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 Le parfum de la fleur guidera le fils dans les ténèbres [Terminé]

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Haruaki

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Kuge

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MessageSujet: Le parfum de la fleur guidera le fils dans les ténèbres [Terminé] Dim 7 Mai - 22:05

Les nuages s'amoncelaient dans le ciel, annonçant l'automne qui bientôt s'installerait définitivement. Ce ciel assombri faisait dangereusement écho à son cœur troublé. Haruaki dessala sa jument qui piaffait, sensible à la nervosité de son maître.

"C'est plus prudent ainsi, Hauraki-sama."

Disant ces mots, Nozomi déchargea les bras de son maître qui, distrait, ne fit que hocher légèrement de la tête. L'empathe regarda avec un air contrit le soleil déclinant à l'horizon. Il savait que son serf avait raison. Qu'il était prudent et logique de s'arrêter à Ite pour la nuit. Mais en cet instant, la logique avait été reléguée loin, très loin dans son esprit. Depuis que cette lettre avait atterri entre ses mains à Yama, rien ne semblait pouvoir faire taire l'angoisse qui faisait bourdonner ses pensées. La missive, datée déjà de plusieurs semaines, avait dû le chercher un moment alors qu'il avait quitté Kasu puis les frontières Okaruto. Écrit de la main de son père, le message court et froid expliquait, avec une neutralité affligeante, à quel point l'état de Ayame s'était détérioré. En route pour Fuyu, Haruaki avait fait demi-tour, poussant sa jument au petit trot, ce qu'il ne faisait quasiment jamais. Depuis, Hauraki avait toujours le cœur au bord des lèvres, et un poids étouffant dans la poitrine.

"Aller maître, laisser moi terminer ceci, vous devez aller vous préparer."

Haruaki stoppa net son mouvement et resta avec la brosse à quelques centimètres de la robe gris pommelée de Shirogane.

"Me préparer pour quoi ?"

L'empathe n'aimait pas du tout ce qu'il sentait en cet instant, son serf avait une idée derrière la tête et cet air satisfait sur son visage n'augurait rien de bon.

"J'ai réussi à vous obtenir un rendez-vous avec une geisha réputée de la maison Hateku."

Nozomi paraissait très fier de lui. Néanmoins, Haruaki se tourna doucement vers son serf et fixa sur lui son regard vert bleu en cet instant bien sombre.

"Tu as quoi ?"

Les mots étaient prononcés de manière exagérément lente, et si les yeux de l'empathe avaient pu lancer des éclairs, sans doute l'auraient-ils fait à ce moment. Mais malgré la colère évidente de son maître, Nozomi ne se démonta pas.

"Cette jeune femme est réputée pour calmer les esprits avec sa musique. Je suis sûr que ça vous fera du bien."

Haruaki soupira lourdement et se pinça l'arrête du nez.

"Tu as pris rendez-vous en mon nom avec une geisha ?" Quelque chose de grondant dans sa voix laissait sous-entendre le pire en fonction de la réponse.

"Oui." Le serf n'eut même pas la décence de paraître gêné.

"Mais qu'est-ce qui t'es passé par la tête bon sens !" Explosa alors le maître.

"Votre bien-être, voilà ce qui m'est passé par la tête ! Mieux vaut vous détendre auprès d'une de ces dames de compagnie plutôt que de vous morfondre dans votre chambre pendant des heures."

"Mais enfin Nozomi ! Me connais-tu donc si peu ? Je ne vais pas aller voir ces..." Les mots se perdirent dans l'air entre les deux hommes.

"Ces quoi ?" Répliqua Nozomi toujours aussi calme. "Ce ne sont pas des prostituées, Haruaki-sama. Elles dispensent compagnies et divertissement par la conversation, les jeux et la musique. Exactement comme vous." Une lueur tendre éclaira les yeux noirs du serf à ces mots.

"Ce n'est pas le problème." Souffla Haruaki en laissant retomber sa colère.

"Alors où est le problème ? Oh, c'est parce que les femmes ne vous font pas d'effet et..."

"Non plus !"

Siffla violemment l'empathe, mais le sourire amusé de son serf mit un arrêt net à sa colère. Ah, cette blague commençait à devenir récurrente entre eux.

"Non, Nozomi. Mais comprends-moi, je n'aime pas l'instrumentalisation que cela suppose pour ces femmes. Oui, je sais, elles ne vendent pas leur corps." Enchaîna l'empathe quand son serf voulu répliquer. "Mais la différence fondamentale entre elles et moi, c'est que moi, j'ai choisi cette vie. C'est loin d'être souvent le cas pour ces femmes."

Nozomi ne répondit pas, même s'il doutait qu'on puisse vraiment considérer que son maître avait choisi sa vie. Haruaki était altruiste au possible et il voulait soigner tout et tout le monde. Il ne pouvait pas s'en empêcher. Certes, il aurait peut-être pu choisir un autre moyen pour y arriver. Mais venant de cet homme empathe, fragile et profondément bon, y avait-il vraiment d'autres solutions ?

"Mais soit, puisque tu as pris rendez-vous, je ne peux sans doute plus me désister." Murmura le jeune homme en terminant de brosser Shirogane.

Nozomi sourit et flatta l'encolure de la jument, qui s'ébroua, comme pour savourer avec lui sa victoire.

Haruaki retrouva donc dans la chambre de l'auberge qu'ils avaient trouvée, et prit le temps de se préparer. Il nettoya la crasse du voyage et grimaça, constatant à quel point son serf avait raison. Chacun de ses muscles était douloureux, son corps lui réclamait le repos qu'il méritait. En effet, quelques cas l'avaient amené à utiliser ses pouvoirs sans compter ces dernières semaines. Alors il était peut-être temps de lui accorder sa semaine de repos mensuelle. Haruaki soupira, il détestait cela, l'idée de ne pas pouvoir se servir de ses dons pour soulager les gens autour de lui... Mais c'était peut-être un moindre mal, normalement, il n'en aurait pas besoin ce soir ni dans les jours de voyages à venir.

Une fois lavé, pomponné même, le jeune homme décida de faire de ce qu'il considérait comme une corvée, une opportunité. Il se fit plaisir, choisissant un kimono d'un mauve pâle où des motifs plus foncés semblaient dessiner des pétales de fleurs portées par le vent. Un hakama aux tons argenté complétait la tenue. Haruaki noua ensuite ses longs cheveux en une queue basse et lâche, à l'aide d'un ruban reprenant les couleurs de son vêtement. Pour finir, il agrémenta son habit de bracelets et d'une fine chaîne dont le pendentif se perdait sous le tissu. Sans oublier cette boucle d'oreille qu'il aimait tant, dont la petite pierre bleutée pendait jusqu'à l'os de sa mâchoire. De quoi uniformiser son teint, de très discrets traits noirs pour souligner ses yeux, et le voilà fin prêt.

Finalement, Haruaki partit se perdre dans le quartier des plaisirs sous l'œil satisfait de Nozomi, qu'il ignora pour la forme. Il avait désobéi à son maître quand même ! Mais Haruaki était trop sensible pour ne pas prendre en compte le fait que son serf s'inquiétait réellement pour lui. Néanmoins, dès qu'il arriva dans les rues étroites et animées, l'empathe se souvint pourquoi il détestait ça. Trop de gens, trop de sentiments. Il se sentait oppressé, par cette joie et cet amusement si loin de ses propres ressentis en cet instant. Mais le pire était sans doute ces regards pervers, parfois, ils lui étaient même adressés directement. Haruaki avait la sensation que toute cette dépravation collait à sa peau et coulait sur lui comme de la poix. L'empathe frissonna et s'efforça de mettre calmement un pied devant l'autre. Normalement, la présence rassurante de Nozomi l'aidait à évoluer dans la foule, mais pas ce soir.

Enfin, il arriva à l'Okiya Hateku avec une certaine reconnaissance, alors que le soleil disparaissait à l'horizon. Le lieu était inscrit dans son paysage, mais une certaine richesse se dégageait des lanternes qui encadraient la porte et des dorures de l'enseigne. L'immense entrée renforçait ce ressenti. Dès qu'il fut à l'intérieur, les bruits incessants de la rue s'estompèrent pour laisser place à une ambiance calme et feutrée, agrémentée de quelques notes d'une douce musique. Haruaki soupira, ayant la sensation que son esprit cessait enfin de bourdonner. Il se laissa gagner par la tranquillité sereine du lieu le temps qu'on s'occupe des quelques clients qui le précédaient. Il était encore tôt, mais cette maison était visiblement très fréquentée. Enfin, il arriva devant l'intendant, il déclina alors son nom ainsi que celui de la geisha qu'il était censé rencontrer : Bara.


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Dernière édition par Haruaki le Jeu 27 Juil - 21:34, édité 1 fois
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Hateku Bara

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MessageSujet: Re: Le parfum de la fleur guidera le fils dans les ténèbres [Terminé] Lun 8 Mai - 14:16


Bara avait été avertie de l'arrivée de son client. Un certain kuge, médecin de profession, dont le serviteur avait prit la liberté de venir prendre un rendez vous pour lui. Chose étonnante : il avait spécifiquement demandé Bara. Et une autre source d'étonnement venait du fait que personne à l’okiya n'avait déjà entendu parler de lui. Peut être n'était-il que de passage à Ite, mais cela promettait sans doute une expérience intéressante pour le coup. La jeune geisha avait donc demandé une retouche spéciale pour sa coiffure, exprès pour l'occasion. On n'est jamais trop bien pour une première rencontre avec un inconnu, n'est ce pas?

Elle était pourtant songeuse en se rendant à l'entrée de la maison. On lui confiait de plus en plus de clients importants ces temps ci, depuis que Rin était tombée dans le grand sommeil… Onesan était maintenant en convalescence, mais le coma l'avait grandement affaiblie : elle ne pouvait plus pratiquer ses arts pour le moment. Okasan chargeait donc Bara des missions les plus délicates, et par conséquent fréquemment avec des clients non habitués de la maison.

D’un côté, c'était enrichissant, et d’un autre côté terriblement fatigant. Mais elle était à la fois contente et rassurée car la petite indiscrète de maiko qu'était Fumi-chan, lui avait raconté que son client était probablement l'homme le plus beau de l’okiya ce soir. Ah, la jeunesse ne savait plus se tenir ! Mais Bara ne pouvait qu’accueillir cette nouvelle avec joie puisqu’elle devait bien admettre qu’il était toujours plus motivant de passer la soirée avec une belle personne, pourvu qu’elle soit tout aussi belle d’âme et de coeur que de face.

C'est donc avec toute la prestance possible qu'elle arriva dans la grande entrée de l’okiya, où de jeunes geisha avaient occupé le dénommé Haruaki par des souhaits de bienvenue et autres attentions cordiales. Bara était vêtue d’un kimono de soirée, noir brodé de fils dorés et rouges, dont les motifs représentaient des grues en vol. Une partie de ses cheveux avaient été relevés en chignon haut, mais la partie basse avait été laissée lâche, et donc les mèches les plus longues tombaient sur le haut de sa hanche, en chevauchant son épaule. Le tout était bien sur ornementé comme d’habitude de piques et de peignes très fins. Montée, comme toujours, sur ses gettas les plus hauts, l’habitude l’aidant à ne pas perdre l’équilibre, elle marchait tout de même lentement, mais son pas était assuré et souple.

