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 Neige qui tombait sur nous deux - Es-tu la même Cette année ?

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Fukyuu Kanzen

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Taii

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MessageSujet: Neige qui tombait sur nous deux - Es-tu la même Cette année ? Mer 15 Juin - 18:50

1er jour du mois du Bœuf, an 34 après l'Enfer Écarlate.

Une estafette inter-clanique apporte son message parmi d'autres, mais celui ci apparaît au milieu des rouleau de papiers, distinguable par la richesse de son écrin et sa couleur sombre comme la nuit au milieu de cet océan nacré. Le pli, enroulé proprement dans un tube d'onyx traité et lissé, est d'une finesse rare, si bien qu'il est maintenu d'un simple fil blanc, entouré par ce dernier sans même qu'un nœud n'ait été fait pour en retenir l'ouverture.

Odeurs mêlés d'une huile florale et fruitée émanent du courrier avant même son ouverture complète et libérée du lien étrange le ceinturant. Ce dernier détaché, le message se révèle, un soin sans commune mesure apporté à l'assemblage des mots dont chaque trait apparaît comme travaillé au cas par cas à l'image de la chorégraphie d'une danse, en souplesse et sans accroc. Le style est cursif, ondoyant, mais net et précis dans le même temps alors que se révèle la nature des mots que contient le document :

Fukyuu Kanzen a écrit:
O'hayô gozaimasu, perle de neige autrefois nommée Suzu et devenue Bara.

Il n'est rien dans mon départ que je ne regrette pas et il aura fallut quelques jour à mon courage pour  m'offrir la capacité de ces premiers mots que je t'adresse. Les enfants de Raijin ne se rende pas compte et ne le verrons certainement jamais, mais la seule chose que Fukyuu leur a envoyé pour apaiser leur crainte n'est qu'une enveloppe de chair vide et je rend grâce à leur climat sans cesse orageux, les trombes éternelles d'eaux inondant leur sol me permettent de garder la pudeur des larmes que je ne cesse dorénavant de laisser s'échapper. La porte que j'ai faites coulisser, coupant ton image à mon regard, aura tranchée nette mon âme qui ne se résolu jamais à te quitter ce soir là. Pour autant, je ne tiens pas à entacher l'accueil qu'il me fut fait en ces terres, il serait indigne de transmettre le moindre déshonneur, car il n'aurait rien de fondé. En vérité, dès mon arrivée, je fus immédiatement mené et logé à Geki, au sein même du château Ame dont les murs n'ont rien de pareil à ma connaissance.

Oh, Suzu, si tu voyais cette cité ! Bâtie à même la roche de la montagne, le Palais domine une ville qui m’apparaît comme s'étant construite au fur et à mesure autour de cette forteresse et ses habitants ont fini par l'entourer d'une enceinte que même les plus terribles cauchemars ne pourraient pas imaginer créer l'armée capable de la briser. Pourtant, malgré ce côté atrocement martial qui pourrait laisser voir le clan des foudres en un groupe de gens bien peu certains de ce que l'avenir leur réserve, ils s'avèrent spontanés et aimables en tout. Je devrais me sentir heureux d'être le sujet de toute les discussions de la Cour du Tigre depuis ma venue, mais je ne peux néanmoins pas m'empêcher de les voir traiter de ma personne comme d'un trophée. Leur prunelles s'émerveillent face à l'enfant du sang des dirigeants de leur voisin, me gratifient de compliments inavoués comme l'on avise un œuvre matérielle.

Je ne leur en tiens aucune rigueur, car c'est actuellement la seule chose que je peux leur offrir : l'apparence d'une représentation culturelle bien différente de la leur, d'un objet précieux arraché à son maître légitime. À ceux qui osent s'adresser à moi plus directement, je tache humblement de rendre gloire aux frontières qui m'ont vu naître, gratifiant les leurs d'un climat plus doux et avenant. Mais ces mots ne sont pas mes pensées. Kenshu est un domaine qui pèse sur mes épaules. Le temps y est lourd et les rayons des bienfaits d'Amaterasu y sont si rares… Les couleurs ne connaissent pas la même vivacité qu'en Ite où la neige transcende chaque ton chromatique au pinacle de leur possibilité. Mais c'est ainsi qu'est cette demeure et il me faudra m'y attacher un jour ou l'autre si je veux pouvoir à nouveau calquer l'humeur de mon cœur à celle que mon visage transmet. La seule chose qui attise quelque peu mon intérêt est celui que ces gens ont pour nos traditions.

Ils n'ignorent pas leur propre faiblesse à ce sujet, leur passé fragmenté s'impressionne face à nos us solidement ancrés dans l'histoire de Yokuni et je ne peux me montrer qu'enthousiaste en leur narrant les beautés du territoire du Centre. Les mots m'auront manqués pour traiter comme il se doit la tienne, mais ils ont su suffire pour les faire douter jusqu'à ton existence, car alors que je ne faisais que tenter de dépeindre tes traits de mes misérables termes, un courtisan aura juré que je traitais de Konohana no Sakuya Hime elle-même. Il ne pouvait pas se rendre compte à quel point se trouvait loin de la vérité… Il n'est nulle Déesse capable de rendre grâce à la comparaison de ce que tu incarnes. L'on m'a déjà convié à la visite d'une okiya et les fleurs de ce pays n'ont pas à se sentir honteuses de leur charme. Mais bien loin de ces dames sont celles de Hateku. La musique des murs qui t’abritent me manque, les chants de Rin et avant toute ces choses, celle que doit nommer Bara à présent.

Je t'en conjures… Racontes moi celle que tu es devenue après mon départ, la fête qu'il te fut donnée et les honneurs que tu as reçue. Décris moi ces jours et les joies que tu as ressenties et pardonnes moi de ne pouvoir t'en transmettre que peu en retour. Car dans ce monde qui m'entoure, il ne m’apparaît aucune lumière ternissant l'éclat de la rose des neiges d'Ite.

À la faveur de mes nuits de sommeils où je parviens à retrouver tes sourires, les lignes du masque de tes expressions et la mémoire du son de ta voix.

