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 Retrouvailles sur le fil de l'araignée

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Abe no Chikanori

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Onmyôji

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MessageSujet: Retrouvailles sur le fil de l'araignée Sam 22 Avr - 22:51

Jour 12, Lune du Rat de l’année 41,
Demeure des Abe no, Geki.

Deux jours qu’une intense pluie exceptionnelle fendait la Lune du Rat. Les vents étaient rares mais les bourrasques, sèches. Plus personne ne trainait dehors. Le ciel, parfois zébré d’éclairs, revêtait ses noirs les plus profonds.

L’ambiance à la demeure des Abe no était lourde. Le silence n’était coupé que par les grondements des cieux. On se chuchotait nerveusement comme si le deuil les avait frappés. Les préparatifs entrepris pendant l’après-midi étaient terminés et la maison retenait son souffle, attendait impatiemment que les heures passent. Si la famille commençait à s’habituer à l’événement, il provoquait toujours une immense tension.
La passerelle menant à l’endroit était complètement déserte. Les pas s’y réverbéraient sourdement dans le plancher qui craquait à cause de l’humidité. Au bout se trouvait une salle bien isolée de toutes les autres, dont les volets étaient exceptionnellement rabattus. Sur leur revers figuraient d’imposantes inscriptions que la lumière des raies rendait lugubres. Il y avait de tout, pour parer à toute éventualité : des sceaux pour retenir les miasmes, d’autres pour éloigner les mauvais esprits ou pour stabiliser les énergies. Plus littérales, des pans de tissu portaient des prières à l’intention des Kamis. Tout cela n’avait de secret pour lui, et il les relisait, consciencieusement ; avec lenteur même. Chaque syllabe était très précisément distincte des autres, un équilibre en émanait. Il avait été intraitable là-dessus. Aucune confiance et aucun écart n’avait été toléré, au point qu’il en avait rédigé une bonne partie lui-même.
Ce dernier tour d’inspection fait, il s’introduisit dans la pièce, faisant coulisser la porte pour la refermer derrière-lui.

C’était la pénombre. Dans le plus grand des silences et sans précipitation, il s’approcha des lampes, une à une, pour en allumer les bougies grâce à la lanterne qu’il avait apportée. Comme imitant un rituel, il eut les mêmes gestes pour s’accroupir et ôter l’écran de papier, observant la mèche s’embraser au contact de la source de chaleur qu’il approchait. Ce calme dont il faisait preuve trahissait en réalité sa grande nervosité, et il recherchait dans la lenteur et la précision à l’évacuer. Cela fonctionnait peu. Rien ne semblait apaiser l’agitation qui lui accaparait l’esprit.  
Une fois les lampes allumées, l’allure complètement austère de la pièce se révélait. Il n’y avait aucun meuble ; les inscriptions, comme identiques à celles de l’extérieur, tapissaient les murs et empiétaient même sur le sol et le plafond. Des cordes sacrées disposées suivant les lignes parallèles de la pièce attendaient que l’on fasse appel à elles. Il parcourut l’équipement du regard, constata qu’il était plus chargé que la dernière fois, et comme par une once de paranoïa, s’attela à la relecture des sceaux intérieurs.

Le maudit, comme beaucoup le surnommaient à présent, rodait dans cette salle comme il l’avait déjà fait les jours précédents pour s’assurer que tout était à sa place. Malgré qu’il sache d’où venaient ses inquiétudes, il n’arrivait pas à les taire.
Suite à leurs recherches, les Onmyôji du clan avaient proposé une amélioration du sceau qui lui garantissait la vie sauve, qui aurait l’avantage de durer plus de temps que l’ancien. Perplexe, mais pas réfractaire, il avait accepté ce changement après en avoir validé la formule. Autre nouveauté, la personne qui allait s’en charger n’allait pas être la même. Grand-père Hiroshi se faisait vieux et malgré la santé qui l’animait, le dernier rituel lui avaient imposé plusieurs jours de repos. C’était à Miwako, l’étoile du clan, que la tâche était dorénavant confiée. Ils ne s’étaient parlé depuis un certain moment. Son anxiété émergeait aussi  à cause de ça, quand bien même il la savait largement assez compétente pour assumer la responsabilité de cet acte. En lui confiant sa vie, il ne pouvait en être autrement.  
Si les choses n’étaient dites qu’à demi-mots, il savait qu’en cas d’échec, la famille ne pourrait se permettre de laisser la calamité sortir de cette pièce, ce pourquoi tout était fait pour l’y enfermer si nécessaire. Une fois les portes fermées et les sceaux activés, il ne pouvait en ressortir seul. Dans la maison principale, les autres Onmyôjis étaient prêts à apporter support.

