AccueilFAQRechercherMembresS'enregistrerConnexion

Partagez | .
 

 Quand les yeux se ferment, les cœurs pleurent encore

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2
Abe no Chikanori

avatar

Onmyôji

Messages : 190
Date d'inscription : 12/04/2017

Feuille personnage
Age: 23 ans
Titre:
Liens:

MessageSujet: Re: Quand les yeux se ferment, les cœurs pleurent encore Mer 12 Juil - 3:00

La saisie qui l’empêchait de partir ne fut  pas la bienvenue car l’aîné repoussa son frère par les épaules, se recroquevillant sur lui-même à chaque tentative … cependant, face à la détermination contre lequel il se heurtait et trop faible et confus pour pouvoir s’y soustraire, Chikanori ne put fuir. S’y succéda l’étreinte, tendre mais suffisamment ferme pour l’empêcher de partir, tendue. Il manqua de glisser sur les billes, déséquilibrant leur duo qui chacun luttait pour des buts différents, le faisant retomber au sol du peu qu’il avait réussi à se relever.
Niché contre son gré dans les bras de son frère, il tentait de se débarrasser de ses angoisses, de ses peurs, de sa honte, mais il en restait incapable, récupérer son rassurant contrôle n’était pas possible, et ses yeux le brûlaient tant il les maintenait clos dans l’espoir qu’ils s’arrêtent de pleurer. Alors la douleur s’exprima par la rage et il se mit à crier, car dans sa tête, les refus des mots rassurants de Yuto s’accumulaient. Chikanori ne pouvait pas retenir sa voix cassée qui s’époumonait, irascible et blessée, couvrant les mots qu’il ne voulait pas entendre :

_ NON ! Non !… Non, non, non ! Ca ne va PAS ! RIEN ne va !! RIEN ! RIEN !! RIEN !!! YUTO, LÂ … LÂCHE-MOI !!

Et sa respiration le coupait car il respirait mal. Cela n’enrayait en rien sa souffrance qui voulait s’exprimer, il fallait juste le temps qu’il récupère suffisamment d’air. Car non ! Il n’était pas calme ! Non ! Ça ne pouvait pas aller ! Et si ! Il avait vu, il avait tout vu ! Et il lui en voulait, tout cela c’était de sa faute ! Tout était de sa faute, il ne pouvait que lui en vouloir …

_ A… Arr ... ARRÊTE ! C’est MA FAUTE ! NON ! C’EST MA FAUTE !

Les choses ne pouvaient pas en être autrement, c’était impossible … ! Il ne pouvait pas être aimé … pas après ça … les faits avaient déjà parlé par le passé … pourquoi seraient-ils différents à présent ? Pourquoi … pourquoi Yuto l’aimait-il toujours malgré tout ?

_ TU !… TU ne peux PAS ! Tu ne peux pas … tu ne … peux pas …

La résistance de l’aîné s’effrita, et d’un coup s’effondra. Ses poings serrés sur le kimono de son frère lâchèrent prise, la crise de nerfs se résolvait en larmes amères et brûlantes, son esprit le lâchait, son corps le lâchait. Tout lui échappait.

Les épaules du fils maudit se libérèrent de la crispation alors qu’il respirait enfin, laissant couler de nouvelles gouttes sur ses joues. Cette fois il s’abandonna, trop épuisé moralement pour continuer de tenter d’être fort et intouchable. Comme il ne l’avait jamais fait, si ce n’était peut être avec une mère il y a fort longtemps, le mauvais né de la fratrie se laissa bercer, enserrer avec affection, remit momentanément la protection de son être à quelqu’un d’autre, son petit frère qui avait tant grandi et qu’il aimait plus qu’il ne le soupçonnait lui-même. Cet instant, il oublia qu’il était Chikanori le maudit, mal-aimé et fui. Il mit de côté ces émotions qui le noyait et il n’attendit seulement qu’elles ne disparaissent au fur et à mesure que son cœur relâchait la pression. Minute après minute, ce moment se prolongea, longtemps. Il fallait bien ça pour des années d’une discipline stricte où les erreurs n’étaient pas permises. Tout doucement, maladroitement, il reprit contrôle de lui-même, mais brisé, il n’était qu’une coquille momentanément vide qui cherchait un endroit stable.
Cette stabilité, il la retrouva de nouveau en Yuto. Pour contrebalancer le contrôle sur sa vie qu’il n’avait plus, il se redressa légèrement et entoura son frère de ses bras, comme si récupérer cette place de veillant plutôt que de veillé le rassurait, le convainquait que tout cela n’avait été qu’un cauchemar. Que les choses allaient à présent rentrer dans l’ordre. Il était de nouveau le protecteur. Il en avait besoin quand bien même ce n’était qu’une illusion, car à l’intérieur, il était encore complètement démoli.


