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 Insolente destinée

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Haiko Naraku

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Jônin

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MessageSujet: Insolente destinée Dim 22 Jan - 0:54

C'était le genre d'affaire qu'il était difficile de faire sombrer dans l'oubli. Un an plus tôt, quelqu'un s'était décidé à commettre l'irréparable et la misérable dame d'Eiichiro avait fini assassinée. C'était là une prise de risque bien inconsidérée quand on savait qu'elle était malade et qu'elle aurait bien fini par y passer de toute façon. Tout ça aurait dû être sans importance pour le maître des ombres de Kumo, si la meurtrière en question n'avait pas eu la mauvaise idée de dévoiler des pouvoirs de brume ou encore de se faire passer pour une shinobi.
Parmi les contacts entre les ombres des deux clans, l'affaire avait fini par arriver jusqu'ici et une enquête interne avait eu lieu. Okaruto était l'allié d'Eiichiro depuis bien longtemps maintenant et cette affaire avait mis en péril leurs relations. Comment quelqu'un de Kumo aurait pu être à l'origine d'une telle affaire ? C'était inconcevable, ça devait l'être en tout cas. Finalement, ça avait été le cas.

Naraku n'aurait pas été contre l'idée de lancer une guerre ou deux, mais comme toujours, il s'était trouvé souvent trop éloigné des frontières de son village pour diriger de telles opérations. Le fonctionnement interne du village n'avait pas été la première de ses prérogatives lorsqu'il se trouvait être chûnin et de toute manière, il préférait laisser traîner ses oreilles jusqu'à l'autre bout du continent, comme le faisait autrefois Danzo, ce maître qu'il avait surpassé en tout et totalement remplacé à sa mort.
Finalement l'affaire était restée au point mort pendant un certain temps. Il était difficile de retrouver quelqu'un dans un clan tout entier quand on n'en avait que de faibles descriptions, à compter qu'elle était assez folle pour rester dans le coin. On l'avait vue, on la retrouverait tôt ou tard. Des soupçons l'impliquaient dans l'obscure Confrérie de la Main, mais ce n'était peut-être qu'une simple rumeur, aussi difficile qu'il soit de confirmer ce genre de choses quand on ne savait presque rien de cette organisation ou de ses membres.

Lui avait les moyens de le savoir, puisqu'il en connaissait précisément le fonctionnement, se plaçant suffisamment haut dans la hiérarchie des assassins qu'on recrutait là-bas. Ainsi, quand de nouvelles pistes surgirent brusquement à Hiyori, il songea qu'il était peut-être temps qu'il se mêle à tout cela. Il était le seul à pouvoir confirmer cela avec certitude et donc à en écarter les pistes. La défense de cette organisation l'indifférait en général, mais elle s'avérait parfois pratique et avait l'avantage de lui passer le temps quand il n'avait rien de mieux à faire. De plus, cette affaire avait fini par éveiller sa curiosité et s'il se spécialisait plus naturellement dans la traque des yokai, celle des hommes n'avait pas beaucoup plus de secrets pour lui.
Naturellement, il était temps de rétablir les relations avec les shinobi d'Eiichiro et ceux-ci avaient été contactés pour participer à l'enquête, permettant ainsi de montrer la bonne foi des ombres du mouton.

On avait retrouvé une maison qui aurait appartenu à la meurtrière à Hiyori et, bien évidemment, celle-ci avait déjà été fouillée une première fois, mais rien n'avait été touché en attendant que de plus hautes instances prennent des décisions, en l'occurrence, lui. Rapidement, dans les communications, une date avait été convenue pour qu'un agent de chaque clan se retrouve dans la ville et mène la suite de cette enquête de front.
Comme la ville ne se trouvait pas très loin de Kumo, Naraku n'était pas parti avec beaucoup d'avance, bien indifférent à ce qui allait s'ensuivre dans cette journée. Il espérait simplement que tout cela ne soit pas une perte de temps et que ça donne véritablement suite à quelque chose, il aimait traquer et non tourner en rond.

Bien sûr, il n'avait aucune idée de la personne qu'il allait rencontrer, ce n'était pas comme s'ils allaient s'échanger des cartes de visite et ce jour-là, Naraku ne ressemblait pas tant à un onmyoji, il avait tout d'un homme des plus ordinaires et tous ceux qu'il croisait ne le remarquaient même pas. Il était redevenu cette ombre insaisissable, capable de disparaître aux yeux des autres tant il paraissait anodin et insignifiant. Ce n'était pas un problème pour celui qui devrait le rejoindre, à moins qu'il ne soit fondamentalement mauvais dans son travail, ce qui serait tout de même étonnant étant donné les enjeux de la mission.
Ils n'avaient qu'un seul point de rendez-vous, alors il se contenta de s'adosser au mur de la maison pour attendre, sortant son kiseru pour en tirer quelques bouffées. Les minutes défilaient tranquillement sans le troubler, tandis que son regard se perdait dans le manège des passants. Tout était bien gris et insignifiant quand soudain, une silhouette qu'il aurait désormais reconnue entre mille surgit et réveilla les battements de son cœur.

