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 Médecin malgré lui

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Haruaki

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Kuge

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Titre: Médecin du corps et de l'esprit
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MessageSujet: Médecin malgré lui Jeu 16 Mar - 16:05

Dans la lumière encore vive de cette fin d’été, la capitale des glaces rayonnait d’une étrange aura. Comme si une neige, pourtant invisible en cette saison, protégeait la ville à flanc de falaise dans son écrin scintillant. Haruaki avançait dans les rues pentues avec les yeux grands ouverts, émerveillé par la beauté harmonieuse des bâtiments. Le médecin se baladait actuellement en centre-ville, prenant le temps d'admirer les lieux et de détendre son esprit en pensant à autre chose qu'à son travail. Ce qui, de l'avis de Nozomi, n'était que trop peu arrivé depuis plusieurs semaines. Aussi couvait-il d'un regard attentif son maître, heureux de voir ce sourire discret, mais sincère éclairer le visage de l'empathe. Car depuis leur retour d'Hiyori, Haruaki était resté sombre et grave.

Finalement, ils n'étaient rentrés que depuis quelques jours que le médecin décidait de repartir courir les routes. Nozomi n'était pas dupe : son maître essayait de se changer les idées. Après quelques jours à faire son métier en itinérance dans la  campagne environnant Kasu, Haruaki avait dirigé Shirogane vers l'ouest sans un mot de plus. C'est quand ils avaient franchi les frontières Okaruto que Nozomi avait commencé à se poser des questions, il était rare qu'ils s'éloignent autant de Kasu. Et bien sûr, sans qu'il n'ait exprimé le moindre doute à haute voix, son maître l'avait immédiatement informé de son projet de se rendre à Fuyu. Le reste, Nozomi l'avait compris seul : le médecin espérait trouver, dans les immenses rayonnages de la bibliothèque du temple, des réponses au mal qui rongeait le corps de sa mère, mais aussi de d'autres qu'ils avaient croisés durant leur périple.

Haruaki frissonna et remonta le col de son kimono bleu clair toujours trop ample. Les températures n'étaient pas excessivement froides et avoisinaient les 15 degrés, bien loin des minimales de l'hiver. Néanmoins, après les records de chaleur de Setsu, c'était quand même très froid. Et puis Nozomi soupçonnait la fatigue d'alourdir les membres de son maître, même si ce dernier était trop borné pour l'admettre. Car passer des semaines sur les routes, même à cheval, fatigue le corps. Mais non, Haruaki ne s'en souciait jamais, quand il s'arrêtait c'était pour sa jument ou pour que Nozomi, qui marchait en portant quelques bagages, se repose. Jamais il ne songeait à lui, et c'était ce qui le rendait exceptionnel. Et ce pour quoi son serf dévoué se sentait obligé de veiller sur la santé de celui qui avait voué sa vie à celle des autres.

Aussi le serf hotta son écharpe grise pour la passer au cou de son maître qui le remercia d'un sourire. Il y avait bien longtemps que l'empathe avait cessé de se débattre contre les gestes d'attentions de son serf qu'il jugeait superflus. Maintenant, il les acceptait juste avec reconnaissance et se surprenait même à les apprécier.

"Il serait temps de chercher un endroit où nous reposer, maître. Nous aurons tout le temps d'explorer la ville demain."

Haruaki regarda son serf par en dessous, puisque l'homme le dépassait bien d'une tête. Néanmoins, il ne fit aucune remarque sur le fait qu'il était encore tôt dans l'après-midi ou qu'ils ne resteraient pas ici, car leur destination était ailleurs. Car tout cela, Nozomi le savait, tout comme son maître savait pertinemment qu'il s’inquiétait pour sa santé.

"Certes, juste le temps de trouver un apothicaire pour refaire mes stocks d'herbes médicinales et nous chercherons une auberge."

Nozomi acquiesça, satisfait, et ils se mirent en route. Après quelques minutes de marche dans les rues sinueuses de Ite, ils finirent par trouver ce qu'ils cherchaient et Haruaki poussa la porte de l'apothicaire.

"Vous revenez de chez Maeda-sama ? Comment va-t-il ?" S'enquit le gérant auprès du client qu'il servait alors.

Haruaki ne put s'empêcher de tendre l'oreille.

"Mal, je n'ai pas réussi à obtenir le moindre signe d'amélioration. J'ai peur qu'il ne soit parti bien loin cette fois." Répondit l'homme aux cheveux grisonnant.

L'apothicaire sembla compatir à son inquiétude et fini de servir son client avant de se tourner vers Haruaki. Alors que l'autre homme repartait, le médecin de Kasu ne put retenir les questions qui lui brulaient la langue.

"Excusez-moi, mais j'ai surpris votre conversation. Permettez-moi de me présenter. Je suis Haruaki,  moi-même médecin originaire de Kasu. Vous semblez confronter à un cas compliqué. La mise en commun de nos connaissances respectives pourrait peut-être vous aider."

Une intervention bien cavalière, et l'homme dévisagea d'abord ce parfait inconnu avec beaucoup de méfiance. Mais Haruaki se tenait digne, le visage avenant et visiblement concerné. Il sentait le doute de l'autre médecin, visible dans la tension de ses épaules, mais aussi son inquiétude réelle pour son patient qui se lisait dans les traits tirés de son visage.

"De Kasu vous dîtes, vous voilà bien loin de chez vous."

"Le voyage est le meilleur des professeurs, une leçon que mon sensei, Yosuke Tengûroda, m'a enseignée avec passion."

C'était à peine calculé, mais Haruaki avait remarqué que souvent, le nom de Tengûroda semblait évoquer certaines choses auprès de ses confrères, surtout les plus âgés. Ce n'était pas si étonnant, si le vieil homme avait fini sa vie dans la petite ville d'Hiyori, il avait aussi beaucoup voyagé, était reconnu pour sa compétence et avait une réputation d'érudit parmi les avertis. Et cette fois encore, cela fit mouche, provoquant un frémissement de son vis-à-vis avant qu'il ne se détende visiblement.

"Je vois... Effectivement, c'est un cas complexe. Maître Maeda est un Kuge réputé à Fukyuu, mais qui souffre malheureusement d'une santé fragile. Voilà bientôt deux jours, il est tombé dans le coma et ne semble plus vouloir s'éveiller. Il m'inquiète, car il est visiblement très faible et assailli par une fièvre que je peine à faire baisser. Vous me semblez honnête, aussi si cela vous grés, vous pouvez aller lui rendre visite à cette adresse. Précisez donc aux domestiques que vous venez de ma part. Je ne peux malheureusement pas vous accompagner, j'en viens et j'ai d'autres obligations aujourd'hui."

"Je comprends, merci de votre confiance."

Les deux médecins se saluèrent et Haruaki acheta ce dont il avait besoin avant de se rendre à l'adresse indiquée.

"Voilà nos projets un peu chamboulés." Commenta Haruaki sur le trajet.

"Vous faites votre travail, comme toujours." Répondit Nozomi et les deux hommes échangèrent un regard complice.

Le serf s’inquiétait pour la santé de son maître, mais jamais il n’aurait essayé de le dissuader de se rendre immédiatement chez ce malade, cela aurait été peine perdue. Même si Nozomi aurait préféré que l’empathe prenne un peu de repos, car il se doutait d’ores et déjà de l’issue de cette visite.

