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 Le printemps succède-t-il toujours à l'hiver ?

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Norihito Raija

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MessageSujet: Le printemps succède-t-il toujours à l'hiver ? Ven 26 Aoû - 17:56


Les larmes avaient coulé sur ses joues sans qu'elle ne soit plus capable de les retenir. Elle ne savait pas tant masquer la plupart de ses émotions, mais elle s'était toujours efforcée d'afficher un visage qui n'aurait pas mis mal à l'aise les autres. Aujourd'hui pourtant, alors que ses pensées revenaient encore et toujours sur la même chose, la même scène, elle ne se trouvait plus capable de rien d'autre. C'était comme un torrent qui glissait inexorablement sur ses joues. Dévastée, elle sentait ses forces l'abandonner sans réussir à comprendre comment elle arrivait encore à marcher. Sa voix s'était tue, plus aucun mot n'émanait d'elle et pas un seul sanglot ne brusquait sa respiration devenue presque inexistante.
C'était comme un poignard que l'on avait planté dans son cœur, encore et encore, c'était comme si on l'avait arraché, qu'on avait pris son âme pour la briser en tant de morceaux qu'elle n'arrivait plus à les rassembler.

Pourquoi ? Qu'avait-elle fait ? Quel était cet acte si ignoble qu'elle avait commis pour mériter pareille punition ? Elle ne comprenait pas, ne comprenait plus. Elle n'avait rien demandé au monde, avait toujours tout fait pour être aimante et aimable, n'avait jamais tant attendu de marques d'affection ou même d'amour, s'était accommodée de tous les troubles, mais ça...
Cela faisait si longtemps qu'elle attendait, elle avait voulu prendre son mal en patience, croire à l'espoir, rêver. Pourquoi avait-il détruit chacune de ces choses, la moindre de ses espérances ? Elle aurait peut-être pu vivre dans l'attente, mais il s'était montré irrévocable.

Ce matin à peine, elle s'était sentie heureuse en sachant qu'il était venu jusqu'ici. Elle s'était longuement préparée pour se faire belle et souriante, l'avait accueilli avec respect. Pourquoi était-il venu ici finalement ? Comme toujours depuis trop longtemps déjà, il n'avait été que froid et cinglant avec elle, prenant mal chacun de ses plus petits gestes. Déjà, elle l'avait senti désireux de repartir. Au final, il ne lui avait même pas dit pourquoi il était venu jusqu'ici. Certainement pour ses prières annuelles, certainement pour cette même raison qui avait poussé à leur rencontre. Elle aurait voulu le haïr pour ça, qu'il ne pose jamais un pied dans ce lieu sacré.
Dans tous ses efforts, elle avait pourtant trouvé le courage de poser une inadmissible question. « Où sont les enfants ? Pourquoi ne les avez-vous pas amenés avec vous ? J'aimerais au moins les revoir... »

Elle n'aurait pas regretté leur séparation s'il n'y avait eu que lui. Elle l'aimait à sa manière, peut-être simplement par devoir, mais elle aurait pu vivre heureuse sans lui, pourtant, il s'était révélé implacable. Elle n'avait jamais su, jamais vraiment compris ses raisons. Brusquement, il s'était mis en colère, l'avait insulté jusqu'au plus profond de son cœur.
Elle n'était rien, n'avait aucun droit sur quoi que ce soit, elle ne les reverrait jamais. Elle n'était bonne qu'à être jolie, aurait dû être une geisha plutôt qu'une épouse. C'était comme s'il l'avait poignardé de ses propres mains. Il la voyait trop idiote, trop inutile. C'était là sa véritable raison ? Il ne voulait pas qu'elle ait une mauvaise influence sur eux, craignait qu'elle les rende aussi bête qu'elle. L'était-elle vraiment ? Pensait-il vraiment tout cela ? Elle n'avait jamais que voulu le meilleur pour eux, les avait aimés de tout son cœur. Comment, comment pouvait-il ? N'était-ce là que des mensonges ?
Mais il s'était montré si enflammé, si appuyé, tant dans ses convictions que dans ses propos qu'elle l'avait cru immédiatement, incapable de remettre en question cette décision à laquelle elle ne pourrait jamais avoir son mot à dire.

Jamais. Ce mot avait pris un tout autre sens. Jamais. Jamais elle ne reverrait ses enfants. Il l'avait dit lui-même.

Pour la première fois de sa vie, elle n'avait pas plus attendu qu'il la congédie ou qu'il s'en aille, elle avait retenu ses larmes, lui avait tourné le dos et, sans un mot, elle s'était enfuie.

