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 Karasu Kotake & Asaki, les tengus jumeaux

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Karasu Kotake & Asaki

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Civil

Messages : 9
Date d'inscription : 03/08/2016

Feuille personnage
Age: 33 ans
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MessageSujet: Karasu Kotake & Asaki, les tengus jumeaux Mer 3 Aoû - 16:48

Je sais que le clan Setsu n'est pas forcément ouvert mais ce compte devait être crée il y a un moment. Je me permets donc de garder ce clan.



Karasu Asaki

ᄽ Surnom : Asa (nommé par son frère)
ᄽ Âge humain : 35 ans
ᄽ Âge Yokai : 106 ans
ᄽ Sexe: Féminin
ᄽ Statut : Civil (Gérante d'une forge avec son frère), Tengu
ᄽ Arme(s) : Nodachi




Caractère



ᄽ Enjoué ᄽ
Bien que la première impression en entrant dans son commerce soit une lourde atmosphère, le sourire et l’accueil de la femme vous fera vous sentir entièrement à l’aise. Courtoise, il vous suffira de lui adresser vos désirs et elle se chargea de mener à bien la mission que vous lui avez confiée, dans les délais les plus courts. Les habitués de la forge vous diront qu’il est bon dit resté un instant, à apprécier le thé qui vous est servi et à converser avec la douce femme, en attendant votre commande. Attention cependant d’être son allié et non son ennemi… A quel cas, vous pourriez bien garder ce mal l’aise tout le long de votre visite.

ᄽ Dirigeante ᄽ
Depuis qu’elle a repris les rênes de la forge, la femme se révèle être une cheffe inconditionnée. Manque de matérielle ? Clients insupportables ou bien arrogant ? Une commande exceptionnelle ? Elle réussira à trouver des solutions, de façon diplomatique ou non. Ce commerce est pour elle une manière d’honorer son clan et de faire perdurer leur art.

ᄽ Dangereuse ᄽ
Sous ses airs de marchandes, la femme reste un démon sans pitié. N’essayez jamais de la duper d’une manière ou d’une autre ; il se pourrait bien que vous y laissiez votre argent, vos armes mais également votre vie. Arrogante, elle se moquera de votre statut social. Si vous essayez de faire pression sur sa personne, elle vous le fera payer davantage. Soyez sur vos gardes.

ᄽ Alcoolique ᄽ
Ce trait de personnalité serait plutôt associé aux Moutons de l’Est pourtant Moegami semble avoir pris la jeune femme sous son aile. Toujours accompagné d’une de ses bouteilles de saké, elle n’hésite pas un instant à troquer sa marchandise contre un liquide somptueux. Ne soyez point étonné de la voir dans un état d’ivresse lors de votre visite. Cependant, restez vigilant, elle pourrait bel et bien être une meilleure marchande, ou arnaqueuse selon les dires.







Karasu Kotake

ᄽ Surnom : Kota (nommé par sa soeur)
ᄽ Âge humain : 35 ans
ᄽ Âge Yokai : 106 ans
ᄽ Sexe: Masculin
ᄽ Statut : Civil (Forgeron avec sa sœur), Tengu
ᄽ Arme(s) : Double Tachi



Caractère



ᄽ Calme ᄽ
Client agressif ? Incendie dans la forge ? Manque de matériel ? Cela importe peu. L’homme garde son sang-froid et, tout comme sa sœur, cherche à résoudre le problème sans provoquer de panique (il pourrait même vous offrir un thé le temps que sa sœur s’occupe des choses). Son visage sans réel expression lui confère une certaine incompréhension. Bien que les femmes soient admiratives, nul ne réussit à l’atteindre.

ᄽ Protecteur ᄽ
Tout homme a cependant une faille dans son âme. Celle de l’homme est bien évidemment sa sœur. Ceux qui ont osé lui faire du mal ne sont plus vivants pour en parler. C’est pourquoi, sous ses airs de petit chat, se cache un félin plus dangereux que vous ne pourriez l’imaginer. Si vous perdez votre main après avoir essayé de toucher la gérante sans autorisation, vous ne pouvez que vous blâmer.

ᄽ Ami des bêtes ᄽ
Le côté impassible et distant de l’homme en a souvent rebuté plus d’un. Pourtant, lorsqu’il se retrouve en face d’un animal, quel qu’il soit, il révèle son sourire d’enfant ainsi que sa gentillesse et son affection. Nul ne sait réellement comment son adoration animale est apparu mais sa sœur apprécie le voir sourire.

ᄽ Silencieux ᄽ
Rarement apparent dans la boutique, nombreux sont ceux (et celles) qui désireraient entendre le timbre de voix de l’homme. Minutieux dans son travail fait avec talent, certains pensent que le feu crépitant ou encore le métal frappé serait représentatif de sa voix. Pour ceux ayant eu la chance de l’entendre, ils furent frappé par une admiration sans égal. Pour les femmes, cela lui donne une personnalité masculine charmeuse tout en étant mignonne. Pourtant, son manque de discussion lui vaut le titre de « carpe ».





Relations



Karasu Toushi
Spoiler:
 

Karasu Tamachi
Spoiler:
 

Gouka
Spoiler:
 

Reihou
Spoiler:
 

Tantetsu
Spoiler:
 

Terü
Spoiler:
 

Heddo
Spoiler:
 

Pour plus d'information sur ces relations, jetez un oeil dans le suivi.







Maîtrise(s)


ᄽ Dissimulation ailée ᄽ

Dès leur plus jeune âge, les jumeaux ont appris de leur mère à dissimuler ce qui les trahirait dans le monde des humains : les ailes. Un entraînement intensif, de nombreux évanouissements, du désespoir. Au final, les deux jeunes gens réussirent et l’applique le long de leur quotidien. Il n’y a que lorsqu’ils rejoignent leur demeure qu’ils se permettent de déployer leurs plumes noires.
Spoiler:
 





Convictions



ᄽ Les clans:
.:
 


ᄽ Les Kamis:
.:
 


ᄽ Le système féodal:
.:
 


ᄽ Les organisations:
.:
 


ᄽ Les derniers événements:
.:
 




A propos de moi



ᄽ Prénom/Pseudo : Nous ne sommes pas assez intime pour que vous puissiez nous nommer.
ᄽ Age : Précisez : humain ou tengu?
ᄽ Sexe : N'est-ce pas évident? *sourire*
ᄽ Expérience de rp : 5-6 ans
ᄽ Pourquoi ce clan ? Disons que le choix entre Setsu et Okaruto m'a été donné mais la personnalité de mes personnages étaient plus proches des Setsus.
ᄽ Si vous venez à partir, imaginez la fin et/ou l'accomplissement de votre personnage: Surement purifiés et donc tués par un religieux ou nous retournerions nous exiler dans une montagne quelconque.
ᄽ Comment avez-vous trouvé/connu Saigo Seizon ? Je réside en ce lieu depuis maintenant trois étés.
ᄽ Donnez-nous votre avis sur le forum (design, histoire…) : /
ᄽ Plutôt tarte aux fruits ou gâteau chocolat ? Asa : Du saké pour moi !
Kota : ... Chocolat.




Dernière édition par Karasu Kotake & Asaki le Mar 13 Sep - 19:35, édité 7 fois
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Karasu Kotake & Asaki

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MessageSujet: Re: Karasu Kotake & Asaki, les tengus jumeaux Mar 13 Sep - 18:37


Histoire




« Asa.
-  Hmmm ? Que se passe-t-il Kota ?
- Onegai… Mère et père… J’aimerais réentendre leur histoire.
- Que t’arrive-t-il tout d’un coup ?
- Je ne veux pas… oublier.
- *soupir* Très bien mais je ne te raconterais que ce dont je me souviens.
*hochement de la tête*
- Si je me souviens bien de ce que Mère nous racontait, tout cela commença 22 ans avant que l’Enfer écarlate n’éclate…


.: 22 ans av. E.E :.

Notre mère, Hamada Tamashi, onmyoji et âgée de 18 années, fut envoyée dans les terres Yokais avec ses camarades afin d’éradiquer un groupe de baku qui sévissaient dans la région. Préparés à cet affrontement, les religieux réussirent à les surprendre grâce à la noirceur de la forêt qui les entourait et commencèrent l’éradication. Cependant, rien ne se passa comme prévu. Le nombre de baku, supposé n’être qu’une dizaine, s’agrandit à mesure que le combat durait. Bientôt, le sol fut recouvert de grandes flaques rougeoyantes à la lueur de la lune. Notre mère était alors seule, face aux multitudes d’yeux rouges brillants dans les arbres. Sachant son infériorité, la meilleure option fut la fuite.
Courant à travers bois, tout en essayant de ralentir ses poursuivants, et s’enfonçant de plus en plus dans l’étendue feuillue, mère fut surprise de trouver une place où les arbres n’étaient plus ainsi qu’un énorme bâtiment, ressemblant au simple temple des humains, en plein milieu de la forêt. Elle resta figée devant la structure mais ceci lui valut d’être blessé par les griffes d’un baku assaillant. Genoux à terre, elle fut bientôt entourée de ses ennemis. Son visage était pourtant réconforté malgré un sourire moqueur.

