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 Parchemins, rituels et incantations

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Haiko Naraku

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Jônin

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MessageSujet: Parchemins, rituels et incantations 5/28/2017, 04:39

Au cours de l'été.

La perspective d'un nouveau voyage, loin de ses terres natales, faisait à nouveau surface maintenant qu'il avait réglé les quelques affaires d'importance qu'il avait à Okaruto. Le maître assassin et le meneur des shinobi s'étaient effacés au profit de l'onmyōji et c'était bien ce rôle-là qui lui ouvrait le plus de portes, lui permettant de traverser les frontières et de s'intégrer dans n'importe quelle ville. Même s'il était avant tout un avide chasseur de yokai, il se livrait aussi à des purifications et des exorcismes ; seule la divination n'était pas vraiment son fort, sans compter les invocations puisque, à son plus grand secret, il se pensait bien incapable de posséder un esprit gardien. En avait-il besoin de toute façon ? La brume se transformait à sa volonté et en ce qui concernait la défense, il n'avait besoin de rien ni de personne pour cela. Les si nombreuses cicatrices qui barraient son corps étaient suffisantes pour convaincre qui que ce soit à ce sujet, tout autant que ses mouvements au combat.
Naraku avait pris une monture et avait rejoint l'un des chemins de pèlerinage pour passer la frontière qui séparait le clan des brumes à celui du vent. L'idée d'une longue marche ne lui avait pas parue très séduisante, mais il n'était pas plus pressé que cela par le temps. Son rôle avait toujours consisté à errer et c'était parfait pour un être aussi perdu que lui. Il n'avait pas toujours besoin de courir sans cesse ni de se précipiter, au contraire, parfois il lui fallait faire usage de patience, s'intégrer un peu plus, écouter, vivre tout simplement pour rapporter ce qui lui paraissait intéressant et, depuis qu'il était en haut de la hiérarchie, décider de bon nombre de choses.

Son chemin était si incertain, évoluant au gré de ses désirs inconsistants, qu'il était bien difficile de savoir où il irait aujourd'hui, où il serait demain. Qui pouvait bien prévoir ses actions quand il ne les connaissait pas lui-même ? Pour cette fois, ce n'était pas si compliqué pourtant. Il avait atteint la province de Kokyuu et c'était là l'occasion de passer par le temple. Cela faisait un moment qu'il n'y était pas allé, il n'aurait pas su dire combien, mais pour un onmyōji, c'était bien le lieu qui pouvait lui aller le mieux.

Son regard toujours porté vers le lointain, il s'était fait taciturne auprès des voyageurs qui avaient pu croiser son chemin. Les paupières mi-closes, il se laissait porter par sa monture, comme s'il était en train de dormir. L'habitude d'économiser ses forces en toutes circonstances était tenace et puisqu'il n'avait aucun rôle à jouer réellement dans les étapes de ses nombreux voyages, il s'enfonçait tout naturellement dans son apathie. Indifférent. Inconsistant.

Puis, à mesure qu'il s'approchait de la ville religieuse, l'activité se faisait de plus en plus importante. Cela sembla le réveiller un peu, mais c'était surtout parce qu'il serait bientôt temps pour lui d'être Haiko Naraku, l'onmyōji, à la fois inconnu pour le commun des hommes et reconnu dans son propre milieu pour ses talents et les missions périlleuses qu'il avait su accomplir, généralement seul, parfois accompagné.
Il n'avait pourtant pas à l'esprit la traque d'une quelconque créature, à moins que cela ne s'avère vraiment nécessaire et urgent. Ses victoires ne se reposaient pas uniquement sur ses capacités au combat, mais aussi sur de solides connaissances et il ne pouvait pas se rendre dans un tel lieu sans s'enquérir de quelques informations supplémentaires. Un nouvel ouvrage avait peut-être fait son apparition, témoignant de quelques découvertes qui pourraient l'intéresser, à moins que l'on n'ait déterré un vieux parchemin qu'il fallait analyser. La plupart du temps, ce n'était pas grand-chose, mais cela pouvait s'avérer intéressant. Ce genre de tâche ne l'ennuyait pas, du moins pas plus que le reste de ce qu'il pouvait accomplir. Son esprit, lorsqu'il était calme et froid, n'aspirait pas toujours à revenir au cœur de l'action et il appréciait presque de regarder le monde s'agiter au loin.

