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 Pierre tombale la neige efface le passage du renard

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Hogo Kizuna

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MessageSujet: Pierre tombale la neige efface le passage du renard Ven 7 Juil - 20:35

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Un terrible calme oppressait la ville de Miyuki, pareil à un lourd étau de fer. La nuit, se silence de mort était encore plus insupportable que lorsque le jour régnait sur la cité. Cela faisait quelques semaines que la bataille contre les Yôkais avait pris fin. Ils avaient fini par battre en retraite, ou plutôt par totalement disparaître suite à Grand Éclair Blanc. Malgré cette "victoire", de nombreuses victimes étaient à déplorer, autant chez les hommes que chez les monstres. De plus, la plupart des humains avaient été plongé dans une étrange et impénétrable torpeur, les rendant hermétique au monde, ne pouvant se réveiller. Bien sûr, on avait tenter de les ranimer par toutes sortes de manières, mais les efforts avaient été vains.

Kizuna se trouvait un l'extérieur de Miyuki, juste devant les ruines du mur d'enceinte détruit lors de l'affrontement, gardant tous ses sens en éveils. Elle montait ainsi la garde chaque nuit sans relâche, prenant forme humaine, guettant le moindre signe qui révèlerait une nouvelle attaque. La Renarde prêtait main forte aux habitants durant la journée, faisant son possible pour rétablir la ville du mieux qu'ils pouvaient. Un sentiment d'échec lui rongeait le ventre. Malgré tout ses efforts, le nombre de morts chez les humains de la ville était bien trop important. Elle qui avait protégé cette cité depuis la fin de l'Enfer Écarlate, y mettant tout son cœur! Tout cela avait été grandement inutile. La Gardienne des Glaces avait été incapable de sauver Miyuki. Cela la peinait d'autant plus qu'elle avait réussi à se convaincre que l'équilibre avait été rétablit une bonne fois pour toute. Kizuna avait été bien naïve ou trop pleine d'espérance, elle le savait bien. La réalité lui était revenu en plein visage, tel une gargantuesque gifle. Ainsi, depuis la fin de la bataille, les images de son passé revenait la hantée. Elle revoyait sa famille exterminée, sa forêt carbonisée... La Renarde humanisée secoua violemment la tête afin de chasser ces horribles visions. Elle ne devait pas se laisser déconcentrer, sous peine de laisser une chance à de potentiels assaillant.

La Lune était à son zénith lorsqu'une douce langueur l'accabla. Ses yeux avaient de plus en plus de mal à rester ouvert, et elle devait lutter pour rester éveiller. À cause de la fatigue, ses oreilles de renard avaient tendance à revenir inopinément, ainsi que ses dents et griffes. Heureusement pour elle, grâce à sa position, personne ne pouvaient l'apercevoir. La Renarde avait presque reprit sa forme naturelle lorsqu'elle entendit des bruit de pas derrière elle. En un sursaut, elle reprit forme humain et fit comme si de rien était, regardant au loin. Quelqu'un était-il en train de l'espionner? Aucune personne ne devait pourtant sortir de Miyuki à cette heure tardive! Un humain était pourtant arrivé à ses côtés, silencieux. Elle tourna la tête afin de voir le visage de celui qui avait troublé sa tranquillité nocturne. Kizuna ne le reconnut pas tout de suite, mais après un instant de réflexion où elle dévisagea l'homme, elle inclina légèrement la tête en signe de reconnaissance. Elle l'avait aperçu plusieurs fois auparavant, sur le champ de bataille et dans la ville de Miyuki et n'était autre que le Daimyo du clan Fukyuu.

"Bonsoir, Fukyuu-sama, fit la renarde métamorphosée d'une voix sereine, Comment allez-vous? J'avoue être assez surprise de vous voir éveillé à une heure aussi avancée."


