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 Où sont les hommes de nos campagnes ? | Liiiibre !

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Abe no Chikanori

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Onmyôji

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MessageSujet: Où sont les hommes de nos campagnes ? | Liiiibre ! Jeu 22 Juin - 15:07

Jour 14, Lune du Tigre, An 39
Fête de la Fertilité, Hiyori

Jamais la mythologie lui avait semblé aussi obscure à lui, habitant de Kenshu et Onmyôji de pères en fils. Tout lui paraissait absurde : un Yokaï niché dans une femme ? Des hommes castrés ? Une nécessité aujourd’hui pour duper les esprits de se déguiser tout en bénissant ce jour pour la descendance ? Tout cela ne pouvait qu’être une possession étrange, un Yokaï gourmand et des conteurs encore plus gourmands, mais bien évidemment, on ne refaisait pas les légendes. Seule question qui le titillait était le nombre d’enfants conçus pendant cette nuit de folie où il était très bizarre de parcourir les rues et voir autant de femmes et … en l’occurrence de fausses femmes. Perruques lissées, kimonos colorés, maquillage raffiné, qui était homme, femme ou mouton, dans le noir ou les ténèbres de l’alcool, il commençait à être compliqué de le voir …
Bref, fête qu’il ne comprenait que très peu, il s’était dit qu’en évitant les grosses villes ainsi que les grosses célébrations, il s’en épargnerait les conséquences. La grossière erreur. La combinaison de la tradition ancestrale de la fête et du petit village superstitieux à en faire rire les Kamis avait presque fini de sceller son sort. Lui, l’étranger en couleurs sobres ressortait du lot comme une tâche d’encre sur un papier vierge.

Alors en pleine lecture d’un ouvrage de Haïkus dans l’enceinte du petit temple de la ville, ses confrères et consœurs religieux avaient vaincu leur réserve pour venir voir le voyageur de Kenshu solitaire. Il les avait toisé de haut en bas, posé le regard sur le obi floral rose, la palette de maquillage discrètement cachée dans la doublure d’une manche, regardé d’un air agacé leurs sourires complices … Chikanori s’était exclamé : « NON ! » Puis il était parti voir s’il y était ailleurs, bien évidemment.
Le parcours du combattant ne faisait que commencer. Evitant les lieux publics du temple ainsi que les dortoirs agités, il était atterri à l’arrière cour d’ordinaire vide. La tranquillité était offerte à lui jusqu’au moment où des pas s’approchant, il releva le nez de sa lecture, tombant à pic face à une vieille femme le regardant en chien de faïence. Que faisait-elle là, c’était un mystère, tout ce qu’il savait c’est qu’il ne l’avait jamais croisée ni ici ni ailleurs, c’était une parfaite inconnue, et dès lors il sentit déjà que la suite allait s’avérer tragique.

_ Vous ne portez pas la tradition. » Constata-t-elle.
_ Non, je ne me déguise pas. » Répondit-il les dents serrées.
_ Ce n’est pas du déguisement, c’est la tradition. Et vous risquez votre virilité.
_ … pardon ? » Puis il se reprit rapidement car vu qu’on lui avait déjà fait le coup de lui réciter le conte, il valait mieux aller directement aux explications.  « Excusez-moi, je suis Onmyôji. Je n’ai aucun souci pour me protéger des Yokaï. Merci de vous inquiéter pour moi.
_ Ooooh … Je vois ... » Répondit-elle en hochant la tête doucement. « Mais comment allez vous faire lorsque vous allez dormir ? Les Yokaïs vont vous attaquer à ce moment là, c’est sûr. Vous êtes un jeune homme en pleine santé, vous devriez vraiment faire attention, rien que l’année dernière il y en a eu des comme vous, ils n’avaient pas respecté la tradition et … lors de leur mariage … ça s’est pas bien passé. Le déshonneur pour les deux familles, je ne vous le fais pas dire, c’était  vraiment regrettable et …
_ Je vous remercie mais … je n’ai pas … envie. » L’agacement était visible.
_ Même pas un obi ?

Avec tous les efforts du monde pour ne pas étrangler son ainée, il avait fui dans les rues, se disant qu’au moins il ne rencontrerait plus de gens se mêlant de ce qui ne les regardait pas, mais c’était là aussi peu dire. Dans les rues, les danses se succédaient dans une ambiance fort festive, les commerces tournaient à plein régime, l’alcool coulait à flot … et il se sentait de plus en plus à part dans cette foule indifférenciée où il avait l’impression d’être le seul homme encore présent. Mais c’était quoi ce pays ?! Finalement il décida de s’arrêter dans un restaurant d’où on pouvait voir une estrade de danseurs plus loin ; prendre sa commande se ponctua par un nouveau refus de sa part car non, il n’était pas un étranger ignorant, mais un étranger rebuté (nuance !).
Il s’assit sur un banc, au milieu d’une tablée où d’autres festoyaient déjà, ayant l’impression d’avoir été victime d’un étrange maléfice. Rapidement on le servit en riz, en soupe et en accompagnements, avec en plus une coupe de sake qu’il n’avait pas commandée. Il regarda le serveur, dans l’incompréhension :

