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 L'enfer est pavé de bonnes intentions

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Abe no Chikanori

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Onmyôji

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MessageSujet: L'enfer est pavé de bonnes intentions Mer 19 Juil - 17:15

Kasu,
Jour 2, Lune de la Chèvre, An 40

Ironiquement, il appréciait bien plus voyager au loin. L’Abe no au triste passé en avait fini de réparer ses erreurs et ce qui l’amenait en ces contrées était, entre autres, qu’il appréciait le climat humide Okaruto qui lui rappelait vaguement celui de Kenshu, et le mysticisme étrange qui y régnait. Les terres impériales n’étaient pas loin, et il se plaisait à s’en rapprocher pour contempler les toits rutilants sous lequel il ne pourrait probablement plus jamais passer. C’était avec un espoir qu’il caressait du doigt qu’il se disait qu’une réputation suffisante pourrait de nouveau lui offrir la possibilité d’y retourner … le rêve restait en suspens, avec ses questions soulevant l’inquiétude et les aspirations.
Comme à son habitude, son statut lui permettait de loger dans le temple local contre quelques menus services. Alors en tête à tête avec un fournisseur d’encre, l’esprit plus concentré à voguer au plaisir des histoires qu’il inventait pour la fête des Contes s’approchant que dans la discussion, il entendit une nouvelle bien singulière. Une affaire. Monumentale. Surprenante ! Intéressante ! Tous les adjectifs étaient bons pour qualifier la chance qui souriait à ceux qui étaient présents, car là se trouvait une occasion d’acheter bon à moins cher. Les colporteurs de la nouvelle s’enfuirent pour aller vérifier d’eux-mêmes en bons intéressés, laissant l’Onmyôji et le détaillant de calligraphie seuls.

_ Le petit est en ville depuis quelques temps et fait des ravages. Si son saké n’était pas aussi bon et qu’il n’était pas aussi sympathique, j’aurais pu lui en vouloir d’attirer à ce point la clientèle ailleurs ! … un Cheval qui revend de notre boisson aussi bien, j’imagine que ça n’peut pas faire de mal …
_ Heureusement pour vous, ce n’est pas vraiment le genre de marchandises qui m’intéresse …

Son ton était machinal par rapport à la voix envieuse et admiratrice de son vis-à-vis. A présent que le sujet était entamé, il se souvenait d’avoir entendu parler d’un fameux qui avait rendu ses respects au temple par d’opulentes offrandes. Chikanori ne prêtait d’ordinaire que peu d’attention à ce genre de faux-événements qui venaient déranger le quotidien bien rangé des Sohei et Mikos, mais cela faisait quand même la seconde fois que le phénomène parvenait à ses oreilles. Finalement, la curiosité le piqua suffisamment pour qu’il daigne en demander plus sur l’opportun qui troublait les rues embrumées, et la surprise fut au rendez-vous.

Le bourg était normalement animé, si ce n’était noter l’attroupement qui s’était créé au bout de la rue autour d’une charrette colorée. Cette voix familière sortie du passé se fit entendre et il s’arrêta. Son expression s’affina. Tiens donc, il était déjà là … avec sa voix enjouée, parfois timide, souvent flatteuse, et un sourire tarte qui ne se décollait jamais de ses lèvres : Arihito Oyama. Qui ne l’avait d’ailleurs pasencore discerné à cause des curieux et des acheteurs qui grouillaient autour de lui. Au moins, il n’allait pas avoir besoin de le chercher … souple et silencieux, il s’insinua parmi la foule pour s’approcher. Pas plus d’étonnement se dénotait sur son visage, comme s’il avait toujours connu le concerné, ou plutôt, toujours su qu’un pareil destin ne pouvait que lui être réservé.
Pour sa part, il ne lui avait suffit d’un instant pour le reconnaître, le souvenir cuisant de leur rencontre ne l’avait jamais quitté … il n’avait cure s’il passait pour un inconnu. Beaucoup avaient oublié les mésaventures du pauvre Abe no, ce qui n’était pas pour le déranger. Ceci dit, cela ne changeait rien au fait qu’en retour, il se sentait obligé personnellement d’aider là où il n’avait pas pu le faire auparavant, comme pour corriger le Karma.

Petit à petit, les habitants délestés de leurs pièces et chargés de bouteilles d’alcool se dissipèrent, les indiscrets avec eux, et alors que le prospère revendeur comptait son argent ou rangeait ses affaires, sa vieille connaissance s’approcha dans son dos.

Sensible de l’ouïe, l’Onmyôji qui se voulait discret releva le regard sur la charrette du commerçant d’Eiichiro, et plus précisément … sur son toit. Sautillants, joyeux, espiègles, toujours aussi bizarres et grotesques, de tous petits Yokaï mineurs s’y bousculaient, piaillaient, se chamaillaient dans un ramdam pas possible, expliquant sans aucun doute pourquoi la carriole tremblotait un peu alors qu’il n’y avait aucun vent. Avec combien d’offrandes le malin vendeur avait consciemment ou inconsciemment “acheté” les bonnes grâces de ces esprits de chance ? Un sourire ironique et amusé apparu sur le visage du religieux de Kenshu qui, d’un geste leste de la main et d’un Sutra cuisant, en profita pour dégager de son paysage les créatures bruyantes en invoquant l’aide du Vent. Celles-ci tombèrent à la renverse et se perdirent sur quelques toits. Au moins, le message était clair : le Maudit ne supportait pas leur présence et ils savaient à quoi s’en tenir.
Un discret ricanement se fit entendre de sa part alors qu’il rangeait les mains dans ses manches :

_ Konbanwa, Oyama-kun. » L’interpella-t-il avec une familiarité.


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Arihito Oyama

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MessageSujet: Re: L'enfer est pavé de bonnes intentions Jeu 20 Juil - 18:36

Oyama avait eut une idée brillante il y a quelques jours de cela, une idée brillante encouragée par des circonstances plutôt favorables pour lui. Comme il était arrivé récemment à obtenir une grosse cargaison de saké à un prix plutôt appréciable en échange de thé Setsu, il avait décidé d'en profiter pour écouler ce saké à un prix vraiment modique une fois arrivé dans la ville où résidait son cher cygne. Non pas tant pour faire de gros profits que pour ainsi se faire connaître. Après tout il fallait bien se faire une réputation si l'on voulait à l'avenir améliorer sans mal ses affaires.

Et l'idée avait vraiment bien marché, cela faisait donc plusieurs jours qu'il avait stocker la cargaison de saké dans un entrepôt et qu'il le faisait sortir progressivement à chaque fois qu'il finissait de vendre un chariot complet de sa marchandise. Au final il était si content que son idée marche si bien qu'il décida même d'en profiter pour remercier les kamis avec de belles offrandes, après tout pourquoi ne pas honorer au passage ceux qui par leur bienveillance veillaient sur les mortels ?

C'est ainsi que les quelques derniers jours il les avait passé à alternativement revendre sa cargaison et faire des offrandes. Et avant d'aller revoir son cygne aujourd'hui, il pensait profiter des jolis bénéfices qu'il avait fait pour faire un joli cadeau surprise à son amant. Et il avait d'ailleurs hâte de voir l'effet que saurait avoir le beau cadeau qu'il prévoyait d'offrir à Haruaki sur ce dernier. Surtout qu'il était à peu près sûr d'être arrivé à garder le secret, ce qui n'était pas forcément évident avec son cygne...

Mais en attendant d'offrir ce dit cadeau, il fallait en finir avec ses ventes de la journée, quand Chikanori le trouva, Oyama était donc en train de finir d'écouler une de ses dernières cargaisons de saké avec le sourire et le bon mot à la bouche. Après tout le commerce était tout un art et le naturel enjoué et joyeux du marchand faisait qu'il était sans mal plutôt sympathique pour ses clients. Un côté charmant dont il avait conscience et qu'il assumait pleinement, surtout aujourd'hui où il avait l'impression que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. D'autant plus quand après que la foule se soit enfin dissipée, il put commencer à comptabiliser les bénéfices qu'il venait de faire… Oui il y avait vraiment là de quoi commencer à faire les économies en plus d'offrir un joli cadeau à son cygne. Comme quoi cette journée été parfaite !

Décidément son avenir en tant que marchand lui semblait radieux et il n'y eut qu'une chose au final qui put améliorer sa journée en plus du fait qu'il comptait aller prochainement acheter un cadeau à son cygne pour le lui offrir. C'était de revoir une vieille connaissance qui s'était fait remarquée en l'interpellant avec une certaine familiarité.

Oyama regarda ce dernier avec surprise, avant de s'exclamer en s'inclinant tout à coup.

« Chikanori-kun ! Je suis heureux de vous revoir en chair et en os ! De ce que je vois vous vous portez fort bien. » Il semblait tout à coup d'une humeur encore plus radieuse et demanda avec complicité.

« Désirez-vous par hasard que je vous offre une tasse de thé dès que j'aurais ramené le chariot à l'entrepôt ? Je sais que vous n'êtes pas très saké, mais voyez-vous depuis quelques temps je fais aussi dans le commerce de thé, alors autant en profiter ! » Même si évidemment le thé n'était pas aussi populaire que le saké à Okaruto, mais il s'y vendait bien quand même. Dans tous les cas pour l'instant il ne cachait pas sa joie de revoir l'onmyoji en tout cas et ajouta avec amusement alors qu'il demanda à un garde du corps l'escortant de l'aider à déplacer la chariot tout en incitant Chikanori-san à le suivre. Ce avant d'ajouter à l'égard de ce dernier avec humour.

« Comme vous le voyez les affaires se portent très bien pour moi ! J'ai même pu acquérir cette année un bateau que je n'hésite pas à utiliser pour revendre de grosses cargaisons de saké dans les autres clans en passant par les côtes. Décidément je ne saurais remercier assez les kamis pour tout cela. Et vous Chikanori-san ? Comment vous portez vous en tant qu'onmyoji ? Je suis sûr et certain que depuis le temps vous devez être devenu un excellent pratiquant des sutras. J'espère que le set de calligraphie que je vous ais offert aura été utile pour cela d'ailleurs. » Si Chikanori n'était peut-être pas spécialement habitué à ce que l'on soit ravi de le revoir, il restait qu'il avait devant lui un cas flagrant d'Oyama vraiment heureux de le recroiser et qui semblait très enthousiaste à cette idée. Visiblement le marchand ne semblait pas avoir perdu son éternel air enjoué depuis le temps, bien au contraire même. On avait l'impression qu'il était même parfaitement heureux avec sa situation actuelle, comme si tout semblait lui réussir.
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Abe no Chikanori

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Onmyôji

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MessageSujet: Re: L'enfer est pavé de bonnes intentions Ven 21 Juil - 4:19

Arihito Oyama était sûrement de ceux à qui le temps ne fait pas d’encoches, qui semblent vous retrouver après dix ans tels que vous les aviez retrouvés la veille, qui ne changent pas qu’importe la quantité d’eau passée sous les ponts. Une demie décennie les avait séparés, avait pour sa part profondément enterré ces années d’expérience, de vie, de mésaventures, de joies et de tristesses … et là, il trouvait cette fugace connaissance qu’il s’était faite un jour alors qu’il ne se considérait alors qu’un bien jeune Onmyôji. Le destin était ironique alors qu’il constatait à nouveau comme au premier jour l’insouciance du marchand, à un tel point qu’il la jugeait presque puérile et simplette. L’autre n’avait même pas sourcillé face à cette prunelle d’un rouge incandescent et le sceau qui lui barrait le visage, à ce changement d’attitude qui avait transformé le timoré et réservé Abe no en un assumé provocateur.
La tirade s’acheva alors qu’il suivait l’enjoué voyageur sur le chemin de son entrepôt. Les trop nombreux mots qui lui étaient déversés dans les oreilles le faisait penser à tout autre chose, par exemple qu’il ne serait pas surpris si l’inconscient oubliait régulièrement de fermer ses locaux par inattention. L’intuition lui disait que même avec ces risques, le malheur ne lui tombait que rarement sur le coin du nez.

Sans qu’il n’ait besoin de demander, le bavard semblait plus qu’heureux de pouvoir mettre à jour ses connaissances le concernant. Il ne l’avait pourtant pas prié à le faire. Presque immédiatement, Chikanori mesura la difficulté qu’il allait avoir à casser l’enthousiasme prenant de cet individu surexcité. Avec ce genre d’animal, il aurait bien du mal à ne pas perdre patience s’il rentrait dans ce petit jeu là. Enfin donc, il n’aurait pas peur de froisser l’homme et pouvait se livrer aux vacheries sans trop avoir à se poser de limites. Même le set de calligraphie offert n’avait pas été oublié, comme quoi à défaut d’avoir des choses intéressantes à dire, sa connaissance avait au moins une plutôt bonne mémoire.

_ Il est passé par la fenêtre un soir de mauvaise lune, je le crains. Je n’ai que rarement retrouvé un matériel d’aussi bonne qualité. » Raconta d’une voix indifférente l’Onmyôji à qui l’épisode avait marqué les pavés de Birei.

