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 Les lumières éclatantes peuvent chasser les plus terribles ombres, mais jamais les faire disparaître

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Norihito Raija

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MessageSujet: Les lumières éclatantes peuvent chasser les plus terribles ombres, mais jamais les faire disparaître Dim 7 Mai - 19:23

Jour 7 de la lune du Boeuf, an 40
Raimei

Cela faisait quelques temps que la ville était agitée par une certaine effervescence et celle-ci n'avait eu aucun mal à gagner le cœur de la jeune femme. La fête des arts allait avoir lieu aujourd'hui même et elle avait si longuement répété les danses qu'elle allait exécuter que leur rythme peuplait sans cesse son esprit. Elle n'était pas une artiste, mais elle avait toujours mis un soin particulier dans son éducation de jeune fille en ce qui concernait ce domaine-là, si bien qu'elle y avait développé un talent reconnu et qu'on faisait régulièrement appel à elle pour les représentations qui concernaient le temple. Elle ne refusait jamais ces propositions, toujours ravie d'exercer ses talents devant un public dont le regard exprimerait plus d'admiration que de dédain. Dans ces instants-là, elle se sentait flotter, capable d'oublier tous les chagrins, toutes les peines du monde, elle avait l'impression d'être si légère et rayonnante qu'elle pourrait peut-être finir par s'envoler.
Mais ce n'était pas l'expression même de son art qu'elle avait mis toutes ses espérances, elle lui avait écrit, avait nourri l'espoir qu'il pourrait peut-être être là, qu'il pourrait peut-être venir la voir. Avec eux.

Le soleil ne les avait pas encore honorés de sa présence lorsqu'elle s'était levée. Dans un temple où l'on vivait généralement dans le dépouillement, elle ne bénéficiait pas de domestiques pour l'aider dans son habillement, ainsi elle avait appris en grande partie à le faire seule, ne réclamant que quelques amies pour certaines étapes. Cela lui avait pris du temps pour s'envelopper dans les éclatants tissus raffinés, amers souvenirs d'une admiration fanée à laquelle elle n'avait su renoncer. Une éternité était sans doute passée pour qu'elle puisse ordonner son interminable chevelure en une coiffe complexe dont elle était la seule à détenir le secret.
Finalement, quand la matinée fut là, des jeunes filles vinrent l'aider à terminer sa préparation, éblouies par la beauté de la jeune, mais surtout par sa capacité à mettre chacun de ses attraits en valeur, à choisir avec goûts les assemblages, les bijoux, les parures. Elle était certainement la seule ici à pouvoir leur faire ce genre d'éducation, à les aider à choisir les tissus qu'il fallait dans les boutiques de Raimei et à les transformer en kimono dignes de ce nom.
Il fut un temps où son mari se rangeait parmi ses admirateurs, où il œuvrait à la rendre plus resplendissante encore, mais les années avaient eu raison de ses sentiments. Rien en ce jour ne permettait de déduire à un regard extérieur le drame de sa vie tant elle avait su enfouir au fond d'elle ses douleurs pour les remplacer par un regard brillant et un sourire raffiné, digne de ce qu'elle pouvait arborer avec tant de facilité autrefois. Cet homme n'aurait finalement pas eu tant d'importance dans son cœur s'il ne l'avait pas privée des plus grands amours de sa vie, l'enfermant jalousement et peut-être pour toujours dans une prison qui ne connaissait aucun barreau.

Lorsque enfin vint l'heure de commencer les festivités, elle avait tout juste terminé ses préparatifs, noyée dans les conversations enthousiastes qu'elle avait partagées avec ses camarades. Plus souriante que jamais, elle avait alors rejoint le groupe de danseurs dont elle était la meneuse et ils avaient commencé leur représentation dans les rues de la ville.
Libérée de tous ses tourments au fil de la musique, elle s'était abandonnée à ses mouvements et n'avait commis aucune erreur, aucun impair qui aurait pu voiler sa grâce et son talent. Son visage lumineux, son sourire, son regard profond captait çà et là les spectateurs venus célébrer les arts dans toute leur diversité dans cette ville plutôt qu'une autre. Elle était heureuse ici, ravie de pouvoir distraire, radieuse à l'idée de susciter de l'admiration, de briller avec un éclat singulier parmi les centaines d'autres artistes qui donnaient des représentations çà et là. La journée passa ainsi à une allure effrénée et elle fut satisfaite de pouvoir s'arrêter, épuisée. Bien sûr, ils avaient fait quelques courtes pauses pour prendre un peu de repos et manger leur repas, mais ils ne s'étaient jamais accordé beaucoup de temps pour cela. Maintenant qu'elle était défaite de ses obligations, elle s'était élancée dans la rue pour retrouver certaines de ses amies et venir aux nouvelles.

Rayonnante, souriante, son éclat disparut brutalement pourtant. Il n'était pas venu. Personne ne l'avait vu. Il l'avait dédaignée, une fois de plus et cela brisait à nouveau les éclats de son cœur en d'autres morceaux, plus difficiles à réparer encore. Ses visites se faisaient de plus en plus rares, de plus en plus courtes. Allait-il véritablement l'abandonner ? S'il ne venait même plus la voir pour apprécier sa beauté, avait-il encore des raisons de vouloir venir jusqu'à elle, de lui laisser la chance de se racheter à ses yeux ?
Incapable de supporter la moindre compagnie ni la joie qui régnait si fort, elle ressentit le besoin de s'isoler. S'enfuyant jusqu'au temple, elle avait retrouvé la présence angoissante de sa chambre dont seule la vue de son shamisen sut calmer l'émotion qui la prenait de plus en plus vivement. Les larmes étaient difficiles à retenir, elles voulaient fermement franchir les frontières de ses yeux. Si seulement...

Attrapant l'instrument, elle se précipita à nouveau à l'extérieur du temple. Ce lieu qu'elle aimait tant ressemblait en cette soirée à une abominable cage. Elle aurait voulu rejoindre Raiu. Elle aurait voulu retrouver sa maison. Peu importait tout cela, elle voulait juste serrer dans ses bras ses enfants, ses si précieux trésors....
Mais ils n'étaient pas là.

La belle jeune femme était donc retournée dans les rues de la ville, mais elle avait cette fois-ci évité la foule, s'était perdue dans les ruelles moins animées où elle pouvait bénéficier seule de l'éclat des quelques lanternes qu'on avaient allumées pour profiter de la nuit et quel éclat ! Trouvant quelque part où s'asseoir, elle déplia le tissu qui protégeait son instrument, en ajusta les cordes et elle commença la première mélodie qui lui venait en tête. C'était un air plutôt triste, tourmenté, qui ressemblait à ce qu'il y avait dans sa tête. Doucement, elle éleva sa voix, se réfugia autant dans son chant que dans ses notes. Elle avait besoin de calmer son cœur et c'était là son seul exutoire, le seul qui lui fut accordé, à moins que...



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Dernière édition par Norihito Raija le Sam 13 Mai - 19:06, édité 1 fois
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Abe no Chikanori

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Onmyôji

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MessageSujet: Re: Les lumières éclatantes peuvent chasser les plus terribles ombres, mais jamais les faire disparaître Mar 9 Mai - 0:00

_ Qu’est ce qui justifie une telle tristesse ? » Demandait une voix venue d’en haut.

Accoudé à la rambarde de l’étage, l’Onmyôji maudit regardait l’éplorée au shamisen qui venait de finir sa longue plainte nocturne. L’air du soir venait flatter les mèches noires qui tombaient sur son visage, et il ne souriait pas. C’était d’une expression neutre qu’il l’observait, marquée par la fatigue. Lorsque la musicienne s’aperçut de sa présence, il vint poser ses deux coudes sur la balustrade afin de pouvoir reposer son menton dans l’une de ses mains.

Chikanori se trouvait à l’étage de ce minuscule restaurant, du côté des fenêtres. L’air y était frais, mais il en avait besoin. Depuis son arrivée, il se sentait étouffer. Profiter des animations lui avait été un calvaire, de même que se déplacer dans la foule qui lui avait semblé agressive ; tout cela avait été une très mauvaise idée dont il aurait pu s’épargner les conséquences s’il n’avait pas choisi d’en faire qu’à sa tête.
Il n’avait pas attendu d’être remis pour s’enfuir loin des Abe no, les désertant sans vergogne. Il n’avait consulté personne, aucun conseil n’aurait pu de toute façon le retenir, et dès l’aube du jour 5, il s’était invité dans le chariot d’un convoi de breloques partant pour le temple de Raimei. Les bêtes avaient été fouettées presque tout du long. De ce fait, le trajet avait été éreintant, tant et si bien que malgré son état de fatigue accrue, il n’avait pu se reposer que quelques heures distribuées par ci par là. Il ne s’était vraiment pas ménagé en voulant partir aussi rapidement. C’était limite inconscient.
A peine arrivé à la cité, Chikanori avait quitté les itinérants pour s’enfoncer dans la foule. Son premier objectif avait été de se trouver un lieu calme où se restaurer. Puisqu’il arrivait à l’improviste, il n’était pas invité par le temple, et les places y étant rares, il ne se faisait que très peu d’illusions sur le fait qu’il n’y aurait pas de lit pour l’accueillir s’il venait gratter à ses portes. Il lui fallait prendre une chambre, quelque part, mais si le coucher était un souci secondaire puisque tout resterait ouvert tard dans la soirée, il était privé de la protection spirituelle dont il aurait eu vraiment besoin.

En tous cas, il avait cru être tranquille. A son arrivée, la tenancière de l’établissement, une vieille femme, avait jugé bon de l’isoler à l’étage. Que cela soit pour éviter qu’il ne fasse fuir les autres clients, ou par charité en s’apercevant de son état …  ça l’indifférait. Pour s’assurer que des esprits ne s’approcheraient pas trop de lui, il avait tracé quelques charmes à la va-vite, finissant avec ça de s’achever, mais avec le sentiment de pouvoir enfin se laisser aller. Avec un peu de chance, on n’allait pas mettre un Onmyôji dehors. Il s’était affalé sur la table.

C’était le chant qui l’avait réveillé. Dans la demi-obscurité de son épuisement, les paroles et les mélodies de la voix pleurante s’étaient emparées des tristesses de son cœur, l’assaillant de ses sentiments de solitude et d’incompréhension. Lui qui, en ce moment-même, n’était pas au meilleur de sa forme, se retrouvait emporté contre son gré dans cette torpeur, à revisiter ses échecs, ses déceptions, ses angoisses, ses peurs. Lorsque le chant cessa, ce fut une délivrance. Le silence s’installa, et il espéra un instant pouvoir repartir sereinement au pays des songes, mais sa tête était pleine de pensées. Ça l’agaçait.
Prêt à relâcher sa contrariété sur quelqu’un, il s’était redressé sur son banc pour ouvrir la fenêtre pour oeilleter la personne qui avait troublé son repos. Il y reconnut l’une des plus talentueuses danseuses qu’il avait pu entrapercevoir plus tôt dans la soirée. Le contraste entre cette lumière éclatante qu’il avait pu ressentir plus tôt et cette flamme à présent éteinte lui donnait au moins une raison pour ne pas la gronder d’aller chanter sa dépression ailleurs.