_ Attendez, je n’ai pas commandé de … de sake …

Mais il était déjà parti, courant à d’autres commandes, ça et là, partout. Chikanori poussa un long et profond soupir désespéré, appuyant ses coudes sur la table, face à sa pitance et à l’innocent verre de sake qui n’attendait qu’à être bu. Cadeau de la maison, erreur, qu’importe, ce n’était pas comme s’il avait prévu de le consommer de toute façon. On n’était pas en Okaruto pour rien … un jour de fête sans alcool, était-ce impossible à envisager ?
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Seiryuu Ishizuka

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Taisa

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MessageSujet: Re: Où sont les hommes de nos campagnes ? | Liiiibre ! Sam 24 Juin - 17:30

Qui disait que les Setsu n'étaient pas festifs ? Si tôt l'annonce de la fête de la fertilité parvenue aux oreilles du moustachu, si tôt il s'était préparé tout un plan machiavélique pour y participer absolument coûte que coûte ! En plus, cette fois ci, ces festivités allaient se dérouler à Hiyori, à une bonne centaine de kilomètres de distance d'où il vivait, à quelques détails près bien sûr. La réputation de ce clan n'était plus à faire, c'était clairement les plus doués pour faire la fête, boire, danser, créer des processions étranges, bref, ils avaient ça dans le sang quoi !

Et les préparatifs pour le taisa étaient monstrueux car il ne comptait pas s'y rendre seul, mais bien accompagné de quelques soldats triés sur le volet, pas des têtes brûlées mais plutôt des "sages" sachant s'amuser et n'ayant pas le saké mauvais, ce serait bête de provoquer un incident diplomatique entre deux samouraïs déguisés en femme, ce ne serait probablement pas ce que chacun des deux parties souhaiteraient garder en mémoire de toute façon. Et plus les jours avançaient, plus il trépignait de faire enfin quelque chose de différent que de la surveillance de rizières ou de cotes sans aucun bateau à l'horizon.

Ishizuka ? Festif ? Pas du tout ! En fait, c'était bien la seule fête qu'il appréciait parce qu'enfant, il s'amusait à s'infiltrer dans les restaurant, bars, et observait les hommes maquillés ou habillés en femme. C'était de bons souvenirs pour lui, tous étaient dans la joie, et en plus il y avait plein de sexes masculins dessinés, gravés, moulés, un peu partout. Pour un enfant, vous comprendrez que ce genre de chose le fascinait d'autant plus qu'à la maison c'était un sujet tabou ! Et il s'était toujours juré de participer à fond à cette fête. Alors savoir que ça se déroulerait à des kilomètres de chez lui, c'était encore plus facile de s'imaginer dans tous les excès possibles.

Parmi ceux qui l'accompagnaient évidemment il y avait sa soeur, une de ses tai qu'il avait sous son commandement, étrangement que des femmes... En fait, il était hautement probable qu'elles soient toutes attirées par sa fidèle moustache et son bouc bien taillé comme il le fallait. Oui ça ne pouvait qu'être ça, sa pilosité soignée était un signe d'une certaine virilité et d'une part de féminité contrôlée n'est ce pas ? Tout ce que les femmes aiment ? Il ne lui avait pas trop laissé le choix, à sa soeur, faut suivre un peu hin, la convaincant de mille et une manières pour qu'elle vienne, ce sera un peu son garant, celle qui portera à elle seule la dignité de la famille.

Le jour du départ arriva une bonne semaine avant la date fatidique, le temps de faire le voyage à travers Hibana... Et là je ne parle pas d'une relation torride avec sa samouraï mais bien de la région Setsu qui porte également son nom. Passé Hibana, il allait falloir traverser Hokori, puis terminer avec Kazu jusqu'à Hiyori. En gros, ils allaient traverser tout le pays quoi... Une bonne semaine n'était pas du luxe, voyage d'une dizaine de personnes, partant avec quelques bagages, et tous à cheval, il y aura forcément de nombreuses haltes, une petite attente à la frontière forcément, et quelques nuits à la belle étoile.

Lorsque le groupe arriva en ville, à Hiyori, le taisa jeta un regard aux personnes qui l'accompagnaient pour leur faire un petit débrief rapide. Il y avait déjà pas mal de monde dans les rues et il semblait que l'ambiance était à son comble, heureusement que tout ceci durait quelques jours car sinon le déplacement n'aurait pas valu le coup.


- "Trouvons une auberge pour les montures et des chambres pour le temps du séjour ici ! Je n'veux pas de problème avec les locaux, le premier qui se fera remarquer de la mauvaise manière, il ne reverra jamais la terre Setsu, j'me suis bien fait comprendre ?"

