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 [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin)

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Yukino Seishin

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Chûnin

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MessageSujet: Re: [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin) Jeu 15 Sep - 23:18

Elle se redressa à moitié à sa réaction, dévoilant par la même occasion sa poitrine que son vêtement ne peut plus retenir, dépourvu de sa ceinture. Sans faire le moindre cas de sa pudeur, elle glissa sur ses genoux pour le rattraper dans sa fuite, encerclant le visage du ressuscité sur lequel débutaient déjà de perler les larmes de sa propre honte.

Contre toute ses attentes, elle s'empressa de le rassurer, mais ce que son sourire forcé ne pouvait masquer fut comme une hésitation qui aurait pu briser Seishin si elle n'eut finalement pas poursuivit rapidement pour lui rappeler l'évidence de sa volonté, sans pour autant parvenir au bout de sa phrase. Si le fait aurait pu achever de convaincre le revenu qu'il était allé trop loin, ce furent de ses actes que vint la rédemption et la suppression de ses doutes.

Elle le libéra à son tour de son propre obi, tandis qu'il n'osait pas même bouger dans sa peur toujours présente qu'elle ne le fuie irrémédiablement, le voyant comme un danger. Son kimono s'ouvrant alors sur un corps tout aussi différent qu'il n'était semblable de celui du chuunin autrefois, dépourvu de la moindre des cicatrices qu'il s'était faite durant sa vie, mais non de la précision de la musculature qu'il s'était forgé.

Même ainsi peu visible, du fait du manque évident de lumière, il devinait sans mal les détails de la plastique de sa vis à vis qui, quelque peu intimidée, préféra se coller à lui, leur peau se rencontrant enfin sans que le tissu, du moins en grande partie, ne vienne plus gêner leur contact charnel. Elle l'enserra si fort que les mots qu'elle prononça ensuite finirent d'évincer la moindre incertitude, quand bien même ne put elle pas aller au bout de ces derniers, incandescentes contre lui et certainement prise d'un certain vertige face à ce qu'elle amenait progressivement, malgré les convictions qu'elle affichait.

Ses mains deviennent les dépositaires de sa volonté alors qu'elle parcours le dos de celui devant qui ses verrous tombent les uns après les autres à une vitesse fulgurante. Chacune de ses caresses engendrant un nouveau frisson le long de son échine, bien connu et totalement nouveau à la fois pour lui. Puis elle enfourna son visage dans son cou, déclenchant une vague soudaine de désir qui se propagea dans tout son corps instantanément.

Il la laissait faire afin de mesurer à quelle point elle se trouvait prête, tout en lui faisant découvrir les affres du plaisir dont les souvenirs étaient pourtant bien présent. Le fait était qu'il mourrait d'envie de se joindre à elle pour rendre commune leur danse, mais que sa peur subsistait toujours encore légèrement qu'elle ne soit en train de se forcer elle-même et de briser trop violemment ses propres frontières.

Et alors que ses lèvres se trouvaient non loin de son oreille, elle lui murmura ces mots qui le firent vibrer, l'amusant dans leur ironie, car la réalité était toute autre qu'elle ne l'exprimait. Avant même qu'il ne puisse l'éclairer sur son erreur, elle ferma sa bouche sur la sienne dans un baiser virulent, l'étreignant intensément et si proche que l'air ne pouvait plus même songer à passer entre eux. Dans cette même position, elle l'attira à lui comme ils l'avaient été quelques instants plus tôt, écartant ses jambes comme un aveu de confiance, car sa vulnérabilité dans cette exposition était des plus flagrante.

La chose ne dura pas cependant, car comme prise à son tour d'une peur et d'un écho sombre de son passé, elle inversa leur position afin de le surplomber et de maîtriser la situation. Seishin fut transis par ce changement, car ce qui risquait de suivre ne pouvait plus que venir d'elle. Il était tétanisé à l'idée même d'évoquer à cette dernière les sombres heures des sévices qu'elle avait subit.

Quitte à brûler les étapes de sa guérison, il fallait que la chose provienne d'elle et d'elle uniquement, même s'il mourrait d'envie à présent, ainsi traité comme un trésor et gâté de tant d'attentions, de se joindre totalement à elle dans ses initiatives. La poursuite de ces dernières de la part de la Jônin attisait un âtre déjà flamboyant, chacune des douceurs qu'elle lui prodiguait menaçant de faire rompre la bride par laquelle il se tenait lui-même pour ne pas la dévorer instantanément.

Lorsque sa main s'attarda sur sa vigueur au bout d'un chemin de caresses et de baisers l'y menant méticuleusement, il ne fut pas ignorant de la crispation qu'elle eut à ce contact. C'était une porte qu'elle devait franchir par ses propres moyens et les yeux de sang ne la quittaient pas l'instant que dura la résolution qu'elle prise à ce moment.

Flattant son entre-jambes de sa main, elle acheva de symboliser le don de sa personne et son vœu d'union totale du bout de sa bouche, son contact achevant d’insuffler le bouillonnement interne qu'elle provoquait sur celui qu'elle voulait pour amant. Les mots qui vinrent par la suite tandis qu'elle remontait pour lui faire face, le recouvrant de son corps, ne furent là que pour souligner ce qu'il savait déjà à présent.

Mourant du dessein de lui rendre la pareille des merveilles qu'elle venait de lui faire subir, il inversa à son tour leur position tout en la libérant définitivement de son kimono afin qu'aucune frontière ne pusse le gêner dans cette entreprise. Il plongea dans son cou, honorant ce dernier d'une vague d'embrassades toute plus fiévreuses les unes après les autres, il ne fut pas long à trouver le trajet de la poitrine de la guerrière qu'il avait désiré depuis presque dix années en vérité.

Il ne fut pas une parcelle de peau qui n'eut pas droit à son lot de tendresses et de baiser tant il s'attarda en ce domaine pour finir enfin d'une légère stimulation qu'il exerça de la pointe de ses dents sur l'aboutissement du sein droit du centre de son univers. Chacun de ses mouvements était guidé d'un instinct mêlé d'échos du passé tout en se montrant des découvertes.

Il savait avoir toujours souhaité cela, même lorsqu'une part de lui s'était perdu dans les bras d'autres qu'elle pour exorciser ce désir, ou l'oublier un instant, ce à quoi il n'était jamais parvenu finalement. Sa main droite alla en éclaireur, réchauffer encore, si cela était possible, le domaine sacré entre tous de la féminité d'Akane, tandis qu'il descendait du bout de ses lèvres, effleurant avec délice chaque muscle de son ventre, suivant leur ligne progressivement.

Ses doigts dansèrent d'abord à la surface du siège des plaisirs de son amante, puis s'aventurèrent avec lenteur à son sein pour ne rien brusquer et l'aider à se préparer pour la suite des doux châtiments qu'il prévoyait. Finalement, son visage vint rejoindre son avant-garde bienveillante et il le substitua aux extrémités de sa main.

Dans sa curiosité et son souhait de goûter l'intégralité de ce qu'elle représentait, il s'offrit totalement dans le traitement qu'il lui fit subir, ne laissant plus un millimètre du domaine sans attention de sa langue. Il ne compta pas les minutes, soigneux en tout, pour être enfin certain qu'elle fut prête à le recevoir dans son entièreté. Enfin, il remonta tout en caresses jusqu'à la surplomber sans la moindre attitude conquérante. Et alors qu'il l'investissait le plus délicatement qui soit, il alla murmurer en retour à l'oreille de la maîtresse des ombres :

Je n'aurais pas attendu longtemps, non… Neuf années ne sont rien, effectivement, au vu de ce qui se produit ce soir entre nous…

Ce n'était ni de l'humour, ni une légère pique, il était absolument sincère et le montra en débutant lentement ses déhanchements langoureux afin qu'elle puisse prendre pleine conscience et à plusieurs reprises de tout l'amour qu'il lui vouait. Il l'embrassa alors, glissant sa main droite derrière sa nuque et la gauche à la taille de son élue. Le seul pieux mensonge qui l'animait tenait dans le fait qu'il brûlait de lâcher la bride de la flamme qui l'animait, mais la violence de son desiderata ne pourrait que la heurter et la faire fuir à jamais.

Seishin, pour cette première et énième fois, était intimement persuadé que cette porte en cachait encore bien d'autres et qu'il ne les passerait qu'une après l'autre, patiemment et avec délice, tiré par la main de la sang pur des Setsu. Il se satisfit totalement de retenir sa faim dévorante, heureux déjà de goûter avec gourmandise la perfection du corps de son aimée. Cette union se devait d'être une redécouverte pour chacun d'entre eux, une véritable première fois. Aussi ne s'aventura t-il pas sur les voies d'autres curiosités, s'offrant simplement dans son entièreté à celle qui se voulait bien sienne à cet instant.
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Setsu Akane

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Jônin

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MessageSujet: Re: [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin) Sam 17 Sep - 20:27

Il ne lui faut que quelques secondes pour prendre les choses en mains à mon signal et inverser nos positions une fois encore, évinçant le tissu d’un simple et délicat mouvement. Je sens son impatience communicative mais elle n’a cette fois rien d’agressif ou d’égoïste car chacun de ses baisers est donné dans une volonté de me combler. Chacun des contacts qui nous avait unis jusqu’à maintenant, du plus timide au plus entreprenant, me semblait nouveau et familier à la fois. Même avec le Taisa Fukyuu, l’intensité n’était pas celle-ci, cette dernière motivée principalement par l’urgence et l’interdit pesant sur notre relation comme la plus tranchante des épées.

Mais ici, avec lui, cet être que j’avais vu naître sous mes yeux, aussi brutalement que mystérieusement, aucune hâte ne précipite les mouvements, si ce n’est une faim que je le sens contenir dans le simple souhait de prendre soin de ma personne. Du temps, nous en avons tout de suite car la nuit ne fait que commencer et, malgré la nature transformée du jeune homme, je sais qu’il n’est aucun tabou dans ce que je lui ai laissé faire jusqu’ici et que personne ne viendra me dire qu’il est mal d’agir de cette façon. Ma seule réalité et que je me retrouve dans le même état que si c’était moi qui avait attendu tant d’années pour devenir sienne... Un léger sursaut m’anime lorsqu’il gâte le bout de mon sein avec application et je ne pense plus à ce que je lui ai dit ou à sa probable réaction.

Yûkino s’attarde d’abord sur mon abdomen pour finalement se diriger plus bas, en premier lieu du bout de ses doigts, caressant cette fleur que je pensais consumée depuis des années. Ma respiration suit la montée du désir puis du plaisir et je me sens bientôt totalement dépassée par ses attentions, toutes plus sincères que sensuelles, devinant l’éclosion de sensations que j’avais à peine frôlées ou osé imaginer avec mon amant du Froid.

Profitant que le doux revenant en vienne à animer le fruit de l’avidité, je laisse échapper un brin de voix lorsqu’il m’explore entièrement de ses doigts, ces derniers rejoints de près par sa bouche, qui prend bientôt la direction des opérations. Je mets beaucoup d’énergie à retenir le son, qui pourrait se retrouver à la hauteur de la satisfaction que mon amant m’apporte. Mais cela ne m’empêche pas de profiter de ses gâteries, qui durent à en étirer le temps, maintenant le feu allumé, le ravivant à chaque minute par de nouveaux soins.

D’abord accrochées aux draps, mes mains se perdent finalement sur sa tête pendant les minutes de délicieuse préparation qu’il m’offre. Accompagnant finalement son visage dans son geste de murmures, je laisse un long soupir exprimer la joie de l’absence de douleur lorsque mon amant franchit la porte de mon être. La sensation merveilleuse de le sentir en moi et le contentement d’avoir enfin surmonté ce traumatisme, combinés à ses paroles – dont j’ignore si elles sont l’expression d’un contentement ou d’une frustration – me font pleurer. J’accueille son baiser passionnément, profondément embrasée par l’émotion du moment et ses premiers mouvements de vas et vient délicats, soulignant toute l’affection l’ayant fait rester à mes côtés toutes ces années.

Je souffle alors son prénom, pour la première fois, en m’accrochant à lui après que mes lèvres soient brièvement libérées de sa passion. Je ne veux pas l’empêcher de fuir mais le sentir encore, conserver cette chaleur qu’il me transmet doucement. J’ose aventurer mes mains plus bas, cette fois, suivant les mouvements de son séant puis réalise que la vague de chaleur dispersée dans mon corps ne se concentre qu’autour de lui, au centre de nos plaisirs. Mon souffle devient complètement irrégulier et mes expressions incontrôlées de ravissement montent en volume, jusqu’à peut-être alerter nos voisins de chambre. Ce manque de délicatesse finit par prendre le dessus, me subjuguant totalement et laissant ce que je pense être le pinacle de l’extase saisir tout mon être.

J’ai l’impression d’en écorcher son dos, tant je me serre contre lui et qu’il me soulève avec aisance, m’invitant uniquement par ses tendres mouvements à me redresser en position assise, prolongeant notre union sans laisser l’air nous séparer l’un de l’autre. Mes bras s’enroulent doucement autour de son cou, mes jambes autour de sa taille, alors que mon tendre amant est encore en moi, loin d’être aussi satisfait que moi. Je veux rompre l’étreinte pour l’interroger du regard mais mon partenaire m’installe dans notre couche commune et prend une délicate distance, mettant fin à notre fusion pour prendre place à côté de moi, son visage décoré de son air contemplatif et innocent habituel.

À peine remise de mes émotions, encore en proie au bien-être, je le regarde tout de même avec inquiétude, troublée qu’il n’ait pas pu se retrouver dans le même état que moi. Il n’a pourtant pas l’air frustré, probablement heureux que j’aie moi-même atteint le sommet du plaisir... après dix ans d’attente. J’aimerais lui dire tant de choses, le rendre plus heureux encore à mon tour mais mes paupières s’alourdissent, mon corps étant incapable de supporter tant de bouleversements en deux jours. Le drap dont il me recouvre termine alors de me laisser m’assoupir.

***

Je me réveille en sursaut, lorsque les premiers rayons du soleil pointent. Je ne me rappelle d’aucun rêve, d’aucun cauchemar et mets un moment à me souvenir ce qu’il s’est passé la veille. Puis mes yeux descendent sur la source de mon bonheur, encore endormie profondément. Le rouge me monte aux joues instantanément. Le bel homme se trouvant dans le même futon que moi n’ouvre même pas les yeux mais le simple fait de le voir allongé à côté de moi me rend heureuse.

Me délectant de ce sentiment qu’il me semblait avoir totalement oublié depuis deux mois, je ne me pose pas davantage de questions. C’est d’ailleurs sans penser au programme de la journée que je m’allonge à nouveau sur le côté, détaillant son visage parfait, attendant qu’il porte sur moi son regard de sang dans lequel je saurai désormais apprécier me noyer.


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Yukino Seishin

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Chûnin

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MessageSujet: Re: [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin) Sam 17 Sep - 21:07

Sous ses prunelles pourpres et malgré le léger filet de lumière lunaire éclairant si peu leur union, elle s'illumine, se libère et le savoure. Chacune de ses attentions est récompensée d'un effet qui ne faisait qu'ajouter à sa beauté. Dans cette vulnérable confiance qu'elle lui donnait sans limite, il ne voulait plus que la remercier en mettant encore plus de passion dans ses mouvements et les douceurs qu'il lui prodiguait.

Son savoir en la matière, curieux mélange entre une connaissance de technicien éprouvé et la découverte curieuse d'une première fois, paraissait la combler au plus haut point, en trahissait les émois qu'elle laissait s'échapper, éliminant toute la discrétion qu'ils auraient pu souhaiter entretenir autour de leur ébat.

C'était bien la dernière chose, en vérité, dont Seishin se préoccupait, non pas qu'il se moquait des voyageurs en transit ou des tenanciers de l'auberge, il n'en concevait aucune priorité, cette dernière se trouvant déjà à l'accueillir de tout son être, s'épanouissant à chaque seconde un peu plus pour son plus grand bonheur.

Le contrôle qu'il exerçait sur sa fougue manqua de se briser lorsqu'elle prononça son nouveau nom si intensément, haletante, que cela sonna presque comme une déclaration à ses oreilles et augmentait encore son désir. Il tint malgré tout, conscient que c'était là une porte qui n'était pas encore ouverte.

Elle connaissait son dévouement, sa loyauté et son amour pour elle et s'il voyait dans leur jeu sensuel la preuve de sa confiance et de son envie de lui, il ne s'agissait pas encore à proprement parlé de la réciprocité de ses sentiments. Seishin n'en conçu pour autant aucune tristesse, poursuivant de se nourrir d'elle délicatement, l'investissant de plus belle avec une fougue de plus en plus vigoureuse, mais bien loin encore de pouvoir assouvir sa faim infinie.

