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 Soleil d'été et Lune d'hiver

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Iyashi Kurome

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Kannushi

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MessageSujet: Soleil d'été et Lune d'hiver Sam 10 Sep - 13:55

Kurome adorait toujours autant les voyages, et l'occasion qu'elle s'était créée en voulant visiter les Jushoku de Fukyuu était définitivement bien trop belle pour être vraie. Elle allait pouvoir s'éloigner du temple ! Voguer sur l'eau tranquille des côtes, voir des terres différentes, sentir un autre air. Son coeur d'enfant trop vite grandie ne cessait de battre à tout rompre pendant les préparatifs alors qu'elle ne pouvait s'empêcher de songer à toutes les splendeurs que ses yeux pourraient enfin voir. Il n'y avait certes qu'une petite semaine de trajet jusque Miyuki, mais une seule journée aurait même pu suffire à la haute-prêtresse tant elle souhaitait ardemment s'éloigner, juste un peu s'il le fallait, de l'étouffant sanctuaire de Kaigen où ses obligations se trouvaient.
Et pour ajouter encore à sa joie débordante, elle ne partait pas sur les routes accompagnée de seulement ses subordonnés. Ishawari Seiichi, son très aimé et trop rarement fréquenté ami et anciennement futur époux, s'était porté volontaire pour voyager avec la douce demoiselle. Il avait fait une arrivée remarquée au temple quelques heures avant le départ pour les terres de l'éternelle glace et n'avait pas quitté les côtés de son amie depuis ce moment. Que ce soit durant leur trajet en carriole ou lors de leur montée dans le bateau, il s'était tenu à quelques pas de la frêle prêtresse tout du long, discutant et riant avec elle comme s'ils ne s'étaient pas perdu de vue... Cela faisait plusieurs mois qu'ils ne s'étaient pas rencontrés réellement
Ca aurait pu faire une poignée d'heures.
Elle était ravie de cette compagnie qu'elle appréciait tant. La servante de Moegami savourait chaque instant passé sur le pont du bateau à regarder les vagues mourir sur le bois en parlant de tout et de rien, de poésie comme de potins triviaux sur les anciens membres de sa cour d'enfance. L'homme n'avait rien perdu de son esprit ni de ses manières raffinées et elle le savait également enthousiaste à l'idée de rencontrer le célèbre calligraphe qu'elle devait retrouver dans la cité à la frontière de son propre clan. Tout était d'une perfection frôlant le sublime.

Malheureusement, ils parvinrent trop rapidement à la fin de leur périple en mer.
Sous un froid soleil, le bâtiment arriva dans un port. C'était la première fois que Kurome mettait les pieds à Fukyuu et malgré les avertissements qu'on lui avait donné quand à la température du pays, elle ne put s'empêcher de frissonner sous l'air frais. On lui apporta un hanten molletonné écarlate bordé de noir qu'elle enfila en soupirant de reconnaissance, dissimulant sa petite personne sous les épaisseurs de tissus superposés. Entre les couches de son kimono brun, la veste doublée ajoutée et l'écharpe de plumes et de laine qu'elle enroula autour de son cou ensuite, elle finit par ressembler à une enfant dans les vêtements de ses parents. Seiichi se moqua gentiment d'elle, la comparant à un jeune poussin et se dérobant ensuite devant le courroux feint de la fille du Phénix. Il savait parfaitement qu'elle s'amusait autant que lui de la situation et qu'il pouvait donc en profiter pour la taquiner. Et puis elle ressemblait réellement à un poussin rouge.

La procession de Miko et de Sohei entoura la nouvelle carriole qui se mit lentement en marche, faisant défiler les paysages de ce clan inconnu. Comme une enfant curieuse, la jushoku ne cessa de regarder dehors, imprimant le moindre détail dans sa mémoire pour espérer s'en souvenir à son retour et pouvoir y tirer un regain de motivation lorsqu'elle serait penchée sur ses piles de papiers importants, que le ciel commencerait à s'éclaircir sans qu'elle n'aie pu fermer l'oeil de la nuit.
Tout était étrangement plus calme ici. Les hommes comme les bêtes n'avaient pas ce caractère sanguin qui semblait caractériser la majorité de Setsu et qui poussait les gens à avoir de grandes discussions en plein milieu de la rue. C'était plus civilisé, certainement, mais la jeune femme n'en resta pas moins un peu triste de ne pas sentir la ville vibrer près d'elle. Cependant, là était toute la beauté du voyage : la possibilité de se rendre compte que son chez-elle manquait à la belle lorsqu'elle ne s'y trouvait pas, le sentiment doux-amer de la découverte trop étrangère pour être réellement confortable.
Elle sourit mélancoliquement, le visage tourné vers l'extérieur et le coeur toujours étrangement joyeux, comme si son âme même se trouvait écartelée entre les bonheurs des premières fois et l'envie de rentrer chez elle.

Après une poignée d'heures, on prévint la jushoku qu'ils ne tarderaient pas à arriver chez Furuta Yoshifumi et qu'elle devrait se préparer. Kurome sortit donc de ses réflexions et de l'observation des terres inconnues : elle souhaitait faire bonne impression, se montrer digne de son rang et de son hôte, ce qui supposait qu'elle n'arrive pas sans prévenir sur le domaine dans lequel elle était invitée. Elle sortit donc un petit assemblage de bois, de papier et d'encens d'une des malles qu'elle avait fait venir avec elle, éluda la question posée par son compagnon de voyage d'un sourire et enflamma l'objet.
Du feu brillant naquit une forme, un petit animal encore impossible à nommer qui semblait attendre un ordre de la jeune femme.

"Trouvez Maeda Ryohei et dites lui que j'arriverais au seuil de sa demeure dans une heure. Assurez- lui mes sincères salutations. Allez, maintenant !"

Et la flamme de prendre l'apparence d'un moineau incandescent qui voleta hors de la carriole sans un son, disparaissant bien vite pour précéder la procession et prévenir Ryohei de leur arrivée. Il ne restait plus qu'à parcourir la distance restante et à trouver la force de ne pas finir intimidée par un artiste tel que celui qu'elle allait rencontrer...



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MessageSujet: Re: Soleil d'été et Lune d'hiver Mar 27 Sep - 18:52

Les derniers événements l'avaient tenu constamment occupé et depuis qu'il était arrivé à Miyuki, il avait certainement dû redoubler d'énergie. Il y avait tant de choses à faire ici qu'il aurait bien pu cesser totalement de dormir ou même de respirer pour gagner un peu de ce temps qui était devenu si précieux. Sa tâche auprès du nouveau daimyo ne lui laissait jamais vraiment de répit, mais il ne s'en plaignait pas ni n'en montrait le moindre ressenti. Cela n'aurait été finalement qu'une interprétation faussée, car il était ravi de pouvoir enfin se montrer utile pour son clan, plus que jamais en tout cas. Déjà habitué à travailler ardemment et à s'écouter constamment à cause de sa maladie, il savait prendre le temps dont il avait besoin pour se reposer sans que cela ne soit plus que nécessaire et même s'il en faisait un peu plus que ce qu'il devrait, il ne s'en sortait pas trop mal.
Les jours défilaient trop vite pour qu'il soit capable de les compter et s'il n'avait pas oublié la visite de la jushoku de Setsu, il n'avait guère le temps d'y songer. À la réception de sa missive, il s'était immédiatement occupé de toutes les mesures pour l'accueillir dans de bonnes conditions, notamment à cause de la quarantaine qui avait toujours lieu dans la ville et qui ne permettait pas facilement les entrées. Mais il avait pu obtenir l'accord de son daimyo ainsi que du régent de la ville qui se trouvait, par chance, être également son ami d'enfance et chez qui il logeait depuis son arrivée.

