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 Un mensonge pour une bonne cause

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Kyoaku

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MessageSujet: Re: Un mensonge pour une bonne cause 1/29/2018, 16:18

HRP :
 

Je ne fais que suivre le religieux à travers la ville, scrutant chacun de ses regards se poser sur des ryokan plus piteux les uns que les autres. Pour moi, c’était toujours mieux que rien et c’était bien là un décalage que je déplorais à chaque nouveau lien que je tissais avec la « haute ». De mon point de vue, cette catégorie de personnes passait de l’Artisan au Samouraï, en passant par les Onmyouji ou les Miko. Tout individu qui ne dormait pas dehors, ne mourrait pas de faim à longueur de temps ou avait les moyens de se payer une auberge du genre de celle que nous rejoignons finalement. Une grosse catégorie de types aisés, ayant accès au confort en tout temps et desquels je n’étais pas jaloux pour un sou, trop amoureux de pouvoir faire ce que je voulais quand je le voulais.

Je m’en rends particulièrement compte lorsque le religieux m’explique l’une de ses journées. Levé en même temps que le soleil, méditation sous la pluie, études toute la journée, purifications, restrictions... J’ai presque de la peine pour lui, mêlée à de l’admiration. Je serais bien incapable de vivre tout ce qu’il a vécu. C’est un autre genre de torture que voilà, une vie à la dure que le Dragon en moi n’aurait certainement pas laissée exister très longtemps. Je m’imagine vouloir fuir cette cage dorée à tout pris en sauvant la demoiselle des lieux pour mener une vie éphémère mais merveilleusement plus intense que cela. Ma compassion, son sourire et celui que je lui rends font presque disparaître cette différence entre nous mais elle revient au galop quand nous pénétrons dans l’auberge.

Il ne m’a été donné que trois occasions dans ma vie de fréquenter ce genre d’endroits et j’avais été bien inconscient de dépenser la fortune amassée jusqu’ici pour y passer mes nuits. Pourtant, je m’en rappelle encore et ne regrette pas ce que j’avais fait. L’un de ces trois étant un établissement des plaisirs et me laissant encore quelques beaux souvenirs à se réveiller en éclats de rires. C’est pourtant légèrement gêné que je laisse mon « comparse » payer à ma place, n’ayant rien de bon à vendre sur moi d’autre que ma chair. Celle qui semble être la fille de la gérante y semble être intéressée aux vues des regards insistants qu’elle me lance et je me fais surprendre par la dernière affirmation de Chikanori.

– D’a... d’accord, dis-je le regard perdu entre la décoration et la demoiselle en question.

Avant qu’il ne rejoigne sa chambre et après avoir eu confirmation d’un hochement de tête sur la présence d’un onsen à l’arrière des lieux, je l’interpelle une dernière fois et espère qu’il répondra favorablement à l’invitation.

– Si ça te dit de partager un bain matinal avec moi, je veux bien faire l’effort de me lever aux aurores. Tu as sûrement encore beaucoup de choses à m’apprendre sur toi.

La jeune hôtesse ne me laisse pas le temps d’apprécier la réponse de mon camarade et me propose une visite très professionnelle de la salle de bains puis de la chambre, pour finalement me laisser dormir jusqu’aux fameuses premières lueurs du jour.

***

Reposé comme jamais, je profite que le petit-déjeuner ne soit pas encore servi dans la chambre pour me glisser dans l’eau bouillante du bassin pour hommes de l’établissement. Je savoure chaque secondes passées dans le liquide apaisant mes blessures et mes courbatures de la veille, ne sachant pas lesquelles sont anciennes ou nouvelles. J’aborde ce nouveau jour avec délices et surtout beaucoup d’amusement, le sourire aux lèvres, me réjouissant en quelques sortes de pouvoir échanger encore avec l’Onmyouji pour le peu de temps qu’il nous reste à passer ensemble.


