste bouclier de bronze sur laquelle se décrivait une scène de bataille passée ou créée de toute pièce pour l’œuvre.

Le reflet que lui renvoya le morceau d'art ne manqua pas de le surprendre, il se mit à rire doucement à l'attention de la Kirin et s'installa aux pieds d'une table basse laquée où il s'était souvenu avoir posé là la première coupe d'un saké échangé. Il passa délicatement le bout de ses doigts sur le bord du meuble où la main responsable de cette missive qu'il venait de recevoir avait apposé son contact à plus d'une reprise. Il déplia le courrier avec précaution et l'étala droit face à lui, cérémonieusement.

Chaque caractère tracé, chaque terme, les phrases qu'ils formait, ces éléments lus au fur et à mesure vinrent élargir l'expression débutée face à l'égide qui lui avait rendu son image. Enfin, il décala le message sur sa gauche afin de libérer l'espace au centre de la tablée. Sous le regard d'une patiente et silencieuse créature spirituelle, il s'en alla chercher sa pierre à encre, son pinceau, un rouleau de papier de riz vierge ainsi que deux coupes propre et une bouteille d'un saké Okaruto acheté à prix d'or au marché de Raimei.

Une fois les deux contenants remplis du précieux liquide, il en disposa une sur son bureau improvisé et offrit l'autre à l'estafette surnaturelle avant de se mettre en place au devant de sa propre correspondance dépourvue de la moindre souillure, sa main gauche effleurant celle qui lui avait été destinée. Lorsqu'il fut tout à fait prêt, il se lança dans son écriture cursive si particulière, mêlant les talents d'un esthètes à ceux d'un guerriers, l'un adoucissant la fermeté de l'autre, ce dernier rendant plus précis chacun de ses traits qui se seraient trouvés trop souple s'ils avaient étés guidés uniquement par la fibre d'artiste du pur-sang Fukyuu.

Kanzen a écrit:
À toi, Miwako des Abe No, dont chaque fibre de l'être manque au serviteur qui s'apprête à répondre à cet épître pareil à la douceur d'un brasier réchauffant son âme déchirée,

Je ne peux que remercier la providence que tu ne te sois pas présentée de toi-même à moi et en personne à la lueur des derniers événements. Car il m'aurait dès lors été impossible de te laisser repartir à nouveau auprès des tiens, puisque tu attends de moi que je ne te caches rien à mes émoi. Tu aurais souffert une nouvelle fois ma tentative de te soustraire aux remparts protecteurs de tes atours, mon être entier appelant le tien depuis ces mois où tu investis mes fous désirs de ta présence, ta douce sincérité et de cette honnêteté mêlée de franchise qui te caractérise. Pour cela, je ne peux que te demander pardon, ma faiblesse ne t'aura qu'incommodée, j'en ai bien peur. Ta fidélité face à ton devoir te rend d'autant plus précieuse pour le malappris que je suis et tu honores les tiens par ton altruisme, me laissant seul à mon égoïsme. Raimei pleure ses larmes de pluie comme jamais depuis ton départ, la chaleur trop rare des rayons de Dame Soleil ne suffisant plus à apaiser les esprits  de ces citoyens.

La Voix muette de Raijin s'est endormie et le peuple pleure l'absence de ce guide où la croyance est mise en défaut au point que l'élue même de Gekigami puisse tomber parmi ses fidèles assoupis. Ma peine face à cette affliction n'aura guère su entacher ma foi, car j'en suis à présent à prier le Tigre Divin de veiller sur son hôte. Ma personne s'en est sortie sans que ne lui soit infligée la moindre malédiction, mais d'être le témoin de toute ces étincelles se consumant dans un sommeil impossible ou délivré de ce dernier pour se voir étreindre malgré tout à la mort, n'en est ce pas là une pire encore ? Ton cœur a la force de l'acier le plus rare et je sais qu'auprès des tiens, tu parviens à rasséréner celui des plus fragiles d'entre nous. Je ne peux qu'envier ces gens de pouvoir être ainsi veillés par l'éclair le plus pur de Kenshu à mes yeux, celui dont la rémanence persiste d'apparaître à mon esprit, que mes paupières soient closes ou non.

Mes pensés parviennent néanmoins à aller aux Abe No et à cette union des tiens que tu m'annonces contre le mal qui nous afflige, car ma confiance s'en trouve réchauffée de voir apparaître le bout de ces épreuves grâce à votre abnégation. Je suis si fier de te connaître, toi et ce courage qui est le tiens, même s'il m'arrive de maudire parfois ce dernier qui t'auras à jamais verrouillée à mes aspirations te concernant. À nouveau, pour cela, pardonnes ma faiblesse. Je n'ai pas ta grandeur et ne l'aurais probablement jamais. Cependant, ne t'accable pas de cette pensée que tu me décris. Ce que subit le monde dépasse l'entendement et tu es un être de chair et de sang tentant de combattre quelque chose qui nous déborde totalement. En faire plus signifierai de te voir te consumer et disparaître, je le refuse et n'y survivrait. J'aimerais à croire et à te dire que de me laisser siéger à tes côtés pourrait te rendre plus forte encore, que des réponses à toutes les questions brûlant les lèvres du pays trouveraient alors les réponses… Mais cela n'est encore qu'une énième preuve de ma prétention.