L’Onmyôji ferma un instant les yeux, le temps de quelques longues respirations, avant de reposer le regard sur son interlocutrice d’un air un peu moins sévère.
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Norihito Raija

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MessageSujet: Re: Les lumières éclatantes peuvent chasser les plus terribles ombres, mais jamais les faire disparaître Sam 27 Mai - 19:43

Ses doigts qui pinçaient les cordes la tenaient concentrée, mais ne lui permettaient pas de se libérer de ses pensées. Sa voix, les notes jouées tentaient de donner un sens à tout cela, de l'exprimer avec plus de force que de simples mots, avec plus de facilité aussi, mais c'était vain, inutile. Ça ne lui apportait pas la délivrance, ça rendait tout juste les battements de son cœur supportables. Elle-même aurait voulu que tout s'arrête, que tout ne soit plus que silence. À quoi bon jouer une telle chose ? Elle en avait besoin, mais ça la brisait en même temps. Pendant combien de temps resta-t-elle ainsi, en proie à ses émotions, incapable de les refréner, ni même de les contrôler ? Bien des choses semblaient avoir perdu leur sens dans sa tête.
Finalement, elle sut trouver une sorte d'aboutissement à cette drôle de mélodie. Rien de tout cela ne lui avait plu, ce n'était pas le reflet de ce qu'elle aimait ni de son talent, mais peu importait, elle n'avait joué pour rien ni personne, elle l'avait simplement fait par nécessité, tout comme il était nécessaire de respirer.

Son regard s'était depuis longtemps perdu dans le vide, incapable de discerner quoi que ce soit. L'apathie avait envahi son âme. Peut-être avait-elle su y trouver un exutoire en fin de compte, mais elle ne se sentait guère mieux.

Une voix pourtant surgit, traversant le néant dont elle avait voulu s'entourer et elle sursauta en laissant échapper un cri, n'ayant pas imaginé une seule seconde que quelqu'un puisse se trouver ici. C'était idiot, n'est-ce pas ? Comment avait-elle pu se faire une telle idée ? Orientée par le son, elle leva la tête pour découvrir un jeune homme appuyé sur le rebord d'une fenêtre. Il avait belle allure avec ce visage fin et ces cheveux noirs qu'elle devinait longs, seul un bandage qui cachait son œil droit semblait vouloir gâcher ce portait. Habituée à ce genre de symbole, elle devinait qu'on avait dessiné dessus un sceau. Pour quelle sorte de raison ? Son cœur rata un battement. Serait-ce cet onmyōji dont on lui avait parlé et qui était issu d'une si grande et noble famille ?

Déboussolée, confuse et surtout extrêmement gênée, la belle jeune femme se leva précipitamment pour s'incliner le plus respectueusement possible, espérant par ce biais se faire pardonner ne serait-ce qu'un peu. Comme elle détestait les reproches, comme elle détestait déplaire. Même pour cet inconnu, même s'il n'était pas ce qu'elle pensait, même si c'était quelqu'un sans intérêt, elle détestait cela par dessus tout. Elle voulait simplement voir des sourires, rendre les gens un peu plus heureux, ne pas les sentir agacés, énervés en sa présence, or malgré sa voix qui se voulait neutre, son visage qui se faisait indifférent, elle sentait bien qu'elle l'avait dérangé.

« Ve... veuillez me pardonner, je pensais qu'il n'y aurait personne par ici, je ne voulais pas vous contrarier ni vous apporter le moindre désagrément. »

Elle s'inclina à nouveau, en manque de nouvelles excuses qu'elle pourrait lui énoncer. Cette diversion avait su chasser pour un bref instant tout le chagrin qui faisait peser son cœur tant elle était préoccupée par le regard d'autrui, mais ses yeux étaient restés brillants et elle luttait pour que les larmes n'en sortent pas.
Pourtant, elle cherchait quand même à retrouver la maîtrise d'elle-même et elle reprit une posture un peu plus assurée, restant bien droite, levant simplement le visage et son regard sombre pour continuer à regarder l'homme qui l'avait interpellée. Délicatement, elle essaya de lui offrir un de ses jolis sourires. Elle se rappela alors qu'elle tenait toujours son shamisen dans sa main.

« Peut-être pourrais-je jouer un autre morceau pour m'excuser de tout cela. Ah... ! Ma musique était affreuse, vraiment, pardonnez-moi, mais laissez-moi vous montrer que je sais faire bien mieux que cela ! Je ne suis pas aussi mauvaise d'ordinaire, je vous l'assure. Qu'aimeriez-vous entendre ? Un air en particulier ? Un thème plus joyeux ? Oh, c'est certain, en ce jour de fête personne n'a envie d'être triste, voyons, quelle idée ! » Énonça-t-elle subitement, hésitante dans ce qu'elle pourrait lui proposer, se confondant en excuses, mais veillant en même temps à garder sa voix claire et mélodieuse.

Son sourire s'agrandit un peu plus et elle inspira doucement, retrouvant un peu de calme. Un seul regard posé sur elle pouvait bien suffire à la transformer et elle était déterminée à lui donner une bien meilleure image d'elle-même. D'ailleurs, elle semblait avoir retrouvé de son énergie et, en essayant de le convaincre sur la qualité de sa musique, ses yeux s'étaient mis à briller d'une lueur bien différente et son visage s'était naturellement éclairci.



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Abe no Chikanori

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MessageSujet: Re: Les lumières éclatantes peuvent chasser les plus terribles ombres, mais jamais les faire disparaître Dim 28 Mai - 1:23

Regarder la jeune femme paniquer à son intervention le laissa indifférent sur le coup. Il cligna des yeux, l’observa s’incliner, s’excuser … deux et trois fois respectivement, en moins d’une minute. Qu’est ce qui pouvait la pousser ainsi à s’embarrasser ? Certes, elle s’était fait surprendre, mais les alentours du temple étaient bondés. C’était évident qu’elle allait, à un moment où à un autre, être entendue, d’autant plus avec la voix qu’elle avait. N’importe quel bedeau se serait rapproché pour mieux l’entendre, quand bien même ce fut une plainte. Lorsque l’on rajoutait l’image au son, on avait même de quoi se ravir les yeux.

Pour ainsi chanter sa détresse en public – malgré qu’elle n’en avait pas cherché un, tout cela manquait de pudeur - elle ne faisait probablement partie d’aucune noblesse. Pour autant, l’agencement de ses vêtements et de sa coiffure dénotait un soin particulier et surtout très  méticuleux. Rares étaient les femmes qui se donnaient un tel soin, fussent-elles artistes ; sa volonté de plaire et d’éblouir allait bien au-delà de la simple représentation. Que cela soit au niveau des étoffes choisies, des couleurs ; ils rehaussaient son teint de nacre, l’embellissait telle une fleur venant à peine d’éclore. Il perdit un instant son regard à suivre les diverses couches de son kimono qui se succédaient dans un feuillage raffiné, jusqu’à atteindre sa coiffe complexe entremêlée de bijoux ; s’attardant sur les traits de son visage, ceux qui la rendaient désirable. Tout cela lui rappelait de lointains souvenirs de la brillante Birei. Elle aurait presque pu entrer dans ce cadre, à quelques détails près. Pour sûr, c’était une femme magnifique. Presque trop pour l’endroit … trop pour son propre bien … trop pour sa sécurité. Où était donc l’homme censé partager ses jours ?
Ainsi ce qu’elle dit passa un peu à la trappe ; il n’y aurait accordé plus d’attention que cela de toute manière. Pour rattraper son désagrément, elle lui proposait donc de rejouer à nouveau ? Comme s’il n’en avait pas déjà assez entendu, pendant des dizaines et des dizaines de minutes, contre son gré d’ailleurs ! Quelle idée !

L’Onmyôji la fixa tenter de se plier en quatre, le silence s’installa. Il mesura son malaise grandissant, finissant de trouver cette situation en fait plutôt amusante malgré un début médiocre. Au final, il finit par pouffer de rire, laissant sa main pendre dans le vide dans un mouvement pour lui indiquer de laisser tomber. Oui, il lui ria au nez, mais la situation lui était vraiment cocasse.

_ Non, non merci la musique, pour le moment j’en ai mon compte. » Répondit-il doucement. « Mais je veux bien savoir quelle est l’identité de mon éplorée au Shamisen. Pour discuter, un peu …

Et il resta penché sur la rambarde, relativement bien installé pour sa part. Après tout, ce n’était pas lui qui risquait d’attraper un torticolis.
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Norihito Raija

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MessageSujet: Re: Les lumières éclatantes peuvent chasser les plus terribles ombres, mais jamais les faire disparaître Dim 28 Mai - 3:36

Toute la belle assurance qu'elle semblait avoir repris finissait par n'être qu'une apparence. Il la fixait, elle le voyait bien, sans rien répondre, sans lui donner le moindre indice. Est-ce que la mettre mal à l'aise était quelque chose qui lui paraissait amusant ? Elle n'osa pas lui poser la question, elle n'osait même rien dire, pas avant qu'il ne lui apporte quelques réponses, pas avant qu'il ne lui donne au moins une petite indication sur la marche à suivre. Comme les hommes pouvaient la déstabiliser parfois ! Ce n'était pas vraiment que leur regard la gênait, après tout, elle le cherchait en grande partie et le sien n'avait rien de grivois, mais il y avait toujours chez eux quelque chose de mystérieux qu'elle ne comprenait pas. Incapable de deviner la moindre de ses pensées, elle resta donc là à attendre qu'il daigne lui dire quelque chose. À moins qu'il ne préfère la fixer ainsi, la laisser sans voix ?

Ce fut son rire qui brisa le silence. Un rire moqueur qui la fit rougir de honte. Qu'avait-elle bien pu dire pour qu'il s'amuse d'elle de la sorte ? Était-ce là la chose plaisante qu'il pouvait tirer de sa présence ? Elle s'apprêta à s'excuser à nouveau, pour partir cette fois-ci, malheureuse de le déranger encore et toujours quand il se décida enfin à parler. Son refus fut pour elle la pire des punitions, mais elle ne dit rien. Pourquoi ne lui laissait-il pas une deuxième chance ? Ce devait être quelqu'un qui n'aimait pas la musique ou pire encore, elle l'avait suffisamment offusqué pour qu'il ne veuille plus jamais rien écouter de sa part ! Ah... Si seulement il l'avait arrêtée dès le début, elle aurait pu bien vite se rattraper. Pourquoi l'avait-il laissée faire aussi longtemps si ça lui avait autant déplu ? Tout cela lui était abominablement incompréhensible.
Les larmes voulaient à nouveau couler sur ses joues, mais elle baissa la tête, plus que tout désireuse de lui cacher ce genre d'émotion. Elle se sentait déçue, détestant par dessus tout déplaire, mais surtout, elle était terriblement vexée. Il était bien rare qu'on lui refuse un morceau, c'était bien même souvent le contraire, et son désintérêt pour tout cela, nettement affiché, piquait son cœur avec plus de force qu'une lame.

Cependant, il lui demanda aussi de rester pour discuter et elle ne voulait pas faire mauvaise figure. Ainsi, elle n'évita pas longtemps son regard, cherchant autant que possible à prendre sur elle pour sourire et ne rien laisser paraître ni de son irritation, ni de son chagrin. Peut-être étaient-ils mal partis dès le début. Il lui laissait l'occasion d'arranger les choses et elle n'allait pas le décevoir cette fois-ci.
À son tour, la jeune femme laissa échapper un léger rire, cristallin et mélodieux, levant une main sur son visage pour cacher sa bouche.

« Très bien. »

La jeune femme vint se rasseoir sur son banc improvisé. Il ne la voyait peut-être pas si bien d'ici, mais elle n'allait pas non plus rester plantée debout en plein milieu de la rue. Ici, elle était plus à même d'adopter une jolie posture et elle avait bien plus l'habitude de rester assise. Délicatement, elle posa son instrument sur le tissu et l'emballa tout en lui répondant finalement.

