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 [Quête] Le Mur du Cyclone

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Tsuruchi Shura

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Genin

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MessageSujet: [Quête] Le Mur du Cyclone Ven 24 Juin - 1:39


Avant de partir, au village de Fuu

Des affaires importantes lui avaient arraché depuis plusieurs jours le chûnin dont elle ne s'était séparée ces derniers mois que pour effectuer quelques missions ainsi que son voyage à Kenshu. Ayant pris désormais l'habitude de l'assister régulièrement, quelle qu'en soit la raison, elle aurait pu se satisfaire de cet instant de répit, de ce retour à cet entraînement quotidien où elle pouvait se dédier entièrement à ce si familier compagnon qu'était son arc. Elle aurait pu, si à la place elle ne s'était pas sentie aussi vide. Quel genre de sort avait-on pu lui jeter pour transformer à ce point la personne si peu sociable qu'elle était ? C'était qu'elle s'y était accoutumée très certainement, et cela se mêlait à cette admiration qu'elle avait pour lui et qui n'avait cessé de grandir, se disait-elle, alors que son regard se perdait dans l'horizon des collines verdoyantes.
Qu'aurait-elle pu lui reprocher ? Il avait toutes les qualités d'un combattant, ce sens de la discipline et cette chose étrange en lui qui était capable de la faire éclater de rire quand elle n'aurait eu d'ordinaire pour seule réaction qu'un regard froid. Ce n'était pas si mal finalement de se laisser aller de temps en temps à la joie, pas qu'elle se relâche en sa présence, non, ça jamais, mais elle se montrait sans doute un peu plus détendue.

En apprenant doucement à le connaître, non pas vraiment dans ses mots, mais plutôt dans ses gestes, que ce soit sa façon de se mouvoir comme sa présence, tout simplement, elle avait cessé d'être gênée ou intimidée. Cela n'entachait rien à l'immense respect qu'elle avait à son égard, mais cela rendait sans doute sa compagnie un peu moins désagréable, appréciable l'espérait-elle, même si elle n'avait pas pour habitude de se soucier du regard des autres. Elle ne voulait pas qu'il se lasse de sa présence, pas qu'il se sente agacé et elle finissait parfois par se demander s'il était toujours satisfait de son travail. Si ce n'était plus le cas, alors c'en serait fini de ses rêves, il repartirait aussi solitaire qu'il l'avait toujours été avant sa léthargie et elle redeviendrait cette simple genin à laquelle personne ne s'intéressait vraiment.
Insupportable, inadmissible idée, pourtant, elle n'y pensait plus quand ils étaient ensemble, se contentant juste d'être elle-même ou plutôt ce en quoi il la transformait. Différente, pas si différente non plus. Avait-elle pris trop d'assurance ? Elle était néanmoins certaine qu'il n'aurait jamais voulu de quelqu'un qui se contente de le suivre sans rien dire et qui ne lui aurait finalement rien apporté du tout.

Elle n'avait pas à s'inquiéter de son retour, cela faisait à peine quelques jours quand une mission pouvait bien prendre des semaines, surtout s'il avait dû aller loin, mais l'inquiétude avait toujours peuplé un coin de son esprit depuis qu'il s'était réveillé. Quand allait-elle lâcher tout à fait cette mission qui aurait dû s'achever il y a longtemps maintenant ? Mais si elle se trouvait encore à ses côtés, c'était aussi un peu pour ça, non ? Même si là, ce n'était pas vraiment le cas…
Perchée sur une branche de son arbre favori, celui qui lui donnait la meilleure vue sur l'extérieur du village, elle fixait le paysage dans l'espoir d'y voir une silhouette se dessiner. Comme toujours, elle allait s'entraîner dès l'aube et se consacrait entièrement à perfectionner chacun de ses mouvements, disciplinant encore et toujours sa respiration comme son regard et son esprit. Rien alors ne pouvait la perturber, mais il fallait bien qu'elle s'arrête à un moment, préservant ses forces pour tout ordre ou événement qui les nécessiterait. La plupart des gens aimaient alors se mêler entre eux et resserrer leurs liens, mais cela ne lui avait jamais vraiment plu et elle préférait nettement se dérober aux regards des autres, plutôt que de devoir les soutenir. Alors elle s'échappait dans ces endroits où on la laissait tranquille d'ordinaire, même si elle n'y allait plus si souvent maintenant.

Elle aurait dû méditer sans doute pour continuer son entraînement mental, mais elle le ferait un peu plus tard, tout à l'heure. Elle détestait voir son esprit vagabonder ainsi à des pensées qui devaient être inutiles, mais elle ne pouvait pas non plus s'en empêcher. Pour se changer les idées, elle tirait parfois sur une cible mouvante comme un oiseau ou une souris qui passait par là, ici, ce genre de petit exercice ne choquait personne.
Secouant la tête, elle voulut reprendre possession d'elle-même quand quelque chose la frappa. Perdue dans son propre monde, elle en avait oublié de regarder autour d'elle et ce n'était plus une silhouette qu'elle pouvait distinguer, mais clairement un visage. Il était revenu ! Rien qu'à sa façon de mouvoir, elle se sentit soulagée, il n'était pas blessé, tout devait donc s'être bien passé. Sans qu'elle ne s'en rende compte, un sourire avait envahi son visage et elle avait juste envie de sauter de la branche pour aller à sa rencontre. Elle se retint pourtant, comme si elle allait se laisser elle-même agir à sa guise ! Qu'allait-il penser ? Qu'elle n'avait rien fait d'autre que l'attendre ? Et puis, il voulait peut-être se reposer plutôt que de l'avoir immédiatement sur le dos. Parfaitement résolue, elle resta là sans bouger, décidant d'attendre une autre occasion pour se manifester. Même s'il devinait sa présence, ce n'était pas vraiment étonnant de la savoir ici puisque cela faisait partie de ses vieilles habitudes.

Elle attendit donc qu'il rentre chez lui pour descendre et se faufila non loin de la maison, profitant pour une fois de s'exercer à être une ombre parmi les ombres. C'était stupide ! Elle aurait dû aller faire quelque chose, n'importe quoi ! Il allait bien venir la trouver quand il aurait besoin d'elle et ce n'était pas comme si c'était difficile de savoir où chercher, surtout pour lui, c'était un chûnin tout de même ! Mais c'était plus fort qu'elle, elle n'arrivait à penser à rien d'autre.
Heureusement, il ne mit pas longtemps à ressortir et elle surgit de sa cachette comme si elle venait tout naturellement de la rue et qu'elle passait par là. Lorsque leurs regards se croisèrent enfin, son regard d'ordinaire sombre s'illumina et elle ne fit rien pour arrêter le sourire ravi qui se dessinait déjà sur son visage.

— Okaerinasai, Ryuuketsu-sama ! S'exclama-t-elle joyeusement en s'inclinant pour le saluer.

Mais elle ne s'attarda pas trop longtemps sur les politesses et se mit plutôt à chercher une excuse qui justifierait vraiment sa présence ici. Rapidement, elle se jeta presque sur la première idée qui lui vint en tête.

— J'ai eu vent pendant votre absence d'une affaire qui devrait vous intéresser. Il s'agit d'un marchand qui exerce une certaine tyrannie autour de son domaine, déclara-t-elle avec tout son sérieux habituel, retrouvant avec un certain soulagement un comportement qui lui semblait normal, quand bien même il avait le don tout naturel de réduire à néant tous ses efforts.

D'un simple geste, elle lui tendit la lettre qu'elle avait gardée avec elle dans cette unique intention, mais elle s'en voulut presque aussitôt. Que faisait-elle ? Ne lui donnait-elle pas une excuse pour qu'il reparte sur-le-champ ? Ce n'aurait pas finalement été très grave si elle n'avait pas craint que ce voyage puisse se faire à nouveau sans elle. Comment pouvait-elle être aussi stupide ? Et puis, elle ne lui avait même pas demandé si son voyage s'était bien passé, s'il allait bien tout simplement. Non, c'était mieux ainsi, ça ne la regardait pas tout à fait après tout, c'était peut-être indiscret, mais pourquoi alors avait-elle tant envie d'en connaître la réponse ?
Son regard ne s'était pas décroché de son visage et elle choisit de ne rien dire de plus, de toute façon c'était trop tard, c'était à lui de parler maintenant et elle ne voulait pas l'interrompre. Elle se sentait idiote, terriblement idiote et sans même s'en rendre compte, elle s'était quasiment arrêtée de respirer.



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Ryuuketsu Katame

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Jônin

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MessageSujet: Re: [Quête] Le Mur du Cyclone Sam 2 Juil - 1:55

Ses mains jointes dans l’entremêlement de ses doigts à l'exception de ses index dressés vers le ciel, il en appelait aux bienfaits de Fujin pour lui apporter la paix que Kusanagi n'apparaissait pas daigner lui offrir. Les yeux clos à la faveur d'une nuit sans étoiles, il répétait ce rituel depuis semaines déjà, en vain. Depuis longtemps déjà, son corps répondait à l'identique de ce qu'il était avant que son esprit ne soit aspiré dans le Yomi et qu'il eut apprit toute ces choses concernant les événements extraordinaires qui avaient frappés le domaine Impérial. Il reprenait le pas sur ses devoirs, petit à petit, retrouvait les cellules de ses réseaux. Sansoku n'avait plus suffit, il lui avait fallut être Kaishi pour compléter ses informations. Multipliant ses efforts, il en était venu à inspirer dans le secret jusqu'au conseil gérant le clan, faute d'entité forte capable de cela. Près d'un an déjà les avaient privés d'un Seigneur ou d'une Dame choisie par le Kami Équin, la Voix élue de ce dernier restait muette depuis le temple partagé avec les brumes.

Le Général des Armées fraîchement nommé était d'un secours tout juste supérieur à celui là et maintenant… L'Empereur avait désiré réunir les rares têtes à peu prêt pensante qui subsistait en Eiichiro pour gérer la crise qui frappait le pays. Le Jônin s'était alors improvisé administrateur de frontières bien plus large que celle de Fuu : celle de toute les terres battants sous les vents éternels. Le jeu était toujours le même, seule l'échelle avait changée et le nombre de pion à sa disposition augmentés de façon drastique. Cela ne lui demandait pas plus souplesse intellectuelle que de simplement gérer ses hommes, juste une plus grande vivacité et un nombre décuplé d'intermédiaire. Se plonger à corps perdu et brides abattues dans cette cause monumentale s'était révélé la gymnastique idéale pour oublier ce qu'il croyait être parvenu à ranger aux tréfonds de sa psyché, dans cette armoire où les sentiments superflus étaient catalogués, préservés, mais n’interférait pas avec sa conscience.

