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 La musique commence là où s'arrête le pouvoir des mots.

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Seiryuu Chō

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Taii

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MessageSujet: La musique commence là où s'arrête le pouvoir des mots. Sam 8 Juil - 18:14

Clic Music


    Dans les rues ombragées de Boya, Chō errait sans but. En ce tôt matin, la populace vaquait déjà à ses occupations, se hélait joyeusement d’un pas de porte à l’autre, les charretiers lançaient leur véhicule brinquebalant et Chō marchait d’un pas vagabond tandis qu’un bras de soleil s’étendait sur sa tête, l’environnant d’un chaleureux faisceau. Dodelinant de la tête et du corps, la fille avançait, un pied après l’autre sur la terre battue, le regard vague et n’aspirant à rien. Ce regard qui observe un point invisible dans le lointain.  De fait, elle sort d’un long et lourd sommeil qui l’avait rendue quelque peu perplexe vis-à-vis de la réalité. Les commerçants avaient beau s’exclamer et surenchérir sur leur marchandise, Chō demeurait insensible à leurs appels. La jeune femme sortait de sa torpeur, elle qui se devait être la violence même, et ce grâce à la présence de son frère. Quand il avait su que Chō avait sombrée dans le Yumi comme plusieurs membres de leur famille, il l’avait fait amenée à Boya. Son corps avait été veillé nuit et jour pendant des mois. Un corps comateux et pathétiquement étendu dans le silence d’une chambre presque mortuaire. Puis Chō s’était éveillée par on ne sait quel miracle mais son corps demeurait faible et inutile. Il lui fallait retrouver premièrement du tonus avant de reprendre ensuite ses responsabilités ainsi que l’armure mais son esprit demeurait confus, sa volonté semblait avoir quitté son être fragilisé.

    Ce jour était particulièrement agréable, ni trop chaud ni trop froid mais Chō ne le ressentait guère et bien que l’automne prît ses droits sur le pays et particulièrement à Boya, Chō ne le percevait guère. En outre, une douce brise s’élevait lorsque Chō s’arrêta devant une jolie bâtisse d’où sortait quelques bribes de musiques. Elle se laissa envahir par un sentiment étrange, sur lequel elle ne pouvait mettre de mot mais qu’elle identifiait comme profondément revigorant. C’était là absolument ce dont elle avait besoin. Se taire à l’écoute d’un instrument et d’une voix, avec un saké de préférence et accompagné d’un bol de Udon dans l’idéal. Le visage marqué de la malade se détendit, elle aspira puis expira lentement, ses yeux s’étant brièvement fermés alors qu’elle s’emplissait de l’air frais. Ce qui eut le don de sanctifier l’air vicié des poumons de Chō. Oui, Chō revenait tranquillement à la vie À son rythme reprenait les droits sur son corps et son esprit sans pour autant tenter encore de démêler les images et les voix qui se répercutaient dans sa tête comme l’écho lointain d’un rêve. Revenir à la vie, se devait de commencer par se remplir le ventre et se rincer le palet, voilà sa pensée en cet instant précis. C’est donc avec cet objectif que la femme au visage tatoué pénétra dans l’auberge, ou peut-être une taverne ? Elle n’avait pas cherché à le savoir.

    Son pied, qu’elle n’avait pris la peine de chausser, glissa sur le sol de bois en un frottement rugueux. Chō pouvait percevoir les veinures alors qu’elle déposait son talon, meurtrit par le sol rocailleux du dehors. Ainsi que l’irritation que provoquait le pan de son hakama contre la chair délicate de sa cheville. Comme après une lourde fièvre, sa peau ne supportait plus rien si ce n’est la glaçure d’un vent froid. Cependant, l’odeur qui lui parvenait lui fit gonfler à nouveau sa poitrine pour humer le délice d’un parfum lui ouvrant l’appétit. Était-ce le fait de marcher ? Elle ne savait mais elle se dit pour la première fois qu’elle avait grand faim. Et puis il y avait cette musique qui lui donnait le frisson. C’est cette dernière qu’elle suivit au travers de l’établissement, passant la salle principale encore peu fréquentée à cette heure pour traverser un vestibule ouvert sur une cours intérieure et entrer dans un petit salon plus confortable. Là se trouvait quelques personnes matinales et la jeune personne responsable du son mélodieux qui lui était parvenu. Chō s’installa. Un employé vint lui demander ce qu’elle désirait, ses pensées et sa voix eurent quelques difficultés à se coordonner mais les mots trouvèrent d’une façon ou d’une autre le passage de ses lèvres et quelques minutes plus tard on déposa devant elle une souple fumante et un pichet de saké accompagné de riz et de poisson


Dernière édition par Seiryuu Chō le Mer 19 Juil - 12:22, édité 1 fois
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Kajitori Eiko

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Genin

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MessageSujet: Re: La musique commence là où s'arrête le pouvoir des mots. Lun 10 Juil - 17:57