Une fois arrivée au bout de ce long couloir, Okasan lui indiqua son client en toute discrétion afin que Bara puisse aller le saluer. Mais même sans cette indication, elle aurait pu se douter que c'était lui depuis l'autre bout du couloir. Ses habits, ses manières, son teint, ses longs cheveux soigneusement arrangés : aucun doute possible sur la caste sociale ainsi que sur la description qu'on lui en avait fait. Et oui, c’était réellement un très bel homme. Fumi-chan n’avait donc pas exagéré. Il devait être l’un des plus beaux jeunes hommes à avoir croisé le regard de Bara.

Néanmoins un point attira son attention, lorsqu'elle croisa ses yeux pour la première fois. Et cela cassa un peu la confiance qu'elle avait réussi à avoir dans le fait que cette soirée s'annonce de prime abord plutôt bien… Il ne semblait pas être très heureux d'être là…

Bara couvrit une bonne moitié de son visage d'un éventail assorti à sa toilette et se dirigea vers lui, bien décidée à lui faire changer d'avis. Arrivée à sa hauteur elle replia finalement le bel objet pour laisser admirer son visage, puis se présenta en s'inclinant bien bas :
“- Bonsoir, je me nomme Hateku Bara, je suis votre hôtesse pour ce soir, bienvenue à l’okiya Haruaki-sama !”


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Kuge

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MessageSujet: Re: Le parfum de la fleur guidera le fils dans les ténèbres [Terminé] Mar 9 Mai - 23:07

L'intendant lui confirma le rendez-vous et le pria d'attendre un instant que la dénommée Bara arrive. L'empathe fut alors poussé dans les mains expertes de jeunes geishas. Salutations cordiales, on s'enquiert de sa santé, d'où il vient, et de son voyage, on lui propose du thé et des gâteaux. Si Haruaki garda un visage aimable, les muscles de son dos se tendirent, il n'avait pas l'habitude de toute cette attention. Le médecin était quelqu'un qui soignait les autres, il s'occupait de gens qu'il rencontrait, et l'inverse le mettait toujours très mal à l'aise. Il donnait, mais ne recevait que peu, et d'ailleurs il n'appréciait pas vraiment cela. Aussi avait-il bien du mal à se détendre et à accepter sans arrières pensés la bienveillance de ces dames. Ajoutez à cela sa vision de ce métier, pourtant si proche de ses propres pratiques, et vous aurez bientôt un empathe se sentant quasi coupable de profiter de ce que ce lieu promettait de lui offrir. Il avait la sensation qu'on exploitait ces femmes, et être ici lui donnait l'impression d'y participer. D'aucuns lui répondraient que ces femmes doivent bien vivre et qu'il y a pire métier au monde. Ce à quoi il rétorquerait simplement que ces femmes trouveront bien des clients, mais qu'il ne ferait pas partie de ceux-là.

Et pourtant, par la faute de Nozomi, le voilà ici, sans autres objectifs que de prendre du bon temps en compagnie de ces geishas. Aussi, Haruaki lutta contre son instinct qui le poussait à analyser chaque geste, chaque mot, à la recherche d'une douleur, d'une maladie qui aurait justifié sa présence ici. Non finalement, la moindre des choses était sans doute de ne pas embêter davantage ces femmes et d'être un client aimable et facile. Il accepta donc une petite tasse d'un thé aux saveurs de fleurs avec un sourire doux pour la jeune femme qui le lui proposait. Puis, son regard fut attiré par un mouvement, il redressa la tête et il la vit qui s'avançait vers lui. Parce que son regard et toute son attention étaient fixés sur sa personne, il devina qu'il s'agissait de celle qu'il attendait.

Sa silhouette gracile s'avança avec noblesse dans l'entrée, grandie par de hautes gettas, son pas restait pourtant souple et  assuré. Un riche kimono noir accompagnait ses mouvements, et habillait de prestance ses formes harmonieuses. Un demi-chignon la couronnait, renforçant la noblesse de son maintien. Les ornements de sa coiffure jetaient des reflets brillants dans ses cheveux d'un noir de jais. Le reste de cette cascade sombre ondulait contre son flanc, se mouvant de manière sensuelle à chacun de ses pas. Haruaki glissa des yeux curieux, mais infiniment respectueux, sur cette beauté pure, alliant habilement simplicité naturelle et apparats des plus recherchés. Finalement, il fut happé par ce regard envoutant, ces orbes bleu-gris qui seules dépassaient de cet éventail sombre aux reflets d'ors. Des iris d'une telle couleur qu'elle se refléta dans celles bleu-vert de l'empathe, qui en cet instant avait accroché leurs regards pour ne plus les faire se lâcher, jusqu'à ce que Bara soit face à lui. Il suivit avec attention sa progression jusqu'à ce qu'elle arrive près de lui et replie finalement le cache si savamment placé. Elle le laissa alors admirer ce que ses yeux n'avaient pas encore pu effleurer. Haruaki glissa son regard sur le cou fin et les lèvres rosées, celles-là mêmes qui s'agitèrent avec grâce pour lui souhaiter la bienvenue. Charmé un instant par cette fleure précieuse et fragile, Haruaki oublia durant quelques secondes ses doutes. Il s'inclina avec déférence avant de rendre son salut à la dame d'une voix basse et douce.

"Bien le bonsoir Hateku-san, c'est un plaisir de vous rencontrer. Je serais honoré de me laisser guider par vos soins ce soir." Termina-t-il en se redressant pour gratifier la geisha d'un sourire avenant.


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MessageSujet: Re: Le parfum de la fleur guidera le fils dans les ténèbres [Terminé] Dim 14 Mai - 16:05


L’entrée de Bara avait apparemment fait son effet, puisque Haruaki-sama avait l’air sincère en lui disant qu’il serait honoré d’être guidé par elle ce soir. C’était un bon point et cela mit la jeune geisha en confiance pour la suite des évènements. Elle lui rendit un sourire bienveillant, charmée par ses bonnes manières et attitudes en tous points parfaites.


“- Veuillez me suivre alors, je vais nous mener à un endroit plus paisible.”


Elle le fit alors traverser les couloirs de l’okiya : des rires, des chants et de la musiques sortaient des murs de papiers et des portes entrouvertes, des ricanements de jeunes filles venaient s’y glisser. Ajoutez à cette partition de sons, un tableau d’odeurs toutes les plus délicates les unes que les autres : senteurs florales, encens, thé, repas somptueux, parfums boisés ou poudrés, le tout rendait l’ambiance générale assez chargée, mais Bara trouvait toujours cela un peu magique. Il n’y avait qu’ici qu’on pouvait retrouver cette atmosphère chaleureuse.

Ils passèrent donc ainsi quelques secondes à marcher, puis Bara s’arrêta devant une porte, et laissa entrer son invité en s’inclinant. C’était une petite salle, que la geisha réservait souvent pour son compte car elle l’appréciait beaucoup. Elle avait pour gros avantage d’ouvrir sur les jardins, et plus particulièrement sur une très belle vue du petit étang. Elle avait demandé à ce que les portes donnant sur ce spectacle enchanteur quoique très simple restent ouvertes dès leur arrivée. Cela rendait le début de soirée plus facile et avait souvent pour effet d’effacer toute tension, presque instantanément.

Une fois la porte d’entrée de cette salle fermée, ils étaient dans un silence presque parfait, laissant place à la créativité pour l’artiste et au repos pour le client. On entendait tout juste les bruit de la nature dehors, qui avaient toujours quelque chose d’incroyablement apaisant. A l’intérieur, l’endroit était aménagé de divers coussins pour s’asseoir, d’une petite table basse, d’une tablette de service, et de divers rangements compartimentés.

Une apprentie mit peu de temps pour leur apporter du thé comme il était souvent de coutume ici afin de faire connaissance dans le calme et l’harmonie. Plus tard, ils pourraient aussi commander de quoi manger, mais pour le moment l’heure était à la rencontre.

“- Alors qu’est-ce qui vous amène dans notre belle okiya, Haruaki-sama ?”, dit-elle simplement pour engager la conversation, tandis qu’elle servait le thé. Elle lui adressa ensuite un sourire plein de compassion afin qu’il se mette à l’aise. Ici, dans ce cadre plus intime, elle souhaitait qu’il puisse trouver un certain réconfort, car elle sentait bien tout au fond d’elle qu’il avait besoin d’être rassuré.


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MessageSujet: Re: Le parfum de la fleur guidera le fils dans les ténèbres [Terminé] Dim 14 Mai - 22:31

L'empathie exacerbée, au-delà de tous les désavantages qu'elle apportait avec elle, avait quand même quelques bons côtés. En plus de lui servir au quotidien pour comprendre et apaiser ses clients, elle pouvait parfois lui permettre de se sentir un peu mieux lui-même. En effet, il n'y avait pas que la tristesse, la douleur ou la colère d'autrui qui traversaient son esprit. C'était aussi le cas de la joie, la bonté ou la sérénité. Aussi, alors qu'ils arpentaient les couloirs de l'okiya, il se laissa envahir par l'atmosphère plaisante de ce lieu. Il entendait les rires, et le sourire lui montait naturellement aux lèvres. Il écoutait la musique, et celle-ci semblait résonner jusque dans ses os pour l'apaiser ou au contraire le motiver selon le rythme. Les odeurs finissaient de le plonger dans cette ambiance chaleureuse, tant de senteurs mélangées qu'elles lui chatouillèrent le nez. Mais c'était des essences agréables, florales et légères pour la plupart.

Enfin, Bara l'invita à entrer dans une pièce qui, il fallait l'avouer, était à l'image de la maisonnée : accueillante et sereine. Haruaki y entra doucement, prenant le temps d'imprimer sur sa rétine le paysage de cet ensemble harmonieux de coussins appelant à la détente qui s'ouvrait sur le jardin. L'extérieur était plongé dans la pénombre de la nuit commençante, mais la lumière de la salle et des lanternes jetait des reflets or sur le petit étang. L'inconvénient était peut-être que la fraîcheur du dehors avait ainsi tendance à venir lécher l'intérieur. Néanmoins, la nuit était claire et l'ambiance restait tout à fait correcte, même pour notre frileux médecin. Haruaki prit donc place avec un certain contentement sur l'un des coussins si confortables, se rappelant avec un léger pincement au cœur son propre cabinet, agencé de manière similaire. Nozomi avait raison, ces geisha et lui partageaient le même objectif : le bien-être des clients. Et les moyens pour y parvenir étaient parfois très ressemblants.

Alors Haruaki détailla une fois de plus son hôte qui referma la porte pour venir s'installer à ses côtés. La porte ne resta pas close longtemps cependant, car une apprentie leur apporta un thé dont le médecin, en fin connaisseur, apprécia le riche parfum. Il regarda Bara le servir et écouta le son de sa voix qui, même sur de simples mots, trahissait ses talents de chanteuse. Haruaki saisit alors une chose essentielle qui le détendit pour de bon : il percevait chez cette femme la même attention, le même désire d'aider qui l'animait lui aussi. Alors même s'il était toujours mal à l'aise de recevoir, le fait que cette geisha ne semble pas contrainte à jouer un rôle l'aidait énormément à accepter les choses ce soir. Bien sûr, elle pourrait jouer si bien qu'il ne le percevrait pas, mais il y avait une sincérité dans ses yeux et son sourire difficile à contredire.

"Ce qui m'amène ici ? Un serf un peu trop zélé qui a jugé que son maître avait besoin de se détendre durant son voyage." Répondit Hauraki en saisissant les tasses de thé pour en donner une à Bara qui reposait la théière.