Il lui avait d'abord été impossible de mettre un terme à sa proximité, jugeant cela indigne du sacrifice qu'elle avait fait pour veiller sur sa dépouille inerte pendant les trois semaines de son coma, puis les jours qui avaient suivis son réveil et la rémission à laquelle elle avait participé à sa demande. La curiosité qu'elle incarnait s'était muée en surprise et ce dernier point n'avait jamais vraiment fait partie de son existence avant qu'elle n'intervienne dans cette dernière. Cette enfant de six ans apeurée, qu'ils avaient recueillis et formés comme bien d'autre avant elle, s'était montrée porteuse d'un don que le savoir encyclopédique du Seigneur des Ombres qu'il était déjà en ce temps n'aurait jamais pu deviner en la voyant pour la première fois. De loin, il avait encouragé le développement des talents qu'elle déployait petit à petit, comme chacune des jeunes pousses du village ballotté par les courants aériens.

Aucun genin n'avait échappé à son regard aux perspectives impossibles et si elle n'avait pas été celle à qui on avait ordonné de soigner le prétendu chûnin déguisé et ramassé à la capitale, tout ceci ne serait probablement jamais advenu. C'était pourtant son visage qu'il avait vu en émergeant, c'était sa détermination qu'il mesura et jugea proche d'être insondable. De cette kunoichi au caractère difficile et misanthrope qu'il avait parfois étudiée avant de tomber, frappé par les facéties d'un Dieu, il se demandait comment elle s'était révélée si soigneuse à son sujet, comment elle avait pu accepter cette mitoyenneté imposée par la demande qu'il lui avait faite… Et surtout, comment elle avait pu consentir à cette dernière. Lui-même n'était pas un homme sociable, il n'en avait jamais distingué l’intérêt avant son séjour dans les limbes.

L’extrême solitude qu'il y avait ressenti n'y était pour rien, l'information aurait tout à fait pu être rangée, organisée comme telle et ne plus jamais l'affecter. Pourtant, il savait tenir le début d'une piste quand à la cause de tout ces revirements. L'isolement était peut être la constante qui lui avait fait perdre un mentor et kannushi, sans parler d'un Daimyo et d'une Dame sous sa propre surveillance. Il baissa les yeux vers le sol, à une vingtaine de mètres sous lui depuis le sommet du pin qu'il avait désigné pour perchoir méditatif. Il avait toujours tout su nommer, comprendre, retravailler de façon à rendre les choses logique, utile et efficace. Mais le fantôme étrange qui s'était instillé en lui appartenait à un monde qui défiait son génie mécanique.

Lui qui avait une façon à lui de marcher, de respirer et même de prononcer les mots… Il ne savait comment tourner cette chose à son avantage, l'aiguiser comme une arme ou s'en débarrasser s'il cela lui était impossible, comme il l'avait déjà fait pour tout le reste avant ça. Efficace, précise, mortelle, intransigeante avec elle même, elle lui ressemblait comme avait su le compléter dès les premières secondes passées ensembles, pallier à ses manques, son handicape terrible à propos des perspectives… Non, même bien avant cela, elle l'avait supporté durant son inconscience comme il doutait que personne n'aurait pu être aussi méticuleux. Sa neutralité pour cette fille s'était changée en respect, ce dernier avait muté en confiance et celle-ci avait osée se transformer à son tour en cette chose qu'il ne comprenait pas, mais qui l'affectait de la plus profonde des façons. Persuadé que la distance pallierait à sa lâcheté de ne pas couper court à ce duo qu'il avait crée, il s'était ainsi jeté sur la moindre tâche à accomplir et accueillait leur séparation avec soulagement… Jusqu'à ce que ne le rattrape le terrible vide dans lequel cela le plongeait à chaque fois.

Il se sentait aveugle lorsque les yeux de la petite guêpe ne distinguait pas pour lui. Les exercices qu'il s'infligeait ne possédait aucune saveur sans les traits experts fondants sur lui que l'archère décochait avec une maîtrise absolue. Il descendit de son perchoir, cela ne rimait plus à rien à présent. Plus il voulait faire le néant dans son esprit, plus elle prenait la place qu'il libérait. Il serra des dents, car de toute celle qui s'imposait à lui, il eut fallut que ce soit ce rire étonnamment étranger sur les lignes du masque des expression de la jeune femme qui ne manquait jamais de lui revenir en mémoire. Si incongru, si surprenant, si parfait. Par péché de prétention, il avait cru pouvoir tout prévoir d'elle et elle l'avait étonné. Elle n'avait cessé de le faire en vérité, depuis le commencement de leur relation.

Cette surprise était un moteur, une force dans laquelle il se refusait de puiser, la comparant en son sein à une drogue dont il ne daignait pas devenir dépendant. Le Maître des secrets et son infaillible mémoire ne pouvait oublier et le fait même de penser le faire était pareille à un sabre qu'on lui fichait au travers du torse. Dame Soleil accueillait son retour au pays par ses premiers rayons matinaux tandis qu'il approchait de la cité cachée des vents. Il était arrivé presque inconsciemment jusqu'au village et ce n'est que lorsqu'il fut enfin dans ses appartements qu'il se rendit compte de l'ignominie de sa situation. Ce refus constant à laisser s'échapper librement quelque chose, son irrépressible besoin de tout pouvoir tenir au creux de ses mains, il n'avait fait que penser à comment trancher cette chose qui se terrait en lui et qu'il ne voulait pas comprendre.

Il n'avait dès lors plus été conscient de rien, l'automatisme de son être ayant prit le dessus sur lui pour le laisser à ses pensées, le rendant moins utile qu'un éclopé. La colère qui voulu l'envahir fut immédiatement stoppée, rangée, entreposée dans la bibliothèque de son mental. Mais cette petite braise brûlant en lui, elle, non, elle ne se laissait pas manipuler aussi facilement. Il changea le sens de ses idées par curiosité, celle la même qui l'avait plongée dans ce désarroi. C'est alors que son univers s'éclaira totalement. Tout lui apparu bien plus simple ainsi. Plus logique, malléable et tranquille. Tout ceci n'était possible que s'il laissait le petit âtre s'embraser de son côté, conscient qu'il ne pourrait pas l'affecter quoiqu'il advienne. Il laissa le sourire et le rire s'imprimer à la surface de sa psyché, un second souffle le prenant. Katame manqua de laisser s'exprimer l'euphorie qui l'empoigna, mais en lieu et place de cela, il fut poussé par un unique désir.

Celui de la retrouver pour combler ce manque, raviver cette force incontrôlable, ce brandon à son simple contact. Lorsqu'il sortit de chez lui, elle apparu si simplement et si subitement qu'il en fut… Surpris. À nouveau. Rien n'aurait pu empêcher son sourire de se dessiner sous le mempô de démon qui lui masquait la moitié basse du visage tandis qu'elle lui répondait par les mêmes traits enjoués et qu'elle l'accueillit comme elle le fit. Toute les excuses du monde auraient pu lui apparaître soudainement valable face à une telle irruption mêlée de coïncidence grotesque, si bien qu'il accueillit la lettre qu'elle lui produisit pour expliquer sa présence. Il s'agissait d'un pli traitant d'une affaire qui ne nécessitait en aucun cas qu'un Chûnin s'attarda sur le sujet, c'était à se demander ce qu'un Jônin y ferait. Mais si elle jugeait que cela pouvait l’intéresser, alors il décida d'y prêter foi, examina le courrier et le glissa dans son obi avant de faisant mine de repartir aussitôt était il revenu à Fuu.

L'hôte de Tachigami n'entendit pas son invité ricaner en son sein alors qu'il se perdait dans les prunelles de l'encre la plus pure qu'il lui était donné de voir. Non. Il n'avait plus la moindre envie d'être seul dorénavant. La neutralité de son ton avait déjà disparu depuis longtemps à l'égard de cette adolescente effacée et pourtant brillante de détermination, cela ne changea pas lorsqu'il s'exprima enfin :

O'hayo, Shura-san. Je n'aime effectivement pas l'inaction, alors ne perdons pas plus de temps. Kasami est à l'autre bout du pays et cette affaire ne souffrira d'aucun délai. Nous aurons tout le loisir de discuter en route de vos progrès dont il me tarde d'en apprécier la teneur, si vous m'y autorisez.

L'invitation, aussi implicite fut-elle, était aussi claire que de l'eau de roche. Il ne voulait plus être seul, c'était un fait avéré, mais en réalité, il ne souhaitait pas que cela puisse se faire avec autre qu'elle. Afin de donner le change un minimum, il ouvrit la marche, feignant un détachement qui ne ferait probablement pas illusion très longtemps.
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Tsuruchi Shura

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Genin

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MessageSujet: Re: [Quête] Le Mur du Cyclone Dim 17 Juil - 7:57

Se sentir stupide n'était finalement rien face à son propre bonheur, alors qu'elle se trouvait si contente de le retrouver. Les derniers mois avaient comme été une transformation toute entière de sa vie et elle n'en regrettait aucun instant, ayant trouvé dans leur rencontre un moteur plus fort qu'elle n'en avait jamais eu. Dans la présence de ce haut supérieur, elle avait mis Fuu tout entier, comme s'il n'avait jamais été que le seul auquel elle pouvait s'adresser et que les autres avaient perdu de leur importance. Ce n'était pas exactement ça, pourquoi serait-elle allée voir quelqu'un d'autre quand lui-même était là ? Les autres l'auraient-ils écoutée de toute façon ? Et puis ici, chacun y trouvait son compte.
Ce lien qui leur avait permis de passer autant de temps ensemble l'avait fait un peu réfléchir sur sa façon de vivre. Elle avait l'impression d'avoir manqué quelque chose en s'éloignant autant des gens pour suivre sa propre voie, pourtant, elle n'avait jamais réussi à trouver autant de motivation auprès des autres qu'elle n'en avait eu pour Ryuuketsu. Peu de temps après ce semblant de résolution, elle avait fini par laisser tomber. Il aurait bien fallu être au moins chûnin pour l'égaler, et encore ! Et puis, ils finissaient toujours par l'importuner, l'agacer, elle n'avait jamais envie d'être avec eux, quand elle n'aurait ressenti ça pour rien au monde avec lui.

