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 Lorsque le passé, le présent et l'avenir s'emmêlent et s'entremêlent.

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Seiryuu Chō

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Taii

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MessageSujet: Lorsque le passé, le présent et l'avenir s'emmêlent et s'entremêlent. Lun 21 Aoû - 20:58

Pleure : les larmes sont les pétales du coeur.


    Passé et présent s’emmêlent et s’entremêlent et en ce jour où je retrouve cette femme. Je m’amuse à soulever sa chevelure. Elle bat entre mes bras protecteurs, je frappe et elle s’envole. Longue chape ténébreuse qui, en volute, tournoie tout autour de ce visage émacié. Je pose un doigt gracile et suit la ligne de son sourcil, je poursuis la longueur de ses cils faisant cligner ses paupières sous mon baiser taquin. Je découvre la rondeur abîmée de sa joue pour m’infiltrer dans sa tunique. Le corps de cette femme semble se perdre dans l’armure trop ample. Je crie contre le métal qui s’impose à ses frêles épaules. Elle ressemble à une gamine se déguisant en ce qu’elle n’est pas. Cependant, malgré son allure d’avorton et son teint pâlit, je sens la chaleur en elle que je ne retrouvais plus. Son être, malgré son aspect amaigri, palpite sous l’afflux de sang. Je prends refuge en son sein, rafraîchissant sa chair sensible. Difficilement, elle se meut. Puis-je l’aider ? Son pied bouge, sa jambe se soulève. Je la supporte discrètement afin que de ma voix elle puisse monter ces escaliers qui se présentent à elle et ainsi accéder à la maison des dieux. Et tandis qu’elle arrive au sommet, elle s’arrête. Je cesse et tombe, à l’écoute de son cœur en suspens.

    La brune au corps tatoué lève la tête vers le ciel, ferme les yeux et emplit ses poumons d’air. Elle rouvre les yeux, ses paupières se plissent sous un soleil qui se fait plus frais en ce début d’automne. Elle admire la bâtisse, se donnant peut-être le courage, craignant ce qu’elle pourrait découvrir d’elle même après son épreuve. Mais elle s’avance malgré tout et sur son chemin je reprends mon errance. Je sautille à chacun de ses pas, coups de vent taquin à ses chevilles. A son passage j’utilise les disciples de ma bien-aimée pour faire émouvoir leurs branches qui s’épanchent au-dessus d’elle. Sur la tête une pluie de pétales, ses yeux se lèvent, les volutes roses embrassent son front meurtrit, baisent ses paupières qui s’éveillent à la vie et colorient sa chevelure qui ne semble plus tant ténébreuse. Elle sourit, je suis la raison de son sourire. Puis elle arrive dans la cour et son esprit m’échappe car voici qu’elle passe à ses ablutions, d’abord ses mains qui ont perdues leur combattivité. Puis sa bouche sur laquelle je capture chaque goute une à une. J’assèche les larmes qu’elle n’ose répandre et lèche ses paumes humides dans l’attente que vienne un Kami pour lui pardonner et la bénir.




    La chute est longue et pénible, un cri lugubre se fait entendre et elle s’interroge jusqu’à ce qu’elle reconnaisse sa propre voix. Son corps n’est plus le sien, son esprit est saccagé, sa volonté assassinée par une force qui la dépasse. Le bras tendu vers le ciel qui s’éloigne d’elle, Chō s’aperçoit avec horreur que son corps s’embrase de l’intérieur. Et alors qu’elle le voit, elle le perçoit à l’intérieur de ses membres, elle le sent qui se propage, saccage et pourfend ses entrailles. Son sang devient lave et transperce sa chair par tâches et craquellements sombres.