Que faisait-elle là, ici, en plein territoire Okaruto ? N'était-elle pas d'Eiichiro ? Sa mémoire lui ramena à l'esprit ses dernières paroles, celles qui avaient cherché à le menacer quand il voulait encore la transpercer de son sabre. Il avait pris cela à la légère, encore maintenant, il avait du mal à y croire. C'était impossible n'est-ce pas ? Il avait légèrement baissé les yeux, faisant mine de regarder le sol, alors qu'il continuait de surveiller les alentours. S'il ne se faisait pas remarquer, elle repartirait sans avoir posé les yeux sur lui, le talisman devrait l'écarter de son chemin, n'est-ce pas ? Pourtant, à mesure qu'elle avançait, il fut bien forcé de constater l'évidence : elle se dirigeait avec assurance jusqu'à lui. Était-ce elle, celle qu'il devait rencontrer ?
Finalement il releva la tête pour plonger son regard dans le sien, lorsqu'elle fut bien trop proche de lui pour qu'il s'agisse d'une pure coïncidence. Elle allait le reconnaître de toute façon et il n'était pas du genre à porter un masque. Au fond de lui-même, cette drôle de sensation qui s'était éveillée depuis qu'il l'avait aperçue ne voulait pas disparaître.

« Fumi-chan ? »



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Fukumi Fumiko

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Genin

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MessageSujet: Re: Insolente destinée Ven 24 Fév - 22:07


Fuu lui avait finalement accordé la possibilité d'enquêter sur l'assassinat de Dame Suzuka, mort dont elle se sentait affreusement coupable. En effet, elle était la seule encore vivante à avoir vu l'assassin d'assez près et à s'être battue contre lui pour avoir une chance de l'identifier. Elle possédait également des détails exclusifs et tout ce que savait le village ou presque sur cette affaire venait d'elle. Il était donc normal qu'elle soit envoyée à Hiyori afin d'enquêter de concert avec un autre shinobi Okatuto. Aussi avait-elle voyagé deux longs jours à bord d'un convois escorté avant d'atteindre son objectif. Naturellement, la carriole était pleine de faux Hinin venus présenter leur spectacle, des shinobi de Fuu qui avaient quitté leurs terres pour celles alliées pour la première fois. Ils n'étaient que très rarement envoyés à l'extérieur de leur clan pour sécuriser au mieux le leur.

Ainsi, chacun put s'appuyer sur les connaissances de Fumiko dont les voyages se faisaient rares ces temps-ci mais avaient été nombreux fut une époque. Elle sut comment manipuler l'attention d'un grade-frontière trop curieux et profiter de la naïveté d'un autre. Finalement, leurs fausses identités gravées sur des plaquettes de bois convinrent très bien et ils passèrent tous les postes sans encombre. Okaruto avait beau être une terre alliée, ils étaient shinobi, ils ne se révélaient pas à quiconque. Et leurs contacts des brumes ne leur avaient accordé qu'une courte enquête avec l'un d'entre eux. Ils étaient plusieurs donc, mais ils se séparèrent dès qu'ils posèrent les pieds dans la ville artiste d'Hiyori où la statue du fondateur du clan, Okaruto Kazunobu dominait les passants.

Fumiko renoua un instant avec son passé de fausse maiko. Dans un costume coloré, elle dansa au son des contes et du shamisen d'un de ses compagnons qui mit fin à son morceau dès qu'il vit un homme se positionner à l'endroit exact du rendez-vous. Après s'être abreuvée des applaudissements de quelques chalands, la jeune femme à peine fatiguée glissa un regard en direction de celui-ci...Et pâlit. Était-ce bien Naraku ?

Elle resta un moment interdite, ne sachant si elle devait aller l'aborder. Lors de leur dernière rencontre, il avait bien failli la tuer et elle garderait longtemps cette cicatrice qu'il lui avait faite et qui aurait mis un terme à sa vie s'il n'avait pas dévié le coup. Il lui avait aussi offert un talisman identique au premier, de bien meilleure conception mais alors qu'elle dormait...De toutes évidences, cet homme était fou, elle ne devait pas l'approcher. L'autre qui faisait mine de réclamer et de récolter de l'argent la poussa discrètement mais un peu brusquement vers lui. Alors elle était partie, le coeur battant.

Ils ne voulaient pas se voir. Pourtant, le destin les y contraignait. Lorsque leurs regards se croisèrent enfin, le coeur de Fumiko bondit, lui criant de partir aussi loin qu'elle le pouvait. Pourtant, la jeune femme parvint à prendre une grande inspiration et l'approcha enfin...