Le soulagement ainsi qu'un bonheur plus intense encore emplirent son cœur lorsqu'elle crut comprendre qu'il était lui aussi content de la revoir. Plus que tout, elle fut rassurée de l'entendre utiliser un pluriel qui la concernait quand elle avait craint qu'il ne reparte une nouvelle fois sans elle. Elle accueillit donc ses mots avec un sourire bien plus éclatant encore, incapable de retenir ses émotions. Le voulait-elle de toute façon ? Elle n'avait aucune raison de lui cacher quoi que ce soit quant à ses états d'âme, surtout s'il s'agissait de joie.

— Hai ! Répondit-elle simplement à ses mots, avec le ton enjoué qu'elle avait toujours lorsqu'il s'agissait de partir en mission.

Emboîtant son pas, elle le suivit en direction des écuries. Bien sûr, un entraînement en sa compagnie aurait lui aussi pu être appréciable, mais elle vivait avant tout dans l'action et rester éternellement au village finissait par attacher bien trop de sentiments négatifs à son humeur.
De quoi voulait-il parler à son sujet ? Elle n'en était pas vraiment certaine, mais comme toujours, elle se ferait un plaisir de répondre à toutes ses questions. Il connaissait bien maintenant son honnêteté intransigeante et il pouvait être sûr qu'elle ne lui mentirait jamais sur quoi que ce soit.

— Eh bien, je ne sais pas si en quelques jours mes progrès vous seront vraiment visibles, mais j'ai pu en votre absence m'entraîner longuement sur quelques points qu'il me fallait améliorer. Ah ! Pas qu'en votre présence je ne puisse pas le faire ! Se corrigea-t-elle aussitôt, maudissant son incapacité à s'exprimer correctement. Je veux dire…

Mais elle se tut là, ne trouvant en fait rien à dire, hormis bafouiller quelques mots qui n'auraient pas donné plus de sens à sa phrase. Il connaissait sa maladresse à ce sujet bien évidemment, ce n'était pas comme si c'était la première fois qu'elle ne savait pas comment s'expliquer, mais elle détestait toujours autant ces moments.

— J'espère que votre voyage s'est bien passé, trancha-t-elle pour changer de sujet.

C'était la seule chose qu'elle avait trouvé à dire ou plutôt, c'était une question qui lui brûlait les lèvres depuis tout à l'heure et qu'elle n'avait osé poser. En voulant s'échapper à son embarras, voilà qu'elle se lançait dans quelque chose qui pourrait être pire encore ! Quelle idiote ! S'il ne l'avait pas emmenée, c'était que ça ne la regardait pas, n'est-ce pas ? Elle aurait voulu lui dire d'oublier cette demie question, mais elle se retint finalement, ça n'aurait fait que rendre les choses plus louches. Et pourquoi ce devrait être louche d'ailleurs ?
Les yeux cloués au sol, elle n'avait désormais plus qu'une envie : arriver aux écuries pour avoir quelque chose qui l'occuperait. C'était ridicule à quel point ces retrouvailles la mettait mal à l'aise ! C'était presque comme si elle avait perdu toute habitude et ne savait plus vraiment comment se comporter. Aurait-elle fait autrement d'ordinaire ou prenait-elle simplement conscience qu'elle agissait différemment à ses côtés ?
Non. Elle s'était toujours souciée de lui, alors où était le problème ? Elle s'emmêlait dans ses pensées, voilà tout. Finalement, même sa présence à lui la rendait confuse, même si ce n'était pas de la même manière que pour les autres et qu'au moins, avec lui, elle ne détestait pas cela. C'était stupide, complètement stupide. Si seulement elle pouvait arrêter de réfléchir…



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Ryuuketsu Katame

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Jônin

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MessageSujet: Re: [Quête] Le Mur du Cyclone Mar 2 Aoû - 1:44

Guidant leurs pas jusqu'aux écuries, le seigneur des ombres se félicita de sa petite comédie pour lui permettre de précéder cette marche, car il sentait ses joues trahir l'afflux sanguin battant sous leur surface au souvenir de la réponse enjouée qu'elle avait fait à sa proposition. Cela faisait deux mois, peut être plus, il ne savait plus exactement, que Shura était devenue son second, comblant ses lacunes tandis qu'il complétait les siennes.

Il en venait à se demander si cette attirance étrange ne venait pas de ce fait uniquement, que son esprit pratique et pragmatique soit si influent sur sa psyché qu'il puisse provoquer un émoi face à un être lui permettant d'atteindre l'impossible perfection. La joie que la petite guêpe ne tâchait même plus de masquer lorsqu'il faisait appel à elle était tout à fait normale, dès le premier jour où il avait émit par pure reconnaissance l'idée qu'elle puisse trouver à ses côtés la place d'une aide de camp personnelle, elle n'avait en rien caché sa volonté de servir le chûnin.

Mais de son côté à lui, les choses avaient évoluées d'une façon incontrôlée, au comble de l'ironie si l'on avait connaissance de son caractère. Elle le sortit de sa légère introspection lorsqu'elle débuta de répondre aux curiosités qu'il avait relevé à propos de son niveau dans le maniement de son arme de prédilection.

Ces derniers temps, la voir s'exercer le dérangeait. La concentration qui se lisait sur le visage de son jeune bras droit tandis qu'elle préparait un trait implacable sur une cible inerte ou un rongeur malchanceux, la manière dont elle faisait corps avec son arme, son frêle physique se muant en pilier que la plus violente tornade n'aurait pu faire fléchir avant que son tir ne parte, serein et certain de frapper justement…

Tout ceci l'émouvait, émoussant ses capacités analytiques, tant et si bien qu'il ne pouvait pas la guider ou l'aider à améliorer son art, si cela était possible, au vu de la contemplation avec laquelle il la détaillait du regard et dans le plus grand secret. Pourtant, cette dernière se trouvait toujours si euphorique dans sa méconnaissance de la vérité, pensant certainement à tord que seul le respect et la confiance motivait le jônin.

Cela amenait souvent la kunoichi à se perdre dans ses propos, d'une façon ou d'une autre, comme il fut le cas cette fois ci. Il ne put s'empêcher de laisser s'échapper un léger rire en l'entendant s'emmêler dans ses propres termes, pensant qu'ils auraient pu le blesser d'une façon quelconque. Il se retourna même quelque peu afin de pouvoir la surprendre dans cet embarras, car il adorait toujours autant ces moments.

Le point qu'elle releva finalement le laissa songeur un instant, car la raison de cet écartement et l'introspection qui avait suivit étaient deux choses qui lui semblaient désagréables à présent qu'il avait accepté ce qu'il éprouvait, même s'il l'avait rangé soigneusement, plus précieusement même qu'un trésor inestimable, dans les archives de son esprit. Elle n'avait néanmoins pas à en pâtir, alors l'excuse qu'il avait trouvé serait la véritable raison de son voyage et elle en avait l'air, de toute façon, aussi entreprit-il d'en dévoiler la teneur à sa plus cher genin :

Certes oui. Sumimasen, Shura-san, je suis parti bien vite sans vous prévenir de mon objectif et malgré ma promesse de vous avoir à mes côtés en toute circonstances. Mes pas m'ont menés en Kaze où j'ai veillé aux intérêts de Fuu et plus largement de Eiichiro, avisant discrètement de la voie politique que le Haut Conseil du clan et son administrateur autoproclamé et estimé Taisho des vents font prendre à la terre que notre devoir nous amène à protéger à chaque instant… Parfois même de ceux qui sont les nôtres.

Je n'ai pas choisi le nom de Mabyori Kaishi pour rien lorsque je me suis forgé ce bushi, ce dernier permet à mes yeux et mes oreilles de se trouver légitimement en des lieux qui m'étaient difficilement accessibles sur le long terme, même si il s'agit plus d'un symbole pour ceux qui savent le distinguer.


La précision inutile qu'il venait de faire le mis en colère contre lui-même. Il fut un temps où le strict nécessaire suffisait à ses explications, mais il se rasséréna aussitôt en se souvenant de l'identité de son interlocutrice et du fait qu'elle incarnait bien la seule personne à qui il pouvait tout dire sans la moindre crainte. C'était juste là une gymnastique à laquelle il n'était guère habitué.

Ils parvinrent ainsi aux écuries, dont les habitants équins n'avaient que peu l'habitude de voir ainsi le maître des ombres, celui-ci préférant à ces derniers le don que Fujin en personne lui avait accordé de pouvoir dompter les flux aériens. Il jeta son dévolu pour un tokara souris distant de ses pairs et un second, alezan pie celui-là, pour sa compagne de voyage dont il lui tendit les rênes avant de grimper sur sa monture désignée.

Celle-ci fut instantanément coopérative à ses demandes et il poursuivit alors son rapport, un fait qu'il n'avait pourtant plus eu à accomplir depuis sa nomination au rang suprême parmi les guerriers de la nuit. Cela l'amusait pourtant, ce renversement des rôles qu'il ne lui serait jamais venu à l'idée d'honorer si ce n'était avec elle pour vis à vis.

Yozakura-Taisho est donc parti accompagner la Voix de Kazegami. L'Empereur convierait en personne les plus hautes entités de chacun des clans, exception faite de leur Jônin, puisque le statu de ces derniers n'est pas un fait établi ni reconnu par le Fils des Cieux. Mais connaissant les priorités de celui qui nous guide… Je ne suis pas certain qu'il aurait honoré une telle invitation, quand bien même proviendrait-elle de celui qui est sensé nous gouverner tous.

La surveillance de nos frontières lui est bien plus importante et j'ai tendance à affectionner ce point de vu tout particulièrement. Enfin… Tout ceci n'aura rien révélé de bien intéressant, mis à part mettre à jour quelques certitudes.


Ce qui était parfaitement vrai le concernant. Il avait eut l'impression de perdre son temps et c'était tout. Il ajouta alors et pour conclure :

La prochaine fois… Venez donc m'accompagner sous cet alias de mercenaire qui vous sied à ravir, Shura-san. Ce dernier et Kaishi ont déjà été vu ensemble et n'étonnera personne… Si la chose vous intéresse, évidemment.