Quelques minutes de marche plus tard, les deux hommes arrivèrent devant une riche et vaste demeure. Haruaki s’annonça alors à la lourde porte de bois. Le domestique qui le reçut fut, en toute logique, très méfiant dans un premier temps. À l’évocation du nom de l’autre médecin, il se détendit un peu. Mais Haruaki était persuadé que seule son inquiétude pour son maître décida l’homme, car tout son corps trahissait les signes de sa fatigue et de son anxiété. Muscles tendus, yeux cernés, dos légèrement vouté et voix sans doute un peu plus traînante qu’à l’accoutumée, autant de signaux qui agissaient comme des systèmes d’alarme dans l’esprit de l’empathe.

Le domestique fit donc entrer le médecin et le guida jusqu’à la chambre de son maître en lui expliquant la situation. Haruaki engrangea la moindre information avant de finalement pénétrer dans la pièce légèrement surchauffée. Le médecin se dirigea rapidement vers le futon dont seules les ondulations de la couverture permettaient de deviner qu’il était occupé. Haruaki se pencha sur le corps faible et pâle, noyé dans les épaisseurs de tissus. Il eut quelques mots rassurants pour le domestique qui le regardait avec attention avant de se concentrer totalement sur son patient.

Maeda Ryohei était un homme aux traits fins, mais visiblement creusés par la maladie. Ses longs cheveux nacrés s’étalaient en cet instant en d’interminables boucles autour de son visage quasi figé. En le voyant, Haruaki pensa à une poupée de glace, il lui fallait même être attentif pour percevoir le faible mouvement de la respiration salutaire. Sans cela, il avait l’impression de contempler un corps figé dans le froid. Sur le visage blanc, un linge humide trônait, semblant prouver que la fièvre éprouvait le corps d’apparence si tranquille. Le médecin retira le tissu alourdi par l’eau et posa délicatement sa main sur le front de son patient. Inconsciemment, il était persuadé d’y trouver une sensation semblable à ce que sa vision lui renvoyait, froide. Aussi il fut presque choqué de sentir cette peau si brulante sous ses doigts. Rien dans son expression neutre et professionnelle ne le trahissait, mais Haruaki commença à comprendre l’ampleur du mal qui rongeait cet homme. Assailli d’une telle fièvre, il était pourtant complètement immobile, comme s’il était déjà trop faible pour combattre la maladie.

Dans l’esprit de l’empathe, c’était déjà tout vu. Néanmoins, par conscience professionnelle, il dégagea légèrement la couverture pour révéler le corps frêle prisonnier dans un fin kimono d’un ton uni, mais dont le tissu d’excellente qualité trahissait la richesse de son propriétaire. Le médecin écouta alors la respiration de son patient, s’inquiétant encore davantage de la trouver faible et sifflante. Il palpa quelques zones, incapable de tirer à l’homme alité la moindre réaction. S’affirmant dans la décision qu’il avait déjà prise plusieurs minutes aux parts avant, Haruaki remplaça la couverture et humidifia le linge dans le bac d’eau posé près du futon avant de le poser doucement sur le front du malade. Ceci fait, il se tourna vers le domestique :

"Votre maître est très faible, la fièvre éprouve son corps et la maladie ronge ses poumons et peut-être même d’autres organes. Il serait inutile d’user de remèdes à ce stade, le résultat serait très incertain. Je vais donc utiliser mon pouvoir, octroyé par Kasugami, pour aider votre maître. Il faudra compter trois jours, durant lesquels je vous demande d’entrer le moins possible dans cette pièce. Et si vous le faites, de ne surtout jamais entrer en contact physique avec votre maître ou avec moi. Il me faut une concentration impeccable."

Nozomi, qui avait suivi docilement son maître, habitué et peu surpris par la tournure des évènements, se leva et se dirigea vers la porte. Quand il vit que l’autre domestique hésiter, il lui fit signe de le suivre. L’autre allait peut-être protester, mais Nozomi l’anticipa :

Vous pouvez rester à bonne distance le temps que mon maître active son pouvoir, mais il nous faudra absolument sortir après."

Haruaki lança un regard de remerciement à Nozomi et eut un sourire rassurant pour l’autre homme.

"Ne vous inquiétez pas, votre maître va s’en sortir."

Cela suffit à décider le domestique et il s’éloigna. L’empathe s’installa alors en tailleur près de son patient, cherchant une position confortable, de longues heures d’immobilité étaient à prévoir. Alors qu’il fermait les yeux pour se concentrer, Haruaki se réjouit presque de ce cas. Certes, l’état de faiblesse extrême de Maître Maeda était inquiétant. Mais celui-ci avait de la fièvre, il était malade, et cela il pouvait le soigner. Ce n’était pas ce sommeil profond et inexplicable qui avait frappé les autres, comme il l’avait craint au début en voyant ce corps si immobile. Finalement, l’empathe chassa les pensées parasites de son esprit pour se concentrer uniquement sur son patient, tombant dans une profonde méditation.

La brume commença alors à apparaître dans la pièce, de minces filets tout d’abord, qui ne cessaient de s’épaissir. Après quelques minutes, la chambre était entièrement remplie d’un épais brouillard où l’on distinguait à peine le bout de ses doigts. À ce moment, Nozomi traina l’autre domestique dehors et s’installa devant la porte afin de veiller sur la tranquillité de son maître. Plongé dans le brouillard, Haruaki sentit cette sensation particulière signifiant que son pouvoir s’activait. C’était comme pousser de toutes ses forces une immense porte excessivement lourde. Et quand enfin elle cédait et s’ouvrait, Haruaki pouvait presque percevoir un déchirement dans l’air qui l’entourait. Le chuintement caractéristique qui lui indiquait qu’il venait d’étirer à son maximum la frontière entre le réel et le monde des rêves, le Yomi.

Alors la puissance coulait dans ses veines, immense, impulsive, insatiable. À cet instant précis, Haruaki se sentait prêt à déplacer des montagnes. Le pouvoir explosait en lui avec violence, bourdonnant à ses oreilles et échauffant ses muscles. Mais l’empathe avait appris à dompter cette puissance brute, au risque de se perdre, et son patient avec lui. Car le corps humain n’était pas fait pour supporter une telle déferlante d’énergie. Les premières fois, Haruaki avait essuyé quelques échecs avant de maîtriser son pouvoir.

Quand il fut sûr d’avoir stabilisé sa transe, Haruaki se concentra sur son patient, tendant vers lui son esprit pour l’amener à son tour à la frontière des mondes. Dans ce lieu comme en dehors du temps et de l’espace où l’esprit était roi. Où Haruaki, par la simple pensée, avait la sensation de pouvoir tout accomplir. Pour le moment il se limitait à soigner les corps, mais il lui semblait parfois que ses possibilités étaient en réalité infinies. La brume créait un portail vers cet état en dehors de lois qui régissent normalement le monde physique, et Haruaki y emmenait son patient avec lui.

Le médecin ne savait  pas comment ceux qu’il soignait percevaient ce moment. Certains ne s’en rappelaient pas, d’autres parlaient de sensations, d’images imprécises, parfois on lui rapportait un sentiment de paix ou au contraire d’angoisse indescriptible. Mais pour lui, c’était une explosion de couleur et de noirceur mélangée. Un état où il était à la fois déconnecté de son corps tout en étant hyper conscient de ses sensations. Attentif à son patient, il ressentait avec précision chaque respiration, chaque battement de cœur, le mouvement du sang ou les impulsions des nerfs.