A ce bel oiseau toujours aussi babillant que dans ses souvenirs, il ajouta simplement entre la simple constatation, l’amusement, et le reproche déguisé :

_ Je vois que tu es toujours aussi loquace, j’imagine que c’est un indicateur de bonne santé te concernant. » L’Abe no préféra contempler au loin les brumes qui envahissaient les rues en rangeant les mains dans les manches de son haori et de son kimono. Il avait posé la presque totalité de ses affaires au temple et appréciait de pouvoir, pour une fois, se déplacer léger. « Je ne serai pas contre du thé puisque tu m’en proposes, mais peut être devrions-nous nous poser à un meilleur endroit pour le boire ?


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Arihito Oyama

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MessageSujet: Re: L'enfer est pavé de bonnes intentions Ven 21 Juil - 18:12

« Ainsi vous n'avez plus le set ? » Dit Oyama légèrement étonné et un peu peiné en entendant cela, mais il finit tout de même par ajouter après quelques instants de réflexion. « Je suppose que je pourrais toujours vous en offrir un autre… Ma foi, je suppose que ce ne serait pas une mauvaise idée. » Conclut-il donc avec un fin sourire, en effet il ne serait pas contre cette idée, surtout au vu de la réaction que cela avait provoqué à l'onmyoji à l'époque d'après ses souvenirs et qui témoignait que le cadeau lui avait tout de même fait grandement plaisir.

Et sur ce il ne manqua pas d'ajouter sinon avec sérieux concernant le fait qu'il était en bonne santé.


« Oh vous savez, ces histoires que nous avions vécu à l'époque m'ont assez marquées, mais disons que j'ai un bon ami qui m'a aidé à faire la paix avec moi-même, cela et aussi quelques mesures que j'essaye de prendre depuis pour honorer le mémoire du pauvre Yojimbo mort devant nous… Dans les faits je n'oublie rien, mais j'essaye d'agir pour rattraper le passé plutôt que de me morfondre. Le temps que l'on passe à se morfondre après tout, n'est pas un temps où on agit pour améliorer les choses ou faire quoi ce soit de constructif je suppose... » Il soupira à ces souvenirs, puis reprit moins gravement avec son éternel sourire alors qu'ils atteignaient l'entrepôt.

« Ma foi, maintenant que vous le dîtes... Je comptai justement me rendre aujourd'hui chez ce fameux ami dont je viens de vous parler. Un homme et un kuge comme il y en a bien peu. Je pense que vous vous entendriez très bien avec lui. Dans tous les cas sa demeure sera je pense l'endroit idéal pour y prendre tranquillement le thé. » On devinait une certaine tendresse dans sa voix alors qu'il disait cela, le genre que l'on pouvait avoir en parlant d'un très bon ami. Sur ce alors qu'il avait fait cette proposition et après avoir attendu la réponse de Chikanori à celle-ci, il demanda en se glissant dans l'entrepôt après avoir débloqué celui-ci.

« Quand j'y pense sinon, quel est votre type de thé préféré ? » Visiblement il semblait décidé à aller fouiller dans ses stocks pour trouver celui que devait affectionner l'onmyoji. Allez savoir pourquoi, mais Oyama avait le sentiment d'avoir sans doute cela en stock, il prenait soin après tout de toujours présenter une offre très variée à ce sujet. Et une fois cela fait, il supposait qu'il ne resterait plus ensuite qu'à aller rendre une petite visite à Haruaki. Il était certain après tout que ce dernier serait heureux de revoir son moineau, ainsi que de rencontrer une connaissance que ce dernier avait en sympathie. Le moineau en tout cas avait hâte de retrouver son cygne et se disait qu'il n'aurait de toute manière qu'à profiter d'un moment où ce dernier discuterait avec Chikanori pour aller chercher le cadeau surprise qu'il désirait lui faire… Oui ! Ce serait parfait ! Il ne resterait donc qu'à trouver le bon thé et se mettre en route… Et ensuite savourer le moment qui il n'en doutait pas... Saurait être merveilleux et mémorable.
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Abe no Chikanori

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MessageSujet: Re: L'enfer est pavé de bonnes intentions Ven 21 Juil - 23:47

Légèrement en retrait, Chikanori resta silencieux à propos du set et du défunt Yoojimbo. Le premier car il ne pouvait décemment refuser un cadeau (même s’il avait déjà de quoi faire et qu’il préférait choisir lui-même son matériel), et le second parce qu’il n’avait tout simplement pas envie d’en parler. Cela faisait partie du passé, et il était depuis longtemps passé à autre chose. Malgré la violence de ce qui s’était passé ce jour là … il était triste de le dire, mais il avait vécu bien pire. Et le vendeur d’Eiichiro ne semblait pas tant que ça traumatisé, sinon ce dernier se serait truffé d’amulettes de protection contre ces ennemis invisibles, or ce n’était pas le cas.
Son attention est néanmoins attirée par les tous derniers propos qu’on lui tint.

L’idée de rencontrer une des fines fleurs d’Okaruto avait tout pour le séduire, car à défaut d’être apprécié de la masse, il trouvait un bien plus grand intérêt à être recommandé par des amis bien placés. Cependant l’invitation du marchand tomba comme un cheveu sur la soupe … surtout qu’il n’était pas l’hôte et ne pouvait s’octroyer le droit d’inviter n’importe qui dans la demeure du noble. Le maximum qu’il puisse faire était seulement d’en soumettre l’idée. Oyama avait bien du culot pour se permettre une telle décision, face à  un Kuge. Malgré l’attachement qui transpirait le ton de l’Eiichiro, Chikanori ne se sentait pas tout à fait à l’aise à procéder de la sorte, ainsi, lorsque l’autre ouvrit son stock de thés, l’Onmyôji s’approcha pour regarder par-dessus son épaule, donnant son avis sans aucun détour :

_ Il t'es bien osé de m’inviter à la place de l’hôte des lieux. La moindre des choses serait alors que le thé apporté soit celui qui lui plairait le plus. Je ne doute pas de la sympathie de ton grand ami, mais d’expérience, ce genre d’initiative prise à la va-vite peut être mal accueilli.

La première impression était décisive, et même si celle-ci était donnée par un tiers. Autant pour d’autres personnes il aurait laissé l’autre gérer, autant il se permettait de faire opposition à ce qui lui semblait être un manque cruel de courtoisie.


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Arihito Oyama

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MessageSujet: Re: L'enfer est pavé de bonnes intentions Sam 22 Juil - 17:51

Oyama parut légèrement surprit quand Chikanori-san affirma qu'il était bien osé de sa part d'inviter Chikanori de lui-même chez Haruaki-kun. Ce qui serait vrai dans les faits s'il n'était pas aussi proche d'Haruaki-kun et Oyama se dit qu'en effet l'onmyoji ne connaissait pas vraiment la teneur de la relation entre le marchand et le kuge, ce qui expliquait sa gêne. Il se contenta donc de répondre aimablement, mais avec sérieux à l'onmyoji.

« Crois moi Chikanori-san, il appréciera beaucoup cette petite surprise au contraire. Je le connais très bien, nous sommes des amis plutôt intimes disons et je peux t'affirmer qu'il se réjouira d'autant plus du fait de me revoir si en plus je lui réserve une petite attention de ce genre en lui présentant quelqu'un que j'ai grandement en sympathie. Rien d'inconvenant en somme, bien au contraire. » Il tutoyait Chikanori étant donné que ce dernier le faisait, supposant après tout qu'il pouvait se permettre une telle familiarité qui à ses yeux était chaleureuse. Il ne manqua pas d'ajouter sinon avec bonne humeur. « Néanmoins, si tu penses que c'est préférable, je vais plutôt opter pour son type de thé préféré en effet. De ce que je sais il aime beaucoup les thés parfumés et je n'en manque pas. » Il revint donc assez vite avec petit pot remplie de feuilles de thé parfumé, puis il eut une petite idée et ajouta.

« D'ailleurs, si tu estimes toujours que cela peut être inconvenant que je t'amènes ainsi chez lui, ce qui, je te rassures ne le sera pas. Je te proposes qu'avant de nous rendre chez lui, nous allions tout les deux acheter un petit cadeau que nous lui offrirons une fois là-bas. Qu'en dis-tu ? Pour ma part c'est ce que je prévoyais de faire en tout cas et cela rejoindra l'idée de surprise que je comptais lui faire… Et s'il s'avère que tu n'as pas l'envie ou les moyens de dépenser de l'argent dans une telle chose, je n'aurais qu'à payer tout de ma poche et nous n'aurons qu'à dire malgré tout que ce cadeau est de notre part à tout les deux. » Finit-il donc de proposer bravement, après tout il ne tenait pas non plus à ce que Chikanori-san soit spécialement mal à l'aise, même si dans les fais Oyama savait très bien pour sa part qu'il n'y avait aucune raison de s'en faire avec son cygne adoré...
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MessageSujet: Re: L'enfer est pavé de bonnes intentions Lun 24 Juil - 2:17

A la réponse qu’il eut, l’Onmyôji se détendit un peu, démontra d’un peu plus de confiance. Ainsi formulé et proposé, il avait bien moins l’impression d’arriver comme un inconvenant… et Oyama semblait au moins comprendre ses réticences même s’il lui assurait que tout irait pour le mieux. Satisfait, il hocha lorsque se rangeant à son avis, le vendeur opta pour un thé … parfumé ? En cela il fut intrigué, ce n’était pas des plus communs, et même pour dire, au contraire des plus exotiques. Petit à petit Chikanori se faisait une idée du personnage, mais il ignorait tout de si cette image correspondrait à la réalité.

_ Faisons d’une pierre deux coups, cela me semble avisé. » Répondit-il en s’éloignant de son interlocuteur, les bras rangés dans ses manches avec un rire. « Mais ne pense pas que je ne suis pas capable de me le permettre ! Que crois-tu, tu n’es pas le seul à t’être épanoui dans les années ! En tant qu’Onmyôji je vis confortablement. J’assumerai seul l’attention … Tout ce dont j’ai besoin, ce sont des goûts de ton ami Kuge, car de cela je suis tout à fait ignorant.

Rien de meilleur pour faire une bonne impression qu’un cadeau intelligemment choisi. Là-dessus, il était indérogeable, les habitudes de Birei et bonnes manières de Fukyuu parlaient pour lui. Il fallait dire qu’il en avait fait les frais avant de comprendre que cela devait plus être de l’ordre du réflexe qu’autre chose. S’il avait eu le temps, il aurait volontiers confectionné une amulette, de celles qui sont belles tout en s’avérant utiles (ce qui était plus facilement accepté et gratifié qu’une effrayante bouteille qui ne payait de mine). Pour palier à ce contretemps, il était peut être encore l’heure d’acheter de l’encens … dans l’idéal, il se serait préparer pour l’occasion et serait passé chez un artisan, il ne connaissait pas la capitale comme sa poche. Heureusement, il avait quand même quelques idées à confirmer … il lui fallait apprendre plus de chose sur son futur hôte qui sortait du lot et qui ne semblait peu avoir aux dignitaires accrochés aux protocoles. De plus le ton particulier de l’étranger d’Eiichiro ne lui avait pas échappé … et il n’arrivait pas à mettre le doigt sur ce qu’il devait en déduire.

_ Ton ami semble être quelqu’un d’affable et de tolérant. Pourrais-tu me parler un peu plus de lui … ?


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Arihito Oyama

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MessageSujet: Re: L'enfer est pavé de bonnes intentions Lun 24 Juil - 18:21

Tant mieux pensa Oyama, si Chikanori-san pouvait acheter à lui seul un cadeau ce ne serait pas plus mal. Le marchand pourrait ainsi garder l'idée de surprise qu'il avait en tête pour son ami concernant le cadeau qu'il voulait lui faire. Certes, il savait que son cygne n'avait pas besoin de cela pour l'apprécier énormément, mais le marchand avait quand même envie de le faire, surtout que son amant avait déjà tant fait pour lui… Il serait juste de ce fait qu'Oyama essaye de lui rendre la pareille. Surtout que ce ne serait-là qu'une partie de cette façon à lui de lui rendre la pareille au final.

« Dans ce cas là nous pourrons chacun lui offrir un cadeau, je suppose que ce ne sera pas plus mal. » Même s'il était bien conscient que le thé qu'il apportait était déjà un beau cadeau en soit, surtout que ce n'était pas la première fois qu'il faisait ce genre de cadeau à son cygne, sans oublier qu'il fournissait en plus ce dernier en herbes médicinales et ce à un prix qui même s'il bénéficiait au marchand était sans doute très très acceptable... Néanmoins, il tenait tout de même à faire un petit cadeau en plus de tout ceci. Et en dehors de cela, il ne manqua pas sinon d'ajouter avec le sourire à Chikanori.