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Dernière édition par Kyoaku le 2/27/2018, 10:23, édité 1 fois
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Abe no Chikanori

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Onmyôji

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MessageSujet: Re: Un mensonge pour une bonne cause 2/17/2018, 12:40

Monter l’escalier, rejoindre sa chambre, donner ses affaires à nettoyer, faire un brin de toilette, s’enfermer à double tour pour tapisser la pièce du mur au plafond d’ofudas pour pouvoir dormir d’un sommeil comparable à une mort temporaire, Chikanori était déjà à d’autres préoccupations lorsqu’il entendit “bain matinal”. Pourquoi pas, se dit-il, se faisant plus ou moins confiance sur sa capacité à convaincre l’aubergiste de céder l’accès à ses bains à quelqu’un de maudit, mais de noble. Sa main s’agita lasse par-dessus son épaule, avec un léger sourire, et sans donner autre réponse que celle-là, l’Onmyôji éreinté abandonna le marin sans même percevoir la cocasse situation dans lequel il le laissait. Plus tard, sûrement, il reviendrait sur les étranges regards en soupirant d’aise de ne pas en avoir été l’objet.

L’eau fraiche qu’il se passait sur le visage lui donnait l’impression de se débarrasser de toute saleté. Dans le silence et le calme d’une pièce où lui seul se trouvait, rapatrier ses pensées au son des gouttelettes lui permettait de se libérer des images de cadavres, de sang impur et des cris. L’instant houleux des vagues était derrière lui, et plus jamais il ne remettrait pied sur cette embarcation, pour le peu qu’il se risquerait de nouveau à voyager par les mers. Il songea à d’autres atrocités, comme pour se persuader qu’il avait vu pire, résultant à ce qu’un long frisson lui parcoure l’échine. C’était la vie qu’il avait toujours voulue, n’est-ce pas ? Les murmures s’élevèrent vers les poutres et les tintèrent de signes endommagés qui auraient probablement empêché le dit Kyoaku de sa main sur la poignée de porte.

✧✧✧


Chaque matin, comme un rituel qui s’installait de plus en plus, l’Onmyôji Abe no peinait à ouvrir l’œil. Par respect de la tradition plus qu’envers lui-même, il s’extirpait de son fûton, l’esprit hagard, l’œil encore trop faible pour suivre d’une seule traite les traits sacrés qui descendaient du plafond à l’unique ofuda au centre de la pièce. Sa crainte lui coûtait, mais il était seul pour assurer sa propre protection. L’absence d’un être spirituel qui ne connaissait pas le sommeil ou la faim véritable était réellement un poids.
Encore à jeun, il se glissa dans le couloir menant aux onsens. Il n’y avait pas un chat, si ce n’était peut être … le fils du tenancier, qui travaillait déjà. A sa vue, Chikanori esquissa un doux sourire : cela allait être plus facile que prévu.

Depuis combien de temps n’avait-il pas pu profiter d’un onsen ? Cela remontait encore à une époque où il ne faisait pas fuir les uns et les autres, où il s’était laisser tenter ; cela l’avait rendu moins pudique, une bonne chose en soi. Il put enfin se laver des pieds à la tête, et ce d’une eau chaude, c’était un tel luxe pour sa peau qui s’hérissait de tous ses poils à force d’avoir été habituée par trop d’eau glacée ! Toujours comme un miracle, le tissu ciré qui garantissait sa vie ne bougeait pas d’un millimètre, preuve véritable que quelque chose l’habitait. Enfin, il put rejoindre le marin. Sa petite manipulation sur le gamin de l’entrée lui parut tout à coup assez inutile, puisqu’en voyant Kyoaku, il se rappela la présence de son étrange tatouage. Il se promit de ne rester trop longtemps dans le bassin.