« C’est donc ainsi que je finirais. Seule, au plus profond des terres corrompues. »

Alors voué à sa mort, ce ne fut point son sang qui vint teindre le sol. Dans l’ombre des arbres et du bâtiment en bois, on entendit le son du métal être dégainé ainsi que les hurlements des créatures. Nombreuses furent abattues et de nouvelles silhouettes se dessinèrent devant les yeux de mère. Plus grandes que les bakus, elles avaient l’air humaine et pourtant, de grandes plumes érigées dans leurs dos laissaient croire à des créatures bien plus différentes.
« Satané tengus ! S’exprima l’un des bakus possédants la parole. Cette humaine est notre proie ! »


Il ne put terminer ses mots que sa gorge fut tranchée par une lame. Cherchant à trouver le visage de son tueur, le baku fut terrifié lorsqu’il croisa ceux de celui qui dirigait les lieux. De sa voix lourde et imposable, le tengu assassin prit la parole.
« Je me moque bien de vos affaires avec les humains. Vous êtes sur notre territoire et je n’ai nullement l’intention de vous laisser ternir ce sol. Maudits bakus… »

Retirant sa lame du tapir maudit, celle-ci brilla bientôt de la splendeur de l’astre lunaire.
« Quittez ces lieux avant que le clan Karasu ne vous extermine… »

Bien que sa voix était calme, le ton employé était, lui, loin d’être amicale. Le reste des bakus ne se firent pas prier. Ils disparurent sans attendre dans la forêt. La lourde atmosphère qui pesait depuis quelque temps avait disparu. Du moins, en partie.
Mère fit face à ses nouveaux opposants. Le tengu assassin lui fit face de haut alors que mère prit le risque de prendre la parole en première.

« Tuer par des tengus… Voilà qui est déjà plus honorable. »

Le tengu la dévisagea alors que mère ferma son regard pour attendre le jugement de son shinigami.
« Que fait une humaine sur ces terres ? Ignorez-vous donc de la dangerosité de ces lieux ?
- Moi et mes camarades étions chargés d’anéantir ces créatures qui sévissaient sur nos terres. Malheureusement, nous avons sous-estimé leur nombre.
- Anéantir ? Comment de simples religieux le pourraient ?
- Nous n’étions pas de simples religieux. Nous sommes des onmyojis. »

Ce statut suscita des chuchotements dans les rangs tengus. Ma mère commença alors à balayer chaque silhouette, s’interrogeant sur tant de paroles pour un seul titre.
« Voilà qui est intéressant. S’exprimant le tengu tueur avec malice. Te tuer nous serait d’une grande perte. Il s’agenouilla pour être à hauteur de la femme. Tu es donc capable d’ériger des barrières que les yokais ne pourraient pas traverser, n’est-ce pas ?
Mère garda le silence avant de répondre. – Cela dépend de la puissance que vous désirez dans votre barrière.
- La plus puissante que tu peux ériger.
-… Dans ce cas…
- Parfait ! Il se releva. A partir d’aujourd’hui, tu seras chargé de protéger l’entrée de notre avenir, en plus d’être notre servante.
- Seigneur Toushi, êtes-vous sur de cela ? Elle pourrait très bien profiter de notre hospitalité pour s’enfuir lorsque nous ne l’auront plus à l’œil.
- Tu es trop méfiant mon très cher Reihou. Cette femme… Il la scruta avant d’ajouter. N’est point aussi stupide qu’elle en a l’air. Elle a évalué la situation et sait pertinemment qu’elle restera en vie et en sécurité tant qu’elle sera à notre service. Mais si tu y tiens, tu peux devenir son surveillant.
- Moi ?! Ne vous moquez pas de moi seigneur !
- Tu as appris de nombreuses cérémonies et rituel d’annihilation de tes voyages chez les humains. Je suis sûr que tu t’entendras parfaitement bien avec elle. »

Des éclats de rires résonnèrent près de la demeure alors que Reihou était désespéré de rester auprès d’une humaine. L’un de ses camarades, Gouka, dont l’apparence surprit ma mère puisqu’il ressemblait davantage à un humain, vint le réconforter d’une tape dans le dos.
« Voilà qui est réglé.
Quel est ton nom, humaine ?

- Je me nomme Tamashi. Hamada Tamashi.
- « âme » hein ? Les yeux du tengu trahissaient son admiration face à ce nom. Je suis Karasu Toushi, seigneur de la montagne et de cette bande de tengus. Tu feras la connaissance de ces créatures durant tes nombreuses années à vivre ici. Reihou, soigne ses blessures. »