Revenir en haut Aller en bas
Abe no Yuto

avatar

Onmyôji

Messages : 30
Date d'inscription : 28/05/2017

MessageSujet: Re: Quand les yeux se ferment, les cœurs pleurent encore Mer 12 Juil - 23:47

Yuto tient bon, interdisant à son frère de fuir et, déstabilisés, ils finirent assis au sol. Le cadet couva son aîné, tremblant et choqué, luttant contre sa propre culpabilité qui lui piquait les yeux ainsi que la douleur de voir ainsi son frère ébranlé. Alors la colère s’exprima, dans cette voix brisée et blessée. Yuto ne savait que faire, les mots avaient déjà été dits, si son frère les rejetait, il restait impuissant. Alors jeune continua simplement à bercer son aîné, refusant d’obéir à l’ordre de le lâcher, ponctuant le tout de quelques murmures apaisants "chut…". Alors qu’entendre son frère s’accuser lui transperçait le cœur, un souvenir lui sauta à la gorge : celui d’une femme, berçant un enfant et chantonnant une berceuse. Néanmoins, Yuto n’osa pas essayer et préféra repousser cette vision d’un autre temps qui s’accompagnait d’une tristesse infinie. Il ne pouvait pas quoi ? La question resta en suspens alors qu’il sentait le corps de frère se détendre enfin.

Yuto laissa tout le temps à son aîné de déverser ses larmes, il les recueillit, accepta la douleur de son frère, comme il avait toujours voulu le faire. En cet instant, le cadet sentit que quelque chose s’était brisé, mais qu’autre chose venait de doucement prendre forme. Son frère semblait enfin s’abandonner, accepter ce qu’il voulait par-dessus tout partager avec lui. C’était douloureux, mais cette fois, Yuto ressentit aussi de la joie, acceptant, endossant ce rôle qu’il espérait pouvoir tenir sans faillir. Ce même rôle de soutien que Chikanori avait jadis rempli pour lui. Le rôle d’un frère, tout simplement.

Quand son aîné se redressa, Yuto suivit le mouvement et se laissa couver à son tour. Il ne savait pas vraiment pourquoi, mais cela semblait important pour Chikanori en cet instant. À ce moment, il vit du coin de l’œil Ketsuzuko se faire de nouveau visible à côté d’eux. Devinant que ce n’était pas le moment, Yuto fit signe au serpent de ne pas intervenir. Ce dernier inclina la tête, pour le coup, il semblait vraiment désolé, et quand son corps originel disparut et que Yuto sentit de nouveau les écailles de l’uwabami dans le bas de son dos, ce fut ce sentiment qui passa par leur lien. Le gardien était désolé que les choses aient tourné ainsi, il pensait bien faire.

Yuto se promit en cet instant d’essayer de questionner son compagnon d’âme plus tard, pour tenter de comprendre quelle mouche l’avait piqué exactement, bien qu’il doutait d’y parvenir. Ketsu étant parfois assez mystérieux sur ses raisons ou ses objectifs, l’onmyoji avait appris à faire avec, habitué à se laisser guider par ce gardien muet, mais qui n’agissait jamais sans raison et souvent pour le mieux. Même si pour le moment, le mieux de la situation présente ne lui apparaissait pas vraiment. Néanmoins, il profita de la chaleur de son aîné dans le silence, laissant celui-ci reprendre pied doucement.

Cependant, le silence s'éternisa, aussi Yuto se décida-t-il à bouger un peu, commençant à s'inquiéter et à gamberger sur les conséquences de ce qu'il venait de se passer. Il se redressa légèrement pour regarder le visage encore marqué de son frère :

"Oniisan... ?"

Demanda-t-il dans un murmure timide.


L M M J V S D
Délais de réponse : de 1 à 2 semaines

Mes yeux dans les tiens


Crows Country
Revenir en haut Aller en bas
Abe no Chikanori

avatar

Onmyôji

Messages : 190
Date d'inscription : 12/04/2017

Feuille personnage
Age: 23 ans
Titre:
Liens:

MessageSujet: Re: Quand les yeux se ferment, les cœurs pleurent encore Ven 14 Juil - 3:43

La respiration de l’ainé s’était apaisée, avait retrouvé un rythme régulier, lent même. De sa position le grand-frère ne semblait vouloir en bouger, ses bras toujours entourant son protégé à qui il ne pouvait offrir d’autre protection qu’une affection qui ne faiblissait pas. Pour autant, le temps s’écoulait grain par grain et la fatigue l’assomma d’un coup … il songea à partir se reposer, mais il ne le voulait. La douce chaleur le retenait, il garda les yeux fermés, prolongeant encore cette étreinte dans lequel il souhaitait tout oublier. Encore un peu … encore quelques minutes … encore quelques instants …
Quand la timide question de son frère troubla l’air, elle resta sans réponse. Les très délicats mouvements qui firent sa tête ne purent réveiller celui qui s’était assoupi d’épuisement moral. La prise s’était desserrée, le maudit s’était quelque peu ramassé autour de son cadet, figé dans cette position assise comme il pouvait le faire lorsqu’il se décidait à se reposer en nature ou le coin d’une pièce. Ainsi appuyés l’un contre l’autre, les deux frères orphelins de mère restèrent ainsi, la bougie continua de se consumer goutte après goutte, provoquant à un moment l’ouverture discrète du panneau de l’entrée par leur aïeul qui n’osa alors qu’un silencieux passage.

