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 [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin)

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Setsu Akane

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Jônin

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MessageSujet: [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin) Ven 2 Sep - 21:46

Beaucoup de choses se sont passées, beaucoup trop de choses. Tellement que je réalise, perchée sur le haut de mon arbre, que je suis devenue presque incompétente. Après la pire nouvelle, celle du décès de Zakuro, je me suis complètement effondrée et ai passé près de deux mois, sans vouloir le moindre contact extérieur. Mikan et Masao ont tenté tant bien que mal de soigner ma douleur lors de leurs visites mais le fait d’avoir perdu l’homme que j’aime ne m’a pas permis de m’ouvrir au monde. J’en ai même arrêté de m’alimenter, au point qu’un jour, mon Chûnin a forcé la porte de ma cachette dans le but de me contraindre à avaler ne serait-ce qu’un peu de riz. Sans me demander mon accord, puisque j’étais incapable de le lui donner, il a également pris les rênes du commandement des shinobi et a tant bien que mal géré les rapports avec mon frère.

Seiko m’a beaucoup écrit, pour savoir comment j’allais ces derniers mois. Je ne lui ai répondu que quelques fois jusqu’à lui préciser que nous envoyer des lettres et des présents était trop compliqué et trop dangereux pour elle. J’aurais aimé rencontrer cette adorable personne dans un autre contexte mais les Kami m’ont envoyée vers elle tardivement, avec ces affreuses paroles. Je ne digère toujours pas ses mots ni le fait qu’elle m’ait consolée, alors qu’elle a perdu son précieux Onii-chan. Il est difficile d’avaler ma faiblesse. Zakuro m’a tirée de mon désespoir, il m’a aidée à remonter la pente, à ouvrir mon esprit et à voir les gens. Il m’a fait reconsidérer le sens de la vie et de la mort, la valeur de la famille et de l’amour. Il m’a rappelé qu’au-delà d’être Jônin, j’étais aussi une femme avec ses peurs et ses désirs. Imaginer que je ne pourrai plus entendre sa voix, plus le toucher, plus le sentir près de moi m’est insupportable encore maintenant.

Le cri d’un Genin me surprend et je reviens à la réalité. Masao entraine les nouveaux et tient à ce que le niveau des troupes reste le meilleur possible. Il est plus exigeant, plus autoritaire, plus passionné que moi lorsqu’il s’agit d’enseigner. D’une manière générale, nous avons les mêmes méthodes mais comme je suis une véritable loque ces derniers temps, mon confrère a pris énormément sur ses épaules. Je descends finalement de mon perchoir et, à travers mon masque, l’observe mieux encore. Il est celui qui m’a le plus soutenue dans cette affaire. Mon bras droit a veillé sur moi comme on veille sur un malade au bord de la mort, restant à mon chevet la nuit durant, parfois. Il venait me rapporter absolument tout ce qu’il se passait et guettait en même temps si les bento qu’il m’apportait étaient vidés d’au moins la moitié. C’est lui qui m’a prise dans ses bras quand je ne pouvais rien faire d’autre que pleurer... Alors que je ne lui ai rien imposé, cette fois. Il a tout assumé, tout compris et ne m’a pas posé de questions.

Surtout, il ne m’a pas jugée comme l’aurait fait mon frère, qui aurait dit sans compassion que je devais assumer mes fonctions coûte que coûte. Masao a fait pour moi ce qu’aucune autre personne n’aurait pu faire. Car cela fait des années que l’on se connaît, des années qu’il exécute mes ordres, qu’il m’observe, qu’il sait comment je fonctionne. Et je ne l’ai pas encore remercié puisque toute ma vie, je l’ai repoussé. Autant ses avances que sa gentillesse, j’ai fait en sorte qu’elles ne m’atteignent pas parce qu’il a eu le malheur de tenter sa chance avec moi une seule et unique fois. C’est alors qu’il s’avance vers moi avec une missive venue de la capitale que je réalise la cruauté avec laquelle je l’ai traité durant ces longues années. Et pourtant, il est là. Fatigué mais là.

- On vient de m’apporter cette missive signée par votre frère, dit-il en détachant le sceau et en retirant le tissu du bas de son visage.
- Depuis combien de temps tu n’as pas dormi, Masao ? dis-je d’un ton plat mais en le regardant droit dans les yeux.

Il semble surpris puis il sourit, à première vue gêné.

- Peu importe...

Il déplie le parchemin et me lit alors brièvement le contenu de ce dernier. Le jeune homme soupire finalement, comme lassé que Gekido soit si exigeant en matière de surveillance ces derniers temps. Il faut dire qu’après sa longue sieste, mon frère est d’autant plus vigilant sur les éventuelles intrusions et les manifestations de Yokai partout dans le Clan. Les ninjas sont donc très sollicités et c’est Masao qui se tape tout le boulot, puisque je suis incapable de prendre des décisions cohérentes.

- Je vais envoyer quelques hommes jeter un œil...
- Je ne crois pas que ça vaille la peine... dis-je sur un ton hésitant.

Là encore surpris, mon Chûnin me suggère d’abord la suite avec l’aide de ses yeux vairons, avant de passer aux mots.

- Normalement, pour des détails comme ceux-là, j’y vais moi-même. Les Genin doivent s’entrainer et les Chûnin ont d’autres choses à faire. Donc je délègue les tâches simples et je vais moi-même jeter un œil sur ce qui se passe.
- Vous n’êtes pas en état de vous déplacer maintenant, Setsu-san.

Je m’approche de lui et pose ma main sur son épaule. C’est comme si une timide mais nouvelle motivation avait décidé de pointer le bout de son nez.

- On en a pour quelques jours à cheval, le nouveau Chûnin peut bien prendre ton relais. Puisque je ne peux pas me déplacer seule, viens avec moi.

Masao semble embarrassé mais est peut-être content de partager l’excursion avec moi. Il a toujours été difficile à cerner. Pourtant, je suis quand même contente que ce soit lui qui m’accompagne. Je le retiens par le bras tandis qu’il s’apprête à avertir tout le monde.

- Et laisse tomber les convenances, veux-tu ? ajoute-je en soupirant. Je sais que je t’ai toujours repris là-dessus mais… Si l’homme qui m’a nourrie pendant deux mois ne peut pas me tutoyer, où va le monde, franchement !

Il me semble le voir rougir une fraction de seconde, avant qu’il ne détourne son attention sur les aspirants, plus loin et me rejoigne enfin pour préparer notre départ.

***

Comme précisé dans la missive, nous ne trouvons sur le lieu qu’un très vieux Temple, sans présence particulière. Apparemment, certains bandits profiteraient de l’endroit inhabité pour faire du trafic de marchandise. La mission que nous donne mon frère est de brûler l’endroit pour éviter toute récidive puis d’arrêter les malfrats si nous les trouvons. L’endroit est calme mais peut-être trop pour que cela soit normal. Alors que je vais proposer d’inspecter l’endroit chacun de son côté, Masao prend une décision que je n’aurai jamais engagée.

- Reste ici, je vais voir à l’intérieur.
- On ne devrait pas...

Mais il est déjà parti. L’endroit est en ruine et fragile, j’espère que mon bras droit ressortira vite. En attendant, je fais le tour du bâtiment et entend le sol craquer à l’intérieur, preuve que mon confrère avance également. L’endroit est entouré de végétation, comme si cela faisait des dizaines d’années que personne n’avait mis les pieds ici. Cela me fait penser à différents sanctuaires que j’ai pu voir, des sanctuaires mal entretenus mais à l’ambiance tout à fait sereine et naturelle. Ces endroits reposants permettent de se recueillir et de trouver une sérénité que même les Temples ne peuvent pas offrir. Au milieu des morts, on peut alors découvrir un monde intérieur différent puis s’ouvrir ensuite d’une autre façon sur le monde.

Je reviens vers ce qui ressemble le plus à une entrée et j’entends alors le parquet crépiter. Masao a déclenché l’incendie qui mettra définitivement fin à la vie de cet endroit. Mais alors qu’il sort du vieux Temple, je lève les yeux et remarque une présence inattendue.

- Une embuscade ! dis-je rapidement.

L’attaquant se jette sur moi et il ne me faut pas longtemps pour réaliser que sa force surpasse largement la mienne. Masao essaye de venir m’aider mais se fait également attraper. Bien qu’il se débatte plus que moi, mon Chûnin se fait maîtriser facilement et, alors que je vois les flammes prendre naissance derrière les deux hommes, je comprends que la mission se complique bien plus que je ne le pensais.

- C’est dommage, il va falloir trouver une autre planque. Mais d’abord, je grignoterai bien un morceau.

Maintenant mes mains fermement derrière mon dos, me forçant à rester à genoux, l’ennemi rapproche son souffle de mon cou et je ne peux m’empêcher d’afficher une expression de dégoût. Masao manque de devenir fou mais je réussis à assouplir suffisamment ma cheville et ma jambe pour dégager mon shuko droit du sol afin de l’enfoncer dans le tibia de mon adversaire. Il perd alors sa prise sur moi et je rattrape le temps perdu en me retournant pour dégainer l’un de mes wakizashi et lui trancher la gorge. Un travail mal fait mais fait tout de même. L’autre menace alors d’égorger Masao mais il semble moins sûr de lui ; mon partenaire profite d’un moment de doute pour reprendre le dessus, lui brisant la nuque d’un geste sec et puissant après être passé derrière lui. Nous nous plaçons finalement dos à dos et couvrons un maximum la zone de nos regards.

- Ça m’étonnerait qu’ils ne soient que deux.
- Quand je te le dirai, fuis...
- Quoi ?

Je me retourne vers lui, outrée de sa remarque.

- Tu ne peux pas te battre, me dit-il déterminé. Tu as beaucoup maigri et perdu du muscle...
- Tu plaisantes ?
- Akane, s’il-te-plaît...
- Si je décide de rester, je reste. Il n’y a pas de raison que je m’en aille.

Je secoue la tête, l’invitant à se retourner, perturbée par ce qu’il vient de me dire. Je ne suis pas devenue incapable de me défendre et je compte bien le lui montrer. Les flammes et surtout la fumée sont plus importantes, maintenant. La chaleur est réconfortante mais, du coup, d’autres ennemis se montrent. Ils sont une dizaine et ont l’air un peu plus doués que leurs deux regrettés camarades. Nous nous répartissons les tâches par des mouvements de dos et des codes que seuls nous pouvons comprendre. Masao tient à en prendre six, ce que je ne peux pas contester par manque de temps.

Je m’éloigne alors rapidement de mon compagnon et esquive un premier coup de lame en glissant sur le sol. Faisant un croche pied au deuxième, je prends mon élan et bondis sur le troisième ; il tombe, perdant l’équilibre, n’ayant d’autre choix que me laisser l’exécuter en lui ouvrant simplement le gosier. Le quatrième me saisis par la taille mais je réussis à lui planter ma lame dans le dos, suffisamment profondément pour qu’il tombe lui aussi, manquant de forces pour me retenir. Alors que je jette un œil sur l’affrontement de Masao, le premier me saisis par le bras mais s’y brûle rapidement les doigts. Je saisis sa tête pour l’assommer d’un coup de genou bien senti. Ne reste donc que le dernier qui, comme un débutant, se rue sur moi en criant. Je n’ai aucune peine à l’esquiver, à le projeter au sol et à lui perforer le cœur de ma lame.

Je me relève facilement, remarquant avec effroi que Masao a beaucoup plus de peine à venir à bout des deux bandits qui restent. Ils ont l’air bien plus expérimentés et tentent visiblement de le pousser dans le bâtiment enflammé. Je décroche quelques shaken de ma ceinture pour les lancer avec précision sur le grand en retrait, qui se laisse surprendre. Ne reste que le plus balèze qui réussit, avant que je ne puisse intervenir, à saisir mon Chûnin par le bras et à le projeter à l’intérieur avec force. Avant qu’il ne se retourne sur moi, je réussis à monter sur l’un des arbres environnant pour le prendre par surprise. Une fois mes pieds bien calés sur les branches et mon angle de saut calculé, je bondis en silence sur ma victime et lui plante mes deux wakizashi dans les trapèzes. Il hurle de douleur et tente de m’attraper mais ses mouvements perdent en amplitude à cause de mes lames. Je les retire de son corps, laissant le sang s’écouler abondamment pour finalement qu’il s’écroule et perde connaissance avant de perdre la vie.

Après avoir rengainé, j’entre à mon tour dans le bâtiment, cherchant désespérément un chemin sans feu. J’ai alors un terrible pressentiment lorsque je vois Masao un peu plus loin, regardant partout, cherchant un moyen de respirer le moins de fumée possible mais toussant déjà beaucoup.

- Akane, sors de là ! crie-t-il, lorsqu’il me voit.
- Sors avec moi !
- Quelqu’un me poursuit, tu ne peux pas...

Une silhouette se jette sur lui, lui assénant un puissant coup de poing sur la tête. Voyant que mon compagnon est assommé, je paralyse d’un coup précis un bras de l’agresseur qui, perturbé mais terriblement en colère, ne me laisse pas l’attraper pour le maîtriser. Relevé, l’ennemi tente de m’assommer à mon tour et, bien que j’esquive en me redressant également, il réussit à asséner un coup de poing dans une poutre fragile, ce qui a pour conséquence de faire s’effondrer une partie du plafond. Les décombres soulèvent énormément de poussière mais je remarque que Masao et moi sommes finalement séparés de la menace. Je me dirige vers lui pour l’aider à se relever, alors qu’il suffoque, probablement intoxiqué par la fumée. Une fois debout, il mouille le morceau de tissu habituellement placé sur le bas de son visage pour le caler sur le mien.

- Sors de là ! Je vais te rejoindre, il y en a un autre, dit-il entre deux toussotements.
- Nous sommes isolés, il ne peut pas nous atteindre !
- Par-là oui. Laisse-moi faire, je vais...

J’attrape mon partenaire par la nuque, de ma main libre, et le fais se baisser pour éviter les shuriken qui s’abattent sur nous.

- Sortons ensemble, Masao, tu es trop fatigué ! dis-je sur un ton autoritaire mais compatissant alors que nous sommes allongés.

Il n’a pas le temps de me répondre que l’ultime brute l’attrape par le pied, l’attirant à lui. La fumée remplit maintenant la pièce et je ne vois plus rien. Je n’entends même pas si affrontement il y a à cause du crépitement et de la puissance des flammes. Et tout se passe en quelques secondes : la brute tombe à mes pieds, craquelant le parquet alors fragilisé. Une fois en face de moi, Masao m’enlace par la  et me lance un dernier regard, mêlant bonheur et tristesse puis, dans un murmure que je saisis être un « Sayonara, Akane... », mon Chûnin me projette avec force à travers la fine paroi sur notre gauche. Je traverse la matière et le feu avec facilité, roulant sur la végétation amortissant ma chute. Après quelques secondes à reprendre mes esprits, je veux à nouveau me lever pour rentrer mais un mur de flammes trop épais se dresse maintenant devant moi.

- Non...

C’est d’abord la colère qui m’habite, la frustration de ne rien pouvoir faire pour le sauver. Je retire mon masque et le brise en le jetant sur le sol, tapant aussi des poings sur celui-ci après m’être agenouillée, arrachant l’herbe et la mousse vieilles de plusieurs années. Puis, ma colère disparaissant, je me redresse et regarde avec horreur le feu que le jeune homme a allumé prendre encore de la puissance, avalant le bâtiment et la vie de Masao dans un même temps.

- Ma... Masao !!! crie-je alors que je sais qu’il ne me répondra plus.

Ma gorge se noue et me brûle à la fois. Je me rappelle des images de mon départ de Honoo, du feu que j’ai moi aussi allumé pour éliminer le mal. Ce feu qui m’a pris le premier homme que j’ai aimé, Byakuya. Fermant mes paupières, je revois le deuxième amour de ma vie, Zakuro et les images de mort que sa sœur m’a décrites lorsqu’elle m’a détaillé l’état dans lequel ils l’ont retrouvé. Et alors que j’ouvre encore les yeux, eux aussi me brûlent atrocement alors que j’imagine Masao se consumer ou étouffer à l’intérieur. Il vient de me sauver la vie pour la énième fois. Mes larmes coulent, elles, pour la centième fois, imprimant sur mes joues la perte d’un être bien plus cher à mon cœur qu’il ne l’imaginait.

J’aimais Masao d’un amour différent que celui qu’on porte à un amant, comme s’il était tout de même une partie de moi-même, comme si le fait d’être ninja n’était rien sans lui. Et je n’ai jamais pu lui dire... Je ne peux que laisser les flammes carboniser une nouvelle partie de mon existence pour, finalement, me rendre muette à nouveau. Muette de sentiments.


L - M - M - J - V - S - D


Dernière édition par Setsu Akane le Jeu 29 Sep - 20:57, édité 1 fois
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Yukino Seishin

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Chûnin

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MessageSujet: Re: [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin) Ven 2 Sep - 22:00

Je n'ai pas de jambes, mais je fuis. Je n'ai pas de cœur, mais j'ai peur. Je suis là à errer sans pouvoir trouver un lieu où m'abriter de tout cela. Je n'ai rien demandé, je voulais juste me pencher un peu plus, je voulais juste aider. Je ne savais pas que je tomberais, que je perdrais l'équilibre. Les autres, pour la plupart, on choisit de se retrouver là plutôt que chez nous. Mais pas moi… Ce monde ne me voit plus, plus beaucoup, pas assez, je risque de disparaître à leur contact. Non… Je risque de changer.

Je ne veux pas changer, j'ai vu l'un des miens changer, c'était terrible, c'était horrible, je ne veux pas devenir ça. Mais je suis condamné maintenant. Je ressens partout autour de moi l'agression de cette transformation imminente. Je ne peux pas aider, je n'ai pas la force de faire partie de ce monde comme les miens, ceux qui ont choisis. J'ai peur. Je ne vois pas de refuge. Les lumières s'amenuisent, se tamisent, disparaisse.

L'une d'elle manque de m'attraper ! Qu'était-ce ? Une enfant des hommes ? Qui tente-t-elle de retrouver ? Son frère ? Non… Elle ne tente plus… Elle sait qu'elle ne le reverra jamais plus, que l'animal l'a attraper pour le dévorer et qu'il n'en restera rien. Elle a abandonné, elle m'a abandonné… Je ne peux rien faire pour elle, je n'en ai pas la force. Pitié… Aidez moi… Je ne veux pas me dissoudre pour devenir ce qu'elle appelle.

Je m'échappe, je ne peux plus faire que cela. Ça ne durera pas, je sens mes faibles forces qui s'amenuisent. Mais non. Je ne succombe pas. Il existe toujours un moyen, n'importe lequel. Je me raffermi, puisque personne ne veut plus croire en moi, je serai mon propre véhicule, je ne peux pas croire un instant que je ne vais pas trouver un moyen. Alors je me garde. Je ne me perd pas. Je suis désolé pour les ombres, je ne pourrais pas les éclairer.

Pourquoi n'y a t-il pas de lumière, pourquoi ne crois t-on pas en moi ? Croyez en moi ! Pitié ! Je suis juste tombé ! Mais je suis toujours là ! Ne m'oubliez pas, n'abandonnez pas ! Ne m'abandonnez pas ! Je redouble d'effort, ainsi sans enveloppe, que l'on m'aide ou non, je suis fichu, il me faut trouver quelqu'un, trouver un refuge… Mais je ne veux pas voler la moindre parcelle de vie. Je ne veux pas briser ce que la Mère de toute les mères a créer, je ne suis pas ainsi.

Je suis de ceux qui veillent, ceux qui protège, en certain lieux, ma puissance est sans limite, en d'autre, je ne peux même pas regarder ces domaines sous peine d'altérer mon essence. Mais maintenant que je suis là, je peux regarder, je peux voir ce que je dois faire. Mais il me faut un abris pour ça… Je ne connais pas cet endroit, mais il y-a beaucoup d'ombre. Le cœur des gens est de nuit, sauf là. Là je trouve enfin mon soleil et au risque de m'y brûler, je fuse aussi vite que je le peux à sa rencontre.

Qu'est ce que cela ? Il se bat, pas à un moment il ne pense qu'il va échouer ! Ah ! Lui ! Mais… Je ne peux pas… Si je m'instille en lui, il me repoussera ou je le tuerais, m'annihilant par la même occasion… Mais il magnifique. Je ne peux plus me détourner de lui, comme l'insecte de la flamme. Il se bat, il aide, il protège, je veux qu'il détruise la noirceur qui l'environne. Sa flamme tend vers… Vers une femme.

Oh ! Il l'aime ! C'est merveilleux ! Il n'a jamais perdu la foi en moi alors qu'elle ne partage pas ses sentiments ? Du moins, pas comme il le souhaiterait. Ah ! Attention ! Non !!! Il ne prend pas garde ! Tout s’enchaîne sans que je ne puisse faire quoique ce soit. Le lieu est embrasé, l'habitation menace de s'écrouler, sortez ! Non ! Mais sortez ! La fumée ne me fait rien, mais elle les blesse, eux. Il étouffe, mais il croit toujours en moi.

Ils se battent alors que le bâtiment ne tient plus, un tel lieu n'est pas ma place et pourtant, il ne m'abandonne pas. Mais il n'a pas foi en moi pour lui-même, il me soutien uniquement pour cette femme. Non… Tout va se finir ici… Je n'ai pas choisi le bon lieu… Je dois fuir ailleurs… Ou bien tout aussi faible que je suis je… Ah ! Je suis là, il croit en moi, je ne peux pas l'abandonner à mon tour, je dois l'aider !

Je m'impose en lui, je l'envahis, je lui donne le peu de force que j'ai pour qu'il s'enfuie, tant pis si je suis dissout, je ne peux pas totalement disparaître puisqu'il ne capitule pas. Oui, fuis ! Que… Non ! Il se rend compte de ce peu de puissance que je lui offre, mais il ne l'utilise pas pour lui. Il attrape la femme par la taille, il la jette hors de l'incendie, la fait passer à travers un mur, elle disparaît, sauvée des flammes… Mais pas nous. Oh non… Sa lumière s'éteint… Il est certain que c'est terminé.

La fumée est déjà si présente dans ses poumons, je ne peux pas lui donner tord. Mais… Il croit toujours en moi. Pourquoi ? Il ne s'en sortira pas et pourtant, il est heureux. Il ne succombe pas à ma Némésis, car il ne me cherche pas moi-même. Tout ce qu'il souhaite va a elle. Sa conscience perd prise, il va disparaître. Je le retiens, me révélant par la même occasion, j'attrape son âme et la maintient dans son corps, c'est la seule chose que je peux faire pour le moment, mais je veux l'aider, je peux l'aider, s'il veut bien.

Tandis que son corps se meurt, privé d'air pour respirer, nous nous retrouvons dans la demeure de son esprit. Cela ressemble à un dojo. Je ne sais pas ce qu'est un dojo, mais au sein de sa psyché et de ses souvenirs, le mot prend clairement essence en moi. Il est assis en position du lotus, cela aussi, j'ignorais ce que ça signifiait avant d'arriver ici. Il me regarde, dépourvu du masque qui lui couvre actuellement le visage dans le monde où son décès est inévitable. Les poutres du dojos sont fissurées, elles menacent de s'effondrer à leur tour. Je m'installe comme lui, face à lui. Je n'ai pas de visage, mais je souris.

Merci. Débute-t-il. Merci pour elle. Annonce-t-il doucement, me montrant ainsi qu'il est conscient de ce que j'ai fais pour lui. Je suis heureux de ces remerciements, car cela veut dire que j'ai aidé. Il continu :

Je vais mourir, n'est ce pas ? C'est ici que ma voie s'arrête. Tu ne peux plus rien faire pour moi je suppose ?

Même ici, même ainsi, il croit en moi. Je n'ai pas de voix, pas de lèvres, mais je lui réponds :

Je suis dans le même cas que toi. Mon être se consume, je t'ai donné la majeure partie du peu de force que j'avais et tu l'as utilisée pour quelqu'un d'autre. Je ne t'en veux pas pour cela, pour mes derniers instants, tu as fais vibrer ma réalité. Merci. Cependant, nous ne sommes pas fini. Je suis là porteur d'un avenir possible pour nous deux. Tu as raison de penser que je peux faire quelque chose. Merci de croire en moi.

