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 Un monde différent [An 33 : Ite] (Pv Hateku Bara)

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Usehagi Shusse

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Samouraï

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MessageSujet: Un monde différent [An 33 : Ite] (Pv Hateku Bara) Mer 7 Juin - 19:22

L'automne à Ite. Shusse aimait l'automne, moins de vent, des températures fraîches, mais rien qui pourrait ébranler un vrai Usehagi, même jeune. La troupe composée d'homme de la famille avait escorté un convoi de plusieurs détenus de Mashiro à Ite, la route fut longue, lente et parfois dangereuse, mais le dernier segment du voyage c'était très bien passée. Le futur chef de famille était bien content de lui ces derniers temps, cela faisait deux ans qu'il était samurai seulement, mais il voyait déjà une différence. Il n'avait plus réellement peur de se battre et de verser du sang, il remerciait sa famille pour cela, l'entraînement dur et rigoureux des Usehagi avait grandement aidé. Il pouvait à présent se battre sans penser à rien d'autre, se concentrer sur l'instant. Mais le plus important était qu'il savait son père fier de lui, c'était le plus important à ses yeux.

La soirée allait débutée et les hommes avaient quartiers libre, ils repartiraient demain à l'aube. Shusse ne quittait pas souvent Mashiro et le domaine de sa famille, il ne connaissait pas la ville, il pouvait bien s'y balader tranquillement, ou suivre simplement le gros du groupe qui allait certainement aller se détendre. Encore ne pleine hésitation quelqu'un décida pour lui, à savoir son Oncle et taii Usehagi Miyamoto.


Allez viens Shusse je t'embarque !
Quand cesserez vous de me considérer comme un enfant ? Dit le jeune homme la mine boudeuse.
Quelle question ! Quand tu seras un homme. L'homme fini sa phrase par un rire franc. C'est d'ailleurs à cela que l'on va travailler.

A ces mots le garçon senti le rouge lui monter au visage, que voulait donc dire son oncle ? L'emmenait-il voir une yuujo ? Même si Miyamoto était d'un naturel étrangement chaleureux pour un Fukyuu, il n'était quand même pas à ce point décontracté, mais le taii continua sa phrase.

Je t'emmène voir une geisha. Discrètement, Shusse eu un soupire de soulagement. Tu as eu une bonne éducation, mais surtout militaire, il est temps que tu ai une compagnie plus raffinée que les hommes de la division. Un peu de raffinement ne te fera pas de mal !

Le jeune homme suivi donc son fringuant oncle jusqu'à une okiya en particulier. Shusse n'était absolument pas connaisseur, donc il ne se rendit pas compte qu'il rentrait dans l'un des meilleurs établissements de Fukyuu, voir de Yokuni, ni que son oncle demandait une geisha jeune, mais extrêmement connue. La première difficulté pour Shusse c'était de devoir laisser son daisho, il ne le quittait jamais, il dormait avec même, il avait l'impression qu'on prenait une part de lui, pour la suite il préféra suivre le mouvement, ne sachant absolument pas comment un établissement comme ça pouvait fonctionner.

Shusse à 16 ans:
 



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Hateku Bara

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Geisha

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MessageSujet: Re: Un monde différent [An 33 : Ite] (Pv Hateku Bara) Dim 11 Juin - 23:19

Spoiler:
 

Feuilles en automne
Un temps propice aux rencontres
Doux présage


***

Suzu suivait Rin à la lettre depuis près de trois heures. Elles avaient prit le temps de décomposer ensemble une oeuvre bien particulière : une décoration florale créée par la jeune maiko, composée de fleurs de lotus et de joncs. L’ensemble avait été réalisé sous les yeux de l’Onesan, qui avait été aussi sévère que d’habitude. Elle avait corrigé les gestes de Suzu pour que celle-ci atteigne la perfection même dans le mouvement de la création, plutôt que dans le résultat. Au final, l’oeuvre avait trouvé sa place dans l’entrée de l’okiya, à côté de nombreuses autres compositions qui offraient aux visiteurs et aux clients un festival de couleurs à ravir les prunelles des amateurs comme des plus habitués. Puis les deux jeunes femmes avaient retouché leur maquillage et leur tenue en vue de la soirée qui s’annonçait. Elles n’avaient pas encore de rendez-vous ; elles espéraient donc bien qu’Okasan leur trouve quelques clients pour occuper leur soirée.

“- Dis, Onesan, tu penses que nous allons pouvoir rencontrer de nouvelles personnes ce soir ?”

La jeune fille avait posé la question plus pour savoir comment Rin allait répondre, plus que pour la réponse elle-même. En fonction de l’intonation que prendrait sa tutrice, Suzu saurait si elle allait passer une soirée agréable ou non. Car parfois la geisha était plongée dans une certaine mélancolie suite à une grosse journée, et n’était donc pas d’assez bonne humeur pour faire participer sa protégée autant qu’elle ne le voudrait. Heureusement pour elle, Rin avait l’air d’être de très bonne humeur :

“- Eh biennn… Peut-être bien ! Qu’en penses-tu ? Et qui souhaiterais-tu rencontrer ?”, dit-elle en lui adressant un sourire complice.

“- Juste un nouveau visage, ça me ferait plaisir.”, répondit simplement Suzu.

La jeune maiko dont le kimono revetait de vives nuances de rouges et de rose, comme il était souvent d’usage pour les apprenties de son age, avait aussi répondu à sa soeur avec un sourire calme et enjoué.

Elles se rendirent rapidement dans l’entrée, et Okasan les attira rapidement vers elle :

“- Rin, tu vas t’occuper de nos clients ici présents. Mes filles, si vous ne les connaissiez pas déjà je vous présente quelques représentants de la famille Usehagi.”, dit-elle en leur indiquant un homme, accompagné d’un garçon plus jeune.

Les deux artistes s’inclinèrent, puis Rin se présenta brièvement. Suzu fit de même tout de suite après, un peu plus en arrière, comme le voulait la coutume : la maiko ne doit jamais être plus mise en avant que son Onesan.

Puis Rin les guida vers une salle qui leur serait réservée pour la soirée. Une fois arrivée, elle les laissa s’installer tranquillement : la salle était assez grande pour contenir cinq ou six personnes. Décorée de fleurs et d’estampes, il y régnait une atmosphère assez apaisante. La salle donnait sur le couloir ce qui permettait un service assez rapide pour servir les plats ou le thé.

Les deux hôtesses prirent leurs aises : Suzu appliqua à la lettre les recommandations éternelles de son Onesan : depuis le temps qu’elle suivait son enseignement elle savait quoi faire pour ne pas la gêner et l’assister correctement. Elles n’avaient même pas besoin de se parler à vrai dire. Enfin la geisha ajouta :

“- Alors messieurs, que peut-on faire pour vous satisfaire, ce soir ?”


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Usehagi Shusse

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Samouraï

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MessageSujet: Re: Un monde différent [An 33 : Ite] (Pv Hateku Bara) Ven 23 Juin - 19:43

Même s'il n'était pas extrêmement sensible à l'art en général, l'entrée de l'Okiya avait attiré l'oeil du jeune homme, comme de son oncle. Le jeune homme se demandait si c'était les geisha qui en était à l'origine, c'était sa première fois dans un Okiya, mais il voyait ces dames comme des gardiennes des arts ancestraux. Il n'était pas rare que des filles Usehagi deviennent maiko puis geisha, c'était autant un honneur pour la famille qu'un fils samurai, mais la famille restait connu pour leur guerrier et leur éducation militaire stricte. Shusse se demandait si l'établissement comptait une ancienne Usehagi, mais très vite cette question et la beauté des compositions furent oublié, car il allait confier son sabre pour pouvoir entrer dans l'Okiya.

Alors que les yeux du jeune homme fixait son âme être emportée, la responsable de l'endroit les présenta à leur hôtesse de la soirée, il fallut néanmoins un petit instant pour que le jeune samurai tourne le regard vers elles. La première chose à remarquer serait certainement le contraste entre l'oncle et le neveu. Le premier, plus habitué, était plutôt du genre à offrir un sourire jovial et à garder une stature droite et fière, alors que le second se raidit légèrement, pour finalement les saluer poliment et comme elles et son oncle se présenter. Hateku Rin ne semblait pas beaucoup plus vieille que Shusse, peut-être un peu plus, mais elle, comme sa jeune apprentie, étaient des beautés intemporelles en quelque sorte. En tout c'est la seule manière que trouva le jeune homme pour les qualifier. Que ce soit leurs visages, le maquillage ou le code vestimentaire terriblement soignée et réfléchi, tout semblait les amener vers un summum de beauté. Extrêmement déroutant pour le jeune homme.

Ainsi donc ils montèrent tous ensemble pour finalement entrer dans une assez grande salle, peut-être un peu trop grande selon Shusse. D'ailleurs ce dernier se demandait vraiment si tout cela était une bonne idée. Bien entendu, il n'y avait rien de mal ou de déshonorant de passer une soirée en compagnie de geisha, mais il n'estimait pas cela comme nécessaire ou vital, il n'était pas habitué à ce genre de ''débauche d'argent''. ''Dormir, se nourrir, se battre'' voilà l'important pour un samurai selon son père et ce à quoi doit servir son argent, le reste étant purement inutile. Bien sûr ce n'était pas à prendre au premier degrés, son père doit bien acheter des vêtements d'une certaines qualités pour les cérémonies ou les rencontres officielles ou d'autre chose dans le même genre. Peut être devrait simplement faire confiance à son oncle et profiter du moment pour étancher sa soif de curiosité. D'ailleurs lorsque Rin leur demanda ce qu'elles pouvaient faire pour eux, Miyamoto répondit rapidement.


Cela fait un moment que je voudrais tester le saké de Ite, je suis un amateur, ha ha !

Le jeune homme, un peu gênée par la décontraction de son oncle, sembla hésiter un instant avant de tourner légèrement la tête et oser regarder Rin et Suzu.

