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 “Automne. Le post-scriptum du soleil.”

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Nakamura Takeshi

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Hatamoto

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MessageSujet: “Automne. Le post-scriptum du soleil.” Dim 13 Aoû - 18:07

Il m’avait fallu un an pour trouver l’assassin, pour terminer ce voyage. Je pensais éprouver du soulagement, une fois rentré chez moi. Mais le choc fut terrible tandis que, prostré devant le Château Suzu, j’avais pris conscience une nouvelle fois que mon aimée n’y résiderait plus jamais. Son fantôme s’était retrouvé devant moi lorsque le dernier souffle avait quitté l’enveloppe charnelle de cet exécutant meurtrier. J’avais tué seul et froidement Ryuji Nagisa, Kirarin étant restée à l’abri. Midori m’avait prévenu que je n’en éprouverais aucune satisfaction... et pourtant j’avais tenu à lui trancher la gorge pour que sa mort soit lente et douloureuse, comme celle de Suzuka.

Cela n’a pourtant pas fait renaître Eiichiro à mes yeux et je me suis rapidement senti exclu partout. Incapable de retourner dans la demeure familiale des Nakamura car laissée à l’abandon depuis le décès de mes parents. Incapable aussi de retourner au Château immédiatement, la honte de ne plus avoir de Dame commençant lentement à me ronger. Mais surtout, incapable d’imaginer le Clan du Vent sans Suzuka. Cette première raison m’avait fait partir d’ici et, bien que je n’espérais pas la ramener, j’avais nourri l’envie de débuter quelque chose de nouveau, d’adopter un point de vue différent dans l’optique d’avancer.

Mais voilà que la tâche s’avérait plus difficile que prévu. Chargé de la responsabilité de nourrir la petite, je savais que je ne pouvais pas errer sans but à la Capitale. Un instant, j’avais prié Kazegami de me permettre d’être un loup, un vrai, pour rejoindre Yoru et Hikari, le temps de me remettre sur pieds. Mais sachant que ce n’était pas possible, j’avais pris la décision de passer la nuit dans une auberge et de redorer mon blason en passant par le Temple de Meisou. Là-bas, je pourrais demander de l’aide... trouver un soutien... laver mes fautes... pour finalement rencontrer les dirigeants et réapprendre à aimer mon Kami, mon Clan, mon existence.

***

Nous arrivons sous la pluie, cette forte averse caractéristique de la saison, et je perçois déjà un message caché : il me faudra du temps mais tout commence par la purification du corps. Ce premier coup de pouce me permet de traverser le torii du sanctuaire plus serein, après m’être incliné une première fois. Remarquant mon sérieux, Kirarin m’imite sans broncher et avec patience. Elle fait de même lorsque je m’avance vers la Temizu-ya magnifique du Temple. Saisissant l’un des hishaku présent sur son rebord de ma main droite, j’arrose ma main gauche et vice versa. Soigneusement, la petite fais comme moi, portant ensuite l’eau de sa main gauche à sa bouche pour la rincer.

Une fois nos membres propres à nouveau et les récipients de bois reposés correctement, je sens mes jambes s’alourdir. Qu’il est dur de s’avancer vers l’endroit du pardon... l’ai-je seulement mérité ? J’ai tenté de faire au mieux pour respecter les traditions mais aussi et surtout la mémoire de la Dame du Clan... Le Dieu du Vent n’a pas encore abattu de punition sur moi mais peut-être ses représentants religieux le feront à sa place... Je me sens lourd de remords, lourd d’un choix pourtant assumé jusqu’ici.

Nous gravissons de nombreuses marches jusqu’au sommet du domaine sacré. Des marches de bois, de terre, de pierre. Puis nous arrivons devant le jardin radieux glissant vers l’engawa brillant et sec de Meisou. Le portique légèrement sur l’avant nous permet de nous abriter enfin et, après avoir ébouriffé mes cheveux, je me laisse surprendre par une délicate jeune femme déplaçant la porte sur le côté, pour la refermer ensuite derrière elle. Ses vêtements m’indiquent qu’il s’agit d’une jeune Miko, son regard insondable me donnant une première indication sur son caractère aidant.

Mon cœur est lourd ; elle ressemble à Suzuka. Mais peut-être est-ce là un signe supplémentaire, présage qui me conduira peut-être à une vie meilleure. Je m’incline légèrement alors, retrouvant ses yeux noisette, sans trop savoir comment formuler ma demande.

- Pardonnez le guerrier que je suis de troubler ainsi vos tâches quotidiennes. Mon nom est Nakamura Takeshi et je reviens d’un long et éprouvant voyage. Je cherche en ce lieu un peu de paix pour la dénommée Kirarin ici présente, qui a besoin du gîte et du couvert pour continuer de grandir. Et je suis en quête de paix pour le Samouraï perdu et sans Dame que je suis devenu. Mais... je ne veux abuser d’aucune générosité car je ne suis pas certain d’en mériter la grâce...

Un soupire ponctue mes propos. Je baisse la tête, laissant quelques gouttes d’eau perler de mon chef à ma mâchoire, ces dernières remplaçant les larmes que je ne sais plus verser. Puis je cherche une expression, une réponse, sur le visage de ma très jolie interlocutrice. L’espoir commencera à renaître si elle veut bien m’adresser la parole.


L - M - M - J - V - S - D


Dernière édition par Nakamura Takeshi le Dim 20 Aoû - 10:19, édité 1 fois
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Noraneko Satomi

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MessageSujet: Re: “Automne. Le post-scriptum du soleil.” Lun 14 Aoû - 21:24

La fin de journée était pluvieuse et monotone, tout à fait en adéquation avec cette saison automnale. Je regrettais l'été, avec son soleil et son vent rafraichissant. Maussade et dépitée, je regardais la pluis tomber et devais me résigner à annuler ma séance d'entrainement à l'arc. Bon, à la place ce sera récitation de sutra. Beaucoup moins divertissant, mais au moins ce sera utile. Je posais mon balai, ayant eu comme corvée de midi le nettoyage des couloirs. J'avais finis à présent et devais retourner dans les quartiers communs pour récupérer les livres d'étude. Je devais passer par le petit patio, ou plutôt le longer vu la pluie, pour arriver plus rapidement et éviter de perturber la méditation des prêtres dans les autres salles.