Ma lame n'aura que trop servit ces derniers temps, Shigeru-Taisa croule sous son devoir et je ne peux que me montrer présent pour l'épauler. Il se délite sous mon regard malgré tout le soutien que je tente de lui apporter. Dans l'urgence de la situation, j'ai été nommé à un rang auquel un otage comme moi ne devrait pas pouvoir prétendre, mais je sens bien que je suis et resterais à jamais un fils des glaces aux yeux des guerriers du Tonnerre. Pour autant, Fukyuu Kanzen se tient debout dans la tempête qui s'abat sur son clan d'accueil. Je n'ai pas le support d'une famille comme celle des Abe No, ni ne me ressource dans la passion du devoir qui te défini. Je ne trouve pas mon essence dans un dévouement total pour une noble cause. La seule chose qui me fait marcher, me relève lorsque je trébuche et me parvient encore de dresser ma lame contre la providence est la prêtresse qui m'a écrit cette lettre transporté par l'un de ses Gardiens. De ce sentiment individualiste qui t'es dédié, j'y trouve ma seule foi. Tant que les choses seront ainsi, mon sabre ne saura faillir et je ne ploierais pas.

Dans la nuit qui s'abat sur nos Terres, Miwako-chan est la lance de lumière déchirant les Cieux par sa puissance me guidant et portant en lui tout mes espoirs.

Celui qui se laisse appeler Kanzen-kun, héritier des glaces et ton éternel serviteur.

Son kamôn enfin apposé, il se releva pour aller chercher un soupçon d'eau de fleur d'oranger dont il laissa tomber une goutte sur le papier. Enfin, il enroula ce dernier autour d'un court bâton de jade qu'il glissa dans un écrin de bois laqué d'une patine d'un blanc immaculé à l’exception de pétales de cerisiers stylisés sur toute sa longueur. Il tendit le tout au messager et considéré pour ami, non sans le saluer humblement afin de le remercier de ce qu'il faisait. Il rattacha son daisho à son obi et quitta alors sa demeure. Les témoins qui le croisèrent auraient pu jurer le voir plus grand encore qu'il ne l'était déjà.
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Kenshu Miwako

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Daimyo

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MessageSujet: Re: Loin des yeux, mais toujours proche du cœur. Dim 12 Juin - 18:18

Miwako se réveilla  brutalement, en sueur. Elle tremblait sur sa couche et prit son visage entre les mains. Onji et Hono se rapprochèrent de leur protégée, qui encore une fois se réveillait brutalement. Cela faisait plusieurs jours qu’elle était revenue de Kouzen et qu’elle avait consulté sa famille pour qu’ils prennent ensemble les décisions sur leurs actions à venir. Depuis son retour de la cité sur pilotis, la jeune femme ne semblait pas pouvoir trouver de véritables repos. La journée la demoiselle, tenait bon, trop d’individus avaient besoin d’elle, ce qui l’empêchait de flancher. Lorsqu’elle se retrouvait seule ainsi, plus d’un doute l’assaillait. La vulnérabilité du sommeil faisait d’elle une proie facile face aux nombreux doutes, incertitudes et dangers que le futur semblait porter.

La demoiselle prit une grande inspiration et accueillit ses deux gardiens, qui la couvraient à présent de témoignage d’affection. Ses mains se crispèrent sur leur pelage, trouvant dans ce contact rassurant de quoi retrouver un peu de calme. L’onmyouji se dirigea  vers sa table, encore un peu fébrile, pour saisir un coffret contenant une précieuse lettre. Un sourire se traça sur les lèvres de la religieuse lorsqu’elle commença à la relire et ses joues s’empourprèrent légèrement.  Elle plaça précieusement le papier sur la table, puis chercha de quoi écrire. Cela faisait quelque temps qu’elle lui devait une réponse et Miwako se trouva bien idiote de ne pas l’avoir fait plus tôt, alors que Kanzen était le seul homme à pouvoir la rassurer.

Kanzen-kun,

J’ai été soulagée d’apprendre que tu n’avais rien, que tu parvenais à rester debout malgré la douleur. J’aurais aimé pouvoir me réjouir sincèrement de la promotion que tu as obtenue, tu la mérites.  Le contexte actuel et la tristesse des autres nouvelles que tu m’as apportées m’empêchent cependant de fêter heureusement et dignement ta promotion. Il ne nous reste qu’à prier pour le réveil rapide de l’incarnation de notre kami. J’ai besoin de lui parler rapidement des découvertes que j’ai faites sur les événements récents, seuls les kannushis pourront nous aider à nous en sortir.

Il n’y a rien à pardonner Kanzen-kun. Tu ne peux pas contenir tes sentiments à mon égard, pas plus que tu ne peux t’empêcher de respirer. Je suis certes légèrement troublé lorsque tu leur laisse si librement court. Je souhaite pourtant les entendre, malgré ce qu’ils provoquent, car je ne veux pas que tu te trahisses.  Je me sens parfois coupable, égoïste de te faire subir cela. Je ne peux répondre à tes sentiments, bien que je n’y sois pas insensible et tu sais pourquoi. Je ne veux cependant pas mettre fin à notre relation, qui m’apparaît aujourd’hui aussi essentielle, aussi constitutive de mon être que mon lien avec mes gardiens. Ce qui me rassure toutefois, c’est de savoir que tu y puises aussi une force pour te protéger toi et nos semblables. Te voir y trouver autant d’énergie et pas seulement du malheur calme mes inquiétudes. Cela me permet de te garder près de mon cœur plus sereinement.  Soit assuré de cette place Kanzen-kun et prends-y la conviction nécessaire pour que ton sabre continue de te défendre ainsi que Raimei.