Je n'ai pas de corps, mais je m'incline, il me laisse reprendre sans me presser :

Nous sommes trop faibles toi et moi en l'état actuel des choses. Seuls, nous sommes défaits. Ensemble, nous avons une chance.

Je vois bien qu'il est intrigué par ce que je dis. J'ai pourtant peur de lui proposer ce que je suis venu lui offrir. Car dans un certain sens, nous sommes réellement morts, lui et moi. Il ne peut plus rien y avoir pour cet homme et mon essence en ce monde. Nous sommes trop fragiles. Mes pensés me trahissent, nous sommes dans la demeure de sa conscience, il m'entend réfléchir et comprend sans que je n'ai à lui communiquer de ma voix illusoire. Je clarifie néanmoins :

Nous pouvons ne faire plus qu'un. Nos deux consciences en une seule réunies. Ni toi ni moi ne subsisterons, sinon ce que nous fûtes. Ce que nous créerons se souviendra. Ce corps qui est le tient deviendra le notre, changera en conséquence, mais nous pourrons continuer notre chemin.

Il a du mal a accepter, même à comprendre tout ce que je lui dis. Cela me paraît simple, mais pas à lui. Il veut avoir confiance en moi, mais il apparaît comme en étant incapable. Je ne lui en veux pas et… Il me fixe, il n'a plus rien à perdre de toute façon, c'est ce que je lis dans ses yeux bicolores. Quelque chose que j'aime beaucoup en émerge alors. Il a du mal à encaisser tout ceci, pourtant, il veut y croire. Il s'y accroche, me revitalisant par la même occasion.

Le dojo se démantèle autour de nous et pourtant, je me sens plus fort. Je me sens tout à fait capable d'accomplir ce que je lui annonce, de nous donner une chance, ou du moins… De faire émerger de notre mort un être nouveau. Il se lève, je n'ai pas de jambes, mais j'en fais autant. Il s'approche et je l'imite. Nous nous faisons face, il est amusant à croire que cela va aider à notre sauvegarde et… Oh… Zut… Il m'entend penser, j'avais oublié cela.

Désolé… Dis je.

Est-ce vraiment le moment de plaisanter ? Me reproche t-il non sans un sourire.

Je ne vais donc pas mourir. Rajouté-je, rassuré.

Je vais pouvoir la revoir alors… Dit-il en soupirant, apaisé. Au fait… Je suis Ogawa Masao. Ajoute-t-il, se prêtant à la politesse à un moment si peu approprié.

Ah… Je suis l'Espoir. Annoncé-je pour lui rendre la politesse.

Il lève ses deux yeux curieux vers le plafond qui se morcelle, annonçant une fin à laquelle nous venons de décider d'échapper. Il ajoute alors tout en se rapprochant de moi :

Que deviendront Masao et Espoir ?

Je le rejoins, réduisant à néant la distance entre nous et nous nous fondons l'un à l'autre avant même que je ne puisse donner suite à cette question dont ma seule conscience n'aurait pu trouver la réponse. Puis cela me vient d'un coup d'un seul. Oui, c'est parfaitement approprié ! Que dirais-tu de ...

***

Le bâtiment s'effondre sur lui-même tel un château de cartes, propulsant le feu qui l'habitait vers les cieux en une boule immense, refusant toute possibilité à ce que contenait ses murs une petite chance de survie. La Jonin hurle seule au pied des décombres enflammés, les derniers vestiges de sentiments l'habitant se scellant en elle. Comme pour accueillir les larmes qui coulent le long de son visage masqué, les nuages noircis par les hautes fumées de l'incendie se mettent à déverser leur propre flots, les trombes n’apaisant pourtant rien à l'âtre titanesque.

Un craquement se distingue au sein du bûcher, puis un second. Et alors que l'on attendrait sans trop de surprise à un énième, une explosion verticale accompagnée d'un flamboiement de bouquets ardents d'un noir plus profond que le néant s'élève vers les cieux. La langue de feu nocturne éparpille les nuages dans son onde de choc accompagnée en cela d'un grondement en tout point comparable à celui de la foudre amplifié des dizaines de fois.

Au milieu de ce désordre, une naissance mêlée de renaissances, deux êtres n'en faisant plus qu'un dans un impossible tout, soufflant purement et simplement l'incendie autour de lui, éparpillant les débris dans l'explosion de sa création. Et tandis que le parcourait encore le feu d'encre et que le silence s'invitait après la lourde présence d'un chaos omniprésent, une voix qui fut celle de Masao tout en étant totalement différente prononça :

… Yūkino Seishin...
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Jônin

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MessageSujet: Re: [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin) Sam 3 Sep - 12:03

Ma tête me fait terriblement mal quand je me redresse. Mon corps ne veut plus bouger, il se fige et mes larmes oublient même de couler. Me voilà seule dans ma tâche, me voilà seule car les deux hommes qui me portaient l’affection qu’il me manque sont morts. Tous les deux se battaient pour moi, ils se battaient tellement fort qu’ils ont maintenant disparu, au nom de l’amour qu’ils me portaient. Et à chaque fois, j’étais loin d’eux. C’est comme si la réalité m’empêchait de les rejoindre pour que je puisse partager davantage de choses avec eux, comme si le destin s’en mêlait. Les Kami me détestent-ils à ce point pour m’infliger tant de souffrance ? Le bâtiment s’est effondré, il ne reste qu’une colonne de fumée noire s’élevant vers le ciel. Est-ce l’âme de Masao qui part rejoindre du monde ? Non... il était mystérieux mais pas si sombre.

Je sursaute lorsque j’entends le bucher craquer une fois, puis la deuxième. Le peu de réflexes qui me restent me font me relever et me mettre en garde face à cette énorme masse ténébreuse qui s’élève bien plus vite que la fumée. Le bruit qui résulte de cette explosion complètement surnaturelle me fait tourner la tête et je m’en bouche les oreilles, interloquée par cet évènement inattendu. Les débris sont soufflés tout autour de la source du bruit et du flot ébène et c’est alors que je distingue une silhouette que j’écarquille mes yeux, malgré qu’ils me brûlent atrocement eux aussi.

J’ai l’impression que mes yeux et mes souvenirs me jouent des tours. Sans m’en rendre compte, je m’approche pour mieux voir. C’est Masao... mais il a les cheveux longs, bien plus longs. Et ses yeux vairons ont disparu. Puis, il annonce ce qui semble être un nom : Yūkino Seishin. Je ne veux pas y croire. Masao est mort, je le sais, je l’ai senti. Et c’est comme si d’une certaine manière, il était encore là. Mais lorsque je m’avance et fais le geste insensé de poser ma main sur sa joue, je ne peux que me noyer dans des yeux rouges sang. Ce regard, cette attitude et même certains détails de son corps me font dire que Masao a bel et bien disparu. Puis soudain je pense à la possession. Et cette pensée devient une obsession. Un Yokaï aurait pris le corps de Masao pour accomplir je ne sais quelle mission ?

Tout tourne dans ma tête, encore plus qu’avant et, bientôt, ce sont mes réflexes qui reprennent le dessus sur mes émotions. Possession rime alors avec élimination et je dégaine un wakizashi, tentant de l’autre main de paralyser le nouveau venu... sans succès. Il esquive avec une rapidité déconcertante. Ou tout simplement parce que je ne réponds plus de rien.

- Sors ! Sors de son corps ! dis-je alors fermement avec ma voix déjà éraillée par mon précédent cri.

Chacun de mes mouvements est calculé et précis, comme toujours, mais manque d’impact car le monstre esquive sans arrêt, parant souvent mes attaques à mains nues, sans jamais me retourner de coups. J’en deviens aveugle et obstinée, comme si me défouler sur lui pouvait remplacer un exorcisme traditionnel. Mais je ne suis même pas sûre que cela puisse réellement exister. Jusqu’ici, j’étais sceptique à toute vraisemblance surnaturelle, me disant qu’elles existaient mais sans influencer ma vie. Je n’en tenais donc pas compte. Mais cette apparition ne peut être ignorée... je continue donc à insister, ne faisant même pas attention au nouvel aspect physique qui se trouve devant moi. Je ne veux que tuer et éliminer cet être qui me rapproche de Masao alors qu’il est parti.

Je m’épuise et commence à réaliser que cet affrontement est vain. Mes poumons sont embrumés, je n’arrive pas à le toucher et, certaines de ses techniques m’étant terriblement familières, je peine à garder ma concentration. Je sens mes larmes couler à nouveau, alors que j’assène mes derniers coups sans effets sur l’inconnu. Puis, finalement, je croise son regard de sang et y trouve une expression surprenante. C’est la tristesse que j’y trouve, imprégnée dans ses yeux comme une blessure, comme si le fait que je l’attaque ne l’effrayait pas du tout et qu’il avait de la peine de me voir dans cet état. Je m’arrête donc net, reculant de quelques pas pour prendre un peu de distance. Je fais mine d’essuyer ma sueur et la saleté sur mon visage mais j’en profite pour sécher mes larmes d’un revers de bras. Fuyant alors son regard, baissant la tête après l’avoir regardé de haut en bas, je me décide à l’interroger, la voix cassée et tremblante.

- Tu n’es pas Masao... et tu n’es pas totalement Yokaï, du moins pas un mauvais... Mais alors... qu’est-ce que tu es ?

Je chuchote finalement une dernière phrase dont j’ignore s’il a pu l’entendre.

- Est-ce qu’un jour on arrêtera de me hanter ? Je suis... tellement... tellement épuisée.

Mes deux lames sont dans mes mains et, resserrant mon emprise sur leurs gardes, je ne peux retenir un dernier sanglot, baissant évidement la tête pour cacher mon émotion à ce... Yukino.


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Chûnin

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MessageSujet: Re: [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin) Sam 3 Sep - 20:12

Les flammes d'onyx moururent tout autour de lui presque instantanément, comme si une fois relâchée vers les cieux, elles retrouvaient le chemin de son corps et le réintégraient pour ne plus en sortir, hormis quelques rumeurs s'échappant encore de son épaule droite. Il les avisa curieusement, nouvelle conscience d'une entité éternelle et d'un shinobi mortel mêlés. Une immédiateté de deux vies, un aspect de l'existence et les souvenirs d'un homme fusionnés s'imprima à lui comme une évidence.

Il prit une grande inspiration, la première de son existence et la goûta avec délice. La sensation de chaleur qui l'environnait, les odeurs avoisinantes l'envahissaient, il découvrait cela tout en les ayants pourtant toutes déjà connues. C'était une renaissance intégrale. Il se sentait dépérir à petit feu néanmoins, une lente agonie qui prendrait probablement des dizaines et des dizaines d'années, il n'aurait pas su les estimer, mais plutôt que de pleurer cette évidente mortalité, il se senti euphorique du sens que la vie prenait alors.

Il aurait voulu éclater d'un rire franc et manqua de le faire, si son regard braisé n'avait été attiré par une silhouette s'approchant de lui. Il tourna son attention vers cette dernière et il su dans l'instant que le centre de son monde, que tout ce qui importait alors pour lui se trouvait là, bien qu'il n'en comprenait pas le pourquoi, ni ce qui provoquait cette évidence. Mais c'était un fait et il n'alla pas contre, bien au contraire.

Il accepta tout ce que ce renouveau lui offrait, y compris l'être qui titubait dans sa direction et dont le visage, plus merveilleux que l'astre flamboyant qui illuminait les cieux le jour, évoquait un choc terrible et une insondable tristesse. Il voulu lui demander ce qui n'allait pas, ce qui provoquait son émoi, car il su que cela en était, c'était inscrit dans sa chair. Mais elle vint lui caresser doucement la joue et ce contact était une découverte totale.

Aucune âme qui l'habitait n'avait jamais été l'optique d'une telle attention et l'une d'elle tout particulièrement brûlait d'une joie sans borne de cette attention. Il aurait voulu lui rendre le geste, passer sa main sur cette expression dramatique pour lui offrir un peu de ce qu'il ressentait, et bien plus encore. Une suite d'idées firent irruption en lui, dont la douceur manqua de le faire défaillir. Mais l'instant passa trop tôt, il ne put esquisser le moindre mouvement affectif dans la direction de cette femme, car elle était cela, il le savait aussi.

Elle dégaina une langue d'acier - son wakizashi, il le connaissait bien – et tenta de l'attraper au passage. C'était un geste qui n'avait rien d'aimable, porté par une colère à son égard qu'il ne pouvait concevoir. Du plat de la main, de ce qui fut plus un réflexe martial inscrit dans ses gênes que l'expression de sa pensé, il para délicatement le bras d'emprise pour le laisser glisser à ses côtés. Elle appela alors quelque chose ou quelqu'un à sortir de son propre corps, si bien qu'il en vint à se demander quoi.

Il était un tout, sans distinguer ceux dont il était issu, il venait de naître et se savait capable de mourir. Il ne voulait pas mourir et faire sortir quoique ce soit de son corps n'était certainement pas une bonne bonne chose pour se garantir de pouvoir continuer d'exister. Le désespoir qui émanait de la voix de cette femme - Akane, elle s’appelait Akane – lui vrilla le cœur de mille souffrances. Sa lame fusa vers lui à une vitesse incalculable en de redoutables coups d'estoc.

Mais alors qu'elle amorçait chacun de ses gestes, il retrouva leur image dans sa mémoire. Sa danse merveilleusement fatale lui était connue jusque dans les moindres détails. Aussi se contenta-t-il de simple pas, laissant passer l'épée courte devant lui et l'avisant comme une curiosité, pourtant conscient du danger qu'elle représentait. Un nouveau coup, de taille cette fois ci, l'oblige à aller chercher l'avant bras de la combattante pour en altérer le mouvement et le laisser finalement glisser par dessus lui sans heurt.

Il la chercha du regard, l'interrogeant de façon muette sur les raisons qui la poussaient à agir ainsi. Il recherchait ce qui pouvait justifier que chaque cellule de son corps vibrait pour elle tandis qu'elle le haïssait visiblement au point de vouloir lui refuser son droit de vivre. Sur le visage de la Jonin – Jonin, elle est le jonin – il ne décèle que les affres de la désolation. Elle était pourtant si belle lorsqu'elle était gênée, quand le rouge lui montait aux joues, il se souvint de cela aussi.

Alors il se demandait pourquoi, tout simplement, se contentant d'éviter qu'elle ne l'abatte. Il vit le désespoir s'approcher de lui comme une bête insidieuse, provoqué par son incapacité de soutien à son univers qui se démenait pour en finir avec lui, et le détruisit d'un simple regard mental. Ce monstre ne pouvait simplement pas avoir d'emprise sur lui, mais il détenait un pouvoir total sur elle. Il fallait qu'il l'aide et tout à ses esquive inconsciente, il se mis à réfléchir à cela.

Il ne pu que la regarder tristement s'user, se fatiguer, se faire du mal à elle même, s'acharner inutilement. Une seule chose aurait pu lui ordonner de mourir qu'il aurait accepté sans attendre et c'était elle. Mais lorsque leur regard se croisèrent enfin, il su qu'elle ne le souhaitait pas vraiment, que ce n'était pas elle, mais la bête nommée souffrance qui l'animait. Pour toute réponse à cette compréhension elle se défit soudainement de leur duel, comme si elle avait vu en lui une chose qu'il ignorait.

Son chagrin était si visible, elle se délitait mentalement devant lui sans qu'il ne trouve une solution immédiate à cela. Sa voix – sa si magnifique voix – évoque une telle détresse qui se sent au bord du gouffre alors qu'elle tente de lui donner une identité. Elle s'effondra, son ton cassé virant au murmure éraillé d'un être défait. Mais elle ne tomba pas, tentait de rester digne, ses armes en mains. Il pencha la tête sur le côté comme un animal curieux, laissant couler ses cheveux qui n'attrapaient aucune lumière ou presque sur son épaule droite et entrepris de répondre à ses questions, même celles qui ne lui étaient pas adressées :

Je ne suis pas vraiment Masao. Je ne suis pas vraiment un… Yokaï… Je ne suis pas mauvais, je crois. Je ne sais pas si je suis bon non plus. Je ne suis pas une chose. Je suis Seishin. C'est le nom que l'on m'a donné à ma naissance. Je ne veux pas mourir non plus… Pouvez vous ne pas me tuer ? Je ne veux pas vous hanter. Je veux vous aider. Ne soyez…

Ce n'était pas naturel. Quelque chose en lui lui intimait qu'elle le complétait plus encore que la fusion dont il était le résultat. Elle incarnait en grande partie cette force qui avait permis à l'impossible de voir le jour. Il repris, sa voix n'avait plus que des échos de celle du corps que l'espoir avait investi, mais :

Ne sois pas si triste… Akane. Il n'y a pas de quoi pourtant. Je me souviens de mes derniers instants, j'étais heureux que tu sois saine et sauve, mais triste de t'abandonner à la fois. Je ne dirais pas que me revoilà, car je ne suis pas celui que j'ai été. Je viens de naître, plein de souvenirs et de savoirs. Je sais qui tu es et ce que tu es. Et je sais que tu es tout ce qui est bon pour moi en ce monde… Alors… S'il te plaît.. Pourrais-tu ne pas me tuer ?

Il sortit des décombres et parcouru lentement la distance les séparant tout en parlant. Il plaça sa main sous le menton de la maîtresse des ninjas des flammes et releva ses traits sublimes vers lui afin qu'elle ne pusse se dérober à son regard et comprenne la demande qui suivit :

Je suis désolé pour ce que j'ai pu te faire pour que tu me détestes à ce point. Je ferais tout ce que tu souhaites pour que tu me pardonnes… Mais… Pourrais tu ne pas choisir ma vie ? Je peux te l'offrir de mille façons et tu as le droit de la détruire, mais… J'aimerais exister… Si cela ne te déranges pas… Pour toi et avec toi jusqu'à ce que mon corps ne périsse de lui-même.
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MessageSujet: Re: [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin) Dim 4 Sep - 10:30

De sa voix grave et mélodieuse, il répond. Il a pourtant l’air, au fil des mots, aussi perdu que moi, à ne pas savoir vraiment ses origines. Il ne me veut pas de mal et le fait qu’il dise qu’il veuille m’aider me fait serrer encore les poings. Tous ceux qui veulent m’aider sont candidats au malheur. Aurai-je alors encore une autre vie sur les bras en acceptant qu’il me vienne en aide ?

Je voudrais pousser cette réflexion plus loin mais lorsque j’entends mon nom, je relève brutalement la tête, les yeux écarquillée de surprise. Cette voix si familière et si différente en même temps... Il parle mais ce n’est pas lui. C’est une dualité qui s’impose à moi, j’en arrive alors à comprendre que Masao a peut-être fusionné avec autre chose à l’intérieur de ce bâtiment. Quelque chose qui lui a permis de conserver ses souvenirs mais pas sa personnalité. Quelque chose lui permettant d’exister, sans être vraiment là encore. C’est un beau méli-mélo qui se passe dans ma tête, alors que le nouveau venu me demande de ne pas le tuer mais ce méli-mélo sonne comme une évidence. Il me connait par cœur, grâce à ce que nous avons vécu. Mais il ne me connait pas en tant que Seishin.

Des frissons parcourent tout mon corps alors qu’il sort des décombres, relevant finalement mon visage vers le sien. Ses mots accompagnés de la rivière de sang dans ses yeux font à nouveau monter mes larmes, sans que je ne puisse les cacher, cette fois-ci. Elles roulent cependant doucement sur mon visage, ma gorge se contentant de se nouer sans laisser échapper de sanglot incontrôlé. Ses phrases se mélangent dans ma tête : il veut m’offrir sa vie mais tout autant exister. Il veut le pardon mais vivre pour moi. Il veut rester avec moi mais ne me connait pas. Enfin... il me connait. Et c’est bien ça qui pèsera les jours suivant notre rencontre. Comment se comporter avec un inconnu qui nous connait jusque dans notre sommeil ? Rester naturelle ou essayer de le surprendre ?

Ma tristesse s’évanouit quelque peu. Je sais ce qu’a ressenti Masao dans ses derniers instants et imagine qu’il ne voudrait pas me voir me morfondre. Il se moquerait d’ailleurs probablement de mon attitude s’il me voyait douter sur la suite de ma vie sans lui, estimant que la Jônin de Setsu doit faire son travail et peu importe les pertes. C’est pourtant lui qui a pris les devants, comprenant qu’il me fallait du temps pour faire mon deuil. J’avais de la peine à comprendre mon Chûnin... arriverai-je à comprendre ce nouvel être devant moi, ne sachant pas vraiment avec quoi il a fusionné ? Zakuro m’aurait poussé à essayer, rien que par curiosité.

- Tu n’as rien à te faire pardonner, dis-je enfin, après avoir détourné mon visage et fait un pas en arrière pour briser cette proximité. J’ai compris.

Je rengaine directement mes wakizashi et, fuyant toujours son regard, je continue.

- J’ai compris où sont les êtres que j’ai perdus : chacun dans un univers qui n’est pas le mien. Depuis ma naissance, je dois lutter contre le sort que me réservent les Kami. Alors... pour Zakuro et Masao, je continuerai à lutter. Car c’est cette Akane qu’ils ont vu et désirée à leurs côtés.

Je relève la tête, d’abord hésitante puis, reprenant mes esprits, je retrouve aussi la réalité, les faits et ma logique.

- Je ne te tuerai pas, je n’ai aucune raison de le faire et encore moins le droit de vie ou de mort sur toi. Masao m’avait prêté allégeance mais tu n’es pas obligé de suivre cette volonté si elle n’est pas totalement la tienne. Cependant, sache que si tu le décides tout de même, il y a de fortes chances que ton corps ne périsse pas naturellement... Nous faisons face au danger sans arrêt... tu l’as vu, voire vécu. Alors, si tu restes, il faut que tu sois conscient que je peux mourir, moi aussi. J’en ai passablement assez que les gens donnent leur vie pour moi... Donc j’aimerais... que tu survives en premier lieu pour rester avec moi, pas pour empêcher ma disparition.

Je ne sais pas réellement ce qu’il me prend de lui parler si familièrement, comme si nous nous étions toujours connus. Mais je ne veux plus avoir à faire de deuil de façon si brutale. Si je m’attache à quelqu’un d’autre pour finalement le perdre, alors j’aurai pleine conscience qu’il a vécu jusqu’au bout avec l’envie d’être avec moi, chose dont je n’avais pas conscience jusqu’à aujourd’hui. Du moins, pas réellement, moi qui suis pourtant si proche de la mort chaque jour.

- Je dois retourner à la capitale faire le rapport de cette mission à mon frère et nous sommes à la pointe d’Hibana. Deux bonnes semaines me seront nécessaires pour m’y rendre, si je ne prends pas de cheval en route. Je trouverai sûrement des Genin à Keito et Boya, qui transmettront le message que je suis en chemin.

Je bois en vitesse une petite gorgée d’eau réchauffée de la gourde toujours accrochée à ma ceinture.

- Comme je n’ai rien prévu pour camper, je pense faire une halte dans une auberge, avant d’entamer le gros du voyage. Donc si tu viens... Je connais un onsen pas loin d’ici qui me permettra de m’ébouillanter pour oublier tout ça sereinement...

Je m’étonne d’avoir déjà retrouvé un peu d’aplomb et j’ignore où est passée la souffrance. Peut-être alors ai-je gagné en maturité et me suis rendue compte que me méfier d’un être qui ne nous veut pas de mal ne sert qu’à se fatiguer inutilement. Peut-être aussi ne réaliserai-je que demain que cette nouvelle présence à laquelle je dois m’habituer est celle-là même qui m’apaise.


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Chûnin

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MessageSujet: Re: [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin) Dim 4 Sep - 18:29

Elle fut en proie à une lutte interne telle qu'il ne pu l'ignorer. Son visage ainsi orientée par la main du ressuscité ne put guère cacher quoique ce soit du bouillonnement de sentiments chaotiques qui s'entrechoquaient derrière ces yeux sombres et embrumés de larmes. Il ne savait guère lire les pensés, seules les sensations transparaissaient alors qu'il détaillait la jônin perdue. Mais il ne pu qu'être heureux de la voir s'affermir, se reconstruire légèrement.