✧✧✧


Tensions et soucis s’étaient enfuis avec les heures de la nuit. L’engourdissement de ses membres fourmilla, le tirant de son sommeil contre son gré … en voulant changer de position et bouger, le poids fléchi contre lui rappela les derniers instants avant son assoupissement. C’était ainsi que … ? La fatigue l’avait emporté … combien de temps ils … ? Le regard entrouvert chercha une source de lumière, celle de la lune qui filtrait au travers des portes de papier. Se perdant dans les ombres que les feuilles projetaient sur elles, la remémoration des derniers événements se fit seule. Souvenirs peu agréables, son attention endormie préféra se recentrer sur l’être blotti de ses bras qui avait également cédé au sommeil.
Chikanori posa un regard bienveillant sur son frère dont la tête reposait contre son torse, sourit tendrement d’une expression tranquillisée. Aussi délicat qu’une feuille effleurant le pavé, il vint caresser les mèches de jais qui se jouaient rebelles sur le crâne de son cadet, précautionneux à ne heurter aucune bandelette de son pansement fin. L’infatigable hyperactif semblait si bien dormir… et n’avait osé le sortir de son assoupissement, c’était contenté de se pelotonner entre ses bras pour y trouver un moindre confort et le laisser retrouver son énergie siphonnée par les larmes. En cet instant, le solitaire aîné se sentit comblé par cette simplicité qui lui était offerte. Aucun cadeau n’aurait pu être à la hauteur du bienfait qu’il ressentait à ce moment-là.

Loin de vouloir ternir ce présent, il était néanmoins évident que ce n’était pas la meilleure position pour dormir. Avec toujours autant de précaution, il entoura de ses mains les épaules relâchées appuyées contre lui et se pencha, appela le cadet d’un murmure à peine audible : “… Yuto …Yuto …” puis le laissa reprendre ses esprits à la vitesse dont ce dernier en avait besoin. Lorsqu’il put bouger sans le brusquer, il attira la lanterne vers eux dont la flammèche affaiblie rendait à la pièce une lumière des plus tamisées, éclairant les billes de verre d’éclats solitaires. A présent qu’il était alerte, il estima que quelques heures étaient passées, et ce n’était qu’à cause de leur période de troubles que la maison restée animée aussi tard.

_ … il semble … que nous étions tous deux épuisés … » Chuchota-t-il, constatant que ni la faim, ni rien n’avait pu l’empêcher de s’assoupir. « Comment te sens-tu ? …


Revenir en haut Aller en bas
Abe no Yuto

avatar

Onmyôji

Messages : 30
Date d'inscription : 28/05/2017

MessageSujet: Re: Quand les yeux se ferment, les cœurs pleurent encore Sam 15 Juil - 23:53

Quand il comprit que son frère s’était endormi, épuisé, Yuto n’osa plus faire un seul geste. Il reposa simplement sa tête contre le torse protecteur. Il songea bien qu’il faudrait peut-être bouger son aîné, l’allonger dans une position plus confortable, mais n’en eut pas le cœur. Ce calme après la tempête, il avait trop peur de le briser. Alors les minutes commencèrent à défiler doucement et avec elles, les pensées. Le plus jeune se repassait la journée dans sa tête. Son arrivée, stressée, ces retrouvailles qu’il appréhendait. Et finalement ce moment qui lui avait donné raison, lui prouvant que deux ans de voyage n’avaient pas suffi à effacer les tensions qui planaient sur leur famille. Sa tentative, un peu maladroite certes, de refus. Non, il ne voulait pas retomber dans ce cercle infernal d’insultes et de sarcasmes. Les conséquences, qu’il ne comprenait toujours pas. Pourquoi tant de violence de la part de son père ?

Un moment, le cadet resta bloqué là-dessus, il finit naturellement par chercher des excuses à son père : le stress et la fatigue de la situation présente, ces deux ans d’éloignement. Oui, c’était forcément ça… Ensuite, il chercha un moyen pour enfin briser cette routine de cris et de reproches, mais il ne trouva rien de concluant. Ses pensées dérivèrent alors vers son frère qui reposait contre lui en ce moment même. Ce frère qui avait tant changé. Chikanori semblait aller mieux, il n’était plus agressif envers lui, ne le repoussait plus. Ce frère qu’il avait pourtant découvert si fragile, traînant avec lui un énorme fardeau dont Yuto n’aurait jamais pu prendre la mesure et ne le pourrait probablement jamais complètement. Si il ne pouvait forcer son aîné à s’ouvrir à lui, il se promit néanmoins de lui faire comprendre qu’il était présent, et prêt à tout pour le soutenir !