Heum... je... ne bois pas d'alcool. Mais je serais ravi de découvrir la cérémonie du thé... si c'est possible bien entendu. C'est la première fois que je viens dans ce genre d'établissement, je connais mal les arts dont vous être les gardiennes... Et... heum... je parle trop, moshiwake gozaimasen.

C'était peut-être le léger rose sur les joues de Shusse, ou son débit de paroles, ou encore sa manière de s'excuser, même certainement les trois qui provoquèrent un rire bref, mais terriblement franc de la part de son oncle, ce qui n'aida pas le jeune homme, mais ce dernier avait de toute manière un peu de mal à réfléchir, étrangement.



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Geisha

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MessageSujet: Re: Un monde différent [An 33 : Ite] (Pv Hateku Bara) Mar 4 Juil - 22:53


Le soir commençait déjà à poindre quand les samurai Usehagi prirent place dans la salle qui leur avait été réservée et précautionneusement préparée. Suzu, qui commençait à connaître par coeur les manières et les techniques qui lui permettaient d’assister correctement Onesan, prit vite possession des lieux. Elle prépara de l’eau pour le thé avant même que les clients ne commandent. Rin, pendant ce temps, prenait soin d’aider Miyamoto Usehagi à s’installer : il était l’invité d’honneur en tant que commanditaire, mais une attention particulière devait être apportée au jeune Shusse, qui quant à lui faisait sa première visite dans une okiya. C’était assez visible. Suzu l’observa discrètement. Déjà il avait été clairement dérouté lorsqu’on lui avait demandé de confier son sabre : cela prouvait que c’était un jeune samurai très dévoué au bushido. Souvent, des hommes, moins spirituels, avait même plaisir à délaisser leur arme pour aller se débaucher dans l’alcool et les femmes. Ce n’était pas son cas : c’était attendrissant, et cela prouvait également qu’il avait reçu une éducation militaire en tous points parfaite. “Admirable” était donc le mot qui convenait le plus, selon Suzu. Il était de coutume de laisser les maiko s’occuper plus particulièrement des jeunes invités, et de laisser les geishas expérimentées prendre en charge les clients un peu plus âgés : leur expérience était souvent appréciée.

Lorsqu’ils commencèrent à prendre commande, Rin s’occupa donc de servir le sake, et s’en servit d’ailleurs également un verre. Le petit bourgeon de rose s’occupa de préparer ce qu’il fallait pour une cérémonie du thé en bonne et due forme.
“- Vous ne parlez pas trop, voyons ! Tiens, Suzu, tu as l’air bien prompte à nous préparer cette cérémonie. Tu veux bien la faire ? Montre à ces messieurs ce que je t’ai enseigné, Onechan.”

Suzu fut étonnée que Rin lui laisse cette initiative, mais elle en fut honorée. La cérémonie du thé était une vraie performance et n’était pas à la portée de n’importe quelle apprentie. Mais Rin l’avait bien formée.

La maiko prit place. Elle fit une entrée cérémonielle dans la salle, quand le silence fut le plus complet que possible, apportant le thé, la cuillère et la louche. Elle se plaça à genoux, salua. Prit la serviette qui était pendue à son obi et la plia de manière rigoureuse, propre, et harmonieuse. Elle prit ensuite le temps de nettoyer les instruments. L’eau chauffait toujours, tandis que la jeune fille disposa les chawan. Ces objets étaient tous très beaux : anciens, on pouvait presque sentir une sorte de spiritualité dans leur essence. Elle s’inclina d’ailleurs plusieurs fois, prit la boîte de thé et la cuillère chashaku*. Elle dosa pour chacun parfaitement. Il n’y avait pas un geste de trop, et l’ensemble des mouvements n’étaient pas trop superflus. Tout au long de la démarche, il s’agissait pour elle de trouver le juste milieu entre : la qualité d’un mouvement qu’on a prit le temps de bien exécuter, et la beauté d’un geste simple et raffiné.
Ensuite, elle versa l’eau à l’aide de la petite louche. Finalement elle prit le chasen* pour mélanger l’ensemble correctement. Une fois que cela fut fait, elle déposa à nouveau les divers éléments, les rinça, les nettoya, s’inclina encore, et proposa les chawan aux autres participants.

Puis, pendant qu’ils dégustaient cela, elle prit le temps de ranger les divers éléments correctement. Elle pensait n’avoir rien oublié. Suzu se refaisait le “parcours mental” de sa prestation intérieurement pour vérifier mais le sourire de Rin la conforta : il n’y avait visiblement pas eu d’erreur dans sa pratique. *ouf ! * songea-t-elle.

Elle rejoint donc enfin les convives pour partager avec eux ce met si délicat. Au total, la cérémonie avait bien pu durer un bon quart d’heure, dans le silence le plus absolu et la concentration la plus totale. Ce n’est que lorsque la petite maîtresse de cérémonie elle-même eut finit de se délecter de la mixture que son aînée reprit la parole :
“- Très bien Suzu-chan. Tu deviens aussi experte que moi !”, dit elle d’un ton flatteur.

La jeune maiko, encore peu habituée à recevoir des compliments publiquement, rougit tout naturellement. Elle eut un regard bref pour le jeune Usehagi Shusse. Suzu répondit simplement :
““- J’espère surtout que nos convives sont heureux d’avoir pu y assister, et que le thé est à leur convenance ?”,

Et patienta le temps que la conversation puisse se lancer tout doucement. Elle avait à vrai dire grand hâte de faire la connaissance des Usehagi, mais il fallait qu’elle attende qu’ils engagent la conversation : cela ne se faisait pas pour la maiko de se lancer toute seule dans une discussion. Elle alla patienter aux côtés de son Onesan, qui jaugeait les deux hommes d’un regard tout aussi curieux et inquisiteur.
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Usehagi Shusse

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Samouraï

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MessageSujet: Re: Un monde différent [An 33 : Ite] (Pv Hateku Bara) Ven 7 Juil - 18:32

Le jeune futur chef de famille était très impressionné par ces deux jeunes femmes, certainement autant qu'il était charmé, que ce soit par la fleur épanouit ou par le bourgeon qui ne tarderait pas à éclore. Il se sentait plus proche de Suzu que de Rin d'ailleurs, certainement parce que dans sa division Miyamoto était son chef et qu'il était le subalterne, une relation différente, mais similaire en quelques points à la relation entre Rin et Suzu.

Finalement, ce serait le bourgeon qui ferait la cérémonie du thé, cela ne choqua pas vraiment les deux hommes, mais Shusse savait que c'était quelque chose d'important et de rigoureux, tout le monde ne pouvait pas faire une telle cérémonie, enfin pas comme une geisha le ferait. Le jeune guerrier savait donc que cela serait une grande responsabilité pour Suzu, ce qui dans leur monde signifiait également un grand honneur.

Ainsi tout le monde respecta cette cérémonie, regardant la jeune fille faire. C'était une première pour Shusse peut habituer à ce genre de choses, il se doutait que son père dirait certainement quelque chose comme ''autant de temps et de geste pour du thé, tss'', c'était le désavantage d'être un militaire avant d'être autre chose. Le jeune homme lui regardait la jeune fille s'appliquer à la cérémonie. Lorsqu'elle les salua, le jeune homme répondit, comme par un réflexe pur et dur en la saluant également. Il se demanda par la suite si c'était ce qu'il devait faire.

Il ne se posa pas la question longtemps, observant la jeune femme plier cette serviette puis pratiquer ce fameux rite avec une telle grâce et un tel raffinement. Shusse ne pouvait pas savoir si elle faisait des erreurs, mais il n'imaginait pas que c'était le cas tout semblait tellement parfait, les instruments qu'elles utilisaient étaient beaux certes, mais ils semblaient anciens et ils rayonnaient un peu de la même manière qu'un ancien katana, comme le sien, assez vieux pour clairement parler de lien spirituel. C'est comme si tous les instruments de Suzu avaient une âme eux aussi, peut-être celles des anciennes geisha les ayant utilisés et qui veillaient par leur biais sur leurs ''descendantes''.

Lorsqu'elle proposa le chawan de Shusse à ce dernier, il le prit bien entendu, non sans incliner légèrement la tête en signe de remerciement et de respect, ne voulant pas briser le doux silence qui s'était installé dans la pièce. Alors que Miyamoto et Rin dégustait leur thé, le jeune Shusse s'attarda un instant sur le rangement de Suzu, avant de goutter lui aussi ce met. C'était bon et même au-delà, visiblement la cérémonie permettait de faire un thé d'une perfection sans pareil, mais plus que le goût en lui-même Shusse eu une autre impression. Après la première gorgée il avait silencieusement expiré par la bouche les yeux fermé, il avait une sensation d'être désaltéré, mais au niveau même de sa psyché. Comme une relaxation intense, ce n'était même plus bon à ce niveau-là, c'était plus.

Rin félicita sa protégée, ce qui fit naître une rougeur très mignonne sur le déjà très joli minois de la demoiselle, cette dernière semblait plus préoccupé par l'avis de ses clients d'ailleurs. Shusse finissait seulement le divin breuvage pour répondre.


C'était parfait, autant votre performance que votre thé Suzu-san. Cette cérémonie semble très rude et exigeante, mais vous l'avez fait avec une telle grâce. Enfin... je ne suis peut-être pas le plus à même de juger. Mais réussir à nous captiver et à garder Miyamoto-san silencieux tout ce temps, c'est aussi une performance.

Le jeune Usehagi avait fini sa phrase avec un léger sourire pour son oncle, qui eu un nouveau rire franc. Heureusement il avait plus d'humour que le jeune homme. Bien entendu, Miyamoto était son taii, mais ici ils n'étaient plus en service et Shusse redevenait son neveu, fils du chef de famille et futur chef, donc le jeune homme pouvait se permettre ce genre de réflexions humoristiques (il ne s'accordait que très peu le droit de base, mais cela pouvait aider à la conversation).

