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 Printemps 41. Le renard qui précéde la Torpeur.

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Kuhoko Keikoku

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Taisho

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MessageSujet: Printemps 41. Le renard qui précéde la Torpeur. Lun 11 Juil - 23:54

Ariake, petit village paisible à flanc de montagne, un village qui mine de rien donnait une grande partie de la richesse de Kenshu via ses mines de pierres précieuses. C'était aussi la maison de Kuhoko Keikoku, même s'il pouvait paraître étrange de voir un Taisa diriger son territoire depuis ce dernier et non depuis Geki, Kei n'y allait presque jamais préférant rester à Ariake le plus souvent possible.

L'endroit était comme d'habitude assez paisible, bien que Kei éprouvait toujours un pincement au cœur en voyant beaucoup de ses paysans aux dos voûtés et aux crises de toux terrible. Il avait mis en place un système pour payer lui-même les frais médicaux des travailleurs et cela avait changé pas mal de choses, mais il espérait rester à Ariake le plus longtemps possible, certains que son successeur ne suivrait pas son exemple.

Aujourd'hui était presque une journée comme les autres, son fils était au dojo et sa fille étudiait avec son précepteur, la seule différence était les deux personnes qui allaient bientôt venir. En ce moment deux étrangers posaient des questions, des questions étranges en Kenshu et dans son territoire, l'Oeil voit tout, aussi il était très curieux de les voir. Il savait de source sûre qu'ils arrivaient par ici et il savait même à peu près quand ils arriveraient.

Il était très curieux et non il ne savait pas tout. Après tout, ses informateurs étaient des paysans, des servants et autres, pas des espions entraînés à cela, juste des gens normaux, militaires ou civils donc les informations n'étaient pas toujours complètes et puis il aimait se rendre lui-même compte des choses et de ce qu'il se dit. Aussi le Taisa tranquille prit bien son temps dans cette journée, il n'avait pas de travaux supplémentaires à faire, ses dossiers étaient en ordres, ses enfants occupés et rien d'autre n'accaparait son temps.

Quoi de mieux donc que de grimper un peu ? Une petite marche dans la montagne pour ce ressourcer et réfléchir avant l'arrivée des deux étrangers. Il aimait se retrouver seul quelquefois, rester chez lui l'obligeait à se taper les discussion de Ramen-san et bien qu'il aimait bien cet homme, il avait la mentalité d'un enfant et très peu de vocabulaire (même pour un enfant), donc cela devenait vite très saoulant. Il resta sur place à observer le village en contre-bas un petit moment et il décida de redescendre.

Il fut mis au courant de l'approche de deux personnes, par l'un de ses hommes, car si Ariake était minuscule elle restait protégée, après tout c'était un atout considérable dans l'économie de Kenshu. Le taisa décida donc d'aller les accueillir tout de suite avec ses célèbres pieds dans le plat. Habillé d'un pantalon simple arborant des fleurs, d'une chemise pauvre et d'une petite veste tout aussi vieille et d'apparence pauvrette, qu'il avança vers la porte. Il ne portait aucune arme et n'avait qu'un éventail et ses lunettes. Il approcha de la porte et vit donc deux personnes, un homme l'autre était une femme, l'homme se déplaçait déjà vers l'intérieur du village, il leva une main d'un geste pacifique.


Ohayo étrangers-san. On dit que vous posez beaucoup de questions par chez nous. Ou va donc votre ami ?

Comme à son habitude, son allure était décontracté et son visage affichait un sourire amical.
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Akayoru Midori

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MessageSujet: Re: Printemps 41. Le renard qui précéde la Torpeur. Mar 12 Juil - 4:06


On avait perdu du temps.
L’accueil que nous avait offert Amadotsu Kodan avait cependant permis de mettre au point certaines choses. L’homme que nous cherchions avait passé la frontière Setsu avant nous et nous devions le rattraper pour espérer mettre un terme à notre traque. Un simple citoyen détenant de pareilles informations sur l’assassin de Suzuka… C’était passablement incroyable, pour ne pas dire aberrant.
Nous avions passé la frontière le plus rapidement possible, sur les talons de notre -encore jusque là- parfait inconnu pour finalement arriver non loin d’Ariake, l’un des lieux supposés de notre recherche. Après avoir déjà fait le tour d’Akina et de Raimei, nous en arrivions au pied de la montagne, remplis de l’espoir d’avoir pu rattraper du retard. Notre présence en Kenshu n’était surement plus secrète à présent, après avoir franchi déjà deux villes en posant des questions à tout vont sur un homme… On devait s’attendre a tout et n’importe quoi a présent. Des ragots pour se rendre intéressant aux acolytes de ce dernier qui tenteraient de nous écarter du chemin. Pour ma part je me préparais déjà à tout et n’importe quoi, impossible cependant de deviner la pensée de Takeshi sur le moment, depuis notre entrevue avec le taisa des flammes, il parlait moins et prenait du temps pour méditer. Peut être aussi qu’il m’en voulait pour mes mensonges bien qu’il n’en a pas laissé l’impression au premier abord.

Ca lui passerait. Enfin j’espérais. C’était préférable que nous restions soudés dans notre affaire, maintenant plus que jamais.
A l’approche de la ville, je fronçais sensiblement les sourcils, un genre de pressentiment qui me prenaient de temps à autre. Rien que j’aurai pu expliquer sur le moment, c’était un sentiment particulier, j’étais déjà venue par ici avant que ce ne soit la bannière des Kenshu qui y trône. Un vague sentiment de nostalgie m’envahissait alors que nous approchions du village connu pour ses mines. L’approche de l’entrée faisait progressivement sortir Takeshi de ses pensées pour m’indiquer qu’il allait se renseigner auprès des commerçants en premier lieu et que nous devrions aviser de probablement passer la nuit ici. Un simple hochement de tête lui confirma que je l’avais bien entendu et il partait sans moi, alors que mon regard se tournait vers l’individu qui s’approchait. Un homme, encore une grande perche d’ailleurs, il devait faire pas loin du mètre soixante quinze a vue de nez.
Non armé, habillé de manière plutôt simple, pas de fanfreluches outre mesure… Une posture plutôt dégourdie, serein, posé. Un type bien banal d’apparence, si ce n’est sa façon d’interpeller ce qui ressemblait de l’extérieur a deux samouraïs.
J’en restais d’ailleurs songeuse, qu’il puisse s’offrir le luxe d’être si « léger » avec les politesses pouvait dissimuler bien des choses. Peut être était-il un Kuge un peu trop flegmatique ou un officier militaire de repos tout autant qu’il pouvait s’agir d’un simple citoyen qui ignorait tout des convenances. Un personnage qui me laissa dans la confusion une seconde, le temps que je prenne note de son ton amical et de son geste pacifique. Il fallu par ailleurs lui reconnaître qu’il ne perdait pas de temps du tout en bavardages, droit au but, directement le vif du sujet, sans même la moindre présentation.
Il me semblait plus qu’improbable qu’il s’agisse d’un militaire cependant… Je penchais plus pour un fonctionnaire du clan, peut être un contremaître ? Difficile a dire mais je ne pouvais non plus rester là à le dévisager sans parler.


