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 De Charybde en Scylla

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Abe no Chikanori

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Onmyôji

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MessageSujet: De Charybde en Scylla Jeu 25 Mai - 18:18

Jour 8, Lune du Lièvre de l'An 40
Hai, Setsu

La brume empêchait d’y voir à plus d’une centaine de mètres, et le vent de la mer s’immisçait en les rares arbustes pour les faire grincer, parmi les bambous qui ployaient. Les chemins étaient moussus, l’herbe envahissait les fossés, cachant les sillons des chariots gravés dans la terre. Malgré le début d’été, les températures avaient du mal à monter. Parfois, une vieille auberge longeait la route, témoin du passé florissant de la ville de Hai, aujourd’hui désertée. Le port sinistré restait hanté par le mauvais augure, coupé du monde, tombé dans un gouffre profond de désuétude et d’oubli. Seuls quelques animaux survivaient par là-bas, mais la terre, carbonisée et stérile, rendait la vie difficile sinon impossible. Seule espèce qui prospérait : les Yokaï. Plus que la triste histoire de son ravage, c’était aussi ce qui avait fini de sceller l’avenir de l’ex-village marchand.

Comme des rochers isolés au milieu de la mer, une dizaine de demeures apparurent au loin et constituait la dernière localité vivante aux abords de la ville des cendres. Il s’agissait pour beaucoup de personnes encore attachées au lieu malgré tout ; sinon des religieux en pèlerinage ou des Onmyôjis venus pour purifier la zone.
Depuis quelques temps déjà, la rumeur d’un monstrueux Yokaï circulait, remontant jusqu’aux temples aux alentours. Si était si imposant et dangereux que peu étaient ceux qui s’y intéressèrent, préférant passer le mot à plus fort. Comme les ennuis ne viennent pas seuls, la perspective d’avoir en plus à gérer le lieu maudit, hanté et abandonné en refroidissait plus d’un.
Arrogance, témérité, sans doute y avait-il des deux, Abe no Chikanori s’était mis en tête d’être celui qui arriverait à débarrasser la menace. Pour cela, il s’était “lourdement armé”, si on pouvait s’autoriser à employer ce genre d’expression à son encontre. Sans déroger des habitudes, quoiqu’en plus grosse quantité, il y avait les habituelles cordes, sceaux, papier, encre. D’avance, son carnet était rempli. Il avait ajouté à cela un certain nombre d’objets sacrés pouvaient l’aider dans son travail qu’il ne transportait pas d’habitude, entres autres, il avait investi pour l’occasion dans de la poterie sacrée. Pourfendre un Yokaï n’était pas facile, le sceller était bien plus à la portée de ses pouvoirs. En tous cas, la chasse s’annonçait périlleuse.
Il ne se faisait pas trop de souci. Si les choses tournaient mal, il s’imaginait pouvoir s’en sortir seul, comme il en avait l’habitude. Il suffisait de tout prévoir et d’avoir suffisamment de plans de secours. Même si l’option d’abandonner ne lui plaisait pas du tout, il ne pouvait nier que sans l’aide d’un gardien, il était très vulnérable. Même la rapidité de ses incantations pouvait être rattrapée.  

L’Onmyôji de Kenshu entra dans ce qui semblait être l’auberge du village, où quelques autres voyageurs se trouvaient. Ambiance feutrée et calme, mais lourde ; on comprenait vite pourquoi, le nombre d’offrandes sur l’autel, d’encens brûlé et la présence de fleurs en disait long. L’établissement était en deuil. Il n’était pas là pour ça, mais un minimum de respect pour les morts ne se refusait pas, surtout lorsque ceux-ci n’étaient pas forcément passés dans l’Au-delà. Sans compter que les gens seraient plus conciliants pour le renseigner s’il restait raisonnable et rendait ses offices.
Ceci fait, il releva le nez et chercha du regard une âme qui pourrait le renseigner sur le fameux Yokaï. Un employé le pria de patienter, l’interlocuteur n’allait pas mettre longtemps à arriver.

