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 Un mensonge pour une bonne cause

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Abe no Chikanori

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Onmyôji

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MessageSujet: Un mensonge pour une bonne cause Ven 5 Mai - 20:05

Jour 15, Lune du Bœuf de l’An 41,
Iles de Kousen.

Cette fois, on n’avait pas rechigné à faire appel à lui. Pour la cinquième fois depuis qu’il avait posé le pied par terre, il colla une ribambelle de sceaux sur un pont suspendu entre des bâtiments, frappa dans ses mains deux fois avant de visualiser les mots de la protection qu’il souhaitait créer. Les yeux fermés, les caractères se dessinèrent vaguement dans son esprit avant d’apparaître clairement, et il sentit son énergie être drainée petit à petit. Ce qui se passait autour de lui devint secondaire quelques instants, avant que les craintes des habitants ne le sortent de sa léthargie passante.

_ Qu’est-ce que … c’est que ça … ?... » Murmuraient des voix qui trahissait l’inquiétude grandissante d’une ville aux inondations de plus en plus fréquentes à cause des Yokaï.

Chikanori entrouvrit le regard pour voir les expressions apeurées et craintives qu’on lui renvoyait. Enroulant son chapelet autour du poignet pour ne pas le perdre, il fit un mouvement leste vers les protections de papier qui se couvraient d’ores et déjà de veines noirâtres. Ses sceaux étaient terrifiants pour beaucoup de mortels, mais ils étaient puissants.

_ Ce n’est rien. Considérez seulement que s’ils ne sont pas comme ça, c’est qu’ils faiblissent.

N’ayant plus rien à faire ici, il détourna les talons sans attendre. Déjà loin, il n’entendit pas les remerciements qu’on lui adressait.

Quitter la ville était une décision qui s’imposait d’elle-même. Les attaques de Yokaï devenaient fréquentes, mais surtout, elles se rapprochaient de Geki tel un fléau inarrêtable. La capitale avait de quoi se défendre, mais sa famille l’inquiétait et il fallait qu’il s’assure de l’endroit où se trouvait son frère. Si la crise se confirmait, les Abe no auraient à se positionner vis-à-vis de tout ça, et il était hors de question qu’une décision soit prise dans son avis. Il fallait revenir, et vite.
Avec la quantité d’attaques sur les convois, rentrer à pied était impensable. A cheval, ce n’était pas beaucoup mieux ; la pauvre bête n’avait aucune chance de pouvoir semer un monstre. La seule solution était encore de partir via les mers en espérant que le temps allait se montrer clément, sans quoi il allait rester coincé ici jusqu’à … et bien, il ne savait pas jusqu’à quand.

Embarquer n’allait pas être facile. Si sa réputation ne le précédait pas aussi bien que sur terre, cela ne signifierait pas pour autant qu’on allait accepter de l’accueillir sur le pont. A cause du  temps et des événements, peu de bateaux se risquaient à quitter le port. Il le parcourut, désespérant de voir autant d’embarcations fermement amarrées. Finalement, tout au bout de la passerelle, il perçut de l’animation et en interrompant la première personne qu’il croisa, il apprit sa destination. C’était son coup de chance. Il s’avança vers les matelots qui s’échinaient à charger le navire, cherchant vaguement un quartier-maître des yeux alors qu’il s’approchait de l’eau. Celle-ci était trouble et il fit mine de la regarder d’un air suspicieux. Appuyé sur son bâton bouddhiste, il sembla murmurer des choses, tant et si bien que cette présence sombre non loin du navire attira l’attention jusqu’à lui.

_ Il y a quelque chose dans l’eau ? » Demanda un homme qui venait le rejoindre.
_ Je ne sais pas. » Répliqua l’onmyôji d’un air grave. «  Il y a tellement de Yokaï sur les terres que je pense qu’ils vont à présent nous attaquer par les mers.

Puis voyant le visage de son interlocuteur s'assombrir, comme il l’avait prévu, il ajouta :

_ Vous partez pour Geki ?
_ O-Oui … » Il se massa la nuque d’un air peu soucieux. « C’est qu’on doit transporter tout ce qu’on a là-bas … pour le moment, on ne s’est pas fait attaquer, mais il y a d’autres bateaux qui ne sont pas revenus.
_ Effectivement, c’est dangereux … ne pouvez-vous donc reporter votre départ ?
_ C’est impossible. Plusieurs équipages se sont déjà désistés, et hormis le fait qu’il y a une récompense à la clé … il y a plusieurs villes côtières qui attendent notre passage.
_ Je comprends.

Il laissa l’effet de la conversation infuser quelques instants, les anneaux de son bâton tintaient dans l’air frais de la mer. Puis il demanda d’une voix un peu plus douce :

_ J’aurais besoin de retourner à Geki. Serait-il possible que je prenne la mer avec vous ? Je suis onmyôji, je pourrais vous protéger contre les créatures le temps de franchir les eaux de la capitale. » Il eut un ton un peu plus inquiet et concerné. « J’ai … cru voir … qu’il y avait un serpent de mer qui rôdait au large …

Bien sûr, il faisait preuve d’imagination, mais c’était pour la bonne cause. Il ignorait tout ce qu’il se passait dans les mers, et il n’avait plus eu de visions depuis sa malédiction. Ce détail là, peu le savaient –ceux-ci se comptant sur les doigts d’une main -, et il comptait bien jouer là-dessus pour se faire embarquer à bord. Peut être que mentir n’était pas nécessaire, mais puisqu’il n’était pas sûr d’avoir d’autres cartes, il fallait tenter le tout pour le tout. Lorsque le visage de son interlocuteur s’éclaira, il sût que les choses étaient en train de très bien tourner.

_ Arigatô ! » S’exclama l’autre en s’inclinant une fois. « S’il vous plaît, pouvez-vous me suivre afin que je puisse vous présenter à mon capitaine ? Je ne peux prendre de décision sans son accord, mais je suis sûr qu’il n’y verrait pas d’inconvénients.

L’autre l’emmena sur le pont, et il attendit qu’on lui présente le capitaine du navire. A présent qu’il était monté, on aurait bien plus de mal, respect oblige, à lui refuser le droit d’embarquer.
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Kyoaku

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MessageSujet: Re: Un mensonge pour une bonne cause Dim 14 Mai - 15:23

Panique. Jamais je n’avais vu les gens s’agiter autant et pour cause. Jamais les Yokaï ne s’étaient montré aussi nombreux et féroces qu’en cette saison. J’en ai croisé plus d’un dans toutes les rues de Kenshu, exceptionnellement à terre plus longtemps que prévu suite à une bonne affaire. Discrètement, j’ai même porté secours à quelques personnes en difficulté, sans me substituer au Samouraï – parce qu’il ne faut pas pousser quand même. J’ai plutôt sauvé ma peau, ces derniers temps et observé le travail des Omnyôji mis véritablement en avant pour protéger les citoyens.