Celui qui n'est plus qu'une ombre, flocon parmi les gouttes de pluies et le tonnerre.
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Hateku Bara

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Geisha

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MessageSujet: Re: Neige qui tombait sur nous deux - Es-tu la même Cette année ? Dim 24 Juil - 22:36

La réponse de Bara à la première lettre de Kanzen ne se fit guère attendre. Dans la joie de le retrouver par écrit, mais aussi dans la peine de le savoir si loin, elle avait particulièrement soigné  sa calligraphie qui était irréprochable. Ses signes nets et parfaitement alignés trahissaient la longueur de l'exécution de cet exercice. La rigueur et la concentration transparaissant dans ces caractères donnaient un cachet particulièrement intéressant à ce premier pli : comment ne pas deviner la teneur des sentiments d'une jeune femme transie rien qu'au premier coup d’œil ? Il fallait être aveugle ou illettré…

Un soin important avait été porté également dans le choix du papier et de l'encre, ce qui témoignait de la haute distinction du destinataire, et du profond respect voire de l'admiration que lui portait l'expéditrice. Mais ce qui devait le plus trahir les sentiments de la jeune femme, outre tous ces minutieux détails, résidait sans doute dans le fait qu'elle avait joint à cette lettre une fleur des neiges séchée et très bien conservée. Une attention très personnelle, qu’elle ne se serait sans doute pas permis si le destinataire n’avait pas été Kanzen. Cette fleur venait directement du jardin de la maison Hateku ; mais seuls les visiteurs réguliers et habitués auraient pu faire le rapprochement. De plus, un fin ruban liait le papier, sans doute de ceux que portent les jeunes femmes de l'âge et de la caste de Bara.

Voici à quoi ressemblait le pli de l'extérieur, une fois sorti de son écrin. Pour ce qui était du contenu, voici ce qu'on pouvait y lire :

Citation :
“Tu ne peux pas savoir à quel point j’ai pu être ravie de te lire, Kanzen, doux chien blanc. J’imagine que tu manques autant à ton clan que ce dernier peut te manquer, et je suis navrée de tous les regrets dont tu me fais part. Le temps de la déchirure qu’a provoqué ton départ n’est toujours pas passé, et je peine à savoir que tu souffres de la même manière … J’espère que le sacrifice que tu représentes parviendra à apaiser les tensions diplomatiques et politiques, même si j’avoue m’y connaître bien peu, et ne pas tout savoir de ce que cela implique ...

Néanmoins, il apparaît que ton voyage s’avère intéressant d’après tes lignes, au moins peux-tu maintenant te rendre compte des différences et des clivages intervenant dans les relations entre nos clans … Je ne sais pas si c’est une chance, mais au moins ça doit avoir le mérite de répondre à bien des questionnements. Pour ma part, comme tu le sais, je n’ai encore jamais eu l’occasion de beaucoup voyager, et je ne crois pas connaître ne serait-ce qu’un seul enfant de Gekigami pour le moment. Aussi c’est avec plaisir que je voyage en esprit et m’imagine les contrées douces des terres de la foudre, en relisant ta lettre.

Tu sais, Okâsan a organisé la cérémonie du Mizuage le surlendemain de notre rencontre. Je n’ai donc pas beaucoup eu le temps de me remettre de ma perte … Mais moi aussi j’ai donc été un peu dépaysée quelque part, car me voici officiellement geisha. La vie de geisha est bien différente encore de celle de maiko. Mais laisse moi d’abord te raconter comment ça s’est passé : nous étions juste deux à passer ce petit rituel. Moi et ma soeur Yue-chan, avons eu le plaisir d’être intronisées en même temps. Nous avons dû revêtir un kimono de cérémonie, qui est beaucoup plus lourd à porter que nos kimonos habituels, aussi nous n’étions pas vraiment libres de nos mouvements ! C’était assez drôle, mais nous n’avions jamais été aussi bien apprêtées de notre vie. Nous avons néanmoins dû effectuer une danse traditionnelle, en la présence de notre petit public d’invités. Nos chignons ont été faits par Okâsan elle-même, et elle nous a offert de nouvelles épingles très colorées, assorties à nos tenues. C’est Rin qui m’a maquillée, et qui m’a aidée à choisir mes accessoires. Nous avons bien ris, en faisant divers essayages. Des clients privilégiés ont été conviés, et une grande fête a suivi notre cérémonie. Je portais un kimono rouge, brodé de petites grues et de fleurs de cerisiers. Yue-chan portait un kimono bleu ciel, car elle est un peu plus âgée que moi. Sur le sien, il y avait un grand motif d’arbre de pin. Elle était très belle ! C’était bien … Je pense que tu aurais apprécié, bien sur !

Ensuite, j’ai obtenu mon col de geisha, on m’a attribué aussi une nouvelle chambre, je ne suis plus dans le grand dortoir. C’était un peu triste, d’ailleurs, mais maintenant je reconnais tout le confort que procure un tel changement. Depuis le mizuage, j’ai eu quelques premiers clients sans Rin pour m’épauler. C’était assez intimidant au départ, mais maintenant je trouve ça beaucoup mieux. Okâsan me fait entièrement confiance et me confie même des soirées en la compagnie de personnages importantes du clan. Souvent je me dis “Peut-être Kanzen le connaissait-il ?”. Parfois, je sais même que c’est le cas.

Bientôt, de grandes festivités auront lieu pour fêter l’anniversaire de l’ouverture de la maison Hateku : du coup tout le monde s’affole un peu et papillonne pour préparer cela au mieux … J’aurais sans doute le loisir de te raconter tout cela également ? Comme ça … Une part de toi reste ici quand même. Du moins c’est ce que je me dis, pour me consoler de ton départ.

Mais d’abord réponds-moi s’il-te-plait, j’ai hâte de comprendre un peu mieux comment s’articule ta nouvelle vie, et d’en découvrir plus sur les coutumes du clan des foudres.



Ton humble servante, impatiente de te lire à nouveau …
Hateku Bara”

Comme à son habitude, Bara n’aura pas manqué de dessiner une fleur fleurie dans le bas de sa lettre, avec de l’encre noire.


L - M - M - J - V - S - D



.:♫♪ Thème ♪♫:.

Hateku Bara
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Fukyuu Kanzen

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Taii

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MessageSujet: Re: Neige qui tombait sur nous deux - Es-tu la même Cette année ? Jeu 18 Mai - 9:13

5eme jour du mois du Tigre, an 34 après l'Enfer Écarlate.

Reçue si vite, la réponse de celle qui incarnait la seule lumière concevable de son existence le sorti de la torpeur dans laquelle son esprit se versait tandis que son corps avançait inconsciemment. Il avait tant lu le pli qu'il en connaissait chaque mot et chaque caractère par cœur, si bien qu'il ne le relisait plus que pour le plaisir esthétique des traits minutieusement posés des mains de la gardienne de son cœur.