Elle n'avait pas réfléchi à ce qu'elle ferait, avait simplement encaissé cette fatale décision sans pouvoir imaginer d'autre vision pour l'avenir. À l'instant où elle avait quitté le temple, l'eau s'était déversée à une vitesse folle sur son visage. Elle n'avait même pas vraiment couru, savait qu'il ne prendrait même pas la peine de la rattraper. Pourquoi l'aurait-il fait ? Il la détestait si profondément, sans aucune raison.
Elle aurait voulu crier, se révolter, mais aucune force n'existait au fond de son âme et elle s'était laissée simplement abattre sans pouvoir réagir. Brisée, elle ne savait plus vraiment vers quoi se tourner. Gekigami pouvait-il l'aider dans cette épreuve qui lui était insupportable ? Qu'aurait dit son frère ? Elle n'osait lui raconter quoi que ce soit, préférait qu'il se sente heureux, ne voulait pas l'embêter avec toutes ces choses-là, et pourtant...

Aucune solution ne s'imposait à son esprit. Tout s'obscurcissait autour d'elle, tout était devenu flou. Jamais le monde n'avait été aussi laid, jamais son cœur n'avait autant saigné. Quand son regard se porta jusqu'à la rivière, elle ne prit même pas le temps de réfléchir, n'en avait de toute façon même plus l'énergie. Son désespoir profond, soudain, brutal, n'était plus capable de voir la moindre lumière, mais quand elle se sentit chuter, elle en fut presque apaisée. Son regard inondé se tourna vers le ciel et, tandis qu'elle touchait déjà l'eau, elle pensa que le monde ne serait bientôt plus qu'un vaste océan, calme, indifférent.



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MessageSujet: Re: Le printemps succède-t-il toujours à l'hiver ? Lun 12 Sep - 18:10


Il n’était pas si rare pour moi de venir ici. Le temple, un lieu avec la particularité d’être d’un calme divin, si je puis le dire ainsi. C’était également le meilleur lieu pour se poser et réfléchir, le lieu ultime de l’introspection, de la remise en question. Le lieu ou on ouvrait notre âme aux kamis pour se soumettre a leur jugement, leur châtiment ou leur guidance. Dans mon cas c’était l’occasion de me recueillir, de rendre hommage a ceux qui ont disparu et rejoint le domaine des esprits. Je profitais aussi d’un moment d’accalmie dans le quotidien qu’était le mien depuis plusieurs jours. Depuis la mort de notre Jônin, depuis les premières rebellions…

Raimei n’était pas si loin, j’avais déjà pu constater les dégâts en chemin dans certains villages, c’était compliqué de s’imaginer qu’une faible étincelle était la cause d’autant de désastre. La vie humaine était fragile, bancale, notre place dans la divine création se résumait à un grain de sable plié aux exigences climatiques. Un rien et nous n’étions plus rien, le chaos s’installait et nous faisions un travail particulièrement méticuleux pour mettre en pièces ce que nous avions si chèrement gagné. Notre société s’était bâtie de la même manière, les forts écrasaient les faibles, les faibles souffraient sans cesse du reste. Je le savais un peu trop bien, j’en avais fait partie.
La survie, un instinct primaire qui nous pousse a bien des choses, parfois les pires. Il n’était pas donné a tout le monde d’y parvenir sans sacrifier une partie de soi, que ce soit physiquement ou moralement.
A titre personnel, j’avais eu la « chance » de ne pas payer ce tribut par mon sang, mais j’y avais perdu mes amis, presque des frères et sœurs pour moi.

Un éclat de voix venait briser le calme du lieu, de manière très soudaine, et aussi très brève. J’avais tourné la tête machinalement dans sa direction et n’avais vu au final que cette femme. Une belle femme, il fallait l’admettre, même si son visage portait visiblement les traits du chagrin. Avait elle subit des remontrances de la part de quelqu’un ? Probablement de l’homme qui la regardait partir, le visage lui marqué d’une certaine forme de colère, pas une haine indicible, plus l’énervement ponctuel. Avait-elle fait quelque chose pour mériter ses foudres ? Non, peu de gens méritaient de telles remontrances. Je n’avais pas tout entendu a la perfection, mais j’avais clairement pu distinguer la méchanceté de certains propos. C’était vil, pour ne pas dire odieux. Silencieusement je me dirigeais a la suite de la belle demoiselle, naturellement soucieux pour elle après le peu que j’avais pu entendre. Marchant assez vite, je gagnais assez de terrain pour entendre ses sanglots sans pouvoir la voir, peu surpris par sa réaction, elle avait eu la force de retenir ses larmes dans l’enceinte du temple mais il était compréhensible de ne pouvoir contenir son chagrin éternellement. Je la cherchais du regard, sans succès a première vue, jusqu’à repérer sa silhouette au loin, près de la rivière.

