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 Lame soeur ou lame innée ? (PV Kasuga Riyu)

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Chizuru Saya

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MessageSujet: Lame soeur ou lame innée ? (PV Kasuga Riyu) Dim 12 Juin - 16:47

Le soir d’avant ma rencontre avec Kasuga Riyu, Taii Okaruto, je me perds dans les étoiles. C’est un tas de sentiments étranges qui m’habitent lorsque je parle à mon défunt mari.

- Dis Katsuya, t’arrivait-il parfois d’avoir peur de tes propres capacités ? D’imaginer des moments où, tremblant de l’envie de combattre, tu ne pourrais plus te contrôler, jusqu’à en perdre la raison ? Pensais-tu pouvoir toujours appliquer les enseignements dont tu as été nourri à la lettre, pour servir le Clan des Brumes avec passion et conserver un sens du devoir toujours aiguisé ?

Évidemment, il ne me répond pas et il me faut un effort surhumain pour retirer de mon esprit l’idée qu’il va surgir de derrière la porte pour me rejoindre et me couvrir d’un vêtement pour me préserver du froid. Ma gorge se noue mais je ne quitte pas la lueur des astres. Peut-être que l’un d’eux est mon aimé.

- On a beau se préparer au départ l’un de l’autre en tant qu’époux, en tant que guerriers... Mais la mort ne s’anticipe pas, elle frappe sans qu’on ait le temps de tout dire, de tout aimer. J’aurais voulu te poser toutes ces questions bien avant que tu t’en ailles. Je pensais avoir le temps... Tu me manques, boufu. Mais je me battrai pour mes idées, pour ce rêve que tu as soutenu corps et âme.

La lune qui m’a vue naître illumine les larmes sur ma joue mais c’est légèrement plus sereine que je vais profiter des conseils de la nuit dans l’espoir d’avoir les clés pour réaliser mon rêve : celui d’entrer dans l’armée.

***

On me fait patienter dans une grande salle mais je ne sais pas à quoi elle ressemble. Tout ce à quoi j’aspire va entrer dans cette pièce, sous la forme d’une femme de trois ans ma cadette, Taii, fille du Sensei qui m’a entraînée jusqu’ici. La réputation de Kasuga Riyu la précède en matière de combat et de personnalité et c’est auprès d’elle qu’on m’a directement orientée. L’enjeu est de taille car la combattante me permettra d’entrer dans les rangs militaires d’Okaruto si Kasugami est de mon côté. Mon sens de l’honneur est altéré en bien puisque je suis évidemment enchantée de la rencontrer. Mais l’angoisse qu’elle rejette ma demande malgré les recommandations de son père me terrifie.

Je sais leur relation compliquée, Isamu-Sensei m’ayant confié quelques difficultés à communiquer pour lesquelles il s’en voudra peut-être à jamais. Le pauvre homme que j’ai contemplé dans cet état m’a aussi avoué voir en moi la fille qu’il n’a pas su élever en la personne de la chair de sa chair... Prise dans ce conflit familial, je n’ai pas su réagir et ai simplement consolé le Samouraï en comparant mon propre amour pour mon père à celui que la jeune fille devait ressentir, continuant de m’imprégner de l’enseignement du Maître jusqu’à en être digne. Mais je me suis toujours demandée comment la talentueuse Riyu-dono pouvait m’imaginer ou même si elle connaissait mon existence.

Que serai-je si elle dit simplement « non » à la missive qu’elle a reçu il y a quelques jours ? Mon rêve parti en fumée pourrait-il prendre forme sous d’autres hospices ? Devrai-je alors trouver un autre époux à aimer, auquel je pourrai peut-être donner des enfants ? Retournerai-je aider mes parents à la boutique ou suivrai-je mon frère à travers le monde ? Aucune de ces possibilités de ne me semble être la bonne alors que les pans de la porte coulissent, laissant apparaitre la talentueuse Samouraï. Je le sais et je le sens. Ma place est à ses côtés, mon rêve réalisé de pouvoir servir le Clan et ses habitants.


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MessageSujet: Re: Lame soeur ou lame innée ? (PV Kasuga Riyu) Dim 26 Juin - 5:10


La porte claqua sur ses rails, révélant une silhouette petite et fluette inattendue dans ce monde grandement masculin. Pourtant, il s'agissait bien là de Kasuga Riyu, fille de l'ancien Hatamoto Kasuga Isamu ayant servi directement sous les ordres du fondateur Okaruto, qui pénétrait dans la pièce. A la fois tranquille et ferme, sa marche résonna sur les dalles immaculées de la caserne de la capitale. Âgée de dix-sept ans, presque dix-huit, cette jeune fille  dont personne n'avait encore touché l'innocence sauvage était déjà Taii et avisée, répondait aux ordres du Taisa Fugaku Kakeru de la lignée rivale. Cette inimité que semblait nourrir son père ne la touchait pas cependant, puisqu'elle était tombée secrètement amoureuse de son supérieur.

Ses deux yeux d'or en tout point identiques si l'on oubliait le grain de beauté sous le gauche renvoyait sévérité et pureté en un mélange paradoxale que l'on ne trouvait chez aucune autre. On aurait dit que l'uniforme de l'armée, porté impeccablement, était fait pour cette étrange poupée à la peau basanée et aux manières strictes. Il y avait peu qu'elle n'était plus l'héritière de sa famille et fille aînée, elle avait été livrée à l'armée comme unique enfant d'une ascendance noble. La Dragonne n'était pas encore née en elle, elle n'était qu'Okaruto et ne vivait que pour les siens et les Kasuga, le coeur et l'âme pleins de bonnes volontés et d'une naïveté manifeste.