Si le ton du courrier s'était avéré pragmatique de prime abord, il n'avait pas été aveugle à la façon dont elle avait soigné chaque tracé, le rassurant comme le peinant du sentiment égal au sien qui existait au sein de l'artiste accomplie qu'elle était devenue. Autant que cela, sinon plus, les attentions apportées à l'écrin qu'elle eut produit n'eurent pas manquées de l'émouvoir au plus haut point. Au bord de son écritoire se situait toujours encore la fleur séchée reposée sur un ruban savamment plié.

À son tour, il ne lui fallut qu'un temps infime pour procéder au message qu'il lui enverrait en retour, quand bien même un mois supplémentaire seulement était passé en Kenshu et qu'il n'eut rien vécu d'autre que des accueils dans les cours de la foudre. Pourtant, il n'eut aucun mal à sa rédaction, ses propos s'enchaînant sans le moindre effort de sa part, sa seule inspiration se trouvant être la destinataire de sa lettre.

Ainsi, sans se départir de son style tout en courbe pareil au précédent, la réplique qu'il fit prit place sur un rouleau de papier de riz immaculé qu'il enferma dans une boîte laquée crème sur laquelle des motifs de roseaux fait d'encre nuit et carmin étaient représentés sur chaque angle, tous de tailles variables. Un velours satiné remplissait le contenant duquel les fragrances des dernières fleurs du printemps s'échappaient en un bouquet imaginaire sans le plus petit accroc. Passé l'emballage choisi consciencieusement, c'est ainsi que ses termes se laissèrent découvrir :

Fukyuu Kanzen a écrit:
O'hayô gozaimasu, rose parmi les œillets du bouquet de la maison Hateku.

Une lune uniquement n'aura su guère changer mes esprits après les mots qui furent les miens couchés sur mon premier écrit à ton attention. Mais de recevoir ceux passés sous ton propre trait fut un regain, un ressourcement inespéré, l'éclat soudain d'une radiance déchirant jusqu'au cieux éternellement couvert de ces domaines. La nuit que je t'ai décris a cessé à l'instant même où ton pli me parvint, dans le même temps, j'ai pu constater les égards du Tigre à mon sujet, le cachet de ton courrier laissé pur et scellé lorsqu'il me fut remit. Je ne m'attendais pas à cette confiance ou cet honneur. Je ne sais cependant pas si je manque aux miens sinon à celle que je ne connu qu'un jour, il me semble déjà depuis une éternité, dans cette okiya que je n'oublierai jamais.

Je conçois un ami cher dont l'absence est un fléau à mon cœur autant que de ne plus pouvoir qu'imaginer ton visage sans me consoler du fait qu'un jour, je puisse le revoir de nouveau. Pleure-t-on la disparition de Kanzen, de la branche secondaire des Fukyuu à la cour d'Ite ? S'attriste-t-on du vide laisser par le chien blanc en Miyuki, au sein de la légion qui le comptait parmi ses rangs ? Est-il une autre personne que Bara, rose des Hateku, que mon oubli affecte ? J'espère recevoir les messages d'un frère et je dois avouer que mis à part lui et celle qui garde mon âme à ses côtés, il est peu d'êtres en ce clan qui m'a vu naître à propos desquels je puisse jurer incarner une part aussi importante que, une fois soustraite, on en vienne à se rendre compte qu'elle n'est plus là. Mais qu'importe, tout cela m’apparaît futile au vu de ma joie de parcourir ainsi tes mots, de retrouver un fragment de cette jeune femme que j'eus laissée derrière moi et auprès de laquelle reposent les fondements même de mon être.

Si mes hôtes le permettent un jour et que ta demeure n'y voit pas de mal, je souhaiterai pouvoir te faire venir en ces lieux, ceux de cette nouvelle vie, ce monde que je découvre, si différent et étrange. Ce sont nos voisins, mais je dois t'avouer qu'il est peu de chance de trouver plus éloigné de notre façon d'être que celle des gens de Kenshu… Ils possèdent néanmoins leur charme et une certaine amabilité que je ne serait pas attendu à trouver auprès de serviteur de choses comme la foudre ou le fauve qui leur sert de totem. Quoiqu'il en soit, je tâcherai dans mes prochains courrier de te décrire par le menu chaque province, ses détails, leurs coutumes, afin de t'emmener à mes côtés en pensées tout du moins, de t'offrir ce voyage que j'aurai tant aimé te faire vivre autrement que par de simples termes…

Je t'imagine lors de cette cérémonie, si différente et pourtant la même Bara que j'eus aimé cette nuit là, danser dans ces atours merveilleux et pourtant si lourds. Puis-je m'amuser de ce fait ? De penser que malgré ta peine à te mouvoir, tu exécutais avec grâce le moindre de tes pas et qu'en toi brûlait la fierté et la pleine joie de ce moment ? C'est en tout cas ce que je ressens à la lecture de tes divins propos. De toute évidence, apprécié est loin du mot que j'aurai utilisé pour décrire le spectateur que j'aurai incarné si j'avais pu être présent. Car ce que tu me dépeint me laisse sans voix. Je ne pense pas que j'aurai pu me montrer un juge objectif au sujet de Yue-chan si tu te trouvais à la flanquer de ton infinie magnifiscence.

Je pourrais te décrire le sourire que tu provoques sur mon visage, sans même le voir, quand tu me dis penser au fait que je puisse connaître l'un de tes chanceux clients. À cela je répondrai que je passe mon temps à vouloir corriger mes guides, lorsqu'ils me décrivent et je cite « les plus magnifiques splendeurs de Yokuni » en désignant certains panoramas, œuvres ou même en me parlant de tes pairs de Raimei… Leur ignorance de ton existence est le seul pardon que je trouve à leurs errances.

Enfin et pour répondre à ta question… Je ne fais pour le moment que passer mon temps de cour en cour, présenté à ces seigneurs et dames étranges qui forment la haute société des Orages. J'y conte le souvenir de mes terres, des monts infinis de Yama, des ports grandioses de Mashiro, de la dureté du climat que nous bravons chaque jour, exagérant le trait volontairement pour que chacun des disciples du bœuf leur paraisse un héros de légende… Mais aussi de la plus belle richesse des terres des glaces, dont la seule vu éclipserait le plus vaillant des éclat d'Amaterasu en personne. Je vois dans leur regard l'envie d'être un jour mis en présence de ce joyau… Et il est des chances qu'un jour, en un disciple de Gekigami, tu y trouves l'une des ouailles auxquels j'aurai prêché ta lumière et que dans ses yeux, tu y décèles les miens et ce regard qui n'appartiendra jamais à autre que toi.