En cette nouvelle journée, il s'était laissé englouttir sous la paperasse et cela faisait sans doute des heures qu'il lisait et écrivait sans la moindre interruption, se contentant simplement de boire régulièrement du thé pour réchauffer son corps et rester concentré. Imperturbable, ce travail harassant ne lui faisait pas peur et il ne se laissait pas impressionner par les piles qui s'étaient accumulées lorsqu'il avait consacré d'autres journées à l'extérieur, abatant une tâche après l'autre sans sourciller.
Ainsi, le messager de feu aurait pu complètement échouer dans son entreprise s'il n'avait pas fait ouvrir un peu plus tôt la fenêtre pour bénéficier de l'air vivifiant, n'aimant pas vraiment étouffer dans une pièce gardée constamment fermée. Acceptant d'interrompre sa tâche, il se laissa émerveiller par cette créature de flamme et écouta silencieusement les mots qu'elle lui apportait. Puis, sans attendre une seconde de plus, il se leva doucement, prenant appui sur le bureau et sans se brusquer, car les longues heures avaient vidé ses jambes de la moindre force et, lorsqu'il put enfin faire le moindre pas, il se hâta à l'extérieur.

Le temps lui manquait légèrement puisqu'il n'avait pu prévoir avec exactitude son arrivée, ainsi, il s'empressa de réunir les soldats qui étaient affectés à la garde de la jushoku et se dirigea avec eux jusqu'aux portes de la ville. Lorsqu'ils arrivèrent, Iyashi Kurome et son escorte n'avaient pu entrer à l'intérieur de la ville, mais Ryohei s'empressa bien vite d'arranger la situation avec les soldats. Ses mots, ainsi que le laisser-passer qu'il leur montra leur suffirent largement et ils purent finalement se trouver rapidement l'un en face de l'autre.
Ses yeux se posèrent immédiatement sur elle et il la gratifa d'un grand sourire, empreint d'une extrême douceur, avant de s'incliner poliment pour la saluer.

« Konnichiwa, Iyashi-sama, je vous prie de m'excuser pour les conditions de votre arrivée, le temps m'a malheureusement manqué pour vous donner davantage de précisions et je suis venu aussi vite que possible, dès la réception de votre message. Votre suite et vous serez logés dans la demeure de l'ancien taisa et ces samouraï assureront votre protection tout au long de votre séjour. »

Il s'interrompit un court instant. Sa voix s'était faite toute aussi douce et, à l'instar de son regard, parfaitement soucieuse de son bien-être.

« J'espère que votre voyage s'est bien passé et qu'il n'a pas été trop fatiguant. Souhaitez-vous vous reposer un peu et vous réchauffer avec une tasse de thé et un bon feu ? » Demanda-t-il.

Les vêtements qui enveloppaient la jushoku étaient des plus impressionnants dans leur volume et, même Ryohei qui se trouvait souvent plus habillé que ses congénères était loin d'égaler sa tenue. Il n'y avait donc pas besoin d'être un éminent savant pour comprendre que la différence entre leurs climats était telle que le froid de Fukyuu, même en ce début d'automne, devait lui paraître bien terrible.



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Iyashi Kurome

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MessageSujet: Re: Soleil d'été et Lune d'hiver Sam 8 Oct - 12:40

"Suis-je présentable, Seiichi ?"

C’était la troisième fois qu’elle posait la question et une fois de plus, son compagnon de route au chaleureux sourire lui affirma que oui, qu’elle était aussi présentable qu’elle pouvait l’être, qu’elle n’aurait pas dépareillé même en la cour de Fukyuu Hankyou. Que la fleur écarlate dans sa chevelure était une touche adorable et que Maeda-san aurait le souffle coupé devant une telle grâce. Et pour la troisième fois, la Jushoku sourit timidement, rassurée pour quelques instants, juste le temps d’arriver à l’entrée de la cité.

Leur procession fut interrompue par les soldats chargés de garder la porte. Kurome ne distinguait pas très bien leurs traits, elle-même étant à moitié dissimulée derrière les rideaux de bambou fin, mais elle entendait leurs voix. Leurs accents différents, moins roulants que ceux des fils du feu, leurs voix plus tranquilles. La Glace, en vérité, atteignait jusqu’à leurs manières. La jeune femme sourit, certaine qu’elle paraîtrait aussi étrangère aux yeux de son hôte que les gardes de la ville l’étaient pour elle, que ses manières lui seraient brusques et sa voix trop chaude pour être maitrisée. Qu’il était étrange que deux divinités si différentes aient installé leurs peuples si proches l’un de l’autre…
Les voix des gardiens répondaient à celles d’un des Sohei de sa suite. Ils échangeaient les amabilités d’usage et les raisons de la présence d’une haute-prêtresse Setsu en ces lieux, présentaient passes-frontières et lettres de crédit comme il était normal de le faire, jusqu’à ce qu’on affirme qu’il leur fallait attendre l’homme qui les avaient invités ici et qu’on allait le chercher.
La brune demoiselle ne s’en formalisa pas. Dans la chaleur feutrée de son transport, elle se sentait capable d’attendre des heures s’il le fallait, si ça pouvait l’aider à mieux maitriser sa crainte aussi. Car elle n'avait de calme que l'apparence, tandis que ses pensées étaient semblables à des flammes indisciplinées. Rien d'anormal, bien entendu, elle se trouvait toujours nerveuse lorsqu'elle devait faire bonne impression sur des étrangers, mais elle avait besoin d'instants de tranquillité parfaite pour se composer un masque serein.
Le temps ne lui en laissa pas le loisir cependant. Une nouvelle voix, douce comme un soleil d’automne, se joignit à la discussion. Ce devait être Maeda-san, puisque les hommes d’armée semblaient révérencieux à son égard et qu’ils finirent par autoriser la cohorte de serviteurs de Moegami à entrer en ville.

La carriole arrêtée à l’abri des murs et la porte ouverte, Kurome sortit gracieusement de son abri, royal poussin écarlate et brun, regard tranquille et gestes délicats lorsqu’elle s’inclina profondément devant l’homme aux longs cheveux pour lequel elle avait fait le trajet.
Ils étaient semblables au Soleil et à la Lune, elle petite et rouge et vivante et solaire, lui grand et frêle et blanc-gris et hivernal. L’incarnation même de leurs deux Clans se faisant face, sourires doux sur leurs visages. A les voir, on pouvait un instant douter de l’inimité habituelle entre Fukyuu et Setsu, tant ils étaient parfaitement civilisés et soucieux du bien-être l’un de l’autre.

"Je vous remercie de m'accueillir en cette cité, Maeda-san. J’ai vu bien des merveilles depuis que nous avons commencé à parcourir les terres de votre Clan mais nulle qui puisse égaler l'éclat de Miyuki : je suis infiniment honorée d'être votre invitée en ces lieux."

Elle souriait sincèrement, incarnation parfaite de son surnom, irradiant d'un bonheur qui ne pouvait qu'être contagieux. Il lui fallait toute la retenue issue d'années d'éducation stricte et d'apprentissage de l'étiquette pour ne pas briser le contact oculaire avec son hôte, pour s'empêcher d'ouvrir grand les yeux sur tout ce qui l'entourait et qu'elle n'avait encore jamais vu. Toute trace d'hésitation, de doute, s'était enfuie désormais : elle était dans son élément, dans une représentation subtile qu'elle était entrainée à maitriser jusqu'au bout des doigts. C'était comme enfiler le kimono le plus confortable de sa généreuse collection et en retrouver le moindre pli exactement comme elle l'aurait laissé.

"Si cela ne vous dérange pas, j'accepterais en effet un thé afin de me réchauffer. Le climat d'Hibana où se trouve le sanctuaire sous ma garde m'a malheureusement habituée à des températures douces même lors de longs mois d'hiver et je crains de ne m'être adéquatement préparée pour ce voyage, j'en suis confuse."