Kizuna n'avait pas pris une voix trop pompeuse, restant polie mais n'exagérant pas ses paroles. Après tout, ce Daimyo n'était qu'un humain comme les autres sur le plan naturel et il n'avait aucune supériorité hiérarchique envers la Renarde, bien que cette ville lui appartenait étant donné qu'elle ce trouvait en territoire Fukyuu.





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Fukyuu Hankyou

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MessageSujet: Re: Pierre tombale la neige efface le passage du renard Sam 15 Juil - 12:39

«... Dormir ne fait pas partie des arts que je perfectionne. »

Les yeux écarquillés sur la silhouette blanche, le Maître de Miyuki répondit de la sorte, ignorant volontairement la première question. Étonné par cette dernière, il devait l’être et le laissa paraître. La personne devant lui ne lui disait rien et ses manières, ou plutôt son absence de manière, le rendirent curieux autant que vigilant. Il fronça un sourcil, soucieux de déterminer qui se trouvait devant lui. Il abandonna vite cette tâche, la tête prise par plus important.

La ville, détruite l’été même, vivotait à peine par-dessus ses blessures béantes. Ses habitants étaient pour une partie des survivants dévastés, pour une autre des profiteurs du malheur et, pour le reste, des soldats et artisans venus en exode afin d’aider cet homme, grand et insomniaque, à remettre de l’ordre là où il n’y avait que des vestiges.

Il regarda au loin et ne vit que la nuit, ses étoiles, le calme, le silence, la crainte que de nouvelles ombres ne jaillissent de sous les arbres avec pour visage celui des morts.

Chaque micro-bruits attira son attention, comme une proie celle d’un oiseau nocturne.

Malgré sa main récemment amputée et ses diverses blessures, comme malgré la courtesse de ses nuits et la profondeur de ses cernes, le Daimyo paraissait avoir gardé ses habitudes de sentinelles et être encore capable de les exploiter. Ça n’était hélas vrai qu’en apparences : son esprit lui mentait vite et la fatigue s’inflitrait tout aussi vite entre les creux de ses propres brisures.

« … J’ose penser que c’est également votre cas. Vous faites partie des volontaires pour la garde… ? Vous avez entendu quelque chose ? »

Il demanda, sans ton particulier, son air suspicieux et attentif planté dans le paysage.

La jeune femme lui semblait être un peu plus qu’une villageoise, un peu plus qu’un samouraï. Elle lui semblait beaucoup de chose, comme à rien du tout. Elle lui laissait une impression de déjà-vu, cependant, comment il avait pu en avoir une avec la Kannushi, sans être capable néanmoins de remettre le doigt sur ledit souvenir.


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Hogo Kizuna

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MessageSujet: Re: Pierre tombale la neige efface le passage du renard Sam 15 Juil - 20:11

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Ne lâchant pas le Daimyo du regarde, Kizuna se détendit légèrement. Semblant tout d'abord surpris de la voir, celui-ci ne lui paraissait en aucun cas hostile. Il paraissait calme mais exténué, même si il gardait une certaine tenue. Lui, comme tant d'autre, tenait le coup pour redonner vie à la cité en ruine, détruite par les siens. La Renarde sourit, heureuse de voir qu'un dirigeant humain vienne prendre part à la reconstruction d'une ville. Souvent, elle avait pu observé que le pouvoir rendait les humains fous et imbus d'eux-même. Ainsi, cela la surprenait un peu de voir un Daimyo en ces lieux désormais désolés. Au vue de ses lourdes blessures et de la perte de sa mains, il devait vouloir se rendre utile en faisait la garde. La Kitsune tenta un sourire comme le font les humains.

"Et bien on peut dire ça comme ça oui... Mais disons que je ne suis pas réellement volontaire, protéger cette ville est ma mission depuis un certains temps déjà."

Un vent léger fit voler ses cheveux albâtres qui se reposèrent doucement sur ses épaules une fois la brise passée.