Surtout, je me confronte depuis les premières attaques à des questions qui me poursuivent depuis ma naissance, principalement depuis la mort de ma mère et ma rencontre avec mon géniteur. Parce que j’avais été trop borné et me trouvant trop inexpérimenté en termes de négociations à l’époque, je n’avais pas su profiter de ses précieux conseils, ni des informations qu’il aurait pu me donner sur la nature de ces monstres. J’ai conscience d’en être aussi pour moitié, je le paie parfois cher, puisque les simples humains ne trouvent jamais réponse à leurs questions précises sur mes origines.

Avec quelques pistes, quelques détails sur la façon dont j’ai été conçu et la genèse de mes ascendants, j’aurais alors pu aider Kenshu d’une autre façon et créer des liens bien plus forts. Ce sont des attaches que je ne regrette pas d’avoir échoué à nouer mais il m’arrive de me dire que ma vie aurait été passablement différente si, en révélant la source de mes gènes, on ne m’avait pas chassé comme ces créatures qui attaquent, prises de folie et dépourvue de discernement. Cette expérience ne m’était jamais arrivée pour l’instant, puisque j’avais précieusement gardé mon secret. Mes yeux dorés ne servent aujourd’hui qu’à contempler, rester vigilant et aider qui en a besoin, selon mes envies.

Bientôt à court d’argent, j’avais réussi à rassembler quelques bons gars pour retourner à la capitale par la mer, les inondations bloquant plusieurs routes depuis les îles Kousen et les chemins étant peu sécurisés à cause de la concentration des forces armées dans la ville. Nous avions donc décidé ensemble de nous trouver un capitaine pour livrer plusieurs caisses de marchandises et de remonter depuis la côte, sans trop nous éloigner de peur de nous faire attaquer. Il me manque une seule chose avant de pouvoir embarquer : l’assurance que les types ne m’abandonneront pas si les galères montrent le bout de leur nez. Mais ça, je suis suffisamment rodé pour savoir que je ne peux pas l’avoir avant de naviguer.

J’observe tout l’équipage et les aide à charger le matériel et nos sources de revenus. Le capitaine n’a pas l’air bien débrouillard ou sûr de lui. Je préfère ça à un homme imbu de lui-même qui donne des ordres à tour de bras et m’enferme dans la cale dès qu’un mot de travers m’échappe maladroitement... Pourtant, je regrette mes pensées positives à l’instant-même où je le vois sollicité par un confrère, lui-même accompagné d’un jeune homme bien intrigant. Je reste à l’écart un moment, écoutant discrètement la conversation et faisant la rapide hypothèse qu’il s’agit d’une escroquerie. Puis vient la question fatidique de le prendre avec nous et je soupire de voir ces marins si superstitieux. Le capitaine semble sur le point d’accepter, aussi heureux que les matelots sans espoirs qu’ils sont. Mais j’arrive, comme d’habitude, comme un cheveu sur la soupe.

- Navré de vous interrompre, Onmyôji-san mais nous ne transportons que des marchandises, pas des personnes.

D’abord un silence, puis le commandant fronce les sourcils en se retournant vers moi.

- Il pourra nous aider, c’est certain ! me dit un compagnon de voyage à la place de notre supérieur.
- Décidez, dans ce cas. Mais un homme supplémentaire qui ne peut pas nous aider à naviguer ralentira notre course. Et je crois que nous n’avons pas besoin de nous attarder plus que nécessaire.
- Les Yokaï sont partout, Kyoaku, ajoute l’un des plus âgés de la traversée. Si nous nous faisons attaquer, aucun d’entre nous ne rentrera chez lui. En plus, on dit toujours « un service pour un service », non ? Ce qu’il propose me semble tout à fait équitable.
- Nous savons chacun défendre nos propres vies. S’il faut encore défendre la sienne...
- Assez !

Finalement, il s’impose, le capitaine. Peu désireux de me trouver un autre équipage pour retourner à Geki, je pars grognon terminer de charger, les autres n’en finissant pas d’adresser des éloges à celui qui nous jure protection. Nous finissons par lever l’ancre, certains plus inquiets que d’autres mais tous affairés à nos tâches du moment. Lorsqu’enfin je reviens sur le pont pour me détendre quelques minutes, je tombe sur notre ami sauveur, admirant la mer comme il l’avait fait au port. Je m’avance, pas plus aimable que ça, appuyant mes avant-bras sur la rembarde et cherchant quelques réponses dans l’horizon.

- Je suis tombé sur des monstres agressifs en ville, dis-je méfiant et concentré. Beaucoup ont péri sous ma lame, qu’ils ressemblent à des humains, à des bêtes ou à des ombres. Est-ce qu’il existe des créatures qui ne meurent que sous les prières des religieux ?

Mon ton n’est pas désagréable mais mes paroles sous-entendent que je teste ce nouveau venu. À vrai dire, je cherche plutôt à savoir ce qu’il pourra faire de plus que moi, si un serpent géant nous attaque ou si nous nous faisons avaler par les flots. Ma plus grande crainte, loin d’être apparente et bien différente de celle de mes camades, est en réalité celle qu’il puisse déceler qui je suis vraiment.


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Abe no Chikanori

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Onmyôji

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MessageSujet: Re: Un mensonge pour une bonne cause Dim 21 Mai - 2:09

Les marins s’étaient avérés rassurés de sa proposition. L’affaire fut ainsi rapidement réglée,  chacun retourna à sa tâche et de son côté il commença à faire le tour de l’embarcation. Bon point, il n’avait pas le mal de mer, et s’ils naviguaient près de la côte, il n’y aurait normalement pas de gros chahut, chose qu’il craignait. Les eaux pouvaient être terrifiantes et très dangereuses, ce pourquoi il préférait toujours la terre ferme. Rapide calcul, le voyage allait être très court. Il n’avait pas besoin de résister longtemps.
Le bruit des cordages lui rappelait son voyage d’émancipation le menant vers Birei. Comme tout souvenir le ramenant à cette période, il était teinté de nostalgie et d’une certaine innocence, puisqu’il ignorait à ce moment là tout du destin et de la destinée. Après son départ de la cité de l’Empereur, ses souvenirs devenaient sombres et tourmentés, loin de la fraicheur de l’espoir. L’Onmyôji s’arrêta de marcher un instant, chassant dans l’écume ses pensées parasites.