Tournant le dos à mère, père s’en retourna à ses occupations sans lui adresser un regard de plus. C’est ainsi que mère se retrouva servante du clan Karasu.


~~~

Le lendemain, notre mère se réveilla grâce aux premières caresses lumineuses du matin. Ses yeux s’ouvrirent et commencèrent à balayer la pièce de bois dans laquelle elle se trouvait. A peine réveiller, elle imaginait que la scène d’hier n’était rien de plus qu’un rêve.

« Vous êtes réveillés ? »

Tournant le visage vers cette voix devenue familière en une soirée, Mère y découvrit le visage de Reihou, dont le corps était masqué par la porte entre-ouverte.
« Toushi-sama souhaiterait que vous exécutiez votre barrière en cette matinée.  Reihou entra finalement dans la pièce, ses mains tenant un plateau garni de nourritures. Voilà votre repas du matin. J’ose croire qu’il sera assez bon pour l’humaine que vous êtes. Il déposa le plateau avant de prendre le chemin précédemment emprunté. Sur le bas de la porte, il ajouta. Malgré l’ordre de notre seigneur, prenez votre temps. Je vous attendrais à l’entrée de notre demeure. »

Il ferma le bois coulissant, laissant Mère seule face à son repas. Elle ne le toucha point et installa un silence dans sa pièce avant de sourire.
« Ce n’était point un rêve. »

Quelques minutes plus tard, Mère rejoignit le tengu près de la porte principale du petit temple. Descendant les marches devant cette dernière, elle ne s’arrêta point lorsqu’elle croisa Reihou.
« Allons-y Reihou-dono. Je n’aimerais point faire attendre votre seigneur. »
Le corbeau n’ajouta rien malgré sa surprise. Il s’attendait à rejoindre l’entrée du trésor des Karasu. Pourtant, Mère se dirigea dans la forêt qui entourait la bâtisse. Non pas à quelques pas mais bien un ou deux kilomètres, elle se stoppa, toujours sous les yeux intrigués et pétillants du corbeau. Sortant de son kimono un talisman déjà marqué, elle le dissimula dans les branches d’un arbre. Placé, elle reprit la route sans rien rajouter. Ce fut ainsi sur trois positions différentes, toutes orientés selon les points cardinaux. Finalement, les deux personnes rejoignirent le temple. Alors que le corbeau s’apprêtait à prendre la parole, Mère le coupa.
« Veuillez faire quérir Karasu-sama près de l’entrée de votre trésor s’il vous plaît. »
Reihou ne dit point un mot, une nouvelle fois, et s’exécuta.

Toushi se retrouva juste devant l’entrée où la barrière sera érigée. Gouka était à ses côtés tout comme Reihou.
« Que me voulez-vous donc Tamashi ? Cette barrière a-t-elle été placée ?
- Pas encore mais cela sera le cas dans quelques instants. Veuillez-vous placer devant l’entrée je vous prie. »

Sans sourciller, Père se plaça à l’endroit indiqué. Mère, espacé de quelques mètres, commença alors une incantation, talisman dans les mains. Un cercle apparut sous Père, sous les yeux étonnés et inquiets des deux autres tengus présents.
Cela ne dura qu’un instant et bientôt, les personnes présentes purent entrapercevoir la barrière.

« Voilà votre barrière, Karasu-sama. Sa résistance n’a d’égal que votre puissance. Elle ne pourra tomber face à votre adversaire. Cependant, sachez qu’il existe deux moyens pour la faire faillir : le premier est en lien avec les talismans que j’ai positionnés dans la forêt. Les quatre détruits, la barrière s’affaiblira et finira par céder. Seul moi et Reihou-dono connaissons l’emplacement de ces talismans. Le deuxième réside en vous, Karasu-sama. Tant que vous serez en vie, cette barrière survivra à son tour. Dans le cas où vous viendrez à être blessé, le sceau se verra également être affaibli mais je doute que cela arrive. Elle sourit.
- Pas mal du tout pour une humaine. Tu devrais en prendre de la graine, Reihou.
- Maintenant que Tamashi a fait son travail, elle va pouvoir retourner chez elle, s’exclama Gouka.
- Je crains que, malheureusement, cela ne soit point l’intention de votre maître, Gouka-dono.
- Hein ?
- Comme je l’ai expliqué il y a un instant, je connais la position des talismans qui protège votre trésor. Me laisser partir serait trop dangereux. N’est-ce pas, Karasu-sama ? »

Le seigneur ne dit mot et préféra s’approcher de son « otage », qu’il fixa de son regard perçant. Nullement intimidée, Mère n’ajouta rien. Le sourire se dessina alors sur le visage de Père.
« Venez avec moi. Il commença à prendre le chemin de l’entrée.
- Karasu-sama !
- Vous n’y pensez pas ! »


Père se tut et demanda du regard à notre mère de le suivre. Elle s’exécuta malgré le visage crispé des deux corbeaux.
S’ensuivit une longue descendante d’escalier qui semblait interminable. Mère pouvait sentir une chaleur pesante se glisser entre les murs du passage. Plus elle avançait, plus cela devenait difficilement supportable. Bien évidemment, le silence était roi, bien que l’on entende au loin le métal frappé.
La descente terminé, notre père invita la femme à pénétrer dans une pièce bien plus grande, voire immense. Ses yeux s’écarquillèrent et elle ne put rien dire.

« Voilà ce qui fait du clan Karasu, les meilleurs forgerons des terres maudites. »
Le seigneur continua d’avancer dans l’immensité. La lave coulissante, les récipients gigantesques, les tengus suants. Ce trésor si précieux que chérissait les tengus était une forge monstrueuse où l’on forgeait les armes des hommes. Père expliqua durant le trajet de découverte que le clan avait pour héritage cette forge. Bien qu’ils soient pacifiques, les tengus fabriquaient des armes grâce à la richesse de la roche et la chaleur volcanique de la montagne. Le métal ainsi forgé et unique sera vendu dans les villes humaines. Bon nombre de ces derniers raffolaient de cet artisanat hors du commun. Mère ne réussit point à structurer ses phrases. Tout ce qu’elle exprima fut un « magnifique… ». Pourtant, elle se retourna vers père, le regard inquiet.
« Pourquoi me montrer cela ?
- Vous l’avez dit vous-même : je ne peux point vous laisser partir, d’autant plus maintenant que vous connaissez notre secret et notre force. Vous faites à présent parti du clan Karasu, Tamashi. »

Le ton de l’homme n’était point froid. Il était presque apaisant et rassurant. Mère ne souhaitait point passer sa vie ici. Tout du moins, pas au début. Pourtant, elle ne se doutait point de ce qui l’attendrait à partir de ce jour.


.: 21 ans av. E.E :.

Elle avait réussi à se faire accepter des autres membres du clan. Les réconfortant dans leur tâche de tous les jours, elle apportait de la douceur, de la tendresse et un soutien certain. Nul dans le clan ne désirait la voir quitter la forêt. Pas même le seigneur qui, jours après jours, apprenait à la découvrir et à l’apprécier. C’est à cette période que père et mère devinrent bien plus proches qu’ils ne l’auraient cru. Tous les différencier : leur origine, leur statut, leur quotidien. Pourtant, en ce jour, ils finirent par s’avouer une fidélité éternelle, pour le grand plaisir du clan.

ANEDOCTE
.:
 



.: 20 ans av. E.E :.
Alors âgé de 20 ans, durant l’absence de père parti chercher les matériaux pour forger de nouvelles lames, Tamashi dût donner naissance non pas à un mais deux enfants. Reihou était là pour l’aider dans cette tâche mais cette dernière était loin d’être simple, d’autant plus sans les connaissances dans le domaine. Par chance, les kamis n’appelèrent point notre mère à les rejoindre et après une demi-journée, les cris des héritiers résonnèrent dans la demeure. Bien que fatiguée, mère ne put se reposer. Trop de sentiments la parcouraient pour qu’elle le puisse.
Père rentra finalement de son séjour et fut d’abord effrayé, tout comme Gouka qui l’accompagnait, de voir Reihou l’attendre à l’entrée du temple. Son visage était loin d’être rassurant. C’est lorsqu’il prit la parole que l’atmosphère changea du tout au tout.

« Félicitations, Karasu-sama. »

Ces simples mots suffirent pour faire comprendre la situation. Tandis que Gouka resta avec son camarade à plumes, heureux de la nouvelle, père rejoignit son épouse qui restait difficilement éveillée. Mère nous raconta que les yeux du seigneur de la montagne s’écarquillèrent. Ses pas le menèrent près de sa famille, nouvellement agrandi par deux naissances. Père agenouillé près de nous, mère te tendit toi, Kotake, afin qu’il te prenne dans ses bras. D’abord apeuré de pouvoir tenir une chose aussi fragile, son visage exprima toute la différence lorsqu’il te dévisagea.
« Kotake. C’est le nom que je lui ai choisi. Qu’en penses-tu ? »
Mère fut heureuse et surprise. Père souria. Depuis leur rencontre jusqu’à ce jour, il s’agissait de la première fois. Il ne put rien ajouter et se contenta de faire comprendre son approbation à sa femme.
« Et voici Asaki. »

Père tendit sa main près de moi. Je ne sais guère si j’étais déjà capable de comprendre la situation, mais mes petits doigts fins et fragiles agrippèrent celui de mon père. Mère m’avoua qu’il tremblait lorsque je le touchai. Craignait-il donc tant que cela de nous blesser ? Nous sommes ses enfants ! Aussi robuste que la montagne !



Les années qui suivirent furent faites d’apprentissage et de savoir-vivre. Toi et moi étions inséparables depuis notre plus jeune âge. Bien qu’aujourd’hui nous ayons des caractères différents sur certains points, nous étions identiques à cette époque. Ce que nous faisions, nous le faisions ensemble, peu importe le contexte.
Gouka devint notre grand frère. Nous étions très proches de lui de par notre ressemblance : il était né d’une mère humaine et d’un père tengu, tout comme nous. Alors abandonné pour son statut de sang-mêlé, père le recueillit et le considéra comme son propre fils. Depuis ce jour, il ne se voua qu’à la protection de son sauveur et apprit l’art et le code du bushido auprès des senseis du clan. Considéré aujourd’hui comme la plus fine lame des Karasus, ce fut à notre tour d’obtenir les enseignements du clan. Autrefois élève, le voilà sensei.
Reihou resta aux côtés de notre mère et donc de nous. Son savoir sur l’histoire humaine nous fut enseigner, malgré les quelques désaccords avec moi-même. Pourquoi nous apprendre l’histoire humaine ? Cela n’avait aucun sens. L’explication de Reihou :

« Votre apparence vous mènera un jour ou l’autre à vous fondre avec les humains. Connaître leurs traditions vous serra alors indispensable. » Cela me semblait ridicule à l’époque et pourtant, c’est grâce à cela que nous réussîmes à survivre jusqu’à présent.
Père, quant à lui, nous enseigna tout ce qu’il y avait à savoir sur la forge. Du minage de la roche jusqu’à la confection des armes, en passant par l’importance de la lave. Nous étions implacables sur l’art unique des Karasus.
Enfin, notre mère. Tout comme Reihou, elle nous apporta les moindres détails sur la vie humaine, en plus des arts religieux. Bien qu’elle ne nous forçât point à être croyant, elle nous encourageait à croire en la montagne qui nous permettait, le clan Karasu, de vivre.
Nous enseigner cela ne fut pourtant pas simple. Nous étions bons élèves mais notre tempérament à vouloir filer en douce pour nous amuser effraya et énerva.
Ce quotidien, nous l’avons aimé et l’avons vécu durant 20 longues années. Jusqu’à cette période.


ANEDOCTE
.:
 


.: Enfer Ecarlate :.

Le monde des hommes commença à connaitre des tourments : trahisons, révoltes, rumeurs. Tout était un prétexte pour engendrer des conflits. Petit à petit, la terre mourut sous les coups de lame et le sang des humains. Cette race ne connut d’autre guerre aussi sanglante et meurtrière : l’Enfer écarlate. Les Kamis, eux-mêmes, ne crurent en ce massacre. Ne pouvant accepter que de tels êtres utilisent ainsi leurs pouvoirs, leur colère s’abattit sur les humains. Ils étaient redevenus ce qu’ils étaient : de la simple chair.

Les Yokais n’ont point été épargné dans cette bataille. Notre clan non plus. Nombreux des nôtres décidèrent de rejoindre les rangs des hommes afin de protéger ceux qu’ils rencontrèrent et à qui ils s’attachèrent. Père ne les retint point. Il les encouragea à se battre au nom du clan Karasu et à revenir en vie. Malheureusement, la haine et la rage des hommes permirent à nos semblables de grandir. Les yokais, dont l’âme était aussi sombre que le Yomi, commencèrent à se révolter face à leurs camarades, alliés des humains. Les terres Yokais n’en sortirent pas indemne.
Nous avions pu résister à l’attaque ennemi et avions survécut grâce aux ressources que nous procurait la montagne mais cela ne suffit point.
Depuis des années, notre montagne et forge attisaient les regards. En particulier, celui d’un clan de kitsune : les Tamagashis. Père nous racontait que ce clan cherchait à s’associer au nôtre par le biais d’une alliance. Cependant, le véritable but était loin d’être des alliés : ils cherchaient à nous détruire de l’intérieur, par simple haine.
Aujourd’hui, plus fort que jamais et béni par le Yomi, ils étaient aux portes de notre montagne.

« Eliminez-les tous. » s’exclama Gekirin, le dirigeant du clan des kitsunes, dont la voix lourde et machiavélique animait chaque œil se dessinant dans la forêt.


~~~

« Asa. Asa. Réveilles-toi. »
Mes yeux s’ouvrirent difficilement, tandis que la silhouette de mère devenait plus nette à chaque seconde.
« Mère ? Que se passe-t-il ?
- Réveille ton frère, tu veux bien. »

Malgré son sourire, mère s’en retourna près de l’entrée de notre chambre, où Reihou et Gouka l’attendaient, arme en main. Je m’interrogeais sur son comportement mais ne posai point de question et exécuta son ordre.

« Ils ont déjà atteint les alentours du temple.
S’exclama Reihou avec une once de haine.
- Ces enfoirés… Oser ainsi nous envahir… ! Gouka était, lui, moins calme.
- Nous n’avons pas de temps à perdre. Il faut que nous partions. »

De mon côté, je te réveillais, mon cher frère. Tout comme moi, tu vins te frotter les yeux afin d’y voir plus clair et comprendre la situation. Je ne pus cependant d’expliquer puisque moi-même je ne savais point ce qui se tramait.
Mère nous rejoignit, prenant dans chacune de ses mains nos épaules et nous regarda à tour de rôle tout en s’exprimant de sa voix calme et douce.

« Que diriez-vous de jouer ? Les règles sont simples : vous devez atteindre la forge et rejoindre la porte menant de l’autre côté de la montagne le plus vite possible. Mais attention, vous n’avez pas le droit de vous arrêter, peu importe ce qui se dresse sur votre chemin. Entendu ?
- Hai Mère ! » M’exclamais-je avec joie tandis que tu hochais la tête avec autant d’entrain.

Un jeu. Nous étions si naïfs à cet instant. Dire qu’il s’agissait… d’une course-poursuite.


« Prêt ? 3
- 2.
- 1 ! »

Nous commençâmes à courir avec hâte et gaieté. Mère nous suivait ainsi que Gouka et Reihou. Toi et moi n’avons jamais arrêté de courir. Notre endurance était sans failles ainsi que notre joie de pouvoir nous amuser avec mère. Pourtant, les choses furent différentes lorsque nous arrivâmes à l’entrée du temple, afin de rejoindre la pièce principale qui menait à la mine. Père était là, ainsi que de nombreux membres de notre famille. Bien que nous continuions notre course, mes yeux alors joyeux se remplirent de terreurs.
Une couleur rouge sur le sol. Des bruits de lames entrechoquées. Des cris de douleur et de rages. Notre terrain de jeu… était devenu un champ de bataille.

