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 [Terminé] L'épaisseur de la brume masque les souffrances, la chaleur du feu les fait disparaître

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Chizuru Saya

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Taisa

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MessageSujet: [Terminé] L'épaisseur de la brume masque les souffrances, la chaleur du feu les fait disparaître 6/6/2016, 17:54

Un long mois s’est écoulé depuis mon départ de Kazan qui, comme prévu, est survenu une semaine après mon arrivée. Mon fils de sang connaissait maintenant l’autre moitié qui le fit naître, précédemment associée à son idole. Cette rencontre, bien que brève, inspira Kirito au point que la demeure de Kasu fut bientôt remplie de dessins originaux représentant le Volcan Apaisé. Amadotsu Kodan, Taisho Setsu, m’avait assuré une suite à notre histoire d’amour brûlante, contrairement au moment de notre première séparation vieille de cinq ans, restée sans promesse. Ainsi, c’est dans un état d’esprit différent que je regarde mes enfants d’adoption tomber sous le charme l’un de l’autre, devenus adultes par les années passées mais aussi par leurs rares échanges avec leur père de coeur.

C’est en patientant chaque jour de recevoir la lettre de mon aimé que j’avais pris du recul sur ma situation et compris que mon sens du devoir avait été altéré. Ma jeunesse et le temps passé aux côtés de mon mari avaient tracé une voie de service dans mon existence, avec une évidence déconcertante. Et même en face du bushi du feu, j’avais défendu le fait que faire partie de l’armée Okaruto m’apportait entière satisfaction, mon but et mon vœu d’honorer la mémoire de Katsuya tenus. L’éclat du Bushido semblait alors m’avoir aveuglée sur mes motivations profondes en tant que femme et que mère. Car il suffisait que je sois loin de celui qui a rappelé le féminin en moi pour que je me sente incomplète au point de répondre aux ordres de façon machinale ces derniers temps.

Servir la Dame du Clan était un plaisir, pourtant, à chaque fois que je tenais ma naginata ou mon nagamaki pour défendre mon peuple, tout en prônant la paix et la sérénité instaurée par notre brume. Mais servir les Chizuru avait été mon but premier, mes parents et mon frère d’abord, puis mes enfants ensuite. Enfin est arrivé celui qui donna sens à ma vie autant qu’à celle de nos bambins et c’est aujourd’hui même que nos Kami ont décidé de me faire lire des mots qui m’emmèneront à nouveau vers lui. Il m’avait dit vouloir accompagner Zenmyo Nadeshiko vers la guérison et lui avouer alors que le Volcan ne pouvait lui rendre l’amour qu’elle éprouvait pour lui. Une fois ceci fait, seulement, il me rappellerait pour nous engager et vivre enfin ce dont nous nous efforcions de profiter avec retenue.

C’est pourtant peu enthousiaste que je déplie le parchemin de riz, scrutant le visage couturé de Shinshiro Jigake assis en face de moi, ce dernier affichant aussi rarement que peu naturellement un air concerné. Et tandis que Niji offre du thé à notre invité, je découvre anxieusement les lignes de l’intendant de l’amour de ma vie, Neji regardant par-dessus mon épaule.

Citation :

À l'attention de l'enfant des brumes ayant pris possession du cœur du Seigneur des Volcans,

Depuis vos départs respectifs, je me suis interrogé à de nombreuses reprises quant à la légitimité de votre union et du caractère qu'elle pourrait avoir aux regard des administrés de Setsu et de son armée. Vous êtes une personne aimable et douce à plus d'un titre, mais pardonnez le fervent fils du brasier que je suis de s'être inquiété des choix que le Taisho des flammes ait pu faire en vous désignant si officiellement pour promise. Sans la moindre animosité à votre égard, de nombreuses prétendantes auraient mieux convenu que vous pour devenir l'épouse de celui que je considère comme un fils. Mais je ne suis qu'un humble serviteur des Kiyooki, peu importe le fait que le dernier d'entre eux ne se fasse nommer Amadotsu. Cet homme tient de son père à un point qu'il ignore totalement, car autrefois déjà, Hayato-dono avait pris pour femme une disciple d'un autre domaine, d'un amour que nous maquillâmes en mariage politique.

Mais ma plume n'est pas en train de s'agiter pour poursuivre sur ces mondanités, car c'est l'urgence qui me pousse à vous adresser ce pli, n'ayant nulle autre personne vers qui me tourner, à mon grand dam. Le Général ne donne plus de ses nouvelles depuis trop longtemps. Nous entretenions une correspondance tandis qu'il se trouvait au chevet de la veuve des Zenmyo, mais nos échanges se sont interrompus soudainement et son second, l'honorable Shinshiro Jigake qui portera ce pli vers vous dans l'anonymat pour une plus grande discrétion et l'un des meilleurs pisteurs que je connaisse, est incapable de retrouver sa trace. Si l'affaire devenait publique, l'honneur des Kiyooki en pâtirait au plus haut point et vous pouvez deviner ce que pourrait provoquer la rumeur que le Maître des Armées des flammes ne soit plus à la tête de ces dernières.

N'ayant plus de solutions logiques pour résoudre mon tragique dilemme, je m'en remets à vous dans la plus grande improbabilité, car vous êtes le dernier espoir que je possède, vous et les vôtres, aussi maigre soit-il. Jigake-san vous escortera, sauf-conduit en main, jusqu'à Kazan. Je crains que le pire ne soit arrivé, que l'état mental ou physique de mon Seigneur ne soient altéré, peut être définitivement. Votre venue ne changera probablement rien au drame qui se joue sous mes yeux, mais je n'ai plus la moindre pierre à poser sur mon goban autre que vous et votre fils.

Que ce coup soit le dernier, pathétique ou au contraire, magistral, je ne peux plus m'en remettre qu'à vous.


Benihito Kurogane, Intendant de Kazan et serviteur des Kiyooki.




L’entrée en matière est attendrissante mais la suite l’est moins. Je sais ma position aux côtés d’Amadotsu Kodan peu attendue pour ses gens et assez mal vue du côté des brumes. Il m’avait été à peine permis de m’absenter quelques jours pour lui présenter notre enfant, je savais que quitter définitivement le brouillard pour la lueur et la chaleur de Setsu ne plairait pas à ma hiérarchie, notamment à Riyu-dono. Nous entretenions des rapports compliqués depuis qu’elle me savait avoir enfanté le bâtard d’un grand Samouraï du Nord-Est et c’est avec regret que j’avais constaté que la Taisho Okaruto n’était pas heureuse pour moi.

J’en venais à comprendre, comme depuis son annonce, la première décision de son homologue du feu, celle qui avait poussé le Taisho à imaginer s’unir à une autre, la veuve des Zenmyo citée dans ce courrier clair et évocateur. L’idée était aussi tentante puisqu’évidente mais la lutte constante contre nos sentiments avait finalement orienté notre décision sur la défense du sort qui nous avait fait nous unir par deux fois et enfanter une petite merveille. Je ne flanche donc pas en lisant les mots recherchés mais tranchants de Benehito-san, qui veille sur son Seigneur comme son devoir le lui impose.

Les idéogrammes formant le mot « urgence » font rater un battement à mon cœur, déjà suffisamment surprise de découvrir une lettre rédigée par quelqu’un d’autre que mon promis. Non pas ravie d’apprendre que je suis la dernière roue du carrosse, je découvre en plus que Kodan semble avoir disparu. J’ai, un instant, peur qu’il ait pris une toute autre décision, celle de s’engager auprès de la noble dame des flammes mais mon bon sens me rattrape, me rappelant que mon plus qu’amant est un homme de parole et qu’il aurait au moins prévenu d’un tel choix. Avant de lire la suite, je regarde Shinshiro-san, pétrifiée d’apprendre que le Samouraï n’avait pas pu retrouver son supérieur alors qu’il le connait bien et le côtoie souvent. L’hypothèse, plus grave, qu’il lui soit arrivé quelque chose me glace le sang.

Je saisis le désespoir dans chacune des phrases du serviteur des Kiyooki, cessant petit à petit de respirer, imaginant le pire tout en ne voulant pas y croire. Le papier pèse dans mes mains lorsque j’en détaille la signature et Neji le saisis délicatement, le posant sur la table, troublé également par ce dont il vient de prendre connaissance. Dans mon esprit s’immisce alors l’idée de partir le retrouver, sans réfléchir, en délaissant tout ce qui m’est cher autre que Kodan. Mais le garçon passe ma main sur mon épaule, la pressant avec force pour me ramener dans la pièce. Cherchant le regard de tous ceux qui sont présents ainsi que celui de Kirito revenant avec une autre œuvre d’art, je sais déjà, en réaction à son air surpris, que ma décision est prise.

- Nous partons, dis-je simplement sûre de moi.

***

Après avoir bien réfléchi, je demande à un messager de livrer les lettres adressées à mes parents et à Hayate, rédigées un peu plus tôt, le plus rapidement possible. J’aurais aimé les revoir une dernière fois, sachant que cette distance, les conflits interclanique ainsi que les créatures desquelles nous ne connaissons encore que peu les pouvoirs pourraient m’empêcher d’avoir des contacts avec ma famille. Mais je les quitte, une partie de moi sereine, profondément convaincue de retrouver celui à qui je suis destinée et espérant de tout cœur pouvoir les retrouver le jour de notre union devant les Kami.

La route est longue et silencieuse, principalement car le Taii Setsu ne libère aucune parole. Peu encline à discuter également, je passe le plus clair de mon temps à expliquer à Kirito pourquoi nous sommes partis de la maison et à lui justifier pourquoi nous l’avons rendue au Clan. Neji et Niji se sont de leur côté chargés, avant notre départ, d’envoyer les derniers effets de Katsuya a ses proches. Toujours, il gardera une place dans mon cœur mais je ne lui adresserai alors qu’une seule prière dans l’année, le jour de son anniversaire, certaine à présent d’avoir trouvé l’homme avec qui je passerai le reste de mon existence.

Il nous faut des jours pour arriver au domaine des Flammes et, plus nous nous approchons de Kazan, plus la chaleur me fait tourner la tête. Ou peut-être est-ce l’idée que le risque existe : celui de ne pas retrouver mon aimé dans l’état dans lequel je l’ai quitté. Le déni me permet encore de tenir la fin du trajet et, bientôt, Shinshiro-san, Kirito, Neji, Niji et moi-même sommes accueillis par l’auteur de la lettre qui m’a fait frissonner d’horreur. Apparemment peu content que j’aie ramené un bataillon, il nous dirige malgré tout à l’intérieur, nous expliquant que, finalement, le Gouverneur de Kazan est rentré. Le soulagement prend possession de moi mais son air inquiet me terrifie à nouveau, me laissant envisager qu’il s’est passé quelque chose de grave.

Benihito-san nous guide alors vers la pièce où le Taisho se trouve, révélant que son Seigneur a changé et qu’il est actuellement incapable de remplir ses fonctions. Demandant aux enfants de rester à l’extérieur de l’endroit, je leur promets qu’ils pourront revoir leur figure de référence très vite. Une grande inspiration me permet de ne pas laisser mon cœur exploser d’inquiétude et je ne sais alors pas ce qui m’attendra, une fois les portes ouvertes. Guidée par une envie folle de le retrouver et de savoir ce qu’il est devenu le temps de notre séparation, je ne regarde rien d’autre que mon aimé, assis sur ses jambes au milieu des tatamis.

Brisant les convenances d’un seul pas, je ne remarque même pas la jeune fille qui se trouve à ses côtés et m’agenouille en face de mon âme sœur, laissant tomber mes armes physiques comme psychiques pour serrer Kodan dans mes bras. Ceux-ci derrière sa nuque, je ferme fortement les yeux, comme dans un refus d’entendre ce dont je ne sais rien mais prête malgré tout à entendre chacune des paroles qui me seront adressées.


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Amadotsu Kodan

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Taisho

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MessageSujet: Re: [Terminé] L'épaisseur de la brume masque les souffrances, la chaleur du feu les fait disparaître 6/14/2016, 01:02

Cela fait des heures que je me trouve ici, incertain que la nuit ne soit passée sans même que je ne m'en rende compte. Je me refuse à tout contact extérieur depuis mon arrivée, tolérant à peine celle qui se désigne à présent comme mon âme damnée. Pourtant et en ces heures où tout parait vouloir m'échapper, elle représente la pire présence à laquelle je puisse m'attacher.

Sa ressemblance avec celle qui est dorénavant perdue pour toujours est frappante malgré sa jeunesse et il me devient de plus en plus difficile d'en supporter le regard. Son absence d'expression a beau trancher radicalement avec celles qui se succédaient sur le visage de la veuve des Zenmyo, dans mes souvenirs, je ne parviens pas à la voir autrement qu'un fantôme accusateur dans son silence vis à vis de ce qui était advenu.

Mais elle n'est pas une simple mortelle que je peux fuir, car le sort l'a désignée pour incarnation du Kami des Murs et cette dernière m'a choisie pour Seigneur à son tour. Ce que je suis devenu, je l'ai accepté pour sauver la mère de cette enveloppe charnelle, pour la voir guérir, se remettre, se renforcer afin de pouvoir me faire face lorsque je lui aurais annoncé à ma grande honte, mais certain de mon fait, que si elle possédait une place indéniable dans mon cœur, la gardienne s'en trouve une autre à qui je me destinais.

Fidèle parmi les fidèles des élus de Kagutsuchi, j'ai embrassé la foi d'un autre Dieu m'ayant prit pour Champion afin de la sauver, car c'était ce qui me fut promis, d'une mort à petit feu. Nous avons voyagé par des moyens inconnus de l'homme, traversé des distances incroyables en si peu de temps afin que je puisse prouver ma légitimité en tant Maître du Chat.

Ces épreuves furent autant d’événements anodins, n'entachant ni ma détermination, ni mon besoin vital de revenir sur mes pas, grandi du pouvoir auguré qui aurait du nous permettre, ma Kannushi et moi, de sauver sa génitrice pour laquelle nous étions prêt à tout. Cela n'aura cependant servi à rien. Vitesse, pugnacité, force, endurance, tout ces termes n'avaient pas eu la moindre valeur.

Nous n'avions mit que quelque jours, mais à notre retour, de Nadeshiko, épouse du défunt Isamu et mère de Miseki, il ne restait plus que l'enveloppe sans vie. Face à ce spectacle, la folie me prit, je ne sais plus ni ce que je fis, ni par quel miracle je me suis retrouvé aux portes de mon propre palais, à peine moins de cent kilomètres de la demeure de l'être perdu. Sous le regard de son héritière, je ne ressent plus que le poids de la culpabilité sur mes épaules.

J'étais pourtant venu en Moe l'esprit clair, hardi dans mon vœux de soutenir la belle dans sa rémission, qu'elle puisse accepter mes choix ou me maudire à jamais. Mais l'un comme l'autre m'ont été refusés, malgré tout mes efforts, malgré la révélation de ma Destinée. J'en vint à me demander alors ce que tout ça pouvait vouloir dire finalement, si même les promesses d'un Kami n'ont plus de valeur en ce monde.

J'ai tout renié pourtant, tournant le dos à mes nouvelles fonctions pour satisfaire mon besoin d'espoir et celui du pardon qui aurait du venir après, ou de la haine qui se serait installée. Peu m'aurait importé en vérité, tant qu'une réponse me serait apparue et que l'héritière des Zenmyo foulerait toujours ce monde, sa beauté offerte à un autre homme qui l'aurait rendue plus heureuse que je n'aurais jamais pu le faire moi-même.

Celui que je désigne toujours comme mon Daimyo, aujourd'hui plus un frère qu'un Seigneur, m'avait élevé au post le plus haut auquel je pensais pouvoir aspirer. Malgré tout l'honneur que j'en reçu alors, je disparu de mon propre fait pour Eiichiro et d'autres contrées dès que l'on me tendit un brin d'espoir. Je ne me sentais plus digne de rien, Élu, Taisho, Samouraï… Même le nom que j'avais choisi au lieu de porter fièrement celui de mes ancêtres, Amadotsu, je ne le mérite pas.