« Je m'appelle Norihito Raija. Et vous, ne seriez-vous pas par hasard Abe no Chikanori-san, descendant de l'illustre famille d'onmyōji ? »

Son visage se leva à nouveau et elle le chercha du regard, mais d'ici elle ne le voyait pas bien et ne pouvait donc rien juger de ses réactions, en admettant que son expression le lui permette. C'était peut-être mieux d'un autre côté.

« Mais vous m'aviez dit vouloir discuter, y a-t-il donc un sujet en particulier qui vous plairait ? » Ajouta-t-elle pour changer de sujet, craignant d'avoir été un peu trop curieuse à son égard.



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MessageSujet: Re: Les lumières éclatantes peuvent chasser les plus terribles ombres, mais jamais les faire disparaître Dim 28 Mai - 16:47

Contemplatif, l’Onmyôji laissa les questions en suspens pour regarder les toits de la ville avant de fermer les yeux. Les faibles lumières restèrent incrustées sur sa rétine avant de disparaître, le plongeant dans un noir profond. Il crut qu’il allait presque se rendormir et abandonner son interlocutrice au silence, mais il n’en avait pas l’envie. Elle ne s’était pas enfuie, avait pris son mal en patience, et il n’était quand même pas capricieux au point d’ignorer quelqu’un dont il avait demandé la compagnie … pas sans raison. Ainsi il se redressa un peu, massant son front en repoussant ses mèches couleur corbeau sur le côté.

_ Hm, il n’y a donc de mystère à mon propos … » Déclara-t-il d’un ton un peu laconique, avant de disparaître de la rambarde. « Quant au sujet de conversation … non, je n’en visais pas un en particulier. Je me suis dit que tant qu’à faire d’être réveillé et d’avoir de la compagnie, la discussion était plus adaptée. Après tout … je suis un peu curieux. Le nom de famille Norihito ne m’est pas tout à fait inconnu … et cela m’étonne de l’entendre ici.

Comme souvent, il n’en connaissait néanmoins guère plus à part que c’était une famille aristocratique noble. Seule supposition qui était pertinente de faire était qu’elle devait avoir beaucoup d’argent … derrière cette simple formulation, il fallait remettre dans le contexte que la femme qu’il avait sous les yeux s’habillait de cette manière pour “simplement sortir”. Le mariage avait dû être somptueux, de même que la demeure qui allait avec … ce qui rimait avec Geki, pas Koumyou. Ou peut être que la famille Norihito avait un pavillon secondaire proche du temple ? L’idée venue, elle ne lui semblait pas tout à fait saugrenue.
Pour ordonner ses idées, il entreprit de ranger ses quelques affaires éparpillées sur la table. Il referma son pot d’encre laissé ouvert (c’était un miracle qu’il ne l’ait pas culbuté dans son sommeil), aligna les feuilles vierges qui s’étaient déplacées à cause des courants d’air.

_ Dis-moi, Norihito-san, que fais-tu ici, à Koumyou ?

Son petit rangement effectué, il faisait rouler entre ses doigts le pinceau de calligraphie, gardant le menton appuyé sur sa main dans une expression pensive.
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Norihito Raija

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MessageSujet: Re: Les lumières éclatantes peuvent chasser les plus terribles ombres, mais jamais les faire disparaître Dim 4 Juin - 15:05

Plongée à nouveau dans un silence dont elle n'avait pas le contrôle, la jeune femme sortit son éventail pour envoyer une légère brise sur son visage. En cette saison, il ne faisait pas si chaud, mais cela l'aidait à retrouver un certain contrôle sur ce malaise qui venait broyer son ventre. Cette sensation de grand inconnu, cette impression de ne jamais savoir quoi faire était pour elle l'une des choses les plus terribles qu'elle soit amenée à vivre. Privée des indices de son visage, incapable d'ouvrir la bouche ou même de songer à partir, elle n'avait d'autre choix que de rester ici, luttant pour garder un sang-froid qui ne dévoilerait pas sa grande nervosité. Ce besoin de plaire constamment aux autres était parfois si atroce, la poussant à s'inquiéter de tout, à réfléchir à chaque mouvement, à chaque mot. Pourtant, elle ne se sentait pas capable de faire aussi bien que d'autres. Il y avait toujours quelque chose pour la trahir à un moment donné, trop honnête, trop rêveuse, peut-être finissait-elle par révéler un visage qui ne plaisait pas aux autres ? Mais que pouvait-elle faire à ce sujet puisqu'elle était incapable de lire dans les pensées de ses interlocuteurs, de ceux qui l'observaient ? Ah, avec un tel don, tout aurait été si facile…

Sa voix, surgissant dans cet étrange silence qui séparait les deux inconnus, lui donna finalement quelques premières réponses.

« Oh je suis certaine que si, c'est seulement ma grande admiration pour les Abe no qui m'a permis de vous reconnaître. » Avoua-t-elle en laissant échapper un léger rire.

Comment aurait-il pu en être autrement ? Elle avait entendu tant de choses à leur propos en vivant à Koumyou ! Tous semblaient être destinés à devenir de grands et puissants onmyōji, à tel point qu'elle aurait parfois voulu pouvoir toucher cette famille d'un peu plus près. Mais elle n'avait jamais vraiment révélé de dons dans ce domaine, n'avait pas su trouver d'esprit gardien non plus et ne savait même pas vraiment comment elle pourrait en invoquer un. Si elle avait pu le devenir, elle aurait été bien plus capable d'aider les autres… Son mari aussi aurait peut-être trouvé un peu plus d'intérêt en elle quand une simple épouse ne semblait pas lui suffire.

Sa main s'était légèrement crispée sur son éventail à l'évocation de son propre nom, son cœur s'était mis à battre plus fort et son angoisse, à peine dissipée était immédiatement revenue. De la curiosité ? Par chance, il semblait ne rien connaître de sa famille, ne pas savoir qu'elle ne la voyait presque plus et qu'on l'avait arrachée à ses enfants, laissant dans son drôle de statut toutes sortes d'interprétations ou de rumeurs. Elle avait parfois si honte… Mais jamais elle n'avait trouvé la force, le courage d'avancer ce genre d'argument à son mari pour le pousser à rétablir leur situation d'antan. Il ne venait presque plus la voir de toute façon. Il faudrait qu'elle puisse oublier tout cela, qu'elle en soit capable, mais…
Perdue dans ses propres craintes, parmi les plus horribles, s'emmêlant dans ses suppositions, dans des pensées impossibles, elle ne lui avait rien répondu à son sujet. Elle n'avait pas compté le faire de toute façon, bien trop soucieuse d'éloigner d'eux ce genre de sujet de conversation. Elle ne voulait pas qu'il sache, pas qu'il découvre une vérité qui changerait certainement son regard sur elle.

Sa seule erreur fut de le laisser dans le silence à son tour plutôt que de l'emporter sur une thème de son choix, n'importe quoi, n'importe quel sujet. Elle sursauta à sa nouvelle question, encore trop rêveuse, encore partie si loin dans le fil de ses propres pensées qu'elle en avait totalement oublié la réalité.

« Ce… ce que je fais à Koumyou ? » Répéta-t-elle, embarrassée.

Elle n'enchaîna pas immédiatement. Sa conversation était peut-être fort maladroite, mais elle avait assez de retenue pour ne pas se laisser emballer par ses propres émotions, parfois si vives tant elle était sensible. Bien évidemment, elle n'allait pas lui dire qu'on l'avait jetée au temple contre son gré, qu'elle aurait mille fois préféré rester auprès de ses enfants, quitte à supporter tous les affronts de son mari. Hormis cette intolérable séparation, sa vie au temple n'avait rien d'un enfer.

« J'y ai suivi mon aspiration, celle d'aider les autres, celle de partager à tous le don que m'a fait Gekigami-sama. Et vous, Abe no-san, quelle genre de mission importante vous a amenée jusqu'ici, le jour de la fête des arts ? À moins que vous ne soyez un véritable esthète ? »



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MessageSujet: Re: Les lumières éclatantes peuvent chasser les plus terribles ombres, mais jamais les faire disparaître Dim 4 Juin - 19:20

Décidément, Norihito-san avait le don pour le faire rire sans le vouloir. Ou peut être avait-il la moquerie facile ce soir, il l’ignorait, mais dans le silence de leur conversation qui était en plus aveugle, il pouvait se permettre de sourire insolemment à mots qu’elle employait pour “ l’honorer ” … car il sentait bien qu’elle faisait des présuppositions sur sa renommée, sur sa grandeur d’âme, ses qualités. On le connaissait pour sa sombre réputation et il était clair pour lui que la femme en face de lui ne pouvait qu'y avoir été sensibilisée. Donc la grande admiration qui lui aurait permis d’être reconnu ? Mensonge. Oh, elle n’avait pas dit grand-chose, mais consciemment, ou inconsciemment, elle l'agaçait à le brosser dans le sens du poil. Et bien évidemment, il détestait ce genre de comportement.

A présent, plusieurs choix s’ouvraient à lui, selon le niveau d’acidité de sa réponse, d’autant plus qu’il n’avait pas obtenu celle qu’il désirait. Il lui avait demandé ce qu’elle y faisait, pas pourquoi elle y était. Qu’importe. Elle se disait âme charitable. Certes, ce n’était pas impossible, mais n’avait-elle pas des enfants à s’occuper ? Pour le peu qu’il se souvienne de la sienne, malgré qu’il ne pouvait la voir souvent, elle était toujours là, surtout le soir et à ces heures imbues, pour tenter de l’avoir cinq minutes dans les bras. La curiosité était définitivement piquée.
Pour le bien du désir d’en savoir plus, il prit son mal en patience. Ou presque.

_ Ni l’un, ni l’autre. En vérité j’ai fui ma famille et il s’est avéré que Koumyou était le meilleur endroit pour me ressourcer. Hélas, c’était en oubliant qu’à cette époque de l’année, les places y sont chères … mais enfin, j’imagine que je pourrais profiter pour échanger quelques Haikus au coin des rues, et laisser mon pinceau aller au fil de mes envies.

Il revient s'appuyer sur le bord de la rambarde, jetant un coup d’œil en bas, espérant voir son visage suite aux mots qu’il allait dire et par volonté de se faire une idée de son âge … mais c’était très compromis. Il était trop loin, il faisait trop noir. L’avoir en face à face était le seul moyen d'y parvenir.

_ La réalité est bien moins incroyable qu’on le voudrait, n’est ce pas ? Je ne suis ni en mission, ni un artiste, je suis simplement en visite. Il est inutile de spéculer sur l’importance de toutes mes actions. » Il marqua une pause. « J’imagine donc que tu n’es pas simplement venue pour les fêtes ... quel est ce don que Gekigami t’a accordé ? » Demanda-t-il pour changer de sujet, à jamais peu convaincu de la générosité du Dieu envers les humains.
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MessageSujet: Re: Les lumières éclatantes peuvent chasser les plus terribles ombres, mais jamais les faire disparaître Ven 30 Juin - 0:16

Chaque instant où elle n'était pas occupée à parler la plongeait dans une drôle d'angoisse. Elle n'avait pas cette fabuleuse assurance qui lui permettait d'affronter n'importe qui et son admiration pour les Abe no lui apportait une barrière supplémentaire qui la poussait à choisir avec bien plus de précaution que d'habitude chacun de ses mots. D'autres auraient pu profiter de cette réputation que l'on prêtait à Abe no Chikanori, mais ce serait mal la connaître que de penser une chose pareille. La jeune religieuse était bien trop naïve et rêveuse pour se laisser convaincre d'un quelconque mal, au contraire, elle était persuadée qu'il ne s'agissait que de jaloux et de médisants qui diffusaient d'aussi mauvais propos au sujet d'un onmyōji qui venait d'une famille si réputée ! Et quand bien même ces discours devaient contenir une part de vérité, elle était persuadée qu'il y avait de très bonnes raisons et que l'on n'avait en fait rien à lui reprocher. Il n'avait simplement pas su se défendre face à de telles accusation sou alors, plus probablement, il s'en fichait parfaitement. Pourquoi devrait-il se sentir touché par l'avis des autres ? Il avait tout pour avoir un avenir prospère, il était libre de ses mouvements et sa fonction elle-même forçait bien à tous un minimum de respect.
Sa grande joie de le rencontrer lui permettait de calmer les vifs tourments qui pouvaient l'agiter. Elle mourrait d'envie de lui poser tout un tas de questions sans trouver l'assurance nécessaire pour lui poser ne serait-ce que l'une d'entre elle. Qui était-elle pour lui demander des choses personnelles ? Et puis elle ne voulait surtout pas l'embarrasser en quoi que ce soit. Elle s'était même demandé un instant si l'admiration dont elle lui avait parlé un peu plus tôt n'avait pas été prise pour de la moquerie à la vue des propos que certains devaient lui adresser, mais elle s'était immédiatement sentie honteuse. On se contentait assurément de propager bien des rumeurs quand il n'était pas là, mais tout le monde devait se taire en sa présence. Sa famille avait une telle réputation...