Comme si tout cela n’était pas suffisamment dur à vivre, son père avait jugé pertinent, comme à chaque fois, de lui rappeler à quel point il le méprisait. Son visage se crispa lorsque, comme un écho, les mots lui revinrent à l’esprit :

« Mesure toute l’énergie que notre famille gaspille pour te garder en vie, Chikanori ! »

Au bout de sa main, la lanterne trembla. Il devait se calmer. Rien de bon ne découlait de la colère, il ne le savait que trop bien. Il pourrait évacuer tout cela une fois cette affaire réglée. Pour le moment, il devait inspirer lentement, et expirer de la même façon en vidant son esprit.

L’orage grondait encore. Chaque goutte martelait le sol, et en se concentrant, on pouvait entendre le bruit sourd que certaines faisaient en heurtant les tuiles, et le glougloutement des gouttières. Les yeux fermés, il se laissa emporter par un léger frisson, une chair de poule le parcourut. Ses jambes lui parurent lourdes, de même que la lanterne qu’il tenait devant lui. Chikanori réalisa la fatigue qui lui pesait, et lorsqu’il porta une main au visage pour se frotter les yeux, le tissu recouvrant son œil droit ondula. Il soupira. Sa vision s’hasarda du sol à sa propre personne, où comme à son habitude et depuis toujours, il portait du gris foncé sans once de fantaisies.
Relevant le regard sur les inscriptions, il se sentit moins happé par elles.

Quand il entendit le grincement discret venant de l’entrée, il continua de parcourir les runes du regard et se mit à parler d’un ton neutre, plutôt comme à lui-même que pour cet interlocuteur donc il se doutait de l’identité :

_ C’est l’heure, j’imagine … chère cousine …

Faux-calme, son esprit dévia sur l’attitude qu’il devait adopter vis-à-vis d’elle, chose qu’il n’avait pas faite en l’interpellant. Miwako était-elle restée comme dans son souvenir, ou avait-elle changé ? Depuis ses dix-huit ans ils n’avaient cessé de se louper, s’adressant rarement plus que des salutations lorsque l’occasion s’y prêtait. C’était finalement pour cette triste raison qu’ils allaient passer du temps ensemble.
Finalement, il se retourna légèrement vers elle, le regard carmin s’entrouvrant sur celle-ci. Une certaine distance les séparait, et il la jaugeait silencieusement.
HRP:
 
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Kenshu Miwako

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Daimyo

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MessageSujet: Re: Retrouvailles sur le fil de l'araignée Sam 13 Mai - 0:59

Miwa révisait une dernière fois le sceau complexe que son grand-père lui avait enseignée. L’échec lui était interdit, les conséquences seraient trop graves. Yeux fermé, elle répétait les gestes consciencieusement.
Un frisson la parcourus alors que ses pensées dérivaient sur chikanori et la ramenait à l’accident. Elle avait été là le jour où il avait lancé sa malédiction et les souvenirs de cette journée cauchemardesque remontaient. Son grand-père était arrivé parmi les premiers pour la guider ainsi que quelques autres. Il avait eu le sang-froid et les connaissances nécessaires pour apposer en urgence les sceaux pour contrer cette horreur, qui dévorait un de ses descendants. Sans lui, les kamis seuls savent la tournure qu’aurait pu prendre cette mésaventure.
Le religieux borgne avait toutefois composé pour cette occasion un sort unique et particulier. Hiroshi n’avait pu que constituer une barrière contre un sort ressemblant à celui lancé par le fils aîné de son cadet. Normalement une amulette correct tiens une année, mais celles posées sur le religieux malheureux ne durait pas. Alors que l’homme maudit gisait sur son lit, entre la vie et la mort, son maître, ainsi que son cadet et Miwa avait dû à plusieurs reprises changer ce sceau. Ils avaient également entrepris des recherches afin de l’améliorer. Ils avaient veillé sur cet homme complexé et maladroit, mais qu’ils aimaient tant.
La demoiselle était resté aussi longtemps que les étoile lui avait permis. Sa mission passait en priorité, sa famille et son sens du devoir ne lui permettait pas d’agir autrement. La jeune femme était donc repartie sur les routes et à chaque retours avait veillé au chevet et avait raté son réveil de ce second grand-frère. Il ne l’était pas de sang, c’était son cousin, mais dans son cœur il occupait cette place et la conserverait probablement jusqu’au dernier souffle de la jeune femme.

Son cœur accéléra à cette pensé et ses yeux se portèrent sur l’autel dédié au mort et sur le portrait dessiné de son frère. Elle avait déjà du mal à se remettre de la mort de Tsuyoshi dont elle était partiellement responsable. Il était hors de question qu’une fois de plus, elle soit la cause d’une telle catastrophe.
La futur chef de clan prit une dernière grande inspiration, pour chasser ses craintes et ses doutes. L’état d’esprit était la clef de voûte de leur art. La détermination, la certitude et le calme, leurs piliers.

La demoiselle sortie de la pièce et trouva une atmosphère poisseuse. Isolée jusque-là, elle avait été à l’abri de cet air étouffant. Un sourire se traça sur le visage, une tel scène, jusqu’à la pluie, c’était presque la caricature de l’onmyodo lorsqu’il était perçu comme quelque chose d’obscur, voire dangereux. Cette ironie amusait la religieuse, à l’humour facile.