"N'ayez crainte, rien n'est à signaler pour le moment. Les seuls bruits que j'ai pu percevoir sont ceux de la faune nocturne. La nuit sera calme et les éléments sont comme endormis. Après un tel trouble, la nature est encore bouleversée... Il faut laisser le temps à l'équilibre de se reconstruire, tout comme nos cœurs. Mais je crains que depuis l'Enfer Écarlate, celui-ci ne s'est jamais vraiment rétablie... Quelle folie des hommes, vous ne trouvez pas?"


Kizuna regarda le ciel dégagé et froid comme la mort. Les brillantes étoiles semblaient impassible aux évènements d'ici-bas, et un instant, la Renarde aurait voulu les rejoindre afin de partager avec elles l'apaisement éternel du ciel. Mais elle savait que beaucoup lui restait à faire dans ce monde. Jamais elle n'abandonnerait sa mission, quoi qu'il lui en coûte. Le Daimyo, proche d'elle, avait le cœur troublé, c'est tout du moins ce qu'il lui sembla. Comme ne pas l'être, après un tel évènement? Même la Renarde n'avait pas d'explications précises.


Détachant son regard des claires étoiles, Kizuna planta ses yeux jaunes dans ceux du Daimyo de Fukyuu. Elle ne savait si elle pouvait lui faire confiance pour préserver la paix du clan. Bien que sa présence auprès de la ville détruite la rassurait quelque peu, elle ne savait rien de ce que cet humain pensait, de ce qu'il envisageait pour son clan. Prévoyait-il des représailles sur le peuple Yôkai? Si c'était le cas, elle se devrait de tout faire pour empêcher une nouvelle hécatombe. Pour se tenir au courant des actions qui seraient misent en place par ce Daimyo, elle devait donc trouver un moyen de toujours garder un œil sur lui. Mais cela était impossible, elle le savait. Elle était un Yôkai, et par définition, un ennemi mortel des humains. Aux yeux de ce seigneur, elle n'était qu'une jeune fille de Miyuki, et aux yeux de Miyuki, elle n'était qu'une légende d'après-guerre. Certains habitants témoignaient l'avoir vu à plusieurs reprise, mais elle avait toujours été très discrète. Pendant la bataille, son apparence de renard était passé quelque peu inaperçu, se mêlant aux autres Yôkai afin de les combattre.

"Ne laissez pas votre haine prendre le dessus, jeune Daimyo, fit-elle d'un air sage, C'est la pire chose qui puisse arriver à ce clan. Je sais que les derniers évènements de vous laisse pas insensible, et le désir de vengeance est tentante. Mais ne lui cédez pas, je vous en prie."



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MessageSujet: Re: Pierre tombale la neige efface le passage du renard Lun 17 Juil - 12:06

Il fut totalement envoûté par ses paroles. Elle incarnait le calme, sans nom, elle incarnait l’assurance, sans doute, et elle incarnait la sagesse, sans âge. Il la regarda comme on pouvait regarder des artistes créer un monde et des visages à partir de cailloux ou de fleurs écrasées dans l’eau.

Elle le laissa songeur et, en même temps, incapable de penser sa propre réflexion. Son écoute était passive, pour une fois sans analyse, sans le monstrueux soucis de se détailler la personnalité en face de lui.

Du moins, au début, car les vieilles habitudes reviennent plus vite qu’elles ne partent. C’est le nom de l’Enfer qui le fit se raccrocher aux détails. Il la regarda plus méthodiquement, ses yeux scrutateurs scrutant pour comprendre qui elle était et pourquoi, alors, c’était à la fois apaisant et dérangeant de se trouver à ses côtés.

Il vit qu’elle avait les yeux jaunes. Ça le choquait, à présent, comme le fait qu’elle osât nommer l’erreur des hommes avec si peu de précautions.

Son analyse du silence autour d’eux le surprit également : par reflex, il regarda dans la même direction qu’elle, voulut percevoir ce qu’elle percevait de cette nature et ne fut que capable de se sentir déconnecté de toutes ces choses. Même de lui-même.

