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 [Libre] Tandis que les Seigneurs conversent...

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Daiyuki Raiken

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Taisa

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MessageSujet: [Libre] Tandis que les Seigneurs conversent... Sam 18 Juin - 9:36

La journée s’égrenait de sa lenteur implacable au sein des murs de la vaste cité impériale. Une partie non négligeable de la délégation Okaruto n'était plus présente, faisant face à l'heure actuelle au Fils des Cieux pour débattre autour de raisons que le budoka ne prétendait pas comprendre. Les crampes et courbatures issues de la nuit précédente s'éveillaient en lui, le Dragon ayant usée de ses forces sur le Tigre dans un duel dont aucun vainqueur ne pouvait ressortir, ni même de perdant.

Il avait passé son nouveau haori seul sur ses épaules, en tout point identique à celui du Taisho à l'exception du kamôn vide, ou plutôt entièrement plein, dans son dos et dans une proportion tout à fait différente. Le premier Daiyuki avait serré un hakama mauve et or d'un obi immaculé et enroulé autour de son cou l'étoffe d'un carmin évoquant son propre liquide vital dont il avait servit à éponger et qu'il ne quittait plus depuis trois ans, masquant la vaste cicatrice qui s'y trouvait,  autrement que pour la nettoyer lui-même.

Enfin, il était sorti dans l'atmosphère matinale, saluant légèrement soheis et miko qu'il croisa en direction des jardins dont il était devenu coutumier et où il débutait de reconnaître certains visages passant à ces heures. Dépassant tout les hommes et femmes en taille, il savait que l'idée même de se fondre dans le décors était une illusion quelque soit le lieu et d'autant plus s'il s'agissait du mieux gardé de tout Yokuni.

Aussi alla-t-il se rendre simplement au pied d'un immense platane, gardien végétal de Birei à ce qui lui paraissait, adressa une courte prière respectueuse et se cala-t-il le dos contre ce dernier, les jambes croisées sous lui, ses mains rejoignant bientôt ses genoux dans une posture méditative qui apaiserait ses légères douleurs.

Contemplatif de ce décor riche en couleurs sur lequel ses yeux d'or se posait sans qu'il ne suive quoique ce soit de ces derniers, il ne put s'empêcher de se dire qu'il ne pouvait y avoir aucun autre lieu du pays où l'on puisse ainsi voir le rubis des Setsu, le saphir des Fukyuu, l’émeraude Eiichiro et la citrine Kenshu cohabiter de la sorte.

Ses tripes se serrèrent à l'apparition de ce dernier ton, il n'oubliait pas qu'avant d'être gracié et ré-élevé dans la noblesse militaire des brumes, il avait brillé dans celle des foudres et telle une étoile filante et était descendu plus bas que terre puis prit la fuite à l'époque, déshonorant la famille Kujo dont il était le dernier représentant vivant par son propre fait et celui qu'il avait été par la même occasion.

Depuis, son visage s'était durcit et sa peau tannée sous l'étrange climat de son clan d'accueil et ses cheveux étaient bien plus longs qu'autrefois. Mais il ne se faisait aucune illusion du fait qu'un disciple de Raijin aurait pu avoir eu vent de la légende brisée qu'il incarnait ou même tout simplement de le reconnaître, son statu de champion de Ame à la lutte qu'il avait détenu jusqu'aux terribles événements qui avaient conduit à son départ précipité ne l'aidant pas à la discrétion.

Cette part de lui était morte, tranchée par le sabre de la Dragonne par le passé, mais son image, quoique modifiée et le souvenir honteux de son existence le rattraperait un jour, il n'en avait aucun doute. Ce rappel ne fut pas pour favoriser sa méditation, perturbant son équilibre mental et l'aliénant à toute la sérénité qu'il était venu trouvé auprès de l'arbre sempiternel. Aussi se releva-t-il et se mit-il en garde dans la souplesse de sa voie autodidacte de l'eau, son mizu-do.

Raiken entreprit alors sa danse lente et souple, flux harmonieux où le tranchant de ses mains n'apparaissaient plus frapper, mais glisser le long d'une surface invisible, ses jambes supportant sa charge massive à tour de rôle dans la quête d'une balance parfaite. Ses paupières se fermèrent de cette paix l'envahissant tandis qu'il effectuait les mouvements les moins belliqueux dont il avait une pleine connaissance, écartant, coulant autour de cette ennemi invisible dont il paraît chaque assaut en accompagnant ses gestes sans jamais le contraindre ni s'opposer véritablement.

Il s'incarnait en un fleuve paisible passant sur les obstacles avec une grâce qu'un corps comme le sien n'aurait pas dû connaître selon un regard externe. Ce jour viendrait où il devrait faire face à son histoire, celle dont il disait être revenu, avoir ressuscité en autre chose, ce qui était vrai en tout point. Le monstre du Tonnerre était mort, le Tigre des brumes était né, mais ces frères jumeaux pourrait confondre leur entourage en fonction de qui s'attarderait sur ses traits.

On aurait pu le croire fou d'avoir suivi son Général à la Capitale, tout en sachant que le sang des Kenshus s'y trouverait aussi, mais elle ne lui avait pas interdit ce voyage, lui-même n'avait pas hésité et ne regrettait pas cette décision le moins du monde.

Il accentua alors la portée de ses mouvements, la délicatesse de ces derniers ne possédaient aucune animosité et aurait pu apparaître au témoin néophyte des arts mortels comme d'une gentillesse infinie tranchant radicalement avec les traits devenus si intransigeants qu'il arborait aujourd'hui.

Le géant fut dès lors oublieux de son monde tout en étant plus conscient que jamais de son environnement immédiat, laissant un halo de brume naître autour de lui en un tapis qui s'étendit progressivement et subtilement en se mêlant à celle, plus naturelle, du matin.
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Akatsuki Riku

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Miko

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MessageSujet: Re: [Libre] Tandis que les Seigneurs conversent... Mar 21 Juin - 14:53

La jeune miko était arrivé la veille à Birei accompagnant la nouvelle Dame de Kenshu ainsi que la Kannushis et leur escorte. Riku était resté dans les appartements, elle n'avait pas sa place à la réunion, mais elle pouvait se rendre utile autrement elle n'en doutait pas. Libérer de ses obligations durant le temps de la réunion Riku décida de sortir pour visiter un peu les lieux, après tout c'était son premier voyage hors des terres de Kenshu, elle devait en profiter.