La serviette sur la tête et les cheveux ramassés en un chignon sur la nuque, Chikanori s’était posté en face du demi-sang, appuyé sur le bord. La chaleur le rendait somnolent s’il ne faisait pas attention. Ce n’était pas ce qu’il voulait, et songeant à la façon dont ils étaient quittés la veille, il demanda de but en blanc, d’une façon presque innocente :

_ Bieeeen … comment s’est passé ta nuit ?





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Kyoaku

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MessageSujet: Re: Un mensonge pour une bonne cause 2/27/2018, 10:55

Tous mes muscles se relâchent et mes pensées divaguent. Peut-être que, de temps en temps, ça fait du bien de vivre dans le luxe. De ne pas se poser la question de la survie. De savoir qu’un repas nous attend après la détente. De s’installer à un endroit sans se soucier de se faire exterminer par des religieux ou des bandits. Il y en a bien un de religieux, dans le bain avec moi. Je l’entends arriver mais, la tête en arrière posée sur le rebord du onsen, je ne prends la peine d’ouvrir les yeux que lorsqu’il m’adresse la parole. Je me retiens de rire et me contente de sourire largement en posant mes yeux sur son visage toujours à demi caché. Ça ne m’étonne que qu’à moitié, puisqu’il a certainement quelque chose à garder pour lui. Mais je n’ai pas envie de l’ennuyer avec ça maintenant.

– Honnêtement, ça faisait longtemps que je n’avais pas aussi bien dormi. Merci beaucoup d’avoir payé pour moi. Je trouverai le moyen de te rembourser un jour.

Je me baisse pour fondre le bas de mon visage dans l’eau bouillante et y faire des bulles, hésitant quelque peu avant de développer ma réponse. Je finis par remonter, essuyer ma figure et faire rouler mes yeux innocemment.

– Ce matin, je me suis aussi demandé si tu avais pu te reposer. Et j’ai d’ailleurs beaucoup pensé à la façon de te rendre ce que tu as bien voulu faire pour moi, durant ce drôle de voyage. Ce que je sais faire de mieux étant de négocier, je me suis dit que j’allais essayer de trouver de bons produits et de te les envoyer dans un joli panier, une fois que tu serais rentré. Et puis je me suis dit que ça serait ridicule... à cause de ton régime exigeant. J’ai pensé aussi essayer de te trouver du thé ou des étoffes, que tu puisses utiliser tous les jours en pensant de façon nostalgique à nos aventures. Mais je me suis dit que tu regarderais le tout avec dédain et que tu ne prendrais pas la peine de les déguster ou de les porter.

Je soupire de bien-être, laissant peu transparaître ce que je m’apprête à lui dire.

– Hier soir, j’ai beaucoup... parlé avec la fille du propriétaire des lieu. Elle m’a fait visiter, m’a expliqué comment me conduire ici. Comme elle commençait à s’intéresser à mon tatouage, j’ai tenté de changer de sujet. Et c’est là qu’elle m’a malencontreusement kidnappé. Dans nos... échanges, j’ai appris quelques petites choses. Dont une probablement intéressante pour toi, puisque tu es directement concerné.

La jeune femme m’avait en effet avoué, dans son processus de séduction et avant que nous puissions conclure, que son intérêt se portait plutôt sur l’Onmyouji que sur ma pauvre personne. Elle s’était rapprochée de moi dans l’espoir que je puisse lui arranger une rencontre. J’avais alors préparé précautionneusement cette matinée et avait demandé à la demoiselle de s’introduire discrètement dans les bains au mot « concerné ». D’abord dissimulée par la vapeur, on peut l’entendre s’introduire dans l’eau sinueusement et ce n’est qu’en calculant l’expression d’effroi du religieux, au moment où il la reconnaît, que je jubile littéralement.

– Il est convenu que j’aille distraire le frangin et le papounet, pendant que vous faites connaissance, dis-je sur le ton du secret, un sourire carnassier imprimé sur mes traits. Du coup, je vais remplir ma propre mission. Et je laisse Kiku-chan s'occuper de la sienne. Veinard.