Elle s’y dirigeait d’une manière que je n’aurai su que trop bien décrire. Elle donnait l’impression d’être animée par une volonté totalement différente de celle d’un humain, on aurait dit… Un pantin, sur l’instant. J’emboîtais doucement le pas jusqu’au moment ou je la vois se pencher, et tomber a l’eau. Machinalement je me précipitais près du cours d’eau, retirant mon haori ainsi que mon écharpe dans la hâte pour les laisser négligemment au sol, chose pour laquelle Akari me ferait sans doute le reproche. Sur l’instant peu importe, je ne pouvais laisser cette femme se laisser mourir pour une incartade, bien que j’en ignore la gravité. Je rentre dans l’eau a mon tour sans réfléchir, constatant que le courant est plus puissant que je ne le pensais, bien que ça ne soit pas le majeur problème. Je rejoins l’inconnue avec quelques peines avant de me saisir d’elle, la ramenant sur le bord avec bien plus de soucis que pour la rejoindre, notamment parce que je prenais soin de ne pas la brusquer et de ne pas la toucher de manière a laisser un quelconque doute sur mes intentions.
Finalement je la hisse hors de l’eau et me laisse tomber au bord de la rive, la laissant se poser sur mes jambes. Un effort corporel inattendu mais qui ne m’affectait pas autant qu’il ne l’aurait fait d’un homme moins entraîné. Je n’en étais pas moins essoufflé après l’action précipitée et trempé comme nous l’étions, surtout elle pour le coup, c’était un risque a se flinguer la santé. Je m’écartais rapidement, allant rattraper le haori ainsi que l’écharpe un peu plus loin pour glisser ce premier autour des épaules de la jolie suicidaire afin qu’elle n’attrape pas froid, après m’être bien assuré qu’elle avait recraché l’eau qu’elle avait potentiellement pu ingérer lors de sa baignade. Par habitude plus qu’autre chose, je frottais doucement ses épaules pour la rassurer ou du moins essayer, la réchauffer un peu et si surtout essayer d’éviter qu’elle ne réitère son acte.
« Doucement… Vous ne craignez rien. Avais-je simplement dit a mi-voix pour elle, sur un ton calme et rassurant. Vous êtes en sécurité maintenant. »

Feindre de ne rien avoir vu était peut être plus simple. Je ne savais pas comment elle pourrait réagir si sa volonté était vraisemblablement de périr dans la rivière. Une mort passablement atroce pour une si jolie femme. Elle me semblait d’ailleurs assez jeune, elle avait encore la vie devant elle. J’osais espérer qu’elle me réponde quelque chose indiquant qu’elle n’allait pas refaire cette bêtise, mais jusqu’à ce qu’elle se décide a palabrer, je me contentait de la couvrir du regard, patient et protecteur sur le moment. Je me surprenais tout seul a avoir du mal a détacher mon regard du sien, j’avais pourtant connu des femmes attirantes, mais celle-ci avait un quelque chose que je n’avais encore jamais vu. Sur le moment il m’était difficile de mettre un nom sur cette particularité mais je pensais qu’il n’était pas impossible pour elle de surpasser le motif l’ayant poussé a cela. Derrière cette apparente fragilité, j’aurai pu déceler quelque chose, sans pouvoir mettre un nom dessus. N’avait elle pas quelque chose qui pouvait l’accrocher a ce monde ?

Tandis que ma réflexion se creusait dans le silence instauré entre nous deux, attendant patiemment qu’elle le brise, je ne faisais plus attention a l’entourage, le grabuge d’un peu plus tôt avait sans doute inquiété des gens mais je n’y prêtais pas attention, pas encore.
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MessageSujet: Re: Le printemps succède-t-il toujours à l'hiver ? Mar 27 Sep - 23:02

La chute fut brutale, glaciale. Sans la moindre connaissance en natation et livrée à un profond désespoir, elle ne tenta rien, se laissant simplement couler comme une pierre, n'ayant même pas pris la peine d'aspirer un peu d'air pour survivre un peu plus longtemps. L'eau qui s'engouffrait dans sa bouche était comme une torture horriblement douloureuse et elle perdit presque immédiatement connaissance sous l'effet du choc.
Tout se passa si brusquement. Ses yeux s'ouvrirent à nouveau et elle cracha l'eau qu'elle avait avalée, à demi volontairement. Mais la rivière avait disparu et elle se trouvait maintenant au bord de la rive, complètement trempée, frigorifiée par le contact de l'air. Pourtant elle ne se rendait pas compte de toutes ces choses, les larmes s'étaient remises à couler le long de ses joues, tandis que son terrible chagrin avait lui aussi refait surface, avec la même rapidité.