La jeune femme laissa échapper un rire désolé, très consciente que sa préparation était visible dans la tenue qu'elle portait et qu'elle n'aurait de toute façon pu s'entrainer à supporter le froid. Native de Setsu n'ayant jamais quitté les frontières de son Clan, fragile oiseau d'intérieur, elle était condamnée à grelotter chaque fois que ses pas la mènerait en d'autres contrées.
Mais elle ne s'en plaignait pas. Elle s'amusait même de la situation, du tissu bien moins épais couvrant l'homme pâle face à elle, de l'impression qu'il donnait d'être insensible à la morsure du vent frais d'automne.
Ne souhaitant manquer à ses devoirs, elle tendit la main vers le jeune homme noble qui l'accompagnait, le seul de sa suite à avoir un rang suffisant pour être présenté en bonne et due forme. Non pas que les membres du clergé de Moegami qui l'avait suivie pour le voyage ne soient pas dignes de son attention, voire de son affection, mais il aurait été d'une impolitesse absolue de ne pas introduire l'aristocrate vêtu de gris et de rouge.

"Puis-je vous présenter Ishawari Seiichi, lui aussi issu de la noblesse de Keito et mon ami d'enfance, qui m'accompagne dans ce voyage ?"

L'accompagnant s'inclina poliment, un peu embarrassé d'avoir été mis en avant certainement puisqu'il s'appliqua à paraitre aussi insignifiant qu'il le pouvait dans les instants qui suivirent. S'il avait pu se dissimuler derrière la Jushoku, il l'aurait certainement fait. Etait-il intimidé par le tranquille fils d'Itegami ?



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Maeda Ryohei

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MessageSujet: Re: Soleil d'été et Lune d'hiver Dim 9 Oct - 22:25

Le conseiller sourit de plus belle en entendant le compliment qu'elle faisait à la ville où il habitait désormais temporairement. C'était flatteur sans aucun doute, car il restait encore de nombreuses choses à reconstruire ici et même en usant de tous les talents, cela prenait tout de même un temps des plus importants. Miyuki avait cependant retrouvé une bonne partie de sa splendeur et il espérait qu'elle y trouve réellement de véritables merveilles.

« Tout le plaisir est pour moi, Iyashi-sama, et je ne manquerai pas de vous montrer les plus beaux endroits de la ville pendant le temps de votre visite. »

Puis il s'inclina poliment pour saluer le noble qui l'accompagnait et qu'elle venait de lui présenter.

« Je suis enchanté de vous rencontrer, Ishawari-san. » Répondit-il simplement, d'une voix pleine de cette douceur qui tranchait sans doute avec la rigidité des siens.

D'un geste de la main, il les invita à le suivre jusqu'à la demeure de l'ancien taisa, répondant immédiatement à sa requête. Il ne s'était pas trompé en imaginant qu'elle puisse être frigorifiée et même si elle avait voyagé en carriole, ce qui avait dû la préserver d'un vent glacial, son immobilité n'avait pas du lui apporter beaucoup de chaleur pour autant.

« Je comprends parfaitement, les climats entre nos deux clans sont si opposés qu'il est sans doute impossible de s'y accommoder ou même de s'y préparer d'une quelconque manière, à moins d'en faire régulièrement le trajet. »

Il lui était impossible de s'imaginer à quel point la chaleur de Setsu devait lui être insupportable, c'était sans doute comme s'approcher trop près d'un feu et d'y rester sans bouger. Pire encore, quand on pouvait toujours se réchauffer dans le froid, il devait être bien difficile de faire quoi que ce soit face à la chaleur assommante des terres de feu et des rayons du soleil.

Le chemin ne fut pas très long pour atteindre la maison où ils seraient logés et ils furent accueillis par des domestiques qui les guidèrent jusqu'au salon. Ici, un bon feu brûlait déjà et nimbait l'atmosphère d'une douce température, tranchant radicalement avec la rigueur de l'extérieur. Immédiatement, Ryohei avait demandé à ce qu'on leur apporte du thé et les serviteurs avaient déjà commencé à s'occuper des affaires de la jushoku et de son escorte.
Ainsi, ils purent donc s'installer tranquillement à la table en attendant que le thé arrive. La demeure était parfaitement entretenue, disposait d'un grand confort et était richement décorée, lui permettant d'accueillir Iyashi Kurome de la meilleure des manières.

« La calligraphie que vous avez commandée est prête et a été placée dans votre chambre, j'espère qu'elle sera à la hauteur de vos espérances. » Annonça-t-il, entrant cette fois dans le vif du sujet.

Bien sûr, si elle souhaitait la voir dès maintenant, il la ferait apporter immédiatement.
Il l'observait d'un regard chaleureux, ravi de pouvoir enfin la contempler de ses propres yeux et brûlant déjà de lui poser un millier de questions. Mais il maîtrisait parfaitement ses émotions et n'affichait qu'un calme serein, empreint d'une grande douceur et il se montrait aussi souriant que d'ordinaire, peut-être même un peu plus. D'ici quelques instants, elle pourrait goûter à son meilleur thé et il espérait de tout cœur que celui-ci lui plaise, même s'il était bien différent de ceux que l'on servait à Setsu. C'était l'occasion pour lui de lui faire découvrir bien des aspects de sa culture et il avait la ferme intention de lui laisser le meilleur souvenir possible de son clan, soignant tout particulièrement et dans les moindres détails leur relation.

Maintenant qu'elle se trouvait parfaitement en face de lui, il voyait avec évidence cette beauté qui lui valait son histoire et sans aucun doute les plus beaux compliments. Il se demandait ce qui l'avait poussé à quitter la voie qu'on lui destinait pour embraser la cause des religieux et devenir récemment l'une des jushoku du temple Kaigen.



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Iyashi Kurome

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MessageSujet: Re: Soleil d'été et Lune d'hiver Dim 6 Nov - 16:50

Eperdue de reconnaissance, la jeune femme frigorifiée suivit son guide à petits pas rapides, à peine dérangée par l'imposante tenue qui la recouvrait. Elle avait tant l'habitude des vêtements de cour encombrants qu'elle se sentait capable de traverser la cité entière, s'il le fallait, habillée de sa veste molletonnée et de son écharpe de laine. Les habitants de Miyuki trouveraient certainement le spectacle des plus intéressants.
En chemin, elle s'extasia sur tout ce qu'elle voyait. Se jolis yeux pailletés ne cessaient de voler, de Ryohei à la cité à ses habitants. Elle détaillait tout, tâchait de graver la moindre image dans sa mémoire pour tâcher d'en tirer une meilleure connaissance du Clan voisin de Setsu. C'était son devoir en tant que Jushoku, mais encore plus en tant que l'ambassadrice qu'elle était en cet instant. A la voir ainsi, curieuse de tout, trottinant sur ses jolies chaussures de cour, on pouvait même douter de la nature profondément belliciste des enfants des Flammes. Kurome n'avait simplement jamais partagé les vues plus martiales de ses frères et soeurs, étant trop impliquée tant dans la religion que dans la politique pour songer un instant à voir la guerre comme seule issue possible à leurs conflits.

La chaleur rassurante qui baignait l'intérieur de la maison lui arracha un soupir de satisfaction parfaitement audible alors que ses muscles se délassaient, retrouvant des températures plus clémentes quoi qu'encore moindres que celles qui régnaient au sanctuaire de Kaigen. Même en plein milieu de leurs hivers, qui s'avéraient certainement doux pour le reste des habitants de l'Empire, le temple restait chauffé par les nombreux feux qu'on n'y éteignait jamais. Entrer dans la demeure du taisa lui donna tout de même l'impression de se glisser dans un bain à la tiédeur délicieuse, d'autant plus appréciable qu'elle s'opposait au froid automnal précédent.
Doucement, elle ôta sa verse doublée, son écharpe et ses chaussures qu'elle confia à sa suite. En échange, une des Mikos lui tendit une grande boite laquée de rouge et d'or qu'elle transporta avec mille précautions jusqu'à la table. Il s'agissait de son cadeau, plus symbolique que réellement impressionnante sans doute, mais choisi avec un soin particulier. En se rendant compte que le contenant choisi était peut-être de taille légèrement imposante, elle sourit timidement, les joues rougies.

"Je ne doute pas un instant que votre art dépasse toutes les espérances que je puis placer en lui, Maeda-san. Vous êtes un virtuose et je ne pouvais espérer meilleur présent à offrir au Jushoku de vos terres, j'en suis persuadée."