Alors il imagina avec son esprit l’énergie passer de son corps à celui de Royhei, doucement, tout doucement. Et canalisée par la brume, l’énergie circula d’un corps à l’autre. Rien que cette étape lui prit sans doute de longues heures, mais tout à sa tâche, Haruaki n’avait plus conscience du temps. Quand il fut sûr que le corps du Kuge était désormais un peu revigoré, suffisamment pour supporter ce qui allait suivre, il se mit en chasse. Par la pensée, il repéra les endroits où la maladie rongeait le corps et lui ordonna de la combattre, de manière accélérée et aidé de sa propre énergie. Il s’imagina l'organisme de Ryohei guérir et, docile, la brume permit à ses pensées de prendre forme dans le réel.

Parfois, quelqu’un entrait et déposait un plateau avec un peu de nourriture, cela arriva peut-être 2 ou 3 fois, ou peut-être plus. Trop concentré, Haruaki n’avait que peu conscience du monde qui l’entourait. Peut-être était-ce Nozomi, comme il en avait l’habitude, ou bien l’un des domestiques de la maison. Quoi qu’il en soit, la règle absolue de ne jamais les toucher lui ou son patient fut respectée. Par automatisme, Haruaki donnait alors à manger à Ryohei, avant de s’alimenter un peu lui-même.

À la fin du troisième jour, la brume se dissipa aussi vite qu’elle était apparue. Épuisé, par l’énergie dépensée et par tout ce temps sans dormir et en mangeant au minimum, Haruaki chancela. Les bras puissants de Nozomi l’entourèrent alors, lui évitant de tomber lourdement au sol. De la suite, l’empathe au bord de l’évanouissement ne s’en souvient pas vraiment. Juste qu’il perçut les yeux de Ryohei bouger sous leurs paupières. Bientôt, le maître de la maison s’éveillerait, le corps fatigué comme après avoir couru un marathon, mais l’esprit alerte. Et surtout guéri, totalement, au moins pour un temps.


L M M J V S D
Délais de réponse : de 1 à 2 semaines

Jusqu'au bout des mondes

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Maeda Ryohei

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MessageSujet: Re: Médecin malgré lui Mer 3 Mai - 0:48

Encore une fois.
L'atmosphère sombre, les visages creusés, les tourments du passé avaient repris leur emprise sur l'une des demeures les plus lumineuses d'Ite. Encore une fois, un voile d'obscurité était tombé, sans prévenir, sans qu'ils n'y puissent rien faire d'autre que prier, pleurer, espérer. Encore une fois, le balai des médecins dont il fallait trier les imposteurs et les ambitieux, ceux qui apporteraient plus de mal que de bien. Encore une fois, ce sentiment terrible d'impuissance et puis l'attente à la lueur d'une bougie, tremblante. Encore une fois ; encore une ; peut-être la dernière.

L'habitude n'avait pas sa place en de telles circonstances. On ne s'y faisait pas. On ne pouvait pas l'accepter. Et pourtant... tout l'amour et la générosité du monde n'y pouvaient rien. Comme enchaînés, ils devaient se contenter d'être spectateurs, incapables d'accepter ce sentiment intolérable. Quelle que soit l'érudition, les connaissances, les dons, les prières, le destin, les Kami, rien n'y faisait, rien ne parvenait à un mieux, pire encore son état s'aggravait.
La fièvre avait plongé son corps dans un mal qui n'avait cessé de croître, rongeant trop vite ces maigres défenses toujours contraintes de lutter sans jamais connaître le moindre répit. Son esprit avait vacillé, cédé, ne serait-ce que pendant un bref instant et c'était bien le plus grave. Il avait abaissé les barrières, laissé la porte ouverte, perdu ce combat qu'il lui avait toujours été impossible de gagner.

Encore une fois.
Mais c'était différent cette fois-ci. Ça l'était toujours. On ne pouvait pas prédire le futur, on ne pouvait pas se dire que tout allait bien se passer, que ça allait s'arranger. L'injustice semblait frapper comme le plus terrible des maux. Puisqu'il n'avait pas d'ennemis, puisqu'il était aimé comme peu d'êtres vivants pouvaient l'être sur cette terre, il fallait bien un poignard taillé à sa juste mesure pour équilibrer la balance. Cruel destin, impitoyable existence et pourtant, sa situation lui avait permis à bien des reprises de faire la différence entre la vie et la mort.

Encore un qui frappait à la porte.
La lassitude sur son visage n'avait pas été masquée, il n'en avait pas l'envie, pas la force, n'avait pas fait le moindre effort à ce sujet. Qu'était-ce cette fois-ci ? Encore un homme qui croyait qu'il pouvait faire quelque chose, encore un qui pensait avoir les compétences qu'il fallait, encore un qui repartirait sans résultat. Fatigué, il eut envie de lui claquer la porte au nez, de lui dire que ce n'était pas la peine, qu'il lui faisait perdre son temps, qu'il ne valait pas mieux que les autres, mais il garda tout ça pour lui. Ils ne pouvaient pas abandonner, ils ne pouvaient pas le laisser livré à un tel sort. Et si celui-ci était capable de le sauver ? Et s'il allait pouvoir faire quelque chose, n'importe quoi, même la plus petite amélioration ?
Celui-là semblait au moins avoir été recommandé par quelqu'un qu'il connaissait, à moins qu'il n'use impunément d'un nom pour qu'on le laisse passer. Le domestique laissa échapper un soupir. Ce médecin-là n'avait pas l'air d'être un mauvais gaillard et il lui était inconnu pour la bonne raison qu'il venait d'un autre clan.

Après l'avoir écouté, il choisit de l'accepter, porté par sa vive inquiétude envers son maître, mais aussi par l'espoir qu'il puisse vraiment faire quelque chose. Ainsi, tout en le guidant jusqu'à la chambre, il lui expliqua son état, puis le regarda procéder à son examen. Rien de très différent de tous les autres, jusqu'à ce qu'il se mette à nouveau à parler, évoquant alors un fabuleux pouvoir des brumes qui était censé l'aider, le sauver. Cette idée ne lui plaisait pas trop. On lui demandait de laisser un inconnu seul avec son précieux maître et tel que c'était présenté, il comprenait qu'il ne pourrait pas vraiment savoir ce qu'il faisait, ni intervenir. Était-ce dangereux ? La vie de Maeda-sama était en jeu et accepter ou refuser pourrait bien lui être fatal.
Il se résigna pourtant après quelques minutes de réflexion. Mieux valait faire quelque chose plutôt que de continuer à attendre, ce qui n'était certainement pas la bonne solution puisque son état continuait à se dégrader. L'assurance de pouvoir rester pendant le début du procédé le rassura un peu et lorsqu'ils durent se résigner à quitter la pièce, il n'était plus temps de revenir sur cette fatidique décision. Interrompre le rituel pourrait causer des effets déplorables. Il ne restait plus qu'à attendre, qu'à prier.