L'empathe voulait visiblement paraître outré sur ses mots, mais il y avait dans son regard une tendresse qui trahissait ses véritables sentiments vis-à-vis du dit serf. Il n'avait pas de raison de mentir sur ce qui l'avait amené ici. En revanche, il n'avait pas forcément besoin de préciser la raison exacte du comportement de son serf. Ses mots suffisaient amplement à répondre à la question et Haruaki n'était pas du genre à se plaindre ou à se confier. Il ne voulait pas imposer ses problèmes aux autres, du moins il évitait le plus possible.

"Néanmoins, je suppose que je devrais le remercier, cet endroit est effectivement bien agréable." Continua-t-il avec un sourire à l'attention de Bara, puis ses yeux s'égarèrent dans la contemplation du jardin.

"Je dois avouer que je ne m'y attendais pas vraiment." Murmura l'empathe plus pour lui-même en trempant ses lèvres dans le breuvage ambré et odorant.


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MessageSujet: Re: Le parfum de la fleur guidera le fils dans les ténèbres [Terminé] Jeu 18 Mai - 22:16

Le dénommé Haruaki avait l’air de prendre un peu plus ses aises depuis qu’ils étaient entrés dans la salle qui leur était réservée pour ce soir, et cela pour le plus grand bien de la jeune geisha qui désirait plus que tout permettre au jeune kuge un moment agréable.

Dans la réponse simple qu’il fit à sa question, qui n’était certes pas plus compliquée, il lui révéla en fait deux choses au moins. La première était qu’il était simplement de passage ici puisqu’il parlait de voyage. Bara aimait d’autant plus passer du temps avec les voyageurs, elle qui n’était jamais sortie de la capitale des Glaces.

L’autre point marquant était qu’il était visiblement en train de changer d’a priori sur la maison ou l’ambiance de celle-ci, et c’était une très bonne chose. A dire vrai, Bara s’était déjà retrouvée à devoir servir un client qui ne voulait clairement pas être là, et elle n’en gardait pas un bon souvenir. Une rencontre inutile dont elle se souviendrait pourtant longtemps …


“- Je suis ravie de voir que vous vous sentez bien ici, Haruaki-sama. Pour ne rien vous cacher, j’avais déjà cru comprendre que ce rendez-vous avait été prit à votre insu. Mais je me demandais quel était votre ressenti, par conséquent …


La jeune femme avait accepté avec plaisir la tasse de thé que l’homme lui avait tendu très galamment. Elle commença tout doucement à goûter l’infusion, préparé comme toujours avec une maîtrise proche de la perfection. Elle songea que la relation qu’il devait entretenir avec son serf devait être d’assez bon augure. Bien sur l’excès de zèle était un faux défaut. En tous cas c’est souvent ce que Bara pouvait constater dans les relations maître/serviteur. Le plus gênant était quand le serviteur n’avait cure de l’état de son maître. Là, ça n’avait visiblement pas du tout l’air d’être le cas puisque le serf avait apparemment souhaité ce rendez-vous pour le bien-être de son maître. Mais, après ces quelques secondes passées pensive, elle reprit :


“- Il ne m’arrive pas si souvent de recevoir des personnes n’étant pas originaire d’Ite.Me raconterez-vous votre voyage ? Ce serait un plaisir pour mes oreilles !


Elle fit part de cette requête avec une joie non dissimulée. Puis, comme prise d’une soudaine et incroyable inspiration, elle prit dans un compartiment de la petite table basse autour de laquelle ils s’étaient installés de quoi écrire.


“- J’ai une idée ! Vous devriez me raconter votre voyage, et je tenterais d’en faire un haïku pour vous, d’accord ? Cela vous fera un souvenir de votre première visite à la maison Hateku ?

Et cela permettrait aussi par la même occasion à l’artiste de s’exercer dans cette discipline qu’elle appréciait particulièrement. Et aussi, à détendre encore davantage l’atmosphère. Elle commença à choisir un beau papier pendant qu’elle le laissait réfléchir à cette proposition qui se voulait gagnant-gagnant.


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MessageSujet: Re: Le parfum de la fleur guidera le fils dans les ténèbres [Terminé] Ven 19 Mai - 0:18

L'empathe perçut l'intérêt de la geisha dans son regard, et quelque chose qu'il interpréta comme du soulagement sembla flotter sur son sourire. Ce dernier point s'éclaira avec les mots de la jeune femme, et Hauraki fut un peu gêné d'avoir pu inquiéter la geisha par rapport à son ressenti sur ce lieu. Cela l'avait peut-être blessée, vexée, ou simplement préoccupée. Quoi qu'il en soit, son envie de bien faire en fut renforcée. Être en ces lieux était un honneur, il ne devait pas l'oublier et agir en conséquence, et ne pas trop laisser ses problèmes personnels venir troubler la soirée.

Dans tous les cas, l'entrain de la geisha faisait plaisir à voir, et Haruaki camoufla un sourire dans sa tasse de thé. Malheureusement, il doutait d'être une bonne source d'inspiration pour la jeune femme en cet instant. En d'autres lieux, d'autres temps, il lui aurait peut-être brodé quelque chose, sur la beauté de l'océan ou le mystère des brumes. Mais ce soir, il n'avait pas le cœur à cela, vraiment pas.

"Quelle douce idée ! S'enthousiasma Hurauki avec un sourire sincère. Néanmoins, je doute d'être une bonne source d'inspiration pour vous ce soir. Je ne suis qu'un simple médecin itinérant. Originaire de Kasu, voilà bien longtemps que je n'avais plus quitté les frontières Okaruto. Je suis pourtant venu me perdre dans ces belles contrées en direction de la grande bibliothèque de Fuyu. Après tout, nous n'avons jamais fini d'apprendre n'est-ce pas ? Dit-il sur le ton de la confidence. Malheureusement, une urgence me rappelle en Okaruto, je ne verrais donc pas les infinis rayonnages de Fuyu cette fois."

Si une personne entrainée aurait pu déceler l'agitation dans son regard, n'importe qui d'autre aurait juste entendu une légère déception dans sa voix. Haruaki passa sous silence à la fois le déclencheur de son voyage et la raison de son arrêt net, qui occupait pourtant toutes ses pensées. Rappelons que le médecin n'aimait pas parler de lui et qu'il était souvent bien plus à l'aise avec l'écoute. Aussi il tenta de réorienter la conversation :

"Mais pourquoi ne pas parler de vous plutôt ? Ou bien des étendues immaculées de Fukyuu ? Car en soit, quel meilleur sujet pour un haïku souvenir de ce bel endroit ?"

Haruaki sourit doucement, espérant ne pas décevoir la geisha par son comportement. Aussi il essaya de faire passer tout son intérêt sincère pour les deux sujets proposés dans ses mots.


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Geisha

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MessageSujet: Re: Le parfum de la fleur guidera le fils dans les ténèbres [Terminé] Dim 21 Mai - 23:39

Haruaki-sama se révélait être, en plus d’un homme d’une grande élégance et d’un charisme impressionnant, un homme de science, alors ? Décidément, Bara commençait à avoir du mal à cacher son admiration pour cet homme qui lui était pourtant encore inconnu il y a quelques minutes. Il avait décliné poliment sa proposition en la remplaçant par une autre. Cela ne vexa pas la geisha, mais pour autant elle fut interloquée. Apparemment cet homme ne souhaitait pas parler de lui. Ou peu. Ou ne se sentait peut-être pas suffisamment en confiance encore ? En tous cas il avait éludé rapidement la question de son voyage en ne donnant pas plus de détails que ce qu’il avait bien voulu révéler du contexte.

Pourtant l’artiste percevait bien qu’il y avait quelque chose derrière tout cela. De toutes façons, peu importait le prétexte de sa visite dans les terres de Fukyuu, cela permettait à Bara de faire cette nouvelle rencontre : aussi elle ne pouvait lui en vouloir. De plus elle était bien consciente que certaines personnes ont parfois leurs problèmes et qu’ils ne veulent pas forcément s’étendre davantage avec une inconnue sur le sujet. Il avait évoqué “une urgence” qui l’obligeait visiblement à retourner précipitamment en ses terres, aussi Bara se sentait-elle chanceuse qu’il prenne tout de même le temps d’honorer le rendez-vous prit ce soir. Ne souhaitant pas mettre son client dans l’embarras ou mal à l’aise, elle décida de jouer le jeu et de parler d’elle comme il le demandait.

“- Eh bien si vous souhaitez parler de moi, pourquoi pas, vous m’honorez par cette demande. Je suis une simple geisha, ma vie se compose autour des arts et disciplines que je pratique, ainsi que des gens que je rencontre, et des relations que j’entretiens, voilà tout. Je suis la voie qui m’a été tracée par le destin.

Elle s’arrêta alors, commençant à tracer tout de même sur le papier une estampe rudimentaire à l’encre, mais dont aucun trait semblait pour autant mal placé ou inutile. L’ensemble, assez stylisé, représentait des paysages coutumiers des alentours de Ite : les montagnes brumeuses de froid en hiver, et ses pins qui se découpaient dans l’horizon. Cela allait habiller un peu le papier le temps qu’elle trouve quoi écrire, et la plongeait dans une concentration utile à sa créativité.

”- Pour ce qui est des paysages des terres de Fukyuu malheureusement, je crains que vous n’en ayez déjà vu plus que moi. Puisque pour tout avouer, je ne suis même jamais sortie d’Ite pour le moment. J’espère un jour pouvoir, même si je ne sais pas trop dans quel genre de circonstances cela pourrait se faire … ?

Il y avait une pointe de regrets dans cette déclaration. En effet, si elle pouvait se plaindre d’une seule chose dans son métier, c’était surement du statut sédentaire que cela impliquait. Néanmoins si cela devait être la seule contrainte, alors elle l’acceptait sans hésiter pour tous les bienfaits que ses arts lui apportaient en échange. Beaucoup ne pourraient comprendre un tel choix de vie. Mais Bara considérait cela comme la meilleure opportunité qu’elle ait jamais eue. Même si elle enviait la chance que pouvait avoir Haruaki-sama de pouvoir exercer son métier en itinérance.

Alors elle inscrivit un haiku que ses réflexions venaient de lui inspirer :

Citation :
“Deux âmes contraires et ressemblantes,
Sous la lune des Glaces,
Se rencontrent.”

Elle prit le temps de le tracer minutieusement et de manière suffisamment sûre pour que les traits révèlent leur beauté simple et pure.


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MessageSujet: Re: Le parfum de la fleur guidera le fils dans les ténèbres [Terminé] Mar 23 Mai - 23:15

La geisha traça quelques traits souples et précis sur le papier, le dessin prenant forme sous ses doigts. Haruaki savoura son thé en appréciant le travail de la jeune femme. Il l’admirait en cet instant, cela semblait si simple en la regardant. Arbres et montagnes apparaissaient de nulle part, créant un paysage sublime, et ce sans efforts. Durant ce temps, les mots de la geisha résonnaient dans son esprit : "Je suis la voie qui m’a été tracée par le destin"… Voilà bien la différence fondamentale entre eux, lui avait choisi sa vie.

Et quand il entendit le regret dans les mots suivants, il se sentit coupable. La geisha ne voulait rien de plus que quelques histoires d’ailleurs, et il lui refusait ce plaisir simple juste parce qu’il ne se sentait pas au meilleur de sa forme. Pour un peu, Haruaki se serait giflé. Depuis quand Yungiri refaisait-il surface ainsi, dans toute sa faiblesse ?