J'ouvrais la porte et la refermais, pour éviter le bruit de la pluie qui était agréable mais assourdissante pour la méditation. Et là, je tombais nez à nez avec deux personnes. Une grand homme aux cheveux sombres et trempés, ainsi qu'une petite fille qui l'accompagnait. L'homme devait être grand, mais il semblait vouté et accablé par de nombreux maux. Son visage, bien que jeune avec quelques cicatrices, montrait une expression vide de toute vie, des yeux sans éclats. Il pouvait sans doute faire peur avec ses cicatrices, mais il ne semblait plus qu'une ombre en sursie. Et bien, par les kamis.. On dirait que l'on a un nouveau cas désespéré. J'avais déjà vu plusieurs fois des personnes de ce genre. Le regard vide, plus de vie en eux... Ils cherchaient ici le repos et la paix, espérant soit la miséricorde et le pardon des kamis, ou bien leur aide pour soigner leurs maux. Mais dans quasiment tous les cas, c'était plus un d'ordre psychologique et de remords. L'ennemi qu'ils devaient combattre n'étaient autre qu'eux même, et nous devions être là pour les soutenir moralement, les guider.

Quand son regard rencontra le mien, je souriais avec bienveillance, l'attendant ainsi pour lui faire comprendre que j'allais l'accueillir. Dans ces cas là, la patience et la douceur étaient de mise pour les aider. Je le laissais s'approcher, la petite toujours avec lui. Il se présenta et me fit part de sa requête. Il était poli, calme et précis dans ses paroles, bien que l'on sentait l'âme brisée dan sa voix. Son nom sonna de suite à mon oreille. Oyama et mes parents m'avaient parlés de lui, ce fameux Hatamoto parti en vendetta pour sa Dame. Une bien triste histoire. Pas étonnant qu'il soit dans cet état. Mais je devais faire honneur au temple et à la politesse, et ne mentionner en rien les derniers faits. Ce ne sont pas mes affaires. Mais son statut imposait le respect et la bienséance. Je m'inclinais avec grâce, faisant honneur à l'étiquette et au temple.


" Je vous en prie, Nakamura-dono, entrez donc. Le temple de Meisou est toujours ouvert à ceux qui viennent chercher la paix de l'esprit."

Je regardais la petite, qui n'avait pas bonne mine non plus. Comme ça, on aurait dit un petit chaton tout trempé. Je souriais un peu plus, la regardant avec chaleur et compassion. Je pliais mes genoux pour que mon visage soit à sa hauteur, et lui parlais autant avec douceur que bienveillance, pour ne pas l'effrayer.

" Et tu es Kirarin-chan, n'est ce pas ? Je suis Satomi Noraneko, Miko au temple. On va te donner de quoi te restaurer et te mettre au chaud, et puis tu pourras retourner auprès de Nakamuro-dono. Tu viens ? "

Je lui tendais la main, pour l'inciter à m'accompagner. La petite eu l'air surprise, regarda Takeshi pour avoir son approbation. Quand celui-ci donna son autorisation, la petite me donna sa petite main toute froide que je pris avec délicatesse. Je me relevais, regardant de nouveau le samouraï trempé. Je souriais toujours, le regardant avec la même bienveillance et compassion que pour la petite.

"Suivez-moi, Nakamura-dono. Nous allons également prendre soin de vous. Vous êtes aussi trempé qu'un Okaruto qui serait tombé dans sa cuve de saké. Il serait malheureux que vous attrapiez une fluxion de poitrine à peine arrivé ici."

Je souriais un peu plus, ouvrant de nouveau la porte pour les faire entrer. Un peu d'humour et de légèreté pouvait aider à dédramatiser les choses. Oyama me l'avait appris, et même si je n'étais pas une personne de grand burlesque, mes intentions étaient honorables. Je marchais dans le couloir vide, n'allant pas trop vite pour la petite. Je cherchais une salle libre, et finis par la trouver. C'était une petite salle de méditation, un peu sombre vu le temps mais donnant sur la cours intérieure du temple. On y voyait les statues des kamis sous les trombes d'eau, et la cours de gravillons faisant sonner la pluie. Je me mis sur le côté de la porte ouverte, m'inclinant légèrement pour lui faire signe d'entrer.

" Veuillez entrer et attendre ici s'il vous plait. Je vais prévenir le prêtre Makoto de votre présence. Il viendra vous rejoindre d'ici peu. En attendant je vais m'occuper de votre protégée."

Je souriais à la petite, pour lui montrer qu'elle n'avait pas à avoir peur. Je quittais la pièce et rejoignais d'autres miko plus jeunes. Je leur confiais la petite un temps, leur expliquant qu'elles devaient lui trouver des habits secs et la surveiller le temps que j'aille chercher un prêtre. Je les prévenais également de ne pas entrer dans la salle du Petit Jour, là où était notre invité. Je parti ensuite à la recherche du prêtre en question. Il y en avait un en particulier qui me venait à l'esprit et qui devait être disponible. Ce prêtre avait un certain âge, et était en général chargé de ceux qui avaient besoin de soutien moral. C'était également une personne de famille aisée et respectable, à l'instar des Noraneko, pouvant tout à fait s'exprimer avec plus de liberté et de légitimité devant une personne telle que Takeshi.