*

La douleur était terrible. Immobile, muré, il ne pouvait se tordre de douleur. La fièvre avait imposé une telle emprise brûlante sur lui qu'il était incapable de s'en défaire, elle dressait un mur de brume dans son esprit, créait la confusion, lui ôtait tout jugement logique.
Un froid terrible glaçait son corps et en même temps, il brûlait vif. La souffrance avait fait glisser des larmes sur ses joues et il lui arrivait parfois de gémir lorsqu'il n'était pas plongé dans une inconscience des plus totales. Le désespoir qui l'avait accablé, frappé sans prévenir semblait lui être fatal. Son esprit profondément bouleversé n'avait pas su lutter face à cette menace et il s'était écroulé, totalement vaincu.

*

Où suis-je ?
Dans l'obscurité, perdu au milieu de nulle part, il ne faisait que flotter, pantin impuissant, subissant chaque tourment qu'on voulait lui infliger sans aucun moyen pour y échapper. Parfois un éclat de lucidité avivait son esprit et il cherchait à comprendre.

Où suis-je ?
Elle était toujours là, cette lumière parmi les ténèbres. Floue, vacillante, elle flottait. Aucune de ces choses ne lui paraissait improbable, en cet instant, c'était sa réalité. Cette silhouette lointaine lui paraissait empreinte d'une pureté qu'il n'avait encore jamais vue. Elle brillait du plus bel éclat. Ce ne pouvait être rien d'autre qu'une déesse.

« Anata wa dare desu ka ? »

Les mots, s'ils avaient pu s'échapper de sa bouche s'étaient évanouis dans les airs sans laisser aucune trace. Les sons avaient-ils résonné ? Il aurait aimé qu'elle puisse entendre ses mots. Il aurait voulu qu'elle se retourne pour qu'il puisse contempler son visage. Elle irradiait. Elle étincelait. Allait-il devenir aveugle ? Il s'en fichait, il ne regretterait pas si c'était le prix pour connaître une si belle vision.
Pourtant, c'était comme s'il y avait des chaînes à ses pieds. Incapable de se déplacer. Incapable de bouger. Incapable de la rejoindre.

« Matte kudasai... »

Doucement, lentement, de manière presque imperceptible, elle avait commencé à se mouvoir, à s'éloigner, à disparaître. Son cœur semblait se vider, son âme se détruire rien qu'à cette idée, rien qu'à cette vue. Non... Il avait encore besoin d'elle. Il avait encore besoin de ce soleil.

« Matte ! »

Mais les mots ne voulaient pas franchir ses lèvres, ses cordes vocales ne voulaient pas vibrer, comme si on lui avait arraché quelque chose, qu'il ne pouvait pas, qu'il ne pouvait plus. Sans qu'il puisse le comprendre, il s'était rappelé être effondré sur le sol ; sans qu'il le réalise, l'obscurité était tout autour de lui depuis une éternité. Ça faisait mal, si mal. Il se souvenait du désespoir, de l'horreur, de... Cette chose ? Quelle était-elle ? Quelque chose avait soudainement disparu dans son âme, c'était ça la raison qui l'avait jeté ici, c'était ça qui... Il se sentait si vide, il avait froid, il était seul. Le monde était silence, le monde était obscurité. Le monde était vide, le monde était glacial. Les larmes qui coulaient sur ses joues semblaient fausses, intarissables. Son corps lui-même lui semblait inconsistant.

Où suis-je ? Que se passe-t-il ? Où es-tu déesse ? J'ai besoin de toi... tant besoin de toi... ici et maintenant... ne m'abandonne pas... reviens à moi... je t'en prie...

C'était comme une angoisse, un monde de tourments où il gisait recroquevillé, abandonné à un sort cruel dont il ne pouvait se sortir lui-même. Il avait voulu lutter, se battre, mais... ses forces s'amenuisaient à chaque seconde qui s'écoulait, disparaissaient à jamais. Il était incapable de tendre le bras, incapable de lever la voix, incapable de bouger ou de faire quoi que ce soit. Était-ce la fin ? Seule sa conscience voguait péniblement, empêtrée dans le monde qu'avait dressé son démon, rien que pour lui, juste pour lui.

La mort...
Le vide...
Était-ce la fin de son chemin ?


Le mal avait repoussé trop loin ses résistances. Il s'accrochait, comme un fou, au souvenir de sa lumière, d'elle... aucun mot ne pouvait qualifier ce qu'elle était, mais c'était la seule chose qui l'avait sauvé d'une défaite totale, la seule chose qui lui permettait de respirer encore, de faire battre ce cœur qui ralentissait peu à peu. Elle... Il aurait voulu qu'elle ait un nom pour qu'il puisse le murmurer, il devait se contenter de son souvenir.

Pourtant tout basculait. Le sol n'était pas dur. Il coulait. Sans eau, sans air, sans rien. Ce n'était pas vraiment la sensation d'une chute, il semblait s'enfoncer, sans qu'il n'y ait de fin, sans qu'il n'y ait de fond, sans qu'il puisse faire quoi que ce soit pour... son regard aveugle ne pouvait pas voir la main, il fallait qu'elle plonge davantage, qu'elle parvienne jusqu'à lui, qu'elle l'attrape de force.
Dans l'atmosphère glaciale, une légère chaleur sur son poignet, quelque chose qui voulait l'agiter. Il avait tant sommeil pourtant. Le temps passa, tandis qu'il flottait dans cette semi-conscience, si basse qu'il était seulement capable de ressentir sans pouvoir analyser.

Le temps passa.
La lumière ne revenait pas, pas encore, mais il sortait doucement de sa torpeur. Son corps était devenu plus chaud, il semblait guérir d'une douleur qu'il ne ressentait même plus. Amorphe, il n'était pas capable d'ouvrir les yeux, pas capable de réfléchir à ce qu'il se passait, mais cette chose qui était venue le chercher avait éveillé en lui un sentiment de confiance. Il avait compris qu'il ne fallait pas lutter contre ça, il n'en avait pas la force de toute façon, alors il s'était simplement laissé guider.

Et le temps passa.
Un battement. La lumière perça brusquement l'obscurité. Trop vivement. Il avait sommeil.
Un autre battement. Combien de temps avait passé ? Il était incapable de bouger.
Un râle. Il ne pouvait pas entendre les voix, il ne pouvait pas percevoir l'agitation. Une chose était sûre, il revenait peu à peu à lui, il avait simplement besoin de temps. Juste de...

Lumière. Doucement, très doucement, il fut capable de s'appuyer sur ses bras, de se redresser un peu. La première chose qu'il vit fut l'un de ses domestiques, le visage baigné par des larmes.

*

Au bout des trois jours de remède, le médecin s'était effondré, à bout de forces et on avait laissé son domestique s'occuper de lui. Sans le moindre doute, il était celui qui savait ce qu'il fallait faire et on s'était contenté de lui apporter tout ce dont il avait eu besoin. Maeda-sama n'avait ouvert qu'une fois les yeux avant de sombrer à nouveau dans l'inconscience, mais quelque chose s'était passé, son corps avait été revigoré, il n'avait subsisté aucune trace de la maladie, on l'avait tout simplement sauvé. Il aurait certainement pu se lever et courir si sa très faible constitution ne lui avait pas nécessité de récupérer davantage de forces avant de parvenir à un état un peu plus stable.
Au matin du troisième jour après les soins, il avait été capable de se lever, de se tenir informé de tout ce qu'il avait manqué et il s'était comme toujours assis à son bureau pour rédiger ses premières réponses aux nombreuses lettres qu'il avait reçues. Il les avait faites toutes lire quand il avait repris conscience et il les avait toujours en tête, il avait simplement besoin d'un peu de temps.