Le sommeil me prive de sa compagnie, en ce triste soir ou la maîtresse des cieux ne m’est pas aussi familière et amicale qu’à l’accoutumé.  J’aimerais pouvoir te dire tout ici, comme nous le faisions certaines nuits, toi et moi à nous raconter nos vies. Ces instants précieux, avec pour seuls témoins les étoiles, la lune et la bouteille de saké ou le thé que nous buvions.  Ma langue se retrouve, cette fois-ci, en partie prisonnière face à une décision de famille sur ce que j’ai découvert à Kouzen, au milieu des cadavres des nôtres. C’était un véritable charnier Kanzen-kun, une vision qui a frappé mon âme plus durement que je ne le pensais, qui vient hanter mes rêves.

Je t’écris pour me rappeler la douceur de ces instants sous la voûte étoilée qui sont parmi les soirées les plus chaleureuses que je connaisse, malgré le froid printanier, dont tu tentais maladroitement de me protéger. Des moments de tendresse qui m’apparaissent ce soir comme des rêves, plus que des souvenirs. Des sentiments qui pourront me permettre, je l’espère de lutter contre ces cauchemars qui me tourmentent. Une sérénité que je souhaite pouvoir goûter à nouveau, mais qui pour l’instant m’est interdite. Je crois, Kanzen-kun, que si je venais chez toi, je ne voudrai plus repartir, que je me laisserai définitivement noyer par tes attentions, ton affection et que je ne voudrais plus retourner à un monde aussi brutal, violent et qui risque de disparaître. C’est une faiblesse que je ne peux pas me permettre. Alors pour ne pas céder à la tentation, je ne peux pas pour l’instant, reposer les pieds dans cet unique lieu où je retrouverai un repos réparateur. Les kamis pourraient témoigner qu’à cet instant, ce n’est pas l’envie qui m’en manque et qu’il me faut convoquer toute ma volonté pour combattre ce désir. Alors je t’écris pour percevoir quelques gouttes de ce bien-être et m’y ressourcer, sans m’y plonger complètement, pour pouvoir repartir dans ce combat qui est le mien.

Miwako-chan


La jeune femme regarda encore cette lettre et se retint de la froisser. Il y avait déjà plusieurs lettres en boule au sol. Plus elle écrivait, plus l’onmyouji réalisait que les mots ne lui suffisaient pas. Elle avait envie de le voir, qu’il la serre dans ses bras en lui murmurant des mots réconfortants, des encouragements. Si elle n’envoyait pas cette lettre, Miwako risquait de ne jamais répondre à celui qui occupait ses pensées à cet instant. La demoiselle ne souhaitait pas cela. Aussi prépara-t-elle ce dernier écrit, pour qu’il soit porté à son destinataire au petit matin, par l’un des messagers employés par sa famille.  Une action et des pensées qui apportèrent bien du soulagement à la religieuse, malgré la légère frustration de ne pouvoir suivre complètement ses désirs et ses envies.
Miwako se senti alors de nouveau gagné par le sommeil et s’installa dans son futon, pour grappiller une heure ou deux encore. La jeune femme sentait encore l’odeur de fleur d’oranger, car elle n’avait pas rangé la lettre du samouraï. Diriger par ce sens, ses pensées allèrent au guerrier venu des glaces et aux heureux souvenirs, qui l’aidèrent à trouver un repos paisible, qu’elle n’avait pas connu depuis quelques jours.



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Fukyuu Kanzen

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Taii

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MessageSujet: Re: Loin des yeux, mais toujours proche du cœur. Lun 20 Juin - 23:19

Le courrier s'échange rapidement de main malgré l'absence d'esprit pour le porter en lieu sûr cette fois ci. L'écrin de celui ci est un tube de bambou évidé et rendu hermétique par de la cire d'abeille séchée. Lorsque le bouchon est retiré, une émanation florales des parfums de Koumyou se laisse sentir.

Kanzen a écrit:
À toi, Miwako-chan, qui ouvre la voûte maussade des nuages d'un humble pli pareil à un éclair, laissant apparaître Dame Soleil et ouvrant ma voie,

Lors de ta venue en la demeure dont les disciples ne Raijin m'ont honoré de me l'offrir, je n'avais guère ressenti ce que tu amenais dans ton sillage depuis bien des années. Mon seul regret, malgré tout ce que nous avons pu dire et faire alors, aura été de me mentir à moi-même, d'étouffer cette flamme que tu fis naître alors. Je suis tel que je suis et si ma peine est souvent grande d'avoir pu te troubler ces jours là, ce que j'ai pu laisser sortir hors de moi n'était que les fragments d'une honnêteté à ton égard que je n'osais pas totalement libérer. Il n'est rien de ta position que j'ignore, des vœux d'altruisme qui te tourne vers ton prochain plutôt que de choisir la direction de ton propre confort. Mais d'être mis au fait que mes appels trouvent en toi ne serait-ce que leur écho, par les Kamis bienveillants, j'ose croire l'avoir décelé autrefois, même peut-être entendu et de le voir écrit sur cette réponse porte mon âme vers des sommets insoupçonnés.