Ainsi donc elle se présenta devant Chizuru Saya, mais lorsqu'elle découvrit l'azure de ses yeux, le doré des siens se teinta d'une certaine froideur qui les firent presque virer argent. Pas qu'elle soit jalouse de la splendeur de cette femme de vingt ans mais l'albâtre et le saphir dont elle était faite la gênaient véritablement. Bien sûr, elle la salua avec politesse, mais ce qu'elle rendit n'était pas la poignée de main qu'elle accordait aux guerriers. Cela dut mettre la puce à l'oreille de sa vis-à-vis, puisqu'elle déclara:

"Chizuru-san, je présume ? Veuillez rentrer chez vous. Nous ne sommes pas en temps de guerre pour accepter d'avantage d'Ashigeru parmi nos rangs. Vous avez certes été la disciple de mon honorable père, mais sachez que pour embrasser la Voie du Bushido est un parcours quotidien que tous, nous avons suivi dès nos premiers pas."

Riyu dit cela avec détachement et monotonie, comme si Saya avait fait parti de centaines d'autres malheureux à recevoir le même traitement et la première en avait l'air tout à fait convaincue alors qu'elle n'avait touché une arme pour la première fois qu'à huit ans. Dans un sens, c'était triste, elle ne devait pas s'en rendre compte. Puis, la jeune fille à la crinière améthyste, fit mine de partir s'occuper d'autres affaires plus importantes sans oublier de souffler :

"Plus qu'une vocation, c'est un héritage."


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MessageSujet: Re: Lame soeur ou lame innée ? (PV Kasuga Riyu) Sam 9 Juil - 21:37

Si je ne la savais pas plus jeune, j’aurais juré qu’elle fut plus âgée que moi, tant elle dégage une assurance jamais vue de mes propres yeux. L’air de famille est discret mais bel et bien là, elle est la fille d’Isamu-Sensei. Cependant, cette familiarité rassurante s’évanouit sous le regard froid de la Taii. Ses mirettes particulières et son teint hâlé me captivent totalement et je suis également surprise par le ton ferme de sa voix, alors que ses salutations semblaient tout à fait répondre aux conventions. La réponse tranchante et tout à fait claire que la guerrière me donne sans grande réflexion préalable me fait écarquiller les yeux d’étonnement.

L’argument que l’armée ne cherche pas de nouveaux bras me surprend et c’est complètement incrédule que j’entends mon souffle ralentir en cadence, au contraire de mon cœur menaçant s’évader de ma poitrine. J’ai presque envie de m’enfuir lorsque Kasuga Riyu menace de partir, me lançant une phrase qui me parle alors, qu’effectivement, je ne suis pas Samouraï de sang. Le léger sentiment d’humiliation qui m’habite fait disparaitre ma tristesse de la veille et c’est serrant les poings, déterminée, que je me lève brusquement pour me retourner sur celle que je désire comme supérieure.

- Chotto matte kudasai, Riyu-dono ! dis-je en fermant les yeux, de peur d’affronter un courroux dont je ne connais encore rien. Je...

La peur saisit soudain tout mon être et j’en tremble, totalement incertaine de pouvoir assumer la suite de mon idée. Mais lorsqu’enfin je retrouve le monde et descends sur les pieds de la personne qui détient mon destin entre ses mains, mon assurance et ma résolution reviennent au galop. Je redresse la tête alors, mes yeux océan se mêlant au doré de son regard et j’en oublie encore une fois les convenances pour défendre mon rêve ainsi que l’héritage auquel elle fait référence.

- Je ne peux pas entendre qu’Okaruto a besoin de soldats uniquement en temps de guerre. Notre nation n’est-elle pas paisible justement parce que nous assurons la sécurité des citoyens ? La présence des Samouraï n’est-elle pas, en plus du service assuré au Seigneur, de mettre en avant leur présence pour rassurer les faibles et ceux qui nous nourrissent dans le but de répandre la prospérité ? Je n’ai pas eu besoin des enseignements de votre père pour comprendre cela.

Je viens certes d’une famille de marchands mais, toujours, j’ai su que mon existence me mènerait devant vous. Il est des honneurs qu’il faut gagner et dont on ne peut hériter, j’en ai conscience. Je ne suis pourtant pas dépourvue de convictions, comme vous pouvez le voir, et me suis déplacée ici dans l’espoir d’avoir une chance d’obtenir un consentement ou un refus justifié. Je ne suis personne pour décider si votre réponse l’est ou non mais je suis suffisamment lucide pour me rendre compte que vous ne m’avez pas laissé exprimer mon talent.


Ma bouche est sèche et je déglutis avec difficulté. Cependant, je ne peux pas me résoudre à m’arrêter là-dessus. Afin de faire preuve d’humilité, réalisant que je suis probablement allée trop loin déjà, je m’incline bassement et rompt notre contact visuel, prête à tout entendre une fois mon discours terminé.

- Je suis veuve d’un Samouraï, mon frère poursuivait également cette ambition. Je connais le Bushido parce qu’ils l’ont insufflé en moi avec les années, continuant le travail qu’Isamu-Sensei avait fait avec moi, toute mon enfance durant. Je me suis battue pour défendre et n’ai jamais cessé de lutter contre une destinée toute tracée que notre société définit pour les femmes. Alors... laissez-moi vous montrer ce que je sais, ce que j’ai appris grâce à tous ces vaillant hommes aux multiples talents. Ensuite seulement, j’accepterai votre refus, s’il a toujours lieu d’être. Onegai shimasu !