Je sors de l’eau rapidement et sans pudeur, me contenant comme jamais de rire aux éclats, pour filer me rhabiller. Juste avant d’atteindre la salle de bains, j’entends la coquine se languir de la présence d’un marginal comme Chikanori.

– Onegai, Abe no-sama... prenez soin de moi.

Que d’honneurs pour celui que j’imagine comme un bien piètre séducteur.


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Abe no Chikanori

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Onmyôji

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MessageSujet: Re: Un mensonge pour une bonne cause 3/5/2018, 23:14

Profitant d’un loisir qu’il n’avait que peu d’occasions de se l’accorder, le maudit de Geki reposait son crâne sur le rebord, fermant les yeux mais à demi seulement. Peut être aurait-il pu se permettre plus de détente si les propos de son interlocuteur, serpentant dans son esprit, n’avaient pas alarmé quelques pensées. Dès le réveil, Chikanori sentait poindre le piquant d’un foutage de gueule aussi grand qu’un bâtiment, et alors qu’il regardait le plafond, indécis sur la façon dont il allait remballer le demi-Yokaï imprudent, il allait de surprises en surprises. Non content de railler sans doute son manque de masculinité et sa délicatesse due à son rang en osant sous entendre une histoire de petits paniers, et de régime, comme s’il en faisait un, Kyoaku s’enclenchait sur un terrain autrement plus gênant. Avant même qu’il eut entamé la suite de son discours, l’Onmyôji avait parfaitement cerné ou le marin voulait en venir. Le salopiau, allait-il donc lui proposer d’aller voir des prostituées histoire qu’il "se détende" ?!

C’était à peine mieux. Les doigts tapotant nerveusement quelques fois sur les pierres du bassin, il resserra le poing et redressa sa tête alors que l’autre continuait joyeusement sur sa route. Comme si ce n’était toujours pas assez, il en rajoutait encore une couche. Ah bon, on parlait de lui lors d’une partie de jambes en l’air ?! Les sourcils figés tant il se retenait de rougir sous l’insulte, le brun aux cheveux longs et à l’œil incandescent resta fixé sur l’air carnassier de l’autre homme.

Car en plus il était censé qu’il fasse connaissance avec elle après lui ?

Il plongea sa main dans la serviette posée sur le côté de l’eau, dans lequel il avait caché son mala, pas suffisamment fou pour aller se détendre complètement désarmé. Le dragon n’allait pas filer ainsi, une incantation suffirait et il serait ramené à lui par la peau des fesses illico-presto. Interdit, il en aperçut une autre, bien rebondie, se faufiler dans le bassin. A présent, il était coincé. C’était sa fierté personnelle qui en prendrait un coup s’il fuyait devant une femme. Il se posa dos à la paroi, comme à l’initiale, toisant la vapeur d’un air plus contrôlé. Dans sa tête, il insultait le demi-sang de tous les noms d’oiseaux.
Kiku-chan ne lui était pas spécialement attirante. Tel un inquisiteur zélé et réducteur, Chikanori posait un regard immensément critique sur l’invitée ; l’image d’Eirin s’imposait en déesse, dans toute sa magnificence et son raffinement auquel il n’avait trouvé d’égale à cause des souvenirs qu’il lui étaient associés ; la demoiselle aimée n’était pas si lointaine à ce moment là, secondée par celles d’autres belles femmes sur lequel il avait osé imprimer un souvenir plus vivace. Cette fille là, par contre, sa peau n’était pas laiteuse, ses muscles étaient anguleux à cause du travail manuel, et elle n’avait pas de manières. Là où certaines Marchent, elle, se déplace. On sentait une volonté de faire des efforts, face au noble Onmyôji que l’on voulait séduire, mais le bruit de ses pas résonnait comme une volonté abruptement menée. En se rapprochant, on s’apercevait qu’elle n’avait pas de parfum … voluptueuse, elle l’était grâce à la chaleur et l’envie.