Il la senti perdre pied et s'abandonner à son traitement, atteignant pour la première fois de son existence et devant ses yeux l'apogée de son plaisir, le gratifiant sans le savoir de l'aboutissement de son souhait le plus cher. Perdue à ce point, elle n'en fut à nouveau que plus radieuse, merveilleusement attirante et terriblement enivrante dans cette libération qu'il ne senti en rien la douleur de ses ongles pénétrant la peau de ses omoplates.

Un moment agitée de spasmes, elle se détendit enfin sans se détacher de lui, l'enroulant de ses bras et de ses jambes comme s'il risquait de s'enfuir, ce qui était à l'opposé de sa pensé. Il ne lui fallut aucun effort pour se dégager doucement et de venir s'allonger auprès de sa belle encore en proie à la félicité. Il surprit néanmoins dans les seuls iris qu'il savait admirer une pointe d'inquiétude, car il était évident qu'elle ait pu comprendre qu'il n'ait pas lui-même partagé la fin qu'elle connu.

Le ressuscité lui sourit alors, plein d'une joie évidente et rassurante puis l'étreignit précautionneusement. Entre ses bras, il la sentit s'assoupir instantanément, l'expression qu'il lui adressa alors, plus brûlante que le cœur de Moegami lui-même, restant à jamais son secret. Il la recouvrit des draps de l'un de leur futon et décida de rester auprès d'elle, laissant l'un d'eux irrémédiablement vide de chaleur.

Enfin, plongeant son visage dans les cheveux de la Jônin endormie, il s'éteignit à son tour, persuadé d'être l'être vivant le plus heureux de Yokuni.

***

Lorsque Seishin ouvrit les yeux à la faveur du jour, il se demanda si le rêve qui l'avait accompagné la nuit entière se poursuivait encore, tant le trésor qui lui faisait l'honneur de le dévorer du regard auréolait de splendeur. La seconde question qui vint à poindre à son esprit concernait la légitimité de son mérite à se retrouver en la compagnie de ce qui représentait tout pour lui depuis des années et deux jours seulement à la fois.

Si bien qu'il la dévisagea un instant, inquiet que cela ne lui fut arraché ou qu'elle ne se détourne. Son sourire revint bien vite cependant tandis qu'il pouvait comprendre l'affection visible qu'elle lui portait. Mutin, les yeux à mi-clos, il salua la maîtresse des ombres d'une voix mielleuse tout en rapprochant ses traits des siens, à porté de lèvres :

O-Ha-yo, Akane-san…

Il l'embrassa alors, glissant vers elle, puis contre cette dernière. Son baiser n'avait rien d'un léger contact. Il fut intense immédiatement, incandescent, comme s'il se retrouvait après des années de séparations sans perdre la moindre attirance pour l'autre. Sa main droite se calant sous la joue de la belle, la gauche déjà à l’œuvre d'un tout autre traitement, ses doigts flattant le domaine honoré la veille, annonçant silencieusement ce qu'il désirait entreprendre.

Dans cette surprise sensuelle, il s’enchâssa doucereusement en elle une fois certain qu'elle était prête à l'accueillir à nouveau. Comme pour les baisers, il considérait à présent que cela lui était autorisé et fut conforté en ce sens, car une fois l'étonnement passé, elle se livra pleinement à ses traitements.

À nouveau, il tâcha de ne pas laisser s'aventurer la créativité inspiré par l'une des facettes qui vibrait en lui, dans un reflet de leur première union qu'il poursuivit néanmoins jusqu'à son propre extase, ce dernier n'intervenant que très peu de temps après celui de son aimée. Rassasié, il resta longtemps unit à elle, l'enserrant comme la plus précieuse des richesses, puis lui murmura, ses lèvres dans son cou :

Gomene, Akane-san. Je n'ai pu me soustraire à cela, quand bien-même avons nous un long chemin à entreprendre… Puisses tu me pardonner pour cet écart. Je ne souhaite que te satisfaire… Et j'ai cru voir en ton regard cette envie partagée.

Ainsi caché à sa vu, il lui épargna l'air penaud qu'il avait, pétrifié dans l'attente de sa réaction à cette imposition, aussi douce avait-elle été.
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Setsu Akane

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Jônin

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MessageSujet: Re: [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin) Lun 19 Sep - 8:49

Lentement, celui que j’ose appeler « mon amant » en secret, ouvre les yeux. J’ai de la peine à décrypter son expression. De la surprise ? De l’incrédulité ? Du contentement ? Il me dévisage et je n’arrive pas à saisir ce à quoi il pense, au point que je commence à m’en inquiéter, sans savoir quoi faire. Je m’apprête à me redresser lorsqu’enfin il sourit, faisant disparaitre mes doutes et me rappeler qu’il peut, lui aussi, avoir du mal à réaliser ce qu’il s’est passé. Je n’ai pas le temps de penser aux nombreuses années de patience qu’il a dû endurer, qu’il me salue et s’approche pour finalement m’embrasser.

Il réduit immédiatement la distance qui nous séparait jusque-là et l’intensité de son baiser me rend victime d’une stupeur de quelques secondes, jusqu’à ce qu’il recommence à flatter l’intérieur de mes cuisses pour remonter et gâter mon intimité de caresses efficaces. D’abord crispée par l’abasourdissement de cet acte soudain, je me rappelle du plaisir de la veille. Ni mon corps, ni mon esprit ne veulent alors dire non à un nouvel échange, d’autant plus si le doux revenant y trouve, cette fois-ci, autant de satisfaction que moi.

Tout aussi passionné que la veille, simplement plus entreprenant, Seishin finit par se loger en moi et j’ai encore une fois l’impression de découvrir de nouveaux délices. La position reste la même, pourtant et, malgré mes efforts pour contenir la jouissance de l’instant dans une volonté de le sentir atteindre l’extase à son tour, je ne réussis pas à empêcher mon plaisir de déborder. Il est cependant plus intense que la première fois car je saisis que celui qui se fait mien à chaque instant s’est laissé aller au plaisir tandis que ses mouvements se saccadent et que son souffle s’irrégularise.

Je soupire de soulagement, m’attendant à ce qu’il se détache de moi comme la veille mais il m’enlace davantage pour ne pas briser notre union. Je rougis à ce contact, alors que nous sommes allés bien plus loin à deux reprises déjà. Mais cette démonstration d’amour me fait penser que mes sentiments ne sont toujours pas clairs. L’angoisse de le blesser me fait alors frémir, pas dans le bon sens, cette fois-là. Je mets quelques instants à répondre et j’entends son cœur s’emballer tandis que j’émets les premiers sons de parole de la journée.

- Ohayo, Seishin... dis-je calmement d’abord. Oui, j’en avais envie. Mais je ne veux pas que tu penses... enfin... Tu sais, les sentiments... Je crois qu’ils sont... différents de ce qu’on vient de faire... Je suis... un peu troublée, parce que tout ça, c’est nouveau et... je ne crois pas que je puisse te rendre tout ce que tu me donnes pour l’instant. Pardon... je ne veux pas te faire de mal mais je suis perdue...

Rien ne change. Il ne parle pas, ne s’énerve pas et continue de me serrer dans ses bras comme la plus précieuse des personnes. Tout de même embarrassée, je finis par reculer doucement et, sans le regarder plus que nécessaire, je m’enveloppe dans le drap et file me changer derrière le paravent.

- Mais on pourra recommencer quand tu veux... après un bout de chemin.

Les derniers mots gênés de la journée sont exprimés à voix basse. Je m’en veux alors de le désirer autant lorsque je me montre à nouveau et qu’il s’est rhabillé aussi, tandis que je ne crois pas partager cet amour qu’il ressent depuis de si longues années. Je cache finalement ma honte avec mon masque et ouvre la porte.

Sortant finalement de la chambre, nous nous présentons au comptoir auquel la jeune fille d’hier se précipite en nous voyant arriver. Toute rouge, elle semble embarrassée et n’ose pas nous regarder en face. Après avoir vérifié que nous ne lui devons rien de plus elle s’incline et affiche un air déçu en regardant le beau brun. Je ressens alors une satisfaction d’avoir eu Seishin rien que pour moi, en plus d’avoir été la cible de toutes ses attentions. Un sourire se dessine sous le bois représentant un oni et nous finissons par sortir de l’auberge qui a accueilli notre première fois.

***

Nous empruntons un peu plus loin des chevaux, qu’on nous indique pouvoir rendre près de la frontière de Keito et Moe. Le plan idéal pour ne pas être ralentis sur le trajet et marcher ensuite jusqu’au Château. Nous profitons pour acheter des vivres pour nos montures et des spécialités sèches pour le voyage. Après avoir expliqué à mon compagnon que les bons repas des auberges ne sont plus d’actualité pour l’instant puisque nous devrons camper, je lui détaille aussi que nous devrons partager nos nuits en quarts pour éviter de se faire attaquer sur la route. Le doux revenant semble tout comprendre et se rappeler des principes de base, c’est donc sereins que nous entamons notre course à cheval, au galop, sans trop échanger de paroles.

Évitant les villages, nous parcourons tout de même une bonne distance sur les sentiers et sommes vigilants sur les extérieurs des chemins. Je manque plusieurs fois de tomber en effaçant les traces, pas très à l’aise ainsi perchée sur le dos d’un canasson. C’est finalement au milieu de la nuit que nous nous arrêtons en pleine forêt, à couvert des regards, endroit où le bois est bien épais et où les bambous dissimulent la lueur du feu que nous allumons. Je m’assieds à côté de Seishin après notre ration de viande séchée, réalisant que je n’ai pas sommeil malgré cette longue course vers notre objectif. Pensive, enlaçant mes jambes serrées contre moi, j’écoute d’abord le crépitement du feu en profitant de sa chaleur avant de poser les yeux sur celui qui m’a réparée plus d’une fois.

- Tu sais, pendant ces deux mois, les rares moments où j’étais seule, j’ai souhaité mourir. Une fois, puis deux... et j’ai progressivement arrêté de compter. Je voulais juste le rejoindre... Je ne sais pas, c’est comme si Zakuro avait emporté avec lui des morceaux d’Akane. Celle que j’avais été, celle que j’étais et celle que j’aurais voulu être avec lui.

Mais toi tu venais chaque jour. Tu as nettoyé ma planque à Boya, tu m’as nourrie... et tu m’as raconté des histoires, tellement d’histoires. Je me rappelle que je m’endormais dans tes bras, des fois, alors que ça n’était jamais arrivé avant. Et j’ai eu honte... tellement honte de te montrer mes faiblesses.


Je soupire, regardant le feu, celui qui m’a permis de tenir et en même temps, celui qui a failli détruire le seul être qui a cru en moi toutes ces années.

- Ces histoires, Seishin... elles m’ont sauvée. Elles m’ont permis de m’accrocher à l’espoir qu’il existait un monde meilleur, même sans celui que j’aimais. Alors merci. Je ne te le dirai jamais assez, probablement. Mais merci. Sans ça, je serai morte... Alors qu’il reste tellement de choses à faire et à découvrir.

Une léger sourire s’étire sur les lèvres, réaction à un sentiment de soulagement. Je suis contente d’être en vie, pour la première fois depuis longtemps. Et il ne m’a pas fallu un contact avec du sang pour le réaliser. Disons, un autre sang que ses yeux. J’avance à quatre pattes jusqu’à lui et m’assied à nouveau pour poser ma tête contre son épaule, face à ces flammes réconfortantes.

- Dis... tu voudrais bien... m’en raconter une autre ? Tu n’aimais pas trop les longues histoires, avant... Je prendrai le premier quart, pour me faire pardonner.


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Yukino Seishin

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Chûnin

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MessageSujet: Re: [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin) Lun 19 Sep - 14:47

Ne pouvant détacher ses prunelles de celles de la jeune femme, il ne perdit en rien le trouble que ses excuses et la question muette de son expression exécutèrent sur elle. Lorsque la voix d'Akane s'anima pour la première fois depuis son éveil de façon intelligible et dénuée des éclats du plaisir, il sentit qu'elle tentait d'être aussi sincère avec lui qu'elle ne voulait l'être avec elle-même vis à vis de ce qu'ils venaient de vivre.

La porte du cœur de la jônin avait été entrebâillée depuis longtemps par Masao, Seishin avait candidement osé glisser son pied dans l'ouverture sans pour autant en forcer le passage, mais la chose ne semblait pas parfaitement définit selon la façon dont elle s'exprimait. La sang-pur des Setsu ne doutait pas de l'âtre flambant qui brûlait dans la poitrine du ressuscité à son égard, c'était déjà une vérité qu'elle connaissait depuis bien des années et avait même présenté ses excuses avant qu'ils ne s'unissent de ne pas avoir su répondre à cette dévotion totale que le Chuunin de ce temps entretenait.

Néanmoins, malgré ce qu'elle avait pu dire avant qu'ils ne se rapprochent la veille, elle n'était pas capable de lier le partage qu'ils venaient d'avoir et le besoin qu'elle avait pourtant émise qu'on ne lui arrache plus jamais l'homme qu'il était. Devant ce paradoxe, bien conscient du chaos bouillonnant au sein de son premier amour par deux fois, Seishin se contenta de l'écouter, dissimulant son sourire attendri dans le cou du seul kami qu'il reconnaissait à présent, son unique Déesse.

Il ressenti l'envie de la rassurer, de lui dire qu'il n'ignorait rien de son trauma et qu'elle lui donnait déjà bien assez comme cela, il voulait lui rappeler le jeu des frontières à traverser, des murs qu'elle dressait et qui avait tant tenu tête à Masao, mais qui s'effondrait un par un devant sa réincarnation, comme si cette seconde chance qui avait été offerte à Akane finissait de faire s'écrouler ses défenses l'une après l'autre. Il n'en fit rien, sentant qu'il risquait de se l'aliéner pour un moment s'il parlait trop vite.

Le revenu se contenta simplement de se montrer présent, sans rien perdre de la vigueur de son étreinte dont elle se détacha finalement sans violence, attrapant le drap dans son retrait, le laissant ainsi découvert dans son ensemble. Elle disparu derrière un byōbu, confuse, ignorant de ce fait l'expression d'infinie douceur qu'il lui adressait depuis l'autre côté de son paravent. Il se rhabilla, un souvenir lointain le poussant presque à siffler un air joyeux tant il était heureux, mais refusant à ce qu'il parvienne à retrouver l'art du sifflement, le frustrant quelque peu.

Il serra son nouveau obi, déjà parfaitement heureux comme il était et lorsqu'elle reparut, étrangement gênée, les mots qu'elle prononça qui n'auraient du qu'attester du fait qu'ils aient franchi une nouvelle étape ensemble lui semblèrent bien plus profond que cela. Elle découvrait avec lui une nouvelle exutoire, la réminiscence d'une torture qu'il avait réussit à transformer en un bienfait. Ces quelques termes désignaient leur nouveau jeu comme une friandise dont elle paraissait déjà vouloir se rationner.

Elle cacha enfin ses doux traits rougissants derrière son masque et disparu à travers la porte de leur chambre, ne pouvant à nouveau pas voir que ceux de Seishin étaient enchantés de cette permission qu'il n'avait pourtant pas attendu, malgré son regret après coup. Il était certain qu'elle avait besoin de mûrir tout cela au vu de la vitesse à laquelle il traversait les étapes ensembles, comme poussés par l'urgence de devoir tout vivre instantanément au risque de regretter si ils s'y prenaient différemment.

Ses dents se révélèrent à l'idée qui émergea de cette réflexion : elle pouvait bien dire ce qu'elle voulait, mais il était évident que le fait qu'il ait frôlé la mort fut grandement lié à  cet empressement. Il se promis de ne rien changer malgré tout, préférant de loin la Akane secouée par l'intensité de ce qu'ils vivaient plutôt que celle choquée et détruite par les drames de son existence. Fort de ce sentiment, il auréolait littéralement, rejoignant le seul être capable d'accaparer son attention. Cette dernière chose fut d'autant plus visible qu'il ne vit rien des regards de l'aubergiste, restant dans les pas curieusement triomphaux de la Jônin.

***

La maîtresse des ombres se chargeant pleinement de l'organisation de leur périple, l'incarnation de l'espoir se contenta de la suivre en flânant, lumineux et souriant, sans se montrer affecté le moins du monde de l'annonce qu'elle lui fit que la suite de leur voyage se ferait dans des conditions bien moins confortable que la première partie.