Cette vie s'acharne à m'offrir tout ce que je peux souhaiter tout en m'arrachant une compensation égale en retour. J'en vint à prier pour que cesse tout cela, qu'on me libère une bonne fois pour toute de ce tiraillement perpétuel, je me contenterais de si peu si l'on me laissait simplement avancer à mon propre rythme.

J'ai attendu toute mon existence la reconnaissance des miens, me suis battu des années durant pour devenir un colonel apprécié et méritant de ses fonctions… Cette destinée que l'on m'infligeait, cela allait bien trop vite, si bien que je ne pouvais que m'interroger sur la prochaine étape que Dieux me réservaient au sein de leur jeu. Installé en seiza, mes pensées s'écroulent en tout sens, m'ensevelissant sans que je puisse m'en sortir, avalant toute lumière autour de moi.

Mais alors que l'obscurité apparaît m'engloutir, un éclat de lumière m'aveugle soudain. Du tréfonds de mon inconscient, je me retourne vers la réalité dont je ne parviens pas à capturer les détails. Quelqu'un se tient face à moi… Non… Il m'étreint. Je sens son corps contre le miens, une odeur entêtante émane de ses cheveux.

Son cœur bat à la chamade, je suis son rythme afin de revenir à la surface de ma conscience depuis cette méditation qui ne m'apporte plus rien. J'ouvre les yeux de mon âme et reconnaît chaque centimètre de l'être que je distingue enfin, pleinement conscient. Ma voix n'est qu'un murmure ou presque lorsqu'elle retenti enfin des limbes dans laquelle elle s'était plongée en ma compagnie :

S… Saya ?

Mea culpa:
 


L-M-M-J-V-S-D

Kazan Chinsei-ka


Dernière édition par Amadotsu Kodan le 9/8/2016, 10:46, édité 1 fois
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Chizuru Saya

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Taisa

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MessageSujet: Re: [Terminé] L'épaisseur de la brume masque les souffrances, la chaleur du feu les fait disparaître 6/18/2016, 16:55

Avant que le Colonel ne dise quoi que ce soit, la Samouraï jouit du silence et des trésors qu’il révèle à la lueur de ses cinq sens. Elle entend le souffle de l’être aimé, d’abord si faible que l’Héritière des Brumes le pense malade. Puis elle touche du bout de ses doigts les épaules et les omoplates solides de Kodan, celles qui pourraient normalement tout porter. Mais la Okaruto sent que leur vigueur a disparu, comme si le poids était trop lourd, comme si quelque chose avait fait faillir le géant. Alors elle se réfugie dans son cou, où l’odeur du serviteur du Feu est la plus présente, cet effluve qui fait exister la femme que Saya est redevenue grâce à lui. Et elle retrouve l’homme ayant volé son âme, son cœur et son corps il y a cinq ans de cela puis une nouvelle fois trente jours plus tôt.

La descendante des Chizuru se rappelle le goût de la vie, la saveur des rares moments passés avec lui, des moments qu’elle jurerait avoir vécu chaque instant durant. Pour la lancière, Le Taisho des Flammes était sien depuis toujours, dès les premiers sourires qu’ils s’étaient échangés. Les cinq années qui les avaient vu séparés avaient été réinventés par la rêveuse qu’elle était. Combien de fois avait-elle imaginé Kodan à ses côtés, partageant un repas préparé par leur fille d’adoption ? Combien de fois l’avait-elle presque touché dans le jardin, alors qu’en réalité, Neji s’entrainait seul pour s’échauffer ? Combien de fois avait-elle entendu un écho de sa voix dans sa propre gorge, alors que la mère de famille racontait une histoire à Kirito ? Ses hallucinations avaient même lieu la nuit lorsque, dans un monde imaginaire, la Généreuse investissait la couche du brûlant guerrier ; elle s’éveillait finalement meurtrie d’une chaleur absente dans sa réalité.

La lumière avait toujours été présente entre eux mais cette dernière éclaira ses yeux lorsqu’enfin, lors de la précédente lune, son amour lui avait demandé sa main. Jurant alors qu’il adopterait l’un après l’autre les enfants que la lancière avait respectivement recueillis et mis au monde, elle s’était sentie véritablement exister et guidée par un nouveau but : le joindre pour retrouver son bonheur et ainsi en faire profiter les siens. L’Héritière des Brumes frémit lorsqu’enfin son aimé parle, doucement, comme sorti d’une torpeur que lui seul peut comprendre. La jeune femme ne pourra pas l’y rejoindre mais la conviction qu’elle l’aidera à s’en sortir ne faiblit pas. C’est ce que veux la fiancée du Volcan et il en sera ainsi.

Lentement, son corps s’éloigne du sien mais sans rompre le contact des peaux puisqu’elle saisit les grandes mains de Kodan de ses doigts tremblants. Et c’est par ses yeux noirs de charbon que la Samouraï découvre toute la détresse dans laquelle est plongée son promis. Son souffle devient irrégulier mais il n’est pas question de faillir en face de celui qui lui a tout donné. Alors la lancière se redresse, prête à affronter tout type d’annonce. Mais lorsqu’elle s’apprête à parler, la Généreuse remarque une présence qu’elle avait ignoré un peu plus tôt. Une magnifique jeune fille au regard terriblement vide, assise dans la pièce, sans vraiment regarder le couple qui se retrouve. Puis le regard des deux âmes du Gouverneur se croisent et Saya sent en elle bouillir un sentiment nouveau, une colère qu’elle ne sait pas expliquer sur l’instant mais que la future épouse saura analyser lorsqu’elle en saura plus.

Sans qu’on ne lui en donne l’ordre, la jolie inconnue se redresse gracieusement et quitte doucement la pièce, laissant résonner le seul bruit de ses étoffes somptueuses glisser sur les tatamis. Sans tarder, la fille du brouillard tend à éclaircir la situation en croisant à nouveau les yeux de son tout avec intensité et détermination mais aussi avec tendresse et compassion. Elle s’installe plus confortablement et commence à se détendre, rassurée de se trouver dans les murs solides du Château.

- Si tu savais comme je suis heureuse de te retrouver. J’ai eu peur, si peur que les Kamis ne nous sépare définitivement et qu’ils rendent nos enfants orphelins une fois encore. Mais tu es là... bien là...

Il ne lui faut pas beaucoup d’efforts pour contenir ses larmes. Ce n’est pas cela qu’elle veut montrer de la femme qui partagera la vie du Taisho Setsu. Alors elle serre un peu plus fort les mains légèrement froides de son plus qu’amant pour les réchauffer de sa présence avant de continuer.

- Pardon, je n’ai pas attendu ton appel pour venir te trouver avec Kirito, Neji et Niji. Benihito-san m’a écrit avant toi pour me demander de l’aide. Tu avais disparu... Et...

En étant ainsi si seule à parler, elle perçoit son aimé repartir dans les ténèbres qui semblent embrumer son esprit. Alors Saya a peur et, dans son élan de redressement, elle saisit fermement le visage de Kodan dans ses mains, rapprochant sa tête, modifiant l’impact de sa voix.

- Ko-san ! puis elle garde le silence quelques instants, avant de laisser tomber l’espoir d’apercevoir une réaction. Je t’en prie parle-moi. À quoi sert un corps si son âme en est détachée ? Il faut que tu reviennes, maintenant. Je suis venue avec les enfants, ils t’attendent et se font du souci. Ils ne peuvent pas voir leur père ainsi, en as-tu conscience ?

L’évocation de la chair de leur chair et du cœur de leurs cœurs semble raviver un peu le Volcan, bien trop apaisé pour prétendre à sa fonction, comme l’avait précisé l’intendant. Une curieuse envie saisit alors la guerrière et elle répond à son caprice intérieur lui sommant de déposer un doux baiser sur les lèvres de son promis.

- Tu as été là, mon amour, à chaque fois que j’ai eu besoin de toi, même si tu étais un rêve. Laisse-moi à mon tour te promettre ma présence à chaque instant, si c’est ce dont tu as besoin. Tu m’as demandé de partager ma vie avec toi, je peux te la donner toute entière s’il te la faut pour sourire, tu le sais... Mais je te le rappellerai si tu as oublié. Je suis là à présent, je ne partirai plus, plus jamais ! Alors honore cette demande que tu m’as faite et reviens-moi.

Confies-moi tes peines si elles enchaînent ta conscience, fais-moi porter les sentiments difficiles qui t’envahissent pour te relever, fier et fort comme tu sais l’être. Transmets-moi la douleur de tes blessures pour que je puisse les comprendre et t’aider à les soigner. N’est-ce pas le genre de vœux que l’on fait lorsqu’on se promet l’un à l’autre ? Nous ne sommes pas encore mariés mais je suis tienne pour le meilleur tout autant que pour le pire, watashi no moeru kazan. Dis-moi tout pour briser tes chaînes et je te guiderai au dehors de cette prison dans laquelle tu croupis.


La descendante des Chizuru bientôt portera le nom de sa source de vie. Mais d’abord, elle tient à entendre la réponse de l’élu de son cœur.


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Amadotsu Kodan

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MessageSujet: Re: [Terminé] L'épaisseur de la brume masque les souffrances, la chaleur du feu les fait disparaître 6/22/2016, 08:35

Rien n'est encore bien clair, un flou entoure chaque chose sur laquelle ses prunelles se posent tandis que celle qu'il est certain d'avoir reconnu le touche, le frôle, le sent et l'admire, une pointe de crainte dans le regard, mais une profonde détermination aussi et quelque chose d'autre qui n'a plus besoin d'être nommé et auquel il aimerait s'accrocher immédiatement pour faire cesser l'ouragan qui menace d'arracher la clarté de sa conscience à tout instant.

L'héritier des Kiyooki n'en a néanmoins pas la force et ne fit que la fixer lorsqu'elle s'écarta, lui attrapant les mains par la même occasion. La perspective changée, il peut quasiment la décrire dans son ensemble et il a l'impression de la retrouver après des années d'épreuves, des vies entières où il avait dû apprendre à incarner la Pierre impassible alors que le sort du monde se jouait à ses pieds sans qu'il n'eut que le droit de ne rien faire.

Il était devenu le mont éteint, étouffant la flamme afin de ne faire plus qu'un avec le minéral, si bien que le titre de Volcan apparaissait usurpé dorénavant, celui de Montagne silencieuse lui seyait mieux à présent. Kodan assiste alors à la première rencontre de ses âmes damnée et sœur, une attention croisée entre la source de son immuabilité et celle de son brasier interne.

La brume enflammée sembla rapidement s'imposer à la Déesse stoïque, ou bien celle-ci déclara-t-elle forfait avant même le début de la moindre confrontation, n'y trouvant soit aucun d’intérêt, soit un adversaire face auquel elle ne pouvait rien. Sans qu'elles ne se connaissent pourtant, il fut sûr de distinguer depuis son champ de vision nébuleux le mur qui séparerait à jamais ces deux femmes.

Passée cette altercation muette, la lancière s'installa de nouveau face à lui et refit entendre le son mélodieux de sa voix, quoiqu'elle en fut légèrement assourdie sous la gangue qui persistait d'entourer la psyché du bushi. Mais depuis son état d'esprit vaporeux, il parvint à sentir la pression qu'elle exécuta sur ses paumes avant qu'elle ne poursuive, lui exprimant les raisons de sa présence.

Il n'avait qu'une envie, celle de lui hurler sa reconnaissance, de se cramponner à elle comme si elle était la seule rive accessible l’empêchant d'être englouti par le maelstrom que la Destinée avait jugée bon de laisser s'abattre sur lui. Mais rien ne parvint à sortir, le laissant presque apathique, fixant les iris de son unique de la même façon qu'une ancre sur un récif.

Il n'entendait qu'à moitié les propos qu'elle lui tenait et elle en apparu le comprendre quand, avec fermeté, elle l'engonça dans la réalité en le prenant par le visage et lui rappelant ce surnom qu'elle lui donnait. Ce diminutif n'ayant aucune autre signification  que la familiarité dont elle était investie à son égard, seule détentrice du droit de tronquer de telle manière son patronyme. Ce fut à l'image d'une corde qu'on lui jeta, mais il en fut encore à fixer le lien pendre ainsi sans oser l'empoigner.

C'est alors qu'elle lui rappela le statu dont il était dorénavant investi. Pas celui de Taisho non, encore moins celui d'Élu choisi de Kabegami, puisqu'elle l'ignorait encore pour le moment. Elle aurait pu utiliser celui d'amant et de fiancé, mais elle choisit celui de père. Le choc que cette appellation eut sur lui se réverbéra sur ses traits, son expression changeant instantanément, un voile de hardiesse passant sur cette dernière.

Ses sens furent submergés d'un seul coup alors qu'il parvenait enfin à remonter la pente tandis que Saya appliqua ses lèvres sur les siennes, le secouant et investissant en lui le rappel du sentiment qui était le sien à son égard. Ce fut tel une berge à laquelle il s'accrocha et sur laquelle il se hissa, même après qu'elle eut cessé son geste pour reprendre son oratoire, il se tracta sur le bord, échappant aux flots qui menaçaient sans cesse de le faire disparaître à nouveau.

Ses sens se libérèrent doucement du carcan étrange dans lesquels ils s'étaient trouvés jusqu'alors, il l'entendit de mieux en mieux, ne vit plus qu'elle, senti et goûta son odeur de façon plus précise encore que lors du contact de leurs retrouvailles, la douceur des doigts de l'onabugeisha sur ses paumes rugueuses fut d'autant plus claire.

Elle ne se rendit pas compte que les chaînes dont elle parlait venaient de se briser, que les murs de sa prison s'effondraient autour de lui, malgré la difficulté que la réalité lui imposait, elle avait été le phare au cœur de la brume dans laquelle il s'était perdu et il se sentait prêt à présent de faire front à son existence, si l'héritière des Chizuru l'affrontait à ses côtés. Un sourire naquit timidement sur les lignes rudes de son faciès, dans lequel une infinie tendresse se trouvait bien visible pourtant.

Kodan substitua l'une de ses mains à celles de la guerrière et alla trouver sa joue pour y passer ses doigts et les y maintenir. Il allait falloir qu'elle l'entende, comprenne et digère, car le peu de temps séparant leur nouvelle et définitive réunion, il l'espérait, l'avait irrémédiablement transformé. Sa voix trouva la source oubliée de sa vigueur et sorti nette, propre, identique à l'écho d'un éboulement en pleine au sein d'une crevasse et tout aussi forte que cela :

O'hayo, hatsukoi no asagiri. Hisashiburi.

Dit-il d'abord, avant de l'embrasser à son tour, quettant ce contact qu'elle avait rétabli entre eux au préalable. Il se ressourça ainsi durant de longues minutes avant de mettre fin à l'union de leur lèvres, soupirant et rasséréné de cette fusion délicate pour répondre enfin aux attentes qu'elle plaçait en lui :

Il y-a tant à dire que je ne saurais par laquelle débuter, ma Saya. J'ai vécu mille vies en attendant de te revoir. Le temps n'a plus eut d'emprise, à moins que ce ne fut le contraire et qu'il me tienne si fort qu'une seconde ne s'est pas écoulée depuis ton départ de ce palais que te voilà déjà de retour à mes côtés. Tu ne sais pas à quel point ton propos est juste lorsque tu traite de la tentative des Kamis de nous séparer.

Il apparaît néanmoins qu'aucun Dieu qui puisse parvenir à cela. Rassures toi, amour de ma vie, il n'est aucun orphelin en devenir à ce jour. Tu n'as rien à te faire pardonner non plus, car tu penses ne pas avoir obtenu d'appel de ma part, mais c'est faux. Depuis les méandres obscures dans lesquelles je me trouvais, il n'y avait que ton nom à passer mes lèvres et ton image pour me guider.