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Haiko Naraku

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Jônin

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MessageSujet: Re: De Charybde en Scylla Dim 28 Mai - 20:51

Errance. Indifférence.
Le jour s'était levé avec le même visage que tous les autres. Toujours les mêmes couleurs, toujours le même trajet pour ce soleil qui monte inlassablement dans le ciel pour en redescendre finalement, encore et encore. La mer est si proche que ses embruns viennent piquer son nez et le son si régulier et imperturbable des vagues rythme les minutes qui passent. Il aurait pu être un rocher parmi ce paysage, sa vie aurait été certainement plus sensée ainsi. Mais rien n'avait de sens en ce monde, le temps, les événements, les mots et les émotions balayaient cette terre comme un banal chaos sans que l'on puisse y trouver une quelconque explication. Et il aimait cela.

Sur cette terre décharnée, on pouvait croiser aisément plus de yūrei que d'êtres vivants, c'était un lieu qui, semblable à certains coins des terres neutres, lui ressemblait, lui convenait bien. Le temps lui avait appris à accepter sa drôle d'existence et pour parfaire sa connaissance du continent, il s'était enfoncé dans des lieux jusqu'où il était rarement allé. Il y avait là-bas un village qui formait l'extrême limite de la civilisation dans cette zone désertée par la guerre et il s'y rendit pour y faire quelques échanges et ajouter à ses bagages quelques provisions de plus. Il n'avait pas prévu d'y rester plus longtemps que ça, comme aspiré par cet ancien champ de bataille dont les réminiscences allaient peut-être surgir devant ses yeux au fil de ses pas.
Les récits qu'il y entendit attirèrent pourtant son attention. On disait qu'un yōkai extrêmement dangereux sévissait un peu plus loin et on ne comptait désormais plus ses victimes, qu'il s'agisse de parfaits innocents ou de fous qui avaient cru pouvoir le vaincre. Offrandes et prières étaient devenu le quotidien de ces pauvres hères, tout comme les larmes et le désespoir, mais il ne s'intéressa pas vraiment à cela. La perspective d'un affrontement, celle de pouvoir évaluer une fois de plus sa force lui paraissait bien plus alléchante.

En posant quelques questions, il sut trouver l'homme qui pourrait l'informer le mieux à ce sujet. Il n'était pas encore assez stupide pour s'élancer dans cette chasse sans avoir obtenu le plus d'éléments possibles, à moins qu'il ne s'agisse simplement de l'habitude. L'homme pourtant lui refusa sur le champ la moindre explication, arguant qu'il s'agissait d'une mission extrêmement difficile, que tous ceux qui étaient venus jusqu'à maintenant n'étaient jamais revenus et qu'il n'y avait aucune chance qu'il y parvienne seul, quelles que soient les prouesses qu'on voulait bien lui rapporter.
Sa patience n'aurait peut-être pas tenu si on ne lui avait pas offert quelques coupes de sake, car les raisonnements qui voulaient lui faire croire qu'on avait mandé d'autres onmyōji ne lui firent pas le moindre effet. L'attente, heureusement, autant pour lui que pour le tavernier qui voyait sa réserve descendre à vive allure, ne fut pas trop longue. En effet, un homme poussa la porte du ryokan et d'un simple coup d’œil, Naraku devina qu'il devait faire partie des personnes dont on lui avait vaguement parlé. Une étude plus approfondie lui permit de mettre un nom sur ce visage. Il se plaisait parfois à écouter les histoires concernant ses confrères et la sienne avait eu quelque chose... d'intéressant. S'il se trouvait là, c'était peut-être l'occasion d'assouvir sa curiosité.

Naraku se leva et arriva en même temps que le commanditaire.

« Deux. Deux onmyōji réputés, ça devrait être suffisant, non ? On ne vous demandera pas d'aller purifier nos cadavres si les choses tournent mal et qu'importe si l'on complète votre collection de yūrei ? La place ne manque pas. » Lâcha-t-il froidement avant même que ni l'un ni l'autre ne puissent ouvrir la bouche.

Sentant que s'il lui demandait d'attendre davantage, il allait se jeter tout seul en pâture à la créature et n'ayant pas envie que la mauvaise réputation du petit village ne s'agrandisse davantage, il dut bien se résigner et il soupira, las.

« Très bien, vous semblez être un fou de plus que je ne pourrai pas raisonner. Comme vous devez le savoir, il s'agit d'un ushi-oni. Ce genre de créature est réputé pour être particulièrement féroce, mais celui-là l'est encore plus. Cela fait longtemps qu'il est ici, il ne nous dérangeait pas autrefois, mais voilà qu'il a commencé à s'approcher du village causant... un certain nombre de victimes. De très bons combattants y sont allés, en groupe, des  onmyōji aussi, mais les seuls qui soient revenus étaient blessés et terrifiés. Il est âgé. Bien plus résistant que d'autres. Ne soyez pas prétentieux, il n'est rien face à ce que vous avez pu déjà rencontrer, vous feriez mieux d'attendre du renfort de plus et... »

« Y a-t-il des rescapés que l'on pourrait interroger ? » Le coupa-t-il, peu désireux d'entendre ses lamentations inutiles.

