AccueilFAQRechercherMembresS'enregistrerConnexion

Partagez | .
 

 Quand le vieux tigre n'est pas là, les tigrons dansent

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Abe no Yuto

avatar

Onmyôji

Messages : 38
Date d'inscription : 28/05/2017

MessageSujet: Quand le vieux tigre n'est pas là, les tigrons dansent Mer 19 Juil - 19:53

Capitale de Genki,
Demeure des Abe no.
Hiver, 2ème jour de la lune du cochon, An 31


"Bocchan ! Il est l’heure de l’étude !"

La voix féminine de la nourrice du petit maître porta dans le couloir.

"Non non et non ! Je ferais pas !"

Et le refus du dit petit maître également. Un domestique qui nettoyait une pièce ricana.

"Avec les premières neiges de l’année, même pas la peine d’essayer de le faire tenir tranquille celui-là."

Celle qui l’aidait à sa tâche partagea son rire et approuva.

"Mais il a déjà joué toute la matinée avec maître Chikanori et Miwako-sama, il va attraper froid à rester dehors comme ça !"

Se plaignit la nourrice, essoufflée d’avoir couru après le cadet de la fratrie, c’est qu’il courrait vite, le garnement !

"Laisse-le pour aujourd’hui, va. Lui conseilla l’autre servant. Seul un entrainement avec Hiroshi-sama pourrait le canaliser cette après-midi, or le maître est absent pour l’instant."

La nourrice soupira, visiblement prête à renoncer pour cette fois.

Comprenant qu’il n’était plus suivi, Yuto ralentit un peu sa course, tout fier d’avoir une fois de plus semer sa nourrice. Habillé d'un lourd kimono bleu foncé et blanc et de son écharpe, il trottina le long des jardins rendus blancs par la première couche de neige de la saison. La fine poudreuse immaculée portait les traces de leurs jeux de ce matin, mais le cadet voulait encore s’amuser, il ne voulait pas travailler et il s’était mis dans la tête qu’aujourd’hui personne ne le ferrait !

Alors il avait fomenté son petit tour au déjeuner, avant que sa nourrice ne l’emmène étudier l’histoire et la géographie et que Miwako ne doive suivre ses leçons de "bonne poupée" comme il appelait ça. Rester penché sur des cartes ne l’amusait guère, mais il trouvait que sa cousine avait des cours encore moins intéressants que les siens. Apprendre à bien se tenir, bien parler, bien s’apprêter, bien ceci, bien cela, c’était vraiment ennuyant non ? Alors puisque leur grand-père était absent aujourd’hui et qu’ils n’auraient pas leur entrainement d’onmyo qu’ils affectionnaient tant, Yuto avait décidé de ne pas travailler du tout et avait réussi à convaincre Miwako de faire de même ! Ayant déjà échappé à la chose ce matin, ils comptaient ainsi recommencer cette après-midi et s’étaient donné rendez-vous à la bibliothèque pour convaincre Chikanori de faire de même.

Arrivé au lieu de rendez-vous, Yuto fut ravi de trouver sa cousine qui était visiblement aussi fière que lui d’avoir réussi à fausser compagnie à ses préceptrices. Ils fêtèrent cette première victoire en riant et entrèrent discrètement dans la bibliothèque. Il sera dommage de tomber maintenant sur un domestique, ou autre, qui les ramèneraient à leurs professeurs respectifs. Ils trouvèrent Chikanori isolé dans un coin sombre, seulement éclairé par sa bougie, penché sur ses parchemins avec une extrême concentration. Les deux plus jeunes s’approchèrent doucement et Yuto tira sur la manche de son aîné.

"Viens Chika, on va jouer dehors, derrière la remise pour ne pas se faire prendre." Chuchota le plus jeune.

Le bâtiment dont parlait Yuto servait à entreposer divers matériels d’onmyo : sceaux, objets scellés, armes bénites, ou traités secrets et surement encore bien d’autres choses fantastiques et mystérieuses… Malgré l’attrait évident d’une telle pièce aux trésors, Yuto semblait ici s’intéresser uniquement au fait que la remise était isolée du reste de la propriété, près des appartements de leur grand-père qui était absent et avec un vaste espace où ils pourraient se défouler autour. Du moins, c’était ainsi qu’il l’avait présenté à Miwako ce midi.


L M M J V S D
Délais de réponse : de 1 à 2 semaines

Mes yeux dans les tiens


Crows Country
Revenir en haut Aller en bas
Abe no Chikanori

avatar

Onmyôji

Messages : 215
Date d'inscription : 12/04/2017

Feuille personnage
Age: 23 ans
Titre:
Liens:

MessageSujet: Re: Quand le vieux tigre n'est pas là, les tigrons dansent Sam 5 Aoû - 17:12