« Quelle folie des hommes… vous ne trouvez pas ? »

Il haussa les sourcils, les yeux dans le vague, perdus entre deux lueurs et leur fond sombre.
Qui pouvait se targuer de connaître la folie ? Qui pouvait se targuer de connaître les hommes ? Qui pouvait se targuer de poser une telle question ?

Il se sentit immédiatement impuissant. Incapable de répondre. Incapable de penser. Au-dessus d’eux, les âmes célestes brillaient, et il n’eut pas les mots pour défendre leur mort, leur folie, leur vie.

Il n’eut plus aucun mot d’ailleurs lorsqu’elle se remit à parler.

Il la regarda comme il sentit à nouveau sur lui son attention et observa son sourire, avec plus de suspicion. Il eut l’impression qu’elle exerçait sur lui une certaine forme de pouvoir, si ce n’était pas qu’elle s'immisçait carrément en lui et qu’elle lisait au clair de sa chair. Un sentiment qu’il n'appréciat pas. Il ne sut dire si ses propos étaient pour elle une façon d’exprimer sa propre crainte ou une réelle mise en garde.

Il lui accorda le bénéfice du doute et garda pour lui sa méfiance. Elle se sentit dans sa voix.

« … Vous avez visiblement de nombreux conseils à donner à un jeune Daimyo. Je serais curieux de les entendre, après votre nom, évidement, puisque vous avez déjà le mien. »


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MessageSujet: Re: Pierre tombale la neige efface le passage du renard Mar 25 Juil - 0:14

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Kizuna sentit que ses paroles l'avaient grandement troublé. Peut-être avait-elle été trop excessive dans ses mots, peut-être le Daimyo avait-il pris conscience de sa réelle nature... Mais qu'importe! La Renarde ne s'alarma pas du ton méfiant qu'avait pris le jeune homme lorsque celui-ci prit à son tour la parole. Elle était prête à prendre tout les risques pour éviter de nouveaux affrontements. Sa vie était égal à toute et si celle-ci devait être sacrifier pour en sauver des centaines, alors la question ne se posait même pas. Elle eut un léger sourire amusé en écoutant les paroles du Daimyo. Il était sûr qu'il ne manquait pas de culot, mais la Kitsuné ne lui en tint pas rigueur puisqu'il ne pouvait pas savoir qui se tenait devant lui. Après tout, il était tout à fait normal qu'il joue la méfiance, et encore plus normal qu'il veuille savoir le nom de celle qui se tenait devant lui. La Renarde ne répondit pas tout de suite, se laissant bercer par le calme ambiant et par la clarté des étoiles. L'univers semblait tourmenté, perdu. Elle se sentait terriblement seule dans l'immensité de ce désordre insupportable. Son impuissance face aux évènements la faisait affreusement souffrir et ce Daimyo était peut-être la seule solution qu'elle avait...

Ne laissant rien paraître de ses émotions, elle répondit alors l'humain d'un ton posé.

"Il est vrai que j'ai manqué à mon devoir le plus simple, vous m'en voyez désolé. Je me nomme Hogo Kizuna, fille de Hogo Sayu."

Elle marqua une légère pause avant de reprendre afin d'observer les réactions du Daimyo.

"Vous devez vous demander qui suis-je donc pour vous parler ainsi de problèmes qui dépasse la plupart des mortels de cette terre, vous y compris. Je puis juste vous dire que je ne connais que trop bien la nature humaine, changeante comme la mer elle-même. Au vue des derniers évènements, toute la haine des Hommes va se déverser sur le peuple des Yôkais tel un torrent de montagne. Je vous demande de ne pas céder à cette pulsion destructrice qui ne ferai qu’empirer les choses. Trop souvent j'ai vu le sang coulé pour des questions de vengeances absurdes. Le seul moyen de sortir du cercle vicieux est de rétablir l'équilibre bouleversé. Vous êtes encore jeune et je ne sais si votre expérience vous permet de mesurer la gravité de ce que peu engendré la vengeance. La haine appelle à la haine et je redoute un nouvel Enfer Écarlate plus que tout. Vos ancêtres sont battu pour la paix. Ne la détruisez pas, Fukyuu-sama, si vous ne voulez pas être le responsable de la mort d'innocent."