Il y était allé un peu trop fort peut être ? Qu'importe, ils avaient l'habitude. Descendant de sa monture, il sut direct que cette journée allait être bonne. A peine le pied au sol, le droit vint se loger dans un crottin de cheval encore frais, ça porte chance il parait ! Secouant sa chausse en remuant la jambe, il aperçut à quelques mètres une auberge qui correspondait parfaitement aux critères évoqués. Passons les détails sur l'achat des chambrées, évidemment il n'y avait pas le nombre requis car l'auberge était déjà quasi pleine, alors ils allaient devoir partager leur chambre les uns avec les autres, seules cinq chambres restaient disponibles, deux par chambre n'allait pas tuer un homme n'est ce pas ? Il laissa les soldats décider entre eux qui allait devoir dormir avec lui, ou du moins dans sa chambre... Cela équivalait à devoir montrer patte blanche toute la durée du séjour en gros, alors ils n'étaient pas vraiment intéressés par ce genre de proposition.

Quoi qu'il en soit, la première chose qu'il fit, c'est rejoindre sa chambre, la plus grande évidemment, et se changer. Oui se changer après s'être fait une toilette, non seulement parce qu'il sentait le fennec avec tout ce voyage, mais aussi parce qu'il ne comptait pas rester avec ses parures militaires, du moins en dehors de son daisho. Quand il sortit, on pouvait le voir vêtu d'un kimono et d'un obi de couleur rose féminin (pour toi public), auquel il avait accroché ses armes. Travesti certes, mais samouraï toujours ! Son visage quant à lui avait été légèrement maquillé, c'est à dire un peu de rose aux joues, et c'était tout. Mais à le voir dans son ensemble, on pouvait clairement voir qu'il avait fait beaucoup d'efforts pour intégrer le tableau qui se peignait dans cette ville. Le regard noir lorsqu'il croisa ses soldats, l'air de dire : tu mouftes, je t'éclate la tronche, il leur fit un signe de tête pour leur donner quartier libre. Il ne leur interdit pas d'ailleurs de le suivre, cela lui importait peu.

Déambulant avec sa démarche militaire dans les rues d'Hiyori, à la recherche du meilleur endroit pour se poser, boire et faire la fête avec qui serait assez motivé pour ça ! Finalement il décida de s’arrêter dans un restaurant d’où on pouvait voir une estrade de danseurs plus loin, selon un homme coincé s'y étant installé un peu plus tôt, et c'est ici, oui juste là, qu'il aperçut un gringalet ressemblant de loin à un homme. Peut être n'avait-il pas eu le temps de se changer ? Et en plus, à sa table restait honteusement un bol de saké encore plein, le suppliant presque de finir dans son gosier... Mais les supplications du bol ne semblaient avoir aucun effet sur cet homme... Mais... Etait-il seulement humain ? Bien décidé à en avoir le coeur net, le moustachu, star incontournée de Setsu, s'installa dans un grand fracas en face de l'homme déguisé en homme, puis attrapa son bol de saké pour le vider d'une traite. Mi casa es tu casa ! Si ?


- "C'est que ça porte malheur de laisser le saké seul trop longtemps ! Quelque chose ne va pas mon gars ? Tu t'es perdu ?"

Posant ses coudes sur la table en lorgnant l'homme sous toutes ses coutures, il faisait preuve d'une finesse exemplaire et d'un tact digne du plus grand diplomate que Setsu n'a jamais connu ! Un terrible effort pour le moustachu à moitié déguisé en femme mais qui s'amusait comme un petit fou alors que ça ne commençait qu'à peine ! Alors pourquoi il ne s'amusait pas lui ? C'était pas normal ! C'était... Suspect ! C'était peut être un Yokaï qui sait ! Après tout ces trucs n'étaient pas toujours en phase avec les comportements humains et c'était souvent ce qui les démarquait des vrais humains... Avait-il démasqué la "Bête" ?
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Seiryuu Chō

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Taii

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MessageSujet: Re: Où sont les hommes de nos campagnes ? | Liiiibre ! Sam 24 Juin - 19:59

Clic Music

‘Comme les œufs, les temps sont durs’. Particulièrement pour toi qui n’a guère le choix. Pourtant tu tentes bien de le dissuader de cet étrange entreprise mais ton frère ne veut absolument rien entendre de ta supplique. Il est décidé et ce depuis bien avant que tu n’en penses quoi que ce soit. Insister n’y fait rien que de t’embarquer dans son idiot voyage plus encore que tu ne le souhaites. D’ailleurs te voici, droite sur ton séant. Jeune guerrière, petite femme et pourtant si sérieuse Taii. Bien plus sérieuse maintenant que tu es adulte, bien plus sombre aussi. Cependant tu gardes ce sourire, vague et présomptueux alors que ton regard en biais se moque de ton supérieur, ton ainé. Là sur le chemin qui mène à une fête selon toi ridicule, suivant la cohorte formée par le Taisa. Lui est fier, si fier de lui et toi tu ne désires que te cacher, te perdre peut-être ?