« Fumi-chan ? »
"Comment monseigneur a-t-il trouvé le numéro ?" lâcha-t-elle avec force de conviction...
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Haiko Naraku

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Jônin

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MessageSujet: Re: Insolente destinée Sam 25 Fév - 3:12

Ses vêtements colorés, son attitude à la fois joviale et innocente contrastaient totalement avec ce qu'il représentait en cet instant. S'il n'avait pas ce talent pour devenir une ombre et se faire oublier de son entourage, il aurait parfaitement pu croire à une pure coïncidence, se berner à penser qu'elle n'était qu'une saltimbanque qui dansait au milieu des passants, voguant de ville en ville sans jamais s'arrêter. Il aurait été facile de se dire qu'elle passait simplement par là et qu'un curieux hasard l'avait poussée jusqu'à lui. Après tout, il n'avait jamais vraiment eu de chance dans la vie et sans le comportement hostile qu'il avait eu auparavant, son talisman avait peut-être joué de l'ironie de la situation. À moins qu'elle l'ait tout bonnement jeté. Il n'avait pas révélé sa présence, les badauds n'avaient même pas songé à tourner la tête dans sa direction jusqu'à maintenant ; c'était elle qui l'avait dévoilé.
Il avait laissé filer sa question dans un tranquille silence, se contentant de porter sur elle un regard des plus impassibles, tant éloigné de cette rage qu'elle lui avait pu connaître. La blessure sur sa joue s'était transformée en cicatrice, seule marque de leur dernière rencontre.

Calmement, il porta à nouveau son kiseru entre ses lèvres, inspirant une bouffée tout en parcourant du regard le reste de l'allée. Les gens de sa troupe faisaient-ils partie de ses acolytes ? Naturellement, elle n'avait pas dû venir seule. Ça le fit légèrement sourire. Chaque clan éparpillait çà et là par poignées ses éléments, c'était presque un spectacle amusant à regarder.

Finalement, sa main qui s'était perdue dans les plis de ses vêtements sortit à nouveau pour dévoiler une pièce qu'il tenait entre ses doigts et qu'il lui tendit. Lorsqu'elle l'accepta, il reprit son kiseru pour le ranger et répondit enfin à sa question.

« Surprenant. »

Sa préoccupation n'allait pas tellement à entretenir une conversation avec l'artiste. Il n'allait pas la couvrir d'éloges, il n'allait pas non plus lui poser des questions quand il se fichait éperdument de cette couverture qu'elle s'était donnée la peine de prendre. Il ne ressentait que l'étrange malaise de se retrouver en face de la seule personne qu'il avait su épargner et il avait simplement envie de se dérober à sa vue, de reprendre son chemin, de s'enfoncer dans les terres les plus lointaines qui soient si cela lui permettait de ne plus jamais avoir à la recroiser.
Mais il était venu seul ici, il avait pris la direction de cette enquête et une part de lui tenait toujours à la poursuivre. S'il aurait pu tout à fait échapper à tout cela comme un lâche, il ne le fit qu'en apparence, quittant sans un mot la jolie danseuse pour se glisser à l'intérieur de la bâtisse, comme s'il s'était agi de sa propre demeure. Ce n'était qu'une construction ordinaire, les entrées ne manquaient sans doute pas pour le genre de personne qu'elle était, aussi ne doutait-il pas de ses capacités à le rejoindre, même sans invitation. On aurait très certainement trouvé ça louche qu'il l'emmène avec elle et il ne cherchait pas à attirer l'attention.

Des pas ne tardèrent pas à se faire entendre à l'intérieur de la demeure et, toujours adossé, mais à l'intérieur cette fois-ci, il avait attendu sans effectuer le moindre mouvement, habitué à l'immobilité. Son appréhension, brièvement dissipée, revint tout aussi vite lorsqu'il perçut une silhouette et, très rapidement, il fut forcé de la reconnaître. Ce n'était pas vraiment une surprise, il n'avait pas pu espérer une autre explication, le destin se moquait déjà bien assez de lui.
Comme on pouvait s'y attendre, le contenu de cet endroit n'avait pas vraiment de secret pour lui, il avait entendu les rapports et ne ressentait pas le besoin d'en fouiller le moindre recoin. Empreint d'un froid détachement, il l'accueillit à sa manière.

« À toi l'honneur. »

À moins qu'elle ne ressente le besoin de s'expliquer avec lui, mais à ce sujet, il n'était pas certain de se montrer plus laconique que d'ordinaire.



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Fukumi Fumiko

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Genin

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MessageSujet: Re: Insolente destinée Jeu 9 Mar - 18:19


Il n'avait pas été bavard, n'avait même pas cherché à masquer son propre désintérêt, mais il avait saisi la procédure et avait répondu dans son sens, lui donnant une pièce comme acte paradoxal de générosité. Elle n'était pas blessée par son comportement. Presque absente, elle essayait plutôt de calmer son coeur qui battait à tout rompre en recevant et rangeant la monnaie dans l'une de ses manches. L'homme qu'elle avait devant elle était sans doute la plus déconcertante de ses nombreuses connaissances et encore aujourd'hui, elle ne pouvait s'empêcher de se demander ce qu'il avait en tête.

Intimidée et presque fascinée par sa présence à la fois dangereuse et alliée, elle ne trouva rien d'autres à lui dire et lui ne lui dit rien de plus non plus. Au lieu de cela, il se dirigea droit vers la demeure qu'ils avaient à fouiller, lui confirmant par la même son appartenance au réseau des shinobi Okaruto. Lorsqu'elle s'était battue contre lui, ignorants tout de leurs identités, il lui avait déjà paru apparenter au ninja mais la façon peu commune dont il maniait ses armes avait fait subsister le doute.