Kizuna soupira de tristesse. Jamais la douleur de la perte de sa famille ne l'avait quitté. Durant son exil, elle avait pu voir que la haine émanait des deux de camps, humains et Yôkais. La question n'était pas de savoir qui avait raison, mais de trouver un moyen de retrouver l'harmonie d'autrefois, l'harmonie dans laquelle elle avait elle-même grandit. Lorsque les deux mondes se côtoyait sans mal, lorsque le respect était encore réciproque. Évidemment, il avait toujours existé des perturbateurs de l'équilibre. Mais ils n'étaient jamais assez nombreux pour le détruire. Aujourd'hui, Kizuna observer la colère partout, la haine montante grondait dans le cœur des hommes et de ses semblables. Plus que jamais, la paix fragile devait être préservée à tout pris. Mais aucun camps ne semblaient enclin à faire le premier pas vers l'autre, comme si toute résiliation était impossible.


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MessageSujet: Re: Pierre tombale la neige efface le passage du renard Jeu 24 Aoû - 15:05

Il pensa un instant se vexer. Le sourire qu’elle lui offrit, il manqua le confondre avec de l’irrespect ou de la moquerie, comme cette inconnue parlait avec de grands mots, employait de grands noms, osait, pourrait-on dire, prononcer des tabous et donner à un homme des conseils qu’il n’était pas certain de vouloir, ni même de pouvoir, entendre d’une bouche méconnue. Elle tapa trop justement et trop précisément sur ses faiblesses, il en eut conscience, aussi la défensive fut très vite de mise.

Il garda dans un coin de sa tête ses mots, la haine, surtout, poison le plus bon, le plus corrosif, et ses mises en garde, comme des antidotes difficilement buvable pour lui. Il imprima dans son esprit ce regard, ce visage, cette voix, si peu anodins, il faut l’admettre, qu’il sut instinctivement qu’il fallait qu’il les retînt. Ainsi, il profita de son absence de réponse et de sa nouvelle contemplation du Ciel pour tenter de maîtriser cette susceptibilité déjà naissante, déjà grandissante en fait, comme l’être à côté de lui ne lui offrit aucune émotion, aucune expression desquelles se servir pour tenter de comprendre à qui il avait à faire et comment, enfin, il devait entendre ses mots. Son dessin mental d’elle, il le traça donc au fusain de la méfiance et le noircit à l’encre de son caractère frileux - il n’y enterra pourtant pas sa curiosité et ce lien étrange, parce qu’il y eut une espèce de lien indéfinissable, peut-être parce qu’elle lisait bien en lui, que sa voix et son regard lui donnaient envie de dénouer et de suivre jusqu’au point d’attache.

Alors, il reçut son nom sans montrer de satisfaction particulière ni la gratifier d’un quelconque remerciement. Il plongea ses yeux dans les siens d’or, y chercha certainement une réaction, un détail, un quelque chose qui lui permettrait d’en déceler un peu plus au travers de ce “Hogo Kizuna, fille de Hogo Sayu.” Lui, qui s’adoucissait chaque fois qu’il citait le nom de son père, avec la modestie pour hommage dans les yeux, montrait son attachement à sa famille et prouvait une part de ses valeurs de la sorte. Mais ce qu’il perça dans le regard de Kizuna…

« Vous devez vous demander qui suis-je donc pour vous parler ainsi de problèmes qui dépassent la plupart des mortels de cette terre, vous y compris. »