« Excusez moi, je n’ai pas l’honneur de savoir a qui je m’adresse. » Avais-je répondu simplement d’un ton neutre sensiblement teinté par l’embarras.

Je préférais m’assurer de l’identité avant de commettre un impair, nous étions tout de même en territoire Kenshu et il me semblait important de marquer le respect qu’il était du aux personnalités s’il y en avait, même si ces dernières étaient moins a cheval sur les usages que ne l’a été Setsu. Cet homme était un des rares que j’ai pu rencontrer capable de me laisser dans le doute, il ne présentait pas forcément de signes me permettant d’estimer sa caste. Sa carrure était assez sculptée, cela pouvait être un samouraï tout comme un ouvrier ou un artisan avec un travail de force. Son visage n’avait pas de traits particuliers et son attitude ne trahissait aucune filiation.
Mais mon attention n’était pas que sur lui, mon pressentiment plus tôt s’était renforcé en approchant de la ville, il y avait une présence familière dans les parages. Faible mais ténue. Je n’arrivais pas à distinguer ouvertement de quoi il s’agissait mais je connaissais cette impression. Cela ressemblait à une aura fine, un voile léger noyé dans l’ambiance minière de la ville, quelque chose qui jurait avec le contexte si on peut dire.
Cependant incapable de la déterminer avec exactitude, je n’allais pas m’interroger a ce sujet plus longtemps, me re-concentrant sur l’individu face a moi, je n’attendais pas qu’il me réponde pour faire preuve de bonne volonté et répondre a sa question tout en me présentant.


« Je me prénomme Midori, moi et mon compagnon sommes à la recherche d’un homme qui arpenterait à l’heure actuelle le territoire Kenshu. Il aurait des informations indispensables pour une de nos enquêtes. » Ajoutais-je simplement avec un ton plus expressif que précédemment.

Voila qui était fait, l’appât était lancé. Je dévoilais assez et en même temps assez peu pour inciter mon interlocuteur a lui aussi faire preuve de bonne foi, une conversation sur la base du donnant/donnant serait profitable a tout le monde, si tenté qu’il avait des choses a m’apprendre. Qui plus est, je ne pouvais logiquement pas en dire plus sans savoir à qui je m’adressais, c’était une question de bon sens.
Après tout, la façon dont il m’avait abordée me laissait penser qu’il savait que nous arrivions, il devait probablement savoir quelque chose, la simple curiosité ne lui aurait pas forcément permis de nous reconnaître a peine arrivés, a mon sens. Non, Ce type savait des choses, mon petit doigt me le disait. J’espérais simplement qu’il sache des trucs qui nous seraient utiles.


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Kuhoko Keikoku

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Taisho

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MessageSujet: Re: Printemps 41. Le renard qui précéde la Torpeur. Jeu 14 Juil - 15:24

C'est vrai qu'il ne c'était pas présenter en arrivant, quel idiot ! Mais ici, loin de la capitale et de l'importance de l'étiquette il oubliait pas mal de choses et il n'aimait pas se présenter non plus, il aimait laisser les gens dans le doute quant à sa position, il aimait voir si les gens le prenaient de haut, le respectaient ou lui parlaient comme à n'importe qui quand ils ne le connaissaient pas. Et puis ne pas donner cette information permettait d'avoir un avantage d'une certaine manière, même si cela marchait plutôt dans d'autres circonstances.

Il attendit néanmoins que la jeune femme se présente en premier, s'il avait, grosso modo, reconnu Nakamura l'hatamoto, il n'était pas sûr du tout sur l'identité de la jeune femme, ce n'était pas rare, Kei obtenait des informations, mais elles n'étaient pas tout le temps (voir jamais) complètes. Ce silence de sa part allait certainement la gênée un peu, mais après tout il était le maître des lieux à Ariake, seul Kenshu-sama était au-dessus de lui ici et il ne voulait pas ce cramer s'il ne s'agissait pas de la personne qu'il pensait.

Finalement, elle se présenta sous le nom de Midori et annonça qu'elle cherchait quelqu'un qui arpentait les terres Kenshu en ce moment même, il avait bien fait de faire des recherches dernièrement. Il avait entendu parler des deux voyageurs depuis leur arrivée à Setsu et sans vraiment tout savoir, il avait fait un lien avec le meurtre du Daimyo d'Eiichiro. Après tout un Daimyo meurt et deux personnes du pays des vents (dont l'hatamoto surtout) voyageait à travers Yokuni par la suite, c'était peu possible qu'il s'agisse d'une coïncidence. Le sourire du Taisa ne l'avait pas quitté et il répondit :

Je sais qui vous êtes Midori-san, vous et votre ami, Nakamura-san, êtes bien loin de chez vous. Je me nomme Kuhoko Keikoku, Taisa d'Ariake et je peux certainement vous aider à retrouver l'homme que vous êtes venu chercher. Suivez-moi je vous prie.

L'auriculaire droit de l'homme était venu farfouiller dans son oreille le temps de sa tirade et il lui dit un petit geste de la main pour qu'elle l'accompagne. Il n'avait pas nécessité la présence de Takeshi, inutile selon lui, il lui suffisait de donner des renseignements à l'un d'entre eux et il partagerait avec l'autre. Il lui avait dit la connaître, mais c'était du bluff bien entendu, il n'avait jamais entendu son nom avant aujourd'hui.