Courageux et appliqué, il avait passé une grande partie de sa journée dans ses papiers quand on vint lui annoncer que le médecin s'était réveillé. Empreint d'une éternelle reconnaissance, aucune urgence n'aurait pu l'empêcher de se rendre à son chevet en cet instant précis et c'est ainsi qu'il fit glisser la porte et qu'il s'avança pour s'asseoir auprès du futon où on l'avait installé.

« Konbanwa, Haruaki-sensei, comment vous sentez-vous ? » Demanda-t-il d'une voix très douce.

Un sourire bienveillant illuminait son visage, même si l'on pouvait y voir aisément la fatigue et la faiblesse dont il était encore victime. Mais c'était bien loin de l'état dans lequel le médecin avait pu le voir et il n'avait rien besoin de plus que d'un peu de repos.
Puis, lorsqu'il vit qu'il était suffisamment éveillé, conscient, il s'inclina très bas.

« Dōmo arigatō gozaimasu pour tout ce que vous avez fait pour moi, aucun mot ne pourrait exprimer ma profonde reconnaissance. »



~
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Administration & Guide : Disponible
Rythme lent, mais pas inexistant (promis !)
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MessageSujet: Re: Médecin malgré lui Mer 3 Mai - 12:13

Le silence, calme et tranquille, reposant, mais aussi douloureux pour le serf dans l'attente. Nozomi avait compté les jours, les heures même pendant que son maître soignait le seigneur des lieux. Trois, il faudrait attendre trois jours avant que son maître ne se réveille à son tour. Une attente, qui à chaque fois plongeait le serf dans une angoisse terrible. Toujours, il avait peur que son maître ne se réveille pas de ce repos-là. Haruaki avait beau le rassurer, lui expliquer que ce temps faisait partie de son pouvoir, Nozomi n'en était pas moins effrayé. S'il perdait Haruaki, que deviendrait-il ? Et puis, il pouvait défendre son maître contre n'importe quelle attaque physique, même si son esprit avait oublié, son corps se souvenait, il savait comment manier les armes. Mais face à ce coma, il était impuissant, il savait que si son maître perdait pied en cet instant, il ne pourrait rien faire d'autre que de le regarder, sans savoir que faire.

Or cette fois, c'était différent. Ce repos normalement calme était agité. Il entendait la respiration de l'empathe se saccader par moment, il voyait ses yeux bougeaient sous leurs paupières. Parfois, Haruaki gémissait, s'agitait sous la couverture. À un moment, il s'était même presque réveillé, secoué d'un sursaut violent et avec un cri étouffé. Or ça, ce n'était pas normal. Mais Nozomi ne savait pas comment réagir. Appeler quelqu'un de la maison, leur expliquer ? Et après ? Personne ne pouvait aider le médecin, seul face à la volonté toute puissante de Kasugami. Alors le serf attendait, fixant son maître d'un regard inquiet et l'abreuvant d'eau sucrée régulièrement. Prenant délicatement la main d'Haruaki, le serf ne put que constater à nouveau à quel point elle était fine. Le médecin paraissait si fragile, et pourtant son cœur recelait d'une force que Nozomi n'avait jamais pu constater chez un autre. Privé de pouvoir, l'homme ne savait pas bien à quel dieu se fier, alors il lança sa prière au hasard, à celui qui l'entendrait, et il pria pour son maître.

Au matin du troisième jour, Haruaki ouvrit doucement les yeux. La première chose qu'il perçut fut son propre épuisement. Il avait eu son repos pourtant, mais le médecin ne pouvait que constater à quel point il avait été inefficace. Il se sentait lourd, ses jambes surtout, comme s'il n'avait pas arrêté de courir. L'empathe leva péniblement son avant-bras pour le ramener devant ses yeux. Il était encore tôt, aucun son ne venait troubler le silence de la maison et la lumière filtrée par la fenêtre était faible. Il avait couru, dans ses rêves agités.

Il courait après son frère, petit, il le ramassait quand il tombait, encaissant sa douleur. Puis son frère s'était éloigné, trop vite, trop loin, il n'avait pas pu le rattraper. Alors il avait pleuré, car il savait qu'il ne le reverrait plus jamais. C'était son maître qui lui avait fait ses adieux ensuite. Il avait eu ce sourire tendre qui, par delà la douleur, avait su réchauffer un peu cœur de son disciple : sans doute Tengoruda était-il fier de ce qu'il était devenu, sans doute... Puis Saya s'était éloignée à son tour, et pour fuir la douleur, les coups et les cris, il l'avait suivie. Néanmoins, comme son frère aux parts avant, elle marchait si vite, si loin, qu'il n'avait pas pu rester à ses côtés. Revivre ces pertes, définitives ou non, qui étaient les siennes avait meurtri son cœur. Mais ce fut quand il perçut la présence de sa mère, quand il la vit s'éloigner à son tour, englouti dans les ténèbres, qu'une sourde angoisse s'était emparée de lui. Il avait crié, couru, tendu la main, sans pouvoir la retenir. Ah, qu'avait-elle dit déjà ?

Une larme orpheline coula sur sa joue. Que les rêves sont cruels, vous forçant à regarder bien en face une réalité que vous ne faites que fuir. Il ne voulait pas, non, il ne pouvait pas l'accepter, il allait... Le sommeil à nouveau, enveloppa ses membres. Il s'y abandonna avec reconnaissance, encore un peu, juste un petit peu. Avant de sombrer totalement, il tourna la tête et aperçut la silhouette rassurante de Nozomi, appuyé contre le mur, se reposant sur son kodachi. Ah, oui, il pouvait dormir tranquille.

Il se souvenait des ténèbres et du désespoir le plus profond, d'un vide immense qui semblait vouloir l'avaler pour ne plus jamais le libérer. Du froid et de l'angoisse et au milieu de ce rien pesant, si plein de noirceur, une lumière lointaine, pure, presque aveuglante tant elle brillait. Il fut certain qu'elle le regardait et cette pensée l'emplit toute la fois d'une paix sereine et d'une peur sans nom. Il crut entendre un rire cristallin, un son si pur et léger qu'il se perdit dans l'immensité de ténèbres.

Haruaki ouvrit à nouveau les yeux, il devait être plus proche de midi maintenant, peut-être même passé cette heure, car la lumière du jour l'aveugla quelque peu. L'empathe dut faire un effort pour rassembler ses souvenirs, démêler le rêve de la réalité et remettre les fragments de sa mémoire en place. Finalement, il sut où il était et pourquoi. Alors il se laissa un instant bercé par les sons tranquilles de cette maison, quelques pas, quelques voix étouffées, quelques chants d'oiseaux. Ensuite, il bougea doucement, réveillant délicatement ses muscles endoloris par tout ce temps de quasi-immobilité. Alors Nozomi s'approcha de lui, le salua avec ce sourire soulagé qui laissait deviner à Haruaki à quel point il s'était inquiété. Le médecin le gratifia d'un regard de reproches, un peu trop attendri pour être sincère, puis il laissa son serf s'occuper de lui.