« Oh, il n'est pas bien difficile en vérité, enfin, pas compliqué serait un meilleur terme. Il aime les choses belles en général, que ce soit les vêtements, les ensembles de thé et les bijoux notamment. Je suppose donc que tant que tu lui offres quelque chose de beau, il appréciera, même si je pense qu'avec lui c'est surtout l'attention qui compte. » Précisa t-il avec amusement, ce avant de poursuivre alors qu'il invitait l'onmyoji à s'enfoncer avec lui dans la ville, de manière à trouver des boutiques où acheter ce qu'ils voulaient offrir au cygne peut-être. Pour sa part d'ailleurs, le marchand se fierait sans doute à sa grande intuition pour trouver quelque chose d'appréciable, même s'il ne doutait pas que de toute manière Haruaki apprécierait leur cadeaux tant qu'ils en faisaient un minimum.

« C'est un homme très altruiste, il est devenu médecin pour aider les autres et se dévoue corps et âmes à sa profession depuis. Autant pour soigner le corps des autres que leur esprit. C'est un homme bon et affable en effet, mais doté aussi d'une présence indéniable. Dans tous les cas, je pense que je n'ai que rarement rencontré quelqu'un pouvant rivaliser avec lui au niveau de la générosité et de la bienveillance envers son prochain. » Il souriait doucement en disant cela, puis il eut une idée et la proposa avec amusement.

« Désires-tu que nous nous séparions pour aller chacun chercher un cadeau de notre côté ? Je suppose qu'ainsi ce sera plus rapide de trouver deux cadeaux à offrir avant que nous nous rendions ensuite tout les deux chez mon ami. Nous n'aurons bien entendu qu'à nous retrouver ici avant de nous rendre chez lui. » Il supposait après tout que ce serait ainsi plus rapide s'ils ne se retrouvaient pas chacun dans les pattes de l'autre. Dans tous les cas il n'était donc pas contre cette idée, bien au contraire. Surtout qu'il avait l'impression que ça allait lui prendre un peu de temps pour sa part pour trouver un cadeau adéquat...
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Abe no Chikanori

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MessageSujet: Re: L'enfer est pavé de bonnes intentions Mar 25 Juil - 3:05

Des bijoux ? Alors, là, il resta silencieux tant il fut occupé à tenter de relier cette information au portrait du Kuge qui s’avérait également être médecin. Peut être le marchand s’était-il trompé, en confondant bijoux et ornements … cependant l’erreur n’était pas possible, ce dernier était  insouciant et bavard mais certainement pas imbécile ou négligeant. D’autres explications se proposaient à lui, les Kuge s’avéraient souvent posés dans leur vie, il aurait donc été logique que ce dernier soit marié à une femme ; dire qu’il appréciait les bijoux pouvait être un moyen détourné de ... Non, cela n’avait pas de sens. L’Onmyôji s’agaça intérieurement. Une fois de plus, il cherchait trop compliqué, l’explication était sûrement simple qu’il ne voulait l’admettre. Somme toute, il n’avait que faire de savoir le pourquoi du comment, car de toute façon il n’allait pas se permettre d’en offrir, les choses étaient pliées.

_ A tes mots, j’imagine un grand homme, donc. Je tenterai de lui faire honneur … peux-tu simplement me dire comment il se fait appeler ? Retrouvons-nous ici après nos emplettes respectives faites.

Sur ses mots il s’éloigna, en pleine réflexion. Un médecin altruiste devenu noble, aimant les belles choses et il n’avait que quelques dizaines de minutes pour trouver un cadeau qu’il voulait un minimum choisi. Acheter un produit du coin pour un local lui paraissait complètement absurde, pourtant il allait devoir s’en contenter, d’autant plus qu’il n’avait ses affaires dans lequel il aurait pu trouver une solution de recours. Rapidement, il opta pour un éventail, dont il connaissait les usages, les codes et les goûts, ce qui allait lui être utile pour orienter son choix. S’il soignait l’emballage et la présentation, il pouvait rapidement parvenir à quelque chose de très convenable.
En deux ou trois mouvements, il retourna au papier pour se fournir en différentes textures et couleurs, après être passé chez un fleuriste pour prendre quelques orchidées et avoir procédé à l’achat de son éventail. Il s’agissait d’un modèle à vingt-quatre plis, conforme au rang du concerné, d’un très seyant noir. Un paysage d’Okaruto y était peint, en dorures délicates, agrémenté de feuilles de sycomores rouges. Une fine impression de brume se dégageait d’entre les monts qui y étaient dessinés.  Il y mit le prix, les lamelles de bambou teintes étaient perforées de discrets motifs à et cela s’ajoutait un pompon de la même sobre couleur. Le coffret en bois sombre qu’il ajouta pouvait s’ouvrir totalement et servir de présentoir. Ressortant tout son savoir acquis auprès des courtisans de la cour, il parvint au bout du temps qu’il s’était imparti à créer un lit pour recueillir son cadeau, tout en pliage entre papier de soie et tissus brodés de motifs géométriques, le tout rehaussé par la fraicheur des fleurs. Bien sûr, elles n’allaient longtemps survivre, mais l’effet était garanti lors de l’ouverture : l’emballage et son cadeau donnait l’impression d’une modeste œuvre, fugace, également utilisable en tant que décoration si le Kuge n’y trouvait une quelconque utilité. Pour parachever, il ajouta, de la meilleure calligraphie qu’il le pouvait en ces circonstances, un Haïku sur une étiquette qu’il glissa dans le coffret avant de le refermer via son loquet.

Aux débuts d’automne
Restera le souvenir
De notre rencontre

Au recto, il y avait inscrit sans prétention son nom.

Revenant au lieu de rendez-vous, la boîte enveloppée dans un dernier tissu violacé et carmin à plat dans les mains, Chikanori était plutôt fier du résultat, quoiqu’exigent envers lui-même, il trouvait encore à redire. S’il avait pu trouver une boîte laquée au lieu de vernie, là aurait été l’idéal, mais d’un certain côté, il ne voulait pas mettre mal à l’aise son hôte qu’il ne connaissait pas et qui ignorait tout de sa visite. Cette fois, il se sentait serein à apparaître chez le noble.
L’Onmyôji chercha sa connaissance de longue date du regard – ce qui venait à trouve le sourire éclatant et l’expression béate qui se trimballait dans les rues-, tout prêt à le suivre jusqu’à la demeure du mystérieux médecin.


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Arihito Oyama

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MessageSujet: Re: L'enfer est pavé de bonnes intentions Mer 26 Juil - 17:41

« Haruaki, il se nomme Haruaki. J'ai hâte de voir ce que tu lui auras trouver, même si je suppose que je le contemplerai en même temps que lui. » Répondit-il simplement avant de se séparer ensuite de Chikanori pour aller faire des emplettes de son côté…

Et après un certain temps et peut-être par chance ou par intuition, il finit par trouver une modeste échoppe qui appartenait à un homme tout aussi modeste. Par curiosité il entra dedans et discuta avec le propriétaire qui était quelqu'un d'humble et peu soucieux des choses matérielles, enfin sauf quand c'était pour acheter du saké et festoyer et qui s’avéra être aussi un artiste encore fort méconnu mais au talent… Indéniable, du moins c'est ce que pensa Oyama en regardant un carnet d'estampes que l'homme lui proposa, si indéniable que le marchand s'attendait à devoir payer cher, peut-être même un peu trop cher un recueil d'estampes de ce genre, mais il s'avéra que finalement non. L'artiste amusé par sa question concernant le prix, confia ne pas avoir spécialement besoin d'argent actuellement et qu'il faisait surtout de l'art par amour de l'art.

L'artisan lui proposa donc un recueil d'estampes de paysages d'une qualité très honorable et ce pour un prix très raisonnable en échange de quelques bouteilles de saké que le marchand lui rapporterait plus tard. Oyama ne sut quoi dire à cela et se confondit en remerciement, mais l'homme lui rétorqua que pour sa part ça lui faisait surtout plaisir que quelqu'un apprécie son art et que c'était cela qui comptait surtout pour lui. Le marchand lui promit donc de parler de lui à son ami si le recueil venait à plaire à ce dernier.

Et après cela il acheta donc le recueil et aussi une boîte articulé et vernis d'aspect fort simple mais agréable qui servirait à conserver ce dernier tout en le présentant et pouvant s'installer en une sorte de trépied avant de rejoindre ensuite Chikanori. Non sans avoir remercier avec profusion l'artiste qui lui disait de revenir quand il le désirait au passage.

Ainsi, c'est un Oyama d'humeur enjouée qui retrouva Chikanori au lieu du rendez-vous.

« De ce que je vois, tu as toi aussi trouver ton bonheur ! Mettons nous en route de ce pas. » Il ne demanda pas à Chikanori ce que ce dernier avait pu prendre pour conserver la surprise et se rendit donc avec ce dernier chez Haruaki. Bien entendu c'était lui qui menait la marche comme c'était lui qui devait guider son compagnon jusqu'à la demeure du kuge. Le marchand était en tout cas impatient à l'idée de revoir son cygne et espérait que leur cadeau à tout les deux lui ferait plaisir. Ce dont il ne doutait pas en vérité, mais du coup c'était le cœur léger qu'il allait donc à sa rencontre en compagnie d'un invité surprise.
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MessageSujet: Re: L'enfer est pavé de bonnes intentions Jeu 27 Juil - 12:28

Les deux jeunes gens arrivèrent donc devant une demeure de taille respectable, un peu éloignée de l’agitation du centre de la capitale. Le ‘U’ asymétrique se refermait sur une petite cour où un jeu d’eau émettait un claquement régulier, propice à calmer l’esprit. Le petit plan d’eau était entouré d’un carré d’herbe impeccablement entretenu, sillonné par une allée caillouteuse menant jusqu’à la porte d’entrée, toujours grande ouverte. En entrant dans la salle principale, les deux amis découvrirent une pièce meublée de manière simple, mais agréable, sentant bon l’encens et les herbes médicinales, agréablement chauffée par les cendres de l’âtre. Outre l’imposant comptoir qui prenait une partie du mur de gauche, une table de bois précieux et de taille respectable trônait au centre de la pièce, entourée de nombreux coussins colorés semblant tous plus moelleux les uns que les autres. D’ailleurs, un petit chat y avait trouvé refuge, dormant roulé en boule sur un coussin sombre mettant en avant son pelage blanc et brun. Le mur du fond était orné de quelques étagères sur lesquelles quelques décorations, parchemins et pierres semi-précieuses, posés sans ordre apparent, donnaient sans doute déjà une petite idée du personnage occupant ces lieux. De chaque côté, les panneaux de bois donnant accès aux différentes parties de la maison étaient délicatement décorés, faisant jouer leurs jeux de lumière dans la pièce vide.

C’était peut-être là ce qui pouvait paraître étrange à l’habitué des lieux qu’était Oyama. Personne ne vient les accueillir comme c’était généralement le cas. Normalement, Nozomi n’était jamais bien loin, guettant l’arrivée de visiteurs potentiels. À part cela, la pièce semblait parfaitement en ordre, si ce n’était que l’habituelle théière fumante, invitant à la dégustation, n’était pas sur la table. Personne ne vint à leur rencontre, mais ils ne furent pas ignorés pour autant. Dans le couloir menant aux appartements privés, un homme élancé perçut l’intrusion. S’il ne se montra pas, il parcourut néanmoins la demeure pour trouver le maître des lieux, accoudé à son bureau avec une mine lasse.

Haruaki revenait d’un dîner mondain avec un haut dignitaire de la ville, habillé pour ce rôle d’oiseau de paradis qu’il avait déjà mille fois joué. Cette chose, rare et précieuse, qu’on exhibait. Cet excentrique qui amusait autant qu’il offusquait, qui faisait jaser et au final, c’était là le plus important. Mais ce fut peut-être là fois de trop ce jour-là. Désormais, l’empathe se sentait fatigué, lassé de ce petit jeu si loin de ses objectifs et dont il avait pourtant tant besoin. Il détestait perdre son temps à parader ainsi devant les puissants de ce monde plutôt que de soigner ceux dans le besoin. Et en même temps, il avait besoin du soutien de ces hommes pour avoir la possibilité de prendre soin de ses patients, car il ne lésinait souvent pas sur les moyens à utiliser et il voulait le meilleur pour ceux qu’il soignait.

Ainsi, il devait parfois se donner en spectacle, il ne vendait pas son corps, certes, mais était-ce vraiment si différent ? Il vendait son temps, sa conversation, sa dignité même, à ces maudits vautours. Toujours trop prêt à juger, condamner, commérer, il fallait bien leur donner quelque chose à se mettre sous la dent. Et cette chose, c’était lui. Ce médecin qui soignait tout et tout le monde, cet homme qui n’en était pas tout à fait un et qui semblait lire dans les pensées, devinant au-delà des mots. Lui, reconvertit, pour le temps de quelques heures, en bouffon de foire. Soudain, une main délicate vint se poser sur son épaule :

"Tu as de la visite." Murmura la voix grave et envoutante de celui qui partageait son logis, et un peu plus que cela, depuis quelques semaines maintenant.