Il avisa le chemin, ses yeux écarquillés devant l'incongruité de cette phrase. Il avait failli ajouter qu'ils pourraient tout à fait se faire passer pour un couple romanesque afin de parfaire le tableau de ces personnages, mais s'était tenu la bride au dernier moment. La route jusque Kasami allait être bien longue s'il devait se surveiller lui-même en plus des environs de leur voyage...
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Tsuruchi Shura

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Genin

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MessageSujet: Re: [Quête] Le Mur du Cyclone Lun 22 Aoû - 8:47

La surprise vint la frapper une énième fois à l'écoute de ses mots. Elle ne s'était attendue à rien d'autre qu'une simple phrase en guise de réponse qui l'aurait vaguement éclairé sur le chemin qu'il avait parcouru. Un oui ou un non aurait pu être suffisant, mais il en fit tout le contraire. Étonnée, son regard avait aussitôt quitté le sol pour se braquer sur lui et elle l'écouta avec une attention toute particulière, s'il lui était possible d'être plus attentive qu'elle ne l'était d'ordinaire, à ses côtés.
Pourquoi s'excusait-il ? Pourquoi lui disait-il autant de choses, lui donnait-il autant de détails ? Ce n'était pas une chose qu'il faisait avec les autres, elle en était bien certaine et cela ne fit que la réjouir davantage. Il ne lui avait pas fallu longtemps pour qu'elle choisisse de lui dévouer sa vie et sans, bien sûr, attendre qu'il en fasse de même, elle appréciait toujours de voir qu'elle occupait pour lui une place toute particulière. Elle s'était déjà surprise à vouloir rester toujours plus longtemps avec lui et posait  finalement un regard sombre sur ceux qui venaient s'adresser à son chûnin, comme si elle y voyait une tentative de l'arracher à lui, même si ces visites n'avaient parfois aucune sorte d'importance.

Concentrée, un sourire à peine perceptible sur ses lèvres, mais qui devait bien facilement trahir aux yeux de Ryuuketsu son plaisir, elle imprima dans son esprit chacun de ses mots, l'agitant déjà pour réfléchir à chacun des impacts que cela pouvait engendrer, désireuse de lui fournir une réponse aiguisée.

Ainsi, elle put apprendre qu'il agissait jusqu'aux plus hautes instances de leur clan et qu'il pouvait influer sur les décisions qui y étaient prises. Elle connaissait déjà son attachement pour Eiichiro, sa volonté d'agir pour le meilleur, de préserver chacun de leurs intérêts. Elle n'avait jamais douté qu'il ait effectivement un tel pouvoir et que les ramifications de ses idées puissent remonter jusqu'au sommet de leur hiérarchie dont elle n'était finalement qu'un infime maillon.
La jeune archère ne pouvait qu'apprécier les détails qu'il lui offrait, elle aimait plus que tout la vérité, l'honnêteté des hommes et quand bien même il s'agissait d'une chose qu'elle devait parfois laisser de côté au gré de ses missions, elle était heureuse qu'il se livre à elle avec une telle sincérité. Il aurait pu ne rien lui dire, pu lui mentir, mais elle ne voyait dans ses mots aucun mensonge. Elle ne pouvait s'imaginer être trop aveugle pour se laisser tromper. Elle lui faisait parfaitement confiance et il lui prouvait aujourd'hui encore qu'elle avait acquis la sienne. Jamais elle ne lui en aurait voulu qu'il garde vis à vis d'elle quelque secret, c'était d'ailleurs certainement le cas, mais c'était avec un ravissement des plus forts qu'elle pouvait constater qu'il lui offrait autant d'honnêteté que possible.

Arrivés aux écuries, elle attendit simplement qu'il choisisse leurs montures, toujours murée dans un silence des plus attentifs, heureuse, mais aussi avide de connaître la suite. Elle se hissa avec agilité sur l'alezan pie dont il lui avait offert les rênes et, alors qu'ils entamaient leur route, il poursuivit son explication.

L'étonnement la saisit à nouveau alors qu'il lui apportait des informations dont elle n'aurait eu d'ordinaire connaissance que bien plus tard. Elle s'interrogeait sur les raisons d'un tel rassemblement, mais se sentit aussi rassurée de savoir que leur jônin veillait encore et toujours à la sécurité de leur clan, même si elle n'en aurait jamais douté. C'était là aussi l'opinion de son chûnin et elle ne l'aurait pas imaginé autrement.

Lorsqu'il se tut, lui offrant l'opportunité de lui répondre, elle lui offrit un de ses beaux sourires.

Arigato, Ryuuketsu-sama. Je comprends parfaitement qu'il y ait parmi les tâches que vous devez accomplir certaines sur lesquelles vous ne pouvez m'éclairer et qu'il vous est parfois nécessaire de rester dans le secret. Je ne vous en voudrai jamais à ce sujet et je suis très touchée que vous montriez à mon égard autant de sincérité. J'y vois là la preuve d'une confiance que je chéris plus que tout et dont je ferai tout pour être digne, répondit-elle calmement, réussissant à adopter un ton neutre, mais dont il lui était bien aisé de deviner le véritable et bien plus intense sentiment.

Son regard se reporta alors sur l'horizon et elle garda un léger silence tandis qu'elle sondait les alentours, préférant se détacher de Ryuuketsu pour s'assurer que rien de dangereux ne viendrait à leur rencontre, pour assurer sa sécurité finalement.

— Je suis certaine qu'au cours de cette mission nous pourrons accomplir la volonté de notre jônin. Assurons-nous que rien de fâcheux n'arrive en l'absence des plus hautes têtes de notre clan, ajouta-t-elle tout en tournant à nouveau la tête dans sa direction.

Son regard affichait alors une lueur déterminée, montrant bien qu'elle ne laisserait jamais rien qui puisse leur déplaire arriver sans qu'elle n'intervienne.

— Je vous suivrai avec plaisir, si telle est votre volonté.

Elle se souvenait bien de Kaishi et aimait cette identité qu'il s'était formé. Elle l'avait trouvé des plus amusants et avait souvent ri de ses maladresses sans jamais s'en moquer, appréciant finalement qu'il éveille en elle des sentiments qu'elle n'exprimait pas d'ordinaire. Elle jouerait alors ce rôle de mercenaire qu'elle empruntait souvent à l'extérieur et le compléterait dans un duo dont ils avaient déjà formé l'ébauche.
Elle préférait bien largement le véritable Ryuuketsu, ou du moins cette identité qu'il entretenait lors de ses présences à Fuu et presque toujours à ses côtés, mais n'oubliait pas qu'il puisse agir différemment. C'était une partie de leur rôle et ils se devaient parfois de fragmenter des parties de leur personnalité pour se fondre dans le monde avec autant de naturel que possible. Finalement, qu'importe leurs fonctions ou le visage qu'ils affichaient, tant que c'était avec lui qu'elle se trouvait.

Ainsi se perdaient ses pensées dans l'horizon verdoyant des plaines qu'ils parcouraient, alors qu'elle ne trouvait plus rien à dire et qu'elle se satisfaisait simplement de se trouver à quelques mètres de lui.



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MessageSujet: Re: [Quête] Le Mur du Cyclone Jeu 15 Sep - 10:30

Elle irradiait. Encore et toujours. Étoile éblouissante posée à même les terres, à les parcourir au milieu des mortels. Il se demandait depuis quand c'était le cas, ce qu'il avait pu rater depuis son réveil où il avait fait face à ce visage désappointé à l'époque, ces traits irrités face à son agitation, la surprise qui avait été la sienne quant il avait révélé son nom et par la même occasion ce sur quoi elle avait veillé.

Le changement que ça avait apporté à sa façon d'être avait été radical, mais pas au point qu'elle s'incarne en astre terrestre étincelant. Il s'était tant habitué à la décrire dans son sommeil, à l'étudier tandis qu'elle marchait parfois devant son propre pas, pour le peu que la chose arrivait, qu'il parvenait à déceler les plus infimes variations des lignes du masque de ses expressions. Le léger sourire qu'il avait surpris alors l'interloqua sur ce qui existait entre eux, ce lien dépassant selon ses critères celui de supérieur à subordonnée.

Le siège de sa conscience mesura chacun des souvenirs de ces joies qui l'affectait visiblement lorsqu'ils se trouvaient ensemble, tant et si bien qu'une certaine évidence s'installa alors qu'il vit dans les faits et gestes de sa si chère genin celle d'une jeune fille ayant trouvé en lui un genre de père. Ça ne pouvait qu'être cela de toute façon, il se refusait d'attribuer ces yeux d'une infinie douceur à autre chose que ce fait précis, car ce serait avouer son intime faiblesse, choisissant la facilité et ce que son cœur souhaitait inconsciemment, non la logique qui avait toujours été sa voie jusqu'à ce jour.

Il soupira, sentant la déception l'envahir et son battant se serrer pendant qu'il se rangeait tout entier à cette idée, l'information et le sentiment qui s'en suivit furent inspectés puis catalogués dans les archives de sa psyché, car ce regret n'avait pas lieu d'être, présomptueux et inutile à la fois. Sa nouvelle conviction s'en trouva néanmoins fortement ébranlée quand la petite guêpe se mit à lui répondre, précédent cette dernière par une radiance impensable, comme si chaque mot qu'il prononçait était un compliment qu'il faisait à la kunoichi et qu'elle en appréciait la teneur.

Il en venait souvent à s'interroger où pouvait bien être passer cette archère taciturne et solitaire qu'il avait surveillé par le passé, cette enfant rapidement mise à part, éduquée comme il s'éduquait de son propre chef et surtout, qui était cette jeune femme merveilleuse qui marchait fréquemment à ses côtés depuis une saison à présent. La dévotion qu'elle montrait à son égard, cette confiance dont elle faisait continuellement état, les remerciement qu'il était certain de voir comme authentique pour le simple fait de lui dire la vérité sans presque aucune omission… Ce n'était pas une émotion filiale ni une affection liée à une projection paternelle comme il l'eut cru.

Shura, depuis le premier jour où elle eut su qui il était ou du moins, qu'il incarnait cet alias de Ryuuketsu Katame, avait projetée une forme d’idolâtrie, cela lui paru tout justifier alors. En un temps, il aurait trouvé la chose utile, efficace bien qu'étrange le concernant, lui permettant d'user d'elle à sa guise, de la placer où il le désirait, ajoutant à l'efficacité de la mécanique complexe qu'était Fuu, mais à cet instant où il la voyait plus splendide que le Soleil, la pensé le révulsait.

Son geste de l'avoir placée à ses côtés, au départ, avait été une nécessité, mutant progressivement en un plus simple confort pour finalement se révéler un caprice de sa part. Cela n'aidait en rien le village ou le clan qu'il lui substitue l'une de ses vigies pour son propre service, lui qui avait toujours agis foncièrement seul. Aussi, alors qu'elle orienta ses prunelles au loin pour surveiller leur route, il manqua de laisser s'échapper un rire à la mention de son titre, se trouvant à cet instant bien indigne de ce dernier, quand bien même la shinobi avait parfaitement raison en annonçant qu'ils accomplissaient là sa volonté… Son seul vœu se révélant d'être avec elle, égoïste, inutile, mais qui lui réchauffait pourtant l'âme tant qu'il se trouvait non loin de celle-ci.