Tu es clairvoyante en inscrivant que je puise mes espoirs et ce que tu nommes ma force dans cette chose étrange que nous partageons, mais cela va plus loin encore en ce qui me concerne. Tu incarne l'ancre sans chaîne qui rattache pleinement celui que l'on nomme Kanzen dans ces terres qui ne l'ont pas vu naître. Chaque seconde des pensées que je peux avoir pour toi ajoute à mon confort, me fait voir autre chose en Kenshu qu'un simple domaine d'accueil et tant pis pour ce qu'en penseront mes ancêtres : un lieu que je puisse nommer « chez moi ». Je me leurre en vérité, car ces frontières dont je parle n'existent pas. De ces pays délimités par l'homme et leurs Dieux séculaires, je n'en fais pas l'endroit où mes sens se trouvent apaisés.

Car si il y-a une chose que j'ai pu apprendre et garder en mon cœur jusqu'à ce jour, c'est que la seule position qui définit correctement mon concept de bien-être est ta seule proximité, Miwako-chan. Raimei peut se targuer de connaître ainsi ma lame prête à tout pour elle, puisque c'est ce que me demande celle dont l'image accompagne chacun de mes songes, jusqu'aux instants infimes où je ne fais que cligner des paupières. D'apprendre ce que Kousen t'a montré est une atteinte directe qui m'est faite. Tu es la seule à pouvoir m'apporter les réponses sur ce qui s'abat en ce monde, de te savoir si loin alors que la juridiction de Shigeru-sama tremble de toute part est un fait cruel et malgré ma taille ou la force que l'on pourrait me prêter, j'aimerai simplement retrouver la douceur de l'une de tes innocentes étreintes afin de rassurer mon esprit.

Tout autant, il me déchire d'être averti que ces images qui te hantent ne puissent compter sur le soutien que je pourrais t'offrir, si le destin m'accordait de me trouver à tes côtés en ce moment. Une partie de moi s'accorde à tes propos, car mes mensonges d'autrefois tomberaient alors un par un, tu souffrirais de ces attentions dont tu parles, car elles ne manqueraient pas de te submerger. Mais l'autre part t'en conjure et t'implore : L'enfant des glace que je suis ne sera jamais une cage refermant ses barreaux sur toi si tu oses faire ce pas dont que tu t'interdis. Cette faiblesse dont tu traites, je n'y vois que la force qu'elle pourrait nous apporter en ces temps difficiles entre tous. Mais je ne suis pas lucide, ce qui brûle en moi à ton sujet pourrait me manipuler en ce moment même que je me jetterais dans ses bras cotonneux avec un plaisir immodéré.

Fais ainsi en ton âme et conscience, je prierais en attendant la venue de cette époque où l'héritière des Abe no passera le seuil du pas de ma porte pour répéter de front tout ces mots qu'elle écrivit au chien blanc des Foudres. Car en ces événements troubles, je ne conçois plus aucune autre paix que celle de ces plis et de l'espoir de voir certains des aveux s'y trouvant se réaliser un jour. Quoiqu'il en soit, vas. Remplis ce devoir qui t'oblige à d'autres que moi. Panse les blessures de Kousen pendant que je crées les miennes en frappant ceux qui tenteraient, au Nord, d'atteindre Raimei.

Un jour, je me souviendrais ces lettres et si je viens à tomber, elle seront la source de ma résurrection, car même à l'autre bout de Yokuni, Fukyuu Kanzen du sang des régents des Neiges n'abandonnera pas ce monde à la seule lumière de Abe No Miwako.

Shiroi-Inu, épée au service du Tonnerre et cœur dévoué au sentiment dont le nom ne sera dit que de face.
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Kenshu Miwako

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Daimyo

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MessageSujet: Re: Loin des yeux, mais toujours proche du cœur. Jeu 14 Juil - 18:01

L’Onmyouji entra dans sa chambre stressée. Dans quelques heures, elle devrait parvenir à convaincre les Kuges dirigeants le clan de l’existence de la guerre divine, de l’existence de la faille qui pouvait mettre fin à leur monde. Des propos tellement énormes, qu’il faudrait les convaincre que ce n’était pas un délire. Heureusement, la religieuse pouvait compter sur son nom de famille pour apporter du crédit à son histoire, ainsi que sur le soutien de la Kannushi et du nouveau Taisho. La demoiselle leur était d’ailleurs reconnaissante d’avoir cru ainsi ses paroles.

Miwako caressa machinalement ses deux gardiens, ce qui lui permit de se calmer un peu. La jeune femme voulait trouver un état d’esprit plus serein pour lui écrire une réponse, qui traînait depuis quelque temps déjà. Malheureusement, au vu de la période de crise que traversait actuellement l’empire, entretenir une correspondance régulière était une chose bien difficile. La demoiselle aurait bien aimé réussir à lui écrire plus souvent.

Kanzen-kun,

Cette époque féroce va encore repousser nos retrouvailles et nos devoirs nous empêcher de nous revoir, pour quelque temps encore. Cela est d’autant plus cruel que mes pas m’ont conduit près de ta demeure, sans que je puisse m’en approcher. Je n’ai pas pu me poser la question sur ma fragilité, les risques de la tentation et du renoncement. Je n’ai pu que penser à la force et à la chaleur de tes bras lors de mes songes.

Tu le sais déjà, mais Nadeshige-sama, cœur des tigres, s’est réveillée. Dès que la nouvelle nous parvint, je pris une monture pour me rendre le plus rapidement possible au temple, afin de lui révéler les informations capitales en ma possession. J’ai eu la surprise de rencontrer au passage le nouveau Taisho de nos armées. Je suis soulagée qu’un autre dirigeant se soit élevé en ces temps troublés, pour guider les nôtres. Kuhoko-dono est d’apparence banale, mais son sang-froid et les renseignements dont il disposait étaient impressionnants. J’ignore tout de l’art militaire et mon avis compte sans doute peu au vu de mon inexpérience, cependant il m’est apparu comme un homme capable de tenir son rang et de diriger nos bushis, appelés aux divers fronts. Cela me rassure, ta vie dépend aussi bien de tes compétences, que de celle de tes supérieurs dont tu dois suivre les ordres. Je ne supporterai pas d’apprendre que l’incompétence d’un gradé m’arrache une partie de mon être, en causant une fin que je ne souhaite même pas formuler pour toi.