Le quai était à présent bien derrière eux, et il avait parcouru le navire dans tous les sens jusqu’à correctement visualiser où il allait placer ses sceaux. En effet, il était bien plus difficile de protéger quelque chose dont on ne pouvait faire le tour ou simplement sceller l’entrée (les mauvais esprits ne pouvant passer à travers des murs reliés par un sceau). De plus, avec le vent salé, le papier s’abimait vite. Les cordes sacrées n’étaient aussi pas très bien adaptées, elles pouvaient s’envoler ou embêter les matelots dans leur travail, et de toute façon, il n’avait pas le matériel pour en faire en quantité suffisante. Seule solution qu’il restait : la gravure et la peinture. Voilà qui n’allait pas forcément enchanter le capitaine …

C’est alors qu’on vint s’installer à ses côtés, et il reconnut l’un des seuls sceptiques de l’équipage à avoir refusé sa présence. Non une histoire de réputation, l’homme craignait qu’il ne serve à rien et ne sache pas s’occuper de lui-même. Pour une traversée aussi courte, son “inquiétude” lui semblait être exagérée, mais il arrivait qu’on puisse être sceptique vis-à-vis des religieux. A part les Onmyôji qui étaient amenés à beaucoup voyager et à assurer leur quotidien, les prêtres et autres Miko restaient une bonne partie de leur vie à s’enraciner dans un seul et même temple. Pas trop des personnes dont les habitudes pouvaient être bousculées …
Bref, puisque l’autre semblait s’intéresser à la question, il n’allait pas être déçu.

_ Et bien … je dirais que si ton monstre est suffisamment stupide pour courir vers toi et mourir sous tes coups, tant mieux, mais si celui-ci se décide à grignoter le navire par le bas ou à faire des trous dans la coque, j’imagine que l’acier ne sert plus à grand-chose. » Dit-il d’un ton tranquille en se tournant légèrement vers son interlocuteur « Les sutras et autres sceaux ont l’avantage d’empêcher qu’ils ne posent une seule griffe sur l’endroit protégé, et ils peuvent durer très longtemps, jour et nuit. Bien sûr, je n’évoque pas le fait que certains sont suffisamment forts pour ne pas tomber par des moyens “classiques” … ceux qui vivent sous les eaux sont généralement assez vilains. » Un rire ponctua ses propos.  
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Kyoaku

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MessageSujet: Re: Un mensonge pour une bonne cause Dim 11 Juin - 16:58

Sa première réponse me laisse d’abord sans voix. Car je ne pense pas que la créature qui saute tête baissée vers le danger soit stupide. Pour m’être considéré comme ces monstres que j’ai pu abattre –  dans ma jeunesse et lorsque j’ai découvert ma pauvre mère morte de faim dans la paille – je me rappelle d’une énorme souffrance et d’un besoin irrépressible de l’exprimer. J’avais dégainé alors, sans réfléchir au bien que ces aînés nous avaient prodigués lorsque nous allions mal. Parce que ma mère n’irait plus mal, ni bien... elle ne marcherait plus... du moins, pas sur le plan humain.

Je crispe ma main droite sur le bois, ce dernier me semblant étrangement friable sous le poids de la soudaine colère qui m’habite d’entendre de telles conneries. Puis l’étranger se tourne vers moi, calmement, pour continuer son explication sur les outils qu’il utilise pour éradiquer ces oni qui perdent le contrôle. Sur terre lorsque les attaquent eurent lieu et malgré ma grande expérience de la navigation, je n’avais jamais croisé de monstres marins. Les explications du religieux me semblent plausibles et je comprends que les matelots aient pu trouver cela rassurant.

Je me détends légèrement, sans trop savoir pourquoi. Je fais probablement encore trop de place au passé et aux sentiments qu’il m’évoque... Le rire de l’inconnu, pourtant, me glace le sang. Je ne sais pas s’il cherche à faire de l’humour ou s’il trouve vraiment ça drôle. Je sais pourtant que ça ne fait que confirmer mon malaise face aux chances qu’il puisse être clairvoyant. Je garde mes distances et reste face à lui, sceptique et croyant à la fois de cette réalité à laquelle nous pourrions être confrontés tout soudain.

- Tu parles d’eux comme si tu les connaissais tous. Mais, de cette vie, j’ai appris que les pires peuvent être aussi humains que le plus humain des Hommes. Peut-être que les ténèbres qui caressent la coque du bateau cherchent à atteindre un rêve qu’elles ne pourront pas obtenir, victimes de mon acier ou de tes mots sacrés ? Leur force pourrait alors venir d’une détermination sans limite, plus forte que la nôtre, apparue dans des moments de détresse ?

Un léger vent fait frissonner ma nuque. Je ne sais pas vraiment ce que je fais.

- Est-ce que la manière la plus simple de détruire un Yokaï n’est pas justement de le comprendre ? Dans ce cas, est-ce qu’on ne devient pas oni à notre tour ? Doit-on par conséquent mourir aussi pour ne pas souiller ce monde que les Kami nous offrent ?

Je baisse légèrement la tête, en un signe de respect égale à la méfiance que je ressens toujours pour l’Onmyôji. Peut-être quelqu’un comme lui pourra répondre à mes questions ? Je ne tiens pourtant pas à ce qu’il découvre ma véritable nature car, de cela, découleront bien d’autres problèmes.

- On m’a appelé Kyoaku avant que je ne devienne ce que je suis. Peut-être les « vilains sous les eaux » dont tu parles ne demandent qu’à être écoutés ou nommés, pour une fois ? J’ai dû soigner beaucoup de mes blessures, tout comme les moins gâtés d’entre nous. Mais dis-moi... que t’a appris la tienne ? Et comment t’appelle-t-on après ces épreuves ?

Je ne cherche pas la raison qui me fait poser autant de question. Mais pour la première fois depuis longtemps, je suis impatient d’en connaître les réponses. Peut-être que ce chemin me mènera à la vérité que je recherche depuis longtemps.


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Abe no Chikanori

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Onmyôji

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MessageSujet: Re: Un mensonge pour une bonne cause Lun 12 Juin - 21:13

L’air marin fouette les mèches corbeau de l’Onmyôji qui reste d’un silence attentif face à celui qui en sous-entend beaucoup plus qu’il ne souhaiterait. Dans ses voyages, Chikanori avait été quelques fois confronté à des Yokaï qui avaient été des amis dévoués, des époux fidèles, des enfants prodigieux, des protecteurs qui ne craignaient rien ni personne … et à qui souvent le destin s’avérait tragique une fois leur nature découverte. Il se souvenait d’humains leurrés s’enterrant dans un chagrin immense, rejetés de leurs pairs, pointés en traitres. Peut être était-ce le cas de ce jeune homme à la peau halée, ou peut être pas ; seul était sûr qu’il avait eue une histoire bien particulière avec le peuple des esprits.

Le devoir d’un Onmyôji est aussi de rassurer les âmes troublées dans les épreuves qu’elles ont à traverser, qu’elles soient vivantes ou trépassées. Nous faisons partie du corps religieux que nous ayons à nous interposer contre les griffes des Yokaï ou la haine de nos semblables, et nous devons faire preuve d’écoute et de miséricorde. Parfois, de simples mots peuvent désamorcer les conflits, et même régler ceux qui sont sur le point d’arriver.

Echo de recommandations passées, les enseignements d’Hiroshi ne le quittaient jamais vraiment. Alors l’invité du bateau réfléchit quelques secondes au ton qu’il allait employer, commençant déjà d’un qui se voulait rassurant bien qu’il ne transparaisse pas plus d’émotions qu’auparavant.