Avec ses gestes délicats de prêtresse rompue aux prières, aux cérémonies demandant grâce et précision, elle ôta le sommet de sa boite de bois, découvrant des dizaines de boules de papier de riz coloré, aux tailles différentes, au contenu dissimulé. Rouge, jaune, orange, une véritable danse des flammes symbolique renfermant, bien en sécurité, son véritable cadeau.

"Je vous présente mon cadeau, Maeda-san, pour vous remercier de m'accueillir en vos terres. Je les ai choisis moi-même dans les jardins de Kaigen."

L'une de ses mains pâles vint se saisir du papier orangé le plus proche d'elle. Elle en écarta les plis, appliquée à ne surtout pas abimer son contenu, pour le dévoiler aux yeux de son hôte. Il s'agissait d'une pèche blanche, parfaitement mure, que le voyage n'avait visiblement pas atteinte. Sa peau veloutée avait les teintes du soleil couchant, la douceur du plus fin tissu, et elle trônait dans son emballage coloré qui ne faisait que sublimer sa délicatesse.
Ce n'était peut-être pas le cadeau le plus impérial qu'elle avait pu faire dans sa vie, mais elle y voyait une réelle symbolique qui lui importait : elle ne se contentait pas de bijoux, de soieries ou de thés nobles, elle apportait avec elle ce qui s'approchait le plus du soleil de Setsu. Les prunes, cerises, abricots qui se trouvaient encore dans le papier multicolore étaient issus des arbres poussant dans les jardins du temple sur lequel elle veillait, l'endroit le plus sacré des terres du nord.
Un serviteur vint leur apporter le thé, elle le remercia d'un hochement de tête avant de tendre vers Ryohei son cadeau, les deux bras devant elle et le visage incliné en signe de respect.

"J'espère qu'ils seront à votre goût."




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MessageSujet: Re: Soleil d'été et Lune d'hiver Mer 21 Déc - 4:26

Pendant que son hôte s'installait dans la demeure, le kuge ne manqua de demander à l'un des serviteurs d'attiser davantage le feu pour réchauffer encore plus la pièce. Elle ne manquerait de rien ici, il s'en était assuré avec une méticulosité d'une rigueur extrême, propre à sa caste, à son clan, mais aussi à sa personnalité. Il s'était pris à aimer ce genre de préparatif et appréciait que les gens soient reçus sans que rien ne leur paraisse négatif. Il ne savait peut-être pas se battre, il ne pouvait pas vraiment protéger son clan, mais il savait s'occuper des autres et la diplomatie était une part très importante de la politique, il ne fallait en aucun cas la négliger.
Si la jushoku gardait un bon souvenir de son séjour à Miyuki et même de celui à Fukyuu, cela leur permettrait peut-être d'améliorer leur entente avec Setsu ou au moins de les préserver en partie des relations houleuses qu'ils pouvaient entretenir. Bien sûr, il ne l'accueillait pas de cette manière uniquement pour de tels intérêts. Il l'aurait probablement reçue tout aussi bien même si elle avait été miko ou autre chose encore, tant qu'il aurait eu l'envie de partager une partie de son voyage.

À sa grande surprise, il avait pu la voir se saisir d'une imposante boîte rouge et or dont le raffinement n'était pas qu'une simple suggestion. Une part de lui était terriblement curieuse de découvrir ce qui se cachait à l'intérieur et il détacha son regard de son visage pour y laisser libre court. Ses mots firent joliment rosir ses joues, alors que ses compliments semblaient le plonger dans un grand embarras.

« Vous être trop aimable, Iyashi-sama, et vous me surestimez sans doute. Je ne crois pas avoir atteint un niveau suffisant pour être qualifié de virtuose. » Répondit-il, gêné.

Immédiatement, il s'inclina, la remerciant par là pour ses mots, quand bien même il ne la connaissait pas assez pour savoir s'il s'agissait d'une simple flatterie.

Il s'était tu bien vite, captivé par l'ouverture de la boîte qui dévoila alors une multitude de sphères de papier, toutes dans des teintes très chaleureuses et qui faisaient facilement référence au clan du feu. Qu'y avait-il d'emballé à l'intérieur ? Il allait le découvrir bientôt.
C'était un cadeau de la jushoku de Kaigen et, comme il pouvait s'y attendre, il était à la fois très attentionné et exceptionnel. Ce genre de chose aurait peut-être déplu à bon nombre de personnes, mais Ryohei en était extrêmement touché. Pour lui qui ne pouvait pas voyager, pour lui qui ne connaissait le monde extérieur et les autres clans que dans les écrits et les récits des aventuriers, c'était comme si elle lui avait apporté un morceau de sa propre terre. Il essayait de rester plutôt neutre, mais il ne pouvait cacher qu'en partie le sourire ravi qui étirait ses lèvres. Ses mots même attestaient du soin tout particulier qu'elle avait apporté à ce cadeau et le feu monta davantage à ses joues tant il était touché.
Tandis qu'un des serviteurs venait leur servir le thé, il s'inclina aussitôt devant elle, très respectueux, pour la remercier d'une telle attention, avant de s'exprimer à son tour.

« C'est un immense honneur que vous faites à l'humble kuge que je suis et je vous en remercie de tout cœur, mais il est trop précieux pour que je puisse l'accepter. »

Le jeune homme courba la tête à nouveau. Il avait terriblement envie de goûter à ces fruits qu'il n'avait encore jamais vus que dans des peintures ou des croquis, dont il n'avait entendu parler que dans un livre ou une lettre, mais il ne pouvait certainement pas se montrer si impoli en acceptant ce cadeau.
Elle insista à nouveau et il refusa encore, ne cédant qu'à la troisième reprise, tout comme l'étiquette le lui dictait. Il se sentait toujours autant embarrassé pourtant, aussi modeste qu'il était, incapable de s'habituer à de telles attentions, même si elles devenaient aujourd'hui un peu plus fréquentes.

« Je ne saurais comment vous remercier pour toutes vos attentions. J'espère que les fruits s'accorderont avec le thé, car je crains de n'avoir jamais goûté à ceux que vous m'apportez. » Conclut-il finalement, d'une voix infiniment douce, pleine de chaleur et de gentillesse.

Un des domestiques prit soin de récupérer la précieuse offrande pour découper une partie des fruits et les leur rapporter rapidement dans plusieurs assiettes. Ryohei parvint à retrouver une certaine quiétude lorsqu'il porta la tasse à ses lèvres pour avaler une première gorgée. Le thé était parfait, l'un des meilleurs qu'il avait en sa possession et de ceux qu'il pensait capable de plaire à Iyashi. Il avait prêté quelques-uns de ses serviteurs à la maison le temps de son séjour, car il leur faisait entièrement confiance et les savait parfaitement compétents, notamment dans la préparation du thé, affaire à la fois complexe et exigeante, mais où les siens ne faillaient jamais.

« Si vous souhaitez vous reposer de votre voyage, je pourrai vous faire apporter quelques lectures de qualité, à moins que vous ne préfériez un musicien ? » Il avait relevé les yeux vers elle et lui souriait doucement. « J'aimerais ensuite, si cela vous plaît, vous faire une visite de la ville. Bien sûr, cela peut tout à fait attendre demain. »

Miyuki n'était pas au sommet de sa splendeur, elle avait reçu bon nombre de dégâts, mais la reconstruction avançait bien et il voulait lui en montrer les atouts ainsi que la qualité de leur travail et leur efficacité. Fukyuu avait souffert, mais Fukyuu était encore loin de tomber, bien au contraire.