Je me consume déjà de l'attente de ton prochain courrier, simple carré de papier parvenant à me faire revivre, moi qui me croyait perdu. Je veillerai à visiter autant qu'on me laisse le faire ces terres pour t'en décrire la plus petite parcelle, mon aimée.

Celui qui s'élève à nouveau, glace éternelle bravant l'orage et ton plus dévoué admirateur, Fukyuu Kanzen.
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Hateku Bara

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Geisha

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MessageSujet: Re: Neige qui tombait sur nous deux - Es-tu la même Cette année ? Dim 21 Mai - 20:42


La réponse de Kanzen à sa lettre offrit encore davantage de joie peut-être à la geisha que lorsqu’elle avait reçu son premier pli depuis son départ. On pouvait assurément l’expliquer par le fait que la jeune geisha avait été bloquée dans une attente atroce, en postant sa réponse, un jeu appelé “patience”, auquel elle avait pourtant été par maintes fois coutumière dans d’autres cadres et pour d’autres choses, mais auquel il avait été bien difficile de jouer cette fois-ci. Plusieurs fois, la Rose avait pleuré en silence, mélancolique et nostalgique du temps trop court qu’ils avaient passé ensemble, et qui lui semblait déjà si lointain.

L’infini soin qui avait été porté à l’écrin prouvait une fois encore l’affection que le Chien Blanc pouvait porter lui aussi à ces échanges, et cela la réconfortait dans cette situation étrange qui ressemblait forcément à un amour impossible. Ce qu’on pouvait lire dans les contes et les légendes et qu’on trouvait romantique, elle trouvait en fait cela douloureux et compliqué. Mais le fait même d’ouvrir cette magnifique boîte pleine de ces douces attentions effaçait le moindre de ses questions comme s’il n’y en avait jamais eu.

Aussi, en lisant ces traits qu’elle avait mille fois imaginés, plusieurs sentiments s’emparèrent de son coeur fragile. Un bonheur sans précédent, bien sur, un regain d’amour et d’affection, forcément, mais aussi une tristesse éternelle en lisant et relisant encore les dernières phrases de l’écrit. Elle était due au fait qu’elle savait pertinemment que la prochaine serait aussi longue à obtenir, ce qui lui était assez insupportable. Mais c’était tout naturel compte tenu des sentiments que l’artiste continuait de nourrir pour lui malgré ces maudits kilomètres de distance. Elle prit ceci dit immédiatement le temps de lui répondre, comme si elle pouvait par cela compresser un peu plus le temps d’attente et faire revenir à elle d’autant plus vite d’autres doux mots de son amant d’une nuit :
Hateku Bara a écrit:

Bonjour à toi, Ô gardien de mes rêves les plus doux,

Comme j’étais impatiente de lire tes mots et comme longue fut l’attente ! Mais comme rapide fut la lecture ! Je ne m’en lasse pas et continue de la relire même en te répondant. J’aurais tant aimé pouvoir avoir ces discussions palpitantes avec toi de vive voix … Tes traits et tes mots ont consolé mon coeur meurtri de ne pas pouvoir te voir. Je suis heureuse de savoir que les mots que je te porte à mon tour ne seront pas trahis par des regards espions ou curieux, et que les membres du clan Kenshu sont dignes de confiance et te traitent bien.

Sache que partout, on m’a parlé de toi, dans la rue, à l’okiya. Les gens ont rapidement réagi à la nouvelle de ton départ, beaucoup n’étaient et ne sont tout simplement pas au courant de ta mission. D’autres te plaignent en disant que l’éloignement de tes terres, en tant que membre de la famille Fukyuu, est un lot bien trop dur à endurer. Et je les rejoins bien volontiers car même si l’attrait que l’on peut avoir à la nouveauté est grand, il ne peut compenser sûrement le manque et le mal du pays. Ceci dit j’ai foi dans le fait que cette décision puisse aider les intérêts de notre clan, en tous cas c’est ce que j’espère de tout coeur afin que ton exil ne soit pas vain.

Je suis flattée de lire que tu peins un tel portrait de moi aux fils de la Foudre, et je promets, si j’en croise un, d’honorer les promesses que tu leur as faite en étant à la mesure des qualités que tu leur as conté ; du moins autant qu’il m’est possible de le faire ! Tes attentions me vont droit au coeur. Il n’y a que toi qui puisse me rendre si grande quand je me sens si petite.

En effet j’ai commencé à devenir totalement indépendante à et à me construire ma propre clientèle mais je dois bien avouer que pour l’instant l’entreprise est compliquée et me semble certains jours beaucoup trop vaste pour une personne de si peu d’ambitions. Mais d’autres fois je repense à notre nuit et à combien elle avait put être parfaite, et c’est en cela que je puise la force de remonter de nouveaux défis.
La fête d’anniversaire de l’okiya fut grandiose et c’est là que je connus une bonne majorité de mes clients actuels par ailleurs. Tout le quartier des plaisirs s’est joint à nous pour festoyer, aussi les rituels, cérémonies et festins durèrent trois jours et trois nuits entières ! Peux-tu te figurer cela ? Bien sûr chaque année, Okâsan redouble d’efforts pour rendre cela encore plus mémorable, alors à chaque fois je reste impressionnée. Les différentes okiya se sont associées cette fois pour donner quelques concerts ensemble, afin de faire découvrir nos nombreux talents à tous les notables conviés. C’était intéressant de pouvoir travailler avec des personnes -nos concurrents, en soit- que je ne côtoie habituellement que dans un cadre plus personnel par simple courtoisie.

Mais ta vie me semble assez saisissante également. Pour tout te dire, je rêverais d’aller un jour comme ça de cour en cour pour rencontrer les plus grands noms de notre clan. J’imagine que c’est quelque chose d’assez commun pour toi. Je ne doute pas que tu sais mettre suffisamment en valeur nos propres coutumes, climat, et paysage, comme tu l’avais si bien fait d’ailleurs lors de notre rencontre. J’attends avec impatience donc, que tu me racontes les paysages ou les traditions de ce clan affilié au Tigre.

En espérant que cette nouvelle lettre puisse t’arriver comme un vent traverse les montages et comme un rayon de l’aube réveille tout en apaisant.