_ Tout religieux préfèrera sceller un Yokaï plutôt que le tuer, et la grande plupart d’entre eux sont pacifiques. Puisque les humains ne peuvent ni les voir, ni les entendre, c’est à ce moment là qu’ils peuvent se sentir bafoués et incompris, et que nous autres Onmyôjis avons pour devoir de régler cela de façon pacifique avant tout. » Il continua d’un ton un peu plus ferme. « Qu’importe les raisons, on ne peut laisser un être humain ou un Yokaï semer désespoir et tragédie. Certains possèdent leur triste renommée, où il vaut mieux faire preuve de prudence.

N’oubliant pas son devoir, il songea que son office aurait besoin de beaucoup plus d’encre que ce que son misérable pot pouvait bien lui donner. Si le capitaine ne transportait de peinture, il ne restait au final que la gravure, mais l’idéal aurait été de prendre du temps au port pour le faire. Tout aussi pressé que les autres de partir, il en avait été peu négligeant.
Avant tout, il préférait protéger le gouvernail, alors il fit un geste ample à son interlocuteur pour l’inciter à le suivre dans cette direction.  

_ Les Yokaï sont tous différents les uns des autres. Comme les humains, il y en a des bons, des mauvais, des torturés, des capricieux, des joueurs. Mais contrairement à ce que beaucoup  pensent, ils possèdent une sensibilité, même si elle transcende la conception humaine des sentiments. Puisque cela t’intéresse, je m’appelle Abe no Chikanori. A cause d’une malédiction qui me ronge, je suis guère mieux reçu que les Yokaï avec lequel je passe mes journées mais j’y ai gagné quelques surnoms intéressants. » Arrivé à la fin de ses explications, il dévisagea l’autre avec un sourire. « La plupart des humains sont incapables de voir les Yokaï comme leurs égaux. Tes interrogations en disent long … tu devrais profiter pour celles que tu gardes enfouies, si jamais -…
_ Venez voir !

L’Onmyôji interrompu chercha du regard ce qui pouvait bien susciter un tel cri. Dans les cordages, l’attention fut attirée à bâbord où un jeune marin, penché sur le bord, pointait du doigt la mer brumeuse à l’un de ses coéquipiers.

_  Regarde, il y a un homme étrange là-bas !
_ Mais il n’y a rien d’étrange … je le trouve plutôt sympathique… » S’hésita un autre qui fût regardé de travers à cause de ses propos déplacés.
_ Moi, je le trouve étrange !
_ Mais … mais c’est une femme ! Une femme à la mer !

Des murmures s’élevèrent, interloqués mais alertes. Les rumeurs et les histoires avaient toute leur importance, et celles de voir des humains perdus dans les rochers ne se finissaient pas bien.

_ Vous devriez cesser de vous extasier. » Proclama le religieux d’une voix légère qui n’attendrissait pour autant pas ses propos. « A vu de nez, c’est une Iso Onna, et elle vous videra de votre sang si vous vous approchez trop près. Elles sont très dangereuses, travaillent en groupe. Tant que nous sommes à bord, cela devrait aller, mais nous ne sommes pas à l’abri d’un naufrage qui nous rendrait tous vulnérables. Maintenant, si vous voulez bien m’excuser …

Derrière son calme, Chikanori se préparait déjà au conflit. Il n’était plus temps de demander des autorisations, il saisit la dague de son sac et s’approcha d’une paroi pour y graver des symboles, son shakujô sonnant au gré des Sutras qu’il se récitait muettement. Les choses n’étaient pas censées dégénérer … mais un mauvais pressentiment le hantait, quoique plus aucune vision ne puisse la confirmer.  
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MessageSujet: Re: Un mensonge pour une bonne cause Sam 1 Juil - 22:17

Des regrets. J’en ai au moment où je vois le jeune homme réfléchir à sa réponse. Elle peut être blanche ou noire mais je n’imagine pas de compromis possible. J’en ai trop dit pour passer inaperçu, pas assez pour qu’il trouve un moyen de m’anéantir, s’il le désirait. Ce n’est pourtant pas ce que je saisis de ses intentions, tandis qu’il m’explique le rôle de sa vie et de ses confrères Onmyouji. Je n’avais jamais pensé qu’ils puissent être un danger pour « les miens » mais, influencé par un mauvais présentiment toujours présent, je les évite comme la peste depuis toujours.

Encore une fois, sans comprendre ce que je ressens à l’instant, je suis tout d’abord rassuré par ses propos. Sceller un Yokaï au lieu de le tuer... On peut imaginer que ce soit plus agréable pour tout le monde. Mais ce synonyme d’« enchainer » me dérange rapidement. Qu’est-ce qui arriverait s’il capturait cette partie de moi pour que j’arrête de nuire ? Le vent caressera-t-il toujours ma peau, sentira-t-il toujours aussi bon ? Mais au final, la réelle question que je me pose tout de suite est la suivante : ai-je vraiment suffisamment nui au genre Humain ou Yokaï pour être muré dans la solitude ?

J’accompagne le borgne là où il veut bien m’emmener, gardant une certaine distance, de peur qu’il entre facilement dans mes pensées. Ce sont mes paroles qui lui permettent de parler de la suite... mais quel abruti j’ai été ! Malgré ça, je me demande bien dans quelle catégorie je me place, étant donné mon métissage. Curieux, je le suis d’autant plus lorsqu’il aborde sa malédiction dont je ne connais pas la nature pour le moment. Il semble amusé par le fait d’y avoir gagné en réputation et en sobriquets, tout comme je peux l’être en entendant parler de moi dans les rues. Je jure intérieurement de retenir ce nom : Abe no Chikanori. Car il est important et réputé, je le sais. Le sourire qu’il m’adresse me sort de ma torpeur réflexive mais ses mots me font frissonner. Mon cœur a à peine le temps de s’emballer et mes regrets de grandir qu’on attire notre attention sur autre chose.

On aperçoit une femme étrange à l’eau, dont l’origine et les pouvoirs nous sont révélés sur l’instant par notre protecteur. Tandis que le mystère incarné débute de graver le bateau, je serre les dents, cernant l’humeur craintive de mes camarades mais surtout comprenant que le Capitaine, lui, ne va pas suivre ces précieux conseils. Il semble attiré par les mouvements de la créature et je ne suis pas suffisamment rapide pour l’empêcher de plonger soudain dans la mer.

- Merde... dis-je en empoignant la garde de mon tachi sans suivre l’imprudent.

Les regards des matelots se tournent vers moi mais il est certain que je n’irai pas rejoindre l’inconscient. Et bien que je n’aie pas croisé Iso Onna auparavant, je sais qu’inviter un Yokaï à bord ou le rejoindre dans les vagues est une invitation pour ses amis. C’est quand je me décide à prendre les choses en mains et à donner des ordres que je trébuche, une chevelure foncée s’emmêlant à mes chevilles. Je la sectionne d’un revers de lame et décapite la dame des eaux, sans me poser plus de questions que ça. Seulement, elle est loin d’être seule ; d’autres se sont hissées sur le pont et dégustent goulument le sang de deux marins sans défense. « C’est une invasion ?! » pense-je à dire.