Le Taisa se déplaça donc vers un chemin qui semblait légèrement grimper vers une petite maison dominant le reste du village, une maison légèrement plus grosse que les autres. Keikoku ne vérifia même pas que la jeune femme le suivait, après tout il lui avait dit pouvoir l'aider, à elle de décider si elle le voulait vraiment ou non. La maison vers laquelle il se dirigeait pouvait ressembler à n'importe laquelle des autres, certes un poil plus grande, elle possédait tout de même un petit terrain, ou broutait paisiblement deux chevaux, ces derniers ne semblaient pas se formaliser de l'arrivée des deux personnes.

Arrivé à quelques mètres de la bâtisse un homme en sorti, plutôt bien habillé ce dernier portait sur le bras quelques documents dont la nature était étrangère à n'importe qui ne le connaissant pas, l'homme salua le Taisa qui lui rendit son salut, il salua poliment la (jeune) femme par la suite pour s'éloigner. Juste après Keikoku se tourna vers Midori.


Possédez vous des armes Midori-san ?
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Akayoru Midori

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MessageSujet: Re: Printemps 41. Le renard qui précéde la Torpeur. Jeu 14 Juil - 18:44


Encore un pari risqué.
A l’entente du « Je sais qui vous êtes » il me fut difficile de ne pas rétorquer assez sèchement, car même le plus informé des hommes ignorait au minimum quatre vingt pourcent de la vérité a mon sujet. Mais la remarque n’étant pas prononcée avec force, je comprenais qu’il avait simplement été mis au courant de notre arrivé après que nous ayons traversé deux autres villes. Au final il ne devait pas savoir grand-chose suer moi, Takeshi et son statut était le plus « célèbre » de nous deux.
Que je me sois soigneusement effacée de l’histoire de Yokuni après l’Enfer Ecarlate ne voulait cependant pas dire qu’il n’y avait aucun risque. Pour cette raison je n’utilisais plus mon nom de famille qui avait trouvé sa place dans l’histoire à une époque bien sombre. Le voir ressurgir ainsi aurait le même impact que de prononcer « Uroko Chomei », le deuxième exemple d’un nom ayant transcendé les années.

Et voila que je me retrouvais encore devant un Taisa. C’était bien ma veine, pourtant j’avais la sensation que celui-ci était un peu moins soucieux de l’étiquette que ne l’était Amadotsu Kodan. Kuhoko Keikoku, un nom qui m’était inconnu, j’avais passé trop de temps hors des territoires de l’ouest pour être parfaitement informée des nouvelles têtes du coin. Il était d’un naturel plus nonchalant, sa posture et même sa façon de se présenter laissait comprendre qu’il n’était pas à cheval sur les formalités. Il ne perdit pas de temps et m’encouragea à le suivre, ne me laissant pas l’opportunité de le saluer convenablement a son rang, car même s’il m’était possible de revendiquer le rôle de samouraï et que je fusse Taisho par le passé, je n’étais a l’heure actuelle que très peu de choses en comparaison de cet homme.
La curiosité avait pris le pas sur la méfiance, je le suivais silencieusement au travers des rues et forcée de constater que les gens le regardaient avec un semblant d’admiration dans le regard me laissait comprendre qu’il devait effectivement être quelqu’un d’important ici. Il m’avait semblé trop franc pour être honnête, mais je comprenais par ce petit trajet que je ne devais pas être aussi méfiante, même après notre aventure en Setsu.

Arrivés près d’une bâtisse sensiblement similaire aux autres quoi qu’un peu plus grande, je comprenais qu’il devait s’agir soit de la demeure du taisa, soit de celle d’un responsable du coin qu’il connaissait. Impossible à dire lorsque l’on avance dans l’inconnu le plus complet. Le Taisa salue quelqu’un de plutôt bien habillé qui lui rend le même salut, j’en déduisais qu’il devait s’agir d’un de ses subalternes occupé avec la quantité de paperasse qu’il avait de calé sous le bras. Je lui rendis son salut avant qu’il ne s’éclipse et lorsque le Taisa se retourna vers moi, sa question fut pour le moins… Déstabilisante. Peut être parce que je portais toujours mon arme sur moi. Mais dans son engouement il n’en avait peut être pas pris la peine de le remarquer.  La différence depuis Setsu était que nous ne ferions plus l’erreur de révéler mon statut officiel auprès des nouveaux individus rencontrés, mon récit a Kazan ayant souligné l’enseignement que j’avais reçu et par la présente ma légitimité (discutable pour certains) a la caste des samouraïs. Je comprenais néanmoins l’intérêt de la question.


« Et bien… J’ai mon daisho sur moi, ainsi qu’un éventail. Souhaitez-vous que je les dépose avant que nous n’allions plus loin, Kuhoko-Taisa ? » Répondis-je avec un air simple dépeignant une bonne volonté.

Takeshi aurait peut être été plus méfiant que moi sur ce coup là. Mais devant la possibilité d’avoir de précieuses informations, je prenais l’initiative de suivre un peu trop aveuglément cet homme. Ma dernière expérience avec un taisa d’un autre clan s’était avéré dérangeante au premier abord puis finalement très cordiale, il n’y avait pas de raisons pour que ce soit identique ou même pire ici…
Je ne sais pourquoi le territoire Kenshu m’avait rendue plus positive au fil du temps passé mais je me sentais étonnamment bien dans les parages.


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Kuhoko Keikoku

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MessageSujet: Re: Printemps 41. Le renard qui précéde la Torpeur. Jeu 21 Juil - 20:34

Pas de problème pour aller jusqu'à la maison, la jeune femme n'était donc pas virulente ou trop dangereuse, même si au final, Keikoku s'en doutait sans totalement le savoir. C'était tant mieux, il avait confiance envers les Kenshu, surtout les habitants d'Ariake et ne leur demanderaient rien de bien particulier. Mais ici c'était chez lui, en parlant du village ou même de sa maison et cet endroit recelait ses plus grands trésors, il était confiant, nonchalant, peu porté sur l'étiquette, mais surtout extrêmement protecteur envers ses enfants et ce dernier point pouvait occulter tout le reste si besoin était.