Il y avait toujours chez le jeune maître cette sorte de placidité fragile cachant sa tristesse latente et une colère endormie. Aussi silencieux qu’importaient les jours ou les saisons, tel un immuable arbre à qui les années n’étaient qu’un cycle, il semblait déjà, à ses quatorze ans, avoir tout de l’adulte tant le jeu ne faisait partir de ses journées que pour satisfaire les envies de son jeune frère. Ce jour ne faisait pas exception.
Face à ce cadeau immaculé du ciel, que certains disaient qu’il venait des montagnes gelées de Fukyuu, le premier fils de Genki était resté contemplatif, assis sur le seuil de sa chambre à mirer les éphémères flocons tomber, en paquets presque, le jour ne faisant que pointer le bout de son nez. A cet instant, il s’était laissé du répit, de la tranquillité. Frissonnant, il s’était aventuré dans le jardin rafraichi, bien enveloppé dans ses vêtements, sur ses Geta. Face aux traces qu’il laissait, une légère fascination, insidieusement cachée dans son cœur, avait commencé à apparaître, dessinant un sourire sur ses lèvres délicates, adoucissant son regard trop souvent neutre ou  détaché. Son nom avait alors retenti dans l’air, comme un coup de fouet dans son instant de quiétude, et il avait rattrapé, comme il avait pu sans tomber, la boule d’énergie à peine sortie du lit, Yuto, trop heureux de voir la neige comme pour la première fois à chaque fois.

Fatiguer l’infatigable qui ne s’endormait qu’en tombant une fois vidé. Pour tenter ensuite de rendre la journée productive, il le fallait. Le jeune Chikanori ne le savait que trop bien, ce n’était pourtant pas peu de rappeler qu’il se devait de travailler dur, lui qui était en retard face à son cousin Tsuyoshi. Hélas, rien ne pouvait être aussi simple que de demander de la tranquillité et de l’avoir … depuis le décès de leur mère, deux ans plus tôt, le cadet était devenu turbulent, avide et criant pour l’affection, dissipé parfois même. Malgré tout le recul qu’il se voulait d’avoir pour paraître plus grand et responsable, semblable au parcours immaculé de ses prédécesseurs admirés, l’aîné avait bien du mal à accorder de la patience à celui qui déjà l’usait beaucoup.
Les propositions avaient alors fusé, ajoutées les unes après les autres, et sachant qu’il n’aurait pas la paix avant d’avoir agréé à certaine d’entre elles, il s’était laissé embarquer. Comme fondu dans le décor, il avait laissé son cadet l’emmener où bon lui semblait –ou presque- et également piailler auprès des serviteurs dépassés par les initiatives capricieuses du Bocchan. A cette époque, l’ainé peinait à comprendre l’intérêt des jeux, n’appréciait que peu le froid mordant de l’hiver et ne s’en acclimatait pas le moins du monde. Perpétuellement, chez lui, subsistait cette préoccupation qui concernait la tare de faiblesse qu’il se faisait porter au quotidien la croix.

Après manger, il avait pu enfin fausser compagnie à ses deux perturbateurs, car bien sûr, sa cousine avait été de la partie. Cette fois, accoudé à la table de la bibliothèque familiale, il allait pouvoir se remettre aux choses là où les avaient laissées, tentant de mettre plus … d’âme dans ce qu’il faisait, comme on le lui avait conseillé. Pinceau en main, il fit le vide … mais pas trop, il ne fallait pas que son trait soit machinal. Il repensa à la douceur des flocons, à la joie de ses proches qu’il avait perçue sans pouvoir réellement la ressentir. Il pensa fort à ce gardien qui, dans les astres, l’attendait, lui seul, qu’il soit suffisamment fort pour l’invoquer. S’il n’y avait que sa négligence et sa faiblesse qui les séparait tous deux, ce n’était qu’une histoire de temps, la fin cette année, il irait rattraper ses erreurs et présenter avec fierté le fruit de ses efforts, un gardien digne de son nom. Comme parfois, il eut l’impression que cette fois était la bonne, que l’inspiration lui avait tendu la main, que quelque chose de supérieur avait décidé de lui accorder sa bienveillance. Sans heurt, sans accrocs, sans contrariété, plongé dans ce qu’il était en train de faire, son Sutra lui semblait parfait.
Ce fut pourtant à ce moment là qu’une main tira sa manche, et inquiet d’avance, il sut que le trublion était de retour.

_ Je n’en ai pas envie Yuto … nous avons déjà joué toute la matinée ... » Répondit-il d’un ton légèrement plaintif, lui qui en avait eu pour sa dose.

Puis son regard se reporta sur son travail, écarquillant les yeux car l’encre gouttait des poils de son pinceau suspendu en l’air. En vain, il tenta d’interrompre l’encre avant qu’elle ne percute le papier ; le travail était déjà à refaire car déjà d’autres tâches avaient maculé son énième tentative. Dépité et bien plus que ça encore, l’adolescent contempla le destin se mettre encore en travers de ses espérances. La mine cachée par les cheveux qui encadraient son visage, il serra le pinceau dans sa main.

_ … je n’ai pas envie de jouer, Yuto ... » Répéta-t-il d’une faible voix, les mots détachés les uns des autres, trahi par sa déception.


Revenir en haut Aller en bas
 

Quand le vieux tigre n'est pas là, les tigrons dansent

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Un vieux tigre reste dangereux. (Terminé ne pas oublier de changer le nom en Barbe Rouge svp)
» Quand le vieux loup tombe sur l'ours dansant. ft. Eddard Stark
» Quand les vieux débris s'amusent à plusieurs...
» Le Tigre hiberne, ça hiberne un tigre ?
» Senlis , le vieux manoir , par derriere c'est toujours plus sympa ..


Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
-
..
.Abyndal.
...
...
..
..
...
.
.....Ewilan RPG..
....La Sérénissime..