Je m’incline encore plus bas, allant jusqu’à m’agenouiller pour me rapprocher du sol et attendre la réponse de la Dragonne. Il me faudra égaler sa fougue et son art du combat pour prétendre à entrer dans les rangs. Bien que stressée par les répercussions de mon audace, une certaine excitation nait en moi d’imaginer affronter une si talentueuse guerrière.


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MessageSujet: Re: Lame soeur ou lame innée ? (PV Kasuga Riyu) Mer 14 Sep - 23:32


Les serfs ne savaient plus se tenir... Et quand bien même celle-ci avait été mariée à un samouraï, elle l'exaspérait réellement. Comment quelqu'un qui avait abandonné son devoir par amour pouvait-elle promettre de servir le clan par les armes ? C'était absurde ! Absurde, comme la lettre de recommandation que son père lui avait adressée et qui présentait cette jeune personne par le menu. Riyu ne comprenait pas. Elle ne comprenait pas le geste peut-être altruiste mais ridicule de son père envers cette fille jusque là inconnue, et toute cette encre qu'il avait faite couler pour se justifier. Lui qui l'avait éduquée en guerrière uniquement parce qu'il n'avait pas eu de fils, lui le traditionaliste, lui le chef de famille dur et froid, psychorigide, et dont le pilier d'éducation était le devoir envers la filiation et le clan, qu'il avait pourtant renié et piétiné en instruisant une fille de marchands aux armes. Vraiment, tout ceci dépassait son entendement !

Seul son devoir, justement, la protection et l'écoute qu'elle devait à ses sujets et à ceux des autres tant qu'ils étaient Okaruto la firent se retourner alors que Saya mandait son attention. Son regard n'avait rien perdu de sa froideur et ce fut avec une certaine indifférence qu'elle constata le conflit interne que disputait sa vis-à-vis. Calme et silencieuse,  elle n'interrompit pas le flot de paroles que celle-ci lui rendit avec forte détermination, mais l'écouta de ses deux oreilles maniérées et sans doute curieuses de trouver un sens aux actes paternels passés.

Au milieu de tout ces mots et de toutes ces phrases, rien de ce qu'elle attendit ne vint cependant, juste une remarque comme quoi la Taii n'avait même pas pris le temps d'évaluer les capacités de cette candidate à la noblesse. Saya était touchante par sa simplicité et sa naïveté. Elle avait d'ailleurs beau dire, elle n'avait encore guère lutter contre la destinée que l'on réservait aux femmes mais ce n'était pas le débat. Aussi, n'était pas samouraï qui voulait. Riyu aurait d'ailleurs ri au nez du premier paysan venu faire pareillement, mais celle qu'elle avait devant elle, non seulement d'être l'élève de son estimé père, avait également été unie à un samouraï. Elle ne pouvait donc pas refuser ce que Saya lui demandait là...

Embêtée et lassée, Riyu lâcha un long soupire.

"Si vous y tenez tant...Retrouvez moi ce soir au dojo nord... en keikogi." prononça-t-elle sèchement.

La jeune fille repartit ensuite avec l'unique hâte que cette affaire soit vite résolue et qu'elle n'en entende plus jamais parlé.

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MessageSujet: Re: Lame soeur ou lame innée ? (PV Kasuga Riyu) Dim 30 Oct - 12:54

Je tremble pendant le temps qui me lie à cette forte jeune femme mais, oh, qu’elles sont silencieuses ces secondes. Je ne relève pas la tête car je suis consciente être allée loin dans ce que j’expose et ce que je demande à la Taii. Beaucoup seraient châtiés pour cela et une recommandation d’Isamu-Sensei ne suffira pas à la faire accepter cette place, je le savais avant de me présenter ici. Il se peut d’ailleurs aussi que mes convictions ne soient pas les siennes, puis qu’on me renvoie comme une malpropre chez moi, condamnant tous ces efforts et la réalisation de mes promesses.

Je sais également Isamu-Sensei proche des convenances, respectant les traditions. Mais je reconnais aussi, depuis mes débuts d’entrainement avec lui, qu’il est sorti des sentiers battus en me prenant sous son aile. Plusieurs fois, je lui avais rappelé que, selon nos codes, initier au katana puis à la lance une Geisha en ou hors fonction était déshonorant pour un guerrier si prestigieux. L’échec de mon frère, d’ailleurs, ne dorait pas son blason non plus et j’avais eu longtemps peur que les rumeurs aillent bon train pour finalement ternir son image, peut-être même salir son âme injustement.

Mais toujours, il m’avait soutenu vouloir garder ce secret, aussi précieusement que j’ai pu garder les siens. Car derrière la brume, nous avons dissimulé notre lien, l’art qu’il m’a enseigné mais aussi ce qu’il ne pouvait confier à personne d’autre. Ainsi, j’en sais certainement plus sur sa fille qu’elle n’en sait sur moi. Probablement ne connaissait-elle même pas mon existence jusqu’à ce jour mais je n’éprouve aucune fierté à cela. Plusieurs fois, l’ancien Hatamoto m’avait dit que nous aurions pu être sœurs et, plusieurs fois, j’avais nié cette possibilité puisque j’avais et ai toujours un père formidable que je ne souhaite pas remplacer.

Ce lien plus fragile qu’on pourrait le penser, le fait que je ne connaisse de cette cadette – en âge mais aînée en expérience armée – que ce que son père a bien voulu m’en dire... tout cela ne joue pas en ma faveur. Mais j’entends pourtant qu’elle se retourne sur moi, cette jeune femme aux yeux brillants. J’entends surtout qu’elle soupire mais me répond malgré tout. Sèche, elle accepte ma demande, en partie du moins, me laissant accès au lieu de pratique de nos arts issus des mêmes racines. Je bouillonne de joie et la remercie, sans trop me rappeler si je le fais de la voix ou du regard. C’est en contenant mon allégresse que je sors de ses appartements pour retourner à l’auberge où se trouve tout ce dont j’ai besoin pour prouver ma valeur.