Arrivé dans l'enceinte du temple, il n'eut pas de mal à trouver la bibliothèque, connaissant bien plus les lieux que les personnes qui y vivaient. C'était là qu'il avait commencé à grandir, là d'où on l'avait arraché pour lui offrir un autre destin.
Naraku commença alors à poser quelques questions aux moines qui se trouvaient à l'entrée, mais ceux-ci lui indiquèrent rapidement une minuscule jeune femme dont les cheveux roses était la première distinction, l'autre étant le tas de parchemins et d'ouvrages qu'on trouvait tout autour d'elle. D'un pas léger, il s'avança jusqu'à elle pour la saluer.

« Konnichiwa Kirin-san, je suis Haiko Naraku, un onmyōji originaire d'Okaruto dont vous avez peut-être déjà entendu parler. » Commença-t-il d'une voix assez basse pour ne déranger personne d'autre qu'eux et avec un sourire qui le rendait plutôt avenant. « Veuillez m'excuser de vous déranger dans votre travail, mais on m'a dit que vous pourriez m'aider. Je suis à la recherche d'informations sur des rituels de purification, mais pas de ces banalités que l'on trouve partout, non. Bien que cette bibliothèque ne soit pas aussi vaste que celle de Fuyu, je suis certain de pouvoir trouver quelque chose d'intéressant, seulement ma connaissance des rayonnages n'est pas aussi précise que la vôtre. Ainsi, sauriez-vous m'indiquer par où je pourrais commencer ? »

Il la gratifia d'un nouveau sourire, à la fois poli et aimable, empreint d'un calme qui indiquait une grande patience, propice à ce genre de lieu.



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Kirin Matoi

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Onmyôji

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MessageSujet: Re: Parchemins, rituels et incantations 6/2/2017, 13:18

Le voyage vers Kokyuu avait été très exigeant en énergie pour Matoi, car bien qu'elle aie voyagé à bord d'un chariot, traverser le territoire d'Hakuba jusqu'à Kokyuu tout en étant ballottée de gauche à droite par les cahots de la route, lorsqu'on a la constitution de la jeune Kirin, se révélait épuisant. La nuit d'avant fut également courte car le voyage était prévu depuis quelques jours, et il faudrait se lever le matin tôt pour n'espérer arriver que tard dans l'après-midi, voire en début de soirée. Et la chaleur de l'été en milieu de voyage avait forcé son convoi à faire une pause pour que les marchands qui avaient accepté de la transporter à la demande du temple d'Hakuba la fassent prendre l'ombre et se désaltérer. Au moins, ils étaient honorés par la présence de la jeune Onmyôji, représentante d'une bonne fortune qui les accompagnerait sur le voyage. Ils n'avaient pas idée de l'incroyable maladresse de celle-ci, cependant...