Si il aurait pu regretter le soyeux des draps et les délicieux mets qui leur avait été servis, cela n'avait aucun impact sur son humeur radieuse de partager cette expédition avec elle. Il évita néanmoins de parler, toujours dans l'attente qu'elle n'ouvre le dialogue à sa place. Ses initiatives avaient étés nombreuses, tout autant que ses discours, si bien qu'il se sentait très sûr du fait que la prochaine phase de leur relation devait être enclenchée par elle-même.

Il se fit l'obligeance alors d'être un compagnon de route agréable et silencieux pour ne pas la perturber sur la voie de ses réflexions personnelles, la rassurant uniquement lorsqu'elle s'inquiétait de savoir si le souvenir des précautions à prendre pour leur avancée faisait toujours écho en lui. Cela l'amusait qu'elle en soit toujours à penser qu'il ait pu oublier quoique ce soit de ce qu'il avait été et que si il était revenu différent, ce n'était pas en perte, mais bien en gain.

Il n'était cependant pas très habile à cheval et dû se concentrer grandement pour ne pas bêtement choir au moindre galop qu'ils entreprenaient. Enfin, ils firent halte au cœur d'un bosquet écarté des routes et aussi à l'abri que cela pouvait être en pleine nature. Le repas frugal du soir conclu, il jouait d'un bout de bâton avec les flammes dans lesquelles il ne voyait plus que des alliées à présent lorsqu'elle brisa la distance les séparant pour venir s'installer non loin de lui.

Le fait lui permis de souffler et de se rasséréné, car malgré toute sa bonne volonté, laisser Akane à ses pensées envoyait son esprit si loin qu'il s'était senti réellement seul durant leur chemin. Comme il l'avait appelé de ses vœux, après s'être occupée de l'espace entre eux, elle détruisit aussi le silence de sa voix, son ton plein d'une reconnaissance qu'il n'était pas certain de pouvoir mériter. Elle fit remonter à sa mémoire les histoires que ce qu'il avait été lui contait pour la rassurer, lui redonner son emprise sur le monde et confiance en elle-même.

La Jônin avait toujours été son leader, mais un chef ne pouvait rester inébranlable et devait pouvoir compter sur le soutien des siens. Malgré tout l'amour qu'il éprouvait pour elle déjà en ce temps, il avait conçu cela comme un devoir inhérent à son statu de second et confident. Quand bien même se souvint-il avoir sentit son cœur se morceler plus d'une fois devant l'incapacité qu'elle avait eu à cet époque de voir en lui autre chose que cela, malgré tout ce qu'il avait fait pour elle.

Ce n'était qu'à présent que le goût de leur lèvres leur était connu et qu'ils partageait une intimité totale et désinhibée ou presque qu'elle trouvait la force de le remercier. Pourtant, il n'en conçu aucune complaisance, sa seule présence si proche de lui lui suffisant à se sentir plein et heureux. Il se retourna vers elle dans l'idée de lui dire qu'elle n'avait aucun besoin de le remercier pour ce qu'il avait fait, que la chose était normale à ses yeux, mais il ne put que la regarder détruire le peu qui les séparait encore, s'installant contre lui cette fois ci.

Et malgré tout ce qu'ils avaient déjà partagés, ce contact déclencha une vague de frissons agréables incontrôlables. Elle finit par lui faire la demande de l'une de ces histoires, ce à quoi il ne s'était guère attendu. Les prunelles grandes ouvertes de surprise, il détourna son regard vers le foyer qui leur faisait front, puis le leva vers le ciel comme si il pouvait y trouver ce qu'elle lui réclamait. Seishin répondit enfin, sans quitter les cieux de ses iris sanguin, sa voix perdue dans ses pensées dans un premier temps, mais n'en restant pas moins chaleureuse, pareille au feu qui les réchauffait à cet instant :

Je crois me rappeler que c'était… Douloureux. De te voir si détruite, aux portes de ta fin… Il me semble que celui que j'étais voulais lui aussi en finir. Il en voulait à la providence de t'avoir arraché le soldat des glaces, car si tu étais à lui, au moins existais tu et brillais tu. Sa disparition provoqua une distance terrible que tu m'infligea, je crois, alors que je me tenais à tes côtés. Tout ceci est flou, je ne me souviens que des impressions et ne les ressent plus du tout, bien que je ne crois pas en avoir l'envie.

Il revint à elle, lui souriant avec une bienveillance sans limite et poursuivit :

Ce passé est un fantôme apeuré face à l'éclat de ce que tu animes en moi à présent que tu m'autorises tant. Car en ce temps, tu t'endormais dans mes bras, oui, mais tu n'étais pas à mes côtés pour autant. Ce matin… Ce que tu disais… Ce que nous avons partagé est purement physique, quoique j'y attache une certaine importance malgré tout, mais cela n'a pour souhait que de te faire découvrir l'étendu de mon affection et tu l'acceptes, qu'ai-je à dire à cela ?

Si le jour vient où les choses seront aussi claires pour toi à mon égard qu'elle ne le sont pour moi à ton sujet, alors tu goûteras à ce que j'ai goûté pour la première fois hier soir. Et cet aveu me fait penser à l'histoire que tu me demandes, Akane-san… J'en ai bien une que tu ne connais pas encore. Celle de Ogawa Masao et des moments de sa vie que tu ignores.


Seishin laissa agir l'effet de ses paroles un court instant, mais reprit la parole rapidement dans le besoin qu'elle entende ce qu'il avait à dire avant de réagir concrètement :

J'étais un shinobi exemplaire, le plus pur produit de Honoo, détaché des histoires d'attachement véritable, ma seule loyauté allant au village et au clan. Mon mentor fut la plus proche de briser cette réalité, mais cela ne veut pas dire qu'elle y soit parvenu. Elle m'apprit beaucoup des jeux du corps, mais je n'y voyais qu'un moyen d'assouvir une pulsion, ou une arme à utiliser contre un ennemi.

Plus tard, je partageais ce savoir avec nombre de kunoichi, dans l'unique volonté qu'elles deviennent à leur tour d'infaillibles assassins et pour que nous puissions nous libérer de ces besoins qui nous animaient parfois. Ce n'était que ça, malgré tout le respect que j'avais pour les miens et pour mes cibles, ni un abus, ni une obsession : Juste une marque d'humanité que j'offrais à part égale entre mes sœurs-d'armes, pour qu'elles puissent se sentir vivantes et à mes victimes du sexe opposé, leur apportant le réconfort avant de leur retirer tout souffle de vie dans la paix de leur sommeil.


Il marqua une pause, ses prunelles pourpre avisant Akane intensément alors :

Puis tu es arrivée. Éclipsant tout ce en quoi je croyais. Tout devint terne alors, mon monde de couleurs, de fierté et celles avec qui je me perdais parfois, tout ceci n'eut aucune saveur plus exquise que celle de n'être simplement qu'à tes côtés. Je me souviens de la peine de voir que je n'étais pas pareil à tes yeux que de cette façon dont je te voyais. Je me rappelle la jalousie que j'éprouvais pour celui que tu avais choisi, mais ces tristes sentiments n'étaient rien face à la joie que j'eus que tu m’acceptes d'abord pour ami.

Le ressuscité alla caresser doucement la joue de la Jônin, brûlant de tendresse à son égard et continua :

Je me satisfaisais de la moindre chose que tu pouvais m'offrir. Ton amitié disais-je, puis ta confiance. Ta vie, quelque fois, quoique tu me sauvas de quelques mauvais pas en échange à plus d'une reprise. Tes confidences, tes douleurs puis le simple fait de pouvoir t'aider à te reconstruire malgré la peine d'être invisible à tes regards. Et… celui que j'étais ne fut pas à la hauteur.

J'essayais d'attirer ces derniers, offrant mes caresses à d'autres, dans des échanges sans saveur, mais dans lesquels je donnais le meilleure de ce que j'avais pour que tu puisses entendre les échos du talent que j'avais. Je distingue toujours la différence aujourd'hui entre le corps, le cœur et l'esprit. Pourtant, celui que je suis devenu voit le monde de la même façon que celui que je fus. Il n'y a pas de couleur qui ne soit visible hors du champ de ta présence. Je n'entends plus, ni ne vois, ni ne comprends d'autre que toi. Partager un baiser, me lier à toi comme nous l'avons fait… Il aura fallu que je manque de disparaître pour que tu m'accordes cela.


L'inondant de ses paroles, il l'attira délicatement à lui, l'aidant à installer sa tête sur ses cuisses et dégageant une courte mèche de son visage lorsqu'elle fut enfin allongée confortablement. Seishin reprit alors, éclatant d'un sourire franc :

Ce n'est pas une histoire triste pour autant, pas plus qu'un reproche ! Depuis que les Kamis m'ont accordés cette seconde chance, deux jours à peines se sont écoulés. Je connais à présent la douceur de ta bouche et celle de ton corps dont le contact fut pareil à une première fois. Masao ne pouvait pas plus avoir tort que cela en distinguant le partage charnel de ses sentiments. L'union de ces deux choses, par les Kamis… Akane, si tu savais cela… C'est…

Il fut soudain fort embêté, se prenant le menton de sa main droite, la gauche flattant gentiment l'épaule de son auditrice inconsciemment. Cherchant ses mots pendant un léger moment, il fut frappé de ce qui semblait une évidence, retournant son attention sur la Jônin, les yeux grands ouverts :

… Meilleur que les senbeis ! Je crois que j'adore les senbeis, mais je serais prêt à ne plus jamais pouvoir en manger en échange de cette sensation ! Je suis même à peu prêt sûr de tout pouvoir lui sacrifier. Tu disais ce matin ne pas vouloir me faire de mal, ne pas croire pouvoir me rendre ce que je t'ai donné… Pourtant, tu m'as tant offert que j'en ai encore le vertige moi-même, que je me sens si bien que seules des ailes me manques pour m’envoler.

Seishin s'arrêta un instant, se recourbant pour rapprocher son visage de celui de son aimée, ramenant ses cheveux derrière ses oreilles pour qu'ils ne cascadent pas sur les traits de cette dernière et clôtura doucereusement :

La suite de l'histoire a débuté il y-a deux jours et tu la connais aussi bien que moi. Il est tout à fait normal que tu sois perdue, je le suis tout autant… Et quoi ? Cela ne m'a pas fait de mal. Je ne me suis jamais senti plus vivant qu'aujourd'hui alors que tu me permets déjà tant. Je ne veux pas être la source de la moindre souffrance à ton égard, mais si je parviens à être à l'origine de ta joie, d'un sourire ou… D'un plaisir… Alors tu me donnes déjà ce que j'ai toujours désiré.

Il posa alors sur ses lèvres un doux baiser dont il avait amorcé le trajet durant sa conclusion qui n'en fut pas vraiment une d'ailleurs, car il se releva légèrement, sa bouche effleurant encore celle de la maîtresse des ombres lorsqu'il ajouta finalement :

Le reste… La clarté des sentiments… Tout cela… Ce n'est qu'un plus que nous atteindrons peut être ou non. Mais est-ce réellement important ? Ne veux tu pas simplement te perdre avec moi, plutôt que de tenter de mettre de l'ordre dans tout cela ?
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MessageSujet: Re: [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin) Sam 24 Sep - 17:16

Il ne réagit pas de suite à ma demande et, un instant, j’ai peur de l’avoir froissé. Mais j’écarquille les yeux de surprise au fil de ses mots en entendant que Masao voulait lui aussi en finir de me voir trop souffrir, souhaitant jusqu’à me voir appartenir à Zakuro pour que je sois heureuse. Le caractère contradictoire de sa voix douce et sans regrets contrastant avec la dureté de ses propos, je n’ai d’autre choix que de boire ses paroles teintées, d’une sincérité qui me dépasse.

Voilà ce que Seishin est et représente, cette part de Masao que je n’ai jamais vue ou qu’il a peut-être découvert à sa renaissance. Celle qui le fait profiter des bonnes choses, des rares instants de bonheur qu’un shinobi peut connaitre. Et lorsqu’il me dit que je goûterai à la même chose que lui lorsque mes sentiments seront clairs, j’ai une profonde envie de l’aimer comme il me dit m’aimer... plus envie encore que de me rappeler ce qu’était mon amour pour le Taisa Fukyuu.

Je ferme les yeux tandis qu’il commence son récit, plongée dans une volonté de connaitre davantage l’homme que mon Chûnin a été afin de mieux apprécier celui qu’il est maintenant. Je n’apprends pas qu’il était un shinobi doué, les éloges à mon arrivée à Honno m’avaient fait de suite poser mon attention sur lui. Mais je découvre qu’il avait un mentor, comme moi qui, en plus de le former, lui enseigna des choses que je n’avais que trop peu connues.

Cette innocence m’avait perdue car, aveuglée par mon amour pour Byakuya, j’avais baissé ma garde une seule et unique fois. Mais elle avait été utile, en plusieurs sens à Masao et c’est bien la seule raison qui me fait contenir pour la première fois l’expression de regrets de ne pas avoir été celle qu’il chérit en ce temps, par ma propre faute. Mon doux revenant me dit que mon arrivée a tout changé, qu’il a remis ses principes en question et que même les nuits de plaisirs charnels n’avaient plus de goût, du moins pas le même que celui, si simple, de me côtoyer.

C’est encore le regret qui m’habite, lorsqu’il me parle ouvertement de son ressenti et qu’il caresse ma joue sans que nos regards ne se croisent encore. Si j’avais ouvert les yeux, si j’avais aimé mon partenaire à cette époque, alors ma vie n’aurait rien à envier à celle que j’ai vécu. Et tandis que le jeune homme continue à me dire qu’il a souffert de mon manque d’attention, il continue pourtant de faire des éloges sur celle que j’étais et que je suis encore pour lui. Et bien que le ton ne soit pas au jugement, je sens mon cœur se serrer lorsque Seishin évoque sa mort. Il se serre encore plus lorsque je réalise que, probablement, j’aurais continué à lutter contre Masao et ses désirs, même si nous avions habité ensemble. Penser à cette terrible situation comprime ma gorge qui contient un sanglot de culpabilité.

Mon amant m’attire à lui et mes yeux s’accrochent aux siens tout du long qu’il m’aide à m’allonger sur ses jambes. Son sourire et sa capacité à voir le positif me déconcertent complètement et je sens mes yeux s’embuer face à tant de reconnaissance, que je ne pense pas mériter à l’instant. Mais à la place de la tristesse, c’est le frisson qui prend naissance du bas de mes reins pour remonter le long de mon échine et terminer sur ma nuque, alors qu’il prononce mon prénom sans contraction de politesse aucune.

Puis la gêne me saisis légèrement lorsqu’il tente de comparer la fusion de son amour et son désir pour moi avec... des gourmandises d’un autre genre. C’est un sourire sincère qui anime finalement mon visage, laissant rouler sur ma joue l’une des larmes qui tentait de s’échapper. Celui qui fait battre mon cœur se penche vers moi, me rassurant encore une fois en m’affirmant que je ne l’ai pas blessé, au contraire. Son baiser ravive le foyer de fascination et de passion en mon être tout entier et j’aimerais qu’il recommence immédiatement mais il s’éloigne, très légèrement, juste assez pour que mon envie de le dévorer s’éveille davantage à son invitation de me perdre avec lui. Je déglutis pour libérer ma voix et conclure cet échange fort en émotions.

- C’était une jolie histoire... dis-je doucement, mourant maintenant d’envie de déguster une seconde fois ses lèvres.

Ma main vient se poser délicatement sur son visage, l’invitant à suivre mon mouvement pour me relever. Puis je reviens vers lui, passant mes jambes d’un côté puis de l’autre de ses cuisses pour finalement m’agenouiller et rapprocher ma bouche de la sienne.

- Perdons-nous, alors...

Je ponctue mes propos par un regard brûlant et un baiser tout aussi torride. Je ne suis pas très prudente et n’ai pas envie de l’être, totalement submergée par cette envie que mon bras droit a déclenchée avec un simple contact. Délicieusement affamée, je passe mes doigts sous les pans de son kimono pour l’ouvrir sur un torse que j’ai exploré le matin-même mais que je veux redécouvrir maintenant. Je dénoue son obi, continuant de l’embrasser langoureusement et termine de l’effeuiller pour découvrir son intimité déjà prête à me faire voler sans ailes.