J’avais prévu de venir te rejoindre après cet entretien, mais les plans ont changé, car l’hôte du tigre m’a retenu. En effet, notre Kannushi bien aimée m’a demandée d’assister au prochain conseil, afin de défendre en personne les propos qui furent les miens. L’être divin m’a demandé de rester au temple, pour me former aux us de cet assemblé politique si particulier que nous possédons et me donner des conseils. Je n’ai donc pas bougé du temple, le peu de temps que je suis resté à Raimei. Nous repartîmes pour la capitale le lendemain à peine, pour convoquer une session extraordinaire et urgente du conseil. Il est apparu important aux yeux de mes interlocuteurs que ce dernier ait lieu le plus rapidement possible.

Kanzen-kun, je sais que tu es occupé, mais lorsque Nadeshige-sama sera de retours, pourras-tu tenter de la voir ? Je m’inquiète pour elle. La vaillante voix de Gekigami-sama a éludé le sujet, mais son état m’inquiète. Comme toute personne dévouée, elle passe sa santé au second plan, pour se concentrer sur les problèmes qui accapare les nôtres. Je me fais cependant du souci, elle ne semble plus dormir et je dirais qu’elle a perdu du poids. Je te sais plus proche d’elle que moi, penses-tu pouvoir trouver du temps ?

Le peu de temps qu’il me rester avant mon plaidoyer va se terminer, alors je vais finir cette missive. Je regrette d’autant plus maintenant, de n’avoir pu te rencontrer. Tu aurais pu me donner bien des conseils pour parler à une assemblé de notable. Je suis cependant heureuse d’avoir eu ce temps de pause pour t’écrire. Je sais que tu ne pourras pas lire tout de suite ses mots, mais ils te sont adressés. Rien que cela m’a suffi pour retrouver un peu de sérénité.

Merci Kanzen-kun, de me soutenir ainsi et d’être une oreille attentive à mes plaintes, malgré la distance qui nous sépare.

Miwako-chan.


C’est avec un sourire aux lèves que la jeune femme termina d’écrire ces quelques mots. Les servants s’annoncèrent alors qu’elle préparait sa lettre cet homme, devenu si important à ses yeux. Miwako leur donna ce si précieux papier et les suivit vers l’entrée. On était venu la chercher pour la conduire au palais.



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Fukyuu Kanzen

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Taii

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MessageSujet: Re: Loin des yeux, mais toujours proche du cœur. Dim 31 Juil - 8:41

Le pli avait été détourné de sa destination, faute d'interlocuteur demeurant dans sa propriété. L'estafette avait du enquêter légèrement pour finalement entendre dire que celui auquel était dédié le courrier se situait ces temps troublés à la défense même des murs de Koumyou. Il avait élu domicile dans l'une des humbles cellules du Temple de la foudre et prenait un léger repos avant de retourner à son quart et veiller sur les hommes dont il avait la charge temporaire, secondant les bien vaillants soheï et les mikos au mieux de leur capacités.

Prenant la lettre machinalement, s'attendant à recevoir les ordres de Shigeru-Taisa, il écarquilla les yeux à la prise de connaissance du véritable émetteur de la missive. Mille expressions passèrent au fur et à mesure de sa lecture frénétique des mots sur le parchemin, qu'il lu debout, oublieux de s'installer plus confortablement, tant l'empressement de connaître la situation du responsable de ces écrits le submergeait.

Si tôt terminée, il alla étendre la correspondance sur un menu bureau dépourvu du set élaboré de calligraphie du fils des neiges et se contenta d'un autre, bien plus sobre, pour répondre dans l'instant aux propos que celle qui devenait son guide lui avait fait porter. Des les premiers caractères posés sur la surface du papier, un apaisement débuta de le gagner pour finalement l'envahir, ses lèvres s'écartant en un sourire qui s'était fait rare, ces derniers temps.

Citation :
À toi, Miwako-chan, que le destin et la volonté me refusent, quand bien même le brasier de mon âme à ton égard s'étend au lieu de s'étouffer, malgré les jours qui s'égrènent et l'éloignement nous disjoignant… et pourtant ,

D'apprendre cette promiscuité qui m'aura été refusée, d'autant plus au vu de ma position actuelle, ayant élu domicile depuis peu au sein de la Maison de Raijin lui-même afin de soutenir l'effort de veille de la Voix muette qu'elle renferme, tout ceci est presque trop. Pourtant, je ne parviens pas à ressentir la douleur qu'un tel fait devrait occasionner sur ma personne. Au contraire, ma fierté grandi à chaque mot que je lis, de connaître l'héritière des Abe no, son courage et sa pugnacité. Nous nous serons donc manqué de peu et la chose est préférable, je suppose, pour le moment, au vu de mon devoir de protecteur et de celui dont tu te fais la dépositaire, de témoin et porteuse des éclaircissement d'une situation qui nous dépasse tant.