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Iyashi Kurome

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Kannushi

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MessageSujet: Re: Soleil d'été et Lune d'hiver Dim 8 Jan - 13:44

L’ombre de sourire qui étirait les lèvres de son hôte était une plus belle récompense encore que ce dont elle aurait pu rêver. En emportant avec elle des fruits et non de précieuses soieries ou des bijoux sculptés avec patience par de grands maîtres, elle avait ouvert le flanc à un potentiel retour de flammes. Tous ne pouvaient apprécier des cadeaux dont la valeur tenait plus de la symbolique que du montant d’or dépensé pour les acquérir. Au sein même de la cour de Moe, elle connaissait nombre de nobles courtisans qui auraient vu comme un outrage un présent tel que celui qu’elle avait apporté à Ryohei -mais il n’était pas un capricieux aristocrate de Setsu. Il était délicat, aimable, et il lui souriait lorsqu’elle dévoila les fruits mûrs à ses yeux.
C’était tout ce qu’elle souhaitait, ce qu’elle espérait. Son choix audacieux avait été couronné de succès aussi dédia-t-elle à l’homme des Glaces son plus joli regard pétillant de bonne humeur, celui qui scintillait derrière les longues franges soyeuses de ses cils, celui qui avait fait battre plus fort bien des coeurs à l’époque où elle n’était encore qu’une enfant maladroite dans l’art de séduire. Maintenant elle était adulte, et prêtresse, mais elle ne cessait d’appliquer son éducation dans de nouveaux domaines.
Par trois fois il refusa son présent, par trois fois elle insista, doucement, arguant qu’il était plus que digne de tout ce qu’elle aurait pu lui offrir, qu’elle était confuse de n’avoir de cadeau assez princier pour lui, et enfin qu’elle souhaitait partager avec ceux qui importaient les fruits du jardin qu’elle avait tant soigné. La troisième fois, comme le voulait la coutume, il accepta son offre. Elle lui sourit, délicieusement satisfaite, de ses lèvres peintes dans la même teinte que les papiers couleur de feu qui entouraient les fruits.
Il y avait une part de Setsu tant dans le présent que dans celle qui l’avait apporté, c’était évident.

"Il n’y a de doute à avoir, votre thé sera d’une perfection absolue, c’est certain. C’est à moi d’espérer que les fruits seront à la hauteur."

Son rire léger s’envola vers le plafond, doux comme les ailes des oiseaux, pas moqueur mais bien modeste.

"Si vous le souhaitez, je pourrais vous faire apporter des poires et des raisins des jardins. Nous avons dû partir quelques semaines trop tôt pour qu’ils soient mûrs mais l’automne commence à être assez avancé pour ces arbres, à Hibana. Les pommier étaient en fleurs le jour du départ."

La fierté brûlait dans ses paroles, chaude comme les températures qu’elle avait quittée en venant à Fukyuu. Si les arbres étaient capables de porter des fruits, si le temple avait de nouveau un jardin dont ils pouvaient être fiers, c’était en partie grâce à elle. Mais plus important encore, c’était grâce aux efforts combinés de chaque habitant du sanctuaire ayant participé à la reconstruction, depuis les plus petits enfants en apprentissage pour devenir prêtres jusqu’aux plus anciens des moines. Tous avaient aidé à remettre d’aplomb leur demeure -et celle de leur Kami-, ce qui voulait dire que les présents qu’elle apportait et qu’elle proposait en sus à son hôte étaient l’oeuvre collective de tout le clergé de Kaigen.
L’idée lui réchauffait le coeur, même si Kurome savait que l’homme aux cheveux clairs ne pouvait saisir cette subtile nuance. C’était une connaissance qu’elle seule possédait, comme un petit éclat de bonheur qu’elle pouvait garder par devers elle, qui en devenait bien plus beau parce qu’il était secret.

Lorsque le thé fut servi, elle porta sa tasse à ses lèvres pour boire de concert avec le calligraphe. La boisson était aussi parfaite qu’elle pouvait l’être, depuis sa température jusqu’à son goût. L’amertume délicate du breuvage se mariait à merveille avec le sucré chaleureux des fruits coupés en quartiers, chaque élément complémentant l’autre par sa différence. C’était un mariage subtil mais sublime qu’elle savoura, souriant de contentement en retour à son hôte.

"Je n’ai guère l’habitude de me reposer, mes obligations de Jushoku étant pour le moins prenantes… Mais je ne peux nier que le voyage a été plus épuisant que je pouvais prévoir. Je ne pensais pas pouvoir perdre l’habitude de voyager et pourtant, il semblerait que ce soit le cas."

Un nouveau rire, embarrassé cette fois. Il était vrai que pour une jeune femme ayant parcouru tout son Clan avec une mule et un autre mule -son mentor, donc-, le fait d’être fatiguée par un trajet aussi peu physiquement exigeant était une surprise. Elle devait s’être habituée aux travaux de bureau qui la retenait à Kaigen, aux longues nuits à lire et remplir des documents arides comme les déserts, sans bouger de sa chambre. Il lui faudrait trouver comment remédier à ce problème lorsqu’elle retrouverait le calme et la chaleur de ses terres.

"S’il vous sied, je préférerais donc visiter la belle Miyuki demain afin d’être dans les meilleures dispositions possibles pour pouvoir en admirer les splendeurs. Le peu que j’ai pu en voir en arrivant m’a déjà soufflée, et je ne souhaite rien tant que d’être capable de mémoriser la moindre merveille que je verrais pour pouvoir en faire le récit aux fils et filles de Moegami."

La jeune femme inclina profondément sa nuque, laissant la tresse compliquée qu’elle portait glisser près de son visage. Subtilement, elle s’excusait de sa fatigue, de forcer Ryohei à attendre qu’elle soit remise pour lui faire visiter la cité. Mais elle voulait réellement pouvoir profiter de l’occasion pour se gorger de souvenirs, elle ne se sentait pas de le faire après déjà tant de trajet. Si elle devait être parfaitement honnête, elle ne souhaitait rien tant qu’un bain brûlant et une conversation détendue pour l’occuper.



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Maeda Ryohei

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MessageSujet: Re: Soleil d'été et Lune d'hiver Sam 21 Jan - 2:25

Son rire léger se mêla au sien, formant quelques notes mélodieuses.  Le kuge n'avait pas eu besoin de beaucoup de temps pour comprendre qu'il allait apprécier la jushoku de Kaigen. Ils semblaient avoir bien des points communs et sa prestance autant que ses manières étaient pour lui comme un doux réconfort. Ici, tous deux étaient à leur place, ni l'un ni l'autre n'allait causer d'embarras et la politesse et la courtoisie même seraient là comme des reines indétrônables.
Il n'aimait pas tant la politique quand il s'agissait de fourberie ou d'hypocrisie. Bien évidemment, il avait effacé cette naïveté qui l'aurait poussé à croire et à faire confiance à n'importe qui, il restait alerte et était prêt à défendre son clan en toutes circonstances, mais il aimait pouvoir voir quelque chose de pur dans le cœur des autres. Était-ce le cas pour chaque individu ?

Pour accompagner une nouvelle gorgée de thé, il mangea les premiers morceaux de ces fruits qu'il n'avait jamais réellement vus et qu'il n'avait encore jamais goûtés. Ce fut comme une étrange, mais délicieuse explosion de saveurs dans sa bouche. Tous ses sens étaient en éveil et il ferma les yeux un instant pour profiter de ce goût inédit. Les fruits étaient parfaitement mûrs et même s'il n'y connaissait rien, il avait du mal à imaginer de quelle manière ils pourraient être meilleurs, à moins de les cueillir directement en territoire Setsu pour les déguster aussitôt.
Mais le fait de les ramener jusqu'ici avait déjà quelque chose de magique. C'était comme si elle lui permettait de voyager, à lui qui avait toujours été considéré comme trop malade ou trop faible pour pour aller plus loin que dans les villes les plus proches d'Ite, sans jamais sortir de son propre clan.

Comment pouvait-il la remercier pour un si beau cadeau ? Ce n'était peut-être pas de ceux qui pouvaient être appréciés par n'importe qui, mais il aimait d'autant plus cela, car cela signifiait qu'elle avait pris le temps de l'étudier et de réfléchir à ce qu'il n'aurait jamais pu avoir sans sa venue.
Tout au fond de son cœur, Ryohei se sentait terriblement ému. Comment se pouvait-il que cette jeune femme, si belle et si talentueuse, se soit tant intéressé à lui alors qu'ils ne se connaissaient nullement à peine quelques mois plus tôt ?