Il haussa les épaules face à ce tourment de son esprit, son geste accompagné de sa réponse quelques minutes plus tard, le temps pour eux d'avaler un kilomètre à dos de monture :

Elle l'est, de toute évidence. Vous palliez à mes défauts et consolidez mes avantages d'ores et déjà acquis. Appuyer sur un point fort, effacer un point faible, là est l'essence même d'une bonne escouade et, en ce qui nous concerne, d'un bon duo. Votre sens des perspectives d'une infaillible précision me complète… Et votre pragmatisme se superpose au mien.

Il m'est désagréable de me rendre compte de cela si tard en ayant multiplié les sorties sans votre concours… Je ferai plus… Attention à l'avenir, de ne pas ignorer ce que je viens de souligner moi-même à l'instant. Pour ce qui est de la volonté du Jônin… Il ne fait aucun doute que nous l'accomplissons en ce moment même…


Il manqua d'arrêter sa phrase à cet endroit précis, mais il ajouta rapidement, ne laissant qu'un très faible temps mort qu'il serait difficile d'interpréter, du moins l’espérait-il :

… Puisque nous sommes déjà en route pour accomplir cette mission.

Un nouveau silence, ce dernier lui permettant de reprendre le plein contrôle de son être si facilement chamboulé depuis qu'ils s'étaient retrouvés ce matin là. Néanmoins, il parvint à se focaliser sur sa dernière phrase, faisant rejoindre à son menton masqué une main soutenant son expression pensive alors qu'il se mit à marmonner, son esprit enfin concentré sur leur expédition :

Rokude Nashi… Cet entrepreneur a toujours été un fin économiste et sa vision du commerce compétitif portant un regard sur une concurrence saine ne ressemble pas du tout à l'image qui nous est dépeinte dans ce pli de surveillance. Qui plus est, il était connu pour sa bonne entente avec les propriétaires terrestres, à ma connaissance.

Je suppose qu'il pourrait voir dans le chaos de ces temps l'opportunité de rentrer dans le cercle très fermé de la noblesse marchande, voir de transcender son état et d'intégrer la cour de Kasami elle-même, voir celle de Kaze. Rien ne pourrait nous permettre d'en être sûr avant de le rencontrer directement. Et si nous devions procéder de la sorte, alors… Kaishi pourrait nous être utile… A moins que l'observation de ses actes ne suffisent à nous en faire une meilleure idée avant d'agir… Qu'en dites vous, Shura-san ?
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MessageSujet: Re: [Quête] Le Mur du Cyclone Dim 9 Oct - 21:20

Le simple fait d'entretenir une conversation avait à la fois quelque chose d'étrange et de rassurant. Elle n'aimait pas tant discuter, surtout si c'était pour parler de choses insignifiantes, mais avec lui, elle sentait bien qu'elle aurait pu user de n'importe quel prétexte juste pour l'écouter encore un peu, garder contact, raffermir ce lien qui les ramenait toujours l'un vers l'autre. Et puis, elle avait l'impression d'être tellement vide lorsqu'il se trouvait absent qu'elle se demandait parfois si elle ne pouvait être elle-même qu'à ses côtés. Avec lui, elle était bien meilleure, plus alerte, plus concentrée, plus efficace qu'elle n'arrivait à l'être en d'autres circonstances et, bien qu'elle se soit trouvée incapable d'y attribuer une quelconque raison, elle avait facilement accepté ce fait.

Le silence suite à ses mots commença à s'étaler sur plusieurs minutes, à moins qu'il ne s'agisse d'une éternité toute entière, peut-être. Elle croyait alors avoir dit quelque chose de mal ou d'inintéressant. S'était-il finalement lassé de sa trop grande sincérité ? La trouvait-il idiote ou la considérait-il simplement comme un outil, auquel il était bon de répondre uniquement lorsqu'il trouvait cela utile ?
Mais, comme s'il avait pu entendre la moindre de ses pensées ou ressentir son doute, il lui répondit alors, balayant en quelques mots ses craintes les plus profondes. Non... Il réfléchissait sans doute, cherchait ses mots... Avait-il déjà été à un quelconque moment froid ou méchant avec elle ? C'était bien tout le contraire, comme si parfois il n'aurait pu lui adresser que des compliments. Ses émotions s'étaient enfouies jusque dans son ventre, mélange d'une sorte d'étrange angoisse et d'un bonheur infini. Un bon duo... Il trouvait qu'ils formaient un bon duo, mieux encore, qu'elle était capable de le compléter pour pallier à ses si rares défauts... Y avait-il d'autres mots capables de la rendre plus heureuse encore qu'à cet instant ?

Naturellement, elle n'avait pu s'empêcher de sourire, mais elle était restée concentrée sur le lointain, osant à peine lui partager à quel point elle se sentait radieuse de l'entendre dire tout cela. Même si elle faisait toujours de son mieux, et plus encore avec lui, elle n'avait pas l'impression de mériter autant, tout en se trouvant incapable de remettre en question son jugement.

— Je... Ce ne serait pas pareil avec quelqu'un d'autre. Je veux dire... Je suis bien meilleure à vos côtés, tout me paraît bien plus facile ainsi. Je n'ai jamais vraiment su former de bonne équipe avec qui que ce soit... alors ça me paraissait plus simple d'agir seule, mais vous m'avez bien largement prouvé que j'avais tord. Si ma présence vous permet la même chose, alors j'en suis ravie.

Elle tourna la tête vers lui cette fois, lui adressant ce sourire qui n'avait jamais été que pour lui. Puis ce fut à nouveau le silence et elle retourna à leur chemin, mais cela ne la dérangeait pas cette fois, elle se savait tout aussi bien capable de profiter de sa présence lorsqu'il ne disait rien. Il leur faudrait plusieurs heures de route pour arriver jusqu'à leur destination et si avec d'autres elle aurait pu trouver cela ennuyeux, c'était bien loin d'être le cas ici. Elle se réjouissait même d'être la seule à pouvoir profiter ainsi de sa compagnie, d'autant plus qu'elle ne se rendait pas compte qu'elle était bien la seule à connaître cette facette-là de son chûnin.

Lorsqu'il ramena leur conversation sur le sujet de la mission, sans réfléchir, elle en profita pour poser à nouveau son regard sombre sur lui, détaillant presque inconsciemment cet air pensif qu'il arborait maintenant et qui lui seyait si bien.

— En ces temps troublés, nombreux sont ceux qui révèlent un tout autre visage. Ce ne serait pas le premier à vouloir profiter des changements ou du chaos pour assouvir ses propres intérêts. Et... vous avez raison ! L'observer de loin ne nous apportera pas grand-chose de plus que ce dont nous avons été informés par cette lettre, aller à sa rencontre pourrait se montrer bien plus efficace. Rien ne nous empêchera de reprendre la voie des ombres si nous en avons besoin un peu plus tard.

Shura se sentait même intriguée à cette idée. La première fois qu'elle l'avait vu sous l'identité de Kaishi, elle avait dû s'y adapter, mais il lui proposait désormais de développer leurs rôles ensemble, de sorte sans doute à ce qu'ils se montrent encore meilleurs, plus crédibles dans leurs identités d'emprunt ; et c'était une excellente idée.

— Peut-être pourrions-nous commencer dès maintenant ? Proposa-t-elle.

Une fois arrivés, ils seraient alors parfaitement dans leur rôle, sans que personne ne puisse y soupçonner quoi que ce soit. Elle n'avait pas détaché son regard de lui et éprouvait maintenant l'envie de voir le véritable Kaishi s'éveiller sous ses yeux. Ryuuketsu avait un si beau visage, c'était dommage finalement qu'il le cache de moitié aussi souvent.



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Jônin

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MessageSujet: Re: [Quête] Le Mur du Cyclone Mar 18 Avr - 19:21

Ce fut difficile pour lui de maintenir cette paix retrouvée et toute relative tandis que Shura fit de nouveau écho à ses propos, lui assurant qu'elle considérait aussi qu'ils se complétaient, mieux encore, qu'il la transcendaient dans ses capacités. Tout ces mots avaient étés pour lui aussi vrais et sincères qu'ils n'étaient des excuses pour la garder auprès de lui. Mais l'inconfort d'une telle pensée ne subsista pas longtemps, quand bien même lui offrit-elle une expression qui aurait pu éclipser la lueur même du regard d'Amaterasu dans les cieux.

Son cœur vibrait face à ces traits et il lui était presque pénible de masquer le bouillonnement qui grondait en lui, museler tout ces égards qu'il aurait aimé offrir à la jeune fille. Il y parvint tout de même, non sans mal, mais avec un succès manifeste, ne laissant passer sur son visage qu'un simple haussement de sourcil. Katame accueillit comme une bénédiction les suppositions de sa genin quant à l'affaire – l’alibi – qui les réunissaient ce jour, l'ancrant à son tour dans la réalité de cette mission. Sous son mempo, il daigna sourire à l'idée de ce plan qui naissait paisiblement, puis il leva ses yeux disparates vers l'archère, déterminé, avant d'annoncer :

Faisons ainsi dans ce cas. Kaishi vit en Kaze, allons donc l'y chercher et recrutons par la même occasion la mercenaire Shura. Le chemin qui nous mène en Kasami passe de toute façon par là.




La voie impériale était parfaite pour parcourir en un temps réduit les distances séparant les cités les plus peuplés de Yokuni et c'est bien sur ces dernières que le Taii guidait le convoi qu'il composait avec sa compagne de route, la jeune Tsuruchi. Le hasard avait bien voulu qu'il la trouve sans le moindre mal et ne lui promette espèces sonnante et trébuchante pour l'aider dans cette entreprise qui était la sienne à ce jour.

Les Mabyori de Kaze avait toujours entretenus un lien étroit avec Kasami, dont ils étaient en parti originaire. La politesse tenait pour acquise le fait que son dernier héritier irait présenter ses respects aux familles ayant perdu un proche dans les terribles événements estivaux et il avait fait traîner la chose bien assez longtemps comme ceci.