Alors que ses pas la menaient vers l’abri au fond du jardin, elle trouva sur son chemin ses deux gardiens. Onji attendait calmement, tandis qu’Hono montrait ses crocs pour signaler son irritation.

« Je n’aime pas ça. »

Rajouta-t-elle à l’intention de sa protégée, pour la forcer à s’arrêter. La gardienne de feu n’aimait pas les risques que prenaient la jeune femme pour son cousin. Si la folie du borgne n’avait concerné que sa personne, mais non, il entraînait sa famille avec. Une erreur dans le sceau de protection et chikanori ne serait pas le seul à y passer et personne ne savait ce que pouvait se prendre en retour la futur chef de famille. C’était risqué, mais le grand père avait insisté pour que ce soit elle et personne d’autre. Les autres s’étaient simplement rangés à son avis.

« Je sais, mais j’irais. »

Répondit calmement Miwako, en passant sa main sur le museau de sa gardienne. Elle avait bien consciences des risques, mais elle n’abandonnerait pas son cousin.

« Ne prend pas de risque pour lui, il devrait mourir pour ce qu’il a fait à son gardien. »

Fit l’orgueilleuse créature en colère. La kirin des flammes considéraient toujours les humains comme bien inférieur au yokai. Qu’un gardien meurt dans l’exercice de ses fonctions pouvaient être tolérable, mais sacrifier ainsi, c’était tout bonnement révoltant. Et sa protégée devait prendre des risque pour réparer ses erreurs, ça aussi c’était impardonnable.

« Hono, je te défend de dire une telle chose ! Personne ne sait ce qu’il s’est produit dans cette pièce ! »

La voix de Miwako s’était faite sèche. Sa gardienne allait bien trop loin. Trop de monde jugeait, mais personne ne savait. Chikanori ne se souvenait même pas de tous les évènements et nombreux étaient ceux à le condamner sans preuve. Ils avaient monté leur propre histoire, d’après leur avis sans se soucier de la vérité. C’était des accusations graves, que la demoiselle refusait de croire, tant qu’on ne lui prouverait pas que son cousin avait eu cette intention.
Les babines toujours retroussées, le yokai n’était pas prêt à s’excuser.

« S’il se passe quoique ce soit, j’entre de force et je le dévore. »

Conclu-t-elle en se rapprochant du pavillon prévu pour cette cérémonie particulière. Miwako poussa un soupire et son regard se tourna vers Onji, qui ajouta à voix basse.

« Au vu des protections elle n’est pas prête de rentrer. »

Une remarque un peu moqueuse que son compère trop éloigné n’avait pas entendue. Cela arracha un petit rire à l’onmyouji. Le kirin de la terre lui sourit en retour et ajouta.

« Bonne chance et reste concentré sur l’essentiel. » rajouta le protecteur de son ton paternel.

La demoiselle le remercia et poursuivit son chemin, elle avait finir par se faire attendre. Lorsqu’elle franchit la porte, la jeune femme entendit le commentaire de son interlocuteur. Il était en train de faire le tour de la pièce, consciencieux comme d’habitude, avec ce ton neutre distant et manquant une bonne partie de l’étiquette. C’était bien Chikanori, pensa-t-elle alors qu’un tendre sourire se traçait sur son visage. La future chef de famille s’installa à côté du centre, où son cousin devait s’allonger.

« Je te laisse prendre ta place quand tu le souhaites chika. »

Ils ne s’étaient pas vu ainsi, en intimité depuis si longtemps, mais ce surnom affectif sorti de l’enfance était sorti le plus naturellement du monde. Les choses serait faite selon son rythme, du moins pour le début. Son regard se posa sur toutes les retranscriptions complexes et les sceaux. A bien y repenser, la situation de chikanori tenait du miracle et pourtant tout le monde le traitait à présent en monstre, au lieu de se réjouir. Son regard se reporta sur l’être à présent maudit qui lui faisait face.

« Je suis heureuse que tu es survécu. »

Fit-elle doucement avec toute la sincérité désarmante dont elle était capable. La phrase pouvait semblait sortir de nulle part, mais cela faisait longtemps qu’elle voulait lui dire et qu’elle n’avait pas pu.


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Abe no Chikanori

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Onmyôji

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MessageSujet: Re: Retrouvailles sur le fil de l'araignée Dim 21 Mai - 2:00

Il l’avait laissée s’installer, ne prêtant plus attention à elle. C’était comme si quelqu’un d’inconnu avait pris sa place. Régulièrement, il arrivait qu’il se détache même de ses proches, par habitude bien plus que par volonté. Heureusement, ceux-ci avaient l’intelligence, la douceur et l’amour de rappeler cette âme qui trop souvent, dérivait dans la solitude. Ainsi donc, même s’il avait reporté son regard aux inscriptions, la façon dont elle l’appela le fit s’arrêter dans sa démarche. Un instant, son sourire de façade s’était absenté et il s’était tourné vers sa cousine comme s’il venait de la découvrir. Il était si rare qu’on pose sur lui un tel regard, qui ne connaissait d’ombres lorsqu’il s’y plongeait. Cela provoquait en lui une étrange sensation au cœur, bien différente de toutes ses angoisses.
Pour autant, il se blinda presque instantanément et répondit de son ton un peu amusé :

_ Je ne suis plus un enfant !