« Je suis entièrement convaincu que même les meilleurs gâteaux de Fukyuu n'auraient su si bien accompagner ce thé. Dômo arigatô gozaimasu pour ce merveilleux présent Iyashi-sama. » Répondit-il d'une voix grave, moins douce, mais beaucoup plus sérieuse et tellement sincère.

Ses yeux n'étaient pas restés clos très longtemps et ils la considéraient désormais avec un éclat différent. Il aurait aimé savourer longuement ce cadeau qu'elle lui apportait tout comme il aurait voulu se plonger dans cette dégustation sans avoir à penser à quoi que ce soit d'autre, mais il ne le pouvait pas ici, en présence de sa précieuse hôte. Cela ne le dérangeait pas, sa compagnie était comme une lumière qui irradiait son cœur et à côté d'elle, il se sentait bien insignifiant, comme si ses manières elles-mêmes, si travaillées, tant maîtrisées, ne représentaient plus rien.

« Je n'oserais avoir l'impudence d'une telle requête. Ce que vous m'avait apporté aujourd'hui a pour moi bien plus de valeur que vous ne pourriez en accorder et je ne saurais former un remerciement qui soit à la même hauteur. » Ajouta-t-il humblement pour répondre à sa proposition.

Ce n'était pas tout à fait juste, il espérait pouvoir faire de même pour elle et faire briller dans son regard une lueur qu'elle n'oublierait pas de sitôt. Ce n'était pas par arrogance ni par jalousie, mais simplement parce qu'il aimait que les choses soient équitables et qu'il se dévouait entièrement au bien être et au bonheur des autres.

Il s'était incliné à ses mots, autant par respect que par compréhension. Comme il l'avait imaginé, le voyage de la jushoku n'avait pas été des plus reposants et un instant de répit lui ferait le plus grand bien. Même si son séjour à Miyuki ne serait pas éternel, ils n'étaient pas non plus pressés par le temps trop court d'une unique journée et il lui semblait plus approprié qu'elle profite de ce qu'il en restait pour s'installer tranquillement. Demain serait un autre jour et ils auraient tout le temps de converser et de se promener dans les rues de la ville pour en contempler la splendeur et les résultats de la reconstruction, déjà bien entamée.
Cela l'arrangeait aussi, d'une certaine manière. Il était évident que la compagnie de la jeune femme serait bien plus agréable que d'autres tâches, mais maintenant qu'il était devenu conseiller et qu'il se trouvait ici, fervemment convaincu qu'il devait faire de son mieux pour épauler son ami d'enfance, nouvellement gouverneur de la ville, il était loin de manquer d'occupation.

« Je comprends parfaitement, même si avez l'habitude des voyages, le changement radical de climat entre nos clans ne peut être qu'éprouvant. »

Sa voix avait retrouvé toute sa douceur et son expression était chaleureuse, dévoilant toute la préoccupation qu'il avait pour elle, tant pour son bien être que pour la qualité de son séjour.
Délicatement, il finit son thé, ainsi que l'assiette de fruits, toujours autant envoûté par de telles saveurs, insoupçonnées.

« Kaoru-san ? » Appela-t-il, tout en se levant, tournant la tête vers la porte où elle surgit immédiatement. Puis il redirigea son attention vers son invitée. « Kaoru-san sera là pour veiller à votre confort, n'hésitez pas à faire appel à elle si vous avez le moindre besoin. »

La domestique, un peu plus âgée qu'eux, s'était aussitôt inclinée. Elle était souriante et maîtrisait parfaitement l'étiquette, tout en se montrant assurée, prête à accomplir ce travail important que Ryohei lui avait confié. Il avait parfaitement confiance en elle et, même si son absence lui ferait certainement défaut, il avait voulu ce qu'il avait de meilleur pour s'occuper de la jushoku.

« Je vous laisse prendre tout le repos dont vous avez besoin. Nous nous retrouverons dès demain matin pour commencer cette visite que je vous ai promise. Vous n'aurez qu'à envoyer quelqu'un pour me chercher lorsque vous serez prête à partir. » Déclara-t-il, soucieux de ne la presser par aucune heure qui ne correspondrait pas à ses habitudes.

« Dewa ogenki de. » Ajouta-t-il en s'inclinant respectueusement pour marquer son départ.



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Iyashi Kurome

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MessageSujet: Re: Soleil d'été et Lune d'hiver Dim 12 Mar - 14:48

En plus mauvaise compagnie, on aurait pu la pousser à rejeter sa fatigue afin de visiter tout de même la cité. En plus mauvaise compagnie, on ne lui aurait peut-être pas demandé s’il elle était fatiguée, si son voyage avait pesé sur ses frêles épaules. Mais Ryohei n’était pas de mauvaise compagnie, bien au contraire : il était une présence exquise avec laquelle elle se sentait bien, avec qui elle pouvait discuter en sachant que toutes les règles de bienséance seraient respectées en chaque instant. Pour cela, elle lui était bien plus que reconnaissante. Cela faisait des années qu’elle n’avait pu se rendre dans une des cours de Setsu, côtoyer des aristocrates plus de quelques instants et Kurome s’avouait, soudainement mais dans le secret de son esprit, que tout cela lui manquait.
Elle aimait sa charge, bien entendu, et elle ne la laisserait à un autre. Elle se savait indispensable en tant que prêtresse, en tant que gestionnaire également : ses contacts, son réseau densément tissé d’amis, d’alliés, de lointains cousins et de vagues connaissances était bien trop précieux pour que l’on se risque à le perdre. Il avait permis la reconstruction de Kaigen, il avait permis aux ordres religieux de survivre -non, de vivre- grâce à de généreuses aides. Depuis qu’elle occupait sa place de Jushoku, la délicate jeune femme était parvenue à remettre un ordre quasi-impeccable dans les affaires internes du culte de Moegami.
Ceux qui pensaient que la religion était une affaire fort éloignée des réalités du monde n’avaient jamais plongé dans un carnet de comptes du sanctuaire de Moegami afin d’essayer de savoir si les livraisons de riz des trois dernières années avaient bien été payées.

Mais elle ne se trouvait au temple, penchée sur ses livres, ses papiers et ses missives. Elle se trouvait dans une cité aussi étrangère qu’étrange, en merveilleuse compagnie, aussi chassa-t-elle ses pensées d’un sourire tendre en se redressant. Les bijoux à ses oreilles, dans sa chevelure au brun si froid tintèrent doucement, comme des perles de verre dans le vent. Il s’agissait de petits oiseaux adorablement sculptés, mêlés de perles rouges et blanches réparties sur de petites branches de métal. Un cadeau de sa mère pour l’arrivée du printemps, trois années plus tôt, qu’elle avait décidé de porter ce jour par sentimentalisme plus qu’autre chose. Seiichi avait ri lorsqu’il l’avait vue placer les bijoux sur elle, lui faisant remarquer que si ses propres oiseaux lui manquaient tant, elle aurait pu prendre une cage avec elle. Elle avait seulement sourit en passant ses doigts sur un des petits rouge-gorge de métal, très délicatement, et elle n’avait pas répondu. Le jeune homme n’avait rien rajouté.

"Votre sollicitude me touche, Maeda-san. Il est vrai que des Flammes à la Glace, le changement est pour le moins impressionnant, souffla-t-elle très délicatement, lorsqu’on sait que nos hivers les plus rudes sont vos doux printemps. Peut-être aurais-je dû vous visiter en été, pour échapper au soleil impitoyable."