Rokude Nashi incarnait la plus haute sommité civile du domaine qu'ils allaient visiter et pour l'occasion, Kaishi avait déniché un boulier dont les perles étaient de jade pure afin de montrer la considération de Kaze envers cet homme qui était devenu par la force des choses l'administrateur dans l'ombre de la province. Vêtu de sa plus belle armure et d'un kimono d’émeraude chatoyant, monté sur sa cher et tendre Ōbā, jument de toujours, portant sur une épaule son arme symbolique, le visage fermé et digne sur le lointain, il avançait au devant de l'archère à qui il avait dégoté une sublime pouliche d'une robe crème presque immaculée.

Son plan était infaillible, il devait bien l'admettre ! La mercenaire allait simplement jouer le rôle de sa future épouse, lui-même n'en ayant pas encore et ainsi, d'une pierre deux coups, il redorerait le blason des Mabyori tout en se montrant social auprès de la caste de la noblesse civile. Oui, c'était proprement là une idée géniale et qui sait, dans la fougue de la situation, la petite Shura lui céderait probablement un bisou ou quelque chose du genre ?

Le bushi manqua de glousser à l'instant même où cette pensé effleura son esprit, brisant pour de bon le flegme qu'avait su prendre son expression jusque là. Ils avaient voyagé ainsi et partagé une chambre afin de parfaire leur couverture, sans pour autant partager le tissus éponyme et cela durant deux jours et deux nuits. Mais le samouraï n'avait guère osé trop entamer la discussion sinon en lui indiquant ce qui était attendu d'elle, ce délicieux prétexte qui lui permettait de se trouver si près d'elle sans que ses idées ne viennent à être percées au grand jour.

Jetant un regard derrière lui afin d'être bien certain de ne pas être surprit dans ces élans de lubricité, il fit mine d'annoncer joyeusement, lorsque son regard capta celui de sa partenaire de périple :

Ah ! Nous arrivons, Shura-san ! Kasami, centre agricole du clan ! Plate-forme d'échange avec nos voisins de l'Ouest qui dépendent en grande partie, nous devons nous en enorgueillir, de la bienveillance de nos paysans et de nos marchands durant leur été étouffants. Ne vous étonnez donc pas d'y croiser quelques gens des flammes alors, car nous sortons à peine de ce brasier qui aura été leur épreuve de plus avec… Avec ce qu'il y-a eut, je veux dire… Vous savez bien, le truc du machin des cieux, là…

Enfin ça, vous le savez aussi bien que moi et je vais me taire maintenant parce que je dois vous ennuyer… Ce n'est pas ce que je veux, hein ! Vous embêter, je veux dire, j'ai pensé à vous tout de suite pour cette mission parce que vous êtes plutôt jo… Capable !!! C'est capable que je voulais dire ! Ah… j'ai dis que j'allais me taire. Donc c'est ce que je vais faire… à moins que vous ne le vouliez pas ? Si ? Non ?


Il se frotta la tête, complètement perdu par ses propos ô combien chaotique et malgré ce qu'il venait d'annoncer, il reprit alors :

J'ai envoyé un messager nous précédent afin d'annoncer notre venu et la nouvelle de nos… Fiançailles… Du coup, tout ce joue à partir de là, mon honneur est entre vos main, Shura-san !

En un sens, il se sentait pathétique de devoir user d'un tel stratagème, mais son succès auprès des dames n'était pas avéré et il n'avait plus ses parents pour s'occuper de lui trouver le meilleur parti… Cela le gênait cependant de mêler la jolie Tsuruchi à cette mascarade, car c'était vraiment une chouette fille… Et particulièrement plaisante de surcroît. Il renchérit alors :

Rokude-sama est respectueux des convenances, nous n'aurons pas à nous tenir la main pour laisser croire à notre amour ! Ha ha ha ha ha… ha ha… ha.

Ils pénétrèrent ainsi au sein de la cité agraire et une fois leur chemin demandé, furent menés à la demeure de Nashi où on prit soin de leurs armes et montures avant de les installer dans la pièce d'accueil avant que le maître des lieux ne puisse venir de lui-même pour les saluer.
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Genin

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MessageSujet: Re: [Quête] Le Mur du Cyclone Lun 8 Mai - 1:26

Ses mots à peine prononcés, le visage de Ryuuketsu s'effrita pour laisser place à celui d'un autre. Curieuse – c'était son excuse – elle avait maintenu son regard rivé sur lui, avide de le laisser glisser sur ces traits qu'il cachait si souvent, de les découvrir une nouvelle fois. À cette vue, son cœur sembla s'emballer. Inévitablement, depuis qu'il s'était éveillé sous ses yeux, il provoquait en elle toutes sortes de bouleversements sur lesquels elle était incapable de mettre une description, des mots, une définition. Y réfléchir ne menait jamais à rien, ça la rendait même presque folle, alors elle essayait simplement de s'y faire, de ne pas trop y penser et de laisser couler ce flot, cette agitation.
Mais comment s'y habituer ? Au fil des mois, sa présence était toujours restée à la fois indispensable et troublante. Se trouver avec l'un de ses alias serait-il plus reposant ? Croisant le regard de Kaishi,  elle laissa échapper un sourire lumineux et se détourna enfin.
Non. Définitivement non.

Ryuuketsu ne lui avait-il pas menti un peu ? Ils n'avaient pas eu besoin d'aller jusqu'à Kaze pour trouver Kaishi.

« Ohayo, Kaishi-san, o genki desu ka ? » Lança-t-elle d'un ton léger, un sourire jovial aux lèvres.

Retrouver la proximité qu'il y avait entre ces deux-là n'était peut-être pas quelque chose qui la rassurait vraiment, mais suivant son instinct, elle s'y livrait sans trop réfléchir. Ainsi, au cours de leur route, il lui expliqua à sa manière le plan qu'ils allaient suivre pour faire leur entrée chez Rokude Nashi le plus naturellement possible.
Comme elle fut heureuse de ne pas savoir rougir, car il avait très certainement lu la gêne dans son regard. Elle n'avait rien refusé de ses propositions, mais il avait fait franchir un pas à leur alias qu'elle n'avait jamais véritablement envisagé pour elle-même, qui éveillait à son esprit des rapprochements dont elle ignorait tout.
Pour lui, elle voulait bien jouer ce rôle-là, surmonter le malaise qu'une telle situation provoquait dans son âme. Un autre aurait essuyé un regard terrible rien qu'à cette suggestion, mais il n'avait rien à voir avec les autres, avec qui que ce soit, n'est-ce pas ?

Cette petite mise en scène les obligea donc à partager leurs nuits dans la même chambre le temps de leur voyage, c'était ce qu'il lui avait affirmé en tout cas et elle n'avait osé le contredire à aucun moment, n'avait d'ailleurs rien su lui refuser. Quand bien même elle aurait été dotée de plus d'assurance, elle n'avait pas éprouvé le moins du monde l'envie de s'éloigner de lui. Ne s'était-elle pas jurée de rester autant que possible à ses côtés ? De le protéger ? De l'accompagner ? Tout cela servait d'une certaine manière ses propres désirs et elle était ravie que cette mission lui permette de rester presque en toutes circonstances en sa compagnie.
Son sommeil en avait pâti cependant, elle qui se trouvait capable de s'endormir à peine les yeux fermés avait eu bien de la peine à en faire de même une fois qu'il se fut trouvé à ses côtés et elle s'était même réveillée à plusieurs reprises en pleine nuit, profitant d'une faible lueur pour observer son visage si calme, ses traits devenus si doux.

Heureusement, la façon de s'exprimer tellement amusante dont Kaishi avait l'habitude, leurs longues conversations ponctuées des excuses de l'un et des rires de l'autre l'avaient continuellement tenue loin de ses pensées et d'une analyse qu'elle n'osait pas faire jusqu'au bout, peut-être un peu effrayée par son âme qui échappait à son propre contrôle, par ces nouveautés qui transformaient sans cesse sa vie.
Finalement, le dernier jour avant qu'ils n'arrivent chez leur hôte, soucieuse de parfaire son rôle, elle avait dégotté des vêtements un peu plus féminins que ce qu'elle avait l'habitude de porter, ces kimono verts discrets dont le but premier était surtout de faciliter ses mouvements. Ainsi, même si la tenue lui permettait de monter à cheval, elle était bien plus colorée et ajustée, mettant davantage son corps de femme en valeur, malgré ses cheveux qui restaient courts. Lorsqu'elle avait fini de s'habiller et qu'elle s'était retrouvée en face de lui, elle avait failli lui demander ce qu'il en pensait, mais beaucoup trop embarrassée de se montrer ainsi, elle s'était empressée de quitter les lieux et de se hisser sur sa monture.

Une fois de plus, elle était restée plutôt taciturne, jusqu'à ce qu'il engage à nouveau la conversation, lui indiquant qu'ils étaient sur le point d'arriver. La suite de ses propos voulait lui présenter un peu plus la ville et elle l'écouta attentivement. Bien évidemment, la shinobi qu'elle était connaissait cette région et la mercenaire avait bien dû y passer, mais ça n'empêchait pas celle-ci de hocher la tête à ses propos en souriant légèrement.
Elle aurait presque pu prévoir qu'il allait à nouveau se perdre dans ses mots et ça l'amusait toujours autant de le voir essayer de se corriger sans véritablement y parvenir. Lorsqu'il se tut enfin, elle laissa échapper un rire léger. Celui-ci était loin du premier qu'il avait pu entendre, fort et sur le point de la faire tomber de cheval, non, il était délicat, rayonnant, aérien, témoignant de la sympathie qu'elle lui portait.

« Non, vous ne m'ennuyez pas, pas du tout, bien au contraire. » Souffla-t-elle d'une voix douce.

Il reprit ensuite la parole, peut-être rassuré par sa réponse bienveillante, chose si atypique lorsqu'on connaissait la petite guêpe.

« Je ferai de mon mieux, je vous l'assure, Kaishi-san. »

Puis elle le quitta des yeux, un peu gênée, baissant la tête lorsqu'il lui parla de se tenir la main.

« Ah ? Tant mieux ! Je veux dire... ce serait très embarrassant de faire cela en public. » Bredouilla-t-elle, se disant alors que ce serait embarrassant de le faire tout court.