« Non, pauvres fous, ils n'ont pas voulu rester une minute de plus ici ! Cependant je peux vous faire le récit de ce que certains ont vu et traversé. »



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Abe no Chikanori

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MessageSujet: Re: De Charybde en Scylla Dim 4 Juin - 19:19

La bête était immense, et comme il était le cas pour tous les Ushi-Oni (l’homme ne semblait ne pas être au clair là dessus), elle ressemblait à une immense araignée à tête de taureau. Ravageant d’abord les embarcations qui se hasardaient sur les mers et dans son antre, la créature anthropophage s’était petit à petit aventurée plus près du rivage abandonné de Hai pour y revenir une chasseuse. Elle y avait gagné confiance … et alors sa furie avait déferlé. N’hésitant plus, elle attaquait des cavaliers, des convois, tout ce qui était bon à prendre était pourchassé jusqu’à abandon ou fin funeste ; les armes ne la firent pas reculer. Son haleine toxique tuait ses victimes en quelques jours lorsque ce n’était pas la maladie qui s’abattait sur eux. Les autres Yokaï des mers s’y étaient également mis, entre autres des Iso onna qui tentaient d’appâter les humains dans des pièges (ces dernières étant moins à craindre puisqu’à présent plus personne ne s’approchait de la zone et qu’elles ne pouvaient quitter l’eau).
Enfin, cela c’était le résumé de ce qui était intéressant à retenir du discours à moitié conté du commanditaire. Beaucoup s’étaient retrouvés coincés à certains endroits de la côté ou du village abandonné, car malgré la bestialité et la brutalité effarante que pouvait avoir le Yokaï des mers, celle-ci n’était pas tout à fait stupide. Pour grossir dans une zone aussi peu fréquentée, les proies ne devaient s’enfuir. On pouvait aisément en déduire que beaucoup ne s’étaient pas attendus à un tel retournement de situation. A confirmer sur le terrain, mais les pièges semblaient être néanmoins toujours les mêmes. Efficaces, mais identiques.

L’Onmyôji de Kenshu avait accordé une attention très particulière au … “confrère” dès lors que celui-ci était sorti de son silence. Il ne remarqua qu’après qu’un bras lui manquait tant il avait été frappé par la discrétion de l’individu. Tant qu’il n’avait pas bougé, il ne l’avait pas vu ; tant qu’il n’avait pas parlé, il ne l’avait pas entendu. La combinaison des deux rendait une impression particulièrement désagréable. Si ce dernier ne s’était pas clamé Onmyôji, il ne l’aurait jamais qualifié de tel. Son regard complètement terne et… mort, lui inspira une méfiance immédiate. Quelque soit la situation, il sentait qu’il n’était pas question d’entrer dans son chemin, déjà qu’il n’aimait pas faire équipe. Comme le murmurait une voix lointaine à son oreille … personne ne sait ce qu’il se passe loin des regards.

Comme le récit du commanditaire commençait à tourner en rond, l’Abe no s’appuya sur son bâton d’un air ennuyé et coupa l’histoire.

_ C’est bien beau tout ça, mais vous n’avez toujours pas indiqué dans quel lieu ce monstrueux Yokaï sévissait. La côte c’est vaste, le village de Hai n’est pas petit non plus. Vous avez une carte ?
_ Je …. Oui, que je vous montre …

L’homme se résigna pour les mener à une carte accrochée au mur. Au moins connaisseur de l’endroit et sachant situer les endroits d’après les descriptions bredouillantes des voyageurs, il leur situa les dangereuses grottes dont il ne valait mieux pas s’approcher à cause des Iso Onna, les pentes rocheuses où on pouvait glisser facilement (et en mourir tout aussi facilement), et autres informations ô combien plus utiles que les généralités ressorties plus tôt. Il leur indiqua également les horaires de marées pouvant ouvrir certains passages. Derrière eux car il leur avait cédé la place devant la carte si ces derniers en avaient besoin, le commanditaire les scrutait l’un l’autre.