Un rire de nouveau qui tinta, en tous points semblable à ses parures d’or et de verre. Les étés de Hibana étaient d’une rudesse qu’elle savait être modérée comparée à ceux de Kazan ou de Moe et pourtant, elle en souffrait chaque année. Sa constitution fragile la forçait à se réfugier dans son bureau, toutes les portes ouvertes pour espérer sentir passer un souffle d’air, ses cheveux remontés en un chignon pour qu’ils ne risquent de l’étouffer par leur épaisse masse chaude. C’étaient des mois qu’elle passait à vivre presque de nuit, à se nourrir uniquement de fruits rafraîchis et durant lesquels elle craignait chaque occasion officielle qui signifierait l’obligation d’enfiler un de ses kimonos de cérémonie à la soie aussi épaisse que décorée.
Peut-être, réellement, qu’elle viendrait fuir la chape de plomb de l’été au sein des terres Fukyuu. C’était un doux rêve, elle le savait parfaitement, mais la jeune femme se laissa bercer par lui quelques instants avant de revenir à la réalité. Même si elle le souhaitait, elle ne pourrait ainsi se laisser aller à disparaître plusieurs mois. Dans nombre d’années, lorsqu’elle aurait quitté les ordres pour perpétuer la lignée des Iyashi, peut-être qu’elle se laisserait tenter. En attendant elle avait une place à tenir, une face à garder, et elle ne pouvait se permettre de longues absences.

Lorsque son hôte se leva, elle en fit de même. Dans un geste parfaitement maîtrisé, elle se releva pour se tenir parfaitement droite, mains devant elle, tête légèrement inclinée pour montrer sa curiosité envers la domestique. Elle ne doutait des compétences de la femme, ni de sa correction. Si le noble fils d’Itegami lui confiait sa garde, c’est qu’il lui faisait une confiance aveugle. Kurome inclina légèrement la tête en avant pour saluer la nouvelle venue, son éternel sourire aux lèvres. Malgré sa fatigue, elle parvenait à maintenir un maintien parfait et un regard plein de bonté.

"Kaoru-san."

Son nom sonna doucement et elle en savoura la délicatesse autant que la simplicité avant de se retourner vers celui qui était la raison de sa présence au sein de la demeure.

"Je vous ferais savoir que je suis prête à partir à l’instant même où je le serais, je vous l’assure. Puisse votre soirée être douce, Maeda-san, fit-elle avec douceur. Mata ashita."

Et ce fut tout, en tout cas pour la soirée. Un dernier sourire, une inclinaison profonde, et la chevelure couleur de neige de son hôte disparut de la pièce, la laissant seule avec la servante et sa propre suite. Il n’y eut de longues discussions, ni de discours : la jeune prêtresse était bien trop fatiguée pour se tenir éveillée bien longtemps encore, aussi demanda-t-elle simplement à être guidée jusqu’aux bains. On l’aida à ôter sa tenue, à enfiler un kimono plus léger, puis Kaede la mena hors de la chambre pour la guider jusqu’aux bains.
Elle en revint délassée, réchauffée, avec cette légère rougeur aux joues à laquelle nul ne pouvait échapper après un séjour au milieu d’eaux chaudes. Son lit avait été fait en son absence, toutes les lumières soufflées si ce n’était pour une unique petite chandelle, et il n’y avait personne dans la pièce lorsque la servante fut partie. Un sourire de satisfaction, de pur bonheur à l’idée de dormir illumina le visage de la fille du Feu, et elle se glissa sans attendre sur le tatami.

Le lendemain, elle se réveilla à peine avant le lever du soleil. En silence, elle se glissa hors de son lit, de la chambre pour le voir se lever sur les toits de cette cité encore inconnue. Elle savoura l’instant flottant durant lequel le bleu, le gris de la nuit se teinte d’ors et de roses, puis disparaît lentement, comme dissout dans la chaleur, puis elle retourna à l’intérieur afin d’entamer sa préparation à la journée.
Il ne lui fallut que deux heures pour ce faire. Elle avala son premier repas de la journée en compagnie de sa suite, discutant simplement de choses et d’autres, des affaires du temple comme de la migration des oies sauvages, puis elle se releva et ce fut le signal du début de l’effervescence. Les hommes furent chassés de la pièce, ne laissant qu’une poignée de Mikos babillantes autour de la haute-prêtresse souriante, comme une nuée de petits moineaux autour d’un bel ara rouge. Elle appréciait ces instants presque autant que les levers de soleil : ils créaient une camaraderie forte entre elle et les autres jeunes filles, une amitié dont elle avait besoin. L’ambiance informelle des habillages déliait les langues, laissait glisser parfois certains secrets, certaines craintes profondes et elles oeuvraient alors toutes de concert au bien-être de celle qui laissait filtrer des confidences.
Ou elles riaient. Elles riaient surtout en vérité. Elles riaient en travaillant sur les noeuds, en pliant soigneusement le tissu, en choisissant les bijoux pour la journée.
Lorsqu’elles eurent fini de rire et de manipuler soie et or, Kurome se trouvait drapée dans un beau kimono rouge à la soie travaillée en hexagones contrastants, avec un motif impeccablement choisi de fleurs de cerisier et de cristaux de neige brodés d’argent. Elle portait également de petits grelots d’argent dans sa chevelure lâchement tressée, et à ses oreilles. Un mélange subtil, maîtrisé, entre cérémonie et détente lui permettant de marcher toute la journée si faire se devait.
Une des mikos lui tendit un nouvel assemblage de bois odorant, de papier et d’encens. La dernière des Iyashi l’enflamma, faisant naître un lapereau des langues de feu cette fois. Elle l’observa, un instant, comme pour s’imprégner de son image, puis elle lui murmura à l’oreille.

"Trouvez Maeda Ryohei, dites-lui que s’il lui sied, je suis prête à le suivre dans les rues de sa belle ville."

L’animal de flammes sembla bouger l’une de ses oreilles pour signifier son accord, aussi le posa-t-elle délicatement au sol pour le voir s’enfuir, porter son message. Elle n’avait plus qu’à attendre.



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MessageSujet: Re: Soleil d'été et Lune d'hiver Sam 6 Mai - 19:29

Cette première rencontre, après leurs lettres si plaisantes, lui avait laissé un délicieux souvenir qui envahit son cœur pour la soirée. Il appréciait autant les rencontres que les nouvelles découvertes, mais elles ne s'avéraient pas toutes être aussi soignées et la compagnie d'Iyashi Kurome avait amené une douceur intense dans son esprit. Il aurait aimé que tous les êtres de ce monde puissent être ainsi, agréables, attentionnés, dotés d'une conversation éclairée et dénuée de toute grossièreté, de toute impolitesse. Nul doute que Ryohei ferait bientôt partie des personnes qui vanterait les nombreux mérites de la jushoku.
Sa rêverie, sa réflexion à ce sujet ne dura pourtant que le temps de son chemin, car une fois arrivé dans la demeure de son ami, il retrouva son bureau pour se plonger à nouveau dans ses papiers, désireux d'avancer dans toutes les tâches qui l'occupaient et qui lui semblaient toutes dotées d'une extrême importance pour l'avenir de leur clan. Rigoureux et travailleur, il s'y plongeait avec une facilité déconcertante et ne voyait guère le temps passer, simplement dévoué à abattre le travail qui était le sien. Il lui fallait alors compter sur ses domestiques pour le rendre raisonnable et la nuit était tombée depuis un moment déjà lorsqu'il vint se réfugier dans son futon, écroulé de fatigue, sombrant dans un sommeil sans rêve.

Ce fut l'aube naissante qui vint l'accueillir, comme presque toujours, et il se leva sans rechigner, heureux de voir un nouveau matin éclairer l'horizon. Il aimait cette sorte de petite routine qui ponctuait sa vie, se retrouvait très bien dans ce cadre habituel, même s'il avait totalement changé de décor depuis l'avènement de leur nouveau daimyo.
À cette heure, seul le calme et la tranquillité régnaient, des choses qui lui ressemblaient particulièrement et qui rendaient ces instants des plus agréable. Il n'aimait pas tant la solitude, mais la foule et le bruit permanent ne lui permettaient pas vraiment de rester serein et cela finissait toujours par le déranger d'une manière ou d'une autre.