Je le trouvais dans son bureau, en plein exercice de calligraphie. Je l'interrompais, lui expliquant la situation. Cet homme au crâne rasé et au visage plat avait un regard pénétrant et sage. Il me remercia, me chargeant de m'occuper de la petite en attendant qu'il aille parler à Nakamura. Il sortit du bureau pour rejoindre la salle du Petit Jour, alors que de mon côté je retournais voir les mikos. Elles avaient trouvés des habits, et il ne restait plus qu'à l'habiller. Je prenais le relais et m'en chargeais profitant de ceci pour la laver également, la peigner et l'amuser autant que possible. Elle semblait se détendre un peu dans cet univers de jeunes filles riantes et aux petits soins pour elle. Une fois habillées, avec de shabit d'apprentie miko, on lui donna une petite soupe pour la faire attendre. A ce moment là, un prêtre nous rejoignit et me prévins que le prêtre voulait de ma présence au Petit Jour, avec des habits de rituel pour Takeshi. J'allais chercher ce qu'il fallait, ayant en tête le gabarit de la personne. Je trouvais ce qu'il fallait, des habits simples et clairs de jeunes moines. J'arrivais devant la salle, m'asseyant devant la porte pour l'ouvrir et déposer les affaires. Je vis le prêtre et Takeshi assis ensemble, semblant en pleine conversation. Je pensais que mon travail allait être finis, mais le prêtre m'interpella et m'incita à rentrer.


" Noraneko-san, entrez-donc... Je vous laisse prendre soin de notre invité au temple de Meisou. Puissiez vous effectuer le rituel d'apaisement et ramener la paix dans son âme et son esprit. Nakamura-dono... Vous pouvez faire confiance à Noraneko-san, c'est une excellente Miko. Restez autant qu'il vous sera nécessaire, vous êtes notre invité au temple de Meisou."

Je rentrais et m'inclinais de nouveau, acceptant cet éloge comme il se devait. Suite à cela, le prêtre se leva et fit ses adieux. Il me jeta un regard avec un sous-entendu que je comprenais que trop bien. C'était à moi de m'occuper de cette personne à présent. J'étais sauvée de la séance de sutra on dirait bien ! Mais s'occuper d'un tel cas demandait un doigté et un tact qu'il ne fallait pas manquer. Si le prêtre m'avait demandé, c'est qu'il devait se douter après la conversation avec Nakamura que j'avais ce qu'il fallait pour l'aider. A savoir bienveillance, patience et un naturel chaleureux. Quand le prêtre fut parti. Je regardais de nouveau le jeune homme. Je lui souriais comme plus tôt et m'inclinais légèrement, puis m'exprimais avec naturel et compassion.

" Nakamura-dono, je ferais de mon mieux pour vous accompagner tout au long de votre rituel. Si vous avez la moindre question ou le moindre besoin, n'hésitez pas à me solliciter. Mais tout d'abord..."

Je souriais un peu plus et le regardais avec une légère malice. Je lui tendis les affaires de bure de moine, pour qu'il puisse se changer.

" Il vous faut de quoi vous mettre au chaud et vous restaurer. Prenez ces habits du temple et revêtez les s'il vous plait. Cela fait partie du rituel, vous devez laisser de côté vos effets qui sont du passé, présent et futur. Je reviens d'ici peu avec votre collation. Souhaitez-vous que Kirarin-chan se joigne à vous pour votre repas ? "

Je ne savais pas quelle était sa relation avec la petite. Mais s'il préférait l'avoir près de lui et que cela le rassurait, je n'allais pas l'en empêcher. Il allait falloir au plus tôt ensuite lui expliquer le rituel, connaitre ses exigences mais surtout que j'arrive à percevoir ce dont il avait réellement besoin, et ce qui le toumentait. Cela pourrait prendre des jours commes des semaines. Mais l'important était qu'il ressorte avec l'esprit et le coeur libre comme le vent de Kazegami.


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Nakamura Takeshi

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Hatamoto

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MessageSujet: Re: “Automne. Le post-scriptum du soleil.” Lun 21 Aoû - 20:43

Un sourire et une inclinaison plus tard, je sens la porte s’ouvrir vers la rédemption et relève déjà légèrement la tête lorsque sa voix prend le dessus sur la mélodie de la pluie. Elle s’adresse d’abord à moi pour m’accueillir chaleureusement puis s’adresse à l’enfant. Kirarin a déjà douze ans mais elle en fait bien moins. Minçolette et légèrement fatiguée de notre dernier trajet, elle paraît facilement quatre ans de moins. Je ne peux m’empêcher de trouver sa façon de l’aborder attendrissante et contenante, tout à fait adaptée à ce dont la petite et moi avons besoin sur l’instant.

La timidité de cette dernière la fait d’abord hésiter, même à regarder la Miko prénommée Noraneko Satomi. Mais la douceur, la patience et la main tendue de la religieuse lui permettent déjà de faire le premier pas. Elle attend mon approbation pour y aller franchement et saisir ses doigts dans les siens, légèrement soucieuse d’être séparée de moi. Pourtant, je suis déjà soulagé de savoir qu’elle sera un instant prise en charge correctement, le temps de me requinquer et de moi aussi reprendre des forces. Je ne souris pas à la référence de notre accueillante sur la cuve de saké mais m’incline pour la remercier de sa sollicitude, la suivant sans me poser davantage de questions.

Elle m’entraîne dans une pièce de méditation, me demandant avec courtoisie de patienter et emmenant Kirarin avec elle. Complètement seul, la porte entrouverte sur les statues noyées par les flots d’une tempête de tourments, je m’installe en seiza et ferme un instant les yeux. Noraneko Satomi... L’origine de ce nom de famille me revient vivement et je me rappelle du Taisho Eiichiro dont je me rappelle la condition aisée. De mémoire, il avait eu son rang par relations et non par de notables faits d’armes. Je n’en sais pourtant pas davantage et garde la question de leur lien pour plus tard, profitant du silence relatif de la pièce.

Il est rapidement perturbé par l’entrée d’un Prêtre, fort posé et semblent expérimenté, dégageant la sagesse et le calme infini des moins les plus aguerris. Rapidement mais sereinement, il aborde le sujet de ma présence dont il me dit non nécessaire d’en partager les détails avec lui. J’expose mon besoin de salut, de purification et mon envie d’aller vers le renouveau, sans Dame pour me guider, sans foyer encore et sans certitudes d’avenir. Sans se vouloir rassurant, il me dit que le chemin sera long mais pas impossible à tracer, qu’il me faudra simplement être bien accompagné et ne pas perdre de vue les progrès que je ferai tout au long du rituel.