- Ton esprit gardien pourra t’épauler pour chasser ces monstres-ci ? dis-je en lieu et place à cette nouvelle connaissance appliquée. J’ai bien peur que ma lame ne suffise pas...

Jusqu’à maintenant, Chikanori était resté discret sur cette relation particulière. Mais au moment où je me rapproche de lui pour le défendre d’un éventuel assaut, je me demande si le fait qu’il n’en n’ait pas parlé crée un lien avec le maléfice qui semble l’accabler. Je remarque du coin de l’œil que les sceaux déjà apposés sur le navire suffisent à repousser d’autres attaquants mais les demoiselles insistent... Les désavantage d’avoir du succès, peut-être ?


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Onmyôji

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MessageSujet: Re: Un mensonge pour une bonne cause Ven 7 Juil - 12:22

Un véritable fléau s’apprête à s’abattre sur les marins pris au piège, annoncé par les traits troublant les eaux qui laissent apparaître les écailles poissonneuses des Iso Onna fonçant sur le navire. L’Onmyôji sait qu’il n’aura pas fini à temps, et que déjà les monstres profitent du vent de panique pour faire des ravages dans l’équipage. Les hommes tombent sous les griffes et les crocs, certains sont à terre exsangues, ou se débattant pour leurs vies alors qu’ils sont tirés vers l’eau ; il est déjà trop tard pour ces derniers. Chikanori abattit la tête de son Shakujô sur une tête velue qui trainait au sol, laissant des traces incandescentes sacrées sur la créature impie qui tentait de l’atteindre. Relevant le regard sur ex-compagnon de discussion, il lui répondit d’un ton sombre et ironique :

_ Je crains que nous ne soyons seuls pour nous défendre. Suis-moi !

Le religieux de Kenshu fila vers le pont principal, optant pour un autre plan et se mit à crier :

_ Tous à l’intérieur ! Vite ! Vite !

Alors qu’il faisait de larges gestes pour indiquer aux hommes d’accourir se réfugier, il sortit de son sac des sceaux, ce qui était plus de son ressort. Il les tendit à des valides avec des consignes très précises. Les papiers devaient être posés au sol, près des murs, tout le long de la cale, une dizaine ou quinzaine de mètres d’écart, pour protéger l’endroit ainsi qu’eux-mêmes. Rapidement, efficacement, les matelots agiles et habitués à l’embarcation tapissèrent l’endroit alors que les derniers blessés se réfugiaient à l’intérieur. Les matelots eurent du mal à abandonner les mourants à leur terrible sort, leurs appels désespérés retentirent et brisèrent le cœur de leurs compagnons qui scellaient la porte, les plongeant tous dans le noir le plus total. Les créatures commençaient à entamer le bois, passaient leurs bras décharnés à travers ; toutes les issues étaient testées, creusées à même leurs ongles, et elles hurlaient en furies.
Déjà les sutras entamés un peu plus tôt commençaient à faire leur effet et apposaient les écritures saintes à la coque du bateau et la rendirent peu à peu insensible aux attaques qui l’abimaient. Les hurlements douloureux et déchirants des sirènes qui s’en écartaient résonnaient dans l’espace de bois, faisaient siffler les tympans. Les secondes passèrent, longues, terrifiantes, jusqu’à ce que les grondements s’éloignent. Le silence étant presque revenu, des cris de joie commencèrent à retentir, pour autant le religieux ne s’arrêtait pas, il sentait toujours un danger imminent. Sournois.

Un puissant coup retentit sur le bois, rebondissant sans l’ébrécher à cause des barrières, si subit qu’il fit tomber plusieurs personnes au sol et perdre l’équilibre au reste. La peur transpirait de nouveau des passagers, grisait les yeux alarmés, épouvantés. La seconde frappe ne venait pas. A un moment, les murmures espérèrent que tout cela était terminé, que la chose n’insisterait pas. Mais alors pour ôter tout espoir, un estoc d’une violence inouïe résonna contre la coque, projetant le bateau presque sur le côté, les cordes des marchandises lâchèrent sous le choc, et la dernière chose que Chikanori put entrapercevoir dans ce chaos le plus total où ils n’étaient plus sur du haut du bas, et de s’ils allaient s’en sortir, fut des caisses lui dégringolant dessus.

✧✧✧


Contusionné, son corps douloureux  le ramena peu à peu à la conscience. C’était très sombre, en désordre. Difficile de dire ce qu’il y avait autour de lui … sa main légèrement tremblante tâtonna autour et il reconnut le froid contact de son Shakujô, qu’il tenta de tirer vers lui. Hélas il semblait coincé. L’Onmyôji tenta de se relever seul, désorienté, s’appuyant sur l’environnement, mais il glissa, ne s’attendant pas à ce que le sol soit … penché. Effectivement, le sol était incliné, tout comme l’air sentait le sel. Autour de lui, des caisses, et d’autres boîtes, il percevait des souffles aussi … des corps, à peine éclairés par la porte de la cale qui gisait en morceaux … cela s’agitait à peine, comme lui tous abasourdis, grommelait, gémissait. Quelques sceaux, visibles, brillaient d’une faible lueur dans la pénombre de la coque de bois. Que faisait-il ici ? Où était-il ? Que c’était-il passé ? Ses souvenirs étaient confus, de même que ses pensées. Que voulait-il faire déjà ? Ah. Oui. Son Shakujô il fallait le récupérer …
Le gringalet qu’il était se pencha et poussa avec difficulté ce qui l’empêchait de récupérer son instrument de travail. La crainte empressait son cœur, se raccrocher à des actions simples lui permettaient de ne pas trop penser à sa tête qui semblait avoir tout oublié momentanément. C’était des choses qui arrivaient. Il avait dû prendre un sévère coup, d’ailleurs il n’avait osé ausculter son crâne mais il avait dû saigner probablement. S’il parvenait à être debout et coordonner ses mouvements, ça ne devait pas être grave. De longues inspirations, pour ne pas stresser, faire le vide. Cela lui reviendrait.
Au bout de maints efforts, ce qui l’encombrait finit par tomber sur le côté et il parcourut l’objet sacré de mains pour s’assurer qu’il n’était ébréché. Non et non, la mémoire ne lui revenait pas. Peut être l’extérieur l’aiderait-il à resituer ? Se dirigeant vers la sortie, il récapitula ce qu’il savait : il était dans la coque d’un bateau, ses derniers souvenirs remontaient aux îles Kousen où il décidait de revenir à Geki le plus rapidement pour … et … le port … et … les visages se mélangeaient.