Mais je ne saurais jamais assez remercier Kurogane-san pour sa sollicitude, si elle est responsable de ta présence face à moi en cet instant. Tu dis que j'ai toujours été présent lorsque tu en avais besoin, mais cela s'avère parfaitement réciproque. Je n'oublierais pas non plus mes promesses, mais il te faut d'abord réapprendre à me connaître pour te permettre de renouveler ta dévotion à mon égard.


Il marqua une pause, sa mine ne trahissant à ce moment d'aucune faiblesse, puis il reprit alors :

Je ne suis plus le même homme depuis ton précédent départ. Il apparaît que chaque fois que nous nous séparons sous-entend que je doives m'élever à un nouveau plan d'existence pour résister à ton absence. Le bushi que tu laissas partir de ta demeure autrefois devint le Général qui t'accueillit et se promit à toi lors de ta venue en Kazan. Mais le Taisho lui-même aura accepté un nouveau statu pour venir en aide à celle dont je t'avais juré la sauver et me tenir auprès d'elle avant de lui annoncer la teneur de ma volonté et du Destin que je voulais choisir…

Un voile sombre passa sur son regard lorsqu'il enchaîna, sa voix bien plus grave alors :

J'ai accepté de devenir l'élu d'un Divin, reniant celui qui avait ma foi et y voyant le seul espoir de sortir la veuve des Zenmyo de son trépas. Ce fut un présage qui me fut fait alors, me poussant à me laisser investir de cette responsabilité, on me laissa entendre qu'il s'agissait là de la seule solution. J'ai embrassé Kabegami, le Chat du mur, la Déesse muette afin de porter secours à cette femme à laquelle je devrais me refuser. Mais cela ne servit à rien.

J'ai affronté des épreuves que je ne pourrais te décrire, mon aimée, tant impossible qu'elles aient pu être. Il va te falloir une confiance aveugle pour croire en tout ce que je te dis, car il n'existe aucune preuve que je puisse t'offrir pour le moment. Cette jeune fille que tu as vu s'appelle Miseki. Elle est tout autant le poids de ma honte que la voix du Dieu qui m'a désigné pour Seigneur et du serment duquel je ne peux me soustraire, malgré la vacuité finale de mon geste désespéré.

Nadeshiko est morte et Zenmyo est le nom de cette jeune femme à présent orpheline et héritière de celle dont je devais m'aliéner.


Kodan releva les yeux qui s'éclairèrent à nouveau, mais une inquiétude certaine se mêlait à la flamme de sa passion alors qu'il donnait suite à ses mots :

Ceci ne doit jamais se savoir, telle est la malédiction que je te jette, Saya. Pourrais tu aimer et vivre avec cet homme que je te décris ? Le croire sur parole malgré l'ampleur de son aveu ? Malgré la teneur de son échec ? Daimyo secret, fidèle Taisho des flammes, qui ne pourra pourtant jamais honorer la promesse qui te fus faites ? Traînant derrière lui l'héritage de cette femme qui manqua de le prendre par sa propre bêtise ? Cet homme là te convient-il, fille des brumes et source de mes espoirs restant ?

Ceci furent ses dernières questions. Et malgré sa solide stature et son regard profond, il apparu comme au bord de effondrement dans l'attente de ce qu'elle lui répondrait.


L-M-M-J-V-S-D

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MessageSujet: Re: [Terminé] L'épaisseur de la brume masque les souffrances, la chaleur du feu les fait disparaître 6/25/2016, 22:16

Mon cœur fait un bond, un souffle m’échappe lorsque je le vois trouver mes yeux et sourire, timidement, revenant à lui grâce à la raison que me dicte le peu de prétention en ma possession : ma présence. Un frisson parcourt mon échine lorsqu’enfin Kodan avance sa main vers moi pour toucher ma joue et j’en suis émue au point de ne plus savoir quoi répondre à cette tendresse familière. L’impact et la redécouverte de sa voix terminent de me faire fondre. Je ne peux alors plus retenir la larme qui menace de couler depuis l’instant où je l’ai vu installé dans cette pièce. Et tandis que je prends une nouvelle inspiration pour répondre à ce surnom qu’il me donne pour la première fois, sa bouche rencontre la mienne. Heureuse de retrouver cette chaleur, je lui rends son geste pendant le temps qu’il faut, tremblante, avant qu’il ne commence à m’expliquer les causes de son état.

La peur me saisit lorsque mon promis commence à me détailler les faits, confirmant que les Dieux seraient intervenus pendant mon absence. Puis le Taisho me rassure en susurrant qu’il est là, en laissant entendre qu’il ne partira pas non plus, que nos enfants auront un père et Chizuru Saya un mari. Une légère inquiétude persiste puisque Kodan insiste et me dit qu’il n’est plus le même que lors de mon départ. Pourtant, je ne vois plus d’abîme dans lequel il pourrait tomber et je saisis que le serviteur du Feu ne faillira pas devant l’adversité, rôle que ma réponse aura apparemment encore une fois à ses yeux. Ses mots me disent qu’il fut simple Samouraï à notre première séparation, Taisho à la seconde et qu’une troisième fonction lui fut attribuée maintenant que je reviens définitivement vers lui.

Son visage s’assombrit mais mon expression démontre que j’écouterai jusqu’au bout. J’avais juré pouvoir tout accepter, même de le savoir avec une autre femme pour un simple respect d’étiquette. Aucune nouvelle ne peut alors me sembler pire que celles que j’avais imaginées. Et enfin le verdict tombe. De Taisho des Flammes, l’homme de ma vie devint l’Élu du Kami du Mur, un Dieu que je ne connais pas mais qui promit alors au guerrier des Flammes de sauver la Dame qui l’attendait. La surréalité de ses propos me rend pantoise un instant, particulièrement lorsqu’il me demande de lui donner mon entière confiance pour mieux saisir ce que son récit me raconte. Et alors il me présente Zenmyo Miseki, celle qui lui tenait « compagnie » avant moi dans cette pièce.

Ma colère revient et je la saisis mieux. La jeune fille sera à jamais l’empreinte d’un échec pour le Samouraï de mon cœur, le souvenir d’une promesse qu’il n’a pas pu tenir. Elle sera également la représentation du Kami qui fit d’Amadotsu Kodan son serviteur, en lieu et place de Moegami. Elle est celle qui impose un fardeau supplémentaire à la lumière, au point de l’avoir fait tarir ces derniers temps, au point d’effacer ce sourire que j’ai chéri au premier instant. Je ne peux pas m’empêcher de serrer les dents, me rappelant son visage si joli mais dénué d’expressions. Si Zenmyo Miseki ressemble à sa mère, alors elle sera aussi pour moi l’image de la femme qui réussit quelques secondes à me faire oublier dans la tête du Samouraï. Ma frustration se propage dans ma mâchoire d’abord, alors que je serre les dents pour éviter de me lever dans le but de retrouver la petite et lui hurler de ne pas approcher la cible de mon amour.

Mais la lumière de ce dernier revient. Bien qu’il semble inquiet, ce simple retour vers moi et cette certitude profonde qu’ensemble, nous arriverons à tout, me permet de me détendre et d’écouter la fin de son histoire incroyable. Et pourtant je la crois, lorsque Kodan me parle d’un secret à garder. J’écoute ses questions les unes après les autres et perçoit sa fragilité. Si je m’en vais, il s’effondrera et plus jamais nous ne reverrons cet homme que j’ai connu et que j’aime aujourd’hui. Mais rien... rien ne me donne envie de partir dans tout ce qu’il a dit. Victime de l’évidence et de cette douce emprise que le Taisho Setsu a toujours eue sur moi, je souris tendrement et étreins un peu plus ses mains dans les miennes avant de répondre, sans hésitation.

- Si on m’avait dit, le soir de notre rencontre, que cet homme avec qui j’allais croiser ma lame serait celui qui ferait battre mon cœur, je n’aurais rien cru. Si on m’avait dit qu’en l’invitant chez moi il réparerait en quelques jours les enfants que j’avais mis des mois à consoler, je n’aurais rien cru. Si on m’avait dit qu’il avait le pouvoir de me laisser le plus beau cadeau qu’une femme puisse espérer, j’aurais ri... et je ne l’aurai surtout pas laissé partir ou tenté de l’oublier avec un autre.

La vie est faite de regrets, Ko-san. Nous ne pouvons pas tous les éviter, tu le sais, non ? Katsuya m’avait promis une vie à ses côtés, comme tu l’as fait. Il est mort seul, au combat... et si tu savais le nombre de choses que j’aurais voulu lui dire avant qu’il ne s’en aille.  Il ne les saura peut-être jamais, si c’est un païen qui parle à ma place. Ou peut-être les sait-il, pour le plus fervent des croyants ? Une chose est sûre : c’est que je n’en serai jamais sûre. Mais je me plais à penser qu’il est mieux d’oublier que la personne n’est plus là pour entendre. Il suffit de dire, de chuchoter la nuit ou dans un moment de grande solitude pour être finalement convaincu qu’elle nous a finalement entendu.


Un léger soupire ponctue ma phrase et laisse s’installer un léger silence, très court, juste le temps d’humidifier mes lèvres pour continuer.

- Ma dévotion envers Amadotsu Kodan ne changera pas. Elle a été totale à l’instant même où j’ai aperçu son étrange crinière et son sourire particulier, à l’instant où j’ai entendu cette voix rocailleuse que personne d’autre ne possède. J’espère que tu ne tiendras pas rigueur de mes propos et que notre lien est plus fort que les convenances au moment où je te parle... Mais peu m’importe jusqu’où tu t’élèveras. Ko-san, ce drôle de diminutif, je ne le changerai pas. Parce que l’homme que j’ai en face de moi n’a pas changé.

Il a vécu des choses agréables et désagréables, magnifiques et affreuses à la fois. Ça l’a transformé, c’est indéniable. Mais cette lueur dans tes yeux lorsque tu me regardes, lorsque tu contemples les fragments de ton âme en Neji et Niji et lorsque tu regardes avec amour la chair de nos chairs... ça, ça n’a pas changé. Et je suis convaincue que ça ne changera jamais. Parce que tu l’as promis. Et aucune des promesses qu’Amadotsu Kodan a faite à Chizuru Saya n’a encore été bafouée. Tu n’es pas comme cela. C’est ce genre de personne que tu es, que tu seras toujours : un homme juste et honnête.

Kabegami t’a trompé, peut-être, en te disant que tu pourrais ramener la veuve des Zenmyo. Et peut-être te teste-t-il encore en t’imposant un fantôme à travers sa fille. Je crois tout ce que tu me dis, Volcan Apaisé, car les caprices des Dieux sont bien connus. Je suis pourtant profondément convaincue d’un autre fait : un Kami t’a choisi toi et personne d’autre pour le servir et fonder de nouvelles choses. Peut-être fallait-il que tu touches le désespoir du bout des doigts pour accéder à ses pouvoirs... dans un autre but que celui de sauver la destinatrice de ton honnêteté ?


Je l’étreins cette fois pleinement, avide de ce contact qui m’a tant manqué et que je ne remplacerai pour rien au monde désormais. Mes propos s’assombrissent un instant et j’imagine qu’il peut le percevoir dans ma voix. Je passe mes doigts sur le bord du vêtement du bushi encore meurtri et murmure à son oreille, aussi sûre de moi que blessée par l’apparition du fardeau visible et héritage qu’il décrit.

- Je pourrai pas aimer l’héritière comme j’aime ces enfants que j’ai adoptés. Je ne pourrai pas la chérir comme je le fais avec ma propre famille... Je n’ai pas encore cette force d’accepter Miseki. Car elle représente autant un don de cette Dame qui pouvait t’enlever à moi, que la douleur que tu as dû traverser pour la sauver. Pardon de t’imposer mes caprices de femme, rejettes-moi pour cela si tu le veux. J’aimerais pouvoir être sûre de trouver l’élan d’acceptation qui me fera apprécier cette petite à tes côtés mais... de cela, je n’en suis pas encore sûre.

Je l’embrasse dans le cou et reprends un ton acceptable pour clore sur les éléments dont je suis certaine et dont je désire que mon aimé saisisse toute l’ampleur.

- Mais quoi qu’il en soit, je garderai ce secret en mon cœur, tout aussi précieusement que mon amour pour toi. Il n’est pas maudit à mon sens, il est une partie de toi et je chéris tout ce que tu m’offres depuis les premières heures de notre rencontre. Je ne sais pas ce qu’il te prend de me poser toutes ces questions, de douter une seule seconde que ta future épouse puisse te tourner le dos alors que c’est l’instant de ta vie où tu as le plus besoin de moi. Mais pour les formes, je vais y répondre en te serrant dans mes bras pour que tu saisisses les battements de mon cœur, que tu comprennes enfin que tu n’auras plus jamais à m’interroger sur de telles sottises.

Oui, Amadotsu Kodan, j’aimerai et vivrai avec cet homme que tu décris, à partir d’aujourd’hui. Je croirai tout ce que tu diras parce que j’ai foi en cette personne que tu fus, que tu es et que tu seras. J’accepterai ton échec car il n’est en rien couvert de honte, simplement marqué des empreintes d’un divin, être sacré qui t’a choisi et fait confiance tout comme je l’ai fait avant lui. La seule de tes promesses à honorer à présent est celle de me prendre pour femme car la précédente fut largement éprouvée. Je suis d’ailleurs convaincue que Zenmyo-san pense la même chose, puisqu’elle t’aimait comme je t’aime. Cet homme-là me convient, plus que n’importe qui d’autre et je ne me vois pas vivre sans lui.


Je me sépare à peine de lui, juste assez pour que ma bouche trouve la sienne dans un baiser plus suggestif que les précédents. Il a dissipé mon brouillard, j’espère pouvoir à mon tour éclairer son chemin afin que nous tracions ensemble la route de notre existence commune.


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MessageSujet: Re: [Terminé] L'épaisseur de la brume masque les souffrances, la chaleur du feu les fait disparaître 7/2/2016, 12:16

Ce fut comme si une éternité s'était passée et qu'il lui refaisait face non pas après un mois ou cinq ans, mais une vie toute entière. Ces lignes émues de mille façons différentes se trouvait si familier et si étranger à la fois qu'il eut l'impression de revivre cet instant lointain, le bouleversement qu'il avait alors ressenti en la découvrant de l'autre côté d'une salle de banquet en Hiyori en écho de ce qu'il revivait à ce jour.

Elle lui arrachait ce chaos dans lequel il était plongé, le prenant pour elle même si bien qu'elle en apparu plus affectée que lui à présent et à mesure qu'il s'exprimait pour lui révéler aussi clairement qu'il le pouvait le chemin qui avait été le sien ces derniers temps. Passent sur ces traits chéris entre tous la peur, l'inquiétude, la joie, la colère, la tristesse et encore bien d'autre choses qu'il aurait du être le seul à éprouver.

Mais l'empathie de son élue le déchargeait et s'accaparait ces choses successivement, le laissant porteur d'un unique sentiment qui se dépeignait sur son visage et de la chaleur propre à ce dernier. À la sincérité naïve qu'il avait eu, elle en répondit par une autre qui l'était tout autant, ne lui masquant rien de ce que chacune des pensés qui pouvait se terrer en son fort intérieur par les propos qu'elle lui retourna en échange de ceux qu'il venait d'avoir.

Elle débuta en lui rappelant d'une certaine façon le serment qui n'avait jamais cessé d'être le leur puis elle tenta de superposer sa propre expérience à celles qu'il avait pu vivre afin de le soustraire à ses regrets. Elle lui renouvela ses vœux le concernant, pensant que la franchise qui était son unique moteur depuis qu'il la connaissait aurait pu être considéré à mal. Son regard ne la perdait en aucun cas de vu, tant au fond de lui la terreur de vivre une illusion pouvait être grande.

