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 Une soeur cachée

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Kuro Naomorii

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Genin

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MessageSujet: Re: Une soeur cachée Sam 28 Jan - 15:00

Nous quittons Mitsunaru et partons à travers les rues de Moe, sans but apparent, scrutant le moindre élément d’architecture en feignant de nous émerveiller devant la beauté de cette ville. En réalité, cette analyse architecturale est l’occasion idéale d’étudier le terrain au cas où nous aurions à jouer pleinement notre rôle dans cette ville. Il ne faut pas oublier que nous ne sommes pas en territoire ami et que nos faits et gestes sont peut-être surveillés.

Alors que nous passons devant une auberge, Shea marque une pause et change de direction. J’ai un instant d’incompréhension, me demandant pourquoi elle va dans un endroit pareil alors qu’elle ne mange jamais en public, mais la raison est évidente : elle veut épier les discussions des clients à la recherche d’informations importantes. A sa suite, je vais m’asseoir dans l’auberge, face à elle, et je fais mine de lui parler, par intermittence, comprenant assez vite que je perturbe son écoute.

Shea a l’air presque surprise quand une serveuse vient lui demander ce qu’elle veut. Elle lui demande un thé et, me souvenant des ravages causés par ma dernière consommation d’alcool, je demande la même chose. Je sirote mon thé en la regardant : elle a l’air concentrée sur son écoute et j’essaie moi aussi de percevoir des voix dans le brouhaha ambiant. Je fixe le fond de ma tasse et parviens presque à isoler certaines voix des autres, quand une sensation bizarre m’envahit : l’impression de m’éloigner de mon corps. Cette sensation est fugace et ne dure qu’une fraction de seconde, pourtant elle me perturbe au plus haut point. Je ne sais pas ce qu’ils ont mis dans leur thé, mais c’est fort…

Finalement, elle finit son thé et nous quittons l’auberge pour rejoindre Mitsunaru. En chemin, une question légitime mais un peu tardive est lancée par Shea qui me surprend de n’avoir pas pensé à ce détail auparavant. Elle me demande si j’ai déjà fait du commerce.

- Je ne suis pas un professionnel, mais j’ai eu plusieurs fois à tenir un étal et ça avait l’air de plutôt bien marcher.

Elle ne semble pas faire très attention à ma réponse, me faisant surement confiance sur ce point, ce qui en soi est assez encourageant. Alors que nous arrivons chez notre compagnon de route, la table est prête et des plats occupent une grande partie de la place. Nous profitons du repas qu’il nous offre et qui, il faut bien l’avouer, est délicieux. Au bout d’un court moment, je me rends compte que Shea a l’air de vouloir goûter, mais qu’elle hésite, craignant qu’il ne la voie. Je lance donc la conversation, l’occupant suffisamment pour qu’elle puisse manger tranquillement.

Après le repas, Mitsunaru nous aide à nous faire une place pour dormir et nous laisse pour aller se coucher. Fatigué par notre voyage et trop heureux de pouvoir enfin me coucher confortablement, je m’allonge et m’assoupis en quelques minutes. A nouveau, je suis réveillé en sursaut par Shea qui veut préparer notre matinée au marché. Il faudra que je m’habitue à me lever aussi tôt… Elle profite que la chorale sur pattes ne soit pas encore levée pour me briefer sur la façon dont devra se dérouler notre matinée au marché, les choses à faire et à ne pas faire. L’esprit encore embrumé, je lui réponds :

- Oui, ça va… Je ne suis plus un gamin à qui on apprend tout ça…

Elle me répond simplement qu’elle pourra vérifier mes dires quand on y sera, avec un air de défi. Peu de temps après, Notre joyeux compagnon se lève et mange un morceau avant de se préparer lui aussi au marché. Une fois que tout le monde est prêt, nous sortons et prenons tout notre matériel, puis Mitsunaru nous emmène jusqu’au marché où nous nous installons. Nous sommes parmi les premiers arrivés et certains des autres marchands, habitués à connaître tout le monde, semblent surpris de l’arrivée de nouveaux commerçants.

Le début de matinée est calme et la rue se remplit au fur et à mesure. Je préfère ne pas attaquer trop fort en début de journée, histoire de laisser le temps à chacun d’être bien réceptif. Le moment venu, je me lance pleinement dans mon rôle et, présentant mes produits aux côtés de ma compagne, je tente d’appâter les clients :

- Approchez, messieurs, dames ! Approchez et venez goûter aux délices d’Okaruto ! Du sucré au salé, il y en a pour tous les goûts ! Et pour les plus courageux d’entre vous, le meilleur saké que vous pourrez trouver !

A mes côtés, Shea vante les mérites de ses plantes et joue son rôle d’herboriste à merveille. Je ne sais pas si c’est le fait que nous sommes nouveaux, que nos produits changent ou que nous ayons l’air de professionnels, mais notre théâtre fait son effet et bientôt une petite foule de passants se masse devant notre étal. Cela va du petit enfant qui veut une sucrerie à la vieille femme qui veut des plantes pour soigner ses douleurs, en passant par les femmes cherchant juste de quoi préparer le repas. Les hommes, moins intéressés par la nourriture, se tournent vers la spécialité de notre pays, l’alcool.

- Ça, monsieur, c’est le meilleur des alcools. Je vous assure, la dernière fois que j’y ai touché, c’est ma compagne qui m’en a voulu.

Je me tourne vers Shea à la fin de cette phrase en affichant un grand sourire, attendant son commentaire. Elle me répond en souriant et en vantant elle aussi les mérites du saké d’Okaruto, bien que je ne doute pas qu’elle garde en mémoire ma dernière mésaventure avec celui-ci.

La matinée se termine et, étonnamment, nos affaires ont très bien marché. Nous remballons nos affaires et profitons d’être au marché pour acheter quelques mets locaux qui font notre repas, puis nous rentrons chez Mitsunaru pour déposer nos marchandises avant d’aller faire ce pourquoi nous sommes ici : retrouver celle qu’il m’a présentée comme ma sœur.


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Ayano Shea

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Chûnin

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MessageSujet: Re: Une soeur cachée Mer 17 Mai - 21:47

S’il y a bien une chose que je déteste encore plus que les villes, c’est les marchés… Les humains viennent tous s’entasser dans ces endroits, même quand ils n’ont rien à y faire ! Et bien sûr, comme ils sont nombreux, ils beuglent comme des porcs qu’on égorge parce qu’ils se comprennent pas. Forcément, les abrutis qui sont ici pour vendre leurs produits gueulent deux fois plus fort pour être entendus… Un vrai cercle vicieux… Qu’est-ce qu’y peuvent être cons, ces humains… S’ils la fermaient, ça serait plus simple, mais non, c’est un concours à qui fout le plus de bordel… Forcément, faut que ce stupide compagnon de voyage que j’ai eu la bonne idée de suivre fasse comme eux. Résultat, je vais finir sourde avant la fin de la journée… Il le sait, pourtant, que j’ai les oreilles sensibles ! Mais non, monsieur veut jouer au petit jeu débile du « c’est moi que je gueule le plus ».

Maudit humains ! Je prends une grande inspiration pour me calmer, avant de le regretter. Tain ! Emmerdée par le brouhaha constant et par les odeurs ! Déjà celle de notre étal est franchement limite, parce que l’alcool ça sent fort et ça pue… Comment ils font pour boire un truc capable de te décaper le nez ? Ajoutés à ça, toute la bouffe présente un peu partout, les plantes, les vielles peaux et les minettes qui se baignent dans le parfum, nan sérieux, je vais crever avant la fin de la journée ! Mais qu’est ce qui m’a pris de venir ici ? Je suis encore plus con qu’un humain parfois ! Tout ça pour quoi ? Un mioche, même pas le mien ! Pourquoi je laisse pas ma mère s’en occuper ? Ou mieux, pourquoi je le renvoie pas crever dans la forêt ? Non, je me suis pas fait chier à le courser pour le laisser crever comme ça. Et puis bon : lui, au moins, même si il me gonfle, c’est pas un pauvre humain débile. C’est quand même la preuve que je suis pas la seule métisse sur cette terre. Rien que pour ça, je peux bien le protéger, enfin jusqu’à ce qu’il soit capable de se débrouiller seul parmi ces bipèdes dégénérés.

Malgré toutes les contrariétés de notre emplacement, je reste professionnelle et personne, pas même Naomorii, ne se doute du mal-être que je ressens en ce moment. Pour nos visiteurs, je passe pour une jeune femme énergique qui n’a pas sa langue dans sa poche : j’appâte les gens en leur proposant de soigner tous leurs maux grâce à mes plantes, n’hésitant pas à partager les meilleures façons d’utiliser les ingrédients vendus. La tentation de les envoyer chier ne me quitte pas cependant et il y a bien quelques personnes que j’adorerais aider à s’empoisonner, tellement elles m’agacent. Mais je suis ici, coincée dans un rôle qui me gonfle et que je me dois de tenir. Après tout, je suis une chunin de Kumo et j’ai ma fierté. Hors de question de faire n’importe quoi juste pour m’amuser.

J’entends Naomorii vanter la spécialité de notre pays et je me tourne vers lui tandis qu’il lance une petite remarque sur le fait que son alcool est inoubliable. Oh oui, je lui en ai voulu et j’y pense encore, faut avouer que j’ai la rancune tenace. Le moment n’est pas à une pseudo-dispute stérile, mais je ne me gêne pas pour lui faire une remarque. Pour cela, je m’adresse à la femme de son client qui semble loin d’approuver les beuveries de son mari.

- Les hommes sont tous les mêmes, ma chère. Dès qu’il s’agit d’alcool, on ne les tient plus. Heureusement, j’ai ce qu’il vous faut.

Je lui tends un petit paquet d’herbe avec une note en poursuivant.

- Laissez donc monsieur profiter des délices d’Okaruto et, quand vous estimerez qu’il a assez bu, utilisez ceci, je vous ai garni un petit bouquet spécial pour lui passer l’envie de s’enivrer à outrance.