Matoi n'avait pu s'empêcher de se montrer un peu paranoïaque sur la route ; en effet, un convoi de nourriture et d'étoffes, ça ne peut qu'attirer les pillards et autres bandits. Et même si elle était Onmyôji à présent et qu'il fut peu probable que des gens osent lui faire du mal sans craindre la vengeance des Kamis qu'elle louait, elle ne savait que trop bien combien ces gens étaient sans foi ni loi... Se remémorant à chaque cahot ces quelques jours qu'elle avait passé dans le repaire de ces personnes infâmes, attachée et affamée, elle frissonna, comme si les cordes qui la retenaient et les larmes qui avaient coulé sur ses joues avaient creusé sa peau et son visage jusqu'à en laisser des cicatrices encore douloureuses aujourd'hui. Elle en frissonnait à chaque fois.
Au son de ces tristes pensées, Fusen, son Esprit Gardien, vint voleter devant le visage de Matoi et frotter sa douce surface veloutée contre sa joue. L'Onmyôji le prenait alors entre ses doigts fins et retrouvait le sourire ; c'était ce même petit Yôkai de papier qui l'avait aidée à tenir, à endurer ces jours horribles jusqu'à son sauvetage. Si elle en était là, aujourd'hui, c'était dû à ce petit Fusen qui l'avait toujours soutenue depuis ce jour-là. Les autres personnes ne pouvaient pas le voir, mais tant qu'il lui apparaissait à elle, tous les tracas du monde lui paraissaient bien futiles face à la présence de son gardien et ami. Le Yôkai répondait à son sourire par un doux silence de papier, sa surface blanche se recouvrant de caractères bienveillants.

Le convoi arriva cependant sans encombres à destination, et plus vite que prévu malgré la pause qu'ils durent faire pour venir en aide à la pauvre petite Matoi qui crevait de chaud sous son habit de Miko. Le soleil, bien que descendu du zénith, se trouvait encore haut dans le ciel, mais la chaleur était déjà bien plus supportable en extérieur. Il tardait à Matoi d'être à l'intérieur, de retrouver la quiétude et la fraîcheur de la bibliothèque d'un temple, et de sentir bon les effluves de papier roulé plutôt que celles du canasson fourbu du chariot. Elle aimait les merveilles de la nature, ne vous y trompez pas. Mais il faut bien avouer, que, ben, le canasson fourbu, ça pue, surtout aux alentours de douze heures de voyage.

Mais au fait! Pourquoi ce voyage, me direz-vous? Pourquoi ne pas rester bien au frais près de la mer, à Hakuba, si c'est pour aller vers la frontière avec Setsu, là où il fait plus chaud et où les mains sont moites en été?
Eh bien tout aussi complètes que fussent les archives du temple d'Hakuba où elle résidait en temps normal, elles manquaient cruellement de certains parchemins documentant certains sujets comparées à celles de Meisou. Notamment celui qui la taraudait depuis quelques temps, à propos de la purification d'objets souillés par des Yôkais. En gros, "Chasser un Tsukumogami maléfique pour les nuls", mais sans le nom potache et plus... Précis que les quelques lignes qui en parlaient à Hakuba et qu'elle connaissait quasiment sur le bout de ses doigts.

Le voyage l'avait cependant épuisée, et, assise sur un petit tabouret entre les parchemins qu'elle avait empilés autour d'elle, elle peinait à garder les yeux ouverts malgré les interventions constantes de Fusen pour la garder éveillée. Elle ne s'était pas accordée une seule minute de récupération après être arrivée, et était immédiatement partie pour le temple Meisou. Mais maintenant, plutôt que de lire avec aisance, elle déchiffrait les inscriptions pourtant pas si complexes avec une certaine lenteur. Sa tête pleine de réflexions était en train de la supplier de cesser tout de suite et d'aller s'allonger, ne serait-ce qu'une petite heure, mais sa curiosité et sa raison s'étaient mises d'accord pour dire qu'elle n'irait pas avant d'avoir étanché sa soif de réponses.

C'est alors que, dans le silence ambiant de la bibliothèque, elle fut approchée par une présence qui osa la déranger dans sa lecture. Levant les yeux, Matoi se retrouva face à un jeune homme... Ou plutôt un homme? Difficilement descriptible vu les longues mèches noires qui tombaient autour de son visage et devant ses yeux, même. Il lui paraissait plutôt jeune. Mais il y avait quelque chose de... D'étrange avec le regard presque vide qui croisa le sien, imbriqué dans un visage de nonchalance et la voix douce qui allait avec. Comme si Matoi l'éclatante et ce monsieur ombre formaient une paire de contraires. L'Onmôji se trouva un moment figée comme surprise par une apparition spectrale, mais retrouva son sourire en constatant que cet individu mystérieux n'était en fait qu'un homologue Onmyôji qui cherchait exactement la même chose qu'elle.
Elle de lui répondre, avec sa rythmique naturelle et presque chantante, à voix basse:

"Mon bon ami, bonjour, prenez place, je vous prie
C'est toujours un plaisir d'être entre Onmyôji.
Hélas, tout comme vous l'êtes, je ne suis pas d'ici,
Je connais Hakuba, mais pas ce temple-ci.
Cependant nous avons tout deux un point commun,
L'ouvrage que nous voulons ne doit pas être loin.
Pour les mêmes raisons que vous, je le recherche
Puis-je vous proposer, sans vouloir être sèche,
De vous asseoir céans, et de lire avec moi?
Nous irions vite à deux, à défaut d'être trois."
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Haiko Naraku

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Jônin

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MessageSujet: Re: Parchemins, rituels et incantations 7/9/2017, 20:03

Pendant un instant assez bref, son regard fut bien incapable de se détacher de cette femme qui lui paraissait éclatante. Était-ce son regard, la couleur particulière de ses cheveux, son teint pâle ou tout autre chose qui parvenait à attirer ses yeux sans qu'il ne sache vraiment pourquoi ? Il ne pouvait nier qu'elle était jolie, mais surtout, il émanait quelque chose d'elle qui finissait par le mettre mal à l'aise. Finalement, il se détourna. Trop d'éclat ne pouvait certainement pas convenir à son regard, seulement capable de distinguer toutes les nuances de gris. Tout en elle inspirait une petite chose fragile qui allait sans doute se briser si on la laissait sortir à l'extérieur, mais dans le décor de cette bibliothèque, elle semblait trôner comme la pièce d'une collection dont il ignorait tout. Une part de lui aspirait simplement à découvrir si l'érudition dont on lui avait brièvement parlé allait atteindre la hauteur de ses espérances.
En cette journée ordinaire, il était tout entier à son rôle d'onmyōji, pas vraiment la face qu'on connaissait le plus, car il ne traquait là aucun monstre qu'il aurait pu abattre de sa lame, mais une autre, plus pacifiste, plus calme aussi. Et elle lui allait très bien, convenant avec cet air impassible qu'il conservait toujours, même lorsqu'il souriait, même lorsqu'il se mouvait. Rien ne semblait pouvoir le troubler.

L'élocution de la jeune femme avait de quoi surprendre, rimes chantantes et harmonieuses, c'était comme si elle parvenait à faire des mots ce qu'elle voulait. Il y avait bien des poètes et des artistes en ce monde, mais peu d'entre eux pouvaient se targuer de parler ainsi sans avoir pris le temps de réfléchir aux mots qu'il fallait utiliser.
Cela le fit sourire.

« C'est bien aimable à vous, Kirin-san. Personne n'a cru bon de m'informer que vous n'étiez pas d'ici, mais si nos buts se rejoignent, alors c'est d'autant plus parfait. »

Il laissa échapper un léger éclat de rire, pas assez fort toutefois pour déranger qui que ce soit, tout comme sa voix s'était faite suffisamment basse. Il n'ignorait pas le comportement qu'il fallait adopter ici et il n'avait l'intention ni de provoquer ni d'offusquer qui que ce soit.
Suivant sa proposition, il s'assit donc à ses côtés et commença la lecture des parchemins qu'elle avait fait glisser jusqu'à lui. Comme il manquait un peu d'entraînement dans ce domaine, plus habitué à analyser les connaissances qu'il tirait de ses expériences que celles qui venaient des ouvrages d'auteurs plus ou moins convaincants, il n'avançait pas aussi vite qu'elle.

Plutôt silencieux, il s'attardait sur certains caractères tandis qu'il parcourait rapidement des passages dès qu'il voyait qu'il n'apprendrait rien ici. Dans un moment de léger ennui, il se surprit à observer la jeune femme et remarqua alors qu'elle semblait épuisée et qu'elle peinait elle aussi dans ces lectures qui pouvaient parfois être abominablement fastidieuses.