Ses mots sonnaient creux alors qu’il s’éloignait du centre comme s’il craignait l’attachement que lui rendait Miwako. Mais était-ce vraiment cela ? A force de prédire que les uns et les autres l’abandonneraient, qu’il ait pu les connaitre de près ou de loin … les démonstrations d’affection, aussi discrètes pouvaient-elles être, ne le laissaient pas insensible. En vérité, il était soulagé que sa vision catastrophique qu’il avait redoutée ne se produise pas. Les choses semblaient ne pas avoir changé depuis le temps où ils étaient encore des enfants … cela le laissait vide à quelque part, vidé de cette vigilance dont il faisait preuve vis-à-vis de tout. Les mots suivants qui vinrent jusqu’à lui furent un cadeau qu’il accepta silencieusement, avec une extrême pudeur. Dans un monde qui aurait préféré qu’il ne naisse pas ou meure jeune, cette phrase soulageait des plaies souvent rouvertes. L’Onmyôji maudit préféra un instant cesser de respirer plutôt que la sentir être troublée.
Le silence s’éternisait, et il semblait avoir manqué le coche pour répondre quelque chose … lorsque finalement, il lui répondit d’un souffle :

_ J’imagine que je dois en être heureux.

Délesté de la priorité de répondre, il songea que les écritures n’allaient pas se transformer sous ses yeux à force de les regarder. Après une très longue inspiration camouflée par les rafales de pluie, le cousin choisit de se rendre à sa place, abandonnant au passage sa lanterne éteinte dans un coin. Il s’assit tranquillement en tailleur aux côtés de la jeune femme, mais s’en tint à là. La nervosité l’étreignait, et comme à chaque fois, les mêmes questions tournaient dans sa tête. D’où venait la malédiction, quels étaient ses effets réels ? Pourquoi ? Il ne communiquait pas à ce sujet, à personne, pas même à son grand-père dont il aurait pu obtenir quelques lumières. Il n’avait pas envie de revenir sur ce jour, ni sur sa décision. C’était comme si rouvrir le sujet revenait à admettre à quelque part qu’il avait eu tord.
En ce moment, il aurait voulu à nouveau pouvoir porter son masque d’impertinence qui le cachait d’ordinaire, mais il était bien plus difficile de prétendre face un regard aimant. Il craignait surtout que ses émotions se transparaissent. Il était trop préoccupé.
Chikanori finit par se tourner vers Miwako pour converser.

_ Pourquoi ne pas parler un peu avant de nous acquitter de cette fastidieuse tâche ? Tant qu’à faire d’être enfin seuls … même s’il y a meilleur endroit pour parler, je te l’accorde … » Proposa-t-il en croisant les bras, un petit sourire s’affichant. Il avait reprit son air de faux calme, son visage s’était détendu et ce n’était plus une façade cette fois. « J’imagine que Hono et Onji vont bien. Toujours si opposés l’un à l’autre …
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Kenshu Miwako

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Daimyo

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MessageSujet: Re: Retrouvailles sur le fil de l'araignée Mer 28 Juin - 21:39

Une tortue qui rentrait sa tête dans sa carapace, ce fut l‘image qui apparut à l’esprit de la demoiselle lorsque son cousin lui répondit qu’il n’était plus des enfants.

« Chika restera toujours Chika. »

Fit-elle avec un grand sourire. Ils avaient beau s’être éloigné quelque temps, avoir probablement tous les deux évolués et légèrement changés, ils se retrouvaient avec les mêmes facilités et difficultés. Une familiarité bienvenue malgré la haute voltige sentimentale qu’elle pouvait entraîner.
Miwako laissa le silence s’installer et ne ‘s’attendait pas réellement à ce que son aîné réplique et ces mots furent d’ailleurs un peu maladroits, presque secs et agressifs. Son voyage ne semblait pas lui avoir permis d’améliorer sa communication.

« Si je peux faire quoique ce soit pour t’aider, tu sais que je suis toujours de ton côté. »

Ajouta la demoiselle en guise de conclusion, avec un certain trouble. Une part d’elle semblait confuse sur le sujet, il y avait même un soupçon de culpabilité. Leur dernière conversation remontait à tellement longtemps. Ils avaient tous deux été présent lorsque Yuto était devenus officiellement onmyouji, mais le plus grand s’était enfermé après cela. Quant à elle, elle avait peut-être passé trop de temps sur les routes et pas assez à l’écoute des siens, de sa famille et des leurs souffrances. Elle aurait éventuellement dû agir comme elle le faisait lorsqu’elle été enfant et qu’elle se plantait devant l’entrée de la chambre de son aîné, jusqu’à s’y endormir pour qu’il ne puisse pas fuir. Alors elle aurait hypothétiquement pu l’aider avant ce drame, et qui sait si elle n’aurait pas pu l’éviter ?