Je lui adresse un petit clin d’œil et me tourne vers mon « compagnon » puisqu’il s’est proclamé ainsi.

- Meilleur au point de lui faire passer une nuit comme il ne l’aurait jamais imaginé.

Voilà qui devrait lui rappeler sa nuit attaché à un arbre et la dérouillée qu’il à failli prendre. La cliente me regarde étonnée, tandis que je lui adresse un rictus amusé. Je suppose qu’elle comprend le sous-entendu, puisqu’elle me remercie de mes précieux conseils avant de repartir au bras de son mari. En voilà un qui va s’en souvenir, de notre stand. Pour un peu, j’aurais bien voulu avoir le luxe d’aller les espionner pour profiter d’un joli spectacle, le pauvre homme ne sait pas ce qui l’attend.

La matinée se poursuit et force m’est de constater que, peu à peu, je me prends au jeu de la surenchère. Quand je réalise cela, le marché est presque vidé et nous nous affairons à ranger nos marchandises. Je m’interroge sur ce qui m’a pris. J’aime pas ces ambiances, mais cette espèce de compétion entre marchands m’amuse. J’irais pas jusqu’à dire que j’ai passé une bonne matinée, je préfère de loin ma vie tranquille dans la forêt de Kumo, mais le changement fait du bien, par moments, ça permet de voir d’autres choses, de quitter la routine, d’apprendre, de comprendre aussi parfois. Le genin nous amène faire quelques emplettes que je trouve ridicules, mais je le suis sans rien dire, lui laissant le choix des achats. Après tout, c’est pas moi qui vais faire à bouffer, alors qu’il se démerde. Finalement, nous rejoignons la maison du marchand pour déposer nos affaires et passer aux choses sérieuses.

Bien évidement, il faut que le gros balourd de Mitsunaru propose de se restaurer avant de partir. Putain, mais il pense qu’à son ventre, ce type ! Stupide bipède qui finira par crever étouffer par sa nourriture un jour. Enervée de devoir attendre, je m’éloigne des deux autres sans un mot pour me mettre dans un coin tranquille. Je commence par fermer les yeux avant de maitriser ma respiration. Je me force à souffler lentement l’air que j’accumulais, ça me permet de me calmer plus ou moins tout en effaçant les dernières traces olfactives du marché qui m’ont bien bousillé l’odorat. Je concentre mon ouïe sur les bruits alentours pour suivre la conversation des deux hommes, ce qui s’avère dans un premier temps compliqué au vu des bruits d’ustensiles qui tapent, du feu qui crépite faiblement, de l’eau qui se met à bouillir, du couteau qui s’écrase à chaque coup sur la planche de bois après avoir tranché un morceau de viande…

Je profite de ce moment pour me mettre en veille. Je laisse mon esprit vagabonder sans m’arrêter sur ce qui se passe. Comme d’habitude, je ne dors pas vraiment, résistant par instinct à l’envie qui me gagne par moments, mais je me repose tout de même jusqu’à ce que l’odeur d’un plat sorte de la cuisine pour venir titiller mon nez. Encore un effluve que je ne connais pas. Je dirais pas que ça sent mauvais, mais c’est bizarre, à la fois doux et piquant. Je fronce le nez et ouvre les yeux pour voir de quoi il retourne. De ma place, je ne distingue rien, mais j’entends Mitsunaru annoncer que le repas est enfin prêt. Je referme les yeux, mimant le sommeil : inutile que ce type en vienne à se demander comment j’ai fait pour savoir que c’était prêt. J’ai déjà commis des erreurs dans le passé, je ne recommencerai pas. Surtout quand on voit où ça m’a mené, cette connerie. La main de Naomorii vient se poser sur mon épaule, tandis que sa voix m’appelle doucement. J’ai senti son arrivée avant même qu’il ne me touche, mais ça il doit le savoir. J’ouvre les yeux et pose mon regard glacial sur lui, attendant qu’il me dise ce que je sais déjà.

On mange… Sans blague, un léger rictus apparait aux coins de mes lèvres, tandis que je vois à son regard qu’il sait déjà que je suis au courant, mais au moins fait il l’effort de jouer le jeu. Curieuse, je décide de gouter cette nouvelle préparation de l’obèse vendeur ambulant… Et le regrette aussitôt. La première saveur qui vient imprégner mon palais est douce, fondante, trop cuite aussi, mais j’avoue que ça se mange, la deuxième me fait serrer les crocs tandis que je retiens un juron. Ca me brule littéralement la bouche et je lutte contre l’envie de tout recracher. Abruti de mec, mais qu’est-ce qu’il m’a foutu là-dedans ! Je peux voir le visage du marchand s’éclairer tout en expliquant joyeusement :

- Surprenant, n’est-ce pas ? La cuisine est une merveille de saveurs. Vous doutiez-vous qu’on puisse ainsi ressentir distinctement deux parfums différents sans que cela n’en gâche les essences ?

Ma main vient agripper le tessen à ma ceinture, tandis que je fusille l’autre con du regard. Je vais le butter, ce coup-ci,  famille ou pas, mission ou pas,  ce type va périr ! J’ouvre mon arme d’un geste sec en m’apprêtant à l’envoyer sur le fou qui a eu l’audace de vouloir me faire une blague stupide. Inconscient du danger, il poursuit :

- … Du piment, exactement ! D’ailleurs, je dois reconnaitre que le mélange, bien qu’exquis, gâche un peu le plaisir de cet aliment cru, mais les gens le tolèrent mieux comme cela…

Les doigts de Naomorii se resserrent autour de mon arme, l’obligeant à se fermer et, malgré le feu dans ma gorge, je suis surprise par la force qu’il possède. Ce con commence à me connaitre, puisqu’il m’enlace littéralement pour empêcher tout mouvement, tandis qu’il demande du lait à notre hôte. Je me débats comme je peux, furieuse. Lui aussi, je vais le buter. Quand le marchand revient, me tendant un verre, je m’en empare avidement et le vide d’un trait. La brulure est si intense que j’agis par instinct. Pas sure que ça me soulage vraiment, mais au point où j’en suis, je crains plus rien, je pense.

La douleur reflue quelque peu après ce qui me parait de longues minutes, mais je sens que j’en ai pour un moment avant de retrouver l’usage initial de mon palais. Je finis par me calmer, au moins en apparence. L’abruti boudiné me le paiera, ça je le jure. Quand, j’en sais rien, mais tôt ou tard il regrettera son piment à la con. Je ne sais pas si c’est la colère dans mes yeux ou autre chose, mais la proposition de se rendre rencontrer la sœur de Naomorii tombe enfin.  

Pas trop tôt, j’avais peur qu’il ne propose d’attendre le lendemain. Je l’aurais surement tué dans la nuit d’ailleurs. Nous le suivons donc jusqu’à la demeure où la fille doit se trouver. Au fur et à mesure de notre progression, je constate qu’on quitte le quartier marchand pour nous enfoncer plus dans la ville. Le décor évolue pour tendre vers plus de luxe. Ainsi donc, on va avoir affaire à des nobles ? Bah putain, ça promet, ils sont encore plus cons que le reste ceux-là. Je ne dis rien, cependant. Après tout, ça ne me concerne pas. La demeure est vaste, bien plus que celle voisine, une lourde porte barre l’entrée. Mitsumaru gravit les quelques marches, avant de frapper contre le bois. Je soupire en me disant que, bientôt, cette comédie sera terminée et que je pourrai enfin me consacrer à ce qui est important. La porte s’ouvre et, après un bref échange, on nous fait pénéter dans un petit salon où on nous demande de patienter. Du thé est améné, mais les propriétaire, eux, ne semblent pas décidés à nous honnorer de leur présence tout de suite. Putain de nobles de merde ! Aucune manière, ils se croient tout permis ! La pire espèce qui soit !

Finalement, le couple débarque et, à leur tête, je devine que quelque chose ne va pas. Je n’ai même pas le temps de soupirer que la nouvelle tombe.

- Mitsumaru ! Quel peine dans nos cœurs, celle que tu es venue voir a malheureusement disparu depuis plusieurs jours…

Et voilà ! Humains à la con ! Incapable de surveiller les leurs ! Et qui c’est qui va devoir la retrouver, cette minette en mal de conneries ? C’est moi ! Putain, mais c’est toujours sur ma gueule que ça tombe, ce genre de chose. D’un coup d’œil, je vois la tristesse s’emparer de mon compagnon de route et, pour une fois, je laisse le sarcasme de côté. Je n’imagine que trop ce qu’il doit ressentir. Je pose ma main sur son épaule en signe de soutien et lui glisse, gentiment pour une fois.

- On va la retrouver, il me suffit juste d’une piste. Le reste n’est que formalité.



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Kuro Naomorii

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Genin

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MessageSujet: Re: Une soeur cachée Sam 20 Mai - 17:41

Une fois que nous sommes rentrés chez Mitsunaru, Shea part s’isoler, comme à son habitude, pour se coucher. Je suis le marchand jusqu’à la cuisine où il commence à préparer ce que nous avons ramené du marché. Je n’y connais pas grand-chose en cuisine. Juste assez pour survivre, en fait. Je m’étonne pourtant de la façon dont il ose mélanger des ingrédients aux saveurs naturellement si éloignées. Malgré tout, l’odeur qui s’en échappe n’est pas désagréable. Finalement, il m’annonce que c’est prêt et je vais chercher Shea pour manger.

Je rejoins ma supérieure qui est couchée, les yeux fermés. Vu l’odeur, elle ne doit pas dormir. Je commence à la connaître un peu et je pense que ça doit être assez puissant pour elle. Je fais tout de même mine de la réveiller en venant doucement poser ma main sur son épaule pour lui annoncer que le repas est prêt. En ouvrant les yeux, elle laisse échapper un petit sourire qui confirme ce que je pensais.

Elle s’installe à table avec nous et nous commençons à manger. Le goût est aussi surprenant que la recette. Je n’aurais jamais imaginé manger un plat ayant autant de saveurs différentes. Mais à l’instant où je sens le goût du piment agresser ma langue, je vois le regard de Shea changer. Alors que notre compagnon de voyage explique avec joie la subtilité de sa recette, je peux sentir l’envie de meurtre qui s’empare de Shea alors que sa bouche, surement beaucoup plus sensible que la mienne comme son nez, doit subir un véritable calvaire.