« Est-ce que tout va bien ? Depuis combien de temps êtes-vous ici, à faire vos recherches ? » Demanda-t-il d'une voix qui laissait trahir une légère inquiétude. « Je vais vous apporter un peu de thé, cela ne pourra vous faire que du bien. »

Sans attendre, il se leva, finalement pas mécontent de se dégourdir les jambes et revient au bout de quelques minutes avec un plateau sur lequel reposait une théière ainsi que deux tasses.



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Kirin Matoi

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Onmyôji

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MessageSujet: Re: Parchemins, rituels et incantations 7/16/2017, 17:17

Matoi eut un petit sourire en voyant ce jeune homme s'assoir à ses côtés et commencer à lire calmement. Pour une fois qu'une personne savait respecter la tranquillité d'une bibliothèque! La jeune Onmyôji lui légua généreusement les parchemins qu'elle avait déjà écumé, pour qu'il puisse rapidement la rejoindre dans le fil de la réflexion, reprenant sa lecture de son côté, légèrement plus détendue grâce à sa présence, mais non moins épuisée par son voyage...

Le parchemin qu'elle lisait sur l'exorcisme des Yôkais pouvait certes paraître fascinant pour ceux qui pratiquaient l'Onmyôdô, mais pour Matoi, la plupart de tout ceci avait des relents de déjà-lu. Non pas qu'elle connaissait tout de la chasse aux Yôkais - cet art avait toujours d'innombrables secrets- mais cela apparaissait à la jeune érudite comme une bête réécriture de nombreux textes qu'elle avait déjà pu lire çà et là. Elle laissa échapper un petit soupir: ce n'est pas cet auteur qui saurait satisfaire sa soif de connaissances toujours plus pointues. En fait, une chose très courante en Yokuni pour ce qui est des ouvrages, est que si trois auteurs traitent du même sujet, ils le font de trois façons différentes, mais le propos reste le même ; pratique partiellement dûe à la transmission des connaissances se faisant de maître à élève, au lieu de réflexion personnelle et de recherche. Ce qui intéresse Matoi, c'est ce propos en question, pas différentes façons de dire ce qu'une seule personne a découvert. Ceci dit, cet ouvrage avait un mérite, les dessins à l'encre proposaient des schémas et des angles de vue nouveaux. Les propriétés pédagogiques de l'illustration étaient d'une nature autre que celles de la lecture ; plus synthétique, plus directe: parfois, une image bien construite valait dix lignes de texte.
Plusieurs fois, alors que son esprit divaguait à cause de la fatigue, elle levait les yeux vers son voisin, Haiko-san, surprenant son regard alors qu'ils se croisaient. Très vite, elle dirigeait de nouveau ses yeux vers le texte, mais ils revenaient tout seuls vers son collègue ; elle lui adressa alors un léger sourire, charmant et un peu gêné.
Le temps s'écoulait à son rythme inexorable; déjà dehors le soleil commençait à tomber.

Plus le temps passait, plus Matoi accusait le coup du voyage. Sa vue lui jouait des tours ; elle se surprit à devoir loucher pour garder une vue nette. Elle pouvait sentir une légère pulsation dans ses tempes, en clair, elle ne se sentait pas bien. Cela n'échappa pas à Haiko-san, qui se proposa immédiatement d'aller leur chercher du thé.

-V-vous avez raison, Haiko-san, je suis vannée,
Je crains que le voyage ne m'aie exténuée.
Sans transition aucune, sans moment de repos
Je me suis attelée à mon oeuvre aussitôt;
Vous êtes arrivé quelque moment après,
J'ai peut-être besoin d'une bonne tasse de thé.