Le jeune homme s’assit à ses côtés et reprit la parole, ce n’était pourtant pas l’homme le plus bavard du monde. La jeune femme était bien consciente qu’il faisait cela pour repousser l’échéance, même lui l’avouait, ce qui ne l’empêchait pas de savourer tout de même la situation. La demoiselle était donc ravie qu’il s’installe de la sorte, d’autant plus que leur dernière discussion en tête à tête, elle avait dû la lui arracher. Un petit rire la parcouru alors qu’elle se remémorait ce souvenir, elle avait dû presque le traîner de force en dehors de la bibliothèque et l’avait conduit dans un des jardins enneigés de Fuyu. Ils avaient fini transit de froid, partiellement trempé mais elle avait au moins pu lui dire au revoir correctement avant de reprendre le chemin de son pèlerinage alors que lui restait plus longtemps à la bibliothèque du clan des neiges. Un départ qui avait au final failli être repoussé pour elle, heureusement sa bonne santé lui avait permis de maintenir sa feuille de route.

« Au moins, on ne tremble pas dehors cette fois-ci et personne ne risque de tomber malade. »

Leur dernière discussion était un au revoir, elle n’avait pas pensé qu’ils dureraient aussi longtemps et qu’ils prendraient autant de temps à se retrouver.

« Ils ont fini par trouver un équilibre et se disputent bien moins souvent. Ils se taquinent toujours, je te rassure et ne sont pas toujours d’accord, ça reste leur manière de communiquer. Ils ont toutefois fini par s’apprivoiser suffisamment pour former un trio solide. »

Miwako était visiblement comblée par cette situation. Chika était sans doute les plus à même de comprendre la notion de complémentarité dans l’adversité au vu de sa relation avec Kon. Jamais elle n’avait vu son cousin autant se mettre dans ses colères comiques qu’avec son serpent gardien. A cette image, le sourire s’effaça immédiatement. Ce n’était certes pas son protecteur, mais elle l’avait aussi côtoyé et la jeune femme choyait autant les esprits gardiens de ses cousins que leur protégée. Une douleur sincère se dessina sur le visage de la demoiselle alors qu’elle réalisait à nouveau que le bien embêtant serpent ne serait plus là pour monter un énième coup tordu.

« Mes condoléances pour Kon. »


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Abe no Chikanori

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Onmyôji

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MessageSujet: Re: Retrouvailles sur le fil de l'araignée Lun 3 Juil - 14:30

Lorsque l’expression de sa cousine se détériora, Chikanori sentit que la suite n’allait pas lui plaire et il ne se trompa par car la formule lui fit l’effet d’une injure lancée au visage. Son sourire persista quelques instants, comme un vain effort de ne pas se trahir, puis il tomba, son regard s’animant d’une irritation fugace. Il la fixa, longuement, la tête fixe et emmurée dans une expression neutre, la mâchoire actuellement plus sûrement scellée que l’était sa malédiction.
Mille répliques lui traversaient l’esprit, toutes plus sèches les unes que les autres, condamnant cette proportion qu’avait Miwako à mettre les pieds dans le plat par souci d’honnêteté ou d’une empathie médiocrement menée. Ses condoléances n’étaient qu’une plus formelle reformulation d’un “Il est mort, je suis désolée.” qui lui arrachaient les tympans et entamaient le subsistant espoir qu’il puisse ne pas en être le cas. Comme l’annonce non-préparée d’une mauvaise nouvelle, cette piètre considération de sa peine tombait à l’eau, froissait même dans sa bonne volonté de bien faire.
Il y avait sûrement une culpabilité sous-jacente qui l’amenait à se précipiter ainsi, tout comme elle l’avait vis-à-vis de son défunt frère. Le fils aîné de Genki se demandait comment ses mots avaient pu apaiser les esprits qu’elle avait bien pu rencontrer … un brin de méchanceté lui susurrait qu’on n’avait pas besoin d’aussi bien les choisir quand on était bien né et que les Sutras fonctionnaient comme une deuxième langue maternelle ; la pensée le faisait doucement ricaner si elle ne portait pas en son sein un reliquat d’amertume du passé.

Les respirations passaient, canalisaient la colère, le cousin s’auto-persuadait que tout cela ne fut qu’une maladresse malheureuse sur lequel il n’y avait pas lieu de s’énerver. Jusqu’ici, Miwako avait été d’une compagnie agréable, même si elle se sentait d’afficher son soutien à tout bout de champ là où elle aurait dû se contenter d’un silence compatissant. Après un très long moment de silence qui s’éternisa, Chikanori finit par laisser aller une longue inspiration contrôlée en quittant sa relative du regard pour se détacher d’elle. Les mots furent tranquillement et calmement posés les uns après les autres, détachés, avec une mesure millimétrée à la hauteur de ce qu’il devait contenir.