Il se laissait bercer par le ton cette voix plutôt que de s'attacher au sens de chaque mot qu'elle prononça tout en en comprenant le sens malgré tout. À l'instant même où il avait édicté sa bénédiction maudite, il avait su qu'il n'aurait rien à lui prouver, qu'elle accepterait même de lui qu'il dise de Dame Soleil qu'elle pouvait être azurée. Champion de Iha-Naga, il était devenu fils de la Pierre et possédait en lui ses faveurs qu'il aurait été tout disposé à dévoiler pour illustrer l'évidence de son statu.

Mais aucun doute ne l'avait prit quant à la certitude qu'il n'aurait pas eu à atteindre de telles extrémités. Le surnom de Saya était la Généreuse, celle qui offrait et face à lui, ce sobriquet ne fut en rien usurpé, car elle lui donnait sans compter toute la confiance aveugle qu'elle entretenait à son égard, ne mettant en doute ni acte ni terme employé. Elle le prit dans ses bras, provoquant automatiquement en retour sa propre étreinte.

Tandis même qu'elle lui avouait avec peine son ressentiment de la femme-enfant qu'il eut ramené avec lui, il l'enserra d'autant plus afin de la rassurer par toute la compréhension de ce fait qu'il pouvait lui offrir. Elle se glissa dans son cou en guise de promesse de ne pas violer ce secret dont il ne savait encore que faire, mais que le simple acte de partage de ce dernier l'avait tant déchargé qu'il se sentait capable de prendre les airs par la seul force de sa volonté.

Kodan saisissait bien les propos et les battements de cœur dont elle lui fit présent alors, la seule réponse qu'il pu lui proposer alors fut de raffermir sa prise sur elle comme elle le faisait pour lui. L'évocation de l'ancienne maîtresse des Zenmyo fut un coup difficile porté à son âme, mais l'héritière des Chizuru ne laissa pas la plaie qu'elle créa béante, la cicatrisant instantanément par l'offrande de ses lèvres.

Alors il s'accrocha à elle, sentant derrière lui la tempête qui battait sa fureur et menaçait à tout moment de l'avaler entier s'il se séparait un seul instant de cette ancre que la Destinée n'avait jamais cessé de lui jeter tout au long de sa vie. Lui qui avait cru être l'esclave de cette dernière n'avait fait que marcher contre elle tout ce temps. Il se promit ne plus faire cette erreur alors qu'il la goûtait une nouvelle fois, déjà désireux de la retrouver plus pleinement encore.

Mais au discours qu'elle lui avait offert, il avait beaucoup à dire en retour et les mots se formaient enfin dans son esprit, bien qu'il lui fut difficile de rompre la fusion de leur bouche à ce moment. Il ne s'écarta d'elle qu'à une distance infime, si bien que nez et fronts restèrent en contact tandis qu'il s'exprima sans avoir besoin de donner de la voix, son ton en apparaissant plus doux et moins roulant que de coutume :

Tu m'honores par ta confiance, Saya… Et il n'est nulle raison que l'homme que je suis te repousse une fois de plus, il n'y aura plus de pli te rappelant auprès de moi, car je ne daignerais plus te laisser aller. Je m'acquitterais de ma promesse sans perdre un instant et écrirait au Dragon des brumes pour officialiser la volonté du Volcan. Je ne sais pas ni ne saurai pour le sentiment qui fut celui de la Dame des Zenmyo à mon égard, mais je n'ignore pas et répond à celui de celle des Chizuru, auquel j'aurais du faire écho il y-a si longtemps déjà comme je ne peux plus imaginer vivre sans elle.

Ce secret dont tu t’accapare le poids, je ne sais qu'en faire pour le moment… Je suis le Général des Flammes et ma fidélité est à Setsu… Non… Je ne suis rien de tout cela en vérité, car mon seul dévouement t'appartient depuis toujours, Dame et Déesse qui gouverne sans partage sur mon corps et sur mon âme. Mais il n'en est pas moins vrai qu'en l'état actuelle des choses, je ne sais plus qui je suis à l'exception de l'homme qui t'aime. Je ne sais pas de quoi je suis le Seigneur, ni si ce fait peut se concilier avec le guide des Armées du Feu…


A son tour, le vaste bushi plongea dans le cou de sa choisie, flattant ce derniers de douces attentions et respirant de si près les fragrances émanant de l'onabugeisha avec un délice certain. Puis il reprit de sa position nouvellement acquise, son ton restant pareil, confident et serein à la fois :

Je ne te demande rien au sujet de Miseki. Elle n'est que l'innocente victime du choix du même Kami qui me désigne pour son champion dont je crois que la rencontre avec la mère de cette enfant n'était qu'un moyen de m'étudier avant de faire son choix. Cette fille est mon âme damnée, fille de la pierre que je me dois de servir à mon tour, voix du Divin qui m'a élu et dorénavant orpheline. Par égard pour celle qui n'est plus, je me dois de protéger sa descendance des jeux politiques et j'accueille le temps que celle-ci soit capable de décider pour elle de son Destin en devenant son tuteur. Mais en aucun cas je ne souhaite t'obliger à l'accepter comme tu acceptes Neji ou Niji… Car il est exclu que je l'adoptes, ne serait-ce que pour lui permettre de porter le nom qui est le sien à sa guise et dont elle est la dernière et unique héritière.

Aussi, libères toi de ce poids, car il n'en est pas un. Je n'y vois aucun caprice et ne consentirais jamais à te rejeter. Quant à Kabegami… Ses voies me sont inconnues et je ne suis qu'un homme, incapable de comprendre ses motivations, ses jeux et ses mensonges. Je ne suis pas même certain qu'elle m'ait trompé… Qui pourrait dire, au vu des événements, qu'elle n'a pas simplement tout essayer afin de sauver la génitrice de sa porteuse en notre monde ? Peut être même que la Princesse des Roches est tout aussi dépassée que nous le sommes… Je ne lui cherche pas d'excuses, mes mots dépassent le cadre de mes pensées quand je dis avoir été maudis…


Remontant le long de la mâchoire de la belle, il retrouva enfin la délicatesse de ses lèvres sur lesquelles il s'attarda longuement avant de rompre une nouvelle fois leur union pour continuer :

Je te remercies néanmoins de me voir comme tu me vois. Je n'ai guère besoin d'être le Taisho des Brasiers, ni l'élu de la Pierre si je suis Ko-san à tes yeux. Aucune rigueur ne sera à tenir à ce sujet. Tu parles de regrets, mais je n'en conçois plus en t'écoutant. Malgré l'obscurité qu'ait pu prendre ma voie, que puis-je regretter dorénavant que tu te trouves là, m'apportant plus que ta simple présence qui m'aurait déjà suffit, mais aussi la famille dont j'ai juré de prendre soin ?

Sa question n'eut vraisemblablement pas besoin d'obtenir une réponse puisqu'il embrassa la lancière alors même qu'il venait de la prononcer. D'abord soyeux, son baiser fut plus insistant, brisant le rempart des lèvres pour en mêler les chairs masquées. De toute évidence, son discours était clos et n'avait besoin d'aucun retour, son étreinte s'affermissant, poussant son amour à s'étendre à même les tatamis de la salle au dessus de laquelle il se trouva bientôt.

Il glissa les doigts de sa main droite sous les pans du kimono de son unique, frôlant la douceur de la peau de son ventre. Ce simple contact fut l'étincelle embrasant ses sens et il entreprenait déjà de défaire le lien fermant les vêtements de la jeune femme lorsqu'il ouvrit soudainement les yeux, désolidarisant le lien de leur bouche par la même occasion sans pour autant s'arracher totalement à elle. Il s'exprima vivement alors :

Kirito ! Il est là n'est ce pas ? Neji, Niji aussi ? Je veux les voir… Et…

Le Volcan Apaisé ne su plus quoi faire, déchiré par deux désirs soudain, dévisageant l'un d'eux comme s'il était son seul salut. Il venait de se réveiller d'un songe pénible et sa réalité était brillante d'une telle perfection qu'il s'en trouvait aveuglé, désorienté, sans pouvoir mettre un sens à ses priorité. Être aimée soudainement ou le laisser revoir au plus vite ceux qui étaient les siens à présent, le choix appartenait à Saya. De toute façon, les deux choses auraient lieux, cela se voyait immédiatement dans la fournaise des prunelles du Volcan ramené à la vie.


L-M-M-J-V-S-D

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MessageSujet: Re: [Terminé] L'épaisseur de la brume masque les souffrances, la chaleur du feu les fait disparaître 7/11/2016, 21:20

Enfin, en son baiser qu’il me rend, je le sens près de moi. Enfin, mon aimé est de retour et me touche tout en me regardant pleinement. Enfin je retrouve sa lumière, celle qui m’a séduite il y a des années, celles qui m’a fait m’unir à lui, lui accorder ma confiance et finalement accepter la demande que le Volcan m’avait faite une lune auparavant avec une assurance nouvelle. Enfin, lorsqu’il rompt notre union doucement, je n’ai plus peur qu’il s’enfuie, ses propos confirmant ce ressenti que je n’ai eu qu’avec cet homme. Kodan me parle autant de ses sentiments que de ses intentions, encore craintives, comme si ce qu’il avait vécu loin de moi l’avait fragilisé au point qu’il ne soit plus sûr d’être lui-même. Alors je l’écoute, pour saisir tous les détails de ce nouvel être, toutes les subtilités et les faiblesses qui font maintenant partie de lui pour le soutenir dès qu’il en aura besoin.

Je souris lorsque mon géant me dit ne plus vouloir me laisser partir et ai envie de lui rétorquer immédiatement que je ne l’aurais pas laissé me chasser. Mais le fait que son sérieux l’invite à énoncer Riyu-dono me fait retrouver le mien et penser que sa réaction ne sera pas forcément des plus douces. J’y avais songé beaucoup de nuits, anxieuse d’imaginer que nos rapports puissent se détériorer à cause de cette union. Mais maintenant près de ma raison d’être, je sais que je n’aurai à craindre aucun brouillard sur mes convictions. À l’évocation de celle qu’il avait juré de sauver, je sens toute la rancune que le Taisho a envers lui-même. Mais il revient à moi, au bien que je lui rapporte et qui l’aidera à avancer, tout comme il l’a fait avec moi. Puis sa confusion revient lorsque le frais Daimyo de la Pierre repense à ce qu’il va devoir faire de ces nouvelles responsabilités.

Prête à le consoler, je me laisse pourtant surprendre par le contact de ses lèvres sur mon cou, comme si je découvrais cette sensation pour la première fois. Mon fiancé me réconforte ensuite sur mes obligations envers la petite aperçue un peu plus tôt et se perd dans les idées du Kami qui l’a choisi, ne sachant pas vraiment quoi penser de cette décision, se croyant maudit et béni à la fois. Puis il s’oublie longuement sur ma bouche et je profite davantage de cet échange que des précédents tout simplement car il s’agit de la seule chose dont mon promis semble certain. Les phrases suivantes me font rougir de plaisir, la lueur dans ses yeux également et je n’ai le temps de donner aucune autre réponse qu’un nouveau baiser, en réponse au sien.

C’est lorsque le Volcan, plus vivant qu’à mon entrée dans la pièce, m’embrasse plus profondément que je réalise à quel point ses étreintes m’ont manqué pendant ce petit laps de temps. J’avais pu l’attendre cinq ans et même chercher ailleurs n’avait pas suffi à combler le vide qu’il m’avait laissé en partant. J’avais beau le savoir avec sa promesse, ce n’est que lorsque mon destin m’allonge doucement sur le sol que je comprends enfin lui appartenir à jamais. Sentir ses doigts sur ma peau fait accélérer mon cœur à un rythme que je ne lui connaissais pas encore, au point que je garde les yeux ouverts pour profiter de tout ce que mon aimé s’apprête à m’offrir. Mais c’est grâce à cela que je vois Kodan hésiter une fois de plus, affichant des mirettes plus conscientes et mettant fin à notre étreinte bien amorcée.

D’abord surprise, je le laisse prendre conscience de la présence de chacun de ses enfants, devenus les siens immédiatement, par sang et principe. Puis, tendrement et en souriant, je me redresse à genoux, caressant ses joues de mes mains, déposant un nouveau baiser sur ses lèvres puis dans son cou avant de parler pour répondre à ses interrogations et ses incertitudes.

- Ils sont tous là, oui. Et ils se sont fait autant de souci que moi sur le trajet. Alors allons les rassurer avant qu’ils n’alarment tout le Château. Nous aurons tout le temps, dès à présent, pour continuer ce que tu as commencé. Je me réjouis de connaitre la suite.

Je me lève sans vraiment lui laisser le choix, lui tendant la main pour l’inviter à me montrer sa grandeur. Je serai ainsi son guide le temps qu’il retrouve la vue sur ses objectifs et sa détermination naturelle. Souriant à pleines dents de le savoir rien qu’à nous, c’est donc ensemble que nous sortons de la pièce puis on nous emmène vers les enfants. Neji nous voit en premier et s’approche, pressé de saluer le maître des lieux et de se rendre mieux compte de son état. Mais Kirito le devance et saisit sans retenue la jambe de son père pour l’étreindre afin de lui transmettre tout l’amour qu’il ressent pour cet exemple. Niji, quant à elle, vient le saluer les larmes aux yeux, enfin soulagée de le voir en pleine santé. Ce moment de partage en famille est court et long à la fois car toutes les émotions se bousculent sur le visage de Kodan.

Aucun d’eux ne le questionne, pourtant. Le temps d’un léger repas, Neji lui raconte ses entrainements et la façon dont il s’est acharné à reproduire les techniques apprises. Niji lui fait offrande de quelques tissages qu’elle s’est donné de la peine de confectionner afin de lui offrir en temps opportun. Kirito, le moins conscients de nous mais le plus attendrissant, lui fait des commentaires sur la nourriture en comparant les mets de Setsu et Okaruto sans la moindre préférence. Mon promis profite de l’instant mais je le sais encore chamboulé par ce qu’il m’a annoncé et la torpeur dans laquelle il a été plongé longtemps. Je veille sur l’homme perdu comme un esprit gardien sur l’épaule de l’Onmiyouji, guettant le moindre le moment de faiblesse ou de fatigue afin de le préserver de toute rechute, particulièrement devant les enfants.

Puis vient le temps où j’annonce qu’il est temps de déballer nos affaires. Neji et Niji s’en vont s’occuper des leurs dans les chambres qui seront les leurs et Kirito les suit ; il attendra patiemment qu’on aille le coucher, tandis que j’accompagnerai mon aimé dans cette pièce qui sera inévitablement et officiellement la nôtre dès aujourd’hui. Je laisse le Taisho entrer dans la pièce encore dépourvue de futons et ferme la porte délicatement d’une main, laissant l’autre commencer à dénouer mon obi. D’un pas lent mais décidé, j’apprécie la lueur pleine de désir que le Volcan m’envoie tandis qu’il se retourne sur moi et mes vêtements devenant lâches à chacune de mes avancées. Arrivée proche de lui, j’accroche mes doigts à sa propre ceinture et la délie facilement du reste, d’un geste assuré et tout à fait suggestif. Je plonge mes yeux dans les siens et, rapprochant mes lèvres des siennes en l’attirant à l’aide de mon autre main sur sa nuque, je parle mais mon attitude pourrait parler à ma place.

- Dis... avant de penser au reste, guerrier du Feu, me laisserais-tu t’honorer autrement qu’avec ma confiance ? Cet instant sera le nôtre et n’implique rien, si ce n’est une fusion que je me languis chaque fois d’éprouver avec toi. Là tout de suite, avec moi, il est vrai que tu n’as pas besoin d’être Taisho Setsu, Daimyo du Mur ou Gouverneur de tes terres. Toutes mes Armes sont tiennes car tu es le Seigneur de ma personne et le Maître de mes sens.