C'était infime tout en étant significatif malgré tout. Il regretta quelque peu le fait qu'elle se détacha de l'étreinte de ses doigts en lui assurant qu'il était exempt de pardon à obtenir. Mais la noirceur qui avait paru envahir la jeune femme s'atténuait doucement, laissant place à un teint grisâtre, mais autrement préférable aux affres du désespoir dans lesquels elle s'était engagée un instant plus tôt. Sous son masque, il se mis à sourire inconsciemment.

Les flammes de nuit s'évanouissent définitivement autour de lui. Le brasier qui fut si fort auparavant s'étant vu totalement avalé par les émanations qui avaient accompagnées sa renaissance. Il la laissa discourir, mesurant chacun de ses propos comme si il avait l'habitude de la voir ainsi tout en la découvrant pour la première fois, chérissant ce son comme une mélodie que l'on aime entre toute ou que l'on entend sans précédents connus.

Elle parlait comme si elle considérait déjà qu'il la suivrait, ce qui était probablement une évidence, car il ne souhaitait aucunement être détaché de sa compagnie. Sa façon de dresser la suite des événements, de lui indiquer où elle se rendrait… Il en était déjà conscient et l'apprenait tout à la fois, qu'elle le lui transmette ainsi cependant rendait visible une inconsciente volonté de ne pas souhaiter être seule.

La moitié de ce qu'elle prononce est une découverte, trouvant pourtant écho rapidement dans les souvenirs du jeune incarné alors qu'ils lui semblent à raison tout à la fois inédits. Il la laisse un instant se rasséréner avant de reprendre la parole à son tour. Il se rapprocha à nouveau d'elle, son visage incliné sur le côté de façon curieuse, laissant couler la longue cascade de ses cheveux nuits le long de son omoplate droite.

Sa voix est à la limite d'un murmure, il n'a pas besoin de hausser le ton pour se faire entendre tandis qu'il se tient simplement au dessus de l'épaule du centre de son attention :

Merci… Je suppose. Je ne suis pas très certain de ce qu’allégeance signifie, bien que cela sonne familièrement en mon esprit. Je n'ai nul endroit où aller autre que celui où tu te rends et ceux où tu te trouveras à l'avenir. Si je dois périr de cela, alors au moins aurais-je vécu comme je le voulais cette vie que je viens d'acquérir. Je sais tout ce qu'il y'a à savoir de ce dont tu traites et pourtant, je dois tout apprendre à la fois. J'essaierais de ne pas te gêner, Akane.

Je ne sais pas pour ces gens dont tu parles à propos de celle qu'ils virent et désirèrent à leur côtés. Pour ma part, celle qui se tient en face de moi est celle que je veux suivre, si cela répond à cette question que tu n'as pas posé. Et oui, je veux survivre pour pouvoir le faire. Mais je ne tolérera pas que tu puisses disparaître. Cela n'arrivera pas tant que ce vaisseau qui est mon corps sera debout, que cela te plaise ou non, en vérité. Car c'est la voie que j'ai choisie dès ma naissance.


Il marqua un temps de pause, alla se frotter machinalement l'arrière du crâne, redoublant son sourire sous son mempo noirci par les flammes, pour reprendre enfin :

Allons donc à … mmh… la capitale… De… Là où tu dois te rendre… Je me souviens des chevaux. Mais pas si je les aimes ou pas. Ni de ton frère, ni même de ce que cela veut dire tout en sachant que cela signifie que vous êtes liés d'une façon ou d'une autre. Tout est flou. Tu parles d'espace et de temps, mais si cela m'évoque bien quelque chose… Je suis bien incapable de l'exprimer. Pour ce qui est de t'ébouillanter… Je ne suis pas certain que cela soit une bonne idée pour ta santé. Puis-je t'en dissuader ?

Tant de choses lui échappaient en vérité qu'il s'en sentait réellement désolé. Ainsi, il avisa son interlocutrice, quelque peu pantois devant la somme d'information qu'elle lui fournissait et dont il ne pouvait finalement pas faire grand-chose.
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MessageSujet: Re: [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin) Lun 5 Sep - 17:57

Un instant et je remarque que les flammes noires ont disparu, maintenant. Quelques crépitements font encore vivre la chaleur dans la pierre et le bois de l’ancien Temple et je me perds presque dans les braises mourantes. Mais voilà qu’il se rapproche encore, sans pour autant me toucher, cette fois-ci. Son comportement est vraiment étrange. C’est un bel homme, qu’on pourrait penser mystérieux et sombre si on le croisait ailleurs, le regard dans ses pensées... Mais lorsqu’il penche la tête ainsi, qu’il me regarde et me parle d’un ton si bas que je dois me concentrer pour l’entendre – crier ne m’a pas mieux fait entendre... – je ne perçois en réalité que de l’innocence et de la douceur. Beaucoup de douceur.

En l’écoutant attentivement, je retrouve cette dualité que j’ai ressentie un peu plus tôt. Elle apparait clairement, cette fois-ci. Il le dit lui-même : il sait de quoi je parle mais en entend parler pour la première fois. En temps normal, ce genre de « surprise » m’aurait agacée et je n’aurais pas mis longtemps à m’en aller, seule, faire mon rapport. Mais celui-là... Je ne sais pas si c’est l’instant, mon ouverture d’esprit ou son comportement... Mais je veux le connaitre. Apprendre à savoir quelles réactions il peut avoir. Car je sais qu’il n’aura pas les mêmes que Masao, bien qu’il en possède apparemment des « morceaux ». Le fait qu’il n’ait pas d’autre endroit où aller me fait penser à Mikan... Aurais-je découvert une fibre pour aider les plus faibles ? Je n’en sais rien. Et je ne pense pas que ce soit cela, finalement, car le dénommé Seishin n’est pas faible, loin de là.

Je me sens toujours étrange lorsqu’il m’appelle frontalement par mon prénom. J’ai toujours demandé à Masao de faire l’effort devant les autres, d’appliquer un minimum de politesse. Mais je me rends compte que c’était inutile. La détermination de Seishin à rester avec moi, à se battre pour rester en vie et pour me défendre me donne des frissons. Ce rapport est plutôt effrayant, tout compte fait. Encore plus effrayant lorsque je le vois sourire sous son masque et que la douceur détectée un peu plus tôt refait son apparition. Et alors que la confusion l’a rejoint dans son discours, j’écarquille à nouveau les yeux lorsqu’il prend ma dernière parole sur le onsen au sérieux. Instinctivement, j’ouvre la bouche pour lui répondre mais aucun son n’en sort, à part une phrase découpée, dite d’un ton neutre et d’une voix à peine audible.

- Ce n’est... qu’une... expression...

Ma gorge laisse alors un son incontrôlable en sortir et je réalise en plaçant ma main sur ma bouche par réflexe, qu’il s’agit d’un rire ridicule. La gêne me gagne mais mon rire se calme et devient timide... et pourtant si sincère. Un rire qui met environ deux minutes à se calmer mais je le laisse me libérer du poids qui restait sur mon cœur... le dernier poids avant de redevenir moi-même. Du moins... la moi-même de maintenant. Le sourire aux lèvres, manquant de rire encore, je ne quitte alors plus son regard et lui parle presque avec affection.

- Je crois que je suis allée un peu trop vite pour que tu saisisses tout. Je vais te laisser digérer ces informations le temps du trajet à l’auberge. Mettons-nous en route, j’aimerais arriver au plus tard à la nuit tombée.

***

Le trajet est plus qu’étrange. D’abord distrait par ce qui nous entoure sur la route, Seishin attarde vite ses yeux couleur sang sur moi... d’une façon plutôt neutre mais pourtant bien insistante. Les doigts croisés derrière sa tête, il se rapproche de moi et ne s’éloigne que lorsque je prends moi-même un peu de distances. Ce ne sont pas des frissons de plaisir qui parcourent mon échine et j’en viens à me demander ce qui m’a pris de le laisser me suivre. Peut-être son visage et le haut de son corps découverts m’ont-ils inspirés confiance ?

Car c’est réellement ce qu’il fait... il suit jusqu’au moindre battement de mes cils, me donnant l’impression d’admirer chacune de mes respirations comme si j’étais quelque chose de sacré. Il détaille de son regard observateur chaque pli du masque que je tente désespérément de recoller pour passer incognito dans le petit village sur la route. Plusieurs fois, je m’arrête net et soupire quelque peu mais il ne semble pas vraiment tenir compte de mon agacement. Voulant profiter du calme malgré tout, je garde la question du « pourquoi » pour plus tard, puisqu’il semble à même de répondre à mes questions, même lorsqu’il n’en connait pas la réponse.

Nous arrivons finalement tardivement à l’auberge et, avec mon masque rafistolé, le propriétaire manque de ne pas nous laisser entrer, voulant préserver sa clientèle des voyous. Après quelques sous distribués, j’arrive à réserver une chambre pour deux et peut même négocier un accès aux bains au-delà du couvre-feu. Arrivée dans la pièce, je m’empresse donc de dire à Seishin ce qu’il en est pour moi :

- J’ai vraiment besoin d’aller me baigner alors je file, avant d’être trop épuisée pour profiter pleinement. Le bain des hommes est de l’autre côté. Détends-toi, nous nous retrouvons ici dans un petit moment.

Je lui donne des consignes comme à un enfant mais je ne veux pas m’attarder de trop. Après une toilette rapide mais efficace, je laisse mon linge sans penser à ma pudeur – apportant quand même mon masque pour le poser sur l’une des pierres servant de rebord au bassin – et entre alors seule dans le bain des femmes. Toutes sont endormies à cette heure tardive, c’est donc la paix qui m’attend dans l’eau bouillante de ce onsen de qualité. Jusqu’à ce que j’entende des pas... discrets mais tout de même. Puis j’aperçois une silhouette qui m’est maintenant familière. Je ne réagis pour le moment pas et reste plantée dans le bain, me redressant jusqu’à être debout, les avant-bras sur les seins pour cacher à son regard observant tout un brin de mon intimité, que la vapeur ne cache pas tout à fait. Et alors qu’il n’est qu’à quelques centimètres de moi, je le regarde droit dans les yeux, les lampes à huile environnantes me permettant d’en saisir la lueur.

- L’autre côté... ce n’est pas dur à comprendre, si ? Tu ne m’as pas assez regardée sur le trajet, il fallait que tu me voies nue ?

Le ton est agacé mais le soupire qui en découle après fait tomber mes protections. Finalement... peut-être qu’un peu de compagnie ne me ferait pas de mal. Seule, j’aurai eu du temps pour réfléchir et cogiter. Trop de temps...


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MessageSujet: Re: [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin) Lun 5 Sep - 18:10

Elle éclata d'un rire franc et cristallin, effaçant en un instant toute la peine qui se dépeignait sur ses traits. L'expression de joie manqua de faire s'échapper le cœur de l'incarné de sa poitrine tant il trouva la démonstration agréable. Il se prit à sourire en réponse sans réellement comprendre ce qui avait pu provoquer un tel épanchement de joie et ce malgré la clarification qu'elle avait tenté de lui apporter.

Il se retint de demander quelle genre d'informations pouvaient être digérées, un pressentiment lui indiquant qu'il s'agissait là aussi d'une forme d'idiome, comme elle le lui avait avouée à propos du fait de s'ébouillanter. En lieu et place de toute réponse, il se frotta l'arrière du crâne, un peu perdu et gêné de ce manque flagrant d'intuition. Les propos et les termes se mêlaient dans son crâne, leur significations multiples l'embrouillant plus qu'il ne voulait bien l'admettre.

Finalement, il se dit qu'il verrait bien les choses de lui-même et décida simplement de suivre celle pour qui il avait bravé sa propre mort. Néanmoins, avant de procéder à cela, il se défit de son masque et s’apprêtant à le jeter, retint son geste au dernier moment pour aviser l'amas de bandes dont il était couvert disparaître comme un feu s'éteignant. Bientôt, il se retrouva à moitié nu, seul un hakama subsista, probablement celui du corps d'origine qui l'avait vu naître.

Son guide était parti en avant sans réellement veiller à ce qu'il reste dans ses pas, aussi haussa-t-il les épaules et dans ce simple effet, se mis-t-il à rattraper la jonin, loin d'être préoccupé par le manque de pudeur dont il faisait état. Quittant les ruines lugubres encore fumantes des combats et de sa renaissance, le monde qu'il connaissait déjà en son for intérieur se montra à lui dans une danse de lumières et de couleurs toutes plus magnifiques les unes que les autres.

Tout en tâchant de rester à la suite de la jeune femme, il ne pouvait pas s'empêcher de jeter un œil ça et là, s'émerveillant de la moindre statuette votive sur leur passage, de la façon dont était pavée la route, de l'inclinaison d'un arbre aux abords de leur chemin, du vol inopportun d'un oiseau effarouché et même de la simple couleur des cieux les surplombants. Mais cette contemplation ne dura pas éternellement.

Car de toutes ces choses qu'il redécouvrait, rien n'aurait plus trouver plus grâce à ses yeux que la silhouette de l'héritière des Setsu. Calant ses mains derrière sa tête, il trottina jusqu'à cette dernière dans le but de l'admirer plus en détail et de comprendre l'attrait qu'elle exécutait sur lui. De la façon dont ses hanches étaient soulignées par son kimono de combat à la danse de ses cheveux attachés dans son dos en passant par sa manière de marcher issu de deux mondes opposés de la noblesse et des ombres, bien qu'il n'en comprenait pas tout à fait l'étendu de la signification, il n'y avait rien qui ne déclenchait pas en lui une attirance inconditionnelle.

Curieux, il voulu voir si la sensation en allait de même si il la détaillait de front et il se mis à doubler la cadence afin de se retrouver à ses côtés. De là, il l'avisa en biais, son visage incliné comme il en avait déjà fait la démonstration plus tôt, dans les ruines qu'ils avaient laissés derrière eux. De ses traits fins à la pureté de son cou, de ses épaules nues et de ce que l'imagination ne pouvait que deviner sous les quelques couches de vêtements qu'elle portait, le constat fut le même que celui qu'il avait ressenti alors qu'il s'était tenu à sa suite.

Il lui était impossible d'assimiler la chimie qui s’opérait dans son nouveau corps, ni ne savait bien quoi faire de cette dernière. Il était certain qu'elle lui évoquait un intérêt bien supérieur à celui qu'il avait eu pour leur entourage, qu'elle était comme un centre de gravité auquel il ne souhaitait pas échapper sans vraiment savoir pourquoi et au-delà de cela, qu'il n'y avait rien de plus merveilleux que sa personne à ses yeux.

L'ennui qui l'accaparait néanmoins était le doute total de ce qu'il devait bien faire de tout cela. Elle avait parler de digérer les informations sur le chemin, aussi espéra t-il que peu importait la signification que ça pouvait bien avoir, il lui fallait y parvenir pour voir plus clair. En attendant, il ne se déroberait pas au spectacle qu'elle lui offrait par sa simple présence tant il lui paraissait attrayant.

Pris du désir de voir ses yeux de plus près, il rapprocha son visage autant qu'il le pouvait sans risquer de la gêner dans sa marche. Il lui sourit lorsqu'elle croisa son regard, mais sa réaction ne fut pas celle attendue et il su instantanément l'avoir embarrassée de par son insistance lorsqu'elle rompit le contact de leurs iris et détourna ses traits pour finalement les couvrir d'un triste masque soustrayant sa beauté aux attentions de l'incarné.

Ce n'est qu'au bout de quelques insistances de sa part qu'il fini par comprendre véritablement l'agacer. Il en fut parfaitement désolé sans pour autant savoir quoi faire. Elle ne partageait pas sa joie d'être ainsi en sa compagnie et contrairement à lui, ne tentait pas de le détailler comme il le faisait, si bien qu'il fut certain qu'il devait mal agir d'une manière ou d'une autre et resta dans son ombre sans moufter pour le rester de la marche et jusqu'à l'auberge.

Leur accès à cette dernière semble assez compliqué sans qu'il ne sache réellement pour quelle raison, mais Akane parvint à leur offrir le gîtes malgré tout. Une fois parvenu dans la pièce, Seishin en fait le tour d'un simple coup d’œil, une petite salle pour eux deux. Il haussa un sourcil, intrigué par cela. Durant le voyage, elle n'avait pas manqué de lui signaler sa volonté de garder quelques distances par rapport à lui et finalement, elle ne paraissait pas voir de problème dans le fait qu'ils en viennent à partager ce petit espace à deux.

La confusion fut d'autant plus importante lorsqu'elle lui donna ses instruction, sous entendant qu'ils allaient devoir se séparer pour se retrouver plus tard. Il ne répondit pas plus à cela, la laissant quitter la pièce et réfléchissant à chaque mot qu'elle avait prononcé. Il n'y avait rien de logique à vouloir se soustraire à sa présence si c'était pour se réunir à nouveau, jugeant qu'il s'agissait là d'une perte de temps évidente.

Elle lui avait paru sombrer quelque peu dans la mélancolie et loin d'elle semblait le rire qu'elle avait eu devant lui plus tôt. Ce n'était certainement pas en l'abandonnant qu'il parviendrait à nouveau à lui offrir la sérénité qu'il lui souhaitait plus que tout, aussi se décida t-il qu'il la rejoindrait au contraire de ce qu'elle lui avait indiqué. Parvenu à la salle de change, il quitta sa moitié de kimono encore valable et attrapa une serviette qu'il enroula autour de son cou dans un geste instinctivement familier.

Sans que rien ne vienne plus le couvrir, ne laissant plus le moindre doute à l'imagination pour qui le détaillerait, il pénétra le bain des femmes nonchalamment. Elle se tenait seule dans ces derniers et il ne faisait aucun doute qu'elle l'avait entendu arriver. Il entra dans l'eau et glissa doucement vers elle, laissant se dissiper la vapeur qui l’empêchait de véritablement pouvoir admirer la nudité de la jônin.

Malgré les gestes de cette dernière, protecteur envers elle-même, elle ne fuyait pas sa présence, aussi fut il certain d'avoir eut raison dans sa compréhension de l'illogisme des instructions qu'elle avait eu plus tôt. Son propre corps réagissait instinctivement à la vu de la sculpture des formes à peine masquées de la jeune femme, mais c'est avec une certaine innocence pourtant qu'il vint presque coller son visage à celui de cette dernière, leur souffle ne se séparant que d'une poignée de centimètres et qu'il lui sourit gentiment.

Alors qu'elle lui pose ses questions, en apparence agacée par son comportement, elle ne se défait pourtant pas de sa présence ni ne le fuit. Cette fois ci cependant, il lui répondit porté par la clarté et l'évidence de ce qu'il allait lui dire :

Quelque chose en moi m’avertit que je n'aurais pas assez de ma vie pour te voir autant que je le souhaite… Couverte ou non, cela n'a pas d'importance, même si je ne peux ignorer que je t'admires ainsi pour la première fois et que je ne saurais te mentir en t'avouant que rien de plus beau ne m'est été donné de distinguer, sans que je ne sache réellement pourquoi je pense cela.

Mais fi… Cela ne te dérange pas que je reste un peu ? Il y-a quelque chose que ces souvenirs qui ne sont pas les miens me laissent entendre savoir faire et qui me semble parfait pour te faire profiter de ces bains, comme tu le souhaitais.


Sans plus attendre, il passa dans son dos et appliqua ses mains sur les épaules de la jônin en faisant légèrement peser de son poids afin de la pousser à s'asseoir, s'installant à son tour en tailleur dans l'eau chaude. Une fois cela fait, il se laissa guider par ses pensés et se mis à masser les épaules de la kunoichi aussi dans un mélange paradoxale de délicate fermeté.

Tout à cette attention, il s'intriguait de la brûlure qu'il ressentait sans pouvoir savoir de quoi il s'agissait au sein de son corps. Néanmoins, il l'assimilait au contact de sa propre peau avec celle de la jeune femme et au vu de ce qu'il ressentait, il fut persuadé prendre un plaisir immense à cela. Il espérait que ses pressions exécutaient l’apaisement souhaité et dans son inquiétude, il exprima rapidement la question :

Cela te vas ? Je ne te déranges pas ? Dois je continuer ou bien cela ne fonctionne pas et me serais-je trompé ?

Il avait prononcé ces mots, sa joue presque au contact de celle de la maîtresse des ombres du feu, la quettant de ses iris sanguin.
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Jônin

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MessageSujet: Re: [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin) Mar 6 Sep - 17:33

Alors que je pensais les centimètres nous séparant suffisamment restreints, il s’approche encore et son souffle me semble alors plus chaud que les bains eux-mêmes. Je veux reculer mais me retient, voyant qu’il s’apprête à répondre à ma question, le sourire aux lèvres. Chaque mot qu’il prononce alors me fait rougir et me donnent chaud. Mon corps entier se tend et, bien qu’il n’ait rien dit d’obscène, je me sens comme déshabillée par sa sincérité. Pourtant, on pourrait croire qu’il ne s’agit pas de la sienne, c’est comme s’il se laissait porter par ce que lui dictent ses souvenirs et ses désirs.

Déboussolée, je ne peux même pas inciter ma voix à sortir qu’il passe déjà derrière moi. J’ai alors instinctivement envie de me retourner mais ses mains sur mes épaules m’en empêchent. Il pèse suffisamment sur moi pour me faire comprendre que je dois m’asseoir, ce que j’exécute, sans savoir pourquoi je me laisse faire si facilement. Il se baisse également et tandis que je souhaite me relever en vitesse, Yûkino commence un massage des plus divins. Je ne peux empêcher un brin de voix manifester le fait que j’apprécie le geste. La détente prend alors possession de moi, quelques secondes, suffisamment pour que mes bras quittent enfin ma poitrine, se détendant à leur tour.

Son visage s’approche de mon oreille et alors que sa joue touche presque la mienne et qu’il me parle d’une voix douce et inquiète à la fois, je me surprends à souhaiter que l’instant dure toujours. Je ferme finalement les yeux et, mon ton agacé ayant complètement disparu, je laisse m’échapper quelques paroles demandeuses dans un souffle.

- C’est... parfait comme ça... dis-je, penchant légèrement ma tête en arrière, laissant presque trop naturellement le revenant contempler la brûlure sur mon cou et la naissance de ma poitrine.

Mais le temps me rattrape et, bientôt, les souvenirs s’emmêlent dans ma tête. Mon corps nu ressent les derniers évènements, du plus récent au plus ancien. D’abord les mains et les bras de Masao, les premières m’ayant sauvé la vie en me projetant en dehors du Temple, les seconds m’ayant réconfortée il y a de cela quelques semaines. Puis les résidus d’hématomes dont l’effet est ravivé par la chaleur me rappellent les combats, la douleur des blessures. Comme un bruit sourd, j’entends la voix de Seiko qui m’annonce la pire nouvelle de ma vie : « Zakuro est mort ». Le dernier et le premier massage que je recevais était alors de lui, avant celui de l’inconnu qui se tient derrière moi. J’avais eu du désir et de l’amour pour le bushi des Glaces. Un amour qui, bien que tombé sur nos têtes aussi fort qu’un rocher avait pris du temps à se mettre en place. Mais cet amour et ce désir se sont alors envolés petit à petit après sa disparition, me laissant retrouver la coquille vide que j’étais avant l’aîné de la fratrie des Shuzen.

Ma gorge se noue et ce nœud m’empêche de retenir un sanglot. Deux petites larmes coulent sur mes joues mais je ne bouge pas, alors que je commence à parler. Puis, doucement, je touche du bout des doigts ma cicatrice.

- Ça fait tellement d’années que c’est arrivé... Mais j’en ressens parfois encore la douleur. Cette  brûlure qu’aucun feu n’a su égaler... C’est comme si on m’empêchait constamment d’avancer, comme si les flammes m’étranglaient et ne pouvaient pas me laisser partir. J’ai connu une indescriptible solitude, après l’élimination de Byakuya et ma promotion. Ensuite j’ai pu m’ouvrir et réapprendre à aimer pour finalement accepter que je ne sois pas qu’un objet, grâce à une personne formidable. Et voilà que Zakuro s’en est allé. Puis, à nouveau, on m’aide à me redresser tant bien que mal... et Masao disparait. C’est comme une boucle sans fin...