Il changea de position instantanément pour lui faire face. L’attention qu’il lui porta désormais, profonde, totale, intense, sembla un avertissement. Son front se plissa d’une irritation plus franche. Il pensa immédiatement qu’elle ne pouvait pas plus se tromper sur son compte, comme elle le vexa et comme Fukyuu Hankyou, vraiment, n’était pas homme qui cherche à comprendre le tort sans en avoir d’abord fait payer l’impertinente existence : se mettre à la place de l’autre, imaginer avoir mal compris ne faisaient hélas guère partie de ses primes soucis ni de ses capacités quand, déjà, trop vite, la mouche le piquait. Il retint déjà les mots les plus maladroits comme des insultes, la formulation comme de l’effronterie et trouva de cette façon beaucoup de choses auxquelles redire dans cette seule phrase.

La position que se donna Hogo Kizuna ne lui plut pas - en sommes, cela se vit - et, pourtant, il la laissa poursuivre. Il chercha à déterminer son âge et à trouver quel genre de sagesse - ou plutôt de folie ! - l’habitait mais n’en fut pas plus capable. Il la dévisagea, de plus en plus hautement lorsqu’elle lui fit part de ses expériences, l’oeil plissé et sans ambrages  lorsqu’elle se mît à parler de ses ancêtres. Il crut presque entendre qu’elle n’était pas de ces “mortels” haineux qu’elle lui décrivit mais, et peut-être plutôt, de ces “peuples yokaï”, plus étrange des formulations qu’elle employa. Il crut seulement l’entendre ; il ne le comprit pas : la chose lui étant difficilement croyable, difficilement admissible après ce qu’il avait vécu récemment, et trop douloureuse à sa conscience pour qu’une telle idée pût s’y former clairement et catégoriquement. Il se contint au silence et oublia vite d’y penser : Hogo Kizuna exsudait d’une supériorité spirituelle indéfinissable dont il n’était pas capable de juger.

Son laïus lui laissa finalement une impression d’autant plus étrange que le sujet sembla profondément la concerner. Profondément et personnellement. Il ne pouvait pas l’ignorer.

« Qu’êtes-vous ? » demanda-t-il, quelques pesantes secondes après qu’elle ne lui rappela les lourdes conséquences de ses plus lourdes responsabilités. Il eut le ton sec de ceux qui se sont lassés de la mascarade : il lui montra qu’il ne voulait plus la suivre dans ses aruspices de vaticinateur.

» Qu’êtes-vous pour parler ainsi de ces choses sans qu’elles ne vous dépassent, vous ? Dites-moi, Hogo Kizuna, fille d’Hogo Sayu, ce que la haine humaine vous a fait pour qu’elle donne à votre bouche tous ces sermons et ces augures à dire à un élu du Divin, montré, touché, marqué par des Figures si hautes qu’elles ne peuvent plus s’incarner sur la Terre que par le biais d’un homme ? Qu’est-ce que la vengeance vous a fait pour que vous sépariez l’humain du monstrueux où, pauvre mortel que je suis, si peu élevé dans le Ciel, pourtant, moi, je ne vois que des Monstres aux multiples visages. »

Il souligna ses questions du regard, avant d’observer les angles de son visage, où il chercha des marques, traces indélébiles du vécu sur la peau. Il ne put pas s’empêcher de chercher sur elle des indices de réponses qui resteraient inatteignables.

» Je connais la colère comme un poison duquel l’odeur seule, respirée une unique fois, suffit à rendre fou et aveugle. Vous ne m’apprenez rien, ce soir, Hogo Kizuna, mais si vous savez parler autant qu’agir, alors je vous entends mieux et nos pensées s’accordent. Avez-vous participé à la bataille qui a eu lieu ici ? »

Il désigna les alentours d’un bras tendu, au bout duquel sa main amputée de trois doigts accusa accidentellement de l’index et du pouce les ruines derrières eux.