Ainsi, sa réponse eut la particularité de l'interloquer et d'attirer davantage sa curiosité. Il avait voulu... fuir sa famille ? Une telle idée lui semblait parfaitement saugrenue. Pour elle que sa famille avait abandonné deux fois, c'était bien tout le contraire qu'elle aurait voulu. Pourquoi tenait-il donc tant à s'éloigner d'eux ? Le traitaient-ils mal ? Leur réputation lui faisait-elle de l'ombre ? Se sentait-il étouffé ?

« Oh... c'est fort dommage. Si vous aviez prévu de votre venue, je suis certaine que nous aurions tout fait au temple pour vous recevoir. Si vous saviez comme je regrette que vous ayez reçu un si mauvais accueil... Pourquoi ne pas m'écrire la prochaine fois que vous ressentez le besoin d'une telle escapade ? Je pourrais alors m'assurer de vous trouver une place ! » Ajouta-t-elle, terriblement désireuse de rattraper ce qu'elle voyait comme un horrible affront.

Il y avait bien des voyageurs de moindre importance que l'on pouvait accueillir ailleurs ! Elle avait tant d'engouement pour les onmyōji, qu'elle s'assurait toujours qu'ils soient satisfaits de leur visite au temple lorsqu'elle en entendait parler. Malheureusement, cette information, sans doute engloutie par tout l'entrain que provoquait le festival, lui avait échappée.

« Le simple fait d'être onmyōji est pour moi largement digne d'admiration, vous n'avez donc pas à craindre de me décevoir. » Elle laissa échapper un léger rire, ce n'était sûrement pas parmi ses préoccupations de toute façon, il était libre de tout, le regard des autres ne devait pas avoir tant d'importance pour lui. « Cela me paraît normal que vous ayez aussi besoin de moments pour vous ressourcer, pour vous reposer et je suis ravie que la ville et le temple vous permettent cela. C'est un lieu merveilleux, n'est-ce pas ? J'espère au moins que la fête aura su vous distraire et vous charmer. »

Elle n'était pas la seule à avoir fait de nombreux efforts pour célébrer dignement les arts, avec toutes ces créations qu'ils se faisaient un plaisir d'élaborer puis de parfaire au fil des années. C'était comme pour bien d'autres choses une voie dans laquelle on pouvait toujours voir une progression, améliorer une note un peu moins bonne, corriger un mouvement... Raija espérait bien qu'à chaque fois on puisse la trouver meilleure que la veille.

Son sourire face à sa curiosité concernant son don n'avait pas disparu, tout comme elle n'avait pas oublié qu'elle lui devait un peu plus d'explications qu'elle ne lui en avait faites pour l'instant.

« C'est un don qui sied parfaitement à une miko, mais vous êtes trop loin pour que je puisse vous en faire la démonstration. Si vous acceptez de quitter votre perchoir, je vous promets de vous le dévoiler. » Répondit-elle simplement, osant jouer d'un certain mystère.

Elle avait fini par se lasser de cette drôle de situation et elle n'avait certainement pas envie que l'on pense qu'elle était en train de parler toute seule, ni de continuer d'ignorer chacune de ses réactions.



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MessageSujet: Re: Les lumières éclatantes peuvent chasser les plus terribles ombres, mais jamais les faire disparaître Mar 4 Juil - 15:04

La petite allusion mystérieuse attisa son intérêt endormi, le surprenant alors qu’il s’était imaginé avoir déjà fait le tour de la personnalité de l’artiste. Voilà donc qu’elle était moins timide qu’il ne l’aurait cru, ce qui était au moins un peu plus plaisant. A ces mots qui sonnaient plutôt agréablement à ses oreilles, il eut un léger rire détendu.

_ Vraiment ? Voilà quelque chose qui pourrait me convaincre de descendre alors …

Alors que les vapes de fatigue venaient l’assaillir de nouveau, c’était autre chose qui l’intéressait en tout premier temps : la place de Norihito au sein du temple Koumyou et sa capacité à assurer une place dans celui-ci. La mauvaise humeur et la médisance qu’il avait eue à son réveil n’était plus justifiée du tout, et il songeait finalement ce n’était plus un mauvais événement que de l’avoir rencontrée. Il n’aurait pu espérer mieux tomber, du moins, si jamais elle pouvait y faire quelque chose. Sa demande n’était pas sûre d’être satisfaite, pour le peu qu’elle l’accepte, ainsi il réfléchit quelques instants avant de la formuler … il avait beau tourner et retourner les mots dans tous les sens, il fallait se rendre à l’évidence qu’il n’aimait pas dépendre des autres et encore moins leur demander leur aide.

_ Norihito-san ? … J’aurais une faveur à te demander. » Entama-t-il d’une voix un peu plus posée, marquant une pause. « Comme je l’ai dit … je suis venu ici pour me reposer. La raison est qu’il y a quelques jours, j’ai participé à un lourd rituel de scellage. Malencontreusement pour moi, j’attire les esprits en tous genres et même s’ils ne sont pas malveillants, leur présence peut être … fatigante, au bout du compte. Au vu de ces circonstances de fêtes, je sais que séjourner au temple relève du miracle mais … serait-t-il possible de se renseigner, au cas où ? Je t’en serais redevable, mais je peux tout à fait comprendre que cela soit impossible.

Plus qu’il ne l’aurait désiré, on sentait que le sujet le dérangeait un peu, hormis sa difficulté à faire une requête et il n’allait pas s’étendre en détails sur le type de cérémonie car c’était bien trop personnel pour qu’il puisse se le permettre. Le jeune homme au balcon grimaça intérieurement du mal de crâne qui commençait à apparaitre, provoqué à cause des gueuleries des êtres spirituels échauffourés par la fête. Que cela soit le simple hasard qui les ait rameutés par là, ou à cause de lui, le vieux restaurant n’était plus approprié pour son repos. A présent, ses espoirs de ne pas avoir à courir ça et là pour trouver une chambre reposaient sur les épaules de sa nouvelle connaissance, quoiqu’il ne fût pas très optimiste. Au pire, il lui resterait à s’introduire dans le temple et à se caler dans un coin calme le temps de songer à un autre plan.
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MessageSujet: Re: Les lumières éclatantes peuvent chasser les plus terribles ombres, mais jamais les faire disparaître Lun 10 Juil - 23:15

Son cœur s'était à nouveau emballé alors qu'elle avait essayé de lui faire une drôle de proposition, misant sur sa curiosité pour l'attirer jusqu'à elle. C'était qu'elle n'osait pas le moins du monde mettre les pieds dans la bâtisse où il s'était réfugié et qu'elle ne voulait pas vraiment de cette conversation s'il fallait qu'ils se trouvent à un étage différent et non l'un en face de l'autre. Mais comment allait-il réagir ? Allait-il se moquer d'elle, rire, lui faire croire une chose pour arriver à des fins qui avaient tout pour elle d'un immense mystère ? Une grande part d'elle aspirait à lui faire confiance, mais ses doutes la laissaient indécise et incertaine.
Elle retint sa respiration lorsqu'il se mit à rire et encore un peu lorsqu'il lui répondit. Alors... elle avait presque réussi ? La jeune femme soupira sans bruit, elle se sentait soulagée d'un certain côté, mais aussi assez déçue de ne pas être parvenue à le convaincre tout à fait. Cependant, elle pouvait le comprendre, il avait certainement besoin d'en savoir plus pour faire l'effort de descendre. Après tout, ils n'étaient que deux inconnus et pour lui, elle n'était que la femme qui avait dérangé sa soirée par son étrange complainte. Ne ferait-elle pas mieux de le laisser tranquille ?

Non... Elle n'en avait pas envie, elle voulait le connaître un peu plus et puis voir aussi son visage. Silencieuse, elle n'avait rien répondu, un peu perdue dans ses pensées, cherchant les mots pour sa prochaine répartie, quand soudain, il reprit la parole.

« Ou... oui ? » Répondit-elle instinctivement à l'énonciation de son nom, désireuse de lui faire savoir qu'elle n'était pas partie.

Puis elle l'écouta avec attention. Ainsi, il n'avait vraiment nulle part où aller ? À ses mots son cœur se serra, elle ne savait pas de quel rituel il lui parlait, rien de l'ampleur de son épuisement et encore moins du poids que devait représenter ces esprits qui le hantaient, mais elle comprenait brusquement la raison de sa mauvaise humeur de tout à l'heure. Bien évidemment ! Il n'était ni méchant ni désagréable, c'était simplement qu'il n'allait pas très bien et qu'elle l'avait dérangé au mauvais moment.
Elle se sentait donc d'autant plus coupable de lui avoir été déplaisante et plus que tout, elle voulait réparer tout cela. Heureusement, elle disposait d'un minimum de moyens pour corriger ses erreurs et cela lui permit de sourire un peu.

Doucement elle se leva, s'avançant de quelques pas dans la rue, mais sans vraiment se retourner pour lui adresser la parole, s'assurant simplement que sa voix soit assez forte pour qu'il puisse l'entendre, mais pas trop non plus, ne voulant pas risquer de déranger le reste du voisinage.

« Eh bien, je ne peux pas vous promettre de vous trouver une place au temple, ni une qui soit véritablement très confortable... » Avança-t-elle d'abord un peu hésitante, puis elle trouva dans ses mots, dans son ton davantage d'assurance. « Mais je peux vous assurer que s'il y a là-bas le moindre futon disponible, il sera pour vous. Nous n'avons besoin que d'un peu de chance pour ça et sinon... nous trouverons bien une autre solution. » Affirma-t-elle, comme si elle était capable de créer tout cela par magie.

Ce n'était pas vraiment un mensonge. Elle aimait se dévouer pour les autres et lorsqu'elle le faisait, elle le faisait jusqu'au bout. Elle ne voulait pas que ses souffrances continuent à peser sur son esprit et s'il avait besoin de passer une bonne nuit pour cela, elle ferait en sorte que ça arrive. C'était dans ces instants-là qu'elle pouvait briller de détermination, que sa volonté se faisait la plus forte.

« Et puis surtout, je peux vous promettre quelque chose de plus important, quels que soient vos maux, j'ai exactement ce qu'il vous faut pour en alléger le poids. » Assura-t-elle tandis que son regard vint se poser sur la paume de sa main.

Finalement, elle se retourna, souriante, lumineuse, levant les yeux vers la fenêtre qui l'abritait.