***

Vêtue comme demandé, je me présente bien trop en avance, m’annonçant comme « l’entretien récent de Kasuga-Taii » et « disciple de Kasuga-père ». C’est tout ce que je suis pour l’instant et, pourtant, je ne me démonte pas, une fois à l’intérieur du dojo. Procédant à une séance d’étirements eux aussi trop en avance sur le combat que je m’apprête à mener, je pense le plus fort possible à la force que m’a laissé mon défunt époux et la laisse m’emplir de courage en fermant les yeux à plusieurs reprises.

Puis je me laisse envahir par la maîtrise de mon art au nagamaki, que je saurai utiliser en cas de complication pendant notre échange, si la naginata ne suffit pas à démontrer qui je suis réellement. Isamu-Sensei n’a jamais prétendu m’avoir appris à faire corps avec mon arme comme je sais le faire aujourd’hui. Et bien que je ne connaisse du terrain que ce que Katsuya m’en racontait et m’en démontrait en entraînement, je sais que ce savoir-faire égale celui de quelques valeureux guerriers d’expérience.

Ainsi, ce n’est pas l’angoisse ou le stress qui m’habitent lorsque la jeune femme pénètre dans l’enceinte de notre duel mais une insoupçonnée confiance en moi qui prend naissance en mes entrailles. Je ne me laisse pas aller à l’orgueil, pourtant, car je sais avoir en face une attitude au moins égale à la mienne, tant la fille de mon maître semble certaine que je ne vaux pas la peine. Je m’incline donc le plus bas possible en position debout et la laisse m’annoncer les conditions lui permettant de juger s’il est bon pour Chizuru Saya d’entrer dans les rangs Okaruto : arme, temps, handicap... Mais quoi qu’elle énonce, je sais que rien ne m’empêchera de donner le meilleur de moi-même.

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MessageSujet: Re: Lame soeur ou lame innée ? (PV Kasuga Riyu) Dim 15 Jan - 3:01

Comment une pratique erratique et secrète pouvait-elle vaincre une autre plus régulière et plus intensive ? Riyu ne croyait tout simplement pas au talent. A moins que son cher et tendre à présent endormi ne l'ait sérieusement entraînée -et même avec ça- elle voyait mal comment le niveau de Saya pourrait rivaliser avec le sien. L'apprentissage que lui avait gracieusement et stupidement offert son père lors de ses jeunes années, secret, n'avait pas dû explorer toutes les facettes que sa fille avait pu découvrir à loisir puisqu'elle avait été légitime dans son rôle d'élève à sa suite, au contraire de Saya.

Ainsi, Riyu était à peu près certaine de perdre son temps lorsqu'elle se présenta au Dojo. Elle avait de plus embêté un collègue, lui aussi Taii pour assurer à cet échange un avis tout à fait neutre qui irait sans doute contre le sien. Elle était en fait trop honnête, voulait tout de même laisser une chance à l'ancienne Geisha. Si Saya parvenait à la toucher du bout de sa lame, elle parviendrait à se faire une place dans l'armée. Du moins, elle pourra s'y essayer.

La jeune guerrière posa ses deux yeux d'or sur la cascade de jais de son aînée avant de lui rendre sobrement son salut. A ses côtés, le Taii Koda Junpei fit de même.

"Koda-Taii, Chizuru Saya. Chizuru-san, Koda-Taii, venu grâcieusement arbitrer notre échange. J'espère que cette mesure de mon chef ne vous dérange pas ?"
"Vous êtes bien courageuse, Chizuru-san. Peu aurait osé affronter un Taii pour prétendre au titre de samouraï."
"Mais c'est là bien trop peu, je le crains. Vous le constaterez par vous-même au milieu des autres soldats...Si d'aventure, vous parvenez à me blesser."

Le grand Taii Koda Junpei se gratta la nuque en riant nerveusement. Pour avoir été dans sa division, il savait ce que Riyu avait traversé à son entrée dans l'armée. Les femmes n'y étaient pas souvent les bienvenues, malheureusement, et les hommes bien nés s'en donnaient à coeur joie pour un peu d'orgueil.

Mais il y avait aussi autre chose. Ce duel n'allait rien refléter de ce que Saya aura à accomplir une fois intégrée à l'armée. Il ne suffisait pas d'être forte et de bien manier ses armes pour s'y sentir bien, non. Il y avait bien d'autres qualités et traits à acquérir au préalable. En réalité, personne ne pouvait s'y préparer.

"Bon, nous avons un duel à disputer, n'est-ce pas ?"


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MessageSujet: Re: Lame soeur ou lame innée ? (PV Kasuga Riyu) Mar 14 Fév - 9:49

Je m’incline une nouvelle fois lorsque l’héritière des Kasuga annonce la présence de l’un de ses confrères en tant qu’arbitre. J’attends que tout le monde parle pour prendre la parole et répondre à sa question.

- C’est un honneur et un privilège pour moi de rencontrer tant de valeureux guerriers en si peu de temps. Je suis d’autant plus ravie que quelqu’un puisse assister à notre duel. Vous me flattez en parlant de courage, je me considère surtout comme déterminée à tenir une belle promesse... J’espère surtout ne décevoir ni mes proches, ni vous, Koda-Taii, ni Riyu-dono. La chance qui m’est laissée aujourd’hui, je tiens à la saisir à pleines mains.