Les ustensiles que vous avez utilisés semblaient tous très anciens Suzu-san, ce passent-ils de génération en génération ? Et d'où provient ce thé ? Mais... et les compositions florales de l'entrée, serait-ce des geisha qui les auraient crées ? Et …
Doucement Shusse-san, doucement... Excusez-le mesdemoiselles, mais mon neveu, peut se montrer extrêmement curieux. Laisse les parler si tu veux qu'elles te répondent Shusse.
Gomen...



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Geisha

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MessageSujet: Re: Un monde différent [An 33 : Ite] (Pv Hateku Bara) Dim 9 Juil - 22:41

A la réaction des invités, Suzu fut tout simplement comblée. Tous semblaient avoir apprécié la prestation, et le met. La tension que Suzu avait pu accumuler se relâcha : là était réellement le seul défaut de la cérémonie qu'elle venait de mener. Normalement, cette cérémonie est censée être un moment de relaxation intense. Il faudrait, dans l'idéal, que ça le soit aussi pour la maîtresse de cérémonie. Suzu le nota dans un coin de sa tête pour s'améliorer la prochaine fois. Même si sa technique semblait bonne, elle manquait peut-être encore de pratique.

Mais elle n'était pas déçue pour autant. Le jeune Shusse la couvrit de compliments qui n'arrangèrent pas sa carnation, mais lui allèrent droit au cœur. Il fit même un petite plaisanterie sur son oncle, ce qui ne manqua pas de faire rire ce dernier. La jeune maiko s'en réjouit.

Rin commença à servir quelques victuailles offertes par la maison pour leur souhaiter la bienvenue, tandis que Shusse commençait à poser des questions. D'abord sur la cérémonie du thé elle-même, sur les ustensiles, puis sur les compositions florales ... En bref, il était très curieux. C'était bien naturel : c'était à près tout la première fois qu'il pouvait côtoyer le monde des okiya et des geishas. Cela était assez attendrissant aussi. Alors Rin lui répondit doucement :
"- Ahah, pas de problème, il a bien raison d'être curieux. Ce n'est pas une mauvaise chose, ça forge l'esprit et le caractère."

Elle lança ensuite un regard lourd de sous-entendus à sa protégée et Suzu sut tout de suite qu'elle était autorisée à répondre aux questions précipitées du jeune bushi. Elle s'appliqua pour donner des explications claires et précises :

"- Nos ustensiles sont effectivement très anciens. A vrai dire, ils appartenaient à une ancienne famille de potier de Ite, et dont le dernier descendant a légué l'ensemble de la collection à notre Okiya, pour rembourser les dettes qu'il devait à notre Okasan. Ce sont des pots confectionnés dans les règles de l'art, et seule cette famille possédait le secret de fabrication. Vous pouvez observer que de vrais flocons de glaces sont incrustés dans la terre. Ils sont là, figés pour toujours. On dit qu'en briser un fait briser un secret quelque part dans Yokuni !"

Suzu était toujours impressionnée par ses légendes qu'elle avait apprises au fil du temps.

"- Aussi, celui qui en brise un se doit de le faire réparer selon une technique kintsukuroi* pour se racheter d'avoir brisé un secret bien gardé. C'est pour ça que vous pouvez voir des fêlures réparés avec de l'or sur celui de votre oncle."

Ce bol était particulièrement beau. Un objet cassé peut devenir encore plus beau avec l'usure et le temps ... C'était une métaphore que Suzu appréciait particulièrement.

"- Pour ce qui est du thé, c'est un thé matcha qui nous est fournit par un marchand, qui coopère également directement avec la Cour de Fukyuu. Vous pourrez demander l'adresse si vous le souhaitez auprès de notre Okâsan. Il produit de petites quantités et nous faisons partie des maisons privilégiées à pouvoir se fournir chez lui. C'est grâce aux bonnes influences de Yuuki-sama, notre Okâsan."


La petite maiko était amusée d'expliquer tout cela à ces hommes qui devaient réellement vivre dans un autre monde au quotidien ... Elle espérait que cela les intéressait suffisamment. Rin lui adressa un regard vif et fier. Elle était apparemment contente de pouvoir déléguer cela à sa jeune apprentie.

"- Enfin, pour les compositions florales, ce sont effectivement les résultantes des cours que nous avons suivis aujourd'hui sur cette discipline. Elles sont donc les œuvres de toutes les maiko actuellement en apprentissage ... Si vous le souhaitez, nous pourrions en faire une pour vous, Usehagi-sama ..." proposa la jeune fille à l'adresse du chef de famille.

Elle doutait que les samurai puisse faire entrer ça dans leurs paquetages mais, peut-être désirerait-il en faire faire une pour la faire envoyer à quelqu'un. Cela ne coûtait rien de demander. Rin ajouta :
"- Oui, d'ailleurs, je pourrais vous la faire moi-même si vous le souhaitez. C'est ma grande spécialité."

Rin était en effet réputée pour plusieurs choses : la qualité de son jeu au shamisen, et ses compositions florales qui défiaient les lois de la physique et repoussaient les barrières de l'esthétique. Certains Kuge se fournissaient d'ailleurs auprès d'elle pour décorer leurs maisons. La geisha vint s’asseoir auprès de sa petite sœur lorsqu'elle eut finit de servir les amuses-bouches.

"- Je vous en prie, bon appétit !", dit-elle alors pour les inviter à se servir.
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Samouraï

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MessageSujet: Re: Un monde différent [An 33 : Ite] (Pv Hateku Bara) Mer 12 Juil - 20:11

Il était clair que la situation amusait assez Miyamoto, voir son neveu si fier et sûr de lui être aussi timide et si peu confiant était un moment rare à déguster. Pourtant le jeune homme se détendait au fur et à mesure, cela se voyait assez facilement, c'était certainement signe que leur hôtesses faisaient du bon travail, car il était facile d'impressionner et de stresser un peu un jeune homme de 16 ans connaissant peu ce monde et même connaissant peu les femmes tout simplement. Après tout Shusse n'avait comme relation féminine que sa mère, sa sœur et quelques cousines, bref uniquement la famille quoi. Il y avait bien Eda-san, mais ce n'était pas comme s'ils se voyaient souvent. Après la phrase de Rin sur le fait d'être curieux, Miyamoto argumenta entre deux gorgées de saké :

Que mon frère n'entende jamais cela.

C'était ponctué par un petit gloussement amusé de la part de Miyamoto, il est vrai que le chef de famille était quelque peu... vieux jeux et peu enclin à laisser les membres de sa famille nourrir leur curiosité, cela risquait certainement de faire dévier certains membres de la famille du chemin qu'il traçait pour eux et dont personne ne connaissait l'aboutissement.

Shusse préféra ne rien dire et écouta la petite maiko, buvant ses paroles, les yeux pareils à des étoiles. Le jeune homme avait toujours été très curieux de nature, surtout pour les choses honorables comme le travail des geisha, il n'y connaissait rien et aimait apprendre. Il regarda son propre bol lorsqu'elle parlait de flocons gravés dans la terre, c'était impressionnant, comme quoi même un fabricant de bol pouvait mettre son âme dans ses créations, ce n'était pas réservé aux meilleurs forgerons. La légende sur les secrets brisés avait attirée encore plus l'oreille du jeune homme. Suzu désigna alors le bol de Miyamoto expliquant que celui-ci avait été brisé puis réparer pour que le secret le reste, c'était une belle histoire et une belle métaphore.


Je pensais qu'il était fait ainsi.
Même âgé et brisé il reste beau, j'aime cette vision des choses.
Ouais c'est pas mal j'avoue.

Le jeune homme était content de savoir quel était ce thé et surtout d'où il venait, même si c'était gentil de la part de Suzu de vouloir partager l'adresse, il y avait peu de chance qu'ils puissent en ramener, une telle dépense pour du thé serait mal vu par le père et surtout, même si les Usehagi étaient connus, honorable et ''riche/puissants'', ils n'avaient pas de quoi s'autoriser trop souvent des folies et un thé cher était une folie.

Suzu enchaîna sur les décorations florales, ainsi donc c'était les maiko qui les avaient créé, c'était assez impressionnant, même s'il n'était pas du genre à être touché par cela, il fallait bien reconnaître que cela forçait le respect, même lui un ignare en la matière avait trouvé cela beau et reposant. Encore un art de plus à mettre au crédit de ces Dames de compagnies. Shusse manqua de s'étouffer, alors qu'il ne faisait rien de particulier, lorsque Suzu lui proposa de lui en faire un. Peut être le ''Sama'' (qui était pourtant de rigueur), ou la proposition de la jeune fille, ou autre chose. Toujours est-il qu'il retrouva une contenance, non sans voir arriver sur ses joues une certaine teinte rose à son tour. Il se gratta la joue en répondant
.

Ano... je ne sais pas si on pourrait l'emporter et...
Baaaaaka ha ha ha. Ne refuse pas une telle offre je suis sûr que ta petite sœur serait ravi d'un tel cadeau.
Ho, mais oui, vous avez raison mon oncle, Chizuru aimera beaucoup.

Même Rin se proposait de le faire elle-même, Shusse avait l'impression de ne pas mériter de tels honneurs, il ne s'en cacha pas bien entendu.

C'est... c'est trop d'honneur, j'accepte volontiers, même si je ne suis pas sûr de mériter une telle attention de votre part Rin-san, Suzu-san.

Il les salua pour les remercier et se redressa, toujours avec des joues très rouges. Il profita des amuses bouches servi par leur hôtesse pour pouvoir changer de sujet et surtout penser à autre chose, après un ''Itadakimasu'' d'usage, le jeune homme se délecta de quelques mets, avant de regarder à nouveau les deux jeunes femmes avec un regard interrogatif.