Tu m’as manqué... juste toi, rien que toi. Celui qui faillit me prendre dans cette lointaine forêt mais qui, tant de fois différentes, me posséda en bien d’autres lieux. Je veux te voir vivant car c’est uniquement comme cela que tu pourras atteindre tout ce qu’on te demande d’accomplir. En attendant, investis la seule mission dont tu es certain de la réussite. Elle n’attend que ta venue.


À peine ai-je le temps de terminer ma phrase que mon aimé m’embrasse sans pudeur aucune, faisant glisser aisément mes vêtements sur ma peau alors que je fais de même. Nous sommes l’un à l’autre maintenant et j’ai le profond espoir que ce qui nous reste à vivre ensemble – et oh qu’il en reste ! – nous pourrons l’affronter. Car Kazan Chinsei-ka, en se donnant à moi par ses déhanchements francs et passionnés, se rapproche de la vie et me fait ramener la sienne à ses côtés. Ici se trouve à présent mon foyer, là où le brasier qui l’anime dégage toute sa chaleur.


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Amadotsu Kodan

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MessageSujet: Re: [Terminé] L'épaisseur de la brume masque les souffrances, la chaleur du feu les fait disparaître 7/27/2016, 20:36

Plus désirable que jamais lorsqu'elle l'embrassa, ses vêtements ne découvrant qu'une infime parcelle de peau, il compris qu'elle avait fait le choix qu'il n'eut su apporter à son terrible dilemme lorsqu'elle  répondit à sa question non sans l'ayant embrassé au préalable. Il mit alors tout ce qu'il était de côté, le taisho, l'élu d'Iha-naga, sa promesse devenue impossible à honorer pour ne laisser plus que l'homme qu'il était se faire guider par la femme qu'il aimait.

Elle le tira à lui sans n'avoir à user de la moindre force tant son attraction sur lui était forte, ses muscles répondant sans qu'il n'eut besoin de leur en intimer l'ordre lui-même, obéissant à l'invitation qu'il lui était faite de se relever complètement. Il la dominait de toute sa taille et sa carrure tout en se sentant infime en comparaison de ce qui émanait d'elle, son regard se perdant sur elle, toujours légèrement perdu.

Il abandonna même son propre libre arbitre quand elle ferma sa main sur la sienne pour le sortir de cette salle devenu pareille à la cage de son esprit et il lui confia toute décision qu'il n'aurait su prendre dès cet instant. Ainsi, Kodan suivit Saya qui l'emmenait vers les objets de ses interrogations tout en se redonnant meilleure présentation, négligemment débraillée du fait des premiers gestes que les aspirations charnelles du bushi avait provoqués.

Toujours attacher à son unique par le lien de leur doigts mêlés, il redécouvre d'abord le jeune adulte qu'est devenu Neji, mais ne peut guère s'attarder sur ce dernier, un petit poids lui heurtant de façon significative la cuisse en l'étreignant. Le volcan abaissa ses yeux sombres qui s'embuèrent doucement à la vu du trésor que lui avait offert la providence, de celui dont il n'eut plus douté être le géniteur depuis que son existence lui fut révélée.

Alors le vaste guerrier posa un genou à terre, vaincu, étreignant de son bras libre la chair de sa chair, attirant de l'autre celle dont l'enfant était issue. Mais ses prunelles inondées se levèrent vers celles d'une sublime jeune femme que sa logique seule lui permit d'identifier comme étant Niji, l'expression que son visage transmis était une invitation qu'elle ne se refusa en aucun cas à honorer, se jetant presque plus qu'elle ne s'avança doucement à rejoindre ce cercle en création.

Celui ci n'aurait pu se trouver fermé complètement, le premier Amadotsu levant une dernière fois ses iris vers ceux du garçon encore en retrait, lui proposant sans lui dire de poser sa fierté de côté un moment afin de rentrer dans cette ronde symbolisant ce qui se créait entre eux. Il ne fallut qu'une fraction de seconde à l'adolescent pour se convaincre de partager cette réunion et d'en fermer définitivement la chaîne.

La dignité n'avait plus besoin d'avoir cours, protégée par l'intimité des murs du palais, l'inébranlable colosse dont les pieds avaient étés d'argile renia celle-ci à son tour, relâchant les derniers fragments d'emprise sur lui et libérant ses flots, accompagnant ceux de sa fille récemment acquise et bientôt rejoint par l'ensemble de cette famille qu'il venait d'acquérir. Les horizons de sa conscience se dégageaient petit à petit et avec une simplicité déconcertante, si bien qu'il ressenti les épreuves qu'il avait traversé comme négligeables au vu de la récompense que le destin lui offrait pour celles-ci.

Il ne fut pas de mots à échanger, il embrassa le chef de son fils, puis celui de l'adoptée de son aimée, il frotta la toison devenue longue de Neji, collant son front contre le sien et enfin, il offrit ses lèvres à celles de son éternelle choisie dans un baiser qu'il ne lui avait jamais offert alors et face auquel aucun maillon présent ne se formalisa, leur émoi à tous les submergeant.

Il fut illusoire au gardien de Kazan de parvenir à compter le temps qu'ils passèrent ainsi ensemble, mais ils finirent néanmoins par se détacher les uns des autres, à l’exception de son membre noué à celui de Saya dont il ne pouvait s'imaginer s'en défaire et de leur bambin qui ne daigna plus se séparer d'eux, poussant le taisho des flammes à l'attraper de son bras droit pour le soulever contre lui.

Ils finirent ainsi tous par partager un repas frugal autour duquel tous lui furent plus précieux que sa propre vie, l'un en lui détaillant par le menu les exercices qu'ils s'imposait, la jolie Niji lui faisant don de pièces de textile qu'elle avait confectionné à son attention, son héritier bientôt certain établissant une étude poussée autour de la qualité des mets au sein des flammes et de ceux des brumes.

Face à tout cela, le maître des armées du feu manqua de sombrer à nouveau, se sentant bien trop honoré par tout ceci et parfaitement indigne par la même occasion. Son salut vint de la main que l'héritière des Chizuru lui posa à plat sur la sienne qu'il débutait de crisper. Il la dévisagea de nouveau, rivant ses yeux sur elle tout en lui découvrant la facette d'une gardienne, veillant sur lui avec le plus doux sourire qu'il eut put admirer de toute son histoire.

Ainsi tint-il, émerveillé par elle et l'idée qui se faisait plus claire en lui qu'il assistait là au premier jour d'une existence qui débutait enfin, car il n'était plus aucune raison pour qu'il ne pusse se séparer de cette femme dorénavant. Bientôt, elle invita leur petite troupe à prendre possession des lieux, sans que Kodan ne sache s'ils étaient conscient ou non qu'il s'agissait là de leur demeure définitive. Kirito pris entre les bonnes mains des deux jeunes adultes adoptés par la lancière, celle ci s'occupa d'emmener le guerrier des brasiers en un tout autre lieu.

Le guidant de façon hasardeuse, ils pénétrèrent l'antenne réservée aux invités de Shiro Kiyooki et de son gouverneur, s'en trouvant, de fait, totalement désertée à l'exception des serviteurs l'entretenant dans l'attente de servir à nouveau. C'est ainsi qu'ils firent irruption dans une chambre d'hôte entièrement épurée et dépourvue du moindre meuble. Elle le poussa presque au cœur de la salle tandis qu'elle fit glisser la porte sur son rail pour les fermer à toute intrusion et les préserver de tout les regards.

Lorsqu'il se retourna pour la décrire, il ne vit plus que l'être plein de désir qu'elle savait être pour lui et dont la chaleur lui avait été retirée depuis près d'un mois. Elle avançait langoureusement vers lui, se soustrayant elle-même à sa ceinture qu'elle laissa glisser et tomber au sol derrière elle, chacun de ses pas ouvrant son kimono sur les délices qu'il protégeait en temps normal.

La sensualité avec laquelle elle s'approcha puis se plaqua contre le bushi suffisant à lui faire oublier l'intégralité de ses traumas, tout son être dirigé sur la délectation des gestes qu'elle entreprenait, l'enivrant si pleinement alors qu'elle défaisait son propre obi en le dévisageant d'un air entendu. Elle supprima toute idée de distance entre eux, entamant l'approche d'un baiser qu'elle n'acheva pas pour autant, leurs lèvres se frôlant alors qu'elle lui adressa sa demande et l'aveu exprimé son désir par un discours qui enflamma le maître des Kiyooki.

Il ne fut aucun mot qu'il ne put prononcer pour lui répondre, préférant à cela lâcher la bride à sa fougue pour s'exprimer uniquement par ses actes dont elle tirerait elle-même ses réponses. Il ne l'embrassa pas, le terme s'avérant bien inférieur à l'ardeur de son mouvement, leur dents s'entrechoquant presque sous la force de celui-ci.

Mettant à bas les tissus les couvrants dans une frénésie totale, il l'attira à lui à genoux d'abord, finissant de libérer sa poitrine et son intimité des légers linges les couvrants et l'allongea à même les tatamis, écartant ses cuisses et l'investissant dans le même élan, toute prête était-elle déjà à le recevoir en elle. Il l'assaillit soudainement, brûlant d'envie, sans lente progression dans son rythme, ce dernier vigoureux en un instant.

Kodan coupa court à leur embrassade, libérant sa bouche pour la guider vers d'autres traitements, flattant d'abord l'oreille, descendant lentement vers le cou puis le trapèze nu de son amante submergée qui ne pouvait qu'exprimer son émoi soudain qu'à moitié, coupée dans son propre souffle. Il referma enfin ses lèvres sur le sommet d'un sein sur lequel il se laissa aller à une incandescente succion.

Ses bras passés sous les jambes de son tout, il les fit remonter jusqu'à obtenir des hanches de cette dernière un angle nouveau depuis lequel il pu accabler d'amour le saint des saints de l'onabugeisha. Il fut dès lors heureux que les lieux fussent dépourvus des habitants qu'ils avaient la charge de recevoir en temps normal, car tout en parvenant petit à petit à s'habituer à la hardiesse du guerrier qui s'éveillait, elle pu enfin donner de la voix à la hauteur de ce qu'elle ressentait.

La position horizontale aidant, le premier Amadotsu n'eut aucun mal à les redresser à la verticale une fois ses mains passées dans le dos de la lancière éperdue qui l'enroulait à présent de ses membres postérieurs. L'entrain du géant des flammes fut tel qu'elle n'eut aucun déhanchement à accomplir, tant il la soulevait de son propre fait par la seule force de ses assauts.

Libérant le buste mille fois flatté de sa promise, il en retrouva la bouche, lui coupant la voix en la scellant par la sienne tout en l'étreignant intensément, sa main droite emmêlée dans les cheveux agités de la jeune femme, son bras gauche la ceinturant fermement contre lui. Sans ne rien perdre à sa prise, il l'emmena dans une chute à moitié maîtrisée où il fut sur le dos, mais son étau était tel qu'il ne lui ouvrait pas la possibilité d'agir, lui laissant simplement celle de recevoir toute l'expression de sa pleine dévotion.

La posture n’apparut pas gêner une seule seconde l'amplitude et la virulence de ses attentions pour elle, tant et si bien qu'il fut obligé de couper court à leur baiser afin de leur permettre d'aspirer l'air à grands efforts. Il les firent alors rouler, retrouvant de façon provisoire leur place initiale, le dos de la belle épousant derechef les tatamis.

Mais le soldat affamé n'en resta pas là, se redressant seul sur ses genoux et surplombant la guerrière des brumes à sa merci, il enferma les hanches de celle-ci entre ses poignes et poursuivit sans ralentir ses attaques implacables tout en leur retirant la plus petite agressivité. Ce ne fut qu'au prix d'une heure pleine de ces gratifications qu'il vainquit sa merveilleuse adversaire une première fois, la sentant s'abandonner, tremblante, mais loin de lui l'idée de lui laisser atteindre les sommets du plaisir seule et quand bien même l'eut elle déjà touché, il se recoucha sur elle, ralentissant sensiblement ses initiatives sans les cesser pour autant.

Il les rendit ainsi plus douces et suaves, sans ne plus laisser aucune place à l'air pour circuler entre eux tant il se pressait contre son amante. Plus vite qu'il ne l'eut cru cependant, elle se remit de la première bataille et tâcha de reprendre l'avantage, par la faim qu'elle ne manqua pas de partager à mesure qu'elle reprenait en force. Il ne fallut à Saya que la moitié du temps qui l'avait vu atteindre les étoiles pour les offrir à son dévoué soldat à son tour et le laisser l'envahir de sa chaleur.

Bientôt, ils se serrèrent mutuellement dans les bras de l'autre, liés par leur chair et leurs lèvres jointes, la samouraï-ko sur son élu. Kodan se détacha de leur baiser, une main dégageant les mèches coulantes sur le visage de sa bien-aimée. Ce ne fut qu'à cette instant que sa voix se fit entendre après des longues heures depuis qu'ils s'étaient retrouvés et sans compter les quelques exclamations provoquées par leur échange :

Il n'est pas d'homme plus important à mes yeux que celui qui se trouve avec toi en ce moment. Le taisho du feu ou le champion de la pierre ne peuvent que s'écarter face à l'amant de Chizuru Saya dont je ne souhaite plus qu'à l’appeler Kiyooki, comme elle le mérite plus que je ne l'ai mérité depuis mon gempukku. J'espère que l'expression seule de ce que nous venons de faire suffira à te décrire à quel point tu m'as manqué l'éternité qu'aura duré ce mois sans toi, car je n'ai aucun mot pour l'exprimer.

Je ne suis vivant qu'à tes côtés, Hatsukoi no asagiri, mais je ne me reposerais jamais sur mes lauriers en pensant que la seule mission dont je puisse être certain de la réussite soit la conquête de tes sens. Je te promets même de considérer cette dernière comme la plus importante de toute, à chaque fois que je me lancerait dans son accomplissement. Tout comme je te fais le serment qu'il s'agira là d'un objectif aussi fréquent que tu ne m'en laissera l'opportunité et tant que nos corps nous le permettront avant de sombrer dans le repos qui permettra à nouveau d'assouvir nos désirs.

Et pour être totalement sincère avec toi… Il n'est plus un fragment de moi qui puisse s'aliéner l'un des tiens. L'homme que je suis voit en toi l'objet de ses plaisirs et la mère de son enfant, le général distingue le seul second qu'il autorisera à ses flancs dorénavant et l'élu de la Princesse des Roches ne consentira en aucun autre être pour devenir sa Dame… Je t'en demandes tant, mon amour… Combleras-tu mes faiblesses ainsi exposées ?


La ferveur de son aveu lui ouvrit une nouvelle vigueur dont son interlocutrice ne pouvait être ignorante tandis qu'il débutait doucement de l'investir, la laissant néanmoins répondre tant bien que mal alors qu'il alla flatter le cou de cette dernière et se perdant dans ses cheveux.


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Dernière édition par Amadotsu Kodan le 9/8/2016, 10:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Terminé] L'épaisseur de la brume masque les souffrances, la chaleur du feu les fait disparaître 8/14/2016, 22:11

C’est en recevant son feu par un regard que je m’étais rendue compte qu’Amadotsu Kodan compterait pour moi. Puis ses flammes m’avaient caressée par notre échange en combat factice. Elles avaient commencé à me consumer après ce premier contact « amical » loin d’être maladroit, en tout cas bien moins que ses propos. La tempête qu’avait déclenchée le Setsu en moi dès ces premiers instants avait complètement bouleversé tout ce que j’étais il y a cinq ans. Je n’étais finalement qu’une guerrière, tenant une promesse faite encore cinq années plus tôt. Et ce n’est que lorsque que je l’avais rencontré que j’avais réalisé avoir manqué d’une chaleur que même mon époux n’avait su faire naître en mon cœur et en mon corps.