_ Vous allez travailler ensemble, j’espère … ? …

Plus occupé à sortir de l’encre et un morceau de papier pour prendre des notes sur l’endroit, car il lui faudrait réfléchir à un piège à la hauteur de la difficulté annoncée, Chikanori ne répondit pas.
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Haiko Naraku

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Jônin

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MessageSujet: Re: De Charybde en Scylla Sam 15 Juil - 18:40

Imbéciles. Dans cette terre dévastée, lieu parfait pour la profusion des yōkai et qui formait presque une annexe de leur territoire à Setsu, comment les habitants du village avaient-ils simplement pu se dire que les choses allaient s'arranger sans rien faire ? Et pour quoi ? Tout ça pour économiser quelques pièces, quelques sacs de riz ou quelque objet qui leur soit un peu précieux ? Voilà qu'ils se trouvaient dans une situation encore plus déplorable et que ça allait leur coûter encore plus cher. La vie de leur village était désormais en jeu, ils n'avaient plus le choix et leur attente avait envoyé à la mort bien des incapables. Cela lui donnait presque envie de rire et de se moquer de lui. S'ils avaient été raisonnables, la meilleure chose à faire aurait été de fuir cette terre maudite et ce depuis un sacré bout de temps. Ils n'avaient rien à préserver ici, pas s'ils n'acceptaient pas d'y mettre les moyens. Visiblement, les gens qui avaient assez d'influence pour cela se fichaient bien de leur sort, alors pourquoi tenaient-ils donc tant à rester ici ? C'était un mystère qu'il n'était pas prêt d'élucider sans doute.

L'homme n'avait évoqué que des iso onna, mais les ushi oni étaient aussi réputés pour collaborer avec d'autres yōkai tels que les nure onna. Peut-être confondait-il les deux après tout, car ces deux espèces pouvaient se ressembler un peu… enfin pour les novices et les ignorants. Ça en plus des innombrables yūrei qui étaient demeurés ici à cause de l'Enfer Écarlate… non, ce n'était pas une petite mission, c'en était même une sacré dangereuse, une qui lui plaisait et qui irait à merveille dans son tableau de chasse, seulement il ne fallait pas non plus l'aborder n'importe comment.
Et ce n'était pas tout, le ushi oni avait commencé à s'attaquer à ce village en particulier et d'après les dires de l'homme, il semblait assez cruel et sordide pour continuer à s'en prendre à eux. Ce n'était là que le début, bientôt allaient se révéler au grand jour les malédictions, les maladies qui planaient déjà sur leurs têtes… Il allait falloir une intervention miraculeuse pour purifier tout cela, pour que le mal ne continue pas de s'aggraver, rongeant peu à peu les terres, jusqu'à ce que les hommes, guerriers comme religieux doivent venir payer par le lourd tribu de leur sang l'ampleur de leur négligence.

Ça lui plaisait. C'était le genre de spectacle qu'il aimait regarder, mais il n'avait pas envie d'attendre aussi longtemps et la perspective de cet affrontement le poussait aussi à agir. Contrairement à son compagnon, Naraku ne prit aucune note, prenant simplement un moment pour regarder la carte, en noter dans son esprit tous les détails qui l'intéressaient. Il connaissait assez bien le continent pour n'avoir aucun besoin de s'embarrasser de paperasse et il préférait davantage apprendre par son regard, son analyse et son intuition, faisant constamment travailler sa mémoire, même au cœur d'un combat difficile.
L'homme avait raison, ça n'avait rien d'un contrat pour un onmyōji solitaire, le nombre de yōkai qui sévissaient dans les environs, leur agressivité, leur potentielle organisation, la perspective d'un affrontement contre de nombreux adversaires n'invitait pas à une telle folie. Pourtant, les collaborations dans le travail de Naraku se comptaient certainement sur les doigts de la main depuis qu'il s'était débarrassé de Danzo. Même parmi les shinobi, il n'aimait que trop peu faire partie d'une équipe. C'était quelque chose qui ne lui convenait pas, il était trop imprévisible pour que ses partenaires puissent compter sur lui et il ne faisait confiance à personne pour décrocher sa victoire. Plus que tout, il n'avait pas de considération pour les autres et ne sauvait personne sans que ça ne lui soit d'un quelconque intérêt. Qu'il en fasse le choix ou non, ceux qui connaissaient assez ses méthodes n'aimaient guère se trouver dans son entourage.