_ ... la délicatesse ne semble toujours pas être …. ton point fort. » Un bel euphémisme pour ce qu’il s’était retenu de lui renvoyer. « Tu as une façon bien particulier d’annoncer les choses et de faire la conversation.

L’aîné se rajouta rien, se retenait de clore cette discussion d’un effort qui lui en coûtait. Patience et retenue, mère de vertus qui lui avaient permis d’encaisser beaucoup de choses ces dernières années.




Dernière édition par Abe no Chikanori le Dim 9 Juil - 3:36, édité 1 fois
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Kenshu Miwako

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MessageSujet: Re: Retrouvailles sur le fil de l'araignée Mer 5 Juil - 20:18

La demoiselle vit le sourire de son cousin disparaitre, sans trop s’inquiéter au vu de ses derniers mots. Personne ne recevait de condoléance avec le sourire, mais l’iris de son aîné brûlait d’une lueur plus déroutante. Ce n’était pas de la tristesse que dévoilait le regard carmin de son interlocuteur, mais de la colère.

Miwako se senti moins sereine face à la tempête qui semblait se préparer. Chika pouvait avoir des invectives extrêmement dures et corrosives, elle se préparait à y faire face mentalement. Elle fut alors surprise par les quelques mots de l’autre religieux. C’était tout ? Il n’avait que cela à dire ? Depuis quand faisait-il preuve d’autan de retenu face à elle ?
Les sourcils de la jeune femme se froncèrent. Ah non alors, elle n’allait pas le lâcher comme cela ! Pas avec une blessure aussi évidente et ouverte.

« A force de passer plus de temps avec les yokaïs, que les humains, mes compétences sont peut-être devenu moins performantes sur le sujet, mais recevoir cette remarque de ta part est assez ironique. »


Lui répondit la brunette avec un sourire amusée. Parce qu’il fallait bien être honnête sur un point, Chika n’était pas un champion dans ce domaine-là, il avait même l’art de faire réagir violemment ses interlocuteurs. Quant à elle, il était vrai que l’art de la conversation ne devait pas être sa spécialité. La plupart de ses discussions avec les gens ne tournaient qu’autours des yokais ou de conseils spirituels. C’était étonnant aussi le nombre de personne qui pouvait venir voir des religieux pour leur demander des conseils pour mener leur barque. Miwako se garda donc bien d’avoir un avis sur son art rhétorique, mais il lui semblait tout de même qu’entre eux deux, elle n’était pas la pire.

« Mais je reste toujours aussi têtue. »

Conclut-elle avec un sourire fier sur le visage, bien que cette dernière phrase semblât un peu étrange dans le contexte. Plus d’une fois enfant, elle avait fini par lui extirper quelques fois la vérité et d’autre fois, il avait réussi à conserver pour lui ce qu’il ne voulait pas dire. C’était un combat de tête de mule dont les deux protagonistes ne pouvaient pas prédire la fin.
Le sourire disparu cependant et ses traits étaient redevenus douceur. La demoiselle posa alors sa main sur le cœur de Chika et dit avec sincèrité.

« Alors au lieu de ne pas dire la vérité à ton agaçante cousine, dis-lui plutôt ce que tu as sur le cœur et mets des mots sur ta peine. »


Il n’avait jamais aimé parler de ses souffrances, de ses peurs de son désespoir. Il n’en manquait pas pourtant et parfois même il les hurlait à plein poumon. Ce n’était jamais volontaire, mais lorsqu’il s’emportait, il laissait parfois à sa cousine le temps d’apercevoir un bout du fardeau qu’il s’échinait à porter seul.

« Où je risque encore de le piétiner inconsciemment surtout que nous sommes coincé tous les deux pour quelques temps. »

Murmura-t-elle pour conclure et prête pour faire face à l’orage. Kon n’était plus là pour l’aider, alors d’une manière ou d’une autre, elle allait l’aider à s’en délester un peu de ce fichu poids.


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Abe no Chikanori

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Onmyôji

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MessageSujet: Re: Retrouvailles sur le fil de l'araignée Dim 9 Juil - 3:32

L’idée de patienter pour sa réponse avait été autant pour faire en sorte que sa cousine prenne acte de ses mots que de le faire redescendre en pression. Plus que tout, Chikanori abhorrait crier (ceci n’étant pas la même chose que de se faire crier dessus, bien sûr). Si son agacement était fréquent, celui-ci ne devait pas lui faire perdre son calme et sa souveraineté … d’autant plus que devant Miwako, il en avait le très détestable réflexe. Il avait décidé que les choses changeraient. Elle ne serait plus l’unique personne à lui faire perdre patience. Par conséquent, l’aîné Abe no continua de se concentrer sur sa respiration. Elle resta lente, contrôlée. Il chassa les pensées qui déjà s’amoncelaient, car elles étaient parasites, belliqueuses. Sans pour autant atteindre un état de sérénité, il garda une sorte de tranquillité. C’était une petite victoire en soi, lui qui serait déjà parti au quart de tour plusieurs années auparavant, et en son for intérieur, il guettait ce que sa cousine allait répondre à cela.
Pour dire, il parvint même à ne pas broncher lorsqu’elle osa devenir tactile avec lui, se contentant de la dévisager. Leur discussion était un terrain que Chikanori se voulait de mener, là où il considérait avoir trop perdu par le passé … de même qu’il désirait à présent revenir vers les siens et d’appliquer les leçons de ses longs voyages pour mieux gérer certaines relations de famille.