La demoiselle lui parla de son daisho et de son éventail, en effet le Taisa ne l'avait pas remarqué, peut être était-il trop peu concentré ou que la demoiselle ne l'avait pas mis en évidence non plus. Bref il la croyait, elle n'avait pas de raison de lui mentir et il n'avait pas de raison de ne pas la croire donc il hocha doucement la tête, il avait gardé son étrange sourire, mais ne semblait pas exprimer grand-chose à travers ce dernier. Il ouvrit donc la porte en la coulissant et en prononçant le célèbre « Tadaima » qui trouva une réponse de la part d'une voix de jeune fille. La voix était légèrement étouffée indiquant que la jeune fille était un peu plus loin dans la maison.

La maison de Kei était aussi humble à l'extérieur qu'à l'intérieur, pas de meubles hors de prix, d'armures de décoration ou de fioriture inutile. En entrant ici on pouvait croire que l'on rentrait dans l'une des nombreuses maison d'Ariake, à la différence qu'elle était légèrement plus grande. Le taisa désigna un petit rangement destiné aux armes à la jeune Midori. Etrangement aucun serviteur n'était venu pour accueillir le maître des lieux et de la région.


Vous pouvez déposer vos armes ici Akayoru-san et appelez moi Kuhoko-san je préfère.

D'un simple geste de la main, le Taisa invita la personne invitée sous son toi à entrer dans la prochaine pièce, ouvrant la porte et la tenant pour qu'elle rentre en premier. Puis la suivi à l'intérieur pour s'asseoir face à elle. Il ne doutait pas que bientôt sa fille passerait pour leur proposer un thé, en attendant ils pouvaient déjà discuter un minimum ensemble. Assis dans un tailleur vraiment très limite, l'homme parla en premier.

Alors... Pouvez-vous me dire exactement qui vous recherchez ? Ou même... ce que vous recherchez ?

Toujours avec un léger sourire et une position qui n'était pas décrite dans les règles de l'étiquette, l'homme attendit la réponse de la samurai-ko.
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Akayoru Midori

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MessageSujet: Re: Printemps 41. Le renard qui précéde la Torpeur. Dim 24 Juil - 18:23

Finalement, c’était une demeure des plus modestes, la seule chose qui la différenciait des autres étaient sa taille, l’intérieur n’avait rien à en faire pâlir les autres. Je notais aussi l’insistance du Taisa à oublier les formalités, ce qui m’arrangeait pas mal très honnêtement. Un homme simple et modeste, je devais admettre que cela ajoutait un degré certain de plaisance à la conversation, loin de l’étiquette qui se montrait parfois « trop » a mon goût.
Mon attention était cependant ailleurs. Bien que je déposais mes armes à l’emplacement désigné avant d’être invitée à entrer dans la pièce qui devait faire office de salon. Malgré moi et c’était très probablement les résidus d’une ancienne éducation survivante de l’enfer, je restais très pointilleuse sur ma façon de me tenir et de me présenter, ne serait-ce pour éviter de donner mauvaise impression du clan Eiichiro aux autres. Une fois installé en face de moi je savais déjà quelle serait sa question avant qu’elle ne vienne. Il allait droit au but et c’était un point que je finissais par apprécier vraiment beaucoup.
Je ne répondis cependant pas tout de suite. Je remarquais malgré moi que la présence sentie plus tôt était bien plus proche que précédemment. Bien qu’elle n’était pas dérangeante le moins du monde, je m’y intéressais au moins un peu, pour des raisons plutôt évidentes. Ne quittant cependant pas le Taisa des yeux, ce fut après quelques secondes que je formulais finalement une réponse.


« Nous recherchons un homme arrivé de Setsu il y a peu et voyageant actuellement sur les terres Kenshu. Il aurait le profil d’un marchand et nous savons de sources sures qu’il possède des informations sur un assassin que nous recherchons. Cependant nous avons reçu plusieurs noms de la part des autorités de Setsu, nous essayons donc d’en éliminer le plus possible pour retrouver cet informateur. Des rumeurs indiquent qu’il serait lié par le sang au criminel que nous recherchons. » Expliquais-je alors en déposant doucement sur la table une petite liste de noms recopiée de ma main sur une feuille de riz.

J’avais volontairement laissé à Takeshi la liste originelle pour des questions logiques, si je devais me faire passer pour sa subordonnée, un document officiel ne devrait pas être entre mes mains. De la poignée de noms, nous en avions déjà éliminé deux mais il en restait tout de même quatre. Et sur les quatre, nous étions au moins sur que l’un d’entre eux était ici. Je m’apprêtais à reprendre la parole mais je m’en abstiens finalement alors que mon ouïe me permet de discerner des bruits de pas venant dans notre direction. C’est précisément au même moment que je constate que la présence ressentie plus tôt approchait par la même occasion. Ma première crainte fut d’être découverte, à défaut d’autre chose sur l’instant. Je me fige en essayant de rester parfaitement impassible, le regard se tournant vers la personne qui venait d’approcher.
Une enfant ? Ce fut ma seule réaction sur l’instant. Silencieuse et tout de suite plus apaisée, le risque potentiel que la jeune fille puisse ressentir mon aura me faisait froid dans le dos. Pourtant, en m’attardant sur elle avec un air bien plus détendu et amical, m’autorisant même un petit sourire aimable a son attention, je constatais qu’elle n’avait pas une aura classique elle-même. Ce n’était pas celle d’un yokai a proprement parler. Bien qu’elle en possède des caractéristiques. Serait-elle possédée par un yokai ? Ou de sang-mêlé ? Une partie de moi espérait la deuxième solution, sans quoi je plaignais intérieurement son parent de ne pas savoir qu’un mal potentiel se cache en elle.
Au final, il n’est était rien. Du moins au premier coup d’œil. Je ne voyais qu’une enfant qui respirait la joie de vivre, il n’y avait que cette aura propre a elle que je percevais et interprétait instinctivement comme une potentielle menace parce qu’elle devait être l’une des rares personnes que nous ayons croisés jusqu'à présent capable de voir au travers de ma personne.

Finalement l’enfant venait apporter du thé, rien de plus. Je ne saurai dire si elle avait compris quoi que ce soit à mon propos ou si elle avait conscience de ce qu’elle était ou avait en elle. Et le Taisa, était-il au courant ? Tant de questions et si peu de réponses. A l’heure actuelle, je devais me concentrer sur ma mission.