La question hésitante de leur commanditaire fit donc naître un rire franc dans la voix de l'onmyōji.

« Travailler avec celui-là ? Mais il n'a même pas d'esprit gardien. » Lâcha-t-il avec une ironie palpable, offrant alors un sourire narquois aux deux hommes.

Ironie était bien le mot pour celui qui pensait avoir tout d'une imposture. Son esprit gardien n'était rien que l'illusion qu'il voulait bien montrer aux autres et si le reste des pratiques de l'onmyōdo n'avait aucun secret pour lui, il en faisait aussi peu usage que possible. C'était comme ses derniers recours ou un moyen de prouver qu'il était bel et bien ce qu'il affirmait, tant il préférait se contenter de sa lame fidèle dont il connaissait autant les forces que les faiblesses.
La malice qui brillait dans son regard n'y resta pourtant pas longtemps et il revint à son indifférence froide, à son visage impassible, plantant dans les yeux du villageois deux lames glaciales.

« Si vous voulez un véritable conseil, un de ceux qui vous soient vraiment utiles, allez vivre ailleurs. L'ushi oni va revenir vous tourmenter jusqu'à ce qu'il ne reste plus personne, vous êtes déjà sous l'emprise de sa malédiction. » Lâcha-t-il avec une pointe de mépris, comme s'il fallait lui expliquer la vie et lui révéler son inconscience stupide.

C'était presque le cas en fait. Sans un mot de plus, Naraku leur tourna le dos et quitta l'établissement, il n'allait pas se lancer immédiatement dans l'affrontement, il n'était pas suicidaire au point de se jeter presque désarmé – ou du moins avec sa simple lame – dans la gueule du monstre, il fallait cette fois-ci qu'il se prépare un minimum. Aucune angoisse ne venait peser dans son corps, il se contentait de faire défiler froidement toutes les connaissances qu'il avait dans sa tête, de réfléchir aux meilleures méthodes qui lui permettraient de parvenir à ses fins. Lorsqu'il serait hors du village, hors de la vue de l'autre, il n'aurait plus qu'à préparer tout cela et à terrasser la bête.



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MessageSujet: Re: De Charybde en Scylla Sam 5 Aoû - 4:57

L’amputé, dans un souffle, disparut. L’inquiet regard du villageois rabroué ainsi que ceux, plus ternes, des autres habitants scrutaient l’Onmyôji qui restait, lui qui n’avait daigné accorder d’attention particulière à la pique qui lui avait été envoyée. L’Abe no finit par resserrer légèrement son regard carmin. Quelle arrogance … mais sa réputation le précédait, n’est-ce-pas ? Sa condition n’était de secret pour personne … ce n’était pas comme s’il allait s’en plaindre puisque c’était plus ou moins ce qu’il recherchait. De même qu’il apprit dans la foulée que l’autre était un chasseur de démons connu, autant craint parmi les Yokaï que des humains d’ailleurs.

L’Abe no choisit de demeurer un peu plus longtemps dans la bâtisse en compagnie des rescapés et des locaux … pour entendre leur histoire, poser des questions sur les endroits qui l’intéressaient. Le village abandonné de l’Enfer Ecarlate lui parut ainsi plus familier, moins effrayant à quelque part, et il se sentit plus concerné par la tragédie qui rongeait la région. Les restes de la guerre s’avéraient terribles, tous les discours le corroboraient, mais au fur et à mesure que les détails s’accumulaient, le bien trop curieux Onmyôji jugulait sa témérité à se lancer directement dans l’aventure. Son esprit un peu trop frais sur le sujet se demandait comment cela pouvait être possible d’avoir laissé des terres ainsi que ses habitants dans un tel état, surtout en considérant que le temple de Setsu se trouvait dans la même région, un peu plus au nord.
Les religieux venaient et se succédaient sans arriver à enrayer le problème, sans parvenir à purger l’endroit de ses fantômes et de ses Yokaï. Il était clair que cette fois, il n’allait pas pouvoir nettoyer la zone et s’en repartir avec tous les problèmes résolus dans son sillage. En son fort intérieur, cela le contrariait d’avance. Même avec l’étrange épéiste, tout aussi décidé que lui à ne pas faire équipe, il fallait envisager la possibilité d’un échec au vu du nombre d’ennemis annoncé.
Ainsi il décida de changer son fusil d’épaule en prenant quelques précautions supplémentaires avant de partir. Factuel, il fit écho aux propos corrosifs mais véridiques de l’homme d’Okaruto en parlant aux résidents : oui, la  mort les attendait, oui la malédiction était sûrement déjà sur eux, ce qui abimait leur santé et réduisait leur espérance de vie de manière drastique. Il n’y avait pas grand-chose, sinon rien, à tirer de ces terres stériles. Si dans un futur, qu’on ne savait s’il allait être proche ou lointain, la zone parvenait à être libérée, ça serait au prix de nombreux efforts communs qui, malheureusement, arriveraient trop tard pour eux s’ils s’entêtaient à rester. Le mal n’allait pas s’arrêter ainsi en si bon chemin et tout ce qu’ils pouvaient faire était de continuer à envoyer des appels à l’aide pour que religieux et chasseurs de démons se mobilisent pour contenir les horreurs avant qu’elles ne s’invitent plus loin … mais surtout, plier bagages. La nouvelle ne fut pas très bien accueillie. Il ne s’en offusqua  pas, insista une nouvelle fois avant de considérer que cela serait à d’autres de relayer le discours.