Habillé comme à son habitude quoique sa tenue soit neuve à l'occasion de leur voyage, la miko sortie des appartements pour se rendre dans les jardins, leur guide avec qui elle avait conversé un peu plus tôt lui avait conseillé de les visiter, elle voulait aussi se rendre au temple, mais cela ne se ferait que si on n'avait pas besoin d'elle. En attendant elle était impatiente de découvrir les trésors visuels que caché les terres de l'empereur dans son palais. 

Trouver les jardins ne s'avéra pas plus compliqué que cela, les mikos qu'elle croisait se faisait un devoir de l'aiguillé dans la bonne direction et il ne lui fallut que peu de temps pour se retrouver à l'air libre. Sous ses yeux ébahi, la jeune fille put admirer des plantes qu'elle n'avait encore jamais vu, elle se pencha délicatement pour en sentir les effluves. Ca n'avait rien à voir avec ce qu'elle avait déjà pu sentir dans son clan natal et elle se demandait si elle pourrait avoir l'honneur de rencontrer un Yamabushi ou une Itako qui accepterait de lui transmettre une partie de son savoir.

Si il y avait un endroit qu'on lui avait conseillé de voir en priorité, c'était l'énorme platane qui siégeait au cœur des jardins, Riku n'eut aucun mal à le reconnaître en le voyant, grand, majestueux il dégageait une espèce de force surprenante et on ne pouvait lui témoigner que du respect. 

Fascinait la miko joignit ses mains pour prier respectueusement en fermant les yeux, remerciant les Kamis de lui avoir accordé ce voyage. En rouvrant les yeux elle remarqua alors qu'une personne était déjà sur place effectuant des mouvements aussi gracieux qu'habiles. Curieuse la petite miko le regarda faire cherchant à deviner de quel genre de danse il s'agissait, puisqu'à ses yeux de tels pas enchaîner ne lui évoquait qu'une danse complexe. Cela n'avait rien à voir avec les rituels auxquels elle était coutumière, loin de là, à moins qu'il s'agisse d'une danse propre au territoire de l'empereur.

En se rapprochant Riku le reconnu, il faisait partie de la délégation Okaruto, elle ne l'avait vu que cette fois là au détour d'un couloir et ignorait tout de lui, mais sa taille imposante ne pouvait pas s'oublier facilement. Cette information lui permit de confirmer que cette danse parfaitement exécuter n'avait rien à voir avec l'empereur, cela signifiait il qu'en Okaruto leurs rituels différer quelques peu ? Pourtant, elle n'en avait jamais entendu parler. Le fait que ce soit un homme lui fit oublier l'hypothèse d'une danse de taverne. Rendu curieuse elle s'avança d'un pas léger un sourire aux lèvres pour s'arrêter à quelques mètres du danseur. Elle applaudit joyeusement faisant tinter ses bracelets avant de s'exclamer.

-Magnifique, votre prestation est sublime !

Voilà qu'elle recommençait, sa spontanéité lui faisait oublier les base de l'étiquette. Elle eut un petit rire gêné avant de s'incliner respectueusement espérant ne pas avoir vexée son interlocuteur pour être venu l'importuner. Elle devait vraiment se rattraper, elle n'était plus en Kenshu et chacun de ses actes ou paroles risquaient de mettre son clan dans l'embarras. Elle n'avait aucune position importante dans la hierarchie, pourtant ici au milieu des terres de l'empereur, parmi les plus grands de Yokuni elle savait que chaque erreur qu'elle ferait retomberait sur les siens. Il était hors de question de mettre Dame Miwako dans l'embarras, elle avait suffisamment de pression comme ca. Riku ne doutait pas de sa Dame cependant, pour avoir déjà conversé avec elle savait que cette dernière franchirait tous les obstacles et mènerait le clan dans la bonne direction. Jamais elle n'aurait pu rêver meilleur dirigeante. Elle devait lui faire honneur de son côté, en commençant par rattraper son manque de sérieux envers l'étiquette.

-Excusez-moi de vous déranger ainsi. Je me nome Akatuski Riku et je n'ai pas pu m'empêcher de regarder votre danse. Pardonner ma curiosité, mais il ne s'agit pas là d'un rituel religieux n'est-ce pas ? 

Demander de quoi il s'agissait exactement la tentait, mais elle avait été suffisamment impolie comme ça. Mieux valait attendre de voir comment son interlocuteur allait réagir, inutile de le presser de question si il n'était pas du genre bavard, ou si elle l'avait offensé. Riku garda  néanmoins son sourire aimable sur le visage, mais ses yeux brûlaient de curiosité, n'importe qui aurait pu le deviner, il était assez facile de lire en elle d'ailleurs, d'une part parce que son visage trahissait ses émotions, elle avait beaucoup de mal à les cachés, d'une autre parce que les trois quarts du temps elle ne se souciait pas qu'on sache ou non ce qu'elle pensait, elle avait d'ailleurs remarquée que les gens se sentaient plus en confiance quand ils pensaient pouvoir déchiffrer ses pensées sur son visage.