Laissant tomber mon sous-vêtement, je réunis nos deux acteurs de plaisir, enroulant mes jambes autour de ses hanches, sans peine et sans réelle pudeur. Me retenant encore de bouger mon bassin, je l’enlace, mes bras passant sous ses cheveux pour m’appuyer sur son dos. Chaque moment charnel est une nouvelle découverte et je le réalise car ma perception de Seishin en moi dans cette position est différente. Mes premiers mouvements confirment cette préalable impression, d’abord curieuse de goûter ces va-et-vient familiers et pourtant inédits incarnés ainsi dans cette nouvelle posture.

Puis mes flancs deviennent plus souples et j’ose alors étreindre sa lance de chair d’un fourreau énergique et stimulé par mon envie de cet être devenu un tout pour moi. La cadence n’est pas rapide mais suffisamment langoureuse pour que nos corps s’embrasent d’une bien agréable façon, au rythme d’une danse que je ne maîtrise pas complètement mais dans laquelle j’ai le sentiment que nous nous sentons à l’aise. Je continue, doucement puis plus ambitieusement, de l’inciter à tout explorer de mon corps, saisissant ses mains et son visage pour lui démontrer que je lui appartiens désormais. Car il est le seul d’entre tous à avoir trouvé comment prendre entièrement possession de Setsu Akane.


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Chûnin

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MessageSujet: Re: [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin) Sam 24 Sep - 18:32

Ses propres mots lui parurent des flèches, incertain du fait d'être parvenu à toucher son cœur où de l'avoir blessée, mais ce doute fut rapidement balayé du sourire teintée des larmes d'une joie qu'elle exprimait déjà dans la réponse muette de l'union de leurs lèvres. Et tandis qu'il rompt ce lien afin d'admirer ces traits dans cette nouvelle expression, il ne pu manquer le feu qui brillait au sein des prunelles automnale de la Jônin.

Cette flamme qui demandait à se nourrir de lui sans qu'elle n'eut à prononcer le moindre mot pour se faire comprendre. Tout en annonçant son appréciation de l'histoire qu'il lui avait conté, elle se redressa pour s'asseoir sur le réincarné, enroulant ses jambes autour de son bassin en un signe évident de ce qui allait suivre. Il n'avait pourtant qu'été sincère et simple dans ses mots et peut-être était ce là ce qu'elle avait cherché après tout.

Elle acceptait sans concession ce qu'il venait de lui décrire et le lui prouvait d'un autre baiser dont la chaleur manqua de le faire défaillir. Le souffle de la kunoichi s’accéléra lorsqu'elle s’immisça entre les pans du kimono de son plus loyal chuunin pour les ouvrir à la limite de les arracher dans sa fougue. Face à la lionne qu'elle devint, il se senti telle une proie, à l'exception faite de sa joie d'être bientôt dévoré par sa prédatrice.

En secret, il avait attendu ce signal de la part d'Akane, celui qui était un nouveau pas franchi jusqu'à l'aveu dont il espérait qu'un jour, elle serait capable de le formuler. Son obi ne résista pas à cet assaut qu'elle lui faisait subir et le fait de la voir ainsi dominante, maîtresse d'une initiative intense, d'une récompense et ce dont il ne pourrait jamais ni s'ennuyer, ni se sevrer. Il resta passif, goûtant cette fureur d'aimer qu'elle criait sans y mettre de voix.

Seishin ne put ni ne voulut empêcher sa virilité de démontrer son émoi et comme si sa compagne en avait eu l'intuition, elle la délivra et l'avisa sans afficher une once de gène, sinon exposer dans l'âtre qui incendiait son regard les attentes qu'elle avait pour cette dernière. Mû d'un empressement qu'il lui découvrait alors, elle se sépara uniquement de ses bas, dévoilant sa fleur porteuse de mille plaisances.

Irrémédiablement prête à l'accueillir en son être, elle s'assit à derechef sur lui, sans le moindre heurt, s'enroulant autour de son corps, les rendant pareil à un unique organisme divisé et enfin rassemblé en un tout incandescent. Se faisant violence de la laisser impératrice de l'instant, se déclarant si volontairement qu'il fut emporté dans la fringale qui l'animait, il ne put retenir un souffle de délice à s'échapper de sa bouche.

Il était siens à tout les égards à présent qu'elle se mis à danser de son bassin le long de la ligne tendue vers les cieux du revenu, débutant d'un rythme délicat et augmentant la cadence petit à petit, achevant de libérer de ses chaînes de patience celui qui voyait en elle son monde.

Se laissant porter par sa propre perte de contrôle, il sépara les deux parts du kimono de son aimée et tira sur ses bandages vers le bas et sans réellement les défaire afin qu'ils lui libèrent la vue de son buste nu et dans lequel il s'enfouit d'abords, les embrassant à maintes reprise, tirant délicatement de la pointe de ses dents leurs extrémités et remontant finalement à la base du cou de la Jônin, le recouvrant des attentions de ses lèvres.

Chaque déhanchement qu'elle amorçait comme si elle s'apprêtait à se libérer de leur union, puis l'enveloppant si soudainement ensuite en s'affaissant sur ses cuisses le poussait aux portes d'un bien-être total, lui arrachant un soupir à chaque à coup. Quelques longues et fiévreuses minutes plus tard, dans un fugace éclat de conscience, il su qu'elle ne pourrait pas maintenir une telle mesure bien longtemps et qu'il se devait de prendre son relais.

Il se releva, l'emportant avec lui sans ne rien rompre de la chaîne de chair les liant, puis il fit demi-tour et la plaqua contre un arbre au tronc vigoureux. Il passa ses bras derrière elle, l’encerclant de ces derniers qui allaient épargner à son amante la rugosité de l'écorce pour ce qu'il projetait. Alors ce fut à son tour de mener la danse et de lui donner toute l'énergie dont il disposait.

D'abord appliquant de lentes et profondes intrusions, il réduit l'espace entre chacune de ces dernières sans ne rien perdre de leur intensité. Seishin se sentait consumer Akane, ignorant des griffures que ne lui épargnait pas l'écorce au travers de ses manches, s'assemblant à elle, s’imprégnant de sa rosée, liant à plusieurs reprise sa bouche et son contenu à celle de sa guerrière des ombres.

Sentant qu'à son tour, il risquait de voir fondre ses forces s'ils continuaient de cette façon, il agrippa le dessous des cuisses de la princesse des flammes et pivota à nouveau et se laissa glisser au sol, l'allongeant sur les bas dont elle s'était libérée et l'herbe du bosquet, terminant de l'engloutir. Sentant leur extase mutuel poindre, il se redressa, la laissant allongée, entièrement à sa merci et plus que jamais désirable, souleva légèrement son bassin à l'aide de ses bras et l'assailli de nombreuses allées et venues à la fréquence croissante.

Certain de la voir défaillir, il se laissa aller à l'exaltation à son tour et s'allongea sur elle dans la perte momentané de ses forces, fermant ses lèvres sur les siennes. Ils s'offrirent ainsi quelques instants de répit, jusqu'à ce que l'autoproclamé Yukino ne brise le silence d'une voix tintée d'un amusement évident :

Tu es certaine de vouloir prendre le premier quart ?

***

Le voyage ne devait plus durer très longtemps après cette étape. Pendant celui-ci, Seishin se montrait désireux des moindres douceurs que Akane lui laissait obtenir ou qu'elle venait elle même chercher, des simples rires aux baisers volés en passant par un contact fugace de leur doigts se frôlant sur le trajet. Leur dernière halte avant Moe se situa dans un joli village du domaine de Hibana, décoré à la faveur de Moegami.

Un courant d'air avait agité la chevelure de la jônin tandis qu'ils s'étaient écarté de la grand-voie pour laisser paître leurs montures et qu'elle s'était libérée de son masque afin de goûter au vent sur son visage. Le chuunin n'avait rien perdu du spectacle de l'expression d'épanouissement qu'elle eut alors, alimentant le bûcher de sa passion.

Et rapidement, les hautes herbes les couvrirent aux regards indiscrets tandis qu'ils renouvelèrent ce jeu qui était devenu leur nouvelle façon de s'exprimer entre eux. Ce langage secret débutait pourtant de naître et selon le ressuscité, méritait d'être développé dès qu'ils pouvaient en avoir l'opportunité. De ce qu'il pu comprendre, la maîtresse des ombres fut tout à fait capable d'accepter cela.

Enfin, à mesure qu'ils se rapprochaient de leur destination, il fut à peu prêt certain de n'avoir jamais pénétré Nikkou. Il se souvenait parfaitement à quoi ressemblait la plus haute construction de l'homme en Yokuni vu de l’extérieur, comme si cela était possible de la manquer, mais il ne se rappelait pas avoir jamais pénétré le palais des Seigneurs du Feu. Intrigué, il tourna son attention vers sa guide et bien plus encore afin de la questionner à ce propos :

Akane-san ? Nikkou, à quoi cela ressemble ? Il s'agit là de ta demeure d'origine et pourtant, je ne me souviens ni y être entré, ni même que tu ne m'en ai partagé quoique ce soit à son sujet. Qui plus est, qu'allons nous dire à ton frère lorsque nous nous serons présenter à lui ?
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MessageSujet: Re: [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin) Dim 25 Sep - 22:07

Ses soupirs de plaisir et ses attentions fougueuses ont pour effet de faire grandir le feu en moi, comme si le désir qui m’anime pouvait ne pas avoir de limites et s’étendre plus loin encore que l’infini. Je le sens à son tour s’abandonner à ses envies, sa bouche se perdant sur mes pulpeux monts jumeaux, symboles de cette féminité retrouvée, qu’il honore de la présence de sa langue et de ses dents, aidé d’une ardente délicatesse.

Je suis surprise lorsque Seishin se lève, m’emportant avec lui sans rompre notre union mais je souris, amusée et attendrie par la délicatesse avec laquelle il le fait, toute aussi curieuse de découvrir ce que mon amant peut bien me réserver. Puis il utilise le tronc d’un arbre comme soutien pour me gâter encore, prenant la peine de protéger mon corps de toute égratignure. Mes exclamations de plaisir libérées entre chacun de ses profonds baisers, conséquences de ses réussites de conquêtes, réveillent bientôt l’arbre lui-même, peut-être même le bois tout entier.

Il glisse finalement ses bras sous mes cuisses pour repasser à l’horizontale, soulevant ensuite mon bassin afin que je décèle d’autres délices jusqu’à ce que nous atteignions, une fois encore, une jouissance commune découlant d’une alliance inébranlable. Après quelques minutes de repos, sa question me fait rire et l’organisation de cette nuit me semble alors bien futile à côté de la soirée que nous venons de déguster. Seishin est celui qui m’a volé le plus de sourires jusqu’ici mais je ne souligne pas ce fait à haute voix, lui signifiant d’un regard évocateur.

***

La suite du trajet est teintée de légèreté et surtout de simplicité, deux éléments qui jusqu’ici semblaient manquer à ma vie de Jônin... principalement à ma vie de femme. Je me sens désormais libre d’être moi-même et bien que mon but immédiat soit d’aller faire mon rapport à Gekido sur la mission précédente, je n’encombre pas mon esprit de pensées telles que l’entraînement des nouvelles recrues ou les prochaines stratégies à penser pour protéger les secrets de Setsu. J’y viendrai bien assez vite... Mais pour l’heure, les responsabilités me semblent bien loin de tout, de moi, de nous.

Si loin que je laisse mon second m’investir une nouvelle fois dans les hautes herbes, lui offrant moi aussi des caresses plus recherchées et ambitieuses à mesure que je me sens plus à l’aise avec sa chair. Désireuse du corps d’un homme, me voilà bien évoluée, en si peu de temps que c’en est déconcertant. Mais plutôt que me perdre dans une mélancolie injustifiée, je profite de ces plaisirs sans penser au lendemain ou à mes souffrances, les tempérant avec la joie d’être ainsi si... moi. Ses questions me ramènent à la réalité mais elle me semble facile à affronter ; je réponds donc sans hésitation.

- Effectivement, tu n’es jamais entré... L’accès est très limité. Mon frère et tous les seconds de mon père sont devenu totalement paranoïaques suite à l’attaque surprise dont Setsu Ichigo a été victime, alors que tout allait bien. Je ne peux d’ailleurs pas rentrer en me présentant en tant que Mononoke, uniquement en tant que sœur du Daimyo. L’image de cette première identité, bien qu’elle ait changé ces dernières semaines, n’est toujours pas au beau fixe... J’ai enfreint la loi plusieurs fois sous ce nom-là, pour faire ce que j’avais envie de faire, malgré les contrindications de Gekido.

Mon aîné est solitaire, malgré le monde qui vit au Château. Même ses Hatamoto sont rarement avec lui car il est vite agacé par les remarques déplacées... ou les remarques tout court. Le Château est à son image : immense, solide et unique. Car bien qu’il soit le fruit de mon père, il a su s’en détacher en apprenant des erreurs de notre géniteur. Et bien que nous nous disputions souvent, j’ai une admiration pour lui que je n’avais pas pour Ichigo. Cette admiration m’a fait revenir à Moe quand Byakuya est mort. J’aurais probablement pris la fuite, si mon père avait toujours été en vie.

Je ne parlais pas beaucoup du Château, de ma vie à l’intérieur. Mon existence a été tâchée de sang dès ma naissance, ma mère est morte dans d’atroces souffrances et j’ai été haïe pour cela. Même les servantes qui se sont occupées de moi avaient une appréhension à mon contact. Mais elles m’ont tout de même fait grandir en me nourrissant et en m’apprenant les gestes de la vie courante. Malheureusement, ça s’arrête là et je n’ai le souvenir d’aucun nom salvateur. À l’époque, rencontrer Byakuya, l’admirer puis l’aimer m’a permis d’oublier cette enfance ennuyeuse. Mais il a beaucoup changé... enfin... tu connais la suite.


Je soupire, contente de finalement pouvoir en parler sans pleurer, sans poids dans la poitrine à l’évocation de mon mentor et tortionnaire.

- Tu vas découvrir Nikkou à notre arrivée, je vais t’emmener avec moi, cette fois. J’y ai une chambre, toujours vide, puisque je résidais à Boya depuis un bon moment. La proximité avec mon frère est compliquée et fatigante. Le savoir endormi pendant que je gouvernais était autant une crainte qu’un soulagement mais je n’ai pas investi les lieux pour autant. Les gens de mon aîné me respectent parce que je porte le nom Setsu mais ils ne savent rien de moi, des décisions que je peux prendre, des vies que j’ai enlevées. Du moins, pas tous. Je cultive ce mystère, cette peur... je n’ai pas besoin d’être admirée plus que ça, les convenances me mettent assez mal à l’aise.

Tu garderas le silence devant mon frère, je m’occuperai du rapport. Je dirai qu’on a démantelé le groupuscule de malfrats et que le bâtiment a brûlé avec la marchandise qu’ils utilisaient pour leur commerce illégal. Je ne pense pas qu’il posera de questions sur ton apparence... je ne suis même pas sûre qu’il te reconnaisse, malgré que tu aies pris ma place pendant deux mois. Gekido est plutôt sélectif et je me plais à imaginer qu’il se rappelle de moi uniquement pour mes talents de shinobi et non parce que je suis sa sœur.


Les propos sont durs mais ainsi sont les rapports avec mon frère. Gouverner ou être présente à son réveil n’a rien changé à notre relation, bien que j’aurais espéré un peu de reconnaissance ou d’affection, aux vues du sang d’encre que je me suis fait.

- Mais je pense que nous pourrons l’informer de l’endroit où nous nous installerons officieusement, qu’il sache où envoyer ses ordres de mission par la suite. Boya reste mon coup de cœur mais il faudra quelque chose de plus grand que la petite planque dans laquelle je vivais... trop de mauvais souvenirs. Je n’aime pas spécialement la capitale, c’est trop animé et surtout trop proche du Château, on ne serait jamais tranquilles. Il y a aussi Hibana mais il y a trop de religieux à mon goût... et puis je ne sais pas si Ame restera à Nikkou après le mariage. Keito est une jolie ville mais là encore très animée... et comme j’achète de la poudre pour mes bombes, je ne m’y rends pas trop souvent pour éviter qu’on imagine que je suis une cliente régulière. Reste Kazan, Honoo et Hai...

Kazan est gouvernée par Amadotsu Kodan et nous n’avons pas eu besoin de nous rencontrer  pour décider conjointement de protéger le Seigneur du Feu. Honoo... est emprunte aussi de mauvais souvenirs. Je n’y suis jamais vraiment retournée, depuis l’explosion. Je serais contente de revoir les anciens mais beaucoup m’en veulent car ils me soupçonnent d’être Mononoke et donc d’avoir tué Byakuya. Beaucoup ne connaissent pas ce qu’il a fait dans les détails... Et puis, contrairement à mon frère, beaucoup de personnes là-bas se poseraient des questions sur tes cheveux... et tes yeux. Surtout les femmes... je pense.