"Oh, je vois. Merci de me prévenir."

L’empathe se leva, étouffant un soupir, et allait quitter la pièce quand une main le retient. Des lèvres autoritaires et douces à la fois lui volèrent un baiser.

"Tu es fatigué, tu n’es pas obligé…"

Haruaki posa sa main sur celle de son vis-à-vis et lui fit lâcher doucement sa prise.

"Tu sais bien que si, qu’importe mon état."

Il sourit, mais la formulation même de sa réponse était un aveu en soi : oui il était fatigué, tellement fatigué… L’empathe partit donc, mais l’autre resta dans la pièce et eut une expression à la fois déçue et satisfaite. Il n’avait pas eu tout à fait ce qu’il voulait, mais il sentait qu’il était proche de son but.

Néanmoins, l’hôte qui entra alors dans la pièce principale n’avait plus rien du médecin fatigué. Noble et digne, ses troubles masqués à la perfection par son visage avenant, maquillé de manière à lisser son teint, cacher ses cernes, le rendre aussi pâle que la porcelaine et rehausser ses yeux verts d’eau. L’habit d’un mauve sombre orné de motifs floraux bleu nuit était plus cintré que d’ordinaire, accompagnant les mouvements graciles de ce corps fin. Les bijoux cliquetaient aux poignets et au cou, avec toujours cette boucle d’oreille pendant jusqu’à l’os de la mâchoire, à droite. Les interminables cheveux bruns étaient relevés en un demi-chignon maintenu par un pic laissant prendre une trainée de perle. La coiffure mettant ainsi en valeur les courbes affinées du visage de cet être qui en cet instant jouait à la perfection avec les genres, ni trop l’un, ni trop l’autre. Même Oyama n’avait sans doute jamais eu l’occasion de voir son ami dans une telle toilette, le tout dégageant noblesse et luxe sans être ostentatoire. Et d’ailleurs, quand les yeux du médecin se posèrent sur le marchand, le visage de Haruaki s’anima, la joie se peignant sur ses traits.

"Oyama ! Quel plaisir de te revoir, mon bon ami !"

Haruaki devait contenir ses mots et ses gestes, mais il pouvait au moins entraîner celui qui était un peu plus qu’un ami dans une accolade franche. Après tout, il ne se souciait pas vraiment des codes. Il fit passer dans son geste toute sa joie de le revoir, et son affection pour le jeune homme, à défaut de pouvoir l’embrasser comme un damné pour le faire. Car il était réellement heureux de voir Oyama, cette visite surprise était exactement ce dont il avait besoin pour se changer les idées ! Il savait qu’avec le jeune homme à ses côtés, tout devenait soudain bien plus simple, bien plus rassurant.

Néanmoins, c’était aussi la première fois que son moineau lui ramenait quelqu’un. Quoique non, le plus exact aurait été de dire que c’était la première fois qu’il lui ramenait quelqu’un tenant sur ses jambes par lui-même. La pensée lui tira un sourire, dont il se servit pour saluer correctement son invité en s’inclinant légèrement.

"Et qui est donc celui qui t’accompagne ?" Demanda-t-il autant à Oyama de par la formulation, qu’au principal intéressé parce qu’il le regardait lui.

Se faisant, il détailla ce visage à moitié mangé par ce qui semble être un sceau. Hauraki ayant peu de connaissances sur le sujet, il n’en tira pas vraiment d’informations. Le regard écarlate l’interpella un moment, poli, il ne le fixa néanmoins pas assez pour déclencher la moindre gêne, glissant ensuite ses yeux sur cette silhouette fine et un peu ramassée. Les prunelles vert d’eau appréciaient ce qu’elles voyaient, c’était indéniable, mais c’était aussi habillement dissimulé derrière un sourire aimable.


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Arihito Oyama

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MessageSujet: Re: L'enfer est pavé de bonnes intentions Ven 28 Juil - 18:10

Nozomi n'était pas là ? Oyama s'en étonna, car d'habitude son ami garde du corps ne manquait jamais à l'appel, sans oublier qu'il savait que le serf faisait preuve d'une dévotion absolue avoir Haruaki… Alors ne pas le voir dans les environs, c'est comme voir un samouraï lors d'un duel sans son katana. C'était le genre de détail qui en plus de surprendre le marchand ne pouvait pas le laisser indifférent. Faisant naître en son cœur un soupçon d'inquiétude envers Nozomi et son état de santé par exemple et lui faisant se promettre de se renseigner au plus vite à ce sujet… Le serf était un très bon ami à Oyama après tout et ce dernier espérait vraiment qu'il se portait bien. Lui qui était insouciant en temps normal, ne pouvait pas néanmoins remarquer cela sans se poser de questions, surtout parce qu'il était aussi prévenant et soucieux de voir ses proches bien se porter et donc attentif à leur état de santé.

C'est donc avec une pointe de perplexité qu'il dissimula pour l'instant à Chikanori de son mieux car il ne voulait pas embêter ce dernier avec ses soucis, du moins pour l'instant, qu'il accueillit ce fait. De toute manière il ne manquerait pas de demander à Haruaki au plus vite où se trouvait Nozomi, se promettant d'aller voir ce dernier bientôt dans le cas où il serait malade pour lui tenir compagnie et peut-être l'aider un peu. Après tout les amis étaient là pour ça… Dans tous les cas en attendant il mena Chikanori dans la salle principale et l'invita à s'installer. Ce en attendant ensuite le maître des lieux qu'Oyama envisagea d'aller chercher lui-même, mais qui vint de lui-même heureusement.

Et Oyama dans les faits ne put que contempler la vision qui s’offrit à lui quand son cygne arriva et se dévoila à eux, mais aussi paraître légèrement surprit. Haruaki n'avait jamais été aussi maquillé depuis qu'il le connaisait et il ne manqua pas donc de se demander la raison d'une telle excentricité. Certes son cygne était sublime, digne de l’œuvre d'art intemporel qu'il était à ses yeux, mais ça faisait déjà deux bouleversements dans les habitudes du marchand mine de rien… Ce dernier se serait probablement dit s'il n'y avait eut que ça, mais Nozomi non loin que c'était une nouveauté bénigne, mais maintenant il se surprit à se questionner aussi à ce sujet…

Et par les kamis… Cela ne tarit pas quand son sublime et parfait cygne juste après exprima son grand plaisir de le revoir aussi bien par ses propos que par une accolade franche. Alors, lorsque le visage d'Oyama ne fut plus en vue d'Haruaki, celui-ci se teinta d'une certaine curiosité Il savait que son cygne était heureux de le revoir en temps normal et qu'il ne le cachait pas, mais il ne savait pas… Là cela sonnait étrangement, surtout au vu du fait qu'il n'y avait pas Nozomi dans les environs. Et aussi du fait que Oyama n'était pas venu seul et que cette accolade était à peine moins évocatrice sur leur lien que le fait de s'embrasser… Celui-ci en tout cas tâcha de contenir temporairement sa curiosité et répondit à son cygne avec joie, car lui aussi était heureux de le revoir.

« Un ami à moi, Abe no-san, un brave et honorable onmyoji, je me suis dit que ce serait une bonne idée de te le présenter. » Il se retourna en direction de Chikanori en lui faisant un clin d’œil amical et demanda ensuite à Haruaki en faisant un effort immense pour le faire de façon innocente et curieuse sans laisser percevoir sa perplexité, cela car il savait fort bien que son cygne savait en général lire en lui comme dans un livre ouvert.

« Au fais, saurais-tu où se trouva Nozomi-kun par hasard ? Je dois avouer que cela m'étonne de ne pas déjà l'avoir aperçu, en tout cas cela me feras sans doute plaisir de le revoir lui aussi. » Glissa t-il donc à la fois curieux et complice vers la fin en tendant son cadeau à Haruaki. Oyama espérait que Nozomi se portait bien en tout cas, même si techniquement il n'y avait aucune raison que ce soit l'inverse. Néanmoins, il préférait demander pour qu'on le confirme dans le fait qu'il n'y avait pas à s'en faire que de laisser sa curiosité les rares fois où elle se manifestait pour ce genre de choses, insatisfaite.

Il ne manqua pas sinon de glisser avec fluidité. « Pense tu qu'un petit cadeau comme ceux que nous venons t'apporter lui ferait plaisir d'ailleurs ? J'espère en tout cas que nos présents sauront te plaire mon ami. » Ceci dit, il tendit son cadeau à Haruaki avec enthousiasme, il avait hâte après tout de constater si cet offrande plaisait à son ami et à quel point, de même que voir celle de Chikanori. Quant à Nozomi, il supposait que si ce n'était pas vraiment la forme pour ce dernier, une petite attention lui ferait du bien… Après tout à quoi cela sert-il de vivre avec aisance et d'avoir une affaire florissante si ce n'était pas aussi pour faire profiter de sa richesse à ceux qui lui étaient chers ?


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MessageSujet: Re: L'enfer est pavé de bonnes intentions Lun 31 Juil - 16:58

Quelque chose le dérangeait dans cette maison. Etais-ce l’absence totale de serviteur malgré un entretien impeccable ? Le calme placide qui y régnait ? Le vide qui se dégageait de ce lieu, le silence qui se prolongeait ? Une fois pénétrés dans cette demeure, à peine sans y frapper, Chikanori se mit à observer celui qu’il suivait, l’œil resserré et interrogateur, une méfiance sans but pointant le bout de son nez. L’Abe no se considérait, à juste titre, comme étant quelqu’un qui s’amusait volontairement à être familier, au point où cela pouvait devenir une insulte s’il le désirait … a contrario, il savait aussi comment bien se comporter. Sachant cela, Oyama le laissait avec de nombreuses questions, puisqu’il se comportait bien plus qu’en simple ami et invité … un proche presque … à la limite de ce qui se pouvait se faire en Kenshu. Or, il était de commun accord que c’était un pays très cavalier sur l’étiquette et autres formes de politesses en tous genres, et que ce n’était pas le cas des autres.
Leur attente se prolongea dans l’ambiance suspendue qui émanait du jardin. Perdu dans ses pensées alors qu’ils s’étaient tous deux installés en attendant d’être reçus, l’Onmyôji n’entendit le médecin arriver que lorsqu’il fut déjà dans la pièce, Oyama debout pour lui rendre son accolade. Sans aucun doute que son inconscient comprit mais qu’il n’y prêta pas attention tant qu’il fut absorbé par la destruction de l’image qu’il s’était fait du Kuge. Etait-ce un homme, une femme, ou un mélange des deux qui portait à confusion, était-ce son habillement, était-ce son maquillage, était-ce ses manières ? Etrange et intriguant n’étaient que les termes qui lui venaient à l’esprit alors que son visage réservé se montrait détaché de cet être, comme si son apparition ne l’avait absolument pas surpris ni même provoqué d’émoi. Pour autant, celui qui se pavanait en tel apparat ne pouvait que le susciter, cela même ne pouvait qu’être son but. De même, il était resté complètement stoïque face à cette accolade bien familière, et pas plus d’émotions ne semblaient émaner de lui lorsqu’il croisa ce regard presque féminin, qui lui paru presque trop poli et aimable pour être tout à fait sincère. L’homme, derrière le rayonnement qu’il imposait, lui semblait fatigué.
Se relevant à son tour, il s’inclina un peu plus que ne l’avait fait le fameux Haruaki.

_ Je suis heureux de vous rencontrer, Haruaki-sama. Arihito-san m’a beaucoup parlé de vous, plus qu’il ne le fait déjà d’ordinaire.

Un petit sourire apparut sur ses traits, guettant la réaction du concerné, tâtant la température. C’était évident qu’il n’attendait pas à ce que le voyageur d’Eiichiro ne s’offusque, celui-ci semblait être immunisé contre cet état, par contre il était curieux de voir si son ami Kuge s’avérait aussi tolérant qu’il était dit. Récupérant sa boîte enrubannée dans du tissu puisqu’Oyama avait décidé de mettre directement les pieds dans le plat, l’Abe no se sentit obligé d’à son tour délivrer ce qu’il avait choisi. Le présentant dans ses paumes ouvertes à son destinataire, il s’inclina de nouveau, plus légèrement.

_ Puisse cette modeste attention vous convenir.


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MessageSujet: Re: L'enfer est pavé de bonnes intentions Mar 8 Aoû - 0:40

Il perçut légèrement la surprise de son ami sans doute autant dû à son apparence peu habituelle qu’à son comportement peut-être. Certes, il n’avait pas grand-chose à faire des codes, mais en public il s’arrangeait normalement pour être irréprochable.

"Désolé de mon accoutrement, je revins d’une invitation mondaine, tu sais comment sont ses gens là !" Commenta Haruaki avec un sourire, se sentant soudain obligé de justifier la chose.