Tandis qu'il divaguait dans ses pensées matinales, on l'aida à se préparer et à revêtir les kimono qui formaient sa tenue du jour, taillés dans les plus beaux tissus et dont les couches supérieures colorées de différents tons de bleu avaient été délicatement brodées. L'ensemble ne laissait aucun doute sur son rang, sa fortune ou la réputation que l'on prêtait à son nom, il était simplement un peu plus chaud que ce que l'on aurait pu s'attendre venant d'un habitant de Fukyuu en cette saison, démontrant alors la fragilité de son corps que l'on retrouvait aussi sur les traits fins de son visage. Son regard néanmoins exprimait une grande force d'esprit ainsi qu'une solide assurance et, en dépit de sa condition physique, il était désormais plutôt rare que l'on s'adresse à lui d'une manière peu respectueuse.
Le jeune homme prit ensuite un repas, nécessaire pour lui donner la force d'affronter cette nouvelle journée, puis il se pencha une fois de plus sur son travail, sans jamais que son sourire bienveillant ne s'efface. Presque chaque jour, il pouvait dire qu'il était heureux et il aimait tout ce qu'il faisait. Cela lui laissait peut-être moins de temps pour perfectionner sa calligraphie, mais il ne le regrettait pas tant, chérissant par dessus tout cette nouvelle fonction qui lui permettait de venir en aide aux autres et de contribuer à l'éclat de leur clan.

Sa concentration fut pourtant rapidement interrompue par la venue d'un curieux visiteur. Un lapereau de feu, superbe création de son invitée, était arrivé jusqu'à lui et il lui transmis mot pour mot le message de sa maîtresse. Ryohei le remercia, prenant le temps de contempler la créature, émerveillé. Les pouvoirs se révélaient si variés qu'il y avait toujours quelque chose de nouveau à découvrir à ce sujet et il adorait voir la diversité de chacun d'entre eux.
Puis il se leva et se prépara à partir. On l'emmena ensuite jusque dans la demeure de l'ancien taisa, lieu qui avait été choisi pour loger la noble jushoku et l'on fit part aux domestiques que le kuge venait d'arriver, répondant à la demande d'Iyashi. On l'installa alors dans un petit salon où il n'attendit pas très longtemps et il se leva pour saluer la jeune femme dès qu'elle se présenta à lui.

« Ohayō gozaimasu Iyashi-sama, j'espère que ce bref répit vous aura permis de vous reposer comme vous le souhaitiez. » Dit-il d'une voix douce.

Puis, lorsqu'elle lui répondit et qu'ils eurent terminé les politesses d'usage, il enchaîna sur le motif de sa venue.

« Aimez-vous marcher ? La ville est vaste, mais cela me permettrait de vous montrer au mieux ses splendeurs. Bien sûr, si cela ne vous convient pas ou que vous éprouvez la moindre fatigue, nous pourrons tout à fait user d'un autre moyen. »

Son visage était empreint de bienveillance et cela faisait luire un doux éclat dans son regard sombre, naître un sourire lumineux sur ses lèvres. On pouvait aisément deviner qu'il était ravi de la revoir et qu'il désirait lui montrer tout ce qui formait la beauté de cette ville, même si elle avait été en partie détruite, sans faire preuve de la moindre agitation.



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MessageSujet: Re: Soleil d'été et Lune d'hiver Mar 11 Juil - 23:41

En attendant l’arrivée de son hôte, Kurome se fit des plus patientes. Telle une parfaite enfant de la noblesse à l’éducation rigoureuse, elle savait s’occuper dans les plus strictes limites de l’étiquette : discuter avec les Miko l’ayant accompagnée ainsi que son ami d’enfance, qui s’était joint à elles, ou accepter une tasse de thé qu’on lui offrit. Elle admira même la céramique dans un silence quasi-religieux, soufflée par la finesse des motifs de lotus blancs sur fond bleu abysses.
Tout, songea-t-elle en posant ses yeux sur la pièce autour d’elle, était bleu sur les terres de Fukyuu. Le ciel était plus intense que celui qui s’étendait au dessus de Setsu, les maisons étaient ornées de tons froids, l’art et le mobilier également. Là où Setsu resplendissait d’ors, de rouges et de bronzes, elle ne voyait que cent et cent nuances céruléennes au pays de la Glace. C’était aussi agréable que déconcertant, décida-t-elle, puisqu’elle ne sentait les yeux reposés par cette fraîcheur tout en se languissant des teintes de flammes de son temple. Et puis toutes ces couleurs froides lui rappelaient la température plus que fraîche à l’extérieur, et elle préférait pour l’instant en oublier jusqu’au souvenir de la morsure. A l’intérieur, couverte de soie, elle était bien.
Mais elle avait des obligations, qui se rappelèrent à elle sous la forme d’une servante parfaitement polie dont la voix douce l’informa que Maeda-san était arrivé et qu’il l’attendait. Avec une hâte toute protocolaire, la jushoku se leva, s’inclina, et sortit à la suite de la membre du personnel.

"Ohayô gozaimasu, Maeda-san."

Face au kuge qui s’était levé en la voyant arriver, elle s’inclina poliment. Les clochettes à ses oreilles tintèrent, produisant un son léger et doux qui la fit tranquillement sourire. Les petites boucles d’argent avaient ce don de la mettre de bonne humeur avec leur mélodie à peine audible, ce qui en faisaient ses bijoux peut-être préférés.

"Grâce à votre hospitalité, je suis bien plus reposée que je l’aurais été au temple de Kaigen je pense. Cette demeure est d’un calme des plus agréables, je dois l’admettre."

Comparé au grand temple de Moegami, comparé aux nuits sur les routes ou même à la cour du seigneur Setsu, il était évident que la demeure de l’ancien taisa pouvait passer pour un havre de paix reposant. Nulles machinations politiques, nuls feux à entretenir ou messagers importants n’avaient troublé le sommeil de la douce jeune femme, qui avait effectivement mieux dormi loin de chez elle que durant les quelques mois précédant sa visite. Elle avait l’air parfaitement rayonnante malgré la légèreté de son maquillage et c’était encore la plus belle preuve de son état de fatigue presque inexistante.
En l’entendant reprendre la parole, elle pencha légèrement la tête sur le côté. Puis elle sourit à sa question, avec ses airs de fleur fraîchement éclose, et inclina la tête.

"Votre sollicitude me touche, Maeda-san, et votre prévenance est exquise. Bien que je passe plus de temps désormais à écrire des missives et remplir des livres de comptes, je m’avoue une préférence pour la marche à pieds comparée aux chaises à porteurs. Le meilleur moyen de découvrir les merveilles d’une cité reste encore de la parcourir à hauteur de ses habitants, mon mentor me l’a toujours dit."

Et elle avait marché, dans sa jeunesse : elle avait parcouru toutes les terres des Flammes avec deux ânes -celui qui avait une apparence humaine et l’autre, plus sympathique. Elle n’avait pas peur de marcher de longues heures durant en sachant parfaitement que sa curiosité la maintiendrait en état d’avancer, que les images qu’elle pourrait imprimer dans son esprit seraient suffisantes pour chasser toute espèce de fatigue.. Au contraire, même. Son beau regard pailleté d’or brillait de joie à l’idée de sortir et de simplement user de ses jambes pour se déplacer.

"Et puis je serais plus qu’heureuse de pouvoir me porter moi-même après tant de temps passé au milieu de mes documents de première importance."

Ce n’était pas tant qu’elle haïssait les documents en question, mais simplement que la poussière de vieilles feuilles de soie avait tendance à vite la prendre à la gorge, et qu’elle n’en voyait que trop. Parfois, elle avait pour seule envie celle de s’échapper à ses obligations et de retourner dans les terres de sa famille pour y passer des semaines entières à déambuler dans les vergers à regarder le monde tourner.
Elle ne le pouvait pas, malheureusement. Mais elle avait là l’occasion de se dégourdir les muscles et elle n’allait pas passer à côté, même en songeant aux conséquences probables -courbatures et ampoules certainement.

"J’espère simplement ne pas vous retenir dans votre marche."

Politesse et douceur infinies dans ses mots, sa nouvelle inclinaison : la jeune femme faisait de son mieux pour être une parfaite invitée.



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Soleil d'été et Lune d'hiver

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