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MessageSujet: Re: Printemps 41. Le renard qui précéde la Torpeur. Mer 27 Juil - 13:17

Keikoku fut content de ne pas avoir à insister sur le fait qu'elle laisse son arme dans le râtelier. Il n'avait pas envie de se montrer plus insistant et avec sa fille à la maison il restait sur ses gardes. Il était le seul à savoir pour elle et son frère, leur nature, même si la gamine finirait par le remarquer (si ce n'était pas déjà fait après tout avec ses oreilles). Il ne savait pas reconnaître les yokais et savaient que certains pouvaient ressembler à des humains, donc quand un inconnu vient le voir il demandait toujours à ce qu'il enlève son arme.

Ils passèrent donc dans le salon et comme à son habitude Kei' fut extrêmement direct, il avait besoin de tout savoir pour pouvoir oeuvrer de la bonne manière, de la seule manière même. Il n'avait pas besoin de tout savoir non plus fort heureusement, seulement les informations concernant leur recherche en Kenshu, le pourquoi du comment originel n'était pas obligatoire dans tout cela. Bon après la curiosité naturelle de Kei le poussera à se poser des questions, mais cela le regardait lui et personne d'autres.

La jeune femme lui apprit donc ce qu'elle était venue faire en Kenshu, elle cherchait un homme qui parcourait ces terres et qui aurait des informations sur un tueur, certainement le tueur de la Dame de la jeune femme. Elle était donc là pour une mission plus que louable, Keikoku avait d'autant plus envie de répondre favorablement à la requête de Midori pour le coup, surtout que cela ne lui couterait rien. Il hésitait à demander quelque chose en retour, après tout c'était certainement le moment de le faire, mais il n'y avait rien chez la jeune femme qui pourrait intéresser le Taisa, alors autant aider en étant désintéressé. L'homme consulta donc cette petite liste.

C'est à ce moment qu'une petite voix demanda l'autorisation d'entrer. Cela pouvait frapper au début, car c'était bien là une marque d'étiquette alors que le maître des lieux lui-même ne semblait pas lui attacher beaucoup d'importance. C'est donc une fillette de 12 ans qui entra, les cheveux légèrement bleuté et tenant un plateau avec deux tasses de thé ainsi que des petits gateaux bienvenue pour accompagner cette boisson.

J'apporte le thé père.
Je te remercie Fuu. Je te présente Akayoru Midori qui est de passage.
Enchanté Akayoru-dono.

La jeune fille la salua bien bas avant de se retirer, toujours dans les règles prévues à cet effet. De tous les Kuhoko, elle était certainement la mieux préparer à la vie sédentaire et ce malgré le fait que Kei en soi un depuis un moment déjà. Le samurai avait continué à étudier le document de la demoiselle et finalement il reposa le papier et pris une mine songeuse qui ne dura que quelques petites secondes.

Je peux d'ores et déjà retirer un nom à votre liste immédiatement. Pour les autres... si vous me permettez de faire quelques recherches je pense pouvoir vous donner une réponse directe sur l'homme que vous recherchez. Cela prendra un peu de temps, mais au moins vous et votre ami serez fixés.

Sur ce le Taisa prit l'une des tasses et la porta à ses lèvres, soufflant légèrement dessus il but ainsi donc une petit gorgée de thé en attendant la réponse/réaction de Midori.
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Akayoru Midori

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MessageSujet: Re: Printemps 41. Le renard qui précéde la Torpeur. Ven 29 Juil - 16:07


Fuu. Un nom qui pouvait vouloir dire bien des choses. Extrêmement bien choisi quand je constatais la différence tranchante entre la petite, très posée sur les manières et le respect de l’étiquette auquel le taisa ne semblait porter aucun intérêt. L’enfant mettait un point d’honneur à suivre scrupuleusement chaque manière, une parfaite élève qui avait de quoi rendre ses précepteurs fiers a n’en point douter. Elle se retira après m’avoir salué conformément a ce que mon apparence pouvait laisser paraître, si tenté qu’elle avait peut être vu les armes au râtelier dans l’entrée. J’avais trouvé étrange le fait qu’une si jeune enfant se dévoue à remplir ce rôle mais j’imaginais rapidement que sa mère n’était peut être plus là pour le faire, ou peut être était-elle occupée a d’autres affaires importantes. Avec un père au rang de Taisa, il m’était facilement imaginable et raisonnable de penser que la mère de l’enfant ait été elle-même samouraï.
Je devinais aussi rapidement que l’aura de l’enfant était belle et bien liée de près ou de loin a la mienne. C’était celle propre à mes semblables sur bien des points. Elle n’était pas si loin dans la demeure encore et je pouvais déjà essayer de faire le tri entre les différentes caractéristiques que je pouvais reconnaître. J’en excluais déjà le cas de la possession en m’y attardant plus, elle ne possédait pas les traits spécifiques a celui d’un ninko, d’autant qu’ils étaient connus pour être faciles a repérer, même pour un humain non entrainé. De plus le comportement de la petite fille n’avait rien d’anormal. La seule hypothèse que je pouvais émettre était qu’elle devait être de sang-mêlé. Un cas que je trouvais d’ailleurs particulièrement intéressant et encourageant. S’il venait à naître des enfants mi-humains mi-yokais, peut être existait-il l’espoir que nos mondes coexistent mieux dans l’avenir. Rares encore étaient les humains qui considéraient les yokais comme des êtres dignes de vivre.

Alors que mon regard retrouvait le taisa, qui était bel et bien un humain. Je me disais que j’étais a la fois heureuse de ne pas être en présence de son épouse et a la fois déçue, si c’était bel et bien elle la source de ce sang yokai dans la descendance, nous aurions pu avoir bien des choses à nous dire.  Quoi qu’il en soit, je prenais un temps de réflexion un peu long cette fois, réfléchissant aux possibilités que le taisa nous offraient et nous empêchaient d’avoir par la même occasion.
D’un côté, il nous aidait à supprimer plus de noms de cette liste mais de l’autre, attendre ici nous ferait perdre un temps considérable dans la poursuite de notre homme. Cependant il permettait aussi de partir dans moins de directions en nous fournissant un seul et unique nom. Mais combien de temps perdrions-nous ? Il me faudrait en discuter avec Takeshi, et finalement il aurait été préférable qu’il soit là, bien qu’il serait probablement dans le même doute que moi sur l’instant. Après un temps, je me disais qu’il valait mieux perdre quelques jours ici que de perdre des semaines à retrouver une piste après nous être trompés. Pour autant rien ne m’indiquait que le Taisa aurait le bon filon.