Je ne tiens pas compte de la remarque de la jeune femme et affiche un sourire loin d’être naïf. Plusieurs fois, Isamu-Sensei m’avait prévenue des remarques qui me seraient adressées dans les rangs, de la vision des femmes sur la route des Samouraï fermés d’esprit. Je sais que mon intégration dépassera ce jour, qu’il me faudrait encore me battre contre des critiques injustifiées et des avances déplacées mais j’en ai déjà fait les frais et je me sens déjà prête à commencer cet affrontement-là. À présent, reste à prouver ma valeur en tant que lancière pour mériter d’endosser cette responsabilité héritière d’une maîtrise familiale et traditionnelle. Je veux évincer la naïveté dont j’ai pu faire preuve et me battre avec sérieux afin de devenir une personne accomplie, entière.

Plongée dans cette vision des choses, je pourrais laisser la fille d’Isamu-Sensei commencer cet affrontement, m’envahissant d’un seul coup de lame. Consciente de sa technique et son adresse ainsi que de sa puissance, je me contenterais dans un premier temps d’esquiver ses assauts pour évaluer dans quelle mesure j’arriverais à l’atteindre si d’aventure je m’en pensais capable. Une fois les rares ouvertures repérées, je manquerais d’échouer, victime d’un coup transversal très habile et rapide. Trébuchant de surprise suite à ce coup plus puissant que je ne penserais, je roulerais sur le côté pour éviter le coup « fatal » et mon échec définitif, puis j’attraperais la cheville de la jeune Taii de mes deux pieds pour lui faire perdre l’équilibre.

À son tour prise au dépourvu, la guerrière pourrait esquiver facilement mon propre coup vertical, grâce à son expérience plus importante et reprendrais de la distance pour se faire croiser nos lames. Moins impressionné par la force de l’impact que par la fluidité des échanges, Koda-Taii fermerait sa bouche pour avoir l’air plus digne et guetterais l’arrivée de cette issue que j’attendrais à mon tour avec impatience. Me retenant de sourire de plaisir et de bonheur d’affronter une Samouraï si impressionnante, je fondrais à nouveau sur elle, le regard transpirant la fougue de mon défunt aimé, celle qui m’a transmis lors de tous ces moments communs.

Il pourrait se passer tout cela – je ressens tout comme si c’était le cas d’ailleurs – et, à force d’y penser, j’oscille entre rêve et réalité, ne sachant pas s’il s’agit d’un combat intérieur ou existant aux yeux de tous. Dans l’un ou l’autre cas, l’adrénaline me pousse à me réveiller pour me confronter à celle qui détient mon sort entre ses doigts. Elle peut le laisser filer ou l’emprisonner à jamais : telle est la décision de Kasuga Riyu.


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MessageSujet: Re: Lame soeur ou lame innée ? (PV Kasuga Riyu) Dim 5 Mar - 22:16


Sur ses dires, la jeune Riyu saisit une naginata d'entrainement dont elle vérifia l'équilibre, et satisfaite, vint sur les tatami se positionner afin de débuter le duel. A présent plongé dans le regard azure de la belle, le sien s'aiguisa en retour, de défiance et d'orgueil. Saya était bien mignonne et si pleine d'espoir, elle ne semblait pas savoir réellement ce qu'était la vie d'un soldat, et de toutes façons, elle ne pourrait pas la vaincre. Ce fut ce que Riyu se dit lorsque Koda-Taii leva le bras et l'abaissa pour sonner le début du duel.

Le lieutenant n'attendit pas. Il attaqua de suite d'un coup qui aurait pu blesser Saya mais celle-ci l'esquiva habilement et elle continua ainsi en voyant clair dans son jeu. Si la jeune femme désirait déceler des ouvertures, elle allait être servie. Les coups de Riyu se firent un peu plus brouillons tandis qu'elle guettait la première attaque adverse. Saya prit alors son courage à deux mains et l'assaillit. Cependant, Riyu dévia son geste alerté pour asséner un puissant coup transversal et sourit alors qu'elle trouvait Saya à terre, presque à sa merci. Mais celle-ci, loin d'avoir dit son dernier mot, roula pour éviter le coup qui aurait pu mettre fin au combat. Le sourire convenu de Riyu s'effaça lorsqu'elle se sentit trébucher à son tour, gênée par les pieds de son adversaire. Elle esquiva cependant plus que facilement le coup de Saya qui lui avait laissé le temps de se préparer en se relevant, et retrouva ses appuis.

Celle qu'on allait appeler la dragonne ne se redressa pas de suite cependant et brandit sa lame devant elle en fondant sur Saya et en esquivant un autre de ses coups. Elle aussi évita de peu son attaque mais les deux jeunes femmes se retrouvaient maintenant dans des positions très instables. C'était à celle qui s'en sortait le plus vite et le plus loin. Riyu se dégagea de la prise par une roulade avant de se redresser et parer enfin un coup de Saya, sa naginata à l'horizontale. Elle fit ensuite basculer celle-ci pour que la lame de la belle glisse sur sa hampe et se retrouve au sol et la sienne contre la nuque de son adversaire.


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MessageSujet: Re: Lame soeur ou lame innée ? (PV Kasuga Riyu) Ven 21 Avr - 18:42

Tout est bien réel. Riyu-dono s’était préparée et m’avait regardée comme un insecte à écraser. En me présentant ici, j’ai troublé la tranquillité d’une noble Samouraï dont j’ai toujours entendu parler, simplement pour l’honneur et l’espoir. Celui que je ressentirai enfin lorsque ce combat propre et figuré sera terminé. Que ces yeux me lorgne d’une façon dédaigneuse ne m’affecte que peu et j’assume l’affrontement pendant les quelques premiers échanges. La certitude peinte sur le visage de mon adversaire s’efface tandis que je la fais trébucher. Ai-je une chance de gagner ? Je ne le sais pas encore.