Malgré tout ce qu’il pouvait en penser, celle-ci, elle était nue.

✧✧✧


Il n’y avait aucun convoi partant pour Geki dans la journée. A cause des attaques de Yokaï, tout était figé ; les commerçants gardaient leurs positions dans les villes le temps d’une accalmie, pour filer à la capitale où il était plus sûr de vivre. On s’armait dans le but de ce voyage, et il fallait dire que pour une fois, on recherchait activement un quelconque religieux pour faire le travail. Aussi maudit était-il, un panel de choix s’ouvrait à lui … mais il voulait partir immédiatement. Le père lui expliqua qu’il n’en savait pas plus, mais lui indiquait le bourg où se préparaient les charrettes, l’endroit où il aurait plus de chances de le renseigner, puis fila.

Sifflant un soupir entre ses dents, l’intéressé s’appuya le coude sur la table, un verre de sake offert par la maison posé devant lui. L’image qui lui était renvoyée l’écœurait.


« Peut être … que si tu avais ne serait-ce que tenté de me parler au préalable, j’aurais pu prendre plaisir à savoir qui tu étais. »

L’arête du nez pincée entre les doigts, c’était l’eau bousculée et l’agitation qui lui parasitaient l’esprit. Il se sentait de nouveau étouffé et pris, secouait la tête pour s’en débarrasser.

« Si tu avais été plus maline ou intelligente, tu aurais choisi un meilleur partenaire pour tes machinations, un qui aurait su tenir sa langue, car savoir qu’il y a eu un plan derrière toute cette comédie … cela me coupe toute envie. »

La suite avait été pire. La réponse, incendiaire.

« Vous, nobles, vous, toujours dans le mépris, vous crachez dans la soupe que l’on vous offre mais arrachez volontiers celle que l’on vous refuse ! Ne me fais pas croire, derrière tes petits airs, que tu es différent des autres !  Tu te permets de juger depuis ta petite fenêtre comme si cela n’était jamais assez, mais que veux-tu de plus ?! »

L’humaine Kiku, toute aussi illettrée et analphabète qu’elle était, avait toutes les armes pour enfoncer à coups de marteau son ego drapé d’orgueil et d’arrogance que cachait une frustration honteuse. Désirable et même plus, elle l’était devenue en peu de mots, très peu de gestes. C’était terrible de remarquer sa faiblesse, plus encore de peiner à lui résister. Le mépris et le dégoût l’avaient emporté. Il s’était rendu détestable et méprisable dans le processus, comme le prouvaient les pas rageurs alors qu’elle passait en trombe sous le nez de son frère pour se cacher dans l’arrière cour de l’établissement, mais il préférait cela … plutôt que d’avoir cédé.
Il sentit la table vibrer, quelqu’un s’installait. L’œil noir, il fixa celui qui venait de s’installer.







Dernière édition par Abe no Chikanori le 4/30/2018, 14:34, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Un mensonge pour une bonne cause 4/22/2018, 12:58

Le drame. Qui aurait pu penser que les paroles maladroites d’un ami pouvaient ébranler deux vies, somme toute adéquates l’une à l’autre dans pareille situation ? Je me sens mal, terriblement mal quand la demoiselle vient en larmes me tapoter le torse, bouleversée d’avoir été rejetée par l’homme qu’elle désirait, comme les tabis usagés d’un roturier. Je ne peux la consoler qu’en m’inclinant mille fois, la laissant me ficher une claque bien sentie sur le visage en guise d’adieu. Sans qu’ils ne connaissent les détails, je sais que les membres du personnel de maison me toisent pour ce méfait et qu’il nous faudra bientôt partir.