Vous ne partagez pas ces petits délices avec nous ?

Shusse ne savait pas vraiment si cela se faisait en vérité. Encore une fois, il était trop peu coutumier de ce genre de choses pour vraiment le savoir, il lui semblait logique de partager avec les personnes qui leur font passer une si bonne soirée. Mais le futur jeune chef de famille avait une autre question.

Je me demandais également... Avez-vous, comme les samurai, un code ou des vertues particulière à chérir ?

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MessageSujet: Re: Un monde différent [An 33 : Ite] (Pv Hateku Bara) Dim 16 Juil - 20:31

Les Usehagi semblaient passer du bon temps et les deux geishas aussi :
la soirée s'annonçait sous le meilleur augure que possible. Quoi de mieux que d'avoir des clients conciliants, intelligents, curieux ? Ils étaient plus rares que ce qu'on pourrait croire, et les deux geishas redoublaient donc d'efforts pour qu'ils passent une soirée inoubliable : c'était assez normal en fin de comptes. "Mieux vaut fidéliser des clients agréables que des malhonnêtes", disait toujours Yuuki-sama, "Concentrez vous sur les bonnes personnes", ajoutait-elle aussi souvent.
Elle avait bien raison et pour cause : l'expérience ne mentait jamais.

Quoiqu'il en soit, Usehagi Miyamoto avait l'air de rire et de s'amuser, c'était l'essentiel. Le jeune Shusse avait plus de réserves, comme souvent, mais on sentait qu'il commençait à se détendre, ce qui enchanta la petite Suzu. Lorsque le chef de cette troupe déclara "Que mon frère n'entende jamais cela.", la jeune fille ne put s'empêcher d'imaginer un homme rude qui ne supporte pas la plaisanterie ni le relâchement. Quelqu'un d'autoritaire. Peut-être même encore plus autoritaire que Yuuki-sama ... La maiko se doutait bien que la discipline militaire devait régner au sein des familles les plus guerrières du clan. Et cette discipline là permettait bien souvent beaucoup moins de créativité et d'ouverture d'esprit que pour les disciplines artistiques, bien que l'apprentissage des arts demande aussi rigueur et patience.

Suzu aimait bien faire ce genre de parallèles. Il était intéressant de remettre en question sa propre existence et sa manière de vivre quand on pouvait rencontrer des gens qui vivaient justement tout autre chose au quotidien. C'était un exercice que les geishas et autres membres de l'okiya pouvaient mener tous les jours : car chaque client est bel et bien différent, peu importe sa profession ...

Les deux hommes s'intéressèrent aux explications de Suzu et à toutes les réflexions qu'elles pouvaient apporter, ce qui encore une fois conforta la jeune fille dans le fait que c'était des gens biens.

Pourtant à sa proposition, le jeune samurai semblait hésiter, comme gêné qu'on puisse lui faire un présent. Pourtant l'okiya était là pour ça non ? Devant son air dubitatif elle expliqua :

"- Vous savez, vous faire un présent artistique ou esthétique nous honore tout autant, d'autant plus si vous l'appréciez sincèrement. C'est une marque de reconnaissance inestimable pour nous. Et cela nous fait plaisir de mettre à profit nos dons pour vous, nous sommes là pour ça."

Et Rin ajouta :
"- Tout à fait. Suzu-chan a entièrement raison. Vous ne devez pas vous sentir gêné surtout."

Puis la geisha se tourna vers sa jeune soeur adoptive :
"- Peux-tu aller me chercher le matériel pour la composition florale Suzu ? Nous allons la faire ensemble cette fois, d'accord ?"

L'idée plaisait énormément au petit bourgeon, qui s’exécuta dans la seconde même. Composer une oeuvre avec sa Onesan est d'autant plus gratifiant, et Suzu adorait quand sa sœur lui permettait de le faire. En général le résultat était particulièrement remarquable à l'aide de leurs deux âmes d'artistes conjointes.

Elle s'empressa d'aller chercher un petit vase, des fleurs Aucuba, très abondantes en cette période, dont les couleurs chatoyantes rappelaient souvent des étincelles rougeâtres, puis des feuilles d'ornementation diverses, tout cela était stocké dans les salles dédiées aux leçons qui se situaient juste un ou deux couloir plus loin. Elle se hâta pour essayer de ne pas faire patienter trop longuement les invités, mais elle se doutait bien que Rin allait entretenir la conversation pendant ce court laps de temps d'absence.

Dès qu'elle fut revenue, bien chargée, elle fit entrer tout ce matériel dans la salle, et commença à organiser la disposition de chaque élément pour que la salle ne soit pas trop en bazar, mais aussi et surtout pour que la composition soit facile à produire.

La geisha avait commencé à répondre aux questions que les deux Usehagi avaient posé juste après. Elle avait probablement dû répondre à Shusse qu'il ne valait mieux pas partager la nourriture avec eux, car leur soirée était encore loin d'être terminée, et qu'il ne fallait pas qu'elles mangent trop tout de suite, sinon elles n'allaient pas pouvoir être au mieux de leur performance. Elle l'aura sans doute remercier tout de même très poliment de cette proposition. La vérité c'était que les geishas et aussi les maiko devaient faire attention à leur ligne. Si elles se mettaient à manger avec tous leurs clients, il leur deviendrait bien impossible de rentrer dans les kimonos de l'okiya. Cela ne les empêchait pas de manger un peu, bien sur, surtout quand le client leur proposait ... Mais pas si tôt dans la soirée, en général.

Lorsque Suzu entra, Onesan était en train d'expliquer en quelque sorte en quoi pouvaient consister les préceptes principaux des geishas :

"- Il ne s'agit pas vraiment d'un code à proprement parler. Mais notre okiya a ses préceptes, comme chaque maison de geishas. La nôtre met en avant principalement quatre valeurs, liées aux quatre saisons :
Pour le printemps, la saison du renouveau et de la renaissance, il faut pouvoir mettre en avant sa Créativité.
Pour l'été, la saison de l'abondance, la Prouesse est mise à l'honneur.
Pour l'automne, saison de la romance et de la transition, on retourne vers la Tradition.
Et enfin l'hiver, saison de la petite mort et du grand froid correspond à la notion d'Accueil, puisque c'est en cette saison qu'il fait bon d'avoir un foyer ...

Voilà, ce sont ces quatre termes qui régissent nos vies : Créativité, Prouesse, Tradition et Accueil."


Ces notions, Suzu commençait à bien les connaître. C'était les clés pour pouvoir comprendre la démarche de la maison Hateku.

Laissant peser ces explications dans l'air, les deux geishas commencèrent à créer silencieusement. Ce fut Rin qui plaça la pièce maîtresse : la plus belle fleur. Ensuite, Suzu lui fit des propositions pour placer les feuillages et autres ornements. Il y avait bien sur des règles à respecter. Et Rin se permit plusieurs fois de corriger le positionnement des feuilles pour qu'elles tombent mieux sur l'ensemble. Au final le résultat était simple et complexe à la fois, équilibré et asymétrique, artificiel mais naturel, harmonieux et subtil à la fois ... C'était une alchimie intéressante.

Rin présenta le cadeau en tendant le vase et en le déposant devant le taii, en s'inclinant. Suzu commençait à ranger les excédents à l'arrière et en moins de deux minutes, ce fut comme s'il n'y avait jamais eu deux artistes en action juste ici.

En attendant que ce nouveau verdict tombe, les deux sœurs se regardaient d'un air complice, pour se remercier l'une de l'autre du travail accompli.


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MessageSujet: Re: Un monde différent [An 33 : Ite] (Pv Hateku Bara) Ven 21 Juil - 15:45

C'était certainement l'une des soirées les plus agréables qu'avait passer Shusse, celles à la garnison pouvaient être amusante, mais cela restait des soirées entre hommes et elles ont aussi leur limites et celles à la maison étaient bien plus austère, il fallait qu'ils attendent d'être avec sa sœur ou certains de ses cousins pour ''s'amuser''. Mais là c'était très différent, amusement, raffinement et aussi et surtout, apprentissage. Sa curiosité était bien vue et surtout on lui répondait. Et puis bon la présence de ses deux agréables et très belles personnes ne gâtait rien bien entendu, Shusse se demandait même s'il n'y avait pas un côté additif à cette beauté, facile de revenir et de dépenser tout son sou pour quelques soirées avec ces femmes.

Shusse n'était pas toujours à l'aise qu'on fasse les choses ou des choses pour lui. Bien entendu c'était différent pour les servants à la maison, il avait grandi avec eux, mais demander des choses à ces geisha lui semblait insultant. Il oubliait qu'elles étaient là pour cela, que c'était leur métier, enfin il ne l'oubliait pas, il avait simplement du mal de se faire à l'idée. Il voyait ces femmes comme respectables et honorables et il avait pour le coup un mal fou à leur demander quoi que ce soit, même s'il s'était détendu et que sa curiosité parlait facilement, son humilité parlait encore trop fort.


Je ne savais pas... je n'ai pas bien l'habitude. Gomen.

Cette phrase eu pour résultat premier d'arracher un nouveau rire franc à son oncle, ce dernier semblait comprendre le jeune homme. Si la fierté de ce dernier pouvait se ressentir face à des personnes issus de la plèbe ou de rangs moins important, il restait très discret, timide, voir même humble face à d'autres, comme ses supérieurs, ses pairs ou encore comme ici : des geisha. Même si pour ce dernier exemple c'était moins ce qu'elles pouvaient représenter que ce qu'elles affichaient qui gênait son neveu.

La proposition de la fleur à son bourgeon sembla plaire à celui-ci qui s'empressa d'aller chercher les affaires nécessaires à la confection de l'œuvre florale. D'ailleurs la rapidité avec laquelle Suzu sorti de la salle était amusante, il avait l'impression de se voir cavaler quand son père lui proposait de finir un entraînement sur un duel et qu'il lui demandait d'aller lui chercher un boken. Bien entendu lui pouvait ressembler à un pachyderme pressé comparé à la démarche rapide, mais gracieuse du petit bourgeon.