Je peux la voir sortir discrètement son tessen derrière son dos et je vais prendre sa main dans la mienne, pour lui faire refermer son arme. Je la prends ensuite dans mes bras pour l’empêcher de tenter autre chose et pour la calmer.

- Mitsunaru, du lait ! Vite !

L’homme va chercher ce que je lui ai demandé en allant aussi vite qu’il peut, c’est-à-dire en se dandinant juste à la cuisine et tend un verre de lait à Shea. Elle lui arrache des mains et le vide en un instant. Peu de temps après, elle finit par se calmer. Elle abandonne son assiette et nous laisse manger en regardant fixement son agresseur pendant toute la durée du repas. Une fois que nous en avons terminé, il nous propose, visiblement mal à l’aise, d’aller voir celle qui doit être ma sœur.

Nous quittons sa maison et il nous emmène dans un quartier plus chic. Après tout, il m’a dit qu’elle vit dans une famille aisée. Il nous emmène jusqu’à une grande maison où il frappe à la porte. Un moment plus tard, on vient lui ouvrir. Un serviteur nous invite à nous installer à l’intérieur et nous sert le thé pour nous faire patienter. Je ne tiens plus en place. Je pourrai peut-être enfin retrouver les traces de ma famille…

Quand les propriétaires de la maison arrivent, c’est une douche froide. Ils annoncent à notre guide que la personne que nous cherchons a disparu depuis peu. Alors que je tombe des nues, je sens la main de Shea se poser sur mon épaule et elle m’assure gentiment de son soutien, sur un ton qui ne lui ressemble pas.

Mitsunaru leur demande s’ils savent quelque chose sur la façon dont elle aurait pu disparaître et ils lui répondent qu’elle était partie à la recherche de ses parents biologiques. Comme elle cherchait un peu partout, ils ne peuvent pas nous dire vraiment où chercher, mais elle avait l’habitude d’aller dans des quartiers mal famés. Très affectés par la disparition de leur fille adoptive, ils ne sont pas en état de nous en dire plus et nous décidons de repartir.

En sortant de la maison, je ne peux pas m’empêcher de dire :

- Il faut absolument qu’on la retrouve. Peu importe comment, on la retrouvera…

Nous décidons de nous séparer. Mitsunaru, qui connaît bien cette zone, cherchera des informations dans le quartier marchand, pendant que Shea et moi partirons dans les quartiers plus pauvres, à deux pour ne pas avoir de problèmes. De toute façon, même s’il ne le sait pas, nous ne risquons absolument rien.

Nous nous dirigeons donc vers les quartiers pauvres où nous commençons les recherches. Nous demandons de temps en temps aux personnes que nous rencontrons s’ils connaissent une jeune fille de quinze ans nommée Hitoku Tanki. Nous leur répétons la description que Mitsunaru nous en a faite : assez petite, une longue chevelure blonde, les yeux verts…

C’est peut-être à cause de nos déguisements de marchands, mais tous semblent nous éviter et répondent de manière évasive avant de s’éloigner. Après avoir passé l’après-midi à errer d’esquives en refus, nous revenons bredouilles chez le marchand, qui nous annonce que personne n’a vu la disparue depuis un petit moment au quartier marchand. Nous mangeons chez lui un repas étrangement fade. Peut-être a-t-il compris qu’il fallait ménager Shea.


L-M-M-J-V-S-D

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Ayano Shea

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Chûnin

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MessageSujet: Re: Une soeur cachée Sam 27 Mai - 9:34

Quand je disais que je la sentais pas plus que ça cette embrouille… La soit disant petite sœur bizarrement disparue, des prétendus parents incapables de nous aider avec leurs renseignements inutiles… Ils nous auraient dit « on sait rien », ça aurait été plus rapide que de nous expliquer longuement que la merdeuse cherche ses vrais parents et que du coup elle peut être n’importe où. Humains débiles, même pas foutus de savoir ce que fait leur gamine. Moi, mon père était toujours au courant de ce que je faisais. Ok, par moments ça me gonflait, mais avec le recul je comprends que c’est normal, c’est son rôle. Enfin, m’énerver après ces gens ne nous avancera à rien et puis, franchement, je peux pas comparer de vulgaires sans poils à un fier kitsune pure souche. N’importe qui de censé saura qu’entre l’animal et l’homme, le premier est le plus intelligent au final.

A peine sommes nous sortis que je sens mon compagnon de voyage se tendre, je lui jette un coup d’œil en fronçant les sourcils. Si il commence à se raccrocher comme ça à une inconnue, juste parce qu’elle pourrait éventuellement faire partie des siens, c’est pas bon. Va falloir que je le surveille, un ninja incapable de garder la tête froide, ça apporte son lot d’emmerdes. Pourtant je ne m’énerve pas, je ne dis même rien, comprenant que, même si il tend vers l’excès, il a besoin de se raccrocher à l’hypothèse qu’il n’est plus le seul de sa lignée, la découverte de Kyochi a, à sa façon, donné à mon âme l’apaisement dont j’avais besoin. Née de l’union d’un yokai et d’une humaine, je ne suis plus la seule métisse en ce monde et, qui sait, peut-être que d’autres existent quelque part en Yokuni…

Je secoue la tête pour chasser mes pensées, ce n’est pas le moment de perdre du temps. Il nous faut commencer les recherches : tandis que le rondouillard empoisonneur part enquêter parmi les marchands, Naomorii et moi allons dans les quartiers pauvres de la ville. Une fois arrivée, je me demande ce que je déteste le moins, les odeurs nauséabonde des riches et des marchands qui empestent le parfum, la friture et tout un tas de conneries toutes plus désagréables les unes que les autres, ou les relents de sang, de crasse et de maladie en tous genres qui emplissent l’endroit. Je dis pas que je peux sentir les maladies directement, mais les gens malades ont une odeur plus… Je saurais pas le décrire, mais ils ont pas la même odeur que la plupart des paysans ou civils de bas étage. C’est comme sentir une pomme sur un arbre ou une pomme qui commence à moisir, je sens que c’est une pomme, mais qu’elle est pas comestible. Bah là c’est pareil, je sens que c’est un humain, mais qu’il est malade. En même temps avec un corps sensible comme le mien, je suis bien contente d’avoir cette capacité, parce que sinon j’aurais crevé depuis longtemps, avec tous les coins ou j’ai dû trainer.

Les heures passent et personne n’est capable de nous donner la moindre information, la plupart parce qu’ils sont débiles et trop préoccupés par leur vie de misère ; mais bordel, qu’ils se lèvent et aillent améliorer les choses par eux-mêmes au lieu de se plaindre ; ou parce qu’ils se méfient trop de nous pour nous parler. L’un dans l’autre, ça résume bien ma façon de penser : un humain, ça sert à rien. Je peux entendre leurs chuchotements quand ils nous observent passer : « Qui sont-ils ? » « Qu’est-ce qu’ils veulent ? » « Ils font partie de l’armée ? » « Non, on dirait plutôt des mercenaires. » « Mais ils sont habillées comme des marchands ! » « Peut-être des marchands d’esclaves, alors ? » « Je n’aime pas ça. ». Bref, des paranos de première. Encore, s’ils étaient des soldats, je comprendrais. Mais putain, c’est que des civils…

Remarque, ça m’étonne pas plus que ça, le bétail attend toujours anxieux de voir le boucher arriver. Ces gens ne sont que le bétail des puissants, quand il aura faim, il les bouffera. C’est marrant pourtant, les daimyos existent pour protéger le peuple. Comme tous les chefs, il doivent assurer la survie des leurs. Autant les animaux y arrivent sans trop de casse, après tout, les plus forts seulement survivent, autant les humains ne sont pas capables de protéger leurs peuples. Même les yokais sont mieux organisés et pourtant ils sont un peu entre l’animal et l’humain, ce qui, bien sûr, fait d’eux des êtres supérieurs à mon sens. Ça me fait sourire, d’ailleurs, parce que s’il ne s’agissait que des grands daimyos, encore, ça irait, mais tous les chefs que j’ai croisé sont comme ça, suffit de regarder notre jonin : il s’occupe du village ? Non. Alors d’accord, on est que deux au courant que c’est lui le chef, mais merde. Si on était pas là pour lui faire nos rapports, il saurait pas ce qui se passe. En attendant, les abrutis du village s’imagine que le jonin, c’est peut-être moi, ou l’autre dont j’ai oublié le nom. Parce que, pour eux, un chef reste forcément au village.

Une fois de plus, je chasse mes pensées, un peu frustrée de n’avoir rien appris mais, vu l’heure, il fallait rentrer pour voir si l’assassin en herbe avait eu plus de chance que nous, ce qui me surprendrait vu le peu d’utilité qu’il a. A peine avons-nous franchi la porte d’entrée que je vois à sa tête que lui non plus ne ramène pas de bonne nouvelles. Je soupire discrètement, attendant la suite. Rien… Le marchand se rend dans sa pièce préférée, la cuisine, surement pour essayer de m’intoxiquer à nouveau. Bah il peut toujours courir, je ne toucherai plus à ses préparations. Naomorii ne dit rien non plus, j’ai beau lui lancer des regards, il ne réagit pas. Il réfléchit ou il déprime ? Non, parce qu’à moi, la suite des opérations me parait simple. Le repas se passe dans un silence que certains qualifieraient de gêné. Personnellement, je trouve ça reposant.

Je prends mon mal en patience, curieuse de voir ce que le genin va décider de faire. Je sais qu’il ne renoncera tout simplement pas et, s’il le faisait, je ne le louperais pas. Je n’attends pas de mes hommes qu’ils s’acharnent pendant des mois, mais ceux qui baisse les bras à la première contrariété ne sont d’aucune utilité, alors si ils meurent, ça ne généra personne. Naraku le premier n’hésite pas à supprimer les incapables, pourquoi je me priverais de ce plaisir ? Finalement, il finit par venir me voir une fois notre hôte endormi pour me proposer de l’accompagner, il compte profiter de la nuit pour se fondre dans les ombres afin de surprendre une conversation qui lui donnerait des indices, ou une piste à suivre. Sur le coup, je lève un sourcil interrogatif. C’est con comme idée, c’est pas comme si cette gamine était… Quoi que, comme elle est issue de la noblesse, peut être que sa famille d’adoption est suffisamment importante pour attirer l’attention.