Je reçois aujourd’hui sa fougue, tandis que mon amant termine de se débarrasser de mes vêtements, presque brutalement. Mais j’ai attendu cela tout aussi ardemment que lui pendant mes semaines d’absence et c’est uniquement la surprise et son baiser qui m’empêchent en premier lieu d’exprimer mon contentement. J’encourage chacun de ses mouvements en laissant mes doigts se perdre tantôt sur ses mains, ses bras mais aussi tantôt sur ses épaules et dans ses cheveux, comprenant à cette suite affamée de tout à l’heure qu’il y aura bien d’autres fois comme celle-ci dorénavant. Je ne peux qu’exprimer ma joie et le plaisir qu’il me donne, sans me préoccuper des éventuelles présences dans les couloirs, les délices que mon promis me sers sur son plateau de chair me semblant plus intenses que jamais.

Je me sens la plus importante tandis qu’il nous redresse, ne cessant jamais de m’exprimer ce qu’il ressent. Pour la première fois depuis que le destin nous réunit, l’urgence ne vient pas entacher ce moment et je souhaite plus que jamais que ses passionnées attentions n’arrêtent nullement de me faire voir les étoiles. Sa bouche quitte la mienne pour se perdre sur ma poitrine, plus fougueusement que toutes nos autres fois et sa lance charnelle ne cesse pas de me faire ressentir la présence du Taisho du Feu, au point que même passée au-dessus de lui quelques instants, le chef des armées devient le dirigeant de toutes les opérations. Je réponds à tous ses gestes rendus en réponse à ma question par sourire témoignant de mon ravissement à recevoir ses ordres inédits mais au combien exaltants.

Je ne peux plus donner de voix lorsqu’il emprisonne mes lèvres avec les siennes mais je ne perds pas mon expression de bonheur en entendant la sienne, prenant ses assauts aussi incontrôlés que maîtrisés comme un cadeau et un don de sa personne entière pour la mienne. Je le sens là, je le sens mien et je me laisse devenir passive pour le laisser revenir du trou noir dans lequel il s’était perdu avant mon retour. Nous en oublions de respirer tant notre fusion est intense et c’est finalement par ces dernières offensives d’amour qu’il parvient à me faire savoureusement abdiquer. Mes maigres forces restantes ne me permettent dans un premier temps que de trembler et d’accueillir mon Volcan sur moi, tandis qu’il ralentit ses allées et venues sans aucun désir de s’arrêter.

Petit à petit mais sans tarder pourtant, ses douces effractions me redonnent l’énergie nécessaire de tenter à mon tour un accompagnement sur le chemin du ciel de son plaisir. Avide de le savoir aussi comblé que moi, j’échange nos positions une seconde fois, l’invitant à s’asseoir et à laisser mes jambes l’étreindre, mon buste penché en arrière à la merci des faveurs de ses mains. C’est à l’aide du signe de l’infini et des minutes qui passent que mon bassin entraine Kodan dans une nouvelle danse, suave comme ses précédentes attentions. Et c’est au moment où je le sens proche de faillir, me délectant de son corps et de son visage si peu éprouvés, que j’entoure sa nuque de mes bras pour prolonger le contact de nos deux peaux. Une impulsion suffit à nous allonger sur le côté et c’est grâce à ma souplesse et à un rythme cadencé que je réussis à lui faire rejoindre la route empruntée seule quelques instants plus tôt.

C’est la tendresse qui nous réunit ensuite, dans les bras l’un de l’autre, tandis que je suis revenue sur lui, incapable de quitter ses lèvres brûlant encore de désir pour moi. Jamais je ne me lasserai de cette faim que le Gouverneur de Kazan a pour moi et je ne souhaite jamais cesser de la lui rendre. Je frissonne en souriant de plaisir alors qu’il rompt notre baiser pour mieux admirer mon visage. Éraillée, sa voix est à la hauteur de toutes les caresses que le bushi des Flammes m’offre depuis notre rencontre et je m’en délecte tout autant que du reste. Je suis ravie qu’il se considère existant car c’était la peur qui m’avait saisie lorsque j’étais entrée dans cette pièce, à voir ses yeux si vides et sa prestance naturelle si effacée par le désespoir. Puis je frôle affectueusement son visage de mes doigts, riant discrètement pour toujours l’entendre promettre de vouloir me conquérir à jamais, l’entendre me promettre ce mariage que je me réjouis de pouvoir porter de toutes les façons.

Heureuse déjà de cela, je ne m’attends pourtant pas à la suite. Mon sourire disparait pour laisser place à la surprise de propos aussi démesurés que flatteurs. Je me sens comme envahie de mon homme alors qu’il m’investit encore doucement en me posant sa question... mais une douce, si douce invasion que j’en rougis, les larmes aux yeux, tandis qu’il se perd dans mon cou. C’est emplie d’une émotion énorme que je parle dans un souffle, sans lutter contre tout l’amour que Kodan me donne avec cette seule retenue qu’est celle de m’écouter également.

- Jamais je ne veux te porter préjudice ou laisser les autres penser que notre union n’est pas légitime... de par mes origines, ma carrière ou mes actes. J’ai donc longtemps imaginé que devenir la meilleure des compagnes serait difficile. Et toi, tu m’as honorée naturellement dès les premières secondes. Tes regards, les défis que tu m’as lancés volontairement ou non, l’amour que tu m’as porté et que tu me donnes encore aujourd’hui ainsi que tous les échelons que tu franchis avec les années... J’ai eu longtemps l’impression que je ne méritais pas tout cela.

Mais chaque instant passé avec toi me fait réaliser que je n’ai pas mon mot à dire. Car tu as honoré la femme et la mère que je suis en me donnant ta chair, la Dame que je fus et que je serai à tes côtés en m’offrant ton nom. Tu honores même la guerrière, celle que j’ai promis de devenir et de défendre au-delà de cette féminité... celle-là même que tu découvres souvent, depuis. Je me sens complète, auprès de toi. Et si tu ressens la même chose, alors tu pourrais bien me demander la lune que j’irai la quérir si j’en connais le moyen. Et si ce n’est pas le cas, j’irai apprendre... J’apprendrai tout, pour toi et remplirai tous les rôles s’il le faut car nous sommes forts ensemble, watashi no moeru kazan. Et je refuse de perdre cela.


Je me serre contre mon tout, l’entourant de mes jambes et de mes bras, le laissant m’attirer encore contre lui pour profiter de tout ce que je suis devenue grâce à Amadotsu Kodan. Grâce à mon promis, je veux bien croire que je suis capable de décrocher les astres, d’être au moins un soutien pour lui. Convaincue que je deviendrai encore meilleure, sur chaque plan qu’il voudra bien explorer avec moi, je le désire et le dévore avec passion, jusqu’à ce que le matin se lève. Nos cœurs et nos corps ainsi réunis témoignant de cette fusion que nous recherchions, avant notre première rencontre, chacun de notre côté.


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MessageSujet: Re: [Terminé] L'épaisseur de la brume masque les souffrances, la chaleur du feu les fait disparaître 9/8/2016, 10:44

Il n'eut rien à répondre dans l'immédiat aux propos qu'elle lui rendit après son propre discours et quand bien même ne manquait-il pas de remerciements à lui transmettre pour cette dévotion qu'elle lui déclarait de nouveau, il était déjà bien trop affairer à l'honorer d'une toute autre façon. Embrassant le cou de son élue de mille attention tandis qu'elle le ceignait du obi de ses jambes enroulées autour de sa taille comme une invitation à lui offrir le meilleur, il l'enserrait aussi fermement qu'il ne lui était possible pour ne pas lui faire du mal.

Sa vigueur retrouvée était aussi vivace que celle qu'il venait d'avoir précédemment, comme si cette dernière n'avait jamais eu lieu et pourtant, il se montra d'une douceur infinie alors. Aucun épuisement ne viendrait de l'étreinte qu'il lui donna, lascive, lancinante, mais satinée et dépourvue de la fougue dont ils avaient fait preuve quelques instants plus tôt.

Si une telle action sur la longueur aurait pu ennuyer ces deux guerriers rompus ensemble à ce genre de joute, ce ne fut pas le cas du bushi des flammes qui avait été l'instigateur de cet échange duveteux, jusqu'à atteindre une délicate félicité qu'il laissa s'exprimer dans un soupir à l'oreille de son aimée, bien après le début de cette seconde manche. Il se mit à rire légèrement alors que chacun retrouvait son souffle, avant de reprendre leur discussion faites de mots qu'il murmura, puisque celle des gestes venaient d'aboutir :

Mon épouse ne sera pas une femme de tradition, versée dans l'art de veiller sur un toit et sa bonne tenue. Il n'y a rien à changer pour que Chizuru Saya devenue Kiyooki Saya soit la seule conjointe digne du Volcan. Laissons les serviteurs et mon intendant se charger du palais et des terres, c'est l'onabugeisha que je brûle de savoir se tenir à mes côtés et laquelle je flanquerais jusqu'à ce que mon dernier souffle m'habite.

Le seul rôle que je te demande de remplir n'a besoin d'aucun changement de ta façon d'être, quoiqu'en diront ceux qui verraient en ma démarche un acte brisant les traditions, si d'aucuns oseraient cela. Je veillerai à… Tes exercices physiques… Quotidiennement… Tu ne vieilliras pas en oiseau cloîtré dans sa cage, je ne pourrais pas me résoudre à te faire subir cela.


La nuit était d'ores et déjà bien avancée après la suite d'ébats dans laquelle ils s'étaient jetés, aussi, le samouraï se redressa pour se relever, contemplant la nudité offerte à la lumière des rares lampions environnant, raffermissant son désir, comme si sa soif ne pourrait jamais se trouver étanchée. Il l'aida à se remettre sur ses jambes, non sans l'enlacer pour lui offrir un long baiser, leur corps pressés l'un contre l'autre.

S'aidant et se gênant volontairement dans le rhabillage qui suivit, ils parvinrent néanmoins à revêtir les tissus dont ils s'étaient dévêtus en soirée. Le chemin jusqu'à la plus haute chambre du château fut un parcours semé des embûches d'arrêts fréquents d'enlacements et de fusions répétées de leur lèvres que chacun demandèrent à l'autre un nombre de fois incalculable.

Lorsque fut atteinte finalement leur objectif, ce fut pour se défaire derechef de leurs atours avec passion pour s'offrir à l'autre comme ils s'étaient retrouvés jusqu'à ce que l'épuisement les prennent dans un sommeil réparateur, les laissant mêlés l'un à l'autre comme si leur moitié respective pouvait s'envoler si jamais ils venaient à se séparer.


Le matin qui suivit fut une nouvelle retrouvaille pour le gouverneur de Kazan, son fils de sang et ceux qu'il avait tacitement adoptés à la suite de Saya, aucune convenance n'aurait pu l'empêcher de les prendre dans ses bras, chacun leur tour et de façon égale, bien qu'il passa l'ensemble du petit déjeuner avec Kirito sur les genoux, attestant de la santé de celui qu'il ne voyait plus que comme son unique héritier dorénavant, brûlant d'une fierté sans limite lorsqu'il posait ses yeux sombres sur le crâne de ce garçon qui ignorait visiblement ce qu'il représentait.

À plus d'une reprise, il jeta des regards aimants et gourmands à celle qu'il ne voyait plus autrement que comme son unique amour depuis leur première rencontre déjà, le cœur gonflé de reconnaissance. Néanmoins, une fois le repas terminé, il s'isola dans son bureau, avisant la colossale charge de travail qu'il avait laissé s'accumuler dans sa disparition et son retour aphasique de ses épreuves dont il ne préférait guère se souvenir.

Kurogane avait traité le plus urgent, laissant penser à Setsu qu'un Taisho existait toujours en ses terres, donnant des ordres de positionnement et d'exercices à ses troupes, mais il n'avait pas pu s'autoriser à signer les documents immédiatement adressés au souverain de Kazan, y trouvant là un acte déshonorant à raison, auquel il ne s'autoriserait jamais.

S'installant sur son fauteuil d'obsidienne, pareil au trône qui se trouvait dans la salle éponyme du palais, il fit face à ces papiers où logistiques, localisations et affectations de troupes, demandes personnelles des seigneurs de sa province, mais aussi, de ses Taisa des autres domaines du clans se cumulaient sans distinctions ni pitié pour ce qu'il avait pu traverser seul durant ce mois qui lui avait semblé une vie entière.

Kodan ne savait pas par quel bout prendre son devoir accumulé auquel il n'aurait jamais pu penser qu'une trentaine de jours puisse engendrer une telle ampleur lorsque la porte glissa sur elle-même sans que la personne qui en fut à l'origine n'ai manifesté son désir d'entrer. La seule personne à qui il autorisait une telle liberté pénétra alors, plus radieuse que Dame Soleil incarnée dans son kimono matinal et sitôt la vit-il qu'il sut instantanément ce qu'il allait faire en premier lieu ce jour.

Il choisit dans l'une de ses vastes étagères de pierre un rouleau de riche papier qu'il étala sur sa surface de travail, un pinceau à lavis impeccable et une encre qui l'était au moins autant. Sans s'expliquer à son amante sur ce qu'il préparait, il se réinstalla et débuta l'écrit dont il prononça les premiers mots à mesure qu'il les écrivit, afin que son élue comprenne de quoi il en retournait :

A l’œil… d'or… vigilant… se posant… sur le domaine… de Kasugami…

Dit-il d'une voix assurée avant de lever le regard vers celle qu'il désirait pour femme en lui souriant et en ajoutant alors :

Cela fait cinq ans que j'aurai du faire ceci. Puisses tu me pardonner cette attente, mon aimée. De toute mes tâches, il s'agit de la plus urgente et ce pli, une fois terminé, quittera mon domaine pour celui de Kasu où le Dragon de l'Est nous prouvera sa sagesse une nouvelle fois en m'accordant ta main, effaçant nos errances passés que je recommencerai pourtant mille fois si l'on me disait avoir le choix de les commettre, encore et encore.

Il se remit à son écrit, sans parler de la possibilité de refus que son homologue des Kasuga pourrait lui retourner… Ou bien ne la considérait t-il pas le moins du monde, énigmatique dans cette certitude qui l'envahissait.


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MessageSujet: Re: [Terminé] L'épaisseur de la brume masque les souffrances, la chaleur du feu les fait disparaître 9/11/2016, 18:12

Ouvrir les yeux le lendemain ne me suffit pas pour réaliser que ma vie se passera désormais ici, en les murs de Shiro Kiyooki, cet endroit plein de merveilleux souvenirs. Au fil de la matinée, pourtant, il m’est de plus en plus évident que cette place est désormais mienne, davantage encore lorsque Kodan étreint chacun de nos enfants, de principe ou de sang, avec la même affection et cette lumière que je ne souhaite jamais voir s’éteindre. Voir Kirito sautiller dans les bras de son père me rend heureuse, le visage du Taisho livide de la veille entièrement effacé derrière l’amour qu’il éprouve pour ce petit bout de nous. Niji et Neji semblent également ravis de discuter de la route que nous avons avalée aussi vite que possible, tout aussi passionnés d’ailleurs de parler de l’accueil chaleureux qui leur a été fait au château.

Les regards de mon aimé aussi parlants que réconfortants me rappellent la veille où, lentement, il m’avait une énième fois investi de sa personne, en une douceur nouvelle, comme chacune de nos étreintes. Délicatement, mon Gouverneur m’avait chuchoté son plaisir et j’avais partagé ce secret en lui soufflant en retour, transcendée par sa présence et son implication, la façon dont il se donnait à moi témoignant qu’il était bel et bien revenu de loin. Sa passion loin d’être tarie lui avait servi à me déclarer encore sa flamme, m’acceptant telle que je suis et laissant les trois parties que mon Volcan voulait de moi s’exprimer sans retenue pour le reste de la nuit. Je me vois forcée de sortir de mon rêve éveillé lorsque Kodan, bien malgré lui, annonce qu’il doit s’atteler au rattrapage de ses tâches administratives.