Elle attendit un instant, recevant les maigres piécettes des badauds et que ceux-ci s'écartent, pour faire signe à son collègue déjà fondu dans la masse et seulement repérable aux regards expérimentés. Elle pénétra ensuite dans la maison, une petite demeure poussiéreuse qui, sans surprise, sentait le renfermé et n'avait sans doute pas accueilli sa propriétaire depuis des semaines.

Elle faillit sursauter lorsque Naraku parla. Silencieux et immobile, elle ne l'avait pas repéré dans la pénombre. Fumiko reprit bien vite ses esprits cependant, sans arriver à calmer son coeur.

"Alors tu es shinobi, toi aussi ?" prononça-t-elle alors qu'elle avançait un peu plus dans la pièce. "...C'était pour une mission que tu poursuivais cet homme ?"

Elle était vraiment petite et c'était la seule. En fait, cette maison ressemblait plutôt à une cabane, avec un foyer et une paillasse. Rien de bien remarquable, en vérité. La kunoichi tira les meubles, les tiroirs tout aussi rares, chercha des caches dans le parquet qui entourait l'âtre et sur lequel on s'asseyait. Elle en trouva déjà deux dont une contenait un instrument -curieux-, l'autre était remplie de plusieurs tenues.

"Tu ne m'as pas l'air bien impliqué, hein ? Tu pourrais au moins partager ce que tu sais..."

Sur ce, Fumiko risqua un œil d'acier sévère  derrière son épaule. Il n'allait quand même pas rester aussi silencieux pendant toute la fouille, si ?
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Haiko Naraku

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Jônin

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MessageSujet: Re: Insolente destinée Mar 21 Mar - 1:20

Son regard hésitait à la détailler ou non, tandis qu'il allait jusqu'à elle pour finalement se perdre ailleurs avant de revenir à nouveau sur sa silhouette. La pénombre eut raison de son indécision puisqu'il ne pouvait finalement pas distinguer grand-chose et c'était mieux comme ça. Il se sentait bien dans les ténèbres, presque totalement privé d'un de ses sens, ça avait toujours été son univers et il ne pouvait probablement pas se fondre dans un autre milieu avec plus de talent.
Il n'avait pas vraiment voulu la faire sursauter, déjà habitué à l'obscurité, son regard l'avait saisie immédiatement, tandis qu'elle hésitait encore, à moins qu'il ne s'agisse de son manque de présence, à la fois naturel et savamment travaillé. Il n'aurait pas su le dire, ça n'avait pas d'intérêt de toute façon, il ne cherchait pas à se cacher plus que ça, il n'allait pas non plus l'attaquer, elle n'avait jamais rien eu d'une proie à ses yeux, du moins dans ces moments où il avait su que c'était bien elle. S'ils ne se revoyaient plus, combien de temps fallait-il pour que son visage, pour que sa silhouette et sa démarche se déforment assez pour qu'il cesse de la reconnaître ? Il ne savait pas tant de choses à son sujet, ne savait pas s'il en était curieux.

Naturellement, elle lui posa quelques questions au sujet de leur dernière rencontre. Est-ce qu'elle avait vraiment envie d'en parler ou disait-elle ça simplement pour faire la conversation parce que le silence l'oppressait ? Ça ne le gênait pas, lui, il préférait que les choses restent ainsi, un mélange de ténèbres sans bruit où tout se fondait dans l'indifférence, il s'y sentait mieux même. Parfois il fallait faire taire certains pour l'obtenir, parfois il n'y trouvait plus l'équilibre dont il avait besoin. Sa présence ici le rompait irrémédiablement et il ne savait comment y réagir.
La plupart des personnes qui constituaient ce monde l'indifféraient au plus au point, si quelques-unes se montraient assez fortes pour soulever son intérêt, cela finissait pas s'évanouir, souvent dans une flaque de sang qu'il faisait naître de la pointe de sa lame. Il n'avait pas envie de se battre ici pourtant, il ne l'avait pas tuée, alors à quoi ça servirait de le faire maintenant ? C'était différent, comme un trouble qui l'empêchait de se tenir tranquille, mais si loin de ce qu'il connaissait, de ce qui formait son monde et les lois incompréhensibles qui le régissaient.

Plongé dans cette drôle d'analyse, face à des questions dont il n'avait pas la réponse, il avait choisi de l'ignorer, fermant les yeux comme pour quitter la réalité, laisser son esprit s'enfuir ailleurs, tandis que son corps restait ici. Cela ne lui convenait pas et elle revint à la charge pour lui adresser des reproches.
Que pensait-elle ? Qu'attendait-elle de lui ? Il aurait aimé pouvoir un peu plus comprendre ces gens qu'il imitait pour y trouver la clé de ses interrogations. Ce n'était sans doute rien de plus que ce qui les poussait à accomplir cette mission ensemble. Elle ne le fuyait pas, ne le provoquait pas, elle se contentait simplement de faire ce qu'elle avait à faire. Et lui, que faisait-il ?