Pendant ce temps Rin expliqua à Shusse qu'il ne valait mieux pas qu'elles mangent tout de suite, pour pouvoir rester en forme par la suite. Le jeune homme hocha la tête en souriant, il n'était pas gêné par sa propre demande ou par la réponse de la geisha, il comprenait en effet qu'elles travaillaient après tout, alors qu'eux se détendait. Miyamoto ajouta une petite pique à Shusse.


Ha ha ! J'aurais peut-être du lui apprendre deux trois choses avant de venir.

Bien entendu c'était dit sur le ton de la plaisanterie, pas pour argumenter ou pour recevoir une quelconque réponse. Miyamoto comprenait la curiosité de son neveu, lui-même fut pareil en son temps, comme beaucoup d'Usehagi au final, le confinement de la pensé de la famille et leur vie stricte apportait cette soif de connaissance chez certains d'entre eux, au grand damne des chefs de famille (qui étaient généralement les plus curieux et les plus érudits).

Le petit bourgeon revint dans la salle au moment où Rin expliquait les différents préceptes de l'Okiya Hateku, le futur chef de famille écoutait la jeune femme avec la plus grande attention, ce qu'elle lui disait semblait couler de source une fois que l'on comprenait un peu tout. Rédiger les préceptes en rapport aux quatre saisons c'était très bien trouvé et très intelligent. Alors que l'hôtesse retrouvait sa petite sœur pour commencer la création, Miyamoto parla à son neveu.


Intéressant ces préceptes n'est-ce pas ?
Ha, mon oncle.
C'est l'avantage des Okiya, chacune à sa façon de voir les choses et d'une certaine manière chacune est différente.

Shusse hocha la tête en souriant et les deux hommes se reportèrent sur le travail des geisha, observant un silence total par respect pour les deux artistes qui se démenaient devant eux. Il y avait une complicité entre les deux jeunes femmes, une très grande complicité et le jeune homme ce disait que c'était encore une chose que les militaires gagneraient à copier sur les geisha, une si grande confiance et connaissance de l'autre pouvait être utile. Il les observa travailler et communiquer et finalement le résultat final était une chose absolument magnifique, le jeune Usehagi ne pensait qu'il était possible d'arriver à une telle sculpture végétal en utilisant que des fleurs. Rin posa le vase devant Miyamoto alors que Suzu rangeait rapidement. Miyamoto, un peu décontenancé se tourna vers un Shusse très admiratif.

Alors Shusse qu'en pense tu ?
C'est magnifique ! Une création complexe, mais d'une beauté qui parait simple, on pourrait voir une sculpture qui aurait mis plusieurs jours à être créé. Le tout donne l'impression d'une création faite par la nature elle-même, inspirée par une force supérieure tant tout cela parait naturel sans l'être.
Ha... et bien. Je vous conseille de vous fiez à son avis mesdames, mon sens critique étant assez mauvais pour ce genre d'œuvre. Le résultat de ma rudesse naturelle, veuillez m'en excusez. Quant à toi Shusse, je ne te savais pas si sensible à l'art. A ces mots le rouge remonta légèrement aux joues de Shusse.
Et bien... habituellement je me contente des calligraphies ou des dessins de Chizuru, mais c'est la première fois que je vois une œuvre de cette sorte et crée à des artistes confirmées et accomplies.

Pendant son explication les yeux du jeune hommes avaient alterné entre son oncle et les geisha, comme quelqu'un expliquant quelque chose d'assez gênant. Puis soudain il sembla se rappeler de quelque chose.

Ho, mais. Avez-vous des conseils pour entretenir cette œuvre ? Ou pour la transporter jusqu'à Mashiro ?


Heureusement c'était encore l'automne et les températures n'étaient pas trop tombées, mais il voulait altérer le moins possible cette sculpture végétales, il voulait que Chizuru la voit au mieux de sa forme, enfin autant que possible.



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MessageSujet: Re: Un monde différent [An 33 : Ite] (Pv Hateku Bara) Mer 16 Aoû - 23:00

L'oeuvre avait mit un moment pour être construite. Un peu plus d'une demie-heure sans doute. Mais les deux hommes avaient regardé patiemment, sans faire la moindre remarque. La composition florale avait grandement plut aux invités, et leurs regards à tous deux avaient changés. Mais pour cette fois, c'est le jeune Shusse qui se montra le plus explicite sur ce qu'il ressentait par rapport à cette oeuvre. Et cela faisait plaisir à voir et à entendre : cela signifiait donc que les deux jeunes femmes avaient réussi à toucher sa sensibilité. Elles s'échangèrent un regard qui voulait tout simplement dire "Bien joué !". Elles pouvaient être fières de cette accomplissement. Il était assez rare de pouvoir faire une composition florale à des clients le soirs, car ils étaient souvent nombreux à préférer les danses et les chants, voire les jeux : bien sûr c'était tout naturel puisque ces activités étaient souvent plus festives aussi.

L'oncle Usehagi s'excusa, il se trouvait lui-même trop rude pour pouvoir juger convenablement du rendu. Suzu ne put s'empêcher de penser que c'était peut-être une timidité bien cachée, ou qu'il ne voulait pas gâcher l'avis de son neveu ... Dans tous les cas, elle trouva cela assez noble de sa part. Encore une fois, certains clients se permettaient parfois de juger d'une oeuvre alors qu'ils n'y connaissaient rien de manière assez stricte, voire beaucoup trop sévère. Cela arrivait rarement, mais tout de même pas assez rarement pour qu'elle puisse prendre un tel geste pour acquis.

Là dessus, Shusse demanda s'il y avait des conditions à remplir pour que cette oeuvre éphémère se porte au mieux jusqu'à ce qu'il puisse l'offrir. Suzu lui indiqua, puisqu'elle était encore proche du vase.

"- Vous voyez, il y a dans le vase une mousse, et c'est dans cette mousse que sont plantées les tiges des fleurs. Si vous souhaitez la faire durer un maximum, il faut s'assurer que la mousse soit toujours un peu mouillée. Il y a une petite réservé d'eau dans ce vase, donc ça ne devrait pas poser problème. "

Rin ne trouvait visiblement pas ces explications très intéressantes. Elle laissa Suzu finir, par politesse, mais elle changea très vite de sujet :
"- Vous pensez que la composition plaira à votre sœur ? Vous avez l'air assez proches non ?" adressa-t-elle au jeune bushi. "Nous serions ravies d'en savoir un peu plus de vos vies à vous, si vous le souhaitez. Nous nous inspirons souvent des familles honorables de samurai pour nos chants traditionnels ..."

Il était temps apparemment, d'après la geisha, de faire connaissance. Suzu reconnut l'ingéniosité de sa Onesan : prétexter que le mode de vie de cette famille pouvait être un thème intéressant pour composer des chants était intéressant pour ouvrir la discussion. Et ce n'était même pas faux, par ailleurs.

Il était vrai que la curiosité de Suzu était elle aussi attisée. En réalité elle ne savait que peu de choses sur la famille Usehagi, hormis que c'était une famille réputée de samurai à Fukyuu. Elle avait hate d'en apprendre plus, et ne pouvait s'empêcher de songer à l'entrainement difficile que devait subir Shusse, car il lui semblait que c'était à lui qu'allait revenir le rôle complexe de chef de famille, plus tard. Si elle avait eu un tout autre avenir, elle aurait peut-être côtoyé des gens comme les Usehagi plus facilement. Mais c'était aussi l'avantage de sa vie à l'okiya : elle rencontrait des gens qu'elle n'aurait peut être jamais eu l'occasion de rencontrer autrement.

Elle se rendit compte qu'elle observait le jeune homme depuis quelques minutes déjà, et rabaissa donc son regard inquisiteur, qui devait sans doute être trop envahissant. Ce n'était pas l'effet escompté. Elle tendit plutôt ses oreilles, à l'écoute de la réponse qu'ils allaient leur donner.
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MessageSujet: Re: Un monde différent [An 33 : Ite] (Pv Hateku Bara) Ven 25 Aoû - 19:34

Spoiler:
 

La création florale était vraiment magnifique, assez pour que Shusse se surprenne à déballer son ressentit vis-à-vis de l'œuvre. Sa sœur l'avait toujours encouragé à dire ce qu'il ressentait face à l'art et même en général. Le jeune samurai essayait toujours de rester le plus stoïque possible, mais il avait encore du mal à se contenir parfois, il espérait que l'expérience et les années à venir le rendrait plus ''calme'' au niveau de ses sentiments. Il n'imaginait pas encore que ce qui l'aiderait à parvenir à cela n'avait rien à voir avec la sagesse ou les années, quelque chose de beaucoup plus... physique.

La jeune maiko expliqua au bushi comment conserver la composition le plus longtemps possible, heureusement que c'était l'automne, pas le mois le plus chaud, mais heureusement pas le plus froid non plus, l'œuvre devrait donc tenir jusqu'à Mashiro, c'était tant mieux, il fallait juste qu'il la fasse envoyé au domaine Usehagi. Alors qu'il avait encore les yeux posés sur les fleurs, Rin lui posa une question assez personnelle, sans être indiscrète, plusieurs questions même. Cela sembla ramener le jeune homme à la réalité et les yeux de ce dernier se tournèrent vers la geisha, il répondit un peu mal à l'aise, assez peu pour que cela paraisse plus mignon que déplaisant. Se grattant la joue il répondit :

Aucun doute qu'elle aimera, elle sera même plus à même d'apprécier cette œuvre. Chizuru a toujours été plus tourner vers les arts que vers la guerre, on est différents sur ce genre de choses, mais on se rejoints sur plusieurs sujets importants. J'imagine qu'elle est ma meilleure amie autant qu'elle est ma sœur.