Puis ses pensées s’attardèrent sur son gardien, son compagnon d’âme, dont il commençait tout juste à comprendre les raisons qui l’avaient poussé à agir ainsi. Se faisant, il se perdit dans l’esprit infini et calme du serpent. Psychiquement bercé par son gardien, physiquement entouré par son frère, entre les deux êtres qui lui étaient les plus précieux au monde, le cadet finit lui aussi par être vaincu par le sommeil. Il remarqua à peine le passage de leur grand-père.

Le mouvement, un souffle doux comme la brise de printemps dans les feuilles, le plus jeune bougea doucement, mais resta coincé dans ce demi-sommeil propre aux phases où le cerveau rêve et fantasme. La mauvaise position avait ravivé la douleur et la réalité, un instant, se confondit avec le rêve qui troublait son esprit. Un mouvement devenait une agression, une lueur dansante, des flammes destructrices. Le cadet écarquilla son œil restant et cria brusquement, se débattant, cherchant à fuir avec un corps qui lui répondait encore qu’à moitié, donnant des mouvements désordonnés. Il commença à réciter un mantra de protection qui se mélangeait avec un autre de défense (rendant le tout inefficace), tout était bon pour éloigner son attaquant qui, dans son cauchemar éveillé, prenait la forme d’un kistune terrifiant.


L M M J V S D
Délais de réponse : de 1 à 2 semaines

Mes yeux dans les tiens


Crows Country
Revenir en haut Aller en bas
Abe no Chikanori

avatar

Onmyôji

Messages : 190
Date d'inscription : 12/04/2017

Feuille personnage
Age: 23 ans
Titre:
Liens:

MessageSujet: Re: Quand les yeux se ferment, les cœurs pleurent encore Mar 18 Juil - 14:26

La situation lui échappa, dramatiquement, tant et si bien qu’il ne sut et put y faire quoi que ce soit. Comme si le malheur s’acharnait sur eux, l’Onmyôji maudit, à qui aucun gardien ne pouvait dire que les seuls cauchemars éveillés de son cadet étaient la cause d’un tel fracas, aiguisa son esprit de Sutras incandescents, prêts à éradiquer la créature invisible qui malmenait son frère. Pas une vape de sommeil n’embrumait plus son esprit, personne ne pourrait arrêter les vagues de représailles qui s’échapperaient bientôt du pavillon … pourtant les gestes incohérents de la victime cependant l’arrêtèrent alors que ses sens lui indiquaient l’absence de bestiole spirituelle ne trainait aux alentours. L’idée de quelque chose de plus simple, mais pour autant pas moins triste l’effleura ; lui apparut alors comme une évidente, bien plus cohérente que les scénarios catastrophes qu’il avait imaginés en quelques secondes.

Son regard changea, se mua en inquiétude, en désarroi. D’un geste fraternel et précautionneux, il tenta de se rapprocher du terrifié mais cela ne faisait qu’encore plus l’agresser … les mantras se mélangeaient les uns aux autres, son bras le repoussait comme s’il avait été un monstre. L’aîné s’en retrouva figé un instant … il pensait alors que peut être le noir faisait apparaître des ombres qui troublaient son esprit, mais les cris s’intensifiant à peine la lampe s’approchait, cela finit de persuader sur l’origine de cet effroi nocturne. Chikanori, dans la précipitation, éteignit la flammèche, et ne laissa plus le choix à son cadet lorsque, dans l’obscurité, il vint l’attraper pour à nouveau le ramener à lui, le forcer à rester dans ses bras pour éviter qu’il ne se blesse sur les meubles, se mettait à l’appeler dans un calme pressant.

_ Yuto, tout va bien, je suis là, reviens à moi, Yuto, Yuto, Yuto …

Et comme ce dernier avait tenté de réciter des mantras pour se protéger, il vint se joindre à l’unisson de son apprentissage rigoureux, de cette voix monotone et profonde qui apaisait les esprits, comme pour l’amener à se concentrer sur ces mots de prières pour sortir du rêve, ou se préserver de ce qui l’attaquait à l’intérieur. La lente liturgie créa une douce barrière, engloutissant les cuisants sutras de l’aîné pour qu’il n’en reste alors qu’un océan imperturbable.


Revenir en haut Aller en bas
Abe no Yuto

avatar

Onmyôji

Messages : 30
Date d'inscription : 28/05/2017

MessageSujet: Re: Quand les yeux se ferment, les cœurs pleurent encore Mer 19 Juil - 10:58

Sans ses flammes, le kitsune était moins impressionnant mais resté présent et si proche… Soudain une voix résonna dans son esprit, lui dictant les prières à réciter. Il l’a suivi, se joint à elle, les deux frères récitant leurs mantras comme quand leur grand-père leur enseignait l’onmyo tous ensemble. Alors son cauchemar vacilla, le terrifiant kitsune fut repoussé par les mots emplis de pouvoir et disparut tel un mirage. La brume ayant envelopper son esprit s’estompa et Yuto calma peu à peu sa respiration, continuant par habitude à marmonner les mantras avec son frère. Peu à peu, les murmures se turent et Yuto se redressa, émergeant enfin complétement de son sommeil agité, le cadet se frotta les yeux en gémissant.