Le temps échappait tout bonnement à son entendement, tout comme le reste du monde. Privée de l'usage de son corps, elle s'était résignée à pleurer toute l'eau qu'il lui restait, avec une telle douleur que ses sanglots s'étaient effacés devant un étrange silence. Mais ses joues étaient déjà inondées, tout comme le reste de son corps, si bien qu'elle ne se sentait même pas pleurer, muant peu à peu dans un état qu'elle ne comprenait plus, mais dont elle était prisonnière, dont elle aurait voulu désespérément sortir sans savoir comment.

Sa voix n'avait pas su atteindre ses oreilles et elle ne réalisa qu'au bout d'un moment que des mains frottaient ses épaules, lui transmettant une chaleur qu'elle semblait avoir totalement perdue.
Quelqu'un...
Lentement, la jeune femme releva la tête pour découvrir qu'un homme se trouvait en face d'elle. À sa simple vue, elle se rappela à nouveau de tout, se remit à pleurer de plus belle, arrivant tout juste à aspirer assez d'air pour qu'elle ne s'évanouisse pas.

Pourquoi ? Pourquoi faisait-il ça ? Ses enfants... Elle avait simplement besoin d'eux, on pouvait bien lui interdire de leur parler, de s'occuper d'eux, si seulement elle avait pu les voir, au moins une fois encore... Pourquoi lui interdisait-il cela ? Elle aurait tout fait pour eux, mais dans ses mots, dans son regard, dans ses gestes, il n'y avait pas la moindre invitation, pas la moindre ouverture pour faire changer les choses. Pourquoi... Elle s'était montrée patiente, s'était insurgée, s'était tue. Aujourd'hui, elle avait su sa réponse avant même d'évoquer le sujet et pourtant... pourtant elle n'avait pu arrêter ce besoin, cette tentative désespérée. N'avait-elle pas tout mis aujourd'hui dans cette balance qui assurait sa survie dans ce monde qu'elle n'était plus capable de supporter ? Pourquoi alors ? Pourquoi était-elle encore en train de pleurer et de subir encore et encore cette intolérable douleur ? N'aurait-elle pas dû sombrer tout au fond de cette rivière ? S'échapper enfin à ce destin qui l'avait toute entière vouée au malheur, qu'importe son frère qui la chérissait plus que tout et qui était sans doute le dernier de ce monde à pouvoir encore la faire sourire ?

Pourquoi... L'homme. L'avait-il... repêchée ? Pourquoi avait-il fait ça ? Elle aurait dû être en paix maintenant, alors pourquoi souffrait-elle encore toujours autant ? Elle aurait voulu prendre tous ses tourments pour les transformer en rage et la lancer contre lui, elle aurait voulu l'étouffer avec son atroce douleur et devenir complètement vide de sentiments, elle aurait voulu...
Elle ne savait plus vraiment ce qu'elle voulait. Lentement, elle releva à nouveau la tête dans sa direction. Sa vision était brouillée par ses larmes qui cessaient tout juste de couler et elle cligna plusieurs fois des yeux pour les dissiper, se perdant alors dans sa contemplation.

C'était un bel homme, il semblait à peine plus âgé qu'elle, avec des traits fins et des cheveux d'ébènes qui glissaient à merveille le long de son visage. Pendant un court instant, elle resta comme hypnotisée par son regard.

« Pourquoi ? » Parvint-elle à murmurer.

Elle tremblait depuis tout à l'heure, que ce soit le chagrin ou le froid, vidée de toutes ses forces. Doucement, elle parvenait à peine à prendre contact avec la réalité et elle commença à passer une main sur son visage. Sa coiffure avait été dévastée, alors elle retira le peigne qui maintenait encore une partie de ses cheveux, les laissant tomber comme une cascade infinie le long de son corps. Elle se sentait hideuse ainsi, aurait parfaitement compris si l'homme la laissait juste ici, échouée sur le rivage sans savoir quoi faire et pourtant, il restait là, avec elle.
Son simple regard avait suffi à l'apaiser, ne serait-ce qu'un peu, rendant un peu plus supportable tout ce malheur qu'elle traînait avec elle comme un impossible fardeau. Sa présence à ses côtés lui permettait de retrouver un peu d'elle-même, de comprendre que son chagrin s'effaçait doucement, qu'elle n'arriverait pas à transformer tout cela en colère et qu'à la place, un calme terriblement vide, terriblement silencieux l'envahissait. Tout ce qu'elle avait pour s'accrocher, c'était lui et elle ne voulait pas qu'il s'en aille.