Je laisse mon poids aller vers l’arrière, jusqu’à ce que le jeune homme laisse ses mains quitter mes épaules ; mon dos se loge alors sur son torse, m’apportant une chaleur bien trop rare à mon goût, réconfortante malgré ma tristesse.

- Maintenant que j’ai retrouvé l’espoir, je ne veux plus penser que la vie est vide de sens. Mais c’est parfois tellement difficile... Chaque perte est un échec, une blessure. Et chaque plaie m’affaiblit. Je suis devenue fragile à cause de tout cela. Et je suis fatiguée... tellement fatiguée... Qu’on me laisse tranquille...

Je ferme les yeux, le laissant maître de ce qu’il veut me dire ou me faire. Je ne sais plus très bien qui je suis et pourquoi je suis là. Je ne sais pas non plus dans quelle mesure Yûkino Seishin m’aidera à surmonter ma confusion. Encore faudrait-il qu’il comprenne ce que je raconte... Mitigée entre abandon, solitude, réconfort et chaleur, je me sens mal et bien à la fois, ainsi appuyée contre le seul pilier qui est à mes côtés en ce moment de désespoir. Mes larmes ne coulent plus alors que je me sens lentement glisser dans l’eau, m’évanouissant à cause de la chaleur du bain.


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Chûnin

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MessageSujet: Re: [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin) Mar 6 Sep - 21:09

Quelque chose en lui s'étonnait, elle ne résistait pas, accueillant le réconfort prodigué par les pressions légères qu'il appliquait sur ses épaules et à la naissance de son cou, comme s'il avait toujours su où agir pour apporter son lot de bien-être au sujet de son massage. Il était certain d'avoir pratiqué cela sur d'autres autrefois, sauf que ce n'était pas lui, mais un vestige de ce qui l'eut conçu il y-avait si peu de temps.

Bienheureux de l'effet que ses mouvements avaient sur la jeune femme, il se laissa porter par cette adresse sortie de nulle part, ravi intérieurement d'aider Akane à se détendre enfin après les épreuves qu'elle venait de traverser. Un bouillonnement s'emparait néanmoins de lui alors qu'elle émit un léger gémissement et dévoilait par la même occasion des atouts qu'il sut à nouveau instinctivement apprécier, surtout ceux de cette personne en particulier.

Sa propre anatomie manifestait un désir dont il connaissait mille et une façon de les assouvir. Mais une force interne lui sommait de ne pas agir de façon inconsidérée et que l'assouvissement de ses plaisirs ne pouvaient se faire qu'à la condition sine qua nun d'un consentement explicite de celle dont il prenait un soin extrême. Pour autant, la tentation était forte et il était certain qu'il serait capable d'offrir à la belle une nouvelle source de joie si elle se laissait ainsi porter par ses envies.

Il se contint cependant, poursuivant son office réparateur, laissant glisser ses doigts le long de la brûlure jusqu'à la clavicule du trésor humain qu'elle représentait. Le plus cher de tous, sans qu'il ne sache pourquoi, mais la sensation ne lui apportant que du bien, il ne cherchait pas à comprendre pourquoi. Il ne pouvait détacher son regard de la descente du cou de la maîtresse des ombres, la naissance de sa poitrine et cette dernière, tout particulièrement, découverte par les bras protecteur qui se trouvaient ballant à présent.

Il n'avait aucun critère de beauté auquel s'accrocher, mais il goûtait avec un délice infini la conviction qu'il était là devant le plus bel être qui soit en ce monde. Rien ne lui servait de connaître les raisons qui le poussait à cette ultime conclusion. C'était là un fait, il n'avait que faire du reste. Continuant ainsi et certain d'octroyer ce qu'il fallait pour alléger l'esprit de la merveille qu'il enserrait du bout de ses mains, il la sentit se tendre légèrement à nouveau, puis l'écouta sans discontinuer ses douceurs tandis qu'elle lui fit l'aveu d'une vie semée d’embûche.

Il n'ignorait rien ou presque des mots qu'elle énonçait et des faits relatés, mais il en conçu une profonde détresse, sentant son antithèse personnelle derrière les termes utilisés. Le désespoir le blessait comme une brûlure que l'on infligeait à son âme et il fut certain que celui d'Akane était le pire de tous pour lui. Alors qu'il s'apprêtait à se crisper de douleur, c'est de la jeune femme que vint pourtant l'apaisement tandis qu'elle se reposait contre lui, lui en dévoilant un peu plus de la perfection subjective qu'il assimilait de son corps.

Cependant, elle devient bien trop proche pour qu'il poursuivre ses attentions sur les épaules de la jônin. Et alors qu''elle semblait atteindre un nouveau stade de détente, il referma ses bras sur sur son abdomen, l’enserrant d'abord doucereusement afin de lui signaler sa présence et son serment de soutien éternel et muet. Il la soutint tandis qu'il prenait son assoupissement pour un don plein de confiance de ce qu'elle était, l'empêchant de sombrer dans l'eau chaude du bain.

Elle parut s'offrir totalement à ses soins, ce qu'il prit pour une invitation à poursuivre sur la partie de son corps qu'elle lui révélait. Il entreprit le massage de son abdomen, tâchant de ne pas stimuler de trop les muscles de son ventre pour éviter qu'elle ne ressente les sensation d'un chatouillement, mais bien celui de d'impulsions décontractante. Sa main droite s'autorisa de remonter délicatement jusqu'au bas du sein opposé, l'effleurant d'abord comme demande muette d'autorisation.

Sans réaction de sa part, qu'il interpréta pour une permission, il octroya à ce dernier un traitement des plus méticuleux. Tout à son espoir d'agir au bien de la belle, il du refréner le désir ardent qui s'emparait de lui. Quelque chose l'alertait de la simplicité avec laquelle elle lui laissait ainsi agir sur elle, mais il ne l'écouta pas dans un premier temps, porté par un amour dont il ne comprenait pas les origines et il glissa ses lèvres le long de la marque brûlée du cou de la kunoichi tandis que sa main gauche descendait petit à petit de sa position initiale à la rencontre du saint des saints de cette dernière.

Ses yeux de sang s'apprêtèrent à se fermer afin de se laisser porter par ses aspirations charnelles lorsqu'il se rendit compte de la torpeur dont était victime celle qui valait le monde sans concessions en son cœur. Il se figea de honte d'avoir cru un instant qu'elle s'était ainsi offerte à lui et ce fut comme si l'eau était devenue glacée, annihilant toute sa convoitise sensuelle.

Consterné par sa méprise, il ne s'en détacha néanmoins pas d'elle, changeant sa position afin de la sortir de l'eau en la portant dans ses bras, non sans avoir jeté une long tissu sur elle afin de s'interdire la vue des beautés de son intimité et ramassé le masque d'oni de Mononoke. Sans même se couvrir lui-même, il la porta à travers l'auberge jusqu'à leur chambre et l'étendit sur un des deux futons qu'elle contenait pour finir par la recouvrir d'un drap dans son ensemble.

Lorsqu'il se redressa dans son plus simple appareil, il ne pu que constater combien la seule vue du visage endormi d'Akane pouvait le mettre dans tout ses états. Et malgré sa grande honte, il rapprocha sa propre couche de la maîtresse des ombres, passa la frontière de tissus qu'il avait lui-même crée et l'enroula dans ses bras pour finir par s'assoupir à son tour du premier sommeil de son vivant, ses dernières pensés dédiées à la seule chose qui avait de l'importance à ses yeux à présent : le trésor qu'il tenait entre ses bras.
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MessageSujet: Re: [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin) Mer 7 Sep - 19:51

Un rayon de soleil vient m’éblouir mais je refuse de me réveiller tout de suite. Fronçant les sourcils, couchée sur le côté, je me blottis dans mon futon en position fœtale pour profiter encore de quelques heures de sommeil. Je me couvre doucement du drap et, c’est lorsque que je soupire que je découvre une sensation différente de mes autres nuits confortables. Difficilement, mes paupières se séparent mais je mets deux minutes à pouvoir ouvrir totalement les yeux. Ah oui... j’ai pleuré. C’est pour ça qu’ils sont paresseux.

Puis des images confuses se bousculent dans ma tête alors que le flou se dissipe petit à petit. Je distingue une ouverture, tamisée par une petite porte coulissante mais juste pas assez pour laisser une fente de lumière me réveiller. Je soupire à nouveau, comme si je redécouvrais la sensation de respirer librement. J’aimerais m’étirer mais, tandis que j’étends mes jambes, soulevant mes bras, je réalise que d’autres bras se trouvent relâchés autour de ma taille. Des bras d’hommes. Ah oui... je me baignais avec celui qui...

Écoutant attentivement, je ne saisis que le silence et un léger souffle régulier, autre que le mien. Un frisson prend naissance sur ma nuque lorsque l’air chaud des poumons de l’inconnu fait bouger une mèche de cheveux. D’abord prise de panique, puisqu’aucun élément ne me permet de comprendre ce qu’il se passe, j’envisage de me retourner doucement, pour éviter de réveiller l’étranger. À quelques centimètres de moi, une fois légèrement revenue en arrière, je découvre le nouvel arrivant d’hier. Il y a quelques années, j’aurais bondi en arrière, cherchant une arme quelconque pour trancher la gorge du pauvre garçon.

Mais ainsi endormi, il a presque l’air d’un enfant. L’innocence et la douceur qui transparaissaient dans son discours et dans ses yeux couleur sang apparait ici comme quelque chose d’encore plus naturel, quelque chose d’inné. Est-il vraiment en partie Masao ? Quelle est l’autre partie, dans ce cas ? Sans savoir si l’hypothèse que je me répète à défaut d’autre chose est vraie, je continue à regarder en détail le visage de Yûkino Seishin. Ses cheveux sont longs, noirs et aussi fournis que lisses ; une frange désorganisée souligne des traits forts mais agréables à regarder. Très agréables. J’en viens à me surprendre de souhaiter qu’il ouvre les yeux pour que j’en détaille aussi la teinte afin de tenter de deviner d’où elle pourrait bien sortir.

Mais il est profondément assoupi. Tandis que j’apprécie la chaleur de ses bras sur ma taille, je les détaille eux aussi, remontant mes yeux sur sa peau parfaite. Masao avait des cicatrices qui soulignaient la musculature travaillée qu’il entretenait. Et bien que Yûkino soit dépourvu de marques, la carrure est la même, le dessin de la silhouette également. Je m’attarde sur son cou puis sur les mouvements de sa poitrine et ses pectoraux, soulevés par sa douce respiration. Je descends ensuite, frôlant son ventre du regard, son nombril et son bas-ventre jusqu’à arriver à une partie que je n’ai que rarement découverte d’un homme. Et alors que mes yeux remontent en vitesse et que mon visage s’empourpre de mon indiscrétion, je retrouve la couleur du sang.

- Bonjour... dis-je timidement, sans détourner le regard.

Il m’offre alors un sourire et ce simple geste fait accélérer mon cœur, sans que je ne sache pourquoi. Je ne sais d’ailleurs pas pourquoi je ne sors pas du lit, furibonde qu’il m’ait ramenée nue ici et prise dans ses bras, sans tenter de voir si je le voulais bien. Il ne me faut qu’une fraction de seconde pour deviner que, si je ne le voulais pas, je serais partie depuis longtemps. Probablement plus spontanée qu’avant, je me rapproche de lui, brisant les quelques centimètres nous séparant l’un de l’autre. Mon bras gauche se replie et le droit rapproche Yûkino de moi. Ma poitrine contre son buste, mes jambes contre les siennes, ma tête près de son cœur, je réalise chercher un réconfort, une chaleur que j’ai oubliée, que deux hommes m’ont souvent rappelée pourtant.

- Merci de m’avoir empêchée de me noyer... continue-je doucement.

J’ignore par quel miracle, les choses se sont remises en ordre dans ma tête. Je me suis évanouie... et il était seul avec moi. Je ne sais pas vraiment ce que le jeune homme m’a fait mais peu m’importe. Jusqu’à ce qu’il m’étreigne lui aussi et que je sente son corps réagir à mon contact. Alors que mes instincts sauvages les moins sympathiques s’apprêtent à se manifester sur ce comportement ma foi naturel, une dame frappe à la porte et entre à mon « oui ». Toujours sous les draps, je prie la dame de sortir rapidement après qu’elle nous ait présenté le repas de midi... nous avons dormi longtemps. Trop longtemps. Elle finit par sortir et je n’attends pas une minute avant de me retourner, forçant le passage de ses bras et m’enroulant dans le drap.

Mes vêtements sont posés à côté de mon futon et je tente le plus rapidement possible de me rhabiller, utilisant le tissu pour dissimuler mon intimité à mon compagnon de route, bien qu’il l’ait sûrement allègrement découverte... Quelques secondes me suffisent pour être prête et laisser tomber les tissus du lit à terre, me retournant sur Yûkino... que je découvre alors totalement. Je ferme rapidement les yeux, ne savourant qu’une seconde le corps remarquable (et plutôt content) qui se dévoile à moi et lui lance le linge, devenu grosse boule dans la précipitation.

- Habille-toi donc, c’est indécent ! articule-je tant bien que mal, malgré mon embarras.

Je m’installe sur les genoux à la table basse de la pièce, sans regarder l’inconnu (plus si inconnu...), jusqu’à ce qu’il s’assoie à son tour. Je peine à avaler ma salive car il est aussi charmant nu qu’habillé, d’autant que le propriétaire semble avoir généreusement donné un joli vêtement à Yûkino pour remplacer le sien, à moitié brûlé. Les joues rosies, je saisis finalement mes baguettes et tente de choisir dans quoi je vais pouvoir piocher... sans succès.

- Je ne sais pas vraiment... d’où tu viens, dis-je sans le regarder. Je ne sais pas si tu peux l’expliquer. Mais ton... état pourrait justifier que tu ne comprennes pas tout ce que je dis ou fais alors... Sur le trajet ou même ici, n’hésites pas à me poser des questions. Je te répondrai si je le peux. Ça pourrait t’aider à mieux cerner certaines situations.

Je finis par saisir un sashimi, le tremper dans la sauce soja et apprécier le goût divin du poisson frais et de bonne qualité, tandis que je retrouve le sang de ses yeux, attendant une éventuelle réponse.


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Chûnin

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MessageSujet: Re: [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin) Mer 7 Sep - 21:32

Lorsqu'elle relève enfin les yeux, son expression possède les accents de la gêne d'un enfant pris sur le fait d'une bêtise, mais pour autant, elle rive ses iris dans ceux de l'incarné. C'était inédit, aucun souvenir qu'il avait ne lui rappelait avoir déjà admiré ce visage teinté de ce pourpre ravissant qui était monté à ses pommettes. Quelque peu ému d'être aussi prêt d'elle sans qu'elle ne se mette à fuir, il n'est que le témoin impuissant, mais incroyablement ravi, de l'acte de rapprochement qui la prend alors.

Elle se tassa contre lui, lui laissant à nouveau sentir son odeur, ravivant en lui le désir de la veille. Seule sa honte revenue à cette pensée qu'il avait souhaité la prendre un fugace instant sans qu'elle n'en soit consciente le garde bien d'exprimer physiquement son émoi, ce qui fut pour le mieux. Les lignes athlétiques de la kunoichi se plaquant contre lui auraient pu faire brûler son âme dans le moment, mais il fut instantanément préoccupé par le réconfort simple qu'il pouvait lui apporter en la serrant derechef au creux de ses bras.

Lorsqu'elle le remercia, son cœur menaça de surgir de sa poitrine. Il ne comprenait rien de cette sensation de regret d'avoir ainsi attouché le soir précédent celle qui se lovait contre lui à présent. La tenancière de l'auberge elle-même n'aurait pas pu le gêner malgré tout lorsqu'elle entra sous l'invitation d'une Akane embusquée sous les draps, mais il fut cependant légèrement désarçonné de la réaction de cette dernière lorsque leur hôtesse quitta les lieux, laissant un repas frais à leur disposition.

La jônin s'arracha de son étreinte et emporta subitement la couverture, s'enroulant pudiquement de celle-ci et le laissant quelque peu pantois. Il l'avisa, interrogateur, sans comprendre ce revirement de situation. Sans mot dire ni exécuter le moindre geste, il ne put s'empêcher de la trouver aussi désirable dans sa hâte de se vêtir que lorsqu'elle fut nue contre lui et ne fait rien tandis que sa propre intimité manifesta son contentement d'une telle image.

Si il fut persuadé de trouver dans le regard qu'elle apposa sur lui un temps court une once d’appréciation, elle clos rapidement ses yeux pour finir par l'invectiver, le sommant de se couvrir. C'était un véritable mystère qu'il ne pouvait guère élucider que le comportement de la maîtresse des ombres révélait depuis son réveil. Il ne parvenait pas à savoir s'il parvenait à la rendre heureuse ou ne faisait que l'ennuyer par ses actes, regrettant la simplicité douce des bains de la soirée.

Accéder à la requête qu'elle venait de lui soumettre devint la seule porte de sortie qu'il pouvait entrevoir à ces étranges circonstances. Il trouva un kimono propre de tissus noir qu'on lui avait dédié et s'en couvrit tranquillement par des gestes experts issus de la masse de souvenir d'une vie entière qui n'était pas la sienne. Ainsi vêtu, il s'installa face à la jeune femme, ses yeux carmin exprimant une légère mélancolie dont la source était son besoin irrépressible de lui plaire et dont il était à peu prêt certain d'échouer à cela.

Le doute subsista néanmoins alors qu'elle daigna à nouveau le détailler de ses iris et que le rose lui monta à nouveau aux joues. Tandis qu'elle s'apprêtait à tenter de trouver son bonheur gustatif dans les mets qu'on leur avait préparé, elle lui adressa à nouveau la parole, bien moins vivement que la fois précédente, ce qui eu pour effet de le rassurer un tant soit peu, bien qu'elle arracha à nouveau ses pupilles des siennes.

Malgré tout ce qui s'était passé depuis qu'il avait surgit des flammes, elle ne le repoussait pas et se voulait une aide pour lui dans ce monde, persuadée qu'il était totalement perdu. Il ne le laissa pas paraître sur ses traits, de crainte de la voir s'effacer à nouveau devant l'attention qu'il pourrait lui porter, mais il se senti merveilleusement joyeux par ces pensés. Un nouveau souvenir fit irruption alors, au point de le faire souffrir légèrement au ventre… Il avait faim et c'était peu de le dire.

La voyant s'emparer d'un morceau de poisson, il l'imita sans le moindre mal, laissant simplement son inconscient lui rappeler comment il fallait procéder afin d'atténuer, voire d'éliminer, ce problème. Ainsi, ce fut comme si l'habitude ne l'avait jamais quitté qu'il attrapa du bout d'une paire de baguette un morceau semblable à celui qu'elle avait elle même attrapé et qu'il l'engloutit, sans réellement savoir si cela lui plaisait ou non.

Il laissa la proposition de la kunoichi en suspend, le temps d'annihiler à la vitesse d'un gouffre que l'on tentait de colmater la moitié de ce qui leur avait été servit en une poignée de minute, tant son appétit se trouvait grand. Il posa ses couverts puis haussa un sourcil tandis qu'il se mis à répondre d'une voix calme à son interlocutrice :

Pour autant que je saches, tu étais pourtant bien là lorsque je suis arrivé… Tu n'ignores pas plus que moi d'où je viens, puisque je me suis sorti des décombres de ma naissance et que tu étais là, devant moi. Cependant, il y-a bien des choses que je ne comprends pas… La première étant ce que tu souhaites exprimer lorsque tu parles de mon état. Je me sens bien, si tu es inquiètes… Merci de l'être, mais tu n'as vraiment pas à t'en faire.

Par contre, il y-a bien des choses que tu fais qui me laissent dans l'ignorance la plus totale… Hier au soir, ne m'as tu pas laisser prendre soin de toi ? Et ce matin, n'étais-tu pas à quêter ma chaleur en te laissant enserrer par moi ? Ais-je mal agis en répondant positivement à ta volonté pour que tu en viennes à t'échapper de mon étreinte comme tu l'as fait ? Si cela est le cas, je suis profondément désolé… Je pensais sincèrement t'apporter quelque chose…


Il se passa la main derrière le crâne, gêné par la suite de son propos :

Si tu n'étais pas réellement endormis dans les bains et que tu me repousses à cause de ce que j'ai exprimé par mes gestes hier soir… Je… Je suis impardonnable. Je pensais simplement que tu étais d'accord à chacune de mes caresses jusqu'à ce que je ne remarque ton état. Il y-a quelque chose en moi qui anime une flamme à ton égard… Cela est une chose dont je serais ravi que tu m'aides à la comprendre.

Il n'est rien d'autre que je puisse imaginer qui éclipse celle que tu es sans que je ne sache pourquoi. J'ai su quoi faire pour t'aider à respirer, à te reposer… Mais je dois t'avouer, à ma grande honte, avoir éprouver le désir de bien plus que cela.


Il s'affola légèrement, tendant ses deux bras vers elle, comme se défendant hâtivement du choc qu'une telle révélation aurait pu avoir :

Mais je n'ai rien fait ! J'ai su faire taire cela et je saurais le refaire éternellement. Juste que… Le seul but que je décèle clairement en ce monde est le fait de t'apporter la lumière qui t'a fait défaut jusque là… De remplir le vide que tu exprimais hier, avant de sombrer dans la torpeur. Mon corps crie son besoin de s'unir au tient et mes yeux sont marqués de façon indélébile de la beauté dont tu es détentrice. Mais mon âme contrôle tout ceci.

Il se calma à nouveau, reprenant aussi légèrement que lorsqu'il avait débuté sa tirade :

Ma vie est tienne le temps que tu le souhaiteras. Si pour ton plaisir, je dois m'effacer, je le ferais le cœur plein de joie. Mais ce n'est pas ce que j'ai senti ce soir et au réveil, il y-a peu… Il y-a bien deux questions ou trois qui me viennent à l'esprit, en vérité… Les premières étant les suivantes : Comment puis-je t'être agréable et comment dois-je te soutenir ? J'ai l'impression de mal m'y prendre…

Il laissa un temps passer avant de conclure, l'air réellement perdu et terriblement sincère :

… Pour ma dernière question… Pouvons nous rappeler la maîtresse des lieux pour un second service de ces choses là ? Je ne me sent pas bien… Je suis fatigué et mon ventre me semble de part trop creux. Je sent qu'il me faut plus que ces quelques bouchés...
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MessageSujet: Re: [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin) Jeu 8 Sep - 9:13

Je le regarde, un peu surprise, engloutir la moitié de ce qui se trouve sur la table avec une vitesse et une précision déconcertantes. Il ne me laisse pas le temps de sourire à son drôle de comportement et répond à ma question. Ainsi donc on dirait qu’il ne peut pas vraiment m’expliquer de quoi il est réellement fait. Yûkino est juste... « né », comme un phœnix reviendrait des cendres et recommencerait une nouvelle vie. Je ne peux pas m’empêcher de me dire qu’il sera difficile de tenir une conversation. Comment interroger quelqu’un sans passé, sans réel vécu ? Pourtant, il n’a pas l’air de se faire de souci et dit qu’il va plutôt bien. N’est-ce pas le principal, bien que ce soit étrange à mon sens ?

Un léger sursaut me fait lâcher mes baguettes, lorsqu’il parle d’hier soir et de ses attentions. Comment répondre alors que je ne comprends pas moi-même ce qui m’a poussée à le laisser me masser et me rendre mon étreinte ? Il semble soudain gêné et se frotte la tête. Je me tends davantage quand il parle de caresses et du fait que je pourrais lui en vouloir. Mais bon sang... que s’est-il passé après mon malaise ?! Je m’apprête à le questionner vivement mais il parle alors d’un désir qui le pousse vers moi, quelque chose qu’il ne peut pas nier.