L’autre homme resta assez imperturbable, ce qui encouragea l’empathe a accentué le regard qu’il lui portait. Était-ce une façade ? Sans doute, il percevait très légèrement son étonnement. Il en croisait 10 par jour, des gens voulant paraitre imperturbables en toutes situations, et son sourire s’étira légèrement en une mimique joueuse. Il aurait voulu s’amuser avec celui-là, voir jusqu’où il pouvait garder son calme... La réponse d’Oyama le ramena à lui et son regard se reporta sur son ami. Onmyoji ? Il eut un tilt dans son esprit.

"Je suis honoré de vous rencontrer Abe no-san. Déclara Haruaki en lui rendant son salut. Il est vrai que notre ami commun est aussi bavard qu’un oiseau. Commenta-t-il avec un sourire amusé qui devint complice quand son regard croisa celui d’Oyama. Et je pense bien qu’il m’a déjà parlé de vous également. Dit-il en se reconcentrant sur Chikanori. N’est-ce pas Oyama-san ? N’est-ce pas l’onmyoji dont tu m’avais parlé ? L’autre acquiesça. Dans ce cas, il me semble que je vous dois des remerciements sincères, sans vous je crois que je n’aurais pas eu l’occasion de revoir notre ami ici présent. Et je vous en prie, un ami d’Oyama-san est aussi mon ami, laissez donc tomber le vouvoiement à mon égard." Conclut Haruaki en s’inclinant bien bas face à Chikanori.

Puis, la question d’Oyama le prit de court et il reporta son attention sur lui, les yeux papillonnants d’étonnement.

"Nozomi… ? Il lui fallut deux secondes pour reconnecter correctement ses neurones. Oh ! Oui… Nozomi-tan… Le propriétaire des lieux eut quelques regards à droite à gauche, son égarement n’était pas naturel, un maître savait toujours où était son serf, non ? Surtout quand il semblait aussi proche de lui. Peut-être en courses ? Supposa Haruaki, mais il n’y croyait pas lui-même, Nozomi faisait plutôt les courses tôt le matin pour éviter la cohue du marché. Puis, d’un coup, son regard sembla reprendre vie. Oh, je sais ! Il est sans doute parti s’occuper de Shirogane, une jument que j’ai acquise récemment, tu ne l’as pas encore vu Oyama-san. Elle est belle avec sa robe pommelée et bien forte sur ses appuis, j’ai hâte de te la montrer ! Vois-tu..., j’étouffe un peu à Kasu ces derniers temps, j’avais envie de rependre un peu mon activité en itinérance. Oh je ne pourrais jamais m’éloigner bien loin, mais je pense que même quelques jours dans les villages alentours me feraient du bien, pouvoir m’occuper sans contraintes des gens dans le besoin." Il eut un sourire entendu, mais une ombre passa sur son visage.

Puis, tandis qu’Oyama reprenait, Haruaki ouvrit de grands yeux.

"Non, vous n’avez pas fait ça…"

Et bien si. Il réceptionna les présents avec respect en s’inclinant. L’un après l’autre, il les observa avec attention, comme l’exigeait le code, appréciant les emballages soignés et colorés. S’il n’y avait eu que Oyama, il aurait su qu’il pouvait ouvrir les paquets, mais avec la présence de Chikanori, il essayait de respecter encore un minimum l’étiquette. Un sourire ravi éclaira son visage.

"Je vous remercie de votre attention. Dit-il sincèrement. Il ne serait pas correct de ma part de ne pas vous la rendre ! Installez-vous, que nous partagions un thé, c’est la moindre des choses."

Haruaki désigna la table qu’il trouva vide. Bien sûr, Nozomi n’étant pas là, le thé n’était pas près. Peu importe, il allait s’en occuper, ce serait un bon moyen de répondre aux présents des deux hommes. Le maître des lieux déposa donc avec miles précautions les deux paquets qui orneraient la table. À ce moment, Oyama, qui avait visiblement tout prévu lui tendit un paquet de thé parfumé.

"Décidément mon ami, tu me connais trop bien et tu me gâtes bien trop." S’exclama Haruaki avec une tendresse flottant sur le visage.

Il se retient de déposer une caresse sur la joue de son amant et, à défaut, laissa ses yeux couver son moineau un instant de trop. Puis, il sortit de la salle, tenant précieusement ce cadeau de plus, bien décidé à en faire profiter tout le monde de celui-là, et au diable les convenances.

Il revient rapidement avec le matériel pour effectuer la préparation de base. Il aurait pu offrir à ses invités une cérémonie plus complexe, mais il était déjà très gratifiant que le maître des lieux s’occupe de cela lui-même. Aussi, il jugea bon de ne pas trop en faire, de peur de mettre Chikanori mal à l’aise. Il savait après tout que rien n’aurait surpris Oyama venant de lui. Mais l’autre raison à son choix était plus terre à terre. Les thés parfumés n’étaient pas l’idéal pour ce genre de préparation, Haruaki, en fin connaisseur, savait adapter la quantité d’herbe et le temps des infusions, mais il savait aussi qu’il obtiendrait de meilleurs résultats en restant simple.

L’hôte prépara donc le thé, dans le silence requis pour ce moment particulier, le tout avec des gestes précis et délicats que lui auraient envié quelques geishas. Il acheva son œuvre en servant à ses invités de petits bols individuels contenant un liquide ambré épuré, dégageant une douce fragrance. Haruaki encouragea les deux hommes à goûter les premiers, comme le voulait le code, avant de se servir à son tour. Il fut satisfait du gout rond et doux qui offrit à son palais toutes les saveurs propres à ce type de thé, le tout dans un mélange harmonieux parfaitement maîtrisé.


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MessageSujet: Re: L'enfer est pavé de bonnes intentions Mer 9 Aoû - 3:52

Des sentiments mitigés s’affrontaient au sujet de l’hôte alors qu’il fixait l’air joueur qui lui était tout particulièrement adressé. En retour, une défiance et une assurance jusqu’ici dissimulés furent au rendez-vous, Chikanori n’était pas du genre à s’effacer lorsque l’insistance se décelait dans les intentions des autres ... quelque soit sa nature, d’ailleurs. Tout se jouait aux non-dits et aux impressions, pour un religieux itinérant, il savait relativement bien contrôler celles qu’il donnait. Interpréter celles des autres était bien évidemment une autre paire de manches … et les concernant, il en avait un certain nombre qu’il ne savait pas trop comment analyser.


_ L'honneur est pour moi. Il s'est simplement avéré que Arihito-san était sur le chemin menant à … votre demeure.>> Répondit-il en s’hésitant sur le tutoiement avant de se raviser.

Entre le modeste marchand et le mirifique noble s’échangeaient des regards, des gestes, sur lequel il n’aurait eu l’ombre d’un doute s’ils avaient été de sexes opposés. C’est d’ailleurs à cette pensée qu’un espèce de malaise s’ajouta au fait qu’il ne se sentait pas à sa place dans cette rencontre. Rapidement, il avait eu l’impression d’être de trop, d’être l’intrus, et ce, malgré toutes les précautions dont s’armaient les deux autres hommes de la pièce. Soudainement, ce que l’inconscient lui avait susurré commençait à s’agiter dans son cerveau, criait et calmait son évidence … l’Onmyôji qui cherchait à décrypter sa connaissance pendant l’absence du Kuge et qui à ce point, affectionnait qu’on ne sache pas un gramme de sa vie privée, ne pouvait que vouloir s’écarter momentanément de ce duo dont il présupposait de la relation.

Le maître des lieux s’avança alors pour la cérémonie du thé, remplissant à présent l’endroit de solennité. Aucune pensée ne pouvait s’aventurer en dehors d’un tel contexte, tous n’étaient que concentrés sur les mouvements parfaitement maitrisés qui préparaient l’arôme, le faisaient infuser et patienter. Le Kuge savait enchanter son monde face aux esprits avertis, l’Abe no n’avait que rarement vu quelqu’un aussi bien mener cet acte, et pourtant, beau monde il avait fréquenté. Liant l’apparat aux gestes, il comprenait de plus en plus comment ce dernier pouvait ensorceler son auditoire … en ça, il choisit immédiatement de se détacher du plaisant ballet d’étoffes et de bijoux, se recentra sur le seul breuvage lorsqu’il put le porter à ses lèvres. A son goût, il y avait de quoi être séduit. Rouvrant le regard sur la créature face à lui, la méfiance pointa le bout de son nez.
Au bout de ce silence pesé, Chikanori reposa précautionneusement sa tasse, vidée de son contenu, interrompant ce moment qui avait semblé s’éterniser. Les mains croisés sur la table devant lui, il s’inclina légèrement.

_ Je vous remercie pour cet instant. Vous menez la cérémonie du thé à la perfection. » Il se redressa. « J’ai une demande à vous soumettre, si vous voulez bien m’écouter. En entrant en votre demeure, il m’a semblé avoir aperçu un défunt ayant trouvé refuge dans la quiétude de votre jardin. Je ne pouvais effectuer mes offices sans vous avoir rencontré au préalable, il pourrait être à présent temps de le guider vers l’au-delà. Cela ne prendra que quelques minutes.


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Arihito Oyama

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MessageSujet: Re: L'enfer est pavé de bonnes intentions Ven 11 Aoû - 18:04

« Oui, heureusement que les choses sont plus simples entre amis qu'avec ces gens là. » Se contenta de répondra Oyama avec un sourire amusé quand Haruaki se justifia tout à coup par rapport à son accoutrement alors qu'Oyama ne l'avait pas questionné explicitement à ce sujet. Sans doute que son ami avait perçut la surprise dans le regard du marchand, faisant se dire à ce dernier que décidément il n'était pas aisé de cacher quoi que ce soit à son empathe adoré. Cela lui faisait aussi se dire qu'il devrait faire preuve de retenu s'il continuait à entretenir la perplexité qu'il avait commencé à avoir… Il ne voulait pas inquiéter Haruaki inutilement après tout.

Et sinon, pour aborder une note plus légère. Oyama remarqua le côté joueur dont fit preuve son amant à l'égard de l'onmyouji. Et il s'en amusa même assez intérieurement, même s'il ne savait fichtrement pas ce que ça pourrait donner avec quelqu'un comme Chikanori-kun, après tout celui-ci lui paraissait des fois si lunatique...

Et Oyama sourit sinon de manière amusée quand Chikanori ne se priva pas de faire une remarque taquine sur le fait qu'il était très bavard. En effet le marchand n'était pas le moins offusqué du monde par ce commentaire, après tout pourquoi s'offusquerait-il de la vérité ? Après il est vrai que cette dernière était énoncée de façon un peu cavalière, typiquement Kenshu, mais le jeune homme trouvait que c'était là d'une certaine manière que résidait une grande partie du charme des fils et filles du clan de l'orage. Et puis, si un voyageur comme lui n'aimait pas un minimum la diversité, il risquait surtout d'avoir la vie difficile étant donné la bougeotte qui semblait être la sienne…

D'ailleurs, il ne put qu'être satisfait de voir que son ami se souvenait parfaitement du fait qu'un certain onmyouji lui avait sauvé la vie, mais bon le contraire l'aurait surpris après tout… Après l'on pouvait dire qu'Oyama aussi avait sauvé la vie d'Abe no-san d'une certaine manière, mais le marchand humble qu'il était n'avait pas envie de mettre spécialement cela en avant surtout qu'Haruaki et Chikanori connaissaient tout deux très bien cette histoire de yokai… Oyama sortit donc du regard complice et amusé qu'il avait rendu naturellement à Haruaki par rapport au fait qu'il était une vraie pie, puis il répondit avec enthousiasme…

« C'est bien l'onmyouji dont je t’ai parlé en effet. » Il n'en ajouta pas plus, après tout tout était dit à ce sujet. De plus, ce qui accapara son esprit peu après fut surtout l'étonnement étrange de son ami par rapport à ses questions concernant Nozomi.

Comment se pouvait-il que ? Oyama avait du mal à croire à ce qu'il venait d'entendre, Haruaki au début ne semblait même pas savoir où se trouvait Nozomi, vraiment ? Il en fut  si étonné que la réponse finale du kuge ne suffit même pas à tirer Oyama de la perplexité dans laquelle il était plongé dorénavant… Lui qui s'inquiétait à la base pour Nozomi avait presque l'impression qu'il s'était passé quelque chose entre ce dernier et le kuge... Une dispute ? Il ne savait guère, mais il avait du mal à croire que son ami puisse avoir oublier à ce point la présence pourtant si habituelle de Nozomi… Ce n'était pas son genre après tout.

Il fit néanmoins l'effort de ne pas s'attarder dessus et de répondre sincèrement curieux, même si pas qu'au sujet de la jument.