‘Autre que les nuages, qui peut aspirer à jouir du soleil’ si ce n’est toi ? De fait, ton regard se porte sur les grandes portes de la ville que tu passes. Sur ton cheval, le port noble, le regard hautain et les hanches qui ondulent suivant le mouvement de ta monture. Tu fais l’amour au vent, au néant de cette mission, de cette… Tâche. Pourtant tu n’es qu’homme, ta tenue est en tout cas celle d’un soldat. Tu es peut-être amenée dans cette cité que pour mieux te travestir, car en femme te vêtir ce n’est pas toi. Ton regard s’inquiète à l’observation de cette foule qui n’est plus ni homme ni femme, elle n’est que fleur et musique. Tu ne sais que choisir entre l’éblouissement que la beauté du lieu t’inspire et l’horreur d’une population en délire. C’est juste… Juste… Juste anticonstitutionnellement impossible et tu crains que cette folie ne s’empare de toi.

N'est-il pas connu dans ton clan que ‘pareil à ton étoile, ton poing est unique ? À ce qu'il paraît, c'est une particularité issue de l'héritage familial.’ Pourtant on ne te demande pas ici de te battre mais de jouir et d’abuser de la vie. Aussi, tu pénètres dans l’auberge à la suite de ton ainé et pour lui, pour son honneur et afin qu’il se noie dans le commun tu obliges tes hommes à faire de même. Leur imposant de se grimer en femelle. Qu’ils sont beaux, qu’ils sont magnifiques, qu’ils sont risibles ! Bientôt ils rejoignent le reste du groupe quand toi tu te choisis une chambre à partager avec l’autre soldate. Tu te fais belle, ou plutôt beau… En tout cas c’est en homme que tu te vêts puisqu’il faut chasser le Yokaï. Une armure d’apparat, tes armes d’apparat, ta belle chevelure féminine coiffée et libre. Ainsi pas de jaloux. Ceci avant de rejoindre le chef qui dans une taverne est cloitré.

'Bien sûr... Ce qui refoule le torrent fougueux, c'est l'eau calme' alors tu le rejoins, en chemin acceptant ce que l’on t’offre, verre après verre et tu te libères. Prise dans la foule infernale, voici que deux femmes se crêpent le chignon -ou est-ce deux hommes ? - qu’importe… D’une voix assurée tu les sermonnes sévèrement et les calmes, une main sur chaque épaule. Ils/elles te regardent puis rient avec toi avant de t’embarquer avec eux/elles dans leur liesse, tu ne sais où tu vas ni où tu es. Tu te retrouves dans une rue, seule et étrangère jusqu’à ce que quelqu’un accepte de te montrer le chemin jusqu’à ladite taverne. Encore la tête dans les festivités, tu fais un saut dans l'établissement te retrouvant face à l'entrée et dos aux tables et te mets à reculer, tes pieds glissant, ton corps tel un serpent au rythme de la musique qui s'entend de l'intérieure. Lorsque tu te retournes, là, attablé avec un étranger que tu salues brièvement de la tête, ton frère, le rouge aux joues, la gueule surement déjà pleine de saké.


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Abe no Chikanori

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Onmyôji

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MessageSujet: Re: Où sont les hommes de nos campagnes ? | Liiiibre ! Lun 26 Juin - 2:16

Le sake disparut finalement plus vite qu’il ne l’aurait pas cru, volé sous son nez par un homme dont le déguisement finit de le convaincre qu’il était hors de question qu’il subisse le même sort. L’Onmyôji releva un peu le menton jusque-là posé sur la main, fixa celui qui s’invitait à sa table sans démontrer d’étonnement. Si cette agitation avait été pour le déstabiliser, c’était du raté. Au moins, le verre suppliant était à présent vide, ce qui au final l’arrangeait beaucoup.
Quelques secondes passèrent, où il dévisagea l’image ridicule de cet être hybride vêtu de rose, poudré aux joues, que le Daisho et le symbole de Setsu venait contrebalancer. Un sourire doucereux et narquois apparut alors sur son visage. Cette stupide fête attirait-elle donc de si loin, malgré que ce village soit perdu de la brume ? L’autre étranger avait décidé de mettre la main à la pâte, mais l’envie de pousser la plaisanterie plus loin le titillait. Alors il s’arma d’une voix douce mais moqueuse dans le fond :

_ Bonsoir, belle demoiselle. Que vous amène-t-il en des heures si tardives ?

Restait à savoir combien de temps le sabreur allait-il résister, ou si au contraire, il allait lui-même se lasser de l’exercice. Il vint poser brièvement le regard sur le second envahisseur, qui s’avérait être le premier non-travesti de la soirée. Semblable armement et symbole, ils faisaient probablement partie du même escadron pour s’installer l’un à côté de l’autre … décidément, on ne pouvait être tranquille. Néanmoins quelque chose l’intriguait, et il lui accorda un autre regard. Le doute le traversa lorsqu’il s’attarda sur ce visage marqué d’un étrange maquillage, sur ses mains bien fines par rapport au reste dissimulé sous cette armure d’apparat. Mâle ou femelle ? Et cet air, cette présence qui faisait trouble-fête … il ou elle était très singulier, et c’était beaucoup dire en cet étrange jour où chacun se revêtait de ses apparences les plus incongrues.
Ses pupilles revinrent sur le premier zigoto, mais seulement pour constater qu’un vague air de ressemblance semblait les lier tous les deux. Pour autant, la similarité s’arrêtait là : le premier était plutôt joyeux luron, et le second était au contraire un bien sombre camarade.
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Seiryuu Ishizuka