De la part d’une fleur qui fut fanée mais qui renaît grâce à toi, rayon de soleil bienfaisant.
Hateku Bara


Elle cacheta le papier soigneusement, le parfuma, et plaça l'ensemble dans une très jolie boite de bambou marqueté, avant de la faire envoyer dans l'espoir que la missive arrive au plus vite auprès de son plus cher destinataire.


L - M - M - J - V - S - D



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Fukyuu Kanzen

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Taii

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MessageSujet: Re: Neige qui tombait sur nous deux - Es-tu la même Cette année ? Jeu 13 Juil - 12:41

10eme jour du mois du Lièvre, an 34 après l’Enfer Écarlate

Elle répondait au moins aussitôt devait-elle recevoir les courriers qu’il lui destinait. De cela, il ne pouvait qu’en être certain alors que la boite de bambou marquée lui fut apportée. L’odeur qui se dégagea du colis alors qu’il l’ouvrit lui fit monter les eaux aux prunelles, mais il en contint cependant leur libération totale, bien décidé à ne pas abîmer le pli qu’il lu sans plus attendre après l’avoir déployé devant lui avec montre d’une infinie douceur, écho des gestes les plus doux qu’il avait eu pour son auteur.

Son sourire éclairait ses traits à mesure de sa lecture, retrouvant celle qu’il avait quitté après une seule et ultime nuit en sa compagnie, depuis déjà prêt de quatre mois. Pourtant, il aurait cru que des années déjà s’étaient écoulées tant elle lui manquait, elle plus que tout autre et dans le même temps, il lui suffisait simplement de fermer les yeux pour retrouver son visage, ses expressions, entendre sa voix et ses soupirs.

Ses lettres venaient parachever de le rasséréner, portant haut son port, le laissant digne et provoquait même bien vite le retour d’un feu qu’il aurait cru éteint pour toujours. Un simple regard sur ces missives lui permettait de marcher droit, de flamboyer tant et si bien qu’il n’ignorait plus les regards que les gens du Tigre portaient sur lui, fier de cela qu’il était devenu, de ce qu’il représentait et ceci uniquement du fait d’une jeune geisha des neiges située à près de deux cents kilomètres de lui.

Il se fendit d’un rire joyeux et imprévu qui le surprit lui-même, tout en allant à la recherche la jolie boite d’obsidienne achetée quelques jours auparavant sur les marché de Raimei et prévue à cet effet qu’il avait soigneusement rembourrée d’un carré de lin provenant de Raiu et qui possédait une étrange teinte azurée. Il ajouta à cela les feuilles méticuleusement séchée d’un poirier en fleur qu’il avait croisé et dont les effluves lui étaient apparues comme nouvelles, puis il s’installa à son bureau, débutant la course fluide et souple de son traits devenu coutumier à l’attention de celle qui incarnait sa seule essence.

Fukyuu Kanzen a écrit:
O’hayô gozaimasu, étoile parmi les cieux guidant chacun de mes pas dans la nuit éternelle,

Je comprend ton impatience, la partageant pleinement. Lorsque passent les trois premières semaines, j’en viens à ennuyer les estafettes de Geki que je peux croiser en me présentant à elles et leur demandant si elles n’ont rien pour moi. Certains de ces pauvres messagers m’évitent maintenant, je le devine, tant je dois les harceler parfois. Lire tes mots est une entreprise que j’exécute à maintes reprises après l’exercice de ma réponse pour toi, mais celle-ci est toujours immédiate, dès la première lecture, afin que tu puisses obtenir de moi la réaction la plus honnête et spontanée possible. Je pourrais répéter à chaque pli que je t’adresse combien tu me manque, combien l’absence de ton image peine mon cœur, mais je ne voudrais pas t’affecter par cette répétition… D’autant plus lorsque mon humeur se voit égayée tant et si bien par la venue de tes nouvelles. Je suis étonné de lire que mon nom puisse être prononcé en Ite… Moins à l’Okiya des Hateku, bien entendu où j’eus mes habitudes avant de connaître ta douceur.

Les fleurs de ta demeure ne connaîtront cependant jamais le Kanzen que tu eus connus et il est probable que personne ne verra plus cet homme là dorénavant, puisqu’il est toujours à tes côtés au moment où je t’écris ces propos. Je ne peux néanmoins que me montrer mélancolique alors, car le fait de penser que l’oubli seul viendrait après mon départ défendait les cœurs. Si une affection quelconque m’était portée, il ne fait plus aucun doute que, comme dans ton cas, elle se meuve progressivement en peine. Ô, Bara, comme je regrette parfois mon égoïsme de ce soir là, d’avoir souhaiter marquer un souvenir, laisser une trace de mon passage et blessé ton âme en procédant de cette façon, puisse tu me pardonner, car je ne le pourrai pas moi-même. Quatre mois seulement qui m’auront paru une éternité, j’entends parfois que l’on m’appelle le chien blanc, mais je ne puis rien réfuter à cela, car c’est dans l’obéissance et l’abnégation que j’ai suivi les instructions qui me furent données de quitter mes terres pour apaiser les foudres de nos voisins inquiets.

Enfin, tu embrases ma joie en m’apprenant cet événement grandiose, car il devait l’être. Je me souviens comme j’appréciais me promener dans les rues d’Ite à la faveurs de ces festivités, quand bien même il n’était pas bien vu que mon sang soit vu dans les quartiers des plaisirs. Je compte bientôt m’installer en Raimei, une cité que l’on présente comme la plus vivante de Kenshu et je sens avoir besoin de cela pour subsister. J’aimerai aussi reprendre l’art du fer aussi. Donner vie et forme à l’acier m’apaisait, me libérait et me faisait me sentir à ma juste place. Mais je doute que le Tigre, dans son amabilité à mon sujet, aille jusqu’à me laisser retrouver mes talents d’antan et me garde sous ses yeux comme le trophée que j’incarne. Peut être, une fois arrivé à la plate forme commerciale et culturelle du domaine de Raijin pourrais-je retrouver un peu de la beauté de ces fêtes que tu décris, quand bien même ce clan est affecté par sa jeunesse.