Yûkino me parle aussi de lumière... et c’est vrai qu’il m’en a manqué. Puis il me dit ouvertement vouloir me posséder tout entière mais réussir à contrôler cela, sous-entendu que son âme est raisonnable et peut tempérer ses ardeurs. Tandis que le bel homme se calme, il finit par m’offrir sa vie à nouveau et je tique légèrement à ses dernières questions. À nouveau, je ne connais pas la réponse. Sa dernière interrogation me laisse du temps pour réfléchir mais je n’ai pas beaucoup d’espoir de trouver autre chose à dire. Après lui avoir offert un sourire sincère, je tape trois fois sur le bord en bois de la porte en papier de riz ; l’entrebâillement laisse apparaitre une jeune femme, qui prend ma commande à l’aide de sa mémoire.

Je joins mes doigts sur la table, les triturant légèrement et ne les quittant pas des yeux, ne sachant pas vraiment par où commencer.

- Tu ne me connais peut-être pas assez mais saches que je ne fais jamais quelque chose si je n’en ai pas envie. Si je n’avais pas été endormie, peu importe jusqu’où tu es allé avec mon corps dans les bains, je ne t’aurais probablement pas laissé faire. Mais ce n’est pas parce que tu agis mal... Tu suis ce que te dit ton évidente affection pour moi et ce que ton corps manifeste désirer. C’est normal et naturel. C’est moi qui suis mal à l’aise... et qui devrait m’excuser.

Je serre mes mains ensemble et me force à retrouver son regard. Puis je soupire pour trouver le courage de continuer.

- Je ne fais confiance qu’à moitié à mon propre frère et pourtant il est mon sang, ma famille. J’ai fait confiance jadis à un homme qui a abusé de moi, jusque dans mon intimité la plus secrète et, bien que cet évènement soit ancien, j’ai toujours beaucoup de peine à l’effacer de ma mémoire, à me dire que les autres hommes sont sincères avec moi, comme tu l’es maintenant. Zakuro m’a fait changer d’avis, il m’a fait penser que tous n’étaient pas comme cela. Mais il a disparu. Masao est sans cesse monté dans mon estime aussi puis finalement il est là sans être là... Pardon, je... répète sans cesse la même chose.

Je délie mes mains blanchies par la force que j’ai mise à les unir, pour cacher mon visage qui s’empourpre à nouveau, sans réel motif, cette fois.

- Ta vie est mienne, tu l’as décidé alors que nous ne nous étions vus que pendant une poignée de minutes. Et tes questions montrent bien que tu ne vois que moi et rien que moi mais...

Je découvre mon visage et me noie dans le rouge de ses yeux quelques secondes, avant de reprendre.

- Mais il n’y a pas de « mais », c’est comme ça. Je dois accepter le changement, accepter que je ne suis pas qu’un objet. J’ai ouvert les yeux pendant quelques mois, j’ai découvert des choses que je n’osais même pas penser avant. Il me faut probablement juste du temps...

La servante revient servir des plats chauds pour Yûkino, me demandant au passage si je trouve le premier service à mon goût. Je hoche la tête et souris, la priant de sortir d’un regard sympathique mais insistant. Retournant au sujet, sans vouloir m’éterniser, je veux alors terminer mon discours.

- Comment être agréable et me soutenir, tu dis ?

Je saisis à nouveau mes baguettes et attrape un morceau de poulet du plat devant lui. Fondant dans ma bouche, cuit à la perfection, je termine ma bouchée et souris, un air de défi sur le visage.

- Je vais déjà te réapprendre à être Chûnin. J’ai besoin d’un nouveau bras droit, quelqu’un sur qui compter si tout le monde me tourne le dos. As-tu gardé quelques souvenirs de cette fonction ou dois-je tout te montrer à nouveau ?

J’avale une gorgée de thé vert, juste tiède et retrouve mes joues roses du départ.

- Pour le reste... les mots doux, les marques d’affection... J’imagine qu’il va te falloir persévérer, jusqu’à ce que je cède. Mais ça ne va pas être facile, je ne suis pas toujours commode... encore moins rationnelle. Je suis égoïste et incohérente aussi, tu le redécouvriras. Mais peut-être que je me laisserai avoir, à force.

Je me découvre plus à l’aise que je ne le pense alors que je laisse la dernière phrase m’échapper. Aurais-je pu m’imaginer dire ça un jour, sans presque rougir, à un homme que je ne connais qu’à peine ? Un léger sourire se dessine à nouveau sur mon visage, un sourire de contentement, cette fois.

- Allez, mange tant que c’est chaud. Des repas comme ça, tu n’en auras pas d’autre sur la route.

Contente, c’est le mot. Cette impression d’avoir franchi une étape supplémentaire, sans vraiment d’efforts, me donne entière satisfaction et je retrouve le féroce appétit d’engloutir ma part de nourriture raffinée.


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MessageSujet: Re: [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin) Jeu 8 Sep - 10:52

Une lueur d’appétit dans le regard, il en est presque à applaudir, son sourire illuminant ses traits lorsque la jeune aubergiste apparaît pour prendre la nouvelle commande tant attendue. Il paraît quelque peu déçu qu'elle reparte sans rien laisser tandis que la Maîtresse de l'Ombre débute le cheminement de sa réponse, comme s'il s'était attendu à ce que les choses apparaissent une fois mandées.

Prenant son mal en patience, il détourne ses yeux de sang de l'embrasure de la porte pour les diriger, auréolant d'une lumière bien différente, vers son interlocutrice et l'objet de son plus grand intérêt. Elle ne cesse de le captiver, dans sa façon de réagir à ses propres propos. Surprise, déstabilisée, toujours sur la brèche. C'était à la fois dangereux et heureux, elle se trouvait dans une instabilité qui pouvait servir son vœu exprimé à haute voix, tout comme la faire fuir à jamais, chose dont il su qu'une moitié de ce qu'il était ne supporterait pas, l'autre ne survivrait pas longtemps après ça.

Mais le jeu lui plaisait pourtant. L'idée d'avoir sa vie constamment dans une balance le faisait paradoxalement se sentir… Vivant. Faute de dévorer quoi que ce soit pour le moment, il le faisait de son regard sur la kunoichi, un doux et simple sourire imprimé sur son visage. Alors qu'elle lui déclarait ce qu'elle aurait fait si elle s'était trouvée consciente dans les bains, il se rendit compte que c'était une évidence.

Des souvenirs de rejets, plus ou moins violents et appartenant à sa moitié humaine revinrent poindre à la surface de son esprit. Il se prit à rire à ces images, se rendant compte que malgré la tristesse que pouvait évoquer ses souvenirs, son âme n'en gardait que des instants de joies. Au fur et à mesure qu'elle discourait, il prit conscience du savoir qu'il entretenait déjà à son égard.

La plupart des propos abordés étaient déjà imprimés dans sa mémoire, mais il n'en dit rien, focalisant ses pupilles sur le mouvement des lèvres de la Jonin qu'il désespérait de goûter, plus encore que ces mets qui se faisaient attendre. Pourtant, les sujets traités étaient graves, aussi cabotinait-il en exagérant quelque peu une surprise qu'il n'avait pas lorsqu'elle évoquait les abus de sa confiance passé, écarquillant trop grandement les yeux, ouvrant bêtement la bouche.

Mais il ne voyait pas quoi faire d'autre, car elle ne lui apprenait pas ce qu'elle croyait lui transmettre alors. Il sentait sa gêne à la voir ainsi rougir alors qu'il ne disait rien et soupçonnait que son aveux d'attirance n'était pas innocent à cela. Qu'elle puisse paraître affectée comme cela l'intrigua néanmoins. Seishin ne voyait pas la raison pour laquelle les yeux de Akane avait changés de ceux qu'elle avait eu sur sa part physique avant sa naissance.

Le fait était pourtant là et ça n'était pas pour lui déplaire. C'est à cet instant que le second service apparaît enfin, ravivant la lueur d'un plaisir innocent au fond des iris pourpre de l'homme-esprit. Il attendit que la servante fut partie pour attaquer derechef le menu, satisfaisant la demande d'un corps particulièrement insistant. La kunoichi, qui profitait aussi de l'occasion pour grignoter quelque peu, sembla décider de l'utilité qu'il pourrait avoir à ses côtés et cela n'eut rien de nouveau non plus.

Il se concentra sur le repas, attrapant un bol de nouilles et le portant à son visage pour optimiser sa vitesse d'engloutissement. Il manqua néanmoins de s'étouffer alors qu'elle l'invita littéralement à lui faire la cours, le prévenant que ce serait certainement difficile, mais qu'il devrait persévérer s'il voulait la voir succomber à ses désirs. Pour le coup, c'était parfaitement inédit et inattendu, aucune de ses mémoires ne montrait la jeune femme sous ce jour.

Une nouille pendait lamentablement au bord de ses lèvres alors qu'il la fixait, digérant plus l'information que le repas en cours. Enfin, son expression passa de la confusion à des traits sémillants, il aspira vivement la pâte pendante, se pourlécha les lèvres et posa son bol sur la table alors qu'elle l'invitait à poursuivre son repas. C'est cet instant qu'il choisit pour déclamer à son tour d'un ton léger :

Je ne suis pas Masao et je le suis tout autant. De cela, je suis certain l'avoir déjà énoncé. Aussi, il n'est rien que j'ai à apprendre pour remplir la fonction d'être à tes côtés en tant que guerrier de l'ombre… Juste que mes souvenirs d'avant réapparaissent de façon situationnelle et pas uniquement parce que je le souhaite, comme je m'en rend compte alors que tu traites des sujets déjà abordés ou vécu par l'un de ceux que je fus avant. La partie qui me fait encore défaut est d'être le pilier qui apportera la stabilité au chaos qui s'empare de toi et ce pour quelque situation que ce soit.

Il la laissa mesurer ses mots et avisa que l'appétit revenu de la guerrière de l'ombre faisait défaut à une certaine tenue, ainsi, un très léger morceau de volaille était visible à la commissure de ses lèvres sans qu'elle ne le remarque. Il se leva alors, époussetant son nouveau vêtement et s'approcha d'elle jusqu'à s'installer à ses côtés et non plus en face, la laissant s'intriguer de son mouvement. Il reprit, plus doucement, l'avisant sans plus masquer son affection :

Je saurais être le bras droit que tu invoques et plus que cela puisque je suis encouragé à procéder de la sorte. Chuunin ou quelque soit le nom de ma fonction, considères que je n'ai rien perdu des aptitudes de celui que tu connaissais. Il me faudra juste me les rappeler en temps et en heure.

Il rapprocha d'avantage son visage de celui de la belle, attisant la flamme déjà vivace de son regard incandescent, poursuivant ses mots plus bas encore que sa tirade précédente :

Je ne te tournerai jamais le dos non plus. Et pour ce qui est des mots doux et du reste…

Le ressuscité alla chercher le petit morceau inopportun de ses propres lèvres, frôlant dans le même mouvement celles de la jeune femme et aussitôt, il clôtura sans reculer un seul instant de sa position :

… Je tâcherais de me montrer discret. Je ne voudrais pas t'incommoder.

Mais son sourire irradiait du contraire.
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MessageSujet: Re: [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin) Sam 10 Sep - 20:56

Il manque de s’étouffer et l’étonnement en réaction à mes propos le fait manger n’importe comment. J’ai pourtant à peine le temps de sourire d’amusement qu’il redevient sérieux. Un sérieux différent du moment de notre rencontre au trajet vers l’auberge. Un sérieux maîtrisé, comme si plusieurs souvenirs donnaient du sens à ses paroles et à ses pensées désorganisées jusqu’ici. Il se rappelle de mon passé, puisque je lui avais raconté à deux reprises, lorsqu’il était encore Masao. Mais il ne se rappelle pas comment me soutenir en toute situation. Cette attitude constamment balancée d’un fait à l’autre me fait arrêter de mâcher un instant, oubliant même d’essuyer ma bouche et d’avoir une tenue correcte.

Le revenant se lève alors et, surprise par sa spontanéité, je ne réagis même pas là où, il y a quelques temps, j’aurai au moins eu un léger mouvement de recul, expression de ma méfiance naturelle. Je réalise le poids de mes propos et de mon invitation sincère tandis qu’il me dit ne rien avoir oublié des aptitudes de Chûnin. Et bien qu’il ait été un shinobi formidable, beaucoup de femmes lui décrivaient des compétences de l’ombre exposées dans un autre environnement... Je ne fais pourtant rien pour échapper à la situation, comme hypnotisée par son regard sanglant, écoutant ce que le beau brun me dit, cette proximité m’étant presque agréable comme dans la source.

Il s’approche et ses mots puis son souffle parfumé aux saveurs du repas ont leur effet sur mon échine qui, frissonnante, me fait redresser le dos, aussi pressée que curieuse de connaitre la suite de ses agissements. Je retiens mon souffle lorsqu’il se penche à en effleurer mes lèvres, apparemment friand de ce qui pouvait y rester à goûter. Mais je ne bouge pas pour autant, les yeux malgré tout écarquillés de surprise... et de façon plus surprenante encore, ravie de ce contact plus que suggéré. Il ne recule pas mais je saisis qu’il sourit, cette attitude contrastant avec des propos bienveillants.

Mon corps est en ébullition et mes joues ne peuvent s’empêcher de faire transparaitre cet état. La dernière fois que j’avais ressenti cela, ce besoin et cette envie de contact, Zakuro avait freiné mes ardeurs en disant qu’il était important pour lui de prendre son temps. Et du temps, le Taisa Fukyuu n’en avait pas eu, ni avec moi, ni pour lui. Mon instinct s’éveille aujourd’hui en face d’un homme qui ne demande que l’expression de mes désirs, je le sais et je le sens... il le dit sans vraiment le cacher. Un instant, ma main droite remonte le long du bord de tissu neuf que revêt mon compagnon ; puis mes doigts tremblants frôlent son cou et sa mâchoire pour se poser sur sa joue, l’invitant doucement à reculer pour croiser à nouveau mon regard. Mais je m’approche à nouveau, faisant se croiser nos nez, nos bouches réclamant la réduction de ces derniers millimètres les séparant.

- Tu disais tout à l’heure que ton âme contrôle ton corps mais je crois plutôt qu’elle se laisse emporter par ton envie irrépressible de l’unir au mien... Yûkino.

Cette première fois que je dis son nom fait encore marcher quelques fourmis le long de ma colonne. Mais avant qu’il ne tente quoi que ce soit d’autre, ma conscience blessée dresse une barrière et les sensations agréables m’habitant finissent par s’envoler tandis que je recule sans violence mais plus franchement. Ma main se pose sur mes jambes repliées alors que l’autre saisis le tissu pour nettoyer ma bouche. Je regrette presque ce geste, mes lèvres brûlant encore du contact des siennes et de la chaleur de son souffle sur ma peau. Mon regard attristé s’harmonise avec un sourire de regret pendant que je lui parle sans fuir son regard, cette fois.

- Si tu te rappelles de tout, alors tu sais que la flamme qui m’anime est corrompue et que je n’apporterai rien de bon à ta personne. Tu es né avec les désirs de Masao et peut-être l’espoir que les choses changeraient. Mais malgré ce voile sur tes yeux, j’aimerais que tu acceptes de voir le monstre que j’ai été. Moegami m’a punie en tuant Zakuro car j’ai trahi les miens, j’ai trahi Setsu. Imaginer que je puisse t’influencer d’une quelconque manière m’est... douloureux. Car je saisis de ton apparition la venue d’un être sincère et pur dans un certain sens. T’amener à tromper Setsu ou, pire, te tromper directement... Je ne peux pas l’envisager.

Je me lève et ramasse quelques-unes de nos maigres affaires dans la pièce, les rassemblant en quelques secondes près de la porte.

- Tu vas te brûler les ailes ainsi si proche de moi... Je ne veux pas voir ça. Alors contentons-nous de marcher vers Moe pour rencontrer mon frère. Pour l’instant.

Mon soupire est lui aussi teinté de regrets tandis que je me lève cette fois pour de bon.

- Rejoins-moi à l’entrée lorsque tu auras fini de manger et de te préparer.

Puis je referme la porte sur un désir que je pense passager à cet instant.


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MessageSujet: Re: [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin) Sam 10 Sep - 22:22

Si proche d'elle, au point de s'enivrer de son odeur, rien des émois de la jônin ne lui échappait, pour son plus grand plaisir. Du moins, c'était ce qu'il supposait de l'agréable sentiment qui le prenait à cette vu. Elle se mise à le chercher des suite de son geste, soudainement ouverte à un contact plus poussé qu'il avait déclenché de façon mutine. L'une de ses mains vint même à graviter dans les environs de son visage, jusqu'à glisser ses doigts le long de sa joue.

Parfaitement prêt à offrir à ces lèvres demandeuses leur doux châtiment, Seishin tentait déjà d'en deviner le goût alors qu'elle provoquait le croisement de leurs regards. Ces yeux dans lesquels il se serait perdu avec ravissement exprimaient un espoir qu'il était parfaitement enjoint à lui donner.

La proximité qu'elle occasionne ensuite est un point de départ, le ressuscité partagé entre curiosité face à ce qu'ils pourraient échanger, désir de vivre cela et des souvenirs du talent qu'une partie de lui avait déjà eu auprès des dames, afin d'en léguer le meilleur à cet être particulier qui lui faisait face, tout autre être humain croisé jusque là depuis leur départ du château en ruine lui paraissant fade et sans saveur.

Les mots qu'elle lui adressa, portés par l'envie qui naissait en elle, ne pu rendre que plus solaire encore le sourire dont il ne s'était pas détaché depuis sa conduite osée. Puis quelque chose se brisa en elle. Il le vit comme il le ressentit, ses yeux et son âme frappés par ce fait, elle se sépara de lui sans le bousculer, mais assez franchement pour que l'instant soit balayé. Il pencha la tête sur le côté, curieux, les yeux ronds de surprise tandis qu'elle expliquait ce brusque retour de bâton.

Pour autant, il ne trouva aucun sens dans les mots qu'elle employa, sinon une profonde tristesse et par la même occasion, un paradoxe qu'il n'aurait su comprendre, car il était certain que ce qu'il avait voulu dispenser à la guerrière des ombres aurait soigné ces blessures qu'elle décrivait. Ce n'était cependant pas uniquement cela. Elle se flouait sur un point crucial de son raisonnement, sans parler du mensonge de sa façon de se voir elle-même.

Le demi-esprit la laissa poursuivre néanmoins, conscient qu'elle s'était hermétiquement verrouillée sur sa personne et que rien de ce qu'il pourrait dire pour le moment n'aurait grâce à ses yeux. Elle s'agitait déjà, préparant leur départ, tout en continuant d'errer dans ses propos. Puis elle disparu une fois sa froide invitation à la suivre émise, le laissant là, tête inclinée, un sourcil arqué par l'étonnement qui était le siens.

Il haussa les épaules en soupirant et se leva pour aviser les vêtements qui lui avaient étés apportés. Son instinct lui permis sans mal d'ajuster chacune des pièces de tissus formant l'intégralité de son kimono de façon experte. Il ne se souvenait pas avoir déjà mis pareils atours, mais cela ne lui déplaisait pas un instant et se trouvait même fière allure. Il lui manquait juste un hakama digne de ce nom et un haori… Quoiqu'il était incapable à cet instant de véritablement se rendre compte de l'effet que cela ferait sur lui.

Une fois certain qu'il se moquait éperdument de ces détails, il s'empressa de rejoindre la maîtresse des ombres, ses lèvres s'étirant joyeusement de la joie sincère de la retrouver. Lorsqu'il lui fit face à nouveau, il lui adressa un sourire chaleureux, comme si rien de ce qu'elle eut pu dire avant de le laisser n'avait eu la moindre importance.

Enfin, il la laissa mener la marche et la suivit, croisant les mains derrière sa tête de façon nonchalante. Seishin n'attendit pas que le temps s'éternise pour prendre la parole afin de briser un silence que Mononoke entretenait. Il s'exprima paisiblement, ses yeux rivés vers les cieux comme si il pouvait les atteindre d'un unique regard :

Je me souviens de tout en effet, mais rien à propos d'une flamme corrompue qui t'animerait, ni des maux que tu pourrais m'apporter. Seule ta lame le pourrait je suppose, mais il n'est rien de douloureux à ce que j'imagine que tu puisses me faire subir.

Il marqua un temps de pause, ses iris descendant vers elle pour ce qui suivit :

Ce n'est pas la seule chose avec laquelle je ne suis pas de ton avis. Mes désirs sont les miens, probablement échos de ceux de celui qui fut Masao, mais motivés par le concept qui m'habite. Bref, ils sont semblables tout en étant tout à fait différents de ceux qui animaient ton chuunin. Il me sont personnel et malgré tout ce que tu représentes à mes yeux, je ne peux pas te laisser dire que ce que je ressens n'est que la projection des vœux de… Mmh… Mon père ?… Appelons le comme ceci oui.

Ses traits dépeignaient une certaine forme de mélancolie à présent, mais il n'était pas affecté par la tristesse, comme s'il trouvait juste dommage que les choses se soient passées d'une manière et pas d'une autre, quelques instants plus tôt. Il poursuivit néanmoins, persuadé qu'une fois lancé, il ne devait finir que lorsque tout les points seraient éclaircis dans l'obscurité qu'elle avait tenté de créer :

Je n'ai aucun voile sur le visage qui pourrait me faire te voir différemment que ce que tu es et je suis, en ce monde, la personne qui te connaît le mieux. Mieux que tu ne te connais toi même, à ce sujet. Ta prétention te pousse à croire que tu es traîtresse d'avoir aimé Zakuro, simplement parce qu'il fut né disciple du Divin bovidé. Tu t'égares en pensant un instant que le Phénix des mille feux puisse avoir sur toi le moindre regard, alors pour ce qui est de te punir d'un fait qui lui est insignifiant… Ce serait lui accorder trop de crédit.

Il avança à la hauteur de la jeune femme, pensant que son sermon ne devait pas être bien pris, puis il la dépassa et se mis à progresser à reculons afin qu'elle ne perde rien de ce qu'il allait dire à présent, le sourire de nouveau sur les lèvres :

Les Kamis ont bien d'autres choses à faire que de te priver de réconfort. Cependant, contrairement aux Dieux, j'ai à cœur tes intérêts et en l'état actuelle des choses, il faudrait que tu deviennes véritablement un monstre pour t'aliéner ma dévotion. Tu pourrais tout à fait m'influencer, de toute les manière qui soit, mais je ne vois rien de pénible à cette idée.

Son masque changea en quelque chose d’incandescent lorsqu'il ajouta :

Pour ce qui est de ma sincérité, j'espère ne jamais te tromper sur le sujet. En ce qui concerne ma pureté… Tout dépend ce qu'autorisent les us et coutumes des humains… Je tâcherais d'y faire attention. La seule brûlure que tu pourrais infliger serait celle de mes sens, si tu m'autorisais à t'approcher.

Enfin, il avisa son interlocutrice avec une infinie douceur et clôtura son discours avant de faire volte face et de se remettre à sa hauteur en souriant :

Je ne serais jamais loin lorsque tu sauras te voir comme je te vois. Et si tu souhaites reprendre le cours de la discussion que nous avons débutée au repas, à propos de ce que je saurais contrôler ou non… Je serais toujours disposé à t'en faire la démonstration.

Ses yeux retournèrent aux cieux, sa mine irradiante d'un bonheur simple. Puis il parla à voix haute :

Ah… Gekido-sama… Je n'ai pas vraiment envie de le voir je crois… Par contre, je veux un katana ! J'en ai toujours voulu un. Et manger des senbei aussi…

Le reste se perdit en murmure.
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Jônin

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MessageSujet: Re: [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin) Sam 10 Sep - 23:03

L’attente n’est pas longue et je l’oublie d’ailleurs totalement à l’instant même où Yûkino arrive, tout sourire, comme si rien ne s’était passé. Surprise, je ne perds pourtant pas de temps pour partir car une longue route nous attend vers Moe. Le trajet pourrait d’abord s’apparenter à celui que nous avons effectué pour venir à l’auberge : calme, silencieux et paisible. Et bien que la position de mon compagnon de route soit la même et que son regard soit tout aussi innocent qu’au départ, la discussion qu’il engage prend une tournure beaucoup moins drôle que lors de la précédente balade.