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Maeda Ryohei

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Kuge

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MessageSujet: Re: [Libre] Tandis que les Seigneurs conversent... Dim 17 Juil - 15:34

La réunion auprès de l'Empereur, cause de leur vaste voyage, avait totalement libéré le conseiller de ses obligations, pour quelques heures tout du moins, et celui-ci comptait bien profiter de ces précieux instants pour approfondir sa visite de la ville. Il avait presque délaissé sa calligraphie, se levant plus tôt que d'ordinaire pour s'y exercer quotidiennement, mais sans jamais y consacrer autant de temps qu'il n'était censé le faire. Lorsqu'il serait rentré, il aurait tout le temps de combler ses lacunes, mais en attendant, il souhaitait ardemment s'imprégner au maximum de ce nouveau décor, constamment en quêtes d'inspiration, de découvertes et de rencontres.
La ville n'avait fait que l'émerveiller jour après jour et il était si heureux d'avoir enfin pu quitter ses terres natales, qu'il arborait presque toujours un sourire éclatant et il rayonnait tel un astre céleste, d'une pureté ineffable. Son cœur ne pouvait pourtant s'empêcher de vagabonder au-delà de ces merveilleux décors, incapable de se détacher de cette image qui s'était gravée dans son esprit, le jour même de son arrivée. C'était peut-être pour cette raison qu'il s'était une nouvelle fois jeté au plein air, avide d'occuper son esprit quand il se savait tout à fait incapable de restituer avec ses traits une beauté qui l'avait simplement foudroyé, à moins qu'il ne cherche à ravir encore ses yeux de son éclat.

Il aurait ainsi pu déambuler les yeux fermés, simplement guidé par cette lumière et le hasard mena ses pas jusqu'aux jardins où il se surprit rapidement à en contempler les merveilles. Tout ici lui semblait plus beau que tout ce qu'il avait pu toujours voir et c'était pour son plus grand ravissement, tant son côté esthète était comblé.
Ainsi, cela avait été pour lui l'occasion de revêtir ses habits les plus nobles et les plus ouvragés, de ceux qu'il ne pouvait se permettre de porter en pleine rue à Ite sous peine de paraître prétentieux, mais qui ici restituaient tant l'honneur et la grandeur de sa famille que sa beauté lunaire. Les tissus dans des tons de neige et de bleu givré affichaient clairement les couleurs de son clan et le kamon finement brodé des Maeda apportait en partie son identité, pour ceux qui savaient le reconnaître. Ses cheveux avaient été soigneusement coiffés et seuls quelques accessoires d'une inestimable richesse les retenaient en partie, laissant le reste couler le long de son corps comme un voile soyeux, d'une blancheur éclatante.

Birei était comme une ville qui avait été faite pour lui et il s'y intégrait s'y bien qu'on aurait pu le confondre avec l'un de ses habitants. Son esprit érudit, aiguisé, savait en reconnaître l'immense culture et il prenait plaisir à s'attarder sur les détails des bâtisses, apprenant à connaître tous les habitants avec qui il avait pu entamer une conversation. Sa piété allait à merveille à la cité religieuse, toute entière dédiée à Amaterasu, sans pour autant délaisser les autres Kami.

Si son cœur n'avait pas été tant attaché à Fukyuu, il aurait certainement pu rester pour toujours ici, aussi cherchait-il à profiter autant que possible de tout ce que la ville avait à lui offrir, ne sachant pas à quel point son séjour lui paraîtrait court. Silencieux, un peu rêveur, communicant tout autour de lui une bienveillance et une gentillesse qui l'entouraient comme une aura, il marchait tranquillement, s'attardant dans sa contemplation de la végétation qu'on exposait ici comme dans un écrin.
C'était d'autant plus beau pour lui que le climat gelé de son clan ne se prêtait pas à tant de diversité et il aurait voulu connaître le nom de toutes ces fleurs et de toutes ces plantes qui l'entouraient. Pourtant, son regard se détacha des parterres alors qu'il arriva non loin d'un immense et éternel platane. Un homme se livrait là à un enchaînement qui formait une danse gracieuse et où il voyait un certain côté martial, sans qu'il ne soit porté par aucune animosité. Envoûté par son aisance à utiliser son corps pour en faire à la fois quelque chose de délicat et d'élégant, il était d'autant plus surpris par la taille du géant. Était-il possible qu'il ait trouvé plus grand que son bien-aimé ami et frère de cœur ? Son homologue de blancheur était déjà des plus atypiques, mais celui-ci était si imposant que, même de loin, il se sentait déjà minuscule, quand bien même il se trouvait être au-dessus de la moyenne.

Lorsque l'homme inconnu eut fini sa danse, il se sentit immédiatement poussé par l'envie de le connaître davantage et il se dirigea donc jusqu'à lui d'un pas assuré. Une femme en tenue de miko l'avait pourtant devancé et lui adressa la parole la première.

— Permettez-moi de mêler mes compliments aux vôtres, Akatsuki-san, commença-t-il d'une voix aussi douce que chaleureuse. Votre danse fut un ravissement des plus merveilleux pour mes yeux d'esthète et je ne peux que vous remercier de m'avoir offert un si beau spectacle.

Un sourire rayonnant illuminait son visage tandis qu'il s'inclinait dans un respect absolu de l'étiquette pour saluer les deux personnes qu'il venait de rejoindre.

— Mon nom est Maeda Ryohei, enchanté de vous rencontrer, dit-il simplement pour se présenter, dans toute sa modestie.



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Daiyuki Raiken

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Taisa

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MessageSujet: Re: [Libre] Tandis que les Seigneurs conversent... Mar 2 Aoû - 12:57

La périphérie de sa conscience acquise le prévint bien de la présence de la jeune femme avant qu'elle ne fasse état de ses impressions comme s'il avait procédé de la sorte pour se donner en spectacle, tout comme celle d'un homme que sa prestation avait tout deux attiré. Rappelant à lui les brumes dans l'instant où il ouvrit les paupières afin de voir de ses propres yeux les importuns, il les décrivit de pieds en cap dans un silence et une expression de marbre.

Leur statu et clan lui furent d'abord inconnu jusqu'à ce qu'il se souvienne de l'origine de la famille du second venu dont il avait récemment apprit l'héraldique, encouragé en cela par une récente affaire à laquelle son concours s'était trouvé bien inutile au vu de sa méconnaissance du sujet. Mais si le nom de la première n'évoqua rien au géant, il finit par reconnaître les distinctions de ses atours, propre à Koumyou et dont le souvenir le fit remonter plus de trois années en arrière, bien contre son gré.