À la capitale, j’ai pu voir certaine danse que je n’aurai pas imaginer pouvoir admirer un jour. Si parmi les neiges, nous affectionnons chez les artistes autant la grâce que les parures… Il semble que cette seconde partie ne soit pas réellement la plus importante au regard des disciples du tonnerre. La peau visible ne les gêne presque pas, le climat des lieux aidant peut être, je dois avouer… Moi que l’on pointait du doigt en Fukyuu, me taxant d’excentrique alors que je me promenai, mon haut ouvert… Les danseurs des tribus nomades sont presque nus et leur façon de se mouvoir bien… évocatrices… L’esprit d’esthète en moi s’émerveille, mais je ne peux qu’avouer que l’enfant des traditions des glaces, lui, est brusqué. Je dois néanmoins avouer, à ma grande honte, t’avoir imaginée de la sorte, mes rêves s’en sont vu étrangement merveilleux alors. Quoiqu’il en soit, j’ose espérer que la fortune poursuive de te sourire comme elle semble le faire. Je vais pousser mon études des mœurs locales et tacherai de t’en transmettre les détails la prochaine fois.

Dans l’attente d’un allé et du retour de ton pli, puisque je ne peux pas le faire moi-même,

Celui qui s’éveille à ce nouveau monde qui l’entoure, poussé par la simple arrivé d’un courrier par Lune.
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Hateku Bara

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Geisha

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MessageSujet: Re: Neige qui tombait sur nous deux - Es-tu la même Cette année ? Dim 16 Juil - 21:37


A la réception de ce nouveau pli de celui qui l'avait délaissée depuis déjà bien trop longtemps, Bara eut presque du mal à contenir ses larmes de joie. D'autant que l'écrin était tout simplement splendide : la geisha se demanda même si tout Kenshu était ainsi emplie de trésors pour que Kanzen lui en envoie de la sorte. A l'intérieur, les feuilles de poirier sentaient encore la fraîcheur de la brise et la maturité d'un arbre en fleur. C'était un pur bonheur rien qu'au nez. Cela ne pouvait qu'encourager la jeune femme à vite lire son contenu pour se régaler d'autant plus des lettres si harmonieuses et appliquées du Chien Blanc.

Parcourant l'ensemble, elle ne pouvait s'empêcher d'afficher un sourire radieux. Si radieux que Rin qui passait par là lui adressa, moqueuse, une courte raillerie : "Ah, ça, c'est une lettre de ton cher et tendre exilé, ou bien je ne m'y connais pas !"

Bara qui détestait voir sa sœur adoptive s’immiscer dans son intimité lui envoya un coussin qui traînait sur son futon, avant de reprendre sa lecture une fois qu'elle se fut assurée que son Onesan avait bien déguerpi.

Ce ne fut qu'à la fin qu'une rougeur sans pareille vint réchauffer le visage de la geisha, gênée d'avoir inspirée quelques images échaudées au Kuge. Elle trouva néanmoins cette remarque assez drôle, et étouffa un petit rire dans son matelas, puis, son corps prenant presque le dessus sur ses pensées, elle s'empressa de se redresser pour aller s'installer confortablement pour écrire.

Les mots coulèrent tous seuls, comme d'habitude. Elle avait prévu d'utiliser cette fois une boîte bien particulière, qu'elle avait achetée à un marchand itinérant qui était passé à l'okiya. Elle avait jeté son dévolu sur un contenant nacré comme des coquillages. L'homme avait expliqué qu'il détenait sa propre composition pour obtenir cette laque assez spécifique. A l'intérieur, elle glissa quelques petites estampes faites à l'encre de Chine qu'elle avait composée récemment.

Hateku Bara a écrit:
A toi, dont les sourires et les pupilles irisées manquent à ma vue plus que tout au monde, bien le bonjour !

C'est encore avec un plaisir délectable que je lis et relis ton dernier pli. Il me semble que tu as finalement trouvé mon courrier, et y a répondu directement. Comme le temps est long quand on est dans l'attente ! Je ne le dirais jamais assez. Néanmoins comme la récompense est grande !

Je suis heureuse de lire qu'au moins, tu partages mes sentiments, même si c'est à des centaines de kilomètres d'ici. Tu ne peux pas savoir à quel point je me sens prisonnière parfois, à l'okiya. Heureusement, la pratique des arts aide à y voir plus clair et à trouver le temps moins long. Cela me sauve et me sauvera toujours, je pense. Rin est pour moi également une confidente essentielle, comme elle l'a toujours été. Il faut savoir compter sur ses alliés, ce n'est pas à un sang pur de la famille Fukyuu que je l'apprendrais j'imagine ! Je plaisante, mais assurément : ne pourrais-tu pas mettre en avant un peu plus ce nom justement, afin que l'on t'accorde les faveurs que tu mérites ? Je pense que tu devrais au moins pouvoir avoir le droit d'exercer ton métier favoris, et ils auraient bien tord d'ailleurs de se passer de tes talents. J'espère de tout cœur qu'ils te le permettront sous peu, si ce n'est pas déjà le cas.

Au fait, j'espère que ma lettre trouvera bien destination si tu changes de ville. Raimei ... J'entends parler de cette cité à chaque fois que j'entends parler de Kenshu. Elle a l'air tout simplement merveilleuse ! Bien que leurs coutumes soient bien étranges, à lire ce que tu me racontes. Des danses publiques, effectuées presque nu ? C'est incroyable ! Alors que nous nous parons toujours de plusieurs couches de kimonos ici. Et d'ailleurs, plus les couches sont nombreuses et épaisses, mieux c'est. Je n'essayerais même pas d'imaginer à quel point les mouvements doivent être plus fluides et plus amples, avec toutes ces couches en moins ! Sans quoi, je pourrais me faire à cette idée, et essayer par moi-même ! Je plaisante bien sur, mais ton idée m'a évoqué cette image que je ne peux trouver que bien comique. Comment ferions-nous, pour danser de la sorte, lors de notre long et rugueux hiver, ici, à Ite ?

Je t'envoie avec ceci mes dernières productions en terme d'estampes. Je les ai faites en pensant à toi et aux terres de Foudres, mais bien sur comme je n'y suis jamais allée, les paysages sont totalement imaginés et réinterprétés de ce que j'ai pu lire ou entendre. Dis moi ce que tu en penses ! Je pourrais en faire d'autres si tu me décris certains lieux que tu aimes. Je suis sure que les paysages du Tigre feraient de magnifiques sujets d'estampes.