Le culot de Miwako lui semblait inchangé malgré toutes considérations faites. Si elle avait tant d’attention pour ce qu’il ressentait, pourquoi ne pas s’excuser dans un tout premier temps ? Manquer à ce point de délicatesse, il avait un souvenir d’elle plus précautionneux, mais peut être se trompait-il. Peut être avait-elle toujours été ainsi, mais il l’avait oublié ... ou préféré l’idéaliser.
On ne changeait néanmoins pas les bonnes habitudes, et comme pour détendre l’atmosphère tout en raillant l’initiative de sa cousine qui tombait à l’eau, il se mit à rire, presque à son nez. C’en était presque cruel face à la sincérité qu’elle démontrait, mais là où elle ne prenait pas de soin dans ses mots, il n’allait pas tout à fait se retenir non plus.

_ Et donc quoi ? T’attendais-tu à ce que j’obéisse, tout simplement ? » Il croisa les bras, enfilant une manche dans l’autre.

Passé sa pichenette que l’on pouvait traduire comme un refus, il allait lui faire une grande faveur qui allait être celle de s’expliquer sur ce qu’il pensait. Il ne l’avait jamais fait auparavant.

_ Chère cousine …  tu te doutes que les choses ne sont pas aussi aisées, qu’il ne suffit pas que de demander pour qu’elles se résolvent d’elles mêmes, comme pour beaucoup de pauvres âmes qui cherchent oreille pour confier leur peine.

Il marqua une légère pause avant de continuer de poser son propos, démontrant qu’il pouvait faire au contraire preuve d’une certaine retenue tout en disant le fond de sa pensée.

_ Les maladresses auquel tu cherches des excuses après coup sont malheureusement dites. Rassures-toi, je ne t’en veux pas vraiment. Mais vas ! Vas. » Un geste leste accompagna son propos. « Tu peux continuer de … piétiner inconsciemment ma peine, cela m’importe peu. Après tout, ce n’est pas moi qui risque de m’en vouloir par la suite. Par contre, ne t’étonne pas si l’envie de discuter de sujets plus houleux ne me prend pas.


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Kenshu Miwako

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Daimyo

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MessageSujet: Re: Retrouvailles sur le fil de l'araignée Dim 16 Juil - 2:45

Le rire de son cousin désarçonna la demoiselle. Elle s’attendait à un refus violent, un orage qui en révélerait finalement plus que n’en voudrait l’initiateur, mais cela n’arriva pas. Il ne voulait pas en dire plus, mais sa façon de s’opposer à elle changeait complètement. Déconcertée, Miwako se retrouva avec les yeux ouverts rond comme des billes. Elle n’en fut que plus attentive face à cette nouveauté dans l’attitude de son aîné.

Les yeux de l’onmyouji se mirent alors à briller de joie, malgré le mur auquel elle venait de se heurter. C’était bien la première fois que Chikanori lui livrait ainsi le fond de sa pensée et par ce fait il accédait partiellement à la demande de sa cousine et à un vieux souhait niché dans son coeur. Il ne lui livrait pas en détail sa douleur, son problème de deuil envers Kon, mais exprimait son refus et surtout les raisons qui l’y poussaient. C’était déjà un magnifique cadeau de sa part, lui qui jusque-là avait toujours tenté de cacher au maximum ses sentiments, ses objectifs et sa vision du monde.

« On dirait que j’ai raté mon objectif. »

Répondit la brune avec un immense sourire et pas déçu pour un sous de cet échec. C’était un petit pas, c’était même minuscule et pourrait paraître ridicule aux yeux de beaucoup de monde. C’était tout de même un progrès dans la communication maladroite qui les reliait.

« Mais tu as totalement raison, ce n’est pas à moi de forcer la confidence et tu es le seul à pouvoir trouver le bon interlocuteur. »


Le regard de Miwako s’était détaché de Chikanori, pour fixer le vide de manière plus pensive. Depuis toute petite, elle exerçait une pression certaine pour comprendre son cousin, qui entretenait bien des mystères et des douleurs.

« Je m’excuse. »

Aussi bien pour les mots qui l’avaient heurté précédemment, que pour que son attitude. Un sourire plus amusé se traça sur lèvre alors que des souvenirs de l’enfance l’envahissaient.