Puis la demoiselle de tout à l’heure vient interrompre ce moment d’échange, aussi délicatement qu’elle nous avait accueillis. Le Prêtre explique dès lors qu’elle est la nouvelle gardienne de mon bien-être et me vante ses capacités. Je le remercie en m’inclinant bien bas, peut-être trop, alors qu’il sort de l’endroit. Ne quittant la jeune femme des yeux que le temps de constater que le déluge s’intensifie, je l’écoute ensuite attentivement, détaillant son sourire parfait, profitant de cette bonne humeur qu’elle sait naturellement transmettre.

- Je pense qu’il est préférable pour elle, comme pour moi, qu’elle soit chérie par vos consœurs pour l’instant, réponds-je à sa question. Elle va pouvoir se reposer, jouer, apprendre d’autres principes. J’irai la voir lorsque je me sentirai à nouveau capable de la mener sur la bonne route. Je vous remercie pour les vêtements et vous prie de m’excuser quelques instants.

La Miko sort également chercher cette collation évoquée et je me réfugie derrière le paravent du lieu, déposant mes habits abîmés et trempées sur son cadre. Utilisant une bassine d’eau à proximité, j’en profite pour une légère toilette avant de revêtir la tenue remarquablement propre. Peu habitué à endosser des vêtements clairs, je me laisse surprendre par leur effet sur moi, passant une dernière fois ma main dans mes cheveux encore humides. Je pourrais presque en faire un chignon, tant ils ont poussé pendant cette année mais, à la fois, je m’étonne de ne pas avoir davantage de longueur.

Je m’installe au centre de la pièce au moment où elle revient, radieuse, munie d’un plateau dont je ne sais distinguer tous les mets. Je perçois beaucoup d’odeurs à la fois mais la plus agréable est celle de la demoiselle, en accord avec son attitude, légère et agréable. N’étant plus sûr de ce qu’il en est réellement, je me sens obligé de m’excuser d’avance auprès de celle qui me supportera peut-être longtemps, le temps de ma rémission.

- Je vous remercie pour tout, Noraneko-san, dis-je en m’inclinant légèrement en avant. Je ne sais plus vraiment qui j’étais, qui je suis et je ne connais pas encore celui que je voudrais être. Alors... s’il-vous-plaît, pardonnez mon attitude parfois bougonne ou désagréable. Elle ne sera pas dirigée contre vous mais probablement sur ces fantômes que je ne sais pas encore chasser seul.

Mes yeux trouvent ensuite refuge dans les siens, sans montrer l’inquiétude dont je suis actuellement victime et j’attends la suite de ses explications.

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Noraneko Satomi

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MessageSujet: Re: “Automne. Le post-scriptum du soleil.” Dim 3 Sep - 18:52

L'attitude de cete personne était toujours sembre, et il semblait en avoir pleinement conscience. Je fus étonnée de l'entendre vouloir prendre son repas séparé de la petite. Je n'étais pas étonnée par le fait en lui même, mais par les raisons de cette séparation. Il le faisait pour la petite selon lui, mais je sentais également qu'il le faisait pour lui même. Quoi qu'il en soit, je lui souriais et honorais dans mon esprit son attitude. J'inclinais légèrement la tête, répondant simplement.

"Je comprends, Nakamura-dono."

Je m'éclipsais pour le laisser le temps de s'habiller. De mon côté, j'avais à faire. J'allais aux cuisines pour demander un plateau simple de repas, et donnais quelques instructions pour la petite. Je m'occuperais d'elle plus tard, car il allait falloir lui expliquer que son... mentor ou protecteur n'allait pas pouvoir la voir souvent. Une fois cela fait, ce qui ne prit qu'une poignée de minutes, je revenais dans la salle où Takeshi se trouvait, avec le plateau. Entrant dans la pièce, je déposais devant lui le plateau. Il était étrange de voir l'effet que pouvoir avoir un changement d'habits. Les habits clair lui donnaient un air moins lugubre, même s'il gardait cette atmosphère mélancolique autour de lui. Assise en tailleur face à lui, je remarquais qu'il ne semblait pas très à l'aise. Il se mit à s'incliner et à s'excuser d'avance pour sa prochaine attitude qui pourrait être blessante. Je le regardais avec une légère surprise, puis souriais de nouveau avec douceur, le regardant avec compassion et compréhension.

" Nous avons tous nos propres fantômes à combattre ou bien à comprendre. Nous serons là à votre service et prêt à vous aider dans votre quête."

Moi même, avec la nouvelle que j'étais fiancée, que celui-ci meure aussi rapidement avec l'attaque des Tengus, me rendre compte que les jours de ma liberté sont comptés... Des fantômes bien futiles comparés à ceux du samouraï, mais qui avaient une grande considération pour moi. J'appréciais cependant son honnêteté, et gardais en tête qu'il allait falloir faire attention à de possibles sauts d'humeurs. Vu qu'il avait donné des informations intéressantes, je me devais également de lui donner des informations utiles. Il me regardait avec une certaine intensité, et je ne pouvais m'empêcher de le voir comme un petit chiot faisant ses yeux doux. Mince, il faut que je me ressaisisse... Restant toujours aussi aimable et obligeante, je lui expliquais rapidement comment tout ceci allait se passer.

" Je ne vais pas vous demander la raison de votre venue au temple. Si vous avez besoin d'en parler néanmoins, nous serons à votre écoute et prêt à vous guider."

C'était un fait qu'il était plus utile de savoir le passé et la raison de ceux qui venaient faire le rituel. Mais nous ne pouvions les forcer à nous divulguer ce qui les tourmentait. Ou du moins, ce qu'ils pensent qui les tourmente. Leur laisser une porte et une oreille ouvertes étaient tout ce que nous pouvions faire pour eux, jusqu'à ce qu'ils se décident à nous parler. Je continuais, expliquant ce qu'il aurait à faire pendant le rituel.