Il admira encore la main sûre de la geisha traçait les quelques lignes d’un haiku plein de poésie et de promesses. Il y avait une sorte de dévotion dans ses gestes. Mais même si la jeune femme semblait s’épanouir dans les arts de son métier, elle avait le droit d’avoir des rêves. Et lui pouvait y mettre du sien pour, à défaut de les réaliser, les nourrir un peu. Il attendit donc qu’elle ait terminé son travail, afin de ne pas briser sa concentration, et parla à son tour. Il prit une grande inspiration et, les yeux rêveurs, déclama ces quelques phrases :

"Une rose, un matin, a éclos sur les pentes enneigées de la Capitale de Ite. Le rouge carmin de ses pétales tranchait de la plus belle des manières avec le blanc immaculé. Un voyageur, conquis par la beauté exotique de cette fleur, la cueillit délicatement pour l’offrir à une personne chère à son coeur. Ensemble, la rose et le voyageur parcoururent les chemins de Yokuni. De l’hiver glacial de Fukyuu, ils passèrent au printemps orageux de Kenshu, là où les éclairs déchirent le ciel noir qui pleure en abondance sur les hommes. Ils éprouvèrent ensuite l’été aride de Setsu, quand la terre asséchée crie grâce au ciel d’un bleu magnifique dépourvue du moindre nuage. L’automne rafraîchissant les enveloppa à Eiichiro, pays de plaines verdoyantes où galopent les chevaux, semblant jouer avec le vent. L’hiver doux de Okaruto enfin, leur ouvrit les bras, les feux des torches perçant la brume pour guider leurs pas vers ces villes animées où écrivains et poètes trouvent refuge."

En cet instant, Haruaki regretta que Présence Hypnotique ne puisse transmettre que des sentiments et non des images. Il se garda néanmoins de l’activer, ayant décidé de commencer son repos. De plus il n’était pas certain qu’il aurait réussi à maîtriser son pouvoir en cet instant, avec son esprit en proie aux tourments. Car si la métaphore de la fleur et du voyageur semblait renvoyer à leur rencontre, l’identité de la troisième personne restait mystérieuse pour l’auditoire, et c’était sans doute mieux ainsi. Il semblait manquer une conclusion à tout cela, peut-être du au caractère improvisé de la chose. Ou bien peut-être qu'il préféra la taire. Quoi qu'il en soit, Haruaki rythma ses mots, s’efforçant de les faire chanter aux oreilles de la geisha pour qu’ils prennent vie dans son esprit. Il soupira quand il eut fini et adressa un sourire radieux à la jeune femme, espérant avoir réussi à la distraire.

"Les paysages sont certes magnifiques et emplissent l’âme de force. Mais ce sont les rencontres qui nourrissent l’esprit. Or vous devez faire beaucoup de rencontres via votre métier."

Il n’y avait aucun sous-entendu dans ces mots, c’était un simple constat.


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MessageSujet: Re: Le parfum de la fleur guidera le fils dans les ténèbres [Terminé] Dim 28 Mai - 15:22

Le jeune médecin itinérant avait observé avec attention les gestes de l’artiste s'exécuter sur le papier, dans un silence presque absolu. Il semblait par ailleurs en réflexion totale, et la geisha, bien que généralement douée d’empathie, eut du mal à savoir ce qui pouvait bien le mettre dans un état si perplexe. Mais après tout, chaque client avait ses propres mystères et les lois du langage gestuel n’étaient jamais les mêmes : il était peut-être simplement en train de penser à des choses qu’il devait ordonner chez lui ? Ou encore, à des prescriptions qu’il devrait faire à ses patients ? Comment savoir, elle ne le connaissait pas encore très bien, après tout. Mais alors qu’elle s’attendait à de simples remerciements pour le haiku, l’homme commença à improviser une petite histoire sous forme de poème métaphorique. Cela laissa l’artiste sans voix, mais son regard s’était à présent paré d’une lueur scintillante d’amusement et de joie, car Haruaki-sama avait bien voulu faire l’effort d’évoquer dans son petit récit les différents clans et leurs principaux attributs, faisant échos au désir de la jeune femme d’en connaître plus sur le monde. Ce n’était pas tout simplement adorable : c’était plein de délicatesse et d’une intention bien réelle de vouloir faire plaisir. Cela, couronné par le fait que le jeune homme avait su trouver un rythme et un ton parfait pour poser sa voix.

”- Mais dites-moi, Haruaki-sama, vous avez toutes les qualités pour être artiste vous aussi ! Vous écrivez peut-être ? Sinon, vous devriez, je vous le conseille, vous avez vraiment une Voix.”

Elle lui fit ce compliment de bon cœur car c’était vrai, d’après elle. Il s’avérait être un homme sensible, un homme d’esprit. Elle sentit alors à cet instant plus qu’auparavant qu’ils allaient s’entendre à merveille. Elle avait avec lui un peu le même genre de sensations qu’elle avait pu avoir aux côtés de Maeda Ryohei, ou encore même de Fukyuu Kanzen … C’était chaleureux, un sentiment de se retrouver un peu soi-même, mais de découvrir en même temps quelqu’un. C’était à la fois source d’étonnement, de curiosité, et d’apaisement.

La geisha dut presque se forcer à revenir un peu aux convenances pour répondre à la question implicite que cet enfant des Brumes avait posée dans la conclusion de sa poésie. Mais elle sut néanmoins tout de suite quoi lui répondre :

“- C’est lorsque je rencontre des personnes comme vous, Haruaki-sama, que les rencontres sont effectivement les plus enrichissantes. Ce n’est pas courant. C’est ce qui fait que mon métier est passionnant : tant de personnalités si complexes à découvrir, tant de talents non dévoilés, de figures fortes qui devraient imposer plus de respect ... “

Bara était en train de repenser à nombre de gens qu’elle avait pu croiser, ne serait-ce que récemment. Oui, en fait, Haruaki-sama avait raison. C’était ça, son trésor à elle. La diversité humaine …

“- L’être humain est une chose bien complexe, ne trouvez-vous pas ? Effectivement vu comme ça, le paysage des visages que j’ai pu croiser, des sentiments que ces gens m’inspirent, tout cela représente une horizon prometteuse et étonnante. Mais donne encore plus envie de découvrir le vaste monde, pour être honnête.”

La jeune femme reprit du thé, elle se sentait à présent sereine et détendue. Pourtant, ces réflexions à voix hautes lui faisaient penser à un détail qui lui avait échappé au premier abord dans le petit discours de son invité plus tôt : le fait que le voyageur veuille offrir la rose à “un être cher”. Alors Haruaki-sama avait-il quelqu’un dans sa vie, de potentiellement éloigné ? Un entourage devait l’attendre quelque part dans les terres Okaruto. Peut-être. Cela pouvait être une expression inconsciente ou consciente de celui qui s’était improvisé auteur de cette comptine. Bara ne le saurait peut-être jamais, cela faisait partie du secret du compositeur après tout.

Elle décida donc de relancer la discussion sous un autre angle :
“- Votre métier aussi doit vous permettre de côtoyer bien du monde. Peut-être même de manière d’autant plus intime qu’à l’okiya ? Vous avez du courage d’aider tous ces gens, surtout avec ce qu’il se passe en ce moment …”

La dernière réflexion qu’elle avait faite était en rapport aux évènements mystérieux que tout Yokuni avait pu vivre ces derniers temps : le sommeil, les attaques de Yokai … Elle espérait de tout cœur que cela n’allait pas remuer chez le jeune homme des souvenirs trop négatifs, mais elle avait la conviction qu’un médecin devait être habitué aussi quelque part à faire face à ce genre de désastre et à faire de son mieux pour changer les choses. A ses yeux, les gens comme Haruaki-sama représentaient sûrement le seul espoir possible pour les gens du peuple comme elle, face à la fatalité que leur réservait le destin ...


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MessageSujet: Re: Le parfum de la fleur guidera le fils dans les ténèbres [Terminé] Mar 30 Mai - 12:53

Reprenant quelques gorgées de thé, Haruaki sourit, satisfait. Le compliment était certes agréable, mais ce qui le contentait vraiment c’était de sentir la joie de la geisha. Il avait visiblement réussi son pari de la faire voyager un peu, ou du moins son esprit….

Sa remarque le fit sourire, il aurait pu lui répondre qu’il n’écrivait pas, ou si peu, pour se distraire de temps à autre. Même s’il appréciait ce passetemps, ce n’était que cela, un loisir. Ou pas ? Au final, il maniait les mots au quotidien dans son métier. Il rassurait ses patients, les amenait à se confier, mais pas seulement. Dans cette société où tout n’était finalement qu’apparence, les bons mots placés au bon moment pouvaient ouvrir de nombreuses portes. Il garda néanmoins ses réflexions pour lui, car la question de la geisha n’appelait en soi pas forcément de réponse immédiate.

En tous cas, entendre la geisha parler ainsi de son métier le rassura. Sentir ce soupçon de fierté et cette ambiance sereine qui prenait peu à peu place dans la pièce l’aida à se détendre lui-même. Savoir que la jeune femme ne subissait pas complètement son statut lui donnait en quelque sorte l’autorisation de profiter de ce moment de partage autrement et de manière bien plus agréable que comme une obligation.

Haruaki reposa sa tasse de thé, réfléchissant un instant aux mots de la geisha. L’être humain était quelque chose de complexe ? Oh oui, et pas qu’un peu. Lui qui avait l’habitude d’observer, d’analyser chaque mot, chaque geste et chaque action. Lui qui avait pour but de plonger dans les méandres des esprits tourmentés de ses congénères. Lui plus que quiconque peut-être, il savait… Un petit rire lui échappa, brisant le fil de ses pensées quand la jeune femme parla de nouveau. Il ne put s’empêcher de réagir à la suite, ses yeux pétillants de malice.

"Normalement, un médecin se doit de garder une certaine distance professionnelle avec ses patients. Il le faut s’il veut travailler convenablement, sans que son jugement ne soit altéré par ses émotions. Il avait, de manière volontairement exagérée, parlé comme un professeur faisant la leçon à un élève. Aussi, il n’y a pas « d’intime » qui tienne dans ces conditions. Normalement… Mais je ne suis pas un médecin ordinaire…"

Révéla alors Haruaki avec un ton mystérieux posé au plus juste. Il laissa ensuite un silence bien dosé, juste le temps que la geisha puisse imaginer mille et une histoires qu’il espérait un peu farfelues, puis il ricana à sa propre bêtise.

"Pardonnez-moi, je suis un petit plaisantin parfois, surtout ne me prenez pas au sérieux !  S’exclama-t-il avec un air faussement apeuré. Néanmoins, je pense qu’effectivement nos manières d’exercer nos métiers respectifs doivent être plus proches qu’on pourrait le penser." Termina-t-il songeur, redevenant sérieux.

"Et pour vous répondre, oui, l’être humain est une chose complexe, infiniment complexe même je dirais. Même moi, qui ai rencontré tant de personnes, qui poursuit pour but de comprendre leurs tourments, je ne peux prétendre tout savoir. Bien fou serait celui qui s’en vantera d’ailleurs. On a beau avoir vu des dizaines de cas semblables, avoir côtoyé des personnalités ressemblantes aux histoires communes, on ne peut jamais, au grand jamais, prévoir les réactions ou les pensées de quelqu’un. Si un jour je commençais à penser de cette manière, alors je serais bon pour prendre ma retraite !" Une passion réelle se dégageait de ses mots en cet instant, Haruaki aimait ce qu’il faisait, c’était indéniable.  