J’y crois mais déchante vite quand la Taisa esquive mon coup, profitant de ma lenteur de redressement pour prendre du recul et fondre à nouveau sur moi. À nous admirer chacune, esquivant les attaques rapides de l’une et de l’autre, je me demande si Koda-Taii se questionne sur notre relation. L’on pourrait dire que nous sommes deux âmes se cherchant dans l’instant mais sans pouvoir se rencontrer, liées par un secret qu’aucune n’ose briser. Riyu-dono avait-elle entendu parler de moi ? Que lui avait dit son père ? Quelle image pouvait-elle bien tracer d’une femme légèrement plus âgée, veuve et désireuse d’intégrer les rangs ? Je m’étais personnellement attachée à l’image de cette petite fille qu’Isamu-Sensei me décrivait, bien que les détails restaient toujours pudiques.

Déstabilisée par mes souvenirs et mes interrogations, je perds une seconde l’équilibre, permettant à ma potentielle future supérieure d’esquiver et de prendre le dessus en parant mon coup. Elle réussit à faire glisser ma lame au sol et à diriger la sienne derrière ma tête. Essoufflée – de colère plus que de fatigue – je serre les dents et tente de gagner du temps avec quelques propos au son tremblants, aussi sincères que la frustration qui est mienne à l’instant.

- Je me suis battue longtemps, Riyu-dono. Peut-être pas avec des lames, comme vous. Mais je me suis battue. Contre les préjugés, contre des crises financières, contre le regard des hommes et cette beauté qu’on ne m’enlèvera pas, contre la mort de celui que j’aimais... Je ne suis pas ici sans penser à tout cela. Je me trouve devant vous en pensant aux enseignements de votre père. Car aussi sévère a-t-il été avec vous, aussi sensible il l’a été avec moi. Il a vite compris que mon esprit se trouvait dans mon corps mais aussi dans l’acier. Alors il m’a montré la voie... tout en m’aidant à trouver la mienne.

Je pousse un grand soupire et utilise la force de mes bras et de mes mains pour m’appuyer sur le manche de mon arme d’entrainement, dégager ma nuque de là et atteindre mon nagamaki en trois enjambées. Nourrie du seul désir de gagner, j’avertis Koda-Taii de ma prévenance en un coup d’œil et « plante » le fourreau de ma faucheuse sur le plancher du dojo pour atteindre ma rivale lancière plus rapidement. Elle pare ou esquive les différents coups d’estoc que je lui assène avec motivation et davantage de stabilité mais se retrouve surprise alors qu’enfin, je dégaine d’un coup sec, avec souplesse et après un tour sur moi-même pour éviter à mon tour l’une de ses feintes.

L’extrémité de sa naginata se retrouve à nouveau derrière ma nuque mais c’est les yeux écarquillés que je découvre le tranchant de mon nagamaki près à entamer le flanc de sa gorge. Nous sommes éloignées mais proches à la fois. Nos souffles se mêlent, nos émotions aussi et je me demande à l’instant si nos consciences le feront également un jour. Dans un même temps vient cette réflexion qu’est probablement la nôtre : est-ce une égalité parfaite ou l’affrontement doit-il continuer ?


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MessageSujet: Re: Lame soeur ou lame innée ? (PV Kasuga Riyu) Mer 7 Juin - 2:11


Le doré des yeux de Riyu rivé sur Saya à terre, qui s'expliquait, n'eut rien de chaleureux lorsqu'elle comprit que celle-ci ne s'avouerait pas vaincue. Il parut même glacial lorsqu'elle abandonna sa lame d'entraînement pour récupérer son arme véritable, signant par là et à jamais une franche inimité de la part de Riyu pour cette femme prête à tout. Saya avait choisi de confronter le métal contre le bois, elle montrait à Riyu qu'elle faisait fi d'une qualité pourtant indispensable à un samouraï : la loyauté. Et cela suffit pour la mener dans une colère monstre.

Dès lors, celle que l'on appellera la Dragonne se trouva incapable d'esquiver le moindre coup et transforma toutes ses parades jusque là amicales en violentes contre-attaques. Lorsqu'enfin Saya tira son arme de son fourreau pour en ficher la lame au côté du cou de son adversaire, Riyu ne fut plus maîtresse d'elle-même.

Folle de se retrouver en position de faiblesse face à une ancienne geisha, face à une insubordonnée et surtout d'avoir été trompée, elle allait fondre sur Saya et poussa un rugissement rageur. Mais ni ses griffes, ni ses crocs ne purent atteindre la belle. Le lieutenant Koda Junpei s'était interposé et immobilisa Riyu d'une prise assurée.

"Partez, Chizuru-san, à présent que vous nous avez prouvé votre force ! Partez, car contre la Fureur de ce monstre, vous ne pourrez rien ! Kasuga-Taii n'a rien raté de votre duel, elle réfléchira et reviendra vers vous lorsque son esprit aura recouvré un peu de raison. Mais je vous en prie, filez d'ici !" s'exclama-t-il en proie à la panique.