"Chikanori, c’est déjà l’heure de s’entrainer ?" Grogna le jeune encore un peu somnolant.

Puis la douleur vague dans son crâne, la pièce, le visage barré par les sceaux de son frère et le poids de Kestu serrant son cou lui fit faire un bon de plusieurs années jusqu’au présent. Rapidement, les souvenirs de la soirée lui revinrent en mémoire.

"On a… dormi ?" Lâcha le cadet, sceptique.

Instinctivement, il chercha du regard la bête qu’il l’avait agressé, mais ne trouva rien naturellement. Il passa la main sur ses bandages que ses mouvements apeurés avaient desserré. Les bandelettes de tissus relâchées s’emmêlaient dans ses cheveux désordonnés.

"Que… Je…" Murmura le jeune visiblement perdu.

Puis il sembla retrouvé un peu ses moyens et agrippa l’avant-bras de son frère.

"Chikanori ! Je… Je suis désolé, pour Ketsu, pour tout ça… Le tout ça n’incluant pas le petit passage terrorisé dont il ne parvenait pas démêler le rêve de la réalité, le jeune n’ayant pas vraiment conscience de la frayeur qu’il avait collé à son aîné. Si j’avais su ce qu’il préparait, je ne l’aurais pas laisser faire. Crois-moi !"

Yuto se sentait visiblement coupable et avait peur que son frère lui en veuille ou pire, le repousse. Néanmoins, il ne se dégageait pas totalement de sa responsabilité, c’était son gardien, sa faute si ça avait dérapé ainsi.


L M M J V S D
Délais de réponse : de 1 à 2 semaines

Mes yeux dans les tiens


Crows Country
Revenir en haut Aller en bas
Abe no Chikanori

avatar

Onmyôji

Messages : 190
Date d'inscription : 12/04/2017

Feuille personnage
Age: 23 ans
Titre:
Liens:

MessageSujet: Re: Quand les yeux se ferment, les cœurs pleurent encore Jeu 20 Juil - 2:17

Son frère était un sensible, comme lui, et Chikanori s’était étrangement retrouvé propulsé dans le passé à devoir gérer les cauchemars et crises de son frère. Ca n’avait pas été facile, ça ne l’avait jamais été mais … l’essentiel était que le calme soit revenu, quand bien même il peinait à l’être. D’ailleurs, le réveil s’avéra à peine moins chaotique que le reste, son cadet restait perdu entre ses terrifiants songes et la réalité, ne parvenait pas à savoir ce qui avait pu créer un tel désordre, alors que le souvenir de ce qu’il s’était passé lui revenait.
A ses craintes, son grand frère leva les mains doucement, sifflant entre ses dents un chuchotis pour l’apaiser, qu’il cesse de paniquer, qu’il puisse constater que sur son visage dans la pénombre, aucune lueur de reproches ne luisait. Pour finir de rassurer son sang, il posa la main sur l’épaule secouée par les craintes qu’il serra doucement. Il attendit le silence, que celui-ci se pose, avant de parler d’une voix timorée.

_ Ca ... ca va Yuto. Je sais que tu n’y es pour rien. C’est passé. » Sa tête se pencha un peu sur le côté. « Mais … je préfèrerais que l’on n’en parle pas. Ou … plus tard, si jamais … tu souhaites en reparler.

Le tabou était toujours présent, quoiqu’atténué. Au moins l’ainé faisait un effort pour le crever.
Un autre sujet restait en suspens lorsqu’il reprit, toujours d’une douceur qui imposait à son frère de l’écouter.

_ Tu étais … en plein cauchemar, et tu étais éveillé en même temps. Tu criais. » Explicatif, il voulait doucement réanimer la mémoire confuse et traumatisée face à lui. « Tu fais le fort pour assumer les blessures et ne pas nous inquiéter … tout comme je l’ai fait, il y a quelques années … mais il m’a fallu plusieurs semaines pour m’y habiter et que la douleur finisse par s’évanouir ... Comme ça sera le cas pour toi.

Une expression plus entendue s’afficha sur son visage, légèrement plus résolue également. Yuto ne pouvait plus longtemps lui nier que les choses allaient bien … tout comme lui-même ne devait fermer les yeux là-dessus en pensait qu’il gérait correctement la chose. Avec une lenteur exagérée, contrôlée, attitude volée au grand père qui avait su correctement se comporter, il vint approcher la main de la tête ébouriffée, soulever quelques mèches noires. Son expression était presque lointaine, transcendait ce qui se passait comme pour atteindre cette espèce de proximité compréhensive.

_ Ton bandage est défait. » Dit-il simplement. « Ca va aller. Tu n’as pas à avoir honte, peur, ou craindre de me décevoir ou de m’inquiéter. Laisses-moi arranger ça … je t’en prie.