"Chaque rencontre est différente, et toutes apportent quelque chose d’unique. Mais il y a certes des rencontres plus enrichissantes que d’autres." Conclut-il avec un immense sourire pour sa compagnie du moment.

Un silence de réflexion s’installa ensuite, le visage d’Haruaki s’assombrissant sensiblement :

"Mais ne me prenez pas pour ce que je ne suis pas, s’il vous plaît. Aider tous ces gens comme vous dites c’est…"

L’empathe chercha ses mots, en cet instant il aurait pu dire que c’était de la fuite. Il avait fui son père, le décès de son maître, celui de son frère, le départ de Saya, il fuyait l’état de sa mère aujourd’hui... Ou bien peut-être était-ce encore plus intéressé que cela ? Un moyen de trouver le salut ?  Peut-être pas à ce point, mais le seul moyen qu’il ait trouvé pour se rendre utile, sans doute. Haruaki laissa échapper un petit soupir.

"Ce n’est pas du courage, c’est juste la voie que j’ai choisie."

Il eut un pauvre sourire, voilà, là ça lui paraissait honnête. Il avait choisi ce rôle, peu importait les raisons désormais, il s’efforçait juste de s’en acquitter au mieux.
Pour une raison ou pour une autre, il se sentait désormais très à l’aise avec la jeune Bara, détendu, serein. Aussi, pour elle au moins, il voulait paraitre tel qu’il était réellement et pas derrière ce masque qu’il portait en permanence. Il ne voulait pas qu’elle se trompe sur son compte, le percevant comme mieux qu’il ne l’était réellement. Alors il s’ouvrait à elle, par respect, elle n’était pas une de ses patientes, mais quelqu’un qui prenait de son temps pour lui. Alors elle avait le droit de le voir tel qu’il était, au moins un peu.

"En tout cas, je suis très honoré de votre compliment sur ma Voix. Dit-il en reprenant les mots de la geisha et un air plus joyeux, le tout en un remerciement sincère. Les mots ont un pouvoir particulier n’est-ce pas ? Bien maîtrisés, ils peuvent apaiser les pires conflits tout comme raviver la plus terrible des guerres. Ils ont le pouvoir de soigner, autant que de détruire. Quelques mots peuvent vous faire entrer dans le plus beau des palais, comme vous propulser dans la plus misérable des prisons. Haruaki s’était fait à nouveau rêveur, on le sentait encore une fois passionné par son sujet. Bon, il est vrai que les mots seuls ne suffiront pas forcément, heureusement en un sens. Vous imaginez si être beau parleur suffisait pour tout obtenir ? Son ton se fit rieur sur cette phrase. Dans la plupart des cas, il faudra également les accompagner d’actes bien réels. Mais quand même…"

"Ce compliment m’est d’autant plus précieux que vous aussi, vous savez manier cet instrument qui nous est propre. Continua-t-il en reposant un regard attendri sur la geisha. Car vous chantez n’est-ce pas ? Haruaki pouvait l’entendre dans les inflexions variées des mots de la jeune femme. Aussi oserais-je vous demander de me faire une démonstration de vos talents ?"
Maintenant qu’il se sentait plus à l’aise, Haruaki se permettait ainsi d’exprimer plus librement ses sentiments.


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MessageSujet: Re: Le parfum de la fleur guidera le fils dans les ténèbres [Terminé] Sam 3 Juin - 23:21

La nuit commençait déjà à tomber sur Ite, le doux parfum frais du crépuscule montant depuis la terre, s’ajoutant aux chaleureuses odeurs de l’okiya. Toujours assis devant leur petite table basse, Bara et Haruaki buvaient tous deux leur thé, partageant une certaine sérénité installée déjà depuis quelques minutes pour leur plus grand bonheur respectif. Bara savait apprécier ce genre d’instants : quand on commence tout juste à cerner la personnalité d’une nouvelle connaissance, que cette dernière se sent à présent suffisamment à l’aise pour se dévoiler un peu plus, et quand soi-même on est assez en paix pour savoir profiter, sans s’inquiéter de ce qui se passera la minute d’après.

L’homme sembla apprécier le compliment qu’elle lui avait adressé, néanmoins légèrement étonné et modeste à la fois. Il y avait apparemment réfléchit intérieurement. Il ria, quand elle lui exposa son point de vue sur la ressemblance leurs métiers. Pourtant cela n’avait pas semblé si incohérent à la jeune fille. Il s’expliqua : l’intimité n’était souvent pas de mise. Les relations qu’il devait entretenir avec ses patients devaient souvent être assez neutres, du coup, c’est ce à quoi elle songea. Il fit ensuite une allusion assez rigolote sur le fait  qu’il pouvait toujours y avoir des exceptions, et bien sûr elle ne put s’empêcher de ricaner, car il lui était bien impossible de ne pas imaginer quelques situations embarrassantes. Elle rit de bon cœur car elle n’avait pas vraiment de tabous sur ce genre de sujets. Après tout, il fallait bien plaisanter de temps en temps. Il retrouva cependant assez vite son calme, après lui avoir bien prié de ne pas trop le prendre au sérieux.

Il rejoint son propre point de vue en déclarant qu’il y avait des rencontres qui étaient parfois plus intéressantes que d’autres. Et cela, même si toute rencontre pourrait s’avérer enrichissante en soi. Mais il prit un air très grave ensuite, pour lui annoncer qu’il avait choisi cette voie … Alors, forcément, ça ressemblait à un aveu, une confession. Il n’avait pas l’air d’être à cent pour cent fier de ce choix … Avait-il été prédestiné à autre chose ? Les fils du destin avaient encore fait quelques nœuds dans la vie de quelqu’un, visiblement. C’était toujours plus ou moins le cas, après tout. En tous cas la geisha sut apprécier la sincérité des mots de Haruaki-sama. Elle ne pouvait que difficilement lui poser davantage de questions sur cette part ombragée de sa vie, tout simplement parce qu’elle estimait que ça ne se faisait pas, avec quelqu’un qu’on ne connaît pas encore bien. Il lui dévoilait ce qu’il voulait bien, après tout, elle n’était pas là pour le mettre mal à l’aise au contraire.

Il reparla des mots, et de la manière dont ils pouvaient avoir une réelle influence sur les relations humaines. Un sujet qu’elle comprenait bien. Oui, ça elle en faisait l’expérience au quotidien. Rin l’avait souvent reprise, alors qu’elle était maiko, sur des choses à dire ou à ne pas dire, et surtout à la manière de les dire. La composition musicale l’aidait certes à trouver un rythme en fonction des consonances des mots, mais dans l’art de la conversation, il fallait tout prendre en compte : le ton de voix, la manière dont on prononce tel ou tel mot, telle ou telle syllabe, les mimiques du visages, les gestes qui les accompagnent … Et tant d’autres choses encore … Elle avait apprit à déchiffrer facilement quelques codes de base … Après, il y avait bien sûr à prendre en compte la part d’’interprétatif. Certains devenaient effectivement des maîtres dans l’art de la manipulation par la parole … Les beaux parleurs n’en étaient qu’une caste parmi tant d’autres.

Le kuge lui demanda alors un chant, afin qu’elle puisse lui montrer ses compétences artistiques. La geisha s'exécuta en choisissant un chant simple de sa propre composition.  

”- Avec plaisir. Ce qu’il me vient à l’idée, là maintenant, c’est de faire un clin d’œil au crépuscule automnal, si beau. Comme ce soir …”, dit-elle en guise d’introduction, jetant un œil inspiré sur le jardin qui était en train de se glisser sous la couverture étincelante de la nuit.

”- La brise automnale
Fait tomber les gouttes
Dans la nuit abyssale
Et les arbres se voûtent

Adieu nuits d’été
Vous voilà déjà loin
Vos chaleurs enivrées
Et vos criquets coquins

Les feuilles d’arbre tombent
Et les fleurs vont faner
La Mort fait la ronde
Avec l’hiver gelé

Roseaux qui dans l’eau
Allez tremper vos pieds
J’entends bien vos sanglots
Vous voilà esseulés

La terre qui refroidit
Rend la nature blafarde
Comme je me languis
Et comme il me tarde ...

Doux est le crépuscule
De ce court soir sans lune ...
Nous avons bien vécu...
Quand me reviendras-tu ? “


C’était, comme à son habitude, une chanson assez triste et à consonance romantique. C’est ce qui inspirait généralement la geisha. Sa maîtrise était parfaite, sa voix avait empli l’espace comme si tout autre bruit était parti se cacher. Sa musique enchanteresse pouvait encore apaiser son client, comme elle apaisait généralement tous les coeurs blessés.

”- J’espère que cela aura été plaisant à vos oreilles”, dit-elle après avoir attendu un petit temps pour ne pas casser l’effet.

En plongeant son regard dans celui de Haruaki, elle se demandait si celui-ci allait décider de se confier à elle sur ce qui avait visiblement eut l’air de le tracasser plus tôt ...


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MessageSujet: Re: Le parfum de la fleur guidera le fils dans les ténèbres [Terminé] Lun 5 Juin - 16:36

Pour son plus grand plaisir, la jeune femme accepta de répondre à sa demande et sa belle voix emplit alors l’espace. Il n’y avait aucune hésitation, les mots clairs et chantants s’élevaient naturellement dans l’air pour venir caresser ses sens et même son âme. Posées au plus juste, les rimes appelèrent en lui ses émotions et un frisson parcourut son corps. Ému au possible, mais pas triste, même si les paroles en elles-mêmes étaient mélancoliques. La performance était impressionnante, la voix seule tenait ici le rôle de tout un orchestre, riche et changeante. Haruaki ferma à demi les yeux pour profiter pleinement de l’instant. On dit que la musique adoucit les mœurs et c’était exactement la sensation qu’il avait en cet instant, comme si les mots chantés agissaient tel un baume sur son cœur attristé.

Finalement, la voix se tut, mais ses échos emplirent encore un moment le silence qui suivit, comme si les bruits de la nuit ne voulaient pas venir gâcher cet instant de douceur. L’ambiance de la pièce avait pris un tournant particulier, intimiste et précieux. Haruaki se sentait comme un privilégié, de plus, une certaine sérénité emplissait maintenant son être. Ce ne fut que quand la voix de Bara résonna à nouveau qu’il prit conscience que ses yeux étaient toujours fermés. Il les rouvrit donc doucement et eut un sourire radieux pour la jeune femme.

"Votre voix est sublime." Dit-il avec sincérité.

Il allait visiblement enchainer, mais un coup discret contre la porte le stoppa. Doucement, presque timidement, une maiko ouvrit le battant et annonça :

"Excusez-moi de vous déranger Haruki-sama, Hateku-san, mais votre serviteur désirait vous voir. C’était urgent."

Haruaki capta le regard désolé de Nozomi et sut qu’il n’allait pas apprécier la suite, mais alors pas du tout. S’excusant à nouveau en entrant dans la pièce alors que la jeune fille refermait la porte derrière lui, Nozomi tendit une enveloppe cachetée à son maître. Un simple coup d’œil sur les traits d’encre noirs suffit à Haruaki pour savoir de qui venait cette missive. Toute sérénité envolée, tendu comme un arc, oubliant un instant où il était, l’empathe déplia le papier froissé en tremblant.