« Ne vous arrêtez pas ! » S’écria mère alors que deux kitsunes nous bondissaient dessus, les yeux assoiffés, les crocs et les griffes acérés. La peur ne paralysa point mes jambes car je n’avais qu’un seul objectif : fuir. Père vint trancher de sa lame nos deux assaillants. Dos à nous comme pour nous protéger d’une nouvelle attaque, son regard se tourna tout de même vers nous.
« Ne vous retournez pas. » Je n’aurais jamais cru que ces mots seraient les derniers que j’entendis venir de notre père.

Nous rejoignîmes l’entrée de la forge. Je ne comprenais pas ce qui se passait. Ma tête me faisait mal, mes pieds nus étaient devenus douloureux mais je ne pouvais m’arrêter. Que se passe-t-il ? Pourquoi père avait-il ce regard ? Pourquoi le visage de mère était-il si froid ? Tant de questions sans réponses m’envahirent à cet instant. Quant à toi, Kota, ton visage était aussi pâle que le mien. Tu semblais être sans vie. Afin de te ramener à moi, ne serait-ce qu’un instant, j’attrapais ta main et prononçais ton nom d’une faible voix. Ton regard se posa dans le mien. Nous y vîmes la même détresse et la même peur.
La course continuait tandis que mère se stoppa, projetant son regard vers l’entrée dernièrement emprunté. Gouka et Reihou la dépassèrent avant de se stopper.

« Tamashi-sama !
- La barrière… elle a cédé… »
Un lourd silence parcourut le petit groupe. Reihou montra sa stupeur, Gouka sa crainte.
« Cela signifie…
- Que Karasu-sama...
- Non. Caché derrière ses cheveux, le regard de mère fut imperceptible. Ils ont dû détruire les quatre talismans… Elle se stoppa et reprit. Continuons ! »

Mère reprit sa course. Reihou et Gouka restèrent quelques secondes plus avant de se contraindre à poursuivre eux aussi leur fuite.
La barrière qui protégeait la forge venait à peine d’être détruite que des kitsunes étaient déjà à nos trousses. Pire, de par leur agilité ou leur pouvoir venant du Yomi, ils réussirent à nous rattraper. Bondissant, usant de leurs magies, les renards nous attaquèrent, nous et mère. Gouka trancha le premier tandis que mère, grâce à ses parchemins de prêtresse, paralysa l’un des yokais qui fut à son tour anéanti par la lame de Reihou. La course se continua jusqu’à ce que nous atteignions la sortie qui nous mena au pied de la montagne, au plus profond de la forêt. Là encore, nous dûmes continuer à courir afin de rejoindre le bord de la mer. Ce n’est qu’à cet instant que nous pûmes reprendre notre souffle.

Mon regard se jeta sur notre montagne adorée. De la fumée se propageait dans le ciel. Le bruit du métal résonnait faiblement ; suffisamment pour que toi, mon frère, tu t’accroupisses en serrant tes oreilles entre tes mains, les yeux fermés, ne voulant point accepter. Les miens étaient écarquillés, terrifié. Je cherchais du réconfort dans ceux de notre mère mais son regard était loin d’être rassurant lorsqu’elle observait le lieu du désastre.

« Mè…re ? »

Son visage se tourna vers le mien. Elle comprenait ma crainte et la tienne, Kotake. Lorsqu’elle s’accroupit tout en tendant ses bras vers moi et toi, nous n’hésitâmes pas un seul instant. Nous nous jetâmes dans ses bras, ne retenant point nos larmes. Gouka était furieux, bien qu’il cherchait à retenir sa colère. Reihou était penseur et attristé en nous observant.


« Asa. Kota. Nous regardâmes mère, dont le regard s’était adouci néanmoins mouillé. Il va falloir que vous vous montriez fort. »
Je ne compris point cette parole sur l’instant mais lorsque j’observais Reihou, le visage crispé de regret et de tristesse, une pensée me traversa. Une pensée horrible. Toi aussi mon frère, tu eus le même esprit.

« Mère !..
- Asa. Me coupa mère. Toi et ton frère devait rejoindre l’autre rive. Reihou et Gouka vous y emmèneront. Vos ailes sont bien trop faibles pour un tel voyage.
- Tu viens avec nous n’est-ce pas ? Père nous rejoindra bientôt et nous partirons tous ensemble n’est-ce pas ? Déclaras-tu.
- Kota. Tu es devenu un beau garçon. Quoi qu’il arrive, tu devras veiller sur ta sœur. Elle s’adressa à nous deux. Vous ne devez jamais vous quitter. Vous ne formez qu’un. Protégez-vous mutuellement. Ne laissez personne dicter votre voie. Faites selon vos désirs. Continuez d’avancer. Sans jamais vous arrêter. Sinon… Elle sourit. Vous perdrez le jeu.
- Tamashi-sama ! » S’exclama Gouka, qui ne pouvait accepter la situation.

Mère se releva pour faire face à nos deux frères. Reihou garda le silence. Gouka se trahissait par le grincement de ses dents et ses poings serrant toujours une emprise invisible. Mère tendit ses mains, venant caresser la joue de chacun d’entre eux.

« Gouka… Reihou… Vous avez été de bons professeurs pour mes enfants. Malgré vos années d’existence, vous étiez pour moi des enfants à choyer. Gouka ne put retenir ses larmes. Voici votre dernier ordre : n’abandonnez pas votre frère et votre sœur. Protégez-les de votre vie et relevez le clan Karasu.
- Nous vous le jugerons, Tamashi-sama.
- Voilà de bons garçons. Mère leur sourit à leur tour avant de les serrer contre elle. Peu importe où je me trouverais, je veillerais sur vous. »

Se séparant des tengus, elle en revint à nous. M’accrochant à ses vêtements, toi et moi refusions de croire en cette pensée funeste.
« Mère, tu ne peux pas !
- Soyez fort mes enfants. » Elle nous serra contre elle durant quelques minutes qui me parurent être des secondes. Une fois qu’elle nous relâcha, tu terminas dans les bras de Gouka tandis que moi, je fus le fardeau de Reihou.
« Je t’en supplie mère ! Ne nous abandonne pas !
- Nous avons besoin de toi ! »

Elle ne nous répondit point. Seul son sourire était pour nous une blessure qui ne se refermera jamais.
« Survivez. Et soyez heureux, mes enfants… »

Ces mots n’étaient point que pour nous, mais pour la petite famille que nous formions à présent avec Reihou et Gouka qui s’envolèrent. Têtes au-dessus de mon frère ailé, je cherchais de mes bras à rattraper notre génitrice.
« Reihou ! Lâche-moi ! Je t’en supplie. Mère, MERE ! »

Toi, mon frère, ton visage était empli de stupeur, de peur, de crainte, de regret. Tous les sentiments pouvant mener au désespoir. Alors que j’espérais encore voir mère nous rejoindre, je la vis regagner la forêt. Je compris alors qu’il était trop tard.
« MEEEEEEEEEEEEEERE !!! » M’écris ai-je.

Gouka, ne pouvant supporter cela, qui plus est lorsqu’il croisa ton regard, fit demi-tour avec ardeur. Reihou lui coupa la route.
« Dégage, Reihou !
- Reprends-toi Gouka ! Nous ne pouvons pas faire demi-tour.
- Tu voudrais que je laisse notre clan, non, notre famille périr ainsi ?!
- Nous avons reçu un ordre. Dit-il calmement. Oserais-tu désobéir à notre seigneur et notre dame ?
- Ksss…
- Gouka. Tant que nous serons en vie, le clan Karasu ne mourra point. Accepte les faits et avance. »

Seul le bruit du champ de bataille résonna dans le ciel. Tu te tins la tête, effrayé. Je cherchais à percevoir les véritables sentiments cachés dans le regard de Reihou. Il était… si fort et adulte. Comment réussissait-il à rester si impassible malgré la situation ? Etait-ce pour cela que père lui avait accordé une confiance aveugle ? Je n’en doutais plus en ce jour qui marqua le début de notre nouvelle vie.

Nous gagnâmes la rive voisine. Reihou me déposa sur le sable froid. Gouka te garda dans ses bras. Si je ne m’abuse, nous rentions dans notre 21ème année d’existence. Nos corps étaient pourtant ceux d’enfant d’une dizaine d’années. Pour les humains, nous étions en âge de comprendre et d’assimiler plus rapidement ce genre de tragédie. Pourquoi ? Pourquoi cela me semblait si dur à accepter ? Cette blessure sera-t-elle se cicatriser ? Combien de temps cela prendra ? Je vins par m’écrouler au sol.

« Asaki-hime.
- Pourquoi… Nous ne méritions pas cela… »

Gouka se meurtrit contre lui-même. Jamais il ne pourrait se le pardonner. Reihou, m’observa avant de se tourner vers la fumée qui gisait au loin.
« C’est peut-être ainsi que les Kamis voulaient que cela se termine. Les humains les ont trahis en débutant une guerre meurtrière. Les yokais ont fini par faire de même… Nous ne sommes peut-être pas si différents.
- Comment allons-nous survivre ? Demanda Gouka. Nous n’avons plus de foyer, plus de forge, plus de ressources et la guerre chez les humains est loin d’être terminé.
-… Commençons d’abord par nous rendre dans des régions plus chaudes. En restant ici, le climat enneigé risque de nous être fatal.
- Si je me souviens bien, il y a un volcan près des frontières maritimes du Nord. Karasu-sama s’y était rendu pour trouver de nouveaux matériaux.
- Très bien. Espérons que nos ailes ne deviennent point un fardeau. Reihou s’approcha de moi et déposa sa main sur mon épaule. Asaki-hime. Je suis persuadé que Dame Tamashi et Seigneur Toushi s’en sortiront. L’un comme l’autre ont les facultés pour éliminer notre assaillant. Ne perdez pas espoir.
- Reihou… »

Je ne répondis que d’un hochement de tête. Lorsque moi et mes frères ailés jetèrent un regard à toi, mon frère, tu n’étais plus celui que tu étais. Ton regard, tourné vers l’étendue marine, était sans vie. Il t’était plus difficile d’accepter les circonstances qu’à moi-même mais je ne doutais point que tu nous reviendrais comme avant. Pourtant, ton sourire d’autrefois ne serait plus celui que j’ai connu.