Je l’observe d’abord de loin, une fois mes maigres affaires embarquées sur moi. Il exprime très peu ce qu’il ressent, c’est un gars difficile à cerner. Mais je peux le voir à sa position, à l’expression de son seul œil visible, qu’il risque bien de me frapper de son courroux, lui aussi. J’ai l’habitude, depuis toujours, d’avoir des ennemis. De me faire traquer pour ce que je suis et ce que je donne à voir. Mais après cette rencontre, ce voyage, ces morts... j’avais simplement espéré remercier l’Onmyouji, tout en félicitant la courageuse. Apparemment, les mots ont gâché les actes et me voilà pris en tenaille entre la culpabilité et la peur des conséquences de mon choix.

C’est pourtant après quelques secondes de réflexion et un gros soupir, que je me décide à rejoindre Chikanori. On vient me demander si je veux boire quelque chose, je refuse poliment et sursaute presque à la vue de ce regard incendiaire que le religieux m’adresse.

– Je n’ai pas commis beaucoup d’erreurs dans ma vie, mais celle-ci remporte la médaille. Je suis désolé de vous avoir blessés tous les deux.

C’est totalement sincère, mais l’angoisse de sa réaction ne me laisse pas le temps de le laisser répliquer immédiatement.

– Tout ça... s’est joué sur un malentendu. C’est toi qu’elle voulait et les coups d’yeux qu’elle m’a lancés étaient uniquement calculés pour t’approcher. Je n’ai pas pu la toucher, Kiku-chan ne m’en n’a pas laissé le temps. Elle ne pouvait juste pas se résoudre à t’aborder directement... Tu l’as éblouie, je lui ai proposé de l’aider. Mon côté joueur n’aurait pas dû se faufiler dans cet échange... Gomen...

Je passe une main sur mon visage, réellement embarrassé, mon amusement s’étant fait la malle il y a plusieurs heures.

– Est-ce que je peux me faire pardonner ? risqué-je de demander, tout de même, désireux de le quitter en de bons termes.


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MessageSujet: Re: Un mensonge pour une bonne cause 4/30/2018, 15:09

La froideur de son regard devenait un acier tranchant prêt à servir. C’était maladroit. C’était irréfléchi. Stupide. Les excuses s’empilaient sans prendre de valeur, au moins, il semblait avoir évité le pire. Pourtant, ce fut une voix assez forte qui lui répondit :

_ En cessant de croire que tu peux me rendre service !

La main s’aplatit sur la table plus violemment que l’Onmyôji ne l’aurait voulu, faisant trembler la vaisselle qui y était posée. Il s’était redressé, prêt à partir. Les regards étaient tournés. C’était tout sauf discret. Entre lui, d’une humeur massacrante, la femme trahie et le marin au tatouage, les plus avisés pouvaient déjà s’imaginer des choses ; et même si totalement erronées, l’Abe no guettait les murmures, prêt à écorcher verbalement celui qui se permettrait le moindre commentaire déplacé. La noblesse rugissait.
Le regard doré qui lui faisait face, incompréhensif et embarrassé, le retint néanmoins dans des élans plus violents. Celui-ci avait déjà son compte, ou plutôt, il n’allait pas aller plus loin avec du public, sur un sujet si glissant. A la place, il se surprit tout à coup à rougir d’agacement et de honte. L’inconscient avait touché un point sensible au plus haut point, sur lequel le religieux avait placé un tabou supplémentaire à la gêne de la société. Celui-ci serra le poing, contenant une colère qu’il ne souhaitait pas laisser partir. Un claquement de langue lui échappa et il se leva, se rendant à l’évidence qu’une seule et unique chose s’imposait : la douche glacée. Sans plus attendre, il récupéra ses affaires, et s’arrêtant un bref instant avant de filer, il fixa le marin.

_ Tu rends les choses pires qu’elles ne le sont.

Sortant de l’établissement, c’était vers le temple de la ville qu’il se dirigeait pour pratiquer le Misogi, se laver entièrement de sa souillure et aussi retrouver sa sérénité perdue. Le Dragon le suivrait, ou non, le retrouverait, ou pas, peu lui importait en cet instant précis.





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Un mensonge pour une bonne cause

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