« J’ai tellement pris l’habitude de lire à travers tes colères, que j’ai la fâcheuse manie de la chercher parfois pour mieux te comprendre et améliorer notre entente. »


Un paradoxe bien étrange, mais qui s’accommodait à leur relation particulière. La religieuse savait que son cousin ne l’avait pas toujours porté en haute estime, elle avait pris en pleine figure sa rancœur et sa jalousie. Il ne l’avait pour autant jamais complètement haïs et c’est sans doute pour cette raison qu’elle avait conservé pour lui tant d’affection. Il avait été victime de bien trop de tours du destin pour qu’elle conserve une quelconque rancune à son égard. L’eau avait coulé sous les ponts et ces instants douloureux étaient à présent des souvenirs sans peine et précieux.

« Je vais devoir corriger tout cela puisque ça n’a plus l’air d’actualité. »


A l’intonation de cette phrase, il n’était pas compliqué de deviner que cette idée lui plaisait, tandis que son regard revenait sur la pupille rouge de son interlocuteur.

« Enfin je te rassure, je resterai prête à passer une nuit devant ta porte s’il le faut. »

Conclut-elle en rigolant, alors qu’elle revoyait cette image d’elle petite, qui s’était endormie devant la chambre de Chika à force d’attendre que le brun sorte. Ce ne serait peut-être plus nécessaire cela non plus, mais cela seul le temps le lui dira. Elle préférait en faire pour l'instant qu'une boutade et un sujet de plaisanterie.

En tout cas, le voyage de son interlocuteur semblait avoir eu également des impacts positifs. L’accident à son retour les avait cachés, ils se dévoilaient pourtant timidement devant ses yeux.

« C’est à Birei que tu as appris à mieux te contrôler ? »

Ne put s’empêcher de demander la curieuse demoiselle.


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Abe no Chikanori

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Onmyôji

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MessageSujet: Re: Retrouvailles sur le fil de l'araignée Mer 19 Juil - 3:31

L’impassible cousin tira une certaine satisfaction de l’étonnement qu’il provoqua, quoiqu’il en aurait espéré plus, surtout que sa pique fonctionne. Au-delà de lui-même, Miwako avait la fâcheuse tendance à laisser parler son cœur, piétiner inconsciemment, et venir piteusement s’excuser de sa maladresse après. Or parfois, cette dernière étape n’était pas possible lorsque les propos allaient trop loin dans l’indélicatesse. Partir d’une bonne volonté n’était pas suffisant et pouvoir parfois même faire des ravages … c’était le principe même de l’enfer. A l’occasion, il reviendrait sur ce détail, car il n’avait pas l’impression que le message était passé.

A sa remarque à propos de son enfance qui ne le laissait pas tout à fait de marbre, il aurait pu répondre qu’elle n’avait qu’à essayer pour voir si cela fonctionnerait toujours, lorsqu’il fut arrêté à la question sur Birei. Immédiatement, une réserve se marqua de nouveau, il aurait voulu fermer le sujet … cette curiosité, pouvait-il vraiment la lui reprocher ? Entre tous les passionnés de monstres et de choses bizarres, lui avait des seuls à passer à Birei, et l’unique à y avoir séjourné un peu plus d’un an. C’était sans trop calculer ni tergiverser qu’il n’y avait pas chassé les Yokaï, car n’y trainaient là-bas que des esprits millénaires placides, imposants et mirifiques … seules informations sur son histoire là-bas étaient les maigres de son carnet où il s’était efforcé de faire la liste des personnes qu’il avait connues avec leurs occupations (ceci étant toujours utile le jour où une faveur ou un service était à demander). Hormis cela, bien sûr, pas grand-chose, Chikanori avait décidé d’entretenir le silence, de laisser aux esprits avisés de déduire ce qu’il avait pu y apprendre de plus.
A croire qu’il était de bonne humeur ce soir malgré les circonstances, son regard se planta dans celui de Miwako, puis il haussa le sourcil lorsque les mots “te contrôler” lui furent attribués. Décidément, elle avait beau dire qu’elle se mettrait à jour, il avait déjà l’impression qu’elle le cherchait de nouveau. Finalement, il finit par entrouvrir le regard, d’un sourire un peu plus énigmatique, plus doux … mais en un sens, pas moins secret.

_ Miwako, Miwako. Si à ce point la curiosité te titille … ce voyage à la capitale m’a effectivement éprouvé de bien des manières, j’ai dû entretenir le contact avec des personnes que je n’appréciais pas forcément afin de m’attirer des bonnes grâces et accéder à la bibliothèque impériale. Il est clair que si j’obtenais parfois ce que je désirais, c’était au prix de nombreux efforts, en faisant preuve d’une grande patience ... et que la plupart du temps, je faisais chou blanc. Parmi les courtisans et autres nobles je n’étais qu’un tout petit poisson, surtout que, comme tu le sais, je n’avais pas grand-chose à faire valoir à côté d’autres dont la renommée s’étendait au travers des clans.

Il pencha légèrement la tête sur le côté, d’un air qui semblait amusé, quoique toujours n’hésitait pas à lui renvoyer la balle.

_ J’imagine que tu le sais déjà, et que par conséquent je ne t’apprends rien … si le sujet t’intéresse vraiment, il va falloir poser des questions plus précises.


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