    « Non, non, non… Gémit-elle. Pas encore, non ! »

    La peur l’envahit, une angoisse qui lui tord le ventre. La crainte que cela ne recommence et qu’à nouveau elle fasse du mal, à elle, ou à quiconque. Elle ne maîtrise plus rien, ne se maitrise plus guère. Peur de la folie, peur de ce qu’elle est vraiment, un monstre. La peur grandit et pourtant elle ne ressent pas cette colère habituelle et sa conscience est intacte. Les choses ne se déroulent pas comme la dernière fois. Cependant, malgré sa parfaite conscience elle ne peut rien contrôler. Pourtant son corps continue à se consumer et le ciel s’éloigne à une vitesse folle. Comme quittant le royaume des divins, immuable et immense. Le ciel devient ombre et Chō sent la terre s'ouvrir sous elle. L’englober et se refermer sur elle. Sa chute se poursuit, rapide et cependant incessante. Sa voix se froisse, se répercute contre les parois du rien. Le cauchemar se referme sur son subconscient et son esprit succombe.




    Je souffle sur toi, j'ondule sur tes mers, lèche tes plaines et m'enfouis dans tes forêts. Je t'enserre passionnément contre mon corps, fais chantonner les boucles à tes oreilles et raisonner les clochettes à tes pieds mais tu ne me réponds, tu ne réagis. Alors... Je me lamente à tes crevasses, j'hurle en tes lieux arides. Ma colère arrache ta chevelure et menace de te détruire pourtant je prends toujours plaisir à te soutenir. Dans un écrin délicat je porte encore ta semence et si violent je me montre, je préfère t'être doux. Je suis le Vent qui sur la Terre se fait gifle ou caresse tel un maître impérieux et comme un maître impétueux je me ris des insectes humanoïdes peuplant ma bien aimé. Je les bouscule et m’enfouis dans leur vêtement en persifleuse bourrasque pour leur rappeler qu’ils me sont soumis. Tel ce jour où je joue entre les brins des herbes hautes, les faisant siffler pour le plaisir des oreilles humaines.

    Je permets au soleil de scintiller sur leurs dorures, écartant les nuages sur la tête brune perdue au milieu de la plaine. Les petites bêtes grésillent dans les foisonnements, sous la chaleur qui se fait de plus en plus puissante après un rude hiver. Je porte leur rengaine aux oreilles de la robuste femme en armure tel des cantiques sacrés afin de lui chatouiller l’âme et la faire réagir à ma poésie. Cependant, elle demeure muette et étendue comme un être sans vie. Elle souriait pourtant il y a tout juste un instant. Se tenant fièrement debout, se tournant vers on ne sait qui, son visage noircit s’éclairant, ses sévères lèvres s’adoucissant pour m’embrasser de son rire. Vide et immuable que je suis et pourtant tous autant que vous êtes, m’entendez pleurer mon amour chaque jour. Et malgré votre ingratitude, je l’ai suivi dans sa chute, pour délicatement la déposer sur un coussin de végétation alors que le Yomi s’emparait d’elle…




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Seiryuu Ishizuka

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Taisa

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Titre: Taisa de Boya
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MessageSujet: Re: Lorsque le passé, le présent et l'avenir s'emmêlent et s'entremêlent. Mar 22 Aoû - 16:07

Autant en emporte le vent. Ce matin, allez savoir pourquoi, mais il soufflait fort, bien plus que d'habitude, et ce n'était pas anodin. Porteur de bien mauvaises nouvelles, il se faisait messager des victimes du Grand Sommeil. Quand un soldat de sa caserne vint l'interrompre dans un de ses entraînements matinaux, il semblait tout paniqué, comme si la mort lui était apparu. Bégayant, balbutiant quelques paroles insensées, des personnes ayant chuté et ne parvenant pas à se réveiller, un grand nombre de victimes, il ne le crut d'abord pas, c'était trop gros pour être vrai, mais lorsqu'il précisa que sa famille avait également été touchée, il s'empressa de vérifier l'état de sa soeur qui se trouvait être dans la même garnison.