D’abord rêveur, regardant le ciel, je reconnais son innocence et son envie de ne m’accorder aucun tort. Il dit que je ne peux le blesser, si ce n’est physiquement. A-t-il seulement un seul souvenir de Masao pour oser dire cela ? Je fais mine de ne pas le regarder alors que ses yeux reviennent vers moi, fixant moi-même notre destination pour fuir ce qu’il s’apprête à me dire. De minute en minute, ce nouvel être prend de l’assurance et là où je sentais une admiration sans faille au premier abord et une curiosité naïve, je constate que ses souvenirs lui permettent de s’affirmer en tant que personne. Ce qui lui permet clairement de dire qu’il n’est pas d’accord avec moi, défendant ses propres sentiments et se détachant – tel un jeune adulte – des personnes ou des êtres qui ont pu lui donner naissance.

Je l’écoute attentivement, sans préparer de réponse et sans le contredire. Je tiens à entendre ce qu’il pense et à observer jusqu’où son envie de rester à mes côtés peut être un frein à sa fonction. Mais je ne réussis pas à rester neutre bien longtemps et tique en relevant mon regard vers lui, surtout lorsqu’il parle de ma prétention et prononce le prénom de celui que j’ai aimé sur le ton du reproche. Je m’apprête presque à m’arrêter pour lui rendre en coups l’offense dont il fait preuve mais Yûkino me rattrape et vient devant moi, continuant d’avancer en arrière, retrouvant son sourire. Ce dernier geste le sauve d’une sale engueulade et d’un dialogue de sourd dont j’aurais été la maîtresse et qui n’aurait mené à rien. Je ravale ma fierté, pour la première fois depuis longtemps, et continue de boire ses paroles.

Je retrouve sa sincérité et son envie de veiller sur moi, sa dévotion et son déconcertant détachement face à la situation de conflit qu’il vient d’esquiver de justesse. Puis son regard change à nouveau, son assurance étant toujours présente de me dévoiler ainsi ses désirs et ses envies de moi. J’aurais encore une fois rougi à son invitation franche si sa précédente réflexion sur l’intérêt des Kami pour ma personne ne m’était pas restée en travers de la gorge. Mais la douceur qu’il dégage finalement termine d’apaiser mes émois de colère, tandis qu’il émet des souhaits, tous plus absurdes les uns que les autres. Je finis par m’arrêter brusquement, tant que le revenant ne perd pas de temps à le remarquer. Puis je relève la tête pour répondre à ses propos avec le plus de tact possible.

- Si tu veux continuer de penser que je ne te ferai pas de mal, soit. Je ne peux pas t’en empêcher. Tant que tu ne te plains pas ensuite...

Foutu pour le tact... La colère me gagne à nouveau. Une colère étouffée qui me fait m’approcher de lui et serrer les poings pour ne pas exploser.

- Je suis d’accord, les Kami ont mieux à faire que s’occuper de mes amours et moi. Et tu me connais suffisamment pour savoir que je suis prétentieuse, oui. Peut-être. Mais pas moins réaliste. Car si les Kami, comme tu dis, ont d’autres choses à faire que de me priver de réconfort, l’un d’eux a quand même choisi mon frère pour régner sur Setsu. Et ce n’est pas ma prétention qui me fait dire que, si ma relation avec Zakuro s’était ébruitée, j’aurais déjà perdu ma tête. Sans parler de trahir les Dieux, j’ai trahi les miens, en pensant pouvoir m’éprendre d’un ennemi, sans imaginer un seul instant qu’il pouvait disparaitre.

Et je n’ai beau connaitre qu’une partie de toi, je me permets de te dire que j’ai des raisons de penser que le Destin n’est pas de mon côté. J’ai été rejetée par mon père, j’ai grandi sans mère et le seul homme en qui j’avais confiance m’a salie de toutes les façons possibles. Mais j’ai décidé de me battre et de ne plus être une victime, de lutter contre l’attachement qui m’avait provoqué tant de douleurs, pendant des années. Puis je me suis ravisée... J’ai beaucoup changé, tu le sais. En aimant Ame comme ma sœur, en rencontrant Mikan pour la prendre sous mon aile. Mais il y a aussi des choses que tu ne sais pas. Des choses que je n’ai pas dites à Masao et qui font que tu ne me connais pas si bien que cela.


Je tente de calmer ma respiration, sans le quitter des yeux. Mon envie de protester se tarit alors petit à petit, plus vite que je ne l’aurais pensé, et un dernier soupir me permet de reprendre plus calmement mon discours en m’approchant encore un peu.

- Avant que Masao ne parte, je voulais le remercier d’avoir toujours été là. J’avais décidé de lui proposer quelque chose, une fois cette mission terminée. Quelque chose qui aurait peut-être changé notre relation. Ça n’aura pas lieu puisque, comme tu le dis, tu n’es pas complètement lui. Mais cette ouverture que j’ai créée en réfléchissant à cette possibilité fait que j’ai énormément de respect pour la personne qui se trouve devant moi, d’où que tu viennes. Alors... je respecterai ce que tu ressens, sans plus penser à ces ressemblances. Je vais t’accepter comme tu es dès maintenant, avec tes idées, tes désirs et... le reste.

Je rougis légèrement lorsque je me rappelle avoir presque tout découvert de lui, lorsque je me souviens le bien-être que l’étreinte du matin m’avait procuré.

- Tu me connais, oui. Probablement suffisamment pour savoir que j’ai imposé un contrôle constant sur ma vie. Zakuro a terminé de briser la barrière que j’avais montée entre le monde et moi. Reste à savoir qui sera habilité à entrer, maintenant que le passage est ouvert. Mais étant donné que tu es le seul que j’autorise à m’approcher autant, les risques sont élevés. Très élevés.

J’ai chaud, beaucoup trop chaud, lorsque mon regard s’attarde sur chaque trait de son visage. Ma bouche appelle la sienne lorsque je réalise que je me suis tant approchée qu’elles pourraient se rencontrer.

- Je ne sais pas lequel de nous deux surprendra l’autre. Mais tiens-toi prêt. Parce que tu ne connais pas cette Akane-là.

Un mouvement de recul, instinctif, me fait m’éloigner d’un pas en arrière. Gênée, je détourne les yeux et reviens sur ses dernières paroles, recommençant à marcher à une allure soutenue. Sachant qu’il me suit et qu’il me rattrapera sans mal, je conclus cet étrange échange.

- Je n’ai pas envie de revoir Gekido non plus. J’ai eu peur pour sa vie mais il est toujours aussi chiant. Dis... tu as parlé d’un katana ? C’est plutôt encombrant... et réservé aux Samouraï. Il faudra que nous revoyions ta façon de combattre. Mais si utiliser un katana te va, je peux t’en faire forger un. On te trouvera des vêtements, aussi. Ceux-là vont te gêner, non ?

Est-ce que faire comme si de rien n’était suffira ? Je ne sais pas. Mais en l’observant, l’idée surprenante de m’isoler avec lui pour le laisser tout découvrir de moi ne me semble plus si improbable. Je ne me comprends plus. J’ai trop changé. Ce qui fera la différence est surtout que je n’en ai plus rien à faire.


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Yukino Seishin

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Chûnin

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MessageSujet: Re: [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin) Sam 10 Sep - 23:13

Cela n'eut pas l'effet escompté, si jamais il avait pensé plus loin que ses mots en vérité, ce qui n'était pas le cas. La seule chose dont il se rendit irrémédiablement compte fut exprimée de vive voix et par une attitude dont jamais il ne se serait cru responsable après toute l'attention qu'il avait souhaité transmettre, ainsi qu'une autre réalité, masquée entre les lignes, de celui qu'il était toujours, tout en étant si différent à la fois.

Seishin aurait voulu réagir face à cette colère, à cette frustration, mais il en fut totalement incapable, désarmé, coi et étreint des seules peurs dont il se découvrait pouvoir être affecté : la perte de cet être cher retrouvé et celle d'être à l'origine d'une potentielle blessure, physique ou morale, cela n'avait pas d'importance, le mal était le même à ses sens. Il ne comprenait plus les différences claniques et leurs querelles politiques, il savait même ne plus pouvoir renouer cet aspect de ce qu'il fut à sa nouvelle personnalité.

Si bien que la désignation d'ennemi d'un homme qu'elle eut aimé sonnait creux à ses oreilles. Mais si il ne pouvait pas le concevoir le concernant, il ne pouvait néanmoins pas moins comprendre Akane de le voir ainsi, ses propres souvenirs l'aidant en cela. Il se fustigea intérieurement pour ne pas avoir su peser ses propos et provoqué cet état, tout en la laissant user de lui comme échappatoire, quitte à ce qu'elle en vienne à l'assassiner par les termes qu'elle employait.

La connaissance du passé de la maîtresse des ombres ne lui faisait pas défaut, qu'elle en vienne à lui rappeler ce que lui avait fait subir celui à qui elle avait succédé fut tel un coup de sabre qu'elle fichait dans son propre cœur, déversant la même haine en lui qu'il avait éprouvé lorsqu'elle s'était confiée alors qu'il n'était que la moitié de ce qu'il était devenu aujourd'hui. Il n'ignorait rien de la vengeance qu'elle avait obtenue et de l’égoïsme qu'il avait ressenti tandis qu'il lui en voulait de lui avoir prit le privilège de détruire Byakuya lui-même.

Les noms qu'elle prononçait les uns à la suite des autres, qui avaient participé à sa reconstruction, il aurait du les chérir pour cela, mais en concevait une profonde rancœur à leur égard de lui avoir retiré la possibilité d'être celui qui parviendrait à ce miracle. Du moins était-ce là quelque chose qui avait envahi Masao. Ce qu'il était devenu parvint à évincer ces noirs pensés d'un revers spirituel ne lui demandant aucun effort.

Seule la reconnaissance subsistait et poussait le regret hors des frontière de sa psyché. Il ne put pas l'évincer totalement, car elle poursuivit son franc parlé d'un aveu qui réveilla en lui les espoirs nourrit et passé du chuunin qu'il avait été, ravivé par le fragment d'esprit avec lequel il avait fusionné. Cette proposition qu'elle avait souhaité lui faire, mais dont elle se refusait à présent face à lui, le considérant comme autre chose qui n'était plus l'homme qui lui avait juré une allégeance totale, il manqua de tomber à genou.

Tout ce qui lui était important en ce monde justifia ce fait car il n'était pas complètement l'héritier des Ogawa. C'était à l'opposé de ce qu'il avait voulu lui faire comprendre. Mais elle ne lui arracha pas cet idéal, ne lui retira pas ce but et l'essence même qui l'animait, bien que cela manqua d'arriver in-extremis. Du choc qu'elle lui avait fait subir, il n'avait pas pu parfaitement le masquer, comme de l'espoir qu'elle réinvestit en lui l'instant suivant.

Il restait quelque chose, une potentialité qu'elle appelait risque, mais dont il ne voyait que l'aboutissement de ce pourquoi il était toujours de ce monde. Rien en Seishin ne peut rester aveugle à ce qui passe sur les traits qui lui font face alors qu'elle se rapproche doucement, révélant l'écho lointain de sa propre manière de la voir, dirigé à son attention.

Intérieurement, il soufflait enfin. Ce qu'elle avait faillit lui enlever, elle le lui avait retourné immédiatement à son grand soulagement, même si c'était en partie erroné à ses yeux. Il se rendit compte de sa fragilité, de l'infinie faiblesse qu'elle incarnait pour sa personne et aussi étrange que cela puisse paraître, il s'en senti réconforté.

Le réincarné n'était pas non plus aveugle à l'ambivalence qui s'abattait sur la sœur du Daimyo des flammes et ne fit rien pour encourager la chaleur des désirs qui brûlaient derrière les iris de cette dernière, ni le retrait rougissant qu'elle eut ensuite, parfaitement conscient qu'il devait à présent la laisser s'exprimer à sa guise, faire ses deuils à sa façon et non celle qu'il pourrait lui imposer.

Et tandis qu'elle le dépassait, le chaos de sentiments qui venait de s'abattre soudainement sur lui provoqua la naissance de larmes contre lesquelles il ne put rien, si ce n'est les essuyer maladroitement et prit de surprise par l'incompréhension de ce qui pouvait déclencher cela en lui. Elle changeait drastiquement de sujet, laissant renaître le sourire qu'il lui adressait à elle et elle seulement dorénavant, sans qu'elle ne puisse le voir ainsi.

Elle avait repris la route et il tâcha de rester dans son giron, sans néanmoins cette fois la dépasser, trop pudique pour lui laisser voir quel impact les propos qu'elle eut plus tôt avait eut sur lui. Il entreprit alors de répondre à ses quelques questions, afin de poursuivre sur la note légère qu'elle tentait de remettre entre eux, mais cela mourut aussitôt parvenu au bord de ses lèvres en un souffle à peine plus fort que les autres.

Il ne parvenait pas aussi bien à encaisser ce qu'elle lui avait dit, il ne voulait tout simplement plus jamais être la cause d'un tel état de sa part. Le fait qu'il en avait été la cible ne le touchait absolument pas, il n'y voyait aucune injustice, mais qu'il puisse en être la source l'insupportait. Pourtant, sa voix fut pareille à la rumeur d'un fleuve sous un vent printanier alors qu'il daigna enfin reprendre la parole :

J'ai été présomptueux de penser que ta lame ne pourrait pas me faire du mal… Je crois en avoir été la cible à l'instant et ce n'était clairement pas une douce caresse que j'ai pu ressentir. Pour autant, cela était nécessaire et comme avant, je suis tout à fait capable d'être ton confident.

Il avait appuyé sur le terme lié au passé qu'elle avait eut en commun avec le chuunin afin d'attirer son attention sur le sujet, il poursuivit cependant directement pour préserver son effet :

Ce que je suis à présent est encore un peu maladroit avec les mots, mais aucun de ceux que j'ai pu prononcer n'avait pour but de te malmener, ni de te laisser entendre que Masao était perdu. Je suis tout autant Masao qu'il ne l'était lui-même, tout en étant parfaitement différent aux yeux de l'union qui aura permis de me ramener à toi. Je n'ai pas à te dire ce que tu dois penser, ni faire, mais parler de moi comme d'un être qui n'a rien à voir avec lui… Alors que je suis ce qui subsiste de sa volonté de survivre à tes côtés…

Ses larmes revinrent à poindre et il ne fit rien pour les refréner, qu'elle lui fit face ou non, il continua comme si de rien n'était, la chaleur de son sourire n'en était pas moins préservée par ce qu'il disait et son ton ne collait définitivement pas avec la tristesse de ses propos :

… Ce coup là est pénible, d'autant plus face à l'inconnu de ce dont tu allais lui… Me faire part. Je ne peux plus prétendre au nom de Ogawa Masao, car je suis devenu plus que cela, mais ça ne veut pas dire que je refuse cette partie de moi qui t'accompagne depuis presque dix ans et qui ne voit plus que toi depuis tout ce temps, sans seul autre espoir que celui de partager ta route. M'accepter tel que je suis dès maintenant ? Je suis le survivant d'un brasier où je me suis vu mourir, je suis la reconnaissance d'un fragment du concept même de l'Espoir des vivants dont l'existence peut poursuivre grâce à la charité et au sacrifice du moi de cet être même grâce à qui je respire le même air que toi.

Ses iris embrumés avisaient le ciel, sans masquer leur contemplation de cette voûte qu'il paraissait découvrir à chaque instant, mais cela ne l'arrêta en rien dans la libération de ses pensées :

Je te remercies de respecter ce que je ressens, te suis infiniment reconnaissant de m'accepter tel que je suis à présent, mes idées, mes désirs et tout le reste comme tu le dis toi-même… Mais ne m'arrache pas cette partie de moi, n'ignores pas qu'elle existe bel et bien. Si cela t'es douloureux, alors je peux te laisser respirer, prendre de la distance face à ce que je suis devenu et quand bien même cela signifierait que nous ne nous reverrions plus du fait de l'impossibilité que tu puisses concevoir cette renaissance. Au moins serais-je rassuré de ne plus te blesser par ma présence.

Il baissa à nouveau le regard vers elle et se rendit compte qu'il s'était arrêté de marcher, perdu autant dans ses mots que dans les beautés du paysages et de l'être qui se tenait non loin de lui. Il était étrangement radieux malgré les traces encore présente des filets humides ayants roulé le long de ses joues, il poursuivit alors :

Je ne demande cependant qu'à être surpris… Du reste… Comme je le disais, j'ai toujours voulu un sabre… Et cela ne date pas d'hier. C'était une volonté il y-a quelques années déjà pour être sincère. J'étais et je subsiste ton bras bras droit si tu l'acceptes toujours après tout ceci, mais lorsque tu n'es plus Mononoke, que tu redeviens Setsu Akane… Je ne peux plus t'accompagner. Je m'y refuse dorénavant, si tu me le permets.

Il s'approcha de la Jônin à nouveau, baissant sur elle un regard plus brûlant que les volcans de Kazan et approchant son visage porteur de la même expression qu'elle avait eut lorsqu'elle avait parlé de passages ouverts et de risques élevés, puis il clôtura enfin son discours, ses traits ne laissaient rien secret de ses douces attentions et des espoirs que son interlocutrice avait laissé passer dans ses propres mots :

Setsu Akane-sama ne serait-elle pas judicieuse de se déplacer en compagnie d'un authentique garde du corps ? Un yojimbo ? Et il est tout à fait possible pour les gens de notre sorte de créer d'authentique documents attestant de l'existence de ce samouraï qui donnerait sa vie pour toi, n'est ce pas ? Enfin, concernant mes vêtements… S'ils te gênent tant que ça… Nous n'avons qu'à les retirer… Je te laisse seule juge de ce qui pourrait m'aller pour le mieux…

Les stries de ses larmes s'étaient évaporés sous les fortes températures des Terres de feu et ses dents étaient à présent révélées en un masque mutin saupoudré de tendresse.
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Setsu Akane

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Jônin

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MessageSujet: Re: [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin) Dim 11 Sep - 18:26

Le ton de ses premiers mots ne change pas et j’ai l’impression qu’il a encaissé ma colère. Mais je sens dès les suivants l’insistance sur son « comme avant » et le mot « confident », qui me font tiquer et me retourner sur Yûkino. Il me dit être ce qui reste de la volonté de Masao de rester à mes côtés et j’ai alors envie de m’approcher de lui lorsque, au bord des larmes, il continue son discours en s’arrêtant de marcher. Jamais je n’avais vu mon Chûnin faillir, il avait toujours contenu ses sentiments après mon premier rejet mais je savais, malgré ma sévérité à son égard, que tout ce qui lui importait était mon bonheur. Les regrets s’emparent de moi lorsque je m’approche encore, guidée instinctivement vers lui, comprenant enfin d’où il revient et ce qu’il a traversé.

Je le regarde avec admiration, soulagement et empathie, puis mon cœur se serre de le voir ainsi souffrir de mes paroles. Ma gorge se noue et, lorsque le jeune homme me remercie de l’accepter, me priant de ne pas renier mon bras droit, un sanglot m’échappe et mes larmes quittent leur cachette. Je veux m’accrocher à lui quand il dit pouvoir partir, s’effacer de mon existence si c’est trop douloureux pour moi d’accepter qu’il soit revenu. Mon cœur rate un battement lorsque Yûkino abandonne le ciel pour me retrouver figée, contenant mon émotion comme jamais. Lui ne pleure plus, il sourit, passant de la douleur à la réparation aussi vite qu’il était passé de la mort à la vie dans ce bâtiment en feu.

J’ai eu peur qu’il s’en aille mais il me dit ne plus vouloir me laisser, moi en tant qu’Akane, prenant le sabre pour me défendre de tout et en tout temps. Il y a quelques années, j’aurais rejeté cette idée, violemment, la trouvant ridicule au possible et agaçante. Mais j’ai changé... et le revenant me rassure, comme Masao l’a fait pendant mes deux longs mois d’agonie. Mes larmes fuient maintenant mais je suis toujours figée lorsqu’il s’approche, le regard brûlant alors qu’il me détaille comme je l’ai fait juste avant. Il me propose de devenir mon Yojimbo et d’officialiser cette situation, puisque j’en ai le pouvoir. Et bien que le principe soit différent, l’idée qu’il soit collé constamment à moi est bien le prolongement de la proposition que je souhaitais faire à mon Chûnin.

Sa proposition sur ses vêtements termine de m’achever et, pleurant à présent à chaudes larmes, je cache mon visage dans mes mains. J’ai tant de choses à lui dire mais l’émotion est trop forte pour que je puisse le faire maintenant.

- Tu es si... troublant... sont les seuls mots que je puisse articuler.

Le sol se dérobe sous mes pieds et, tandis que je ne tente même pas de me rattraper, lui le fait délicatement, m’entourant de ses bras rassurants et chaleureux. Alors tous les deux à genoux sur une terre chaude, celle de notre naissance, je ne contiens plus mon émoi et finis par me blottir contre lui, l’enlaçant sans retenue, lui exprimant pour la première fois l’immense tendresse que je ressens pour cet homme depuis notre rencontre. Les minutes s’écoulent, nous sommes pourtant figés dans le temps et il me faut lui dire ce que j’ai sur le cœur pour continuer d’avancer.

- Je suis désolée, tellement désolée... dis-je, encore en plein sanglot. Je t’ai rejeté tellement de fois depuis notre rencontre, si brusquement que j’en sursautais la nuit, effrayée que le lendemain tu aies disparu. Je ne t’ai jamais remercié... Tout ce que j’ai trouvé à faire était te donner un rang qui, certes, t’accordait une importance à mes yeux mais je sais que tu ne voulais pas cela, je le sais... Tu as avalé toutes mes colères, toutes mes peines, toutes mes frustrations et, toujours, tu les as apaisées. J’ai traversé tout cela grâce à toutes les personnes que j’ai connues mais, si Masao n’avait pas été là, alors ma vie n’aurait eu aucun sens.

Ma fierté m’a toujours empêchée de te montrer ma reconnaissance mais je me rends compte aujourd’hui que c’est ce que tu méritais le plus. De la gratitude, de la considération et une tendresse que j’ai parfois songé t’accorder... Mais c’était dur, j’avais trop mal, tu me connaissais trop bien et je voulais te montrer désespérément que j’étais forte. Aussi forte que tu m’avais connue la première fois.


Je reprends mon souffle difficilement mais je ne veux pas m’arrêter, pas maintenant. Je le serre un peu plus fort contre moi, comme pour m’assurer que, cette fois, il entendrait ce que j’avais pensé pendant des années.

- Pardon... pardon de t’avoir blessé si fort, de ne pas avoir su trouver les mots pour te dire combien tu comptais pour moi. Pardon d’avoir voulu aller faire cette mission alors que je n’en avais pas la force après ces deux mois de léthargie. Pardon de t’avoir laissé mourir seul après m’avoir encore une fois sauvé la vie en sacrifiant la tienne. Je voulais juste... juste te montrer que j’étais forte... Mais je ne l’étais pas et il s’est passé... tant de choses alors que je pleurais comme une abrutie, pensant que toute ma vie partait en fumée, en même temps que la tienne. J’ai voulu t’oublier, penser que tu étais mort mais c’était trop facile... mais surtout... douloureux, trop douloureux.

Alors s’il-te-plaît, ne pars pas. Parce qu’après cette mission, je voulais te proposer d’habiter avec moi quelque part, pour que nous ne soyons plus séparés... pour qu’enfin je puisse te remercier comme tu le méritais, pour qu’enfin on puisse discuter de tout et de rien, partager autre chose que les ordres et les sanctions... Reste... ne pars pas... ne pars... pas...


Je m’agrippe à lui comme s’il allait s’envoler mais aussi comme si je venais de crier au monde mon affection pour cet être qui m’a suivie de la perte de mon innocence au regain d’un sens à l’existence. À ce stade, je ne sais plus vraiment quels sont mes sentiments à son égard. Amitié, immense respect... amour. Je n’en sais strictement rien. Je sais simplement que s’il s’en va, c’en est fini de moi et ce malgré les personnes qui ont commencé à m’entourer depuis quelques temps. J’arrive à prendre une bouffée d’air qui, en plus de calmer mes sanglots, me permet de conclure ce déversement d’émotions, toutes plus confuses les unes que les autres.