La bouche sèche, je réalise que j’ai énormément parlé, sans vraiment regarder le doux revenant. Désireuse de passer le relais, je me retourne alors vers Seishin et lui demande, avec le sourire :

- Et toi, y a-t-il un endroit que tu préfères ? Attention ! Ne me dis pas que tout te va, tant que tu es avec moi... je veux un avis subjectif sur tes envies.


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Yukino Seishin

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Chûnin

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MessageSujet: Re: [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin) Dim 25 Sep - 22:41

Progressant sous les rayons cuisants que Dame Soleil réservait au clan du feu, Seishin ne perdait rien du discours de sa Jônin. Si le son de la voix de cette dernière était pareille à celui d'un vent tiède et apaisant à ses oreilles et que le moindre de ses souffles provoquait un frisson voluptueux le long de son échine, il n'en resta pas moins concentré sur ses propos. Un soupçon de curiosité l'aidant à cela.

De mémoire, Nikkou n'avait jamais été un centre d’intérêt particulier en soit, mais dans son nouvel état d'esprit, il se demandait pourquoi n'avoir jamais voulu visiter le palais. Il en avait largement eu les capacités, y entrer, en ressortir sans être vu, rien n'aurait pu le retenir malgré la limitation de l'accès au palais et la paranoïa des Setsu de sang pur, exception faite d'Akane elle-même. De la description qu'elle fit d'elle-même en tant que princesse des flammes, ainsi que de celle de son frère, tout cela revint progressivement à son souvenir.

Il n'aimait pas Gekido pour un nombre de raisons incalculables, mais loin de la haine ce sentiment, les actions de celle qui était devenue le centre de son univers avaient permis au clan d'obtenir une juste vengeance qui en fut tout autant une pour elle-même. Mononoke poursuivit son récit, traitant de la vie au château qu'elle avait eu, du peu de confiance qu'on lui accordait depuis son retour, la tête de Byakuya sous le bras, le respect de sœur qu'elle avait pour son Daimyo de frère.

Et même évoquer le drame de ce qui s'était produit avec l'ancien Jônin. Le réincarné écarquilla les yeux de surprise en analysant les traits de son interlocutrice, se rendant compte de la facilité et le détachement dont elle faisait état en traitant ces sujets pénibles entre tous, l'un d'entre eux parvenant même à empoigner les entrailles du Chuunin dans une désagréable sensation de peine. Il admira avec quelle simplicité elle avait surmonté cela et en son fort intérieur, il fut certain qu'il était à l'origine de cela, sans en concevoir la moindre fierté mal placée.

Le simple tremplin qu'il s'était révélé être avait propulsé son aimée vers des sommets insoupçonnés en un temps infime. Reprendre le fil du pamphlet qui poursuivait d'être énoncé fut compliqué, tant il était subjugué par elle, brûlant de ce sentiment qui n'avait jamais cessé d'être le sien à son égard, depuis leur rencontre et bien plus encore ces jours derniers, à croire que l'infinité de ce qu'il ressentait déjà pour elle pouvait toujours être dépassé.

Malgré cela, il parvint à se focaliser de nouveau à ses paroles sans plus en perdre une once. Cela ne fut pas plus difficile que de respirer, car une fois passée le déroulement du programme qu'elle prévoyait lorsqu'ils arriveraient enfin au Palais, le projet de leur installation commune raviva un foyer déjà intense en son sein. Ses propositions se succédant, pesant le pour et le contre pour chacune d'entre-elles, c'était comme si ils vivaient déjà sous le même toit, provoquant le doux affolement des battements de son cœur.

Il s'agissait pourtant là d'un inconnu total. Aucun fragment de sa mémoire ne contenait le fait de s'être sédentarisé. Il ne possédait pas même une demeure à lui à Honoo. Cela ne l'inquiéta néanmoins pas une seconde, car le seul domaine qu'il concevait dorénavant était celui de la proximité d'Akane. Il l'avait toujours souhaité avant même sa renaissance, sans parvenir à le lui exprimer et maintenant que le fait semblait acquis, il s'y accrocherait de toute ses forces si elle le lui permettait.

C'était exactement cela qu'il aurait voulu répondre à la question qu'elle lui posa enfin, en devinant trop parfaitement ce qu'il désirait, tout subjectif pourtant était cet avis. De fait, il éclata d'un rire sincère pour toute réaction, la surprise inévitable que cela aurait sur elle renchérissant son fou-rire radieux. Quelques minutes lui furent nécessaires pour qu'il puisse recouvrer son calme et dissiper l'impression qu'il puisse se moquer d'elle, ce qui ne pouvait pas être plus loin de la vérité.

Lui adressant un sourire solaire dans un premier temps, il ordonna à sa monture de se coller ou presque à celle de la maîtresse des ombres et vint lui poser un pudique, mais doux et reconnaissant baiser sur la joue, puis il prit enfin la parole :

Si je me souviens bien, Honoo est ce qui est le plus proche de ce qui pourrait être mon chez-moi. Notre présence, à plus d'un titre, y est requise pour maintenir l'unité. Mais je ne veux pas dire par là que je souhaite y vivre ou m'y installer, car si j'ai dans l'esprit le respect et l'amour que je voue aux nôtres, il m'y vient aussi l'amertume de tout ce que je n'ai pu obtenir là bas, ainsi que ce que je n'ai su t'épargner.

Malgré le triste rappel de ces échecs dont il se tenait pour responsable, son expression resta parfaitement lumineuse, le présent lui important bien plus que les réminiscences du passé. Son sourire resta ainsi imprimé sur son visage, renforcé par les derniers événements. Il poursuivit alors, non sans poser sur son menton un index songeur et lever les yeux vers le ciel, comme si la réponse idéale s'y trouvait :

Pour ma part, puisque tu me le demande, je crois avoir mis les pieds dans toute les contrés du Territoire des enfants de Moegami et… J'aime chacun des domaines de ce dernier pour des raisons différentes, exception faite de Hai… Ce village est mort et je ne m'y sentirais pas à mon aise au vu du désespoir qui plane en ces lieux. Kazan et ses sources thermales, la sérénité de Keito et Hibana…

Seishin fit retomber son regard sanguin sur son éternelle, non sans chaleur, et leva vers le ciel, à hauteur d'épaule, le même doigt qu'il avait utilisé pour se poser lui-même la question, comme si la réponse à cette dernière lui paru évidente :

Moe. Je ne veux pas dire Kyuden Nikkou, Akane-sama, je parle de la Capitale cosmopolite qui s'étend tout autour. Mêlés ainsi à la population la plus dense de l'Empire tout entier, nous y trouverions tout ce que nous pourrions désirer sans jamais être inquiétés pour notre identité. Située au centre du pays, elle nous permettrait de joindre l'une ou l'autre de ses contrées prestement. De plus, les nouvelles de toute les nations s'y croisent par le biais des estafettes et commerçants qui la traversent.

Et puis on peut y manger toute sorte de chose dont certaines que je ne parviens même pas à imaginer et qu'il me tarde de goûter ! D'ailleurs, tu n'aurais pas à vivre sous le même toit que celui de ton frère et cela me semble être la situation idéal pour tout ce que nous pourrions être amenés à devoir entreprendre, tu ne crois pas ? Personne ne verrait de mal ni ne serait dérangé à l'idée que Setsu Akane loge dans les riches quartiers résidentiels, son nouveau yojimbo, Yukino Seishin, veillant sur elle.


Il avait encore un millier d'arguments à faire valoir, qui se bousculaient pour sortir des méandres de sa mémoire, mais il ne voulait pas non plus lui imposer ce point de vu, car elle avait mis dans le mille lorsqu'elle lui avait posé la question, l'endroit où il s'épanouirait le plus était celui où elle se trouverait et c'était tout. Seishin n'attendit cependant pas qu'elle réponde immédiatement à sa demande, reprenant son propre discours et remontant sur un point clé de celui qu'avait eu son interlocutrice :

Pour ce qui concerne notre arrivée au Palais, je saurais tenir ma langue tant que tu le souhaiteras, c'est une promesse, elle ne se déliera qu'à ta demande… Pour quoique tu puisses désirer de ma part.

Ses lèvres s'écartèrent de façon mutine à sa propre allusion, puis il continua :

Je ne crois pas que ton frère ait jamais posé les yeux sur moi lors de ses rares sorties de sa vaste tour. Je ne suis pas inquiet à ce sujet, Honoo me préoccupant un peu plus, mais nous vivons une époque étrange, je pense que je saurais donner le change aux nôtres. Et je passe du coq à l'âne, mais à mon propos, ou du moins celui de ton protecteur, il nous faut nous concerter sur son origine, n'est ce pas ? Qu'a-t-il donc fait pour mériter que la princesse des Flammes daigne lui accorder un statu ?

À nouveau, il fit se rapprocher son cheval de celui de la jeune femme, glissa sa main sous le menton de cette dernière et lui souffla délicatement, la vouvoyant volontairement :

Vous aurais je sauvé de quelque funeste destinée, madame, pour que vous me confiiez ainsi la sécurité de votre corps ?

Il ne lui laissa pas répondre non plus à cette question dans l'immédiat, fusionnant ses lèvres aux siennes dans un baiser qu'il avait désiré depuis le début de cet échange.
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Jônin

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MessageSujet: Re: [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin) Lun 26 Sep - 22:15

Il rit et je réalise seulement à cet instant que j’avais très peu vu Masao exprimer sa joie ou démontrer ne serait-ce qu’un simple sourire, alors que nous nous sommes connus il y a fort longtemps. Je découvre donc un son nouveau, un son qui me surprend mais m’apaise tout en même temps. Un son qui me séduit et fait s’emballer mon cœur puis s’empourprer mes joues à une vitesse déconcertante mais surtout de façon incontrôlée. Toujours, j’avais voulu modeler ma vie et la dessiner avant même qu’on m’indique quel chemin le devoir m’inviterait à prendre. Mais au moment où Seishin laisse sa spontanéité remplir tout l’espace, y compris celui béant de mon âme, la maîtrise que je pensais acquise sur mon existence s’évapore au gré de la chaleur de cet être nouveau.

Il faut à ce dernier un bon moment pour reprendre ses esprits et finalement ordonner à sa monture de s’approcher de la mienne. La Akane appartenant au passé – ce passé d’il y a quelques jours – aurait mal pris ce genre d’attitude. Combien de fois ai-je repris mon Chûnin sur sa conduite et son irrespect des convenances, alors que je ne les respectais pas moi-même ? Encore une fois et à cet instant précis, tandis qu’il dépose un doux baiser sur ma joue, je n’ai aucune envie de le réprimander. Convaincue que, bientôt, cette relation serait ma faiblesse, sentant mon regard s’attendrir au contact du sien. Ma résistance et mes convictions s’effondrent aussi mais je ne ressens pourtant rien ne néfaste à cela, pour la première fois depuis toujours ; je l’écoute donc sagement commencer à parler.

Je re-visite toutes les contrées de notre Clan tandis que mon futur garde du corps en détaille à son tour les qualités et les défauts. Un brin d’émotivité dans ses yeux, du doute sur sa bouche mais aussi de l’objectivité dans ses mots me font déjà arrêter mon choix sur ce lieu qui nous accueillera. Je me rappelle avoir toujours bougé et cette volonté de reconnaissance envers cet homme se concrétise par mon envie de m’installer quelque part, avec lui, juste pour lui montrer que, pour moi, il n’a jamais été défaillant. Je hoche la tête lorsqu’il semble arrêter sa description sur Moe qui, effectivement, se trouve être la meilleure option pour bien des critères. Un sourire m’échappe lorsqu’il parle encore de nourriture et je rougis de plus belle lorsqu’il me parle de libérer sa langue pour des usages que mon imagination peine encore à matérialiser en mon esprit...

Son insouciance prend le dessus et il me dit pouvoir, sans grande inquiétude, justifier son changement d’apparence auprès des nôtres. Le ressuscité semble oublier qu’il a été en contact avec énormément d’apprentis et de Genin ces dernières semaines et qu’irrémédiablement, on lui posera des questions... Les éventuelles justifications que le jeune homme pourrait trouver me trottent dans la tête et seuls son allusion en plus de son chaleureux baiser peuvent calmer ma peur que tout peut s’écrouler. Nos destriers s’arrêtent, sans que je ne sache si c’est nos positions ou nos ordres indirects qui les stoppons involontairement. Je renchéris en tous les cas et lui rend son attention, installant d’abord une main délicate sur sa joue.

Mais je finis par lutter contre ce pouvoir qu’il exerce sur moi, innocemment, sans s’en rendre compte et donne un coup de talon léger à mon cheval pour qu’il recommencer à avancer. Rompant l’échange, je détourne d’abord le regard, rougissant d’embarras face à ma faiblesse, puis d’embarras face à mon envie de lui, cette dernière prenant la place de tout le reste très rapidement.

- Nous fixerons notre choix sur notre lieu en arrivant, alors. Peut-être que la capitale me semblera différente, si je m’y rends avec toi...

Gênée d’une discrète mais nouvelle audace, je tente de me ressaisir mais rougis toujours plus. Agacée par mon comportement de gamine – identifiable à l’attitude de l’aubergiste, d’ailleurs – je continue de parler, presque sur le ton du reproche et sans croiser son regard sanglant.

- J’officialiserai tout sur le papier. Toutes ces fois où, sans toi, la mission aurait échoué. Toutes ces fois où je serais morte si tu n’étais pas intervenu. Toutes les fois où tu m’as remonté le moral pour que je continue d’assurer ma fonction.

Puis je me tourne vers lui, incitant ma monture à faire de même, peut-être trop brusquement. Je trouve alors ses yeux et son air curieux, sa manie de tout détailler de moi comme s’il me redécouvrait à chaque instant en tant qu’amant. Et je m’énerve encore, sans raison et sans me désempourprer.

- Bien sûr que tu m’as sauvée d’une funeste destinée ! Et pas seulement l’autre jour... ça a commencé quand tu es entré dans ma vie. Tu ne peux pas te reprocher de ne pas avoir pu empêcher certaines choses. Parce que sans toi...

Seishin a tout découvert de moi et me voilà incapable de lui parler simplement, de lui dire ce que je ressens, de lui faire comprendre à quel point il compte pour moi. Je me sens alors plus bouillante de honte que l’eau des sources de Boya et, instinctivement, je cache mon visage de mon avant-bras, sans pouvoir malgré cela arrêter de le contempler.

- Tu m’énerves... à toujours remuer le couteau... Tu sais que tu es important...

Sans vraiment réfléchir, je ne tiens plus sur mon cheval et finis par en descendre, faisant quelques pas vers notre destination pour me cacher de lui et de toutes ces réactions impulsives qu’il provoque en moi, d’un coup, d’un seul. Respirant profondément, je sais que mon doux revenant ne pensait pas à mal mais je me rends compte ne pas être encore prête à plaisanter avec le thème de son propre sacrifice. Les bouffées d’air dont je me nourris alors me serviront à le lui expliquer lorsque j’irai mieux, que mon second vienne de lui-même ou que je prenne l’initiative de m’excuser plus tard.


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Chûnin

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MessageSujet: Re: [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin) Lun 26 Sep - 22:26

Elle s'arracha un peu brusquement de son contact qui ne manqua ni de le surprendre lui, ni son destrier qui renâcla et débuta de suivre celui de la jeune femme dans une trajectoire erratique. À tirer sur ses rennes pour tenter d'apaiser l'animal, il n'entendit qu'à peine ce qu'elle lui répondit alors, mais lorsque ses yeux carmins retombèrent enfin sur elle alors qu'il remontait dans sa direction plus précisément, le revenu se posa mille et une questions.

Akane paraissait si tendue, en colère et gênée. Il ne remarqua qu'à ce moment de la façon sèche dont elle traitait des sujets qu'il avait mis sur la scène et fut tout à fait certain d'être le fautif de ce changement de situation. Instantanément et au vu des propos qu'elle eut, il lui paru évident que sa petite demande rhétorique et mutine n'avait pas été bien interprétée, voir pas appréciée du tout.

C'était légitime, malgré l'état actuelle des choses, il ne pouvait pas nier que la dernière tentative de sauvetage la concernant aurait pu terminer de bien pire façon et que le fait était particulièrement frais. Il se sentit soudain stupide, comprenant d'avoir abordé un sujet pénible en toute légèreté, même si cela le concernait et que sa nouvelle âme refaçonnée le poussait à aller de l'avant, il ne devait pas pouvoir s'attendre à ce qu'elle puisse en faire autant.