» Qu’est-ce que vous avez vu durant cette hécatombe ? Dites-moi. Des monstres ? Des hommes ? Les deux ? En ligne, bien arrangés sur le front ? Non. Non : il n’y avait que des Monstres, devant nos yeux, sous nos peaux, sous nos visages, habitant nos chairs, nous interdisant la mort. Que des Monstres, et ce ne sont pas des Hommes qui nous ont sauvé. »

Il manqua s’emporter. Une multitude d’expressions coururent son visage, passionné qu’il fut par son propre langage. Il ne lui permit pas de l’interrompre.

» C’est même l’exact inverse qu’il s’est produit. Et, maintenant que je le sais, la haine que vous me voyez tenir, cette vengeance que vous me donnez, je vous assure, elle a deux têtes et une corne pour chaque bêtes impures, humaine ou monstrueuse, qu’importe son visage. »

Il eut ce dernier ton fanatique et extatique dans la voix avant de se taire, regardant ailleurs, loin, devant eux, la limite de la ville tracée par des cordes. Il ajouta, un peu moins fort, un peu plus pensif :

« ... Et je crois qu’il faut soi-même avoir connu la souillure pour reconnaître ce qui a pourri et se propage en chacun.» Puis : « Sans quoi des innocents mourraient, oui. »


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MessageSujet: Re: Pierre tombale la neige efface le passage du renard Ven 8 Sep - 18:57

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La Renarde avait désormais pris un air grave, se rendant compte, au fur et à mesure que le jeune Daymio discourait, que sa haine l'avait déjà rongé au plus profond de son âme. Pourtant, ces paroles n'étaient pas dénuées de sens, loin de là. Il avait parlé avec une telle justesse et une telle colère que Kizuna dû rester silencieuse un long moment avant de pouvoir répondre. Elle n'avait jamais rencontré d'humain capable d'avoir de si terrible pensée. Malheureusement, elle ne pouvait qu'être d'accord avec la plupart de ce qui avait été dit. Lors de cette terrible bataille qui s'était fini dans le sang, dans un véritable charnier de cadavre, la haine et la brutalité avait été égale dans les deux camps. Une bataille de Monstres. Mais fallait-il condamné tout être doué d'intelligence pour autant ? Tout au long de sa vie, la Kitsuné avait pu constater la violence la plus crue, elle avait connu des déferlements de colère où le visage de ceux qu'elle connaissait avait été défiguré par le terrible rictus de l'abhorration. Mais elle avait aussi pu voir la beauté de la vie, elle avait pu observer l’altruisme et l'entre-aide. Et n'y avait-il pas des hybrides qui foulaient encore aujourd'hui la Terre ? N'était-ce pas là la preuve ultime que tout n'était pas perdu ? Que tout n'était pas que monstre et noirceur ?

L'agacement du jeune humain était désormais palpable, tout autant que sa colère effroyable. Des questionnements lui venait, bien entendu et cela était tout à fait compréhensif. Kizuna ne prit pas son agacement pour un manque de respect. Il était tout simplement perdu, noyé sous toute cette horreur, sous sa responsabilité. Son esprit autant que son corps avaient longuement souffert depuis ces derniers temps. Et la Renarde ne pouvait l'en blâmer. Qui aurait pu? Après tout, sa réaction n'était qu'une façon de se défendre d'elle, de ce qui devait être pour lui de bien étranges et insolentes paroles.



Kizuna ne reprit la parole qu'après un moment, le discours du Daymio l'ayant extrêmement touché. Désormais, elle savait qu'elle devait tout faire pour l'aider à reprendre pied, à ne pas céder à sa haine. Si il se plié à cette dernière, les conséquences seraient alors catastrophique, le monde n'était pas près pour une nouvelle guerre meurtrière et les humains ne s'en relèveraient avant plusieurs dizaines d'années.