Il avait mangé et bu, Nozomi avait insisté là dessus. Puis comme pour le détendre, ou bien s'assurer qu'il était bel et bien vivant, le serf avait pris sur lui de peigner ses interminables cheveux bruns. Haruaki s'était laissé faire, appréciant l'attention. Maintenant, il se reposait à nouveau, il ne dormait pas, ses yeux ouverts étaient perdus dans le vague et lui-même n'était plus trop sûr de ce à quoi il pensait en cet instant. Le chuintement de la porte dissipa les brumes de son regard et il se redressa pour accueillir son hôte à peu près dignement.

"Konbanwa, Haruaki-sensei, comment vous sentez-vous ?"

La voix douce et calme fut comme une caresse à ses oreilles et il inclina la tête pour saluer le maître des lieux. Cet homme dégageait une telle prestance, une telle noblesse, pourtant contenu dans un carcan si fragile. Le médecin balaya les remerciements d'un petit geste négatif de la tête.

"Relevez-vous Maeda-sama, vous n'avez pas à me remercier de la sorte, je n'ai fait que mon travail. Vous m'avez permis de me reposer sous votre toit, c'est déjà exprimer votre gratitude." Déclara le médecin, sincère, avec un sourire doux.

Puis l'empathe détailla les traits fins de son vis à vis, les découvrant encore creusés de fatigue. Il en fut déçu, même s'il ne le montra pas, à part peut-être cette ombre qui passa dans son regard et cette tension de ses mains. Il aurait voulu pouvoir faire plus, peut-être que s'il avait continué les soins... Mais Haruaki savait ce qu'il avait perçu, la maladie avait été chassée du corps de Ryohei, continuer aurait signifié lui transmettre sa propre force vitale, risquant ainsi pour sa vie. Parfois, il fallait savoir reconnaître ses limites. Pourtant l'empathe ne put s'empêcher d'ajouter, avec un regard visiblement inquiet :

"Vous semblez encore très faible, Maeda-sama. Est-ce que tout va bien ?"

À cet instant, on entendit un rire étouffé, Nozomi qui avait repris sa place contre le mur baissa prestement la tête. Cet homme était impossible, même alité, le visage cerné, des kilos en moins sur ce corps déjà trop fin, il continuait à s'inquiéter pour les autres avant toute autre chose. Le serf écopa d'un regard en coin chargé de reproches, mais vraiment, il n'avait pas pu s'en empêcher.


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MessageSujet: Re: Médecin malgré lui Sam 27 Mai - 16:38

Les premières paroles qu'il put entendre du médecin le rassurèrent légèrement. Même s'il semblait encore faible, il avait assez de force pour parler et il ne doutait plus qu'il pourrait se remettre de tout cela. Ryohei avait dû mal à se pardonner l'état de son invité, il savait qu'il avait mis sa vie en péril pour lui et il se demandait même d'où pouvait venir un tel dévouement. Soigner était une chose, risquer la mort pour cela en était une autre. De toute son existence, il avait pu constater que les gens étaient plutôt égoïstes, ou du moins qu'ils tentaient d'avancer sur leur propre chemin et il le comprenait parfaitement, surtout lorsqu'il s'agissait d'aller aussi loin, surtout lorsque c'était pour un parfait inconnu. Tout le monde ne pouvait pas se dédier aux autres et s'il cherchait à apporter un peu de lumière tout autour de lui, il n'avait jamais rien demandé en retour, ne voulait surtout pas le faire. Cet homme, lui ressemblait-il ?

« C'était bien le minimum que je puisse faire pour vous. Ne comptez d'ailleurs pas vous sauver tant que vous ne serez pas parfaitement rétabli. » Ajouta-t-il sur un ton légèrement plus sévère, même s'il parvenait à y conserver sa douceur naturelle.

Il était hors de question pour le jeune kuge qu'il parte aussi vite, son hospitalité allait bien plus loin que cela et, malgré son corps encore fatigué et faible, son regard révélait une détermination qu'on ne saurait faire fléchir.
L'inquiétude dont il faisait part vis à vis du jeune médecin avait sa propre réciproque. Il venait de le guérir, mais il semblait tout de même incertain sur son état de santé. Ryohei se laissa aller à un léger rire. Oui, il était fragile et fatigué, il devait certainement faire peur et être plus blanc que d'ordinaire, mais c'était presque là son quotidien et il avait bien été contraint de l'accepter. Cet homme avait peut-être des pouvoirs exceptionnels, il était peut-être le seul à avoir été capable de le sortir de ses tourments, mais il ne pouvait faire davantage de miracles. Ryohei l'avait compris depuis longtemps, à force de voir défiler les médecins, à force de voir que sa faiblesse, son démon restait là, encore et toujours. Il n'y aurait rien pour le rendre fort, rien pour lui permettre d'affronter le climat sans crainte, rien pour qu'il puisse se laisser aller sans punition.

« Ne vous en faites pas pour moi, Haruaki-sensei, j'ai toujours été ainsi et il n'y a rien que vous puissiez faire de plus. J'irai mieux d'ici quelques jours, j'ai simplement besoin d'un peu plus de temps pour récupérer les forces que j'ai récemment perdues. »

Le sourire qu'il lui offrit en cet instant se voulait rassurant. Son domestique avait ri lorsqu'il avait entendu son maître s'inquiéter à son sujet et ses pensées étaient justes. Il n'était plus temps de s'inquiéter pour le malade qui était sorti de son état critique, mais plutôt pour le médecin qui s'était lui-même plongé dans un affreux état.
Appelant un de ses propres serviteurs, Ryohei demanda à ce qu'on leur apporte du thé et de quoi se sustenter. Il était important qu'il puisse reprendre des forces et il tenait par dessus tout à lui offrir la meilleure hospitalité possible.

« C'est pour vous maintenant qu'il faut s'inquiéter, mais si votre état vous le permet, j'aimerais rester en votre compagnie pour discuter un peu. »

Ryohei ne voulait pas lui imposer sa présence s'il se sentait trop fatigué pour tenir une conversation, il ne lui avait laissé que très peu de temps depuis son réveil après tout. Cependant, rien que dans ses yeux, il voyait une lueur qui le rassurait. Pour lui aussi, ce n'était certainement plus qu'une question de temps. On lui avait dit que son sommeil avait été très agité et il y voyait là l'occasion de le distraire un peu.

« On m'a dit que vous veniez d'Okaruto. Qu'est-ce qui vous a poussé à venir d'aussi loin ? Voyagez-vous régulièrement pour exercer votre fonction ? » Demanda-t-il finalement, intrigué par cet homme qui semblait parfois lui ressembler, mais être aussi si différent de lui.



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MessageSujet: Re: Médecin malgré lui Lun 29 Mai - 17:14

Maître Maeda était un exemple de bonté et de sincérité qui agissait comme une caresse pour l’empatie un peu à vif de son invité du moment. Haruaki sentait l’inquiétude de son hôte, ainsi que sa curiosité dépourvue d’arrières pensés. Et cela l’apaisa plus que n’importe quelles paroles, le mettant en confiance, lui donnant envie de connaître le maître des lieux autant que ce dernier désirait le connaître lui-même.