Hormis quelques cousins et cousines, elle était la personne avec qui il passait le plus de temps sans aucun doute. Elle avait toujours été un vent d'air frais pour Shusse pendant son entraînement, jusqu'à ce qu'il passe le gempukku, sa vie n'était rythmé que par l'entraînement et quelques activités annexes, mais toujours en rapport avec son futur de samurai, une lutte de tous les instants. Les moments passés avec elles furent toujours de véritables moment de relaxation pour le jeune homme. Elle ne savait même pas à quel point elle l'avait aidé à devenir ce qu'il est maintenant. Miyamoto eu un petit rire.

Pas sûr qu'il y ai beaucoup d'audimat pour un chant inspiré des Usehagi.
Ce que veut dire mon oncle, c'est que les Usehagi sont assez renfermé sur la famille, notre histoire avec Fukyuu et les histoires à propos d'une malédiction on suffit à refroidir certaines personnes. De plus, nombre d'entre nous sont peu enclin à vouloir changer cela.

Il est vrai que pour un Usehagi l'important est la famille et le clan, pas l'image qu'ils donnaient, il y avait quand même un certain respect pour cette famille en général, mais un respect de préférence lointain sans avoir à devoir faire leur rencontre. Ils restaient une famille nombreuse, puissante, possédant beaucoup de terre (peut-être l'un des plus grands patrimoine de Fukyuu) et composer de samurai émérites. Donc une famille respectée, pas détesté, mais que l'on préfère ne pas avoir à gérer.

Pour nos vies... la mienne n'a rien d'incroyable j'imagine, je suis le fils du chef actuel de la famille, lui-même fils d'Usehagi Hideyoshi. On m'a mis un sabre dans les mains dès que ces dernières furent assez fortes pour le porter, je suis devenu samurai à 14 ans, c'était il y à deux ans, depuis je sers ma famille et le clan.

Cette fois les yeux de Shusse alternaient entre le regard de Rin et Suzu qui gardait majoritairement la tête baissée, il ne savait pas vraiment quoi rajouter en réalité, il était jeune, donc sa vie n'était pas encore très remplie. Il espérait que son oncle ajoute quelque chose, histoire de ne pas initier un blanc trop gênant pour les deux artistes.

Pareil que pour mon neveu, de plus je n'aime pas tellement parler de moi. Le ton de son oncle était un peu sec, prouvant sa volonté de garder ses histoires pour lui, par le contre son ton devint beaucoup plus amicale pour la suite, montrant qu'il ne s'agissait pas là d'une quelconque erreur de la part de Rin. Par contre, j'imagine que notre famille peut être intéressante d'un point de vue extérieure. Son lien avec Fukyuu et ce depuis la pacification du territoire, la volonté d'Hideyoshi de vaincre les Fukyuu sur-le-champ de bataille pour s'octroyer le territoire au nom de Yumigami. Le courage du père de Shusse, mon frère, d'affronter le terrible guerrier qu'était Hideyoshi dans un duel pour prendre le contrôle de la famille afin de la faire servir Fukyuu Chizue-sama.
C'est vrai mon oncle. Notre famille à également un fonctionnement qui peut différer des habitudes des familles nobles. Déjà tout enfant Usehagi apprend à manier les armes, ceux qui ne peuvent pas sont dirigés vers les arts, la musique. Il y a aussi le fait que les femmes Usehagi ont pour instructions de garder leur nom à leur mariage. Père à toujours dit que le nom Usehagi valait mieux qu'un bon mari. Il y a aussi le culte lié à Yumigami qui est quelque chose de propre à notre famille.
Sans parler de l'entraînement continuel pour les enfants et adolescents qui doivent devenir samurai, c'est assez spécifique à notre famille, vu la violence, l'âge précoce du commencement et son intensité.

En effet chaque enfants guerriers Usehagi portaient les marques de cet entraînement, rien de simple ou de doux. Le père de Shusse avait à cœur de former tous les enfants pour qu'ils deviennent de terribles guerriers, d'ailleurs le jeune homme ne put qu'hocher la tête comme pour confirmer les dire de son oncle, pour l'avoir connu jusqu'à il y a encore peu de temps. C'était même amusant de voir qu'être samurai était moins difficile et douloureux que l'entraînement qu'il avait subi pour le devenir. Mais Shusse avait aussi des questions.

Et vous, Rin-san, Suzu-san ? Qu'elle fut vos vies, mais surtout qu'est-ce qui amène une jeune fille à devenir maiko puis geisha ?

Encore une fois c'était la curiosité et l'inexpérience de Shusse qui parlait, une question qui valait mieux mettre de côté parfois.



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MessageSujet: Re: Un monde différent [An 33 : Ite] (Pv Hateku Bara) Lun 11 Sep - 21:04

Usehagi Shusse écouta attentivement les instructions qui permettraient à son présent d'être dans la meilleure des formes possibles avant d'être offert. Son expression changea presque du tout au tout lorsque Rin commença à poser ouvertement des questions au jeune homme, mais il finit par répondre, certainement le plus honnêtement que possible. Son expression quelque peu naïve fit sourire la jeune Suzu. Elle se reconnaissait un peu dans ce type d'expressions. Il expliqua que sa sœur était plus intéressée par les arts en tous genres : c'était après tout ce qu'on pouvait attendre d'une jeune fille de bonne famille à Fukyuu. Il déclara par la suite qu'elle était probablement sa meilleure amie, et Suzu trouva cela tellement attendrissant, qu'elle ne put s'empêcher d'avoir un air rêveur à cette idée. Souvent, elle regrettait de ne pas avoir eu de frère ou de sœur biologique ... Bien sûr, il y avait toutes ses sœurs à l'okiya,
mais c'était tout de même différent ... Elle tentait d'imaginer ce que pouvait être un lien de ce type. Partager les valeurs et porter haut les couleurs d'une famille.
C'était ce qui lui manquait le plus. Ses yeux se perdirent dans le vague.

Elle revint très vite à la réalité lorsque l'oncle de Shusse tira un nouveau trait assez humoristique ; Rin avait évoqué juste avant l'idée de s'inspirer de la vie des samuraï pour en faire des chants.

Ici, Shusse évoqua une "malédiction", ou en tous cas des rumeurs autour de cela qui auraient apparemment entaché la réputation des Usehagi. Suzu eut du mal à avaler cela : pour elle toute famille de samuraï se devait d'être respectée à juste titre. Les histoires et rumeurs qu'il pouvait y avoir devaient sans doute être le reflet d'une vague de jalousie de la part d'une autre famille du clan ... ?

Enfin, après tout, elle n'y connaissait pas grand chose encore ... Il expliqua rapidement son parcours. Devenir samurai à 14 ans ? Cela semblait si jeune à Suzu. Elle en était encore un peu abasourdie quand son oncle enchaîna en expliquant qu'il n'avait pas bien envie de parler de lui. Rin se pinça les lèvres, de peur d'avoir quelque peu brusqué la conversation ... Mais, tout naturellement,
il poursuivit pourtant en évoquant l'histoire de leur famille.

Suzu ouvrit grand ses oreilles car c'était en général ce qui l'intéressait le plus. Ils expliquèrent que l'ancêtre fondateur des Usehagi avait souhaité se retourner contre les Fukyuu pour tenter de prendre le territoire ... Au nom de Yumigami-sama. Ce qui n'était pas sans être original ! Le père de Shusse était allé contre cette traîtrise pour rétablir le nom de la famille auprès de Fukyuu Chizue-sama elle-même. C'était incroyable ! Suzu aurait souhaité entendre les détails de cette bataille qui avait dû être épique.

Mais Shusse continua en évoquant les coutumes de la famille. Les deux geishas écoutaient attentivement. Effectivement, cette famille de guerriers avait l'air d'avoir tout un système pour former les enfants à intégrer la noblesse d'arme le plus tôt possible.

La jeune Maiko ne put s'empêcher de rebondir :
"- Il faut beaucoup de courage pour suivre la voie du bushi, je pense que la manière dont votre famille forme ses jeunes inculque peut être ces valeurs de manière violente, mais cela fait aussi en sorte que vos enfants soient très matures."

Elle avait fait par cette occasion un compliment au jeune samurai, mais c'était tout à fait sincère.

La question leur fut retournée, Rin s'exprima la première :
"- Eh bien ... La plupart d'entre nous sont orphelines ou presque. Pour moi, Yuki-sama notre Okâsan m'a recueillie car elle connaissait très bien ma mère. Je crois qu'il en est de même pour Suzu ..."

Rin lui tendait une perche pour que la jeune maiko puisse s'exprimer :
"- Oui, exact. Ma mère brodait des kimonos et mon ... Mon père les vendait à l'okiya."

Suzu avait buté un peu sur le mot "père" qu'elle n'avait pas envie de prononcer. Mais elle espérait que cela ne se soit pas fait trop remarquer.

"- Bien sûr, la beauté est un critère mais ce n'est pas le principal. Car cela se cultive. Yuki-sama prend sous son aile des jeunes filles qui se retrouvent sans avenir, et leur donne une chance de devenir des femmes dignes de recevoir l'apprentissage des arts. "

Rin faisait voguer son regard de l'un à l'autre de ses invités, espérant que l'un des deux au moins soit assez intéressé pour relancer, sinon, elle devrait trouver une autre manière de les occuper assez rapidement ...


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MessageSujet: Re: Un monde différent [An 33 : Ite] (Pv Hateku Bara) Mar 26 Sep - 14:40

Finalement, il y avait pas mal de choses à dire sur cette famille, ce qui était normal d'une certaine manière, cette dernière étant directement liée à Fukyuu, Shusse était fier de faire partie de cette famille au combien noble. C'était même son principal moteur, la servir. C'était peut-être pour cela que beaucoup d'autres grandes familles de Fukyuu les regardait d'un mauvais œil, à cause de leur fidélité aux Usehagi plutôt qu'au Fukyuu, même si chaque membre affirmait servir le clan. La vérité était pourtant tout autre.