« Vous questionnement sont tous légitimes, Fukyuu-sama. Je tendrais donc d'y répondre avec le plus de justesse possible. Pour ce qui est de ma nature, je suis incline à vous la partager. Cependant, si vous tentez quoi que ce soit contre moi, je serai contrainte d'agir. »

La Renarde pris une grande inspiration, se donnant le courage de se dévoiler face à un humain qui pouvait l'anéantir. Elle avait toujours pris garde de ne se montrer sous sa forme réelle uniquement dans des endroits où elle gardait l'avantage et devant des humains dont elle savait qu'elle aurait le dessus. Ne détachant pas son regard des yeux profonds du Daymio, elle entama avec lenteur sa métamorphose. D'abord, des crocs apparurent dans sa bouche, puis deux queues couleur de neige se glissèrent dans son dos. Ses mains devinrent pattes, ses ongles griffes et son nez museau. Ses oreilles poussèrent et son visage s'allongea grandement. Elle prit de l'ampleur petit à petit, jusqu'à atteindre sa forme et sa taille normale. Une fois sa que sa transformation fut totale, elle repris.

« Voilà ce que je suis réellement, jeune Daymio. Moi, Hogo Kizuna, Gardienne des Glaces suis née bien avant l'Enfer Écarlate et ai vécu bien des années sur cette terre, bien avant que le mot Fukyuu soit prononcé. Ces lieux sont sous ma surveillance depuis presque toujours, étant née dans les montagnes non loin d'ici. Malheureusement, cela n'a pas toujours été le cas... J'ai connu la haine des hommes en même temps que j'ai connu la destruction de ma famille, de ma forêt millénaire. Ce qui avait mis des milliers d'années à être fut détruit en quelques sombres jours enfumé par les incendies dévastateurs que des humains avaient délibérément allumé. J'ai connu l'exil, la mort, la faim, la colère et le désespoir. Malgré tout cela, je suis revenue, ma place étant ici. Malgré tout cela, j'ai pardonné aux humains aveugles, j'ai protégeais leur descendance. Car si en chacun de nous réside un Monstre, il y réside aussi la Bonté. Il m'est impossible de blâmer la Vie pour ce qu'elle est, tout est une question d'équilibre. Et il est du devoir de chacun de tenir cet équilibre fragile. »

Kizuna battit ses oreilles en arrière en pensant à tout cela. Ça n'était pas d'agréables pensées qui la traversait et sous sa forme de renard, les émotions qu'elle éprouvait étaient plus difficiles à dissimuler.

« J'ai participé à ce terrible massacre. J'ai vu les morts et la souffrance de ce champs de bataille. Et je vous ai vu vous. Vous m'y avez aperçu également, mais il est possible que dans tout ce tourbillon de violence, mon aspect ne vous soit pas resté en mémoire. Il ne m'a pas été facile de combattre mes semblables, mais je n'avais pas le choix, l'offensive venant d'eux. L'équilibre n'a pas de camps, pas plus que la Vie. Il est malheureux de le dire, encore plus malheureux de se le cacher, mais la violence était nécessaire. La violence, elle seule. Non pas l’exécration. »

La Kitsuné soupira et un large nuage de vapeur se forma devant son museau, léger et délicat, puis il se répandit dans l'air frais de la nuit.

« Je peux vous aider à combattre pour vos principes, tout autant que je peux vous aider à vous combattre vous-même. Ne voyez en ma proposition aucun piège, je ne suis pas un de ceux là. Mais étant la Gardienne de cette citée et de ses alentours, je ne peux que vous proposer mon aide. Des choses terribles se préparent... Bien plus terrible que la dernière bataille. Je ne puis plus désormais demeurer ici, pourtant je ne puis être partout à la fois. Si je vous accompagnais, je vous protègerais et vous apprendrais tout ce que je sais. Et peut-être que cela vous aidera dans le long et laborieux combat qu'est votre vie. »


“When the Fox hears the Rabbit scream he comes a-runnin', but not to help.” ►  Thomas Harris
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Pierre tombale la neige efface le passage du renard

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