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Taisa

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MessageSujet: Re: Où sont les hommes de nos campagnes ? | Liiiibre ! Lun 3 Juil - 16:56

Oh mais c'est qu'il savait causer aussi la petite chose coincée qui lui faisait face ! Tel un petit cocker devant un gros os, il s'était mis à faire de l'humour, ou plutôt à chercher à jouer des mécaniques en tentant de lancer le ridicule sur une situation qui le dépassait. Lui qui ne semblait donc pas participer à cette fête, à cette cérémonie ô combien importante... Savait-il qu'un être aussi frêle que lui allait avoir du mal à trouver une compagne ? Et s'il parvenait à en trouver une, il suffirait que sa petite virgule se fasse bouffer par un Yokaï et il serait bien malin là ! Bref ! On ne plaisante pas avec ces choses là !

Néanmoins, le moustachu apprêté telle une jolie femme, accueillit son humour avec un sourire amusé, il avait été tiraillé entre sa réaction habituelle : lui remettre les idées en place à coup de tête, ou bien s'essayer un peu plus à la joute verbale, mais ça c'était quelque chose qui allait vite l'emmerder ! Et d'autant plus que sa soeur était là dorénavant, la mère maquerelle quoi ! Il poussa un long soupir puis releva son regard vers l'avorton pour lui afficher un grand sourire.


- "Bien le bonsoir beau jeune homme ! Je cherche de jeunes jouvenceaux à initier ! Je crois que j'ai énormément de chance ce soir ! A croire que les Kamis souhaitaient que nous nous rencontrions !"


Un nouveau sourire et il posa ses deux mains sur la table prêt à se relever, ce qu'il fit d'ailleurs assez promptement pour en un ou deux pas se retrouver aux cotés de l'homme étrange et tenter de lui attraper soudainement son visage entre ses deux paumes calleuses et lui donner un baiser forcé, de quoi lui offrir un petit maquillage gratuit. Allez savoir si le gaillard était assez habile pour l'esquiver, il en doutait quelque peu après tout avec l'effet de surprise, mais qu'importe, il aura au moins compris le message. Se redressant après quelques secondes qui durent passer pour interminables à ses yeux, il esquissa un sourire en coin. Aujourd'hui plus que n'importe quel autre jour, il fallait user de voies complètement différentes pour parvenir à ses fins.

La fête de la fertilité, quoi de plus normal pour les gens qui les entouraient de voir deux personnes s'embrasser non ? Il était assez content de lui de toute façon, bien que ce n'était clairement pas le meilleur moment de sa vie, il l'oubliera bien vite. Un regard en direction de sa soeur qui devait sûrement ne plus savoir où se mettre, puis il observa les personnes qui les entouraient avant de proclamer tout haut.


- "Bon alors... On fait quoi maint'nant ? On picole et on oublie tout ?"

Bien sûr, la question était aussi posée à ce jeune homme solitaire et clairement pas habitué à ce genre de festivités.
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Seiryuu Chō

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Taii

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MessageSujet: Alexandrin Médiévale (avec surnumération à la Césure) Mar 4 Juil - 11:05


    Horreur et Damnation, que ce gars impoli
    Horreur et damnation, honte de sa famille
    Horreur et Damnation, son noir regard s’enfuit
    Horreur et Damnation, Trop fou est le pays
    Horreur et Damnation, Chō fléchit et trébuche
    Horreur et Damnation, Chō cède et gémit
    Horreur et Damnation, cette folle angoisse
    Horreur et Damnation, là au sol Chō se froisse


Dernière édition par Seiryuu Chō le Jeu 20 Juil - 16:19, édité 2 fois
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Abe no Chikanori

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Onmyôji

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MessageSujet: Re: Où sont les hommes de nos campagnes ? | Liiiibre ! Mer 5 Juil - 3:47

L’Onmyôji n’était pas guerrier, plutôt gringalet dans le physique, mais il y avait deux choses qui étaient sûres à son sujet : avoir dû fuir les Yokaï pendant la totalité de la vie (jusqu’à il y a quelques mois) lui avaient donné de bons réflexes et plus que tout au monde … atteindre son visage et son sceau vital relevait à présent du miracle.
A ce titre, et au vu de leur différence de niveau, il ne put esquiver le Taisa pomponné comme une femme, mais plaçant son coude en travers de son visage, lui bloqua tout accès à celui-ci. Sans trop d’étonnement, il tomba à la renverse entre les bancs puisque c’était le seul mouvement qu’il pouvait faire, mais tint bon. Son regard s’avéra acéré, brillant dans sa couleur pourpre, bien  qu’il ne puisse rivaliser avec cette force adverse, il parvint à maintenir son bras avec l’autre, prêt à se relever si l’occasion s’en présentait. Il se retint de lui envoyer son coude, toute riposte lui était proscrite, surtout avec un Samouraï. Placé dans cette position très inconfortable, (à la limite gênante si elle n’avait pas été moins pire que ce qui était prévu de base), il fixait le Taisa, sauvegardant son sourire, bien que crispé.