La traversée de la région de neige fut plus dure que nous l’espérions. Nous qui avons été habitué à une chaleur extrême, n’arrivions point à nous faire à ce climat glacial. De plus, Reihou nous avoua que la période était mauvaise : de nombreuses tempêtes de neiges et de rafales nous empêchaient d’avancer à notre convenance. Sans cesse, nous dûmes nous cacher dans les grottes avoisinantes. Sans parler des champs de bataille que nous ne pouvions traverser sous peine de nous faire attaquer par les hommes. Plus d’une fois, je crus rejoindre nos frères d’armes. Par chance, le climat commença à s’adoucir. Reihou et Gouka purent de nouveau s’envoler afin de nous faciliter le trajet. C’est après de nombreux jours de déplacements que nous arrivâmes à cette montagne volcanique.
Le climat nous y était beaucoup plus agréable et familier bien que la guerre faisait rage. Nous restâmes cachés dans la petite forêt, au bien du volcan. Reihou et Gouka voyageaient à travers la région afin de trouver de quoi nous nourrir lorsque le bosquet ne nous permettait plus de subvenir à nos besoins.

Malheureusement, nous ne pûmes rester bien longtemps dans cette partie du Nord. Chaque parcelle de terre fut dévastée par les conflits humains. Voyageant d’Ouest en Est, nous réussîmes à rester en vie, je ne sais pas quel miracle. Bientôt, les hommes se rendirent face à la puissance des Kamis. La guerre se termina mais la terre avait été souillé et détruite. Les générations à venir n’auront plus de quoi vivre. Pourtant, l’espoir ne perdit pas totalement place dans le cœur des humains. Certains reprirent confiance en l’humanité et chacun aida à la reconstruction du pays.


Dernière édition par Karasu Kotake & Asaki le Mar 13 Sep - 19:32, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Karasu Kotake & Asaki, les tengus jumeaux Mar 13 Sep - 19:08




.: Début de la Reconstruction :.
Nous étions alors âgé de 12 ans pour les hommes. Si nous voulions survivre, il nous fallait rejoindre le camp des humains durant la reconstruction. Retourner en terres neutres serait du suicide, d’autant plus si le clan Tamagashis est au courant de notre survie. Il y verrait une opportunité pour éliminer une bonne fois pour tout notre clan. Néanmoins, un problème se posa : Reihou maîtrisait parfaitement son art de la transformation. Gouka n’avait, lui, qu’à camoufler ses ailes grâce à l’entraînement intensif qu’il avait subi lors de son arrivée dans le clan. Mais nous, nous n’étions encore que des enfants malgré notre âge tengu avancé. Nous n’avions point pratiqué cet art et nous ne pouvions plus cacher nos plumes sous de simples tissus.
Les premiers jours, Gouka et Reihou participaient à la construction d’habitations. Toi et moi restions cachés, cherchant la compagnie de la faune et de la flore lorsque nous le pouvions. Durant ce temps, nous nous entraînions, nous-aussi, afin d’obtenir cet art commun chez les tengus. Oui mais… nous ne l’étions qu’à moitié. Etait-ce pour cela que nous avions tant de mal à apprendre ? Gouka nous expliqua qui lui fallut plusieurs années avant de pouvoir dissimuler entièrement et sur le long terme ses ailes. Nous n’avions pas ce luxe ! C’est alors que Reihou proposa une autre alternative.


« Tu es fou ! S’exclama Gouka. Si nous retournons dans notre montagne, les Tamagashis nous tomberont dessus !
- Pas si la montagne a été dévasté. Il se peut que la forêt… ait péri et que la montagne n’ait plus rien d’exploitable. Les Tamagashis n’y seraient point resté.
- Si c’est le cas, alors la forge ne serait plus elle aussi… Nous ne sommes pas sûrs de pouvoir l’utiliser !
- Crois-tu que nous ayons le choix ? Asaki-hime et Kotake-wakai ne doivent pas être découvert. Chaque jour que nous passons avec les humains les met en danger. Nous devons prendre ce risque.
-…
- Nous devons retourner dans notre demeure. Reihou se tourna vers nous. Cela vous convient-il ?
- … Ne l’as-tu pas dit toi-même ? Nous n’avons pas le choix. Si nous voulons survivre, Kota et moi nous devons nous fondre chez les humains. Allons-y. »

Tu ne fis que hocher la tête, tandis que toi et moi, nous nous tenions la main fermement.
« Dans ce cas… »


A nouveau, nous dûmes parcourir de nombreuses distances afin de rejoindre les terres souillées de nos origines. Cela nous prit plusieurs jours. A mesure que nous approchions, mon cœur se resserrait, tout comme le tien. Je le compris lorsque tu serras sur ton torse ton poing. Nous arrivâmes au pied de la montagne… Nul ne prit la parole, choqué par l’étendue des dégâts.
Certes, cet incident se déroula il y a quelques années à présent. Pourtant, la montagne… n’avait pu reprendre son apparence d’autrefois.
Nous marchâmes pour rejoindre ce qui était notre demeure. Sur le chemin, nos regards ne pouvaient que se balancer. Les arbres verdoyants et chantants avec le vent n’étaient plus que des troncs calcinés, criant de désespoir. Oiseaux, lagomorphes, cervidés. Même nos camarades de la faune avaient quitté les lieux depuis bien longtemps. La vie semblait avoir totalement disparu. Déposant ma main puis mon front sur l’un des anciens, je n’entendis point notre mère salvatrice. Mon regard s’emplit de regret et de tristesse. Quant à toi, mon frère, qui suivit nos frères ailés, tu entraperçus le bois de notre temple. Stoppant ta marche durant une seconde, tes jambes s’élancèrent à vive allure.

« Kotake-san !
- Wakai ! »

Nous en fîmes de même, afin de s’assurer de ta sécurité.
Tu fus le premier à contempler le désastre. Le poids de la peine menèra tes genoux au sol, alors que des larmes perlaient sur le coin de tes yeux. Gouka était stupéfié. Reihou, comme à son habitude, ne montra aucun signe, si ce n’est la sueur sur son visage. Quant à moi… mes yeux étaient comme les tiens tandis que j’avançais.
Ce qui se dressait devant nous ? De simples tâches ancrées dans le sol. Pas la moindre trace d’ossements ou autres indices sur la présence d’un champ de bataille.

« Les kitsunes ont dû engendrer un incendie. Tout a été brûlé… » Rétorqua difficilement Reihou.
Ma marche funèbre me mena sur les anciens escaliers de notre demeure… dont il ne restait que la base qui, par je ne sais quel miracle, avait réussi à survivre. Elle était à présent recouverte de mousse et autres plantes vivaces. Cela m’interpella. Le reste de la forêt n’a montré aucun signe d’être vivant. Pourtant, ici, la vie semblait avoir repris son cours.

« Kota. Viens voir. »

A cet appellation, ton regard, tout comme ce que j’avais sous les yeux, reprit vie. Tu t’empressas de me rejoindre et de constater la même chose que moi. Nos yeux s’entremêlèrent. Nos pas nous menèrent vers ce qui était l’entrée de notre fierté. Un simple trou béant dans la roche. Là encore, les lierres avaient pris vie tout autour. Je n’osais point pénétrer à l’intérieur, seule ma main eut le courage de traverser, tout comme la tienne. Une sensation semblait nous avoir parcourus.

« La barrière…
- Que se passe-t-il ? s’exclama Gouka
- Faible… mais vivante… Ta voix était basse mais pourtant audible et laissant une trace d’espoir.
- Si la barrière est toujours en place, cela signifie…
- Que père… Coupais-je Reihou. Un sourire se dessina sur mes lèvres. L’espoir n’est pas perdu. » C’est vers toi que je me tournais lorsque j’exprimais ses mots. Ton visage reprit à nouveau vie tandis que notre courage nous mena dans le passage souterrain.

Là encore, rien n’était resté comme autrefois. De la lave avait durci sur le chemin principal. Les nombreux puits de feu étaient recouverts, eux-aussi, du liquide solidifié. Les salles de stockages du minerai avaient été ravagées. Les kitsunes avaient absolument tous détruit sur leur passage.
Gouka et Reihou firent le tour de la forge avant de revenir avec regret.

« Rien n’est exploitable. Il nous faudrait des jours voire des semaines pour remettre tout en état.
- Nous n’avons pas besoin de remettre la forge à son état d’origine. Il suffit simplement qu’un seul tatara (bas fourneau servant à la confection de l’acier) soit remis en forme.
- Attendez…
- Hmm qui a-t-il Kota ?
- Père… cachait son propre tatara…
- C’est vrai ! Père nous avait montré l’entrée quand nous étions plus jeunes.
- Karasu-sama ne nous a point parlé de cela.
- Peut-être voulait-il rester dans le secret, pour fabriquer ses propres instruments.
- Cela expliquerait ses nombreuses disparitions dans la journée.
- Par ici… » T’exprimas-tu tout en pointant du doigt la sortie que nous avions empruntée dans notre fuite, il y a des années.

A peine nous étions entrés dans le passage que nous nous stoppâmes. La noirceur du couloir empêché quiconque de pouvoir apercevoir les lignes dans la roche, formant l’entrée que nous recherchions. Notre force ne nous permettait point d’ouvrir. C’est pourquoi Gouka et Reihou nous aidèrent. Le bruit de la pierre frottée résonna dans le passage. Ouvert, une faible lueur s’en dégagea, sous nos yeux surpris.