Au dehors de la pièce, des corps gisaient, humains, écailleux, dans un ensemble déplorable, au milieu d’armes, de cordages ; même si beaucoup avaient dû être perdus en mer, à jamais. Un rapide coup d’œil, le navire s’était échoué sur un banc de sable, ayant miraculeusement évité les rochers qui jalonnaient ce passage. Repartir lui semblait compliqué … bon sang, ce qu’il haïssait les trajets sur les eaux salées, ses pires cauchemars semblaient s’être réalisés. Sa tête résonna un coup et il grimaça de douleur alors que son champ de vision s’était momentanément noirci, comme si on avait frappé dans une cloche. Le choc … le choc sur la coque, il s’en souvenait. Quelques pas de plus, précautionneux, à respirer l’air frais, et tout lui reviendrait.
D’un jonchement de cadavres emmêlés et d’objets en tous genres, un éclat attira son œil et il s’approcha du tas. Du bout du bâton, il poussa ce qui le gênait, apercevant un médaillon, seul. Chikanori le fixa, longuement, se pencha pour le récupérer.
Une main s’agrippa à lui et l’attira vers le sol. Directement vers une gueule pleine de dents, aux yeux exorbités et fous … dans lequel vint se loger sans seconde pensée le métal sacré du Shakujô. Le nom d’un Sutra claqua dans l’air d’un cri, l’Onmyôji recula de quelques pas, le collier dans la poigne, la bestiole retombant en hurlant au sol agonisant. Immédiatement, il se reprit de sa frayeur. Ca y était, les morceaux se recollaient enfin. Sur le bateau partant pour Geki, ils avaient été attaqués par une bande d’Iso Onna, s’étaient refugiés à l’intérieur. Mais un autre Yokaï, plus intelligent, s’était dit que puisqu’il ne pouvait les atteindre, il aurait plus de chance à les faire échouer pour mieux les dévorer une fois vulnérables. A l’instant de cette pensée, l’Abe no se tourna et se retourna. Pour le moment, c’était un calme plat, mais la brume s’approchait au loin.


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Kyoaku

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MessageSujet: Re: Un mensonge pour une bonne cause Sam 22 Juil - 21:50

Je n’avais jamais connu une si vive anarchie à bord. Il m’était arrivé de faire naufrage, d’être chassé ou emprisonné, de rentrer à la nage, de mourir de faim... mais jamais l’un de mes navires n’avait été pris d’assaut par tant de créatures improbables. Jamais autant d’hommes n’avaient été attaqués et condamnés au moment-même ou le Capitaine inconscient avait pris cette décision de non-retour. Je réalise qu’ils sont perdus au moment où le religieux utilise directement sa propre « arme »... et admet de façon plutôt directe qu’il n’est pas aidé d’un compagnon spirituel.

Le temps de déglutir sans réfléchir, je le suis sur le pont et continue ses gestes pour rameuter les rescapés, tandis qu’il cherche je ne sais quoi dans son sac. Les choses vont vite mais la panique rend les marins alertes et compétents pour déposer les papiers sacrés comme indiqué mais aussi altruistes et instinctifs quand il s’agit d’aider les plus atteints dans leur motricité. Serrant les dents de laisser les autres périr sans pouvoir rien faire de plus, je m’adapte au rythme effréné et aide un maximum de camarades à entrer puis à s’installer, tandis que d’autres scellent l’entrée de la cale.

Sans ranger ma lame, c’est une certaine stoïcité qui m’accable alors que j’entends les Yokaï hurler, manger, gratter, détruire. Un frisson parcourt mon échine quand je les sens s’éloigner, repoussées par les actions sacrées de cette drôle de rencontre sans esprit gardien, mais je ne suis pas serein pour autant. Les manifestations enthousiastes de l’équipage sont vite arrêtées par un choc brutal sur la coque, cette dernière ne semblant pourtant pas abîmée grâce aux protections supplémentaires assurée par notre voyageur supplémentaire.

Un réflexe venu de nulle part me fait rengainer ma lame, pousser certains de mes amis de galère pour parvenir jusqu’à l’Onmyouji alors victime d’une dégringolade de marchandise sur sa figure à moitié valide. Sans lui, nous ne sommes rien et c’est dépité par mon inefficacité que je réalise ne pas avoir réussi à protéger sa tête d’un basculement en arrière. Cependant, mon dos, lui, se rappellera des différents pointes et rebords qui cisaillent ma peau, alors que je sers de rempart à Chikanori afin de lui éviter un écrabouillement évident. Je suis solide, je l’ai toujours été mais je me sens partir en avant, assommé par tout ce poids et tous ces chocs. Je me surprends alors à vouloir sortir d’ici pour retrouver ma calme terre d’origine... et demander quelques explications à ce type bien trop mystérieux.

***

Je me réveille avant lui et plus rien ne tangue... c’est mauvais signe. Une brève vérification me permet de sentir que le jeune homme respire et de me rappeler, malgré la douleur, qu’il faut rétablir l’ordre sur ce bateau. Remettant mes vêtements en place, je sens que mes omoplates et mes côtes ont pris cher mais j’oublie vite la gravité de ces blessures pour me précipiter à l’extérieur. Hécatombe, il n’y a pas d’autres mots. Mes yeux ne croient pas à la vision d’un véritable cimetière, où toutes races et toutes fois avaient été mêlées pour ne laisser que le silence derrière leurs actes.

Un soupire difficile – certains os doivent être brisés... – et je fais un tour du bateau penché, lentement pour éviter d’aggraver l’état de mes plaies. Je tire certains corps par-dessus bord pour les laisser dériver, faisant corps avec les vagues, purifiés par le sel et ramenés par la marée auprès de leurs proches... ou des profondeurs. Malheureusement peu renseigné sur les dons de ces demoiselles loin d’être charmantes, je ne me risque pas à les toucher et retourne vers la cale, après avoir constaté ce pitoyable naufrage qu’est le nôtre.

Voyant très peu d’hommes sortir de l’obscurité, je me demande comment on va s’en sortir sur ce bout de terre que je rêvais de rejoindre au plus haut point du malaise. Surpris par un cri soudain, je me précipite là où mes oreilles m’entraînent et je vois que l’Abe no s’est encore une fois bien débrouillé avec son assaillant... et qu’il tient fermement mon collier dans sa main. Agrippant d’abord ma tunique, furieux dans au premier abord, je m’approche de Monsieur-je-sais-tout et l’entraîne par le bras à l’abri du reste des vivants. Poussant le borgne contre le peu de bois qui reste debout, je réalise à quel point nous n’avons pas la même résistance et la même force. Je lâche légèrement du lest mais ma colère reste la même. Seule l’envie de ne pas effrayer les gars me permet de me contenir pour parler silencieusement.

- Sache que ce c’est pas parce que tu nous as sauvés que je te fais pleinement confiance. Je suis pas copain avec les Onmyouji mais je suis absolument convaincu qu’ils ont quelque chose de plus que les simples religieux de Temples. Alors pourquoi un type comme toi se débrouille uniquement avec son bâton et quelques sutras ? Pourquoi nos chers Kamis ne te prêtent plus leurs acolytes ? D’autant plus à un Abe no...
- Kyoaku ? entends-je un peu plus loin.

Le Dragon aux yeux jaunes ne laisse plus l'humain incertain prendre le dessus. Je ne me laisse donc pas distraire plus longtemps et continue à m’énerver, soucieux de notre sort et surtout de ce qui nous attend ensuite.