_ Pas beaucoup d’humour à Setsu, hmm ? Désolé de ne tomber sous le charme …

Un bref regard sous les tables lui permit d’entrapercevoir le camarade d’armes se lever d’un coup et partir sèchement. Il aurait préféré qu’il reste. Face à l’imprévisible devant lui, l’idée que ce dernier lui arrache son bandeau par ignorance le traversa, et son regard se resserra et se fit plus sérieux. L’anodine situation pouvait si mal finir … qu’il abandonna toute volonté de faire le malin. Sur son Haori était brodé le symbole de sa famille, mais il n’était pas sûr que le guerrier le reconnaisse à temps pour se dise qu’il n’était pas en train d’échanger avec un simple péon, mais bien avec un noble.

_ Il serait bête que je meure ce soir, donc je vous prierai d’écarter les mains de mon bandage … ce n’est pas beau ce qui y est scellé.
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Seiryuu Ishizuka

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Taisa

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MessageSujet: Re: Où sont les hommes de nos campagnes ? | Liiiibre ! Jeu 13 Juil - 22:04

Pour ce qui était du baiser, ce n'était clairement pas le meilleur ni de son côté, ni dans celui du receveur qui n'y mettait clairement pas du sien. Pourtant, pour quelqu'un qui manquait d'humour selon lui, il n'avait pas dégainé son sabre pour laver son affront, comme quoi on était aussi capable de faire autre chose quand on était soldat ! En tout cas, même si ses réflexes n'étaient pas ceux d'un tireur d'élite par exemple, il parvint, sans esquiver totalement, à basculer son corps en arrière et à les faire chuter l'un l'autre, l'un sur l'autre, l'un dans l'autre... Ahem pardon on s'égare un peu.

Dans tous les cas, voilà que les trois comparses se trouvaient au sol. Les deux premiers en tentant de s'esquiver l'un l'autre, et la troisième, simplement en ayant bu un peu trop... Et oui c'est ça quand on ne tient pas l'alcool ! Le taisa écouta les paroles de son vis à vis, et tiqua sur sa dernière phrase. Mourir ce soir, un bandage, un sceau, c'était des choses qu'il avait déjà vu ou connu, mais clairement pas sa spécialité. Se décalant alors d'un ou deux pas, il le dévisagea une nouvelle fois avant de prendre la parole en direction de sa soeur qui semblait vouloir se faire la belle.


- "Tu crois aller où comme ça ! La soirée n'est pas finie, t'as pas assez bu ma grande !"

Il afficha un sourire en coin et se retourna vers l'homme aussi fin qu'un roseau, mais qui jamais ne se brise il parait.

- "Un sceau tu dis ? T'es d'ceux capables de t'occuper des yokaïs sans t'battre c'est ça ?"


C'était encore assez flou dans sa tête tout ça, lui qui ne s'était jusqu'à l'heure concentré qu'exclusivement sur les arts militaires, il n'avait encore eu que peu d'occasion de creuser un peu plus tout le reste. Il rejoint alors sa chaise et appela d'un signe de main un des serveurs pour voir apparaitre de nouveau des petits bols de saké à partager à trois. Même si l'autre borgne ne semblait clairement pas porté sur la boisson, mais qu'importe ça lui en fera plus pour lui après tout ! Quel drôle de cyclope...
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Abe no Chikanori

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Onmyôji

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MessageSujet: Re: Où sont les hommes de nos campagnes ? | Liiiibre ! Ven 14 Juil - 17:30

“Sans se battre” … l’Onmyôji releva légèrement le sourcil, plus occupé à réajuster le col de son kimono, se redresser de cette position embêtante et s’épousseter. La bienséance, il n’était pas à cheval là-dessus, mais la propreté c’était une toute autre paire de manches, et la poussière mêlée de terre sur ses vêtements avaient le don de l’agacer, surtout lorsque c’était un type qui lui sautait dessus pour rien qui en était à l’origine. Enfin le soldat reprit sa place et il put lui-même revenir à sa table où son riz refroidissait. C’était bien sa commande qui l’empêchait d’aller voir ailleurs, car il n’avait clairement rien d’autre qui le retenait, la compagnie du Samouraï ne lui était pas spécialement agréable. Remarque … s’il tenait de le biaiser, l’autre allait sûrement le suivre partout et continuer à l’importuner.

_ Plus précisément des fous qui voient des choses que les autres ne voient pas. » Répondit-il laconiquement, attrapant sa pitance pour l’entamer. « Qu’est ce qu’un sabreur de Setsu vient faire ici ? D’autres motifs que la fête ?