Nozomi adressa un regard à la fois désolé et plein d’espoir à la geisha, il semblait réclamer de l’aide. Car ce n’était pas pour rien qu’il était venu jusqu’ici donner cette lettre à son maître. Tout comme Haruaki, il avait anticipé ce qu’elle contenait, et il ne voulait pas être seul pour en gérer les répercussions. C’était lâche, certes, mais il était plus doué avec les armes qu’avec les mots. Et même s’il avait un peu appris aux côtés de l’empathe, il ne se sentait pas prêt pour cela. Mais ici, il y avait cette geisha, elle peut-être, saurait gérer cette situation.

Haruaki fixait avec effrois la missive, perdu dans sa lecture. Bien qu’en réalité, il y avait peu à lire. Une simple phrase qui à elle seule était chargée de toute la rancœur et les reproches que de simples mots sur du papier pouvaient faire passer :

"Elle est morte hier. Il n’est plus nécessaire de te presser pour rentrer. Je ne t’attendrais pas pour les funérailles."

Bien sûr, le message était déjà daté de plusieurs jours et même s’il avait dû trouver son chemin plus rapidement que la première lettre, ça n’avait pas suffi.

Tremblant de tous ses membres, Haruaki se sentit suffoquer. Pourquoi ? Pourquoi le destin était-il si cruel ? D’abord Katsuya et maintenant sa mère… Il n’avait pas pu la soigner, malgré toutes ses connaissances. Il n’avait pas eu le temps de trouver des réponses. Il n’avait pas été là pour elle. Et cette colère envers ce père injuste, qui le tenait pour responsable une fois de plus… Repassant tous ses choix de ces derniers mois, Haruaki y trouvait toutes ses erreurs. Celle d’être parti premièrement, d’avoir fui cette situation qu’il ne pouvait gérer. Celle d’avoir trainé en route ensuite, d’avoir une fois de plus stoppé ses pas à chaque fois que quelqu’un pouvait avoir besoin de ses services. Sans cela, il serait peut-être rentré à temps.

Répondant à sa détresse infini, Présence Hyptnotique échappa à son contrôle, transmettant par vagues successives son chagrin sans nom, sa culpabilité écrasante, l’injustice qu’il ressentait aussi bien conte le destin que contre le comportement cruel de son père et au final, son désespoir le plus profond. Nozomi, plus habitué sans doute que Bara à ressentir ces sentiments envahissants qui n’étaient pas les siens, réagit assez vite, luttant contre ce poids qui lui comprimait la poitrine.

"Maître, je vous en prie, calmez-vous ! Vous vous faites du mal !"

Le serf connaissait les ravages que ce pouvoir pouvait faire sur les muscles de l’empathe, surtout quand il n’était pas maîtrisé. Haruaki, releva vers son serviteur un regard aveugle et empli de larmes. Alors Nozomi jugea qu’il fallait que la jeune femme comprenne la situation. Le serf se tourna donc vers la jeune femme et accrocha leurs regards, la précipitation de ses gestes soulignant l’urgence de la situation :

"Hateku-san, la mère de mon maître est très malade… Non, elle est sans doute… Nozomi secoua la tête négativement. Aidez-le, je vous en prie…"

Le ton était si suppliant et ses yeux trahissaient toute son angoisse. On sentait comme le serf était impuissant en cet instant, malgré son envie réelle d’aider son maître, et à quel point cela l’affectait.


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MessageSujet: Re: Le parfum de la fleur guidera le fils dans les ténèbres [Terminé] Jeu 8 Juin - 23:33


La geisha fut ravie de la sérénité qui s'était installée dans cette salle depuis quelques instants. Elle-même se sentait apaisée d'avoir pu donner une nouvelle fois vie à cette chanson, qu'elle appréciait pour son ton volontairement nostalgique et poétique.

Elle reçut donc les compliments de son public avec une certaine fierté, sentant que l'homme était conquis. Si seulement elle avait pu se douter de ce qui allait se passer ensuite … Surement aurait-elle profité pour éterniser un peu plus ces quelques secondes de bonheur simple. Au lieu de ça, elle laisse le temps couler comme on regarde la pluie tomber.

C'est quand elle entendit frapper à la porte qu'elle sentit l’air changer. Ce n'était pas normal. Elle vit entrer Eimi-chan suivi de très près par un homme … Bien vite la jeune maiko expliqua la raison de cette interruption. On pouvait déjà sentir dans la voix de la jeune fille doutes et hésitations ce qui ne rassura pas Bara.

Ensuite tout se passa en quelques secondes … Haruaki-sama sembla sortir de l’enveloppe calme et sincère qu'il affichait un instant plus tôt, pour revêtir tout de suite un manteau d'angoisse et de stress assez apparent tant ses gestes étaient rigides … Il avait prit la lettre et le monde s'était écroulé.

Bien sur, Bara ne pouvait pas comprendre une telle tension étant donné qu'elle ne connaissait pas la situation exacte.

*mais qu'est-ce qu'il se passe ?* était la question qu'elle ne pouvait s'empêcher de se poser en boucle intérieurement.

Puis soudain un flot d'émotions successives s'emparèrent de la geisha ; elle eut concrètement la sensation d'étouffer tant ces sentiments étaient forts. C'était visiblement dû à l'un des pouvoirs de brume du médecin… Son serviteur tenta de le calmer tant bien que mal mais sa souffrance immense était de toutes façons bien visible désormais. Et l'empathie de Bara lui faisait déjà monter ses propres larmes aux yeux, souffrant elle-même de voir Haruaki si mal…

Le serviteur lui expliqua et elle ne put qu'être attentive tant la détresse qu'on pouvait lire sur son visage était frappante. Pour toute réponse il reçut un signe de tête compréhensif et compatissant. Puis la jeune femme se dirigea vers l'homme qui venait d'apprendre la perte immense d'une mère, et même si elle ne le connaissait pas, elle se permit de prendre la main de cet homme doucement entre les siennes, le guidant pour s'asseoir.

Elle chuchota quelques mots aussi à la maiko discrètement afin que cette apprentie puisse aller rapidement prévenir Yuki-sama des circonstances. Puis, toujours d'un regard et sans ouvrir la bouche, elle la congédia. Elle ne se permit pas de congédier pour autant Nozomi, bien sur, car ce n'était pas son droit déjà, ensuite parce qu'un maître a souvent besoin de son suivant dans de tels moments, et enfin parce qu'elle n'avait pas le goût de séparer Haruaki d'un visage familier dans un moment pareil évidemment.

”- Haruaki-sama, écoutez moi … Je sais en partie à quoi ressemble votre douleur, et croyez bien que je la partage entièrement., chuchota-t-elle, tenant toujours sa main.

”- Permettez-moi de vous aider à vous alléger de ce poids qui vient plomber votre coeur si doux.

Elle essaya de planter ses propres iris dans les yeux du médecin, souhaitant qu'il reprenne conscience, car Bara avait appris par le passé que le temps se bloque parfois lorsqu'on apprend certaines mauvaises nouvelles, comme si la perception humaine considérait qu'il n'était plus intéressant de tenir ses pendules à l'heure. Ainsi l'âme dévastée par la tristesse peut se perdre indéfiniment. Et Bara voulait casser ce phénomène pourtant bien naturel le plus vite possible.

”- Parlez moi, monsieur, racontez moi ce que vous voudrez pour soulager votre coeur et vos pensées bien tourmentés..


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MessageSujet: Re: Le parfum de la fleur guidera le fils dans les ténèbres [Terminé] Sam 17 Juin - 19:04

La réaction de la geisha rassura quelque peu Nozomi, peut-être qu’elle pourrait éviter le pire, et il ne voulait pas imaginer exactement ce que pourrait être le pire en cet instant. Car il voyait déjà les conséquences de l’utilisation hors contrôle de Présence Hypnotique. En effet, les muscles de l’avant-bras droit de son maître étaient tendus à l’extrême, tellement que leurs contours se dessinaient sous la peau et que le membre tremblait. Et Nozomi savait qu’il en était sans doute de même ailleurs, là où le kimono cachait les membres fins.

On lui prit la main et Haruaki eut juste envie de fuir, de disparaître loin, de se réveiller de ce cauchemar. Mais comme rien de tout cela ne lui fut accordé, il se laissa simplement guider, déconnecté du moment présent. Les mots de Bara résonnèrent à ses oreilles et quelque chose se débloqua dans son esprit. Il n’était pas normal que la jeune femme soit là. Nozomi oui, il était son servant, il était toujours là. Mais ce n’était pas le cas de la geisha. Haruaki mit même quelques secondes à associer cette voix à une personne, puis au contexte. Se souvenant d’où il était, l’empathe tenta de se reprendre, de respirer calmement. Mais le poids sur sa poitrine était tel qu’il ne parvenait pas remplir ses poumons d’air, sa respiration se faisait ainsi rapide et laborieuse.

Pourtant les mots de la geisha sonnèrent comme une alarme pour lui. Quelque chose dans ses paroles lui avait fait prendre conscience que Présence Hypnotique échappait à son contrôle. Or il savait à quel point c’était dangereux, pour lui certes, mais il se souciait surtout des autres. Le fait que Bara ait déjà retrouvé son contrôle était une bonne chose, mais il devait veiller à ne pas lui imposer plus de tourments. Cette pensée accapara son esprit et la pression de son pouvoir diminua, ce qui soulagea un peu Nozomi.

Alors qu’il était maintenant assis, le regard si doux de Bara accrocha le sien, baigné de larmes retenues. Ce fut la combinaison de ce regard bleu-gris et de ses mots prononcés tendrement qui ramena un peu le fils éploré au moment présent. Ses iris accrochèrent celles de Bara, dans un véritable appel à l’aide muet, exprimant en cet instant toute l’étendue de sa détresse. Sa respiration sifflante, Haruaki hoquetât un peu, la lèvre tremblante. L’empathe hésitât, mais les mots de Bara étaient emplis de sollicitude et son chagrin était trop grand pour être contenu plus longtemps.

"Je n’étais pas là…" Réussit-il à murmurer.

Et ce fut comme si ces simples mots libéraient quelque chose en lui, enfin les larmes coulèrent sans retenue. Haruaki prit alors la tête dans ses mains, fermant les yeux, lâchant par la même occasion la fameuse missive qui tomba au sol, révélant à quiconque d’assez curieux son contenu.

"Je n’étais pas là… Je suis médecin et je n’ai rien pu faire… Et je suis parti, je n’étais pas à ses côtés, moi, son dernier enfant… Je l’ai abandonnée !"

Haruaki avait presque crié ses mots, secouant négativement la tête, comme pour nier ce que son esprit ne parvenait pas encore à accepter, exprimant sa colère et sa culpabilité. Sentiments qui hantaient encore l’air de la pièce par vague, tandis que Présence Hypnotique échappait par moment au contrôle de son utilisateur.

"Haruaki-sama, vous n’avez pas à vous en vouloir pour cela. Vous êtes parti en espérant trouver un remède."

La voix de Nozomi portait en elle la tristesse qu’il ressentait pour son maître en cet instant, pourtant il essaya d’être convaincant. Néanmoins, et même s’il était penché sur les épaules secouées de sanglots de l’empathe, ses mots étaient en fait moins destinés à Haruaki qu’à la geisha. En effet, le serf espérait ainsi aider Bara à mieux comprendre la situation.