Revenir en haut Aller en bas
Abe no Yuto

avatar

Onmyôji

Messages : 30
Date d'inscription : 28/05/2017

MessageSujet: Re: Quand les yeux se ferment, les cœurs pleurent encore Ven 21 Juil - 23:33

Tourmenté par le trop-plein d’émotion de la soirée, par l’image de ce kitsune de feu qui restait imprimée dans son esprit, Yuto ne remarqua pas de suite que sa respiration s’était accélérée. Ce fut l’attitude de son frère qui lui fit en prendre conscience, son chuchotis, son silence, sa main sur son épaule. Finalement, Chikanori parla et son cadet secoua positivement la tête, ignorant la douleur qui tambourinait dans son crâne, en essayant de reprendre une respiration plus calme.

Son frère ne semblait pas lui en vouloir, cela le rassurait et s’il ne voulait pas en parler ils ne le feraient pas. Yuto ne voulait pas forcer quoi que ce soit surtout que, pour le moment, il ne savait pas lui-même s’il tenait vraiment à revenir sur le sujet...

Aux mots suivants, Yuto baissa un peu la tête. Ah, il avait bel et bien cauchemardé alors... Il était désolé d’avoir inquiété son frère, et en même temps un petit sourire prit place sur ses lèvres. Son aîné l’avait consolé et protégé dans son mauvais rêve, tout comme à l’époque. Il avait bel et bien retrouvé son grand frère… Il allait s’excuser quand même, il avait passé l’âge après tout, mais Chikanori reprit la parole et le laissa perplexe. Effectivement, ils se ressemblaient sans doute beaucoup. En tout cas, les mots de son frère trouvèrent écho en lui, même s’il ne savait pas vraiment quoi en faire sur l’instant. À nouveau, le cadet baissa le regard.

La lenteur du geste fut suffisante pour que Yuto ne prenne pas peur et qu’il ne réagisse que quand il sentit les doigts de son frère dans ses cheveux. Le cadet eut un léger sursaut et releva rapidement le regard, les mots furent assez calmes pour ne pas l’effrayer davantage et la demande douce, si bien que ses barrières vacillèrent.

Oui, il pouvait laisser son frère s’occuper de lui, comme à l’époque. Il était bon de se laisser chouchouter parfois, non ? Son hésitation dut se lire sur son visage, ou dans la détente de ses muscles, le cadet avait toujours été très expressif. Mais de la même manière, son refus fut tout aussi visible. Il avait passé l’âge, il n’était plus le petit garçon qu’il fallait protéger, il était largement capable de prendre soin de lui-même, il le devait ! Il devait être fort ! Et puis surtout, il ne voulait pas, il ne fallait pas que son frère voie cela ! Cette immonde cicatrice, preuve de son échec… Alors la colère se dressa, rempart de défense idéal. Après tout, il n’obligeait son frère à rien, il lui laissait ses silences et ses secrets, il avait bien le droit à cette intimité lui aussi !

Allons bon, ils n’étaient pas frères pour rien ces deux-là, voilà que c’était au tour du cadet de repousser l’aîné maintenant. Se dégageant brusquement de la prise de Chikanori, le plus jeune fut soudain sur ses pieds :

"C’est bon, je peux le faire moi-même !" Le ton était sans doute plus sec qu’il ne l’aurait voulu.

Et alors Yuto fit un mouvement pour partir, mais dans la pénombre, il oublia les billes qui parsemaient le sol, si bien qu’il glissa sur quelques-unes et finit genoux en terre. Puisqu’aucune prise ne le vint le retenir, Yuto se redressa prestement et couru presque vers sa chambre, ouvrant et fermant brutalement le panneau de bois. Fébrile, tremblant, il trouva une lanterne et de quoi l’allumer. La lumière lui piqua un peu, puis il se mit devant le meuble soutenant un morceau de miroir. Le jeune regarda le reflet déformé que lui renvoyer l’objet, il approcha les mains de son visage, déterminé, mais stoppa son geste. Sa résolution fondit comme neige au soleil, et des larmes coulèrent sur sa joue. Il ne pouvait pas, ça lui était impossible, il ne voulait pas regarder cette horrible balafre.

Gémissant, retenant en vint ses larmes traitresses qui menaçaient de le submerger, Yuto sentait que Ketsu serrait son cou. Le serpent bougea, plaçant sa tête sur sa joue, recueillant ses larmes, soutenant son maître. Mais même ainsi, c’était trop dur. Alors, rageux, Yuto se tourna dos à ce maudit miroir qui lui renvoyait ce maudit reflet, et il tenta tant bien que mal de refaire son bandage ainsi. Néanmoins, par manque d’habitude, sans voir ce qu’il faisait, il n’arrivait pas à grand-chose.