Je n’avais pas réfléchi aussi loin que lui, visiblement. Si l’idée d’un kidnapping ne m’a pas effleuré l’esprit, le genin, lui, y a songé. C’est vrai que si je regarde au fonds des choses, c’est une piste qu’il ne faut pas laisser de côté. Décidément, cet humain est surprenant. Je lui adresse un simple signe de tête quelques secondes après avoir soulevé mon sourcil, ne lui laissant pas le temps de me dire ce que je viens de deviner, mais comme il semble vouloir parler quand même, je lève la main pour arrêter tout commentaire.

-Ok, on néglige aucune hypothèse. Laisse-moi trente secondes.

Je ne vais pas sortir dans ma tenue de marchande trop voyante, je la laisse donc glisser au sol, inconsciente de ce que cela pourrait provoquer dans la tête de mon compagnon et l’idée qu’il puisse nourrir un quelconque désir ne m’effleure même pas. J’entends sa respiration se couper quelques secondes avant de reprendre, tandis que les battements de son cœur accélèrent. Intriguée, je me tourne vers lui pour voir ce qui ne va pas. Je n’ai détecté aucune présence alentour, donc ce n’est pas un potentiel danger qui le fait réagir ainsi.

Je plonge mes iris dans les siennes à la recherche de réponses quand une scène me revient en mémoire. Il avait eu une réaction similaire dans le passé, tandis que nous étions dans une rivière. Bordel… Il va pas remettre ça ! Je vais pas changer ma façon d’être parce que monsieur est sensible, intimidé, gêné ou je ne sais quelle connerie typiquement humaine ! Joueuse néanmoins, je plisse les yeux et me mets à lui tourner autour d’une démarche souple. Je laisse glisser mes doigts le long d’une étagère tout en continuant de le regarder. Je finis par m’arrêter non loin de lui pour prendre une position qui, je le sais, me met en valeur et je lui adresse un clin d’œil, avant de lui balancer d’un geste vif mon pied au visage.

Je sens parfaitement l’impact entre ma cheville et sa mâchoire. Il ne m’a pas vu arriver, trop absorbé dans ses ridicules pensées humaines. Je le vois tomber sous l’impact. La prochaine fois, il se laissera moins aller à la contemplation. Je laisse un rictus fier apparaitre sur mon visage et il peut voir une partie de mes crocs. Ce coup-là, j’en suis fière. Je finis par venir m’accroupir à côté de lui pour lui chuchoter à l’oreille :

- Ca c’est pour m’avoir imposé d’être ta compagne pendant ce voyage.

Je pense que maintenant il va commencer à se méfier, j’ai encore quelques vengeances à prendre sur lui et, comme à l’instant, j’attendrai le moment opportun pour ne pas le louper. Je me relève pour enfiler enfin ma tenue et lui fais signe de se relever. Fini de rigoler, on a une merdeuse à retrouver.



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Kuro Naomorii

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Genin

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MessageSujet: Re: Une soeur cachée Dim 28 Mai - 21:32

Je passe l’intégralité du repas à ruminer silencieusement les informations que nous avons eu aujourd’hui. Hitoku, ma sœur, j’en suis persuadé, a disparu. Pourtant, d’après ses parents, elle avait l’habitude des quartiers pauvres et elle ne devrait donc pas y craindre grand-chose. Je ne peux pas m’empêcher de penser qu’il lui est arrivé malheur. Si quelqu’un lui veut du mal, il va le payer. J’ai déjà perdu mes parents, je ne permettrai pas qu’on me prenne ce qui reste de ma famille.

Après de longues minutes de réflexion, j’en viens à l’hypothèse qui me semble la plus logique. Quelqu’un a dû apprendre qu’elle fait partie d’une famille riche et l’aurait kidnappée pour s’en servir comme monnaie d’échange contre une importante somme d’argent. Pourtant, ses parents n’ont reçu aucune demande de rançon pour le moment… Il y a quelque chose qui cloche.

Le repas se termine et Mitsunaru part se coucher, nous laissant seuls. Je passe en revue toutes les éventualités que j’ai pu imaginer, mais aucune ne me semble plus logique que le kidnapping. J’en parle à Shea et lui fais part de mon envie de retourner fouiller les quartiers pauvres à la recherche de ma sœur, mais dans des tenues plus discrètes, cette fois.

Le temps que je finisse de lui exposer la situation, elle part se changer et laisse tomber sa tenue de marchande, laissant apparaître ses formes dans la lumière des lampes. J’ai beau être plongé dans mes pensées, cette vision ne me laisse pas indifférent et j’en ai un instant le souffle coupé. Elle se déplace autour de moi d’un pas leste et je l’observe attentivement. Elle prend une pose des plus intéressantes et m’adresse un clin d’œil avant que je ne sente son pied s’écraser sur mon visage.

J’en tombe à la renverse et ça me remet les idées en place, en même temps que sa réplique. Elle n’a vraiment pas supporté que je lui impose notre relation.

- Non mais ça va pas ?

Je ne comprends pas tout à fait pourquoi elle a fait ça. On dirait qu’elle prend un malin plaisir à me donner envie pour me frapper ensuite. Elle part s’habiller et me dit de me relever. Plutôt que me fatiguer à comprendre sa réflexion, ce qui me serait assez compliqué, je retourne à mes réflexions et vais enfiler une tenue qui pourra passer inaperçu dans le quartier pauvre.

Nous quittons la maison du marchand alors que la nuit est déjà bien entamée et nous frayons un chemin jusqu’au quartier marchand. Cette fois, nos tenues n’attirent pas l’attention des passants et nous traversons les rues sans être reconnus, c’est tout juste si certains remarquent notre présence. Nous arpentons les ruelles que nous n’avions pas parcourues dans l’après-midi et demandant de ci de là si quelqu’un a aperçu la disparue.

Malheureusement, les recherches sont toujours aussi infructueuses et, à défaut de nous éviter, les personnes questionnées nous répondent simplement par la négative, ne connaissant tout simplement pas la jeune fille.

Finalement, au détour d’un croisement, nous demandons à un homme qui passe s’il a vu Hitoku. Il a l’air hésitant et je le remarque tout de suite. Il prend un instant à nous dire qu’il ne l’a pas vue et, en un coup d’œil, je remarque que Shea a aussi compris que quelque chose cloche. Nous le laissons poursuivre et finissons par le laisser repartir.

Il repart d’un pas un peu plus pressé qu’il était arrivé et nous le laissons prendre un peu de distance. Nous commençons à le suivre de loin et je me tourne vers ma « compagne » :

- Il a l’air louche. Je pense qu’il sait quelque chose. On devrait le suivre pour savoir où il a l’air si pressé d’aller.

Elle répond d’un simple hochement de tête et nous poursuivons notre filature. Notre homme a l’air assez préoccupé et ne cesse de jeter des regards inquiets derrière lui. Nous décidons, pour éviter de nous faire repérer, d’emprunter la voie des airs. Nous profitons d’une ruelle déserte attenante pour nous élever dans les passerelles aériennes.

La vue perçante de Shea nous permet de le suivre sans trop de difficultés à travers l’obscurité de la nuit jusqu’à ce qu’il s’arrête au pied d’un bâtiment où il s’assure de ne pas avoir été suivi avant de rentrer rapidement.


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Chûnin

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MessageSujet: Re: Une soeur cachée Mar 6 Juin - 21:14

La nuit a quelque chose d’apaisant, peut-être parce qu’il y a moins de bruits, moins d’odeurs, moins de lumière aussi. Ça vaut pas la forêt de Kumo mais, après la journée qu’on vient de passer, ça fait pas de mal non plus. Quelques personnes sont présentes dehors et nous allons les interroger, toujours à la recherche de la soi-disant sœur de Naomorii. Bien sûr, personne ne l’a vue, mais les gens sont plus à l’aise, sûrement parce qu’on paraît de la même classe sociale. Les humains ont vraiment des préjugés sur tout et n’importe quoi. Est-ce que,  moi, je juge sur des habits ? Ou une couleur de poils ? Non. Je vais pas me mettre à chasser que des biches marron clair et pas des foncées. Je soupire discrètement, suivant le genin dans les rues. D’ordinaire, je préfère décider de tout, mais là j’estime que c’est à lui de mener les recherches, de prendre les décisions. Tant qu’il ne me sort pas des imbécilités et qu’il réfléchit logiquement, je n’interviendrai pas, sauf s’il me le demande. Je veux bien aider, mais pas lui mâcher le travail. J’ai pas besoin de débiles sous mes ordres et ce contretemps est un bon moyen de tester les méthodes de mon compagnon de route.

J’utilise mes sens pour détecter les endroits où nous pouvons rencontrer des humains, histoire de ne pas tourner en rond sans croiser personne. Heureusement, la ville, sans être très active, à l’air de ne jamais vraiment s’endormir. Comme quoi, dès qu’on va dans une capitale, on est sûr que, peu importe l’heure, on aura aucun mal à croiser la route d’humains. En parlant d’humains, celui qui arrive vers nous attire mon attention : il a une démarche qui en dit long sur ses activités nocturnes, le genre d’être répugnant qui se prend pour un grand homme alors qu’il n’est capable que de basse besogne. Naomorii l’interroge, tandis que j’observe les environs. Si au départ son ton est assuré, presque agressif - sûrement allait-il emmerder quelqu’un et on le dérange - à l’évocation du nom d’Hitoku, je perçois nettement les battements de son cœur qui s’accélèrent. Je me tends sans pour autant me tourner vers lui. Les humains sont stupides, mais le regarder à ce moment-là pourrait lui faire comprendre que je sais qu’il n’a pas l’esprit tranquille. Je jette quelques secondes plus tard un coup d’œil au genin, lui aussi a compris. Sachant très bien que le type va être sur ses gardes, on le laisse repartir sans le suivre. Misérable humain, tu crois que tu peux m’échapper ? Vas-y, prends de l’avance, je n’ai pas besoin de te voir pour te suivre. Tu n’es qu’une misérable proie qui va directement se terrer dans son terrier, nous offrant sur un plateau ce que nous voulons.