Restant quelques instants avec les enfants, les deux grands m’invitent rapidement à rejoindre la source de mon sourire, décelant mon inquiétude de le savoir enfermé seul dans sa pièce de travail. C’est donc tout de même mal à l’aise dans l’idée que je puisse le déranger que je me dirige vers l’une des pièces n’ayant pas échappé à nos fougueux ébats. Me pensant suffisamment discrète, j’entre sans frapper afin d’éviter de le déranger dans ses écrits mais je découvre bien vite son regard charbon irrésistible, si insistant que mes vêtements pourraient être tentés de disparaître pour lui laisser une place toute choisie. Et tandis que je m’avance vers le côté « visiteur » de son bureau, les joues rosies par les souvenirs bien loin de la paperasse que cet endroit m’évoque, mes yeux ne quittent pas mon aimé alors qu’il se lève sans m’en énoncer les raisons.

Une fois installé, mon tout couche sa volonté sur le papier et sa phrase prononcée au rythme de son tracé me fait écarquiller les yeux de surprise. Aussi heureuse qu’angoissée à l’idée qu’il contacte Riyu-dono, je suis finalement rassurée par ses mots car il semble la connaître suffisamment ou, en tout cas, croire en elle de telle façon qu’un refus ne serait pas envisageable pour lui. Offrant un sourire des plus sincère à mon promis, il m’est impossible d’attendre qu’il ait fini pour lui adresser quelques mots.

- Il n’y a rien à pardonner, mon amour. Que tu n’aies pas écrit à Riyu-dono il y a cinq ans est presque un bienfait puisque, grâce à cette omission, tu as pu t’élever là où tu te trouves aujourd’hui. Pouvoir écrire cette lettre avec fierté et honneur... en ma présence... Je le considère comme un cadeau. Et j’espère que la Taisho des Brumes saura le recevoir pour nous faire ensuite part de sa réponse.

Un soupire ponctue ma phrase, entre l’ennui et la peur de cette inconnue qui pend au-dessus de nos têtes. Mais c’est finalement en observant le meuble et les tas de documents à consulter y trônant, que je fais un point silencieusement, le temps que Kazan Chinsei-ka avance un peu plus sa rédaction. Ce n’est que lorsqu’il relève la tête pour un coup d’œil, sans avoir terminé, que j’attarde mes doigts en une caresse sur le dos de sa main créatrice.

- Rien n’est encore formalisé officiellement mais je te suis déjà tout acquise, tu le sais. Je ne parle pas encore de Niji et Neji mais je suis aussi convaincue qu’ils seraient ravis de t’aider. Et personnellement, il me tarde de prendre en mains ces rôles que tu souhaites me donner en tant que Kiyooki Saya. S’il est des tâches que tu souhaites me confier pour alléger tes épaules ou ta conscience, je suis là, en tout temps.

Mon regard refait un tour sur la paperasse, dans un sens puis dans l’autre et je souligne malicieusement mon sourire d’un air taquin, que mon aimé semble avoir remarqué puisque le coup d’œil se transforme davantage en œillade. Mes doigts passent de sa main au tas de papiers prioritaires à traiter.

- D’ailleurs, pour vous remercier de me dispenser un entraînement physique quotidien, Amadotsu-Taisho, j’aimerais vous suggérer de commencer à traiter cette pile de demandes, une fois votre premier courrier terminé. Je suis évidemment à votre disposition pour vous aider comme deuxième plume mais également pour vous motiver, si votre moral venait à flancher. Je pourrais par exemple laisser malencontreusement mon épaule se découvrir, si vous réussissiez à en rédiger trois... puis la deuxième quérir votre chaleur si vous en traitiez six de plus, tout en m’en confiant une petite dizaine.

Je ne passerai par-dessus ce bureau qu’une fois votre devoir accompli, Gouverneur. Car après un bon massage pour détendre ces trapèzes sollicités par tant d’obligations, vous aurez probablement envie de vous laisser aller à un nouveau débarrassage de cette desserte et de laisser votre acharnement au travail s’exprimer d’une façon qui ravira votre futur second, tout comme votre future épouse. Mais, en tant que cette première, je me dois de vous contrainte à reprendre les rênes de votre domaine ainsi que de votre fonction.


Je me penche alors sur le meuble, m’aidant de mes mains pour m’approcher et déposer un délicat baiser sur ses lèvres, brûlant juste comme il faut, témoignant de ma curiosité de le voir me déléguer des tâches, tout autant que de le voir travailler sur celles qu’il peut assumer seul.

- Je préfère récompenser que punir, conclue-je finalement. Il va falloir travailler dur pour mériter les faveurs de la Généreuse. Le défi te convient-il, mon Volcan ?


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MessageSujet: Re: [Terminé] L'épaisseur de la brume masque les souffrances, la chaleur du feu les fait disparaître 3/1/2017, 08:31

Il était bien peu de chose que Saya aurait pu masquer au regard de Kodan, d'autant plus lorsqu'elle ne cherchait guère à lui cacher quoique ce soit. Aussi, le Kazanite n'eut aucun mal à déceler la fébrilité provoquée par le nom prononcé du plus haut officier Okaruto. Malgré cela, elle se voulut rassurante et réellement touchée par ce document qu'il venait de débuter de produire. Il lâcha un sourire amusé et se remit à l'écrit de son pli. Les mots coulaient de sources, son objectif clair et son respect pour la première née des Kasuga immense l'aidant à venir au deux tiers de ce courrier en un court instant, si le soin qu'il apportait à chaque caractère était considéré. Impossible cependant, sachant que l'héritière des Chizuru se tenait non loin de lui, de ne pas lever les yeux vers elle, tantôt, afin de la décrire de ses prunelles, d'ajouter à chaque contact visuel une nouvelle pointe de certitude dont il n'avait absolument pas besoin et de ressentir toujours et encore cet insatiable désir à son égard, bien loin de toute les conventions.

Le dernier des Kiyooki senti son cœur gonfler de fierté et d'affection pour la lancière tandis qu'elle lui assurait sa volonté de parcourir la voie du destin à ses côtés, de l'assister en épouse, en mère et en bras droit, comme il l'avait souhaité. Il n'était rien qu'il avait à ajouter sur le moment, aussi la salua t-il avec respect, les braises de ses iris vivaces néanmoins. Lorsqu'il revint à elle, impossible aurait été le fait de ne pas capter cette malice qui s'était dessinée sur les traits lisses de son amante. Le ton de celle-ci changea et il manqua d'étouffer de rire quand elle se mise à le vouvoyer, ce trait d'usage normal pour une femme marié ou un subalterne dont il n'aurait accepté qu'elle-même en use sérieusement. Sans mal et avec la patience nécessaire, le premier Amadotsu était certain qu'il serait venu à bout de ses obligations, mais le petit jeu proposé implicitement par son élue, qu'il aurait jugé puéril à une époque, fut accueillit par la démonstration de ses dents en une expression radieuse.

Acceptant sans mal le baiser qu'elle lui offrit pour ponctuer son défi, il résista à la soudaine envie de la faire basculer sur son bureau, faisant fi des papiers s'y déroulants et de goûter à ses promesses sans accéder aux propos qu'elle venait de lui soumettre. Tandis qu'elle le questionna tout en clôturant son discours, il laissa s'échapper son rire refréné jusque là, sans considération de qui pourrait être surprit derrière les murs de la pièce par un tel éclat. Reprenant rapidement son contrôle, il annonça alors d'une voix approbatrice :

Il n'est pas de défi de ce genre qu'un homme digne, un époux en devenir ou un honorable samouraï refuserait ! Puisque la récompense est au goût de cette enfant qui me toise de la flamme de ses yeux à cet instant, le Taisho igné ne saurait ignorer cet appel et le préférer à la seconde option.

Cependant, il conclu ses termes en se frottant le menton de façon légèrement songeuse avant de reprendre, plus sérieusement que la situation indéniablement licencieuse aurait pu occasionner :

Je ne peux néanmoins te laisser remplacer ma main sur l'ensemble de ses documents pour le moment… Il me faudrait t'instruire à ce propos cela avant… - sans changer la position de sa main, ses lèvres dessinèrent à nouveau les signes d'une chaleur qui ne l'avait jamais quitté et son regard retomba sur celui de sa promise. - Mais avant que la Généreuse ne puisse user du sceau des Kiyooki à la place de l'Apaisé, ou en son nom en vérité, il est bien une chose que je ne saurai faire moi-même sans ton aide… Car à bien y réfléchir, comment pourrai-je organiser mes journées à présent ? Il va me falloir concilier une Armée et ses guerriers, une femme dont l'appétit est au moins aussi dévorant que le mien à son égard, un fils que je ne saurai ne pas voir grandir et ceux qui l'accompagnent et sont à considérés comme ce-dernier, dont l'un attend que la lame du Gouverneur de Kazan soit celle qui guide la sienne dans l'apprentissage… Pourrais tu te charger de cela, Saya ? Parviendras tu à t’octroyer ma présence et mes faveurs sans que cela ne desserve ceux qui ne peuvent se passer de ton Volcan ?

Il alla alors chercher la main de son aimée posée sur la sienne, pivota en direction de l'onabugeisha et l'avisa dans un mélange de contemplation, d'espièglerie et de brûlantes aspirations. Il l'attira doucement, mais fermement à lui, verrouillant ses lèvres sur les siennes lorsqu'elles furent à hauteur voulue et enroulant son bras libre autour de sa taille, fini par la serrer contre lui. Son baiser glissa délicatement de la bouche de la guerrière à sa joue, puis son cou, descendant autant que le permettait le col du kimono dont elle était vêtue. Soustrayant ses doigts de ceux de l'héritière des Chizuru, il fit remonter cette main libérer le long de la cuisse de la combattante, soulevant par la même occasion ses atours. Il ne termina pourtant pas son mouvement, cessant purement et simplement ce qu'il avait amorcé et avisant de la cendre de ses prunelles l'azur de celles de son élue avant d'ajouter :

Et il n'est pas de raison que le défi soit pour le seul Seigneur de Kazan sans que sa dame n'en soit elle même motivé par l'objet.

Sans ne rien perdre de son sourire, il la fit se relever et se réorienta vers son plan de travail, reprenant le cours de l'écrit de son courrier.


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MessageSujet: Re: [Terminé] L'épaisseur de la brume masque les souffrances, la chaleur du feu les fait disparaître 4/17/2017, 18:50

Son rire aussi est un cadeau et je m’en nourris égoïstement, sans limites, tout en lui répondant d’un sourire sincère et teinté de cette complicité qui nous unit depuis toujours. Mon aimé relève le défi, sans aucune hésitation et la flamme que je perçois en ces yeux irrésistibles est bien celle d’un guerrier. Son enthousiasme est pourtant celui d’un amant et le mélange de ces deux volontés me fait frémir au moment même où il recommence à parler. Et même si, pour le moment, il refuse que je l’aide dans ses tâches – ce que je comprends et accepte en hochant la tête – il me laisse une place toute choisie dans son existence dès maintenant.

Ce sont des souvenirs inévitables qui me viennent à l’esprit lorsque Kodan évoque son organisation. Car je mesure toutes les absences dont il fera preuve et dont j’ai pu souffrir, à certains moments de ma précédente vie d’épouse. Katsuya n’était qu’un « simple » Samouraï mais, n’ayant pas encore intégré les rangs à cette époque, je me retrouvais à devoir l’attendre plus souvent que je ne pouvais profiter de sa présence. Nos retrouvailles étaient alors bien moins intenses que celles d’avec le Gouveneur de Kazan car notre relation était bien plus pudique... mais je me souviens qu’elles ne suffisaient pas à combler mon manque de lui.

Alors ne serait-ce pas pour cela que je souhaitais intégrer l’armée ? Me retrouver le plus souvent possible auprès de lui, le voir œuvrer pour notre Daimyo, combattre à ses côtés... Finalement, cette envie me poursuivait-elle depuis avant, déjà, que je ne tombe amoureuse ? Étais-je à la recherche d’une vie de guerre plus supportable par le don des Kami d’un amant et d’une famille qui me donneraient l’envie et le besoin de retrouver mon foyer ? Il y a de quoi se croire folle et surtout bien bête de ne gagner conscience de cela qu’à présent. Il m’aura fallu me trouver devant le Taisho des Flammes et Daimyo de la Pierre, m’éprendre furieusement de lui et qu’il me donne un enfant pour comprendre que le sens de ma vie et son but n’est pas le combat.

Je reviens à la réalité, comme toujours, par l’étreinte et les baisers de Kazan Chinsei-ka. Le réconfort qu’il m’apporte depuis ce jour est très différent de ce que j’ai pu connaître et c’est cet exotisme qui a fait chavirer mon cœur et mon âme, tandis qu’il s’approprie mon corps un peu plus chaque seconde. Je frissonne de plaisir au contact de toutes ces doucereuses et brûlantes attentions, laissant deux soupirs m’échapper et désirant que rien ne s’arrête jamais. Je me fais pourtant avoir à mon propre jeu, mon fiancé se réappropriant soudain les règles et favorisant le suspense à la suite des évènements. Je reste debout à l’attendre, alors qu’il retourne à son écrit et je relève la tête vers le plafond, songeant quelques secondes à la façon d’exposer ce que je peux ressentir à l’instant.

- Aussi éphémère pouvait sembler notre histoire au départ, je réalise aujourd’hui que, jamais, je n’ai pensé à sa fin. Même lorsque nous avons été séparés, je t’ai cherché ailleurs. Et c’est bien toute la différence entre ma précédente relation et celle-ci. J’ai toujours voulu me battre, toujours voulu aimer... c’était viscéral et ça l’est toujours. Mais avant toi, je n’étais qu’une enfant. J’avais été mariée mais je ne voulais pas voir ou assumer les devoirs d’une épouse. Je n’avais pas d’enfants mais je n’aurais pas voulu d’une vie de mère. J’étais rentrée dans l’armée mais je ne voulais pas faire davantage que veiller au bien-être des citoyens.

Tu es arrivé, Ko-san et je t’ai voulu tellement fort et tout de suite pour toujours. J’ai réellement souffert de ton départ mais j’ai voulu que tu t’en ailles encore une fois pour fuir. Cependant, tout a volé en éclat car tu as emporté un bout de moi avec toi et tu m’as laissé une partie de ta chair en me quittant. Je suis devenue adulte lorsque j’ai tenu Kirito dans mes bras en me disant que c’était ton fils. Et je n’ai plus jamais voulu détourner le regard de ces choses difficiles à assumer. J’ai mis le temps... Mais je suis venue te voir de mon propre chef et rien ne me fera regretter d’avoir pris mon courage à deux mains car j’ai gagné bien plus encore.


Je passe dernière son dos, les larmes aux yeux d’oser ainsi lui dévoiler mes faiblesses, je l’espère pour la dernière fois. Certaine de perturber sa rédaction en entourant sa taille de mes bras, je rougis d’embarras mais colle mon oreille sur ses côtes pour retrouver un semblant de calme dans les battements de son cœur.

- Alors toutes les fois où tu iras donner l’espoir et la force à tes troupes, je serai avec toi. Toutes les fois où tu verras Kirito apprendre quelque chose ou grandir un peu plus, je serai avec toi. Toutes les fois où tu donneras une leçon à Neji et ces fois où Niji tentera tant bien que mal de le réconforter tout en manifestant une admiration sans faille à ton égard, je serai avec toi. Il n’est plus question que je te quitte physiquement.

Mais si cela devait survenir, tous les souvenirs et les épreuves en commun que nous aurons partagés avec ces personnes feront que je serai avec toi mentalement à chaque instant. Je te le dois car tu es le père de mon fils, mon supérieur et mon futur époux. S’il est une promesse que j’ai faite en acceptant de passer le restant de mes jours à tes côtés, c’est celle de ne plus te chercher et donc de te garder à chaque instant.