« Mais pour cela, Abe no-san, il va vraiment falloir descendre, car d'ici, je ne peux rien pour vous. »

Malicieuse, son regard brillait et elle laissa échapper un rire cristallin avant de se mettre très doucement en marche pour le temple. Elle l'attendrait bien sûr, mais si avec tout cela elle n'arrivait pas à le convaincre, alors c'était vraiment peine perdue.



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MessageSujet: Re: Les lumières éclatantes peuvent chasser les plus terribles ombres, mais jamais les faire disparaître Mar 11 Juil - 22:25

Encourageants, les propos de Norihito le contentèrent au-delà de ses espérances. Un futon était appréciable mais il était capable de se contenter d’encore moins pour l’occasion, tout ce qui l’importait étant de se reposer dans l’enceinte du temple. L’attitude concernée qu’elle eut à son égard lui sembla véridique, il l’apprécia à sa juste valeur. Quoiqu’un peu naïve, elle promettait de faire tout son possible, et il ne pouvait que lui en être reconnaissant. Ainsi, il répondit doucement à ces derniers mots :

_ Mais quelle est donc ce pouvoir salvateur dont tu détiens le secret ?

L’Onmyôji observa la femme du Kuge esquisser quelques pas de côté, se laissant presque un peu toucher par le côté malicieux qui se dégageait d’elle, avant de s’en détacher pour ranger ses affaires, réduites à son encrier et ses feuilles de papier. Debout à côté de la table débarrassée à présent vide, il accorda un dernier regard à la délicate silhouette qui s’éloignait à allure mesurée puis quitta le balcon sans se précipiter, remerciant brièvement la gérante, ne s’attardant pas plus que nécessaire. Faire le tour de l’établissement pour rejoindre Norihito qui se trouvait à l’arrière ne lui prit pas plus d’une minute.
Sous les lanternes rougies suspendues du balcon où il se trouvait auparavant, les bijoux de l’artiste brillaient d’un éclat doré qui donnait tout à son être un aspect précieux. Arrivé à quelques mètres d’elle, alors que ses pupilles se réadaptaient à la noire nuit, il s’arrêta. Son regard carmin l’observa, la détailla dans les aspects qu’il n’avait pu découvrir plus tôt, dans son élégance, dans ses détails, pouvant enfin mettre un âge sur ce visage séduisant, sculpté des beautés de la nature. Il comprenait que son mari ait pu vouloir la garder pour lui seul, mais sans en savoir plus sur elle, n’était-ce pas avec dédain qu’il la traitait pour la laisser aussi seule ? Néanmoins, elle rayonnait. Elle ne lui avait pas semblé aussi lumineuse quelques minutes plus tôt, à moins que l’idée de lui venir en aide l’ait enchantée à ce point ... quant à lui, l’Abe no semblait détaché derrière son sourire énigmatique, sa non-réaction tranchait avec ce qu’il éprouvait, une très –trop- bonne impression. Il ne semblait s’étonner sur son physique à présent qu’elle était face à lui, se contentait de ne rien laisser filtrer qu’une expression contrôlée. Une dernière fois, il scruta son visage. Mêmes les Kuges pouvaient tomber pour de telles créatures, n’est-ce pas … ?

Les réflexes parlèrent pour lui. Chikanori franchit les derniers pas qui les séparaient pour venir à son côté, silencieux et un doux sourire aux lèvres, tandis que sans vergogne, les kanjis des sutras défilaient lentement dans sa tête pour s’assurer de la nature de ce qu’il avait en face de lui.

_ Je t'écoute et te remercie, Norihito-san.

Il se retint de passer la main sur son œil pour le frotter, et sentit ses cernes se creuser.


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MessageSujet: Re: Les lumières éclatantes peuvent chasser les plus terribles ombres, mais jamais les faire disparaître Dim 16 Juil - 3:01

Prenant sur elle-même, Raija avait tout bonnement ignoré sa dernière question. Non, elle n'allait plus rien lui répondre tant qu'il ne serait pas descendu, tant qu'il ne serait pas à ses côtés. Elle l'avait décidé et il fallait qu'elle s'y tienne, même si cela la rongeait, même si elle brûlait de plus en plus de lui révéler tout ce en quoi consistait son pouvoir. Mais elle lui en avait déjà suffisamment dit et elle trouvait plus appréciable de lui en faire la démonstration. Une part d'elle voulait puiser ainsi en lui de la reconnaissance et de l'admiration, mais c'était surtout et avant tout pour lui venir en aide qu'elle allait s'en servir et non pas pour ses prétentions bien futiles.
Finalement, elle sourit lorsqu'elle entendit quelqu'un sortir de l'établissement. Elle pouvait se tromper, peut-être qu'il s'agissait d'une personne totalement différente de celui qu'elle attendait, mais elle ne voulait pas se retourner, elle ne voulait pas gâcher sa surprise. L'homme semblait vouloir encore et toujours la faire attendre d'ailleurs, car il ne vint pas le rejoindre tout de suite, elle l'entendit même s'arrêter.

Un peu anxieuse, elle serra son instrument contre elle, croisant ses bras, un peu comme si elle commençait à avoir froid. D'ailleurs… ils n'étaient pas encore arrivés à une lune où les soirées se faisaient véritablement douces. Qu'est-ce qu'il faisait ? Est-ce qu'il l'observait ? Est-ce que sa silhouette lui plaisait au moins ? Quelles que soient ses interrogations, elle ne voulut pas s'arrêter, de peur qu'il l'ait tout simplement laissée en plan et qu'en se retournant, en voyant quelqu'un d'autre, elle se sente encore plus ridicule qu'elle ne l'avait déjà été. Son pas restait simplement très lent, l'éloignant à peine, lui laissant toujours l'opportunité de la rejoindre assez facilement.
Et c'est ce qu'il fit enfin. Une fois arrivé à sa hauteur, elle osa alors se tourner dans sa direction, plonger ses yeux dans le sien et lui adresser un sourire véritablement heureux. Sa seule vue suffit pourtant à la jeter dans une nouvelle confusion. De loin, il lui avait paru séduisant, mais avec une telle proximité, il l'était encore plus. Son cœur sembla s'emballer, commençant à battre un peu plus fort. Tous ses traits incarnaient une merveilleuse finesse et elle aimait autant la noirceur de ses cheveux longs que celle de son regard, même s'il s'incarnait ici en une unique prunelle. Dans son iris, elle pouvait contempler une étincelle toute particulière, une de celles qui la faisaient si facilement chavirer.
Brutalement, elle arracha son regard au sien et détourna la tête, levant sur elle son éventail qu'elle venait de déplier, désireuse de cacher l'émoi qui était venu empourprer son teint. L'obscurité qui régnait en grande partie était certainement à son avantage cette fois-ci, mais elle ne voulait pas qu'il risque de la surprendre. Ce genre de chose ne lui était pas permis, mais surtout, elle ne voulait pas qu'il s'en moque et encore moins qu'il en profite, du moins, peut-être pas tout de suite…

Silencieuse, encore un peu embarrassée, mais toujours aussi rayonnante, elle avait un peu accéléré le rythme de ses pas.

« Nous verrons tout cela lorsque nous serons arrivés au temple, il convient avant tout de trouver un endroit pour que vous puissiez vous reposer, mais j'ai aussi besoin de calme pour vous faire cette démonstration. Et puis… j'ai aussi un peu froid maintenant. » Avoua-t-elle.

Par chance, l'endroit où ils s'étaient rencontrés ne se trouvait pas trop loin du temple et il ne leur faudrait donc que quelques minutes pour en atteindre l'enceinte. Ils poursuivirent donc leur route dans un relatif silence où Raija profitait de son propre mutisme pour se perdre dans son imagination débordante, essayant alors de donner diverses suites à cette rencontre qui était due à un étonnant hasard, mais qu'elle espérait plutôt pouvoir reléguer à sa destinée. Ah, c'était probablement ridicule, insensé même, ils venaient à peine de se rencontrer et elle se demandait déjà quand ils allaient se revoir ? Mais l'on avait droit de rêver, n'est-ce pas ? C'était pour elle sa seule échappatoire, alors elle ne refrénait jamais les idées qui venaient traverser son esprit, préférant même les amplifier, les étudier, aussi longtemps que cela lui plaisait et jusqu'à ce qu'elle s'en lasse finalement ou qu'elle trouve mieux encore. Pour l'instant, le bienheureux occupait là-bas une place des plus estimables.

Une fois devant les portes du temple, Raija salua les sohei qui maintenaient la garde. « Konbanwa. » Ceux-ci la reconnaissant immédiatement la laissèrent entrer ainsi que son hôte sans poser la moindre question, ils laissèrent même traîner un peu sur elle leur regard envoûté, même si malheureusement pour eux, elle n'y prêtait pas vraiment attention. Une fois qu'ils eurent traversé la cour et qu'ils furent entrés dans le bâtiment principal, elle alluma un bougie dont la faible lueur lui permettrait de se guider dans les couloirs.

« Suivez-moi et faites le moins de bruit possible. » Murmura-t-elle avec un sourire presque espiègle.

Tranquillement, ils marchèrent jusqu'à ce qu'ils rejoignent une petite salle où, posant la bougie sur le bureau, elle sortit parmi les papiers qu'on avait laissé étalés çà et là un registre. Toujours silencieuse, elle en feuilleta les pages, son doigt parcourant chaque ligne, jusqu'à ce que… ah ! Ce nom, maintenant qu'elle l'avait sous les yeux, elle se souvenait maintenant qu'on lui avait parlé d'une naissance qui avait bouleversé ses plans. Il y avait peu de chances, si ce n'était presque aucune que l'homme se trouve finalement dans la chambre qu'on lui avait réservée et la missive était arrivée assez tard pour qu'on ne pense pas à l'offrir à quelqu'un d'autre.

« Il semblerait que la chance vous sourie, Abe no-san. » Annonça-t-elle, lumineuse.



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MessageSujet: Re: Les lumières éclatantes peuvent chasser les plus terribles ombres, mais jamais les faire disparaître Mar 18 Juil - 13:23

Peu de choses pouvaient enrayer les kanjis que peignait son esprit, pour autant, il y eut bien cette réaction qui l’interpela au moment où il constata les yeux d’un mignon noisette s’écarquiller à son arrivée, leurs regards un instant accrochés. L’anxiété et la raideur avec lequel elle l’avait attendu avait tout à coup disparu. La surprise fut au rendez-vous, bien plus éloquente de la part de son vis-à-vis que de lui-même, ce qui le fit tiquer intérieurement, douter sur la légitimité de ses méfiances. Qu’est ce que l’attardait sur son visage là où il pensait avoir tout vu, hormis ce délicat maquillage floral qui rappelait un encrage ? En discret mais passionné adepte des arts, il aurait volontiers continué à suivre les volutes des pétales rosées pour les imprimer dans son esprit, dans l’espoir de les réutiliser un jour pour ses propres distractions …mais bien vite Norihito-san se détourna, s’arrachant à sa vue. Le sourire éclatant se perdit et elle agita un éventail pour masquer sa gêne et son embarras qu’il devinait aussi sûrement qu’il savait qu’aucune chaleur ne nécessitait l’usage d’un tel instrument.
De ce petit manège il n’était, hélas pour elle, pas innocent. Au contraire de nombreux hommes de sa caste, il savait le voir. Il savait ce que cela signifiait, il en avait appris le langage des battements et les subtilités. Pire même pour lui, qui ironiquement faisait l’insensible, ça lui était plaisant. La confusion de l’artiste ne lui échappa pas, sonna au contraire comme un carillon à ses oreilles. Alors qu’elle le faisait attendre à son tour, patienter pour une démonstration dont il avait de plus en plus envie de percer les secrets, il s’agaçait intérieurement, comme persuadé que l’impression fugace qu’elle lui laissait en tête était le fruit d’un sortilège plus qu’une simple attirance. La supposée Yokaï aurait dû être brûlée de toutes parts, aurait dû être repoussée au loin … et pour autant la jolie femme était toujours là, silhouette charmante à ses côtés alors qu’il percevait que ses incantations envoyaient bouler au loin les esprits du coin, en pauvres dommages collatéraux. Le silence s’installait qu’il devait se rendre à l’évidence, pure et simple : elle était simplement créature des hommes, et non un être spirituel se jouant de lui avec une facilité déconcertante. La paranoïa qui l’avait prise venait sûrement de sa fatigue … ou peut être son sceau, ou peut être de tout. Il ne se considérait jamais trop prudent lorsqu’il s’agissait de vérifier ce qu’était son interlocuteur, ne souhaitant pas se fourvoyer sur le compte de quelqu’un qui suscitait à ce point un trouble.