L M M J V S D
Délais de réponse : de 1 à 2 semaines

Mes yeux dans les tiens


Crows Country
Revenir en haut Aller en bas
Abe no Chikanori

avatar

Onmyôji

Messages : 190
Date d'inscription : 12/04/2017

Feuille personnage
Age: 23 ans
Titre:
Liens:

MessageSujet: Re: Quand les yeux se ferment, les cœurs pleurent encore Lun 24 Juil - 2:47

Le cadet s’était finalement rebiffé et avait laissé son frère dans la pièce, esseulé. Dans la pénombre, le regard rougi du Maudit se raffermit, brilla d’une lueur fixe, presque dure. Les billes percutaient finissaient de rouler entre les tapis, le silence retombait … troublé par les reniflements et les gémissements provenant de la chambre, tristes et retenus avec peine. La main auparavant fraternelle se referma puis se reposa sur ses genoux ; il ferma les yeux et ne les laissa qu’à peine entrouverts. Peut être aurait-il dû le retenir. A présent il était trop tard.

Cette soirée le fatiguait. Bien sûr, il n’allait pas le lui reprocher. Yuto n’y pouvait rien, il avait cauchemardé, brisant son instant de fugace bienêtre pour de nouveau l’emplir de démons de crainte et d’angoisses. La chute n’avait été plus dure et cuisante qu’il avait savouré cet instant de quiétude et de sécurité. Etait-ce vraiment à cause de Raimei qu’il était ainsi agité … ou … son petit frère n’avait-il pas tant changé que ça ? C’était autre chose qui à présent la lui mettait mauvaise, la confrontation avec le démon.
Le gardien. Le Fameux Ketsu. Il avait bien du mal à ne pas considérer coupable celui qui était sans aucun doute plus âgé qu’eux deux réunis. L’analyse lui remontait au cerveau qui décortiquait l’événement alors qu’il était face à lui-même pendant quelques minutes. Il n’avait senti d’hésitation. Le Yokaï avait ouvert son lui intérieur alors qu’il lui avait fait confiance, et en ça il s’auto-flagellait mentalement. L’erreur de débutant. Avoir confiance en un être spirituel qu’il ne connaissait pas personnellement. Il avait agi stupidement, tel un imbécile, un crétin. De l’autre côté de la balance s’osait le timide argument que ce dernier ne connaissait probablement pas la communication non-innée, non-fusionnelle … cela n’expliquait rien, ne pardonnait rien. Ketsu muré dans le silence ne donnait d’explications, il n’avait pas à lui chercher d’excuses. Cette histoire le faisait grincer des dents, remuait un grief dont il devrait se débarrasser … et pendant ce temps, Yuto faisait le fier, l’entêté … avec les années, ce trait ne s’était pas arrangé. Le souvenir d’heures tardives passées la nuit à le réconforter alors qu’il se devait de travailler et que le cadet ne songeait qu’à jouer lui revint. D’un soupir intérieur, il l’écarta. Le vide placide l’envahit. Chikanori s’était de nouveau détaché.

Calmement, il écarta quelques billes du pied et vint se placer à côté du volet, entendant plus nettement la crise du petit. Sa voix resta douce, mais moins attendrie qu’auparavant, plus ferme car sa patience était élimée.

_ Yuto, ne sois pas borné. Cela ne fait que quelques jours, tu vas te faire plus de mal à vouloir le faire seul. Tu me fais confiance, non ?

Lentement, il ouvrit le panneau de la pièce, prêt à mettre son pied pour empêcher son frère de le refermer.


Revenir en haut Aller en bas
Abe no Yuto

avatar

Onmyôji

Messages : 30
Date d'inscription : 28/05/2017

MessageSujet: Re: Quand les yeux se ferment, les cœurs pleurent encore Mar 25 Juil - 0:31

Chikanori put ouvrir la porte et même entrer dans la pièce sans problème s’il le souhaitait. Yuto ne l’empêcha pas de le faire, car il n’était pas en état, tout simplement. L’aîné trouva son frère genoux en terre, prostré, la tête dans ses mains. Mains qui auraient pu faire le mal en cet instant. Car on était loin de la simple crise, du simple cauchemar d’un enfant qui a peur du noir. Ce n’était pas non plus de la fierté entêtée. Non Yuto rejetait tout, les évènements, leurs conséquences, sa propre image… Tout. Et du rejet naissait la colère, contre le monde, contre les gens, contre lui-même. Et voilà les pensées autodestructrices qui s’installaient, cette voix qui susurrait des horreurs dans l’esprit pour l’empoisonner, pour creuser ce gouffre insondable dans lequel Yuto avait la sensation de chuter sans espoir de retour.

Il s’en voulait d’avoir été faible, il en voulait aux kistunes d’avoir attaqué, il en voulait à son gardien de ne pas l’avoir protégé, il en voulait aux soldats présents ce jour-là de ne pas l’avoir défendu et il en voulait aux miko d’avoir laissé une telle cicatrice sur son visage. Puis venait la culpabilité, celle d’avoir déshonoré son nom, celle d’avoir failli devant la fierté de son père, celle d’être si faible devant Chikanori qui n’avait rien demandé, et surtout pas de devoir gérer ses pleurs, celle enfin horrible, d’être vivant à la place de ceux qui avaient péri ce jour-là, des êtres sans doute bien plus dignes et nobles que lui… Ainsi il n’était plus que larmes, gémissements et tremblements. Qui sait ce qu'il aurait pu tenter en cet instant où il perdait pied dangereusement ?