« Une bougie… une bougie est allumée.
- Quelqu’un est venu ici il y a peu de temps.
- Père…
- Ne tirons pas de conclusions trop hâtives. Il se pourrait qu’il s’agisse de quelqu’un d’autre. Quelqu’un ayant découvert l’endroit.
- Les Tamagashis ?
- Cette possibilité n’est pas à écarter.
- Alors dépêchons-nous. »

Comme nous le pensions, le tatara était en état de fonctionner. Gouka, retournant à la grande forge, essaya de transpercer la lave solide. Après des minutes de recherche, il réussit à extraire un morceau pouvant être utile. Une fois dans le fourneau, Reihou et Gouka travaillèrent de concert pour ouvrir le coussin durci. La lave finit par s’en dégager, coulant et se stockant dans le bas fourneau. La chaleur qu’elle propageait dans la pièce me remémora des souvenirs bien lointains. Sans attendre, toi et moi nous placèrent de chaque côté du fourneau, près des soufflets que nous réussîmes à activer malgré nos corps frêles.
Reihou, récupérant une faible quantité de satetsu (fer) que père avait stockée dans son atelier, déposa ce dernier dans le tatara en plus du charbon de bois. Après de longues minutes, le fer se transforma en kera, une masse de métal contenant de nombreux aciers pouvant être exploité. En temps normal, le tamahagane est le métal que nos frères récupéraient pour forger notre renom, les katanas Karasus. Cependant, Reihou en extrait bukeras et kerazuku, aciers beaucoup moins utilisés dans nos forges qui seraient suffisants pour l’objet à confectionner, le tamahagane étant beaucoup plus difficile et long à travailler.
Par la suite, Gouka et Reihou commencèrent le forgeage. Beaucoup moins longue que pour un katana, elle n’en restait pas moins compliquée mais nos deux camarades n’étaient-ils pas de vrais forgerons ? Après de nombreux plissages du métal, donnant une forme minuscule au futur objet, Reihou se décrocha deux plumes qu’il préserva dans sa main. La pièce se remplit d’une aura bien différente lorsque le corbeau débuta une certaine incantation. Après cela, il donna l’une des plumes à Gouka. Les deux frères déposèrent cette dernière sur le métal avant de replier ce dernier une dernière fois.
La trempe aurait été la prochaine étape pour la confection d’un katana. Elle est cruciale afin de terminer de la qualité de l’arme. Ici, nous n’avions point besoin de cela. Le polissage ne prit que quelques minutes mais permit à l’objet d’être magnifiquement présenté : Gouka présenta une boucle d’oreille en forme de plume au reflet bleue. Celle de Reihou brillait d’une améthyste magnifique.

« Avec cela, et le talisman qu’à déposer Reihou, vos ailes ne seront plus visibles pour les humains. Cependant, cela ne signifie pas qu’elles ont disparu. Vous devrez donc faire attention de ne pas les faire entrer en interaction avec les humains. Compris ?
- Sachez également que ce charme ne marchera pas éternellement. Vous ne devez donc pas abandonner votre entraînement.»

Déposées dans nos mains, toi et moi regardions l’objet forgé avec précision. Nous nous dévisageâmes avant de sourire et mettre les boucles d’oreilles. Mon oreille droite et ton oreille gauche. Le charme opéra et nos ailes, mêmes petites, disparurent.

« Sugoi !!!
- Arigato, Reihou-nii, Gouka-nii. »

Gouka en sourit jusqu’aux oreilles tandis que Reihou ne présenta qu’un pincement de lèvres.
Nous voilà à présent paré pour rejoindre notre nouveau monde, devant délaisser l’ancien. Les objets de confection terminés, nous ne pûmes perdre plus de temps. Nous ne savions guère ce qui pouvait rôder dans le coin. Cependant, je déposai une promesse sur ce sol : lorsque nous aurons reconstruit notre clan, nous reprendrons ce qui nous revient de droit ! Je me souviens avoir scruté la montagne tout en faisant cette promesse. Tu étais à mon côté, faisant de même, comme pourrait le faire une image dans un miroir, tout en serrant ma main. Gouka et Reihou nous observaient avant de venir s’agenouiller près de nous.


« Asaki-hime.

- Kotake-wakai.
- Nous promettons de rester éternellement à vos côtés…
- Et de voir revivre un jour le clan Karasu.
Je rigolais. Baka. Vous avez tout intérêt à rester sinon je me ferais un malin plaisir à souiller votre tombe !
- Prenez soin de nous… »

Sans tarder, nous reprîmes une nouvelle fois la route pour rejoindre les contrées de l’Est.




Nous ne pûmes rester bien longtemps sur le futur territoire sacré que deviendrait Birei. Je ne sais guère si les kamis ont jeté leur bénédiction sur ce lieu, mais nous sentîmes s’abattre sur nous comme une forte oppression, nous empêchant de respirer de d’avancer comme nous le souhaitions. Longeant la côte du continent par le Nord, nous ne perdîmes nullement le temps et rejoignîmes les terres riches et luxuriantes des futures terres Okaruto.

Nous dirigeant vers le centre de cette partie du globe, nous tombèrent sur de nombreux humains, tous, à travailler la roche, le bois et le fer afin de pouvoir survivre au désastre que fut l’Enfer Ecarlate. C’est en voyant ce qui entourait le petit groupe que je me rendis compte de l’étendue des dégâts. Le peu de bois que récupèrent les hommes leur permirent de bâtir des demeures. La roche, provenant d’un coin plus reculé de la région et ramené ici, permit de solidifier certaines parties des bâtiments. Quant au fer qui fut extrait par les plus habiles servit à forger, difficilement, de quoi se défendre mais surtout, des outils pour permettre de chasser et de se nourrir. Nous dûmes nous accoutumer à ces principes mais grâce à eux, nous réussîmes à vivre. C’est en partie ici, à cet instant de ma vie, que je compris que nul ne pouvait survivre seul.
Les attaques yokaïs étaient nombreuses. Nous n’étions pas en âge de nous défendre, aux yeux des hommes. Ce n’était pas le cas de Gouka et Reihou qui montrèrent leurs talents. Les habitants étaient surpris de voir de tels samurais, surtout après la grande guerre. Néanmoins, ils les graciaient d’avoir posé pied en cette région.
Une fois installé, ce n’est que plus tard que les habitants finirent à relancer la terre et  commencèrent à cultiver les premiers grains de riz de leurs terres. Malheureusement, nous ne pûmes rester plus longtemps que quelques années. Notre statut de tengus nous trahirait tôt au tard car, bien que notre corps grandissait à mesure du temps, sa croissance était différente des humains. Alors qu’un adolescent des hommes aurait atteint son âge et sa taille adulte, nous, nous possédions encore la chair d’enfant. C’est pourquoi il nous fallait quitter ce qui deviendrait la populace de Kasu.

Nos pas partirent plus au Nord, là où le paysage n’était que verdoyance et tapis de soie verte. Cela nous changeait de notre arrivée dans les terres du Sud. Durant notre trajet, nous pûmes voir de nombreux équins sauvages, voguaient au grè du vent et des fleurs. Rien ne les retenait, ils étaient la liberté incarnée, comme nous l’étions à l’heure actuelle pour notre petit clan. Cependant, ils n’étaient pas seuls sur le tapis d’herbes. Nombreuses créatures démoniaques qui cherchaient de quoi se nourrir vagabondaient. Je chérissais Kazegami d’avoir fait de ses fils des bourrasques qui ne peuvent être dévorées si facilement. Ce n’était pas notre cas. Nous dûmes nous hâter tout en essayant d’éliminer ceux qui voulaient notre chair.

Tout comme au Sud, nous rejoignîmes des habitants au centre de cette région. Une ville beaucoup plus importante était déjà en construction et la défense des hommes devenait plus grande. Notre quotidien reprit donc auprès des futurs citoyens de Kaze. Nous n’aimions point vivre aussi proches des hommes, de peur de nous voir dévoiler mais pour pouvoir survivre, il nous fallait travailler pour eux. Soutenir les hommes dans leurs tâches, leur apporter de quoi les hydrater, de quoi les nourrir. C’était notre travail de tous les jours pour pouvoir manger. Gouka et Reihou, eux, étaient bien plus fort que nous. C’est pourquoi ils n’hésitaient pas à utiliser leur force et leur savoir pour la construction des demeures dont la demande était toujours plus importante de jour en jour. De plus, les adeptes des Kamis étaient de plus en plus nombreux. Ils méditaient et apprenaient les arts de la purification et de la perception yokais, nous mettant en danger chaque heure et jour qui passe. C’est pourquoi, lorsque leur technique devenait bien trop puissante, nous décidâmes de partir pour l’Ouest.

Mauvais choix. Les futurs Setsus avaient commencé à bâtir petit à petit ce qui deviendrait le temple d’Hibana. Le nombre de religieux était encore plus grand qu’à Kaze. Nous ne perdîmes pas plus de temps dans cette région. Longeant la côte pour rejoindre la partie sud de l’Ouest, nous fûmes bloqués pendant de nombreux jours dans la région de Fukyuu. La cause ? Cela semble pourtant évident. Nous qui avons vécu durant nos premières années de vie au cœur d’une montagne qui était plus proche d’un volcan, n’avions point été habitué au grand froid. Je me souviens encore d’avoir été blottie pendant de nombreuses heures dans les plumes de Reihou, afin de récupérer sa chaleur. Malheureusement, cela ne suffisait pas pour nous garder en vie.