Le Kenshu savait parfaitement que les gens de son “type” restaient des énigmes pour une grande partie de la population, sa voix n’était même pas ironique lorsqu’il parlait de fous. Il avait eu la chance de naître dans la famille des Abe no, des gens habitués à voir apparaître ce don (et qui même trépignaient de le voir fleurir), ainsi, les esprits ne lui avaient jamais tant fait peur … le monde avait toujours été ainsi, et ne s’était senti lésé comparé à d’autres qui n’avaient jamais eu d’oreilles pour qui confier de tels horreurs. En plus, il avait été protégé de certains Yokaï par d’autres, même si méfiance était toujours de mise, il savait que tous n’étaient pas des ennemis. Tous comme les humains, ils possédaient leurs nuances de gris.
D’un dernier coup d’œil dans la direction de la fuyarde, l’information comme quoi elle était une femme resta dans son esprit … décidément elle l’intriguait, avec ses tatouages partout y compris sur le visage qui ne collaient pas du tout avec son rang. Et au vu de la façon dont elle avait embrassé le sol de son côté en tentant de filer (il ne pouvait que comprendre puisqu’il aurait désiré faire pareil)… la résistance à l’alcool ne semblait pas être son point fort. Au moins elle n’avait pas fui, ce qui rajoutait un peu d’intérêt dans cette soirée.

_ Vous avez un lien de parenté ? Une sœur, une cousine peut être ?


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Haiko Naraku

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Jônin

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MessageSujet: Re: Où sont les hommes de nos campagnes ? | Liiiibre ! Sam 15 Juil - 21:19

À partir de quel moment sa vie était-elle devenue un véritable gag ? Non seulement il n'était pas parvenu à en finir dans un duel qu'il avait perdu, mais il avait en plus vu s'éloigner de lui toute possibilité de terminer sa douloureuse existence dans un mémorable affrontement. Avec un bras en moins, tout son style de combat s'était effondré sur lui-même et il avait l'impression de ne pas valoir mieux que le premier venu du coin, quand c'était là certainement son seul talent. Combien de temps lui faudrait-il pour qu'il revienne à son niveau d'antan, pour qu'il puisse à nouveau courir vers son destin ? Tout cela l'avait rendu maladroit, inutile, encore plus inconsistant que jamais.
Alors il s'était empressé de régler les quelques affaires qui l'avaient retenu à Kasu et à Kumo, puis il s'était tout simplement enfui, loin de ceux qu'ils connaissaient, loin de son travail, loin de ses aspirations, loin de tout. C'était là le début de sa plus grande errance. Comme une renonciation à tout ce qui avait fait de lui Haiko Naraku.

Vêtu comme n'importe qui, le hasard avait voulu que celui qui se faisait désormais appeler Naru, atterrisse à Hiyori, la ville des poètes et autres misérables artistes en tous genres. Il avait passé là quelques journées à boire, d'autres à errer, son esprit se muant peu à peu en une chose inexistante où le fil de ses pensées n'avait plus rien d'intelligible. Il n'était là qu'une coquille vide et seule la puissance des sake les plus forts parvenait à le faire avancer.

Ainsi, lorsque la fête de la fertilité était arrivée, il n'avait pas dérogé à la tradition. Homme, femme, Naraku n'était rien de tout cela tant il se rapprochait du néant lui-même. Dans ses errances, il avait mis la main sur un joli kimono indigo à fleurs qu'il gardait fermé par un obi très féminin. S'habiller fut déjà un terrible calvaire, si bien qu'il n'eut pas le courage de faire une coiffure très élaborée et il se contenta simplement de les nouer. Du maquillage rouge venait orner son regard sombre et ses lèvres, complétant son portrait pour lui donner véritablement l'allure de ce qu'il n'était pas. Emportant avec lui ses doubles kodachi dont il ne se séparait jamais, il fut fin prêt pour participer à la cérémonie.
L'ambiance déjà très festive ne parvenait pas à instiller la moindre émotion en lui, pourtant. La musique n'était qu'un bruit parmi tant d'autres dans la palette des sons, les odeurs de nourriture n'éveillaient rien d'autre qu'un appétit naturel, quant aux chants et aux danses, il y faisait à peine attention. Son seul refuge fut la première table venue où il commanda le sake le plus fort qu'il but d'une seule traite. Continuant son errance, il renouvela cette étape autant de fois que nécessaire, ou plutôt, autant de fois qu'il en voyait la possibilité.

Les verres commencèrent à faire leur effet. Sa vision se troublait, ses émotions se réveillaient. À peine, trop peu sans doute, mais assez pour le faire rire ou qu'il sociabilise un peu plus que d'ordinaire. Il n'avait pas vraiment besoin de compagnie, mais cela lui permettait de se distraire de son désespoir profond, de voir passer la vie et le temps sans qu'il ne s'en rende véritablement compte.
Qu'importait ce qu'il faisait… il aurait tout oublié demain à force d'ingurgiter de l'alcool, qu'importait qu'on le jette dehors ou qu'il accumule les dettes, il n'avait rien à perdre tout comme il ne désirait rien.
Ses joues pâles finirent bien vite par prendre les teintes de l'ivresse, tout comme ses pas étaient aussi hésitants qu'imprévisibles. L'inattendu, l'incontrôlable… ah voilà ce qu'elle maîtrisait le mieux, ce qui la mettait au sommet de son art. Elle avait juste perdu sa force et sa vitesse, la moitié de ses coups, la moitié de sa propre existence.