A quelques pas à peine, il put l'apercevoir au loin, et elle dut l'entendre venir puisqu'à peine eut-il ouvert la bouche qu'elle se retourna vers lui. Mais la suite ne plut pas au taisa, un sourire de sa part, et son état rassuré fut aussitôt troublé par une chute de sa soeur contre le sol. Accourant vers elle, il redressa sa tête sur un de ses genoux posés au sol, puis tenta de la réveiller à sa manière... Quelques gifles plus tard, il comprit que cette méthode n'était clairement pas efficace, et à terme elle finirait par laisser des marques. Il la souleva alors du sol où elle gisait, puis il fit quérir à l'un de ses soldats de préparer une sorte d'escorte jusqu'à chez lui, où ils pourraient transporter le corps de sa soeur en position allongée. Pas question de laisser quiconque s'en occuper en dehors de lui, dans cet état de faiblesse, il pouvait se passer bien trop de choses.

Sa famille, son sang, qu'ils y touchent ! Il avait donc chevauché contre le vent, vêtu de sa tenue traditionnelle, jusqu'à son domaine où il avait fait prendre place la totalité de sa famille. Parents, frères, soeurs. En arrivant, il fut accueilli par un des serviteurs qui lui aussi était tout paniqué. Il lui expliqua que le plus grand nombre était tombé comme ça, sans crier gare, sans même une raison particulière, et que jusqu'à maintenant rien n'avait su les réveiller. Ishizuka demanda alors à ce qu'ils s'occupent de la même manière de sa soeur, qui fut donc placé avec les autres. Les "corps" inanimés mais pourtant bien en vie, avaient été transportés dans une grande pièce aménagée en une sorte de dortoir, quelques serviteurs passant leur journée à rester à leur côté, s'occupant de leur toilette et de tout autre acte nécessaire leur permettant de garder un semblant de dignité dans leur état. Descendant de sa monture, il s'empressa de les rejoindre et s'encquéra des nouvelles de chacun au près de chaque personne qui s'en occupait ou avait été présent lors de leur chute.

Pour l'heure, nul ne savait ce qui se passait, une maladie ? Pourtant il n'y avait pas de fièvre, et ils n'était pas morts non plus, alors c'était tout bonnement incompréhensible pour le moment. Le taisa ne chercha même pas à comprendre cela dit, le plus important étant de savoir qu'ils allaient bien et n'étaient pas en danger proche. Il passa plus de temps au près de sa soeur Chõ, en étant un peu plus proche que tous les autres. Une certaine forme de colère commençait à animer le corps d'Ishi, liée à l'incompréhension, prêt à se mesurer à quiconque ou quel que soit la cause de cette chose. De toute façon, que pouvait-il faire lui ? Il savait se battre, mais en dehors de ça... Alors il se contenta de les protéger tant qu'il le pouvait.

Plusieurs jours, puis des semaines, bientôt des mois s'écoulèrent sans qu'aucun ne vienne à se réveiller. Leur corps toujours en vie, commençaient à subir les aléas de ce sommeil ininterrompu. Tandis que l'espoir semblait quitter les habitants des diverses provinces touchées, ce fut sans signe avant coureur que quelques uns se mirent à émerger de cette "épidémie". La nouvelle s'était répandue comme une trainée de poudre et était parvenue jusqu'aux oreilles du taisa. Il se décida alors de passer plus de temps qu'à l'habitude auprès de sa famille. Ce qui restait incompréhensible pour lui, c'est que certains s'étaient comme réveillés, mais d'autres restaient toujours dans cette forme de sommeil. Ce n'était pas normal, pourquoi ne revenaient-ils pas tous en même temps ? Pourtant, un beau jour, les paupières de sa soeur se mirent à bouger alors qu'il semblait de son côté erreinté entre ses journée à la garnison pour assurer la stabilité au sein de la province de Boya, et ses heures maintenu éveillé auprès des siens, en quête d'un quelconque signe.

Ses yeux bougeaient, ça se voyait sous ses paupières, et bientôt il put voir ses pupilles. Faisant signe à l'un de ses gens, il attrapa la main de sa soeur et laissa le serviteur vérifier son état en silence. Les réflexes semblaient bons, elle émergeait progressivement de cette longue nuit qu'il pensait sans fin.