Nous avons su pour la succession du nouveau Taisho et je suis heureux de t'entendre dire grand bien le concernant, car sa prise de position et son absence des domaines de Raimei et des abords du Temple auront laissé les langues les moins propres s'exprimer à son sujet de bien triste façon. Je me ferai donc son parangon, reprenant, si tu m'y autorise, les encensements dont tu me fais parts, car il n'est aucune affirmation que je ne puis croire de plus véritable que celle s'incarnant entre tes lèvres et par tes doigts. Alors pour moi, Kuhoko Keikoku-dono sera le guide à l'apparence neutre, au sang-froid incomparable et au informations les plus précieuses qui soit et Koumyou entendra son nom avant même qu'il n'eut pénétré les lieux de lui-même, si ses pas le guident un jour en ces murs. Je me fie à ton jugement et à ses compétences et je ferais honneur à ce clan qui m'a accueilli en ces frontières et à cette dame, en son cœur, du moins oses-je le formuler ainsi, à nouveau, si tu me le permets. Dès lors, il n'est nul trépas qui pourrait m'accueillir, car je refuserai toute étreinte de la fin, quelque soit sa forme, avant de t'avoir revu.

Mais tu m'apprends alors que tandis que l'escouade du Chien-blanc exécutait sa garde dans le périmètre du Haut lieu de culte du Tonnerre, celle pour qui bât son cœur était restée au sein même de ce monument qu'il protégeait ? Quelle ironie cela peut bien draper ? Pour quelle raison, Gekigami en sa demeure aurait-il pu faire en sorte que nous ne puissions pas nous retrouver ? Mais à nouveau, je ne me sens pas blessé par cela, sinon légèrement frustré, évidement. Le Kami de l'Orage aura donc décrété qu'il n'était pas temps je suppose et je le comprend… Car dans le cheminement des pensées qui furent les miennes ces jours, une évidence m'est apparue, Miwako-chan : en effet, l'instant qui me verrait te retrouver serait le dernier du genre, car je n'autoriserais pas même le Fils des Cieux et l'Ômikami en personne à me séparer à nouveau de toi. J'en rend grâce à Nadeshige-sama d'avoir su te retenir alors, car tu n'aurais guère plus que trouvé une maison vide en te présentant sur le séant de ma demeure. Mes suivantes ont étés dépêchées au service du gouverneur de Raimei en attendant mon retour, ainsi, plus personne n'aurait su t'accueillir ni te prévenir, je suppose.

Ton inquiétude fait néanmoins écho à celles des soheï, mikos et Jushoku de ce lieu… Et ma jeune préceptrice aphone nous sourit à tous de pareille mesure, tâchant de nous rassurer sur sa condition… Mais je ne l'ai guère vu aussi pâle que cela. Depuis peu et en tant que plus haut officier de la noblesse militaire en présence avec certains de mes pairs, je me porte au plus près d'elle afin d'aider au mieux les siens à s'occuper de sa personne. Mes prières vont autant au Tigre qu'au Bœuf qui m'a vu naître de la voir se remettre promptement et je te fais le serment de rester à ses côtés afin de veiller à son bien-être jusqu'à sa rémission. Enfin, aucun doute ne s'instille en moi à l'idée de te voir illuminer la cour de Geki par tes mots et ta présence et je leur jalouserais longtemps l'honneur de te percevoir sous ce jour si particulier. Je ne me serais cependant pas contenté de conseils, mais me serais tenu à tes côtés, comme mon âme à chaque instant auprès de toi.

Il n'est aucun désespoir permis si le lieutenant des armées des cieux grondants et descendant des glaces éternelles puisse porter son aide par delà toutes les frontières et de quelque façon que ce soit à Abe no Miwako, le phare de son existence.

L'éternel et dévoué Kanzen-kun, dont les prières appellent une époque propice et plus douce pour que lui soit enfin autorisé de faire front à l'incarnation de sa raison d'être.

Aucun autre artifice ne fut lié à ce pli, si ce ne fut le soin extrême apporté à la calligraphie de chacun des caractères le composant. Mais la satisfaction se lisait sur les traits du bushi lorsqu'il confia le courrier à la patiente estafette pour retrouver le cœur du Temple et son devoir de garde, aussi bien issue de son rang que de sa dévotion envers la destinataire de sa réponse.
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Kenshu Miwako

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Daimyo

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MessageSujet: Re: Loin des yeux, mais toujours proche du cœur. Mar 17 Jan - 0:20

Miwako perdait la notion du temps. Trop de recherches, de questions sans réponses, de frustration l’occupait à présent. L’ambiance était plus lourde, car un nouveau danger était apparu. Peu d’information circulaient à propos de cette crise diplomatique, les kuges essayaient au maximum d’éviter les fuites à ce sujet, pour ne pas ajouter plus de panique et de peur à une situation déjà délicate. Le spectre de la guerre n’était jamais de bon augure, mais en ce moment, cette ombre pouvait faire vaciller un clan déjà bien fragilisé. La famille Abe no avait toutefois suffisamment de contact avec la cours, pour percevoir quelques échos de l’accident diplomatique entre Kenshu et Fukyuu. C’est ce dernier détail qui rendait la demoiselle plus fébrile, plus impatiente envers la réponse de Kanzen.

Lorsque le pli arriva enfin à la demeure des onmyouji, la jeune femme prit promptement la lettre pour le lire. Elle remarqua l’absence du coffret et du parfum, mais comprit bien vite à la lecture les raisons de ce changement. L’onmyouji se dirigea sans attendre plus longtemps vers sa chambre où elle s’empressa de sortir son nécessaire pour répondre.