Pour autant, il se garda de trop réfléchir, de s’attarder plus que nécessaire, de s’attacher. Il se focalisa sur les détails de ce qui les entourait, garda un calme amplement causé par la fatigue qui l’étreignait. Restant détaché, il remarqua autour que le phénix des rues qui l’accompagnait, si tel pouvait être appelée une fille du tigre, enchantait, envoûtait, embrasait, sans s’en rendre compte, avec une naïveté certaine, et avec en même temps un ravage certain, ainsi qu’une conscience qui se voulait se disparaître, mais qu’il ne pouvait pas croire aveugle. Rares étaient ceux qui semblaient être exempt de l’envoutement que provoquait son charme à tout à chacun sur son chemin, en prouvaient les Sohei en faction qui pourtant avaient dû la voir plus d’une fois.
A pas mesurés, là était son terrain de facilité, il la suivit dans les corridors du bâtiment principal dont les parties publiques restaient bondées malgré l’heure, jusqu’à une pièce gardant les archives. Placé en retrait, il la laissait chercher les informations qu’elle voulait, et celles-ci le fit sourire à leur annonce. La maline ne lui avait pas vraiment dit à propos de quoi la chance lui avait souri, mais il avait sa petite idée sur la question, et sortant d’un mutisme qui avait trop longtemps duré, s’avançant de quelques pas en sa direction, il lui souffla :

_ Ainsi donc, je ne serai pas obligé d’investir le grenier, si je comprends bien ? Voilà qui me sauve, merci Norihito-san. » Il inclina un peu la tête pour la remercier. « Par conséquent, je te suis débiteur, mais j’ai bien l’intention d’honorer ma dette dès que je le pourrai.

Un sourire marqua ses propos, malicieux mais sérieux, il ne pouvait souffrir longtemps d’avoir une redevance envers qui que ce soit sans faire échange de bons procédés.

_ Et à présent ? Je suis toujours curieux de ta démonstration, et je te suivrai là où il le faudra pour en être témoin, même si je dois avouer d’être une attention un peu aléatoire. » Ajouta-t-il, en pensant fortement au fait qu’il n’était pas étranger à l’origine de son état, empiré par quelques Sutras gaspillés en l’air.


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MessageSujet: Re: Les lumières éclatantes peuvent chasser les plus terribles ombres, mais jamais les faire disparaître Lun 7 Aoû - 23:49

Son compagnon était devenu beaucoup moins loquace depuis qu'il se trouvait à ses côtés, mais ça ne l'avait pas tant gênée. Bien sûr, elle n'aurait jamais eu à se plaindre de l'écouter, bien au contraire, mais cela lui avait permis de reprendre un peu ses esprits et de tranquilliser en partie ce qui venait agiter son âme. Raija n'avait jamais été une personne dotée d'un calme impassible et même si elle essayait d'aplanir autant que possible les sentiments qui venaient l'agiter, elle avait bien du mal à en dompter les plus grands mouvements.

Ainsi, fière de sa petite prouesse, elle n'avait pu s'empêcher de lui jeter un grand sourire tout comme un regard rempli d'étoiles même si l'instant d'après, elle se sentit bien ridicule de se montrer aussi émotive. Pourtant, ce n'était là qu'un bien piètre tourment, car elle se sentit encore plus embarrassée par ses remerciements, rougissant une nouvelle fois, elle baissa la tête tout en reposant le registre.

« Aaah... Mais non voyons, c'est bien la moindre des choses que je puisse faire ! Qui oserait donc vous laisser dormir dans le grenier ? Vous dites des choses qui n'ont aucun sens, ce doit être la fatigue. » Nia-t-elle farouchement tout en agitant légèrement son éventail.

La jeune femme se sentait de plus en plus gênée, mais heureusement, il lui avait fourni une échappatoire presque idéale à laquelle elle se raccrocha immédiatement après ses propos, refoulant en elle tant de paroles qui auraient été encore plus extravagantes que les siennes.

« Bien entendu ! » S'exclama-t-elle tout en repliant son éventail pour frapper doucement dans ses mains. « N'allez pas croire que je suis du genre à revenir sur une promesse, j'aime tenir ma parole. » Affirma-t-elle avec davantage d'assurance.

C'était même une chose à laquelle elle tenait particulièrement, elle aimait aider les autres, le faisait toujours du mieux qu'elle le pouvait et ne tournait jamais le dos à qui que ce soit. Elle avait vu assez de maux et de souffrances chez les autres pour avoir une idée sur le degré de ses tourments, même si elle ne l'avait pas observé très longtemps et elle serait bien incapable de dormir si elle ne faisait pas tout ce qui était en son pouvoir pour le soulager. En l'occurrence, elle était certaine d'avoir les moyens de le faire, du moins en grande partie. Il n'allait pas regretter de l'avoir rencontrée.

« Allons trouver un endroit un peu plus au calme. »

Ils avaient besoin de silence, d'un peu d'espace aussi et surtout de se soustraire de la foule qui s'était glissée dans le temple en ce jour de festivités. Ils poursuivirent donc leurs déambulations jusqu'à atteindre une petite salle de méditation. À cette heure-ci, il n'y avait plus personne, d'autant plus qu'une bonne part des miko et des sōhei étaient occupés par les nombreux visiteurs. Comme elle avait participé aux représentations, elle n'avait pas été concernée par ce devoir et elle-même n'aurait pu nier qu'elle avait réellement besoin de repos. Pourtant, la présence du jeune onmyōji semblait lui faire oublier la fatigue. Elle l'invita à s'asseoir et fit de même en face de lui.

« Mon pouvoir me permet de soigner, ressourcer, insuffler des forces aux autres. Il m'a permis d'aider bien des personnes et je pense sincèrement pouvoir le faire pour vous aussi. Je ne peux peut-être pas régler le fond de votre problème, mais... cela devrait vous soulager en grande partie. Plus je serai proche et plus il sera efficace, aussi pour cela, il faudrait que vous me permettiez de... de toucher votre visage. » Expliqua-t-elle sérieusement, légèrement hésitante sur ses derniers mots.

Elle avait bien conscience que c'était là une drôle de demande, mais si elle voulait faire de son mieux, elle n'avait pas vraiment le choix.



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Abe no Chikanori

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MessageSujet: Re: Les lumières éclatantes peuvent chasser les plus terribles ombres, mais jamais les faire disparaître Ven 11 Aoû - 21:38

L’agitation de l’éventail continuait, les lamelles de bambou se courbaient souplement au gré de l’embarras de Norihito, et il restait toujours le même, comme s’il ne le percevait pas, sans jamais la mirer très longtemps. L’émotion qui s’exprimait sans qu’elle ne puisse vraiment se retenir l’amusait, au moins sa pointe d’humour avait été une bonne façon de rendre la chose moins officielle. De cette histoire il y avait un fond de vérité puisque la chose lui était déjà arrivé, ailleurs, dans d’autres temps, d’autres circonstances.

Débarrassé de la tâche de trouver son coucher, il était soulagé, plus détendu et disponible à sa compagnie qu’il découvrait douce et agréable. Après coup il songeait qu’il avait été assez peu courtois avec elle dans le début de leur conversation, loin du meilleur qu’il pouvait donner en matière de politesse et de courtoisie … il se rattraperai sans nul doute pour la présentation qu’il était invité à assister, car il n’était question d’être ingrat. C’est finalement dans une certaine intimité qu’ils se retrouvèrent tous les deux, sans instruments ni autres objets, dans une simple salle de  méditation. La curiosité était à son comble alors qu’elle l’invitait à s’assoir.
La proposition lui provoqua une agréable surprise troublée par les deux autres réactions contradictoires qui se saisirent de lui. Sans ordre distinct, il y eut un non qui s’imposa à lui, car avec son sceau il ne refusait que l’on s’approche de son visage, et il y eut un oui par opposition, correctement affirmé, d’un attrait bien réel qu’il ne pouvait pas ignorer. Ainsi pris entre deux feus, Chikanori n’était sourd à aucune des raisons, et n’avait aucune envie de trancher. Au-delà qu’elle se proposait de le délester d’une partie de sa fatigue, il sentait que cela lui faisait plaisir, et il avait envie de prêter oreiller à cette gentillesse, se refusant d’être restreint par sa malédiction.
Son attention ne décrochait de Norihito-san alors que les arguments se chamaillaient, pour autant sa décision avait été prise dès le début en réalité. Il quitta momentanément des yeux l’agréable minois dans l’attente d’une réponse, avant que celle-ci ne lui vienne tout à coup. Alors un léger sourire se dessina, témoignant avec une certaine douceur que la proposition lui plaisait.

_ Ta proposition me touche, et je suis honoré de cette attention … permet-moi seulement de te mettre en garde, car la malédiction que je porte possède des effets imprévisibles.

Il marqua une légère pause. C’était sa vie qu’il risquait de perdre si jamais une main malveillante  - ou ignorante - s’approchait de lui, mais hormis ce détail qu’il n’allait pas lui donner, les échanges d’énergies restaient complexes, voir même dangereux, dans sa situation. Ca aurait été indécent de sa part de ne pas la mettre au courant ; il ne souhaitait pas qu’une affaire malheureuse se produise et ne la blesse. Dans sa réflexion, il était à mille lieues de la problématique qu’il s’agissait avant tout de l’épouse d’un Kuge, et qu’il pouvait s’attirer des foudres ne serait-ce qu’à la fréquenter si ce dernier était du genre possessif, jaloux et à piailler pour un rien.

_ Dans mes essais de me délester de cette malédiction, j’ai tenté d’avoir un nouveau lien avec un esprit pour en faire mon gardien. Hélas, ils sont été infructueux, et même désagréables. J’en ai déduit que les transferts d’énergie restaient perturbés à mon égard... j’ignore si un pouvoir en serait impacté de la même manière, dans tous les cas, je n’aimerais pas que tu le sois. » Les mains sur son giron, il inclina légèrement la tête. « Je comprendrais tout à fait qu’avec ces précisions, tu puisses vouloir te raviser. Cependant ... dans l’éventualité où cela ne te rebuterait pas, j’ose te demander l’autorisation de tenir ta main. Ainsi, il sera rapide d’interrompre notre échange si jamais tout ne se passe pas comme prévu.

Il rajouta en toute conclusion : « Le destin m’a appris à être prudent.