" Le rituel est composé de plusieurs étapes et s'adapte au besoin de celui qui souhaite se purifier et trouver la voie. Cela passe par la méditation, la prière, des études, du jeun, des exercices physiques..."

La liste pouvait être longue, il fallait parfois faire preuve d'imagination pour trouver des activités pour les aider à prendre du recul, ou à se calmer. Mais je ne restais pas trop longue sur ces détails, qui pouvaient attendre encore un peu.

" Au début nous vous proposerons des exercices généraux, pour vous aider à voir plus clair dans ce qui vous pèse. Ensuite, en fonction de comment vous vous sentez, nous pourrons aller sur des exercices plus spécifiques à votre besoin."

J'étais vague, tout simplement par ce qu'il fallait encore réfléchir à ce qui conviendrait au samouraï. Maintenant, je n'étais pas capable de définir ce qui aiderait l'homme à se retrouver, et je devrais sans doute demander conseil auprès du prêtre. Cependant, je pouvais tout de même agir en attendant en étant présente et en apportant un soutien moral à Takeshi. Je réitérais ce fait, mettant en avant qu'il pouvait m'appeler sans soucis.

" Je serais là pour répondre à vos besoins et votre interlocutrice pivilégiée. Si vous avez besoin de lectures particulières ou d'éléments extérieurs au temple, n'hésitez pas à me les demander. De même, si vous voulez plus simplement discuter ou avoir de la compagnie, je serais ravie d'être présente pour vous."

Je lui souriais légèrement, espérant ne pas trop m'imposer non plus. Je ne viendrais que s'il me solliciterait, le reste du temps ne venant que pour le guider vers les différents exercices ou pour les repas. Je devais d'ailleurs le faire à présent, pour ne pas le stresser de trop. La solitude pouvait également aider à la convalescence. Mais une fois de plus, tout dépend des gens. Parfois il faut de la compagnie, parfois être seul avec soi-même.

" Je vais vous laisser prendre votre repas. Je reviendrais plus tard vous expliquer votre emploi du temps pour votre première phase du rituel. Avez-vous des questions, peut être ? "

J'apporterais plus de réponses plus tard avec son programme, mais je préférais le rassurer autant que possible dès le début. Je le regardais avec gentillesse,
attendant la moindre question avant de le laisser manger en paix.


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MessageSujet: Re: “Automne. Le post-scriptum du soleil.” Lun 2 Oct - 15:17

De la pureté et de la gentillesse. Est-ce vraiment ce que je suis venu chercher ici ? J’en ai presque la tête qui tourne, tant elle me semble éblouissante de sincérité. Pourtant, quelque chose me heurte profondément lorsqu’elle répond à mes excuses. Elle parle toujours en « nous » ce qui, en soi, est évident puisqu’elle est Miko et donc intégrée à un corps religieux. Mais quelque chose me pousse à vouloir la connaître elle, au-delà de son nom, sur ses motivations en tant que croyante, en tant que personne. Or, je sais qu’il ne s’agit pas du moment idéal pour cela et j’ignore d’ailleurs ce qui me pousse ainsi à m’accrocher à des futilités qui n’ont rien à voir avec ma guérison.

Pour fuir ces premières pensées, je me concentre sur ses explications. Ainsi, ultérieurement à la pureté et la gentillesse, ce qui m’attend est la tranquillité. J’ai pu connaître quelques moments de sérénité pendant mon voyage mais jamais ces instants ne m’étaient directement consacrés. Je me retrouve quelque peu décontenancé par cette soudaine sollicitude, bien qu’elle réponde aux attentes que j’avais en demandant de l’aide. Imaginer que je vais me retrouver confronté à moi-même, à des personnes qui ne s’occupent pas de mon rôle de Samouraï ou de Hatamoto... Je me sens soudain plus angoissé qu’avant.

En toute innocence et de manière altruiste, la demoiselle me propose sa compagnie, en cas de besoin. Je baisse légèrement la tête, gêné, bien que je sache qu’il n’y aucun sous-entendu derrière ces paroles. Dérouté par une attention dont je n’ai pas l’habitude, je sais que la première chose à faire est de me recentrer sur moi-même et sur le contrôle de mon corps, de mon esprit et de mon cœur. Je m’en sens dans l’immédiat incapable et commence déjà à avoir mal au crâne de penser si intensivement à la façon correcte de m’y prendre. Et lorsqu’elle propose de s’en aller, mon inquiétude augmente.

- Tout devrait bien aller, si vous revenez tout à l’heure, dis-je paradoxalement en regardant les différents plats qui m’attendent.

Le temps passe aussi vite que la pluie se déchaîne. D’abord certain que je n’ai pas faim, je déguste ce que l’on m’a apporté avec plaisir et sans précipitation, profitant de chaque saveur et manquant à plusieurs reprises de pleurer. « Me voilà en sécurité. Rien ne se passera ici. » pense-je comme un enfant. Il me faudra me reconstruire sans Suzuka, sans Midori, avec Kirarin et l’aide du Temple Meisou. Mes pensées sont encore confuses mais, ainsi au chaud, au sec et vêtu d’autres choses qu’un kimono usé, je me sens, à certains moments, déjà revigoré.

Comme si elle avait deviné que je poserais mes baguettes à cet instant, ma gardienne entre dans la pièce et je ne vois dès lors plus qu’elle, mes pensées cessant de dériver pour se concentrer sur une seule et même interrogation. Tandis que la Miko s’apprête à m’expliquer la suite, comme elle l’a annoncé précédemment, je l’interromps d’un délicat signe de main et me promets intérieurement de la laisser en paix continuer le rituel après cela.

- Mes excuses mais il est une chose que je voulais vous demander avant que nous nous attardions sur la suite. Noraneko, c’est aussi le nom de notre Taisho. Feriez-vous partie de sa famille ? Si c’est le cas, comment se fait-il que vous soyez Miko ?