- "Tu t'es enfin décidée à revenir baka !"

Un marmon avec une voix plutôt chaleureuse, il était en parti satisfait de la voir reprendre "vie" progressivement, mais la partie n'était pas totalement jouée encore puisque d'autres membres de sa famille restaient encore sous ce sommeil étrange. Au moins, si tout se passait bien, ils pourront être deux pour les veiller... Mais ça, ce sera probablement une autre histoire, car avant tout il allait falloir comprendre ce qui venait de se passer. Et il était probable que les réponses allaient se trouver au temple si cela s'avérait être quelque chose de divin.
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Tachiyo Hikaru

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Yamabushi

Messages : 11
Date d'inscription : 24/07/2016
Age : 23

MessageSujet: Re: Lorsque le passé, le présent et l'avenir s'emmêlent et s'entremêlent. Sam 2 Sep - 14:52


"Alors pars" lui avait rétorqué Kareha. "Alors pars" et il partit, il ne se fit pas prier. Mais dès lors fut-il sur le départ, les étoiles héritant de l'autorité de sa belle qui ne fut plus la sienne, il l'entendit chuter, l'herbe bruisser sous sa trop fine silhouette.

"Kareha ? Kareha !"

Cinq ans de vie commune ne pouvaient se finir sans perte ni chagrin. Ainsi crut-il qu'elle s'était mise dans tous ses états à la nouvelle si abrupte de son départ, rendue fragile à cause de son ascétisme. Ils n'avaient pourtant jamais été ensemble et jamais elle n'avait eu besoin de lui, laissant en son cœur un vide insondable et douloureux. Cependant, quand il accourut vers elle pour la soulever et la mener à sa paillasse, il se rendit compte de l'inconcevable...

Dès lors et pour trois jours, il la porta sur son dos et traversa précautionneusement les bois en quête du temple Kaigen. Elle était un poids mort mais ne l'accabla d'aucune charge. Tout chez elle était squelettique et sincèrement, il pensait qu'elle ne lui reviendrait jamais. De temps à autres, une libellule marchait sur les lèvres fines et abîmées de la sorcière avant de s'envoler de nouveau à la moindre secousse. Etait-ce son âme qui disparaissait un peu plus à chaque instant ?

Sa flamme intérieure qui la différenciait des cadavres s'était dérobée -Hikaru s'en était aperçu au petit matin-, son corps restait un charbon mort, ce même consommable qu'il s'apprêtait à donner au feu puis à la terre. Au fond de lui, sous sa tristesse, il comprenait que cette fin était sans doute celle qu'elle avait toujours attendue. La fin de la souffrance et de son combat pour rester vivante et adorer les dieux et les esprits, attendant que l'un d'entre eux la gratifie de ses forces. A la lisière de la mort, la tutoyer en faisant fi de son attraction indéniable et de toutes les pertes terrestres. Elle n'avait d'ailleurs plus rien à perdre que sa propre vie qui importait peu en réalité. Itako sublime, elle avait trouvé sa voie.

Il aurait pu s'y attendre pourtant. Dans ses rêves, il avait vu la moitié des étoiles s'éteindre et plonger dans l'ombre le monde, un grand éclair les avaient embrasées toutes et tout d'un coup pour finalement les mener à l'obscurité. S'il ne comprenait pas encore pourquoi elles avait été tant nombreuses à chuter, il savait que l'une d'elles était Kareha...depuis lors, il arpentait les bois, troublé.

Le soir du deuxième jour, sur une ancienne route qui avait soudainement recouvré vie, la haute silhouette de Kaigen dominait monts et forêts.
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MessageSujet: Re: Lorsque le passé, le présent et l'avenir s'emmêlent et s'entremêlent.

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Lorsque le passé, le présent et l'avenir s'emmêlent et s'entremêlent.

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