Kanzen-kun,

Merci pour ton aide envers notre divine incarnation. J’espère que ta présence pourra lui apporter un peu de joie, face au mal qui la ronge depuis son voyage sur les terres souillées.

Nous nous sommes donc frôlés, mais cela est peut-être pour le mieux ? Gekigami-sama nous permet ainsi de rester concentrer sur nos tâches présentes en nous préservant de toute tentation. Je ne doute cependant pas une seule seconde, que nous nous rencontrerons à nouveau Kanzen-kun, plus tard, dans une période moins troublée où nous pourrons alors savourer pleinement les joies de nos retrouvailles. C’est peut-être cette opportunité-là que la déité de la foudre nous offre, celle de pouvoir profiter pleinement de cet évènement, sans que rien ne puisse venir le troubler ?

En parlant de trouble, de sombres rumeurs parviennent jusqu’à mes oreilles et m’inquiète. Les kuges parlent d’incident diplomatique entre la foudre et la glace, d’un risque de guerre dû aux actes du Jonin, qui nous a dirigé pendant quelque temps. Il n’y a encore rien d’officiel, rien de décidé, mais les prochains jours apporteront des certitudes, qui me troublent dès à présent. Je connais peu le réseau de mon père, mais je comprends suffisamment mon géniteur pour savoir qu’il ne me parlerait pas de tels sujets à la légère. Il est certes attentif aux rumeurs, mais ne choisit jamais d’en croire une sans raison. C’est pourquoi le futur ne m’invite pas à l’optimisme.

Le monde est menacé et je travaille nuit et jour pour éviter que cet évènement funeste n’arrive. J’ai la certitude que les religieux de l’ensemble des clans parviendront à trouver une solution pour éviter un tel sort à nos terres. Je me sens angoissée face à une telle crise, mais mon cœur se trouve d’avantage paralysé par les actes des hommes. Si ces rumeurs de guerre s’avéraient vraies, je ne pourrais rien y faire Kanzen-kun et cette impuissance me terrifie et m’agace. La guerre n’est que souffrance et horreur et je ne peux pas aider notre clan à éviter une telle monstruosité.

Ces nouvelles m’effraie d’autant plus que tu te retrouveras au milieu d’un tel incident. Si les éclairs et la neige décident de rompre le contact. Quel sort te réserveront les Daimyos et les kuges ? Pire, s’ils décident de rentrer ouvertement en conflit l’un contre l’autre, qu’adviendra-t-il de toi ? Plus que tout, ce sont les incertitudes sur ton avenir qui me paralyse, surtout que là encore je ne pourrais être que spectatrice.

Soit cependant assuré d’une chose quoiqu’ils adviennent jamais je ne pourrais te considérer comme un ennemi Kanzen-kun. Quel que soit la distance,  tes couleurs ou ton daimyo,  mon affection et ma confiance ne pourront jamais être tâchées par tes actions. Je le sais et trouve dans cette certitude un peu de sérénité.

Miwako-chan


La jeune femme relue une dernière fois son écrit. Ses yeux s’attardèrent quelques secondes sur ses dernières phrases. Oui, elle lui faisait confiance et il avait promis de ne jamais la trahir. La religieuse replia la lettre aux matins. Le temps que le papier trouve son destinataire, les réponses tant redoutées seraient probablement déjà dévoilées à la population. Peut-être même que Kanzen-kun en saurait plus sur son avenir et pourrait lui en apprendre davantage.



Absente jusque fin aout
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Fukyuu Kanzen

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Taii

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MessageSujet: Re: Loin des yeux, mais toujours proche du cœur. Mer 12 Juil - 9:39

Depuis deux semaines déjà, il avait repoussé l'instant fatidique et regrettait déjà de l'avoir fait à plus d'un titre. Il était resté dans l'incompréhension, avait conservé cette demeure dans laquelle il avait vécu sept années, s'était transformé et avait apprit à vivre parmi ceux qu'il avait longtemps considéré comme coupable de l'arrachement qui avait été le sien lors d'un temps dont il ne parvenait que difficilement à se souvenir.

Du clan même vers lequel on le rappelait, il ne concevait plus aucune promesse. Certain d'avoir trouvé sa place, persuadé de parvenir à passer cet obstacle qui le séparait de celle à qui il aurait tout donné, recevoir cette missive, si simplement transmise, comme s'il n'avait finalement été qu'un chapitre dont on tournait déjà la page de l'histoire du Tigre, tout ceci le ramena des années plus tôt, vivant une situation si similaire qu'il en avait eu le vertige.

Aucun abattement n'apparut être le sien, aucun effondrement. Si ce n'était la mélancolie qui s'était peinte sur ses traits auparavant irrémédiablement radieux, il avait su rester digne, s'était rompu d'un adieu auprès de chacune de ses suivantes, à sa si singulière façon. Et lorsqu'il décréta qu'il fut prêt, se mit-il à relire le dernier pli de celle que son cœur, en Kami omnipotent de son âme, avait élue pour seule championne, la dernière de toute, car il savait que ce qu'il cachait dans l'écrin de son corps, l'esprit qui faisait de lui ce qu'il était n'y survivrait pas.