Eiko vivait au rythme du soleil, elle était par conséquent une lève-tôt. La rafraîchissante rosée du matin avait accompagné son levé ce matin là. Elle aimait marcher en regardant un levé de soleil en guise de rituel. En tant que ancienne renarde et comme kitsune, elle aimait la nature. Elle était bien née en ville, mais la nature était sa maison. Elle était arrivée jusqu'ici par une suite de chances ou de malchances, chacun jugera  en son temps. Elle était devenue il y a peu une kunoichi du clan du phoenix après avoir prouvée sa valeur. Cependant, elle n'était pas en mission aujourd'hui, elle allait pouvoir s'adonner à sa véritable passion, la musique. C'était bien une des rares raisons que la yokai avait de ne pas détester les humains. C'était un art fin et délicat, qui demandait du doigter. Sa spécialité était le shamisen, cette sorte de guitare à trois cordes en soie tendues le long d'un très long manche. Elle utilisait un plectre en Ivoire où trônait des ramures de cerisiers gravé le long. Eiko commençait à avoir une petite réputation en ce domaine, ce n'était pas la première fois qu'elle s'adonnait a ce genre de pratique en un lieu de villégiature comme une auberge, celle-là même où pénétra quelques temps plus tard la nouvelle spectatrice Chō.

Son rôle de musicienne était assez pratique pour être discrète, et sans doute que quelques personnes du clan pouvaient être au courant, car sa première mission avait été dans ce rôle là. Elle avait de véritables dons et un sérieux entraînement dans le maniement de son instrument. C'était un petit peu comme si elle connaissait chaque morceau de bois intimement. Elle avait négocié le repas du midi contre quelques temps pour jouer devant un public, ce n'était vraiment pas grand chose, et la récompense n'était pas importante. Elle jouait pour le plaisir avant de penser réellement à un quelconque besoin de survie. Elle était parfaitement à l'aise dans son rôle, comme une deuxième nature.

La jeune musicienne avait simplement demandé un plat avec du soba, des légumes et du tofu fumé avec un bol de riz. C'était un plat assez classique, mais surtout une manière déguisée d'avoir les mets préférés du yokai, qui était le tofu et le soja. Son plectre d'ivoire caressait les cordes depuis un moment déjà, alors qu'elle était agenouillée sur un zabuton, comme le voulait la tradition. Les personnes étaient calmes le matin, c'était véritablement un moment parfait pour jouer. Il n'y avait pas encore assez d'alcool et la fatigue de la journée pour peser sur le moral des pilliers de bar. Eiko avait beaucoup moins de personnes à repousser et calmer, qui venaient l'ennuyer comme le soir. Elle appréciait la musique, et même si elle pouvait le faire seule, son maître lui avait toujours appris que la musique était faites pour être partagée. La yokai commençait à prendre ses habitudes à venir ici et à ces heures, peut-être même commençait-elle à avoir un public ou des amateurs. Elle était d'une grande beauté, quitte à avoir une apparence humaine autant qu'elle soit jolie.

Eiko tourna son regard en direction des pas qu'elle put percevoir. Elle y découvrit une jeune femme avec des cheveux noirs. Elle la dévisagea un bref instant avant de fermer ses yeux sans pour autant s'arrêter de jouer. Ce n'était pas à cause de ce genre de distraction, qu'elle serait incapable de faire quoi que ce soit. Elle maîtrisait totalement chaque aspect de son instrument. Elle se laissait aller à accélérer le rythme, à complexifier son style de musique à force que l'on pouvait croire qu'elle avait trois mains. Elle sentit cette femme claudicotante faible et perdue, comme si elle se remettait d'une blessure, mais ce n'était pas comme si cela l'intéressait vraiment.


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Seiryuu Chō

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Taii

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MessageSujet: Re: La musique commence là où s'arrête le pouvoir des mots. Mer 19 Juil - 12:16

    Si la musique en de tels lieux était habituelle, la qualité tant qu’à elle se pouvait être plus rare. Pas que les musiciens du pays n’étaient guère talentueux, non. Comme pour la plupart des arts, il était insensé en Yokuni de ne pas s’y atteler avec un sérieux et une rigueur extrême. Cependant, la musique ainsi jouée par la demoiselle que voilà était d’une beauté à couper le souffle. Chō n’avait pas une oreille particulièrement faite pour la musique mais le délice de ce qu’elle entendait ne pouvait échapper à personne.

    La jeune femme leva son regard se son bol pour le poser avec attention sur la musicienne, un éclat d’étonnement au fond des yeux. Bien sûr, elle avait vu Eiko en entrant, attirée par sa musique mais les artistes divertissant les assemblées, se voyaient au passage sans que les gens en prennent compte, appréciant le divertissement tout en se focalisant sur les abus de la table ou la conversation des compagnons, oubliant rapidement qui et quoi réconfortait les esprits. C’est ainsi que Chō était arrivée. Égoïstement s’appropriant la douceur d’un son pour s’emplir et festoyer mais elle ne pouvait plus ignorer le talent certain de l’employée.