Il darda la disciple du Tigre de ses yeux d'or, sa simple présence lui suffisant à raviver en lui une colère dont elle était innocente et lui le seul coupable. Ceci ne dura qu'un instant fugace pourtant, car il ne fut pas aveugle à la douceur et la beauté de celle qui devait sans le moindre doute possible faire parti du clergé de Raijin. Tout comme il ne fut pas hermétique à la chaleur et la grâce éphéméride du représentant des Maeda, ce dernier lui semblait détaché même du monde alentour alors que lui-même y était profondément engoncé, à l'image d'un délicat vent printanier faisant face à une montagne.

Leur présentation les détachait totalement de la noblesse militaire, tout comme leurs manières et un moment, le géant se demanda s'il n'allait tout simplement pas les laisser à leur compliments sans autre forme de procès et de retourner auprès des siens, puisque le ressourcement qu'il était venu chercher en ces lieux lui était devenu interdit. Le grondement du Dragon fit écho à sa mémoire, ce dernier l'ayant nombre de fois enjoint d'apprendre à s'ouvrir aux autres, de devenir cette figure qu'elle désignait comme son successeur légitime si il venait à lui arriver quelque chose.

Bien loin de lui la volonté qu'un tel malheur survienne, mais il s'était attaché à se montrer moins rigide envers tout un chacun par pur respect pour elle, le reste n'ayant pas la moindre importance. L'intervalle qu'il lui fallut pour répondre avait de quoi déconfire le plus patient des courtisans, tant il les avisa, un sourcil haussé à réfléchir sur ce qu'il allait bien pouvoir dire à ces deux témoins indésirés de ses enchaînements.

Finalement, il soupira, las de ces efforts qu'il était amené à devoir faire, puis, tout en recouvrant ses traits coupés au kama, ses iris foudroyant fermement accrochés à ses interlocuteurs inattendus, il laissa s'échapper sa voix pareille au roulement du tonnerre afin, dans un premier temps, de leur rendre la politesse des présentations :

Je suis le né deux fois, Taisa des brumes et ombre du Dragon de l'Est : Daiyuki Raiken.

Celui qu'il avait été autrefois considérait les flatteries comme acquise, celui qu'il était devenu depuis répugnait à y répondre favorablement, néanmoins, il opina légèrement du chef avant de poursuivre :

Vous m'honorez tout deux, Akatsuki-san, Maeda-san, par vos louanges…

Et enfin, de réagir à leur propos afin qu'on ne vienne pas dire de lui qu'il puisse ternir l'image aimable que les Okaruto avaient dans tout l'Empire :

Non, fille de l'éclair, ce à quoi vous avez mis fin par vos émois ne tenait en rien à un rituel d'ordre votif, si ce n'est dans la paix exclusive qu'il est sensé m'apporter à moi uniquement. Et cela n'a rien d'une prestation… Je n'attendais pas de public jusqu'à votre venue. Enfin… Vous ne me dérangez pas. Cette place ne m'appartient pas et il vous est tout à fait légitime de vous intriguer d'un homme qui gesticule de façon inédite à vos yeux, je suppose.

Il retourna alors son attention vers le protégé du Bœuf pour continuer enfin :

Ce que vous appelez une danse est bel et bien mon art, mais il n'a en aucun cas pour but de ravir ou de servir de spectacle, fils de la glace. Cependant… Domo… Je devrais me sentir au moins heureux que ces mouvements puissent plaire en temps de paix autant qu'ils servent à briser mes ennemis durant un conflit. Au moins me sentirais-je plus utile qu'un sabre à jamais privé de lumière dans sa saya.

Il croisa les bras alors, mais il du s'avouer que ce qu'il voyait du représentant des Maeda était bien loin de ce qu'il avait pu apprendre, aussi s'empressa-t-il d'ajouter :

Votre nom fait écho à ma mémoire récemment acquise des grandes familles parmi les Neiges éternelles, mais je dois sans doute faire erreur dans ma compréhension de la chose, car il me semble qu'un daisho manque à votre obi à l'heure actuelle… Ou bien m'égares-je et les Maeda n'appartiennent pas à la même caste que moi ? Et de quel genre d'esthète faite vous partie, vous qui en avez les yeux et puisque nous en sommes à parler des arts ?

Puis il dirigea ses pupilles vers la moniale dans une économie totale de mouvement afin de l’intéresser à la conversation qu'il tentait maladroitement d'amener :

Et vous ? De quel savoir-faire êtes vous maîtresse ? Je doute que Kenshu mène avec lui, malgré la jeunesse de ses dirigeants, une femme de simple compagnie lorsque l'Empereur ordonne la réunion d'une assemblée si exceptionnelle que tout les clans se voient représentés…

Il manqua alors de ne jamais terminer sa phrase, ses derniers mots se perdants presque dans un murmures lorsqu'il se souvint de la situation politique que les deux clans de ceux qui lui faisaient face. Ceux là ne lui apparurent pas foncièrement affectés par ces conjonctures… Mais il se promit de garder le propos pour plus tard, une pointe d’intérêt émergeant de nulle part tandis que cette rencontre venait tout juste de débuter.
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Akatsuki Riku

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MessageSujet: Re: [Libre] Tandis que les Seigneurs conversent... Sam 10 Sep - 15:42

Tandis qu'elle attendait une réponse, une nouvelle personne s'avança et Riku tourna son visage souriant vers ce dernier tout en l'écoutant. Vu sa tenue richement décorer il s'agissait certainement d'un noble, mais le nom qu'il prononça pour se présenter ne disait rien à la petite Miko. Il possédait une peau claire, signe qu'il ne s'exposait pas souvent au soleil, de longs cheveux nacrés ainsi que des yeux d'un noir profond. Riku qui pourtant n'avait pas l'habitude de juger les gens d'après leurs physiques ne pu s'empêcher de le trouver sympathique. Peut-être à cause de son physique fragile ou de sa voix mesurée. Elle ne s'attarda pas longtemps sur lui cependant se contentant d'une salutation silencieuse, mais respectueuse, revenant à l'auteur de la danse qui l'avait intrigué.