« Peut-être... Quelle importance ? Ça ne l'a pas sauvé, tu sais. » Répondit-il finalement d'une voix parfaitement neutre, complètement détachée de la moindre émotion.

Tout ce qu'elle avait fait, c'était lui accorder quelques jours de plus, dans l'angoisse de sa venue, dans le terreur de la mort ; et puis il était arrivé, avait pris sa vie comme il l'avait fait avec plus qu'il ne pourrait jamais compter. Un acte banal qui rythmait sa vie sans importance, qui lui faisait passer le temps en attendant. Dans l'attente de quoi au juste ? Il sombrait, ne s'en rappelait plus tout à fait.

Désireux de quitter la torpeur qui l'engloutissait peu à peu, il se redressa, fit quelques pas, répondant à sa requête pour fouiller... À quoi bon ? Quelque chose pesait dans sa poitrine, l'empêchait de respirer, quelque chose qui lui donnait l'irrépressible envie de quitter ce lieu, de fuir aussi loin que possible, mais il se trouvait en même temps littéralement paralysé, incapable de sortir d'ici. Quelles étaient ces chaînes ? Pourquoi... Il n'avait pas peur d'elle, ne connaissait de cette émotion que le mot et la définition, n'avait jamais ressenti cela, ne le ressentirait probablement jamais. Quelle chose y avait-il en elle qui le dérangeait à ce point ? Était-ce le talisman ? L'envie de lui poser la question lui brûlait les lèvres.

« Elle n'était pas des nôtres. Je ne sais pas encore si elle agissait indépendamment ou sous les ordres d'une quelconque organisation ; est-ce que c'était un contrat, est-ce que c'était par vengeance ou autre chose... »

À vrai dire, il en avait sa petite idée, il en était presque certain même et c'était l'une des raisons qui l'avaient poussé jusqu'ici pour se charger en personne de cette enquête. Ça n'avait rien d'amusant pour lui, il préférait largement les infiltrations ou les combats plutôt que de retourner une demeure poussiéreuse en quête d'un pauvre indice.

« C'est pour ça que tu es là, non ? Et son crime est suffisamment important pour qu'un type comme moi soit là aussi. »

Sa main, à force de parcourir les aspérités du mur avait fini par trouver une nouvelle cache – visiblement elle aimait en avoir beaucoup. À l'intérieur, il semblait y avoir des documents et il entreprit de les sortir. Évidemment, cela demandait plus d'adresse qu'il ne pouvait en avoir avec un seul bras et il échappa le tout qui vint s'écraser au sol, éparpillant un nuage de poussière. « Shimata. » Il se baissa pour ramasser les feuilles et se rapprocha d'une fenêtre mal fermée pour profiter de quelques rayons de lumière. Il n'y avait rien, ils n'allaient rien trouver, la femme s'était volatilisée avec adresse et l'enquête était presque vaine, mis à part la très faible piste de la Main. Ça ne l'aurait pas dérangé d'envoyer à la mort n'importe qui d'autre, mais elle, il ne voulait pas la confronter à ça. Son talent d'illusion allait afficher une liste de destinations, de quoi les promener un moment. Il n'avait pas de scrupules à lui mentir si c'était pour l'écarter du danger, il allait simplement devoir se faire à l'idée que leur partenariat dure un peu plus longtemps que prévu, s'accommoder de son étrange impression.

« J'ai trouvé quelque chose. »

Il l'appelait jusqu'à lui et en pensant à cela, il ne fut pas certain que ce soit une bonne idée.



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Fukumi Fumiko

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MessageSujet: Re: Insolente destinée Mer 12 Avr - 17:44


"Hé, tu m'écoutes ?"

Ce n'était pas dans ses habitudes de hausser le ton, aussi ne le fit-elle pas lorsque Naraku semblait tout à fait l'ignorer, comme si sa présence l'importunait. Heureusement, Fumiko avait trop de conscience professionnelle et surtout tenait trop à cette enquête pour laisser ce désagréable sentiment interférer dans sa mission.

Alors qu'il sembla enfin daigner répondre à ses questions, la surprise des réponses qu'il lui rendit l'obligèrent à jeter un coup d’œil derrière elle, pour surveiller sa réaction. Il n'avait pas bougé, il ne paraissait rien ressentir et elle jugeait cela particulièrement grave. Elle n'aurait peut-être pas du le sauver lorsqu'il était plus jeune. Elle devinait qu'elle avait préservé un monstre. Enfin ! Elle-même en était un, quoique de moindre taille, certes, mais ses mains étaient assez tâchées du sang des vies d'autrui pour se considérer comme tel.

"Je me suis battue contre elle la nuit où elle a attenté à la vie de Dame Suzuka. Elle disait répondre par ses actions à un commanditaire et j'espère bien le retrouver." rétorqua-t-elle sèchement à Naraku, comme si aucune peur ne la prenait lorsqu'il croisait son regard.