Elle n'eut pas la volonté de rajouter cela, se perdant dans l'éventualité de s'y essayer réellement. Non. C'était n'importe quoi ! Pourquoi se laissait-elle prendre à ce genre de jeu ? Ce n'était qu'un rôle qu'ils adoptaient, il n'y avait rien de sincère là-dedans de toute façon, bien qu'elle ne soit en aucun cas capable de lui mentir et qu'il le savait très bien. Non, non, elle se contentait simplement de le suivre dans ses idées et de s'y adapter au mieux, voilà tout.
Arrivés devant la demeure, ils laissèrent donc leurs montures et elle dut confier à contrecœur son arc et ses flèches aux domestiques qui les reçurent. Comme elle détestait s'en défaire ! N'était-ce pas une partie d'elle-même ? Une résistance aurait cependant parue fort étrange et elle ne montra rien de tout cela, se contentant de suivre en silence son fiancé qu'on mena dans un petit salon. Assise à ses côtés, elle laissa son regard rivé sur le sol. Comment était censée se passer ce genre de rencontre ? C'était qu'elle n'y connaissait pas grand-chose aux manières des samouraï et au mariage encore moins, n'ayant jamais envisagé ni de se faire passer pour une personne de cette caste, ni d'en arriver jusque là tant ses relations étaient distantes et froides avec la plupart des gens.

L'arrivée de Rokude Nashi mit fin à ses interrogations aussi tourmentées qu'insensées et elle se leva un peu brusquement, s'étant laissée aller à la surprise, avant de se corriger aussitôt pour le saluer très poliment. Pour le reste, elle laissa Kaishi débuter la conversation, car c'était lui qui avait des relations avec le kuge et nul doute qu'il se devait de mener les présentations.



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Ryuuketsu Katame

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Jônin

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MessageSujet: Re: [Quête] Le Mur du Cyclone Mar 13 Juin - 16:52

Torturé se trouvait le bushi ainsi côtes à côtes de la mercenaire qui avait choisi pour l'occasion une toilette toute différente de sa tenue de voyage s'assimilant aussi à une forme de kimono de combat. La jeune fille se trouvait ainsi vêtu d'atours de dames, ou du moins le voyait-il ainsi, ceint d'un obi lui affinant la taille, les pans d'un yukata délicatement fermés et épousant les fines formes de cette dernière.

Il aurait tant voulu pouvoir tourner la tête vers elle, jeter un regard aventureux sur sa nuque dégagée, cette simple pensée le voyant bouillir même sur place. Les nuits passées à la savoir non loin de lui l'avait poussé à des rêves bien étranges dont il avait étouffé les ambitions en se déversant des bacs d'eaux gelée sur le crâne, dès le réveil.

Crispé qu'il était, les doigts fermés sur ses souples haidate, il fixait un point fixe sur le mur d'en face, la mâchoire serrée, disciplinant tant bien que mal ses iris qui menaçaient à tout moment d'aller dévorer l'archère. Il leur avait été servi un thé dans l'attente de leur hôte auquel il n'avait pas touché, certain que ses tremblements nerveux auraient déversé le contenu sur la table basse ou pire, sur lui et sa si charmante voisine.

Fort heureusement, il n'y eut pas longtemps à attendre la venue du maître des lieux et sa simple vu sorti littéralement le samouraï des affres de la détresse dans lesquelles il s'était trouvé, son attitude changeant immédiatement et du tout au tout tandis que le noble s'inclina face à eux. Le Taii y répondit d'une perfection protocolaire, saluant assez bas pour montrer son respect, mais ni trop afin de bien signaler qu'il était d'un autre monde que celui du civil, que sa simple naissance lui octroyait tout les droits ici et qu'il faisait une faveur à chacun en se tenant calme et poli en ces lieux.

Il ne parla pas, un sourire calme se dessinant sur ses traits alors que le maître de maison débutait de s'éclaircir la gorge après avoir entamé sa propre boisson chaude qui lui avait été servie à son arrivée. L'homme était d'un age avancé, son ton éraillé, mais disposant d'une certaine force de caractère. Il n'était pas bien grand, mais devait dépasser le bushi d'une petite touffe de cheveux, bien que celui-ci ne sois pas une référence en terme de carrure imposante.

Fin, vêtu de riches tissus émeraude et or, les kamons de sa famille brillaient de part et d'autres d'un haori finement ouvragé et tissé d'argent. Coiffé en chignon, il n'avait pas rasé son crane dont le front était naturellement dégarni, sa toison virant au gris, abandonnant définitivement le brun qui avait du la colorer, bien des années plus tôt. D'apparence enchanté, il débuta ainsi l'échange :

Yokoso, wagaya he, Mabyori-dono ! Vous n'étiez pas obligé d'établir tout ce chemin, nous aurions tout à fait pu venir à vous, cela fait quelques temps que je n'ai plus visité Kaze, sa grandeur me manque… Mais que voulez vous, les temps son ce qu'ils sont et il faut convenir avec la difficulté de l'époque, les mondanités devraient savoir attendre un peu, n'est ce pas ?

Loin de se montrer affecté par la dernière phrase qui leur avait été plus ou moins adressée sous le couvert de la plaisanterie, Kaishi produisit le paquet de soie dans lequel il avait enroulé le boulier qu'il avait choisi pour omiyage déposant celui ci face à lui et répondant, flegme et pondéré, comme jamais l'on aurait pu deviner qu'il puisse s'exprimer :

Onegaishimasu, Rokude-sama. Il le fallait pourtant, ne pas oublier de vivre, même après tout ce que nous vivons en ces temps obscurs me paraissait primordial, au moins autant que le fait de revenir en Kasami et plus particulièrement dans votre magnifique demeure. Votre entente avec mon père, que Kazegami veille sur lui dans le Takama-ga-hara, n'était un secret pour personne et il en allait de mon honneur de faire de vous le témoin de mon bonheur.

Alors leva-t-il sa main gauche, la tendant doucement en direction de sa voisine et ajoutant avec chaleur :

Ainsi voici Mabyori Shura-san, mon épouse à présent qui assure dignement cette fonction, honorant ainsi les siens et l'homme comblé que je suis dorénavant. Je n'aurai pu rêver femme plus formidable que cela et au talents si… Précis.

Il en revint au noble sans se défaire de son énigmatique expression, poursuivant aimablement :

Je suis d'ailleurs heureux de voir que le destin ne se contente pas uniquement de me gâter de ses faveurs… En effet, tout ici prouve que votre voie se pave de lumière, n'est ce pas, Rokude-sama ? Qu'en dites vous, Shura-san, notre hôte n’apparaît-il pas béni par Daikoku en personne ?

Dans les iris du bushi, une flamme brûla à ces dernières questions, un brasier bien différent du naïf reflet que l'on décelait habituellement à leur surface, trahissant d'un niveau tout à fait différent de discernement. Face à eux, le vieux marchand ne se décontenança en aucun cas, ouvrant un éventail qu'il fit battre nonchalamment avant de répondre, les traits las et tristes :

Ah… Ceci n'est qu'une façade à la triste réalité de notre province, Mabyori-dono… Les événements de l'été m'ont privé de nombreux de mes employés, autant à moi qu'à mes aimables concurrents. Nous courrions au désastre en Kasami… Lorsqu'il eut fallut quelqu'un pour rassembler les honnêtes marchands pour passer le cap, je fus contrains de me lever sans quoi notre domaine se serait tari sous le désespoir que cette malédiction eut fait pleuvoir sur nous. Vous avez raison, Mabyori-dono, quand vous dites qu'il ne faut pas oublier de vivre. C'est exactement ce que j'ai fais et ce que vous voyez autour de vous n'en est que la résultante dont je ne m'enorgueillis point. Sur ce quoi, comme vous devez le deviner, j'ai beaucoup à faire. Nous nous retrouverons au souper afin d'échanger plus à ce propos. Je vous prie de m'excuser. Dame Mabyori, mes respects.

Il se leva alors, saluant ses convives et s’éclipsant dans le bruissement de ses fastes atours. On vint les chercher afin de les guider dans les appartements qui leur seraient dédiés pour la durée de leur séjour et à nouveau, il était difficile de se dire que leur hôte n'était qu'un humble commerçant. S'installant à même les tatamis, le bushi se confina dans le silence d'une réflexion intense avant de relever les yeux vers la mercenaire et de lui sourire bêtement tout en produisant un morceau de papier de riz et un fusain.

Et bien, un brave homme, vous voyez ? J'ai peur d'y être allé un peu fort…

Dit-il très franchement tout en écrivant sans réellement appuyer sur la pointe de son charbon :

Qu'en pensez vous ? Quelle stratégie adopter ?
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Tsuruchi Shura

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Genin

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MessageSujet: Re: [Quête] Le Mur du Cyclone Dim 16 Juil - 1:53

Le malaise qui venait autant ébranler son cœur et son ventre ne transparurent en aucun instant sur son visage ou dans son attitude. Elle maîtrisait chacun de ses gestes, demeurant silencieuse, dans une attitude polie qui ne laissait pas deviner grand-chose d'elle-même, sinon de la jeune épouse qu'elle incarnait. Pourtant, toute cette situation lui échappait en partie, elle ne connaissait pas très bien le monde des samouraï, pas suffisamment pour y incarner un personnage en tout cas et c'était encore pire pour le monde des kuge. Fille de l'ombre, elle avait su montrer plus de talents dans l'assassinat, la traque et l'enquête que dans les infiltrations, si bien qu'elle n'avait pas forgé davantage ses capacités dans ce domaine, prenant toujours des couvertures qui étaient proches d'elle-même et dans lesquelles elle ne pourrait pas vraiment se tromper.
Heureusement, ici son rôle n'était pas très difficile. Jouant le rôle d'une femme plutôt effacée, elle n'avait qu'à se taire et écouter tandis que son sens de l'observation parfaitement affûté et son esprit analytique se mettaient en marche pour enregistrer les moindres détails qu'elle pourrait percevoir. Un léger sourire aimable était venu se poser sur ses lèvres et c'était tout. Elle ne manifestait pas le moindre intention de s'immiscer dans la conversation et, à nouveau, elle s'inclina poliment lorsque Kaishi la présenta à leur hôte, une fois les premières mondanités passées.

« Dōzo yoroshiku, Rokude-sama. » Se contenta-t-elle de répondre, soucieuse d'être courtoise envers leur hôte et son accueil.