Naomorii choisit de le suivre de loin et je le suis sans rien dire. Il est con, ce genin, quand il s’y met ! Il prend le risque d’être repéré, alors qu’il sait maintenant que je peux traquer n’importe qui à l’odeur.  J’admets qu’en ville c’est franchement impossible en pleine journée, mais là, quand même, avec une piste aussi fraiche, je suis pas un vulgaire clébard, je peux le retrouver. Je rumine mentalement, tandis que mon compagnon de route me dit qu’on devrait le suivre. Et on fait quoi, là, à ton avis ? Pitoyable créature, je ne te ferai pas le plaisir de gaspiller ma salive pour te répondre, un simple mouvement de tête suffira. Il a quand même raison sur un point, notre proie sait quelque chose sur la gamine qu’on cherche, suffit de le voir surveiller ses arrières. Si on continue à le suivre du sol, il va finir par nous repérer, mieux vaut prendre de la hauteur. Apparemment, Naomorii à pensé à cette éventualité, puisque, d’un signe, il me montre les passerelles au-dessus de nous. Je mime un applaudissement pour lui signifier que j’attendais ça depuis un moment et, sans l’attendre, je bifurque dans une rue perpendiculaire pour rejoindre les hauteurs de la ville. Atterrissant souplement après m’être assurée qu’il n’y avait personne, je regarde la position de notre cible.

Moi qui pensait qu’il aurait progressé, ce con passe tellement de temps à surveiller derrière lui qu’il en oublie presque d’avancer. Jamais ils lèvent les yeux, les humains, pour vérifier qu’ils sont seuls ? Non, parce que je peux comprendre la paranoïa de ce type, mais bordel, quand tu veux être sûr de pas être suivi, tu regardes partout ! Si encore il s’était agit d’un animal, j’aurais compris, leurs oreilles détectent le moindre bruit. Mais là, c’est qu’un pauvre humain à moitié sourd ! Je me demande comment cette race fait pour survivre avec si peu de bon sens et ce manque cruel de de facultés physiques. Ils entendent rien, ils sentent rien, ils ont une vue de nouveau né, ils sont même pas foutus de ressentir les changements atmosphériques, sans parler de leur instinct de survie… Déplorable. Franchement, un humain, ça sert à quoi ? A faire passer le temps. Au moins, ça, on peut le torturer, c’est pas comme si ça se bouffait. Ou alors, faut vraiment crever la faim pour dévorer un humain et celui qu’on suit ne sera jamais mon repas, même si c’était le seul truc à bouffer dans cette ville.

Lentement, mais surement, l’inutile bipède finit par nous conduire à sa cachette, il redouble de vigilance avant d’y pénétrer. Je m’étire longuement en laissant un sourire carnassier apparaitre sur mes traits. J’ai comme l’impression qu’on va enfin s’amuser un peu. Je focalise tous mes sens sur ce qui se passe aux alentours, j’ai pas envie qu’on se fasse surprendre par je sais trop quoi venu fouiner dans le coin. Ma vue, mon ouïe et mon odorat ne m’apportant aucun renseignement sur une quelconque présence, je fais signe au genin pour qu’on descende vers l’entrée de la cachette. Une fois devant, je tends l’oreille pour savoir ce qui se passe à l’intérieur. Chier, j’entends bien que ça parle mais, d’ici, le son passe mal. Trois options s’ouvrent donc à nous : on peut éventuellement attendre que ‘autre con ressorte, mais ça serait une perte de temps, on peut aussi rentrer et fracasser tout le monde, mais mes sens ne me permette pas d’affirmer qu’ils ne sont que deux à l’intérieur. Non, le mieux, c’est de trouver un autre moyen d’entrer pour les prendre par surprise. Je me tourne vers mon élève. Voyons voir ce que lui en pense. Je parle à voix basse, bien sûr, même si à mes propres oreilles j’ai l’impression de faire plus de bruits qu’on chuchotis.

- C’est quoi le plan ?

Cela me ramène rapidement à mes débuts. Je parlais toujours d’une voix faible, parce que j’avais l’impression de crier en étant clairement audible pour mon interlocuteur. Il m’a fallu un peu de temps pour trouver et m’adapter à une élocution plus forte que nécessaire. Les gens, pour le peu que je parlais, pensaient que j’étais timide, ou que je ne savais pas parler clairement. Les cons, s’ils avaient eu mes oreilles, ils auraient appris à la fermer un peu plus. C’est toujours un peu étrange pour moi de m’entendre d’une voix « forte ». Heureusement, avec Kyoshi, nous pouvons parler normalement. Lui comme moi n’avons pas besoin de hurler pour se comprendre, c’est reposant. Ma mère, elle, bien qu’elle entende mal selon moi, à toujours eu la délicatesse de parler moins fort quand nous sommes dans l’intimité de la maison. Pour une humaine, elle est pas si mal, elle sait vraiment s’adapter. Peut-être parce qu’elle le faisait déjà avec mon père ?  Les discutions avec ce dernier sont, de toutes, les plus calmes, au point où parfois je dois vraiment tendre l’oreille pour l’entendre, du moins les premières secondes.

Laissant le passé derrière moi, j’écoute celui qui m’accompagne. Stupide humain, tu veux écouter aux portes ? Mais même moi je ne comprends pas ce qu’ils disent…

- A l’oreille, ils sont deux, je comprends pas ce qu’ils disent et je peux pas affirmer qu’ils soient seuls.

Naomorii me demande si je peux nous trouver un endroit discret pour entrer ou écouter distinctement la conversation. Je tique à l’idée qu’il décide ce que je dois faire, mais il manque pas de logique. De nous deux, je suis clairement la plus apte à trouver ça. Moi, j’ai pas besoin de grand-chose pour espionner, avec mes sens. Comme quoi, je suis supérieure aux humains. Je ne pars pas sans lui laisser une remarque, cependant, faudrait pas qu’il croit que c’est lui qui commande.

- Comme quoi, j’ai eu raison de venir. Te rends-tu comptes de l’honneur que je te fais, à te prêter mes sens ? Mais ça ne sera pas gratuit.


Je m’éloigne avant qu’il ne puisse répondre, c’est pas le moment de discuter. Mais à présent qu’il sait que j’attends quelque chose de lui en retour, il ne pourra pas refuser de me servir d’assistant pour Kyoshi.  Je contourne le bâtiment, avant de trouver une entrée en hauteur, via une fenêtre dans une petite ruelle étroite. Je calcule rapidement le meilleur moyen de l’atteindre, avant de m’élancer contre un mur pour avoir un point d’appui pour m’élever un peu plus. Je m’élance ainsi d’un mur à l’autre jusqu’à la fenêtre, remerciant mon côté animal qui me confère ce genre de capacités. Certes certains humains peuvent le faire, je dis pas le contraire, mais ils sont tellement patauds, parfois… Tandis que pour moi, c’est d’une facilité... Ah ce que j’aime ce que je suis, parfois, tellement meilleure que ces pauvres sans poils ridicules. J’espère au moins que l’autre sera capable de grimper jusque-là, parce que sinon… Tant pis pour lui, il se débrouille. Je vais quand même jeter un œil rapidement à l’intérieur. Je progresse à pas feutrés jusqu’à entendre la discussion à travers le plancher. Je décide de ne pas aller plus loin, inutile de perdre du temps.

- Mais quel abruti ! C’est une gamine et toi un homme ! Elle a pas pu disparaître !

- Elle est rapide, je te dis ! Et tu peux parler ! C’est toi qui as merdé !

- Ta gueule ! Si les abrutis qui t’ont questionné la retrouvent, ça va devenir gênant.

- On n’a qu’à les tuer et…

Je quitte les lieux sans en écouter d’avantage, je sais ce que je veux. Ils en ont bien après la merdeuse qu’on cherche, maintenant il faut les interroger et je sens que je vais pouvoir m’amuser. Le temps de revenir vers mon compagnon, j’imagine quelques tortures qui pourraient délier les langues, presque impatiente de commencer. Mais en arrivant devant l’entrée principale, c’est la colère qui m’envahit. Qu’est-ce que cet abruti qui me sert de coéquipier est en train de foutre ? Il est là, assis par terre, en pleine rue, et il dort ! Bordel, il chiale qu’il veut soi-disant retrouver sa sœur devant tout le monde et là, il fait quoi ? Il en branle pas une. Il croit quoi ? Que je vais faire tout le travail ? Il m’a pris pour son clébard ? C’est sa famille, pas la mienne ! Enervée, je me rapproche de lui pour l’engueuler avant de me raviser. Il ferait pas semblant, des fois ? Juste pour se venger ? Pas à pas, je réduis la distance qui nous sépare, écoutant les battements de son cœur. Régulier, il y a donc peu de chance qu’il joue la comédie. Ou alors il ne m’a pas repérée ?

J’avance encore, faisant volontairement plus de bruit, comme un humain normal, et je sais que même lui pourrait l’entendre. La rue est déserte, une chance. Et les types à l’intérieur sont encore en train de parler, mais on a pas beaucoup de temps. Rah, si seulement il m’avait fait un coup comme ça à un moment où j’aurais pu en profiter… Ça m’agace de rater une nouvelle occasion de me venger de ce qu’il m’a imposé, mais je ne resterai pas sans réagir quand même. Une fois suffisamment proche, j’écoute attentivement les hommes dans leur cachette. Parfait, ils se crient dessus, à propos de leur proie, je suppose. Ça me laisse le temps de m’occuper du Genin.