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MessageSujet: Re: Le parfum de la fleur guidera le fils dans les ténèbres [Terminé] Mar 27 Juin - 8:58


Le jeune médecin Okaruto était pris d’une profonde tristesse, incontrôlable, impénétrable, et la geisha ne s’était sans doute que rarement senti aussi impuissante dans sa vie. Quel destin tragique, quelle ignoble fatalité … Rien qu’à y penser Bara en avait la nausée, mais elle devait garder la tête haute et un maximum de dignité possible pour ne pas faire rechuter l’attention qu’elle avait réussi à obtenir de la part de Haruaki-sama.

Il avait l’air tout à coup exténué, Bara avait du mal à ne pas se laisser submerger. Elle aurait souhaité que tout ça n’ai jamais eu lieu. Bien sur… Et dire qu’elle avait si délicieusement commencé ! L’homme semblait s’en vouloir. C’était compréhensible … Cela signifiait juste qu’il était dévoué … Mais il ne fallait pas que cette impression reste et s’imprime dans son esprit comme étant une vérité absolue ... Surtout pas. Il prit sa tête dans ses mains et laissa tomber la missive, révélant le bien trop court message … Même si le regard de Bara ne se voulait pas curieux au point d’être mal placé, elle ne put s’empêcher de lire les quelques caractères de manière quelque peu subliminale. Elle lut entre autres “Je ne t’attendrais pas pour les funérailles”. Ce qui lui donnait un indice supplémentaire sur la situation … Apparemment particulièrement tendue … *Quelle horreur !* pensa-t-elle. Ne pas pouvoir faire le deuil de sa propre mère en participant à ses obsèques … Pour elle c’était peut être l’aspect le plus difficile à avaler de toute cette histoire. Etait-il dans une relation si instable avec les siens pour qu’on lui interdise ce droit des plus naturels ? La réflexion faite par le suivant du médecin l’aida aussi à y voir plus clair.

“- C’est vrai Haruaki-sama, je ne peux que plussoyer votre serviteur. Vous n’êtes pas responsable …”

La question du responsable était sans doute compliquée. Aux yeux de Bara, il s’agissait simplement de la fatalité. Le Sommeil emportait en ce moment même beaucoup de gens sans explication. Il semblait logique qu’un homme qui a des capacités de médecine donne son maximum pour tenter de trouver une solution. Mais évidemment la solution ne pouvait pas être si simple …

“- Vous ne devez pas vous tenir pour responsable, je ne pense pas que c'est ce que votre mère aurait voulu ? ”
Elle essaya de plonger ses yeux dans les siens embués de larmes. Elle souhaitait garder un contact physique fort pour ne pas le laisser seul dans sa détresse.

“- Ecoutez … Je ne connais pas exactement votre situation mais sachez que vous ne pouvez pas sauver tout le monde … Personne ne le peut, même avec la plus grande force et la plus belle volonté du monde. Surtout quand la limite de la science poind et que des phénomènes inexpliqués s'abattent sur nous ...”

Bara ne pensait pas que son argumentaire allait vraiment permettre de soulager cet homme, qui venait de perdre une mère et de subir le courroux de sa famille. Mais elle se disait qu'au moins en lui parlant, il pourrait peut-être faire le tri dans ses pensées un petit peu. Elle voulait juste lui montrer que certaines choses ne se controlent pas …

”- Vous savez, lorsque ma propre mère est tombée malade … Lorsque j'étais enfant … Je me suis aussi sentie coupable. Coupable de ne pas être assez forte pour tenir tête à mon père. Coupable de ne pas pouvoir l'aider … En quelques sortes coupable d'être aussi faible.”

La geisha n'avait pas raconté cela à grand monde avant lui. C'était même un peu difficile de faire tout à coup remonter cette part de ses souvenirs qu'elle avait enfouie depuis longtemps.

”- C'est simplement la preuve de votre amour pour elle. Vous devez honorer sa mémoire, et pour cela il faut arrêter de vous blâmer … C'est ce que j'avais moi même compris à l'époque où ...


Elle ne termina pas sa phrase mais elle en avait probablement assez dit pour qu'il puisse comprendre. Elle lança alors un regard vers le serviteur, ce monsieur dont il lui semblait d'ailleurs ne toujours pas connaître le nom.

Elle se leva. Elle ne leur laissa pas le choix :
”- Venez tous les deux … Je pense qu'une bouffée d'air frais ne vous fera pas de mal.

Puis elle tendit sa main à Haruaki-sama pour l'aider à se lever. Pragmatique, Bara ne faisait qu'appliquer ce qu'elle même avait toujours fait dans ce genre de cas pour elle-même … Faire bouger le corps aide souvent l'esprit à reprendre le dessus sur l'âme meurtrie ...


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MessageSujet: Re: Le parfum de la fleur guidera le fils dans les ténèbres [Terminé] Mar 27 Juin - 23:23

L’empathe en souffrance mit un moment à réagir à l’argumentaire de la geisha. Pourtant, il finit par relever la tête et faire se croiser leurs regards, mais à cause des mots, à cause des sentiments. En effet, il ressentait la douleur de Bara, contenue dans sa voix si expressive. Une douleur qui en cet instant, faisait tant écho à la sienne, tout en étant si différente. Mais peu importait, l’empathe s’accrocher à leurs ressemblances autant qu’à leurs divergences. À genoux devant lui, Bara lui montrait à la fois que cette effroyable blessure ne guérirait jamais totalement, mais qu’il était possible de continuer à avancer malgré tout. Et même qu’il le devait. À genoux devant lui, partageant sa peine, Bara lui rappelait pourquoi lui-même se devait d’avancer, pour soulager la peine des autres. Alors de quel droit imposait-il en cet instant la sienne à cette noble geisha ?  

Soupirant doucement, Haruaki calma peu à peu sa respiration, il ravala ses larmes et reprit le total contrôle sur son pouvoir. Il devait avancer, même si ça lui paraissait impossible en cet instant. Malgré le fait qu’il s’en voudrait pour le restant de ses jours et même s’il doutait maintenant : comment un médecin qui ne parvient pas à sauver sa propre mère pourrait-il espérer sauver qui que ce soit ? Il devait avancer, pour ses patients, pour sa mère, qui la première avait cru en lui, sans jamais cesser de le soutenir. Il apprendrait à gérer la douleur, comme il gérait celle des coups ou des blessés. Il repousserait au loin ses doutes qu’il savait être ses pires ennemis, la raison de ses échecs. Pour le moment, il ne pouvait pas raisonner, mais il pouvait au moins puiser de la force dans son envie d’aider les autres.

Nozomi, qui avait suivi le raisonnement de son maître pas après pas, retient un soupire d’exaspération. Ce qu’il admirait chez cet homme était aussi son plus grand défaut. Aux yeux du serf, cette dévotion extrême mènerait son maitre à sa perte. Même en cet instant, alors qu’Haruaki venait de vivre la pire épreuve de sa vie, il continuait à penser à Bara avant lui-même. Alors l’empathe avait beau lui expliquer que c’était ainsi qu’il avançait, Nozomi redoutait simplement le jour où toute cette belle mécanique s’enrayerait, présentant que ce jour serait terrible.

"Venez tous les deux … Je pense qu'une bouffée d'air frais ne vous fera pas de mal."

L’idée était louable, mais Nozomi anticipait que cela ne serait pas si simple. Et en effet, quand Haruaki prit la main de Bara et tenta de se lever, il retomba aussi vite.

"Présence Hypnotique a malmené les muscles de vos jambes, maître."

Haruaki hocha simplement la tête, encaissant la remontrance faite à demi-mot avec un léger sourire. C’était agréable de sentir qu’on prenait soin de vous parfois. Nozomi s’approcha et releva rapidement le vêtement, juste assez pouvoir que la jambe gauche allait à peu près bien, mais à droite, les muscles tendus tiraient sur la peau et le membre tremblait dans son entier. Un rapide coup d’oeil suffit à Nozomi pour comprendre qu’il en était de même avec le bras gauche, que Haruaki tenait contre lui. Avec patience et attention, le serf se mit à masser doucement les muscles endoloris. L’empathe eut une petite grimace de douleur avant de se reprendre. Pendant ce temps, Haruaki reporta son attention sur Bara.

"Merci, Hateku-san. Je… Je suis désolé que… que tout ça ait gâché notre soirée."

La voix était hésitante, les traits du visage tirés et fatigués, le médecin était en cet instant bien loin de l’attitude policée qu’il avait pu montrer plus tôt dans la soirée. Néanmoins, le plus gros de la crise semblait bel et bien passé.


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MessageSujet: Re: Le parfum de la fleur guidera le fils dans les ténèbres [Terminé] Dim 9 Juil - 21:09


Comme une musique qui résonne dans une salle à large voûte, les paroles de Bara semblèrent donner sens aux oreilles du médecin des Brumes. Petit à petit, il sembla se calmer et reprendre son souffle. Elle ne sut pas ce qui l'avait convaincu, ou ce qu'il avait entendu et qui avait touché sa sensibilité, mais en tous cas le fait de lui parler semblait l'avoir calmé, au moins pour un temps.

Il allait assurément mettre des années, pour faire son deuil. Voire même, ne jamais vraiment le faire ... Tout comme elle ... Elle qui continuait de s'adresser par lettres à sa mère qu'elle avait perdu bien trop tôt. Se substituant au fait même de son décès. Mais après tout, chacun gérait ce genre de pertes à sa mesure, à sa manière. Certains ne s'en remettent même jamais ; elle espéra très fort qu'Haruaki-sama ne serait pas de ceux-là. Il aurait été tellement dommage qu'un homme aussi sensible soit brisé ...

Malheureusement, la proposition de la geisha tomba complètement à l'eau :
apparemment les pouvoirs utilisés par le kuge, bien que non sciemment,
avaient complètement réduit l'homme à un état de fatigue tel qu'il ne pouvait même plus se relever. Cela attrista d'autant plus Bara. Comment avait-il pu se mettre dans un tel état ? La douleur devait être immense, même physiquement.
Le serviteur attentionné s'occupa donc de relever le vêtement du jeune homme et de décontracter ses muscles qui étaient tendus au point de faire se convulser complètement les membres impactés.

La geisha imagina à quel point ce devait être atroce. Elle sentit, à la grimace qu'il tira, que l'endeuillé devait lutter pour ne pas céder à la douleur. Elle proposa alors d'une voix douce :
"- Si vous avez besoin de quoi que ce soit pour apaiser la tension, n'hésitez pas à me le faire savoir !"

Haruaki-sama se redressa vers elle et la remercia, ce qui eut pour effet d'étonner tout simplement l'artiste. Elle n'avait pas fait cela pour qu'on la remercie : elle lui avait parlé à cœur ouvert.

"- Nul besoin de me remercier, voyons. Si vous voulez parler à une confidente, vous savez où me trouver, Haruaki-sama.", lui adressa-t-elle avec un large sourire.

Elle se proposait comme telle, car c'était le rôle qu'elle préférait avoir dans son métier. Au delà de celui de simple hôtesse, et souvent au delà même de celui d'artiste.

Elle resservit à nouveau un petit bol de thé à son invité, songeant qu'il devait avoir besoin d'un petit remontant. Et puis ... Finalement ...

"- A moins que vous ne préfériez un peu de sake ?"