Je prie toutes les fortunes que ce colis t'arrive au plus vite et dans le meilleur état possible,

Celle qui t'a connu bourgeon, qui pense à toi fleur et qui s'arme d'épines en attendant de tes nouvelles,
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Taii

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MessageSujet: Re: Neige qui tombait sur nous deux - Es-tu la même Cette année ? Lun 17 Juil - 17:53

20eme jour du mois du Dragon, an 34 après l’Enfer Écarlate

Il se serait vite habitué à recevoir un pli par lune qui passait, mais il n’avait pas été dupe sur le fait que son changement d’adresse perdrait probablement un temps donné la réponse qu’elle lui adresserait très certainement, car il était certain qu’en elle brûlait la même flamme qu’en lui, alors elle lui répondrait quoiqu’il advienne. Kanzen n’en fut pas moins rassuré en recevant la boîte laquée de la main de l’une de ses nouvelles suivantes.

Aussi pressé était il devenu, il en déballa l’écrin avec un soin sans pareil, ouvrant d’abord le boitier et étalant progressivement les petites oeuvres qu’il y trouva pour enfin sortir le rouleau emprisonnant les mots seuls capables de l’animer, quand bien même n’en connaissait-il pas encore la nature. Le kuge se perdit légèrement à l’admiration des estampes tout en déroulant la missive sur laquelle ses yeux d’ores et déjà embués se posa.

Plus d’une fois se prit-il à rire, doucement et sincèrement, comme jamais il ne lui était de le faire dorénavant que chaque expression ou presque passant sur son visage était feinte pour un auditoire curieux et fait de la crème de ce que comptait le clan des Foudres. Une fois terminé, comme à son habitude maintenant, il entreprit d’y répondre instantanément, afin qu’elle puisse goûter la primeur de ce qu’il ressentait, sans réflexion, sans préparation, à l’image même qu’il aurait pu donner si leur échange de courrier était une vaste discussion. Et alors même qu’il apposait les premiers mots sur le papiers, il la voyait à chaque fois qu’il clignait des yeux…

Fukyuu Kanzen a écrit:
O’hayô gozaimasu, souffle gracieux des neiges passant par delà les plaines foudroyantes,

Comme tu t’en inquiétais dans ton délicieux billets et le temps que tu devras certainement attendre pour pouvoir lire mes propre mots pour toi, les changements ont bien eu lieu comme je le prévoyais et me voici te parlant depuis ce que je ne pourrais plus considérer autrement que comme le véritable coeur du clan. Ainsi, laisses moi avant toute chose te parler de cette cité et de la province qui l’entoure, Raimei la sauvage. Car indomptée se trouve cette métropole s’étendant comme aucune cité de Fukyuu, fut-ce Ite elle-même, peut être même s’agit-il de la plus grande ville de tout Yokuni, je ne suis pas bien placé pour le savoir. Ses veines sans logiques se croisent sur de vastes avenues et les voies Impériales, chacune noire de monde ou presque, considérant le peu d’élus pouvant emprunter ces dernières là.

Il n’est pas besoin de voyager dans tout le territoire sous la tutelle de l’Empereur, Bara, mon aimée, il suffit de venir dans cette véritable fourmilière, rendez vous de tout ce qui sert notre régent Céleste. Fidèles du feu impétueux des Setsu, joyeux drilles venu échanger son précieux saké des brumes d’Okaruto, libre voyageur épris de distance des vents de Eiichiro… Et même nos flegmatiques et mesurés pairs des neiges… Toute les cultures ici se croisent, alors que nous nous trouvons si loin du centre de notre pays. Cela se voit jusque dans l’architecture, bien qu’à nouveau, je ne sois qu’un piètre profane en la matière… Mais je peux à présent bien situer où se trouve les courants issus des monts m’ayant vu naître et ceux des plaines frappées par le tonnerre de Kenshu. Je devine même que les hautes spires et pagodes que mon regard découvre parfois ne pourraient être que de l’origine d’une inspiration des disciples de Moegami.

Et si ce n’était que les murs… Les marchands étalent ici de tout venu de toute les directions, il suffit de faire un pas dans les places commerciales pour avoir l’impression de tout apprendre, de tout entendre et de tout voir des richesses que l’on peut trouver dans nos frontières. Ce n’est même pas tout… Car non loin des frontières séparant le Tigre du Boeuf de cette même province se trouve le Temple de Koumyou où l’on dit loger la voix même de Raijin. Tout ceci parvient à réveiller quelque chose, une passion que je pensais perdue. Kenshu brille par la ville même de Raimei et je ne peux qu’être heureux d’avoir fait le choix d’y loger et l’infinie gratitude qu’on m’ait laissé le faire, malgré mon statut et la proximité des sommets qui m’ont vu grandir. Pourtant, ceci n’est qu’une toile grossièrement peinte de cette contrée et je m’empresserai de combler les zones d’ombres au fur et à mesure de nos plis futurs, je te le promets.

Je me dois aussi de balayer une méprise qui aura trouvée naissance dans ma pitoyable narration, je dois l’avouer… Mais fort heureusement, les danses dont je te parlaient son privées ou du moins, conditionnées à la cour de Geki et d’autres riches demeures… Ces dames et messieurs agiles ne se donnant tout de même pas en spectacle à même les rues. Mais effectivement, il ne serait pas bon, outre le fait de heurter les bonnes moeurs de nos montagnes, que des artistes comme toi, les tiennes et bien d’autres soyez amenées à parer dans les rues tout juste vêtu de ces fins atours… Le mal aurait tôt fait de vous prendre et vous risqueriez d’être alités des mois durants pour le combattre… Que Ô-Oyamatsumi-dono vous en préserve. Comme tu me l’as conseillé, j’ai fait la demande pour reprendre le marteau et l’enclume… Le sujet est épineux à plus d’un titre et je comprends l’hésitation que j’ai pu lire dans les regards de mes différents interlocuteur à ce propos.

Cependant, on ne m’a pas répondu par des emphases polies pour me signaler que la chose serait étudiée en des temps plus mûrs ou que sais-je… Au contraire, j’ai décelé dans leur regard une véritable réflexion. C’est étonnant, désarmant même à quel point ces gens sont simples, directs, spontanés, parfois quelque peu rustres aussi… Mais devrai-je être étonné de cela lorsque l’on sait que l’éclair est leur élément tutélaire ? Enfin… Tout ces mots pour en venir enfin à ces cadeaux que tu m’as fait. Je ne peux que t’avouer que les larmes furent conviées à la délectation qui fut la mienne de redécouvrir ton trait. Tes premières ébauches de Kenshu sont des plus réalistes et je gages qu’à nous deux, avec mes descriptions et ton talent, le domaine de Gekigami prendra vie sous ta main divine. Je compte me rendre au Temple… Mon prochain courrier te permettra peut être de le visualiser pour le mieux ? Quoiqu’il en soit, mon coeur vibre aux tranches de vie que tu as à la demeure des Hateku… J’ai presque l’impression d’y être, de me tenir à tes côtés, rougir aux élucubrations de Rin… Soupirer mon amour à ton oreille…

Je prie déjà de pouvoir lire tes mots de nouveau et tâcherai d’apprendre par coeur ta précédente lettre en attendant.