Après une dernière vérification, afin de ne pas être surprise, je gifle violement le stupide humain qui m’accompagne. M’en vais lui passer, moi, son envie de roupiller dans un moment pareil ! Avant qu’il ne puisse réaliser, je le plaque au sol, lui couvrant la bouche d’une main, pour qu’il ne crie pas et nous fasse repérer connement, tandis que, de l’autre, j’agrippe son cou entre mes doigts, mes griffes prêtes à lacérer la chair. Par méfiance je me suis assise sur lui, les genoux sur ses bras. Comme ça, il pourra moins bouger. Au pire, il tentera de me mettre un coup de genou dans le dos, mais je le sentirai arriver et j’aurai tout le loisir de m’écarter avant, si besoin. La première fois que je l’avais à ma merci, cet enfoiré a profité d’une blessure que j’avais à l’épaule, c’est vicieux un humain. Ce coup-ci, je sais à quoi m’attendre et je ne lui laisserai pas la moindre chance de prendre l’ascendant sur moi. C’est pas un humain à la con qui va me faire chier !

- C’est ça l’importance que tu accordes à ta famille ? Si c’était pour dormir, fallait rester dans ton lit. Je veux bien perdre mon temps à te suivre ici alors que j’ai mieux à foutre, mais si c’est pour me laisser faire, ou tu dégage, ou je rentre !

Ma voix est sèche, menaçante, pourtant je chuchote. Je le fixe méchamment, exposant volontairement mes crocs à sa vue à chaque fois que j’en ai l’occasion. Va falloir qu’il comprenne qu’il y a des choses ou je plaisante pas et, puisqu’il sait ce que je suis, puisqu’il prétend pouvoir me comprendre et, par-dessus tout, puisqu’il a insisté pour savoir ce que ça impliquait d’être moi, je ne cache pas, pour une fois, ma véritable nature. Ce côté animal qui prend parfois le pas sur l’humaine qui partage mon corps, cette facette que seule une personne en ce monde connait, une part si sauvage que je lutte pour la garder enfermée. Bordel ! Mais il réagit même pas, ce con ! Il s’en branle, ou je l’ai buté par accident ? Non, il respire encore. Il se fout de ma gueule, là ? Il me provoque ? Pourquoi il bouge pas ? Putain, je vais le tuer ! Qu’il soit con, passe encore, mais là ! Là ! Je vais le crever, je supporte pas qu’on me prenne pour une conne. Qu’il le dise, s’il veut laisser tomber, ce bon à rien ! Qu’il gueule, quitte à nous faire repérer, qu’il essaie de m’en foutre une, que je puisse me déchainer un bon coup ! Mais bordel, qu’il fasse un truc.

Il m’énerve, il est là, comme un con, il a pas une seule putain de réaction ! Je sens son pouls sous mes doigts, je perçois son rythme cardiaque, son odeur d’humain que je commence à reconnaître. Je le fixe, chaque seconde devenant une heure, attendant une réaction qui calmerait la rage qui monte en moi, mais cet abruti est inerte. Faible créature qui se croit supérieure à moi. Je suis une kitsune, faut pas qu’il l’oublie. Métisse, peut-être, mais mon sang, mon âme, ma pensée est celle de l’animal par qui je suis née. D’humaine, je n’ai que la fragile apparence, l’aurait-il oublié ? Croit-il qu’il puisse impunément provoquer celle qui lui a jadis accordé le droit de vivre ? Le droit de la côtoyer sans finir dévoré ? Je pourrais le tuer, là, maintenant, ça serait si facile… Sa chair déchirée par mes griffes… Sa peau transpercée par mes canines… Son sang tiède traversant ma gorge… Sentir sa vie s’échapper entre mes crocs…  Non, même être ma proie serait trop d’honneur pour cette chose qui m’ignore, alors qu’elle dit tenir à moi.

A cet instant, je ressens une irrésistible envie de le chasser à grands coups de crocs, comme l’a fait mon père quand il estimait que je dépassais les bornes. Un grognement sourd fait vibrer ma gorge, tandis que j’ouvre la bouche, prête à le mordre. C’est un bruit inaudible pour lui qui me coupe. D’un mouvement brusque, je me retourne vers son origine, délaissant l’imbécile de service. Il n’est pas une menace, juste une proie équivalente à un lapin que je pourrais dévorer. Sur le qui-vive, je sens mon corps trembler, tandis que tous mes sens sont à l’affût. Sans un mot,  j’abandonne l’autre abruti pour retourner dans la ruelle et escalader agilement jusqu’à la fenêtre. Si, pour lui, la mission est finie, moi je veux en avoir le cœur net. Quand je commence quelque chose, je vais jusqu’au bout. Me glissant par l’entrée, je marche silencieusement sur le plancher, tout en restant dans l’ombre. Je ne fais aucun bruit et je me faufile par des poutres, juste au-dessus des deux humains. Je ne bouge alors plus, me contentant de les observer.



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Kuro Naomorii

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Genin

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MessageSujet: Re: Une soeur cachée Mer 7 Juin - 21:58

Pendant que la chunin part contourner le bâtiment pour trouver un point d’entrée, je m’assois en tailleur devant la porte, à la fois pour surveiller les menaces éventuelles pouvant venir de la rue et pour éviter que nos cibles aient une chance de s’échapper.

Pour mettre à profit le temps passé ici, je tends l’oreille pour intercepter quelques bribes de paroles à travers la porte. Pratiquement rien ne filtre : quelques chuchotements inaudibles, mais rien de compréhensible. Petit à petit, mon regard se pose dans le vague et je me concentre sur mon ouïe jusqu’à fermer totalement les paupières.

Progressivement, les sons se font de plus en plus clairs, ce qui me rappelle l’épisode de la taverne. Plusieurs fois, je me suis interrogé sur la suite des évènements si j’avais quitté mon corps de la sorte. Pour me fixer là-dessus, j’abandonne ma prise sur mon corps et mes oreilles semblent se glisser sous la porte : les deux individus à l’intérieur discutent de plus en plus clairement.

Pourtant, un autre détail étrange m’intrigue : une odeur de renfermé assaille mes narines. Perturbé par ces informations contradictoires avec ma position, j’ouvre les paupières pour saisir ce qui m’arrive. Presque aussitôt, je comprends ce que je vois : mon ombre sous la porte m’indique que mon corps se situe toujours à l’extérieur, alors que mon esprit a franchi la porte.

Pensant profiter de ce moment, je perçois alors que je me déplace une discussion très animée entre deux hommes à propos de ma sœur, qui leur filait entre les doigts plus tôt dans la journée. Pleinement satisfait des informations récoltées, je tente de rejoindre mon corps mais, ne connaissant pas ma capacité, je panique alors que toute mon attention se focalise sur une ombre qui recouvre progressivement la mienne.

Pendant que je cherche une issue, mes sens se déconnectent et je me réveille, couché sur le dos, un poids sur moi. Passablement assommé par la rupture brutale, seul un brouhaha lointain de paroles acerbes me parvient. Progressivement, ma vision s’éclaire sur ma supérieure en furie qui repart derrière la maison. Putain de kamis ! Pourquoi fallait-il que vous me donniez un pouvoir aussi dangereux, abrutis ?!

Prenant un instant pour me recaler sur les perceptions de mon corps, je me relève et suis la trace de ma « compagne » ; j’aperçois une fenêtre ouverte et grimpe difficilement jusqu’à cet accès, jusqu’à rattraper la chunin qui grommelle du haut d’une poutre. Prudemment, je la retrouve au-dessus de nos cibles.

- Pardon pour mon état comateux, je t’expliquerai plus tard.

Préférant m’ignorer, elle pointe du doigt les deux cibles et nous leur tombons dessus du haut de notre perchoir. Prestement, la kitsune se jette sur un ennemi et l’immobilise. Pendant ce temps, je devance le deuxième avant qu’il se lève de sa chaise et plante un kunaï dans sa main.

- Par où devons-nous aller la chercher ?

Pour seule réponse, je dois me contenter d’un silence.

- Parle promptement,
mon pauvre ami mendiant,
ou tu perds ta main !


Précisément au même instant, je remue le kunaï dans sa main prisonnière. Pour me laisser mariner, il poursuit par un nouveau silence.

- Pauvre idiot, tu es déjà mort et tu ne le sais pas.

Perversion subtile que de lui promettre la mort qu’il mérite dans un mensonge, alors que notre mission nous permet à peine de le torturer. Pas grave, je me ferai un malin plaisir de le réduire en morceaux et mon acolyte assistera avec joie au spectacle.

Episode au format audio


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Chûnin

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MessageSujet: Re: Une soeur cachée Jeu 8 Juin - 13:58

Crétin d'individu qui revient vers sa supérieure en rampant, livrant de pathétiques excuses. Créature stupide qui pense être en mesure de palabrer, déverse cette énergie sur ceux siégeant plus bas. Ceux qui retenaient enfermé celle qui partage le même sang que le tien, plus vive elle leur échappa sans indiquer de pistes. Cible facile, je capture un ennemi l'empêchant de réagir, l'élève m'imite maintenant le deuxième entre ses mains. Curieuse, je le regarde faire, pas très efficace ce type, l'autre se tait.

Certainement devrais-je lui expliquer l'art de délier les langues, mais je prends plaisir de laisser cet humain s’entraîner, peut être que s'il me divertie, j'accepterais de céder au mutisme qu'il instaure par sa bêtise. Clairement je garantie, ces abrutis incapables de Kami risque de s'amuser s'ils admirent le spectacle. Cependant, le passé me rattrape me rappelant que le tuer aurait évité qu'il devine la vérité sur ma nature.



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MessageSujet: Re: Une soeur cachée Ven 9 Juin - 9:57

Ma main suinte de sang et, ce dément fixant,
sortant de sa bouche, ses mots glacent mon sang.
Ma main ne sent plus rien, un cure-dents soudain
perçant mon avant-bras ; une douleur brève
prive mon corps de tous ses signaux de vivant.

Ma main perd sa peau en à peine un instant,
un par un, tous mes doigts se retrouvent sanglants :
sous sa lame acérée, fuient les bouts de peau,
la peau sur mes phalanges étire ses fragments.