Pourtant, l’arrivée de Chikanori lui donna quelque chose auquel se raccrocher pour stopper sa chute infernale. Le cadet se redressa et tourna la tête à l’opposé de son frère, pour être sûr qu’il ne puisse voir sa blessure, cette horrible marque qui cristallisait en cet instant tous ses tourments. Il hoqueta, tentant de se calmer suffisamment pour pouvoir répondre à son aîné.

"Je… Je suis désolé, oniisan… Je… Ça va aller… Je vais trouver un linge et juste… cacher ça pour ce soir, et demain je demanderai à ojiisan de refaire le pansement. Je… Je ne veux pas que tu voies ça… C’est comme pour toi, tu ne voudrais pas que je touche à ton sceau, non… ? Je vais faire ça… Et puis… Il est peut-être un peu tard pour les mochis… Les billes… ? Je ne sais pas… Quelque chose de calme… Ou juste dormir si tu veux… J’arrive…"

Yuto renifla, toujours à terre, tremblant, tenant ses bras contre lui, attendant que son frère referme la porte pour bouger.


L M M J V S D
Délais de réponse : de 1 à 2 semaines

Mes yeux dans les tiens


Crows Country
Revenir en haut Aller en bas
Abe no Chikanori

avatar

Onmyôji

Messages : 190
Date d'inscription : 12/04/2017

Feuille personnage
Age: 23 ans
Titre:
Liens:

MessageSujet: Re: Quand les yeux se ferment, les cœurs pleurent encore Aujourd'hui à 2:36

Oh oui, son frère n’était pas en très bon état, mais il n’allait pas le laisser filer comme ça. Le silence qui suivit les propos hoquetants l’exprima plus que n’importe quelle autre action. Le vide se prolongea dans l’attente, cet étrange mutisme dans lequel l’aîné se plongeait qui ne lâchait rien. Dans l’ombre se reflétait toujours cette prunelle rougie, de façon presque surnaturelle, rappelant celle des démons qu’ils chassaient. Toujours doucereuse était cette voix, continuellement cachait-elle une certaine dureté qui rappela une réalité bien présente.

_ Contrairement à toi, je n’en ai pas honte, et je ne le serai jamais. Pour autant, nombreux sont ceux qui me pointent du doigt. Toi à l’inverse, tu n’auras pas ce traitement à moins que tu te l’imposes Si tu n’oses assumer cette blessure face à moi, devant qui le feras-tu ?

Tranquille ombre qui s’introduit dans la pièce, l’aîné s’avançait alors, comme ne laissant que peu de choix à ce petit être recroquevillé qu’il avait devant lui, dont, il le pense, a encore besoin d’une présence pour prendre en main ces malheurs. Pas de la manière d’un père surprotecteur, d’un gardien prêt à tout, ou d’une mère bienveillante, mais d’un frère à qui parfois … parler fatiguait, alors qu’il estimait ne pas avoir besoin de mots pour le convaincre. C’est cette silhouette la plus chétive des deux qui, droite, s’invite vers celui qui partagea son sang, qu’importe si ce dernier fuit, il passe une main sous le sceau maudit qui protège sa vie, décidé à ôter tout prétexte. Centimètre après centimètre, il écarte ce fin tissu qui supporte tous les temps sans bouger, découvre la seconde moitié du menton de son visage, de sorte à ce qu’une contre plongée permette d’apercevoir ce qui y est dissimulé en s’approchant.

_ Si ce n’est que cela qui te retient réellement Yuto, je t’autorise à regarder. Mais il n’y a rien de plus particulier qu’un autre œil maudit.

Dans les ténèbres de cette orbite à jamais cachée, qui ne voyait la lumière que quelques minutes pas an, s’entrouvrit un œil trop souvent fermé et endormi. Personne n’aurait-pu dire la couleur sur lequel s’animait cette seconde pupille, mais celle-ci apparut, aussi sanguinolente que sa jumelle, mystérieuse. Inconnue.


Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Quand les yeux se ferment, les cœurs pleurent encore

Revenir en haut Aller en bas
 

Quand les yeux se ferment, les cœurs pleurent encore

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2

 Sujets similaires

-
» Quand mes yeux se sont posés sur toi - Pv Zahya
» Les étoiles brillent, mais pas autant que mes yeux quand je te vois.
» (#19) - C'est quoi Dieu ? - Tu vois quand tu fermes les yeux et que tu désires un truc très fort. Et bah Dieu c’est le mec qui en a rien à foutre. [ feat. Savannah ]
» Je ne changerais pas d'avis pour tes beaux yeux ! /Neil/
» Mes yeux ne sont pas si bas... regarde un peu plus haut ça marchera peut-être mieux entre nous. (suite) //+18// //HENTAÏ//


Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
-
..
..
...
...
..
..
...
.
..Robin Hood : Les Mystères de Sherwood...Ewilan RPG..
....La Sérénissime..