Ce serait un tout ou rien, finalement.


« De combien de temps parlons-nous exactement, Kuhoko-san ? » Demandais-je finalement.

Nous pouvions difficilement nous permettre un sacrifice temporelle de grande envergure, chaque minute passée ici nous éloignait de l’objectif. J’espérais qu’il soit possible de pouvoir tracer un nouvel itinéraire et de forcer un peu la marche si nous obtenions une réponse concrète. Malheureusement, je me voyais mal annoncer à Takeshi qu’il nous fallait attendre à Ariake pour avoir « peut être » une réponse.
J’attendais la réponse, passablement résignée déjà à prendre ce risque.  Dans le meilleur des cas nous aurions à nous hâter pour rattraper le temps perdu, dans le pire des cas nous avions toujours la liste et un nom en moins, il nous faudrait reprendre notre trajet en demandant de l’aide aux autorités claniques comme nous l’avions déjà fait quelques fois.

Les décisions de ce style ne m’avaient que rarement réussie. Mais peut être que pour une fois la bonne fortune me sourirait.


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MessageSujet: Re: Printemps 41. Le renard qui précéde la Torpeur. Mar 9 Aoû - 15:17

Keikoku suivi la sortie de sa fille avec un petit sourire en bouche, décidément l'arrivée de sa fille était à chaque fois un clash d'étiquette quand son père ou son frère étaient présents. Mais c'était certainement cela qui aidait la famille à continuer d'avancer, sans même le savoir ce petit bout de femme était devenu un pilier au sein de cette famille, peut-être même un pilier plus solide que leur père. Fuu avait toujours été plus mure et plus sérieuse que son frère et rien que pour cela elle avait un respect énorme de la part de la famille.

Il laissa par la suite la jeune Akayoru réfléchir à sa proposition, il se doutait que ce serait dur de décider seule sans l'avis de son compagnon Takeshi, aussi il n'essaya pas de lui forcer la main ou d'accélérer sa décision, il comprenait l'hésitation après tout elle ne le connaissait pas et ne pouvait se douter d'avoir forcément une bonne réponse aux questions qu'elle se posait. Keikoku lui était sûr d'avoir une piste plus ou moins sérieuse ou de ne pas en avoir du tout, mais il n'y aurait pas de demi mesure c'était certain et ils seraient fixés assez rapidement.

Finalement, la samurai-ko lui demanda combien de temps elle devrait attendre pour avoir sa réponse. Certainement la meilleure question à poser dans ce genre de situation, le Taisa porta une nouvelle fois son thé jusqu'à sa bouche et en but une nouvelle lampée. Il avait besoin de réfléchir un peu avant de répondre, il voyait déjà combien de pigeons il devrait envoyer et surtout le trajet qu'ils feraient, il reposa donc la tasse et répondit calmement :


Vous aurez votre réponse demain matin ou au plus tard en début d'après-midi.

Cela lui semblait relativement bien pour les demandes des deux samurais, c'était d'ailleurs plutôt rapide selon lui vu qu'il allait devoir prendre un paquet d'information. Heureusement son réseau à Kenshu était total ou presque, il avait beaucoup de contact dans différents domaines ce qu'il l'aiderait à savoir des choses, mais aussi à suivre une piste de loin, une fois la première bonne réponse reçue il n'aurait qu'à continuer les questions pour avoir une piste, c'est pour cela qu'il lui parlait de l'informer demain.

Les lunettes noires du Taisa reflétaient maintenant le visage de Midori, l'homme avait retrouvé un faciès assez neutre, bien assez pour empêcher qui que ce soit de savoir ou de deviner ce qu'il pensait . Il croisa les mains un instant en baissant la tête, il semblait réfléchir et c'était d'ailleurs le cas, il pensait à la suite et à d'autres choses finalement sa voix s'éleva à nouveau.

Je peux vous offrir à vous et à Takeshi-dono, le toit et le couvert pour cette nuit si vous décidez d'attendre. Je vous laisserais lui en parler.

Sur ce il garda sa position attendant la décision de Midori.
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MessageSujet: Re: Printemps 41. Le renard qui précéde la Torpeur. Sam 1 Oct - 18:30

Une journée… C’était un délai acceptable, pour ne pas dire inespéré sur l’instant. Je l’avais déjà imaginé m’annoncer plusieurs jours voir une semaine entière. Il n’y avait plus qu’a prier pour que les résultats soient concluants, qui sait, peut être aurions nous enfin une piste précise à suivre que celle que nous tracions depuis déjà plusieurs semaines. Autant j’avais tout le temps du monde pour enquêter, mais Takeshi ne vivrait pas un siècle entier, c’était bien le souci qui m’obligeait à me hâter. Il était dans son droit de vouloir retrouver cet assassin, tout comme moi. Mais il était pressé par sa vie limitée sur la durée. Et encore, il était jeune, sa vie n’en était pas à la fin, pas encore.
L’aide déjà apportée par Amadotsu Kodan a laquelle venait s’ajouter celle du Taisa de la foudre nous conduirait probablement plus loin dans l’ouest de Yokuni. Je m’imaginais déjà devoir arpenter les terres gelées de Fukyuu, sans avoir la possibilité de profiter de ma véritable forme pour résister un peu plus au froid. Un calvaire en devenir, ce voyage.

S’il nous fallait attendre, il fallait aussi que j’en informe Takeshi et surtout que je puisse le convaincre d’attendre. Cela devrait être relativement facile, compte tenu du fait que nous recevions encore une fois l’aide d’un gradé du clan où nous étions.
Je prenais une nouvelle gorgée de thé silencieusement alors que le Taisa abordait très justement les modalités de notre attente. Nous offrant ainsi l’opportunité de séjourner dans sa demeure jusqu’à demain matin, je n’étais qu’a moitié rassurée a cause de la présence de l’enfant et des propriétés de son aura, mais elle n’indiquait pas être une menace pour qui que ce soit, je pouvais techniquement dormir l’esprit tranquille.
Après un temps, je prenais le temps de formuler une réponse adéquate et polie.