« J'ai hâte de voir cette magnifique jument mon ami, je suis sûr qu'elle doit être splendide. Quant à ton projet, ma foi cela ne m'étonne pas de ta part et je ne peux qu'approuver. J'espère que cela te feras le plus grand bien. » Il sourit finement à ces paroles sincères qu'il venait d'adresser à son amant, mais il avait aussi remarqué l'ombre qui était passé brièvement sur le visage de son ami… Et dorénavant, il commençait à se dire que quelque chose clochait un peu… Quoi exactement ? Il ne saurait dire, peut-être quelque chose de mineur, mais cela l'inquiétait un peu et il se promit donc de tirer la chose au clair dès que possible… Il voulait être là pour Haruaki après tout et si ce dernier était dans une passe difficile à cause de la fatigue par exemple, il se devait d'être présent pour l'aider à s'en remettre… Comme ce dernier avait été là pour lui pour apaiser son âme par le passé…

Mais en attendant, il ne comptait pas gâcher ce moment car il sentait aussi qu'Haruaki avait besoin de se détendre un peu et il ne put donc qu'apprécier avec ravissement la joie de son ami devant les cadeaux qui étaient offerts à ce dernier. Oyama s'inclina lui aussi quand son cygne leur dit qu'il les remercierait en partageant un thé avec eux et le marchand docile ne tarda ensuite guère à s'installer…

Pour se dire que que décidément sans la présence de Nozomi fidèle et dévoué comme toujours… Tout paraissait assez étrange, néanmoins il tâcha de ne pas trop y penser, du moins pour l'instant et tendit le thé qu'il avait apporté à son cygne en répandant avec gentillesse aux paroles de ce dernier.

« Je ne fais pourtant que te rendre la pareille. » Il n'ajouta rien de plus car il ne voulait pas mettre mal à l'aise Chikanori. Mais pour ce dernier Oyama sous entendrait probablement qu'il remerciait Haruaki d'avoir été là pour lui pour le consoler pour cette histoire de yokai… Quant à Haruaki, ce dernier devinerait sans doute que le marchand sous-entendait bien plus que ça en vérité...

Et quand son cygne après l'avoir couvé de son regard dans lequel Oyama se serait bien noyé en temps normal, s'absenta, le moineau resta silencieux et réfléchit à ce qu'il se passait. Mais s’apercevant rapidement que ses réflexions ne menaient pas à grand-chose à part des hypothèses sur un possiblement surmenage de son ami, hypothèses très probables d'ailleurs… Il abandonna ces dernières le temps qu'il y voit un peu plus clair dans ces histoires, du moins le faire de façon subtile.

Ainsi il se contenta d’accueillir avec joie le retour du kuge qui leur prépara ensuite le thé avec une grâce somme toute incomparable… Et quand son sublime cygne eut achevé de préparer le dit thé, il remercia celui-ci en s'inclinant légèrement quand il lui servit un bol et comme demandé, il y goûta ensuite. Et dans les faits il ne manqua pas d'être fier d'avoir trouvé cet essence de thé et d'avoir laisser son ami la préparé car c'était proprement savoureux. « Parfait, mais le contraire aurait été étonnant de ta part mon ami. » Se contenta donc de répondre simplement le marchand avec le sourire, puis il fut titillé par les paroles de Chikanori concernant un défunt ayant trouvé un refuge dans la quiétude du jardin d'Haruaki.

« Un défunt ? » Demanda Oyama étonné et inquiet. Était-ce Nozomi ce défunt ? Il espérait que non… Il se disait d'ailleurs que cette hypothèse était idiote, mais il ne sait pas pourquoi il l'avait tout à coup envisagée... « Quelqu'un est mort récemment par ici ? Un patient ? » Demanda t-il donc d'un air assez attristé à Haruaki. Puis il n'ajouta rien de plus. Quant à son inquiétude, inquiétude que son cygne devait lire sans mal dans son sourire peu prononcé et retroussé, ainsi que son air préoccupé, elle pouvait sans doute être considérée comme normale au vu de la situation et sans doute qu'elle n'étonnerait pas Haruaki car ce dernier connaissant bien sa sensibilité. Par contre, Oyama se disait que les raisons réelles pour lesquelles il s'inquiétait... Il éviterait de les ébruiter pour l'instant car son ami n'avait pas besoin de ça, c'est juste que là il allait de surprise en surprise et il avait donc de quoi se poser des questions… Enfin, il verrait bien selon les réponses qui lui seraient adressées de toute manière, c'est juste qu'il trouvait tout ceci étrange…
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MessageSujet: Re: L'enfer est pavé de bonnes intentions Sam 12 Aoû - 0:04

L’onmyijo n’avait pas réagi à ses remerciements, préférant sans doute ne pas raviver des souvenirs difficiles et avait décidé d’en rester au vouvoiement malgré sa demande, soit. Néanmoins, il n’avait pas fui son regard, il l’avait défié avec une certaine assurance que Haruaki aurait pris grand plaisir à titiller en d’autres temps. Mais ce n’était sans doute pas vraiment le moment, et l’inquiétude d’Oyama quand il lui parla de Nozomi lui arracha un sourire tendre. Toujours à s’inquiéter pour les autres et pas assez pour sa propre santé celui-là. Ils se ressemblaient tellement sur ce point, ce n’était pas pour les mêmes raisons, mais leurs réactions étaient au final similaires. Et puis Oyama était proche de son serf, il en était heureux dans un sens et… Jaloux ? Jaloux qu’Oyama puisse s’inquiéter et être proche de quelqu’un d’autre ?

Haruaki en resta un instant interdit, il ne pouvait pas être jaloux, il ne pouvait pas exiger d’Oyama ce qu’il ne pouvait lui-même pas lui offrir : l’exclusivité. Non, il aimait son moineau en parti pour ce côté altruiste si semblable au sien justement. Parce qu’ils se ressemblaient, ils se comprenaient, du moins il espérait réellement qu’Oyama le comprenne… Le comprenait-il vraiment ?

Heureusement, l’échange suivant, tout en complicité, calma les doutes de l’empathe et il put effectuer la cérémonie du thé l’esprit apaisé. Il reçut les compliments de ses invités avec un hochement de tête reconnaissant.

"Je suis ravi que ce moment vous soit agréable, ce n’est qu’un juste retour de vos attentions."

Puis Chikanori reprit la parole et surprit tout le monde.

"Un défunt ?" Demanda Haruaki sans comprendre.

Il lui fallut quelques secondes pour faire le lien, le temps pour Chikanori de parler de ses offices.

"Oh… Un esprit."

Cette fois, le maître des lieux semblait clairement perplexe. Dans un monde où les kamis étaient tangibles et où les yokaïs n’étaient pas que des contes pour enfants, il était difficile d’être adepte du scepticisme. Néanmoins, Haruaki n’en restait pas moins un homme de science et de logique. Il avait besoin de comprendre pour appréhender une information. Raison pour laquelle il avait depuis longtemps renoncé à saisir l’existence et les raisons des kamis. Il avait fini par simplement l’accepter. Tout comme il acceptait simplement qu’il existait, au-delà de ses sens, un monde invisible qui obéissait à ses propres lois. Des lois qu’il ne pouvait lui-même pas comprendre, et ce n’était pas faute d’avoir essayé, mais dont certains possédaient les clés, on les appelait Onmyoji. Et, de ce qu’il comprenait de leurs actions, du fait d’apaiser les âmes en souffrance et de les guider, c’était assurément une tâche très respectable.

L’inquiétude d’Oyama qui se mua en tristesse le sortit de ses réflexions et il regarda son ami avec un sourire rassurant. Il évita de poser la main sur la sienne pour l’apaiser, mais son regard exprimait en cet instant toute sa tendresse. Son cher moineau s’inquiétait encore, pour ce mort, pour lui, car il savait à quel point perdre un patient attristait le guérisseur.

"Non, personne n’est mort, pas ici en tout cas. Car des morts, il en voyait souvent, trop souvent à son goût, mais récemment aucun drame n’était survenu sous son toit. Je vous en prie Abe no-san, faites ce qui doit être fait. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, faites-le savoir, je m’efforcerai de vous assister au mieux."

Conclut l’empathe, laissant transparaître son grand respect cet être qui agissait là où son propre travail trouver ses limites. Il soignait les vivants, l’onmyoji apaisait les morts.


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MessageSujet: Re: L'enfer est pavé de bonnes intentions Lun 14 Aoû - 14:24

_ Je vous remercie.

L’Onmyôji, en toute simplicité, se redressa avant de se relever sans bruit, adressant un dernier regard aux deux hommes de la pièce avant de sortir. Une fois séparés par le panneau du couloir assombri, la vision de leurs statures lui resta dans l’esprit, comme s’il avait voulu les quitter définitivement et n’en garder que cette image. Le vide environnant lui fut seule compagnie. Il le sentait, dans ses trippes, dans son être, c’était bien un malaise qu’il avait à leur égard. Bien plus pudique qu’il ne voulait se l’avouer, il délaissa la pièce, prit une lente et profonde respiration, et s’orienta vers le jardin.

Une quiétude et un calme serein y régnaient, de façon presque artificielle à son goût. Pas même des bruits de cuisine, ni même de pas furtifs au lointain, seuls peut être le glougloutement tamisé des bassins, le piaillement rare de merles sur les toits des demeures environnantes. Rares étaient les domiciles sans serviteurs affairés, sans animation aucune … le médecin était-il donc complètement seul ? Sans famille, sans épouse ? Pour sûr il ne pouvait pas être sans domestiques, même si le paysage manquait cruellement de gens. Tout cela lui paraissait bien trop simple pour un Kuge … peut être ses préjugés parlaient-ils pour lui. Plus beau était l’apparence et l’apparat, plus le nombre de serviteurs était logiquement élevé. La règle semblait s’enfreindre ici, d’autant plus que le dit Haruaki avait clairement énoncé son désir de se déplacer en dehors de la capitale pour “respirer un peu” … restait le fameux Nozomi, serf connu et reconnu, absent à l’appel. S’ils avaient été annoncés, alors, c’était qu’il y en avait un second dont ils n’avaient pu voir le visage. Là aussi, un domestique n’accueillant pas les visiteurs, cela le laissait perplexe.
Non loin de l’entrée, il trouva l’hôtel de la maison, abrité d’un patio. D’un sourire à lui-même, il chercha de quoi allumer l’encens qu’il avait tiré de la réserve. Au moins, son mensonge était passé sans faire de vague. Ni l’un ni l’autre ne pouvaient de toute façon remettre en cause quelque chose qu’eux-mêmes ne pouvaient voir ! Oyama s’était inquiété mais il s’en remettrait, lui et son insouciance … quant à l’autre, avec son autorisation, il n’avait rien à y redire. Au moins, la superstition ne semblait pas le déranger …

Alors accroupi et les mains jointes, l’Onmyôji rendit ses offices à quelque déité locale dont il était ignorant du nom, souhaitant santé à l’étrange hôte chez lequel il était reçu. Néanmoins, la seule pensée accordée à ce personnage qui lui laissait une bien vivace impression parvint au fond à disperser sa concentration. Un agacement venu d’ailleurs survenait, en écho à d’autres souvenirs. Il était vraiment temps pour lui de récupérer un calme intérieur.


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Arihito Oyama

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MessageSujet: Re: L'enfer est pavé de bonnes intentions Mar 15 Aoû - 17:21

Oyama se questionna très courtement sur la perplexité de son cygne au sujet du soit disant défunt, mais au final il comprit rapidement cette dernière. Il savait après tout que son amant aimait comprendre les choses et que lui parler comme cela de défunts c'était titiller ce fait. C'était d'ailleurs un trait de caractère qu'il aimait beaucoup chez Haruaki, ce désir de comprendre ce qui l'entourait, mais surtout de comprendre les gens pour mieux les aider. Il trouvait que c'était là une manière altruiste de faire attention à eux après tout, mais surtout la meilleure façon de les aider sans aucun doute.

Et c'était là une qualité qu'il admirait et dont il essayait lui-même de faire preuve de son mieux en général, même si son empathie à lui n'était pas aussi travaillée que celle de son cygne et ressemblait plus à une éternelle sympathie. Néanmoins, notons que Haruaki par ce trait de caractère admirable avait d'une certaine façon aisément inspiré le moineau à ce sujet. Moineau qui pour sa part accueillit avec un certain soulagement la réponse de son kuge qui lui dit que personne n'était mort par ici récemment.

« Puisse ce pauvre hère reposer en paix. » Se contenta t-il donc d'ajouter compréhensif et respectueux à l'égard d'Abe no-san suite à cela, ce peu avant que ce dernier ne prenne congé pour aller s'occuper de cette tâche. Laissant ainsi le marchand et le médecin seul à seul.

Et sans savoir pourquoi… Oyama était presque soulagé de ce fait, car il avait l'impression ainsi de pouvoir parler à cœur ouvert à son amant, mais surtout exprimer des propos qui lui brûlaient les lèvres, non pas tant à cause de sa perplexité que parce qu'il tenait à le dire par pure démonstration d'affection.