- Je ne supporterai pas que tu disparaisses encore... Alors j’accepte que tu veilles sur moi sans cesse, je te paierai pour le faire, si ça peut me permettre aussi de veiller à ce que tu ne partes plus... Cette renaissance est une chance. Tu n’es plus le même mais tu es toujours là. C’est un secret que nous garderons... ensemble.

Je tremble, sans savoir pourquoi. Notre position me permet d’entendre son cœur battre et je suis dans tous mes états, à nouveau proche du désir de le savoir à mon contact. Yûkino n’est plus humain et les temps qui courent sont peu indulgents avec les êtres surnaturels. Mais je suis maintenant prête à accepter qu’il me protège et prête à le protéger, sans aucune retenue, si le monde se dresse contre nous. Si ce n’est pas le cas, alors nous nous battrons pour le préserver tous les deux.

J’ignore où cette envie nous mènera, je sais juste que, tant qu’il sait ce que je ressens et tant que je sais ce qu’il ressent, rien ne pourra nous arrêter. Et si je dois adresser un vœu aux Kami, juste un, il serait celui de rester avec lui. C’est la seule conviction dont je suis certaine, alors que je me détache légèrement pour retrouver, chamboulée, son regard de feu et de sang, attendant qu’il me réponde de la manière qui sera le sienne.


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Yukino Seishin

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Chûnin

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MessageSujet: Re: [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin) Dim 11 Sep - 19:04

Si la seule motivation qu'il aurait pu avoir à transmettre ainsi ses états d'âme et à vouloir clarifier ce qu'il était trouvait sa source dans une innocente sincérité, il n'avait pas prévu que cela pourrait affecter son interlocutrice, du moins, pas comme cela fut le cas. Fébrile, inquiète et porteuse d'une expression insoupçonnée et d'un attachement visible qui lui avait fait défaut jusque là, elle vint à lui plutôt qu'elle ne rétorqua, contrairement à ce qu'il avait attendu.

Son vœu n'avait pas été de la toucher sinon de la faire réagir, qu'elle réponde ce qu'elle avait à dire aux propos qu'il avait tenu était sa seule volonté. Au lieu de cela, elle était venu à lui, ne se dérobant pas à la proximité dont il joua pour la taquiner afin de briser le lourd instant qui s'était glissé entre eux peu de temps avant. Son visage est une successions de masques qui n'évoque plus rien de la colère, ni même la moindre rancœur au souvenir du passé qu'il n'eut pas manqué de rappelé et qui aurait du lui faire bien plus de mal à elle que cela n'avait été le cas pour celui qu'il avait été autrefois.

Tout l'opposé se concrétisa devant son regard sanguin incrédule, lui-même embrumé des eaux de ses yeux n'avait pu voir que cela avait été le cas de la maîtresse des ombres impassible soudainement devenue si vulnérable. Et alors qu'il se focalise sur elle et qu'elle tente désespérément de répondre au discours qu'il lui avait fait, ses premiers mots semblèrent d'une infinie difficulté à prononcer.

Comme si cela ne suffisait pas, ils allèrent jusqu'à puiser dans les ressources de la Setsu de sang pur, lui arrachant ses forces au point qu'elle chût face à lui. Son instinct mêlé d'un tout autre sentiment lui permirent d'attraper la guerrière des ombres avant qu'elle ne s'effondre totalement au sol, l'enroulant de ses bras et supportant son poids sans le moindre mal, il poursuivit son geste jusqu'à ce qu'elle fut stabilisée, une fois seulement leurs genoux à terre.

Puis elle se pressa contre lui, laissant libre cours à ses émois, l'enserrant dans un étau qui ne lui faisait aucun mal, bien au contraire. Il recouvra le chef de sa protégée de toujours d'une main droite rassurante, l'invitant à se reposer et à lui exprimer ce qui lui pesait à son tour. Rien n'aurait pu l'empêcher de sourire tendrement tandis que les iris clos de la jeune femme déversaient leurs larmes dont il était incapable de dire si elles étaient issues de sa tristesse, de sa joie, ou d'un trouble étranger à son savoir.

Seishin était néanmoins décidé de la laisser prendre tout le temps dont elle aurait besoin pour poursuivre, pleinement heureux qu'on lui autorise un tel contact après ce qu'il eut osé énoncer. Les minutes qui suivirent furent les plus riches qu'il eut vécu jusqu'alors, dans un silence que le vent aride des terres du Nord et les pleurs de la sœur du Seigneur local étaient seuls à briser. Enfin, elle parvint à prendre véritablement la parole et dès lors, l'écoute du réincarné fut à son paroxysme, chaque intonation qu'elle pourrait avoir ayant son importance à ses yeux, car il était certain qu'il résidait en chacune d'elle les pavés de la route qui serait la leur à l'avenir.

Ses prunelles s'ouvrirent de surprise face aux termes qu'elle prononça, faisant écho à un besoin fou qu'une partie de lui avait toujours espérer entendre en secret. Et alors qu'elle se trouvait ainsi à se livrer, le serrant de plus en plus fort contre elle, il leva le visage vers le ciel, ce dernier crispé par des flots menaçants de le prendre à nouveau et porteurs d'une joie honteuse dont il ne voulait rien lui montrer.

Elle s'adressait à celui qu'il avait été et celui qu'il était devenu, ne les dissociant plus comme elle avait pu le faire auparavant et malgré l'ambiguïté des mots qu'il avait eut, si bien qu'il ne parvint plus à empêcher l'eau de couler derechef sur ses joues. Cette partie volontairement inexpressif de Masao avait bel et bien disparue et en un sens, il le regrettait quelque peu, dans un autre, ce fut la chose la plus libératrice qu'il ait pu vivre de son existence, faisant que son regret n'en fut que plus court.

Enfin, si les termes qu'elle employait avaient étés la cause du chaos qui s'emparait de lui, dans la chamade de leur cœurs réunit sans qu'une véritable déclaration ne vienne, ils lui apportèrent la paix par la même occasion, lui laissant reprendre l'emprise sur lui-même. Et tandis qu'elle parvient encore à se terrer contre lui plus profondément encore que les secondes précédentes, il respire profondément, renforcé comme jamais, retrouvant l'assise sur sa psyché et un calme pourvu d'une sérénité religieuse.

Alors Seishin se mis à frotter délicatement le crâne du centre de son monde, ses lèvres dessinant à nouveau cette expression douce et chaleureuse qui semblait le personnifier à présent. Il n'eut aucun besoin de forcer la voix pour se faire entendre, mais sa réponse à cet aveu méritait qu'elle puisse distinguer à son tour la moindre variable dans son ton :

Nous sommes aussi troublants l'un que l'autre, nous contredisants sans cesse pour cette étrange raison que nous partageons apparemment. Je te dis que je ne suis pas Masao, puis l'inverse, tu m'annonce que le chemin sera difficile pour te livrer et te voilà prête à tout dire pour me garder à tes côtés…

Il se mit à rire doucement, posant son menton sur le sommet de la tête de Akane et poursuivit joyeusement :

Qu'est ce qu'une vie à attendre pour entendre tout cela ? Un bien piètre sacrifice. Cette deuxième chance qui m'aura été offerte de pouvoir poursuivre mon voyage en ta compagnie en aura été une tout autant pour toi, de ce qu'il semblerait. Je ne suis pas perdu, nos sœurs les flammes n'auront pas eu raison de moi. Tu n'as pas à être désolée, ni à demander le pardon pour quoique ce soit et si tu souhaite me remercier pour tout et rien, je suis là, face à toi, tout à fait prêt à t'entendre prononcer ces mots.

Reculant ses traits et soulevant ceux de celle à qui il aurait offert des milliers de ses vies à l'aide de son indexe et majeur liés pour que leurs yeux se rencontrent, il continua, libérant une rangée de dents nacrées :

Pour autant, je n'aurais guère à accepter de tels remerciements. Comment cela pourrait être admissible alors que je n'ai aucun regret face aux choix que tu eus, puisqu'ils nous auront amené à ce jour ? Je ne veux rien de ce que tu crois que je puisses désirer et qui ne soit pas une volonté de ta part. Ce que je ressentais pour toi avant de reparaître a changé, évolué et ne souffrirait aucunement du fait qu'il ne puisse être rendu. Je t'offres mon allégeance totale, celle de mon âme, de mon cœur et de mon corps, que tu prennes tout ce que je suis prêt à t'offrir ou une fraction de tout cela n'a pas d'importance, tant que tu me permets de rester auprès de toi.

Il colla alors son front au sien, pressant doucement son nez sur celui de la Jônin, mêlant son souffle à celui de la guerrière éprouvée qui lui faisait face et ajouta :

Ne t'enlève pas cette force que tu as de façon évidente, tu peux t'enorgueillir d'oser ainsi dévoiler tout ceci malgré ce que le Destin, les Kamis ou quoique ce soit t'ont fait subir. Ne me demande pas de te pardonner ce qu'il n'y a pas à pardonner face à la porte que tu m'ouvres à présent. Je ne suis pas mort puisque le seul coût de mon humanité m'aura permis de survivre et de te rejoindre à nouveau. C'est moi qui devrait te prier de m'absoudre de mon pêché de t'avoir ainsi laisser croire à cette mort.

Il fit diminuer le peu de distance qui subsistait encore entre eux deux, frôlant de ses lèvres celles de la Maîtresse des Ombres du feu, sans pour autant cesser de parler :

Je serai enchanté que tu m'invites à aller jusqu'à partager le même toit que toi. Je suis tout à fait enclin à discuter de tout et de rien, sortir du domaine des rangs pour découvrir tout autre chose en ta compagnie. Je ne veux pas non plus m'éclipser si cela n'est pas ta volonté, ni à profiter du manque que je pourrais créer si je menaçais de disparaître. Ton accord seul suffit à ma rémunération pour ce qui concerne de veiller sur toi.

Ses yeux pétillèrent alors de façon mutine, passant ses dents supérieures sur ses lèvres dans un sourire de connivence, puis il poursuivit enfin :

Alors c'est d'accord. Seishin sera le nom que je porterais comme un caprice et dont tu seras la seul à connaître les véritables raisons. À qui nous demandera le pourquoi de ce changement, la seule réponse sera mon envie égoïste. De la lumière à l'ombre, je serais ton Yojimbo… Le Garde de ton corps…

Le mouvement qu'il avait amorcé depuis le départ aboutit enfin à l'union de leur lèvres, qui paru aussi malhabile que pourvu d'une expérience certaine. Comme si il avait toujours su comment s'exprimer autrement que par des mots, tout en redécouvrant cette façon de faire. Il n'imposa cependant pas longtemps ce baiser, rompant délicatement ce dernier et se levant, aidant la belle à en faire autant, puis il se redressa face à elle, tout sourire et conclu :

Gomene ! Mais j'ai cru comprendre que la route serait difficile avant de pouvoir goûter tes délices. Or, si nous venions à poursuivre, cela finira irrémédiablement par se terminer comme ça. Je ne partirais plus, c'est une promesse, alors je te laisses à présent mûrir ceci, le digérer et le rendre certain à tes yeux. Mon intérêt à ton égard ne diminuera jamais et je serais prêt dès l'instant où tu le souhaiteras, où que cela puisse être, ici, même, si le cœur t'en dis, dès à présent. Mais pas poussée par la détresse ou la peur que je puisse t'abandonner, car cela n'arrivera pas. Et si ne vient pas, alors tant pis, je serais déjà heureux d'exister non loin de toi !

Il plaça ses mains derrière son crâne et tira la langue d'un air fautif, sans cligner des paupières une seule fois pour ne plus rien perdre de celle qui se tenait face à lui.
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MessageSujet: Re: [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin) Lun 12 Sep - 20:53

Je ne sais pas à quoi je m’attendais mais l’infinie douceur qu’il dégage en caressant ma tête lève encore une fois mes doutes, aussi facilement que le vent attise le feu. Et alors que j’approuve sans parler le fait que nous soyons des êtres contradictoires, j’accepte qu’enfin j’ai trouvé une personne qui possède ce même esprit. Il m’étreint en riant légèrement et cette nouvelle mélodie protège mon cœur de nouvelles séquelles, sans que je ne sache vraiment pourquoi. Indirectement, Yûkino me remercie à son tour de lui avoir dit ce que je viens de déballer comme le pire des cadeaux empoisonnés. Oui... c’est une chance pour moi aussi, ai-je envie de lui répondre.

Nos regards se retrouvent par son geste ; je ne peux pas baisser la tête et ne le veut pas de toute manière. Mes yeux embués ne voient plus que lui, mes oreilles sifflantes n’entendent plus que lui et chacun de ses gestes réconfortants me font un peu plus vivre cet instant et réaliser que Yûkino Seishin n’a qu’un seul souhait, celui que je lui permets de réaliser : rester à mes côtés, même si je ne lui rends pas ce qu’il veut me donner. Son front et son nez rencontrent les miens et son souffle sur ma bouche me donne comme une seconde occasion de mieux respirer. Je bouge la tête de droite à gauche lorsqu’il dit que c’est à lui de s’excuser, fermant les yeux pour mieux nier ce qu’il dit.

Mais ce désaccord ne nous sépare pas et je retrouve ses yeux, surprise mais ravie de cette distance qui s’efface, de ses lèvres frôlant encore les miennes, ses paroles terminant de me rendre complètement dépendante de cet être. La contradiction de ma propre personne pourrait m’énerver mais lorsque le doux revenant accepte la proposition de vivre avec moi, je ne saisis plus le sens de la colère. Il sourit encore et je perds le sens du mot « tristesse », puis celui du mot « lassitude » s’envole lorsque la promesse du secret de son nouveau nom s’accomplit. Mon souffle redevient irrégulier alors que l’incandescence du futur Yojimbo finit de s’éveiller.

Et tandis que je m’apprête à lui répondre, enfin sa bouche embrasse la mienne. Aussi franchement que délicatement, bien que je pourrais penser qu’il a oublié comment continuer. Je lui rends cette courte mais délicate étreinte, souhaitant que cela ne s’arrête jamais, encore une fois étonnée de mes propres désirs et de mes réactions devenues hors de raison. J’en viens presque à m’avancer encore vers lui lorsqu’il rompt cet instant. Puis le jeune homme m’aide à me relever, m’offrant un énième sourire et le soulagement me gagne finalement totalement, certaine que le bonheur n’est plus si loin maintenant, alors qu’aucune certitude ne me permet d’y croire.

Ses derniers mots concernant mes délices, la réalité de ce qu’il se passe et mon envie ou non de poursuivre me font d’abord écarquiller les yeux. Puis, alors qu’il tire la langue d’un air taquin, un sentiment de légèreté oublié refait surface. Mon sourire est en premier lieu timide puis, après avoir essuyé mon visage rosi par la gêne et l’émotion, il est plus franc. Je laisse échapper un rire aérien, liant mes mains dans mon dos pour m’étirer et finis par répondre en souriant à ce qu’il m’a rétorqué sincèrement.

- Puisque je n’ai rien à me faire pardonner, alors toi non plus. Habitons ensemble une fois ce voyage terminé et laissons-nous vivre, Yûkino. Nous verrons pour la suite. Si mon accord suffit, ta promesse également.

Jamais je n’ai été aussi insouciante mais ses propos me font penser que c’est la seule chose que je n’ai jamais essayé. Retrouver une certaine part d’innocence, d’imprudence et vivre au jour le jour une vie de plaisir, sans me poser davantage de questions. Mon sourire disparait mais la légèreté est toujours présente tandis que je continue.

- La réalité, la mort, la souffrance... peut-être nous rattraperont-elles. Mais j’ai envie de croire que ça peut être plus facile à supporter.

Je détaille à nouveau son visage, le silence et la simplicité de la situation me faisant rougir, surtout lorsque je me rappelle la chaleur de ses lèvres sur les miennes. Je tourne rapidement la tête, regardant le sol sec et poussiéreux, tentant de chasser cette attitude de jeune fille bourgeonnante.

- Akane reste Akane... La route sera difficile, peut-être longue. Mais ça sera différent parce que j’ai envie d’y croire, cette fois. Je ne peux pas avoir peur après ce que tu m’as dit. Peur que tu partes, peur que tu meurs... Pour l’instant, je ne peux pas y penser car il n’y a pas de raisons de l’imaginer. Alors, si les choses sont si simples...

J’arrive à relever la tête et à me rapprocher encore mais sans tenter le contact. Puis mon pouce et mon majeur forment une boucle qui va rencontrer son nez, le gratifiant d’une pichenette affectueuse.

- Range donc cette langue, pour l’instant ! Une longue route nous attend.

Reprenant mon élan pour recommencer à marcher, je parle en regardant le ciel et ce nouvel horizon qui se montre pour les prochains jours et peut-être les prochains mois.

- Je vais essayer de te sculpter un masque, aussi. L’image est intéressante à imaginer si nous sommes toujours ensemble. Et il faudra que tu me dises ce que tu veux graver sur ton katana.

Versatile, j’ai pourtant bon espoir sur mon humeur pour le reste du trajet. Et bien que mes joues mettent plusieurs heures à retrouver la couleur de ma peau, je n’ai plus honte d’avoir ainsi prié le nouveau venu de rester avec moi.


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MessageSujet: Re: [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin) Lun 12 Sep - 21:55

Elle acceptait le jeu, se transformant sous ses yeux rieurs en entrant dans cette connivence qui les liais plus encore que cette confiance dont il avait hérité de son passé et de celui qu'il avait partagé avec elle en ce temps. Elle adhérait pleinement à l'étrange espièglerie à laquelle il l'avait invitée, ouvrant la porte de l'avenir qu'il avait dépeint et en franchissant le pas sereinement, si bien qu'il ne pouvait plus que l'y accompagner avec délice.

La maîtresse des ombres confirma son offre d'un habitat commun où les choses seraient plus certaines de s'accomplir, peu important le temps qu'il faudrait. Cela ne la changeait néanmoins pas si totalement qu'elle pourrait parvenir à considérer que le trépas de l'être humain faisait parti de son cycle, tout autant que les douleurs et les devoirs n'avaient aucune raison de ternir l'éclat de ce qu'il pourrait entreprendre côte à côte, ternissant le doux et chaleureux sourire qu'elle eut.

Néanmoins, il constata avec plaisir que cela n'entama pas son enthousiasme naissant, celui qu'il avait libéré de la geôle dans laquelle elle l'avait elle-même enfermé et dont il avait su se procurer la clé sans trop savoir comment sinon la simple certitude de la détenir. Elle l'émeut dans sa gêne, le séduit sans mot dire, juste dans cette attitude qu'elle eut à le détailler, plongée dans des pensées qu'il ignorait, mais dont il concevait la douceur, la poussant à se détourner comme une enfant impressionnée par son premier amour.

Lorsqu'elle lui annonça l'évidence de son identité, la difficulté et la longueur de la route à venir, il manque de se laisser à la joie. Selon les propres termes de la Jônin, le baiser qu'il lui avait délicatement volé et qu'elle ne lui avait refusé en rien aurait déjà dû être le résultat d'une longue bataille, pourtant, il était arrivé si vite, tout allait si naturellement entre eux que la flagrance de ce qui allait advenir brûlait déjà en son cœur.

Sa patience n'aurait pas à être éprouvé en quoique ce soit, il le sentait en son âme, mais il opina néanmoins du chef alors qu'elle lui assurait ne plus pouvoir avoir peur à présent, acquiesçant à son propos, il ne brûlerait aucune étape, la guiderait sur cette rédemption qu'elle décrivait et dans laquelle elle croyait, jusqu'à ce qu'elle l'obtienne et se renforce d'une manière qu'elle ne pouvait certainement pas soupçonner.

Il ferma les yeux pour goûter à ces espoirs qu'elle nourrissait, manquant de tomber à la renverse face à leur nombre lorsqu'il les vit de son troisième œil, tant ils étaient nombreux et flamboyants dorénavant, tout juste quelques flammèches innocentes et moribondes, quelques minutes plus tôt. Seishin faillit éclater de rire d'une joie très simple face à cette révélation lorsqu'il ouvrit les paupières, mais le spectacle d'un index armé face à la lui coupa court à cette émoi, laissant place à la surprise lorsque le bout du doigt de Mononoke frappa sans douleur son nez.

Il obtempéra, laissant enfin son rire s'échapper, à l'injonction teintée de plaisanterie du centre de son univers. Elle reprenait la route, mimant la manière même qu'il avait eut de progresser sur cette dernière, nonchalamment. Ainsi de dos, détendue de cette manière, elle auréolait d'une vie qu'aucun des souvenirs qu'il n'avait ne lui avait jamais connu. Dès lors, il était certain d'être dans le vrai, que si elle était sa raison de vivre, c'était grâce à lui que la lumière entourait à présent la Setsu de sang pur.

Dans le même temps, il la trouva plus séduisante encore que lorsqu'elle s'était endormie dans son plus simple appareil entre ses bras, la soirée précédente, au sein des bains chauds de leur auberge de passage. Si bien qu'il souhaita la rattraper, la goûter à nouveau, puisqu'elle le permettait, plus longuement, connaître sa saveur dans l'état qui était le sien, car il était persuadé qu'elle serait différente, encore meilleure, si cela était possible.

Le réincarné n'en fit cependant rien, stoppé net par l'idée amusante qu'elle venait d'émettre à voix haute de lui sculpter un masque. Cela ne l'ennuyait pas, bien au contraire, mais elle paraissait oublier un détail qu'il n'aillait pas se gêner de lui rappeler malicieusement. La question du katana retardant sa volonté de concrétiser le recouvrement de la mémoire de la Jônin. Il leva ses iris carmins aux cieux, comme s'ils se trouvaient porteurs de la réponse à cette interrogation et chercha aux tréfonds de sa mémoire l'origine de cette envie.

Puis cela lui vint tout naturellement, il lâcha un léger cri face à l'évidence, s'accroupit par terre puis se mis à griffonner dans la poussière. Il avisa le résultat et sourit de façon satisfaite. Enfin, il appela :

Akane-saaan ! Viens voir ! Cela me paraît approprié.

Il se tenait tout sourire, montrant de l'index les kanjis successifs 影 et 壁, Kage, l'ombre et Kabe, le mur entre lesquels il ajouta la particule de liaison の, no. Le Mur de l'Ombre.

Puis il se releva et ajouta, son air mutin sur le visage :

Je ne suis pas contre un masque pour me… coupler au tien… Mais tu dois savoir que j'en possède un déjà… Un mempo imposé par ma nature, celle dont tu veux préserver le secret.

Il s'embrasa soudainement, avalé par une colonne de flammes noires qui tourbillonnèrent autour de lui, le coupant de toute vue un court instant. Lorsque le feu sombre disparu enfin, le haut de son kimono s'était consumé, son torse apparaissant néanmoins couvert de lamelles que l'on aurait pu prendre pour des os. Ces dernières, paradoxalement aussi souples qu'elles semblaient solides, montaient le long de son cou jusqu'au sommet de son nez.

Seishin se tenait à présent au milieu des braises nocturnes même qui l'avaient vu renaître, identique en tout point à ce à quoi il ressemblait alors qu'il s'était extirpé des ruines du domaine qui aurait du le voir mourir, le soir précédente. Ironique apparence qu'était la sienne, attirant le désespoir à lui comme un vêtement pour que ne subsiste que la lumière du concept dont il était issu. Il se tint là droit quelques instants puis leva son index droit vers son étrange faciès et ajouta innocemment :

Tu vois ? Ce masque là ?


Dernière édition par Yukino Seishin le Mar 13 Sep - 20:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin) Mar 13 Sep - 20:31

Sa légère exclamation me surprend, autant que lorsque je le vois encore s’arrêter pour griffonner parterre. Tel un enfant, content de son travail, il m’appelle par mon prénom en me gratifiant d’un suffixe... Le ton n’est pas à l’incandescence, ni vraiment au respect... C’est comme s’il cherchait à me traiter en aînée et c’est tout à fait inédit. Ce sentiment étrange couplé à son appel puis poussée par ma curiosité me fait m’accroupir à côté de lui.

- Kage no kabe... articule-je sans émettre de son mais en souriant.