L'homme semblable à un géant consenti à répondre d'une voix forte et rude. Riku ne fut pas surprise d'apprendre qu'il était militaire, sa carrure impressionnante et sa voix devaient tenir en respect les samouraïs les plus rétifs. Elle lui rendit son salue distant par une révérence polie sans rien dire de plus préfèrent le laisser poursuivre. Comme elle s'y attendait la danse exécuter n'avait rien à voir avec un rituel religieux. Cela lui apporter la paix intérieure, il ne cherchait pas non plus à se donner en spectacle bien que cela vaille le détour. La petite Miko secoua doucement la tête quand elle l'entendit dire qu'il gesticulait.

-Il est exact que je m'interrogeais, mais je n'appellerais pas cela gesticulée, c'était bien trop harmonieux.

Riku se retient de poursuivre afin de ne pas paraître impolie, autant envers le guerrier d'Okaruto qu'envers le noble de Fukyuu qui s'intéressait également au mouvement exécuté plus tôt.  Bien lui en pris, car elle eut la réponse à l'une des questions qu'elle se posait. Il s'agissait plus d'une sorte d'entraînement militaire destiné à anéantir les ennemies.  Elle en appris un peu plus sur l'homme de la glace, comme elle le pensée il s'agissait d'un noble issus d'une famille importante. Riku n'avait rien d'une fille de la noblesse, elle connaissait le nom des gens importants dans son clan, mais s'y intéresser assez peu à partir du moment ou elle ne les voyait pas au temple. Son devoir passait avant les classes sociales et elle ne se souciait pas de qui était noble ou qui ne l'était pas, pour elle chaque être humain avait le même poids dans la balance de la vie. Elle écouta la conversation sans rien dire curieuse d'en apprendre d'avantage et finalement le géant la regarda lui posant une question similaire.

Riku sourit largement, si quiconque pouvait émettre des doutes sur Dame Miwako, elle n’en avait aucun et elle ferait tout pour l’assister malgré son rang de simple Miko.

-Je suis une miko spécialiste en guérison, ma venue en ces lieux a non seulement pour but d’apporter assistance à ceux qui en aurait besoin, mais également  d’étendre mes connaissances médicinales.

Riku fixa son interlocuteur dans les yeux sans se départir de son sourire et poursuivit.

-Si je ne puis me rendre utile directement dans l'affaire qui nous réuni tous ici, au moins puis-je soulagé ma Dame en veillant au bien-être de ceux qui portent en eux l'espoir de nous sauver.

Elle ne pouvait malheureusement prétendre à mieux, mais elle n'allait pas rougir d'être si peu utile à ceux qui ne voyait sa présence que comme celle d'une simple dame de compagnie. Peu lui importait l'avis des autres, du moment que sa Dame n'avait pas à en souffrir.


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Maeda Ryohei

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Kuge

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MessageSujet: Re: [Libre] Tandis que les Seigneurs conversent... Mar 27 Sep - 20:24

Son attention ne s'était jamais détournée du samouraï pour se porter sur la miko. En s'approchant, il avait pu déceler dans les particularités de sa tenue son origine et ce malheureux détail avait sans doute érigé plus qu'un gouffre entre eux. Il n'avait pu que se trouver attristé par la manière dont les choses avaient tourné. Si dans son cœur sans doute trop doux, il avait associé cela à une certaine maladresse, il ne pouvait ni nier ni ignorer l'offense qui leur avait été portée à tous et dont il avait été l'un des premiers témoins. Au moins se trouvait-il soulagé de déceler en elle la simple qualité de miko, quand un rang plus élevé l'aurait entachée d'une partie des responsabilités de cet affront.
Peut-être aurait-il été plus sage pour lui de se retirer sur le champ, car ils étaient toujours dans l'attente du seul messager qui pourraient rétablir entre eux la communication qu'ils avaient rompue. Une part de lui regrettait d'être venu jusqu'ici, car il ne serait pas là pour accueillir son ami le plus cher et qui s'était transformé aujourd'hui en l'unique espoir d'une réconciliation qui lui semblait pourtant bien mal engagée. Mais il se devait de lui faire confiance, d'autant plus qu'il savait qu'il voudrait œuvrer dans la même direction que la sienne.

Il ne voulait pas de cette guerre qui s'annonçait, pourtant, il se trouvait aujourd'hui impuissant, ne pouvant certainement pas défendre les autorités qui bafouaient sans la moindre honte celles de son propre clan.

Une voix tonitruante le tira de ses sombres pensées avec une force incroyable et son regard qui s'était perdu dans le vide se recentra immédiatement sur le géant. Son sourire ressurgit à nouveau, tandis qu'il reconnaissait dans ses termes une figure dont il entendait parler depuis quelques années. Légèrement en retrait, il ne cacha pas sa surprise, décontenancé par son regard intrusif et ses mots trop directs, empreints d'une brutalité à laquelle il n'était guère habitué. Face à son manque de politesse, il était parfaitement légitime qu'il s'offusque et c'était là sans doute une échappatoire qu'on lui offrait à cette situation embarrassante, et pourtant... N'était-ce pas là non plus une formidable occasion pour lui ? N'était-ce pas en partie pour ce genre de raison qu'il était venu, quand bien même sa présence aux côtés de son daimyo était devenue indispensable ?

Son regard s'était fait plus froid et son visage avait perdu de sa lumière, il demeurait silencieux tandis que la miko répondait à ses questions sans même qu'il ne songe à un seul instant à intervenir. Une remarque acerbe menaçait de franchir ses lèvres, car il aurait ardemment souhaité que tous les membres de son clan aient à cœur les mêmes soucis qu'elle.
Lorsqu'elle eut terminé, il prit à son tour la parole, sans les gratifier cette fois de sa douceur habituelle, optant pour un ton plus neutre.

— Votre nom ne m'est pas non plus inconnu et je me réjouis d'avoir eu l'occasion de voir de mes propres yeux le Taisa des brumes à l’œuvre, même s'il ne s'agissait là que d'un exercice.