« Tu sais Haruaki... » Dit-il donc un peu hésitant quand l'onmyôji fut partit pour un moment, ce avant de reprendre ensuite avec une sérénité affectueuse et bienveillante. « Tu as été là pour moi quand j'en avais besoin et cela je t'en remercie car ça m'a permit de triompher peu à peu d'une dure épreuve... Si je pouvais être là pour toi en retour, ce serait avec joie. Si quoique ce soit venait à accabler ton cœur et ton âme, je ferais de mon mieux pour t'aider et te soutenir sans aucune arrière pensée et sans la moindre hésitation. Ce non pas tant pour te rendre la pareille, mais parce que c'est ce qu'il faut faire et parce que je ne ferais point autrement. » Il lui effleura doucement la main droite de la sienne, puis se contenta de sourire avec une pure bienveillance suite à ces quelques propos. Son kuge comprendrait-il ce qu'il sous entendait pas ces paroles ? Qu'il avait l'impression que quelque chose peinait son cygne et que Oyama tenait à être là pour lui ? Peut-être, il faisait en tout cas confiance en l'homme intuitif et intelligent qu'était son amant pour cela, puis il n'ajouta rien. Préférant laisser ce dernier y réfléchir et exprimer par son regard affectueux et attentif, ainsi que son sourire fin, mais sincère et bienveillant ce que bien des mots ne sauraient parfaitement restranscrire….
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MessageSujet: Re: L'enfer est pavé de bonnes intentions Mar 22 Aoû - 23:02

L’empathe ne manqua pas le vague soulagement de son ami quand l’onmyoji partit et il était un peu dans le même cas. Maintenant qu’ils n’étaient plus que tous les deux, ils pouvaient parler à cœurs ouverts et laisser libre cours à leurs gestes si l’envie leur en prenait. Non pas que cette situation dérange vraiment l’empathe, il savait que c’était le prix à payer pour ce type de relation et il était parfaitement capable de se contrôler. Néanmoins, il était toujours plus agréable d’être libre d’être soi-même. Du moins en partie…

Car même si devant son très cher ami, beaucoup de ses masques tombaient, il n’en restait pas moins le guérisseur altruiste. Aussi, il eut un sourire rassurant face aux craintes que Oyama exprimait.

"Ne t’inquiète pas Oyama-chan, je vais bien, rien qu’un peu de fatigue."

Un petit euphémisme, il était épuisé, aussi bien mentalement que physiquement. Mais il ne voulait pas l’imposait à Oyama, aussi présent pouvait-il être, c’était une question de principe. Il pouvait gérer ses problèmes, et si vraiment il avait besoin d’aide, il saurait relâcher un peu la pression. Il le faisait plutôt avec Nozomi cependant, même si Oyama occupait lui aussi une place particulière dans son cœur. Mais ici, la simple présence de son ami était plus que suffisante, pas besoin de s’épancher en long discours. Il suffisait à l’empathe de se vautrer dans la bienveillance chargée d’affection que le jeune homme éprouvait pour lui pour qu’il se sente mieux. C'était pour lui aussi doux que le thé qu'ils venaient de déguster. Il se sentait presque égoïste de profiter ainsi de la bonté de cet homme. Mais bon, il avait bien le droit à un peu de réconfort lui aussi, après tout, il ne privait personne.

"Ta simple présence fait déjà beaucoup, mais je sais que tu serais là pour moi si besoin, tout comme je le serais pour toi."

Mais pourrait-il le comprendre ? Pourrait-il réellement l’aider ? En cet instant, Haruaki en doutait en vérité. Il doutait que personne ne soit jamais capable de le comprendre, lui, le médecin du corps et de l’esprit. Mais il n’en demandait pas tant. Cet homme était là, le couvait de son affection qu'il lisait dans ses yeux, et c’était bien suffisant. Il savait le prix de la voie qu’il avait choisie : la solitude. À maintes reprises, les Kamis le lui avaient rappelé, de maintes et maintes façons. Alors il ne s’attacherait pas à Oyama plus que de raison, il ne lui demanderait pas plus qu’il ne pourrait lui apporter, il n’espérerait rien de plus. Sa présence et son affection, c’était tout ce qu’il lui fallait, tout ce qu’il pouvait espérer. Et tant pis si la solitude broyait son cœur, c’était le prix de l'idéal qu'il suivait… N’est-ce pas ?

Il lui sourit, lui rendant son regard.

"Tu es mon moineau bavard. Les mots se chargeaient ici d’une tendresse infinie. Alors, où est-ce que les ailes de mon moineau l’on porté cette fois ? Quelles sont les nouvelles du monde ?

Demanda-t-il pour détendre l’atmosphère, enfermant dans un coin de son esprit ses vieux doutes et sa souffrance rémanente. Mais dans l’ombre, quelqu’un souriait, la fin était proche.


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MessageSujet: Re: L'enfer est pavé de bonnes intentions Jeu 24 Aoû - 19:46

Oyama ne savait pas quoi penser, il voulait croire ce que lui disait Haruaki quand ce dernier affirma que tout allait bien, mais… Il n'y arrivait pas, le marchand était presque aveugle quand il s'agissait de situations qui ne touchaient que son humble personne ou du genre à se dire que tout irait bien pour lui alors qu'il devrait se méfier, mais quand ça concernait son cygne… C'était bien différent, il avait juste l'impression que ce dernier disait ça pour le rassurer comme le marchand avait tût un temps le traumatisme que lui avait provoqué la fois avec ce yokais. Faire comme s'il ne s'était rien passé et comme si tout allait bien alors qu'il avait juste enfouit très profondément.

« Tâches de bien te reposer dans ce cas. » Répondit néanmoins Oyama avec un sourire fin, mais sans savoir vraiment quoi faire… Devrait-il insister ? Sans doute et il avait envie de le faire, mais Chikanori-san risquait de bientôt revenir, ce qui faisait que ce n'était donc pas le moment. Car ils devraient sans douter stopper leur petite conversation au moment où il serait de retour. Il nota néanmoins dans un coin de son esprit d'offrir son temps par la suite à Haruaki pour l'aider à se sentir mieux. Peut-être avait-il juste besoin d'attention et d'affection après tout, ce dont Oyama était totalement disposer à lui offrir en abondance. Que ne serait-il pas près de faire pour son kuge après tout ? Ce dernier lui avait tant offert… Ce serait bien normal que le jeune moineau lui rende la pareille et pas que. Car il l'aimait de tout son cœur.

« Tu sais, à ta manière tu es un modèle pour moi Haruaki. Ton altruisme, ton désir de comprendre les autres et de les aider grâce à cela... J'aimerai bien pouvoir posséder le même don que toi et être aussi doué pour aider les gens par ma simple parole. Je tâche bien de m'en inspirer, mais je suppose que je n'égalerais jamais le maître. Sache en tout cas que tu es unique et que c'est les hommes comme toi qui rendent le monde meilleur. » Dit-il donc avec affection et comme pour essayer de jouer sur un autre terrain tout en restant parfaitement sincère.

Quelque chose en tout cas lui disait, peut-être à cause de tout ce qui l'avait surprit jusque là qu'il ferait bien d'insister quand même. Peut-être aussi parce qu'il connaissait bien son cygne à sa manière, comme celui-ci le connaissait. Il ne lisait certes pas en lui aussi bien que ce dernier lisait en lui, mais le marchand pouvait quand même se targuer de le connaître. Et c'est pour cela qu'il l'aimait… Sans doute même plus qu'Oyama ou Haruaki le pensait. Mais cela, c'était quelque chose qui devait être encore pleinement se dévoiler, ce alors qu'il sembla songeur aux dernières questions de son cygne et décida d'y répondre pour éviter de faire voir son inquiétude persistante pour ce dernier. Il le fit donc avec tendresse...

« Oh eh bien, disons que depuis la dernière fois que nous nous sommes vu, il ne s'est pas passé tant de choses que ça… » Cela devait faire un ou deux mois environ, ce qui était un temps particulièrement long d'ailleurs, car en général Oyama tâchait de passer plus souvent en dehors des voyages à Kenshu. Néanmoins, il poursuivit avec douceur… « La paix perdure actuellement et ce n'est pas plus mal, j'ai même entendu dire que les tensions entre Kenshu et Setsu s'apaisaient un peu, ce qui est une bonne nouvelle. Sinon, comme toujours l'alcool se vend très bien et depuis que je me suis mit au thé je fais de jolis profits dans la vente de ce dernier. Le bateau dont je suis devenu propriétaire et dont je t'ai parlé navigue très bien d'ailleurs. Et, bonne nouvelle, il semblerait que je n'ai pas le mal de mer. » Commenta t-il avec humour, avant de demander ensuite avec tendresse. « Et pour toi ? Comment ce sont passés les derniers mois ? » Il le disait innocemment, mais au fond de lui il espérait ainsi peut-être deviner quelque chose à partir de la réponse d'Haruaki. Ou peut-être se rendre compte qu'il n'y avait peut-être pas tant de raison que cela de s'inquiéter au final.
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MessageSujet: Re: L'enfer est pavé de bonnes intentions Sam 26 Aoû - 18:05

Oyama n’était pas totalement rassuré, l’empathe sentait son doute, tout comme il perçut son hésitation, qui se solda finalement par une tirade de compliments affectueux. Néanmoins, cela eut pour effet de renfrogner le destinataire de ces mots, dont le regard se fit un instant fuyant. Ce fut cependant le seul indice de son trouble, le médecin restant souriant et avenant. Il savait qu’Oyama n’était pas comme ça, il sentait sa sincérité même. Mais il ne pouvait s’empêcher d’être mal à l’aise avec ces mots. Lui qui supportait à longueur de journée les flatteurs hypocrites qui essayaient de le charmer avec quelques compliments pour avoir telle ou telle faveur. Parfois même c’était plus subtil, des provocations déguisées, des moqueries cachées sous trois kilos de politesses mal placées.

En temps normal, il aurait sans doute retourné le compliment à Oyama, rassurant le jeune homme sur sa valeur, mais il ne s’en sentit pas la force cette fois. Aussi resta-t-il mué, attendant la suite. Il perçut comme une résolution prendre place chez Oyama, puis finalement celui-ci reprit la parole, répondant à sa question avec cette douceur qui lui allait si bien. Le sourire de Haruaki se fit un peu plus sincère. Les nouvelles étaient bonnes, il était ravi de savoir que le commerce de son ami se portait bien, et il rit avec lui à sa boutade sur le mal de mer.

Puis, Oyama lui retourna à son tour la question, et le regard de l’empathe se fit alors plus aiguisé. Même si cela pouvait semblait être la suite normale de la conversation, il ne loupa pas le sous-entendu qui s’y trouvait. Le jeune marchand espérait ainsi le faire parler, et c’était finalement très bien joué de sa part. Posée ainsi, la question lui donnait naturellement envie de s’ouvrir davantage qu’avec un simple : « Ça va ? Tu n’as l’air dans ton assiette ». Haruaki eut un sourire amusé, et bien, son moineau apprenait vite et le connaissait peut-être un peu trop bien.

Pour récompenser la subtilité d’Oyama, il voulut donc faire preuve d’un peu d’honnêteté, sans forcément faire un monologue sur ses états d’âme. Néanmoins, il n’y avait pas grand-chose à en dire, son état semblant plus résulter d’un épuisement global que d’un évènement en particulier.

"Je suis ravi d’apprendre que tes affaires vont bien. Pour moi, ces derniers mois ont été emplis de la même routine que tous les autres mois précédents. Je suppose que l’on peut dire que mon activité se porte bien également, que j’ai obtenu la renommée et la place que je souhaitais…"

Un "mais" resta suspendu dans l’air. Et c’était peut-être là le fond du problème. Haruaki avait réussi là où Yunhiri avait échoué, il avait obtenu renommée et richesse, suffisamment pour soigner comme il l’entendait tout ceux dans le besoin. Et pourtant, quelque chose manquait. Ce n’était jamais assez, il y avait toujours des miséreux et des nécessiteux. C’était un combat sans fin, le médecin le savait pourtant, mais aujourd’hui cette contestation l’épuisait. Il avait la sensation de s’enliser dans sa routine, de s’y perdre, et de manquer quelque chose. Quelque chose qui pourtant lacérait son cœur. Il se sentait seul, désespérément seul, mais il se détestait aussi de ressentir cela. Cette solitude, il l’avait choisie, de plus, elle était fausse. Certes, il n’avait personne pour véritablement partager sa vie. Mais combien pouvaient se vanter d’avoir trouvé cette perle rare ? Lui avait Nozomi, Oyama, Saya, ses patients et bien d’autres. Il n’était pas seul. Alors pourquoi cette sensation oppressait-elle son cœur ?


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Abe no Chikanori

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MessageSujet: Re: L'enfer est pavé de bonnes intentions Dim 27 Aoû - 16:41

_ Excusez-moi, je ne faisais que vous observer.