Elle fit volte-face subitement et il ne parvient alors qu'à la voir furibonde, soulignant le sujet sur lequel il l'avait poussé à s'attarder. D'être la source de sa rancœur du moment le fit se sentir plus bas que terre et parfaitement honteux, jusqu'au moment où elle barra son visage de son avant-bras, comme si même le regard de Seishin en venait à l'indisposer. Pour autant, elle l'avisa depuis son couvert improvisé, mais une énième fois, il ne put que constater que sa simple vue suffisait à alimenter son animosité, le lui avouant cette fois et lui en exprimant de courte façon les raisons.

Ce n'était pas là ce qu'il avait voulu. Il était sûr à présent que sa petite plaisanterie à propos de garde du corps n'avait pas été accueillie avec douceur et la métaphore du couteau fut on ne peut plus claire, si bien qu'il s'en retrouva tout penaud un moment. La princesse des flammes se substitua alors à son regard, mettant pied à terre et débutant une marche aux côtés de sa monture pour ne plus que les iris de sang puissent se poser sur elle.

Le Chuunin se frotta un moment l'arrière du crâne, désolé d'avoir ainsi provoqué ces émois sur celle qu'il ne distinguait que comme son unique raison d'être. Il regardait la position vide du dos de la monture qui le guidait dorénavant et le martèlement léger des sabots sur la voie ne suffirent pas à étouffer les fortes respirations nerveuses que la jeune femme avait alors. La situation s'étendait en un inconfort qu'il trouvait désolant et elle lui manquait déjà, si proche pourtant.

Qu'elle se cache ainsi de lui après le chemin parcouru était une punition bien sévère face à la simple joie qu'il avait voulu maladroitement exprimer. C'est alors qu'il descendit à son tour, lâchant la bride de son cheval et longeant celui de la sang-pur des Setsu depuis le côté opposé duquel elle se trouvait. D'un pas franc, il passa derrière le destrier de la maîtresse des ombres, posant sa main sur le fessier de l'animal pour lui annoncer sa présence, puis rattrapa son élue discrètement.

Une fois à sa hauteur, il passa ses bras par dessus ses épaules et les enroula autour de son cou, lui intimant de s'arrêter délicatement. Son visage alla se poser sur le crâne de la Jônin et il inspira son odeur tandis qu'il se mis à parler d'une voix claire, sans la forcer du fait de sa proximité :

Je refuse. Tu ne peux pas te dérober à moi sans me le dire. Je ne peux pas t'empêcher de repousser mes regards d'admiration sur toi, mais je pense mériter au moins que tu me préviennes de cela. Mais je te demande pardon… C'était déplacé. Rire du sujet de ma mort parvient à t'émouvoir et en un sens, je devrais me sentir heureux de cela, mais rien ne pourrait être plus loin de la vérité.

Il n'y a rien que je ne pourrais entreprendre de définitif sans que l'ordre m'en soit donné de toi, disparaître n'y fait pas exception. Je ne me reproche pas ma présence à tes côtés, toutes ces fois que tu décris, mais bien celle où je fus absent. Et puisque j'ai cette deuxième chance et que tu m’acceptes au plus près de toi… Et même plus que cela… De tels cas de figure ne peuvent plus se produire, si tu m'acceptes constamment cette promiscuité.


Il l'enserra d'avantage, comme si on lui avait soufflé qu'elle s'arracherait à ses bras et s’enfuirait au loin, définitivement, ses lèvres frôlant l'oreille gauche de sa partenaire de route lorsqu'il reprit :

Ne gardes pas en toi cette colère à mon égard, délivre là de toi sur moi, si tu le veux bien… Quoi que j'ai pu te dire ou faire qui ait pu te blesser ou t'ennuyer, énonce le et je l'entendrais. Je peux même le comprendre, si tu me permet de l'écouter. Mais… Ne le gardes pas en toi… Importante n'est pas le mot que j'utiliserais concernant ce que tu représente pour moi, indispensable me paraît plus précis. J'échangerais même l'air qui nous entoure pour un moment de plus avec toi si on venait à se séparer à ma vue. Je te promets de faire attention à mes mots… Même si certains n'ont plus le même impact qu'avant et que je redécouvre tout à chaque instant…

Il la libéra de son étreinte afin qu'elle puisse réagir à sa propre façon, sans la moindre imposition, à tout ce qu'il venait de dire. Il voulu lui offrir le plus radieux des sourires, plaçant ses mains sur ses hanches avant même qu'elle ne fasse volte-face et… Quelque chose s'éloignait dans sa vision périphérique. Attiré par ce mouvement, il distingua qu'un cheval esseulé se promenait au loin dans les pâturage, sans clôture ni maître à sa proximité. Un éclair de lucidité passa au travers de l'esprit du ressuscité et sans plus attendre, il se mis à courir à la rencontre de sa monture fuyarde, bien contente de sa nouvelle liberté.
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Setsu Akane

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MessageSujet: Re: [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin) Mar 27 Sep - 18:34

Toujours émotionnée, je fais à peine attention à ses pas et au fait que Seishin s’approche de moi, ne le réalisant que lorsqu’il me prend dans ses bras. Toujours rouge de honte d’avoir réagi ainsi, je ne lui rends pas son étreinte mais m’imprègne discrètement de sa voix et de son odeur tandis qu’il m’exprime franchement mais poliment son désaccord et qu’il m’étreint plus fort par la suite.

Tout ce que mon doux revenant me dit anime en moi l’envie de lui répondre immédiatement, néanmoins je reste muette jusqu’à ce qu’il s’éloigne, prêt à sourire mais réalisant qu’il a laissé s’échapper son destrier. Le voyant partir le récupérer, je soupire et me calme enfin, laissant mes joues redevenir plus claires et mon esprit à sa suite. Sans attendre que mon doux revenant ne me rejoigne, je le fais, maintenant la bride de mon propre cheval pour éviter ce qui vient d’arriver.

- Je suis perdue, Seishin... dis-je une fois arrivée à deux pas de lui seulement. Celle que j’étais avant cet incident t’aurais remballé sans gêne en disant que tu n’avais rien à dire, rien à refuser. Combien de fois t’ai-je déjà dit cela, d’ailleurs, tu t’en souviens, non ? Et pourtant, je n’ai aucune envie de te remettre à ta place parce que tu as raison... et ma mauvaise foi, ma prétention dont on parlait l’autre jour, n’ont pas lieu d’être avec toi. Celui que tu es devenu me fait changer de minute en minute, rappelant à la Akane que tu viens d’apercevoir qu’une nouvelle personne a vu le jour en même temps que ce bâtiment a brûlé.

Je réduis l’espace jusqu’à faire s’unir nos lèvres, simplement mais intensément, me rendant compte encore une fois que je dois me faire violence pour mettre fin à ce contact. Nos montures se rencontrent également et se saluent, continuant de brouter le peu de verdure qui se trouve sur le sol.

- C’était déplacé, oui. Mais mon attitude aussi. Tu es celui qui veillait sur moi de loin, de près et qui a donné jusqu’à sa vie pour ma personne. Tu es l’être qui me suivra partout, qui m’a juré fidélité maintes fois. Et bien que tu me promettes le contraire, je sais que tu seras celui qui prendra des risques inconsidérés pour me sauver, pour partager la même existence que moi. Et je ferai la même chose...

Tu me rends forte et faible à la fois, tu me rends folle et sensée, comme le faisaient mes autres amours. La différence est pourtant là ; malgré que j’aie de la peine à saisir encore tout ce que ça implique et impliquera à l’avenir, je tremble de peur quand je réalise que tu m’es devenu plus qu’indispensable. Tu es mon oxygène, ma raison d’être et le sang que je trouve dans tes yeux pourrait me faire arrêter de tuer, tant il comble tout ce que j’ai cherché ces longues années loin de toi.

Disparais et ma vie s’envole aussi, si aisément que des cendres chassées par le vent. Je ne suis pas fâchée, maintenant... Disparais et je serai en colère alors, cette haine que je ressentirai me permettra de te retrouver, de te hanter jusqu’à ce que tu regrettes ton départ.  Disparais et j’oublierai mon nom, mon rang, si ça peut m’ouvrir la possibilité de te ramener à moi. Donc ne disparais pas pour des minutes avec moi... vis celles qui nous sont données.


Mes paroles sont ponctuées d’un regard plus brûlant que jamais, la gêne s’est atténuée pour laisser, comme il me l’a demandé, tout ce que je ressens à son égard se déverser en Yûkino Seishin, cible d’une passion incontrôlée et contrôlable que je ressens pour la première fois. Je ramène son visage vers le mien, d’une main, mes doigts passant sous sa mâchoire pour amener ses lèvres à toucher une énième fois les miennes. Mon discours n’étant pas terminé, je fais preuve de retenue mais la distance s’est une nouvelle fois amoindrie.

- Les mots n’ont jamais été mon fort lorsqu’il s’agit d’être sincère, le tact encore moins. Mais tu m’es vital au point que je cauchemarde de te voir partir. Alors observe-moi, prend-moi, habite-moi, jusqu’à me connaitre profondément car ce que je viens de dire, tu ne risques pas de l’entendre à nouveau et de sitôt.

Fais en sorte de me posséder intensément au point de deviner jusqu’à mes prochaines inspirations, jusqu’à connaître le moment du prochain mouvement qui me fera venir vers toi, jusqu’à oublier que je suis détachée de ton âme, de ton corps. Appartenons-nous jusqu’à savoir ce qui nous fait rire, pleurer, sans qu’aucune seconde ne puisse nous faire douter sur ce que nous représentons l’un pour l’autre. Tu n’auras plus à surveiller tes mots, je n’aurai plus à formuler les miens. Et alors... nous n’aurons plus besoin de parler pour nous comprendre.


Je passe mes bras derrière sa nuque, l’embrassant encore, cette fois plus longuement. Et sans que j’y fasse attention, je tire la bride de mon cheval trop fort, le faisant s’emporter devant le peu d’égards que je lui porte. Il se cambre et finit par se dégager, ce qui me fait basculer en arrière. Je m’accroche à mon amant, l’entrainant dans ma chute, regardant tête à l’envers mon moyen de locomotion se faire la malle.

Je veux me relever pour lui courir après mais je retrouve le regard sanglant de mon amant qui me fait rester là et passer sans pudeur aucune ma main sous son kimono. Je le veux tout de suite, sur une plaine à la vue de tous s’il le faut. Il est mien et je suis sienne et rien en Yokuni ne pourra nous empêcher de nous le montrer.


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Yukino Seishin

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MessageSujet: Re: [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin) Mar 27 Sep - 21:17

Maudite monture indisciplinée qui s'avançait paisiblement parmi les hautes herbes, bienheureuse de cette liberté d'aller brouter qu'elle ne s'était certainement pas douté avoir durant ce trajet. Gêné dans ses mouvements par le terrain et son hakama encombrant, Seishin parvint finalement à rattraper le destrier qui ne manqua pas de laisser entendre sa déception en renâclant quand ses rennes furent reprises en mains par le revenant essoufflé.

Celui ci tirait déjà sur la bride de l'animal pour lui faire exécuter le demi-tour qui le ramènerait sur la voie et auprès de celle dont il attendait avec impatience la réaction. Ses yeux s’écarquillèrent de surprise à la voir le rejoindre, tirant derrière elle son propre cheval, les traits déterminés à lui partager sa vérité. Elle ne s'arrêta que lorsqu'elle ne fut plus qu'à distance de bras tendu et débuta son discours d'un aveu qui le mit légèrement mal à l'aise.

Il ne voulait pas la transformer, mais il ne pouvait nier qu'il ne regrettait en rien ce changement. Sa mémoire ne lui faisait pas défaut des refus qu'elle lui avait fait dans une autre vie, de ses tentatives de le convaincre qu'elle n'en valait pas la peine et du simple fait qu'elle en aimait alors un autre. Une certaine mélancolie découlait de ses propos, si bien qu'il eut souhaité briser la distance qui les séparait pour la réconforter, mais à nouveau, le mouvement vint d'elle, tant et si bien qu'elle l'embrassa, injectant en lui une nouvelle vague de cette chaleur qu'il ressentait à son contact, plus particulièrement à ceux de ce genre.

Il accueillit avec délice l’accélération des battements de son cœur et le léger vertige qui accompagnait chacune des rencontres de leurs lèvres. Ce qui suivit était une confidence, une confession verbale de ce que ses iris n'avaient jamais cessés de lui communiquer depuis leur premier baiser. En quelques jours seulement, elle en était à lui décrire mot pour mot ce qui brûlait déjà en lui depuis des années, si bien qu'il aurait pu les prononcer avant elle.

À la surprise première, son masque se fit progressivement plus doux, puis s'éclaira d'un sourire plein d'une compréhension totale de ce qu'elle traitait, miroir exprimé de sa propre psyché. Il empêcha son rire d'éclater lorsqu'elle en vint à le menacer de hanter jusque sa mort s'il venait à l'abandonner, tout juste gardé en lui quand il compris qu'elle était parfaitement sérieuse. Derechef, il eut voulu répondre, mais la sang-pur des Flammes lui intima le silence de la fusion de leur bouche et de l'étreinte pressante qu'elle lui imposait, son envie grandissante trahie par le moindre de ses gestes.

Elle n'eut pas fini pour autant de s'épancher, troquant trois termes contre une immense déclaration. Ce qu'elle lui intima alors, tel un ordre qu'elle lui donnait, il lui jura du regard le plus intense qu'il ne lui eut jamais adressé qu'il n'y ferait pas défaut. La dernière porte venait d'être enfoncée d'une violence inouïe par celle la même qu'elle protégeait. Ce n'était pas lui qui avait franchi ce dernier cap, elle l'avait littéralement pulvérisé pour le tirer à elle dans la plus large des autorisations.

Chacune de ses injonctions représentait une facette des propres espérances que l'esprit d'Espoir mêlé du shinobi nourrissait pour Akane, l'aboutissement de ces derniers le rendant instantanément plus complet qui ne l'était jusqu'alors. Elle se tut enfin, laissant parler ses gestes plutôt que ses mots afin de lui dévoiler toute la force de son attirance, sa fougue énervant leurs montures et la faisant basculer en arrière lorsqu'elles s'enfuirent paître ailleurs, tractant dans sa chute son amant qui s'empressa de l'entourer de ses bras afin de lui préserver la douleur de la chute.

Il rouvrit les yeux sur le visage désemparé de la maîtresse des ombres, avisant leur destriers prendre congés d'eux, il se perdit sur le cou qu'elle lui dévoila et dans lequel il voulu disparaître, mais fit mine de vouloir partir à la poursuite des fuyards équidés. Le mouvement amorcé resta sans suite quand ses iris croisèrent ceux du ressuscité, le dialogue muet qu'elle avait prédit débutant déjà de naître, sa main violant dors et déjà les remparts de tissus la séparant du torse de son éternel abonné.

À son propre tour, il s'empara de la ceinture de son élue de toujours, la déliant comme si le nœud qui la maintenait en état n'était rien et ouvrit les pans du kimono de voyage de son aimée pour en dévoiler les précieux trésors. Il ne s'encombra pas de retirer pleinement son propre hakama avant de l'investir, l'appel qu'elle avait exécuté sur lui ne pouvant souffrir du moindre délai.

Les hautes herbes ne leur offraient qu'une maigre protection des regards qu'un voyageur inopiné pourrait jeter sur eux, mais c'était là un sujet qui ne vint pas même poindre à l'esprit de Seishin. Une partie de lui ne put l'empêcher de sourire face à cette audace qui animait sa partenaire, attisant la flamme de sa faim de façon exponentielle.

Rien ne pouvait le lasser de ces expressions de joie et de plaisir qu'elle avait, de l'odeur de ce corps dévoilé aux vents ardents du Nord et du goût de cette peau, pire que cela, tandis même qu'il se délectait de la Jonin offerte, il attendait dors et déjà de la dévorer à nouveau, en un lieu et une situation différente, la redécouvrant alors qu'il subirait sa soif ou qu'elle endurerait sa propre passion. Il refit face au présent et s'offrit tout entier à elle, désinhibé par l'accord explicite qu'elle lui avait donné, l'envahissant intensément tout en s'abandonnant à ses traitements.