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Dernière édition par Kasuga Riyu le Dim 18 Juin - 18:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Lame soeur ou lame innée ? (PV Kasuga Riyu) Dim 18 Juin - 17:43

La haine. C’est ce que je vois en réponse à mon audace et mon impardonnable erreur. Si les yeux de la jeune Taisa avait pu virer au rouge, ils l’auraient fait à une vitesse proportionnelle à la colère exprimée. Surprise et affaiblie par l’énergie donnée pendant l’échange, je trébuche lorsque Koda-Taii s’interpose. Je réussis à me redresser par la force des mots qu’il m’adresse, bien plus conciliant que son homologue féminin, qu’il tente de contenir du mieux qu’il le puisse sur l’instant.

Je m’incline malgré tout, confuse comme jamais. Tremblante, je rengaine mon arme de prédilection et ramène également ma naginata avec moi, manquant de trébucher en loupant la marche dirigée vers la sortie du dojo. Mes chaussures à peine enfilées, je marche à une vitesse inhabituelle, provoquant la ruée de regards étranges sur ma personne, le temps que je sorte de la demeure pour me précipiter à l’extérieur.

Je profite du couvert d’une ruelle isolée pour m’effondrer à genoux, sans porter attention à l’endroit où je me trouve, demandant simplement pardon à tous ceux qui réussirent, dignement, à atteindre la place que je suis venue quérir comme une amatrice. Je ne peux que leur offrir mes larmes pendant plusieurs minutes, presque incapable de reprendre mon souffle. Et penser à mon défunt époux qui doit se cacher le visage de honte à l’heure qu’il est.

***

On me fait venir à l’aide d’une missive officielle mais je ne connais pas le nom de ce Taisa qui me demande audience. Elle fait pourtant suite à notre affrontement d’essai, comme il est stipulé sobrement dans le pli officiel que je reçois ce matin. Convaincue que mon avenir n’a plus de sens au moment où j’entre calmement dans le bureau, je suis à nouveau secouée par la présence de mon adversaire, que je reconnais même de dos.

J’attends alors tout de cet échange mais, surtout et avant tout, j’attends qu’on me demande de m’installer et qu’on me donne la parole. Puis je commence à parler, comme toujours, avec mes tripes.

Moshiwake arimasen pour mon impolitesse de l’autre jour, Riyu-dono. Je me suis laissée ronger par mon envie d’aller plus loin, de tenir cette promesse faite à mon aimé et d’honorer la mémoire de ceux qui voulaient atteindre ce rêve et cette ambition d’entrer dans les rangs ou d’y rester. Je vous en prie... pardonnez mon audace car je ne saurai subir le courroux d’une personne que j’ai toujours souhaité rencontrer et à laquelle j’ai toujours voulu confier mon âme combattante.

Vous faisiez partie de ma vie avant-même que je ne croise votre regard. Votre père me parle de vous. Derrière son armure, je peux saisir l’affection qu’il vous portera à jamais. Comme lui, j’ai été maladroite et je le suis encore en monopolisant la parole... Pourtant, ce n’est pas un caprice... Alors, je vous en conjure, Riyu-dono... laissez-moi... rester avec vous...


Je retiens furieusement un sanglot et m’incline le plus bas possible pour le dissimuler. Le reste de mon discours ressemble davantage à un chuchotement qu’à une véritable opposition.

Vous êtes tributaire de mon avenir et je sais que je n’aurais pas dû briser cette confiance que vous auriez pu placer en moi. Mais je l’ai fait... et j’ai prié Kasugami toute les nuits jusqu’à ce jour pour qu’Il vous murmure de me laisser évoluer à vos côtés. Je veux protéger Okaruto, servir notre peuple et je me suis battue toute ma vie pour cela. Mais vous rester la détentrice de la clé de cette porte...

Ma détermination s’évanouit derrière ma dernière phrase et j’attends, toujours inclinée, le verdict de celle que le monde nommera Dokugan Ryuu.


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MessageSujet: Re: Lame soeur ou lame innée ? (PV Kasuga Riyu) Lun 14 Aoû - 14:50


Aussi détendue qu'il lui est possible, Riyu fait face aux vastes jardins intérieurs de la caserne où une trentaine de soldats s'exercent, trop loin pour que les exclamations des sergents couvrent les paroles puis les murmures de Saya. Elle est l'inverse de leurs mouvements parfaitement synchronisés et de l'image d'ordre qu'ils renvoient tous, presque débraillée. Un thé alcoolisé refroidit sur sa droite dont le contenant est à moitié rempli et ses cheveux cascadent sans prise sur ses épaules couvertes d'un keikogi et encore adolescentes, leurs ondulations améthystes s'amassant en glissant sur ses fesses puis sur le parquet brillamment ciré.

Riyu a dix-huit ans mais déjà le poids des responsabilités et de celles des vies d'une division sur ses épaules. Elle est très vite devenue Taii, un an tout juste après avoir rejoint les rangs de l'armée et n'est pas fière de cette promotion à laquelle elle a accédé pour la protéger, sans doute.  Aussi, elle reste peu assurée et a besoin de soutien de la part de ses aînés. Ce jour-là, elle est bien loin de l'image inflexible et arrogante qu'elle fut devant Saya, qui n'est que le résultat de son éducation dont elle débute seulement la remise en question.

Suite au discours pathétique de Saya, Riyu fait peser le silence quelques secondes mais détachée, l'invite à s'asseoir à ses côtés en tendant froidement la main vers un plateau, sur celui-ci trône un thé encore brûlant et une missive. Elle s'efforce d'ignorer complètement ce qui suivit l'entrée de la nouvelle venue et précéda cet instant.