Ma main devient la pire de mes hantises
quand enfin part l'objet qui engluait mon bras,
la douleur revient sans attendre un instant.

Ma main brûle du feu d'un éternel brasier,
quand, à mes sens, mes bras renvoient le flux nerveux.

Ma main serre mes deux mâchoires entre elles
jusqu'à ce qu'enfin les mots quittent mes pensées :
forcé par le violent, le vil avoue enfin.


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MessageSujet: Re: Une soeur cachée Mar 20 Juin - 10:15

Si l’humain qui me sert de jouet est stupide, je dois reconnaitre que sa méthode de torture est intéressante. Paralyser le corps pour le blesser avant de laisser revenir la douleur simplement avec un cure-dents, c’est à la fois ingénieux et pratique. Faudra que je l’observe pour comprendre comment il fait. Pas question qu’il soit le seul à pouvoir s’amuser avec une méthode aussi originale. Après tout, la plus apte à torturer les gens, c’est moi. Attentive, j’observe ses moindres fait et gestes, cherchant à comprendre le principe même de son idée. Est-ce qu’il y a un endroit spécial où enfoncer le senbon ? Un angle particulier ? Une taille précise ? Je suis certaine qu’il n’a mis aucun produit sur son arme. Bah à force je finirai par comprendre et, au pire, c’est pas les inutiles qui manquent à Kumo. Avec eux, l’avantage, c’est que je peux m’exercer. Je fais passer ça pour un cours et ils osent pas se rebeller.

Heureusement, d’ailleurs, sinon ils seraient morts depuis longtemps. Je râle beaucoup sur ce sans poil qui a découvert mon secret, mais je sais au fond de moi que c’est loin d’être le pire des hommes que je puisse avoir sous mes ordres. Parfois, je me dis même, quand mon côté humain m’emmerde à revenir à la surface, que la situation entre lui et moi a des avantages. Au moins je peux utiliser mes talents à plus haut niveau. Rien ne m’énerve plus que de devoir effectuer une mission comme une simple chunin, alors que mes sens m’indiquent les possibilités qui s’offrent à moi. Mais c’est là le prix à payer pour leur être supérieure.

Je regarde faire Naomorii jusqu’à ce que l’abruti que j’ai emprisonné ne me déconcentre. Ses gémissements incessants me gonflent et je retourne mon regard vers lui. Un léger rictus se forme sur mes lèvres et je me penche vers ma victime. Bipède arrogant, je sens ton cœur s’affoler. Tu as peur que ton tour arrive n’est-ce pas ? Oh oui, je vois dans tes yeux l’inquiétude propre aux rebuts de ton espèce. Tu fais le fort et peut-être que cela fonctionne avec des créatures inférieures, mais pas avec moi. Je vais jouer avec toi, je vais te torturer sans même te toucher, pour ressentir le plaisir de te voir t’enfoncer dans un abysse de souffrance mentale dont tu seras le seul créateur, au final.
Faisant craquer mes os, je me redresse de toute ma hauteur et tourne lentement autour de ma victime, entamant une discussion ou il ne pourra répondre.

-Pas très loquace ton pote. T’as l’air moins con que lui, alors je suis sûre que tu vas gentiment me répondre.

Bien évidement sa réponse n’est qu’un long silence, pas même un bruit de gorge. Bah, ça va venir, je sais faire montre de patience. Je poursuis comme si de rien était.

-Tu sais ce que j’aime moi ? C’est torturer les gens, les voir souffrir jusqu’à ce que leur cœur lâche. Le problème, c’est que mes victimes ne sont en général pas très résistantes. C’est emmerdant, parce qu’il faut les soigner pour pouvoir continuer. T’est pas débile, ta bien compris ce qui risque de t’arriver.

Je fais une pause devant lui et sors une à une mes armes et quelques plantes que j’ai en stock en lui détaillant les utilisations que je peux en faire.

-Le tessen est de loin une des armes les plus intéressantes. Imagine, tu sens ta peau quitter ton corps au fur et à mesure que les lames entament la chair… Comme une pomme de terre. La douleur d’une lame plantée dans un membre, à côté, c’est rien du tout.

Passant lentement mes doigts sur les lames métalliques de l’éventail, je poursuis d’un air ennuyé.

-Forcément, avec ce genre de blessure, les plaies ne sont pas profondes, profondes. Mais bon, si on fait rien, ça s’infecte. Du coup, c’est suffisant pour que toutes sortes de maladies attaquent le corps humain. J’ai vu des types avec le bras rempli d’un liquide jaune nauséabond. Ils gueulaient sans arrêt, j’ai dû leur couper la langue pour avoir un peu de calme.  Un autre, une fois, s’est retrouver avec un espèce de bouton verdâtre… Ça avait l’air de le bouffer vivant. Y’a aussi les bestioles qui sont attirées par ça. Elles sentent un bon repas et viennent dévorer la victime vivante.

Une nouvelle pause, pour laisser le temps à cet esprit abruti le temps d’imaginer tout ça et je continue de plus belle en reprenant un petit sourire.

-Bien sûr, comme je suis pas un monstre et que j’ai de l’expérience, maintenant, je désinfecte les blessures. Bon, ça brule, ça fait des croûtes affreuses, mais pas de maladies, c’est déjà ça… Enfin… Ça  dépend des cas, certaines personne voient leurs membres fondre avec les produits que j’utilise, quand ça empire pas… Je suis pas médecin non plus, je teste des choses pour m’améliorer.

Je vois le type blanchir, tandis que son cœur rate un battement quand je le fixe, je repose mon tessen pour m’emparer d’une autre arme. Je fais mine d’hésiter entre mes tekko kagi et mon kunai, avant de saisir ce dernier tout en reprenant.

-Arme un peu simplette, si tu veux mon avis, faut vraiment avoir de l’imagination pour en faire quelque chose en torture, mais…

Je laisse un blanc, arrêtant ma phrase, et lève les yeux en laissant un petit sourire étirer mes lèvres avant de continuer joyeusement.

-Je suis assez inventive et, après avoir essayé le traditionnel lancer de couteau, le brisage de phalange et le plus exotique « lame s’enfonçant sous les ongles », j’ai fini par essayer de me renouveler. J’ai découvert qu’en enfonçant la lame sous les yeux et, en étant extrêmement appliqué, on peut réussir à extraire l’œil du corps. C'est assez dégueulasse, t’as du sang qui coule, l’œil qui pend, mais c’est assez amusant de pouvoir se voir avec son propre œil, sans utiliser un miroir. Enfin je suppose. Ceci dit, comme le reste, c’est pas ce qui il y a de plus agréable.

Je fais tourner le kunai dans ma main en observant ma victime, l’air concentrée. Son rythme cardiaque a une fois de plus accéléré. Je doute pourtant qu’il cède tout de suite à mes menaces. Une fois de plus, je continue mon monologue sur le ton d’un conteur.

-Oh, ce n’est pas la seule utilisation que j’ai trouvé et je suis sûre que tu te demandes si j’ai expérimenté d’autres choses. Eh bien oui, figure toi qu’on peut aussi pousser le jeu plus loin quand on en a plusieurs. Je me suis amusée avec un samouraï qui m’avait offensée. Je l’ai abandonné en plein désert, au milieu d’un petit cercle vide, encerclé de kunais. Je me rappelle encore les heures qu’il m’a fallu pour mettre ce système en place. Il faut fixer les armes dans le sol, lame vers le haut. Il faut également en disposer énormément, sinon le prisonnier peut s’évader. Bien sûr, si tu lui laisse du temps, à force de tout arracher, il va y arriver. Mais que cela donne-t-il, à ton avis, si un Onii arrive ?

Je lui laisse le temps de réfléchir, même si je me doute qu’il n’en a pas besoin. Mais comme je tiens vraiment à l’effrayer, je lui raconte tout ce que j’ai vu, la chair déchiquetée, l’homme rempant sur le sol désespérément, tandis que la bête le mangeait vivant, l’arrivée d’autres monstres qui ont commencé à se battre pour le dévorer. C’était divertissant de les voir attraper leur proie entre leurs griffes et leurs crocs pour se l’arracher. Le sang excitait de plus en plus les démons et je dois avouer que, moi-même, je n’avais qu’une envie : participer au carnage.  Je finis par secouer doucement la tête.

-Ah, j’ai bien rigolé ce jour-là. Ils ont fini par tous s’entretuer, remarque, et le survivant a fini par périr de ses blessures. Bref, où en étions-nous ? Ah oui, maintenant, les griffes. On peut par exemple creuser le corps de la victime avec, comme le ferait un animal cherchant à creuser un trou dans la terre. La chair humaine est assez tendre pour ça et les os, face à ces lames, ne font pas un bon bouclier. L’ennui c’est qu’il y a beaucoup de sang mais, heureusement, en comprimant les bonnes artères, on arrête les saignements. Ce qui est impressionnant, c’est que le sang fini par sortir des yeux, des oreilles et de la bouche du pauvre bougre. Un jour j’ai même ouvert un cadavre pour voir les dégâts. Figure toi que le sang va même remplir les poumons et…

Un bruit étrange se fait entendre et je fixe le type attaché. Il est même plus blanc, si il continue, il va disparaitre… Petite nature… Il va finir par vomir… Pitoyable créature… Ça se prend pour un bandit et quand ça entends quelques détails insignifiants, ça commence à tourner de l’œil… Je repose ce que j’ai dans les mains et m’accroupis par terre. Je pose mon coude sur mon genoux et laisse mon menton prendre appuie sur ma main.

-Bon… Visiblement mes histoires t’ennuient… C’est vexant tu sais ? J’ai pas souvent l’occasion de raconter mes petits jeux… Je suppose que comme tous ces imbéciles qui ont fini entre mes doigts, tu veux qu’on en finisse ?

Je soupire bruyamment, réellement ennuyée. Je commençais à m’amuser, moi… L’abruti en face de moi secoue la tête pour dire non. Je l’ignore, me contentant de le regarder, l’air pensive, tandis qu’il se débat autant qu’il peut en émettant de pitoyables couinements qui ne signifient absolument rien. Je me relève et je m’étire avant de prendre une petite fiole que je verse sur son bras sans le moindre état d’âme.