Ce disant, elle lâchait son pinceau et se laissait choir en arrière contre le tabouret qu'elle n'utilisait pas, poussant un long soupir, comme si toute la pression accumulée s'échappait par la soupape d'un seul trait, comme la vapeur d'une théière.
En parlant de thé, le jeune homme revint avec deux tasses pour eux. Matoi le remercia d'un regard et lui servit une tasse, attendant qu'il fasse de même pour elle avant de la prendre entre ses doigts fébriles et d'en boire une gorgée. Aussitôt, elle se sentit un peu mieux.

-Pfiou... Merci, mon ami. Vous êtes bien aimable.
Je crois que j'aurais pu m'écrouler sur la table;
Je néglige souvent ma santé de la sorte,
Si bien que c'est souvent au lit que l'on me porte.
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Haiko Naraku

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Jônin

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MessageSujet: Re: Parchemins, rituels et incantations 12/18/2017, 23:03

Un sourire vint éclairer le visage de l'onmyōji tandis qu'il servait une tasse de thé à sa compagne du jour. Son analyse ainsi que son intuition la concernant lui laissaient entendre qu'il pourrait s'agir d'une relation des plus utiles pour son deuxième domaine de prédilection. Elle lui semblait être comme une chose dont on aurait trouvé la place exacte et la bibliothèque la rendait plus brillante que jamais, malgré la fatigue apparente qui tirait les traits de son visage.
D'après ses dires ainsi que sa stature, elle semblait de constitution plutôt fragile et assez négligente sur sa propre santé. L'étude de vieux parchemins avait certainement beaucoup d'attrait pour elle, trop au point que c'en devenait une passion qui lui nuisait presque. Cela fit rire doucement Naraku qui avait l'habitude de se démener au même point, mais qui avait aussi une résistance bien plus avancée.

« Prenez garde Kirin-san, il n'est pas bon de négliger votre santé. Tous les gens ici seraient bien embêtés s'ils vous voyaient contrainte de rester allongée, sans compter que tout ce voyage ne vous serait plus aussi profitable. »

Calmement, il but une gorgée de thé. Il avait été plutôt bien préparé, même s'il n'était pas vraiment un grand amateur de cette boisson et que le sake avait davantage d'attrait pour lui. Ici cependant, cela ne lui avait pas paru très approprié. Son regard s'attarda un instant sur la demoiselle qui semblait avoir repris quelques forces.  De son unique main, il attrapa la petite assiette sur laquelle on avait déposé quelques gâteaux pour accompagner le thé et il la tendit dans sa direction.

« Mangez aussi quelque chose, cela ne pourra vous faire que du bien. »

Il prit lui-même l'un de ces gâteaux pour satisfaire un appétit passager. Ses lectures l'avaient quelque peu endormi et il n'était pas mécontent de s'être dégourdi les jambes, même si ça avait été seulement pour chercher un peu de thé.

« Que diriez-vous de faire une pause un peu plus longue ? J'ignore de combien de temps vous disposez avant de retourner chez vous, mais votre voyage doit bien comprendre ce genre de moment, n'est-ce pas ? Vous me disiez venir d'Hakuba, il me semble. Il m'est arrivé de m'y rendre quelques fois, mais ce n'est pas une région que je connais beaucoup. Votre vie là-bas vous plaît-elle ? Les plaines qu'on y trouve sont assez plaisantes, paraît-il. »

Il lui adressa un nouveau sourire, assez doux, bien loin de l'expression qu'il pouvait montrer lorsqu'il était au combat, si bien qu'on aurait pu croire qu'il n'y avait rien de véritablement méchant ou dangereux en lui. Plongé dans une sérénité dont la jeune femme était probablement en partie responsable, cet état lui faisait oublier en partie l’âpreté de son indifférence habituelle.



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Onmyôji

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MessageSujet: Re: Parchemins, rituels et incantations 2/12/2018, 15:36

Matoi prenait une autre lampée de thé pour se réchauffer, tandis que son attention relâchait peu à peu son emprise sur les parchemins pour se laisser volontiers capter par la gentillesse d'Haiko-san qui lui proposait, à juste raison, de se reposer un peu plus longuement.
Une simple pause thé sur le pouce ne suffirait certainement pas à soulager Matoi de tout ce stress accumulé depuis les dernières semaines. Quelqu'un devrait inventer un système pour distribuer de la boisson à toute heure dans les lieux publics...