« Go... gomen nasai, je ne voulais pas gâcher votre journée... mais... s'il-vous-plaît... pourriez-vous rester... encore un peu ? » Demanda-t-elle d'une voix tremblante, brisée, mais vivante.



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MessageSujet: Re: Le printemps succède-t-il toujours à l'hiver ? Sam 1 Oct - 18:57

Il fut difficile d’ignorer la présence de larmes qui arrivaient au même rythme que l’eau ingurgitée s’échappait de ses poumons avec ce désagrément que pourraient décrire ceux qui ont déjà bu la tasse au moins une fois ou échappé a la noyade. Le phénomène de l’eau entrant de force dans les poumons, cette sensation presque de brûlure dans les narines alors que le réflexe instinctif de respiration nous contraint à absorber plus de liquide, engageant ainsi ce cercle vicieux qu’est la noyade.
En revanche, l’expression de la profonde tristesse, du chagrin et de la douleur étaient a part de cela. Pourtant cette femme pleurait, non pas parce qu’elle venait d’échapper a la mort, non, elle n’était clairement pas assez paniquée pour cela. C’était autre chose qui occupaient ses pensées, comme c’était le cas pour beaucoup de gens cherchant à s’ôter délibérément la vie. Elle pleurait, pourquoi ?

Pourquoi ? C’était le mot qui entrait en écho sur le moment. Tandis que je me demandais pourquoi elle avait été réduite a cette extrémité, elle me demandait également pourquoi. Pourquoi l’avoir sauvée ? Je me posais la question l’espace d’un instant. Je ne la connaissais pas, c’était réciproque. Je n’avais aucunes raisons de la faire, aucune raisons valable de mettre ma propre vie en péril pour elle. Mais fallait-il une raison pour venir en aide à son prochain ? Me fallait-il foncièrement une raison pour dérober cette âme aux mains d’Izanami, l’empêchant de reposer dans l’au-delà ?
J’en avais une, mais pas nécessairement des plus nobles sur l’instant. Ce n’était qu’après quelques instants que je constatais encore une fois la beauté infinie de cette femme, un trésor de la nature, incarnée dans un corps pourtant si fragile. Une partie de moi voyait en elle une œuvre d’art, quelque chose de si beau qu’il aurait été un pur gâchis de la laisser disparaître dans le torrent de la rivière. Une autre partie de moi, sans doute plus humaine d’ailleurs, éprouvait une certaine forme d’attirance pour cette femme. Elle était belle. Au point si court de notre contact présent, je ne connaissais que sa beauté extérieure, celle qui frappait d’un seul regard. J’osais espérer qu’elle sache frapper l’âme avec une même beauté intérieure, un brin de femme qui, contrairement a beaucoup que j’aie pu connaître, n’étaient que l’ombre du physique d’excellence qu’elles possédaient.

Ce n’était pas la seule raison de ce sauvetage, non. Évidemment que non, mais j’en avais oublié sur l’instant l’autre partie qui revint pendant que le silence entre ses deux interjections coulait avec autant de douceur que le cours d’eau meurtrier d’où je venais de la sortir.
Je ne pensais pas qu’il fût juste pour elle de mourir alors qu’elle semblait si jeune. Bien que j’ignorais une facette du mal, et que j’en devinais l’autre, qui la rongeait, il y avait toujours une autre option a la mort. J’avais eu la malchance de, par le passé, voir des gens s’ôter la vie, plus ou moins brutalement et/ou lentement d’ailleurs. Beaucoup de gens imaginaient que les problèmes pouvaient être résolus de deux manières : Subir ou périr. C’était passablement vrai tout comme c’était passablement faux. Longtemps j’aurai pu partager cet avis si je n’avais pas fait parti de ceux qui optèrent pour la troisième solution : Se battre.
Bien sur, en la regardant un instant supplémentaire, je comprenais tant par ses manières douces que par son physique frêle qu’elle n’était pas du genre à combattre. Je spéculais un bref instant sur le rôle de l’homme précédemment aperçu dans le temple, imaginant sans mal un membre de la famille autoritaire et possédant une certaine emprise. Un homme de pouvoir et visiblement pas des meilleurs orateurs que j’ai pu entendre.
Qu’est-ce que cela faisait d’elle ? Son outil ? Son objet ? Son jouet ? Chacun de ces mots animaient en moi une étincelle proche de celle de la haine, un subtil mélange de dégoût et de malveillance réprimée a l’attention de son supposément tourmenteur.