"J'ai fait part de notre...altercation à Fugaku-Taisa, l'héritier de notre Taisho." Dit-elle, une fois Saya à ses côtés. Après quoi, elle s'empare de son propre thé et fait mine de souffler dessus malgré sa fraîcheur, sans doute dans ses rêveries. "Il semble que ma colère et le traitement que je vous ai réservé ne lui aient pas plu, aussi l'égalité a été déclarée. Savez-vous ce que cela signifie ?"


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MessageSujet: Re: Lame soeur ou lame innée ? (PV Kasuga Riyu) Lun 21 Aoû - 20:38

J’ignore comment elle attire mon attention pour que je relève la tête. Mais j’y parviens et reste à attentive à chacun de ses mots, respirant profondément pour reprendre mon calme et m’approchant délicatement d’elle, comme elle me le demande. Un thé, une lettre et des mots qui ne tiennent pas compte de mes propos. Mes yeux restent grands ouverts sur le plateau de mon existence, sans que je n’ose envisager cette réponse que j’attends depuis des années. Je déglutis et tremble mais prends tout de même le risque de parler, puisque la Lieutenant me pose une question.

- Pour moi, cela signifie que s’il est une personne à blâmer dans cette histoire, ce n’est pas vous, Riyu-dono. Mais je ne suis encore pas grand-chose pour oser prétendre prendre votre défense. C’est pourtant que je voulais faire, défendre les autres. Vous faisiez partie du lot... vous êtes ma cadette et j’ai, quelques instants puis à l’aide de rêveries, imaginé pouvoir vous aider à accomplir ce qui vous semblait juste pour Okaruto.

Je suis naïve. Bien plus naïve que vous. Peut-être immature à vos yeux aussi. Mais si le verdict est posé... si un Taisa, fils de Taisho, l’a décidé et vous a jugée inadéquate... Il n’est d’autre choix que d’obéir. Mais sachez que, quoi qu’il en soit, je n’accepterai pas de l’entendre, tout cela ou de le clamer. Qu’on ternisse votre image alors que je suis venue vous demander audience et que cet affrontement vous a coûté... je ne le veux pas.

Alors si cette missive indique ce que je pense qu’elle indique, je me donnerai corps et âme pour parler de la guerrière de prestige que j’ai affrontée. Je parlerai de la façon dont elle a su préserver son honneur, malgré cette décision finale. Je vanterai cette jeune femme aux responsabilités immenses pour son âge et sa réputation de Taii, jusqu’à ce que Yokuni entier finisse par me demander de me taire.

Je vous respecte vraiment, Riyu-dono. Et si d’aventure je suis sous vos ordres ou sous les ordres de l’un de vos confrères, je vous en prie... prenons le temps de boire du thé ensemble, de lire des haïkus, de combattre pour ce qui nous semble légitime à défendre. Je ne connais de vous que ce qu’Isamu-sensei m’a dit mais j’aimerais connaître cette petite sœur que vous auriez pu être pour moi. J’ai tellement de choses à apprendre de vous.


J’en rougis d’émotion, mes billes azur ne se posant même plus sur le courrier que je suis sensée lire. Chamboulée, face à un déni immense alors que mon rêve se dessine devant moi, je pose mon regard fébrile sur le tatami puis sur la Taii, incrédule et complètement perdue.

- Est-ce que cette égalité... me fait intégrer les rangs des Brumes ? demande-je, comme si la réalité m’échappait.

HRP :
 


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MessageSujet: Re: Lame soeur ou lame innée ? (PV Kasuga Riyu) Ven 1 Sep - 18:03

Sans broncher ni donner quoique ce soit à voir, elle entend la voix de Saya lui assurer une nouvelle fois ses motivations. Elle se voit gardienne et sœur, grande sœur pour elle. Cela fait ricaner Riyu de sa propre faiblesse. Certaines blessures sont encore trop vives pour cette adolescente dans un rôle d'adulte responsable, mais au moins a-t-elle l'audace de se moquer de ses propres erreurs en les regardant en face. Elle s'abreuve d'une gorgée de thé froid et amer, puis d'une voix à la neutralité affectée mais à la fermeté indéniable, elle prononce :

"J'interdis quiconque de me protéger."

Les hommes, les aînés sont les mêmes, qui la voient comme une petite chose fragile qu'elle n'est pas. Si elle décide, elle souffre de ses propres choix, c'est le jeu et son orgueil de Kasuga lui dicte qu'elle ne peut dépendre de personne. C'est une question de principe, d'autorité aussi. Et elle raille en tendant le papier, cette nouvelle, à celle qui a du mal à la croire :

"Préservez votre honneur. Ce sera déjà une bonne chose, n'est-ce pas ?"

Saya avait dû rencontrer des goujats lors de son activité de Geisha. La pression du groupe les rendaient bien pire ici. Riyu le sait. Elle avait vu des fils de samouraï timides et humbles devenir trop soucieux voire obsédés par leur image auprès de la communauté, elle avait vu des femmes d'armes qui avaient jeté l'éponge, trop heureuse de se marier après quelques mois dans les rangs. Elle ose espérer que ce ne sera pas le cas de Saya après tout ce qu'elle lui dit et c'est sans doute pour ça que la petite Kasuga n'y prête qu'une oreille distraite. Enfin, elle avait vu son supérieur la nommer Taii pour la protéger.

"Les hommes sont persuadés qu'ils valent mieux que nous. Et ceux qui se croient ouverts d'esprit sont les pires. Ne leur donnez pas l'occasion de penser à votre place ou vouloir vous protéger. Si vous êtes ici, vous n'êtes pas dénuée d'intelligence ni de force et surtout pas un poids pour vos confrères, vu ? C'est là tout ce que je vous demanderai en tant que supérieure."


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