Si elle était son épouse, la religieuse ne pourrait pas l’être. Dès lors, elle doit probablement être de sa famille, proche ou éloignée. Et aux vues de son origine noble, je m’étonne qu’aucun homme ne se soit précipité sur cette belle condition... Sachant cette demande sans queue ni tête dans le contexte qui est le mien, je conclus ma demande par un raclement de gorge et une énième inclinaison pour me faire pardonner.

- J’espère que vous ne trouvez pas ma question déplacée,dis-je, mal à l’aise et fuyant son regard, sans rougir pourtant. Je suis juste curieux à votre sujet... sans trop en connaître la raison.


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MessageSujet: Re: “Automne. Le post-scriptum du soleil.” Mer 4 Oct - 19:53

J'allais partir, mais l'homme semblait soudainement inquiet. Il regardait ses plats comme si de rien n'était, mais ce qu'il disait était une sorte d'appel à l'aide. Je m'arrêtais, un peu surprise par cette sommation, puis repris un sourire plus compréhensif. Je le rassurais, d'une voix douce et posée.

" Ne vous en faites pas Nakamura-dono, je reviendrais. Prenez votre temps, et bon appétit."

Je pris enfin congé, et sortais de la salle. J'allais moi-même rapidement me restaurer, voir comment allait la petite puis retournais vers notre invité. Devant la porte, j'écoutais pour savoir s'il avait finit de manger. Je n'entendais plus le bruit des baguettes, aussi je me permis d'entrer. Je venais pile au bon moment, car le jeune homme posait ses baguettes. Je rentrais donc, prenais soin de prendre ses couverts et son plateau. Il avait tou mangé, c'était déjà ça. Je posais ceci à l'entrée de la salle, puis revenais vers le convive. J'allais commerncer mes explications, quand il me fit signe de le laisser parler. Surprise, je l'écoutais cependant parler. Il me posa une question, quelque peu personnelle je dois dire. Enfin, ce n'était pas la première fois, mais je n'aimais pas trop que l'on me considère simplement par mon rang. Mon regard s'assombrit un peu de tristesse, mon expression fit place à une légère gêne et mon sourire n'était plus que de façade.

" C'est compréhensible, Nakamura-dono... Votre passé et votre statut rend cette question tout à fait légitime."

Je ne pouvais en effet le laisser sans réponse. Pour en avoir discuté avec le prêtre, c'était une personne de marque proche des grandes familles. Il avait le droit de savoir, ne serait ce que pour savoir comment se comporter vis à vis de ma personne. Je lui répondis donc, m'inclinant légèrement alors que je me présentais de nouveau, mais plus longuement.

" Je suis Noraneko Satomi, cousine du Taisho Noraneko Yozakura. J'ai été envoyée au temple Meisou dans ma jeunesse pour suivre la voie des Mikos, et également être de compagnie à mon grand oncle, l'ancien Kannushi Noraneko. Et je resterais ici jusqu'à ce que ma famille me somme de reprendre d'autres... fonctions."

Le contexte ici était important. Je n'avais pas été amenée ici pour être une exilée, au contraire. J'avais un rôle à jouer plus tard, et celui ci était d'être une épouse. Ces "autres fonctions" dont je parlais faisaient tout à fait référence à ceci. Il n'était pas rare dans la bourgeoisie ou la noblesse que des filles soient envoyée au temple pour être formée et "protégée". Pour ma part j'aurais été mariée si on fiancé ne s'était pas fait tué lors de l'attaque des Tengus. Et comme j'étais encore là, cela voulait dire que mes parents ne s'étaient toujours pas décidé sur qui serait mon prochain mari. Sans aucun doute des soucis d'alliance et de politique, rien d'autre. Je savais que je ne pourrais choisir mon destin en ce sens. Je le déplorais, mais l'acceptais en même temps. C'était ma propre voie et une mission honorable, un devoir en tant que fille de famille noble. Il y avait sans doute pire comme vie. Sans doute... Je continuais de parler, le regardant avec une expression appelant subtilement à la supplique et à la compassion.

" Mais s'il vous plait, je ne me considère en ce lieux qu'en une simple Miko. Mon statut de noble dame n'a pas de raison d'être ici, et cela me sied tout à fait. De plus, à part mon lien de sang avec le Taisho, je n'ai pas de lien à proprement parler avec celui ci. Alors soyez à l'aise, il n'y a pas d'étiquette autre que celle à avoir envers une Miko. "

Je lui souriais, espérant qu'il n'allait pas mal prendre cette demande. Pour certain, le rang de Dame était à tenir coûte que coûte, et il était une insulte que de vouloir y échapper. Pour moi, c'était un poids plus qu'autre chose, et je ne me sentais pas incarner cette identité ni cette fonction pour présumer à en recevoir les hommages. Maintenant qu'il avait des questions, il devait en avoir d'autres. Alors autant subir dès maintenant tout ce qu'il pourrait avoir en réserve. Je lui souriais donc un peu plus, avec une expression plus ouverte et plus avenante.

" Avez-vous peut être d'autres questions à mon sujet ? "

J'attendais ainsi ses autres questions, qui le rassureront peut être.


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Hatamoto

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MessageSujet: Re: “Automne. Le post-scriptum du soleil.” Lun 9 Oct - 10:03

Mon cœur rate un battement au moment où elle réagit. J’ai soudain peur de l’avoir froissée, une certaine froideur s’installant sur son visage. Je songe alors à lui demander de ne pas me répondre, de m’expliquer la suite en oubliant ma maladresse. Mais malgré ses réticences apparentes, la jeune femme semble prête à m’en dire plus et je n’ai pas le temps de l’interrompre une nouvelle fois. Ses propos sous-entendent que la Miko me répond par politesse. Son attention me touche alors que, la plupart du temps, je n’ai rien à faire des convenances. Je me sens pourtant déçu que cette barrière d'obligation se dresse entre nous. Après tout, c’est elle qui va m’aider à aller mieux...