- Je suis d’accord que les mystères, ça aide à garder le cap et à vivre sa vie. Mais si on doit s’aider à sortir de cette merde, il va falloir m’en dire un peu plus. Ou en tout cas faire en sorte que j’arrive à croire ce que tu me racontes... Et crois-moi, c’est pas gagné, vu la tournure que prennent les choses !
- Kyoaku !
- J’arrive !
- Ah, t’es vivant ! Par les Kamis...
- Laisse-les tranquilles ceux-là, il faut qu’on parte d’ici.

Je regarde de la tête aux pieds cet inconnu que je suis obligé de fréquenter et auquel je suis enchaîné jusqu’à la fin de ce voyage. Et je croise les bras, en sondant son œil unique faisant de son expression quelque chose d’indechiffable.

- Je vais m’occuper de ta protection, comme je l’ai fait à l’intérieur, parce qu'on ne pourra rien faire sans toi. Mais j’ai été amoché et je l’ai mauvaise. En plus, je suis pas du genre patient. Alors j’attends des réponses avant qu'on continue à avancer ensemble... maintenant.


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MessageSujet: Re: Un mensonge pour une bonne cause Lun 31 Juil - 23:12

Le frêle humain réprime difficilement une grimace à ce brutal plaquage qui lui fait légèrement rentrer la tête dans les épaules. Son œil unique s’ouvre pour fixer ce marin qui semble toujours avoir une dure méfiance vis-à-vis de lui. Celui qui l’a tiré des griffes de l’Onna mourante semble réaliser leur différence et se retient alors, détends sa prise, ce qui permet à son agressé de regagner une attitude un peu plus neutre, mais non plus sereine. Comme avant, l’Onmyôji de Geki ne comprend pas trop la colère qui émane de cet homme, ignore les réponses qu’il est censé lui donner, s’agace intérieurement de ce type qui semble lui sommer de lui prouver qu’il peut lui faire confiance alors qu’il ne lui doit rien. L’ignorance de cette personne du peuple n’aurait d’ordinaire pas non plus attisé sa mauvaise humeur si celui-ci ne l’avait pas assommé avec des questions qu’il jugeait futiles au vu des circonstances, et n’exigeait pas des réponses qui relevaient d’un luxe bien exigent.
Alors qu’ils se toisaient de pied en cap, Chikanori réajusta ce kimono qui avait pris bien cher dans cette embarquée et resserra son regard. Il se retenait de toiser, il n’en était pourtant pas loin car sa voix s’avéra sèche et coupante.

_ Je n’ai pas d’explications à donner sur la façon dont je procède, surtout à quelqu’un qui ignorait tout des Onmyôji jusqu’à peu. Laisse donc à ceux dont c’est le domaine gérer les choses à leur manière, de même, je n’irai pas prétendre savoir mieux me servir de ta lame que toi ni te demander pourquoi tu as choisi celle là plutôt qu’une autre.

S’éloignant du type qu’il pouvait pressentir vouloir l’attraper par la gorge, sa langue claqua des mots un peu plus corrosifs.

_ Quant aux fameux mystères, il n’y a qu’à toi que cela pose problème. Que je sache, cela ne nous aidera pas à survivre, tergiverser est une perte de temps là où les secondes se comptent. Peut être, si nous sortons d’ici vivants, aurons-nous le loisir de nous chamailler, si cela t’amuse et que j’ai encore du temps à perdre pour des explications que tu ne veux pas entendre. Je n’ai pas besoin de ta confiance, seulement de ta coopération, et c’est de même pour toi. Donc si tu as fini ta petite crise existentielle, peut être pourrons nous intéresser à faire en sorte que les vivants le restent.

Serré dans sa main, le collier fit rappeler sa présence, et l’Abe no vint poser le regard sur lui. Ses idées se connectent vite, relient ce bijou au marin. Désespérant de l’absurdité de la situation, il soupira un souffle chargé d’agacement et lança l’objet à l’autre pour qu’il puisse le récupérer.

_ Surtout, ne me remercies pas, comme ça nous sommes quittes. » Conclut-il en tournant les talons, décidé à ne pas perdre plus de minutes inutiles à bavasser.


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Kyoaku

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MessageSujet: Re: Un mensonge pour une bonne cause Sam 12 Aoû - 22:04

Prétentieux et hautain, c’est ce que j’ai été en lui imposant mes idées. Il n’est pas marin et a gracieusement proposé son aide. Je n’ai dès lors aucun ordre à lui donner, d’autant plus qu’il a sauvé ma peau et une minorité d’autres membres de l’équipage. Son premier argument est frappant et je me retrouve bien vite bien moins sûr de moi. Il marque un point et je m’en veux instantanément de l’avoir brutalisé plus qu’il ne l’a été sur le bateau. Je m’étais pourtant de nombreuses fois retrouvé dans cette situation mais en face d’égaux ou d’incapables du métier... mes rapports avec ce religieux étaient jusque-là bien différents de ce que j’avais déjà connu.

Je me penche légèrement en arrière et décroise mes bras de surprise. Qu’un garçon si frêle puisse en imposer autant et me remettre à ma place comme peu de personnes ont su le faire dans mon existence me chamboule. Mais je tiens à ne pas trop lui montrer, de crainte qu’il me prenne vraiment en grippe... enfin ça m’a l’air d’être déjà le cas... Me voilà bien barré. Il n’y a effectivement que moi que ces mystères dérangent, les autres étant trop occupés à adresser quelques prières aux Kami ou à s’inquiéter de ce qui arrive sur eux.

Pris au dépourvu lorsqu’il me lance mon collier, je réussis à l’attraper aisément malgré tout et le laisse d’abord rejoindre les autres, cherchant avec embarras un moyen de me rattraper, en rattachant le pendentif à mon cou. Puis je me confronte à nouveau à une réalité plus sérieuse que les chamailleries évoquées : le bateau. Je fais une rapide inspection de la coque et, tout comme le confirment les regards de mes camarades, je constate qu’elle est profondément percée. Par chance, il ne s’agit que d’un seul endroit, fissuré par le choc. Le reste du navire est en bon état mais en majorité inondé.

Les regards se posant tantôt sur moi et tantôt sur notre référent spirituel, je prends la parole et le rôle de Capitaine provisoirement, pour rétablir l’ordre et ne pas laisser les hommes paniquer.

- Nous ne sommes plus qu’une poignée, umi no otoko-tachi ! Il va falloir se serrer les coudes et s’accrocher à notre courage pour déguerpir d’ici. Alors, que deux d’entre vous s’occupent de dégager le pont, pendant que deux autres désengorgent les endroits remplis d’eau. Je vais me charger de trouver de quoi boucher ce trou et imaginer un levier pour remettre notre moyen de transport à flots.