Finalement je fus tiré de mes pensées en même temps que mon regard s’accrocha au sien, un joli regard pourtant dévasté par les événements, rougis par ses larmes et marqués par la cause encore non-définie de son acte désespéré. On disait beaucoup que les yeux étaient la fenêtre donnant sur notre âme et qu’à travers eux, on pouvait lire l’esprit comme s’il s’agissait d’un livre ouvert. Que me disaient ses yeux à elle ? Beaucoup de choses, toutes vagues, toutes chamboulées par l’instant mais toutes pointant vers cet horrible compagnon de voyage qu’est la tristesse. Plus encore, je décelais une forme de détresse qu’il fut difficile de démêler de son regard lourd de sentiments et déroutant.
En effet, s’il m’était possible de comprendre ces choses en si peu d’actions, c’était bien parce qu’il y avait quelque chose chez cette femme qui me poussait à m’intéresser a elle. Quelque chose d’autre que sa beauté physique ou la froideur de sa peau humide et de ses vêtements sur le moment, quelque chose qui transpirait de sa personne comme une aura.
Une certaine noblesse d’âme, ce n’était pas le terme le plus approprié peut être mais, c’était ainsi que je me le représentais moi-même. Je l’avais entre-aperçue avant la dispute, très rapidement et dans sa façon d’être et de se comporter j’avais pu observer et presque admirer la grâce de sa personne.
Toutes ces pensées convergeaient en un point critique venant titiller ma curiosité. Lorsque finalement ce fut elle qui brisa le silence, je ne la quittais pas des yeux, pas le moindre geste ou regard désobligeant, pas la moindre mimique pouvant exprimer un jugement de valeur, simplement un très fin sourire se voulant réconfortant affiché sur le visage.
Sa remarque, tout autant que ses excuses étaient amusantes sur l’instant. Ces quelques mots venant servir de soutien à l’interrogation émergeant maladroitement dans la conclusion de sa locution étaient inattendus et quelques peu inespérés.

J’avais l’espace d’un instant que la jolie suicidaire rejetterai mon action, comme il aurait pu et légitimement arriver. Au contraire, si ma présence pouvait apaiser son envie de mort, c’était peut être le meilleur rôle que je pouvais avoir sur le moment. M’installant plus justement a ses côtés sans un mot, ayant retiré mes mains qui cherchaient plus tôt à lui transmettre un peu de chaleur, je joignais ces dernières l’une avec l’autre, posant mes coudes sur mes genoux. Finalement, je prenais la parole, sans la quitter du regard, cherchant même à capter son regard avec le mien, je répondis.


- Si ma présence vous convient, je me ferais un honneur de rester ici aussi longtemps que vous le désirez.

Au fil des années, j’avais toujours pris cette habitude de garder le regard de mes interlocuteurs fixé au mien. Bien que cela ne puisse s’appliquer a tout le monde a cause de l’étiquette et du métier, je trouvais cela plus accommodant d’une certaine manière. Par le regard pouvaient se communiquer tout une pléthore d’expressions et de sentiments, des éléments essentiels, selon moi, à la communication la plus basique. C’était aussi un moyen de déceler le mensonge, entre autres.

- Vous n’avez pas gâché ma journée. Je dirais plutôt que vous y avez introduit un élément inattendu. Je vous ai aperçue en proie au courant, je n’ai pas voulu troquer votre vie contre une réflexion sur les risques de venir à votre secours et je suis plutôt convaincu a présent qu’il s’agissait de la meilleure chose à faire.

Je marque une courte pause remarquant le plus naturellement possible que le choc thermique commence à avoir des effets notables chez elle, trahis par des légers grelottements. Je retire machinalement ma longue écharpe, repliée sur elle-même, que je déplie d’ailleurs pour qu’elle puisse faire office d’un châle posé sur les épaules de la jeune femme. C’était bien peu mais hélas tout ce qu’il me restait à lui offrir qui ne soit pas imbibé d’eau, pour autant le tissu de cette dernière serait toujours mieux comme couverture que le tissu mouillé de ses vêtements.

- Je ne sais pas avec exactitude pourquoi vous avez chuté, ni même quelles étaient vos motivations et vous seules pouvez choisir ou non de me le confier. Mais je suis sur d’une chose, c’est qu’il existe toujours une meilleure solution que celle-ci.