Le contentement suprême et mutuel n'intervint que bien plus tard, le laissant un moment dépourvu de force et haletant. Le chuunin deux fois né ne quitta pas la chaleur de son univers, préférant au contraire l'enserrer de plus bel et du peu de vigueur qu'il lui subsistait. Il alla glisser ses lèvres à l'oreille de sa compagne de jeu, jugeant approprié de réagir enfin aux propos qu'elle eut tenu avant qu'ils se sombrent dans les affres de la félicité :

Je ne puis qu'obéir à tes instructions, mon Jônin. Mais si j'aspire toujours malgré tout à entendre le son de ta voix. Quand ce jour viendra où nous n'aurons plus à parler pour nous comprendre, te tairas tu à jamais ? Si cela doit être le cas, alors je préférerais que cela n'advienne pas et qu'il subsiste toujours entre nous ne serait-ce qu'une légère, mais constante incompréhension.

Son ton trahissait d'une certaine pointe d'humour affectueux lorsqu'il ajouta alors :

Même si je dois avouer que le genre de discussion que nous venons d'avoir à l'instant suffirait à satisfaire mon bonheur à ton écoute. Pour le reste, tu me connais plus que tu ne veux bien le croire, tu te souviens et tu parviens à percer sans mal celui que j'ai été. Je ne connais pas de mensonge, pas de honte de ma part qui pourraient altérer le peu te reste à apprendre de moi.

Malgré la fin de leur ébat consommé, il laissa glisser l'une de ses mains sur le ventre nu, jusqu'à la poitrine de son âme devenue sœur par ses aveux et s'y posa délicatement avant de poursuivre :

Si tu le désires, il n'est pas une seconde où je me substituerais à ta vision. Il n'est pas question de disparaître dans ces conditions. Je suivrai le moindre de tes pas, respirerai jusqu'à l'air t'environnant immédiatement et goûterai les mets dont tu te nourris. Il n'est pas une once de colère que mon cœur souhaite t'inspirer. J'ajouterais que je ne ressent aucune faiblesse à me trouver à tes côtés et que tu es mon premier et seul amour, aussi te laisserais je le bénéfice du doute face à ce qui brûle en moi à ton sujet que je ne comprend pas aussi bien que toi, mais dont je chéri chaque minute à ressentir ses effets.

Il débuta doucement de rhabiller la Gardienne des Ombres du clan, fermant son vêtement par dessus les richesses qu'il était censé protéger et tout en s’exécutant de la sorte, il conclu :

Pour ma part, je ne peux pas être moins perdu que je ne le suis actuellement. Pour être honnête, il n'est pas d'autre place que je puisse concevoir autre qu'à tes côtés. Je donnerais bel et bien ma vie pour toi, mais je te promets de la préserver en toute priorité si je ne considère pas ta propre existence menacée.

Seishin se releva sur ses genoux et avisa, penaud, les montures qui disparaissaient presque au loin, bienheureuses de cette liberté qui leur était offerte. Il soupira longuement avant d'aider la Jonin à se relever, s'autorisant un nouveau baiser amusé par leur situation et s'empressant de partir en quête des chevaux, leur criant au loin de revenir séance tenante à grand renfort de brassage de ses bras en l'air.
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MessageSujet: Re: [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin) Mer 28 Sep - 21:05

Il me déshabille et reforme une seule personne avec moi, aussi vite que nos montures se sont enfuies, aussi vite que j’ai débité mes mots lourds de sens. Il m’investit passionnément et bien que je sache déjà que je suis son essentielle, je le ressens encore plus dans ce genre de moments. Ils sont fréquents mais terriblement importants pour moi. J’avais laissé la jeune femme amoureuse en arrière à deux reprises, la première fois victime de la souffrance qu’engendre la trahison, la deuxième fois victime du mal que peut provoquer la mort. Et maintenant que je la retrouve, je ne souhaite pas la laisser filer, profiter de chaque instant, on ne peut plus consciente que tout peut disparaitre en un claquement de doigts.

Mes mains reconnaissent à présent son corps comme quelque chose de familier, ses attentions comme quelque chose de naturel. Malgré cela, probablement parce que cela ne fait qu’une poignée de jours que je suis libérée du poids qui me faisait plier, chaque geste est une surprise agréable. Ses grandes paumes savent épouser toutes les formes de mon corps, ses yeux sanglants savent flatter la femme que je suis et sa bouche gourmande s’étire autant pour des sourires que pour des caresses délicieuses. Je découvre le plaisir d’être aimée chaque seconde et les minutes qui passent m’emplissent d’une satisfaction que je n’ai connue avec personne d’autre.

Je passe mes doigts dans ses cheveux lorsque Seishin se perd dans mon cou, puis les aventure dans son dos et sur son ventre, lorsque ses va-et-vient sont plus espacés. Je veux le gâter moi aussi et je ne me lasse plus de l’embrasser, jusqu’à ce que mes forces m’abandonnent tandis que nous atteignons le paroxysme du plaisir une nouvelle fois. Je me sens complète en tout, tout particulièrement quand mon amant m’enlace, dans le but de me confier encore quelques secrets. Je souris à son obéissance qui, quelques instants avant n’était finalement que poussière tant l’homme qu’il est ne supporte pas que je le boude.

Mon doux revenant m’affirme que je le connais mieux que je ne le pense... peu convaincue, je veux pourtant bien le croire, puisqu’instinctivement, dès ses premiers moments de vie, j’ai su comment agir avec lui. Bien sûr, quelques ajustements de ma réserve et de ma timidité furent nécessaires mais, toujours, nous nous sommes trouvés, plus évidemment encore lorsque de notre première fois... et les fois suivantes. À sa déclaration ouverte, son regard plongé dans le mien, je ne peux que répondre en rougissant encore, profitant de l’amour que mon doux revenant offre en même temps à ma poitrine.

Mais ce n’est pas la gêne qui me fait m’émotionner cette fois, juste le plaisir et le bonheur de l’avoir (re)trouvé, d’enfin admettre intérieurement que cet homme est celui auquel j’aurais dû m’offrir il y a longtemps déjà pour trouver l’allégresse. Je me contente de sourire sans répondre pour le moment, terminant de me rhabiller après qu’il m’ait aidée dans un premier temps. Son dernier baiser spontané, avant que Seishin ne rattrape nos chevaux, me fait rire doucement. Et bien qu’un pressentiment m’indique que cette situation de joie intense est temporaire aux vues de mon rôle à Setsu, je ne peux m’empêcher de courir le rejoindre avec entrain pour l’aider, certaine à présent d’une conviction que je n’ose lui avouer qu’à demi-mot.

***

Le voir grimper à cet arbre avait été aussi drôle qu’intriguant. C’est comme si les gestes n’avaient pas été oubliés mais que son corps ne se rappelait plus comment les mettre en œuvre. Nous étions pourtant arrivés au sommet et c’est de la branche la plus épaisse que nous devons sauter sur les tuiles du rempart de la cité du Feu. Il était pour moi impensable de me présenter en tenue de combat aux portes de Setsu, en tant que Setsu Akane. Ainsi, utiliser la ruse pour rendre visite à mon frère est une coutume pour moi ainsi qu’une habitude, que j’apprends à mon second aussi aisément qu’il m’a appris d’autres choses...

C’est sans grand mal et sans nous faire repérer que nous entrons au Château. Évidemment surveillés par l’un de mes autres Chûnin, il ne nous interpelle pas lorsque nous nous introduisons dans le dit lieu, sachant pertinemment que Mononoke est la Jônin du Clan. Il n’était donc pas dur de supposer qu’un rapport de mission devait être fait. Bien qu’à l’intérieur, l’objectif n’en est pas atteint puisqu’il me faut me changer afin de ne pas trahir cette identité devenue héroïque mais encore introuvable en Setsu pour le commun des mortels. Certaine, d’après la position du soleil, que les domestiques ont fini d’arranger les chambres, j’entraine d’un signe de tête mon amant dans ma chambre attitrée, faisant discrètement coulisser la porte après qu’il ait investi la pièce de sa présence et m’être assuré que personne ne s‘y trouve.

Pressée de me changer pour enfin aller rapporter à Gekido le démantèlement de cette micro-organisation criminelle, je me hâte beaucoup moins tandis que je croise le regard du beau brun insatiable. Réalisant que je n’ai pas répondu à ce que Seishin m’avait confié plus tôt, je me risque à lui parler... connaissant déjà l’une des tournures que pourrait prendre cette discussion si ce charmeur qui s’ignore venait à esquisser un sourire.

- Tu sais, il n’y a pas besoin d’incompréhension pour que tu entendes ma voix. Je suis suffisamment râleuse pour te faire savoir les choses. Alors ne crains pas le silence.

Je me contente de sourire et de m’approcher légèrement.

- Et parce que je suis une râleuse, je serai souvent contrariée par cette proximité qui est la nôtre. Mais tu sais déjà très bien calmer ces ardeurs-là et en raviver d’autres...

Détournant le regard, sans rougir cette fois, j’ouvre les pans du placard de rangement des futons pour y trouver quelques vêtements de rechange et de déguisements. J’en assemble quelques pièces et tend le kimono de bonne facture que j’ai acheté il y a peu dans l’intention de l’utiliser dans mon art de dissimulation.

- Mon frère ne supporte pas les gens qui présentent mal. Pour l’embêter, il m’arrive souvent de d’aller le voir comme à l’instant lorsque je lui fais mes rapports directement. Mais... aujourd’hui, si on veut vite s’en aller, il est mieux que la séance soit courte.

Je lui montre, sans dire un mot, un ensemble complet, que j’étends étoffe après étoffe sur l’étendoir prévu à cet effet dans la pièce quasiment vide puisqu’inoccupée. Le hakama est blanc et simple mais par-dessous se place un juste au corps noir, protégeant la gorge. Le kimono est rouge et arbore un somptueux phénix, symbole de notre nation et un obi élaboré sert autant de ceinture que de protection, dessinant la taille et maintenant le tout pour une harmonie élégante et typiquement venue de la noblesse militaire.

- Nous verrons pour la katana plus tard. Essaye de te rappeler comment enfiler ça, si tu n’y arrives pas, je viendrai t’aider. Oh et met la cape bleue aussi, ça fait chic.

Je ris légèrement, imaginant très difficilement comment ne pas paraitre ridicule dans une tenue si élaborée, n’en portant moi-même jamais. Je file alors me cacher derrière le paravent de la pièce pour me changer également, choisissant un kimono plus simple mais tout aussi cher. Sortir le grand jeu ne peut pas se faire n’importe comment !

Le temps de détacher mes cheveux et de les coiffer convenablement permet à Seishin de se changer. Et c’est complètement surprise, la bouche entrouverte que je le découvre debout, essayant d’ajuster les derniers détails. Il n’y a alors que la stupeur qui m’empêche de lui sauter immédiatement dessus, ainsi que les quelques pas qui résonnent dans le couloir.


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Yukino Seishin

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MessageSujet: Re: [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin) Jeu 29 Sep - 20:27

Tout était dans son fichu crâne, il se savait entièrement capable de la suivre où qu'elle aille, mais tantôt, il se révélait plus ou moins simple de tout faire resurgir à la surface de son esprit. Seishin avait manqué de glisser un nombre incalculable de fois, son cœur faisant un bond de panique pour toute ces dernières, le glaçant à plus d'un titre.

Il relevait le visage vers la leste silhouette de la maîtresse des ombres qui, en lieu et place de se trouver incommodée ou déçue de son manque de talent évident, s'amusait de sa gaucherie en l'attendant se dépêtrer de son escalade de l'arbre qui les verrait bientôt passer l'enceinte de Nikkou dans le secret. Le fait avait intrigué le Chuunin deux fois né qu'une princesse des flammes ait eut besoin de passer incognito le pas de la porte de la demeure de son aîné et Daimyo.

Elle l'avait alors éclairé du fait que de se présenter aux gardes vêtue de ses tenues martiales aurait l'existence du lien entre Mononoke et Akane. Ainsi, il redoublait d'efforts pour ne pas la décevoir dans ses attentes de discrétion. Finalement, ils parvinrent à pénétrer le Palais, non sans croiser un pair gardien de ce dernier qui les laissa passer au loin sans agir. L'autoproclamé Yukino salua le protecteur d'un signe peu usuel de deux doigts, qui intrigua passablement le shinobi tandis qu'ils disparurent entre les murs du château.

Ce dernier était pareil aux images que la mémoire du revenant éveillait au fur et à mesure, son immensité et sa hauteur étaient aussi grotesque qu’époustouflante. Aucun homme sur Terre aussi glorieux ou important pouvait-il être n'avait besoin d'une telle maison et il comprenait totalement sa Jônin de ne pas souhaiter s'installer dans cette tour qui osait gratter les cieux de son sommet. L'idée même d'y perdre son aimée si ils s'y installaient lui provoqua des frissons.

Il lui préférerait des millions de fois une masure pourvue d'une unique pièce en lieu et place d'un domaine de la sorte, pour que chaque fois que leur faim ne vienne à naître, ils puissent immédiatement laisser libre cours à leur passion. Passant avec expertise dans les vastes couloirs de la citadelle, Akane le guida vers leur première destination et il dut l'imiter en tout point pour éviter qu'ils ne se fasse repérer.

C'était un jeu auquel il avait été particulièrement bon et dans lequel il avait toujours trouvé un grand amusement, mais il se sentait rouillé, usé dans la pratique du déplacement furtif et il fut obligé de faire montre d'une concentration énorme pour pouvoir enfin souffler lorsqu'elle les fit rentrer dans une chambre qu'aucun souvenir ne vint rappeler à l'esprit incarné. Tout à son étude de ce nouvel environnement, c'est ce moment que choisi son élue pour laisser s'échapper à nouveau sa voix.

Il ouvrit les yeux, passablement surpris, en décelant chez elle un soupçon d'inquiétude au simple fait de lui adresser la parole, mais il compris très rapidement au vu de son expression les raisons qui l'avaient retenue d'échanger avec lui plus tôt que cela. Ses lèvres s'étirèrent exactement comme elle se souciait qu'il le fasse tandis qu'elle lui parlait, répondant à ses propos avoués dans l'intimité de leur étreinte champêtre.

Le fait qu'elle fasse diminuer la distance entre eux ne pouvant qu'étendre d'avantage ses traits et faire briller la lueur de ses prunelles sanguines, mais elle n'alla pas au bout de ses gestes au grand désarroi de Seishin, pour aller chercher de nouveaux atours dans une commode située non loin. Elle en sorti une série de vêtements tout en expliquant son acte au Chuunin qui accueillit ses explications avec curiosité.

Il ramassa alors les étoffes qu'elle lui dédiait et les détailla sans plus leur apporter d’intérêt que cela et acquiesçant à ses conseils silencieusement. Il en était déjà à se séparer de ceux qu'il avait porté durant leur voyage afin de se recouvrir de ces nouvelles pièces une après l'autre tandis qu'elle disparaissait derrière un byōbu prévu à cet effet.

Il dut faire montre d'une certaine maîtrise pour ne pas aller l'y rejoindre derrière, imaginant sans mal qu'elle s'y trouverait bientôt délivrée de son propre kimono et attisant par la même occasion cette flamme de désir qui ne semblait pas connaître de limite. Il fit légèrement la moue néanmoins, ne trouvant aucune difficulté à se revêtir des parures qu'elle lui avait destinées, si bien qu'il fut très largement prêt lorsqu'elle reparut de derrière sa protection de trois pans de papier de riz renforcés de lattes de bois laqué.

Il en était à aplanir les plis de sa cape azurée autour de ses épaules quand leurs regards se croisèrent. Subjugué était loin de pouvoir représenter l'état que laissa l'image de la princesse des flammes lorsqu'il laissa vagabonder ses pupilles sur elle et cette dernière n'apparaissait pas moins troublé par l'apparence qu'il devait rendre, au point qu'elle en stoppa le moindre mouvement. Ce nouvel aspect qu'elle lui offrit, sa silhouette parfaitement soulignée dans les tissus élaborés qui la recouvraient fut pareil à une œuvre d'art qu'il découvrait pour la première fois.

Aucun mot ne lui vint pour exprimer l'état dans lequel elle le mettait par sa simple existence sous cette forme précise. Il ne trouva que son imagination pour pouvoir lui montrer ce qu'il ressentait et s'apprêtait à lui faire partager cette dernière en amorçant un premier pas lorsque des bruits de passage se firent entendre à l'extérieur de la chambre. Bientôt, on vint frapper au panneau coulissant de l'entrée depuis l'autre côté de cette dernière et une voix féminine s'ensuivit aussitôt :

Il y-a quelqu'un ? Akane-sama, est ce vous ?