Celui baigné de flocons que l’orage accueille progressivement en son sein d’une simplicité déconcertante.

Une fois signée, il enroula sa réponse et la noua de trois de ses cheveux qu’il vint retirer précautionneusement puis posa le courrier dans un rouleau sobre de bambou compartimenté. De l’autre côté de ce dernier, il glissa un sachet d’épices venu de Kousen dont on prêtait des vertues d’assaisonnement incroyable. Pour illustrer la chose, il s’amusa à dessiner un poisson, espérant que le mystère de sa représentation serait tout de même assez clair pour celle qui était tout pour lui.
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Geisha

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MessageSujet: Re: Neige qui tombait sur nous deux - Es-tu la même Cette année ? Jeu 10 Aoû - 17:02

Lorsqu'elle reçut cette nouvelle lettre, tout droit venue des terres de Foudre, la geisha s'empressa d'aller s'isoler pour la lire au calme, afin de ne pas être interrompue cette fois.

Lorsqu'elle découvrit les paysages somptueusement décris de la cité de Raimei,
elle n'eut plus qu'une envie : faire ses bagages. Dire adieu à l'okiya, à Ite,
et à tout ce qu'elle avait toujours connu. Elle savait bien que c'était impossible ...
Elle songea à sa dette. Une somme encore assez astronomique ... La jeune geisha ne faisait que commencer sa carrière à près tout. Elle se pinça les lèvres. Non. Elle devrait travailler dur avant de pouvoir rembourser Okasan. Mais pourtant !

Elle voulut prendre tout de suite de quoi écrire, pour partager sa frustration à celui qui la lirait et comprendrait surement.

Sa hâte se trahissait sans doute dans son écriture qui se voulait cette fois un peu moins soignée, mais Bara prit tout de même garde à ne pas tâcher le papier et à ce que l'ensemble soit harmonieux :

Citation :

A toi qui a fait de simple papier et encre un rêve toujours plus beau que le précédent,

Ta lettre m'a perturbée je dois bien l'avouer, de bien des façons ! Quelles découvertes magnifiques ! La cité de Raimei a l'air d'être presque une création divine, telle que tu me l'as décrit. Une ville si ouverte, où l'on peut rencontrer tant de gens et de choses venus du monde entier : cela semble être paradisiaque pour une artiste qui recherche toujours plus de sujets d'inspirations. J'ai dressé quelques portraits de Raimei intérieurement, et chacun des plans que je vois sont tout aussi beaux que ceux que l'on peut trouver à Ite. Parfois, j'aimerais être partie avec toi, rien que pour voir ce que tu vois, gouter ce que tu manges et tu bois, rencontrer toutes les belles âmes auxquelles je ne doute pas que tu as sû te lier.
Je suis ravie d'apprendre que tu as pu t'établir là bas à ta convenance, d'autant plus si cette ville t'offre de nouvelles opportunités et perspectives intéressantes.

A propos des danses des nomades que tu m'avais racontées : je suis presque rassurée d'avoir mal interprété, et d'apprendre que cela ne se produit que dans des sphères plus privées. Je me sens un peu bête d'y avoir songé, d'ailleurs, mais cela me paraissait tellement extraordinaire ! Mais en y pensant, je doute que de telles danses puissent être pratiquées même en intérieur ici, à Ite, où il fait toujours froid même en plein cœur de l'été. J'avoue parfois que nos danses traditionnelles à l'okiya me réconfortent par un simple point pragmatique : certains soirs il vaut mieux parfois pouvoir bouger un peu afin de se réchauffer, ce qui n'est pas toujours possible en restant à table. L'autre jour, nous étions Rin et moi à un banquet que notre client avait jugé bon de donner en extérieur. Tu peux bien croire que nous n'avons pas traîné pour nous proposer de danser, car même avec le peu de mouvements que nous faisions, nous étions déjà moins frigorifiées que les pauvres convives qui étaient à sa table ! Les nuits d'été sont si fraîches. On a beau être habitué au froid, il faut parfois encore lutter ... Je serais curieuse de savoir ce que cela donnerait, au contact d'un autre climat. Sans doute serions-nous obligées, en tant que geisha, de faire changer entièrement nos gardes-robes !

Enfin, je m'égare. Je suis heureuse d'apprendre que les gens de qui tu dépends à Kenshu prennent en considération ton désir de reprendre tes activités à la forge. J'espère sincèrement qu'ils accéderont à cette requête. Ils auraient d'ailleurs tout intérêt à le faire ! Il serait idiot de se priver d'un tel talent.
Je suis flattée que tu aies apprécié ces quelques esquisses. Je me ferais bien sûr une joie de pouvoir faire une estampe du temple de Raimei, qui doit être tout aussi somptueux que ce que tu m'as déjà raconté de la cité en elle-même. Je ne peux m'empêcher de penser que tout serait mieux si je pouvais voir tout cela de mes propres yeux mais ... Quel bonheur de déjà pouvoir lire tes mots, et quel bonheur encore plus grand que de pouvoir leur donner vie par des dessins ...

Je me délecte d'avance d'un tel projet. Mais surtout d'avoir à nouveau de tes nouvelles ...

De la part de celle qui rêve éveillée en lisant tes mots comme si elle les entendait.


Elle se relut rapidement ; exercice qu'elle détestait faire à vrai dire, car elle ne pouvait s'empêcher d'imaginer les réponses qu'auraient eu le Kuge si cette discussion avait eu lieu de vive voix, ce qui était très frustrant car évidemment il fallait encore attendre avant de pouvoir les avoir. Elle la cacheta ensuite, ajouta quelques fleurs séchées dans un écrin d'un bois fin mais très joliment laqué, et s'empressa d'aller faire envoyer ce nouveau plis, dans l'espoir qu'il parte vite et arrive tout aussi vite.


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Neige qui tombait sur nous deux - Es-tu la même Cette année ?

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