Une nouvelle pose, tout aussi courte, tandis que le timbre de ma voix exprime toujours quelque chose d’un peu plus fort que le murmure, de manière calme et douce, montrant clairement que mon souhait n’était pas de la brusquer ou l’offenser.

- Loin de moi l’idée de porter un jugement à vos actions, soyez en sûre mais je pense que le destin ne nous à pas placé sur la route l’un de l’autre sans un motif que seuls les kamis peuvent connaître.

Je me permets un bref sourire avant de porter mon regard vers le ciel un court instant, puis vers le cours d’eau tout aussi brièvement pour finalement revenir à la jeune femme. La situation tout comme sa personne m’avaient rendu plus loquace qu’a l’accoutumée, bien que je ne sois pas dans le cadre du village d’Akina ou même dans mon rôle réel, j’étais plus souvent la tête dans les nuages qu’ouvert aux discussions. Enfin, la journée d’aujourd’hui n’était aucunement banale et je pouvais sans doute compter sur les doigts de la main le nombre de fois où j’avais pu palabrer tout en admirant la beauté d’une femme que je sauvais d’une mort plus que certaine.
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MessageSujet: Re: Le printemps succède-t-il toujours à l'hiver ? Dim 9 Oct - 22:54

Lorsqu'il retira ses mains de ses épaules, elle se sentit envahie par un froid encore plus intense, encore plus immense, comme si ce simple contact avait su réchauffer un peu son cœur et qu'il la privait désormais de cette chaleur. C'est dans son regard alors qu'elle tenta de retrouver la même chose. Il se voulait doux, rassurant et avait ce quelque chose d'hypnotique qui faisait qu'elle n'arrivait plus vraiment à s'en détacher, à moins qu'il ne s'agisse d'elle tout simplement, recherchant désespérément quelque chose, quelqu'un auquel s'accrocher.
L'ébauche d'un sourire s'esquissa sur ses lèvres à sa réponse. C'était bien plus que ce qu'elle aurait pu espérer et, même si elle ne comprenait en rien pourquoi il faisait tout cela pour elle, elle n'osa pas lui poser la question. La connaissait-il d'une certaine manière ? Peut-être était-ce un homme tout simplement généreux, charitable et qu'elle avait juste eu beaucoup de chance.

Sa voix chaude fut alors comme une bénédiction, une nouvelle chose à laquelle elle pouvait s'accrocher quand elle se sentait engloutie par le désespoir, les ténèbres, un froid des plus glacials. Ce n'était pas tant que son corps grelottait, mais toute son âme était gelée et dans son esprit tournait sans cesse les paroles si horribles qu'il avait prononcées à son égard, cette conclusion irrémédiable qu'elle devait désormais accepter, l'effroi de ne rien pouvoir faire pour changer les choses.
À tout instant, elle semblait prête à pleurer à nouveau, mais elle faisait de son mieux pour ne pas céder et elle se concentrait sur sa voix, sur ses mots pour essayer d'oublier un peu, ne serait-ce qu'un peu. Elle ne se sentait pas vraiment mieux, mais il l'aidait quand même à sa manière. Seule, serait-elle retournée dans la rivière ?

Elle baissa la tête finalement, comprenant qu'il était parfaitement conscient de son acte, honteuse qu'il ait pu la voir s'en remettre à de telles extrémités. Pensait-il qu'elle était folle ? Complètement désespérée ? C'était sans doute le cas, mais elle ne voulait pas qu'il pense cela d'elle et elle aurait tellement préféré qu'il la voie sous un meilleur jour... Pouvait-elle encore l'affronter maintenant ?
Ses mots l'y aidèrent un peu, tant il se montrait calme et compatissant avec elle. Ce ne pouvait être que Gekigami qui ait pu amener un homme aussi merveilleux jusqu'à elle et elle le prierait longtemps pour l'en remercier, pour lui demander de bien veiller sur lui aussi.

« Merci pour tout ce que vous avez fait pour moi, pour ce que vous faites encore maintenant. » Murmura-t-elle.

Les tremblements de sa voix semblaient s'être apaisés et elle osa à nouveau lever ses yeux jusqu'à lui pour se laisser capter par son regard. Si seulement son mari avait pu avoir une once de l'attention de cet homme-là... Mais il n'aurait fait que rire, il se serait moqué froidement d'elle et il lui aurait certain dit bon débarras. À cette pensée, ses larmes se mirent à couler à nouveau, mais elle les essuya rapidement de sa main, terriblement honteuse d'être si faible aujourd'hui, tandis qu'elle devrait être capable de se relever et d'avancer. Sa sensibilité, ses émotions à fleur de peau l'en empêchaient pourtant.