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MessageSujet: Re: Le parfum de la fleur guidera le fils dans les ténèbres [Terminé] Mar 11 Juil - 22:23

En cet instant, le contrôle de l’empathe était encore bien précaire, et l’on put voir ses yeux vaciller quand Bara se proposa comme confidente. On sentait l’homme en souffrance hésiter, avait-il le droit ? Haruaki se doutait que parler pourrait lui faire du bien, non, il en ressentait le besoin même. Mais en même temps, il ne se sentait pas le droit d’imposer sa douleur à cette jeune femme, qui semblait déjà compatir à son mal-être physique…. Haruaki détourna le regard, qui se posa sur Nozomi. Oui, c’était son serf qui devait tenir ce rôle, un rôle ingrat, mais que Nozomi avait lui-même choisi. Néanmoins, Bara ne le choisissait-elle pas également en cet instant, l’empathe sentait en effet que ses mots étaient sincères et non simplement prononcés par politesse. Et puis parfois, il était plus facile, et plus utile, de parler avec une personne moins proche de soi qu’un serf qui partage le quotidien de son maître.

De son côté, Nozomi aurait béni la jeune femme, néanmoins il s’abstient, ne sachant vers quel kami se tourner. Hauraki accepta avec reconnaissance le thé et déclina poliment le sake. Nozomi se redressa alors, bien décidé à donner à son maître un petit coup de pouce :

"Je vais aller chercher des cataplasmes pour soulager vos muscles et aussi essayer de trouver des porteurs, vous aurez du mal à rentrer à l’auberge autrement. Se tournant vers Bara il ajouta poliment. Hateku-san, accepteriez-vous de rester avec mon maître pendant ce temps ? Vous serez dédommagée en conséquence bien sûr."

Le serf attendit la réponse qu’il espérait positive, puis s’inclina et quitta la pièce. Haruaki le regarda partir avec un sourire attendri.

"Nozomi-tan* est aussi dévoué qu’attentif…"

Il y eut un silence et l’empathe repris, hésitant, regardant son bol de thé plutôt que son interlocuteur.

"Je suis vraiment désolé pour tout ceci, Hateku-san. Je… Je ne suis pas un très bon client ce soir et… Par Kasugami je ne suis pas un bon fils non plus ! Je n’étais pas là pour la soutenir dans les derniers instants, je trainerai cet horrible regret toute ma vie durant… Et, par tous les kamis, je ne suis même pas un bon médecin ! Je suis parti, j’ai fui devant mon impuissance pour ne pas la voir dépérir à petit feu…"

Haruaki ferma les yeux et retient ses larmes, serrant fébrilement sa tasse de thé de ses mains tremblantes.

"Ah… Et voilà que je recommence… Pardonnez-moi…"

Voilà pourquoi il n’aimait pas laisser libre cours à ses sentiments, il avait toujours l’impression de déranger les autres s’il parlait de ce qu’il avait sur le cœur. Et même temps, il en ressentait tant le besoin en cet instant. Il ne demandait ni pitié, ni même vraiment de conseils. Aucun mot en vérité n’aurait pu soulager sa peine. Non, il avait juste besoin d’écoute, de pouvoir exprimer, crier même, toute sa tristesse et sa colère.

HRP:
 


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MessageSujet: Re: Le parfum de la fleur guidera le fils dans les ténèbres [Terminé] Dim 16 Juil - 0:01

Le jeune médecin itinérant refusait sa proposition d'alcool et acceptait son thé. Bara fut soulagée : c'était selon elle un choix judicieux vu l'état du pauvre homme. Elle lui servit donc une tasse et lui tendit, mais Haruaki-sama semblait réfléchir à la proposition que la geisha venait de lui faire à propos d'éventuelles confidences qu'il aurait à lui faire. Il lança un regard à son dévoué serviteur, et ce dernier déclara qu'il devait aller s'affairer ailleurs. Il promit d'aller trouver des cataplasmes et des porteurs pour ramener son maître le plus confortablement que possible. Bara fut tout de même frappée, encore une fois, par la loyauté sans faille de ce vassal. Il disparut aussitôt pour mener sa mission à bien et Haruaki-sama en profita pour dire ce qu'il avait sur le coeur. L'artiste l'écouta, prit le temps d'essayer de comprendre son point de vue, s'imaginant à sa place. Evidemment qu'il allait regretter de ne pas avoir pu accompagner sa mère dans la mort. Mais aussi, heureusement qu'il avait pu éviter cela. Car s'il y avait des souvenirs que Bara aurait voulu effacer, ceux-là en faisaient bien partie. A l'époque, elle n'était même pas encore bien familière au concept de mort ... Quelqu'un qui disparaît ne peut-il pas revenir ? Ce que les enfants peuvent être rêveurs, et naïfs ... Bien sur, tout le monde rêve de cela. "Faire son deuil" consiste à accepter l'idée même qu'on ne va plus pouvoir revoir la personne que l'on a perdue. Que cette personne n'est plus là ... Que nous allons souffrir toute notre vie de son absence ... Que nous allons regretter les instants bien trop courts qu'on a pu passer avec. Cela prend du temps ... Parfois, cela prend même toute la vie. Et cela n'est jamais simple.

Bara avait presque elle-même les yeux en larmes en repensant à tout ce chemin traversé. Mais ce n'était pas vraiment de tristesse, c'était par pure compassion envers ce kuge, qui devant elle, avait vécu la partie la plus traumatisante de ce long processus.

Elle cacha au mieux son émotivité derrière un éventail, mais elle se leva brusquement pour prendre un peu d'air, ce qui n'avait pas dû échapper à l'homme des Brumes.

Très vite pourtant elle se retourna à nouveau, l'écoutant toujours. Son écoute était maintenant une empreinte de silence, par respect pour ce qu'il venait de dire ou même d'avouer. Elle attendit le moment propice pour lui répondre :

"- Vous ne devez pas penser cela, promettez-le moi je vous en prie. Promettez-moi que vous n'allez pas vous en vouloir pour ce soir. Déjà, vous n'y pouvez rien. Et puis, je pense quand même que nous avons partagé quelque chose de précieux, vous et moi, ce soir."

Ça, c'était la première chose qu'elle voulait lui faire admettre. Elle s'approcha de lui et lui saisit délicatement les mains, tenant toujours le thé encore chaud. Elle sentit qu'elles étaient nouées serrées autour de la tasse.

"- Ecoutez, je sais que c'est difficile à concevoir peut être en cet instant là, tout de suite, mais vous ne devez pas non plus vous blâmer et croire que vous étiez un mauvais fils. Le fait même que vous éprouviez cette douleur montre que vous étiez justement tout l'inverse. Et croyez moi, si j'étais parent, je pense que je ne voudrais pour rien au monde que mes enfants assistent à ma mort ..."

Cette dernière phrase était teintée d'une amertume que seuls ceux qui ont eut une expérience similaire peuvent ressentir. Elle savait qu'il comprendrait, car elle avait bien compris qu'Haruaki-sama était doté d'une profonde empathie. C'était quelqu'un de sensible. Quelqu'un qui pouvait comprendre les sentiments d'autrui parfois même d'un seul regard, ou bien lui en inspirer ...

Bara espérait sincèrement qu'il comprendrait ce point de vue et accepterait, même si ce n'était pas tout de suite, de ne pas éternellement s'en vouloir ...

"- Ecoutez, je sais que pour le moment mes mots n'ont peut être pas beaucoup de sens à vos oreilles. Mais sachez que le temps arrange beaucoup de choses et je me promets de rester pour vous une oreille attentive si vous le désirez. Alors s'il-vous plait, promettez moi de prendre en compte ce que je vous dis maintenant, plus tard. Quand vous y réfléchirez et que votre propre réflexion vous rappellera mes paroles, n'hésitez pas à me contacter."

Elle le regardait à présent droit dans les yeux comme pour lui intimer cette idée profondément dans ses pensées, afin qu'il ne l'oublie pas. Au bout d'un petit temps, elle songea que sa posture était peut-être un peu gênante une fois cet échange terminé. Elle brisa donc d'abord le contact physique en lâchant ses mains, puis elle lui fit un sourire pour ne pas briser trop vite le contact visuel. Puis elle songea à une chose assez drôle à lui dire pour détendre l'atmosphère :
"- Mais vous pouvez aussi me contacter avant bien sur ! Je me ferais une joie de recevoir du courrier de votre part si ça vous tente de m'écrire, hihi !"

Elle laissa échapper un petit rire, espérant qu'il soit tout aussi communicatif que le reste.


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MessageSujet: Re: Le parfum de la fleur guidera le fils dans les ténèbres [Terminé] Lun 17 Juil - 22:40

Sur le moment, Harauki pensa qu’il avait fait une erreur, Bara s’agitait. Avait-il réveillé de mauvais souvenirs ? Ou bien était-ce de l’empathie envers lui ? Peut-être un peu de tout cela. Dans tous les cas, Haruaki s’en voulait maintenant d’imposer cela à la geisha. Néanmoins, quand elle parla, ses mots et surtout la sincérité qu’ils contenaient, rassurèrent quelque peu l’endeuillé : elle ne semblait pas lui en vouloir. Elle lui prit les mains, et ses mots porteurs de sens continuèrent à panser un peu les plaies à vif de l'empathe. Oui, s’il retournait la situation, s’il se mettait à la place du parent, alors lui non plus n’aurait pas voulu que son enfant assiste à sa fin. Et parce qu’il fonctionnait ainsi, compatir à la douleur de la jeune femme l’aida lui-même à assimiler la sienne, même si elles étaient différentes.

Leurs regards s’accrochèrent et Haruaki y puisa un peu de force. Les mots de la jeune femme lui firent chaud au cœur, il était agréable de se sentir entouré dans ces moments difficiles. Mais si la plupart de ses amitiés proches s’entretenaient par correspondance, la faute à ses voyages fréquents et à son métier prenant, Haruaki ne manqua pas de se rappeler en cet instant des quelques personnes qu’il rejoindrait en Okaruto. Il savait à quel point il était important de ne pas s’isoler des gens importants. Il lui rendit son sourire, et alors qu’elle lui intimait l’idée de lui écrire au plus vite, il mesura ce qui avait été construit ce soir : les bases d’une amitié qui donnerait sans aucun doute quelque chose de beau. Alors finalement, peut-être qu’effectivement cette missive perturbatrice n’avait rien gâché du tout. Haruaki ramassa d’ailleurs le bout de papier fautif, prit le temps de le relire avec amertume, puis le plia et le rangea.

"Je me ferrais une joie de vous écrire, Hateku-san, ainsi je ne manquerais pas de vous conter quelques anecdotes de voyage. Déclara Haruaki avec sincérité, faisant référence au début de leur conversation. Vos mots sont comme des baumes apaisants pour moi, Hateku-san. Mais vous avez en parti raison, pour le moment, je ne pense pas pouvoir en saisir toute la portée. Néanmoins, soyez sûr que je les grave dans ma mémoire et, je n’en doute pas, leur sens m’apparaîtra en temps voulu." Conclut-il avec un petit sourire.

Il eut un silence résonnant encore de la tension des minutes écoulées, mais pulsant aussi de la douceur de celles à venir.

"D’ici là, et en attendant que Nozomi revienne, accepteriez-vous de chanter encore un peu pour moi Haketu-san ? Votre voix… je suis sûr qu’elle pourrait apaiser le plus troublé des cœurs."

Il avait un peu hésité avant de faire cette demande, mais finalement, il s’était dit que ça leur ferrait sans doute du bien à tous les deux.


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Le parfum de la fleur guidera le fils dans les ténèbres [Terminé]

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