Le bambou du jardin d’eau retomba, vide de son contenu, dans un son creux. L’eau ruissela, emplit le silence qui régnait. Ils se fixèrent l’un l’autre. Seules les sonorités du jardin les englobait tous deux dans un même tableau. L’inconnu ne se faisait voir qu’avec difficulté à cause de l’ombre des couloirs dans lequel il se tenait légèrement en retrait. Depuis combien de temps était-il là ? Il l’ignorait. La discrétion semblait être son deuxième prénom.  
Apparemment réservé et propre sur lui, rien ne justifiait que le regard ne s’attarde sur sa personne, hormis peut être quelques traits de visage qui le rendaient moins communs. Néanmoins, il dégageait quelque chose de particulier et provoquait une sorte de fascination muette, d’une façon presque similaire au maître de maison. Chikanori chassa néanmoins l’effet qu’il ne pouvait expliquer et raffermit son attitude. Comme souvent, il se réfugia dans la neutralité, bastion inviolable de son être. L’homme s’approcha à contre-jour, d’une démarche naturellement silencieuse et sans accrocs. Son visage que l’on pouvait enfin réellement discerner inspirait comme une sympathie plus la distance les séparant s’amincissait, mais elle se heurta à la réponse laconique de l’Onmyôji qui balaya l’excuse d’un simple “ce n’est rien”. Le fait de s’être senti épié n’avait rien apporté de position à son humeur.
Celui qui se présenta en tant que Ito Yasuhiro expliqua rapidement qu’il était serviteur de la maison en l’absence de la personne pour lequel Oyama s’était inquiété. Le fameux Nozomi-kun, dont le nom se trouvait sur toutes les lèvres, prouvait l’attention qu’on lui portait même en son absence. De tous, c’était peut être lui que Chikanori aurait souhaité rencontrer.

_ Haruaki-sama et moi nous connaissons depuis assez longtemps. Si vous en avez fini avec votre prière, peut être puis-je vous ramener à lui ?

D’un geste, il l’invita à le suivre, demande auquel il ne se voyait pas refuser. Réfléchir seul et au calme l’avait tranquillisé mais il était vrai que les minutes passaient vite et qu’une dizaine s’était déjà écoulée. Toute confiance récupérée, il se disait que la suite devrait normalement bien se passer. Après tout, le respect ne semblait pas manquer … ou plutôt, devrait-il parler de retenue formelle. Le regard joueur du maître de maison, il l’avait capté, il lui avait farouchement opposé le sien défiant. Religieux oui, mais plus innocent ni dupe d’ailleurs, sur ce sujet. Il espérait sincèrement que sa minuscule séance de vide permettrait de ne plus faire attention à l’étrange ambiance qu’il avait cernée jusqu’ici. A ses côtés, toujours d’une allure tranquille, le fameux Yasuhiro se mit à faire la conversation.

_ J’ignorais qu’Oyama-san serait du genre à amener une connaissance avec lui. Enfin ! Cela ne sera pas pour déplaire au maître … il est si seul, un peu de compagnie et de chaleur humaine ne lui fera pas de mal.

Le silence s’installa puisqu’il ne daigna répondre. Alors que petit à petit, celui-ci se prolongeait, et qu’ils se rapprochaient de la salle de réception, une pensée vint le percuter, en écho aux songes dont il avait cru s’être débarrassé. Il se sentit tout à coup presque obligé de répliquer, quand bien même il ne voyait pas tout à fait là où son interlocuteur voulait en venir. Son ton fut légèrement asséché et sévère.

_ … il est difficile de dédier sa vie à la santé des autres. Devenir médecin demande des connaissances dans de nombreux domaines hormis le sien, l’apprentissage est long et fastidieux, dépendant de la renommée et des compétences du Maître dont on est l’élève. L’exactitude est exigée, pourtant ce n’est pas une science qui en a forcément, et il n’a pas le droit à l’erreur. Loin de là, donc, une discipline aisée d’accès et de pratique. J’imagine qu’il a dû faire de nombreux sacrifices pour arriver  jusqu’ici tout en devenant Kuge en plus de son activité.
_ Oui, absolument. » Surenchérit le plus bavard des deux sans s’étonner de son ton momentanément sec. « Il m’a raconté, un soir de confidence, quelques épisodes de ses années de voyage d’instruction. Pour cela il avait parcouru les terres gelées de Fukyuu, les plaines zébrées de Kenshu, la fournaise de Setsu et les étendues vertes d’Eiichiro … sans oublier son exercice pour des personnes vivant à Birei. La cité impériale elle-même !… on dit que les gens gardent toujours un souvenir particulier de celui qui les a soignés, il en est de plus vrai avec Haruaki-sama … j’imagine que vous percevez de quoi je veux parler …

L’Onmyôji, dont l’intérêt s’était retrouvé piqué, redescendit immédiatement en enthousiasme à la remarque de son interlocuteur. Cependant, l’occasion lui semblait trop belle pour être ignorée. Se forçant alors pour un léger sourire, il demanda l’identité des personnes pour lequel le fameux médecin aux milles atours avait travaillé. Malheureusement, la réponse ne fit que le mettre plus mal à l’aise encore ; le ton léger et insoucieux ayant le don de l’agacer.

_ Je ne sais plus vraiment. Peut être que s’il devient plus intime avec vous, il vous en parlera …

Rejoignant la pièce où se trouvaient les deux autres hommes, l’Abe no resta dans ses pensées, à songer pragmatiquement aux opportunités qui s’ouvraient à lui tout en ignorant le reste. Au travers du volet de papier, la discussion en cours n’était que diffuse et les bribes qu’il entendait ne représentaient que peu d’intérêt pour sa part, tout du moins celui d’une conversation aux apparences normales. Tout prêt à faire son entrée, il fut arrêté par le serviteur penché à lui pour murmurer à son oreille.
Interdit, Chikanori s’arrêta, fixa l’autre. Comme intérieurement abasourdi, il ne remarqua qu’après la main insidieuse posée à son épaule qu’il chassa froidement de la sienne, un mutisme contraint lui verrouillant la gorge. Son regard s’était glacé. La mâchoire serrée, son attitude parlait d’elle même, alors que le serviteur se retournait vers la porte de la pièce, l’air désolé.

_ Excusez-moi, il n’était pas dans mon intention de vous gêner. Peut être n'êtes vous pas encore tout à fait à votre aise pour l’instant ... » Il poussa le volet sur le côté et s’écarta pour laisser passer l’invité qui ne bougea cependant pas d’un millimètre du seuil. « Haruaki-sama, je vais faire de quoi vous mettre en appétit pour ce soir, mais y aurait-t-il quelque chose qui vous ferait plaisir ?




Dernière édition par Abe no Chikanori le Mer 6 Sep - 18:54, édité 8 fois
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Arihito Oyama

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MessageSujet: Re: L'enfer est pavé de bonnes intentions Jeu 31 Aoû - 20:58

Oyama remarqua à peine le fait que le regard de son cygne se fit fuyant pendant quelques instants, mais cela suffit à confirmer légèrement ses appréhensions. Il connaissait Haruaki comme quelqu'un de fort d'esprit et stable après tout, ce n'était donc pas normal qu'il soit ainsi… De même qu'il ne rende pas la pareille à Oyama d'une certaine manière. Il devait sans doute y avoir une explication derrière ceci, mais le marchand nota inconsciemment que cela faisait quand même de nouvelles petites surprises qui venaient nourrir son inquiétude par rapport à ce qui devait se passer par ici ces derniers temps pour que son ami soit ainsi.

Par contre il apprécia entendre Haruaki rire avec sincérité à sa petite boutade. Il est vrai que si Oyama avait eut le mal de mer, cela n'aurait pas été pratique pour lui d'user de son navire. Chose qui pourtant serait maintenant essentielle à son commerce étant donné qu'il devait de un rendre cette dépenser rentable et de deux en profiter pour augmenter son chiffre d'affaires… Cela sans parler du fait qu'il fallait entretenir un équipage maintenant étant donné qu'il avait acheté un navire de bonne taille. En somme beaucoup à faire, mais cela il le ferait avec joie. Du moins quand il n'aurait pas plus important à faire comme en cet instant par exemple…

Quant au sourire amusé qu'il distingua après qu'il ait renvoyé la question à son cygne, Oyama partit du principe que c'était bon signe, cela et aussi une confirmation qu'il pouvait être content de lui car ça démontrait bien qu'il apprenait ses leçons. Mais était-ce vraiment étonnant ? Le jeune marchand avait une mémoire tout à fait exceptionnelle après tout, au point de se souvenir parfaitement de tout ce qui avait eut un minimum d'intérêt pour lui. Par exemple il se souvenait dans les moindres détails de sa rencontre avec son cygne, des mots échangés, ainsi que des tendresses qu'ils s'étaient échangés…

Il écouta ainsi avec une légère satisfaction Haruaki lui répondre pour lui dire que pour lui les derniers mois ont été emplis d'une routine qui avait eut court les mois précédents. Par contre le… « Je suppose », ne put que titiller le marchand, surtout au vu des paroles qui suivirent ce dernier… D'autant plus que son kuge interrompit tout à coup ses propos pour laisser place à un silence que le marchand trouva riche en signification.

Et à cela Oyama ne sut quoi répondre. Que devait-il dire ? Que pouvait-il faire pour aider son amant ? Il aimerait tant avoir la réponse, surtout maintenant qu'il était sûr et certain que quelque chose n'allait pas au fond de lui. Il sembla donc chercher ses mots alors qu'il promenait légèrement ses yeux sur sa tasse de thé avant d'en prendre une gorgée et quand il faillit prendre la parole pour essayer de marmonner quelque chose.. ;

Chikanori-san revint en compagnie d'un inconnu, du moins c'est l'impression qu'en avait Oyama comme il ne l'avait jamais vu avant. Inconnu de lui, mais pas inconnu d'Haruaki au vu de la nature de ses paroles… Oyama qui trouva cela étonnant et se disant même que ça devait avoir un rapport lointain avec l'absence de Nozomi, n'en laissa presque rien paraître et demanda avec sa jovialité naturelle à Haruaki.

« Tiens ! C'est un nouvel ami à toi Haruaki-kun ? Je n'ai pas encore eu le plaisir de le rencontrer. » Il se tourna ensuite vers l'autre et lui dit avec sa sincérité et sa chaleur naturelle. L’instinct de marchand dirons nous. « Salutations à vous san, c'est vous qui remplacez Nozomi-kun ? C'est un plaisir, n'hésitez pas à venir vous joindre à nous. » Il se disait après tout qu'il pourrait peut-être profiter de cela pour satisfaire ses questionnements, ça restait à voir. Mais peut-être que cet homme s'il était proche d'Haruaki à sa manière aurait pu distinguer des signes qu'Oyama n'avait pas put découvrir plus tôt à cause de son absence. Et c''est ainsi donc qu'une sorte de petit jeu venait de débuter entre lui et son cygne, un petit jeu aux conséquences peut-être graves qu'Oyama comptait bien gagner… La difficulté ce serait de le faire sans mettre dans l'embarras Chikanori-san, après tout ce dernier ne méritait pas qu'on le gêne en quoi que ce soit avec des affaires de nature intime...
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MessageSujet: Re: L'enfer est pavé de bonnes intentions Mer 6 Sep - 19:06

Le jeune marchand était visiblement satisfait qu’il s’ouvre un peu à lui. Néanmoins, dans le silence qui s’éternisa, la tension était présente. Oyama semblait perdu, cherchant ses mots et cet inconfort c’était exactement ce que Haruaki avait voulu lui éviter, entre autres. Alors l’empathe eu un sourire rassurant, il posa la main sur celle de son moineau, s’apprêtant à lui affirmer par ses gestes autant que par les mots que sa présence seule suffisait.

Mais à ce moment, la porte s’ouvrit sur Chikanori, accompagné de Yasuhiro. Haruaki, ayant déjà ramené sa main dans son giron détailla le regard à la fois suffisant et doux de son serf. Cet homme à l’aspect presque banal, aux cheveux bruns, mi-longs et aux yeux sombres dégageait pourtant un charme quasi magnétique. Difficile de dire si cela venait de son regard rempli d’ombres ou de ses gestes précis ou de quelque chose d’autre, de plus intangible encore, mais c’était bel et bien là.

Après avoir regardé son serf une seconde de trop, Haruaki réussi à reporter son attention sur Chikanori pour le saluer d’un sourire. Et impossible pour l’empathe de louper la tension habitant le corps de l’onmyoji. Haruaki fronça les sourcils, l’exorcisme s’était-il mal passé ? Sorti de ses réflexions par la question de Yasuhiro, il chercha un instant sa réponse, instant qui suffit pour que Oyama invite le nouvel arrivant à les rejoindre avec sa bonne humeur habituelle. Haruaki sourit au comportement de son moineau et indiqua d’un signe de tête à Yasuhiro de s’avancer. Celui s’exécuta avec un sourire ravi.

"En effet, Oyama-kun, Abe no-san, je vous présente Ito Yasuhiro. Il m’aide quand Nozomi n’est pas là."

"Je dois bien cela à celui qui m’a sauvé la vie !"

Haruki répondit par un sourire tendre à l’exclamation du jeune homme.

"Tout va bien Abe no-san ? Votre exorcisme s’est bien passé ?" Demanda ensuite Haruaki visiblement concerné.

Et c’est ainsi que les joueurs prirent place autour de la table, commençant une partie d’échecs où chaque mouvement, chaque mot pouvait compter et où les conséquences pourraient être bien désagréables.


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