« Je... »

Elle s'interrompit immédiatement. Que pouvait-elle lui dire ? Qu'elle n'avait pas voulu ? C'était faux, même si cette pensée ne l'avait traversée qu'un instant. Qu'elle allait si mal au point d'en arriver jusque là ? Elle acceptait tout juste cette idée et songeait simplement qu'elle n'avait pas envie de recommencer, même si c'était si douloureux de vivre, elle ne voulait pas encore abandonner. Plus que tout, elle ne voulait pas continuer à parler de tout ça, alors qu'elle se sentait si mal rien qu'en y réfléchissant. Non, même si ce n'était que repousser les choses, elle voulait les oublier un peu, se distraire par autre chose.

« Je m'appelle Norihito Raija. » Dit-elle finalement avec un peu plus d'assurance. « Je ne suis qu'une humble miko de Koumyou. »

Et d'ordinaire, c'est moi qui panse les blessures des autres, aurait-elle pu ajouter dans son insignifiante présentation. Elle aurait voulu pouvoir afficher un visage plus glorieux, lui montrer au moins quelques-uns de ses talents, mais ses forces l'avaient totalement abandonnées et elle ne pouvait s'accrocher qu'à son regard, qu'à sa présence, tout simplement clouée au sol.

« Que faisiez-vous par ici ? » Demanda-t-elle maladroitement, avide de détourner la conversation sans pour autant trop savoir comment le faire.

Mais ce n'était pas seulement ça, elle avait aussi envie de le connaître davantage, d'en savoir un peu plus sur lui, car il l'avait littéralement captivée, la sauvant du torrent tout comme il la sauvait maintenant des affres d'un désespoir indicible.



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Norihito Raija

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MessageSujet: Re: Le printemps succède-t-il toujours à l'hiver ? Mer 5 Juil - 22:42

Après ces moments terribles, après cet instant où la vie avait tant échappé à son contrôle qu'elle avait bien failli la perdre complètement, la réalité semblait revenir peu à peu dans son esprit. Elle n'était plus seule désormais et la présence de cet inconnu, suffisamment généreux pour l'avoir sauvée, lui permettait d'échapper à ses atroces pensées. Sa compagnie lui semblait comme rassurante et même si une part d'elle se sentait terriblement gênée, terriblement honteuse de se montrer à lui dans un tel état, livrée au désespoir, trempée et totalement décoiffée, une autre était heureuse qu'il soit simplement là.
Ce n'était peut-être qu'un parfait inconnu, mais ça ne lui importait pas. S'il aidait les autres en suivant son instinct, sans réfléchir, tout comme elle avait l'habitude de le faire, ce ne pouvait qu'être quelqu'un de bien. Reconnaissante, déjà bienveillante à son égard, elle l'écouta se présenter avec attention, s'accrochant à cette nouvelle connaissance pour s'oublier, ne serait-ce qu'un instant.

Comme toujours et même plus que d'habitude, elle s'intéressa à lui, se trouva ravie d'apprendre qu'il s'agissait d'un artiste. Elle le questionna donc sur ses œuvres, se laissant de plus en plus absorber par leur conversation. Aussi poli qu'attentionné, sa compagnie était des plus agréable. Ah... si seulement son mari pouvait être ainsi... il l'avait été autrefois, mais cela faisait bien longtemps qu'il ne se montrait ni charmant ni aimable avec elle. Qu'est-ce qui avait changé ? Qu'est-ce qu'elle pouvait faire pour inverser les choses, pour que tout redevienne comme avant ?

Gênée par tant de proximité, elle avait fini par se relever et, une fois qu'elle eut arrangé sa tenue pour qu'elle ne choque pas trop, ils se mirent à marcher tout en poursuivant leur discussion. Elle ne voulait pas retourner au temple, pas tout de suite en tout cas, ainsi ils parcoururent la ville pendant un assez long moment. Il appréciait visiblement sa compagnie et cela ne pouvait que réchauffer son cœur. Pourtant, il leur fallut bien se séparer alors que la journée avançait. Allaient-ils se revoir ? Elle le lui fit promettre pour accepter enfin de lui tourner le dos. Lorsqu'elle se trouva de nouveau seule, elle n'était pas au meilleur de sa forme, mais au moins, elle n'avait plus envie de pleurer.



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MessageSujet: Re: Le printemps succède-t-il toujours à l'hiver ?

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Le printemps succède-t-il toujours à l'hiver ?

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