-A Setsu, on maitrise le feu. Je te laisse deviner ce qui va se passer si quiconque allume la moindre étincelle.

Je claque des doigts et l’autre sursaute en fermant les yeux avant de les rouvrir étonné de ne rien sentir.

-Bien, tu as saisi. Maintenant, tu vas gentiment me dire ce que je veux savoir, sinon je vais te faire griller à petit feu, centimètre par centimètre, membre par membre, jusqu’à ce que tout ton corps soit calciné. Oh, ça ne te tuera pas, j’aime tester la résistance de mes victimes. Tu te doutes donc que tu vas me servir de cobaye, tu n’as eu qu’un échantillon de mon savoir-faire.

Lentement, je détache le bâillon que je lui ai mis plus tôt dans la bouche mais, avant de le lui enlever, je le mets en garde : si il essaie d’ameuter le quartier, il aura le privilège de découvrir par lui-même les sensations de tout ce que je lui ai raconté. Je lui précise qu’en un mois on en aura fait à peine la moitié. Sitôt délivré, il se met à parler, son débit est si élevé que j’ai du mal à discerner les mots, il me faut toute ma concentration pour réussir à comprendre plus ou moins ce qu’il veut dire. Je secoue doucement le doigt devant lui pour lui dire de se taire, ce qu’il fait aussitôt.

-Gentil garçon. Maintenant on va répéter tout ça calmement, en détachant bien chaque syllabe, j’ai horreur quand je ne comprends pas.

Je peux voir sa peur dans ses yeux, je sens tout son être frémir devant moi et je lui offre un sourire vicieux en baissant mon doigt. Il a l’air mûr et enfin nous en apprenons un peu plus…



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Genin

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MessageSujet: Re: Une soeur cachée Lun 24 Juil - 21:53

Suite à mon interrogatoire pour le moins sanglant mais peu fructueux, mon acolyte a fait preuve d’une étonnante douceur… Sur le plan physique, du moins, parce que vu l’état de notre deuxième prisonnier, il n’a pas dû trop apprécier sa méthode pour obtenir les informations. Toujours est-il qu’une fois qu’elle en a fini, il nous dit tout ce qu’il peut aussi vite que possible, si bien que ça en devient incompréhensible. Elle le raisonne et il finit par tout nous raconter :

- On nous avait promis une grosse somme si on gardait la gamine ici un certain temps. Alors on a profité qu’elle traînait dans ce quartier pour l’attraper discrètement. Elle s’est bien débattue, mais on a réussi à la garder ici quelques jours.

- Et ?

- Et comme elle ne mangeait presque rien, elle a fait semblant de s’évanouir. Quand je suis venu la voir, elle en a profité pour m’assommer et s’enfuir.

Mais quel crétin… C’était évident. Après plusieurs jours à tourner en rond dans un trou paumé comme ça, on finit par chercher un moyen de s’enfuir. Mais bon, avec tout ça, on n’est pas plus avancés, au final. Elle est toujours en train de courir les rues et on ne sait toujours pas où elle est.

Toujours est-il que l’interrogatoire est fini. Nous n’avons plus rien à tirer de ces deux énergumènes, mais malheureusement nous ne pouvons pas les tuer. Avant de les quitter, Shea leur explique calmement qu’à la moindre tentative de vengeance elle leur réservera des tortures bien pires que tout ce qu’ils ont pu voir ou entendre aujourd’hui.

Je leur administre à chacun un peu de mon anesthésiant, juste assez pour les endormir. Ainsi, ils ne nous poseront pas de problèmes le temps que nous partons. Nous laissons donc là nos deux endormis et quittons la maison.

Une fois que nous sommes bien éloignés, j’interpelle ma supérieure.

- Shea, pour tout à l’heure… Quand tu es partie chercher une entrée…


Elle m’ignore et continue de marcher droit devant elle comme si de rien n’était.

- Je ne dormais pas. Je ne sais pas comment j’ai fait, mais je crois que je suis rentré dans la maison, du moins en pensée…

Elle me regarde d’un air incrédule. Elle doit se demander si je me fous de sa gueule, ce que je peux facilement comprendre, je réagirais de la même façon à sa place.

- Je ne sais pas exactement ce qui s’est passé mais, en me concentrant, j’ai eu l’impression de passer sous la porte et, l’instant d’après, j’étais à l’intérieur. J’avais déjà vu l’intérieur du bâtiment avant d’y entrer.

Elle se contente de me dire qu’il faudra lui prouver.

- Par contre, il y a bien une chose que je dois t’accorder, cette capacité est particulièrement dangereuse, tant que je ne suis pas focalisé sur mon corps…

Elle confirme ma remarque d'un regard noir et continue son chemin. Puisque c’est l’endroit le plus logique où elle a pu repartir après son évasion, nous retournons donc chez les parents adoptifs de ma sœur pour voir si elle a réussi à y revenir sans encombre.


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Ayano Shea

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Chûnin

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MessageSujet: Re: Une soeur cachée Ven 15 Sep - 9:51

La différence entre un Chumin et un Genin, c'est que quand le premier veut faire parler sa cible, ça marche à tous les coups. Je dis pas, l'autre aurait parlé à force, peut-être, si mon pauvre souffre-douleur du moment ne s'était pas mis à tous nous raconter aussi vite. Bah, il devrait savoir ce bon à rien de ninja que je suis meilleure que lui. De toute façon avec son attitude il baisse dans mon estime. Dire que pour un humain je le croyais moins bon à rien que les autres… Enfin, ce n'est qu'un bipède après tout. Plutôt que de revenir sur sa misérable existence je me concentre sur mon prisonnier. Ce qu'il nous raconte n'a rien d'étonnant. La routine pour des limaces comme eux. Capturé un otage pour demander une rançon ensuite… Mais franchement… Ce faire avoir par une merdeuse… Si ces mecs avaient été à mon service… Non… Même si les incapables qui me servent sont cons, ils le sont pas à ce point.

Nous ne pourrons plus rien tirer de ces types, ils ne nous sont plus d'aucune utilité. Je les tuerais bien, histoire de couvrir mes arrières, mais je sais qu'un meurtre en plein ville attirerais l'attention des gardes. Même les petites frappes quand elles disparaissent peuvent vous causez des ennuis. Ils ont beau être détestés, les autorités finiraient par les trouver et chercherait le responsable. On pourrait toujours cacher les cadavres, mais ça nous ferait perdre un temps précieux. Je soupire avant de me planter devant eux. Je prends mon air le plus méchant, ce qui n'est franchement pas compliqué et leur promet d'une voix lourde que si le moindre sous-entendu à propos de notre venu venait à sortir de leurs lèvres, les petites tortures que j'ai exposées plus tôt, passeraient pour un doux rêve. Une fois ma mise en garde donnée, je quitte les lieux suivi comme mon ombre par mon compagnon de route.

Les humains sont prévisibles, celui qui m'accompagne ne fait pas exception. Il tente misérablement de se faire pardonner sa sieste précédente. Je ne lui accorde pas un regard, il ne le mérite pas. Il continue son débit néanmoins ce qui me force à écouter. Pas que ça misérable excuse m'intéresse, mais je peux pas vraiment faire autrement. C'est l'explication la plus lamentable qu'il m'est été donner d'entendre… Genre il s'est carrément dédoubler… Si je n'avais pas eu un nez aussi précis, j'aurais pu croire qu'il avait abusé du saké. Des trucs pareils faut avoir l'esprit tordu pour y penser… Je lui lance un regard qui en dit long sur ce que je pense. J'en crois pas un mot et je le foudroie de mes yeux céruléens histoire qu'il se taise. Bordel, il doit passer trop de temps avec moi lui pour oser me tenir tête ainsi. Tous ceux du village quand je les fixes ainsi baissent les yeux et se mettent à ramper à mes pieds, lui non, il poursuit avec des détails… Plus pour avoir la paix qu'autre chose, je consens à lui répondre.

-A la première occasion, tu me prouveras ça.

Je fais un rapide bilan mental, notre cible avait bien été kidnappée, mais elle est parvenue à s'enfuir. Pas besoin de beaucoup de réflexion pour deviner ses intentions. Elle n'a que deux choix possible, retourner chez sa famille la queue entre les jambes, ou rester loin de chez elle. Dans tous les cas elle repassera forcément par la maison qui la vue grandir. Les humains sont des sentimentaux nostalgiques. Mais même sans ça, quand on a un minimum de jugeote on part pas sans préparation. La gamine quoi qu'elle décide va rentrer dans sa maison. Discrètement ou non. Ce qui m'inquiète un peu c'est qu'elle a pas mal d'avance sur nous. Mais à défaut d'une meilleure piste on va commencer par surveiller sa maison et les environs. C'est qu'une gamine de riche, y a quand même peu de chance pour qu'elle quitte la ville et une fois confronté au froid et à la faim elle reviendra dans son petit nid douillet.

Peu disposée à parler je me contente de garder le silence tout le trajet. J'observe les environs de la maison avant de me dégoter un petit coin tranquille suffisamment haut pour avoir une vue d'ensemble sur la maison, qui me permet en prime de rester globalement invisible. Je m'installe le plus confortablement possible et commence à scruter tout ce qui se trouve dans mon champ de vision. Le genin bien évidemment m'a suivi, je ne lui adresse pas un regard, mais je consens enfin à desserrer les crocs. Mon ton est sec, montrant bien que je n'ai pas l'intention d'être gentille ou conciliante. Mais en même temps si je ne dis rien et il le sait, on ne progressera pas. Je me disais que je le laisserais faire, me contentant de l'observer sans m'en mêler… Mais au vu des derniers résultats, je sais à présent qu'il ne fera pas un bon chef. Mieux vaut reprendre le commandement tout de suite et en finir. Je chuchote cependant, suffisamment fort pour qu'il m'entende, mais pas assez pour que le son porte plus loin que nous deux.

-Va te poster dans un coin qui comble mes angles morts



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