La jeune maiko rebondit la première sur les dires des deux hommes, affirmant que cet entraînement particulièrement violent et intensif permettait à la famille d'avoir des enfants très matures. Le jeune samurai ne put s'empêcher de voir le rose monter à ses joues. C'était un bien agréable compliment, donné par une bien agréable personne, il inclina légèrement la tête envers Suzu pour la remercier.

Certaines personnes y voyait surtout une famille qui privait ses enfants d'une véritable enfance et c'était vrai d'une certaine manière. Même lorsqu'il se retrouvait en compagnie de sa sœur ou de ses cousins les discutions qu'ils avaient et les jeux qu'ils partageaient étaient assez sérieux, même si cela les faisait rire. Il parlait art, histoire avec sa sœur et combat et duel avec ses cousins, mais pas de jeux d'enfants comme l'ohajiki ou autre, des sujets et jeux sérieux, leur permettant pourtant de rire et de s'amuser entre eux. Car oui pour un Usehagi un combat au boken ou une discussion sur l'art, l'histoire ou la philosophie était amusant, voir même la seule chose qui se rapprochait d'un jeu pour les enfants.

Vint ensuite les réponses de Rin et Suzu sur les origines des maiko et des geisha. C'était donc assez triste pour le début, la plupart d'entre elles étaient donc orpheline, les autres avaient quitté leur famille pour venir ici. C'était triste, certes, mais elles avaient la chance de devenir les gardiennes des arts traditionnels de Yokuni, c'était un métier très honorable et respecté, il y avait donc du bien dans le mal. Shusse remarqua brièvement le fait que Suzu buta un peu pour parler de son père, mais il n'y fit pas tellement attention, de toute manière il serait impoli de s'y intéresser de trop près.


Vous devez être très courageuse pour accepter de quitter votre famille. Je pense que je n'aurais jamais le courage de le faire.

Sa remarque était ponctué de son habituel air doux et calme, il ne voulait pas sous-entendre qu'il était mieux qu'elle pour ne pas quitter sa famille, bien au contraire, il les admirait pour avoir eu tant de courage, surtout venant de jeunes femmes. Car oui, même si Eda-san était passé dans sa vie, il avait encore quelques préjugés.

Ainsi donc vous vivez toutes ici à Ite ? Dans l'okiya même ? Je ne viens que rarement à la capitale, mais cela doit être agréable d'y vivre. On m'a souvent parlé du château construit à même le flanc de la montagne, ou la mer au-delà des montagnes du sud ainsi que des deux grands lac à l'est que l'on dit magnifique. Avez-vous déjà visité les environs ? Ou peut-être que votre vie d'artiste vous prend trop de temps ? D'ailleurs que fait une geisha de son temps libre ? En avez-vous d'ailleurs ?
Shusse... Excusez ces questions embarrassante mes demoiselles, je me ferais un plaisir de lui expliquer si vous ne voulez pas en parler.
Expliquer quoi ? Ai-je dit une idiotie ?



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Hateku Bara

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MessageSujet: Re: Un monde différent [An 33 : Ite] (Pv Hateku Bara) Lun 9 Oct - 20:16

Plus la soirée avançait, et plus ces âmes inconnues s'entremêlaient dans diverses explications de leurs vies, chacun issu de mondes bien différents,
mais leurs expériences uniques attisant la curiosité des uns et des autres.

La vie des guerriers devait être difficile, c'est ce que pensait de plus en plus Suzu. Autant, sa condition de maiko lui imposait parfois d'user de ses aptitudes physiques, autant il était aussi vrai que son métier était plus intellectuel qu'autre chose. Cela semblait moins compliqué à la jeune femme. Plus facile à discipliner qu'un corps qui met des années à arriver à maturité.

Mais pourtant, le plus jeune des Usehagi continuait de vanter le "courage" dont il fallait faire preuve pour quitter sa famille et devenir geisha. Suzu n'appelait pas cela courage ...

"- Pour moi ce n'est pas forcément courageux d'emprunter cette voix dans ces conditions. Nous nous surpassons pour remercier celle qui a sû nous recueillir comme une mère. Nous devons rendre honneur aux nombreux savoirs qu'Okasan nous transmet ..."

"- Oui, je suis d'accord ... Et puis, l'okiya fonctionne un peu comme un grand famille !"

Les deux artistes se lancèrent un sourire discret mais complice.

Le jeune homme poussa encore sa curiosité et demanda à en savoir plus sur le mode de vie des geisha.

"- Nonon, ne vous en faîtes pas Usehagi-sama, ce n'est pas trop indiscret, murmura Rin poliment, avant de poursuivre par des réponses en se tournant vers le jeune héritier, "Encore une fois, dans chaque okiya les choses se passent différemment. Mais chez nous, à la maison Hateku, la plupart des geisha qui n'ont pas trouvé de danna* restent séjourner à l'okiya, à moins qu'elles aient la possibilité de se payer elles-mêmes un logement individuel."

"- La vie à l'okiya n'est pas toute rose, mais comme l'a dit Rin, nous vivons comme si nous étions toutes sœurs. Les plus petites dorment dans des dortoirs. Les plus âgées ont leur propre chambre ou une chambre à deux. Cela dépend du statut qu'elles tiennent à l'okiya." ajouta Suzu


Rin approuva d'un signe de la tête.

"- Ite est une très belle cité. Il y a beaucoup de choses à y faire, on ne s'ennuie pas, mais malheureusement nous avons effectivement peu de temps et d'occasions de sortir hors de ses murs en général. Par exemple, Suzu qui est née à Ite, n'en est jamais vraiment sortie."


"- Oui, c'est vrai ... Ca me plairais bien, un jour, si je le peux !"
, ajouta la maiko avec un large sourire. En vérité, cela faisait partie de ses rêves les plus récurrents. Elle essayait d'imaginer le monde, d'après ce qu'elle avait pu lire des autres régions dans les manuscrits de la bibliothèque de l'okiya.

"- Quand nous avons du temps libre souvent nous en profitons pour sortir en ville, faire quelques emplettes, aller au temple faire nos prières, ou bien se ballader ...", précisa Rin. "- Si le temps ne s'y prête pas alors nous méditons ou alors nous en profitons pour composer."


C'était le schéma typique mais le plus réaliste.

"- Vous connaissez bien Ite, n'est-ce pas ? Mais vous devez mieux connaître aussi les autres contrées du clan, comparé à nous."
, demanda la geisha.

Suzu se doutait du type de réponse qu'elles allaient recevoir à cette question, mais il était toujours intéressant de connaître le point de vue de ceux qui voyagent. Cela aidait souvent à voyager aussi, par l'imagination ...


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MessageSujet: Re: Un monde différent [An 33 : Ite] (Pv Hateku Bara) Mar 17 Oct - 19:20

Visiblement la jeune Suzu ne trouvait pas cela vraiment courageux de sa part de quitter sa famille et il était évident que sur ce point les deux jeunes gens auraient du mal à se comprendre. Après tout, la famille de Shusse était une famille noble, fier et donc rude, comme lui et son oncle avaient pu le laisser entendre un peu avant. Et pourtant il savait que même si son père était un homme exigeant, dur et même parfois violent envers ses enfants, Shusse n'imaginait même pas quitter sa famille, c'était juste inconcevable pour lui, il était même sûr de rester auprès d'eux s'il devait un jour choisir entre Fukyuu et Usehagi. Bien entendu, il ne connaissait pas assez de détails sur la vie de la geisha pour émettre un jugement.

Elles vivaient donc comme une grande famille, comme des sœurs vivants toutes sous le même toit. Même si Rin lui parlait de la possibilité pour certaines de se payer un logement individuel, voir d'avoir un protecteur qui l'entretiendrait. La société dans laquelle ils évoluaient tous ne permettait pas une réelle liberté, sauf peut-être pour certain hinin ou vagabond, mais les geisha semblait tout autant limité que les samurai et même certainement plus d'une certaine manière. Shusse avait peut-être cette idée reçue d'une vie calme, quoi qu'un peu monotone d'une geisha, à l'image de leur beauté et de leur grâce, on pouvait facilement imaginer leur vie sous le même aspect. Mais il n'en était rien finalement et surtout après avoir vu certains de leur talent à l'œuvre.


Naruhodo, comme une grande famille... Cela doit être pratique pour les jeunes apprenties d'avoir des grandes sœurs toujours présentes.

Shusse se demanda presque automatiquement après cette question s'il y avait des rivalités ou de la compétition entre les geisha d'un okiya. Il préféra ne pas demander, si cela s'avérait vrai, ce n'était pas une bonne discussion à avoir en vérité. Et puis pour le moment il n'avait pas besoin de tout savoir ce soir non plus. Comme il s'y attendait, elles n'avaient pas beaucoup de temps pour pouvoir sortir hors de la capitale, cela semblait logique et prouvait qu'une geisha avait largement de quoi s'occuper. Shusse offrit un sourire sincère à Suzu quand la jeune femme confia, qu'effectivement, elle aimerait voir un peu de pays. Il aurait aimé l'aider dans cette voie, peut être par altruisme, ou par noblesse d'esprit ou encore parce qu'il n'était pas insensible à la grâce et la beauté de la jeune maiko. Bien entendu il ne dit rien, car il ne pouvait promettre ce genre de choses et parce qu'il ne savait même pas s'il avait le droit de proposer une telle chose.

Le futur chef de famille écouta la suite des paroles de Rin avec grande attention, ainsi donc elles pratiquaient la méditation également ? Il savait bien que ce n'était pas réservé aux guerriers, mais ayant grandi et vivant dans ce monde, c'était majoritairement des samurais qu'il voyait méditer. Il écouta la suite et y répondit également.