Elle admirait Kaishi, se sachant bien incapable de parler aussi bien qu'il le faisait en la présence du vieil homme. Tout entier à cette difficile conversation, son élocution avait totalement changée, bien loin de cette maladresse qui la faisait tant rire. Cela n'avait rien d'un défaut à ses yeux et elle jetait parfois des regards sur lui qui laissaient transparaître son émerveillement.
Ses sentiments savaient pourtant rester calmes et mesurés et elle usait du reste d'elle-même pour se concentrer sur la conversation ainsi que les mimiques et les gestes de Rokude. Une partie de leurs paroles allaient sans doute échapper à sa compréhension, mais elle ferait de son mieux et ne s'inquiétait pas trop, assurée que Ryuuketsu était lui aussi en sa compagnie et qu'il saurait déceler avec une vivacité impressionnante tout ce qu'il y avait à déduire de cet échange.

« Ha… hai. » Répondit-elle simplement à la question que Kaishi lui posa, alors qu'il souhaitait visiblement l'inclure dans la conversation.

Elle s'empressa pourtant de se taire et laissa Rokude répondre aux accusations déguisées en compliments que Kaishi avait portées sur lui. C'était assez impressionnant, car lorsqu'il s'agissait d'expliquer ou de justifier quelque chose, le vieil homme semblait le faire avec une facilité déconcertante. Un naïf pouvait tout à fait se laisser prendre à son jeu et pire encore, sans être au fait de ce qui se passait réellement dans la province de Kasami, on aurait très bien pu croire qu'il s'agissait d'un homme sincère, prêt à faire les efforts et les sacrifices qu'il fallait pour son clan.
Pourtant, il y avait quelque chose dans son discours qui sonnait creux, qui semblait presque factice. Un homme aussi modeste et bienveillant que ce qu'il voulait affirmer ne se serait pas entouré d'autant de richesses. Le faste dans lequel il vivait, sans qu'il soit totalement anormal pour quelqu'un de son rang, supposait-elle, était relativement imposant et visible. Il était clair qu'il était riche et puisque sa situation n'était pas aussi florissante auparavant, il était d'autant plus évident qu'il profitait de quelque chose. Son domaine avait étonnamment grossi ces derniers temps, révélant bien facilement que le malheur des autres avait fait sa propre fortune. Un homme plus habile que lui aurait certainement pris davantage son temps, pour que ce dessein se fasse moins évident, mais sur les rides de son visage, sur la lueur ternie de son regard, elle pouvait aisément deviner que c'était là un luxe qu'il ne pouvait plus se permettre depuis longtemps.

Avide de retourner à ses affaires, l'homme les laissa bien rapidement et elle s'inclina une nouvelle fois pour le saluer. Des domestiques vinrent alors les guider dans les appartements qu'on avait préparé pour eux et ils se trouvèrent alors à nouveau seuls. Shura le suivit et vint s'asseoir à ses côtés, désireuse de connaître son sentiment et il l'exprima alors autant à l'oral qu'à l'écrit.
La jeune femme lui sourit alors.

« Oh, il m'a l'air tout à fait charmant, je suis heureuse de voir que vous avez de bons amis, mon cher mari. » Elle s'arrêta un instant, soudainement embarrassée de prononcer une telle chose qui lui avait parue dans l'instant naturelle, non, carrément nécessaire ! « Je… Ne vous en faites pas, je suis certaine qu'il ne s'est offusqué de rien et même qu'il était très content de vous revoir ! » Ajouta-t-elle d'une voix claire, un peu plus assurée. « J'aimerais bien, si cela ne vous dérange pas bien sûr et si vous ne vous sentez pas trop fatigué pour cela, que nous allions un peu visiter Kasami et que vous me montriez les terres de Rokude-sama. Oh, je ne doute pas que nous en aurons aussi l'occasion un peu plus tard, mais je connais très mal la région et j'aimerais corriger cette erreur aussi vite que possible, pour ne pas paraître ignorante auprès de notre hôte, car il m'a vraiment fait très bonne impression. »

Tout au long de ses mots qui pouvaient s'interpréter de manière naïve ou innocente, elle l'avait fixé droit dans les yeux, lui faisant alors comprendre qu'elle avait pour le moment besoin d'en voir plus, d'en savoir plus à son sujet avant qu'ils ne puissent répliquer quelque chose contre lui. Il était encore un peu trop tôt pour décider de la stratégie à adopter pour le remettre dans le droit chemin, à moins qu'il n'ait une meilleure idée, car il était de loin celui qui connaissait le mieux Rokude et, s'il avait déjà une bonne image de son caractère, elle lui faisait entièrement confiance sur la voie à adopter.



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Ryuuketsu Katame

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Jônin

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MessageSujet: Re: [Quête] Le Mur du Cyclone Lun 17 Juil - 12:01

Ce n’étaient là que des rôles et pourtant, alors qu’elle s’installa à ses côtés, étonnamment ravissante dans l’humilité de ses atours la détachant de sa condition de kunoichi et bien qu’il n’attachait pas d’importance à ce genre de choses, il ne put refréner les battements de son coeur. Le fait était nouveau qu’il ne puisse pas avoir une totale emprise sur lui selon la situation, mais il avait fait face et décidé de vivre avec, de prendre la chose en considération afin de mieux l’intégrer dans sa façon d’être.

Il était gêne somme toute, alors cela n’en rendrait Kaishi que plus crédible... Mais pas ici. Face à elle et uniquement dans ces circonstances puisqu’aucun témoin ne leur était donné, il était Katame, son jonin et le support hiérarchique sur lequel elle pouvait se raccrocher quand bien même le voyait-elle toujours comme d’un rang inférieur à celui qui était réellement le sien. Du reste, elle s’était admirablement comportée, trop docile à son goût, il la préférait tant dans sa sincérité, son intensité parfois et son air revêche, tantôt sauvage.

Si on considérait l’attribution qui était la sienne pour cette mission par contre, c’était admirable… Et séduisant, il ne pouvait le nier. D’autant plus lorsqu’il la prit à rougir en prononçant son statut d’apparence. Elle était toujours cette jeune genin impressionnable qui se nourrissait de sa reconnaissance… Si elle savait… Il attrapa cette pensée aussitôt le fut-elle et la jeta au fond des archives de sa psychée. Non, sa très chère subalterne ne subirait pas cela. La proposition qui suivit dans le léger discours de la petite guêpe ne manqua pas de lui décrocher un haussement de sourcil perplexe.

Katame avait bien prévu d’aller fureter, mais il souhaitait procéder par cercle de plus en plus excentriques et non l’inverse… Débuter par la propriété lui était apparu plus sage, mais les alentours et Kasami elle-même aurait été à faire de toute façon et il accueillit la proposition d’un haussement d’épaule, comme si la chose lui était égale. Puis très vivement, il battit des mains, un sourire enchanté sur les traits et déclara vivement :

Parfait ! Faisons cela sans perdre plus de temps !

Se levant tout en glissant dans la doublure de son kimono papier et charbon, il s’épousseta et aida Shura sans réellement lui demander la permission, la prenant par la main en la soulevant du sol. Puis il la tira derrière lui d’un pas enjoué, quittant les appartements même qui venait de leur être alloués et expliquant les raisons soudaine de leur départ aux serviteurs qu’ils croisèrent sur le chemin.

Plus tard et après une petite heure à cheval, il se trouvèrent en Kasami même à marcher sur les pavés de la voie impériale tandis que la plupart des badauds longeait cette dernière de part et d’autre afin de leur laisser le champ libre, à eux et ceux de leur genre, du moins en rapport à l’apparence qu’ils s’étaient tous deux choisi. Loin d’apparaître comme une vaste métropole, la cité même de la province éponyme ressemblait plus à un marché immense entouré d'entrepôts à grains et on entendait à des rondes entières la rumeurs des bêtes de somme ou celle élevées dans le but d’être servies dans les assiettes un jour.

A dire vrai, il s’agissait même de la plus importante plate forme agricole de tout Yokuni, sa position non loin des frontières Setsu en faisait même une destination inévitable pour le négoce des matières auxquels se prêtaient les clans du vent et du feu durant le printemps et l’été, quand ce n’était pas l’inverse durant les saisons froides devenues tièdes chez les disciples de Moegami. C’est ainsi et au milieu d’une population cosmopolite et majoritairement composée de marchands et de fermiers qu’ils progressèrent. Pour chaque étalage proposant des petits mets, Kaishi commandait l’un d’entre eux et en proposait à sa compagne avec enthousiasme.

Des dangos aux takoyakis en passant par diverses brochettes de viandes, parfois impossible à identifier, rien ne semblait lui déplaire ni le rassasier. Et quand ça n’était pas pour la nourriture, il tombait bouche bée face à une étoffe imitant les rayures d’un tigre et s’extasiait devant en annonçant à qui voulait bien l’entendre qu’il était le Taii Mabyori Kaishi et que cette boutique était sa préférée de Kasami.

Au bout d’un moment et l’heure tournant, il fut chargé comme un mulet de toute sorte de marchandises et de bibelots, dans sa main libre, il tenait deux baguettes de ce qui avait été quelques instants avant de succulents yakitori. Le bushi les leva alors vers une première devanture, puis en direction d’une seconde à l’opposée et enfin, d’un petit étal sans rapport premier avec les deux magasins. Tournant le regard vers sa compagne de route, il lui sourit franchement avant de dire :

C’est là le kamon de Rokude-sama ! Toutes ces boutiques que nous avons visités étaient frappées de celui-ci ! Amusant non ?

Soudain, son regard s’ouvrit en grand et il s’arrêta net. Puis il souffla, sous le choc :

Par les Kamis tout puissants…

De la pointe tremblante de ses bâtons encore juteux, il pointait à présent une allée montant en direction du mont même de Kasami, au sommet duquel l’un des sanctuaires les plus connus de Yokuni et dressé en l’honneur d’Inari se trouvait. En vérité, ce n’était pas tout à fait ce chemin qu’il montrait, mais le panneau devançant le premier tori et qui annonçait la tenue, le soir même d’un festival estival et de sublimes feux d’artifices droit venus de la province de Keito des Setsu.

Nombreuses fêtes avaient étés décalées à cause des récents événements, mais on voyait de plus en plus dans le pays un retour à la normal s’imposer… Kaishi sauta en travers de la route de Shura, la fixant dans les yeux, ses richesses récemment acquises tombant ça et là dans le même mouvement alors qu’il posait ses mains sur les épaules de la jeune fille et lui déclara :

OH ! Allons y ! Shura-san ! Allons y allons y allons y !!! Trouvons nous des tenues appropriées et faisons ça !

Ce n’était pas vraiment une question, sitôt dit, il courra en sens inverse dans la ville même afin de trouver, de toute évidence, un nouveau marchand d’étoffe en laissant derrière lui tout ce qu’il avait bien pu dépenser.
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[Quête] Le Mur du Cyclone

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