Méthode et patience allaient être nécessaires pour s’infiltrer dans ces terres maudites puisqu’il ne pouvait pas simplement renvoyer chaque revenant qu’il croisait dans l’au-delà. Shakujô en main, scintillant et doucement carillonnant, fumant grâce à l’encens d’herbes sacrées qu’il avait accroché au bout, il s’enfonça dans les broussailles en sentant le sel de mer lui piquer les yeux. Son plan s’avérait assez simple sur le papier, à confirmer avec le terrain : puisque l’Ushi Oni passait régulièrement à un certain endroit pour y piéger des voyageurs, cela lui donnait un point de rendez-vous fiable … quoique indubitablement mortel puisque personne n’en revenait. C’est à ce moment là qu’il allait falloir être extrêmement prudent. S’armant de sa plus grande vigilance, Chikanori s’approcha petit à petit de la zone, et chercha un point en hauteur pour mieux visualiser la situation, un mantra murmuré en boucle pour éloigner ce qui pourrait venir le déranger.
Perché sur un toit qu’il avait grimpé à force de passer de bâtisses détruites en toitures percées, il était parvenu à un bel endroit pour l’observation. Ne lésinant pas sur la prudence il préféra se cacher le temps de réfléchir à une solution. Le village dans lequel il était entré n’était qu’un labyrinthe de rues escarpées et abandonnées, que les demeures écroulées rendait dangereux. Local ou étranger, n’importe qui pouvait rapidement se retrouver coincé dans un cul de sac, surtout avec une créature monstrueuse et affamées aux trousses pouvant utiliser les toiles pour repérer et capturer ses ennemis. Jusqu’ici, il était resté en périphérie et avait pris le soin de ne rien déranger, ce qui ne serait pas le cas s’il était pris dans le danger. Il récapitula ses atouts. Premier avantage, la bestiole n’avait pas bonne vue.  Second avantage, elle était trop grosse pour pouvoir le suivre dans des endroits exigus. Troisième avantage, il n’avait rien d’autre à protéger hormis sa propre vie. Quatrième avantage et pas des moindres, il était normalement suffisamment loin de la côte pour ne pas recevoir de visite vampirique des fameuses Yokaï efféminées …

Pour garantir sa sécurité, il chercha d’abord un endroit de repli qu’il tapissa de sceaux, en l’occurrence, un vieil entrepôt en terre comportant un sous-terrain relié à une maison. Il alluma des feus, qu’il laissa sous forme de braises pour brûler certaines toiles, et aussi guider son chemin parmi les rues trop semblables. Maintenir la bête suffisamment longtemps pour la sceller ou la terrasser n’allait pas être simple … il grava et peint des Sutra sur les poutres et murs résistants qu’il croisait, posés stratégiquement. Petit à petit, le piège prenait forme alors qu’il vérifiait chaque passage qu’il serait amené à emprunter en courant, ajoutait des pièges et des sceaux pour que successivement, il puisse protéger sa vie et arriver à ses fins. Chikanori souhaitait faire de ce pâté de maison un lieu dans lequel il pourrait compenser son absence de gardien et sa modeste condition physique. S’il parvenait au but de ses préparatifs …il ne manquerait plus que le monstrueux invité pour entamer les réjouissances.


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