Malgré ces confusions supplémentaires, j’écoute attentivement sa réponse. Et mon cœur rate un autre battement. Noraneko Satomi est la nièce de l’ancien Kannushi et, par conséquent, la cousine du Taisho actuel. La jaugeant quelques instants, je n’arrive pas à savoir si elle en est fière ou si cela est un poids pour elle. Hermétique, la religieuse aborde les « autres fonctions » qu’elle pourrait remplir avec calme et je fais l’hypothèse que la demoiselle n’aura pas grand-chose à dire sur son avenir. Mon raisonnement précédent était juste : soit elle restera coincée au Temple, soit on proposera à ses tuteurs un mariage pour la sortir d’ici et en faire à nouveau une noble.

Je détourne un instant les yeux de cette beauté innocente, pour finalement y revenir lorsqu’elle me prie de la traiter comme une simple Miko. Ses arguments me laissent pantois, particulièrement quand elle explique ne pas avoir de réel lien avec son cousin. Pendant quelques secondes, je ne sais plus vraiment quoi dire et la pièce reste silencieuse après sa question, cette dernière montrant une ouverture supplémentaire à l’échange. Avec réserve, je prends une position plus confortable en m’appuyant sur la table et ne la quitte plus du regard, le temps de mes paroles.

- Je ne suis pas vraiment proche des convenances, d’habitude. Ce qui m’a valu quelques soucis par ailleurs... mais ce n’est pas le sujet. Votre demande de vous traiter « comme une simple Miko » pourrait me faire plaisir si nous étions dans un autre contexte. Mais il se trouve que nous allons passer beaucoup de temps ensemble et, bien que vous n’ayez encore rien fait d’autre que m’accueillir, je vous considère déjà comme quelqu’un d’important pour moi.

Je le dis avec sérieux et fermeté, un ton inadéquat pour une telle gentillesse. Lorsque je m’en rends compte, je deviens plus avenant et moins brusque. La voix basse mais assurée, je continue à discourir, sans trop vouloir m’étendre.

- Je veux que vous sachiez ceci : je suis honoré de vous avoir rencontré. Vos origines ou la façon dont vous êtes arrivée ici n’ont pas d’importance, finalement. Mes principes m’obligent à vous devoir le respect... Noble ou Miko, j’ai Noraneko-san en face de moi, celle qui m’aidera à me sentir mieux. Je n’ai besoin de rien d’autre pour vous respecter.

Je fais preuve d’une confiance que je n’avais pas affirmée depuis longtemps et, afin d’éviter qu’elle ne soit troublée ou embarrassée par cela, je ne pousse pas le sujet plus loin.

- J’ai déjà posé suffisamment de questions. Restons-en là pour le moment, s’il-vous-plaît... d’autres viendront le moment venu. Et je répondrai aux vôtres, si elles existent. Maintenant que je suis rassasié, qu’en est-il de la suite du rituel ?

Je me sens déjà rassénéré, cette interrogation prenait toute la place et la voilà résolue. Prêt pour la suite, je me sens également prêt à sourire mais je ne peux pas encore l’affirmer. La douleur de ma présence ici encore bien présente m’en empêche... mais la présence de ma sauveuse m’aidera à la surmonter.


HRP :
 


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MessageSujet: Re: “Automne. Le post-scriptum du soleil.” Dim 19 Nov - 16:26

[PS: pardon pour le retard >_<]

Les paroles du samouraï étaient pour me rassurer, amis je ne me sentais pas forcément encore à l'aise. Je ne le connaissais pas après tout, je devais rester sur mes gardes car je ne savais pas ce dont il souffrait intérieurement. Nous avions déjà rencontré des problèmes avec des personnes devenant violentes ou instables au début. Il fallait être assez proche pour les aider, mais assez éloigné pour qu'il n'y ait pas de risques pour nous.

Je souriais donc à notre invité, essayant également de le rassurer en voyant qu'il cherchait à rester en contact, à créer un lien. Je m'inclinais légèrement de nouveau, pour terminer ce chapitre.


" Parfait, qu'il en soit ainsi. Je suis honorée également de pouvoir vous assister et faire plus ample connaissance avec vous."

Il demandait plus d'informations sur le rituel. Je me redressais, reprenant mon attitude pédagogue du début. J'étais plus à l'aise de parler de choses que je connaissais. M'aventurer sur le chemin dangereux de "parler de moi", ce n'était pas ma tasse de thé. Je le regardais avec des yeux plus vifs, l'expression de malaise disparaissant en même temps.

" Pour le rituel, celui-ci dépend de chaque personne et de leurs besoins. Mais il y a toujours deux étapes similaires."

Je réfléchissais aux principales activités, essayant de résumer les généralités.

"La première, c'est nettoyer le corps et le rendre apte à libérer l'esprit. Cela se passe par une alimentation saine, de la lecture, de la méditation, la prière. Des exercices peuvent également entrer en jeu pour garder le corps en forme et l'esprit éveillé."

Le but était ici de détendre la personne, qu'elle retrouve un équilibre du corps pour permttre à l'esprit de se libérer. L'objectif était également de trouver une occupation à la personne pour qu'elle ne pense plus pendant un moment à ce qui la tourmente, afin de laisser le temps à son corps de récupérer. Et à voir la tête de déterrée de l'homme en face de moi, qui avait l'air bien fatigué, je me disais que ce ne serait pas du luxe.

" La deuxième, c'est chercher l'origine du malaise et aider à trouver la paix. Cette étape diffère pour chaque personne, et se trouve par la méditation, la réflexion et la conversation. Mais pour cela, il faut déjà vous remettre en état."

Je souriais, le regardant avec douceur. Oui, il allait falloir le remplumer, et surtout le nettoyer. Un esprit sain dans un corps sain, c'était connu. Mais avant de continuer, il me fallait cerner un peu plus le caractère et ce qui pourrait aider ce samouraï. Je m'intéressais donc à ses centres d'intérêt, et non à la raison qui l'avait mené jusqu'ici. Cela allait m'aider à mieux encadrer son rituel, et à mieux l'aider à se retrouver.

" Parlez-moi de vous, Nakamura-dono. Qu'est ce qui vous motive, qu'est ce qui vous apaise ou bien vous distrait ? "

Je le regardais avec la même douceur, ne voulant pas le presser de trop.
S'il ne peut pas me répondre maintenant, ce n'était pas grave. Je pourrais lui demander plus tard.