Ses instincts reprenant le dessus, l'attention du revenant se fermèrent sur un seul but situé au-delà de la jeune femme. Il ne fallut que trois sauts maîtrisés pour qu'il ne s'efface à son tour derrière le paravent tandis que la porte glissa sur elle même, découvrant une servante qui ne vit que sa Dame et la salua plus bas que terre avant d'ajouter, désolée :

Oh ! Nous n'avions pas été prévenus ! Sumimasen, Setsu Akane-sama ! Nous aurions pu préparer votre suite si nous avions étés mises au courant ! Bienvenu au Palais, Madame et à nouveau, mille excuses pour cet affront, il ne se reproduira pas !

Elle n'attendit pas qu'on l'y invite pour disparaître, fermant derrière elle le vantail aussi calmement qu'elle le pouvait au vu de son émoi. Seishin attendu un temps pour reparaître enfin, amusé par la situation et légèrement calmé dans ses ardeurs, son sourire communicatif allant éclairer bientôt le doux visage de son aimée en retour et leur faisant légèrement retomber leur fièvre naissante. Il lui murmura alors, sur le point de rire :

Allons y… Je suis encore pour le moment un intrus et il ne faudrait pas que je sois vu dans une telle pièce en ta compagnie sans que mon statu de gardien ne soit reconnu, ainsi que mon nom. Pour ces gens non plus, je ne peux pas être Masao, faisons en sorte que Yukino Seishin soit distingué aux côtés de Setsu Akane dans les couloirs du palais afin que l'on sache que la sœur du Daimyo ne voyage plus sans sécurité durant ces temps dangereux.

Il enjoignit rapidement ses mouvements à ses mots, passant devant son élue et ouvrant la porte de la pièce pour l'y attendre à l’extérieur. Mais lorsqu'elle passa le séant à son tour, ce fut comme s'il la redécouvrait derechef. Elle le troubla même plus intensément dans la radiance de la beauté qu'elle dégageait et apparu toute aussi déstabilisée que lui tandis qu'elle débuta d'ouvrir la marche vers leur prochaine destination.

Leur marche commença dans un silence parfaitement gêné et le né par deux fois ne parvenait en aucun cas de détacher ses iris des lignes généreuses suggérées par les atours de la belle. Il pouvait aussi voir qu'elle ne progressait pas d'un pas sûr, lui jetant des regards qu'elle devait croire discrets, les joues rosies par ce qu'il devait lui évoquer à cet instant.

Dans leur état, il ne donnerait pas le change longtemps et un œil avisé croisant la puis-née des Setsu portant une telle expression aurait fait un lien bien différent de celui qu'ils espéraient rendre au public, le yojimbo s'effaçant pour l'amant aux yeux de tout un chacun. L'urgence et les intentions qu'il ne pouvait plus refréner poussa l'esprit incarné à attraper sa choisie par le bras et à la sortir de la trop vaste voie les guidant jusqu'à la salle du Trône du Phénix.

Ils bifurquèrent ainsi dans les voies tortueuses destinée au passage des serviteurs, une toile labyrinthique qu'il jugea parfaitement convenue pour palier à leur situation redevenue alarmante. Lorsqu'il fut certain d'avoir trouver un dédale isolé auquel une seule voie de passage menait, il se retourna pour éclairer sa mie sur sa volonté en fusionnant ses lèvres aux siennes de la plus brûlante des façons. Le baiser s'éternisa de longues minutes avant qu'il n'y mette un terme afin de s'expliquer sur ses actes :

Nous ne pouvons pas continuer ainsi… Notre feu est trop vivace et il nous faut le consumer quelque peu avant de pouvoir espérer poursuivre en ces lieux. Je te demande pardon par avance pour ce que je vais faire… Mon amour et mon désir de toi est total et je n'aurais pas cru possible qu'une simple étoffe puisse encore embellir l'être qui m'apparaissait le plus sublime bien avant cela. Reste vigilante si tu le peux… Malgré ce que je vais te faire subir, car cet endroit où je crois pouvoir calmer notre faim n'est probablement pas aussi intime qu'il n'y paraît. À nouveau… Je te demande pardon.

Ses mots moururent dans un nouveau baiser auquel il mit fin plus tôt que le précédent, puis il se glissa dans son dos, lui laissant le prolongement du couloir en vu afin de pouvoir faire le guet, si elle y parviendrait. Car déjà, il faisait remonter les pans du kimono de la belle le long de ses cuisses, jusque son obi, la découvrant jusque la chute de ses reins de sa Jonin.

Il n'attendit pas non plus pour faire tomber le rempart de tissus qui protégeait son intimité tout en flattant jambes et fessiers de nombreux baisers et caresses afin d'aiguiser les appétits de son aimée durant sa garde. Comme il s'y était attendu, l'antre des plaisirs bouillonnait déjà à son attention, cela ne l'empêchent pas d'effleurer cette dernière de la pointe de sa langue afin d'être bien certain de comprendre ces attentes.

Il se releva de son expertise et desserra tout juste sa propre ceinture pour libérer sa vigueur décuplée par ce très court préliminaire. Enfin, Seishin fit se cambrer légèrement son élue, passant son bras gauche sur son ventre, la pointe de ses doigts sur sa fleur dans un geste sortie tout droit du savoir-faire de celui qu'il avait été autrefois.

De l'autre, il s'aida d'abord lui-même à trouver la voie de la félicité, soupirant lorsqu'il la trouva, puis il enroula son bras droit autour du buste de la kunoichi afin d'assurer autant leur équilibre pour ce qu'il débutait déjà de faire que pour maintenir sa prise sur elle, allant et venant de façon lancinante.

Ses seules lèvres étaient libre pour tenter d'apporter un minimum de douceur au caractère brusque de cet échange, il ne fut pas avare en délicatesses apposées sur le cou nu de la princesse, tentant parfois de trouver la bouche de cette dernière, lui obligeant un angle qui n'aurait rien eu de confortable pour quelqu'un ne possédant pas sa souplesse et la coupant de la veille qu'elle était censée avoir sur le corridor étriqué.

Sa main gauche continua jusqu'au pinacle du ravissement ses faveurs, la droite ayant trouvé sous le tissus un sein qu'elle gratifiait d'un massage passionné. Dans cette urgence étrange et l'intensité de cette étreinte inédite, il ne leur fallut pas longtemps pour atteindre le sommet de toute grâce dans un soupir puissant et contenu. Leur seul souffle leur était autorisé dans cette situation et aucun cri n'aurait pu percer, malgré l'envie d'exprimer le bonheur de l'assouvissement de leur volonté mêlée.

Ils restèrent ainsi un instant avant que le revenant ne daigne se séparer de son élue, non sans la revêtir proprement du peu dont il l'avait débarrassé, osant un nouveau baiser sur la fleur avant de la recouvrir enfin. Lorsqu'il fit à nouveau face à son éternelle, son expression était tout aussi désolée qu'elle n'apparut heureuse à la fois. Il se frotta l'arrière du crâne, n'osant pas trop soutenir le regard de la belle, il conclu alors enfin d'une voix pataude :

Sumimasen...
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Jônin

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MessageSujet: Re: [Terminé] Muets de sentiments... Vraiment ? (PV Yukino Seishin) Jeu 29 Sep - 20:57

Plusieurs secondes passent et le rouge me monte aux joues pour ne plus les quitter. Le jeune homme aux cheveux longs – très longs – qu’il était devenu n’avait rien de ridicule ainsi vêtu, bien au contraire. Jamais je n’avais découvert Masao mieux habillé qu’en tenue de combat, les kimonos traditionnels n’étant pas son fort. Même lorsqu’il s’occupait de moi jour et nuit, il ne retirait que rarement son masque de tissu, comme s’il fut nécessaire pour garder son sérieux et sa discipline. Je découvre alors un noble de la cour, ce type de personne m’horripilant en temps normal mais son air innocent autant que charmant, souligné par les étoffes de bonne facture font s’emballer mon cœur.

Il bat d’autant plus fort lorsque Seishin s’approche d’un pas mais je sursaute tandis qu’on frappe à la porte. Il n’attend pas ma consigne pour aller se cacher à son tour, me laissant nez à nez avec la servante, qui semble confuse de me trouver dans la pièce. Figée par la récente émotion qui m’avait prise de court, je ne réponds pas à la jeune femme, cette dernière repartant aussi vite qu’elle est arrivée. Reprenant mes esprits, je me tourne vers mon doux revenant réapparaissant après quelques secondes, souriant comme amusé par la situation. Je ris doucement et écoute son argument pour finalement répondre simplement.

- Oui, tu as eu raison de te cacher. Je m’attarderai sur ces papiers dès que nous aurons vu mon frère. Le plus tôt sera le mieux.

Je réponds ceci sans hésitation, comme si la promesse que je lui avais faite précédemment était déjà scellée et écrite. Je le sais : je le veux à mes côtés, le rose de mes joues le montrent bien lorsque je souris, le laissant prendre les devants pour ouvrir la porte. À nouveau en proie à la stupéfaction, seule ma connaissance parfaite des lieux me permet d’avancer vers la salle où se trouve Gekido, tandis que je retiens tout échange avec mon amant. Il me rend dingue jusque dans sa façon de marcher, de se tenir, de me regarder. Me faisant violence pour le contempler le moins possible, je sais que je ne peux pas cacher mon visage. Je donnerais pourtant n’importe quoi pour mettre mon masque et oublier mon état...

À la place, Seishin attrape mon bras et m’entraîne je-ne-sais-où à une vitesse que je peine à suivre tant ma tenue n’est pas faite pour la course. Comprenant à moitié son attitude, je ne tente pas de lui échapper et le laisse me guider dans un couloir à l’abri des regards trop nombreux. Je m’apprête à le questionner lorsqu’enfin il m’embrasse, langoureusement, à m’en faire oublier où nous sommes. Mon corps s’embrase et les papillons dans mon ventre ne manquent pas de me rappeler à quel point son comportement est addictif pour moi. Tremblante de désir, je n’ai la force que de l’écouter, les mains sur son torse, mes lèvres appelant les siennes. Il y a quelques jours, j’aurais pu me sentir menacée par une telle fougue et j’aurais probablement collé une belle claque sur ce joli minois. Mais sa façon de s’excuser couplée à son appétit de moi me rendent délicieusement curieuse sur ce que le brun décrit presque comme un châtiment.

Ce deuxième baiser nourrit le feu de mon envie du doux revenant et je sais déjà que ma capacité de surveillance sera totalement altérée par ce à quoi il me prépare. Je mords ma lèvre inférieure, me concentrant tant bien que mal sur le couloir tandis qu’il soulève le tissu qui sépare mon intimité de la sienne. Ses attentions me font frissonner de plaisir et la légère caresse de sa langue me fait longuement soupirer. Avec la délicatesse qui est la sienne et devinant sans peine que je suis déjà prête à l’accueillir, il m’invite à me pencher, sans lésiner sur les flatteries destinées à mon bouton des plaisirs. Je n’arrive qu’à souffler son nom alors qu’il s’invite en moi, terminant de consumer ce qui me reste de volonté de me cacher.

Ma main gauche encourage la sienne à continuer de me gâter tandis que la droite trouve appui sur le mur, sensé me servir de couverture si quelqu’un se montre. D’autres frissons m’habitent lorsqu’il embrasse ma nuque et mon cou, cherchant parfois mes lèvres que je m’empresse de lui donner pour rendre la fusion plus intense, bien que je ne pense pas cela possible. Un effort énorme doit être fourni pour que je contienne mes exclamations jusqu’ici audibles lors de nos ébats, bien que souvent discrètes. Ma main droite trouve finalement la sienne alors que nous atteignons ensemble ce qui pourrait nous faire chanter mais nous nous contentons tous deux de profiter en silence d’une concrétisation de notre faim réciproque, vacillants mais comblés.

Tentant de reprendre mes esprits, je jette un œil plus attentif à l’allée déserte, me rappelant soudain que c’est ce que j’étais sensée assurer pendant notre échange. Le dernier geste du réssucité, avant qu’il ne me rhabille, me fait réaliser que mes jambes tremblent encore de plaisir. Je lui laisse le soin de me revêtir du peu qu’il m’a enlevé, consciente que j’aurai probablement pris trop de temps à le faire moi-même. Je me rends compte uniquement lorsque Seishin se trouve en face de moi, embarrassé, que l’émotion n’a pas cessé de me faire rougir et qu’il me faudrait quelques instants pour me remettre de mon état. Pas vexée ou blessée le moins du monde par ce que mon amant vient de me faire découvrir, je le regarde avec compassion et dépose un doux baiser sur ses lèvres avant de l’étreindre en passant mes bras derrière son dos.

- Ne t’excuse pas autant, il n’y a rien que tu aies à te faire pardonner. Au contraire, maintenant nous allons mieux... du moins... quand mon corps, encore fébrile, aura laissé s’effacer ton empreinte sur ma peau.

Je ris encore, direcrètement, chamboulée mais enchantée à l’instant d’avoir vécu cela avec mon futur garde du corps, imaginant retrouver cette excitation que provoque le risque en nous.

- Allons-y, cette fois. Avant que nous perdions encore le contrôle et qu’un autre couloir désert ne demande ma surveillance bancale.

***

Le trajet se passe sans embûches, cette fois et c’est beaucoup plus sérieuse et concentrée que j’arrive devant le Seigneur de nos terres. Comme d’habitude, il semble las de ce genre de rapport ; je tente donc de faire court pour éviter une énième dispute. Gekido ne pose finalement qu’une seule question : « Le risque est-il totalement évincé ? », à laquelle je réponds par l’affirmative sans aucune hésitation. Et en visualisant le lieu de l’accident dans ma tête, j’ai déjà l’impression que beaucoup de temps a passé. La poignée de jours écoulée aux côtés de ce nouvel être, bien plus cher que je ne le pensais, m’a complètement transformée. En s’armant d’une patience justifiée, mes initiatives ont trouvé des réponses qui ont fait rugir la femme en moi, faisant par la même occasion renaître de ses cendres la Setsu Akane que j’étais avant Byakuya.

Une fois le rapport terminé, nous reprenons le chemin de ma chambre, que je sais provisoire, aux vues de la demande que j’ai faite à mon amant de ne vivre rien qu’avec lui. C’est finalement soulagée que je m’assieds à la table basse qu’on a installée pendant notre absence. En véritable espace de travail, de l’encre et du papier de riz se trouve à ma disposition, exactement ce qu’il me faut pour officialiser la situation que j’ai voulue. Mon doux revenant, silencieux, se met à l’aise en face de moi, me regardant toujours comme si j’étais la plus belle merveille jamais découverte en Yokuni. Je me contente de lui rendre un sourire sincère et de lancer un « Yosh ! » motivé en saisissant ma plume pour rédiger les papiers officiels qui nous rapprocheront définitivement, en cette fin d’après-midi.

Mais après quelques lignes et un repas bien mérité partagé exceptionnellement dans la chambre, je me sens tomber de fatigue. Ma vue se trouble et je baille sans réelle retenue, désireuse d’investir le grand futon, lui aussi installé précautionneusement par les domestiques. Mais alors que, déjà changée pour dormir, je m’apprête à en investir la chaleur, mon corps me rappelle qu’il y en a une autre, de laquelle je ne peux plus me passer. Souriant, je m’agenouille en face de la cible de tous mes désirs et saisis sa main, l’invitant ensuite à se lever.

- Viens, dis-je en l’entrainant vers la couche qui nous sera commune.

Une fois mon doux revenant allongé, je m’occupe de le débarrasser de son simple yukata et de couvrir sa chair parfaite de baisers. Je le laisse à son tour me dévêtir lorsqu’il revient sur moi et accéder au centre de mes plaisirs, plus délicatement que dans l’urgence qui fut la nôtre un peu plus tôt. Perdue dans son cou et probablement trop heureuse, affaiblie par la fatigue, je laisse des sanglots m’échapper, me sentant tout à la fois me faire enlever par le monde des rêves qui n’attend que mon repos d’une nuit complète. Ma volonté de ne pas frustrer ou contrarier celui que je sais maintenant indispensable à mon existence est, quelques secondes, plus forte que le sommeil. Je place alors ma main sur sa joue, dans un désir de le rassurer, tout autant que de m’excuser.

- Pardon, Yûkino Seishin... mon si cher... et doux revenant... mon... tendre... am...

Et je m’endors, sans pouvoir lui offrir plus que des mots absurdes pourtant évocateurs, dont je répondrai probablement les jours qui viendront.


HRP :
 


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