La honte de n'avoir pas pu sauver sa dame avait laissé place à la colère qu'elle sentait grandir en elle à chaque fois que Naraku parlait. Cet homme paraissait détaché de tout, même de la vie alors qu'elle y accordait une attention toute particulière. Aussi, la jeune femme était particulièrement surprise que les forces Okaruto ne sachent pas les éléments d'enquête qu'elle avait rendu à son village, preuve s'il en était que l'alliance des deux clans tant crainte par le pays entier n'était pas si étroite que cela. Elle soupira d'exaspération en se prenant le nez dans deux doigts tandis qu'elle tournait le dos à l'Okaruto. Ses colères étaient rares, trop pour qu'elle sache exactement comment les contrôler, mais une véritable kunoichi ne se laissait pas aller à ses émotions.

"Si elle n'était pas des vôtres, elle se battait comme une Kunoichi, c'est certain. Nous ne connaissons pas assez les ombres chez vous pour savoir ce que ça signifie...Voilà pourquoi quelqu'un comme toi est ici."

Suivie une légère quinte de toux à cause de toute la poussière que Naraku avait propagé sans le faire exprès toutefois. Elle battit des mains en se retournant, ce n'était pas pour cela qu'elle allait gâcher son pouvoir, mais il était vrai que ne pas savoir se défaire de cela alors qu'on maîtrisait un tant soit peu le vent était particulièrement frustrant. Puis, Fumiko s'approcha de Naraku, sa main sur la bouche pour se protéger au moins un peu de l'air qui était devenu irritant, elle poursuivit :

"Lorsque nous en aurons fini avec cette maison... j'allumerai le foyer et la ferait brûler discrètement ...grâce à une bourrasque. J’emmènerai le shamisen également. Comme cela, si elle revient ici, elle n'y trouvera plus rien pour continuer ses exactions."

Une gêne certaine la prit lorsque seulement deux ou trois pas les séparaient. Par les Kami, cet homme avait failli la tuer ! Il avait beau lui avoir offert un talisman -d'une bien étrange façon, d'ailleurs- avec l'image qu'il lui rendait, elle pouvait estimer assez juste de le deviner particulièrement instable. Et s'il faisait ça dans le but de l'attirer et mieux l'empaler ? Après tout, elle le dérangeait et elle n'avait pas été franchement agréable. C'était stupide quelque part, mais elle préféra rester à bonne distance. Il était rapide, elle plus, mais la surprise suffirait à anéantir sa minuscule supériorité dans ce domaine pour qu'il puisse lui planter une de ses lames dans la gorge sans même qu'elle ne s'en rende compte.

"Qu'est-ce qui est écrit ? Des noms de villes ?" demanda-t-elle alors qu'elle ne distinguait que peu le contenu de la liste qu'il lui tendait. Après tout, elle n'avait pas les yeux aussi perçants que sa nièce.
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Haiko Naraku

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Jônin

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MessageSujet: Re: Insolente destinée Sam 22 Avr - 22:54

Ses mots en réponse aux siens voulaient éclaircir le mystère qui entourait cette enquête. Elle lui faisait part d'informations qu'il avait déjà entendues et dont il avait déjà confirmé ou non l'existence, suivant ses propres moyens. C'était dans ses habitudes de partager le minimum et il se fichait bien de jouer les idiots ou les ignorants. Il n'aimait pas tout simplement… la compagnie ? Trop de fois, il avait vu les autres gâcher des missions, les chances d'avancer. Il était naturellement dérangeant, mais il avait fini par se servir de ça comme d'un moyen pour éloigner les autres. Il ne trouvait rien dans la complexité humaine pour le satisfaire, se retrouvait toujours déçu ou pire, indifférent. Son chemin oscillait entre ce désir d'en finir avec cette futile existence et celui de répondre férocement à son propre instinct de survie. Depuis combien d'années faisait-il du surplace sans savoir véritablement où aller, comment se décider ?

Son regard cessa de parcourir la liste fictive des destinations qu'il avait inventées sans motif autre que celui de les emmener en balade pour un bon moment. Brusquement, il se tourna vers elle et plongea ses yeux dans les siens.

« Elle se battait comme une kunoichi, certes. Je ne t'ai pas menti quand je t'ai dit qu'elle n'était pas des nôtres. » Crois-moi, je suis assez bien placé pour le savoir, aurait-il pu ajouter, mais il s'abstint de lui donner cette information. « Je ne crois pas que toutes les kunoichi viennent du même endroit, elle pourrait tout aussi bien venir de chez vous. As-tu posé la question à ton jônin ? » Cingla-t-il.

Son assurance brutale s'étiola pourtant tout aussi vite, alors que son regard changea, qu'il réalisait. Qu'est-ce qui lui avait pris ? Il n'avait pas voulu se montrer agressif, pas envers elle. Est-ce qu'il allait encore lui faire peur ? Probablement. Ses vieux réflexes avaient pris le dessus, prouvant une fois de plus que Naraku ne réfléchissait pas, qu'il agissait, se basant intégralement sur son intuition sans se préoccuper de savoir si elle suivait ou non ses propres désirs.