« Je... Il faut que j’en parle avec Nakamura-sama avant toutes choses mais je pense qu’il sera également honoré par votre invitation, Kuhoko-san. Accordez-moi simplement le temps de lui faire part de notre discussion. »

Une demande bien simple et assez logique.
J’attendais simplement sa confirmation pour prendre congé et aller chercher le hatamoto qui avait sans doute déjà commencé à récolter des informations de son côté. Une fois cela fait, je ressortais de la demeure en respectant l’étiquette au minimum, puisque le Taisa m’avait invitée à ne pas trop faire de chichis au départ, chose que l’enfant elle, avait pratiqué avec une perfection indéfectible.

Je repris alors le chemin vers le centre du village et erra un moment jusqu’à pouvoir retrouver Takeshi, à qui je fis part de mes découvertes. Nous tombions étrangement d’accord sur le fait qu’une journée était parfaitement acceptable, si tenté que le Taisa soit si certain de ses sources d’informations pour garantir un si petit délai. En ce qui concernait l’invitation, nous tombions d’accord sur le fait que l’intention était louable de sa part et que refuser serait malvenu. Pour autant je n’étais pas des plus disposées à passer la nuit chez cet homme. Non pas par manque de confiance mais à cause de cette présence émanant de l’enfant. Ma méfiance envers elle n’était pas « malsaine » mais plutôt défensive, l’enfant n’avait rien dit, mais rien n’indiquait qu’elle n’était pas capable de sentir la présence des yokais. Dans le même genre, si son père avait bel et bien eu un enfant avec une yokai, il restait le doute sur l’identité de la mère et la possible réaction que cela pourrait avoir. Une peur qui n’était pas infondée en ce qui me concernait mais que je ne pouvais étaler à l’attention de mon compagnon de voyage.

Je prenais alors sur moi et accompagnais Takeshi jusqu’à la demeure de Kuhoko-san où ils firent tous deux rapidement connaissance. Faisant office d’intermédiaire entre le hatamoto discipliné et le Taisa plus frivole, je remplissais un genre de rôle de messager entre les deux hommes que beaucoup de choses semblaient opposer. Pour la forme je m’adressais toujours a Takeshi avec le respect du à sa condition vis à vis de la mienne, bien que Kuhoko-san avait sans doute mis un nouveau point d’honneur à exprimer qu’il préférait les discours simples aux formulations formelles alambiquées. La soirée s’annonça bien rapidement et le Taisa avait passé un temps considérable à contacter ses gens pour notre affaire. Nous nous séparions alors pour rejoindre les chambres qui nous avions été confiées pour la nuit. Je profitais du calme et de la solitude pour méditer un moment, sur tout, la vie, nos actions, notre quête, ce voyage, ce que je devrais faire après, ce que j’étais…

J’avais partiellement menti au Taisa de Kazan, j’avais caché la vérité à Takeshi sur ma personne et je n’avais même pas pris la peine d’avoir à répondre à des questions gênantes de la part de Kuhoko Keikoku. Mais j’étais à cran et c’était aussi rare qu’anormal. Me focalisant un moment sur la présence de la jeune fille qui s’adonnait à des trajets simples dans la maison, je me demandais si elle savait. Et si elle ne savait pas, elle avait de la chance, la chance de ne pas avoir à se poser la question chaque jour qui passe : « Vais-je être découverte demain ? »
Une question simple, redondante et lourde de conséquences. Que m’arriverait-il si demain, il était découvert que j’étais une yokai ? Qu’est-ce que Takeshi penserait de ça ? Est-ce qu’il me haïrait de la même manière qu’il a sûrement maudit le responsable de la blessure de Suzuka ? Se sentirait-il trahi ?
Et Kuhoko-san ? Quelle serait sa réaction ? J’ignorais beaucoup de cet homme, mais il semblait qu’il soit plus… Permissif que ses homologues. Pour autant, comment prendrait-il le fait d’avoir hébergé un yokai sous son toit, sachant son enfant juste à côté ? N’importe quel père aurait une réaction de défense pour sa progéniture, c’était normal et compréhensible.
Mais au fond, ne me posais-je pas simplement trop de questions ? Majoritairement inutiles de surcroît ?
Je vivais au milieu des humains depuis bientôt deux siècle et jamais je n’étais arrivée à ce point, alors pourquoi me poser la question maintenant ? Peut être simplement parce que cette jeune fille me rappelait qu’il y avait des gens capables de me trouver dans la masse. Des gens dotés de capacités particulières. Une affinité avec les forces surnaturelles.
Ce soir, je ne dormirais pas sereinement, pour des raisons passablement idiotes, bien que le doute soit permit.

Le lendemain arrivait très vite et je pense m’être assoupie une petite heure, tout au plus. Mais je ne manquais pas d’énergie, au moins pour faire comme si de rien n’était. Takeshi était retourné en ville aux aurores pour s’assurer que nous puissions partir dés que nous aurions l’information tant recherchée. Ce qui ne me laissait que l’option de l’attente.
Posée simplement au bord de la démarcation avec ce qui semblait être une petite cour sur le terrain du Taisa, j’attendais patiemment qu’il me fasse savoir ou me demande à venir pour m’annoncer les nouvelles. D’un œil extérieur, je devais avoir l’air paisible et calme, une image très contrastée avec ce qui tourbillonnait en moi sur l’instant. Les yeux rivés vers le ciel, j’avais une main portée sur mon collier, le tenant doucement entre mes doigts d’un air distrait, bien que sa simple existence soit plus à mes yeux que beaucoup de choses en Yokuni. Sur l’instant, je ne portais plus mon attention sur la présence particulière de l’enfant, j’attendais, dans le pire des cas, que le malheur me tombe dessus pour éventuellement y réagir. S’il daignait arriver un jour, le plus tard serait le mieux.


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Taisho

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MessageSujet: Re: Printemps 41. Le renard qui précéde la Torpeur. Jeu 6 Oct - 13:35

Keikoku n'était pas du genre à se délecter de chaque gorgée de thé et à grignoter avec délicatesse des biscuits avec, en général il était friand de ce genre de moment et il valait mieux pour lui qu'il ait une théière à ses côtés et une bonne rasades de petits gâteaux simples également. Il n'aimait pas spécialement l'opulence, comme pouvait le montrer sa maison, mais n'hésitait pas à se faire plaisir. C'est donc entre un biscuit et une gorgée de thé que la jeune (ou pas) Midori lui dit qu'elle devait d'abord parler à ce Takeshi pour pouvoir prendre une décision quant à l'attente qu'il leur demandait. Le Taisa haussa un peu les sourcils, avec un regard qui semblait dire ''oui ça me paraît logique, allez-y'' auquel il mêla un simple geste de la main, vu qu'il avait encore de la nourriture en bouche.