    Chō avait bien perçu le regard de la musicienne à son entrée dans la pièce bien que les artistes eussent ce ‘quelque chose’ de discret et de gracieux qui faisait d’eux de très bons observateurs, que l’on oubliait pourtant. Sauf en cet instant où Chō finissait son poisson, plus éveillée qu’elle ne l’avait été ces derniers jours et plus attentive à son environnement. C’était en effet l’heure des familles plutôt que des soiffards. Un couple déjeunait avec leurs enfants tranquillement, un vieil homme de l’autre côté de la pièce se faisait servir par un jeune garçon. Ils semblaient tous être des habituées qui choisissais ce moment précis pour écouter cette femme en particulier. Elle, qui baissait les yeux sur son instrument, jouant comme faisant face à une grande assemblée. Ou alors jouait-elle pour elle-même… Cela pourrait expliquer la passion qu’elle y mettait.

    Ses assiettes vides, la guerrière attendit jusqu’à la dernière note pour se redresser. Ayant fini par fermer les yeux pour profiter de cet instant mais voici qu’elle les ouvrait maintenant avec intérêt. Alors, elle choisit de féliciter la jeune fille, élevant sa voix profonde et lente comme si elle n’avait parlé depuis longtemps et que l’exercice lui était difficile ; elle inclina de même le buste pour la saluer :

      « C’était une merveille, un cadeau des cieux pour nos pauvres oreilles engourdies. Merci dame musicienne pour l’offrande que vous nous avez fait là ! »


    Se redressant, elle ajouta avec un faible sourire :

      « Je suis Seiryuu Chō, puis-je avoir l’honneur de connaître le nom de celle qui nous a fait office ce jour ? »
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Kajitori Eiko

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Genin

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MessageSujet: Re: La musique commence là où s'arrête le pouvoir des mots. Hier à 8:42


Savoir jouer de la musique avec une certaine perfection était le minimum, c'était extrêmement important et surtout pour la yokai au final. Elle ne s'estimait en rien comparable aux humains, mais elle appréciait grandement cet art, qu'ils avaient su inventé en plus de la guerre fratricide. Chaque note avait son importance dans la mélodie, et visiblement et ce malgré l'absence réelle de réaction, elle savait que le public appréciait. C'était une notion subtil de regards et d'attentions qui montraient un désaccord ou une réussite. En plus d'être un outil de la part du clan Setsu, elle était surtout une musicienne. La jeune femme releva son regard en croisant celui de cette femme, qui ne lui était pas familière. Elle était concentrée, alors rapidement son regard se perdit dans la partition pour le plus grand bonheur des personnes présentes. Elle n'attendait pas de grâces offertes par ceux qui écoutaient, elle était discrète et attentive. Elle avait ainsi une place de choix pour recueillir des informations utiles. Elle n'était qu'une ombre, un élément du décors et si cela pouvait paraître terrible, il y avait un sérieux avantage à son égard.

Eiko était davantage intéressée par la compagnie de familles que d'hommes assoiffés se beaucoup de joie qu'offre la nature. C'était bien plus calme et elle n'avait pas à souffrir de manque de courtoisie. Elle avait pris comme ses quartiers ici, et elle ne demandait quasiment rien. L'enseignement de son maître lui ordonnait se partager la joie de la musique avec les incrédules. Elle connaissait au moins de vue la plupart des habitués ici, sauf cette étrange femme, qui ne semblait avoir yeux que pour elle. La musicienne finit alors par une embardé lyrique comme pour se faire plaisir à pincer les cordes de son instrument à grandes vitesse en restant évidemment harmonieux.

Eiko venait à peine de finir sa prestation, que cette femme vint jusqu'à elle par sa voix, tandis que la yokai lançait de simples sourires de remerciements aux regards que lui lançait l'assemblée réunie. Elle tourna alors dans sa direction un regard lorsque cette femme s'inclina en louant sa musique. Par politesse, elle se leva à son tour et gracieusement sans lâcher son instrument, elle fit de même.

« Je vous remercie de vos doux mots mademoiselle, ce fut un plaisir que de vous divertir. »

Se contenta alors de répondre Eiko sans un mot plus fort que l'autre. Elle rangea alors son plectre en ivoire ouvragé d'une branche de cerisier. Elle fut surprise en entendant la jeune auditrice de poursuivre la discussion, sans doute voulait-elle plus. Elle se redressa alors en rangeant son instrument sans son dos et elle se rapprocha de sa table afin de ne pas déranger les autres convives en train de manger. Elle posa sa main sur son torse et s'inclina de nouveau alors qu'elle répondait à la présentation.

« Appelez moi Eiko, je ne suis qu'une musicienne itinérante après tout. Vous semblez être fatiguée, voudriez-vous que je vous laisse vous reposer et profiter du lieu ? »

C'était une manière subtile de ne pas s'imposer envers cette personne, et si elle désirait l'inviter à sa table, il ne il manquait que quelques mots. Elle connaissait parfaitement son rôle pour l'avoir jouer pendant longtemps. Elle ne pouvait pas révéler qu'elle était du clan, de plus, cette femme ne l'avait pas fait non plus, alors inutile d'en révéler trop. Eiko préférait limiter les interactions au stricte minimum habituellement par sécurité jouant la femme discrète et légèrement associale, mais elle se devait de rester ouverte dans ce cas précis.


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