Ce fut sans ciller qu'il plongea son regard sombre dans les prunelles dorées de son interlocuteur, dénué de la moindre crainte, malgré sa stature imposante et la menace qu'il pouvait devenir, si jamais il lui prenait l'envie de se mettre en colère. Son statut lui facilitait certainement son assurance acquise au fil des années et sa nouvelle fonction d'autant plus.

— Votre connaissance est exacte, mais incomplète. Parmi les honorables samouraï des Maeda, je suis l'unique exception. Ainsi, nul daisho n'a sa place à mon obi, tout comme la courtoisie semble vous faire défaut.

Un sourire vint pourtant agrémenter l'austérité de ses propos.

— La calligraphie est l'art auquel j'ai consacré une grande partie de ma vie, mais comme tout érudit, mes connaissances s'étendent dans de nombreux domaines.

Il n'en ajouta pas plus. Le samouraï s'intéressait-il de toute façon à ce genre de choses ? Il n'en était pas vraiment certain.

— Je connais bien votre art ou plutôt certaines facettes de celui-ci, car dans votre technique, il y a certainement bien des mouvements qui me sont étrangers, différents de ceux qui sont pratiqués dans mon clan, dans ma famille. Vous avez raison, cela n'a rien d'un spectacle, mais c'est cependant la seule manière qu'il me fut donnée pour le pratiquer. En ces temps troublés, je ne doute pas que vous aurez bientôt l'occasion de le dévoiler dans toute sa splendeur et de libérer votre lame de l'obscurité. Mon souhait irait bien au contraire, pourtant et il est sans doute heureux que je ne puisse voir tout cela de mes propres yeux. Mais peut-être aurai-je tout de même l'opportunité d'écrire à votre sujet une de ces nombreuses histoires qui forment désormais votre réputation.

Au fil de ses mots, son visage s'était un peu plus éclairci et son regard s'était fait plus doux, bien qu'empreint d'une lueur qui révélait une soudaine détermination et une intense curiosité. Ses yeux avaient maintenant suffisamment parcouru son visage pour qu'il puisse en peindre plus tard le portrait et ses mots faisaient écho à une certaine réalité, car il était évident qu'il ferait le récit de son voyage sur les terres impériales.



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Daiyuki Raiken

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Taisa

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MessageSujet: Re: [Libre] Tandis que les Seigneurs conversent... Dim 5 Mar - 22:25

En un temps plus ancien, Raiken aurait probablement réagit de deux façons différentes à l'approche et aux mots de la petite prêtresse et du calligraphe. Il se serait certainement éclipsé sans demander son reste, ni leur attacher la plus petite importance ou bien les aurait-il invité à regarder ailleurs, s'il s'y trouvait. Mais il avait promis. Promis d'être un officier digne. Juré d'incarner un minimum l'amabilité que l'on connaissait des gens des brumes.

Il s'était engagé à ouvrir le dialogue, se montrer plus patient et symboliser un savoir-vivre plus tolérant. Si ça n'avait été les engagements pris auprès de Riyu, ces deux là auraient certainement compris qu'il n'était pas une personne avec laquelle on tractait ou discutait sans se heurter à un mur de désintérêt glacial. Mais cet homme là ne devait plus être, il n'existait déjà plus, en réalité. Il expira pour évacuer les relents passé menaçants de faire écho à cette chose qu'il muselait, puis ouvrit ses yeux d'or sur ses interlocuteurs opportuns.

La réponse de la miko ne lui en apprit que peu, sinon rien de ce qui pouvait justifier sa présence en un tel lieu. Elle apparaissait être un caprice, une servante maquillée en femme de foi. Que pouvait bien faire ou incarner une religieuse du rang au sein d'un palais plein de ces êtres là, personnifiant l'élite de cette caste qu'il n'avait jamais réellement compris, ni ne le souhaitait, d'ailleurs. Pourtant, il y-avait bel et bien quelque chose d’envoûtant émanant d'elle et en un autre temps, d'autres circonstances, peut être aurait-il pu succomber à ses charmes si simple et tâcher d'apparaître plus grand qu'il ne l'était déjà à ses yeux.

Le noble des glaces, quant à lui, piqua sa curiosité, certainement parce que malgré la fragilité qui exsudait de sa carrure maladive et de ses traits fins, le laissant apparaître comme terriblement faible au premier regard, une force étrange brillait au fond de ses prunelles… Mais cela vint plausiblement de la remontrance qu'il lui servit assez légitimement, il devait bien l'avouer sans pour autant s'en montrer désolé. Le premier Daiyuki desserra cependant les lèvres, découvrant ses dents en un sourire carnassier, comme si l'on venait de le défier et qu'il reconnaissait là un adversaire estimable. Néanmoins, il tourna son attention un instant en direction de la moniale, lui adressant un salut poli avant d'ajouter :

Domo, je prend votre analyse comme un compliment. Il est de bon ton d'avoir à ses côtés quelqu'un capable des sciences de la médecine… Du reste… Je suppose que Birei et ses archives sont idéales pour étoffer savoir et curiosité de quelque forme que ce soit...

Alors il revint à l'héritier des Maeda, poursuivant son propos par un enchaînement qui lui vint naturellement à l'esprit :

… Bien que l'on narre l'immensité et la diversité des rouleaux contenus dans les bibliothèques de Fuyu et en ferait donc une destination de choix à qui nourrirait le vœu d'enrichir une connaissance, sans distinction.

Il se retint d'ajouter que les circonstances ne plaideraient pas en la faveur d'un pèlerinage au sein du Domaine d'Itegami pour quiconque serait fidèle à Gekigami en ces temps. Il n'avait aucun intérêt à blesser ou frapper de ses pauvres mots l'honneur de ceux qui se tenaient ci présent et faisaient l'effort notable de ne pas traiter de ce sujet qui les divisaient. Mais il ne laissa pas un blanc suffisant pour que l'un d'eux puissent prendre la parole de nouveau. Son ton roulait étrangement paisible sur ses termes, tandis qu'il poursuivit :

J'en viendrais même à m'interroger en vous voyant, Maeda-san. Voici donc à quoi ressemble un érudit d'une nation d'érudits… Et si la voie du Sabre fait défaut à un membre d'une famille de bushi si renommée, alors il ne fait aucun doute que cette personne puisse représenter un tel être. Je ne peux dès lors que me sentir honoré de cette réputation que vous me prêtez et à laquelle vous pourriez participer. Il n'y aurait rien de glorieux à la mort que je pourrais répandre, ou de celle qui serait la mienne en cas de défaite si des nobles de votre genre n'existaient pas pour dépeindre de leurs mots la fresque de l'existence des héros de ma caste.