Pour sa part il attendit donc que Midori soit sortie pour se lever à son tour, prendre le plateau contenant la théière et partir dans son bureau pour rédiger quelques lettres. Il savait déjà à qui les envoyer, qui pourrait lui répondre rapidement et avec efficacité. Heureusement les pigeons n'avaient pas de problème quant à la typographie du terrain, ou le mauvais temps, ils allaient vite et c'était certainement le plus grand avantage que possédait Keikoku, ces fiers messagers ailés.

La suite de la soirée fut rythmée par l'arrivée de Takeshi et Midori et le petit clash d'étiquette entre un hatamoto très, trop respectueux des codes et un Taisa plus léger dans sa façon de parler et sa façon de faire. Pourtant, Keikoku essaya de le dérider un peu pendant la soirée, mais rien n'y faisait, il préféra donc de ne plus essayer. Il présenta ses condoléances à l'homme bien entendu, après tout c'était sa Dame qui était morte, celle qu'il devait protéger à la base, donc bon, puis finalement Ramen-san, le géant au service de Kei apparut pour prévenir son maître de l'arrivée de quelques informations. Le Taisa s'excusa donc auprès de ses invités et se retira, il avait encore du travail. Il confia à sa fille le soin de s'occuper des deux personnes et surtout de leur montrer leur chambre.

Et finalement arriva le soir, Kei était sous un arbre, face au village d'Ariake un peu plus bas que lui pour le coup, il y avait une nouvelle théière avec une tasse fumante à côté de lui. Il avait son kiseru en bouche et étrangement, toujours ses lunettes fumée sur le nez. Il réfléchissait aux informations qu'il avait déjà eu et à celle qu'il avait envoyé, il voyait un peu mieux les choses à présent, l'Oeil de Kenshu commençait à réduire son champ d'action et bientôt son regard serait braqué sur sa cible, cela ne faisait aucun doute. Un petit bruit le dit tourner la tête, sa fille était arrivée et s'assit à ses côtés.


Tu ne dors pas Fuu ?
J'ai un peu de mal, mais cela devrais venir, rassurez vous. C'est juste que cette Akayoru-san.... je la trouve étrange, j'ai toujours une drôle d'impression à ses côtés, c'est étrange.
Ha ? Une mauvaise une impression ?
Non... juste quelque chose d'étrange, pas mauvais, juste différent... désoler père je dois être fatigué.
Ne t'excuse pas ma fille, essaye donc de dormir, cela ira mieux demain.

Fuu le salua d'un simple signe de tête, le remerciant pour ses paroles et elle lui obéit, repartant vers sa chambre pour s'endormir. Kei lui réfléchit un moment, sa fille était une demi-yokais, mais elle ne le savait pas elle-même, enfin connaissant sa fille elle devait s'en douter. Cette sensation qu'elle avait... était-ce lié à sa nature ? Peut-être, peut-être pas, il ne pouvait pas être sûr, il ne pouvait donc pas juger de quoi que ce soit. Vivement qu'il ait ses informations.

Le lendemain arriva donc, Kei n'avait pas les réponses le matin même, il allait devoir attendre encore un peu, mais il avait reçu des informations supplémentaires, il n'avait plus qu'a regroupé les informations, comparer les résultats, c'était une question de minute à présent il le sentait bien. Alors que le père était toujours dans son bureau, Midori elle était dehors, les yeux vers le ciel, un peu distraite. Des rires d'enfants se firent entendre bientôt et deux enfants firent leur apparition dans la petite cour, la fille de Kei, ainsi que son fils de deux ans l'ainée. Les deux enfants discutaient. Le sourire aux lèvres, Fuu posait des questions à son frère sur le Dojo, comment cela ce passait ect..., jusqu'à ce qu'ils se rendent compte qu'ils n'étaient pas seuls. Fuu, le sourire aux lèvres salua bien bas et comme il se devait l'invité de son père, Toma lui s'avança un petit peu, se mettant entre sa sœur et Midori, suspicieux il fronça un peu les sourcils.

Vous êtes bizarre vous.
Toma ! On ne traire pas une invitée de la sorte !
Je te dis qu'elle est étrange, je sais pas pourquoi mais...
Ca suffit, je ne te permet pas un tel affront Toma, rentre tout de suite !
Mais...
Tout de suite !!

Il pouvait apparaître très comique de voir le garçon, ainé de la famille se faire disputer comme un petit garçon par sa sœur cadette, cela pouvait même paraître surréaliste, mais dans la famille Kuhoko, Fuu portait un rôle bien plus important que celui de la petite fille, il remplaçait la mère de la famille sur plusieurs points. La femme dans une famille lambda était toujours un centre sentimental, le mari se reposant beaucoup sur elle, les enfants étant guidés par cette dernière, Fuu faisait son office, comme elle le prouvait à l'instant. La jeune fille salua une nouvelle fois Midori pour se faire pardonner.

Veuillez excuser l'idiotie de mon frère Akayoru-dono.

Fuu préféra rentrer à la suite de Toma, n'osant pas trop affronter l'affront que son frère venait de commettre et presque une heure passa avant que quelqu'un ne vienne à nouveau à la rencontre de Midori. Cette fois c'était le Taisa, sourire aux lèvres, il avait deux documents dans les mains, il salua Midori négligemment d'un simple geste de la main et parla :

Bon. J'ai un nom, une description partielle et une destination. J'ai pris la peine de vous faire deux laisser-passer, car votre voyage vous mènera en dehors des terres Kenshu. Cependant, je vous conseillerais de ne pas vous afficher, c'est mon nom qu'il y a sur ses documents et également de garder vos secrets cachés quels qu'ils soient. Pas de moi bien sûr, c'est mon travail de les connaître, mais des autres.

Il agita les dit documents dans sa main et les tendit à Midori. Il espérait qu'elle et Takeshi trouveraient celui qu'ils cherchaient, en attendant Keikoku n'était pas mécontent de voir cette femme partir.
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MessageSujet: Re: Printemps 41. Le renard qui précéde la Torpeur.

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Printemps 41. Le renard qui précéde la Torpeur.

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