Ainsi, c'est une coquille vide qui retournerait bientôt sur les terres qui l'avaient vu naître. Mais avant cela, une dernière chose lui restait à faire. Dans cette demeure devenue silencieuse et bien vide, depuis qu'il avait congédié ses servantes et envoyé ses quelques possessions dans la propriété de Yama où il avait décidé de finir ses jours, il s'en retourna à son bureau. Produisant un feuillet de la plus haute facture, sa relecture du pli auquel il s'apprêta de répondre n'avait été que purement factuelle, tant il en connaissait chaque mot sur le bout des doigts…

Jusqu'à la façon dont le trait avait été produit. Il eut tant de mal à débuter, à poser le premier mot qu'il eut l'impression que l'éternité n'y suffirait pas avant qu'il ose enfin. Pourtant il y parvint, envers et contre tout ce qui se battait en lui, sa douleur se mêlant à sa calligraphie dans un balai délicat :

Citation :
À toi, Miwako-chan, pour qui j'adresse probablement mes derniers mots, puisque les neiges se refusent aussi sûrement aux foudres que l'onmyoji le fit auprès du forgeron.

Réécrirais tu tout ce que tu m'as écris, sachant ce qui se produit en ce moment ? Es-tu déjà au courant, de part les ramures que ta famille possède ça et là, des maux qui frappent le domaine de tes ancêtres ? Penserais-tu toujours que le mieux fut que nous ne nous soyons que frôlés au Temple Koumyou pour nous concentrer sur nos tâches ? Je devrai te porter rancune à ce jour, maintenant que je sais tout ceci, maintenant que je vois le jeu que le Destin entretient à mon égard… Traiter comme tu l'as fais d'une période troublée était probablement sous-estimer ta nature de prêtresse divinatrice. Car ma tâche, celle là même dont tu apparus heureuse que j'en poursuive le labeur, n'aura proprement servi à rien. La Voix muette du Tigre s'est éteinte l'autre jour, sans que nous y puissions quoi que ce soit. Je ne fus pas même invité à ses funérailles, pitoyable gardien que j'incarnais. Penses tu que nous puissions nous retrouver dans des jours meilleurs ? Ton don de prescience s'arrête là, car cela nous sera certainement à jamais refusé.

Menue monnaie ou pion d'un goban dont l'ampleur nous dépasse, toi comme moi, tes Foudres me rendent aux Glaces qui m'ont vu grandir car celles-ci ont décidées qu'il n'était plus un sang de Fukyuu à devoir se trouver en domaine Kenshu. Les raisons de ce rappel me sont un mystère… Mais comme tu me l'auras appris un jour, nous ne nous appartenons pas nous même. Comme je maudis ce moment. Plus encore que la flamme qui m'anime à ton égard. Si nous avions pu savoir, te serais tu bornée à ces propos que tu me tins alors ? Aurais-je dû me comporter en cuistre, te forcer la main en considérant l'absence d'un avenir pour nous ? Je me refuse de penser cela sincèrement, mais il m'est impossible de ne pas considérer que deux mois ensemble, sachant chacun ce que l'autre éprouvait, ont été balayés en pure perte. Je disais devoir te porter rancune pour tout cela, mais je ne le puis. Car il n'est rien dans ce que tu as entrepris qui n'était pas ce qui apparaissait juste à tes yeux.

Ce sentiment qui m'anime et qui t'est dédié existe comme une force implacable parce que tu as foi en toi, parce que tu es de ces êtres allant de l'avant, dont l'abnégation frise l'aveuglement, mais qui ont au moins quelque chose à défendre, une certitude brûlant derrière leur prunelles. Et en ce qui me concerne, il s'avère qu'il s'agit de toi. Miwako-chan, mon astre polaire, celui qui brille même dans la nuit la plus sombre. Avant de partir, je voulais que tu saches cela. Malgré tout ces termes… Tu n'as fais qu'embellir mon séjour, depuis l'instant où tu auras passé mon seuil, avec tes vérités, tes croyances. J'emporterai avec moi le doute de ce moment où j'ai pu goûter tes lèvres, après ce bienheureux incident et il sera mon moteur, pour les jours qu'il me reste à vivre en ce monde. Je doute que tu pourras répondre à ce courrier, aussi je n'attendrait pas après un hypothétique pli de ta main.

Tu n'as pas à t'inquiéter pour moi, je sais que ton clan honore ses promesses, autant que le miens et il ne peut rien m'arriver à présent… Je ne suis pas un guerrier dans le cœur du Bœuf, les armes que le Tigre m'aura permis de porter me seront retirées. Enfin, il n'est nulle possibilité à mes sens de t'imaginer comme mon ennemie. Tu es la tisserande des foudres, je suis le bouvier des neiges… Mais je ne distingue juste pas le pont qui nous verra nous unir au Tanabata. Et en ce cas, je ne puis que faire écho à cette confiance et à l'affection que tu dis me porter.

Sayonara, Miwako-chan.

À jamais Kanzen-kun.

Le crin-blanc plia alors le courrier, l'enroulant après l'avoir frappé de son môn personnel, écho des Fukyuu. Une voix vint le sortir de son écrit, le ramenant à la réalité de son départ qui était bel et bien venu. Aussi laissa-t-il là la missive, marquée à l'attention de sa destinataire et dans l'espoir que lui sois remis la lettre. Il jeta un dernier regard sur le papier qu'il n'avait pas eu le temps d'enfermer dans un écrin soigné, puis s'en alla, le visage fermé, très certain qu'aux côtés du papier, son âme resterait à jamais assise à ce bureau où il venait de coucher ses mots et laissant partir un géant aux cheveux immaculés, vidé de son essence.
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Loin des yeux, mais toujours proche du cœur.

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