Je tremble légèrement, davantage d’impatience que d’émois. Je resserre mon étreinte et parle en un soupire pour conclure mon discours.

- Il n’y a peut-être que toi pour réussir à relever ce genre de défi... Ma motivation a vivement entaché ma grande patience et je me retrouve à empêcher le Général de travailler. J’ai encore beaucoup de choses à apprendre, je crois.

Un très bref rire ponctue la malice de mes mots. Je pourrais l’attendre une éternité, désormais. Mais il est évident que le posséder tout de suite fera de moi la plus heureuse des femmes.


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MessageSujet: Re: [Terminé] L'épaisseur de la brume masque les souffrances, la chaleur du feu les fait disparaître 5/8/2017, 23:03

Rien ne l'eut vraiment préparé à ce qui survint ensuite. Car de ses enjôlements et cajoleries en vu de la voir motivée à faire sa part du travail avant la récompense promise, Saya n'apparut plus vraiment d'humeur joueuse, débutant de déclamer non sans émoi le parcours de son existence. Pour nombre de détail dans cette dernière, il était loin d'en être inconscient et haussa un sourcil à leur évocation. De toute les fibres de son corps, il éprouvait pour elle une attirance impossible et il ne connaissait rien d'aussi sincère que son amour pour elle, mais de l'entendre ressasser le passer de la sorte l'éprouvait légèrement.

Rien de vraiment significatif et le fait qu'elle lui répète l'importance qu'il avait pour elle ne faisait que faire écho de la place qu'elle avait à ses yeux, cependant, tout ceci tenait d'une évidence qui n'avait pas besoin d'être répétée selon lui. La femme qu'il avait rencontré, des années plus tôt et dont il était tombé fou amoureux n'avait rien à voir avec le portrait qu'elle dressait d'elle même. Elle avait beau dire qu'il l'eut complété, en son fort intérieur, il savait avoir vu en elle l'accomplissement parfait de la femme et de la guerrière, lorsque leur regard se croisèrent pour la première fois.

Alors qu'elle passait derrière son dos et qu'il la senti se presser contre lui, il ne put s'empêcher de froncer les sourcils. Elle était venu à la demande de Kurogane et l'avait tiré hors du puits de sa propre détresse et à présent, malgré les instants passés ensemble, il l'a voyait qui ressassait ses peines. Fort heureusement, son discours changea alors, ces dernières remplacées par des promesses dont il goûta la douceur, car c'était là autant de promesse d'avenir qu'elle lui faisait après avoir piétinée dans le passé.

Il concevait une importance aux actes effectués dans celui-ci, mais plus encore, c'était en l'avenir que portaient ses prunelles, le plus clair de son temps dorénavant et cela, il n'avait apprit uniquement lorsque ses iris étaient retombés sur ceux de la lancière, la veille même de ce jour. Les images qu'elle dépeignit firent se dessiner un doux sourire sur les traits du bushi des brasiers, si bien qu'il en ferma les paupières pour mieux les apprécier, quand bien même l'héritière des Chizuru s'en voyait-elle affaiblie et submergée par ses émotions.

Enfin, elle conclu son propos, se pressant d'autant plus contre lui et s'amusant même de la situation. Kodan ne put que soupirer d'amusement, acquiesçant de façon muette au fait qu'il était bien incapable de travailler concrètement, si plein d'envie à l'égard de l'onnabugeisha et depuis qu'elle avait énoncé les règles du jeu. Il posa sa plume sur son encrier, son seul pli terminé, mais le monticule d'ordres divers et variés loin d'être entamés, puis se leva.

Se tournant vers l'objet même de toute ses distractions et désirs, il l'attrapa par dessous les aisselles et la souleva du sol en riant avant de procéder à un nouveau demi tour et de l'asseoir à même son bureau. Après avoir essuyé ses joues des larmes qui avaient pu y couler, il l'embrassa tendrement avant de répondre enfin, tentant de rester honnête vis à vis de chaque propos qu'elle avait pu tenir, ses lèvres frôlant les siennes à chaque mots qu'il prononçait :

Je ne me suis jamais posé de question et ait toujours laissé le Destin répondre à celle que mon inconscient osait émettre à ma place. Hier, j'étais un homme défait par la fatalité, mais dans l'instant même où la chose est arrivée, mon sauveur s'est tenu face à moi, orientant mon regard vers le futur plutôt que de me laisser me perdre dans les fantômes de ce qui fut. Aussi te le demanderai-je à ton tour : vivons ensemble cet avenir sans avoir à pleurer sur les événements qui ne sont plus.

Quand bien même certains d'entre eux furent doux et agréables, chérissons les dans nos cœurs en silence, mais nos âmes tournées uniquement vers ceux que nous vivrons, toujours plus fort et intense. Et en parlant d'intensité, il est un jeu auquel nous sommes tout deux de bien piètres participants… Mettons y fins, si tu le veux bien…


Ce n'était pas vraiment une question, car aussitôt conclu t-il son sujet qu'il referma ses lèvres sur celles de Saya tout en la débarrassant soigneusement de son obi qu'il jeta bien trop loin pour qu'elle puisse espérer le récupérer, si d'aventure elle avait exprimé l'envie d'aller jusqu'au bout du défi qu'il abandonnait purement et simplement. Mais il sembla qu'il n'avait pas fini de répondre aux nombreuses interrogations de sa bien-aimée, alors, tout en la défaisant en partie des tissus qui recouvrait les merveilles de son corps, il poursuivit :

Si tu restes dans toute ces circonstances à mes côtés, alors il n'y a rien de plus que je puisse te demander, Saya. Si où que mes yeux se portent, la silhouette de la généreuse se situe dans la périphérie de ce dernier, alors ma vie est dores et déjà riche et bien vécue. Je refuse d'envisager un monde où le volcan pourrait se passer de ta vue. Et en ce qui concerne ce que tu dois apprendre, je crains devoir, moi aussi, tâcher de m'exercer à ce sujet… Mais pas maintenant, pas ce jour… Une autre fois, peut être.

Saya se trouvait à présent dépossédée des soies protégeant les trésors de son buste et sa fleur à la merci du guerrier, les pans de son kimono lâchement tombés sur le bureau. Le général du feu la poussa à basculer en arrière doucement, gratifiant sa poitrine de délicates attentions et descendant sur son abdomen à qui il fit subir le même traitement pour finir à hauteur du saint des saints qu'il se mit à embrasser d'abord avec tendresse avant de le choyer plus intensément et d'en accueillir la rosée avec gourmandise.

Le temps n'était plus aux travaux d'un autre ordre que celui du plaisir, aussi offrit il son traitement comme jamais auparavant tandis que ses mains passaient des mollets aux cuisses de son amante par d'aimables caresses. Le stratège qu'il était devenu en la matière attendit bien d'avoir guidé sa victime vers l'ivresse d'une première apothéose avant de se redresser et de libérer sa vigueur de son carcan.

Il avait laissé la guerrière des brumes à sa merci qu'il tira alors légèrement à lui avant de ne plus faire qu'un avec elle et de débuter de lancinants assauts sans brusquerie. Puis il la recouvrir enfin, retrouvant sa bouche et mêlant pour ne plus jamais s'en défaire jusqu'à ce qu'elle ne retrouve des forces et ne vienne à décider de changer les règles de ce nouveau jeu où leur talent n'était plus à prouver.


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MessageSujet: Re: [Terminé] L'épaisseur de la brume masque les souffrances, la chaleur du feu les fait disparaître 6/11/2017, 16:54

Je ne sais interpréter sa réaction que lorsqu’il se lève pour se tourner vers moi, son soupire précédent installant un doute n’ayant pas lieu d’être en moi. Sans peine, il me soulève puis me repose sur son espace de travail en riant. Aucune mélancolie ne persiste en moi, alors qu’il m’embrasse après s’être débarrassé doucement de mes résidus d’émotion, pour en laisser de nouvelles me donner force et courage. Je ne quitte pas ses deux charbons des yeux, bien que je sois trop près de lui pour en apprécier la couleur contraire à son caractère. Je me délecte alors de ses paroles, les goûtant directement à leur fuite de l’espace de ses lèvres entrouvertes sur les miennes.

Sa lumière m’envahit lorsqu’il m’ordonne délicatement de laisser derrière nous ce que nous avons chéris pour nous concentrer sur ce que nous pourrons construire ensemble. Je réponds à sa demande d’un simple « Oui... » transformé en son approbateur sous l’action d’un baiser profond et sincère. Une fois le haut de mes tissus lentement repoussé par mon aimé, j’enroule mes bras autour de son cou et le laisse continuer à répondre à mes questions, à chasser mes craintes et à me délester de tous les poids qui peuvent encore peser sur mon cœur. Ainsi, il m’emplit d’une confiance nouvelle en se débarrassant de la sienne, certain jusqu’ici de pouvoir tenir le coup et plancher sur ses obligations... du moins, selon ses dires.

Je me nourris immédiatement de cette espérance qu’il place en moi et en notre possible ensemble, me délectant à la fois de la caresse de mes vêtements abandonnant ma peau mais aussi de l’affection qu’il dépose sur mes monts de féminité, sur mon ventre, puis sur ma fleur réclamant déjà son entière présence. Il ne m’en donne cependant qu’une partie et mes doigts ne peuvent que s’emmêler à ses cheveux pour l’encourager à m’offrir davantage. J’atteins les sommets sans honte d’en exprimer la joie dans un long et expressif gémissement. Je pense me redresser vers Kodan pour lui faire sentir tout autrement le bonheur dont il m’a fait partager les bienfaits mais je n’ai la force que de le laisser m’investir.

Ainsi, il m’emplit de lui et de son amour pour moi et je me retrouve une nouvelle une fois si comblée que je manque de me laisser déborder encore par l’émoi. Puis mon fiancé se rapproche pour que nos corps entiers suivent la danse à laquelle il m’a invitée à participer promptement. Ma main droite me permet d’éviter une séparation prochaine de nos bouches puisqu’elle se perd dans le crin du Samouraï prenant le dessus sur notre affrontement, tandis que la gauche se cramponne franchement aux muscles saillants de son dos pour y laisser des marques familières.

Le sachant loin d’être épuisé par si peu d’efforts, je retrouve moi-même l’énergie nécessaire pour ne plus me contenter seulement de cela et l’inviter à inverser nos positions quelques instants en accompagnant son bassin dans une rotation toute maîtrisée. Ses longues jambes dépassent alors du trône de ses documents officiels, à présent en majorité parterre, tant le vent de notre passion les a bousculés. Les miennes, souples et pliées en deux sur la desserte, me permettent de garder notre union complète, mes doigts étant libres de se balader sur les pectoraux et abdominaux de mon cher et tendre... tout comme ma bouche.

Une fois mon exploration terminée, je la ponctue par un langoureux baiser et débute ce que je souhaite expérimenter. Mes genoux sur le bureau, ses pieds ancrés au sol surélevant ses cuisses légèrement plus haut que le support de bois, je m’adosse contre ces dernières pour me pencher en arrière et laisser mon tout se loger plus profondément dans l’antre de notre plaisir. J’entame des mouvements de bassins maîtrisés et dirige son pouce sur le bouton déclencheur de mon extase précédente pour finalement nous guider tous les deux vers les cieux de la jouissance.

Le Volcan Apaisé se redresse alors, assis sur la table, gâtant mon cou et mes trapèzes de délicieuses attentions, alors que j’enveloppe ses hanches de mes jambes et que quelques baisers se perdent encore sur sa mâchoire. Comme toujours, il ne perd pas de temps à retrouver sa fougue et je recommence à gratifier sa vigueur d’énergiques vas-et-viens dès que sa présence est avérée à nouveau. Nous nous dévorons ainsi plusieurs dizaines de minutes, peut-être même des heures. Mais rien n’a alors d’importance, à part lui et ce moment, ainsi que la promesse d’avenir scellée par nos corps égaux dans le désir d’être là pour l’autre.


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Amadotsu Kodan

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MessageSujet: Re: [Terminé] L'épaisseur de la brume masque les souffrances, la chaleur du feu les fait disparaître 8/19/2017, 20:50

L’échange dure un temps, peut être une éternité où animé d’une ardente passion, Kodan dévore Saya qui ne se laisse pas défaire ainsi sans combattre ni sans offrir, justifiant à quel point elle se trouve être la généreuse. Bientôt, il ne subsiste plus que leur corps sur le plan de travail, l’encre même s’en trouve renversée sur le bois brut du parquet. La recouvrant de toute sa vaste taille, il consume les dernières forces qui sommeillent en elle, l’enserrant au plus prêt de lui et interdisant à l’air de les séparer, s’enchâssant à elle dans une géométrie idéale et lui imposant son infatigable rythme.

Son délice ne pourrait être plus grand alors qu’il la devine se perdre, succomber à l’amour qu’il lui oppose et lui offre tout en goûtant sans concession à tout ce qu’elle peut lui donner. Plus une parcelle de peau n’avait été oubliée par ses baisers, ses caresses et ses nombreux traitements. À ses côtés, c’est ainsi qu’il était, insatiable volcan plein de désir, mais bien autre chose aussi.

Le premier Amadotsu ne pouvait plus se tromper dorénavant, il le sentait dans chaque fibre de sa personne alors qu’il dégustait les richesses dévoilées, bien connues et toujours redécouvertes à chaque échange de Saya… Rien ne pourrait plus l’écarter de cette certitude tandis qu’il s’insinuait en elle langoureusement, mêlant vigueur et douceur dans son mouvement. Elle incarnait une source de puissance, un but à atteindre et à défendre, la complexion même de sa propre existence.

Qu’il fut devenu sans mérite le taisho des flammes ou élu par un Kami qui n’avait pas su lui apporter, contrairement à ce qui avait été promis, la sauvegarde d’un être cher. Il refuserait que quiconque se propose à présent, que sa nature soit mortelle ou éternelle, plein d’engagement de protection. Sa lame et son armure pour uniques alliées, il se dresserait face à ceux qui tendraient à arracher l’enfant des Chizuru de sa vue ou présence.

Elle était le pilier vaillant des fondations de son esprits, lui qui avait été rendu fou, désespéré et égaré par un karma qui n’avait cessé de le poursuivre, lui ôtant plus qu’il ne lui offrait. Et tout en redevenant plus fougueux, la sentant défaillir dans une joie où l’épuisement et la félicité se rejoignaient dans une parfaite fusion, il savait qu’il ne douterait plus comme il l’avait fait avant qu’elle ne reparaisse dans sa vie.

Du chemin restait à parcourir avant qu’il ne soit certain de mériter son nom, quand bien même les honneurs de son rang parmi les brasiers et de son statut de champion de la pierre lui ouvrait une perspective toute récente sur son élévation dans l’Ordre Céleste, mais il se sentait porté par un vent nouveau, prometteur. Et si sa destiné en tant que bushi ne le satisfaisait pas, il venait de faire un bond fulgurant dans celui d’homme.

Cette femme qu’il dégustait sans faim et qui partageait son ardeur, ce fils qu’elle lui avait offert, quand bien même allait-il devoir officialiser leur union pour laver son statut, ces enfants qu’elle avait adopté et qui rejoindraient son clan, sa maison, son nom… Il doutait qu’elle comprenait à quel point son courage idéaliste avait permis à ce qu’il se complète et se définisse.

Et alors qu’il la rejoignait dans les limbes de l’extase, Kodan se su avoir atteint des hauteurs auxquelles il n’avait fait jusqu’alors que rêver. Des incertitudes qui avaient troublées ses horizons, sa vision même de son rôle dans cette vie, Saya en avait soufflé chaque nuage, éclaircissant la voie qui était pourtant la sienne.

[Fin du RP.]


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MessageSujet: Re: [Terminé] L'épaisseur de la brume masque les souffrances, la chaleur du feu les fait disparaître

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[Terminé] L'épaisseur de la brume masque les souffrances, la chaleur du feu les fait disparaître

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