Une bouteille de sake à la main, le désir de l'aventure – n'importe laquelle – commençait à ébranler son âme lorsqu'elle glissa son kiseru entre ses lèvres et… mince. Elle ne voyait aucun flambeau à sa portée pour l'allumer, enfin pas sans qu'une quelconque tentative n'aille embraser tout le reste avec ! Son regard tomba alors sur la table qui se trouvait juste à côté d'elle. Il y aurait bien quelqu'un pour l'aider, n'est-ce pas ? Brusquement, elle vint poser sa bouteille sur la table et, remarquant que quelqu'un était à terre, elle vint l'aider à se relever de son unique main, fixant pendant un bref instant les curieuses marques sur son visage.

« Ça alors, j'en ai croisé des araignées, mais des comme vous, jamais. » Lâcha-t-elle d'une voix aiguë, un peu enjôleuse avant de laisser échapper un léger rire, visiblement très amusée par ce qu'elle avait devant elle.

Puis elle se laissa tomber à côté de l'homme, enfin de la femme qui était attablée là et, perdant l'équilibre elle vint se presser contre son épaule avant de reculer légèrement pour lui adresser quelques mots.

« Dites, vous n'auriez pas du feu ? » Demanda-t-elle, arborant un grand sourire.



~
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Seiryuu Chō

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Taii

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MessageSujet: Re: Où sont les hommes de nos campagnes ? | Liiiibre ! Mer 19 Juil - 21:36

Clic Music


    Tintement et agitation, des verres qui s’entrechoquent et des hommes qui vagissent. Entre flatuosités et brouhaha ambiant, ce n’était que vacarme. Un éclatement criard de parasites s’étant réunis pour s’emplir la panse et beugler à tout va. Cela allait de pair avec la fête qui meurtrissait de sa folie la ville et ses habitants. Du dehors se faisait d’ailleurs entendre la fanfare et les gueulantes qui se mêlaient aux aboiements à l’intérieur de la taverne et à la musique d’amateurs s’essayant par le poing ou par les savates sur la tablée selon s’ils se tenaient fièrement debout dessus ou dessous… L’avait-elle saoulée, cette agape de par ses couleurs et ses aubades ? Le saké n’avait point assez profondément agit, ce n’était guère par lui qu’elle s’était affalée mais c’était la honte qui l’avait terrassée alors que le retrait avait été sa seule échappatoire irréfléchie. Et, elle, se trouvait là. Debout sur ses robustes pattes, la tête penchée et repliée au couvert de sa chevelure qui lui tombe devant le visage. Un rire démoniaque s’échappe de ce rideau sommaire alors qu’elle redresse la tête dévoilant une bouche aux fines lèvres glacées par des dents aussi blanches que noire pourrait être la mort.

    Ahahah:
     

    De tout son long Chō avait caressé le sol. Sa main se tendant comme pour ramper vers l’extérieur mais son frère ne l’entendait pas de cette oreille. Car voici à peine remit lui-même de sa pêche à la volée, il lui imposait de rester auprès d’eux et de boire plus encore. Boire n’était guère un problème, cela éclairait même son esprit, emplissait sa tête de réflexions à propos et donnait à ses membres une spontanéité certaine jusqu’à un certain point. Le point de non-retour de fait, lorsque le rire se fait trop fort, lorsque la raison fait échec au Roi, le corps se libérant de toute frustration rationnelle et que l’âme chuinte jusqu’à se noyer dans un amas de bonnes idées consciemment refoulées. Alors oui, elle était décidée à accepter cette invite quand une main salvatrice se présenta à elle. Une main qu’elle repoussa en se relevant, grognant dans le même temps qu’elle n’avait pas besoin d’aide mais s’interrompant lorsque la femme remarqua son visage stigmatisé. Le caquet coupé sec par le regard de l’autre avinée. Chō se perdit dans ce regard étrange, se cou et ses épaules androgyne avant que l’étrangère ne s’affale contre son frère.

    Etait-ce un revirement de sa part ? Ou avait-elle eut littéralement envie de lui descendre son kimono en un seul geste pour mettre à nue ce corps étrange afin de vérifier si la femme qui lui avait fait face était un homme à l’étrange finesse mais abusé par le spiritueux ou une femme à la grâce taillée ? Chō avait-elle seulement déjà eu envie de quoi que soit, homme ou femme… Le rire se répandit donc dans sa poitrine pour fendre ses lèvres aux travers de ses dents aux canines narquoises. Un regard déjanté s'extirpa de cette sombre chevelure dont le contour noir ne pouvait pas être plus provoquant. Telles deux flammes malsaines dansant dans la nuit au milieu des rizières. Chōchinbi la Maudite, n’était-ce pas le nom qu’on lui donnait ? C’était comme si ce nom se répandait, il lui collait à la peau et elle semblait en apprécier la douceur au palet, le prononçant dans un doux murmure.

    S’approchant de la table, elle attrapa ce qu’elle pouvait et avala un à un, saké après saké pour se mettre en forme avant de tomber telle que l’avait fait l’étrangère au cou de cygne, sauf que ce fut au côté de l’homme borgne. Elle ne le toucha point. La femme vêtue en homme regardait devant elle et elle siffla à l’adresse du gringalet :

      « Malheureusement, c’est mon frère. »
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