Reihou et Gouka firent leur possible pour nous amener vers l’Ouest, là où le climat était bien plus supportable malgré les nombreux orages et la pluie qui avait du mal à s’arrêter. Il a été difficile d’éviter les moines du temple Koumyou en construction mais par chance ou bien par pitié, ils ne réussirent point à nous capturer, rejoignant la partie Nord de la zone. Nous pouvions enfin reprendre du service dans ce climat mais toi et moi avions terriblement de mal à nous tenir debout. Nos ailes, bien que cachées, étaient devenus un poids mort à cause de la pluie : elles étaient trempées. Nous nous trainions tandis que nous essayons d’aider les habitants de Raimei. Certains d’entre eux étaient bien plus inquiets pour nous, qui ne faisions que leur apporter des boissons et de quoi se rassasier, que pour leur propre santé. De plus, de par leur lourdeur, nos ailes ont, à de nombreuses reprises, risqué de laisser des traces au sol. Les jours où nous étions les plus faibles, nous ne pouvions éviter cela. Par chance, les humains ne nous ont jamais repérés mais nous ne pouvions rester ici plus que les cinq années que nous avons vécues aux côtés des Kenshus.

Nous rejoignîmes donc la frontière du Nord. La température qui augmentait au fur et à mesure des kilomètres nous réchauffait le corps et le cœur. Il était si agréable de retrouver un climat convenable. Cependant, la sécurité avait été renforcée mais voyant Gouka et Reihou, deux potentiels samurais de plus, les hommes nous laissèrent passer. Il n’y avait point de religieux à leurs côtés. Ce fut une chance sans nom que nous venions d’avoir.
Tout comme les autres contrées, nous gagnâmes la future cité féodale Setsu. Les bâtiments étaient déjà bien plus impressionnants et le tempérament des habitants permettaient une avancée prodigieuse. La défense face aux yokais n’était plus un problème à présent. Les humains grandissaient en nombre et leurs forces étaient de plus en plus importantes. Les créatures ne pouvaient rien faire et pour ceux qui avaient réussi à infiltrer les rangs, tout comme nous, il nous était d’autant plus difficile de nous dissimuler. Nous devions être vigilants.
Les talismans forgés arrivèrent bientôt à leur fin. Nous avons donc dû nous isoler pour quelque temps, afin de terminer notre entraînement qui se solda par un franc succès. Nous pouvions enfin nous déplacer même sans les bijoux. Néanmoins, Reihou tenait à forger de nouveau pour nous assurer une sécurité. Malheureusement, aucune forge digne de ce nom n’était disponible dans cette région à cette époque. Il nous fallait retourner sur notre montagne, au risque d’y croiser les Tamagashis. Et ce fut le cas.
Le clan des renards était de retour sur notre territoire. Il avait investi la forge et commençait à construire un temple. Nous ne pouvons plus avoir accès à notre ancien gagne-pain. Nous n’étions pas assez nombreux et forts. Il nous fallait repousser chemin, pour l’instant car je jurais en ce jour de massacrer ce clan de malheur.

Les années qui suivirent furent la prolongation de notre voyage. Toi et moi étions largement en âge de travailler à présent. Les villes et villages commençaient enfin à voir le jour petit à petit. Tout comme nos frères, tu débutas tes premiers travaux dans la menuiserie. Quant à moi, mon statut de femme ne me permettait point de t’aider. Je devais donc vous regarder, vous soutenir. Néanmoins, je commençais à prendre de l’assurance lorsque je conseillais les hommes sur les fondations de certaines bâtisses. Avec l’avancée dans la récolte, la préparation et la confection du bois et du fer, il était possible d’améliorer la robustesse des habitations. Mon savoir, celui de notre père, allait enfin servir…

 
.: An 1 :.
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Il était temps pour nous, âgé de 25 ans humain, de terminer notre voyage à présent et nous installer de façon bien plus concrète. Setsu était pour nous un nouveau foyer, d’autant plus lorsque la montagne de l’Ouest se révéla être un volcan. Les Yokais ayant disparu pour rejoindre leur origine, nous autres, le clan Karasu, avons pris nos marques au pied Nord de la montagne, là où la forêt se faufilait entre deux roches immenses. Grâce aux nombreuses années de dur labeur, nous étions, tous les quatre, capable de bâtir notre propre demeure. Elle ne serait en rien identique à la précédente mais nous pouvions tout de même le faire.

Cela nous prit de longues années. Nous dûmes alterner notre travail de construction avec celui de la ville afin de pouvoir nous nourrir, bien que la forêt nous fournissait une petite partie. Nous étions tous les deux serveurs dans un izakaya. J’avais insisté pour que tu trouves quelque chose qui te correspondait davantage. Tu refusas, désirant de rester à mes côtés et me rappelant sans cesse la promesse que tu fis à Mère. Même lorsqu’on te proposa de devenir garde du corps, à plusieurs reprises, tu refusas. Toi qui étais pressé d’apprendre et de peaufiner tes talents de sabre, voilà qu’aujourd’hui tu refuses de les mettre au service du peuple. *petit ricanement* Au final, nous sommes identiques : nos lames sont faites pour nous défendre, pas pour les hommes ; car oui, même si tu ne voulais point, j’ai moi-même décidé de manier le katana puis le nodachi, pour assurer ma propre protection. Je me souviens encore de cet incident, un soir où la lune était à peine sous sa forme de croissant.


Toi à mes côtés, notre sabre à la taille, nous fûmes accostés par un groupe d’hommes, totalement ivre, dans une petite ruelle alors que nous rentions de notre journée de repos. L’un d’entre eux s’intéressa à moi, m’expliquant qu’une femme ne devait point manier le sabre mais apprendre à exaucer le désir des hommes. A peine posa-t-il une main sur mon épaule, que ton regard humain devint yokai. Mais je te devançai dans ton action. Ta main sur ta tsuba, la mienne était déjà en train de tenir mon arme, tranchant proche de la gorge de l’homme insolent. Ses hommes empoignèrent leur sabre mais tu fus bien plus rapide et les menaças de ta pointe. La suite ? On retrouva le lendemain le corps de plusieurs hommes… Reihou et Gouka nous sermonnèrent mais nos arguments étaient suffisants pour les faire taire : ils ne servaient point à la société humaine, d’autant plus avec leur arrogance. Cela ne manquera point au monde et à la populace. J’avançai même que leur famille les oublierait rapidement. Reihou vint à me frapper. Me tenant la joue, mon regard était de surprise.
« Et toi, Asa-hime ? Es-tu heureuse d’avoir vu ta famille se faire tuer et de les avoir oubliés ? »

Je ne répondis rien et préférai tourner les talons. Lorsque mon esprit était enfin clair, je compris ce que voulu me transmettre mon frère ailé. Il m’avait comparé aux Tamagashis… Quel déshonneur ! Je ressentais en moi comme une profonde souillure et profanation… Mais tes bras vinrent me réconforter. Toi qui ne te montrais que peu attendrissant envers les humains, tu l’étais avec moi, pour mon plus grand réconfort…


.: An 15  :.
Les quatre grands clans étaient à présent officiels. Kenshu ne le serait que quelques années plus tard. Le commerce commençait enfin à voir le jour et nous montrait une opportunité de reprendre nos activités. Nous changions de région et de travail autant de fois que cela nous permettait de vivre avec les hommes. Bien que nous les détestions, il nous fallait apprendre de leur culture, de leur vie et de leur économie. Marchand, serveur, gestionnaire, tout était bon à prendre si cela pouvait nous être utile pour un avenir proche. Ainsi, nous savions que Fukyuu était connu pour sa flotte maritime, utile pour son commerce de pêche mais surtout d’orfèvre. Eiichiro était un bon parti pour les cultures et ses échanges d’équin plus talentueux les uns que les autres. Okaruto était devenu ma ressource personnelle de saké, que j’avais appris à apprécier dès ma majorité ! Mes nombreux contacts là-bas me permettraient d’obtenir ce que je désire lorsque nous aurions repris notre travail premier : la forge. Quant à Kenshu, trop jeune, ne nous intéressait point à cette époque. Surtout lorsque Setsu était riche en minerais, roches, et autres pierres. Tout ce qui nous importait.
Ces années, nous les avons passées à nous approprier des contacts, des marchandises que nous stockions dans notre demeure, à Kazan. Il était temps pour nous de reprendre du service mais malheureusement, extraire le minerai ou même fonder une forge était bien trop difficile à quatre. Il nous fallait rejoindre une déjà prête, quitte à exécuter son propriétaire pour la racheter…


.: An 24 :.

Par chance, la vieillesse humaine était quelque peu différente à partir de la trentaine. Le corps ne grandissait plus, la morphologie restait constante et ne dégraissait que lentement, nous permettant de rester davantage dans une ville. C’est pourquoi nous posâmes bien à terre à Kazan. Pourquoi ? Parce que nous y avions bâti une demeure ? Oui mais pas seulement. Un forgeron de renom y était et nous comptions bien lui demander de nous prendre comme employer ou bien…
Nous ne nous attendions point à tomber sur un fou. Ses prix, ses armes, ses sauts d’humeur. Tout nous laissait à croire que nos lames feraient le travail, et non nos mots. Pourtant, en observant de plus près ses confections, je fus surprise de voir la perfection, le raffinement et la beauté. Bien que fou, ce forgeron était loin d’être mauvais. J’avais entendu parler que l’armée Setsu se fournissait chez lui mais je ne le pensais pas aussi douer. Peut-être pourrions-nous faire un effort et apprendre de son art. Ainsi, le savoir-faire des Karasus pourrait évoluer. Nous prirent donc le risque de lui demander de nous prendre comme ses apprentis.