Néanmoins, il ne voulait pas que Maeda-sama s’inquiète plus que de raison pour lui. Premièrement, ce n’était pas bon pour cet homme affaibli, et deuxièmement, ce n’était pas la peine, il allait bien. En plus, il avait déjà Nozomi pour le couver d’attention, c’était bien suffisant ! Et puis, il sentait cette pointe de culpabilité venir titiller son empathie par-delà toute l’influence bénéfique de maître Maeda. Or ça, il n’en était pas question ! Si le patient commençait à être plus inquiet que le médecin lui-même, c’était le monde à l’envers ! Et puis quelle image donnerait-il ainsi ? Non vraiment, quel manque de professionnalisme !

Ce petit monologue d’auto persuasion intérieure, emprunt d’une certaine ironie, vint renforcer le sourire déjà avenant du médecin. Il allait donc s’assurer que le maître des lieux abandonne rapidement cette idée de s’inquiéter de sa santé. Pour cela, Haruaki pouvait user de mots certes, mais il savait aussi que sa meilleure arme était son corps lui-même. Port droit et digne, regard déterminé et sourire assuré, on était toujours plus enclin à croire quelqu’un qui paraissait bien que quelqu’un qui se contentait de l’affirmer. Maîtrisant le moindre de ses mouvements, il était aisé pour l’empathe d’effacer la fatigue de son visage, surtout face à quelqu’un qui le connaissait peu. De plus, cela lui permettait aussi de masquer ses propres tourments.

En effet, l’impuissance était peut-être l’un des sentiments les plus difficiles à supporter pour un médecin. Ce moment où aucun traitement ni aucun bandage ne saurait être d’une quelconque efficacité. Cet instant où le rôle du médecin change, passant de soignant à simple accompagnateur. Désormais, le but n’était plus de guérir, mais simplement de soulager la souffrance et d’aider au mieux le patient à avoir une vie décente malgré tout. Ce rôle était le plus dur à accepter, certains médecins le considéraient comme un abandon, ou bien comme le travail d’un autre. Mais Tenguroda lui avait bien appris, il lui avait enseigné que ce rôle faisait partie intégrante du métier. Néanmoins, cela restait difficile à accepter, reconnaitre ses limites n’était jamais un exercice simple ou agréable. Pourtant, Haruaki avait déjà expérimenté plusieurs fois ce point de non-retour, il avait constaté à quel point l’acharnement à guérir à tout prix pouvait être destructeur, aussi bien pour le patient que pour le soignant.

Dans le cas présent, il avait senti lui-même les choses, quand il avait soigné ce corps trop faible. De plus, Maeda-sama semblait ici pleinement conscient de ses propres limites. Ce n’était pas de l’abandon, mais bien de l’acceptation, et cela pouvait même être une force. Un peu comme lui avait fait de son empathie, qui aurait pu détruire sa vie, un incroyable moteur pour avancer. Aussi Haruaki n’insisterait pas, acceptant et endossant pleinement le rôle qui était le sien.

La remarque de son hôte lui fit prendre conscience que celui-ci en savait peut-être plus sur lui que l’inverse. Le médecin s’étant arrêté au simple fait que le maître des lieux avait besoin de soin, sans vraiment chercher à savoir qui il était et quelle fonction il occupait.

"Je vous en prie, restez ! Je vais bien, et avoir de la compagnie m’est certes plus agréable. Répondit le médecin avec un grand sourire. Effectivement, je voyage depuis Okaruto, et si j’ai jadis sillonné les routes aux côtés de mon maître, cela faisait bien longtemps que je n’avais plus quitté les frontières de mon clan natal. Néanmoins, les récents évènements m’ont poussé à reprendre la route en quête de réponses, ma destination finale étant la grande bibliothèque de Fuyu."

Il n’avait aucune raison de mentir sur ses intentions, tout comme il n’avait nul besoin de préciser de quels évènements il parlait, cela semblait évident. Il garda néanmoins pour lui la raison qui le motivait si fortement à chercher des réponses, son interlocuteur n’en avait pas besoin pour comprendre la situation.

"Et finalement… Puis-je savoir à qui ai-je l’honneur exactement ? Pardonnez ma question, mais vous n’étiez pas des plus bavards quand nous nous sommes rencontrés la première fois."

Le ton était rieur, tout comme le sourire, et cette simple boutade en disait long sur le personnage : réellement curieux de la réponse, suffisamment détaché pour se permettre ce genre de plaisanterie malgré le fait qu’il se savait au moins face à un noble important. Il n’y avait pourtant pas une once d’irrespect dans ces mots, juste un homme simple qui discute avec un autre.


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MessageSujet: Re: Médecin malgré lui Ven 14 Juil - 22:00

Ses mots d'inquiétude avaient à peine été prononcés qu'il put voir sous ses yeux un net changement dans l'attitude de son interlocuteur. Peu à peu, cette impression de faiblesse, probablement due à son réveil et aux jours difficiles qu'il avait passés, s'estompait pour dévoiler un jeune homme qui, sans être véritablement en pleine forme, se portait plutôt bien. Cela fit naître sur ses lèvres un doux sourire et dans ses yeux des étincelles d'émerveillement. Il ne pouvait cesser d'admirer la bonne santé du commun des mortels, cette faculté à se rétablir si vite et qui lui manquait cruellement, sans toutefois qu'il n'en jalouse l'aptitude. C'était d'autant mieux que ce médecin en ait la capacité, puisque le pouvoir dont il faisait usage pour guérir les pires maux le plongeait dans un épuisement et une faiblesse considérables.

Plus que tout, il se trouva ravi d'entendre que son hôte désirait qu'il reste en sa compagnie, ainsi que de connaître les réponses à ses premières questions. Comme il pouvait aisément le comprendre, les endormissements qui avaient touché tant d'hommes et de femmes, les attaques qui avaient volé d'autres vies avaient bouleversé bien des quotidiens, poussant chacun à trouver des réponses, des solutions, des consolations.
Ryohei pouvait s'estimer chanceux, sa famille allait bien, personne dans son entourage proche n'avait succombé à l'une ou l'autre de ces malédictions. En revanche, son clan avait subi de dures pertes et un effroyable déséquilibre chez ceux qui les gouvernaient, que ce soit leur daimyō, leur kannushi ou cette fatalité qui semblait toucher tous les derniers taishō… À chaque fois qu'il avait ce genre de pensée, le kuge voulait prier pour leur avenir et plus que tout, espérait que les Kami puissent entendre ses aspirations. L'avenir de leur clan, mais surtout la vie de chacun étaient tant dépendants de tout cela…

Il brûlait de poursuivre ce début de conversation, cependant, il se sentit immédiatement embarrassé lorsque Haruaki voulut en savoir davantage à son sujet, lui faisant part de son ignorance totale.

« Oh, veuillez m'excuser, je manque à tous mes devoirs. » Répondit-il en riant légèrement. « Ici, le nom de ma famille est bien assez connu pour que je n'ai jamais eu à en faire les présentations et il en devient presque de même concernant le mien. »

Sa manière de parler ne laissait transparaître aucune prétention à ce sujet, mais simplement la réalité telle quelle était, sans qu'il ne cherche ni à l'amoindrir, ni à l'amplifier.