La petite Onmyôji devait d'ailleurs avouer qu'il était plaisant de partager un moment avec quelqu'un de la même trempe intellectuelle qu'elle. D'ordinaire, ses longs séjours dans les rayons des archives se faisaient en solitaire ; hormis la compagnie de Fusen, elle appréciait moyennement se perdre en discussions et partage d'informations avec des tiers. Mais là, c'était différent: Naraku lui offrait un moment de relâchement, autorisant son esprit à divaguer sur autre chose.

"En effet, Hakuba est ma région natale
C'est loin, je vous l'accorde, mais c'est un vrai régal
Pour les âmes poètes, éprises de nature
Ses vertes étendues valent bien la lecture
Dans les rangées d'archives fournies en beaux ouvrages.
C'est bon pour le moral de voir les pâturages."


Elle prit un gâteau de ceux qui allaient avec le thé et mordit dedans. Sa frêle constitution laissait à penser que ce serait la première fois qu'elle mangeait depuis plusieurs jours, et la voir grignoter aussi vite qu'un petit rongeur - en se gardant bien de faire des miettes sur les parchemins ou sur son habit - n'aidait pas à l'imaginer moins affamée. Quoi qu'il en soit, ses joues reprirent des couleurs tandis que l'étincelle de la curiosité revenait dans ses yeux tandis qu'elle observait son compagnon du soir s'affairer avec le thé.

"Et vous, cher Haiko-san, vous ne m'avez pas dit
Ce qui vous passionne dans l'Onmyôdo,
Vous m'en voyez curieuse, touchez-m'en quelques mots,
Par quel vent donc me vîntes-vous chercher ici?
Et si vous m'allouez un peu de hardiesse,
Sans vous vouloir froisser... Manchot? Comment se fait-ce?"
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Haiko Naraku

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Jônin

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MessageSujet: Re: Parchemins, rituels et incantations 4/22/2018, 17:00

Jouer les prévoyants et les galants était un rôle distrayant. Comme à ses premières missions, sa présence ici même ressemblait beaucoup trop à un test. Un de ceux où la moindre de ses impulsions risquait de tout faire voler en éclat. Ce n’était finalement pas si différent d’un combat où une erreur pouvait mener si vite à la mort. Il en avait été de nombreuses fois témoin ; jamais la victime. Lorsqu’il n’avait d’autre occupation, il lui était nécessaire de s’entraîner éternellement dans ce rôle. Cette rencontre lui donnait donc l’occasion de faire briller une facette qu’il laissait trop souvent prendre la poussière. L’interlocutrice semblait parfaite, suffisamment éloquente pour faire la conversation, assez naïve pour avoir si simplement mordu à l’hameçon. Son manque de méfiance apparent venait-il d’un esprit trop candide ou, à son instar, tentait-elle de lui vendre un portrait affable pour dissimuler une toute autre personnalité ? Constamment sur ses gardes, il ne pouvait prendre quoi que ce soit pour acquis.

Pourtant, si son regard avait su revenir sur son visage beaucoup trop lumineux, il le maintenait seulement pour la conversation. Ses prunelles sombres ne cherchaient en aucun cas à la dévisager, ni même à déceler le plus petit mouvement de son visage. Il préférait se laisser porter par les sons. Le tintement d’une tasse, les vibrations de sa voix avaient pour lui plus d’intérêt.
Elle ne refusa pas la pause qu’il lui proposait dans son artificielle sollicitude et, comme un poisson qui mordait trop vite, elle s’engagea immédiatement dans la conversation banale qu’il lui proposait. Peut-être manquait-elle tout simplement de compagnie.