Dernière édition par Abe no Chikanori le Sam 14 Oct - 1:51, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Les lumières éclatantes peuvent chasser les plus terribles ombres, mais jamais les faire disparaître Lun 9 Oct - 21:45

La réaction à sa drôle de demande ne se fit pas attendre et la jeune femme ne put s'empêcher de serrer son éventail entre ses doigts, comme pour se rassurer, comme si cela lui permettait de calmer les battements beaucoup trop mouvementés de son cœur. Elle s'était rarement sentie aussi audacieuse, mais à ses côtés, elle avait l'impression qu'elle devait en faire plus, qu'elle devait oser ce qu'elle n'aurait jamais pu faire avec qui que ce soit d'autre. Peu importait tout ce que cela signifiait, peu importait les conséquences, elle avait terriblement envie de tenter l'expérience et... après tout, pourquoi pas ? Pourtant, encore fallait-il qu'il l'accepte, encore fallait-il qu'il ne la repousse pas. Son regard innocent s'était échappé pour effleurer les ondulations des tissus. À côté d'elle se trouvait son précieux instrument. Elle pouvait très bien s'en saisir, se relever, s'enfuir. Peut-être qu'ils ne se reverraient jamais, peut-être qu'elle parviendrait à enterrer cette drôle de rencontre au plus profond de ses souvenirs, avec tous ses regrets, là où elle n'allait plus. La fuite, c'était une délicieuse tentation, mais... elle ne lui avait pas vraiment dit où se trouvait sa chambre. Elle ne pouvait pas l'abandonner si lâchement.

Les dents serrées, elle attendait, immobile et muette que ses mots frappent son cœur. Elle en avait presque l'habitude, elle pourrait le surmonter n'est-ce pas ? Ce ne serait rien qu'une fois de plus. Un nouveau coup, une douleur supplémentaire, mais familière. Cela ne l'empêcha pas de sursauter lorsque sonna un premier éclat de voix. Elle peinait à comprendre ce qu'il venait de lui dire. Était-ce... les prémices d'une autorisation ? Ce n'était pas un non en tout cas, assez d'espoir pour qu'elle s'accroche fervemment à cette idée dont tant la folie que l'origine lui échappaient cruellement.
Raija aurait aimé lui répondre, lui intimer de poursuivre son discours mais, la tête toujours baissée, ses doigts presque tremblants, sa voix ne voulait pas s'échapper de ses lèvres.

Heureusement, cela ne l'empêcha pas de poursuivre, après un bref silence. Tétanisée, elle s'était presque une fois de plus attendue à des remarques froides, un mépris, n'importe quoi qui l'aurait blessée plus fort qu'elle ne se l'était imaginé au premier abord, mais cet homme ne faisait que la surprendre à chaque seconde et c'était loin d'être désagréable. C'était comme s'il se confiait à elle, comme s'il acceptait si naturellement de lui offrir une part de lui qu'elle n'avait pas demandé et ça la touchait si fort que des larmes manquaient de perler au bord de ses yeux noisette. Un léger sourire vint éclairer son visage, même s'il n'y avait certainement pas de témoin, là, à la simple lueur des bougies, sa face à demi masquée par sa chevelure brillante et soyeuse, glissant naturellement sur sa peau.
Comment un homme comme lui pouvait-il faire part d'inquiétude à son égard ? Il semblait vouloir la protéger de ce mal et il n'avait certainement pas tord, car elle se serait sans hésitation jetée dans cette abysse si cela avait pu apaiser le moindre de ses tourments. Mais elle se considérait trop insignifiante pour penser mériter autant d'attention. Flattée dans ce qu'elle amplifiait sans doute beaucoup trop, elle releva enfin la tête pour lui offrir un regard étincelant et un sourire lumineux, ses traits à la fois calmes et empreints d'une nouvelle assurance.

« Je n'ai pas peur. » Répondit-elle simplement.

Dévouée, elle avait toujours été prête à donner chaque pan de son âme, pourvu que cela puisse profiter à un autre. Lentement, sa main droite vint jusqu'à sa joue, très proche de son sceau sans toutefois qu'elle ne l'effleure un seul instant. Sa peau était douce, merveilleusement agréable. Elle le laissa saisir son autre main tandis que ses yeux se fermaient, le privant de ses constellations, sans pour autant effacer ce sourire empreint de tendresse.

La chaleur vint peu à peu envahir ses paumes. Elle n'avait pas l'habitude de se concentrer sur un unique point, à moins que ses mains ne fussent réunies, si bien que son énergie se transmettait tout autant dans la sienne, lui procurant un effet plus énergisant que ce qui pouvait arriver sur son visage. Concentrée, elle commençait à quitter le monde matériel pour se transcender entièrement dans ses sensations, pour se concentrer dans ce mal qui voulait le dévorer et, qu'à défaut de pouvoir chasser, elle allait apaiser autant qu'elle le pouvait. Inconsciemment, elle se mit à chanter, faisait vibrer sa voix sans parvenir à former de véritables mots. Désireuse de faire bien, si bien, trop bien, elle s'oubliait totalement, partageant tout ce qu'il y avait de bon en elle, oubliant autant la fatigue que les chagrins si féroces qui agitaient son âme. Attisant l'énergie autour d'eux jusqu'à elle pour lui transmettre ensuite, elle avait toujours adoré cette sensation de partage qui la menait pourtant au bord de ses propres limites. C'était peut-être par ce don qu'elle s'était trouvée la plus utile et pour cet homme qui avait su la faire sourire, l'envoûter mystérieusement sans qu'elle ne comprenne pourquoi, elle voulait faire encore plus.
Au fil des secondes, elle sentait de plus en plus fort cette malédiction qu'il s'était lui-même infligé, sans rien comprendre ni de ses pensées, ni de son passé, mais elle ne pouvait nier qu'il lui partageait là quelque chose d'intense. Elle s'efforçait de calmer tout cela et les minutes passaient, se comptant désormais par dizaines.

Pour lui, elle pouvait, elle devait faire mieux que pour les autres. Son instinct le lui dictait, sa peine lui intimait que c'était là une belle manière de disparaître. Peut-être... peut-être pouvait-elle se vider de ses propres forces vitales pour le guérir. Elle en avait la capacité, elle le sentait au fond d'elle-même, ou peut-être s'aveuglait-elle... Mais peu importait les conséquences, c'était ce qu'elle voulait au fond d'elle-même. Dans sa transe, elle s'était évadée bien loin du monde mortel, là où il n'y avait ni lumière, ni son, puis peu à peu même plus de toucher.

L'onmyōji put alors sentir le corps de la jeune femme s'alourdir, tandis qu'elle perdait totalement conscience, que son souffle était devenu si faible et sa peau étonnamment glacée.



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MessageSujet: Re: Les lumières éclatantes peuvent chasser les plus terribles ombres, mais jamais les faire disparaître Sam 14 Oct - 13:50

Il n’eut ni dégoût ni craintes. Simplement l’attente d’une réponse positive, qu’elle accueillit avec une telle chaleur qu’on aurait eu l’impression que cette dernière était vitale. Resplendissante d’une joie contenue, Norihito Raija-san ne semblait mesurer le poids de ses mises en garde, vaines à quelque part puisqu’il ne s’y était lui-même pas accroché. Face à sa réponse, presque romancée, naïve et fraiche, Chikanori ressentait une espèce de scepticisme. Il s’en posait des questions, à son sujet. Plus tôt dans la soirée la plainte déchirante, puis l’enthousiasme et le rayonnement qu’elle émanait … à chaque fois que … quand à ses côtés il … quand il lui avait posé des questions, quand elle lui accordé son aide, et qu’elle arboré ce si lumineux sourire … voilà, c’était cela, lorsqu’elle se rendait utile et disponible aux autres, elle resplendissait.
Etait-ce par vanité, par auto-satisfaction, dévouement ? Le maudit la mirait, la pupille bien encrée dans le regard aux longs cils, faisant fonctionner les quelques neurones éveillés qui lui survivaient. En cet instant, il songea à un autre type de femmes, de celles qui s’ennuyaient ferme et cherchaient par tous moyens futiles d’exister, celles-là même qui se montraient fort sympathique de premier abord, s’enfuyaient à la première embardée et finissait par rejoindre le troupeau des médisants. La méfiance oui, toujours la méfiance, après tout il ignorait tout de qui elle était, et il y avait parfois de quoi être fort surpris parmi les personnes mariées au dessus de tout soupçon. De toute façon, il serait rapidement fixé. Gardant ses sombres réflexions dans les tréfonds de son âme, il laissa cette main effleurer sa joue, garda l’œil à demi-clos, vida son esprit pour ne penser à rien, et posa simplement ses doigts sur le poignet enveloppé d’étoffes, prêt à réagir autant pour préserver la dite bienfaitrice que pour s’assurer lui-même. Un bref instant, il l’avait quitté du regard, restant complètement réservé, se voulant être détaché. Ce contact, il ne le regrettait pas, pour le fantôme d’affection que cela lui provoquait.

Finalement, le don vint à lui. Une agréable chaleur timorée s’infusa en son être, chassant avec la délicatesse d’une plume les affres de sa migraine. Bien sûr, il était surpris. Restant aussi alerte qu’il pouvait l’être, il guettait et redoutait l’influence de son karma maudit, assumant désormais la décision qu’il avait faite d’accepter sa proposition aux abords dangereux au vu de la période. Sa concentration revigorée devint plus solide, réaiguisant ses sens endormis, lui permettant de saisir les détails de leur échange particulier. Un peu plus que d’habitude, il ressentait le faux-calme qui le façonnait. En face de lui, il y avait donc cette autre présence dont il devenait curieux. Il avait l’impression de mieux la connaitre sans rien partager. Il ne savait pas plus qui elle était, mais il fut rassuré de ses intentions. Comme un élixir miraculeux, du moins ce fut la façon dont il le ressentait car peu de choses en ce monde pouvaient soulager sa malédiction, il fut un peu plus apaisé, un peu plus calme, et bien plus en forme. Les pouvoirs des Kamis … quelque chose dont il ignorait tout, et comme si une nouvelle habilité s’était ouverte à lui, il voulait tout savoir, tout comprendre. Un bref instant, il se surprit à se sentir lucide, puis il se perdit.
Les minutes continuèrent. Dans l’espèce de méditation dans lequel il avait plongé, il avait baissé sa garde. Ses muscles se relâchèrent, laissèrent place à la détente. Comme endormi, les sons des tambours de la fête et le brouhaha de la foule lui devinrent lointains, floutés et épars,  tandis que le chant de Norihito le portait de ses notes. Il se laissait tant guidé et si bien, qu’il ne perçut même pas la dangereuse pente dans lequel la femme se précipita.

Quelque chose se heurta à lui et il ne comprit que trop tard. Le corps inconscient s’affaissa dans ses bras, et Chikanori, sorti de son rêve éveillé, fut accueilli par la réalité avec un sceau d’eau glacée. Son cœur manqua un battement. Ca y était. Le pire était arrivé. Il n’osa bouger. Combien de temps étaient-ils restés là ? La mâchoire verrouillée, il descendit le regard revigoré de vivacité. Au creux de son bras reposait le corps frêle et inerte, les cheveux noirs reposant entre les étoffes faisant deviner une peau trop pâle. Par les épaules, doucement, comme si sa tête avait pu se détacher d’une secousse trop violence, il la retourna face à lui, et s’approcha de son visage.
Léger soulagement. Il sentait, faible, son souffle, même s’il ne faisait qu’à peine soulever sa poitrine étouffée sous le kimono. Hormis cela et la température glacée de sa peau, il n’y avait pas d’autres symptômes, ni palpitations, ni essoufflements. Ce qui lui sembla le plus logique et également le moins effrayant, était que Norihito Raija-san avait été bien au-delà d’un effort trop couteux, si bien qu’elle s’était épuisée. Mais il y avait peut être autre chose. Il craignit pour sa santé, comme si elle avait pu s’éteindre à l’instant sans qu’il n’ait pu y faire quoi que ce soit.