« Hors de question !
- Attendez ! Nous n’avons même pas montré de quoi nous sommes capables.
- Je n’ai pas besoin de bras en plus. Terü et Heddo me sont largement suffisants.
- Laissez-nous au moins une chance. Nous avons besoin de ce travail.
- Ha ?! Et pourquoi ça ?! Pour me voler mon savoir ?! Pour l’utiliser afin de commettre des crimes ?! Pour le vendre au plus offrant ?! Hors de question ! Foutez-moi le camp !
- Vous ne regretteriez pas de nous prendre. Nous… J’hésitais à lui parler de notre clan et je ne pouvais clairement pas, au risque de nous voir tuer. Je vous en prie, vous devez nous prendre. »

Le vieil homme me scruta au plus profond de mon âme, ainsi que toi, mon frère. Il en vint à s’arracher les cheveux.
« Comment osez-vous me soudoyer ainsi ?! Je vous déteste, vous, les jeunes !
Très bien. Mais je ne vous accepterais que si vous réussissez un travail.

- Lequel ?!
- Le gouverneur m’a demandé de lui confectionner une arme sans pareil. Je vous donnerais les détails plus tard mais s’il est satisfait, alors vous resterez avec moi. »

Nous avions notre chance ! Mais je devais poser mes conditions, en espérant ne pas être rejeté.
« Très bien. Cependant… Je me retournais vers Gouka et Reihou qui était resté près de l’entrée. Pouvons-nous avoir l’assistance de nos camarades ? Tout comme nous, ils ont eus de nombreuses expériences dans le domaine de la forge.
- Faites comme bon vous semble ! Mais vous n’avez qu'un an pour terminer l'ouvrage. Alors activez-vous ! Teru et Heddo vont vous montrer l’arrière-boutique. »

Sans attendre, nous fîmes de ce lieu notre nouveau passe-temps. Nous ne comptions plus les heures que nous avons passées auprès du feu et du fer. Gouka et Reihou voulaient continuer eux-mêmes la forge de l’arme. Nous refusions. Il s’agissait de notre épreuve. Il n’était là que pour nous fournir et nous soutenir. Les rôles étaient inversés à présent.
Nous fîmes importer les matériaux que nous avions stockés dans notre demeure et dont nous avions besoin à la forge. Puis nous reprîmes le travail du vieux forgeron qui se stoppa à l'obtention de la lame. La trempe furent longue et périlleuse au vu de la commande mais nous fûmes ravi de pouvoir appliquer notre savoir de clan pour un tel oeuvre. Pour le polissage, Reihou et Gouka furent chargé de rendre le sabre irréprochable et sans égale. Durant les travaux, le vieux forgeron nous observait, nous donnait quelques conseils. Teru et Heddo nous aidèrent également pour certaines parties et malgré la sueur, les ampoules et les courbatures, nous avions terminé le dernier jour, lors de la visite du gouverneur. Peu de temps avant son entrée, le vieux forgeron examina la lame sous toutes ses coutures. Nous restions silencieux, nous tenant la main avec légèreté, sur de notre travail. Un long soupire, des yeux vieillots rivés sur nous.


« Beau travail les jeunes. Vous m’avez prouvé que votre savoir n’était pas que des dangos. »

Un sourire se dessina sur mon visage ainsi que sur le tien. Nous avions réussi !

Les jours qu’on suivit n’étaient qu’apprentissage et peaufinage de notre art. Bien évidemment, nous avions employé les méthodes de notre clan pour l’arme du gouverneur ; mais lorsque nous devions forger face à notre instructeur, nous ne pouvions point lui dévoiler notre secret de fabrication. C’est pourquoi, nous nous contentions de lui obéir et d’appliquer ses enseignements.
Petit à petit, je me séparais des fourneaux pour rejoindre la boutique. Ce n’est point pour être près de la clientèle et de l’aider mais plutôt pour en apprendre plus sur leurs exigences et surtout, connaître notre gain-pain. Toi, mon frère, le silence que tu percevais dans la forge ravivait les expressions de ton visage. Le reflet de la flamme dans tes yeux, le bruit du métal sous tes coups de marteaux ou encore le scintillement de la sueur sur ton front. Cela te redonnait vie malgré ton manque d’expression depuis ce jour. S’ils te voyaient, Reihou et Gouka seraient enchantés de voir le fils de leur seigneur devenir à son tour un grand forgeron. En parlant d’eux, le vieil homme n’a point voulu de tels « gaillards », comme il disait, dans sa forge. Ils seraient bien plus utiles à la ville.



.: An 34 :.

Notre trente-troisième année en âge humain. Les mois puis les années passèrent si vite. Ma complicité avec notre maître était grandissante. J’ignore pourquoi mais cet humain… Etait-ce un sentiment semblable qu’approuva notre Père lorsqu’il rencontra Mère ? Celui d’avoir confiance en un être inférieur ; lui confier quelque chose de cher ; lui avouer le moindre secret ? Je compris finalement lorsque ce jour vint.
L’âge avait rattrapé notre instructeur. Son corps était bien fragile, lui qui avait la force représentative des Setsu. Son souffle n’était plus aussi vif que la flamme qu’il aimait. Voilà pourquoi je détestais les humains : leur faible durée de vie devenait, pour nous, une blessure. Les larmes que je ne pouvais verser, Teru et Heddo le faisaient pour nous.

«  Oji-chan !
- Teru… Heddo… Prenez soin… de vous, mes enfants…
Asaki-chan.

- Hai ?
- Je compte sur toi. Toi et ton frère… êtes exceptionnels… Votre père… J’eus les yeux écarquillés. Auraient été fiers de vous. »

Un long silence s’installa tandis que toi et moi, la main serrée contre l’autre, nous ne pouvions prononcer le moindre mot. Je revoyais les nombreuses situations où ce vieil homme m’était apparu. Savait-il depuis le début ? Même lorsqu’on lui forgea l’arme de notre épreuve ? Voulait-il s’assurer que nous étions bel et bien les héritiers de notre Père ?
Le feu crépitant, les pleurs de Teru sur le corps sans vie de son grand-père, le regret d’Heddo. Un cadre classique dans la vie des hommes. Pourtant, je ne pouvais m’empêcher de penser que si les choses avaient merveilleusement bien tourné dans notre vie, nous aurions connu cela aussi… Mère… n’était pas éternelle.

«  Je… Je ne trouvais pas les mots pour m’exprimer aux deux adolescents.
- Onegai, Asaki-san. Le regard mouillé de Teru se tourna vers moi. Reprends la forge de notre grand-père. Il était persuadé que tu seras parfaitement gérer les choses.
- C’est vrai. Tu es capable de tous dans cette forge : la confection, la gérance, l’exportation et l’importation. Tu as les capacités alors… Reprends le flambeau.
- … Très bien. »
Les sourires des deux enfants me suffirent comme réponse. Je ne pus m’empêcher de faire de même…

Les jours suivants, nombreux ont été les clients à être peiné de la mort du vieux forgeron, non… de Tantetsu, le forgeron fou. Ils furent par la suite ravis de savoir que je reprenais la forge en son nom. Pourtant, les choses étaient sur le point de changer : Reihou et Gouka intégrèrent pleinement la forge, aussi bien en tant que forgerons, qu’exportateurs ou encore simple garde. Je ne pouvais me séparer d’eux. Ils avaient bien trop fait pour nous pour que nous les laissions sur la touche. Quant à Teru et son frère, il était évident qu’ils restaient avec nous. Bien qu’ils ignoraient nos origines, ils ne doutaient jamais de nos compétences et nous voyaient déjà comme leurs aînés.
La forge reprit du service rapidement. Les armes que nous forgions étaient de deux types : afin de propager son savoir, la technique du vieux Tantetsu fut employée afin de fournir les clients dont le revenu était correct. C’est Teru et Heddo qui s’occupaient de leur confection, aidé par toi et nos deux frères ailés. Quant à notre méthode ancestrale, que nous appliquions sur nos plus belles œuvres, le prix n’était plus que pour la noblesse et seuls toi et moi pouvions mettre en place ces lames.


.: An 41 :.
La forge est à présent une source de revenus considérables pour notre petit clan. Il l’est également pour la ville, à qui nous donnons un pourcentage, afin de l’aider à son maintien.
Nos armes, aussi résistantes que souples et fines, sont devenues courantes entre les mains des Setsus. Nombreux sont ceux qui, comme nous il y a quelque année, voudraient venir dans nos rangs. Malheureusement pour eux, notre famille était au complet. Oui, notre famille… Moi, Asaki, toi, Kotake, Reihou, Gouka, mais aussi Teru et Heddo, qui me laisse le même sentiment que leur grand-père. Vous êtes ce qui m’est le plus cher aujourd’hui. Et bien que je n’oublie pas la possibilité de survie de notre Père, j’ose croire qu’il reviendra à nous lorsque nous aurons propagé sa mémoire à travers nos sabres.


~~~

- Asa ?
- Hmmm ? Qu’y a-t-il ?
- Tu as trop parlé… La lame est bien trop chaude maintenant…
- HA ! Tu n’aurais pas pu me le dire plus tôt ?!
- Désolé.
- Kotake no baka. Enfin… Cette lame, si elle résiste, pourra être le symbole de notre histoire. Elle aurait absorbé notre récit et notre vie.
- Hai…
- Onee-san !
- Hmm ?
- Des clients sont arrivés. Ils vous demandent.
- Nous arrivons.
Allons-y mon frère.

- Hai.

Arrivé de l’autre côté de la forge, là où sont entreposées toutes nos armes, je vins sourire à notre client.
« Irasshaimase ! »

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Karasu Kotake & Asaki

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MessageSujet: Re: Karasu Kotake & Asaki, les tengus jumeaux Mar 13 Sep - 23:53

Nous tenons à vous annoncer que notre présentation est terminé.




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MessageSujet: Re: Karasu Kotake & Asaki, les tengus jumeaux Ven 23 Sep - 22:21

Et donc, vous laissez cette présentation sans validation pendant tant de temps ? é__è
C'est triste.
Je valide. ^^


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MessageSujet: Re: Karasu Kotake & Asaki, les tengus jumeaux

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Karasu Kotake & Asaki, les tengus jumeaux

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