A vrai dire je ne suis venu à Ite que deux ou trois fois, j'ai pu aller à Miyuki et à Fuyu également, pour des missions. Mais en vérité je suis très peu sorti de la région de Mashiro, pour tout dire j'ai un peu de mal à m'en éloigner.
Ce qui est assez logique pour un Usehagi, c'est là que notre famille à réellement pris son essor et toutes nos possessions terrestre sont à Mashiro.
Mais étant un samurai de Mashiro, j'ai pu faire des missions en mer également. Contrairement à vous Suzu-san je suis moins curieux et avide de découverte. Il faut croire que ce n'est pas quelque chose que l'on développe dans notre famille.

Shusse eu un petit rire gêné, en effet il ne pourrait pas aider les deux jeunes femmes à en apprendre plus sur le monde de Yokuni, ce monde avait que peu d'importance et d'intérêt pour Shusse. Le plus important étant Mashiro et sa famille, le reste était assez secondaire. C'est Miyamoto qui parla ensuite, voulant certainement éviter un blanc dû à leur faible connaissance géographique et leur faible intérêt pour la chose, oui les samurai était plus limité à bien des regards.

Dite moi Rin-san, avez-vous d'autres spécialités que la composition florale dont vous voudriez nous faire profiter ?



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MessageSujet: Re: Un monde différent [An 33 : Ite] (Pv Hateku Bara) Lun 6 Nov - 13:50


Les Usehagi semblaient avoir une perception de la vie bien différente de celle des geisha. Shusse parut surpris que Suzu explique qu'il n'y avait rien de courageux dans la démarche de devenir geisha et surtout de quitter sa famille. En fait ce n'est pas tant parce que c'était un métier facile. Mais Suzu n'avait juste pas eu le choix. C'était ça ou devenir … Rien ? En vérité la jeune fille se posait sincèrement la question à présent. Qu'aurait elle bien pu faire ? Si elle n'avait pas été recrutée et adoptée par Okasan ? Aurait-elle été mendiante ou bien embauchée comme bonne à tout faire quelque part ?

La maiko n'osait pas y penser. Certes la voie des geisha n'était pas simple pour autant. Remplie d'obligations jusqu'au remboursement de sa dette et même sans doute encore après elle mettrait peut être une vie entière avant de connaître la liberté. Mais Suzu était patiente et docile et c'était ce que la Mère appréciait le plus chez elle.

On pouvait voir sur les traits de Rin que cette discussion la travaillait aussi. Du moins, Suzu pouvait le voir, car elle la connaissait bien, mais elle n'était pas sure que ca soit perceptible par les invités car son visage restait souvent impassible dans ce genre de cas. La jeune fille décida alors de reprendre la parole histoire de ne pas laisser s'installer un silence de réflexion imposant.

“- Oui, c'est non seulement pratique d'avoir une Onesan mais aussi essentiel pour devenir soi-même une geisha accomplie. Personnellement j'aurais eu encore beaucoup de retard dans mon apprentissage sans Rin.”

À cette mention agréable de son nom, sa grande soeur releva la tête, sortant de sa torpeur, et souria à Suzu.

Ensuite Shusse expliqua qu'il n'avait pas tant voyagé que cela : il avait surtout pu parcourir quelques contrées Fukyuu dont Fuyu Miyuki et Mashiro, c'était déjà plus que Rin et Suzu réunies.

Il expliqua aussi qu'il avait pu prendre la mer lors de quelques missions. Cela mis des étincelles de jalousie dans les yeux de Suzu. Elle qui n'avait même jamais pu monter sur une simple barque.

Mais les deux hommes avaient poursuivi leur dialogue, partant sur l’idée que leur famille n’était pas vraiment du genre à s’éloigner de leurs terres. Cela semblait tout naturel pour une famille de bushi comme la leur. Shusse semblait même un peu gêné de l’avouer, ou alors était-ce parce qu’il se retrouvait bien incapable d’accéder à la demande de Suzu ?

Finalement la discussion en revint aux pratiques artistiques de Rin.
La geisha était une artiste confirmée qui maîtrisait effectivement différents arts. Onesan se redressa.

“- Oui bien sur, j’aurais une grande joie à vous montrer d’autres prestations. Qu’est-ce qu’il vous ferait plaisir ? Je peux danser avec Suzu si vous le souhaitez. Il nous suffit de faire venir une joueuse de tambour. “


A ces mots, la maiko se leva. Cette simple phrase impliquait pour elle d’aller faire chercher quelqu’un. Elles pouvaient demander par exemple à leur soeur Kineko-chan ou encore à Chizune. Suzu attendait juste un regard de sa tutrice pour filer à leur recherche. Cela ne se fit pas attendre.

“- Suzu, peux-tu aller voir auprès d’Okasan qui est disponible ?”

“Hai hai !”, dit-elle en tournant les talons. Pendant ce temps la geisha fit de la place, organisant la salle de façon à ce que les deux danseuses puissent être face aux deux hommes, et la joueuse de tambour sur le côté.

Ce fut Kineko-chan qui remonta avec Suzu. Cette jeune geisha tout juste confirmée était non seulement très mignonne dans un style très traditionnel, mais elle avait pour elle la grâce d’une jeune fleur discrète et sensible. Admirée pour son calme toujours constant, et pour sa patience envers ses consoeurs, elle était reconnue pour sa rythmique irréprochable au tambour. Ses mains étaient à vrai dire les seules grandes victimes de son art, car elle jouait parfois du tambour pendant plusieurs heures d’affilée pendant les zashiki*.

La jeune femme se présenta rapidement et s’installa. La maiko se mit en arrière plan d’Onesan. Dès les premières notes du tambour, leurs mouvements furent coordonnés. Suzu comprit tout de suite quelle danse était proposée par sa grande soeur et exécuta au mieux les mouvements, ne gâchant rien à la volupté des mouvements de Rin, qui se voulaient plus assurés et précis. C’était une danse traditionnelle à l’éventail. La danse dura quelques minutes, puis les trois artistes saluèrent, attendant un avis sur leur représentation.  

*:
 


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MessageSujet: Re: Un monde différent [An 33 : Ite] (Pv Hateku Bara) Mar 21 Nov - 21:02

Certainement trop jeune pour réellement percevoir que la discussion pouvait travailler les deux jeunes femmes, ces dernières étaient assez professionnelles pour réussir à ne pas laisser passer les doutes ou les réflexions peu joyeuses et Shusse ne remarqua donc rien. Impossible de savoir pour son oncle par contre ce dernier gardait son petit sourire en coin décontracté, peut-être plus à l'aise avec l'endroit et plus connaisseur il savait qu'il était inutile de remuer le couteau, il fallait laisser faire les hôtesses pour changer de discussion ou pour reprendre plus joyeusement.

Suzu avoua que sans sa grande sœur elle aurait eu beaucoup de retard sur sa formation. Ces deux jeunes femmes s'entendaient bien, on avait réellement l'impression de voir deux sœurs très unies. D'une certaine manière il était gêné de leur demander du thé, de jouer de la musique ou de danser, mais il se rendait compte qu'il n'y avait rien de mal à cela et il serait certainement plus simple pour elles qu'il se laisse un peu aller.

Lorsque Rin proposa une danse traditionnelle, c'est Miyamoto qui accepta la chose, après tout Shusse n'avait pas trop à donner son avis pour le moment et puis il était curieux de voir ce que cela donnait, la jeune Suzu parti chercher une musicienne et pendant ce temps Rin arrangea la salle pour la future représentation. Le jeune samurai essaya de ne pas gêner l'artiste, même si finalement il n'en eut pas du tout l'impression. Bientôt Suzu revint avec l'une de ses sœurs une jeune femme ravissante, accompagnée d'un tambour. Le jeune Shusse se leva pour saluer le nouvel arrivant, puis se rassit sagement pour observer la danse des deux artistes.

Il n'avait jamais assisté à cela non plus, mais c'était très beau, la jeune maiko suivait les mouvements de sa sœur, les deux se complétaient d'une bien belle manière et s'accordait avec les rythmiques jouées par Kineko. Le jeune samurai voyait en cette danse quelque chose de très poétique, mais aussi d'extrêmement rigoureux. Le visage du futur chef était admiratif et on pouvait voir une petite lueur d'admiration dans ses yeux devant tant de volupté. Une fois la danse finie il n'hésita pas à dire ce qu'il en avait pensé.


C'était magnifique Rin-san, Suzu-san, Kineko-san. Comme pour le reste et quasiment tout je n'avais jamais put assister à une telle représentation. Et dire que vous devez savoir faire tellement de choses encore et...
Doucement Shusse. Reprend ton calme tu es Usehagi n'oublie pas.
Hum, oui désoler mon oncle.

Sur le coup le jeune homme paraissait bien moins calme qu'au début de la soirée, mais les paroles de son oncle lui rappelaient qui il devait être. Il reprit donc un seiza parfait avant de fermer les yeux le temps d'une inspiration et expiration. Et il rouvrit les yeux, posant ses derniers dans ceux de Suzu, avant de les reporter sur son oncle, il avait retrouvé son calme et la douceur de son visage. Miyamoto avait toujours son sourire en bouche, mais sa réflexion montrait que malgré son attitude un peu plus relâchée que le reste de la famille il semblait faire attention à Shusse et à ses attitudes, visiblement même pour lui, la famille reste le plus important.

Ce fût en effet un moment très enchanteur, comme cette soirée, je dois bien avouer que Mashiro va nous paraître moins attrayante maintenant ha ha ha. Je dois encore finir cette bouteille de saké, mais nous devrons prendre congé par la suite, le réveil est prévu assez tôt demain. Vous m'en voyez navré.

Et visiblement le visage de Shusse montrait aussi une pointe de déception, mais il reviendrait, à vrai dire il ne voulait pas forcément aller voir des geisha à présent, non il voulait voir ces geisha. Il pourrait bien revenir à Ite un de ses jours, il était certain qu'il pourrait repasser.




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