Faisant descendre le mala de son bras à son poignet, il s’empara de la main qui l’avait touché et se mit immédiatement à prier. L’œil d’un rouge vif, il fixait le visage blême plongé dans la neutralité sans s’attarder sur quelque attrait que cela soit, car tous ses sens, ainsi que son art étaient mobilisés pour la purifier des mauvaises énergies qui l’avaient contaminée. Il y avait des traces, infimes, qu’il sentait comme on parvenait à savoir les yeux bandés la différence entre un papier vierge et un autre peint.
Il psalmodia, mais puisqu’elle ne se réchauffait pas et que son état ne semblait s’améliorer de façon flagrante, il la garda appuyée contre lui, les manches de son kimono et de son haori la recouvrant un peu. Chikanori lui laissait encore quelques minutes pour se réveiller avant de se décider à quérir les religieux du temple. Si tel devait se terminer la soirée, tout cela ne serait pas bien agréable, et les conséquences, agaçantes. Mais il ne voulait prendre de risques supplémentaires inconsidérés, s’il s’avérait que Norihito était de nature fragile, et potentiellement à trop se sacrifier pour les autres … l’Onmyôji en faute soupira, releva la tête pour forcer l’observation de cette pièce de méditation désespérément vide, contrôlait ses inquiétudes, et au fond de lui-même, il s’insurgeait autant contre sa décision controversée, que trouvait à quelque part qu’il avait gagné au change, si tout cela ne tournait au tragique.


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MessageSujet: Re: Les lumières éclatantes peuvent chasser les plus terribles ombres, mais jamais les faire disparaître Dim 15 Oct - 0:14

Le vide n'était pas une chose qui lui était vraiment familière. Elle avait connu l'absence, le chagrin, la douleur, une souffrance intolérable contre laquelle elle ne pouvait se battre, ni faire quoi que ce soit, mais cette sensation d'indifférence, de néant, elle lui était parfaitement étrangère. Aussi ne dura-t-elle pas très longtemps. Tant d'énergie s'était diffusée à travers ses mains qu'elle avait glacé son corps entier et pourtant, elle se trouvait incapable de frissonner. Elle se sentait faible, terriblement fragile, comme si une maladie l'avait brusquement mise à terre, volant la plupart de ses forces pour la laisser livrée au reste du monde.
C'était normal après tout, n'en avait-elle pas trop fait, ne l'avait-elle pas fait volontairement, prenant cette décision comme s'il s'agissait de la solution à tous ses problèmes ? Elle avait trouvé cela beau, esthétique de partir ainsi, s'abandonnant pour guérir un autre, quelqu'un de meilleur, quelqu'un d'indépendant, capable de vivre sa vie comme il lui plaisait sans se soucier du regard des autres, rejetant ses détracteurs avec désinvolture.

Elle l'avait admiré, tant admiré. Comme elle, il avait fait des erreurs et elle avait senti son regret, mais lui, il pouvait encore avancer, elle pouvait le libérer de son poids pour qu'il puisse reprendre sa vie comme autrefois. Au bord de la conscience, elle réalisait pourtant qu'elle n'y était pas parvenue. Elle était toujours là, la malédiction ne devait pas avoir disparu non plus… Que s'était-il passé ? L'avait-il arrêtée, sentant qu'elle allait trop loin ? Était-elle arrivée au bout de ses propres forces sans qu'elle ne soit capable d'aller plus loin ? À moins que ce soit cette sorte d'instinct de survie qui l'ait poussée à s'évanouir ?

Le monde, entre ses cils et ses paupières à peine entrouvertes possédait encore un peu de lumière. L'épuisement avait depuis longtemps engourdi son corps, l'écrasant d'un poids immense qui l'empêchait presque de bouger. Sa respiration s'était à peine accélérée et elle se sentait toujours aussi gelée, malgré la chaleur qu'il y avait autour d'elle, comme si elle était incapable d'y puiser. Elle n'en voulait pas. Elle ne voulait pas reprendre de ce qu'elle avait donné. Elle ne voulait pas de cette voix qui murmurait des choses qu'elle connaissait et qu'elle n'avait pas demandées. À quoi bon lui donner une part d'elle-même si c'était pour qu'il la lui rende aussitôt ?
Doucement, la jeune femme usa de ses maigres forces pour agripper un pan de son kimono.

« A… arrêtez... » Murmura-t-elle, peinant un peu à articuler.

Elle avait touché à un monde obscur en cherchant à le guérir. Beaucoup trop pour elle peut-être, miko autrefois, épouse abandonnée, ombre errante aujourd'hui. Si elle en avait eu la capacité, elle aurait bien aimé pleurer, car elle se sentait misérable, incapable d'avoir pu le délivrer et désormais responsable de l'avoir plongé dans un embarras certain. Il devait la détester, la trouver stupide ou insensée. Ce qu'il avait fait pour elle l'angoissait davantage et son cœur se serra à cette idée. Peut-être qu'il avait pitié d'elle ou qu'il se sentait coupable de l'avoir entraînée sur ce sentier-là. C'était son choix pourtant, uniquement le sien et elle ne voulait pas qu'il ait à en essuyer les conséquences. Elle l'avait entraîné dans la honte ou peut-être pire encore, car elle se trouvait dans ses bras, sans la moindre force pour se relever, incapable d'empêcher tout ce que cela entraînerait si…

« Je… ce n'est pas pour ça que j'ai fait tout ça... »

Allait-il bien au moins, allait-il mieux que tout à l'heure ? Elle ne connaissait pas tant les limites de son pouvoir si ce n'était sur elle-même. Peut-être que… quelles étaient les conséquences pour lui ? Tout à l'heure, elle n'y avait pas vraiment songé.

« Ne gaspillez pas vos forces pour moi. Ne me rendez pas ce que je vous ai donné. J'ai… j'ai déjà tellement honte… »

Les larmes se mirent finalement à couler le long de ses joues, volant une partie de ses forces restantes tandis qu'elle aurait voulu s'arracher à lui, fuir ou bien disparaître. Sa volonté l'aida pourtant dans sa tentative de mouvement, mais elle se laissa retomber presque aussitôt, brusquement en proie à un grand désarroi. Sa vision floue, les vertiges, la confusion… Elle ne savait plus vraiment comment maîtriser son corps, ni quand elle y arriverait, ni si elle y parviendrait.

« Vous… vous devriez partir… vous n'avez pas à subir les conséquences de ma bêtise. Je ne vous en voudrai pas. »



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MessageSujet: Re: Les lumières éclatantes peuvent chasser les plus terribles ombres, mais jamais les faire disparaître Mar 17 Oct - 20:36

Un peu d’agitation, il entrouvrit les yeux en sentant les étoffes tirées de son kimono, avant de les refermer, restant concentré. Comme prévu d’avance, l’inconscience femme avait tenté de se relever sans y parvenir. Elle était totalement épuisée et incapable de mouvoir le corps dont elle était prisonnière. L’Onmyôji maudit, revigoré, était un peu moins coulant, un peu plus sérieux, retrouvant finalement ses habitudes pour le moins légèrement austères. En tous cas, il l’ignora. La prière n’était pas finie.
Des sanglots navrants montèrent à lui. Étendant ses sens, il sentit de nouveau la présence à ses côtés et il l’inspecta méticuleusement. Plus de trace d’impureté. Plus de corruption naissante. Cette fois, tout avait disparu. Apparemment. C’était sans compter les mauvaises surprises, car c’est toujours quand on pense en avoir fini que le surnaturel s’amuse à jouer des tours. Pour cela, il savait précisément quoi faire. Chikanori s’éloigna de son rêve éthéré, se raccrocha à la réalité qu’il avait occulté quelques instants de plus. Dans ses bras, l’épouse était toujours en pleurs. Et de beaucoup de choses dans l’univers, les jérémiades étaient peut être encore ce qui pouvait l’agacer le plus rapidement.

_ Cesse donc de te faire honte, alors.

Il était largement temps de ramener l’artiste à sa chambre pour qu’elle puisse se reposer. Entre son gros effort et avoir touché du doigt la malédiction de quelqu’un, il était tout à fait normal que son moral ait coulé au fond du lac. Se penchant en avant pour saisir son sac, il l’enfila à son épaule, garda son Shakujô à la main, attrapa le Shamisen pour le coller dans les mains de la pleureuse, puis il se releva avec l’ensemble dans les bras, un genou après l’autre. Sa fine carrure lui rappela un instant que sa tendance à éviter de porter des choses diverses et variées n’avait pas spécialement entrainé ses muscles à le faire, mais l’Onmyôji, inflexible, se mit simplement à espérer que les dortoirs n’étaient pas trop loin, comme ses souvenirs le lui indiquaient. Il s’approcha de la porte de la salle de méditation, l’entrouvrit avec deux doigts, et finit le reste du pied, tombant nez-à-nez avec une Miko.
Que faisait-elle là, on se le demande.

_ Je dois raccompagner Norihito-san à sa chambre, elle a eu une soirée plutôt difficile. » Dit-il directement, sans se dégonfler, pour fermer la conversation à toute jaserie. « Auriez-vous l’amabilité de me dire où elle se trouve ?

La question, dite avec lenteur et mesure, avait plutôt dans sa tête des allures de “où est-elle, merci, au revoir”. La politesse permettait quand même d’éviter bien des ennuis et autres menus désagréments du genre qu’il sentait arriver à toute allure. Après tout, il avait Norihito, le visage rougi de larmes, le maquillage qui en avait par conséquent souffert, des petites mèches de cheveux là où ne fallait pas, et l’aîné Abe no, maudit au plus possible, qui fixait intensément sa cadette pour lui interdire de les détailler plus longtemps. Surtout, ne pas paraître empressé. Quant à rester neutre au possible, ce n’était pas un souci.
La demoiselle se mit à bredouiller, indiquer une direction, les sourcils arqués et l’air concerné, visiblement inquiète pour la santé de sa sœur ; ce qui ne fit que lui confirmer que l’épouse n’était pas n’importe qui, malgré son geste inconsidéré qu’il aurait dû refuser s’il avait eu quelques neurones survivants supplémentaires. Un bref signe de tête et l’Onmyôji s’éloigna avec son précieux paquet, remerciant au moins cette journée de fête d’éloigner les résidents de son chemin, et en particulier, les autres mikos, dont il se méfiait de l’imagination trop fertile des jeunes années. Sur le chemin, donc, il n’y eut pas d’autres rencontres à proprement parler, Chikanori n’y fit en tous cas pas attention et gagna rapidement les quartiers des résidents possédant une chambre personnelle.

Dans la pièce assombrie simplement éclairée des vagues lueurs des lanternes du temple, il s’autorisa en tout premier lieu à se décharger de son bâton qu’il appuya contre un meuble, avant de s’approcher de ce qu’il pensait être le fûton. Presque étonné d’avoir pu tenir jusqu’ici, il déposa Norihito sur les couvertures, en position assise en premier temps avant de l’allonger, veillant à ce qu’il n’y ait pas d’aiguilles de sa coiffure pour lui rentrer dans le crâne. Toujours sans un mot, il s’attela immédiatement à allumer une lampe avant de rapporter la source de lumière vers le fûton. Finalement, il s’assit à côté de l’allongée, ayant un petit soupir satisfait, détendant ses muscles dont il constatait encore une fois la fatigue disparue.

_ Pas de picotements, ou de sensations de malaise prenant ? Pas de lourdeurs ?

Il était inutile de lui demander si elle allait bien, car non, elle n’allait pas bien. Ce qui lui importait était de s’assurer qu’elle ne ressentait de poids spirituel anormal.


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Les lumières éclatantes peuvent chasser les plus terribles ombres, mais jamais les faire disparaître

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