La métaphore de ce nom aussi évidente que poétique me fait le regarder tendrement mais Yûkino ne me laisse pas le temps de vraiment réagir qu’il se lève déjà pour me montrer autre chose. Surprise par la rapidité du surgissement des sombres flammes, je me redresse aussi vite que lui et fais un pas en arrière, ne perdant pas une miette de cette métamorphose. Le beau jeune homme réapparait à moitié dévêtu, comme la veille lors de notre rencontre, recouvert de bandes dont j’ignore la matière, flexible sous ses mouvements mais à l’aspect résistant. Cette apparence remue mon cœur, qui s’emballe et ravive en moi le même sentiment d’échec que j’ai ressenti lorsque Masao m’a projeté en-dehors du vieux bâtiment.

En même temps que je me rapproche, sa voix m’attirant jusqu’à lui, cette influence négative finit par s’envoler, petit à petit, comme attirée loin de mon âme. Je tends ma main droite jusqu’à toucher son torse et cette matière si particulière, ne réalisant qu’après coup que ses flammes noires ne me brûlent pas. La distance se réduit au point que mon corps rencontre le sien et mes doigts passent de son cœur à sa bouche, cachée derrière la couche de « tissu ».

- Pas d’autre masque que celui-ci, alors, dis-je avec un léger sourire. Mais comme tu l’as dit, c’est un secret. Notre secret. Donc sois certain que personne d’autre ne puisse voir cette apparence. D’accord ?

J’ose à peine imaginer quelles conséquences cela aurait qu’on découvre Setsu Akane en contact étroit avec un Yokaï, après tout ce qu’il s’est passé. Là encore, la pensée néfaste s’en va, aussi vite que mon sourire et l’engagement de ma prise de distance. Puis l’humour revient rapidement.

- Puis si tu fais ça trop souvent, ça va coûter cher en kimono !

Nous nous remettons en route après un signe de la main de ma part et le retour de son apparence « humaine ». Avançant d’un pas soutenu pour enfin entamer notre retour, je me retiens tout le trajet de le regarder pour éviter de nous retarder encore. C’est une épreuve à laquelle je n’ai pas l’habitude d’être confrontée ; la tentation d’une étreinte, d’un regard et peut-être de plus. Mais je réussis tout de même à reprendre mes esprits en me concentrant sur l’objectif de la journée : arriver plus près d’Hibana. Chacun dans nos pensées, nous n’échangeons que quelques mots pratiques et je réussis à lui rappeler qu’il n’a pas besoin d’utiliser de marques de respect particulières lorsque nous sommes ensemble, jusqu’à arriver, à la tombée de la nuit, dans un village plus proche de la ville sacrée. Remettant mon masque de secours, j’espère en véritable Jônin pouvoir arriver à Moe dans les temps.

***

- Un problème ? dis-je sur un ton sec, agacée par l’attitude de la jeune aubergiste.
- N... non, aucun !

Reluquant Yûkino sans vraiment se priver depuis notre arrivée, elle finit par trouver une chambre libre pour la nuit dans son registre.

- La chambre n’est pas encore prête, malheureusement. Voulez-vous bien patienter, pendant que nos dames de maison s’occupent d’installer les futons ? Je vous propose de prendre un repas juste-là, je vous préviendrai dès que vous pourrez investir la pièce.
- Bien...

Nous nous installons à une table et on nous sert premièrement du thé. Mon agacement se calme pendant le repas mais me motive tout de même à sortir la carte de Setsu de mon obi, pour la montrer à mon doux partenaire, qui ne semble pas avoir fait attention aux regards suggestifs de la petite écervelée.

- Demain, nous emprunterons des chevaux que nous pourrons déposer plus loin sur le trajet. Si nous continuons à pieds, nous n’arriverons pas à temps pour le rapport. J’ai peur que mon frère envoie des hommes nous chercher... J’aimerais éviter de me faire escorter par des Samouraï. Avec les chevaux, nous gagnons trois jours si nous galopons une bonne partie du chemin jusqu’à l’extrémité ouest de Keito. C’est mieux si... c’est mieux si on coupe comme ça, plutôt que passer par Boya. Et...

Je tape du poing sur la table, l’aubergiste sursaute.

- Amenez-lui un autre kimono si vous n’êtes pas capable de vous tenir correctement !

Je suis contente qu’elle ne puisse pas voir que je rougis moi aussi, lorsque mes yeux retombent sur le buste de Yûkino, toujours nu après sa transformation de tout à l’heure. Je soulève légèrement mon masque pour boire mon thé et manger, espérant que la femelle en chaleur reviendra rapidement nous annoncer que la chambre est prête, armée d’un nouveau kimono pour son fantasme du moment. Elle ne revient en réalité qu’une heure plus tard, navrée de ce retard. Là encore, nous n’avons pas beaucoup parlé, de mon côté, trop occupée à imaginer la trajectoire de demain et les provisions qu’il faudra emporter ainsi que le budget dont je pourrai disposer pour louer tous ces services, jusqu’au moment où nous atteindrons Moe.

La jeune femme me rembourse une partie des koban que je lui ai remis pour payer la nuitée et ne manque pas de s’incliner davantage devant l’apollon qui m’accompagne, m’enviant probablement de partager une nuit avec lui. Une fois notre appétit comblé, nous nous dirigeons donc vers la pièce, soigneusement préparée par le personnel. Près de la tête de l’un des futons se trouve un joli kimono pour Yûkino puis, côte à côte, des yukata pour la nuit. Je ne réalise qu’en fermant la porte que je suis seule, face à lui, dans un endroit clos. Loin d’être mal à l’aise, j’ai tout de même chaud et je m’empresse de saisir la tenue de nuit pour aller me changer derrière le paravent de la pièce, sans vraiment rien dire.

Après m’être dépêchée de le faire, je me précipite sous ma couette et ferme les yeux, embarrassée d’un coup, sans raison. Puis me rappelant de la journée écoulée, comme s’il s’agissait d’une semaine entière d’épreuves, un sourire se dessine sur mon visage et un léger rire m’échappe, tandis que je me détends enfin.

- C’était une sacrée journée, non ? dis-je en rouvrant les yeux.

Je me fige alors car il est allongé à côté de moi, attentif à ce que je dis, comme à l’accoutumée. Murmurant un « Il faut dormir, je vais éteindre. » après quelques instants, je me relève légèrement pour passer mon buste au-dessus de lui et souffler sur la bougie de la lanterne éclairant la pièce. Mais au moment de me remettre en position, je m’arrête à mi-chemin, mes bras de chaque côté de ses épaules et une terrible envie de ne pas dormir tout de suite. La lueur de la lune me permet de distinguer les traits du visage que je me suis délectée de distinguer en pleine journée. M’appuyant finalement sur mon bras droit, je laisse mon bras gauche sentir les battements de son cœur puis je me penche vers lui pour goûter timidement ses lèvres. Le rouge me monte au visage alors que j’ose un baiser plus long et légèrement plus poussé que le premier que le doux revenant m’avait offert. Mais une chose est sûre : aucun regret ne teinte ce geste légèrement maladroit car je ne veux que cette proximité à l’instant.


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MessageSujet: Re: [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin) Mar 13 Sep - 20:53

La réalité était qu'il ne savait pas tellement ce à quoi il pouvait ressembler dans la révélation de sa nature, si ce n'était qu'il était conscient que son souffle se trouvait légèrement obstrué par un mempô issu de son propre être. Seishin se demandait tout bêtement s'il était inquiétant au regard ou le contraire. Il sentait uniquement qu'il attirait à lui le désespoir pour en préserver son entourage, ce dernier l'habillant de ces étranges flammes qui ne consumait rien d'autre que ce triste sentiment.

À la première contemplation de la Jônin, il cru faire peur à voir face à l'éclat fugace de tristesse qui passa sur les prunelles des yeux de la jeune femme. Mais cela ne dura pas, car elle fini par réduire la distance les séparant à peau de chagrin, allant jusqu'à poser sur lui sa main dans un geste si intime et faire se rencontrer leur deux corps.

Ce geste ne manqua pas de provoquer dans les yeux de sang du revenu la surprise dans un premier temps puis l'envie presque irrépressible de l'enlacer, répondant à l'ouverture de cette nouvelle porte si rapidement apparue dans cette connivence qu'ils nouaient. La sentir ainsi, à la surface de sa propre peau et lui laissant deviner les lignes cachées sous son kimono et qu'il avait déjà découverte la nuit d'avant, éveillait un désir qu'il goûta avec plaisir, comme une délicieuse curiosité.

Il fut ramené dans le monde des vivants lorsqu'elle lui rappela le caractère secret de sa nature et s'empressa de scruter la voie sur laquelle ils se trouvaient, fort heureusement dépourvue de passage à ce moment. Elle s'écarta finalement de son contact, le geste ayant pour effet de l'attrister quelque peu, mais son trait d'humour et le rayonnement qui émanait d'elle finirent de lui rendre le sourire. Enfin, il reprit sa forme humaine et constata avec désolation les dégât que cette transition avait eu sur ses vêtements.

Il releva le chef pour surprendre le regard de sa partenaire de voyage qu'elle détournait déjà pour reprendre leur route. Seishin n'ignorait plus qu'il plaisait à Akane, le fait lui réchauffant le cœur comme aucun tison ardent ne pourrait le faire et ne pipa mot face à cette attitude, ses pensées joyeuses et soyeuses néanmoins trahies par un doucereux sourire sur son visage.

À plus d'une reprise sur le chemin, il se retint de rattraper la kunoichi qui maintenait sur lui une certaine avance pour l'arrêter, la retourner face à lui délicatement et profiter à nouveau de ce qu'elle lui permettait déjà de faire. La saveur des lèvres de la maîtresse des ombres ne manquant pas de se rappeler à lui comme le met le plus doux qui fut, même lorsqu'il plongeait dans les souvenirs d'une partie de ce qu'il avait été autrefois.

Le seul fait que le moment ne paraissait pas opportun et l'empressement de Mononoke furent les raisons qui calmèrent son envie. Durant le trajet, elle lui fit remarquer les marques de politesses outrancières à son égard : c'était un fait qu'il n'expliquait pas et qu'il attribua à un écho de la part de Masao habitant en lui, il se contenta de se cogner légèrement le sommet du crâne de son poing, un air gêné sur les traits.

Il passa le reste du voyage à admirer sans honte le dos couvert de la belle, comme si ses yeux devinaient la fine musculature qui s'y trouvait. Cette attirance, il savait en avoir bien plus hérité de ce qu'il avait été qu'il ne voulait bien le dire, mais cela ne l'ennuyait pas le moins du monde, c'était une sensation plaisante à tout les titres dont il savourait chaque aspect.

***

La nuit tombée, ils s'arrêtèrent à la première auberge qu'ils croisèrent, Seishin laissant le soin à Akane d'organiser leur court séjour se tenait dans son dos, les bras derrière la tête à détailler les murs du bâtiment, ses décorations et les personnes qui s'y trouvaient comme tout autant d'attractions différentes qu'il découvrait pour la première fois. La jeune tenancière de l'établissement ne détachant plus ses iris de lui, il lui fit un coucou poli, amusé, sans se rendre réellement compte de ce qui la faisait se focaliser ainsi sur sa personne.

Le comportement de l'aubergiste eut cependant l'air d'agacer sa compagne de route qui ne manqua pas de s'adresser à leur hôte assez sèchement pour intriguer le réincarné. Il haussa les épaules en abandonnant toute idée de compréhension face à ce fait un peu avant qu'ils furent invités à s'installer.

Lorsque Akane produisit la carte du pays pour lui indiquer le programme de leur périple, il posa ses coudes sur la table, ses poings sur ses joues et se mis à lui sourire gentiment tout la dévorant du regard malgré le masque qu'elle portait, si bien qu'il prit pour lui l'éclat qu'elle eut alors soudainement, frappant le meuble de sa main et ordonnant avec colère qu'on lui apporte de quoi se couvrir. Tout penaud par la suite, il tâcha de rester le plus sage qu'il pouvait être, digne et droit, sérieux dans son attitude, mais terriblement désolé intérieurement.

La contrariété évidente de la Jônin l'intima au silence tout le long de la soirée, ne se laissant exprimer que des approbations à chaque points qu'elle émettait à voix haute concernant le trajet à venir. Il ne fit pas la moindre attention à l’extrême politesse intéressée qu'eut leur servante à son sujet, se contentant de la saluer brièvement sans quitter des yeux la Setsu de sang pur, très certain qu'il avait du franchir une limite sans pour autant parvenir laquelle, et qui la mettait en rage.

Le repas rapidement expédié ne fut pas aussi agréable que le premier qu'ils eurent eu ensemble, à son grand regret, les saveurs des mets s'en trouvant largement entachée par l'ambiance pesante qui régnait. Enfin, on les mena à leur chambre où ils se trouvèrent rapidement seul face à l'autre. Akane se déroba prestement à sa vu, ce qu'il attribua à nouveau à une faute qu'il avait commise, revint vêtue d'un yukata dont il ne pu pas se délecter de la vue qu'il pouvait avoir sur elle tant elle plongea si rapidement sous les couvertures de son futon.

Déconcerté, il enfila le siens sans savoir quoi dire ni quoi faire pour lui rendre la merveilleuse humeur qui avait été la sienne lorsqu'ils avaient eu leur échange sur les chemins. Ce fut du rire qu'elle eut que vint sa libération, quoique cela nourrissait d'autant plus sa curiosité face à l'état d'âme qui avait été celui de la Jônin jusqu'alors. Mais il n'en fut pas plus intrigué que cela, car découverte de son masque, il se perdait à nouveau dans les expressions de ses traits aux paupières closes, à nouveau tiraillé par le besoin qu'il ressentait d'unir leur deux visages.

Elle rouvrit les yeux tout en s'adressant à lui et leur iris se croisèrent alors. Si le fait lui plu, le cas ne sembla pas tout à fait partagé car elle coupa court à son interrogation, n'attendant pas qu'il y réponde et ajouta rapidement qu'il était temps pour eux de trouver le sommeil. Dépité, elle ne le laissa même pas éteindre lui-même la lanterne qui illuminait encore la pièce. Mais sa tristesse ne dura qu'une fraction de seconde, car pour procéder, il fallut qu'elle passe par dessus lui, pressant la moitié haute de son corps contre le sien, la sensation lui procurant un ravissement intense.

Enfin, tandis qu'elle revenait, le surplombant dans une splendeur que la lumière de la lune lui laissait entrevoir, elle se figea, ses prunelles plongeantes dans celles de Seishin, ce dernier retenant difficilement les siennes de ne pas glisser vers l'ouverture du yukata de la Dame des flammes et des douceurs qu'il masquait à peine. Il déglutit tout simplement à cette idée, de peur d'incommoder Akane, mais l'expression qu'elle eut fut des plus évocatrice.

Elle alla poser sa main gauche sur son torse, la moitié de ses doigts à même sa peau, l'autre sur le pan de son propre vêtement de nuit. Finalement, de la faim qu'il eut toute la journée pour ces lèvres dont il avait une envie terrible, ce fut d'elle que la délivrance vint. D'abord délicatement et timidement, puis plus intense, comme ils n'avaient pas encore partagé de tel, leur bouches s'ouvrant l'une à l'autre dans un baiser incandescent.

Plus il s'intensifiait, plus le réincarné se sentait bouillir intérieurement et puisqu'elle l'encourageait en prolongeant ce dernier, il l'attira à lui en l'étreignant par la taille, pressant le corps de la jeune femme contre le sien, ainsi que son visage par le biais de sa main droite qui alla se positionner sur la nuque de l'héritière des Setsu.

Un écho de son passé lui murmurait la marche à suivre, paradoxe entre une découverte totale et une expérience acquise de maintes rencontres délicates mais dont aucun souvenir n'exprimait une telle saveur. Il ne constata néanmoins aucun rassasiement à son appétit nouveau, c'était tout l'opposé en réalité, quelque chose en lui en voulait beaucoup plus et il se laissa guidé, curieux, vers ce que ses propres gestes suggéraient.

Sa main gauche se libéra de la taille de la belle, descendit plus bas pour relever le yukata de cette dernière et révéler la peau de ses cuisses au contact de ses doigts. Sa première caresse en appela une autre, plus pressante et plus intense, puis bien plus encore, comme si les extensions de son bras brûlait d'une merveilleuse douceur.

Toujours intrigué et savourant chacune des découvertes que ses mouvements produisaient, il se sentait le besoin de la dévorer, de toucher la moindre parcelle de sa peau, de la découvrir du tissus qui osait encore se dresser face à ce centre d'intérêt. Prit d'une fouge soudaine, il inversa les rôles, la faisant rouler sans rompre l'union de leurs lèvres pour la recouvrir de son corps à son tour. Puis sa main baladeuse se jeta sur le léger obi qui ceignait la taille de la Jônin pour en tirer sur le nœud à l'en défaire dans le même mouvement.

Son œil s'arrêta alors sur le tissus qu'il tenait, le seul rempart qui protégeait la sécurité de sa pudeur venait de lui être arraché par ses propres gestes. Il en fut terrorisé, se dressant soudainement de moitié, chevauchant son univers don les pans du kimono devenaient lâches, découvrant une partie non négligeable d'une peau qu'il rêvait de contempler à nouveau, mais dont il ne voulait pas prendre possession sans que cela ne lui fut accordé pleinement.

Sa main serrait le obi détaché et son visage trahissait de sa peur naissante d'avoir brisé son souhait de patience et d'attente. Lorsque sa voix pu sortir enfin de sa bouche, elle était saccadée, comme s'il était coupable du pire crime qui soit :

Su… Sumimasen… Je… je ne sais pas ce qui m'a pris ! Je me suis laissé emporté par cette porte que tu m'as laissé franchir et dans mon élan, je n'ai pas su m'arrêter à la suivante… Moshiwake arimasen !!!

Son visage n'exprimait plus qu'une profonde terreur et une désolation qui l'était tout autant à présent, très certain d'avoir dors et déjà trahit le centre unique de son monde.
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Jônin

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MessageSujet: Re: [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin) Jeu 15 Sep - 21:40

Chaque inspiration, chaque expiration, chaque geste me rappelle qu’il est là. À aucun moment je ne peux imaginer que Yûkino s’en aille, s’arrête de me posséder ou cesse de ne voir que moi. Lorsqu’il m’attire à lui et prolonge notre baiser, je ne me sens plus rien d’autre que femme. Un soupir de plaisir ponctue la ligne de frisson au contact de sa main sur ma nuque et, bien que je ne sache pas très bien quoi faire avec les miennes, je ne profite pas moins se ses attentions, plus intenses de seconde en seconde sur ma cuisse, que je prends la peine de remonter pour rendre son geste plus aisé.

Puis soudain, nous roulons sur le côté à l’aide de l’élan qu’il donne à nos corps. J’en ouvre les yeux de surprise mais l’union toujours présente de nos bouches et cette nouvelle perspective ne me fait qu’apprécier davantage ses mouvements assurés. Sans réelle hésitation, mon doux revenant dénoue facilement mon obi et attarde son regard de sang sur ma féminité, cette dernière menaçant de se révéler aux vues du relâchement du tissu. Il se fige alors qu’il se redresse et j’en rougis, gênée, de peur de l’avoir choqué par cette trop grande liberté.

En suivant ses yeux, je comprends que le jeune homme pense avoir fait quelque chose de mal, comme si l’irréparable avait été commis. Avant que je ne puisse parler, je me redresse, prenant appui sur mes coudes et laissant, sans faire attention, mon kimono s’ouvrir sans pudeur, peinée qu’il s’excuse si platement pour quelque chose que je lui ai autorisé. Je finis par me mettre à genoux, lui suivant mon mouvement et dans une envie première et intense de le calmer, je saisis son visage entre mes mains et plonge mes yeux dans les siens, habitée d’une nouvelle assurance.

- Ssshhh, ça va, ne t’en fais pas... chuchote-je, m’efforçant de sourire.

Puis mon cœur s’emballe d’être ainsi en face de lui, quasiment nue. Bien que la nuit masque les détails de nos morphologies, le contact de ma peau sur la sienne me fait bouillir. Tremblante, beaucoup moins confiante, je déglutis et tente de retrouver un semblant de calme pour terminer mon explication.

- Tu me connais mieux que moi-même... Alors tu sais que lorsque je ne veux pas quelque chose, je ne me gêne pas pour chasser la source du malaise. Et là, je...

Les mots ne sortent plus, je suis trop troublée et mon corps ne suit mon esprit que pour une chose : continuer ce que nous avons commencé. Je baisse les yeux et laisse mes mains descendre le long de son cou pour finalement glisser sur la couture du yukata puis saisir, du bout des doigts, sa ceinture afin de l’en débarrasser également. La tâche est aisée et, toujours empourprée, j’évite de croiser son intimité du regard, relevant les yeux et m’approchant de lui pour que nos deux bustes se touchent sans tissu. La découverte de cette nouvelle chaleur me fait frémir et je ne peux pas m’empêcher de passer mes bras derrière son dos pour souligner l’étreinte et effacer le malaise puis la timidité de ce revers de tendresse.

- Ne t’excuse pas, Yûkino... c’était...

Encore une fois, impossible de parler tandis que je l’étreins. Je bouillonne tant que j’ai peur de le brûler comme je l’ai déjà fait. Puis mes doigts tentent naturellement des caresses sur ses omoplates, suivant sa colonne vertébrale par le chemin de ses muscles jusqu’à arriver au bas de ses reins, sans oser encore goûter à la douceur de son séant. J’ai de la peine à respirer et chaque prise d’air me rappelle le contact de ma poitrine avec sa peau, plus douce encore que les étoffes les plus nobles que j’ai connues. Puis je réussis à aventurer mon visage dans son cou, chassant d’une main ses longs cheveux en arrière et je lui offre un baiser, puis un deuxième, passant mon autre main derrière sa nuque pour intensifier l’échange.

- Tu n’auras pas eu à travailler tant que ça pour m’avoir, finalement... finis-je par souffler.

Mes baisers remontent le long de sa mâchoire pour rejoindre sa bouche et je l’embrasse plus intensément encore que précédemment, invitant ma langue à rencontrer la sienne. Mes bras passent derrière sa tête, réduisant à néant toute distance entre nous. Après quelques instants, je l’incite sans le forcer à s’allonger sur moi une nouvelle fois, à la différence près que mes jambes laissent la place à son bassin de s’installer. La fusion qui pourrait découler de cette position me fait peur car, dans ma tête, elle a toujours été souffrance. Instinctivement mais doucement, je sépare nos lèvres et l’étreins pour finalement rouler sur le côté et me retrouver sur lui.

Les vicieuses visions d’horreur se font la malle ainsi car, bien que le passage soit toujours vulnérablement exposé, je me sens en bonne position pour m’enfuir devant un potentiel danger. Rassurée et attristée par ces sombres pensées d’un passé traumatisant, je reviens à l’instant présent, devant cet homme délicat qui m’a promis protection et fidélité. Mes jambes de part et d’autre de lui, les picotements de ma vieille brûlure à la gorge cessent lorsque je me glisse un peu plus bas pour couvrir son torse d’attentions. Des baisers sur chaque parcelle de son corps, c’est ainsi que je souhaite le découvrir. Mes mains détaillent à tâtons la zone que je souhaite caresser de mes lèvres, prenant une légère avance sur le périmètre à explorer.

Ma main droite termine sa course sur son intimité, cette dernière prête à remplir son rôle de comblement d’un instant de plaisir. Continuant d’embrasser son bas-ventre, je découvre prudemment de mes doigts l’arme des hommes, celle qui m’a retiré toute dignité il y a neuf ans, cette lame de chair pourtant si tiède et délicate. Ma gorge se noue et mes anciennes larmes ne tardent pas à refaire surface. Je me rappelle la violence, la douleur de l’instant et le dégoût à la vue du monstre qui m’a souillée.

Puis, comme une révélation, je me rappelle où je suis et avec qui. J’ai ainsi la profonde conviction que la souffrance n’a pas sa place ici, que cette arme sera la seule qui ne me blessera pas. Cette pensée détend mon corps, mon attitude défensive se meurt et le désir de partage revient, au point de ponctuer les caresses de mes doigts de trois brefs mais délicats baisers.

- Montre-moi... finis-je par dire en remontant finalement vers son visage, désireuse de le laisser me découvrir de la même façon.


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[Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin)

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