Elle vantait les plaines verdoyantes si caractéristiques de la région d’Hakuba, mais à son teint pâle, on imaginait davantage qu’elle sortait plutôt peu ou du moins pas sans se munir d’une précieuse ombrelle. Une vie là-bas était sans doute bien paisible, au son des murmures du vent et des hennissements des chevaux. Tirait-elle sa pureté de ces immenses étendues aux mille nuances de vert ?

« Tout doit être si calme là-bas. »

Le temple lui-même devait être bien loin de celui de Kokyuu. Il n’hébergeait ni un ni deux kannushi, ne traitait pas non plus les affaires les plus importantes du clan. Il devait se dédier à la religion d’une manière certainement plus naturelle qu’ici.

« Mais qu’y a-t-il de si précieux dans ces collines pour que votre soif de connaissance ne vous ait pas emportée ailleurs ? » Demanda-t-il tout en plongeant son regard dans le sien.

Ses lèvres dévoilèrent un léger sourire. Naturellement, la curiosité lui avait été retournée. Dans sa tête, bien des mensonges se dessinaient, avec une facilité déconcertante. Cette fois-ci pourtant, il n’en avait nullement besoin.

« Je ne parlerai pas de passion me concernant. J’ai été élevé pour devenir ce que je suis aujourd’hui, sans que je ne demande au destin de m’accorder une autre vie, voilà tout. Plus que tout, je ne suis pas de ces onmyōji auquel on se réfère, je ne me suis jamais rattaché à une ville en particulier, je ne suis pas de ceux qui s’attardent en divination ou en conseil. Je voyage pour exécuter ces contrats que les autres craignent trop. Je me suis spécialisé dans la lutte contre les monstres et les mauvais esprits. Pour tout cela, on me considère davantage comme un chasseur de démons. »

Ses yeux n’avaient pas quitté les siens. Avait-elle peur d’un homme qui passait plus de temps à se battre qu’à prier ? Bien qu’on assiste rarement à ses affrontements, il savait bien mieux manier sa lame que les longues litanies et faisait plus confiance au matériel qu’au spirituel. Ses connaissances pourtant avaient su le guider sur les bonnes voies, lui permettre aussi de se débarrasser de monstres qu’on ne pouvait certainement pas atteindre sur un plan physique. Chaque problème qui naissait dans un village avait une solution différente. Ses capacités à combattre lui avaient entre autres permis de survivre lorsque les choses tournaient mal et que les pièges ou les sutra ne suffisaient plus.

« Ce bras n’est que la face la plus apparente de mes nombreuses cicatrices. Je l’ai perdu lors d’un combat contre une amanojaku bien trop puissante pour ce que j’étais à l’époque. »

Contre ce genre de créature, l’affrontement direct n’était certainement pas préconisé. Il fallait redoubler de prudence, se montrer plus malin aussi. Puisqu’elle avait choisi de le laisser vivre, il avait planifié habilement sa destruction. Ce n’était plus qu’une question de temps désormais.

« Pour perpétuer ma mission, l’ampleur de mes connaissances est aussi cruciale que mon entraînement physique. C’est pour cette raison que je me rends dans les temples, à la recherche d’éléments apportés par d’autres confrères. »

Son ton beaucoup trop sérieux laissait imaginer le poids de sa fonction. Il semblait ne rien vouloir lui déguiser, ni véritablement l’épargner, bien qu’il ne se soit pas non plus attardé dans de futiles descriptions. Naraku vint boire une nouvelle gorgée de thé. Lorsqu’il posa la tasse, il lui sourit à nouveau, plus léger.

« J’espère ne pas vous effrayer avec tout cela ! Naturellement, au sein du temple, vous n’avez rien à craindre de ce genre de chose et c’est pour le mieux. J’espère seulement que vous bénéficiez toujours d’une bonne protection lors de vos voyages, vous me semblez… si fragile. » Avoua-t-il, visiblement préoccupé de sa bonne santé.

Il aurait été dommage que qui que ce soit touche à cette si jolie femme. Démons, bandits, hommes ne le méritaient certainement pas.



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Parchemins, rituels et incantations

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