« Les Maeda sont réputés pour être une grande famille de samouraï depuis la fondation de notre clan, le simple fait de porter leur nom est un immense honneur. Quant à moi, je suis né trop faible pour faire briller cette lumière, il m'a donc fallu trouver une autre voie pour espérer arriver un jour à leur hauteur. Je suis donc devenu kuge, historien de notre clan et calligraphe de renom, mais je ne doute pas que ma célébrité existe surtout par le biais des gens de votre profession. »

Il rit à nouveau, rayonnant malgré les tristes faits que toute cette vie impliquait inexorablement. En ouvrant les yeux, en revenant à la vie, il avait su retrouver sa sérénité habituelle. Sa confiance autant que sa foi étaient bien là et il n'était pas du genre à faire planer des ombres, essayant de rester optimiste autant que possible.

« Je comprends désormais la raison de votre voyage. Ces derniers mois ont apporté tant de malheur à notre continent… J'espère de tout cœur que vous pourrez trouver vos réponses dans la bibliothèque de Fuyu. Êtes-vous déjà allé là-bas ? C'est un endroit absolument merveilleux, j'aime m'y rendre aussi souvent que possible, lorsque mon temps et ma santé me le permettent, bien sûr. » Poursuivit-il sur ce ton doux et bienveillant qui lui seyait si bien. « J'aimerais vraiment pouvoir vous aider et, même si mon savoir en matière de médecine est certainement ridicule face au vôtre, peut-être pourrais-je vous recommander quelques-unes de mes relations dans le clan qui seraient capables de vous épauler dans vos recherches ? »

On frappa discrètement à la porte et une fois que Ryohei lui en donna l'autorisation, une domestique entra dans la chambre pour leur apporter un plateau avec du thé ainsi que quelques plats. Le kuge se leva donc pour s'asseoir jusqu'à la petite table et invita à son hôte à faire de même. Délicatement et d'un geste aguerri, il versa le liquide brûlant dans les deux tasses qu'on avait prévues.

« Avec vos talents, vous devez être aussi réputé que réclamé dans votre clan. Je serais curieux d'apprendre d'où vous vient une telle vocation, Haruaki-sensei. » Ajouta-t-il en souriant avant de plonger ses lèvres dans le thé confectionné avec talent.



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MessageSujet: Re: Médecin malgré lui Lun 17 Juil - 22:27

Il fut satisfait de sentir que Ryohei était désormais plus rassuré quant à son état. Voilà qui était une bonne chose, le Kuge ne se ruinerait plus la santé en s’inquiétant pour la sienne. La joie que manifestait son hôte à converser avec lui était communicative et réciproque. Ryohei semblait partager son inquiétude au sujet des récents évènements. Comment aurait-il pu en être autrement ? Ce qu’il s’était passé et les conséquences qui avaient suivi étaient dans tous les esprits. Chacun essayait pourtant de continuer sa vie, réagissant à sa manière. Certains préféraient oublier, d’autres cherchaient des réponses, il n’y avait pas de réactions meilleures que les autres, le tout étant de continuer à avancer.

Haruaki eut un sourire un peu désolé face à la gêne de son interlocuteur, après tout, c’était aussi un peu de sa faute, s’il prenait plus de temps pour se renseigner sur les grandes familles de chaque clan, sans doute n’aurait-il pas à poser la question. Heureusement, ce fut de l’embarras et non la frustration qui en ressortit pour le Kuge. Un jour, l'empathe allait vraiment vexer quelqu’un en posant cette question, d’ailleurs c’était déjà arrivé par le passé. Dans le cas présent, l’absence d’orgueil dans les mots de son hôte lui prouva que c’était finalement quelqu’un de simple qui ne retirait aucune gloire exagérée de sa position, ce qui plut à l’humble empathe.

"Ne vous excusez pas, Maeda-sama. C’est de ma faute aussi, si je prenais un peu plus le temps de m’intéresser à la politique et aux différentes influences de par les clans… Mais j’avoue que ce sujet ne me passionne guère. Comprenez-moi, mon travail est de soigner les gens dans le besoin, peu m’importe alors qu’ils soient Kuge, serfs, religieux ou samouraïs." Se sentit obligé de préciser Haruaki avec un sourire un peu gêné.

Puis vinrent les explications, et avec elle une lueur d’intérêt éclaira les yeux verts d’eau du guérisseur. Néanmoins, il s’abstient de tout commentaire, ne voulant pas couper la parole à son hôte. Haruaki prit un instant pour s’émerveiller d’être face à un homme détenant tant de connaissances, puis ria avec lui à sa boutade. Il se sentit profondément honoré par la proposition que le Kuge lui accorda, il s’inclina donc et le respect teinta ses mots :

"Maeda-sama, votre aide me serait forte utile et infiniment précieuse."

À ce moment, une domestique apporta boisson et nourriture, Ryohei s’installa donc à table et Haruaki le suivit, se levant avec précaution. Son corps était un peu raide, mais rien d’insurmontable ou de véritablement douloureux, il était habitué à bien pire avec les effets de son autre pouvoir.

"Pour vous répondre : oui, j’ai eu l’occasion d’aller à Fuyu lorsque je voyageais avec mon maître. Même si c’était il y a plusieurs années, j’en garde un souvenir magnifique : tant de connaissances réunies au même endroit !" Continua l’empathe en s’asseyant.

En soi, Haruaki était même heureux de retourner dans ce lieu qu’il considérait comme magique tant il semblait renfermer l’intégralité des connaissances des Hommes. Ou du moins la moitié, car il était probable que l’autre moitié soit conservé à Birei. Néanmoins, Haruaki n’avait jamais posé le pied à la capitale impériale et probablement n’irait-il jamais, aussi il se contentait bien assez de Fuyu. Il était juste dommage que son voyage soit motivé par des raisons bien funestes.

Son hôte continua alors la conversation avec une question qui fit sourire Haruaki tandis qu’il refermait la main sur la tasse échauffée par le thé odorant. Ce n’était pas le fait qu’on s’intéresse à sa petite personne qui rendait le guérisseur joyeux, mais simplement qu’il allait ainsi pouvoir réagir à ce qui avait été dit plus tôt.

"J’ai effectivement réussi à me faire connaitre de manière respectable à mon humble échelle. Commenta-t-il, mais comme pour Royhei précédemment, aucune fierté mal placée ne suintait de ses mots, il énonçait juste un fait.

Pourtant rien, à priori, ne me destinait à cette voie au départ. Né Okimura avant que je n’abandonne ce nom, j’étais plutôt appelé à suivre la voie des bushis, mon père étant un samouraï respecté, comme son père et son grand-père avant lui. Mais je ne vous fais pas un dessin, vous semblez connaitre le principe. Conclut-il avec un sourire en faisant référence à ce qu’avait énoncé Ryohei précédemment.

Néanmoins, une constitution fragile et une sensibilité qui me fit rapidement développer une aversion pour les armes m’ont écarté de cette destinée. Ensuite, il s’agit d’un enchaînement d’évènements dont seuls les kamis ont le secret, mais qui eut pour effet de me faire rencontrer celui qui deviendrait mon maître : Yosuke Tengûroda. Dès lors, il m’a paru absolument naturel de me diriger vers la médecine. J’étais, et je suis toujours, bien plus enclin et plus capable à soigner les blessures plutôt qu’à les infliger" termina-t-il, rieur. Puis il goûta à la boisson parfaitement infusée, révélant ces arômes fruités qu’il affectionnait tant.


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