Il salua à son tour le kuge, au moins aussi bas que la miko, avant de clore son propos en un infime sourire, mais indéniablement sincère :

Je possède une calligraphie de la vertu Chūgi. Dans chacune des vingt-deux traits que cette dernière contient, j'y vois autant de frappes, de coup d'estoc ou du vol d'un moineau porté par les vents. Il m'arrive même de perdre le fil du temps alors que je tâche d'imaginer les gestes qui auraient pu amener un tel résultat à naître des mains de son artiste. J'imagine que votre famille doit vous tenir en haute estime, aussi, pardonnez mon ignorance à votre sujet.

Décidément, cette flamme qu'il ne pouvait plus manquer dans les yeux de l'homme des neiges jetait sur les braises de sa propre fougue profondément embusquée son lot d'étincelles capables de le pousser à sa consomption. Il ne pouvait pas nier vibrer aux ton et aux termes de Ryohei et cela l'exaltait au plus haut point.
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Akatsuki Riku

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MessageSujet: Re: [Libre] Tandis que les Seigneurs conversent... Sam 20 Mai - 18:39

Son éternel sourire sur les lèvres, Riku est plus que ravie d'avoir pu participer à ce voyage, elle était bien consciente que sa présence ne relevait pas d'un grand intérêt au premier abord. Bien au contraire, mais elle avait tenu à suivre sa dame pour l'aider en cas de besoin. Plus que tout elle avait toujours admiré Miwako et voulait depuis leur première rencontre lui apporter son soutien. Seulement elle n'avait pas insisté que pour cela, sinon ce voyage lui aurait été refusé, mais être invité sur la terre de l'empereur lui ouvrait les portes de leur bibliothèque. Riku y avait vu l'occasion d'étendre ses connaissances, ce qui à terme pourrait peut-être bien se révéler utile à tout son clan.

En étant honnête elle savait que cet argument ne suffisait pas, mais la maligne avait su s'entourer des bonnes personnes, essentiellement parce que les kamis l'avaient guidée, parce que ces personnes en valaient la peine. Aussi la petite miko n'avait pu résister à l'envie de plaider sa cause auprès de la Dame et de sa Kannuchi, profitant qu'elles se trouvaient toutes deux au temple. Elles auraient pu refuser, mais s'en qu'elles ne lui en donnent la raison, elles avaient accepté. La religieuse n'avait pas cherché à comprendre pourquoi, se contentant de les remercier sincèrement, avant de retourner à ses tâches.

Revenant au présent, elle acquiesça à la certitude de l’Okaruto, mais elle n’eut pas le temps de lui répondre que déjà il reportait son attention sur le protégé d’Itegami, rappelant au passage le savoir qu’on pouvait trouver dans la splendide ville religieuse. La miko aurait bien évidement adoré pouvoir se rendre dans ce lieu regorgeant de connaissances, hélas les conflits avait jeté temporairement elle l’espérait cette possibilité dans une prison scellée. Le savoir des Fukyuu n’ouvrirait pas ses portes au clan de Gekigami tant que le conflit n’aurait pas trouvé de fourreau où ranger sa lame. Riku se sentit quelque peu mal à l’aise en repensant à ces derniers événements, son clan avait des torts, mais il n’était pas le seul, et, si personne ne prenait la peine de faire le premier pas ici et maintenant, les choses ne pourrait pas s’arranger. Tandis qu’elle s’apprêtait à répondre, Raiken poursuivit changeant de sujet par une longue tirade, la petite miko eut alors un petit sourire ravi. Grace à un subtil détournement de la conversation, personne ne viendrait parler de cette affaire qui opposait le clan de la foudre à celui de la glace. Riku n’était pas d’un naturel à chercher la bagarre, aussi n’aurait-elle que constaté l’impossibilité d’avoir accès aux archive du pays de la glace, mais elle appréciait que la conversation prenne un nouveau tournant. Elle n’avait nulle envie d’entrer dans un conflit où elle ne pourrait qu’aggraver les choses par son manque de connaissances.

Le sujet abordé fut celui de la surprise quant au physique d’un érudit de la maison des Maeda, certes son corps frêle sied mieux à un homme de lettre qu’à un guerrier, mais cela était troublant pour un descendant d’une famille de samouraï. Elle ne fit néanmoins aucune remarque, ayant depuis longtemps appris à ne juger personne, sans compter qu’il était toujours intéressant de pouvoir discuter avec un homme de cette caste.

Elle n’était pas la seule visiblement à prendre plaisir à cette conversation et elle sentait que le géant, même s'il était impressionnant de prime abord, avait l’air intéressait par le statut du Kuge, il lui avouait d’ailleurs ne pas pouvoir être considéré comme un héros si le premier et ceux de son ordre n’écrivaient pas ses exploits. Il le salua avant de poursuivre, dévoilant sa propre calligraphie. Silencieuse la jeune femme écoutait, fascinée par tant d’imagination, elle-même connaissait l’écriture, mais elle était bien loin de la maitrisée pour donner aux mots le sens d’une histoire magique qui emplirait d’émerveillement les lecteurs.

Elle approuva discrètement à l’estime que devait porter les membres de la famille Maeda envers une des exceptions de leur lignée, ils avaient là une personne de confiance qui pourrait dépeindre les louanges de leur noble famille. Curieuse Riku osa une question qui lui traversait l’esprit.

- Pardonnez ma franchise Maeda-san, mais je serais admirative d’avoir la chance de pouvoir entendre l’un des récits que vous auriez érigé à la gloire de quelques Héros rencontrés durant les saisons traversées. Puis-je donc humblement me permettre de vous demander votre accord pour en entendre une ?