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MessageSujet: Re: “Automne. Le post-scriptum du soleil.” Lun 4 Déc - 11:01

L’échange reste formel au départ et son expression reste insondable. Je ne peux m’empêcher de me demander à quel moment nous pourrons parler du beau temps ou de la dureté de l’hiver, sans nous occuper de me soigner ou d’accomplir son devoir en ce sens. Mais la question est bien trop précoce et je me contente pour le moment d’écouter ses explications détaillées, remarquant par sa posture que la Miko est plus à l’aise dans ce rôle d’enseignante.

L’idée de « nettoyer mon corps » me semble aussi plaisante que difficile à mettre en place. Depuis petit, j’avais appliqué très sérieusement la rigueur du Bushido et saisissais les principes de l’importance du corps pour un guerrier. Cependant, à part pour le former au combat, je ne m’en occupais que peu jusqu’ici. Bien qu’abandonnés pendant une année, l’alimentation saine, la méditation et les exercices physiques ne me semblaient pas impossible à retrouver dans un rythme de vie. En revanche, la lecture et la prière n’ont jamais trouvé preneur. Il s’agit de concepts abstraits pour moi, bien que je sache m’en servir et les appliquer. M’y plonger intensément sera, je le sais, très pénible et fatigant pour moi. Comprenant le sens de l’objectif, je me prépare cependant à m’y atteler dès que possible et le plus sérieusement qui soit.

La deuxième étape me fera indéniablement revivre ce voyage difficile et surtout ces dernières semaines où j’ai commis l’irréparable, raison pour laquelle je me trouve ici aujourd’hui. Je suis content qu’elle ne me demande pas de me confier dès maintenant, la blessure étant encore fraîche et mon psychisme encore très fragile. Je me sens sur la corde à chaque instant et, plus que les reviviscences de ces moments difficiles, c’est craquer devant la jeune femme qui me fait peur. Peut-être cette épreuve supplémentaire me permettra de me remettre complètement sur pieds ?

Je m’accroche pour le moment à ce sourire et à cette douce expression qu’elle m’accorde, manquant de perdre pieds lorsque Noraneko-san me pose cette simple question. Elle remue déjà beaucoup de choses et, pour tenter de décrisper ma nuque, je passe une main ferme dessus en un massage loin d’être délicat. Malgré cela, je tente de garder un ton agréable et de parler clairement pour qu’elle saisisse à quel point ma vie a été remplie d’obligations depuis ses débuts.

– J’ai grandi dans une famille comprenant peu de membres et n’ai pas vraiment eu les opportunités de choisir une direction. Feu mon père était Taisa et le Bushido s’est imposé doucement à moi puis plus strictement mais je ne l’ai jamais rejeté. Je me suis impliqué physiquement et intellectuellement à son étude et à l’application de ses concepts sans jamais faillir.

J’aborde la suite avec davantage de réserve mais me lance tout de même sur le sujet, retrouvant le regard bienveillant de la religieuse.

– Mon apprentissage a cependant été ralenti par un concours de circonstances. Je me suis épris de mon amie d’enfance à la santé fragile, Shiba Suzuka et me suis imposé le devoir de la protéger et de passer du temps avec elle. Mon Maître ne put nous séparer qu’en m’entraînant loin de la jeune noble. Après mon Genppuku, je fus pris par mes tâches de Samouraï mais c’est surtout le meurtre des membres de sa famille qui créa une distance pendant trois longues années.

Mes parents se sont en effet sacrifiés pour la défendre d’une attaque traîtresse et fourbe de laquelle j’ai pu la sauver in extremis. Je faillis perdre mon œil à cet époque et la convalescence ainsi que la honte de ne pas avoir su la préserver de ce traumatisme m’ont fait m’éloigner. Finalement, j’appris qu’elle devint Dame sans oser faire de lien direct... jusqu’au moment où elle me convoqua pour me faire la proposition infiniment honorable de devenir son Hatamoto.


Ne sachant pas si la Miko a pu côtoyer feu la Dame Eiichiro, je ne m’étends tout de même pas sur le sujet et revient à l’essence-même de ce discours.

– Pour en revenir à votre question, je ne vous parle pas de cette jeune femme pour vous exposer notre relation, que Kazegami a fait évoluer à un point que je n’aurais jamais espéré vivre un jour. J’aborde tout cela car Shiba Suzuka était ma motivation, ma source d’angoisse et d’apaisement et ma façon de ne pas penser aux horreurs que nous devons parfois accomplir en tant que guerriers. Elle est morte loin de moi, dans des circonstances plus qu’étranges et je me suis lancé dans un voyage d’une année pour laver son âme de toutes les souillures qui lui ont été imposées.

Une année s’est écoulée depuis sa disparition et si j’arrive désormais à en parler sans m’effondrer, elle a toujours été au centre de mes préoccupations, même après son trépas. Ma vengeance accomplie – vous en connaîtrez les détails un jour, sûrement – je me retrouve démuni face à votre simple question. Je suis vidé d’intérêts, de paix ou de loisirs car mes vingt-trois ans de vie ont été teintées d’une personne. L’homme que je suis aujourd’hui doit apprendre à se motiver pour autre chose qu’elle, à réapprendre la sérénité et à se changer les idées.


Je passe mes mains sur mon visage, fatigué d’avoir autant parlé mais rassuré en un sens. Je laisse mes bras tomber sur mes cuisses et regarde à nouveau la jeune femme, sans pouvoir sourire mais une once de reproche dans la voix. Au contraire.

– Je vais m’investir dans tout ce que je dois faire pour me reconstruire. Avec votre aide, je pense pouvoir réussir à croire qu’un monde existe pour moi dans la lecture et la prière et que je peux retrouver un lien avec mon corps par ce nouveau mode de vie. Je vous laisse dès lors choisir les ouvrages qui vous semblent les plus captivants et les oraisons les plus directes envers notre Kami des Vents.


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