Ils se regardent, dubitatifs puis, voyant qu’aucune autre solution n’existe, se résignent et exécutent ce qu’ils pensent être la meilleure alternative. Je retourne alors vers le fils des Abe no et, l’offensant une dernière fois en lui coupant la route, je m’incline bassement, faisant usage d’un ton bien plus amical que précédemment.

- Gomen pour tout à l’heure... Je n’aurais ni dû te juger, ni te demander quoi que ce soit. Ma satanée méfiance n’a rien à faire là parce que, comme tu l’as dit, nous n’avons que besoin de collaborer. Ce sont simplement... de vieilles habitudes et des expériences houleuses qui m’ont poussé à creuser un peu. Sachant que la collaboration demande une certaine confiance pour fonctionner, sans quoi il se passe ce que nous venons de vivre. Des tensions, des suspicions et des âneries. Tu veux bien pardonner mon absence de naïveté ? Ce n’est probablement que l’expression de mon envie de m’en sortir aussi. Inadéquate, je l’admets, mais...

Je relève la tête, croisant son œil unique, le masqué attisant toujours ma curiosité. Je ravale mon animosité et décide de faire preuve de calme et d’humilité, exceptionnellement. Me mettre à dos cet allié est la dernière chose dont les survivants ont besoin. Mal à l’aise malgré tout, je me frotte l’arrière du crâne et tente de maîtriser ma maladresse pour tenir des propos plus sympathiques et cohérents.

- Je suis navré pour ce contretemps. Sincèrement. Si le temps nous en laisse l’occasion et que tu es d’accord de m’accorder un peu de ton temps, je te laisserai te débarrasser de moi comme tu le voudras. Pour l’instant, j’aimerais répondre à ce service que tu nous as demandé en échange de ta protection. Tu nous as beaucoup aidés jusqu’ici, alors je tiens à tout mettre en œuvre pour te ramener.

Pour ça... j’ai besoin d’un coup de main pour l’exploration. Comme je te l’ai dit, je m’occuperai de ta défense mais j’ai besoin d’un soutien, si d’autres créatures nous attaquent. Et j’ai aussi besoin d’un œil supplémentaire pour m’aider à surveiller mes arrières, si je dois transporter des choses jusqu’au bateau, après une exploration des alentours. Veux-tu bien venir avec moi ? Ou préfères-tu rester ici et t’assurer du bien-être de mes camarades ?


Le vrai choix est là. Mieux le connaître en risquant ma peau à chercher ce dont j’ai besoin en plus de l’isoler des menaces inconnues dissimulées dans la brume. Ou alors partir seul, sans garantie qu’ils se débrouillent contre une nouvelle attaque. En réalité... il n’existe aucune alternative à l’une ou l’autre solution. Nous risquons de mourir, quoi que nous décidions, tant que nous ne regagnons pas la mer.


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Onmyôji

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MessageSujet: Re: Un mensonge pour une bonne cause Mar 15 Aoû - 18:38

La brume rôdait toujours, l’Onmyôji n’était pas serein. Débarrassé de ce qu’il jugeait être un sombre imbécile, il scrutait la mer en frottant sa tempe éraflée dont le sang avait séché. Il pressentait qu’il était vital qu’ils déguerpissent rapidement, que le répit ne serait que de très courte durée. Bêtes et monstres rôdaient, quelque part entre les pierres et les algues, invisibles, inodores, silencieux … seul son sixième sens n’était pas tranquille et lui chuchotait, nerveusement, qu’ils étaient observés. Trop commune était la sensation précédant l’attaque où les Yokaï, devenant patients car sûrs de gagner, se faisaient craindre et se nourrissaient de peur.
De ce qu’il entendait du monde des vivants, leur navire était troué, ce qui attisait de fortes inquiétudes à celui qui n’aimait pas la mer et encore moins ses profondeurs. Impossible de s’en sortir seul dans son ignorance du domaine des eaux, l’étau se refermait lentement mais sûrement. Chikanori, tout à coup, avait la crainte plausible de ne pas s’en sortir.
Une nouvelle fois, le marin l’accosta, mais d’une meilleure attitude puisqu’il commença par s’incliner et revenir sur ses propos antérieurs. L’Abe no, disposé à l’écouter par nécessité, finit néanmoins par accepter ses excuses sans rien dire, d’une simple inclinaison de la tête, avant qu’ils n’en reviennent au sujet de leur survie.

_ Je vais venir avec toi, mais avant que nous partions, je vais faire en sorte de protéger cet endroit. » Avec les circonstances il était limité, mais il fallait s’en contenter. « Au cas où, prépare-les à se défendre si jamais cela ne suffit pas, et laisse leur des instructions pour qu’ils puissent nous avertir de loin. Puisque nous ne sommes plus que quelques uns, nous ne pouvons nous permettre de perdre des personnes supplémentaires …

Le sac posé à terre, l’Abe no constata sans grande surprise que plusieurs de ses affaires s’étaient brisées pendant l’embardée. Bien sûr, l’encre n’avait pas échappé à la catastrophe. Humidifié et tâché, son carnet se trouvait fortement abîmé ; avec un peu d’espoir il resterait utilisable, comparé aux pinceaux qui ne pouvaient désormais qu’être jetés au feu. Contrariété s’ajoutant, l’Onmyôji, les mains maculées d’encre noire et rouge réfléchissait aux alternatives. Non loin, les survivants étaient inquiets et s’exécutaient fébrilement, fatigués, mais surtout, démoralisés.
Il délaissa alors Kyoaku, les restes de ses encriers et de ses pinceaux en sa possession. Puisque la situation l’exigeait, il opta pour l’un des Sutras répulsifs les plus forts qu’il connaissait. Psalmodiant à lui-même, il traça en même temps d’une grande calligraphie un complexe Sutra sur le sol de bois vermoulu. L’encre mélangée, à peine déposée par les pinceaux abîmés, immédiatement, se couvrait de traces noirâtres bien peu avenantes. L’Onmyôji, les sens aguerris à sentir le sacré et le maudit, pressentait la puissance de ce qu’il était en train d’invoquer. Certes, l’effet durerait peu. De toute façon ils n’allaient rester dans le coin indéfiniment. Toquant le symbole de son Shakujô, il l’infusa de sa propre énergie ; le tintement sacré retentit et le Sutra prit son action. Comme à retardement, il semblait se consumer de lui-même. Alors se tournant vers les matelots ébahis, il déclara d’un ton fort, se voulant mobilisateur :

_ Pendant une vingtaine de minutes, ce Sutra tiendra éloigné les Yokaï et esprits malfaisants de la coque. Ne marchez dessus ni ne l’éraflez. Nous devons en profiter pour rétablir notre situation et partir dès que cela est possible. Ayez foi ! Les Kamis sont avec nous puisque nous avons survécu !

Ce n’était pas grand-chose, mais déjà, un semblant d’espoir semblait avoir émergé des discours des deux seules personnes capables de les ramener à bon port. Prêt à descendre sur les rochers pour trouver ce qu’il fallait pour leur survie, Chikanori se tourna vers Kyoaku d’un air résolu.

HRP:
 


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