« Go… gomen. »

Il soupira doucement. Sans qu'il ne sache pourquoi, elle ne lui menait pas une vie facile, mais pouvait-il vraiment lui reprocher quelque chose ? Qu'avait-elle fait après tout ? Il ne comprenait même pas pourquoi il essayait de faire des efforts ; il constatait simplement qu'il y échouait particulièrement bien.

« Des noms de lieux, plus précisément. Avec un peu de chance, la liste de ses autres cachettes. Si on ne trouve rien de mieux ici, ça nous fait toujours une piste à suivre. Je crains que cette traque ne commence pas comme on aurait pu l'espérer. »

Lorsqu'il eut terminé, il lui tourna à nouveau le dos, continuant de fouiller cette demeure bien vide. Elle n'était pas très grande, aussi cela ne devrait pas leur prendre beaucoup plus de temps qu'ils n'en avaient déjà passé, surtout pour des gens comme eux, habitués à remarquer le moindre petit détail, connaissant toutes les astuces possibles et imaginables pour dissimuler quelque chose. Sa main inquisitrice glissait sur tout, les parois, les meubles, les objets, le sol et le plafond aussi. Il n'avait pas besoin de faire semblant pour ce genre de chose, il y était aguerri depuis bien longtemps déjà. Le silence s'était à nouveau dressé entre eux, mais il n'aurait pas su dire si celui-ci était léger ou pesant. Son esprit n'était pas occupé par la fouille, mais par quelque chose d'autre de bien différent. Comment lui dire que…

« Je ne voulais pas te faire de mal, Fumi-chan. »



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Fukumi Fumiko

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Genin

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MessageSujet: Re: Insolente destinée Lun 10 Juil - 1:45


Il la surprit en faisant brusquement volte-face, si bien qu'elle sursauta prestement sur ses deux jambes, inquiète de la petitesse de l'espace qu'elle avait pourtant mis entre eux. La fausse question qu'il lui adressa ensuite fut de nouveau une énigme, qu'elle éclipsa en rangeant une mèche de cheveux ayant glissé de sa coiffure de danse, cachant par la même son air pincé. En procédant ainsi, Fumiko ne put voir combien il était désolé et elle s'en retourna calmement à sa fouille le temps de calmer son cœur affolé et la vive colère qu'il avait soudainement attisé en elle.

Pourtant, ce n'était pas la première fois qu'il lui rendait ces réactions-là. Elle avait presque oublié qu'il n'avait pas vraiment changé depuis qu'ils s'étaient rencontrés enfants, il était simplement devenu plus dangereux et si elle avait eu assez de flaire plus jeune, elle aurait compris que son futur n'aurait pu être autrement. Malheureusement, elle avait été naïve, si innocente...Sûrement l'était-elle encore malgré toutes ces années.

Fumiko lui lança un froid et gris coup d'œil lorsqu'il parla, signifiant qu'elle avait entendu mais qu'elle ne voulait pas lui répondre pour le moment. Pourtant, il avait raison : il n'y avait plus rien dans cette baraque qui pourrait les intéresser. Leur très bref séjour ici touchait à sa fin, mais avait-elle vraiment envie de voyager avec lui ? Avait-elle au moins le droit ? Elle était entrée troublée au village, mais sans trop de coups, rien qu'elle n'aurait pas su leur cacher en vérité à part une patte folle. "Rien qu'une vilaine chute", avait-elle dit aux curieux, un mensonge sans en être un véritablement...

Sous couvert de la fin de ses recherches, Fumiko prit le temps de réfléchir. Elle n'avait qu'un objectif : venger feu la Dame Eiichiro Suzuka, afin de se prouver qu'elle était encore capable de quelque chose et on le lui permettait, on l'encourageait à trouver des informations sur cet assassinat. C'était dans l'intérêt plein et entier de Eiichiro. Alors, elle n'avait qu'à suivre Naraku. Cependant...

A son tour, elle fit volte-face et lui lança :

"Si je dois te suivre, promets que tu ne me feras aucun mal..." Non, il était shinobi, il n'avait aucun honneur. "De toutes façons, si tu m'en fais, les autres sauront. Je ne suis plus aussi insignifiante que lorsque tu m'as connu."

Ça ne suffirait pas. Elle était d'une naïveté navrante. Si innocente...qu'elle en était elle-même devenue rouge de honte.
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Haiko Naraku

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Jônin

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MessageSujet: Re: Insolente destinée Dim 16 Juil - 0:55

Comment pouvait-il ignorer les réactions qu'il provoquait en elle ? Ces sursauts qui laissaient deviner la peur qui se terrait dans son cœur, sa haine aussi peut-être ? N'importe qui… n'importe qui l'aurait laissé totalement froid, il en aurait même sans doute ri, il aurait trouvé la personne en face de lui si faible et inutile, et pourtant… Mais elle n'était pas n'importe qui et il savait bien qu'elle n'avait rien de faible, non, elle avait peut-être peur, ressentait ce sentiment qu'il ne pouvait ni véritablement comprendre ni effleurer du bout des doigts, mais cela ne la rendait ni minable ni ridicule. Au fond de lui, il savait que son cœur était fort, d'autant plus maintenant qu'il avait appris qu'elle appartenait à Fuu. Si elle subissait là-bas ne serait-ce que la moitié de ce qu'il avait infligé aux siens, alors…
Mais il s'en fichait bien. Il n'avait pas besoin de se dire qu'elle était bonne combattante, tout comme le fait qu'il ait réussi à la vaincre ne lui déplaisait même pas, ce n'était pas, ça n'avait jamais été, ça ne serait jamais ce qu'il recherchait en elle.