Riku s’inclina poliment avant de fixer le fils des glaces d’un regard plein d’admiration et de joie, elle attendit fébrile qu’il lui accorde cet honneur.


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Maeda Ryohei

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MessageSujet: Re: [Libre] Tandis que les Seigneurs conversent... Lun 10 Juil - 21:45

Un calme imperturbable vivait sur les traits du noble conseiller, tout autant que sa bienveillance naturelle, si bien qu'il ne paraissait pas agressif et encore moins impressionnable. Le jeune kuge d'autrefois, timide et réservé, avait fait bien du chemin et depuis qu'il était arrivé sur les terres impériales, depuis bien plus tôt même, il s'efforçait de rendre visible tout ce travail qu'il avait accompli, pour se montrer à la hauteur de ce qu'il avait obtenu, pour porter fièrement sur ses épaules l'honneur qu'il avait hérité des siens. La présence imposante de ce colosse en face de lui éveillait de l'admiration, mais pas la moindre crainte. Cela faisait longtemps qu'il avait renoncé à la Voie du bushido, rompant avec la tradition familiale sans jamais la trahir, aussi chacun doué dans leur domaine, ils n'avaient pas de raison d'en venir à un véritable affrontement.
Ce fut donc avec une grande tranquillité qu'il écouta la suite de la discussion, étonné de voir cet homme parler autant sans toutefois en montrer quoi que ce soit. Il n'allait pas s'en plaindre, la conversation avec les autres lui avait toujours parue agréable – à moins d'être face à quelqu'un dénué de manières – et pour ce premier voyage qu'il faisait hors de son clan, il bénéficiait même de la chance de rencontrer quelques grands noms de tous les autres. Il n'était certainement pas du genre à laisser passer une si belle occasion et c'était bien cette unique raison qui l'avait poussé à rester en ce lieu.

Le taisa qui se trouvait face à lui aurait bien pu être facilement comparé à une brute, mais ce n'était là qu'une apparence, car au fil de ses propos, il lui laissait entrevoir une certaine éducation ainsi qu'un intérêt pour la réflexion et l'analyse. La réponse qu'il donna à sa demie proposition fit naître sur ses lèvres un doux sourire. Il avait en partie raison, il ne tenait qu'aux êtres comme lui de donner une véritable postérité aux grands guerriers de l'Histoire et suivant certaines mésententes ou la politique, il était bien probable que quelques-uns d'entre eux soient tombés dans l'oubli, faute de pinceau pour tracer leur nom.
Mais plus encore, l'évocation d'une calligraphie qu'il possédait fit briller son regard avec passion. Il brûlait d'en connaître l'auteur, les délicats tracés et tout ce que cette vue pourrait inspirer en lui. Son art, sa progression, nécessitaient une pratique extrêmement rigoureuse et assidue, mais il fallait aussi être capable de regarder les œuvres des autres, de les analyser, de réussir à s'en inspirer tout comme il fallait pouvoir s'ouvrir au monde tout entier.

La voix qui se succéda aux propos du taisa des brumes fit pourtant irrémédiablement disparaître cette étincelle de joie pour laisser se succéder dans ses prunelles une noirceur terrible et un éclat si glacial qu'il devait pouvoir rivaliser avec le climat de sa propre contrée. On osait prononcer son nom. On osait s'adresser directement à lui. On osait briser une demande sur laquelle se tenait en équilibre toute la diplomatie de leurs clans respectifs. Si les premières minutes avaient pu être une excuse, si sa place avait pu l'amener à l'indulgence, si sa bonté naturelle l'avait poussé à se montrer correct, à risquer même sa réputation, plus rien de tout cela ne pouvait exister désormais.
Il s'en voulait d'avoir commis une telle erreur, mais il aurait le temps de s'affliger plus tard. Irrité de son comportement, il ne pouvait plus que lui faire payer le prix de son affront. Plus que son regard, son visage s'était lui aussi figé en une statue dont la superbe dévoilait avec assez d'éloquence son mépris.

Le Fukyuu vint pourtant recroiser le regard du seul auquel il voulait bien adresser la parole, retrouvant davantage de douceur ou tout du moins une face qui n'irait pas l'offusquer, car ce n'était pas lui qui avait éveillé ni son dédain, ni son ressentiment. Mais c'était tout. Il n'y avait plus d'étincelle, il n'y avait plus de gaieté ou d'entrain, seulement sa politesse et son élocution.

« Il est vrai que bien des érudits sont venus compléter l'immense collection de Fuyu, ne cessant d'augmenter sa réputation au fil des années pour en faire l'un des lieux les plus incontournables pour qui cherche la connaissance, mais on ne saurait rassembler l'étendue de nos connaissances en un seul lieu. Ce n'est pas une si mauvaise chose, ainsi nous sommes forcés de nous compléter par le voyage, l'expérience, et cela ne fait qu'aiguiser l'analyse dont un esprit peut être capable.

Ce serait avec grand plaisir que je passerais davantage de temps en votre compagnie, pour mieux connaître tant votre personne que votre nation, tout comme j'aimerais admirer cette calligraphie dont vous m'énoncer tout juste les traits ; mais je ferais bien honte aux miens, j'offenserais bien trop mon propre clan si j'ignorais là l'affront que l'on jette sur moi et dont on voudrait me souiller. J'ose simplement espérer que vous ne vous offusquerez pas de mon départ si abrupt, car vous n'avez rien à vous reprocher, Daiyuki-san. Si vous éprouvez vous aussi l'envie de poursuivre cette conversation, je me ferai un plaisir de vous revoir dans... un lieu qui y soit plus propice. »
Ajouta-t-il plus sèchement, avant de retrouver la délicatesse de son ton courtois. « Arigatō gozaimashita pour cette brève, mais très intéressante entrevue. »

Puis, il s'inclina très poliment pour saluer Daiyuki Raiken et, sans un mot de plus, sans un regard ni un geste pour la miko, il tourna les talons et s'éloigna de sa démarche droite et gracile.



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