Si son regard évitait de se poser trop souvent sur elle, ses pensées, elles, étaient incapables de se figer sur autre chose que sur sa compagne de mission. Ce n'était pas déplaisant d'être avec elle, de travailler en sa compagnie finalement. Il savait que cette volonté de s'enfuir, cette envie terrible de s'éloigner n'étaient qu'une protection qu'il voulait dresser entre eux, parce qu'il ne voulait pas la blesser, parce qu'il l'avait fait, parce qu'il ne voulait pas que ça recommence. Et comment pouvait-il lui promettre qu'il ne le referait pas ? Comment pourrait-il toucher sa confiance, la faire naître, la faire grandir ?
Elle restait là parce qu'elle avait une mission à accomplir, mais dès l'instant où ils n'auraient plus rien à faire ensemble, elle s'enfuirait, ils ne se reverraient plus jamais. C'était mieux comme ça. Alors pourquoi est-ce que plus le temps passait et plus il voulait se rapprocher d'elle ?

C'était comme s'il voulait… établir quelque chose d'humain entre eux. Lui le monstre, lui le démon, lui qui n'avait rien ni d'un homme ni d'un yōkai, il avait l'impression pour la première fois d'éprouver quelque chose qui ressemblait presque à ce qu'il s'efforçait d'imiter chaque jour.
Après avoir essayé d'être sincère et de lui dire ce qu'elle n'allait sans doute jamais croire, il avait cessé de s'agiter, posant simplement ses yeux sur elle, un regard assez neutre, mais qui n'avait presque rien de froid ou d'impassible. Pendant un instant assez long, il put l'observer davantage. Il avait rangé la feuille dans son kimono et son poing s'était fermé. Il se sentait… si impuissant dans ce qu'il voulait entreprendre. Il ne comprenait même pas le fil de ses propres pensées, ni vers quoi il voulait vraiment aller, seulement… elle éveillait en lui des souvenirs qui lui semblaient différents de ce qu'il avait toujours cru connaître. Sa douceur d'autrefois, ses sourires, ses mots rassurants… il désirait les voir et les entendre à nouveau, s'assurer que ce n'était ni un rêve ni une illusion, mais bel et bien quelque chose qui avait véritablement existé.

Lorsqu'elle se retourna, il plongea son regard dans le sien. Dans ses mots, elle semblait vouloir le mettre dans l'impasse. Y avait-il quoi que ce soit qu'il puisse dire pour la convaincre ? Quels mots seraient assez forts ? Quels mots sauraient toucher son cœur ? Il n'en connaissait aucuns. Les mots… ce n'étaient que des syllabes, que des sons, que des choses plates qu'il pouvait prononcer sans intonation, que des mensonges, que des chimères. Le mieux serait peut-être de la laisser là, de lui laisser poursuivre l'enquête dans l'impasse qu'il avait construite pour elle. Ainsi il ne la blesserait pas, ainsi elle n'aurait pas peur. Seulement, il n'en avait pas envie, maintenant que la violence avait disparue, maintenant qu'il était calme et qu'il pensait s'être habitué à sa présence tellement déstabilisante, il voulait rester avec elle.

Elle-même était consciente du ridicule de sa demande, rouge comme une pivoine. Ça ne la dénaturait pas pourtant, tout comme il n'avait pas envie de se moquer d'elle. Si seulement elle pouvait savoir à quel point il voulait satisfaire sa demande avec sérieux… Et soudain, ça lui apparut, comme une évidence, comme la seule réponse qu'il pouvait lui donner.
D'un geste lent pour ne pas l'effrayer, il vint saisir ses deux kodachi pour les libérer de son obi et, calmement, il les tendit dans sa direction.

« Prends-les. » Expliqua-t-il. « Garde-les. Ce sont eux qui font ma force en combat. Avec n'importe quelle autre arme, même avec mon poing, tu es assez douée pour déjouer mes coups. Je ne veux pas t'attaquer, je ne veux pas te faire de mal, mais une promesse ne suffirait pas à te donner confiance en moi, n'est-ce pas ? »

Son regard autant que ses mots paraissaient sérieux. Si jamais on venait à les attaquer et qu'elle avait besoin de son aide, elle n'aurait qu'à les lui rendre et si elle acceptait ce compromis, même s'il lui paraissait maigre, ils pourraient alors se mettre en route vers leur prochaine destination.



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MessageSujet: Re: Insolente destinée

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